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DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
C .s.m.
La troisième lettre de l'alphabet, et la deuxième des consonnes.
On la nomme Cé, suivant l'appellation ancienne et usuelle, et Ce,
suivant la méthode moderne. Un petit c. Un grand C.
Il se prononce comme le K devant a, o et u, Cabaret, colonne,
cuve; mais devant e et i, il se prononce comme l'S, Ciment,céder;
et on le prononce de la même manière devant a, o, et u,
quand il a une cédille au dessous, comme dans les mots Façade,
façon, reçu.
Lorsque C doit se faire entendre devant une consonne, ou à la
fin d'un mot, on le prononce comme K: Accès (akcès), Cneïus
(Knéius), crédit (krédit), trictrac (triktrak),
sec (sek), bloc (blok), du blanc au noir (du blank au noir),
etc.
Voyez, sur la valeur du C joint à l'H, l'article de cette
dernière lettre.
ÇÀ . adv. de lieu
Ici. On ne l'emploie que dans ces phrases familières, Viens çà,
venez çà.
Çà et là, De côté et d'autre. Il
va çà et là. Courir, errer çà et là.
Tous les meubles étaient jetés çà et là.
Fam., Qui çà, qui là, Les uns d'un côté,
les autres d'un autre. Ils courent tous qui çà, qui là.
Ils dormaient tous qui çà, qui là.
De-çà. Voyez DEÇÀ.
Depuis deux mois, depuis deux ans en çà, Depuis deux mois,
depuis deux ans jusqu'à présent. Ces locutions ont vieilli, et ne
s'employaient qu'en style de palais.
ÇÀ, est quelquefois une interjection familière,
pour exciter et encourager à faire quelque chose. Çà travaillons.
Çà allons. Çà montons à cheval. Çà
jouons. Çà étudions. Çà, oh çà,
dites-moi ce que vous pensez. Or ça commençons.
ÇA
se dit par contraction, dans le langage familier, pour Cela. Donnez-moi ça.
Il ne s'en fallait pas de ça. Il n'y a pas de mal à ça.
CABALE . s. f.
T. didactique, qui signifie, Une sorte de tradition parmi les Juifs, touchant
l'interprétation mystique et allégorique de l'Ancien Testament.
Les docteurs de la cabale.
Il signifie aussi, La science prétendue, l'art chimérique d'avoir
commerce avec les êtres élémentaires, tels que les gnomes,
les sylphes, etc. Termes de cabale.
CABALE, signifie, figurément, Une sorte de complot formé
par plusieurs personnes qui ont un même dessein. Il se prend en mauvaise
part. Forte cabale. Dangereuse cabale. Faire une cabale. Former des cabales.
Être d'une cabale. Dissiper, ruiner une cabale. C'est un homme de cabale.
On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie.
Se dit encore de La troupe même de ceux qui ont formé une cabale.
C'est sa cabale. On a chassé toute la cabale. La cabale remplissait
le parterre. À bas la cabale!
CABALER . v. n.
Faire une cabale, être d'une cabale. On le prend en mauvaise part. Il
ne saurait s'empêcher de cabaler. Vous cabalez ensemble. On cabale contre
lui, pour lui. Il cabalait au parterre de la comédie.
CABALEUR .s.m.
Celui qui cabale. C'est un grand cabaleur, un dangereux cabaleur. Les cabaleurs
ont été mis hors de la salle.
CABALISTE .s.m.
Celui qui est savant dans la cabale des Juifs. Il était grand cabaliste.
CABALISTIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la cabale des Juifs. Science cabalistique. Livres
cabalistiques. Subtilités cabalistiques.
Se dit aussi en parlant De la prétendue science qui a pour objet de communiquer
avec les êtres élémentaires. Art cabalistique. Chimères
cabalistiques. Termes cabalistiques.
CABANE . s. f.
Petite maison grossièrement construite et ordinairement couverte de chaume.
Construire une cabane. Il habite une cabane. Nous entrâmes dans la cabane
du bûcheron. La cabane du pauvre.
Se dit aussi de Certains retranchements ou réduits le plus souvent formés
de planches, et qui sont destinés à différents usages. Cabane
de berger. Il occupait une cabane sur le coche d'eau. Les officiers du bâtiment
étaient dans leurs cabanes. Une cabane à lapins.
CABANON .s.m.
Petite cabane. Se dit, dans quelques prisons, et particulièrement à
Bicêtre, de Certains cachots très-obscurs. Il fut mis aux cabanons.
CABARET .s.m.
Taverne, maison où l'on vend du vin en détail, soit que l'acheteur
l'emporte, ou qu'il le boive dans le lieu même. Bon, mauvais cabaret.
Vin de cabaret. Ne bouger du cabaret. Aimer le cabaret. Hanter le cabaret. Il
est homme de cabaret. C'est un pilier de cabaret. Il y a des cabarets où
les ouvriers font leurs repas. Cabaret borgne, Petit cabaret, mal approvisionné.
Dîner de cabaret, se dit quelquefois, par plaisanterie, d'Un dîner
fait chez le traiteur ou le restaurateur. Nous avons fait hier un dîner
de cabaret.
CABARET, se dit aussi d'Une espèce de petite table ou plateau
qui a les bords relevés, et sur lequel on met des tasses pour prendre du
thé, du café, etc. Il a acheté un beau cabaret. Cabaret
de la Chine.
Se dit encore de L'assortiment de tasses qu'on met sur le plateau. Un cabaret
de porcelaine.
CABARET, est aussi Le nom vulgaire de la plante appelée autrement
Asaret.
CABARETIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui tient cabaret. Le cabaretier du coin.
CABAS .s.m.
Espèce de panier de jonc, qui sert ordinairement à mettre des
figues. Cabas de figues.
Se dit, familièrement et en plaisantant, d'Une vieille voiture à
l'ancienne mode. Nous sommes venus dans un méchant cabas.
CABASSET .s.m.
Espèce de morion, ou petit casque. On peint ordinairement Mercure
avec un cabasset ailé. Il est vieux.
CABESTAN .s.m.
Cylindre de bois, posé verticalement, qu'on fait tourner au moyen de
leviers ou barres qui le traversent, et sur lequel se roule à mesure un
câble qui sert à tirer de gros fardeaux. Virer le cabestan, au
cabestan. Les barres du cabestan. La tête d'un cabestan.
CABILLAUD .s.m.
Espèce de morue qu'on pèche sur les côtes de l'Océan.
CABINE . s. f.
.Marine. Petite chambre ou cabane, à bord de certains bâtiments
de commerce. Se retirer dans sa cabine.
CABINET .s.m.
Lieu de retraite pour travailler ou converser en particulier. Grand cabinet.
Petit cabinet. Il s'est retiré, enfermé dans son cabinet. Il passe
toutes les matinées dans son cabinet. Avoir entrée dans le cabinet
du roi, ou simplement, dans le cabinet. Le cabinet d'un ministre. Le travail
du cabinet. La vie de cabinet est nuisible à sa santé. Cabinet d'étude.
Homme de cabinet, Homme que sa profession oblige à travailler
dans le cabinet.
Cabinet d'affaires, Sorte d'établissement formé par un
homme qui se charge de diriger des affaires contentieuses.
Cabinet de lecture, Lieu où l'on donne à lire, moyennant
une rétribution, des journaux et des livres.
CABINET, signifie quelquefois figurément, Clientèle, l'ensemble
des affaires dont on est chargé. Cet avocat a un très-bon cabinet.
Il lui a cédé son cabinet. Il se fait de son cabinet trente ou quarante
mille francs par an.
Se dit encore, au figuré, d'Un gouvernement, du conseil où se
traitent les affaires générales de l'État, et en particulier
celles qui concernent ses relations avec l'extérieur. Entrer au cabinet.
Le cabinet des Tuileries, de Saint-James, de Vienne. La politique des cabinets
européens. Il règne un parfait accord entre ces deux cabinets. Courrier
de cabinet. Les secrets du cabinet.
CABINET, se dit également de Certaines petites pièces d'un
appartement plus retirées que les autres, et destinées à
différents usages. Cabinet de toilette. Cabinet de garde-robe. Cabinet
de bains. Cabinet noir. Cabinet d'aisances. Etc.
CABINET, se dit en outre d'Un lieu où l'on place, où l'on
expose des objets d'étude ou de curiosité, tels que livres, tableaux,
médailles, productions naturelles, etc. Un cabinet de peintures, de
tableaux, d'armes, de curiosités, de raretés, d'antiques, de médailles.
Pièce de cabinet. Un cabinet d'histoire naturelle, d'anatomie. Un cabinet
de livres.
Se dit également de Tout ce qui est contenu dans un cabinet d'objets
précieux, de curiosités, etc. Il vend son cabinet. Il fait, il
forme un cabinet. On estime le cabinet d'un tel vingt mille francs. Il a un riche
cabinet.
Cabinet de physique, Collection des divers instruments nécessaires
pour les expériences de physique.
CABINET, se dit encore d'Une espèce de buffet à plusieurs
layettes ou tiroirs, qui servait autrefois à décorer les appartements.
Cabinet de la Chine. Cabinet d'ébène, d'écaille de tortue,
etc. Pied de cabinet.
Cabinet d'orgue, Espèce d'armoire dans laquelle il y a un orgue.
CABINET, signifie aussi, Un petit lieu couvert dans un jardin, et formé
de treillage, de maçonnerie, ou de verdure. Cabinet de chèvrefeuille,
de jasmin, etc. Cabinet de verdure.
CÂBLE .s.m.
Gros cordage dont on se sert pour tirer ou élever des fardeaux, pour
attacher les ancres des bâtiments, etc. Le câble d'une ancre a
ordinairement cent vingt brasses de longueur. Couper les câbles. Le maître
câble ou grand câble. Le câble s'est rompu. Il y
a aussi des Câbles de fer ou Câbles-chaînes.
Filer du câble, filer le câble, Lâcher peu à
peu, dérouler une longueur plus ou moins considérable du câble
qui tient l'ancre, lorsque le bâtiment est au mouillage.
Fig. et fam., Filer du câble, Gagner du temps lorsqu'on est pressé
par quelqu'un de prendre un parti; différer de se décider.
CÂBLÉ .s.m.
.Passementier. Sorte de gros cordon qui sert principalement à attacher
les tableaux et à relever les tentures. Cordon de sonnette de câblé.
CÂBLEAU
ou CÂBLOT.s.m.
.Marine. Sorte de petit câble qui sert d'amarre aux embarcations.
CÂBLER . v. a.
Assembler plusieurs cordes, et les tordre ensemble pour n'en faire qu'une seule.
CÂBLÉ, ÉE. participe
CABLIAU .s.m.
Voyez CABILLAUD.
CÂBLOT .s.m.
Voyez CÂBLEAU.
CABOCHE . s. f.
Tête. Grosse caboche. Il est familier.
Fig., C'est une bonne caboche, C'est un homme qui a beaucoup de sens
et de jugement.
CABOCHON .s.m.
.Joaillier. Pierre précieuse qu'on n'a fait que polir sans la tailler.
Cabochon d'émeraude, de rubis.
S'emploie souvent aussi comme adjectif, en parlant D'un rubis. Rubis cabochon.
CABOTAGE .s.m.
.Marine. Navigation le long des côtes, de cap en cap, de port en port.
Grand, petit cabotage. Faire le cabotage. Ce bâtiment n'est propre qu'au
cabotage.
CABOTER . v. n.
Naviguer le long des côtes, de cap en cap, de port en port. Nous ne
fîmes que caboter.
CABOTEUR .s.m.
Marin qui fait le cabotage.
CABOTIER .s.m.
Bâtiment dont on se sert pour faire le cabotage.
CABOTIN .s.m.
.mépris, qui se dit d'Un comédien ambulant, et, par extension,
de Tout comédien sans talent. Il nous vint une troupe de cabotins.
CABRER
(SE). v. pron.
Il ne se dit au propre que Du cheval, et signifie, Se dresser sur les pieds
de derrière. Ce cheval se cabre. Ne tirez pas la bride à ce cheval,
vous le ferez cabrer. Dans cette dernière phrase, le pronom se
est sous-entendu.
Il signifie figurément, S'emporter, se révolter contre une proposition,
un conseil, une remontrance, etc. On ne saurait dire un mot qu'il ne se cabre.
Ne lui dites pas cela, vous le ferez cabrer. Dans ce dernier sens, on emploie
aussi Cabrer, comme verbe actif, sans le pronom personnel. Prenez garde
à ce que vous lui dites, vous allez le cabrer.
CABRÉ, ÉE. participe
CABRI .s.m.
Un chevreau, le petit d'une chèvre. Il saute comme un cabri. Un quartier
de cabri. Un morceau de cabri.
CABRIOLE . s. f.
Le saut d'une personne qui s'élève agilement. Faire la cabriole,
une cabriole, des cabrioles.
CABRIOLE, en termes de Manége, se dit Du saut que le cheval exécute
lorsque, étant en l'air, le devant et le derrière à la même
hauteur, il détache là ruade. La cabriole est le saut le plus
élevé. Faire aller un cheval à cabrioles.
CABRIOLER . v. n.
Faire la cabriole ou des cabrioles. Un baladin qui cabriole. Ces écoliers
ont fait bien des cabrioles dans la prairie. Il ne danse pas, il cabriole.
CABRIOLET .s.m.
Sorte de voiture légère, montée sur deux roues. Cabriolet
à ressorts, sans ressorts. Cabriolet à soufflet.
Se dit aussi d'Une espèce de petit fauteuil.
CABRIOLEUR .s.m.
Faiseur de cabrioles. C'est un bon cabrioleur, un cabrioleur infatigable.
CABUS . adj. m.
Pommé. Il ne se dit qu'avec le mot de Chou. Des choux cabus.
CACA .s.m.
Excrément, ordure. Terme dont se servent ordinairement les nourrices,
les bonnes, etc., en parlant de L'ordure des enfants. Menez cet enfant faire
caca. Fi! c'est du caca.
CACADE . s. f.
Décharge de ventre. Il est bas, et ne se dit guère qu'au figuré.
Faire une vilaine cacade, Manquer par imprudence ou par lâcheté
une entreprise où l'on s'était flatté de réussir.
CACAO .s.m.
Sorte d'amande enfermée dans une capsule, et qui, étant rôtie,
broyée et mise en pâte, fait le principal ingrédient de la
composition appelée Chocolat. Cacao des Îles. Balle de cacao.
Cacao de Caraque. Beurre de cacao.
CACAOYER
ou CACAOTIER.s.m.
Arbre d'Amérique, qui produit le cacao: il appartient à la famille
des Malvacées.
CACAOYÈRE . s. f.
Lieu planté de cacaoyers.
CACATOIS .s.m.
(Quelques-uns disent, Catacois.) .Marine. Nom des plus petits mâts
qu'on grée, sur les grands bâtiments, au-dessus des mâts de
perroquet. Mât de cacatois. Voyez KAKATOÈS.
CACHALOT .s.m.
Grand mammifère marin, qui a la forme extérieure d'un poisson,
et qui appartient à la famille des Cétacés. Il y a des
cachalots aussi grands que des baleines.
CACHE . s. f.
Lieu secret propre à cacher quelque chose. Une bonne cache. Il a trouvé
la cache. Il est familier.
CACHE-CACHE .s.m.
Jeu d'enfants, que l'on nomme aussi Cligne-musette. Jouer à cache-cache.
Voyez CLIGNE-MUSETTE.
CACHECTIQUE . adj. des deux genres
.. Médec. Qui est attaqué de cachexie, ou Qui appartient à
la cachexie. Il est cachectique. Un sang cachectique. État cachectique.
CACHEMIRE .s.m.
Tissu très-fin fait avec le poil des chèvres ou des moutons du
petit Thibet. Cachemire de l'Inde. Cachemire français. Une robe de cachemire.
Un châle de cachemire, ou simplement, Un cachemire. Porter un cachemire.
CACHER . v. a.
Mettre une personne ou une chose en un lieu où l'on ne puisse pas la
voir, la découvrir. Cacher des papiers, des pierreries, de l'argent,
etc. Cacher quelqu'un. Cacher un trésor.
Il signifie aussi, Couvrir une chose, empêcher qu'on ne la voie. Cacher
un tableau. Cacher sa gorge. Cacher un paquet sous son manteau. Ce bois cache
la vue du château. L'obscurité cachait la marche du détachement.
Cachez votre jeu, on le voit.
Fig. et fam., Cacher son jeu, Dissimuler son habileté, en feignant
de ne pas savoir bien jouer. Il signifie encore, Cacher ses desseins, ses vues,
ou les moyens qu'on met en oeuvre pour réussir. On dit aussi, dans ce dernier
sens, Cacher sa marche.
CACHER, se dit figurément, dans le sens précédent.
Ces dehors grossiers cachent une âme fière et sensible. Sous cet
air d'indifférence il cachait une ambition démesurée.
Il signifie, dans une acception particulière, Taire, celer, dissimuler.
Cacher son nom. Cacher son âge. Cacher un dessein, une entreprise. Il
a caché son départ à tous ses amis. Cacher son ressentiment.
Cacher sa pensée. Je ne vous cache pas que cela m'inquiète beaucoup.
Il ne cache rien.
Cacher sa vie, Se plaire loin du monde, chercher l'obscurité.
Le philosophe aime à cacher sa vie.
CACHER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, tant au propre qu'au
figuré. Il se cache pour n'être pas arrêté. Cachez-vous.
Nous nous cacherons derrière ces rochers. Son orgueil se cache sous les
dehors, sous les apparences de l'humilité. Après une pareille conduite,
ce qu'il a de mieux à faire c'est d'aller se cacher.
Se cacher à quelqu'un, Ne pas se laisser voir à lui. Il
s'est caché à tous ses amis. On dit de même, Se cacher
à tous les yeux.
Se cacher au monde, Mener une vie fort retirée.
Se cacher de quelqu'un, Lui cacher ce qu'on fait, ses desseins, sa conduite.
Se cacher de quelque chose, N'en pas convenir, faire en sorte que nul
ne le sache. Il a des liaisons qui le feraient rougir, il s'en cache.
On ne peut se cacher à soi-même, On ne peut se dissimuler
ses sentiments, les dispositions de son âme.
CACHÉ, ÉE. participe, Ressorts cachés. Vues cachées.
Son jeu est fort caché.
N'avoir rien de caché pour quelqu'un, Ne rien lui cacher de ce
qu'on pense ou de ce qu'on projette.
Un esprit caché, Un esprit dissimulé. Une vie cachée,
Une vie solitaire et retirée.
Fig., C'est un trésor caché, se dit D'un homme qui a beaucoup
de talents ou de bonnes qualités, et qui ne les produit pas.
CACHET .s.m.
Petit sceau qu'on applique sur de la cire ou sur quelque autre matière,
soit pour fermer une lettre, un billet, etc., soit pour que l'empreinte serve
de marque distinctive. Cachet bien gravé. Cachet de chiffres. Cachet
d'armes. Cachet d'or, d'argent, d'agate. Il a fait graver son chiffre sur un cachet.
Le cachet d'un fabricant. Appliquer un cachet sur des boîtes, sur des bouteilles.
Se dit aussi de La cire ou autre matière qui porte l'empreinte formée
avec un cachet; et de Cette empreinte même. Le cachet est entier. Le
cachet est rompu. C'est bien là son cachet.
Cachet volant, Cachet qu'on met sur le pli supérieur d'une lettre,
et qui, n'étant point adhérent au pli intérieur, ne la ferme
pas. La lettre que je lui ai envoyée pour le ministre était à
cachet volant, sous cachet volant, afin qu'il pût en prendre lecture.
Lettre de cachet, se disait autrefois d'Une lettre du roi, contre-signée
par un secrétaire d'État, fermée du cachet de Sa Majesté,
et qui contenait un ordre de sa part. Expédier, envoyer une lettre de
cachet. Recevoir une lettre de cachet. Être exilé par lettre de cachet.
CACHET, se dit encore de Petites cartes sur lesquelles on met son cachet
ou son nom, et qui servent à tenir compte du nombre de fois qu'une personne
a fait quelque chose. Ce maître de danse prend cinquante francs pour
douze cachets, Pour douze leçons. On a quinze cachets pour vingt-cinq
francs chez ce restaurateur, Quinze dîners. Etc.
Fam., Courir le cachet, se dit D'un maître qui donne des leçons
en ville.
CACHET, se dit, figurément, Du caractère particulier qui
distingue les ouvrages d'un auteur, d'un artiste, etc. Cet ouvrage porte son
cachet. Il y a mis son cachet. Son style a un cachet particulier. Cet écrivain
a son cachet. Les productions de cet artiste portent un cachet d'originalité
qui les fait aisément reconnaître. Cet ouvrage porte le cachet de
l'époque où il fut composé.
CACHETER . v. a.
(Je cachette. Je cachetais. Je cachetterai. Cachetant.) Fermer avec un
cachet; appliquer un cachet sur quelque chose. Cacheter une lettre, un billet.
Cacheter un paquet. Cacheter une boîte, une bouteille. Cire à cacheter.
Pain à cacheter.
CACHETÉ, ÉE. participe, Lettre cachetée. Vente
et adjudication sur soumissions cachetées.
CACHETTE . s. f.
Petite cache. Il avait fait une cachette où l'on a trouvé son
argent. Il est familier.
EN CACHETTE. loc. adv. En secret, à la dérobée.
Faire quelque chose en cachette.
CACHEXIE . s. f.
.Médec. Mauvaise disposition du corps. Se dit plus spécialement,
aujourd'hui, Du dépérissement qui survient dans certaines affections
chroniques, et qui en marque la période la plus avancée. Cachexie
cancéreuse, scorbutique, etc.
CACHOT .s.m.
Prison basse et obscure. Cachots noirs. Mettre quelqu'un dans un cachot,
au cachot. Tirer quelqu'un des cachots.
CACHOTTERIE . s. f.
Manière mystérieuse d'agir ou de parler, qu'on emploie pour cacher
des choses peu importantes. À quoi servent toutes ces cachotteries?
Elle aime à faire des cachotteries. Il est familier.
CACHOU .s.m.
Substance brune, concrète et astringente, qu'on tire d'un arbre des Indes,
et dont on fait de petits grains et des pastilles agréables au goût.
Cachou ambré. Cachou à la rose. Etc.
CACIQUE .s.m.
Nom qu'on donnait aux princes, dans le Mexique et dans quelques autres régions
de l'Amérique.
CACIS .s.m.
Voyez CASSIS.
CACOCHYME . adj. des deux genres
Se dit De ceux que le mauvais état de leur constitution rend sensibles
aux moindres causes de maladie. Un corps cacochyme. Un vieillard cacochyme.
On dit dans un sens analogue, État cacochyme.
CACOCHYME, se dit quelquefois figurément, pour exprimer La bizarrerie
de l'esprit, ou l'inégalité de l'humeur. C'est un esprit cacochyme.
Une humeur cacochyme. Il est cacochyme.
S'emploie quelquefois substantivement. C'est un cacochyme.
CACOCHYMIE . s. f.
.Médec. Mauvais état du corps, mauvaise complexion qui rend sensible
aux moindres causes de maladie.
CACOGRAPHIE . s. f.
Orthographe vicieuse. Il y a des maîtres qui procèdent par des
exemples de cacographie à l'enseignement de l'orthographe.
CACOLOGIE . s. f.
Locution vicieuse. Il a fait un recueil des cacologies les plus communes
dans cette province.
CACOPHONIE . s. f.
Rencontre de syllabes ou de paroles qui forment un son désagréable
à l'oreille. Dans toutes sortes de compositions, et particulièrement
dans les vers, il faut éviter la cacophonie.
CACOPHONIE, se dit aussi en parlant Des voix et des instruments qui chantent
et qui jouent sans être d'accord. Jamais on n'entendit pareille cacophonie.
CACTIER .s.m.
.Bot. Genre de plantes grasses dont la tige est en général charnue,
garnie d'aiguillons en faisceaux, et ordinairement dépourvue de feuilles.
Le nopal, la raquette, sont du genre des cactiers.
CADASTRAL , ALE. adj.
Qui est relatif au cadastre. Les opérations cadastrales.
CADASTRE .s.m.
Registre public dans lequel la quantité et la valeur des biens-fonds
sont marquées en détail. Dresser le cadastre. Le cadastre sert
de règle pour l'assiette de l'impôt.
Se dit aussi de L'opération qui consiste à déterminer l'étendue
et la valeur des biens-fonds. On a fait le cadastre de ce département.
On dit de même, Les opérations du cadastre.
Les employés du cadastre, Ceux qui sont chargés de dresser
le cadastre.
CADAVÉREUX , EUSE. adj.
Qui tient du cadavre. Il a le teint cadavéreux. Une odeur cadavéreuse.
CADAVÉRIQUE . adj. des deux genres
T. d'Anat. Qui a rapport au cadavre. Autopsie, ouverture cadavérique.
CADAVRE .s.m.
Corps mort. On le dit surtout en parlant Du corps humain. Faire la dissection
d'un cadavre. Anciennement on faisait quelquefois le procès au cadavre
d'un criminel.
Fig. et fam., C'est un cadavre ambulant, se dit D'une personne qu'on
voit aller et venir avec toutes les apparences d'une mort prochaine.
CADEAU .s.m.
Repas, fête que l'on donne principalement à des femmes. Donner
un grand cadeau. Dans ce sens, il a vieilli.
Se dit aussi d'Un petit présent, d'une chose que l'on donne à
quelqu'un dans l'intention de lui être agréable. Il m'a fait cadeau
d'une bague, d'une boîte. Il m'a fait un joli cadeau.
CADENAS .s.m.
Espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte, une malle,
une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans un autre anneau,
soit dans deux pitons. Cadenas rond, carré, etc. Cadenas à chiffre,
à secret. Cadenas d'une porte, d'une valise. Il y faut mettre un cadenas.
Se dit aussi d'Une espèce de coffret d'or ou de vermeil contenant le
couteau, la cuiller, la fourchette, etc., qu'on sert à la table du roi
et des princes.
CADENASSER . v. a.
Fermer avec un cadenas. On a cadenassé la porte. Il faut la fermer
et cadenasser.
CADENASSÉ, ÉE. participe
CADENCE . s. f.
La mesure qui règle le mouvement de celui qui danse. Danser en cadence.
Aller en cadence. Sortir de cadence. Perdre la cadence. Entrer en cadence. Rentrer
en cadence. Suivre la cadence. S'élever et tomber en cadence. Marquer la
cadence.
Dans les Exercices militaires, La cadence du pas, Le mouvement réglé
du pas.
CADENCE, en Musique, se dit Des divers mouvements qu'opère la
basse ou partie grave de l'harmonie, lorsqu'elle vient se reposer ou tomber à
la fin d'une phrase sur l'un des degrés de l'échelle. Cadence
parfaite, imparfaite, interrompue, etc. Faire un trille sur la cadence parfaite.
Il s'est dit aussi, mais improprement, de Ce qu'on nomme trille, c'est-à-dire,
du battement de deux sons rapprochés. Cadence brillante. Cadence perlée.
CADENCE, se dit encore de L'agrément qui résulte d'un vers
ou d'une période dont l'harmonie flatte l'oreille. Ces vers ont de la
cadence, ont bien de la cadence. La cadence de cette période est belle.
CADENCER . v. a.
Conformer ses mouvements à la cadence, les régler sur une certaine
mesure. Ce danseur ne cadence pas bien ses mouvements. Dans les Exercices
militaires, Cadencer le pas.
Il signifie aussi, Donner du nombre à ses phrases, à ses périodes,
à ses vers, les rendre agréables à l'oreille par des repos
habilement ménagés. Cadencer ses phrases, ses périodes.
Cadencer ses vers.
CADENCÉ, ÉE. participe, Mouvements cadencés.
Une troupe qui marche au pas cadencé, qui prend le pas cadencé.
Période cadencée. Prose nombreuse et bien cadencée.
CADÈNE . s. f.
Chaîne de fer à laquelle on attache les forçats. Être
à la cadène. Mettre à la cadène. Tirer de la cadène.
Il est vieux.
CADENETTE . s. f.
Longue tresse qui tombe plus bas que le reste des cheveux. Cheveux en cadenettes.
CADET , ETTE. adj.
Puîné, puînée. Quelquefois il se dit Du second frère
seulement, lors même qu'il a d'autres frères nés après
lui; mais on le dit souvent aussi de Chacun des puînés par rapport
à tous les frères nés avant lui. Fils cadet. Fille cadette.
Frère cadet. Soeur cadette.
Branche cadette d'une maison, Branche de cette maison, sortie d'un cadet.
Branche cadette de Lorraine.
CADET, est aussi substantif. Dans certaines provinces de France, les
cadets n'avaient autrefois qu'une légitime. Partage des cadets. Cadet de
bonne maison.
Se dit souvent Du dernier des fils. Cet homme est le cadet de toute cette
maison.
CADET, substantif, se dit, par extension, en parlant De deux hommes qui
ne sont pas frères, et dont l'un est moins âgé que l'autre.
Je suis son cadet.
Se dit également en parlant Des personnes d'un même corps, d'une
même compagnie, par rapport au temps où elles y ont été
reçues. Ce lieutenant se plaint qu'on ait fait capitaines plusieurs
de ses cadets. Je suis moins âgé que lui; mais, dans la compagnie,
il est mon cadet.
CADET, se disait autrefois d'Un jeune gentilhomme qui servait d'abord
comme simple soldat, et bientôt après comme bas officier, pour apprendre
le métier de la guerre.
Compagnies de cadets, Compagnies toutes composées de jeunes gens
qu'on élevait dans l'art militaire. Il entra dans une compagnie de cadets,
ou simplement, dans les cadets. Plusieurs armées étrangères
ont encore des cadets.
Fam., C'est un cadet de haut appétit, se dit D'un jeune homme
qui aime à faire beaucoup de dépense.
CADETTE . s. f.
Pierre de taille propre pour paver.
CADETTE . s. f.
La moins longue des deux grandes queues qui servent au jeu de billard pour atteindre
aux billes placées hors de la portée ordinaire.
CADI .s.m.
Nom qu'on donne à un juge chez les Turcs. On nomme Cadilesker,
Un juge d'armée.
CADIS .s.m.
Sorte de serge de laine, de bas prix. Lit de cadis. Tapisserie de cadis.
Cadis gris, violet.
CADMIE . s. f.
.Chimie. Oxyde de zinc, qui s'attache aux parois intérieures des fourneaux
où l'on fond des minerais contenant une certaine quantité de ce
métal.
CADOGAN .s.m.
Voyez CATOGAN.
CADOLE . s. f.
Nom que les serruriers donnent au loquet d'une porte, ou à une espèce
de pêne qui s'ouvre et se ferme en se haussant, avec un bouton ou une coquille.
CADRAN .s.m.
Superficie sur laquelle sont tracés les chiffres des heures, et où
la marche du temps est indiquée, soit par un style, soit par une aiguille
que meuvent des ressorts intérieurs. Cadran solaire, équinoxial,
polaire, horizontal. Cadran lunaire. Le cadran d'une horloge, d'une pendule, d'une
montre. Cadran d'or, d'argent, d'émail. Le cadran de l'église. Les
heures de ce cadran ne sont pas bien marquées.
Il signifie quelquefois absolument, Cadran solaire. Allez voir au cadran
l'heure qu'il est. J'ai un cadran au milieu de mon jardin.
CADRAT .s.m.
T. d'Impr. Petit morceau de fonte, plus bas que les lettres et de la largeur
de trois ou quatre chiffres au moins, qui maintient les caractères et ne
marque point sur le papier.
CADRATIN .s.m.
T. d'Impr. Petit cadrat de la largeur de deux chiffres. Mettre un cadratin
au commencement d'un alinéa.
Demi-cadratin, Petit cadratin de la largeur d'un chiffre.
CADRATURE . s. f.
T. d'Horlogerie. Assemblage des pièces qui servent à faire marcher
les aiguilles du cadran, et à faire aller la répétition,
quand la montre ou l'horloge est à répétition.
CADRE .s.m.
Bordure de bois, de marbre, de bronze, etc., dans laquelle on place un tableau,
une estampe, un bas-relief, etc. Un beau cadre. Un cadre doré. Un cadre
bien sculpté. Il faut faire un beau cadre à ce tableau.
CADRE, signifie figurément, Le plan et l'agencement des parties
d'un ouvrage. C'est un cadre heureux, mais il n'est pas bien rempli. On fait
entrer bien des choses dans un tel cadre.
CADRE, se dit figurément et collectivement, en termes d'Organisation
militaire, Des officiers et sous-officiers attachés aux compagnies, en
tant qu'ils sont destinés à diriger et unir ensemble les soldats
qui les composent. À cette affaire, le bataillon fut fort maltraité,
et ses cadres restèrent presque vides. Lorsque la paix paraît devoir
être durable, les puissances sages congédient beaucoup de soldats,
mais conservent des cadres forts et bien organisés.
CADRE, en termes de Marine, Sorte de lit qui sert, sur les bâtiments,
aux officiers, aux passagers, et aux malades de l'équipage. Nous avons
dix hommes sur les cadres, Nous avons dix malades.
CADRER . v. n.
Avoir de la convenance, du rapport. La réponse ne cadre pas avec la
demande. Les dépositions de ces témoins ne cadrent pas ensemble.
Vous vous servez d'une comparaison qui ne cadre pas. Ces deux choses ne cadrent
pas bien l'une avec l'autre.
CADUC , UQUE. adj.
Vieux, cassé, qui a déjà beaucoup perdu de ses forces,
et qui en perd tous les jours. Se dit proprement De l'homme, ou de ce qui appartient
à l'homme. Devenir caduc. Âge caduc. Santé caduque.
Se dit aussi D'une maison qui est près de tomber en ruine. Maison
vieille et caduque.
Le mal caduc, L'épilepsie ou le haut mal. Cet homme a le mal
caduc. Il tombe du mal caduc.
En Jurispr., Legs caduc, Legs qui n'a pas lieu, soit parce que certaines
conditions ne sont pas accomplies, soit parce que le légataire le répudie
ou se trouve incapable de le recueillir. On dit dans un sens analogue, Donation
caduque.
Lot caduc, Lot qui n'est point réclamé.
Voix caduque, Celle qui, par quelque raison particulière, n'est
point comptée dans un scrutin. Cette locution est peu usitée.
CADUC, en termes de Botanique, se dit De certaines parties qui, dans
quelques plantes, tombent très-promptement. Corolle, feuille caduque.
Calice caduc.
CADUCÉE .s.m.
Verge accolée de deux serpents, que les poëtes donnent pour attribut
à Mercure. On peint Mercure avec son caducée. Le caducée
est un des symboles de la paix.
CADUCÉE, se dit aussi Du bâton couvert de velours et fleurdelisé
que portaient le roi d'armes et les hérauts d'armes dans les grandes cérémonies.
Le roi d'armes marchait à la tête du cortége, portant son
caducée.
CADUCITÉ . s. f.
État d'une personne caduque. Cet homme approche de la caducité.
Il est dans une extrême caducité.
Se dit aussi en parlant D'une maison. Cette terre a été moins
vendue, à cause de la caducité de la maison, des bâtiments.
En Jurispr., Caducité d'un legs, se dit Lorsqu'un legs devient
caduc.
CAFARD , ARDE. s.
Hypocrite, bigot. C'est un cafard. Je hais les cafards.
S'emploie aussi adjectivement. Avoir l'air cafard, la mine cafarde.
Damas cafard, Sorte de damas mêlé de soie et de fleuret.
CAFARDERIE . s. f.
Hypocrisie, dévotion grossièrement affectée.
CAFARDISE . s. f.
Acte de dévotion affectée. Il est peu usité.
CAFÉ .s.m.
Graine d'un arbre originaire de l'Arabie, que l'on rôtit, et que l'on
réduit en poudre, pour en faire un breuvage, auquel on donne le même
nom. Café Moka ou de Moka. Café Bourbon. Balle de café.
Café mariné, avarié. Prendre du café. Rôtir,
brûler le café. Moudre le café. Boire du café au lait.
Café à la crème. Crème au café.
Tasse à café, Une tasse pour mettre du café. Une
tasse de café, Une tasse pleine de café. Faites deux tasses
de café, Faites la quantité de café nécessaire
pour remplir deux tasses.
Couleur café, Couleur de café au lait.
Café de chicorée, Poudre faite avec des racines de chicorée
rôties, et qui a la couleur du café. On se sert beaucoup de café
de chicorée en Allemagne.
CAFÉ, se dit, par extension, d'Un lieu public où l'on va,
pour son argent prendre du café ou d'autres breuvages. Il y a beaucoup
de cafés dans cette ville. Un beau café. Un café bien fréquenté.
Aller au café. Passer sa vie dans les cafés. Garçon de café.
Se dit aussi Du moment où l'on prend le café après le dîner.
Ne m'attendez pas pour dîner, je viendrai seulement au café.
CAFÉIER .s.m.
Voyez CAFIER.
CAFÉIÈRE . s. f.
Lieu planté de cafiers.
CAFETAN .s.m.
Robe de distinction en usage chez les Turcs. Le Grand Seigneur envoie des
cafetans aux personnes qu'il veut honorer, et surtout aux ambassadeurs et à
ceux qui paraissent à son audience.
CAFETIER .s.m.
Marchand qui vend du café tout fait, ainsi que d'autres boissons, chaudes
ou froides, telles que thé, punch, limonade, etc. Il est beaucoup moins
usité que Limonadier: voyez ce mot.
CAFETIÈRE . s. f.
Pot d'argent, de terre, de fer-blanc, etc., qui sert à faire ou à
contenir le café. Cafetière d'argent, de porcelaine. Belle cafetière.
Cafetière de quatre, de six tasses. Faire bouillir de l'eau dans une cafetière.
Cafetière à la Dubelloy.
CAFIER
ou CAFÉIER.s.m.
Arbre de la famille des Rubiacées, dont la fleur a de la ressemblance
avec celle du jasmin, et dont le fruit, rouge et de la grosseur d'une cerise,
contient des grains ou semences, qui sont le café.
CAFTAN .s.m.
Voyez CAFETAN.
CAGE . s. f.
Petite loge portative, faite de fils de fer ou de menus bâtons d'osier,
et dans laquelle on enferme ordinairement des oiseaux. Mettre un oiseau dans
sa cage. Grande cage. Belle cage. Cage à poulets.
Fig. et fam., Mettre un homme en cage, Le mettre en prison. Être
en cage, Être en prison.
Prov. et fig., Il vaut mieux être oiseau de campagne qu'oiseau de cage,
La liberté est préférable à tout.
Prov. et fig., La belle cage ne nourrit pas l'oiseau, On peut être
fort mal à son aise avec les apparences de la richesse.
CAGE, se dit aussi de Certaines loges portatives d'assez grande dimension,
garnies de barreaux d'un ou de plusieurs côtés, et destinées
à renfermer des animaux et même des hommes. Il fit enfermer son
prisonnier dans une cage de fer. Ce lion a été transporté
en Europe dans une cage.
En Archit., La cage d'une maison, Les quatre gros murs d'une maison.
La cage d'un escalier, Les murs qui enferment un escalier.
La cage d'un clocher, L'assemblage de charpente qui forme le corps d'un
clocher. On dit de même, La cage d'un moulin à vent.
CAGNARD , ARDE. adj.
Fainéant, paresseux. C'est un homme bien cagnard. Mener une vie cagnarde.
On le dit aussi substantivement. C'est un cagnard, un grand cagnard. Il
est très-familier. Le peuple l'emploie quelquefois, substantivement, pour
Lâche, poltron.
CAGNARDER . v. n.
Vivre dans la paresse, mener une vie obscure et fainéante. Cet homme
ne fait plus que cagnarder. Il est familier.
CAGNARDISE . s. f.
Fainéantise, paresse. Il est familier.
CAGNEUX , EUSE. adj.
Qui a les genoux et les jambes tournés en dedans. Un homme cagneux.
Une femme cagneuse.
Se dit aussi Des jambes mêmes ou des pieds. Avoir les jambes cagneuses,
les pieds cagneux.
CAGOT , OTE. s.
Celui, celle qui a une dévotion fausse ou mal entendue. Ce n'est qu'un
cagot, un franc cagot. Une cagote.
S'emploie aussi adjectivement. Avoir un ton cagot, des manières cagotes.
CAGOTERIE . s. f.
Action du cagot, manière d'agir du cagot.
CAGOTISME .s.m.
Esprit, caractère du cagot; manière de penser du cagot.
CAGOUILLE . s. f.
.Marine. Volute qui sert d'ornement au haut de l'éperon d'un vaisseau.
Il est vieux.
CAGUE . s. f.
.Marine. Sorte de petit bâtiment hollandais, qui sert principalement à
naviguer sur les canaux.
CAHIER .s.m.
Assemblage de plusieurs feuilles de papier ou de parchemin réunies. Cahier
de papier. Cahier blanc. Cahier écrit. Cahier de papier réglé.
Cahier de musique. Cahier de notes. Le professeur se fit montrer le cahier de
l'élève. Le cahier de papier à lettres est ordinairement
de six feuilles. Plusieurs cahiers attachés ensemble forment un registre.
Un gros cahier.
Cahiers de philosophie, de théologie, etc., Écrits qu'un
professeur de philosophie, de théologie, etc., dicte à ses élèves
durant son cours. Il a les cahiers de tel professeur.
CAHIER, s'est dit aussi Des mémoires contenant les demandes, propositions
ou remontrances adressées au souverain par les membres d'un corps de l'État.
Cahier de doléances. Les cahiers des états. Les cahiers de l'assemblée
du clergé. Porter, présenter le cahier, les cahiers. Répondre
les cahiers. Les cahiers furent unanimes à cet égard. Ce sens,
qui était fort usité dans l'ancien régime, ne l'est plus
aujourd'hui.
En termes de Pratique et d'Administration, Cahier des charges, État
des clauses et conditions auxquelles sera faite une adjudication publique. Prendre
connaissance du cahier des charges. Rédiger un cahier des charges.
Cahier de frais, Mémoire ou état des frais. Cette locution
a vieilli.
CAHIN-CAHA . adv.
Tant bien que mal. Se dit Des choses qui vont inégalement, ou que l'on
fait difficilement, à plusieurs reprises, de mauvaise grâce. L'affaire
va cahin-caha. Sa santé va cahin-caha. Il a fait ce que je lui demandais,
mais cahin-caha. Il n'avance dans ses études que cahin-caha. Il est
familier.
CAHOT .s.m.
Espèce de saut que fait une voiture en roulant sur un chemin pierreux
ou mal uni. Un grand cahot. Un rude cahot. Le cahot nous fit verser. Les ornières
de cette route font faire beaucoup de cahots.
Par extension, Nous avons trouvé bien des cahots dans ce pays-là,
Nous y avons trouvé des chemins qui font faire bien des cahots.
Fig. et fam., Nous avons eu, nous avons éprouvé beaucoup de
cahots dans cette affaire, La marche en a été souvent interrompue,
contrariée.
CAHOTAGE .s.m.
Mouvement fréquent causé par les cahots. Je ne puis souffrir
le cahotage d'une voiture.
CAHOTANT , ANTE. adj.
Qui fait faire des cahots. Un chemin cahotant.
Une voiture cahotante, se dit d'Une voiture que la moindre inégalité
de terrain fait cahoter.
CAHOTER . v. a.
Causer des cahots. Cette voiture, ce cabriolet nous a bien cahotés.
Nous avons été bien cahotés dans ce chemin.
Il est aussi verbe neutre, et signifie, Éprouver des cahots. Cette
voiture cahote beaucoup, elle est mal suspendue.
CAHOTER, s'emploie quelquefois familièrement, au figuré,
dans le sens de Ballotter, tourmenter. Il fut longtemps cahoté par la
fortune.
CAHOTÉ, ÉE. participe
CAHUTE . s. f.
Petite loge, hutte, cabane, maisonnette. Il n'a qu'une mauvaise cahute. Une
pauvre cahute. Ce n'est pas une maison, ce n'est qu'une cahute.
CAÏEU .s.m.
.Botanique et de Jardinage. Petite bulbe, sorte de rejeton que produit une bulbe
déjà formée et mise en terre. Caïeu de lis, de tulipe,
d'ixia.
Se dit aussi de La fleur qui naît d'un caïeu. Cette tulipe n'est
qu'un caïeu de l'année.
CAILLE . s. f.
Petit oiseau de passage qui a le plumage grivelé, et dont la chair est
délicate. Caille grasse. La saison des cailles.
CAILLEBOTTE . s. f.
Masse de lait caillé. Nous avons mangé des caillebottes.
CAILLE-LAIT .s.m.
.Bot. Genre de plantes, ainsi nommé parce qu'on attribue à ses
diverses espèces la vertu de cailler le lait. Caille-lait blanc. Caille-lait
jaune. Etc. On le nomme aussi Gaillet.
CAILLEMENT .s.m.
État du lait ou d'une autre liqueur qui se caille. Il est peu usité.
CAILLER . v. a.
Figer, coaguler, épaissir. La présure caille le lait.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Le lait se caille. Le sang se caille.
Avec ellipse du pronom, Cela fait cailler le lait.
CAILLÉ, ÉE. participe, Lait caillé. Sang caillé.
Substantiv., Du caillé, Du lait caillé. Nous avons mangé
du caillé.
CAILLETAGE .s.m.
Bavardage de caillettes. Insipide cailletage. N'écoutez pas tous ces
cailletages. Il est familier.
CAILLETEAU .s.m.
Jeune caille. On nous a servi des cailleteaux.
CAILLETTE . s. f.
La partie d'un chevreau, d'un agneau, d'un veau, etc., qui contient la présure
à cailler le lait.
CAILLETTE . s. f.
Femme frivole et babillarde. C'est une caillette. Les caillettes du quartier.
Propos de caillette. On le dit quelquefois D'un homme. Cet homme est une
franche caillette. Il est très-familier.
CAILLOT .s.m.
Grumeau de sang, petite masse de sang caillé. Cracher des caillots
de sang.
CAILLOT-ROSAT .s.m.
Poire ainsi nommée parce qu'elle est pierreuse, et qu'elle a un goût
de rose.
CAILLOU .s.m.
Pierre très-dure, qui varie par la couleur, et dont il jaillit des étincelles
quand on la frappe avec du fer ou de l'acier. Chemin plein de cailloux. Caillou
de rivière. Caillou plat. Caillou rond. Caillou uni et poli. Lancer un
caillou. Cet homme a le coeur dur comme un caillou.
Cailloux de Médoc, du Rhin, Cailloux blancs et transparents comme
du cristal.
Caillou d'Égypte, Sorte de jaspe dans lequel on aperçoit
différentes figures qui ressemblent à des grottes, à des
paysages, etc.
CAILLOUTAGE .s.m. coll.
Ouvrage fait de cailloux. Grotte de cailloutage. Chemin de cailloutage.
CAILLOUTEUX , EUSE. adj.
Plein de cailloux, semé de cailloux. Un sol caillouteux. Des terres
caillouteuses.
CAÏMACAN .s.m.
Lieutenant du grand vizir. L'un des caïmacans est gouverneur de Constantinople,
et n'en sort jamais.
CAÏMAN .s.m.
Espèce de crocodile.
CAIMANDER . v. n.
Voyez QUÉMANDER.
CAIMANDEUR , EUSE. s.
Voyez QUÉMANDEUR.
CAÏQUE .s.m.
Petite embarcation en usage dans l'Archipel et à Constantinople.
Il se disait autrefois d'Une sorte de chaloupe qui servait ordinairement avec
les galères, dans la Méditerranée. On envoya le caïque
reconnaître les ennemis.
CAISSE . s. f.
Espèce de coffre de bois où l'on met diverses sortes de marchandises,
pour les transporter. Une caisse de raisins. Raisins de caisse. Des caisses
de sucre. Une caisse de bouteilles. Une caisse d'eau-de-vie. Une caisse de livres.
Ce piano m'a été envoyé de Paris dans une caisse.
Se dit aussi d'Un assemblage de planches en carré, que l'on remplit de
terre, et où l'on met des orangers et d'autres arbres ou arbustes. Élever
des orangers en caisse.
Se dit, en Chirurgie, de Certaines boîtes dans lesquelles on renferme
des instruments ou des médicaments. Caisse à amputation. Caisse
de trépan. Caisse à médicaments.
Se dit également d'Une espèce de coffre-fort dans lequel les banquiers,
les négociants, etc., serrent leur argent et leurs effets de commerce.
Avoir tant d'argent en caisse. Verser des fonds dans une caisse. Tirer de l'argent
de sa caisse. On dit même, Les caisses de l'État; la caisse
d'un receveur général, d'un payeur de la guerre, etc.
Se dit, par extension, Du lieu, du bureau où les banquiers, les négociants,
etc., font et reçoivent les payements. Allez à la caisse, vous
serez payé. Le garçon de caisse est allé recevoir le montant
de plusieurs billets. Vous venez trop tard, la caisse est fermée.
Il signifie aussi, Tous les fonds qu'un banquier, un négociant, une administration,
etc., peut avoir à sa disposition. Sa caisse est de cent mille écus,
de six cent mille francs. Faire l'état de sa caisse. Livre de caisse,
Registre de la caisse.
Tenir la caisse, Avoir le maniement de l'argent d'un banquier, d'un négociant,
etc.
Caisse militaire, Les fonds destinés aux dépenses d'une
armée, d'un corps de troupes. L'ennemi s'empara de la caisse militaire.
On dit de même, La caisse du régiment, de la compagnie.
Caisse des pensions, Les fonds qu'une administration, qu'un établissement
affecte au payement des pensions accordées pour d'anciens services.
CAISSE, se dit en outre de Certains établissements où l'on
dépose des fonds pour différentes destinations. Caisse d'amortissement.
Caisse d'épargne. Caisse d'escompte Caisse des dépôts et consignations.
Etc.
CAISSE, signifie aussi, Le corps d'une voiture.
Il signifie encore, Le cylindre d'un tambour, et plus ordinairement, Le tambour
même. Caisse de tambour. Battre la caisse. Bander la caisse. Cette caisse
est crevée.
Caisse roulante, Caisse plus allongée que le tambour, et qui rend
un son plus grave et moins fort: on l'emploie surtout dans la musique militaire.
En termes d'Anat., Caisse du tambour, Cavité demi-sphérique
qui se trouve au fond du trou auditif externe de l'oreille.
En termes de Physiq., Caisse catoptrique, Instrument d'optique propre à
grossir à la vue de petits corps très-rapprochés.
CAISSE, en termes de Pâtisserie et de Cuisine, se dit d'Un papier
plié en carré avec rebords, dans lequel on fait cuire les biscuits
et certains mets délicats.
CAISSIER .s.m.
Celui qui tient la caisse chez un banquier, chez un négociant, ou dans
une administration, dans un établissement public. Un tel est le caissier
de cette maison. Le caissier du Trésor.
CAISSON .s.m.
Grande caisse sur un train à quatre roues, qui sert ordinairement pour
porter des vivres et des munitions à l'armée. Les caissons de
l'artillerie. Les caissons des vivres. Les caissons des munitionnaires.
CAISSON, en termes d'Architecture, se dit de Compartiments, de renfoncements
ornés de moulures, dont on décore les plafonds et les voûtes.
CAJOLER . v. a.
Flatter, louer, entretenir quelqu'un de choses qui lui plaisent et qui le touchent.
Il l'a tant cajolé qu'il a obtenu ce qu'il demandait.
Il signifie aussi, Tâcher de séduire une femme ou une fille par
de belles paroles. Il faut avertir la mère qu'un tel cajole sa fille.
Une honnête femme ne se laisse pas cajoler. Il est familier dans les
deux sens.
CAJOLÉ, ÉE. participe
CAJOLERIE . s. f.
Louange où il y a quelque affectation, ou qui sent la flatterie. Vos
louanges ne sont que pures cajoleries.
Se dit aussi Du langage flatteur dont on se sert pour tâcher de séduire
une femme ou une fille. Souffrir, aimer la cajolerie.
CAJOLEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui cajole. C'est un cajoleur, un vrai cajoleur. Ce n'est qu'une
cajoleuse.
CAL .s.m.
Durillon qui vient aux pieds, aux mains, aux genoux. Il vient des cals aux
mains à force de travailler, et aux pieds à force de marcher.
Se dit, en Chirurgie, de L'espèce de soudure naturelle qui rejoint les
fragments d'un os rompu. La formation du cal. Dans l'un et l'autre sens,
on dit aussi, Calus.
CALADE . s. f.
.Manége. Pente d'un terrain élevé par où l'on fait
descendre plusieurs fois un cheval au petit galop, pour lui apprendre à
plier les hanches, et à former son arrêt.
CALAISON . s. f.
.Marine. État d'un bâtiment dont la carène est plus ou moins
enfoncée dans l'eau, selon le chargement qu'il porte.
CALAMBOUR .s.m.
Sorte de bois odorant qui vient des Indes.
CALAMENT .s.m.
.Bot. Plante labiée dont l'odeur est assez agréable, et qui est
d'usage en médecine. On emploie le calament comme le thé.
CALAMINAIRE . adj.
Voyez l'article suivant.
CALAMINE . s. f.
On donnait autrefois ce nom, et celui de Pierre calaminaire, à
L'oxyde de zinc natif, dont on se servait pour la fabrication du cuivre jaune
ou laiton.
CALAMISTRER . v. a.
Friser les cheveux et les mettre en boucles. Il est familier et vieux.
CALAMISTRÉ, ÉE. participe
CALAMITE . s. f.
Espèce de gomme-résine, qui est la qualité de storax la
moins estimée, et qu'on nomme ainsi parce que ceux qui la recueillent l'enferment
dans des tiges de roseau.
En Minéralogie, Calamite blanche, Espèce de marne ou d'argile
blanche qui a la propriété d'attirer la salive, quand on la met
dans la bouche.
CALAMITÉ . s. f.
Grand malheur, malheur public qui se répand sur une contrée, sur
une ville. La guerre, la peste, sont des calamités. C'est une vraie
calamité. Les grandes calamités. Dans les calamités publiques.
Vivre dans un temps de calamités.
Se dit quelquefois Des grands malheurs qui frappent les particuliers. La
perte de cet homme est une véritable calamité pour sa famille. Les
calamités qui ont accablé sa vieillesse.
CALAMITEUX , EUSE. adj.
Qui abonde en calamités. Il ne se dit que Des choses. Temps calamiteux.
Saison calamiteuse. Règne calamiteux.
CALANDRE . s. f.
Sorte d'alouette.
Se dit aussi d'Une espèce d'insecte qui ronge le blé dans les
greniers. Ce blé est tout plein de calandres.
CALANDRE . s. f.
Machine dont on se sert pour presser et lustrer les draps, les toiles, et autres
étoffes. Mettre du taffetas, de la moire à la calandre. Faire
passer des étoffes à la calandre.
CALANDRER . v. a.
Faire passer par la calandre. Calandrer une étoffe, une nappe.
CALANDRÉ, ÉE. participe
CALATRAVA .s.m.
Nom d'un ordre militaire d'Espagne, institué sous le règne de
Sanche III, roi de Castille, en 1158, et qui tire son nom de la ville pour la
défense de laquelle il fut établi. Chevalier de l'ordre de Calatrava.
CALCAIRE . adj. des deux genres
.Géologie et de Chimie. Se dit Des terres, des pierres, etc., que l'action
du feu peut changer en chaux, telles que la craie, le marbre, la pierre à
chaux, les coquilles, etc. Terrain calcaire. Pierre calcaire. Matière
calcaire.
Se dit substantivement, en Géologie, Des terrains calcaires ou contenant
des matières calcaires. Calcaire primitif. Calcaire ancien ou de
transition. Calcaire coquillier.
CALCANÉUM .s.m.
(On prononce Calcanéome.) T. d'Anat., emprunté du latin.
L'os du talon.
CALCÉDOINE . s. f.
Nom qu'on donne à une agate d'une couleur laiteuse et remplie comme de
nuages.
CALCÉDONIEUX , EUSE. adj.
Se dit Des pierres précieuses qui ont quelque marque, quelque tache blanche.
CALCINATION . s. f.
Action de calciner, ou Le résultat de cette action. Se dit surtout en
termes de Chimie. Calcination du vitriol, du plomb. Calcination complète.
CALCINER . v. a.
Il signifie proprement, en termes de Chimie, Transformer du carbonate calcaire
en chaux vive, à l'aide d'une forte chaleur; et, par extension, Soumettre
des matières solides quelconques à l'action du feu. Calciner
le salpêtre, le vitriol, les métaux, etc.
Se dit souvent, dans le langage ordinaire, en parlant De tout ce qui éprouve
une violente action du feu. Cette muraille a été calcinée
par les flammes.
Il se met quelquefois avec le pronom personnel. Cette pierre s'est calcinée
dans le feu.
CALCINÉ, ÉE. participe
CALCUL .s.m.
Supputation, compte. Calcul exact. Calcul faux. Par mon calcul, j'ai trouvé
que... Erreur de calcul. Sauf erreur de calcul. Se tromper dans un calcul. Calcul
différentiel. Calcul intégral. Les calculs astronomiques.
L'erreur de calcul ne se couvre point, On peut toujours revenir contre
l'erreur de calcul.
De calcul fait, Tout bien compté, en comptant bien. De calcul
fait, il en sera pour dix mille francs.
CALCUL, se dit figurément Des moyens que l'on combine, des mesures
que l'on prépare pour le succès de quelque affaire. Se tromper
dans son calcul. Faire un faux calcul, un mauvais calcul. Cela n'entre pas dans
mon calcul. Cet homme est tout calcul. Les calculs de l'intérêt,
de l'ambition, etc. Sa finesse a déjoué tous leurs calculs. Un bon
calcul. De sages calculs. D'odieux calculs.
CALCUL, en termes de Médecine, est Le nom donné aux diverses
espèces de concrétions pierreuses qui se forment dans le corps de
l'homme, et dont les plus communes sont les Calculs biliaires et urinaires.
Se dit, quelquefois, de La maladie qui résulte de la présence
d'un calcul dans les reins ou dans la vessie. Avoir le calcul. Voyez PIERRE.
CALCULABLE . adj. des deux genres
Qui peut se calculer.
CALCULATEUR .s.m.
Celui qui s'occupe de calcul. Cet astronome est un bon, un grand calculateur.
Il est aussi adjectif, mais au figuré seulement. Esprit calculateur.
CALCULER . v. a.
Supputer, compter. C'est lui qui a calculé toutes ces sommes.
S'emploie aussi neutralement. Après avoir bien calculé, je
trouve que le compte est juste.
Calculer des tables astronomiques, Dresser des tables propres à
l'usage des astronomes. Calculer une éclipse, Déterminer
par le calcul le temps et les circonstances d'une éclipse.
CALCULER, se dit aussi De toute opération de l'esprit qui a pour
objet une combinaison ou une appréciation quelconque. L'action de cette
machine est ingénieusement calculée. Calculer les chances de succès.
Calculer les événements. Calculer ses démarches. En avez-vous
calculé toutes les suites?
Bien calculer, mal calculer, Prendre bien, prendre mal ses mesures.
CALCULÉ, ÉE. participe
CALCULEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui a rapport aux calculs, et spécialement aux calculs
de la vessie. Affection calculeuse.
CALCULEUX, se dit aussi Des personnes qui ont une affection calculeuse,
et peut alors s'employer substantivement.
CALE . s. f.
.Marine. La partie la plus basse dans l'intérieur d'un bâtiment.
La cale était pleine d'eau. Descendre dans la cale. On mit les prisonniers
à fond de cale.
Se dit aussi de La partie d'un quai qui forme une pente douce jusqu'au bord
de l'eau, et qui facilite le chargement et le déchargement des bateaux.
Cette cale est commode. Mettre des marchandises sur la cale.
Se dit également, dans les Chantiers de construction, d'Un espace plan,
incliné vers le rivage, sur lequel on construit ou l'on répare les
bâtiments, et d'où ils sont ensuite lancés à l'eau.
Cale de construction. Cale couverte.
Se dit aussi d'Un abri entre deux pointes de terre ou de rocher. Le vaisseau,
battu de la tempête, se sauva dans une cale. Ce sens est vieux: on dit,
Une crique.
CALE, signifie encore, Un châtiment infligé à bord
des vaisseaux, qui consiste à suspendre un homme à la vergue du
grand mât, et à le plonger plusieurs fois dans la mer. Donner
la cale. Il a été condamné à la cale.
Cale sèche, Le même châtiment; mais le patient est
arrêté dans sa chute, avant d'arriver à la mer.
CALE, se dit en outre d'Un morceau de bois, de pierre, etc., qu'on place
sous un objet quelconque pour le mettre de niveau ou pour lui donner de l'assiette.
Cette poutre, cette table baisse plus d'un côté que de l'autre,
il y faut mettre une cale. Ce meuble vacillait, je l'ai assujetti avec une cale.
CALEBASSE . s. f.
Nom qu'on donne aux fruits des diverses espèces de courges, et de quelques
autres plantes, lesquels ont à peu près la forme d'une bouteille,
et servent, lorsqu'on les a vidés et séchés, à contenir
des boissons, etc. Chaque voyageur était pourvu d'une calebasse pleine
de vin. Nager avec des calebasses sous les aisselles.
CALEBASSIER .s.m.
Arbre de l'Amérique, dont le fruit, semblable à la courge, est
un de ceux qu'on nomme Calebasses.
CALÈCHE . s. f.
Espèce de voiture à ressorts, et à quatre roues, qui est
fort légère et ordinairement découverte. Se promener en
calèche. Voyager en calèche.
Il se disait autrefois d'Une coiffure de femme qui se repliait sur elle-même.
CALEÇON .s.m.
Vêtement qu'on met sous le pantalon ou la culotte, et qui couvre depuis
la ceinture jusqu'aux genoux. Caleçon de toile, de laine, etc. Se mettre
en caleçon. Être en caleçon. Porter des caleçons. Caleçon
de nageur.
CALÉFACTION . s. f.
T. didactique. Chaleur causée par l'action du feu. Cette préparation
se fait par une légère caléfaction. Il est peu usité.
CALEMBOUR .s.m.
Mauvais jeu de mots fondé sur une similitude de sons, sans égard
à l'orthographe. Faire, dire un calembour, des calembours. De plats
calembours. Ce mauvais plaisant ne parle qu'en calembours. Il est familier.
CALEMBREDAINE . s. f.
Bourde, vains propos, faux-fuyants. Il m'a dit des calembredaines. Il ne
répond à tout ce qu'on lui dit que des calembredaines. Vous éludez
mes questions par des calembredaines. Il est familier.
CALENCAR .s.m.
Sorte de toile peinte des Indes.
CALENDER .s.m.
(On prononce l'R.) Nom de certains religieux turcs ou persans, la plupart vagabonds.
CALENDES . s. f. pl.
Premier jour de chaque mois chez les Romains. Calendes de janvier. Calendes
de mars. Le jour des calendes.
Prov. et fig., Renvoyer aux calendes grecques, Remettre une chose à
un temps qui ne viendra jamais: cela se dit parce que les Grecs n'avaient point
de calendes.
CALENDES, se dit aussi de Certaines assemblées des curés
de campagne, convoquées par l'ordre de l'évêque. Il est
allé aux calendes. Les calendes se tiennent dans telle paroisse.
CALENDRIER .s.m.
Livre ou tableau qui contient l'ordre et la suite de tous les jours de l'année.
Consulter le calendrier. Cette fête n'est pas indiquée dans le
calendrier. Imprimer un calendrier. Calendrier pour l'année 1834. Calendrier
perpétuel. Le calendrier des Égyptiens, des Romains, des Turcs,
etc.
Vieux calendrier, Celui dont on se servait avant la réformation
qui en fut faite par le pape Grégoire XIII. Nouveau calendrier,
ou Calendrier grégorien, Celui qui est conforme à la réformation
faite par ce pape. Le nouveau calendrier avance de douze jours sur l'ancien,
que suivent encore les Russes et les Grecs.
Calendrier perpétuel, Suite de calendriers calculés sur
les différents jours où doit tomber la fête de Pâques.
En Botan., Calendrier de Flore, Table des diverses époques de
l'année où certaines plantes fleurissent.
CALENTURE . s. f.
Maladie qui attaque souvent les marins lorsqu'ils naviguent entre les deux tropiques,
et qui cause un délire violent.
CALEPIN .s.m.
Nom d'un vieux vocabulaire polyglotte, composé par Ambroise Calepin.
On applique ce nom à Tout recueil de mots, de notes, d'extraits, qu'une
personne compose pour son usage. Je consulterai là-dessus mon calepin.
Voilà de quoi bien enrichir son calepin. Cela n'est pas dans son calepin.
Mettez cela sur votre calepin.
CALER . v. a.
Baisser. Il ne se dit guère qu'en termes de Marine, et en parlant Des
basses vergues, des mâts de hune ou de perroquet. Caler une voile, une
vergue, un mât. Caler à mi-mât. Caler tout bas.
Fig. et fam., Caler la voile, Se relâcher de ses prétentions,
se radoucir, parler avec moins de hauteur. Avec lui le plus sûr est de
caler la voile. On dit populairement et absolument, dans le même sens,
Caler. Il fut obligé de caler.
CALER, signifie aussi, Mettre de niveau ou assujettir au moyen d'une
cale. Il faut caler le pied de cette table. Calez cette pierre. Caler une poutre.
CALER, est quelquefois neutre, et se dit D'un bâtiment dont la
carène enfonce plus ou moins dans l'eau. Ce navire cale trop, ne cale
pas assez.
CALÉ, ÉE. participe
CALFAT .s.m.
.Marine. Ouvrier qui calfate les bâtiments. Bon calfat. Maître
calfat.
CALFATAGE .s.m.
Action de calfater, ou L'ouvrage même qui en résulte. Ce calfatage
est bon, est mauvais.
CALFATER . v. a.
.Marine. Boucher avec de l'étoupe les joints, les trous et les fentes
d'un bâtiment, et l'enduire de poix, de goudron, etc., pour empêcher
que l'eau n'y entre. Calfater un vaisseau.
CALFATÉ, ÉE. participe
CALFEUTRAGE .s.m.
Action de calfeutrer une porte, une fenêtre, ou L'ouvrage même qui
en résulte. Bon calfeutrage. Travailler au calfeutrage.
CALFEUTRER . v. a.
Boucher les fentes d'une porte, d'une fenêtre, avec du papier, du parchemin
collé, ou des lisières, etc., pour empêcher que le vent n'entre
dans une chambre. Il faut calfeutrer cette porte. Calfeutrer portes et fenêtres.
Avec le pronom personnel, Se calfeutrer, S'enfermer bien chaudement.
CALFEUTRÉ, ÉE. participe
CALIBRE .s.m.
Diamètre intérieur d'un tube quelconque. Ce tuyau a un demi-pied
de calibre. Le calibre des vaisseaux sanguins.
Se dit particulièrement Du diamètre intérieur des armes
à feu, des pièces d'artillerie. Le calibre d'un canon, d'un fusil,
etc. Les canons de batterie doivent avoir tant de calibre. Une pièce de
gros calibre.
Il signifie, par extension, La grosseur du projectile, proportionnée
à l'ouverture du pistolet, du fusil, du canon. Cette balle est de tel
calibre. Balle de calibre. Le calibre d'un boulet.
Se dit encore de L'instrument qui sert à donner ou à mesurer le
calibre. Passer des balles au calibre.
CALIBRE, en termes d'Architecture, signifie, Volume, grosseur. Ces
deux colonnes sont de même calibre.
Se dit aussi d'Un profil découpé sur une plaque de métal
ou sur une planche de bois, qui sert à traîner les corniches de plâtre
ou de stuc.
CALIBRE, se dit encore, dans plusieurs Arts, de Divers instruments dont
la forme diffère, mais qui sont en général destinés
à servir de mesure, de moule, de patron.
CALIBRE, se dit figurément de La qualité, de l'état,
etc., d'une personne. Ils ne sont pas tous deux de même calibre. Ces
deux esprits ne sont pas de même calibre. Ce sens est très-familier
et peu usité.
CALIBRER . v. a.
Donner le calibre, la grosseur convenable. Calibrer des balles.
Il signifie aussi, Mesurer le calibre. Calibrer un mortier.
CALIBRÉ, ÉE. participe
CALICE .s.m.
Le vase sacré où se fait la consécration du vin dans le
sacrifice de la messe. Calice d'or. Calice d'argent. Élever le calice.
Prov. et fig., Boire le calice, avaler le calice, Souffrir quelque chose
de fâcheux, d'humiliant. Cela est rude, mais il faut avaler le calice,
il faut boire le calice. On dit aussi, Boire le calice jusqu'à la
lie, Souffrir une humiliation complète, une douleur longue et cruelle,
un malheur dans toute son étendue.
Prov., Il est doré comme un calice, Il a des habits chargés
de galon ou de broderie d'or.
CALICE, en termes de Botanique, signifie, L'évasement en forme
de coupe et ordinairement de couleur verte, qui, dans beaucoup de plantes, forme
l'enveloppe extérieure de la corolle. Le calice des fleurs. Calice simple,
double, commun, etc.
CALICOT .s.m.
Toile de coton moins fine que la percale. Acheter du calicot. Des rideaux
de calicot.
CALIFAT .s.m.
Dignité de calife.
CALIFE .s.m.
Nom des souverains musulmans successeurs de Mahomet, qui réunissaient
le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.
CALIFOURCHON
(À). loc. adv. et fam. Jambe deçà, jambe delà, comme
quand on est à cheval. Aller à califourchon. Se mettre à
califourchon. Être à califourchon sur un bâton, etc.
CALIFOURCHON, s'emploie substantivement dans cette phrase familière
et figurée, C'est son califourchon, C'est sa manie.
CÂLIN , INE. s.
Niais et indolent. Dans ce sens, on ne l'emploie guère qu'au masculin.
C'est un câlin. Faire le câlin. Il est familier.
Il signifie aussi, Cajoleur. C'est un petit câlin, une petite câline.
Il est quelquefois adjectif. Cet homme a l'air câlin. Cet enfant est
câlin. On dit aussi, Avoir une démarche câline, prendre
un ton câlin, etc.
CÂLINER
(SE). v. pron.
Demeurer dans l'inaction, dans l'indolence. Il passe le temps à se
câliner dans un fauteuil. Il est familier.
CÂLINERIE . s. f.
Cajolerie. Méfiez-vous de ses câlineries. Il est familier.
CALLEUX , EUSE. adj.
Où il y a des callosités. Ulcère calleux. Mains calleuses.
En Anat., Corps calleux, Longue et large bande de substance médullaire
qui réunit les deux hémisphères du cerveau.
CALLIGRAPHE .s.m.
Celui qui s'applique à la calligraphie.
CALLIGRAPHIE . s. f.
L'art de bien écrire, de bien former les caractères d'écriture.
CALLOSITÉ . s. f.
Endurcissement et épaississement de la peau, et surtout de l'épiderme,
dans les endroits où ils éprouvent des frottements réitérés.
Les callosités se forment ordinairement aux pieds et aux mains.
Se dit aussi Des excroissances de chair solide et sèche qui s'engendrent
sur les bords d'un ulcère.
CALMANDE . s. f.
Étoffe de laine lustrée d'un côté, comme le satin.
CALMANT , ANTE. adj.
Qui calme les douleurs. Remède calmant. Potion calmante.
S'emploie aussi substantivement, au masculin. Prendre un calmant.
CALMAR .s.m.
Étui où l'on met des plumes à écrire. Il est vieux.
CALMAR, en Histoire naturelle, Mollusque du genre des Sèches,
qu'on nomme autrement Cornet.
CALME . adj. des deux genres
Sans agitation. Se dit tant au sens physique qu'au sens moral. La mer est
calme. L'air est calme. Lieu calme et hors du bruit. Nuit calme. Esprit calme.
C'est un homme fort calme. Son humeur est ordinairement calme.
Le malade est calme, Il est sans agitation et sans douleur.
CALME .s.m.
Cessation complète du vent. Quand il fut en haute mer, le calme le
prit, et l'empêcha d'avancer. Il y a de grands calmes dans ces mers-là.
Le plus grand calme règne dans les airs. Calme plat, Sans la moindre
agitation de l'air ni de la lame.
Il signifie aussi, Tranquillité, absence d'agitation, et se dit tant
au sens physique qu'au sens moral. Le calme des nuits. Ramener, rétablir
le calme dans un État. Écoutez-moi avec calme. L'assemblée
l'écouta dans le plus grand calme. Nous vivons ici dans un calme profond.
Un calme très-doux. Le calme de l'esprit.
CALMER . v. a.
Apaiser, rendre calme. Se dit tant au sens physique qu'au sens moral. Calmer
les flots. Calmer l'orage, la tempête. Calmer une sédition. Calmer
les esprits. Calmer un État. Calmer les passions. Calmer la douleur.
S'emploie quelquefois absolument. Cela n'est pas propre à calmer.
Il s'étudie toujours à calmer.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie alors, Devenir calme,
s'apaiser. La mer se calme. Le tumulte s'est calmé. Calmez-vous. La
douleur commence à se calmer.
S'emploie neutralement dans le même sens, en termes de Marine. Le vent
calme, commence à calmer. La mer a beaucoup calmé.
CALMÉ, ÉE. participe
CALOMNIATEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui calomnie. Passer pour un calomniateur. On le traita de calomniateur.
Un vil, un lâche calomniateur. C'est une calomniatrice.
CALOMNIE . s. f.
Fausse imputation qui blesse la réputation et l'honneur. C'est une
pure calomnie, une noire, une infâme calomnie. Inventer, fabriquer, forger
une calomnie contre quelqu'un. Publier des calomnies contre quelqu'un. Se justifier,
se laver d'une calomnie. Repousser une calomnie.
Se dit quelquefois, absolument, Des calomniateurs. Être poursuivi par
la calomnie. Braver la calomnie.
CALOMNIER . v. a.
Attaquer, blesser l'honneur de quelqu'un par de fausses imputations. Les
méchants sont sujets à calomnier les gens de bien. On l'a indignement
calomnié.
Se dit aussi en parlant Des actions, des intentions, etc. On a calomnié
ses intentions, sa conduite.
Il se prend quelquefois absolument. Se plaire à mentir et à
calomnier.
CALOMNIÉ, ÉE. participe
CALOMNIEUSEMENT . adv.
Avec calomnie. Il fut accusé calomnieusement.
CALOMNIEUX , EUSE. adj.
Qui contient une calomnie, des calomnies. Ce sont des discours calomnieux.
Une accusation calomnieuse. Des paroles calomnieuses. Un écrit calomnieux.
CALONIÈRE . s. f.
Jouet d'enfant. Voyez CANONNIÈRE.
CALORIFÈRE .s.m.
Espèce de grand poêle qui porte la chaleur dans plusieurs parties
d'une maison.
CALORIQUE .s.m.
.Chimie. Principe de la chaleur. L'influence du calorique. La glace n'est
autre chose que l'eau privée d'une partie de son calorique. Ce corps dégage
beaucoup de calorique. Calorique rayonnant.
CALOTTE . s. f.
Espèce de petit bonnet qui ne couvre ordinairement que le haut de la
tête, et qui n'est plus guère en usage que parmi les gens d'Église.
Calotte de satin, de maroquin. La calotte noire d'un prêtre. La calotte
rouge d'un cardinal, d'un enfant de choeur. Porter la calotte.
Absol., Le pape a donné la calotte à un tel, Il l'a élevé
à la dignité de cardinal.
Calotte à oreilles, Grande calotte qui couvre les oreilles.
CALOTTE, en termes de Chirurgie, se dit de Certains bonnets, et, par
extension, de Certaines matières qu'on applique sur la tête, pour
le traitement de diverses maladies. Calotte de taffetas gommé, de flanelle,
pour les douleurs rhumatismales. Calotte de cuir bouilli. Calotte de glace.
CALOTTE, se dit encore de Plusieurs autres choses qui ont quelque rapport
de forme ou de destination avec une calotte; et particulièrement, en Architecture,
d'Une petite voûte sphérique qui a peu d'élévation.
En Anat., La calotte du crâne, La partie supérieure du crâne.
Fig. et fam., La calotte des cieux, La voûte du ciel. On ne
trouverait pas son pareil sous la calotte des cieux.
CALOYER .s.m.
Moine grec de l'ordre de Saint-Basile. Les caloyers se trouvent principalement
du côté du mont Athos et dans l'Archipel.
CALQUE .s.m.
Trait léger d'un dessin qui a été calqué. Prendre
un calque.
Se dit figurément de Toute production de l'esprit qui n'est que l'imitation
servile d'une autre. Cet ouvrage n'est qu'un calque insignifiant de tout ce
que nous connaissons en ce genre.
CALQUER . v. a.
Prendre le trait d'un dessin en suivant exactement ses contours avec une pointe,
une plume ou un crayon. Il y a plusieurs manières de calquer. Calquer
à la pointe. Calquer à la vitre. Calquer une estampe, un plan.
On dit de même, Calquer une lettre pour en faire le fac-simile, etc.
Il signifie figurément, Imiter avec exactitude. Tout dans cet ouvrage
est calqué. Cet auteur calque et ne crée pas.
CALQUÉ, ÉE. participe
CALUMET .s.m.
Espèce de grande pipe en usage chez les sauvages, et qu'ils présentent
comme un symbole de paix. Il nous offrit le calumet de paix.
CALUS .s.m.
(On prononce l'S.) Espèce de soudure naturelle, de cicatrice qui réunit
les fragments d'un os rompu. Quand on a l'os de la jambe rompu, il ne faut
pas se remuer que le calus ne soit fait. Voyez CAL.
Se dit aussi Des cals ou durillons qui viennent aux pieds, aux mains, aux genoux.
Avoir un calus dans la main.
Il signifie figurément, Un endurcissement d'esprit et de coeur qui se
forme par la longue habitude. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Cet
homme est insensible aux misères du prochain, il s'est fait là-dessus
un calus. L'impie se fait un calus contre les remords de sa conscience.
CALVAIRE .s.m.
Élévation où l'on a planté une croix, pour figurer
le véritable Calvaire.
CALVILLE .s.m.
Espèce de pomme. Calville rouge. Calville blanc. Compote de calville.
Voilà de beau calville.
CALVINISME .s.m.
La doctrine de Calvin; La secte qui suit cette doctrine.
CALVINISTE . s. et adj. des deux genres
Celui ou celle qui suit la doctrine de Calvin.
CALVITIE . s. f.
(On prononce Calvicie.) État d'une tête chauve, effet de
la chute des cheveux. La calvitie est ordinairement causée par la vieillesse
ou par la maladie.
CAMAÏEU .s.m.
Pierre fine de deux couleurs.
Se dit plus particulièrement d'Un tableau peint avec une seule couleur.
Peindre en camaïeu.
CAMAIL .s.m.
Sorte de petit manteau qui couvre depuis les épaules jusqu'à la
ceinture, et que les évêques et autres ecclésiastiques privilégiés
portent par-dessus le rochet dans les cérémonies. Camail noir,
violet. Porter le camail. Quitter le camail. Être en camail et en rochet.
Des camails.
Se dit aussi d'Un habillement qui couvre la tête et les épaules
jusqu'à la ceinture, et que le clergé porte en hiver.
CAMALDULE .s.m.
Religieux d'un ordre qui fut fondé par saint Romuald à Camaldoli,
en Toscane, et qui suit la règle de Saint-Benoît. L'ordre des
camaldules. Il y a également des religieuses camaldules.
CAMALDULE, s'emploie aussi comme substantif féminin, pour désigner
Une maison de l'ordre des camaldules. Il y avait une camaldule près
de cette ville.
CAMARADE . s. des deux genres
Compagnon de profession, celui qui vit avec un autre et fait le même métier,
les mêmes exercices. Il ne se dit guère qu'entre soldats, comédiens,
écoliers, valets, etc. Ils étaient camarades au collége.
Nous avons été camarades d'école, de collége. Ces
deux soldats ont été longtemps camarades. Camarades de lit, de chambrée.
Cette actrice a remplacé sa camarade. C'est un bon camarade, une bonne
camarade.
Camarades de voyage, de fortune, de malheur, etc., se dit de Gens qui
voyagent ensemble, qui éprouvent ensemble les mêmes vicissitudes,
les mêmes malheurs, etc. Si nous sommes maltraités en cette occasion,
nous avons bien des camarades.
CAMARADE, est aussi un terme de familiarité qu'on emploie quelquefois
envers des personnes fort inférieures. Camarades, suivez -moi. Mon camarade,
enseignez-moi, je vous en prie, le chemin de...
CAMARADERIE . s. f.
La familiarité, l'union qui existe entre camarades. Cette camaraderie
ne sera pas de longue durée. Il est familier.
CAMARD , ARDE. s.
Camus, qui a le nez plat et écrasé. Un camard. Une petite camarde.
Il est aussi adjectif. Cette femme est camarde. On dit de même,
Un nez camard. Il est familier.
CAMBISTE .s.m.
Celui qui fait sur la place le commerce des lettres de change. Il est vieux:
on dit maintenant, Agent de change.
CAMBOUIS .s.m.
Vieux oing devenu noir par le mouvement des roues qui en ont été
graissées. Il y a des taches de cambouis à votre manteau. Cela
sent le cambouis.
CAMBRER . v. a.
Courber légèrement en arc. Cambrer la forme d'un soulier. Il
faut chauffer ce bois pour le cambrer.
Il se met aussi avec le pronom personnel. Cette poutre commence à
se cambrer.
CAMBRÉ, ÉE. participe, Des jambes cambrées. Cette
femme a la taille cambrée. Etc.
CAMBRURE . s. f.
Courbure en arc. La cambrure d'un soulier.
CAMBUSE . s. f.
.Marine. L'endroit d'un bâtiment où l'on distribue aux gens de
l'équipage les rations de vivres, les provisions. Aller à la
cambuse.
CAMBUSIER .s.m.
.Marine. Celui qui est chargé de distribuer les rations de vivres à
l'équipage d'un bâtiment.
CAME . s. f.
T. d'Hist. nat. Voyez CHAME.
CAMÉE .s.m.
Pierre composée de différentes couches, et sculptée en
relief. Un beau camée est plus rare qu'une belle pierre taillée
en creux.
Se dit aussi, en Peinture, Des imitations de camées faites en grisaille.
CAMÉLÉON .s.m.
Espèce de lézard auquel on a longtemps attribué la faculté
de prendre la couleur des objets dont il approche. Plus changeant que le caméléon.
Se dit figurément d'Un homme qui change d'humeur et de discours au gré
de l'intérêt, de la faveur. C'est un vrai caméléon
en politique.
CAMÉLÉON, en Astronomie, désigne, Une petite constellation
de l'hémisphère austral, qui n'est point visible dans nos climats.
CAMÉLÉOPARD .s.m.
Nom qu'on donnait autrefois à la Girafe.
CAMELINE . s. f.
.Bot. Plante crucifère dont on extrait une huile bonne à brûler,
qu'on appelle improprement Huile de camomille.
CAMELOT .s.m.
Espèce d'étoffe faite ordinairement de poil de chèvre,
ou de laine, mêlée quelquefois de soie en chaîne. Camelot
de Hollande, de Bruxelles. Camelot de Turquie. Camelot du Levant. Camelot de soie.
Camelot ondé.
Prov., Il est comme le camelot, il a pris son pli, Il est incorrigible.
CAMÉRIER .s.m.
Officier de la chambre du pape. Camérier secret. Camérier d'honneur.
Camérier participant.
CAMÉRISTE . s. f.
Titre qu'on donne, dans plusieurs cours, aux femmes qui servent les princesses
dans leur chambre.
CAMERLINGAT .s.m.
Dignité de camerlingue.
CAMERLINGUE .s.m.
Un des premiers officiers de la cour de Rome, qui est toujours un cardinal:
sa fonction ordinaire est de présider à la chambre apostolique,
et il a l'autorité pour le gouvernement temporel, quand le siége
est vacant. Le cardinal camerlingue fait battre monnaie à son coin,
pendant le siége vacant.
CAMION .s.m.
Fort petite épingle.
CAMION, se dit aussi d'Une espèce de petite charrette ou de haquet,
ordinairement traînée par un cheval ou par deux hommes.
CAMIONNEUR .s.m.
Celui qui conduit ou qui traîne un camion.
CAMISADE . s. f.
Attaque faite la nuit ou de grand matin, par des gens de guerre, pour surprendre
les ennemis. Donner une camisade. Il est vieux.
CAMISARD .s.m.
Nom qui fut donné aux calvinistes des Cévennes, pendant leur révolte
sous Louis XIV.
CAMISOLE . s. f.
Chemisette. Camisole de ratine, de toile, de futaine, de basin, etc.
Camisole de force, Espèce de camisole qu'on met quelquefois à
certains aliénés, pour leur ôter l'usage de leurs bras, et
les empêcher de se blesser ou de frapper ceux qui les approchent.
CAMOMILLE . s. f.
.Bot. Plante odoriférante dont la fleur, qui est radiée, porte
le même nom et s'emploie souvent en médecine. Infusion de camomille.
Prendre de la camomille. Camomille romaine.
Huile de camomille, se dit improprement pour Huile de cameline. Voyez
CAMELINE.
CAMOUFLET .s.m.
Fumée épaisse qu'on souffle malicieusement au nez de quelqu'un
avec un cornet de papier allumé. Ce laquais dormait, on lui donna un
camouflet.
Il signifie, figurément et familièrement, Grande mortification,
sanglant affront. Il a reçu un vilain camouflet. C'est un homme accoutumé
aux camouflets.
CAMP .s.m.
L'espace de terrain où une armée dresse des tentes ou construit
des baraques, pour s'y loger en ordre, ou pour s'y retrancher. Camp retranché,
ouvert, fortifié. Camp bien ordonné. Camp avantageux. Dans tous
les quartiers du camp. Il a mis, il a posé, assis son camp en tel endroit.
La tête, le front du camp. La garde du camp. Se retrancher dans un camp
Il força les ennemis dans leur camp. Lever le camp.
Il se prend aussi pour L'armée campée. Le camp était
tranquille. Tout le camp fut alarmé. Donner l'alarme au camp.
Se dit même quelquefois, au pluriel, Des armées en général.
Vivre dans les camps. Il fut élevé dans les camps. Les habitudes
des camps.
Prov. et fig., L'alarme est au camp, se dit en parlant De ce qui met
tout d'un coup plusieurs personnes dans une grande inquiétude.
Camp volant, Petite armée composée surtout de cavalerie,
qui tient la campagne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer.
Il commandait un camp volant.
Camp de manoeuvres, Celui où l'on rassemble des troupes pour les
instruire en les faisant manoeuvrer. Le camp de Compiègne, de Saint-Omer.
Maréchal de camp, Officier général dont le grade
est immédiatement au-dessus de celui de colonel. Autrefois un maréchal
de camp prenait le titre de Maréchal des camps et armées du roi.
Aide de camp, Officier attaché particulièrement à
un chef militaire, à un général, et chargé surtout
de porter ses ordres.
Mestre de camp, se disait autrefois d'Un colonel d'infanterie ou de cavalerie.
Mestre de camp général de la cavalerie. Voyez MESTRE DE
CAMP, dans la lettre M.
CAMP, se dit aussi Des lices où l'on faisait entrer des champions,
pour y vider leur différend par les armes. Il ne s'emploie guère
que dans ces phrases: Demander le camp. Donner le camp. Juge du camp.
Fam., Prendre le camp, Déguerpir, se retirer. On lui fit prendre
le camp.
CAMPAGNARD , ARDE. adj.
Qui vit ordinairement à la campagne. Gentilhomme campagnard.
Il est aussi substantif, et se dit, avec quelque sorte de mépris, d'Une
personne qui n'a pas les manières et la politesse qu'on acquiert dans le
grand monde. C'est un campagnard, une campagnarde. Il n'y a rien de si ennuyeux
que les compliments d'un campagnard.
Adjectiv., Avoir l'air campagnard, les manières campagnardes,
Avoir l'air, les manières d'un campagnard.
CAMPAGNE . s. f.
Plaine, grande étendue de pays plat et découvert. Grande, vaste
campagne. Rase campagne. En pleine campagne.
En termes de Guerre, Tenir la campagne, être maître de la campagne,
Être maître du pays, forcer l'ennemi à se retirer dans ses
places.
Battre la campagne, se dit Des chasseurs qui se répandent dans
une plaine, pour en faire lever le gibier. Se dit aussi Des éclaireurs
qui marchent en avant d'une armée pour découvrir l'ennemi.
Fig. et fam., Battre la campagne, Divaguer, s'éloigner de son
sujet par des digressions fréquentes et inutiles; Répondre vaguement,
avec dessein d'éluder une question, une objection; Déraisonner dans
le délire de la maladie. Cet écrivain, cet orateur, etc., bat
la campagne. Au lieu de me répondre nettement, il battit la campagne. Pendant
deux heures, le malade a battu la campagne.
Poétiq. et fig., Les campagnes de l'air, L'air ou les airs.
CAMPAGNE, se dit aussi Des champs en général, d'une étendue
quelconque de pays, considérée surtout par rapport à sa culture,
à ses productions. Campagne fertile. Campagne stérile. La campagne
est belle, on peut espérer une abondante récolte. De riches campagnes.
La grêle a désolé nos campagnes. Des campagnes ravagées
par la guerre. Toute la campagne est inondée. Mes fenêtres donnent
sur une campagne agréable, sur la campagne.
Se dit également par opposition à La ville. Maison de campagne.
La vie de la campagne. Il n'est pas chez lui, il est allé à la campagne,
à sa campagne, il est à la campagne. Les médecins lui ont
conseillé l'air de la campagne. Les habitants de la campagne.
Gentilhomme de campagne, Gentilhomme qui demeure ordinairement à
la campagne.
Habit de campagne, Habit qu'on porte quand on est à la campagne.
Comédiens de campagne, Comédiens qui ne jouent que dans
la province.
À la Bassette et au Pharaon, Paroli de campagne, Paroli qu'un
joueur a la friponnerie de marquer, sans que sa carte soit venue en gain. Les
joueuses de profession sont sujettes à faire des parolis de campagne.
On dit de même, au Trictrac, Case de campagne, Case qu'on n'avait
pas le droit de faire.
CAMPAGNE, se dit, par extension, Du mouvement, du campement, et de l'action
des troupes. Les armées sont en campagne. Les troupes se mettront bientôt
en campagne, doivent entrer bientôt en campagne. Elles tiennent la campagne.
Faire une campagne, la campagne. Ouvrir la campagne. Commencer la campagne. La
campagne de Hollande. Les campagnes d'Italie, d'Allemagne, etc.
