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DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
CI . adv. de lieu
Ici. Il indique L'endroit où est celui qui parle, ou du moins un lieu
proche de lui, ou bien encore Une chose présente. Le mémoire
ci-joint. Vous recevrez ci-inclus copie de... Vous trouverez ci-incluse la copie
que vous m'avez demandée. La lettre ci-incluse. En termes de Pratique,
Les témoins ci-présents.
Dans les épitaphes, Ci-gît, etc., Ici est enterré,
etc.
Il se met très-souvent, dans les comptes, avant le chiffre qui indique
le montant de chaque article. Quatre aunes d'étoffe, à vingt
francs, ci.................. 80 fr.
Il se joint à la locution interrogative Qu'est-ce? et se met immédiatement
après. Qu'est-ce-ci?
Il se joint aussi, ou avec le pronom démonstratif Celui: Celui-ci,
Celle-ci, Ceux-ci, Celles-ci; ou avec les substantifs, quand ils sont précédés
du démonstratif Ce ou Cet: Ce livre-ci, Cet homme-ci, Cette femme-ci,
À ces heures-ci; et alors il s'oppose quelquefois à l'adverbe
Là, qu'on joint de même au pronom démonstratif, et
aux noms substantifs, pour indiquer que la chose dont on parle est éloignée.
Celui-ci est bon, mais celui-là est meilleur. Cet homme-ci est moins
estimable que cet homme-là, que celui-là. Prenez ces deux-ci, et
laissez-moi ces deux-là.
Il se joint encore à la préposition Par; et l'on dit, Par-ci,
par-là, En divers endroits, de côté et d'autre. Nous
avons couru par-ci par-là. Cette campagne est très-nue, on n'y voit
que quelques bouquets d'arbres par-ci par-là. L'impression de ce livre
est assez soignée, on y trouve pourtant quelques fautes par-ci par-là.
Par-ci par-là, signifie aussi, À diverses reprises, à
diverses fois, et sans aucune suite. Il m'a entretenu de cette affaire par-ci
par-là.
CI, se met également devant les prépositions Dessus,
dessous, devant, après, et contre, pour former les locutions
adverbiales qui suivent:
Ci-dessus, ci-devant, ci-après, s'emploient ordinairement pour
marquer, dans un discours, Ce qui précède ou ce qui suit. J'ai
dit ci-dessus. Nous avons vu ci-devant. Nous verrons ci-après.
Ci-devant, signifie aussi, Autrefois. Un tel, demeurant ci-devant
rue... a transporté son magasin à tel endroit. Ci-devant gouverneur.
On l'emploie quelquefois adjectivement en ce sens. Les ci-devant récollets.
Ci-dessous, indique Le dessous du lieu où l'on est; et, en ce
sens, il ne s'emploie guère que dans les épitaphes. Ci-dessous
gît... Il signifie plus ordinairement, Ci-après, plus bas dans
la même page. La note ci-dessous.
Ci-contre, s'emploie pour désigner La page, la colonne, etc.,
qui est vis-à-vis, a côté de celle qu'on lit. La page ci-contre.
Voyez ci-contre. C'est aussi un terme de Comptabilité, qui sert à
désigner qu'une somme sera rapportée en addition.
CI, se met encore après la préposition Entre, et
sert à marquer Le moment où l'on parle. Entre ci et demain il
peut arriver bien des choses. Entre ci et là il y a encore loin. Ces
locutions ont vieilli.
CIBLE . s. f.
Planche ou but contre lequel on tire avec un arc un fusil, etc., et qui a au
milieu un point noir où l'on vise. Tirer à la cible.
CIBOIRE .s.m.
T. du Culte catholique. Vase sacré où l'on conserve les saintes
hosties pour la communion des fidèles. Le saint ciboire. Donner la bénédiction
avec le saint ciboire. Serrer le saint ciboire dans le tabernacle.
CIBOULE . s. f.
Petit oignon bon à manger en salade et en ragoût. Les ciboules
relèvent le goût des sauces.
Prov. et pop., Marchand d'oignons se connaît en ciboules, On est
difficilement trompé sur les choses de son métier.
CIBOULETTE . s. f.
Nom vulgaire de l'espèce d'ail qu'on appelle autrement Civette.
CICATRICE . s. f.
Marque des blessures, des plaies, qui reste après la guérison;
peau, tissu de nouvelle formation qui réunit ou recouvre les parties divisées
ou ulcérées. La cicatrice d'une plaie, d'une blessure. Grande
cicatrice. Glorieuse, honorable cicatrice. Il a le corps couvert de cicatrices.
Montrer ses cicatrices.
Se dit, figurément et au sens moral, en parlant De tout ce qui affecte
profondément notre âme. Un affront ne peut entièrement
s'oublier, la cicatrice en demeure toujours.
Se dit encore, figurément, Des atteintes portées à l'honneur,
à la réputation. Les atteintes de la calomnie laissent trop souvent
des cicatrices.
CICATRISER . v. a.
Se dit Des remèdes qui aident à fermer une plaie. Ce médicament
cicatrisa la plaie.
Il signifie aussi, Faire des cicatrices. La petite vérole lui a cicatrisé
le visage.
Se dit, avec le pronom personnel, D'une plaie presque guérie, qui commence
à se fermer. La plaie se cicatrise, va bientôt se cicatriser.
CICATRISÉ, ÉE. participe, Un front cicatrisé.
CICÉRO .s.m.
Caractère d'imprimerie, qui est entre le saint-augustin et la philosophie.
Le corps du cicéro est de onze points. Cicéro gros oeil, petit
oeil.
CICEROLE . s. f.
Nom donné par les botanistes au pois chiche.
CICERONE .s.m.
(On prononce Chichéroné.) Mot emprunté de l'italien.
Celui qui montre aux étrangers les curiosités d'une ville. Nous
étions accompagnés d'un cicerone. Plusieurs cicerone nous proposèrent
leurs services. Veuillez être mon cicerone.
CICÉRONIEN , IENNE. adj.
Qui est imité de Cicéron. Se dit Du style, des phrases, etc. Style
cicéronien. Période cicéronienne.
CICISBÉE .s.m.
Voyez SIGISBÉE.
CICUTAIRE . s. f.
.Bot. Plante ombellifère qui ressemble beaucoup à la ciguë,
et qui est également un poison. On la nomme autrement Ciguë aquatique.
CID .s.m.
Mot emprunté de l'arabe, qui signifie, Chef, commandant, seigneur. La
tragédie du Cid.
CIDRE .s.m.
Boisson faite ordinairement avec du jus de pommes pressurées. Gros
cidre. Petit cidre. Cidre doux. Cidre piquant. Cidre paré, qui a fermenté.
Ce cidre sent le pourri.
CIEL .s.m.
qui fait au pluriel CIEUX. L'espace indéfini dans lequel se meuvent tous
les astres; La partie de cet espace que nous voyons au-dessus de nos têtes.
Les étoiles du ciel. Le ciel est bien étoilé. Tout ce
qui est sous le ciel. Lever les yeux au ciel. Lever les mains au ciel. L'immensité
des cieux. Parcourir les cieux. On ne voit ni ciel ni terre. Les anciens croyaient
à l'existence de plusieurs cieux de matière solide et transparente;
c'est par allusion à cette idée qu'on dit: Saint Paul fut enlevé
au troisième ciel. Les cieux des planètes. Le ciel empyrée.
Le ciel de la lune. Le ciel de Mars. Etc.
Fig. et fam., Être ravi au troisième ciel, au septième
ciel, Éprouver une satisfaction très-vive, une grande joie.
Fig. et fam., Élever quelqu'un jusqu'au ciel, jusqu'au troisième
ciel, Le louer extraordinairement.
Fig., La voûte du ciel, des cieux, Le ciel, le firmament.
Ces choses sont éloignées comme le ciel et la terre, se
dit De deux choses entre lesquelles il y a une très-grande différence.
Prov., Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se
dit Pour se moquer d'une supposition absurde, en y répondant par une autre
encore plus absurde.
Fig. et fam., Remuer ciel et terre, Faire tous ses efforts, employer
toutes sortes de moyens pour parvenir à quelque chose.
CIEL, se prend quelquefois pour Les astres, et dans ce sens on dit, Les
influences du ciel, Les prétendues influences des astres.
Il se prend aussi pour L'air, l'atmosphère. Ciel serein. Ciel clair.
Ciel obscur. Ciel doux. Un ciel chargé de nuages. Un ciel sans nuages.
La rosée du ciel. Les oiseaux du ciel. L'état du ciel. Le feu du
ciel, La foudre. L'azur du ciel.
Couleur bleu de ciel, Couleur d'un bleu tendre.
Fig., en termes de l'Écriture, Un ciel, des cieux d'airain, Un
temps sec et aride, pendant lequel il ne tombe ni pluie ni rosée.
CIEL, se dit encore pour Climat, pays. Un ciel tempéré.
Un beau ciel. Le ciel de l'Italie. Changer de ciel. Vivre sous un ciel étranger,
sous un ciel inconnu.
CIEL, signifie aussi, tant au singulier qu'au pluriel, Le séjour
des bienheureux, le paradis. Gagner le ciel. Le royaume des cieux. Notre Père,
qui êtes dans les cieux. Notre-Seigneur monta aux cieux. Lucifer fut précipité
du ciel. La pratique de l'Évangile est le chemin du ciel.
Fig., Voir les cieux ouverts, Avoir une grande joie, se trouver dans
un grand bonheur.
CIEL, se dit, par extension, pour La Divinité, la Providence.
Grâces ou grâce au ciel. Offenser le ciel. Invoquer le ciel.
Le ciel irrité. Le ciel l'a voulu. C'est un arrêt du ciel. C'est
un coup du ciel. Le ciel vous soit propice Le ciel m'est témoin. Ciel!
Ô ciel! Ô juste ciel! Dans ce sens, il n'est guère d'usage
au pluriel qu'en poésie.
Les mariages sont faits au ciel, Ils sont résolus par la Providence.
Cela était écrit au ciel, La Providence avait résolu
que cela serait. On dit de même, La destinée des hommes est écrite
au ciel.
CIEL, signifie aussi, Le dais sous lequel on porte le saint sacrement
le jour de la Fête-Dieu. Porter le ciel. Ce sens a vieilli.
Il signifie également, Le haut d'un lit. Le ciel du lit. Le ciel de
ce lit n'est pas assez haut. Dans cette acception et dans les deux suivantes,
on dit Ciels, et non pas Cieux, au pluriel.
CIEL, signifie aussi, Le haut, le plafond d'une carrière de pierre.
Carrière à ciel ouvert, Celle qui s'exploite sans puits ni
souterrain.
CIEL, en termes de Peinture, signifie, La partie d'un tableau qui représente
l'air; Toute décoration imitant le ciel. Ce peintre fait bien les ciels.
Ses ciels sont légers, vaporeux. Les ciels dans les tapisseries réussissent
mal, à cause du grenu des points. Il y a trop de ciel dans ces tapisseries.
Faire peindre un ciel au plafond d'un cabinet.
CIERGE .s.m.
Chandelle de cire à l'usage de l'église. Un gros cierge. Le
cierge bénit. Le cierge pascal. Cierge blanc. Cierge jaune. Allumer un
cierge.
Fam., Il est droit comme un cierge, se dit D'un homme qui est ou qui
se tient extrêmement droit.
En Botan., Cierge du Pérou, Espèce de cactier, ainsi nommé
parce que sa tige approche de la figure d'un cierge, ou plutôt d'un candélabre.
CIGALE . s. f.
Insecte qui vole, et qui fait un bruit aigre et importun dans les champs pendant
l'été. Petite cigale. Le chant de la cigale. J'ai entendu chanter
les cigales.
CIGARE .s.m.
Petit rouleau de feuilles de tabac, que l'on fume comme une pipe. Fumer un
cigare. Avoir un cigare à la bouche. Un paquet de cigares. Cigares de la
Havane.
Se dit aussi Du tabac à fumer de l'île de Cuba.
CIGOGNE . s. f.
Gros oiseau de passage, qui a le plumage blanc et noir, un long bec, de longues
pattes, et qui fait son nid sur le haut des maisons. On conte des choses merveilleuses
de la cigogne.
Prov. et fig., Contes de la cigogne, contes à la cigogne, Contes
ridicules et dépourvus de toute vraisemblance.
CIGUË . s. f.
Genre de plantes ombellifères, dont une espèce, la Grande ciguë,
est très-vénéneuse.
Se dit aussi Du poison extrait de la grande ciguë, dont les Athéniens
se servaient pour donner la mort à ceux que l'aréopage avait condamnés.
Socrate et Phocion furent condamnés à boire la ciguë.
CIL .s.m.
(On mouille l'L.) Le poil des paupières. De longs cils. Les cils des
paupières. Un cil m'est entré dans l'oeil.
CILICE .s.m.
Espèce de large ceinture, qui est faite d'un tissu de poil de chèvre,
de crin de cheval, ou de quelque autre poil rude et piquant, et que l'on porte
sur la chair par mortification. Porter le cilice. Prendre le cilice. Se revêtir
d'un cilice. Faire pénitence dans le cilice.
CILIÉ , ÉE. adj.
.Bot. Qui est garni de poils rangés comme des cils. Les pétales
de la capucine sont ciliés. Feuilles ciliées.
CILLEMENT .s.m.
Action de ciller. Il ne se dit que Des yeux et des paupières. Il a
un cillement d'yeux continuel.
CILLER . v. a.
Il ne se dit qu'en parlant Des yeux et des paupières, et signifie, Les
fermer et les rouvrir dans le moment. Il ne fait que ciller les yeux. Ciller
les paupières.
Se dit quelquefois absolument. On lui a tiré un coup de pistolet aux
oreilles, et il n'a pas seulement cillé. On ne peut regarder le soleil
sans ciller.
Fam., Personne n'ose ciller devant lui, Personne n'ose remuer.
CILLER, est aussi verbe neutre; et alors il ne se dit que Des chevaux.
Ce cheval cille, commence à ciller, Il commence à avoir quelques
poils blancs aux paupières, au-dessus des yeux.
CILLÉ, ÉE. participe
CIMAISE . s. f.
Voyez CYMAISE.
CIMBALAIRE . s. f.
Voyez CYMBALAIRE.
CIME . s. f.
Le sommet, la partie la plus haute d'une montagne, d'un rocher, d'un arbre,
etc. La cime de la montagne était couverte de neige. La cime d'un roc.
Les écureuils montent jusqu'à la cime des plus grands arbres. La
cime d'un clocher.
Poétiq., Le mont à double cime, ou simplement, La double
cime, Le Parnasse. Les nymphes de la double cime, Les Muses.
CIME ou CYME, en Botanique, Assemblage de fleurs dont les pédoncules,
nés d'un même point de la tige, se ramifient ensuite irrégulièrement,
et se terminent tous à peu près à la même hauteur.
Le sureau a des fleurs en cyme.
CIMENT .s.m.
Toute matière gluante, tenace, propre à lier et à faire
tenir ensemble des pierres, des briques, etc. Se dit plus particulièrement
Des briques ou des tuileaux pulvérisés dont on se sert pour faire
du mortier. Faire du ciment. Bâtir à chaux et à ciment.
Bassin de fontaine enduit de ciment. Mettre du ciment entre les pierres d'une
muraille. Le ciment des Romains était d'une perfection qu'on a peine à
égaler.
Prov. et fig., Cela est fait à chaux et à ciment, se dit
D'une affaire qui est faite solidement, et avec toutes les précautions
et les formalités nécessaires.
CIMENTER . v. a.
Lier avec du ciment, enduire de ciment. Cimenter du pavé. Cimenter
un bassin de fontaine.
Il signifie figurément, Confirmer, affermir. Cimenter la paix par
des alliances. Les martyrs ont cimenté la foi par leur sang. Cimenter l'amitié.
CIMENTÉ, ÉE. participe
CIMETERRE .s.m.
Espèce de sabre, qui est principalement en usage chez les Turcs, et qui
a une lame très-large recourbée à son extrémité.
Un coup de cimeterre. Porter le cimeterre. Être armé d'un cimeterre.
CIMETIÈRE .s.m.
Lieu découvert et ordinairement clos de murs, dans lequel on enterre
les morts. Porter un corps au cimetière, l'enterrer dans le cimetière.
Un cimetière de village. Le cimetière d'une église. En France,
il n'y a plus de cimetières dans l'enceinte des villes.
Fig., Ce pays est le cimetière des étrangers, L'air de
ce pays est mortel pour les étrangers.
CIMIER .s.m.
L'ornement qu'on porte au haut du casque. Il avait un sphinx, un lion pour
cimier.
Il désigne, en termes de Blason, La figure de quelque animal, ou de quelque
autre objet, qui se place au-dessus du timbre.
CIMIER, signifie aussi, Une pièce de boeuf charnue, prise sur
le quartier de derrière. Une pièce de cimier. Du cimier.
On dit également, Du cimier de cerf.
CIMOLÉE . s. f.
Espèce d'argile qui se trouve principalement à Cimolis, île
de l'Archipel, et qui servait dans les temps anciens aux usages pour lesquels
on emploie aujourd'hui la Terre sigillée.
Adjectiv., Matière cimolée ou cimolie, Dépôt
qui se trouve sur les meules à aiguiser.
CINABRE .s.m.
Minéral rouge fort pesant, qui résulte d'une combinaison naturelle
ou artificielle du mercure avec le soufre. Cinabre naturel ou natif.
Cinabre artificiel. Le vermillon n'est autre chose que du cinabre pulvérisé.
CINÉRAIRE . adj.
Se dit D'une urne qui renferme les cendres d'un corps brûlé après
la mort. Urne cinéraire.
CINÉRAIRE . s. f.
.Bot. Genre de plantes à fleurs composées, dont plusieurs espèces
sont cultivées dans les jardins d'agrément.
CINGLAGE .s.m.
.Marine. Le chemin qu'un bâtiment fait ou peut faire en vingt-quatre heures.
Il a vieilli.
CINGLER . v. n.
Naviguer. Cingler en haute mer. On ne le dit en termes de Marine qu'en
parlant De la route sur laquelle on gouverne. Nous cinglâmes à
l'est, à l'ouest.
Il est aussi verbe actif, et signifie, Frapper avec quelque chose de délié
et de pliant. Cingler le visage d'un coup de fouet. Il lui a cinglé
le visage d'une houssine.
Se dit aussi D'un vent froid et perçant. Il fait un vent qui cingle
le visage. Le vent cingle.
Se dit encore, dans le même sens, De la grêle, de la neige, de la
pluie.
CINGLÉ, ÉE. participe
CINNAMOME .s.m.
Sorte d'aromate. On croit communément que la cannelle est le cinnamome
des anciens.
CINQ . adj. numéral des deux genres
Nombre impair qui est entre quatre et six. La lettre finale Q ne se prononce
point quand Cinq est immédiatement suivi de son substantif commençant
par une consonne. Cinq chevaux. Cinq cavaliers. Cinq garçons et cinq
filles. Les cinq sens. Les cinq doigts de la main. Cinq fois. Dans tous les
autres cas, le Q se prononce. Espace de cinq ans. Trois et deux font cinq.
Ils étaient cinq. J'en ai vingt-cinq, trente-cinq.
Se dit quelquefois pour Cinquième. Tome cinq. Page cinq. Chapitre
cinq. Charles cinq. On écrit plus ordinairement, Charles V.
Il est aussi substantif masculin, dans le premier sens. Le produit de cinq
multiplié par trois. On dit de même, Le nombre cinq.
Le cinq du mois, ou simplement, Le cinq, Le cinquième jour
du mois. Nous partirons le cinq de ce mois.
CINQ, se dit encore substantivement Du chiffre qui sert à représenter
le nombre cinq. Le chiffre cinq (5). Un cinq. Cinquante-cinq s'écrit
par deux cinq (55). On dit de même, Le numéro cinq.
Il signifie également, au Jeu de cartes, Une carte qui a cinq marques:
Un cinq de carreau, le cinq de trèfle, etc.; et au Jeu de dés,
Le côté du dé qui est marqué de cinq points: Amener
un cinq, amener deux cinq.
CINQUANTAINE . s. f. coll.
Nombre de cinquante ou environ. Une cinquantaine de personnes. Une cinquantaine
de francs.
Se dit absolument de L'âge de cinquante ans. Il a la cinquantaine.
Atteindre la cinquantaine. J'ai passé la cinquantaine.
Se dit encore d'Une espèce de fête à l'occasion d'une cinquantaine
d'années écoulée dans l'état de mariage, dans l'exercice
d'une place, etc. Ils ont fêté la cinquantaine de leur mariage.
CINQUANTE . adj. numéral des deux genres
Nombre composé de cinq dizaines; cinq fois dix. Cinquante francs.
Cinquante hommes. Cinquante fois.
S'emploie quelquefois pour Cinquantième. Page cinquante. L'article
cinquante du code civil.
Il est aussi quelquefois substantif masculin. Cinquante multiplié
par deux. On dit de même, Le nombre cinquante, le numéro cinquante.
CINQUANTENIER .s.m.
Celui qui commande cinquante hommes. Il s'est dit anciennement en parlant De
la milice et de la police des villes. On fit avertir les cinquanteniers.
CINQUANTIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de cinquante. Le cinquantième chapitre. L'article cinquantième.
Vous êtes le cinquantième, la cinquantième sur la liste.
La cinquantième partie d'un tout, ou substantivement, Le cinquantième,
Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en cinquante
parties égales. Il en aura le cinquantième. Il a un cinquantième
dans les bénéfices. Trois cinquantièmes.
CINQUIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de cinq. La cinquième année. Le cinquième
étage, ou elliptiquement, Le cinquième. Le cinquième
régiment. Le cinquième roi. La cinquième fois. Vous êtes
le cinquième, la cinquième. Le cinquième jour du mois,
ou elliptiquement, Le cinquième du mois.
Il est arrivé, il est venu lui cinquième, Il est arrivé,
il est venu en compagnie de quatre autres.
Subst. et absol., La cinquième, La cinquième classe d'un
collége. Cet écolier est en cinquième. Ce professeur est
chargé de faire la cinquième. Professeur de cinquième.
On dit aussi, C'est un cinquième, pour désigner Un écolier
qui est en cinquième.
La cinquième partie d'un tout, ou substantivement, Le cinquième,
Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en cinq
parties égales. On lui en accorda le cinquième, les deux cinquièmes.
Il est héritier pour un cinquième. Il a un cinquième dans
les bénéfices.
CINQUIÈMEMENT . adv.
En cinquième lieu. Troisièmement, quatrièmement, cinquièmement.
CINTRE .s.m.
Figure en arcade, en demi-cercle. Bâtir à plein cintre. Cette
cave est en cintre. Cintre surbaissé.
Il signifie aussi, L'appareil de charpente sur lequel on bâtit les voûtes
de pierre. Poser les cintres. Lever les cintres. Ôter le cintre.
Dans un Théâtre, Loges du cintre, Le dernier rang de loges,
celui qui est immédiatement sous le plafond.
CINTRER . v. a.
Faire un cintre, bâtir en cintre, faire un ouvrage en cintre. Cintrer
une galerie. Cintrer une porte.
CINTRÉ, ÉE. participe, Une bordure cintrée. Une
porte cintrée.
CIOUTAT .s.m.
Sorte de raisin, à peu près semblable au chasselas.
CIPAYE .s.m.
(On prononce Cipa-ye.) Soldat indien. Un corps de cipayes.
CIPPE .s.m.
T. d'Archit. et d'Archéologie. Demi-colonne sans chapiteau, sur laquelle
on grave quelquefois des inscriptions. Ce tombeau est surmonté d'un
cippe.
CIRAGE .s.m.
Action de cirer, ou Le résultat de cette action. Il a employé
beaucoup de temps à ce cirage. Le cirage d'un parquet.
Se dit aussi de La cire appliquée sur quelque chose. Cirage des toiles,
du taffetas, etc.
Se dit plus ordinairement, et par extension, de Toute composition qui sert à
rendre la chaussure noire et luisante. Cirage anglais. Du cirage luisant. Un
marchand de cirage. Une bouteille de cirage.
CIRAGE, en termes de Peinture, Tableau peint en camaïeu de couleur
de cire jaune. Ce sens est peu usité.
CIRCÉE . s. f.
.Bot. Plante commune aux environs de Paris, et qu'on employait autrefois pour
de prétendus charmes.
CIRCOMPOLAIRE . adj. des deux genres
Qui environne les pôles terrestres. Les régions, les mers circompolaires.
S'emploie plus particulièrement en Astronomie, et se dit, dans chaque
lieu, Des étoiles et des constellations assez voisines du pôle pour
que leur cercle diurne se trouve tout entier au-dessus de l'horizon; ce qui les
rend constamment visibles, soit à l'oeil nu, soit avec des instruments.
La petite Ourse est une constellation circompolaire pour l'Europe.
CIRCONCIRE . v. a.
(Je circoncis, nous circoncisons. Je circoncirai. Que je circoncisse.)
Couper le prépuce. Il était ordonné dans l'ancienne loi
de circoncire les enfants mâles. Les Juifs, les mahométans font circoncire
leurs enfants mâles.
CIRCONCIS, ISE. participe, Se dit quelquefois, substantivement, de Celui
à qui on a coupé le prépuce. Un circoncis.
CIRCONCISION . s. f.
Action de circoncire. La circoncision était ordonnée dans l'ancienne
loi. La circoncision des Juifs.
La fête de la Circoncision, ou simplement La Circoncision,
Le jour où l'on célèbre la circoncision de Notre-Seigneur.
La circoncision est le premier jour de l'année.
Fig., en termes de l'Écriture sainte, La circoncision du coeur, la
circoncision des lèvres, Le retranchement des mauvaises pensées,
des mauvais désirs, des paroles qui peuvent blesser ou la charité
ou la pudeur.
CIRCONFÉRENCE . s. f.
Le contour d'un cercle. Toutes les lignes droites tirées du centre
et terminées à la circonférence sont égales en longueur.
La circonférence d'un grand cercle du ciel, d'un grand cercle de la terre.
La circonférence du ciel, de la terre, d'un globe. Les mathématiciens
divisent la circonférence d'un cercle en trois cent soixante degrés.
Tracer une circonférence.
Se dit aussi de Toute sorte d'enceinte, quoiqu'elle ne soit pas parfaitement
ronde. Cette ville enferme plusieurs jardins dans sa circonférence.
Cette place a tant de toises dans sa circonférence. Une vaste circonférence.
Se dit, en Médecine, de La surface extérieure du corps. Le
sang est porté du centre à la circonférence par les artères,
et rapporté de la circonférence au centre par les veines.
CIRCONFLEXE . adj.
S'emploie surtout avec le mot d'accent, et désigne Celui des trois
accents de la langue grecque qui a la figure d'une S couchée (~). En parlant
de la langue française, on appelle circonflexe l'accent qui est
fait comme un V renversé (^), et dont on se sert principalement pour marquer
les voyelles qui sont restées longues après la suppression d'une
lettre: les mots Âge, blâme, fête, gîte, flûte,
etc, s'écrivaient autrefois, Aage, blasme, feste, giste, fluste,
etc.; bien des personnes écrivent, Gaîté, dévoûment,
etc., pour Gaieté, dévouement, etc.
Se dit aussi Des lettres mêmes qui portent l'accent circonflexe. Un
â circonflexe. Un î circonflexe.
En Gram. grecque, Verbes circonflexes, Verbes contractes.
CIRCONFLEXE, est quelquefois substantif, mais seulement en parlant de
L'accent. Un circonflexe.
CIRCONLOCUTION . s. f.
Périphrase, circuit de paroles. User de circonlocution. Une grande,
une longue circonlocution. Parler par circonlocution.
CIRCONSCRIPTION . s. f.
Ce qui borne, ce qui limite l'étendue d'un corps. La circonscription
est une propriété naturellement inséparable des corps.
Se dit aussi de La division administrative, militaire ou ecclésiastique
d'un territoire. Établir une nouvelle circonscription. La circonscription
des diocèses.
CIRCONSCRIPTION, en termes de Géométrie, Action de circonscrire
une figure à un cercle.
CIRCONSCRIRE . v. a.
Donner des limites, mettre des bornes alentour. S'emploie rarement au propre.
Dieu est un être infini, qui ne se peut circonscrire, ni par les lieux,
ni par les temps.
En Géom., Circonscrire une figure à un cercle, Tracer une
figure dont les côtés touchent le cercle.
CIRCONSCRIT, ITE. participe, Espace très-circonscrit, Très-resserré,
fort peu étendu.
En Médec., Tumeur circonscrite, Tumeur bien distincte des parties
auxquelles elle est contiguë. On dit de même, Inflammation circonscrite.
CIRCONSPECT , ECTE. adj.
Discret, retenu, qui prend garde à ce qu'il fait, à ce qu'il dit.
Homme fort circonspect. Circonspect dans ses actions, dans ses paroles.
Se dit également Des choses où il y a de la circonspection. Conduite,
démarche circonspecte. Langage circonspect.
CIRCONSPECTION . s. f.
Prudence, retenue, discrétion. Il faut user de grande circonspection.
Il apporta, il mit beaucoup de circonspection dans cette affaire. Agir, parler
avec circonspection.
CIRCONSTANCE . s. f.
Certaine particularité qui accompagne un fait, une nouvelle, ou quelque
chose de semblable. Circonstances aggravantes. Circonstances atténuantes.
Circonstance remarquable. Remarquer, observer, examiner, peser toutes les circonstances
d'une action. Avoir égard aux circonstances. Juger d'après les circonstances.
Concours de circonstances. Les circonstances des personnes, du lieu, du temps.
Exposer un fait, et en rapporter jusqu'à la moindre circonstance. Le choix
des circonstances. Souvent les circonstances changent la nature des choses.
En termes de Pratique, Circonstances et dépendances, se dit de
Tout ce qui dépend d'une terre, d'une maison, d'un procès. Terre
adjugée avec ses circonstances et dépendances. Procès renvoyé
avec ses circonstances et dépendances.
CIRCONSTANCE, se dit aussi Des conjonctures présentes, de la situation
actuelle des choses. La circonstance n'est pas favorable pour une telle entreprise.
Faire allusion à la circonstance. Se trouver dans les circonstances les
plus difficiles. Que feriez-vous en pareille circonstance? Les circonstances deviennent
impérieuses. Obéir, se plier aux circonstances. Se déterminer
par circonstance. S'abandonner aux circonstances. Prendre les mesures qu'exige
la circonstance.
Pièce, ouvrage de circonstance, Pièce de théâtre
faite pour la circonstance, écrit inspiré par les circonstances.
CIRCONSTANCIER . v. a.
Marquer, détailler les circonstances. Circonstancier une affaire.
Circonstancier un fait.
CIRCONSTANCIÉ, ÉE. participe, Un fait bien circonstancié.
Relation bien circonstanciée.
CIRCONVALLATION . s. f.
Tranchée à parapet, à redoutes, à place d'armes,
etc., que des assiégeants font autour de leur camp, pour se garantir des
attaques du dehors, et pour empêcher qu'il n'entre du secours dans la place
assiégée. Ligne de circonvallation. Faire la circonvallation
d'un camp.
CIRCONVENIR . v. a.
Employer des moyens artificieux auprès de quelqu'un, pour le déterminer
à faire ce qu'on souhaite de lui. Il croyait le circonvenir par ses
artifices. Il a circonvenu ses juges. On l'a circonvenu. Il s'est laissé
circonvenir.
CIRCONVENU, UE. participe
CIRCONVENTION . s. f.
Tromperie artificieuse. User de circonvention. Il est peu usité.
CIRCONVOISIN , INE. adj.
Il n'est guère d'usage qu'au pluriel, et ne se dit que Des lieux, des
choses, et des personnes collectivement, qui sont proche et autour de celles dont
on parle. Lieux circonvoisins. Les provinces circonvoisines. Les peuples circonvoisins.
Les communes circonvoisines.
CIRCONVOLUTION . s. f.
Se dit de Plusieurs tours faits autour d'un centre commun. Faire plusieurs
circonvolutions.
Se dit aussi, en termes d'Anatomie, Des contours que forment les intestins dans
l'abdomen, et Des saillies sinueuses du cerveau et du cervelet dans le crâne.
Les circonvolutions intestinales. Les circonvolutions cérébrales.
CIRCUIT .s.m.
Enceinte, tour. Le circuit de la ville. Faire le circuit des murailles. Le
circuit d'une province. Cette ville a une grande lieue de circuit. Un vaste circuit.
Il signifie aussi, Détour. J'ai fait un long circuit, un grand circuit
pour arriver chez moi.
Fig., Circuit de paroles, Tout ce qu'on dit avant que de venir au fait.
Un grand circuit de paroles. Un long circuit de paroles.
CIRCULAIRE . adj. des deux genres
Qui a la forme, la figure d'un cercle. Forme circulaire. Figure circulaire.
Ligne circulaire.
Se dit aussi De ce qui se meut en décrivant un cercle. Mouvement circulaire.
Lettre circulaire, ou simplement, Circulaire, se dit de Plusieurs
lettres écrites dans les mêmes termes, et adressées à
différentes personnes pour le même sujet. Écrire une lettre
circulaire. Envoyer une circulaire. Il adressa une circulaire à tous ses
correspondants. Distribuer, répandre une circulaire, des circulaires. Recevoir
une circulaire.
CIRCULAIREMENT . adv.
D'une manière circulaire, en rond. Un corps qui se meut circulairement.
CIRCULANT , ANTE. adj.
Qui est en circulation. Espèces circulantes. Billets circulants. Richesses
circulantes.
CIRCULATION . s. f.
Mouvement de ce qui circule. La circulation du sang. La circulation de la
séve dans les plantes.
Il signifie, par extension, La facilité de passer, d'aller et de venir.
Dans ce sens, il ne se dit guère qu'en parlant De la voie publique. La
circulation du public. Gêner la circulation des personnes, des voitures.
On dit quelquefois, dans un sens analogue, La circulation de l'air.
Fig., La circulation de l'argent, des effets de commerce, des capitaux, etc.,
Le mouvement de l'argent, des effets de commerce, des capitaux, etc., qui passent
d'une main à l'autre. On dit en ce sens: Mettre des espèces,
des billets en circulation. Favoriser la circulation.
Par extension, Mettre un écrit en circulation, Le répandre,
le livrer au public. On dit aussi, Arrêter la circulation d'un écrit
dangereux, etc.
Fig., Mettre en circulation des idées nouvelles, Les répandre
dans le public.
CIRCULATOIRE . adj. des deux genres
.Physiologie. Qui appartient, qui a rapport à la circulation du sang.
L'appareil circulatoire. Les mouvements circulatoires.
CIRCULER . v. n.
Se mouvoir circulairement. Se dit Des choses que leur mouvement ramène
au point de départ, et principalement Du sang et de la séve. Le
sang circule dans les veines. La séve circule dans les plantes.
S'emploie quelquefois figurément en ce sens. Un feu dévorant
circule dans mes veines.
CIRCULER, signifie aussi, Aller çà et là, aller
et venir. Les promeneurs peuvent librement circuler dans ces vastes allées.
Les voitures circulent jour et nuit dans Paris. Un ruisseau circule dans la prairie.
Faire circuler l'air.
Il signifie encore figurément, Passer, aller de main en main. L'argent,
les effets de commerce, les capitaux circulent. Faire circuler des billets. Les
papiers de toute espèce qui circulent dans le commerce.
Il signifie également, par extension, Se propager, se répandre.
Ce bruit, cette nouvelle circule depuis hier dans la ville. Faire circuler
une histoire, une anecdote, un écrit.
CIRE . s. f.
Matière molle, très-fusible et ordinairement jaunâtre, avec
laquelle les abeilles construisent les gâteaux de leurs ruches, et qu'on
emploie à différents usages dans les arts, dans l'économie
domestique, etc. Séparer le miel de la cire. Cire vierge. Travailler
en cire. Pain de cire. Frotter un parquet, un meuble avec de la cire. Flambeau
de cire pure. Cire fondue. Blanchir la cire à la rosée. Colorer
la cire. Sceller en cire jaune, en cire rouge, en cire verte, en cire bleue. Boucher
de petits trous avec de la cire. Les anciens écrivaient sur des tablettes
enduites de cire. Figure de cire. Faire un portrait en cire.
Fam., Être jaune comme cire, se dit D'une personne qui a la jaunisse.
Fig., C'est une cire molle, on le manie comme de la cire, se dit D'un
enfant doux et docile auquel on fait prendre telles inclinations qu'on veut. Se
dit aussi De toute personne qui reçoit facilement les impressions qu'on
lui donne.
Prov., Ils sont égaux comme de cire, se dit De deux hommes qui
ont les mêmes inclinations, les mêmes humeurs.
Fam., Cet habit lui va comme de cire, se dit D'un habit qui est fort
juste à celui qui le porte.
CIRE, se dit aussi de La bougie qu'on brûle dans les appartements.
Dans cette maison on ne brûle que de la cire.
Droit de cire, Certain droit qui se payait dans la maison du roi, en
chancellerie et ailleurs. Certains officiers ont droit de cire, On leur
doit donner tant de bougies, tant de livres de bougie.
CIRE, désigne également, Le luminaire d'une église.
La cire appartient au curé. Les funérailles ont coûté
tant pour la cire.
CIRE, signifiait autrefois figurément, Le sceau de la chancellerie.
La rémission était accordée, il ne fallait plus que la
cire.
Cire d'Espagne, ou plus ordinairement, Cire à cacheter,
Certaine composition faite de laque et d'autres matières, à laquelle
on donne diverses couleurs, et dont on se sert pour cacheter les lettres, etc.
Un bâton de cire d'Espagne, de cire à cacheter. Un cachet de cire
rouge, de cire noire.
CIRE, se dit encore de L'humeur épaisse et jaune qui se forme
dans les oreilles. La cire des oreilles. Voyez CÉRUMEN.
CIRER . v. a.
Enduire ou frotter de cire. Cirer du fil, de la toile. Cirer un parquet,
un meuble.
Il signifie aussi, Mettre du cirage sur une chaussure. Cirer des bottes,
des souliers.
CIRÉ, ÉE. participe, Toile cirée. Taffetas ciré.
CIRIER .s.m.
Celui qui travaille en cire, qui fait et vend toutes sortes de cierges et de
bougies.
CIROËNE .s.m.
.Pharm. Espèce d'emplâtre tonique principalement formé de
cire et de vin. Un bon ciroëne. Mettre un ciroëne sur la partie offensée.
CIRON .s.m.
Sorte de petit insecte qui s'engendre entre cuir et chair, et qui est presque
imperceptible. Tirer des cirons avec la pointe d'une épingle.
Par exagérat., Cela n'est pas plus gros qu'un ciron, se dit D'une
chose extrêmement petite.
CIRON, signifie aussi, La petite ampoule qu'un ciron fait venir à
la main ou ailleurs. Percer un ciron. Crever des cirons. Ce sens est maintenant
fort peu usité.
CIRQUE .s.m.
Lieu destiné, chez les anciens Romains, pour les jeux publics, et particulièrement
pour les courses de chevaux et de chars. Les jeux du cirque. Remporter le prix
aux jeux du cirque. Les cirques étaient ordinairement de figure ovale.
On donne aujourd'hui le même nom à Des enceintes circulaires et
couvertes, destinées aux spectacles donnés par des écuyers.
Le cirque olympique, à Paris. Le cirque royal, à Londres.
CIRRE
ou CIRRHE.s.m.
.Bot., synonyme de Vrille, mais moins usité.
CIRSAKAS .s.m.
Voyez SIRSACAS.
CIRURE . s. f.
Enduit de cire préparée. Une bonne cirure. Une mauvaise cirure.
CISAILLER . v. a.
.Monnaie. Couper avec les cisailles les pièces fausses ou légères.
Cisailler des pièces de monnaie altérées, de crainte qu'elles
ne soient données dans le commerce.
CISAILLÉ, ÉE. participe
CISAILLES . s. f. pl.
Gros ciseaux qui servent à couper des plaques ou des feuilles de métal.
Se dit aussi Des rognures qui restent de la monnaie qu'on a fabriquée.
Dans ce sens, on dit également au singulier, De la cisaille.
CISALPIN , INE. adj.
Qui est en deçà des Alpes. Les peuples cisalpins. La Gaule
cisalpine.
CISEAU .s.m.
Instrument plat, qui tranche par un des bouts, et qui sert à travailler
le bois, le fer, la pierre, etc. Ciseau de sculpteur. Ciseau de maçon.
Ciseau de menuisier. Ciseau d'orfévre. Le manche d'un ciseau. Les statues
de marbre se travaillent avec le ciseau. Cela est travaillé, est taillé
au ciseau. Faire émoudre un ciseau.
Ouvrage de ciseau, Ouvrage de sculpture.
CISEAU, se dit figurément de La manière de travailler d'un
sculpteur. Ce sculpteur a le ciseau hardi, délicat, etc. Un ciseau savant.
CISEAUX .s.m. pl.
Instrument de fer composé de deux branches mobiles tranchantes en dedans,
et jointes ensemble par une vis ou par un clou. Une paire de ciseaux. Couper
une étoffe avec des ciseaux. Mettre les ciseaux dans une étoffe.
Un étui à ciseaux. Ciseaux de tailleur. Ciseaux de jardinier pour
tondre le buis, etc. Ciseaux de chirurgien.
S'emploie quelquefois au singulier. On n'a point encore mis le ciseau dans
cette étoffe. Le chirurgien lui a donné trois coups de ciseau.
Poétiq., Les ciseaux de la Parque, le fatal ciseau.
CISELER . v. a.
Travailler avec le ciselet; sculpter des figures, des ornements sur les métaux.
Ciseler de la vaisselle d'argent.
CISELÉ, ÉE. participe, Argent ciselé. Vaisselle
ciselée.
Velours ciselé, Velours à fleurs, à ramages.
CISELET .s.m.
Petit ciseau dont se servent les orfévres, les graveurs, les armuriers,
etc. Travailler au ciselet. Cela est fait au ciselet.
CISELEUR .s.m.
Ouvrier dont le métier est de ciseler. C'est un excellent, un habile
ciseleur.
CISELURE . s. f.
L'art de ciseler, ou L'ouvrage qui se fait en ciselant. Cet ouvrier entend
bien la ciselure. La façon de cette vaisselle d'argent est fort chère
à cause de la ciselure.
Se dit, en Architecture, d'Un petit bord qu'on fait avec le ciseau au parement
d'une pierre, pour la dresser.
CISTE .s.m.
.Bot. Genre de plantes dont une espèce, le Ciste de Crète,
donne une sorte de gomme odorante qui est de quelque usage en médecine.
CISTOPHORE . s. f.
T. d'Antiq. Se dit de Jeunes filles qui portaient des corbeilles, dans les Orgies
ou fêtes de Bacchus. Voyez CANÉPHORE.
Se dit aussi de Certaines médailles où l'on voit des corbeilles,
et que l'on croit avoir été frappées pour les fêtes
célébrées en l'honneur de Bacchus. Dans ce sens, il est masculin.
CITADELLE . s. f.
Forteresse qui commande à une ville. La citadelle de Lille, d'Anvers.
Le Parthénon était dans la citadelle d'Athènes. Forte citadelle.
La ville est prise, mais la citadelle tient encore. On a bridé la ville
par une citadelle. Le gouverneur ou commandant d'une citadelle. La garnison
d'une citadelle. Les fossés, les remparts d'une citadelle. Bâtir
une citadelle. Raser une citadelle.
CITADIN , INE. s.
Se dit Des habitants d'une ville, d'une cité, par opposition à
Ceux qui vivent habituellement à la campagne. Un honnête citadin.
Il s'est dit, plus spécialement, en parlant De certaines villes d'Italie,
pour désigner Ceux des habitants qui n'étaient pas du corps de la
noblesse. Le chancelier de Venise était toujours du corps des citadins.
Les citadins avaient peu de part au gouvernement de la république de Venise.
CITATEUR .s.m.
Celui qui cite habituellement, dans sa conversation ou dans ses écrits.
Il est peu usité.
CITATION . s. f.
Ajournement. Il n'était guère d'usage autrefois qu'en matière
ecclésiastique. Il ne comparut point à la première citation.
Après les trois citations.
Se dit actuellement d'Un acte notifié à la partie qu'on veut obliger
à comparaître devant un juge de paix ou devant un tribunal de police.
Citation devant le juge de paix. Cédule de citation. Citation en conciliation.
Acte de citation. Citation pour contravention de police. Donner, notifier une
citation à un prévenu. Annuler une citation.
Se dit également de L'exploit, de l'acte par lequel on assigne un témoin.
Les témoins doivent représenter la citation qui leur a été
donnée.
CITATION, s'est dit aussi de L'ordre que le grand maître envoyait
à tous les chevaliers de se rendre à Malte, en certaines occasions.
CITATION, signifie encore, Allégation d'un passage, d'une autorité,
soit que l'on rapporte le passage, etc., ou que l'on se contente d'indiquer où
il se trouve. Citation d'un passage. Remplir un discours de citations. Multiplier
les citations. Longue citation. Des pages chargées de citations. Citation
de Virgile, de Cicéron. Mettre les citations en note, en marge, à
la marge. Une fausse citation.
CITÉ . s. f.
Ville, grand nombre de maisons enfermées de murailles. Grande cité.
Cité nombreuse. Une belle cité. Jérusalem s'appelait la sainte
Cité. Il ne s'emploie guère qu'en poésie et dans le style
soutenu.
Fig., dans le langage de l'Écriture, La cité céleste,
Le ciel, le séjour des bienheureux.
CITÉ, désigne, dans quelques villes, La partie la plus
ancienne de la ville, et où se trouve l'église cathédrale
ou principale. On divisait autrefois Paris en Ville, Cité, et Université.
Il y a tant d'églises dans la Cité.
CITÉ, se dit en outre d'Une contrée ou portion de territoire
dont les habitants se gouvernent par des lois particulières. Sous Tibère,
on comptait soixante-quatre cités dans les Gaules. Les cités de
l'ancienne Grèce.
Il signifie également, La collection des citoyens d'un État libre.
Un Lacédémonien célèbre disait: «À
Sparte, la cité sert de murs à la ville.»
Droit de cité, Aptitude à jouir des droits politiques,
conformément aux lois du pays. Avoir droit de cité. Acquérir,
perdre le droit de cité.
CITER . v. a.
Ajourner, appeler pour comparaître devant le magistrat. Dans ce sens,
il ne s'employait guère autrefois qu'en matière ecclésiastique.
Il fut cité devant l'official. On le cita au concile.
Se dit actuellement en parlant Des personnes que l'on assigne à comparaître
devant le juge de paix, devant un tribunal de police, ou devant une cour d'assises,
comme prévenus ou comme témoins. Citer devant le juge de paix.
Citer en conciliation. Citer quelqu'un au tribunal de simple police, de police
correctionnelle. Citer un prévenu. Citer des témoins devant une
cour d'assises.
CITER, s'est dit aussi De la sommation de se rendre à Malte que
le grand maître de l'ordre adressait à tous les chevaliers, dans
certaines occasions. Tous les chevaliers furent cités à Malte,
parce que l'île était menacée des armées du Turc.
CITER, signifie encore, Alléguer, rapporter. Citer un passage.
Citer la loi. Citer faux. Citer juste. Citer les auteurs anciens. Citer un exemple.
Citer des faits.
Citer son auteur, citer quelqu'un, Nommer celui de qui on tient une nouvelle,
ou quelque chose de semblable. Voilà une étrange nouvelle, celui
de qui vous la tenez vous a-t-il cité son auteur? Je vous prie, ne me citez
pas. Profitez de l'avis sans citer personne.
CITER, signifie quelquefois, Signaler, indiquer une personne ou une chose
qui mérite d'être remarquée, de quelque manière que
ce soit. Il est cité pour sa bravoure. On le cite parmi les plus habiles.
Citer quelqu'un pour exemple. Il serait trop long de citer tous ceux qui se distinguèrent.
Ils citaient avec orgueil ces grands noms. Les connaisseurs citent principalement
tel tableau. On cite le trait de cet homme qui...
CITÉ, ÉE. participe
CITÉRIEUR , EURE. adj.
.Géographie. Qui est en deçà, de notre côté,
plus près de nous. L'Inde citérieure est en deçà
du Gange.
CITERNE . s. f.
Réservoir sous terre pour recevoir et garder l'eau de pluie. Construire
une citerne. Une citerne creusée dans le roc. Eau de citerne.
CITERNEAU .s.m.
Petite citerne où l'eau s'épure avant de passer dans la citerne.
CITOYEN , ENNE. s.
Habitant d'une ville, d'une cité. Riche citoyen. Sage citoyen. Un
simple citoyen. Les diverses classes de citoyens. Attenter à la liberté
des citoyens. Le domicile des citoyens doit être inviolable.
Bon citoyen, Celui qui est zélé pour les intérêts
de son pays. Cet homme s'est conduit en bon citoyen. Il a rempli le devoir
d'un bon citoyen. On dit dans un sens analogue, Un grand citoyen; et
dans le sens contraire, Un mauvais citoyen, etc.
CITOYEN, se prend quelquefois adjectivement dans le sens de Bon citoyen.
Un ministre citoyen. Un roi citoyen. Un soldat citoyen.
CITOYEN, dans une acception plus restreinte, se dit de L'habitant d'une
cité, d'un État libre, qui a droit de suffrage dans les assemblées
publiques, et fait partie du souverain. Exercer les droits de citoyen. Être
déchu, être privé des droits de citoyen. La qualité
de citoyen.
Citoyen romain, en parlant De l'ancienne Rome, se dit non-seulement de
Celui qui était né à Rome, mais aussi de Celui qui avait
acquis le droit et les priviléges de citoyen romain, quoiqu'il fût
d'un autre pays. Saint Paul était citoyen romain.
Citoyen français, se dit de Quiconque jouit en France des droits
politiques, tels que le droit de concourir à l'élection des députés,
celui de siéger aux assises en qualité de juré, etc.
CITRATE .s.m.
.Chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison
de l'acide citrique avec différentes bases. Les citrates, autres que
le citrate de chaux, ne sont d'aucun usage.
CITRIN , INE. adj.
Qui est de couleur de citron. Couleur citrine. Onguent citrin.
CITRIQUE . adj.
.Chimie. Se dit D'un acide qu'on trouve dans le citron et dans certains autres
fruits. Acide citrique.
CITRON .s.m.
Sorte de fruit à pepins, de forme ovale, de couleur jaune-pâle,
et qui est plein de jus. Citron aigre. Citron doux. Jus de citron. Couleur
de citron. Chair de citron confite. Écorce de citron. Couleur de citron.
S'emploie elliptiquement, comme une sorte d'adjectif invariable, pour signifier
Ce qui est de la couleur de citron. Taffetas citron. Une robe citron.
CITRONNÉ , ÉE. adj.
Qui sent le citron, où l'on a mis du jus de citron. Tisane citronnée.
CITRONNELLE . s. f.
Nom donné à plusieurs plantes qui ont une odeur de citron.
CITRONNIER .s.m.
Arbre qui porte le citron. Fleur de citronnier. Les citronniers aiment les
pays chauds.
CIVADIÈRE . s. f.
.Marine. Voile qu'on suspend sous le mât de beaupré. La vergue
de civadière.
CIVETTE . s. f.
Voyez CIVE.
CIVETTE . s. f.
Animal qui ressemble à une grosse fouine, et dont on tire une sorte de
liqueur épaisse et odoriférante. La civette est un animal fort
sauvage.
Il signifie aussi, La liqueur épaisse et odoriférante qu'on tire
de la civette. La civette est devenue fort rare. Sentir la civette. L'odeur
de la civette est trop forte quand elle est seule.
CIVIÈRE . s. f.
Espèce de brancard sur lequel on porte à bras de la pierre, du
fumier, et toute sorte de fardeaux. Charger de la pierre sur une civière.
Cet homme était grièvement blessé, on l'emporta sur une civière.
Prov. et fig., Cent ans bannière, cent ans civière, se
dit en parlant Des changements de fortune qui arrivent dans les familles.
CIVIL , ILE. adj.
Qui regarde et qui concerne les citoyens. La vie civile. La société
civile. La guerre civile. Troubles civils. Lois civiles.
État civil, La condition d'une personne, en tant qu'elle est enfant
naturel ou adoptif, de tel père ou de telle mère, légitime
ou bâtarde, mariée ou non mariée, vivante ou morte naturellement
ou civilement.
Actes de l'état civil, registres de l'état civil, Les actes,
les registres qui constatent l'état civil des personnes.
Officier de l'état civil, Fonctionnaire chargé de tenir
les registres de l'état civil, c'est-à-dire, de constater les naissances,
les mariages et les décès.
Droit civil, La collection des lois qui règlent l'état
des personnes, les biens, et les différentes manières d'acquérir
la propriété. Il s'est dit aussi par opposition à Droit canon.
Cours de droit civil. Professeur de droit civil.
Droits civils, au pluriel, Ceux dont la jouissance est garantie par la
loi civile à tout Français. L'exercice des droits civils. Le
droit de succéder, celui de tester, etc., sont des droits civils. On
dit de même, Effets civils.
Liste civile: voyez LISTE. Jour civil: voyez JOUR.
CIVIL, en termes de Jurisprudence, se dit par opposition à Criminel.
Code civil. Matière civile. Procès civil. Affaire civile. Procédure
civile. Tribunal civil. Les effets civils d'un jugement criminel. On dit substantivement
en ce sens, Le civil et le criminel.
En Matière criminelle, Partie civile, Celui qui agit en son nom
contre un accusé, pour des intérêts civils. Se porter,
se constituer, se rendre partie civile.
Intérêts civils, Le dédommagement dû à
une personne sur le bien d'un criminel, à cause du tort qu'elle a souffert
par le crime commis.
