D.R. BELAIR - RTMKB

Con - Coq

       

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

CONCASSER . v. a.
• Briser et réduire en petites parties avec le marteau ou le pilon, quelque matière dure, comme le sucre, le poivre, etc. Concasser du poivre, de la cannelle.
• CONCASSÉ, ÉE. participe, Poivre concassé.

CONCAVE . adj. des deux genres
• Se dit, par opposition à Convexe, D'une surface creusée sphériquement. Surface concave. Verres concaves. Miroir concave. Le ciel nous semble concave. Les pétales de la fleur du tilleul sont concaves. On dit dans un sens analogue, Le côté concave d'une ligne courbe.
• Il est aussi substantif, au masculin. Le concave d'un globe. En ce sens, il est vieux.

CONCAVITÉ . s. f.
• Le côté concave, le creux, la cavité d'un corps. La concavité d'un globe. Concavité profonde. Les concavités du cerveau, du crâne. Les concavités d'une montagne, d'un rocher. Les concavités de la terre. On dit dans un sens analogue, La concavité d'une ligne courbe, Son côté concave.

CONCÉDER . v. a.
• Accorder, octroyer. Il ne se dit guère qu'en parlant De grâces, de droits, de priviléges, etc. Le roi avait concédé de grands priviléges à cette ville. Ce droit lui fut concédé par tel prince. Ce terrain lui a été concédé par l'autorité. On vous le concède. On vous le concédera.
• CONCÉDÉ, ÉE. participe

CONCENTRATION . s. f.
• .Physique. L'action de concentrer, ou L'état de ce qui est concentré. La concentration de la chaleur. La concentration des rayons solaires au foyer d'une lentille.
• S'emploie quelquefois figurément. La concentration du pouvoir dans les mains d'un seul.
• CONCENTRATION, en termes de Chimie, se dit d'Une opération par laquelle on rapproche sous un moindre volume les parties d'un corps qui étaient étendues dans un fluide.

CONCENTRER . v. a.
• .Physique. Réunir en un centre. Concentrer les rayons solaires.
• En Chimie, Concentrer un liquide, Le dépouiller des parties d'eau qui l'affaiblissent.
• CONCENTRER, s'emploie aussi figurément. Concentrer toutes ses affections sur quelqu'un, dans un seul objet. Concentrer dans ses mains toute l'autorité.
• Concentrer sa fureur, sa haine, etc., Contenir, dissimuler sa fureur, sa haine, etc.
• En termes de Guerre, Concentrer ses forces, Rassembler, réunir les divers corps de troupes sur un même point.
• CONCENTRER, s'emploie avec le pronom personnel, tant au propre qu'au figuré. Les rayons du soleil se concentrent dans le foyer d'un miroir ardent. Toutes mes idées se concentrèrent sur ce seul objet. Les divers corps de l'armée se concentrèrent sur tel point.
• CONCENTRÉ, ÉE. participe, Haine, fureur concentrée. Douleur concentrée. Chagrin concentré.
• En Médec., Pouls concentré, Pouls dont les battements se font peu sentir.
• En Chimie, Acide concentré, Acide très-fort.
• Être concentré, concentré en soi-même, toujours concentré, Ne point se communiquer, ne laisser rien apercevoir de ce qu'on a dans l'âme.

CONCENTRIQUE . adj. des deux genres
• T. didactique. Se dit Des cercles ou des courbes qui ont un même centre. Ces deux cercles sont concentriques.

CONCEPT .s.m.
• (On prononce le P dans ce mot et le suivant.) T. didactique. Idée, simple vue de l'esprit. Une abstraction n'est qu'un concept.

CONCEPTION . s. f.
• Action par laquelle un enfant est conçu dans le sein de sa mère. Au temps de la conception de l'enfant. Depuis la conception jusqu'à l'enfantement. La fête de la Conception de la sainte Vierge, ou simplement, de la Conception.
• Se dit également en parlant Des femelles des animaux.
• CONCEPTION, se dit figurément de La faculté de comprendre et de concevoir les choses. Il a la conception vive, facile, dure. Cet enfant n'a pas de conception.
• Se dit également Des pensées que l'esprit enfante, et, en général, de Ce que l'intelligence crée, produit. Rare conception. Belle conception. Grande, admirable conception. Conception hardie, originale. Voilà une plaisante conception. La conception de cet ouvrage annonce une grande force de tête. Cet ouvrage est une des plus belles conceptions de l'esprit humain.

CONCERNANT . participe présent
• du verbe Concerner, employé comme une sorte de préposition, dans le sens de Touchant, relativement à. Il se rapporte toujours à un substantif qui précède. J'ai à vous dire quelque chose concernant cette affaire-là. Une loi concernant telle chose.

CONCERNER . v. a.
• Regarder, appartenir, avoir rapport à. Cela concerne vos intérêts. Voilà pour ce qui vous concerne. Cela concerne sa charge. Il n'ignore rien de ce qui concerne son art. Cette affaire concerne le public. Et pour ce qui concerne telle chose, je dirai que...
• CONCERNÉ, ÉE. participe, Il ne s'emploie jamais passivement; mais, dans les temps composés de l'actif, il s'accorde en genre et en nombre avec le régime, quand ce régime est un pronom. Ainsi des femmes diront, Cette affaire nous aurait concernées, s'il n'était pas venu.

CONCERT .s.m.
• Harmonie formée par plusieurs voix ou par plusieurs instruments, ou par une réunion de voix et d'instruments. Beau, agréable concert. Grand concert. Concert d'amateurs. Concert spirituel. Donner un concert. Le programme d'un concert. La première, la seconde partie d'un concert. Le concert a commencé par tel morceau. Chanter dans un concert. Il y avait beaucoup de monde à ce concert. Il a concert chez lui toutes les semaines. Salle de concert.
• Se dit quelquefois, par extension, de Plusieurs sons ou bruits qui se font entendre à la fois. Le bruit des vents et celui des eaux formaient un sauvage concert qui flattait mon oreille. Un concert d'acclamations. Le concert, les concerts des oiseaux.
• Un concert de louanges, se dit De louanges données en même temps par plusieurs personnes.
• CONCERTS, au pluriel, signifie quelquefois, en poésie, Les vers, les chants d'un poëte. Prêtez l'oreille à mes concerts.
• CONCERT, signifie aussi, figurément, Accord, union de plusieurs personnes qui conspirent, qui tendent à une même fin. Concert d'opinions. Ils ne mirent pas assez de concert dans leurs opérations. Comme ils avaient agi sans aucun concert, toutes leurs entreprises avortèrent.
• DE CONCERT. loc. adv. D'intelligence. Ils étaient de concert ensemble. Agir de concert avec quelqu'un. Ils ont fait cela de concert.

CONCERTANT
, ANTE. s.
• Celui, celle qui chante ou joue sa partie dans un concert. Il y avait douze concertants.
• Adjectiv., en Musiq., Symphonie concertante, Celle dans laquelle deux ou trois instruments, ou même davantage, exécutent des parties principales avec de simples accompagnements. Duo concertant, Celui dans lequel un des deux instruments répète les passages que l'autre vient d'exécuter.

CONCERTER . v. a.
• Répéter ensemble une pièce de musique, pour la bien exécuter quand il en sera temps. C'est une pièce de musique qu'ils ont concertée ensemble.
• Il est aussi neutre, et signifie, Faire un concert. On concerte souvent chez un tel. Ils concertent ensemble. Ce sens et le précédent ont vieilli.
• CONCERTER, au figuré, signifie, Conférer ensemble pour préparer l'exécution d'un dessein, pour convenir des moyens de faire réussir une affaire, une intrigue. Concerter un dessein, une entreprise. Concerter l'exécution d'une affaire. Ils avaient bien concerté leurs mesures.
• S'emploie, en ce sens, avec le pronom personnel. Ils se concertèrent longtemps avant que d'en venir à l'exécution. Nous nous concerterons sur les moyens à prendre. Concertez-vous avec lui là-dessus.
• CONCERTÉ, ÉE. participe, Un dessein, un plan concerté. Une entreprise bien concertée. Des mesures bien concertées. Ils soutinrent tous la même opinion, alors on vit bien que c'était une affaire concertée.
• Il signifie aussi, Ajusté, composé, trop étudié, affecté. Cet homme-là est fort concerté. Elle est trop concertée dans ses manières, dans ses discours. Prendre, avoir un air concerté.

CONCERTO .s.m.
• .Musique, emprunté de l'italien. Pièce de symphonie faite pour être exécutée par tout un orchestre, et dans laquelle un instrument joue seul de temps en temps avec un simple accompagnement. Jouer un concerto. Exécuter un concerto.

CONCESSION . s. f.
• Le don et l'octroi qu'un souverain ou un seigneur fait de quelque privilége, de quelque droit, de quelque grâce, etc. Ce privilége est une concession de tel roi. Ils ont eu ce droit, etc., par la concession de tel prince, de tel seigneur.
• Se dit aussi Des terres que l'État donne aux particuliers dans une nouvelle colonie, à condition de les défricher et cultiver. On lui donna une concession dans l'île de Saint-Domingue.
• Il se prend quelquefois dans le sens plus général de Cession. On lui a fait la concession de ce terrain, à la charge par lui de... Cette compagnie a obtenu la concession des mines de tel lieu. Concession perpétuelle ou à perpétuité. Faire la concession d'une prise d'eau.
• Se dit aussi, figurément, de Ce que l'on accorde à quelqu'un dans une contestation, dans un débat. Faire des concessions à son adversaire. Obtenir de grandes concessions. N'être pas satisfait d'une concession. Exiger de nouvelles concessions. Cette loi fut une concession faite à l'esprit du temps.
• CONCESSION, se dit encore d'Une figure de rhétorique par laquelle on accorde à son adversaire ce qu'on pourrait lui disputer. On dit par concession: Je vous passe qu'il soit honnête homme; mais cela le rend-il plus habile?

CONCESSIONNAIRE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui a obtenu une concession.

CONCETTI .s.m. pl.
• Mot emprunté de l'italien. Se dit Des pensées brillantes et sans justesse. Ouvrage rempli de concetti.
• S'emploie abusivement au singulier. Cette pensée n'est qu'un concetti.

CONCEVABLE . adj. des deux genres
• Qui se peut concevoir, comprendre. Je ne sais comment cela se peut faire, cela n'est pas concevable. Cela est-il concevable? Cela est très-concevable. Ce qu'il dit est plus concevable que ce que vous dites.

CONCEVOIR . v. a.
• (On le conjugue comme Recevoir.) Il ne se dit proprement que D'une femme, et signifie, Devenir enceinte. La Vierge a conçu Notre-Seigneur par l'opération du Saint-Esprit. Le sein qui vous a conçu. S'emploie très-souvent sans régime. La sainte Vierge a conçu du Saint-Esprit. Dès l'instant qu'une femme a conçu. Une femme qui est hors d'âge de concevoir.
• Se dit également Des femelles des animaux, en parlant De l'espèce en général. Les brebis, les juments, etc., conçoivent plus ordinairement au printemps qu'en automne.
• Se dit figurément De l'opération par laquelle l'esprit crée, invente, imagine. Concevoir une idée, un projet, une entreprise, un plan. Cet ouvrage lui a donné plus de peine à exécuter qu'à concevoir.
• Se dit de même en parlant Des passions, des sentiments, des mouvements de l'âme. Concevoir de l'espérance, des espérances. Concevoir de l'horreur, du dépit, de la haine, de l'aversion. Concevoir des désirs, des soupçons. Concevoir de l'amour, de l'estime, de l'amitié, de l'inimitié, du mépris pour quelqu'un. Concevoir de la jalousie.
• CONCEVOIR, signifie en outre, Comprendre, entendre bien quelque chose, en avoir une juste idée. Je conçois bien ce que vous me dites. Je ne conçois rien à cela. C'est une chose que l'on peut concevoir. Je conçois qu'il n'ait pas été satisfait de votre conduite. Je ne conçois pas qu'un homme sage puisse s'oublier à ce point. Je ne conçois pas comment il s'est pu tirer d'une si mauvaise affaire. Concevez-vous un pareil procédé? Dans ce sens, on le dit quelquefois absolument. Il a l'esprit vif, il conçoit facilement. Je conçois.
• CONCEVOIR, signifie aussi, Exprimer en certains termes. Il fallait concevoir cette clause, cette condition en termes plus précis. Dans ce sens, son plus grand usage est au participe.
• CONÇU, UE. participe, Ouvrage bien conçu. Cet article était conçu en termes obscurs. Cela est conçu en termes formels. Cette phrase est mal conçue. Son discours était conçu en ces termes. La clause est ainsi conçue.

CONCHOÏDE . s. f.
• (On prononce Conkoïde.) .Géom. Espèce particulière de ligne courbe.

CONCHYLIOLOGIE . s. f.
• (On prononce Conkiliologie.) Partie de l'histoire naturelle qui traite des coquillages de mer, d'eau douce et de terre.

CONCHYLIOLOGISTE .s.m.
• (On prononce Conkiliologiste.) Celui qui s'occupe de conchyliologie, qui est savant en conchyliologie.

CONCHYTE . s. f.
• (On prononce Conkite.) Pierre qui ressemble à une coquille.

CONCIERGE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui a la garde d'un hôtel, d'une maison, d'un château, d'un palais, ou d'une prison. Le concierge, la concierge du château de... Le concierge de la maison de monsieur un tel. Le concierge d'une prison. Parlez au concierge.

CONCIERGERIE . s. f.
• La charge et commission de garder un château, un palais, une maison, un hôtel. Il a la conciergerie, on lui a donné la conciergerie de tel château, de telle maison, etc.
• Il signifie aussi, La demeure et le logement d'un concierge. La conciergerie de Fontainebleau.
• Se dit également, en quelques endroits, de Certaines prisons qui étaient autrefois celles où les parlements tenaient leurs prisonniers. Il fut mené à la Conciergerie. La Conciergerie de Paris.

CONCILE .s.m.
• Assemblée légitimement convoquée de plusieurs évêques de l'Église catholique, pour délibérer et décider sur des questions de doctrine et de discipline. Concile libre. Concile célèbre. Le saint concile. Le sacré concile. Les quatre premiers conciles. Les conciles de l'Église orientale, ou de l'Église grecque. Les conciles de l'Église occidentale, ou de l'Église latine. Les conciles de l'Église gallicane; etc. Convoquer, assembler un concile, le concile. Tenir, célébrer un concile. Indiquer, commencer, ouvrir un concile. Continuer, transférer le concile. Finir, clore le concile. Congédier, dissoudre, rompre le concile. Fermer un concile. L'indication, la publication, l'ouverture, la translation d'un concile. Les sessions d'un concile. Les canons, les décrets, les décisions, les actes du concile. L'Église assemblée en concile. Le président, le secrétaire du concile, etc. Il avait voix, il avait séance au concile. Cela fut proposé, agité et résolu au concile. Le concile ordonna, décerna... Le concile prononça anathème. Citer quelqu'un au concile. En appeler au futur concile. En plein concile.
• Concile oecuménique ou général, Assemblée des évêques de tous les États et royaumes de la chrétienté.
• Concile national, Assemblée des évêques de toutes les métropoles d'une nation.
• Concile provincial, Assemblée des évêques d'une métropole.
• CONCILE, se prend quelquefois pour Les décrets et les canons faits dans un concile. Le concile de Trente n'est pas reçu en France pour les choses de pure discipline. Recueil des conciles. Collection des conciles.

CONCILIABLE . adj. des deux genres
• Se dit Des choses qui peuvent se concilier. Ces qualités ne sont pas conciliables. Ce sentiment n'est pas conciliable avec tel autre. Ces deux passages me semblent très-conciliables.

CONCILIABULE .s.m.
• Assemblée de prélats hérétiques, schismatiques, ou illégitimement convoqués. Ce n'etait pas un concile, c'était un conciliabule.
• Se dit, par extension, d'Une réunion secrète de gens qui ont ou à qui l'on suppose de mauvais desseins. Il se trouva à ce conciliabule. Ils tinrent plusieurs conciliabules.

CONCILIANT
, ANTE. adj.
• Qui est disposé, qui est propre à concilier les esprits, les gens d'intérêts opposés. C'est un homme fort conciliant. Esprit, caractère conciliant. Des mesures conciliantes.

CONCILIATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui concilie, ou qui s'efforce de concilier, de mettre d'accord des personnes divisées d'intérêt ou d'opinion. Sage conciliateur. Saint Louis était le conciliateur des princes chrétiens, était conciliateur entre les princes chrétiens. Faire office de conciliateur entre des personnes qui sont mal ensemble. S'interposer comme conciliateur entre les partis.
• En Jurispr., Conciliateur des antinomies, Jurisconsulte qui a travaillé pour accorder ensemble les lois qui paraissent contraires les unes aux autres. Pacius est un des grands conciliateurs des antinomies.
• CONCILIATEUR, s'emploie quelquefois adjectivement. Esprit conciliateur.

CONCILIATION . s. f.
• Action de concilier, rapprochement de personnes qui étaient divisées. Travailler à la conciliation des esprits. Il a un esprit de conciliation. Il eut recours aux voies de conciliation.
• Se dit particulièrement en parlant De ceux qui comparaissent devant un juge de paix, pour essayer de se concilier, avant de commencer un procès. Essai de conciliation. Le préliminaire de la conciliation. Appeler, citer en conciliation. Tenter la voie de la conciliation. Procès-verbal de non-conciliation.
• CONCILIATION, se dit aussi de L'action de faire concorder des textes ou des lois qui paraissent en opposition. La conciliation des passages d'un auteur. La conciliation des lois entre elles.

CONCILIER . v. a.
• Accorder ensemble des personnes divisées d'opinion, d'intérêt, ou des choses qui sont ou qui semblent être contraires. Le juge de paix s'est vainement efforcé de concilier les parties. Concilier les partis. Concilier les esprits. Concilier les volontés. Concilier les coeurs. Concilier les nations ennemies. Concilier les opinions, les témoignages. Chercher à tout concilier. Cet écrivain sait toujours concilier la grandeur des images avec la simplicité de l'expression. Concilier des auteurs. Concilier des lois. Concilier deux passages. Concilier un auteur avec un autre. Les jurisconsultes sont bien embarrassés pour concilier les antinomies. Concilier les Écritures.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Il faudrait tâcher de se concilier. Ces gens-là ne pourront jamais se concilier. Leurs goûts ne se concilient pas ensemble. Votre système ne peut se concilier avec les principes établis.
• CONCILIER, signifie encore, Attirer, acquérir, et ne se dit qu'en parlant De la disposition favorable des esprits. Il lui concilia la faveur, les bonnes grâces du prince. Sa douceur lui a concilié la bienveillance de tous. Cela lui a concilié la bienveillance du public. S'emploie très-souvent, dans ce sens, avec le pronom personnel complément indirect. Se concilier les esprits. Se concilier les bonnes grâces de quelqu'un. Se concilier l'amitié des honnêtes gens. Se concilier l'attention des auditeurs.
• CONCILIÉ, ÉE. participe

CONCIS
, ISE. adj.
• Qui est court, resserré, qui fait entendre beaucoup de choses en peu de mots. Il ne se dit qu'en parlant Du style. Un style concis. Écrire en style concis, d'un style concis. Il est concis dans ses discours. Périodes concises. Phrase concise. Écrivain, auteur concis.

CONCISION . s. f.
• Qualité de ce qui est concis. La concision du style. Tacite et Montesquieu sont des modèles de concision.

CONCITOYEN
, ENNE. s.
• Citoyen de la même ville, du même État qu'un autre. Être concitoyen de quelqu'un. C'est mon concitoyen. Vos concitoyens. Nous sommes concitoyens.

CONCLAVE .s.m.
• Le lieu où s'assemblent les cardinaux pour l'élection d'un pape. Dès que les cardinaux furent entrés dans le conclave, Les cardinaux s'enfermèrent dans le conclave tel jour. Gouverneur, maréchal du conclave.
• Prov., Qui entre pape au conclave, en sort cardinal, Le cardinal qui paraît d'abord le plus papable, est rarement élu pape.
• CONCLAVE, se prend aussi pour L'assemblée des cardinaux qui s'occupent de l'élection d'un pape. Ce conclave dura long-temps. Il y eut bien des brigues dans le conclave. La relation du dernier conclave. Telle faction a prévalu dans le conclave.
• Le conclave de tel pape, Le conclave où tel pape a été élu. Le conclave de Benoît XIV.

CONCLAVISTE .s.m.
• Ecclésiastique qui s'enferme dans le conclave avec un cardinal. Les conclavistes ont certains priviléges en cour de Rome.

CONCLUANT
, ANTE. adj.
• Qui conclut, qui prouve bien ce qu'on veut prouver. Raison concluante. Argument concluant. Preuve concluante. Passage concluant.

CONCLURE . v. a.
• (Je conclus, tu conclus, il conclut; nous concluons, vous concluez, ils concluent. Je concluais. Je conclus. J'ai conclu. Je conclurai. Je conclurais. Qu'il conclue. Que je conclusse, qu'il conclût.) Achever, arrêter définitivement. Conclure une affaire. Conclure un traité. Il a conclu le marché. Conclure la paix. Conclure une alliance. Les arrangements qui ont été conclus entre nous. La chose est conclue.
• Il signifie quelquefois simplement, Terminer, en parlant D'un discours, d'un récit, etc. C'est ainsi qu'il a conclu son discours.
• S'emploie aussi quelquefois absolument, dans l'une et l'autre acception. C'est assez délibérer, il faut conclure. Il a conclu en disant... Cet orateur ne conclut jamais. Concluons: je suis d'avis que...
• Conclure un mariage, Convenir d'un mariage, en arrêter les conditions.
• CONCLURE, signifie encore, Tirer une conséquence, et inférer une chose d'une autre. Il conclut de là que... On peut conclure de cette proposition que... Qu'en voulez-vous conclure? Je n'en conclus rien autre chose, sinon que... Ce fait établi, j'en conclus la nécessite de... Conclure du particulier au général.
• Cela ne conclut rien, Cela ne prouve rien. Ces pièces ne concluent rien. Ce fait ne conclut rien en faveur de son système. Cela conclut-il quelque chose? On dit aussi absolument, Cela conclut, ne conclut pas.
• Cet argument conclut, conclut bien, Il est en bonne forme, la conclusion suit nécessairement des propositions précédentes.
• CONCLURE, en termes de Procédure civile et de Procédure criminelle, signifie absolument, Proposer les fins de sa demande, après avoir déduit le fait et les raisons. L'avocat conclut à ce que... Le procureur général a conclu à la peine de mort, à la mort. Avocat, concluez. Cet avocat plaide longuement, et ne sait pas conclure.
• CONCLURE, se dit également pour Juger, donner son avis. Plusieurs des juges ont conclu à la peine de mort.
• CONCLU, UE. participe

CONCLUSIF
, IVE. adj.
• .Gram. Qui marque induction, conclusion. Donc est une conjonction conclusive.

CONCLUSION . s. f.
• La fin d'une affaire, d'une délibération, etc. La conclusion d'un traité, d'une affaire. La conclusion d'un mariage. Il faut en venir à la conclusion. La conclusion fut que l'on marcherait incontinent vers l'ennemi. Nous touchons au moment de la conclusion, à la conclusion.
• Se dit également de Ce qui termine un discours, un récit, etc. La conclusion de son discours fit beaucoup d'impression sur l'auditoire. La conclusion d'un roman.
• Fam., Cet homme est ennemi de la conclusion, Il est difficile de finir une affaire avec lui.
• CONCLUSION, signifie aussi, La conséquence que l'on tire de quelque raisonnement, et surtout d'un argument en forme. Cette conclusion est bonne. Sa conclusion ne vaut rien. Sa conclusion est nulle. Fausse conclusion. Conclusion juste. Déduire une conclusion.
• CONCLUSIONS, au pluriel, se dit, en termes de Pratique, de Ce que les parties demandent par des requêtes, soit écrites, soit verbales, ou par d'autres actes. On m'a donné tout ce que je demandais par mes conclusions. On lui a adjugé ses fins et conclusions. Prendre des conclusions à l'audience. Conclusions principales. Conclusions subsidiaires.
• Les conclusions du ministère public, Les avis et réquisitions du ministère public dans les affaires qui ne peuvent être jugées sans son intervention, telles que les causes criminelles, les causes des mineurs, etc. L'avocat général a pris ses conclusions. Le procureur général, le procureur du roi a donné ses conclusions. Ses conclusions ont été suivies. Conclusions favorables.
• CONCLUSION, signifie quelquefois adverbialement, dans le discours familier, Enfin, bref, etc. Conclusion, je n'en ferai rien.

CONCOCTION . s. f.
• .Médec. La digestion des aliments. On dit plus ordinairement, Coction.

CONCOMBRE .s.m.
• Plante potagère qui produit des fruits allongés, presque cylindriques, dont la chair est ferme et succulente. Graine de concombre. Semer, planter des concombres. Couche de concombres.
• Se dit plus ordinairement Du fruit de cette plante. Potage aux concombres. Salade de concombres. Les cornichons sont de petits concombres.

CONCOMITANCE . s. f.
• T. didactique. Coexistence, concours de deux ou de plusieurs choses. La concomitance de ces deux symptômes, dans une pareille maladie, est bien fâcheuse. La concomitance de ces phénomènes est très-remarquable. La concomitance des sons.
• S'emploie plus particulièrement, en Théologie, dans cette locution adverbiale, Par concomitance. Le sang de JÉSUS-CHRIST, dans l'eucharistie, est sous l'espèce du pain par concomitance. Le corps de JÉSUS-CHRIST est sous l'espèce du vin par concomitance.

CONCOMITANT
, ANTE. adj.
• T. didactique. Se dit D'une chose qui en accompagne une autre, considérée comme principale. Symptômes, signes concomitants. Sons concomitants.
• En Théologie, La grâce concomitante, Celle que Dieu nous donne pendant le cours de nos actions, pour les rendre méritoires.

CONCORDANCE . s. f.
• Convenance, accord. La concordance des divers témoignages ne laisse plus de doute sur la vérité du fait.
• Se dit plus particulièrement en parlant Des auteurs canoniques. Il y a une merveilleuse concordance entre les évangélistes. La concordance des Écritures.
• Se dit aussi Des livres qui sont faits pour montrer la concordance des Écritures, des lois, des coutumes. La concordance des évangiles.
• La concordance de la Bible, Index alphabétique qui contient tous les mots de la Bible, et marque les endroits où ils sont. Chercher un passage, un mot dans la Concordance.
• CONCORDANCE, en Grammaire, est L'accord des mots les uns avec les autres, suivant les règles de la langue. La concordance du substantif et de l'adjectif. Ce mot est en concordance avec tel autre.

CONCORDANT .s.m.
• .Musique. Espèce de voix qui est entre la taille et la basse-taille, et qui peut chanter l'une et l'autre. Un beau concordant.

CONCORDAT .s.m.
• Transaction, accord, convention. Se dit en matières ecclésiastiques, et particulièrement de L'accord fait entre le pape et un souverain, concernant les affaires religieuses de l'État que ce souverain gouverne. Faire un concordat. Passer un concordat. Un concordat entre l'abbé et les religieux. Un concordat homologué en parlement. Le concordat passé entre Léon X et François Ier. Le concordat de 1801.
• Concordat germanique, Le concordat qui fut fait entre la cour de Rome et l'Empire, sous le règne de l'empereur Frédéric III.
• CONCORDAT, se dit, en termes de Commerce, de L'acte d'accommodement, d'atermoiement passé entre un failli et ses créanciers. Consentir, s'opposer à un concordat. L'homologation d'un concordat.

CONCORDE . s. f.
• Union de coeurs et de volontés, bonne intelligence entre des personnes. Entretenir la concorde. Maintenir la concorde. Rétablir la concorde. Les liens de la concorde. Ils vivent dans une grande concorde, dans une parfaite concorde. Cela pourrait altérer la concorde qui règne entre eux.

CONCORDER . v. n.
• Vivre en bonne intelligence. Ces deux hommes ne pourront jamais concorder.
• S'emploie plus ordinairement au figuré, en parlant Des choses qui ont entre elles du rapport, de la convenance. Leurs témoignages ne concordent guère. Cela ne concorde pas avec ce que vous aviez dit. Faire concorder une chose avec une autre. Faire concorder deux articles d'une loi.

CONCOURIR . v. n.
• (Il se conjugue comme Courir.) Coopérer, produire un effet conjointement avec quelque cause, quelque agent. Se dit Des personnes et des choses. Vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire. Il concourut à le perdre. Tous les princes d'Allemagne concouraient à cette élection. Il n'a concouru à cela ni directement ni indirectement. Concourir au bien public. Plusieurs causes durent concourir à produire cette révolution. Tout semblait concourir à son bonheur, à son élévation, à sa perte, etc. Concourir à une même fin.
• CONCOURIR, en termes de Physique et de Géométrie, Se rencontrer. Deux lignes qui concourent en un point.
• CONCOURIR, signifie aussi, figurément, Entrer ou être en concurrence pour obtenir un prix, un emploi, un titre, etc., promis au plus capable, au plus digne. Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, etc. Être admis à concourir. Nous concourûmes la même année. Il a concouru avec un tel pour... Concourir pour une chaire de droit, de médecine, etc. On le dit quelquefois Des ouvrages mêmes faits par les concurrents. Les ouvrages envoyés après telle époque ne pourront concourir.

CONCOURS .s.m.
• Action de concourir, de coopérer. L'humidité ne favorise la végétation que par le concours de la chaleur. Le concours de Dieu avec les créatures. Son concours m'a été fort utile. Le concours du roi et des deux chambres est nécessaire à la confection des lois. Cette mesure exige le concours de l'autorité civile et de l'autorité militaire.
• CONCOURS, se prend aussi pour Réunion, rencontre. Selon le système d'Épicure, l'univers aurait été formé par le concours fortuit des atomes. Le concours des voyelles produit les hiatus. Un concours de circonstances favorables. Le concours d'événements si extraordinaires ne peut aisément s'expliquer.
• Il signifie, dans une acception particulière, Affluence de monde en quelque endroit. Grand concours de peuple. Grand concours de monde. Un immense concours de spectateurs.
• Se dit également en parlant De plusieurs personnes qui disputent de talent, de mérite, etc., pour un prix, une place, etc. Ouvrir un concours. Mettre au concours une chaire de droit, de médecine, etc. Se présenter au concours. Être admis au concours. Concours de peinture, de sculpture, etc. Le concours annuel des élèves de l'université. Il obtint le prix d'honneur au concours de telle année. Les compositions du concours. Le programme du concours ouvert par une académie. Les ouvrages envoyés, présentés au concours. Le concours restera ouvert jusqu'à telle époque, sera fermé à telle époque. On dit dans un sens analogue, Mettre au concours l'exécution d'un monument, d'une statue, d'un tableau, etc.

CONCRET
, ÈTE. adj.
• .Logique. S'emploie principalement dans cette locution, Terme concret, Terme qui désigne une quantité considérée dans un sujet; par opposition à Terme abstrait, qui se dit d'Un terme désignant une qualité considérée toute seule, et séparée du sujet. Pieux, savant, rond, unis à des substantifs, comme dans Femme pieuse, homme savant, chapeau rond, sont des termes concrets; et, Piété, science, rondeur, sont des termes abstraits. On dit aussi substantivement, L'abstrait et le concret.
• En Arithm., Nombre concret, se dit, par opposition à Nombre abstrait, d'Un nombre qu'on exprime en indiquant l'espèce de ses unités. Dix hommes, cent chevaux, trente livres, sont des nombres concrets; et, Dix, cent, trente, sont des nombres abstraits.
• CONCRET, en termes de Chimie, se dit Des substances épaissies et solidifiées. Le camphre est une huile concrète. L'acide benzoïque est un acide concret.

CONCRÉTION . s. f.
• T. didactique. Action de s'épaissir. La concrétion du lait, de l'huile.
• Il signifie plus ordinairement, La réunion de plusieurs parties en un corps solide. Concrétion saline. Concrétion pierreuse.
• Se dit quelquefois, en Chirurgie, de L'adhésion des parties qui naturellement doivent être séparées. Concrétion des doigts.

CONCUBINAGE .s.m.
• Commerce d'un homme et d'une femme qui ne sont point mariés, et qui vivent ensemble comme s'ils l'étaient. Concubinage public. Concubinage scandaleux.

CONCUBINAIRE .s.m.
• Celui qui entretient une concubine. C'est un concubinaire, un concubinaire public.

CONCUBINE . s. f.
• Celle qui, n'étant point mariée avec un homme, vit avec lui comme si elle était sa femme. Ce n'est pas sa femme, c'est sa concubine. Entretenir, avoir une concubine.

CONCUPISCENCE . s. f.
• Inclination aux plaisirs illicites et sensuels. La concupiscence de la chair. La concupiscence des yeux. Regarder avec des yeux de concupiscence.

CONCUPISCIBLE . adj. des deux genres
• .Philosophie scolastique. Il n'est guère usité que dans cette locution, Appétit concupiscible, Faculté par laquelle l'âme se porte vers ce qu'elle considère comme un bien; et on l'oppose à l'Appétit irascible. L'amour, la joie, etc., appartiennent à l'appétit concupiscible.

CONCURREMMENT . adv.
• (On prononce Concurrament.) Par concurrence. Ils briguaient concurremment cette charge.
• Il signifie aussi, Conjointement, ensemble. Il faut que vous agissiez concurremment avec cet homme-là. Nous pouvons agir concurremment.
• En termes de Pratique, Ces créanciers viennent en ordre concurremment, Ils sont en même rang.

CONCURRENCE . s. f.
• Prétention de plusieurs personnes à la même chose. Ils briguaient le même emploi, et leur concurrence fit... Entrer en concurrence. Entrer en concurrence avec quelqu'un. Être, se trouver en concurrence.
• Il signifie particulièrement, en termes de Commerce, Rivalité qui s'établit entre les fabricants, les marchands, etc., soit relativement à la quantité de leurs produits, de leurs marchandises, etc., soit relativement au prix. Il y a concurrence, une grande concurrence. Redouter la concurrence. Soutenir la concurrence. La concurrence l'oblige à diminuer ses prix. La concurrence tourne au profit des consommateurs.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des entreprises, des marchandises, etc. Cette entreprise ne pourra point soutenir la concurrence avec telle autre. À cette foire, les produits de telle ville n'ont pu soutenir la concurrence avec ceux de telle autre ville.
• CONCURRENCE, se dit, en Jurisprudence, d'Une égalité de droit, de privilége, d'hypothèque entre plusieurs personnes, sur une même chose. Exercer une hypothèque en concurrence. Venir en concurrence.
• Jusqu'à concurrence, jusqu'à la concurrence de, Jusqu'à ce qu'une certaine somme soit remplie, soit entièrement acquittée. Il sera obligé de lui fournir en deniers, enterres ou en meubles, jusqu'à la concurrence, jusqu'à concurrence de ce qui lui est dû pour sa dot, pour sa part. On dit absolument, dans le même sens, Jusqu'à due concurrence.

CONCURRENT
, ENTE. s.
• Compétiteur, qui poursuit une même chose, et en même temps qu'un autre. Ils aspirent au même emploi, ils sont concurrents. Il a éloigné, écarté tous ses concurrents. Il ne peut souffrir de concurrents. Il y a plusieurs concurrents, une foule de concurrents pour cette place.

CONCUSSION . s. f.
• Se dit, en général, Des exactions et malversations qui ont lieu dans l'administration ou la manutention des deniers publics. Concussion manifeste. Il est accusé, il est convaincu de concussion. Il a commis, il a fait d'horribles, d'étranges concussions. Exercer des concussions. Le crime de concussion.

CONCUSSIONNAIRE .s.m.
• Celui qui fait des concussions. C'est un concussionnaire. Concussionnaire public. Adjectiv., Un ministre concussionnaire.

CONDAMNABLE . adj. des deux genres
• (On ne prononce pas l'M dans ce mot et dans les suivants.) Qui mérite d'être condamné. Action condamnable. Il est condamnable dans sa conduite. Opinion condamnable. Maxime condamnable.

CONDAMNATION . s. f.
• Jugement par lequel on condamne, ou par lequel on est condamné. Il y a eu condamnation contre lui. Prononcer condamnation. Il n'attend que sa condamnation. Condamnation à une peine infamante. Condamnation par défaut. Condamnation par corps.
• Passer condamnation, Consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. Subir condamnation, Acquiescer à un jugement dont on pourrait appeler.
• Subir sa condamnation, en Matière criminelle, Subir la peine à laquelle on a été condamné.
• Fig., Passer condamnation, Avouer qu'on a tort. Je passe condamnation.
• CONDAMNATION, s'emploie quelquefois au figuré. La conduite de ce ministre est la condamnation de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs.
• CONDAMNATIONS, au pluriel, se dit quelquefois Des choses mêmes auxquelles on est condamné, comme une somme d'argent, des dommages et intérêts. Payer le montant des condamnations. Acquitter le montant des condamnations.

CONDAMNER . v. a.
• Prononcer un jugement contre quelqu'un. Condamner un criminel. Condamner quelqu'un à mort, à la mort, aux travaux forcés, à la réclusion, au bannissement. Condamner aux dépens, à l'amende. Il fut condamné à lui payer telle somme. Être condamné par un tribunal.
• Se dit aussi figurément. Voilà des preuves qui vous condamnent. Les grands sont condamnés à tous les ennuis de l'étiquette. Condamner quelqu'un au silence. Condamner un ouvrage à l'oubli. Pour lire d'aussi mauvais ouvrages, il faut y être condamné. La nature semble avoir condamné ces tristes campagnes à une éternelle stérilité. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Se condamner à des travaux pénibles.
• Condamner un malade, Déclarer qu'il ne guérira point, que sa maladie est mortelle. C'est un homme perdu, il a été condamné par tous les médecins qui l'ont vu.
• Condamner une porte, une fenêtre, etc., Fermer une porte, une fenêtre, etc., de telle sorte qu'elle ne puisse plus s'ouvrir; en empêcher, en interdire l'usage.
• CONDAMNER, signifie aussi, Blâmer, désapprouver, rejeter. Il condamne tout ce que les autres font. Je condamne cette opinion. Cette façon de parler est condamnée par tous les gens de goût. Son livre fut condamné par la Sorbonne. Cette maxime est condamnée de tout homme sage. Il ne faut pas le condamner sans l'entendre. On l'emploie également, dans ce sens, avec le pronom personnel. Il se condamna lui-même en avouant ses torts. On dit aussi simplement, Se condamner, Reconnaître, avouer qu'on à tort. N'en dites pas davantage, je me condamne.
• CONDAMNÉ, ÉE. participe, Se dit substantivement, en Matière criminelle, de Celui contre lequel une peine afflictive ou infamante a été prononcée. Le condamné s'est pourvu en cassation. Un condamné à mort.

CONDENSATEUR .s.m.
• .Physique. Instrument disposé de manière que l'électricité s'y accumule et s'y condense beaucoup plus qu'elle ne le ferait, dans le même espace et sous la même pression de l'air extérieur, si elle était libre. Le condensateur électrique sert à rendre sensibles de très-petites quantités d'électricité.
• En Mécanique, Condensateur de forces, se dit de Tout appareil qui accumule les efforts successifs d'un moteur, pour les dépenser ensuite selon le besoin.

CONDENSATION . s. f.
• .Physique, qui se dit par opposition à Raréfaction, et qui signifie, L'action par laquelle un corps qui occupe actuellement un certain espace, est réduit à un espace moindre. La condensation de l'air s'opère par la pression.

CONDENSER . v. a.
• Resserrer dans un moindre espace. Le chaud raréfie les corps, le froid les condense. Il y a des instruments avec lesquels on condense l'air.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. L'air se condense aisément. L'eau ne saurait se condenser que sous l'effort d'une grande pression. Des vapeurs qui se condensent.
• CONDENSÉ, ÉE. participe

CONDESCENDANCE . s. f.
• Complaisance qui fait qu'on se rend aux sentiments, aux volontés de quelqu'un. Lâche, molle condescendance. Sage condescendance. Il faut de la condescendance dans le commerce du monde. Vous avez trop de condescendance pour lui. J'ai fait cela par condescendance pour elle.

CONDESCENDANT
, ANTE. adj.
• Qui condescend aux volontés de quelqu'un. Caractère condescendant. Il est peu usité.

CONDESCENDRE . v. n.
• Se rendre, céder complaisamment aux sentiments, à la volonté de quelqu'un. Je ne puis condescendre à ce que vous souhaitez de moi. C'est une chose à laquelle il ne condescendra jamais. Il a condescendu à tout ce qu'on a voulu de lui.
• Condescendre aux faiblesses, aux besoins de quelqu'un, Accorder quelque chose à ses faiblesses, à ses besoins. Une mère tendre condescend quelquefois aux fantaisies de ses enfants. On dit dans un sens analogue, Condescendre aux goûts, aux désirs, etc., de quelqu'un.

CONDIMENT .s.m.
• Vieux mot qui signifie, Assaisonnement, et qui est encore assez usité en termes d'Hygiène. Le poivre, le sel, l'ail, etc., sont des condiments.

CONDISCIPLE .s.m.
• Compagnon d'étude, celui avec qui on étudie dans la même école, dans la même classe. Il a été mon condisciple. Nous étions condisciples, votre père et moi.