Pièces de campagne, Les pièces légères d'artillerie
qu'on mène aisément en campagne.
Fig. et fam., Mettre ses amis, mettre bien des gens en campagne, Les
faire agir pour le succès d'une affaire.
Fig. et fam., Se mettre en campagne, Se donner des mouvements pour découvrir
quelque chose. Il s'est mis en campagne depuis hier pour découvrir la
demeure de cette personne.
Fig., fam. et ironiq., Il a fait une belle campagne, Il a fait des courses,
des démarches inutiles.
Fig. et fam., Son imagination est en campagne, se dit D'une personne
qui s'inquiète, dont le cerveau travaille.
CAMPAGNE, signifie aussi, Le temps durant lequel les armées sont
ordinairement en campagne, qui est le printemps, l'été et l'automne.
La campagne a été longue cette année, elle a commencé
de bonne heure et fini bien tard. Voilà une glorieuse campagne. Cet officier
a servi longtemps, il a fait vingt campagnes. Il commence à porter les
armes, voici sa première campagne. On le dit dans un sens analogue
en parlant Du service de mer.
Se dit également de La saison propre aux travaux de certains ouvriers.
Cette maison sera bâtie dans trois campagnes.
CAMPAGNOL .s.m.
T. d'Hist. nat. Espèce de mulot, de souris des champs, brune et à
queue courte.
CAMPANE . s. f.
Ouvrage de soie, d'argent filé, etc., avec de petits ornements en forme
de cloches, faites aussi de soie, d'or, etc. Une belle, une riche campane.
La campane d'un lit, d'un carrosse. Orner d'une campane.
Se dit aussi d'Un ornement de sculpture, d'où pendent des houppes en
forme de clochettes, pour un dais d'autel, de trône, de chaire à
prêcher, etc.
Il désigne, en Architecture, Le corps du chapiteau corinthien et celui
du chapiteau composite, parce qu'ils ressemblent à une cloche renversée.
CAMPANILE .s.m.
T. d'Archit. Clocher à jour; petite tour ouverte et légère,
haute, et souvent isolée, dans laquelle sont suspendues des cloches. Le
campanile de Florence est incrusté de marbre. Quelques-uns disent Campanille,
et font ce mot du féminin.
CAMPANULE . s. f.
.Bot. Genre de plantes dont il existe un très-grand nombre d'espèces,
qui toutes portent des fleurs en forme de cloches, et que l'on cultive, pour la
plupart, dans les jardins d'agrément.
CAMPANULÉ , ÉE. adj.
.Bot. En forme de cloche. Corolle campanulée.
CAMPÊCHE .s.m.
Arbre d'Amérique, dont le bois, très-dur et très-pesant,
fournit une belle teinture rouge. Bois de campêche.
CAMPEMENT .s.m.
Action de camper, ou Le camp même. Dans notre premier campement, nous
eûmes nouvelles des ennemis. L'art des campements. Il n'a plus que trois
campements à faire pour arriver à telle ville. Ce sens a vieilli,
excepté dans les locutions, Matériel de campement, effets de
campement, qui sont très-usitées.
Se dit aussi d'Un détachement qu'on fait partir quelques jours à
l'avance, pour s'emparer du terrain où doit camper l'armée, et pour
tracer le camp. Le campement doit rester sous les armes jusqu'à l'arrivée
du corps d'armée.
CAMPER . v. n.
Se dit proprement D'une armée qui dresse des tentes ou construit des
baraques en quelque lieu, pour s'y loger en ordre, ou pour s'y retrancher. Nous
campâmes en tel endroit. L'armée alla camper à la vue des
ennemis. Faire camper son armée. Il entend admirablement bien l'art de
camper.
Il signifie figurément, Ne faire qu'une courte station dans un lieu.
Nous n'avons fait que camper dans cet endroit.
Fam., Il campe, se dit D'un homme qui n'a point de logis assuré,
qui en change tous les jours.
CAMPER, est aussi verbe actif. Ce général a campé
son armée entre la montagne et la rivière. Avec le pronom personnel:
Il se campe toujours avantageusement. Il s'était campé près
de telle ville. Cet emploi est maintenant beaucoup plus rare que le premier.
Fig. et fam., Camper là quelqu'un, Le laisser, l'abandonner, lorsqu'on
l'a mis ou qu'il s'est mis lui-même dans une situation embarrassante.
CAMPER, avec le pronom personnel, signifie aussi, très-familièrement,
Se placer. Il se campa dans un fauteuil. Il vint hardiment se camper dans la
meilleure place. Où vous êtes-vous allé camper?
Il signifie encore, Se mettre en certaine posture, se placer sur ses pieds d'une
certaine manière. Il se campe bien.
CAMPÉ, ÉE. participe, Une armée campée.
Fig. et fam., Être bien campé, Être bien installé,
bien placé en quelque endroit. Vraiment vous voilà bien campé.
On dit aussi, Être bien campé sur ses jambes.
CAMPHORATA . s. f.
Voyez CAMPHRÉE.
CAMPHRE .s.m.
Substance concrète, blanche et demi-transparente, d'une odeur très-forte,
d'une saveur amère et brûlante, qu'on extrait de certains végétaux,
et principalement d'une espèce de laurier. Le camphre est volatil et
très-inflammable. Le camphre est vénéneux à une certaine
dose.
CAMPHRÉ , ÉE. adj.
Qui contient du camphre. Potion camphrée. Esprit-de-vin camphré.
Eau-de-vie camphrée.
CAMPHRÉE . s. f.
.Bot. Plante fort commune dans le midi de la France, et dont on fait usage en
médecine: on la nomme ainsi parce qu'elle a une forte odeur de camphre.
CAMPHRIER .s.m.
.Bot. Espèce de laurier dont on retire une partie du camphre qui se débite
dans le commerce.
CAMPINE . s. f.
.Cuisine. Espèce de petite poularde fine.
CAMPOS .s.m.
(On ne fait point sentir l'S.) Mot pris du latin, qui signifie proprement, Le
congé qu'on donne à des écoliers. Des écoliers
qui ont campos, qui demandent campos, auxquels on a donné campos.
Se dit, par extension, Des heures, des jours où des personnes d'étude
et de cabinet se donnent quelque relâche. Il a pris, il s'est donné
campos aujourd'hui. Il est familier dans les deux sens.
CAMUS , USE. adj.
Qui a le nez court et plat. Il est camus. Elle est camuse. On dit de
même, Un nez camus.
Se dit également De quelques animaux. Un chien camus. Un cheval camus.
Fig. et fam., Il est bien camus, se dit D'un homme qui a été
trompé dans l'attente de quelque chose. Les voilà tous bien camus.
Fig. et fam., Rendre un homme camus, Le réduire à ne savoir
que dire. Il voulait faire le capable, on l'a rendu bien camus.
CAMUS, s'emploie aussi substantivement. Un vilain camus. Une petite
camuse.
CANAILLE . s. f. coll.
Terme de mépris, qui se dit de La plus vile populace. Il n'y avait
là que de la canaille. Il fut insulté par la canaille. Toute la
canaille s'attroupa dans la place publique. C'est un bateleur qui amuse la canaille.
Se dit, par extension, Des gens de toute condition pour lesquels on veut témoigner
du mépris. Il nous traita de canaille. Vile canaille. Hors d'ici, canaille!
En ce sens, il peut s'employer au pluriel. Ce ne sont que des canailles. Ces
canailles de domestiques me laissent toujours seul.
Se dit quelquefois, par badinerie, Des petits enfants qui font du bruit, qui
importunent. Chassez-moi cette canaille. Faites taire cette petite canaille.
CANAL .s.m.
Conduit par où l'eau passe. En ce sens, il se dit Des aqueducs et des
tuyaux de fontaines. Canal de bois, de plomb, de pierre. Conduire l'eau par
canaux. Les canaux de la fontaine sont rompus.
Se dit aussi Des voies naturelles par lesquelles les eaux, les vapeurs, les
gaz, etc., circulent dans le sein de la terre, y pénètrent, ou s'en
échappent. Les eaux circulent dans le sein de la terre par une multitude
de canaux. Certains phénomènes conduisent à penser que de
secrets canaux unissent les foyers de plusieurs volcans.
CANAL, en termes d'Anatomie, s'emploie quelquefois dans le sens de Vaisseau;
mais il se dit plus particulièrement de Certaines parties dont les unes
servent de couloirs à des substances liquides ou molles, et dont d'autres
renferment des organes particuliers. Canal déférent. Canal alimentaire
ou digestif. Canal médullaire. Canal vertébral. Canal thorachique.
Etc.
Canal de l'urètre, Le canal par où sort l'urine.
Fam., Uriner à plein canal, Uriner librement et par un gros jet.
En Botan., Canal médullaire, Le creux qui est au centre de la
tige de certains végétaux ligneux, et qui en contient la moelle.
CANAL, se dit aussi Du lit ou du cours d'une rivière. On voit
de là le canal de la rivière. Le fleuve offre partout un canal tranquille.
Se dit encore d'Une rivière creusée de main d'homme pour établir
des communications d'un lieu à un autre et faciliter le transport des denrées
et des marchandises. Le canal de Languedoc. Le canal de l'Ourcq. Canal à
point de partage. C'est un pays tout coupé, tout traversé de canaux.
Dans la plupart des canaux, les barques montent et descendent au moyen de sas
et d'écluses. En ce sens, on dit aussi, Canal navigable, et
Canal de navigation.
Canal latéral, Canal alimenté par les eaux d'un fleuve
dont il suit le cours.
Canal de dérivation, Canal qui sert à détourner
en partie les eaux d'un ruisseau, d'une rivière, etc.
Canaux d'arrosage, canaux d'irrigation, Canaux qui ne servent qu'à
distribuer des eaux, pour l'arrosage des campagnes. Dans le sens contraire, Canaux
de desséchement.
CANAL, se dit aussi de Certaines pièces d'eau étroites
et longues, qui servent d'ornement dans les jardins. Creuser un canal. Vider
un canal. Nettoyer un canal. Le canal est à sec. Canal en cascade.
Se dit encore, en Géographie, de Certains lieux où la mer se resserre
entre deux rivages. Le canal de Mozambique. Le canal de Constantinople, de
la mer Noire. Le canal de Saint-Georges. Etc.
En termes de Marine, Faire canal, se dit, sur la Méditerranée,
Des embarcations de côte qui s'éloignent de la terre pour traverser
un golfe, un espace entre deux îles, etc., ou qui s'écartent assez
de la côte pour la perdre de vue.
CANAL, signifie figurément, La voie, le moyen, l'entremise dont
on se sert pour quelque chose. Vous ne réussirez dans cette affaire
que par ce canal, que par le canal d'un tel. Il est le canal de toutes les grâces.
Les sacrements sont les canaux par lesquels Dieu répand ses grâces.
CANAMELLE . s. f.
.Bot. Genre de plantes dont la Canne à sucre est une des principales
espèces.
CANAPÉ .s.m.
Sorte de grand siége à dossier, où plusieurs personnes
peuvent être assises ensemble, et dont on se sert quelquefois comme de lit
de repos. Un canapé de velours. Se coucher, s'étendre sur un
canapé.
CANAPSA .s.m.
Sac de cuir que porte sur les épaules un goujat, ou un pauvre artisan,
quand il voyage. Ce mot est vieux.
Il s'est dit aussi de L'homme qui portait ce sac. Je l'ai vu pauvre canapsa,
simple canapsa dans le régiment.
CANARD .s.m.
Sorte d'oiseau aquatique. Canard de rivière. Canard privé.
Canard sauvage. Chasser aux canards. On se sert de canards privés pour
prendre des canards sauvages. Tirer aux canards. Avoir des canards dans sa basse-cour.
Canard rôti. Canard en salmis, aux navets, aux olives, etc.
Fam., Mouillé comme un canard, Très-mouillé. La
pluie nous surprit en chemin, et nous arrivâmes mouillés comme des
canards.
Prov., Plonger comme un canard, Plonger habilement; et fig., S'esquiver,
se soustraire à un danger.
Fig. et fam., C'est un canard privé, se dit D'un homme aposté
pour en attirer, pour en attraper d'autres.
Adjectiv., Chiens canards, Chiens qui ont le poil épais et frisé,
et qui sont dressés à aller chercher dans l'eau les canards qu'on
a tirés. Voyez BARBET.
En termes de Marchand de bois, Bois canards, Ceux qui, étant jetés
à bois perdu dans un canal, dans une rivière, vont au fond de l'eau,
ou s'arrêtent sur les bords.
En termes de Marine, Bâtiment canard, Bâtiment qui tangue
beaucoup et qui reçoit des lames sur son avant. On dit de même au
féminin, Une frégate, une corvette, une barque canarde.
CANARDER . v. a.
Tirer sur quelqu'un d'un lieu où l'on est à couvert. Les soldats
qui s'avancèrent dans les faubourgs, furent tués par les habitants
qui les canardaient des fenêtres. Ce sens est familier.
CANARDER, en termes de Musique, Tirer du hautbois ou de la clarinette
un son nasillard et rauque qui imite le cri du canard. Ce sens est familier.
CANARDER, en termes de Marine, se dit D'un bâtiment qui plonge
le nez dans la mer et qui reçoit des lames sur l'avant. Un vaisseau
fatigue en canardant, et peut facilement démâter.
CANARDÉ, ÉE. participe
CANARDIÈRE . s. f.
Lieu qu'on prépare dans un marais ou sur un étang, pour prendre
des canards sauvages dans des nasses.
CANARDIÈRE, se dit aussi d'Une sorte de long fusil propre à
la chasse des canards sauvages et des autres oiseaux qu'on ne peut approcher que
difficilement.
CANARDIÈRE, en parlant Des fortifications qu'on faisait autrefois
dans les châteaux, se dit d'Une guérite ou d'un autre endroit d'où
l'on pouvait tirer en sûreté.
CANARI .s.m.
Serin des îles Canaries.
CANCAN .s.m.
T. corrompu du latin Quanquam. Il s'est dit d'abord dans cette phrase
proverbiale, Faire un cancan, un grand cancan de quelque chose, Faire beaucoup
de bruit, beaucoup d'éclat d'une chose qui n'en vaut pas la peine. Dans
ce sens, on écrit aussi, Quanquan.
Se dit maintenant, surtout au pluriel, Des bavardages où il entre de
la médisance. Faire des cancans. Aimer les cancans. Il ne faut pas croire
à ces bruits, ce ne sont que des cancans. Ce sens est très-familier.
CANCEL .s.m.
(Quelques-uns disent, Chancel.) L'endroit du choeur d'une église
qui est le plus proche du grand autel, et qui est ordinairement fermé d'une
balustrade. Il est vieux: on dit maintenant, Sanctuaire.
Il s'est dit également Du lieu dans lequel on tenait le sceau de l'État,
et qui était aussi entouré d'une balustrade.
CANCELLER . v. a.
.Jurispr. Annuler une écriture en la barrant ou croisant à traits
de plume, ou en passant le canif dedans. Canceller et annuler des lettres.
Il est maintenant peu usité.
CANCELLÉ, ÉE. participe
CANCER .s.m.
.Médec. (On prononce l'R.) Nom donné à diverses affections,
et particulièrement à Une espèce de tumeur qui dégénère
en ulcère, et qui vient surtout au sein, chez les femmes. Cancer de
l'estomac, de la langue, de la vessie, etc. Une femme qui a un cancer au sein.
Extirper un cancer. Faire l'opération du cancer. Elle a le sein tout rongé
d'un cancer, par un cancer.
CANCER, en termes d'Astronomie, Une des constellations zodiacales, ainsi
appelée parce qu'on a coutume de la représenter par la figure d'une
écrevisse. La constellation du Cancer.
Il désigne aussi, La quatrième division du zodiaque mobile, qui,
vers le temps d'Hipparque, coïncidait avec la constellation du Cancer; mais
alors on y joint la dénomination de signe. Le signe du Cancer.
Le tropique du Cancer, Le tropique septentrional, celui qui passe par
le premier point du signe du Cancer.
CANCÉREUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui tient de la nature du cancer, qui appartient au cancer. Tumeur
cancéreuse. Ulcère cancéreux. Diathèse cancéreuse.
CANCRE .s.m.
Espèce d'écrevisse de mer. Manger des cancres. Voyez CRABE.
CANCRE .s.m.
Terme de mépris ou de compassion, dont on se sert pour désigner,
Un homme sans fortune, et qui ne peut faire ni bien ni mal à personne.
C'est un pauvre cancre. Ce sens est peu usité.
Se dit aussi, dans les Colléges, d'Un écolier qui ne fait aucun
progrès.
Se dit encore d'Un homme méprisable par son extrême avarice. C'est
un cancre. C'est un vilain cancre.
CANDÉLABRE .s.m.
Grand chandelier fait à l'antique. Il y avait dans la salle plusieurs
candélabres.
Se dit aussi d'Un chandelier à plusieurs branches, plus grand que les
chandeliers ordinaires. La cheminée était ornée de deux
beaux candélabres
CANDÉLABRE, en termes d'Architecture, se dit d'Un couronnement
en forme de balustre qui figure une torchère.
CANDEUR . s. f.
Pureté d'âme. La candeur de son âme. La candeur de ses
moeurs. Agir avec candeur. Un procédé plein de candeur. Abuser de
la candeur de quelqu'un. Un faux air de candeur. Fausse candeur. On dirait la
candeur même.
CANDI . adj. m.
S'emploie le plus ordinairement dans cette locution, Sucre candi, Sucre
dépuré et cristallisé. On dit aussi substantivement: Candi
blanc. Candi rouge. Candi en poudre. Prendre du thé avec du candi.
Fruits candis, ou simplement, Candis, Confitures de fruits, ordinairement
entiers, sur lesquels on a fait candir du sucre.
CANDIDAT .s.m.
Celui qui, chez les anciens Romains, aspirait à quelque charge, à
quelque dignité. Les candidats étaient vêtus de blanc.
Se dit, par extension, de Toute personne qui postule un titre honorable, une
place éminente ou lucrative. En Pologne, on appelait Candidats les aspirants
au trône. Il doit se présenter, comme candidat, aux élections
prochaines. Les candidats pour la place vacante à l'Académie. Liste
de candidats. Il y a plusieurs candidats pour la chaire vacante. Le candidat a
fort bien répondu.
CANDIDATURE . s. f.
L'état d'un candidat, la poursuite que fait un candidat. Renoncer
à la candidature.
CANDIDE . adj. des deux genres
Qui a de la candeur. Un homme candide. Une âme candide. Un procédé
candide.
CANDIDEMENT . adv.
Avec candeur.
CANDIR
(SE). v. pron.
Il ne se dit proprement que Du sucre, lorsque, après l'avoir rendu liquide,
on le fait cristalliser. Faire candir du sucre. Dans cet exemple, le pronom
est sous-entendu.
Se dit aussi Des confitures, lorsque le sirop qu'elles contiennent, au lieu
d'être beau et clair, vient à s'épaissir et à former
au-dessus une espèce de croûte. Les confitures trop cuites se
candissent.
CANDI, IE. participe, Voyez CANDI, adjectif.
CANE . s. f.
La femelle du canard. Cane sauvage. Cane privée. Cane d'Inde.
Fam., Marcher comme une cane, se dit D'une femme qui se balance en marchant,
qui marche très-mal.
Fig. et fam., Cet homme a fait la cane, Il a marqué de la peur
dans une occasion où il fallait témoigner du courage. Cette phrase
a vieilli.
CANÉFICIER .s.m.
Voyez CASSE.
CANEPETIÈRE . s. f.
Espèce d'outarde.
CANÉPHORE . s. f.
T. d'Antiq. grecque. Se dit de Jeunes filles qui, aux fêtes de Minerve,
de Bacchus et de Cérès, portaient dans des corbeilles les choses
destinées au sacrifice.
Se dit aussi de Statues ayant des corbeilles sur la tête, et qu'on emploie
quelquefois dans la décoration de l'architecture.
CANEPIN .s.m.
Épiderme des peaux d'agneau et de chevreau, dont on fait des gants de
femme, et dont les chirurgiens se servent pour éprouver la qualité
des lancettes.
CANETON .s.m. Diminutif
Le petit d'une cane.
CANETTE . s. f. Diminutif
Le petit d'une cane. Se dit également d'Une petite cane.
CANETTE, se dit aussi d'Une mesure de liquides, qui s'emploie communément
pour la bière.
CANEVAS .s.m.
Espèce de grosse toile claire, sur laquelle on fait des ouvrages de tapisserie,
et qui sert à quelques autres usages. Gros canevas. Canevas fin. Tracer
un dessin sur un canevas, ou simplement, Tracer un canevas.
Se dit figurément Des paroles qu'on fait d'abord sur un air, sans avoir
égard au sens, et pour représenter seulement la mesure et le nombre
des syllabes que l'air demande, et qui sert de modèle pour faire d'autres
paroles suivies. Faire un canevas sur un air. Ce n'est qu'un canevas.
Se dit aussi Des paroles suivies qui se font sur un air d'après un modèle,
ou même sans modèle.
CANEVAS, se dit encore figurément Du projet, de l'ébauche
de quelque ouvrage d'esprit. Il n'a fait encore que le canevas de son discours,
de son poëme. Travailler sur un bon canevas. Tracer son canevas. Les pièces
de l'ancien théâtre italien n'étaient ordinairement que de
simples canevas sur lesquels improvisaient les acteurs. Nous avons pour ce proverbe
un canevas charmant. On dit dans un sens analogue, Il a brodé sur
ce canevas mille impertinences, Il a brodé sur ce fond, etc.
CANEZOU .s.m.
Vêtement de femme, sorte de corps de robe sans manches. Canezou de
mousseline.
CANGRÈNE
Voyez GANGRÈNE, GANGRENER, GANGRÉNEUX.
CANGUE . s. f.
Espèce de carcan portatif, dont on fait usage en Asie et surtout en Chine:
il consiste ordinairement en deux pièces de bois très-pesantes et
échancrées au milieu, qu'on réunit après y avoir introduit
le cou du condamné.
CANICHE . s. des deux genres
Nom que l'on donne quelquefois aux chiens barbets. Un joli caniche. Une caniche.
Il est aussi adjectif. Un chien, une chienne caniche.
CANICULAIRE . adj. des deux genres
Se dit Des jours pendant lesquels la constellation du Chien se lève et
se couche avec le soleil. Jours caniculaires.
CANICULE . s. f.
Constellation autrement nommée le Grand Chien, à laquelle
on a attribué les grandes chaleurs, parce qu'elle se lève et se
couche avec le soleil, durant les mois de juillet et d'août. L'ardente
canicule.
Il signifie aussi, Le temps dans lequel, selon les idées astrologiques,
on suppose que domine cette constellation. Durant la canicule. Dans la canicule.
Être à la canicule.
CANIF .s.m.
Petite lame de fer emmanchée de bois ou d'ivoire, etc., et dont on se
sert pour tailler des plumes. Bon canif. Un canif qui coupe bien. Canif à
deux, à trois lames.
CANIN , INE. adj.
Qui tient du chien. Il n'est guère usité qu'au féminin,
dans ces locutions: Faim canine, Faim dévorante qu'on a peine à
apaiser; et, Dents canines, Les dents pointues qui servent principalement
à rompre, à briser les corps durs. Les dents canines sont à
côté des incisives, et au nombre de quatre.
CANIVEAU .s.m.
.Maçonnerie. Pierre creusée dans le milieu, pour faire écouler
l'eau.
CANNAGE .s.m.
Mesurage des étoffes, toiles, rubans, etc., qui se fait à la canne.
CANNAIE . s. f.
Lieu planté de cannes et de roseaux.
CANNE . s. f.
Nom générique donné à plusieurs espèces de
roseaux, tels que le roseau commun, la canne d'Inde, la canne odorante, le bambou,
etc. Les cannes viennent extrêmement grandes dans les Indes. Il y a des
forêts de cannes le long du Gange.
Canne de sucre ou à sucre, L'espèce de roseau dont
on extrait le sucre.
CANNE, se dit aussi d'Un roseau, d'un jonc, d'un bâton léger,
dont on se sert pour s'appuyer en marchant. Porter une canne à la main.
Marcher avec une canne. Une belle canne. Une canne de jet. Canne à épée.
Une canne à pomme d'or, à pomme d'argent, à pomme d'ivoire,
etc. Donner des coups de canne. Lever la canne sur quelqu'un.
Se dit, dans les Arts, de Plusieurs instruments longs et cylindriques, dont
les usages diffèrent.
Canne à vent, Sorte de fusil à vent. Voyez FUSIL.
CANNE, se dit encore d'Une mesure de longueur qui vaut deux mètres
vingt-trois centimètres. Mesurer à la canne.
CANNEBERGE . s. f.
.Bot. Espèce d'airelle qui croît dans les lieux humides, et qui
porte de petites baies d'un goût agréable.
CANNELAS .s.m.
Espèce de dragée faite avec de la cannelle. Cannelas de Verdun.
Le cannelas est bon après le repas.
CANNELER . v. a.
T. d'Archit. Orner de cannelures. Canneler une colonne, un pilastre, etc.
CANNELÉ, ÉE. participe, Se dit en général
De tout objet qui offre des cannelures, des sillons, des stries profondes. Colonne
cannelée. Pilastre cannelé. Console, gaîne cannelée.
Le canon de ce fusil est cannelé. Sonde cannelée. Cette plante a
une tige cannelée.
CANNELLE . s. f.
Écorce odoriférante d'une espèce de laurier qui croît
aux Indes orientales. Un bâton de cannelle. De la poudre de cannelle.
De l'esprit de cannelle. Faire de l'eau de cannelle. Huile de cannelle. La cannelle
est un bon assaisonnement. En médecine, on administre la cannelle comme
tonique et stimulante.
Fig. et fam., Mettre une chose en cannelle, La briser en plusieurs petits
morceaux; et, plus figurément encore, Mettre quelqu'un en cannelle,
Le déchirer impitoyablement par ses discours.
CANNELLE, se dit aussi de Plusieurs autres écorces dont l'odeur
et la saveur ont quelque rapport avec celles de la cannelle véritable.
Cannelle blanche. Cannelle fausse. Cannelle giroflée. Cannelle sauvage.
Etc.
CANNELLE
ou CANNETTE. s. f.
Robinet formé d'un morceau de bois creusé, qu'on met à
une cuve, à un pressoir, pour en faire écouler le vin, après
qu'on a foulé la vendange.
Se dit aussi d'Un robinet de cuivre qu'on met à un tonneau pour en tirer
le vin, en tournant la clef qui sert à en boucher ou à en ouvrir
le passage.
CANNELLIER .s.m.
.Bot. L'espèce de laurier dont on tire la cannelle. Plusieurs savants
ont cru que le cannellier était le cinnamome des anciens.
CANNELURE . s. f.
T. d'Archit. Il désigne Ces espèces de petits canaux ou sillons
creusés du haut en bas à la surface d'une colonne, d'un pilastre,
ou de quelque autre objet. La cannelure orne bien une colonne. Les cannelures
des consoles et des gaînes sont plus petites à une extrémité
qu'à l'autre. Cannelures à vive arête. Cannelures à
côte. Cannelures ornées.
Se dit, en Botanique, Des stries profondes qu'on remarque sur la tige de certaines
plantes. La tige de la bette a des cannelures.
Se dit, en Chirurgie, d'Une gouttière ou sillon pratiqué sur divers
instruments.
CANNETILLE . s. f.
Petite lame très-fine d'or ou d'argent tortillé. Cannetille
d'or ou d'argent. Il y a beaucoup de cannetille dans cette broderie.
CANNETTE . s. f.
Voyez CANNELLE.
CANNIBALE .s.m.
Nom donné aux anthropophages d'Amérique.
Se dit, par extension, de Tout homme cruel et féroce. Une joie de
cannibales. C'est un vrai cannibale.
CANON .s.m.
Pièce d'artillerie qui sert à lancer des boulets. Canon de
fonte. Canon de fer, de bronze. Canon de batterie. Une batterie de canons. Canon
renforcé. L'âme, la bouche, la lumière, la culasse du canon.
L'affût d'un canon. Monter, charger, braquer, pointer, tirer le canon. Le
bruit du canon. Le recul du canon. Enclouer un canon. Un coup de canon. Une volée
de canon. Poudre à canon. Une muraille à l'épreuve du canon.
Un vaisseau armé de cent vingt canons, ou simplement, Un vaisseau
de cent vingt canons.
Se dit aussi, collectivement, Des canons d'une armée ou d'une place.
On a pris le canon des ennemis. Le gros canon. Il leur manquait du canon. Être
hors de la portée du canon. Se tenir sous le canon de la place.
Cette ville n'a pas attendu le canon, Elle s'est rendue sans attendre
que le canon des assiégeants fût en batterie et qu'on l'attaquât
dans les formes.
CANON, signifie encore, Cette partie des autres armes à feu où
l'on met la poudre et la balle ou le plomb. Le canon d'un pistolet, d'un fusil.
Canon cannelé. Canon rayé. Canon tordu.
Il désigne aussi, par analogie, Le corps d'une seringue.
CANON, se disait autrefois d'Une pièce de toile, ronde, fort large,
et souvent ornée de dentelle, qu'on attachait au-dessous du genou. Les
canons étaient fort à la mode du temps de Louis XIV.
Se dit encore de Chacune des deux parties d'un pantalon, d'une culotte, d'un
caleçon. Les canons de cette culotte sont trop larges.
CANON, en termes d'Art vétérinaire, La partie de la jambe
du cheval comprise entre le genou et le boulet.
Il désigne aussi, en termes d'Équitation, Chacune des deux parties
du mors qui appuient sur les barres.
CANON, se dit encore, dans les Arts, de Plusieurs objets dont les usages
diffèrent, mais qui sont en général ou cylindriques ou forés.
En termes d'Impr., Triple canon, double gros canon, gros canon, Les trois
plus gros caractères après la Grosse nonpareille. On appelle
Petit canon, Le sixième caractère en partant de la grosse
nonpareille. Ces dénominations vieillissent: on désigne plus exactement
aujourd'hui la grosseur des caractères en indiquant leurs mesures par points
typographiques. Voyez POINT.
CANON .s.m.
Règle, décret. Il ne désigne proprement que Les décisions
des conciles touchant la foi et la discipline. Les canons de l'Église.
Les saints canons. Cela est contre les canons. Les canons de tel concile.
Droit canon, La science du droit ecclésiastique, fondé
sur les canons de l'Église, sur les décrétales des papes,
etc. Docteur en droit canon. École de droit canon. Étudier en
droit canon. Corps du droit canon, Recueil des canons de l'Église,
des décrétales des papes, etc. En ce sens, Canon est adjectif.
Canon des Écritures, Le catalogue des livres qui sont reconnus
pour divinement inspirés, et qui composent le corps de l'Écriture
sainte. Les protestants rejettent certains livres comme n'étant pas
du canon des Écritures. On dit de même, Le canon des juifs,
le canon des chrétiens, Les livres que les juifs, que les chrétiens
reçoivent comme divinement inspirés.
CANON, se dit également, chez les Catholiques, Du catalogue des
saints reconnus et canonisés par l'Église.
En termes de Chronologie, Canon pascal, Table des fêtes mobiles,
dressée pour plusieurs années.
CANON, se dit aussi Des prières qui commencent immédiatement
après la préface de la messe, et qui contiennent les paroles sacramentelles,
et d'autres oraisons, jusqu'à la communion exclusivement. Le canon de
la messe.
Se dit également Du tableau écrit ou imprimé que l'on met
sur l'autel vis-à-vis du prêtre, et qui contient quelques prières
de la messe. Canon enluminé.
CANON, en termes de Musique, Sorte de fugue qu'on appelle perpétuelle,
parce que les voix, partant l'une après l'autre, répètent
sans cesse le même chant. Canon à trois voix.
Il se disait aussi, dans l'ancienne Musique, d'Une méthode pour déterminer
les intervalles des sons, et de L'instrument qui servait à déterminer
ces intervalles. Voyez MONOCORDE.
CANONIAL , ALE. adj.
Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
Heures canoniales, Certaines parties du bréviaire que l'Église
récite à diverses heures du jour.
Office canonial, Tout l'office que les chanoines chantent dans l'église.
Maison canoniale, Maison affectée à une prébende
de chanoine. Les maisons canoniales d'un cloître.
Vie canoniale, Celle qui est prescrite aux chanoines rassemblés
en communauté.
CANONICAT .s.m.
Bénéfice d'un chanoine dans une église cathédrale
ou collégiale. Obtenir un canonicat. Postuler un canonicat. On lui a
donné un canonicat.
Fig. et fam., C'est un canonicat, un vrai canonicat, se dit D'un emploi
qui exige peu de travail, qui cause peu de fatigue.
CANONICITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est canonique. La canonicité des livres saints.
CANONIQUE . adj. des deux genres
Qui est selon les canons. Doctrine canonique. Mariage canonique.
Droit canonique, se dit quelquefois, improprement, pour Droit canon.
Livres canoniques, Ceux qui sont contenus dans le canon des livres de
l'Écriture sainte.
Fam., Ce que vous avez fait là, ce que vous dites, n'est pas canonique,
n'est pas trop canonique, se dit D'une action ou d'un propos qui est peu conforme
aux bonnes règles.
CANONIQUEMENT . adv.
Selon les canons. Il vit canoniquement. Un mariage fait canoniquement. Une
élection faite canoniquement.
CANONISATION . s. f.
Cérémonie, déclaration solennelle par laquelle le pape
met dans le catalogue des saints une personne morte en odeur de sainteté.
Le procès-verbal de la canonisation. La canonisation de saint Louis.
CANONISER . v. a.
Mettre dans le catalogue des saints, suivant les règles et avec les cérémonies
pratiquées par l'Église. Il est béatifié, mais
il n'est pas encore canonisé. Le pape l'a canonisé.
Se dit quelquefois figurément, et signifie, Louer comme une chose sainte
ou digne d'un saint. Je ne prétends pas canoniser cette action.
Ce sens est familier.
CANONISÉ, ÉE. participe
CANONISTE .s.m.
Celui qui est savant en droit canon. Tous les canonistes demeurent d'accord...
Il est grand canoniste.
CANONNADE . s. f.
Plusieurs coups de canon tirés à la fois, ou de suite. Les
deux flottes se séparèrent après quelques canonnades. Une
vive canonnade. Le bruit de la canonnade.
CANONNAGE .s.m.
Art du canonnier. On l'emploie surtout en termes de Marine militaire. Un
marin exercé au canonnage des bâtiments.
CANONNER . v. a.
Battre à coups de canon. Canonner une place. Canonner un camp, un
retranchement. On l'emploie aussi avec le pronom personnel, comme verbe réciproque.
Les deux armées se canonnèrent longtemps avant que d'en venir
aux mains.
CANONNÉ, ÉE. participe
CANONNIER .s.m.
Celui dont la profession est de servir le canon. Bon canonnier. Canonnier
pointeur. Canonnier boute-feu.
En termes de Marine, Maître canonnier, Celui qui est chargé
de diriger le service de l'artillerie d'un vaisseau.
CANONNIÈRE . s. f.
Il se disait autrefois d'Une meurtrière ouverte dans une muraille pour
tirer des coups de fusil sans être vu.
Il s'est dit aussi d'Une sorte de tente qui était principalement à
l'usage des canonniers.
Se dit maintenant d'Une petite tente faite en forme de toit, et qui n'a point
de murailles comme les tentes ordinaires. Une canonnière sert ordinairement
à quatre soldats.
Adjectiv., Chaloupe canonnière, Petit bâtiment à
fond plat, armé d'un ou de plusieurs canons. On dit quelquefois substantivement,
dans le même sens, Une canonnière.
CANONNIÈRE, se dit encore d'Une espèce de jouet fait d'un
petit bâton de sureau dont on a ôté la moelle, et dont les
enfants se servent pour chasser, par le moyen d'un piston, de petits tampons de
filasse ou de papier.
CANOT .s.m.
Petit bateau fait d'écorce d'arbres, ou du tronc d'un seul arbre creusé.
Les canots des sauvages.
Se dit également d'Une embarcation légère, sans pont, à
voiles et à rames, destinée au service d'un bâtiment. Mettre
un canot à la mer. Il y a tant de canots à bord de ce vaisseau.
Un grand canot. Un petit canot.
CANOTIER .s.m.
.Marine. Matelot de l'équipage d'un canot.
CANTABILE
(En prononçant, on fait sentir légèrement un accent aigu
sur l'E.) adj. italien qui signifie, Facile à chanter: nous en avons fait,
dans le langage musical, un substantif masculin servant à indiquer Le caractère
d'un morceau de musique dont la mélodie agréable, et surtout expressive,
procède par des sons un peu lents, qui permettent a une belle voix de développer
toute son étendue. J'aime ce cantabile, il est charmant, il est favorable
à la voix. Un beau cantabile est préférable à tous
ces grands airs à roulades.
CANTAL .s.m.
Sorte de fromage estimé qui se fait en Auvergne.
CANTALOUP .s.m.
Sorte de melon à côtes saillantes et rugueuses. Manger un cantaloup.
CANTATE . s. f.
Petit poëme fait pour être mis en musique, composé de récitatifs
et d'airs. Belle cantate. Les cantates de J. B. Rousseau.
Se dit aussi de La musique composée pour un poëme de ce genre.
CANTATILLE . s. f.
Petite cantate. Se dit Du poëme et de la musique. Chanter une cantatille.
CANTATRICE . s. f.
Chanteuse de profession. Se dit Des femmes qui ont acquis quelque célébrité
dans l'art du chant. Cantatrice italienne. Célèbre, grande, habile
cantatrice.
CANTHARIDE . s. f.
Espèce d'insecte coléoptère, dont on fait souvent usage
en médecine, surtout pour les vésicatoires. Appliquer un emplâtre
de cantharides. Appliquer des cantharides. Prendre des cantharides. On dit
quelquefois adjectivement, Mouche cantharide, bien que cet insecte ne soit
pas une mouche.
CANTINE . s. f.
Petit coffre divisé par compartiments, pour porter des bouteilles ou
des fioles en voyage.
Se dit aussi, dans les places de guerre, dans les prisons, etc., Du lieu où
l'on vend du vin ou d'autres boissons aux soldats, aux prisonniers, etc. Tenir
une cantine. En temps de guerre, il y a des cantines ambulantes à la suite
des troupes.
CANTINIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui tient une cantine.
CANTIQUE .s.m.
Chant consacré à la gloire de Dieu, en action de grâces.
Entonner un cantique. Le cantique de Moïse. Cantique d'action de grâces.
Le cantique de la sainte Vierge. Le cantique de Siméon.
Cantique des Cantiques, Un des livres de Salomon, contenant une espèce
d'épithalame spirituel et mystique.
Cantiques spirituels, Chansons faites sur des sujets de dévotion.
Les paroles, l'air d'un cantique. Un recueil, un livre de cantiques.
CANTON .s.m.
Certaine partie d'un pays, considérée comme distincte du reste
de ce pays. Il n'y a dans cette province qu'un canton où l'on recueille
du vin. Je ne suis établi que depuis peu dans ce canton. Les cantons voisins
des frontières. On dit dans un sens analogue, en termes d'Eaux et Forêts,
Un canton de bois, Une certaine étendue de bois.
Se dit particulièrement de Certaines subdivisions administratives du
territoire français. Les arrondissements sont divisés par cantons.
Arrondissement de... canton de... Il y a un juge de paix par canton.
Se dit encore Des États qui composent le corps helvétique. Le
canton de Zurich. Le canton de Berne. Il y avait autrefois treize cantons suisses.
Les vingt-deux cantons. Les louables cantons. Les cantons catholiques. Les cantons
protestants.
CANTON, en termes de Blason, se dit d'Un quartier qui est moindre que
le quartier ordinaire de l'écu. Se dit encore Des parties dans lesquelles
un écu est partagé par les pièces dont il est chargé.
Il porte d'or au canton d'azur. Il porte une croix d'or et une étoile
à chaque canton.
CANTONADE . s. f.
.Théâtre. L'intérieur des coulisses. Parler à
la cantonade, Parler à un personnage qui n'est pas vu des spectateurs.
CANTONAL , ALE. adj.
Qui appartient au canton. Contingent cantonal. Comité cantonal. Fête
cantonale.
CANTONNÉ , ÉE. adj.
Se dit, en Architecture, D'un bâtiment dont les encognures sont ornées
d'une colonne, d'un pilastre, de chaînes de pierres dont les assises sont
marquées par des refends, des bossages.
Se dit, en termes de Blason, Des pièces accompagnées, dans les
cantons de l'écu, de quelques autres figures. Croix cantonnée
de quatre étoiles.
CANTONNEMENT .s.m.
État des troupes cantonnées, ou Lieu dans lequel elles se cantonnent.
Quartiers de cantonnement. Mettre des troupes en cantonnement. Être en
cantonnement. Choisir de bons cantonnements. Rentrer dans ses cantonnements. Le
général a visité ces cantonnements.
CANTONNER . v. a.
.Guerre. Distribuer des troupes dans plusieurs villages. Cantonner des troupes.
Autrefois on cantonnait surtout avant l'ouverture de la campagne, ou avant l'entrée
en quartier d'hiver.
S'emploie aussi neutralement, et se dit Des troupes mêmes que l'on cantonne.
Les troupes commencèrent à cantonner. Faire cantonner des troupes.
Il se met quelquefois avec le pronom personnel, et signifie alors, Se retirer
dans un canton pour y être en sûreté. Se dit proprement D'un
petit nombre de gens qui se fortifient contre un plus grand nombre. Les rebelles
s'étaient cantonnés dans un coin de la province. Les bourgeois se
cantonnèrent contre les troupes.
CANTONNÉ, ÉE. participe, Il trouva des troupes cantonnées
dans tous les villages.
CANTONNIER .s.m.
Homme employé par l'administration pour travailler à l'entretien
des routes.
CANTONNIÈRE . s. f.
Pièce de la tenture d'un lit à colonnes, qui couvre les colonnes
du pied du lit, et qui passe par-dessus les rideaux. Les lits à la moderne
n'ont point de cantonnières.
Se dit aussi Des tentures qui passent par-dessus les rideaux d'une fenêtre,
et qu'on arrange de différentes manières.
CANULE . s. f.
Petit tuyau qu'on adapte au bout d'une seringue.
Il signifie aussi, Une sorte de tuyau ou robinet de bois qu'on met à
un tonneau en perce.
Se dit également, en Chirurgie, de Certains instruments allongés,
cylindriques, creux, faits de différentes matières, qui servent
à injecter, à tenir ouvertes des plaies profondes, à placer
des ligatures, etc.
CAOLIN .s.m.
Voyez KAOLIN.
CAOUTCHOUC .s.m.
Gomme élastique. Voyez GOMME.
CAP .s.m.
(On prononce le P.) Tête. Il n'est d'usage en ce sens que dans les phrases
suivantes: De pied en cap; armé de pied en cap. Parler cap à
cap. Cette dernière phrase a vieilli.
Cheval cap de more, Cheval d'un poil rouan, dont la tête et les
extrémités sont noires.
CAP, en termes de Géographie, Promontoire, pointe de terre élevée
qui s'avance dans la mer. Le cap de Bonne-Espérance. Doubler un cap.
CAP, en termes de Marine, La proue, l'avant d'un bâtiment, considéré
par rapport à la direction qu'on lui donne quand on navigue. Avoir,
porter le cap à terre, au large. Avoir le cap en route. Avoir le cap au
nord. Etc.
CAPABLE . adj. des deux genres
Se dit Des choses considérées par rapport à leur capacité
intérieure; et, dans cette acception, il n'est guère usité
qu'avec Tenir ou Contenir. Cette salle est capable de contenir tant de personnes.
Ce vase est capable de tenir tant de pintes.
Il signifie aussi, Qui est en état de faire une chose. Serez-vous
capable de porter ce fardeau? Votre cheval n'est pas capable de traîner
cette voiture. Cette digue n'est pas capable de résister à la violence
des flots. L'esprit de l'homme n'est pas capable de concevoir l'infini.
Il signifie particulièrement, en parlant Des personnes, Qui a de l'aptitude,
des dispositions à quelque chose: on le dit soit en bien, soit en mal.
C'est un homme capable de gouverner. C'est un homme capable des plus grandes
choses. Il n'est capable de rien. Votre fils est capable d'affaires. Seriez-vous
capable d'une telle action? Il est capable de vous desservir auprès d'elle.
Cet homme est capable d'amitié, de reconnaissance. Une âme ambitieuse
est rarement capable de modération. Il n'est pas capable de manquer à
sa parole.
Il est capable de tout, Il peut s'acquitter très-bien de toutes
sortes d'emplois. Cela se dit plus ordinairement D'un homme téméraire,
furieux, ou D'un homme méchant, et signifie alors, Il peut se porter aux
plus grands excès, aux actions les plus noires.
Il n'est pas capable de raison, il n'est pas capable d'entendre quelque chose,
Il n'est pas en disposition, en humeur, en état d'entendre raison, d'écouter
ce qu'on a à lui dire.
CAPABLE, se dit aussi en parlant De la capacité légale.
Être capable de recevoir, de disposer entre-vifs, ou par testament. Être
capable de contracter. Il est en âge, il est capable d'exercer cet emploi.
CAPABLE, se dit quelquefois absolument pour Habile, intelligent. C'est
un homme capable, très-capable. Mettre une affaire entre les mains d'une
personne capable.
Fam., Prendre, avoir l'air capable, Prendre, avoir l'air d'un homme qui
présume trop de son habileté. Substantivement, Faire le capable,
Faire l'habile homme.
CAPABLE, signifie aussi, Qui peut produire tel ou tel effet, amener tel
ou tel résultat; et, en ce sens, il ne se dit que Des choses. Cette
maladie est capable de le tuer. Un pareil événement est capable
de changer la face des affaires. Cette démarche est capable de vous nuire.
J'eus recours à tout ce qui me semblait capable de l'émouvoir. Il
prit toutes les mesures capables d'assurer l'exécution de son entreprise.
CAPACITÉ . s. f.
La profondeur et la largeur d'une chose, considérée comme contenant,
ou pouvant contenir. La capacité d'un vaisseau. La capacité du
cerveau. La capacité de l'estomac.
Il signifie, en parlant Des personnes, Habileté, aptitude. Avoir beaucoup
de capacité, une grande, une vaste capacité. Avoir peu de capacité.
Manquer de capacité. Faute de capacité. Juger de la capacité
d'un homme par ses ouvrages.
La capacité de l'esprit, L'étendue et la portée
de l'esprit. Selon la capacité de son esprit.
CAPACITÉ, en termes de Jurisprudence, se dit de La faculté
qu'une personne a de contracter, de disposer, de donner ou de recevoir, soit par
actes entre-vifs, soit par testament, etc. La capacité des parties contractantes
est une des conditions voulues pour la validité de tout contrat. La capacité
d'un donataire est jugée par les lois existantes à l'époque
de la donation.
En Matière bénéficiale, Les titres et capacités
d'un ecclésiastique, Les actes et pièces qui servent à
montrer qu'il est capable de posséder le bénéfice qu'il demande.
CAPARAÇON .s.m.
Sorte de couverture qu'on met sur les chevaux. Caparaçon de toile.
Mettre un caparaçon à un cheval.
CAPARAÇONNER . v. a.
Mettre un caparaçon. Il faut caparaçonner ce cheval.
CAPARAÇONNÉ, ÉE. participe, Un cheval caparaçonné.
CAPE . s. f.
Manteau à capuchon qui était fort en usage autrefois. Cape
de Béarn. Ces bergers portent des capes.
Prov. et fig., N'avoir que la cape et l'épée, se disait
autrefois D'un gentilhomme, d'un cadet de bonne maison qui n'avait point de bien.
On le dit encore D'une personne ou d'une chose qui n'a qu'un mérite apparent
et superficiel. Cela n'a que la cape et l'épée. C'est un mérite
qui n'a que la cape et l'épée.
Prov. et fig., Rire sous cape, Éprouver une satisfaction maligne,
qu'on cherche à dissimuler.
CAPE, se dit aussi d'Une couverture de tête dont les femmes se
servent en quelques provinces, contre le vent et la pluie. Cape de camelot.
Cape de taffetas. Cape de toile cirée. Sortir en cape.
CAPE, en termes de Marine, Situation d'un bâtiment qui a la barre
du gouvernail sous le vent, et qui ne conserve que très-peu de voiles,
afin de présenter le côté et de ne plus faire de route. Mettre
à la cape. Être à la cape. Un bâtiment qui tient la
cape est sans sillage et dérive beaucoup.
CAPELAN .s.m.
On appelle ainsi, par mépris, Un prêtre pauvre ou cagot, qui ne
s'attire pas le respect dû à son caractère. Ce n'est qu'un
capelan. Il a vieilli.
CAPELAN, désigne aussi, Un petit poisson de mer, dont la chair
est douce, tendre et de bon goût. Le capelan est commun dans la Méditerranée.
Les pêcheurs de morue se servent de capelans pour appât. Dans
ce sens, quelques-uns écrivent, Caplan.
CAPELET .s.m.
T. d'Art vétérinaire. Espèce de loupe, de tumeur qui vient
au train de derrière du cheval, à l'extrémité du jarret.
CAPELINE . s. f.
Espèce de chapeau dont les femmes se servaient contre le soleil.
CAPENDU .s.m.
Espèce de pomme rouge.
CAPERON .s.m.
Voyez CAPRON.
CAPILLAIRE . adj. des deux genres
(On prononce les L sans les mouiller.) Délié comme des cheveux.
Se dit principalement, en termes de Botanique, De certaines parties des plantes.
Racines capillaires. Feuilles capillaires.
Se dit, en termes de Physique et d'Anatomie, Des tubes, des vaisseaux qui sont
d'un très-petit calibre. L'ascension de l'eau dans les tubes capillaires.
Veines, vaisseaux capillaires.
Plantes capillaires, ou simplement et mieux, Capillaires, se dit
de Certaines fougères, dont on fait usage en médecine. Le capillaire
noir. Le capillaire du Canada. Le capillaire de Montpellier. L'adiante, le cétérac,
sont des capillaires. Sirop de capillaire.
CAPILOTADE . s. f.
Sorte de ragoût fait de plusieurs morceaux de viandes déjà
cuites. Bonne capilotade. Faire une capilotade de perdrix, de poulets.
Fig. et fam., Mettre quelqu'un en capilotade, L'accabler de coups; et,
au sens moral, Médire de quelqu'un sans aucun ménagement, le déchirer
par des médisances outrées.
CAPISCOL .s.m.
Dignité de chapitre, dans quelques provinces, qui répond au titre
de doyen.
CAPITAINE .s.m.
Chef d'une compagnie de gens de guerre, soit à pied, soit à cheval.
Capitaine d'infanterie, de cavalerie, de gendarmes, de carabiniers, de dragons,
etc. Capitaine des gardes. Capitaine réformé. Capitaine en pied.
Capitaine-lieutenant. Capitaine commandant. Le grade de capitaine.
Capitaine-lieutenant, se disait, dans la Maison du roi ou des princes,
de Celui qui commandait une compagnie dont le roi, la reine, ou un prince était
censé capitaine. On donnait également ce titre Au lieutenant de
la compagnie colonelle d'un régiment d'infanterie.
CAPITAINE, se dit aussi de Celui qui commande un bâtiment de guerre
ou de commerce. Capitaine de vaisseau, de frégate. Capitaine en second.
Le capitaine d'un bâtiment marchand. Capitaine marchand. Capitaine au long
cours.
Capitaine de pavillon, Celui qui commande le vaisseau monté par
un contre-amiral ou par un vice-amiral.
Capitaine d'armes. Voyez ARMES.
Capitaine de port, Officier préposé à la police
maritime d'un port de commerce.
CAPITAINE, se disait autrefois de Celui qui commandait dans certaines
maisons royales. Capitaine de Fontainebleau. Capitaine de Saint-Germain. Capitaine
de Vincennes. On dit aujourd'hui, Gouverneur.
Capitaine des chasses, Celui qui avait le soin de ce qui regarde la chasse
dans une certaine étendue de pays. On dit dans un sens analogue, Capitaine
de louveterie.
Capitaine de voleurs, capitaine de bohèmes, etc., Le chef d'une
troupe de voleurs, de bohèmes, etc.
CAPITAINE, se dit aussi d'Un général d'armée, par
rapport aux qualités nécessaires pour le commandement. Ce roi
était un grand capitaine. Sage capitaine. Capitaine expérimenté.
Vaillant capitaine. Vieux capitaine. Ce général était plus
soldat que capitaine. Ce n'était pas un capitaine.
CAPITAINERIE . s. f.
Charge de capitaine d'une maison royale, d'un château, etc., ou de capitaine
des chasses. Capitainerie de Fontainebleau. Voyez CAPITAINE.
Capitainerie des chasses, L'étendue de la juridiction d'un capitaine
des chasses. Cette terre était dans la capitainerie de Saint-Germain.
CAPITAINERIE, dans quelques maisons royales, désignait, Le lieu
affecté au logement du capitaine du château et des chasses. Loger
à la capitainerie.
CAPITAL , ALE. adj.
Principal. C'est là le point capital de l'affaire. Affaire capitale.
Cette clause est capitale dans le contrat. Défaut capital.
En termes de Peinture, Tableau capital, Tableau d'un peintre célèbre,
qui se distingue des autres productions du même artiste par son étendue,
sa perfection ou son prix.
Les sept péchés capitaux, Les sept péchés
mortels.
Ennemi capital, Ennemi juré, ennemi mortel.
En Matière criminelle, Crime capital, Crime qui mérite
le dernier supplice. Peine capitale, Toute peine qui entraîne la
mort naturelle ou la mort civile. Condamner quelqu'un à la peine capitale,
Le condamner à mort.
Ville capitale, ou substantivement, Capitale, La ville principale
d'un État, d'une province. La ville capitale d'un royaume. Rouen était
la capitale de la Normandie. Il a visité toutes les capitales de l'Europe.
Le roi est rentré dans sa capitale. Nous irons passer quelques mois dans
la capitale.
Lettre capitale, ou substantivement, Capitale, Grande lettre,
lettre majuscule. Les capitales se mettent au commencement des chapitres, des
phrases, des noms propres, etc. En termes d'Imprimerie, Petites capitales,
grandes capitales.
CAPITAL, employé substantivement, signifie, Le principal d'une
dette, d'une rente. Il a payé les intérêts, mais il doit
encore le capital. Le capital d'une rente perpétuelle devient exigible
en cas de faillite du débiteur.
Se dit aussi d'Un fonds commercial, des sommes que l'on fait valoir dans quelque
entreprise. Augmenter, doubler son capital, ses capitaux. Le capital de la
société s'élève à tant.
CAPITAUX, au pluriel, se dit quelquefois, en termes de Finances, Des
sommes en circulation, des quantités considérables d'argent, des
valeurs disponibles. Les capitaux sont rares. Il possède d'immenses
capitaux.
CAPITAL, se dit encore, au figuré, de Ce qu'il y a de principal,
de plus important. Le capital est de travailler sérieusement à
son salut.
Faire son capital de quelque chose, En faire sa principale occupation,
son principal objet. Il fait son capital de l'étude. Je fais mon capital
de cette affaire. Ce sens a vieilli.
CAPITALISTE . s. des deux genres
Celui ou celle qui a des capitaux, des sommes d'argent considérables,
et qui les fait valoir dans les entreprises de commerce, d'agriculture, de manufacture
ou de finance. Riche capitaliste. Ce capitaliste a des fonds dans de grandes
entreprises.
CAPITAN .s.m.
.mépris. Rodomont, fanfaron qui se vante d'une bravoure qu'il n'a point.
CAPITANE . s. et adj. f.
Nom qu'on donnait autrefois à la première galère d'une
armée navale. La capitane. La galère capitane.
CAPITAN-PACHA .s.m.
Amiral turc, chef des forces navales de l'empire ottoman.
CAPITATION . s. f.
Taxe par tête. Payer la capitation.
CAPITEUX , EUSE. adj.
Qui porte à la tête. Il ne se dit que Des liqueurs fermentées.
Le vin nouveau est capiteux. Liqueur capiteuse.
CAPITOLE .s.m.
Nom d'un ancien édifice ou temple de Rome, consacré à Jupiter,
qui fut surnommé, par cette raison, Jupiter Capitolin. Dans la plupart
des colonies romaines, le principal temple s'appelait Capitole.
CAPITOLIN . adj. m.
Du Capitole. Jupiter Capitolin. Jeux Capitolins.
Fastes capitolins, Tables de marbre qui furent trouvées à
Rome en 1547, et qui contenaient la suite des consuls, depuis l'an 250 de Rome
jusqu'à l'an 765.
CAPITON .s.m.
Soie grossière dont on se sert pour divers ouvrages. Ce n'est pas
de la fine soie, ce n'est que du capiton.
CAPITOUL .s.m.
Nom que l'on donnait autrefois aux échevins ou officiers municipaux de
Toulouse. L'office de capitoul anoblissait.
CAPITOULAT .s.m.
Dignité de capitoul.
CAPITULAIRE . adj. des deux genres
Appartenant au chapitre, à une assemblée de chanoines ou de religieux.
Acte capitulaire. Résolution capitulaire. Assemblée capitulaire.
CAPITULAIRE .s.m.
Ordonnance, règlement sur les matières civiles, criminelles et
ecclésiastiques, rédigé par chapitres. Il n'est guère
usité qu'au pluriel, et dans ces phrases, Les Capitulaires de Charlemagne,
les Capitulaires de Charles le Chauve, etc., Les constitutions faites par
Charlemagne, par Charles le Chauve et par les autres rois de la seconde race,
sur ces sortes de matières.
CAPITULAIREMENT . adv.
En chapitre. Les chanoines, les religieux capitulairement assemblés.
CAPITULANT . adj. m.
Qui a voix dans un chapitre. Chanoine capitulant. Religieux capitulant.
Il est aussi substantif. Les capitulants assemblés pour l'élection.
CAPITULATION . s. f.
.Guerre. Composition, le traité qu'on fait pour la reddition d'une place,
d'un poste, ou pour mettre bas les armes. La capitulation d'une ville. Les
articles de la capitulation. Ce qui est porté par la capitulation. Une
capitulation honorable, avantageuse. Faire sa capitulation. Tenir la capitulation.
Violer la capitulation. Dresser, signer la capitulation. Recevoir à capitulation.
La capitulation en rase campagne est regardée comme déshonorante.
Il se disait particulièrement en Allemagne Des conditions que les électeurs,
dans la vacance de l'Empire, proposaient à celui qui avait été
élu empereur, et qu'il signait avant que d'être reconnu. La capitulation
impériale.
Se dit aussi d'Une convention en vertu de laquelle les sujets d'une puissance
jouissent de certains priviléges dans les États d'une autre. Les
droits et les devoirs des troupes suisses au service de France étaient
réglés par une capitulation, par des capitulations. Annuler une
capitulation, des capitulations.
CAPITULATION, se dit encore, familièrement, Des moyens de rapprochement
et de conciliation qu'on propose dans une affaire. On en vint à bout
par capitulation. Cet homme n'entend à aucune capitulation en fait d'intérêt.
On finit par l'amener à une capitulation.
Fig., Capitulation de conscience, se dit en parlant D'une personne qui
compose avec sa conscience, qui cherche à dissiper ses scrupules par des
motifs tirés de la nécessité, de la bienséance, etc.
CAPITULE .s.m.
.Liturgie. Espèce de petite leçon qui se dit à la fin de
certains offices.
CAPITULER . v. n.
Parlementer, traiter de la reddition d'une place, d'un poste. Battre la chamade
pour capituler. La ville capitula après huit jours de tranchée ouverte.
On ne put les forcer dans le poste où ils s'étaient retranchés,
et ils obtinrent de capituler honorablement. On capitule quelquefois en rase campagne.
Prov. et fig., Ville qui capitule est à demi rendue, Quand on
écoute des propositions, on est près de les accepter.
CAPITULER, signifie aussi, familièrement, Entrer en traité
sur quelque affaire, sur quelque démêlé, venir à accommodement.
Il commence à se défier de son droit, il demande à capituler.
Capituler avec sa conscience, Prendre une résolution peu délicate,
en s'efforçant de se persuader qu'on est dans un cas d'exception, ou que
des circonstances impérieuses ne permettent pas d'agir autrement.
CAPLAN .s.m.
Poisson. Voyez CAPELAN.
CAPON .s.m.
Hypocrite, qui cherche à tromper, qui dissimule pour arriver à
ses fins. Faire le capon. Il est familier et peu usité.
Se dit aussi d'Un joueur rusé, fin, et appliqué à prendre
toute sorte d'avantages aux jeux d'adresse. C'est un vrai capon, un franc capon.
Il est capon à ce jeu-là.
Il signifie encore, Poltron, lâche. Il s'est montré bien capon.
Dans ces deux derniers sens, il est populaire.
CAPON .s.m.
.Marine. Palan muni d'un crochet de fer qui sert à hisser l'ancre au
bossoir.
CAPONNER . v. n.
User de finesse au jeu, et être attentif à y prendre toute sorte
d'avantages. Caponner au jeu.
Il signifie aussi, Montrer de la poltronnerie. Il caponne et n'ose pas avancer.
Dans les deux sens, il est populaire.
CAPONNER . v. a.
Terme de Marine. Il ne s'emploie que dans cette phrase, Caponner l'ancre,
La retirer de l'eau, et la hisser au bossoir, à l'aide du capon.
CAPONNÉ, ÉE. participe
CAPONNIÈRE . s. f.
.Fortification. Logement creusé en terre, qu'on fait ordinairement dans
des fossés secs, et où il peut tenir quinze ou vingt fusiliers qui
tirent presque à rez-de-chaussée sans être vus. On fit
un feu continuel des caponnières de cette place.
CAPORAL .s.m.
Sous-officier de la moindre classe, dans l'infanterie: il est immédiatement
au-dessous du sergent, et commande une escouade. C'est ordinairement le caporal
qui pose et lève les sentinelles. Caporal de consigne. Caporal de pose.
Le caporal du poste. Les caporaux d'une compagnie. Il fut fait caporal.
CAPOT . adj. des deux genres et des deux nombres
T. du Jeu de piquet. Se dit D'un joueur qui ne fait aucune levée. Être
capot.
Fig. et fam., Être capot, demeurer capot, Demeurer confus et interdit
auprès de quelqu'un, ou Se voir frustré de son espérance.
Il a été bien capot de se voir reconnu. Elle est demeurée
capot.
Faire capot, Faire toutes les levées, toutes les mains.
En termes de Marine, Faire capot, se dit D'un petit bâtiment qui
chavire, qui sombre. La chaloupe fit capot à une lieue du rivage. Un
coup de vent nous fit faire capot.
CAPOTE . s. f.
Espèce de cape ou de grand manteau d'étoffe grossière,
auquel est attaché un capuchon. Dans le mauvais temps, les sentinelles
ont ordinairement une capote. Capote contre la pluie. Capote de forçat.
Etc. Dans ce sens, on disait autrefois, Capot.
Se dit également d'Une espèce de redingote à l'usage des
soldats. Capote de drap beige. Le régiment a reçu des capotes
neuves. À la parade, la capote doit être roulée et attachée
sur le havresac au moyen de deux courroies.
Il s'est dit aussi d'Une espèce de mante que les femmes mettaient par-dessus
leurs habits, et qui les couvrait depuis la tête jusqu'aux pieds. Capote
de camelot. Capote de taffetas.
Se dit encore d'Une sorte de chapeau de femme, qui est ordinairement fait d'étoffe.
Cette dame a une jolie capote de percale. Une capote de crêpe, de mousseline,
etc.
CÂPRE . s. f.
Se dit Des boutons à fleurs du câprier, que l'on confit ordinairement
dans le vinaigre. On le dit surtout au pluriel. Manger des câpres. Un
baril de câpres. De grosses câpres. Mettre des câpres dans un
ragoût. Une sauce aux câpres.
Câpres capucines. Voyez CAPUCINE.
CAPRE .s.m.
.Marine. Sorte de vaisseau corsaire. Capre hollandais. Capre anglais.
Il est vieux. On le disait aussi Des matelots qui allaient en course sans solde,
avec l'espoir d'avoir part aux prises. Il était capre à la part.
CAPRICE .s.m.
Fantaisie, boutade, inégalité d'humeur. Il se gouverne plus
par caprice que par raison. Avoir des caprices. Contenter les caprices d'une personne.
Être sujet aux caprices d'autrui. Dépendre des caprices d'autrui.
Suivre son caprice. Les caprices de l'amour. Les caprices de la tyrannie. Les
caprices de la multitude. Ce cheval a souvent des caprices. Un caprice bizarre.
Un étrange caprice.
Il signifie quelquefois, Saillie d'esprit et d'imagination; et alors il peut
se prendre en bonne part. Ce poëte ne compose que de caprice. Ce peintre,
ce musicien travaille de caprice. Cet homme a d'heureux, de beaux, d'excellents
caprices.
Se dit aussi, figurément, Des irrégularités, des changements
auxquels certaines choses sont sujettes. Les caprices de la mode, de l'usage.
Les caprices du sort, de la fortune. Les caprices de la langue, du langage.
Se dit particulièrement de Certaines compositions musicales où
l'auteur s'abandonne à son inspiration, et ne suit point d'autre guide.
Cet organiste, ce pianiste, ce violoniste a joué un fort beau caprice.
Voyez FANTAISIE.
CAPRICIEUSEMENT . adv.
Par caprice. Cet homme agit capricieusement.
CAPRICIEUX , EUSE. adj.
Qui a des caprices. Un esprit capricieux. Un homme capricieux. Une femme
capricieuse. Avoir l'humeur capricieuse. Ce cheval est capricieux. Cette mule
est capricieuse. S'emploie aussi comme substantif. C'est un capricieux,
une capricieuse.
CAPRICORNE .s.m.
T. d'Astron. Constellation zodiacale qui est entre le Sagittaire et le Verseau,
et qu'on a coutume de représenter par la figure d'un bouc. La constellation
du Capricorne.
Il désigne également, La dixième division du zodiaque mobile,
qui, vers le temps d'Hipparque, coïncidait avec la constellation du Capricorne;
mais alors on y joint la dénomination de signe. Le signe du Capricorne.
Le soleil était dans le signe du Capricorne.
Le tropique du Capricorne, Le tropique austral, celui qui passe par le
premier point du signe du Capricorne.
CAPRICORNE, en termes d'Entomologie, Genre d'insectes coléoptères
qui sont pourvus de très-longues antennes, et dont une espèce a
une forte odeur de rose.
CÂPRIER .s.m.
Arbrisseau qui porte les câpres.
CAPRISANT . adj. m.
.Médec. Se dit D'un pouls dur et inégal.
CAPRON
ou CAPERON.s.m.
Sorte de grosse fraise.
CAPSE . s. f.
Espèce de boîte servant au scrutin d'une compagnie. La capse
de Sorbonne. Il est vieux.
CAPSULAIRE . adj. des deux genres
.Bot. Qui forme capsule. Fruit capsulaire.
Se dit, en termes d'Anatomie, De certaines parties dépendantes de celles
qu'on nomme Capsules. Ligaments capsulaires. Veines capsulaires.
CAPSULE . s. f.
.Bot. Enveloppe sèche, et ordinairement formée de plusieurs pièces,
qui renferme les semences ou graines de certaines plantes. La balsamine porte
des capsules qui éclatent dès qu'on les touche. Les têtes
de pavot sont des capsules. Capsule à deux, à trois loges, etc.
Se dit, en termes d'Anatomie, de Certaines parties en forme de sacs ou de poches,
de certaines enveloppes membraneuses. Capsules synoviales. Capsules articulaires.
Capsule de Glisson.
CAPSULE, en termes de Chimie, Vase en forme de calotte, dont on se sert
principalement pour l'évaporation des liquides.
CAPSULE, se dit encore d'Une sorte d'amorce pour les fusils à
piston. Acheter des capsules.
CAPTAL .s.m.
Titre connu dans notre histoire, et qui signifiait, Chef. Le captal de Buch.
CAPTATEUR .s.m.
.Droit. Celui qui, par des manoeuvres artificieuses, tâche de se procurer
un avantage, de surprendre un testament, une donation. Il est maintenant peu usité.
CAPTATION . s. f.
.Droit. Insinuation artificieuse dont on se sert pour se procurer quelque avantage.
Il a usé de captation pour obtenir cette libéralité. Ce
testament est une oeuvre de captation.
CAPTATOIRE . adj. des deux genres
.Droit. Se dit De toute disposition testamentaire qu'on fait pour provoquer
une libéralité, en faveur de soi ou des siens, dans le testament
d'une autre personne.
CAPTER . v. a.
Employer adroitement, auprès d'une personne, tous les moyens de parvenir
à quelque chose; chercher à obtenir par voie d'insinuation. Capter
la bienveillance, capter les suffrages de quelqu'un. On l'a capté.
CAPTÉ, ÉE. participe
CAPTIEUSEMENT . adv.
(Le T se prononce comme C.) D'une manière captieuse.
CAPTIEUX , EUSE. adj.
(Le T se prononce comme C.) Qui tend à induire en erreur et à
surprendre par quelque belle apparence. Se dit surtout Des raisonnements, des
discours, etc. Discours captieux. Proposition captieuse. Clause captieuse.
Argument captieux. Ce qu'il vous dit est captieux. Tour captieux.
Se dit quelquefois Des personnes. C'est un raisonneur captieux. Cet homme
est souvent captieux. Je crains les gens captieux. Un sophiste captieux.
CAPTIF , IVE. adj.
Qui a été fait esclave à la guerre. Se dit proprement en
parlant Des guerres de l'antiquité. Les Grecs, ayant pris la ville,
passèrent les hommes au fil de l'épée, et emmenèrent
les femmes captives. Un roi captif. Un peuple captif. Une princesse captive.
Il s'est dit aussi Des esclaves faits par les mahométans. Racheter
les chrétiens captifs.
Il est souvent employé substantivement dans les deux sens. À
Rome, les captifs suivaient le char du triomphateur. Il était au nombre
des captifs. La procession des captifs rachetés.
Ordre de la rédemption des captifs, L'ordre des Mathurins et l'ordre
de la Merci, qui furent institués pour le rachat des chrétiens réduits
en esclavage par les mahométans.
CAPTIF, se dit aussi, surtout dans le style soutenu, De toute sorte de
prisonniers. Louis IX captif inspira de l'estime à ses vainqueurs. Un
oiseau captif. Substantivement: C'était l'unique passe-temps du
pauvre captif.
Il signifie encore, par extension, tant au propre qu'au figuré, Qui est
dans une grande contrainte, dans une grande sujétion. Cette place me
rend fort captif. Il tient sa femme captive. Il tient ses enfants captifs, il
ne leur laisse aucune liberté. On veut que sa langue soit captive. Âme
captive. Raison captive.
Ballon captif, Ballon, aérostat qu'on retient au moyen d'une corde
ou d'une ficelle; par opposition à Ballon perdu.
CAPTIVER . v. a.
Rendre captif. Il ne s'emploie qu'au figuré. La beauté qui
le captive. Captiver l'esprit de quelqu'un. Captiver les esprits. Captiver l'attention.
Captiver l'admiration.
Captiver la bienveillance de quelqu'un, Se rendre maître de sa
bienveillance, en être assuré.
CAPTIVER, signifie également, Assujettir. Cet enfant sera difficile
à captiver. Vous ne sauriez captiver cet esprit emporté. C'est une
humeur qu'on ne saurait captiver. En termes de l'Écriture, Captiver
son esprit, son entendement sous le joug de la foi.
S'emploie, dans un sens analogue, avec le pronom personnel. C'est un homme
qui perd toutes ses affaires, parce qu'il ne saurait se captiver. Se captiver
auprès des grands pour avancer sa fortune.
CAPTIVÉ, ÉE. participe
CAPTIVITÉ . s. f.
Privation de liberté, esclavage. Tenir en captivité. Vivre
dans la captivité. Sortir de captivité. Délivrer de captivité.
Être en captivité. Racheter de captivité.
Se dit figurément d'Une grande sujétion. C'est une maison où
les domestiques sont en captivité.
CAPTURE . s. f.
Prise au corps. Il ne se dit guère qu'en parlant D'un homme arrêté
pour dettes ou pour crime, par ordre de justice. Ces gendarmes ont fait deux
captures ce matin. On a pris un fameux voleur, c'est une belle capture. Les gardes
du commerce ont procédé à la capture d'un débiteur
contraignable par corps.
Se dit aussi de La prise de navires marchands qui appartiennent à des
nations avec lesquelles on est en guerre; et quelquefois Des navires mêmes
qui ont été pris. La capture d'un navire. Il s'empara de deux
bâtiments chargés, et rentra dans le port avec cette riche capture.
Se dit encore, familièrement, Des prises que les soldats font à
la guerre. Ces soldats ont fait une bonne capture.
Il signifie aussi, La saisie des marchandises prohibées, faite par les
préposés du gouvernement.
CAPTURER . v. a.
Faire capture; appréhender au corps, saisir une personne pour l'arrêter.
Il signifie aussi, Prendre un bâtiment, s'en emparer. Ce bâtiment
a été capturé par les corsaires ennemis. Il reçut
l'ordre de capturer tous les navires qui se montreraient dans ces parages.
CAPTURÉ, ÉE. participe
CAPUCE .s.m.
Il est synonyme de Capuchon.
CAPUCHON .s.m.
Couverture de tête, qui fait une partie de l'habillement de certains moines,
et qui est ordinairement de drap ou de serge. Capuchon de moine. Capuchon pointu.
Capuchon rond. Un grand, un petit capuchon. Mettre, ôter son capuchon.
Prov., Prendre le capuchon, Se faire moine.
CAPUCHON, en termes de Botanique, Prolongement creux et conique, plus
ou moins long, qui se trouve à la partie postérieure de certaines
fleurs. Les fleurs de la capucine, du pied d'alouette ont des capuchons, sont
en capuchon. Voyez ÉPERON.
CAPUCHONNÉ , ÉE. adj.
.Bot. En forme de capuchon. Les pétales de l'ancolie sont capuchonnés.
Feuilles capuchonnées.
CAPUCIN , INE. s.
Religieux, religieuse de l'un des ordres fondés par saint François.
Capucin de carte, Carte pliée et coupée de manière
qu'elle peut se tenir droite, et que sa partie supérieure a quelque ressemblance
avec un capuchon. Les enfants s'amusent avec des capucins de cartes.
CAPUCIN, se dit quelquefois, figurément et par mépris,
d'Un homme qui affiche une grande dévotion. Ce sens est familier.
CAPUCINADE . s. f.
Se dit d'Un plat discours de morale ou de dévotion. Ce sermon n'est
qu'une capucinade. Il est familier.
CAPUCINE . s. f.
Plante potagère et d'ornement, ainsi nommée parce que sa fleur
est terminée par un prolongement en forme de capuchon. Cultiver des
capucines. La capucine a les mêmes propriétés que le cresson.
Se dit aussi de La fleur que porte cette plante. Une salade de capucines.
Cueillir des capucines.
Câpres capucines, Boutons à fleurs de la capucine confits
au vinaigre.
Couleur capucine, Couleur qui ressemble à celle des fleurs de
la capucine, qui est une espèce d'aurore foncé.
CAPUCINE, en termes d'Arquebusier, se dit Des anneaux de fer ou de cuivre
qui assujettissent, sur son bois, le canon d'une arme à feu à l'usage
des troupes. La première, la seconde capucine d'un fusil.
CAPUCINIÈRE . s. f.
Maison, demeure de capucins. Il est familier et ne s'emploie que par dénigrement.
CAPUT-MORTUUM .s.m.
(On prononce Mortuome.) .Chimie. On appelait autrefois ainsi Les résidus
d'opération dont on croyait ne pouvoir tirer aucun parti.
CAQUAGE .s.m.
Façon qu'on donne aux harengs, lorsqu'on veut les saler.
CAQUE . s. f.
Espèce de barrique ou de baril. Une caque de harengs. Mettre des harengs
en caque. Une caque de poudre.
Prov., Être rangés, serrés, pressés comme des
harengs en caque, se dit De plusieurs personnes ou de plusieurs choses rangées
et pressées l'une contre l'autre.
Prov. et fig., La caque sent toujours le hareng, Il reste toujours quelques
traces de l'état où l'on s'est trouvé, des mauvaises impressions
qu'on a reçues dans sa jeunesse. C'est un homme de rien qui a fait fortune,
et qui conserve des façons grossières; la caque sent toujours le
hareng. Il a passé sa jeunesse en mauvaise compagnie, vous n'en ferez rien
de bon; la caque sent toujours le hareng.
CAQUER . v. a.
Préparer le poisson pour l'encaquer, pour le mettre en caque.
Il signifie quelquefois, Mettre des harengs en caque; mais, dans ce sens, on
dit plus ordinairement, Encaquer: voyez ce mot.
CAQUÉ, ÉE. participe
CAQUET .s.m.
Babil. Caquet importun. Avoir bien du caquet. Avoir trop de caquet. Elle
a le caquet bien affilé. Cet homme n'a que du caquet. Ce perroquet, cette
pie me fatigue par son caquet. Il est familier.
Fig. et fam., Rabattre ou rabaisser le caquet de quelqu'un, Confondre
par ses raisons, ou faire taire par autorité, une personne qui parle mal
à propos ou insolemment.
Prov., Le caquet de l'accouchée, La conversation, ordinairement
frivole, qui se fait dans les visites qu'on rend aux femmes en couche.
Fam., Caquet bon bec. Nom que l'on donne à La pie, parce que cet
oiseau apprend facilement à parler. On le dit aussi, figurément,
d'Une femme bavarde et médisante.
CAQUETS, au pluriel, signifie, Discours futiles, propos malins sur le
compte d'autrui. Je ne veux point tous ces caquets. Faire des caquets. Il n'a
point égard à leurs sots caquets. S'exposer aux caquets. Il
est familier.
CAQUETAGE .s.m.
Action de caqueter. Il m'étourdit par son caquetage. Il n'a que du
caquetage. Un insipide caquetage.
Il se prend aussi pour Caquets. Tout cela n'est que du caquetage. Il
est familier dans les deux sens.
CAQUÈTE . s. f.
Sorte de baquet ou les harengères mettent des carpes.
CAQUETER . v. n.
Se dit, au propre, Du bruit que font les poules quand elles veulent pondre.
Il signifie, par extension et familièrement, Babiller. Des femmes
qui ne font que caqueter. Il ne faut pas lui dire de secrets, il aime trop à
caqueter. Ce perroquet ne cesse de caqueter.
CAQUETERIE . s. f.
Action de caqueter. Se dit principalement au pluriel, dans le sens de Caquets.
D'éternelles caqueteries. Il est familier.
CAQUETEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui caquette et habille beaucoup. Un grand caqueteur. Une grande
caqueteuse. Il est familier.
CAQUEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui caque les harengs.
CAR
Conjonction qui sert à marquer que l'on va donner la raison d'une proposition
énoncée. Il ne faut pas faire telle chose, car Dieu le défend.
Vous ne le trouverez pas chez lui, car je viens de le voir dans la rue.
CARABÉ .s.m.
Un des noms de l'ambre jaune ou succin.
CARABIN .s.m.
Il se disait d'Un cavalier qui portait une carabine. Capitaine de carabins.
Mestre de camp des carabins.
CARABIN, se dit, figurément et familièrement, d'Un homme
qui se contente de hasarder quelque chose au jeu, et qui se retire ensuite, soit
qu'il ait perdu, soit qu'il ait gagné. C'est un vrai carabin au jeu.
Se dit aussi, figurément et familièrement, d'Un homme qui, dans
une conversation, dans une dispute, ne fait que jeter quelques mots vifs, et puis
se tait, ou s'en va. Il a tiré son coup en carabin. Cette acception
est peu usitée.
CARABIN .s.m.
Frater, garçon chirurgien. Il ne s'emploie aujourd'hui que dans le langage
familier et par dénigrement, pour désigner, Un étudiant en
médecine.
CARABINADE . s. f.
Tour de carabin. Il a fait une carabinade, et s'en est allé. Il
est familier et peu usité.
CARABINE . s. f.
Sorte de fusil dont le canon est rayé en dedans. Charger une carabine.
La carabine porte plus loin et plus juste que les fusils ordinaires.
Se dit aussi Du mousqueton ou fusil court dont la cavalerie est armée.
La carabine d'un dragon, d'un lancier, d'un hussard, etc.
CARABINER . v. a.
Creuser des raies en dedans du canon d'une arme à feu portative.
CARABINÉ, ÉE. participe, En termes de Marine, Brise
carabinée, Vent qui souffle avec une violence extraordinaire.
CARABINER . v. n.
Combattre à la manière des carabins. Ce régiment ne
s'amusa point à carabiner. Un cavalier qui sort de son rang pour carabiner.
En ce sens, il n'est plus usité: on dit, Tirailler.
Se dit, figurément et familièrement, D'un joueur qui, sans s'attacher
au jeu, hasarde quelque coup comme en passant. Il ne joue pas, il ne fait que
carabiner.
CARABINIER .s.m.
Soldat armé d'une carabine, ou qui dans l'origine était armé
ainsi. En France, les carabiniers à cheval n'ont point de carabine,
ni de mousqueton. Colonel des carabiniers à cheval, des carabiniers. On
donne le nom de Carabiniers aux grenadiers de l'infanterie légère,
quoiqu'ils soient armés du fusil de munition ordinaire. Une compagnie de
carabiniers. Capitaine de carabiniers.
CARACH .s.m.
Voyez CARATCH.
CARACO .s.m.
Vêtement de femme qui est passé de mode.
CARACOLE . s. f.
.Manége. Mouvement en rond, ou en demi-rond, qu'on fait exécuter
à un cheval, en changeant quelquefois de main. Faire une caracole. Faire
plusieurs caracoles.
CARACOLER . v. n.
Faire des caracoles. Il y avait plaisir à les voir caracoler. Il caracolait
autour de la voiture où étaient les dames.
CARACTÈRE .s.m.
Empreinte, marque; figure tracée sur une surface quelconque avec une
plume, un burin, un ciseau, ou de quelque autre manière, et à laquelle
on attribue une certaine signification. Se dit particulièrement Des lettres
et autres figures dont on se sert dans l'écriture ou dans l'impression.
Gros caractère. Petit caractère. Caractère lisible. Cet
ouvrage est imprimé en beaux caractères. Caractère romain.
Caractère italique. Caractères gothiques, grecs, arabes, sanscrits,
etc. Caractères symboliques. Caractères hiéroglyphiques.
Les anciens imprimaient sur le front des criminels et des esclaves certains caractères.
Nous ne pûmes déchiffrer les caractères de cette inscription.
Se dit quelquefois de L'écriture d'une personne. J'ai reconnu votre
caractère. On dit, plus ordinairement, J'ai reconnu votre écriture.
Caractères algébriques, caractères astronomiques,
Caractères dont les algébristes et les astronomes se servent. On
appelle également Caractères, Les signes dont les chimistes
se servent pour représenter en abrégé les substances qu'ils
emploient dans leurs opérations.
CARACTÈRE, se dit aussi Des lettres ou figures auxquelles on attribuait
jadis une certaine vertu, en conséquence d'un pacte prétendu fait
avec le diable. Il n'a jamais été blessé à la guerre;
on dit qu'il a un caractère, qu'il porte un caractère sur lui. Il
fut accusé d'avoir un caractère.
CARACTÈRE, se dit également Des types dont se servent les
imprimeurs. Caractères neufs. La matière des caractères
d'imprimerie se compose généralement d'un mélange de plomb
et de régule d'antimoine. Graver, fondre des caractères. Graveur,
fondeur en caractères. On le dit souvent aussi de L'ensemble des types
de même grosseur ou force de corps. Ce caractère n'a pas encore
servi. Ce caractère est bon, est mauvais. Caractère usé.
La force de corps, l'oeil d'un caractère.
CARACTÈRE, signifie figurément, Titre, dignité,
qualité, puissance, vertu attachée à certains états.
Caractère sacré. Le caractère d'évêque. Être
revêtu du caractère d'ambassadeur. Un ambassadeur qui soutient son
caractère avec dignité. C'est un caractère qu'il faut respecter.
Une telle conduite est indigne de votre caractère. En Théologie:
Le baptême et l'ordre sont des sacrements qui impriment un caractère.
Caractère ineffaçable, indélébile.
Cet ambassadeur a déployé son caractère, Il a déclaré
sa mission; et, dans le sens contraire, Il cache son caractère.
Il n'a point caractère pour agir, il parle sans caractère,
se dit D'un homme qui n'a point de mission, d'autorité, ni de pouvoir pour
faire ou dire quelque chose.
CARACTÈRE, se prend aussi pour Ce qui distingue une personne des
autres à l'égard des moeurs, de l'âme ou de l'esprit. Cet
homme a un étrange caractère. Soutenir, ne pas démentir son
caractère, ne pas sortir de son caractère. Montrer un grand, un
beau, un noble caractère. Force, vigueur de caractère. Faiblesse
de caractère. Trait de caractère. Caractère doux, gai, sérieux,
sournois, triste, vindicatif, perfide, etc. Il y a des caractères difficiles
à dompter. Leurs caractères ne peuvent s'accorder. Homère
a excellé dans la peinture des caractères. Le poëte dramatique
doit saisir, tracer, développer habilement les caractères. Garder,
soutenir, diversifier les caractères. Faire sentir l'opposition des caractères.
On le dit quelquefois, dans un sens analogue, Du tour d'esprit, de la qualité
bonne ou mauvaise qui distingue un peuple des autres. Le caractère de
cette nation est la légèreté, la fierté, etc.
Fam., C'est un bon caractère d'homme, C'est un homme de moeurs
faciles et agréables.
Absol., Avoir, montrer du caractère, Avoir, montrer de la force
d'âme, de la fermeté. Il a montré, dans cette occasion,
beaucoup de caractère. On dit dans un sens analogue, C'est un homme
à caractère; et dans le sens opposé, N'avoir pas de
caractère, être sans caractère, manquer de caractère.
Les caractères de, etc. Titre de certains ouvrages qui ont pour
objet la peinture des caractères, des moeurs. Les Caractères
de Théophraste, de la Bruyère.
CARACTÈRE, signifie quelquefois, Expression, air expressif. Il
y a du caractère, il n'y a point de caractère dans sa physionomie.
Dans ce sens, il se dit plus souvent en parlant De figures peintes ou sculptées.
Cette tête a un grand caractère, est d'un grand caractère.
Un beau caractère de tête. On le dit, par extension, de L'expression
musicale. Cette ouverture n'a point de caractère.
Danse de caractère, Danse qui consiste principalement en attitudes
expressives et nobles.
CARACTÈRE, se dit, en général, de Ce qui est le
propre d'une chose, de ce qui la distingue. La fierté est le caractère
de sa physionomie. Cet édifice a le caractère qui convient à
sa destination. Cette façade a le caractère d'un temple, et non
d'une salle de spectacle. Cette strophe a vraiment le caractère de l'ode.
La simplicité est le caractère de son style. L'éloquence
de Bourdaloue a tout un autre caractère que celle de Massillon. Cet acte
n'a point un caractère légal. Cet écrit porte un caractère
d'authenticité. Imprimer, donner à une chose son véritable
caractère. Les passions ont, chacune, leur caractère particulier.
Cette action porte le caractère d'une atroce perfidie; elle en a tous les
caractères. L'affaire a pris un caractère grave. Le caractère
ou les caractères d'une maladie, d'une affection. Sa maladie a un caractère
fâcheux.
Il désigne particulièrement, dans les Sciences naturelles, et
surtout en Botanique, Certaines marques essentielles qui distinguent un animal,
une substance, une plante de toute autre. Dire quels sont les caractères
d'une plante, d'un insecte. Caractères constants. Caractères variables.
Caractère générique, Celui qui convient à
tout un genre. Caractère spécifique, Celui qui ne convient
qu'à une espèce.
CARACTÉRISER . v. a.
Marquer, déterminer, faire connaître le caractère d'une
personne ou d'une chose. Ce poëte dramatique caractérise bien ses
personnages. Il caractérise bien les passions. Cet habile critique a bien
caractérisé le genre de tel ouvrage. Rien ne caractérise
mieux les moeurs de ce peuple, que...
Se dit aussi De ce qui constitue le caractère d'une personne ou d'une
chose. Je reconnais à ce trait la générosité qui
vous caractérise. C'est là ce qui caractérise notre siècle,
notre époque. Les symptômes qui caractérisent telle maladie.
Les propriétés qui caractérisent une substance. Le $$
(sigma) caractérise, en général, le futur et l'aoriste
des verbes grecs, dans tous les modes: [grec], je délierai; [grec],
je déliai.
CARACTÉRISÉ, ÉE. participe, C'est une fièvre
bien caractérisée.
CARACTÉRISME .s.m.
.Bot. Ressemblance et conformité des plantes avec quelques parties du
corps humain. Il est très-peu usité.
CARACTÉRISTIQUE . adj. des deux genres
Qui caractérise. Signe caractéristique. Trait caractéristique.
Différence caractéristique.
Lettre caractéristique, ou simplement, Caractéristique,
Lettre qui dénote la formation d'un temps. La lettre R est la caractéristique
de tous les futurs français. Se dit aussi de La lettre qui se conserve
dans les dérivés d'un mot, comme le P dans les dérivés
de Corps et de Temps: Corporel, temporel, temporiser; le G
dans Longueur, sanguin, ranger, etc., à cause de Long, sang,
rang, etc.
En Arithm., La caractéristique d'un logarithme, La partie d'un
logarithme qui exprime des unités entières.
CARAFE . s. f.
Sorte de bouteille de verre ou de cristal, plus large par le bas que par le
haut, qui sert principalement à contenir l'eau, et quelquefois le vin ou
les liqueurs que l'on boit à table. Mettre de l'eau, du vin dans une
carafe. Mettre des carafes de vin sur la table.
Se dit aussi de La liqueur contenue dans une carafe. J'ai bu, depuis hier,
deux carafes de limonade.
CARAFON .s.m.
Sorte de vaisseau de liége ou de bois, dans lequel on met un flacon avec
de la glace, pour faire rafraîchir du vin, de l'eau, ou d'autres liqueurs.
Carafon de liége. Mettre de la glace dans les carafons.
Se dit aussi de La carafe qu'on met dans le carafon.
Se dit encore, chez les Restaurateurs, d'Une très-petite carafe, contenant
à peu près le quart d'une bouteille; ou de La quantité de
vin qu'elle peut contenir. Boire un carafon de vin à son déjeuner.
CARAGNE . s. f.