Requête civile, Voie extraordinaire, admise dans certains cas déterminés
par la loi, pour obtenir qu'un jugement ou un arrêt rendu en dernier ressort
soit rétracté. Se pourvoir par requête civile. Revenir
contre un arrêt par requête civile. Moyens, ouvertures de requête
civile. Faire juger une requête civile. Entériner une requête
civile.
Mort civile, Cessation de toute participation aux droits civils. La
condamnation à mort, la peine des travaux forcés à perpétuité,
et celle de la déportation, emportent la mort civile. Les voeux solennels
prononcés dans un ordre religieux avaient les effets de la mort civile.
CIVIL, se dit aussi par opposition à Militaire, et quelquefois
à Ecclésiastique. Le courage civil. Après avoir servi
plusieurs années, il obtint un emploi civil. Les autorités civiles
et les autorités militaires. Les autorités civiles et les autorités
ecclésiastiques. Fonctionnaire civil. Inspecteur des bâtiments civils.
On dit aussi substantivement, en ce sens, Le civil et le militaire.
CIVIL, signifie en outre, Courtois, honnête, poli, bien élevé.
Un homme fort civil. Une femme fort civile. Il faut être civil à
l'égard de tout le monde, envers tout le monde. Il m'a reçu d'une
manière fort civile.
CIVILEMENT . adv.
En matière civile, en procès civil. Procéder civilement.
Juger civilement. Poursuivre civilement.
Être mort civilement, Être frappé de mort civile.
Être civilement responsable d'un délit, Être responsable
du dommage qui résulte d'un délit commis par une personne sur laquelle
on exerce quelque autorité.
CIVILEMENT, signifie aussi, Honnêtement, avec politesse. Vivre
civilement avec quelqu'un. Traiter civilement. Recevoir civilement. Agir, parler
civilement.
CIVILISATION . s. f.
Action de civiliser, ou État de ce qui est civilisé. Retarder
la civilisation d'un pays. Les progrès de la civilisation. Les résultats
de la civilisation. Civilisation avancée.
CIVILISER . v. a.
Il signifiait autrefois, Rendre civile une matière criminelle, réduire
une cause criminelle à une procédure ordinaire et civile. Civiliser
un procès. Civiliser une cause criminelle.
Il signifie, Rendre civil et sociable; polir les moeurs. Le commerce des
Grecs a civilisé les barbares.
S'emploie quelquefois, dans ce sens, avec le pronom personnel. Ces peuples
ne se civilisèrent que lentement.
Fam., Il se civilise, se dit D'un homme qui se polit, qui prend des manières
plus douces, plus affables.
CIVILISER, avec le pronom personnel, se dit, familièrement, D'une
querelle qui commence à s'apaiser, ou D'une nouvelle moins fâcheuse
qu'elle n'avait paru d'abord. La querelle se civilise, commence à se
civiliser. Cette affaire se civilise.
CIVILISÉ, ÉE. participe, Les peuples civilisés.
Les nations civilisées.
CIVILITÉ . s. f.
Honnêteté, courtoisie, manière honnête de vivre et
de converser dans le monde. Un homme plein de civilité. Il en a usé
avec beaucoup de civilité. Manquer de civilité. Cela est contre
les règles de la civilité. Il est de la civilité de...
Se dit aussi Des actions, des paroles civiles, des compliments, et de tout autre
témoignage semblable de bienveillance ou d'égard. Faire civilité
à quelqu'un. Faire des civilités. Recevoir des civilités
de la part de quelqu'un. Mes civilités à monsieur votre frère.
Il m'a comblé, accablé de civilités. Après les premières
civilités de part et d'autre. Il a mal reçu les civilités
qu'on lui a faites.
La Civilité puérile. Titre d'un vieux livre fait pour apprendre
la civilité aux enfants.
Fam. et par plaisanterie, Il n'a pas lu la Civilité puérile,
se dit D'un homme qui manque aux devoirs ordinaires de la civilité.
CIVIQUE . adj. des deux genres
Qui concerne le citoyen, ou Qui appartient à un bon citoyen. Droits
civiques. Les vertus civiques.
Dégradation civique, Peine infamante qui consiste dans la destitution
et l'exclusion du condamné, de toutes fonctions et emplois publics, et
dans la privation du droit d'être juré, expert, témoin, etc.
Couronne civique, Couronne de chêne qu'on donnait autrefois, chez
les Romains, à celui qui avait sauvé la vie à un citoyen
dans un assaut, dans une bataille.
CIVISME .s.m.
Le zèle du citoyen pour les intérêts de son pays. Il
a donné des preuves de civisme. Un civisme éprouvé.
CLABAUD .s.m.
Se dit proprement d'Un chien de chasse qui a les oreilles pendantes, et qui
se récrie mal à propos sur les voies, c'est-à-dire, qui aboie
sans être sur les voies de la bête. Le veneur ne se fie point à
ce chien, c'est un clabaud, ce n'est qu'un clabaud.
Fig. et fam., C'est un clabaud, se dit, par injure, D'un homme qui parle
beaucoup et mal à propos.
Fig. et fam., Ce chapeau fait le clabaud, il est clabaud, Il a les bords
pendants. On dit de même, Un chapeau en clabaud.
CLABAUDAGE .s.m.
Le bruit que font plusieurs chiens qui clabaudent, qui aboient. Le clabaudage
des chiens dans un chenil.
Il signifie figurément et familièrement, Vaine criaillerie. Son
clabaudage ne m'effraye point. Je ne m'arrête point à tous ces clabaudages.
CLABAUDER . v. n.
Aboyer fréquemment. Il ne se dit au propre que D'un chien de chasse qui
aboie ordinairement sans être sur les voies de la bête. Un chien
qui ne fait que clabauder.
Il signifie figurément et familièrement, Crier, faire du bruit
mal à propos et sans sujet. Cet homme ne fait que clabauder. Il n'a
fait que clabauder contre telles personnes.
CLABAUDERIE . s. f.
Criaillerie importune et sans sujet. Il croit l'emporter par ses clabauderies
perpétuelles. Il est familier.
CLABAUDEUR , EUSE. s.
Criailleur, criailleuse; celui, celle qui crie beaucoup et mal à propos.
C'est un clabaudeur éternel. Il est familier.
CLAIE . s. f.
Ouvrage à claire-voie en forme de carré long, et fait de brins
d'osier ou de branches d'arbre entrelacées. Une claie à passer
de la terre, à passer du sable. Faire sécher des raisins sur une
claie. Autrefois on traînait sur la claie ceux qui avaient été
tués en duel, ou qui s'étaient donné la mort. On se sert
de claies à la guerre pour faire des retranchements.
CLAIR , AIRE. adj.
Éclatant, lumineux, qui jette, qui répand de la lumière.
Le soleil est le plus clair de tous les astres. La lune est claire. Le feu
est clair de sa nature. Le bois sec fait un feu très-clair.
Subst., Le clair de la lune, ou Clair de lune, La lumière,
la clarté de la lune. Nous marchâmes toute la nuit au clair de
la lune. Il fait clair de lune, grand clair de lune, un beau clair de lune.
En termes de Peinture, Clair de lune, Tableau qui représente une
vue prise au clair de la lune.
CLAIR, signifie aussi, Qui reçoit beaucoup de jour. Cette église
est bien claire. Cette chambre, cette galerie est fort claire. On dit en ce
sens, Il fait bien clair dans cette église, dans cette chambre, dans
cette galerie.
Absol., Il fait clair, Il fait jour. Il ne faisait pas encore clair
quand nous partîmes. Cela s'entend aussi quelquefois Du clair de la
lune.
CLAIR, signifie encore, Luisant, poli. Des armes claires. Vaisselle
d'argent fort claire. Un plancher bien clair et bien frotté.
Teint clair, Teint vil et uni.
CLAIR, en parlant Des couleurs, signifie, Moins foncé, plus approchant
du blanc. Vert clair. Rouge clair. Clair-brun.
Cheveux clair-bruns, Cheveux d'un brun qui n'est point foncé.
Cette fille, cette femme est clair-brune, Elle a les cheveux clair-bruns.
CLAIR, se dit substantivement, en termes de Peinture, Des couleurs hautes
qui représentent les jours, les parties les plus éclairées.
Dans ce sens, il s'emploie ordinairement au pluriel. Les clairs sont bien entendus,
sont mal entendus dans ce tableau.
Se dit également, dans les ouvrages de tapisserie, Des laines et des
soies claires qui servent à rehausser l'ouvrage. Cet ouvrage de tapisserie
est presque achevé, il n'y a plus que les clairs à mettre.
CLAIR, signifie aussi, Transparent, qui laisse passer librement la lumière,
en sorte que l'on peut voir au travers. Verre clair. Des vitres bien claires.
Clair comme cristal de roche.
Il signifie particulièrement, Qui n'est point trouble. Une claire
fontaine. De l'eau claire. Vin clair. Ce vin n'est pas encore clair. Cette liqueur
est claire. Cela est clair comme de l'eau de roche.
Le temps est clair, le ciel est clair et serein, Il n'y a aucun nuage
en l'air.
Tirer du vin au clair, Le mettre en bouteilles quand il a été
bien reposé.
Fig., Tirer au clair un fait, une difficulté, L'éclaircir.
Prov. et fig., Il n'y fera que de l'eau claire, que de l'eau toute claire,
se dit D'un homme qui a entrepris quelque chose où l'on croit qu'il ne
réussira pas.
CLAIR, signifie aussi, Qui a peu de consistance. Dans ce sens, il est
opposé à Épais, et il ne se dit proprement que Des choses
liquides. Ce sirop est trop clair. Cette bouillie, cette purée est trop
claire. Lait clair.
Lait clair, signifie aussi quelquefois, Le petit-lait.
CLAIR, signifie encore, Qui n'est pas bien serré, dont les parties
ne sont pas près à près. Toile claire. De la gaze bien
claire. Avoir les cheveux bien clairs. Les blés sont fort clairs. Ce bois
est fort clair.
CLAIR, se dit en outre De la voix et des sons, et signifie, Net et aigu.
Cet enfant de choeur a la voix claire. La voix des femmes est ordinairement
plus claire que celle des hommes.
CLAIR, signifie figurément, Intelligible, aisé à
comprendre. Idée claire. Style clair. Discours clair. Il s'est expliqué
en termes fort clairs. Une expression claire. Un commentaire bien clair. Il n'y
a rien de si clair. Il est clair que... Cela est clair et net. Méthode
claire et aisée.
Il s'applique quelquefois Aux personnes. Cet auteur n'est pas clair dans
ses définitions.
Fig., Avoir l'esprit clair, Avoir beaucoup de netteté dans l'esprit,
dans le jugement.
CLAIR, signifie aussi, Évident, manifeste. Son droit est clair
comme le jour. La raison, la conséquence en est claire. Preuve claire,
claire comme le jour.
Ce procédé, cette conduite, ces discours, ne sont pas clairs,
Ce procédé, cette conduite, ces discours sont équivoques.
Cette affaire n'est pas claire, Elle est embrouillée.
Clairs deniers, argent clair, L'argent, les deniers qu'on peut toucher
quand on veut, qu'on peut recevoir aisément. Il s'est payé des
plus clairs deniers de la recette. C'est de l'argent clair. On dit substantivement,
Il m'a constitué une rente sur le plus clair de son bien.
Fam., C'est un profit tout clair, C'est un profit évident, manifeste.
Cela se dit quelquefois au figuré. Au lieu d'aller au spectacle, j'ai
travaillé; c'est un profit tout clair.
CLAIR, s'emploie aussi adverbialement, et signifie, D'une manière
claire et distincte. Voir clair. Entendre clair. Cette seconde phrase est
maintenant peu usitée.
Fig., Voir clair, voir fort clair, Avoir l'esprit pénétrant.
On ne lui en fera pas aisément accroire, il voit fort clair. On
dit aussi, Voir clair dans une affaire, La bien connaître. Avant
de m'engager, je veux y voir clair.
Fig., Cet homme entend fort clair, Il a beaucoup d'intelligence, il entend
à demi-mot. Il ne faut pas beaucoup d'explication avec lui, il entend
fort clair.
Parler clair, Parler avec une voix grêle et aiguë. Il parle
clair comme une femme.
Fig., Clair et net, haut et clair, Franchement, nettement, et sans chercher
d'adoucissement, de détours. Parler clair et net, haut et clair. Il
a dit son sentiment haut et clair. Il s'en est expliqué haut et clair.
Clair et net, signifie quelquefois, Tous frais déduits. Il
gagne, clair et net, cent mille francs dans cette affaire.
Semer clair, Répandre la graine de loin en loin, et en moindre
quantité qu'à l'ordinaire.
CLAIRE . s. f.
On nomme ainsi, dans l'affinage, Les cendres lavées ou les os calcinés
dont on se sert pour faire les coupelles.
CLAIREMENT . adv.
D'une manière claire, nettement, distinctement. De là on distingue
clairement tous les navires qui sont dans le port. J'ai distingué clairement
sa voix.
Il signifie figurément, D'une manière intelligible, ou Franchement.
Parler clairement. Expliquer clairement un passage. Expliquez-vous clairement.
Il m'a dit clairement son intention.
Il signifie aussi, Évidemment, manifestement. Démontrer clairement
une proposition. Il prouve très-clairement ce qu'il dit. Je vois clairement
qu'on vous a trompé.
CLAIRET . adj.
Vin d'une couleur faible. Vin clairet. On l'emploie aussi substantivement,
Boire du clairet.
CLAIRET. substantif, se dit également d'Une composition aromatique
que l'on prépare en faisant infuser des plantes odorantes dans du vin,
et en y ajoutant du miel et du sucre.
CLAIRET .s.m.
.Joaillier. Pierre dont la couleur est trop faible.
CLAIRE-VOIE . s. f.
Ouverture faite à rez-de-chaussée dans le mur d'un parc ou d'un
jardin, et qui n'est fermée que par une grille, ou par une espèce
de fossé appelé Saut de loup. Des claires-voies.
À CLAIRE-VOIE. Locution adverbiale, qui se dit De tout ouvrage
de charpente, de menuiserie ou d'osier, dont les pièces laissent du jour
entre elles. Porte à claire-voie. Entourer un bureau d'une enceinte
à claire-voie. Ce panier est à claire-voie.
Se dit, par extension, De tout tissu qui n'est pas serré. Cette toile
est faite à claire-voie.
En termes d'Agriculture et de Jardinage, Semer à claire-voie,
Jeter la graine en terre en la dispersant le plus qu'il est possible.
CLAIRIÈRE . s. f.
Endroit d'une forêt tout à fait dégarni d'arbres. Il
y a tant d'arpents dans cette forêt, sans compter les clairières.
CLAIRIÈRE, en termes de Lingère, se dit Des endroits plus
clairs que le reste dans les toiles.
CLAIR-OBSCUR .s.m.
.Peinture. Imitation de l'effet que produit la lumière en éclairant
les surfaces qu'elle frappe, et en laissant dans l'ombre celles qu'elle ne frappe
pas. L'art, la science du clair-obscur. L'entente du clair-obscur. Ce peintre
entend bien le clair-obscur.
Peinture, dessin en clair-obscur, de clair-obscur, Tableau, dessin fait
sans mélange d'autres couleurs que du blanc et du noir, ou du blanc avec
une seule couleur, comme les camaïeux.
CLAIR-OBSCUR, se dit quelquefois Des effets mêmes de la lumière
sur les corps qu'elle frappe. Un sculpteur, un architecte, doivent avoir égard
aux effets du clair-obscur.
CLAIRON .s.m.
Sorte de trompette dont le son est aigu et perçant. Le son des trompettes
et des clairons. Le clairon guerrier.
CLAIR-SEMÉ , ÉE. adj.
Qui n'est pas bien serré, qui n'est pas près à près.
Du blé clair-semé. De l'avoine clair-semée. Les arbres
sont clair-semés dans ce verger.
Prov., L'argent est clair-semé chez lui, Il en a fort peu.
CLAIR-SEMÉ, s'emploie quelquefois figurément, surtout en
parlant Des ouvrages d'esprit. Les beautés sont clair-semées
dans cet ouvrage, dans ce poëme.
CLAIRVOYANCE . s. f.
Sagacité et pénétration dans les affaires. C'est un
homme habile et qui a de la clairvoyance. Rien ne saurait échapper à
son exactitude et à sa clairvoyance.
CLAIRVOYANT , ANTE. adj.
Intelligent, éclairé, et pénétrant dans les affaires.
C'est un homme fort clairvoyant. Il a l'esprit clairvoyant. Vous ne le tromperez
pas, il est trop clairvoyant. C'est une femme habile et clairvoyante.
CLAMEUR . s. f.
Grand cri. Se dit ordinairement Des cris confus de plusieurs personnes réunies.
Clameur tumultueuse. Il s'éleva une clameur universelle. Les clameurs
d'une populace mutinée. On entendait de tous côtés de grandes
clameurs. Cela excita les clameurs de l'assemblée. Les clameurs des femmes
et des enfants.
Il signifie quelquefois figurément, Injure, outrage. Braver les clameurs
des sots. De vaines clameurs. Les clameurs de ses adversaires ne l'intimident
point.
La clameur publique, L'indignation publique, manifestée de quelque
manière que ce soit.
Clameur de haro. Terme de Pratique qui se disait autrefois, en Normandie,
de La sommation de comparaître sur-le-champ devant le juge. Nonobstant
clameur de haro.
CLAN .s.m.
Nom qu'on donne, en Écosse et en Irlande, à une tribu formée
d'un certain nombre de familles. Chef de clan. Un clan de montagnards. Il était
de tel clan.
CLANDESTIN , INE. adj.
Qui se fait en cachette et contre les lois ou la morale. Mariage clandestin.
Assemblée clandestine. Démarches clandestines. Relations clandestines.
Écrit clandestin.
CLANDESTINE . s. f.
.Bot. Plante ainsi nommée parce que ses tiges croissent dans la terre
ou sous la mousse.
CLANDESTINEMENT . adv.
D'une manière clandestine, en cachette. Ils se sont mariés
clandestinement. Ils complotèrent, ils s'assemblèrent clandestinement.
CLANDESTINITÉ . s. f.
.Jurispr. Le vice d'une chose faite en secret et contre la loi. La clandestinité
empêche la validité d'un mariage.
CLAPET .s.m.
Espèce de petite soupape qui se lève et se baisse par le moyen
d'une simple charnière. Clapet de pompe.
CLAPIER .s.m.
On appelle ainsi Certains petits trous creusés exprès, où
les lapins se retirent. Un clapier bien peuplé. On fait des clapiers
dans les garennes.
Se dit, par extension, d'Une machine de bois où l'on nourrit des lapins
domestiques, et qui est faite à l'imitation des clapiers de garenne. Faire
un clapier dans un grenier.
Lapins de clapier, ou simplement, Clapiers, Les lapins élevés
dans ces sortes de machines.
C'est un lapin de clapier, un franc clapier, se dit D'un mauvais lapin.
CLAPIR
(SE). v. pron.
Se blottir, se tapir, se cacher dans un trou. Se dit particulièrement
Des lapins.
CLAPI, IE. participe
CLAPOTAGE
ou CLAPOTIS.s.m.
.Marine. Agitation légère des vagues, qui se croisent et s'entrechoquent
dans tous les sens.
CLAPOTER . v. n.
.Marine. Éprouver l'agitation qu'on nomme clapotage. La mer clapote.
CLAPOTEUSE . adj. f.
Se dit De la mer lorsqu'elle clapote après avoir été agitée
par différents vents. La mer est clapoteuse.
CLAPOTIS .s.m.
Voyez CLAPOTAGE.
CLAQUE . s. f.
Coup du plat de la main. Une claque sur les fesses. Donner une claque à
quelqu'un. Il est familier.
CLAQUE, se dit aussi d'Une espèce de sandale qu'on met par-dessus
la chaussure, pour se garantir de l'humidité et de la crotte. Une paire
de claques.
CLAQUE .s.m.
Chapeau aplati ou pouvant s'aplatir, qui est particulièrement propre
à être mis sous le bras. Acheter un claque. Porter un claque.
CLAQUEDENT .s.m.
Terme d'injure et de mépris, qui se dit d'Un gueux, d'un misérable
qui tremble de froid. C'est un claquedent. Il est populaire.
CLAQUEDENT, signifie aussi, Un homme qui parle beaucoup de lui avec jactance,
et souvent contre la vérité. Ce n'est qu'un claquedent. Il
est familier et peu usité.
CLAQUEMENT .s.m.
On ne l'emploie guère que dans les deux acceptions suivantes: Claquement
de dents, Le bruit que font les dents d'une personne qui tremble de froid
ou de peur. Claquement de mains, Le bruit que font les mains lorsqu'on
les frappe l'une contre l'autre.
CLAQUEMURER . v. a.
Renfermer, resserrer dans une étroite prison. Il est pris, on l'a
claquemuré. Il fut claquemuré à la Force.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se tenir renfermé.
Il se claquemure toute la journée dans sa chambre. Ce mot est familier.
CLAQUEMURÉ, ÉE. participe
CLAQUER . v. n.
Faire un certain bruit aigu et éclatant. Claquer des mains. Un charretier
qui fait claquer son fouet. Un fouet qui claque bien.
Fig. et fam., Faire claquer son fouet, Faire valoir son autorité,
son crédit, etc.
Claquer des dents, et Les dents claquent, se dit Quand les dents
se choquent par un tremblement que cause le froid ou la peur. Lorsque le frisson
lui prend, ses dents claquent, il claque des dents.
Activ. et fam., Claquer quelqu'un, Lui donner une claque, des claques.
Cela se dit quelquefois figurément, en parlant D'un auteur dramatique ou
D'un acteur, et signifie, L'applaudir. Ses amis seuls l'ont claqué.
CLAQUÉ, ÉE. participe
CLAQUET .s.m.
Petite latte qui est sur la trémie d'un moulin, et qui bat continuellement
avec bruit. On entend le bruit du claquet.
Pop., La langue lui va comme un claquet de moulin, se dit D'une personne
qui parle beaucoup.
CLAQUEUR .s.m.
Se dit, par mépris, Des applaudisseurs à gages, des gens payés
pour applaudir les pièces ou les acteurs. Une troupe de claqueurs. Imposer
silence aux claqueurs. Il est familier.
CLARIFICATION . s. f.
Action par laquelle on rend une liqueur claire, on purifie une substance fluide.
La clarification d'une liqueur, d'un sirop.
CLARIFIER . v. a.
Rendre claire une liqueur qui est trouble. Il y a plusieurs manières
de clarifier le vin.
Il signifie, par extension, Purifier une substance fluide quelconque. Clarifier
un sirop. Clarifier du sucre.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Cette liqueur commence à
se clarifier.
CLARIFIÉ, ÉE. participe, Eau clarifiée. Petit-lait
clarifié.
CLARINE . s. f.
Sonnette pendue au cou des animaux qu'on fait paître dans les forêts.
CLARINETTE . s. f.
Sorte de hautbois. L'anche d'une clarinette.
Se dit aussi de Celui qui joue de cet instrument. C'est une excellente clarinette.
CLARTÉ . s. f.
Lumière, lueur, splendeur. La clarté du jour. La clarté
du soleil, de la lune, des étoiles. Clarté douteuse. Une trop grande
clarté éblouit. Lire à la clarté du feu, des flambeaux.
Fuir la clarté. Les hiboux fuient la clarté. En ce sens, il
ne s'emploie guère au pluriel que dans le style poétique.
Poétiq., Jouir de la clarté du jour, de la clarté,
Vivre. On dit de même: Revoir la clarté du jour, revoir la clarté.
Perdre la clarté du jour, perdre la clarté. Etc.
CLARTÉ, se dit quelquefois figurément, surtout en poésie,
de Tout ce qui éclaire l'esprit. Dans ce sens, on l'emploie souvent au
pluriel. De fausses clartés les égarent. Il méconnut les
saintes clartés du christianisme. Une vaine clarté.
CLARTÉ, se prend aussi pour Transparence. La clarté
du verre. La clarté de l'eau.
CLARTÉ, se dit encore, figurément, de Cette qualité
des idées, du discours, du style, qui les rend propres à être
facilement compris. Parler, écrire avec clarté. Expliquer quelque
chose avec une grande clarté. Il faut de la clarté dans le style.
Ces principes sont d'une grande clarté.
Avoir de la clarté dans l'esprit, dans les idées, etc.,
Avoir les idées claires, nettes. On dit aussi, dans ce sens, Clarté
d'esprit.
CLASSE . s. f.
L'ordre suivant lequel on range, on distribue, on suppose rangées ou
distribuées, diverses personnes ou diverses choses. Sur les côtes
de France, on a distribué les matelots en plusieurs classes. Bureau des
classes. Il y a trois classes de grands d'Espagne. Un grand de la première
classe. Les naturalistes ont divisé chaque règne en plusieurs classes.
En botanique, les classes se subdivisent en ordres ou en familles.
Se dit aussi Des ordres, des rangs que la diversité, l'inégalité
des conditions établit parmi les hommes réunis en société.
Les diverses classes de la société. Les hautes classes. Les classes
élevées. La classe moyenne. Les classes inférieures. Les
basses classes. La classe pauvre. La classe des artisans. La classe laborieuse.
C'est un homme de la haute classe, de la dernière classe. Toutes les classes
de citoyens.
Se dit, par extension, en parlant Des personnes ou des choses qui ont entre
elles une certaine conformité, qui sont de même nature, etc. Il
appartient à cette classe d'hommes sans moeurs qui... Cet ouvrage convient
à toutes les classes de lecteurs. Ces objets forment une classe à
part.
C'est un savant, un auteur, un artiste de la première classe,
C'est un savant, un auteur, un artiste du premier mérite.
Fam., C'est un fripon, un menteur, etc., de la première classe,
C'est un fripon fieffé, un grand menteur, etc.
CLASSE, se dit en outre, dans les Colléges, Des divisions entre
lesquelles on répartit les écoliers, les élèves, et
dont chacune reçoit les leçons d'un professeur particulier. Il
y a ordinairement sept classes principales dans un collége. La première
classe se nomme Rhétorique. En quelle classe êtes-vous? Ces deux
enfants sont dans la même classe. Ce professeur est chargé de telle
classe. Faire une classe. Le professeur, le régent d'une classe. Classe
d'histoire. En ce sens, au lieu de Seconde classe, troisième classe,
etc., on dit absolument, La seconde, la troisième, etc. Il est en
seconde. Il est en cinquième. Ce professeur fait la quatrième.
Il a un sens analogue dans quelques autres établissements d'instruction
publique. Les classes du Conservatoire. Classe de solfége.
Basses classes, Celles par où commencent les écoliers,
jusqu'à la quatrième inclusivement.
Faire ses classes, Faire ses études. Il a fait toutes ses classes.
CLASSE, se dit également Des écoliers qui sont d'une même
classe. Toute la classe a eu congé. Cette classe est forte, il y a beaucoup
de bons élèves. Ce professeur tient bien sa classe.
Se dit, par extension, Des salles où les écoliers de chaque classe
s'assemblent pour recevoir les leçons du professeur. Les élèves
entrent en classe. Il fut mis à la porte de la classe. Au sortir de la
classe.
Il signifie aussi, Le temps que les écoliers sont assemblés pour
prendre la leçon. Au commencement de la classe. Pendant la classe. À
la fin de la classe. La classe du matin. La classe du soir. Entre les deux classes.
La rentrée des classes, Le temps où les élèves
reprennent leurs études, après les vacances. Il est revenu pour
la rentrée des classes. On dit aussi, mais plus rarement, L'ouverture
des classes.
Ouvrir une classe, Commencer à faire des leçons dans un
lieu où il ne s'en faisait pas encore.
CLASSEMENT .s.m.
Action de classer, de mettre dans un certain ordre; État de ce qui est
classé. Le classement de ces papiers sera fort long. Le classement des
matières. Il ne s'emploie guère sans complément.
CLASSER . v. a.
Ranger, distribuer par classes. Classer des matelots. Classer des plantes.
Il signifie aussi, simplement, Mettre dans un certain ordre. Il faudra classer
tous ces papiers. Classer les matières d'un ouvrage. J'ai tout cela classé
dans ma tête.
Il signifie également, Assigner, indiquer la classe à laquelle
une chose appartient, ou doit appartenir. Cet animal a été classé
parmi les rongeurs. La concussion est classée parmi les crimes contre la
chose publique.
CLASSÉ, ÉE. participe
CLASSIFICATION . s. f.
Action de classer; État de ce qui est classé. La classification
des lois. Classification des minéraux, des végétaux, etc.
Bonne, mauvaise classification.
CLASSIQUE . adj. des deux genres
Se dit Des auteurs du premier rang, qui sont devenus modèles dans une
langue quelconque. Platon, Aristote, Homère, Démosthène,
Cicéron, Virgile, Tite-Live, etc., sont des auteurs classiques. Les auteurs,
les écrivains classiques français, anglais, etc. On l'emploie
aussi substantivement. Les classiques français, anglais, etc. Recueil
des classiques. Boileau est un de nos premiers classiques.
Ouvrage classique, Ouvrage qui a soutenu l'épreuve du temps, et
que les hommes de goût regardent comme un modèle.
CLASSIQUE, se dit quelquefois De ce qui a rapport aux classes des colléges.
Devoir classique. Exercice classique. Études classiques. Livres classiques.
CLASSIQUE, se dit aussi, par opposition à Romantique, Des écrivains
qui suivent les règles de composition et de style établies par les
auteurs classiques. Se dit également Des ouvrages de ces écrivains.
Auteur, écrivain, poëte classique. Poésie classique, Poëme
classique.
Le genre classique, ou simplement, Le classique, Le genre des écrivains
classiques. On dit aussi, substantivement, Les classiques et les romantiques,
Les partisans du genre classique et ceux du genre romantique.
CLASSIQUE, se dit quelquefois, par extension, Des auteurs, des ouvrages
qui font autorité en quelque matière. L'ouvrage de ce jurisconsulte,
de ce médecin, est devenu classique.
CLASSIQUE, se dit également, dans les Arts d'imitation, De ce
qui rappelle la manière antique, ou De ce qui est conforme aux règles
strictes de l'art. Les productions de cet artiste ont le mérite de l'originalité,
unie à toute la pureté classique. Les traditions classiques.
Terre classique, sol classique, Pays qui fut habité dans les temps
anciens par quelqu'un des peuples célèbres dont la littérature
et les arts ont servi de modèles. On dit, par extension, La terre classique
des beaux-arts, Le pays où les beaux-arts sont ou fuient cultivés
avec le plus de succès; et, figurément, La terre classique de
la liberté, Le pays dont l'histoire et les lois offrent le plus de
lumières aux hommes qui cherchent les moyens d'établir ou de conserver
la liberté.
CLATIR . v. n.
.Chasse. Se dit D'un chien qui redouble son cri, en poursuivant le gibier. Il
est peu usité.
CLAUDE . s. et adj.
Sot, imbécile. C'est un claude. Il n'est pas si claude qu'on le croit.
Il est familier.
CLAUDICATION . s. f.
.Médec., et d'Art vétérinaire. Action de boiter.
CLAUSE . s. f.
Disposition particulière faisant partie d'un traité, d'un édit,
d'un contrat, ou de tout autre acte public ou particulier, etc. Clause expresse.
Clause conditionnelle. Clause irritante. Clause dérogatoire. Clause résolutoire.
Clause pénale. Clause comminatoire. Clause codicillaire. Mettre, insérer,
ajouter une clause dans un contrat. Glisser une clause dans un acte. On a mis
dans le contrat des clauses avantageuses pour lui. Il y a une clause qui dit,
qui porte... Satisfaire aux clauses. Cahier des charges, clauses et conditions
auxquelles aura lieu la vente, etc.
La clause de six mois, Celle qui porte le pouvoir réciproque de
résilier le bail d'une maison, en avertissant six mois auparavant. Bail
sans clause, Bail où cette clause n'existe point.
CLAUSTRAL , ALE. adj.
Appartenant au cloître ou monastère. Les lieux claustraux. La
discipline claustrale.
Offices claustraux, Certains bénéfices qui sont du corps
d'une abbaye ou d'un prieuré.
Prieur claustral, Le religieux qui est le supérieur des autres,
dans un prieuré.
CLAVEAU .s.m.
Maladie contagieuse qui attaque les brebis et les moutons. Quand le claveau
se met dans un troupeau de moutons, il y fait de grands ravages.
CLAVEAU, en Architecture, se dit d'Une pierre taillée en coin,
qui entre dans la construction des voûtes plates ou carrées, comme
sont celles des portes, des fenêtres, etc.
CLAVECIN .s.m.
Instrument de musique, sorte de longue épinette à un ou plusieurs
claviers, dont les cordes sont de métal et doubles. Jouer du clavecin.
Toucher le clavecin. Accompagner du clavecin. Pièces de clavecin. Le forte-piano
est un perfectionnement du clavecin, et ce dernier instrument n'est plus en usage.
Clavecin à ravalement, Clavecin qui a plus de touches que les
clavecins ordinaires.
Clavecin organisé, Clavecin dont le clavier fait jouer un petit
orgue.
CLAVELÉ , EE. adj.
Qui a le claveau, qui a une maladie contagieuse.
CLAVELÉE . s. f.
Claveau. Les brebis sont fort sujettes au tac et à la clavelée.
Plus de la moitié de son troupeau est mort de la clavelée.
CLAVETTE . s. f.
Espèce de clou plat, qu'on passe dans l'ouverture faite au bout d'une
cheville, d'un boulon, etc., pour les arrêter. Mettre une clavette dans
une cheville, dans un boulon.
CLAVICULE . s. f.
T. d'Anat. Chacun des deux os longs par lesquels les épaules tiennent
en devant à la partie supérieure de la poitrine. La clavicule
droite. La clavicule gauche. Se rompre la clavicule.
CLAVICULE, signifie aussi, Petite clef. Il n'est guère d'usage
en ce sens qu'au figuré et dans cette phrase seulement, La Clavicule
de Salomon, qui est Le titre d'un livre attribué faussement à
Salomon.
CLAVICULÉ , ÉE. adj.
.Zoologie. Pourvu de clavicules. Les animaux claviculés.
CLAVIER .s.m.
Chaîne ou cercle d'acier ou d'argent, servant à tenir plusieurs
clefs ensemble. Clavier d'argent. Clavier d'acier. Anciennement le clavier
faisait partie de la parure des femmes.
CLAVIER, signifie aussi, La rangée des touches d'une épinette,
d'un clavecin, d'un piano, d'un jeu d'orgues. Clavier d'ébène,
d'ivoire. Simple clavier. Double clavier.
Cet instrument a un clavier fort étendu, Il a beaucoup de touches,
et fournit beaucoup d'accords.
Présenter quelqu'un au clavier, lui mettre les doigts sur le clavier,
Lui donner les premières leçons de clavecin ou de forte-piano. Posséder
son clavier, Être déjà familiarisé avec les touches
de l'instrument.
CLAYONNAGE .s.m.
Assemblage fait avec des pieux et des branches d'arbres en forme de claies,
pour soutenir des terres, et les empêcher de s'ébouler. Il faut
faire là un clayonnage, de crainte que les terres ne s'éboulent.
CLEF . s. f.
(On prononce Clé, même devant une voyelle, et plusieurs
l'écrivent de cette façon.) Instrument, fait ordinairement de fer
ou d'acier, qui sert à ouvrir et à fermer une serrure. Petite
clef. Grosse clef. Clef forée. Le panneton d'une clef. La clef d'une porte,
d'une armoire, d'une malle, etc. Fausser une clef. Forcer une clef. Une porte,
un coffre, une armoire qui ferme à clef, à la clef. Un trousseau
de clefs. Avoir des clefs pendues à sa ceinture. Elle a les clefs de tout.
Cela est enfermé sous la clef. Cela est sous clef, sous la clef, sous les
clefs. Fermer une porte à la clef. Donner un tour de clef, Porter, présenter
les clefs d'une ville à un prince. Toutes les villes envoyaient leurs magistrats
offrir les clefs au vainqueur.
Fausse clef, Clef qu'on garde furtivement pour en faire un mauvais usage.
Il pénétra dans la chambre, et ouvrit les armoires avec de fausses
clefs.
Gentilshommes de la clef d'or, Certains grands officiers de la cour de
l'empereur d'Autriche ou du roi d'Espagne, et d'autres princes, qui ont droit
d'entrer dans la chambre de ces princes, et qui portent une clef d'or à
leur ceinture, pour marque de ce droit.
Prov. et fig., Mettre les clefs sur la fosse, Renoncer à la succession
ou à la communauté d'une personne décédée.
Cette veuve a mis les clefs sur la fosse de son mari.
Fig. et fam., Mettre la clef sous la porte, Quitter furtivement sa maison,
parce qu'on a de mauvaises affaires.
Prov. et fig., Avoir la clef des champs, Avoir la liberté d'aller
où l'on veut. On dit de même, Donner la clef des champs, Mettre
en liberté. On a donné la clef des champs à ces écoliers,
à ces oiseaux. On dit également, Prendre la clef des champs,
S'en aller, s'enfuir.
Fig., Les clefs de Saint-Pierre, L'autorité du saint-siége.
Les clefs des trésors de l'Église, Le pouvoir d'accorder
des indulgences. La puissance des clefs, les clefs du paradis, les clefs du
royaume des cieux, La puissance de lier et de délier.
CLEF, se dit aussi, figurément, de Certaines places fortes de
la frontière, des endroits dont la possession procure une entrée
facile dans le pays. Calais est une des clefs de la France. Cette place est
la clef du royaume. Les Thermopyles sont la clef de la Grèce.
Se dit encore d'Une science qui prépare à l'étude d'une
autre, qui y sert d'introduction. L'arithmétique et la géométrie
sont la clef des sciences mathématiques. L'étude des langues est
la clef des sciences.
CLEF, en parlant De certains ouvrages où les noms sont déguisés,
ou qui sont écrits d'une manière énigmatique, se dit figurément
de L'explication des noms supposés, et des termes obscurs. Avoir la
clef d'un roman, d'une satire. La clef de la cabale.
La clef d'un ouvrage, la clef d'un système, Ce qui est nécessaire
pour l'intelligence d'un ouvrage, d'un système. On dit dans le même
sens, La clef d'une affaire, etc., Ce qui met à même d'en
pénétrer le secret, de la bien connaître.
Clef de chiffre, L'alphabet dont on est convenu, et qui sert à
chiffrer ou à déchiffrer les dépêches secrètes.
Il s'était procuré la clef du chiffre.
CLEF, signifie aussi figurément, en termes de Musique, Certaine
marque qui sert à faire connaître l'intonation des notes par rapport
à leur position. Il y a trois clefs dans la musique: la clef de
sol, la clef d'ut, et la clef de fa.
CLEF, se dit encore généralement, dans les Arts, de Ce
qui sert à ouvrir et à fermer, à tendre et à détendre
certaines choses; à monter ou à démonter, à serrer,
à maintenir certains assemblages, etc.
La clef d'un robinet, La pièce mobile d'un robinet qui, selon
la position qu'on lui donne, retient ou laisse échapper ce que renferme
le vaisseau auquel le robinet est adapté.
La clef d'un poêle, Sorte de petite bascule placée dans
le tuyau à une certaine hauteur, et qu'on peut tourner à volonté
pour maintenir la chaleur dans le poêle, lorsqu'il n'y a plus que de la
braise.
Les clefs d'un instrument à vent, Les pièces mobiles au
moyen desquelles le musicien ferme et ouvre à son gré les trous
de l'instrument. Cette clarinette, cette flûte a tant de clefs. Trompette
à clefs.
Clef d'épinette, de clavecin, de piano, de harpe, Instrument qui
sert à tourner les chevilles d'une épinette, d'un clavecin, d'un
piano, d'une harpe, pour tendre ou pour relâcher les cordes.
Clef de pistolet, de carabine, d'arquebuse à rouet, se disait
autrefois de L'instrument avec lequel on bandait ces armes.
Clef de pendule, clef de montre, Instrument avec lequel on monte une
pendule, une montre. Il a perdu la clef de sa montre. Une clef d'or, de cuivre.
Clef de pressoir, Vis qui sert à serrer ou à lâcher
un pressoir.
Clef de lit, Instrument avec lequel on tourne les vis pour monter ou
démonter le bois de lit.
Clef de voiture, Instrument qui sert à monter et à démonter
les écrous et les crics qui tiennent les soupentes tendues.
Clef anglaise, Espèce de marteau à deux mâchoires,
dont une se meut par une vis, et qui sert à serrer ou à desserrer.
En Archit., Clef de voûte, La pierre du milieu qui ferme la voûte.
Fig., C'est la clef de la voûte, C'est le point capital de l'affaire.
Fig., Clefs de meute, Les meilleurs chiens d'une meute, qui servent à
conduire les autres et à les redresser.
Fig. et fam., Clef de meute, se dit d'Un homme qui a beaucoup de crédit
dans sa compagnie, dans son parti.
CLÉMATITE . s. f.
.Bot. Genre de plantes grimpantes, dont une espèce a reçu le nom
d'Herbe aux gueux, parce que les mendiants se servent de ses feuilles pour
faire paraître leurs membres livides et ulcérés. On cultive
dans les jardins plusieurs espèces de clématites.
CLÉMENCE . s. f.
Vertu qui consiste à pardonner les offenses, et à modérer
les châtiments. Il ne se dit proprement que de Dieu, des souverains, et
de ceux qui sont dépositaires de leur autorité. Clémence
divine. Clémence royale. La clémence est la vertu des rois. Des
actes de clémence. Trait de clémence. User de clémence. Avoir
recours à la clémence du prince. Implorer la clémence du
juge. N'avoir de salut que dans la clémence du vainqueur. Traiter avec
clémence.
Se dit quelquefois aussi de L'indulgence d'un père pour ses enfants.
On doit toujours espérer en la clémence d'un père.
CLÉMENT , ENTE. adj.
Qui a la vertu de clémence. Prince clément. Vainqueur clément.
Juge clément. Père clément.
En termes de Dévotion, Dieu est clément et miséricordieux,
Il pardonne aux pécheurs qui ont recours à lui.
CLÉMENTINES . adj. f. pl.
pris substantivement. Recueil des décrétales de Clément
V, fait par Jean XXII.
Se dit aussi d'Un recueil de pièces faussement attribuées à
saint Clément.
CLEPHTE .s.m.
(On écrit aussi, Klephte.) Nom tiré du grec, qui signifie
Voleur, et qui a été donné aux montagnards libres de l'Olympe,
du Pinde, etc., parce qu'ils faisaient fréquemment des descentes à
main armée sur les terres cultivées et dans les villes soumises
à la domination des Turcs. Les chants des clephtes.
CLEPSYDRE . s. f.
Horloge qui indique la marche du temps par l'écoulement d'une certaine
quantité d'eau, ou même de mercure. Les anciens se servaient ordinairement
de clepsydres pour mesurer le temps.
Se dit aussi de Plusieurs machines hydrauliques des anciens.
CLERC .s.m.
(Le C final ne se prononce point, excepté dans la locution De clerc
à maître.) Celui qui est entré dans l'état ecclésiastique
en recevant la tonsure. En ce sens, il est opposé à Laïque
ou Lai. Autrefois il était défendu de mettre la main sur les
prêtres ou sur les clercs. Clerc tonsuré de tel diocèse.
Conseiller-clerc, dans les anciens parlements, Conseiller qui était
pourvu d'une charge affectée aux ecclésiastiques.
Clerc de chapelle, chez le roi, chez la reine, etc., Officier de la chapelle,
dont la charge est d'y servir à certaines fonctions ecclésiastiques,
sous les aumôniers et sous les chapelains.
À Rome, Clerc de la chambre, Prélat officier de la chambre
apostolique. Il y a plusieurs clercs de la chambre.
CLERC, se disait anciennement de Tout homme gradué ou du moins
lettré; d'où sont venues ces façons de parler proverbiales:
Il est habile homme et grand clerc. Les plus grands clercs ne sont pas les
plus fins. Il n'est pas grand clerc en cette matière. Ce n'est pas un grand
clerc.
Clerc du secret. Nom donné anciennement à ceux qu'on a
appelés ensuite Secrétaires d'État.
CLERC, signifie ordinairement, Celui qui travaille dans l'étude
d'un notaire ou d'un avoué. Clerc d'avoué. Clerc de notaire.
Il y a tant de clercs dans cette étude. Il m'a envoyé son clerc,
un de ses clercs. On disait autrefois de même, Un clerc de procureur,
un clerc de rapporteur, un clerc d'avocat, un clerc de commissaire.
Maître clerc, Le premier des clercs qui travaillent dans une étude.
On dit aussi, Principal clerc, et Premier clerc.
Vice de clerc, Faute qui se trouve dans un acte, par l'ignorance ou par
l'inadvertance d'un clerc. Cette locution a vieilli.
Prov. et fig., Pas de clerc, Faute commise par ignorance ou par imprudence,
dans une affaire. C'est un pas de clerc. Il fait souvent des pas de clerc.
CLERC, se disait autrefois, dans les Corps de marchands, de métiers
et de quelques communautés, de Ceux qui portaient les billets et qui faisaient
les autres commissions pour les affaires de ces corps. Clerc des drapiers.
Clerc des orfévres.
Dans les Paroisses, Clerc de l'oeuvre, Celui qui a soin de certaines
choses qui concernent l'oeuvre de la paroisse.
Clerc d'office, signifiait autrefois, chez le roi, et dans la maison
de quelques grands princes, L'officier qui avait la charge de contrôler
ce qu'on livrait pour la bouche du prince.
Prov. et fig., Compter de clerc à maître, Rendre compte
des recettes et des dépenses qu'on a faites, sans autre responsabilité
que celle de l'exactitude.
CLERGÉ .s.m.
Le corps des ecclésiastiques. Les membres du clergé. Le clergé
de France, de l'Église gallicane. Le clergé était autrefois
le premier ordre du royaume. L'assemblée du clergé. Convoquer, assembler
le clergé. Le clergé séculier. Le clergé régulier.
Le haut clergé. Le bas clergé. Le clergé anglican.
Rentes du clergé, se disait autrefois Des rentes constituées
sur le clergé.
CLERGÉ, se dit aussi Du corps particulier des ecclésiastiques
qui desservent une église ou une paroisse. L'évêque à
la tête de son clergé. Le curé y assistait avec tout son clergé.
On dit dans le même sens, Le clergé d'une ville, d'un diocèse,
etc.
CLÉRICAL , ALE. adj.
Appartenant au clerc, à l'ecclésiastique. La tonsure cléricale.
Les fonctions cléricales.
Titre clérical, Le revenu dont chaque clerc devait autrefois faire
preuve avant d'être ordonné.
CLÉRICALEMENT . adv.
D'une manière cléricale. Vivre cléricalement.
CLÉRICATURE . s. f.
L'état ou la condition du clerc, de l'ecclésiastique. Lettres
de cléricature. Droit de cléricature. Priviléges de cléricature.
CLICHAGE .s.m.
.Typographie. L'art ou l'action de clicher. Les procédés du
clichage varient.
CLICHER . v. a.
.Typographie. Faire des planches solides qui reproduisent en relief l'empreinte
d'une composition en caractères mobiles, et qui peuvent servir à
plusieurs tirages. Clicher une page. Cet ouvrier cliche bien. Clicher un dictionnaire,
un ouvrage classique. On dit de même, Clicher un fleuron, une vignette,
etc.
CLICHÉ, ÉE. participe, S'emploie souvent au masculin, comme
substantif, et se dit d'Une planche, d'un relief obtenu par le clichage. Le
cliché d'une page. Le cliché d'un fleuron. Faire des corrections
sur les clichés.
CLICHEUR .s.m.
.Typographie. Ouvrier qui cliche. Un habile clicheur.
CLIENT , ENTE. s.
Il se disait, chez les anciens Romains, de Ceux qui se mettaient sous la protection
des plus puissants citoyens. Les clients rendaient beaucoup d'honneur à
leurs patrons, les accompagnaient, etc. Dans ce sens, il ne s'emploie qu'au
masculin.
Se dit encore, par extension, de Celui ou de celle qui charge de la défense
ou de la conservation de ses droits un avocat, un avoué, un notaire, etc.
Bon client. C'est mon client. Je suis sa cliente. Cet avocat, cet avoué,
ce notaire a beaucoup de clients. Recevoir ses clients.
Il s'est dit aussi Des parties à l'égard de leurs juges. L'antichambre
de ce magistrat était toujours pleine de clients.
CLIENTÈLE . s. f. coll.
Il se disait, chez les anciens Romains, de Tous les clients d'un patron. Il
avait assemblé toute sa clientèle.
Il signifie aussi, La protection que le patron accordait à ses clients.
Il était sous la clientèle de Scipion.
Se dit encore, par extension, de Tous les clients d'un avocat, d'un avoué,
d'un notaire, etc. Avoir une nombreuse clientèle. Sa clientèle
diminue tous les jours.
CLIFOIRE . s. f.
Espèce de seringue que font les enfants avec un bâton de sureau.
CLIGNEMENT .s.m.
Action de cligner les yeux. Se dit ordinairement d'Une mauvaise habitude de
cligner les yeux. Il est sujet à un clignement d'yeux. Il a un clignement
perpétuel.
CLIGNE-MUSETTE . s. f.
Jeu d'enfants dans lequel l'un d'eux ferme les yeux, tandis que les autres se
cachent en divers endroits, où il doit ensuite les chercher pour les prendre.
Jouer à cligne-musette, à la cligne-musette.
CLIGNER . v. a.
Il ne se dit qu'en parlant Des yeux, et n'est usité que dans ces phrases,
Cligner les yeux, cligner l'oeil, Fermer l'oeil, fermer les yeux à
demi pour diminuer l'impression d'une lumière trop vive, ou pour considérer
des objets très-petits.
CLIGNÉ, ÉE. participe, Tenir les yeux clignés.
CLIGNOTANT , ANTE. adj.
Qui clignote. Des yeux clignotants.
En termes d'Anat. comparée, Membrane clignotante, Membrane qui,
chez certains animaux, tels que les oiseaux, les chats, etc., se trouve placée
entre le globe de l'oeil et les paupières, et qu'ils étendent à
volonté au devant de leur prunelle, pour se garantir d'une lumière
trop vive.
CLIGNOTEMENT .s.m.
Mouvement involontaire qui fait qu'on remue continuellement les paupières.
Il est sujet à un clignotement d'yeux continuel.
CLIGNOTER . v. n.
Remuer et baisser les paupières fréquemment, coup sur coup. Il
ne fait que clignoter. Une lumière trop vive fait clignoter les yeux.
On dit aussi, Clignoter des yeux.
CLIMAT .s.m.
.Géographie. Partie du globe de la terre, comprise entre deux cercles
parallèles à l'équateur, et telle que le jour du solstice
d'été est plus long d'une demi-heure, par exemple, sous le second
de ces cercles, que sous le premier. Les anciens ne connaissaient que sept
climats. Climat méridional, septentrional. La terre se divise en climats
d'heures et en climats de mois. Les géographes modernes ne comptent plus
par climats, ils comptent par degrés de latitude.
Il désigne aussi, Chacune des lignes qui marquent sur le globe la division
des climats. Le premier, le second climat passe par tel lieu.
Il se prend d'ordinaire pour Région, pays, principalement eu égard
à la température de l'air. Climat chaud, tempéré,
doux, agréable. L'influence, les effets du climat. Heureux climat. Changer
de climat. Passer dans un autre climat. Les climats froids. Les climats chauds.
CLIMATÉRIQUE . adj. des deux genres
Il n'est usité que dans ces locutions, An climatérique, année
climatérique, Chaque septième année de la vie humaine,
et particulièrement la soixante-troisième, qu'on appelle aussi La
grande climatérique, et absolument La climatérique. Il est
mort dans son année climatérique, dans sa climatérique. Les
anciens croyaient à l'influence des années climatériques
sur la santé, la vie ou la fortune.
Fig., Les États ont leurs années climatériques, aussi
bien que les hommes.
CLIMATÉRIQUE, se dit quelquefois, en Médecine, De certaines
époques de la vie où il survient de grands changements, indépendamment
de l'ordre numérique des années. L'époque de la puberté
est une époque climatérique.
CLIN .s.m.
Prompt mouvement de la paupière qu'on baisse et qu'on relève au
même instant. Il se joint toujours au mot OEil. Faire un clin d'oeil.
Se faire obéir par un clin d'oeil, d'un clin d'oeil.
Faire un clin d'oeil à quelqu'un, Lui faire un signe de l'oeil.
Fam., En un clin d'oeil, en moins d'un clin d'oeil, En un moment, en
fort peu de temps. Il disparut en un clin d'oeil. Cela fut fait en moins d'un
clin d'oeil.
Fam., C'est l'affaire d'un clin d'oeil, cela fut fait d'un clin d'oeil,
se dit D'une chose qui doit se faire ou qui a été faite très-promptement.
CLINCAILLE , CLINCAILLERIE, CLINCAILLIER
Voyez QUINCAILLE, QUINCAILLERIE, QUINCAILLIER.
CLINIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient au lit. Se dit D'une secte de chrétiens qui recevaient
le baptême au lit de la mort. Dans ce sens, on ne l'emploie guère
que substantivement. La secte des cliniques.
Médecine clinique, Celle qui s'exerce auprès du lit des
malades. On appelle substantivement Clinique, au féminin, L'enseignement
qui se fait auprès du lit des malades. Cours de clinique. Professeur
de clinique. Clinique médicale. Clinique chirurgicale.
CLINIQUE, se dit aussi Des médecins qui visitent les malades,
par opposition à Ceux que l'on consulte et à ceux qui écrivent.
C'est un médecin clinique. Ce sens est vieux.
CLINQUANT .s.m.
Petite lame d'or ou d'argent qu'on met dans les broderies, les dentelles, etc.
Il y a beaucoup de clinquant dans la garniture de cette robe.