CONDITION . s. f.
• La nature, l'état et la qualité d'une chose ou d'une personne. La condition des choses humaines est d'être périssables. La condition des princes les oblige à plus de devoirs que les autres hommes. La condition de cet homme est bien malheureuse. La condition humaine. Les misères de notre condition. Améliorer sa condition.
• Se dit quelquefois Des qualités d'un objet par rapport à sa destination. Cet ouvrage n'a pas les conditions requises, exigées, demandées.
• CONDITION, signifie aussi, L'état d'une personne considérée par rapport à sa naissance; et, en ce sens, on l'emploie ordinairement avec la préposition de. Être de grande condition, de condition relevée, de médiocre condition, d'honnête condition, de basse condition, de condition servile. Il fait trop de dépense pour sa condition. Cela est au-dessus de sa condition. Il est de condition à pouvoir aspirer à cette charge. L'inégalité des conditions. La mort égale toutes les conditions.
• Absol., Personne de condition, De naissance. Il est homme de condition. Il sent bien son homme de condition.
• CONDITION, signifie encore, La profession, l'état dont on est. Chacun doit vivre selon sa condition. Toutes les conditions ont leurs désagréments.
• Il se prend aussi pour Domesticité; et, en ce sens, on le dit souvent absolument. Bonne condition. Mauvaise condition. Il est dans une bonne condition. Il est en condition. Il cherche condition. Je lui ai trouvé condition. Entrer en condition. Il a changé de condition. Ce domestique est hors de condition.
• CONDITION, signifie en outre, Le parti avantageux ou désavantageux que l'on fait à quelqu'un dans une affaire. Bonne condition. Condition avantageuse. Je vous ferai votre condition si bonne, que... Dans cette affaire, votre condition est la meilleure, la mienne est la pire. Il est en meilleure, en pire condition.
• N'être pas de pire condition qu'un autre, Être en droit de prétendre les mêmes choses que lui, d'être traité aussi favorablement que lui.
• CONDITION, se dit encore Des clauses, charges, obligations, moyennant lesquelles on fait quelque chose. Condition avantageuse. Condition onéreuse. Condition nécessaire. Condition impossible. Condition tacite. Condition expresse. Condition résolutoire; etc. Accorder des conditions. Accepter des conditions. Obtenir des conditions. Les conditions d'un marché, d'un engagement. Cahier des charges, clauses et conditions auxquelles aura lieu la vente de... Les conditions d'une capitulation. Il voulait les obliger à se rendre sans condition. Ils se sont rendus à des conditions honorables, à des conditions raisonnables. Vous lui imposez une condition bien dure. C'est une condition sans laquelle l'acte n'aurait pas été fait. Les conditions de leur traité sont... Les conditions du programme d'un concours. Satisfaire aux conditions imposées. Il y avait cette condition. Cette condition était portée dans le contrat, dans le testament, dans la capitulation. Apposer une condition à un contrat, à un marché. Je ferai ce que vous demandez, mais à une condition, c'est que, etc. Je vous ai accordé cela à telle condition. Faire ses conditions avant d'accorder une chose.
• Vendre une chose sous condition, la donner sous condition, La garantir, s'engager à la reprendre, si elle n'est pas de la qualité qu'il faut.
• Baptiser sous condition, se dit De la manière d'administrer le baptême à un enfant, lorsqu'on doute s'il a été baptisé, s'il est vivant, ou lorsque sa conformation est tellement monstrueuse, qu'on ne sait pas s'il est homme.
• Fig. et fam., Il a été baptisé sous condition, se dit, par plaisanterie, D'un homme extrêmement laid, ou dépourvu d'esprit.
• Condition sine quâ non. Formule latine qui s'emploie en parlant d'Une condition sans laquelle rien ne se fera, ou ne sera considéré comme ayant été fait. C'est la condition sine quâ non.
• À CONDITION QUE. loc. conjonctive, Pourvu que. Je ferai ce voyage, à condition que vous viendrez avec moi.

CONDITIONNEL
, ELLE. adj.
• Soumis à certaines conditions, subordonné à quelque événement incertain. Cette promesse n'est pas pure et simple, elle est conditionnelle. Notre traité, notre contrat est conditionnel. Clause conditionnelle.
• CONDITIONNEL, en Grammaire et en Logique, signifie, Qui marque ou exprime une condition. Proposition conditionnelle. Conjonction conditionnelle. Mode conditionnel.
• Se dit substantivement, et dans un sens particulier, Du mode des verbes qui exprime ordinairement l'affirmation avec l'idée accessoire d'une condition, comme: Je sortirais, si... nous serions venus, si... --- Le conditionnel présent se forme du futur en ajoutant une s. Conditionnel passé. Verbe au conditionnel.

CONDITIONNELLEMENT . adv.
• A certaines conditions, à la charge de. Je ne vous ai promis cela, je ne me suis obligé à cela que conditionnellement. Il fut institué héritier conditionnellement.

CONDITIONNER . v. a.
• Donner à une chose les qualités requises. S'emploie surtout dans le Commerce et dans les Arts mécaniques. Bien conditionner une étoffe.
• CONDITIONNÉ, ÉE. participe, Marchandises bien conditionnées, mal conditionnées. Des draps bien conditionnés. Livres bien conditionnés.
• Fig. et fam., Il est bien conditionné, se dit D'un homme tout à fait ivre.
• Fig. et fam., C'est une sottise, une étourderie, etc., bien conditionnée, C'est une grosse sottise, une grande étourderie, etc.

CONDOLÉANCE . s. f.
• Il n'est guère usité que dans ces locutions, Compliment de condoléance, lettre de condoléance, Compliment qui se fait, lettre qui s'écrit pour témoigner la part qu'on prend à la douleur de quelqu'un. Nous avons été lui faire nos compliments de condoléance. Tous ses amis lui ont écrit des lettres de condoléance sur la mort de son fils.

CONDOR .s.m.
• T. d'Hist. nat. Oiseau du Pérou, le plus grand que l'on connaisse: il a jusqu'à vingt-cinq pieds d'envergure.

CONDOULOIR
(SE). v. pron.
• Participer à la douleur de quelqu'un, témoigner qu'on prend part à son déplaisir. Se condouloir avec quelqu'un. Il ne s'emploie qu'à l'infinitif, et il est vieux.

CONDUCTEUR
, TRIGE. s.
• Celui, celle qui conduit. Moïse était le conducteur du peuple de Dieu. Conducteur de la jeunesse. Conducteur du troupeau. Le conducteur d'une barque. Le conducteur d'une diligence. C'est la conductrice de toutes ces jeunes filles.
• Se dit, en Physique, Des divers corps de la nature, en tant qu'ils sont plus ou moins propres à transmettre le calorique ou le fluide électrique. On distingue les corps en bons et mauvais conducteurs du calorique, de l'électricité. Les métaux sont de bons conducteurs.
• Se dit quelquefois adjectivement, dans l'un et dans l'autre sens. Un fil conducteur. Les substances conductrices de l'électricité.
• En termes d'Impr., Points conducteurs. Voyez POINT.
• CONDUCTEUR, se dit aussi de La pièce de cuivre, ordinairement cylindrique et isolée, qui, dans la machine électrique, attire et retient le fluide.

CONDUCTION . s. f.
• .Droit romain. Action de prendre à loyer.

CONDUIRE . v. a.
• Mener, guider, faire aller. Se dit en parlant Des personnes. Conduire quelqu'un. Conduire un aveugle. Conduire des voyageurs. Il prit des guides qui le conduisirent. Conduisez monsieur à sa chambre. Je vais vous conduire auprès d'elle. Il se laissa conduire en prison. Conduire une armée par des défilés. Conduire les pas de quelqu'un, Le conduire.
• Se dit également en parlant Des animaux. Conduire des chevaux. Conduire des mulets. Conduire un troupeau.
• Se dit même en parlant Des choses inanimées. Conduire des vivres. Conduire du vin, des marchandises. Conduire une charrette, une voiture.
• Conduire l'eau, La faire aller d'un endroit à un autre par des rigoles, par des canaux.
• Conduire une ligne, La faire passer par différents points.
• Conduire la main de quelqu'un, à quelqu'un, Lui tenir la main pour lui faire mieux tracer des caractères, un dessin, etc. Conduire la main d'une personne qui écrit, d'un écolier qui apprend à écrire. Son maître d'écriture est encore obligé de lui conduire la main.
• CONDUIRE, s'emploie aussi figurément, tant au sens physique qu'au sens moral. Ses traces nous conduisirent jusqu'au lieu où il s'était caché. Ce chemin conduit à la ville. Quel dessein conduit ici vos pas? Quand il commit le crime, une aveugle fureur conduisait son bras. L'ouvrage fut conduit jusqu'au dixième volume, et en resta là. Une semblable doctrine doit conduire à l'athéisme. Savons-nous jusqu'où sa fureur peut le conduire? Cela me conduit à vous parler de telle chose. On ne conçoit pas ce qui a pu le conduire à une pareille démarche. Conduire à la gloire. Conduire un État à sa ruine.
• Poétiq., Conduire une femme à l'autel, L'épouser.
• Conduire quelque chose, un ouvrage à sa perfection, Le rendre accompli, y mettre la dernière main. On dit dans un sens analogue, Conduire une chose à sa fin, à son terme, etc.
• CONDUIRE, signifie encore, Avoir inspection sur un ouvrage, en avoir la direction. Se dit en parlant Des ouvrages matériels. Conduire une construction. Conduire un travail. Conduire une tranchée.
• Se dit également en parlant Des ouvrages d'esprit et des choses morales. Conduire un dessein, une entreprise, une intrigue. Il a bien conduit, mal conduit cette affaire. C'est lui qui a tout conduit.
• CONDUIRE, signifie aussi, Commander et servir de chef, régir, gouverner. Conduire une armée, une flotte, un vaisseau, une barque. Moïse conduisit le peuple d'Israël. Ce général sait bien conduire une armée. Conduire des troupes. Conduire l'avant-garde. Conduire des ouvriers. Ce père conduit bien sa famille. Conduire une maison. Conduire un orchestre. Conduire la diligence. Conduire une horloge. Il a bien conduit sa fortune. Conduire la conscience de quelqu'un. Conduire quelqu'un dans ses affaires. C'est un tel qui le conduit. Se laisser conduire par quelqu'un. Ce peuple-là est difficile à conduire.
• Se dit également, dans ce sens, De la raison et des passions personnifiées. La raison le conduit. Ses passions le conduisent. Il se laisse conduire par son intérêt.
• Prov. et fig., Conduire la barque, Conduire quelque entreprise, quelque affaire; et, Conduire bien sa barque, Conduire bien ses affaires.
• CONDUIRE, se met aussi avec le pronom personnel, et signifie alors, Se comporter, avoir telle ou telle conduite. Il se conduit bien. Il se conduit mal. Il s'est conduit vaillamment. Il sait bien se conduire. Cette femme s'est toujours bien conduite. Conduisez-vous bien.
• CONDUIRE, signifie encore, Accompagner quelqu'un par honneur, par civilité, par occasion, ou pour sûreté. Cet ambassadeur fut conduit à l'audience par tel prince, par un maréchal de France. J'ai affaire dans ce quartier, je vous y conduirai, je vous conduirai jusque-là. Il avait peur de ses ennemis, il se fit conduire. Se laisser conduire. Mes domestiques vous conduiront. Il est allé conduire une voiture d'argent. Conduire un convoi.
• CONDUIT, ITE. participe, Une pièce de théâtre, une intrigue bien conduite, Dont les incidents sont bien amenés.

CONDUIT .s.m.
• Tuyau, canal par lequel coule et passe quelque chose de liquide, de fluide, de l'eau, de l'air, etc. Conduit souterrain. Conduit de pierre ou de plomb. Le conduit d'une fontaine. Conduit d'eau. Faire un conduit. Faire passer par un conduit. Boucher un conduit. Ces eaux se déchargent par tel conduit. Les conduits par où la bile se décharge. Les conduits de l'urine. Le conduit auditif. Les conduits nourriciers. Il a les conduits bouchés, obstrués, les conduits resserrés. Ce médicament resserre, ouvre les conduits.

CONDUITE . s. f.
• Action de conduire, de mener, de guider. Être chargé de la conduite d'un aveugle, de la conduite d'un convoi. La conduite d'un troupeau.
• Être chargé de la conduite d'un ambassadeur, Être chargé de l'aller recevoir sur la frontière, ou de l'y reconduire, en lui faisant fournir sur la route les voitures et les vivres nécessaires.
• CONDUITE, se dit aussi de La direction d'un ouvrage, d'un projet, d'une affaire. Avoir la conduite d'un bâtiment, d'un travail, d'une tranchée. Avoir la conduite d'une horloge. Prendre la conduite d'une entreprise. Se charger de la conduite d'une affaire, d'un procès. Laissez-moi la conduite de cette affaire.
• La conduite d'un poëme épique, d'un poëme dramatique, La manière dont les événements, les incidents y sont disposés et amenés.
• CONDUITE, se dit encore Du commandement sur les peuples, et du gouvernement, soit politique, soit militaire, soit ecclésiastique. Être chargé de la conduite d'un grand État. Avoir une grande part à la conduite des affaires. Avoir la conduite d'une armée, d'un régiment. Les Juifs quittèrent l'Égypte sous la conduite de Moïse. Être chargé de la conduite d'un diocèse, d'une paroisse, de la conduite des âmes.
• Se dit aussi de L'inspection qu'on a sur les moeurs, sur les actions de quelqu'un. Être chargé de la conduite d'un jeune prince. Prendre la conduite d'un jeune homme, en abandonner la conduite à quelqu'un. Ce jeune homme est sous ma conduite.
• CONDUITE, se dit en outre de La manière d'agir, de la façon dont chacun se gouverne.
• Avoir une bonne conduite, une mauvaise conduite, une sage conduite. Conduite régulière. Conduite imprudente. Conduite équivoque. Conduite déplacée. Conduite déplorable. On ne comprend rien à sa conduite. Blâmer la conduite de quelqu'un. Justifier sa conduite. Calomnier la conduite de quelqu'un. On ne peut rien trouver à redire à sa conduite. Je suis satisfait de votre conduite. La conduite de cette femme a toujours été sage. C'est à vous à répondre de sa conduite. Sa conduite à votre égard ne mérite que des éloges. La conduite qu'il a tenue hier est sans excuse.
• Avoir de la conduite, Avoir une conduite sage et prudente; et, au contraire, N'avoir point de conduite, n'avoir aucune conduite, être sans conduite, manquer de conduite, Se conduire imprudemment en toutes choses.
• CONDUITE, en termes d'Hydraulique, Suite de tuyaux ou d'aqueducs qui portent d'un lieu à un autre les eaux d'une fontaine, d'un étang, d'une rivière, etc. Conduite de fer, de plomb, etc. Cette conduite a coûté beaucoup d'argent. Cette conduite est de deux cents mètres.

CONDYLE .s.m.
• T. d'Anatomie, qui se dit en général de Toutes les éminences des articulations. Les condyles du fémur. Les condyles de la mâchoire. Etc.

CONDYLOME .s.m.
• Excroissance de chair. Se dit particulièrement de Celles qui proviennent d'une maladie vénérienne.

CÔNE .s.m.
• .Math. La surface que décrit une ligne droite assujettie à passer toujours par un même point fixe, et obligée en outre de toucher toujours dans son mouvement une certaine courbe donnée, que l'on appelle directrice. Quand cette courbe est une circonférence de cercle, on dit que le cône est circulaire: c'est sa forme la plus commune dans les usages pratiques. Les pains de sucre sont faits en cône.
• Cône tronqué, Celui dont la partie supérieure a été coupée par un plan.
• Cône droit, Cône circulaire dont l'axe est perpendiculaire à la base. Cône oblique, Celui dont l'axe est oblique sur la base.
• En Optique, Cône de lumière, Faisceau de rayons lumineux qui partent d'un point quelconque en divergeant, et tombent sur une surface.
• En Astron., Cône d'ombre, L'ombre en forme de cône que projette une planète du côté où elle n'est pas éclairée par le soleil. Se dit principalement en parlant De la lune et de la terre. Il y a éclipse de soleil quand la terre passe dans le cône d'ombre formé par la lune.
• CÔNE, se dit aussi d'Un moule de fer fondu, de forme conique, dans lequel on verse les métaux en fusion, pour séparer la partie métallique des scories.
• CÔNE, en Botanique, se dit Du fruit des pins, des sapins, etc., lequel consiste en un assemblage ovoïde d'écailles ligneuses, appliquées les unes sur les autres, et fixées par leur base autour d'un axe commun. Il se nomme aussi Strobile. On appelle Conifères les arbres dont le fruit est un cône.
• CÔNE, en Conchyliologie, se dit d'Un genre de coquilles univalves, qui renferme un très-grand nombre d'espèces, remarquables par leur élégance et par l'éclat de leurs couleurs.

CONFABULATION . s. f.
• Entretien familier. Ils étaient en confabulation. Il est vieux et ne se dit que par plaisanterie.

CONFABULER . v. n.
• S'entretenir familièrement. Ils confabulaient ensemble. Il est vieux et ne se dit que par plaisanterie.

CONFECTION . s. f.
• Se dit, en général, de L'action par laquelle on fait, on exécute quelque chose. La confection d'un canal, d'un bâtiment, d'un chemin, etc.
• Se dit quelquefois dans le sens particulier d'Achèvement. Jusqu'à parfaite et entière confection.
• En termes de Pratique, La confection d'un papier terrier, la confection d'un inventaire, L'action de faire, de composer un papier terrier, un inventaire. Travailler à la confection d'un papier terrier. Après la confection de l'inventaire. On dit de même, en termes d'Administration, La confection des listes électorales, etc.
• CONFECTION, en termes de Pharmacie, Médicament composé d'un certain nombre de poudres tirées ordinairement du règne végétal, et de sirop ou de miel. Bonne confection. Confection d'hyacinthe. Confection alkermès. Faire une confection. Mettre, dissoudre quelque drogue dans une confection. Cette confection est composée de...

CONFECTIONNER . v. a.
• Faire. Se dit principalement dans les Arts et métiers. Confectionner une machine. Cet homme s'est chargé de faire confectionner l'habillement des troupes.
• CONFECTIONNÉ, ÉE. participe, Des habits, des souliers bien confectionnés.

CONFÉDÉRATIF
, IVE. adj.
• Qui concerne une confédération; où il y a confédération. Un traité confédératif. Une forme de gouvernement confédérative. Il est peu usité.

CONFÉDÉRATION . s. f.
• Ligue, alliance entre des États indépendants. Se joindre, s'unir par confédération. Il y a confédération entre ces trois États, entre ces trois souverains. Renouveler une confédération. Entrer en confédération. Ce prince était de la confédération. Ils étaient dans la confédération. Traité de confédération. Observer les articles d'une confédération. La confédération du Rhin. La confédération suisse. La confédération des États-Unis d'Amérique.
• Se dit aussi Des ligues que font entre eux, dans quelques États, les sujets mécontents. La confédération de l'armée de Lithuanie. La confédération de Bar est célèbre dans l'histoire de la Pologne.

CONFÉDÉRER
(SE). v. pron.
• Se liguer ensemble, s'unir par confédération. Se confédérer avec quelqu'un. Ils se sont confédérés. Les nobles polonais se confédérèrent.
• CONFÉDÉRÉ, ÉE. participe, Les États, les rois, les princes confédérés. Les nations confédérées. Les sujets confédérés.
• Il est aussi substantif. Secourir, assister ses confédérés. Abandonner ses confédérés. Les confédérés de Bar.

CONFÉRENCE . s. f.
• La comparaison que l'on fait de deux choses, pour voir en quoi elles s'accordent, et en quoi elles diffèrent. La conférence des ordonnances, des coutumes. Conférence des temps, etc. Conférence des textes. Conférence des passages.
• Il signifie encore, L'entretien que deux ou plusieurs personnes ont ensemble sur quelque affaire ou matière sérieuse. Grande, docte conférence. Ils eurent de longues conférences ensemble. Nouer une conférence. Se rendre, se trouver à une conférence. Tenir conférence. Entrer en conférence avec quelqu'un. La conférence fut assignée à tel jour. Conférence diplomatique. Les conférences pour la paix. Les conférences pour les limites. La conférence fut rompue, fut renouée. Des conférences académiques. Conférences philosophiques.
• Se dit quelquefois Des diplomates réunis pour conférer ensemble. La conférence de Londres.
• CONFÉRENCE, se dit aussi d'Un discours prononcé en chaire, dans lequel on examine quelque point de doctrine, de morale religieuse, ou de discipline ecclésiastique. Les conférences de Massillon. Assister à une conférence. Suivre les conférences d'un prédicateur.
• Se dit également d'Une réunion de jeunes avocats et d'étudiants, dans laquelle on discute des questions de droit, pour s'exercer à la plaidoirie. Former une conférence. Faire partie d'une conférence. Être d'une conférence. Aller à la conférence.

CONFÉRER . v. a.
• Comparer deux choses pour juger en quoi elles s'accordent, et en quoi elles diffèrent. Se dit particulièrement Des lois, ordonnances, coutumes, matières de littérature, arts libéraux, etc. Conférer les lois grecques avec les lois romaines. Conférer les ordonnances. Conférer les coutumes. Conférer un auteur avec un autre. Conférer des passages. Conférer les temps. Conférer les chronologistes. Conférer deux manuscrits.
• CONFÉRER, signifie aussi, Donner, accorder. Conférer des honneurs, des dignités, des charges, des priviléges. Plus les princes ont de grâces à conférer, plus ils sont puissants. On dit en parlant Des choses saintes: Conférer les ordres sacrés. Conférer le baptême. Les sacrements confèrent la grâce. Dieu confère la grâce. Etc.
• Conférer un bénéfice, Pourvoir à un bénéfice vacant. Conférer sur la nomination d'un patron ecclésiastique, d'un patron laïque. Conférer de plein droit. Il avait le droit de conférer tels bénéfices.
• CONFÉRER, est aussi neutre, et signifie, Parler ensemble, raisonner de quelque affaire, de quelque point de doctrine. Nous avons souvent conféré ensemble. L'affaire est importante, elle mérite que nous en conférions à loisir. Nous en conférerons. Il en a conféré avec un tel. Les ambassadeurs confèrent sur la paix. Ils ont conféré de leurs affaires communes.
• CONFÉRÉ, ÉE. participe

CONFERVE . s. f.
• .Bot. Nom générique de certaines plantes aquatiques et marines, qui sont capillaires, articulées ou cloisonnées.

CONFESSE . s.
• La confession qu'on fait au prêtre. Il n'a point de genre, et ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions à ou de. Aller à confesse. Être à confesse. Retourner à confesse. Il vient de confesse. Il va à confesse à tel prêtre.

CONFESSER . v. a.
• Avouer, demeurer d'accord. Confesser la vérité. Confesser ce qui en est. Il est vrai, je le confesse. Il a confessé sa faute, son crime. Appliqué à la question, il ne confessa rien, il confessa tout. Il confesse qu'il est vaincu. Il se confesse vaincu. Je soussigné reconnais et confesse avoir, etc. Je vous confesse que j'ai tort. J'ai tort, je vous le confesse, je le confesse.
• Fig. et fam., Confesser la dette, Confesser qu'on a tort, convenir d'un fait qu'on voulait cacher.
• Confesser JÉSUS-CHRIST, confesser la foi de JÉSUS-CHRIST, Avouer que l'on est chrétien, faire profession publique de la foi de JÉSUS-CHRIST, jusqu'à s'exposer aux persécutions. On dit absolument, Confesser de coeur et de bouche, de coeur comme de bouche.
• CONFESSER, signifie aussi, Déclarer ses péchés, soit au prêtre dans le sacrement de pénitence, soit à Dieu seul dans quelque prière particulière. Confesser ses péchés. Confesser ses fautes.
• S'emploie très-souvent, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. Se confesser à Dieu. Se confesser à un prêtre. Il faut se confesser au moins une fois l'an. Vous avez fait telle chose, vous en êtes-vous confessé? Lorsque l'on dit simplement, Se confesser, cela s'entend toujours de la confession sacramentelle que l'on fait au prêtre. Il est allé se confesser.
• Prov. et fig., Se confesser au renard, Découvrir son secret à un homme qui est intéressé à en tirer avantage contre nous.
• CONFESSER, signifie encore, Ouïr un pénitent en confession; et, dans ce sens, il est toujours actif. Le prêtre qui l'a confessé. Un prêtre qui confesse un grand nombre de pénitents. Un prêtre qui ne confesse point, qui n'a pas les pouvoirs pour confesser.
• Prov. et fig., C'est le diable à confesser, se dit en parlant D'un aveu difficile à obtenir, et en général D'une chose difficile à faire.
• CONFESSÉ, ÉE. participe, Prov., Une faute confessée est à demi pardonnée, Une faute qu'on avoue en devient plus pardonnable.

CONFESSEUR .s.m.
• Dans l'usage de la primitive Église, il signifiait, Celui qui avait confessé constamment la foi de JÉSUS-CHRIST, jusqu'à souffrir des tourments, mais sans mourir. Depuis, l'Église a honoré de ce nom tous les saints qui n'ont point été martyrs. La fête d'un confesseur. Ce n'est pas un martyr, c'est un confesseur. On dit également, Les confesseurs de la foi.
• CONFESSEUR, se dit aussi Du prêtre qui a pouvoir d'ouïr en confession, et d'absoudre. Bon, discret, sage confesseur. Confesseur approuvé. Sévère confesseur. Confesseur doux, indulgent. Un tel est son confesseur. Le confesseur d'une communauté de religieuses. Dire ses péchés à un confesseur. Se jeter aux pieds d'un confesseur. Le confesseur lui a imposé telle pénitence.

CONFESSION . s. f.
• Aveu, déclaration que l'on fait de quelque chose. Confession sincère, franche, ingénue. Confession forcée, extorquée. Vous demeurez d'accord par votre propre confession que... Désirez-vous une plus ample, plus entière, plus franche, plus expresse confession?
• La confession d'un criminel, Ce qu'il confesse devant le juge.
• En termes de Droit, Diviser la confession. Prendre une partie de ce qu'un homme confesse, et rejeter l'autre. On ne doit pas diviser la confession.
• Confession de foi, ou absolument, Confession, Déclaration, exposition faite de bouche ou par écrit, de la foi que l'on professe. En mourant il fit sa confession de foi. La confession de foi de telles Églises. La confession des Églises réformées. La confession d'Augsbourg.
• CONFESSIONS, au pluriel, a été donné pour titre, par différents auteurs, à Des mémoires où ils font l'aveu des erreurs de leur vie. Les Confessions de saint Augustin. Les Confessions de J. J. Rousseau.
• CONFESSION, se dit aussi de La déclaration que le pénitent fait de ses péchés, soit publiquement, soit à un prêtre, soit à Dieu seul. Confession publique. Confession sacramentale ou sacramentelle. Confession auriculaire. Faire sa confession à Dieu seul. Faire sa confession au prêtre. Faire une bonne confession, une confession générale. Si la confession n'est entière, elle est nulle. Confession sacrilége. Le tribunal de la confession. Ouïr, entendre en confession, dans le tribunal de la confession. Recevoir la confession de quelqu'un. Le sceau de la confession. Le secret de la confession. Révéler la confession. Il y a matière de confession, à confession.
• Prov., On lui donnerait le bon Dieu sans confession, se dit D'une personne dont l'extérieur annonce beaucoup de douceur, de simplicité, mais qui n'a que de l'hypocrisie.
• Fig., Confier quelque chose à quelqu'un sous le sceau de la confession, À condition que le secret en sera inviolable.
• Billet de confession, Attestation par laquelle un prêtre certifie qu'il a entendu quelqu'un en confession.

CONFESSIONNAL .s.m.
• Siége ou espèce de niche de boiserie où le prêtre se met pour entendre en confession le pénitent qui est à genoux à l'un des deux côtés, sur une espèce de prie-Dieu. Il sortait du confessionnal. On a fait plusieurs confessionnaux dans cette église.

CONFIANCE . s. f.
• Espérance ferme en quelqu'un, en quelque chose. Avoir confiance, prendre confiance, une grande confiance, une ferme confiance, une extrême confiance en quelqu'un. Mettre sa confiance en Dieu. J'ai grande confiance en vous, en votre secours. Sotte confiance. Aveugle confiance. Entière confiance. Juste confiance. Vaine confiance. Mettre sa confiance dans les richesses. Mettre sa confiance en soi-même, en ses propres forces. Avoir de la confiance en ses forces. Prendre confiance dans l'avenir. Prendre confiance. Reprendre confiance.
• Se dit aussi de L'assurance qu'on prend sur la probité, sur la discrétion de quelqu'un. La confiance est l'âme du commerce. Altérer la confiance. Prendre confiance en quelqu'un, lui parler avec confiance. Donner sa confiance à quelqu'un. Vous avez mal placé votre confiance. Je lui ai retiré ma confiance. Accorder sa confiance. Il est honoré de la confiance du prince. Il a la confiance du prince. Votre confiance m'honore. Donner des marques de confiance. Témoigner une grande confiance à quelqu'un. Il mérite la confiance de tous les gens de bien. Excès de confiance. Perdre la confiance de ses amis. Il a abusé de la confiance qu'on avait en lui. Il a trahi leur confiance.
• Homme de confiance, Celui qu'on emploie ordinairement dans les affaires les plus délicates et les plus secrètes. C'est son homme de confiance. On dit aussi, Une personne de confiance, Une personne en qui on se confie. Envoyer une personne de confiance. Faire parler de quelque affaire par une personne de confiance. On dit également, Place de confiance, Place où l'on ne met que les personnes en qui l'on se confie.
• CONFIANCE, se dit quelquefois d'Une liberté honnête qu'on prend en certaines occasions. Aborder quelqu'un avec confiance.
• Il se prend encore pour Sécurité, hardiesse. Parler en public avec une grande confiance. Ne vous troublez pas de la sorte, ayez plus de confiance. Aller au combat avec confiance. Se présenter au péril avec confiance. J'ose dire avec confiance que... Cela donne de la confiance. Il sut endormir leur confiance. Il ranima leur confiance.
• Il signifie aussi quelquefois, Présomption. Avoir, se donner des airs de confiance. Être plein de confiance.

CONFIANT
, ANTE. adj.
• Disposé à la confiance. Cet homme n'est pas assez confiant. Un caractère confiant. Une âme confiante.
• Il signifie aussi, Présomptueux. C'est un homme bien confiant. Il a l'air confiant.

CONFIDEMMENT . adv.
• En confidence. Je vous dis cela confidemment.

CONFIDENCE . s. f.
• Communication d'un secret. Faire une confidence, des confidences à quelqu'un. Un échange de confidences. Recevoir des confidences. Nous fûmes obligés de le mettre dans notre confidence. Il était dans la confidence. Faire confidence de quelque chose à quelqu'un. Il m'a fait confidence de son dessein.
• Faire une fausse confidence à quelqu'un, Lui dire en secret quelque chose de faux, dans le dessein de le tromper.
• CONFIDENCE, se dit aussi de La confiance qui porte quelqu'un à faire part de tous ses secrets à un autre. Être dans la confidence, être bien avant dans la confidence de quelqu'un. Entrer dans la confidence de quelqu'un. Il sut toujours se conserver dans la confidence du prince.
• En confidence, Secrètement, sous le sceau du secret. Je vous dis cela en confidence. Parler en confidence.
• CONFIDENCE, en Matière bénéficiale, Convention secrète et illicite, par laquelle une personne donne ou fait donner un bénéfice à une autre, à la charge que le titulaire lui en donnera ou lui en laissera la disposition ou le revenu. Tenir un bénéfice en confidence, par confidence.

CONFIDENT
, ENTE. s.
• Celui, celle à qui l'on confie ses plus secrètes pensées. C'est son confident. C'est sa confidente. Achate était le confident d'Énée. Il était le confident de toute l'intrigue. J'étais le confident de ses peines. Il fut trahi par son confident. Confident discret. Sa plus chère confidente.
• Se dit quelquefois figurément, dans le style poétique, en parlant D'objets inanimés. Rochers, confidents de mes peines.
• CONFIDENT, au Théâtre, se dit de Certains personnages subalternes dans les tragédies, auxquels le poëte donne plus ou moins de part à l'action et au dialogue, et qui communément sont chargés des récits. Corasmin est un confident dans la tragédie de Zaïre, Céphise une confidente dans la tragédie d'Andromaque. Les rôles de confidents, de confidentes forment un emploi à part. Un tel joue les confidents. Etc.

CONFIDENTIAIRE .s.m.
• Celui qui tient un bénéfice par confidence. C'était un confidentiaire. Il fut déclaré confidentiaire.

CONFIDENTIEL
, ELLE. adj.
• .Négociation. Qui se dit, qui se fait en confidence; par opposition a Officiel. Avis confidentiel. Note confidentielle.

CONFIDENTIELLEMENT . adv.
• D'une manière confidentielle, en confidence. Cela m'a été dit confidentiellement, et non pas officiellement.

CONFIER . v. a.
• Commettre quelque chose à la fidélité, au soin, à l'habileté de quelqu'un. Confier un dépôt. Je vous ai confié ce que j'avais de plus précieux et de plus cher. Je le confie à vos soins. Le roi lui a confié l'administration de la justice, des finances. Confier une place, la défense d'une place, le gouvernement d'une province. Confier à un domestique la garde d'une maison. Confier l'éducation, la conduite, la personne d'un jeune prince à un sage gouverneur. Elle a confié sa fille à une de ses amies.
• Il signifie également, Dire en confidence. Confier son secret à un ami. Je vous confie mes craintes. Il me confia ses peines. Elles se confièrent mutuellement leurs projets. C'est un secret que je confie à votre foi.
• Se dit figurément, dans l'un et dans l'autre sens, en parlant Des choses physiques ou morales, considérées comme dépositaires, agents, ou confidents. Confier des semences à la terre. Confier sa destinée au hasard. Rien de ce qu'il confie à sa mémoire ne s'en efface. Il serait dangereux de confier ce secret au papier.
• Il se met aussi avec le pronom personnel, et signifie, S'assurer, prendre confiance. Je me confie à vous. Se confier au hasard. Il se confiait dans la bonté de sa cause. Je me confie en Dieu, en la Providence. Il s'est confié en ses amis. Se confier en soi-même. Se confier en ses forces.
• CONFIÉ, ÉE. participe

CONFIGURATION . s. f.
• T. didactique. La forme extérieure d'un corps, l'ensemble des surfaces qui le bornent et lui donnent une figure particulière. La différente configuration des corps. Les cristaux des différents sels ont, affectent diverses configurations.

CONFIGURER . v. a.
• Figurer l'ensemble. Il est peu usité.
• CONFIGURÉ, ÉE. participe

CONFINER . v. n.
• Toucher aux confins d'un pays, d'une terre, etc. La France confine avec l'Espagne. Les terres qui confinent à la forêt.
• Il est aussi actif, et signifie, Reléguer dans un certain lieu. On l'a confiné dans une île. On l'a confinée dans un monastère.
• S'emploie, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. Se confiner au fond d'une province. Se confiner dans une solitude.
• CONFINÉ, ÉE. participe

CONFINS .s.m. pl.
• Les limites, les extrémités d'un pays, d'un territoire. Sur les confins du royaume, de la province. Régler les confins d'un État. Les confins d'un diocèse. Les confins d'un département. Les derniers confins.
• Fig., Aux confins de la terre, Dans les lieux de la terre les plus éloignés de celui où l'on se trouve.

CONFIRE . v. a.
• (Je confis, tu confis, il confit; nous confisons, vous confisez, ils confisent. Je confisais. Je confis. J'ai confit. Je confirai. Confis. Que je confise. Confisant.) Faire cuire des fruits, des fleurs ou des légumes, dans certain suc, dans certaine liqueur, qui pénètre leur substance, et qui s'y incorpore. Confire au sucre, au miel, à l'eau-de-vie. Confire au vin doux, au vin cuit. Confire au caramel. Confire au sel et au vinaigre. Confire des abricots, des cerises, des coings, du verjus, de l'écorce d'orange, de citron, etc.
• CONFIT, ITE. participe, Citrons confits. Marrons confits. Prunes, cerises confites à l'eau-de-vie.
• Par extension, Fruits confits sur l'arbre, Fruits extrêmement mûrs et cuits par le soleil.
• Fig. et fam., Être tout confit en dévotion, Être dans les grandes pratiques de la dévotion.

CONFIRMATIF
, IVE. adj.
• Qui confirme. L'arrêt confirmatif du jugement. Lettres patentes confirmatives d'un privilége.

CONFIRMATION . s. f.
• Ce qui rend une chose ferme et stable. La confirmation d'un jugement, d'un arrêt. Obtenir des lettres de confirmation. Confirmation de priviléges, de droits, de prérogatives, etc. La confirmation ou ratification d'un acte.
• Se dit aussi de La certitude qu'on acquiert d'une chose qui avait déjà été donnée pour vraie. Entière confirmation. Pour plus grande confirmation. La confirmation d'une nouvelle. La confirmation d'une promesse. On m'a dit telle chose, j'en ai reçu la confirmation de tel endroit, j'en ai reçu la confirmation. On en attend la confirmation. Le courrier en a apporté la confirmation. Cela a besoin de confirmation, mérite confirmation.
• Confirmation, en Rhétorique, se dit de Cette partie du discours oratoire qui suit la narration, et par laquelle on prouve ce qu'on vient d'avancer.
• Confirmation, dans la Religion catholique, se dit Du sacrement par lequel les chrétiens sont confirmés dans la gràce reçue au baptême. Le sacrement de confirmation. L'évêque seul peut donner la confirmation. Recevoir la confirmation.

CONFIRMER . v. a.
• Rendre plus ferme, plus stable. Il ne s'emploie qu'au figuré. Les persécutions ne servirent qu'à confirmer l'Église naissante.
• Il signifie plus ordinairement, Faire persister quelqu'un dans une opinion, dans une résolution, l'affermir dans cette opinion, dans cette résolution. Cela m'a confirmé dans mon opinion, dans la croyance que j'avais. Tout me confirme dans l'idée qu'il a péri. Ce miracle le confirma dans la foi chrétienne, confirma sa foi. Vos avis l'ont confirmé dans sa résolution.
• S'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Je me confirme dans cette résolution.
• CONFIRMER, signifie aussi, Approuver, sanctionner, ratifier. Confirmer une loi, un décret. Le pape confirme les décisions du concile. Confirmer une alliance. Ce jugement a été confirmé par la cour royale. Confirmer un acte.
• Se dit particulièrement en parlant Des droits, priviléges et concessions que les États, princes et seigneurs continuent à leurs sujets par de nouveaux actes. Le roi confirma les droits et les priviléges de cette ville, de cette communauté. Les priviléges de ces religieux furent confirmés par le pape. Le roi les confirma dans leurs droits et prérogatives par ses lettres patentes. Il leur confirma les droits accordes par ses prédécesseurs.
• CONFIRMER, signifie encore, Prouver plus fortement quelque chose, l'appuyer de quelque preuve décisive. Pour confirmer ce sentiment, il cite d'imposantes autorités. Cela confirme ce que j'ai avancé. Il confirmait sa mission par des miracles. Son témoignage confirme le vôtre. C'est une vérité que l'expérience a confirmée.
• Il signifie également, Assurer la vérité d'une chose, donner une plus grande certitude à une chose qui avait déjà été donnée ou reçue pour vraie. J'avais déjà oui dire cela, on vient de me le confirmer. J'ai reçu une lettre qui me confirme ce bruit, cette nouvelle. Mes soupçons se trouvèrent confirmés.
• S'emploie aussi, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. Cette nouvelle, ce bruit ne se confirme pas.
• CONFIRMER, dans la Religion catholique, Conférer le sacrement qui fortifie dans la grâce reçue au baptême. Il n'appartient qu'aux évêques de confirmer. C'est tel évêque qui l'a confirmé. Il n'a pas encore été confirmé.
• En Théologie, Être confirmé en grâce, Recevoir de Dieu une surabondance de grâce qui met en état de persévérer dans la justice. On dit de même, Dieu confirme en grâce.
• Fig. et pop., Confirmer quelqu'un, Lui donner un soufflet, par allusion à la cérémonie religieuse de la confirmation.
• CONFIRMÉ, ÉE. participe

CONFISCABLE . adj. des deux genres
• Qui est sujet à confiscation. Toute marchandise de contrebande est confiscable. Toute marchandise qui doit payer des droits, et qui n'a point été déclarée, est confiscable.

CONFISCANT . adj.
• .Jurispr. féodale. Sur qui il pouvait échoir confiscation. Une communauté qui possédait une terre sans avoir payé les droits d'amortissement au roi, et ceux d'indemnité au seigneur, devait donner au seigneur un homme vivant, mourant et confiscant.

CONFISCATION . s. f.
• Action de confisquer, adjudication au fisc. La peine de la confiscation des biens a été abolie, en France, par la charte constitutionnelle. Le bannissement perpétuel et la condamnation à mort emportaient autrefois confiscation des biens. À peine de confiscation des exemplaires contrefaits. Les pays où la confiscation a lieu.
• Il signifie aussi, Les biens confisqués. Le roi lui donna la confiscation d'un tel.

CONFISEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui fait et vend des confitures, des conserves, des dragées, et toutes sortes de sucreries. Un excellent confiseur. Une excellente confiseuse. Marchand confiseur. Boutique, magasin de confiseur.

CONFISQUER . v. a.
• Adjuger au fisc pour cause de crime ou de contravention aux lois, aux ordonnances. On confisqua tous ses biens. On confisque les marchandises de contrebande.
• Dans l'ancien Droit criminel, Qui confisque le corps, confisque les biens, La condamnation à mort emporte confiscation des biens. On disait de même, Confisquer corps et biens.
• CONFISQUER, se dit quelquefois, dans la Jurisprudence commerciale, en parlant Des choses saisies à un particulier, pour être adjugées à un autre. Les marchandises qu'il avait embarquées pour son compte particulier, furent confisquées au profit de ses co-intéressés.
• CONFISQUÉ, ÉE. participe, Biens confisqués au profit de l'État.
• Fig. et fam., C'est un homme confisqué, se dit D'un homme dont la santé est désespérée, ou dont la fortune est détruite.

CONFITEOR .s.m.
• (On prononce Confitéor.) Prière que font les catholiques avant que de se confesser, à la messe, et en d'autres occasions. Dire son confiteor.

CONFITURE . s. f.
• Fruits confits, racines confites au sucre ou au miel. Bonne confiture. Excellente confiture. L'abricot fait une bonne confiture. S'emploie plus ordinairement au pluriel. Des confitures de Gênes, de Rouen, etc. De bonnes confitures. Des confitures sèches. Des confitures liquides, nouvelles, vieilles. Confitures moisies, chancies, candies. Des confitures à mi-sucre. Confitures musquées, ambrées, glacées. Faire des confitures. Quand des confitures sont mal faites, elles se décuisent. Une boîte de confitures. Un pot de confitures. Tourte de confitures. Omelette aux confitures.

CONFITURIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui vend des confitures. C'est un confiturier, un marchand confiturier.

CONFLAGRATION . s. f.
• T. didactique. Embrasement général. La conflagration d'une planète, du globe terrestre, etc. Il annonça que le monde finirait par une conflagration universelle.
• Se dit quelquefois, figurément, d'Une grande révolution qui remue tous les esprits. Au milieu de cette conflagration générale, il prit le parti de la modération.

CONFLIT .s.m.
• Choc, combat. Rude conflit. Sanglant conflit. Le conflit de deux armées. Dans ce sens, il est vieux.
• Se dit quelquefois figurément. Le conflit des intérêts, des passions.
• S'emploie plus ordinairement dans les locutions suivantes: Conflit de juridiction, Contestation entre deux ou plusieurs tribunaux dont chacun veut s'attribuer la connaissance d'une affaire; et, Conflit d'attribution, Contestation semblable entre un tribunal et une autorité administrative. On dit quelquefois absolument Conflit, dans l'un et dans l'autre sens. Élever un conflit de juridiction. Il s'est élevé un conflit de juridiction, il existe un conflit entre le tribunal de commerce et le tribunal de première instance. Règlement sur un conflit de juridiction. Ce conflit d'attribution a été réglé par la cour de cassation. Traité des conflits.
• Conflit négatif, Celui qui a lieu lorsque deux tribunaux se déclarent respectivement incompétents pour connaître d'une même affaire.

CONFLUENT .s.m.
• L'endroit où se joignent deux rivières. Cette ville est bâtie au confluent de deux rivières. Le confluent de la Seine et de la Marne.

CONFLUENT
, ENTE. adj.
• .Médec. Se dit D'une éruption de boutons, de taches, de pustules, etc., qui se touchent et se confondent. Petite vérole confluente, dont les boutons sont confluents.

CONFLUER . v. n.
• Se dit en parlant De la réunion de deux grands cours d'eau. La Dordogne conflue avec la Garonne. Ces deux rivières confluent au-dessous de telle ville.

CONFONDRE . v. a.
• Réunir, mêler, brouiller plusieurs choses ensemble. Se dit tant au sens physique qu'au sens moral. Dans le chaos, tous les éléments étaient confondus. Deux fleuves qui confondent leurs eaux. Être confondu dans la foule. Les papiers qu'il me demande sont confondus parmi beaucoup d'autres, avec beaucoup d'autres. La mort égale et confond tous les rangs. Nous confondîmes nos pleurs, nos regrets. On l'emploie souvent, en ce sens, avec le pronom personnel. Ces deux nuances se confondent. Le peuple conquérant finit, à la longue, par se confondre avec le peuple vaincu. Je ne sais plus où j'en suis, toutes mes idées se confondent. Une ligne qui se confond avec une autre.
• Il signifie aussi, Ne pas faire distinction entre des personnes et des choses différentes, prendre une personne ou une chose pour une autre. Ces deux choses, ces deux personnes se ressemblent tellement, qu'il m'arrive souvent de les confondre, de confondre l'une avec l'autre. Il ne faut pas confondre l'innocent et le coupable, l'innocent avec le coupable.
• CONFONDRE, signifie encore, Mettre en désordre, déconcerter, humilier. Dieu se plaît à confondre les vains projets des hommes. Dieu confond l'orgueil des superbes.
• Par civilité, Vos louanges me confondent, se dit Lorsqu'on reçoit quelque louange excessive, et qu'on veut s'en défendre. On dit de même, Vos politesses, vos égards me confondent; et, Vous me confondez par vos louanges, etc.
• CONFONDRE, signifie particulièrement, Convaincre en causant de la honte, réduire à ne savoir que répondre. Voilà un raisonnement propre à le confondre. Cette déposition a confondu l'accusé. Confondre un calomniateur, Le démasquer, montrer qu'il en a imposé.
• Il signifie également, Causer un grand étonnement, une sorte d'effroi, de stupeur. Ce que vous dites là me confond. Une telle insolence doit vous confondre. Je restai confondu. Cela confond ma raison, mon imagination.
• Il signifie pareillement, avec le pronom personnel, S'embrouiller, se troubler, se déconcerter. Les détails de cette affaire sont très-multipliés, il y a de quoi s'y confondre. Il parut se confondre dès la première question.
• Fam., Se confondre en excuses, en respects, en remercîments, etc., Multiplier les cérémonies, les excuses, les respects, etc.
• CONFONDU, UE. participe

CONFORMATION . s. f.
• Manière dont une chose est conformée. Se dit plus particulièrement Des corps organisés. La conformation des parties d'un corps. La conformation des organes. Une bonne conformation. Conformation vicieuse.
• Vice de conformation dans une personne, dans un animal, Ce qu'il y a de défectueux dans la disposition des parties de son corps, dans son organisation. Cette maladie provient d'un vice de conformation.

CONFORME . adj. des deux genres
• Qui a la même forme, qui est semblable. La copie est conforme à l'original. Ces écritures sont conformes. Ces deux choses sont entièrement conformes. Son humeur est conforme à la vôtre.
• Pour copie conforme. Formule par laquelle celui qui délivre une copie, assure qu'elle est conforme à l'original.
• CONFORME, signifie aussi, Qui convient, qui s'accorde. Mener une vie conforme à sa profession. Son habit n'est pas conforme à son état. Avoir des sentiments conformes à sa naissance. Cela est parfaitement conforme à ses vues. Ses moeurs ne sont pas conformes à sa doctrine.

CONFORMÉMENT . adv.
• D'une manière conforme. Il faut procéder conformément à telle loi, à telle ordonnance. Conformément à tel jugement, il a été procédé à... Vivre conformément à son état.

CONFORMER . v. a.
• Rendre conforme. Conformer sa vie, ses actions à la doctrine de l'Évangile. Conformer ses sentiments à ceux de quelqu'un.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Je me suis conformé à vos ordres. Se conformer à la volonté de Dieu. Se conformer aux inclinations, aux façons de vivre de quelqu'un. Se conformer au temps, aux circonstances, etc.
• CONFORMÉ, ÉE. participe, S'emploie souvent comme adjectif, en parlant De la manière dont les parties d'une chose sont disposées entre elles. On le dit plus particulièrement Des corps organisés. Un corps bien conformé, mal conformé. Cet animal est bizarrement conformé. Avoir les jambés mal conformées.

CONFORMISTE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui fait profession de la religion dominante en Angleterre. On y appelle par opposition Non-conformistes, Tous ceux qui sont d'une autre communion.

CONFORMITÉ . s. f.
• Rapport entre les choses qui sont conformes. Il y a une conformité parfaite entre ces deux choses. La conformité d'une chose avec une autre. Conformité d'arrêts, de traités. Conformité d'inclinations. Conformité de sentiments. Conformité d'humeurs. Conformité d'esprit. Il y a entre nous conformité de goûts et de principes.
• La conformité à la volonté de Dieu, La soumission de sa propre volonté à celle de Dieu.
• EN CONFORMITÉ DE. loc. prépositive, Conformément à. Il agit en conformité des ordres qu'il a reçus. En conformité de telle loi, nous avons pris l'arrêté suivant.

CONFORT .s.m.
• Secours, assistance. Donner aide et confort. Il est vieux.

CONFORTANT
, ANTE; ou CONFORTATIF, IVE. adj.
• .Médec., synonymes de Fortifiant, qui est plus usité. Un remède confortant ou confortatif. On dit aussi, substantivement: Un confortant, des confortants. Un confortatif, des confortatifs.

CONFORTATION . s. f.
• Corroboration, action de fortifier, état de ce qui est fortifié. Un estomac affaibli a besoin de confortation. Cela est bon pour la confortation des nerfs. Il n'est guère usité que dans ces sortes de phrases.

CONFORTER . v. a.
• Fortifier, corroborer. Cela conforte l'estomac, conforte le cerveau.
• Il signifie aussi, figurément, Encourager, consoler. Conforter les affligés. Conforter les mourants. Ce sens vieillit.
• CONFORTÉ, ÉE. participe

CONFRATERNITÉ . s. f.
• La relation, le rapport qu'il y a entre les personnes d'une même compagnie, d'un même corps. À cause de la confraternité. En considération de la confraternité.

CONFRÈRE .s.m.
• Chacun de ceux qui composent une confrérie, une compagnie de personnes associées pour quelque exercice de piété. Les confrères du saint sacrement.
• Se dit aussi de Ceux qui sont d'une même compagnie, d'un même corps, ou qui exercent une même profession. Ils sont tous deux conseillers à la cour royale, tous deux de l'Académie, ils sont confrères. Nous avons un nouveau confrère. Ce médecin, cet avocat est fort estimé de ses confrères.

CONFRÉRIE . s. f.
• Compagnie de personnes associées pour quelques exercices de piété. La confrérie du saint sacrement. Marguillier de confrérie. Bâtonnier de confrérie.

CONFRONTATION . s. f.
• Action de confronter des personnes les unes aux autres. Il ne se dit qu'en Matière criminelle, en parlant ou Des témoins que l'on confronte à un accusé, ou Des accusés que l'on confronte ensemble. Confrontation de témoins. La confrontation de l'accusé avec les témoins. La confrontation des accusés.
• Se dit figurément de L'examen qu'on fait ou de deux écritures en les comparant ensemble, ou de différents passages en les conférant l'un avec l'autre. La confrontation des écritures. Par la confrontation des passages, il s'assura que...

CONFRONTER . v. a.
• Mettre des personnes en présence les unes des autres, pour voir si elles conviendront de quelque fait dont il s'agit. Confronter deux personnes ensemble.
• Se dit plus particulièrement, en Matière criminelle, en parlant Des témoins et des accusés qu'on fait comparaître les uns devant les autres pour les interroger. Confronter les témoins à l'accusé, avec l'accusé. Dès que les témoins lui eurent été confrontés. Il a été confronté.
• CONFRONTER, signifie figurément, Conférer une chose avec une autre, examiner deux choses en même temps, pour les comparer ensemble. Confronter deux écritures. Confronter deux étoffes l'une avec l'autre. Confronter deux choses ensemble. Confronter la copie à l'original.
• CONFRONTER, en termes de Pratique, Confiner. Le bois confronte, du côté du levant, au pré d'un tel.
• CONFRONTÉ, ÉE. participe

CONFUS
, USE. adj.
• Confondu l'un avec l'autre, brouillé, mêlé ensemble sans ordre. Le chaos n'était qu'un assemblage confus des éléments. Amas confus.
• Se dit particulièrement Des sons, des bruits qui se confondent et que l'on n'entend pas distinctement. On entendit un cri, des cris confus. Un bruit confus s'éleva dans l'assemblée. Des murmures confus. Des voix confuses.
• Fig., Bruit confus, Bruit incertain sur une chose, sur un fait dont on ne sait aucune particularité bien distincte. Il court un bruit confus.
• En Jurispr., Tels et tels droits sont confus et réunis en sa personne, se dit en parlant D'une personne qui réunit des droits actifs et passifs concernant un même objet. Dans cette phrase, il signifie Confondu.
• CONFUS, en parlant D'esprit, d'ouvrages d'esprit, signifie, Obscur, embrouillé. Esprit confus. Savoir confus. Ce discours est si confus, qu'on ne saurait l'entendre. J'ai lu autrefois cet ouvrage; je n'en ai plus qu'une idée confuse. Il ne m'en reste qu'un souvenir confus. Des notions vagues et confuses.
• CONFUS, signifie encore, Honteux, embarrassé, soit que la honte et l'embarras viennent d'une faute commise, soit qu'ils viennent seulement de modestie. Il a été tout confus quand il a vu qu'on l'avait pris sur le fait. Il est demeuré confus. Il était confus de sa méprise. Il était tout confus de l'honneur qu'on lui faisait. Je suis confus de vos bontés. Vous me rendez confus.

CONFUSÉMENT . adv.
• D'une manière confuse. Des meubles entassés confusément. J'en ai entendu parler confusément.

CONFUSION . s. f.
• Désordre, mélange confus, embrouillement. Se dit Des choses physiques et des choses morales. Il a tout brouillé, il a mis tout en confusion. Il y a bien de la confusion dans son cabinet. Cette nouvelle mit la confusion dans l'armée, augmenta la confusion qui régnait dans l'armée. La confusion se mit dans les rangs. Il n'y a point eu de confusion à cette fête, malgré le nombre immense de gens qui s'y trouvaient. Au milieu de la confusion. Sans confusion. La confusion des pouvoirs. La confusion des langues. Une horrible confusion.
• Se dit particulièrement Des désordres d'un État, des troubles politiques. Il y règne un esprit de désordre et de confusion. Dans les temps de trouble et de confusion.
• Il signifie également, Défaut d'ordre, de méthode, de clarté dans les choses qui tiennent aux opérations de l'esprit, de l'entendement. La confusion des idées. Il y avait un peu de confusion dans ce qu'il nous a dit. Pour éviter toute confusion, nous traiterons de cet objet dans un chapitre séparé.
• Se dit aussi de L'action de confondre une chose avec une autre, et Du résultat de cette action. Cette confusion de noms a fait commettre aux historiens de graves erreurs. Confusion de dates. C'est faire une étrange confusion de mots, que de dire... Cela ne peut pas être, il y a confusion.
• En Jurispr., Confusion de droits, ou simplement, Confusion, La réunion qui se fait en une même personne des droits actifs et passifs concernant un même objet. Il y a confusion de droits quand le créancier devient héritier du débiteur.
• Dans le même langage, Confusion de part, se dit Lorsqu'une femme, se remariant sur la fin du troisième mois de sa viduité, accouche six mois et un jour après le second mariage; en sorte qu'on ne peut decider lequel du premier ou du second mari est le père de l'enfant.
• CONFUSION, se dit encore d'Une grande abondance de choses, d'une grande multitude de personnes. Il y avait à ce repas une grande confusion de mets. Il y a une grande confusion de monde sur la place. Ce sens vieillit.
• CONFUSION, signifie en outre, Honte, humiliation, embarras. On lui a fait éprouver une grande confusion, en lui reprochant sa lâcheté. Ce reproche le couvrit de confusion. Faire tomber en confusion. Il a eu la confusion de ne pouvoir répondre à cet argument. Je l'avoue, à ma confusion. Vos louanges, vos bontés me donnent de la confusion.
• EN CONFUSION. loc. adv. Confusément, sans ordre, d'une manière confuse. Marcher en confusion. Les troupes, surprises par l'ennemi, et n'ayant pas le temps de se ranger en bataille, se battirent en confusion. Tout est en confusion dans la ville.
• Il signifie aussi, En abondance. Vous y trouverez de tout en confusion. Cette acception a vieilli.

CONFUTATION . s. f.
• Voyez RÉFUTATION.

CONGE .s.m.
• Mesure des anciens pour les liquides. Le conge romain était une mesure empruntée des Grecs.

CONGÉ .s.m.
• Permission d'aller, de venir, de s'absenter, de se retirer. Donner congé à un soldat, lui donner congé pour un temps, lui donner un congé absolu. Congé de semestre. Congé limité. Être en congé. Il a obtenu son congé. Accorder des congés à des officiers. Des officiers qui sont partis de l'armée sans congé. Il eut congé de revenir. L'ambassadeur a demandé un congé. Ce député a demandé un congé à la chambre, pour cause de maladie. Cet employé a obtenu un congé de huit jours. Ce domestique a demandé congé pour quelques jours à son maître.
• Se dit particulièrement en parlant D'un domestique qui demande à se retirer tout à fait, ou que son maître renvoie; et, dans ce sens, on l'emploie assez ordinairement avec l'adjectif possessif. J'ai demandé mon congé. Un domestique qui demande son congé. Son maître lui a donné son congé. Un domestique qui s'est retiré sans congé.
• Il signifie aussi, L'exemption qu'on accorde aux écoliers d'aller en classe. Jours de congé. Le proviseur a donné congé pour cette après-dînée, pour un jour, pour deux jours. Les élèves ont eu congé. C'est demain congé.
• Prov., Pour boire de l'eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne.
• Fig. et fam., Donner à quelqu'un son congé, lui donner congé, Lui déclarer ou lui faire connaître qu'il doit se retirer pour ne plus revenir, qu'il doit se désister de quelque chose. Il allait librement dans cette maison, mais depuis peu on lui a donné son congé. Il recherchait cette fille en mariage, mais on lui a donné son congé, il a eu son congé. On dit au contraire, Prendre son congé, prendre congé, Se retirer, se désister de son propre mouvement. J'ai pris mon congé, sans attendre qu'on me le donnât.
• Prendre congé, signifie aussi, Aller, avant de partir, saluer les personnes à qui l'on doit beaucoup de respect, et prendre leurs ordres. Il part pour l'armée, et il a déjà pris congé du roi, du ministre; ou simplement, Il a pris congé. Se dit également en parlant Des adieux que l'on fait à ses amis, aux personnes de sa connaissance, quand on s'éloigne d'elles pour quelque temps. Il part dans deux jours, et il est allé prendre congé de ses amis. Je vais prendre congé d'eux.
• Audience de congé, La dernière audience publique qu'un ambassadeur obtient avant son départ. Cet ambassadeur a eu, a pris son audience de congé.
• CONGÉ, se dit encore de L'acte, écrit ou verbal, par lequel le propriétaire ou le principal locataire d'une maison, d'une ferme, etc., signifie à un locataire ou fermier qu'il ait à vider les lieux dans un certain temps. Ce propriétaire a donné congé à son fermier, à son locataire. Recevoir congé. On le dit également D'un locataire à l'égard du propriétaire ou du locataire principal. Il ne veut plus loger là, il a donné congé à son hôte. Signifier le congé. Accepter le congé. Congé pour Pâques, pour Noël, etc.
• CONGÉ, en termes de Contributions indirectes, Permission de transporter la marchandise dont les droits ont été acquittés. On peut expédier ce vin, voici le congé.
• En termes de Pratique, Congé faute de plaider, Défaut que le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas pour soutenir sa cause.
• CONGÉ, en termes d'Architecture, Adoucissement en portion de cercle, comme celui qui joint le fût d'une colonne à la ceinture.

CONGÉABLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Il s'est dit autrefois D'un domaine dans lequel le seigneur pouvait toujours rentrer. Se dit encore, par extension, D'un domaine affermé pour un temps indéfini, et dont le propriétaire peut toujours reprendre la jouissance. Domaines congéables.

CONGÉDIER . v. a.
• Renvoyer quelqu'un, lui donner ordre de se retirer. Il a congédié ses domestiques. Congédier des troupes. Congédier un ambassadeur. L'assemblée fut congédiée. Il recherchait telle fille en mariage, mais on l'a congédié.
• CONGÉDIÉ, ÉE. participe

CONGÉLATION . s. f.
• Action par laquelle le froid durcit les liquides. La congélation de l'eau est plus ou moins prompte, suivant le degré du froid. La congélation du mercure. Congélation commencée. Congélation parfaite.
• Se dit aussi de L'état où sont les liquides par l'effet de la congélation. L'eau est plus dilatée dans l'état de congélation que lorsqu'elle est fluide.
• Se dit encore de Certaines concrétions d'albâtre calcaire ou gypseux, qui se forment en couches planes ou ondulées sur les parois des grottes, des cavernes. Congélations pierreuses. Il y a de très-belles congélations dans cette grotte.
• CONGÉLATIONS, au pluriel, se dit, en Architecture, Des ornements qui imitent une couche raboteuse de glaçons formés le long d'un mur ou d'un rocher. Orner une fontaine de congélations.

CONGELER . v. a.
• Se dit De l'action par laquelle le froid durcit les liquides. Le grand froid congèle l'eau.
• Il signifie aussi, Figer, coaguler. On a cru longtemps que certains poisons congelaient le sang.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans l'un et dans l'autre sens. L'eau se congèle par le froid. Cette liqueur se congèlera promptement. Le mercure se congèle à trente et un degrés. Le bouillon de jarret de veau se congèle en un moment.
• CONGELÉ, ÉE. participe

CONGÉNÈRE . adj. des deux genres
• T. d'Hist. nat. Qui est du même genre qu'un autre. Plantes congénères. Animaux congénères.
• En Anat., Muscles congénères, Ceux qui concourent à un même mouvement; par opposition aux Muscles antagonistes, qui ont des mouvements contraires.

CONGÉNITAL
ou CONGÉNIAL, ALE. adj.
• .Médec. Se dit Des maladies qu'on apporte en naissant. Affections congénitales. Hernie congénitale.

CONGESTION . s. f.
• .Médec. Accumulation plus ou moins rapide d'un ou de plusieurs liquides dans une partie quelconque du corps. Congestion sanguine.

CONGIAIRE .s.m.
• T. d'Antiq. Distribution extraordinaire que les empereurs faisaient faire au peuple romain, en argent ou en denrées.

CONGLOBATION . s. f.
• .Rhétorique. Accumulation de plusieurs preuves, de plusieurs arguments, pour démontrer une même proposition.

CONGLOBÉ
, ÉE. adj.
• T. d'Anat. Se dit De plusieurs glandes réunies qui n'en font qu'une, dont la surface est unie. Glandes conglobées. Cette dénomination a vieilli: on dit maintenant, Ganglions lymphatiques.

CONGLOMÉRER . v. a.
• .Physique. Mettre ensemble, amasser.
• CONGLOMÉRÉ, ÉE. participe, Se dit adjectivement, en termes d'Anatomie, Des glandes amassées en pelotons, et réunies sous une même enveloppe. Glandes conglomérées.

CONGLUTINATION . s. f.
• T. didactique. Action par laquelle une chose est rendue gluante et visqueuse, ou Le résultat de cette action. La conglutination du sang, des humeurs.

CONGLUTINER . v. a.
• T. didactique. Rendre une liqueur gluante et visqueuse. On a prétendu que certains poisons conglutinaient le sang.
• CONGLUTINÉ, ÉE. participe

CONGRATULATION . s. f.
• Action de congratuler. Congratulation publique. Compliment de congratulation. On ne le dit plus guère qu'en plaisantant, et on se sert ordinairement du mot Félicitation.

CONGRATULER . v. a.
• Féliciter quelqu'un, se réjouir avec lui de quelque bonheur, de quelque avantage qui lui est arrivé, et lui en faire compliment. Il l'a congratulé sur la naissance de son fils, sur son mariage. On ne le dit plus guère qu'en plaisantant, et on se sert ordinairement du mot Féliciter.
• CONGRATULÉ, ÉE. participe

CONGRE .s.m.
• Poisson de mer semblable à une anguille. Congre noir. Congre blanc. Couper un congre par tronçons.

CONGRÉGANISTE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui est d'une congrégation laïque, dirigée par des ecclésiastiques réguliers ou séculiers.

CONGRÉGATION . s. f.
• Compagnie, corps de plusieurs personnes religieuses ou séculières, vivant sous une même règle. Congrégation régulière. Congrégation séculière. Congrégation célèbre. Congrégation d'hommes. Congrégation de filles. Les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. La congrégation de l'Oratoire, des pères de la Doctrine chrétienne, etc. Les chanoines réguliers de la congrégation de France.
• Se dit aussi de Certaines confréries de dévotion sous l'invocation de la sainte Vierge. Être de la congrégation de la Vierge. Être de la congrégation. Les jésuites avaient des congrégations dans la plupart de leurs colléges.
• La congrégation des fidèles, se dit de Tous ceux qui appartiennent à l'Église romaine.
• CONGRÉGATION, en parlant De la cour de Rome, se dit d'Une assemblée de cardinaux et de prélats, soit permanente, soit nommée d'office pour quelque cas particulier, et chargée d'examiner certaines affaires qui leur sont attribuées. Il se tint sur ce sujet une congrégation de cardinaux. Une congrégation de prélats. Une congrégation d'État. La congrégation du saint-office. La congrégation des rites. La congrégation de la propagande.

CONGRÈS .s.m.
• Assemblée de plusieurs ministres de différentes puissances, qui se sont rendus dans un même lieu, pour y conclure la paix, ou pour y concilier les intérêts de leurs gouvernements. Le congrès de Radstadt. Le congrès de Vienne, de Vérone, etc. Assembler un congrès. Ouvrir un congrès. Il fut envoyé au congrès.
• CONGRÈS, en parlant Des gouvernements républicains de l'Amérique, signifie, L'assemblée législative. Le congrès américain ou des États-Unis se compose d'un sénat et d'une chambre de représentants. Membre du congrès.

CONGRÈS .s.m.
• Épreuve de la puissance ou de l'impuissance des gens mariés, que l'on faisait, dans certaines occasions, par ordre de justice, en présence de chirurgiens et de matrones. Ordonner le congrès. Venir au congrès. Subir le congrès. Le congrès a été aboli. Le congrès était une preuve fort incertaine.

CONGRU
, UE. adj.
• Suffisant, convenable. Il n'est guère usité que dans cette locution du langage dogmatique, Grâce congrue, et dans les suivantes:
• Portion congrue, Pension annuelle que les gros décimateurs étaient tenus de payer aux curés pour leur subsistance. La portion congrue était comme la légitime des curés. Cure à portion congrue. Cela se dit aussi, figurément et familièrement, d'Un traitement, d'une rente peu considérable. On a mis tous ces employés à la portion congrue.
• Réponse congrue, Réponse précise. Phrase congrue, Phrase correcte. Ces deux locutions ont vieilli et ne s'emploient guère que par plaisanterie.

CONGRUITÉ . s. f.
• Convenance. Se dit particulièrement, en Théologie, de L'efficacité de la grâce de Dieu qui agit sans détruire la liberté de l'homme.

CONGRÛMENT . adv.
• D'une manière correcte. Il ne parle point élégamment, mais il parle congrûment. Il est vieux, et ne s'emploie guère que par plaisanterie.
• Fig., Parler congrûment d'une chose, d'une affaire, En parler pertinemment.

CONIFÈRE . adj. des deux genres
• .Bot. Se dit Des végétaux dont le fruit est un cône, tels que le pin, le sapin, etc. Plantes, arbres conifères.
• S'emploie aussi comme substantif féminin. La famille des conifères.

CONIQUE . adj. des deux genres
• Qui a la figure d'un cône. Miroir conique. Cadran conique. Un moule de forme conique.
• Il signifie aussi, Qui appartient au cône. Sections coniques.

CONJECTURAL
, ALE. adj.
• Qui n'est fondé que sur des conjectures. Ce n'est qu'une preuve conjecturale. La médecine est une science conjecturale, un art conjectural.

CONJECTURALEMENT . adv.
• Par conjecture. Il ne parle de cela que conjecturalement.

CONJECTURE . s. f.
• Jugement probable, opinion que l'on fonde sur quelques apparences touchant une chose obscure et incertaine. Forte conjecture. Faible, légère, vaine conjecture. Conjecture trompeuse, bien fondée, mal fondée. Fausses conjectures. Tirer une conjecture de... Appuyer une conjecture sur... Voilà ma conjecture. Je n'en parle que par conjecture. Former, faire des conjectures sur... Se perdre en conjectures. Cet événement a donné lieu à beaucoup de conjectures. Si ma conjecture ne me trompe. Cet art n'est fondé que sur des conjectures.

CONJECTURER . v. a.
• Inférer, juger sur des probabilités, par conjecture. On m'a dit telle chose, et de là je conjecture sa perte. Ce que je conjecture de là, c'est... Je conjecture que cela arrivera. Un médecin ne fait souvent que conjecturer.
• CONJECTURÉ, ÉE. participe

CONJOINDRE . v. a.
• Joindre ensemble. Il ne se dit guère qu'en parlant De mariage. Conjoindre par mariage. Il ne faut pas que l'homme sépare ce que Dieu a conjoint.
• CONJOINT, OINTE. participe, Il est quelquefois adjectif, et se dit, en Botanique, Des parties semblables qui sont comme soudées ensemble. Feuilles conjointes. Pétales conjoints. Étamines conjointes.
• En Musique, Marche par degrés conjoints, La marche d'une note à celle qui la suit immédiatement dans la gamme, soit en montant, soit en descendant.
• CONJOINT, est aussi substantif masculin, et se dit, en Jurisprudence, d'Une personne jointe à une autre par le mariage. Le conjoint survivant. Les futurs conjoints. L'un des conjoints.

CONJOINTEMENT . adv.
• Ensemble, l'un avec l'autre, de concert. Agissons conjointement dans cette affaire. J'agirai conjointement avec vous.

CONJONCTIF
, IVE. adj.
• .Gram. Se dit De certaines particules qui servent à lier un mot, un sens à un autre. Et, ni, sont des particules conjonctives. Le Que est quelquefois conjonctif.

CONJONCTION . s. f.
• Union. Se dit principalement en parlant de L'union de l'homme et de la femme. Conjonction par mariage. Conjonction illicite.
• CONJONCTION, en termes de Grammaire, Partie d'oraison qui sert à lier un mot, un sens à un autre. Il y a plusieurs sortes de conjonctions. Et est une conjonction copulative. Ou est une conjonction disjonctive. Mais est une conjonction adversative.
• CONJONCTION, en termes d'Astronomie, Rencontre apparente de deux planètes dans un même point de quelque signe. Saturne et Vénus étaient en conjonction. La conjonction du soleil et de Mercure.
• Absol., La conjonction de la lune, La rencontre de la lune avec le soleil dans un même point du zodiaque. Quand la lune est en conjonction, elle n'est pas visible.

CONJONCTIVE . s. f.
• T. d'Anat. Membrane muqueuse qui unit le globe de l'oeil aux paupières.

CONJONCTURE . s. f.
• Occasion, rencontre de circonstances; état, disposition où se trouvent diverses choses en même temps. Heureuse, triste, fatale conjoncture. La conjoncture est favorable. Cela est arrivé dans une fâcheuse conjoncture. Il sut profiter de la conjoncture. Se trouver dans des conjonctures difficiles. En cette conjoncture. Dans les différentes conjonctures de la vie.

CONJOUIR
(SE). v. pron.
• Se réjouir avec quelqu'un de quelque chose d'agréable, d'avantageux qui lui est arrivé. Aller se conjouir avec un père du mariage de son fils. Se conjouir avec quelqu'un d'une grâce qu'il a reçue du roi. Il a vieilli.

CONJOUISSANCE . s. f.
• Marque que l'on donne à quelqu'un de la joie qu'on a d'un bonheur qui lui est arrivé. Compliments de conjouissance. Lettre de conjouissance. Il a vieilli.

CONJUGAISON . s. f.
• .Gram. Manière de conjuguer; Assemblage des différentes terminaisons d'un verbe, distribuées en voix, modes, temps et personnes. Les règles de la conjugaison grecque ont été fort simplifiées. Conjugaison régulière. Conjugaison irrégulière. On divise ordinairement les verbes latins en quatre conjugaisons. La première, la seconde conjugaison. Apprendre ses conjugaisons. La conjugaison de ce verbe est très-difficile. La conjugaison des verbes auxiliaires.
• En Anat., Conjugaison des nerfs, La conjonction de certaines paires de nerfs. Trous de conjugaison, Ouvertures situées sur les côtés de la colonne vertébrale, qui donnent passage aux nerfs de la moelle épinière et à certains vaisseaux.

CONJUGAL
, ALE. adj.
• Qui concerne l'union entre le mari et la femme. Le lien, le noeud conjugal. L'union conjugale. L'affection, l'amitié conjugale. L'amour conjugal. Le devoir conjugal. La foi conjugale. Le lit conjugal.

CONJUGALEMENT . adv.
• Selon l'union qui doit être entre le mari et la femme. Vivre conjugalement.

CONJUGUER . v. a.
• .Gram. Assembler ou réciter les différentes inflexions et terminaisons que reçoit un verbe selon les voix, les modes, les temps et les personnes. Conjuguer un verbe. Ce verbe est difficile à conjuguer. On le dit quelquefois absolument. Cet enfant sait décliner et conjuguer.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le sens passif. Ce verbe se conjugue ainsi, se conjugue par tous ses temps, se conjugue avec l'auxiliaire Être.
• CONJUGUÉ, ÉE. participe, En Botan., Feuilles conjuguées, Feuilles composées dont les folioles sont disposées des deux côtés du pétiole par paires. Le sainfoin, la casse, ont des feuilles conjuguées.

CONJURATEUR .s.m.
• Celui qui forme, qui conduit une conjuration. Dangereux conjurateur. Ce sens est peu usité.
• Se dit aussi de Prétendus magiciens qui se servaient de certaines paroles, soit pour conjurer les démons, soit pour conjurer une tempête. Conjurateur des démons. Conjurateur des tempêtes.

CONJURATION . s. f.
• Conspiration, complot contre l'État, contre le prince. Horrible conjuration. Faire une conjuration contre quelqu'un. Tramer une conjuration. Découvrir une conjuration. Une conjuration formée. Il était de la conjuration. Tous ceux qui entrèrent dans la conjuration. La conjuration de Catilina. La conjuration d'Amboise.
• CONJURATION, se dit aussi Des paroles, des cérémonies par lesquelles de soi-disant magiciens prétendent conjurer les démons, la peste, l'orage, etc. Après avoir tracé un cercle autour de lui, il commença ses conjurations. Dans ce sens et dans les deux suivants, il s'emploie presque toujours au pluriel.
• Il signifie encore, Exorcisme, prière pour éloigner le démon. On fit des conjurations avec pompe.
• Se dit quelquefois, par extension, pour Instante prière. Ses sanglots et ses conjurations ne purent le fléchir.

CONJURER . v. a.
• Prier instamment. Je vous conjure de faire cela. Faites cela, je vous en conjure, je vous conjure. On y ajoute souvent la considération des choses saintes, ou de celles qui sont les plus chères à celui que l'on prie. Je vous conjure au nom de Dieu. Il le conjura par tout ce qu'il avait de plus cher au monde, par l'amour de la patrie, par le souvenir de...
• Il signifie aussi, Exorciser, se servir de certaines prières pour chasser les démons. Conjurer le diable. Esprit immonde, je te conjure par le saint nom de Dieu.
• CONJURER, se dit aussi en parlant Des paroles, des cérémonies par lesquelles de soi-disant magiciens prétendent chasser les démons, détourner les maladies, la tempête, les animaux nuisibles, etc. Conjurer les démons, les esprits malins. Il avait, disait-il, le secret de conjurer la fièvre, de conjurer les orages.
• Fig., Conjurer la tempête, conjurer l'orage, Détourner par prudence, par adresse, un malheur dont on est menacé. Ce prince, voyant une armée de cent mille hommes prête à fondre sur ses États, chercha les moyens de conjurer la tempête.
• CONJURER, se dit quelquefois figurément, dans un sens analogue à celui qui précède, en parlant Des choses morales. Conjurer la colère céleste. Il ne put conjurer sa triste destinée.
• CONJURER, signifie encore, Décider, résoudre une chose, avec une ferme détermination de l'exécuter, de l'accomplir. Dans ce sens, on ne le dit guère qu'en mauvaise part. Ils conjurèrent la ruine de leur patrie. Ils ont conjuré votre perte.
• S'emploie aussi neutralement, et signifie, Former un complot avec une ou plusieurs personnes, contre l'État, contre le prince. Catilina conjura contre la république. Cinna conjura contre Auguste. Dans cette acception, il se prend quelquefois absolument. Cet ambitieux était toujours prêt à conjurer.
• Par extension, Conjurer contre quelqu'un, Agir de concert avec d'autres contre les intérêts de quelqu'un.
• CONJURÉ, ÉE. participe, Il les voyait tous conjurés pour le perdre. Tout semble conjuré contre moi.
• Se dit substantivement de Ceux qui sont entrés dans une conjuration; et alors il s'emploie le plus ordinairement au pluriel. On se saisit des conjurés. C'est un des conjurés.

CONNAISSANCE . s. f.
• L'exercice de cette faculté par laquelle l'âme connaît et distingue les objets. Perdre toute connaissance. Il n'a plus de sentiment ni de connaissance. Elle est restée longtemps sans connaissance. J'eus bientôt repris connaissance. Elle s'est trouvée mal, mais sans perdre connaissance. Un transport au cerveau lui a ôté toute connaissance. Il a eu, il a conservé sa connaissance, toute sa connaissance jusqu'à la mort.
• Être en âge de connaissance, Avoir atteint l'âge où l'on agit avec discernement.
• CONNAISSANCE, signifie également, Idée, notion qu'on a de quelque chose, de quelque personne. La connaissance du bien et du mal. La connaissance de Dieu. La connaissance des hommes, du coeur humain. La connaissance de l'avenir. N'avoir aucune connaissance d'une affaire. La connaissance de cette langue est nécessaire aux commerçants. Toutes les opérations de ce général prouvent qu'il n'a aucune connaissance du pays. Cela est venu à ma connaissance. Je n'en ai aucune connaissance.
• Prendre connaissance d'une chose, d'une affaire, S'en informer, l'examiner, ou S'en faire rendre compte. Il a voulu prendre connaissance de cette affaire. Ce n'est pas à vous à prendre connaissance de mes actions.
• Parler, agir en connaissance de cause, avec connaissance de cause, Parler, agir avec une entière connaissance de ce que l'on dit, de ce que l'on fait.
• Avoir une grande connaissance des affaires, S'entendre très-bien en affaires. Avoir une grande connaissance des tableaux, des pierreries, des livres, etc., Se connaître bien en tableaux, en pierreries, en livres, etc.
• Avoir une grande connaissance de l'histoire, Savoir très-bien l'histoire.
• En termes de Marine, Avoir connaissance d'un navire, avoir connaissance de terre, Apercevoir un navire, la terre.
• CONNAISSANCE, en termes de Jurisprudence, se dit Du droit de connaître de certaines affaires. La connaissance de ce crime appartient à tel tribunal. Attribuer à un juge, à un tribunal la connaissance de certaines causes.
• CONNAISSANCES, au pluriel et absolument, signifie, Savoir, instruction, lumières acquises. Cet homme a bien des connaissances, de grandes, de profondes, de vastes connaissances. Il possède des connaissances très-variées. Tirer parti de ses connaissances. Cet homme n'a pas les connaissances nécessaires pour faire un bon administrateur. Ses connaissances sont très-bornées. Acquérir, amasser des connaissances. Les connaissances humaines. Les découvertes qui étendent chaque jour le cercle de nos connaissances. Propager les connaissances utiles. Dans l'état actuel de nos connaissances.
• CONNAISSANCES, au pluriel, se dit aussi, en termes de Chasse, de Certaines marques imprimées par le pied de la bête qu'on chasse, et auxquelles on reconnaît l'âge et la grosseur de cette bête.
• CONNAISSANCE, se dit encore Des habitudes, des liaisons, des relations qu'on a avec quelqu'un. Cet homme est-il de votre connaissance? À cause de notre ancienne connaissance. Faire de nouvelles connaissances.
• Faire connaissance, Se lier, entrer en relation. Nous fîmes connaissance au bal de monsieur N. Il a fait connaissance avec un tel. On dit aussi, Faire la connaissance de quelqu'un. Il a fait la connaissance d'une femme très-aimable. On dit également, Renouveler connaissance. Ils ont renouvelé connaissance. Il renouvela connaissance avec lui.
• CONNAISSANCE, se dit également Des personnes avec lesquelles on a des liaisons ou des relations. Je vois toujours avec plaisir mes anciennes connaissances. Vous avez là une bien mauvaise connaissance. On doit préférer ses amis à ses connaissances. Ce n'est pas un ami, c'est une simple connaissance. Je n'ai aucune connaissance dans cette ville, à la cour, auprès de ce juge, etc. Je vous donnerai toutes mes connaissances.
• Il n'y avait personne de connaissance à la promenade, au spectacle, etc., Il n'y avait aucune de ces personnes qui sont généralement connues dans le monde.
• Fam., Une figure de connaissance, Une personne que l'on connaît. Je vois là-bas une figure de connaissance.
• Prov., Être, se trouver en pays de connaissance, Se trouver parmi des gens de sa connaissance. Cela s'applique aussi, en général, À toutes les choses que l'on connaît. Vous êtes ici en pays de connaissance. Quand il entra dans cette maison, il fut ravi de se trouver en pays de connaissance. Dans une bibliothèque, il se trouve en pays de connaissance. À présent que vous parlez une langue que j'entends, je suis en pays de connaissance.