Gomme-résine aromatique dont on use en médecine. On dit quelquefois,
adjectivement, Gomme caragne.
CARAÏTE .s.m.
Juif qui s'attache à la lettre de l'Écriture, et qui rejette les
traditions, le Talmud, etc.
CARAMBOLAGE .s.m.
T. du Jeu de billard. Action de caramboler. J'ai fait trois carambolages
de suite.
CARAMBOLER . v. n.
T. du Jeu de billard. Toucher deux billes avec la sienne du même coup.
CARAMEL .s.m.
Sucre à demi brûlé et durci. Le caramel est bon pour
le rhume. Cerises au caramel. Mettre du caramel dans une sauce.
CARAPACE . s. f.
T. d'Hist. nat. Le test, l'espèce de cuirasse qui couvre le dos de la
tortue.
CARAQUE . s. f.
.Marine. Nom qu'on donne à des bâtiments portugais qui font les
voyages du Brésil et des Indes orientales. Les caraques d'aujourd'hui
sont beaucoup moins grandes que les anciennes. Il y avait des caraques du port
de deux mille tonneaux.
CARAT .s.m.
Chacune des parties d'or fin contenues dans une quantité d'or quelconque
que l'on suppose partagée en vingt-quatre parties égales. Il
n'y a point dans le commerce d'or à vingt-quatre carats.
Or à vingt-trois, à vingt, à dix-huit carats, etc.,
Or dans lequel vingt-trois parties, ou vingt, ou dix-huit, etc., sur vingt-quatre,
sont sans alliage. On dit aussi, Or au vingtième, au dix-huitième
carat, etc.
Prov. et fig., Cet homme est un sot, est un impertinent à vingt-quatre
carats, Il est sot, impertinent au souverain degré.
CARAT, signifie aussi, Le poids de quatre grains; et il se dit en parlant
Des petits diamants, des perles, etc. Ce diamant, cette perle pèse tant
de carats.
Se dit, par extension, Des petits diamants qui se vendent au poids. Sa girandole
paraît beaucoup de loin, cependant elle n'est que de carats. Ce n'est que
du carat.
CARATCH .s.m.
Tribut, espèce de capitation que les chrétiens et les juifs payent
au Grand Seigneur, et dont les Turcs sont exempts.
CARAVANE . s. f.
Troupe de marchands, de voyageurs ou de pèlerins, qui vont de compagnie
pour se garantir des voleurs ou des corsaires: il ne se dit que De ceux qui vont,
par terre ou par mer, dans le Levant. La caravane de Damas. La caravane qui
va à la Mecque. Marcher avec la caravane. La caravane fut attaquée
par les Arabes. Les navires qui formaient la caravane d'Alep, d'Alexandrie.
Se dit, par extension et familièrement, de Plusieurs personnes qui se
réunissent pour aller de compagnie. Marcher en caravane. Nous avons
fait une caravane pour aller dîner à tel endroit. Je vis venir toute
une caravane de campagnards.
CARAVANES, au pluriel, signifie, Les campagnes que les chevaliers de
Malte étaient obligés de faire sur mer contre les mahométans,
pour s'acquitter du service qu'ils devaient à leur ordre. Faire ses
caravanes. Il n'avait pas encore fait ses caravanes, toutes ses caravanes. Les
chevaliers ne pouvaient parvenir aux commanderies, qu'ils n'eussent fait leurs
caravanes.
Fig. et fam., Faire ses caravanes, Mener une vie dissipée, avoir
des aventures dans le monde. Ce jeune homme a fait ses caravanes.
CARAVANIER .s.m.
Conducteur des animaux qui portent les bagages dans les caravanes.
CARAVANSÉRAI .s.m.
(Quelques-uns disent, Caravansérail.) Espèce d'hôtellerie,
dans le Levant, où les caravanes sont reçues gratuitement, ou pour
un prix modique.
CARAVELLE . s. f.
.Marine. Se dit, dans la Méditerranée, de Gros vaisseaux de guerre
turcs fort mal construits. On appelle aussi Caravelle, Une sorte de petit
bâtiment à voiles latines, dont se servent les Portugais. Monter
une caravelle. Commander une caravelle. Équiper une caravelle.
CARBATINE . s. f.
Peau de bête fraîchement écorchée.
CARBONATE .s.m.
.Chimie. Nom générique des sels composés d'acide carbonique
et d'une base quelconque. Carbonate de chaux, d'ammoniaque, de potasse, de
soude, etc.
CARBONE .s.m.
.Chimie. Substance élémentaire, tantôt pure, comme dans
le diamant, tantôt unie à d'autres principes, comme dans les substances
végétales et animales, le charbon ordinaire, etc.
CARBONÉ , ÉE. adj.
.Chimie. Qui contient du carbone. Gaz hydrogène carboné.
CARBONIQUE . adj.
.Chimie. Se dit D'un acide gazeux qui est formé de carbone et d'oxygène,
et qui est très-répandu dans la nature. Gaz acide carbonique.
CARBONISATION . s. f.
.Chimie. Opération par laquelle on réduit un corps en charbon.
CARBONISER . v. a.
.Chimie. Réduire en charbon.
CARBONISÉ, ÉE. participe
CARBONNADE . s. f.
Manière d'apprêter les viandes en les faisant griller sur des charbons.
Faire une carbonnade. Mettre des tranches de jambon à la carbonnade.
CARBURE .s.m.
.Chimie. Résultat de la combinaison du carbone avec une substance simple.
Carbure de fer.
CARCAN .s.m.
Cercle de fer avec lequel on attachait par le cou à un poteau celui qui
avait été condamné à cette peine. Condamner au
carcan. Attacher au carcan. Mettre au carcan. Cela mérite le carcan. La
peine du carcan a été supprimée en 1832.
Il signifie aussi, Une espèce de chaîne ou de collier de pierreries.
Cette femme a un beau carcan de pierreries.
CARCASSE . s. f.
Les ossements du corps d'un animal, lorsqu'il n'y a plus guère de chair,
et qu'ils tiennent encore ensemble. Tout le champ de bataille était
encore couvert de carcasses de chevaux.
Carcasse de chapon, de poulet, de perdrix, etc., Ce qui reste du corps,
lorsqu'on en a ôté les cuisses et les ailes.
Fig. et par mépris, C'est une carcasse, il n'a que la carcasse,
se dit D'une personne ou d'un animal extrêmement maigre.
CARCASSE, se dit, par analogie, d'Un navire dont il n'y a encore que
la charpente de faite. On le dit également d'Un vieux navire en démolition,
ou d'Un bâtiment qui a péri à la côte, et que la mer
a dépecé en partie. La carcasse d'un bâtiment.
Se dit encore, chez les Marchandes de modes, Des branches de fil de fer couvertes
de cordonnet, dont elles se servent pour monter les coiffures.
Il se disait autrefois, en termes d'Artillerie, d'Une sorte de bombe, composée
de différents cercles de fer, qui ressemblait en quelque sorte à
une carcasse d'animal, et qu'on lançait avec le mortier comme les bombes
ordinaires. On brûla tout un quartier de la ville avec des carcasses.
CARCINOMATEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui tient de la nature du cancer. Ulcère carcinomateux.
CARCINOME .s.m.
.Médec., synonyme de Cancer.
CARDAMINE . s. f.
.Bot. Plante crucifère qui croît dans les lieux humides, et dont
le goût approche de celui du cresson. La cardamine est apéritive
et antiscorbutique. On la nomme aussi Cresson des prés.
CARDAMOME .s.m.
.Bot. Plante qui produit des graines aromatiques, employées dans la composition
de la thériaque, et nommées également Cardamome.
CARDASSE . s. f.
Un des noms vulgaires de la plante appelée Nopal.
CARDE . s. f.
La côte qui est au milieu des feuilles de certaines plantes, comme la
poirée et l'artichaut, et qui est bonne à manger. Botte de cardes.
Cardes poirées. Cardes d'artichaut.
CARDE, se dit aussi Du peigne d'un cardeur, instrument qui consiste en
une planchette munie d'un manche et garnie, d'un côté seulement,
de petites pointes de fil d'archal très-fin légèrement courbées.
Se dit également Des machines garnies de chardons à bonnetier,
dont on se sert pour peigner le drap.
CARDER . v. a.
Peigner avec des cardes ou avec des chardons à bonnetier. Carder de
la laine, de la soie, du coton, du drap, etc.
CARDÉ, ÉE. participe
CARDEUR , EUSE. s.
Ouvrier, ouvrière qui carde. Cardeur, cardeuse de matelas.
CARDIALGIE . s. f.
.Médec. Douleur de l'estomac.
CARDIAQUE . adj. des deux genres
.Médec. Nom donné aux médicaments toniques ou stimulants
dont on croyait que l'action se portait principalement sur le coeur. Remède
cardiaque. Se dit aussi substantivement, au masculin. Un bon cardiaque.
CARDIAQUE, en termes d'Anatomie, se dit De ce qui appartient au coeur.
Artères, veines cardiaques. Nerfs cardiaques.
CARDINAL .s.m.
Un des soixante et dix prélats qui composent le sacré collége,
qui ont voix active et passive dans l'élection du pape, et parmi lesquels
le pape est ordinairement choisi. Cardinal du titre de Sainte-Cécile,
de Saint-Pierre aux liens, etc. Il a été fait cardinal à
la nomination de France. Le pape fit une promotion de cardinaux. Il a eu le chapeau
de cardinal. La barrette de cardinal. Le rouge est la couleur des cardinaux. Cardinal-évêque.
Cardinal-prêtre. Cardinal-diacre.
Cardinal in petto, Celui que le pape a élevé à la
dignité de cardinal, en se réservant de ne le proclamer et de ne
l'instituer que dans la suite.
CARDINAL, en Histoire naturelle, est Le nom donné à des
oiseaux de différents genres, chez lesquels la couleur rouge domine.
CARDINAL , ALE. adj.
Principal. En Astronomie et en Géographie, il désigne Les quatre
points de l'horizon auxquels on rapporte généralement tous les autres
points, et qui sont le nord, le sud, l'est, et l'ouest. Les quatre points cardinaux.
Vents cardinaux, Les vents qui soufflent des quatre points cardinaux
de la sphère.
Fig., Vertus cardinales, Les quatre vertus principales auxquelles toutes
les autres peuvent se rapporter. Les quatre vertus cardinales sont la justice,
la prudence, la tempérance et la force.
En termes de Grammaire, Nombres cardinaux, Les nombres qui désignent
une quantité, sans marquer l'ordre. Un, deux, trois, quatre, sont des
nombres cardinaux; Premier, second, troisième, sont des nombres ordinaux.
On appelle Adjectifs ou noms de nombre cardinaux, Ceux qui servent
à exprimer les nombres cardinaux: dans notre langue, ils sont tous invariables,
excepté Vingt et Cent.
CARDINALAT .s.m.
Dignité de cardinal. Il a été promu au cardinalat. Avant
sa promotion au cardinalat.
CARDINALE . s. f.
.Bot. Nom qu'on donne à deux plantes d'Amérique cultivées
dans les jardins à cause de la beauté de leurs fleurs. Cardinale
rouge. Cardinale bleue.
CARDON .s.m.
Plante potagère, du même genre que l'artichaut, et dont les feuilles
sont bonnes à manger.
CARDONNETTE . s. f.
Voyez CHARDONNETTE.
CARÊME .s.m.
Temps d'abstinence, qui comprend quarante-six jours entre le mardi gras et le
jour de Pâques, et pendant lequel les catholiques jeûnent tous les
jours, hors les dimanches, ce qui fait quarante jeûnes. Le saint temps
de carême. Durant le carême. Le commencement, la fin du carême.
L'avent et le carême. Jeûner le carême. Prêcher le carême.
La mi-carême.
Provisions de carême, viandes de carême, Les provisions,
les aliments dont les catholiques se servent le plus ordinairement en carême,
comme beurre, huile, légumes, fruits secs, poisson salé, etc.
Faire carême, faire le carême, observer le carême,
S'abstenir des viandes défendues pendant le temps du carême. Rompre
le carême, rompre carême, Cesser d'observer l'abstinence de carême,
et manger des viandes défendues. Il a été obligé
de rompre le carême.
Le carême est bas, se dit quand le carême commence dans les
premiers jours de février; et, Le carême est haut, quand il
commence au mois de mars.
Fig. et fam., Mettre le carême bien haut, Exiger des choses trop
difficiles. Ce docteur débite une morale sévère, il nous
met le carême bien haut. Il signifie aussi, Promettre une chose qui
n'arrivera pas de longtemps.
Prov. et fig., Avoir prêché sept ans pour un carême en
quelque endroit, Y avoir été longtemps, et connaître bien
ce lieu-là. On dit aussi, absolument, Prêcher sept ans pour un
carême, Donner souvent et inutilement le même avis, répéter
toujours la même chose.
Prov., Cela vient comme mars en carême, se dit D'une chose qui
ne manque jamais d'arriver à une certaine époque. On dit également,
Il n'y manque non plus que mars en carême, en parlant D'un homme
qui se trouve toujours en quelque endroit, à une certaine heure.
Prov., Arriver comme marée en carême, Arriver à propos.
Fig. et fam., Une face de carême, Un visage blême.
CARÊME, désigne quelquefois, Tous les sermons qu'un prédicateur
prêche pendant un carême. Un tel a fait imprimer son carême.
Le carême d'un tel. Le Petit Carême de Massillon. Ce prédicateur
a deux carêmes, trois carêmes.
CARÊME-PRENANT .s.m.
On appelle ainsi, familièrement, Les trois jours gras qui précèdent
immédiatement le mercredi des Cendres. C'était à carême-prenant.
Tout est de carême-prenant, se dit, par plaisanterie, en parlant
De certaines libertés qu'on prend pendant les jours gras.
CARÊME-PRENANT, se dit plus particulièrement Du mardi gras.
Le jour de carême-prenant. Prov., Il faut faire carême-prenant
avec sa femme, et Pâques avec son curé.
Se dit aussi, par extension, Des gens masqués et déguisés
qui courent les rues pendant les jours gras.
Fig. et fam., C'est un vrai carême-prenant, se dit D'une personne
vêtue d'une manière extravagante, qui la fait ressembler à
un masque. On dit de même, Avoir l'air d'un carême-prenant.
CARÉNAGE .s.m.
.Marine. Lieu où l'on donne la carène à un bâtiment.
Le navire est au carénage.
Il signifie aussi, L'action de caréner, ou Le résultat de cette
action. Ce bâtiment a eu un bon carénage. Dans ce sens, on
dit plus ordinairement, Carène.
CARENCE . s. f.
.Pratique. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Procès-verbal
de carence, Procès-verbal qui constate qu'un débiteur ou qu'une
personne décédée n'a laisse aucun effet mobilier.
CARÈNE . s. f.
.Marine. La quille et les flancs du navire jusqu'à la ligne de flottaison.
Les qualités d'un bâtiment dépendent de la forme de sa
carène. Bordages de carène.
Mettre un navire en carène, l'abattre en carène, Le mettre
sur le côté pour le raccommoder dans ses oeuvres vives, c'est-à-dire
aux endroits qui sont dans l'eau.
CARÈNE, signifie, par extension, Le travail qu'on fait pour raccommoder
la carène d'un navire. Carène entière. Demi-carène.
Donner la carène, une carène, donner carène à un vaisseau.
CARÈNE, en termes de Botanique, se dit Du pétale inférieur
des fleurs papilionacées, parce qu'il ressemble à la carène
d'un bâtiment.
CARÉNÉ , ÉE. adj.
.Bot. Se dit Des feuilles, des stipules, etc., qui ont la forme d'une carène.
Feuille carénée. Les valves de cette silique sont carénées.
CARÉNER . v. a.
Donner carène à un bâtiment. Caréner des vaisseaux.
CARÉNÉ, ÉE. participe, Vieux vaisseau caréné.
CARESSANT , ANTE. adj.
Qui aime à caresser. Cet enfant est fort caressant. Il est d'humeur
caressante. Un chien caressant.
Se dit également De l'air, des manières, etc. Prendre un air
caressant. Avoir des manières caressantes.
CARESSE . s. f.
Témoignage d'affection que l'on donne à quelqu'un par ses actions
ou par ses paroles. Douces caresses. Grandes caresses. Des caresses trompeuses.
De perfides caresses. Défiez-vous de ses caresses. Faire des caresses.
Accabler une personne de caresses. Recevoir des caresses. Il lui a fait caresse.
Il ne m'a pas fait la moindre caresse. On le dit également Des animaux.
Ce chien fait des caresses à tout le monde.
Se dit quelquefois au figuré, comme dans cette phrase, Il ne faut
pas se fier aux caresses de la fortune.
CARESSER . v. a.
Faire des caresses. Caresser un enfant. Caresser un chien. Fig. et poétiq.,
Le zéphyr caresse les fleurs.
Il signifie aussi, figurément, Flatter, cajoler. Depuis qu'il occupe
cette place, il est caressé de tout le monde. Il sait caresser les gens,
pour en obtenir ce qu'il désire.
S'emploie quelquefois au sens moral. Caresser l'orgueil de quelqu'un. Caresser
une chimère, S'y complaire.
CARESSÉ, ÉE. participe, S'emploie aussi adjectivement et
figurément, en parlant De tableaux d'un fini précieux. Les tableaux
de plusieurs peintres flamands sont très-caressés.
CARET .s.m.
Sorte de tortue dont l'écaille sert à faire des peignes et d'autres
ouvrages.
CARET .s.m.
Sorte de dévidoir à l'usage des cordiers. On nomme Fil de caret,
Une espèce de gros fil qui sert à fabriquer tous les cordages employés
dans la marine.
CARGAISON . s. f.
.Marine marchande. L'ensemble de toutes les marchandises qui composent la charge
principale d'un navire de commerce. Nous prîmes un bâtiment dont
la cargaison était fort riche. Le navire a péri, mais on a sauvé
l'équipage et la cargaison.
CARGUE . s. f.
.Marine. Se dit Des cordages qui servent à plier, à retrousser
les voiles contre leurs vergues.
CARGUER . v. a.
.Marine. Plier, retrousser les voiles contre leurs vergues, par le moyen des
cargues. Carguer les voiles.
CARGUÉ, ÉE. participe
CARIATIDE . s. f.
Figure de femme, ou même d'homme, qui soutient une corniche sur sa tête.
Les cariatides sont un ornement d'architecture.
CARIBOU .s.m.
T. d'Hist. nat. Animal sauvage du Canada, qui a de très-grands rapports
avec le renne.
CARICATURE . s. f.
.Peinture, emprunté de l'italien. Image satirique dans laquelle l'artiste
représente d'une manière grotesque, bouffonne, les personnes ou
les événements qu'il veut tourner en dérision. Les caricatures
ne doivent pas être des charges insignifiantes. Les Anglais excellent dans
la caricature.
S'emploie aussi très-souvent comme synonyme de Charge, dans les Arts
d'imitation. Ce n'est point là un portrait, c'est une caricature. Le
principal personnage de cette pièce n'est qu'une caricature.
Se dit également, au figuré, d'Une personne ridiculement accoutrée.
Voyez cette femme: quelle caricature!
CARIE . s. f.
Maladie qui attaque les os, ulcération des os. Il y a sujet de craindre
que la carie n'attaque l'os. La carie des dents.
Se dit aussi d'Une maladie des blés et des arbres.
CARIER . v. a.
Gâter, pourrir. Se dit principalement en parlant Des os et des blés.
L'usage de cet élixir a carié toutes ses dents.
Il est aussi verbe pronominal. L'os se carie. Cette dent commence à
se carier. Dans les temps humides, les blés se carient promptement.
CARIÉ, ÉE. participe, Os carié. Dent cariée.
Blé carié. Bois, arbre carié.
CARILLON .s.m.
Battement de cloches à coups précipités, avec une sorte
de mesure et d'accord. Sonner le carillon. Sonner à double carillon.
Se dit aussi d'Une réunion de cloches accordées à différents
tons, ou de L'air qu'on exécute sur ces cloches. Le carillon de la Samaritaine.
Le carillon de Dunkerque.
Horloge, pendule, montre à carillon, Horloge, pendule, montre
qui sonne des airs à de certains intervalles.
Fig. et fam., À double, à triple carillon, Très-fort,
excessivement. Il fut sifflé à double carillon.
CARILLON, signifie, figurément et familièrement, Crierie,
grand bruit. Quand la maîtresse du logis verra ce désordre, elle
fera un beau carillon.
CARILLONNER . v. n.
Sonner le carillon. Il est fête à la paroisse, on n'a fait que
carillonner.
Il signifie aussi, Exécuter un air sur un carillon.
CARILLONNÉ, ÉE. participe, On ne l'emploie qu'au féminin
et dans cette locution familière, Fête carillonnée,
qui se dit Des grandes fêtes de l'Église catholique. Il ne met
cet habit que les jours de fêtes carillonnées.
CARILLONNEUR .s.m.
Celui qui carillonne.
CARISTADE . s. f.
Aumône. Demander la caristade. Donner la caristade. Il est familier
et peu usité.
CARLIN .s.m.
Monnaie d'Italie dont la valeur varie selon les lieux. Carlin d'or, d'argent.
CARLIN .s.m.
Petit doguin, petit chien à poil ras, et à museau noir et écrasé.
CARLINGUE . s. f.
.Marine. Sorte de quille intérieure, qui règne presque tout le
long du navire, au-dessus de la quille proprement dite.
Il désigne aussi, L'assemblage de charpente qui reçoit le pied
d'un bas mât.
CARMAGNOLE . s. f.
Sorte de veste.
CARME .s.m.
Religieux de l'ordre du Carmel. Un couvent de carmes.
Eau des carmes, Eau spiritueuse dont l'invention est attribuée
à des religieux carmes. Voyez MÉLISSE.
Carmes déchaussés ou déchaux, Carmes de la
réforme de Sainte-Thérèse, qui ne portent point de bas, et
qui n'ont que des sandales.
CARMELINE . adj. f.
Se dit D'une espèce de laine qu'on tire de la vigogne. Laine carmeline.
CARMÉLITE . s. f.
Religieuse de l'ordre du Carmel. Un couvent de carmélites.
CARMES .s.m. pl.
T. du Jeu de trictrac. Se dit Lorsque d'un coup de dé on amène
les deux quatre. Amenez carmes.
CARMIN .s.m.
Matière colorante, d'un rouge éclatant, qu'on obtient principalement
de la cochenille. On emploie le carmin pour peindre en miniature.
Fig., Des lèvres de carmin, Des lèvres d'un rouge très-vif.
CARMINATIF , IVE. adj.
.Médec. Se dit Des remèdes employés contre les maladies
venteuses.
Il est souvent employé comme substantif, au masculin. Un bon carminatif.
Employer les carminatifs.
CARNAGE .s.m.
Massacre, tuerie. Se dit principalement en parlant Des hommes. On a fait
un grand carnage des ennemis, un horrible carnage. Le carnage dura jusqu'à
la nuit. La soif du carnage. Être altéré de carnage.
Faire un grand carnage de cerfs, de sangliers, de lièvres, de perdrix,
etc., En tuer beaucoup.
Les lions, les tigres, les loups vivent de carnage, Ils vivent de la
chair des animaux qu'ils tuent.
CARNASSIER , IÈRE. adj.
Qui se paît de chair crue, et qui en est fort avide. Dans ce sens, il
se dit Des animaux. Les corbeaux, les loups et les vautours sont carnassiers.
En Histoire naturelle, on nomme substantivement Carnassiers, Un ordre d'animaux
mammifères qui se nourrissent de chair crue, tels que les chiens, les chats,
etc. Les carnassiers.
Il signifie aussi, Qui mange beaucoup de chair; et, dans ce sens, il se dit
Des hommes. Les peuples septentrionaux sont fort carnassiers en comparaison
des méridionaux.
CARNASSIÈRE . s. f.
Espèce de petit sac où l'on met le gibier qu'on a tué à
la chasse.
CARNATION . s. f.
.Peinture. Représentation de la chair de l'homme par le coloris. Il ne
s'emploie que d'une manière générale, pour exprimer L'ensemble
des parties de chair que présente un tableau. Cette carnation est belle,
vive, naturelle. Les carnations de ce tableau sont fort belles.
Il désigne quelquefois, dans le langage ordinaire, Le teint d'une personne.
Une belle carnation. Une vilaine carnation.
CARNATION, en termes de Blason, se dit de Toutes les parties du corps
humain qui sont représentées au naturel. D'argent, à la
tête de carnation.
CARNAVAL .s.m.
Temps destiné aux divertissements, lequel commence le jour des Rois et
finit le mercredi des Cendres. Dans les premiers jours du carnaval. Pendant
le carnaval. Les divertissements du carnaval.
CARNE . s. f.
L'angle extérieur d'une pierre, d'une table, etc. Il s'est blessé
contre la carne de cette pierre. Se heurter contre la carne d'un volet.
CARNÉ , ÉE. adj.
.Fleuriste. Qui est de couleur de chair. Un oeillet carné. Une anémone
carnée.
CARNET .s.m.
Petit livre de compte que l'on porte avec soi et dans lequel on recueille des
notes. Le carnet d'un négociant, d'un agent de change.
Carnet d'échéances, Livre sur lequel les négociants
inscrivent les effets qu'ils ont à payer.
CARNIFICATION . s. f.
.Médec. Altération morbide qui fait prendre au tissu d'un organe
la consistance des parties charnues et musculeuses.
CARNIFIER
(SE). v. pron.
.Médec, Acquérir la consistance des parties charnues.
CARNIFIÉ, ÉE. participe
CARNIVORE . adj. des deux genres
Se dit Des animaux qui peuvent se nourrir de chair, par opposition à
Ceux qui ne mangent que des végétaux. Les animaux carnivores.
L'homme est à la fois frugivore et carnivore. On dit aussi, substantivement,
Les carnivores.
CARNOSITÉ . s. f.
.Chirur. Il se disait autrefois d'Une excroissance ou tumeur charnue qu'on croyait
développée accidentellement dans le canal de l'urètre.
CAROGNE . s. f.
On appelle ainsi, par injure, Une femme débauchée, une méchante
femme. Quelle carogne! Vieille carogne. Il est bas.
CAROLUS .s.m.
(On prononce l'S.) Ancienne monnaie qui valait dix deniers d'argent. Les
carolus ont eu ce nom parce que les premiers furent frappés en France au
coin de Charles VIII.
CARONADE . s. f.
T. d'Artillerie. Gros canon court, d'invention anglaise, et originairement en
usage dans la marine seulement.
CARONCULE . s. f.
T. d'Anat. Diminutif de Chair. Petite chair. S'emploie principalement dans les
deux locutions suivantes: Caroncules myrtiformes, Petits tubercules rougeâtres
situés vers l'orifice du vagin; Caroncule lacrymale, Petite éminence
rougeâtre placée dans le grand angle de l'oeil, et formée
par la réunion d'un certain nombre de follicules muqueux.
CAROTIDE . adj. et s. f.
Chacune des deux principales artères qui conduisent le sang au cerveau.
Les artères carotides. Carotide interne. Carotide externe.
CAROTIDIEN . adj. m.
T. d'Anat., qui s'emploie dans cette locution, Canal carotidien, Conduit
de l'os temporal qui donne passage à l'artère carotide.
CAROTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Qui a rapport au carus. Assoupissement carotique. État
carotique.
CAROTTE . s. f.
Plante potagère de la famille des Ombellifères, dont la racine,
pivotante et charnue, a le même nom, et s'emploie comme aliment. Planter
des carottes. Faire cuire des carottes.
Fig. et fam., Ne vivre que de carottes, Vivre mesquinement.
Carotte de tabac, Assemblage de feuilles de tabac, roulées les
unes sur les autres en forme de carotte.
CAROTTER . v. n.
Jouer mesquinement, ne hasarder que peu d'argent à la fois. Ne faire
que carotter. Il est familier.
CAROTTEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui joue timidement, et ne hasarde que peu d'argent à la
fois. Il est familier. On dit aussi, mais moins ordinairement, Carottier, ière.
CAROUBE
ou CAROUGE.s.m.
Fruit du caroubier; gousse longue et plate, contenant une pulpe qu'on mange
et qui a une saveur très-douce.
CAROUBIER .s.m.
Arbre de la famille des Légumineuses, qui porte des caroubes, et dont
le bois, rouge et dur, est propre aux ouvrages de menuiserie et de marqueterie.
CAROUGE .s.m.
Voyez CAROUBE.
CARPE . s. f.
Sorte de poisson d'eau douce, couvert de grandes et larges écailles.
Carpe de rivière. Carpe d'étang. Carpe de Seine. Carpe laitée.
Carpe oeuvée. Le saut de la carpe. Carpe frite. Carpe au court-bouillon.
Carpe à l'étuvée. Laitance de carpe. Langue de carpe.
Fig., Saut de carpe, Certain saut que les baladins exécutent à
plat ventre, en s'élevant horizontalement. Faire le saut de carpe.
Fig. et fam., Faire la carpe pâmée, se dit D'une personne
qui feint de se trouver mal.
CARPE .s.m.
T. d'Anat. La partie qui est entre l'avant-bras et la paume de la main, et qu'on
nomme vulgairement Poignet. Les os du carpe sont au nombre de huit.
CARPEAU .s.m. Diminutif
Petite carpe.
Se dit aussi d'Une variété de la carpe, que l'on pêche dans
le Rhône et dans la Saône, et qui est d'un goût fort délicat.
CARPILLON .s.m. Diminutif
Très-petite carpe.
CARQUOIS .s.m.
Étui à flèches. Carquois d'ivoire, d'ébène,
etc. Carquois garni de flèches. Vider son carquois. Tirer des flèches
de son carquois. Le carquois de l'Amour.
Fig., Il a vidé son carquois, se dit D'un homme qui a lancé
beaucoup d'épigrammes.
CARRARE .s.m.
Nom qu'on donne au marbre blanc tiré des environs de Carrare, en Toscane.
CARRE . s. f.
Il n'est guère usité que dans ces locutions: La carre d'un
chapeau, Le haut de la forme d'un chapeau. La carre d'un habit, Le
haut de la taille d'un habit. La carre d'un soulier, Le bout d'un soulier
qui se termine carrément.
Pop., Cet homme a une bonne carre, Il a les épaules larges et
fortes, ce qui lui donne de la prestance.
Au Jeu de bouillotte, Je vois la carre, Je tiens ce que propose de jouer
celui qui s'est carré. Voyez CARRER. On dit aussi, Je
double la carre, etc.
CARRÉ , ÉE. adj.
Se dit D'une surface plane qui a quatre côtés et quatre angles
droits. Figure carrée. Table carrée. Jardin carré. Plan
carré. Parfaitement carré.
Bonnet carré, Bonnet à quatre ou à trois cornes,
que portaient les docteurs, les ecclésiastiques, et quelques gens de justice,
dans l'exercice de leurs fonctions. Se dit maintenant d'Un bonnet pyramidal surmonté
d'une houppe, que les ecclésiastiques portent dans les cérémonies
religieuses, et qui ordinairement peut se plier lorsqu'on le tient à la
main.
Jeu de paume carré, ou simplement, Carré, Jeu de
paume où il y a un petit trou, et un ais au lieu de dedans.
En termes de Marine, Voiles carrées, ou Voiles à trait
carré, Voiles quadrangulaires dont les vergues sont hissées
par le milieu, et croisent le mât à angles droits. Poupe carrée,
La poupe de forme ordinaire, par opposition à la poupe ronde de
certains bâtiments, tels que les galiotes.
En termes de Guerre, Bataillon carré, se disait autrefois d'Un
bataillon qui avait autant de files que de rangs, autant de profondeur que de
front. On appelle maintenant Carré d'infanterie, Une troupe, un
régiment d'infanterie disposé de manière à faire face
de quatre côtés, soit intérieurement, soit extérieurement.
Dans cette dernière locution, Carré est pris substantivement.
Former le carré. L'état-major, les tambours et la musique s'enferment
dans l'intérieur du carré. Enfoncer un carré d'infanterie.
Pied carré, toise carrée, mètre carré, etc.,
Surface carrée dont le côté a un pied, une toise, un mètre,
etc. Ce tableau a vingt pieds carrés. Un espace de huit lieues carrées.
On dit dans le même sens, Un pied, une toise, un mètre, etc.,
en carré.
En Arithm., Nombre carré, ou simplement et plus ordinairement,
Carré, Le produit qui résulte d'un nombre multiplié
par lui-même. Seize est le carré de quatre. Neuf est le carré
de trois.
Racine carrée, Le nombre qui, multiplié par lui-même,
produit un certain nombre carré assigné. Tirer, extraire la racine
carrée. Trois est la racine carrée de neuf. Quatre est la racine
carrée de seize.
En Rhétor., Période carrée, Période de quatre
membres; et, par extension, Toute période nombreuse et bien soutenue, quoiqu'elle
ne soit pas de quatre membres.
Au Jeu de brelan, Brelan carré ou quatrième, Celui que
le joueur a dans la main lorsque la carte qui retourne est de même sorte
que les trois qui forment son brelan.
Fam., Partie carrée, Partie de plaisir faite entre deux hommes
et deux femmes.
Fam., Être carré des épaules, Être large des
épaules.
Fig. et fam., C'est une tête carrée, C'est un homme qui
a beaucoup de justesse et de solidité dans le jugement.
CARRÉ, se dit substantivement d'Une figure carrée. Carré
parfait, dont les quatre côtés et les quatre angles sont égaux.
Carré long. Petit carré. Grand carré. La diagonale d'un carré.
Le côté d'un carré. Tailler en carré.
Un carré de papier, Un morceau de papier carré. Écrire
une note sur un carré de papier.
Carré magique. Voyez MAGIQUE.
CARRÉ. substantif, se dit, en termes de Jardinage, d'Un espace
de terre en carré, dans lequel on plante des fleurs, des légumes,
etc. Un carré de parterre. Un carré de potager. Un carré
de tulipes. Un carré d'anémones. Un carré d'artichauts. Un
carré long. Il faut marcher dans les allées, et non pas dans les
carrés. On appelle par analogie Carré d'eau, Une pièce
d'eau en carré.
Il se prend aussi quelquefois pour Palier. Nous logeons sur le même
carré.
Carré de mouton, Pièce du quartier de devant d'un mouton,
lorsque le collet et l'épaule en sont séparés: c'est ce qu'on
appelle autrement Un haut côté.
Carré de toilette, Petit coffre dont les femmes se servaient à
leur toilette, et dans lequel elles mettaient leurs peignes et d'autres objets.
Carré d'argent. Carré de bois d'aloès, de bois de cèdre,
etc.
CARRÉ, en termes de Monnaie, Morceau d'acier fait en forme de
dé, où est gravé en creux ce qui doit être en relief
sur la médaille ou sur la monnaie. Graver un carré. Carré
bien gravé. Carré usé. Ce sens est vieux on dit, Coin.
CARRÉ, en termes d'Anatomie, se dit, tant adjectivement que substantivement,
De différents muscles dont la figure se rapproche de celle du carré.
Muscle carré. Carré du menton. Carré de la cuisse. Carré
des lèvres. Etc.
CARRÉ, en termes de Papeterie, se dit aussi, tant adjectivement
que substantivement, D'une dimension de papier qui est celle qu'on emploie, dans
l'imprimerie, pour le plus grand nombre des ouvrages. L'ouvrage sera imprimé
sur papier carré fin. Une rame de carré.
CARREAU .s.m.
Espèce de pavé plat, fait de terre cuite, de pierre, de marbre,
etc., dont on se sert pour paver le dedans des maisons, des églises, etc.
Petit carreau. Grand carreau. Carreau de terre cuite. Carreau de faïence.
Carreau vernissé. Carreau de Hollande. Carreau de Lisieux. Carreau de Caen.
Carreau de marbre. Carreau à quatre pans, à six pans, en losange.
Carreau de jeu de paume. Chasse à deux carreaux, à trois carreaux.
À quatre carreaux la balle la perd.
Franc carreau, Sorte de jeu où l'on jette en l'air une pièce
de monnaie, et où celui dont la pièce tombe le plus loin des bords
du carreau, gagne le coup. Jouer au franc carreau.
CARREAU, se dit aussi d'Un sol ou d'un plancher pavé de carreaux.
Raccommoder le carreau. Laver le carreau. Tomber sur le carreau.
Par extension, Coucher sur le carreau, Coucher sur le plancher. Jeter
des meubles sur le carreau, Les jeter dans la rue.
Fig., Jeter quelqu'un, coucher quelqu'un sur le carreau, L'étendre
sur la place, mort ou très-blessé. Rester, demeurer sur le carreau,
Être tué sur la place. La querelle fut sanglante, un homme resta
sur le carreau.
Carreau de vitre, ou simplement, Carreau, Pièce de verre
qu'on emploie aux fenêtres, aux portes vitrées, etc. Casser un
carreau de vitre. Remettre un carreau de vitre. Il manque deux carreaux à
cette fenêtre.
En termes de Physique, Carreau électrique, Carreau de verre dont
les surfaces sont recouvertes d'une lame métallique, et qui peut servir
aux expériences sur les électricités dissimulées.
Carreau d'arbalète, Flèche dont le fer avait quatre pans.
De là sont venues ces expressions figurées, Les carreaux vengeurs
de Jupiter, les carreaux de la foudre, etc.
CARREAU, se dit aussi d'Une des couleurs du jeu de cartes, marquée
par de petits carreaux rouges. Un as de carreau. Un deux de carreau. Jouer
en carreau. Il tourne carreau. Le roi, la dame, le valet de carreau.
Fig. et fam., Valet de carreau, se dit d'Un homme qui ne mérite
point de considération. On l'a reçu comme le valet de carreau.
Il l'a traité comme un valet de carreau.
CARREAU, se dit encore d'Un coussin carré dont on se sert pour
s'asseoir, ou pour se mettre à genoux. Carreau de velours. Carreau galonné
d'or. Une pile de carreaux. Une femme à qui l'on porte le carreau. Se faire
porter un carreau à l'église.
CARREAU, se dit en outre d'Une sorte de fer à repasser dont les
tailleurs se servent pour rabattre les coutures des habits.
CARREAU, s'emploie aussi pour Carré; mais, dans ce sens, il ne
se dit guère qu'en parlant De plusieurs carrés formant un assemblage
symétrique. Plier du linge à petits carreaux, par petits carreaux.
Étoffes à carreaux, à petits carreaux, à grands carreaux.
Dessin à carreaux. Tracer, faire des carreaux.
Brochet carreau, Brochet très-gros. Dans cette dénomination,
Carreau est pris adjectivement.
CARREAU .s.m.
.Médec. Maladie qui rend le ventre des enfants dur et tendu. Cet enfant
a le carreau.
CARREFOUR .s.m.
L'endroit où se croisent plusieurs rues dans les villes et dans les villages,
deux ou plusieurs chemins dans la campagne. La foule qui remplissait le carrefour.
Publier à son de trompe par tous les carrefours. Planter des croix dans
les carrefours.
CARRELAGE .s.m.
Action de carreler; Ouvrage de celui qui pose le carreau; ou Le carreau même.
Il m'a coûté tant pour le carrelage de ma chambre. Les ouvriers
prennent tant pour chaque toise de carrelage. Un bon carrelage. Réparation
du carrelage.
CARRELER . v. a.
Paver avec des carreaux. Carreler une salle, une chambre. Carreler de petits
carreaux, de grands carreaux. Carreler de carreaux de Hollande. Carreler de pierres
de liais. Faire carreler des planchers.
Il signifie aussi, Raccommoder de vieux souliers. On ne le dit, en ce sens,
que Des savetiers ambulants. Carreler des souliers.
CARRELÉ, ÉE. participe, Une chambre carrelée.
CARRELET .s.m.
Sorte de poisson de mer qui est plat, et qui a de petites taches rouges.
CARRELET, signifie aussi, Une sorte de filet en forme de nappe carrée,
dont on se sert pour prendre le poisson. Prendre du poisson au carrelet, avec
un carrelet. Pêcher au carrelet.
CARRELET, signifie encore, Une grosse aiguille angulaire du côté
de la pointe.
CARRELETTE . s. f.
Lime plate et fine.
CARRELEUR .s.m.
Celui qui pose le carreau.
Se dit aussi d'Un savetier ambulant. Carreleur de souliers.
CARRELURE . s. f.
Les semelles neuves qu'on met à de vieux souliers, à de vieilles
bottes. Mettre une carrelure à des souliers.
CARRÉMENT . adv.
En carré, à angle droit. Il ne se dit guère que dans ces
phrases: Couper quelque chose carrément. Tracer un plan carrément.
Cela est planté carrément.
CARRER . v. a.
Donner une figure carrée. Carrer un bloc de marbre.
Il signifie, en Géométrie, Trouver un carré équivalent
à une surface terminée par des lignes d'une courbure quelconque.
Il signifie aussi, en Arithmétique, Former le carré d'un nombre,
en multipliant ce nombre par lui-même.
CARRER, s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Marcher avec
un maintien qui annonce de la prétention, de l'arrogance. Se carrer
en marchant. Voyez comme il se carre. Ce sens est familier.
S'emploie également avec le pronom personnel, au Jeu de bouillotte, pour
exprimer L'action de celui qui s'assure la priorité en doublant sa mise.
Je me carre. Il s'est carré.
CARRÉ, ÉE. participe
CARRICK .s.m.
Sorte de redingote fort ample qui a plusieurs collets, ou un collet très-long.
CARRIER .s.m.
Ouvrier, homme de journée qui travaille à tirer la pierre des
carrières, ou L'entrepreneur qui fait ouvrir une carrière pour en
tirer de la pierre. Maître carrier. Manoeuvre carrier. L'art du carrier.
Un pauvre carrier.
CARRIÈRE . s. f.
Lice, lieu fermé de barrières, et disposé pour toute sorte
de courses, principalement pour les courses à cheval ou en char. Le
bout de la carrière. Aller jusqu'au bout de la carrière. Parcourir
la carrière. S'arrêter au milieu de la carrière. Entrer dans
la carrière. Ouvrir la carrière.
Se dit poétiquement Du mouvement périodique des astres. Le
soleil commence, achève sa carrière. L'astre des nuits parcourt
sa paisible carrière.
Il signifie aussi, en termes de Manége, L'étendue de terrain où
l'on peut faire courir un cheval sans qu'il perde haleine. Ce cheval a bien
fourni sa carrière, Il a bien fait la course qu'on voulait qu'il fît.
Donner carrière à un cheval, Le laisser libre de courir,
lui lâcher la bride.
Fig., au sens moral, Donner carrière, Laisser pleine liberté
d'agir. Donner carrière à son esprit, à son imagination.
Donner carrière à sa méchanceté.
Fig. et fam., Se donner carrière, Se réjouir, se laisser
emporter à l'envie qu'on a de dire ou de faire quelque chose. Se donner
carrière aux dépens de quelqu'un, S'en amuser par des railleries.
CARRIÈRE, signifie figurément, Le cours de la vie, le temps
qu'on exerce un emploi, une charge, etc. Finir, achever, terminer sa carrière.
Fournir sa carrière. Être au bout, au terme de sa carrière.
Ne faire que commencer sa carrière. Longue, pénible carrière.
Se dit aussi, figurément, de La profession que l'on embrasse, des études
auxquelles on se livre, des entreprises où l'on s'engage, etc. La carrière
des sciences et des arts. Il préféra la carrière des armes.
La carrière du barreau. La carrière administrative. Suivre une carrière.
La carrière des honneurs, de l'ambition, de la gloire. Toutes les carrières
sont ouvertes au mérite. Faire des progrès dans la carrière
de la vertu. Courir, parcourir une dangereuse carrière. Suivons l'exemple
de ceux qui nous ont devancés dans la carrière. S'engager dans la
carrière du vice.
Dans le style soutenu, Il ouvrit et ferma la carrière, il a fermé
la carrière qu'il s'était ouverte, etc., se dit D'un homme qui
n'a point eu de rivaux dans l'art dont il fut le créateur.
Fig., Ouvrir à quelqu'un une carrière, une belle carrière,
Lui donner une occasion de paraître et d'exercer ses talents. Cela lui
a ouvert une belle carrière.
CARRIÈRE, signifie aussi, Le lieu d'où l'on tire de la
pierre. Tirer des pierres de la carrière. Descendre dans une carrière.
Creuser une carrière. Fouiller une carrière. Carrière de
marbre. Carrière d'ardoise.
Fig. et fam., Il a une carrière dans le corps, se dit D'un homme
qui a été opéré de la pierre plusieurs fois.
CARRIOLE . s. f.
Petite charrette couverte, et ordinairement suspendue. Aller en carriole,
dans une carriole.
CARROSSE .s.m.
Espèce de voiture à quatre roues, suspendue et couverte, dont
on se sert pour aller commodément par la ville et à la campagne.
Carrosse à portière. Carrosse à deux fonds. Carrosse coupé.
Carrosse de campagne. Carrosse de louage. Carrosse à glaces. Carrosse drapé.
Un carrosse bien suspendu. Un carrosse doux. Un carrosse rude. L'impériale,
les portières, les glaces d'un carrosse. Carrosse à ressorts. Carrosse
à flèche. Carrosse à brancards. Carrosse à arc. Faire
rouler un carrosse. Avoir de quoi faire rouler un carrosse, de quoi rouler carrosse.
Des chevaux de carrosse. Monter en carrosse. Descendre de carrosse. Un carrosse
bien attelé. Aller en carrosse. Mener un carrosse. Ouvrir la portière
d'un carrosse. Avoir carrosse. Prendre carrosse. Carrosse de voiture. Carrosse
de remise. Carrosse à quatre chevaux. Carrosse à six chevaux. Mettre
les chevaux au carrosse. Il est aujourd'hui beaucoup moins usité que
Voiture: voyez ce mot.
Prov. et fig., C'est un vrai cheval de carrosse, se dit D'un homme grossier,
brutal ou stupide.
CARROSSÉE . s. f.
La quantité de personnes que contient un carrosse. Il nous vint une
carrossée de provinciales. Il est familier.
CARROSSIER .s.m.
Faiseur de carrosses. Sellier-carrossier.
C'est un bon carrossier, se dit quelquefois D'un cheval épais,
traversé, et propre à bien tirer le carrosse.
CARROUSEL .s.m.
Espèce de tournoi qui consiste ordinairement en courses de bagues, de
têtes, etc., entre plusieurs chevaliers partagés en différentes
quadrilles distinguées par la diversité des livrées et des
habits. Faire un carrousel. Ouvrir le carrousel. Un brillant carrousel. Le
carrousel du roi. Le carrousel de la Place Royale. Le carrousel des Tuileries,
donné par Louis XIV en 1662.
Il signifie aussi, Le lieu, la place où l'on a fait un carrousel. Aller
au carrousel.
CARROUSSE . s. f.
T. emprunté de l'allemand. On ne l'emploie que dans cette phrase familière,
maintenant très-peu usitée, Faire carrousse, Faire débauche,
boire avec excès.
CARRURE . s. f.
La largeur du dos à l'endroit des épaules. Voilà un
homme d'une belle carrure.
Se dit aussi en parlant D'un habit. Cet habit est trop large, trop étroit
de carrure.
CARTAYER . v. n.
Se dit D'un cocher qui met une ornière entre les deux chevaux et entre
les deux roues de la voiture. Ce cocher a fort bien cartayé.
CARTE . s. f.
Assemblage de plusieurs papiers collés l'un sur l'autre. De la carte
fine. De la carte bien battue. Dans ce sens, on emploie plus ordinairement
le mot Carton; et on appelle cette sorte de carte Du carton fin.
CARTE, signifie aussi, Un petit carton fin, coupé en carré
long, qui est marqué, d'un côté, de quelque figure et de quelque
couleur, et dont on se sert pour jouer à divers jeux. Un jeu de cartes.
Des cartes de piquet. Jouer aux cartes. Battre ou mieux mêler les
cartes. Donner, faire les cartes. Être le premier en cartes. Couvrir la
carte. Écarter une carte. Faire une carte. Amener une carte. Il lui est
rentré une carte qui lui fait beau jeu. Faire des tours de cartes. Escamoter
une carte. Filer la carte.
Le dessous des cartes, La partie colorée des cartes, qui reste
cachée quand on donne ou qu'on coupe. Quand on donne les cartes, il
ne faut pas en laisser voir le dessous.
À l'Écarté et à quelques autres jeux, Demander
carte, Proposer d'écarter, de mettre de côté un certain
nombre de cartes, pour en prendre de nouvelles.
Fig. et fam., Voir, connaître le dessous des cartes, Apercevoir,
connaître les ressorts secrets d'une affaire, d'une intrigue. Il en sait
là-dessus plus qu'un autre, il a vu le dessous des cartes. On dit de
même, Il y a dans cette affaire un dessous de cartes. c'est-à-dire,
Quelque chose de secret, de caché, dont il faut se défier.
Prov. et fig., Si vous n'êtes pas content, prenez des cartes, se
dit À un homme qui est trop difficile à satisfaire, et dont le mécontentement
impatiente.
Fig. et fam., Brouiller les cartes, Chercher à mettre du trouble,
à embrouiller les affaires. On dit dans un sens analogue, Les cartes
sont bien brouillées.
Fig. et fam., Jouer cartes sur table, Ne pas dissimuler le motif pour
lequel on agit, ne pas cacher les moyens dont on fait usage dans une affaire.
C'est un homme franc, et qui joue toujours cartes sur table.
Tirer les cartes, Chercher l'avenir dans la disposition fortuite des
cartes. Tirer les cartes à quelqu'un.
Fig. et fam., Château de cartes, Petite maison de campagne fort
enjolivée et peu solidement bâtie; ce qui se dit par allusion à
ces petits châteaux que les enfants font avec des cartes.
CARTES, au pluriel, se dit, par extension, de Ce que les joueurs laissent
pour le payement des cartes. Les cartes valent beaucoup aux domestiques de
cette maison. Les domestiques ont les cartes. Mettre aux cartes: on dit plus
ordinairement aujourd'hui, Mettre au flambeau.
CARTE, se dit aussi de L'espèce de billet, ordinairement imprimé,
qu'on délivre à une personne pour qu'elle soit admise en quelque
lieu, ou pour qu'elle puisse, au besoin, faire reconnaître sa qualité,
etc. Carte de spectacle. Carte d'entrée. Carte d'étudiant. Carte
d'électeur. Les agents de police doivent être munis d'une carte.
Carte de sûreté. Carte de présence. Etc.
Carte de visite, ou simplement, Carte, Petite carte sur laquelle
on a écrit ou fait graver son nom, et qu'on laisse à la porte des
personnes qui se trouvent absentes, lorsqu'on va pour leur rendre visite. J'ai
laissé ma carte chez son portier.
Carte d'adresse, Carte sur laquelle un fabricant, un marchand fait imprimer
son adresse et une note des objets qu'il fabrique ou qu'il vend.
Prov. et fig., Donner carte blanche à quelqu'un, Donner plein
pouvoir à quelqu'un, l'autoriser à faire tout ce qu'il lui plaira.
Le prince a donné carte blanche à ce général.
On dit dans le même sens, Avoir carte blanche. J'ai carte blanche là-dessus.
CARTE, chez les Traiteurs ou Restaurateurs, Liste des mets qu'on peut
demander. Dîner à la carte. Demander la carte. La carte de ce
restaurateur est très-variée. Tel mets n'est pas sur la carte.
Il signifie aussi, Le mémoire de la dépense d'un repas chez un
traiteur ou un restaurateur. Apportez la carte. Dans ce sens, on dit quelquefois,
Carte à payer, ou Carte payante, par opposition à
la carte des mets.
CARTE, en Géographie, se dit d'Une feuille de papier sur laquelle
est représentée quelque partie de la surface du globe terrestre.
Carte de géographie. Carte géographique. Dresser, faire la carte
d'un pays. Apprendre la carte. Savoir bien la carte. Entendre la carte. Un recueil
de cartes. Cet atlas contient tant de cartes.
Il signifie quelquefois, par extension, La connaissance géographique
d'un pays. Apprendre, étudier, montrer la carte d'Allemagne.
Carte universelle. Voyez MAPPEMONDE.
Carte générale, La carte de toute une contrée, par
opposition à Celles qui n'en représentent que certaines portions,
et qu'on nomme Cartes particulières.
Carte topographique, Carte qui donne la représentation exacte
et détaillée d'un lieu, d'un canton particulier.
Carte hydrographique, ou Carte marine, Carte qui représente
les côtes, les mouillages, les sondages et les rumbs de vent.
Carte astronomique ou céleste, Carte qui représente
les constellations dans la situation qu'elles ont les unes à l'égard
des autres.
Carte généalogique, Tableau qui contient toute la généalogie
d'une maison.
Fig. et fam., Savoir la carte du pays, ou simplement, Savoir la carte,
Connaître bien les habitudes, les intérêts, les intrigues d'une
société, d'une famille, etc.
Fig. et fam., Perdre la carte, Se troubler, se brouiller, se confondre
dans ses idées.
CARTEL .s.m.
Défi par écrit pour un combat singulier. Il s'est dit aussi d'Un
défi par écrit pour un combat dans une fête, comme aux tournois.
Un cartel de défi. Envoyer un cartel. Donner un cartel. Recevoir, accepter,
refuser un cartel.
Il signifie aussi, Règlement fait entre deux partis ennemis, pour la
rançon ou l'échange des prisonniers. Régler le cartel.
Le cartel est fait. Cartel d'échange.
CARTEL, se dit aussi de L'ornement qui entoure le cadran de certaines
pendules portatives faites pour être appliquées à la muraille,
au lambris, dans un appartement; et souvent de La pendule même. Un joli
cartel. Il n'y a, dans la salle à manger, qu'un simple cartel.
CARTERON .s.m.
Voyez QUARTERON.
CARTÉSIANISME .s.m.
Philosophie de Descartes.
CARTÉSIEN , IENNE. adj.
Qui a rapport, qui appartient à la doctrine de Descartes. La philosophie
cartésienne. Les opinions cartésiennes. Les principes cartésiens.
Il signifie aussi, Qui a adopté cette doctrine. Un philosophe cartésien.
Dans ce sens, on l'emploie plus ordinairement comme substantif. Les newtoniens
et les cartésiens.
CARTHAME .s.m.
.Bot. Plante, autrement nommée Safran bâtard, dont les fleurs
servent à teindre en rouge, et qui porte des semences purgatives, appelées
Graines de perroquet, parce qu'elles sont bonnes pour la nourriture de
cet oiseau.
CARTIER .s.m.
Celui qui fait et vend des cartes à jouer. Maître cartier.
CARTILAGE .s.m.
T. d'Anat. Partie blanche, dure, lisse, élastique, privée de sentiment,
qui se trouve surtout aux extrémités des os, et qu'on appelle vulgairement
le croquant dans la viande de boucherie. Le cartilage du nez. Le cartilage
des oreilles.
CARTILAGINEUX , EUSE. adj.
T. d'Anat. Qui est de la nature du cartilage, qui est composé de cartilages.
Les parties cartilagineuses.
CARTISANE . s. f.
Petits morceaux de carton fin, autour desquels on a tortillé du fil,
de la soie, de l'or ou de l'argent, et qui font relief dans les dentelles et dans
les broderies. Dentelle à cartisane.
CARTON .s.m.
Carte grosse et forte, faite de papier broyé, battu et collé.
Gros carton. Carton mince. Carton épais. Feuille de carton. Un livre
relié avec du carton, en carton. Boîte de carton.
Carton fin, Celui qui n'est fait que de plusieurs papiers collés
les uns sur les autres.
CARTON, se dit aussi d'Une boîte faite de carton, dans laquelle
on serre des papiers, ou des bonnets, des dentelles, des rubans, etc. Carton
de bureau. Mettez ces billets dans un carton. Carton de marchande de modes. Carton
rond, carré, ovale. Carton de rubans, de dentelles, etc., Carton contenant
des rubans, des dentelles, etc.
Cette pièce de théâtre est restée longtemps dans
les cartons, Elle n'a été jouée que long-temps après
avoir été reçue.
Carton de dessins, Grand portefeuille de carton, dans lequel on serre
des dessins.
CARTON, se dit encore de La pâte même dont on fait le carton
ordinaire, et qui sert à la fabrication de divers autres objets. Moulures,
bas-reliefs de carton. Poupée de carton. Masque de carton. Nez de carton.
CARTON, en termes d'Imprimerie et de Librairie, se dit d'Un ou de plusieurs
feuillets d'impression détachés d'une feuille entière. Ce
volume a tant de feuilles et un carton de deux, de quatre pages.
Se dit plus particulièrement d'Un feuillet qu'on refait, à cause
de quelques fautes qu'on y veut corriger, ou de quelque changement qu'on y veut
faire. Faire un carton. Mettre un carton à un livre.
CARTONS, se dit encore de Dessins en grand, tracés sur du papier,
d'après lesquels le peintre fait sa fresque, ou qu'on donne aux ouvriers
en tapisseries pour servir de modèles. Les cartons de Raphaël.
Se dit aussi, en termes d'Architecture, d'Une feuille de carton ou de fer-blanc
chantournée qui sert à tracer des profils.
CARTONNAGE .s.m.
Action de cartonner un livre, de le relier en carton; ou L'ouvrage qui en résulte.
CARTONNER . v. a.
Relier un livre en carton. Cartonner un livre.
CARTONNÉ, ÉE. participe, Un livre cartonné à
la Bradel.
CARTONNIER .s.m.
Celui qui fabrique et vend du carton.
Se dit aussi de Celui qui travaille en carton, qui fabrique des objets de carton.
CARTOUCHE .s.m.
Sorte d'ornement de sculpture ou de peinture, représentant un carton
roulé et tortillé par les bords. Graver, peindre des armes dans
un cartouche. L'inscription que porte ce cartouche.
CARTOUCHE . s. f.
Charge pour le canon, composée de clous, de balles de fusil, et de morceaux
de fer enveloppés dans du carton ou enfermés dans une boîte
de mitraille. Canon chargé à cartouche. Tirer à cartouche.
On dit mieux, Tirer à mitraille.
Il signifie aussi, La charge entière d'une arme à feu portative,
qui est dans un rouleau de papier. Déchirer la cartouche avec les dents.
Se dit encore, chez les Artificiers, de Toute sorte de boîte dans laquelle
on renferme les matières inflammables, pour en déterminer et en
varier les effets. Dans ce sens, il est masculin.
CARTOUCHE . s. f.
Il se disait autrefois Du congé absolu ou limité donné
à un militaire par un écrit scellé du sceau du régiment.
Cartouche jaune, Cartouche qu'on délivrait à un soldat
dégradé, ou renvoyé par punition.
CARTULAIRE .s.m.
Recueil d'actes, titres et autres principaux papiers, concernant le temporel
d'un monastère, d'un chapitre, ou de quelque église. Cartulaire
de Cluny, etc.
CARUS .s.m.
(On prononce l'S.) .Médec. Affection soporeuse, profond assoupissement
accompagné d'une complète insensibilité.
CARVI .s.m.
.Bot. Plante ombellifère, dont les semences sont employées en
médecine comme vermifuges et carminatives, et dont on mange les racines,
les feuilles et les jeunes pousses. Le carvi est un bon fourrage.
CARYATIDE . s. f.
Voyez CARIATIDE.
CARYOPHYLLÉE . adj. f.
.Bot. Se dit Des fleurs de l'oeillet, et de toutes celles qui y ressemblent
par leur structure. Fleur caryophyllée.
Se dit aussi, substantivement, de Toute plante qui porte des fleurs caryophyllées.
Les caryophyllées. La famille des caryophyllées.
CAS .s.m.
.Grammaire. Se dit Des différentes désinences que prennent les
substantifs, les adjectifs et les participes, dans les langues où ils se
déclinent. Il n'y a point de cas proprement dits dans la langue française,
quoiqu'il y ait des désinences différentes dans les pronoms. Ce
mot latin, ce mot grec est à tel cas.
CAS, signifie aussi, Accident, aventure, conjoncture, occasion; fait
arrivé, ou qui peut arriver. Cas fortuit. Par cas imprévu. Un
cas extraordinaire. Cas bien extraordinaire. Un cas étrange. Ce qui est
bon dans un cas, ne l'est pas dans un autre. Selon l'exigence du cas. C'est le
cas de parler. En tel cas En pareil cas. En ce cas, il faudrait... Vous dites
qu'il vient: en ce cas, je vais l'attendre. Le cas est différent. C'est
tout un autre cas. Cela change le cas. Ce n'est pas là le cas dont il s'agit.
Dans le cas contraire. Cas particulier. Le cas est tel. Nous ne sommes pas dans
le cas de l'article cité. Ce cas n'a point été prévu
par la loi, par le code. Cas rédhibitoire. Au cas, en cas que cela soit.
Au cas, en cas que cela arrive. Auquel cas. Le cas avenant. Le cas échéant.
Si le cas y échet. Posez le cas. En cas de mort. En cas de rupture.
Cas métaphysique, Hypothèse, supposition par impossible,
dont on tire quelque induction. Voilà un cas bien métaphysique.
Cette locution est maintenant peu usitée.
Fam., Être dans le cas de faire une chose, Avoir occasion ou pouvoir
de la faire. Je suis rarement dans le cas de me trouver avec lui. Je voudrais
être dans le cas de vous obliger.
Fam., En cas, signifie quelquefois, En fait de, en matière de.
En cas de chevaux, vous pouvez vous en rapporter à lui. Ce sens
vieillit.
En cas, s'emploie aussi quelquefois substantivement, et signifie, Supplément,
chose préparée pour servir en cas de besoin: il ne se dit guère
que dans les maisons des princes, ou familièrement. C'est un en cas.
Le prince s'étant levé avec appétit, se fit servir son en
cas de nuit.
En tout cas, Quoi qu'il arrive, à tout événement.
Je vous payerai dans un mois, je l'espère: en tout cas, je vous donnerai
des sûretés suffisantes.
CAS, se disait autrefois, en Matière criminelle, pour Fait, action,
crime. Le cas dont il est accusé n'est pas graciable.
Fam., Son cas va mal, son cas n'est pas net, son cas est véreux, est
sale, se dit en parlant D'un homme qui est en danger pour quelque crime, pour
quelque mauvaise affaire. On dit également, Il sent son cas véreux,
Il connaît lui-même que son affaire est mauvaise, il sent qu'il a
quelque chose à se reprocher.
Prov., Tous vilains cas, tous mauvais cas sont reniables, se dit Lorsqu'un
homme a commis une faute grave, et que la honte ou la crainte du châtiment
le porte à la nier.
Cas privilégiés, ou Cas royaux, Crimes dont les
juges royaux pouvaient seuls connaître, quelle que fût la condition
de l'accusé. La fausse monnaie, le duel, étaient des cas privilégiés.
Cas privilégiés, se disait particulièrement, en
Jurisprudence canonique, Des cas dans lesquels le juge séculier prenait
connaissance des crimes d'un ecclésiastique, et le jugeait conjointement
avec le juge ecclésiastique, nonobstant le privilége clérical.
Cas spéciaux, Les crimes déférés à
la chambre des pairs, constituée en haute cour de justice.
Pour les cas résultants du procès. Formule qu'on employait
autrefois dans les jugements rendus en matière criminelle, lorsque les
preuves n'étaient pas complètes. Il était accusé
d'assassinat; mais, comme il n'y avait point de preuves suffisantes, il fut condamné
aux galères pour les cas résultants du procès.
Cas réservés, Les péchés dont on ne peut
être absous que par le pape ou l'évêque, ou par les prêtres
qui ont reçu d'eux un pouvoir spécial. L'incendie volontaire
des églises est un cas réservé au pape.
Cas de conscience, Difficulté ou question sur ce que la religion
permet ou défend en certains cas. Ce docteur est fort versé dans
les cas de conscience. Un cas de conscience fort difficile à résoudre.
Par extension, Je m'en fais un cas de conscience, Je m'en fais scrupule.
Faire cas de quelqu'un ou de quelque chose, L'estimer, en avoir
bonne opinion. Faire grand cas d'un homme. C'est un prince qui sait faire cas
des hommes de mérite. Ne faire cas que de l'argent. On ne fait pas grand
cas de ce qu'il dit. On n'en fait nul cas.
CAS, se dit aussi, familièrement, pour Excrément, ordure.
Il a fait son cas au pied d'un mur.
CAS , CASSE. adj.
Qui sonne le cassé. Cela sonne cas. Une voix casse et enrouée.
Il est vieux.
CASANIER , IÈRE. adj.
Qui aime à demeurer chez lui. C'est l'homme du monde le plus casanier.
On dit dans un sens analogue: Mener une vie casanière. Être d'humeur
casanière. Avoir des goûts casaniers. Etc.
Il est aussi substantif. C'est un casanier, un vrai casanier.
CASAQUE . s. f.
Sorte d'habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement
des manches fort larges. Une casaque pour la campagne. Une casaque pour la
pluie. Les mousquetaires portaient des casaques. Casaque de héraut d'armes.
Casaque de forçat.
Fig. et fam., Tourner casaque, Changer de parti.
CASAQUIN .s.m. Diminutif
Espèce de déshabillé court, qu'on porte pour sa commodité.
Il ne se dit guère aujourd'hui que d'Un vêtement à l'usage
des femmes du peuple ou de la campagne.
Fig. et pop., Donner sur le casaquin à quelqu'un, Le battre. On
lui a donné sur le casaquin.
CASCADE . s. f.
Chute d'eau; eau qui tombe de rocher en rocher. Il y a des cascades naturelles
et des cascades artificielles. La rivière fait une cascade en cet endroit.
La cascade de Tivoli. Une belle cascade. La cascade de Saint-Cloud. Faire une
cascade dans un jardin.
Fig., Ce discours est plein de cascades, va par cascades, se dit D'un
discours où l'auteur passe tout d'un coup d'une chose à l'autre,
sans aucune liaison.
Fig., Je ne sais cette nouvelle que par cascades, elle n'est venue à
moi que par cascades, Cette nouvelle a passé par différentes
bouches avant d'arriver jusqu'à moi.
Fig., Il est arrivé là de cascade en cascade, par cascades,
se dit D'un homme qui, par une suite d'événements, sans avoir de
plan apparent et suivi, a été conduit à quelque chose.
CASCATELLE . s. f.
Mot emprunté de l'italien, qui signifie, Petite cascade. On ne l'emploie
guère que dans cette phrase, Les cascatelles de Tivoli.
CASE . s. f.
Maison. Il ne se dit guère au propre que Des cabanes où logent
les nègres employés à la culture des plantations, dans les
colonies.
Fam., Le patron de la case, Le maître de la maison; ou, par extension,
Celui qui a toute autorité dans la maison, quoiqu'il n'en soit pas le maître.
CASE, au Jeu du trictrac, désigne Chacune de ces places qui sont
marquées par une espèce de flèche. Il y a tant de cases
au trictrac. Avoir une dame à telle case. Avoir cinq cases remplies, et
une dame à la sixième.
Faire une case, Remplir une case avec deux dames. Avoir une case difficile
à faire. Faire une belle case. Une demi-case.
CASE, au Jeu des échecs et des dames, désigne Chacun des
carrés de l'échiquier sur lequel on joue. Avancer un pion à
la seconde case du roi.
CASE, se dit aussi Des divisions pratiquées dans un rayon, un
tiroir, une boîte, etc., pour y mettre séparément différents
objets.
Se dit, par extension, Des divisions d'un registre formées par les lignes
qui coupent les colonnes transversalement. Folio 2 verso, case 3.
CASÉEUX , EUSE. adj.
T. didactique. Qui est de la nature du fromage. La partie caséeuse
du lait.
CASEMATE . s. f.
.Fortification. Souterrain voûté à l'épreuve de la
bombe, pour défendre la courtine et les fossés, ou pour loger des
troupes au besoin. Les casemates d'une citadelle.
CASEMATÉ , ÉE. adj.
Il n'est guère usité que dans cette locution, Bastion casematé,
Bastion où il y a des casemates.
CASER . v. n.
T. du Jeu de trictrac. Faire une case, remplir une case avec deux dames. Caser
bien. Caser mal.
CASER, s'emploie quelquefois activement, et signifie, familièrement,
Placer quelqu'un, lui faire avoir une place. N'ayez point d'inquiétude
sur votre avenir, je vous caserai.
S'emploie, dans un sens analogue, avec le pronom personnel. Avoir de la peine
à se caser. Il est parvenu à se caser.
CASER, avec le pronom personnel, signifie encore, familièrement,
S'établir comme on peut en un lieu. Il faut bien se caser quelque part,
quand on ne peut se loger à l'aise.
CASÉ, ÉE. participe, Fam., Le voilà casé,
il est casé pour la vie, Il a une place assurée.
CASERNE . s. f.
Bâtiment destiné au logement des troupes. Tous les soldats furent
logés dans des casernes. Belle, vaste caserne. Aller à la caserne.
Caserne de cavalerie. Caserne d'infanterie.
CASERNEMENT .s.m.
Action de caserner. Le casernement des troupes. Effets de casernement.
CASERNER . v. n.
Loger dans des casernes. La garnison logeait chez les bourgeois, mais on
la fit caserner. La moitié de la garnison casernera cet hiver.
Il est aussi verbe actif, et signifie, Faire caserner. Caserner des troupes.
CASERNÉ, ÉE. participe
CASIER .s.m.
Garniture de bureau, composée de plusieurs cases, dans lesquelles on
place les papiers ou autres objets que l'on veut tenir en ordre.
CASILLEUX . adj. m.
.Vitrier. Se dit Du verre qui se casse au lieu de se couper, quand on y applique
le diamant.
CASIMIR .s.m.
Étoffe de laine croisée, fine et légère. Pantalon,
gilet de casimir.
CASOAR .s.m.
T. d'Hist. nat. Oiseau de l'Inde, presque aussi gros, mais moins grand que l'autruche,
dont la tête est couverte d'une espèce de casque osseux, et dont
le plumage ressemble à du crin. Le casoar ne vole point.
CASQUE .s.m.
Arme défensive qui garantit la tête, et qui sert de coiffure. Une
armure complète avec le casque, la cuirasse, les brassards, les gantelets,
etc. Tous les chevaliers du tournoi avaient le casque en tête. La visière
d'un casque. Son casque était surmonté d'un panache. Le cimier d'un
casque. Casque de dragon, de cuirassier. La crinière d'un casque.
En termes de Botan., Fleur en casque, Fleur qui, par sa forme, ressemble
à cette armure. L'aconit porte des fleurs en casque.
CASQUE, en termes de Blason, se dit de La représentation d'un
casque sur l'écusson des armoiries. Porter le casque de face. Il n'y
a que les souverains qui portent le casque ouvert et couronné.
CASQUETTE . s. f.
Coiffure d'homme, faite d'étoffe ou de peau, qui a quelquefois un bord
sur le devant. Beaucoup d'ouvriers portent des casquettes. Casquette de voyage.
Ce petit garçon a perdu sa casquette.
CASSADE . s. f.
Mensonge pour plaisanter, ou pour servir d'excuse, de défaite. Donner
une cassade. C'est un donneur de cassades. Il est familier et vieux.
À certains Jeux de renvi, comme le brelan, Faire une cassade,
Faire un renvi avec vilain jeu, afin d'obliger les autres joueurs à quitter.
C'est un grand faiseur de cassades.
CASSANT , ANTE. adj.
Fragile, sujet à se casser, à se rompre; qui se casse aisément.
C'est dommage que le verre soit si cassant, que la porcelaine soit si cassante.
Le cristal est beau, mais il est cassant.
Se dit aussi De certains métaux aigres, et particulièrement du
fer. Il y a du fer qui est fort cassant.
Poires cassantes, qui ont la chair cassante, Poires qui cassent, qui
font une légère résistance sous la dent; à la différence
des autres poires qui fondent dans la bouche, et qui, par cette raison, sont appelées
Poires fondantes. Le bon-chrétien, le martin-sec, et le Messire Jean,
sont des poires cassantes.
CASSATION . s. f.
.Jurispr. Acte juridique par lequel on casse des jugements, des actes et des
procédures. La cassation d'une procédure. La cassation d'une
sentence. La cassation d'un testament.
Se dit plus particulièrement aujourd'hui de La décision par laquelle
un arrêt ou un jugement en dernier ressort est annulé. Demande,
pourvoi, recours en cassation. Il y a ouverture à cassation lorsque...
Moyens de cassation, Les moyens qu'on allègue pour faire casser
un arrêt ou un jugement en dernier ressort.
Se pourvoir en cassation, Se pourvoir pour faire casser un arrêt
ou un jugement en dernier ressort. On dit de même, Poursuivre la cassation
d'un arrêt, etc.
Cour de cassation, Le tribunal suprême investi du droit de casser
et d'annuler les arrêts ou jugements en dernier ressort, lorsqu'il y a violation
ou fausse application des lois, ou inobservation des formes prescrites à
peine de nullité. La cour de cassation siége à Paris.
Le délai pour se pourvoir à la cour de cassation est de trois mois
en matière civile, et de trois jours en matière criminelle.
CASSAVE . s. f.
Farine faite de la racine de manioc séchée.
Se dit aussi Du pain que l'on fait avec cette farine.
CASSE . s. f.
Genre de plantes légumineuses, dont plusieurs espèces sont employées
en médecine.
Se dit plus particulièrement de La pulpe noire, douce et un peu sucrée,
contenue dans les gousses longues et ligneuses d'une espèce de casse qui
croît en Égypte et aux Indes, et que l'on nomme Cassier ou
Canéficier. La casse est laxative. De la casse du Levant. Se purger
avec de la casse. Prendre de la casse. Prendre de la casse en bol ou dans du petit-lait.
Casse en bâton, se dit, dans le commerce, de La casse qui est encore
en gousse.
CASSE . s. f.
Peine militaire qui consiste dans la perte d'un grade. Il craint la casse.
Cela mérite la casse.
Lettres de casse, Ordre écrit que donnait le roi pour casser un
officier.
CASSE . s. f.
T. d'Impr. Sorte de caisse ou de boîte plate et découverte, composée
de deux parties qui forment ensemble un carré, et divisée en petites
cases contenant, chacune, tous les caractères d'une même lettre.
Prendre les lettres dans la casse. Travailler à la casse. Casse d'italique.
Casse de romain.
Haut de casse, La partie supérieure de la casse, celle qui contient
les capitales et différents autres caractères.
Bas de casse. La partie inférieure de la casse, celle qui est
le plus à portée de l'ouvrier, et qui contient les minuscules ou
lettres ordinaires, qu'on nomme aussi, pour cette raison, Lettres du bas de
casse.
CASSE, en termes de Fonderie, Bassin formé vis-à-vis de
l'oeil ou de l'ouverture d'un fourneau, dans lequel est reçu le métal
fondu qui découle du fourneau.
CASSEAU .s.m.
T. d'Impr. Moitié de casse dont les compartiments sont plus grands et
plus profonds, et qui sert de réserve pour différents caractères.
CASSE-COU .s.m.
On appelle ainsi Un endroit où il est aisé de tomber, si l'on
n'y prend garde. Cet escalier est un vrai casse-cou.
CASSE-COU, au Jeu de colin-maillard, est le cri par lequel on avertit
la personne qui a les yeux bandés qu'elle s'approche d'un endroit où
elle pourrait se blesser.
CASSE-COU, dans les Manéges et chez les Maquignons, se dit Des
gens employés à monter les chevaux jeunes ou vicieux; et quelquefois,
par extension, d'Un homme qui monte à cheval avec plus de hardiesse que
d'habileté. Cet homme n'est pas bon écuyer, ce n'est qu'un casse-cou.
Se dit encore, figurément et familièrement, d'Un personnage peu
important qui est chargé d'une négociation hasardeuse. La mission
était difficile, on l'a confiée à un casse-cou.
CASSE-COU, se dit aussi d'Une espèce d'échelle qui n'est
soutenue que par une queue.
CASSE-NOISETTE
ou CASSE-NOIX.s.m.
Petit instrument avec lequel on casse des noisettes ou des noix.
CASSER . v. a.
Briser, rompre. Casser un verre. Casser des noix. Casser des os. Casser les
bras à quelqu'un. Casser la tête à quelqu'un d'un coup de
massue, d'un coup de pistolet. Se casser le bras, la jambe. S'emploie souvent
avec le pronom personnel régime direct. Un verre se casse. La corde
s'est cassée. On l'emploie aussi neutralement, dans le sens de Se casser.
La corde cassa. Cette poire casse sous la dent.
Prov. et fig., Qui casse les verres les paye, Celui qui fait quelque
dommage doit le réparer.
Fig. et fam., Casser les vitres, Ne rien ménager dans ses propos.
Fig. et fam., Casser la tête, Assourdir par un grand bruit. Ces
enfants me cassent la tête.
Se casser la tête, Se la briser ou se la fendre en tombant, en
heurtant contre un corps dur.
Fam. et par exagérat., Se casser la tête, le nez, Se blesser
à la tête, ou au nez, en se cognant contre quelque chose. Cet
étourdi s'est cassé le nez contre une porte. On dit de même,
Se casser le cou, Se blesser en tombant.
Fig. et fam., Se casser la tête, S'appliquer à quelque chose
avec une grande contention d'esprit. Je me suis longtemps cassé la tête
pour trouver un expédient.
Fig. et fam., Se casser le nez, Ne point réussir dans ses projets,
ne point venir à bout de ce que l'on a entrepris.
Fig. et fam., Se casser le cou, Ruiner ses affaires, sa fortune. On dit
de même, Casser le cou à quelqu'un.
CASSER, signifie figurément, Annuler, déclarer nul. Casser
un jugement, un arrêt. Casser un mariage. Casser un testament, un contrat.
Casser un officier, Le chasser du service. Ce capitaine fut cassé
pour ne s'être rendu à l'armée que le lendemain de l'action.
Casser un sergent, un caporal, Les priver de leur grade, et les réduire
à la condition de simples soldats.
Casser aux gages, Ôter à quelqu'un son emploi et les appointements
qui y sont attachés. On l'a cassé aux gages. Il est cassé
aux gages. Cela se dit aussi, figurément, D'un supérieur qui
ôte sa confiance à son inférieur.
CASSER, signifie aussi, Affaiblir, débiliter; et, en ce sens,
il ne se dit que Des choses qui ruinent la santé. Les fatigues de la
guerre, les débauches, l'ont fort cassé.
S'emploie, dans un sens analogue, avec le pronom personnel. C'est un homme
qui commence à se casser. Il se casse depuis quelque temps.
CASSÉ, ÉE. participe, Un verre cassé. Un bras
cassé. Un arrêt cassé. Un caporal, un sergent cassé.
Un homme cassé aux gages. Un homme extrêmement cassé. Un homme
cassé de vieillesse. Voix cassée.
Prov. et fig., Il en payera les pots cassés, On fera retomber
sur lui le dommage, la perte, on s'en vengera sur lui.
CASSEROLE . s. f.
Ustensile de cuisine, qui sert à divers usages. Casserole de cuivre.
Casserole de terre cuite.
CASSE-TÊTE .s.m.
Espèce de massue, faite de pierre ou de bois très-dur, dont plusieurs
peuples sauvages se servent dans les combats.
Se dit aussi, figurément et familièrement, d'Un vin gros et fumeux
qui porte à la tête, qui la rend pesante. Les gros vins d'Orléans
sont des casse-tête.
Se dit encore, figurément et familièrement, d'Un travail qui exige
une forte application, d'un calcul long et embrouillé, d'un jeu où
il y a beaucoup de combinaisons, comme les échecs. Ce problème
est un vrai casse-tête.
CASSETIN .s.m.
T. d'Impr. Chacune des petites cases ou cellules de différentes grandeurs
qui divisent une casse d'imprimerie. Chaque lettre a son cassetin.
CASSETTE . s. f.
Petit coffre où l'on serre ordinairement des objets précieux et
de peu de volume. On lui a pris ses pierreries dans sa cassette. Il avait tout
son argent dans une cassette. Saisir, ouvrir une cassette.
La cassette du roi, Son trésor particulier. Le roi a donné
à un tel une pension sur sa cassette.
CASSEUR .s.m.
Il n'est guère usité que dans ces phrases proverbiales et populaires:
Un grand casseur de raquettes, Un homme vert et vigoureux. Il se vante
fort, et se donne pour un grand casseur de raquettes.
Un casseur d'assiettes, Un tapageur, un querelleur.
CASSIER .s.m.
Arbre qui porte la casse, et que l'on nomme aussi Canéficier.
CASSINE . s. f.
Se dit, en termes de Guerre, d'Une petite maison détachée au milieu
des champs, où l'on peut s'embusquer, se retrancher. On délogea
les ennemis de plusieurs cassines.
Se dit aussi, dans quelques parties de la France, d'Une petite maison de plaisir
hors de la ville. Une jolie cassine.
CASSIOPÉE . s. f.
T. d'Astron. Constellation de l'hémisphère septentrional.
CASSIS .s.m.
(Quelques-uns écrivent, Cacis. On prononce l'S finale.) Espèce
de groseillier, dont les fruits noirs et aroma tiques viennent en grappes. Les
feuilles et l'écorce du cassis sont employées en médecine.
Se dit, par extension, d'Une sorte de ratafia qui se fait avec le fruit du cassis.
Boire du cassis. Un verre de cassis. Le cassis est stomachique.
CASSOLETTE . s. f.
Vase dans lequel on fait brûler ou évaporer des parfums, et qui
a ordinairement un couvercle percé d'ouvertures par lesquelles s'échappe
la fumée ou la vapeur. Une cassolette d'argent. Mettre du feu sous une
cassolette. Les architectes emploient des cassolettes de sculpture dans les ornements.
Se dit aussi de L'odeur même qui s'exhale de la cassolette. Voilà
une bonne cassolette.
Fam. et iron., Quelle cassolette! Voilà une terrible cassolette!
se dit D'une mauvaise odeur.
CASSON .s.m.
Pain informe de sucre fin. Sucre en cassons.
CASSONADE . s. f.
Sucre qui n'a été raffiné qu'une fois. Ces confitures
ne sont faites qu'avec de la cassonade.
CASSURE . s. f.
Se dit de L'endroit où un objet est cassé. Raccommoder une
cassure. La cassure de ce métal offre des points brillants. On dit
familièrement, La cassure de son bras est bien reprise.
CASTAGNETTE . s. f.
Instrument composé de deux petits morceaux de bois creusés, que
l'on tient dans la main, et que l'on frappe l'un contre l'autre en cadence, en
mettant les deux concavités l'une contre l'autre. Une paire de castagnettes.
Jouer des castagnettes. Danser avec des castagnettes.
CASTE . s. f.
Se dit Des tribus dans lesquelles sont divisés les peuples de l'Inde.
Il y a quatre castes principales. La caste des brahmanes. La caste des guerriers.
La caste des marchands. La caste des serfs. Caste mixte.
Se dit quelquefois, par extension, de Certaines classes de personnes, pour les
distinguer du reste de la nation à laquelle elles appartiennent; et alors
il ne s'emploie guère que par dénigrement. Les prétentions
de cette caste. L'esprit de caste. Il a tous les préjugés de sa
caste.
CASTEL .s.m.
Vieux mot d'où est venu celui de Château. S'emploie encore dans
le langage familier. Un vieux castel. Un petit castel. Il vit retiré
dans son humble castel.
CASTILLE . s. f.
Débat, démêlé, différend de peu d'importance.
Il n'est plus guère usité que dans ces phrases familières:
Ils ont toujours quelque castille ensemble; il s sont toujours en castille.
CASTINE . s. f.
Pierre calcaire, d'un gris blanchâtre, qui, mêlée avec certains
minerais de fer, en facilite la fusion.
CASTOR .s.m.
Quadrupède mammifère de l'ordre des Rongeurs, qui habite ordinairement
dans les lieux aquatiques, et dont l'espèce unique est commune au nord
des deux continents. Les castors du Canada font des digues et se construisent
des habitations. Les castors d'Europe vivent la plupart dans des terriers. Poil
de castor. Peau de castor. Chapeau de castor. Drap de castor. Ras de castor.
Il signifie aussi, Le chapeau même qui se fait avec le poil du castor.
Acheter un castor. Un castor neuf. Un vieux castor. Un castor ras, lustré.
Demi-castor, Chapeau qui n'est pas fait entièrement de poil de
castor, et dans lequel il entre d'autres poils et de la laine.
Fig. et fam., C'est un demi-castor, se dit D'un homme dont la conduite
est plus qu'équivoque.
CASTORÉUM .s.m.
(On prononce Castoréome.) Substance grasse et odorante, que l'on
tire des aines du castor, et qu'on emploie en médecine comme antispasmodique.
CASTORINE . s. f.
Étoffe de laine légère et soyeuse. Une redingote de
castorine.
CASTRAMÉTATION . s. f.
L'art de camper. Se dit surtout en parlant de La manière de camper des
anciens. Ce livre traite de la castramétation des Grecs, des Romains.
CASTRAT .s.m.
Chanteur qu'on a châtré dans l'enfance, pour lui conserver une
voix semblable à celle des enfants et des femmes. Les castrats chantent
les, dessus. Voix de castrat.
CASTRATION . s. f.
.Chirur. Opération par laquelle on châtre un homme, un animal.
Se dit aussi, en Botanique, d'Une opération analogue, par laquelle on
ôte à une plante la faculté de produire des semences.
CASUALITÉ . s. f.
Qualité de ce qui n'a rien de certain, d'assuré. Il est peu usité.
CASUEL , ELLE. adj.
Fortuit, accidentel, qui peut arriver ou n'arriver pas. Cela est casuel,
est fort casuel.
Emplois casuels, charges casuelles, s'est dit Des emplois révocables,
des charges que des familles pouvaient perdre par la mort de ceux qui en étaient
pourvus.
Droits casuels, Certains profits de fief qui arrivaient fortuitement,
comme les lods et ventes, etc. Le droit d'aubaine était un droit casuel.
Parties casuelles, Droits et revenus éventuels qui étaient
perçus au profit de l'État. Trésorier des parties casuelles.
Il se disait aussi Du bureau établi pour le recouvrement de ces sortes
de droits. Payer une charge aux parties casuelles. Une quittance des parties
casuelles.
Charge vacante aux parties casuelles, Charge qui vaquait au profit du
roi.
CASUEL, est aussi substantif masculin, et signifie, Le revenu, le gain
casuel que l'on retire d'une chose, par opposition au revenu, au gain fixe. Le
casuel de cette terre vaut mieux que le revenu certain. Le casuel d'une cure.
Il a tant de traitement, et un bon casuel.
CASUELLEMENT . adv.
Fortuitement, par hasard. Il n'est guère usité.
CASUISTE .s.m.
Théologien qui enseigne la morale religieuse, et qui résout les
cas de conscience. Casuiste sévère. Casuiste rigide. Casuiste
relâché. Les anciens casuistes. Les casuistes modernes. Consulter
les casuistes. Le casuiste le plus sûr, c'est la conscience d'un homme de
bien.
CATACHRÈSE . s. f.
(On prononce Catakrèse.) Figure, espèce de métaphore
qui consiste dans l'abus d'un terme, comme: Ferré d'argent, aller à
cheval sur un bâton.
CATACLYSME .s.m.
T. didactique. Grande inondation.
CATACOIS .s.m.
.Marine. Voyez CACATOIS.
CATACOMBES . s. f. pl.
Cavités souterraines ou excavations d'anciennes carrières, dans
lesquelles on enterrait les corps morts. Les catacombes de Rome. Les catacombes
de Naples. Plusieurs martyrs furent enterrés dans les catacombes. Visiter
les catacombes. Il y a près de Paris des catacombes où l'on dépose
les ossements tirés des cimetières.
CATACOUSTIQUE . s. f.
.Physique. Partie de l'acoustique qui a pour objet les propriétés
des échos.
CATADIOPTRIQUE . s. f.
.Physique. Partie de l'optique qui s'occupe des effets réunis de la lumière
réfléchie et de la lumière réfractée. On l'emploie
aussi adjectivement. Télescope catadioptrique, Télescope
composé de miroirs qui réfléchissent les rayons, et de verres
qui les réfractent.
CATADOUPE
ou CATADUPE. s. f.
Cataracte, chute d'un fleuve. Les catadoupes du Borysthène.
CATAFALQUE .s.m.
Estrade, décoration funèbre qu'on élève au milieu
d'une église, pour y placer le cercueil ou la représentation d'un
mort à qui l'on veut rendre les plus grands honneurs. On éleva
pour ce prince un magnifique catafalque.
CATAIRE . s. f.
.Bot. Genre de plantes labiées, dont une espèce a reçu
le nom vulgaire d'Herbe aux chats, parce que son odeur forte plaît
beaucoup à ces animaux.
CATALECTES .s.m. pl.
Se dit d'Un recueil de fragments, de morceaux détachés.
CATALECTIQUE . adj.
Se dit D'un vers grec ou latin auquel il manque une syllabe.
CATALEPSIE . s. f.
.Médec. Maladie caractérisée par la suspension complète
des sensations et des mouvements volontaires, et par la faculté qu'ont
les membres de conserver la position qu'on leur donne.
CATALEPTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Qui est attaqué de la catalepsie, ou Qui a rapport à
la catalepsie.
CATALOGUE .s.m.
Liste, dénombrement. Un catalogue de livres. Le catalogue d'une bibliothèque.
Catalogue par ordre alphabétique, par ordre de matières. Rayer un
livre d'un catalogue. Le catalogue des plantes. Le catalogue des tableaux d'une
exposition publique. Le catalogue des saints.
CATALPA .s.m.
.Bot. Arbre d'agrément, originaire de la Caroline, dont les fleurs, d'un
beau blanc ponctué de rouge, sont disposées en corymbe à
l'extrémité des rameaux.
CATAPLASME .s.m.
Espèce d'emplâtre propre à fomenter, à fortifier
une partie débilitée, à amollir et résoudre les duretés.
Faire un cataplasme. Appliquer un cataplasme. Cataplasmes toniques. Cataplasmes
émollients. Cataplasme de farine de lin.
CATAPULTE . s. f.
Machine de guerre dont les anciens se servaient pour lancer des pierres ou des
traits.
CATARACTE . s. f.
Opacité plus ou moins complète du cristallin ou de sa membrane,
qui s'oppose à la vision en interceptant le passage des rayons lumineux.
Avoir la cataracte. L'oculiste lui a ôté, lui a enlevé
la cataracte. On lui a fait l'opération de la cataracte par extraction,
par abaissement.
CATARACTE . s. f.
Saut, chute des eaux d'une grande rivière, lorsqu'elles se précipitent
d'un lieu très-élevé. Les cataractes du Nil. Le Rhin a
deux cataractes.