Se dit aussi Des lames ou feuilles de cuivre qui brillent beaucoup. Les habits
de théâtre sont ordinairement chargés de clinquant.
CLINQUANT, en parlant Des productions de l'esprit, se dit figurément
Des fausses beautés d'un ouvrage. Une poésie pleine de clinquant.
CLIQUART .s.m.
Nom d'une pierre très-estimée pour bâtir. Le cliquart
commence à devenir rare.
CLIQUE . s. f.
Société de gens qui s'unissent pour cabaler, pour tromper. C'est
une dangereuse clique. Il est de la clique. Tous deux sont de la même clique.
Il est très-familier.
CLIQUETER . v. n.
Faire un bruit qui imite le claquet d'un moulin, quand il est en mouvement.
CLIQUETIS .s.m.
Se dit proprement Du bruit que font les armes quand on les choque les unes contre
les autres; et, par extension, Du bruit à peu près semblable que
font certains autres corps sonores lorsqu'on les remue ou qu'on les choque. On
entendit un grand cliquetis d'armes. Un cliquetis d'épées. Un cliquetis
de chaînes. Le cliquetis des verres que l'on choque en portant un toast.
Fig., Cliquetis d'antithèses, se dit en parlant D'une suite d'antithèses
qui laissent trop voir le travail de l'esprit.
CLIQUETTE . s. f.
Sorte d'instrument fait de deux os, de deux morceaux de bois, ou de deux tessons,
etc., qu'on met entre les doigts, et dont on tire quelque son mesuré, en
les battant l'un contre l'autre. Jouer des cliquettes. Les ordonnances obligeaient
autrefois les ladres, les lépreux à porter des cliquettes, afin
qu'on se détournât de leur chemin. Cliquette de ladre.
CLISSE . s. f.
Clayon; espèce de petite claie faite d'osier, de jonc, qui sert à
divers usages, et particulièrement à faire égoutter des fromages.
CLISSE, en termes de Chirurgie, Petite bande de bois ou de carton, qui
sert à tenir en état les os fracturés. Dans ce sens, on dit
plus ordinairement, Éclisse.
CLISSÉ , ÉE. adj.
Qui est garni, enveloppé d'une clisse. Bouteille clissée.
CLITORIS .s.m.
T. d'Anat. Petit organe charnu, de forme ronde et allongée, qui est placé
à l'endroit le plus élevé des parties naturelles de la femme
et de toutes les femelles d'animaux quadrupèdes.
CLIVER . v. a.
.Lapidaire. Fendre un diamant suivant ses joints naturels, au lieu de le scier.
Cliver un diamant.
CLIVÉ, ÉE. participe
CLOAQUE .s.m.
Lieu destiné à recevoir les immondices. Tomber dans un cloaque.
Un cloaque infect.
Se dit, par extension, d'Un lieu malpropre et malsain. Sa maison est un cloaque.
Cette ville est un vrai cloaque.
Fig. et fam., C'est un cloaque, se dit D'une personne sale et puante.
Fig., C'est un cloaque d'impureté, un cloaque de toutes sortes de
vices, se dit D'une personne qui est souillée de toutes sortes d'impuretés,
qui a toutes sortes de vices.
CLOAQUE, en termes d'Anatomie comparée, La cavité qui,
dans certains animaux, sert d'issue aux excréments et à l'urine.
CLOAQUE . s. f.
Conduit fait de pierre, et voûté, par où s'écoulent
les eaux et les immondices d'une ville. Il n'est guère usité qu'en
parlant Des ouvrages des anciens. Les cloaques des Romains subsistent encore,
elles sont bien bâties et fort hautes. En parlant Des constructions
modernes du même genre, on dit ordinairement, Égout.
CLOCHE . s. f.
Instrument fait de métal, ordinairement de fonte, creux, ouvert, qui
va en s'élargissant par en bas, et dont on tire du son au moyen d'un battant
suspendu dans l'intérieur. Grosse cloche. Petite cloche. Cloche harmonieuse,
argentine, sourde, fêlée. Un bruit de cloches. Toutes les cloches
sont en branle. Sonner les cloches à volée, en branle. Tinter les
cloches. Coup de cloche. Les cloches sonnent. La cloche tinte. Fondre des cloches.
Monter, pendre une cloche. Bénir, baptiser une cloche. Le baptême
d'une cloche. Nommer une cloche. Partir, convoquer, assembler au son de la cloche.
Prov. et fig., C'est le son des cloches, auxquelles on fait dire tout ce
qu'on veut, C'est une chose à laquelle on peut donner telle explication
que l'on voudra.
Prov. et fig., Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, Pour prononcer
dans une affaire, il faut entendre les deux parties.
Prov. et fig., Fondre la cloche, Prendre une dernière résolution
sur une affaire qui a été longtemps agitée, en venir a l'exécution.
Il est temps de fondre la cloche. Quand il vint à fondre la cloche...
Prov., Être étonné, être penaud comme un fondeur
de cloche, Être fort surpris de voir manquer une chose que l'on croyait
infaillible, ou de voir arriver un malheur auquel on ne s'attendait pas.
Gentilshommes de la cloche. Nom que l'on donnait Aux descendants des
maires et des échevins de certaines villes où quelques charges municipales
anoblissaient. Ce nom venait de ce que les assemblées pour l'élection
des officiers municipaux, étaient convoquées au son de la cloche.
On disait également, Noblesse de la cloche.
Fig. et fam., Faire sonner la grosse cloche, Faire parler ou agir celui
qui a le plus de crédit dans une affaire.
Fam., N'être pas sujet au coup de cloche, Être libre et maître
de son temps.
CLOCHE, signifie aussi, Certain ustensile de cuisine fait de fer, de
cuivre, ou de terre cuite, qui est en forme de cloche, et qui sert à faire
cuire des fruits. La cloche est toute rouge. Des poires cuites à la
cloche ou sous la cloche.
Se dit encore de Certains ustensiles, à peu près de même
forme, dont on couvre les mets, pour les empêcher de se refroidir. Une
cloche de fer-blanc. Mettez une cloche sur ce plat.
Se dit également de Certains vases de verre qu'on met sur des plantes
délicates, comme des melons, des concombres, etc., pour les garantir du
froid.
Se dit, en termes de Chimie, Des vases de cristal cylindriques dont on se sert
pour recueillir les gaz, les mesurer, etc.
Cloche de plongeur, ou Cloche à plonger, Machine dans laquelle
on peut rester quelque temps sous l'eau et y respirer. Elle est ainsi nommée
de sa forme primitive; mais on lui donne maintenant la forme d'un parallélipipède.
CLOCHE, se dit, vulgairement, d'Une ampoule ou vessie qui se forme sur
la première peau. Une grosse cloche. Il a des cloches aux pieds, sous
les pieds. Il lui est venu des cloches aux mains à force de travailler.
Les brûlures font venir des cloches.
En Botan., Fleurs en cloche, Fleurs monopétales qui ont à
peu près la forme d'une cloche. La fleur de la campanule est en cloche.
CLOCHEMENT .s.m.
Action de boiter.
CLOCHE-PIED
(À). loc. adv. Sur un seul pied. Aller à cloche-pied. Sauter
à cloche-pied.
CLOCHER .s.m.
Bâtiment de maçonnerie ou de charpente, dans lequel sont pendues
les cloches, et qui est ordinairement élevé au-dessus d'une église.
Petit clocher. Gros clocher. Clocher pointu. Clocher haut, élevé.
La flèche d'un clocher. Monter au clocher.
Fig. et fam., Il n'a jamais perdu de vue le clocher de son village, se
dit D'un homme qui n'a jamais voyagé. On dit aussi, Il n'a vu que le
clocher de son village, Il est sans expérience, il ne connaît
pas le monde.
Prov. et fig., Il faut placer le clocher au milieu de la paroisse, Il
faut mettre à la portée de chacun une chose dont tout le monde a
besoin, ou doit profiter.
Prov. et fig., Tirer du clocher, Employer de son mieux la dernière
ressource qui reste.
Course au clocher, Course à travers champs, où l'on se
dirige à vue de clocher, en franchissant tous les obstacles qu'on rencontre
devant soi, pour arriver au but le premier. Il a gagné le pari de la
course au clocher.
CLOCHER, se dit, par extension, pour Paroisse. Il y a tant de clochers
en France.
CLOCHER . v. n.
Boiter en marchant. Clocher du pied droit, du côté droit. Clocher
des deux côtés. Il est familier.
Prov. et fig., Il ne faut pas clocher devant les boiteux, Il ne faut
rien faire devant les gens qui semble leur reprocher quelque défaut naturel.
Fig. et fam., Ce vers cloche, La mesure n'y est pas.
Fig. et fam., Dans cette affaire, dans ce raisonnement, dans cette comparaison,
etc., il y a quelque chose qui cloche, Il y a quelque chose de défectueux.
On dit dans le même sens: Ce raisonnement cloche. Cette comparaison cloche.
Il n'y a point de comparaison qui ne cloche.
CLOCHETTE . s. f. Diminutif
Petite cloche qui se peut porter à la main. Petite clochette. Sonner
une clochette.
CLOISON . s. f.
Espèce de petit mur peu épais, fait de bois ou de maçonnerie,
et servant à la distribution d'un appartement. Faire une cloison. Approcher,
reculer une cloison. Abattre une cloison. Cloison de bois. Cloison de menuiserie.
Cloison d'ais, de planches. Cloison de maçonnerie. Cloison de briques.
Cloison fort mince. Leurs chambres ne sont séparées que par une
cloison. On dit quelquefois, en Architecture, Mur de cloison, par opposition
à Gros mur et Mur de refend.
CLOISON, en termes de Botanique, se dit Des membranes qui divisent l'intérieur
des fruits, et qui forment des loges où sont renfermées les graines.
Se dit, en termes d'Anatomie, d'Une partie destinée à séparer
deux cavités l'une de l'autre, ou à diviser une cavité principale.
La cloison des fosses nasales. La cloison des ventricules du coeur.
CLOISONNAGE .s.m.
Toute sorte d'ouvrages de cloison. Le mètre de cloisonnage vaut tant.
Ces chambres ne sont séparées que par du cloisonnage.
Se dit quelquefois d'Une cloison de charpente.
CLOISONNÉ , ÉE. adj.
.Bot. et de Conchyliologie. Qui a une ou plusieurs séparations dans son
intérieur. Coquillage cloisonné. Les filaments de certaines conferves
sont cloisonnés.
CLOÎTRE .s.m.
Cette partie d'un monastère où sont les cellules et qui est faite
en forme de galeries, avec un jardin ou une cour au milieu. Le cloître
des cordeliers. Le cloître des chartreux. Faire la procession autour du
cloître. Se promener sous le cloître. Bâtir un cloître.
Se dit souvent, par extension, pour Monastère. Se retirer, se jeter,
s'ensevelir dans un cloître. La vie des cloîtres. Il alla finir ses
jours dans un cloître.
Il s'est dit aussi d'Une enceinte de maisons où logeaient autrefois les
chanoines des églises cathédrales ou collégiales. Le cloître
Notre-Dame. Le cloître Saint-Germain l'Auxerrois.
CLOÎTRE, en parlant De jardins, se dit d'Un espace carré
bordé d'arbres ou de charmilles taillées en arcades et imitant un
cloître.
CLOÎTRER . v. a.
Contraindre à entrer dans un monastère, et à y prendre
l'habit. Les parents de cette fille résolurent de la cloîtrer.
On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Elle voulut se cloîtrer.
Elle s'est cloîtrée.
CLOÎTRÉ, ÉE. participe, Il signifie quelquefois,
Réduit à garder la clôture; et, en ce sens, il ne se dit que
Des religieuses. Depuis le concile de Trente, il n'y a presque plus de religieuses
qui ne soient cloîtrées.
CLOÎTRIER .s.m.
Religieux fixé dans un monastère; à la différence
de Ceux qui ne font que passer, ou qui ont ailleurs un bénéfice
où ils sont domiciliés.
CLOPIN-CLOPANT . loc. adv. et fam.
En clopinant. Aller clopin-clopant.
CLOPINER . v. n.
Marcher avec peine et en clochant un peu. Il s'est blessé au pied,
il va en clopinant. Il clopine. Il ne fait que clopiner. Ce mot est familier.
CLOPORTE .s.m.
Petit insecte sans ailes, qui a une grande quantité de pattes, et qui
est très-commun dans les lieux humides et obscurs. Autrefois les cloportes
passaient pour diurétiques. De la poudre de cloporte. De l'huile de cloporte.
CLOQUE . s. f.
T. d'Agricult. Espèce de maladie qui attaque les feuilles du pêcher.
CLORE . v. a.
(Ce verbe, quant aux temps simples, n'est usité qu'aux trois personnes
du singulier du présent de l'indicatif, Je clos, tu clos, il clôt;
au futur de l'indicatif, Je clorai, et au conditionnel présent,
Je clorais.) Fermer, faire que ce qui était ouvert ne le soit plus.
Clore les passages. Clore les yeux d'un homme mort ou mourant. Clore
la bouche. Il est beaucoup moins usité en ce sens que Fermer.
Fig., Clore la bouche à quelqu'un, L'empêcher de parler,
ou le réduire à ne pouvoir répondre.
Clore l'oeil, Dormir. Il avait à peine clos l'oeil, que le
bruit l'éveilla. Il n'a pu clore l'oeil de toute la nuit.
CLORE, est quelquefois neutre, à la troisième personne.
Cette porte, cette fenêtre ne clôt pas bien; quand vous y aurez
fait telle réparation, elle clora mieux, elle clora juste.
CLORE, actif, signifie aussi, Enfermer et entourer, environner de haies,
de murs, de fossés, etc. Clore un jardin, un parc. Clore un bourg, une
ville. Clore de haies, de murailles.
Il signifie encore figurément, Arrêter, terminer. Clore un traité.
Clore un inventaire. Clore un état. Clore un testament. Clore un marché.
Clore un procès-verbal. Clore un rôle, un compte.
Il signifie particulièrement, Déclarer terminé. Clore
une discussion dans une assemblée délibérante. Clore la session
des chambres.
Clore le pas, dans les joutes, dans les tournois, signifiait, Terminer
le tournoi; et, Ouvrir le pas, Commencer le tournoi.
CLOS, OSE. participe, Il s'est présenté chez elle, mais
il a trouvé porte close. Chambre bien close. Ville close. Jardin clos de
murailles.
À huis clos, À portes fermées et sans que le public
soit admis. Le tribunal peut, dans certains cas, ordonner que les plaidoiries
se feront à huis clos.
Champ clos, Lice, lieu fermé de barrières, dans lequel
deux ou plusieurs personnes vidaient autrefois leurs différends par les
armes, avec la permission du prince ou du magistrat. Combattre en champ clos.
Fig., Avoir les yeux clos, Être mort. Il n'eut pas sitôt
les yeux clos, que...
Lettre close, Lettre du roi, contre-signée par un secrétaire
d'État, et cachetée du sceau de Sa Majesté. Il a reçu
une lettre close pour se rendre à l'assemblée. Autrefois les
lettres closes s'appelaient aussi Lettres de cachet.
Fig. et fam., Ce sont lettres closes, c'est lettre close, se dit D'un
secret qu'on ne peut ou qu'on ne doit pas pénétrer. Je n'y comprends
rien, c'est pour moi lettre close. Je respecte ses secrets, ce sont lettres closes
pour moi.
Bouche close. Locution par laquelle on avertit qu'il faut garder le secret
sur l'affaire dont il s'agit. Je vous confie cela; mais, bouche close.
Prov. et fig., Les yeux clos, Sans avoir besoin du secours de la vue.
J'irais là les yeux clos. Au sens moral, cette locution signifie,
Aveuglément et sans examiner. Je signai le contrat les yeux clos.
On dit aussi, mais plus rarement, À yeux clos.
Un propriétaire est obligé de tenir son locataire clos et couvert,
Il est obligé de lui donner, de lui entretenir son logement en bon état
de clôture et de couverture.
Fig., Se tenir clos et couvert, Se tenir en lieu de sûreté,
de peur d'être pris. On le cherche pour l'emprisonner, il se tiendra
clos et couvert durant quelques jours. Cela signifie aussi, Être peu
communicatif, cacher ses pensées et ses desseins. J'ai voulu le faire
parler sur cette affaire, mais il se tient clos et couvert.
Nuit close, Le moment où il commence à faire tout à
fait nuit. Nous arrivâmes à nuit close, à la nuit close.
Pâques closes, Le dimanche qui suit immédiatement celui
de Pâques.
CLOS .s.m.
Espace de terre cultivé et fermé de murailles, ou de haies, de
fossés, etc. Un clos de vingt arpents. Clos de vigne. Clos d'arbres
fruitiers. Faire un clos. Entrer dans un clos.
CLOSEAU .s.m.
Petit jardin de paysan, clos de haies.
CLOSSEMENT .s.m.
Cri naturel de la poule. Voyez GLOUSSEMENT.
CLOSSER . v. n.
Se dit Du cri de la poule. Voyez GLOUSSER.
CLÔTURE . s. f.
Enceinte de murailles, de haies, etc. Faire une clôture autour d'un
bois, d'un pré, etc. La clôture de ce parc est endommagée
en beaucoup d'endroits. Mur de clôture. Ce jardin n'est enfermé que
d'une clôture de haies, n'a qu'une clôture de haies.
Il signifie aussi, figurément, L'obligation que les religieuses ont de
ne point sortir de leur monastère. Faire voeu de clôture. Garder
clôture. Garder, rompre la clôture.
Se dit encore, figurément, de L'action d'arrêter, de terminer une
chose, ou de déclarer qu'elle est terminée. La clôture
d'un compte, d'une liste, d'un procès-verbal, etc. La clôture de
la loterie de Paris, de Lyon, etc. La clôture d'une assemblée. La
clôture d'une session. La clôture des débats dans une affaire
criminelle. La clôture d'une discussion parlementaire, ou simplement,
La clôture. Demander la clôture. Parler pour la clôture,
contre la clôture. La clôture fut prononcée à une très-forte
majorité. La clôture d'un théâtre. On donnera telles
pièces pour la clôture.
CLOU .s.m.
Petit morceau de fer ou d'autre métal, qui a une pointe et ordinairement
une tête, et qui sert à attacher ou à pendre quelque chose.
Gros clou. Petit clou. Clou bien pointu. Clou doré. Clou à tête,
sans tête, à grosse tête, étêté. Clou à
crochet. Clou à latte. Clou à ardoise. Clou à cheval. Clou
de charrette. Clou à mettre sous des souliers. Attacher avec des clous.
Ficher, cogner, enfoncer, faire entrer un clou. Arracher un clou. Pendre quelque
chose à un clou. River un clou. Rabattre un clou. Le fer de ce cheval ne
tient qu'à un clou. Un canon chargé de têtes de clous.
Clous d'or, clous d'argent, Petites pointes d'or ou d'argent, dont on
pique des boîtes, des tabatières, des étuis, etc., pour les
orner.
Clou de rue, Clou qu'un cheval rencontre en marchant, et qui lui entre
dans le pied. Mon cheval est boiteux d'un clou de rue, il a pris un clou de
rue, ou simplement, Il a pris un clou.
Cela ne tient ni à fer ni à clou, Cela est mal attaché.
On le dit aussi D'une chose qui sert à meubler une maison, mais qui n'est
point scellée dans la muraille, et qu'il est facile d'ôter.
Fig. et fam., Cette affaire ne tient ni à fer ni à clou,
Elle n'est pas solidement faite, conclue, arrêtée.
Il ne manque pas un clou à cette maison, Il n'y manque rien.
Prov. et fig., Compter les clous de la porte, Attendre longtemps à
une porte.
Prov. et fig., Être gras comme un cent de clous, Être fort
maigre.
Prov. et fig., River à quelqu'un son clou, Lui répondre
fortement, vertement, de manière qu'il n'ait rien à répliquer.
S'il me vient dire cela, je lui riverai son clou.
Prov. et fig., Un clou chasse l'autre, Une nouvelle passion, un nouveau
goût, en fait oublier un autre. L'ambition succède à l'amour:
un clou chasse l'autre. Se dit aussi Des personnes. Ce favori vient d'être
supplanté par un tel: un clou chasse l'autre.
Prov., Cela ne vaut pas un clou à soufflet, je n'en donnerais pas
un clou à soufflet, se dit Pour marquer le peu d'estime qu'on fait
d'une chose.
Clou de girofle, Sorte d'épicerie qui a la forme d'un clou. Le
clou de girofle est la fleur du giroflier, cueillie avant son développement.
Essence de clou de girofle. Un citron piqué de clous de girofle. On
dit quelquefois absolument, Clou. Acheter de la muscade et du clou.
CLOU, signifie aussi, Un furoncle. Gros clou. Petit clou. Il lui est
venu un clou. Son clou est percé, a percé.
En Médec., Clou hystérique, Douleur vive, qui est bornée
à un seul point de la tête, et qu'éprouvent surtout les femmes
hystériques.
CLOUER . v. a.
Attacher avec des clous. Clouer des pentures de portes, de fenêtres.
Clouer des ais, des planches. Clouer des lattes, des ardoises. Clouer une caisse.
Il signifie quelquefois, par extension, Fixer d'une manière quelconque
un objet contre un autre, sur un autre. Le trait perça son bouclier,
et le lui cloua sur la poitrine. Il le saisit à la gorge, et le cloua,
le tint cloué contre la muraille.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Assujettir quelqu'un,
le fixer dans une résidence, un état, une position. Son emploi
le cloue à Paris. Une maladie cruelle me cloue dans mon lit.
CLOUÉ, ÉE. participe, Cet homme ne s'en ira pas, il
est cloué sur sa chaise. Il est cloué sur son ouvrage, sur ses livres.
Il est toujours cloué à son bureau.
Ce cavalier est cloué sur son cheval, Il s'y tient ferme, il ne
quitte point la selle, quelque violents que soient les mouvements de son cheval.
CLOUTER . v. a.
Garnir, orner de clous. Il ne se dit qu'en parlant De ces petits clous d'or
ou d'argent dont on garnit des boîtes, des tabatières, etc., pour
les orner. Clouter une boîte. Clouter une tabatière, un étui.
Clouter un carrosse, Garnir l'impériale d'un carrosse de plusieurs
rangs de gros clous bronzés, pour un deuil de cour. Il n'y a que le
roi et la famille royale qui fassent clouter leurs carrosses.
CLOUTÉ, ÉE. participe
CLOUTERIE . s. f.
Commerce de clous.
Se dit aussi d'Un lieu où l'on fabrique des clous.
CLOUTIER .s.m.
Celui qui fait ou qui vend des clous. Marchand cloutier. La boutique d'un
cloutier.
CLOYÈRE . s. f.
Espèce de panier dans lequel on apporte les huîtres. Une cloyère
d'huîtres.
Se dit aussi Des huîtres contenues dans ce panier. On a mangé
à ce déjeuner deux cloyères d'huîtres.
CLUB .s.m.
Mot emprunté de l'anglais. (Plusieurs prononcent Cloub ou Clob.)
Se dit d'Une société de personnes qui s'assemblent à jours
fixes pour s'entretenir des affaires publiques. Un club qui s'assemble clandestinement.
Le tumulte des clubs. Fermer un club.
CLUBISTE .s.m.
Membre d'un club.
CLYSOIR .s.m.
Espèce de long entonnoir, fait de toile imperméable, qui sert
à prendre des lavements.
CLYSTÈRE .s.m.
Médicament liquide qu'on introduit dans le corps par le fondement, à
l'aide d'une seringue. Clystère laxatif, rafraîchissant. Prendre
un clystère. Donner un clystère. Rendre un clystère.
On dit plus ordinairement aujourd'hui, Lavement ou Remède.
COACCUSÉ , ÉE. s.
.Jurispr. crim. Celui qui est accusé avec un ou plusieurs autres. Ses
coaccusés le chargent beaucoup.
COACTIF , IVE. adj.
T. didactique. Qui a droit ou pouvoir de contraindre. Puissance coactive.
Pouvoir coactif.
COACTION . s. f.
T. didactique. Contrainte, violence qui ôte la liberté du choix.
User de coaction. La coaction prouvée détruit l'acte.
COADJUTEUR .s.m.
Celui qui est adjoint à un prélat, pour l'aider à remplir
ses fonctions, et qui est ordinairement destiné à lui succéder
après sa mort. Coadjuteur d'un archevêque, d'un évêque,
d'un abbé. Coadjuteur d'Arles, de Reims, etc. Coadjuteur de l'archevêché,
de l'évêché de... Il a été fait coadjuteur.
Il a le brevet de coadjuteur, les bulles de coadjuteur. Il faut qu'un coadjuteur
soit sacré sous le titre d'un autre évêché.
COADJUTEUR, parmi les Religieux, se dit de Certains pères ou frères
qui ont différentes fonctions, selon la différence des ordres. Le
père coadjuteur. Le frère coadjuteur.
COADJUTORERIE . s. f.
La charge et dignité de coadjuteur ou de coadjutrice. La coadjutorerie
d'un archevêché, d'un évêché, d'une abbaye, etc.
On lui a donné, il a eu la coadjutorerie de...
COADJUTRICE . s. f.
Religieuse adjointe à une abbesse ou prieure pour les fonctions de sa
place, et qui est ordinairement destinée à lui succéder après
sa mort. Coadjutrice de telle abbesse. Coadjutrice de telle abbaye. Brevet
de coadjutrice.
COAGULATION . s. f.
T. didactique. L'état d'une chose coagulée, ou L'action par laquelle
elle se coagule. La coagulation du sang. La coagulation du lait.
COAGULER . v. a.
T. didactique. Cailler, figer, faire qu'une chose liquide prenne de la consistance,
l'épaissir en sorte qu'elle ne soit plus liquide. La présure
coagule le lait. Coaguler le sang dans les veines.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Le lait se coagule. Le sang extravasé
se coagule.
COAGULÉ, ÉE. participe
COAGULUM .s.m.
(On prononce Coagulome.) .Chimie. Coagulation qui résulte du mélange
de quelques liqueurs. Les acides mêlés au lait forment un coagulum.
Se dit aussi de Ce qui coagule. La présure est un coagulum.
COALISER
(SE). v. pron.
Se liguer, former une coalition. On s'indigna de voir tant de princes se
coaliser contre un seul. Ces deux partis se sont coalisés. Les ouvriers
se coalisèrent pour exiger que le prix des journées fût augmenté.
COALISÉ, ÉE. participe
COALITION . s. f.
Réunion de différents partis, ligue de plusieurs puissances. Former
une coalition. Une coalition redoutable. Détruire une coalition.
Se dit aussi, dans la Législation pénale, en parlant D'un concert
de mesures pratiqué par plusieurs personnes, dans la vue de nuire à
d'autres, ou à l'État. Coalition d'ouvriers. Les ouvriers formèrent
une coalition pour obtenir une augmentation de salaire. Il y eut une coalition
entre les fabricants pour forcer l'abaissement des salaires. Punir les chefs ou
moteurs d'une coalition.
COASSEMENT .s.m.
Le cri des grenouilles.
COASSER . v. n.
Crier. Il ne se dit qu'en parlant Des grenouilles. Les grenouilles coassent.
COASSOCIÉ .s.m.
Celui qui est associé avec d'autres. Il ne s'emploie qu'en termes de
Commerce.
COATI .s.m.
T. d'Hist. nat. Mammifère commun en Amérique, et qui est de la
grosseur d'un chat.
COBAEA .s.m.
.Bot. Plante grimpante à grandes fleurs bleues et campanulées,
qui croît très-vite, et que l'on cultive dans les jardins d'agrément,
sur les fenêtres, etc. Le cobaea est originaire du Mexique. On dit
aussi, Cobée; et ce mot est du féminin.
COBALT .s.m.
Métal blanc, dur et cassant, ordinairement combiné avec l'arsenic,
et dont l'oxyde a la propriété de donner au verre une couleur bleue.
Oxyde de cobalt. Bleu de cobalt. Cobalt arsenical. Poudre de cobalt.
COCAGNE . s. f.
Il est principalement usité dans cette locution proverbiale et figurée,
Pays de cocagne, Pays où tout abonde, où l'on fait bonne
chère à bon marché. C'est un vrai pays de cocagne.
Se dit aussi d'Une fête donnée au peuple, où il y a des
distributions de comestibles et des fontaines de vin. Donner une cocagne.
Ce sens a vieilli.
Mât de cocagne, Espèce de mât rond et lisse, planté
en terre, au haut duquel sont suspendus des prix qu'il faut aller détacher,
en grimpant sans aucun secours. On plante ordinairement des mâts de cocagne
les jours de fête publique.
COCARDE . s. f.
Signe qui diffère de couleur pour chaque nation, et que les militaires
portent à leur coiffure: il consiste en un morceau d'étoffe taillé
en rond et plissé, ou en une plaque de métal peinte, ou bien en
un simple noeud de ruban. On reconnut à leurs cocardes qu'ils étaient
Français. Cocarde tricolore. Cocarde noire. La cocarde espagnole est rouge.
Les hauts fonctionnaires, lorsqu'ils sont en costume, portent la cocarde.
Fig., Prendre la cocarde, Entrer au service, se faire soldat.
COCARDE, se dit aussi Des noeuds de ruban ou d'étoffe qui servent
à orner certaines parties de la parure des femmes, et principalement leurs
coiffures.
COCASSE . adj. des deux genres
Plaisant, risible, ridicule. On le dit Des personnes et des choses. Cet homme
est fort cocasse. Peut-on rien voir de plus cocasse? Il est populaire.
COCCYX .s.m.
(L'X se prononce comme S.) T. d'Anat. Petit os qui est comme un appendice de
l'os sacrum, à l'extrémité duquel il est attaché.
La queue des animaux n'est qu'un coccyx prolongé.
COCHE .s.m.
Il se disait autrefois d'Une espèce de chariot couvert, dont le corps
n'était pas suspendu, et dans lequel on voyageait. Mener un coche. Aller
en coche. Coches publics. On avait établi des coches pour aller de Paris
aux autres villes du royaume. Les coches de Versailles, d'Orléans, etc.
Aller par le coche, par la voie du coche. Prendre le coche. Retenir place au coche.
Donner des arrhes au coche. Le coche était plein. Manquer le coche.
Fig. et fam., Donner des arrhes au coche, Prendre quelque engagement
dans une affaire.
Fig. et fam., Manquer le coche, Perdre l'occasion de faire une chose
utile, avantageuse.
Prov. et fig., Faire la mouche du coche, Faire l'empressé, le
nécessaire, et s'attribuer le succès des choses auxquelles on a
le moins contribué.
COCHE, s'est dit aussi Des personnes qui étaient dans le coche.
Le coche dîna, coucha dans telle hôtellerie. Le coche fut volé.
Coche d'eau, se dit de Certains bateaux établis pour transporter
d'une ville à une autre les voyageurs et les marchandises. Le coche
de Melun, d'Auxerre, etc.
COCHE . s. f.
Truie. Grosse coche. Vieille coche.
COCHE . s. f.
Entaille faite à un corps solide. Faire une coche à un bâton.
La coche d'une arbalète, L'entaille qui est sur le fût,
et qui sert pour arrêter la corde quand on bande l'arbalète.
La coche d'une flèche, L'entaille qui est au gros bout de la flèche,
et dans laquelle on fait entrer la corde de l'arc.
COCHE, se dit particulièrement Des marques qu'on fait sur une
taille, à un morceau de bois, pour tenir le compte du pain, du vin, de
la viande, etc., qu'on prend à crédit.
COCHENILLAGE .s.m.
Décoction faite avec la cochenille, pour teindre en cramoisi ou en écarlate.
COCHENILLE . s. f.
Insecte qui sert à teindre en cramoisi et en écarlate. La cochenille
du Mexique vit sur le nopal, espèce de cactus; avant la découverte
de l'Amérique, on employait au même usage la cochenille du chêne
vert, nommée aussi Kermès. Voyez KERMÈS.
COCHENILLER . v. a.
Teindre une étoffe dans un bain fait avec de la cochenille.
COCHENILLÉ, ÉE. participe
COCHER .s.m.
Celui qui mène un carrosse ou toute autre voiture du même genre.
Bon cocher. Mauvais cocher. Cocher sûr. Cocher adroit, maladroit. Cocher
hardi. Cocher qui mène bien, qui tourne bien, qui n'accroche point. Cocher
de fiacre, de cabriolet. Le siége du cocher.
Cocher du corps, s'est dit Du cocher qui menait le carrosse où
était ordinairement la personne du roi, de la reine, du dauphin, etc.
En Astron., Le Cocher, Constellation de l'hémisphère septentrional.
CÔCHER . v. a.
Se dit proprement Du coq quand il couvre la poule; et, par extension, Des autres
oiseaux quand ils couvrent leurs femelles.
CÔCHÉ, ÉE. participe
COCHÈRE . adj. f.
Se dit D'une porte par laquelle les voitures peuvent passer pour entrer dans
la cour d'une maison, d'un hôtel. Une maison à porte cochère.
La première porte cochère à droite.
COCHET .s.m.
Petit coq, poulet à qui la crête vient et qui commence à
chanter. Un cochet et une poulette. Chaponner des cochets.
COCHEVIS .s.m.
Sorte d'alouette ayant une huppe sur la tête. Un cochevis qui chante
à merveille.
COCHLÉARIA .s.m.
(On prononce Cocléaria.) .Bot. Plante crucifère, qu'on
nomme aussi Herbe aux cuillers, parce que ses feuilles ont la forme d'un
cuilleron. Le cochléaria est un puissant antiscorbutique.
COCHON .s.m.
Porc, pourceau. Petit cochon. Cochon d'un an. Cochon gras. Cochon maigre.
Engraisser un cochon. Tuer un cochon. Saler un cochon. Mettre un cochon au gland,
à l'engrais. Les cochons aiment à se vautrer dans la fange. Garder
les cochons. Gardeur de cochons. Groin de cochon. Des oreilles de cochon. Pied
de cochon. Langue de cochon. Graisse de cochon.
Cochon de lait, Petit cochon qui tette encore, ou qu'on ne nourrit que
de lait. Manger un cochon de lait.
Fig. et fam., Avoir des yeux, de petits yeux de cochon, Avoir de très-petits
yeux.
Fam., Sale comme un cochon, gras comme un cochon, Très-sale, très-gras.
Fig. et pop., C'est un cochon, un gros cochon, un vilain cochon, se dit
D'un homme qui ne fait que manger et dormir. C'est un cochon, un vilain cochon,
se dit aussi D'un homme malpropre, ou qui fait quelque chose de sale.
Pop., Mener une vie de cochon, Vivre dans la crapule, dans la débauche.
Prov. et bass., Camarades, amis comme cochons, se dit De deux personnes
qui vivent dans une extrême familiarité, qui font souvent la débauche
ensemble.
Prov., Il semble que nous ayons gardé les cochons ensemble, se
dit Pour faire sentir à un inférieur ou à un homme que l'on
connaît peu, qu'il s'oublie et qu'il en use trop familièrement.
Cochon d'inde, Mammifère de l'ordre des Rongeurs, qui est plus
petit qu'un lapin, et qui grogne comme un cochon.
COCHON .s.m.
.Métallurgie. Mélange impur de métal et de scories, qui
bouche quelquefois les fourneaux où l'on fait fondre les métaux.
Dans l'affinage, on emploie ce mot pour désigner, Le gonflement ou le soulèvement
des cendres dans la coupelle.
COCHONNÉE . s. f.
Ce qu'une truie fait de petits cochons en une portée. Elle a fait
tant de petits cochons en une cochonnée.
COCHONNER . v. n.
Se dit D'une truie qui met bas. La truie a cochonné. Elle cochonnera
bientôt.
COCHONNER, s'emploie aussi comme verbe actif, dans le sens figuré
de Faire salement ou grossièrement un ouvrage. C'est un ignorant qui
cochonne l'ouvrage, la besogne. Voilà qui est bien cochonné.
Il est très-familier.
COCHONNÉ, ÉE. participe
COCHONNERIE . s. f.
Malpropreté. Cet homme est d'une cochonnerie dégoûtante.
Se dit, par extension, Des choses sales, gâtées, ou sans valeur.
Jetez toutes ces cochonneries. Que voulez-vous faire de ces cochonneries?
Se dit également, au figuré, d'Une action, d'un propos obscène
ou sale. C'est une cochonnerie. Il dit des cochonneries.
Ce mot est très-familier dans toutes ses acceptions.
COCHONNET .s.m.
Sorte de boule à douze faces, marquées chacune d'un point ou d'un
chiffre, depuis un jusqu'à douze. Jouer au cochonnet.
Se dit aussi de Ce que des gens qui jouent à la boule ou au palet, jettent
devant eux, pour leur servir de but. Cochonnet va devant.
COCO .s.m.
Le fruit du cocotier: il est composé d'une enveloppe filamenteuse, d'une
grosse coque ovale et très-dure, et d'une amande creuse, blanche et succulente,
contenant une liqueur laiteuse assez agréable au goût. On dit aussi,
Noix de coco. L'écorce du coco peut servir, au lieu de filasse, à
calfater des navires et à fabriquer des cordages. On fait divers ustensiles
avec la partie ligneuse du coco. Une tasse de coco. Un chapelet de coco. La chair
du coco est agréable.
COCO .s.m.
Espèce de boisson, faite avec de l'eau et du bois de réglisse.
Marchand de coco. Boire du coco. Un verre de coco. Il est populaire.
COCON .s.m.
La coque qui enferme le ver à soie quand il a achevé de filer,
et dont on obtient la soie en la dévidant. Un cocon de ver à
soie.
COCOTIER .s.m.
Espèce de palmier très-élevé qui porte le coco,
et dont les feuilles ont jusqu'à quinze pieds de longueur.
COCTION . s. f.
T. didactique. Action soutenue de la chaleur sur des matières animales
ou végétales, et L'effet de cette action. Se dit surtout en parlant
D'une chose que l'on fait cuire dans de l'eau bouillante ou dans un autre liquide.
Se dit proprement, en Physiologie, de La digestion des aliments dans l'estomac.
Quand l'estomac est faible, la coction ne se fait pas bien.
En Médec., La coction des humeurs, est, suivant les humoristes,
L'élaboration des humeurs qui se séparent de la masse du sang. Cela
sert à la coction des humeurs. Et ils appellent Période de
coction, La période d'une maladie où s'opère la coction
des humeurs.
La coction des métaux, se dit en parlant De la manière
dont les métaux se perfectionnent dans le sein de la terre.
COCU .s.m.
Terme de dérision et un peu libre, qui se dit de Celui dont la femme
manque à la fidélité conjugale. Il est cocu. C'est un
cocu. Sa femme l'a fait cocu.
COCUAGE .s.m.
Terme de dérision et un peu libre, qui se dit de L'état d'un homme
qui est cocu. Il souffre patiemment le cocuage.
CODE .s.m.
Il s'est dit d'abord Du recueil, de la compilation des lois, constitutions,
rescrits, etc., faite par ordre de certains empereurs romains. Le code théodosien
ou de Théodose. Le code de Justinien, ou absolument, Le Code.
Dans tel titre du Code. Le Code et le Digeste.
Il s'est dit aussi de Plusieurs recueils des ordonnances de nos rois, et même
de quelques-unes de ces ordonnances. Le code Louis. Le code de la marine. Le
code noir.
Il s'est dit, par extension, de Divers traités de droit qui contiennent
les maximes et les règlements relatifs à certaine matière.
Code des curés. Code des chasses. Etc.
Se dit maintenant de Toute loi, de tout corps de lois qui renferme un système
complet de législation sur certaine matière. Notre jurisprudence
actuelle est fondée sur six codes principaux: le code civil, le code de
procédure civile, le code de commerce, le code d'instruction criminelle,
le code pénal et le Code forestier. Code rural. Code militaire.
CODE, se dit également, en Pharmacie, Du recueil des formules
médicales approuvées. On se sert quelquefois, dans ce sens, du mot
latin Codex. Code pharmaceutique. Les formules du Code ou du Codex.
CODE, se dit quelquefois au figuré d'Un ouvrage qui contient un
recueil de préceptes, un corps de doctrine sur une matière quelconque.
Cet excellent livre est un véritable code de morale.
Fig., Le code de la morale, de l'honneur, etc., Les lois, les préceptes
de la morale, de l'honneur, etc.
CODÉBITEUR .s.m.
.Jurispr. Celui qui a contracté une dette conjointement avec un autre.
Codébiteurs solidaires.
CODÉCIMATEUR .s.m.
Celui qui percevait des dîmes avec un autre décimateur.
CODÉTENTEUR .s.m.
.Jurispr. Celui qui retient avec un autre, une somme, une succession, un héritage.
CODEX .s.m.
.Pharmacie, emprunté du latin. Voyez CODE.
CODICILLAIRE . adj. des deux genres
(Les L ne sont pas mouillées dans ce mot et dans le suivant.) Qui est
contenu dans un codicille. Legs codicillaire. Disposition codicillaire. Etc.
Clause codicillaire, Clause d'un testament par laquelle le testateur
déclare que, si son testament ne peut valoir comme tel, il entend qu'il
vaille comme codicille.
CODICILLE .s.m.
Se dit d'Un acte postérieur à un testament, qui a pour objet d'y
ajouter ou d'y changer quelque chose. Par son codicille, il révoqua
trois ou quatre articles de son testament. Dans notre législation actuelle,
toute disposition de dernière volonté se nomme testament.
CODILLE .s.m.
T. du Jeu de l'hombre, du tri, du quadrille, qu'on emploie dans cette phrase,
Faire ou gagner codille, Gagner sans avoir fait jouer.
CODONATAIRE . adj. des deux genres
.Jurispr. Associé, conjoint avec un autre dans une même donation.
COECUM .s.m.
(On prononce Cécome.) T. d'Anat., emprunté du latin. Le
premier des gros intestins.
COEFFICIENT .s.m.
T. d'Algèbre. Le nombre ou la quantité connue, ou censée
telle, qui s'écrit au devant d'une quantité algébrique inconnue,
et qui la multiplie.
COELIAQUE . adj.
Voyez CÉLIAQUE.
COEMPTION . s. f.
.Droit romain. Achat réciproque.
COERCIBLE . adj. des deux genres
.Physique. Qui peut être resserré et retenu dans un certain espace.
Tous les gaz sont coercibles.
COERCITIF , IVE. adj.
.Droit. Qui renferme le droit de coercition. Pouvoir coercitif. Puissance
coercitive.
COERCITION . s. f.
.Droit. Action par laquelle on empêche quelqu'un d'agir contre son devoir;
droit qu'on a de contraindre quelqu'un à faire son devoir. Le droit
de coercition est un des attributs de la justice.
COÉTAT .s.m.
État ou prince qui partage la souveraineté avec un autre. Il est
peu usité.
COÉTERNEL , ELLE. adj.
Qui existe de toute éternité avec un autre. Le Verbe est coéternel
au Père. Quelques philosophes païens ont cru que la matière
était coéternelle à Dieu.
COEUR .s.m.
Viscère qui est le principal organe de la circulation du sang, et qui
est situé dans la poitrine: il consiste en un muscle creux dont la forme
est à peu près celle d'un cône renversé, légèrement
aplati de deux côtés, arrondi à la pointe, et ovoïde
à la base. Le mouvement du coeur. Le battement, les battements du coeur.
Les pulsations du coeur. La systole, la diastole du coeur. La contraction, la
dilatation du coeur. Palpitation du coeur. Avoir des palpitations de coeur. Les
ventricules, les oreillettes, la pointe, la base du coeur. Les maladies du coeur.
Polype au coeur. Anévrisme du coeur. Il fut blessé, frappé
au coeur. Son coeur ne battait plus que faiblement. Son coeur avait cessé
de battre. Le coeur d'un animal. Le coeur d'un boeuf, d'un veau, d'un mouton,
etc. Un coeur de boeuf, de veau, de mouton. Le coeur d'un oiseau, d'un poisson,
etc.
Tant que le coeur me battra, Tant que je vivrai. On dit aussi, figurément
et populairement, Tant que le coeur me battra dans le ventre, au ventre.
Prov. et fig., Il voudrait lui manger, lui avoir mangé le coeur, lui
arracher le coeur, se dit Pour exprimer la haine mortelle qu'un homme porte
à un autre.
COEUR, se dit, dans un sens particulier, Du coeur considéré
comme susceptible de mouvements causés par les passions. Le coeur lui
bat, lui bat violemment. Son coeur palpite. Son coeur tressaillait d'aise, de
joie. La joie dilate le coeur, le chagrin le resserre. Épanouissement de
coeur. Serrement de coeur.
Il signifie quelquefois, par extension, La partie de la poitrine où les
battements du coeur se font sentir. Il le pressa, il le serra tendrement contre
son coeur. Il portait ce gage d'amour sur son coeur. Mettre la main sur son coeur,
sur le coeur de quelqu'un.
Se dit souvent, au figuré, Du coeur regardé comme le siége
des passions, l'organe de la sensibilité morale. Avoir le coeur navré,
oppressé, serré de douleur, de tristesse. Un coeur agité.
Son coeur était enflammé de colère. Avoir la rage, le désespoir
dans le coeur. Avoir le coeur saisi, le coeur contrit. Le coeur gros de soupirs,
de dépit. Le coeur plein d'amertume, d'indignation. Il a le coeur gros.
Il en a le coeur gros. Il en a le coeur ému. Cela le touche au coeur. Son
coeur nage dans la joie. Amollir, attendrir, toucher le coeur de quelqu'un. Vous
l'avez frappé, blessé au coeur. Le coeur lui saigne. Cela me fait
saigner le coeur, me fait crever le coeur. Cela me perce, me déchire, me
fait fendre le coeur. Le coeur lui fend. Ces paroles lui pénétrèrent
le coeur. Ses accents ont retenti jusqu'au fond de mon coeur. Le calme rentra
dans mon coeur. Mon coeur s'ouvrit à l'espérance. Il gardait cela
dans son coeur. Cela est gravé dans mon coeur. J'ai cela bien avant dans
le coeur. Les plaisirs du coeur. Les peines du coeur. Les plaies du coeur. Avoir
un poids sur le coeur. Un coeur flétri par l'infortune.
Le coeur me le disait bien, me l'avait bien dit, J'en avais un pressentiment.
Parler au coeur, Parler de manière à intéresser
le coeur.
Cela va au coeur, Cela touche, émeut. Ses paroles m'allaient
au coeur.
Fam., De gaieté de coeur, De propos délibéré
et sans sujet. Il l'insulta de gaieté de coeur. Quereller quelqu'un
de gaieté de coeur.
Se ronger le coeur, ronger son coeur, S'affliger, se chagriner, se tourmenter.
Avoir quelque chose sur le coeur, En avoir du ressentiment. On dit de
même, Cela lui tient au coeur.
Cela lui pèse sur le coeur, Cela lui cause du chagrin, du ressentiment.
Décharger son coeur, Découvrir, déclarer avec franchise
les sujets de douleur, d'inquiétude ou de plainte que l'on a. Ma patience
est à bout, il faut que je décharge mon coeur.
Prov., Je veux en avoir le coeur net, Je veux savoir ce qui en est, je
veux me délivrer de mes doutes sur ce fait. Je lui demanderai la cause
de son refroidissement, pour en avoir le coeur net.
COEUR, signifie plus particulièrement, Cette faculté de
l'âme qui nous rend capables d'affection, d'amitié, d'amour, de zèle,
etc. Régner sur les coeurs. Se concilier tous les coeurs. Il sut gagner
tous les coeurs. Il a le coeur des peuples, des soldats. Tous les coeurs volent
au-devant de lui. Élever son coeur à Dieu, lui offrir son coeur.
Avoir, mettre son coeur en Dieu. Il a mis son coeur aux choses de la terre. J'ai
fait cela de coeur et d'affection, de coeur et d'âme, du meilleur de mon
coeur. Il a le coeur à l'étude, aux livres, aux armes, au jeu. Il
a mis la tout son coeur. Il a le coeur porté à cela. Je l'aime de
tout mon coeur. Le coeur d'un ami, d'un père, d'un époux, d'une
mère, etc. Un coeur de père. Nos coeurs ne tardèrent pas
à s'entendre. Un ami qui nous parle du coeur. L'amour est le tyran des
coeurs. Obtenir, posséder le coeur d'une personne. Donner son coeur. Disposer
de son coeur. Donner son coeur et sa main. Faire don de son coeur. La paix du
coeur. Un coeur libre. Un coeur fidèle. Un coeur embrasé d'amour,
brûlant d'amour. Un coeur prompt à s'enflammer. Avoir le coeur tendre.
Il sut trouver le chemin de mon coeur. Ses attraits ont subjugué mon coeur.
Mon coeur est à toi pour jamais. Perdre le coeur de son époux, de
sa maîtresse. Quel autre m'a ravi, dérobé ton coeur? L'union
des coeurs.
Fig. et fam., Son coeur commence à parler, son coeur a parlé,
se dit D'une jeune personne qui éprouve les premiers sentiments de tendresse,
de préférence pour quelqu'un.
Prov., Loin des yeux, loin du coeur, Ordinairement l'absence détruit
ou refroidit les affections.
L'ami, l'amie du coeur, Celui, celle que l'on aime le plus tendrement.
C'est l'ami du coeur.
Fam., Affaire de coeur, Commerce de galanterie.
Fig., Ces deux personnes ne sont qu'un coeur et qu'une âme, ce n'est
qu'un coeur, Elles s'entr'aiment beaucoup.
Mon coeur, mon petit coeur, mon cher coeur. Expressions de tendresse
dont on se sert en parlant À une personne que l'on aime; ou, par badinage,
en parlant À une personne avec qui l'on vit familièrement.
Prendre une chose à coeur, S'en affecter, y être vivement
sensible. Vous prenez cela trop à coeur. On dit de même, Cette
affaire lui tient au coeur, Il s'y intéresse fort.
Fam., Avoir coeur, Avoir le coeur au métier, Travailler avec zèle,
avec ardeur; affectionner ce qu'on fait, ce qu'on doit faire. On dit de même,
Avoir coeur à l'ouvrage.
De bon coeur, de grand coeur, de tout son coeur, Volontiers, avec plaisir.
À contre-coeur, Avec répugnance, malgré soi.
Fam., Si le coeur vous en dit, Si vous êtes d'humeur à faire
cela. Le coeur vous en dit-il?
Prov. et pop., Prendre son coeur par autrui, Se mettre en la place de
quelqu'un, agir à son égard comme en pareil cas nous voudrions qu'on
agît au nôtre. Cette phrase a vieilli.
COEUR, se dit aussi en parlant Des inclinations de l'âme. C'est
un bon coeur. C'est un mauvais coeur. Avoir bon coeur. Avoir mauvais coeur. Il
a le coeur droit. Il a le coeur franc. Il a le coeur bien placé. Coeur
généreux. Coeur dissimulé. Il a le coeur gâté,
corrompu. Coeur excellent. Coeur dur. Coeur compatissant. Coeur sensible. La pureté
du coeur. Vous connaissez la droiture de son coeur. Être doux et humble
de coeur. Il le promit dans toute la sincérité de son coeur. L'impulsion
du coeur. Régler les mouvements de son coeur.
Fig. et fam., C'est un coeur d'or, C'est un excellent coeur.
Avoir, porter un coeur d'homme, Être doué de sensibilité.
Fig., N'avoir point de coeur, Être dépourvu de toute sensibilité,
n'avoir aucune noblesse, aucune générosité dans les sentiments.
Prov., Mauvaise tête et bon coeur, Les gens étourdis et
inconsidérés ont souvent de bonnes intentions, un bon coeur.
Fig., Avoir un coeur de tigre, Être d'une extrême cruauté.
Fig., Être tout coeur, Être très-généreux,
très-bienfaisant.
Cet homme a le coeur endurci, c'est un coeur endurci, Il est tellement
opiniâtre, qu'on ne peut le fléchir; et, en langage de dévotion,
Il est extrêmement obstiné dans le mal, dans le péché.
Fig., Avoir le coeur ou un coeur de roche, un coeur de marbre, un
coeur de diamant, un coeur de bronze, un coeur d'airain, etc., Avoir un coeur
dur, insensible.
COEUR, se dit quelquefois par opposition à L'esprit, dans les
divers sens figurés qui précèdent. Ce sermon plaît
à l'esprit, et ne touche point le coeur. Former l'esprit et le coeur des
enfants. Son esprit égara son coeur.
COEUR, se dit aussi, soit absolument, soit avec un adjectif, en parlant
Du courage, de la fermeté d'âme, de la constance. Il a du coeur.
Il n'a point de coeur. Perdre coeur. Reprendre coeur. C'est un grand coeur. Un
coeur généreux. Un noble coeur. Un coeur lâche. Un coeur bas.
Il a le coeur haut. Il est tout coeur. C'est un homme de peu de coeur, sans coeur.
Ils se comportèrent en gens de coeur. Cela lui a enflé, élevé,
haussé le coeur; lui a abattu, abaissé le coeur; lui a rendu le
coeur. Cela relève le coeur. Le coeur lui manque. Le coeur lui revient.
Fig., Un coeur de lion, Un grand courage; et familièrement, Un
coeur de poule, Une extrême poltronnerie.
Fig. et fam., Mettre, remettre le coeur au ventre à quelqu'un,
Lui donner, lui redonner du courage. Je lui ai mis le coeur au ventre. Il était
consterné, mais ce petit avantage lui remit le coeur au ventre.
Fig. et fam., Faire contre fortune, contre mauvaise fortune bon coeur,
Ne pas se laisser abattre par la contradiction, par les échecs, par les
revers.
Prov., Le coeur haut et la fortune basse, Plus de courage que de fortune.
Ce malade a le coeur bon, Son courage se soutient, il a encore des forces.
Avoir le coeur mort, Se sentir très-faible, épuisé,
abattu.