CONNAISSANT . adj. m.
• Qui se connaît à quelque chose. On ne l'emploie qu'au pluriel et dans cette phrase de Pratique, Gens à ce connaissants. Dans le langage ordinaire, on dit, Connaisseur.

CONNAISSEMENT .s.m.
• .Commerce maritime. Déclaration contenant un état des marchandises chargées sur un navire, le nom de ceux à qui elles appartiennent, l'indication des lieux où on les porte, et le prix du fret. Tous les connaissements sont signés par le capitaine et par le chargeur.

CONNAISSEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui se connaît à quelque chose. Si vous dites que ce diamant est d'une belle eau, vous n'êtes pas connaisseur. C'est un grand connaisseur en tableaux. Il est bon connaisseur en chevaux. Elle est connaisseuse, c'est une bonne connaisseuse en fait de toilette. Faire le connaisseur. Faire la connaisseuse. Je ne me connais point en ces sortes de choses, je m'en rapporte aux connaisseurs.
• Se dit quelquefois adjectivement. Il porte un oeil connaisseur sur ce tableau.

CONNAÎTRE . v. a.
• Avoir l'idée, la notion d'une personne ou d'une chose. Je ne connais cette personne que de nom, de réputation, de vue. Je connais bien un tel. Je le connais parfaitement. D'où le connaissez-vous? Je le connais pour l'avoir vu en tel endroit. Je connais ce pays-là. Connaissez-vous ma maison? Connaissez-vous le roman intitulé... Voilà un chemin que je ne connaissais pas. Je ne connais pas le nom de cette rue. Je ne connais que ce moyen. Je ne connais rien de plus vil qu'une telle conduite. Tout le monde connaîtra vos indignes procédés. Votre père vous fera connaître ses volontés. Faire connaître son opinion. Ce que nous connaissons de cet écrivain donne une très-haute idée de son talent. Connaître la manière d'un artiste. Cet enfant ne connaît pas encore ses lettres. Connaître Dieu. Connaître le bien et le mal. Vous ne connaissez pas vos forces. Il connaît son faible. Je ne lui connais point de défauts. Ils ne connaissent de bonheur que dans la vertu. Ne lui donnez pas à connaître que... Il connut alors que le danger devenait pressant. Par là vous pouvez connaître combien il est à redouter. On le dit également Des animaux. Ce chien connaît bien son maître. Ce cheval connaît le chemin. La plupart des animaux connaissent les plantes qui peuvent leur être nuisibles.
• Fam., Ne connaître ni Dieu ni diable, N'avoir point de religion.
• Fam., Je ne connais autre, se dit en parlant D'une personne que l'on connaît beaucoup.
• Prov. et fig., Je ne le connais ni d'Adam ni d'Ève, se dit en parlant D'un homme que l'on ne connaît pas du tout.
• Fig., Ne point connaître, ne plus connaître quelqu'un, quelque chose, N'en pas faire acception, ne point le prendre en considération. Il veut que tous soient également soumis à la discipline, et il ne connaît à cet égard ni parents ni amis. Quand il s'agit de ses intérêts, il ne connaît personne, il ne connaît plus personne.
• Ne plus connaître quelqu'un, signifie aussi, Le traiter comme un inconnu, l'oublier, le mépriser. Depuis qu'il est en place, il ne connaît plus ses amis, il ne connaît plus personne. Je ne le connais plus, une telle action lui a fait perdre tous ses droits à mon estime.
• Avec le pronom personnel, Ne point se connaître, ne plus se connaître, se dit D'une personne que la passion met hors d'elle-même. La fureur le transporte, il ne se connaît point, il ne se connaît plus.
• Se faire connaître, Dire son nom, sa qualité aux gens dont on n'est pas connu. Comme on lui refusait l'entrée, il se fit connaître. L'auteur de ce livre ne veut pas se faire connaître, Ne veut pas se nommer. On dit en des sens analogues: Faire connaître qui on est. Ne vouloir pas être connu. Etc.
• Se faire connaître, signifie aussi, Faire ou dire quelque chose qui décèle les dispositions, les qualités bonnes ou mauvaises que l'on a. Caton se fit connaître de bonne heure par son amour pour la liberté. Il s'est fait connaître avantageusement.
• Fam., Je ne connais que cela, se dit en parlant D'une chose qui ne peut être éludée, ou qu'on ne doit pas balancer à faire. Il faut que vous obéissiez, je ne connais que cela. Il résiste, châtiez-le, je ne connais que cela. On dit à peu près de même, Je ne connais qu'une chose, c'est d'agir franchement, c'est d'être sévère, etc.
• Ne connaître que son devoir, que la règle, que la loi, etc., Ne point s'écarter de son devoir, de la loi, de la règle, etc., quelles que soient les circonstances où l'on se trouve, et les personnes avec lesquelles on a affaire.
• Ne connaître que ses intérêts, etc., Ne considérer, n'avoir en vue que ses intérêts, etc.
• CONNAÎTRE, se dit aussi en parlant Des choses qu'on a étudiées, dont on a une grande pratique, un grand usage, auxquelles on s'entend bien. Il voudrait tout connaître. Connaître une langue, une science, un art. Connaître à fond. C'est un homme qui connaît bien la guerre. C'est un bon officier de marine, il connaît très-bien la mer. Connaître les bons livres, les pierreries, les tableaux, etc. Ce naturaliste connaît bien les plantes, les animaux, etc. Je ne parle point de ce que je ne connais pas. Il connaît les ruses du métier. Il a connu tous les secrets du style. Ce que l'expérience nous apprend à connaître. Connaître ses intérêts. Connaître ses devoirs.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des personnes. Je connais bien cet homme, et je peux compter sur lui. Je le connais pour ce qu'il est. Il a trompé bien du monde, on ne le connaissait pas. Je saurai bien le faire connaître et le démasquer. Cet homme gagne à être connu. Je le connais incapable de mentir. Je connais votre coeur. Vous me connaissez mal, si vous m'attribuez de telles intentions. Que vous connaissez peu les hommes! C'est un homme qui connaît bien le monde.
• Se dit quelquefois absolument, dans le sens de S'instruire, s'éclairer. Le désir de connaître.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Prendre une juste idée de soi-même, de ses forces, de sa dignité, etc. «Connais-toi toi-même,» est une des plus belles maximes de la philosophie ancienne. Je me connais, à sa vue il me serait impossible de me contenir. Apprenez à mieux vous connaître, et ne craignez point de si faibles rivaux. Un homme sage et qui sait se connaître.
• Il ne se connaît point, L'orgueil lui fait oublier ce qu'il est.
• Se connaître à quelque chose, en quelque chose, Savoir en bien juger. Il se connaît en mérite, en poésie. Il se connaît en pierreries, en tableaux. Vous connaissez-vous à cela? Je m'y connais mieux que vous. Il ne s'y connaît point du tout.
• CONNAÎTRE, signifie en outre, Avoir des liaisons, des relations avec quelqu'un. Connaissez-vous quelqu'un de mes juges? Je n'en connais pas un. Il connaît tout le monde. Je vous le ferai connaître. Je ne connais point cet homme-là, ni ne veux le connaître.
• S'emploie dans le même sens comme verbe réciproque. Nous nous connaissons depuis longtemps.
• En termes de l'Écriture sainte, Connaître une femme, la connaître charnellement, Avoir avec elle un commerce charnel.
• CONNAÎTRE, signifie quelquefois, Discerner les objets, les distinguer, les reconnaître. Je ne l'ai vu qu'une fois, mais je le connaîtrais entre mille. Il me connut à la voix, à la démarche. La nuit était si noire, qu'on ne pouvait connaître personne. Son style est aisé à connaître.
• CONNAÎTRE, signifie encore, Sentir, éprouver; et il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. On ne connaît point l'hiver à la Martinique. Vous êtes heureux de n'avoir jamais connu le mal de dents, le mal de tête. Les anciens n'ont point connu, ne connaissaient point la petite vérole. Il ne connaissait plus le sommeil. Connaître le plaisir, les plaisirs. Il n'a jamais connu la haine, la jalousie, etc. Son coeur allait bientôt connaître l'amour. Il ne connaît point la crainte. J'ai connu l'infortune. Un peuple qui n'a jamais connu l'esclavage.
• Il signifie aussi, Pratiquer une chose, l'admettre, s'y conformer, s'y soumettre; et, dans ce sens, il se joint ordinairement avec la négation. En Angleterre, on ne connaît point la loi salique. Cet usage n'est point connu dans tel pays. Ce peuple ne connaît point les raffinements du luxe. Sa bouche n'a jamais connu l'imposture. Il ne connaît point ces vains ménagements. Sa rage ne connut plus de frein. Sa charité ne connaît point de bornes. On dit dans un sens analogue, Ce cheval connaît la bride, les éperons, etc.
• Ne point connaître de supérieur, de maître, N'avoir point de supérieur, de maître, ou Prétendre n'en point avoir, et ne vouloir pas obéir. On dit de même: Je ne connais de maître que vous, que lui, etc. Je ne connais ici d'autre maître que moi. Etc.
• Il ne connaît plus rien, Sa passion le domine tellement, qu'aucune considération n'est capable de l'arrêter. Sa fureur ne connaît plus rien.
• CONNAÎTRE, signifie aussi, Avoir autorité pour juger de certaines matières. En ce sens, il se construit toujours avec de ou un équivalent. Ce juge connaît des matières civiles et criminelles. Il en connaît en première instance. Il en connaît par appel. Il ne peut pas connaître de cela.
• CONNU, UE. participe, Le monde connu. Le plus grand des animaux connus. Il n'y a rien de si connu. C'est un homme connu. Il est connu par son mérite. Ce nom m'est connu.
• Se dit substantivement et absolument Des choses que l'on connaît, par opposition à celles qu'on ignore. Pour procéder méthodiquement, il faut aller du connu à l'inconnu.

CONNÉ
, ÉE. adj.
• (On fait sentir les deux N.) .Bot. Se dit De deux parties semblables qui naissent réunies. Les feuilles de plusieurs chèvrefeuilles sont connées.

CONNÉTABLE .s.m.
• On appelait ainsi, en France, Le premier officier militaire de la couronne, qui avait le commandement général des armées. Le connétable de France. La charge de connétable. Le roi le fit connétable, lui donna l'épée de connétable.
• CONNÉTABLE, est aussi Un titre de dignité qui se donne, en d'autres royaumes, à quelques personnes de qualité, dans la maison desquelles il est héréditaire. Ainsi en Espagne il y a un Connétable de Castille, un Connétable de Navarre; et à Rome l'aîné de la maison Colonne s'appelle Le connétable, comme étant Connétable héréditaire du royaume de Naples.
• CONNÉTABLE, est aussi substantif féminin, lorsqu'on parle de La femme d'un connétable. Madame la connétable.

CONNÉTABLIE . s. f.
• On appelait autrefois ainsi La juridiction des maréchaux de France sur les gens de guerre, et sur ce qui regardait la guerre, tant au civil qu'au criminel. Le siége de la connétablie était à Paris. Lieutenant de la connétablie. Archer de la connétablie.
• Il s'est dit aussi de La juridiction des maréchaux de France, pour les affaires qui regardaient le point d'honneur. La connétablie se tenait ordinairement chez le doyen des maréchaux de France, comme représentant le connétable.

CONNEXE . adj. des deux genres
• .Palais. Se dit Des affaires qui ont une certaine liaison les unes avec les autres. Affaires, matières connexes. Délits connexes. Cette cause est connexe à telle autre.

CONNEXION . s. f.
• Liaison que certaines choses ont les unes avec les autres. On ne voit pas la connexion de ces deux idées, de ces deux propositions. Il n'existe aucune connexion entre ces principes et les conséquences qu'on en tire.

CONNEXITÉ . s. f.
• Rapport aperçu entre deux ou plusieurs choses; disposition réciproque qu'ont certaines choses à être jointes. Il y a une grande connexité entre la morale et la jurisprudence. Il n'y a point connexité entre ces deux affaires, entre ces deux causes.

CONNIVENCE . s. f.
• Complicité par tolérance et dissimulation d'un mal qu'on doit ou qu'on peut empêcher. Connivence manifeste. La connivence du magistrat, des juges. La connivence du père a été cause du désordre de ses enfants.
• Il se prend quelquefois pour Complicité. Ils étaient de connivence ensemble pour, etc. Agir de connivence.

CONNIVENT
, ENTE. adj.
• .Bot. Se dit Des parties d'une plante qui tendent à se rapprocher. Anthères conniventes. Feuilles conniventes. Calice connivent, Dont les divisions sont conniventes.

CONNIVER . v. n.
• Participer, en dissimulant, à un mal qu'on peut et qu'on doit empêcher. Un juge qui connive aux concussions d'un greffier, qui connive avec un greffier. Il ne voulut pas se déclarer ouvertement, mais il connivait avec lui. Un percepteur et un receveur qui connivent ensemble. Un père qui connive aux débauches de ses enfants.

CONOÏDE .s.m.
• .Géom. Corps ou solide qui tient de la figure d'un cône.

CONQUE . s. f.
• Grande coquille concave. On voyait dans ce tableau Vénus portée sur une conque. Une conque marine.
• Se dit aussi de Certaines coquilles en spirale, dont, suivant la Fable, les tritons se servaient comme de trompettes.
• Conques anatifères, Espèce de coquilles, ainsi appelées parce qu'on croyait autrefois qu'il s'y formait des canards. Voyez ANATIFE.
• CONQUE, en termes d'Anatomie, La cavité de l'oreille, au fond de laquelle est l'orifice externe du conduit auditif.

CONQUÉRANT .s.m.
• Celui qui a conquis beaucoup de pays, qui a fait de grandes conquêtes. Alexandre fut un grand conquérant. Un redoutable conquérant. Guillaume le Conquérant. On lui donne quelquefois un féminin. Zénobie fut une illustre conquérante.
• S'emploie aussi adjectivement. Un roi conquérant. Un peuple conquérant. Les nations conquérantes.
• Fig. et fam., Avoir l'air conquérant, se dit D'un homme, d'une femme qui se présentent avec une parure dont ils semblent tirer avantage.

CONQUÉRIR . v. a.
• (Il se conjugue comme Acquérir, et n'est guère usité qu'à l'infinitif, au prétérit défini et aux temps composés.) Acquérir par les armes, soumettre, subjuguer. Conquérir une ville, un pays, une province, un royaume. Alexandre conquit l'Asie. César a conquis les Gaules. Les pays qu'il avait conquis sur les Germains. L'ardeur de conquérir.
• S'emploie figurément, surtout au sens moral. Les peuples que ses prédications avaient conquis à la foi. Conquérir tous les coeurs. Par ce noble désintéressement, il a conquis leur estime.
• CONQUIS, ISE. participe, Une province conquise. Le pays conquis. Les villes conquises.

CONQUÊT .s.m.
• .Jurispr. Acquêt fait durant la communauté entre le mari et la femme. Il se joint toujours avec Acquêt. Elle a sa part dans les acquêts et conquêts.

CONQUÊTE . s. f.
• L'action de conquérir, ou La chose conquise. Faire la conquête d'un pays. Belle, grande, glorieuse conquête. Garder ses conquêtes. Étendre ses conquêtes. Agrandir son État par des conquêtes. Pays de conquête. L'amour des conquêtes.
• Vivre comme dans un pays de conquête, Vivre à discrétion.
• CONQUÊTE, s'emploie figurément, surtout au sens moral. Les paisibles conquêtes de la religion. De nouvelles conquêtes étendent chaque jour le domaine de la science.
• Se dit, dans un sens particulier, en parlant De l'amour. La conquête d'un amant. Cette beauté fait tous les jours de nouvelles conquêtes. Cet homme a des qualités aimables, il a fait ma conquête. Je suis sa conquête. J'en veux faire ma conquête.
• Fam., Avoir un air de conquête, se donner des airs de conquête, Avoir l'air conquérant.

CONSACRANT . adj. m.
• Qui sacre un évêque. L'évêque consacrant. Il est aussi substantif. Le consacrant.

CONSACRER . v. a.
• Dédier à Dieu, à quelque divinité, avec certaines cérémonies. Consacrer une église, un autel, un calice. Consacrer une personne à Dieu. Il consacra le nouveau temple à Jupiter, à Junon, etc. Ce bois avait été consacré aux Muses, à Diane, etc. La colombe fut consacrée à Vénus. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Se consacrer à Dieu. Se consacrer au service des autels.
• Il signifie également, Donner, dévouer à Dieu, sans observer aucune cérémonie particulière. Après tant de temps donné au monde, il a consacré le reste de ses jours à Dieu.
• Il signifie figurément, Dévouer, destiner, employer quelque chose à un certain usage. Consacrer sa jeunesse, sa vie, etc., à l'étude, au barreau, à la guerre, à l'exercice des armes, etc. Il consacre ses talents à la défense des libertés publiques. Consacrer son argent à se former une bibliothèque. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Se consacrer à l'étude des langues, des belles-lettres, de la philosophie.
• Consacrer à quelqu'un son temps, ses veilles, ses soins, etc., Lui dévouer son temps, ses veilles, etc.
• CONSACRER, signifie encore, Rendre sacré, saint, vénérable. Ce lieu fut consacré par le sang des martyrs. La piété consacre toutes les autres vertus.
• Il signifie, par extension, Sanctionner, rendre durable. Un monument fut élevé pour consacrer le souvenir de cette victoire. Une gloire que les siècles ont consacrée. Les erreurs, les préjugés que le temps consacre.
• Se dit particulièrement en parlant Des mots, des locutions que l'usage adopte, et qu'on ne peut changer, bien qu'ils ne soient pas toujours selon les règles de l'analogie ou de la grammaire. L'usage consacre des locutions qui sont quelquefois très-vicieuses.
• L'Église a consacré ce mot, Elle l'a déterminé à une signification particulière, hors de laquelle il n'est point d'usage.
• CONSACRER, se dit encore particulièrement De ce que fait le prêtre, lorsqu'il prononce les paroles sacramentales en vertu desquelles le corps et le sang de JÉSUS-CHRIST sont réellement sous les espèces du pain et du vin. Le prêtre consacra autant d'hosties qu'il y avait de communiants.
• CONSACRÉ, ÉE. participe, Un temple consacré à Jupiter. Un autel consacré à la Vierge. Hostie consacrée. Les fonds consacrés à cette dépense. Une expression consacrée par l'usage. C'est une erreur sans doute, mais elle est consacrée. Dans le langage théologique, Consubstantiel et Transsubstantiation sont des mots consacrés, des termes consacrés.

CONSANGUIN
, INE. adj.
• Parent du côté paternel. Il n'est guère usité que dans ces locutions, Frère consanguin, soeur consanguine, Frère, soeur de père seulement; par opposition à Frère utérin, soeur utérine, Frère, soeur de mère seulement, et à Frère germain, soeur germaine, Frère, soeur de père et de mère.
• S'emploie quelquefois substantivement, au pluriel, surtout en Jurisprudence. Les utérins et les consanguins.

CONSANGUINITÉ . s. f.
• (L'U fait diphthongue avec l'I.) Il se disait, chez les Romains, de La parenté du côté du père. Degré de consanguinité.
• Se dit, en Droit canon, et seulement en matière de mariage, de Toute sorte de parenté, soit du côté du père, soit de celui de la mère.

CONSCIENCE . s. f.
• Lumière intérieure, sentiment intérieur par lequel l'homme se rend témoignage à lui-même du bien et du mal qu'il fait. Conscience délicate. Conscience scrupuleuse. Conscience timorée. Conscience bourrelée. Conscience tranquille. Bonne conscience. Conscience erronée. Délicatesse de conscience. Scrupule de conscience. Remords de conscience. Le ver de la conscience. Le cri, les reproches de la conscience. Le tribunal de la conscience. Le for de la conscience. Descendre dans sa conscience. Consulter sa conscience. Faire une chose pour l'acquit de sa conscience. Cela peut se faire en sûreté de conscience, en toute sûreté de conscience. Votre conscience ne vous reproche-t-elle rien? Agir contre sa conscience. Parler contre sa conscience. Parler selon sa conscience. Capituler, transiger avec sa conscience. Capitulation de conscience. On l'emploie très-souvent en matière de religion. Examen de conscience. Directeur de conscience. Diriger les consciences. Troubler les consciences. Cela n'est propre qu'à alarmer les consciences. Liberté de conscience.
• Conseil de conscience, Conseil qui était établi pour régler les affaires ecclésiastiques.
• Cas de conscience, Difficulté ou question sur ce que la religion permet ou défend en certains cas. Proposer un cas de conscience. Résoudre un cas de conscience.
• Par extension, Se faire un cas de conscience d'une chose, Répugner à la faire, par humanité, par loyauté, par délicatesse, etc.
• Faire conscience d'une chose, Faire scrupule d'une chose, parce qu'on croit qu'elle est contre les bonnes moeurs, contre la raison, contre la bienséance. Je ferais conscience d'avoir commerce avec un homme si décrié. Je fais conscience de vous importuner si souvent de la même chose. On dit dans le même sens: Il y a de la conscience à faire telle chose. C'est conscience de faire telle chose. Il y a de la conscience à jouer contre un homme qui ne sait pas le jeu. C'est conscience de le laisser dans l'erreur où il est. Ne faites pas cela, il y aurait conscience.
• Avoir de la conscience, être homme de conscience, Être attentif à ne rien faire qui puisse blesser la conscience. On dit, au contraire, Être sans conscience, n'avoir point de conscience.
• Fam., Avoir la conscience large, N'être guère scrupuleux sur ce qui concerne la probité, le devoir.
• Fam., Il a la conscience nette, Sa conscience ne lui reproche rien.
• Je mets cela, je laisse cela sur votre conscience; Je m'en remets, je m'en rapporte à votre conscience; Vous aurez cela sur votre conscience, Si vous agissez en cela contre votre conscience, vous en répondrez devant Dieu.
• Fig., Mettre la main sur la conscience, Examiner de bonne foi si l'on a fait tort à quelqu'un, si l'on a commis quelque injustice. On dit de même À une personne qu'on presse d'avouer la vérité, de parler franchement: Allons, mettez la main sur la conscience, et dites-nous au juste ce qui en est. Dites-moi, la main sur la conscience, ce que vous pensez de cela.
• Dire tout ce qu'on a sur sa conscience, sur la conscience, Ne rien cacher de ce qu'on sait, de ce qu'on a sur le coeur.
• En conscience, en bonne conscience, En vérité, franchement, selon les règles de la conscience. Je vous le dis en conscience. Ce marchand vend en conscience, il ne surfait point. En bonne conscience, pouvez-vous me demander ce prix? Vous êtes obligé en conscience à cela, de faire cela, etc.
• En conscience, en ma conscience, sur ma conscience. Espèce de serment en usage dans le langage familier.
• Sur mon honneur et ma conscience, devant Dieu et devant les hommes, la déclaration du jury est... Formule qui précède la déclaration d'un jury.
• CONSCIENCE, en termes d'Imprimerie, se dit Du travail pour lequel on s'en rapporte à la conscience de l'ouvrier. Une journée de conscience. Mettre un compositeur en conscience.
• Se dit également de La réunion des ouvriers qui sont habituellement en conscience, et Du lieu où ils travaillent. C'est ordinairement la conscience qui corrige les tierces. Aller à la conscience. Ce compositeur travaille à la conscience.
• CONSCIENCE, se dit aussi, en Métaphysique, de La connaissance qu'on a d'une vérité par le sentiment intérieur. Les hommes ont la conscience de leur liberté. Avoir la conscience de son talent. Conscience intime.

CONSCIENCIEUSEMENT . adv.
• D'une manière consciencieuse, avec conscience, en conscience. Agir consciencieusement. Faire un partage consciencieusement.

CONSCIENCIEUX
, EUSE. adj.
• Qui a la conscience délicate. C'est un homme consciencieux. Il est consciencieux jusqu'au scrupule.
• Se dit quelquefois Des choses qui annoncent une conscience délicate. Travailler d'une manière consciencieuse. Travail consciencieux.

CONSCRIPTION . s. f.
• Inscription et levée annuelle des citoyens qui sont appelés au service militaire. La conscription lui enleva plusieurs de ses enfants. Être appelé pour la conscription. Il était de la dernière conscription. Dans la Législation actuelle, on dit, Recrutement.

CONSCRIT . adj. m.
• Il n'est d'usage qu'en parlant Des sénateurs de l'ancienne Rome, qu'on nommait Les pères conscrits.
• CONSCRIT, se dit substantivement de Ceux qui sont appelés au service militaire. Un conscrit. Une levée de trente mille conscrits. Exercer des conscrits. La loi n'admet plus cette dénomination, qui est encore usitée dans le langage vulgaire.

CONSÉCRATEUR .s.m.
• Il signifie la même chose que Consacrant.

CONSÉCRATION . s. f.
• Action par laquelle une chose est consacrée. La consécration d'un temple, d'une église, d'un calice.
• Se dit, absolument et par excellence, de L'action par laquelle le prêtre consacre quand il célèbre la messe. Avant la consécration. Après la consécration. La consécration étant faite. Les paroles de la consécration.

CONSÉCUTIF
, IVE. adj.
• Qui est de suite. Il ne se dit guère qu'au pluriel, et ordinairement en parlant Des choses qui se suivent immédiatement dans l'ordre du temps. On a publié les bans par trois dimanches consécutifs. Plusieurs fêtes consécutives. Cinq jours consécutifs. Il rapporte trois baux consécutifs.
• En Médec., Phénomènes consécutifs des maladies, se dit de Certains dérangements de fonctions qui persistent après les maladies, ou qui se montrent vers leur déclin.

CONSÉCUTIVEMENT . adv.
• Tout de suite, immédiatement après, selon l'ordre du temps. Il a eu consécutivement trois grandes maladies. Il a exercé consécutivement trois grandes charges.

CONSEIL .s.m.
• Avis que l'on donne à quelqu'un sur ce qu'il doit faire ou ne pas faire. Bon, sage conseil. Conseil prudent, salutaire. Mauvais, pernicieux, dangereux conseil. Conseil intéressé, désintéressé. Conseil violent. Il est l'auteur de ce conseil. Donner conseil, un conseil. Prendre conseil de quelqu'un. Prendre conseil. Suivre le conseil de quelqu'un. Croire un conseil. Je ne demande pas votre conseil sur cela. C'est un conseil à lui donner. C'est un homme de bon conseil. Faire une chose par le conseil, par les conseils de quelqu'un. Je ne ferai rien que par conseil, que par bon conseil. Il m'a aidé de ses bons conseils. Il a rejeté tous mes conseils. Je n'ai pas besoin de ses conseils.
• Se dit figurément en parlant Des choses, des passions, etc., qui nous portent, qui nous déterminent à faire ou à ne pas faire quelque chose. Prendre conseil des événements. N'écouter que les conseils de l'intérêt, de la vengeance. Ne prendre conseil que de sa tête, de son amour, de sa fureur, de son avarice, etc.
• Prov., Ce conseil-là est bon, mais il n'en faut guère user, se dit D'un conseil qu'on ne veut pas suivre.
• Prov., La nuit porte conseil, Il faut prendre le temps de réfléchir, il est bon de remettre au lendemain pour prendre son parti dans une affaire grave.
• Prov., À nouvelles affaires, nouveaux conseils, Il faut régler ses résolutions suivant les différentes occurrences, les différentes conjonctures des affaires.
• Prov., À parti pris point de conseil, Il est inutile de donner des conseils à un homme qui a pris son parti. On dit aussi, À chose faite conseil pris.
• Conseils évangéliques, Les conseils que l'Évangile donne pour parvenir à une plus grande perfection. En ce sens, Conseil s'oppose à Précepte, comme dans ces phrases: Ce n'est pas un précepte, ce n'est qu'un conseil. Cela n'est pas de précepte, cela n'est que de conseil.
• CONSEIL, se dit aussi de La personne dont on prend conseil. Un tel est son conseil. Dans ce sens, il est principalement d'usage au Palais. Cet avocat est le conseil d'un tel. Le conseil soussigné est d'avis... Tout accusé a le droit de se choisir un conseil.
• En Jurispr., Conseil judiciaire, Personne qu'on nomme pour assister dans certains actes celui qui a été déclaré en état de prodigalité. La nomination d'un conseil.
• CONSEIL, se prend quelquefois pour Résolution, parti. Ne m'en parlez plus, le conseil en est pris. Je ne sais quel conseil prendre.
• Se dit quelquefois au pluriel, dans le style élevé, Des vues, des principes qui dirigent une personne; et il s'emploie surtout en parlant Des rois, des gouvernements. La justice préside à tous ses conseils. Il n'y eut dès lors en ses conseils qu'irrésolution et faiblesse.
• Les conseils de Dieu, Les intentions, les desseins de la Providence. Il faut adorer les conseils de Dieu. Les conseils de Dieu sont impénétrables. On dit également au singulier, Le conseil de Dieu? Êtes-vous entrés dans le conseil de Dieu?
• CONSEIL, se dit aussi d'Une assemblée permanente ou d'une réunion extraordinaire, créée ou convoquée pour délibérer, pour donner son avis sur certaines matières. Les membres d'un conseil. Le président, le secrétaire d'un conseil. Assembler le conseil. Le conseil d'un souverain. Conseil suprême. Le roi l'admit dans ses conseils.
• Conseil d'État, Assemblée où se traitent les matières de haute politique et de haute administration. Le Conseil d'État se composait autrefois de conseillers d'État et de maîtres des requêtes. En assemblée générale, et sous la présidence du chancelier ou du garde des sceaux, il prononçait sur les demandes en cassation des arrêts des cours souveraines. Il portait aussi alors les noms de Conseil des parties et de Conseil privé: mais il y avait plusieurs conseils composés seulement de quelques-uns de ses membres; et l'on appelait plus spécialement Conseil d'État, Le conseil particulier où le roi examinait avec ses ministres les affaires relatives à la paix, à la guerre, et en général à la politique étrangère. Le Conseil des dépêches était Celui où se traitaient devant le roi les affaires de haute administration intérieure.
• Aujourd'hui, le Conseil d'État n'a plus dans ses attributions la cassation des arrêts, qui est dévolue à une cour spéciale. Il est chargé de préparer des lois, ordonnances et règlements, de résoudre les difficultés qui s'élèvent en matière administrative, et de juger les appels du contentieux administratif. Le conseil d'État se compose du roi, des ministres secrétaires d'État, de conseillers, de maîtres des requêtes, et d'auditeurs. Les divers comités du conseil d'État. Les appels comme d'abus sont portés au conseil d'État. Avis du conseil d'État.
• Avocat au conseil d'État et à la cour de cassation, Avocat par le ministère duquel doivent être présentées et signées les requêtes adressées au conseil d'État ou à la cour de cassation.
• Conseil privé, Le conseil particulier d'un souverain, par opposition aux conseils publics. On nomme ainsi, en France, La réunion des personnes qui portent le titre de ministres d'État.
• Conseil de cabinet, Le conseil le plus intime du prince. On nomme ainsi, en France, Une réunion de ministres en titre, et de quelques ministres d'État et conseillers d'État, assemblés extraordinairement pour discuter des questions de gouvernement, de législation ou d'administration d'une haute importance. Il y a eu ce matin un conseil de cabinet. Les conseils de cabinet sont présidés par le roi ou par le président du conseil des ministres.
• Conseil des ministres, La réunion des ministres assemblés pour délibérer sur les affaires de l'État en général. Le président du conseil des ministres, ou simplement, Le président du conseil.
• Grand conseil, se disait autrefois d'Une compagnie supérieure qui n'avait point de territoire, et à laquelle ressortissaient les différends qui naissaient entre des présidiaux, les matières bénéficiales, les contrariétés d'arrêts, etc.
• Le conseil d'un grand seigneur. d'une communauté, se disait autrefois de La réunion des hommes de loi choisis pour régler et diriger les affaires d'un grand seigneur, d'une communauté.
• Conseil aulique, était autrefois, en Allemagne, L'un des deux tribunaux suprêmes de l'Empire, où se jugeaient les procès des princes.
• Conseil des Cinq-Cents, et Conseil des Anciens. Noms des deux assemblées ou chambres législatives qui avaient été créées en 1795, lors de l'établissement du Directoire.
• Conseil général de département, Assemblée de notables chargée de-faire la répartition des contributions directes entre les arrondissements, de recevoir le compte annuel que le préfet doit rendre des dépenses départementales, et d'exprimer son opinion sur l'état et les besoins du département.
• Conseil d'arrondissement, Assemblée de notables chargée de la sous-répartition des impositions entre les communes, et de faire valoir les intérêts de l'arrondissement.
• Conseil municipal, Assemblée de notables établie pour connaître et ordonner des affaires de la ville, de la commune. Délibération du conseil municipal. On disait autrefois, Conseil de ville.
• Conseil de préfecture, Juridiction établie dans chaque département pour prononcer en première instance, et sauf le recours au conseil d'État, sur toutes les affaires contentieuses qui sont de la compétence de l'autorité administrative.
• Conseil de guerre, Assemblée que tiennent les officiers généraux d'une armée, ou les officiers principaux d'un détachement, d'une place de guerre, pour délibérer sur le parti qu'on doit prendre en certaines conjonctures.
• Conseil de guerre, se dit aussi d'Un tribunal qui exerce la justice militaire. Conseil de révision, Autre tribunal militaire qui révise les jugements rendus par les conseils de guerre.
• Conseil de recrutement, Assemblée qui se forme tous les ans dans chaque département, pour prononcer sur les dispenses de service militaire.
• Conseil nautique, Conseil établi dans certains ports, et chargé d'examiner la conduite des officiers de marine qui ont commandé un ou plusieurs bâtiments de guerre.
• Conseil de famille, Assemblée de parents, convoquée et présidée par le juge de paix, pour délibérer sur ce qui concerne les intérêts d'un mineur, ou pour donner son avis sur l'état d'une personne dont l'interdiction est demandée. Avis du conseil de famille.
• Il existe ou il a existé beaucoup d'autres conseils dont les attributions sont en général suffisamment indiquées par le second titre qui leur a été donné. Conseil royal de l'instruction publique. Conseil académique. Conseil de discipline. Conseil d'administration. Conseil de santé. Conseil des prises. Conseil du commerce. Conseil de prud'hommes. Conseil de conscience. Etc.
• Chambre du conseil, dans les Tribunaux, La chambre où les juges se retirent pour délibérer, et où ils prononcent sur certaines affaires. Opposition à une ordonnance de la chambre du conseil.
• Prov. et fig., Cet homme a bientôt assemblé son conseil, Il prend brusquement ses résolutions, sans consulter personne.
• CONSEIL, se dit, par extension, Des séances d'un conseil, et Du lieu où siége un conseil. Le roi a présidé le conseil qui s'est tenu ce matin. Assister à un conseil. Le conseil a duré depuis une heure jusqu'à cinq. Après le conseil. Se rendre au conseil. Au sortir du conseil.
• Tenir conseil, se dit, en général, De gens qui se concertent, qui délibèrent entre eux. Ils tinrent conseil entre eux. Il tint conseil avec ses compagnons sur...

CONSEILLER . v. a.
• Donner conseil. Qui vous a conseillé cela? Je ne voudrais pas lui conseiller de faire telle chose. Je vous le conseille en ami. Conseiller à quelqu'un de faire une chose. Conseiller une chose à quelqu'un. Conseiller la paix. Conseiller la guerre. Bien conseiller quelqu'un, le mal conseiller. Qui sont ceux qui le conseillent?
• Se dit quelquefois absolument. C'est un homme qui conseille bien, qui conseille mal, qui conseille sagement.
• CONSEILLÉ, ÉE. participe

CONSEILLER
, ÈRE. s.
• Celui, celle qui donne conseil. Sage, bon conseiller. Mauvais conseiller. Celui qui vous a donné ce conseil est un mauvais conseiller. Il n'a été ni l'auteur ni le conseiller de cette entreprise. Les conseillers du roi, du prince. Les conseillers de la couronne. Le désespoir est un mauvais conseiller. La passion est une conseillère dangereuse.
• Se dit aussi, dans un sens particulier, Des membres de certains conseils. Conseiller d'État. Conseiller de préfecture. Conseiller aulique. Etc.
• Conseiller du roi. Titre d'honneur attaché autrefois à certains offices, et que prenaient aussi les évêques. Conseiller du roi en ses conseils.
• CONSEILLER, s'est dit principalement autrefois Des juges établis pour rendre la justice dans une compagnie réglée. Conseiller au parlement, à la grand'chambre, aux enquêtes, aux requêtes. Conseiller lai. Conseiller clerc. Conseiller à la cour des aides, à la cour des monnaies, au présidial de... au bailliage de... Conseiller au Trésor, aux eaux et forêts, à l'amirauté.
• Se dit encore aujourd'hui d'Un membre de la cour de cassation, d'une cour royale, de la cour des comptes, ou d'un conseil de préfecture. Conseiller à la cour de cassation. Conseiller à la cour royale de Paris. Conseiller auditeur. Conseiller référendaire, conseiller maître à la cour des comptes. Conseiller de préfecture.
• Conseillers d'honneur, Conseillers qui avaient séance et voix délibérative dans certaines compagnies, quoiqu'ils n'eussent point de charge.
• Conseiller honoraire, Conseiller qui jouit du titre et des honneurs, sans avoir de fonction. Autrefois, après vingt ans d'exercice, un conseiller pouvait vendre sa charge, et obtenait des lettres de vétérance.
• Conseillers-nés, Ceux qui avaient droit de séance au parlement en vertu de leur dignité. L'archevêque de Paris, l'abbé de Cluny, et l'abbé de Saint-Denis, étaient conseillers-nés du parlement de Paris.
• Prov. et fig., Ici les conseillers n'ont point de gages, se dit À ceux qui s'ingèrent de donner des conseils, pour leur faire entendre qu'ils ne doivent point en donner, ou qu'ils ont tort d'en donner.
• CONSEILLÈRE, se dit aussi de La femme d'un conseiller. Madame la conseillère. Il vieillit.

CONSENTANT
, ANTE. adj.
• Qui consent. Le mari est consentant. La femme présente et consentante. En êtes-vous consentant? Il ne se dit guère qu'en termes de Pratique.

CONSENTEMENT .s.m.
• Acquiescement à quelque chose. Consentement verbal. Consentement tacite. Consentement exprès. Consentement par écrit. Consentement forcé. Consentement volontaire. D'un commun consentement. Consentement mutuel, unanime. Donner, refuser son consentement à quelque chose. Arracher, extorquer le consentement de quelqu'un. Le consentement des deux parties est nécessaire pour un mariage. Il s'est marié sans le consentement de son père. Il a donné son consentement par écrit. Cela ne s'est pas fait de mon consentement. Il veut faire ce mariage, mais ce n'est pas de mon consentement.

CONSENTIR . v. n.
• Acquiescer à quelque chose, adhérer à la volonté de quelqu'un; trouver bon, vouloir bien. Les parents ont consenti à ce mariage. Pour moi, je n'y puis consentir. Je n'y consentirai jamais. Je consens à tout ce que vous voulez. Je consens à votre demande. Je consens que vous le fassiez. Je consens à partir.
• Prov., Qui ne dit mot, consent, En certains cas, se taire, c'est consentir.
• CONSENTIR, est quelquefois actif: alors il n'est guère d'usage qu'au Palais et dans le langage diplomatique. Consentir la vente, l'adjudication d'une terre, une hypothèque, etc. Le traité qu'il a consenti.
• CONSENTIR, en termes de Marine, se dit D'une pièce de bois qui plie, qui se courbe en cédant à quelque effort, tel que celui du vent. Ce mât, cette vergue a fortement consenti, il faut ménager la voilure.
• CONSENTI, IE. participe, Il n'est guère d'usage qu'au Palais et dans le langage diplomatique. Ajournement consenti par les parties. L'alliance consentie par ce prince.

CONSÉQUEMMENT . adv.
• D'une manière qui marque la juste liaison que des propositions ont les unes avec les autres. Raisonner conséquemment.
• Agir conséquemment, parler conséquemment, Agir, parler conformément à ses vues, à ses principes.
• CONSÉQUEMMENT, signifie aussi, Par une suite raisonnable et naturelle. On a découvert qu'il avait des intelligences avec les ennemis, et conséquemment on l'a arrêté. Dans cette acception, Conséquemment peut être suivi de la préposition à. Il a conduit l'affaire conséquemment à ce qui avait été réglé.