CATARACTES, se dit aussi d'Une grande abondance d'eaux qui tombent du
ciel: dans cette acception, il n'est guère usité que lorsqu'il s'agit
Du déluge universel. Les cataractes du ciel furent ouvertes.
Prov. et fig., Lâcher les cataractes, Laisser débonder sa
colère, sou indignation.
CATARACTÉ , ÉE. adj.
.Médec. Qui est affecté de la cataracte. OEil cataracté.
Cet homme est cataracté.
CATARRHAL , ALE. adj.
.Médec. Qui appartient ou qui a rapport au catarrhe. Affection catarrhale.
Épidémie catarrhale.
CATARRHE .s.m.
.Médec. Se dit de Tout écoulement d'un liquide, plus ou moins
clair ou épais, par une membrane muqueuse, quelle qu'en soit d'ailleurs
la cause. Catarrhe pulmonaire. Catarrhe de la vessie. Etc.
Il signifie communément, Un gros rhume. Son catarrhe le fait tousser
beaucoup. Catarrhe suffocant.
CATARRHEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui est sujet aux catarrhes. Un vieillard catarrheux.
Il s'est employé aussi comme synonyme de Catarrhal.
CATASTROPHE . s. f.
Le dernier et principal événement d'un poëme dramatique.
Se dit surtout Du dénoûment funeste d'une tragédie. On
doit préparer habilement la catastrophe. L'intérêt s'affaiblit,
si la catastrophe est trop prévue.
Il signifie, par extension, Grand malheur, révolution funeste, fin déplorable.
Affreuse, terrible, sanglante catastrophe. Ce tremblement de terre fut une
épouvantable catastrophe. Nous touchons à la catastrophe. Cette
catastrophe inattendue allait tout changer. Sa vie a fini par une cruelle catastrophe.
CATÉCHISER . v. a.
Instruire des mystères de la foi, et des principaux points de la religion
chrétienne. Catéchiser les infidèles, les ignorants, les
enfants.
Il signifie, figurément et familièrement, Tâcher de persuader
quelque chose à quelqu'un, lui dire toutes les raisons qui peuvent l'engager
à faire une chose. Je l'ai long-temps catéchisé, mais
inutilement. Il faut un peu le catéchiser.
Il signifie aussi, familièrement, Bien instruire quelqu'un de ce qu'il
doit faire ou dire. Avant de l'envoyer là, je l'ai bien catéchisé.
Ses réponses sont trop adroites, il paraît qu'on l'a catéchisé.
CATÉCHISÉ, ÉE. participe
CATÉCHISME .s.m.
Instruction sur les principes et les mystères de la foi. Faire le
catéchisme. Aller au catéchisme. Un enfant qui sait bien son catéchisme.
Le catéchisme du concile de Trente. Enseigner le catéchisme. Réciter
le catéchisme. Dire son catéchisme.
Il signifie aussi, Le livre qui contient cette instruction. Acheter un catéchisme.
Lire le catéchisme.
Fig. et fam., Faire le catéchisme à quelqu'un, Le mettre
au fait, l'endoctriner. On lui a fait son catéchisme. Dans un sens
analogue, Il sait son catéchisme.
CATÉCHISME, est aussi, par extension, Le titre donné à
certains ouvrages qui contiennent l'exposition abrégée de quelque
science, et qui sont rédigés par demandes et par réponses.
Catéchisme d'économie politique.
CATÉCHISTE .s.m.
Celui qui enseigne le catéchisme aux enfants. C'est le catéchiste
de la paroisse.
CATÉCHUMÈNE . s. des deux genres
(On prononce Catékumène.) Se dit d'Une personne qu'on instruit
pour la disposer au baptême. Les catéchumènes. Les nouveaux
catéchumènes. Une jeune catéchumène.
CATÉGORIE . s. f.
.Logique. Sorte de classe dans laquelle on range plusieurs choses qui sont d'espèce
différente, mais qui appartiennent à un même genre. Les
dix catégories d'Aristote. La catégorie de la substance, de l'accident,
etc.
Se dit quelquefois, dans un sens plus général, de Toute classe
dans laquelle on range plusieurs objets d'une même nature. Établir
des catégories.
Par extension, Ces deux choses ne sont pas de même catégorie,
Elles ne sont pas de même nature, ou Elles ne s'accordent pas ensemble.
Fig. et fam., Ces gens-là sont de même catégorie,
Ils sont de même caractère, ils ont les mêmes moeurs. Cette
phrase s'emploie ordinairement en mauvaise part.
CATÉGORIQUE . adj. des deux genres
Qui est selon la raison, qui est à propos; ou Qui est clair, précis.
Une réponse catégorique. Cela n'est pas catégorique.
CATÉGORIQUEMENT . adv.
Pertinemment, à propos; ou D'une manière claire, précise.
Il a parlé catégoriquement. Répondre catégoriquement.
CATHARTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Qui est très-purgatif, mais moins que les drastiques.
CATHÉDRALE . adj. f.
Se dit De la principale église d'un évêché, de l'église
où est le siége de la résidence de l'évêque.
Église cathédrale. Un chanoine de l'église cathédrale.
Il est aussi substantif. La cathédrale. Un chanoine de la cathédrale.
CATHÉDRANT .s.m.
Celui qui préside à une thèse de théologie ou de
philosophie. Il est maintenant peu usité.
CATHÉRÉTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Se dit Des médicaments qui rongent, qui détruisent
les excroissances charnues.
CATHÉTER .s.m.
(On prononce l'R.) Instrument de chirurgie, sonde creuse et recourbée,
faite pour être introduite dans la vessie.
CATHOLICISME .s.m.
Communion ou religion catholique. Embrasser le catholicisme.
CATHOLICITÉ . s. f.
Se dit, soit De la doctrine de l'Église catholique, soit Des personnes
qui en font profession. La catholicité d'une opinion. On doute de la
catholicité de cet écrivain.
Il se prend quelquefois pour Tous les pays catholiques. C'est un usage reçu
dans la catholicité, dans toute la catholicité.
CATHOLICON .s.m.
Espèce de remède ainsi appelé, ou parce qu'il est composé
de plusieurs sortes d'ingrédients, ou parce qu'on le croyait autrefois
propre à toutes sortes de maladies. Catholicon simple. Catholicon double.
Ordonner, acheter, prendre du catholicon. Se purger avec du catholicon.
CATHOLIQUE . adj. des deux genres
Qui est universel, qui est répandu partout. Il ne se dit que De la religion
romaine, et De ce qui n'appartient qu'à elle. La foi catholique. La
religion catholique. L'Église catholique, apostolique et romaine. Il a
toujours eu des sentiments, des opinions très-catholiques.
Fig. et fam., Cela n'est pas catholique, Cela n'est pas conforme à
la morale, au devoir.
Le Roi Catholique, Sa Majesté Catholique, Le roi d'Espagne.
Cantons catholiques, Les cantons suisses qui font profession de la religion
catholique.
Pays-Bas catholiques. Nom que l'on donnait autrefois à la Belgique,
par opposition à la Hollande, devenue protestante.
CATHOLIQUE, est aussi substantif, en parlant Des personnes. Un catholique.
Une catholique. Un bon catholique.
Prov. et fig., Catholique à gros grains, Catholique qui ne se
fait pas scrupule de bien des choses défendues par la religion.
CATHOLIQUEMENT . adv.
Conformément à la foi de l'Église catholique. Il a prêché,
il a écrit très-catholiquement.
CATI .s.m.
Apprêt propre à rendre les étoffes plus fermes et plus lustrées.
Donner le cati à du drap.
CATIMINI
(EN). loc. adv.
En cachette, à la manière des chats. Il a fait cela en catimini.
Elle est venue en catimini. Il est familier.
CATIN . s. f.
Femme ou fille de mauvaises moeurs. C'est une franche catin. Il est familier
et un peu libre.
CATIN .s.m.
Bassin qui sert à recevoir un métal fondu.
CATIR . v. a.
Donner le lustre à une étoffe. Catir du drap. Catir à
chaud. Catir à froid.
CATI, IE. participe
CATISSEUR .s.m.
Ouvrier qui donne le cati aux étoffes.
CATOGAN .s.m.
Noeud qui retrousse les cheveux et les attache près de la tête.
Le catogan n'est plus de mode.
CATON .s.m.
Nom d'un Romain célèbre par l'austérité de ses moeurs.
On l'emploie, figurément et familièrement, en parlant d'Un homme
très-sage, ou qui affecte de l'être. C'est un Caton. Il fait le
Caton.
CATOPTRIQUE . s. f.
.Physique. Partie de l'optique qui explique les effets de la réflexion
de la lumière. Un traité de catoptrique.
Il est quelquefois adjectif des deux genres, et se dit alors De ce qui a rapport
à la catoptrique. Télescope catoptrique.
CAUCHEMAR .s.m.
Oppression ou étouffement qui survient quelquefois durant le sommeil,
en sorte qu'on croit avoir un poids énorme sur l'estomac, mais qui cesse
dès qu'on vient à se réveiller. Être sujet au cauchemar.
Avoir le cauchemar.
Fig. et fam., Cet homme donne le cauchemar, est un véritable cauchemar,
se dit D'un homme très-ennuyeux, très-importun.
CAUCHOIS . adj. m.
S'emploie particulièrement dans cette locution, Pigeons cauchois,
Gros pigeons, ainsi nommés parce que les pigeons de Caux en Normandie sont
plus gros que ceux des autres lieux.
CAUDATAIRE .s.m.
Celui qui porte la queue de la robe d'un cardinal.
Il se prend aussi adjectivement. Gentilhomme caudataire.
CAUDEBEC .s.m.
Espèce de chapeau de laine, dont la première fabrique fut établie
dans la ville de Caudebec. Acheter un caudebec. Il est vieux.
CAULICOLES . s. f. pl.
T. d'Archit. Tiges qui sortent d'entre les feuilles d'acanthe, et qui sont roulées
en volutes sous le tailloir du chapiteau corinthien.
CAURIS
ou CORIS.s.m.
Petite coquille qui sert de monnaie dans plusieurs contrées de l'Inde
et de l'Afrique. Payer en cauris.
CAUSAL , ALE. adj.
Voyez CAUSATIF, IVE.
CAUSALITÉ . s. f.
T. didactique. Manière dont une cause agit.
CAUSATIF , IVE. adj.
.Grammaire. Se dit Des mots, des conjonctions qu'on emploie quand on veut énoncer
la raison de ce qui a été dit. Car, Parce que, sont des conjonctions
causatives.
CAUSE . s. f.
Principe, ce qui fait qu'une chose est, a lieu. Dieu est la première
de toutes les causes, la cause des causes, la souveraine cause, la cause universelle,
la cause première. Il y a différents genres de causes. Cause principale.
Cause instrumentale. Cause matérielle. Cause formelle. Cause efficiente.
Cause physique. Cause morale. Cause occasionnelle. Cause prédisposante.
Cause occulte; etc. Enchaînement de causes et d'effets. Il y a des effets
dont les causes nous sont inconnues. Remonter, aller à la cause. Rechercher,
découvrir, reconnaître, indiquer une cause, des causes. À
quelle cause attribue-t-on sa maladie? On n'a point encore déterminé,
assigné la véritable cause de ce phénomène. Il ne
s'est point trompé sur les causes de cet événement. Causes
éloignées. Telles furent les causes qui amenèrent cette révolution.
Causes secondes, Les êtres créés, considérés
comme ayant reçu de Dieu, cause première, la faculté de produire
des effets. Dieu laisse agir les causes secondes.
Cause finale, Ce qu'on se propose pour but. La gloire de Dieu doit
être la cause finale de toutes nos actions. Se dit plus particulièrement
de La fin, du but pour lequel on suppose que chaque chose a été
faite, créée. La doctrine des causes finales.
Être cause, Occasionner. Se dit Des personnes et des choses. Vous
êtes cause de mon bonheur. Il fut cause de la perte de tous les siens. Si
je n'ai pas fait tout ce que je devais, c'est vous qui en êtes cause. Il
est cause que je vous ai parlé. Cet événement est cause de
tous les désordres qui sont arrivés. Les affaires qui me sont survenues
sont cause que je n'ai pu aller vous voir. On dit quelquefois, avec l'article,
Être la cause, dans le même sens d'Occasionner. Elle peut
mourir de douleur, et vous en serez la cause. Son humilité fut la cause
de sa gloire. Être la cause innocente, involontaire d'un accident, du malheur,
de la ruine de quelqu'un, etc.
CAUSE, signifie aussi, Motif, sujet, occasion, raison. Cause légitime.
Juste cause. Il n'a point fait cela sans cause. Il se formalise sans cause. C'est
à juste cause, ce n'est pas sans cause qu'il agit de la sorte. Pour quelle
cause les a-t-on arrêtés? Cela vous étonne, je vous en expliquerai
les causes.
Se dit particulièrement, en Jurisprudence, Du motif pour lequel une personne
se détermine à contracter. Il n'y a pas d'obligation valable
sans cause. La cause licite d'une obligation. La cause n'a pas besoin d'être
exprimée. Cause fausse. Cause illicite.
Parler avec connaissance de cause, agir en connaissance de cause, Parler,
agir avec pleine connaissance de ce qu'on dit, de ce qu'on fait.
Fam., Et pour cause, se dit, sans rien ajouter, Quand on ne veut pas
s'expliquer sur les motifs qu'on a, ou qu'un autre peut avoir, de faire ou de
ne pas faire quelque chose. Je veux faire cela, je ne veux pas faire cela,
et pour cause. Il ne le fera pas, et pour cause.
En style de Chancellerie, À ces causes, En considération
de ce qui vient d'être exposé.
CAUSE, se dit encore d'Un procès qui se plaide et qui se juge
à l'audience. Mettre une cause au rôle. Faire appeler une cause.
Plaider une cause. Personne ne peut être juge dans sa propre cause. Obtenir
gain de cause. Gagner sa cause. Perdre sa cause. Prendre le fait et cause. Prendre
fait et cause. Cause appelée. Cause remise. Bonne, mauvaise cause. Cause
imperdable. Cause douteuse. Cause embrouillée. Causes célèbres.
Cause d'apparat. Cause sommaire. En cause d'appel.
Être en cause, Être partie au procès. Mettre, appeler
en cause, Rendre quelqu'un partie au procès. Mettre hors de cause,
Déclarer qu'une personne ne doit point être partie au procès.
On dit dans un sens analogue, Être hors de cause.
En tout état de cause, Quel que soit l'état du procès.
La prescription peut être opposée en tout état de cause.
Cette phrase s'emploie aussi quelquefois dans le discours ordinaire.
Fig., Avoir gain de cause, Obtenir l'avantage dans une discussion; et,
dans le sens opposé, Donner gain de cause. Je mis fin à ce débat,
en donnant gain de cause à mon adversaire. On dit aussi, Avoir,
donner cause gagnée.
Ayant cause. Voyez AYANT.
Fam., Avocat sans cause, Avocat qui n'est point employé.
Cause grasse, Cause que les clercs du palais choisissaient ou inventaient
pour plaider entre eux, aux jours gras, et dont le sujet était plaisant.
CAUSE, signifie, par extension, Intérêt, parti. La cause
de Dieu. La cause du prochain. La cause des rois. La cause publique. La cause
des pauvres. La cause de l'Église. La cause de l'État. La cause
de l'humanité, de la religion, de la vertu, etc. Défendre, soutenir,
favoriser la bonne cause. Abandonner une mauvaise cause. Embrasser une cause.
Cause désespérée.
Prendre le fait et cause de quelqu'un, et plus ordinairement, Prendre
fait et cause pour quelqu'un, Se déclarer pour quelqu'un, prendre son
parti, le défendre.
Faire cause commune avec quelqu'un, Unir ses intérêts aux
siens, se liguer avec lui. Je ferai cause commune avec vous. Faisons cause
commune.
À CAUSE DE. loc. prépositive, Pour l'amour de, en considération
de. À cause de lui. À cause de cela.
À CAUSE QUE. loc. conjonctive, Parce que.
CAUSER . v. a.
Être cause, occasionner. Il a pensé causer un grand malheur.
Causer du dommage. Causer la guerre. Causer de la joie. Causer de la douleur,
du chagrin. Causer du scandale.
CAUSÉ, ÉE. participe
CAUSER . v. n.
S'entretenir familièrement avec quelqu'un. Ils ont été
une heure à causer ensemble. Nous causâmes longtemps de cette affaire.
Ils ont causé d'affaires.
Fam., Causer de choses et d'autres, S'entretenir familièrement
de diverses choses sans contention d'esprit.
Fig. et fam., Causer de la pluie et du beau temps, Causer de choses peu
importantes.
Elliptiq., Causer littérature, voyages, etc., Causer de littérature,
de voyages, etc.
CAUSER, veut dire aussi, familièrement, Parler trop, parler inconsidérément.
Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache, car il aime à
causer.
Il signifie également, Parler avec malignité. N'allez pas si
souvent dans cette maison, on en cause.
CAUSÉ, ÉE. participe
CAUSERIE . s. f.
Babil, action de causer. C'est une causerie perpétuelle.
Il signifie quelquefois, Propos indiscret. Ses causeries finiront par nous
compromettre. Dans les deux sens, il est familier.
CAUSEUR , EUSE. adj.
Qui aime à causer. Quel homme causeur! Cette femme est bien causeuse.
Il est d'humeur causeuse.
Il est aussi substantif. Faites taire ces causeurs. Une causeuse. Insupportable
causeur.
Se dit quelquefois Des personnes qui parlent indiscrètement, qui ne gardent
point le secret. Ne dites rien à cet homme-là, c'est un causeur.
Cette femme n'est qu'une causeuse. Il est familier.
CAUSEUSE . s. f.
Petit canapé où peuvent s'asseoir deux personnes.
CAUSTICITÉ . s. f.
.Médec. Qualité, propriété des substances caustiques.
La causticité des acides.
Il signifie figurément, dans le langage ordinaire, Malignité,
inclination à dire ou à écrire des choses mordantes, satiriques.
Sa causticité lui a fait bien des ennemis.
Se dit aussi Des traits mordants, des propos satiriques. Il y a dans cette
épigramme plus de causticité que de finesse.
CAUSTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Brûlant, corrosif. Se dit Des substances qui ont la propriété
de brûler ou de désorganiser, par leur action chimique, les matières
animales. Remède caustique. Substance caustique.
S'emploie figurément, dans le langage ordinaire, et signifie, Mordant,
satirique, malin. Homme caustique. Humeur caustique. Propos caustique.
Il est aussi substantif masculin, mais dans le sens propre seulement. La
pierre infernale est un caustique. Employer les caustiques.
CAUSTIQUE . s. f.
.Dioptrique et de Catoptrique. La courbe sur laquelle concourent les rayons
successivement réfléchis ou rompus par une surface. Caustique
par réflexion. Caustique par réfraction.
CAUTÈLE . s. f.
Finesse, ruse. Il est vieux.
Il signifie, en termes de Droit canon, Précaution; et n'est usité
que dans cette phrase, Absolution à cautèle.
CAUTELEUSEMENT . adv.
Avec ruse, avec finesse. Il se prend toujours en mauvaise part. Il a fait
cela cauteleusement.
CAUTELEUX , EUSE. adj.
Rusé, fin. Il se prend toujours en mauvaise part. C'est un esprit
malin et cauteleux.
CAUTÈRE .s.m.
.Médec. Médicament qui brûle ou désorganise les parties
vivantes sur lesquelles on l'applique. Pierre à cautère. Appliquer
un cautère.
Cautère actuel, Chaleur très-vive concentrée sur
quelque partie au moyen d'un instrument quelconque de métal rougi au feu.
Se dit aussi de L'instrument même.
Cautère potentiel, Toute composition qui a constamment et par
elle-même la faculté de brûler et de corroder.
CAUTÈRE, se dit aussi de L'espèce de plaie qui résulte
de l'application d'un cautère, et dont on entretient à dessein la
suppuration. Avoir un cautère au bras, derrière la tête,
etc. Panser un cautère. Pois à cautère. Laisser fermer un
cautère.
Prov., fig. et pop., C'est un cautère sur une jambe de bois, se
dit D'un remède qui ne peut servir à rien.
CAUTÉRÉTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Qui brûle, qui consume les chairs. Voyez CAUSTIQUE.
CAUTÉRISATION . s. f.
Action de cautériser; Effet d'un caustique. La cautérisation
est un des préservatifs les plus efficaces contre la rage.
CAUTÉRISER . v. a.
Appliquer un cautère, brûler au moyen d'un cautère. Cautériser
les morsures faites par un animal enragé.
CAUTÉRISÉ, ÉE. participe, En termes de Morale chrétienne,
Une conscience cautérisée, Une conscience corrompue, endurcie.
Cette locution vieillit.
CAUTION . s. f.
Celui qui répond pour un autre, qui s'engage à satisfaire à
l'obligation contractée par un autre, dans le cas où celui-ci n'y
satisferait pas. Caution légale. Caution judiciaire. Caution solidaire.
Caution solvable. Bonne et suffisante caution. Être caution de quelqu'un.
Votre frère consent à être ma caution. Servir de caution.
Se rendre caution. Donner, fournir caution. Admettre, recevoir une caution. Réception
de caution. Décharger les cautions. On dit dans un sens analogue, en
Matière correctionnelle: Mettre quelqu'un en liberté provisoire
sous caution, avec caution, moyennant caution. Admettre un prévenu à
être sa propre caution.
Caution bourgeoise, se disait autrefois d'Une caution solvable et facile
à discuter.
Caution judicatum solvi, La caution qu'on peut obliger un étranger
à fournir, lorsqu'il veut intenter une action devant les tribunaux de France
contre un Français. La caution judicatum solvi est exigée
pour assurer le payement des frais et dommages intérêts auxquels
le procès pourrait donner lieu.
Fig., Être caution, se rendre caution d'une chose, Assurer, garantir
que telle nouvelle est vraie, que telle chose est arrivée, que telle chose
arrivera. J'en suis caution. Je vous en suis caution. Qui me sera caution de
ce que vous me dites?
Prov. et fig., Il est sujet à caution, se dit D'un homme auquel
il ne faut pas trop se fier. On dit de même, Cette histoire, cette nouvelle
est sujette à caution, Elle est douteuse.
Élargir quelqu'un à la caution d'un autre, Moyennant le
cautionnement, la garantie donnée par un autre.
Caution juratoire. Voyez JURATOIRE.
CAUTIONNEMENT .s.m.
Contrat par lequel la caution s'oblige; L'acte même qui constate l'existence
de ce contrat. Il s'est obligé pour un tel; ce cautionnement l'a ruiné.
Signer un cautionnement.
Il signifie aussi, Le gage ou la somme que les lois obligent certaines personnes
à déposer comme garantie de la responsabilité à laquelle
elles sont soumises. Les receveurs de deniers publics sont obligés de
fournir un cautionnement. Ce percepteur a déposé, a versé
son cautionnement. Un cautionnement de trente mille francs. Vingt mille francs
de cautionnement. Le prévenu a été mis en liberté
provisoire, moyennant un cautionnement de mille francs. Le montant d'un cautionnement.
Les immeubles qui servent de cautionnement.
CAUTIONNER . v. a.
Se rendre caution pour quelqu'un. Je le cautionne. Il a trouvé un
de ses amis qui l'a cautionné pour vingt mille francs. On l'a cautionné
jusqu'à concurrence de...
CAUTIONNÉ, ÉE. participe
CAVAGNOLE .s.m.
Sorte de jeu de hasard, espèce de biribi où tous les joueurs ont
des tableaux, et tirent les boules chacun à son tour. Le cavagnole ne
se joue plus.
CAVALCADE . s. f.
Marche pompeuse de gens à cheval. Aller en cavalcade. Le pape va en
cavalcade prendre possession de l'église de Saint-Jean de Latran. La cavalcade
du pape. Belle cavalcade.
Se dit aussi Des simples promenades que plusieurs personnes réunies font
à cheval. Nous fîmes une cavalcade au bois de Boulogne. Notre
cavalcade était nombreuse.
CAVALCADOUR . adj. m.
Il n'est usité que dans cette dénomination, Écuyers
cavalcadours, Écuyers qui ont la surveillance des chevaux et de tous
les équipages de l'écurie, dans la maison du roi et des princes.
CAVALE . s. f.
Jument, la femelle du cheval. Belle cavale. Grande cavale. Faire couvrir
une cavale. Faire saillir une cavale. Une cavale qui a été couverte
par un bel étalon. Une cavale pleine. Une cavale qui a pouliné,
qui a mis bas. Boucler une cavale.
CAVALERIE . s. f.
Nom collectif qui désigne Les différentes espèces de troupes
servant à cheval. Faire des levées de cavalerie. La cavalerie
française. Commander la cavalerie. Manoeuvres de cavalerie. Mestre de camp
général de la cavalerie. Capitaine de cavalerie. Officiers de cavalerie.
Combat de cavalerie. Un corps de cavalerie. Un régiment, un escadron, une
compagnie de cavalerie. Un piquet de cavalerie. Cavalerie bien montée.
Belle cavalerie. Remonter la cavalerie. La cavalerie a donné plusieurs
fois. Charge de cavalerie.
Grosse cavalerie, Cavalerie pesamment armée; par opposition à
Cavalerie légère. Les cuirassiers appartiennent à la grosse
cavalerie, et les lanciers à la cavalerie légère.
Cet officier entend bien la cavalerie, Il sait bien la commander, il
sait bien la faire combattre.
CAVALIER .s.m.
Homme qui est à cheval. Il trouva des cavaliers sur le chemin. Il
y avait trois ou quatre cavaliers autour de la voiture.
Être bon cavalier, Être bien à cheval, savoir bien
conduire un cheval; et, dans le sens contraire, Être mauvais cavalier.
On dit, de même, en parlant D'une femme, Elle est bonne cavalière,
elle est mauvaise cavalière.
C'est un beau cavalier, se dit D'un homme qui a bonne grâce à
cheval.
CAVALIER, signifie aussi, Homme de guerre dans une compagnie de gens
de cheval. Il y a eu dans le combat tant de cavaliers tués, démontés.
Cette compagnie est de cinquante cavaliers.
CAVALIER, s'est dit aussi d'Un gentilhomme qui suivait la profession
des armes. C'est un brave cavalier, un cavalier très-accompli.
Il signifie quelquefois simplement, Homme, par opposition à Dame ou demoiselle.
Nous étions cinq femmes, et nous n'avions pas avec nous un seul cavalier.
C'est un joli, un beau, un aimable cavalier. Donner la main à son cavalier.
CAVALIER, au Jeu des échecs, Pièce dont la marche est d'aller
du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant obliquement, et en laissant
une case entre deux. Les cavaliers blancs. Les cavaliers noirs. Le cavalier
du roi. Le cavalier de la dame. Il faut que le roi se déplace quand le
cavalier lui donne échec. On ne couvre point l'échec du cavalier.
CAVALIER, en termes de Fortification, Élévation de terre
sur laquelle on met de l'artillerie, soit pour l'attaque, soit pour la défense
d'une place. Faire un cavalier. Élever, dresser un cavalier. Le cavalier
est principalement du genre des travaux passagers.
CAVALIER, en termes d'Imprimerie et de Librairie, Papier d'impression
dont le format est intermédiaire entre le carré et le grand raisin.
CAVALIER , IÈRE. adj.
Libre, aisé, dégagé. Il ne se dit que De l'air, des manières,
et se prend rarement en bonne part. Avoir l'air cavalier, la mine cavalière.
Je n'aime pas les airs cavaliers.
Il signifie, par extension, Brusque et hautain, ou Inconvenant, trop leste.
Faire une réponse cavalière. Traiter quelqu'un d'une façon
cavalière. Ce procédé me paraît un peu cavalier. Il
prit avec elle un ton fort cavalier. Il lui tint des propos assez cavaliers.
À LA CAVALIÈRE. loc. adv. En cavalier. Être vêtu
à la cavalière. Il a vieilli.
CAVALIÈREMENT . adv.
D'une façon cavalière, plus en homme du monde qu'en maître
de l'art. Il danse cavalièrement. Ce sens a vieilli.
Il signifie plus souvent, D'une manière brusque, hautaine, inconvenante;
sans égard. Il l'a traité cavalièrement. Il en a use cavalièrement.
Il en parle un peu cavalièrement.
CAVATINE . s. f.
.Musique. Sorte d'air, ordinairement assez court, qui n'a ni reprise ni seconde
partie. Chanter une cavatine.
CAVE . s. f.
Lieu souterrain et voûté où l'on met ordinairement du vin
et d'autres provisions. Bonne cave, Cave profonde. Une cave fraîche.
Avoir du vin en cave. Avoir une cave bien garnie. Faire descendre du vin dans
une cave. Mettre du bois dans une cave. La clef d'une cave.
Prov. et fig., Aller du grenier à la cave, de la cave au grenier,
Tenir des propos sans ordre et sans liaison.
Fig. et fam., Rat de cave, Espèce de bougie mince qui est roulée
sur elle-même, et dont on se sert pour descendre à la cave.
Fig., pop. et par injure, Rats de cave, Certains commis des contributions
indirectes, qui visitent les boissons dans les caves.
CAVE, signifie par extension, La quantité et le choix des vins
qu'on a en cave. Cet homme a une excellente cave. Il a un bon cuisinier, mais
sa cave est bien mauvaise. Faire sa cave. Monter sa cave. Cave bien montée.
CAVE, se dit aussi Du coffre pratiqué au-dessous de la caisse
d'une voiture, et dans lequel on met ordinairement les provisions de voyage.
Se dit également d'Une sorte de caisse à compartiments où
l'on met des liqueurs, ou des eaux de senteur, pour les transporter aisément
d'un lieu à un autre. Porter une cave dans sa voiture.
CAVE . s. f.
Le fonds d'argent que chacun des joueurs met devant soi à certains jeux
de cartes, comme au brelan, à la bouillotte, etc. Perdre sa cave. Il
est à sa première, à sa seconde cave. Faire une nouvelle
cave.
CAVE . adj. des deux genres
Creux. Des joues caves. OEil cave.
En termes d'Anat., Veine cave, Chacune des deux grosses veines qui aboutissent
à l'oreillette droite du coeur, et qui se dirigent en sens inverse: l'une
est appelée Veine cave supérieure ou descendante,
et l'autre Veine cave inférieure ou ascendante.
En termes d'Astron. et de Chronologie, Lune cave, Mois lunaire de vingt-neuf
jours.
CAVEAU .s.m.
Petite cave. Il ne peut tenir dans ce caveau que trois ou quatre tonneaux
de vin.
Se dit, dans un sens particulier, Des petites caves pratiquées sous les
églises, dans les cimetières, etc., pour servir de sépulture.
On descendit le cercueil dans le caveau. Sous cette chapelle était le
caveau de telle famille.
CAVEAU, s'est dit autrefois d'Une espèce de cabaret, de café
où se réunissaient des gens de lettres. Les habitués du
Caveau.
CAVECÉ , ÉE. adj.
Il ne se dit que dans ces phrases, Un cheval rouan cavecé de noir,
une jument rouan cavecée de noir, Qui a la tête noire.
CAVEÇON .s.m.
.Manége. Demi-cercle de fer, monté de têtière et
de sous-gorge, que l'on met sur le nez des jeunes chevaux, pour les dompter et
les dresser. Mettre un caveçon à un cheval. Donner un coup de
caveçon à un cheval.
Prov. et fig., Il a besoin de caveçon, se dit D'un homme naturellement
fougueux et emporté, qui a besoin qu'on le retienne.
CAVÉE . s. f.
.Vénerie. Chemin creux. Longue cavée. Grande cavée.
CAVER . v. a.
Creuser, miner. L'eau a cavé cette pierre. La mer a cavé ce
rocher. Les austérités lui avaient cavé les joues.
Se dit quelquefois absolument. La rivière a cavé sous la pile
de ce pont.
CAVER, signifie neutralement, en termes d'Escrime, Retirer le corps,
en portant une botte et en avançant la tête.
CAVÉ, ÉE. participe
CAVER . v. a.
.Jeu. Faire fonds d'une certaine quantité d'argent à un jeu de
renvi. Il cava d'abord cinquante francs; on l'obligea à caver de nouveau.
Caver au plus fort, Mettre au jeu autant d'argent que celui qui en a
le plus; et, figurément et familièrement, Porter tout à l'extrême
dans les entreprises, les opinions, les suppositions, etc.
CAVÉ, ÉE. participe
CAVERNE . s. f.
Antre, grotte, lieu creux dans des rochers, dans des montagnes, sous terre.
Caverne profonde. Caverne obscure. La bouche, l'entrée d'une caverne.
Se dit, figurément, d'Un rendez-vous de scélérats. Cette
maison est une caverne de brigands, est une caverne.
CAVERNEUX , EUSE. adj.
Plein de cavernes. Pays caverneux. Lieux caverneux. Montagnes, terres caverneuses.
Fig., Voix caverneuse, Voix sourde et rude.
CAVERNEUX, en termes d'Anatomie, signifie, Qui a de petites cavités
ou cellules, comme une éponge. Tissu caverneux. Le corps caverneux de
la verge. Les sinus caverneux de la dure-mère.
CAVET .s.m.
T. d'Archit. et de Menuiserie. Moulure concave dont le profil est d'un quart
de cercle.
CAVIAR .s.m.
Nom qu'on donne à des oeufs d'esturgeon salés. On fait beaucoup
de caviar en Russie.
CAVILLATION . s. f.
(On prononce les deux L sans les mouiller.) Sophisme, raisonnement captieux,
fausse subtilité. Il y a beaucoup de cavillation dans ce raisonnement.
Il signifie aussi, Dérision, moquerie. On ne l'emploie guère que
dans les écrits du barreau, et dans ceux de controverse.
CAVITÉ . s. f.
Un creux, un vide dans un corps solide. Les cavités d'un rocher. Les
cavités du cerveau. Les cavités du coeur.
CE , CET m. CETTE, f. singulier; CES, m. ou f. pluriel. Adjectif démonstratif
qui indique les personnes ou les choses. On met Ce devant les noms qui
commencent par une consonne ou par une H aspirée, et Cet
devant ceux qui commencent par une voyelle ou par une H non aspirée.
Ce cheval. Ce héros. Cet oiseau. Cette femme. Ces animaux. Ce livre-ci.
Cet homme-ci. Cette femme-là.
CE, est quelquefois pronom démonstratif invariable, et signifie,
La chose ou même la personne dont on parle. Joint au verbe Être,
il entre dans un grand nombre de phrases, qui sont la plupart des gallicismes.
Il avait dessein d'attaquer, et pour ce, pour ce faire, il commanda... Je lui
ai dit telle et telle chose, et ce pour le persuader de... Ce nous fut une grande
joie, et plus ordinairement. Ce fut une grande joie pour nous. Ç'a
été la cause de bien des malheurs. Ce doit être un beau spectacle.
C'est un malheur. C'est agréable. C'est bien. C'est mal. C'est juste. C'est
cela. Elle aime à rire, c'est de son âge. C'est se moquer que d'agir
ainsi. C'est se moquer d'en user ainsi. Lui donner des conseils, c'est peine perdue,
c'est perdre sa peine. Ce fut un grand homme que César. C'est l'avarice
et l'ambition qui troublent le monde. Ce qui se passe. Ce que vous voyez. Ce qu'il
a dit, je le ferai. Je sais ce que vous êtes et ce qu'ils sont. C'est ce
que je disais. C'est de quoi, c'est ce dont je voulais vous parler. C'est à
quoi j'ai fait allusion. À ce qu'il me semble, ou Ce me semble.
À ce qu'il m'a dit. À ce que je crois. Ce que j'ai de bien, de richesses
est à vous. Ce qu'il y a de plaisant, c'est que... Ce qui me choque le
plus, c'est son insolence. Ils ne savent ce que c'est que la fuite, ce que c'est
que de fuir. Qu'est-ce? Qu'est-ce-ci? Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que vous
demandez? Était-ce votre soeur? Oui, c'était elle. Sont-ce vos enfants?
Oui, ce sont eux. Où est-ce? Qui est-ce? Qui est-ce qui m'appelle, qui
m'appelait? C'est votre frère. C'est lui qui l'a fait. Qui que ce soit.
Est-ce qu'il part? Ce n'est pas que je veuille, que je prétende, etc. C'est
fait de moi. C'en est fait. C'est à vous à parler. C'est à
vous de décider. Ce fut aux Français qu'il dut sa victoire. Ce fut
comme citoyens qu'ils agirent. C'est sur vous que le châtiment retombera.
C'est vous sur qui le châtiment retombera. C'est à vous que je parle.
C'est vous à qui je parle. C'est pour vous que je travaille. C'est vous
pour qui je travaille. C'est alors, ce fut alors que...
Est-ce là votre voiture? Oui, ce l'est. Sont-ce vos livres? Oui, ce
les sont. Ces réponses sont grammaticalement correctes, mais on évite
de les employer, parce qu'elles ont quelque chose d'affecté, de bizarre;
on dit simplement: Oui; ou, Oui, c'est ma voiture; oui, ce sont mes
livres.
En style de Pratique et de Chancellerie: Et ce, conformément à...
Nonobstant lettres à ce contraires. Et en vertu de ce que dessus. À
ce qu'il n'en prétendît cause d'ignorance.
C'est-à-dire, c'est à savoir. Voyez DIRE, SAVOIR.
C'est pourquoi, Telle est la raison, la cause, le motif pour lequel,
etc.
Dans certaines phrases où Ce, suivi du verbe Être,
se rapporte à un substantif ou à un pronom au pluriel, on met ce
verbe tantôt au singulier, tantôt au pluriel, selon les cas. Ce
sont vos frères. J'ai vu vos soeurs; ce sont de charmantes personnes. Ce
sont eux qui ont fait cela. Ce sont vos conseils que je demande. Sont-ce les ennemis
qui ont été vaincus? C'est nous qui avons remporté la victoire.
Ce sera vous, messieurs, qui le ferez. Ce sont les plaisirs et la gloire qu'il
recherche. C'est la gloire et les plaisirs qu'il recherche. Ce furent les Français
qui assiégèrent cette place. Quand ce serait ou quand ce
seraient les Romains qui auraient élevé ce monument. Ce n'était
ou ce n'étaient que festins, bals, concerts, etc. Fût-ce nos propres
biens qu'il fallût sacrifier.
Fam., Ce dit-il, ce dit-elle, Dit-il, dit-elle. Je l'aurai, ce dit-il,
sans peine. Ces locutions vieillissent.
Fam., Quand ce vint à, Quand il fut question de. Quand ce vint
à payer, il se trouva sans argent.
CÉANS . adv.
Ici dedans. Il ne se dit que De la maison où l'on est quand on parle.
Il n'est pas céans. Il dînera céans. Le maître de
céans. Il vieillit.
CECI . Pronom démonstratif
qui se dit par opposition à Cela, pour indiquer, de deux choses, La plus
proche de celui qui parle. Ceci est à moi, cela est à vous. Ceci
est beau, cela est laid. Ceci est soie, cela est laine.
Fam. et indéterminément, Ceci, cela, Tantôt une chose,
tantôt une autre. C'était ceci, c'était cela, il avait
toujours quelque prétexte pour ne pas venir.
CECI, s'emploie souvent sans opposition à Cela, comme indiquant
Un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va
parler. Ceci n'est pas un jeu d'enfants. Que veut dire ceci? Qu'est-ce que
ceci, que tout ceci? Voyez ceci. Retenez bien ceci.
CÉCITÉ . s. f.
L'état d'une personne aveugle. Cécité se dit au
propre, et Aveuglement au figuré. Il fut frappé de cécité.
CÉDANT , ANTE. adj.
Qui cède son droit. Il ne s'emploie guère que substantivement,
en termes de Droit et en style de Pratique. Le cédant et le cessionnaire.
CÉDER . v. a.
Laisser, abandonner une chose à quelqu'un. Céder sa place à
un autre. Céder le pas, le haut au pavé. Céder la victoire.
Il signifie aussi, en termes de Commerce et de Jurisprudence, Transporter une
chose à une autre personne, lui en donner la propriété. Il
a cédé son magasin, son fonds. Céder un cheval. Céder
ses droits, ses prétentions. Céder une dette. Céder un bail.
S'emploie également comme verbe neutre, et se dit, au propre, Des choses
qui rompent, qui s'affaissent. Cette poutre ne tardera pas à céder.
La voûte est trop chargée, elle commence à céder.
Il signifie figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, Se soumettre,
ne pas s'opposer, ne pas résister. Il faut céder à nos
supérieurs. Céder au mal. Céder au temps, à l'orage.
Céder à la force, à la raison. Céder au nombre. Céder
aux larmes, aux prières de quelqu'un. Céder à des préventions.
Céder à son penchant. Tout cède à ce redoutable conquérant.
Il faut céder. Cédons, puisqu'il le faut.
Il signifie encore, Se reconnaître ou être reconnu inférieur
à un autre en quelque chose. Il lui cède en mérite, en
expérience. Le céder à quelqu'un en science, en vertu. Je
lui cède en tout.
Se dit à peu près dans le même sens avec un nom de chose
pour sujet. Les intérêts privés doivent céder à
l'intérêt général. Son amitié cède toujours
à sa politique.
CÉDÉ, ÉE. participe
CÉDILLE . s. f.
(On mouille l'L.) Petite marque en forme de c tourné de droite
à gauche, qu'on met sous la lettre C, quand elle précède
un A, un O, ou un U, pour indiquer qu'elle doit être prononcée comme
une S. Garçon. Venez çà. Avez-vous reçu?
CÉDRAT .s.m.
Espèce de citron d'une odeur fort agréable. Le cédrat
est un excellent fruit. Du cédrat confit. De l'essence de cédrat.
Se dit aussi de L'arbre qui porte cette espèce de citron. Des tablettes
de cédrat.
CÈDRE .s.m.
Arbre, espèce de mélèze odoriférant qui acquiert
une très-grande hauteur, et dont le bois passe pour incorruptible. Les
cèdres du Liban. Une boîte de cèdre. De la poudre de cèdre.
Fig., Il connaît tout depuis le cèdre jusqu'à l'hysope,
se dit D'un homme fort instruit dans les sciences naturelles, et signifie qu'Il
connaît depuis les plus grandes choses jusqu'aux plus petites.
Aigre de cèdre, Sorte de liqueur qui se fait avec du jus de cédrat.
Dans cette locution, Cèdre est pour Cédrat.
CÉDRIE . s. f.
Résine qui coule naturellement du cèdre.
CÉDULE . s. f.
Écrit, billet sous seing privé, par lequel on reconnaît
devoir quelque somme. On lui a prêté dix mille francs sur sa simple
cédule. En ce sens, il est vieux; on dit aujourd'hui Billet.
Prov. et fig., Plaider contre sa cédule, se dit D'une personne
qui conteste mal à propos lorsqu'on peut la convaincre par son propre fait.
Dans l'ancienne Pratique, Cédule évocatoire, Acte qu'on
faisait signifier à sa partie adverse, pour lui déclarer qu'on entendait
se pourvoir au conseil, afin d'être renvoyé à un autre parlement.
Dans la Pratique actuelle, Cédule de citation, Acte par lequel
un juge de paix permet d'abréger les délais, dans les cas urgents.
CEINDRE . v. a.
(Il se conjugue comme Atteindre.) Entourer, environner. Ceindre une
ville de murailles, de fossés. Ceindre un parc d'une haie vive.
Se dit, dans un sens particulier, Des choses qui serrent et entourent quelque
partie du corps. Une corde lui ceignait les reins. Des bandelettes ceignaient
le front des victimes. Le diadème qui ceint la tête des rois.
Ceindre quelqu'un d'une chose, La lui mettre autour du corps. Il le
ceignit d'une écharpe. Avec le pronom personnel, Se ceindre d'une
écharpe, d'une corde, etc.
Ceindre de quelque chose le corps, la tête de quelqu'un, Le lui
mettre autour du corps, autour de la tête. Il lui ceignit le corps d'une
écharpe, le front d'un bandeau, etc. Avec le pronom personnel complément
indirect, Se ceindre le corps d'une écharpe, se ceindre les reins d'une
corde, etc.; se ceindre la tête, le front d'un bandeau, d'un diadème,
etc.
Absol., Se ceindre le corps, se ceindre les reins, Se serrer le corps,
les reins, avec une écharpe, un ruban, une corde, etc.
Fig., Se ceindre le front d'un diadème, ceindre le diadème,
Devenir roi ou reine. Ceindre la tiare, Être élevé
au pontificat. Dans le style soutenu, on dit quelquefois D'un conquérant,
La Victoire lui a ceint le front de lauriers.
Ceindre l'épée à un chevalier, Lui mettre une épée
au côté. En le faisant chevalier, il lui ceignit l'épée.
CEINT, EINTE. participe, Une ville ceinte de murailles. Une place
ceinte de bastions. Être ceint d'une écharpe. Avoir le front ceint
de lauriers.
CEINTRAGE .s.m.
.Marine. Se dit de Tous les cordages qui servent à ceindre, à
lier un bâtiment, lorsqu'il menace de s'ouvrir.
CEINTURE . s. f.
Ruban de soie ou de fil, cordon, bande de cuir, ou autre chose semblable, dont
on se ceint le milieu du corps. Mettre une ceinture par-dessus sa soutane.
Ceinture de soie. Ceinture à frange d'or. La boucle d'une ceinture.
Prov., Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, Il
vaut mieux avoir l'estime publique que d'être riche.
Fig., Ceinture de la reine, Droit qu'on levait autrefois, pendant un
certain temps, sur les marchandises qui venaient à Paris par la Seine.
CEINTURE, signifie aussi, Le bord d'en haut d'une culotte, d'un pantalon,
ou d'une jupe. La ceinture d'une culotte, d'un pantalon. La ceinture d'une
jupe. Faire élargir, faire rétrécir sa ceinture.
Prov. et fig., Être toujours pendu à la ceinture de quelqu'un,
L'accompagner, le suivre partout.
CEINTURE, signifie quelquefois, L'endroit du corps où l'on place
la ceinture. Dans cette partie de la rivière, on n'a de l'eau que jusqu'à
la ceinture.
Fam., Il ne lui va pas à la ceinture, se dit, par exagération,
en parlant D'un petit homme en comparaison d'un grand.
CEINTURE, se dit aussi de Certaines choses qui en environnent d'autres.
Une ceinture de murailles et de fossés. La ceinture du choeur d'une
église.
Ceinture de deuil, ou Ceinture funèbre, Large bande noire
qu'aux funérailles d'un personnage éminent, on met autour de l'église,
à une certaine hauteur, tant en dedans qu'en dehors, et sur laquelle sont
placées d'espace en espace les armoiries du défunt. On l'appelle
aussi Litre.
En Archit., Ceinture d'une colonne, Petite moulure carrée au haut
et au bas du fût d'une colonne, auquel elle se joint par un congé.
CEINTURIER .s.m.
Faiseur ou marchand de ceintures, de ceinturons et de baudriers. Marchand
ceinturier.
CEINTURON .s.m.
Sorte de ceinture faite ordinairement de cuir, et qui a des pendants auxquels
on suspend un sabre, une épée, un couteau de chasse. Ceinturon
de buffle, de maroquin, etc.
CELA . Pronom démonstratif
qui se dit, par opposition à Ceci, pour indiquer, de deux choses, La
plus éloignée de celui qui parle. Je n'aime point ceci, donnez-moi
de cela. Cela est plus solide, ceci est plus élégant.
S'emploie souvent sans opposition à Ceci, pour indiquer Un objet présent,
un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Que dites-vous
de cela? Cela est fort beau. Faites comme cela. Cela est fait. Cela fait, cela
dit, je m'éloignai. Cela étant. Ils ont cela de commun, que... Avec
cela. Sans cela. À cela près. Il veut absolument partir; et cela,
sans motif. Que veut dire cela? Cela ne me regarde pas.
Fam., C'est cela, c'est bien cela, se dit À une personne qui fait
voir, par ses paroles ou par ses actions, qu'elle a bien compris ce qu'on lui
a dit ou prescrit.
Fam., C'est bien, cela! se dit quelquefois Pour approuver ce qu'une personne
a dit ou fait de son propre mouvement.
Fam., N'est-ce que cela? sert à indiquer que ce qu'on vous dit,
ce qu'on vous annonce, est sans importance.
Fam., Comme cela, dans certains cas, signifie, Ni bien ni mal, plutôt
mal que bien. Comment vous portez-vous? Comme cela.
Fam., Il est comme cela, C'est son caractère, sa manière
habituelle d'être ou d'agir.
Fam., Comment cela? annonce l'étonnement, et signifie, Comment,
de quelle manière? Il prétend que vous lui devez telle somme.
Comment cela?
CELA, se dit quelquefois Des personnes, dans le langage familier. Cette
fille n'est qu'une sotte, cela ne sait pas dire un mot. Voyez ces enfants; cela
est heureux, cela ne fait que jouer.
CÉLADON .s.m.
Vert pâle tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher.
Taffetas céladon. Ruban céladon. On dit aussi, adjectivement,
Vert céladon.
CÉLADON .s.m.
Amant délicat et passionné, tel que d'Urfé nous représente
le berger de ce nom, dans son roman de l'Astrée. Cet homme est un parfait
Céladon. Faire le Céladon. Il est familier, et ne se dit guère
que par une sorte de raillerie.
CÉLÉBRANT .s.m.
Celui qui dit la messe, qui célèbre la messe, ou qui officie.
Le célébrant assisté de diacre et de sous-diacre.
CÉLÉBRATION . s. f.
Action de célébrer. Il n'est guère usité que dans
les phrases suivantes: La célébration de la messe. La célébration
de l'office divin. La célébration d'une fête. La célébration
d'un mariage. La célébration d'un concile. On dit aussi, La
célébration des saints mystères, pour La célébration
de la messe.
CÉLÈBRE . adj. des deux genres
Fameux, renommé. Un auteur célèbre. Un lieu célèbre.
Une célèbre université. Une action célèbre.
Causes célèbres. Une célèbre assemblée. Un
jour célèbre. Une fête célèbre. Un homme célèbre
par ses vertus. Il est célèbre pour avoir fait telle action. Se
rendre célèbre.
CÉLÉBRER . v. a.
Exalter, louer avec éclat, publier avec éloge. Célébrer
la mémoire de quelqu'un. Célébrer de grandes actions. Célébrer
les exploits d'un prince. On dit également, Célébrer
les louanges de quelqu'un, Publier hautement ses louanges.
Il signifie aussi, Solenniser. Célébrer les fêtes. Célébrer
l'anniversaire d'une victoire. Nous célébrons ce grand jour. Les
anciens célébraient les jeux séculaires avec de grandes solennités.
On dit dans un sens analogue, Célébrer la venue, l'arrivée
de quelqu'un.
Célébrer un mariage, Faire un mariage avec les cérémonies
requises. Célébrer des noces, Les faire avec beaucoup de
magnificence et d'éclat. Célébrer les funérailles,
les obsèques d'une personne, Lui faire des funérailles, des
obsèques pompeuses. Célébrer un concile, Tenir un
concile.
Célébrer la messe, Dire la messe; et, dans le même
sens, Célébrer les mystères, les saints mystères.
On dit aussi, absolument, Célébrer. Le prêtre n'a pas encore
célébré.
Célébrer pontificalement, Célébrer la messe
en habits pontificaux.
CÉLÉBRÉ, ÉE. participe
CÉLÉBRITÉ . s. f.
Réputation qui s'étend au loin. Acquérir de la célébrité.
La célébrité d'un nom, d'une personne, d'un ouvrage, d'un
événement. L'amour de la célébrité. Rechercher
une vaine célébrité. Honteuse célébrité.
Il signifie aussi, Pompe, solennité. La célébrité
de ce jour. Cette cérémonie se fit avec une grande célébrité.
Cette acception a vieilli; on dit, Solennité.
CELER . v. a.
Taire, ne pas donner à connaître, cacher. Celer un dessein.
Celer une circonstance dans un récit. C'est un homme qui ne peut rien celer.
Celer les effets d'une succession. Je ne vous cèlerai pas que...
Se faire celer, Faire dire qu'on n'est pas chez soi, bien qu'on ne soit
pas sorti.
CELÉ, ÉE. participe
CÉLERI .s.m.
Plante potagère dont on fait des salades, et qu'on mange aussi cuite.
Une salade de céleri. Faire blanchir du céleri.
CÉLÉRITÉ . s. f.
Vitesse, diligence, promptitude dans l'exécution. Il fit ce trajet
avec une étonnante célérité. Cette affaire demande
de la célérité, requiert célérité.
CÉLESTE . adj. des deux genres
Qui appartient au ciel. Les globes célestes. La sphère céleste.
Les corps célestes. Les influences célestes. Thème ou
figure céleste.
Poétiq., Les célestes flambeaux, Les astres. La voûte
céleste, les célestes lambris, Le ciel, le firmament.
Bleu céleste, Bleu de la couleur dont le ciel paraît être
quand le temps est fort serein.
CÉLESTE, se dit encore De tout ce qui appartient au ciel, pris
pour le séjour des bienheureux. Les esprits célestes. Les intelligences
célestes. La cour céleste. Les puissances célestes. La gloire
céleste.
La céleste patrie, Le ciel, considéré comme le séjour
des bienheureux. Le Père céleste, Dieu.
CÉLESTE, signifie quelquefois, Divin, qui vient de Dieu. Les
âmes sont d'origine céleste. La colère céleste. Courroux
céleste. Inspiration céleste. Don céleste.
Se dit aussi, par hyperbole, De ce qui est d'une nature excellente. Beauté
céleste. Âme céleste.
CÉLESTIN .s.m.
Religieux d'un ordre institué par le pape Célestin. Un couvent
de célestins.
CÉLIAQUE . adj. des deux genres
Se dit, en Médecine, D'un flux de ventre. Flux céliaque.
Se dit, en termes d'Anatomie, D'une des artères du bas-ventre. L'artère
céliaque.
CÉLIBAT .s.m.
L'état d'une personne qui n'est point mariée. Vivre dans le
célibat. Passer sa vie dans le célibat. Garder le célibat.
Demeurer dans le célibat.
CÉLIBATAIRE .s.m.
Celui qui vit dans le célibat, quoiqu'il soit d'âge à se
marier. Il est célibataire. Rester célibataire. Un vieux célibataire.
CELLE . pron. f.
Voyez CELUI.
CELLÉRIER , IÈRE. s.
(On prononce Célérier, ère.) Titre d'office qu'on
donne dans un monastère au religieux, à la religieuse qui prend
soin de la dépense de bouche.
CELLIER .s.m.
(On prononce Célier.) Lieu au rez-de-chaussée d'une maison,
dans lequel on serre le vin et d'autres provisions. Mettre des pièces
de vin dans le cellier. Il n'y a point de cave dans cette maison, il n'y a que
des celliers.
CELLULAIRE . adj. des deux genres
T. d'Anat. S'emploie principalement dans ces locutions: Tissu cellulaire,
Tissu composé de filaments très-fins et entrelacés, qui entoure
et pénètre tous les organes du corps, et qui est surtout fort abondant
entre les muscles et sous la peau. Membrane cellulaire, Membrane formée
par du tissu cellulaire.
En Botan., Enveloppe, tissu cellulaire, La couche ordinairement verte
qu'on trouve sous l'épiderme des végétaux, et dont l'organisation
a quelque rapport avec celle du tissu cellulaire des animaux.
CELLULE . s. f.
Petite chambre d'un religieux ou d'une religieuse. La cellule d'un religieux.
La cellule d'une religieuse.
Se dit aussi de Chacun des petits logements qu'on fait pour les cardinaux assemblés
dans le conclave. La cellule d'un cardinal.
Se dit figurément d'Une retraite qu'on aime à habiter, d'un petit
appartement. C'est ma cellule. Il faut embellir sa cellule.
CELLULE, se dit, par analogie, de Ces petits alvéoles où
les abeilles renferment leur miel et leur couvain. Les cellules des abeilles.
Se dit, en Botanique, Des cavités de certains fruits, où les semences
sont logées et comme enchâssées.
Se dit, en termes d'Anatomie, Des petites cavités que présentent
les lames du tissu cellulaire, le canal médullaire des os longs, etc.
CELLULEUX . adj. m.
T. d'Anat. et de Botan. Qui est divisé en cellules. Le tissu celluleux
des os. Fruit celluleux.
CELTIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient aux Celtes, anciens peuples de la Gaule. Monuments celtiques.
La langue celtique, ou substantivement, Le celtique.
CELUI
m.; CELLE. f. Pronom démonstratif
qui fait au pluriel Ceux et Celles. Se dit et Des personnes et
Des choses. L'homme dont je vous ai parlé, c'est celui que vous voyez
là. Ceux qui ont vécu avant nous. Heureux celui qui craint le Seigneur!
Celui qui a dit à la mer, Tu n'iras pas plus loin. Il a récompensé
ceux de ses domestiques qui l'avaient bien servi. C'est, de toutes les choses
du monde, celle que j'aime le mieux.
CELUI-CI, CELLE-CI; et au pluriel, Ceux-ci, celles-ci. Pronom démonstratif,
qui signifie, Cet homme-ci, cette chose-ci, cette personne-ci. De tous ses
domestiques, c'est celui-ci qui est le plus fidèle. Voilà plusieurs
étoffes, prenez celle-ci. Je ne veux point de celle-ci.
CELUI-LÀ, CELLE-LÀ; et au pluriel, Ceux-là, celles-là.
Pronom démonstratif, qui signifie, Cet homme-là, cette chose-là,
cette personne-là. Celui-là, c'est un habile homme. Entre tous
ces tableaux, celui-là est le plus remarquable. Celui-là seul mérite
nos hommages, qui...
Il s'oppose ordinairement à Celui-ci, etc. Ceux-ci prétendent
que... ceux-là soutiennent que... Prenez celui-là, laissez celui-ci.
Quand on a nommé deux personnes on deux choses, et qu'on emploie ensuite
les pronoms Celui-ci et Celui-là, Celui-ci se rapporte au
terme le plus prochain, et Celui-là au terme le plus éloigné.
CÉMENT .s.m.
.Chimie. Poudre au milieu de laquelle on chauffe certains corps pour leur donner
de nouvelles propriétés.
CÉMENTATION . s. f.
.Chimie. Sorte de stratification qui consiste à entourer d'une poudre,
un métal qu'on expose ensuite à une très-forte chaleur.
CÉMENTATOIRE . adj. des deux genres
.Chimie. Qui est relatif à la cémentation.
Cuivre cémentatoire, Cuivre qui a été précipité
d'une dissolution de sulfate de cuivre par le moyen du fer.
CÉMENTER . v. a.
.Chimie. Faire la cémentation. On cémente le fer, ou on le
transforme en acier, en l'entourant de poussier de charbon et en l'exposant pendant
long-temps à une haute température.
CÉMENTÉ, ÉE. participe
CÉNACLE .s.m.
Il n'est usité que dans le langage de l'Écriture sainte, et signifie,
Une salle à manger. JÉSUS-CHRIST lava les pieds des apôtres
dans le cénacle.
CENDRE . s. f.
La poudre qui reste du bois et des autres matières combustibles, après
qu'elles ont été brûlées et consumées par le
feu. Cendre chaude. Cendre de bois neuf, de bois flotté. Cendre de sarment.
Feu couvert de cendre. Faire cuire une galette sous la cendre. Faire cuire des
marrons dans les cendres. Réduire en cendres. Mettre en cendres. Ce bel
édifice n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de cendres. Autrefois, chez
les Juifs, pour témoigner une grande douleur ou un profond repentir, on
prenait le sac et on se couvrait de cendre. Dans quelques maisons religieuses,
on expire sur la cendre, par esprit de pénitence. La Fable dit que le phénix
renaissait de ses cendres.
Hyperboliq., Réduire, mettre en cendres une ville, un pays, Les
ravager, y mettre tout à feu et à sang. Tamerlan mit l'Asie en
cendres.
La cendre, les cendres d'une ville, Les restes d'une ville qui a été
incendiée et ravagée.
Fig., Faire pénitence avec le sac et la cendre, dans le sac et dans
la cendre, Éprouver une profonde douleur d'avoir offensé Dieu,
et faire une grande pénitence pour obtenir de lui le pardon de ses péchés.
Fig., C'est un feu caché sous la cendre, se dit D'une passion
qui n'est pas bien éteinte.
Fig., C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit en parlant D'une
personne qui dissimule un désir de vengeance, en attendant l'occasion de
le satisfaire.
Fig., Renaître de ses cendres, se dit Des choses qui prennent une
existence nouvelle, après avoir été presque entièrement
détruites. Cette ville renaît enfin de ses cendres.
Prov. et fig., Il faudrait les brûler pour en avoir de la cendre,
se dit en parlant D'un bon mari, d'une bonne femme, pour faire entendre que l'un
et l'autre sont fort rares.
CENDRES, au pluriel, se dit de La cendre faite de linges qui ont servi
à l'autel ou de branches de buis bénites, et dont le prêtre
marque le front des fidèles en forme de croix, le premier jour de carême.
Recevoir les cendres. Aller prendre les cendres. Le prêtre donne des
cendres, les cendres. Le jour des Cendres. Le mercredi des Cendres.
CENDRE, signifie aussi, poétiquement ou dans le style élevé,
Les restes de ceux qui ne sont plus, par allusion à la coutume que les
Grecs et les Romains avaient de brûler les morts et d'en recueillir les
cendres dans des urnes. La cendre ou les cendres des morts. C'est là
que reposent ses cendres chéries. J'irai chaque jour pleurer sur ta cendre.
Mêler sa cendre aux cendres de ses pères.
S'emploie figurément, et signifie, Les mânes, la mémoire
d'une personne. Donner des larmes à la cendre d'un ami. Je dois des
larmes à sa cendre. Honorer les cendres des morts.
Fig. et fam., Il ne faut point remuer, il ne faut pas troubler les cendres
des morts, Il ne faut point rechercher leurs actions pour les blâmer,
pour flétrir leur mémoire.
CENDRES, en Chimie et dans les Arts, se dit, en général,
de Certaines poudres ou résidus qui sont le produit de la combustion ou
de quelque autre décomposition analogue. Cendres végétales.
Cendres animales. Cendres gravelées. Cendres volcaniques. Etc.
Cendres bleues, Carbonate de cuivre artificiel.
Cendre de plomb, Le plus menu plomb dont on se sert pour tirer sur le
petit gibier.
CENDRÉ , ÉE. adj.
Qui est de couleur de cendre. Gris cendré. Couleur cendrée.
Des cheveux d'un blond cendré. La substance cendrée du cerveau.
CENDRÉE . s. f.
Écume de plomb. Il signifie plus ordinairement, La dragée ou le
menu plomb dont on se sert à la chasse du menu gibier. Son fusil était
chargé de cendrée.
CENDREUX , EUSE. adj.
Qui est plein de cendre. Un habit tout cendreux. Une table toute cendreuse.
CENDRIER .s.m.
La partie du fourneau qui est au-dessous de la grille ou du foyer, et dans laquelle
tombent les cendres du bois ou du charbon.
CÈNE . s. f.
Le souper que Notre-Seigneur fit avec ses apôtres la veille de sa passion.
JÉSUS-CHRIST fit la Cène avec ses apôtres. Après
la Cène, il lava les pieds à ses apôtres. Le jour de la Cène.
En parlant Des souverains, du pape, des prélats, etc., Faire la Cène
le jeudi saint, faire la sainte Cène, Servir les pauvres après
leur avoir lavé les pieds, en mémoire de la Cène que Notre-Seigneur
fit avec ses apôtres, et où il leur lava les pieds.
CÈNE, chez les Protestants, signifie, La communion qu'ils font
sous les deux espèces. Faire la cène.
CÉNOBITE .s.m.
Moine qui vit en communauté. On ne le dit guère qu'en parlant
Des anciens moines qui vivaient en commun, et par une espèce d'opposition
à Ceux qui vivaient séparés les uns des autres, et qu'on
appelle Anachorètes. Les anciens cénobites.
CÉNOBITIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient au cénobite. Il est principalement usité en parlant
Des anciens cénobites; et, par extension, il se dit De tous les moines
qui vivent en communauté. La vie cénobitique.
CÉNOTAPHE .s.m.
Tombeau vide, dressé à la mémoire d'un mort. Élever
un cénotaphe.
CENS .s.m.
(On prononce toujours l'S.) T. d'Hist. ancienne. Dénombrement des citoyens
romains; déclaration authentique qu'ils faisaient, tous les cinq ans, de
leurs noms, biens, résidence, etc., par-devant des magistrats préposés
pour la recevoir, et qu'on nommait Censeurs: voyez ce mot.
CENS, en termes de Jurisprudence féodale, Redevance en argent
que certains biens devaient annuellement au seigneur du fief dont ils relevaient.
Cens et rente. Payer les cens. Cette terre devait tant de cens. Abandonner
la terre pour le cens. Cette dernière phrase signifie aussi, figurément,
Renoncer à un bien, parce qu'il est plus onéreux que profitable.
CENS, se dit encore de La quotité d'imposition nécessaire
pour être électeur ou éligible. Le cens électoral.
Le cens d'éligibilité. Élever, abaisser, réduire le
cens. Il ne paye pas le cens exigé.
CENSE . s. f.
Métairie, ferme. Ce mot n'est en usage que dans certaines parties de
la France et de la Belgique.
CENSÉ , ÉE. adj.
Réputé. Celui qui est trouvé avec les coupables est
censé complice. Il est censé tel. Vous êtes censé l'avoir
fait. Une loi est censée abolie par le non-usage.
CENSEUR .s.m.
On appelait ainsi, chez les anciens Romains, Un magistrat qui tenait un registre
du nombre des citoyens et de leurs biens, et qui avait en outre le droit de rechercher
leurs moeurs et leur conduite. Caton le censeur.
Il signifie, par allusion, Celui qui reprend ou qui contrôle les actions
d'autrui. Un censeur équitable. Un rude censeur. Un censeur sévère,
chagrin, injuste, pointilleux. Sans épithète, il se prend d'ordinaire
en mauvaise part. C'est un censeur, C'est un homme qui trouve à
redire à tout.
Se dit aussi d'Un critique qui juge des ouvrages d'esprit. Consulter un censeur
éclairé.
CENSEUR, se dit encore Des personnes qu'un gouvernement prépose
à l'examen des livres, des journaux, des pièces de théâtre,
etc., avant d'en permettre la publication ou la représentation. Les
anciens censeurs royaux étaient à la nomination du chancelier. Il
fut nommé censeur de tel ouvrage. Le censeur refusa son approbation. On
lui donna un censeur très-sévère. Censeur des pièces
de théâtre, ou Censeur dramatique. Censeur des journaux.
CENSEUR, se disait également, dans l'ancienne Université,
de Certains officiers nommés pour examiner la capacité des récipiendaires.
En Sorbonne, les censeurs donnaient leur suffrage par billets.
CENSEUR, dans les Colléges royaux, Celui qui est chargé
de surveiller les études et de maintenir le bon ordre et la discipline.
Le censeur du collége de Louis le Grand.
CENSIER . adj. m.
.Jurispr. féodale. Il se disait De celui à qui le cens était
dû. Seigneur censier.
Il se disait aussi Du livre où s'enregistraient les cens. Un livre
censier, ou simplement et substantivement, Un censier.
CENSIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui tient une cense à ferme. Le censier de tel propriétaire.
CENSITAIRE .s.m.
.Jurispr. féodale. Celui qui devait cens et rente à un seigneur
de fief. Tous les censitaires d'un fief.
CENSIVE . s. f.
.Jurispr. féodale. Redevance, en argent ou en denrées, que certains
biens devaient annuellement au seigneur du fief dont ils relevaient. Cette
terre devait tant de censive.
Il se disait aussi de L'étendue des terres roturières qui dépendaient
d'un fief, et qui devaient lods et ventes. Il était dans la censive
d'un tel.
CENSORIAL , ALE. adj.
Qui est relatif à la censure exercée par le gouvernement. Lois
censoriales.
CENSUEL , ELLE. adj.
.Jurispr. féodale. Qui a rapport au cens. Droit censuel. Rente censuelle.
CENSURABLE . adj. des deux genres
Qui peut être censuré, qui mérite censure. Proposition
censurable. Conduite censurable. Action censurable.
CENSURE . s. f.
La dignité et la fonction de censeur, chez les anciens Romains. Durant
la censure de Caton.
Il signifie plus ordinairement, Correction, répréhension. Soumettre
ses écrits à la censure de quelqu'un. Subir la censure de quelqu'un.
Souffrir la censure. S'exposer à la censure.
Se dit, dans un sens particulier, de L'examen qu'un gouvernement fait faire
des livres, des journaux, des pièces de théâtre, etc., avant
d'en permettre la publication ou la représentation. Établir la
censure. Abolir, rétablir la censure. Censure préalable. Censure
des journaux. Censure des pièces de théâtre, ou Censure
dramatique. Passer à la censure.
Il signifie par extension, Le corps des personnes commises à cet examen.
La censure ne permit pas l'insertion de cet article dans les journaux. Vers
supprimés à la représentation par ordre de la censure.
CENSURE, en Matière de dogme, se dit d'Un jugement qui porte condamnation.
La censure que la Sorbonne fit de tel livre, de telle proposition.
Il signifie aussi, Excommunication, interdiction ou suspension d'exercice et
de charge ecclésiastique. Il a encouru la censure. On dit également,
dans ce sens, au pluriel, Censures ecclésiastiques.
Se dit encore de La peine de discipline que les corps de magistrature, l'ordre
des avocats, les chambres des notaires et des avoués, prononcent contre
ceux de leurs membres qui manquent d'une manière grave aux devoirs de leur
profession.
CENSURER . v. a.
Blâmer, critiquer, reprendre. Il y a des gens qui ne se plaisent qu'à
censurer les actions d'autrui. On a fort censuré sa conduite.
Se dit aussi en parlant De la peine disciplinaire que certains corps prononcent
contre leurs membres. Cet avocat a été censuré par son
ordre. La cour royale a censuré deux de ses membres.
En Matière de dogme, Censurer un livre, censurer une proposition,
Déclarer qu'un livre, qu'une proposition contient des erreurs. La Sorbonne
censura tel livre, telle proposition.
CENSURÉ, ÉE. participe
CENT . adj. numéral des deux genres
Nombre contenant dix fois dix. Cent ans. Cent hommes. Cent francs. Cent écus.
Cent livres pesant. Deux cents hommes. Deux cent trente hommes. Cent un. Cent
deux. Cent trois; etc. Dans cent un ans. À cent deux ans d'ici. On
dit très-souvent, Onze cents, douze cents, et ainsi de suite jusqu'à
Dix-neuf cents, au lieu de Mille cent, mille deux cents, etc.; mais
on ne dit point, Dix cents, pour Mille, ni Vingt cents, trente
cents, etc., pour Deux mille, trois mille, etc.
Se dit quelquefois indéterminément pour exprimer Un grand nombre.
Vous trouverez cent occasions plus favorables. Il y a été cent
fois. Cent et cent fois. En eût-il cent fois autant. Il y en a plus de cent
à qui cela est arrivé avant vous, Cela est arrivé à
beaucoup de personnes avant vous. Je vous le donne en cent, Il vous sera
fort difficile et peut-être impossible de deviner la chose dont il s'agit.
Se dit aussi quelquefois pour Centième. Page cent. Chant premier,
vers cent.
En termes de Commerce et de Finance, Cinq pour cent, dix pour cent, cent
pour cent, etc., se dit D'un profit, d'un intérêt, d'un escompte
qui est, avec la somme avancée ou le capital prêté, dans la
proportion de cinq francs, de dix francs, de cent francs pour cent francs, etc.
Prêter son argent à cinq pour cent d'intérêt,
ou simplement, à cinq pour cent. Gagner six pour cent, dix pour cent,
cent pour cent dans une affaire. Rente à cinq pour cent, à trois
pour cent.
Par exagérat., Il y a cent pour cent à gagner dans cette affaire,
On peut en retirer un grand profit.
CENT, est aussi substantif masculin, dans le premier sens. Le produit
de cent multiplié par dix. On dit de même, Le nombre cent,
le numéro cent.
Se dit particulièrement pour Centaine. Un cent, deux cents, trois
cents d'oeufs, de prunes, d'épingles, de fagots. Trois cents de paille,
de foin. Vendre, acheter au cent. Combien vaut le cent de ces marrons? Combien
le cent?
Un cent pesant, Cent livres, un quintal.
Jouer un cent de piquet, Jouer une partie de cent points au piquet.
CENTAINE . s. f. coll.
Nombre de cent ou environ. Une centaine d'années. Une centaine d'écus,
de francs. Il y avait une centaine d'écoliers.
Fig., À centaines, par centaines, En grande quantité.
CENTAINE . s. f.
(Quelques-uns écrivent, Sentène.) Le brin de fil ou de
soie par lequel tous les fils d'un écheveau sont liés ensemble.
On coupe la centaine pour dévider l'écheveau.
CENTAURE .s.m.
Être fabuleux, moitié homme et moitié cheval. L centaure
Chiron prit soin de l'éducation d'Achille. Le combat des centaures contre
les Lapithes.
CENTAURE, en termes d'Astronomie, Une des constellations de l'hémisphère
austral.
CENTAURÉE . s. f.
.Bot. Genre de plantes à fleurs composées, dont une espèce
très-connue, la Centaurée commune ou Grande centaurée,
s'emploie souvent en médecine.
Se dit, improprement, de Certaines plantes qui appartiennent à des genres
très-différents; telle est, entre autres, la Petite centaurée,
espèce de gentiane, dont on fait usage en médecine.
CENTENAIRE . adj. des deux genres
Qui a cent ans, qui contient cent ans. Il n'est guère usité que
dans ces locutions: Un homme centenaire. Nombre centenaire. Prescription centenaire.
Possession centenaire.
Se dit substantivement d'Une personne qui a cent ans. Un centenaire.
CENTENIER .s.m.
Il est employé, dans l'Écriture et les ouvrages de piété,
pour désigner L'officier qu'on appelait Centurion chez les Romains,
et qui commandait une troupe de cent hommes. JÉSUS-CHRIST guérit
la fille du centenier.
Il se disait autrefois, dans certaines villes de France, de Celui qui commandait
cent hommes de garde bourgeoise.
CENTÉSIMAL , ALE. adj.
T. d'Arithm. Se dit De toute valeur qu'on présente comme partie de la
centaine considérée collectivement. Fraction centésimale.
Deux pour cent, quatre pour cent, sont des valeurs centésimales. On
dit dans un sens analogue, Calcul centésimal.
Division centésimale, Celle où l'échelle des parties
est divisée en cent.
CENTIARE .s.m.
Nouvelle mesure de surface, qui vaut la centième partie de l'are, ou
un mètre carré.
CENTIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de cent. La centième année. Vous êtes
le centième sur la liste. On dit de même, La deux centième
année; vous êtes le deux centième sur la liste; etc.
Fam., Vous n'êtes pas le centième à qui cela soit arrivé,
Il y en a plus de cent à qui cela est arrivé avant vous.
La centième partie, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on
conçoit divisé en cent parties égales. On a dit autrefois
dans un sens analogue, Le centième denier. On dit également,
La deux centième partie, la trois centième partie, etc.
CENTIÈME, est quelquefois substantif masculin, et signifie, La
centième partie. La diminution a été d'un centième.
Trois centièmes (3/100). Cinq centièmes (5/100). Etc.
On dit dans un sens analogue, Un deux-centième (1/200), un trois-centième
(1/300), etc.
CENTIGRADE . adj. des deux genres
Divisé en cent degrés. Se dit principalement Du thermomètre
dont l'échelle au-dessus de zéro est divisée en cent degrés;
à la différence Du thermomètre de Réaumur, dont l'échelle,
de même longueur, n'est divisée qu'en quatre-vingts degrés.
Thermomètre centigrade.
CENTIME .s.m.
Nouvelle monnaie, la centième partie du franc. Un centime. Un franc
soixante centimes. Cinq centimes font un sou. Centimes additionnels: voyez
ADDITIONNEL.
CENTIMÈTRE .s.m.
Nouvelle mesure de longueur, la centième partie du mètre. Centimètre
carré. Centimètre cube Un mètre cinquante-huit centimètres.
CENTINODE . s. f.
.Bot. Espèce de renouée fort commune, qui croît dans les
lieux incultes et le long des chemins. On la nomme aussi Renouée des
oiseaux; et quelquefois, vulgairement, Traînasse, parce que ses
tiges sont couchées.
CENTON .s.m.
Pièce de poésie composée de vers ou fragments de vers pris
de quelque auteur célèbre. Un centon d'Homère, un centon
de Virgile, Un ouvrage tout composé de vers tirés d'Homère,
de Virgile. Se dit aussi en parlant De l'auteur du centon. Le centon d'Ausone.
Se dit, par extension, d'Un ouvragé rempli de morceaux dérobés.
Ce n'est qu'un centon.
CENTRAL , ALE. adj.
Qui est dans le centre, qui a rapport au centre. Point centrai. Éclipse
centrale.
Feu central, se dit Du feu que quelques philosophes ont cru être
au centre de la terre.
Force centrale, se dit, en Physique, de La force par laquelle un corps
qui se meut, tend à s'éloigner ou à s'approcher d'un centre.
CENTRAL, se dit, par extension, D'un pays, d'un lieu situé au
milieu d'un autre ou à peu près. Province centrale. Les parties
centrales de la France. Je me logerai dans le quartier le plus central.
Il signifie quelquefois figurément, Principal. Administration centrale.
Bureau central de charité. Il y a eu, pendant un temps, des écoles
centrales.
CENTRALISATION . s. f.
Action de réunir dans un même centre.
CENTRALISER . v. a.
Concentrer, réunir dans un même centre. Centraliser l'administration.
CENTRALISÉ, ÉE. participe
CENTRE .s.m.
C'est, dans un cercle ou dans une sphère, Un point tel que tous les points
de la circonférence, ou de la surface sphérique, en sont également
éloignés. Le centre d'un cercle. Tirer une ligne du centre à
la circonférence, des lignes qui passent par le centre, qui aboutissent
au centre. Le centre de la terre. Le centre d'une planète.
Il s'applique, par extension, aux figures non circulaires et aux surfaces non
sphériques, lorsqu'il existe dans ces figures ou dans l'intérieur
de ces surfaces Un point tel que toute droite, menée par ce point, rencontre
la figure ou la surface à des distances égales des deux côtés
du point. Le centre d'une ellipse. Le centre d'un carré.
Il signifie encore, par extension, Le milieu d'un espace quelconque. Le soleil
est au centre de notre système planétaire. Le centre du royaume.
Le centre d'une province. Le palais est au centre de la ville. Ces personnages
doivent occuper le centre du tableau.
Dans l'Art militaire, Le centre d'une armée, d'une troupe, La
partie d'une armée, d'une troupe rangée en bataille, qui occupe
le milieu, qui est entre les deux ailes. Le centre fut forcé, fut enfoncé.
Il plaça l'infanterie au centre. Le drapeau est au centre d'un bataillon.
S'aligner sur le centre. Les compagnies du centre.
Le centre d'une assemblée, Le milieu d'une assemblée délibérante,
par opposition aux extrémités, au côté droit et au
côté gauche. Siéger au centre. Le centre et une partie
de la droite se sont levés pour la proposition.
CENTRE, dans le langage scientifique, désigne encore Plusieurs
choses de nature assez diverse, mais que l'on peut considérer en général
comme étant le point autour duquel, vers lequel, dans lequel s'opèrent
ou se rassemblent certains effets. Centre de gravité. Centre d'oscillation.
Centred'attraction ou de gravitation. Centre d'équilibre. Centre
d'action. Centre de percussion. Etc.
En termes d'Anat., Centre ovale, Partie du cerveau.
CENTRE, se dit quelquefois Du lieu où les choses tendent naturellement
comme au lieu de leur repos. Chaque chose tend à son centre.
Fig. et fam., Être dans son centre, Être où l'on se
plaît, où l'on aime à être; et dans le sens contraire,
N'être pas dans son centre, être hors de son centre.
CENTRE, se dit figurément Des lieux où se trouvent, où
se font, où se pratiquent habituellement ou plus ordinairement certaines
choses. Cette ville est le centre de toutes les affaires du Levant. Un quartier
situé au centre des affaires. La cour est le centre de la politesse. Paris
est le centre des arts et du bon goût. Venise fut longtemps le centre du
commerce et des richesses.
Se dit encore figurément Des choses auxquelles plusieurs autres se rapportent
ou sont subordonnées. Il fit de cette ville le centre de sa domination.
On le dit quelquefois Des personnes, dans un sens analogue. C'est un égoïste,
qui se fait le centre de tout.
En Théologie, Le siége de Rome est le centre de l'unité
de l'Église.
CENTRIFUGE . adj. des deux genres
.Physique. Qui tend à éloigner d'un centre. Un corps qui se
meut circulairement a une force centrifuge.
CENTRIPÈTE . adj. des deux genres
.Physique. Qui tend à approcher d'un centre. Un corps libre qui se
meut circulairement est retenu dans son orbite par une force centripète.
CENT-SUISSES .s.m. pl.
Il se disait d'Une partie de la garde du roi, qui était composée
de Suisses, au nombre de cent. Le capitaine des Cent-Suisses. On disait
au singulier, Un Cent-Suisse, pour dire, Un des Cent-Suisses.
CENTUMVIR .s.m.
(Dans ce mot et dans ses deux dérivés, U se prononce O.) Magistrat
de l'ancienne Rome, établi pour juger de certaines affaires civiles.
CENTUMVIRAL , ALE. adj.
Qui appartient aux centumvirs, qui est de leur ressort.
CENTUMVIRAT .s.m.
Dignité de centumvir.
CENTUPLE . adj. des deux genres
Qui vaut cent fois autant. Un nombre centuple d'un autre.
Il est aussi substantif masculin. On lui a donné le centuple. Un fonds
qui rapporte, qui rend au centuple. Cette terre rend au centuple.
En termes de l'Écriture sainte, Dieu rendra au centuple tout ce qu'on
fera pour lui.
CENTUPLER . v. a.
Rendre cent fois plus grand; multiplier un nombre par cent. Le gain qu'il
a retiré de cette affaire a centuple sa fortune. Centupler un nombre.
CENTUPLÉ, ÉE. participe
CENTURIATEUR .s.m.
Ce mot n'est usité qu'en parlant de Certains auteurs allemands luthériens,
qui ont composé une Histoire ecclésiastique, divisée par
centaines d'années. Les centuriateurs de Magdebourg.
CENTURIE . s. f.
Centaine. On ne l'emploie guère que dans les phrases suivantes: Le
peuple romain fut distribué par centuries. La première, la seconde
centurie, etc.
Les Centuries de Nostradamus, Les prédictions de cet auteur, rangées
par centaines de quatrains ou de sixains. On appelle aussi Centurie, Chacun
de ces quatrains ou sixains; et, en ce sens, on dit, Faire une centurie,
Faire un quatrain ou quelque autre pièce de vers dans le genre de ceux
de Nostradamus.
CENTURION .s.m.
T. d'Hist. ancienne. Celui qui commandait une compagnie de cent hommes dans
la milice romaine. Les soldats se plaignaient du mauvais traitement qu'ils
éprouvaient de la part des centurions.
CEP .s.m.
Pied de vigne. Cep de vigne. Cep de treille. Arracher le cep, des ceps. Cep
tortu.
CEP, signifie aussi, Un lien, ou une espèce de chaîne; et,
en ce sens, on ne l'emploie qu'au pluriel. Avoir les ceps aux pieds et aux
mains. Rompre les ceps. Il est vieux.
CÈPE .s.m.
.Bot. Nom que l'on donne à certains champignons dont la plupart sont
bons à manger, et particulièrement aux bolets comestibles. Faire
cuire des cèpes. Manger des cèpes.
CÉPÉE . s. f.
T. d'Agricult. Touffe de plusieurs tiges de bois qui sortent d'une même
souche. Faire la coupe des cépées de saules.
CEPENDANT . adv.
Pendant cela, pendant ce temps-là. Nous nous amusons, et cependant
la nuit vient.
Il signifie aussi, Néanmoins, toutefois, nonobstant cela; et, en ce sens,
il est conjonction. Vous m'avez promis telle et telle chose, et cependant vous
faites tout le contraire. On disait qu'il ne viendrait pas, cependant le voici.
CÉPHALALGIE . s. f.
.Médec. Toute sorte de douleur de tête.
CÉPHALIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Qui appartient à la tête. Il n'est guère
usité que dans les dénominations suivantes: Veine céphalique,
Une des veines du bras, qu'on croyait autrefois venir de la tête, et qu'on
ouvrait, par cette raison, pour le soulagement des maux de tête. Remède
céphalique, plante céphalique, et poudre céphalique,
Remède, plante, poudre propre à soulager les maux de tête.
CÉPHÉE .s.m.
T. d'Astron. Constellation de l'hémisphère septentrional.
CÉRASTE .s.m.
T. d'Hist. nat. Vipère d'Égypte, qui a sur la tête deux
éminences en forme de cornes, et dont la morsure est dangereuse.
CÉRAT .s.m.
.Pharmacie. Espèce de pommade ou d'onguent où il entre ordinairement
de la cire. Cérat de Galien. Cérat soufré. Mettre du cérat
sur des gerçures.
CERBÈRE .s.m.
Nom du chien à trois têtes qui, selon la Fable, gardait la porte
des enfers. Se dit quelquefois, figurément et familièrement, d'Un
portier brutal, d'un gardien sévère, intraitable. C'est un cerbère.
Un vrai cerbère. Votre vieux cerbère ne voulait pas me laisser entrer.
CERCEAU .s.m.
Lame de fer mince, ou tringle de bois flexible, formant un cercle, dont on se
sert pour maintenir les douves des tonneaux, des cuves, etc. Faire des cerceaux.
Cerceau de fer. Mettre des cerceaux à une cuve.
Se dit également d'Un cercle de bois léger que les enfants font
courir devant eux comme une roue, en le poussant avec un petit bâton. Faire
courir un cerceau. Jouer au cerceau.
Se dit encore Des bois courbés qui servent à soutenir la toile
dont on couvre une voiture, une barque, ou à former le cintre d'un cabinet
de verdure, etc. Tendre une toile sur des cerceaux pour couvrir une voiture,
un bateau.
CERCEAU, se dit aussi d'Une sorte de filet dont on se sert pour prendre
des oiseaux. Prendre des oiseaux au cerceau.
CERCEAUX, au pluriel, se dit Des plumes du bout de l'aile des oiseaux
de proie. Les vautours et les éperviers ont trois cerceaux.
CERCELLE . s. f.
Voyez SARCELLE.
CERCLE .s.m.
Surface plane limitée par une ligne courbe que l'on nomme Circonférence,
et dont tous les points sont également distants d'un même point qu'on
appelle Centre. La circonférence du cercle. Le diamètre d'un
cercle. Un demi-cercle. Un quart de cercle Une portion de cercle.
Quadrature du cercle, Détermination d'un carré dont la
surface serait rigoureusement égale à celle d'un cercle donné.
Les géomètres savent que la surface du carré et celle
du cercle n'ont pas un rapport exprimable en nombres finis; d'où il suit
que la quadrature géométrique du cercle est impossible.
Fig., Chercher la quadrature du cercle, Chercher une chose très-difficile
ou impossible à trouver.
CERCLE, se prend aussi, improprement, pour La ligne circulaire qu'on
appelle Circonférence. Le cercle se divise en trois cent soixante degrés.
Faire des cercles. Tracer un cercle. Décrire un cercle. Arc de cercle.
CERCLE, signifie encore, Cerceau. Cercle à tonneau. Un cercle
de fer. Faire des cercles. Vendre des cercles. Un tonneau qui a rompu ses cercles.
Vin en cercles.
Se dit en général de Toute pièce de métal ou d'autre
matière, formant un cercle, qu'on met autour d'une chose pour la serrer,
la lier ou l'orner. Mettre un cercle de fer à une colonne, à
une poutre, pour l'empêcher d'éclater. Cercle de pompe. Cercle de
cabestan. Boîte à cercle d'or. Cercle d'écaille, d'ivoire,
etc.
CERCLE, se dit également, dans les Sciences et dans les Arts,
de Certains objets, de certains instruments, qui ont en général
une forme circulaire. Cercle d'arpenteur. Cercle répétiteur.
Cercle de réflexion. Etc.
Se dit particulièrement, en termes d'Astronomie, Des pièces de
forme circulaire qui entrent dans la composition de la sphère armillaire.
Les grands, les petits cercles de la sphère.
Se dit aussi Des lignes circulaires fictives qui servent à représenter
le mouvement des astres, la succession des saisons, les divisions de la sphère,
etc.
Se dit, en termes de Manége, de La ligne circulaire décrite par
le cheval, ordinairement entre les deux murs. Être, se mettre en cercle.
Travailler sur le cercle.
CERCLE, se dit encore de Toute disposition d'objets qui offre à
peu près la figure d'une circonférence de cercle. Ranger des
siéges en cercle, en demi-cercle. Ils se rangèrent en cercle. Ils
formèrent un cercle autour de lui. On fit cercle autour de lui. Un cercle
de personnes, ou simplement, Un cercle. Resserrer le cercle. Élargir
le cercle. Entrer dans le cercle.
CERCLE, s'est dit particulièrement, dans le sens qui précède,
de La réunion des princesses et des duchesses assises circulairement en
présence de la reine. La reine tient le cercle aujourd'nui. Aller au
cercle. Cette duchesse était au cercle.
Se dit, par extension, Des assemblées d'hommes et de femmes qui se tiennent
dans les maisons des particuliers pour le plaisir de la conversation. Cet homme
brille dans les cercles. Rompre le cercle par une partie de jeu. Un petit cercle
d'amis.
CERCLE, se dit figurément, au sens moral, pour Sphère,
étendue, limites. Cet homme n'est jamais sorti du cercle de ses occupations
habituelles. Se renfermer dans le cercle de ses devoirs, de ses attributions,
etc. Agrandir, étendre le cercle de ses idées.
Se dit aussi, figurément, en parlant Des choses qui reviennent, qui se
succèdent continuellement. La vie n'est pour lui qu'un cercle de douleurs.
Le cercle des saisons.
Cercle vicieux, Manière défectueuse de raisonner, qui consiste
à supposer d'abord ce qu'on doit prouver, et ensuite à donner pour
preuve ce qu'on a supposé. Raisonner ainsi, c'est faire un cercle vicieux.
CERCLE, en termes de Géographie, se disait autrefois Des divisions
de l'empire d'Allemagne. Les dix cercles de l'Empire. Les troupes des cercles.
Les cercles du Rhin. Nuremberg était dans le cercle de Franconie.