COEUR, signifie encore, La pensée intime, les dispositions secrètes
de l'âme. Dieu sonde les coeurs. Dieu connaît les coeurs, voit
le fond des coeurs. Dieu est scrutateur des coeurs. Vous lisez dans mon coeur.
Il pénètre dans les replis les plus cachés du coeur. Au fond
du coeur. Descendre dans son coeur, au fond de son coeur. Connaître tous
les secrets du coeur humain. Le langage du coeur. Son coeur a parlé. Son
coeur démentait sa bouche.
Le coeur des rois est dans la main de Dieu, Il tourne leurs volontés
comme il lui plaît.
Se parler coeur à coeur, Se parler avec la plus grande franchise,
sans aucune réserve.
Prov., Il dit cela de bouche, mais le coeur n'y touche, Il parle contre
sa pensée. Dans un sens analogue, Il le dit des lèvres, mais
le coeur n'y est pas.
Fig., Avoir le coeur sur les lèvres, Être franc et sincère.
On dit dans le même sens, Avoir le coeur sur la main.
Ouvrir son coeur à quelqu'un, Lui confier ses plus secrets sentiments.
Ouvrez-moi votre coeur. Puisque vous prenez tant d'intérêt à
ce qui me touche, il faut que je vous ouvre mon coeur. Je le pressai de m'ouvrir
son coeur.
Parler à coeur ouvert, Parler avec une entière franchise,
sans aucun déguisement.
Parler d'abondance de coeur, Parler avec épanchement, avec une
pleine confiance.
COEUR, se prend quelquefois abusivement pour L'estomac. Mal de coeur.
Il a mal au coeur. Il a le coeur barbouillé. Cela lui fait mal au coeur.
Le coeur lui fait mal. Il est sujet à des maux de coeur. Le coeur lui bondit.
Le coeur lui soulève. Cela lui fait soulever le coeur. Des bondissements,
des soulèvements de coeur. J'ai encore mon dîner sur le coeur. L'eau
que j'ai bue me tourne autour du coeur, me pèse sur le coeur.
Avoir le coeur noyé, le coeur noyé d'eau, Être incommodé
pour avoir bu trop d'eau.
Fig. et fam., Cela lui fait mal au coeur, il en a mal au coeur, Il ne
voit cela qu'avec déplaisir, il en est choqué. Cela me fait grand
mal au coeur. Pensez-vous qu'il n'ait pas bien mal au coeur de voir...
Ce vin va au coeur, Il réjouit, il est fort agréable au
goût. On dit de même, Cette liqueur, cette eau-de-vie, ce rhum
va au coeur.
Prov., Se donner au coeur joie ou à coeur joie de quelque chose,
En jouir pleinement et abondamment, s'en rassasier. On dit dans le même
sens, S'en donner à coeur joie.
Pop., Cet homme a bon coeur, il ne rend rien, se dit D'un homme dont
l'estomac ne rejette point ce qu'il a reçu; et, figurément, D'un
homme qui ne rend jamais ce qu'on lui prête.
COEUR, se dit aussi de Certains bijoux, ornements, etc., qui ont à
peu près la forme d'un coeur. Une croix d'or surmontée d'un coeur.
On dit dans un sens analogue, en termes de Botanique, Une feuille en coeur,
des pétales en coeur, etc.
Fam., Faire la bouche en coeur, Donner à sa bouche une forme mignarde,
affectée.
COEUR, se dit particulièrement, d'Une des quatre couleurs du jeu
de cartes, dont les points sont figurés par des coeurs. Roi de coeur.
Dix de coeur; etc. Il a bien du coeur. Il a trois coeurs dans son jeu. Une quinte
en coeur. Son point est en coeur. Il rentre par coeur.
COEUR, signifie encore, par analogie, Le milieu de quelque chose, particulièrement
d'un État ou d'une ville. Le coeur de la ville. Le coeur du royaume.
Il est logé au coeur de la ville. L'ennemi était au coeur du royaume.
Au coeur de l'hiver, au coeur de l'été, Au plus fort de
l'été, au plus fort de l'hiver, par le plus grand chaud, par le
plus grand froid.
Coeur de cheminée, Le milieu de la cheminée, où
est ordinairement une plaque. Il est noir comme le coeur de la cheminée.
COEUR, signifie également, La partie intérieure du tronc
d'un arbre. Du coeur de chêne. Du coeur de poirier. Une table faite de
coeur de noyer. Coeur de cormier.
Se dit aussi Du milieu d'un fruit, particulièrement d'une pomme et d'une
poire. Cette pomme, cette poire est gâtée dans le coeur. Le coeur
de cet ananas est gâté. On dit dans un sens analogue, Le coeur
d'une laitue.
PAR COEUR. loc. adv. De mémoire. Apprendre une chose par coeur.
Savoir des vers, un discours, etc., par coeur. Réciter par coeur.
Fig. et fam., Savoir un homme par coeur, Connaître parfaitement
son caractère, ses habitudes.
Prov. et fig., Dîner par coeur, Se passer de dîner involontairement.
S'il ne vient à l'heure, il dînera par coeur. Vous m'avez fait
dîner par coeur.
COEXISTANT , ANTE. adj.
T. didactique. Qui coexiste.
COEXISTENCE . s. f.
T. didactique. Simultanéité, état de plusieurs choses qui
existent dans le même temps.
COEXISTER . v. n.
T. didactique. Exister ensemble. Les luthériens soutiennent que le
pain et le vin coexistent dans l'eucharistie avec le corps et le sang de JÉSUS-CHRIST.
COFFRE .s.m.
Sorte de meuble, de caisse propre à serrer et à enfermer des hardes,
de l'argent, etc., et qu'on ouvre en levant le couvercle. Grand coffre. Petit
coffre. Coffre de bois. Coffre de fer. Le coffre au linge. Le coffre à
l'avoine. Coffre de nuit. Un coffre plein. Le fond du coffre. Mettre dans un coffre.
Enfermer, serrer dans un coffre. Charger des coffres.
Coffre-fort, Coffre de fer ou de bois fort épais, garni de bandes
et de liens de fer, dans lequel on serre l'argent et ce qu'on a de plus précieux.
Les voleurs sont entrés chez lui, mais ils n'ont pu enfoncer son coffre-fort.
Prov., Cette fille est belle au coffre, se dit D'une fille qui n'est
pas belle, mais qui a beaucoup d'argent en mariage.
Fig., Les coffres du roi, s'est dit pour Le trésor royal, l'Épargne.
Les coffres du roi étaient chargés de ces dettes, de ces pensions.
Cela entrait dans les coffres du roi. On dit encore, dans le même sens,
Les coffres de l'État.
Piquer le coffre, Attendre longtemps dans l'antichambre du roi, d'un
grand seigneur, etc., parce qu'à la cour il y avait des salles où
l'on ne trouvait à s'asseoir que sur des coffres. Cette phrase n'est plus
usitée.
Prov. et fig., Il s'entend à cela comme à faire un coffre,
Il ne s'y entend point du tout.
Prov. et fig., Raisonner comme un coffre, Raisonner très-mal.
Prov. et fig., Rire comme un coffre, Rire à gorge déployée.
Ils riaient comme des coffres.
Le coffre du carrosse, d'un carrosse, La partie d'un carrosse sur laquelle
on met les coussins pour s'asseoir, et qui a un couvercle qui se lève et
s'abaisse comme celui d'un coffre.
Coffre d'autel, La table d'un autel, avec l'armoire qui est au-dessous.
COFFRE, signifie aussi, La capacité, l'espace qui est enfermé
sous les côtes. Il a reçu un coup d'épée dans le
coffre. Il a le coffre percé. Ce sens a vieilli, excepté dans
la phrase suivante:
Fam., Avoir le coffre bon, avoir un bon coffre, Avoir un bon estomac,
une bonne poitrine. Cet homme a les jambes en mauvais état, mais il
a le coffre bon.
COFFRE, se dit également, en termes de Vénerie, Du corps
de la bête fauve. Le coffre du cerf.
Cette jument a un grand coffre, un beau coffre, Elle a les flancs fort
larges, et propres pour porter les poulains.
COFFRER . v. a.
Mettre dans un coffre. Il n'est point usité au propre; mais au figuré
il signifie, Emprisonner. Il a fait coffrer son débiteur. Il a été
coffré ce matin. Ce mot est familier.
COFFRÉ, ÉE. participe
COFFRET .s.m.
Petit. coffre. Coffret d'écaille. Coffret garni d'argent.
COFFRETIER .s.m.
Ouvrier qui fait des coffres.
COFIDÉJUSSEUR .s.m.
.Jurispr. Se dit de Chacun de ceux qui ont cautionné un même débiteur
pour une même dette.
COGNASSE . s. f.
Coing sauvage moins gros et moins jaune que l'autre.
COGNASSIER .s.m.
Arbre à fleurs rosacées, qui porte des coings ou des cognasses.
Greffer sur cognassier.
COGNAT .s.m.
.Jurispr. (Le G se prononce durement dans ce mot et dans le suivant.) Se dit
en général de Ceux qui sont unis par des liens de parenté;
et quelquefois il désigne particulièrement Ceux qui sont parents
du côté des femmes. Les agnats et les cognats.
COGNATION . s. f.
.Jurispr. Lien de parenté entre tous les descendants d'une même
souche.
COGNÉE . s. f.
Instrument tranchant fait en forme de hache, et qui sert à couper du
gros bois. La cognée d'un bûcheron. Bonne cognée. Emmancher
une cognée. Sa cognée est démanchée, est bien emmanchée,
est ébréchée, est émoussée.
Prov. et fig., Jeter le manche après la cognée, Se rebuter,
abandonner totalement une affaire, une entreprise, par chagrin, par dégoût,
par découragement.
Prov. et fig., Aller au bois sans cognée, Entreprendre quelque
chose sans se munir de ce qui est nécessaire pour réussir.
Prov. et fig., Mettre la cognée à l'arbre, Commencer une
entreprise.
COGNE-FÉTU .s.m.
Se dit, proverbialement et figurément, d'Un homme qui se fatigue beaucoup
à ne rien faire. C'est un vrai cogne-fétu. On dit de même,
Il ressemble à Cogne-fétu, il se tue et ne fait rien. Il
est populaire.
COGNER . v. a.
Frapper fort sur une chose pour la faire entrer, ou pour la faire joindre avec
une autre. Cogner un clou. Cogner une cheville.
Il signifie aussi simplement, Frapper. Cognez contre la muraille, sur le
plancher. Cogner à la porte. Il s'est cogné la tête contre
la muraille. On dit aussi, avec le pronom personnel, Se cogner contre quelque
chose. Ce sens est familier.
Fig. et fam., Se cogner la tête contre le mur, Entreprendre une
chose impossible, ou dont on n'est pas capable.
COGNER, se dit encore, populairement, pour Battre, rosser. Il s'est
fait cogner comme il faut. Tu te feras cogner.
COGNÉ, ÉE. participe
COHABITATION . s. f.
.Jurispr. Il signifie, en général, L'état de deux personnes
qui habitent ensemble; mais on le dit plus particulièrement D'un mari et
d'une femme qui vivent ensemble, en remplissant les devoirs du mariage, et quelquefois,
par extension, Du commerce charnel de deux personnes libres. Il y a eu cohabitation.
COHABITER . v. n.
.Jurispr. Vivre ensemble comme mari et femme. Ils ont cohabité longtemps.
On dit aussi, Cohabiter avec une personne, Avoir avec elle un commerce
charnel.
COHÉRENCE . s. f.
T. didactique. Liaison, union, connexion d'une chose avec une autre.
COHÉRENT , ENTE. adj.
Se dit Des parties d'un tout qui sont liées entre elles, et Du tout lui-même
relativement à la liaison de ses parties. Il ne s'emploie guère
qu'au figuré. Ce raisonnement est cohérent dans toutes ses parties.
COHÉRITIER , IÈRE. s.
.Jurispr. Celui, celle qui hérite avec un autre. Il est mon cohéritier.
Partage entre cohéritiers. Elles sont cohéritières.
COHÉSION . s. f.
.Physique. Adhérence, force par laquelle les parties d'un corps adhèrent
entre elles. La cohésion est plus forte dans les corps solides que dans
les corps liquides.
COHOBATION . s. f.
.Chimie. Distillation d'un liquide déjà distillé.
COHOBER . v. a.
.Chimie. Remettre dans la cornue la liqueur qui a passé dans le récipient,
pour la distiller de nouveau.
COHOBÉ, ÉE. participe
COHORTE . s. f.
Corps d'infanterie parmi les Romains. La cohorte était de cinq à
six cents hommes. Les cohortes prétoriennes étaient plus fortes
que les cohortes des légions.
Se dit en poésie, et surtout au pluriel, de Toutes sortes de troupes.
De vaillantes cohortes. Il rallia ses cohortes.
Se dit, par extension et familièrement, d'Une troupe de gens quelconques.
Il est venu là avec sa cohorte. Le prévôt s'y transporta
avec toute sa cohorte.
COHUE . s. f.
On appelait autrefois ainsi, dans quelques provinces, Le lieu où se tenaient
les petites justices. La cohue de tel lieu. Le procureur était à
la cohue.
Il ne se dit plus aujourd'hui que figurément, en parlant d'Une réunion
de personnes où règnent le tumulte et la confusion. Je ne veux
point aller à cette assemblée, c'est une cohue, ce n'est qu'une
cohue. Il y avait trop de cohue à ce bal.
COI , TE. adj.
Tranquille, calme, paisible. Il n'est guère usité que dans ces
phrases familières: Se tenir coi. Demeurer coi.
Chambre coite, Chambre bien fermée et bien chaude. Cette locution
a vieilli.
COIFFE . s. f.
Espèce de couverture de tête. Se dit principalement d'Un ajustement
de tête des femmes. Une coiffe de taffetas. Une coiffe de gaze. Une coiffe
à dentelle. Coiffe claire. Coiffe de dessus. Coiffe de dessous. Une femme
qui prend sa coiffe. Autrefois on le disait souvent au pluriel, parce que
cette expression désignait en même temps Les voiles attachés
à la coiffe. Prendre ses coiffes. Mettre, attacher, nouer ses coiffes.
Lever, baisser ses coiffes. Ôter ses coiffes.
Coiffe de nuit ou de bonnet de nuit, Coiffe de toile que les hommes
mettent quelquefois dans leur bonnet de nuit.
Prov., Être triste comme un bonnet de nuit sans coiffe, Être
chagrin et mélancolique. Cette phrase a vieilli: on dit seulement, Être
triste comme un bonnet de nuit.
Coiffe de chapeau, Coiffe de taffetas ou de toile, dont on garnit le
dedans des chapeaux.
COIFFE, en termes d'Anatomie, se dit d'Une membrane que quelques enfants
ont sur la tête en venant au monde. Cet enfant avait la coiffe en naissant.
COIFFE, en termes de Botanique, se dit d'Une enveloppe membraneuse qui
recouvre l'urne des mousses.
COIFFER . v. a.
Couvrir la tête. Il me jeta un manteau sur les épaules, et me
coiffa d'un grand chapeau. Il est très-souvent employé avec
le pronom personnel. Se coiffer d'un bonnet de nuit. Les Turcs se coiffent
d'un turban, les Français d'un chapeau.
Fam. et par plaisanterie, Coiffer quelqu'un de quelque chose, Le lui
jeter, le lui appliquer sur la tête. Il le coiffa d'un seau d'eau.
Fig. et fam., Cette femme coiffe son mari, Elle lui est infidèle.
Fig. et fam., Se coiffer de quelqu'un, S'engouer, s'entêter de
quelqu'un. Il s'est allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée
de lui. Il s'est coiffé de cet homme, qui n'a cependant aucun mérite.
Fig. et fam., Coiffer quelqu'un d'une opinion, La lui faire embrasser;
et dans un sens analogue, Se coiffer d'une opinion. Je ne sais qui l'a coiffé
d'une opinion si extravagante. Quand une fois il s'est coiffé d'une opinion,
on a bien de la peine à le ramener.
COIFFER, signifie quelquefois, figurément et familièrement,
Enivrer. Il est aisé à coiffer. Il ne faut que trois verres de
vin pour le coiffer. S'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel.
Cet homme se coiffe souvent. On dit de même, Se coiffer le cerveau,
avoir le cerveau coiffé.
COIFFER, signifie aussi, Orner, parer la tête avec ce qui sert
à la couvrir, ou Arranger, friser les cheveux. Elle se fit coiffer par
sa femme de chambre, Savez-vous coiffer? On la coiffa de fleurs, de plumes, etc.
Ce valet de chambre était occupé à coiffer son maître.
On l'emploie très-fréquemment, dans ce sens, avec le pronom personnel,
surtout en parlant Des femmes. Se coiffer avec un bonnet. Se coiffer avec ses
cheveux. Se coiffer en cheveux.
Coiffer bien, coiffer à merveille, Arranger les coiffures de femme
avec beaucoup d'élégance et de goût. On dit de même,
Cette femme se coiffe bien.
Ce perruquier coiffe bien, Les perruques qu'il fait vont bien. Cette
perruque coiffe bien, ce chapeau coiffe bien, ce bonnet coiffe bien, etc.,
Ils siéent bien à l'air du visage.
Coiffer une bouteille, Mettre une enveloppe par-dessus le bouchon, pour
empêcher que le vin ne s'évente.
En termes de Chasse, Les chiens ont coiffé le sanglier, Ils l'ont
pris aux oreilles.
En termes de Marine, on dit qu'Un bâtiment coiffe, lorsque, par
une manoeuvre ou un changement de vent subit, le vent frappe sur l'avant des voiles.
Il fit une fausse manoeuvre, et le vaisseau coiffa.
COIFFÉ, ÉE. participe, Une femme coiffée en paysanne.
Cet enfant est né coiffé, se dit D'un enfant qui est venu
au monde avec une sorte de membrane qu'on appelle Coiffe, et que le peuple
regarde comme un présage de bonheur: c'est de là que vient le proverbe,
Être né coiffé, Être très-heureux.
Prov. et fig., Il aimerait une chèvre coiffée, se dit D'un
homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient.
Être bien coiffé, Avoir une perruque, un chapeau qui sied
bien; ou, par extension, Avoir les cheveux bien plantés.
Ce chien est bien coiffé, Il a les oreilles longues et pendantes.
Au Jeu d'échecs, Un pion coiffé, Un pion auquel on attache
un signe, et qui, d'après les règles du jeu, a un emploi particulier.
COIFFEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui fait métier de couper, de friser, d'arranger les cheveux.
Habile coiffeur. C'est le coiffeur à la mode. Boutique de coiffeur.
Une bonne coiffeuse.
COIFFURE . s. f.
Couverture et ornement de tête. Le turban est la coiffure des Turcs.
Une coiffure de femme.
Il se prend ordinairement pour La manière dont les femmes se coiffent
selon le pays et la mode. Coiffure à la mode. Coiffure à boucles.
Coiffure à la Ninon.
COIN .s.m.
Angle, endroit où se fait la rencontre de deux lignes ou de deux surfaces,
soit en dedans, soit en dehors. Le coin d'une rue. Le coin d'une maison, d'une
chambre, d'un jardin. Le coin d'une cheminée. Le coin d'un champ. Le coin
d'un bois. Se cacher dans le coin d'une maison. Serrer quelque chose dans un coin.
Les coins d'un mouchoir, d'une nappe, etc. Les coins du poêle, du drap mortuaire
étaient tenus par...
Se dit quelquefois, absolument et familièrement, pour Le coin de la rue
où l'on se trouve, où l'on habite. Le marchand de vin du coin.
Les coins de la bouche, Les extrémités de la bouche. On
dit de même, Le coin de l'oeil.
Regarder du coin de l'oeil, Regarder à la dérobée
et sans faire semblant de rien. On dit aussi, Faire signe du coin de l'oeil.
Fig., Les quatre coins de la terre, les quatre coins du monde, les quatre
coins de la France, les quatre coins de la ville, etc., Les extrémités
de la terre, de la France, de la ville, etc., les plus éloignées
entre elles.
Fig., Les quatre coins et le milieu d'un pays, d'un bois, etc., Tout
ce qui est contenu dans l'espace d'un pays, d'un bois, etc. Il lui a fait courir
les quatre coins et le milieu du royaume. Je l'ai cherché dans tous les
quatre coins et le milieu du bois.
Les quatre coins, Jeu dans lequel quatre personnes vont d'un coin à
un autre d'un espace carré, tandis qu'une cinquième, placée
au milieu, tâche de s'emparer de l'un des coins lorsqu'il reste vide. Jouer
aux quatre coins.
Fig., Mourir au coin d'un bois, d'une haie, Mourir sans secours et sans
assistance.
Prov., Cet homme a la mine de demander l'aumône au coin d'un bois,
se dit D'un homme de mauvaise mine et de mauvaise physionomie, qui demande l'aumône.
Le coin du feu, Un des deux côtés de la cheminée
où l'on s'assied ordinairement pour se chauffer.
Fig. et fam., Ne bouger du coin du feu, du coin de son feu, Garder presque
toujours la maison. N'aimer que le coin de son feu, Aimer la vie retirée.
Fig. et fam., Cela ne se dit, ne se fait qu'au coin du feu, Ce sont de
ces choses qu'il ne faut dire, qu'il ne faut faire qu'en famille, qu'entre amis.
Fig. et fam., Allez lui dire cela au coin de son feu, ou Allez lui
dire cela, et vous chauffer au coin de son feu, Vous ne seriez pas bien venu
à lui tenir ce langage dans un endroit où il serait le maître.
Au Jeu de trictrac, Grand coin, ou simplement, Coin, La dernière
case à la droite du joueur. Prendre son coin. Battre le coin de son
adversaire. On dit aussi, Coin bourgeois, La dernière case du
petit jan.
Au Jeu de paume, Tenir son coin, se dit Lorsque deux personnes qui jouent
partie contre deux autres, défendent chacune leur côté.
Fig. et fam., Tenir bien son coin dans une compagnie, S'y faire estimer,
s'y faire remarquer.
COIN, se dit aussi, en termes de Menuiserie, de Certains meubles en forme
de petites armoires, qui se placent dans les angles des appartements.
COIN, se prend quelquefois pour Une petite partie ou portion d'une maison
ou d'un appartement. Donnez-moi quelque coin où je puisse me retirer.
Il est logé dans un petit coin. On dit dans un sens analogue, Un
petit coin de terre, Un petit espace de terrain. Ce petit coin de terre
suffit à ses besoins.
Se dit aussi d'Un endroit qui n'est pas exposé à la vue. Jetez
cela dans un coin. Je les aperçus qui riaient dans un coin. Il s'en alla
chercher dans un coin. On chercha par tous les coins du logis.
Se dit, par extension, d'Un endroit quelconque, mais plus ordinairement d'Un
lieu retiré et peu fréquenté. Dans tous les coins du monde.
Il s'est logé dans un coin du faubourg. Il vit tranquille dans un coin
de sa province. Quel coin de la terre n'a-t-il pas visité?
COIN, se dit en outre d'Une pièce de fer ou de bois terminée
en angle aigu à l'une de ses extrémités, et dont on se sert
principalement pour fendre du bois, des pierres, en la faisant entrer de force
avec un maillet ou un marteau. Gros coin. Petit coin. Coins de fer. Coins de
bois. Mettre, piquer, planter le coin. Faire entrer le coin, les coins dans une
pièce de bois pour la fendre. Lorsque le coin est engagé, on le
dégage avec un plus gros. En mécanique, le coin est une machine
simple. On se sert aussi de coins pour serrer, pour assujettir certaines choses.
En termes d'Artillerie, Coins de mire, Morceaux de bois qui servent à
hausser ou à baisser un canon, un mortier.
Prov. et fig., Faire coin de même bois, Se servir, pour mettre
une chose en oeuvre, d'une partie de cette même chose.
COIN, se disait, chez les Anciens, d'Une troupe d'infanterie formant
un bataillon triangulaire dont une pointe était tournée vers l'ennemi.
COIN, signifie aussi, La partie d'un bas dessinée en pointe, et
dont l'extrémité inférieure répond à la cheville
du pied. Des bas à coins d'or, à coins d'argent. Ces bas ont
des coins à jour.
COIN, en termes d'Art vétérinaire, désigne Celles
des dents incisives qui sont le plus près des crocs, de chaque côté
de la bouche du cheval. Il y a deux coins à chaque mâchoire.
COIN, en termes de Monnaie, Morceau d'acier gravé en creux, dont
on se sert pour marquer de la monnaie, des médailles. Le coin du roi.
Le coin d'Espagne. Faux coin. Cette monnaie est à tel coin, marquée
au coin de...
Cette médaille est à fleur de coin, Elle est parfaitement
conservée.
COIN, se dit aussi Du poinçon qui sert à marquer de la
vaisselle. De la vaisselle marquée au coin de Paris.
Fig., Cela est frappé, est marqué à tel coin, Cela
porte tel cachet, on y reconnaît tel caractère. Cet ouvrage est
frappé au coin du génie. Cette chose est marquée au bon coin,
Elle est une des meilleures dans son genre.
COÏNCIDENCE . s. f.
.Géom. État de deux choses qui coïncident. La coïncidence
de deux lignes, de deux surfaces.
Se dit quelquefois figurément, en parlant De choses qui arrivent en même
temps. La coïncidence de ces deux événements est très-remarquable.
COÏNCIDENT , ENTE. adj.
.Géom. Qui coïncide. Lignes, figures coïncidentes.
En Médec., Symptômes coïncidents, Ceux qui se montrent
simultanément.
COÏNCIDER . v. n.
.Géom. S'ajuster l'un sur l'autre dans toutes les parties. Ces deux
lignes, ces deux surfaces coïncident.
Se dit figurément en parlant De choses qui arrivent en même temps.
Ces deux événements coïncidèrent.
COING .s.m.
(On ne prononce pas le G.) Gros fruit jaune en forme de poire, qui a une odeur
forte, et dont la peau est couverte d'un duvet. Gros coing. Coing bien jaune.
Confiture de coings. Pâte de coings. Sirop de coings. Gelée de coings.
Prov., Être jaune comme un coing, Avoir le teint très-jaune.
COÏNTÉRESSÉ .s.m.
Celui qui a avec un autre quelque intérêt commun dans une affaire,
dans une entreprise.
COÏON .s.m.
Poltron, lâche, qui a le coeur has, qui est capable de souffrir lâchement
des indignités. Grand coïon. C'est un coïon. Il est si coïon,
que... Il est familier et libre.
COÏONNER . v. a.
Traiter quelqu'un de coïon; ou Se moquer de quelqu'un, lui faire de mauvaises
plaisanteries. Il n'est pas homme à se laisser coïonner, à
être coïonné.
Il est aussi neutre, et signifie, Faire ou dire de mauvaises plaisanteries.
Il ne fait que coïonner. Ce mot est familier et libre, dans les deux
sens.
COÏONNÉ, ÉE. participe
COÏONNERIE . s. f.
Bassesse de coeur, lâcheté, indignité. Faire des coïonneries.
Il a fait voir en cette occasion toute sa coïonnerie.
Il se prend quelquefois pour Sottise, impertinence, badinerie. A-t-on jamais
ouï parler d'une pareille coïonnerie? Il nous a dit cent coïonneries.
Ce mot est familier et libre, dans les deux sens.
COÏT .s.m.
(On fait sentir le T.) Accouplement du mâle avec la femelle pour la génération.
Le temps du coït. Dans l'ardeur du coït.
Se dit plus particulièrement en parlant De l'homme et de la femme. Être
porté au coït.
COITE . s. f.
Voyez COUETTE.
COJOUISSANCE . s. f.
.Jurispr. Se dit en parlant D'une chose dont la jouissance est commune à
deux ou plusieurs personnes.
COKE .s.m.
Mot emprunté de l'anglais. Charbon de terre dégagé, par
la distillation, des substances fluides et gazeuses qu'il contenait. Le coke
est un bon combustible. Brûler du coke.
COL .s.m.
La partie du corps qui joint la tête aux épaules. Il est vieux
en ce sens, mais on le dit quelquefois encore par euphonie. Voyez COU.
S'emploie dans différentes phrases par analogie à cette partie
du corps humain dont on vient de parler.
En Anat., Le col de la vessie, le col de la matrice, Ce qui est comme
l'embouchure de ces parties. Le col d'un os, Le rétrécissement
qui se remarque au-dessous de la tête ou de quelque autre partie de certains
os. Le col du fémur. Le col de l'humérus, du radius, etc.
Le col d'une bouteille, d'un matras, etc. Voyez COU.
Col de chemise, La partie de la chemise qui entoure le cou. On a dit
dans un sens analogue, Col de rabat, col de pourpoint.
Faux col, Col de chemise rapporté, qui s'attache autour du cou
avec des cordons.
COL, se dit aussi d'Une espèce de cravate qui s'attache derrière
le cou avec une boucle. Un col de mousseline. Les militaires portent des cols
noirs. Un col de velours.
Col de cravate, Ce qu'on met dans une cravate pour lui donner de la fermeté.
Un col de cravate garni de baleine.
COL, se dit encore d'Un passage étroit entre deux montagnes. Le
col de Tende. Nous nous saisîmes de tous les cols des montagnes.
COLAO .s.m.
Sorte de ministre d'État à la Chine.
COLARIN .s.m.
T. d'Archit. Frise du chapiteau de la colonne toscane et de la colonne dorique.
COLATURE . s. f.
.Pharmacie. Filtration, séparation d'une liqueur d'avec ce qu'elle contient
de plus grossier.
Se dit plus ordinairement de La liqueur filtrée. Colature de sirop
de chicorée.
COLBACK .s.m.
Sorte de coiffure militaire, bonnet de peau d'ours sans plaque et dont la partie
supérieure est plate. Le colback d'un officier de hussards. Ce tambour-major
a un colback.
COLCHIQUE .s.m.
.Bot. Plante bulbeuse appelée aussi Tue-chien, qui croît
dans les prés humides, et qu'on cultive dans les jardins, à cause
de la beauté de sa fleur. Le colchique est un violent poison, surtout
pour le chien.
COLCOTAR .s.m.
.Chimie. Oxyde rouge de fer qui provient de la calcination du sulfate de fer.
COLÉGATAIRE . s. des deux genres
.Jurispr. Celui ou celle qui est légataire avec un ou plusieurs autres.
COLÉOPTÈRE . adj. et s. m.
T. d'Hist. Nat. Se dit Des insectes pourvus de quatre ailes, dont les supérieures,
qui sont solides et cornées, recouvrent les inférieures en manière
de gaînes. Les insectes coléoptères. Le hanneton et les
scarabées sont des coléoptères.
COLÉRA-MORBUS .s.m.
Voyez CHOLÉRAMORBUS.
COLÈRE . s. f.
Mouvement désordonné de l'âme par lequel nous sommes excités,
avec violence, contre ce qui nous blesse. Grande, violente, furieuse colère.
Noble colère. Sainte colère. Juste colère. L'effort de la
colère. Les effets de la colère. Transport, mouvement de colère.
Excès de colère. L'ardeur, la violence, la chaleur, l'impétuosité
de la colère. Les premiers bouillons de la colère. Cet accès
de colère passera. Il dit cela, il fit cela en colère, tout en colère.
Être en colère. Se mettre en colère contre quelqu'un. Entrer
en colère, dans une grande colère. Émouvoir, exciter, irriter,
allumer la colère de quelqu'un. Réprimer, refréner, apaiser,
calmer, adoucir la colère de quelqu'un. Frémir de colère.
Être enflammé de colère, transporté de colère.
La colère le transporte, le met hors de lui-même. Il ne parle jamais
qu'en colère. Attirer la colère de quelqu'un sur soi. Il faut que
sa colère se passe. Il faut qu'il décharge sa colère, qu'il
passe sa colère sur quelqu'un. C'est la colère qui lui a fait dire
telle et telle chose. Dès qu'il vit son ennemi, il sentit sa colère
s'allumer. On dit figurément, La colère de Dieu, la colère
du ciel, la colère céleste.
Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des animaux. Ce chien était
en colère. La colère du lion.
Fig., La mer est en colère, Elle est fort agitée.
COLÈRE, s'emploie aussi comme adjectif des deux genres, et signifie,
Qui est sujet à se mettre en colère. Homme colère. Femme
colère. Il est bien colère, fort colère.
COLÉRIQUE . adj. des deux genres
Enclin à la colère. C'est un homme très-colérique.
Être d'une humeur colérique. Voyez CHOLÉRIQUE.
COLI .s.m.
Voyez COLIR.
COLIART .s.m.
Poisson de mer qui ressemble à la raie.
COLIBRI .s.m.
Genre d'oiseaux qui sont remarquables par leur petitesse et par l'éclat
de leurs couleurs. On les nomme autrement Oiseaux-mouches.
COLICITANT .s.m.
.Pratique. S'emploie surtout au pluriel, et se dit de Deux ou plusieurs cohéritiers
ou copropriétaires au nom desquels se fait une vente par licitation. Les
avoués des colicitants.
COLIFICHET .s.m.
Babiole, bagatelle, petit objet de fantaisie. Il n'a que des colifichets
dans son cabinet.
Se dit quelquefois Des ajustements de femme qui ne servent qu'à la parure.
Des colifichets de femme.
Se dit aussi de Certains petits ornements mal placés, et qui n'ont point
de convenance ni de rapport avec les lieux où ils sont mis. Un jardin
rempli de colifichets. Des maisons, des églises gothiques surchargées
de colifichets.
Se dit figurément de Tout ornement placé mal à propos dans
quelque ouvrage d'esprit. Cette pièce est pleine de traits d'esprit,
mais qui ne sont la plupart que des colifichets.
COLIFICHET, en termes de Monnaie, Petite machine dont se servaient les
ajusteurs pour réduire les espèces au poids légal.
COLIMAÇON .s.m.
Voyez LIMAÇON.
COLIN-MAILLARD .s.m.
Sorte de jeu où l'un des joueurs, que l'on appelle colin-maillard,
a les yeux bandés et cherche les autres à tâtons, jusqu'à
ce qu'il en ait saisi un, dont il est obligé de dire le nom, et qui alors
prend sa place. Jouer à colin-maillard, au colin-maillard.
COLIQUE . s. f.
Se dit de Toute douleur vive qu'on éprouve dans le ventre, dans l'abdomen,
et qui redouble par intervalles. Colique bilieuse. Colique hépatique.
Colique venteuse. Colique nerveuse. Colique néphrétique. Colique
de miséréré. Furieuse colique. Colique de Poitou. Colique
des peintres, des plombiers. La colique le tient. Sa colique est passée.
Il est sujet à la colique. Avoir la colique. On dit vulgairement, dans
un sens analogue, Colique d'estomac.
COLIR
ou COLI.s.m.
Officier de la Chine, qui est un censeur universel, et qui a droit d'entrer
dans les maisons pour s'instruire de ce qui s'y passe.
COLIS .s.m.
.Commerce. Caisse, balle de marchandises, ballot. Expédier, recevoir
vingt colis, trente colis.
COLISÉE .s.m.
Nom d'un célèbre amphithéâtre de Rome, dont il subsiste
encore de beaux restes, et que l'on appelait anciennement le Colossée,
parce qu'il fut construit non loin de la statue colossale de Néron.
COLLABORATEUR .s.m.
Celui qui travaille de concert avec un autre, qui l'aide dans ses fonctions,
dans l'exercice de son emploi.
Se dit particulièrement en parlant Des pièces de théâtre
et des écrits périodiques. Il a deux collaborateurs.
On donne quelquefois à ce mot un féminin, Collaboratrice.
COLLAGE .s.m.
.Papeterie. Opération qui consiste à imprégner le papier
de colle, pour qu'il ne boive pas, pour qu'il puisse recevoir l'écriture.
Se dit aussi de L'action de coller du papier de tenture dans les appartements.
Les peintres en bâtiments font ordinairement le collage du papier. Payer
tant pour le collage.
COLLANT , ANTE. adj.
Qui colle. S'emploie surtout dans cette locution, Pantalon collant, Pantalon
fort juste et qui dessine les formes.
COLLATAIRE .s.m.
(On prononce les deux L.) Celui à qui on a conféré un bénéfice.
COLLATÉRAL , ALE. adj.
(On prononce les deux L.) .Jurispr. Il n'est d'usage qu'en parlant De parenté
et de succession hors de la ligne directe, soit descendante, soit ascendante.
Parents collatéraux, Les oncles, les frères, les soeurs,
les cousins germains, etc.
Ligne collatérale, La ligne que forment les parents collatéraux.
Succession collatérale, La succession qu'on recueille d'un parent
en ligne collatérale. On dit de même, Héritier collatéral,
Celui qui hérite d'un parent en ligne collatérale.
COLLATÉRAL, se prend aussi substantivement pour Parent collatéral.
C'est un collatéral. Il n'a que des collatéraux pour héritiers.
Un collatéral ne peut exclure celui qui descend en ligne directe. Tout
son bien est allé à des collatéraux.
En termes de Géogr., Points collatéraux, Les points qui
sont au milieu de deux points cardinaux. Le nord-est, le nord-ouest, le sud-est,
et le sud-ouest, sont les quatre points collatéraux.
En termes d'Archit., Nef collatérale, Nef des bas côtés
ou ailes d'une église.
COLLATEUR .s.m.
(On. prononce les deux L.) Celui qui a droit de conférer un bénéfice.
Il était collateur, le collateur d'une cure, le collateur d'un prieuré,
etc. À l'égard des cures, le patron n'était que le présentateur,
l'évêque en était le collateur.
Collateur ordinaire, ou simplement, Ordinaire, Celui qui de droit
commun conférait le bénéfice.
COLLATIF , IVE. adj.
(On prononce les deux L.) Qui se confère. Se dit surtout en matières
bénéficiales. Bénéfice collatif. Dignité
collative.
COLLATION . s. f.
(On prononce les deux L.) Droit de conférer un bénéfice.
Cette collation appartenait à l'évêque, dépendait
de l'évêque. La présentation de cette cure appartenait à
l'abbé, et la collation à l'évêque. Ce prieuré
était à la collation de tel abbé.
Il signifie également, La provision du collateur. Avoir la collation
de l'ordinaire.
Avoir de belles collations, de grandes collations, Avoir le droit de
conférer plusieurs bénéfices considérables.
COLLATION, signifie aussi, L'action par laquelle on confère la
copie d'un écrit avec l'original, ou deux écrits ensemble, pour
savoir s'il n'y a rien de plus ou de moins dans l'un que dans l'autre. Une
collation fidèle. Il a fait la collation de cette copie avec l'original,
sur l'original. Faire la collation de divers exemplaires.
COLLATIONNER . v. a.
(On prononce les deux L.) Conférer un écrit avec l'original, ou
conférer deux écrits ensemble, afin de vérifier s'il y a
quelque chose de plus ou de moins dans l'un que dans l'autre. Collationner
sur l'original. Collationner à l'original. Collationner sur les registres.
Il a collationné cet acte, ces pièces.
COLLATIONNER, parmi les Libraires, signifie, Examiner si un livre est
entier, s'il ne manque point quelque feuille ou feuillet.
COLLATIONNÉ, ÉE. participe, Copie collationnée
à l'original. Extrait collationné. On met au bas de certains
actes, Collationné à l'original par...
COLLE . s. f.
Matière gluante et tenace, dont on se sert pour joindre deux choses,
et pour faire qu'elles tiennent ensemble. Colle de farine. Colle d'amidon.
Colle forte. Colle de poisson. Faire de la colle. Fondre de la colle. Chauffer
de la colle. Faire tenir, faire joindre avec de la colle.
COLLE, signifie aussi, populairement, Une bourde, une menterie, une chose
controuvée à plaisir. Voilà une bonne colle. Quelle colle!
Il lui a donné une colle.
COLLECTE . s. f.
Il se disait autrefois de La levée des deniers de la taille et autres
impositions qui se faisaient par assiette. Faire la collecte. Ce collecteur
dissipa les deniers de sa collecte.
Se dit aussi Du temps pendant lequel un collecteur était en fonctions.
Pendant sa collecte. Du temps de sa collecte.
COLLECTE, se dit, par extension, d'Une quête faite pour une oeuvre
de bienfaisance ou pour un objet d'intérêt commun. La collecte
a produit tant.
COLLECTE, signifie aussi, dans la Liturgie catholique, L'oraison que
le prêtre dit à la messe avant l'épître.
COLLECTEUR .s.m.
Celui qui était nommé, dans une paroisse, pour recueillir les
tailles ou quelque autre imposition levée par assiette. Le collecteur
des tailles. Collecteur du sel. Les collecteurs de telle paroisse. Il avait été
nommé collecteur cette année-là.
COLLECTIF , IVE. adj.
.Gram. Se dit De tout mot au singulier qui désigne plusieurs personnes
ou plusieurs choses. Peuple, multitude, armée, sont des termes collectifs.
Un nom collectif. On dit quelquefois substantivement: Un collectif. Les
collectifs.
Sens collectif, valeur collective, Le sens, la valeur que prend un mot
au singulier qui n'est point collectif de sa nature, lorsqu'il sert à désigner
une réunion, une classe entière d'objets. Dans cette phrase,
Le lion est courageux, le mot lion a une valeur collective. Prendre,
employer un mot dans un sens collectif.
COLLECTIF, signifie aussi, Qui renferme, qui embrasse plusieurs personnes
ou plusieurs choses. Un être collectif. Un tout collectif.
D'une manière collective, En considérant les objets dont
on parle comme ne formant qu'un tout.
COLLECTION .s.m.
Réunion de plusieurs objets qui ont ensemble quelque rapport. Il a
une belle collection de tableaux, de livres, d'antiques, de médailles,
de plantes, de coquilles, etc. Collection complète des Variorum.
Se dit aussi d'Un recueil, d'une compilation de plusieurs ouvrages qui ont rapport
à une même matière, qui appartiennent à un même
genre. Collection des conciles, des canons. Collection de mémoires sur
l'histoire de France. Collection des moralistes français.
Se dit quelquefois d'Un recueil de passages, tirés d'un ou de plusieurs
auteurs. Ce jeune homme a fait une bonne collection de tout ce que ces ouvrages
renferment de meilleur. Dans ce sens, peu usité maintenant, on employait
souvent le pluriel. Faire des collections.
COLLECTIVEMENT . adv.
D'une manière collective. L'homme, c'est-à-dire, tous les hommes,
pris collectivement.
COLLÉGE .s.m.
Certain corps ou compagnie de personnes notables qui sont revêtues d'une
même dignité. Il y avait, dans l'ancienne Rome, un collége
des augures, un collége des pontifes, etc. Le collége des cardinaux,
ou Le sacré collége. On a dit autrefois: Le collége
des électeurs, des princes, des villes de l'Empire. Le collége des
secrétaires du roi.
Collége électoral, Assemblée d'électeurs
convoqués pour élire des députés. Convocation des
colléges électoraux. Président d'un collége électoral.
Le bureau d'un collége. Le collége de... a élu monsieur un
tel.
COLLÉGE, se dit aussi d'Un établissement public où
l'on enseigne les lettres, les sciences, les langues, etc., et où demeurent
ordinairement plusieurs professeurs ou régents. Aller au collége.
Étudier au collége. Être en pension, être pensionnaire
dans un collége. Mettre un enfant au collége, l'envoyer au collége.
Il est professeur au collége de... Au sortir du collége. Les écoliers,
les élèves d'un collége. Fonder un collége. Chasser
du collége. Le proviseur, le censeur, l'économe d'un collége.
Les classes d'un collége. Collége royal. Collége communal.
Le collége de Charlemagne, de Saint-Louis, etc. Le collége d'Orléans,
de Marseille, etc. Les colléges d'Oxford, de Cambridge.
Il signifie, par extension, La réunion des écoliers qui sont en
pension dans un collége. Tout le collége est à la promenade.
Fam., Cela sent le collége, Cela a un air de pédanterie.
Il sent encore son collége, se dit D'un jeune homme qui conserve
encore dans le monde les manières du collége.
Amitié de collége, Amitié formée au collége
et continuée dans l'âge mûr. On dit dans un sens analogue,
Amis de collége.
Collége de France, Institution fondée à Paris par
François Ier pour l'enseignement public et gratuit des langues,
de la poésie, de l'éloquence et des hautes sciences mathématiques
et physiques. Les professeurs du collége de France ont le titre de lecteurs
royaux. Professeur d'éloquence latine, de sanscrit, de physique au collége
de France. Il occupait une chaire au collége de France.
COLLÉGIAL , ALE. adj.
Il n'est guère usité qu'au féminin, et dans cette dénomination,
Église collégiale, qui se dit d'Un chapitre de chanoines
sans siége épiscopal. Le chapitre d'une église collégiale.
On dit aussi substantivement, Une collégiale.
COLLÉGIEN .s.m.
Celui qui étudie au collége.
COLLÈGUE .s.m.
Se dit ordinairement de Ceux qui sont revêtus des mêmes fonctions
ou de la même mission; à la différence de Confrère,
qui se dit d'ordinaire de Ceux qui exercent la même profession, ou qui sont
membres de la même corporation. Il est mon collègue à la
chambre des pairs, au conseil d'État, et mon confrère à l'Académie,
au palais. Le consul envoya de secrets avis à son collègue. Il eut
pour collègues, on lui donna pour collègues dans cette mission tels
et tels. Les magistrats d'un même parquet sont collègues. Ce ministre
ne veut pas d'un tel pour collègue.
COLLER . v. a.
Joindre et faire tenir deux choses ensemble avec de la colle. Coller du papier.
Coller des ais. Coller une image sur du carton. Coller une pièce d'ébène,
une feuille d'acajou sur d'autre bois, etc. Coller contre la muraille, à
la muraille. Coller du papier de tenture. Coller deux choses ensemble.
Se dit, par extension, en parlant De choses qui sont fortement unies entre elles
ou à d'autres. Dans ce sens, on l'emploie souvent avec le pronom personnel.
Le sang avait collé ses cheveux. Les cheveux étaient collés
sur la plaie. Ses paupières étaient collées ensemble. La
tunique fatale se colla sur sa peau. Ces deux feuilles se sont tellement collées
ensemble, qu'on aurait de la peine à les séparer.
Neutralement, Ce bas, ce pantalon, cette culotte colle bien, Ce bas s'applique
bien sur la jambe; ce pantalon, cette culotte est juste et dessine bien les formes.
On dit de même, Cet habit est collé, semble collé sur le
corps, Il est bien fait et prend bien la taille.
Fig. et fam., Se coller, être collé contre une chose, à
une chose, sur une chose, Se tenir fortement appliqué contre une chose,
etc.; ou Se tenir constamment auprès d'une chose. Se coller, se tenir
collé contre un mur. Il est toujours collé à cette porte.
Fig., Être collé sur son cheval, collé sur la selle,
Être ferme et droit sur son cheval.
Fig. et fam., Cet homme est collé sur ses livres, Il s'applique
constamment à l'étude.
Fig., Avoir les yeux collés sur une chose, sur quelqu'un, Regarder
une chose, regarder quelqu'un attentivement et longtemps.
Fig., Avoir la bouche collée, les lèvres collées sur
quelque chose, Les y tenir longtemps appliquées. Il est mort les
lèvres collées sur le crucifix. Elle demeura longtemps la bouche
collée sur le visage de sa mère.
Fig., au Billard, Coller une bille, Pousser ou placer une bille de manière
qu'elle s'arrête contre la bande ou fort près de la bande. On dit
de même, Coller son adversaire. Quand on ne peut pas faire la bille de
son adversaire, on cherche à la coller, à le coller. Être
collé sous bande. Vous êtes collé.
COLLER, signifie aussi, Enduire, imprégner de colle. Il faut
coller cette toile avant que de l'imprimer. Ce papier boit, parce qu'on ne l'a
pas bien collé.
Coller du vin, Y mettre de la colle de poisson ou quelque autre ingrédient,
pour l'éclaircir.
COLLÉ, ÉE. participe
COLLERETTE . s. f.
Sorte de petit collet de linge, dont les femmes se servent quelquefois pour
se couvrir la gorge et les épaules. Collerette de batiste. Collerette
de gaze.
COLLERETTE, se dit, en Botanique, de L'assemblage de petites feuilles
qui entoure la base d'une ombelle. Collerette caduque. Collerette à
cinq, à sept folioles, etc.
COLLET .s.m.
Cette partie de l'habillement qui est autour du cou. Collet d'habit. Collet
montant. Collet rabattu. Collet brodé. Collet piqué.
Se dit également d'Un ample morceau de drap ou d'étoffe, ordinairement
taillé en rond, qui est cousu, attaché autour du collet, et qui
tombe de manière à couvrir les épaules. Collet de manteau.
Redingote à collet, à plusieurs collets. Un collet tombant fort
bas.
COLLET, pris absolument, se dit de Cette pièce de toile fine qu'on
mettait autrefois autour du cou par ornement, et qui s'appelait autrement Rabat.
Collet de toile, de batiste, de Hollande. Collet uni. Collet à dentelle,
à passement, etc. Grand collet. Petit collet. Empeser un collet. Attacher
un collet. Collet chiffonné.
Fam., Les gens à petit collet, et figurément, Les petits
collets, se disait Des ecclésiastiques. On disait aussi figurément,
Le petit collet, pour désigner La profession ecclésiastique.
Prendre, quitter le petit collet.
Collet monté, Collet de femme où il y avait de la carte
ou du fil de fer pour le soutenir. Du temps des collets montés,
Dans le vieux temps.
Fig. et fam., C'est un collet monté, se dit D'une personne qui
affecte trop de gravité, qui a de la pédanterie.
Fig. et fam., Cela est collet monté, est bien collet monté,
Cela est antique, ou Cela a un air contraint et guindé.
Sauter au collet de quelqu'un, le prendre, le saisir au collet, Le saisir
au cou pour lui faire violence.
Par extension, Prendre, saisir quelqu'un au collet, lui mettre la main sur
le collet, L'arrêter et le faire prisonnier.
Fig. et fam., Prendre quelqu'un au collet, Le forcer de vous écouter.
On ne peut l'éviter, il vous prend au collet.
Fig. et fam., C'est un profit, une aubaine qui lui saute au collet, se
dit D'un profit, d'un avantage qui arrive inopinément à quelqu'un.
Voilà mille écus de rente qui lui sautent au collet.
Fam., Prêter le collet à quelqu'un, Se présenter
pour lutter ou combattre corps à corps contre lui. Je suis aussi fort
que lui, je lui prêterai le collet quand il voudra.
Fig. et fam., Prêter le collet à quelqu'un, Être prêt
à lui tenir tête, à disputer contre lui. Il prétend
être un grand joueur d'échecs, je lui prêterai le collet quand
il voudra. Il fait le docteur, je lui prêterai le collet sur quelque matière
que ce soit.
Par extension, Collet de buffle, Sorte de pourpoint fait de peau de buffle,
qui était à grandes basques et sans manches.
En termes de Boucher, Collet de mouton, collet de veau, La pièce,
la partie du cou de ces animaux qui reste après qu'on en a ôté
le bout le plus proche de la tête.
COLLET, en termes de Botanique, se dit, par analogie, de Cette partie
de la plante où finit la racine et où commence la tige.
En Anat., Le collet d'une dent, La partie d'une dent qui est entre la
couronne et la racine.
COLLET, signifie encore, Une sorte de lacs à prendre des lièvres,
des lapins, etc. Tendre un collet. Prendre des lièvres au collet, des
lapins, des perdrix, etc.
COLLETER . v. a.
Prendre quelqu'un au collet pour lui faire violence. Il l'a colleté.
Il le colleta et voulut le jeter par terre. On l'emploie souvent avec le pronom
personnel, comme verbe réciproque. Ils se colletèrent. Ils se
sont colletés.
Se dit aussi Des animaux, dans une acception analogue. Le dogue colleta le
loup.
COLLETER, signifie neutralement, Tendre des collets pour prendre des
lièvres, des lapins, des perdrix, etc. Passer son temps à colleter.
COLLETÉ, ÉE. participe, Se dit, en termes de Blason, D'un
animal qui a un collier d'un émail ou d'une couleur différente de
celle du corps. Levrette de sable colletée d'argent.
COLLEUR .s.m.
Celui qui fait des cartons; ou Celui qui colle du papier peint sur les murs
d'un appartement. La première acception a vieilli; on dit aujourd'hui,
Cartonnier.
COLLIER .s.m.
Rangée de perles ou d'autres choses de même nature, que l'on porte
au cou pour se parer: cet ornement n'est, parmi nous, qu'à l'usage des
femmes. Collier de grand prix. Collier de perles, de pierreries, etc. Enfiler
un collier. Son collier est défilé.
Se dit aussi de La chaîne d'or que portent les chevaliers de certains
ordres, les jours de cérémonie, et à laquelle est suspendu
le signe de l'ordre. Le collier de l'ordre du Saint-Esprit. Le collier de l'ordre
de la Toison d'or. Il porte le collier de l'ordre de l'Annonciade. Le roi lui
envoya le collier de tel ordre. On dit également, par ellipse, Le
collier de Saint-Michel, du Saint-Esprit, de la Toison, etc.
Prov. et fig., C'est un des grands colliers, un des gros colliers de la compagnie,
se dit De celui qui a une grande autorité, un grand pouvoir dans une compagnie.
COLLIER, se dit encore d'Un cercle de fer, d'argent ou de quelque autre
matière, que l'on met autour du cou des esclaves, et de quelques animaux.
Collier de chien. Mettre à un dogue un collier garni de clous, de pointes
de clous, pour lui servir de défense contre le loup. Un collier de cuir.
Il mit un collier au cou de son esclave. Il lui ôta son collier, et lui
rendit la liberté.
Collier de force, Collier garni de pointes tournées en dedans,
dont on se sert pour dresser les chiens d'arrêt.
COLLIER, se dit, par analogie, d'Une marque naturelle en forme de cercle,
qui se voit quelquefois autour du cou des quadrupèdes, des oiseaux, et
qui est différente par sa couleur du reste de leur poil ou de leur plumage.