CONSÉQUENCE . s. f.
• Conclusion tirée d'une ou de plusieurs propositions; et, en général, Ce qui dérive, ce que l'on déduit d'un principe, d'un fait, etc. Conséquence directe. Tirer une conséquence. La conséquence qu'on en tire est juste. La conséquence est fausse. La conséquence est mal tirée. Nier une conséquence. Prouver une conséquence. Suivre toutes les conséquences d'un principe, en admettre toutes les conséquences. Les conséquences qui découlent, qui résultent d'un principe. Quelle conséquence déduisez-vous de ce fait, de cette observation?
• Se dit aussi Des suites qu'une action ou quelque autre chose peut avoir. Un exemple de dangereuse conséquence. Cela peut avoir de dangereuses conséquences. Il m'en fit entrevoir toutes les conséquences. Prévoir les conséquences d'une démarche. Si j'ai commis une erreur, je suis prêt à en subir toutes les conséquences.
• Cela tire à conséquence, On pourrait s'en autoriser, s'en prévaloir à l'avenir pour quelque chose de pareil. C'est une grâce que vous pouvez lui accorder d'autant plus facilement, qu'elle ne peut tirer à conséquence. Je lui accorderai sa demande, mais sans que cela tire à conséquence, sans que cela doive tirer à conséquence, ou elliptiquement, sans tirer à conséquence.
• La grâce, la faveur, l'honneur qu'on lui accorde est sans conséquence pour d'autres, ou absolument, est sans conséquence, Il a des droits personnels ou particuliers dont les autres ne peuvent s'autoriser pour obtenir la même grâce.
• CONSÉQUENCE, se prend encore pour Importance. Un homme de conséquence. Un homme de peu de conséquence. Une affaire de nulle conséquence. Cela n'est d'aucune conséquence, est sans conséquence. J'ai des choses de la dernière conséquence à lui dire. Une terre de conséquence. Une charge, un emploi de conséquence. Les deux dernières phrases sont aujourd'hui peu usitées.
• Ce qu'il dit, ce qu'il fait est sans conséquence, On ne doit pas s'en fâcher, on ne doit point y faire attention, parce que c'est un enfant, un jeune étourdi, ou parce que c'est un homme qui n'est nullement considéré, ou parce que son caractère lui a fait prendre l'habitude et lui a valu le privilége de parler et d'agir comme il lui plaît.
• C'est un homme sans conséquence, se dit dans le sens précédent. On le dit aussi quelquefois D'un homme dont l'âge et la réputation mettent à l'abri du soupçon les femmes avec qui il est lié.
• EN CONSÉQUENCE. loc. adv. Conséquemment. J'ai reçu votre lettre, et j'agirai en conséquence.
• S'emploie aussi comme locution prépositive. En conséquence de vos ordres, de vos avis, etc.

CONSÉQUENT
, ENTE. adj.
• Qui raisonne, qui agit conséquemment. Cet homme est conséquent dans ses discours, dans ses projets, dans sa conduite. Être conséquent à soi-même. Être conséquent à ses principes. On dit aussi, Avoir une conduite conséquente à ses principes, une conduite conséquente.

CONSÉQUENT .s.m.
• .Logique. La seconde proposition d'un enthymème; par opposition à Antécédent, qui se dit de La première. Ce conséquent est absurde, ainsi l'antécédent ne peut pas être vrai.
• CONSÉQUENT, en Mathématiques, se prend pour Le second terme d'une raison ou d'un rapport. Dans la raison de trois à quatre, trois est l'antécédent et quatre est le conséquent.
• PAR CONSÉQUENT. loc. adv. En conséquence, donc, par une suite naturelle et nécessaire. Le soleil est levé, par conséquent il fait jour. C'est votre père, et par conséquent vous lui devez le respect. Vous me l'avez promis, et par conséquent vous y êtes obligé.
• S'emploie quelquefois absolument dans la conversation, et alors on sous-entend la conclusion qui résulte naturellement de la première proposition. Vous m'avez donné votre parole, et par conséquent, Et par conséquent vous êtes obligé de la tenir.

CONSERVATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui conserve. Dieu est le créateur et le conservateur de toutes choses. Le prince est le conservateur des biens et de la liberté de ses sujets.
• C'est aussi Le titre que donnent certains emplois. Conservateur des hypothèques. Conservateur des chasses, des eaux et forêts. Conservateur du cabinet des médailles, du cabinet des antiques, etc.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Pouvoir conservateur. Les lois conservatrices de nos libertés.
• Juge conservateur, ou simplement, Conservateur, se disait autrefois d'Un juge établi pour conserver les priviléges accordés à certains corps. Le prévôt de Paris était conservateur des priviléges de l'université.
• Sénat conservateur, Premier corps de l'État en France, sous le régime impérial. Membre du Sénat conservateur.

CONSERVATION . s. f.
• Action par laquelle une chose, une personne est conservée; ou Le résultat de cette action. Ayez soin de la conservation de ces fruits. Veiller à la conservation d'un monument. Chacun a soin de sa conservation. J'ai fait cela pour votre conservation, pour la conservation de la province, etc. Il ne songe qu'à la conservation de sa santé, qu'à sa propre conservation. Je lui dois la conservation de ma vie. Veiller à la conservation de ses droits, de son bien, de sa réputation, de ses priviléges.
• En termes d'Art, Un tableau, une statue, une médaille, etc., d'une belle conservation, Un tableau, une statue, etc., qui sont bien entiers, bien conservés.
• La Conservation de Lyon, Très-ancienne juridiction qui avait été établie à Lyon pour juger les affaires de commerce.
• Conservation des forêts, se disait autrefois de L'administration générale des forêts. On appelle aujourd'hui Conservation forestière, Une division du territoire placée sous la surveillance d'un conservateur des forêts. Il y a vingt et une conservations forestières.
• Conservation des hypothèques, La tenue des registres publics où s'inscrivent les hypothèques résultant de conventions faites entre particuliers. Bureau de la conservation des hypothèques.

CONSERVATOIRE . adj. des deux genres
• Qui conserve. Il est d'usage surtout au Palais. Une opposition, un scellé, sont des actes conservatoires.

CONSERVATOIRE .s.m.
• École gratuite où l'on forme des sujets pour la musique et la déclamation. Conservatoire de musique. Un élève du Conservatoire.
• Conservatoire des arts et métiers, Établissement public où sont exposés les modèles des machines, instruments, etc., dont on fait usage dans les arts, ainsi que les échantillons des divers produits de l'industrie.
• CONSERVATOIRE, s'est dit aussi Des maisons où l'on retire des orphelines, des filles et des femmes, pour les préserver de la débauche.

CONSERVE . s. f.
• Espèce de confiture faite de substances végétales et de sucre. Conserve de roses de Provins. Conserve de Provins. Conserve de violettes, de fleurs d'orange, de framboises, de citron, d'absinthe. Prendre de la conserve. Cette conserve est bonne pour la poitrine.
• CONSERVE, en termes de Marine, se dit d'Un bâtiment qui fait route avec un autre, pour le secourir ou pour en être secouru dans l'occasion. Ce vaisseau perdit sa conserve.
• Naviguer de conserve, aller de conserve, être de conserve, se dit De deux ou de plusieurs bâtiments qui vont de compagnie, qui font route ensemble.
• CONSERVES, au pluriel, se dit d'Une sorte de lunettes qui grossissent peu les objets, et qui conservent la vue. Il se sert de conserves. Il met des conserves. Il prit ses conserves.

CONSERVER . v. a.
• Maintenir en bon état, apporter le soin nécessaire pour empêcher qu'une chose ne se gâte, ne dépérisse. Conserver des fruits. Conserver des meubles. Conserver des habits. Cette femme a grand soin de conserver son teint.
• Se dit aussi Des choses qui servent à en conserver d'autres. Cette pommade conserve le teint. Il y a des lunettes qui conservent la vue. Une vie réglée conserve et fortifie la santé.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Les fruits d'été ne se conservent pas. Les cornichons se conservent dans le vinaigre. Les vins du Rhin se conservent longtemps. Son teint s'est bien conservé. Sa santé s'est bien conservée. Etc.
• CONSERVER, signifie quelquefois simplement, Maintenir dans un certain état; et alors le régime est accompagné d'un adjectif qui exprime cet état. Conserver une chose intacte. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Se conserver pur au milieu de la corruption générale.
• CONSERVER, signifie encore, Faire qu'une personne ou qu'une chose existe, ne périsse pas. Il n'a conservé aucun de ses enfants. Les secours de l'art n'ont pu le conserver à sa famille éplorée. Tout ce qui contribue à conserver notre vie. Aucune partie de ce bel édifice ne put être conservée. C'est un dépôt que je dois défendre et conserver au prix de mon sang. On le dit quelquefois en parlant Des choses morales. L'histoire conserve la mémoire des grandes actions.
• S'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Ce général s'expose trop, il oublie qu'un chef doit se conserver pour ses soldats.
• Se dit, particulièrement, De ceux qui ont beaucoup de soin de leur santé. C'est un homme qui se conservera longtemps, qui sait se conserver, qui a soin de se conserver. Conservez-vous.
• Il signifie, figurément et absolument, Se conduire si bien, si sagement, soit dans des temps de troubles, soit entre des gens divisés d'intérêt ou de contraire humeur, qu'on ne se mette mal avec personne. On a bien de la peine à se conserver entre deux partis si animés l'un contre l'autre. Ce sens est maintenant peu usité.
• CONSERVER, signifie également, Garder quelque chose, ne pas s'en défaire, ne pas y renoncer. À la paix, on ne conserva que tant de régiments. Il a conservé ses anciens domestiques. Il n'a conservé de ses livres, de ses meubles que ceux qui lui étaient absolument nécessaires. Elle ne veut rien conserver de ce qui lui rappelle un ingrat. Je conserve cela pour vous. Je vous conserve cela. Ils ont toujours conservé cet usage. Conservez-moi votre amitié, votre protection, vos bonnes grâces, etc. Il a conservé tout son amour, toute sa haine. Je conserve encore un peu d'espoir. Je conserverai toujours la mémoire de ce bienfait. Ils conservent encore le souvenir de ce grand jour.
• Il signifie également, Ne pas perdre ce qu'on a, ne pas en être dépossédé, privé. Ce prince a conservé toutes ses conquêtes. Il n'a pu conserver qu'une très-faible partie de son bien. Conserver son emploi. Conserver son rang. Cet homme est si difficile à vivre, qu'il ne peut conserver un seul de ses amis. Cette ville conserve quelques restes de son antique splendeur. Conserver sa tranquillité. Conserver son sang-froid, toute sa présence d'esprit. Conserver le jugement. Conserver son innocence, son honneur, sa réputation. Conserver ses droits, ses priviléges. Conserver l'estime, les bonnes grâces de quelqu'un.
• Conserver sa tête, toute sa tête, Conserver son jugement, soit dans la vieillesse, soit dans des circonstances critiques.
• CONSERVER, s'emploie quelquefois absolument. Ce n'est pas tout que d'acquérir, il faut savoir conserver.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le sens passif d'Être conservé, subsister. Cet usage s'est toujours conservé. Les traditions qui se conservent chez un peuple. Le souvenir de cette grande époque se conserve encore parmi eux.
• CONSERVÉ, ÉE. participe, Une terre bien conservée, Dont la chasse est bien gardée. Cette locution a vieilli.
• Cette médaille est bien conservée, ce tableau, ce monument est bien conservé, se dit D'une médaille, d'un tableau, etc., qui ont encore toute leur beauté, toute leur fraîcheur.
• Être bien conservé, se dit Des personnes d'un âge avancé qui ont encore un air de fraîcheur et de santé.

CONSIDÉRABLE . adj. des deux genres
• Puissant, éminent, digne de considération. C'est un personnage fort considérable. Il s'est rendu considérable. Il tient un rang considérable.
• Se dit aussi Des choses qui ont de l'importance par la grandeur, le nombre, la quantité, etc. Ouvrage considérable. Un temps considérable. Somme considérable. Dépense considérable. Armée considérable. Maladie, blessure considérable. Avantage considérable.

CONSIDÉRABLEMENT . adv.
• Beaucoup. Il a perdu considérablement dans cette affaire. Ce travail est considérablement avancé.

CONSIDÉRANT .s.m.
• Se dit collectivement Des remarques, des réflexions, des motifs qui précèdent le dispositif d'une loi, d'un arrêt, etc.; et quelquefois de Chacune de ces remarques, etc. Le considérant de cette loi est très-bien fait. Le premier, le second, le troisième considérant d'un arrêt. Les considérants d'un arrêt.

CONSIDÉRATION . s. f.
• Action par laquelle on considère, on examine. Cela est digne de considération. Cela mérite considération, demande une longue considération, beaucoup de considération.
• Cela est de peu de considération, Cela est de peu d'importance, n'est guère à considérer. Cette circonstance doit être de peu de considération pour vous.
• CONSIDÉRATIONS, au pluriel, signifie, Réflexions, observations. On ne l'emploie guère que dans les cas indiqués par les exemples suivants: Il a écrit des Considérations sur l'histoire de France. Son ouvrage est intitulé, Considérations sur le Commerce, sur les Finances, etc.
• CONSIDÉRATION, signifie aussi, Circonspection, attention dans la conduite. C'est un homme qui agit sans considération, qui n'apporte aucune considération dans ce qu'il dit, dans ce qu'il fait.
• CONSIDÉRATION, signifie encore, Raison, motif. Une considération importante. Il a fait cela par telle considération. Il y a été obligé par de grandes considérations, par de puissantes considérations. Diverses considérations l'ont porté à cette démarche. Il s'y est vu contraint par des considérations d'honneur et d'intérêt. Pesez bien toutes ces considérations. Aucune considération ne saurait le retenir.
• CONSIDÉRATION, se dit aussi de L'égard qu'on a pour quelqu'un. C'est à votre considération qu'il en a usé si bien. C'est en votre considération qu'il l'a fait. Si ce n'était la considération d'un tel. Il n'a de considération pour personne. Si l'on vous pardonne, c'est par considération pour votre père.
• Mettre, faire entrer, prendre quelque chose en considération, Y avoir égard. Le roi prendra vos services en considération, fera entrer vos services en considération. On dit aussi, En considération de, Eu égard à. Cette place lui fut accordée en considération des services que sa famille avait rendus à l'État.
• CONSIDÉRATION, se dit pareillement Des égards qu'obtiennent les talents, les vertus, ou que les dignités et les charges attirent. C'est un homme de grande considération, qui s'est acquis une grande considération, qui a beaucoup de considération. Il est en haute considération, en grande considération. C'est un emploi qui donne peu de considération. Cet homme a perdu toute sa considération. Il n'a nulle considération dans le monde. Il ne jouit d'aucune considération. On n'a nulle considération pour lui. C'est un homme de peu de considération, de nulle considération, sans considération dans le monde, sans considération.
• Je suis avec considération, avec une parfaite considération, avec une considération distinguée, avec une haute considération, etc. Formules, plus ou moins polies, par lesquelles on termine quelquefois les lettres qu'on écrit.

CONSIDÉRER . v. a
• Regarder attentivement. Considérer un édifice. Considérer un tableau. J'ai longtemps considéré cet homme-là pour le mieux reconnaître. Je considérais son geste, son maintien, etc.
• Il signifie aussi figurément, Examiner attentivement, faire attention à quelque chose. Considérer une affaire sous tous ses aspects. Considérer une chose en elle-même, ou dans ses rapports avec une autre. Il faut bien considérer les choses avant que de s'engager. Considérez, je vous prie, telle chose. Quand vous aurez tout considéré, tout bien considéré, vous trouverez que... Considérez un peu ce que vous faites. Vous ne considérez pas le travail qu'il y a dans cet ouvrage. C'est un homme qui ne considère rien. Considérez quels avantages il vous reviendra de votre bonne conduite. Considérez combien ce parti vous serait avantageux. Il faut considérer que la chose était fort difficile.
• Il signifie particulièrement, Avoir égard. Considérez les longs services qu'il vous a rendus. Un juge intègre ne considère ni les personnes, ni les recommandations.
• Il signifie encore, Estimer, faire cas. Il était considéré, il était fort considéré à la cour. Vous devriez le considérer davantage. Je ne considère ni sa fortune, ni ses richesses. Je ne considère que son mérite. C'est un homme que je considère beaucoup.
• CONSIDÉRER, signifie aussi, Juger, réputer; et, dans ce sens, il se joint avec l'adverbe comme. Je le considère comme le plus habile écrivain de notre époque. Ses soldats le considéraient comme un père. On doit considérer cet événement comme la source de tous nos malheurs.
• CONSIDÉRÉ, ÉE. participe, Tout bien considéré, Tout étant examiné.
• En termes de Pratique, Ce considéré, il vous plaise...

CONSIGNATAIRE .s.m.
• Celui qui est préposé à la garde des dépôts et consignations. Le consignataire délivra les fonds.
• Se dit plus ordinairement, dans le Commerce maritime, Du négociant ou commissionnaire auquel on adresse soit un navire, pour qu'il en opère le désarmement et le réarmement, soit les marchandises chargées sur un bâtiment, pour qu'il les reçoive en dépôt ou se charge de les vendre.

CONSIGNATION . s. f.
• Dépôt d'une somme ou d'autre chose entre les mains d'une personne publique; et La somme ou l'objet que l'on dépose. Consignation judiciaire. Faire une consignation au greffe. Frais de consignation. Il n'a pas assez d'argent pour la consignation qu'on lui demande. Accepter une consignation. Des sommes qui restent en état de consignation.
• Au Palais, Consignation d'amende, Action de déposer, préalablement à certains actes, le montant de l'amende qui peut être encourue par l'événement d'un procès.
• Caisse des dépôts et consignations, Caisse publique établie pour recevoir seule les consignations et les dépôts, faire le service des fonds de retraite, et remplir toutes les attributions, l'amortissement excepté, qui étaient d'abord confiées à la caisse d'amortissement. Le caissier des consignations.
• Dans le Commerce maritime, Ces marchandises sont à la consignation d'un tel, Il est chargé de les recevoir comme consignataire.

CONSIGNE . s. f.
• Ordre, instruction que l'on donne à une sentinelle, à une vedette, au chef d'un poste, sur ce qui doit être l'objet de sa surveillance, et sur ce qu'il doit faire ou empêcher, etc. Donner la consigne. Observer la consigne. Manquer à la consigne. Violer la consigne. Changer la consigne. Lever la consigne. Caporal de consigne. Les factionnaires se transmettent la consigne.
• Se dit, par extension, Des ordres, des instructions qu'on donne à toute personne chargée de garder l'entrée de quelque lieu public. La consigne est de ne laisser entrer personne sans billet. Forcer la consigne.
• Se dit aussi, dans les Villes de guerre, d'Un homme placé aux portes, pour tenir un registre exact de tous les étrangers qui entrent dans la ville.

CONSIGNER . v. a.
• Déposer une somme entre les mains de quelqu'un, pour qu'elle soit délivrée en temps et lieu à qui il appartiendra. Consigner de l'argent au greffe, chez un notaire, etc. Si vous ne voulez pas recevoir votre argent, je le consignerai. Il est sorti de prison, après avoir consigné la somme pour laquelle on l'avait arrêté. Il a consigné l'argent pour faire juger son procès. Consigner l'amende, avant de présenter une requête en cassation. Je suis convenu de lui donner mille francs s'il fait telle chose, et je les ai consignés.
• Consigner en papier, Donner un billet portant obligation de la somme que l'on doit consigner.
• CONSIGNER, dans le Commerce maritime, signifie, Adresser à un consignataire. Il n'a pas voulu recevoir les marchandises qui lui étaient consignées.
• CONSIGNER, signifie encore figurément, Rapporter, citer dans un écrit. Ce fait est consigné dans nos annales. Cette circonstance a été consignée au procès-verbal.
• CONSIGNER, signifie également, Donner des ordres, des instructions à une sentinelle, à une vedette pour ce qu'elle devra faire en tel ou tel cas. On lui a consigné de ne laisser entrer personne. On lui a consigné d'empêcher les voitures de passer.
• Consigner quelqu'un, Donner des ordres pour empêcher qu'il ne sorte. Les soldats furent tous consignés dans leurs casernes. On l'a consigné pour huit jours.
• Fig., Je l'ai consigné à ma porte, J'ai donné ordre qu'on ne le laissât point entrer.
• CONSIGNÉ, ÉE. participe

CONSISTANCE . s. f.
• L'état où sont certaines choses fluides lorsqu'elles deviennent épaisses, et qu'elles prennent un certain degré de solidité. Cette composition n'a pas assez de consistance. Il faut que cela ait plus de consistance, il faut y donner un peu plus de consistance. De la gelée, du blanc-manger qui n'a pas assez de consistance. Faire évaporer un liquide jusqu'à consistance de sirop, d'électuaire, etc.
• Il signifie aussi, L'état d'un corps dont les parties sont liées entre elles de manière à offrir une certaine résistance. La cire a moins de consistance que la résine. Ce bois n'a pas assez de consistance. Ce corps n'a pas acquis toute sa consistance. Ce terrain n'a point de consistance, il est sablonneux, fangeux, etc. Prendre de la consistance.
• Âge de consistance, état de consistance, Âge, état où les animaux, les arbres, etc., ont acquis tout leur développement et ne croissent ni ne diminuent.
• État de consistance, se dit, par extension, en parlant De tout ce qui est susceptible d'accroissement, et ensuite de diminution. Toutes les choses du monde ont leur état d'accroissement, de consistance et de diminution.
• Fig., Les affaires sont dans un état de consistance, Elles sont dans une situation à ne pas changer sitôt.
• CONSISTANCE, signifie figurément, Stabilité, fixité, permanence. Les choses du monde n'ont point de consistance. Cet établissement commence à prendre de la consistance, acquiert de la consistance.
• Le temps qu'il fait n'a point de consistance, Il y a peu de stabilité dans le temps, le temps est mal assuré.
• Fig., Ce bruit, cette nouvelle, etc., prend, acquiert de la consistance, Ce bruit, cette nouvelle, etc., devient moins vague, commence à se confirmer.
• C'est un esprit qui n'a point de consistance, c'est un esprit sans consistance, se dit D'une personne qui n'est pas ferme dans ses résolutions, dans ses opinions, etc., et qui en change aisément.
• C'est un homme sans consistance dans le monde, ou simplement, sans consistance, Sans crédit, sans considération.
• CONSISTANCE, en termes de Pratique, Ce en quoi consiste une succession ou un domaine et ses dépendances. La consistance d'une succession. Donner un état de la consistance d'une terre.

CONSISTANT
, ANTE. adj.
• Qui consiste. Une terre consistante en bois, en terres labourables, prés, etc.
• CONSISTANT, en Physique, signifie, Qui a quelque degré de solidité. Les corps consistants et les corps fluides.

CONSISTER . v. n.
• Se dit De l'état d'une chose considérée en son essence, ou en ses propriétés et qualités. La perfection de l'homme consiste dans le bon usage de sa raison. La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos. En quoi faites-vous consister la sagesse? Cette différence consiste en ce que...
• Le tout consiste à savoir... se dit De ce qu'il y a de principal et de plus important dans une affaire, dans une question, dans une difficulté.
• CONSISTER, signifie particulièrement, Être composé, formé de. Son revenu consiste en rentes, en blés, etc. Une pièce de terre qui consiste en tant d'arpents. Cette maison consiste en une cour, en tant d'appartements, en tant de chambres, etc. La flotte consistait en trente vaisseaux. On dit dans un sens analogue, Le commerce de ce pays consiste en blés, vins, fourrages, etc.

CONSISTOIRE .s.m.
• Assemblée des cardinaux, convoquée par le pape, pour les consulter et leur demander leur avis sur quelques affaires importantes. Cela fut résolu en plein consistoire. Les préconisations d'évêchés se font dans le consistoire. Lorsque le pape fait des cardinaux, il les déclare dans le consistoire. Le pape tint consistoire. Entrer au consistoire.
• Se dit aussi Du lieu où se tient ordinairement cette assemblée. Au sortir du consistoire.
• CONSISTOIRE, se dit également de L'assemblée des ministres et des anciens de la religion protestante, pour délibérer des affaires de leurs églises. Les anciens du consistoire. Les membres du consistoire. On se plaignit de lui au consistoire. On le manda au consistoire. Il fut repris en plein consistoire.
• Consistoire israélite, Conseil qui dirige les affaires de la religion judaïque, parmi les Israélites d'un pays.

CONSISTORIAL
, ALE. adj.
• Qui appartient au consistoire que le pape tient. Congrégation consistoriale. Matière consistoriale. Jugement consistorial. Les officiers, les avocats consistoriaux.
• Bénéfices consistoriaux, Les évêchés, abbayes, et autres bénéfices, dont les bulles sont demandées et expédiées par voie de consistoire.
• CONSISTORIAL, se dit aussi quelquefois De ce qui appartient à un consistoire protestant ou israélite. Écoles consistoriales.

CONSISTORIALEMENT . adv.
• En consistoire, selon les formes du consistoire. Cela fut jugé consistorialement.

CONSOLABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être consolé. On ne le dit que Des personnes. Sa perte est si grande, qu'il n'est pas consolable.

CONSOLANT
, ANTE. adj.
• Qui console, qui est propre à consoler. Ce que vous me dites là n'est guère consolant. Sa conscience lui rend le consolant témoignage qu'il n'a rien fait pour mériter ses malheurs. Une nouvelle consolante. Les promesses de la religion sont bien consolantes pour les malheureux. Il est consolant de penser qu'on a fait son devoir.
• Fam., Cet homme-là n'est guère consolant, Ce qu'il dit n'est pas fait pour consoler, pour rassurer.

CONSOLATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui console, qui s'efforce de consoler. Dieu est le consolateur de nos âmes, le consolateur des malheureux, des pauvres, des affligés. Il a été toute sa vie le consolateur des prisonniers, des malades. Il fat mon consolateur. Un consolateur maladroit. Sa fille fut sa consolatrice.
• Se dit quelquefois adjectivement, tant Des personnes qui consolent, que Des choses propres à consoler. Ange consolateur. Espoir consolateur.
• L'esprit consolateur, ou simplement, Le consolateur, Le Saint-Esprit.

CONSOLATIF
, IVE. adj.
• Propre à consoler. Se dit Des personnes et des choses. Cet homme n'est pas consolatif. C'est un moyen consolatif. Cette nouvelle est peu consolative. Il est familier et peu usité: on dit ordinairement, Consolant.

CONSOLATION . s. f.
• Soulagement donné à l'affliction, à la douleur, au déplaisir de quelqu'un. Grande consolation. Douce consolation. Triste consolation. Procurer des consolations. Donner, apporter de la consolation. Recevoir de la consolation. Un grand sujet de consolation Faites cela pour ma consolation. Être sans consolation. Être privé de toute consolation. Elle n'eut pas, avant d'expirer, la consolation de revoir son fils.
• Se dit aussi d'Un véritable sujet de satisfaction et de joie. C'est une grande consolation pour un père, de voir ses enfants se porter au bien.
• CONSOLATION, se dit également Des discours, des raisons que l'on emploie pour consoler quelqu'un; et, dans ce sens, il se met fort souvent au pluriel. Adresser des consolations à quelqu'un. Recevoir des consolations. Repousser les consolations de ses amis. Les consolations de l'amitié. Des consolations indiscrètes. C'est parmi vous que j'irai chercher des consolations. Les consolations spirituelles. C'est une triste consolation que vous me donnez là. Écrire une lettre de consolation.
• Se dit encore quelquefois de La chose ou de la personne même qui console. La philosophie est sa consolation, sa seule consolation. Vous êtes ma consolation. Je n'ai point d'autre consolation que vous. Dieu est toute ma consolation. Elle est le soutien et la consolation de ma vieillesse.
• CONSOLATION, à certains Jeux de cartes, Tribut que paye le joueur qui a demandé à jouer et qui perd. Une fiche de consolation.
• Fig. et fam., Fiche de consolation, Dédommagement de quelque perte, adoucissement à quelque disgrâce, etc. Il était presque ruiné; mais il vient de recueillir un petit héritage: c'est une fiche de consolation.

CONSOLE . s. f.
• Pièce d'architecture, saillante et ornée, qui sert à soutenir une corniche, un balcon, etc. Toute la façade était ornée de consoles qui soutenaient des bustes de marbre.
• Se dit aussi d'Une espèce de meuble en forme de console, qui sert à orner les appartements, et sur lequel on pose des bronzes, une pendule, des vases, etc.

CONSOLER . v. a.
• Soulager, adoucir, diminuer l'affliction, la douleur d'une personne, par des discours, par des soins, ou de quelque autre manière que ce soit. Consoler les affligés, les malades. Consoler par lettres. Consoler la douleur, l'affliction de quelqu'un. On n'a pas eu de peine à le consoler. Il est déjà tout consolé. On l'emploie quelquefois absolument. Cet homme ne sait pas consoler. En parlant de Dieu, du temps, Ayons recours à celui qui console.
• Se dit également Des choses qui donnent, qui apportent de la consolation. Cet espoir me console. Peu de chose suffit pour consoler un enfant. Ce bien le console de la perte de tous les autres. Ses soins consolaient ma vieillesse.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Se consoler aisément. Il ne peut se consoler de la perte qu'il a faite. Je ne me consolerai jamais d'avoir perdu son estime. Il se console avec ses amis. Elle s'est bientôt consolée. Se consoler avec Dieu.
• CONSOLÉ, ÉE. participe

CONSOLIDANT . adj. m.
• .Médec. Se dit Des médicaments que l'on a crus propres à affermir et à cicatriser les parties divisées d'une blessure. Des médicaments consolidants. On l'emploie aussi substantivement. Employer les consolidants.

CONSOLIDATION . s. f.
• Se dit, en Médecine, de L'action par laquelle une plaie se cicatrise, ou par laquelle des os fracturés se réunissent, ainsi que Du résultat de cette action. La consolidation d'une plaie. La consolidation d'une fracture.
• Se dit aussi, figurément, de L'action par laquelle une dette publique est consolidée, et Du résultat de cette action. La consolidation de la dette publique.
• En Jurispr., La consolidation de l'usufruit à la propriété, La réunion de l'usufruit à la propriété.

CONSOLIDER . v. a.
• Rendre ferme, rendre solide. Consolider un édifice. Consolider une charpente.
• Se dit, en Médecine, Des plaies, des fractures, etc.; et alors il s'emploie souvent avec le pronom personnel. Cette plaie n'a pu encore se consolider. La fracture commence à se consolider, est tout à fait consolidée.
• S'emploie aussi figurément. Consolider une alliance, un traité. Il voulut consolider sa puissance.
• En Jurispr., Consolider l'usufruit à la propriété, Réunir l'usufruit à la propriété.
• CONSOLIDER, signifie également, Assigner un fonds pour assurer le payement d'une dette publique. Le gouvernement a consolidé ces sortes de rentes.
• CONSOLIDÉ, ÉE. participe, Cinq pour cent consolidés. Le tiers consolidé.
• Subst., Les consolidés, Sorte de fonds anglais. Les consolidés sont en hausse, ont baissé à la dernière bourse.

CONSOMMATEUR .s.m.
• .Théologie. Celui qui perfectionne. Il ne s'emploie que dans certaines phrases consacrées. JÉSUS-CHRIST est l'auteur et le consommateur de notre foi.
• CONSOMMATEUR, se dit, en Économie politique, de Ceux qui achètent des marchandises pour leur usage, et non pour les revendre. Souvent, c'est par opposition à Producteur qu'on l'emploie. Les producteurs et les consommateurs. Les producteurs sont aussi consommateurs. La concurrence des producteurs est avantageuse aux consommateurs.

CONSOMMATION . s. f.
• Action de consommer, achèvement, accomplissement, perfection. La consommation d'un ouvrage. La consommation des prophéties. La consommation d'une affaire. La consommation d'un sacrifice.
• Se dit, en Matières bénéficiales, de L'action par laquelle un patron, laïque ou ecclésiastique, consomme le droit qu'il a de nommer à un bénéfice. Les provisions d'un bénéfice font pour cette fois la consommation du droit de collateur.
• La consommation des siècles, des temps, La fin des siècles, la fin du monde.
• La consommation du mariage, L'union charnelle des époux, après la cérémonie nuptiale.
• CONSOMMATION, se dit aussi de L'action de se servir des choses qui se détruisent par l'usage. Grande consommation de bois, de blé, de sel. La production s'accroît en raison de la consommation. Je n'ai dans ma cave que le vin nécessaire à ma consommation. Impôt sur les consommations.
• Se dit quelquefois de La vente, du débit des marchandises. Quand le commerce ne va pas, les marchands disent qu'il n'y a pas de consommation.

CONSOMMÉ .s.m.
• Bouillon fort succulent d'une viande extrêmement cuite. Bon consommé. Faire un consommé. Prendre un consommé. Il ne vit que de consommés. Un consommé de perdrix. Un consommé de chapon.

CONSOMMER . v. a.
• Achever, accomplir, mettre en sa perfection. Consommer un ouvrage, une affaire. Dieu consomma en six jours l'ouvrage de la création. Consommer un sacrifice. On dit dans un sens analogue, Consommer un crime.
• En Jurispr., Consommer son droit, se dit Quand le droit qu'on a en quelque chose a eu son effet. Ce collateur a consommé son droit par la nomination d'un tel. Le droit de retrait d'un seigneur était consommé quand il avait reçu ses lods et ventes.
• Faire consommer de la viande, La faire tellement cuire, que presque tout le suc, toute la substance soit dans le bouillon. Prenez une rouelle de veau, un chapon, etc., et faites consommer tout cela.
• CONSOMMER, se dit aussi en parlant Des choses qui se détruisent par l'usage, comme vin, viande, bois, et toutes sortes de provisions. Consommer des denrées. Consommer des fourrages. Consommer des provisions de bouche. Se dit quelquefois absolument. On consomme beaucoup dans cette maison.
• Se dit, à peu près dans le même sens, en parlant D'une chose qui exige, pour sa préparation, pour son assaisonnement, une quantité assez considérable d'une autre chose. Ces confitures consomment beaucoup de sucre.
• CONSOMMÉ, ÉE. participe, Une soupe bien consommée, Qui a cui longtemps.
• Il signifie adjectivement, Parfait. Sagesse consommée. Prudence consommée. Vertu consommée. Science consommée.
• Il signifie de même, en parlant Des personnes, Très-savant, fort expérimenté. Un homme consommé en science, en toute sorte de sciences. Être consommé dans un art. Un général consommé. C'est un courtisan consommé.

CONSOMPTIF
, IVE. adj.
• .Médec. Il s'est dit autrefois Des caustiques propres à consumer les chairs, etc.
• Il s'employait comme substantif, au masculin. Un consomptif.

CONSOMPTION . s. f.
• Se dit en parlant De certaines choses qui se consument. Il se fait une grande consomption de bois dans ce fourneau. La victime fut brûlée jusqu'à l'entière consomption. La consomption des espèces sacramentelles, dans l'eucharistie.
• Se dit plus ordinairement d'Un amaigrissement progressif qui précède la mort dans la plupart des maladies chroniques, et surtout dans la phthisie pulmonaire. Tomber en consomption. État de consomption. Consomption dorsale. Fièvre de consomption.
• Être malade de consomption, se dit abusivement D'une personne qui dépérit.

CONSONNANCE . s. f.
• .Musiq. Accord de deux sons entendus simultanément, et dont l'union plaît à l'oreille. Il y a des consonnances parfaites et des consonnances imparfaites: les parfaites sont l'unisson, la quinte et l'octave; les imparfaites sont la tierce et la sixte.
• Il signifie aussi, Uniformité, ressemblance de son dans la terminaison des mots. Les rimes sont des consonnances. Dans la prose, on évite les consonnances de mots. Une consonnance choquante.

CONSONNANT
, ANTE. adj.
• .Musiq. Qui donne, qui produit une consonnance; ou Qui est formé par des consonnances. Intervalle consonnant. Accord consonnant.
• Mots consonnants, Mots qui ont une terminaison semblable. On dit aussi, Terminaisons consonnantes.

CONSONNE . adj. des deux genres
• Se dit De toutes les lettres de l'alphabet qui n'ont point de son par elles-mêmes, et qui ne peuvent se prononcer qu'étant jointes à des voyelles. L'alphabet est composé de lettres voyelles et de lettres consonnes. Le j se nommait autrefois i consonne.
• Il est beaucoup plus usité comme substantif féminin. Les voyelles et les consonnes. B, c, d, sont des consonnes. L'x est une consonne double qui équivaut à ks. Quand une consonne est redoublée au milieu d'un mot, on n'en prononce ordinairement qu'une seule, comme dans Abbé, connaître, dictionnaire.

CONSORTS .s.m. pl.
• .Pratique. Ceux qui ont intérêt avec quelqu'un dans un procès, dans une affaire civile, etc. On l'a condamné lui et ses consorts à payer solidairement.
• Se dit quelquefois, dans le langage ordinaire, de Ceux qui sont liés à un chef de parti, de cabale; et alors il se prend toujours en mauvaise part. Un tel et consorts.

CONSOUDE . s. f.
• .Bot. Genre de plantes, dont une espèce, la Grande consoude ou Consoude officinale, est employée en médecine contre les hémorragies et les diarrhées. Sirop de grande consoude.

CONSPIRANT
, ANTE. adj.
• On appelle, en Mécanique, Puissances conspirantes, Celles qui agissent sous la même direction, et qui concourent à produire le même effet.

CONSPIRATEUR .s.m.
• Celui qui conspire pour quelque mauvais dessein. Il ne se dit guère que de Celui qui conspire contre le prince, contre l'État, contre les personnes publiques. C'était un des conspirateurs. C'est un conspirateur.

CONSPIRATION . s. f.
• Conjuration, dessein formé secrètement par plusieurs personnes contre l'État, contre les puissances auxquelles on doit obéir. Grande, dangereuse, horrible conspiration. Conspiration contre l'État, contre la vie du prince. Ourdir, tramer, faire, machiner, former une conspiration. Il est le chef, l'auteur, l'âme de la conspiration. Découvrir une conspiration.
• Se dit aussi De quelques affaires particulières, et se prend presque toujours en mauvaise part. Il y a une conspiration contre vous. On a fait une conspiration pour lui enlever cette place, pour le porter à cette place.

CONSPIRER . v. n.
• Être unis d'esprit et de volonté pour quelque dessein bon ou mauvais. Conspirer unanimement. Ils conspirent tous à même fin. Ils conspirent au bien public. Ils conspirent ensemble pour rétablir l'ordre et la justice. Tout le monde conspire à l'élévation, à la ruine, à la destruction de... Ils conspirèrent ensemble pour s'opposer à ses progrès. Ils ont conspiré contre le prince, contre l'État.
• Se dit figurément Des choses qui contribuent au même effet. Tout conspirait à la gloire du monarque, à la félicité de l'État. Tous les événements de cette année ont conspiré au bonheur de l'empire. Tout conspire à mon bonheur. Tout conspirait à me nuire. Tout conspire contre lui, contre ses intérêts. Tout conspire en sa faveur, tout conspire pour lui. Mes désirs conspiraient avec les vôtres.
• Il est aussi verbe actif. Ils ont conspiré la ruine de l'État. Il a conspiré ma mort, conspiré ma perte.
• CONSPIRER, quand il est dit absolument, signifie toujours, Faire une conspiration contre l'État ou contre le prince. Le gouvernement eut avis que l'on conspirait dans cette ville.
• CONSPIRÉ, ÉE. participe

CONSPUER . v. a.
• Cracher sur quelque chose. Il ne s'emploie qu'au figuré, pour dire, Mépriser d'une façon marquée. On le conspua partout où il osa se montrer. Cet ouvrage a été honni et conspué. Il est familier.
• CONSPUÉ, ÉE. participe, Un auteur conspué.

CONSTABLE .s.m.
• C'est, en Angleterre, le titre de certains officiers publics qui ont des attributions analogues à celles de nos commissaires de police. Le constable d'une paroisse.

CONSTAMMENT . adv.
• Avec constance, fermeté, persévérance. Souffrir constamment. Aimer constamment. S'attacher constamment à quelque chose. Suivre constamment un dessein. Nier constamment un fait. Soutenir constamment ce qu'on a avancé.
• Il signifie aussi, Invariablement, toujours. Les astres suivent constamment la route qui leur fut tracée. Il a été constamment heureux. On l'a vu constamment se dévouer au bien public.
• Il signifie encore, Certainement, indubitablement, assurément. Je ne sais pas s'il a fait telle chose, mais constamment il a dit... Cette nouvelle est constamment vraie. Ce sens vieillit.

CONSTANCE . s. f.
• Vertu par laquelle l'âme est affermie contre les choses qui sont capables de l'ébranler, telles que la douleur, l'adversité, les tourments, etc. Grande, belle, rare, admirable, merveilleuse, invincible, inébranlable constance. Montrer, témoigner, faire paraître sa constance, de la constance. S'armer de constance. Opposer sa constance à la douleur, à la fortune, etc. Souffrir, endurer avec constance. Il a eu bien de la constance. Rien ne peut lasser, ébranler sa constance. La fortune a exercé, a éprouvé la constance de ce philosophe. La constance affermit l'homme, soutient l'homme contre les adversités.
• Il signifie quelquefois, Persévérance. Il a poursuivi ce dessein avec beaucoup de constance. Il faut qu'il ait eu bien de la constance pour ne point se lasser pendant un si long temps. Travailler avec constance. Sa constance dans le mal me désespère. Aimer avec constance. La constance de son amour, de son amitié. Il n'a point de constance en amour. La constance d'un amant.
• Se dit quelquefois, familièrement, en parlant D'une personne qui supporte un désagrément avec beaucoup de patience, ou qui met une persévérance opiniâtre à ce qu'elle fait. Il faut que vous ayez bien de la constance pour supporter tant de caprices. Il attend depuis ce matin à cette porte, quelle constance! C'est la sixième fois que vous recommencez! vous avez de la constance.