CERCLER . v. a.
Garnir, entourer de cerceaux, de cercles. Cercler une cuve, un tonneau, etc.
CERCLÉ, ÉE. participe
CERCUEIL .s.m.
Bière; espèce de caisse de bois ou de plomb, etc., dans laquelle
on met un corps mort. Cercueil de bois. Cercueil de plomb. Cercueil de marbre.
Mettre un mort dans son cercueil.
Se dit figurément, dans le style élevé, en parlant De la
mort. Descendre, entrer au cercueil. L'oubli du cercueil. Le chagrin l'a mis
au cercueil. C'est là qu'il doit trouver son cercueil.
CÉRÉALE . adj. f.
Se dit, en général, Des plantes qui, telles que le froment, le
seigle, etc., produisent les grains dont on se sert pour faire du pain. On le
dit également De ces grains mêmes. Plantes céréales.
Graines céréales.
S'emploie fréquemment comme substantif. La culture des céréales.
Quel est le prix des céréales? Les céréales ont baissé
de prix. Loi sur les céréales.
CÉRÉBRAL , ALE. adj.
Se dit, en termes d'Anatomie, De ce qui appartient au cerveau. Artères
cérébrales. Nerfs cérébraux.
Se dit aussi, en Médecine, Des maux qui affectent le cerveau. Affections
cérébrales. Fièvre cérébrale.
CÉRÉMONIAL .s.m.
L'usage réglé dans chaque pays, dans chaque cour, touchant les
cérémonies religieuses ou politiques. Le cérémonial
de Rome est fort rigoureux, est régulièrement observé. Le
cérémonial est différent selon les pays. L'ambassadeur fut
conduit à l'audience avec le cérémonial d'usage.
Se dit aussi Des cérémonies que les particuliers observent les
uns envers les autres, ou par devoir, ou par civilité. Aimer le cérémonial,
Aimer ces sortes de cérémonies. Il n'aime pas le cérémonial.
Être fort sur le cérémonial, Être instruit
du cérémonial, ou Être attaché au cérémonial,
être pointilleux et difficile sur les cérémonies. Cela se
dit aussi, figurément, D'un homme difficile sur les égards qu'il
croit lui être dus.
CÉRÉMONIAL, signifie, par extension, Le livre où
sont contenus l'ordre et les règles des cérémonies, tant
ecclésiastiques que politiques et civiles. Le cérémonial
de l'Église de Paris. Le cérémonial français. Le cérémonial
romain.
CÉRÉMONIE . s. f.
Se dit Des formes extérieures et régulières du culte religieux.
Les cérémonies du baptême. Les cérémonies
de l'Église. La cérémonie d'un mariage. Le sacre des évêques
se fait avec de grandes cérémonies. Les cérémonies
de l'ancienne loi. L'ordre des cérémonies. Une cérémonie
imposante. Une pieuse cérémonie. Cérémonie funèbre.
Suppléer les cérémonies du baptême, Faire
à l'église la cérémonie du baptême pour un enfant
qui a été ondoyé.
CÉRÉMONIE, se dit également de Certaines formalités
qu'on observe dans les actions solennelles, pour les rendre plus éclatantes.
L'entrée du roi se fit avec de grandes cérémonies. On
a donné audience à cet ambassadeur avec beaucoup de cérémonie.
Des cérémonies pompeuses. Jour de cérémonie. Habit
de cérémonie. Grande cérémonie. Les cérémonies
de l'ordre de Saint-Michel, de l'ordre du Saint-Esprit.
Grand maître des cérémonies, maître des cérémonies,
aide des cérémonies, Officiers qui président aux cérémonies,
et qui les dirigent.
En cérémonie, Avec pompe et grand appareil. Mener quelqu'un
en cérémonie; le reconduire en cérémonie.
CÉRÉMONIE, se dit aussi Des actes de civilité, des
témoignages convenus de déférence que les particuliers se
donnent les uns aux autres. Faire des visites de cérémonie. Faire
des cérémonies.
Il se prend quelquefois dans le sens de Civilité gênante, importune.
C'est un grand faiseur de cérémonies. Ne faisons point de cérémonies.
Bannir la cérémonie. Il est ennemi des cérémonies.
Fam., Sans cérémonie, point de cérémonie,
Librement, sans contrainte, sans façon.
Fig. et fam., Faire des cérémonies, Faire des façons,
des difficultés avant de consentir ou de se résoudre à quelque
chose. Il a fait bien des cérémonies pour se battre, pour prendre
médecine. Il n'y fait pas tant de cérémonies, Il va droit
au but.
CÉRÉMONIEUX , EUSE. adj.
Qui fait trop de cérémonies. C'est un homme cérémonieux,
fort cérémonieux.
CÉRÈS . s. f.
T. d'Astron. Planète, découverte par Piazzi, qui est placée
entre Mars et Jupiter, et dont la révolution est d'environ quatre ans et
sept mois.
CERF .s.m.
Espèce de bête fauve, très-rapide à la course, et
qui porte sur la tête des cornes ramifiées, appelées Bois.
Un jeune cerf. Un vieux cerf. Un cerf dix cors. Le bois d'un cerf. Un cerf
en rut. Un cerf qui brame. Vite comme un cerf. Le bois ou la tête
d'un cerf. Un cerf qui a mis sa tête bas. Les andouillers de la tête
d'un cerf. La chasse du cerf. Lancer le cerf. Détourner, courre le cerf.
Un cerf malmené, fatigué. Prendre le cerf. Être à la
mort du cerf. Un cerf qui tient les abois. Un pâté de cerf. Des filets
de cerf.
CERFEUIL .s.m.
Plante potagère dont les feuilles sont assez semblables à celles
du persil, mais plus grandes, et qui est employée dans la cuisine comme
assaisonnement. Cueillir du cerfeuil. Semer du cerfeuil. De la graine de cerfeuil.
Cerfeuil musqué. Voyez Myrrhis.
CERF-VOLANT .s.m.
(On prononce Cervolant. ) Gros insecte volant, qu'on appelle autrement Escarbot.
Cerf-volant, se dit aussi d'Une espèce de machine en forme de
grande raquette, faite avec du papier étendu et collé sur des baguettes,
qui sert ordinairement de jouet aux enfants, et qu'ils font monter en l'air à
l'aide du vent, en la retenant par une ficelle. La queue d'un cerf-volant.
En Physique, Cerf-volant électrique, Cerf-volant surmonté
d'une pointe aiguë, et dont la corde est entourée d'un fil de métal,
pour le rendre propre à soutirer la matière électrique des
nuages.
CERISAIE . s. f.
Lieu planté de cerisiers. Une belle cerisaie.
CERISE . s. f.
Espèce de petit fruit à noyau, dont la chair est fort aqueuse,
et la peau rouge et très-mince. Cerise à courte queue. Cerises
précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites.
Rouge-cerise, Rouge très-vif et un peu clair.
CERISIER .s.m.
Arbre de la famille des Rosacées, qui porte des cerises. Les cerisiers
jettent beaucoup de gomme. Les feuilles du cerisier.
CERNE .s.m.
Rond tracé sur la terre, sur le sable, etc. Un grand cerne. Faire
un cerne.
Se dit aussi Du rond livide qui se fait quelquefois autour d'une plaie lorsqu'elle
n'est pas en bon état, ou autour des yeux quand ils sont battus. Dans ces
deux premiers sens, il est vieux.
Se dit quelquefois, en Botanique, Des cercles concentriques que l'on aperçoit
sur la tranche d'un arbre coupé horizontalement. Le nombre des cernes
indique celui des années de l'arbre.
CERNEAU .s.m.
La moitié du dedans d'une noix, tirée de la coque avant sa maturité.
Faire des cerneaux. Manger des cerneaux. Éplucher des cerneaux. Un cent
de cerneaux.
Vin de cerneaux, Vin rosé qui est bon à boire dans la saison
des cerneaux.
CERNER . v. a.
Faire un cerne autour de quelque chose. Cerner l'écorce d'un arbre.
Il signifie aussi, Détacher, séparer une chose de ce qui l'environne.
Cerner des noix, Les séparer de leur coque pour en faire des cerneaux.
Cerner un arbre au pied, Faire un creux autour d'un arbre pour l'enlever
avec ses racines, ou pour l'entourer de bonne terre, de fumier, etc.
CERNER, signifie, par extension, Entourer, investir un lieu de manière
à ôter toute communication, tout moyen de secours extérieur
ou de fuite à ceux qui s'y trouvent. Cerner une place de guerre. Cerner
un corps de troupes. Les gendarmes cernèrent la maison où il s'était
réfugié, le cernèrent de toutes parts.
Fig., Cerner quelqu'un, L'entourer de certains conseils, de certains
témoins, pour s'assurer de lui. On l'a cerné de manière
qu'il ne puisse échapper.
CERNÉ, ÉE. participe, Avoir les yeux cernés,
Avoir les yeux battus.
CERTAIN , AINE. adj.
Indubitable, vrai, sûr. En ce sens, il ne se dit que Des choses. Cela
est certain. La nouvelle est certaine. Faire un rapport certain. J'ai eu un avis
certain, j'ai reçu l'avis certain que... Je sais cela de science certaine.
Preuve certaine. Signe certain. C'est un profit certain. Sa mort est certaine.
Il est certain que... On tient pour certain.
Il signifie aussi, Préfix et déterminé; et, en ce sens,
il ne se dit également que Des choses. L'assemblée se doit tenir
à jour certain. On se sert souvent d'un nombre certain à la place
d'un nombre incertain.
Prix certain, taux certain, Prix, taux qui ne varie point. Ces marchandises
n'ont pas de prix, de taux certain.
CERTAIN, signifie aussi, Qui est assuré d'une chose, qui en a
la certitude; et, en ce sens, il ne se dit que Des personnes. Êtes-vous
bien certain que... J'en suis très-certain. Je suis certain de réussir.
Je suis certain qu'il réussira.
CERTAIN, se dit souvent, dans un sens vague, Des personnes et des choses
qu'on ne peut pas ou qu'on ne veut pas nommer, caractériser, déterminer;
et alors il se met toujours devant le substantif auquel il se rapporte. J'ai
ouï dire à certain homme, à un certain homme. Certaines personnes,
certaines gens disent que... Il y a certaines choses, de certaines choses pour
lesquelles on éprouve de la répugnance. Durant un certain temps.
À certaines époques de l'année. Dans certains cas. Un certain
nombre. Une certaine quantité.
S'emploie dans une acception particulière pour atténuer, pour
restreindre ce qu'une expression aurait de trop absolu. Cet homme jouit d'une
certaine réputation. Je n'y allai pas sans une certaine crainte. L'affaire
est d'une certaine importance. Agir avec une certaine modération. C'est
un homme d'un certain mérite.
Un certain quidam, certains quidams. Locutions employées dans
les monitoires, procès-verbaux, informations, etc., pour désigner
Les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime pas le nom. Un certain quidam
est entré dans cette maison, et a fait le vol. Il avait appris de certaine
quidane...
Un certain, suivi d'un nom propre, s'emploie par dédain. J'appris
qu'un certain Cléon s'était permis de répandre ce bruit.
CERTAIN, est quelquefois substantif, et signifie, Chose certaine. Il
ne faut pas quitter le certain pour l'incertain.
CERTAINEMENT . adv.
En vérité, assurément. Certainement les hommes sont
bien aveugles. Viendrez-vous? Certainement non. Il est certainement le plus habile
de tous. Bien certainement.
Il signifie aussi, Indubitablement, d'une manière certaine. Le savez-vous
certainement?
CERTES . adv.
Certainement, sans mentir, en vérité. Oui certes. Non certes.
Et certes, ce fut avec beaucoup de raison. Certes, ou je me trompe, ou, etc. Il
y a, certes, du courage à faire cela.
CERTIFICAT .s.m.
Écrit faisant foi de quelque chose. Donner, délivrer un certificat.
Prendre un certificat. Avoir un certificat. Produire un certificat. Certificat
de propriété. Certificat d'origine. Certificat de bonne vie et moeurs.
Ce domestique a de bons certificats.
Certificat de vie, Certificat qui a pour objet de constater l'existence
d'un rentier.
CERTIFICATEUR .s.m.
.Pratique et de Commerce. Celui qui certifie une caution, une promesse, un billet.
Certificateur de caution. Donner un certificateur. Recevoir un certificateur.
Certificateur de criées, se disait autrefois de Celui qui attestait
en justice que les criées avaient été faites dans les formes
judiciaires.
Notaire certificateur, Notaire choisi par le gouvernement pour délivrer
les certificats de vie aux rentiers. Dans cette dénomination, Certificateur
est adjectif.
CERTIFICATION . s. f.
.Palais. Assurance par écrit. Sa certification est au bas de la promesse
d'un tel. Certification de caution. Certification de criées. Il vieillit.
CERTIFIER . v. a.
Témoigner qu'une chose est vraie, l'assurer. Certifier quelque chose.
Je vous certifie que cela est. Je puis vous le certifier.
En termes de Pratique, Certifier une caution, Se rendre caution de la
caution, répondre qu'elle est solvable. Certifier des criées,
Attester que les criées ont été faites dans les formes. Cette
dernière phrase n'est plus usitée.
CERTIFIÉ, ÉE. participe
CERTITUDE . s. f.
Assurance pleine et entière. Quelle certitude en avez-vous? La certitude
que j'en ai, est que... Cela est de toute certitude. J'ai la certitude de réussir.
J'ai la certitude qu'il viendra. Mes soupçons se changèrent bientôt
en certitude. Je sais cela avec certitude. Certitude morale. Certitude physique.
Certitude métaphysique. Certitude mathématique.
Il signifie aussi, Stabilité. Il n'y a nulle certitude dans les choses
du monde.
CÉRUMEN .s.m.
(On prononce l'N.) T. didactique, emprunté du latin. Matière épaisse
et jaunâtre qui se trouve dans l'oreille, à l'intérieur du
conduit auditif externe.
CÉRUMINEUX , EUSE. adj.
T. didactique. Qui forme le cérumen, qui est relatif au cérumen.
L'humeur cérumineuse des oreilles. Glandes cérumineuses,
ou Follicules cérumineux.
CÉRUSE . s. f.
Carbonate de plomb, dont la couleur est blanche. La céruse est insoluble
dans l'eau. Blanc de céruse.
CERVAISON . s. f.
.Vénerie. Le temps où le cerf est gras et bon à chasser.
CERVEAU .s.m.
Masse de substance molle, enfermée dans la capacité osseuse du
crâne, et qui est un des principaux organes de la vie. Le cerveau est
regardé, par les physiologistes, comme l'organe de la pensée. Anatomie
du cerveau. Avoir le cerveau débile, débilité. La capacité
du cerveau. Cette blessure lui a découvert le cerveau. La substance du
cerveau. Les ventricules du cerveau. Les membranes du cerveau. Des drogues qui
attaquent le cerveau. Avoir le cerveau attaqué. Des fumées qui montent
au cerveau. Purger le cerveau. Transport au cerveau. Conforter, fortifier, réjouir
le cerveau. Rhume de cerveau. Être enrhumé du cerveau. Être
pris du cerveau. Avoir le cerveau pris. Se dit aussi Des animaux. Le cerveau
d'un oiseau, d'un poisson. Voyez CERVELLE.
Il signifie figurément, Esprit, entendement, jugement. Son cerveau
travaille. Cerveau débile. Cerveau étroit. Petit cerveau. Cerveau
vide. Cet homme n'a jamais pu rien tirer de son cerveau.
Fig. et fam., S'alambiquer le cerveau, Se fatiguer l'esprit par une trop
grande application à des choses abstraites, trop subtiles, trop raffinées.
On dit aussi, Se creuser le cerveau pour trouver une chose.
Fig. et fam., Avoir le cerveau timbré, fêlé, Être
un peu fou. On dit aussi, dans le même sens, Cerveau mal timbré,
malade, blessé, troublé.
Fig. et fam., Cerveau brûlé, Personne extravagante, qui
porte tout à l'excès.
Fig. et fam., Il a le cerveau creux, c'est un cerveau creux, C'est un
visionnaire.
CERVELAS .s.m.
Espèce de grosse et courte saucisse remplie de chair salée et
épicée. Un bon cervelas. Une tranche de cervelas.
CERVELET .s.m.
T. d'Anat. La partie postérieure du cerveau.
CERVELLE . s. f.
Nom que l'on donne vulgairement au cerveau. Il lui a fait sauter la cervelle
d'un coup de pistolet. On lui voyait la cervelle. Le coup fit jaillir la cervelle.
Brûler la cervelle à quelqu'un, Lui casser la tête
d'un coup de pistolet ou de fusil tiré à bout portant. On dit de
même, avec le pronom personnel régime indirect, Se brûler
la cervelle.
Par exagérat., Le soleil lui a fait bouillir la cervelle, lui a desséché
la cervelle, se dit D'un homme qui a été longtemps exposé
à l'ardeur du soleil, et qui s'en trouve incommodé.
CERVELLE, signifie figurément, Esprit, entendement, jugement.
Cela lui tourne, lui trouble la cervelle. Avoir la cervelle renversée.
S'alambiquer la cervelle.
Fig. et fam., Cela lui trotte depuis long-temps dans la cervelle, Il
y a longtemps qu'il a l'esprit occupé de cela.
Fig. et fam., C'est une bonne cervelle, C'est un homme de sens, de bon
jugement. On dit dans le sens contraire, C'est une tête sans cervelle,
une petite cervelle, une cervelle légère, une cervelle évaporée,
une cervelle éventée.
Prov. et fig., Mettre quelqu'un en cervelle, le tenir en cervelle, Le
mettre en inquiétude, lui tenir l'esprit en suspens.
CERVELLE, se dit particulièrement, en termes de Cuisine, Du cerveau
des animaux morts, destiné à servir de mets. Manger de la cervelle
d'agneau, de veau, etc. Apprêter des cervelles. Des cervelles frites.
Cervelle de palmier, Moelle douce qui se trouve dans le tronc de certains
palmiers. Il y a des peuples qui se nourrissent de la cervelle du palmier.
CERVICAL , ALE. adj.
T. d'Anat. Qui appartient au cou. Muscle cervical. Glandes cervicales. Nerfs
cervicaux.
CERVIER . adj. f.
Voyez LOUP-CERVIER.
CERVOISE . s. f.
Boisson faite avec du grain et des herbes. La bière est une espèce
de cervoise. Il n'est guère usité qu'en parlant De quelques
breuvages des anciens.
CÉSAR .s.m.
T. d'Antiquité romaine. Nom commun à Jules César et aux
onze princes qui héritèrent de sa puissance. Suétone a
écrit l'histoire des douze Césars.
Ce fut aussi Le titre que portèrent les empereurs et les princes romains,
quoique étrangers depuis Néron à la famille des Césars.
Le titre de César était plus spécialement affecté
à l'héritier présomptif de l'empire.
C'est encore Une qualification oratoire et poétique des monarques qui
ont le titre d'empereur.
Fam., Il est brave comme un César, et fig., C'est un César,
se dit D'un homme hardi et courageux, par allusion à Jules César.
Prov. et fig., Il faut rendre à César ce qui appartient à
César, Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû.
CÉSARIENNE . adj. f.
.Chirur. Se dit D'une opération qui consiste à tirer l'enfant
du corps de la mère, en faisant une incision à la matrice. Opération
césarienne.
CESSANT , ANTE. adj.
Qui cesse. Il ne s'emploie guère que dans ces phrases: Tous empêchements
cessants. Toutes choses cessantes. Toutes affaires cessantes. Toute affaire cessante.
CESSATION . s. f.
Intermission, discontinuation. Cessation d'armes. Cessation d'hostilités.
Cessation de poursuites. Cessation de commerce. Cessation de travail. Etc.
CESSE . s. f.
Mot devant lequel on ne met jamais l'article, et qui s'emploie principalement
dans cette locution, Sans cesse, Toujours, continuellement. Parler sans
cesse. Travailler sans cesse.
Fam., N'avoir point de cesse, Ne cesser point. Il n'aura point de
cesse que vous ne lui ayez donné ce qu'il demande. Il n'a ni repos ni cesse.
CESSER . v. n.
Discontinuer. Cesser de vivre. Cesser de parler. Cesser d'agir. Depuis ce
matin, il n'a pas cessé de travailler. Il ne cesse de pleurer. Le bruit
a cessé. Sa fièvre a cessé, est cessée. La goutte
a cessé de le tourmenter. Il a cessé de pleuvoir. Faire cesser un
désordre. La nuit fit cesser le combat.
Il est quelquefois actif. Cessez vos plaintes. Cessez vos cris. Ils cessèrent
leurs poursuites. Cessons notre travail.
CESSÉ, ÉE. participe
CESSIBLE . adj. des deux genres
.Jurispr. Qui peut être cédé. Ce droit est cessible,
n'est pas cessible.
CESSION . s. f.
Action de céder, de transporter à un autre ce dont on est propriétaire.
Se dit principalement Du transport des droits. Faire cession de sa créance.
Cession de biens, Abandon qu'un débiteur fait de tous ses biens
à ses créanciers, lorsqu'il est hors d'état de payer ses
dettes. Faire cession de biens, ou simplement, Faire cession.
Cession volontaire, Celle que les créanciers acceptent volontairement.
Cession judiciaire, Celle que la justice permet à un débiteur
de faire, et que les créanciers ne peuvent refuser.
Être admis au bénéfice de cession, Être autorisé
à faire cession. Les étrangers ne sont point admis au bénéfice
de cession.
CESSIONNAIRE . s. des deux genres
Celui ou celle qui accepte une cession, un transport. Il agit en qualité
de cessionnaire. Il est cessionnaire des droits d'un tel.
Se dit aussi, mais rarement, de Celui qui a fait cession de ses biens à
ses créanciers.
CESTE .s.m.
Espèce de gantelet garni de fer ou de plomb, dont les anciens athlètes
se servaient dans les combats du pugilat. Il y a dans Virgile une belle description
du combat du ceste.
CESTE, en Mythologie, se dit de La ceinture de Vénus.
CÉSURE . s. f.
Repos qui dans le vers alexandrin est marqué après la sixième
syllabe, et après la quatrième dans les vers de dix syllabes. La
césure sépare les hémistiches. Ce vers n'a pas de césure.
Se dit aussi, dans la Versification grecque et dans la Versification latine,
de La syllabe qui termine un mot et qui commence un pied. Il y a trois césures
dans le premier vers de l'Énéide.
CET . adjectif démonstratif
Voyez CE.
CÉTACÉ , ÉE. adj.
T. d'Hist. nat. Se dit Des grands mammifères qui ont la forme de poissons,
tels que les baleines, les dauphins. Les animaux cétacés.
S'emploie aussi substantivement. Les cétacés n'ont point de
nageoires postérieures. Le narval est de l'ordre des cétacés.
CÉTÉRAC .s.m.
.Bot. Espèce de fougère qu'on emploie quelquefois en médecine.
On la nomme aussi Doradille.
CHABLIS .s.m.
Bois abattus dans les forêts par le vent. Il y a beaucoup de chablis
dans cette forêt. Vendre les chablis.
CHABOT .s.m.
Espèce de poisson qui est très-commun dans les eaux douces d'Europe,
et dont la chair est agréable à manger. On l'appelle aussi Meunier.
CHABRAQUE . s. f.
Voyez SCHABRAQUE.
CHACAL .s.m.
T. d'Hist. nat. Espèce de chien d'Orient, qui vit dans l'état
sauvage, et qui est très-féroce. Une troupe de chacals.
CHACONNE . s. f.
Ancien air de danse d'une longue durée, espèce de symphonie dansante
et d'un mouvement modéré, qu'on écrivait ordinairement à
trois temps, quelquefois à quatre, et qui était à la partie
chorégraphique ce qu'est de nos jours à la partie lyrique le finale
d'un acte. Depuis longtemps la chaconne est passée de mode. La chaconne
de Floquet. Jouer une chaconne.
Chaconne chantante, Paroles faites sur un air de chaconne.
CHACONNE, signifie aussi, Une danse sur un air de chaconne. Danser
la chaconne, une chaconne.
CHACUN , UNE. pronom distributif, sans pluriel
Chaque personne, chaque chose. Chacun de nous. Chacun avait sa chacune. Ils
ont payé chacun leur écot. Donnez à chacun sa part. Donnez-leur
à chacun leur part. Logez ces voyageurs chacun à part. Nous vivons
chacun en notre particulier. Vivez chacun de votre côté. Toutes les
dames du bal étaient fort parées, et chacune d'elles, chacune avait
une parure différente. Chacun d'eux a refusé. On trouva dans chacun
de ces tiroirs, etc. Il faut remettre ces livres-là chacun à sa
place. Ces vases coûtent douze francs chacun. Ils ont apporté chacun
leur offrande. Ils ont rempli chacun leur devoir. Ils apportèrent des offrandes
au temple, chacun selon ses moyens. On se retira chacun chez soi. Ils s'en allèrent
chacun de leur côté.
S'emploie souvent au masculin, d'une manière indéfinie, en parlant
Des hommes ou des femmes, et signifie alors, Toute personne, qui que ce soit.
Chacun sent son mal. Chacun pense à soi. Chacun pour soi. Rendre à
chacun ce qui lui appartient. Chacun se gouverne à sa mode. Chacun prend
son plaisir où il le trouve. Dans ce sens, on disait souvent autrefois,
Un chacun.
Prov., Chacun le sien n'est pas trop, Il est juste que chacun ait ce
qui lui appartient. On dit aussi, simplement, Chacun le sien.
CHACUN, se prend quelquefois pour On. Chacun en parle. Chacun en raisonne.
Chacun s'en plaint.
CHAFOUIN , INE. s.
Se dit d'Une personne maigre, de petite taille, et qui a la mine basse. Petit
chafouin. Petite chafouine. Il est familier.
Il est aussi adjectif, et se dit De la mine, des manières, etc. Mine
chafouine. Air chafouin.
CHAGRIN .s.m.
Peine, affliction, déplaisir. Chagrin cuisant. Grand, profond chagrin.
Noir chagrin. Chagrin mortel. De longs chagrins. Avoir du chagrin, des chagrins.
Apprendre avec chagrin. Il fut obligé de le faire, à son grand chagrin.
Vivre dans le chagrin. Miné, rongé par le chagrin. Mourir de chagrin.
Exempt, délivré de tout chagrin. Sans chagrin. Chagrins domestiques.
Les chagrins abrégent la vie. Passer son chagrin. Noyer son chagrin dans
le vin.
Il signifie quelquefois, Colère, dépit. La moindre contradiction
excite son chagrin.
CHAGRIN , INE. adj.
Mélancolique, triste; de fâcheuse, de mauvaise humeur. Il est
si chagrin depuis quelque temps, qu'on ne le reconnaît plus. Il est né
chagrin. Il est naturellement chagrin. Il a l'esprit chagrin, l'âme, l'humeur
chagrine. Air chagrin.
CHAGRIN .s.m.
Espèce de cuir grenu, fait ordinairement de peau de mulet ou d'âne.
Peau de chagrin. Un livre couvert de chagrin. Étui de chagrin.
Fig. et fam., Avoir une peau de chagrin, Avoir la peau rude.
CHAGRINANT , ANTE. adj.
Qui chagrine. Cela est chagrinant. Cet homme-là est bien chagrinant.
CHAGRINER . v. a.
Attrister, rendre chagrin. Sa maladie le chagrine. Cela me chagrine. Quel
plaisir prenez-vous à le chagriner? Je n'ai pas eu intention de vous chagriner.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Il se chagrine de tout. Il ne faut
pas se chagriner.
CHAGRINÉ, ÉE. participe
CHAGRINER . v. a.
T. d'Arts. Préparer, travailler une peau de manière à la
rendre grenue, à la convertir en chagrin.
CHAGRINÉ, ÉE. participe, Peau chagrinée.
CHAÎNE . s. f.
Espèce de lien de métal, composé d'anneaux engagés
les uns dans les autres. Chaîne de fer. Chaîne d'or. Chaîne
d'argent. Montre à chaîne. Une chaîne de montre. Tendre des
chaînes dans les rues. Dans la marine militaire, on emploie aujourd'hui
des chaînes pour câbles. Une chaîne de puits. Être attaché
avec une chaîne. Un bruit de chaînes. Charger quelqu'un de chaînes.
Mettre à la chaîne, Enchaîner, mettre aux fers. On
dit de même, Tenir un chien à la chaîne.
La chaîne d'un port, La chaîne, ou, par extension, l'espèce
de radeau, d'estacade qui ferme l'entrée d'un port. Tous les ports militaires
ont une chaîne.
Chaîne d'arpenteur, Chaîne de fer, d'une longueur connue,
qui sert à mesurer le terrain, dans les opérations de l'arpentage.
Huissiers à la chaîne, de la chaîne, Huissiers du
conseil du roi, ainsi nommés parce qu'ils portaient au cou une chaîne
d'or où était la médaille du roi.
En Joaillerie, Chaîne de diamants, Chaîne garnie de diamants.
En Horlogerie, La chaîne d'une montre, L'espèce de petite
chaîne d'acier qui sert à tendre le grand ressort, en se roulant
sur la pièce qu'on nomme fusée. La chaîne de cette montre
est cassée.
CHAÎNE, signifiait aussi, La peine des galères. Il fut
condamné à la chaîne. On le tira de la chaîne. Mettre
à la chaîne, Envoyer aux galères.
Il signifie encore aujourd'hui, Toute la troupe des gens condamnés aux
travaux forcés. La chaîne n'est pas encore partie pour le bagne.
Le départ de la chaîne.
CHAÎNE, signifie figurément, Servitude, captivité.
Ces peuples ont rompu leurs chaînes, et se sont mis en liberté.
Cet amant se plaît dans ses chaînes. Il aime sa chaîne. Il a
secoué sa chaîne. Il a brisé ses chaînes. Traîner
sa chaîne. En style de Dévotion, Les chaînes du péché.
Se dit quelquefois en parlant De deux personnes qu'unit une vive affection.
Ils sont unis par une étroite chaîne. Rien ne peut briser la chaîne
qui nous lie.
CHAÎNE, se dit encore, au figuré, pour Enchaînement,
continuité, succession. La chaîne des êtres. La chaîne
des idées. La chaîne de mes idées est rompue. La chaîne
des événements. Cela forme une chaîne d'occupations continuelles.
Se dit aussi d'Une suite non interrompue d'objets semblables; et, dans ce sens,
on l'emploie surtout en parlant De montagnes, de rochers. Une longue chaîne
de montagnes. La chaîne des Andes. Une chaîne de rochers. On dit
de même, Une chaîne d'étangs, Plusieurs étangs
qui se communiquent.
Se dit également d'Une suite de personnes disposées de manière
à faire passer rapidement de main en main un fardeau, des pierres, des
seaux d'eau dans un incendie, etc. Faire la chaîne. Former la chaîne.
Plusieurs chaînes puisaient dans la rivière.
En Physique, Chaîne électrique, Suite de personnes qui se
tiennent par la main, ou qui sont mises en communication par un corps intermédiaire,
pour recevoir toutes en même temps la commotion électrique.
CHAÎNE, en termes de Danse, Figure dans laquelle les danseurs se
donnent la main en passant, lorsque, dans une contredanse, ils traversent pour
changer de place. Chaîne anglaise.
CHAÎNE, en termes de Maçonnerie, Espèce de pilier
de pierre de taille qui entre dans la construction d'un mur, et qui sert à
le fortifier et à le lier.
CHAÎNE, en termes de Tisserand, Les fils tendus sur les deux rouleaux
d'un métier pour faire de la toile ou de l'étoffe, et entre lesquels
passe la trame. La chaîne de cette étoffe est de fil, la trame
est de soie.
CHAÎNETIER .s.m.
Ouvrier qui fait des agrafes et toutes sortes de petites chaînes.
CHAÎNETTE . s. f.
Petite chaîne. La chaînette d'une bride.
En termes de Tailleur et de Couturière, Points de chaînette,
Points dont l'assemblage imite une chaînette.
CHAÎNETTE, en termes d'Architecture, Espèce de voûte
dont le cintre est semblable à la courbe d'une chaîne suspendue par
les deux extrémités.
CHAÎNON .s.m.
Anneau d'une chaîne. Cette chaîne s'est rompue, il y a deux ou
trois chaînons de perdus.
CHAIR . s. f.
Substance molle et sanguine, qui est entre la peau et les os de l'homme et des
animaux. Chair vive. Chair morte. Chair ferme. Chair molle. Avoir un coup d'épée
dans les chairs. On guérit aisément les blessures qui ne sont que
dans les chairs. Avoir la chair bonne. Ceux qui ont la chair mauvaise sont difficiles
à guérir. Sa plaie va bien, les chairs commencent à revenir.
Le corps de tel saint est en chair et en os dans cette église.
Chairs baveuses, Les chairs spongieuses d'une plaie qui ne va pas bien.
Cette femme a la chair fraîche, Elle a de la fraîcheur.
Être en chair, se dit D'une personne qui a ou qui prend de l'embonpoint.
Ce cheval est bien en chair, Il est en bon état, et il a la chair
ferme.
Excroissance de chair. Nom que l'on donne à certaines tumeurs
de nature très-diverse.
Prov., Pester entre cuir et chair, Être mécontent sans oser
le dire.
CHAIR, en termes de l'Écriture sainte, signifie, L'humanité,
la nature humaine, un corps humain; et dans ce sens on dit: Le Verbe s'est
fait chair. La résurrection de la chair.
Il signifie encore, dans le langage de l'Écriture, L'homme terrestre
et animal, opposé à L'homme spirituel éclairé par
la foi; et, dans ce sens, on le joint ordinairement au mot sang. Écouter
la chair et le sang. La chair et le sang se troublent quelquefois.
CHAIR, signifie aussi, dans le langage ascétique, La concupiscence.
Le monde, le démon et la chair sont les ennemis de notre salut. Mortifier,
mater, macérer sa chair. Crucifier sa chair. L'aiguillon de la chair. Le
démon de la chair. La chair se révolte contre l'esprit. L'esprit
est prompt, et la chair est faible. Les faiblesses, les infirmités de la
chair.
L'oeuvre de la chair, ou L'oeuvre de chair, La conjonction charnelle.
Le péché de la chair, Le péché d'impureté.
CHAIR, signifie quelquefois simplement, La peau, en parlant Des personnes.
Avoir la chair douce, rude, blanche, noire, etc., Avoir la peau douce,
rude, etc.
Fig. et fam., Cela fait venir la chair de poule, Cela fait frissonner.
On dit de même, J'en ai la chair de poule.
CHAIRS, au pluriel, se dit, en termes de Peinture et de Sculpture, de
Toute imitation de la chair de l'homme. Ce peintre, ce sculpteur rend bien
les chairs, ses chairs sont belles. On dit quelquefois au singulier, mais
en Peinture seulement, Telle partie est belle de chair, Le coloris en est
vrai, naturel.
Couleur de chair, Certaine couleur rouge pâle, qui approche de
la couleur de la chair de l'homme. Des gants couleur de chair.
CHAIR, se dit encore spécialement de Toutes les parties musculaires
des animaux terrestres et des oiseaux, en tant qu'elles servent d'aliment. Un
morceau de chair. Chair de boeuf. Chair de mouton. Chair crue. Chair cuite. Chair
rôtie. Chair bouillie. Chair dure. Chair tendre. Chair grasse. Chair maigre.
Chair coriace. Chair courte. Chair longue. Chair salée. Chair fraîche.
Manger de la chair. Les catholiques ne mangent point de chair en carême;
ils s'abstiennent de chair le vendredi et le samedi.
Se dit quelquefois de même en parlant Des poissons. Ce brochet a la
chair molle, ferme.
Chair blanche, La chair des chapons, des poulardes, des dindons, etc.
Chair noire, Celle des lièvres, des bécasses, etc.
Fam., La chair nourrit la chair, La viande est le meilleur aliment.
Prov. et fig., On ne sait s'il est chair ou poisson, ou Il n'est ni
chair ni poisson, se dit D'un homme sans caractère; et, particulièrement,
D'un homme qui flotte par faiblesse entre deux partis.
Prov., Hacher menu comme chair à pâté, Mettre en
pièces, hacher par morceaux. On dit de même, par menace, Vous
serez hachés menu comme chair à pâté.
Fam., C'est une masse de chair, une grosse masse de chair, se dit D'une
personne qui a le corps et l'esprit lourds, ou seulement dont le corps est fort
gros, fort pesant.
CHAIR, se dit, par extension, de La substance imbibée de sucs,
et cependant assez ferme, de certains fruits et même de quelques plantes
qui servent d'aliment. La chair de la pêche. La chair d'un melon. La
chair de cette poire est cassante. La chair d'un champignon. Etc.
CHAIRE . s. f.
C'est, dans les églises, Une espèce de tribune élevée
et ordinairement surmontée d'un dais ou baldaquin, dans laquelle on se
place pour prêcher, pour faire quelque lecture aux assistants, etc. Chaire
de bois, de marbre, de pierre, etc. Belle chaire. La chaire de Saint-Sulpice,
de Saint-Roch, etc. Dès que le prédicateur fut en chaire. Monter
en chaire. Descendre de chaire. Ce mandement fut lu en chaire dans toutes les
églises. Il fit cette déclaration en pleine chaire.
La chaire de vérité, la chaire évangélique,
La chaire où l'on prêche l'Évangile. Souiller la chaire
de vérité par des propositions impies. Tonner du haut de la chaire
évangélique.
Fig., Être assis dans la chaire de mensonge, de pestilence, etc.,
Professer l'hérésie.
CHAIRE, signifie aussi, figurément, La prédication. L'éloquence
de la chaire. Les orateurs de la chaire. Il a du talent pour la chaire. On a interdit
la chaire à ce prédicateur. La chaire chrétienne n'admet
point d'ornements profanes.
CHAIRE, dans les Écoles publiques, se dit d'Une simple tribune
où se place le professeur lorsqu'il fait sa leçon. La chaire
du professeur. Le professeur est en chaire.
Se dit aussi, figurément, d'Une place de professeur dans une école
publique. Chaire de droit, de philosophie, de mathématiques. Chaire
d'hébreu. Chaire d'éloquence. Remplir une chaire. Occuper une chaire
au collége de France. Être nommé à une chaire. Mettre
une chaire au concours. Créer, établir une chaire.
CHAIRE, se dit encore Du siége qu'un évêque a dans
son église, au haut du choeur. L'évêque, étant dans
sa chaire, donna la bénédiction au peuple.
Se dit figurément, en ce sens, Du siége apostolique. La chaire
apostolique. La chaire d'unité. Le pape est assis dans la chaire de Saint-Pierre.
Chaire curule. Voyez CHAISE.
CHAISE . s. f.
Siége à dossier, et ordinairement sans bras. Chaise de bois,
de paille, de velours, de tapisserie. Chaise de salon. Donnez une chaise à
monsieur. Prenez une chaise. Avancez une chaise. S'asseoir sur une chaise. Louer
des chaises à l'église, dans une promenade publique. Loueuse de
chaises. Il y a de petites chaises à bras pour les enfants.
Chez les anciens Romains, Chaise ou chaire curule, Chaise d'ivoire
sur laquelle siégeaient les principaux magistrats de la république.
Chaise de choeur. Voyez STALLE.
Chaise longue, Espèce de lit ou de canapé qui n'a de dossier
qu'à l'une de ses extrémités.
Chaise percée, ou simplement, Chaise, Siége sur
lequel on se met pour satisfaire aux besoins naturels. Aller à la chaise.
Être à la chaise.
CHAISE, se dit aussi d'Une espèce de siége fermé
et couvert, dans lequel on se fait porter par deux hommes. Chaise à
porteurs. Chaise de particulier. Il se fait porter en chaise. Il va en chaise.
Porteur de chaise.
CHAISE, signifie encore, Une sorte de voiture légère à
deux ou quatre roues, traînée par un ou deux chevaux; une petite
voiture pour une ou pour deux personnes. Monter dans sa chaise. Descendre de
sa chaise. Chaise de poste. Chaise roulante.
CHAISE, en Architecture, se dit d'Un assemblage de quatre fortes pièces
de charpente, sur lequel on établit la cage d'un clocher, d'un campanile,
d'un moulin à vent.
CHAKO .s.m.
Voyez SHAKO.
CHALAND , ANDE. s.
Se dit de Ceux qui achètent ordinairement chez un même marchand.
Bon chaland. Un marchand qui a beaucoup de chalands. Il a force chalands. C'est
un de ses chalands. C'est une de ses chalandes. Il a perdu ses chalands. Ses chalands
l'ont quitté. Un nouveau chaland.
Il se prend quelquefois simplement pour Acheteur. Faire venir, attirer les
chalands.
Pain chaland, se disait autrefois d'Une sorte de gros pain assez blanc
et fort massif. Dans cette locution, Chaland est adjectif.
CHALAND .s.m.
.Rivière. Grand bateau plat, dont on se sert pour transporter les marchandises.
Un chaland chargé de foin, de vin, etc. Les chalands qui vont du Havre
à Paris, et de Paris au Havre, sont remorqués par des bateaux à
vapeur.
CHALANDISE . s. f.
Habitude d'acheter chez un marchand. Vous êtes trop cher; vous n'aurez
pas ma chalandise.
Se dit aussi de Ceux à qui un marchand débite ordinairement ses
marchandises, des pratiques qui achètent ordinairement chez lui. Un
marchand qui a de bonnes chalandises. Il a perdu la plupart de ses chalandises.
Dans l'un et l'autre sens, il est vieux: voyez PRATIQUE.
CHALASTIQUE . adj. des deux genres
(On prononce Ca.) .Médec. Se dit Des médicaments que l'on
croyait propres à relâcher les fibres.
CHALCOGRAPHE .s.m.
(On prononce Cal.) Graveur en airain. Se dit aussi de Tout graveur sur
métaux.
CHALCOGRAPHIE . s. f.
(On prononce Cal.) L'art de graver sur l'airain, ou sur les autres métaux.
Se dit quelquefois d'Un lieu, d'un établissement destiné à
l'exercice de cet art. La chalcographie du Musée.
Il s'est dit aussi de L'imprimerie du pape, à Rome. La chalcographie
apostolique.
CHALDAÏQUE . adj. des deux genres
(On prononce Cal.) Qui appartient aux Chaldéens, ancien peuple
de la Babylonie. La langue chaldaïque, ou Le chaldéen,
La langue de ce peuple.
CHALDÉEN .s.m.
Voyez l'article précédent.
CHÂLE .s.m.
Longue pièce d'étoffe dont les Orientaux s'enveloppent la tête,
et qui entre aussi, de diverses manières, dans leur vêtement.
Se dit aussi d'Une grande pièce d'étoffe dont les femmes se couvrent
les épaules, et qui est ordinairement fabriquée dans le goût
des châles de l'Orient. Châle de soie, de laine, de coton, de cachemire.
Châle uni. Grand châle. Prendre, mettre son châle. La bordure
d'un châle. Un châle à grandes palmes.
Châle boiteux, Châle carré qui n'a des palmes qu'à
l'un de ses bouts.
CHALET .s.m.
Nom qu'on donne, en Suisse, aux maisons des paysans. Un petit chalet.
Se dit souvent, dans un sens particulier, Des cabanes où se font les
fromages, et qui, dans l'été, servent de retraite aux vachers des
montagnes.
CHALEUR . s. f.
Qualité de ce qui est chaud, sensation produite par un corps chaud. Chaleur
actuelle. Chaleur naturelle. Chaleur étrangère. Différents
degrés de chaleur. Vive, forte chaleur. Douce chaleur. Entretenir une chaleur
modérée dans un lieu. La chaleur du feu. La chaleur du soleil. Le
corps avait un reste de chaleur.
Se dit aussi, en parlant De l'économie animale, pour exprimer Certaines
sensations de chaleur, qui ordinairement sont incommodes. La chaleur de la
fièvre. Chaleur d'entrailles. Éprouver des chaleurs. Chaleur de
tête.
Fig. et fam., Chaleur de foie, Mouvement de colère prompt et passager.
C'est une petite chaleur de foie. Il lui prit une chaleur de foie. Cette
locution a vieilli.
Être en chaleur, se dit Des femelles de certains animaux, lorsqu'elles
désirent l'approche du mâle. Cette jument, cette chatte est en
chaleur. Laissez passer la chaleur de cette chienne.
CHALEUR, se dit souvent, dans un sens particulier, d'Une température
produite par l'action du soleil. La chaleur est dévorante, étouffante.
Le thermomètre marque vingt degrés de chaleur. Être incommodé
par la chaleur. Se mettre à l'abri de la chaleur. Nous partirons ce soir,
après la chaleur. Les chaleurs de l'été, de la canicule.
Dans le temps des chaleurs. Durant les grandes chaleurs. Les chaleurs règnent
ici la plus grande partie de l'année.
CHALEUR, s'emploie aussi figurément, en parlant Des passions,
des sentiments, ou de ce qui sert à les manifester, et signifie, Ardeur,
feu, véhémence. La chaleur de la jeunesse. Noble chaleur. Chaleur
guerrière. Ce comédien n'a point de chaleur, est dépourvu
de chaleur. Dans la première chaleur de son ressentiment, il voulait...
Prendre, embrasser avec chaleur les intérêts de quelqu'un. Défendre
une personne avec chaleur. Il sert ses amis avec chaleur. Il montre beaucoup de
chaleur à soutenir cette affaire. Il s'y porte avec chaleur. Il y met trop
de chaleur. La chaleur du sentiment. Parler avec chaleur. Chaleur d'éloquence.
Écrire avec chaleur. Chaleur de style. Style plein de chaleur.
Dans la chaleur du combat, dans la chaleur de la dispute, dans la chaleur
de la composition, Au fort du combat, de la dispute, de la composition.
CHALEUREUX , EUSE. adj.
Qui a beaucoup de chaleur naturelle. Il ne se dit que Des personnes, et il est
peu usité. À l'âge de soixante et dix ans, on n'est guère
chaleureux.
Se dit quelquefois figurément, au sens moral, en parlant Des choses.
Paroles chaleureuses. Style chaleureux.
CHÂLIT .s.m.
Bois de lit. Châlit de bois de noyer. Le châlit est rompu. Châlit
de fer. Il vieillit.
CHALOIR . v. n.
Il ne s'emploie qu'impersonnellement, et ne se dit guère que dans cette
phrase, Il ne m'en chaut, Il ne m'importe. Ce mot est vieux.
CHALON .s.m.
.Pèche. Grand filet que les pêcheurs traînent dans les rivières,
par le moyen de deux bateaux au bout desquels les côtés du filet
sont attachés.
CHALOUPE . s. f.
Sorte de petit bâtiment non ponté dont on se sert principalement
dans les ports et les rades, et qu'on embarque aussi pour le service des navires
qui vont en mer. Chaloupe de pêche. Chaloupe d'un vaisseau de guerre.
Chaloupe armée. Descendre la chaloupe en mer. Mettre la chaloupe à
la mer. Ils se sauvèrent dans une chaloupe.
Chaloupe canonnière, Petit bâtiment à fond plat,
armé d'un ou de plusieurs canons.
CHALUMEAU .s.m.
Tuyau de paille, de roseau, de métal, etc. Les enfants font des bulles
de savon avec un chalumeau. Quand le pape communie solennellement, il prend avec
un chalumeau d'or le vin consacré.
Se dit particulièrement, dans les Arts, d'Un tuyau recourbé, fait
de cuivre, d'argent ou de verre, dont on se sert pour diriger la flamme sur les
matières qu'on veut échauffer ou fondre. Chalumeau d'émailleur.
CHALUMEAU, se dit, en Poésie, de Toute sorte de flûtes et
d'instruments à vent qui composent une musique champêtre. Au son
des chalumeaux.
CHALYBÉ , ÉE. adj.
(On prononce Ca.) Se dit, en Chimie, Des préparations où
il entre du tartrate de potasse et de fer. Vin chalybé.
CHAMADE . s. f.
.Guerre. Signal que des assiégés donnent avec la trompette ou
le tambour, quelquefois en arborant un drapeau blanc, pour avertir qu'ils veulent
parlementer. Battre la chamade. Sonner la chamade. Répondre à
une chamade. La brèche étant faite, les assiégés battirent
la chamade.
CHAMAILLER . v. n.
Il ne se dit qu'en parlant De plusieurs personnes qui se battent confusément
et avec grand bruit. Ils chamaillèrent longtemps. Il est familier.
S'emploie aussi, dans le même sens, avec le pronom personnel. Ils se
chamaillèrent deux heures durant. Nous nous chamaillerons comme il faut.
Se dit plus ordinairement au figuré, en parlant De gens qui disputent
avec beaucoup de bruit. Ils se sont bien chamaillés. Ces deux femmes
ne cessent de se chamailler.
CHAMAILLIS .s.m.
Mêlée, combat où l'on chamaille; dispute bruyante. Durant
le chamaillis. Voilà un grand chamaillis. Il est familier.
CHAMARRER . v. a.
Orner un habit, un meuble, de passements, de dentelles, de galons, de bandes
de velours, etc. Chamarrer un habit. Chamarrer un meuble de galons.
Il ne se dit plus guère aujourd'hui qu'en parlant D'une parure de mauvais
goût, d'un assemblage de couleurs éclatantes et mal assorties. Il
s'est fait chamarrer de la manière la plus bizarre. Cette robe est bien
ridiculement chamarrée.
Fig. et fam., Chamarrer quelqu'un de ridicules, Le charger, le couvrir
de ridicules.
CHAMARRÉ, ÉE. participe
CHAMARRURE . s. f.
Manière de chamarrer; Ornements avec lesquels on chamarre. Chamarrure
à ondes. La chamarrure de cet habit est très-riche.
Il ne se dit plus guère aujourd'hui que par dénigrement. Voyez
CHAMARRER.
CHAMBELLAGE .s.m.
.Jurispr. féodale. Droit en argent que devaient certains vassaux à
leurs seigneurs.
CHAMBELLAN .s.m.
On appelle ainsi, chez quelques princes, Les gentilshommes qui les servent dans
la chambre, en l'absence du premier gentilhomme de la chambre. La marque distinctive
de l'emploi de chambellan, est une clef attachée à la poche droite
de l'habit.
Grand chambellan, Le premier officier de la chambre du roi, celui qui
sert le roi préférablement aux premiers gentilshommes. Quand
le roi tenait son lit de justice, le grand chambellan était à ses
pieds. Un tel est pourvu de la charge de grand chambellan.
CHAMBELLAN, s'est dit aussi d'Une des tables que le roi tenait pour les
courtisans, et dont le grand chambellan faisait les honneurs. Aller dîner
au chambellan.
CHAMBOURIN .s.m.
Espèce de pierre qui sert à faire le faux cristal.
CHAMBRANLE .s.m.
Ornement de bois ou de pierre, qui encadre, qui borde les portes, les fenêtres
et les cheminées. Chambranle de menuiserie. Chambranle de pierre, de
marbre, etc.
CHAMBRE . s. f.
Se dit De la plupart des pièces d'une maison, et principalement de Celle
où l'on couche. Chambre à coucher. Belle chambre. Chambre de
parade. Chambre bonne et chaude. Chambre parquetée, lambrissée,
boisée, planchéiée, carrelée. Chambre haute. Chambre
basse. Chambre fort exhaussée. Première, seconde, troisième
chambre. Chambre en galetas. Il loge à telle chambre. Il y a tant de chambres
à feu dans cette maison. Chambre vide. Chambre meublée. Chambre
garnie. Chambre à louer. Servir à la chambre. Valet de chambre.
Femme de chambre. Meubles de chambre. Robe de chambre. Pot de chambre.
Garder la chambre, Être assez indisposé pour ne pouvoir
sortir de sa chambre.
Travailler en chambre, se dit D'un artisan, d'un ouvrier qui ne tient
pas boutique.
Fam., Mettre une fille en chambre, Louer des meubles, une chambre, pour
une fille qu'on entretient.
Fig. et fam., Mettre, tenir quelqu'un en chambre, L'obséder pour
le faire jouer, et le tromper au jeu. Ils sont quatre ou cinq qui le tiennent
en chambre, et lui gagnent tout son argent.
Prov. et fig., Il a bien des chambres à louer dans la tête,
se dit D'un homme qui est un peu fou, qui a des visions.
Dans les Monastères, Chambre noire, Chambre qui n'est point éclairée,
où l'on renferme ceux que l'on met en pénitence, et où l'on
fait aussi des retraites volontaires.
En termes d'Optique, Chambre noire, ou Chambre obscure. Voyez
NOIR, adjectif.
Chambre du conseil, dans les Tribunaux, La chambre où les juges
se retirent pour délibérer. Certaines décisions ne peuvent
être rendues qu'en la chambre du conseil.
Absol., La chambre, La chambre du roi. Premier gentilhomme de la chambre.
Pages de la chambre. Huissier de la chambre. Musique de la chambre. Il signifie,
par extension, Les officiers mêmes de la chambre du roi. La chambre est
entrée. Avoir les entrées de la chambre, Avoir le privilége
d'entrer avec les officiers de la chambre.
Maître de chambre, Le premier officier de la maison du pape ou
d'un cardinal.
CHAMBRE, se dit pareillement, dans les Vaisseaux, de Certains retranchements
où couchent les principaux officiers, où se tient le conseil, etc.
La chambre du capitaine. Chambre du conseil. Grande chambre. Chambres des passagers.
CHAMBRE, se dit, figurément, de Certaines assemblées législatives.
Les états généraux étaient partagés en trois
chambres: la chambre du clergé, la chambre de la noblesse, et la chambre
du tiers état. La charte a établi deux chambres. Chambre des pairs.
Chambre des députés des départements, ou simplement,
Chambre des députés. Le parlement d'Angleterre est divisé
en deux chambres: la chambre haute, ou la chambre des pairs, des lords, des seigneurs;
et la chambre basse, ou la chambre des communes. Convoquer les chambres. Dissoudre
la chambre. Ouvrir, clore la session des chambres. Présenter un projet
de loi à l'une des deux chambres. La discussion fut très-animée
à la chambre des pairs. La droite, la gauche, le centre de la chambre.
La chambre adopte. La chambre rejette. La chambre passe à l'ordre du jour.
La chambre n'est pas en nombre pour délibérer. La majorité
de la chambre. Adresser une pétition à la chambre. Siéger
à la chambre.
CHAMBRE, est encore un nom commun à Différentes juridictions,
distinguées par un second titre propre à chacune d'elles.
Chambres de l'édit, Chambres instituées par l'édit
de Nantes, et qu'on nommait aussi Chambres mi-parties, parce qu'elles étaient
composées, par moitié, de juges catholiques et de juges protestants.
Louis XIV supprima toutes les chambres mi-parties.
Chambre des comptes, Cour supérieure établie pour connaître,
en dernier ressort, de tout ce qui était relatif au maniement des finances,
et à la conservation des deniers du roi. Déclaration vérifiée
en la chambre des comptes. Cette chambre a été remplacée
par la Cour des comptes, qui a des attributions analogues.
Chambre apostolique, Tribunal qui connaît des revenus de l'Etat
ecclésiastique, et qui en a l'administration. Trésorier de la
chambre apostolique. Auditeur de la chambre apostolique. Écus d'or de la
chambre.
Chambre ecclésiastique, Tribunal où l'on connaissait des
affaires qui avaient rapport aux décimes. Chambre ecclésiastique
de Paris.
Chambre impériale, Tribunal de l'Empire, où se jugeaient
les affaires des différents États d'Allemagne, et, par appel, celles
des particuliers. La chambre impériale siégea d'abord à
Spire, et fut transférée ensuite à Wetzlar.
Chambre de justice, ou Chambre ardente, Assemblée de juges
commis pour connaître des malversations de ceux qui avaient manié
les deniers publies, et de quelques autres affaires qui leur étaient renvoyées.
Chambre ardente, s'est dit, plus anciennement, de Deux autres tribunaux
qui connaissaient, l'un des crimes d'hérésie, l'autre des crimes
d'empoisonnement, et qui prononçaient la peine du feu contre les coupables.
Chambre aux deniers, Bureau où l'on réglait tout ce qui
regardait la dépense de bouche de la maison du roi. Maître de
la chambre aux deniers.
CHAMBRE, se dit également Des sections, des divisions de certains
tribunaux. Il y avait dans les parlements la grand'chambre, la chambre des
requêtes, celle des enquêtes, etc. La première, la seconde
chambre de la cour royale. Président de chambre. Arrêt rendu les
chambres assemblées. La cause a été portée à
la deuxième chambre du tribunal de première instance. La cour royale,
chambre des appels de police correctionnelle.
Chambre des vacations, Chambre composée d'un président
et de plusieurs conseillers ou juges, tirés des différentes chambres,
dans laquelle on administre la justice pendant les vacations, ou vacances des
tribunaux.
CHAMBRE, se dit encore de Certaines assemblées qui s'occupent
d'intérêts spéciaux, ou de ce qui est relatif à la
discipline d'un corps. Chambre de commerce. Chambre d'assurance. Chambre d'agriculture.
Chambre des avoués. Chambre des notaires. Chambre syndicale.
CHAMBRE, désigne par analogie avec le premier sens, Certaines
cavités accidentelles ou pratiquées à dessein. Ainsi, on
le dit d'Un vide qui s'est fait à la fonte, dans un canon, dans une cloche,
lorsque la matière n'a pas coulé également partout. Il
faut refondre cette cloche, parce qu'elle a une chambre. On a reconnu en forant
le canon qu'il y avait des chambres. Un tir trop fréquent peut aussi produire
des chambres.
Chambre d'un mortier, d'un obusier, Espace ovale qu'on pratique en fondant
un mortier, un obusier, et où l'on met la poudre, pour lui donner plus
de force.
Chambre d'une mine, L'endroit destiné à recevoir la charge
de la mine. On le nomme autrement Fourneau.
En termes d'Hydraulique, Chambre d'écluse, L'espace compris entre
deux portes d'écluse.
En termes d'Anat., Chambres de l'oeil, se dit de Deux cavités
qui sont remplies par l'humeur aqueuse, et qui communiquent ensemble par l'ouverture
de la pupille. Chambre antérieure. Chambre postérieure.
CHAMBRÉ , ÉE. adj.
Se dit Des pièces d'artillerie qui ont des chambres. Ce canon est
chambré. Refondre une pièce chambrée.
CHAMBRÉE . s. f.
Certain nombre de soldats qui logent et mangent ensemble. Les chambrées
ont été de cinq à douze soldats.
CHAMBRÉE, se dit aussi, dans les Théâtres, de La
quantité des spectateurs, et du produit de la recette. Bonne, faible
chambrée.
CHAMBRELAN .s.m.
Ouvrier qui travaille en chambre.
Se dit aussi d'Un locataire qui n'occupe qu'une chambre dans une maison. Dans
les deux sens, il est populaire et peu usité.
CHAMBRER . v. n.
Être de la même chambrée. Ces deux soldats chambrent ensemble.
Dans ce sens, il a vieilli.
CHAMBRER, est aussi actif. Chambrer quelqu'un, Le tenir enfermé
par une sorte de violence ou de séduction, pour le faire jouer.
Il signifie aussi, familièrement, Tirer quelqu'un à l'écart,
l'entretenir en particulier. On l'a chambré pendant deux heures, sans
rien gagner sur son esprit.
CHAMBRÉ, ÉE. participe
CHAMBRETTE . s. f.
Diminutif de Chambre. Elle se tient renfermée dans sa chambrette.
Il est familier.
CHAMBRIER .s.m.
Certain officier claustral dans quelques monastères rentés, et
dans quelques chapitres.
Grand chambrier, se disait autrefois d'Un des grands officiers de la
couronne de France, qui avait l'intendance de la chambre du roi, etc. La charge
de grand chambrier était héréditaire dans la maison de Bourbon.
Fam., Grand chambrier, s'est dit aussi d'Un conseiller de grand'chambre.
CHAMBRIÈRE . s. f.
Servante de personnes de petite condition. Chambrière qui cherche
condition. Il a congédié sa chambrière.
CHAMBRIÈRE, dans les Manéges, Bâton de trois ou quatre
pieds de longueur, au bout duquel est attachée une courroie, une longe
de cuir, pour châtier les chevaux. Un coup de chambrière.
CHAME
ou CAME. s. f.
T. d'Hist. nat. Genre de coquilles bivalves, qui comprend un grand nombre d'espèces,
toutes marines.
CHAMEAU .s.m.
Quadrupède ruminant haut de jambes, qui a le cou fort long, la tête
petite, les oreilles courtes, et deux bosses sur le dos. Chameau mâle.
Chameau femelle. Chameau d'Arabie. Dans le Levant, on se sert beaucoup de chameaux.
CHAMEAU, en termes de Marine, Espèce de grand ponton qu'on emploie
surtout en Hollande, et qui sert à soulever un bâtiment pour le faire
passer sur de petits fonds. On place un chameau de chaque côté
du vaisseau qu'on veut soulever.
CHAMELIER .s.m.
Celui qui est chargé de conduire et de soigner des chameaux.
CHAMOIS .s.m.
Espèce de chèvre sauvage, qui vit dans les rochers et dans les
montagnes. Il tua, il prit deux chamois. Chamois mâle. Chamois femelle.
Se dit souvent de La peau de cet animal corroyée et passée en
huile. Culotte, gants, souliers de chamois.
Couleur chamois, Couleur d'un jaune très-clair.
CHAMOISERIE . s. f.
Lieu où l'on prépare les peaux de chamois.
Se dit aussi de La marchandise que prépare le chamoiseur. Faire le
commerce de chamoiserie.
CHAMOISEUR .s.m.
Ouvrier qui prépare les peaux de chamois.
CHAMP .s.m.
Étendue, pièce de terre labourable, qui ordinairement n'est pas
fermée de murailles. Champ fertile. Champ stérile. Champ de tant
d'arpents, etc. Labourer, cultiver, fumer, semer, moissonner un champ. Champ de
blé. Au bout du champ. Au milieu d'un champ. Le décimateur prenait
la dîme dans le champ.
Se dit quelquefois au figuré, dans un sens analogue. Cultiver, féconder
le champ de l'histoire.
En plein champ, Au milieu des champs, de la campagne. Passer la nuit
en plein champ.
Champ de Mars, Lieu consacré à des exercices militaires.
Champ de mars, et Champ de mai, se disaient anciennement de Certaines
assemblées que les principaux de la nation française tenaient au
mois de mars ou de mai, pour régler les affaires de l'État.
Champ du repos, se dit quelquefois d'Un cimetière.
CHAMPS, au pluriel, signifie, Toutes sortes de terres, tant les terres
labourables que les prés, les bois, les bruyères, etc., pris tous
ensemble. Mener les vaches, les brebis aux champs. Fleurs des champs. Se promener
dans les champs. Il ne fait pas bon aux champs dans cette saison.
À travers champs. Hors des routes battues. Prendre, aller à
travers champs. On dit aussi, À travers les champs.
Fam., Courir les champs, Se promener, errer dans les champs.
Prov., Il est fou à courir les champs, se dit D'un homme qui est
très-fou.
Prov. et fig., Se sauver à travers champs, se dit D'une personne
qui essaye, par différents discours, d'échapper à une question
pressante.
Champs Élysées, Élysiens ou Élyséens,
Lieux où, selon les anciens païens, étaient reçues,
après la mort, les âmes des hommes justes.
CHAMPS, au pluriel, se dit aussi de Tous les lieux qui ne sont point
dans les villes ou dans les faubourgs. Maison des champs. Il demeure aux champs.
Il est allé aux champs. La vie des champs.
Être aux champs et à la ville, Loger à l'extrémité
d'un faubourg, ou habiter, dans la ville, une maison où il y a un grand
jardin.
Fig. et fam., Un rien le met aux champs, il se met aux champs pour la moindre
chose, se dit De quelqu'un qui se fâche ou qui s'inquiète aisément.
On dit dans un sens analogue, Être aux champs.
Fig. et fam., Avoir la clef des champs, Avoir la liberté d'aller
où l'on veut. On dit de même, Donner la clef des champs, Mettre
en liberté; et, Prendre la clef des champs, S'en aller, s'enfuir.
Prov. et fig., Avoir un oeil aux champs et l'autre à la ville,
Prendre garde à tout, être attentif à tout.
En termes militaires, Battre aux champs, Battre le pas ordinaire, soit
pour rendre les honneurs, soit pour se mettre en marche. On battait aux champs
pour aller relever la garde. La garde des Tuileries bat aux champs quand le roi
sort ou rentre.
CHAMP DE BATAILLE, au singulier, se dit de La place où combattent
deux armées. Il est demeuré maître du champ de bataille.
Le champ de bataille lui est demeuré. Il a couché sur le champ de
bataille. Visiter un champ de bataille après le combat. On dit dans
le même sens, en poésie et dans le style élevé: Le
champ d'honneur. Le champ ou les champs de Mars. Etc.
Fig. et fam., Il a bien pris, bien choisi son champ de bataille, Il a
pris ses avantages pour réussir.
Fig. et fam., Le champ de bataille lui est demeuré, se dit D'un
homme qui a remporté l'avantage sur un autre dans un débat.
Champ clos, Lice, lieu fermé de barrières, dans lequel
deux ou plusieurs personnes vidaient autrefois leurs différends par les
armes, avec la permission du prince ou du magistrat. Se battre en champ clos.
Dans les combats de ce genre qui avaient lieu à cheval, on disait, Prendre
du champ, Prendre de l'espace pour mieux fournir sa carrière.
Champ clos, se dit également en parlant Des tournois. Le tournoi
se fit en champ clos. On dit néanmoins, Le juge du camp, et
non du champ.
CHAMP, signifie aussi figurément, Carrière, ou sujet, occasion.
On lui a donné, on lui a ouvert un beau champ pour acquérir de
la gloire. Un vaste champ s'ouvre devant nous. Il a un beau champ pour paraître
avec avantage. Voilà un beau champ pour étaler son éloquence,
son érudition.
Laisser à quelqu'un le champ libre, Ne point s'opposer à
ses prétentions, ne point se mettre en concurrence avec lui. Vous pouvez
continuer vos démarches, je vous laisse le champ libre. On dit aussi,
Avoir le champ libre, Avoir la liberté de faire une chose. Rien
ne vous empêche d'y aller: vous avez le champ libre. On dit dans un
sens analogue, Donner un champ libre à son imagination, à sa
colère, à sa fureur, etc.
CHAMP, signifie encore figurément, Un fond sur lequel on peint,
on grave, on représente quelque chose. Le champ d'un tableau, d'une
médaille, d'un écusson. Le champ de ce tableau est trop clair. Ses
armes sont un lion d'or en champ d'azur.
Se dit aussi de L'étendue qu'embrasse une lunette d'approche. Cette
lunette a trop peu de champ.
Mettre de champ, poser de champ des briques, des pierres, des solives,
Les mettre, les poser sur la face la moins large.
En Mécanique, Roue de champ, Celle qui est horizontale, et dont
les dents sont perpendiculaires.
SUR-LE-CHAMP. loc. adv. Sur l'heure même, sans délai. Cela
fut vidé, fut décidé sur-le-champ. On l'arrêta sur-le-champ.
Répondre sur-le-champ.
Prêcher, haranguer, parler sur-le-champ, Sans préparation,
d'abondance.
À TOUT BOUT DE CHAMP. loc. adv. et fam. À chaque instant,
à tout propos. Il retombe dans la même faute à tout bout
de champ.
CHAMPART .s.m.
.Jurispr. féodale. Droit que les seigneurs de fief avaient, en quelques
lieux, de lever une certaine quantité de gerbes sur les terres qui étaient
en leur censive. Lever la dîme et le champart.
CHAMPARTER . v. a.
.Jurispr. féodale. Exercer le droit de champart. Champarter un champ.
CHAMPARTÉ, ÉE. participe
CHAMPARTEUR .s.m.
.Jurispr. féodale. Celui qui levait le champart au nom du seigneur.
CHAMPEAUX .s.m. pl.
Prés, prairies. Il a vieilli.
CHAMPÊTRE . adj. des deux genres
Qui appartient, qui a rapport aux champs; ou Qui est éloigné des
villes. Travaux, soins champêtres. Vie champêtre. Musique champêtre.
Site champêtre. Maison, lieu, séjour champêtre.
Garde champêtre, Agent préposé à la garde
des récoltes et des propriétés rurales de toute espèce.
Le garde champêtre dressa procès-verbal.
En Mythol., Dieux champêtres, divinités champêtres,
Les divinités qui présidaient aux biens de la terre, et qui étaient
particulièrement adorées aux champs.
CHAMPIGNON .s.m.
Nom générique d'une famille nombreuse de plantes sans organes
sexuels apparents, d'une consistance molle, spongieuse ou coriace, dénuées
de feuilles et de racines, et dont la forme et la couleur varient beaucoup. Les
champignons croissent très-rapidement. L'amadou est fait d'une espèce
de champignon. Champignons parasites. Le pied d'un champignon. Le chapeau d'un
champignon. La pluie douce fait venir les champignons. Ramasser des champignons.
Champignons bons à manger. Champignons de couche. Maniveau de champignons.
Plat de champignons. Ragoût, sauce aux champignons. Croûte aux champignons.
Poudre de champignons. Champignons vénéneux.
Prov. et fig., Il est venu en une nuit, comme un champignon, se dit D'un
homme qui s'est élevé en peu de temps.
CHAMPIGNON, se dit aussi d'Un support, ordinairement de bois, dont le
haut a la forme d'un champignon, et sur lequel on pose des chapeaux ou des bonnets
de femme, des perruques, etc.
CHAMPIGNON, se dit encore d'Un certain bouton qui se forme au lumignon
d'une bougie, d'une chandelle, ou à une mèche qui brûle.
CHAMPIGNON, en termes de Médecine, se dit de Certaines excroissances
de chair spongieuses qui se forment dans les plaies, et dans quelques parties
du corps. Voyez FONGUS.
CHAMPION .s.m.
Celui qui combattait en champ clos pour sa querelle, ou pour la querelle d'autrui.
Brave, vaillant champion. Ceux qui ne pouvaient pas combattre de leur personne,
comme les vieillards, les estropiés, les ecclésiastiques, les dames,
fournissaient des champions. Il s'offrit pour être son champion.
Se dit quelquefois, par extension, de Toute personne qui combat. En ce sens,
on ne l'emploie guère sérieusement.
Ironiq. et fam., C'est un vaillant champion, se dit D'un homme qu'on
croit peu courageux.
CHAMPION, signifie aussi, figurément, Défenseur. Champion
de la foi. Se dit souvent par mépris ou par raillerie. Cet homme
est le champion des mauvaises causes. Il s'est fait, il s'est déclaré
le champion de cet auteur.
CHANCE . s. f.
Sorte de jeu de dés. Jouer à la chance.
Il se prend aussi pour Le point qu'on livre à celui contre lequel on
joue aux dés, ou pour Le point qu'on se livre à soi-même.
Livrer chance. Amener sa chance.
Fig., Livrer chance à quelqu'un, Le défier, le provoquer
à quelque discussion.
CHANCE, se dit figurément de Tout événement, heureux
ou malheureux, qui peut résulter d'un ordre de choses donné. Il
y a beaucoup de chances possibles. Cette chance est la plus probable; cette autre
est difficile, incertaine. Chance favorable. Chance de succès. Calculer
les chances. Courir la chance. Se mettre à couvert de toute chance,
De tout hasard.
Fam., Bonne chance, se dit, en forme de souhait, À une personne
qui nous quitte pour faire quelque démarche dont le succès paraît
douteux.
La chance est pour vous, Vous avez une chance favorable.
La chance a tourné, Les choses ont changé de face. Il
avait tout le monde pour lui, contre lui, mais la chance a tourné.
Prov., Conter sa chance, Conter ses malheurs, ses déplaisirs,
ses aventures. Il vint me conter sa chance.
CHANCEL .s.m.
Voyez CANCEL.
CHANCELANT , ANTE. adj.
Qui chancelle. Je le vis chancelant. Aller d'un pas chancelant. Démarche
chancelante.
S'emploie aussi figurément, tant au sens physique qu'au sens moral. Santé
chancelante. Autorité chancelante. Trône chancelant. Foi chancelante.
Esprit chancelant.
CHANCELER . v. n.
(Je chancelle. Je chancellerai.) Être peu ferme sur ses pieds,
pencher de côté et d'autre, comme si on allait tomber. Il chancelle
comme un homme ivre. Il est près de tomber, il chancelle. Ce coup le fit
chanceler.
Se dit aussi figurément, et signifie, N'être pas ferme, n'être
pas assuré. Il varie, il chancelle dans ses réponses, dans ses
résolutions, dans sa foi, dans ses opinions. Un trône qui chancelle.
Sa fortune chancelle. Sa vertu chancelle. Sa mémoire chancelle, Se
trouble.
CHANCELIER .s.m.
Se dit, en général, de Certains officiers chargés de garder
les sceaux, et quelquefois d'administrer les biens d'un prince, d'un corps, d'un
ordre militaire, etc. La reine et les princes avaient autrefois leurs chanceliers.
Le chancelier de l'ordre de Malte. Le chancelier de l'ordre du Saint-Esprit. Le
grand chancelier de la Légion d'honneur.
Chancelier de l'Académie française, Celui qui gardait le
sceau de l'Académie, et qui aujourd'hui remplit les fonctions de président
en l'absence du directeur.
CHANCELIER, se disait, dans un sens particulier, Du premier officier
de la couronne, chef de la magistrature en France, et ordinairement gardien des
sceaux. Chancelier de France. La place de chancelier était inamovible.
Chancelier de justice. Titre du chef de la justice dans certains États
d'Allemagne.
Chancelier de l'Échiquier, Un des juges de la cour des finances
d'Angleterre, appelée aussi Cour de l'Échiquier.
CHANCELIER, dans certains Consulats, Celui qui a la garde du sceau et
la tenue des registres.
CHANCELIER, dans l'Église de Paris, Chanoine dignitaire qui présidait
aux études de l'université.
Chancelier de l'université, Celui qui conférait les degrés
et délivrait les diplômes.
CHANCELIÈRE . s. f.
La femme du chancelier.
CHANCELIÈRE, se dit aussi d'Un petit meuble de bois ou de cuir,
garni intérieurement de peau d'ours ou de mouton, qui sert à mettre
les pieds pendant l'hiver.
CHANCELLEMENT .s.m.
Mouvement de ce qui penche de côté et d'autre, et qui menace de
tomber. Je m'aperçus de son chancellement, et je le soutins.
CHANCELLERIE . s. f.
Lieu où l'on scelle certains actes avec le sceau du prince, de l'État.
Officier de la chancellerie. Des lettres expédiées en chancellerie.
En style de chancellerie. Aller à la chancellerie. On dit de même,
La chancellerie d'un consulat.
Grande chancellerie, Celle où le chancelier scellait avec le grand
sceau. Il vous faut des lettres de la grande chancellerie. On nomme encore
aujourd'hui Grande chancellerie, Une administration chargée de tout
ce qui a rapport à l'ordre de la Légion d'honneur. Le palais
de la grande chancellerie de la Légion d'honneur.
Petite chancellerie, dans les parlements, Celle où un maître
des requêtes, ou un autre officier commis pour cette fonction, scellait
avec le petit sceau.
La chancellerie de Rome, Le bureau où se font les expéditions
des bulles, brefs et autres actes concernant le gouvernement de l'Église.
Règles de chancellerie.
Chancellerie de l'université, Lieu où l'on scellait les
lettres de maître ès arts, de docteur, etc.
CHANCELLERIE, se dit aussi de L'hôtel qu'habite un chancelier,
ou le garde des sceaux.
CHANCEUX , EUSE. adj.
Qui a une chance favorable, qui est en bonheur. Il a eu le gros lot de la
loterie, il est chanceux. Je ne suis pas si chanceux. Il est familier.
Ironiq., Voilà un homme bien chanceux, C'est un homme malheureux,
à qui rien ne réussit.
CHANCIR . v. n.
Moisir. Il ne se dit guère que Des choses qui se mangent, comme des confitures,
des pâtés, des jambons, etc. Ces confitures commencent à
chancir. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Des confitures qui
se chancissent. Un pâté qui commence à se chancir. Il
est vieux.
CHANCI, IE. participe, Pain chanci.
CHANCISSURE . s. f.
Moisissure. Ôter la chancissure de dessus un pâté.
Voyez CHANCIR.
CHANCRE .s.m.
Nom donné vulgairement à plusieurs espèces d'ulcères
qui rongent. Dans le langage médical, il se dit particulièrement
Des ulcères vénériens. Chancre vénérien.
Il a le visage rongé par un chancre.
Se dit également, en termes d'Art vétérinaire, d'Une sorte
d'ulcère qui attaque le gros bétail, et qui commence par occuper
le dessous de la langue, d'où il s'étend rapidement vers les parties
environnantes.
Se dit pareillement, en termes d'Agriculture, d'Une maladie qui survient aux
arbres, et qui les ronge. Cet arbre a un chancre.
Pop., Manger comme un chancre, Manger excessivement.
CHANCRE, se dit quelquefois, figurément, d'Un vice d'administration,
d'un fléau public qui appauvrit l'État, qui le ruine insensiblement.
La taxe des pauvres, en Angleterre, est un véritable chancre politique.
La guerre civile est un chancre qui dévore ce pays.
CHANCREUX , EUSE. adj.
Qui tient de la nature du chancre ou du cancer. Ulcère chancreux.
Il signifie aussi, Qui est attaqué du chancre. Arbre chancreux.
CHANDELEUR . s. f.
La fête de la présentation de Notre-Seigneur au temple, et de la
purification de la Vierge; ainsi nommée parce que, ce jour-là, il
se fait une procession où tous les assistants portent des chandelles de
cire ou des cierges. Avant la Chandeleur. La fête de la Chandeleur.
CHANDELIER .s.m.
Artisan qui fait et vend de la chandelle.
CHANDELIER .s.m.
Ustensile qui sert à mettre la chandelle, la bougie, ou les cierges.
Chandelier d'étain, de cuivre, d'argent, de cristal. Grand chandelier.
Chandelier à plusieurs branches. Chandelier d'église.
En termes de l'Écriture, Il ne faut point mettre la lumière
sous le boisseau, mais sur le chandelier, afin qu'elle éclaire toute la
maison.
Fig. et fam., Être placé sur le chandelier, être sur le
chandelier, Être en vue, occuper une place éminente, principalement
dans l'Église.
CHANDELIER, en termes de Marine, se dit de Supports de fer ou de bois,
et à une ou deux branches, qu'on emploie à divers usages. Chandeliers
de bastingage. Chandelier de pierrier.
CHANDELLE . s. f.
Petit flambeau de suif, de cire, ou de quelque autre matière grasse et
combustible. Se dit plus communément de La chandelle de suif. Chandelles
moulées. Grosse chandelle. Chandelle des quatre, des huit, des douze à
la livre. Chandelle de veille. Chandelle bénite. Allumer la chandelle.
Cette chandelle éclaire bien, n'éclaire pas. Moucher la chandelle.
Éteindre la chandelle. Souffler la chandelle. Ne brûler que de la
chandelle. Travailler à la chandelle. Un bout de chandelle. Il s'est éteint
comme une chandelle. Excommunier à chandelles éteintes. Un papillon
qui se brûle à la chandelle.
Prov. et fig., Se brûler, venir se brûler à la chandelle,
se dit D'un homme qui, séduit par des apparences décevantes, s'engage
dans une situation embarrassante ou périlleuse.
Prov. et fig., À chaque saint sa chandelle, Pour s'assurer le
succès d'une affaire, il faut se rendre favorable chacun de ceux qui peuvent
contribuer à la faire réussir.
Prov. et fig., Il doit une belle chandelle à Dieu, à la Vierge,
se dit D'un homme qui est échappé d'un grand péril.
Prov. et fig., Donner une chandelle à Dieu, et une au diable,
Se ménager entre deux partis opposés.
Prov. et fig., C'est une économie de bouts de chandelles, se dit
D'une épargne sordide en de petites choses. Être ménager
de bouts de chandelles, Ne se montrer économe que dans les petites
choses.
Prov. et fig., Le jeu ne vaut pas la chandelle, La chose dont il s'agit
ne mérite pas les soins qu'on prend, les peines qu'on se donne, la dépense
qu'on fait.
Fam., Il s'en va comme une chandelle, ou figurément, C'est
une chandelle qui s'éteint, se dit D'un homme qui meurt insensiblement
et de vieillesse.
Fig. et fam., Voir des chandelles, mille chandelles, se dit Lorsqu'on
a un grand éblouissement d'yeux causé par un coup, un heurt, une
chute.
Prov. et fig., Brûler la chandelle par les deux bouts, Consumer
son bien en faisant différentes sortes de dépenses également
ruineuses; ou Se livrer à la fois à des excès de genres différents.
Fig. et fam., La chandelle brûle, Le temps presse.
Cette femme est belle à la chandelle, se dit D'une femme dont
la beauté ne soutient pas le grand jour.
Fig., Tenir la chandelle, Se prêter à de honteuses complaisances,
pour favoriser un commerce de galanterie. Il est libre.
Chandelle des Rois, Grosse chandelle cannelée, et peinte de différentes
couleurs, dont les marchands chandeliers faisaient présent à leurs
pratiques le jour des Rois.
Pop., Cet habit est bariolé comme la chandelle des Rois, se dit
D'un habit bigarré de plusieurs couleurs.
Chandelle romaine, Pièce d'artifice en forme de grosse chandelle,
qui lance perpendiculairement, et à certains intervalles, des étoiles
d'un éclat très-vif.
CHANFREIN .s.m.
On appelait autrefois ainsi La pièce de fer qui couvrait le devant de
la tête d'un cheval armé.
Il signifie maintenant, par extension, Le devant de la tête du cheval,
la partie de la tête qui est entre les sourcils, depuis les oreilles jusqu'aux
naseaux. Un cheval qui a le chanfrein blanc.
CHANFREIN, en termes d'Architecture, Petite surface que l'on forme en
abattant l'arête d'une pierre ou d'une pièce de bois.
CHANFREINER . v. a.
T. d'Archit. Abattre l'arête d'une pierre ou d'une pièce de bois,
pour former un chanfrein.
CHANFREINÉ, ÉE. participe
CHANGE .s.m.
Troc d'une chose contre une autre. Il n'est guère usité, en ce
sens, que dans ces phrases: Gagner au change. Perdre au change.
CHANGE, signifie aussi, Banque, la profession de celui qui fait tenir,
qui fait remettre de l'argent d'une ville à une autre, de place en place.
Faire le change. Lettres de change. Agent de change: voyez AGENT.
Il signifie encore, Le prix que le banquier prend pour l'argent qu'il fait remettre.
Le change d'ici à Naples, d'ici à Londres, est de tant pour cent.
Ce change est gros, est fort. Le change a augmenté. Le change est au pair.
Le change est haut. Le change est bas. Le change est désavantageux.
Coter le change, Marquer le taux du change.
Prov. et fig., Rendre le change à quelqu'un, Lui faire une réplique
ingénieuse ou vive, lui rendre la pareille.
CHANGE, signifie quelquefois, Le profit, l'intérêt de l'argent
qu'on prête selon le cours de la place. Prendre à change.
Il signifie aussi, Le commerce du changeur, et le prix qu'il prélève
sur les valeurs pour lesquelles il donne de l'argent ou des billets de banque.
Change de monnaies. Bureau de change. Il m'a pris tant pour le change.
Il désigne, par extension, Le lieu où l'on va changer les pièces
de monnaie pour d'autres, comme des pièces d'or pour de l'argent blanc,
etc. Aller au change.
Payer comme au change, Payer sur-le-champ.
CHANGE, s'est dit aussi Du lieu destiné aux réunions des
négociants, et qu'on nomme aujourd'hui Bourse.
CHANGE, est encore un terme de Vénerie qu'on emploie principalement
dans ces phrases: La bête donne le change, Elle fait lever une autre
bête, dont les chiens suivent la voie. Les chiens prennent le change,
tournent au change, Ils quittent la bête qui a été lancée,
pour courir la nouvelle bête. Les chiens gardent le change, ne tournent
pas au change, Ils ne se laissent pas emporter après la nouvelle bête,
et continuent à chasser la bête qui a été lancée.
Fig., Donner le change à quelqu'un, Détourner adroitement
quelqu'un du dessein, des vues qu'il peut avoir, en lui donnant lieu de croire
une chose pour une autre. Prendre le change, Se laisser tromper de cette
manière, par ignorance ou par simplicité; Se tromper, se méprendre
sur un objet, sur une affaire. On dit de même, Faire prendre le change
à quelqu'un, Le tromper, l'induire en erreur.
CHANGEANT , ANTE. adj.
Variable, muable, inconstant, qui change facilement. Voilà un temps
bien changeant. Une nation fort changeante. Humeur changeante. Esprit changeant.
Couleur changeante, Couleur qui change selon les différentes expositions,
comme la gorge d'un pigeon.
Taffetas changeant, Taffetas qui paraît de différentes couleurs,
parce que la trame est d'une couleur, et la chaîne d'une autre.
CHANGEMENT .s.m.
Mutation, conversion, action de changer. Étrange, merveilleux, continuel
changement. Tout est sujet au changement. Changement de saison. Changement de
domicile. Changement de vie, de conduite. Changement de vues, de système.
Changement d'état, de condition. Aimer le changement. Changement dans la
nature, dans le gouvernement, dans les affaires. Ceci peut amener de grands changements.
Opérer un changement. Plusieurs changements ont eu lieu. Changement de
théâtre, de scène, et mieux, Changement de décoration.
Changement à vue.
CHANGER . v. a.
Céder une chose pour une autre. Il a changé sa vieille vaisselle
pour de la neuve. Il a changé ses tableaux contre des meubles. Changer
une pièce d'or pour de l'argent blanc, pour de la monnaie. Je ne veux pas
changer avec lui.
Prov. et fig., Changer son cheval borgne contre un aveugle, Changer,
par méprise, une chose défectueuse contre une autre plus défectueuse
encore.
CHANGER, se prend quelquefois dans le sens particulier de Changer des
pièces de monnaie pour la même somme en pièces de valeur différente.
Changer un louis, une pièce de cinq francs, etc. On le dit de même
en parlant Des billets de banque. Changer un billet de cinq cents francs.
CHANGER, signifie aussi, Remplacer un objet par un autre; Rendre une
chose différente de ce qu'elle était. Ne nous changez pas notre
vin. Changer un enfant en nourrice. Il faudra changer cet ameublement. Il a changé
son bien de nature. Changer sa manière de vivre. On a changé l'ordre.
Il a changé tout son plan. Il a changé toute sa maison. Cet événement
allait changer la face des affaires. Rien ne peut changer les lois de la nature.
Cela ne change rien à mes résolutions.
Prov., Il faut qu'il ait été changé en nourrice,
se dit D'un enfant qui ne ressemble point à ses parents pour les traits,
pour le caractère. On dit, dans le sens opposé, Il n'a pas été
changé en nourrice.
CHANGER, signifie également, Convertir, transmuer, métamorphoser
une chose en une autre, et se dit tant au propre qu'au figuré. Dans
le sacrement de l'eucharistie, le pain est changé au corps de Notre-Seigneur.
Aux noces de Cana, JÉSUS-CHRIST changea l'eau en vin. La femme de
Lot fut changée en une statue de sel. Daphné fut changée
en laurier. Il se vantait de pouvoir changer toutes sortes de métaux en
or. On changea les temples en églises. Cela change mes soupçons
en certitude. On l'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel.
L'eau se change en glace par l'action du froid. Mes soupçons se changèrent
en certitude.
CHANGER, est aussi neutre, et signifie alors, tant au propre qu'au figuré,
Quitter une chose pour une autre. Dans ce sens, on l'emploie toujours avec la
préposition de. Changer d'habit, de chemise. Changer d'appartement,
de place, d'air, de pays. Changer de maître. Changer de nature. Changer
de forme. Vous avez changé de couleur. Cette étoffe change de couleur.
À cette menace, il a changé de visage. Changer de façon de
faire, de façon d'agir. Changer de vie, de conduite. Changer de religion.
Changer de parti. Changer de résolution, d'avis. Changer de ton, de langage.
En termes de Manége, Changer de main, Porter la tête du
cheval d'une main à l'autre, pour le faire aller à droite ou à
gauche.
Fig. et fam., Changer de batterie, Se servir de quelque nouveau moyen
dans une affaire, le premier n'ayant pas réussi.
Prov. et fig., Changer de note, Changer de façon d'agir ou de
parler.
CHANGER, signifie quelquefois, elliptiquement, Changer de linge, lorsqu'on
est mouillé par la pluie ou la sueur. Je suis rentré chez moi
pour changer. On dit de même, activement, Changer quelqu'un,
Changer le linge qu'il a sur lui. Ce malade a assez transpiré, il est
temps de le changer. Il faut changer cet enfant.
S'emploie aussi d'une manière absolue, dans le sens de Changer d'état.
Rien n'est stable en ce monde, tout change. Le temps va changer. Il dégèlera
si le vent change. Son visage a bien changé. Les modes changent rapidement.
Vos sentiments ont bien changé, sont bien changés. Comme tout est
changé!
Il signifie figurément, Changer de moeurs, de caractère. Changer
en bien. Changer en mal. S'il est honnête homme, il a bien changé.
Ce jeune homme est changé à son avantage. On l'emploie quelquefois,
dans ce sens, avec le pronom personnel. Tel est mon caractère, je ne
saurais me changer.
Changer du tout au tout, du blanc au noir, Changer entièrement.
Cet homme est changé, bien changé, change à ne pas le
reconnaître, Il a le visage bien changé, soit par l'âge,
soit par la maladie; ou, figurément, Il a changé entièrement
de moeurs et de conduite. Dans le premier sens, on dit aussi, Il change à
vue d'oeil.
CHANGER, se dit encore De l'inconstance dans les projets, les goûts,
les affections. C'est un homme qui change aisément, on ne peut se fier
à lui. Aimer à changer. Un amant jure de ne jamais changer. Le perfide
a changé.
CHANGÉ, ÉE. participe
CHANGEUR .s.m.
Celui qui fait commerce de changer des pièces de monnaie pour d'autres
pièces, des billets de banque pour du numéraire, ou du numéraire
pour des billets de banque. La boutique d'un changeur. Porter des monnaies
étrangères au changeur.
Fam., Cet homme paye comme un changeur, Il paye comptant.
CHANOINE .s.m.
Celui qui possède un canonicat dans une église cathédrale
ou collégiale. Chanoine de Notre-Dame de Paris. Chanoine de Saint-Denis.
Chanoine honoraire.