Un merle au collier. Un chien noir qui a un collier blanc.
COLLIER, signifie aussi, La partie du harnais des chevaux de charrette
ou de labour, qui est faite de bois et rembourrée, et à laquelle
les traits sont attachés.
Fig. et fam., Collier de misère, se dit D'un travail pénible
qu'on ne peut interrompre que pour le reprendre bientôt. Voilà
les vacances finies, il faut reprendre le collier de misère.
Cheval de collier, Cheval propre à tirer.
Cheval franc du collier, Cheval qui tire de lui-même, sans qu'il
soit besoin de lui donner des coups de fouet.
Prov. et fig., Être franc du collier, se dit De celui qui est toujours
prêt à faire les choses que son devoir, son honneur, etc., exigent
de lui. Se dit aussi D'un homme brave et qui est toujours prêt à
marcher au combat.
Fig. et fam., Donner un coup de collier, Faire un nouvel effort pour
réussir dans quelque entreprise.
COLLIER, en termes d'Architecture, se dit d'Un astragale taillé
en perles, en olives, ou en patenôtres.
COLLIGER . v. a.
(On prononce les deux L.) Faire des collections des endroits notables d'un livre.
Il a colligé bien des passages. Il est vieux.
COLLIGÉ, ÉE. participe
COLLINE . s. f.
Petite montagne qui s'élève en pente douce au-dessus de la plaine.
Longue colline. Petite colline. Belle colline. Le haut de la colline. Le pied,
le bas de la colline, le penchant de la colline. Monter sur une colline. Monter
une colline. Colline plantée de vignes.
Poétiq., La double colline, Le Parnasse.
COLLIQUATIF , IVE. adj.
(Dans ce mot et le suivant, on fait sentir les deux L, et qua se prononce
coua.) .Médec. Qui accompagne la colliquation, qui en résulte.
Sueur colliquative. Dévoiement colliquatif.
COLLIQUATION . s. f.
.Médec. ancienne. Amoindrissement des parties solides, avec excrétion
abondante et diminution de cohésion des liquides.
COLLISION . s. f.
(On prononce les deux L.) T. didactique. Le choc de deux corps. Les physiciens
expliquent plusieurs phénomènes par la collision des corps.
COLLOCATION . s. f.
(On prononce les deux L.) .Pratique. Action par laquelle on range des créanciers
dans l'ordre suivant lequel ils doivent être payés. On a fait
la collocation de ses créanciers. Procès-verbal de collocation.
État de collocation.
Il signifie aussi, L'ordre, le rang dans lequel chaque créancier est
colloque. Demande en collocation. Bordereau de collocation. Collocation contestée.
Il a été payé suivant sa collocation.
Se dit également de La somme qu'un créancier utilement colloqué
a droit de toucher. Recevoir le montant de sa collocation. Payement de collocation.
Collocation utile, Collocation pour le payement de laquelle il y a suffisamment
de deniers.
Collocation de l'argent, L'emploi qu'on fait de l'argent en le plaçant.
COLLOQUE .s.m.
(On prononce les deux L.) Dialogue, entretien de deux ou de plusieurs personnes.
Ils ont ensemble de fréquents colloques. Ils ont tenu un long colloque.
Il est familier.
Le colloque de Poissy, Conférence célèbre qui fut
tenue à Poissy entre les catholiques et les réformés.
COLLOQUES, au pluriel, est Le titre de certains ouvrages qui contiennent
des dialogues sur diverses matières. Les Colloques d'Érasme.
COLLOQUER . v. a.
(On prononce les deux L.) Placer, mettre quelqu'un en une place. Ils m'ont
assez mal colloqué. Ce sens est familier.
S'emploie plus ordinairement dans la Pratique, et se dit en parlant Des créanciers
que l'on range dans l'ordre suivant lequel ils doivent être payés
sur le prix de la vente, faite en justice, d'un objet qui appartenait à
leur débiteur commun. Il à été colloqué
utilement, en rang utile. On l'a colloqué selon l'ordre de son hypothèque.
Il a été colloqué par préférence.
COLLOQUÉ, ÉE. participe, Un créancier colloqué.
COLLUDER . v. n.
(Dans ce mot et dans les trois suivants, on prononce les deux L.) .Palais. S'entendre
avec sa partie adverse au préjudice d'un tiers.
COLLUSION . s. f.
Intelligence secrète entre deux ou plusieurs parties au préjudice
d'un tiers. Collusion secrète. Collusion visible, manifeste. On voit
bien qu'il y a collusion entre eux, qu'il y a de la collusion.
Se dit aussi de Toute intelligence secrète dans les affaires pour tromper
un tiers. On disait qu'il y avait collusion entre les chefs des partis contraires.
COLLUSOIRE . adj. des deux genres
.Palais. Qui se fait par collusion. Cela est collusoire. Acte collusoire.
Disposition collusoire. Arrêt collusoire.
COLLUSOIREMENT . adv.
D'une manière collusoire. Cet arrêt a été rendu
collusoirement.
COLLYRE .s.m.
.Médec. Remède extérieur qui s'applique sur les yeux. Collyre
sec. Collyre liquide.
COLOMBAGE .s.m.
.Charpent. Rang de solives posées à plomb dans une cloison de
charpente, dans un pan de bois.
COLOMBE . s. f.
Pigeon. Ce mot est consacré à la poésie et au style soutenu.
La tendre colombe. La fidèle colombe. Jupiter fut nourri par des colombes.
La colombe était l'oiseau de Vénus.
S'emploie également, au lieu de Pigeon, dans toutes les phrases tirées
ou imitées de l'Écriture sainte. Le Saint-Esprit descendit en
forme de colombe sur Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. Les femmes présentaient
au temple, le jour de leur purification, une paire de tourterelles ou de colombes.
La simplicité de la colombe. Notre-Seigneur a dit: Soyez prudents comme
les serpents, et simples comme les colombes. L'Église est comparée
à une chaste colombe.
COLOMBIER .s.m.
Bâtiment en forme de tour ronde ou carrée, où l'on retire
et nourrit des pigeons. Colombier bien garni. Peupler un colombier. L'échelle,
les boulins d'un colombier.
Colombier à pied, Colombier qui a des boulins depuis le sommet
jusqu'au rez-de-chaussée. Autrefois il n'était permis qu'aux
seigneurs hauts justiciers d'avoir des colombiers à pied. Un colombier
de cinq cents boulins, de mille boulins ou trous.
Prov. et fig., Faire venir, attirer les pigeons au colombier, Attirer
des chalands, des personnes qui apportent du profit; et, dans le sens contraire,
Chasser les pigeons du colombier.
COLOMBIER .s.m.
.Papeterie et d'Impr. Sorte de papier d'un grand format. Grand colombier.
COLOMBIN , INE. adj.
Qui est d'une couleur mélangée entre le rouge et le violet, approchant
du gris de lin. Taffetas colombin. Soie colombine. Couleur colombine. Il
est vieux: on dit aujourd'hui, Gorge de pigeon.
COLOMBINE . s. f.
T. d'Agricult. Se dit de La fiente de pigeon; et, par extension, de Celle des
volailles. La colombine est un très-bon engrais.
COLON .s.m.
Celui qui cultive une terre, dans quelque pays que ce soit. Le pays manque
de colons.
En Jurispr., Colon partiaire, Cultivateur qui rend au propriétaire
une portion convenue des récoltes et des autres produits de sa ferme.
COLON, se dit plus ordinairement de Celui qui fait partie d'une colonie,
qui habite une colonie. Un riche colon. De nombreux colons.
CÔLON .s.m.
T. d'Anat. L'un des gros intestins, qui suit le coecum. Le côlon est
ordinairement le siége de la colique.
COLONEL .s.m.
Celui qui commande un régiment. Le colonel de tel régiment.
Colonel d'infanterie, de cavalerie. Colonel d'artillerie à pied, à
cheval. Colonel de hussards. Lieutenant-colonel.
Se dit aussi de Certains officiers qui, sans avoir de régiment, ont le
grade de colonel. Colonel du génie. Colonel d'état-major.
Colonel général, Celui qui, en vertu d'un titre honorifique,
est à la tête de tous les corps d'une même espèce de
troupes. Colonel général des hussards.
COLONELLE . adj. f.
Il désignait autrefois La première compagnie d'un régiment,
celle qui n'avait point d'autre capitaine que le colonel. La compagnie colonelle,
ou substantivement, La colonelle. Il n'y a plus en France de compagnies colonelles.
COLONIAL , ALE. adj.
Qui est relatif aux colonies, qui vient des colonies. Régime colonial.
Règlements coloniaux. Marchandises, denrées coloniales.
COLONIE . s. f.
Se dit proprement d'Une réunion d'hommes sortis d'un pays pour aller
en habiter un autre; et, par extension, de La population qui s'est formée
et qui se perpétue dans le lieu de leur établissement. Envoyer
une colonie. Établir, fonder une colonie. Les Romains envoyaient des colonies
de vétérans dans les villes qu'ils avaient conquises. Une colonie
de Phocéens vint fonder Marseille. Les colonies françaises sont
régies par des règlements particuliers. La colonie prospéra.
Une colonie florissante. Les colonies se détachèrent de leur métropole.
Les colonies se soulevèrent.
Se dit aussi d'Un lieu, d'un pays habité par une colonie. Marseille
était une colonie des Phocéens. Cologne était une colonie
romaine. Les colonies d'Amérique. Les colonies espagnoles. La Martinique
est une colonie française. Le gouverneur d'une colonie.
Se dit absolument Des colonies des Antilles françaises. Il est mort
dans les colonies, aux colonies.
COLONISATION . s. f.
Action de coloniser, ou Le résultat de cette action.
COLONISER . v. a.
Former en colonie; établir une colonie, des colonies dans un pays. Coloniser
un pays.
COLONISÉ, ÉE. participe
COLONNADE . s. f. coll.
Suite de colonnes rangées avec symétrie pour servir d'ornement
à un grand édifice, à une place publique, etc. La colonnade
de Saint-Pierre. La colonnade du Louvre.
COLONNE . s. f.
Sorte de pilier composé d'un fût cylindrique se rétrécissant
par le haut, d'un chapiteau, et souvent d'une base: il est ordinairement destiné
à soutenir un entablement, et à décorer les édifices.
Colonne de marbre. Colonne de bronze, de pierre, de bois. Colonne dorée.
Colonne torse. Colonne cannelée. Colonne corinthienne. Colonne dorique;
etc. Colonnes accouplées. Dresser une colonne. Deux rangs, deux ordres
de colonnes. La base, le fût, le chapiteau de la colonne. On place quelquefois
des statues, des urnes, etc., sur des colonnes solitaires ou isolées. Colonne
funéraire. Les ouvrages de menuiserie sont quelquefois ornés de
colonnes.
Fig., Les colonnes de l'État, de l'Église, Ceux qui en
sont les plus fermes soutiens. On le dit quelquefois Des choses. La justice
et la paix sont les colonnes d'un empire.
Colonne monumentale, Monument qui a la forme d'une grande colonne isolée.
Colonne triomphale. La colonne Trajane fut élevée en l'honneur
de Trajan. La colonne de Pompée. La colonne de la place Vendôme.
Colonne rostrale.
Fig., Les colonnes d'Hercule, Les deux montagnes du détroit de
Gibraltar.
Colonnes milliaires, Bornes en forme de petites colonnes, placées,
de distance en distance, le long des grands chemins, pour indiquer les lieues,
les milles, etc.
Les colonnes d'un lit, Les piliers qui soutiennent le ciel des lits à
l'ancienne mode. On dit aussi, Un lit à colonnes.
En Anat., La colonne vertébrale, L'épine du dos. Les
déviations de la colonne vertébrale.
COLONNE, dans un livre, dans un écrit, etc., dont les pages sont
divisées, de haut en bas, en deux ou plusieurs parties, se dit de Chacune
des parties de la page. Dans ce livre-ci, il y a trois colonnes à la
page. Il est imprimé par colonnes, à deux, à trois colonnes.
Ce dictionnaire est à trois colonnes. Cet article est dans la première
colonne. Les colonnes d'un journal.
Les colonnes d'un registre, d'un tableau, Les divisions, les compartiments
d'un registre, d'un tableau, indiqués par des lignes tracées de
haut en bas. Les pages de ce registre sont divisées en six, en dix colonnes.
Ce tableau a huit colonnes, est à huit colonnes. Le titre d'une colonne.
Écrivez le total dans cette colonne. Laissez une colonne en blanc.
Une colonne de chiffres, Plusieurs chiffres placés les uns au-dessous
des autres. La colonne des unités, des dizaines, des centaines, etc.
Faites l'addition de cette colonne.
COLONNE, en termes d'Art militaire, se dit d'Un corps de troupes disposé
ou marchant dans un ordre qui a peu de front et beaucoup de profondeur. Passer
de l'ordre en bataille à l'ordre en colonne. Serrer la colonne. Déployer
la colonne. La tête d'une colonne. L'armée se divisa en trois colonnes,
marcha sur trois colonnes. Être à la tête d'une colonne. La
première, la deuxième colonne. On le dit également dans
la Tactique navale.
Colonne d'attaque, Celle qui est chargée de commencer l'attaque.
Colonne mobile, Corps de troupes destiné à parcourir un
pays, en différents sens, pour y maintenir la tranquillité, pour
en chasser des partis ennemis.
COLONNE, en termes de Physique, se dit d'Une quantité de matière
fluide de figure cylindrique, qui a une hauteur et une base déterminées
réellement ou par la pensée. Colonne d'air. Colonne d'eau. Il
y a une colonne d'air qui pèse sur la colonne de mercure contenue dans
le baromètre.
COLOPHANE . s. f.
Sorte de résine dont les musiciens qui jouent du violon, de la basse,
etc., se servent pour frotter les crins de l'archet.
COLOQUINTE . s. f.
Espèce de concombre, dont la pulpe est extrêmement amère
et très-purgative. Pomme de coloquinte. Amer comme coloquinte.
COLORANT , ANTE. adj.
Qui colore, qui donne de la couleur. Parties colorantes. Matière colorante.
Suc colorant.
COLORER . v. a.
Donner la couleur, de la couleur. Le soleil colore les fruits, colore les
fleurs. Les nuages étaient colorés par le soleil couchant. L'art
de colorer le verre, le cristal. Colorer le verre en bleu, en rouge, etc. Un vif
incarnat colorait son visage.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Les fruits se colorent peu à
peu au soleil. Les raisins commencent à se colorer. L'orient se colore.
Les nuages se coloraient d'une teinte pourprée.
COLORER, signifie figurément, Donner une belle apparence à
quelque chose de mauvais. Colorer une injustice. Colorer un mensonge. Il a
si bien coloré sa faute, sa lâcheté...
COLORÉ, ÉE. participe, Vin coloré, Vin qui
est plus rouge que paillet. Je voudrais un vin plus coloré.
Avoir le teint coloré, Avoir le teint rouge, vermeil.
Fig., Il n'a pas même un titre coloré, Un titre apparent.
COLORÉ, se dit quelquefois, en Botanique, Des parties d'une plante
qui ont une autre couleur que celle qui leur est ordinaire. Feuille colorée.
COLORIER . v. a.
Appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin, etc. Colorier
une estampe, un dessin. Colorier une statue.
Il signifie aussi, Employer les couleurs dans un tableau. Ce peintre colorie
mieux qu'il ne dessine. Ce sens est peu usité.
COLORIÉ, ÉE. participe, Figures coloriées. Planches
coloriées. Cartes coloriées.
COLORIS .s.m.
L'effet qui résulte du mélange et de l'emploi des couleurs dans
les tableaux, principalement pour les figures humaines. Coloris frais. Coloris
chaud, vigoureux. Coloris tendre, vif. Le coloris d'un tableau. La beauté,
la perfection du coloris. La vigueur du coloris. Le coloris de tel peintre est
excellent. Ce peintre est estimé pour son coloris. Ce tableau pèche
par le coloris.
Par extension, Un beau coloris, Un teint frais et vermeil. On le dit
aussi Des fruits. Voilà des pêches d'un beau coloris.
COLORIS, s'emploie aussi figurément, en parlant Du style et des
pensées. Revêtir ses pensées d'un coloris gracieux. Manquer
de coloris.
COLORISTE .s.m.
.Peinture. Peintre qui entend bien le coloris. C'est un bon coloriste, un
grand coloriste. Il est au rang des premiers coloristes.
COLORISTE, se dit également de Celui qui colorie des estampes,
des gravures. Dans ce sens, il est aussi féminin. Une habile coloriste.
COLOSSAL , ALE. adj.
D'une grandeur extraordinaire. Figure colossale. Monument colossal. Avoir
une taille colossale. Au pluriel, il n'est usité qu'au féminin.
Des statues colossales. Proportions colossales.
Se dit au figuré De certaines choses qui ont une force, une étendue
extraordinaire. Empire colossal. Pouvoir colossal. Puissance colossale.
COLOSSE .s.m.
Statue d'une grandeur extraordinaire. Le colosse de Rhodes.
Fig., Un colosse, un grand colosse, Un homme de fort grande stature.
On le dit aussi Des animaux. Quel cheval! c'est un colosse.
COLOSSE, se dit quelquefois au figuré d'Un empire, d'un souverain
très-puissant. Plusieurs causes préparaient la chute de ce colosse.
Le colosse est tombé.
COLOSTRUM .s.m.
(On prononce Colostrome.) .Médec., emprunté du latin. Le
premier lait des femmes après leur délivrance.
COLPORTAGE .s.m.
L'action de colporter, ou La profession de colporteur. Faire le colportage.
COLPORTER . v. a.
Faire le métier de colporteur; porter, dans les rues et par les campagnes,
des marchandises, des livres, des papiers publics, etc., pour les vendre. Colporter
des livres. Colporter des toiles. Il gagne sa vie à colporter.
Colporter une nouvelle, une histoire scandaleuse, etc., La répandre
en la racontant dans les diverses maisons où l'on va.
COLPORTÉ, ÉE. participe
COLPORTEUR .s.m.
Se dit de Petits marchands ambulants qui portent leurs marchandises sur leur
dos ou devant eux, dans des mannes, dans des caisses, etc. Ce colporteur va
de ville en ville. Un colporteur de toiles, de livres, etc.
Se dit également de Ceux qui crient et qui vendent dans les rues les
bulletins, les arrêts, etc., avec approbation de l'autorité. C'est
un arrêt que les colporteurs crient dans les rues.
COLURE .s.m.
.Géographie et d'Astron. Se dit de Deux grands cercles de la sphère,
qui coupent l'équateur et le zodiaque en quatre parties égales,
et qui servent à marquer les quatre saisons de l'année. Colure
des équinoxes. Colure des solstices.
COLZA .s.m.
Espèce de chou qui ne pomme point, et dont la graine fournit une huile
bonne à brûler, à faire du savon noir, et à d'autres
usages. Le colza se cultive en grand dans le nord de la France et dans les
Pays-Bas.
COMA .s.m.
.Médec. Sommeil profond d'où il est difficile de tirer le malade.
COMATEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui concerne le coma, qui y est analogue. Symptômes
comateux. Sommeil comateux.
COMBAT .s.m.
Action par laquelle on attaque ou l'on se défend. Combat d'homme à
homme. Combat singulier. Le gage du combat. Appeler quelqu'un au combat. Combat
d'une armée contre une autre armée. Combat douteux. Combat à
outrance. Combat opiniâtre. Combat sanglant. Combat sur terre. Combat sur
mer. Combat naval. Rendre, livrer un combat. Attirer l'ennemi au combat. Tenter
le combat, la fortune du combat. Soutenir le combat. Donner, hasarder un combat.
Présenter, accepter le combat. Au fort du combat. Dans la chaleur du combat.
Ils se rendirent sans combat. Se retirer du combat. Finir le combat. Faire cesser
le combat. Rétablir le combat. Le combat fut rude. Éviter le combat.
Combat judiciaire, Manière de procéder en justice, qui
consistait à soutenir son droit en se battant contre son adversaire.
COMBAT, se dit également de L'action des animaux qui se battent
ou que l'on fait battre les uns contre les autres. Combat d'animaux. Combat
de coqs. Combat de taureaux.
Être hors de combat, N'être plus en état de combattre.
On dit de même, Mettre quelqu'un hors de combat. L'une et l'autre
phrase s'emploient au propre et au figuré.
COMBATS, au pluriel, s'emploie souvent en poésie et dans le style
élevé, pour désigner La guerre. L'art des combats. Le
dieu des combats. Je chante les combats, et ce héros qui... Le destin des
combats. Au milieu des combats. L'honneur vous appelle aux combats.
COMBAT, se dit aussi de Certains jeux publics des anciens, où
l'on disputait de force et d'adresse dans les différents exercices du corps.
Combats gymniques. Combat à la course, à la lutte. Combat du
ceste, de l'arc, etc. Les combats du cirque. Les combats de gladiateurs offraient
un spectacle barbare.
COMBAT, se dit figurément de Toute sorte de contestation, de débat,
de lutte. Combat de civilité, d'esprit, de générosité.
Combat littéraire.
Se dit aussi, tant au sens physique qu'au sens moral, de L'opposition et de
la contrariété de certaines choses entre elles. Le combat des
humeurs dans le corps. Le combat des éléments. Le combat des vents.
Le combat des préjugés contre les lumières.
Se dit encore, figurément, de La lutte des sentiments intérieurs,
des mouvements opposés que l'âme éprouve. Il faut rendre,
soutenir bien des combats pour vaincre ses passions.
Se dit également de Certains états d'agitation, de trouble et
de souffrance. La vie de l'homme est un combat perpétuel.
COMBATTANT .s.m.
Homme de guerre marchant en campagne sous les ordres d'un général.
Une armée de trente mille combattants.
Se dit plus ordinairement de Ceux qui prennent actuellement part à un
combat. La nuit vint séparer les combattants.
Prov. et fig., Le combat finit faute de combattants, se dit Quand tout
le monde se retire d'une partie de jeu, d'un bal, etc.
COMBATTANT, s'est dit aussi de Chacun des soutenants ou des assaillants
d'un tournoi. Quand les deux combattants furent en présence.
COMBATTRE . v. a.
(Il se conjugue comme Battre.) Attaquer son ennemi, ou en soutenir, en
repousser l'attaque. Il est souvent employé absolument et neutralement.
Combattre les ennemis. Combattre vaillamment. On a combattu vaillamment de
part et d'autre. Combattre à outrance. Combattre de près. Combattre
de loin. Combattre de pied ferme. Combattre corps à corps. Combattre à
pied. Combattre à cheval. Combattre armé. Combattre en champ clos.
Combattre à l'épée, au pistolet. Combattre contre quelqu'un.
Il signifie quelquefois, dans une acception plus étendue, Faire la guerre.
Combattre pour son pays, pour son prince, etc. Combattre les ennemis de son
pays.
S'emploie aussi figurément, tant au sens physique qu'au sens moral. Cet
écrivain combattit ses adversaires avec un rare talent. Combattre les difficultés.
Combattre les raisons, les sentiments, les opinions d'autrui. Combattre un avis
par des raisons solides. Combattre les vices, les préjugés, l'erreur.
Combattre une doctrine. Combattre les penchants de quelqu'un. Combattre contre
l'injustice. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel, comme verbe
réciproque. Ces raisons se combattaient dans son esprit.
Combattre contre les vents, contre la faim, la soif, etc.; et dans un
style plus soutenu, Combattre les vents, la faim, etc.
Combattre une maladie, Employer les remèdes que l'on croit propres
à la faire cesser. Il employa, pour combattre le mal, toutes les ressources
que son art put lui fournir. On le dit aussi De l'action même des remèdes.
Ce remède pourra combattre le mal avec succès.
Combattre ses passions, sa colère, combattre la paresse, la volupté,
etc., Y résister. On dit également, Combattre contre ses
passions, contre les tentations, etc. On dit quelquefois absolument, Combattre,
lorsque le sens indique suffisamment à quel penchant on résiste.
Combien n'ai-je pas combattu pour vaincre cet amour!
Combattre en soi-même, Ne savoir quelle détermination prendre,
peser les raisons pour et contre, en sorte qu'il y a combat dans l'esprit. J'ai
longtemps combattu en moi-même avant de prendre ce parti.
Combattre de civilité, de politesse, de générosité,
etc., Faire assaut de civilité, etc. On dit aussi, Combattre de
civilité, etc., avec quelqu'un.
COMBATTU, UE. participe, Opinion combattue. Sentiments combattus.
Passions combattues. Hérésie combattue. Un homme combattu en lui-même.
Il se sentait combattu.
COMBIEN . adv. de quantité
Quelle quantité, quel nombre. Combien y a-t-il de personnes? Combien
de fois est-il venu? Combien de jours, combien de temps avez-vous mis pour faire
ce voyage? Combien avez-vous d'argent? De combien de pouces est-il plus grand?
Demandez-lui combien nous avons de lieues à faire.
Il sert fréquemment à indiquer Une quantité, un nombre
considérable. Il est incroyable combien cet auteur a écrit d'ouvrages,
combien cet auteur a écrit. Il y avait là je ne sais combien de
gens. Je sais combien il a de savoir et de piété. Combien de gens,
ou simplement, Combien voudraient être à votre place! Combien
de fois ne le lui ai-je pas dit? À combien de tentations n'est-il pas exposé!
Combien de temps n'a-t-il pas fallu! Combien il a montré de sagesse et
de courage!
S'emploie quelquefois absolument, lorsque le sens permet de suppléer
aisément le substantif auquel il se rapporte. Combien avez-vous mis
pour faire ce trajet? Combien avez-vous dans votre bourse? Pour combien en achèterons-nous?
De combien le surpasse-t-il en hauteur? Demandez-lui combien il y a d'ici à
la ville. Il sera furieux quand il apprendra combien vous dépensez.
Il signifie encore absolument, dans un sens particulier, Quel prix. Combien
vendez-vous ce volume? Combien vaut cela? Combien cette toile? Je ne sais combien
cela lui a coûté. À combien évaluez-vous cela?
COMBIEN, signifie aussi, À quel point. Si vous saviez combien
il vous aime. Si vous saviez combien cette opinion est pernicieuse. Combien cet
homme-là est au-dessus de l'autre! Combien il m'est pénible de vous
parler ainsi!
COMBIEN, s'emploie quelquefois substantivement. Il veut me vendre
sa charge, nous en sommes sur le combien. Ce sens est très-familier.
COMBINAISON . s. f.
Assemblage de plusieurs choses disposées deux à deux; et, par
extension, Assemblage de plusieurs choses disposées entre elles dans un
certain ordre. Se dit tant au sens physique qu'au sens moral. La combinaison
des lettres. Faire une combinaison. Faire des combinaisons, pour voir l'effet
que deux choses ensemble peuvent produire. Des combinaisons de chiffres. Des combinaisons
très-variées. Il y a dans ce roman, dans cette comédie, une
combinaison d'incidents qui est fort ingénieuse.
Se dit encore, figurément, Des mesures, des calculs par lesquels on prépare
le succès de quelque affaire. Après avoir fait bien des combinaisons,
il échoua dans son entreprise. De sages combinaisons. De fausses combinaisons.
Les combinaisons de la politique.
COMBINAISON, en termes de Chimie, signifie, L'union intime par laquelle
les parties de deux ou de plusieurs corps se joignent pour en former un nouveau.
L'eau est formée par la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène.
COMBINER . v. a.
Assembler plusieurs choses en les disposant deux à deux; et, par extension,
Les arranger, les disposer entre elles dans un certain ordre. Se dit tant au sens
physique qu'au sens moral. Combiner les nombres. Combiner des lettres, etc.
Combiner des raisonnements, des preuves, des incidents. S'emploie avec le
pronom personnel. Nos idées se combinent de plusieurs manières.
Se dit aussi, figurément, en parlant De ce que l'on calcule ou qu'on
dispose de manière à parvenir à un certain résultat.
Combiner un plan. Il combina sa marche avec celle du premier corps d'armée,
pour, etc. Ces deux généraux combinèrent habilement leurs
opérations, leurs manoeuvres.
COMBINER, en termes de Chimie, Unir deux ou plusieurs corps de manière
qu'ils n'en forment qu'un seul. Dans ce sens, il s'emploie très-souvent
avec le pronom personnel. Le cuivre peut se combiner avec plusieurs autres
métaux. Le gaz oxygène, en se combinant avec un métal, en
forme l'oxyde.
COMBINÉ, ÉE. participe, Des opérations mal combinées.
Un plan sagement combiné. Une substance combinée avec une autre.
Armée combinée, Armée composée de troupes
appartenant à deux ou plusieurs puissances alliées. L'armée
combinée de France et d'Espagne. On dit aussi, Flotte combinée.
COMBINÉ, se dit substantivement, en Chimie, de Tout corps qui
est le résultat d'une combinaison. Un combiné.
COMBLE .s.m.
Ce qui peut tenir au-dessus des bords d'une mesure, d'un vaisseau déjà
plein. Le comble d'un boisseau, d'une mesure. Il a donné cela pour le
comble.
COMBLE, signifie aussi, Toute construction de bois, de fer ou de maçonnerie,
placée au-dessus d'un édifice, pour soutenir la couverture d'ardoises,
de tuiles, de plomb, etc. Un comble de charpente, de fer. Les charpentiers
travaillent au comble. Les ouvriers sont sur le comble de la maison pour réparer
la couverture.
De fond en comble, Entièrement, depuis le fondement jusqu'au faîte.
Cet édifice a été ruiné, détruit de fond
en comble. On le dit aussi, par extension, en parlant D'une ville entière.
Les ennemis ne quittèrent la ville qu'après l'avoir ravagée
de fond en comble.
Fig. et fam., Ruiner quelqu'un de fond en comble, Lui faire perdre tous
ses biens, ou son crédit et son honneur, ou tout cela ensemble. On dit
aussi, Ruiner un système, une doctrine, etc., de fond en comble,
En démontrer complétement l'erreur ou la fausseté.
COMBLE, signifie figurément, Le dernier surcroît, le plus
haut degré de quelque chose, particulièrement de l'honneur, de la
joie, des désirs, de l'affliction, des maux, des vices, etc. Parvenir,
arriver au comble des honneurs, au comble de la fortune, au comble de ses désirs.
Il est au comble de ses voeux. Ce fut le comble de nos maux. Le comble de son
affliction, de sa douleur. Il a mis le comble à ma félicité.
C'est le comble de l'effronterie. L'irritation des esprits était au comble.
POUR COMBLE. loc. prépositive, Pour dernier surcroît. Il
tomba malade, et pour comble de malheur, pour comble de disgrâce, ou
simplement pour comble, il perdit, peu de temps après, tout son bien.
Il gagna la bataille, et, pour comble de gloire, il fit le général
ennemi prisonnier.
COMBLE . adj. des deux genres
Qui est rempli jusque par-dessus les bords. Il ne se dit proprement que Des
mesures de choses sèches, comme le blé, le seigle, la farine, etc.;
et il n'est d'aucun usage en parlant De la mesure des choses liquides. Mesure
comble. Boisseau comble, tout comble.
Fig., La mesure est comble, se dit en parlant De celui qui, par ses crimes,
ou par ses fautes réitérées, s'est rendu coupable au point
de ne devoir plus espérer de pardon. Il a été puni, la
mesure était comble.
COMBLE, se dit aussi, figurément, D'un lieu rempli de monde. Nous
voulûmes entrer au spectacle; mais il n'y avait plus de place, la salle
était comble.
COMBLEMENT .s.m.
Action de combler un creux, un vide. Il est peu usité.
COMBLER . v. a.
Remplir une mesure, un vaisseau jusque par-dessus les bords, tant qu'il y en
peut tenir. Combler un boisseau. Combler une mesure, la mesure.
Fig., Combler la mesure, Se rendre coupable d'un dernier crime, ou de
fautes réitérées qui ne permettent plus d'espérer
de pardon. Par sa dernière faute, il a comblé la mesure.
On dit aussi, Leurs crimes, leurs fautes ont comblé la mesure.
Fig., Combler une personne de biens, Lui faire de grands biens. On dit
dans le même sens: Combler de bienfaits. Combler de grâces, de
faveurs. Combler d'honneurs. Combler de présents. Combler de bénédictions,
de louanges. Combler de gloire. Combler de joie, de félicité. Etc.
COMBLER, signifie aussi, Remplir un creux, un vide. Combler un fossé.
Combler des vallées. Combler la tranchée.
Fig., Combler les désirs, les voeux, les souhaits de quelqu'un,
Les satisfaire, les remplir. Cette union combla tous ses voeux.
Fig., en termes de Finances, Combler un déficit, Faire en sorte
qu'il cesse d'exister.
COMBLER, signifie quelquefois, figurément, Mettre le comble à
quelque chose, le rendre complet. Il a comblé sa perfidie. Cette perte
a comblé ses infortunes.
COMBLÉ, ÉE participe
COMBLÈTE . s. f.
.Vénerie. Fente qui est au milieu du pied du cerf.
COMBRIÈRE . s. f.
.Pêche. Filet propre à prendre des thons et autres grands poissons.
COMBUGER . v. a.
Remplir d'eau des futailles pour les imbiber, avant que de les employer. Combuger
des futailles.
COMBUGÉ, ÉE. participe
COMBUSTIBLE . adj. des deux genres
Qui a la propriété de brûler. Matière combustible.
La poix, le goudron, le soufre, le bois sec, les feuilles sèches, sont
des matières très-combustibles. Le marbre, les pierres ne sont pas
combustibles.
S'emploie aussi substantivement, au masculin, et se dit de Toute matière
avec laquelle on peut faire du feu. Le combustible enchérit tous les
jours. Cette province manque de combustible. La rareté des combustibles.
Cette matière est un excellent combustible.
COMBUSTION . s. f.
Action de brûler entièrement, entière décomposition
d'une chose par l'action du feu. L'air est nécessaire à la combustion.
La combustion du diamant est une découverte due à la chimie moderne.
La combustion des cadavres était fort dispendieuse chez les Romains.
Se dit, par extension, d'Un incendie qui détruit totalement un édifice.
J'ai vu l'entière combustion de ce palais.
Il signifie, au figuré, Un grand désordre, un grand tumulte qui
s'élève soudainement dans une nation, dans une assemblée,
etc. Une étrange, une horrible combustion. Ce fut une combustion générale.
Dans cette acception, il se joint ordinairement avec la préposition en.
Toute l'Europe était alors en combustion. Cela mit le royaume en combustion.
COMÉDIE . s. f.
Poëme dramatique, pièce de théâtre où l'on représente
une action que l'on suppose ordinairement s'être passée entre des
personnes de condition privée, et où l'on a pour objet de plaire,
soit par la peinture des moeurs et des ridicules, soit par des situations comiques.
Comédie plaisante, divertissante, bien conduite. Le noeud, le dénoûment
d'une comédie. Comédie en vers, en prose, en cinq actes, en trois
actes, en un acte. On a purgé la comédie de tout ce qu'elle avait
de licencieux. Faire une comédie. Composer une comédie. L'auteur
d'une comédie. Une comédie nouvelle. Les acteurs, les personnages
d'une comédie. Le sujet, le plan d'une comédie. Comédie française.
Comédie italienne, espagnole. Jouer une comédie. Représenter
une comédie. Cet acteur est mieux placé dans la comédie que
dans la tragédie.
Les comédies d'Aristophane, de Plaute, de Térence, de Molière,
etc., Les comédies composées par ces auteurs. La comédie
de l'Avare, du Misanthrope, du Joueur, etc., La comédie dont un avare,
un misanthrope, un joueur, etc., est le principal personnage.
La haute comédie, se dit Des hautes conceptions comiques où
l'on se propose plus particulièrement la peinture des moeurs et des caractères.
Comédie de moeurs, Celle qui a pour objet principal la peinture
des moeurs.
Comédie de caractère, Celle qui a principalement pour objet
la peinture et le développement d'un caractère. Le Tartufe est
une comédie de caractère.
Comédie d'intrigue, Celle où l'auteur s'occupe surtout
d'intéresser et d'amuser par une action fortement intriguée, et
par la multiplicité et la variété des incidents. Les Fourberies
de Scapin, le Barbier de Séville, sont des comédies d'intrigue.
Comédie larmoyante, Celle où il y a beaucoup de situations
pathétiques.
Comédie-ballet, se disait autrefois de Certaines comédies
dont chaque acte se terminait par un divertissement de danse.
Comédie héroïque, Celle qui représente une
action sérieuse entre des personnages de haut rang. Comédie pastorale,
Celle dont l'action se passe entre des bergers. La comédie héroïque
et la comédie pastorale ont vieilli.
Comédie historique, Celle dont le sujet est puisé dans
l'histoire. Comédie anecdotique, Celle dont le fond est une anecdote.
Comédie épisodique, Comédie dont les scènes
n'ont entre elles aucune liaison nécessaire.
Prov. et fig., C'est le secret de la comédie, se dit D'une chose
qui est sue de tout le monde, et dont quelqu'un veut faire un secret.
COMÉDIE, se prend quelquefois pour L'art de composer des comédies.
Il entend bien la comédie. La comédie a été portée
par Molière à la plus grande perfection connue.
La comédie ancienne, la comédie moyenne, et la comédie
nouvelle. Noms donnés par les critiques aux trois périodes de
l'art de la comédie chez les Grecs anciens.
COMÉDIE, se dit aussi de La représentation de toutes sortes
de pièces de théâtre, comme sont la tragédie, le drame,
le vaudeville, etc. Jouer la comédie. Représenter la comédie.
Il y eut bal et comédie. Donner la comédie. Voir la comédie.
Être à la comédie.
Se dit figurément Des actions qui ont quelque chose de plaisant. Je
crois que ces messieurs jouent la comédie, nous donnent la comédie.
C'est une comédie, une vraie comédie, se dit D'un événement
plaisant, d'une aventure risible.
Donner la comédie au public, Tenir une conduite scandaleuse qui
attire l'attention du public. Donner la comédie, Se faire remarquer
par des manières extravagantes et ridicules. Partout où il va,
il donne la comédie.
COMÉDIE, signifie aussi figurément, Feinte. Tout cela
n'est qu'une pure comédie. Toute la vie de cet homme n'a été
qu'une longue comédie.
Jouer la comédie, Feindre des sentiments qu'on n'a pas, chercher
à paraître ce qu'on n'est pas réellement.
COMÉDIE, signifie encore, Le lieu où l'on joue la comédie
pour le public. Il loge vis-à-vis de la comédie. Sa maison est
à côté de la comédie. Les bureaux de la comédie.
Portier de comédie, s'est dit autrefois de Celui qui se tenait
à la porte d'un théâtre pour recevoir l'argent des personnes
qui voulaient voir le spectacle.
COMÉDIE, se dit aussi de La troupe des comédiens qui appartiennent
à un même théâtre. Toute la comédie doit paraître
dans cette pièce. La comédie française. La troupe de l'Opéra-Comique
s'appelait autrefois la comédie italienne.
COMÉDIEN , IENNE. s.
Celui, celle dont la profession est de jouer la comédie sur un théâtre
public. Bon comédien. Excellent comédien. Mauvais comédien.
C'est un pitoyable comédien. Ce comédien excelle dans le comique,
mais joue mal dans le sérieux, dans le tragique. Comédiens de campagne.
Comédiens ambulants. Comédiens français. Comédiens
italiens. Une troupe de comédiens. Les comédiens ont affiché
une pièce nouvelle.
Se dit figurement d'Un hypocrite, d'un homme qui, dans des vues intéressées,
feint des passions et des sentiments qu'il n'a pas, ou cherche à donner
aux autres une fausse idée de son mérite. Il est bon comédien.
Méfiez-vous de lui, c'est un grand comédien.
COMESTIBLE . adj. des deux genres
Qui peut se manger. Il ne se dit que De ce qui convient à la nourriture
de l'homme, et ne se prend guère adjectivement que dans ces phrases: Denrées
comestibles. Viandes et autres choses comestibles. Champignons comestibles.
S'emploie plus ordinairement comme substantif masculin. Le comestible. Des
comestibles. Un impôt sur les comestibles. Une boutique de comestibles.
Distribution de comestibles. Les comestibles sont rares et chers dans cette ville.
COMÈTE . s. f.
Se dit de Certains astres qui se meuvent autour du soleil, suivant les mêmes
lois que les planètes, mais dans des orbes tellement allongés, qu'ils
ne nous deviennent visibles que dans la partie de leur cours la plus voisine de
cet astre; ce qui fait qu'ils semblent paraître dans le ciel accidentellement.
On appelle Tête de la comète, La nébulosité
plus ou moins lumineuse, et généralement de figure ovoïde,
qui semble former le corps de ces astres; par opposition à La traînée
de lumière vague qui les accompagne ordinairement du côté
opposé au soleil, et que l'on appelle Queue de la comète.
Quelquefois cette lueur paraît s'étendre au delà de la tête,
vers le soleil; et alors elle prend le nom de Barbe de la comète.
D'autres fois aussi elle enveloppe toute la tête, et on l'appelle La
chevelure de la comète. Ces deux dernières dénominations
sont peu usitées. La tête des comètes, vue au télescope,
présente souvent dans son intérieur une petite masse de lumière
plus condensée; c'est ce que l'on nomme Le noyau de la comète.
Comète chevelue. Comète barbue. Comète à queue. Il
parut une comète. On vit une comète. L'apparition d'une comète.
Observer une comète. Le mouvement d'une comète. Le cours d'une comète.
Le peuple croit que les comètes sont des présages d'un événement
funeste.
Se dit, en termes de Blason, d'Une étoile à queue ondoyante, qu'on
représente avec huit rayons.
Se dit pareillement, en termes d'Artificiers, d'Une fusée volante dont
la tête et la queue sont également lumineuses.
COMÈTE, signifie aussi, Une espèce de jeu qui se joue avec
des cartes, dont une porte particulièrement le nom de Comète. Jouer
à la comète.
COMÈTE, se dit encore, dans la Mercerie, d'Une espèce de
ruban étroit et satiné, qui a ordinairement beaucoup d'apprêt.
Acheter de la comète.
COMICES .s.m. pl.
T. d'Antiq. Assemblées du peuple romain, pour élire des magistrats,
ou pour traiter des affaires importantes de la république. Comices par
curies, par centuries, par tribus. Convoquer, dissoudre les comices.
COMINGE . s. f.
Bombe d'une grosseur considérable. Il est vieux.
COMIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la comédie, prise dans le premier des sens indiqués
ci-dessus. Pièce comique. Poëte comique. Le genre comique. Sujet
comique. Style comique. Verve comique.
Troupe comique, Troupe de comédiens.
COMIQUE, signifie aussi, Plaisant, propre à faire rire. Visage,
air comique. Aventure comique. Roman comique. Cette intrigue est tout à
fait comique.
Fig., Avoir le masque comique, se dit en parlant D'un acteur comique,
et signifie, Avoir un visage qui se prête à tous les mouvements de
physionomie nécessaires pour bien exprimer le caractère d'un rôle
plaisant.
COMIQUE, est aussi substantif, au masculin; et alors il signifie, Le
genre comique, la comédie. Cet auteur entend bien le comique. Ce comédien
n'est bon que dans le comique. Le haut comique. Le bas comique. Le comique de
caractère. Le comique de situation. Le comique larmoyant.
Fig., Avoir du comique dans la figure, Avoir une physionomie plaisante.
Avoir du comique dans l'esprit, Avoir une disposition à saisir et
à rendre le ridicule.
COMIQUE. substantif, se dit aussi d'Un auteur comique. Molière
est notre premier comique.
Se dit également Du comédien qui est habituellement chargé
de représenter les personnages plaisants ou bouffons. C'est un bon comique.
Il tient l'emploi de comique. Premier comique.
Jouer les comiques, Tenir l'emploi de comique.
Fig. et fam., C'est le comique de la troupe, se dit D'une personne qui,
dans une société, amuse ordinairement les autres par ses bouffonneries.
COMIQUEMENT . adv.
D'une manière comique. Il a traité ce sujet comiquement. Parler
comiquement.
COMITE .s.m.
Officier préposé pour faire travailler la chiourme d'une galère.
Le comite d'une galère. Impitoyable comme un comite.
COMITÉ .s.m.
Réunion de personnes commises par une autorité quelconque, par
une assemblée, etc., pour la discussion de certaines affaires, de certains
objets. Nommer un comité. Il s'est tenu plusieurs comités sur
cette affaire. Le rapport d'un comité. Comité consultatif. Comité
des arts et manufactures. Comité de l'artillerie. Comité de bienfaisance.
Le comité du contentieux, au conseil d'État. Les membres, le président,
le secrétaire d'un comité.
Comité de lecture, se dit, dans les Théâtres, d'Un
comité devant lequel on lit les pièces présentées,
et qui juge si elles doivent être jouées.
Comité secret, se dit en parlant Des assemblées réglées,
lorsqu'elles excluent le public de leur salle, pour délibérer en
secret. La chambre s'est formée en comité secret. Demander le
comité secret. Examiner, discuter une proposition en comité secret.
COMITÉ, se dit aussi, familièrement, d'Une société
restreinte à un petit nombre de personnes entre lesquelles règne
ordinairement une certaine familiarité. Nous souperons ce soir en petit
comité. On a fait une lecture en petit comité.
COMMA .s.m.
.Musique. La huitième ou neuvième partie d'un ton, à peu
près la moitié d'un quart de ton. La valeur du comma n'est appréciable
que par le calcul.
COMMA, en termes d'Imprimerie, signifie, Une ponctuation qui se marque
avec deux points l'un au-dessus de l'autre.
COMMAND .s.m.
.Jurispr. Celui que l'acquéreur d'un héritage s'est réservé
de nommer, et pour lequel il déclare avoir acquis. Déclaration
de command.
COMMANDANT . adj.
Qui commande dans une place, ou qui commande des troupes, une troupe. Les
officiers commandants. Capitaine commandant.
Il est plus ordinairement substantif. S'il se fait du désordre, on
s'en prendra au commandant. Il faut parler au commandant.
Se dit particulièrement Des chefs de bataillon ou d'escadron, et Des
lieutenants de roi qui commandent dans les places. Le grade de commandant.
Commandant de place.
COMMANDE . s. f.
Ordre donné à un fabricant, à un ouvrier de faire un certain
ouvrage, qui doit ordinairement être achevé dans un temps prescrit.
On lui a fait plusieurs commandes. Une bonne commande. Une commande très-considérable.
De fortes commandes. Une commande de draps.
Ouvrage de commande, Tout ouvrage que l'on fait exprès pour une
personne qui en a donné l'ordre. C'est un meuble de commande.
Fig. et fam., Maladie de commande, joie de commande, douleur de commande,
etc., Maladie, joie, douleur, etc., feintes et supposées.
COMMANDEMENT .s.m.
Ordre que donne celui qui commande, qui a pouvoir de commander. Commandement
verbal. Commandement par écrit. Il a fait cela par votre commandement.
J'obéis à vos commandements.
Secrétaires des commandements, Les principaux secrétaires
des princes et des princesses de la famille et de la maison royale.
Secrétaire d'État et des commandements. Qualité
que les secrétaires d'État prenaient autrefois dans leurs titres.
Lettres signées en commandement, Lettres, arrêts qui étaient
signés par un secrétaire d'État.
COMMANDEMENT, se dit, dans un sens particulier, en termes de Guerre et
de Marine, de Tout ordre bref qu'on donne à haute voix pour faire exécuter
certains mouvements, certaines manoeuvres. Au commandement de... vous ferez
telle chose. Il n'entendit pas le commandement.
COMMANDEMENT, en termes de Pratique, se dit de L'exploit fait par un
huissier, en vertu d'un jugement ou d'un titre exécutoire, par lequel il
commande, au nom du roi, de la loi et de la justice, de payer, de vider les lieux,
etc. Toute saisie-exécution doit être précédée
d'un commandement. Itératif commandement.
COMMANDEMENT, signifie encore, Loi, précepte. En ce sens, on dit
par excellence: Les dix commandements de Dieu. Les commandements de l'Église.
Pécher contre le premier commandement. Observer les commandements.
COMMANDEMENT, signifie aussi, Autorité, pouvoir de commander.
Avoir commandement sur quelqu'un. Il a le commandement sur les troupes. Avoir
le commandement des troupes, d'une armée. Cela est sous son commandement.
Prendre le commandement. Accepter le commandement. Aspirer au commandement. Refuser
le commandement.
Avoir le commandement d'une province, d'une place, Y avoir la qualité,
la place de gouverneur, de commandant.
Bâton de commandement, Bâton qui est le signe de l'autorité,
et que portent certains officiers investis d'un commandement.
COMMANDEMENT, se dit quelquefois, en général, de L'action
de commander, de la manière de commander. Avoir le commandement doux.
Avoir le commandement rude, dur. Cet officier a l'habitude du commandement. Tempérer
la sévérité du commandement. Prendre le ton du commandement.
Il a le commandement beau, se disait autrefois D'un officier qui commandait
de bonne grâce. Cela se dit encore, par ironie, D'un homme qui donne des
ordres impossibles ou très-difficiles à exécuter; ou D'un
homme qui n'a point d'autorité, et auquel on ne veut pas obéir.
Avoir quelque chose à son commandement, Pouvoir s'en servir à
sa volonté. Il n'a point d'équipage, mais il a les voitures de
ses amis à son commandement.
Avoir une chose à commandement, L'avoir en main, pouvoir facilement
en disposer. Il a tout à commandement, l'argent, etc.
Fig., Avoir la parole à commandement, avoir le latin à commandement,
etc., S'énoncer avec facilité, parler le latin comme sa propre
langue, etc.
COMMANDER . v. a.
Ordonner, enjoindre quelque chose à quelqu'un. Il lui a commandé
telle chose. C'est Dieu qui le commande. Dieu nous commande de l'aimer. Commandez
qu'il s'arrête. La loi, l'Évangile commande telle chose. On dit,
par civilité: N'avez-vous rien à me commander pour votre service?
Vous n'avez qu'à commander. Etc.
S'emploie figurément, au sens moral. L'honneur vous commande ce sacrifice.
Les circonstances commandaient ces mesures.
Fig., Commander le respect, l'estime, l'admiration, etc., Inspirer un
respect, une estime, une admiration, etc., dont il est impossible de se défendre.
Cette conduite commande l'admiration.
Commander quelque chose à un ouvrier, à un artisan, Lui
donner ordre de faire quelque chose de son métier. Il a commandé
un habit, des souliers, etc. Commander une tourte chez un pâtissier. Commander
un dîner à un traiteur.
Fig., Ce sentiment, cette passion ne se commande point, se dit Des sentiments,
des passions qui ne dépendent pas de notre volonté.
COMMANDER, signifie aussi figurément, en parlant Des choses, Dominer
par son élévation. Cette éminence, cette montagne commande
la plaine, commande toute la vallée. La ville est commandée au nord
par deux collines élevées. Souvent, à l'idée d'une
certaine élévation, se joint celle de la facilité que présente
le lieu plus élevé pour attaquer ou battre celui qui l'est moins,
en tirant de haut en bas. La citadelle commande la ville.
COMMANDER, signifie encore, Avoir le commandement, l'autorité.
Commander une armée. Commander les armées du roi. Commander l'avant-garde.
Commander l'aile droite. Commander l'aile gauche. Commander un régiment,
une troupe. Commander un poste. Commander un vaisseau, une escadre, une flotte.
Commander l'armée navale.
Commander une expédition, une attaque, un siége, etc.,
Être chargé de diriger une expédition, une attaque, un siége,
etc. On dit de même, Commander la manoeuvre.
COMMANDER, signifie, dans une acception particulière, Mener à
la guerre une troupe du commandement de laquelle on est chargé. Il commandait
les dragons. L'officier qui commandait l'artillerie.
Commander une troupe, des soldats, etc., pour une expédition, un coup
de main, une attaque, etc., Donner à une troupe, à des soldats,
etc., l'ordre de faire une attaque, une expédition, un coup de main, etc.
Le onzième régiment fut commandé pour ouvrir la tranchée.
On commanda un capitaine et un lieutenant par bataillon.
COMMANDER, est souvent neutre, et signifie, Avoir droit et puissance
de commander, avoir autorité, empire. Le prince commande à ses
sujets, le père à ses enfants, le maître à ses domestiques,
le capitaine à ses soldats, etc. Il commande dans la ville, dans la citadelle.
Commander dans une province. Commander sur mer. Le général commandant
l'armée d'observation. Commander en maître, en roi. C'est un prince
né pour commander. Il faut savoir obéir pour savoir bien commander.
L'art de commander.
Prov., Commandez à vos valets, se dit À une personne qui
donne trop impérieusement ses ordres à des gens qui ne dépendent
point d'elle.
Fig. et fam., Commander à la baguette, Commander avec un empire
absolu; ou Commander avec hauteur et dureté.
Fig., Commander à ses passions, se commander à soi-même,
Maîtriser, réprimer ses passions. Je ne pouvais commander à
mon impatience. Il n'a jamais su se commander.
Fig., Cette place forte commande à tout le pays, Elle le tient
en respect.
COMMANDÉ, ÉE. participe
COMMANDERIE . s. f.
Bénéfice affecté à l'ordre de Malte ou à
quelque autre ordre militaire. Une commanderie de Malte. Une commanderie de
l'ordre Teutonique. Une commanderie de Saint-Jacques, de Saint-Lazare.
COMMANDEUR .s.m.
Chevalier d'un ordre militaire ou hospitalier, pourvu d'une commanderie. Commandeur
de Malte. Commandeur de Saint-Lazare. Commandeur de l'ordre Teutonique.
Il désigne aussi, dans plusieurs ordres militaires et autres, Un grade
plus ou moins élevé, qui est purement honorifique. Dans l'ordre
de la Légion d'honneur, le grade de commandeur est le troisième.