CONSTANT
, ANTE. adj.
• Qui a de la constance, de la fermeté dans le malheur, dans les douleurs. Il a montré une âme constante dans les plus grands revers. Constant dans les tourments. Constant dans ses maux. Il est ferme et constant dans l'adversité.
• Il signifie encore, Persévérant, qui ne change pas. Il est constant dans ses desseins, dans son travail. Constant dans la foi. Constant en amour, dans son amour. Un coeur constant. Une constante volonté. Une ferme et constante résolution. Il a l'esprit très-constant.
• Se dit figurément Des choses qui demeurent toujours ou longtemps en même état. Fortune fixe et constante. Bonheur constant. Constante prospérité. État constant et immuable. Tout change en ce monde, il n'y a rien de constant. Santé constante. Tradition constante.
• Vents constants, Vents qui soufflent toujours dans la même direction, tels que les vents alizés et les moussons.
• En Géom., Quantités constantes, Quantités qui demeurent toujours les mêmes; par opposition Aux quantités variables, qui changent continuellement.
• CONSTANT, signifie aussi, Certain, indubitable. Il n'en faut pas douter, la chose est constante, très-constante. Le fait est constant. Il demeure constant que... Il est très-constant que... Cela est constant, passe pour constant. On me l'a donné pour constant. C'est une vérité constante parmi les philosophes, parmi les publicistes, etc.

CONSTATER . v. a.
• Établir la vérité d'un fait par des preuves certaines, s'en assurer. Il faut constater ce fait avant que d'en tirer aucune induction. Je veux constater le fait.
• Il signifie aussi, Recueillir, consigner une chose dans un acte fait avec solennité. Constater une chose par procès-verbal. Les changements qu'on fait à un contrat de mariage doivent être constatés par acte notarié.
• Se dit également Des actes, des écrits qui font foi de quelque chose. Toutes les pièces de la procédure constatent que...
• CONSTATÉ, ÉE. participe, C'est un fait bien constaté. Il est constaté par un grand nombre de pièces, de preuves, d'expériences.

CONSTELLATION . s. f.
• (On prononce les deux L.) Assemblage d'un certain nombre d'étoiles fixes, auquel on a supposé une figure, soit d'homme, soit d'animal, et donné un nom, pour le distinguer des autres assemblages de même espèce. Les astronomes ont divisé le ciel en différentes constellations. L'influence que les astrologues attribuaient aux constellations sur les destinées humaines. Les douze constellations qui composent le zodiaque fixe. La constellation de la Vierge, du Taureau, etc.
• Fig., Être né sous une heureuse, sous une malheureuse constellation, Être habituellement heureux ou malheureux dans les vicissitudes de la vie.

CONSTELLÉ
, ÉE. adj.
• (On prononce les deux L.) T. d'Astrologie. Qui est fait sous l'influence supposée de certaine constellation. Anneau constellé. Pierre constellée. C'est une superstition de l'astrologie, que d'attribuer des vertus à des anneaux constellés.

CONSTER . v. n. impersonnel
• Être évident, être certain. Il ne s'emploie guère qu'au Palais, où l'on dit: Il conste de cela. Il conste par tel acte que...

CONSTERNATION . s. f.
• Étonnement accompagné d'abattement de courage. Grande, profonde consternation. Consternation générale. Cela causa une telle consternation dans les esprits, dans la ville, que... Cette perte fut suivie d'une consternation universelle. Sa famille était dans la dernière consternation.

CONSTERNER . v. a.
• Frapper d'étonnement, et abattre le courage. Cette nouvelle consterna les esprits. Cette perte les a tous consternés. Il fut tellement consterné de cette mort, que...
• CONSTERNÉ, ÉE. participe, Vous me voyez consterné. Air consterné. Visage consterné.

CONSTIPATION . s. f.
• État de celui qui est constipé. Une si longue constipation est dangereuse.

CONSTIPER . v. a.
• Resserrer le ventre de telle sorte qu'on ne peut aller librement à la selle. Ces fruits-là, ces sortes de viandes constipent ceux qui en mangent, ou absolument, constipent.
• CONSTIPÉ, ÉE. participe, Il est constipé, toujours constipé.

CONSTITUANT
, ANTE. adj.
• T. didactique. Se dit Des choses qui en constituent d'autres, qui entrent dans leur composition. Parties, molécules constituantes.
• CONSTITUANT, en style de Notaire, se dit D'une personne qui constitue procureur, qui donne procuration; ou D'une personne qui crée, qui établit une rente, etc., en faveur de quelqu'un. En outre, ledit sieur constituant, ladite dame constituante lui a donné pouvoir de... a déclaré... On le dit aussi substantivement, Le constituant.
• L'assemblée constituante. Nom que reçurent les états généraux, formés en assemblée nationale, lorsqu'ils décrétèrent la constitution de 1791.
• CONSTITUANT, se dit quelquefois substantivement d'Un membre de l'assemblée constituante. Un constituant.

CONSTITUER . v. a.
• Composer un tout. Se dit De deux ou plusieurs choses unies ensemble pour former un tout, comme en étant les parties. L'âme et le corps constituent l'homme. La matière et la forme constituent le corps physique.
• Se dit également en parlant De ce qui fait l'essence d'une chose. Cette action ne constitue point un délit. Ce qui constitue le poëme dramatique, c'est...
• CONSTITUER, signifie aussi, Faire consister. Les philosophes constituent l'essence de l'homme dans la raison. Ils constituent le souverain bien dans la vertu. Dans ce sens, il est du langage didactique, et il a vieilli.
• Il signifie encore, Établir, mettre. Je l'ai constitué mon procureur. Constituer avoué. Il est constitué en dignité. Qui vous a constitué juge? Cette résistance les constitue en état de rébellion. Constituer en état de suspicion. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Se constituer juge dans sa propre cause. Se constituer partie civile dans un procès criminel.
• En termes de Palais, Constituer quelqu'un prisonnier, Le mettre en prison. On dit aussi avec le pronom personnel, Se constituer prisonnier, Se rendre en prison.
• Constituer quelqu'un en frais, en dépense, Être cause qu'il fait des frais, des dépenses.
• Constituer une rente, une pension, Créer une rente, une pension. Il m'a constitué une rente de tant, sur le plus clair de son bien. Il a constitué à son fils une pension de telle somme, pour lui tenir lieu d'aliments.
• Constituer une dot, constituer telle somme, tel héritage en dot, Établir une dot, assigner une dot sur tels deniers, sur tel héritage.
• CONSTITUÉ, ÉE. participe, Un tout constitué de telles et telles parties. Un homme constitué en dignité. Tout son bien est en rentes constituées.
• Les autorités constituées, les corps constitués, Établis par la constitution ou les lois du pays.
• Être bien ou mal constitué, avoir le corps bien ou mal constitué, Être de bonne ou de mauvaise complexion, être bien ou mal conformé au dedans.
• Fig., État, gouvernement bien constitué, Auquel de bonnes lois assurent de la stabilité.

CONSTITUTIF
, IVE. adj.
• Qui constitue essentiellement une chose. La divisibilité est une propriété constitutive de l'étendue.
• Se dit, en Jurisprudence, Des actes qui établissent un droit. Titre constitutif de propriété.

CONSTITUTION . s. f.
• Composition. La forme et la matière entrent essentiellement dans la constitution des corps.
• La constitution de l'air, ou La constitution atmosphérique, L'état de l'air.
• CONSTITUTION, signifie aussi, L'ordre et l'arrangement des parties d'un tout. La constitution des parties du corps humain. La constitution du monde.
• Se dit particulièrement Du tempérament, et de la complexion du corps humain. Bonne, forte constitution. Constitution robuste. Constitution délicate. Il est de bonne constitution, de mauvaise constitution.
• CONSTITUTION, se dit figurément de La forme d'un gouvernement. La constitution de l'État monarchique exige que, etc.
• Se dit également d'Une charte ou loi fondamentale qui détermine la forme du gouvernement, et qui règle les droits politiques des citoyens. Donner, établir une constitution. La France a eu successivement plusieurs constitutions. La constitution de telle époque. Jurer le maintien de la constitution. Violer la constitution. La constitution anglaise. La constitution américaine. On dit quelquefois, au pluriel, Les constitutions d'un État, L'ensemble, le recueil de ses lois fondamentales
• Constitution civile du clergé, Organisation du clergé français, décrétée par l'assemblée constituante, le 12 juillet 1790.
• CONSTITUTION, signifie, dans une acception plus étendue, Ordonnance, loi, règlement. On ne le dit guère qu'en parlant De législation ancienne, ou en matière ecclésiastique. Les constitutions des empereurs. Les constitutions impériales. Les constitutions canoniques. La constitution ou bulle Unigenitus. Constitutions apostoliques. Les constitutions d'un ordre religieux. Faire des constitutions. Enfreindre, violer les constitutions. La constitution de tel empereur porte que...
• CONSTITUTION, se dit encore de L'établissement, de la création d'une rente, d'une pension; et Les rentes mêmes s'appellent des Constitutions. Constitution de rente. Un contrat de constitution. Il a pour cent mille francs de constitutions. Il a mis la plus grande partie de son bien en constitutions. On dit, dans un sens analogue, en Jurisprudence, Constitution de dot.
• En termes de Pratique, Constitution d'avoué, Déclaration que tel avoué occupera pour telle partie, dans un procès. Cette assignation est nulle, on y a omis la constitution d'avoué. Donner acte à un avoué de sa constitution, lorsqu'elle est faite à l'audience.

CONSTITUTIONNALITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est constitutionnel. La constitutionnalité d'une loi, d'une ordonnance.

CONSTITUTIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui est soumis à une constitution. Gouvernement constitutionnel. Monarchie constitutionnelle. Roi constitutionnel.
• Il signifie également, Propre au gouvernement constitutionnel, ou Conforme à la constitution de l'État. Les formes constitutionnelles. Cet acte n'est pas constitutionnel. La conduite de ce ministre n'est guère constitutionnelle.
• Il signifie quelquefois, Qui est partisan de la constitution. Le parti constitutionnel. Dans ce sens, on l'emploie souvent comme substantif. Tous les vrais constitutionnels pensent ainsi.
• CONSTITUTIONNEL, en Médecine, se dit Des affections qui tiennent à la constitution de l'individu. Maladie constitutionnelle.

CONSTITUTIONNELLEMENT . adv.
• D'une manière constitutionnelle. Agir constitutionnellement.

CONSTRICTEUR . adj. et s. m.
• T. d'Anat. Se dit Des différents muscles dont l'action est de resserrer quelque partie. Le s muscles constricteurs Les constricteurs d u pharynx. Les constricteurs du vagin.

CONSTRICTION . s. f.
• T. didactique. Resserrement. On l'emploie surtout dans le langage médical.

CONSTRINGENT
, ENTE. adj.
• T. didactique. Qui resserre.

CONSTRUCTEUR .s.m.
• Celui qui construit, qui connaît l'art de construire. Un bon, un savant constructeur. L'art du constructeur. Constructeur de vaisseaux. Ingénieur-constructeur.

CONSTRUCTION . s. f.
• Action de construire. On a interrompu la construction de cet édifice, de ce vaisseau. Navire en construction. Navire de construction anglaise. Chantier de construction ou de marine. La construction d'une machine. La construction d'un baromètre, d'un thermomètre, etc.
• Se dit quelquefois Des édifices mêmes que l'on construit. De vastes constructions vont être commencées. Faire de nouvelles constructions.
• Il signifie aussi, L'art de construire des édifices ou des navires. Cet homme entend fort bien la construction.
• Il signifie encore, L'assemblage, la disposition des matériaux, des diverses parties d'un édifice, d'un navire, d'une machine, etc. Bonne construction. La construction de ce palais est belle et solide. Ce pont est d'une construction parfaite. La construction de ce vaisseau ne laisse rien à désirer. La construction de cette machine est très-ingénieuse.
• Se dit quelquefois figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit. La construction de ce poëme n'est pas régulière, n'est pas heureuse.
• CONSTRUCTION, en termes de Géométrie, se dit de La figure qu'on trace, et des lignes qu'on tire pour résoudre un problème. On dit dans un sens analogue, La construction d'une carte géographique.
• CONSTRUCTION, figurément et en termes de Grammaire, signifie, L'arrangement des mots suivant les règles et l'usage de la langue. Construction grammaticale. La construction de cette phrase est fort bonne, est régulière, est vicieuse, louche. Construction elliptique. Cette construction est grecque, latine, etc. Il n'y a pas là de construction. Défaut, vice de construction, etc.
• Faire la construction d'une phrase, ou simplement, Faire la construction, Disposer suivant l'ordre direct ou analytique, les mots d'une phrase qui renferme une inversion.

CONSTRUIRE . v. a.
• Bâtir, faire un édifice, un navire, etc. Construire une maison, un palais. Il a fait construire deux pavillons. Construire un pont. Cela est construit avec de bons matériaux. Construire un vaisseau. Construire un bateau, une barque. Construire une machine. On dit de même, Construire un baromètre, un thermomètre, etc.
• En Geom., Construire une figure, La faire, la tracer. Construire un polygone. On dit de même, Construire une carte géographique.
• Fig., Construire un poëme, Arranger, disposer toutes les parties d'un poëme. Pour bien construire un poëme, il faut avoir beaucoup d'imagination et de jugement. Ce poëme a été construit avec beaucoup d'art.
• CONSTRUIRE, figurément et en termes de Grammaire, signifie, Arranger des mots suivant les règles et l'usage de la langue. Construire une phrase. Cette période est bien construite.
• CONSTRUIT, ITE. participe

CONSUBSTANTIALITÉ . s. f.
• .Théologie. Unité et identité de substance. Les ariens niaient la consubstantialité du Fils avec le Père.

CONSUBSTANTIEL
, ELLE. adj.
• .Théologie dont on se sert en parlant Des personnes de la trinité, pour dire qu'Elles n'ont qu'une seule et même substance. Les trois personnes de la trinité sont consubstantielles. Le Fils est consubstantiel au Père, avec le Père.

CONSUBSTANTIELLEMENT . adv.
• .Théologie. D'une manière consubstantielle. Le Fils est consubstantiellement un avec le Père.

CONSUL .s.m.
• L'un des deux magistrats qui avaient la principale autorité dans la république romaine, et dont les fonctions ne duraient qu'un an. Créer, faire, élire des consuls. Continuer un consul. Il fut trois fois consul. Il fut nommé consul pour la troisième fois. En l'année où Cicéron et Antoine étaient consuls.
• Il s'est dit, en France, Des trois magistrats suprêmes auxquels la constitution de l'an VIII avait confié le gouvernement de la république. Premier consul. Le second et le troisième consul avaient seulement voix consultative. Consul à vie.
• CONSUL, se dit aussi d'Un officier ou agent établi dans un port étranger, pour y exercer une certaine juridiction sur les négociants et les marins de la nation qu'il représente, pour y défendre leurs intérêts, etc. Consul de France à Smyrne. Le consul d'Alep. Consul général. Consul français. Consul anglais. Vice-consul.
• CONSUL, dans certaines municipalités du royaume, se disait autrefois de Ceux qu'on appelait Échevins à Paris et ailleurs.
• Il se disait à Paris, et dans quelques autres villes, de Juges pris parmi les marchands et les négociants, pour connaître sommairement de certaines affaires urgentes en matière de commerce. Les consuls des marchands. Il fut assigné par-devant les consuls, par-devant les juges-consuls. Par sentence des consuls. Les tribunaux de commerce ont remplacé les juges-consuls.
• CONSULS, au pluriel, signifiait aussi, La juridiction, le tribunal des consuls. Dans cette acception, l'on disait: Avoir une affaire aux consuls. Assigner aux consuls.

CONSULAIRE . adj. des deux genres
• Qui appartient aux consuls romains. Dignité consulaire. Les faisceaux consulaires. Pouvoir consulaire.
• Famille consulaire, Celle où il y avait eu un consul romain. Homme consulaire, personnage consulaire, ou simplement, Consulaire, Celui qui avait été consul.
• Provinces consulaires, Celles où l'on n'envoyait pour commandants que des personnes de dignité consulaire.
• Gouvernement consulaire, Celui qui fut établi en France par la constitution de l'an VIII, et dans lequel l'autorité suprême était exercée par trois consuls.
• CONSULAIRE, s'est dit aussi De ce qui appartenait aux juges-consuls. La juridiction consulaire. La jurisprudence consulaire.

CONSULAIREMENT . adv.
• À la manière des juges-consuls. Demande jugée consulairement.

CONSULAT .s.m.
• Dignité de consul. Demander, briguer, obtenir le consulat. Le consulat était la première dignité dans la république romaine.
• Il signifie, par extension, Le temps pendant lequel on exerçait la charge de consul. Sous le consulat, pendant le consulat d'un tel. Son consulat fut remarquable par...
• Se dit absolument, en France, Du gouvernement consulaire, et Du temps pendant lequel ce gouvernement a existé. L'établissement du consulat. Sous le consulat. A l'époque du consulat.
• CONSULAT, se dit encore de La charge de consul dans un port étranger. Il a obtenu le consulat d'Alexandrie, le consulat de New-York. Consulat général. Le consulat de telle ville a été supprimé.
• Se dit également Du lieu où demeure un consul, où il a ses bureaux. Aller au consulat d'Angleterre. La chancellerie d'un consulat.
• CONSULAT, s'est dit également de L'emploi des officiers municipaux qui portaient le nom de Consuls.

CONSULTANT . adj. m.
• Qui donne avis et conseil. S'emploie principalement dans ces deux dénominations: Avocat consultant, Celui qui ne plaide pas, qui donne seulement son avis et son conseil par écrit sur les affaires litigieuses. Médecin consultant, Celui qui donne des conseils aux malades, sans les suivre habituellement dans le cours de leurs maladies.
• S'emploie aussi comme substantif. Un tel était au nombre des consultants.
• Il signifie quelquefois, dans une acception contraire, Celui qui consulte, qui demande conseil à un avocat, à un médecin. Les consultants ont telle voie pour attaquer l'acte qu'on leur oppose. L'incommodité dont le consultant se plaint, ne peut point avoir de suites fâcheuses.

CONSULTATIF
, IVE. adj.
• Que l'on consulte; qui est institué pour donner des avis, des conseils sur certaines matières. Comité consultatif de l'artillerie. Comité consultatif et permanent d'administration. Chambres consultatives de commerce.
• Avoir voix consultative, Avoir le droit de dire son avis, mais sans que cet avis soit compté dans les délibérations. Les évêques ont voix délibérative dans les conciles; mais les docteurs n'y ont que voix consultative.

CONSULTATION . s. f.
• Conférence que l'on tient pour consulter sur quelque affaire, ou sur une maladie. Grande, longue consultation. La maladie est grave, on doit faire une consultation. Ils furent longtemps en consultation. Les médecins n'ont rien résolu après une longue consultation. Les avocats sont entrés en consultation. Il lui faut tant pour sa consultation, pour son droit de consultation.
• Au Palais, Le banc des consultations, la chambre des consultations, le pilier des consultations, se disait autrefois Des lieux où l'on trouvait les avocats consultants, et où l'on allait pour avoir leurs avis.
• CONSULTATION, signifie aussi, L'avis pat écrit que les avocats ou les médecins donnent touchant l'affaire, touchant la maladie sur laquelle on les consulte. Mémoire à consulter et consultation pour un tel. J'ai produit, j'ai fait voir la consultation de cet avocat, de ce médecin. Il a signé sa consultation.
• Se dit quelquefois, au contraire, Du mémoire à consulter. Cet avocat n'a pas encore répondu à ma consultation.

CONSULTER . v. a.
• Prendre avis, conseil ou instruction de quelqu'un. Consulter l'oracle. Consulter les devins. Consulter les avocats. Consulter les médecins. Il consulta les experts. Il a consulté les docteurs, consulté les casuistes sur ces points-là. Mémoire à consulter. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Se consulter soi-même. Je n'ai rien à vous dire là-dessus, c'est à vous à vous consulter. Vous êtes-vous bien consulté? Irai-je ou n'irai-je pas? je me consulte. Il se consulte avant de répondre.
• Fig. et fam., Consulter son chevet, Se donner le temps de délibérer sur une chose, passer la nuit avant que de se déterminer.
• CONSULTER, se dit aussi en parlant Des choses qu'on examine pour y chercher des éclaircissements, des indices, etc. Consulter les astres. Consulter ses livres. Consulter les faits. Consulter les auteurs. J'ai consulté tous les historiens. Consultons l'histoire. Ce chien semble consulter les yeux de son maître, et vouloir deviner sa pensée.
• Fig., Consulter le miroir, consulter son miroir, Se regarder, s'ajuster au miroir.
• CONSULTER, se dit encore figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, en parlant Des choses qui peuvent inspirer ou régler nos déterminations. Ne consulter que la justice. Consulter sa conscience. Consulter ses forces. Consulter son devoir. C'est un homme qui ne consulte que ses intérêts, que son goût, que sa passion, etc. Il part, sans consulter le péril qui le menace.
• CONSULTER, employé absolument, signifie, Conférer ensemble, délibérer. Ils consultèrent ensemble. Il en veut consulter avec ses amis. Les avocats ont consulté sur cette affaire. Les médecins ont consulté sur sa maladie. Il consulta très-longtemps avant de se décider.
• CONSULTER, se dit aussi en parlant De la chose sur laquelle on prend conseil. Consulter une affaire, une maladie. Cette affaire a été consultée aux meilleurs avocats. Cette maladie a été consultée aux plus grands médecins. Ce sens vieillit.
• CONSULTÉ, ÉE. participe

CONSULTEUR .s.m.
• Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Consulteur du saint-office, Docteur commis par le pape, pour donner son avis sur quelques matières qui regardent la foi ou la discipline. Plusieurs consulteurs du saint office ont donné leur avis sur cette question.

CONSUMANT
, ANTE. adj.
• Qui consume. Un feu consumant.

CONSUMER . v. a.
• Détruire, user, réduire à rien. Le feu consuma ce grand édifice en moins de deux heures. La victime fut consumée par le feu. Ce flambeau sera bientôt entièrement consumé. Le temps consume toutes choses. La rouille consume le fer. Cette maladie le consume. Il consume tout son bien en débauches. Il a consumé tout son patrimoine.
• Se dit particulièrement Des affections, des sentiments pénibles qui, à la longue, font tomber dans le dépérissement. Les ennuis, les chagrins le consument. Être consumé de regrets. Un feu secret la consume lentement.
• Il signifie aussi, Employer sans réserve. J'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage. Ils consument leur vie dans ces pénibles travaux.
• CONSUMER, avec le pronom personnel, signifie, Dissiper son bien, détruire sa santé, épuiser ses forces, etc. Il se consume en procès, en dépenses, etc. Il se consume de tristesse et d'ennui. Se consumer en regrets, en efforts inutiles. Se consumer dans les austérités.
• Il signifie quelquefois, Employer son temps et sa peine a faire une chose difficile ou futile. Se consumer sur un ouvrage. Ils se consument en de vains débats.
• Absol., Cet homme se consume, Il dépérit, soit par le travail, soit par le chagrin, soit par quelque cause intérieure et active.
• CONSUMÉ, ÉE. participe, Consumé de veilles, de travaux, d'austérités.

CONTACT .s.m.
• (Les deux consonnes finales se prononcent.) Action ou état de deux corps qui se touchent. Le contact de deux corps. Point de contact. Il y a des maladies qui se communiquent par le contact. Contact médiat. Contact immédiat.
• S'emploie quelquefois, au figuré, dans le sens de Liaison, relation. Dès que le commerce eut mis ces peuples en contact avec les nations civilisées.

CONTAGIEUX
, EUSE. adj.
• Qui se prend et se communique par contagion. Une fièvre contagieuse. Un mal contagieux. La peste est une maladie contagieuse.
• Il signifie aussi, Qui sert à la contagion, qui la favorise. Principe contagieux. Air contagieux.
• Se dit, figurément, Du vice, de l'erreur, de la rébellion, de l'hérésie, et de toutes les choses moralement mauvaises ou fâcheuses qui se communiquent par la fréquentation ou par l'exemple. Une erreur contagieuse. Un vice, un exemple contagieux. Tout le monde le fuit, on dirait que son malheur est contagieux.
• Se dit quelquefois, dans une acception analogue, De certaines choses qui n'ont rien de pernicieux. Le rire est contagieux.

CONTAGION . s. f.
• Communication d'une maladie par le contact médiat ou immédiat. Ce mal se prend par contagion.
• Se dit souvent aussi d'Une maladie qui se communique par contagion, et surtout de La peste. Grande contagion. Il y a de la contagion en tel pays. La contagion est dans telle ville. Les ravages de la contagion. La contagion a dépeuplé cette contrée. Pendant la contagion. Il est malade de la contagion.
• Se dit figurément, dans l'un et dans l'autre sens, De toutes les mauvaises choses qui se communiquent par la fréquentation ou par l'exemple. La contagion des mauvaises moeurs. La contagion du vice, de l'hérésie. Cette manie est une véritable contagion.

CONTAMINATION . s. f.
• Souillure. Contamination légale. Suivant la loi de Moïse, il y avait plusieurs sortes de contaminations. Il est vieux.

CONTAMINER . v. a.
• Souiller. Dans la loi de Moïse, ceux qui touchaient les morts, qui mangeaient des animaux qu'elle avait déclarés immondes, étaient contaminés. Il est vieux.
• CONTAMINÉ, ÉE. participe

CONTE .s.m.
• Se dit, en général, d'Un récit d'aventures imaginaires, soit qu'elles aient de la vraisemblance ou qu'il s'y mêle du merveilleux. Contes de fées. Les contes arabes. Les contes de Boccace, de la Fontaine, etc. Contes en vers. Contes en prose. Dire, faire un conte. Réciter un conte. Un conte bien long. Un conte divertissant, agréable, ennuyeux, etc. Un vieux conte. Ce n'est pas une histoire véritable, c'est un conte.
• Fam., Conte de bonne femme, conte de vieille, contes d'enfants, conte de ma mère l'oie, conte de la cigogne ou à la cigogne, conte de Peau-d'âne, conte à dormir debout, conte bleu, conte borgne, Fables ridicules et dépourvues de toute vraisemblance, telles que sont celles dont les vieilles gens entretiennent et amusent les enfants.
• CONTE, se dit aussi, familièrement, Des histoires plaisantes, vraies ou fausses, que l'on dit pour amuser, railler, médire, etc. Le conte est véritable. C'est un conte fort plaisant. Un bon conte. Un mauvais conte. Faites-nous le conte de ce qui se passa. C'est un homme qui fait bien un conte. Il embellit, il enrichit, il enjolive, il brode un peu le conte. Vous oubliez telle particularité, elle est encore du conte. On fait d'étranges contes sur cet homme-là.
• Pop., Conte gras, Conte licencieux.
• CONTE, se dit encore Des discours mensongers ou sans vraisemblance qu'une personne tient à une autre, sérieusement ou par plaisanterie. Ce sont des contes. Faire des contes. C'est un grand faiseur de contes. Il nous amuse ici avec ses contes. Il est venu me faire des contes pour m'engager à cela. N'écoutez pas cet homme, ce qu'il vous dit n'est qu'un conte fait à plaisir. Ce n'est qu'un conte en l'air. Ce n'est qu'un conte. Quel conte! je ne vous crois point. Ironiquement, Voilà un beau conte, de beaux contes!

CONTEMPLATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui contemple. Se dit surtout de Celui qui contemple de la pensée seulement. Un contemplateur perpétuel. Un grand contemplateur. Contemplateur des merveilles de Dieu, des secrets de la nature. Le féminin est peu usité.

CONTEMPLATIF
, IVE. adj.
• Qui se plaît, qui s'attache à contempler de la pensée. Homme fort contemplatif. Esprit contemplatif. Philosophie contemplative.
• Vie contemplative, Celle qui se passe presque toute dans la méditation, par opposition à La vie active. S'adonner à la vie contemplative.
• CONTEMPLATIF, se dit quelquefois substantivement, surtout en parlant de Ceux qui se dévouent à la vie d'oraison et de méditation. Les extases des contemplatifs.

CONTEMPLATION . s. f.
• Action de contempler. Profonde, grande, perpétuelle contemplation. Il est toujours en contemplation. Rester en contemplation. Il est en contemplation devant cette femme. La contemplation des choses divines. S'adonner à la contemplation. La contemplation des astres.
• En contemplation, signifiait, dans les anciens contrats et traités, En considération. Le père, en contemplation de cette alliance, de ce mariage, a cédé, a donné... Les deux princes, en contemplation de la paix, ont relâché de leurs prétentions.

CONTEMPLER . v. a.
• Considérer attentivement, soit avec les yeux, soit par la pensée. Il y a longtemps que je contemple cet homme sans pouvoir le reconnaître. Contempler un édifice, un tableau, etc. Contempler une belle femme. L'univers vous contemple. Contempler le ciel. Contempler les astres. Contempler les merveilles de la création. Contempler la vérité. Contempler la grandeur et les perfections de Dieu. Contempler les choses divines.
• CONTEMPLER, employé absolument, et sans régime, se prend toujours dans la signification de Méditer. C'est un homme qui passe sa vie à contempler.
• CONTEMPLÉ, ÉE. participe

CONTEMPORAIN
, AINE. adj.
• Qui est du même temps. Les auteurs contemporains. Quelques savants prétendent qu'Hésiode a été contemporain d'Homère.
• Historiens contemporains, Ceux qui ont écrit les choses qui se sont passées dans leur temps. On dit en des sens analogues: L'histoire contemporaine. Raconter les événements contemporains. Etc.
• CONTEMPORAIN, est aussi substantif. Il fut le contemporain, elle fut la contemporaine de ces grands hommes. Ils sont contemporains. Combattre les préjugés de ses contemporains.

CONTEMPORANÉITÉ . s. f.
• Existence de deux ou de plusieurs personnes dans le même temps. Plusieurs savants révoquent en doute la contemporanéité d'Homère et d'Hésiode. Il est peu usité.

CONTEMPTEUR .s.m.
• (On prononce le P dans ce mot et le suivant.) Celui qui méprise. Contempteur des dieux. Contempteur de la vertu. S'emploie surtout dans le style soutenu.

CONTEMPTIBLE . adj. des deux genres
• Vil et méprisable. Il s'est rendu contemptible. C'est un homme vil et contemptible. Il est vieux.

CONTENANCE . s. f.
• Capacité, étendue. Ce navire est de la contenance de tant de tonneaux. Ce parc est de la contenance de cent arpents.
• CONTENANCE, signifie aussi, Le maintien, la posture, la manière de se tenir. Bonne contenance. Mauvaise contenance. Contenance grave, sérieuse. Contenance fière, assurée. Contenance modeste. Contenance forcée, ridicule, étudiée. Contenance embarrassée. Être embarrassé de sa contenance. Il ne sait quelle contenance tenir, quelle contenance faire. On voyait à sa contenance qu'il méditait quelque trahison.
• N'avoir point de contenance, Ne savoir de quelle manière se tenir.
• Perdre contenance, Cesser tout à coup d'avoir sa contenance naturelle, par l'embarras que l'on éprouve. Il me regardait avec une obstination qui me fit perdre contenance.
• Porter quelque chose par contenance, Le porter seulement pour se donner bon air, pour avoir bonne grâce. Une femme qui porte un éventail par contenance. Il porte cela par contenance. On dit aussi, Servir de contenance, en parlant Des choses que l'on porte par contenance. Son chapeau, sa canne lui sert de contenance.
• Fig., Faire bonne contenance, Témoigner de la résolution, de la fermeté. Les ennemis faisaient bonne contenance.

CONTENANT
, ANTE. adj.
• Qui contient, qui renferme en soi. Cette bouteille est la partie contenante, et la liqueur est la chose contenue.
• Il se prend aussi substantivement, au masculin. Le contenant est plus grand que le contenu.

CONTENDANT
, ANTE. adj.
• Concurrent, compétiteur, qui dispute quelque chose avec un autre Il n'est guère usité comme adjectif que dans ces locutions, Les princes contendants, les parties contendantes.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif, et se dit surtout au pluriel masculin. Il y avait trois contendants. Les contendants qui aspiraient au prix de la course.

CONTENIR . v. a.
• (Il se conjugue comme Tenir.) Comprendre dans certain espace, dans certaine étendue. Ce vase contient tant de litres. Le setier de Paris contenait douze boisseaux. Cette salle de spectacle contient, peut contenir deux mille personnes. Ce parc, cette pièce de terre contient tant d'arpents. Un champ contenant tant de perches.
• Se dit, à peu près dans le même sens, en parlant De livres, de traités, etc. Ce volume contient quatre cents pages, contient tout Virgile. Son ouvrage contient vingt chapitres. Cette loi contient douze articles.
• Il se prend aussi dans le sens simple de Renfermer. La bouteille ne contient presque plus rien. On lui a volé la cassette qui contenait son trésor. Ce parc contient une grande quantité de gibier. Sa lettre contenait les expressions les plus touchantes. Cette histoire contient des détails fort intéressants.
• Se dit figurément, dans le même sens. Ce livre contient toute la doctrine de Platon. Son ouvrage contient toutes les opinions de Gassendi, de Descartes. La définition doit contenir le genre et la différence. Ce précepte contient tous les autres. Sa réponse contient une horrible impiété. La charité contient toutes les vertus.
• CONTENIR, signifie quelquefois, Retenir dans certaines bornes. Ces digues, ces levées ont été faites pour contenir la rivière dans son lit. Les gardes avaient peine à contenir la foule.
• S'emploie aussi figurément, dans ce sens. Contenir quelqu'un dans le devoir, dans l'obéissance, ou simplement, Contenir quelqu'un. On a bien de la peine à contenir ce jeune homme. Contenir une soldatesque effrénée. Contenir des provinces qui menacent de se soulever.
• Contenir ses passions, Les réprimer. On dit de même, Contenir son indignation, sa fureur, ses transports, etc.
• CONTENIR, avec le pronom personnel, signifie, Se retenir, s'empêcher de faire paraître quelque sentiment vif, et particulièrement sa colère. Quand je l'entendis parler de la sorte, j'eus bien de la peine à me contenir. Peu s'en fallut qu'il ne s'emportât, néanmoins il se contint. Contenez-vous, on vous regarde.
• Il signifie aussi, Se modérer sur les choses qui peuvent être préjudiciables à la santé. Tout le monde n'a pas la force de se contenir. Il est difficile de se contenir parmi tant d'occasions de péché. Les médecins lui ont défendu le vin, mais il a bien de la peine à se contenir. Il est plus facile de s'abstenir que de se contenir.
• CONTENU, UE. participe

CONTENT
, ENTE. adj.
• Qui a l'esprit satisfait. Un homme content. Vivre content. Il a le coeur content. Il ne sera content que lorsqu'il vous aura vu. Il ne sera pas content qu'il ne vous ait vu. On ne l'avait jamais vue si contente. Avoir l'esprit content.
• Avoir l'air content, le visage content, Faire paraître sa satisfaction sur son visage.
• Prov., Il est riche, qui est content.
• Être content de quelqu'un, Être satisfait de lui, de son procédé, de sa conduite. J'ai vu un homme bien content de vous. Vous devez être content de lui. Ce père est très-content de son fils. Vous vous conduisez mal, je n'ai pas lieu d'être content.
• Être bien content de soi-même, être content de sa personne, de sa petite personne, S'estimer beaucoup, être fort satisfait de soi-même.
• Être content de quelque chose, En éprouver de la satisfaction. Il n'est pas content de votre procédé. Les ouvriers ne sont pas contents de leur payement. Il faut les rendre contents. Elle est contente de tout. N'être content de rien. Le public m'a paru assez content de cet opéra. Il est content de vous voir. On dit dans le même sens, Être content que... Je suis fort content que vous ayez réussi.
• Être content de quelque chose, signifie aussi, Ne rien désirer de plus ou de mieux. Il est content de peu de chose. Il est content de sa fortune, de sa condition, de ses biens. Non content de l'avoir trahi, vous osez le calomnier.
• Être content de, signifie en outre quelquefois, Agréer, acquiescer, consentir. Je suis content de faire telle chose, pourvu que vous... Je suis content de vous céder cette terre, à la charge... Si vous voulez, j'en suis bien content. Ce sens est familier.

CONTENTEMENT .s.m.
• Joie, plaisir, satisfaction. Ses enfants lui donnent du contentement, lui donnent toutes sortes de contentements. Recevoir du contentement. Je vous donnerai contentement. Vous aurez contentement. Il n'a jamais de vrai contentement.
• Prov., Contentement passe richesse, Mieux vaut être pauvre et content, que riche et tourmenté d'inquiétudes.
• Ce n'est pas contentement, Cela ne suffit pas, on ne saurait en être satisfait. Vivre seul dans le plus beau séjour du monde, ce n'est pas contentement.

CONTENTER . v. a.
• Satisfaire, rendre content. Il faut peu de chose pour le contenter. Le peu de bien qu'il a le contente. Personne ne saurait le contenter. C'est un homme qui contente tous ceux qui ont affaire à lui. Contenter des ouvriers, des domestiques, en les payant bien. Contenter ses créanciers. Ces sortes de gens sont difficiles à contenter.
• Il signifie quelquefois, Apaiser quelqu'un en lui donnant, en lui accordant quelque chose. Cet homme ira se plaindre partout, si on ne le contente.
• Il signifie aussi, Plaire, donner de la satisfaction à quelqu'un. Ce jeune homme contente ses parents, contente bien ses maîtres. Jamais personne ne m'a pu contenter sur ce sujet. On ne saurait contenter tout le monde. Ces preuves, ces raisons ne sauraient me contenter, il m'en faut de plus solides.
• Se dit également en parlant Des sens et des passions. Cette musique ne contente pas l'oreille. Ce spectacle doit contenter vos yeux. Cette place a contenté son ambition. Rien ne saurait contenter son avarice. Contenter ses passions, ses appétits, ses désirs. Je n'ai pu contenter ma curiosité.
• CONTENTER, s'emploie souvent avec le pronom personnel. Ainsi on dit, dans le premier sens: Il y a longtemps que je désire acheter cela, il faut enfin que je me contente. On pourrait se contenter a moins.
• Il signifie plus ordinairement, Être satisfait d'une chose, s'en accommoder, s'y tenir. Se contenter de sa fortune. Contentez-vous de cela, je vous prie. Se contenter d'une honnête médiocrité. Il faut se contenter de ce qu'on a. Se contenter de peu. Je ne me contente pas de toutes ces raisons.
• Il signifie particulièrement, Ne vouloir ou ne pouvoir pas faire plus que ce qu'on a fait, en demeurer là. Contentez-vous de la démarche que vous avez faite. Je me contente de lui avoir prêté de l'argent, et ne veux point le cautionner. Vous devriez vous contenter de lui avoir ôté son bien, sans en vouloir à son honneur. Contentez-vous de m'avoir trompé une fois. Ne vous contentez pas d'y être allé une fois, retournez-y jusqu'à ce que vous le trouviez.
• CONTENTÉ, ÉE. participe

CONTENTIEUSEMENT . adv.
• Avec contention, avec dispute, avec débat. Il est peu usité.

CONTENTIEUX
, EUSE. adj.
• Qui est en débat, qui est ou qui peut être disputé. Un droit contentieux. Ce point est contentieux entre les théologiens, entre les philosophes. Affaire contentieuse.
• Il signifie aussi, Qui aime à disputer, à contester. Cet homme a l'humeur contentieuse, l'esprit contentieux.
• Juridiction contentieuse, s'est dit autrefois de La juridiction des juges naturels et ordinaires, par opposition à La juridiction gracieuse.
• CONTENTIEUX, se dit substantivement, dans un sens collectif, Des affaires contentieuses administratives en général. Ce commis était chargé du contentieux au ministère de la guerre. Bureau du contentieux. Il y a, au conseil d'État, un comité du contentieux.

CONTENTIF . adj. m.
• .Chirurgie, qui ne s'emploie que dans cette locution, Bandage contentif, Bandage qui sert, soit à retenir les compresses sur les parties malades, soit à maintenir les parties déplacées ou fracturées dans la position qu'elles doivent conserver.

CONTENTION . s. f.
• Débat, dispute. Il y a matière à contention. C'est une source de contention éternelle. Il est ennemi de toute contention. Il s'éleva, il y eut entre eux une vive contention.
• Il signifie aussi, Chaleur, véhémence dans la dispute. Ils disputèrent de part et d'autre avec beaucoup de contention. Ce sens vieillit.
• Contention d'esprit, ou simplement, Contention, Grande, extrême application d'esprit. Il travaille à cet ouvrage, il s'y applique avec une grande contention d'esprit, avec une grande contention. Une trop forte contention d'esprit, une trop forte contention peut altérer la santé.
• CONTENTION, en termes de Chirurgie, se dit ordinairement de L'ensemble des moyens qu'on emploie pour maintenir une fracture ou une luxation qui a été réduite.