Chanoines réguliers, Chanoines qui faisaient des voeux de religion,
et qui vivaient en communauté. Les chanoines réguliers de Saint-Augustin,
de Sainte-Geneviève, de Prémontré.
Prov. et fig., Mener une vie de chanoine, Mener une vie douce et tranquille.
CHANOINESSE . s. f.
Celle qui possède une prébende dans un chapitre de filles. Chanoinesse
de Maubeuge, de Remiremont. Un chapitre de chanoinesses.
CHANOINIE . s. f.
Canonicat. Posséder une chanoinie. Conférer une chanoinie.
Il a vieilli.
CHANSON . s. f.
Pièce de vers que l'on chante sur quelque air, et dont les stances se
nomment Couplets. Chanson nouvelle. Vieille chanson. Chanson à boire,
ou Chanson bachique. Faire une chanson. Un couplet de chanson. Le refrain d'une
chanson. L'air d'une chanson. Noter une chanson. Composer une chanson. On a fait
des chansons sur lui. Il met tout en chanson. Dire, chanter une chanson. Danser
aux chansons. Recueil de chansons.
Fig. et fam., Il n'a qu'une chanson, il ne sait qu'une chanson, il dit, il
chante toujours la même chanson, se dit D'un homme qui répète
toujours la même chose. On dit aussi, C'est toujours la même chanson.
Fig. et fam., Voilà bien une autre chanson, Voilà une chose
nouvelle, une chose à laquelle on ne s'attendait pas.
CHANSON, signifie, figurément et familièrement, Sornette,
discours ou raison frivole. Tout ce qu'il vous dit là est une chanson.
Il nous conte des chansons. Je ne me paye pas de chansons. Chansons que tout cela.
Chansons, chansons! je ne vous écoute point.
CHANSONNER . v. a.
Faire des chansons satiriques sur quelqu'un. Il a été bien
chansonné.
CHANSONNÉ, ÉE. participe, Femme chansonnée.
CHANSONNETTE . s. f. Diminutif
Petite chanson. Une jolie chansonnette. Se dit par opposition Aux airs
graves et sérieux, et particulièrement Des chansons pastorales.
CHANSONNIER , IÈRE. s.
Faiseur ou faiseuse de chansons. Les bons chansonniers sont rares. C'est
un chansonnier fort spirituel. Il est familier.
CHANSONNIER, se dit aussi d'Un recueil de chansons. Le Chansonnier
français. Chansonnier des Dames. Acheter un chansonnier.
CHANT .s.m.
Élévation et inflexion de voix sur différents tons, avec
modulation. Chant agréable, harmonieux, mélodieux. Chant triste,
lugubre. Chant d'allégresse. Chants de triomphe. Des chants pieux. École
de chant. Les règles du chant. L'art du chant.
Fig., Chant de sirène, Langage trompeur.
CHANT, se dit, dans un sens particulier, de Toute musique qui peut s'exécuter
avec la voix. Mettre un air en chant. Il a fait les paroles, un autre a fait
le chant. Ce n'est pas là le chant. Sur le chant de... Étudier un
morceau de chant. Parties de chant.
Plain-chant, chant grégorien, chant d'Église, Le chant
ordinaire de l'Église, dont saint Grégoire est regardé comme
l'inventeur.
CHANT, signifie quelquefois, La partie mélodieuse ou principale
d'une musique quelconque, celle d'ou dépend toute l'expression. L'harmonie
ne doit point étouffer le chant. Ce compositeur a de très-beaux
chants.
Ce morceau, cette ouverture manque de chant, Ce morceau, cette ouverture
n'a pas de mélodie.
CHANT, se dit également Du ramage des oiseaux. Le chant du
rossignol, du serin, de l'alouette, etc. Le chant du cygne est consacré
par les poëtes.
Fig., C'est le chant du cygne, se dit Du dernier ouvrage qu'un musicien
célèbre, un grand poëte, un homme éloquent a fait peu
de temps avant sa mort.
CHANT, se dit encore Du cri du coq. Dès le chant du coq,
Au point du jour.
Se dit aussi Du cri de la cigale. Le chant de la cigale est monotone.
CHANT, se dit, par extension, de Certaines pièces de poésie
qui se chantent ou peuvent se chanter. Chant nuptial. Chant funèbre.
Chant pastoral. Chant guerrier.
Chant royal, Ancienne pièce de poésie française,
composée de six strophes de onze vers chacune, et où le onzième
vers de la première strophe était répété à
la fin de toutes les autres.
CHANTS, au pluriel, se dit, figurément et poétiquement,
de Toute composition en vers. Les héros qu'immortalisent les chants
du poëte. Chants sublimes. Chants immortels. Le dieu qui préside à
mes chants. Daigne inspirer mes chants. Mes chants rediront tes exploits.
CHANT, se dit aussi de Chacune des divisions d'un poëme. Le premier
chant, le second chant de l'Iliade, de l'Odyssée, de la Jérusalem
délivrée, de la Henriade, du Lutrin. Art Poétique de Boileau,
chant quatre. La Peinture, poëme en trois chants. On donne souvent aussi
le nom de Livres aux chants de certains poëmes anciens. Le premier,
le second livre de l'Énéide, des Géorgiques.
CHANTANT , ANTE. adj.
Qui se chante aisément. Air chantant. Musique chantante.
Vers chantants, paroles chantantes, Paroles, vers qui sont propres à
être mis en chant.
Cette langue est chantante, a quelque chose de chantant, se dit D'une
langue fort accentuée, dont la prosodie a quelque chose de musical.
Au Théâtre, Déclamation chantante, Déclamation
qui manque de naturel, parce que les intonations se rapprochent du chant.
CHANTEAU .s.m.
Morceau coupé à un grand pain. Un gros chanteau de pain.
Chanteau de pain bénit, ou absolument Chanteau, Le morceau
de pain bénit qu'on envoie à celui qui doit rendre le pain bénit
le dimanche suivant ou le jour de fête le plus prochain.
CHANTEAU, se dit aussi d'Un morceau d'étoffe coupé à
une plus grande pièce. Ce manteau a été coupé en
plein drap, il n'y a point de chanteau. Les chanteaux d'une robe, d'une soutane.
CHANTEPLEURE . s. f.
Sorte d'entonnoir qui a un long tuyau percé de plusieurs trous par le
bout inférieur, pour faire couler du vin ou quelque autre liqueur dans
un tonneau, sans la troubler.
Se dit également d'Une fente qu'on pratique dans des murs de clôture
ou de terrasse, pour laisser les eaux pénétrer ou s'écouler
facilement. Voyez BARBACANE.
CHANTER . v. n.
Former avec la voix une suite de sons variés, selon les règles
de la musique. Chanter bien. Chanter avec goût. Chanter juste, agréablement,
passablement. Chanter à pleine voix. Chanter faux. Chanter à basse
note. Il allait chantant par les chemins. Chanter en musique. Chanter en faux
bourdon. Chanter en choeur. Chanter dans un concert. Chanter seul. Chanter au
lutrin. Maître à chanter.
Chanter à livre ouvert, Chanter à la première inspection
des notes un air qu'on n'avait jamais vu.
Fig. et fam., Je le ferai chanter sur un autre ton, Je l'obligerai à
parler, à se conduire autrement qu'il ne fait. On dit aussi, Il faut
qu'il chante sur un autre ton, qu'il chante plus haut, Il faut qu'il en offre
davantage, qu'il en donne davantage.
Fig. et fam., Je le ferai chanter, Je le réduirai à la
raison.
Fam., C'est comme si vous chantiez, se dit à quelqu'un Pour lui
témoigner qu'on ne fait aucune attention à ce qu'il dit, qu'on n'en
fait aucun cas.
Pain à chanter, Sorte de petit pain sans levain, coupé
en rond et très-mince, qui porte l'empreinte de la figure ou de quelque
symbole de JÉSUS-CHRIST, et que le prêtre consacre pendant la messe.
CHANTER, se dit quelquefois, par extension, Des instruments qui exécutent
la partie mélodieuse d'un morceau de musique, par opposition À ceux
qui ne font qu'accompagner. La basse seule chante dans ce morceau.
CHANTER, se dit aussi Des oiseaux et de la cigale. L'alouette a chanté.
Le coq a chanté. La cigale chante.
Prov. et fig., Ce n'est pas à la poule à chanter devant le
coq, Une femme doit se tenir dans l'infériorité à l'égard
de son mari.
CHANTER, signifie quelquefois, par extension, Réciter, déclamer
ou lire d'une manière qui n'est pas naturelle, et qui approche du chant.
Ce comédien, ce prédicateur chante.
CHANTER, s'emploie aussi comme verbe actif, et signifie, Exécuter
une partie ou un morceau de musique vocale. Chanter un air, une chanson, des
vers. Chanter une hymne, un cantique. Chanter la grand'messe. Chanter l'évangile.
Chanter vêpres. Chanter un motet. Chanter le dessus, la basse, etc.
Fig. et fam., Il chante toujours la même chanson, la même antienne,
Il répète toujours la même chose.
Prov. et fig., Chanter à quelqu'un sa gamme, Lui faire une forte
réprimande, lui dire ses vérités. Je lui ai bien chanté
sa gamme.
Fig. et fam., Chanter la palinodie, Se rétracter, dire du bien
d'une personne ou d'une chose dont on avait dit du mal.
CHANTER, signifie aussi, Publier, célébrer, raconter. Chanter
la gloire, chanter les hauts faits d'un héros. Homère a chanté
la colère d'Achille. Je chante ce héros qui... Je chante les combats.
Ovide a chanté les amours.
Fig. et fam., Chanter victoire, Se glorifier du succès. Il
a réussi, il chante victoire. Il ne faut pas chanter victoire avant le
temps.
Fig., Chanter les louanges de quelqu'un, Faire de grands éloges
d'une personne. Tout le monde chante vos louanges.
CHANTER, dans certaines phrases du langage familier, signifie, Dire.
Que me chantez -vous là? Il chante toujours la même chose. Que
chante cette lettre? Voyons ce que ce livre, ce que cet auteur chante.
Fig. et fam., Chanter injures, chanter pouilles, chanter goguettes à
quelqu'un, Lui dire des injures, lui dire des choses offensantes.
CHANTÉ, ÉE. participe, Prov. et fig., C'est bien chanté,
se dit, par moquerie, À une personne qui dit quelque chose qu'on n'approuve
pas, qu'on ne trouve pas à propos.
CHANTERELLE . s. f.
La corde d'un violon, d'une basse, etc., qui est la plus déliée,
et qui a le son le plus aigu. Mettre une chanterelle. Hausser la chanterelle.
Baisser la chanterelle. La chanterelle s'est rompue.
CHANTERELLE, se dit aussi d'Une bouteille de verre fort mince, dont on
tire des sons très-agréables en soufflant dessus.
CHANTERELLE, en termes de Chasse, se dit d'Un oiseau que l'on met dans
une cage au milieu d'un bois ou d'une campagne, afin que par son chant il attire
les autres oiseaux dans les filets tendus pour les prendre. La chanterelle
a attiré beaucoup d'oiseaux.
CHANTEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui chante. Se dit plus particulièrement Des personnes qui
font métier de chanter. Les chanteurs, les chanteuses de l'Opéra.
Chanteur des rues. C'est une excellente chanteuse. Voyez CANTATRICE.
Se dit adjectivement, en Histoire naturelle, Des oiseaux qui chantent. Les
oiseaux chanteurs.
CHANTIER .s.m.
Grande enceinte où l'on arrange, où l'on entasse des piles de
gros bois à brûler, de bois de charpente, ou de charronnage. Les
chantiers sont pleins, on ne manquera pas de bois. Ce marchand de bois a son chantier
bien garni.
Se dit également Du lieu où l'on décharge le bois ou la
pierre, pour les travailler, afin de pouvoir les employer à un bâtiment.
Les pierres sont au chantier. Le bois est en chantier.
Se dit particulièrement d'Un endroit où l'on construit Des vaisseaux,
des navires. Chantiers de marine. Chantiers de construction. Les chantiers
de Brest, de Toulon.
Se dit aussi Des blocs de bois sur lesquels porte la quille d'un vaisseau, d'un
navire en construction ou en radoub. Un vaisseau qui est sur le chantier, sur
les chantiers.
Se dit encore Des morceaux de bois ou de pierre dont se sert un maçon,
un charpentier pour maintenir dans une certaine position le bloc, la pièce
de bois qu'il taille ou qu'il équarrit. Mettre une pierre, une pièce
de bois en chantier.
Fig. et fam., Mettre un ouvrage, avoir un ouvrage sur le chantier, en
parlant D'un artiste ou d'un auteur, Commencer un ouvrage, y travailler.
CHANTIER, se dit également Des pièces de bois couchées
en long, sur lesquelles on pose des tonneaux de vin ou d'autre liqueur dans le
cellier, dans la cave. Mettre du vin en chantier. Il a tant de pièces
de vin en chantier, sur le chantier.
Se dit pareillement Des pièces de bois qui servent, sur les navires,
à tinter et assujettir les boucauts, barriques, ballots, etc.
CHANTIGNOLE . s. f.
.Charpent. Pièce de bois qui soutient les pannes d'une charpente.
CHANTONNER . v. n.
Chanter à demi-voix. Il chantonnait en se promenant.
CHANTOURNÉ .s.m.
Pièce d'un lit, qui est de bois bien travaillé, ou couverte d'étoffe,
et qui se met entre le dossier et le chevet. Ce chantourné est bien
fait.
CHANTOURNER . v. a.
Couper en dehors ou évider en dedans une pièce de bois, de métal,
de marbre, etc., suivant un profil donné.
CHANTOURNÉ, ÉE. participe
CHANTRE .s.m.
Celui dont la fonction est de chanter dans l'église au service divin.
Il y a de bons chantres dans telle église. Les chantres de Notre-Dame,
de Saint-Roch. Voix de chantre.
CHANTRE, se dit aussi d'Un dignitaire qui est le maître du choeur,
et qui préside au chant, dans une église cathédrale ou collégiale,
et dans quelques monastères. Le grand chantre. Le chantre de Notre-Dame.
Bâton de chantre.
CHANTRE, se dit figurément et poétiquement d'Un poëte.
Le chantre de la Thrace, Orphée. Le chantre thébain,
Pindare. Le chantre d'Ionie, le chantre d'Ilion, Homère. Le chantre
d'Énée, Virgile. Le chantre de Roland, L'Arioste. Le
chantre des jardins, Delille; etc. Chantre harmonieux. Chantre célèbre,
immortel, divin.
Fig. et poétiq., Les chantres des bois, Les rossignols et les
autres oiseaux. On dit aussi, dans ce sens, Les chantres du printemps, les
chantres ailés.
CHANTRERIE . s. f.
Bénéfice, dignité de chantre, dans une église cathédrale
ou collégiale. La chantrerie de telle église. La chantrerie d'un
chapitre.
CHANVRE .s.m.
Plante dioïque qui porte le chènevis, et dont l'écorce sert
à faire de la filasse. Chanvre mâle. Chanvre femelle. Cueillir
du chanvre. Faire rouir le chanvre. Tiller ou teiller du chanvre. Broyer
du chanvre.
Se dit particulièrement de La filasse de chanvre. Du fil de chanvre.
De la toile de chanvre.
CHAOS .s.m.
(On ne prononce point l'H.) Confusion de toutes choses. Se dit, au propre, de
L'état où toutes choses étaient au moment de la création,
avant que Dieu leur eût donné l'arrangement et l'ordre. Dieu débrouilla
le chaos.
Se dit figurément de Toute sorte de confusion. Ses affaires sont dans
un chaos épouvantable. Sa bibliothèque est un chaos, un vrai chaos.
Sa tête est un chaos.
CHAPE . s. f.
Vêtement d'église, en forme de manteau, qui s'agrafe par devant,
et va jusqu'aux talons, et que portent l'évêque, le prêtre
officiant, les chantres, etc., durant le service divin. Chape de drap d'or,
de satin, de damas. Chape en broderie. Les chantres qui portent chape. Il avait
la chape. L'archevêque vint recevoir le roi en chape et en mitre.
Prov. et fig., Disputer, se débattre de la chape à l'évêque,
Disputer à qui appartiendra une chose qui n'est et ne peut être à
aucun de ceux qui se la disputent.
Prov. et fig., Chercher chape-chute, Chercher occasion de profiter de
la négligence ou du malheur de quelqu'un. On dit dans un sens analogue,
Trouver chape-chute. Les phrases, Chercher chape-chute, trouver chape-chute,
signifient aussi, Chercher ou trouver quelque aventure désagréable,
fâcheuse. Ces manières de parler ont vieilli.
CHAPE, se dit aussi de L'habit que portent les cardinaux, et qui a un
capuce doublé d'hermine. Chape rouge. Chape violette. Chape noire.
Se dit également Du grand manteau de drap ou de serge que les chanoines
séculiers et réguliers portent au choeur durant l'hiver.
CHAPE, désigne encore, dans les Arts, Certaines choses qui s'appliquent
sur d'autres, qui servent à les couvrir, à les envelopper, telles
que l'enduit de mortier dont on recouvre l'extrados d'une voûte, le couvercle
d'un alambic, etc. La chape d'une voûte. Mettre la chape sur l'alambic.
Chape de poulie, La monture d'une ou de plusieurs poulies.
La chape d'une boucle, La partie de la boucle par laquelle elle tient
au soulier, à la ceinture, etc.
CHAPEAU .s.m.
Coiffure d'homme, qui est ordinairement d'étoffe foulée, de laine
ou de poil, et qui a une forme avec des bords. La forme d'un chapeau. Les bords
d'un chapeau. Un chapeau noir. Un chapeau gris. Un chapeau à grands bords,
à petits bords. Un chapeau rond, un chapeau à cornes. Un chapeau
de feutre, de castor, de vigogne. Il y a des chapeaux de paille, pour l'été.
Un chapeau pointu. Un chapeau en pain de sucre. Un cordon de chapeau. La boucle
d'un chapeau. Un chapeau neuf. Un vieux chapeau. Fabricant de chapeaux. Mettre
son chapeau. Enfoncer son chapeau. Garder son chapeau sur la tête. Ôter
son chapeau. Un chapeau qui coiffe bien.
Chapeau de soie, Chapeau de feutre recouvert d'une peluche de soie.
Chapeau bordé, Chapeau dont les bords sont ornés d'un galon.
Ôter son chapeau à quelqu'un, Le saluer en se découvrant
la tête.
Fig. et fam., Coup de chapeau, Salutation qu'on fait en ôtant son
chapeau. Cela ne vaut pas un coup de chapeau.
Fig. et fam., Enfoncer son chapeau, Prendre une résolution courageuse,
hardie, dans quelque circonstance difficile, dans quelque péril.
Mettre chapeau bas, Ôter son chapeau. On dit elliptiquement, Chapeau
bas, Découvrez-vous, ôtez votre chapeau.
Fam., Il y a eu bien des chapeaux de reste, se dit en parlant D'une bataille
où beaucoup d'hommes ont péri.
Chapeau de cardinal, Sorte de chapeau rouge, qui a la forme très-plate,
et les bords très-grands, et d'où pendent de grands cordons de soie
rouge.
Chapeau de cardinal, et absolument, Chapeau, se dit aussi, figurément,
de La dignité de cardinal. Le pape lui a donné le chapeau de
cardinal, Le pape l'a fait cardinal. Il vaque tant de chapeaux, Il
y a tant de places vacantes dans le sacré collége.
CHAPEAU, se dit aussi de L'étoffe avec laquelle on fait ordinairement
les chapeaux. Mettre dans ses souliers des semelles de chapeau.
CHAPEAU, se dit encore de Certaines coiffures de femme, dont les formes
sont très-variées, et qui ont sur le devant un bord plus ou moins
large, appelé Passe. Chapeau de paille, de satin, de velours. Chapeau
garni de fleurs, de plumes, etc. Chapeau à plumes. Le bord, la passe, la
forme, les brides d'un chapeau de femme, d'un chapeau.
Chapeau de fleurs, Couronne de fleurs qu'on porte sur sa tête dans
quelque réjouissance, dans quelque fête solennelle.
Chapeau de fleurs, ou simplement, Chapeau, Le bouquet de fleurs
qu'on met sur la tête d'une fille, le jour de ses noces. Le chapeau de
la mariée.
Fig. et fam., Elle s'est donné un mauvais chapeau, se dit D'une
femme qui a fait tort à sa réputation.
Prov. et fig., C'est la plus belle rose de son chapeau, se dit Du plus
grand honneur, de l'avantage le plus considérable qu'ait une personne.
Pourquoi renoncerait-il à ce droit? c'est la plus belle rose de son
chapeau.
CHAPEAU, dans le langage familier, se dit quelquefois Des hommes, par
opposition Aux femmes. Il y avait là plusieurs femmes et pas un chapeau.
Frère chapeau, Moine subalterne qui en accompagne un autre.
Fig. et fam., Frère chapeau, Vers oiseux, qui n'est fait que pour
la rime.
CHAPEAU, en termes de Botanique, La partie supérieure d'un champignon,
lorsqu'elle forme une espèce de disque ou de calotte. Le chapeau d'un
champignon. Chapeau concave. Chapeau convexe.
CHAPEAU, se dit encore, dans les Arts, de Certaines choses qui ont quelque
rapport de forme ou de destination avec la coiffure qu'on nomme Chapeau. Chapeau
d'escalier. Chapeau de lucarne. Le chapeau d'une presse. Etc.
Chapeau chinois, Instrument en usage dans la musique militaire: il consiste
principalement en un disque ou chapeau de cuivre garni de clochettes, et fixé
au haut d'un manche qui sert à l'agiter en mesure.
CHAPELAIN .s.m.
Bénéficier titulaire d'une chapelle. Les chapelains de Notre-Dame.
Les chapelains de la sainte Chapelle.
CHAPELAIN, se dit aussi d'Un prêtre qui reçoit des appointements
pour dire la messe dans une chapelle domestique.
Se dit également, chez le roi, d'Un prêtre officier du roi, dont
la fonction est de dire la messe au roi, à la reine, etc. Les chapelains
de chez le roi. Chapelain de la reine. Chapelain de quartier. Chapelain ordinaire.
CHAPELER . v. a.
Il n'est guère usité que dans cette phrase, Chapeler du pain,
Ôter le dessus de la croûte du pain.
CHAPELÉ, ÉE. participe, Du pain chapelé.
CHAPELET .s.m.
Certain nombre de grains enfilés, sur lesquels on dit des Avé
Maria, et à chaque dizaine desquels il y en a un plus gros, sur lequel
on dit le Pater. Chapelet de corail, d'agate, de cornaline. Enfiler des chapelets.
Dire son chapelet. Porter un chapelet à la ceinture. Les Orientaux ont
aussi des espèces de chapelets.
Prov. et fig., Le chapelet se défile, il commence à se défiler,
se dit Quand quelques personnes d'une même famille, d'une même société,
d'une même confédération viennent successivement à
manquer.
Fig. et fam., Défiler son chapelet, Réciter en détail
et de suite tout ce qu'on sait sur une matière. Il a bien défilé
son chapelet. Cela signifie aussi, Faire à quelqu'un tous les reproches
qu'on peut avoir à lui faire.
CHAPELET, en termes d'Architecture, Baguette découpée et
formant une suite de perles, d'olives ou de grains ronds.
CHAPELET, se dit encore Du cercle de petites bulles d'air qui se forme
au-dessus de l'eau-de-vie que l'on verse, lorsqu'elle est de bonne qualité.
CHAPELET, se dit, en Médecine, de Certaines pustules qui viennent
autour du front, et qu'on regarde comme un symptôme de la maladie vénérienne.
Avoir le chapelet. Ce sens a vieilli: Voyez COURONNE.
CHAPELET, en termes d'Hydraulique, Machine qui sert à élever
les eaux, et qui est composée de plusieurs godets ou plateaux attachés
de suite à une chaîne. Pompe à chapelet.
CHAPELET, en termes de Manége, Couple d'étrivières,
garnies chacune d'un étrier, qui s'attachent au pommeau de la selle, pour
monter à cheval.
CHAPELIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui fait ou qui vend des chapeaux. Marchand chapelier. Garçon
chapelier. La boutique d'un chapelier.
CHAPELLE . s. f.
Petite église, petit édifice consacré à Dieu. Une
chapelle qui est au milieu des champs. La chapelle d'un prieuré.
Se dit aussi Des différents lieux où l'on dit la messe dans une
église. Il y a bien des chapelles dans cette église. La chapelle
de la Vierge. La chapelle de Saint-Joseph.
Se dit également Du lieu où l'on célèbre l'office
divin, dans une grande maison, dans un hospice, dans un collége, etc. Avoir
une chapelle dans sa maison. La chapelle d'un collége, d'un hôpital,
etc.
La chapelle du roi, ou simplement, La chapelle, Le lieu où
le roi entend ordinairement la messe.
La chapelle du roi, se dit également Du corps des ecclésiastiques
employés à la chapelle du roi. La chapelle du roi marcha, et
alla à l'armée.
Les musiciens de la chapelle, la musique de la chapelle, la chapelle du roi,
ou simplement, La chapelle, Les musiciens qui chantent à la chapelle
du roi. Il fait partie de la chapelle.
Maître de chapelle, Celui qui est chargé de diriger le chant
dans une église, et de former les enfants de choeur. Se dit quelquefois
pour Maître de musique, mais seulement en parlant Des orchestres d'Italie.
Sainte Chapelle, s'est dit de Quelques chapelles où des princes
avaient fondé le service et déposé des reliques. La sainte
Chapelle de Vincennes. La sainte Chapelle de Paris. La sainte Chapelle de Bourges.
La sainte Chapelle de Dijon.
CHAPELLE, se dit aussi d'Un bénéfice simple, dans lequel
le titulaire est obligé de dire ou de faire dire la messe à certains
jours. Fonder une chapelle. Permuter une chapelle contre un autre bénéfice.
CHAPELLE, se dit, par extension, de Toute l'argenterie dont on se sert
dans une chapelle, comme le calice, le bassin, les burettes, les chandeliers,
la croix. Ce prélat a une belle et riche chapelle.
Chapelle ardente, Luminaire nombreux qui brûle autour d'un cercueil,
ou de la représentation d'un corps mort.
Tenir chapelle, se dit Du pape, lorsque, étant accompagné
des cardinaux, il assiste à l'office divin, soit dans la chapelle de son
palais, soit dans une église. Se dit aussi De l'empereur d'Autriche et
du roi d'Espagne, lorsqu'ils assistent en cérémonie à l'office
divin.
Fig. et fam., Jouer à la chapelle, S'occuper sérieusement
de choses inutiles ou frivoles, comme les enfants qui imitent les cérémonies
de l'Église.
En termes de Marine, Faire chapelle, Virer de bord vent devant, malgré
soi; ce qui est un mouvement dangereux.
CHAPELLENIE . s. f.
Chapelle, bénéfice d'un chapelain. Il possédait une
chapellenie dans la cathédrale.
CHAPELLERIE . s. f.
Art de fabriquer les chapeaux.
Se dit aussi Du commerce des chapeaux.
CHAPELURE . s. f.
Ce que l'on a ôté de la croûte du pain en le chapelant; Croûte
de pain râpée ou pulvérisée. Mettre de la chapelure,
des chapelures de pain dans une sauce pour l'épaissir.
CHAPERON .s.m.
Coiffure de tête autrefois commune aux hommes et aux femmes, qui avait
un bourrelet sur le haut, et une queue pendante par derrière. Chaperon
de drap, d'écarlate. Chaperon mi-parti de deux couleurs. Il y a longtemps
qu'on a quitté les chaperons. Aux enterrements des grands, ceux qui mènent
le deuil portent de grands chaperons à longue queue traînante par
derrière.
Il s'est dit aussi d'Une bande de velours, de satin, de camelot, que les femmes
et les filles attachaient sur leur tête. Chaperon en pointe.
Se dit, figurément, d'Une personne âgée ou grave qui accompagne
une jeune demoiselle ou une jeune femme dans le monde, par bienséance,
et comme pour répondre de sa conduite. Elle a pour chaperon une vieille
tante, qui la suit partout.
CHAPERON, se dit encore aujourd'hui d'Un ornement particulier au costume
des gens de robe, des docteurs, etc., qui a quelque ressemblance avec l'ancien
chaperon, et qui consiste en un bourrelet circulaire placé sur l'épaule
gauche, d'où pend devant et derrière une bande d'étoffe garnie
d'hermine à son extrémité. La couleur du chaperon diffère
quelquefois de celle de la robe.
Se dit aussi de L'ornement relevé en broderie, qui est au dos d'une chape.
CHAPERON, en termes de Fauconnerie, Espèce de coiffe de cuir,
dont on couvre la tête et les yeux des oiseaux de proie.
CHAPERON, en termes de Sellier, Pièce de cuir qui recouvre les
fourreaux des pistolets, pour les garantir de la pluie.
CHAPERON, en termes d'Architecture, Le haut d'une muraille de clôture,
fait en forme de toit, pour l'écoulement des eaux.
CHAPERON, en termes d'Imprimerie, La quantité de feuilles ajoutées
au nombre fixé pour l'impression d'un ouvrage, et destinées à
remplacer les feuilles qui peuvent être gâtées pendant le tirage.
Il est vieux: on dit plus ordinairement, Main de passe.
CHAPERONNER . v. a.
Coiffer d'un chaperon: il se dit en parlant Des oiseaux de proie dressés
pour la fauconnerie. Chaperonner l'oiseau.
Fig., Chaperonner une jeune personne, La conduire dans le monde.
En Archit., Chaperonner une muraille, Y faire un chaperon. Chaperonner
une muraille des deux côtés.
CHAPERONNÉ, ÉE. participe, Oiseau chaperonné.
CHAPIER .s.m.
Celui qui porte chape. Les deux chapiers se promènent dans le choeur
en certains temps de l'office divin.
CHAPITEAU .s.m.
T. d'Archit. La partie du haut de la colonne qui pose sur le fût. Chapiteau
corinthien. Chapiteau ionique.
Se dit, dans un sens plus général, de Quelques autres ornements
d'architecture qui forment la partie supérieure, le couronnement de certaines
choses. Chapiteau de pilastre. Chapiteau de balustre. Chapiteau de couronnement.
Chapiteau de niche. Etc.
Se dit de même, en Menuiserie, Des corniches et autres couronnements qui
se posent au-dessus des buffets, des armoires et d'autres ouvrages.
CHAPITEAU, se dit aussi de La couverture mobile d'un moulin.
Se dit également de La partie supérieure d'un alambic, dans laquelle
se condensent les vapeurs qui s'élèvent de la cucurbite. Le bec
d'un chapiteau. Chapiteau aveugle, Chapiteau sans bec.
Se dit encore d'Un morceau de carton en forme d'entonnoir, qui se met vers le
haut d'une torche, pour recevoir ce qui en dégoutte de cire ou de poix.
CHAPITRE .s.m.
Une des parties qui servent à diviser certains livres. Chapitre premier.
Chapitre second. Chapitre deux. Un livre divisé par chapitres. Ce livre
est divisé en tant de chapitres. Il a divisé l'ouvrage en livres,
et les livres en chapitres. On dit dans un sens analogue, en termes de Finances:
Chapitre de recette. Chapitre de dépense. Un chapitre du budget. Etc.
Se dit aussi d'Un trait de l'Écriture, que l'officiant chante ou récite
entre le dernier psaume et l'hymne. On dit plus communément, Capitule.
CHAPITRE, signifie figurément, La matière, le sujet dont
on parle, le propos sur lequel on est. Puisque nous sommes sur ce chapitre,
je vous dirai que... On en était sur votre chapitre, on parlait de vous.
La conversation tomba insensiblement sur le chapitre de ces gens-là. C'est
un chapitre qu'on traitera une autre fois. Il est fort sur ce chapitre.
CHAPITRE, signifie aussi, Le corps des chanoines d'une église
cathédrale ou collégiale. Le chapitre de Notre-Dame. Cette terre
appartenait à tel chapitre. Le doyen du chapitre.
Il signifie également, L'assemblée que les chanoines tiennent
pour traiter de leurs affaires. Assembler le chapitre. Tenir chapitre. Présider
au chapitre. Avoir voix au chapitre. Tout le chapitre fut d'avis... Cela fut résolu
en plein chapitre.
Pain de chapitre, Le pain qu'on distribuait autrefois tous les jours
aux chanoines, dans quelques chapitres.
Fig. et fam., Avoir voix au chapitre, en chapitre, Avoir du crédit
dans une compagnie, dans une famille, auprès de quelque personne considérable.
On dit, dans le sens contraire, N'avoir pas voix, n'avoir pas de voix en chapitre,
au chapitre.
CHAPITRE, se dit pareillement de L'assemblée que des religieux
tiennent pour délibérer de leurs affaires. Chapitre conventuel.
Chapitre provincial. Chapitre général. Convoquer le chapitre. Aller
au chapitre.
Il s'est dit aussi Des assemblées des ordres royaux, des ordres militaires.
Le roi tint le chapitre de l'ordre.
Se dit encore Du lieu où se tiennent les assemblées, soit de chanoines,
soit de religieux, soit de chevaliers. Les bancs d'un chapitre. On lui ferma
la porte du chapitre.
CHAPITRER . v. a.
Réprimander un chanoine ou un religieux en plein chapitre. Il n'est guère
usité au propre.
Il signifie, figurément et familièrement, Réprimander une
personne, lui remontrer sa faute en termes un peu sévères. Son
père, son précepteur, le chapitrera tantôt. Il sera bien chapitré.
CHAPITRÉ, ÉE. participe
CHAPON .s.m.
Coq châtré que l'on engraisse. Engraisser des chapons. Gros
chapon. Chapon gras. Chapon de Bruges. Chapon du Mans. Chapon de pailler. Chapon
bouilli. Chapon rôti. Aile, cuisse, blanc de chapon.
Prov. et fig., Ce sont deux chapons de rente, se dit De deux personnes
dont l'une est grasse et l'autre maigre.
Fam., Il a les mains faites en chapon rôti, se dit D'un homme qui
a les doigts crochus, retirés; et, figurément, D'un homme qui a
l'habitude de dérober.
Prov. et fig., Qui chapon mange, chapon lui vient, Le bien vient plutôt
à ceux qui en usent qu'à ceux qui l'épargnent. Il signifie
aussi, Le bien vient à ceux qui en ont déjà.
Prov. et fig., Il en porte le nom, mais n'en mange pas les chapons, un autre
en mange les chapons, se dit D'un homme qui porte le nom d'une terre, et qui
n'en touche pas les revenus.
Dans quelques Coutumes, Le vol du chapon, se disait d'Une certaine étendue
de terre qui était autour du château ou principal manoir. Le vol
du chapon entrait, avec le principal manoir, dans le préciput de l'aîné.
CHAPON, se dit aussi d'Un gros morceau de pain qu'on met bouillir dans
le pot, et qu'on sert sur un potage maigre.
Se dit également d'Une croûte de pain frottée d'ail qu'on
met dans une salade.
CHAPONNEAU .s.m. Diminutif
Jeune chapon. Il est peu usité.
CHAPONNER . v. a.
Châtrer un jeune coq. Chaponner des cochets.
CHAPONNÉ, ÉE. participe
CHAPONNIÈRE . s. f.
Vase de cuisine pour faire cuire un chapon en ragoût.
CHAQUE . adj.
distributif des deuxgenres. Il se met toujours avant le substantif, et n'a point
de pluriel. Chaque homme. Chaque maison. Chaque arbre. Chaque chose. À
chaque personne. À chaque instant. Pour chaque jour. En chaque espèce.
Chaque pays a ses coutumes. À chaque jour suffit sa peine.
Prov., Chaque tête, chaque avis, Chacun a sa manière de
penser.
CHAR .s.m.
Sorte de voiture à deux roues, dont les anciens se servaient ordinairement
dans les triomphes, dans les jeux, dans les cérémonies publiques,
dans les combats, etc. Char de triomphe. Char doré. Il monta sur son
char. Son char, en tournant trop court, se brisa contre les bornes. Les captifs
suivaient le char du triomphateur. Le char d'Apollon. Selon les poëtes, le
char de Vénus était attelé de colombes.
Poétiq., Le char du soleil, le char de la lune, le char de la nuit.
CHAR, se dit également, dans le style élevé, de
Toute espèce de voitures, de chariots, etc. Char rustique. Char de vendange.
Des chars pesants traînaient d'énormes fardeaux.
Se dit plus ordinairement d'Une voiture remarquable par son élégance
ou sa richesse. Char élégant, brillant, rapide, etc. Courses
de chars, en char.
Char à bancs, Sorte de voiture longue et légère,
garnie de plusieurs bancs, et ordinairement ouverte de tous côtés,
ou fermée seulement par des rideaux de toile.
Char de deuil, Chariot à quatre roues, couvert d'un poêle,
dans lequel on transporte les corps des rois, des princes, etc.
Poétiq., Char funèbre, Toute espèce de corbillard.
CHAR, se dit figurément, dans le style élevé, en
parlant Des personnes ou des choses qui asservissent, qui tiennent dans une dépendance
volontaire ou forcée. Il voulut enchaîner l'Asie entière
à son char. Enchaîner la victoire à son char. Le char de la
victoire, de la gloire, de la fortune, etc. Chaque jour elle attache, elle enchaîne
un nouvel amant à son char. S'attacher au char de la puissance, de la faveur,
etc.
CHARADE . s. f.
Espèce de logogriphe, qui consiste à décomposer un mot
de plusieurs syllabes en parties dont chacune fait un mot. En voici un exemple
sur le mot Chiendent: Ma première partie ou mon premier (chien)
se sert de la seconde ou de mon second (dent) pour manger mon
tout ou mon entier (chiendent).
Charade en action, Espèce de divertissement où plusieurs
personnes donnent à deviner à d'autres chaque partie d'un mot et
le mot entier, en exécutant des scènes qui en expriment la signification.
On dit en ce sens, Jouer des charades, jouer aux charades.
CHARANÇON .s.m.
Genre d'insectes coléoptères, très-nombreux en espèces,
dont plusieurs rongent les blés dans les greniers. Le charançon
s'est mis dans ces blés, et les a gâtés.
CHARANÇONNÉ , ÉE. adj.
Se dit Du grain attaqué par les charançons. Blé charançonné.
CHARBON .s.m.
Morceau de bois qui est entièrement embrasé, qui ne jette plus
de flamme. Le bois neuf fait de bon charbon. Charbon ardent. Charbon tout rouge.
Charbon éteint. Charbon allumé. Faire griller sur les charbons.
Fig., dans le style de l'Écriture, Amasser des charbons ardents sur
la tête de son ennemi, Le rendre plus inexcusable, et attirer sur lui
la vengeance de Dieu, en lui rendant le bien pour le mal.
Fig. et fam., Être sur les charbons, Éprouver une vive impatience,
être dans une grande inquiétude. Ce retard me tourmente, je suis
sur les charbons.
Fig., Il brûle comme un charbon, se dit D'un homme qui a une fièvre
ardente.
CHARBON, se dit aussi de La braise éteinte. Rallumer les charbons.
Écrire avec du charbon. Noir comme du charbon.
Se dit également Des tronçons de jeune bois qu'on brûle
a demi, et qu'on éteint pour les rallumer au besoin. Ce bois est très-propre
à faire du charbon. Passer du bois en charbon. Cuire le charbon. Fosses
à charbon. Vendre du charbon. Charbon de bateau. Charbon de somme. Un sac
de charbon. Sac à charbon. Une voie de charbon.
Se dit quelquefois Des matières animales noircies et calcinées
par le feu. Charbon animal. Cette côtelette est trop cuite, elle est
en charbon.
Charbon de terre, ou Charbon minéral, Sorte de fossile
dur et inflammable, dont on se sert à la forge et dans les usines: il est
aussi fort employé, dans plusieurs contrées, pour les usages domestiques.
Mines de charbon de terre. On retire du charbon de terre le gaz qui sert à
l'éclairage. Voyez HOUILLE.
CHARBON, en termes de Médecine, est synonyme d'Anthrax, mais il
désigne plus particulièrement Les inflammations gangréneuses
de ce genre qui sont dues à une cause interne. Avoir le charbon.
Se dit, en termes d'Art vétérinaire, d'Une sorte de tumeur inflammatoire
et gangréneuse qui attaque les chevaux, les boeufs, les moutons, les poules,
etc.
Se dit, en Agriculture, d'Une maladie des blés et autres céréales.
Voyez CARIE et NIELLE.
CHARBONNÉE . s. f.
Petit aloyau, côte de boeuf. Manger une charbonnée.
Il signifie aussi, Un morceau de porc ou de boeuf grillé sur le charbon.
CHARBONNER . v. a.
Réduire en charbon. Il ne s'emploie guère, dans ce sens, qu'avec
le pronom personnel. Le bois, plongé dans l'acide sulfurique concentré,
se charbonne.
Il signifie plus ordinairement, Noircir avec du charbon. Charbonner le visage
à quelqu'un. On dit aussi, Charbonner une muraille, Dessiner
ou écrire dessus avec du charbon.
Se dit figurément pour Esquisser, peindre grossièrement. Il
ne l'a pas peint, il l'a charbonné.
CHARBONNÉ, ÉE. participe, Blés charbonnés,
Blés attaqués par le charbon.
CHARBONNEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui est de la nature du charbon. Tumeur charbonneuse.
CHARBONNIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui fait ou qui vend du charbon. Maître charbonnier. Noir
comme un charbonnier.
Prov., La foi du charbonnier, La foi d'un homme simple, qui croit sans
aucun examen tout ce que l'Église enseigne.
Prov. et fig., Le charbonnier est maître dans sa maison, ou Charbonnier
est maître chez soi, Chacun vit chez soi comme il lui plaît.
CHARBONNIER, se dit aussi, en quelques endroits, Du lieu où l'on
serre le charbon.
CHARBONNIÈRE . s. f.
Le lieu où l'on fait du charbon dans les bois. Il y a une charbonnière
dans telle forêt.
CHARBOUILLER . v. a.
T. d'Agricult. Se dit De l'effet que la nielle produit sur les blés.
CHARBOUILLÉ, ÉE. participe, Des blés charbouillés
par la nielle.
CHARCUTER . v. a.
Découper de la chair et la mettre en pièces. Il n'est plus en
usage au propre; mais figurément il signifie, Couper malproprement de la
viande à table. Il a charcuté cette longe de veau.
Se dit aussi D'un chirurgien maladroit, qui, dans une opération, découpe,
taillade les chairs d'un malade, d'un blessé.
CHARCUTÉ, ÉE. participe
CHARCUTERIE . s. f.
L'état et le commerce de charcutier.
CHARCUTIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui prépare et qui vend de la chair de porc, des boudins,
des saucisses, des andouilles, etc. Maître charcutier. Garçon
charcutier. Une boutique de charcutier.
CHARDON .s.m.
Genre de plantes à fleurs composées, dont les nombreuses espèces
ont des feuilles épineuses, et un calice formé d'écailles
terminées par des piquants très-aigus. Chardon de marais. Chardon
crépu. Chardon nain; etc. Les ânes mangent les chardons.
Se dit aussi, mais abusivement, de Quelques autres plantes à fleurs composées,
qui sont de genres différents. Chardon bénit. Chardon étoilé.
Chardon de Notre-Dame, ou Chardon-Marie. Chardon hémorroïdal.
Etc.
Chardon à bonnetier ou à foulon, Plante dont les
têtes sont armées d'une espèce de petits crochets, et servent
aux bonnetiers et aux foulons pour carder la laine, pour rendre le poil des draps
plus lisse et plus uni.
CHARDONNERET .s.m.
Petit oiseau qui a la tête rouge autour du bec, les ailes marquetées
de jaune et de brun, qui aime la graine de chardon, et qui a un joli ramage. Nourrir
des chardonnerets. Joli chardonneret.
CHARDONNETTE . s. f.
Espèce d'artichaut sauvage, dont la fleur sert à faire cailler
le lait. On dit aussi, Cardonnette.
CHARGE . s. f.
Faix, fardeau. Charge pesante, excessive, légère. On a donné
trop de charge à ce plancher.
Payer les charges d'un mur, Indemniser le voisin, à raison de
la nouvelle charge qu'on met sur le mur mitoyen, lorsqu'on l'élève
à une plus grande hauteur.
CHARGE, signifie aussi, Ce que peut porter une personne, un animal, un
bâtiment ou autre chose semblable. Cela est très-pesant, j'en
ai ma charge. La charge d'un mulet, d'une charrette est de tant. La charge de
ce bateau est de cinquante tonneaux. Prendre charge.
Il signifie quelquefois, dans la Marine marchande, L'action de charger un bâtiment.
Navire en charge pour Bayonne, pour Boston, etc.
CHARGE, signifie particulièrement, Une certaine mesure ou quantité
déterminée de certaines choses. Une charge de blé, de
fagots, de cotrets, etc.
Fig. et pop., Une charge de coups de bâton, Plusieurs coups de
bâton de suite. Donner, recevoir une charge de coups de bâton.
CHARGE, se dit figurément de Toute dépense, de tout ce
qui met dans la nécessité de faire quelque dépense. C'est
une grande charge que beaucoup d'enfants. Il a beaucoup de charge et peu de bien.
Il faut que je le nourrisse, il est à ma charge. Les frais demeurent à
sa charge. Les grosses réparations sont à la charge du propriétaire.
Les charges de l'État, Sa dette et ses dépenses.
Être à charge à quelqu'un, Lui causer de la dépense
ou de l'incommodité. Il faut tâcher de n'être à charge
à personne. Il craint de vous être à charge.
CHARGE, signifie aussi, Imposition. Le tiers état portait la
plus grande partie des charges. Cette nouvelle charge pèsera sur l'industrie.
Payer les charges publiques.
Il signifie encore, Obligation, condition onéreuse. Le revenu de cette
terre suffit à peine pour en acquitter les charges. Les charges d'un bénéfice.
Il y a de grandes charges. Les charges excèdent le revenu. Cette terre
vaut tant, toutes charges déduites. Les charges d'une succession. Charge
foncière. Cahier des charges d'une vente.
Charges personnelles, Celles qu'on supporte personnellement, comme la
tutelle, le service militaire, etc.
Prov. et fig., Il faut prendre le bénéfice avec les charges,
Il faut se résoudre à essuyer les incommodités d'une chose
qui d'ailleurs est avantageuse. Ce n'est pas un bénéfice sans
charge, se dit D'un bien, d'un avantage qu'on n'a pas sans peine, sans dépense,
ou même sans danger.
À la charge, ou À charge, À condition, avec
obligation. Je lui ai vendu ma maison, à la charge de payer mes plus
anciens créanciers. Je lui ai promis telle chose, mais c'est à charge
que... À la charge d'autant.
Bénéfice à charge d'âmes, Celui qui oblige
à être prêtre.
CHARGE, se dit aussi de Certaines magistratures ou dignités, de
certaines fonctions publiques. La charge des édiles était annuelle.
Entrer en charge. Sortir de charge. Être en charge, hors de charge. Charge
de notaire, d'avoué, d'agent de change. Ce notaire a vendu sa charge.
Il se disait plus particulièrement, dans l'ancien régime, Des
offices pour lesquels on prenait des provisions. Charge de judicature, de finance.
Charge militaire. Charge dans l'armée. Charge dans la maison du roi. Charge
honorable. Charge lucrative. Charge vénale. Les gages, les appointements,
les émoluments, les fonctions d'une charge. Charge de président,
de conseiller, de trésorier, etc. Être pourvu, revêtu d'une
charge. Acheter une charge. Se faire recevoir à une charge, dans une charge.
Exercer une charge. Faire bien sa charge. S'acquitter dignement de sa charge.
C'était un homme qui savait bien faire valoir sa charge. On lui enjoignit
de se défaire de sa charge. On fit décréter sa charge. Il
fut déclaré incapable d'occuper aucune charge. Entreprendre sur
la charge de quelqu'un. Cela n'était pas de sa charge. Se démettre
de sa charge. Donner démission de sa charge. Ce n'était pas une
charge, ce n'était qu'une commission. Ces commissions furent érigées
en charges.
Faire l'acquit de sa charge, En remplir le devoir fidèlement.
Ce juge, ce commissaire, en dressant procès-verbal, a fait l'acquit
de sa charge.
Aller au delà de sa charge, En excéder les droits et les
devoirs.
CHARGE, signifie également, Commission, ordre qu'on donne à
quelqu'un. On lui a donné charge de... J'ai charge de vous dire que...
Ce sens a vieilli.
Cela est à ma charge, à sa charge, etc., On m'en a donné,
on lui on a donné le soin, la garde.
Femme de charge, Femme attachée au service d'une grande maison,
pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc.
CHARGE, se dit aussi, en termes de Droit criminel, Des preuves et indices
qui s'élèvent contre un accusé. Dans ce sens, il s'emploie
le plus ordinairement au pluriel. Examiner les charges portées contre
un accusé. Vous allez entendre les charges produites contre vous. Produire
de nouvelles charges.
Informer à charge et à décharge, Informer pour et
contre l'accusé.
Témoins à charge, Témoins assignés par le
ministère public ou la partie civile, pour déposer sur les faits
qui paraissent être à la charge de l'accusé.
CHARGE, en termes de Guerre, signifie, Attaque impétueuse d'une
troupe. Rude, furieuse, vigoureuse charge. Sonner, battre la charge. Aller
à la charge. Soutenir la charge. Retourner à la charge. La première,
la seconde charge. Charge de cavalerie. Fournir une charge. Exécuter une
charge. Pas de charge. Marcher au pas de charge. Enlever une position au pas de
charge.
Fig., Revenir, retourner à la charge, Réitérer ses
démarches, ses instances, ses prières, ses reproches, ses invectives,
etc. On a beau le rebuter, il revient toujours à la charge.
CHARGE, se dit en outre de Ce qu'on met de poudre et de plomb, etc.,
dans une arme à feu, pour tirer un coup. Charge de pistolet, de fusil,
de canon.
Se dit également de Ce qu'on met de poudre dans un canon, dans un mortier,
etc., pour lancer un boulet, une bombe, etc. Ce canon est fort mince, ne lui
donnez que demi-charge. On a donné double charge à cette pièce
pour l'éprouver. Mettre double charge. Charge d'épreuve.
Se dit aussi, dans les Exercices militaires, de L'action de charger un fusil.
Apprendre la charge. Charge en douze temps. Charge précipitée.
CHARGE, en termes de Peinture, Représentation exagérée,
imitation bouffonne. Ce portrait est peint en charge.
Se dit par extension, et figurément, dans quelques autres Arts d'imitation.
Ce que vient de dire, de faire cet acteur, est une charge, Il l'ajoute
à son rôle. Cet acteur n'est pas plaisant, ses charges sont de
mauvais goût. Une bonne charge. Une mauvaise charge.
CHARGE, en termes d'Art vétérinaire, Application d'un cataplasme,
d'un emplâtre, ou de tout autre topique, sur quelque partie du corps d'un
animal malade ou blessé.
CHARGEMENT .s.m.
Tout ce qui est chargé sur un bâtiment. Le chargement d'un vaisseau
de guerre se compose de ses armes, de ses munitions et de ses vivres.
Se dit, particulièrement, de La quantité de marchandises chargées
sur un navire de commerce. Attendre, chercher, trouver un chargement. Chargement
à fret. Son chargement est composé de telles marchandises. Le capitaine
fut obligé de jeter une partie de son chargement à la mer. Dans
ce sens, on dit aussi, Cargaison.
Se dit également de L'action de charger un bâtiment. Il a fait
son chargement dans tel port. Entrer en chargement. Commencer, finir son chargement.
Être en chargement. Pendant le chargement. Travailler au chargement d'un
navire. Frais de chargement.
CHARGEMENT, se dit aussi de L'action de faire constater, sur les registres
de la poste, l'envoi d'une lettre, d'un paquet. Bureau des chargements.
CHARGER . v. a.
Mettre une charge sur. Charger un crocheteur. Charger un cheval, un mulet.
L'architecte a trop chargé ce mur. Il n'y a point de danger à charger
une voûte. Charger un bateau pour tel endroit. Ce bateau est chargé
de vin, de sel. Charger un navire. Charger à fret. Charger en cueillette.
Charger un prisonnier de chaînes.
Il a souvent pour régime le nom de la charge, du fardeau. Charger
un fagot sur ses épaules. Charger des pierres sur une voiture. Charger
des marchandises sur un bateau, sur un navire ou dans un navire. Charger
en grenier du blé, du sel, du charbon, etc.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Cet homme ne peut se charger
seul. Aidez-moi donc à me charger. Vous vous chargez d'un fardeau beaucoup
trop pesant.
Charger une voûte, Y joindre le poids des matériaux nécessaires
pour en contenir l'effort.
Le temps se charge, Il se couvre de nuages, et se dispose à la
pluie. On dit aussi, Le temps est chargé, Il est couvert.
Fig., Charger un homme de coups, Le battre avec excès. Charger
quelqu'un d'injures, d'opprobres, de malédictions, Lui dire beaucoup
d'injures, l'accabler d'opprobres, de malédictions.
Fig., Charger sa conscience de quelque chose, Prendre quelque chose sur
sa conscience, et s'en rendre responsable devant Dieu.
Fig., Charger quelqu'un d'un crime, d'une faute, etc., L'en accuser.
Ils ont voulu le charger de ce crime. Pourquoi me charger de vos sottises?
On dit aussi, Se charger d'un crime, d'une faute, En prendre la responsabilité.
Fig., Charger sa mémoire de quelque chose, Mettre une chose dans
sa mémoire, s'appliquer sérieusement à la retenir. Charger
sa mémoire de bonnes choses, de bagatelles. Il ne faut pas trop charger
la mémoire des enfants, Il ne faut pas les obliger à retenir trop
de choses.
Charger un registre de telle et telle chose, La marquer sur le registre.
On dit dans le même sens, Charger un compte d'une dépense, d'une
recette. On dit aussi, Charger un article sur un registre, sur un livre
de compte.
Charger un compte, un article, signifie aussi, dans le langage commercial,
Exagérer le montant des frais, dans un compte, etc. Cette maison a la
réputation de charger ses comptes. Il y a beaucoup d'abus sur cette place,
tous les frais sont chargés.
Charger un mot, Écrire un mot sur un autre, sans effacer celui-ci.
CHARGER, signifie aussi, Peser sur. Cette poutre charge trop la muraille.
Cela chargera trop cet homme. Cette malle chargerait trop la voiture.
Cette nourriture charge l'estomac, Elle pèse trop sur l'estomac,
parce qu'elle est difficile à digérer. On dit dans le même
sens, Cet homme se charge l'estomac de trop de nourriture, se charge l'estomac.
CHARGER, en Matière criminelle, signifie, Déposer contre
quelqu'un, dire des choses qui tendent à le faire condamner. Les témoins,
les dépositions le chargent beaucoup. Il est bien chargé par les
aveux de son complice.
CHARGER, signifie quelquefois, par exagération, Mettre avec profusion
certaines choses sur une autre. Charger une table de mets. Se charger la tête
d'ornements sans goût.
Se dit figurément, dans le même sens, surtout en parlant Des ouvrages
d'esprit. Charger d'incidents une pièce de théâtre. Charger
un discours de figures, un ouvrage de citations, de notes, etc.
CHARGER, signifie en outre figurément, Imposer quelque charge,
quelque condition onéreuse. Charger le peuple, un pays, les charger
d'impôts, Mettre de trop fortes impositions sur le peuple, sur un pays.
Charger une terre d'une redevance, une succession d'un legs, Établir,
imposer une redevance sur une terre, grever une succession d'un legs. Voyez
GREVER.
CHARGER, signifie aussi, Donner commission, donner ordre pour l'exécution
de quelque chose, pour la conduite de quelque affaire. On l'a chargé
de porter la parole. C'est à vous de prendre garde à cela, je vous
en charge. Charger un avocat d'une cause. De quelles fonctions est-il chargé?
On dit de même, Charger quelqu'un de ses pouvoirs, de sa procuration.
S'emploie avec le pronom personnel dans le sens de Prendre le soin, la conduite
de quelque chose. Vous vous chargez là d'un emploi bien difficile. Je
ne veux pas me charger de cette affaire. Il a refusé de se charger des
papiers, de se charger de la garde de ce trésor. Vous vous êtes chargé
de lui parler. Il s'est chargé de la distribution des fonds. Je me charge
de tout.
Se charger de quelqu'un, Se charger de le nourrir, de l'élever,
etc. Je me charge de cet enfant.
CHARGER, signifie encore, Marcher vers l'ennemi et l'attaquer avec impétuosité.
Fort ou faible, il charge toujours l'ennemi. Nous chargeâmes si vigoureusement
l'aile droite, que nous la fîmes plier.
Se dit également D'une personne qui en frappe une autre. S'il me tient
de pareils discours, je le chargerai. Ce sens est familier.
Il signifie aussi, Mettre dans une arme à feu ce qu'il faut de poudre,
de plomb, etc., pour tirer un coup. Charger un pistolet, un fusil. Les soldats
chargèrent leurs armes. Vous chargez trop ce canon, il crèvera.
Charger à balle. Charger à cartouche. Dans les Exercices militaires,
on dit absolument, Chargez.
En Physique, Charger une bouteille de Leyde, une batterie électrique,
etc., Y accumuler une quantité d'électricité assez considérable
pour que les effets en deviennent sensibles. On dit aussi, Charger d'électricité.
Charger une pipe, La remplir de tabac. Charger une plume d'encre,
charger un pinceau de couleur, Prendre avec une plume, avec un pinceau, autant
d'encre, autant de couleur qu'ils en peuvent tenir. Charger de soie une bobine,
un fuseau, Mettre sur une bobine, sur un fuseau la quantité de soie
qu'ils sont destinés à recevoir. Etc.
CHARGER, en Peinture, signifie, Représenter avec exagération
les traits, la figure d'une personne, pour la rendre ridicule, sans qu'elle cesse
d'être reconnaissable. Charger un portrait.
Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Exagérer avec malignité
les défauts de quelqu'un. Le portrait que tel auteur fait de cet homme
est trop chargé.
Se dit encore, généralement, De toute exagération. Cet
acteur charge son rôle, charge trop. Les caractères sont trop chargés
dans ce roman.
Charger un récit, une histoire, une description, Y ajouter, l'amplifier
beaucoup. Ce poëte charge ses descriptions. Cette description est trop
chargée. On dit quelquefois absolument, Charger, dans le même
sens. Ce que vous dites là n'est pas possible, vous chargez.
CHARGÉ, ÉE. participe, Acquit des marchandises chargées.
Ils revinrent chargés de butin. Un pistolet, un fusil chargé. Un
canon chargé à mitraille.
Pop., Chargé comme un baudet, se dit D'un homme qui est excessivement
chargé; et, figurément, D'un homme trop chargé de travail.
En termes de Manége, Ce cheval est chargé de ganache, est chargé
d'encolure, Il a trop de ganache, il a l'encolure trop grosse.
Par extension, Cet homme est chargé de ganache, Il a de grosses
mâchoires. On le dit figurément D'un homme qui, étant épais
de corps, a aussi l'esprit lourd et grossier.
Prov. et fig., Être chargé de cuisine, Être fort gras
et avoir un gros ventre.
Lettre chargée, paquet chargé, Lettre, paquet dont on fait
constater l'envoi sur les registres de la poste.
CHARGÉ, s'emploie adjectivement, dans le sens particulier de Rempli,
couvert de. Des yeux chargés de pleurs. Un ciel chargé de nuages.
Un manuscrit chargé de fautes, de ratures. Une épreuve chargée
de corrections. Un habit chargé de broderies. La vigne est chargée
de raisins. La mer était chargée de vaisseaux.
Avoir les yeux chargés, Les avoir enflés, remplis d'humeurs.
Couleur chargée, Couleur trop forte.
Dés chargés, Faux dés, dés pipés,
dont se servent ceux qui veulent tromper au jeu.
CHARGÉ, signifie aussi figurément, Qui a beaucoup, qui
a trop de certaines choses. Chargé d'honneurs. Chargé de crimes,
d'opprobres. Être chargé d'enfants.
Être chargé de la haine, du mépris, de la malédiction
de quelqu'un, Être haï, être fort méprisé de
quelqu'un, avoir reçu sa malédiction. Être chargé
de l'exécration publique, Être généralement détesté.
Etc.
CHARGÉ, en termes de Blason, se dit Des pièces sur lesquelles
il y en a d'autres. Bande d'or chargée de six croisettes de sable.
Chargé d'affaires, se dit substantivement, en Diplomatie, de Celui
qui, au défaut ou en l'absence d'un ambassadeur ou d'un ministre plénipotentiaire,
est chargé de veiller aux intérêts de son gouvernement dans
une cour étrangère. Notre chargé d'affaires en Toscane.
Le chargé d'affaires de France.
CHARGEUR .s.m.
Celui qui charge des marchandises ou autres fardeaux. Chargeur de bois. Chargeur
de charbon.
Adjectiv., Commissionnaire chargeur, Celui qui se charge de l'expédition
des marchandises par bateau.
CHARGEUR, dans le Commerce maritime, Celui à qui appartient tout
ou partie d'une cargaison.
CHARGEUR, en termes d'Artillerie, Celui qui charge une pièce.
Il n'est usité que dans la Marine militaire.
CHARIOT .s.m.
Sorte de voiture à quatre roues, propre à porter diverses choses.
Chariot de bagage. Chariot de foin. Chariots d'ambulance. Chariots d'artillerie.
Chariots des vivres. Voyez FOURGON, qui est plus usité dans
l'Administration militaire.
Il signifie quelquefois, Char. Des chariots armés de faux.
CHARIOT, en termes d'Astronomie, Constellation de la grande ou de la
petite Ourse. Le grand Chariot, qu'on appelle communément Le
Chariot, ou Le Chariot du roi David. Le petit Chariot.
CHARITABLE . adj. des deux genres
Qui a de la charité pour son prochain. Il faut être charitable
envers tout le monde.
Il signifie particulièrement, Qui fait l'aumône. Cette dame
est fort charitable.
Se dit aussi Des choses, et signifie, Qui part d'un principe de charité.
Secours charitable. Conseil charitable. Avis charitable.
CHARITABLEMENT . adv.
D'une manière charitable, par charité. Assister, consoler charitablement
les pauvres. Instruire charitablement. Avertir charitablement.
CHARITÉ . s. f.
L'une des trois vertus théologales: amour par lequel nous aimons Dieu
comme notre souverain bien. La charité couvre la multitude des péchés.
Si je n'ai point la charité, je ne suis rien. La charité est la
perfection de la loi.
Il signifie également, L'amour qu'on a pour le prochain en vue de Dieu.
La charité des premiers chrétiens. Charité fraternelle.
Avoir de la charité pour le prochain. Mouvement, motif de charité.
Il a fait telle chose par charité, par pure charité.
Il signifie plus particulièrement, Aumône qu'on donne aux pauvres;
et, dans ce sens, il a un pluriel. C'est une belle charité que de nourrir
et d'instruire les orphelins. Faire des actes de charité. Faire la charité
à quelqu'un. Ce pauvre homme vous demande la charité. Il se recommande
aux charités des gens de bien. Cette dame fait bien des charités,
de très-grandes charités.
Prov., Charité bien ordonnée commence par soi-même,
Il est juste, ou du moins il est naturel de songer à ses propres besoins,
avant de s'occuper de ceux des autres.
Prov. et fig., par contre-vérité, Prêter une charité,
des charités à quelqu'un, Chercher à faire croire qu'il
a dit ou fait quelque chose de mal qu'il n'a ni dit ni fait. Je suis sûr
qu'il n'a point dit cela, c'est une charité qu'on lui prête.
On dit dans un sens analogue, Une charité de cour, Une perfidie
de courtisan.
CHARITÉ, se dit encore, absolument, d'Une congrégation
de personnes pieuses qui se vouent au soulagement des pauvres et des malades.
Les soeurs de la Charité. Frères de la Charité.
Se dit, par extension, de Certains hôpitaux où les malades sont
soignés par des soeurs de la Charité. S'il tombe malade, il se
fera porter à la Charité. Il est mort à la Charité.
Médecin de la Charité. On dit de même, L'hôpital,
l'hospice de la Charité.
Bureau de charité, Lieu où l'on fait des distributions
de secours aux indigents, et où s'assemblent les commissaires des pauvres.
Allez au bureau de charité. Se dit également de La réunion
de ces commissaires. Le bureau de charité est assemblé. Il est
membre du bureau de charité.
Dames de charité, Dames bienfaisantes qui secondent les bureaux
de charité.
CHARIVARI .s.m.
Bruit tumultueux de poêles, poêlons, chaudrons, etc., accompagné
de cris et de huées, que l'on faisait, la nuit, devant la maison des femmes
du petit peuple, veuves et âgées, qui se remariaient. Si vous
vous remariez, on vous fera un charivari trois jours de suite.
Se dit, dans un sens plus général, de Tout bruit semblable par
lequel des gens attroupés témoignent à quelqu'un leur désapprobation
de ce qu'il a fait. Donner un charivari à quelqu'un.
Se dit aussi, par dénigrement, d'Une musique bruyante et discordante.
Ce n'était pas un concert, c'était un charivari, un vrai charivari.
Quel charivari!
Se dit encore, figurément, de Toute sorte de criailleries, de querelles.
Il y a un terrible charivari dans cette maison. Sa femme lui a fait un beau
charivari. On continua la pièce, malgré le charivari qui se faisait
dans la salle.
Ce mot est familier dans toutes ses acceptions.
CHARLATAN .s.m.
Celui qui vend des drogues, de l'orviétan, et qui les débite dans
les places publiques, monté sur des tréteaux. C'est ordinairement
un terme de mépris. Remède de charlatan.
Se dit aussi d'Un médecin qui est hâbleur, qui se vante de guérir
toutes sortes de maladies. Ce n'est point un médecin, ce n'est qu'un
charlatan.
Se dit, par extension, de Toute personne qui se vante de posséder quelque
secret merveilleux, et qui tire de l'argent des personnes crédules, en
promettant de le leur communiquer. Les charlatans l'ont ruiné. On lui
adressa un charlatan qui prétendait avoir trouvé le secret de faire
de l'or.
Se dit, figurément, d'Un homme qui cherche à en imposer, à
se faire valoir par un grand étalage de paroles, par le faste de ses actions.
N'écoutez pas cet homme-là, c'est un charlatan. Il y a des charlatans
dans tous les états. Un charlatan politique.
CHARLATANER . v. a.
Tâcher d'amadouer, de tromper par des flatteries, par de belles paroles.
Ne vous laissez pas charlataner. Il est familier et peu usité.
CHARLATANÉ, ÉE. participe
CHARLATANERIE . s. f.
Hâblerie, flatterie, discours artificieux pour tromper quelqu'un. Tout
ce qu'il vous dit n'est que charlatanerie. Ses charlataneries lui ont réussi.
Il est familier.
CHARLATANISME .s.m.
Se dit Des ruses, des artifices, des tromperies de charlatan. Ce médecin
fait la guerre au charlatanisme. Son charlatanisme fut bientôt dévoilé.
Il affecte la modestie: pur charlatanisme!
CHARLOTTE . s. f.
.Cuisine. Plat d'entremets, fait de marmelade de pommes, qu'on entoure de morceaux
de pain grillés et frits. Manger de la charlotte. Servir une charlotte.
Charlotte russe, Charlotte faite d'une sorte de crème fouettée
qu'on entoure de petits biscuits.
CHARMANT , ANTE. adj.
Agréable, qui plait extrêmement, qui ravit. Femme charmante.
Lieux charmants. Concert charmant. Voix charmante. Cette maison est charmante.
Conversation charmante. C'est un homme charmant en société.
CHARME .s.m.
Ce qu'on suppose fait par art magique pour produire un effet extraordinaire.
Faire un charme, des charmes. Rompre, ôter, lever un charme. Porter un
charme sur soi. User de charmes.
Fig., Le charme est rompu, L'illusion est détruite. Les manières
de cette femme m'avaient d'abord séduit, mais le charme est rompu.
CHARME, signifie figurément, Attrait, appas; ce qui plaît
beaucoup, ce qui touche sensiblement. Un charme inévitable, puissant.
Un charme secret, indéfinissable. Cette personne a du charme. Il fait le
charme de ma vie.
S'emploie surtout, dans ce sens, au pluriel. Cette jeune personne a des charmes.
Les charmes d'une belle femme. On ne peut se défendre de ses charmes. Rien
ne résiste au pouvoir de ses charmes. Des charmes surannés. La musique,
la poésie a de grands charmes. Ces lieux ont pour moi bien des charmes.
La mélancolie a des charmes.
CHARME .s.m.
Arbre de haute tige, qui pousse des branches dès sa racine, et qui sert
ordinairement à faire des palissades. Bois de charme. Allée,
palissade de charmes.
CHARMER . v. a.
Produire un effet extraordinaire sur quelqu'un ou sur quelque chose, par charme,
par un prétendu art magique. On croit, dans le village, que ce berger
charme les loups, les serpents. Ces pauvres gens croyaient qu'en disant certaines
paroles, ils charmeraient les armes à feu. Son cheval ne voulant pas avancer,
il crut qu'on l'avait charmé.
Se dit quelquefois pour Fasciner. Le serpent charme et attire le rossignol.
Il signifie, au figuré, Plaire extrêmement, ravir en admiration.
Cet acteur vous charmera. Cette femme charme tous ceux qui la regardent. Vous
en êtes charmé. Cette musique m'a charmé. Charmer les yeux,
l'oreille. Charmer l'esprit, le coeur.
Charmer la douleur, la peine, l'ennui, etc., de quelqu'un, Suspendre
en lui le sentiment de la douleur, etc. Il a charmé ma douleur par ce
récit.
Charmer les loisirs de quelqu'un, Les lui faire passer agréablement.
La lecture charme ses loisirs.
CHARMER, signifie aussi, figurément et familièrement, Causer
une vive satisfaction; et, en ce sens, il s'emploie très-souvent au passif.
Vous me charmez en m'apprenant cela. Je suis charmé de vous voir. Il
sera charmé de cette nouvelle.
CHARMÉ, ÉE. participe
CHARMILLE . s. f. coll.
Plant de petits charmes. Botte de charmille. Planter de la charmille pour
faire une palissade.
Se dit aussi Des haies, des palissades, des allées plantées de
charmes. Planter une charmille. Se promener dans une charmille.
CHARMOIE . s. f.
Lieu planté de charmes.
CHARNAGE .s.m.
Se dit Du temps pendant lequel il est permis de manger de la chair, de la viande.
On fait meilleure chère en charnage qu'en carême. Il est populaire.
CHARNEL , ELLE. adj.
Qui est de la chair, qui appartient à la chair. S'emploie surtout dans
ces phrases: Plaisir charnel. Appétit charnel. Copulation charnelle.
Commerce charnel.
Homme charnel, Homme sensuel, par opposition à Homme spirituel.
CHARNELLEMENT . adv.
Selon la chair. On ne l'emploie guère que dans cette phrase, Connaître
une femme charnellement.
CHARNEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui est principalement composé de chair. Les joues,
les muscles, sont des parties charneuses. Il est vieux: on dit, Charnu.
CHARNIER .s.m.
Lieu où l'on garde les viandes salées.
Se dit aussi d'Un lieu couvert où l'on met les ossements des morts. On
disait autrefois, dans ce sens, Les charniers des Saints-Innocents, des Innocents,
ou simplement, Les charniers. Les écrivains publics se tenaient la plupart
près des charniers.
CHARNIÈRE . s. f.
Assemblage mobile de deux pièces de métal, de bois, ou d'autre
matière, enclavées l'une dans l'autre, et jointes ensemble par une
broche, par un clou qui les traverse. La charnière d'un compas, d'une
boîte, d'une montre, d'une tabatière. Boîte à charnière.
Se dit, en Conchyliologie, de La partie où sont attachées ensemble
les deux valves d'une coquille, et sur laquelle se font leurs mouvements.
CHARNU , UE. adj.
Bien fourni de chair. Corps charnu. Personne charnue. Main charnue. Cette
perdrix a l'estomac bien charnu.
Il signifie aussi, Formé de chair. Une masse charnue. Les parties
charnues du corps.
Se dit également Des plantes et de leurs parties, quand elles sont pulpeuses
et succulentes. Plante, racine, feuille charnue. Des fruits charnus. Des pruneaux
bien charnus. Des olives bien charnues. Etc.
CHARNURE . s. f.
La chair, les parties charnues, considérées selon les différentes
qualités qu'elles peuvent avoir. Il ne se dit qu'en parlant Des personnes.
Charnure ferme. Charnure molle.
CHAROGNE . s. f.
Corps de bête morte, exposé et corrompu. Vieille charogne. Puant
comme une charogne.
CHARPENTE . s. f.
Assemblage de pièces de bois servant à une construction, ou en
faisant partie. Charpente de bois de chêne, de châtaignier. La
charpente d'une église, d'une couverture, d'un plancher. Maison bâtie
de charpente.
Bois de charpente, Bois propre à la construction.
Fig., La charpente du corps, L'ensemble des parties osseuses du corps.
CHARPENTE, se dit aussi figurément Du plan, des parties principales
d'un ouvrage d'esprit. La charpente d'une pièce de théâtre,
d'un poëme.
CHARPENTER . v. a.
Tailler, équarrir des pièces de bois avec la hache. Il n'est guère
d'usage en ce sens; mais, au figuré, il signifie, Couper, tailler d'une
manière maladroite. Vous charpentez cette viande, au lieu de la couper
proprement. Le chirurgien lui a tout charpenté le bras.
CHARPENTÉ, ÉE. participe, Il signifie ordinairement, Taillé
grossièrement.
CHARPENTERIE . s. f.
L'art de travailler en charpente.
Il signifie aussi la même chose que Charpente, surtout lorsqu'il s'agit
de la manière dont le travail est exécuté. Échafaud
de charpenterie. La charpenterie de cette église est fort belle.
CHARPENTIER .s.m.
Artisan qui travaille en charpente. Maître charpentier. Garçon
charpentier. Il est dans l'embarras, il a les charpentiers et les maçons
chez lui.
Charpentier de vaisseau, de navire, Celui qui travaille à la construction
et à la réparation des vaisseaux, des bâtiments de toute espèce.
CHARPIE . s. f.
Amas de petits filets tirés d'une toile usée, que l'on a coupée
par morceaux. Faire de la charpie. La charpie sert à panser les plaies,
les ulcères. On porta tant de tonneaux de charpie à l'armée.
Fig., Cette viande est en charpie, se dit D'une viande bouillie qui est
trop cuite et comme réduite en filets.
CHARRÉE . s. f.
Cendre qui a servi à faire la lessive. La charrée est bonne
au pied des arbres.
CHARRETÉE . s. f.
La charge d'une charrette. Charretée de bois, de foin, de vin. Demi-charretée.
CHARRETIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui conduit une charrette, un chariot. Bon charretier. On
disait autrefois, Chartier.
Prov., Jurer comme un charretier embourbé, Jurer beaucoup, avec
emportement.
Prov. et fig., Il n'y a si bon charretier qui ne verse, Les plus habiles
font quelquefois des fautes.
CHARRETIER, se dit aussi quelquefois de Celui qui mène une charrue.
CHARRETIER , IÈRE. adj.
Par où peuvent passer les charrettes. Chemin charretier. Porte charretière.
Voie charretière, L'espace compris entre les roues d'une charrette,
lequel est ordinairement déterminé par les règlements de
police. La voie charretière est plus étroite dans ce pays qu'ailleurs.
CHARRETTE . s. f.
Sorte de voiture à deux roues, qui a deux limons et ordinairement deux
ridelles, et dont on se sert pour transporter des fardeaux. Charger une charrette.
Mener, conduire une charrette.
Prov. et fig., C'est un avaleur de charrettes ferrées, C'est un
fanfaron.
Charrette à bras, Petite charrette traînée par un
ou deux hommes, et propre seulement au transport de légers fardeaux.
CHARRIAGE .s.m.
Action de charrier. Le charriage coûte souvent plus que la pierre,
que le bois. Le charriage est difficile en hiver.
CHARRIER .s.m.
Pièce de grosse toile dans laquelle on met la cendre au-dessus du cuvier,
quand on fait la lessive. Ce drap servira de charrier.
CHARRIER . v. a.
Voiturer dans une charrette, dans un chariot, etc. Charrier des pierres.
Charrier des gerbes du champ à la grange. Charrier du vin.
Fig. et fam., Charrier droit, Se bien conduire, se gouverner comme l'on
doit, s'acquitter de son devoir. Il a toujours charrié droit. Je le
ferai bien charrier droit. Il fera bien de charrier droit.
CHARRIER, signifie aussi, Emporter, entraîner, en parlant D'un
courant d'eau, d'une rivière, etc. Les rivières charrient du
sable. Le canal charrie beaucoup de limon. On dit, par extension, Ses urines
charrient du gravier, ou simplement, charrient.
Se dit absolument D'une rivière, d'un fleuve, couverts de glaçons
qu'entraîne le courant. La Seine sera bientôt prise, car elle charrie.
CHARRIÉ, ÉE. participe
CHARROI .s.m.
Charriage, transport par chariot, charrette, tombereau, etc. On lui a payé
tant pour le charroi. On a requis tant de charrois par village. On ne saurait
aller là par charroi.
Se dit aussi Des corps de troupes chargés de transporter les bagages
de l'artillerie. Il sert dans les charrois. Capitaine de charroi.
CHARRON .s.m.
Ouvrier, artisan qui fait des trains de carrosse, des chariots, des charrettes,
etc. Un habile charron.
CHARRONNAGE .s.m.
Art du charron; Ouvrage de charron. Apprendre le charronnage. Le charronnage
de mon cabriolet me revient à...
Bois de charronnage, Bois propre aux ouvrages de charron.
CHARROYER . v. a.
Transporter sur des chariots, charrettes, tombereaux, etc. Il en a coûté
beaucoup pour charroyer toutes ces pierres.
CHARROYÉ, ÉE. participe
CHARRUE . s. f.
Machine à labourer la terre; instrument d'agriculture composé
d'un train monté ordinairement sur deux roues, qui porte un gros fer pointu
et un soc tranchant pour ouvrir et couper la terre, et qui est tiré par
des chevaux ou par des boeufs. Charrue bien attelée. Charrue de boeufs,
de chevaux. Valet de charrue. Tenir le manche de la charrue. Le soc d'une charrue.
Tirer la charrue.
Prov. et fig., Mettre la charrue devant les boeufs, Commencer par où
l'on devrait finir, faire avant ce qui devrait être fait après.
Prov. et fig., C'est une charrue mal attelée, se dit en parlant
D'associés qui ne s'accordent pas, qui n'agissent pas de concert dans leur
entreprise.
Fig. et fam., Tirer la charrue, Avoir beaucoup de peine. C'est tirer
la charrue que de s'adonner à un travail si pénible.
CHARRUE, signifie quelquefois, L'étendue de terre qu'on peut mettre
en valeur avec une charrue. Cette ferme est de deux, de quatre charrues.
CHARTE
ou CHARTRE. s. f.
Ancien titre, lettres patentes, loi fondamentale, constitution. Trésor
des chartres. École des chartres. C'est la plus ancienne chartre que je
connaisse. On dit ordinairement Chartre, lorsque ce mot signifie, Vieux
titre.
Charte ou chartre normande, Lettres patentes qui avaient été
accordées aux Normands pour la confirmation de leurs priviléges.
Nonobstant clameur de haro, charte normande, etc.
La grande charte d'Angleterre, ou simplement, La grande charte,
Charte par laquelle Henri III, roi d'Angleterre, accorda certains priviléges
à la nation, et qui est regardée, avec la Charte des forêts,
comme la base des libertés anglaises.
La charte constitutionnelle, ou simplement, La charte, La loi
fondamentale qui établit en France le régime constitutionnel. La
charte constitutionnelle promulguée en 1814. La charte de 1830.
Jurer le maintien de la charte. Se conformer à la charte. Violer la
charte. Invoquer, citer un article de la charte. On dit toujours Charte,
quand ce mot signifie, Constitution.
En termes de Commerce maritime, Charte partie, Acte par lequel on loue,
on affrète un navire. Les chartes parties doivent être rédigées
par écrit et faites doubles.
CHARTRE . s. f.
Vieux mot qui signifiait Prison: il s'est conservé dans cette dénomination,
Saint-Denis de la Chartre, Lieu où saint Denis fut autrefois en
prison; et dans la locution, Chartre privée, Tout lieu où
l'on détient, où l'on emprisonne quelqu'un sans autorité
de justice. Il n'est pas permis de tenir un homme en chartre privée.
CHARTRE, signifie aussi, Dépérissement du corps, maigreur.
Tomber en chartre. Cet enfant est en chartre.
CHARTREUSE . s. f.
Couvent de chartreux. La grande chartreuse.
Se dit figurément d'Une petite maison de campagne isolée, solitaire.
CHARTREUSE, en termes de Cuisine, Mets composé du mélange
de plusieurs légumes.
CHARTREUX .s.m.
Religieux de l'ordre fondé par saint Bruno.
CHARTREUX .s.m.
Chat dont le poil est d'un gris bleuâtre. On dit aussi, adjectivement,
Un chat chartreux.
CHARTRIER .s.m.
Lieu où l'on conserve les chartres d'une abbaye, etc. Le chartrier
de Saint-Denis. Beau chartrier. Chartrier en bon ordre.
Se dit aussi de Celui qui garde les chartres.
CHARYBDE .s.m.
(On prononce Carybde.) Nom que les anciens donnaient à un gouffre
situé dans le détroit de Sicile, vis-à-vis d'un écueil
appelé Scylla. On le rapporte ici à cause de son emploi dans
cette phrase proverbiale et figurée, Tomber de Charybde en Scylla,
En voulant éviter un mal, tomber dans un autre.
CHAS .s.m.
Le trou d'une aiguille. Le chas de cette aiguille est trop grand, est trop
petit.
CHÂSSE . s. f.
Sorte de caisse, de coffre où l'on garde les reliques de quelque saint.
Châsse de bois doré, d'argent, d'or. Châsse enrichie de
pierreries. On descendit la châsse de tel saint. La châsse de sainte
Geneviève.
Se dit aussi, dans quelques Arts, de Certaines choses qui servent à en
tenir d'autres enchâssées. Faire entrer un verre dans la châsse
d'une lunette.
La châsse d'une balance, Le morceau de fer par lequel on soulève,
on soutient une balance, lorsqu'on pèse quelque chose.
La châsse d'une lancette, Sorte de manche composé de deux
pièces mobiles, réunies seulement l'une à l'autre vers la
partie qui tient à la lame de l'instrument.
CHASSE . s. f.
(L'A est bref.) Action de chasser, de poursuivre. Se dit particulièrement
de La poursuite des bêtes. Chasse à courre. Chasse au tir, au
tiré, au vol. Chasse du vol. La chasse du cerf, du loup, du sanglier, du
renard, etc. La chasse au cerf, au loup, au sanglier, etc. Chasse à la
grande bête. Chasse générale. Aller à la chasse. Entrer
en chasse. Se mettre en chasse. Mettre ses chiens, son cheval en chasse. Le plaisir,
les plaisirs de la chasse. Pays de chasse. La chasse est défendue, est
permise, est ouverte. Avoir droit de chasse. Cor de chasse. Chien de chasse. Fusil
de chasse. Équipage de chasse. Couteau de chasse. Veste de chasse. Maison
de chasse. Partie de chasse. Rendez-vous de chasse.
Chasse aux chiens courants, au lévrier, au furet, à l'oiseau,
etc., Avec les chiens courants, avec le lévrier, avec le furet, avec
l'oiseau, etc.
Rompre la chasse, l'ordre de la chasse, Troubler la chasse, ou même
l'interrompre tout à fait.
Habit de chasse, L'habit d'uniforme que portent les chasseurs qui accompagnent
à la chasse le roi, les princes ou les grands seigneurs.
CHASSE, se dit quelquefois Des parties d'une terre, d'un domaine qui
sont réservées pour la chasse. Ce propriétaire a une belle
chasse. Les chasses de ce domaine sont abondamment fournies de gibier. Les chasses
royales. Capitaine, lieutenant des chasses.
Il signifie aussi, collectivement, Les chasseurs, les chiens, et tout l'équipage
de chasse. La chasse est loin, est près. La chasse a passé par
là. Suivre la chasse.
Il signifie encore, Le gibier que l'on prend. Il vit de sa chasse. Je vous
enverrai de ma chasse. Faites-nous manger de votre chasse. Faire bonne chasse,
mauvaise chasse.
Se dit, en Musique, d'Une sorte d'air qui a le caractère des fanfares
que l'on sonne à la chasse.
Donner la chasse, Poursuivre. On donna la chasse à un parti
de cavalerie ennemie. Les galères de Malte donnaient la chasse aux corsaires
de Barbarie. Donner la chasse à une bande de voleurs. On lui a si bien
donné la chasse, qu'il ne sera plus tenté de revenir.
En termes de Marine, Donner chasse, Poursuivre un navire, un vaisseau
qu'on veut reconnaître, ou dont on veut s'emparer. Appuyer une chasse,
Poursuivre vigoureusement. Prendre chasse, Se retirer à pleines
voiles pour éviter le combat, pour se dérober à l'ennemi.
Soutenir la chasse, Seconder le vaisseau qui donne chasse; et, dans un
autre sens, Fuir à égalité de marche sans être joint
par l'ennemi. On dit en des sens analogues: Maintenir, continuer la chasse.
Lever, abandonner la chasse. Etc.
CHASSE, se dit aussi Du plus ou du moins de facilité qu'une voiture,
ou toute autre machine semblable, a de se porter en avant. Ce cabriolet a peu
de chasse, n'a pas assez de chasse.
Se dit également, en Mécanique, d'Une certaine liberté
de course qu'on laisse à quelques parties d'une machine, pour qu'elle puisse
se prêter à des irrégularités accidentelles de force
ou de mouvement. Il ne faut ni trop ni trop peu de chasse.
CHASSE, au Jeu de paume, Le lieu où la balle finit son premier
bond. Grande chasse. Il y a une chasse. Gagner la chasse. Chasse au pied de
la muraille, ou simplement, Chasse au pied. Marquer une chasse. Chasse
morte, Coup perdu.
Fig. et fam., Chasse morte, se dit d'Une affaire commencée, que
l'on ne poursuit pas, qui demeure là.
Prov. et fig., Marquer une chasse, Relever une parole, remarquer dans
une affaire, dans la conduite d'un homme, une circonstance dont on veut tirer
avantage.
Écluses de chasse, Écluses destinées à nettoyer
un port, un chenal, un bassin.
Huîtres de chasse, Celles qu'apportent les chasse-marées.
CHASSÉ .s.m.
Pas de danse qui s'exécute en allant de côté, soit à
droite, soit à gauche.
CHASSE-COUSIN .s.m.
Terme familier qui se dit d'Un mauvais vin, et d'autres choses propres à
éloigner les parasites. Il leur a donné du chasse-cousin.
CHASSELAS .s.m.
Sorte de raisin. Une grappe de chasselas. Chasselas de Fontainebleau.
CHASSE-MARÉE .s.m.
Voiturier qui apporte la marée. Cheval de chasse-marée.
Se dit aussi d'Une voiture qui sert à transporter la marée.
Fig. et fam., Aller un train ou d'un train de chasse-marée,
Aller fort vite.
CHASSE-MARÉE, en termes de Marine, Sorte de petit bâtiment
à deux mâts et d'une forme très-avantageuse à la marche.
CHASSE-MOUCHE .s.m.
Espèce de petit balai avec lequel on chasse les mouches.
Se dit aussi d'Une espèce de filet à cordons pendants, dont on
couvre les chevaux dans la saison des mouches.
CHASSER . v. a.
Mettre dehors avec violence, contraindre, forcer de sortir de quelque lieu.
Chasser les ennemis du royaume, hors du royaume. Il a été chassé
de son pays. On l'a chassé comme un coquin. Il se fit chasser. Chasser
les chiens. Chasser les mouches. On l'emploie quelquefois, par exagération,
dans le langage familier. Les maçons, les peintres le chassent de chez
lui. Pardon si je vous chasse, mais il faut que je sorte.
Se dit figurément, tant au sens physique qu'au sens moral. La nuit
nous chassa. Cette odeur nous chassa de l'appartement. La terreur avait chassé
tous les habitants. Le jour vint chasser les ténèbres. Chasser l'ennui,
les chagrins, etc. Il faut chasser les mauvaises pensées.
Prov. et fig., La faim chasse le loup hors du bois, La nécessité
détermine un homme à faire, même contre son inclination, beaucoup
de choses pour se procurer de quoi vivre.
Chasser le mauvais air, Purifier l'air. Ouvrez la fenêtre, pour
chasser le mauvais air. Se dit aussi Des choses qui servent à l'assainissement
de l'air. Ces herbes, cette odeur, chassent le mauvais air.
CHASSER, signifie, par extension, Congédier, renvoyer une personne
dont on est mal satisfait. Chassez ce valet, c'est un débauché,
un fripon. Ce commis a été chassé de la maison où
il travaillait. Il a été chassé du régiment où
il servait.
CHASSER, signifie aussi, Mener, faire marcher devant soi. Se dit principalement
en parlant Des bestiaux. Chasser les vaches aux champs. Chasser un troupeau
de moutons, etc.
Par extension, Chasser l'ennemi devant soi, Le faire retirer de poste
en poste.
CHASSER, signifie encore, Pousser quelque chose en avant. La charge
n'est pas assez forte pour chasser un boulet si pesant. La poudre fine chasse
bien plus que la grosse. Le vent chasse la pluie, la neige de ce côté.
Il faut chasser ce clou dans la muraille, dans la poutre, à coups de marteau.
Chasser les cercles d'un tonneau. Ce joueur de longue paume chasse une balle de
grande roideur.
Prov. et fig., Un clou chasse l'autre, Une nouvelle passion, un nouveau
goût, de nouveaux soins en font oublier d'autres. L'ambition a succédé
à l'amour: un clou chasse l'autre. Se dit quelquefois, dans un sens
analogue, en parlant Des personnes. Ce favori vient d'être supplante
par un tel: un clou chasse l'autre.
En termes de Manége, Chasser son cheval, Le porter en avant en
serrant les jambes.
CHASSER, signifie en outre, Poursuivre, tâcher de prendre à
la course avec des chiens certaines bêtes, comme lièvre, renard,
chevreuil, loup, cerf, sanglier, etc. Chasser le lièvre, le cerf, etc.
En termes de Marine, Chasser un navire, un vaisseau, Lui donner chasse,
le poursuivre. Chasser la terre, S'en approcher, la reconnaître.