Commandeur de l'ordre du Christ (Portugal), de l'ordre du Bain (Angleterre),
de l'ordre du Mérite civil (Wurtemberg), etc.
Commandeurs de l'ordre, Ecclésiastiques qui avaient l'ordre du
Saint-Esprit. Commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.
Commandeur des croyants. Titre que prenaient les califes.
COMMANDITAIRE .s.m.
Celui qui n'est que simple bailleur de fonds dans une société
en commandite, et qui ne prend aucune part à la gestion. On dit aussi,
adjectivement, Associé commanditaire.
COMMANDITE . s. f.
Société formée entre un ou plusieurs associés responsables
et solidaires, et un ou plusieurs associés simples bailleurs de fonds,
qui ne prennent aucune part à la gestion de la société, et
qui ne sont responsables que jusqu'à concurrence de leurs mises. Société
en commandite.
COMME . adv. de comparaison
De même que, ainsi que. Ils sont faits l'un comme l'autre. Amer comme
de l'absinthe. Cela est froid comme glace. Il est hardi comme un lion. Faites
comme cela. Faites comme lui. Comme j'espère. Comme l'on dit. Comme dit
tel auteur. Comme vous voyez. Comme il est juste. Ses avis sont reçus comme
des oracles. Je regarde cela comme une chose non avenue. Je lui ai dit, comme
à vous, tout ce que j'en pensais. À la campagne comme à la
ville. Dans ce sens, il se met quelquefois au commencement de la phrase principale.
Comme il avait puni le crime, il voulut aussi récompenser la vertu.
Comme son devoir est de... le nôtre est également de... Cette
construction est usitée surtout dans les comparaisons. Comme le soleil
efface les autres astres, ainsi, etc.
Prov. et fig., Comme on fait son lit on se couche, Il faut s'attendre
au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue,
par les mesures qu'on a prises.
Un homme comme lui, Un homme de son mérite, de son rang, etc.
Un homme comme lui, comme vous est au-dessus d'un pareil soupçon.
Fam., Comme cela, Ni bien ni mal. Comment se porte-t-il? Comme cela.
Fam., Il est comme cela, C'est son caractère, sa manière,
son usage, etc.
COMME, se joint, dans un sens à peu près semblable, avec
certains verbes, tels que Considérer, regarder, etc., pour marquer
l'opinion que l'on a de quelqu'un ou de quelque chose, le jugement que l'on en
porte. Il fut regardé comme le plus habile capitaine de son siècle.
Nous devons considérer cela comme le présage de quelque grand événement.
On le citait comme le plus intègre des magistrats.
Comme si, De même que si. Il me voulait engager dans cette affaire,
comme si elle eût été juste. Il me pressait de le servir,
comme si j'y étais obligé. Il me traite comme si j'étais
son valet. Il n'osait avancer, comme s'il eût craint d'être maltraité.
Comme aussi, Et pareillement, et de plus. On ne l'emploie guère
qu'en termes de Pratique. Le contrat porte que... comme aussi que...
Comme en effet. Façon de parler dont on se sert pour confirmer
ce que l'on a dit. S'il est homme de bien, comme en effet il l'est, il dira...
COMME, signifie aussi, Par exemple. Les mots français en
tié sont féminins, comme Amitié, pitié, etc.
COMME, signifie quelquefois, Presque, quasi. Il est comme insensé.
Il est comme mort. Cela est comme fait.
Il signifie aussi, En quelque façon. La lumière est comme l'âme
des couleurs. Il le regarde comme son second père. Elle l'examina longtemps
comme pour s'assurer que c'était bien lui.
Il signifie encore, De quelle manière. Vous savez comme il s'est conduit
envers moi. Voici comme l'affaire se passa. En ce sens, il se dit aussi par
exclamation. Comme vous me traitez! Comme vous voilà fait!
Fam., Comme quoi, Comment. Comme quoi avez-vous fait cela? Cette
façon de parler est peu usitée.
COMME, signifie aussi quelquefois, À quel point, combien. Comme
il est changé! Vous voyez comme il travaille. Comme il m'est doux de penser
que...
Il signifie en outre, Tant que, autant que. Rien n'anime le soldat comme
l'exemple des chefs. Rien n'encourage les artistes et les gens de lettres comme
de voir les talents en honneur.
COMME, signifie aussi, En qualité de, en tant que. Le pape
peut être considéré ou comme chef de l'Église, ou comme
prince temporel. Je vous dis cela comme votre parent et votre ami. Cette plante
est employée en médecine comme vermifuge. Il proposa, comme expédient,
de faire telle chose. Comme ouvrage de circonstance, cette pièce a du mérite.
Il signifie quelquefois, familièrement, En vertu de quoi. Obtenez
un ordre comme il faut que je parte.
COMME, est encore adverbe de temps, et signifie, Lorsque, dans le temps,
au moment où. Comme le roi était à Paris, il arriva, etc.
Comme je faisais telle chose, j'appris que, etc. Comme ils étaient assemblés,
on leur apporta des lettres.
COMME, est aussi conjonction, et signifie, Parce que, vu que, par le
motif que. Il se met tantôt au commencement, tantôt au milieu de la
phrase. Comme il a toujours aimé le bien public, jamais il n'a voulu
consentir à ce projet. Comme ses raisons paraissaient bonnes, on s'y rendit.
On préféra ce moyen comme plus doux. Ils rejetèrent cette
mesure comme trop violente.
Il peut être suivi de la conjonction Aussi. Comme il est inconstant
dans ses projets, aussi voit-on qu'il réussit rarement en quelque chose.
Ce tour est maintenant peu usité.
COMMÉMORAISON . s. f.
.Liturgie. Mémoire, mention que l'Église fait d'un saint ou d'une
sainte, le jour qu'on célèbre une autre fête. L'Église
a fait commémoraison de tel saint. On dit aussi, La commémoraison
des morts. Voyez l'article suivant.
COMMÉMORATION . s. f.
.Liturgie. Cérémonie établie pour rappeler le souvenir
de quelque événement important. On a chanté un Te
Deum en commémoration de cette victoire.
La commémoration des morts, La fête que l'Église
célèbre le jour des Morts. Se dit aussi de La mention que le prêtre
fait des trépassés, à l'endroit de la messe appelé
Mémento.
Fam. et en plaisantant, Faire commémoration de quelqu'un, En faire
mention.
COMMENÇANT , ANTE. s.
Celui, celle qui en est encore aux premiers éléments d'un art,
d'une science. Cet auteur, ce livre est trop difficile, trop fort pour un commençant.
La classe des commençants.
COMMENCEMENT .s.m.
Ce par quoi une chose commence; la première partie d'une chose qui a
ou qui doit avoir une durée, une suite, un progrès, une étendue.
Bon commencement. Mauvais commencement. Heureux commencement. Au commencement
du monde. Dès le commencement. Dans le commencement. Depuis le commencement
de la monarchie. Les commencements des grands États sont obscurs. Le commencement
de l'année. Être au commencement du printemps. Donner commencement
à quelque chose. Souvent, de petits commencements on vient à de
grandes choses. Cette action fut le commencement de sa fortune. Le commencement
d'une passion. Un beau commencement d'année. Un heureux commencement de
campagne. Le commencement d'un livre. Lire un livre depuis le commencement jusqu'à
la fin. Le commencement d'un discours, d'un poëme, d'une histoire.
Fam., Il y a commencement à tout, On ne peut bien faire tout de
suite les choses qu'on n'a point encore essayé de faire, auxquelles on
ne s'est point encore exercé.
Prendre son commencement, prendre commencement, Commencer. Cette monarchie
a pris son commencement dans tel siècle.
Absol., Au commencement, Au commencement du monde. Au commencement
Dieu créa le ciel et la terre. Il n'est guère usité qu'en
style de l'Écriture.
En Jurispr., Commencement de preuve, se dit de Ce qui fait présumer
la vérité d'un fait ou d'une promesse, sans néanmoins fournir
une preuve suffisante. Commencement de preuve par écrit.
COMMENCEMENTS, au pluriel, se dit Des premières leçons,
des premières instructions dans un art, ou dans une science. Il a de
bons commencements dans les mathématiques, dans la peinture, etc. Les commencements
sont toujours difficiles.
COMMENCEMENT, se prend aussi pour Principe, cause première; et,
dans ce sens, on dit, Dieu est le commencement et la fin de toutes choses.
COMMENCER . v. a.
Faire le commencement d'une chose, donner à une chose un commencement
d'existence. Commencer un bâtiment. Commencer un ouvrage. Commencer un
discours. Etc.
Commencer de, désigne une action qui aura de la durée.
Lorsqu'il commença de parler, chacun se tut pour l'écouter. Il
avait commencé d'écrire sa lettre. Je commençais à
peine de dormir, quand ce bruit me réveilla. Commencer de dîner.
On a commencé de bâtir sa maison il y a huit jours. On commença
d'ouvrir la tranchée. Ce roi commença de régner en telle
année.
Commencer à, désigne une action qui aura du progrès,
de l'accroissement. Cet enfant commence à parler, à lire, à
écrire. Ses nuits sont plus calmes, il commence à dormir un peu.
Je commence à comprendre. Cet ouvrier commence à travailler beaucoup.
Son orgueil commence à me déplaire. La dispute commençait
à s'échauffer. Le jour commence à luire. Cependant on
dit quelquefois, Commencer à, pour Commencer de. Commençons
à dîner. Ils commencèrent à jouer. Etc.
Commencer l'année, commencer la journée, etc., par telle ou
telle chose, par faire telle ou telle chose, se dit en parlant De la première
chose qu'on fait au commencement de l'année, de la journée, etc.
On dit à peu près dans le même sens: Ce prince a commencé
son règne par rétablir le bon ordre dans ses États.
Commencer l'année, commencer la journée, etc., Être
encore dans les premiers temps de l'année, dans les premières heures
de la journée, etc. Nous ne faisons que de commencer l'année.
On ne fait que de commencer la campagne.
Commencer quelqu'un, Lui donner les premières leçons, les
premiers commencements de quelque art, de quelque science; être le premier,
par exemple, à lui montrer à faire des armes, à monter à
cheval, à danser, etc. Ce maître de danse n'est bon qu'à
commencer les enfants. C'est cet écuyer qui l'a commencé. Ce jeune
homme a été bien commencé, mal commencé.
Cette nourrice a commencé cet enfant, Elle est la première
qui lui ait donné à téter.
Commencer un cheval, Lui donner les premières leçons de
manége.
COMMENCER, s'emploie souvent absolument. Ce jeune homme a mal commencé.
Je n'avais pas commencé, qu'il survint un importun. Quand commencerez-vous?
Par où commencerez-vous? Je commencerai par là. Je commencerai par
vous dire que... Il faut commencer par un bout et finir par l'autre. Il a commencé
par où il fallait finir. Chacun attendait, pour agir, qu'un autre commençât.
À ce jeu, la personne qui commence dit telle chose. Je ne fais que de commencer,
que commencer. S'il continue comme il a commencé, il ira loin. Le poëte
commence par une invocation à Vénus.
Prov., N'a pas fait qui commence.
Il commence par où les autres finissent, Les premières
choses qu'il fait égalent les actions, les progrès de ceux qui travaillent
depuis longtemps.
COMMENCER, est aussi neutre. L'année commençait. Les
fêtes ont commencé. Le sermon commence. Ce livre, ce poëme,
ce discours commence bien. Le premier acte commence par une scène entre
tels personnages. Par où la dispute a-t-elle commencé? Le spectacle
a commencé à telle heure. Cette montagne, cette forêt commence
en tel lieu, en tel pays, auprès de telle ville.
S'emploie aussi quelquefois impersonnellement. Il commence déjà
à faire jour. Il commençait à pleuvoir quand nous partîmes.
COMMENCÉ, ÉE. participe
COMMENDATAIRE . adj. des deux genres
Qui possède un bénéfice en commende. Abbé commendataire.
COMMENDE . s. f.
Titre de bénéfice que le pape donnait à un ecclésiastique
nommé par le roi, pour une abbaye régulière, avec permission
au commendataire de disposer des fruits pendant sa vie. La commende était
une dérogation au droit commun. Abbaye en commende.
COMMENSAL .s.m.
Celui qui mange habituellement à même table avec un autre. C'est
mon commensal. Nous sommes commensaux. On dit aussi, Être commensal
d'une maison, Y être attaché, y manger habituellement. Il est
familier.
Il s'est dit, dans un sens particulier, Des officiers de la maison du roi qui
ont bouche à cour, pendant qu'ils sont de service. Il était commensal
de la maison du roi. Les commensaux avaient autrefois certains priviléges.
COMMENSALITÉ . s. f.
Droit des commensaux de la maison du roi. L'Académie française
jouissait du droit de commensalité.
COMMENSURABILITÉ . s. f.
.Math. Rapport de nombre à nombre entre deux grandeurs qui ont une mesure
commune.
COMMENSURABLE . adj. des deux genres
.Math. Se dit De deux grandeurs qui ont un rapport de nombre à nombre,
ou, ce qui revient au même, une mesure commune. Tous les nombres entiers
et rompus sont commensurables entre eux. Lignes commensurables entre elles. Grandeurs
commensurables.
COMMENT . adv.
De quelle sorte, de quelle manière. Si vous voulez savoir comment
la chose s'est passée, je vous le dirai. Voyons comment il en sortira.
Je ne sais comment il peut subsister. Il a, je ne sais comment, trouvé
le moyen de s'évader. Comment se porte-t-il? Comment a-t-il pu se sauver?
Comment cela? Comment faire? Comment? que dites-vous?
S'emploie quelquefois par exclamation et pour marquer l'étonnement où
l'on est de quelque chose; et alors il signifie, Eh quoi! Est-il possible! Comment!
vous voilà? Comment! malheureux, avez-vous bien l'assurance de soutenir
cela? Comment! est-il donc vrai qu'il soit mort?
Se dit aussi dans le sens de Pourquoi, d'où vient que? Comment vous
êtes-vous avisé de venir ici? Comment s'est-il adressé à
moi plutôt qu'à un autre?
S'emploie aussi quelquefois substantivement. J'ignore le comment. Savoir
le pourquoi et le comment d'une chose. Dans ce sens, il est familier, et quelquefois
didactique.
COMMENTAIRE .s.m.
Éclaircissements, observations et remarques sur un livre, sur un texte,
pour en faciliter l'intelligence. Docte, savant commentaire. Ample commentaire.
Commentaire sur la Bible. Commentaire sur Aristote, sur Hippocrate. Faire un commentaire.
Faire des commentaires. Ce livre est si obscur et si difficile, qu'on ne peut
l'entendre sans commentaire. Il le faut lire avec un commentaire. Le texte et
le commentaire.
Fig. et fam., Cela n'a pas besoin de commentaire, se dit D'une chose
qui est très-claire, qui n'a pas besoin d'être expliquée.
Fig. et fam., Point de commentaire, se dit Pour imposer silence à
un inférieur qui se permet de faire des observations sur ce qu'on lui ordonne
ou sur ce qu'on lui défend.
COMMENTAIRE, se dit, figurément et familièrement, de L'interprétation,
ordinairement maligne, qu'on donne aux discours ou aux actions de quelqu'un. Voilà
comme je l'ai ouï conter; mais le commentaire ajoute, dit que... Il fait
des commentaires sur les actions de tout le monde. On ferait là-dessus
un beau commentaire. On fit bien des commentaires. On fit divers commentaires
sur cette action-là, sur cette parole-là.
COMMENTAIRES, au pluriel, est Le titre de certaines histoires écrites
par ceux qui ont eu la plus grande part aux faits qui y sont rapportés.
Les Commentaires de César. Les Commentaires de Montluc.
COMMENTATEUR .s.m.
Celui qui fait un commentaire, des commentaires. Bon commentateur. Docte,
savant commentateur. Ennuyeux commentateur. Les commentateurs de la Bible. Les
commentateurs d'Aristote, d'Homère.
COMMENTER . v. a.
Faire un commentaire, des commentaires. Commenter la Bible. Plusieurs savants
ont commenté Homère. Commenter Virgile.
Il est aussi neutre, et signifie, Tourner en mauvaise part, interpréter
malignement; et alors il se met toujours avec la préposition Sur. Il
commente sur tout. Je ne crains point que l'on commente sur mes actions. Il n'y
a point à commenter là-dessus.
Se dit quelquefois absolument, et signifie alors, Ajouter malignement à
la vérité de la chose. Il en dit plus qu'il n'y en a, il commente
un peu.
COMMENTÉ, ÉE. participe
COMMER . v. n.
Faire des comparaisons, dire qu'une chose est comme une autre. Vraiment,
voilà qui est bien commé. Il ne fallait pas commer si désobligeamment.
Il est familier et vieux.
COMMÉRAGE .s.m.
Propos, conduite de commère. Il est familier.
COMMERÇABLE . adj. des deux genres
Qui peut être commercé, négocié. Il ne se dit que
Des effets publics, des lettres de change, etc. Effets commerçables.
Billets commerçables. On dit plus souvent aujourd'hui, Négociable.
COMMERÇANT , ANTE. adj.
Qui commerce, où il se fait un grand commerce. Les peuples commerçants.
Une nation, une ville commerçante.
Il est souvent employé comme substantif, et se dit Des négociants,
des marchands en gros. Un bon commerçant. Un riche commerçant.
COMMERCE .s.m.
Trafic, négoce de marchandises, d'argent, soit en gros, soit en détail.
La liberté, la facilité du commerce. Établir, rétablir
le commerce. Défendre, interdire, gêner le commerce. La paix entretient
le commerce, fait aller le commerce, fait fleurir le commerce, met de l'argent
dans le commerce. Cela fait rouler le commerce. La guerre fait cesser le commerce,
rompt le commerce, paralyse le commerce. Le commerce est interrompu, perdu, ruiné.
Le commerce va bien, ne va plus. Le commerce languit. Le commerce enrichit un
État, est la richesse d'un État. Le commerce ne demande que liberté
et protection. Commerce en gros, en détail. Commerce interlope. Commerce
de contrebande. Commerce maritime. Commerce d'entrepôt. Commerce étranger.
Commerce avec les colonies. Commerce des colonies, de l'Inde, de la Chine, du
Levant. Commerce intérieur. Commerce extérieur. Le principal commerce
de la Russie consiste en fourrures, etc. Le commerce français. Le commerce
des épiceries. Le commerce des soies, des soieries, des toiles, des cuirs,
etc. Faire commerce de toutes sortes de marchandises. Affaires de commerce. Entreprises
de commerce. Navires de commerce. Villes de commerce. Maison de commerce. Effets
de commerce. C'est une bonne branche de commerce. Commerce avantageux, lucratif.
Faire le commerce. Faire un petit commerce, un grand commerce. Livres de commerce.
Société de commerce. Traité de commerce. Tribunal de commerce.
Code de commerce. Le ministère du commerce et des travaux publics. Conseil
du commerce et des manufactures.
Chambre de commerce, Réunion de négociants chargés
de donner leur avis aux autorités locales sur ce qui concerne le commerce.
Fig., Faire un mauvais, un méchant, un vilain commerce, un honteux,
un infâme commerce, Se mêler de quelque pratique ou de quelque
intrigue qui n'est pas honnête.
COMMERCE, désigne quelquefois, par extension, Le corps des commerçants
et négociants. Cette loi a mécontenté le commerce. Le
haut commerce.
COMMERCE, se dit, figurément, Des liaisons, des rapports, des
communications que les personnes ont les unes avec les autres, pour quelque objet
que ce soit. Dans le commerce de la vie. Dans le commerce du monde. Avoir commerce,
entretenir commerce avec quelqu'un. Ils ont grand commerce ensemble. Ils sont
en grand commerce l'un avec l'autre. Je suis bien son serviteur, mais point de
commerce. Il a rompu tout commerce avec ces gens-là. Quel commerce ont-ils
ensemble? Ils entretiennent commerce de lettres ou par lettres. Ils ont
commerce de nouvelles. Commerce d'esprit. Commerce de littérature. Commerce
d'idées, de sentiments. Commerce de galanterie. Commerce innocent. Commerce
suspect. Commerce scandaleux. Commerce charnel.
Avoir commerce, être en commerce avec... se dit, en mauvaise part,
D'une liaison illicite entre deux personnes de sexe différent.
Être d'un commerce agréable, d'un bon commerce, Être
d'agréable société. Être d'un commerce sûr,
Être discret, savoir garder les secrets dont on a reçu confidence.
C'est un homme d'un commerce sûr, vous pouvez vous fier à lui.
Jeu de commerce, Jeu de cartes entre trois, quatre, jusqu'à neuf
personnes.
COMMERCER . v. n.
Trafiquer, faire le commerce. Commercer dans le Levant, en Espagne, dans
les colonies. Cette nation commerce avec tous les peuples de la terre.
COMMERCIAL , ALE. adj.
Qui appartient, qui est relatif au commerce. Règlements, statuts commerciaux.
Affaires, matières commerciales. Opérations, entreprises commerciales.
Agents commerciaux.
COMMÈRE . s. f.
Celle qui a tenu un enfant sur les fonts: on lui donne ce nom tant à
l'égard du parrain qu'à l'égard du père et de la mère
de l'enfant.
COMMÈRE, se dit aussi, familièrement, d'Une femme de basse
condition, qui veut savoir toutes les nouvelles du quartier, et qui parle de tout
à tort et à travers. C'est une commère, une vraie commère,
une franche commère.
Se dit, par extension, de Toute autre femme, de quelque condition qu'elle soit,
qui a le même défaut. On peut même quelquefois l'appliquer
Aux hommes. Cet homme est une vraie commère.
Fam., C'est une bonne commère, une fine commère, une maîtresse
commère, C'est une femme qui a de la tête, une femme hardie et
rusée, que rien ne rebute.
Prov. et fig., Tout se fait, tout va par compère et par commère,
Tout se fait par faveur et par recommandation.
COMMETTANT .s.m.
Celui qui charge un autre du soin de ses intérêts politiques ou
privés. Rendre compte à ses commettants. Son commettant lui a
donné des instructions fort étendues.
COMMETTRE . v. a.
(Il se conjugue comme Mettre.) Faire. Dans ce sens, il ne se dit qu'en
parlant De ce qui est péché, crime ou faute. Commettre un crime,
une faute, une méchante action. Commettre un péché. Il n'a
commis en cela qu'une faute légère. Ils commirent de grands excès.
Commettre une irrévérence dans l'église. C'est commettre
une incivilité, que de...
Il signifie aussi, Employer, préposer; et alors il ne se dit qu'en parlant
Des personnes. Commettre un homme à un emploi. Il fut commis à
l'exercice de telle charge. Le roi l'a commis pour avoir soin de... Il fut commis
pour garder les prisonniers. Ce sont des gens qu'on a commis exprès pour
cela. On a commis tel juge pour informer.
En termes de Pratique, Commettre un rapporteur, Nommer un juge pour être
rapporteur dans une affaire. Il a été commis pour rapporteur.
COMMETTRE, signifie encore, Confier. J'ai commis cela à vos
soins. Je vous en ai commis le soin.
COMMETTRE, signifie aussi, Compromettre, exposer mal à propos
à quelque danger, à quelque embarras, à quelque avanie, etc.
Je ne veux point, s'il vous plaît, que vous me commettiez là dedans.
N'ayez pas peur, je ne vous commettrai point. Commettre sa réputation.
Commettre la fortune de l'État. Commettre les armes, la réputation
des armes du prince. Par cette démarche imprudente, cet ambassadeur a commis
le nom de son maître. C'est commettre l'autorité du roi, que d'en
user de la sorte.
S'emploie aussi dans ce sens avec le pronom personnel. Un ambassadeur se
commet, quand il excède ses pouvoirs. Un honnête homme se commet,
quand il entre en lice avec de tels adversaires. Il craignait de se commettre,
contre un si grand capitaine.
Commettre deux personnes l'une avec l'autre, Les mettre dans le cas de
se brouiller ensemble. Il a commis le père avec le fils. Il a fait des
rapports qui ont pensé les commettre l'un avec l'autre.
Se commettre avec quelqu'un, S'exposer, se mettre au hasard d'avoir une
affaire, un démêlé avec lui. Vous ferez bien de ne vous
pas commettre avec lui, c'est un homme dangereux.
COMMETTRE, en termes de Marine, Tordre ensemble plusieurs torons pour
en former un cordage. Commettre un cordage.
COMMIS, ISE. participe, Avoir ses causes commises aux requêtes
du palais, aux requêtes de l'hôtel, etc., se disait autrefois
De ceux qui, dans certains cas, avaient le droit d'y plaider en première
instance, et d'y attirer les procès qu'on leur intentait en d'autres juridictions.
Les commensaux de la maison du roi, les quarante de l'Académie française,
avaient leurs causes commises aux requêtes du palais, aux requêtes
de l'hôtel.
COMMINATOIRE . adj. des deux genres
.Jurispr. Se dit D'une clause, d'une disposition légale, d'un jugement,
etc., qui renferme quelque menace, en cas de contravention. Clause comminatoire.
Disposition comminatoire. Jugement, sentence comminatoire. Cela n'est que comminatoire.
Les peines comminatoires ne sont point encourues de plein droit, et peuvent n
être pas infligées.
COMMIS .s.m.
Celui qui est chargé par un autre de quelque emploi, de quelque fonction
dont il doit lui rendre compte. On ne le dit guère que de Ceux qui sont
employés dans les bureaux d'une administration, ou chez un négociant,
un banquier, etc. Commis au ministère. Les commis d'une administration,
d'un greffe. Commis expéditionnaire. Commis de bureau. Commis de l'octroi.
Commis aux barrières. Commis des douanes. Les commis d'un négociant,
d'un banquier, d'un marchand. Il est commis d'un tel, chez un tel. Un bon commis.
Un commis intelligent. Il a plusieurs commis sous ses ordres. Premier commis.
Commis marchand.
Commis voyageur, Commis qui voyage pour les affaires d'une maison de
commerce.
COMMISE . s. f.
.Jurispr. féodale. Confiscation d'un fief au profit du seigneur, faute
de devoirs rendus par le vassal. Fief tombé en commise.
COMMISÉRATION . s. f.
Pitié, miséricorde, sentiments de compassion. Cela excita une
grande commisération dans toute l'assemblée. Exciter la commisération
publique.
COMMISSAIRE .s.m.
Celui qui est commis pour remplir des fonctions ordinairement temporaires, et
relatives à un objet particulier. Des commissaires furent nommés,
de part et d'autre, pour fixer les limites, On donna des commissaires à
ce criminel d'État pour lui faire son procès. Le roi nomma des commissaires
pour examiner, pour juger. Il y avait des commissaires du roi aux états
de Languedoc, aux états de Bretagne. Commissaire du roi chargé de
soutenir la discussion d'un projet de loi présenté aux chambres.
Le commissaire du roi monta à la tribune. L'assemblée élut
deux commissaires pour faire les dispositions convenables. Rapport des commissaires
chargés par l'Académie de...
Commissaire départi, se disait autrefois d'Un intendant de province.
Commissaires du gouvernement, s'est dit, à une certaine époque,
Des procureurs généraux et des autres officiers du ministère
public. Commissaire du gouvernement près le tribunal de...
Commissaire des guerres, Officier qui était préposé
pour avoir soin de la police des troupes dans la marche, pour les passer en revue,
et pour les faire payer. Il était commissaire des guerres dans un département.
Les commissaires des guerres ont été remplacés par des intendants
militaires.
Commissaire des vivres, Officier qui était préposé
ou commis pour avoir soin des vivres d'une armée ou d'une place de guerre.
Commissaire d'artillerie, Officier qui était commis pour servir
dans l'artillerie, et pour avoir soin de tout ce qui en regardait l'attirail et
l'équipage.
Commissaire de marine, Officier préposé pour avoir soin
de ce qui concerne l'équipement et l'approvisionnement des vaisseaux de
l'État, pour passer en revue les officiers et les troupes de la marine,
pour payer les soldes, etc. Il y avait autrefois un commissaire de la marine
du Ponant, et un commissaire de la marine du Levant. Commissaire général
de la marine. Commissaire ordonnateur. Commissaire de première classe,
de seconde classe. Sous-commissaire.
Commissaire général de la cavalerie, Officier principal
qui commandait la cavalerie légère sous l'autorité du colonel
général et du mestre de camp général, ou en leur absence:
par extension, on appelait aussi son régiment Le commissaire général.
Commissaire des pauvres, Celui qui, dans une paroisse, recueillait la
taxe qu'on y avait établie pour les pauvres. Se dit quelquefois encore
Des membres d'un bureau de charité, de bienfaisance.
Commissaire de police, ou simplement, Commissaire, Officier public
chargé, dans les villes, de faire observer les règlements et les
ordonnances de police. Faire sa plainte, porter sa plainte devant un commissaire,
devant le commissaire, au commissaire. Le commissaire avait son écharpe.
On le conduisit chez le commissaire du quartier. Commissaire de police d'un arrondissement.
Il y a dans certaines villes un commissaire général de police.
Commissaire-priseur-vendeur, ou simplement, Commissaire-priseur,
Officier qui met le prix aux effets mobiliers dont la vente se fait en public
au plus offrant et dernier enchérisseur.
COMMISSAIRE, s'est dit aussi de Celui qui était établi
par autorité de justice pour administrer, pour régir des biens saisis
ou mis en séquestre. Il fut ordonné que les biens en question
seraient régis par commissaires. L'huissier, le sergent établi commissaire
au régime des biens saisis par justice.
Commissaire aux saisies réelles, Officier qui était commis
pour avoir soin des biens saisis réellement.
COMMISSAIRE, se dit encore, dans un sens particulier, d'Un juge délégué
par le tribunal auquel il appartient, pour procéder à certaines
opérations, et en faire son rapport, lorsqu'il y a lieu. Le parlement
nomma des commissaires pour instruire l'affaire sur les lieux. Un commissaire
fut nommé, fut député pour ouïr les parties. Le commissaire
s'est transporté sur les lieux. Commissaire en cette partie. Dans ce
sens, on dit plus souvent aujourd'hui, Juge-commissaire. Nommer un juge-commissaire.
Ordonnance du juge-commissaire. Procès-verbal du juge-commissaire. Rapport
du juge-commissaire. Le tribunal ordonna une enquête, et nomma pour juge-commissaire
N.
Commissaire de la cour, se disait autrefois d'Un commissaire du parlement
ou de quelque autre cour supérieure. Le procès a été
vu par les commissaires de la cour, il n'est plus question que de le rapporter
à la chambre.
Travailler de grands commissaires, se disait autrefois Lorsqu'un certain
nombre de conseillers, avec le président, travaillaient extraordinairement,
dans le palais même, à l'examen, à la discussion d'une affaire.
Travailler de petits commissaires, se disait Lorsque c'était chez
le président que les conseillers s'assemblaient pour travailler. On disait
de même, Cette affaire a été jugée de grands commissaires,
elle a été vue de petits commissaires.
COMMISSARIAT .s.m.
La qualité, l'emploi de commissaire. Cet employé a obtenu un
commissariat.
Se dit aussi de La durée des fonctions d'un commissaire. Il s'est
absenté tout le temps de son commissariat.
COMMISSION . s. f.
Fait, action, chose commise. En ce sens, il n'est guère usité
que dans cette phrase, Péché de commission. On l'oppose à
Péché d'omission.
Il signifie aussi, Charge qu'on donne à quelqu'un de faire quelque chose.
Commission honorable, agréable, difficile, pénible, fâcheuse.
Donner commission à quelqu'un de faire quelque chose, lui donner une commission,
le charger de quelque commission. Faire une commission. Exécuter, remplir
une commission. S'acquitter de sa commission. Outrepasser sa commission. Les ambassadeurs
ayant exposé leur commission. Il a reçu commission d'aller en tel
lieu. Révoquer une commission. Elle a commission d'acheter les plus belles
étoffes.
Il signifie quelquefois, dans une acception particulière, Charge d'acheter,
de faire quelque emplette. C'est lui qui fait toutes les commissions de la
province. On lui envoie plusieurs commissions et point d'argent. Donnez vos commissions
à qui vous voudrez. Je ne veux plus me mêler de vos commissions.
Elle est toujours chez les marchands pour quelque commission.
Se dit aussi d'Un message dont on charge un domestique, un subalterne, un commissionnaire.
Ce domestique fait fort bien les commissions. Il est allé, on l'a envoyé
en commission. On lui a donné plusieurs commissions.
COMMISSION, dans le Commerce, se dit de La profession de celui qui fait
habituellement des actes de commerce pour le compte d'autrui. Faire la commission.
Il s'est enrichi à faire la commission. Maison de commission.
Se dit également de Ce qu'un commissionnaire perçoit pour son
salaire. Il en a coûté tant de commission sur ces marchandises.
COMMISSION, se prend aussi pour Un mandement du prince, une ordonnance
du magistrat ou de quelque autre personne ayant autorité de commettre,
de députer. Commission verbale. Commission par écrit. Expédier
une commission. Sceller une commission. Sa commission porte que... Il exerce cette
charge en vertu de la commission qu'il en a obtenue, en vertu de sa commission,
par commission. Obtenir commission d'un juge. Il demandait par sa requête
commission pour informer. Le parlement décerna commission. Faire enregistrer
une commission. Il a reçu une commission de son supérieur, de son
général. Quand ils furent assemblés, il leur exposa la teneur
de sa commission. Faire connaître sa commission. Montrez-moi votre commission.
Délivrer, expédier des commissions pour la levée des impôts,
pour celle des troupes. Commission de colonel. Ce sens est aujourd'hui beaucoup
moins usité que dans l'ancien régime.
Commission rogatoire, Commission qu'un juge adresse à un autre
juge, pour l'inviter à faire quelque acte de procédure, d'instruction,
dans l'étendue de son ressort. La commission s'adresse aux juges des
lieux.
COMMISSION, se dit en outre d'Un emploi qu'on exerce comme y ayant été
commis pour un temps. Ce sens était principalement usité jadis,
par opposition à Office ou Charge. Ce n'est pas une charge, ce n'est
qu'une commission, qu'une simple commission. Il est allé en commission.
On l'a envoyé en commission. Le temps de sa commission expire bientôt.
Il est hors de commission. Il est de retour de sa commission. Il a une commission
qui ne vaut pas grand'chose. C'est une commission fort lucrative. Révoquer
une commission. On lui a continué sa commission. On l'a continué
dans sa commission.
Se dit également d'Une lettre de marque. Un navire ne peut aller en
course sans être pourvu d'une commission de son gouvernement.
Dans la Marine militaire, Ce vaisseau est en commission, Il est en armement.
COMMISSION, se dit encore d'Une réunion de personnes commises
pour remplir des fonctions spéciales, ou chargées d'un travail préparatoire,
de l'examen d'une chose, d'une affaire. La commission du sceau. Commission
permanente. Commission spéciale. Commission d'enquête. On créa
une commission chargée de recevoir les réclamations et d'y faire
droit. La chambre a nommé la commission qui doit être chargée
de l'examen du projet de loi. Amendements proposés par la commission. Commission
des pétitions. Rapport de la commission. Les conclusions de la commission.
Le rapporteur d'une commission. L'Académie a nommé une commission
qui devra s'occuper de cet objet. Les membres d'une commission. Président
de la commission. Il faisait partie de la commission.
Se dit également de Certains tribunaux d'exception. Commission militaire.
Une commission fut établie pour faire le procès aux rebelles. D'après
la charte, il ne peut plus être créé de commissions.
COMMISSIONNAIRE .s.m.
Celui qui est chargé d'une commission pour quelque particulier. Se dit
spécialement, en Matière commerciale, de Celui qui fait quelque
acte de commerce pour le compte d'autrui. Commissionnaire d'achat. Commissionnaire
de vente. Le commissionnaire a été remboursé de ses avances.
Commissionnaire de roulage, Celui qui se charge de faire transporter
des marchandises par voiture. Commissionnaire chargeur, Celui qui se charge
de l'expédition de marchandises par bateau.
COMMISSIONNAIRE, se dit encore de Celui dont le métier est de
faire des messages, de porter des fardeaux par la ville. Les commissionnaires
se tiennent ordinairement au coin des rues, ou aux portes des grandes maisons.
COMMISSIONNER . v. a.
Délivrer à quelqu'un une commission par laquelle on l'autorise
à faire quelque chose. Il était commissionné par son gouvernement.
COMMISSIONNÉ, ÉE. participe
COMMISSOIRE . adj.
.Jurispr. Il ne s'emploie que dans cette locution, Pacte commissoire,
Clause par laquelle on stipule, dans un contrat de vente, que, si l'acheteur ne
paye pas le prix convenu dans un temps déterminé, la vente sera
résiliée.
COMMISSURE . s. f.
T. d'Anat., qui se dit Du point d'union de quelques parties du corps. La
commissure des nerfs optiques. La commissure des lèvres, des paupières.
COMMITTIMUS .s.m.
(Mot latin qui signifie, Nous commettons.) On appelait autrefois Lettres
de Committimus, ou simplement Committimus, Des lettres de chancellerie
par lesquelles les causes qu'une personne avait, tant en demandant qu'en défendant,
étaient commises en première instance aux requêtes du palais
ou aux requêtes de l'hôtel. Faire expédier, faire signifier
un Committimus. Il fit renvoyer la cause en vertu de son Committimus. Évoquer
une cause en vertu d'un Committimus. Tous les commensaux de la maison du roi avaient
droit de Committimus.
Committimus du grand sceau, Celui qu'on obtenait pour les causes qui
étaient hors du ressort du parlement de Paris. Committimus du petit
sceau, Celui qui n'était valable que dans l'étendue d'un parlement.
COMMITTIMUS, signifiait aussi, Le droit de Committimus. On ôta
le Committimus à plusieurs communautés.
COMMITTITUR .s.m.
.Palais. Il se disait autrefois d'Une ordonnance par laquelle le président
d'un tribunal commettait un juge pour faire quelque instruction. Mettre le
Committitur au bas d'une requête. Requête de Committitur.
COMMODAT .s.m.
.Jurispr. Prêt gratuit d'une chose qu'il faut rendre en nature après
un certain temps.
COMMODE . adj. des deux genres
Qui est aisé, convenable, dont l'usage est utile et agréable.
Dans ce sens, il ne se dit que Des choses. Habit commode. Maison commode. Un
port commode. Cette voiture est fort commode. C'est une chose bien commode que
de... Cela est commode pour la ville, pour la campagne. Commode dans la chambre,
dans le lit. Commode à ceux qui montent à cheval, à une personne
qui... Un outil commode. Un meuble commode.
Prov., Cela est commode comme une chambre basse, se dit D'une chose qui
est à portée.
Vie commode, Vie agréable et tranquille. Mener une vie commode.
Rendre la vie commode.
Être commode dans la société, être commode à
vivre, Être d'une société douce et aisée, d'un
bon commerce. On dit dans le même sens, Avoir l'humeur commode, l'esprit
commode.
Fam., C'est un homme qui n'est pas commode, se dit D'un homme sévère,
exigeant, ou avec lequel on ne peut pas plaisanter.
COMMODE, signifie aussi, Trop indulgent, trop facile. Ainsi on dit D'un
mari qui ferme les yeux sur la mauvaise conduite de sa femme, C'est un mari
commode; et D'une femme qui donne trop de liberté à sa fille,
C'est une mère commode.
C'est un maître commode, fort commode, C'est un homme qui ne rudoie
pas ses domestiques, qui ne les charge pas de trop de travail.
COMMODE, en matière de Morale, signifie quelquefois, Relâché.
Avoir une dévotion commode. Une morale commode.
Se dit quelquefois, familièrement et ironiquement, De ce qui est contraire
à la règle, à la politesse. Répondre par une simple
dénégation, c'est commode.
COMMODE . s. f.
Meuble à tiroirs, et en forme de bureau, servant particulièrement
à serrer du linge et des habits. Une commode de bois d'acajou. Mettre
à une commode un dessus de marbre.
COMMODÉMENT . adv.
Avec commodité, d'une manière commode. Être logé
commodément. Être vêtu commodément. Vous pouvez faire
cela commodément.
COMMODITÉ . s. f.
Chose commode; état, situation commode; moyen commode. Un carrosse
est une grande commodité, est d'une grande commodité. Les dégagements
font toute la commodité d'une maison. Il y a bien des commodités
dans cette maison-là. C'est un petit appartement où l'on a toutes
ses commodités. On ne saurait trop acheter sa commodité. Prendre
ses commodités. Se mettre à sa commodité. Les commodités
de la vie. Pour plus de commodité.
Prov., On n'a pas toutes ses commodités en ce monde.
Prendre ses commodités où on les trouve, Prendre ses aises
dès qu'on en trouve l'occasion.
COMMODITÉ, se dit particulièrement en parlant D'une voiture
établie pour aller d'un lieu à un autre. Prendre la commodité
des petites voitures, du bateau. Avez-vous une commodité pour aller là?
Se dit aussi, en général, de Tout moyen qui facilite quelque chose.
Je me sers de la commodité que m'offre le départ de monsieur
un tel, pour vous écrire.
COMMODITÉ, signifie encore, Le temps propre, l'occasion. Il
faut prendre la commodité des gens. Prenez votre commodité. Faites
cela à votre commodité.
Il se prend aussi pour La facilité de jouir des choses. Avoir une
chose à sa commodité. Le voisinage du parc nous procure la commodité
de la promenade.
COMMODITÉS, au pluriel, signifie, Les lieux d'aisance, les privés
d'une maison. Aller aux commodités.
COMMOTION . s. f.
Secousse violente. Nous avons eu un tremblement de terre dont la commotion
s'est fait sentir jusqu'à tel endroit. Les commotions se succédaient
rapidement. Le magasin à poudre sauta, et la commotion fut si violente,
que... On ressentit, on éprouva plusieurs commotions de suite.
Se dit quelquefois figurément. Les grandes commotions qui bouleversent
les empires.
Se dit aussi de L'agitation excitée dans les esprits. Cette nouvelle,
cet événement causa une grande commotion parmi le peuple.
Il signifie, en termes de Médecine, Un ébranlement violent au
dedans du corps, causé par une chute, ou par quelque coup. Il y avait
à craindre que ce coup, que cette chute n'eût fait commotion au cerveau.
Il tomba de fort haut, ce qui lui causa une commotion générale dans
tout le corps.
Commotion électrique, La secousse plus ou moins violente que l'on
éprouve par une décharge électrique.
COMMUABLE . adj. des deux genres
Qui peut être commué. Peine commuable.
COMMUER . v. a.
Changer. Il ne se dit guère que dans cette phrase, Commuer une peine,
La changer en une peine moindre. Il n'appartient, en général,
qu'au souverain de commuer les peines. Il avait été condamné
aux travaux forcés, mais le roi commua sa peine en celle de la réclusion.
On dit à peu près dans le même sens, Commuer un voeu.
COMMUÉ, ÉE. participe
COMMUN , UNE. adj.
Dans l'acception la plus générale, il se dit Des choses auxquelles
tout le monde participe, ou a droit de participer. Le soleil, l'air, sont communs.
La lumière est commune à tous les hommes. Dans une acception
moins étendue, il se dit Des choses dont l'usage appartient à plusieurs.
Un puits commun. Une cour commune. Passage, escalier, chemin commun. Cela est
commun à tout le bourg, commun aux deux maisons. Tout est commun entre
eux.
Maison commune, L'hôtel où s'assemblent les officiers municipaux.
COMMUN, se dit aussi De ce qui est propre à différents
sujets. Le boire et le manger sont communs à l'homme et aux animaux.
La vie végétative est commune aux animaux et aux plantes. Qualités
communes. Traits, caractères communs. Ami commun. Ennemi commun. Le pape
est le père commun des fidèles. Intérêt commun. Péril
commun. Des goûts communs les rapprochèrent. Cette douleur, cette
joie m'est commune avec bien des gens. Entreprendre une chose à frais communs.
Voyager à frais communs. La commune mesure de deux quantités. J'ai
cela de commun avec lui. Cette affaire n'a rien de commun avec celle dont il s'agit.
En Rhétorique, Lieux communs, Sources générales
d'où un orateur peut tirer ses arguments et ses moyens. Aristote a traité
des lieux communs.
Lieux communs, se dit aussi de Certains traits généraux
qui peuvent s'appliquer à tout, de certaines réflexions générales
qu'on fait entrer dans un sujet particulier. Ce qu'il y a de meilleur dans
ce discours, n'est qu'un lieu commun sur les conquérants. Ses sermons ne
sont que des lieux communs. Employer des lieux communs. Un recueil de lieux communs.
Lieux communs, se dit encore Des idées usées, rebattues.
Il ne dit que des lieux communs.
Sens commun, La faculté par laquelle la plupart des hommes jugent
raisonnablement des choses. Cela est contre le sens commun. Cela répugne
au sens commun, n'a pas le sens commun, n'a pas l'ombre du sens commun. C'est
un homme qui n'a pas le sens commun.
Faire bourse commune, se dit de Deux ou plusieurs personnes qui font
leur dépense en commun.
Faire vie commune, Vivre à frais communs.
La vie commune, se dit en parlant Des religieux et des religieuses qui
vivent en communauté. On appela Cénobites ceux qui avaient adopté
la vie commune.
La vie commune, se dit encore, surtout en Littérature, Des moeurs
générales, des événements ordinaires de la vie; par
opposition à La condition des princes, des héros, etc., et aux grandes
vicissitudes qu'ils peuvent éprouver. Retracer les événements
de la vie commune.
En Grammaire, Nom, adjectif du genre commun, Nom, adjectif dont la terminaison
est la même au féminin qu'au masculin. Auteur est un nom du genre
commun. Fidèle, sage, sont des adjectifs du genre commun.
Syllabe commune, se dit, dans les langues prosodiques, d'Une syllabe
qui est tantôt brève et tantôt longue.
En Jurispr., Époux communs en biens, Entre lesquels il y a communauté
de biens. Le contrat porte que les époux seront communs en biens.
On le dit quelquefois, au singulier, de L'un des époux entre lesquels il
y a communauté. L'époux commun en biens peut, etc.
COMMUN, signifie aussi, Général. Le bruit commun. C'est
l'opinion commune. La commune façon de parler. Mesure commune. La commune
renommée. Le bien, l'intérêt commun. Erreur commune.
La langue commune, La langue qui est parlée le plus généralement
dans un pays. En Belgique, le français est la langue commune.
La voix commune, L'opinion générale.
D'une commune voix, À l'unanimité. D'un commun accord,
De concert, chacun adhérant à la chose.
Le droit commun, La loi reçue dans un État, l'usage qui
y est généralement établi.
En Jurispr., Délit commun, se disait d'Un délit qui avait
été commis par un ecclésiastique, et qui était de
la compétence du juge ecclésiastique. Il est opposé à
Cas privilégié.
COMMUN, signifie aussi, Ordinaire, qui se pratique ordinairement. L'usage
en est fort commun. Il n'y a rien de si commun, rien n'est plus commun. C'est
une chose bien commune. Cela est commun parmi les militaires, entre les militaires.
Commun entre les bourgeois, parmi les bourgeois. Rien n'est plus commun, chez
ce peuple, que de voir... Il est assez commun de voir...
Les mots, les termes communs de la langue, Les mots, les termes ordinaires
de la langue, par opposition à ceux qui ne sont usités que dans
les arts et dans les sciences.
Expédier en forme commune. Façon de parler prise du style
de la Daterie de Rome, et qui signifie, Sans grâce, sans remise. Ainsi on
dit, Il a été expédié en forme commune, en
parlant D'un homme à qui on a gagné tout son argent en peu de temps,
ou en parlant D'un homme mort en peu de temps entre les mains de plusieurs mauvais
médecins.
COMMUN, signifie en outre, Qui se trouve aisément et en abondance.
Les melons sont fort communs cette année. Les bons muscats sont communs
en Languedoc, en Provence.
COMMUN, signifie aussi, Vulgaire, bas, par opposition à Noble,
distingué. Il a l'air commun, la figure commune. Son langage est bien
commun. Cette femme a des manières communes.
Se dit également Des marchandises, des objets de peu de valeur et d'une
qualité médiocre. Un marchand qui n'a que des marchandises communes,
très-communes, qui n'a rien que de commun.
Cette terre donne tant de revenu, année commune, ou, plus rarement,
communes années, Bon an, mal an, en compensant les mauvaises années
avec les bonnes.
COMMUN, signifie encore, Médiocre, peu estimable dans son genre.
Il a fait un discours très-commun. C'est un prédicateur fort
commun. Un auteur, un poëte très-commun. Une invention commune. Des
pensées communes. Idée commune. Rien de plus commun. (Voyez
ci-dessus Lieux communs.)
COMMUN, est aussi substantif masculin, et il se dit d'Une société
entre deux ou plusieurs personnes. Il faut prendre cette dépense sur
le commun. Ce sens n'est plus guère usité que dans les phrases
suivantes:
Vivre sur le commun, Vivre aux frais d'une société, sans
payer sa part de la dépense commune. Il signifie aussi, figurément,
Vivre habituellement sur le tiers et sur le quart.
Prov. et fig., Il n'y a point d'âne plus mal bâté que
celui du commun, Les affaires d'une communauté, d'une société,
sont souvent négligées, personne ne voulant les soigner comme si
elles étaient les siennes propres.
En commun, Ensemble, en société. Ils ont mis leur bien
en commun. Ils vivent en commun. Travailler en commun. Ils jouissent de la succession
en commun, jusqu'à ce qu'ils aient fait le partage.
COMMUN. substantif, signifie aussi, Le plus grand nombre, la plus grande
partie. Le commun des hommes. Le commun des philosophes. Le commun des lecteurs.
Fig., Cette personne, cette chose est du commun, Elle n'est pas de grand
mérite, de grand prix. C'est un homme du commun. Il est hors du commun.
Il passe le commun. Il est au-dessus du commun. Sa charge le tire du commun. Cela
est du commun. Cet ouvrage n'est pas du commun.
Une personne du commun, signifie aussi quelquefois, Une personne du peuple.
Chez les Catholiques, Le commun des apôtres, des martyrs, des confesseurs,
des vierges, etc., L'office général des apôtres, des martyrs,
etc., pour qui l'Église n'a point réglé d'office particulier.
Prov. et fig., Être du commun des martyrs, Ne se faire distinguer
par aucun talent, par aucune qualité.
COMMUN. substantif, se dit encore Des domestiques inférieurs,
dans les grandes maisons; et, par extension, Du bâtiment où ils logent.
C'est du vin du commun, du vin pour le commun. Le dîner du commun. La
table du commun. La salle du commun.
Chez le Roi, Grand commun, Les offices destinées à la nourriture
de la plupart des officiers de la maison du roi; et, Petit commun, Certaines
offices détachées du grand commun pour la nourriture de quelques
officiers privilégiés de la maison du roi.
Grand commun, se dit aussi Du lieu où ces officiers travaillent,
et qui est destiné pour leur logement. Être logé au grand
commun.
Les communs, se dit, dans les grandes maisons, Des bâtiments consacrés
aux cuisines, aux remises, aux écuries, à la sellerie, et généralement
aux différentes parties du service. L'hôtel est petit, mais les
communs sont très-vastes.
COMMUNAL , ALE. adj.
Qui concerne une commune ou les communes; qui appartient à une commune.
Arrondissement communal. Fête communale. Bien communal. Propriété
communale. Bois communaux.
COMMUNAUTÉ . s. f.
Société de plusieurs personnes qui vivent ensemble sous certaines
règles. Communauté religieuse. Une communauté de religieux.
Une communauté de religieuses, de femmes. Une communauté de prêtres.
Une communauté de filles. Les règles d'une communauté. La
communauté de Saint-Sulpice. La communauté de Sainte-Agnès.
Vivre en communauté. Établir une communauté. Faire un legs
à une communauté. Être d'une communauté. Entrer dans
une communauté.
Dîner à la communauté, Dîner au réfectoire
avec les autres.
COMMUNAUTÉ, se dit, par extension, d'Une maison religieuse où
l'on vit en communauté. Le jardin de la communauté. Nous visitâmes
toute la communauté.
COMMUNAUTÉ, s'est dit aussi de Certains corps laïques qui
faisaient une société pour leurs intérêts communs.
La communauté des procureurs. La communauté des notaires. Agir
pour les intérêts de la communauté. Les communautés
d'arts et métiers.
Il s'est dit également Du corps des habitants d'une ville, d'un bourg,
d'un village. Toutes les communautés de la province. On taxa ces communautés
à tant. Cette communauté était riche, était pauvre.
COMMUNAUTÉ, en termes de Jurisprudence, se dit de La société
de biens entre conjoints. Se marier sous le régime de la communauté.
Communauté légale. Communauté conventionnelle. Il y a communauté
de biens entre eux. Communauté d'acquêts. L'actif, le passif de la
communauté. Dissolution de la communauté. Cette femme a tant apporté
à la communauté. Accepter la communauté. Renoncer à
la communauté.
S'emploie quelquefois en parlant De deux ou de plusieurs personnes auxquelles
certaines choses sont communes. Communauté de biens et de maux. Communauté
de sentiments.
COMMUNAUX .s.m. pl.
Pâturages où les habitants d'une ou de plusieurs communes ont droit
d'envoyer leurs troupeaux. Les communaux de tel bourg, de tel village.
On dit aussi, Biens communaux.
COMMUNE . s. f.
On appelait autrefois ainsi Le corps des bourgeois d'une ville, ou des habitants
d'un bourg, d'un village. La commune de tel lieu. La commune s'émut.
La commune prit les armes. L'affranchissement des communes. Les priviléges
des communes.
La chambre des communes, ou simplement Les communes, La seconde
des deux chambres du parlement d'Angleterre, qui est composée des députés
des comtés et des villes du royaume.
COMMUNES, au pluriel, s'est dit, en général, Des habitants
de la campagne. Assembler les communes. Soulever les communes.
Il s'est dit également Des milices bourgeoises et des milices de la campagne.
L'arrêt enjoignit aux communes de lui courir sus.