CONTENU .s.m.
• T. didactique. Ce qui est renfermé dans quelque chose. Le contenant est plus grand que le contenu.
• Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Ce que contient un écrit, un discours. Le contenu de sa lettre. Le contenu d'un arrêt. Je vous en dirai le contenu.

CONTER . v. a.
• Narrer, faire le récit d'une chose vraie ou fausse, sérieuse ou plaisante. Se dit principalement De récits que l'on fait dans la conversation. Conter une histoire. Conter des histoires. Conter des fables. Conter comment une chose s'est passée. Contez-nous, je vous prie, ce que vous avez vu, ce qui s'est fait. Contez-nous-en les détails, les particularités. On conte que... J'ai ouï conter à un tel... Il m'a conté de fil en aiguille toute son affaire.
• Se dit quelquefois, en poésie, Des plaintes que le poëte adresse aux objets inanimés. J'irai conter ma peine aux rochers de ces bords.
• S'emploie aussi sans régime. Les vieillards aiment à conter. Cet homme conte bien, Il narre bien, il fait agréablement un récit.
• Fam., En conter de belles, conter des sornettes, Dire des mensonges, ou des choses vaines et futiles. Vous venez m'en conter de belles! Allez ailleurs conter vos sornettes. On dit dans le même sens: Il nous en conte. Vous m'en contez. Que venez-vous me conter là? Etc.
• Prov. et fig., Conter des fagots, Conter des bagatelles, des choses frivoles, ou fausses et sans vraisemblance.
• Fam., Conter ses raisons à quelqu'un, L'entretenir de ses affaires, de ses intérêts, lui expliquer les motifs de la conduite qu'on a tenue. Voyons, contez-moi vos raisons. On dit aussi, Conter ses petites raisons.
• Fam., En conter à une femme, Lui dire des douceurs, des galanteries. Il en conte à une telle. Elle s'en laisse conter. Elle aime à s'en faire conter. Vous lui en voulez conter. On dit dans le même sens, Conter fleurettes à une femme.
• CONTÉ, ÉE. participe

CONTESTABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être contesté. C'est une maxime, une opinion très-contestable. Cela n'est pas contestable.

CONTESTANT
, ANTE. adj.
• Qui conteste en justice. Les parties contestantes.
• Il se prend aussi substantivement. Les contestants.

CONTESTATION . s. f.
• Dispute, débat sur quelque chose. Former une contestation. Il s'est élevé une contestation. Une terre qui est en contestation. Ils ont été longtemps en contestation. Avoir une contestation. Être en contestation sur quelque chose. Le sujet d'une contestation. Contestation en justice. Il aime la contestation. Ce point, cet article est en contestation. On perdit le temps en vaines contestations.

CONTESTE . s. f.
• Contestation, débat. Ils sont en conteste. Sans conteste. Il est vieux.

CONTESTER . v. a.
• Refuser de reconnaître le droit qu'une personne prétend avoir à quelque chose. Il me conteste ma qualité. On lui conteste cette succession, cette terre. Sa créance est contestée. Ce droit lui est contesté par un tel.
• Il signifie, par extension, Nier la justesse d'un principe, d'une maxime, la vérité d'un fait, etc. Je conteste le fait. Contester une proposition. Contester la justesse d'une proposition.
• S'emploie quelquefois absolument, dans le sens de Débattre, disputer. Ils ont long-temps contesté là-dessus. Je ne veux pas contester avec vous. Il se plaît à contester.
• CONTESTÉ, ÉE. participe, Un article, un point, un fait contesté. Des droits contestés.

CONTEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui fait un conte, des contes. Se dit surtout d'Une personne qui a l'habitude de faire des contes en société. Conteur agréable. Conteur ennuyeux.
• Se dit quelquefois, absolument et familièrement, de Celui, de celle qui débite des faussetés ou des choses frivoles. Ne croyez pas ce qu'il vous dit, ce qu'elle vous dit, c'est un conteur, c'est une conteuse. Dans ce sens, on dit aussi, C'est un conteur de sornettes, de chansons, de fleurettes, etc.
• Prov. et fig., C'est un conteur de fagots, se dit D'un homme qui conte des bagatelles, des niaiseries, ou des mensonges.

CONTEXTE .s.m.
• Le texte d'un acte public ou sous seing privé; l'ensemble que forment par leur liaison mutuelle les différentes dispositions ou clauses dont un acte est composé. Les actes notariés doivent être écrits en un seul et même contexte.
• Se dit, par extension, d'Un texte quelconque, considéré surtout par rapport à l'ensemble d'idées qu'il présente, ou au sens que certains passages empruntent de ce qui les précède ou de ce qui les suit. Il résulte du contexte de l'article, que... Ce passage n'est obscur que parce qu'on l'a isolé de son contexte, du contexte.

CONTEXTURE . s. f.
• Tissure, enchaînement de plusieurs parties qui forment un corps, un tout. La contexture des os, des muscles, des fibres.
• Il signifie aussi, figurément, La liaison des diverses parties d'un ouvrage d'esprit. La contexture d'un discours, d'un poëme.

CONTIGU
, UË. adj.
• Qui touche une chose sans qu'il y ait rien entre-deux. Maisons, chambres contiguës. Deux jardins contigus. Ces deux provinces sont contiguës. Ma maison est contiguë à la vôtre.

CONTIGUÏTÉ . s. f.
• État de deux choses qui se touchent. La contiguïté de ces deux maisons. La contiguïté des provinces. Les os, dans les articulations mobiles, sont réunis par contiguïté.

CONTINENCE . s. f.
• Empire qu'exerce sur lui-même celui qui s'abstient des plaisirs de l'amour. Le don de continence. Continence perpétuelle. Vivre dans la continence. Garder la continence, la plus exacte continence. Observer la continence dans le mariage. La continence de Scipion.

CONTINENCE . s. f.
• Capacité, étendue. Connaître la continence d'un vase. Mesurer la continence d'un champ. On dit plus ordinairement, Contenance.

CONTINENT
, ENTE. adj.
• Qui vit dans la continence. Il est fort continent.
• En Médec., Fièvre continente, Fièvre qui est d'une intensité à peu près égale pendant toute sa durée.

CONTINENT .s.m.
• .Géographie. Se dit Des deux plus vastes espaces de terre ferme que la mer entoure de tous les côtés. Les géographes divisent ordinairement le monde entier en deux grands continents: celui de l'ancien monde, qui comprend l'Europe, l'Asie et l'Afrique; et celui du nouveau monde, qui comprend l'Amérique méridionale et l'Amérique septentrionale. L'ancien continent. Le nouveau continent.
• Se dit aussi de Grands espaces de terre ferme que la mer n'entoure pas de tous les côtés. On prétend que la Sicile était jointe autrefois au continent de l'Italie. L'Angleterre est séparée du continent de l'Europe. Le continent européen. La Morée est jointe au continent par un isthme.
• Se dit souvent, d'une manière absolue, Du continent européen par rapport à l'Angleterre et à quelques autres îles. Voyager sur le continent. Se réfugier, passer sur le continent. Visiter le continent. Les peuples du continent.

CONTINENTAL
, ALE. adj.
• Qui appartient au continent européen. Les puissances continentales.
• Système continental, Système prohibitif que Napoléon imagina dans le dessein de fermer au commerce anglais tous les ports du continent.

CONTINGENCE . s. f.
• Il ne s'emploie guère que dans ces locutions peu usitées, Selon la contingence des affaires, selon la contingence des cas, Selon que les affaires tourneront, selon ce qui arrivera.
• CONTINGENCE, dans le langage didactique, se dit par opposition à Nécessité, et signifie, La possibilité qu'une chose arrive ou n'arrive pas.
• En Géom., Angle de contingence, L'angle que fait une ligne droite avec une ligne courbe qu'elle touche; ou Celui que font deux lignes courbes qui se touchent en un point.

CONTINGENT
, ENTE adj.
• Casuel, qui peut arriver ou n'arriver pas. C'est une chose contingente, sur laquelle il ne faut pas compter.
• En Logique, Futur contingent, Ce qui peut arriver, ou n'arriver pas: cette locution s'emploie aussi quelquefois dans le langage ordinaire. Propositions contingentes, Celles qui énoncent une chose qui peut être ou n'être pas.
• Portion contingente, La part et portion qui peut appartenir à quelqu'un dans un partage. Se dit aussi de La part des frais communs d'une société, et auxquels chacun doit contribuer à proportion de l'intérêt qu'il y a.
• CONTINGENT, s'emploie aussi comme substantif, et signifie, La part que chacun doit recevoir, ou La part que chacun doit fournir. Il lui revient tant de cette succession pour son contingent. Il a reçu son contingent. Chaque département contribue pour un certain contingent en hommes et en argent. Nous devons fournir tant pour notre contingent.

CONTINU
, UE. adj.
• Dont les parties ne sont pas séparées les unes des autres, et s'entretiennent. Se dit De l'étendue d'un corps non divisé, et De la durée d'un temps non interrompu. Dans la première acception, il n'est guère usité qu'en ces locutions du langage didactique: Quantité continue. Étendue continue. Parties continues. Dans la seconde acception, il est d'un usage plus étendu. Dix jours continus de pluie. Pluie continue. Fièvre continue. Travail continu. Étude continue. Dix ans de guerre continue. Un bruit continu. Un mouvement continu.
• En Archit., Piédestal continu, Le soubassement d'une file de colonnes avec base et corniche.
• Fig., Élégance, pureté continue de style, se dit en parlant D'un style toujours élégant et pur.
• En Musique, Basse continue, La partie d'un morceau de musique qui est la plus basse, et qui dure pendant tout le morceau.
• En Arithm., Proportion continue, Celle où le conséquent de la première raison est l'antécédent de la seconde.
• CONTINU, se dit aussi substantivement; mais alors on ne l'emploie que dans le langage didactique. Les parties du continu. Le continu est divisible à l'infini.

CONTINUATEUR .s.m.
• Il ne se dit que d'Un auteur qui continue l'ouvrage d'un autre. Crevier a été le continuateur de Rollin.

CONTINUATION . s. f.
• Action par laquelle on continue, par laquelle une chose se continue; et La durée de la chose continuée. Entreprendre la continuation d'un ouvrage. Il a trouvé beaucoup de difficultés dans la continuation de ce travail. La continuation de la guerre. La continuation des troubles. La continuation des pluies, du mauvais temps m'empêche de partir.
• Il signifie aussi, La chose qu'on ajoute à une autre pour la prolonger. La continuation d'une muraille, d'une allée, etc. La continuation de l'Histoire de France.

CONTINUE
• (À LA). loc. adv. À la longue, à force de continuer. Il travaille d'abord avec ardeur, mais à la continue il se ralentit. À la continue il se lasse. Il est familier et il vieillit.

CONTINUEL
, ELLE. adj.
• Qui dure sans interruption. Travail continuel. Pluie continuelle. Chaleur continuelle. Guerre continuelle. Changement continuel. Faire de continuels efforts. Je suis dans une inquiétude continuelle.

CONTINUELLEMENT . adv.
• Assidûment, toujours. Il étudie continuellement. Il joue continuellement. Ils se querellent continuellement. Il a continuellement résisté.

CONTINUER . v. a.
• Poursuivre ce qui est commencé. Continuer un travail. Continuer ses études. Continuer un poëme. Continuer une histoire, un discours. Continuer sa lecture. Continuer son voyage. Il continue ses démarches. Continuer à faire, à dire, de dire, de faire.
• Se dit souvent absolument, dans la même signification. La mémoire lui a manque au milieu de son discours, et il n'a pu continuer. Continuez, je vous prie. Si vous continuez de la sorte, jamais vous n'aurez fini. J'essayerai, continuai-je, de vous désabuser sur ce point.
• Il signifie aussi, Persévérer dans une habitude. Continuez à bien faire, et vous vous en trouverez bien. Si vous continuez à boire, vous ruinerez votre santé.
• CONTINUER, signifie encore, Prolonger. Continuer une ligne, une allée, etc. Continuer une terrasse, une galerie, une muraille. S'emploie quelquefois, dans ce sens, avec le pronom personnel. Ces montagnes se continuent, cette chaîne de montagnes se continue depuis tel endroit jusqu'à tel autre.
• Il signifie aussi, Prolonger à quelqu'un la possession de quelque chose. On lui continua les priviléges de sa charge. Continuez-lui vos bienfaits. On lui a continué sa pension. Continuer un bail à un fermier, à un locataire.
• Il signifie également, Maintenir quelqu'un dans un emploi, par réélection ou autrement. On le continua prévôt des marchands. On le continua dans son emploi, dans son gouvernement. Continuer un recteur.
• CONTINUER, signifie en outre, Durer, ne cesser pas; et alors il est neutre. La pluie, le mauvais temps continue. Je crois que cette guerre ne continuera pas. Si le mal continue, on emploiera tel remède.
• Il signifie aussi, S'étendre, se prolonger. Cette côte, cette chaîne de montagnes continue depuis tel endroit jusqu'à tel autre.
• CONTINUÉ, ÉE. participe

CONTINUITÉ . s. f.
• (U et I font deux syllabes. ) Liaison non interrompue des parties d'un tout. La continuité des parties.
• Solution de continuité, Toute division de parties auparavant continues. Se dit principalement en Médecine. Les plaies, les fractures sont des solutions de continuité. Le coup qu'il a reçu n'est qu'une contusion, il n'y a point solution de continuité.
• CONTINUITÉ, signifie aussi, Durée continue. Dans la continuité du travail. La continuité des maux. La continuité de ce bruit m'importune.
• En Philosophie, La loi de continuité, La loi suivant laquelle aucun changement ne s'exécute dans la nature que par degrés insensibles.

CONTINÛMENT . adv.
• Sans aucune interruption. Il faut y travailler continûment. Il écrit continûment depuis le matin jusqu'au soir.
• Continu et Continûment diffèrent de Continuel et Continuellement, en ce que Continu et Continûment se disent Des choses qui ne sont pas divisées ni interrompues, depuis leur commencement jusqu'à leur fin; et que Continuel et Continuellement se disent aussi De celles qui sont interrompues, mais qui recommencent souvent et à de courts intervalles.

CONTONDANT
, ANTE. adj.
• .Chirur. Qui blesse sans percer ni couper, mais en faisant des contusions, comme un bâton, une massue. Instrument contondant.

CONTORNIATE . adj. f.
• On donne ce nom à Des médailles de cuivre terminées, à leur circonférence, par un cercle d'une ou de deux lignes de largeur, continu avec le métal, quoiqu'il semble en être détaché par une rainure assez profonde qui règne à l'extrémité du champ de l'un et de l'autre côté de la médaille.

CONTORSION . s. f.
• Mouvement violent qui procède d'une cause intérieure, et qui tord les muscles, les membres d'une personne. La colique cause d'horribles, de cruelles contorsions. La contorsion des bras. Une contorsion de tous les membres. Faire des contorsions.
• Se dit aussi Des grimaces et des gestes forcés que certaines gens font quelquefois en parlant avec véhémence, ou autrement. Un orateur qui se démène, et qui fait des contorsions continuelles. Ce musicien fait de plaisantes contorsions lorsqu'il joue de son instrument. Les minauderies et les contorsions de cette femme la rendent fort ridicule.
• Il signifie également, en Peinture et en Sculpture, Attitude outrée, mouvement forcé des membres ou des traits du visage. Les contorsions bizarres de cette figure nuisent beaucoup à l'effet du tableau.

CONTOUR .s.m.
• Ce qui termine extérieurement un corps ou les parties d'un corps. Il ne se dit guère qu'en parlant Des objets dont les formes sont arrondies. Les contours d'un beau corps. De beaux, de charmants, de gracieux contours. Le contour d'une colonne.
• S'emploie plus particulièrement en termes de Peinture et de Sculpture, mais seulement en parlant Des figures. Des contours hardis, moelleux, élégants, purs. Le contour de cette figure est admirable. Des contours dessinés avec art. Des contours exacts, corrects. Tracer des contours.
• Les contours d'une draperie, Les tours qu'elle fait aux endroits où elle est relevée.
• CONTOUR, se dit encore de Toute sorte d'enceinte. Le contour de Paris. Le contour d'une forêt. Un vaste contour.

CONTOURNER . v. a.
• Il signifie, dans les Arts du dessin, Donner à une figure ou à un ouvrage d'architecture le contour qu'ils doivent avoir. Savoir bien contourner une figure. Contourner des volutes. Dans ce sens, il est peu usité.
• Il signifie plus ordinairement, Déformer, faire qu'une chose soit de travers. Cette position finit, à la longue, par contourner les jambes. Pour exciter la pitié publique, ce misérable contournait les jambes de son enfant. La chaleur a contourne ce morceau de bois.
• S'emploie dans ce sens avec le pronom personnel. Sa taille se contourne. Ses jambes se sont contournées. Cet arbre se contourne.
• CONTOURNER, se dit quelquefois, surtout en termes d'Anatomie, D'une chose qui fait le tour d'une autre. Ce muscle contourne telle partie.
• CONTOURNÉ, ÉE. participe, Le fût d'une colonne torse est contourné en forme de vis. Taille contournée. Jambes contournées. Cette branche d arbre est toute contournée.
• Se dit quelquefois, figurément, Des formes de style qui ont un tour peu naturel et forcé. Phrase contournée. Son style a quelque chose de subtil et de contourné.

CONTRACTANT
, ANTE. adj.
• Qui contracte. Il faut de la bonne foi entre les parties contractantes.
• S'emploie aussi quelquefois substantivement. Les contractants. Un des contractants.

CONTRACTE . adj. des deux genres
• .Grammaire grecque. Se dit Des déclinaisons et des verbes où il y a contraction. Déclinaisons contractes. Verbes contractes.

CONTRACTER . v. a.
• Faire une convention avec quelqu'un. Contracter mariage, un mariage. Contracter alliance. Contracter un engagement, des obligations.
• Fig., Contracter des obligations envers quelqu'un, En accepter des services qui engagent à la reconnaissance.
• Contracter des dettes, Faire des dettes, s'endetter.
• CONTRACTER, s'emploie quelquefois absolument. Contracter avec quelqu'un. Contracter par-devant notaire. Il est mineur, il n'est pas capable de contracter. Ils contractent aujourd'hui, et se marient la semaine prochaine.
• CONTRACTER, se dit aussi Des liaisons qui se forment entre deux personnes par une fréquentation habituelle. Contracter amitié. Contracter familiarité avec quelqu'un. Contracter des liaisons.
• Se dit, d'une manière plus générale, Des habitudes qui s'acquièrent par des actions réitérées. Contracter de bonnes, de mauvaises habitudes. C'est un vice, un défaut que l'on contracte aisément, qui se contracte aisément.
• Se dit aussi en parlant Des maladies qui se gagnent par une espèce de contagion, ou de quelque autre manière que ce soit. Contracter une maladie. C'est une maladie qu'il a contractée à l'armée.
• Il signifie encore, Prendre, acquérir, en parlant De l'état, des qualités accidentelles de certaines choses. Ces deux branches ont contracté une forte adhérence, il est impossible de les séparer. Ce vin a contracté un goût fort désagréable dans ce tonneau.
• CONTRACTER, signifie aussi, Resserrer, diminuer le volume d'un corps par le rapprochement de ses parties. Se dit surtout en parlant Des muscles et des nerfs qui se raccourcissent et se resserrent. La fureur contracte les muscles du visage. On l'emploie souvent, dans ce sens, avec le pronom personnel. Les muscles causent le mouvement des parties en se contractant.
• Il signifie, en Grammaire, Réunir deux voyelles ou deux syllabes pour n'en former qu'une seule. On contracte À le en Au, De le en Du. Son plus grand usage, dans ce sens, est avec le pronom personnel. Dans les verbes grecs en [grec] se contracte en [grec]. La voyelle du radical se contracte avec celle de la terminaison.
• CONTRACTÉ, ÉE. participe, Muscles contractés.

CONTRACTILE . adj. des deux genres
• .Physiologie. Qui est susceptible de contraction. La fibre des muscles est contractile.

CONTRACTILITÉ . s. f.
• .Physiologie. Faculté de se contracter. Contractilité volontaire. Contractilité involontaire.

CONTRACTION . s. f.
• .Physique, qui se dit quelquefois pour Resserrement, par opposition à Dilatation. Force de contraction.
• Se dit plus ordinairement Du raccourcissement des nerfs ou des muscles, lorsqu'ils viennent à se retirer. La systole du coeur consiste dans la contraction de cet organe. Une grande contraction de nerfs. Cette blessure causa la contraction de tel muscle. Les physiologistes actuels ne le disent que de L'action des muscles. Contraction volontaire, contraction involontaire des muscles.
• CONTRACTION, en Grammaire, signifie, La réduction ou réunion de deux voyelles, de deux syllabes en une seule, comme dans les mots, Août, paon, faon, Laon, qu'on prononce, Oût, pan, fan, Lan. Dans toutes les langues, il y a beaucoup de mots formés par contraction.
• Il est particulièrement d'usage, en ce sens, dans la Grammaire grecque. Il y a deux sortes de contractions, la synérèse et la crase. L'accusatif [grec] (interprète) fait par contraction [grec]. Tableau des contractions.

CONTRACTUEL
, ELLE. adj.
• .Jurispr. Qui est stipulé par contrat. Substitution, institution contractuelle.

CONTRACTURE . s. f.
• Se dit, en Architecture, d'Un rétrécissement qui se fait dans la partie supérieure d'une colonne.
• Se dit, en Médecine, d'Une maladie qui consiste dans la rigidité plus ou moins considérable et prolongée des muscles.

CONTRADICTEUR .s.m.
• Celui qui contredit. Cet avis a eu beaucoup de contradicteurs. Il n'a pas trouvé de contradicteur. Dans les plaidoiries, l'avocat d'une partie appelle souvent celui de l'autre partie, son contradicteur.
• En Jurispr., Légitime contradicteur, Celui qui a qualité ou intérêt pour contredire. Un inventaire de mineurs se fait avec le subrogé tuteur, qui est le légitime contradicteur.
• Acte sans contradicteur, Acte par défaut, sans que les parties intéressées y aient été appelées.

CONTRADICTION . s. f.
• Action de contredire; opposition aux sentiments et aux discours de quelqu'un; discours par lequel on combat l'avis d'un autre. Cet avis a été reçu, a passé sans contradiction, n'a point éprouvé de contradiction. Les grands n'aiment pas la contradiction. Être en contradiction avec soi-même. Les contradictions ne l'ont point rebuté.
• Esprit de contradiction, Disposition à contredire sans cesse. Il a l'esprit de contradiction. Il se rend insupportable par son esprit de contradiction. On dit d'Une personne qui ordinairement n'est pas de l'avis des autres, qui se plaît à contredire, C'est un esprit de contradiction. On dit aussi, Faire une chose par esprit de contradiction, Pour le plaisir de contrarier.
• CONTRADICTION, signifie aussi, Opposition, incompatibilité entre deux ou plusieurs choses, ou entre les éléments d'une même chose. Voilà une contradiction choquante, ridicule. Être et n'être pas implique contradiction. Il y a contradiction entre ces deux propositions. Il y a une contradiction manifeste dans ce qu'il dit. Cette contradiction n'est qu'apparente. Signaler toutes les contradictions qui se trouvent dans un ouvrage. Les contradictions de cet accusé l'ont perdu. Tomber dans les plus grossières contradictions. Sa conduite est pleine de contradictions.

CONTRADICTOIRE . adj. des deux genres
• Il ne se dit que Des propositions, des termes, etc., qui se contredisent, qui expriment des choses directement opposées l'une à l'autre. Cette proposition est contradictoire à telle autre, ou substantivement, est la contradictoire de telle autre. Ces deux propositions sont contradictoires. Oui et Non sont des termes contradictoires. Cela est contradictoire. Des nouvelles contradictoires.
• CONTRADICTOIRE, en style de Palais, se dit Des jugements, des arrêts rendus après que les parties ont été ouïes, ou après qu'elles ont produit. Jugement contradictoire. Arrêt contradictoire.
• Se dit quelquefois, par extension, de Tout acte de procédure fait en présence des parties. Procès-verbal contradictoire.

CONTRADICTOIREMENT . adv.
• D'une manière contradictoire. Ces deux propositions sont contradictoirement opposées.
• CONTRADICTOIREMENT, en style de Palais, se dit Des jugements rendus après avoir ouï les parties, ou après qu'elles ont produit. Un arrêt rendu contradictoirement.

CONTRAIGNABLE . adj. des deux genres
• .Palais. Qui peut être contraint, par quelque voie de droit, à donner ou à faire quelque chose. Ceux qui ont accepté des lettres de change sont contraignables par corps.

CONTRAINDRE . v. a.
• (Je contrains, tu contrains, il contraint; nous contraignons, vous contraignez, ils contraignent. Je contraignais, nous contraignions. Je contraindrai. Contrains. Que je contraigne. Que je contraignisse. Contraignant.) Obliger quelqu'un par force, par violence ou par quelque grave considération, à faire quelque chose contre son gré. On l'y contraindra par force. La nécessité l'y a contraint. On le contraignit de faire ou à faire telle chose. Je fus contraint à cette démarche. On le contraignit à se battre. La ville fut contrainte de se rendre.
• Prov., La nécessité contraint la loi, La nécessité oblige à passer par-dessus les lois.
• CONTRAINDRE, en termes de Pratique, Obliger, par quelque voie de droit, à donner ou à faire quelque chose. Contraindre quelqu'un par voie de justice, par justice. Contraindre par saisie de biens, par corps et autres voies. Si vous ne me payez, je vous ferai contraindre. J'enverrai les huissiers pour le contraindre. Contraindre quelqu'un pour les dépens du procès, pour une dette.
• CONTRAINDRE, signifie quelquefois simplement, Gêner, obliger par quelque considération à s'abstenir de quelque chose, à se refuser quelque chose. Je ne prétends pas vous contraindre. Cela me contraint. Contraindre ses goûts, son humeur, etc.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le sens de Se gêner, se forcer, se retenir. Il se contraint devant ces personnes-là. Il sait bien se contraindre quand l'occasion l'exige. Ne vous contraignez pas pour moi, je vous prie.
• CONTRAINDRE, signifie encore, Serrer, presser, mettre à l'étroit. Cet habit, cette chaussure le contraint si fort, que... Il veut bâtir dans un endroit où il sera fort contraint par la situation. Ce sens vieillit.
• CONTRAINT, AINTE. participe

CONTRAINT
, AINTE. adj.
• Gêné, forcé. Il est opposé à Libre, à naturel. Il a l'air contraint. Une posture contrainte. Un mouvement contraint. Il n'y a rien de contraint dans ses actions, dans ses manières.
• Se dit quelquefois, figurément, Des productions de l'esprit ou de l'art. Style contraint. Versification contrainte. La manière de ce peintre, de ce sculpteur a quelque chose de contraint.
• Il signifie encore, Serré, mis à l'étroit. Contraint dans son habit. Contraint dans ses bottes. Se dit aussi Des choses inanimées, dans un sens analogue. La mer est contrainte dans ce détroit, entre ces îles. Ces acceptions ont vieilli.
• En Musique, Basse contrainte, Celle dont le chant, borné à un petit nombre de mesures, ne fait entendre qu'une même phrase, qu'elle recommence toujours, tandis que les parties supérieures continuent leur chant ou leur harmonie, et les varient de diverses manières.

CONTRAINTE . s. f.
• Violence qu'on exerce contre quelqu'un, pour l'obliger à faire quelque chose malgré lui, ou pour l'empêcher de faire ce qu'il voudrait. Employer la contrainte. User de contrainte. Faire quelque chose par contrainte. Agir sans contrainte.
• Il signifie également, L'état de celui à qui on fait cette violence. La grande, la dure contrainte où il est. Vivre dans la contrainte.
• CONTRAINTE, se dit aussi de La retenue que le respect, la considération, ou quelque autre cause, obligent d'avoir. La contrainte qu'imposent les bienséances. Vous le tenez en contrainte. C'est une grande contrainte que d'être obligé de se taire en de certaines occasions. Il est dans une extrême contrainte. Cette contrainte me lasse.
• Se dit pareillement de La gêne où l'on est quand on est trop serré dans ses habits, dans ses souliers, et généralement de tout ce qui met trop à l'étroit. Votre habit, vos souliers vous sont trop étroits, vous devez être dans une grande contrainte. Comment pouvez-vous souffrir cette contrainte? Ce sens vieillit.
• Fig., La contrainte de la mesure, de la rime, La gêne, l'embarras que font éprouver quelquefois aux poëtes les règles de la mesure et les difficultés de la rime.
• CONTRAINTE, en termes de Pratique, se dit de Tout acte par lequel on force quelqu'un à faire ou à donner une chose. Contrainte par saisie de biens.
• Contrainte par corps, Le droit de faire emprisonner une personne, principalement un débiteur; et L'action même d'arrêter, d'emprisonner en vertu de ce droit. Ordonner, prononcer la contrainte par corps contre quelqu'un. Exécuter la contrainte par corps. Le bénéfice de cession fait cesser la contrainte par corps.
• CONTRAINTE, en Matière fiscale, se dit Du mandement décerné contre un redevable de deniers publics, ou de droits dus au fisc. Porteur de contraintes. Décerner une contrainte.

CONTRAIRE . adj. des deux genres
• Opposé. Se dit également Des choses physiques et Des choses morales. Directement contraire. Totalement contraire. Le froid et le chaud sont contraires. Avoir le vent contraire, vent contraire. En sens contraire. La vertu et le vice sont contraires. Les excès contraires. Deux arrêts contraires. Ces passages, ces lois sont contraires. Cela est contraire à ce que vous en aviez dit. Contraire à la vérité. Cela est contraire à la loi de Dieu, à l'honneur, aux bonnes moeurs. De tels actes sont contraires à nos droits.
• En Logique, Propositions contraires, Celles qui énoncent des choses opposées, de manière cependant qu'elles peuvent être fausses toutes deux, quoiqu'elles ne puissent pas être toutes deux vraies; comme, Tout homme est vertueux, tout homme est vicieux.
• CONTRAIRE, se dit aussi Des personnes. C'est un homme qui m'a toujours été contraire. En cela vous êtes contraire à vous-même. Ce sont des gens qui ont toujours été contraires l'un à l'autre, qui ont toujours été de parti contraire. La fortune, le sort ne vous sera pas toujours contraire.
• En termes de Pratique, Les parties sont contraires en faits, Leurs allégations sont tout à fait contradictoires.
• CONTRAIRE, signifie encore, Nuisible. Il y a des aliments qui sont contraires aux bilieux. Le vin vous est contraire. Un remède pour les maux d'estomac peut être contraire à la poitrine.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin, et signifie, Une chose opposée. Vous m'avez dit le contraire. Je vois tout le contraire de ce qu'on m'avait promis. Je soutiens le contraire. Je vous prouverai le contraire. Je ne dis pas le contraire. Notre traité porte le contraire. Il fait tout le contraire de ce qu'il avait dit.
• Fam., Aller au contraire d'une chose, S'y opposer, y contredire. On en demeure d'accord, personne ne va au contraire. Allez-vous au contraire de cela?
• CONTRAIRE. substantif, se dit également Des choses opposées entre elles, comme sont le froid et le chaud, l'humide et le sec, le blanc et le noir, etc. Deux contraires ne peuvent subsister ensemble. Tel mal guérit par son contraire. Le chaud est le contraire du froid. Concilier les contraires.
• AU CONTRAIRE. loc. adv. Tout autrement d'une manière opposée. Vous dites que cela arriva de la sorte; au contraire, il arriva que... Il pense que cela sera ainsi; pour moi; je crois, au contraire, que... On dit aussi quelquefois, Bien au contraire, tout au contraire.

CONTRAIREMENT . adv.
• En opposition à quelque chose. Agir contrairement aux dispositions de la loi. Il est peu usité.

CONTRALTO .s.m.
• .Musique emprunté de l'italien. La plus grave des voix de femme. Les castrats chantent dans les églises d'Italie la partie de contralto.

CONTRAPONTISTE .s.m.
• .Musique. Se dit d'Un compositeur qui connaît les règles du contre-point. Ce compositeur est bon contrapontiste. Il n'est pas contrapontiste.

CONTRARIANT
, ANTE. adj.
• Qui se plaît qui aime à contrarier. Vous êtes bien contrariant, bien contrariante. Esprit contrariant. Humeur contrariante.
• Il signifie aussi, Qui est de nature à contrarier. Cela est bien contrariant.

CONTRARIER . v. a.
• Dire ou faire le contraire de ce que les autres disent ou font. Il me contrarie toujours. C'est un homme qui ne veut point être contrarié.
• Il peut s'employer avec le pronom personnel. Vous vous contrariez vous-même. Cela se contrarie.
• Se dit quelquefois absolument. Vous ne faites que contrarier. Aimer à contrarier.
• Il signifie également, Faire obstacle, s'opposer à quelqu'un dans ses desseins, dans ses volontés. Nous fûmes contrariés par les vents pendant notre navigation. Il me contrarie dans tous mes desseins, dans tout ce que je veux entreprendre. Il ne perd point courage, malgré les obstacles qui le contrarient. Cela vous contrarie.
• Se dit quelquefois figurément Des choses, tant au sens physique qu'au sens moral. Un mouvement qui en contrarie un autre. Contrarier la nature.
• CONTRARIÉ, ÉE. participe

CONTRARIÉTÉ . s. f.
• Opposition entre des choses contraires. Se dit au sens physique et au sens moral. Grande, manifeste contrariété. La contrariété qui existe entre le froid et le chaud. Contrariété d'humeurs, de complexions. Contrariété de desseins, d'opinions, de sentiments. Contrariété d'arrêts. Comment pouvez-vous accorder cette contrariété de passages, de lois, etc.? Il y a une contrariété. La contrariété qui est entre ces deux esprits.
• Il signifie aussi, Obstacle, empêchement, traverse; et, en ce sens, il s'emploie très-souvent au pluriel. Si j'ai réussi, ce n'est pas sans beaucoup de contrariétés. Il a éprouvé de grandes contrariétés, mille contrariétés. Cette affaire, cette proposition éprouvera bien des contrariétés. Vous aviez promis de venir avec nous, et vous ne venez point? quelle contrariété! Il pleut au moment où je veux sortir, quelle contrariété!

CONTRASTE .s.m.
• Opposition. Se dit au sens physique et au sens moral. Contraste d'ombre et de lumière. Contraste de caractères, de sentiments. Le contraste d'une chose avec une autre, qu'une chose forme avec une autre. Ces deux choses forment un singulier, un bizarre, un étonnant contraste, sont en contraste. Sa vie offre de grands contrastes. La nature semble se plaire à multiplier les contrastes.
• Se dit particulièrement, en termes de Peinture et de Sculpture, de La différence et de l'opposition que l'artiste établit, soit entre le caractère ou l'attitude de ses figures, soit entre les parties d'une même figure, soit entre les masses, les lumières ou les couleurs. Ce peintre entend bien le contraste, les contrastes. Voilà un beau contraste, de savants contrastes.
• Se dit quelquefois, par extension, en Littérature et en Musique, Des oppositions auxquelles l'écrivain ou le musicien a recours pour produire de l'effet. Employer, rechercher les contrastes. Ce morceau de musique offre des contrastes qui ne sont pas tous de fort bon goût. Le contraste de deux idées. Mettre une chose en contraste avec une autre. Il y a dans cette tragédie un contraste de passions qui produit de grands effets. Cette situation est dramatique et forme un contraste avec telle autre.
• L'art des contrastes, L'art d'établir, d'imaginer des oppositions qui produisent de l'effet.

CONTRASTER . v. n.
• Être en opposition, en contraste. Se dit au sens physique et au sens moral. Les frontons de cet édifice contrastent, ils sont alternativement cintrés et angulaires. Les lumières et les ombres de ce tableau contrastent bien. Cet auteur a fait habilement contraster les caractères de ses personnages. Sa conduite contraste avec son état. Ces deux caractères contrastent l'un avec l'autre.
• CONTRASTER, s'emploie aussi comme verbe actif en termes de Peinture et de Sculpture, et signifie, Faire un contraste. Il faut être un habile peintre pour savoir contraster les têtes, et leur conserver cependant l'air naturel.
• CONTRASTÉ, ÉE. participe, Des figures bien contrastées. Des caractères bien contrastés.

CONTRAT .s.m.
• Convention, pacte, traité entre deux ou plusieurs personnes, rédigé par écrit, sous l'autorité publique. Contrat synallagmatique ou bilatéral. Contrat unilatéral. Contrat commutatif. Contrat de bienfaisance. Contrat à titre onéreux. Contrat pignoratif. Contrat aléatoire. Contrat de vente. Contrat d'acquisition. Contrat d'échange, de donation, de constitution. Contrat de rente, d'assurance, de louage, de société. Contrat de mariage; etc. Dans le mariage, il y a le contrat civil et le sacrement. Contrat conditionnel. Contrat pur et simple. Contrat frauduleux, fait en fraude des créanciers, etc. Contrat simulé, faux, valide ou invalide, défectueux, illicite. Ce contrat est nul. Casser, annuler un contrat. Ratifier, approuver, valider un contrat. Exécuter un contrat. Revenir contre un contrat. Apposer, mettre une condition à un contrat. Insérer une clause dans un contrat. Signer un contrat. Signer à un contrat. Un contrat en bonne forme. Contrat solennel, authentique. Faire un contrat. Dresser un contrat. La minute d'un contrat. La grosse d'un contrat. Minuter un contrat. Grossoyer un contrat. Homologuer un contrat. Enregistrer, sceller un contrat. Passer un contrat. La passation d'un contrat. Tels notaires ont passé ce contrat. Contrat passé par-devant tels notaires. Faire la lecture d'un contrat. Signifier ou faire signifier un contrat. Les termes, les clauses, les conditions d'un contrat. Notre contrat porte cela. Cela est porté par notre contrat. Produire un contrat.
• CONTRAT, dans une signification plus étendue, se prend quelquefois pour Toute convention faite entre deux ou plusieurs personnes; et dans cette acception l'on dit, Contrat verbal, contrat tacite.
• Contrat social. Nom donné, par des publicistes, à La convention, expresse ou tacite, par laquelle sont réglés les droits et les devoirs respectifs d'un peuple et de son gouvernement.

CONTRAVENTION . s. f.
• Infraction, action par laquelle on contrevient à une loi, à une ordonnance, à un règlement, à un traité, ou à un contrat qu'on a fait. C'est une contravention manifeste au traité de paix, au contrat, à l'acte de société que nous avons fait ensemble. Il est accusé de contravention aux règlements. Être en contravention avec les règlements.
• Se dit, particulièrement, dans la Législation pénale actuelle, Des infractions aux règlements de police; par opposition Aux délits et aux crimes. Contravention de police, de simple police. Les crimes, les délits et les contraventions.

CONTRE . Préposition
• qui sert à marquer Opposition. Donner de la tête contre une muraille. Marcher contre l'ennemi. Se battre contre quelqu'un. Ils combattirent l'un contre l'autre. Avoir un procès contre son voisin. Plaider contre quelqu'un. Contre un tel ennemi, le courage est inutile. Le combat d'Hercule contre Antée. Il a tout le monde contre lui. Ce général ne pouvait tenir contre une armée aussi nombreuse. Il ne put tenir contre mes reproches. Des sujets qui se révoltent contre leur souverain. Lutter contre la mauvaise fortune. Soutenir ses prétentions envers et contre tous. Il prit leur défense envers et contre tous. Qu'avez-vous à dire contre cela? Des lois contre le vagabondage. Sa haine contre eux éclate en toute occasion. Faire une satire contre quelqu'un. Cela est contre vous. Des goûts contre nature. Cela est contre l'honneur, contre l'ordre public, contre toute bienséance. Cela est contre l'usage, contre le bon sens, contre toute sorte de raison. Cette opinion est contre là sainte Écriture. Parler contre sa pensée, contre sa conscience. Agir contre ses intérêts. Il est sorti de très-bonne heure, contre sa coutume. Contre toute attente, il réussit. On l'emploie quelquefois adverbialement. Parler pour et contre. Quand on fit cette proposition, tout le monde s'éleva contre. Pour moi, je suis contre. Je n'ai rien à dire contre.
• Il signifie aussi, Malgré, nonobstant, sans avoir égard à. Il a fait cela contre mon sentiment, contre l'avis, contre la volonté de tous ses parents, contre les défenses qu'on lui en avait faites.
• Fig., Élever autel contre autel, Faire un schisme dans l'Église ou dans quelque communauté. Il signifie, par extension, Opposer son crédit, sa puissance, au crédit, à la puissance d'une autre personne; ou faire une entreprise rivale d'une autre déjà formée.
• Prov. et fig., C'est le pot de terre contre le pot de fer, se dit D'un homme sans crédit, sans appui, qui a quelque démêlé avec un homme puissant.
• Fig. et fam., Aller contre vent et marée, Poursuivre obstinément ses projets malgré toutes les difficultés qui s'y opposent.
• Dans le style commercial, Par contre, En compensation.
• À certains Jeux, Faire contre, se dit Lorsqu'un des joueurs faisant jouer, un des autres déclare ensuite qu'il joue aussi. Quand celui qui fait contre vient à perdre, il perd le double de ce qu'il aurait pu gagner. Vous n'avez pas assez beau jeu pour faire contre. On appelle substantivement Le contre, Celui qui a fait contre. Le contre paye double.
• CONTRE, se dit substantivement Des raisons, des faits, des circonstances défavorables en quelque affaire; et alors on l'oppose ordinairement à Pour, employé aussi comme substantif. On parle diversement de cette affaire, il faut savoir le pour et le contre. La chose n'est pas sans difficulté, il y a du pour et du contre. Soutenir le pour et le contre.
• CONTRE, signifie aussi, Auprès, proche. Sa maison est contre la mienne. J'étais assis contre le mur. Ce champ est contre le bois. On l'emploie quelquefois adverbialement en ce sens. J'étais tout contre.
• Attacher quelque chose contre la muraille, L'attacher à la muraille.
• Ci-contre, Voyez CI.
• CONTRE, entre dans la composition de plusieurs mots. On va rapporter ceux que l'usage a autorisés.