CHASSER, signifie aussi neutralement, Poursuivre toute sorte de gibier.
Chasser au fusil. Chasser au tir. Chasser avec le chien couchant. Chasser avec
une meute de chiens courants. Chasser à beau bruit, à grand bruit.
Chasser à cor et à cri. Chasser avec l'oiseau, à l'oiseau.
Chasser dans la plaine. Chasser en fond de forêt. Il faisait bon chasser.
Je ne souffrirai pas qu'il chasse sur mes terres. Ce chien chasse bien. Les chiens
ont mal chassé aujourd'hui. Chasser au loup, au sanglier, etc. Chasser
aux perdrix, aux bécasses, etc.
Ce chien chasse de haut vent, Il chasse contre le vent.
Fig. et fam., Cet homme chasse bien au plat, Il a bon appétit,
il aime à manger le gibier que les autres tuent.
Prov. et fig., Les bons chiens chassent de race, ou Bon chien chasse
de race, Ordinairement les enfants tiennent des moeurs et des inclinations
de leurs parents; et dans le même sens, Cet homme chasse de race.
Cela se dit en bonne et en mauvaise part; mais on ne le prend jamais qu'en mauvaise
part lorsqu'il s'agit D'une femme. Cette fille chasse de race, Elle est
coquette, comme l'était sa mère.
Fig. et fam., Leurs chiens ne chassent pas ensemble, se dit De deux personnes
qui ne sont pas en bonne intelligence.
Fig. et fam., Chasser sur les terres de quelqu'un, Entreprendre sur ses
attributions, sur ses droits, etc.
En termes de Marine, Ce bâtiment chasse sur ses ancres, Il les
entraîne et leur fait labourer le fond. On dit, dans un sens analogue, qu'Une
ancre chasse, lorsqu'elle ne tient pas le fond. On dit aussi qu'Un bâtiment
chasse sur un autre, chasse à la côte lorsque, chassant sur ses
ancres, il va tomber sur un autre bâtiment, ou se jeter à la côte.
Les nuages chassent du nord, du sud, etc., Ils viennent du nord, du sud,
etc.
Cette voiture chasse bien, Elle n'est pas lourde, elle roule avec facilité,
son mouvement est commode et prompt.
CHASSER, en termes d'Imprimerie, signifie neutralement, Espacer fortement
les lignes, remplir beaucoup d'espace avec peu de caractères. Ne chassez
pas tant, l'espace vous manquerait.
Ce caractère chasse plus que tel autre, Les mots composés
avec ce caractère occupent plus d'espace que s'ils étaient composés
avec tel autre. Le cicéro chasse plus que la philosophie.
CHASSER, en termes de Danse, est aussi neutre, et signifie, Exécuter
le pas de danse appelé Chassé. Chassez et déchassez.
CHASSÉ, ÉE. participe
CHASSERESSE . adj. et s. f.
Ce mot, qui est synonyme de Chasseuse, ne s'emploie guère qu'en poésie.
Diane la chasseresse, ou Diane chasseresse. Les nymphes chasseresses.
Une jeune chasseresse.
CHASSEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui chasse actuellement, ou qui aime à chasser. Je trouvai
des chasseurs dans la plaine. C'est un grand chasseur. Il n'est point chasseur.
Il a un appétit de chasseur. Être affamé comme un chasseur.
Cette femme est une grande chasseuse. Ces dames étaient habillées
en chasseuses.
CHASSEUR, se dit aussi d'Un domestique occupé, dans une terre,
à chasser pour son maître.
Se dit également d'Un domestique, en habit de chasse, qui monte derrière
la voiture.
CHASSEUR, se disait autrefois, dans le langage militaire, de Soldats
choisis entre les plus lestes et les plus agiles, et formant une compagnie d'élite,
dans un bataillon.
Se dit maintenant Des soldats d'infanterie légère. On le dit également
de Ceux qui forment les compagnies du centre de chaque bataillon dans la garde
nationale. Une compagnie de chasseurs.
Se dit aussi de Certains corps de cavalerie légère. Chasseurs
à cheval. Un régiment de chasseurs. Le neuvième de chasseurs.
Les chasseurs d'Afrique.
CHASSEUR, en termes de Marine, se dit d'Un bâtiment qui en poursuit
un autre. Dans ce sens, on dit quelquefois adjectivement, Le vaisseau chasseur.
CHASSIE . s. f.
Humeur gluante qui s'amasse sur le bord des paupières. Il a toujours
de la chassie aux yeux.
CHASSIEUX , EUSE. adj.
Qui a de la chassie aux yeux. Il est chassieux. On dit aussi, Avoir
les yeux chassieux.
CHÂSSIS .s.m.
Ouvrage de menuiserie, composé de plusieurs pièces qui forment
ordinairement des carrés où l'on met des vitres, de la toile, ou
des feuilles de papier huilé, pour empêcher le vent, les injures
du temps, etc. Châssis de papier. Châssis de verre. Châssis
de toile. Il a double châssis à sa chambre. Coller, poser, lever
les châssis. Châssis à fiche. Châssis à coulisse.
Châssis à panneaux. Châssis d'osier.
Châssis dormant, L'assemblage de montants et de traverses qui encadre
les parties mobiles d'une fenêtre, et qui est fixé dans la feuillure
de la baie.
CHÂSSIS, signifie aussi, Une espèce de cadre sur lequel
on attache, on applique, on fait tenir un tableau, une toile, ou autre chose semblable.
Le châssis d'un tableau.
CHÂSSIS, se dit en général, dans les Arts, de Ce
qui enferme et enchâsse quelque chose.
Châssis d'imprimerie, Cadre de fer, ordinairement traversé
d'une barre, dans lequel on place les caractères assemblés en pages,
en les serrant de tous côtés avec des coins.
Châssis d'une table, Ce qui soutient le dessus d'une table.
Châssis de pierre, Dalle de pierre qui en reçoit une autre
en feuillure.
Châssis de serrurerie, L'assemblage des montants et des traverses
d'une porte de fer, ou Le bâti d'une rampe d'escalier.
CHASTE . adj. des deux genres
Qui s'abstient des plaisirs d'un amour illicite. Homme chaste. Femme chaste.
Chaste épouse.
Il signifie aussi, Pur, éloigné de tout ce qui blesse la pudeur,
la modestie. Amour chaste. Un coeur chaste. De chastes attraits. Il est chaste
de corps et d'esprit. Cela blesse les oreilles chastes. Il n'a que des pensées
chastes. Discours chastes et honnêtes. Un style chaste.
CHASTEMENT . adv.
D'une manière chaste. Vivre chastement.
CHASTETÉ . s. f.
Vertu par laquelle on est chaste. Garder la chasteté. Cela blesse
la chasteté. Chasteté conjugale.
Il signifie quelquefois, Une entière abstinence des plaisirs de l'amour.
Chasteté perpétuelle. Faire voeu de chasteté.
CHASUBLE . s. f.
Ornement que le prêtre met par-dessus l'aube et l'étole pour célébrer
la messe. Chasuble de camelot, de damas, de toile d'or, etc. Mettre la chasuble.
Ôter la chasuble.
CHASUBLIER .s.m.
Ouvrier qui fait toute sorte d'ornements d'église.
CHAT , CHATTE. s.
Animal domestique qui prend les rats et les souris. Gros chat. Chat noir,
blanc, gris, etc. Chat d'Espagne. Chat chartreux. Chat angora. Ce chat est bon
pour les souris. Chassez ce chat. Une belle chatte. Votre chatte est pleine. Le
chat guette la souris. Traître comme un chat. Volontaire comme un chat.
Rôder comme un chat.
Chat sauvage, Chat qui vit dans les bois.
Fam., Elle est friande comme une chatte, et figurément, C'est
une chatte, se dit D'une femme très-friande.
Bass., Elle est amoureuse comme une chatte, se dit D'une femme qui est
de complexion amoureuse.
Prov. et fig., Il le guette comme le chat fait la souris, se dit D'un
homme qui en épie un autre.
Prov. et fig., À bon chat, bon rat, Bien attaqué, bien
défendu.
Prov., Ces gens s'accordent, vivent comme chiens et chats, Ils ne peuvent
s'accorder, ils ne sauraient vivre ensemble.
Prov. et fig., La nuit tous chats sont gris, La nuit, il est aisé
de se méprendre, de ne pas reconnaître ceux à qui on parle.
Il signifie aussi que, Dans l'obscurité, il n'y a nulle différence,
pour la vue, entre une personne laide et une belle personne.
Prov., fig. et fam., Payer en chats et en rats, Payer en bagatelles,
en toutes sortes d'effets de mince valeur.
Prov. et fig., Emporter le chat, Sortir d'une maison sans dire adieu
à personne.
Prov., Il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, L'affaire, la
faute dont il s'agit, n'est qu'une bagatelle.
Prov. et fig., Musique de chat, Musique dont les voix sont aigres et
discordantes.
Prov. et fig., Jeter le chat aux jambes à quelqu'un, Rejeter la
faute sur lui, ou Lui susciter malignement quelque embarras.
Prov. et fig., Cette fille a laissé aller le chat au fromage,
Elle s'est laissé abuser.
Prov. et fig., Bailler le chat par les pattes, Présenter une chose
par l'endroit le plus difficile.
Prov. et fig., Se servir de la patte du chat pour tirer les marrons du feu,
Se servir adroitement d'un autre pour faire quelque chose de périlleux
dont on espère recueillir le profit.
Prov. et fig., Chat échaudé craint l'eau froide, Quand
une chose nous a causé une vive douleur, nous a été très-nuisible,
nous en craignons même l'apparence.
Prov. et fig., Acheter chat en poche, Conclure un marché sans
connaître l'objet dont on traite. Vendre chat en poche, Vendre une
chose sans l'avoir montrée.
Prov. et fig., Éveiller le chat qui dort, Réveiller une
affaire qui était assoupie, chercher un danger qu'on pouvait éviter.
Il ne faut pas éveiller le chat qui dort. N'éveillez pas le chat
qui dort.
Prov. et fig., Appeler un chat un chat, Appeler les choses par leur nom.
J'appelle un chat un chat, et cet homme-là un fripon.
Prov. et fig., Il n'y a pas un chat, Il n'y a absolument personne. Je
croyais qu'il y aurait beaucoup de monde; j'y allai, il n'y avait pas un chat,
je n'y vis pas un chat.
Prov. et fig., Avoir un chat dans la gorge, se dit D'un chanteur qui
éprouve quelque embarras dans le gosier.
CHAT, en Histoire naturelle, se dit de Tout animal qui appartient au
même genre que le chat. Le lion, le tigre, le léopard, la panthère,
etc., sont des chats.
CHAT, se dit encore, dans certains Arts, de Plusieurs objets de formes
et d'usages très-divers. Par exemple, on nomme Chat, Un instrument
à branches de fer élastiques et pointues, dont on se sert pour visiter
l'âme d'une pièce de canon, afin de découvrir les chambres
qui s'y trouvent.
CHÂTAIGNE . s. f.
Sorte de fruit farineux, dont l'écorce est de couleur brune tirant un
peu sur le rouge, et qui est renfermé dans une capsule hérissée.
Grosses châtaignes. Un litre de châtaignes. Châtaignes bouillies.
Châtaignes rôties. Peler des châtaignes. Pain de châtaignes.
Châtaigne d'eau, Plante aquatique, ainsi nommée parce que
son fruit ressemble à la châtaigne ordinaire.
CHÂTAIGNERAIE . s. f.
Lieu planté de châtaigniers. Il a fait abattre une châtaigneraie
qu'il avait près de sa maison.
CHÂTAIGNIER .s.m.
Grand arbre, de la famille des Amentacées, qui produit des châtaignes.
Un bois de châtaigniers. Charpente de bois de châtaignier. Perches,
cerceaux de châtaignier.
CHÂTAIN . adj. m.
Qui est de couleur de châtaigne. Il n'est guère usité que
dans ces locutions, Poil châtain, cheveux châtains. Il est
invariable quand il est suivi d'un autre adjectif qui le modifie. Des cheveux
châtain clair.
CHATAIRE . s. f.
Plante. Voyez CATAIRE.
CHÂTEAU .s.m.
Forteresse environnée de fossés, et de gros murs flanqués
de tours ou de bastions. Château situé sur un rocher, sur une
montagne. Le château de Namur. Château fort. Le château commandait
la ville. Le château de Vincennes.
Prov., Ville prise, château rendu, On ne peut guère tenir
dans le château, dans la forteresse, quand la ville est prise.
Prov. et fig., Faire des châteaux en Espagne, Former des projets
en l'air, se repaître de chimères.
CHÂTEAU, se dit aussi d'Une habitation seigneuriale. Il se retira
dans son château. Un vieux château. Les ruines d'un ancien château.
Se dit, par extension, de Toute maison de plaisance vaste et magnifique. Il
y a de beaux châteaux dans cette province. La vie de château.
Se dit également de Certaines résidences royales. Le château
de Windsor. Le château de Versailles. Le château de Saint-Cloud. Le
château des Tuileries, ou simplement Le château. Je vais au
château.
Château de cartes, Petit édifice que les enfants s'amusent
à construire avec des cartes.
Prov. et fig., Château de carte, Petite maison de campagne fort
enjolivée, et peu solidement bâtie.
Château d'eau, Bâtiment qui ne renferme que des réservoirs
d'eau.
En termes de Marine ancienne, Château de poupe, ou Château
d'arrière, et Château de proue, ou Château d'avant,
Espèce de logement qui était élevé sur la poupe ou
sur la proue d'un navire au-dessus du dernier pont.
CHÂTELAIN .s.m.
Il se disait anciennement de Celui qui commandait dans un château.
Il s'est dit également de Celui qui avait droit de fortifier son manoir,
et de rendre la justice dans une certaine étendue de pays. Le châtelain
de Coucy. Dans ce sens, il s'employait aussi adjectivement. Seigneur châtelain
de tel endroit. On disait de même, au féminin, La châtelaine,
la dame châtelaine, La femme du châtelain, ou la maîtresse
du château.
Juge châtelain, ou simplement, Châtelain, Le juge
d'un seigneur châtelain.
CHÂTELÉ , ÉE. adj.
.Blason. Se dit D'une bordure ou d'un lambel chargé de plusieurs châteaux.
La bordure de Portugal et le lambel d'Artois sont châtelés.
CHÂTELET .s.m.
Vieux mot qui signifie, Petit château. Il est resté longtemps en
usage dans quelques villes, et particulièrement à Paris, où
il y a eu deux anciens châteaux: Le grand Châtelet, où
l'on rendait la justice; et Le petit Châtelet, où l'on tenait
les prisonniers, et qui fut détruit quelques années avant le premier.
Il signifiait également, à Paris, La juridiction, le tribunal
où les affaires civiles et criminelles se jugeaient en première
instance. Conseiller au Châtelet. Notaire au Châtelet. Commissaire
au Châtelet. Sentence du Châtelet. La procédure du Châtelet.
Il se disait, dans un sens analogue, Des juridictions d'Orléans, de Montpellier,
et de quelques autres villes.
CHÂTELLENIE . s. f.
La seigneurie et la juridiction du seigneur châtelain. Droit de châtellenie.
Ériger une châtellenie en marquisat.
Il signifiait aussi, L'étendue de pays placée sous la juridiction
d'un châtelain. Cette paroisse, cette terre était de la châtellenie
de tel lieu.
CHAT-HUANT .s.m.
(Le T de la première syllabe ne se prononce pas, et l'H de la seconde
est aspirée.) Sorte de hibou, de chouette. On prétend que les
chats-huants voient plus clair la nuit que le jour.
CHÂTIER . v. a.
Punir, corriger quelqu'un qui a failli, lui faire souffrir la peine qu'il mérite.
C'est au père à châtier ses enfants. Quand il plaît
à Dieu de nous châtier. Les fléaux dont Dieu châtie
les hommes. Cette ville s'est révoltée, mais on l'a châtiée
rigoureusement. Châtier les rebelles.
Prov., Qui bien aime, bien châtie, C'est aimer véritablement
quelqu'un que de le reprendre de ses fautes.
En termes de Manége, Châtier un cheval, Lui donner des coups
de cravache ou d'éperon, lorsqu'il refuse de faire ce qu'on exige de lui.
CHÂTIER, se dit aussi en parlant Des ouvrages d'esprit, et signifie,
Polir, rendre plus pur, plus correct. Il n'a pas assez châtié
ses derniers ouvrages. Son style n'est pas assez châtié. Châtier
sa prose, ses vers.
CHÂTIÉ, ÉE. participe, Prose châtiée.
CHATIÈRE . s. f.
Trou qu'on pratique aux portes des greniers, ou ailleurs, pour laisser passer
les chats. Faire une chatière à une porte.
CHÂTIMENT .s.m.
Punition, correction, peine que l'on fait souffrir à celui qui a failli.
Léger châtiment. Rude, sévère, rigoureux, cruel
châtiment. C'est un châtiment de Dieu. S'il a fait une faute, il en
a reçu, il en a souffert le châtiment. Infliger un châtiment,
des châtiments.
CHATON .s.m.
Petit chat. Un chaton. Un petit chaton.
CHATON, en termes de Botanique, se dit de L'assemblage des fleurs mâles
ou femelles de certains arbres, disposées sur un pédoncule grêle
et ordinairement pendant, de manière à offrir quelque ressemblance
avec la queue d'un chat. Le saule, le noyer, le coudrier, le chêne, etc.,
sont des arbres à chatons.
CHATON .s.m.
La partie d'une bague dans laquelle une pierre précieuse est enchâssée.
La pierre est tombée du chaton.
Se dit aussi de La pierre montée. Elle avait au doigt une belle rangée
de chatons.
CHATOUILLEMENT .s.m.
Action de chatouiller, ou La sensation qui en résulte. Être
sensible au moindre chatouillement. Le chatouillement excite ordinairement à
rire.
Se dit, par extension, de Certaines impressions agréables que reçoivent
les sens. Cette harmonie cause à l'oreille un doux chatouillement.
CHATOUILLER . v. a.
Causer en certaines parties du corps, par un attouchement léger, un mouvement
involontaire, un tressaillement qui provoque ordinairement à rire. Chatouiller
quelqu'un aux côtés. Le chatouiller à la plante des pieds.
Ne le chatouillez pas si fort.
Prov. et fig., Se chatouiller pour se faire rire, S'exciter à
la gaieté, à la joie, pour un faible sujet, ou même sans sujet.
En termes de Manége, Chatouiller un cheval de l'éperon,
Le toucher légèrement avec l'éperon.
CHATOUILLER, se dit, par extension, De tout ce qui produit sur les sens
des impressions agréables. Le vin chatouille le palais, le gosier. La
musique, l'harmonie chatouille agréablement l'oreille, les oreilles.
Il signifie figurément, Plaire. flatter. Quand on lui dit du bien
de ses enfants, on le chatouille par l'endroit le plus sensible. La flatterie
chatouille les oreilles des grands. De tels éloges doivent chatouiller
son amour-propre.
CHATOUILLÉ, ÉE. participe
CHATOUILLEUX , EUSE. adj.
Qui est fort sensible au chatouillement. La plante des pieds est une partie
bien chatouilleuse. Vous êtes chatouilleux.
Se dit aussi Du cheval. Ce cheval est chatouilleux.
Fig. et fam., Cet homme est bien chatouilleux, Il s'offense aisément,
il se fâche pour peu de chose.
Fig., Cette affaire, cette question est bien chatouilleuse, Il faut la
traiter avec beaucoup de circonspection, parce que les plus légères
erreurs auraient de graves inconvénients. Prenez garde, vous traitez
là un point bien chatouilleux.
CHATOYANT , ANTE. adj.
Se dit Des objets qui, vus sous différents aspects, semblent changer
de couleur, comme l'oeil du chat. Étoffe chatoyante. Pierre chatoyante.
Couleur chatoyante.
CHATOYER . v. n.
.Lapidaire. Changer de couleur selon les différents aspects.
CHÂTRER . v. a.
Ôter les testicules. Châtrer un homme, un cheval, un chat, un
bélier, un taureau, etc.
Châtrer une truie, une chienne, Leur faire une opération
qui les mette hors d'état d'avoir des petits.
Châtrer des cotrets, des fagots, En ôter quelques bâtons.
Châtrer des ruches, Enlever, avec un couteau de fer fait exprès,
la cire et le miel d'une ruche.
Châtrer un fraisier, En ôter les rejetons superflus. Châtrer
des melons, des concombres, En retrancher quelques fleurs.
Châtrer une roue, Ôter une faible partie des jantes, pour
en resserrer les rais.
CHÂTRER, se dit quelquefois, figurément et familièrement,
en parlant Des ouvrages d'esprit, et signifie, En retrancher ce qui choque les
bonnes moeurs, la religion ou le gouvernement. Martial, dans cette édition,
n'est pas entier, il a été châtré. On a châtré
cette histoire en plusieurs endroits.
CHÂTRÉ, ÉE. participe, Il est aussi substantif. C'est
un châtré. Voix de châtré.
CHÂTREUR .s.m.
Celui qui fait métier de châtrer les animaux. Châtreur
de chiens. Couteau de châtreur.
CHATTEMITE . s. f.
Se dit d'Une personne qui affecte une contenance douce, humble et flatteuse,
pour tromper quelqu'un. Voyez-vous cette chattemite. Comme elle fait la chattemite.
Il a beau faire la chattemite, il ne me trompera pas. Il est familier.
CHATTER . v. n.
Se dit D'une chatte qui fait ses petits. Une chatte qui est prête à
chatter. Elle a chatté cette nuit.
CHAUD , AUDE. adj.
Qui a de la chaleur, qui donne de la chaleur. Le feu est chaud. Le soleil
est bien chaud aujourd'hui. Temps chaud. Climat chaud. La journée a été
très-chaude. Eau chaude. Bain chaud. Fer chaud. Four chaud. Mettre quelque
chose sous les cendres chaudes. Prendre un bouillon chaud. Pâté chaud.
Il faut manger cela tout chaud. Cette soupe est bien chaude. Une chambre chaude.
Avoir les pieds chauds, les mains chaudes. On dit adverbialement: Boire
chaud. Manger chaud. Servir chaud.
Pleurer à chaudes larmes, Pleurer excessivement.
Tempérament chaud, Tempérament ardent.
Prov. et fig., Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud, Il ne faut
point se relâcher dans la poursuite d'une affaire, quand elle est en bon
train.
Fig. et fam., Cet ouvrage est encore tout chaud de la forge, Il sort
des mains de l'auteur, il a été achevé tout récemment.
Fig. et fam., Avoir les pieds chauds, Jouir des commodités de
la vie, être dans une situation heureuse et agréable. Il en parle
bien à son aise, il a les pieds chauds, se dit proverbialement D'un
homme qui parle de sang-froid des misères et des douleurs qu'il n'éprouve
pas.
Prov., Froides mains, chaudes amours, La fraîcheur des mains annonce
d'ordinaire un tempérament ardent.
Prov. et fig., Il a la main chaude, se dit De celui qui gagne plusieurs
parties de suite, à certains jeux où le gagnant fait toujours.
Prov. et fig., Il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid, il n'y a
rien de trop chaud ni de trop froid pour lui, se dit D'un homme avide, qui
veut tout avoir, qui prend de toutes mains.
Prov. et fig., Si vous n'avez rien de plus chaud, vous n'avez que faire de
souffler, se dit Pour donner à entendre à une personne qu'elle
se flatte vainement de quelque espérance.
Main chaude, Jeu où une personne, courbée sur les genoux
d'une autre et les yeux fermés, reçoit des coups dans une de ses
mains, qu'elle tend derrière elle, et doit deviner qui l'a touchée.
Jouer à la main chaude.
Prov. et fig., Le rendre tout chaud, le rendre chaud comme braise, Se
venger promptement de quelque tort qu'on a reçu, ou Faire une repartie
vive et prompte à un propos piquant. Il m'a joué un mauvais tour,
mais je le lui ai rendu chaud comme braise.
Être chaude, se dit Des femelles de quelques animaux, et signifie,
Être en chaleur. Chienne chaude.
CHAUD, se dit aussi Des vêtements qui conservent ou augmentent
la chaleur naturelle du corps. Cet habit, ce manteau est bon et chaud.
Il signifie également, Qui augmente la chaleur intérieure du corps.
Le vin est chaud. Les épiceries sont chaudes.
Fièvre chaude, Fièvre ardente, fièvre accompagnée
de délire. Cette locution n'est point usitée dans le langage médical.
Prov. et fig., Tomber de fièvre en chaud mal, Tomber d'un état
fâcheux dans un pire.
CHAUD, signifie figurément, Ardent, passionné, zélé.
C'est un homme chaud en amitié. Un ami chaud. Un chaud partisan. Être
chaud sur une affaire.
Fam., Il n'est ni chaud ni froid, se dit D'un homme qui ne se détermine
ni d'un côté ni de l'autre.
Fam., Être chaud de vin, Avoir un peu trop bu.
Style chaud, Style animé.
En termes de Peinture, Ton chaud; coloris chaud, Ton, coloris brillant
et vigoureux. On dit aussi dans ce sens, Un tableau chaud de couleur.
À la Guerre, Action, affaire chaude, attaque chaude, Action, affaire,
attaque où le combat est sanglant. On dit, par extension, dans le langage
ordinaire, La dispute, la querelle fut chaude.
Alarme chaude, Grande et soudaine alarme. Donner une alarme bien chaude.
Fig. et fam., La donner bien chaude, Donner une grande alarme, en faisant
le mal plus grand qu'il n'est. Il nous l'a donnée bien chaude.
CHAUD, signifie encore figurément, Prompt, qui se met facilement
en colère. Il est chaud et emporté. Il a la tête chaude.
On dit dans le même sens, Avoir le sang chaud.
CHAUD, signifie quelquefois, Récent. Cela est encore tout chaud.
Il m'apporta la nouvelle toute chaude. Ce sens est familier.
CHAUD, s'emploie aussi comme substantif, dans le sens de Chaleur. Il
fait grand chaud. Avoir chaud. Souffrir le chaud et le froid. Mourir, étouffer
de chaud. Crever de chaud. Il fait chaud dans cette chambre comme dans un four,
comme dans une étuve.
Tenir chand, se dit Des vêtements qui protégent contre le
froid, ou qui augmentent la chaleur naturelle du corps. Cet habit vous tiendra
chaud. Elle a pris une robe qui lui tiendra chaud.
Fig. et fam., Il faisait chaud à cette affaire, à cette action,
à cette attaque, On y courait de grands dangers. Il se garda bien
d'y aller, il y faisait trop chaud.
Prov. et fig., Souffler le chaud et le froid, Louer et blâmer une
même chose, parler pour et contre une personne, être tour à
tour d'avis contraires.
Fig. et fam., Cela ne lui fait ni froid ni chaud, se dit D'un homme qui
reste indifférent sur une affaire.
Fig. et fam., Cela ne fait ni chaud ni froid, se dit De ce qui ne sert
ni ne nuit à une affaire.
À LA CHAUDE. loc. adv. Sur l'heure, dans le premier moment. Cela
s'est fait à la chaude. On attaqua l'ennemi à la chaude. Il
est familier, et il vieillit.
CHAUDEAU .s.m.
Sorte de brouet ou de bouillon chaud, que l'on portait quelquefois aux mariés,
le matin du lendemain de leurs noces. On le dit aussi de Toute boisson chaude.
Il vieillit.
CHAUDEMENT . adv.
De manière que la chaleur se puisse conserver. Se bien vêtir
et se tenir chaudement. Mettre de la viande devant le feu, pour la tenir chaudement.
On est fort chaudement dans cette chambre.
Il signifie figurément, Avec ardeur, avec vivacité. Poursuivre
chaudement une affaire, une personne. Prendre une affaire chaudement. Cette affaire
a été suivie chaudement.
CHAUDIÈRE . s. f.
Grand vaisseau, ordinairement de cuivre, où l'on fait cuire, bouillir,
chauffer quelque chose. Chaudière de cuisine. Chaudière de teinturier,
de raffineur de sucre, de brasseur de bière.
Chaudière bouillante, Chaudière où il y a un liquide
bouillant.
Chaudière à vapeur, Vaisseau de cuivre, de tôle ou
de fonte dans lequel l'eau se transforme en vapeur. La chaudière de
cette machine à vapeur a crevé.
CHAUDRON .s.m.
Petite chaudière qui a une anse, et qui sert principalement à
la cuisine. Faites bouillir cela dans un chaudron. Écurer un chaudron.
Mettre un chaudron sur le feu.
CHAUDRONNÉE . s. f.
Ce qu'un chaudron peut contenir.
CHAUDRONNERIE . s. f.
L'art, le commerce du chaudronnier, et Toute marchandise de chaudronnier.
CHAUDRONNIER , IÈRE. s.
Artisan qui fait, qui vend des chaudrons, des marmites, et autres ustensiles
de cuisine, de fer ou de cuivre. Maître chaudronnier. Boutique de chaudronnier.
CHAUFFAGE .s.m.
La quantité de bois, ou de tout autre combustible, que l'on consomme
dans une année pour se chauffer. Il m'en coûte vingt voies de
bois pour mon chauffage. Bois de chauffage.
Il signifie aussi, Le droit de couper dans une forêt une certaine quantité
de bois pour se chauffer. Il avait son chauffage dans telle forêt. Il
avait tant de cordes de bois pour son chauffage. Droit de chauffage.
CHAUFFE . s. f.
.Fonderie. Lieu où se jette et se brûle le bois qu'on emploie à
la fonte des pièces.
CHAUFFE-CIRE .s.m.
Officier de chancellerie qui avait la charge de chauffer la cire pour sceller.
CHAUFFER . v. a.
Rendre chaud. Chauffer le four. Chauffer un poêle. Chauffer des draps.
Chauffer de l'eau. Se chauffer les pieds, les mains. On l'emploie aussi avec
le pronom personnel. Venez vous chauffer.
Fig. et fam., Allez lui dire cela, et vous chauffer au coin de son feu,
Vous ne seriez pas bien venu à lui tenir ce langage dans un lieu où
il serait le maître.
Prov. et fig., On saura, on verra de quel bois je me chauffe, On saura,
on verra de quoi je suis capable, quel homme je suis. S'il m'attaque, je lui
ferai voir de quel bois je me chauffe.
Prov. et fig., Nous ne nous chauffons pas du même bois, Nous n'avons
pas les mêmes sentiments, les mêmes opinions.
Absol., Ce bois chauffe plus que tel autre, Il brûle mieux, et
donne plus de chaleur.
En termes de Guerre, Chauffer un poste, Faire tirer vivement l'artillerie
sur ce poste.
Fig. et fam., Chauffer quelqu'un, L'attaquer vivement par des raisonnements
ou des plaisanteries.
CHAUFFER, signifie quelquefois, figurément et familièrement,
Faire une chose avec promptitude ou avec action. Il faut chauffer un peu cette
affaire, si l'on veut qu'elle réussisse.
CHAUFFER, est aussi neutre. Le four chauffe. Le bain chauffe.
Fig. et fam., C'est un bain qui chauffe, se dit D'un gros nuage qui menace
de la pluie.
Prov. et fig., Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, Ce n'est pas
pour vous que telle chose est préparée.
CHAUFFÉ, ÉE. participe
CHAUFFERETTE . s. f.
Espèce de boîte percée de plusieurs trous par le haut, dans
laquelle on met du feu pour se tenir les pieds chauds. Il y a aussi des chaufferettes
de terre cuite.
CHAUFFERIE . s. f.
Forge destinée à forger le fer qu'on veut réduire en barres.
CHAUFFEUR .s.m.
Ouvrier chargé d'entretenir le feu d'une forge, d'une machine à
vapeur, etc. On dit aussi, adjectivement, Ouvrier chauffeur.
CHAUFFOIR .s.m.
Lieu d'un monastère, où les religieux, les religieuses vont se
chauffer. C'est l'heure où les religieuses sont au chauffoir.
Il s'est dit aussi, dans les théâtres, d'Un endroit où les
comédiens et les spectateurs vont se chauffer. On dit maintenant, Foyer.
CHAUFFOIR, signifie encore, Un linge chaud avec lequel on couvre, on
essuie un malade, une personne qui est en sueur. On lui a mis plusieurs chauffoirs,
et on ne peut l'échauffer
Se dit également d'Un linge de précaution pour les femmes.
CHAUFOUR .s.m.
Grand four à cuire la chaux. On dit plus ordinairement, Four à
chaux.
CHAUFOURNIER .s.m.
Ouvrier qui fait la chaux.
CHAULAGE .s.m.
T. d'Agricult. Action de chauler du blé.
CHAULER . v. a.
T. d'Agricult. Faire tremper du blé dans de l'eau de chaux, avant de
le semer.
CHAULÉ, ÉE. participe
CHAUMAGE .s.m.
T. d'Agricult. Action de couper le chaume, ou Le temps auquel on le coupe.
CHAUME .s.m.
.Bot. Tige herbacée, creuse, simple, garnie de noeuds, qui est propre
aux graminées, telles que le blé, l'avoine, etc.
Il signifie plus ordinairement, en Agriculture, La partie de la tige des blés
qui reste dans le champ quand on les a coupés. Les chaumes sont hauts,
sont forts. Botte de chaume. Le chaume sert à faire de la litière.
Brûler les chaumes.
Se dit, par extension, d'Un champ où le chaume est encore sur pied. Cette
compagnie de perdrix s'est allée remettre dans un chaume. Battre un chaume.
Se dit souvent aussi de La paille qui couvre les maisons de village, les habitations
de paysans. Maison couverte de chaume.
Se dit encore, par extension et poétiquement, en parlant D'une chaumière
quelconque. Être né sous le chaume. Vivre, habiter sous le chaume.
CHAUMER . v. a. et n.
T. d'Agricult. Couper, arracher du chaume. Il est allé chaumer. Je
ne veux pas qu'elle chaume mon champ, dans mon champ.
CHAUMÉ, ÉE. participe
CHAUMIÈRE . s. f.
Petite maison couverte de chaume. Petite chaumière. Il loge dans une
chaumière. C'est un pays pauvre, où l'on ne trouve que des chaumières.
CHAUMINE . s. f.
Petite chaumière. Une pauvre chaumine.
CHAUSSANT , ANTE. adj.
Qu'on chausse facilement. Il ne se dit guère que Des bas. Un bas de
soie est plus chaussant qu'un bas de fil. Il est peu usité.
CHAUSSE . s. f.
Pièce d'étoffe que les membres des universités portent
sur l'épaule dans les fonctions publiques, et qu'on nomme aussi Chaperon.
Chausse de docteur en théologie. Chausse de docteur en droit.
CHAUSSE, se dit aussi d'Une pièce de drap taillée en capuchon
pointu, dans laquelle on passe des liqueurs qui ont besoin d'être clarifiées.
Chausse d'aisances, Le tuyau des latrines, qui est ordinairement de poterie
revêtue de plâtre.
Voyez CHAUSSES.
CHAUSSÉE . s. f.
Levée de terre qu'on fait au bord d'une rivière, d'un étang,
pour retenir l'eau. La chaussée d'un étang. La chaussée
d'une rivière.
Se dit aussi d'Une levée qui se fait dans les lieux bas, humides et marécageux,
pour servir de chemin de passage. Chaussée soutenue de maçonnerie,
de pilotis, etc. Faire une chaussée dans un marais. La chaussée
de Brunehaut. Les Romains ont fait la plupart des grands chemins dans les Gaules
en manière de chaussées, et ils y employaient beaucoup de chaux.
Se dit encore de La partie bombée d'une rue ou d'un grand chemin, qui
est entre deux revers ou deux ruisseaux, ou entre deux bordures de pierres rustiques.
Les voitures passent sur la chaussée.
Ponts et chaussées. Dénomination sous laquelle ou comprend
tout ce qui concerne l'administration publique dans la confection et l'entretien
des routes, des ponts, des canaux, etc. Directeur général, inspecteur,
ingénieur des ponts et chaussées. Il y a trente ans qu'il est dans
les ponts et chaussées.
École des ponts et chaussées, École spécialement
destinée à former des sujets pour les travaux de cette partie de
l'administration.
Rez-de-chaussée, Le niveau du terrain. Le mur n'était
encore qu'au rez-de-chaussée, qu'à rez-de-chaussée. Se
dit plus ordinairement de La partie d'une maison qui est au niveau du terrain.
J'habite le rez-de-chaussée.
CHAUSSE-PIED .s.m.
Instrument de corne ou long morceau de cuir dont on se sert pour chausser plus
facilement un soulier.
CHAUSSER . v. a.
Mettre des bas, des souliers, etc. Chausser ses bas. Chausser ses souliers.
On dit de même, Chausser des bas, des souliers à quelqu'un.
Fig., Chausser le cothurne, Se mettre à composer des tragédies.
On le dit également D'un acteur qui s'essaye dans la tragédie.
Chausser le cothurne, se prend aussi en mauvaise part, pour dire, Enfler
son style.
Fig., Chausser le brodequin, Se mettre à composer des comédies.
On le dit également D'un acteur qui s'essaye dans la comédie.
En termes de Manége, Chausser les étriers, Enfoncer trop
avant ses pieds dans les étriers.
Chausser les éperons à quelqu'un, Lui mettre les éperons
en le faisant chevalier.
Fig. et fam., Chausser de près les éperons à quelqu'un,
Poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit.
Fig. et fam., Se chausser une opinion dans la tête, S'entêter
d'une opinion. Il se prend toujours en mauvaise part.
CHAUSSER, avec un nom de personne pour régime, signifie, Mettre
une chaussure à quelqu'un. Il faut chausser cet enfant. Faites-vous
chausser par votre domestique. On l'emploie dans ce sens avec le pronom personnel.
Il ne sait pas encore se chausser. Chaussez-vous donc.
Ce cordonnier chausse bien, chausse mal, Il fait bien, il fait mal les
chaussures. Ce cordonnier chausse un tel, chausse toute la famille, Il
fait ordinairement des chaussures pour un tel, pour toute la famille.
Cette personne n'est pas aisée à chausser, Il est difficile
de lui faire des chaussures qui lui aillent bien.
Fig. et fam., C'est un homme qui n'est pas aisé à chausser,
On ne le persuade pas aisément.
Ce bas, ce soulier chausse bien, Il va bien sur la jambe, sur le pied.
Ce soulier vous chausse bien, ne vous chausse pas bien.
Par analogie, en Agricult., Chausser un arbre, une plante, Entourer de
terre le pied d'un arbre, d'une plante, pour les soutenir et favoriser leur accroissement.
CHAUSSER, est aussi neutre; mais alors il ne s'emploie que dans ces phrases,
Chausser à six points, à sept points; chausser à tant
de points, Porter des souliers de telle ou telle longueur.
Fig. et fam., Ces deux personnes chaussent à même point, sont
chaussées à même point, Elles ont même humeur, même
inclination, etc.
CHAUSSÉ, ÉE. participe, Prov. et fig., Les cordonniers
sont les plus mal chaussés, On néglige ordinairement les avantages
qu'on est le plus à portée de se procurer par son état, par
sa position, etc.
Fig. et fam., Elle est toute des mieux chaussées, se dit D'une
femme du bon ton, d'une petite maîtresse. Il ne s'adresse qu'aux mieux
chaussées, Il ne courtise que des personnes jolies et de qualité.
Prov., S'enfuir un pied chaussé, l'autre nu, S'enfuir en toute
hâte, sans prendre le temps de s'habiller.
CHAUSSES . s. f. pl.
Une culotte, un caleçon, la partie du vêtement des hommes, qui
couvre depuis la ceinture jusqu'aux genoux. Chausses de drap, de velours, de
chamois. Chausses de toile. Chausses d'écarlate. Prendre ses chausses.
Mettre ses chausses. Attacher ses chausses. Boutonner ses chausses. Mettre chausses
bas. Il est vieux.
Chausses de page, Chausses courtes et plissées, que portaient
les pages, et qu'on appelait aussi Trousses.
Prov. et fig., Il n'a pas de chausses, Il est fort pauvre.
Prov. et bass., Tirer ses chausses, S'en aller, s'enfuir. Va-t'en,
tire tes chausses. Il tira ses chausses de bonne heure.
Prov. et fig., Cette femme porte les chausses, Elle est plus maîtresse
dans la maison que son mari.
Fig. et pop., Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, Le serrer de si
près, qu'il ne peut échapper, qu'il ne peut s'empêcher de
faire ce qu'on veut. Il signifie aussi, S'occuper de quelqu'un pour examiner et
censurer sa conduite, son caractère.
Prov. et fig., Faire dans ses chausses, Avoir une grande peur.
Prov. et fig., Il a la clef de ses chausses, se dit D'un jeune homme
qui n'est plus en âge d'être châtié.
Prov., fig. et pop., Prendre son cul pour ses chausses, Se méprendre
grossièrement.
CHAUSSES, se disait aussi de Ce qui sert ordinairement à couvrir
les jambes et les pieds, et qu'on nomme aujourd'hui Bas. Une paire de chausses.
CHAUSSETIER .s.m.
Marchand qui fait et qui vend des bas, des bonnets, etc. Chaussetier-bonnetier.
CHAUSSE-TRAPE . s. f.
Petite pièce de fer à quatre ou plusieurs pointes fortes et aiguës,
dont il s'en trouve toujours une en haut, de quelque manière que la pièce
de fer soit jetée. On jette des chausse-trapes dans des gués,
dans les avenues d'un camp, pour enferrer les hommes et les chevaux. Semer des
chausse-trapes. S'enferrer dans des chausse-trapes.
Se dit également de Certains piéges que l'on tend pour prendre
les bêtes puantes. Dresser une chausse-trape. Mettre des chausse-trapes
dans une forêt.
CHAUSSE-TRAPE, se dit aussi d'Une plante très-commune dans les
lieux incultes et le long des chemins, qui a ses fleurs armées d'épines
disposées à peu près comme les pointes des chausse-trapes
dont on se sert à la guerre. On la nomme aussi Chardon étoilé.
CHAUSSETTE . s. f.
Demi-bas de toile, de fil, etc., que l'on met sous des bas. Une paire de
chaussettes. Chaussettes à étrier. Des chaussettes pour des enfants.
CHAUSSON .s.m.
Chaussure qu'on met au pied par-dessous les bas, et quelquefois par-dessus.
Une paire de chaussons. Des chaussons de toile. Des chaussons de fil, de coton,
de laine. Des chaussons de flanelle.
Fig. et fam., Tout son équipage tiendrait dans un chausson, se
dit, en plaisantant, D'un homme qui n'a guère de linge, de hardes.
CHAUSSON, se dit aussi d'Une espèce de soulier plat à semelle
de feutre, de buffle, etc., dont on se sert pour jouer à la paume, pour
faire des armes, etc. Ils se mirent en chaussons pour jouer leur partie de
paume. On appelle Chaussons de bal, de danse, Des souliers fort légers
qui servent pour danser.
CHAUSSURE . s. f.
Ce que l'on met au pied pour se chausser, comme les souliers, les pantoufles,
les bottes, etc. Bonne chaussure. Chaussure mignonne, élégante.
Chaussure propre. Chaussure à l'antique. Je dépense tant pour ma
chaussure.
Prov. et fig., Trouver chaussure à son pied, Trouver justement
ce qu'il faut, ce qui convient. Se dit aussi D'une personne qui en trouve une
autre capable de lui tenir tête.
CHAUVE . adj. des deux genres
Qui n'a plus de cheveux, ou qui n'en a guère. Homme chauve. Femme
chauve. Devenir chauve. Être chauve. Avoir la tête chauve.
Prov. et fig., L'occasion est chauve, Elle est difficile à saisir,
on n'a qu'un moment pour la saisir.
CHAUVE-SOURIS . s. f.
Mammifère volant qui a des ailes membraneuses, et qui ressemble à
une souris, pour la forme et la grosseur du corps. Les chauves-souris ne commencent
à voler que le soir.
Se dit aussi, en Histoire naturelle, de Plusieurs autres animaux qui, pourvus
d'ailes membraneuses comme la chauve-souris, ont, ainsi qu'elle, la faculté
de s'élever dans l'air. Chauve-souris musaraigne.
CHAUVETÉ . s. f.
État d'une personne chauve. Il vieillit.
CHAUVIR . v. n.
Il n'est usité que dans cette phrase, Chauvir des oreilles, Dresser
les oreilles; et il ne se dit que Des chevaux, des mulets, et des ânes.
Ce cheval chauvit des oreilles.
CHAUX . s. f.
Se dit, en Chimie, d'Un alcali qui se trouve ordinairement combiné avec
certains acides, et surtout avec l'acide carbonique: on donne à cette dernière
combinaison le nom de Carbonate calcaire ou de chaux. Les marbres, la
craie, etc., sont des carbonates de chaux. Les coquilles d'huîtres et d'oeufs
contiennent de la chaux. Phosphate de chaux. Il y a une sorte de pierre qu'on
nomme plus spécialement Pierre à chaux.
Se dit communément de La pierre à chaux qu'on a fait cuire dans
des fours. Ainsi préparée, elle s'échauffe dans l'eau, s'y
dissout, et forme une pâte fine et blanche qui, étant mêlée
avec du sable ou du ciment, compose le mortier dont on se sert dans les constructions
de pierres et de briques. Four à chaux. Mortier à chaux et à
sable, à chaux et à ciment. Bâtir à chaux et à
sable.
Chaux vive, Chaux qui n'a point été imprégnée
d'eau. Chaux éteinte, Celle qui a perdu ses propriétés
en restant exposée à l'air, ou qu'on a délayée dans
de l'eau.
Lait de chaux, blanc de chaux, Eau dans laquelle on a délayé
de la chaux. Blanchir une muraille avec du lait de chaux.
Eau de chaux, Eau qui tient de la chaux en dissolution.
Prov. et fig., Cela est fait à chaux et à ciment, se dit
D'une affaire qui est faite solidement, avec toutes les précautions et
les formalités nécessaires.
CHAUX, se disait aussi, dans l'ancienne Chimie, Des substances auxquelles
ou donne aujourd'hui le nom d'Oxydes. Chaux métallique. Chaux de cuivre,
d'étain, etc.
CHAVIRER . v. n.
.Marine. Tourner sens dessus dessous. Se dit D'un bâtiment qui tourne
sur lui-même, de manière à montrer sa quille au-dessus de
l'eau. On le dit aussi D'un bateau. Notre navire chavira. La barque chavira.
Nous chavirâmes à l'entrée du port.
CHEBEC .s.m.
.Marine. Bâtiment de la Méditerranée, à trois mâts
et pointu des deux bouts, qui va à voiles et à rames. Un chebec
à voiles latines, à voiles carrées. Un chebec armé
en guerre, armé de vingt canons.
CHEF .s.m.
(On prononce l'F.) Tête. Il ne se dit guère maintenant, au propre,
qu'en parlant De reliques. Le chef de saint Jean. Le chef de saint Denis.
S'emploie quelquefois dans la poésie badine. Le chef couronné
de lauriers. Couvrir son chef.
Tant de chefs de bétail, Tant de pièces de bétail.
Il avait deux cents chefs de brebis, de bêtes à cornes. On
dit plus ordinairement, Têtes de bétail.
CHEF, se dit figurément de Celui qui est à la tête
d'un corps, d'une assemblée, etc., qui y a le premier rang et la principale
autorité. Le roi est le chef de l'État. Le pape est le chef visible
de l'Église. Le garde des sceaux est le chef de la justice. Il était
le chef de la famille. Le chef d'un jury. Le chef, les chefs de l'armée.
Le chef, les chefs d'une peuplade. Être sous un chef. Chef de bandits. Chef
de cabale, de faction, de secte. Ils l ont choisi pour chef. Élire un chef,
des chefs. Il fut le chef de cette école célèbre.
Se dit particulièrement, dans un sens générique, Des officiers
et sous-officiers de divers grades qui commandent une troupe. Obéir
à ses chefs. Ce militaire est estimé de ses chefs. Il osa porter
la main sur son chef. Avoir de bons chefs. L'exemple des chefs encourage le soldat.
Il signifie aussi quelquefois, Général d'armée. Il est
du devoir d'un bon chef de...
Abbaye chef d'ordre, ou simplement, Chef d'ordre, La principale
maison de l'ordre, celle dont toutes les autres dépendent.
Chef du nom et des armes, chef de nom et d'armes, Celui qui est le premier
de la branche aînée d'une grande maison.
Chef d'escadre. Titre que portait autrefois l'officier supérieur
de marine auquel on donne aujourd'hui le titre de Contre-amiral.
Chef d'escadron, Officier de cavalerie qui commande un escadron. Chef
de bataillon, Officier d'infanterie qui commande un bataillon. Chef de
poste, Officier ou sous-officier qui commande un poste, une garde.
Chef de peloton, de division, de section, se dit, dans les exercices
militaires, de Celui qui dirige les mouvements d'un peloton, etc.
Chef de pièce, Le canonnier qui pointe, et qui commande la manoeuvre
d'une pièce de canon.
Chef de file, L'homme qui est le premier d'une file de gens de guerre,
soit à pied, soit à cheval. En termes de Marine, il se dit Du vaisseau
qui est le premier de la ligne de bataille, qui tient la tête de l'armée.
Chef de division, Celui qui est à la tête de tous les employés
d'une division, dans un ministère, dans une administration. On dit, dans
un sens analogue, Chef, sous-chef de bureau.
Chef d'atelier, Celui qui dirige les travaux d'un atelier, dans une manufacture.
Chef d'orchestre, Celui qui dirige un orchestre.
Chef d'emploi, se dit au Théâtre, par opposition à
Double, et signifie, Le plus ancien des acteurs qui remplissent les rôles
d'un même emploi.
Chef de cuisine, d'office, Le principal officier de cuisine, d'office.
Dans quelques Cours, Chef de gobelet, chef de fruiterie, de paneterie, etc.,
Le principal officier du gobelet, de la fruiterie, etc.
Commander une armée en chef, Y avoir le principal commandement
en qualité de général. On dit dans un sens analogue, Général
en chef, commandant en chef.
Être en chef, travailler en chef dans une affaire, En avoir la
principale direction. Être en chef dans une entreprise, dans une négociation.
On dit en des sens analogues, Ordonnateur en chef, ingénieur en chef,
etc.
Greffier en chef, Le premier greffier dans une cour de justice, dans
un tribunal.
En parlant De biens, d'héritages, de successions, De son chef,
De son côté, par soi-même. Il a tant de bien de son chef.
Succéder de son chef ou par représentation. On dit aussi, Du
chef de quelqu'un, Comme exerçant les droits de quelqu'un. Il a
eu cette terre du chef de sa femme. Ils vinrent à la succession du chef
de leur père.
De son chef, signifie aussi, De sa tête, de son propre mouvement,
de son autorité privée. Il a fait cela de son chef, sans en avoir
reçu l'ordre. Je n'avance point cela de mon chef. Cet auteur ne dit rien
de son chef.
CHEF, signifie encore, Article, point principal. Chef d'accusation.
Les chefs d'une accusation. Les divers chefs d'une loi. Les principaux chefs d'une
demande. Sa doctrine se réduisait à trois chefs.
En termes d'ancienne Jurispr. criminelle, Crime de lèse-majesté
au premier chef, Attentat, conspiration contre la personne du prince. Crime
de lèse-majesté au second chef, Attentat contre l'autorité
du prince ou contre l'intérêt de l'État. La fausse monnaie,
l'intelligence avec les ennemis est un crime de lèse-majesté au
second chef.
Mettre une entreprise à chef, venir à chef, Achever une
entreprise, la mettre à fin. Ces phrases ont vieilli.
CHEF, en termes de Blason, Pièce qui est au haut de l'écu,
et qui en occupe le tiers.
CHEF, dans les Manufactures de toile, de drap, etc., Le bout par lequel
on a commencé à fabriquer une étoffe.
En Chirur., Les chefs d'un bandage, Ses bouts, ses extrémités.
Un bandage à plusieurs chefs.
CHEF-D'OEUVRE .s.m.
(On prononce Chè-d'oeuvre.) Ouvrage difficile que faisaient autrefois
les ouvriers pour prouver leur capacité dans le métier où
ils voulaient se faire passer maîtres. Présenter son chef-d'oeuvre.
Il signifie figurément, Ouvrage parfait ou très-beau, en quelque
genre que ce puisse être. Ce palais est un chef-d'oeuvre d'architecture,
un chef-d'oeuvre de l'art. Cette beauté est un chef-d'oeuvre de la nature.
Presque tous les tableaux de ce peintre sont des chefs-d'oeuvre. Les chefs-d'oeuvre
de Corneille.
Par extension, C'est un chef-d'oeuvre d'habileté, de malice, d'impertinence,
etc., Ce qu'un tel a fait, a dit, annonce beaucoup d'habileté, de malice,
d'impertinence, etc.
Prov. et en plaisantant, Il a fait là un beau chef-d'oeuvre, voilà
de ses chefs-d'oeuvre, se dit D'un homme qui a causé quelque désordre,
qui a fait quelque chose de mal par inadvertance, par emportement.
CHEFECIER .s.m.
Voyez CHEVECIER.
CHEF-LIEU .s.m.
(On prononce l'F.) Lieu principal. Il se disait autrefois Du principal manoir
d'un seigneur, d'un chef d'ordre. L'hommage se rendait au chef-lieu. Cluny
était le chef-lieu de tout l'ordre.
Se dit maintenant Des villes principales de certaines divisions administratives
du territoire français. Chef-lieu de département ou de
préfecture. Chef-lieu d'arrondissement ou de sous-préfecture.
Chef-lieu de canton. Dans tous les chefs-lieux. Aller au chef-lieu. Cette ville
est le chef-lieu du département.
CHEIK .s.m.
Chef de tribu chez les Arabes.
CHÉLIDOINE . s. f.
(On prononce Ké.) .Bot. Genre de plantes dont l'espèce
commune, appelée Grande chélidoine ou Éclaire,
contient un suc jaune et caustique propre à détruire les verrues.
CHÊMER
(SE). v. pron.
Maigrir beaucoup, tomber en chartre. Voilà un enfant qui se chême.
Il est peu usité.
CHEMIN .s.m.
Voie, route pratiquée pour communiquer, pour aller d'un lieu à
un autre. Chemin battu, frayé. Beau chemin. Bon chemin. Vilain, mauvais
chemin. Chemin uni. Chemin pierreux, raboteux, fangeux. Chemin rompu. Chemin creux.
Chemin ferré. Chemin passant, fréquenté. Chemin détourné.
Chemin de traverse. Le chemin du charroi. Petit chemin, ou Sentier. Chemin
des gens de pied. Grand chemin. Chemin vicinal. Chemin pavé. Chemin bordé
d'arbres, de fossés. Chemin d'Orléans, de Lyon, etc. Le chemin des
rouliers, des messageries. Sa maison est sur le bord du chemin. Tracer un chemin.
Couper, fermer, embarrasser le chemin. Ouvrir le chemin. Rendre les chemins libres.
Traverser le chemin. Ce chemin va, mène, conduit en tel endroit. Le chemin
projeté passera par ici. Ne quittez pas ce chemin-là. Prenez le
chemin à main droite, à main gauche. Le chemin fourche en cet endroit-là.
Ce chemin est malaisé à tenir. Il ne tient, il ne suit point de
chemin, il va à travers champs. Il se plaint qu'on a fait un chemin dans
son champ. Vous êtes mal monté, vous demeurerez par les chemins.
Suivez ce chemin-là. Poursuivez votre chemin. Cet homme ne fait qu'aller
et venir, il est toujours par voie et par chemin. Réparer les chemins.
Les chemins ne sont pas sûrs. Assurer les chemins. Les pluies, le dégel,
les charrois ont gâté, ont rompu les chemins. Chemin praticable.
Chemin impraticable.
Chemin de fer, Chemin dont la voie est formée par deux lignes
parallèles de barres de fer ou de fonte scellées dans des soubassements
de pierre, et sur lesquelles des chariots garnis de roues de fonte roulent avec
très-peu de frottement, de manière à économiser la
force motrice.
Chemin de halage, Chemin sur le bord d'une rivière ou d'un canal,
servant au passage des chevaux ou des hommes qui halent les bateaux.
En termes de Fortification, Chemin des rondes ou de ronde, Chemin
entre le rempart et la muraille du corps de la place, par où passent les
officiers qui font la ronde. Chemin couvert, Chemin sur le bord extérieur
du fossé, et où le soldat est à couvert du feu des assiégeants.
Emporter le chemin couvert. Se loger sur le chemin couvert.
Chemin de Saint-Jacques. Nom que l'on donne vulgairement à la
voie lactée.
CHEMIN, se dit, par extension, de Toute ligne ou voie qu'on parcourt,
ou qu'on peut parcourir, pour aller d'un lieu à un autre. Il a fait
plusieurs fois le chemin d'ici à Lyon. Montrer, enseigner le chemin. Savoir
le chemin. Il a repris le chemin de son village. Nous fîmes le chemin à
pied, à cheval, en voiture. Il me vint couper le chemin. Ce n'est pas là
le chemin. Vous ne prenez pas le bon chemin. Il se détourna de son chemin.
Prendre le chemin le plus long. Être en chemin. Passer son chemin. À
mi-chemin. Allez par là, c'est le droit chemin. Poursuivez votre chemin.
Avancer chemin. Faire bien du chemin. Il y a bien du chemin d'ici là. Deux
heures de chemin. Une journée de chemin. Rebrousser chemin. Rester en chemin.
Accourcir le chemin. Chemin faisant. Le chemin est plus long par eau que par terre.
Se frayer un chemin dans les airs. On le dit aussi en parlant Des animaux
et des choses. Ce cheval connaît le chemin de la ville. Les pigeons font
beaucoup de chemin en peu de temps. Ce torrent s'est ouvert un chemin à
travers la forêt.
Il signifie, figurément, Moyen, conduite qui mène à quelque
fin. Il veut faire fortune, mais il n'en prend pas le chemin. Il aspire aux
dignités, mais on n'y arrive pas par ce chemin. Ce jeune homme n'est pas
dans le bon chemin. Le chemin de la vertu, de la perfection. C'est le chemin de
la gloire. Le chemin de la perdition est large.
Il a su trouver le chemin de son coeur, Il a su toucher cette personne,
il a su s'en faire aimer.
CHEMIN, s'emploie aussi dans diverses phrases proverbiales, familières,
etc.
Prov., Bonne terre, mauvais chemin, Dans les terres grasses, les chemins
sont mauvais.
Fig., Chemin de velours, Chemin sur une pelouse. Se dit familièrement,
dans une acception plus figurée, d'Une voie facile, agréable pour
parvenir à quelque chose. Il est arrivé à la fortune par
un chemin de velours.
Fam., Vieux comme les chemins, Fort vieux.
Prov. et fig., À chemin battu il ne croît point d'herbe,
Il n'y a point de profit à faire dans un négoce dont trop de gens
se mêlent.
Fig., Suivre le chemin battu, S'attacher aux usages établis. Il
n'y a rien de si sûr que de suivre le chemin battu.
Prov. et fig., Le grand chemin des vaches, L'usage commun et ordinaire.
Prov. et fig., En tout pays, il y a une lieue de mauvais chemin, Il n'y
a point d'entreprise où il ne se rencontre quelque difficulté.
Prov., Tous chemins vont à Rome, où Tout chemin mène
à Rome, Divers chemins mènent au même endroit; et, figurément,
Divers moyens conduisent à la même fin.
Prov. et fig., Il ne faut pas aller par quatre chemins, Il faut s'expliquer
franchement, il ne faut pas chercher tant de détours.
Fig. et fam., Je le mènerai par un chemin où il n'y aura pas
de pierres, Je le poursuivrai vivement, je ne lui ferai point de quartier.
On dit aussi, dans le même sens, Je lui ferai voir bien du chemin.
Prov. et fig., Trouver une pierre en son chemin, des pierres dans son chemin,
Trouver quelque obstacle à ce qu'on a dessein de faire.
Prov., Bien dépenser et peu gagner, c'est le chemin de l'hôpital.
Prov. et fig., Prendre le chemin de l'école, le chemin des écoliers,
Prendre le chemin le plus long.
Fig., Montrer le chemin aux autres, Faire quelque chose que les autres
font ensuite; ou Faire quelque chose à dessein que d'autres le fassent.
Prov. et fig., S'arrêter en beau chemin, à mi-chemin, Abandonner
une entreprise dont la réussite paraissait assurée.
Fig. et fam., Faire son chemin, Parvenir, obtenir de l'avancement, s'enrichir,
etc. Il a su faire son chemin, Il a bien fait son chemin. On dit de même,
Il a bien fait du chemin en peu de temps.
Fig. et fam., Aller le droit chemin, Procéder avec sincérité,
avec loyauté, sans nul artifice.
Fig. et fam., Aller son petit bonhomme de chemin, Vaquer à ses
affaires, poursuivre ses entreprises tout doucement et sans éclat.
Fig. et fam., Aller son grand chemin, N'entendre point de finesse à
ce qu'on fait, à ce qu'on dit. Aller son chemin, aller toujours son
chemin, Poursuivre son entreprise, ne se pas détourner de la conduite
qu'on a commencé à tenir. Quelque chose qu'on lui dise, il va
toujours son chemin.
Fig., Chemin faisant, En même temps, par occasion. En examinant
le système exposé dans ce livre, j'ai remarqué, chemin faisant,
plusieurs fautes de langue.
Fig. et par menace, Je le trouverai en mon chemin, Je trouverai occasion
de lui nuire. Il me trouvera en son chemin, Je le traverserai dans ses
desseins.
Fig., Couper chemin à quelque chose, En arrêter, en empêcher
le cours, le progrès. On a voulu couper chemin aux chicanes par la nouvelle
loi. Il fallut abattre une maison pour couper chemin à l'embrasement. Couper
chemin à la fièvre, à une maladie, à la gangrène.
CHEMINÉE . s. f.
L'endroit où l'on fait le feu dans les maisons, et où il y a un
tuyau pour donner issue à la fumée. Cheminée étroite,
large. L'âtre, le foyer d'une cheminée. Tuyau de cheminée.
Le coin de la cheminée. Noir comme la cheminée. Cheminée
qui fume. Ramoneur de cheminée. Le feu prit à la cheminée.
Il désigne aussi, La partie de la cheminée qui avance dans la
chambre. Cheminée de pierre, de marbre. Manteau de cheminée.
Chambranle de cheminée. Mettre une pendule et des vases sur une cheminée.
Il signifie encore, Cette partie du tuyau qui s'élève au-dessus
du toit. Il fit un grand vent qui abattit plusieurs cheminées.
Fig. et fam., Faire un acte, un arrangement, une affaire sous la cheminée,
Faire quelque chose en cachette, et sans observer les formes. Se marier sous
la cheminée. Ce mariage a été fait sous la cheminée.
Donner une assignation, un exploit sous la cheminée. Des arrangements faits
sous la cheminée.
Prov. et pop., Il faut faire la croix à la cheminée, se
dit Quand on voit une personne entrer dans une maison où il y avait long-temps
qu'elle n'était venue.
CHEMINER . v. n.
Marcher, aller, faire du chemin pour arriver quelque part. Il y a tant d'heures
que nous cheminons. Ils cheminèrent longtemps ensemble. Cheminer lentement.
Fig. et fam., Cheminer droit, Ne point tomber en faute. Il fera bien
de cheminer droit.
Fig. et fam., Cet homme sait cheminer, Il sait aller à ses fins,
il fait ce qu'il faut pour s'avancer. On dit dans le même sens, Cet homme
chemine, il cheminera.
Fig., en parlant D'un poëme, d'un discours, Cela chemine bien, L'ouvrage
est bien suivi, les parties en sont bien disposées, bien enchaînées.
CHEMISE . s. f.
Vêtement de linge qu'on porte sur la chair, et qui prend depuis le cou
et les épaules jusqu'au genou. Chemise de nuit. Chemise de jour. Grosse
chemise. Chemise fine. Chemise d'homme. Chemise de femme. Chemise de bain. Chemise
froncée. Mettre sa chemise. Passer sa chemise. Prendre une chemise blanche.
Changer de chemise. Ôter sa chemise. Chauffer une chemise. Chemise de toile.
Chemise de coton. Chemise sale. Manche de chemise. Collet ou col de chemise.
Donner la chemise au roi. Donner la chemise au marié, à la mariée.
Certains religieux portent des chemises de serge par mortification.
Être en chemise, N'avoir que sa chemise sur soi. Il se sauva
en chemise. Il était en chemise.
Fig. et fam., N'avoir pas de chemise, Être fort pauvre. Mettre
quelqu'un en chemise, Le ruiner entièrement.
Fam., Vendre, engager, jouer, manger jusqu'à sa chemise, Vendre,
engager, jouer, manger tout ce qu'on a.
Fig. et fam., Je cacherais, je voudrais cacher cet homme entre ma peau et
ma chemise; je le mettrais dans ma chemise, Il n'est point de moyen dont je
ne fusse disposé à me servir pour mettre cet homme en sûreté.
Prov. et fig., La peau est plus proche que la chemise, Les intérêts
personnels sont plus forts que les autres.
Prov. et fig., Entre la chair et la chemise il faut cacher le bien qu'on
fait, Il faut faire le bien sans ostentation.
Chemise de mailles, Corps de chemise qui était fait de petits
annelets d'acier, et dont on se servait pour se couvrir comme d'une arme défensive.
CHEMISE, se dit aussi d'Un morceau de toile qui sert d'enveloppe à
certaines marchandises, telles que la soie, le drap, etc.
Se dit encore d'Une feuille de papier qui renferme et qui couvre d'autres papiers.
Mettez une chemise à cette liasse, à ce dossier.
CHEMISE, se dit également, en termes de Maçon, d'Un crépi,
d'un revêtement de maçonnerie, d'une enveloppe de mortier, etc.
En termes de Fortification, La chemise d'un bastion ou d'un autre
ouvrage, La muraille de maçonnerie dont un ouvrage est revêtu.
CHEMISETTE . s. f. Diminutif
Sorte de vêtement qui se met sur la chemise, et qui prend d'ordinaire
depuis les épaules jusqu'aux hanches. Chemisette de toile de coton.
Chemisette de ratine, de flanelle.
CHÊNAIE . s. f.
Lieu planté de chênes. Une belle chênaie.
CHENAL .s.m.
Courant d'eau bordé de terres, par lequel les navires peuvent passer,
et qui sert à les faire entrer dans un port.
Se dit aussi d'Un courant d'eau pratiqué pour l'usage d'un moulin ou
d'une forge.
Se dit encore de L'espèce de canal pratiqué le long d'un toit
pour l'écoulement et la décharge des eaux de pluie. Dans ce sens,
Chéneau est plus usité: voyez ce mot.
CHENAPAN .s.m.
Mot tiré de l'allemand, où il désigne Un brigand des montagnes
Noires. En français, il signifie, Un vaurien, un bandit. C'est un vrai
chenapan. Il est populaire.
CHÊNE .s.m.
Arbre qui porte le gland, et dont certaines espèces, très-communes
dans nos forêts, acquièrent une grosseur et une hauteur considérables.
Un grand chêne. Un vieux chêne. Les rameaux d'un chêne. Un
bois de chênes. Du bois de chêne. Feuille de chêne. Du gui de
chêne. Une pomme de chêne. Un ais, une poutre de chêne.
Chêne vert, Espèce de chêne qui conserve ses feuilles
vertes en toute saison, et qu'on nomme autrement Yeuse.
Prov. et fig., Payer en feuilles de chêne, se dit D'un payement
en effets de nulle valeur.
CHÊNEAU .s.m.
Jeune chêne. Des cotrets de chêneau.
CHÉNEAU .s.m.
Conduit de plomb ou de bois, qui recueille les eaux du toit, et les porte dans
la gouttière ou dans le tuyau de descente.
CHENET .s.m.
Ustensile de cuisine et de chambre qu'on place par paire dans les cheminées,
pour élever le bois et le faire brûler plus facilement. Chenet
de fer. Une paire de chenets. La pomme d'un chenet. Chenets à pommes de
cuivre. Chenets de cuivre, d'argent, de bronze, etc., Chenets dont le devant
est de cuivre, d'argent, etc.
CHÈNEVIÈRE . s. f.
Champ semé de chènevis, champ où croît le chanvre.
Une chènevière. Cette terre est trop sèche pour y faire
une chènevière.
Épouvantail à chènevière, Vieux morceau de
linge ou d'autre chose semblable qu'on place sur un bâton, dans une chènevière,
pour faire peur aux oiseaux.
Prov. et fig., C'est un épouvantail à chènevière,
de chènevière, se dit D'une personne laide et malbâtie,
ou D'une personne habillée ridiculement.
Prov. et fig., Ce n'est qu'un épouvantail de chènevière,
se dit Pour donner à entendre qu'une personne ou une chose dont on veut
nous faire peur, n'est propre qu'à épouvanter des personnes timides.
CHÈNEVIS .s.m.
Graine de chanvre. Semer du chènevis. Les oiseaux aiment le chènevis.
Mettre du chènevis dans l'auget.
CHÈNEVOTTE . s. f.
Brin, morceau de la partie ligneuse du chanvre dépouillé de son
écorce. Monceau de chènevottes. Feu de chènevottes.
CHÈNEVOTTER . v. n.
T. d'Agricult. Pousser du bois faible comme des chènevottes. Les vignes
n'ont fait que chènevotter cette année.
CHENIL .s.m.
(On ne prononce point l'L.) Lieu où l'on met les chiens de chasse. Enfermer
les chiens dans le chenil.
Fig. et fam., C'est un vrai chenil, se dit D'un logement fort sale et
fort vilain.
CHENIL, se dit, par extension, de Tous les bâtiments nécessaires
pour contenir un équipage de chasse, et pour loger les officiers de la
vénerie.
CHENILLE . s. f.
Nom générique des larves de tous les papillons: elles ont le corps
formé de douze anneaux, et rampent à l'aide de plusieurs pattes.
La plupart des chenilles rongent les feuilles et les fleurs des plantes et
des arbres. Grosse chenille. Chenille velue. Chenille rase. Chenille grise, jaune,
verte. Paquet de chenilles. Détruire les chenilles. Les chenilles s'enferment
dans une coque avant de se changer en papillons. La chenille de cette espèce
de papillon est fort belle.
Fig. et fam., C'est une chenille, une méchante chenille, se dit
D'un homme qui se plait à mal faire. On dit aussi D'un importun, C'est
une chenille dont on ne saurait se débarrasser.
Fam., Cet homme est laid comme une chenille, Il est extrêmement
laid, d'une laideur repoussante.
CHENILLE, se dit aussi d'Un tissu de soie velouté, qui imite la
chenille, et dont on se sert dans les broderies et dans d'autres ornements. Il
entre bien de la chenille dans cette broderie.
CHENILLE, se disait autrefois d'Un habillement négligé
que les hommes portaient avant d'avoir fait leur toilette. Lorsqu'il me rendit
visite, j'étais encore en chenille.
CHENILLETTE . s. f.
.Bot. Plante légumineuse, ainsi nommée parce qu'elle produit une
gousse roulée sur elle-même et de la figure d'une chenille.
CHENU , UE. adj.
Qui est tout blanc de vieillesse. Devenir chenu. Tête chenue. Front
chenu. Barbe chenue.
Fig., Montagnes chenues, Montagnes couvertes de neige. Arbre chenu,
Arbre dont la cime est dépouillée. Ce mot vieillit.
CHEPTEL .s.m.
(On prononce Chetel.) .Jurispr. Bail de bestiaux, ou contrat par lequel
l'une des parties donne à l'autre des bestiaux pour les garder, les nourrir
et les soigner, sous les conditions convenues entre elles. Bail à cheptel.
Cheptel simple. Cheptel à moitié. Cheptel de fer. Donner des bestiaux
à cheptel. L'expiration du cheptel.
Se dit aussi Des bestiaux mêmes donnés à cheptel. Le
preneur doit les soins d'un bon père de famille à la conservation
du cheptel. Fournir un cheptel. L'estimation du cheptel.
CHER , ÈRE. adj.
Qui est tendrement aimé, auquel on tient beaucoup. C'est une personne
qui lui est extrêmement chère. C'est, de tous ses enfants, celui
qui lui est le plus cher. Ses plus chers amis l'ont condamné. Sauvez une
tête si chère. Je tiens ce présent d'une main qui m'est bien
chère. Sa mémoire me sera toujours chère. Le souvenir m'en
est cher. Il n'y a personne à qui la vie ne soit chère. Un homme
de bien n'a rien de plus cher que l'honneur. Négliger ses intérêts
les plus chers. Il fait mes plus chères délices. Perdre ses plus
chères espérances. C'est mon voeu le plus cher.
S'emploie particulièrement dans certaines façons de parler familières.
Mon cher monsieur. Ma chère dame. Mon cher ami, vous vous méprenez,
etc. On dit aussi, entre personnes qui se traitent familièrement, Mon
cher, ma chère; et alors Cher est employé substantivement.
CHER, signifie aussi, Qui coûte beaucoup. Les belles étoffes
sont toujours chères. Les diamants sont toujours chers. Le blé est
ordinairement plus cher à l'époque de la moisson que dans les autres
temps. Tout est cher dans cette ville. Cela est bien cher, est trop cher, est
fort cher. Il fait cher vivre à Paris.
Chère année, Année où le blé est beaucoup
plus cher qu'à l'ordinaire. Cela eut lieu dans la chère année.
Prov. et fig., C'est chère épice, se dit D'une marchandise
qui est plus chère qu'elle ne devrait l'être.
Fig., Le temps est cher, les moments sont chers, Le temps presse. Hâtez-vous,
les moments sont chers. Partons, le temps est cher.
CHER, se dit encore De celui qui vend à plus haut prix que les
autres. Ce marchand-là est cher. Cette marchande est trop chère.
Cet ouvrier est cher.
CHER, se prend aussi adverbialement, et signifie, À haut prix.
Acheter cher. Vendre cher, bien cher, trop cher. Cela me coûte cher.
C'est bien cher. C'est trop cher. Il me l'a vendu plus cher qu'au marché.
Il vend toujours plus cher que les autres.
Prov. et fig., Je le lui ferai payer, il le payera plus cher qu'au marché,
se dit Pour faire entendre qu'on se vengera d'un homme dont on a reçu quelque
injure.
CHER, adverbe, s'emploie quelquefois figurément. Il vend cher
sa protection. J'achetai bien cher ce court moment de bonheur. Vos plaisirs coûtent
cher à ces infortunés. Il me payera cher cet outrage. Il me le payera
cher.
Vendre bien cher sa vie, Se bien défendre avant de succomber.
CHERCHER . v. a.
Se donner du mouvement, du soin, de la peine pour trouver, pour découvrir
quelqu'un ou quelque chose. Il cherche son domestique. Je vous cherchais. Il
cherche une place commode. Que cherchez-vous? Je cherche ma plume, mon livre,
etc. Ce chien cherche son maître. Cette poule cherche ses petits. Nous cherchâmes
un refuge sous les arbres. Chercher un trésor. Chercher de l'or dans les
entrailles de la terre. Chercher des sources. Chercher un passage dans un livre.
Prov., En cherchant on trouve. Se dit aussi Des choses inanimées.
L'eau cherche un passage. L'aiguille aimantée cherche le nord.
Prov. et fig., Chercher quelqu'un par mer et par terre, le chercher à
pied et à cheval, Le chercher partout, faire toutes les diligences
possibles pour le trouver.
Prov. et fig., C'est chercher une aiguille dans une botte de foin, se
dit en parlant D'une chose que l'on cherche parmi beaucoup d'autres, et qui est
très-difficile à trouver, à cause de sa petitesse.
Prov. et fig., Chercher midi à quatorze heures, Chercher des difficultés
où il n'y en a point.
Chercher l'ennemi, Aller à la recherche de l'ennemi pour lui livrer
bataille.
CHERCHER, signifie particulièrement, Tâcher de se procurer
quelqu'un ou quelque chose, faire des efforts pour obtenir un certain résultat.
Un domestique qui cherche condition. Chercher un domestique. Chercher des amis.
Chercher la pierre philosophale. Chercher des moyens de réussir. Chercher
des excuses, des échappatoires. Chercher la gloire. Chercher le profit.
Chercher une occasion. Chercher la vérité. Chercher l'origine d'un
mot. Chercher la cause d'un phénomène. Chercher du secours. Chercher
fortune. Chercher son salut dans la fuite. Chercher ses expressions. Chercher
une rime. Chercher des défauts à quelqu'un. Chercher un remède
à ses maux.
Chercher femme, Chercher à se marier.
Chercher de l'argent, Faire des démarches pour se procurer, pour
emprunter de l'argent.
Chercher son pain, Mendier. Chercher sa vie, Chercher les moyens
de subsister.
Prov. et fig., Le bien cherche le bien, se dit Lorsque le bien vient
à celui qui en a déjà beaucoup.
Chercher noise, chercher querelle, Se mettre de propos délibéré
dans le cas de se brouiller avec quelqu'un.
Chercher malheur, chercher son malheur, Faire des choses capables d'attirer
quelque malheur à celui qui les fait. On dit familièrement, à
peu près dans le même sens, Chercher à se faire battre.
CHERCHER, précédé de l'un des deux verbes Aller
et Venir, signifie souvent, Aller trouver, venir trouver quelqu'un, et
se dit tant au propre qu'au figuré. Il irait le chercher au bout du
monde. Les importuns n'oseront pas venir vous chercher ici. Les honneurs ont été
le chercher, car il n'a jamais eu d'ambition. Les plaisirs vont partout la chercher.
Aller chercher quelqu'un, signifie aussi, dans une acception particulière,
Aller auprès d'une personne pour la conduire ensuite quelque part, ou pour
l'avertir de s'y rendre. On dit de même, Venir chercher, envoyer chercher
quelqu'un. Allez chercher le prisonnier. On est allé chercher la garde.
Je viendrai vous chercher quand il en sera temps. Il envoya chercher le médecin.
J'ai envoyé mon fils chercher sa soeur.
Aller chercher quelqu'un, se dit même quelquefois pour Aller visiter
quelqu'un. Je suis allé vous chercher, vous étiez absent.
Aller chercher quelque chose, Aller en quelque lieu pour y prendre ou
y recevoir quelque chose. On dit de même, Venir chercher, envoyer chercher
quelque chose. Il est allé chercher son cheval. Allez me chercher la lettre
que j'ai laissée sur mon secrétaire. Que venez-vous chercher ici?
Mon domestique viendra chercher tout cela. Je l'enverrai chercher ce paquet. Si
vous voulez ce livre, envoyez-le chercher. J'enverrai le chercher.
CHERCHER, est souvent accompagné de la préposition à,
suivie d'un infinitif; et alors il signifie, Tâcher, s'efforcer de. Il
cherche à me séduire par de belles paroles. Chercher à s'instruire.
Nous cherchions à lui plaire. Elle cherche à se placer. Ce cheval
cherche à démonter son cavalier. On le dit aussi Des choses
inanimées. L'eau cherche à s'ouvrir un passage.
CHERCHÉ, ÉE. participe
CHERCHEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui cherche. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Ne
vous laissez pas duper par ces chercheurs de trésors, par ces chercheurs
de pierre philosophale. Chercheur de franches lippées.
CHÈRE . s. f.
Terme sous lequel on comprend Tout ce qui regarde la quantité, la qualité,
la délicatesse des mets, et la manière de les apprêter. Maigre
chère. Grande chère. Il nous fit la meilleure chère du monde.
Nous avons fait chez lui bonne chère. On fait bonne chère dans ce
pays et à bon marché. Vous ferez maigre chère. Ils font petite
chère. Faire une chère délicate. Aimer la bonne chère.
Il est homme de bonne chère, Il aime la bonne chère, et
il s'y connaît.
Chère entière, Grand repas suivi de plusieurs divertissements.
Chère de commissaire, Repas où l'on sert de la viande et
du poisson.
Prov. et fig., Faire grande chère et beau feu, Faire une fort
grande dépense.
Faire chère lie, Faire bonne chère en se livrant à
la gaieté. Cette phrase a vieilli.
Prov., Il n'est chère que de vilain, Lorsqu'un avare se résout
à donner un repas, il y met plus de profusion qu'un autre.
Chez les Cabaretiers, Tant pour la bonne chère, Tant pour le couvert
et les autres menus frais dont on ne fait pas le détail. Il est vieux.
CHÈRE, signifie aussi, Accueil, réception; et, en ce sens,
il n'est plus guère usité que dans cette phrase, Il ne sait quelle
chère lui faire: cela se dit D'un homme qui, enchanté de recevoir
un de ses amis, ne sait quel bon accueil lui faire.
CHÈREMENT . adv.
Tendrement, avec beaucoup d'affection, avec beaucoup d'amour. Je l'aime chèrement.
Je conserve cela chèrement.
Il signifie aussi, À haut prix. Acheter chèrement. Vendre,
payer chèrement sa marchandise.
S'emploie figurément dans ce dernier sens. Il paya chèrement
sa victoire. Il me vendit chèrement cette faveur.
Vendre chèrement sa vie, la faire acheter chèrement, se
dit D'un homme qui, avant de périr, tue ou blesse plusieurs de ceux qui
l'attaquent. On dit dans le même sens, mais trivialement, Vendre chèrement
sa peau.
CHÉRIF .s.m.
Nom que l'on donne à un descendant de Mahomet par Fatima, fille de Mahomet
et femme d'Ali.
Il signifie aussi, Prince, chez les Arabes et chez les Maures.
CHÉRIR . v. a.
Aimer tendrement. Chérir ses enfants, ses amis. Il chérit extrêmement
sa femme. Chérir le souvenir, la mémoire de quelqu'un. Chérir
sa patrie. Un prince qui chérit ses peuples. Un amant qui chérit
ses peines, son tourment. Un homme qui chérit son erreur.
CHÉRI, IE. participe, Un prince chéri de ses peuples.
Image chérie. Main chérie. En parlant Des anciens Hébreux,
Le peuple chéri de Dieu.
CHÉRISSABLE . adj. des deux genres
Digne d'être chéri. La gloire la plus chérissable est
celle qui naît de la vertu. La santé est un des biens les plus chérissables.
CHERSONÈSE . s. f.
(On prononce Kersonèse.) .Géogr. ancienne. Presqu'île.
La Chersonèse Taurique. La Chersonèse Cimbrique. La Chersonèse
d'Or. Etc.
CHERTÉ . s. f.
Prix qui excède de beaucoup le prix ordinaire des choses. Grande,
excessive cherté des vivres. Mettre la cherté aux vivres. Pourvoir
à la cherté. Remédier à la cherté. Causer,
faire la cherté.
En parlant De certaines marchandises, La cherté y est, La presse
y est, tout le monde veut en avoir. Je n'y mettrai pas la cherté,
Je n'en achèterai pas.
CHÉRUBIN .s.m.
.Théologie. Ange du second choeur de la première hiérarchie.
Le chérubin qui était à la porte du paradis terrestre.
Fam., Il a une face de chérubin, Il a le visage rond et les joues
colorées. On dit aussi, Il est rouge comme un chérubin, Il
a le visage rouge et enflammé.
CHÉRUBIN, en Peinture et en Sculpture, se dit Des têtes
d'enfants avec des ailes, que les peintres placent dans leurs tableaux et les
sculpteurs dans leurs ornements, pour figurer des anges.
CHERVIS .s.m.
.Bot. Plante ombellifère, dont la racine, qui porte le même nom,
est bonne à manger. Une botte de chervis. Des chervis. Le chervis a
une saveur douce et aromatique.
CHÉTIF , IVE. adj.
Vil, méprisable. Une chétive créature ose-t-elle s'enorgueillir?
Il signifie aussi, Mauvais, qui n'est pas de la bonté, de la qualité
dont il devrait être dans son genre. Voilà qui est bien chétif.
Un fermier qui a des moutons fort chétifs. Faire une chétive récolte.
Faire une chétive recrue de soldats. Il leur a fait une chétive
réception. Une chère bien chétive.
Fam., Avoir chétive mine, Avoir la mine basse; ou Avoir l'air
d'un homme malade.
CHÉTIVEMENT . adv.
D'une manière chétive. Cet homme vit chétivement, se
traite fort chétivement.
CHEVAL .s.m.
Animal qu'on emploie à porter et à tirer, que l'homme monte, et
dont il se sert en voyage, à la chasse, à la guerre, etc. Cheval
sauvage. Cheval domestique. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté,
truité, cap de more, alezan, alezan brûlé, bai, bai brun,
bai clair, isabelle, rubican, rouan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre,
zain, etc. Cheval bien marqué, mal marqué. Cheval entier. Cheval
hongre. Cheval neuf. Cheval fait. Cheval ramassé. Cheval fort de devant.
Cheval bégu. Cheval maquignonné. Cheval de service. Cheval de charrette,
de charrue, de harnais. Cheval de carrosse, de cabriolet. Cheval de main. Cheval
à deux mains. Cheval de bât, de somme ou de charge. Cheval
de bagage. Cheval de selle, de poste, de relais. Cheval d'escadron, d'attelage,
de trait. Cheval de parade. Cheval de renvoi, de louage. Cheval de bataille. Cheval
bardé, caparaçonné. Cheval de manége. Cheval de race.
Cheval d'Espagne, ou Genet. Cheval de Barbarie, ou Barbe. Cheval
turc. Cheval anglais. Cheval arabe. Cheval breton. Cheval normand. Cheval fin.
Cheval de grand prix. Cheval d'amble, de pas. Cheval oreillard. Cheval maigre,
efflanqué. Cheval couronné. Cheval trop haut monté, trop
haut jointé. Cheval bas de devant. Cheval poussif, morveux, courbatu, fourbu.
Cheval pesant, léger à la main. Cheval hardi, courageux, brave,
vite. Cheval fougueux. Cheval fâcheux au montoir, doux au montoir. Cheval
rude sur l'arrêt. Cheval doux, docile. Cheval lunatique. Cheval fou. Cheval
rétif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. Cheval tendre aux mouches,
dur à l'éperon. Cheval vicieux, qui mord, qui rue, qui se défend
contre l'écuyer. La bouche, les jambes d'un cheval. Ce cheval a la bouche
bonne, forte, gâtée, égarée. Ce cheval prendra trois
ans aux herbes. Ce cheval ne marque plus. Panser, étriller, frotter un
cheval. Ferrer, déferrer un cheval. La bride, la selle, le harnais d'un
cheval. Seller, brider un cheval. Ce cheval a été trois mois sur
la litière. Aller à cheval. Monter à cheval. Descendre de
cheval. Savoir se tenir à cheval. Être à cheval. Être
bien, être mal à cheval. Homme de cheval. Les allures du cheval.
Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Courir, galoper un cheval. Faire une
partie de cheval. Promenade à cheval. Allons, à cheval. Tenir un
cheval en haleine. Pousser un cheval à toute bride. Outrer, désespérer
un cheval. Mettre un cheval sur les dents. Ce cheval s'emporte. Son cheval l'a
emporté. Monter, exercer, dresser, travailler un cheval. Débourrer,
commencer un cheval. Dompter, réduire un cheval. Combattre à cheval.
Combat à cheval. Son cheval s'abattit sous lui, tomba les quatre fers en
l'air. Charger un cheval. Mettre les chevaux à la voiture. Il était
dans une voiture à six chevaux. Atteler des chevaux à une charrette.
Ce cheval tire bien, il est franc du collier. Cette machine à vapeur est
de la force de vingt, de trente chevaux. Courses de chevaux. Ce cheval a remporté
le prix de la course.
Bon homme de cheval, Homme qui sait bien manier un cheval. Bel homme
de cheval, Homme qui a bonne grâce à cheval.
Monter à cheval, signifie quelquefois, Apprendre à monter
à cheval. Il a monté à cheval sous un tel.
Mettre quelqu'un à cheval, Lui enseigner l'équitation.
C'est tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval.
Aux enseignes des hôtelleries, on met ordinairement, Un tel loge à
pied et à cheval, ou Bon logis à pied et à cheval,
pour indiquer qu'on y reçoit les voyageurs qui vont à pied et ceux
qui vont à cheval.
Prov., Après bon vin, bon cheval, Quand on a un peu bu, on fait
aller son cheval meilleur train; et, figurément, Quand on a un peu bu,
on est plus hardi.
Prov., L'oeil du maître engraisse le cheval, Quand le maître
va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il signifie
aussi figurément, Quand on surveille soi-même ses affaires, elles
en vont mieux.
Fig. et fam., Fièvre de cheval, Fièvre violente. Médecine
de cheval, comme pour un cheval, Médecine très-forte.
Prov., Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à
Rome, On ne se corrige pas de ses vices en voyageant.
Prov. et fig., Chercher quelqu'un à pied et à cheval, Faire
toutes les diligences possibles pour le trouver.
Prov. et fig., Il n'est si bon cheval qui ne devienne rosse, Il n'y a
point d'homme si robuste, si vigoureux, ou d'un esprit si fort, qui ne s'affaiblisse
par l'âge. On dit dans un sens contraire, Jamais bon cheval ne devint
rosse.
Prov. et fig., Il n'est si bon cheval qui ne bronche, Il n'y a point
d'homme si sage, si habile, qui ne fasse quelquefois des fautes, qui ne se trompe
quelquefois.
Prov. et fig., À cheval donné, on ne regarde point à
la bouche ou à la bride, Quand on reçoit un présent,
il ne faut pas le déprécier.
Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle,
Changer, par méprise, une chose défectueuse contre une autre plus
défectueuse encore.
Fig. et fam., C'est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille,
se dit De la chose dont quelqu'un s'appuie le plus fortement. Cet argument
est son cheval de bataille. Il en fait son cheval de bataille.
Prov. et fig., Il est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas
du bruit, se dit D'un homme qui ne s'effraye pas des menaces, qui ne s'émeut
pas de ce qu'on lui dit, soit pour l'intimider, soit pour l'embarrasser.
Fig. et fam., C'est un cheval pour le travail, C'est un homme qui travaille
beaucoup.
Fig. et fam., C'est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un
cheval de bât, se dit D'un homme stupide, grossier, brutal.
Fig. et fam., C'est le cheval de bât, se dit D'un homme chargé
dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne que les autres
refusent.
Fig. et fam., C'est un cheval échappé, se dit D'un jeune
homme qui est emporté, et qui se soustrait à l'obéissance,
à la discipline.
Prov. et fig., Qui aura de beaux chevaux si ce n'est le roi? Il n'est
pas étonnant qu'un homme riche et puissant ait quelque chose de rare, de
magnifique, etc.
Prov. et fig., Je lui ferai voir que son cheval n'est qu'une bête,
Je lui ferai voir qu'il se trompe lourdement.