Il s'est dit aussi dans le sens de Biens communaux. De grandes communes.
Mener paître les troupeaux dans les communes.
COMMUNE, signifie aujourd'hui, Une division du territoire administrée
par un maire. La commune de Sèvres, de Vincennes, etc. Le maire d'une
commune. Commune rurale. L'étendue d'une commune. Les habitants d'une commune.
Il y a tant de feux dans cette commune.
Se dit aussi, collectivement, de Ceux qui habitent une commune, en tant qu'ils
ont des intérêts et des droits communs. Ces biens ont été
achetés par la commune. La commune s'est imposée extraordinairement.
Il assigna la commune devant le tribunal de... Les communes ne peuvent transiger
sans l'autorisation du gouvernement.
Il signifie, par extension, L'hôtel où s'assemblent les officiers
municipaux d'une ville, d'une commune. Il se rendit à la commune.
COMMUNÉMENT . adv.
Ordinairement, généralement. On dit communément. Cela
se pratique communément. Telle est l'idée qu'on s'en fait communément.
À parler communément, communément parlant, Selon
l'opinion commune, ou Selon la façon de parler ordinaire.
COMMUNIANT .s.m.
Celui qui communie. Il y a eu tant de communiants à Pâques dans
telle paroisse.
Il signifie aussi, Ceux qui sont capables de communier, en âge de pouvoir
communier. Il y a tel nombre de communiants dans cette paroisse.
Premiers communiants, Ceux qui vont faire ou qui viennent de faire leur
première communion. On dit de même, au féminin, Premières
communiantes.
COMMUNICABLE . adj. des deux genres
Qui se peut communiquer, dont on peut faire part. Il est de la nature du
bien d'être communicable. Ce droit n'est point communicable.
Ces deux rivières sont communicables, Elles peuvent être
jointes par un canal. Ces deux appartements sont communicables, On peut
faire une communication de l'un à l'autre.
COMMUNICATIF , IVE. adj.
Qui se communique facilement. Le bien est de soi communicatif. Le rire est
communicatif. Cet homme a une gaieté communicative.
Se dit plus ordinairement Des personnes, et signifie, Qui aime à se communiquer,
à faire part aux autres de ses pensées, de ses connaissances, de
ses lumières. Il est communicatif. Cette femme est très-communicative.
Cet homme n'est guère communicatif. C'est un homme peu communicatif.
COMMUNICATION . s. f.
Action de communiquer, ou L'effet de cette action. La communication du mouvement.
La communication de l'aimant. La communication de l'électricité.
La communication d'une maladie. Communication de biens. Communication de maux.
La communication des idées.
Se dit particulièrement Des informations, des renseignements que l'on
donne. J'ai une communication à vous faire. Il a reçu des communications
d'un haut intérêt.
Donner communication d'une chose à quelqu'un, Lui en faire part,
lui en donner connaissance. On dit dans le même sens, Avoir, prendre,
recevoir, obtenir, etc., communication d'une chose. On m'a donné communication
de cette lettre, de ce traité, de ce contrat, etc. J'en ai demandé,
j'en ai eu, j'en ai pris, j'en ai reçu, obtenu communication.
En termes de Procédure, Communication de pièces, Exhibition
qu'une partie fait à l'autre des pièces sur lesquelles elle fonde
sa demande. La communication se fait entre avoués. Le délai de
la communication. Communication d'office. On dit en ce sens, Donner, recevoir
en communication.
Communication au ministère public, au parquet, Remise que l'on
fait au parquet de toutes les pièces du procès, dans les causes
où le ministère public doit ou veut être entendu. Ordonner
la communication au ministère public.
COMMUNICATION, signifie aussi, Commerce, relation, correspondance. Ils
ont grande communication ensemble. Ils ont, ils entretiennent communication de
pensées et de sentiments. Elle ne veut avoir avec lui aucune communication.
Avoir communication, entretenir des communications avec les ennemis de l'État.
Ils ont rompu toute communication. Défendre, interrompre, interdire la
communication, toute communication. Intercepter les communications. Entrer en
communication avec quelqu'un. Être en communication. Les communications
devinrent plus fréquentes. Faciliter la communication, les communications.
Les canaux sont des moyens de communication. Établir des communications
entre deux personnes, entre deux villes, etc. Mettre deux personnes, deux choses
en communication. La communication qui s'établit entre les peuples. L'âme
n'a de communication avec les objets extérieurs que par l'intermédiaire
des sens.
Communication avec les accusés, Celle qui se fait, après
leur interrogatoire, et en vertu de la permission du juge, avec leurs défenseurs,
leurs parents, leurs amis.
COMMUNICATION, se dit encore Du moyen par lequel deux choses se communiquent.
Communication d'une chambre, d'un appartement d'un corps de logis à
l'autre. Porte de communication. Degré, escalier de communication. La communication
des deux mers. Le détroit de Gibraltar fait la communication de l'Océan
et de la Méditerranée. Ouvrir des communications d'un lieu à
un autre. Couper la communication d'une ville, d'un quartier.
Dans l'Art militaire, Lignes de communication, Tranchées ou galeries
que l'on pratique afin que deux quartiers de l'armée, deux attaques, puissent
correspondre à couvert, et se secourir mutuellement. On dit en ce sens:
Établir, rompre une communication. La communication est rétablie.
Etc.
COMMUNICATION, désigne aussi Une figure de rhétorique,
par laquelle l'orateur semble prendre conseil de son auditoire, comme lorsqu'on
dit, Qu'auriez-vous fait à leur place?
Communication dans les paroles, Espèce de trope qui consiste à
rendre commun à une ou plusieurs personnes ce qui ne se dit que pour d'autres.
Ainsi lorsqu'on dit, Qu'avons-nous fait? pour Qu'avez-vous fait?
il y a communication dans les paroles.
COMMUNIER . v. n.
Recevoir le sacrement de l'eucharistie. Communier dévotement, dignement.
Dans l'Église catholique, les prêtres seuls communient sous les deux
espèces. Communier à Pâques. Communier toutes les bonnes fêtes.
Communier à sa paroisse. Communier à telle messe. Communier de la
main de l'évêque, de la main de son curé.
Il signifie aussi, Administrer le saint sacrement; et, en ce sens, il est actif.
C'est son curé qui l'a communié.
COMMUNIÉ, ÉE. participe, Qui a reçu le saint sacrement.
Il est mort bien confessé et communié.
COMMUNION . s. f.
Union de plusieurs personnes dans une même foi. Les diverses communions
chrétiennes. La communion des fidèles. La communion de l'Église
romaine. La communion de l'Église grecque; etc. Il est dans la communion,
hors de la communion de l'Église. Il s'est séparé, on l'a
retranché de la communion de l'Église. Il n'est pas de notre communion.
Il signifie aussi, La réception du corps de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.
La sainte communion. Aller à la communion. S'approcher de la communion.
Se préparer, se présenter à la communion. Faire sa première
communion. Donner la communion. Faire une bonne communion. On n'a pas voulu le
recevoir, l'admettre à la communion. Communion pascale.
Il signifie, par extension, L'antienne, le verset que le choeur chante pendant
que le prêtre communie.
COMMUNIQUER . v. a.
Rendre commun à, faire part de, transmettre. Un corps qui communique
son mouvement à un autre. Le feu communique sa chaleur. Le soleil communique
sa lumière à toute la terre. L'aimant communique sa vertu au fer
et à l'acier. Il lui communiqua sa maladie.
S'emploie souvent au sens moral. Communiquer son savoir, ses lumières,
ses vertus à quelqu'un. Il communique sa gaieté, sa joie, sa douleur,
sa tristesse à tout le monde. Il sut lui communiquer son zèle. Communiquer
sa puissance. Dieu lui communique ses grâces.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Le mouvement d'un corps se communique
à un autre. La chaleur du feu se communique aux corps environnants. Une
maladie qui se communique aisément. Certains maux se communiquent en peu
de temps. La joie et la douleur se communiquent peu à peu. L'enthousiasme
se communiqua. Les inclinations se communiquent avec le sang.
COMMUNIQUER, signifie aussi, Donner communication de quelque chose, faire
connaître, exhiber. Communiquer ses affaires à un ami. Il ne m'en
a rien communiqué. Je lui ai communiqué mon intention, mon secret.
Des renseignements fort exacts m'ont été communiqués. Quand
ils se furent communiqué leurs réflexions. On lui a communiqué
les titres. Les ambassadeurs se communiquèrent respectivement leurs pouvoirs.
Communiquer les pièces d'un procès. Communiquer une production.
Dans ce sens, il est quelquefois neutre. J'ai communiqué de cette affaire
avec lui. Il en faut communiquer à un homme intelligent. Il a fait cela
sans en communiquer à personne.
Il signifie encore, absolument, Avoir commerce et relation. Communiquer avec
les savants. Communiquer avec les ennemis. Communiquer avec un accusé.
Nous ne pûmes longtemps communiquer ensemble. Ils communiquaient entre eux
par tel moyen. On communiquait avec le dehors par tel endroit.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se rendre familier, entrer
facilement en discours et en conversation avec quelqu'un. C'est un bon prince
qui se communique aisément. Les princes d'Orient se communiquent rarement
à leurs sujets. Vous vous communiquez trop. Il ne faut pas se communiquer
à tout le monde.
COMMUNIQUER, en parlant De quelque partie d'un bâtiment, d'une
route, d'un fleuve, etc., signifie, Conduire, aboutir, être en rapport.
Cette chambre communique à telle autre par un corridor. Cette cheminée
communique avec telle autre. Cette porte communique à un souterrain. Cette
route communique à telle autre. Ce canal communique à tel fleuve,
avec tel fleuve.
S'emploie aussi, dans le même sens, comme verbe réciproque. Ces
deux appartements, ces deux chambres, etc., se communiquent par un corridor, par
une galerie, etc. Ces deux cheminées, ces deux fleuves se communiquent.
COMMUNIQUÉ, ÉE. participe
COMMUTATIF , IVE. adj.
Qui est relatif à un échange, aux échanges. Il n'est guère
usité que dans les deux locutions suivantes:
Justice commutative, Celle qui regarde le commerce, et qui, dans l'échange
d'une chose contre une autre, oblige à rendre autant qu'on reçoit.
La justice commutative diffère de la justice distributive.
Contrat commutatif, Celui par lequel chacune des parties s'engage à
donner ou à faire une chose équivalente à ce qu'on lui donne,
ou à ce qu'on fait pour elle.
COMMUTATION . s. f.
Changement. Il n'est usité qu'en Matière criminelle, dans cette
locution, Commutation de peine, Changement d'une peine en une autre moins
grave.
COMPACITÉ . s. f.
.Physique. Qualité de ce qui est compacte. Il n'y a point de compacité
absolue, toute matière étant poreuse.
COMPACTE . adj. des deux genres
.Physique. Qui est condensé, dont les parties sont fort serrées.
Corps compacte. Substance compacte. Les métaux les plus compactes sont
les plus pesants.
En Librairie, Édition compacte, Édition dont chaque volume
renferme la matière de plusieurs volumes des éditions ordinaires.
COMPAGNE . s. f.
Celle qui partage le sort de quelqu'un. Elle voulut être la compagne
des dangers que son époux allait courir. Vous fûtes les compagnes
de ma captivité.
Se dit plus ordinairement d'Une fille ou d'une femme qui a quelque liaison d'amitié,
de familiarité, avec une autre fille ou femme de même condition,
ou qui sert avec elle dans la même maison et dans le même emploi.
Chère compagne. Fidèle compagne. C'est sa compagne.
Se dit encore, dans un sens particulier, d'Une femme par rapport à son
mari. Prendre, se choisir une compagne. Il est à plaindre, il a perdu
sa compagne.
Notre très-chère épouse et compagne. Titre que le
roi donne, dans les actes publics, à la reine sa femme.
COMPAGNE, se dit également en parlant Des animaux, et surtout
des tourterelles. La tourterelle gémit quand elle a perdu sa compagne.
COMPAGNE, se dit figurément Des choses qui en accompagnent d'autres,
qui s'y trouvent ordinairement jointes. La médiocrité, compagne
du repos. Les infirmités, compagnes de la vieillesse.
COMPAGNIE . s. f.
Réunion de plusieurs personnes assemblées pour le plaisir d'être
ensemble, de converser, de jouer, etc. Une nombreuse compagnie. Compagnie d'hommes.
Compagnie de femmes. Il fut bien reçu, lui et sa compagnie. Aimer la compagnie.
Recevoir compagnie chez soi. Allez recevoir la compagnie. Je ne me suis jamais
trouvé en si mauvaise compagnie, en meilleure compagnie. Ils arrivaient
à la fête par compagnies. Il est très-aimable en compagnie.
Prov., Il vaut mieux être seul qu'en mauvaise compagnie. On dit
aussi, Il n'y a si bonne compagnie qui ne se sépare.
Il est compagnie, se dit De quelqu'un que l'on voit rarement, ou que
l'on reçoit avec quelque cérémonie. Vous me traitez comme
si j'étais compagnie. On dit de même, Il se croit compagnie,
en parlant D'un subalterne trop familier. Ces façons de parler ont vieilli.
COMPAGNIE, se dit, par extension, de Plusieurs personnes que des habitudes
ou des goûts communs rapprochent, et qui forment une espèce de société.
Voir bonne compagnie, mauvaise compagnie. Il fréquente la mauvaise compagnie.
Les mauvaises compagnies l'ont perdu. Introduire quelqu'un dans une compagnie.
Bonne compagnie, Société composée de personnes distinguées
par leur éducation, leur politesse, leur bon ton. Sa maison est le rendez-vous
de la bonne compagnie. C'est un homme de bonne compagnie. Il a le ton de la bonne
compagnie.
COMPAGNIE, se dit encore, dans un sens plus général, en
parlant De deux ou plusieurs personnes qui sont ensemble, qui font ensemble la
même chose. Ils vinrent de compagnie. Nous irons là de compagnie.
Elle y alla de compagnie avec sa soeur. Il sortit en compagnie d'un tel. Tenir,
faire compagnie à quelqu'un. Il serait bien aise de jouir un moment de
votre compagnie. C'est une triste compagnie que vous me donnez là.
On le dit de même en parlant De certains animaux, par rapport aux personnes,
ou par rapport à ceux de leur espèce. Son chien, son oiseau est
pour elle une compagnie. Le mâle et la femelle vont ordinairement de compagnie.
Dame, demoiselle de compagnie, Dame ou demoiselle placée auprès
d'une autre dame ou demoiselle, pour lui tenir compagnie.
Être en compagnie, Être occupé avec quelques personnes.
Fam., Fausser compagnie, Se dérober d'une compagnie, ou manquer
à s'y trouver quand on l'a promis. Il leur faussa compagnie.
Être bonne compagnie, de bonne compagnie, Avoir un bon ton, de
bonnes manières, un langage élégant et poli. On dit dans
le sens contraire, Être mauvaise compagnie, de mauvaise compagnie.
Ces manières de parler signifient aussi quelquefois, Être triste,
maussade. Vous me trouverez aujourd'hui lien mauvaise compagnie, j'ai un violent
mal de tête qui ne me permet pas de lier deux idées.
En termes de Chasse, Une compagnie de perdrix ou de perdreaux, de
faisandeaux, Une bande de perdrix, etc.
En termes de Vénerie, Bêtes de compagnie, Jeunes sangliers
qui vont encore par troupes. Ce sanglier a quitté les compagnies,
Il commence à aller seul.
Prov., fig. et par plaisanterie, Être bête de compagnie,
Aimer la société, et se laisser facilement mener où les autres
veulent. Il fera ce que vous voudrez, il est bête de compagnie.
COMPAGNIE, se dit aussi de Certaines associations commerciales dont les
membres sont ordinairement en grand nombre. Former, faire une compagnie. La
compagnie des Indes. Compagnie d'assurance. L'administration d'une compagnie.
Les actionnaires d'une compagnie. La compagnie qui s'est chargée d'exploiter
ces mines.
Règle de compagnie, Règle d'arithmétique dont on
se sert pour partager le gain ou la perte des associés, suivant l'intérêt
qu'ils ont dans l'entreprise.
Dans le Commerce, Un tel et compagnie, Un tel et ses associés.
Cette maison de commerce, de banque est sous la raison Gauthier, Lefèvre
et compagnie. On écrit ordinairement, par abréviation, Un
tel et Cie.
COMPAGNIE, se dit également d'Une réunion de personnes
formant un corps, une assemblée, tels que des magistrats, des gens de lettres,
des religieux. Il se disait principalement autrefois Des grands corps de magistrature.
Les compagnies supérieures, souveraines. Le roi manda les compagnies.
Les compagnies haranguèrent le roi, reçurent les ordres du roi Auguste,
célèbre, puissante, illustre, savante compagnie. Il a eu tous les
suffrages de la compagnie. On mit en délibération dans la compagnie...
La compagnie ordonna que...
La compagnie de Jésus. Nom que prenait la société
des jésuites.
COMPAGNIE, se dit aussi d'Un certain nombre de gens de guerre sous un
capitaine. Compagnie d'infanterie. Compagnie de cavalerie. Compagnie des gardes
du corps. Compagnie de gendarmes. Compagnie d'ordonnance. Compagnie de carabiniers,
de dragons, de grenadiers, de voltigeurs, de fusiliers. Régiment de tant
de compagnies. La compagnie colonelle des anciens régiments d'infanterie.
Compagnie de nouvelle levée. Compagnie complète, bien entretenue.
Compagnie forte, faible. Lever, mettre sur pied une compagnie. Commander une compagnie.
Il obtint une compagnie. Casser, licencier une compagnie. La tête, la queue
de la compagnie. Compagnie de cavalerie bien montée. Les lieutenants, les
sous-lieutenants d'une compagnie. Le cadre d'une compagnie. Capitaine d'une compagnie.
Première, seconde compagnie.
Vendre une compagnie, signifie, dans les pays où la constitution
militaire permet cette espèce de transaction, Se démettre en faveur
d'un autre, pour une certaine somme, du droit qu'on a sur une compagnie que l'on
commande. On dit de même: Acheter une compagnie. Se défaire d'une
compagnie. Etc.
Compagnie franche, Compagnie qui n'est incorporée dans aucun régiment.
COMPAGNON .s.m.
Camarade, associé, qui est habituellement avec un autre, qui fait avec
lui la même chose. Cher, fidèle, ancien compagnon. C'est son compagnon.
Le compagnon d'un tel. Compagnon d'école, d'étude, de fortune, de
gloire. Compagnon de voyage. On lui a donné un tel pour compagnon. Il n'a
pas besoin de compagnon. Jouer à qui trompera son compagnon. C'est un agréable
compagnon. Avoir un fâcheux compagnon.
Prov. et fig., Qui a compagnon, a maître, On est souvent obligé
de céder aux volontés de ses associés, des personnes avec
qui l'on vit.
Compagnons d'armes, se disait anciennement Des chevaliers qui avaient
fait ensemble amitié particulière, avec protestation de ne se quitter
jamais. Se dit encore Des hommes qui ont fait la guerre ensemble.
COMPAGNON, signifie quelquefois, Égal. C'est un homme qui ne
peut souffrir ni compagnon ni maître. Traiter de pair à compagnon.
Se dit encore d'Un homme qui est gaillard, drôle, éveillé.
C'est un compagnon, un bon compagnon. Il fait le bon compagnon.
Fam., Faire le compagnon, Faire l'entendu.
Fam., C'est un hardi compagnon, Il est homme d'exécution et déterminé.
On a dit de même, Il est gentil compagnon, c'est un gentil compagnon.
Fam., C'est un dangereux compagnon, se dit D'un homme qui est capable
de faire de mauvais tours. On a dit de même, C'est un compagnon, défiez-vous-en.
Fam., C'est un petit compagnon, se dit D'un homme qui est pauvre et de
bas lieu. Il a fait une grande fortune, de petit compagnon qu'il était.
COMPAGNON, signifie aussi, Un garçon qui a fait son apprentissage
en quelque métier, mais qui travaille encore pour le compte d'un maître.
Compagnon tailleur. Compagnon cordonnier. Il était compagnon chez tel
maître. Compagnon dans telle boutique. Ce tailleur avait tant de compagnons.
Il paye ses compagnons au mois, à la semaine. Louer des compagnons.
On dit plus souvent aujourd'hui, Ouvrier ou Garçon.
Fig. et fam., Travailler à dépêche compagnon, Travailler
vite et négligemment, ne chercher qu'à finir, sans se mettre en
peine de la perfection de l'ouvrage. Vous avez travaillé à dépêche
compagnon. On dit aussi, C'est un ouvrage fait à dépêche
compagnon.
COMPAGNON, se dit plus particulièrement Des artisans qui font
partie d'une société de gens de métier. Les compagnons
du devoir. Il s'élève de fréquentes querelles entre les compagnons.
La mère des compagnons, Femme chargée d'héberger,
aux frais d'une société de compagnons, les membres de cette société
qui se trouvent momentanément sans ouvrage.
COMPAGNONNAGE .s.m.
Il signifiait autrefois, Le temps pendant lequel un jeune homme qui avait fini
son apprentissage travaillait chez un maître, avant de pouvoir travailler
pour son propre compte.
Se dit maintenant de La réunion des gens de métier en différentes
associations. Interdire le compagnonnage. Il y a différentes sortes
de compagnonnage.
COMPARABLE . adj. des deux genres
Qui se peut comparer, qui peut être mis en comparaison. Un homme comparable
aux plus grands hommes de l'antiquité. Y a-t-il rien de comparable à
cela?
Cette chose n'est pas comparable avec telle autre, ces deux choses ne sont
pas comparables, se dit en parlant De choses qui sont de nature absolument
différente. L'esprit n'est pas comparable avec la matière. Des
talents si divers ne sauraient être comparables.
COMPARAISON . s. f.
Action de comparer, de chercher les ressemblances ou les différences
qui peuvent exister entre deux personnes ou deux choses. Faire la comparaison,
faire comparaison d'une chose avec une autre. Faire la comparaison de deux étoffes,
de deux couleurs, de deux odeurs. Ce morceau de musique ne soutient pas la comparaison
avec tel autre. On ne saurait établir de comparaison entre ces deux personnes,
entre ces deux choses. Faire comparaison de deux personnes ou entre deux
personnes. Cette personne, cette chose ne peut entrer en comparaison avec telle
autre. Ne faites point entrer cet homme-là en comparaison avec un si grand
personnage. Pour faire une juste comparaison de ces deux auteurs, il faut... Mettre
une chose en comparaison avec une autre. Prendre une chose pour terme de comparaison.
Il n'y a point de comparaison d'un tel à un tel, ou d'un tel avec
un tel, ou entre un tel et un tel, de telle chose à telle chose.
En termes de Pratique, Comparaison d'écritures, La confrontation
qu'on fait de deux écritures l'une avec l'autre, pour juger si elles sont
de même main. Pièce de comparaison, Pièce dont l'écriture
et la signature sont reconnues pour certaines, et que l'on compare à une
pièce arguée de faux, pour voir si l'écriture est la même.
On le dit, par extension, de Ce qui peut servir de modèle pour juger de
la qualité, du mérite d'autres objets de même nature.
Cette chose est sans comparaison, hors de comparaison, Elle est excellente
et sans pareille.
En comparaison, Au prix, à l'égard. Ce n'est qu'un ignorant
en comparaison d'un tel. Cela n'est pas cher en comparaison de ce qu'on le paye
ailleurs.
Par comparaison, Relativement, par rapport. La plupart des choses
ne sont bonnes ou mauvaises que par comparaison. Cela n'est blanc que par comparaison
à une autre chose qui n'est pas si blanche.
Sans comparaison, se dit en parlant D'une personne ou d'une chose avec
laquelle aucune autre ne peut entrer en comparaison. Il est, sans comparaison,
le plus savant de tous ses confrères. Cette ville est la plus riche, sans
comparaison, de tout le royaume. Voyez plus bas un autre sens de cette locution.
COMPARAISON, se dit aussi d'Un discours par lequel on indique les ressemblances
ou les différences qui existent, que l'on croit apercevoir entre deux choses,
entre deux personnes. Comparaison des hommes illustres grecs et romains. En
faisant une telle comparaison, je n'ai point eu dessein de vous offenser. Votre
comparaison ne me paraît pas juste. Belle comparaison! Quelle sotte comparaison!
Sans comparaison, se dit quelquefois, dans ce sens, Pour adoucir une
comparaison qui a quelque chose de peu convenable, de choquant. Il a fait,
sans comparaison, comme le valet de la comédie.
Prov., Toute comparaison est odieuse, Il est dangereux de comparer deux
personnes ensemble, parce que souvent l'une des deux s'en offense, et quelquefois
toutes les deux.
Il ne faut pas faire de comparaison avec plus grand que soi, Un inférieur
ne doit pas traiter de pair à compagnon avec ceux qui sont au-dessus de
lui. On dit dans un sens analogue: Trêve de comparaison. Point de comparaison,
s'il vous plaît. Etc.
Prov., Toute comparaison cloche, Il n'y a point de comparaison qui soit
parfaite en tout.
Prov., Comparaison n'est pas raison, Une comparaison ne prouve rien.
En Grammaire, Degrés de comparaison, Le positif, le comparatif,
et le superlatif. Adverbes de comparaison, Ceux qui servent à indiquer
un rapport de supériorité, d'égalité ou d'infériorité
entre deux ou plusieurs choses, ou entre deux états d'une même chose,
tels que Plus, autant, aussi, moins, etc. On dit dans un sens analogue:
Comparaison de supériorité. Comparaison d'égalité.
Comparaison d'infériorité.
COMPARAISON, signifie encore, Similitude, et se dit de Cette figure dont
les orateurs et les poëtes se servent en comparant une chose ou une personne
à quelque autre, pour orner le discours ou pour y apporter de la clarté.
Belle comparaison. Riche comparaison. Il y a de belles comparaisons dans Homère.
Comparaison empruntée d'Homère, de Virgile. Il est abondant, il
abonde, il est heureux en comparaisons. Cette comparaison est juste, est ingénieuse.
Comparaison fausse, ridicule. Cette comparaison offre une belle image, elle vient
bien au sujet, etc. Il a tiré, il a pris sa comparaison des abeilles, du
lion, etc. Les membres d'une comparaison. Le premier, le second membre d'une comparaison.
COMPARAÎTRE . v. n.
Paraître devant un juge, se présenter en justice. Comparaître
devant le tribunal de Dieu. Comparaître en jugement, en justice. Comparaître
en personne, personnellement. Comparaître par procureur. Il a été
assigné à comparaître par-devant tels juges. Il n'a point
comparu. Faute de comparaître.
COMPARANT , ANTE. adj.
.Pratique. Qui comparaît devant un juge, devant un notaire, etc. Tels
et tels comparants en leurs personnes. Ladite dame comparante.
S'emploie très-souvent comme substantif. Le comparant, la comparante
a déclaré, etc. Les non-comparants.
COMPARATIF , IVE. adj.
Qui sert à comparer, qui met en comparaison. Il ne se dit que Des choses.
Tableau comparatif des forces militaires de deux États. État
comparatif.
COMPARATIF, se dit plus particulièrement, en Grammaire, Des mots
qui expriment, qui servent à exprimer le second degré de comparaison,
c'est-à-dire, un rapport de supériorité, d'égalité
ou d'infériorité. Adjectifs comparatifs. Adverbes comparatifs.
S'emploie très-souvent, en ce sens, comme substantif. Adjectif au
comparatif. Comparatif de supériorité. Comparatif d'égalité.
Comparatif d'infériorité. Le comparatif, en français, se
forme ordinairement avec les adverbes Plus, Moins, Aussi, comme Plus sage, plus
sagement, Moins sage, moins sagement, Aussi sage, aussi sagement. Notre langue
n'a de véritables comparatifs que Meilleur, Moindre, Pire, Mieux et Pis.
COMPARATIVEMENT . adv.
Par comparaison à quelque chose. On ne l'emploie guère que dans
le langage didactique. Ces choses-là ne sont bonnes ou mauvaises que
comparativement.
COMPARER . v. a.
Examiner les rapports et les différences qu'il y a entre une chose et
une autre, entre une personne et une autre. Comparer Virgile et Homère.
Nous comparerons la traduction avec l'original. Je n'ose me plaindre, quand je
compare mon sort à celui de ces infortunés. Nous avons comparé
un grand nombre de manuscrits. Quand vous aurez comparé ces auteurs, vous
y trouverez une différence infinie. On ne saurait comparer la ligne et
la surface. Comparer plusieurs choses ensemble, les comparer entre elles.
Il signifie aussi, Égaler. Gardez-vous de comparer Lucain à
Virgile. Il n'y a point d'église qu'on puisse comparer à Saint-Pierre
de Rome.
S'emploie avec le pronom personnel. On est forcé d'être modeste,
quand on se compare avec lui. Osez-vous bien vous comparer à un si grand
homme?
Il signifie encore, Marquer les rapports de ressemblance entre des choses ou
des personnes qui sont de nature ou d'espèce différente. Homère
compare Diomède au milieu des Troyens, à un lion au milieu d'une
bergerie. On compare les conquérants à des torrents impétueux.
En termes de Pratique, Comparer des écritures, Les confronter,
et examiner si elles sont de même main.
COMPARÉ, ÉE. participe, Anatomie comparée,
Science qui établit les rapports et les différences qu'on découvre
dans la structure de l'homme et celle des animaux.
COMPAROIR . v. n.
Terme de Pratique qui n'est guère usité que dans ces phrases,
Être assigné à comparoir, recevoir une assignation à
comparoir, Être assigné à se présenter en justice.
Il a vieilli: on dit, Comparaître.
COMPARSE . s. f.
Entrée des quadrilles dans un carrousel.
COMPARSE, au Théâtre, se dit Des personnages muets qui ne
servent qu'à figurer; et, dans ce sens, il est masculin. Il était
parmi les comparses. Un des comparses.
COMPARTIMENT .s.m.
dérivé du verbe Compartir, qui n'est plus en usage. Assemblage
de plusieurs figures, de plusieurs choses disposées avec symétrie.
Des compartiments de marqueterie. Les compartiments d'un tapis, d'une broderie.
Parterre à compartiments. Compartiment de plafond.
Se dit aussi de Certaines dorures à petits fers, qui se mettent sur le
plat ou sur le dos des livres. Livre doré à compartiments.
Il signifie quelquefois, Case, division. Un tiroir à plusieurs compartiments.
Boîte à compartiments.
COMPARTITEUR .s.m.
.Palais. Il signifiait autrefois, Celui des juges qui avait ouvert un avis contraire
à celui du rapporteur, et sur l'avis duquel la compagnie s'était
partagée. Le rapporteur et le compartiteur allèrent à
telle chambre, pour faire vider le partage.
COMPARUTION . s. f.
.Palais. Action de comparaître devant le juge. Faire acte de comparution.
Demander acte de sa comparution. Comparution personnelle. Mandat de comparution.
En cas de non-comparution.
COMPAS .s.m.
Instrument composé de deux tiges métalliques, appelées
vulgairement Branches ou Jambes, lesquelles sont terminées en pointe à
l'une de leurs extrémités, et à l'autre jointes par une charnière
qui permet d'ouvrir plus ou moins l'angle qu'elles forment, et de comprendre ainsi
entre leurs pointes des longueurs qu'on veut mesurer, ou qu'on veut employer comme
rayons pour décrire des cercles ou des portions de cercle. Compas de
cuivre, de fer. Compas à pointes d'acier. Compas à branches recourbées
pour prendre la mesure des épaisseurs, celle d'un globe. Tourner, ouvrir
le compas. L'ouverture du compas. Décrire un cercle, un demi-cercle avec
le compas. Mesurer avec le compas. Tracer, faire une figure au compas, etc. Il
y a des compas à trois et à quatre pointes. Compas à ressort.
Compas de proportion, Instrument de mathématique, composé
de deux règles plates, assemblées à charnière par
un des bouts, comme un compas ordinaire, pouvant de même se fermer ou s'ouvrir
sous des angles plus ou moins aigus, et portant sur leurs faces des lignes divisées,
pour servir à divers usages de géométrie.
Compas à verge, Longue règle de bois ou de fer, qui porte
deux poupées, dont chacune a sa pointe, et dont l'une est mobile le long
de la règle, de manière à pouvoir embrasser des longueurs
plus grandes que les compas ordinaires.
Fig. et fam., Faire toutes choses par règle et par compas, ou
par compas et par mesure, Avec une grande exactitude, une grande circonspection.
Fig. et fam., Avoir le compas dans l'oeil, Mesurer presque aussi juste
à l'oeil qu'on pourrait le faire avec un compas.
En termes de Marine, Compas de route, ou simplement, Compas, La
boussole. Observer le compas. Regarder le compas. Le vent a fait le tour du
compas.
Compas de variation, Boussole préparée pour connaître
les variations de l'aiguille aimantée. Compas azimutal, Boussole
munie de pinnules, etc., qui sert à observer des azimuts, des amplitudes,
et à faire des relèvements.
COMPASSEMENT .s.m.
Action de compasser, ou Le résultat de cette action. Il ne s'emploie
guère que figurément, en parlant d'Une régularité
froide et trop étudiée. Le compassement de son discours. Le compassement
de ses actions. Il est peu usité.
COMPASSER . v. a.
Mesurer avec le compas. Il a exactement compassé les degrés,
les distances dans cette carte.
Il signifie plus ordinairement, Bien proportionner une chose, la faire avec
une exacte symétrie. Il a bien compassé ses allées. Compasser
un parterre.
En termes de Guerre, Compasser des feux, Les disposer de manière
qu'ils fassent tous leur effet en même temps.
Fig., Compasser ses actions, ses démarches, Les bien régler.
COMPASSÉ, ÉE. participe, Fig., Être compassé
dans ses discours, dans son style, dans ses actions, etc., Y mettre beaucoup
de régularité, d'exactitude. Cela se dit le plus souvent en parlant
D'une régularité, d'une exactitude poussée jusqu'à
l'affectation. On dit aussi, absolument, Être compassé, être
extrêmement compassé
COMPASSION . s. f.
Pitié, commisération, mouvement de l'âme qui nous rend sensibles
aux maux d'autrui. Avoir compassion de la misère d'autrui. Avoir pitié
et compassion. Avoir de grands sentiments de compassion. Être touché
de compassion. Inspirer de la compassion. Être ému de compassion.
Exciter la compassion. L'état où ces pauvres gens sont réduits,
fait compassion, est digne de compassion.
Fig., Faire compassion, se dit, par mépris, en parlant De certaines
choses qu'on désapprouve. Voilà un raisonnement qui fait compassion.
Ce que vous dites là fait compassion.
COMPATIBILITÉ . s. f.
Se dit en parlant Des qualités qui peuvent se concilier, s'accorder ensemble,
et surtout en parlant Des caractères et de l'esprit. Il y a une grande
compatibilité d'humeur entre ces deux personnes. Il n'y a guère
de compatibilité d'esprit entre eux. S'emploie le plus souvent avec
la négation.
COMPATIBILITÉ, se dit aussi en parlant De deux charges, de deux
fonctions qui peuvent être exercées en même temps par la même
personne. On jugea la compatibilité de ces deux emplois. La compatibilité
des fonctions de ministre avec celles de député.
Lettres de compatibilité, Lettres patentes par lesquelles le prince
permettait de posséder en même temps deux charges qui ne pouvaient,
suivant la règle commune, être exercées par une même
personne. Obtenir des lettres de compatibilité.
COMPATIBLE . adj. des deux genres
Qui peut exister, s'accorder, compatir avec un autre. Cette substance a des
propriétés qui ne sembleraient pas compatibles dans un même
sujet. Ces deux caractères, ces deux esprits-là ne sont pas compatibles.
Ces maximes ne sont pas compatibles avec celles de l'Évangile. Cette loi
n'est pas compatible avec nos moeurs.
Se dit aussi en parlant D'une charge, d'une fonction qui peut être exercée
en même temps qu'une autre. Ces deux emplois ne sont pas compatibles.
Les fonctions d'avoué sont compatibles avec celles de juge suppléant.
COMPATIR . v. n.
Être touché de compassion pour les maux d'autrui. Je compatis
à votre douleur, à votre affliction.
Il signifie aussi, Souffrir les fautes, les faiblesses de son prochain avec
indulgence. Il faut compatir aux infirmités de son prochain. Compatir
à la faiblesse humaine.
COMPATIR, signifie en outre, S'accorder, se concilier, en parlant Des
personnes et des choses. Dans ce sens, il se met le plus ordinairement avec la
négation. Ils ne sont pas d'humeur, d'une humeur à compatir aisément
ensemble. Il est si bizarre et d'une si méchante humeur, que personne ne
peut compatir avec lui, qu'il ne saurait compatir avec personne. Pensez-vous qu'ils
puissent compatir ensemble? L'esprit de Dieu ne peut compatir avec celui du monde.
Ces deux projets ne peuvent compatir l'un avec l'autre.
COMPATISSANT , ANTE. adj.
Qui compatit, qui prend part aux maux d'autrui. Coeur compatissant. Âme
compatissante. Il est fort compatissant.
Se dit aussi De ce qui exprime la compassion. Jeter un regard compatissant.
Soins compatissants.
COMPATRIOTE . s. des deux genres
Celui ou celle qui est de même patrie, de même pays qu'une autre
personne. C'est mon compatriote. Nous sommes compatriotes. Rendre des services
à ses compatriotes. Aimer, secourir ses compatriotes.
COMPENDIUM .s.m.
(On prononce Compéndiome.) Mot emprunté du latin, qui signifie,
Abrégé. Il s'employait surtout autrefois dans les Écoles.
Un compendium de logique, de philosophie.
COMPENSATION . s. f.
Action de compenser. Faire compensation d'une chose avec une autre. Juste
compensation. Compensation équitable. Compensation de dépens.
Se dit particulièrement, en Jurisprudence, de La libération réciproque
entre deux personnes qui se trouvent être à la fois créancières
et débitrices l'une de l'autre. La compensation s'opère de plein
droit. La compensation n'a lieu que de liquide à liquide.
COMPENSATION, signifie aussi, Dédommagement d'un mal par un bien,
d'une perte par un profit, d'un inconvénient par un avantage, d'une valeur
moindre par un supplément. Cela fait compensation. Il y a compensation.
Il eut tant par compensation. Cela doit entrer en compensation de la perte qu'il
a faite. Cela mérite, cela demande une compensation. Il n'y a pas lieu
à compensation. Il lui céda cela en compensation. Des philosophes
prétendent qu'il y a compensation de bien et de mal dans toutes les conditions
de la vie.
COMPENSER . v. a.
Reconnaître, déclarer qu'une chose tient lieu d'une autre, quant
au prix ou à la valeur. On a compensé la dette qu'il réclamait
de son domestique, avec les services que ce dernier lui a rendus. Il a compensé
ce que je lui devais avec ce qu'il me doit. On dit de même quelquefois,
Cette dette compense telle autre dette.
En termes de Procédure, Compenser les dépens, Ordonner,
dans un jugement, que chaque partie restera chargée des frais qu'elle a
faits pour la poursuite du procès.
COMPENSER, se dit aussi Des choses ou des personnes dont, le bien et
le mal étant mis en balance, le mal se trouve réparé par
le bien. Ce fermier a eu de bonnes et de mauvaises années, les unes
compensent les autres. Le gain de cette année compense la perte de la précédente.
Rien ne compense la perte de l'honneur. Cet homme a des défauts, mais il
les compense par ses bonnes qualités. Il a un défaut que rien en
lui ne compense.
S'emploie, dans ses deux acceptions, avec le pronom personnel. Ces deux dettes
se compensent. Cela se compense. Les biens et les maux se compensent.
COMPENSÉ, ÉE. participe, Dépens compensés.
COMPÉRAGE .s.m.
La relation, l'affinité qui existe entre deux personnes qui ont tenu
ensemble un enfant sur les fonts de baptême. Ils se voyaient tous les
jours, sous prétexte de compérage.
Se dit aussi de La relation qu'il y a entre le parrain ou la marraine d'un enfant,
et le père ou la mère de l'enfant; et alors cette relation est regardée
comme une alliance spirituelle qui empêche que le parrain ne puisse, sans
dispense, se marier devant l'Église avec la mère de l'enfant, ni
la marraine avec le père. Ils ne peuvent se marier à cause du
compérage.
COMPÈRE .s.m.
Nom qui se donne par un homme et par une femme à celui qui a tenu sur
les fonts quelqu'un de leurs enfants, et réciproquement par le parrain
et par la marraine à celui dont ils ont tenu un des enfants; comme aussi
par la marraine à celui avec lequel elle a tenu un enfant. C'est mon
compère, il a tenu un de mes enfants. C'est mon compère, j'ai tenu
un de ses enfants. Il est mon compère, j'ai tenu un enfant avec lui.
Prov. et fig., Tout se fait, tout va par compère et par commère,
Tout se fait par faveur et par recommandation.
Fig. et fam., C'est un compère, un rusé compère,
C'est un homme adroit, subtil et artificieux.
Fig. et fam., C'est un bon compère, C'est un bon compagnon, un
homme agréable et de bonne humeur. On dit de même, Un gros compère,
etc.
Fig. et fam., C'est un vigoureux compère, C'est un homme plein
de vigueur et très-courageux.
COMPÈRE, se dit encore de Celui qui est secrètement d'intelligence
avec un escamoteur, avec un charlatan, pour l'aider à faire ses tours,
à abuser le public; et, en général, de Toute personne qui
en seconde une autre pour quelque supercherie. Cet escamoteur, ce charlatan
a des compères, est bien secondé par ses compères. Un tel
prépare ses bons mots, et il a un compère qui l'aide à les
amener dans la conversation.
COMPÉTEMMENT . adv.
(On prononce Compétament.) D'une manière compétente,
suffisamment, convenablement. Il est peu usité.
COMPÉTENCE . s. f.
.Jurispr. Le droit qu'un tribunal, qu'un juge a de connaître de telle
ou telle matière, de telle ou telle cause. On lui dispute la compétence.
Faire juger la compétence. Cela n'est pas de sa compétence. Cette
question, cette affaire est de la compétence de tel tribunal. Décliner
la compétence d'un tribunal. Régler la compétence. Question
de compétence. Traité de la compétence.
Se dit par extension, dans le langage ordinaire, en parlant D'une personne qui
est capable de juger d'un ouvrage, de parler savamment sur une matière,
etc. Cela n'est pas de votre compétence. Cette question est tout à
fait hors de sa compétence.
COMPÉTENCE, signifie aussi, Concurrence à la même
chose, ou prétention d'égalité. Mettre en compétence.
Entrer en compétence. Je ne veux pas qu'on me mette en compétence
avec un tel. Je n'entre point en compétence avec lui. Ce sens a vieilli.
COMPÉTENT , ENTE. adj.
.Jurispr. Qui appartient, qui est dû. Il ne se dit, en ce sens, que D'une
portion de quelque bien, de quelque héritage; encore est-il peu usité.
Le père a donné à chacun de ses enfants leur portion compétente.
Il signifie aussi, Suffisant, convenable, requis. Âge compétent.
Temps compétent pour délibérer.
COMPÉTENT, se dit encore D'un tribunal. d'un juge qui a droit
de connaître de telle ou telle affaire, de la juger. Il est juge compétent.
Il n'est pas juge compétent de cette matière. Il a été
déclaré compétent. Tribunal compétent. On dit
dans un sens analogue, Autorité compétente.
Il signifie, par extension, dans le discours ordinaire, Qui peut donner son
avis sur une chose, sur une matière, qui est capable d'en bien juger. Il
n'est pas juge compétent de cela. Vous n'êtes pas compétent
pour cela.
Partie compétente, Celui qui a qualité pour contester en
justice, pour être partie au procès. Il est partie compétente
en cette affaire. Vous n'êtes pas partie compétente.
COMPÉTER . v. n.
.Jurispr. Appartenir en vertu de certains droits. Ce qui lui peut compéter
et appartenir dans la succession de son père.
Il signifie aussi, Être de la compétence. Cette affaire ne compète
point à tel tribunal.
COMPÉTITEUR .s.m.
Concurrent, celui qui prétend à la même dignité,
à la même charge ou au même emploi que veut obtenir une autre
personne. Puissant compétiteur. C'est son compétiteur. Ils étaient
compétiteurs au consulat, à l'empire, etc. Il aura bien des compétiteurs.
Dangereux compétiteur.
COMPILATEUR .s.m.
Celui qui compile. Grand compilateur. Laborieux, habile compilateur. Cet
auteur n'est qu'un simple compilateur.
COMPILATION . s. f.
Recueil, réunion de plusieurs choses mises en corps d'ouvrage. Ce
livre n'est qu'une compilation. C'est une compilation. C'est une compilation utile.
COMPILER . v. a.
Faire une compilation, des compilations. Il compila ce qu'il avait trouvé
de plus intéressant dans les auteurs sur telle matière, et il en
fit un livre. Passer sa vie à compiler.
COMPILÉ, ÉE. participe
COMPITALES . s. f. pl.
Fêtes que les Romains célébraient, dans les carrefours,
en l'honneur des dieux domestiques.
COMPLAIGNANT , ANTE. adj.
.Pratique. Qui se plaint en justice de quelque tort qu'il prétend qu'on
lui a fait. Il est complaignant. Il s'est rendu complaignant. La partie complaignante.
On l'emploie aussi comme substantif. Le complaignant. La complaignante. Les
complaignants. Il est maintenant peu usité.
COMPLAINTE . s. f.
.Pratique. Plainte en justice, ou action qu'on intente soit pour être
conservé dans sa possession, soit pour y être réintégré.
Complainte en cas de saisine et de nouvelleté. Complainte en réintégrande.
Être demandeur en complainte.
COMPLAINTE, se dit, dans le langage ordinaire, de Certaines chansons
ou cantiques populaires dont le sujet est ordinairement tragique ou pieux. On
a fait une complainte sur cet assassinat. La complainte du Juif errant. Vendre
des complaintes.
COMPLAINTES, au pluriel, se dit quelquefois, familièrement, pour
Lamentations. Il fait de grandes complaintes sur les malheurs des temps. À
quoi servent toutes ces complaintes?
COMPLAIRE . v. n.
S'accommoder, se conformer au sentiment, au goût, à l'humeur de
quelqu'un pour lui plaire, acquiescer à ce qu'il souhaite. Je veux bien
vous complaire en cela. Ce que j'en fais n'est que pour lui complaire. Il a fait
cette démarche pour complaire à ses amis.
Il se met aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se plaire, se délecter
en soi-même, en ses productions, en ses ouvrages, y mettre sa satisfaction,
son plaisir. Il se complaît en lui-même. Il se complaît en
sa personne. Il se complaît dans tous ses ouvrages, dans tout ce qu'il fait.
En ce sens, il se prend presque toujours en mauvaise part.
COMPLAISAMMENT . adv.
Avec complaisance. Il est entré complaisamment dans mes vues. Il m'a
écouté complaisamment.
COMPLAISANCE . s. f.
Douceur, et facilité de caractère, qui fait qu'on se conforme,
qu'on acquiesce aux sentiments, aux volontés d'autrui. La complaisance
doit être réciproque. Avoir une complaisance honnête, raisonnable.
Il faut avoir de la complaisance, beaucoup de complaisance. J'attends cela de
votre complaisance. Abuser de la complaisance de quelqu'un. Faire une chose par
complaisance. Il n'a de complaisance pour personne. Sa complaisance le rend fort
aimable. Il ne faut point avoir de basse, de lâche complaisance. Cette complaisance
serait criminelle. Avoir une complaisance aveugle pour quelqu'un, une complaisance
fade.
Se dit aussi Des actes de complaisance; et, dans ce sens, on l'emploie très-souvent
au pluriel. Ayez cette complaisance-là pour lui. Complaisance délicate.
Avoir de grandes complaisances pour quelqu'un.
COMPLAISANCE, signifie quelquefois, Plaisir, satisfaction, et se dit
en parlant Des personnes qu'on estime, qu'on aime, des choses dans lesquelles
on se complaît. Parler d'une personne ou d'une chose avec complaisance.
Jeter des regards de complaisance sur quelqu'un. Regarder avec complaisance, avec
un oeil de complaisance.
Se regarder avec complaisance, avoir une grande complaisance pour tout ce
qu'on fait, Être fort satisfait de sa personne, de son mérite,
avoir beaucoup d'amour-propre.
COMPLAISANCES, au pluriel, signifie quelquefois, dans le style de l'Écriture,
Amour, affection. Dieu dit dans l'Évangile: C'est ici mon fils bien-aimé,
en qui j'ai mis toutes mes complaisances.
COMPLAISANT , ANTE. adj.
Qui a de la complaisance pour les autres. Un homme complaisant. Être
complaisant pour tout le monde. Il s'est montré fort complaisant envers
nous. Se faire le ministre complaisant des passions d'autrui. Un esprit doux et
complaisant. Humeur complaisante.
S'emploie comme substantif, et se dit d'Une personne qui a beaucoup de déférence
pour une autre, qui est fort assidue auprès d'elle, et qui s'attache à
lui plaire dans quelque vue d'intérêt. Je n'aime pas les complaisants.
Un vil complaisant. C'est le complaisant, un des complaisants d'un tel. C'est
la complaisante, une des complaisantes de telle dame.
Se dit quelquefois, dans un sens particulier, d'Une personne qui favorise les
galanteries d'une autre. Ce bonhomme ne se doute guère qu'il est le
complaisant de sa femme. Cette femme est la complaisante d'un tel, d'une telle.
COMPLANT .s.m.
T. d'Agricult. Plant de vigne composé de plusieurs pièces de terre.
Un bon complant. Un nouveau complant. Des vignes de bon complant.
COMPLÉMENT .s.m.
Ce qui s'ajoute où doit s'ajouter à une chose pour la rendre entière,
complète. Le complément d'une somme. Le complément de
la dot. Cette loi sert de complément à telle autre. Ce volume forme
le complément de l'ouvrage.
En Théol., Complément de béatitude, Le comble de
la béatitude. La résurrection des corps sera le complément
de la béatitude des saints.
En Géom., Complément d'un angle, Ce qui manque à
un angle pour compléter l'angle droit, c'est-à-dire, quatre-vingt-dix
degrés. L'angle de trente degrés a pour complément l'angle
de soixante.
Complément arithmétique d'un nombre, La différence
entre ce nombre et l'unité suivie d'autant de zéros qu'il y a de
chiffres dans ce nombre. Le complément arithmétique de 760
est 240.
COMPLÉMENT, en Grammaire, se dit Des mots qui sont régis
par d'autres, ou qui servent à préciser, à déterminer
la signification des mots auxquels on les joint, à compléter une
proposition. Dans cette phrase, Le livre de Pierre, Pierre est le complément
de la préposition de, et les mots de Pierre sont ensemble
le complément de livre. Les adverbes sont les compléments
des verbes et des adjectifs.
Le complément direct, le complément indirect d'un verbe,
Le régime direct, le régime indirect d'un verbe.
COMPLÉMENTAIRE . adj. des deux genres
Qui sert à compléter.
Jours complémentaires, s'est dit, dans le Calendrier républicain,
Des cinq ou six jours que l'on complait à la fin de l'année pour
compléter le nombre de trois cent soixante-cinq ou trois cent soixante-six
jours, les mois de ce calendrier n'étant chacun que de trente jours.
COMPLET , ÈTE. adj.
Entier, achevé, parfait, à quoi il ne manque aucune des parties
nécessaires. Un habillement complet. OEuvres complètes. Nombre
complet. Victoire complète. Succès complet. Ruine complète.
Année complète et révolue. Définition complète.
Énumération complète. On ne peut avoir une idée complète
de la Divinité.
En Botan., Fleur complète, Fleur qui a un calice, une corolle,
une ou plusieurs étamines, et un ou plusieurs pistils. La rose, l'oeillet,
le lilas, out des fleurs complètes.
COMPLET, s'emploie aussi quelquefois substantivement. Le complet d'un
régiment. Ce régiment, ce bataillon, cette compagnie est au complet,
au grand complet, passe le complet, excède le complet. Il n'est guère
usité que dans ces phrases et quelques autres semblables.
COMPLÉTEMENT .s.m.
L'action de rendre complet. Le complétement des hommes de ce régiment.
Le complétement des compagnies d'un bataillon.
COMPLÉTEMENT . adv.
D'une manière complète. L'ouvrage est complétement achevé.
Il a complétement réussi. Cet homme est complétement fou.
Cela est complétement ridicule.
COMPLÉTER . v. a.
(Je complète. Je compléterai.) Rendre complet. Compléter
un nombre, une somme. Compléter un régiment. Compléter un
ouvrage dépareillé. Cette nouvelle perte a complété
sa ruine.
COMPLÉTÉ, ÉE. participe
COMPLÉTIF , IVE. adj.
.Gram. Qui sert de complément. Mot complétif. Phrase complétive.
Il est peu usité.
COMPLEXE . adj. des deux genres
T. didactique, opposé à Simple. Il signifie, Qui embrasse plusieurs
choses. Terme complexe. Idée complexe. Proposition complexe. L'action
de ce poëme, de cette tragédie est complexe, est trop complexe.
En Arithm., Nombres complexes, Nombres composés de différentes
espèces d'unités, tels que: 30 livres 10 sous 6 deniers; 5 pieds
9 pouces 3 lignes; etc. L'addition, la soustraction, la multiplication, la
division des nombres complexes.
COMPLEXION . s. f.
Tempérament, constitution du corps. Bonne, mauvaise complexion. Robuste,
faible, délicate, forte complexion. Complexion sanguine, bilieuse. Cela
est contraire, nuisible à sa complexion. Il faut le traiter selon sa complexion.
Il signifie aussi, Inclination, humeur, etc. Il est de complexion amoureuse,
de complexion triste, gaie.
COMPLEXITÉ . s. f.
T. didactique. Qualité de ce qui est complexe. Complexité d'idées.
La complexité d'une proposition.
COMPLICATION . s. f.
Assemblage, concours de plusieurs choses différentes. Il ne se dit guère
qu'en parlant De crimes, de maladies, de malheurs. Cet homme a commis des vols
et des homicides, il y a complication de crimes. Ce malade a la goutte et la pierre,
il y a complication de maux. Complication de symptômes. Il a perdu son fils
et sa fortune, voilà une grande complication de malheurs.
Se dit aussi en parlant D'un tout, d'un assemblage dont les parties, plus ou
moins nombreuses, ont entre elles des rapports multipliés et difficiles
à saisir. Cette machine est d'une complication qui la rend très-difficile
à construire. Il y a dans cette tragédie, dans ce roman, une trop
grande complication d'aventures, d'incidents, etc.
COMPLICE . adj. des deux genres
Qui a part au crime d'un autre. Il n'est point complice de ce crime. On a
arrêté plusieurs personnes que l'on croit complices du même
crime.
Il est aussi substantif. Nommer, déclarer, révéler ses
complices. Il accusa tous ses complices. Il fut condamné à mort,
lui et ses complices. Elle devint sa complice. Il eut un tel pour complice. Ils
furent les complices de son crime.
Se dit quelquefois au figuré. Il voulut que la religion devînt
complice de ses fureurs. Il en fit le complice de sa haine.
COMPLICITÉ . s. f.
Participation au crime d'un autre. Il y a complicité lorsque... La
complicité est évidente, est prouvée. La complicité
du même crime les avait liés l'un à l'autre.
COMPLIES . s. f. pl.
.Liturgie cathol. La dernière des heures canoniales, laquelle se dit
ou se chante après vêpres. Dire, chanter complies. Aller à
complies.
COMPLIMENT .s.m.
Paroles civiles, obligeantes, flatteuses, par lesquelles on témoigne
à quelqu'un le respect, l'affection, l'estime qu'on a pour lui, ou la part
que l'on prend à ce qui lui arrive d'agréable ou de fâcheux.
Compliment sincère. Compliment affectueux. Compliment de remercîment.
Compliment de félicitation, de condoléance. Compliment bien froid,
bien sec. De fades compliments. Un compliment ennuyeux. Compliment bien tourné,
mal tourné. Compliment hors de saison. Faire compliment à quelqu'un.
Je vous fais compliment de votre bonne santé. Je lui fis compliment sur
le gain de son procès, sur son mariage, sur son retour, etc. Il reçut
bien mon compliment. Il ne reçoit point de compliment là-dessus.
Il en reçoit les compliments. Je lui en ai fait mon compliment. Il m'a
chargé de vous faire ses compliments. Il lui rendit son compliment. C'est
un grand faiseur de compliments. Il est importun avec ses compliments, dans ses
compliments. Tout son discours ne fut que compliment, qu'un simple compliment.
Ce n'était pas une harangue, ce n'était qu'un compliment. Lettre
de compliment. Lettre pleine de compliments. Des compliments à perte de
vue.
Je vous en fais mon compliment, se dit quelquefois, familièrement
et par ironie, À celui qui a fait une faute, une maladresse. Vous lui
avez dit tout juste ce qui pouvait vous nuire, je vous en fais mon compliment.
Fig. et fam., Compliment bien troussé, Compliment bien tourné.
Fig. et fam., Rengainer son compliment, Supprimer ou ne pas achever ce
qu'on avait envie de dire. Il rengaina son compliment. Rengainez votre compliment.
COMPLIMENT, se dit quelquefois d'Un discours désobligeant ou injurieux;
mais alors il est toujours accompagné d'une épithète qui
indique le sens détourné qu'on lui donne. Vous lui avez fait
là un mauvais compliment. Voilà un fâcheux compliment. Il
m'est venu faire un étrange compliment, un sot compliment. On dit de
même, ironiquement, Voilà un joli compliment, un compliment très-flatteur;
etc.
Fam., Ne faisons point de compliments; laissons là les compliments;
trêve de compliments, sans compliment, s'il vous plaît; point de compliment;
etc. Façons de parler dont on se sert pour engager une personne à
être moins cérémonieuse.
Sans compliment, signifie aussi, Franchement, ouvertement, sans flatterie.
Je lui dis, sans compliment, qu'il fallait qu'il en passât par là.
Voulez-vous que je vous parle sans compliment, sans tant de compliments? Je vous
dis, sans compliment, que votre ouvrage est fort bon.
COMPLIMENT, est quelquefois opposé à L'intention réelle,
aux promesses effectives. Il vous fait des offres de service, c'est pur compliment.
COMPLIMENT, se dit encore d'Un discours solennel adressé à
une personne revêtue d'autorité. Toutes les compagnies allèrent
faire compliment au gouverneur.
Se dit également d'Un petit discours en vers ou en prose qu'on fait réciter
ou présenter par un enfant à son père, à sa mère,
ou à quelque autre personne, le jour de leur fête ou le premier jour
de l'an, pour les complimenter. Apprendre, réciter un compliment. Un
recueil de compliments.
COMPLIMENTER . v. a.
Faire compliment, faire des compliments. Complimenter quelqu'un. Comme il
passait par telle ville, le maire alla le complimenter. On l'envoya complimenter
tel prince. On le complimenta de la part de... Le roi a envoyé complimenter
monsieur un tel sur la mort de son père. Je l'ai complimenté sur
son mariage.
S'emploie aussi absolument; et alors il signifie, Faire des civilités.
C'est trop complimenter. Ne perdons point le temps à complimenter. Il
est toujours une heure à complimenter.
COMPLIMENTÉ, ÉE. participe
COMPLIMENTEUR , EUSE. adj.
Qui fait trop de compliments. C'est un personnage fort complimenteur.
S'emploie aussi substantivement. C'est un grand complimenteur. Un complimenteur
éternel. Quelle insupportable complimenteuse!
COMPLIQUER . v. a.
Former un tout, un assemblage dont les parties, plus ou moins nombreuses, ont
entre elles des rapports multipliés et difficiles à saisir. Vous
avez trop compliqué cette machine.
Il signifie plus ordinairement, Rendre confus, difficile à démêler,
à éclaircir. Cet auteur a trop compliqué l'action de sa
pièce. Un nouvel incident vint compliquer l'affaire, l'intrigue. Cela complique
la question, le problème, etc.
Il se met aussi avec le pronom personnel. L'affaire se complique de plus
en plus. La question, le problème se complique. On dit souvent, en
Médecine, qu'Une maladie, une affection se complique d'une autre maladie,
etc., c'est-à-dire qu'Une autre maladie, une autre affection vient
s'y joindre et l'aggraver.
COMPLIQUÉ, ÉE. participe, Une machine compliquée,
très-compliquée.
Se dit particulièrement Des choses qui sont embrouillées en elles-mêmes,
ou auxquelles d'autres sont mêlées. Le sujet de cette pièce
est bien compliqué, trop compliqué. L'affaire ne s'entend pas, elle
est trop compliquée. Problème compliqué, fort compliqué.
Notre législation est très-compliquée. Il y a du criminel
et du civil dans cette affaire, elle est fort compliquée. Plusieurs crimes
compliqués. C'est une maladie compliquée. Ce sont des maux bien
compliqués.
COMPLOT .s.m.
Mauvais dessein formé secrètement entre deux ou plusieurs personnes.
Dangereux, détestable complot. Hardi complot. Infâme, horrible
complot. Faire un complot, ou Faire complot. Former un complot. Tramer
des complots. Ils avaient fait complot de le prendre, de le tuer, etc. Ils étaient
de complot ensemble. Un tel était de complot avec un tel. Leur complot
a été découvert. On déjoua tous leurs complots.
COMPLOTER . v. a.
Faire un complot, conspirer. Ils ont comploté sa perte. Ils ont comploté
sa mort. Ils complotèrent sa ruine. Ils avaient comploté de le voler.
Ils'emploie souvent absolument. Ils avaient comploté ensemble. Ils
ont comploté entre eux. Il complotait avec un tel.
COMPLOTÉ, ÉE. participe
COMPONCTION . s. f.
Douleur, regret d'avoir offensé Dieu. Grande componction. Véritable
componction. Une vive componction de ses fautes. La componction de coeur est nécessaire
pour la véritable pénitence. Demander à Dieu la componction
du coeur. Avoir de grands sentiments de componction.
COMPONENDE . s. f.
Composition qui se fait sur les droits dus à la cour de Rome, quand on
veut obtenir quelque dispense, ou les provisions de quelque bénéfice.
L'officier de la componende.
COMPORTEMENT .s.m.
Manière d'agir, de vivre, de se comporter. Je ne connais pas bien
ses comportements. Il est vieux.
COMPORTER . v. a.
Permettre, souffrir, en parlant Des choses. La médiocrité de
son revenu ne comporte pas la dépense qu'il fait. L'occasion ne comportait
pas tant d'étalage. Le sujet ne comportait pas tant d'ornements. Le lieu
ne comporte pas un plus long entretien sur ce sujet. La dignité du magistrat
ne comporte pas qu'il s'abaisse jusque-là. Le caractère d'ambassadeur
ne comporte pas qu'il en use autrement.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se conduire et en user
d'une certaine manière. Il s'est bien comporté. Il s'est mal
comporté dans cette affaire, dans cette ambassade. Il s'est comporté
en véritable ami, en homme de bien dans les affaires que je lui ai confiées.
Ils se sont comportés en gens de coeur. Espérons qu'il se comportera
mieux à l'avenir.
En termes de Pratique, Vendre un immeuble ainsi ou tel qu'il se poursuit
et comporte, Le vendre dans l'état où il se trouve.
COMPORTÉ, ÉE. participe
COMPOSÉ .s.m.
Un tout formé de deux ou de plusieurs parties. Se dit Des choses physiques
et des choses morales. L'homme est un composé de corps et d'âme.
Ce médicament est un composé de plusieurs drogues. Cet homme est
un composé ridicule d'ignorance et de présomption.
Se dit de même Des mots composés, et particulièrement, en
Versification, Des mots qui ont la même terminaison que ceux dont ils sont
formés. Combattre est un composé de Battre. La rime du
simple avec le composé, ou des composés entre eux, n'est pas reçue.
Se dit, en termes de Chimie, d'Un corps formé de deux ou plusieurs éléments.
L'eau est un composé d'hydrogène et d'oxygène. Le sucre
est un composé d'oxygène, d'hydrogène et de carbone.
COMPOSÉES . s. f. pl.
.Bot. Nom d'une grande famille de plantes, dont les fleurs sont composées.
Les composées. La famille des composées. On dit aussi quelquefois,
au singulier, Une composée.
COMPOSER . v. a.
Former, faire un tout de l'assemblage de plusieurs parties. Se dit en parlant
Des choses physiques et des choses morales. Composer un remède avec
divers ingrédients. Dieu a composé l'homme d'un corps et d'une âme.
Toutes les pièces qui composent cette machine. Composer un mot avec d'autres
mots. L'ouvrage est composé de trois volumes. Le spectacle sera composé
de trois pièces. Il s'était composé un petit cercle d'amis.
Les fidèles sous un même chef composent l'Église. Le sénat
et le peuple composaient la république romaine. Il est très-souvent
employé avec le pronom personnel, dans le sens d'Être composé.
L'édifice entier se compose de trois bâtiments principaux. Les
éléments dont un corps se compose. Notre entendement se compose
de plusieurs facultés. Le pouvoir législatif se compose du roi,
de la chambre des pairs et de la chambre des députés.
Composer sa mine, son geste, sa contenance, son visage, ses actions, etc.,
Préparer, arranger sa mine, son geste, etc., selon l'état où
l'on veut paraître, selon l'effet qu'on veut produire. On dit dans le même
sens, avec le pronom personnel, Se composer. Composez vos gestes, vos regards.
Il faut savoir se composer selon le temps, selon les lieux. Ayez soin de vous
composer lorsque vous serez devant lui.
COMPOSER, en termes d'Imprimerie, Assembler les caractères pour
en former des mots, des lignes et des pages. Composer un mot, une ligne, une
page. La feuille est composée, mais elle n'est pas tirée.
COMPOSER, signifie aussi, Faire ou produire quelque ouvrage d'esprit.
Composer un livre. Composer un discours. Composer des vers. On dit dans
un sens analogue: Composer un tableau. Composer un ballet. Composer les plans
et les dessins d'un palais. Etc.
Fig., Composer des almanachs, S'amuser à faire des pronostics
en l'air, se remplir l'esprit d'idées qui, selon toute apparence, ne se
réaliseront jamais.
COMPOSER, se dit quelquefois absolument, dans le sens de Travailler à
quelque ouvrage d'esprit, à des ouvrages d'esprit. Il a besoin d'être
seul quand il compose. Composer avec soin, avec négligence. Composer de
tête. C'est un malheureux, obligé de composer pour vivre.
Il signifie également, dans les Colléges, Faire un devoir donné
par le professeur. Les écoliers qui composent pour les places, qui composent
pour les prix. Composer en prose, en vers, en grec, en thème, en version.
COMPOSER, signifie particulièrement, en Musique, Produire quelque
air, quelque chant, soit qu'on ne crée que le sujet, soit qu'on fasse le
sujet avec les parties. Composer un air. Composer sur la basse. Composer un
choeur. Composer une contredanse, une valse. Composer une fantaisie pour le piano.
Composer la musique d'un opéra, ou simplement Composer un opéra.
Composer une messe, un motet. On l'emploie aussi absolument. Il compose
facilement. Apprendre à composer.
Composer sur le clavecin, sur le forte-piano, etc., Se servir du clavecin,
du forte-piano, etc., pour composer de la musique.
COMPOSER, est aussi verbe neutre, et signifie, S'accommoder, s'accorder
sur quelque différend, en traiter à l'amiable. Composer avec
ses créanciers. Composer d'une somme qui est due. Composer de ses intérêts,
de ses droits, de ses prétentions. Vous me devez tant, composons. Composons
ensemble. Composons à l'amiable.
S'emploie quelquefois au figuré. On ne compose point avec sa conscience.
Composer avec les préjugés de son temps.
COMPOSER, neutre, signifie aussi, Capituler, convenir que l'on se rendra,
que l'on rendra une place, un poste sous de certaines conditions. Le gouverneur
se pressa trop de composer, de demander à composer. Les ennemis ne voulurent
composer qu'à cette condition. Dans ce sens, on dit plus ordinairement,
Capituler.
COMPOSÉ, ÉE. participe, Un corps, un être composé.
Voyez COMPOSÉ, substantif.
Une société bien composée, Une société
choisie, où il ne se trouve que des personnes estimables.
Mot composé, Mot formé de deux ou de plusieurs mots joints
ensemble. Passe-temps, inconvenant, soutenir, sont des mots composés.
Substantif composé. Adjectif composé. Verbe composé.
En Botan., Fleurs composées, Celles qui sont formées de
plusieurs fleurons, ou demi-fleurons, réunis dans un calice commun, telles
que les fleurs du tournesol, du chardon, de la chicorée, etc. Feuille
composée, Celle qui est composée de plusieurs folioles attachées
à un pétiole commun. Tiges, racines composées, Tiges,
racines divisées en plusieurs branches ou radicules.
Machine composée, fort composée, Machine pour l'exécution
et pour le mouvement de laquelle il faut beaucoup de pièces différentes.
En Mécanique, Mouvement composé, Celui qui résulte
de plusieurs autres mouvements.
En Arithm., Raison composée, Celle qui résulte du produit
des antécédents de deux ou de plusieurs raisons, et de celui de
leurs conséquents.
En Musique, Intervalle composé, Celui qui passe l'étendue
d'une octave, ou qui peut se diviser en deux autres intervalles.
Être composé, fort composé, Avoir, ou affecter d'avoir
un air grave, un air sérieux et modeste. Cet homme est toujours guindé,
toujours composé. On le dit aussi De l'air, des actions, etc. Il
a l'air extrêmement sérieux et composé. Un visage composé.
Un maintien composé. Toutes ses démarches, toutes ses actions sont
composées.
En termes de Philosophie, Sens composé, Le sens qui résulte
de tous les termes d'une proposition pris selon la liaison qu'ils ont ensemble:
on l'appelle ainsi par opposition à Sens divisé, qui se dit
d'Une proposition dont on prend séparément les termes. Ainsi quand
on dit, Ce qui se meut ne peut pas être en repos, cette proposition
est vraie dans le sens composé, parce qu'une même chose ne
peut en même temps se mouvoir et être en repos; mais elle est fausse
dans le sens divisé, parce qu'une chose qui se meut a pu être
en repos auparavant, et y peut être ensuite.
COMPOSITE . adj. des deux genres
T. d'Archit. Se dit De l'un des cinq ordres d'architecture, parce que cet ordre
est composé du corinthien et de l'ionique. Ordre composite. Chapiteau
composite.
Ordre composite, désigne aussi Tout ordre qui est composé
de plusieurs ordres, soit dorique, corinthien, ou ionique; et, dans ce sens, on
dit pareillement: Un chapiteau composite. Une base, une corniche composite.
COMPOSITE, s'emploie aussi comme substantif masculin. Le composite
participe du corinthien et de l'ionique. Le composite se met au-dessus du corinthien.
Le chapiteau du composite.
COMPOSITEUR .s.m.
Celui qui compose en musique. Un bon compositeur. C'est un savant compositeur,
un habile, un grand compositeur.
En Jurispr., Amiable compositeur, Celui qui est chargé d'accommoder
un différend, un procès, par les voies de la douceur et de la conciliation,
sans être tenu de prendre la loi pour base de sa décision.
COMPOSITEUR, en termes d'Imprimerie, se dit de Celui qui assemble, qui
arrange les caractères pour en former des mots, des lignes et des pages.
Compositeur aux pièces. Compositeur en conscience.
COMPOSITION . s. f.
Action de composer quelque chose. Être occupé à la composition
d'une machine. La composition des mots. Chef-d'oeuvre, inhabile, aujourd'hui,
sont des mots formés par composition. Procéder à la composition
des lots dans un partage. La composition de cette assemblée exige beaucoup
de prudence. L'esprit fait sans cesse des compositions et des décompositions.
Se dit aussi Du résultat de cette action de composer, de L'assemblage
de plusieurs parties qui ne font qu'un tout. La composition du corps humain
est admirable. Toutes les parties qui entrent dans la composition du corps humain.
Les ressorts qui entrent dans la composition d'une machine. La composition du
spectacle était assez piquante.
COMPOSITION, en termes d'Imprimerie, Arrangement des caractères
pour en former des mots, des lignes et des pages. Apprendre la composition.
COMPOSITION, se dit particulièrement, de L'action de mélanger
et d'unir certaines substances, et Du résultat de cette action. Ce pharmacien
entend bien la composition des remèdes. Il entre telles et telles substances
dans la composition de ce remède. Ce parfum est d'une excellente composition.
La composition de ce spécifique est encore un secret. La thériaque
est une composition.
Se dit également de Diverses préparations faites pour imiter certaines
choses, principalement les pierreries, les perles, l'or ou l'argent. Le stras
est une composition qui imite le diamant. Le chrysocale est une composition qui
imite l'or.
COMPOSITION, signifie aussi, L'action de composer un ouvrage d'esprit.
Cet auteur est occupé à la composition d'un nouvel ouvrage. Cela
lui est échappé dans la chaleur de la composition. Être dans
le feu de la composition. Cela est d'une composition pénible et difficile.
Il nous a montré une pièce de sa composition.
S'emploie, dans un sens analogue, en parlant De musique, de peinture, etc. Un
musicien qui exécute un morceau de sa composition. Ce ballet est de la
composition d'un tel. La composition d'un tableau, d'un plan, etc.
En termes de Peinture, La composition d'un tableau, se dit plus particulièrement
de La manière dont un peintre traite le sujet d'un tableau, c'est-à-dire,
de L'ordonnance générale, de la disposition des masses, des combinaisons
du clair-obscur, de l'agencement et de la pose des figures, etc. Un tableau
d'une savante composition. La composition en est belle, hardie, gracieuse.
COMPOSITION, signifie particulièrement, L'art d'unir les différentes
parties de la musique, suivant les règles. Il ne chante pas, mais il
sait bien la composition. Il excelle dans la composition. Entendre bien la composition.
Apprendre la composition. Les règles de la composition. Pour bien accompagner,
il faut savoir la composition.
COMPOSITION, se dit également Des ouvrages d'un écrivain
ou d'un artiste. Une belle, une ingénieuse, une savante composition.
Une grande composition. Composition froide, ridicule, extravagante. Il préfère
ce genre de composition. Achever une composition.
Il signifie encore, Le devoir que fait un écolier sur le sujet qui lui
est donné par son professeur. Une composition sans faute. Une composition
pleine de solécismes. Composition pour les places, pour les prix. Juger
les compositions.
COMPOSITION, signifie en outre, Accommodement dans lequel l'une des deux
parties, ou toutes les deux ensemble, se relâchent plus ou moins de leurs
prétentions. Par composition faite, je lui dois tant. Venir à
composition. Entrer en composition. Venir à une composition amiable. Obtenir
une bonne composition.
C'est un homme de composition, de bonne, de facile composition, C'est
un homme d'accommodement, un homme à qui il est aisé de faire faire
ce qu'on veut. Il est de difficile composition, Il se tient trop ferme,
il est malaisé de le réduire au point où l'on veut.
C'est une fille, une femme de bonne composition, de facile composition,
se dit D'une fille ou d'une femme qui accorde facilement ses faveurs.
COMPOSITION, en termes de Guerre, signifie, Les conventions que fait
une place qui se rend. Cette place s'est rendue par composition. Les articles
de la composition portent que... Composition honorable. Composition avantageuse.
Recevoir à composition. On emploie plus ordinairement le mot Capitulation.
COMPOSTEUR .s.m.
T. d'Impr. Instrument sur lequel le compositeur arrange les lettres, pour former
des lignes toujours égales, d'après la longueur déterminée.
COMPOTE . s. f.
Espèce de confiture qu'on fait avec du fruit et peu de sucre, et qui
est moins cuite que les confitures faites pour être gardées. Une
compote de poires, de pommes, d'abricots, de cerises, etc. Une compote bien faite.
Se dit aussi d'Une certaine manière d'accommoder des pigeons. Une
compote de pigeons. Mettre des pigeonneaux en compote.
Prov., fig. et pop., Avoir les yeux, la tête, etc., à la compote,
en compote, Avoir la tête, les yeux, etc., tout meurtris, tout livides.
COMPOTIER .s.m.
Plat creux dans lequel on sert des compotes de fruits. Compotier de porcelaine,
de cristal.
COMPREHENSIBLE . adj. des deux genres
Concevable, intelligible, qui peut être compris, conçu, entendu.
Cela n'est pas compréhensible. Un raisonnement qui n'est pas compréhensible.
Voilà qui est compréhensible.
COMPRÉHENSION . s. f.
Faculté de comprendre, de concevoir. Avoir la compréhension
aisée, facile. Il est de dure compréhension.
Il signifie, dans le langage didactique, Connaissance entière et parfaite.
La compréhension des mystères est réservée à
l'autre vie.
COMPRÉHENSION, en termes de Logique, La totalité des idées
renfermées sous un nom appellatif ou générique.
COMPRENDRE . v. a.
(Il se conjugue comme Prendre.) Contenir en soi, renfermer en soi. L'univers
comprend tout ce qui est. L'Europe comprend plusieurs grands royaumes. La France
comprend quatre-vingt-six départements. Cette famille de plantes comprend
un grand nombre de genres.
Se dit également en parlant Des choses morales. La justice en général
comprend toutes les vertus. La philosophie comprend la logique, la morale, la
physique, et la métaphysique.
Il signifie aussi, Mentionner, faire entrer dans une énumération,
etc. Il a compris dans sa quittance tout ce qui lui était dû.
Il a tant de revenu, sans y comprendre ce que sa place lui donne. Dans le dénombrement
de ses dettes, je n'entends pas comprendre celles qu'il a faites depuis un an,
je comprends seulement les plus anciennes. Dans tout ce que je dis là,
je ne comprends pas telle et telle chose. Dans ce tableau de la population, on
n'a pas compris les étrangers. Comprendre plusieurs choses sous une même
dénomination.
COMPRENDRE, signifie aussi figurément, Avoir l'intelligence d'une
chose, en saisir, en pénétrer le sens. Je comprends fort bien
ce que vous me dites. Cela est difficile à comprendre. Cela se comprend.
Il ne comprend rien de ce qu'on lui dit. Tout ce que j'ai pu comprendre, c'est
que... Cette maxime n'a pas été comprise, a été mal
comprise.
Se dit, dans un sens particulier, De l'intelligence des langues, des mots, etc.
Comprenez-vous l'anglais? Il comprend cette langue, mais il ne sait pas encore
la parler. Je ne comprends pas ces deux mots. Ce passage est très-difficile
à comprendre. Cet animal semble comprendre tout ce qu'on lui dit.
S'emploie aussi absolument. Comprenez-vous? Je commence à comprendre.
Je vois qu'il n'a pas compris.
COMPRENDRE, signifie également, Concevoir, se faire une juste
idée de quelque chose. Les méchants ne peuvent comprendre la
vertu. Il sut comprendre ses devoirs. Je compris alors toute la grandeur du péril.
Comprenez-vous tout ce qu'il faut de prudence et d'habileté pour réussir
dans une telle entreprise? Vous ne comprenez pas la difficulté de l'affaire.
Pour bien vous faire comprendre l'état de la question. Ils comprirent que
le moment était venu.
Il signifie encore, Se rendre raison d'une chose, en découvrir le motif.
Je ne comprends pas sa conduite. Comprenez-vous un tel langage? Je ne comprends
pas comment il peut faire, comment il ose se montrer. Vous comprenez que cela
doit m'inquiéter. Je ne comprends pas qu'on puisse être fâché
de cela. Dans ce sens, il est quelquefois suivi de la préposition à.
Je ne comprends rien à sa conduite. Je ne comprends rien à ce langage.
Comprenez-vous quelque chose à tout cela?
Comprendre quelqu'un, Comprendre les explications, les ordres qu'il donne,
la langue qu'il parle, etc. Vous faites tout de travers, il faut que vous ne
m'ayez pas compris, que vous m'ayez mal compris. Je ne vous comprends pas. Expliquez-vous
plus clairement, si vous voulez qu'on vous comprenne. Cet étranger a beaucoup
de peine à se faire comprendre. On l'emploie aussi avec le pronom personnel.
Il ne se comprend pas lui-même.
Comprendre quelqu'un, signifie aussi, Se rendre raison de sa conduite,
de ses discours, etc. C'est un homme difficile à comprendre. Il tient
une conduite si bizarre et si contraire à ses intérêts, que
je ne le comprends pas. Comprenez-vous cette femme, avec ses caprices?
COMPRIS, ISE. participe, Les pays compris entre la Seine et la Loire.
Y compris, En y comprenant; et, Non compris, Sans y comprendre.
Il a dix mille francs de revenu, y compris les profits de sa place, non compris
la maison où il loge. Depuis tel article du code jusques et y compris tel
autre. On dit également, en faisant accorder: Les profits de sa
place y compris. La maison où il loge non comprise.
COMPRESSE . s. f.
.Chirur. Morceau de linge simple, ou plié en plusieurs doubles, qu'on
applique sur l'ouverture de la veine, ou sur quelque partie blessée ou
malade. Appliquer une compresse. Mettre une compresse. Serrer la compresse.
Mouiller la compresse.
COMPRESSIBILITÉ . s. f.
.Physique. La propriété d'un corps qui peut être comprimé.
COMPRESSIBLE . adj. des deux genres
.Physique. Qui peut être comprimé. L'air est compressible, l'eau
ne l'est pas.
COMPRESSIF, IVE. adj.
.Chirur. Qui sert à comprimer. Bandage compressif. Appareil compressif.
COMPRESSION . s. f.
Action de comprimer, ou L'effet qui est produit dans ce qui est comprimé.
La compression de l'air. Une forte compression.
COMPRIMER . v. a.
Presser avec force, serrer de manière à réduire à
un moindre volume. On comprime l'air dans un fusil à vent. Comprimer
le bras avec un bandage.
Il signifie figurément, Empêcher d'agir, d'éclater. Comprimer
les factions, un parti.
COMPRIMÉ, ÉE. participe, S'emploie adjectivement, en Histoire
naturelle, et signifie, Qui est aplati sur les côtés. Le corps
de beaucoup de poissons est comprimé. La gousse de l'arbre de Judée
est comprimée.
COMPROMETTRE . v. n.
(Il se conjugue comme Mettre.) Consentir réciproquement, par acte,
de se rapporter sur les différends, les procès qu'on a ensemble,
au jugement d'un ou de plusieurs arbitres. Ils ont compromis de toutes leurs
affaires entre les mains d'un tel. Je lui ai offert de compromettre là-dessus,
s'il voulait. Ils ont compromis sur tous les chefs du procès.
Il est aussi actif, et signifie, Commettre quelqu'un, l'exposer à se
trouver dans quelque embarras, a recevoir quelque chagrin, quelque dégoût,
soit en se servant de son nom sans son aveu, soit en l'embarrassant dans des démêlés,
dans des affaires. N'ayez pas peur, je ménagerai si bien les choses,
que je ne vous compromettrai pas. Il est gravement compromis. On dit dans
le même sens, Compromettre sa dignité, son autorité, sa
fortune, sa réputation, etc., Exposer sa dignité, son autorité,
sa fortune, sa réputation, etc., à recevoir quelque diminution,
quelque échec; et, Compromettre la dignité, les intérêts,
etc., de quelqu'un.
S'emploie avec le pronom personnel, dans un sens analogue. Il s'est bien
compromis dans cette affaire. Vous courez risque de vous compromettre, en agissant
de la sorte.
COMPROMIS, ISE. participe, Se trouver compromis.
COMPROMIS .s.m.
Acte par lequel deux ou plusieurs personnes promettent de se rapporter de leurs
différends au jugement d'un ou de plusieurs arbitres. Faire un compromis.
Passer un compromis. Dresser, signer un compromis. Mettre en compromis. On ne
met en compromis que les affaires douteuses et litigieuses. Ce n'est pas là
une chose qu'on doive mettre en compromis.
Fig., Mettre en compromis, Commettre. Mettre quelqu'un en compromis
avec un autre. Mettre la dignité, l'autorité de quelqu'un en compromis.
COMPTABILITÉ . s. f.
(Le P ne se prononce ni dans ce mot ni dans les suivants.) Obligation de rendre
compte; ou La manière, l'action de rendre et d'établir des comptes.
La comptabilité de cette place est immense. Votre comptabilité
n'est pas embarrassante. Il a mis beaucoup d'ordre dans sa comptabilité.
Il entend bien la comptabilité. Être chargé de la comptabilité.
Bureau de la comptabilité.
COMPTABLE . adj. des deux genres
Qui est assujetti à rendre compte. Officier, agent comptable. Les
receveurs sont comptables. Je ne veux point de place, d'emploi comptable.
Quittance comptable, Quittance revêtue des formes nécessaires
pour être allouée par qui il appartient.
COMPTABLE, s'emploie aussi figurément. Nous sommes comptables
de nos talents à la patrie. Il n'est comptable à personne de ses
actions.
S'emploie souvent comme substantif, au propre. Les comptables sont sujets
à être recherchés. C'est un bon comptable.
COMPTANT . adj. m.
Il n'est guère usité que dans ces locutions, Argent comptant,
deniers comptants, Argent en espèces, argent compté sur-le-champ.
Il a tant en argent comptant. Payer argent comptant, en beaux deniers comptants.
Il refusa les billets, et il voulut de l'argent comptant.
Fig. et fam., C'est de l'argent comptant, se dit D'une chose promise,
et qui ne peut manquer.
Fig. et fam., Prendre quelque chose pour argent comptant, Croire trop
facilement ce qu'on nous dit; Faire trop de fond sur de simples apparences.
Fig. et fam., Avoir de l'esprit argent comptant, Avoir la repartie prompte,
briller dans la conversation.
COMPTANT, se dit quelquefois substantivement pour Argent comptant. Avoir
du comptant. Voilà tout mon comptant. Il amassa un gros comptant. Acheter,
vendre au comptant. Vente au comptant. Ce sens est familier.
Petit comptant, se disait, au Trésor royal, Du bureau où
l'on payait les sommes au-dessous de mille livres; et, Grand comptant, Du bureau
où l'on payait toutes les sommes au-dessus de mille livres.
COMPTANT, s'emploie aussi adverbialement. Payer une somme comptant.
Payer comptant. Vendre comptant. Acheter comptant.
Prov. et fig., Payer comptant, Rendre sur-le-champ les bons ou les mauvais
offices qu'on a reçus. S'emploie plus souvent en mauvaise part. Il a
prétendu me piquer par ce discours, mais je l'ai payé comptant.
COMPTE .s.m.
Calcul, nombre. Il sait le compte de son argent. On lui a donné le
linge, la vaisselle par compte, en compte. Faire le compte du linge qu'on donne
à la blanchisseuse. J'ai trouvé cent écus dans ce sac, c'est
le compte. Faire un compte. Venir à compte. Je vous ferai votre compte.
Vous ne lui avez pas donné son compte. Sans compte ni mesure. S'il fallait
rappeler toutes ses folies, le compte en serait long.
Bois de compte, Le bois qui se vend à tant de bûches par
corde.
Monnaie de compte. Voyez MONNAIE.
Fam., Cela n'est pas de compte, Ne doit pas compter.
Compte rond, dans l'usage commun et populaire, signifie, Un nombre composé
de dizaines, de centaines ou de milliers sans fraction. Dix, vingt, trente,
cent, deux cents, mille, sont des comptes ronds. Vingt et un n'est pas un compte
rond. Quand on compte par espèces, Compte rond, se dit d'Un
nombre de ces espèces sans fraction. Cinq sous font un compte rond.
Cinq sous et demi ne font pas un compte rond.
Fig. et fam., Compte borgne, Compte dont les articles ne sont pas clairs.
On le dit aussi par opposition à Compte rond. Trois francs trente-huit
centimes sont un compte borgne. On dit également dans ce sens, Cela
fait un mauvais compte.
De compte fait, En comptant bien. De compte fait, ils étaient
quarante-cinq.
Prov., À tout bon compte revenir, On doit toujours être
reçu à recommencer le calcul fait avec le plus de soin, et à
s'assurer s'il est exact.
Prov., Erreur n'est pas compte, On peut toujours revenir sur une erreur
de calcul.
Faire le compte à un domestique, lui donner son compte, Lui payer,
en le renvoyant, ce qui lui est dû de ses gages. Donner à un ouvrier
son compte, Lui payer ce qui lui est dû.
Fig. et fam., Donner à quelqu'un son compte, Le traiter d'action
ou de paroles comme il le mérite. Il ne se prend qu'en mauvaise part.
Avoir à bon compte, faire bon compte, Avoir à bon marché,
faire bon marché. Il a eu cela à bon compte. Ce banquier vous
fera tenir votre argent à meilleur compte qu'un autre. Ce marchand vous
fera bon compte, vous fera meilleur compte que qui que ce soit. On dit de
même, Vivre à bon compte, Vivre à bon marché.
C'est une ville où l'on vit à bon compte.
Prov. et fig., Manger à bon compte, manger toujours à bon compte,
boire à bon compte, Manger et boire sans se mettre en peine de savoir
ce qu'il en coûtera, et qui le payera.
Prov. et fig., Boire, manger, rire, se divertir à bon compte,
Sans s'embarrasser de ce qui se passe, ni de ce qui peut arriver. Divertissez-vous
à bon compte, etc.
Fig. et fam., Faire son compte, trouver son compte, Trouver du profit,
de l'avantage. Il a bien fait son compte dans cette recette. Il a bien fait
son petit compte dans ce traité. Il y a trouvé son compte. N'offensez
pas cet homme-là, vous n'y trouveriez pas votre compte.
Faire son compte, signifie aussi, Se proposer, ou S'attendre à,
espérer que, etc. Il fait son compte de partir demain. Il croyait que
ses amis l'assisteraient, il faisait son compte la-dessus. Ne faites pas votre
compte sur les promesses de cet homme-là. Ces phrases ont vieilli;
on dit: Il compte partir demain. Il comptait que ses amis l'assisteraient.
Ne comptez pas sur les promesses de cet homme-là.
Fig., Avoir son compte, Avoir ce qu'on désire, ou Être bien
dans ses affaires. Savoir bien, entendre bien son compte, Entendre bien
ses intérêts, et n'être pas facile à tromper, à
surprendre.
Être loin de compte, loin de son compte, Se tromper dans son raisonnement,
dans son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances.
Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit
De deux personnes qui sont en traité, en marché de quelque chose,
et qui ne peuvent tomber d'accord. Nous sommes loin de compte ensemble. Il
est loin de compte avec moi.
Fig., À ce compte-là, Selon cette supposition. On dit de
même, Au compte de quelqu'un. À ce compte-là, je vois qu'il
n'a pas tort. À votre compte, cela serait ainsi.
COMPTE, signifie quelquefois, Un petit nombre que l'on jette de la main,
et qui, étant plusieurs fois réitéré, fait la somme,
le nombre que l'on demande. À compter quatre à quatre, il faut
vingt-cinq comptes pour faire cent. Cette acception vieillit.
COMPTE, signifie particulièrement, Un état ou écrit
contenant le calcul, la supputation de ce qui a été reçu,
dépensé, avancé ou fourni. Bon compte. Compte fidèle.
Compte exact. Le compte est très-bon. Il lui demande son compte, ses comptes.
Qu'il apporte son compte, ses comptes. Compte de tutelle. Compte final. Un article
de compte. Le total d'un compte. Livres de compte. Tenir les comptes chez un marchand.
Tenir compte d'une somme à quelqu'un. Passer, mettre quelque chose en compte.
Mettre sur un compte. Cela ne doit pas entrer en compte. Ne mettez pas cela en
ligne de compte, dans le compte, sur le compte. Rayez, ôtez cela de dessus
votre compte. Il a chargé ses comptes de cela. Mettre ses comptes en règle.
Dresser un compte. Rendre un compte. Il a rendu compte, rendu ses comptes. Reddition
de compte. Présenter, affirmer un compte. Voir, vérifier, examiner,
recevoir, apurer un compte. Revoir un compte. Ouïr un compte. Débattre
un compte. Débats de compte. Vérification de compte. Oyant compte.
Valider un compte. Allouer les articles d'un compte. Arrêter un compte.
Arrêté de compte. Régler un compte. Clore un compte. Le compte
est clos. Solder un compte. Reliquat d'un compte. Reliquat de compte. Les
locutions et les phrases suivantes appartiennent plus spécialement au langage
commercial: Compte courant. Compte de marchandises générales.
Compte d'effets à recevoir, à payer. Compte de profits et pertes.
Compte de caisse; etc. Le crédit et le débit d'un compte. Débiter,
créditer un compte. Balancer un compte. Être en compte ouvert. Avoir
un compte ouvert avec quelqu'un. En fin de compte. Etc.
Avoir une chose en compte, L'administrer, en disposer, à la charge
d'en rendre compte à qui de droit.
Cour des comptes, Cour supérieure établie pour examiner
et juger les comptes de ceux qui ont manié les deniers de l'État:
elle a remplacé la Chambre des comptes, qui avait les mêmes
attributions. Président de la cour des comptes. Conseiller référendaire
à la cour des comptes. Conseiller maître à la cour des comptes,
ou Maître des comptes. Cela est passé, vérifié,
enregistré à la cour des comptes. Un arrêt de la cour des
comptes.
Prov., Les bons comptes font les bons amis.
Être de bon compte, Être fidèle dans les comptes que
l'on rend.
Fig. et fam., Être de bon compte, Parler sans feinte, sans aucune
dissimulation. Soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette
aubaine. Je suis de bon compte, à votre place j'aurais eu moins de patience.
Fig. et fam., Son compte est bon, On lui fera un mauvais parti. On dit
dans un sens analogue, Son compte sera bientôt réglé, etc.
À compte. Manière de parler abrégée, pour
dire qu'On a donné ou reçu quelque chose sur la somme due. Il
a donné mille francs à compte. Il a reçu cinq cents francs
à compte sur les mille francs qui lui sont dus.
À-compte, s'emploie substantivement dans le même sens. Il
n'a reçu qu'un à-compte. Voilà un bon à-compte. Je
lui ai donné deux à-compte.
Être de compte à demi avec quelqu'un, Être en société
d'intérêt avec quelqu'un, et partager par moitié les bénéfices
et les pertes.
Cela est sur le compte, au compte d'un tel, C'est à lui à
le payer. Les étoffes qu'un tel prend seront sur votre compte. Je prends
cela sur mon compte. La nourriture de ce cheval est à votre compte.
Pour le compte de quelqu'un, En vertu de la commission que l'on a reçue
de lui. Vendre, négocier, acheter, etc., pour le compte de quelqu'un.
On dit par opposition, Vendre, négocier, etc., pour son propre compte,
pour son compte particulier, pour son compte.
Fig. et fam., Il en a pour son compte, se dit D'un homme à qui
il arrive quelque malheur, comme d'être blessé, d'être maltraité,
ou de faire quelque perte d'argent considérable. On dit de même:
Il en a reçu, on lui en a donné pour son compte. Il a trouvé
des gens qui jouaient mieux que lui, et qui lui en ont donné pour son compte.
On dit aussi, C'est pour son compte, pour mon compte, etc., C'est tant
pis pour lui, pour moi, etc.
Pour le compte de quelqu'un, se dit encore figurément dans certaines
phrases. Les applaudissements étaient pour son compte, et les sifflets
pour celui de l'acteur, Les applaudissements étaient pour lui, et les
sifflets pour l'acteur. Pour mon compte, Pour ce qui me regarde, quant
à moi. Je n'ai, pour mon compte, rien à leur reprocher.
Fig., Sur le compte de quelqu'un, Sur ce qui le concerne. Se dit surtout
en parlant De la conduite et des actions d'une personne. On m'a donné
sur son compte des renseignements qui ne lui sont guère favorables. Elle
fait beaucoup parler sur son compte. Il n'y a rien à dire sur son compte.
Nous étions fort inquiets sur son compte.
Fig., Mettre une histoire, un livre, une faute, etc., sur le compte de quelqu'un,
Le donner pour en être l'auteur. Mettre une aventure, faire courir une
histoire, etc., sur le compte de quelqu'un, Faire croire qu'elle lui est arrivée.
Fig., Prendre sur son compte, Se charger de quelque chose, s'en rendre
responsable. Ne vous mettez point en peine de lui faire des excuses, je le
prends sur mon compte. S'il arrive quelque chose de fâcheux, je le prends
sur mon compte.
Fig., Tenir compte à quelqu'un d'une chose, Lui en savoir gré.
Je lui tiens compte de sa bonne volonté. Dieu nous tiendra compte des
moindres actes de charité. On dit aussi, familièrement, Mettre,
faire entrer en ligne de compte.
Fig., Faire compte, tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, L'estimer,
l'avoir en quelque considération. Il n'en fait pas grand compte. Il
n'en tient pas grand compte. Il en fait peu de compte. Il ne fait, il ne tient
aucun compte de ce qu'on lui dit.
Cette femme ne tient pas compte d'elle, Elle néglige sa figure,
son ajustement. On le dit aussi D'une femme qui a peu de soin de sa réputation.
Fig., Au bout du compte. Locution familière, dont on se sert en
terminant un discours, un raisonnement, et qui signifie, Tout considéré,
après tout. Au bout du compte, que m'en peut-il arriver? Au bout du
compte, il n'est rien tel que de faire son devoir.
COMPTE, se dit aussi, figurément, de L'action de rapporter ce
qu'on a fait, ce qu'on a vu, etc., et d'en rendre raison, de l'expliquer. Dans
ce sens, il s'emploie ordinairement avec les verbes Rendre, devoir, demander.
Je vous rendrai compte de cette affaire. Prenez garde à telle chose, car
c'est vous qui m'en rendrez compte. Rendre compte de ses actions, de sa conduite,
de son administration. Nous devons compte à Dieu de toutes nos actions.
On nous demandera compte de nos actions. Le compte que Dieu doit nous demander
au jour du jugement. Je ne vous dois aucun compte de mes actions. Je n'ai point
de compte à vous rendre. Il ne doit compte à personne de son administration.
On vint rendre compte au général que les ennemis paraissaient. Il
leur rendit un compte fidèle de l'état des choses. Vous lui devez
un compte exact de tout ce que vous avez vu. Rendre compte d'une séance
de la chambre des députés. Rendre compte d'un ouvrage dans un journal.
Se rendre compte de quelque chose, Se l'expliquer, s'en rendre raison.
J'éprouvais un sentiment dont j'avais peine à me rendre compte.
Rendre bon compte de sa conduite, Faire connaître qu'on a tenu
une conduite à laquelle il n'y a rien à reprendre. Je rendrai
bon compte de votre conduite, Je ferai connaître exactement la conduite
que vous avez tenue.
Fam. et par menace, Vous me rendrez bon compte d'une telle conduite,
Je saurai bien vous en faire repentir.
Compte rendu, Exposé ou récit de certains faits particuliers.
Compte rendu de l'état des finances, de la statistique criminelle. Compte
rendu des séances d'une assemblée législative. Etc.
COMPTE-PAS .s.m.
Voyez ODOMÈTRE.
COMPTER . v. a.
Nombrer, calculer. Compter de l'argent. Comptez combien il y a de personnes
là. Compter l'heure. Compter les heures. Compter les voix. Compter les
suffrages. Compter des soldats. Je les ai comptés un à un. Compter
jusqu'à vingt, jusqu'à cent. Compter sur ses doigts, par ses doigts.
Compter les mois par les révolutions lunaires. L'hégire est l'époque
d'où les mahométans comptent leurs années.
Fig., Compter les jours, les heures, les moments, etc., se dit quelquefois
Pour exprimer qu'on trouve les jours très-longs, etc. Je compte les
moments passés loin de toi.
Compter une somme à quelqu'un, La lui payer. On lui compta
mille francs. Plusieurs sommes lui ont été comptées.
Compter une chose à quelqu'un, Lui en tenir compte. Dieu nous
comptera un verre d'eau et un soupir donnés en son nom.
Fig. et fam., Compter les morceaux de quelqu'un, Tenir compte de ce qu'il
mange; et, par extension, Tenir compte de ce qu'il dépense, pour quelque
chose que ce soit.
Fig. et fam., Compter les morceaux à quelqu'un, Ne lui donner
que le juste nécessaire.
Fig. et fam., Compter ses pas, Marcher lentement. Compter tous les
pas de quelqu'un, L'observer de fort près, le surveiller attentivement.
Compter tant d'années de service, d'exercice, etc., Avoir servi,
avoir été dans un emploi pendant tant d'années. Il comptait
dix années de service. Ce prince comptait déjà vingt années
de règne. On dit de même, en parlant Des monuments, des institutions,
des peuples, etc., Compter tant d'années, de siècles, etc., d'existence.
Absol. et poétiq., Compter tant d'années, de printemps, d'hivers,
etc., Être âgé de tant d'années. Elle comptait
à peine seize printemps. Il comptait déjà soixante hivers.
À compter de, À partir, à dater de. À
compter de demain, le prix des places sera augmenté.
COMPTER, signifie quelquefois figurément, dans le style élevé,
Marquer, signaler; et alors il est toujours suivi de la préposition par.
Compter ses jours par des bienfaits. Toutes les années de son règne
furent comptées par des triomphes.
COMPTER, signifie aussi, Comprendre dans un compte, dans une énumération.
Nous étions douze, en comptant les femmes, sans compter les enfants.
Sans vous compter. En vous comptant. Vous avez oublié de compter un tel.
Je ne compte pas la perte qu'il a faite, on l'en a suffisamment dédommagé.
Sans compter tout ce qu'il a déjà reçu. Sans compter que
vous serez nourri et logé. S'emploie, dans ce sens, avec le pronom
personnel. Voyez combien nous sommes, et n'oubliez pas de vous compter.
Compter parmi ses aïeux, parmi ses ancêtres, etc., Avoir au
nombre de ses aïeux, de ses ancêtres, etc. Il compte des rois parmi
ses aïeux. Il compte des maréchaux de France et des connétables
parmi ses ancêtres. On dit de même, Compter une personne, une
chose parmi d'autres, en parlant D'une personne, d'une chose qui est ou que
l'on range parmi d'autres. On comptait parmi les coupables tels et tels. Cet
exploit doit être compté parmi les plus glorieux. Il comptait parmi
ses provinces tel et tel pays. On dit aussi quelquefois, Compter au nombre.
Je crois pouvoir vous compter au nombre de mes amis.
COMPTER, se prend quelquefois dans le sens passif d'Être compté.
Cela ne compte pas, ne peut pas compter, ne doit pas compter. Il a cessé
de compter parmi les vivants.
COMPTER, signifie aussi, Calculer, supputer, venir à compte; et
alors il s'emploie d'ordinaire absolument. Voyons ce que vous avez reçu,
ce que vous avez dépensé, il faut compter. J'ai compté avec
un tel, je ne lui dois rien. Compter la dépense. Ce n'est pas le tout que
de compter, il faut payer. Il ne veut ni compter ni payer. Il compta par-devant
un référendaire de la cour des comptes. Compter de clerc à
maître. Compter avec soi-même.
Il signifie également, Rendre compte; et alors il se met avec la préposition
de. J'ai compté de la dépense et de la recette. Il a touché
ces fonds, et en a compté à la cour des comptes.
Compter par tête, compter par pièce, se dit dans les hôtelleries
et les autres lieux où l'on donne à manger, et où la dépense
de bouche se compte selon le nombre des personnes qui ont mangé, ou selon
le nombre des pièces qu'on leur a fournies.
Prov. et fig., Qui compte sans son hôte, compte deux fois, On se
trompe ordinairement quand on compte sans celui qui a intérêt à
l'affaire, quand on espère ou qu'on promet une chose qui ne dépend
pas absolument de nous. On dit de même, Il a compté sans son hôte.
COMPTER, signifie aussi, Se proposer, croire. Il compte partir demain.
Comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir.
Compter sur quelqu'un, Faire fond sur lui, comme sur un homme dont on
est assuré. On dit dans le même sens, Compter sur quelque chose.
Compter sur ses forces, sur sa jeunesse, sur ses grands biens, sur son crédit,
sur son savoir. Il ne faut compter sur rien de ce qu'il promet. Ne comptez pas
sur ses promesses.
COMPTER, signifie encore, Réputer, estimer; et alors il se construit
avec la préposition pour. Il faut le compter pour mort. Il compte pour
rien tous les services qu'on lui rend. Il compte cela pour beaucoup. Il faut compter
ce général pour dix mille hommes. S'emploie de même avec
le pronom personnel. Pensez-vous qu'il se compte pour rien?
COMPTÉ, ÉE. participe, Nos jours sont comptés.
Marcher à pas comptés. Fam., Il a quatorze enfants bien comptés.
Prov. et fig., Brebis comptées, le loup les mange, Les précautions
ne garantissent pas toujours d'être trompé. Cette phrase signifie
aussi, L'excès de précaution est dangereux.
Prov., Tout compté, tout rabattu, ou Tout bien compté
et rabattu, Tout bien examiné.
COMPTOIR .s.m.
Se dit, chez les marchands, d'Une sorte de bureau ou de table longue et étroite
sur laquelle on étale la marchandise que l'acheteur demande, et où
il y a communément un tiroir fermant à clef, pour serrer l'argent.
Demoiselle de comptoir.
Se dit aussi, dans les maisons de Commerce et de Banque, Du lieu ou travaillent
les commis, où se font et se reçoivent les payements, etc. Le
comptoir d'un négociant. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Bureau.
Se dit également, au figuré, Du bureau général de
commerce d'une nation en pays étranger. Les Hollandais ont plusieurs
comptoirs dans les Indes. Plusieurs des nations de l'Europe ont des comptoirs
en Asie. Les comptoirs appartiennent aux nations, et les factoreries aux marchands.
COMPULSER . v. a.
.Pratique. Prendre communication des registres, des minutes d'un officier public,
en vertu de l'ordonnance du juge.
Il signifie aussi, en général, Examiner des papiers, des livres,
etc. Compulser des registres. Il compulsa tous les auteurs qui s'étaient
occupés de la matière.
COMPULSÉ, ÉE. participe
COMPULSOIRE .s.m.
.Pratique. Action de prendre communication des registres, des minutes d'un officier
public, en vertu de l'ordonnance du juge. Demande à fin de compulsoire.
Procès-verbal de compulsoire.
COMPUT .s.m.
.Chronologie. Il ne s'emploie qu'en parlant Des supputations de temps qui servent
à régler le calendrier ecclésiastique. Le comput ecclésiastique.
COMPUTISTE .s.m.
Celui qui travaille au comput, et à la composition du calendrier.
COMTAT .s.m.
Comté. Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Le comtat
Venaissin, ou simplement, Le Comtat, Territoire enclavé dans
la Provence, qui appartenait autrefois au pape.
COMTE .s.m.
Celui qui est revêtu d'une certaine dignité supérieure à
celle de baron. Comte de Toulouse, d'Artois, etc. Comte et pair. Comte du saint-empire.
Comte palatin. Les chanoines comtes de Lyon. On l'a fait comte. Couronne de comte.
Il prend la qualité de comte. Monsieur le comte de...
COMTÉ .s.m.
Titre d'une terre, en vertu duquel celui qui est seigneur de la terre porte la
qualité de comte. Il y avait autrefois un comté de Champagne,
un comté d'Artois, etc. Comté-pairie. Châlons était
comté-pairie. Cette terre fut érigée en comté. L'Angleterre
est divisée en comtés. Il est féminin dans cette dénomination,
La Franche-Comté.
COMTESSE . s. f.
La femme d'un comte, ou Celle qui par elle-même ou de son chef possède
un comté.
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