Prov. et fig., Brider son cheval par la queue, S'y prendre maladroitement
et à contre sens dans une affaire.
Prov. et fig., Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, Il
fait bon être maître de son bien, d'une affaire où l'on a intérêt.
Prov. et fig., Il est bien aisé d'aller à pied, quand on tient
son cheval par la bride, On souffre volontairement beaucoup de petites incommodités,
quand on a le moyen de s'en délivrer aussitôt qu'on le veut.
Prov. et fig., Fermer l'écurie quand les chevaux sont dehors,
Prendre des précautions quand le mal est arrivé, quand il n'est
plus temps de l'éviter.
Prov. et fig., Écrire à quelqu'un une lettre à cheval,
Lui écrire avec hauteur, avec menace.
Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec
hauteur, mettre de la fierté, de la sévérité dans
ses paroles.
Prov. et fig., Être mal à cheval, Être mal dans ses
affaires.
Être à cheval, se dit, par extension, De celui qui est monté
sur quelque autre animal qu'un cheval, et même D'une personne qui se tient
jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille,
etc. Il était à cheval sur le haut du mur. Cet enfant courait
par la chambre, à cheval sur un bâton.
Fig. et fam., Être à cheval sur quelque chose, S'en prévaloir,
ou N'en pas démordre, y revenir sans cesse. Il est à cheval sur
sa naissance, sur sa noblesse, etc. Il est toujours à cheval sur sa doctrine,
sur telle opinion, etc.
En termes de Guerre, Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière,
se dit D'une armée qui a des troupes sur l'une et sur l'autre rive d'un
fleuve, etc. On dit dans un sens analogue, Être, se mettre à cheval
sur une route.
Tirer un criminel à quatre chevaux, Écarteler un criminel,
en attachant chacun de ses membres à un cheval, et faisant tirer les quatre
chevaux chacun de son côté en même temps. Autrefois on tirait
à quatre chevaux les criminels de lèse-majesté au premier
chef.
Cheval marin, Animal fabuleux, qu'on représente ayant le devant
d'un cheval et le derrière d'un poisson, tel qu'on en voit sur certaines
médailles, et dans certains ornements d'architecture et de peinture.
Cheval fonda, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l'un après
l'autre sur le dos d'un d'entre eux, qui se tient courbé, dans l'attitude
d'un cheval. Jouer au cheval fondu.
Cheval de bois, Figure de bois qui ressemble à peu près
à un cheval, et sur laquelle on apprend à voltiger. Il s'est dit
aussi d'Une pièce de bois placée sur des tréteaux, et taillée
en arête, dont on se servait autrefois pour punir des soldats. Ce soldat
avait fait une faute; on le mit sur le cheval de bois, où il resta trois
heures.
En termes de Guerre, Cheval de frise, Grosse pièce de bois longue
de dix à douze pieds, traversée en sens divers par des pieux pointus
et ferrés aux extrémités, pour défendre une brèche,
ou pour couvrir un bataillon contre la cavalerie. Mettre des chevaux de frise
à une brèche pour arrêter les assiégeants.
En Astron., Petit Cheval, Constellation de l'hémisphère
septentrional.
CHEVAUX, au pluriel, se dit quelquefois de Gens de guerre à cheval.
Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de
pied, et de six mille chevaux. Un détachement de mille chevaux. Vingt et
un chevaux.
Chevaux-légers. Voyez CHEVAU-LÉGERS.
CHEVALEMENT .s.m.
T. d'Archit. Espèce d'étai qui sert à soutenir des parties
de bâtiment qu'on reprend sous oeuvre.
CHEVALER . v. n.
Faire plusieurs allées et venues, plusieurs démarches pour une
affaire. Il m'a bien fait chevaler. J'ai chevalé plus de six mois pour
cette affaire. Il est vieux.
CHEVALER, en termes de Manége, se dit Lorsque le cheval, marchant
par des pas de côté, fait passer les jambes du dehors par-dessus
celles du dedans. Dans ce sens, on dit aussi, Chevaucher.
CHEVALER, signifie aussi, Étayer avec des chevalements; et alors
il est actif. Chevaler un mur, une maison qu'on reprend sous oeuvre.
Il signifie encore, dans certains Arts, Faire usage d'un chevalet; et alors
il est tantôt neutre, tantôt actif. Les tanneurs, les corroyeurs
chevalent les cuirs. Les scieurs de bois chevalent.
CHEVALERESQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la chevalerie, ou qui tient de la chevalerie. Bravoure
chevaleresque. Franchise chevaleresque. Des goûts chevaleresques.
CHEVALERIE . s. f.
Le rang, la qualité de chevalier. La chevalerie était le premier
degré d'honneur dans les armées, et ne s'obtenait ordinairement
que par de hauts faits d'armes. Il reçut l'ordre de la chevalerie. Conférer
l'ordre de la chevalerie à quelqu'un. La chevalerie n'était pas
héréditaire.
Il signifiait aussi, L'institution, l'ordre, le corps des chevaliers. Les
temps de la chevalerie. L'antique chevalerie. Les règles de la chevalerie.
De hauts faits d'armes et de chevalerie. Des actes de chevalerie.
Chevalerie errante, La profession, l'ordre des chevaliers errants. Les
vieux romanciers ont rendu presque fabuleuse l'histoire de la chevalerie errante.
Les lois de la chevalerie errante. On dit aussi simplement, La chevalerie.
Des romans de chevalerie. Le roman de Don Quichotte a guéri les Espagnols
du fol entêtement de la chevalerie. Fine fleur de chevalerie, se disait
de L'élite des chevaliers, ou d'Un chevalier accompli.
CHEVALERIE, s'est dit également Des divers ordres militaires et
religieux où l'on faisait profession de prendre un certain habit, de porter
les armes contre les infidèles, etc. L'ordre du Temple et l'ordre Teutonique
étaient des ordres de chevalerie.
Ordre de chevalerie, se dit encore aujourd'hui Des associations militaires
ou autres créées par des souverains. L'ordre du Saint-Esprit,
l'ordre de la Toison, l'ordre de la Jarretière, sont des ordres de chevalerie.
Les ordres de chevalerie d'Espagne.
CHEVALERIE, signifie aussi, Extraction, noblesse de race. Cette maison
est d'ancienne chevalerie.
CHEVALET .s.m.
Instrument de supplice ou de torture, chez les anciens. Ce mot n'est usité
parmi nous qu'en parlant Des supplices que les persécuteurs faisaient endurer
aux martyrs. Il fut condamné à être mis sur le chevalet.
Il expira sur le chevalet.
CHEVALET, se dit aussi d'Un morceau de bois fort mince qui sert à
tenir élevées les cordes d'un violon, d'une basse, et de quelques
autres instruments à cordes.
Se dit encore d'Un instrument de bois sur lequel les peintres posent et appuient
les tableaux auxquels ils travaillent. Mettre un tableau sur le chevalet.
Tableau de chevalet, Petit tableau, ou tableau de moyenne grandeur, qu'on
a travaillé et fini avec grand soin.
CHEVALET, se dit en général, de Ce qui sert aux artisans,
dans différents métiers, à tenir l'ouvrage élevé
ou baissé, pour travailler plus commodément.
CHEVALIER .s.m.
Celui qui avait reçu l'ordre de la chevalerie. Chaque chevalier avait
un écuyer. Preux, loyal chevalier. Chevalier félon, discourtois.
Les anciens chevaliers. François Ier fut fait
chevalier par le chevalier Bayard. Il fallait être chevalier pour se battre
contre un chevalier. Chevalier banneret. Foi de chevalier. Il vint à ce
tournoi un grand nombré de chevaliers. Ce chevalier portait une écharpe
aux couleurs de sa dame. La devise d'un chevalier. Dégrader un chevalier.
Armer quelqu'un chevalier, Le recevoir chevalier.
Chevaliers errants, Chevaliers qui allaient par le monde cherchant les
aventures, châtiant les méchants, protégeant les opprimés,
et soutenant l'honneur et la beauté de leurs dames envers et contre tous.
Les chevaliers errants, les enchanteurs et les fées sont des personnages
qui figurent souvent dans les récits des vieux romanciers.
Fig., Il est le chevalier de telle dame, Il lui est attaché, il
lui rend des soins.
Fig., Se faire le chevalier de quelqu'un, Prendre sa défense avec
chaleur.
CHEVALIER, se dit également de Celui qui a été reçu
dans un ordre militaire et religieux. Les chevaliers du Temple. Les chevaliers
de l'ordre Teutonique. Les chevaliers de Malte; etc. Chevalier noble. Chevalier
servant.
CHEVALIER, est aussi Un simple titre de noblesse donné à
des personnes qui n'appartiennent à aucun ordre de chevalerie. Messire
tel, chevalier, seigneur de tel lieu. Monsieur le chevalier un tel. En Angleterre,
les femmes de chevaliers portent le titre de lady.
CHEVALIER, signifie encore, Celui qui a été reçu
dans une association militaire ou autre, établie par un prince souverain.
Chevalier du Saint-Esprit, de Saint-Michel, de Saint-Louis, de la Légion
d'honneur. Chevalier de la Jarretière, de la Toison d'or. Chevalier de
Calatrava. Les chevaliers du Saint-Esprit portaient le cordon bleu. L'ordre des
chevaliers de Saint-Michel, du Saint-Esprit, de Saint-Louis, de la Légion
d'honneur. Faire des chevaliers. Créer des chevaliers. Création,
promotion de chevaliers.
Chevalier des ordres du roi, Chevalier de Saint-Michel et du Saint-Esprit.
Chevalier de l'ordre du roi, Chevalier de Saint-Michel; et simplement,
Chevalier de l'ordre, Chevalier du Saint-Esprit.
Chevaliers ès lois, Ceux qui avaient obtenu la chevalerie, à
cause de leur capacité dans la science des lois. Les chevaliers ès
lois prenaient le titre de Maîtres.
Chevalier d'honneur, Conseiller d'épée, qui avait séance
et voix délibérative dans les cours souveraines.
Chevalier d'honneur, chez la reine et chez les princesses de la famille
royale, signifie, Le principal officier qui leur donne la main quand elles marchent.
Chevalier d'honneur de la reine. La charge de chevalier d'honneur.
Chevalier du guet. Nom que l'on donnait au commandant d'une compagnie
de gardes qui faisaient le guet la nuit dans Paris.
Fig. et fam., Chevalier d'industrie, se dit d'Un homme qui vit d'adresse,
d'expédients. On le prend toujours en mauvaise part.
Chevaliers de l'arquebuse, Bourgeois qui forment une compagnie, et dont
l'objet est de se perfectionner dans l'art de tirer l'arquebuse, en disputant
un prix.
CHEVALIER, en parlant Des anciens Romains, se dit de Ceux qui composaient
le second des trois ordres de la république. L'ordre des chevaliers.
Chaque chevalier romain avait un cheval entretenu aux dépens de la république,
et portait un anneau d'or pour marque de sa dignité. Cicéron était
né chevalier romain.
CHEVALIER, se disait autrefois, au Jeu des échecs, pour Cavalier.
Les chevaliers blancs. Les chevaliers noirs. Le chevalier du roi, de la dame.
CHEVALINE . adj. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Bête chevaline,
Un cheval ou une jument.
CHEVANCE . s. f.
Le bien qu'on a. Il a perdu toute sa chevance. Il est vieux.
CHEVAUCHÉE . s. f.
Il se disait autrefois, en style de Pratique, Des voyages à cheval que
certains officiers étaient obligés de faire, pour remplir des devoirs
de leur charge. Les trésoriers de France, les élus ont fait leur
chevauchée. Le prévôt des maréchaux a fait sa chevauchée.
Procès-verbal de chevauchée.
CHEVAUCHER . v. n.
Aller à cheval. Il est vieux, et ne s'emploie guère que dans ces
deux phrases peu usitées, Chevaucher court, chevaucher long, Se
servir d'étriers courts ou longs.
Se dit aussi dans le sens de Chevaler, en termes de Manége. Voyez
CHEVALER.
CHEVAUCHER, se dit par analogie, dans quelques Arts, De certaines choses
disposées de manière qu'elles vont les unes sur les autres, qu'elles
se croisent. Ces tuiles, ces ardoises ne chevauchent pas régulièrement.
Quelquefois les parties d'un os fracturé chevauchent.
Se dit également, en termes d'Imprimerie, Des mots qui vont de travers,
et particulièrement Des bouts de lignes qui montent ou descendent. Ces
lignes chevauchent.
CHEVAU-LÉGERS .s.m. pl.
Il se disait autrefois de Certaines compagnies de cavalerie légère
qui faisaient partie de la maison du roi. Les chevau-légers de la garde
du roi. Les chevau-légers de la reine. On disait aussi, au singulier,
Un chevau-léger, Un des cavaliers dont ces compagnies étaient
composées.
CHEVECIER .s.m.
Titre de dignité dans quelques églises.
CHEVELÉ , ÉE. adj.
.Blason. Se dit D'une tête dont les cheveux sont d'autre émail
ou d'autre couleur que la tête. Tête d'argent chevelée de
sable.
CHEVELU , UE. adj.
Qui porte de longs cheveux. Les peuples septentrionaux sont plus chevelus
que ceux du Midi. Clodion le Chevelu.
Gaule chevelue. Nom donné par les Romains à la partie des
Gaules dont les habitants portaient de longs cheveux.
En Anat., Cuir chevelu, La peau qui couvre le crâne et qui donne
naissance aux cheveux.
Comète chevelue, Comète dont le noyau brillant et arrondi
paraît entouré d'une auréole de lumière diffuse, que
l'opinion vulgaire assimilait à une chevelure.
En Botan., Graine chevelue, Graine qui porte une touffe de longs poils
déliés. Racine chevelue, Racine composée de filaments
presque aussi déliés que des cheveux. On dit quelquefois substantivement,
Le chevelu d'une racine, ou simplement, Le chevelu.
CHEVELURE . s. f. coll.
Les cheveux. Avoir une belle chevelure. Une longue chevelure. Une chevelure
bien peignée, mal peignée. Chevelure en désordre. Laisser
flotter sa chevelure.
CHEVELURE, se dit aussi Des rayons de certaines comètes. La
chevelure de cette comète. Voyez CHEVELU.
En Astron., Chevelure de Bérénice, Constellation de l'hémisphère
septentrional, voisine de la queue du Lion.
CHEVELURE, se dit encore, par analogie et poétiquement, Des feuilles
des arbres. Les arbres ont perdu, ont dépouillé leur chevelure.
CHEVET .s.m.
Traversin, long oreiller sur lequel on appuie sa tête quand on est dans
le lit. Il s'endort aussitôt qu'il a la tête sur le chevet. Il
ne peut dormir, si le chevet n'est bien haut. Il aime le chevet bien bas. Entretenir
quelqu'un au chevet de son lit. Je m'assis à son chevet.
Prov. et fig., Il a trouvé cela sous son chevet, Il l'a rêvé;
se dit De quelqu'un qui débite des histoires fausses ou dénuées
de preuves.
Prov. et fig., C'est son épée de chevet, C'est la personne
dont il se sert dans toutes sortes d'affaires, soit pour le conseil, soit pour
l'exécution. Cela se dit également Des choses. L'Iliade d'Homère
était l'épée de chevet d'Alexandre.
Droit de chevet, Certaine somme qu'un officier des compagnies supérieures
payait autrefois à ses confrères quand il se mariait.
CHEVET, en termes d'Architecture, La partie qui termine le choeur d'une
église: elle est souvent circulaire et plus élevée que le
reste. Le chevet de l'église de Saint-Denis.
CHEVÊTRE .s.m.
Licou. Chevêtre de crin. Chevêtre de cuir. Il est vieux.
CHEVÊTRE, en termes de Charpentier, Pièce de bois dans laquelle
on emboîte les soliveaux d'un plancher.
CHEVÊTRE, en termes de Chirurgie, Bandage dont on se sert pour
la fracture ou la luxation de la mâchoire inférieure.
CHEVEU .s.m.
Poil de la tête. Il ne se dit qu'en parlant De l'homme. Il est chauve,
il n'a pas un cheveu. Cela est délié fin comme un cheveu. Il ne
s'en faut pas de l'épaisseur d'un cheveu que ces deux choses-là
ne se touchent. De beaux cheveux. De grands cheveux. Cheveux longs, courts, plats,
frisés. Cheveux blonds, bruns, noirs, châtains, roux, cendrés,
gris, blancs. Ses cheveux commencent à grisonner. Ses cheveux ont blanchi.
L'âge a blanchi ses cheveux. Ils n'ont pas respecté ses cheveux blancs.
Cheveux épars. Cheveux hérissés. Cheveux bien peignés,
crêpés, ondés, annelés, tressés, bouclés,
poudrés. Cheveux fins, doux, gros, rudes, gras. Porter les cheveux longs,
courts. Poudre, composition pour teindre les cheveux. Faire couper, faire rafraîchir
ses cheveux. Se faire couper les cheveux. La poudre dégraisse les cheveux.
Deux petits garçons qui se prennent aux cheveux, qui se tirent aux cheveux.
S'arracher les cheveux de douleur, de désespoir. Tirer quelqu'un par les
cheveux. Une touffe de cheveux. Une poignée de cheveux. Une tresse, une
boucle de cheveux. Un tour de cheveux, de faux cheveux. Un bracelet de cheveux.
Une bague de cheveux. Une bourse de cheveux.
Être coiffée en cheveux, se dit D'une femme qui est coiffée,
sans avoir de bonnet, de chapeau, etc.
Fig., Cheveux d'ébène, Cheveux très-noirs.
Prov. et fig., Fendre un cheveu en quatre, Faire des distinctions, des
divisions subtiles. On dit de même: C'est vouloir fendre un cheveu en
quatre. Cet homme fendrait un cheveu en quatre.
Fig., Cela fait dresser les cheveux à la tête, fait dresser
les cheveux, Cela fait horreur. On dit aussi, Les cheveux me dressent à
la tête.
Fam., Ils étaient près de se prendre aux cheveux, Ils étaient
fort animés l'un contre l'autre, ils étaient près de se battre.
Fig., Prendre l'occasion aux cheveux, Saisir l'occasion, en profiter.
Il faut prendre l'occasion aux cheveux.
Fig. et fam., Cette comparaison, cette interprétation, ce raisonnement,
cette pensée est tirée par les cheveux, Elle est amenée,
elle est présentée d'une manière peu naturelle et forcée.
CHEVILLE . s. f.
Morceau de bois, de fer, etc., rond ou carré, qu'on fait entrer dans
un trou, pour le boucher, pour faire des assemblages, ou pour d'autres usages.
Cheville de bois, de fer, de cuivre. Cheville carrée, ronde. Grosse
cheville. Cela ne tient qu'à une cheville. Pendre quelque chose à
une cheville. Planter, ficher une cheville dans la muraille.
Cheville ouvrière, Grosse cheville de fer qui joint le train de
devant d'un carrosse avec la flèche ou avec les brancards. Cela signifie
aussi, figurément et familièrement, Le principal mobile, le principal
agent d'une affaire.
Cheville à tourniquet, Bâton qu'on passe dans une corde,
et dont on fait une espèce de tourniquet pour serrer la corde qui assure
la charge d'une charrette.
Prov., fig. et pop., Autant de trous, autant de chevilles; autant de chevilles
que de trous, se dit en parlant D'une personne qui trouve à tout des
excuses, des réponses, des défaites, des expédients.
Aux Jeux de l'hombre, du quadrille et du tri, Être en cheville.
N'être ni le premier ni le dernier en carte.
CHEVILLE, se dit figurément, en Versification, de Tout ce qui
n'est mis dans un vers que pour la mesure ou pour la rime. Ces vers sont pleins
de chevilles. Cette épithète est une cheville.
CHEVILLE, se dit aussi Des petits morceaux de bois ou de métal
qui, dans les instruments à cordes, servent à tendre ou à
détendre les cordes. Il manque une cheville à ce violon.
Cheville du pied, Partie de chacun des deux os de la jambe qui s'élève
en bosse aux deux côtés du pied.
Fig. et fam., Il ne lui va pas à la cheville du pied, se dit D'un
homme comparé à un autre qui, dans son genre, lui est extrêmement
supérieur.
CHEVILLER . v. a.
Joindre, assembler avec des chevilles. Cheviller une table, une armoire,
une porte, etc.
Fig. et fam., Cheviller des vers, Y mettre des mots inutiles.
CHEVILLÉ, ÉE. participe, Navire doublé et chevillé
en cuivre.
Prov. et fig., Avoir l'âme chevillée dans le corps, se dit
D'une personne qui résiste à de grandes maladies, à des blessures
dangereuses.
CHEVILLÉ, en termes de Blason, se dit Des ramures d'un bois de
cerf. Il porte d'azur à deux bois de cerf, chaque branche chevillée
de six pièces d'argent.
En termes de Vénerie, Tête de cerf bien chevillée,
Qui a beaucoup d'andouillers bien rangés.
CHÈVRE . s. f.
La femelle du bouc. Chèvre sauvage. Troupeau de chèvres. Lait
de chèvre. Fromage de chèvre. Poil de chèvre. Camelot de
poil de chèvre. La chèvre broute.
Barbe de chèvre, Barbe qu'on laisse venir longue, grande, sous
le menton.
En Botan., Barbe-de-chèvre, Espèce de spirée. Voyez
BARBE.
Pied-de-chèvre, Levier de fer dont une extrémité
est faite en pied de chèvre.
Prov. et fig., Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle
broute, On doit se résoudre à vivre dans l'état où
l'on se trouve engagé, dans le lieu où l'on est établi.
Prov. et fig., Prendre la chèvre, Se fâcher, s'irriter tout
à coup, pour un léger sujet, mal à propos.
Prov. et fig., Ménager, sauver la chèvre et le chou, User
d'adresse pour se conduire entre deux partis, entre deux adversaires, de manière
à ne blesser ni l'un ni l'autre. Il s'est mis dans l'embarras, pour
avoir voulu ménager la chèvre et le chou.
Prov. et fig., Il serait amoureux d'une chèvre coiffée,
se dit D'un homme qui s'éprend de toutes les femmes, quelque laides qu'elles
soient.
CHÈVRE, signifie aussi, Une machine propre à élever
des fardeaux, des poutres, etc.
CHÈVRE, en Astronomie, désigne Une des constellations septentrionales.
On donne aussi ce nom à Une étoile du Cocher.
CHEVREAU .s.m.
Le petit d'une chèvre. Il bondit comme un chevreau. Un quartier de
chevreau. On l'appelle aussi Cabri.
CHÈVREFEUILLE .s.m.
Arbrisseau grimpant qui porte des fleurs odoriférantes, et dont on se
sert ordinairement pour les berceaux de jardin, et dans les palissades. Chèvrefeuille
des jardins. Chèvrefeuille des bois. Un berceau de chèvrefeuille.
Chèvrefeuille romain. Chèvrefeuille printanier. Palissade de chèvrefeuille.
CHÈVRE-PIED . adj. m.
Qui a des pieds de chèvre. Il n'est usité qu'en parlant Des satyres,
qu'on appelle Dieux chèvre-pieds.
CHEVRETTE . s. f.
La femelle du chevreuil.
Se dit aussi d'Une sorte de petites écrevisses de mer, appelées
plus ordinairement Crevettes.
CHEVRETTE . s. f.
Petit chenet bas, qui n'a point de branche devant.
CHEVREUIL .s.m.
Espèce de bête fauve, qui est beaucoup plus petite que le cerf,
au genre duquel elle appartient, et qui a quelque chose de la figure de la chèvre.
Courre le chevreuil. Faon de chevreuil. Meute pour le chevreuil. Un cuissot
de chevreuil. Un filet de chevreuil.
CHEVRIER .s.m.
Celui qui mène paître les chèvres. Le chevrier du village.
CHEVRILLARD .s.m.
Petit chevreuil, faon de chevrette.
CHEVRON .s.m.
Pièce de bois qui sert à la couverture d'une maison, et qui soutient
les lattes sur lesquelles on pose la tuile ou l'ardoise.
CHEVRON, en termes de Blason, se dit d'Un assemblage de deux pièces
plates, dont la pointe est tournée vers le haut de l'écu.
Chevron brisé, Celui dont la pointe est fendue, en sorte que les
pièces ne se touchent que par un de leurs angles.
CHEVRON, se dit, par extension, de Deux morceaux de galon assemblés
en angle, que les militaires ont le droit de porter sur la manche gauche de leur
habit, après un certain temps de service. Ce soldat a deux, a trois
chevrons. Chaque chevron vaut une augmentation de paye.
CHEVRONNÉ , ÉE. adj.
.Blason. Se dit Des pièces ou de tout l'écu chargés de
chevrons.
CHEVROTANT , ANTE. adj.
.Musique. Qui chevrote. Voix chevrotante.
CHEVROTEMENT .s.m.
.Musique. Action de chevroter. Les chevrotements sont désagréables.
CHEVROTER . v. n.
Faire des chevreaux. Cette chèvre a chevroté.
CHEVROTER, en termes de Musique, Chanter d'une voix tremblotante. Ce
chanteur chevrote. On le dit aussi De la voix. La voix de cette femme chevrote,
commence à chevroter.
CHEVROTÉ, ÉE. participe, Trilles chevrotés.
CHEVROTIN .s.m.
Peau de chevreau corroyée Gants de chevrotin.
CHEVROTINE . s. f.
Gros plomb dont on se sert pour tirer le chevreuil et autres bêtes fauves.
Mon fusil est chargé de chevrotines, à chevrotines.
CHEZ . préposition
Dans la maison de, au logis de. J'ai été chez vous, chez mon
père, etc. Chacun est maître chez soi. Allons-nous en chacun chez
nous. Je viens de chez vous, d'auprès de chez vous. J'ai passé par
chez vous.
Se dit quelquefois, par extension, Du pays natal, du lieu qu'on habite ordinairement.
Je pars demain pour chez moi. L'air de ce pays ne lui convenait pas, il a été
obligé de retourner chez lui. Pour vaincre ce peuple, il ne faut pas l'attaquer
chez lui.
Il signifie aussi, Parmi. Il y avait telle coutume chez les Grecs. Chez nous,
les modes se succèdent rapidement.
CHEZ, signifie quelquefois figurément, En, dans, tant au sens
physique qu'au sens moral. On trouve chez les auteurs grecs des exemples de...
C'est chez lui une habitude. Chez la plupart des jeunes gens, tous les goûts
sont des passions.
Quelquefois, de cette préposition, jointe à un pronom personnel,
il se forme un nom substantif. Avoir un chez-soi. Aimer son chez soi. Quand
j'aurai un chez-moi, j'y recevrai mes amis. Quand vous aurez un chez-vous, j'irai
vous voir. Il a maintenant un chez-lui.
CHIAOUX .s.m.
Espèce d'huissier chez les Turcs.
CHIASSE . s. f.
Écume de métaux. Chiasse de fer, de cuivre, etc.
Chiasse de mouche, de ver, Excréments de mouche, de ver.
Fig. et bass., Ce n'est que de la chiasse, se dit De toute chose vile,
méprisable, qui ne vaut pas la peine qu'on la ramasse.
CHICANE . s. f.
Se dit, par dénigrement, Des procès en général;
et, dans un sens particulier, de L'abus que font certaines personnes des ressources
et des formalités de la procédure. Redouter la chicane. Aimer
la chicane. Les détours, les ruses de la chicane.
Il signifie aussi, Subtilité captieuse en matière de procès.
Étrange chicane. Une pure chicane. Chercher des chicanes.
Fam., Gens de chicane, Les praticiens subalternes, comme huissiers, avoués,
etc. Il ne se dit que par dénigrement.
CHICANE, se dit, par extension et familièrement, de Toute objection
sophistique ou trop subtile, de toute contestation mal fondée, en quelque
matière que ce soit. Toutes ces raisons, toutes ces objections ne sont
que de pures chicanes. Vous me faites là une chicane, une mauvaise chicane.
Chercher chicane à quelqu'un.
CHICANE, se dit aussi d'Une manière de jouer au mail. Jouer
à la chicane. On le dit également au Billard et à la
Paume.
CHICANER . v. n.
User de chicane en procès. Ce procureur, cet avoué ne fait
que chicaner.
Il signifie, par extension, Se servir de subtilités captieuses, contester
sans fondement, en quelque matière que ce soit. Il ne fait que chicaner
au jeu. Il chicane sur tout.
CHICANER, est aussi verbe actif, et signifie, Intenter un procès
à quelqu'un mal à propos. Cet homme chicane tous ses voisins.
Fig. et fam., Il chicane sa vie, se dit D'un accusé qui se défend
bien.
Fig. et fam., Cela me chicane, se dit D'une chose qui n'est pas importante,
grave, mais qui ne laisse pas de tourmenter, de faire de la peine. Cette affaire
n'est qu'une bagatelle, mais elle ne laisse pas de le chicaner.
En termes de Guerre, Chicaner le terrain, Le disputer pied à pied.
En termes de Marine, Chicaner le vent, Gouverner au plus près
du vent, presque à ralinguer, c'est-à-dire, de manière à
laisser dans les voiles le moins de vent qu'il est possible. Un navire qui
chicane le vent diminue son sillage et augmente sa dérive.
CHICANER, actif, signifie aussi, Reprendre, critiquer mal à propos
et sur des bagatelles. Il ne faut pas chicaner les poëtes sur des vétilles.
CHICANÉ, ÉE. participe
CHICANERIE . s. f.
Tour de chicane. C'est une pure chicanerie. Il m'a fait mille chicaneries.
Il est familier.
CHICANEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui chicane, qui aime à chicaner, principalement en affaires.
Insupportable chicaneur. Grand chicaneur. C'est une chicaneuse.
S'emploie aussi adjectivement. Je ne vis jamais homme plus chicaneur. Esprit
chicaneur.
CHICANIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui conteste, qui vétille sur les moindres choses. C'est
un chicanier, un vrai chicanier. Il est familier.
S'emploie aussi adjectivement. Quel homme chicanier!
Cela est chicanier, Cela est embarrassant, vétilleux et difficile.
Cette locution a vieilli.
CHICHE . adj. des deux genres
Trop ménager, qui a de la peine à dépenser ce qu'il faudrait.
Il est bien chiche. Il est si chiche! Que vous êtes chiche! Il est
familier.
Prov., Il n'est festin que de gens chiches, Ceux qui vivent avec une
grande épargne, aiment à paraître magnifiques dans les occasions
d'éclat.
Fig., Être chiche de ses paroles, chiche de ses pas, de ses peines,
chiche de louanges, etc., N'aimer guère à parler, à agir
pour les autres, à donner des louanges, etc.
CHICHE, signifie aussi, Chétif, mesquin. C'est une chiche récompense
de mon travail. La moisson sera chiche.
Pois chiche, Espèce de pois que quelques-uns nomment autrement
Pois gris. Semer des pois chiches.
CHICHEMENT . adv.
Avec avarice, d'une manière chiche. Donner chichement. Récompenser
chichement un service rendu. Vivre chichement.
CHICON .s.m.
Laitue romaine.
CHICORACÉES . s. f. pl.
.Bot. Famille de plantes laiteuses et à fleurs composées, dont
la Chicorée est un des genres les plus remarquables. Les laitues appartiennent
à la famille des chicoracées. Il peut s'employer au singulier.
Le pissenlit est une chicoracée. On dit quelquefois adjectivement,
Les plantes chicoracées.
CHICORÉE . s. f.
Plante potagère qu'on met ordinairement au pot et dans les salades. Chicorée
blanche. Chicorée sauvage. Une salade de chicorée. Sirop de chicorée.
Eau de chicorée.
CHICOT .s.m.
Ce qui reste hors de terre d'un arbre cassé par le vent ou coupé.
Cette forêt est pleine de chicots.
Se dit aussi d'Un petit morceau de bois rompu. En passant par la forêt,
son cheval se mit un chicot dans le pied.
Se dit encore, vulgairement, d'Un morceau qui reste d'une dent rompue. Il
m'a arraché une dent, mais il m'en a laissé un chicot.
CHICOTER . v. n.
Contester sur des bagatelles. Il est populaire.
CHICOTIN .s.m.
Suc amer tiré de la coloquinte, et dont les nourrices se frottent le
bout des mamelles, quand elles veulent sevrer les enfants. Cela est amer comme
chicotin.
Dragées de chicotin, ou simplement, Chicotins, Certaines
dragées fort amères, où l'on a mêlé du chicotin.
CHIE-EN-LIT .s.m.
Nom que les enfants et les gens du peuple donnent par raillerie aux masques
qui courent les rues pendant les jours gras. Une troupe de chie-en-lit.
Ils leur crient de même, A la chie-en-lit, par corruption de Il
a chié au lit, qui se disait autrefois.
CHIEN , CHIENNE. s.
Quadrupède, le plus familier et le plus intelligent des animaux domestiques.
Gros chien. Petit chien. Chien à grandes oreilles. Cette chienne est
chaude, est en chaleur, est pleine. Chien hargneux. Chien enragé. Chien
fou. Chien de berger. Chien de Sibérie. Chien de Terre-Neuve. Chien des
Pyrénées. Chien turc. Le museau, les pattes d'un chien. Les aboiements
d'un chien. Cet aveugle est conduit par un chien. Chien de basse-cour. Chien de
bonne garde. Tenir un chien à l'attache. Jeter un os à un chien.
Haler les chiens contre quelqu'un, après quelqu'un. Chien de chasse. Chien
pour le loup, pour le sanglier. Chien couchant. Chien d'arrêt. Chien courant.
Dresser un chien. Châtier un chien. Meute de chiens pour le lièvre,
pour le cerf, pour le chevreuil. Valet de chiens. Coupler, découpler des
chiens. Donner les chiens. Lâcher les chiens. Faire chasser les chiens.
Appeler les chiens. Ce piqueur est toujours à la queue des chiens. Les
chiens sont en défaut. Remettre les chiens sur les voies. Les chiens n'ont
point de nez aujourd'hui. Donner la curée aux chiens.
Chien traître, Chien qui mord sans aboyer.
Chien sage, Chien qui ne s'emporte point après le gibier.
Chien savant, Chien dressé à certains exercices qui semblent
exiger plus que de l'instinct.
Rompre les chiens, Les arrêter, les empêcher de suivre une
voie.
Fig. et fam., Rompre les chiens, Empêcher qu'une conversation qui
pourrait avoir quelque inconvénient ne continue. Ils allaient continuer,
mais j'ai su rompre les chiens.
Prov., Il est fou comme un jeune chien, se dit D'un jeune garçon
étourdi et folâtre.
Fam., Il est fait à cela comme un chien à aller à pied,
à aller nu-tête, se dit D'un homme tellement accoutumé
à faire une chose, qu'elle semble lui être naturelle.
Prov. et fig., Il est là comme un chien à l'attache, comme
un chien d'attache, se dit D'un homme dont l'emploi, le travail est fort assujettissant.
Prov. et fig., C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle,
se dit D'un homme qui s'éloigne, qui s'en va, quand on veut le retenir.
Prov.: Battre quelqu'un comme un chien, l'étriller en chien courtaud.
On l'a traité comme un chien. On le laisse comme un chien. Être las
comme un chien.
Prov. et fig., Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors,
Il pleut à verse, il fait un temps affreux.
Prov. et fig., Mener une vie de chien, Mener une vie misérable.
Vivre comme un chien, Vivre dans la débauche et le libertinage.
Mourir comme un chien, Mourir sans vouloir témoigner le moindre
repentir de ses fautes.
Fig. et fam., Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien, Cela ne vaut
absolument rien.
Fig. et fam., C'est saint Roch et son chien, se dit De deux personnes
qu'on voit toujours ensemble.
Prov. et fig., Qui m'aime, aime mon chien, Lorsqu'on aime quelqu'un,
on aime tout ce qui lui appartient.
Prov. et fig., Il vaut autant être mordu d'un chien que d'une chienne,
Entre deux choses également nuisibles, il n'y a point de choix à
faire.
Prov. et fig., C'est une charrue à chiens, se dit en parlant D'associés
qui ne s'accordent pas, qui n'agissent pas de concert dans leur entreprise.
Prov., Ils s'accordent, ils vivent comme chiens et chats, Ils ne peuvent
s'accorder, ils ne sauraient vivre ensemble.
Fig. et fam., Leurs chiens ne chassent pas ensemble, se dit De deux personnes
qui ne sont pas en bonne intelligence.
Prov. et fig., Il n'est chasse que de vieux chiens, Il n'y a point d'hommes
plus propres au conseil et aux affaires, que les vieillards, à cause de
leur expérience.
Prov. et fig., Les bons chiens chassent de race, ou Bon chien chasse
de race, Ordinairement les enfants tiennent des moeurs et des inclinations
de leurs pères.
Prov. et fig., Chien qui aboie ne mord pas, Les gens qui font le plus
de bruit ne sont pas toujours les plus à craindre.
Prov. et fig., Jamais à un bon chien il ne vient un bon os, se
dit Lorsqu'une bonne fortune ne vient point à ceux qui en seraient dignes.
Prov. et fig., Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée,
Il arrive toujours quelque accident aux gens querelleurs.
Prov. et fig., Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage,
ou Qui veut noyer son chien, l'accuse de la rage, On trouve aisément
un prétexte, quand on veut quereller ou perdre quelqu'un.
Prov. et fig., C'est un chien au grand collier, se dit D'un homme qui
a le principal crédit dans une compagnie ou dans une maison.
Prov. et fig., Il mourrait plutôt quelque bon chien de berger,
se dit Lorsqu'un homme méchant et inutile est réchappé d'une
maladie.
Prov. et fig., Ce sont deux chiens après un os, se dit De deux
personnes qui sont en débat pour emporter une même chose, qui poursuivent
la même chose.
Prov. et fig., Il y a trop de chiens après l'os, se dit en parlant
D'une spéculation pour laquelle les associés sont tellement nombreux,
que la part de profit qui doit revenir à chacun d'eux ne peut être
que fort petite.
Prov. et fig., Faire le chien couchant, Flatter quelqu'un, tâcher
de le gagner par des soumissions basses et rampantes. On dit de même, C'est
un bon chien couchant.
Prov. et fig., Ils veulent faire comme les grands chiens, ils veulent pisser
contre la muraille, se dit Des petits garçons qui veulent faire comme
les grandes personnes.
Prov. et fig., Pendant que le chien pisse, le loup s'en va, Le moindre
retardement fait perdre l'occasion favorable.
Prov. et fig., Il n'en donnerait pas, il n'en jetterait pas sa part aux chiens,
se dit D'un homme qui se croit bien fondé dans les prétentions qu'il
a sur quelque chose.
Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner
quelque chose. Il m'est impossible de trouver le mot de cette énigme,
je jette ma langue aux chiens.
Prov. et fig., S'il disait, s'il faisait telle chose, il ne serait pas bon
à jeter aux chiens, Tout le monde le blâmerait et crierait après
lui.
Prov. et fig., Battre le chien devant le lion, devant le loup. Voyez
BATTRE.
Prov. et fig., Il vient là comme un chien dans un jeu de quilles,
se dit D'un homme qui vient à contre-temps dans une compagnie où
il embarrasse. Recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles,
Lui faire un très-mauvais accueil.
Prov. et fig., Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit hors du
village, Il faut se mettre à l'abri du danger avant de s'en moquer.
Prov., Il est comme le chien du jardinier qui ne mange point de choux, et
n'en laisse point manger aux autres, se dit D'un homme qui ne peut pas se
servir d'une chose, et qui ne veut pas que les autres s'en servent.
Prov. et fig., C'est un beau chien s'il voulait mordre, se dit D'un homme
d'un bel extérieur, et qui paraît brave, mais qui ne l'est pas.
Prov. et fig., C'est un chien qui aboie à la lune, se dit D'un
homme qui crie inutilement contre un plus puissant que lui.
Fig. et fam., Entre chien et loup, désigne Le moment du crépuscule
où l'on ne fait qu'entrevoir les objets, sans pouvoir les distinguer. Il
était entre chien et loup, quand nous aperçûmes je ne sais
quoi.
En Astron., Grand Chien, et Petit Chien. Nom qu'on donne à
deux constellations de l'hémisphère austral.
CHIEN, se dit, figurément et familièrement, Des personnes
et des choses, par injure et par mépris. Quel chien de musicien! Quel
chien de temps! Voilà une chienne de musique. Un chien de repas. Il vous
a fait un beau chien de présent.
Prov. et bass., Cela n'est pas tant chien, Cela n'est pas trop mauvais.
Fig. et fam., Querelle de chien, bruit de chien, train de chien, Grande
querelle, grand bruit.
Fig. et fam., C'est un métier de chien, se dit D'une profession,
d'un travail qui donne beaucoup de peine et peu de profit.
CHIEN, en Histoire naturelle, se dit Du genre de mammifères auquel
appartient le chien. Le loup, le renard, le chacal, sont du genre des chiens,
du genre chien.
Chien marin, ou Chien de mer, Poisson de mer dont la peau est
si rude, que, lorsqu'elle est séchée, les menuisiers s'en servent
pour polir leur ouvrage.
CHIEN, signifie encore, Cette pièce qui tient la pierre d'une
arme à feu. Le chien d'un fusil, d'un pistolet.
CHIENDENT .s.m.
Plante graminée qui a une grande quantité de racines longues,
traçantes, noueuses par intervalles, et entrelacées les unes dans
les autres. Cette terre est toute pleine de chiendent. Il est difficile d'extirper
le chiendent. Les racines de chiendent sont bonnes à faire de la tisane.
CHIENNER . v. n.
Se dit Des chiennes quand elles mettent bas. Une chienne qui a chienné.
Il est peu usité.
CHIER . v. n.
Se décharger le ventre des gros excréments. Il est bas.
Il est aussi quelquefois actif. Chier du musc.
CHIÉ, ÉE. participe
CHIEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui se décharge le ventre des gros excréments. Il
est bas.
CHIFFE . s. f.
Nom que l'on donnait autrefois, dans les Papeteries, Aux vieux morceaux d'étoffe
qui servent à faire le papier, et qu'on nomme plus ordinairement, Chiffons.
Se dit aussi, par mépris, d'Une étoffe faible et mauvaise. Ce
n'est que de la chiffe. Cela est mou comme chiffe.
Fig. et fam., Mou comme chiffe, se dit D'un homme d'un caractère
faible, qui ne résiste à rien.
CHIFFON .s.m.
Mauvais linge, ou mauvais morceau de quelque vieille étoffe. Chercher,
ramasser des chiffons. Vendre des chiffons. Le papier se fait ordinairement de
chiffons broyés et réduits en pâte.
Fig. et fam., Cette personne n'est vêtue que de chiffons, Elle
est très-mal vêtue.
Un chiffon de papier, Un morceau de papier froissé, sali ou déchiré.
Se dit aussi, figurément et familièrement, d'Un écrit dont
le contenu n'est d'aucune importance, d'aucune valeur. Ce n'est pas là
une quittance en règle, ce n'est qu'un chiffon de papier.
CHIFFON, se dit encore, figurément et familièrement, de
Tout ajustement de femme qui ne sert qu'à la parure. Cette femme dépense
tant pour ses chiffons. Elle se ruine en chiffons.
CHIFFONNER . v. a.
Bouchonner, froisser. Chiffonner du linge. Chiffonner un habit. Il a été
dans la foule, où on l'a tout chiffonné. Chiffonner du papier.
Il signifie encore, familièrement, Déranger l'ajustement d'une
femme. Le vent l'a toute chiffonnée.
Fig. et fam., Cela le chiffonne, Cela le chagrine, le contrarie.
CHIFFONNÉ, ÉE. participe, Fig. et fam., Une petite mine
chiffonnée, se dit D'un visage peu régulier qui n'est pas sans
quelque agrément.
CHIFFONNIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui ramasse des chiffons par la ville. La hotte, le crochet
d'un chiffonnier.
Fig. et fam., C'est un chiffonnier, ce n'est qu'un chiffonnier, se dit
D'un homme qui débite sans choix tout ce qu'il entend dire par la ville.
On le dit aussi D'un homme vétilleux et tracassier.
CHIFFONNIER .s.m.
Sorte de petit meuble à plusieurs tiroirs, dans lequel les femmes mettent
des morceaux d'étoffe et tout ce qui sert à leurs ouvrages d'aiguille.
CHIFFRE .s.m.
Caractère dont on se sert pour marquer les nombres. Chiffres arabes.
Chiffres romains. Les nombres exprimés par un seul chiffre, par deux chiffres,
etc. Un chiffre bien fait, mal fait. Apprendre à connaître les chiffres.
Une longue série de chiffres. Écrire une date en chiffres. On
l'employait autrefois d'une manière absolue, pour désigner Les chiffres
en général. Apprendre le chiffre. Mettre le chiffre au feuillet
d'un registre. Se tromper au chiffre.
Il signifie quelquefois, La somme totale, le total. Le chiffre du budget
est diminué.
Prov. et fig., C'est un zéro en chiffre, se dit D'un homme nul,
d'un homme qui n'est d'aucune considération.
CHIFFRE, se dit aussi d'Une manière secrète d'écrire
par le moyen de certains mots ou de certains caractères dont on est convenu
avec ceux à qui l'on écrit. Écrire en chiffre. Faire un
chiffre. Changer de chiffre. Donner un chiffre. Le commis qui a les chiffres.
Avoir le secret du chiffre.
La clef du chiffre, L'alphabet dont on est convenu, et qui sert à
chiffrer ou à déchiffrer les dépêches secrètes.
CHIFFRE, se dit figurément de Certaines façons de parler
que quelques personnes ont entre elles, et qui ne sont point entendues des autres.
C'est un chiffre entre eux.
CHIFFRE, se dit encore de L'arrangement de deux ou de plusieurs lettres
initiales de noms, entrelacées l'une dans l'autre. Faire un chiffre.
Voilà un beau chiffre. Graver un chiffre sur un cachet. Faire dessiner,
faire graver son chiffre. Ils gravèrent leurs chiffres sur l'écorce
des arbres. Il n'a point d'armes à sa voiture, il n'a qu'un chiffre.
CHIFFRER . v. n.
Marquer par chiffres; compter avec la plume. Ne savoir pas chiffrer. Apprendre
à chiffrer. Un homme qui chiffre bien.
S'emploie, comme verbe actif, dans le sens de Numéroter, distinguer par
des chiffres. Chiffrer les pages d'un registre. Cette acception est maintenant
peu usitée.
CHIFFRER, signifie aussi, Écrire en chiffre. Chiffrer une dépêche.
CHIFFRER, en termes de Musique, Écrire au-dessus ou au-dessous
des notes de la basse, des chiffres qui désignent les accords que ces notes
doivent porter. Chiffrer un accord. Chiffrer une sixte, une quinte.
CHIFFRÉ, ÉE. participe
CHIFFREUR .s.m.
Celui qui compte bien avec la plume. Il faut être habile chiffreur
pour être bon arithméticien.
CHIGNON .s.m.
Le derrière du cou. Le chignon du cou.
Il s'est dit, par extension, de Cette partie de la coiffure des femmes, que
formaient les cheveux de derrière relevés en double. Les chignons
ne sont plus de mode. Chignon uni. Chignon natté.
CHIMÈRE . s. f.
Monstre fabuleux, ayant le devant d'un lion, le milieu du corps d'une chèvre,
et le derrière d'un dragon. Bellérophon combattit la Chimère.
Se dit, figurément, Des imaginations vaines, et qui n'ont aucun fondement.
Avoir des chimères dans la tête. C'est une pure chimère.
Vaine chimère. Se former, se créer des chimères. Se repaître
de chimères. Avoir la tête remplie de chimères. Traiter une
prétention de chimère. Voilà une belle chimère. C'est
là sa chimère.
CHIMÉRIQUE . adj. des deux genres
Visionnaire, plein de chimères, d'imaginations ridicules et vaines. Esprit
chimérique.
Se dit aussi Des imaginations, des prétentions, des espérances
ou des craintes qui n'ont aucun fondement solide et réel. Un être
chimérique. Prétention chimérique. Projet, dessein chimérique.
Espérance chimérique. Crainte chimérique.
CHIMIE . s. f.
Science qui a pour objet la connaissance de l'action réciproque et moléculaire
de tous les corps de la nature les uns sur les autres. Enseigner la chimie.
Étudier la chimie. Cours de chimie. Professeur de chimie. Expérience
de chimie. Termes de chimie.
CHIMIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la chimie. Moyen chimique. Composition chimique.
Produits chimiques. Nomenclature chimique.
CHIMISTE .s.m.
Celui qui sait bien la chimie, qui s'occupe de chimie. C'est un chimiste.
Un excellent chimiste. Les principes des chimistes.
CHINA .s.m.
.Bot. Voyez SQUINE.
CHINCILLA
ou CHINCHILLA.s.m.
Animal du Pérou, dont la fourrure est très-estimée.
CHINER . v. a.
Il ne s'emploie guère que dans cette phrase, Chiner une étoffe,
Donner des couleurs différentes aux fils de la chaîne, avant de tisser
une étoffe, de manière qu'il en résulte un dessin quand l'étoffe
est fabriquée.
CHINÉ, ÉE. participe, Des bas chinés.
CHINOIS , OISE. adj.
Qui vient de la Chine, qui est dans le goût des ouvrages de la Chine.
Tapisserie chinoise. Pavillon chinois. Cabinet chinois. Jardin chinois. Goût
chinois. Des magots chinois.
Ombres chinoises, Petit spectacle d'enfants, qui consiste à faire
passer derrière un transparent des figures découpées.
CHIOURME . s. f. coll.
Il se disait de Tous les forçats et autres qui ramaient sur une galère.
Une bonne chiourme. La chiourme de la réale, de la patronne. Renforcer
la chiourme. Toutes les chiourmes des galères de France. La chiourme fit
force de rames.
Se dit encore de Tous les forçats renfermés dans un bagne. La
chiourme de Brest, de Toulon, etc. Un garde-chiourme.
CHIPOTER . v. n.
Faire peu à peu, lentement, et à diverses reprises, ce qu'on a
à faire; vétiller, barguigner, lanterner. Elle ne fait que chipoter.
Il est familier.
CHIPOTIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui vétille, qui ne fait que barguigner. C'est un franc
chipotier. Il est familier.
CHIQUE . s. f.
Espèce d'insecte fort petit qui s'insinue sous la peau des pieds et y
cause une vive douleur.
CHIQUE, se dit aussi Du tabac en feuilles qu'on met dans sa bouche, pour
chiquer. Avoir une chique dans la bouche. Jeter sa chique.
CHIQUENAUDE . s. f.
Coup que l'on donne du doigt du milieu, lorsque, après l'avoir plié
et roidi contre le pouce, on le lâche sur le visage, sur le nez, etc. Donner
une chiquenaude, une bonne chiquenaude. Il se plaint qu'on l'a battu, on ne lui
a pas donne une chiquenaude.
CHIQUER . v. n.
Mâcher du tabac en feuilles. Il chique sans cesse. Tabac à chiquer.
CHIQUET .s.m.
Il n'est usité que dans cette locution adverbiale et familière,
Chiquet à chiquet, Peu à peu, par petites parcelles. Payer
chiquet à chiquet.
CHIRAGRE . s. f.
(On prononce Ki.) .Médec. Goutte qui attaque les mains.
Il est aussi adjectif et substantif des deux genres, et signifie, Qui est attaqué
de la chiragre. Cette acception est peu usitée.
CHIROGRAPHAIRE . adj. des deux genres
(On prononce Ki.) Qui est créancier en vertu d'un acte sous seing
privé, qui dès lors ne peut emporter hypothèque. Créancier
chirographaire. On dit aussi, Créance chirographaire.
CHIROLOGIE . s. f.
(On prononce Ki.) Art d'exprimer les pensées par des mouvements
et des figures qu'on fait avec les doigts. Il est peu usité.
CHIROMANCIE . s. f.
(On prononce Ki.) L'art prétendu de deviner, de prédire
par l'inspection de la main. Savoir la chiromancie, les règles de la
chiromancie. La chiromancie est une science frivole. Quelques-uns disent,
Chiromance.
CHIROMANCIEN .s.m.
(On prononce Ki.) Celui qui fait profession de prédire par l'inspection
de la main. Un chiromancien.
CHIRURGICAL , ALE. adj.
Qui appartient à la chirurgie. Opérations chirurgicales. Instruments
chirurgicaux. Anatomie chirurgicale.
CHIRURGIE . s. f.
Partie de la médecine qui consiste à faire diverses opérations
de la main sur le corps de l'homme, pour la guérison des blessures, des
plaies, des fractures, des abcès, etc. Étudier en chirurgie.
Apprendre la chirurgie. Savoir la chirurgie. Traité de chirurgie. Instruments
de chirurgie. Exercer la chirurgie. Pratiquer la chirurgie.
CHIRURGIEN .s.m.
Celui qui fait profession de la chirurgie, qui exerce la chirurgie. Un excellent
chirurgien. Être entre les mains des chirurgiens.
CHIRURGIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la chirurgie. Opération chirurgique. On
dit plus ordinairement, Chirurgical, ale.
CHISTE .s.m.
(On prononce Ki.) .Médec. Voyez KYSTE.
CHIURE . s. f.
Il ne se dit que Des excréments que font les mouches. Un miroir couvert
de chiures de mouches. De la viande où il y a des chiures de mouches.
CHLAMYDE . s. f.
(On prononce Kla.) Espèce de manteau des anciens, retroussé
sur l'épaule droite. La chlamyde était l'habit militaire des
patriciens romains.
CHLORATE .s.m.
(On prononce Klo.) .Chimie. Nom générique des sels résultants
de la combinaison de l'acide chlorique avec une base quelconque. Chlorate d'argent.
Chlorate de potasse. Le chlorate de potasse mêlé à un tiers
de soufre détone fortement par le choc.
CHLORE .s.m.
(On prononce Klo.) .Chimie. Substance simple, gazeuse, d'un jaune verdâtre,
et d'une odeur suffocante. Le chlore sert à blanchir les toiles.
CHLORIQUE . adj.
(On prononce Klo.) .Chimie. Se dit D'un acide formé de chlore
et d'oxygène. Acide chlorique.
CHLOROSE . s. f.
(On prononce Klo.) .Médec. Maladie des pâles couleurs.
CHLOROTIQUE . adj. des deux genres
(On prononce Klo.) .Médec. Qui est affecté de chlorose,
ou Qui appartient à la chlorose. Femme chlorotique. Symptômes
chlorotiques.
CHLORURE .s.m.
(On prononce Klo.) .Chimie. Nom générique des corps composés
de chlore et d'une substance simple, autre que l'oxygène et l'hydrogène.
Chlorure de soufre. Chlorure d'antimoine. Etc.
CHOC .s.m.
Heurt d'un corps contre un autre corps. Rude choc. Choc violent. Le choc
de deux vaisseaux. Il ne put résister au choc, et tomba.
Se dit aussi de La rencontre et du combat de deux troupes qui se chargent. Le
choc de deux escadrons, de deux armées. Les ennemis furent renversés
au premier choc, du premier choc. Ils ne soutinrent pas le choc.
Il signifie figurément, Conflit, opposition. Le choc des passions.
La lumière jaillit quelquefois du choc des opinions. Choc d'intérêts.
Se dit encore figurément d'Un malheur, de toute chose qui porte une atteinte
grave à la fortune, à la santé, à la raison de quelqu'un.
Ce choc ébranla sa fortune. Il a reçu un rude choc. Sa constitution
affaiblie ne put soutenir un tel choc. Sa raison ne tint pas contre un choc si
violent.
CHOCOLAT .s.m.
Pâte alimentaire, composée de cacao, de sucre et de cannelle. Un
bâton, une tablette de chocolat. Des pastilles de chocolat. Chocolat de
santé. Chocolat à la vanille. Le chocolat fut apporté du
Mexique en Europe par les Espagnols.
Se dit aussi de La boisson faite avec cette pâte dissoute dans de l'eau
ou dans du lait. Le chocolat est une boisson agréable et nourrissante.
Chocolat au lait. Prendre une tasse de chocolat. Faire bien mousser le chocolat.
Couleur chocolat, Couleur semblable à celle du chocolat, qui est
le brun-rouge foncé.
CHOCOLATIER .s.m.
Celui qui fait et vend du chocolat.
CHOCOLATIÈRE . s. f.
Vase d'argent, de cuivre, de terre, etc., pour faire fondre et bouillir le chocolat,
lorsqu'on le veut prendre en boisson. Une chocolatière d'argent.
CHOEUR .s.m.
(On prononce Keur.) Troupe de musiciens qui chantent ensemble. Un
excellent choeur de musique. La messe fut chantée à quatre choeurs
de musique. Les choeurs de l'Opéra. Le choeur a fort bien chanté
ce morceau. Après qu'une voix a fait un récit, le choeur répond.
Les neuf choeurs des anges, Les neuf ordres des auges.
En choeur, En chantant tous ensemble. Chanter en choeur. Répéter
en choeur.
CHOEUR, se dit aussi d'Un morceau de musique à plusieurs parties,
qui est chanté par le choeur. Il y a deux beaux choeurs dans cet opéra.
Le premier choeur est excellent.
CHOEUR, dans les pièces dramatiques des anciens, se dit de Plusieurs
personnages qui chantaient, soit dans le cours de la pièce, soit entre
les actes, et qui prenaient une certaine part à l'action. Choeur de
vieillards. Choeur de Phéniciennes. Choeur de captifs. Le choeur paraissait
sur le théâtre immédiatement après le prologue, et
n'en sortait qu'à la fin de la pièce. Le choeur s'attachait ordinairement
à observer le principal personnage de la pièce, pour le plaindre,
le louer ou le blâmer.
Se dit quelquefois de Ce que chantait le choeur. Il y a dans les choeurs
de cette tragédie des passages très-obscurs.
Se dit, par analogie, de Certains intermèdes lyriques qui se chantent
entre les actes de quelques tragédies modernes. Les choeurs d'Esther,
d'Athalie, etc.
CHOEUR, signifie aussi, La partie de l'église où l'on chante
l'office divin, et qui est séparée de celle qu'on appelle la Nef.
Il est entré dans le choeur. On a fermé le choeur. Le choeur
est magnifiquement orné.
Il désigne aussi, Les prêtres du choeur, ceux qui chantent au choeur.
Après que le célébrant a fini, le choeur répond.
Enfants de choeur, Enfants qui chantent au choeur. Maître des
enfants de choeur. Un enfant de choeur.
Dans les Couvents de filles, Religieuses du choeur, dames du choeur,
Toutes les religieuses qui ne sont point soeurs converses.
CHOIR . v. n.
(Il ne se dit guère qu'à l'infinitif, et au participe Chu.)
Tomber, être porté de haut en bas par son propre poids, ou par impulsion.
Prenez garde de choir. Se laisser choir. On lui donna un coup qui le fit choir.
CHU, UE. participe, Au lieu du féminin Chue, on a dit autrefois
Chute. Voyez Chape-chute, au mot CHAPE.
CHOISIR . v. a.
Élire, préférer une personne ou une chose à une
autre, à plusieurs autres. Je l'ai choisi entre mille. Le roi l'a choisi
pour être gouverneur de telle place. Il fut choisi pour cette expédition.
Choisir des fruits, des étoffes. Se choisir une compagne. Je vous choisirai
ce que j'ai de mieux. Il faut lui choisir les morceaux. Quel parti choisirez-vous?
Vous avez encore à choisir de prendre ou de laisser. Ils le choisirent
pour leur chef, pour chef. Choisir bien ses amis. C'est un homme qui sait choisir
son monde. Dans la mêlée, il choisit de l'oeil celui qu'il devait
frapper.
S'emploie souvent absolument. Il y a chez ce marchand de quoi choisir. Nous
choisirons parmi ces objets. Choisissez des deux. Ces choses sont si pareilles,
qu'on a peine à choisir. C'est une nécessité de faire cela,
il n'y a point à choisir. Je vous donne à choisir.
CHOISI, IE. participe, Il ne va dans cette maison que des gens choisis.
Une société choisie. Des termes choisis. Morceaux choisis. OEuvres
choisies.
Substantiv. et fam., C'est du choisi, C'est ce qu'il y a de mieux, de
meilleur.
CHOIX .s.m.
Élection, préférence donnée à une personne
ou à une chose sur une ou plusieurs autres. Faire un bon choix, un mauvais
choix. Faire choix de quelqu'un ou de quelque chose. On lui a dicté son
choix. J'approuve votre choix. C'est un choix digne de vous. Sur qui tombera le
choix du prince? Elle ne veut épouser que l'homme de son choix. Je ne veux
que des gens de votre choix. Il eût fait par choix ce qu'il fait par devoir.
Il s'en rapporte à leur choix. Je laisse cela à votre choix. Remettre
la chose au choix d'un autre, à son choix. Chacun peut, à son choix,
partir ou rester. Il assemble ses idées sans méthode et sans choix.
Il signifie quelquefois, Le pouvoir, la faculté de choisir. On lui
a donné, laissé le choix. Demander le choix. Vous aurez le choix.
Vous serez maîtresse du choix.
CHOIX, signifie encore, Élite, ce qu'il y a de meilleur. Un
choix de livres. Il a eu le choix de cette marchandise. Marchandise de choix.
Choix de poésies. Un heureux choix de mots.
CHOLÉDOLOGIE . s. f.
(On prononce Ko.) Partie de la médecine qui traite de la bile.
CHOLÉDOQUE . adj. m.
(On prononce Ko.) T. d'Anat. S'emploie dans cette dénomination,
Le canal cholédoque, Canal qui conduit la bile du foie dans l'intestin
duodénum.
CHOLÉRA-MORBUS
s. m.
ou simplement CHOLÉRA. (On prononce Koléra-morbuce, Koléra.)
.Médec., emprunté du latin. Maladie caractérisée par
des vomissements et des déjections de bile douloureuses et fréquentes,
avec anxiété générale, altération profonde
de la physionomie, crampes et syncopes. Choléra-morbus sporadique. Choléra-morbus
épidémique. Choléra asiatique. Le choléra-morbus a
fait de grands ravages dans cette ville. Cet homme est mort du choléra.
Le traitement du choléra. Cette maladie avait autrefois le nom vulgaire
de Trousse-galant.
CHOLÉRIQUE . adj. des deux genres
(On prononce Ko.) .Médec. Qui appartient au choléra, ou
Qui est atteint du choléra. Dans la seconde acception, il s'emploie ordinairement
comme substantif. Un cholérique. Transporter des cholériques
à l'hôpital. Voyez COLÉRIQUE.
En Physiologie, Tempérament cholérique, Tempérament
bilieux.
CHÔMABLE . adj. des deux genres
Qu'on doit chômer. Il ne se dit que Des jours de fêtes. Fête
chômable.
CHÔMAGE .s.m.
L'espace de temps qu'on est sans travailler. Déduire le chômage
aux ouvriers qui ont manqué de se trouver à l'atelier. On paye tant
pour le chômage d'un moulin, quand on l'empêche de moudre. On
dit dans un sens analogue, Le chômage d'un canal.
CHÔMER . v. n.
Ne rien faire, faute d'avoir à travailler. Se dit proprement Des ouvriers
et des gens de travail. Un bon ouvrier ne doit point chômer. C'est dommage
de laisser chômer un si bon ouvrier. Dans ce sens, on dit quelquefois,
Chômer de besogne, Manquer de travail.
Par extension et fam., Chômer de quelque chose, Manquer de quelque
chose. Il ne m'a pas laissé chômer de livres. N'épargnez
pas le bois, vous n'en chômerez point, on ne vous en laissera pas chômer.
CHÔMER, se dit aussi Des terres qu'on laisse reposer, qu'on n'ensemence
point. Ces terres chôment. Ils laissent de temps en temps chômer
leurs terres.
Ce moulin chôme, Il ne va point, on n'y moud point. On dit dans
un sens analogue, Ce canal chôme depuis telle époque jusqu'à
telle autre.
La monnaie chôme, se dit Lorsqu'on cesse de travailler dans les
ateliers de la monnaie, faute de matière.
CHÔMER, s'emploie aussi comme verbe actif, et signifie, Fêter,
solenniser un jour en cessant de travailler. Chômer une fête. On
a ordonné de chômer ce jour-là.
Prov. et fig., Il ne faut point chômer les fêtes avant qu'elles
soient venues, Il ne faut point se réjouir ni s'affliger pour une chose
qui n'est pas encore arrivée. On dit encore, dans ce sens, Quand la
fête sera venue, nous la chômerons.
Prov. et fig., C'est un saint qu'on ne chôme point, se dit D'un
homme dont on ne fait nul cas.
CHÔMÉ, ÉE. participe
CHONDROLOGIE . s. f.
(On prononce Kondrologie.) Partie de l'anatomie qui traite des cartilages.
CHOPINE . s. f.
Ancienne mesure de liquides, contenant la moitié de la pinte, à
peu près la moitié d'un litre. Chopine d'étain.
Se dit aussi de La quantité de vin, ou de tout autre liquide, contenue
dans la chopine. Il boit ordinairement une chopine de vin à son repas.
Tirez chopine. Boire chopine à chopine. Payer chopine. Chopine de vinaigre.
Il faut infuser cela dans une chopine d'eau. Cela tient chopine.
Prov., Mettre pinte sur chopine, Faire débauche de vin.
CHOPINER . v. n.
Boire du vin fréquemment, boire chopine à chopine. Il avait
bien chopiné. Il s'amuse à chopiner. Il est populaire.
CHOPPER . v. n.
Faire un faux pas en heurtant du pied contre quelque chose. Il a choppé
contre une pierre qui l'a presque fait tomber. Il a vieilli.
Fig. et fam., Il a choppé lourdement, se dit D'un homme qui a
fait une faute grossière.
CHOQUANT , ANTE. adj.
Offensant, désagréable, déplaisant. Homme choquant.
Mine choquante. Air choquant. Dire des paroles choquantes. Avoir des manières
choquantes.
CHOQUER . v. a.
Donner un choc, heurter. Si ce navire vient à choquer cette barque,
il la brisera. Choquer les verres à table l'un contre l'autre, ou simplement,
Choquer le verre.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Deux corps qui se choquent.
Se dit, dans un sens particulier, De la rencontre et du combat de deux troupes
de gens de guerre. Quand les deux armées vinrent à se choquer.
CHOQUER, signifie figurément, Offenser. Il fait cela pour me
choquer. Je ne saurais entreprendre cela sans choquer un tel. Vous choquerez sa
vanité. On l'emploie aussi dans ce sens avec le pronom personnel. C'est
un homme qui se choque de tout.
Il signifie aussi figurément, Déplaire. Tout ce qu'il fait
me choque. Ce qui me choque en lui, c'est... Cette façon de parler me choque.
Ce mot me choque. Choquer la vue. Choquer l'oreille.
Cela choque le bon sens, la bienséance, l'honneur, Cela est contraire
au bon sens, à la bienséance, à l'honneur.
CHOQUÉ, ÉE. participe
CHORAÏQUE . adj.
(On prononce Ko.) .Versification grecque et de Versification latine.
Se dit D'un vers qui renferme des chorées. Vers choraïque.
CHORÉE .s.m.
(On prononce Ko.) .Versification grecque et de Versification latine.
Pied composé de deux syllabes brèves. On l'appelle aussi Trochée.
CHORÉGE .s.m.
(On prononce Ko.) Celui qui, chez les Grecs, réglait la dépense
des spectacles.
CHORÉGRAPHE .s.m.
(On prononce Ko.) Celui qui connaît la chorégraphie, qui
s'occupe de chorégraphie. Un habile chorégraphe.
CHORÉGRAPHIE . s. f.
(On prononce Ko.) Art de noter les pas et les figures de danse, de composer
des ballets.
CHORÉGRAPHIQUE . adj. des deux genres
(On prononce Ko.) Qui appartient à la chorégraphie. Un
ballet est une composition chorégraphique.
CHORÉVÊQUE .s.m.
(On prononce Ko.) On appelait ainsi, dans la primitive Église,
Certains prélats qui suppléaient les évêques diocésains
dans quelques-unes de leurs fonctions. Les savants ne s'accordent pas sur les
fonctions ni sur les prérogatives des chorévêques.
Il désigne également, Une certaine dignité dans quelques
chapitres d'Allemagne.
CHORIAMBE .s.m.
(On prononce Ko.) .Versification grecque et de Versification latine.
Pied composé d'un chorée ou trochée, et d'un ïambe.
CHORION .s.m.
(On prononce Ko.) T. d'Anat. Nom d'une des membranes du Foetus.
CHORISTE .s.m.
(On prononce Ko.) Chantre du choeur. Une antienne chantée par
deux choristes.
Se dit également de Ceux qui chantent au théâtre, dans les
choeurs. C'est un ancien choriste. En ce sens, il est aussi féminin.
On ne pourra faire de cette femme qu'une choriste.
CHOROGRAPHIE . s. f.
(On prononce Ko.) Description, représentation de pays.
CHOROGRAPHIQUE . adj. des deux genres
(On prononce Ko.) Qui appartient à la chorographie. Description
chorographique. Table chorographique.
CHOROÏDE . s. f.
(On prononce Ko.) T. d'Anat., qui désigne Une des membranes de
l'oeil. La surface intérieure de la choroïde est revêtue
d'un enduit noir très-foncé. On dit aussi, adjectivement, La
membrane choroïde.
CHORUS
(On prononce Koruce.) Mot emprunté du latin, qui n'est usité
que dans cette phrase, Faire chorus, en parlant De plusieurs personnes
qui chantent à table, et qui répètent en choeur et à
l'unisson ce qu'une d'elles vient de chanter.
Fig. et fam., Faire chorus, Donner son assentiment à une opinion,
à des éloges, etc. Il se répandit en éloges sur
votre conduite, et tout le monde fit chorus.
CHOSE . s. f.
Ce qui est. Se dit indifféremment De tout; sa signification se détermine
par la matière dont on traite. Dieu a créé toutes choses.
Nous manquons des choses les plus nécessaires. Un véritable ami
est une chose bien précieuse. La chose du monde que je crains le plus,
c'est... Il lui a dit cent choses obligeantes, cent choses pour le fâcher.
C'est une chose sans exemple. Les choses humaines. Les choses de ce monde. La
belle chose! Il y a mille jolies choses dans cet ouvrage. Les choses ne sont plus
dans l'état où elles étaient. L'état des choses. Dans
cet état de choses. L'ordre des choses. La force naturelle des choses.
Le cours naturel des choses. La chose a changé de face. Faites cela sur
toutes choses, avant toutes choses, sur toute chose, avant toute chose. Il lui
a dit, entre autres choses. Toutes choses égales d'ailleurs. Faire, exécuter
de grandes choses. Toutes choses cessantes. La chose alla mieux qu'on ne pensait.
Il a fort bien pris la chose. Il est peu de choses que l'on désire plus
ardemment que... Ce n'est pas grand'chose. C'est absolument la même chose.
Le bon de la chose est que... C'est pour le bien de la chose. Quelque chose que
je lui aie dite, quelques choses que je lui aie dites, je n'ai pu le convaincre.
Voici bien autre chose. Ce n'est pas chose facile. Savez-vous faire autre chose?
Il ne fait autre chose que... La première chose que vous aurez à
faire, ce sera... Chose étonnante! ils y consentirent. De deux choses l'une,
ou vous voulez, ou vous ne voulez pas.
Peu de chose. Voyez PEU.
La chose publique, L'État.
Prov., À chose faite, conseil pris, Il n'est plus temps de demander
conseil, quand la chose sur laquelle on devait délibérer est faite.
Aller au fond des choses, Ne pas s'arrêter à un examen superficiel.
CHOSE, est quelquefois opposé à Personne. Cela se dit
également des personnes et des choses.
Il s'oppose de même à Nom, mot, etc., et signifie alors, Objet,
réalité, fait. Le mot et la chose. Vous ne nous donnez que des
mots, et nous voulons des choses. Le nom épouvante plus que la chose.
Ouvrage, style fort de choses, Plein de faits, d'idées; et, dans
le sens contraire, Ouvrage, style vide de choses.
CHOSE, signifie encore, familièrement, Bien, possession. Soigner
sa chose. Veiller à sa chose.
CHOSE, en termes de Jurisprudence, Tout ce qui est distinct des personnes
et des actions, et qui peut être de quelque usage à l'homme. Les
personnes, les choses et les actions. Choses corporelles. Choses incorporelles.
Chose jugée, Point de contestation qui a été décidé
par les tribunaux. Il y a chose jugée quand... Le respect dû à
la chose jugée. L'autorité de la chose jugée.
Jugement passé en force de chose jugée, se dit d'Une décision
qui ne peut plus être réformée par aucune voie légale,
attendu que la partie condamnée ne s'est pas pourvue dans le délai
fixé.
QUELQUE CHOSE, s'emploie souvent comme un seul mot; alors il est toujours
masculin. S'il vous manque quelque chose, je vous le donnerai. Quelque chose
m'a été dit. On m'a dit quelque chose qui est fort plaisant. Avez-vous
lu ce livre? Non, mais j'en ai lu quelque chose qui m'a paru bon. On croit que
c'est quelque chose, et ce n'est rien. Quand l'adjectif suivant n'est pas
précédé d'un relatif, il doit l'être de la préposition
de. Quelque chose de fâcheux. Quelque chose de plaisant. Quelque chose
de merveilleux.
CHOU .s.m.
Plante alimentaire, dont il existe un grand nombre d'espèces, et qu'on
met ordinairement dans le pot. Choux blancs. Choux rouges. Choux verts. Choux
de Milan. Choux cabus. Choux pommés. Choux gelés. Semer des choux.
Planter des choux. Mettre des choux dans le pot. Soupe aux choux.
Chou-fleur, Chou dont les rameaux et les fleurs naissantes forment une
masse blanche et tendre, qui sert d'aliment. Manger des choux-fleurs. Choux-fleurs
à l'huile, à la sauce.
Chou-rave, Chou dont la tige s'épaissit, et forme une sorte de
pomme que l'on mange.
Chou-navet, Chou dont la racine est ronde et charnue comme celle du navet.
Prov. et fig., Il est allé planter ses choux, se dit D'un homme
qui se retire à la campagne, après avoir vécu dans le monde,
après avoir exercé des emplois. On l'a envoyé planter
ses choux, On lui a ôté sa place, son emploi; il n'a plus qu'à
vivre dans la retraite.
Prov. et fig., Chou pour chou, Aubervilliers vaut bien Paris, Chaque
chose est recommandable sous quelque rapport. On dit quelquefois, Chou pour
chou, lorsqu'on veut indiquer Une parfaite égalité entre deux
personnes, entre deux choses. Chou pour chou, cet homme-là vaut bien
l'autre.
Prov. et fig., Faire ses choux gras de quelque chose, En faire ses délices,
en faire son profit.
Fig. et fam., Aller tout au travers des choux, à travers choux,
Agir étourdiment, inconsidérément, sans aucun égard.
Fam., Il en fait comme des choux de son jardin, Il dispose de cela comme
s'il en était le maître, le possesseur.
Prov. et fig., Faites-en des choux, des raves, Faites-en ce que vous
voudrez.
Fig. et fam., Il a été trouvé sous un chou, se dit
D'un homme dont la naissance est inconnue.
Prov., Cela ne vaut pas un trognon de chou, Cela ne vaut rien.
Prov. et fig., Ménager, sauver la chèvre et le chou, User
d'adresse pour se conduire entre deux partis, entre deux adversaires, de manière
à ne blesser ni l'un ni l'autre. Il s'est mis dans l'embarras pour avoir
voulu ménager la chèvre et le chou.
Prov., Il s'y entend comme à ramer des choux, se dit D'un homme
qui veut faire une chose à laquelle il n'entend rien.
Fam., Mon chou, mon chou-chou. Mots de tendresse qu'on n'emploie guère
qu'en parlant aux enfants.
CHOU, se dit, par extension, de Certaines plantes ou parties de plantes
qui ont plus ou moins de ressemblance avec le chou. Chou de chien, ou Mercuriale
sauvage. Chou de mer, ou Soldanelle. Chou de cocotier. Chou-palmiste. Etc.
En termes de Chasse, Chou, chou-là! se dit pour exciter un chien
à quêter; et, Chou-pille, pour exciter le chien à se
jeter sur le gibier.
Chou-pille, se dit aussi, substantivement, d'Un chien qui ne quête
que sous le fusil.
Au Jeu de quilles, Faire chou blanc, Ne rien abattre. Cette manière
de parler s'emploie aussi en conversation, et signifie, Ne point réussir,
échouer complétement dans une affaire.
CHOUCAS .s.m.
Espèce de petite corneille ou de corbeau.
CHOUCROUTE . s. f.
Sorte de mets fait de choux hachés, et légèrement acidulés
par un commencement de fermentation. On mange beaucoup de choucroute en Allemagne
et en Suisse. Boeuf, saucisse à la choucroute.
CHOUETTE . s. f.
Oiseau de nuit qui tient du hibou et du chat-huant. Le cri de la chouette.
Prov., Larron comme une chouette.
Aux Jeux de piquet, de trictrac, de billard, etc., Faire la chouette,
Jouer seul contre deux ou plusieurs personnes.
Fig. et fam., Il est leur chouette, Il est en butte à leurs mépris
et à leurs railleries.
CHOUQUET .s.m.
.Marine. Gros billot de bois servant à joindre un mât inférieur
au mât supérieur qui en forme le prolongement. Il est percé
de deux trous: l'un, qui est carré, s'emboîte dans la tête
du bas mât; l'autre, qui est rond, donne passage au mât supérieur.
Le bas mât est uni au mât de hune par un chouquet; le mât
de hune à celui de perroquet, par un autre chouquet, etc. Les marins
disent quelquefois, par abréviation, Chouq.
CHOYER . v. a.
(Il se conjugue comme Employer.) Conserver avec soin. Se dit principalement
en parlant Des personnes que l'on soigne avec tendresse, avec affection, et Des
choses précieuses qui peuvent se casser ou se gâter. Cette mère
choie trop ses enfants. Il est bien choyé dans cette maison. Vous avez
de belles porcelaines, il faut bien les choyer. Choyer des meubles. Il est
familier.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, mais seulement en parlant Des personnes.
C'est un homme qui aime trop à se choyer. Vous ne vous choyez pas assez.
Il n'est pas encore bien remis de sa maladie, il aurait besoin de se choyer.
Fig., Choyer quelqu'un, Avoir pour lui de grands égards, chercher
à lui plaire par toute sorte de prévenances. Ce riche vieillard
est choyé par ses neveux.
CHOYÉ, ÉE. participe
CHRÊME .s.m.
(Dans ce mot et dans les suivants, jusqu'au mot Chuchoter, on ne prononce
point l'H.) Huile sacrée, mêlée de baume, et servant aux onctions
qu'on fait dans l'administration de quelques sacrements, et dans quelques autres
cérémonies de l'Église. Le saint chrême.
Prov., Cela ferait renier chrême et baptême, se dit D'une
chose capable de pousser la patience à bout.
CHRÉMEAU .s.m.
Sorte de petit bonnet de toile fine, qu'on met sur la tête de l'enfant,
après l'onction du saint chrême.
CHRESTOMATHIE . s. f.
Nom donné à certains recueils et autres écrits publiés
sur divers objets d'instruction. Se dit particulièrement d'Un choix de
morceaux tirés d'auteurs réputés classiques, dans une langue
morte ou étrangère. Chrestomathie grecque. Chrestomathie arabe.
CHRÉTIEN , IENNE. adj.
Qui est baptisé et qui fait profession de la foi de JÉSUS-CHRIST.
Le peuple chrétien. Le monde chrétien. Je suis chrétien.
Vierge chrétienne. Dans ce sens, il est très-souvent employé
comme substantif. Mourir en bon chrétien. Une jeune chrétienne.
Les chrétiens sont obligés à une grande pureté de
vie. Les chrétiens ont fait plusieurs croisades contre les infidèles.
Le Roi Très-Chrétien, Sa Majesté Très-Chrétienne,
Le roi de France.
CHRÉTIEN, adjectif, signifie aussi, Qui appartient aux chrétiens,
qui est particulier aux chrétiens. La religion chrétienne. La
foi chrétienne. La morale chrétienne. Mener une vie chrétienne.
L'humilité chrétienne. Charité chrétienne. Pays chrétien.
Fig. et fam., Cela n'est pas chrétien, Cela n'est pas conforme
à la morale, à la justice.
Prov. et fig., Parler chrétien, Parler clairement. Parlez chrétien,
si vous voulez qu'on vous entende. Cette locution a vieilli.
Bon-chrétien, Sorte de grosse poire. Bon-chrétien d'été.
Bon-chrétien d'hiver. Il a beaucoup de bon-chrétien dans son jardin.
Compote de bon-chrétien.
CHRÉTIENNEMENT . adv.
D'une manière chrétienne. Vivre chrétiennement. Mourir
chrétiennement.
CHRÉTIENTÉ . s. f.
(La pénultième se prononce comme dans Chrétien.)
Toutes les nations chrétiennes, tous les pays où domine la religion
chrétienne. Les infidèles menaçaient la chrétienté.
C'est pour le bien et pour le repos de la chrétienté. Dans toute
la chrétienté.
Prov., fig. et pop., Marcher sur la chrétienté, Avoir des
souliers et des bas usés et percés.
CHRIE . s. f.
.Rhétorique. Narration, amplification qu'on donne à faire aux
écoliers.
CHRIST .s.m.
(On prononce l'S et le T dans ce mot, quand il est seul; on ne les prononce
pas dans JÉSUS-CHRIST.) Ce mot, selon son étymologie, veut dire
Oint, celui qui a reçu quelque onction; mais on ne s'en sert jamais que
pour désigner Le Messie, le rédempteur. Le Christ. La venue du
Christ. La religion du Christ. On le fait plus ordinairement précéder
du nom de JÉSUS, et alors il ne prend point l'article. Notre-Seigneur
JÉSUS-CHRIST. Nous avons été rachetés par le sang
de JÉSUS-CHRIST. Souvent on écrit par abréviation, J.
C. Cinquante ans avant J. C.
CHRIST, se dit, par extension, d'Une figure de Notre-Seigneur attaché
à la croix. Il a dans son oratoire un beau christ, une belle tête
de christ. Un christ d'ivoire. Baiser un christ, le christ.
Ordre du Christ, Ordre militaire fondé en 1318, par Daniel Ier,
roi de Portugal, pour animer la noblesse contre les Maures.
CHRISTE
MARINE. s. f.
Nom donné vulgairement à trois plantes de genres différents,
et dont la plus remarquable est le Passe-pierre ou Bacile. Voyez
BACILE.
CHRISTIANISME .s.m.
La loi et la religion de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. L'établissement
du christianisme. Le christianisme veut qu'on pardonne à ses ennemis, et
même qu'on les aime. Les dogmes, la morale du christianisme. Embrasser le
christianisme. L'histoire du christianisme.
CHROMATE .s.m.
.Chimie. Nom générique des sels composés d'acide chromique
et d'une base quelconque. Chromate de chaux, de fer, etc. Le chromate de potasse
est employé fréquemment pour préparer des couleurs.
CHROMATIQUE . adj. des deux genres
.Musique. Qui procède par plusieurs semi-tons de suite. Chromatique
en montant. Chromatique en descendant. Gamme chromatique. Genre chromatique.
S'emploie substantivement, au masculin. Il y a du chromatique dans cette
musique.
CHROME .s.m.
.Chimie. Substance métallique, dont toutes les combinaisons avec d'autres
corps sont colorées.
CHROMIQUE . adj. m.
.Chimie. Se dit De l'acide formé de chrome et d'oxygène. Acide
chromique.
CHRONICITÉ . s. f.
.Médec. Qualité de ce qui est chronique. Des maladies qui passent
à l'état de chronicité.
CHRONIQUE . s. f.
Histoire rédigée suivant l'ordre des temps. Il ne se dit guère
que de Certaines histoires écrites anciennement. Vieille chronique.
Anciennes chroniques. Chroniques de Saint-Denis. Les chroniques du moyen âge.
Fig. et fam., La chronique scandaleuse, Les mauvais bruits, les discours
médisants. La chronique scandaleuse amuse les oisifs.
CHRONIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Se dit Des maladies qui durent longtemps, et dont les symptômes
ne se développent qu'avec lenteur; à la différence Des maladies
aiguës, qui se terminent en peu de temps par la mort ou par la guérison.
Ce n'est pas une maladie aiguë, c'est une maladie chronique. Affection
chronique.
CHRONIQUEUR .s.m.
Auteur de chronique. Les vieux chroniqueurs. Un grand chroniqueur.
CHRONOGRAMME .s.m.
Inscription dans laquelle les lettres numérales forment la date de l'événement
dont il s'agit. Ainsi les lettres numérales de ce vers latin,
FranCorVM tVrbIs sICVLVs fert fVnera Vesper, rangées dans l'ordre suivant
MCCLVVVVVVII, donnent la date des Vêpres siciliennes (1282).
CHRONOLOGIE . s. f.
Science des temps, connaissance des époques. Il y a plusieurs systèmes
de chronologie. La chronologie d'Ussérius. Exacte chronologie. Il sait
bien la chronologie. Chronologie obscure. Cela ne s'accorde pas avec la bonne
chronologie. Chronologie des rois d'Égypte.
CHRONOLOGIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient, qui a rapport à la chronologie. Table chronologique.
Abrégé chronologique. Difficultés chronologiques. Recherches
chronologiques.
CHRONOLOGISTE .s.m.
Celui qui sait la chronologie, qui enseigne la chronologie, qui écrit
sur la chronologie. Un grand chronologiste.
CHRONOLOGUE .s.m.
Chronologiste. C'est un grand chronologue. Il a vieilli.
CHRONOMÈTRE .s.m.
Nom générique des instruments qui servent à mesurer le
temps. Dans l'usage, on ne l'emploie que pour désigner Ceux de ces instruments
qui marchent par l'action d'un ressort comme les montres ordinaires, dont ils
diffèrent seulement par une exécution assez parfaite pour pouvoir
servir aux observations des marins et des astronomes.
CHRYSALIDE . s. f.
État d'un insecte qui s'est renfermé dans une coque, où
il est sous la forme d'une espèce de fève, et d'où il sortira
transformé en papillon. Cet insecte est en chrysalide. On dit aussi,
Nymphe.
CHRYSANTHÈME .s.m.
.Bot. Plante de la famille des Composées, que l'on cultive dans les jardins
à cause de ses belles fleurs jaunes.
CHRYSOCALE .s.m.
Sorte de composition métallique qui imite l'or. Une chaîne de
chrysocale.
CHRYSOCOLLE . s. f.
Matière que l'eau entraîne et détache des mines de cuivre,
d'or, d'argent et de plomb, et qui était auparavant adhérente au
métal. Les anciens chimistes donnaient aussi ce nom au Borax.
CHRYSOCOME . s. f.
.Bot. Genre de plantes exotiques, de la famille des Composées, qui portent
des fleurs d'un jaune doré fort éclatant.
CHRYSOLITHE . s. f.
Pierre précieuse, d'un jaune d'or mêlé d'une légère
teinte de vert.
CHRYSOPRASE . s. f.
Pierre précieuse, d'un vert clair mêlé d'une nuance de jaune.
CHUCHOTEMENT .s.m.
Action de chuchoter. Il est familier.
CHUCHOTER . v. n.
Parler bas à l'oreille de quelqu'un, pour n'être pas entendu d'autres
personnes. Elles chuchotent entre elles. Ces gens ne font que chuchoter.
Il est quelquefois actif. Chuchoter quelques mots à l'oreille. Il
est familier.
CHUCHOTERIE . s. f.
Entretien de personnes qui se parlent à l'oreille, pour n'être
pas entendues des autres. Il y eut une longue chuchoterie entre cet homme et
cette femme. Leurs chuchoteries m'importunent. Il est familier.
CHUCHOTEUR, EUSE. s.
Celui, celle qui a coutume de chuchoter. Les chuchoteurs sont incommodes.
Il est familier.
CHUT
(Le T se prononce.) Mot dont on se sert pour avertir ou ordonner de faire silence.
CHUTE . s. f.
Mouvement d'une chose qui tombe. Il est tombé de son haut, et a fait
une lourde chute. Il est incommodé d'une chute de cheval. En tombant, il
m'entraîna dans sa chute. Il fut écrasé par la chute d'une
maison. La chute des eaux.
Chute d'eau, Nappe d'eau courante qui tombe brusquement d'un certain
niveau dans un autre. Cette chute d'eau a une hauteur de six mètres.
La chute des feuilles, La saison où les feuilles tombent. Il
mourut à la chute des feuilles.
Au Théâtre, La chute du rideau, Le mouvement du rideau lorsqu'on
le baisse. Après la chute du rideau, plusieurs voix ont demandé
l'auteur.
La chute du jour, Le moment où la nuit arrive. À la
chute du jour, tous les édifices publics seront illuminés. Nous
attendîmes la chute du jour.
CHUTE, en termes de Médecine, se dit en parlant Des parties du
corps qui s'en détachent tout à fait et qui tombent. La chute
des cheveux, des dents, d'un ongle, etc.
Se dit, par extension, Du simple déplacement de certains organes qui
abandonnent leur position naturelle. Chute de la luette. Chute de la paupière
supérieure. Chute de la matrice, du rectum, etc.
CHUTE, se prend figurément pour Disgrâce, malheur, catastrophe,
renversement. Cet homme élevé si haut, le voilà tombé,
il ne se relèvera jamais de sa chute. Ce ministre entraîna dans sa
chute la plupart de ses créatures. Tout faisait prévoir la chute
de cette maison. Hâter sa chute. La chute du trône. La chute d'un
empire.
La chute d'une pièce de théâtre, Son mauvais succès.
CHUTE, se prend aussi, figurément, pour Faute envers Dieu, faiblesse
criminelle. La chute du premier homme. La chute des mauvais anges Se relever
de ses chutes par la pénitence. Être une occasion de chute et de
scandale. Subir la honte de sa chute. Cette chute la déshonore.
CHUTE, se dit encore, figurément, de La pensée qui termine
une petite pièce de poésie, comme un madrigal, une épigramme,
un couplet de chanson, etc. La chute de ce madrigal est heureuse.
La chute d'une période, La fin, le dernier membre d'une période.
CHYLE .s.m.
Physiologie. Liquide blanchâtre qui se sépare des aliments pendant
l'acte de la digestion, et qui est porté, par les vaisseaux lactés
et le canal thorachique, dans la circulation. La formation du chyle.
CHYLIFÈRE . adj. des deux genres
T. d'Anat. Se dit Des vaisseaux qui portent le chyle. Les vaisseaux chylifères.
CHYLIFICATION . s. f.
Physiologie. Formation du chyle par suite de la digestion.
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