CONTRE-ALLÉE . s. f.
• Allée latérale et parallèle à une allée principale. Les contre-allées de cette avenue sont réservées aux piétons.

CONTRE-AMIRAL .s.m.
• Celui qui a le troisième grade d'officier général, dans la marine militaire. Le contre-amiral est au-dessous du vice-amiral. Le grade de contre-amiral. En France, on nommait autrefois Chefs d'escadre les officiers auxquels on donne maintenant le titre de Contre-amiraux.
• Se dit aussi Du vaisseau monté par un contre-amiral. Cet officier servait sur le contre-amiral. Pavillon de contre-amiral.

CONTRE-APPROCHES . s. f. pl.
• .Fortification. Travaux des assiégés pour aller au-devant de ceux des assiégeants.

CONTRE-BALANCER . v. a.
• Se dit De deux forces opposées, dont l'une balance l'autre. Un poids qui en contre-balance un autre.
• Se dit figurément en parlant De l'égalité de force, de valeur, de mérite, etc., qui est entre des choses opposées. Leur puissance a longtemps contre-balancé la sienne. Ses raisons contre-balancent les vôtres. Ses bonnes qualités contre-balancent ses défauts.
• S'emploie quelquefois, dans l'un et l'autre sens, comme verbe réciproque. Ces deux poids se contre-balancent mutuellement, se contre-balancent. Dans un État bien constitué, les pouvoirs doivent se contre-balancer.
• CONTRE-BALANCÉ, ÉE. participe

CONTREBANDE . s. f.
• Se dit proprement de L'action d importer clandestinement dans un pays les marchandises prohibées; et, par extension, de La fraude par laquelle on élude le payement des droits imposés sur les marchandises nationales ou étrangères, soit aux frontières, soit à l'intérieur. Marchandises de contrebande, introduites par contrebande. Faire la contrebande.
• Se dit aussi Des marchandises de contrebande. Un bâtiment chargé de contrebande. C'est de la contrebande.
• Fig. et fam., C'est un homme de contrebande, se dit D'un homme qui embarrasse dans une compagnie, ou auquel on ne se fie point.

CONTREBANDIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui fait la contrebande. Des contrebandiers ont été arrêtés. Une troupe de contrebandiers.

CONTRE-BAS
(EN). loc. adv.
• T. d'Archit., qui marque Direction ou position de haut en bas. Poser une pièce de construction en contre-bas.

CONTRE-BASSE . s. f.
• Grosse basse sur laquelle on joue la même partie que celle de la basse, mais qui sonne une octave au-dessous de la basse ordinaire, et par conséquent deux octaves au-dessous du violon. Jouer de la contre-basse. Il y a quatre contre-basses, huit contre-basses dans cet orchestre.

CONTRE-BATTERIE . s. f.
• Batterie de canons opposée à une autre. La batterie ayant été dressée, les ennemis firent aussitôt une contre-batterie.
• Se dit plus spécialement d'Une batterie destinée à la protection d'une batterie de brèche.
• Se dit figurément et familièrement de Ce qu'on fait pour s'opposer aux menées de ceux qui nous sont contraires. Il y avait une forte intrigue contre lui, mais il fit sous main une contre-batterie pour la déjouer.

CONTRE-BOUTANT .s.m.
• T. d'Archit., synonyme de Contre-fort. Voyez ce mot.

CONTRE-BOUTER . v. a.
• T. d'Archit. Appuyer un mur d'un autre mur posé à angles droits.
• CONTRE-BOUTÉ, ÉE. participe

CONTRE-CALQUER . v. a.
• .Gravure. Faire la contre-épreuve d'un calque, ou calquer un calque en le retournant, afin d'obtenir un dessin en sens contraire du dessin original.
• CONTRE-CALQUÉ, ÉE. participe

CONTRECARRER . v. a.
• S'opposer directement à quelqu'un, à ses sentiments, à ses desseins. Il le contrecarre en toutes choses. Il était tout-puissant dans sa compagnie, on a suscité un tel pour le contrecarrer. Il est familier.
• CONTRECARRÉ, ÉE. participe

CONTRE-CHARME .s.m.
• Charme contraire, qui détruit ou empêche l'effet d'un autre charme. Il est peu usité.

CONTRE-CHÂSSIS .s.m.
• Châssis de verre ou de papier qu'on met devant un châssis ordinaire.

CONTRE-CLEF . s. f.
• T. d'Archit. Le voussoir qui est posé immédiatement à gauche ou à droite de la clef d'une voûte.

CONTRE-COEUR .s.m.
• Le fond de la cheminée, contre lequel se place le bois qu'on veut brûler.
• Se dit plus ordinairement de La plaque de fer qu'on attache contre le fond de la cheminée pour le conserver, et pour renvoyer la chaleur. Contre-coeur de cheminée.

CONTRE-COEUR
• (À). loc. adv. À regret, avec répugnance, malgré soi. Faire une chose à contre-coeur.

CONTRE-COUP .s.m.
• Répercussion d'un corps sur un autre. La balle a donné contre la muraille, et il a été blessé du contre-coup.
• Il signifie aussi, L'impression d'un coup faite à une partie opposée à celle qui a été frappée. Il fut blessé au front, et mourut du contre-coup. Le contre-coup est souvent plus dangereux que le coup.
• Se dit figurément d'Un événement qui arrive par suite ou à l'occasion d'un autre. Si on ruine votre associé, le contre-coup portera, retombera sur vous. Cela reviendra sur vous par contre-coup. Les peuples voisins ressentirent le contre-coup de cette grande révolution.

CONTRE-COURANT .s.m.
• Courant inférieur dont la direction est opposée à celle du courant supérieur. La théorie des contre-courants de Bernoulli.

CONTREDANSE
s. f.
• Sorte de danse vive et légère qui s'exécute ordinairement à huit personnes. On ne danse plus guère dans les bals que des valses et des contredanses. Une figure de contredanse. Un air de contredanse. Elle a dansé plusieurs contredanses de suite avec un tel. Cette dame est engagée pour la prochaine contredanse.
• Se dit aussi d'Un air de contredanse. Jouer une contredanse. De jolies contredanses. Recueil de contredanses.

CONTREDIRE . v. a.
• (On dit à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, Vous contredisez. À l'égard du reste, il se conjugue comme Dire.) Dire le contraire, contester. Contredire quelqu'un. Contredire une proposition.
• Se dit aussi absolument. Cet homme aime à contredire. Il contredit éternellement.
• Il signifie, dans une acception plus générale, Être en opposition avec. Voilà qui contredit ce que vous disiez tout à l'heure. Une telle loi contredit la nature.
• S'emploie souvent, avec le pronom personnel, comme verbe réfléchi et comme verbe réciproque. Cet auteur se contredit en beaucoup d'endroits. Il se contredit lui-même. Vous vous contredisez. Les hommes se contredisent mutuellement, se contredisent les uns les autres. Ces deux propositions semblent se contredire.
• CONTREDIRE, en termes de Palais, signifie, Faire des écritures pour combattre les moyens ou les raisons dont la partie adverse se sert. Ce moyen-là ne mérite pas d'être contredit. Prendre communication et contredire.
• CONTREDIT, ITE. participe

CONTREDISANT
, ANTE. adj.
• Qui aime à contredire. C'est un esprit contredisant. Il a l'humeur contredisante.

CONTREDIT .s.m.
• Réponse que l'on fait contre ce qui a été dit. Cela est sans contredit. Il est peu usité en ce sens.
• CONTREDITS, au pluriel, en termes de Palais, Écrit contenant les réponses à la production de la partie adverse. Fournir des contredits. Les dits et contredits. Il vieillit.
• SANS CONTREDIT. loc. adv. Certainement, sans difficulté. Il est, sans contredit, le plus grand homme du siècle.

CONTRÉE . s. f.
• Certaine étendue de pays. Contrée riche, fertile, pauvre, sablonneuse, peuplée, déserte. La grêle n'a ravagé qu'une partie de la contrée. Ce sont les meilleures terres de la contrée.
• Il se prend aussi, dans une acception plus générale. Toutes les contrées de l'Asie. De vastes contrées. Errer de contrée en contrée.

CONTRE-ÉCHANGE .s.m.
• Échange. On m'a donné dix bouteilles de vin, j'ai donné en contre-échange trente bouteilles de cidre. Il est peu usité.

CONTRE-ENQUÊTE . s. f.
• Enquête opposée à celle de la partie adverse.

CONTRE-ÉPREUVE . s. f.
• .Peinture et de Gravure. Estampe ou dessin qu'on tire sur une estampe fraîchement imprimée, on sur un dessin au crayon, et qui reproduit les mêmes traits, mais à rebours, le côté droit paraissant à gauche. Tirer une contre-épreuve.
• Se dit quelquefois, au figuré, d'Un ouvrage qui n'est qu'une faible imitation d'un autre. Ce n'est qu'une pâle contre-épreuve.
• CONTRE-ÉPREUVE, se dit aussi, dans les Assemblées délibérantes, de L'action de faire voter sur la proposition contraire à celle qui a d'abord été mise aux voix. Faire la contre-épreuve. Plusieurs membres se sont levés à la contre-épreuve.

CONTRE-ÉPREUVER . v. a.
• .Peinture et de Gravure. Faire une contre-épreuve.
• CONTRE-ÉPREUVÉ, ÉE. participe

CONTRE-ESPALIER .s.m.
• T. d'Agricult. Rangée d'arbres taillés en espalier, et plantés vis-à-vis d'un espalier. Il y a une allée ou une plate-bande entre l'espalier et le contre-espalier. Un contre-espalier de pêches. Contre-espalier à hauteur d'appui.

CONTREFAÇON . s. f.
• Action de copier, d'imiter, de fabriquer une chose au préjudice de celui qui a le droit exclusif de la faire, de la fabriquer. La contrefaçon d'un livre, d'une pièce de musique, d'une gravure. L'inventeur de cette machine craint la contrefaçon. Être condamne pour contrefaçon.
• Se dit aussi Des choses faites par contrefaçon, principalement en parlant De livres, de musique, de gravures. C'est une contrefaçon. Il y a plusieurs contrefaçons de cet ouvrage.
• Il est quelquefois synonyme de Contrefaction. Voyez ce mot.

CONTREFACTEUR .s.m.
• Celui qui est coupable de contrefaçon. Il a été puni comme contrefacteur.

CONTREFACTION . s. f.
• .Jurispr. criminelle. Imitation ou falsification des monnaies, des effets publics, des poinçons, etc. La contrefaction des sceaux de l'État. On dit plus souvent en ce sens, dans le langage ordinaire, Contrefaçon.
• Se dit aussi de L'action d'imiter, dans des vues coupables, l'écriture ou la signature de quelqu'un. Ce billet est faux, la contrefaction est évidente.

CONTREFAIRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Faire.) Imiter, représenter quelque personne, quelque chose. Contrefaire quelqu'un. Contrefaire la voix, les gestes d'un autre. Contrefaire le chant du rossignol.
• Se dit plus ordinairement, en mauvaise part, De celui qui copie les autres, dans le dessein de les tourner en ridicule. Cette femme se rend odieuse, elle contrefait tout le monde. L'habitude de contrefaire les autres a ses dangers. Il le contrefait à merveille.
• Il signifie aussi, Feindre d'être ce qu'on n'est pas. Contrefaire l'insensé. Contrefaire l'homme de bien.
• CONTREFAIRE, signifie particulièrement, Imiter par contrefaçon, par contrefaction. Contrefaire un livre, une gravure. Contrefaire une pièce de monnaie. Contrefaire le poinçon d'un fabricant. Contrefaire l'écriture, la signature de quelqu'un.
• CONTREFAIRE, signifie encore, Déguiser. Contrefaire son écriture. Contrefaire sa voix.
• Il signifie également, avec le pronom personnel, Déguiser son caractère. On ne peut pas se contrefaire longtemps.
• CONTREFAIRE, signifie aussi, Rendre difforme, défigurer. Il a eu des convulsions qui lui ont contrefait tout le visage.
• CONTREFAIT, AITE. participe, Édition contrefaite. Ouvrage contrefait. Une pièce de monnaie bien contrefaite.
• Il se prend quelquefois adjectivement pour Difforme. Cet homme est contrefait. Une taille toute contrefaite. Il a les jambes contrefaites.

CONTREFAISEUR .s.m.
• Celui qui contrefait les personnes, les animaux. C'est un excellent contrefaiseur d'animaux. Il est peu usité.

CONTRE-FICHE . s. f.
• .Charpenterie. Pièce de bois mise obliquement contre une autre ou contre un pan de bois, contre un mur, etc., pour le soutenir. Appuyer une muraille par des contre-fiches de charpente.

CONTRE-FINESSE . s. f.
• Finesse opposée à une autre. User de contre-finesse. Il est peu usité.

CONTRE-FORT .s.m.
• Se dit, en Architecture, d'Un mur contre-boutant, servant d'appui à un mur chargé d'une terrasse ou d'une voûte.
• Se dit par analogie, dans la Géographie physique, Des petites chaînes de montagnes latérales qui sont comme les appuis de la chaîne principale dont elles dépendent. Les contre-forts de la chaîne des Andes.
• Se dit aussi, chez les Cordonniers, d'Une pièce de cuir dont on fortifie le derrière de la botte au-dessus du talon.

CONTRE-FUGUE . s. f.
• .Musique. Fugue dont la marche est contraire à celle d'une autre qu'on a établie auparavant.

CONTRE-GARDE . s. f.
• Pièce de fortification servant d'enveloppe à un bastion, à une demi-lune, ou à quelque autre ouvrage. Attaquer une contre-garde. Emporter une contre-garde.

CONTRE-HACHER . v. a.
• .Dessin et de Gravure. Croiser les hachures d'un dessin par d'autres hachures.
• CONTRE-HACHÉ, ÉE. participe

CONTRE-HACHURE . s. f.
• .Dessin et de Gravure. Se dit Des hachures qui croisent les premières hachures d'un dessin.

CONTRE-HÂTIER .s.m.
• Grand chenet de cuisine, qui a des crochets ou des chevilles de fer en dedans comme en dehors. On dit aussi simplement, Hâtier.

CONTRE-INDICATION . s. f.
• .Médec. Indication contraire aux autres indications.

CONTRE-JOUR .s.m.
• L'endroit opposé au grand jour, où le jour ne donne pas à plein. Les femmes aiment d'ordinaire le contre-jour.
• S'emploie plus ordinairement dans cette locution adverbiale, À contre-jour. Se mettre à contre-jour. Vous ne sauriez bien juger de ce tableau, vous ne le voyez qu'à contre-jour, vous êtes à contre-jour.

CONTRE-LATTE . s. f.
• Latte qu'on pose perpendiculairement entre deux chevrons, et qui est plus longue et plus épaisse que les lattes ordinaires.

CONTRE-LATTER . v. a.
• Garnir de contre-lattes.
• CONTRE-LATTÉ, ÉE. participe

CONTRE-LETTRE . s. f.
• Acte secret par lequel on déroge en tout ou en partie à ce qui est stipulé dans un premier acte public. L'obligation est simulée, il y a une contre-lettre. Donner une contre-lettre. Le bail est de six mille francs, mais il y a une contre-lettre de cinq cents francs.

CONTRE-MAÎTRE .s.m.
• .Marine. Troisième officier marinier de manoeuvre, qui est au-dessous du maître et du second maître d'équipage.
• CONTRE-MAÎTRE, dans les grandes Manufactures, Celui qui dirige les ouvriers, qui a inspection sur eux.

CONTREMANDER . v. a.
• Révoquer l'ordre qu'on a donné. Se dit Des personnes et des choses. On avait mandé cet officier, il a été contremandé. Il avait demandé sa voiture, il l'a contremandée. Il avait commandé un dîner, il l'a contremandé.
• CONTREMANDÉ, ÉE. participe

CONTRE-MARCHE . s. f.
• T. d'Art militaire. Se dit en parlant D'une armée qui fait une marche contraire ou opposée à celle qu'elle paraissait vouloir faire. L'armée s'était mise en marche vers telle place, et tout d'un coup on lui fit faire une contre-marche.
• Se dit aussi, dans la Tactique, d'Une évolution par laquelle une colonne fait volte-face. Le bataillon se déploya après avoir exécuté la contre-marche.
• Se dit également, en termes de Marine, d'Une évolution qui s'exécute en virant vent devant.

CONTRE-MARÉE . s. f.
• Marée dont la direction est opposée à celle de la marée ordinaire.

CONTRE-MARQUE . s. f.
• Seconde marque apposée à un ballot de marchandises, ou à des ouvrages d'or ou d'argent. Mettre une contre-marque à un ballot. Faire une contre-marque à de la vaisselle d'argent.
• Se dit aussi d'Un second billet que délivrent les contrôleurs d'un théâtre à ceux qui sortent pendant le spectacle, afin qu'ils aient la faculté de rentrer. Prenez une contre-marque en sortant.

CONTRE-MARQUER . v. a.
• Apposer une seconde marque. Contre-marquer un ballot de marchandises. Contre-marquer des ouvrages d'or ou d'argent.
• CONTRE-MARQUÉ, ÉE. participe

CONTRE-MINE . s. f.
• Ouvrage souterrain que l'ou fait pour éventer la mine de l'ennemi, et pour en empêcher l'effet. Les ennemis avaient fait une contre-mine sous le bastion. Les mineurs de la mine et de la contre-mine se rencontrèrent.
• Se dit aussi d'Une mine pratiquée sous les bastions et sous les dehors d'une place, pour faire sauter les ennemis s'ils venaient a s'y loger. En bâtissant la place, on avait fait une contre-mine sous chaque bastion.

CONTRE-MINER . v. a.
• Faire des contre-mines. Les assiégés avaient contre-miné ce bastion. Tous les dehors de la place avaient été contre-minés.
• CONTRE-MINÉ, ÉE. participe

CONTRE-MINEUR .s.m.
• Celui qui travaille à une contre-mine.

CONTRE-MONT . loc. adv.
• En haut. Gravir contre-mont, Gravir une montagne. Tomber à la renverse les pieds contre-mont. Il est vieux et presque inusité.
• Ce bateau va à contre-mont. Il remonte la rivière.

CONTRE-MUR .s.m.
• Petit mur qu'on bâtit tout le long d'un autre pour le fortifier, pour le conserver. Faire un contre-mur à une terrasse.

CONTRE-MURER . v. a.
• Faire un contre-mur. La loi oblige, dans certains cas, à contre-murer les lieux d'aisance, les contre-coeurs de cheminée, etc.
• CONTRE-MURÉ, ÉE. participe

CONTRE-OPPOSITION . s. f.
• Ce mot, usité seulement dans le langage parlementaire, s'entend d'Une minorité de l'opposition qui se détache de la majorité, en certains cas, bien qu'elle y appartienne par les principes généraux qui la dirigent. La contre-opposition fera tant de fautes, qu'elle finira par ruiner le parti de l'opposition.

CONTRE-ORDRE .s.m.
• Révocation d'un ordre. Il avait eu ordre de partir, mais il a reçu un contre-ordre. Donner, recevoir contre-ordre.

CONTRE-PARTIE . s. f.
• .Musique, qui se dit d'Une partie de musique opposée à une autre. La basse est contre-partie du dessus.
• Se dit plus ordinairement de La partie qui sert de second dessus. Faire une contre-partie à un air. Chanter la contre-partie. Jouer la contre-partie.
• Il signifie aussi figurément, Opinion, sentiment, système contraire. Quoi que vous proposiez, cet homme fera, soutiendra toujours la contre-partie.

CONTRE-PESER . v. a.
• Contre-balancer, servir de contre-poids. Ces raisons-là sont trop faibles pour contre-peser les autres. Il a vieilli, et n'était guère d'usage qu'au figuré: on dit, Contre-balancer.
• CONTRE-PESÉ, ÉE. participe

CONTRE-PIED .s.m.
• .Chasse, qui se dit Lorsque les chiens, étant tombés sur les voies de la bête, prennent, pour la suivre, le chemin qu'elle a fait, au lieu de prendre celui qu'elle tient. Les chiens avaient pris le contre-pied du cerf, du sanglier.
• Il signifie figurément, Le contraire de quelque chose. Il fait tout le contre-pied de ce qu'on lui a dit. Il prend toujours le contre-pied de ce qu'il faudrait dire, de ce qu'il faudrait faire. C'est justement le contre-pied de ce que vous disiez. Il ne se dit point au pluriel.

CONTRE-PLATINE . s. f.
• T. d'Arquebusier. Pièce de métal sur laquelle porte la tête des vis qui servent à fixer la platine d'un fusil, d'un pistolet, etc. On la nomme autrement Porte-vis.

CONTRE-POIDS .s.m.
• Poids servant à contre-balancer une force opposée, ou à en modérer l'action. Contre-poids d'horloge. Contre-poids de tournebroche. Cela fera le contre-poids, fera contre-poids, servira de contre-poids.
• Se dit aussi d'Un long bâton dont les danseurs de corde se servent pour se tenir plus aisément en équilibre quand ils dansent sur la corde. Dans ce sens, il est peu usité: on dit ordinairement, Balancier.
• CONTRE-POIDS, se dit figurément Des affections, des qualités bonnes ou mauvaises, et en général de toutes les choses morales, politiques, etc., qui servent à en contre-balancer d'autres. Son avarice est un fâcheux contre-poids à ses bonnes qualités. Sa lâcheté sert de contre-poids à son insolence, à son orgueil, à sa cruauté. La crainte de Dieu est un puissant contre-poids à nos mauvaises inclinations. Dans la république romaine, la puissance tribunitienne était le contre-poids de la puissance du sénat.

CONTRE-POIL .s.m.
• Le rebours du poil, le sens contraire à celui dans lequel le poil est naturellement couché. Vous prenez le contre-poil.
• Il est surtout usité dans cette locution adverbiale, À contre-poil. Faire la barbe à contre-poil. Étriller un cheval à contre-poil. Nettoyer, vergeter du drap, un manteau à contre-poil. Brosser un chapeau à contre-poil.
• Fig. et fam., Prendre une affaire à contre-poil, La prendre dans un sens contraire à celui qui serait convenable. Les juges ont pris cette affaire à contre-poil. Dans cette affaire, il a tout pris à contre-poil.
• Fig. et fam., Prendre quelqu'un à contre-poil, Parler ou agir de manière à le choquer, à l'irriter. C'est un homme bon, mais très-susceptible; il faut se garder de le prendre à contre-poil.

CONTRE-POINT .s.m.
• .Musique. L'art de composer de la musique à deux ou plusieurs parties. Apprendre le contre-point. L'étude du contre-point. La science du contre-point.
• Se dit également d'Une composition musicale faite selon les règles du contre-point. Contre-point simple, Celui où les différentes parties vont toujours ensemble note pour note. Contre-point figuré ou fleuri, Celui où les différentes parties procèdent par des valeurs et des rhythmes différents. Contre-point double, triple, quadruple, à l'octave, à la douzième.

CONTRE-POINTER . v. a.
• Se dit en parlant De certains ouvrages de toile ou de taffetas, qu'on pique des deux côtés avec du fil ou de la soie. Contre-pointer une couverture. Contre-pointer une jupe. Contre-pointer du taffetas.
• CONTRE-POINTER, en termes d'Artillerie, Opposer une batterie à une autre. Contre-pointer du canon.
• Se dit, figurément et familièrement, pour Contredire, contrecarrer. Il prend plaisir à le contre-pointer en toute occasion. Ce sens est peu usité.
• CONTRE-POINTÉ, ÉE. participe

CONTRE-POISON .s.m.
• Antidote, remède qui empêche l'effet du poison. Il serait mort sans le contre-poison qu'on lui a donné. Le lait est, dans certains cas, un excellent contre-poison.
• Se dit aussi figurément. Ce livre est le contre-poison des nouvelles doctrines.

CONTRE-PORTE . s. f.
• Se dit Des secondes portes d'une place de guerre.
• Se dit aussi d'Une porte, ordinairement faite de toile, qu'on met devant la porte ordinaire d'un appartement, pour mieux se garantir du vent et du froid.

CONTRE-RÉVOLUTION . s. f.
• Révolution politique qui tend à détruire les résultats de celle qui l'a précédée.

CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE . adj. des deux genres
• Qui est favorable à la contre-révolution, qui tend à la contre-révolution. Doctrines contre-révolutionnaires. Des mesures contre-révolutionnaires. Substantiv., Un contre-révolutionnaire.

CONTRE-RUSE . s. f.
• Ruse opposée à une autre. Employer une contre-ruse. Il est peu usité.

CONTRE-SANGLON .s.m.
• Courroie clouée sur l'arçon de la selle du cheval, et dans laquelle on passe la boucle de la sangle pour l'arrêter.

CONTRESCARPE . s. f.
• .Fortification. La pente du mur extérieur du fossé, celle qui regarde la place. On comprend souvent sous ce nom Le chemin couvert et le glacis. Attaquer la contrescarpe. Emporter la contrescarpe.

CONTRE-SCEL .s.m.
• Sorte de petit sceau, qui s'appose sur le tiret de par-chemin dont on se sert pour attacher des lettres scellées en chancellerie. Ces pièces ont été mises sous le contre-scel. Le contre-scel y a été apposé. Des pièces attachée sous le contre-scel de la chancellerie.

CONTRE-SCELLER . v. a.
• Mettre le contre-scel. Contre-sceller des lettres.
• CONTRE-SCELLÉ, ÉE. participe

CONTRE-SEING .s.m.
• Signature de ce lui qui contre-signe. Cette ordonnance porte le contre-seing du ministre de la guerre.
• Avoir le contre-seing d'un ministre, Avoir l'autorisation de signer en son nom.
• Avoir le contre-seing, Avoir le droit de contre-signer les lettres et les paquets, pour qu'ils soient exempts des frais de poste. Contre-seing limité. Contre-seing illimité.

CONTRE-SENS .s.m.
• Sens contraire au sens naturel d'un discours, d'une proposition, d'une phrase, etc. Vous interprétez mal ce que je dis, vous prenez le contre-sens de mes paroles.
• Se dit également de Tout sens différent du sens véritable d'un texte. Cette traduction est pleine de contre-sens. Cet écolier a fait un contre-sens, plusieurs contre-sens dans sa version. Un contre-sens ridicule.
• Se dit encore de Toute manière de lire, de prononcer, de déclamer, etc., qui ne s'accorde pas avec le sens des paroles. Sa manière de lire est un perpétuel contre-sens.Cet acteur fait sans cesse des contre-sens.Cette musique forme un véritable contre-sens avec les paroles.
• CONTRE-SENS, se dit aussi en parlant Des étoffes, du linge, et d'autres choses, et signifie qu'elles ne sont pas dans le sens, du côté où elles doivent être. En faisant ce manteau, on a pris le contre-sens de l'étoffe.
• Se dit figurément, en parlant Des affaires. Il prend toujours le contre-sens d'une affaire.
• À CONTRE-SENS. loc. adv. qui s'emploie dans les diverses significations de Contre-sens. Jouer un rôle, lire, déclamer à contre-sens. Employer une étoffe à contre-sens. Une dentelle cousue à contre-sens. Il a pris cette affaire à contre-sens.

CONTRE-SIGNER . v. a.
• Signer un acte, en vertu des fonctions qu'on exerce, après que celui dont cet acte émane, y a lui-même apposé sa signature. Cette ordonnance royale a été contre-signée par tel ministre Contre-signer un brevet. Contre-signer de lettres patentes.
• Se dit aussi en parlant Des lettres qui viennent des bureaux d'une administration supérieure, et sur l'enveloppe desquelles on met le nom du ministre ou de l'administrateur qui les envoie. Le secrétaire général a contre-signé cette lettre.
• CONTRE-SIGNÉ, ÉE. participe

CONTRE-TEMPS .s.m.
• Accident inopiné qui nuit au succès d'une affaire, et qui rompt les mesures qu'on avait prises. Il est arrivé des contre-temps, de fâcheux contre-temps dans cette affaire. Il a essuyé bien des contre-temps. Quel contre-temps!
• Tomber dans un contre-temps, dans des contre-temps, Se trouver inopinément dans des circonstances fâcheuses, qui dérangent les mesures qu'on avait prises. Il signifie aussi, Faire quelque chose dans une conjoncture tout à fait défavorable, et en prenant mal son temps.
• CONTRE-TEMPS, se dit aussi d'Un certain pas de danse. On fait des contre-temps dans la gavotte.
• Se dit également, en Musique, de L'action d'appuyer sur le temps faible d'une mesure, et de passer plus ou moins légèrement sur le temps fort. Faire des contre-temps. Mesure à contre-temps.
• À CONTRE-TEMPS. loc. adv. Mal à propos, en prenant mal son temps. Parler à contre-temps. Agir à contre-temps.

CONTRE-TERRASSE . s. f.
• T. d'Archit. Terrasse appuyée contre une autre plus élevée.

CONTRE-TIRER . v. a.
• Faire la contre-épreuve d'une estampe. Contre-tirer une estampe.
• Contre-tirer un tableau, contre-tirer un plan, contre-tirer une carte, etc., Les copier trait pour trait par le moyen d'une toile fine, d'un papier huilé, d'un canevas, etc., qu'on met dessus. Il est peu usité en ce sens.
• CONTRE-TIRÉ, ÉE. participe

CONTREVALLATION . s. f.
• .Guerre. Fossé et retranchement qu'on fait autour d'une place assiégée pour empêcher les sorties de la garnison. Lignes de contrevallation.

CONTREVENANT
, ANTE. s.
• Celui, celle qui contrevient. Les contrevenants payeront l'amende.

CONTREVENIR . v. n.
• Agir contre quelque loi, quelque défense, quelque ordre, etc., ou contre quelque obligation que l'on a contractée. Contrevenir aux commandements de Dieu, au précepte de la charité. Il prétendait n'avoir point contrevenu à la loi. Contrevenir aux règlements de police. Contrevenir aux ordres qu'on a reçus. Quiconque y contreviendra, etc. Contrevenir à une clause du contrat, du traité.

CONTREVENT .s.m.
• Grand volet de bois, qui s'ouvre et qui se ferme du côté extérieur de la fenêtre, et qui sert à garantir du vent, de la pluie, etc. Faire mettre des contrevents à toutes les fenêtres d'une maison. Fermer, ouvrir les contrevents. Il faut raccommoder ce contrevent.

CONTRE-VÉRITÉ . s. f.
• Ce qu'on dit pour être entendu dans un sens contraire à celui que les paroles expriment. Ainsi, dire ironiquement, D'un homme reconnu pour poltron, qu'Il est brave, c'est dire une contre-vérité. Toute ironie est une contre-vérité. Il y a des gens qui ne louent ou qui ne blâment que par des contre-vérités.

CONTRIBUABLE .s.m.
• .Finances. Celui qui doit contribuer, qui contribue au payement des impositions, des dépenses publiques. Diminuer les charges qui pèsent sur les contribuables.

CONTRIBUER . v. n.
• Aider, de quelque manière que ce soit, à l'exécution, au succès d'un dessein, d'une entreprise; avoir part à un certain résultat. Contribuer à la fortune, à l'avancement de quelqu'un. Contribuer au gain d'une bataille. Contribuer au succès d'une affaire. J'y contribuerai de mon côté. Il y a contribué de ses soins. Contribuer de ses deniers à la construction d'un édifice. Je ne contribue en rien à cela. Cette découverte contribua beaucoup aux progrès de l'art. Vous contribuâtes à le perdre. Cela contribue à le dégoûter de sa profession.
• CONTRIBUER, signifie aussi, Payer une part de quelque dépense ou charge commune. Contribuer pour un tiers, pour un quart dans une dépense, à une dépense. Contribuer au marc le franc. Contribuer aux charges publiques en proportion de ses revenus. Ils ont contribué pour la construction du nouveau pont. Toute la province a contribué pour l'entretien des gens de guerre.
• Se dit pareillement en parlant Des sommes qu'on paye aux ennemis, pour se garantir du pillage et des autres exécutions militaires. Tout le pays contribua. Cette ville a contribué. Il a fait contribuer toute la province.

CONTRIBUTION . s. f.
• Ce que chacun donne pour sa part d'une dépense, d'une charge commune. Se dit surtout en Matière d'impôts. Contribution foncière. Contribution mobiliaire. Contribution personnelle. Contribution des portes et fenêtres. Bureau des contributions. Receveur des contributions. Rôle, registre des contributions. Répartir, percevoir une contribution. Payer les contributions. Contribution volontaire.
• Contributions directes, Les impôts directement établis sur les biens ou sur les personnes.
• Contributions indirectes, Les impôts établis sur les objets de commerce et de consommation, ou sur certaines choses dont le besoin est éventuel: tels sont les droits d'octroi, de douane, de timbre, d'enregistrement, etc.
• Contribution au sou la livre, au marc la livre, au marc le franc, La répartition de ce qui doit être payé ou reçu par chacun en proportion de ses facultés, de son intérêt dans une affaire, ou du montant de sa créance. On dit absolument, dans ce sens: Contribution aux dettes d'une succession. Distribution par contribution, entre créanciers, des sommes provenant d'une saisie faite sur leur débiteur commun.
• En termes de Commerce maritime, Contribution au jet dans la mer, La répartition des pertes et dommages qui se fait tant sur les effets que sur le navire et le fret, lorsque la tempête ou les ennemis ont obligé de jeter dans la mer une partie du chargement ou des agrès.
• CONTRIBUTION, se dit aussi de Ce que sont forcés de payer ou de donner les habitants d'un pays occupé par l'ennemi, pour se garantir du pillage. Lever des contributions sur les vaincus. Le général ennemi se contenta de cent mille francs par forme de contribution. Les contributions ont fourni aux frais de la guerre. Mettre tout le pays à contribution.
• Par extension et fam., Mettre à contribution, Faire contribuer de quelque manière à une dépense, exiger quelque somme. Quand il s'agit de secourir des malheureux, elle ne craint point de demander, elle met tous ses amis à contribution. Mettre la curiosité publique à contribution. On l'emploie figurément dans un sens analogue. Il a mis à contribution tous les auteurs qui se sont occupés de cette matière.

CONTRISTER . v. a.
• Affliger, causer du chagrin. Il ne faut pas contrister ses amis. Cette nouvelle l'a fort contristé, lui contriste l'âme, le coeur.
• CONTRISTÉ, ÉE. participe

CONTRIT
, ITE. adj.
• .Théologie. Qui a un grand regret de ses péchés. Un coeur contrit.
• CONTRIT, se dit aussi, par une espèce de plaisanterie, pour Triste, affligé, mortifié. Il était bien contrit de cette action. Avoir l'âme contrite.

CONTRITION . s. f.
• Regret qu'on éprouve d'avoir péché, et qui a pour principe l'amour de Dieu. Faire un acte de contrition. Des actes de contrition. Contrition parfaite.

CONTRÔLE .s.m.
• Registre double qu'on tient pour la vérification d'un rôle, d'un autre registre, etc. Il se disait particulièrement autrefois Du registre double qu'on tenait des expéditions des actes de finances et de justice, pour en assurer davantage la conservation et la vérité, et empêcher les antidates. Le contrôle du sceau. Le contrôle des exploits. Le contrôle des finances. Faire le contrôle. Le bureau du contrôle, ou simplement, Le contrôle. Il y avait un contrôle à l'hôtel de ville. Cela a passé au contrôle. Tenir le contrôle. Droit de contrôle. Voyez ENREGISTREMENT.
• Il se disait, par extension, Du droit de contrôle. Payer le contrôle d'un acte.
• CONTRÔLE, se dit aussi de L'état nominatif des personnes qui appartiennent à un corps, à une troupe. Cet officier a été rayé des contrôles de l'armée. Dresser le contrôle d'une compagnie. Vous êtes porté sur le contrôle.
• Il signifie encore, Vérification, surtout dans le langage administratif. Être chargé de l'inspection et du contrôle d'une perception, d'une comptabilité, d'une caisse.
• Il signifie particulièrement, La marque qu'on imprime sur les ouvrages d'or et d'argent, pour faire foi qu'ils ont payé les droits, et qu'ils sont au titre fixé par la loi. Cette pièce de vaisselle est suspecte, elle n'a pas le contrôle. Le bureau du contrôle de l'or et de l'argent. Le contrôle de la marque d'or. Tous les ouvrages d'orfévrerie sont soumis au contrôle.
• Se dit également Du lieu où l'on met le contrôle. Aller au contrôle.
• CONTRÔLE, se dit en outre Du bureau où se tiennent les contrôleurs d'un théâtre. On refusa son billet au contrôle.
• CONTRÔLE, signifie figurément et familièrement, Censure, critique. Je ne veux point être soumis à son contrôle. Vous ne pouvez exercer aucun contrôle sur lui.

CONTRÔLER . v. a.
• Il signifiait autrefois, Mettre sur le contrôle. Faire contrôler des pièces. Faire contrôler des exploits. Contrôler des quittances de finances.
• Il signifie encore quelquefois, surtout dans les Administrations, Vérifier. Le fonctionnaire chargé de contrôler le monnayage.
• Il signifie particulièrement, Mettre le contrôle sur les ouvrages d'or et d'argent, pour en constater le titre, etc. Il a fait contrôler sa vaisselle.
• CONTRÔLER, signifie figurément, Reprendre, critiquer, censurer les actions, les paroles d'autrui. Se dit surtout D'un censeur injuste et chagrin. Quel droit avez-vous de le contrôler? Vous contrôlez tout ce qui se fait dans sa maison. Je ne contrôle point vos actions. Il contrôle sur tout.
• CONTRÔLÉ, ÉE. participe, Quittance contrôlée. Exploit contrôlé. Vaisselle contrôlée.

CONTRÔLEUR .s.m.
• Celui dont la charge est de tenir registre de certaines choses, ou d'en faire la vérification. Il y avait autrefois, en France, un contrôleur général des finances, un contrôleur général des bâtiments, un contrôleur à la chancellerie, un contrôleur général de la maison du roi, etc. Contrôleur des contributions indirectes. Contrôleur des douanes. Contrôleur de la comptabilité. Contrôleur des caisses. Contrôleur au monnayage. Contrôleur des ouvrages d'or et d'argent. On place des contrôleurs à la porte des spectacles, pour recevoir et vérifier les billets et les contre-marques.
• Se dit aussi, dans la Maison des princes, de L'officier qui est chargé de fonctions à peu près semblables à celles qu'exerce le maître d'hôtel dans la maison d'un particulier. Contrôleur de la bouche.
• CONTRÔLEUR, se dit figurément et en mauvaise part, dans le langage familier, de Celui qui se mêle de censurer, de contrôler les actions d'autrui. Il fait le contrôleur chez moi. C'est un contrôleur perpétuel. Dans ce sens, on dit également, Contrôleuse, au féminin. C'est une contrôleuse perpétuelle.

CONTROUVER . v. a.
• Inventer une fausseté. Se dit ordinairement Des mensonges par lesquels on cherche à nuire à quelqu'un. C'est un fait qu'on a controuvé pour le perdre.
• CONTROUVÉ, ÉE. participe, Un fait entièrement controuvé. Il n'y a pas un mot de vrai à tout cela, ce sont toutes choses controuvées.

CONTROVERSE . s. f.
• Débat, dispute, contestation sur une question, sur une opinion, etc. Grande controverse. De longues controverses. Cela est hors de controverse. Cela passa sans controverse. Il ne faut point mettre cela en controverse. Les anciens rhéteurs proposaient des sujets de controverse.
• Se dit particulièrement de La dispute qui a pour objet des points de foi, entre les catholiques et les sectes dissidentes. Traiter un point de controverse. Il est savant dans les matières de controverse.
• Étudier la controverse, Étudier les matières de controverse. Prêcher la controverse, Éclaircir, dans la chaire, les points de doctrine qui sont en contestation entre les catholiques et les sectes dissidentes.

CONTROVERSÉ
, ÉE. adj.
• Disputé, débattu de part et d'autre. C'est un point controversé dans les écoles, controversé parmi les docteurs. Une matière controversée.

CONTROVERSISTE .s.m.
• Celui qui traite, par écrit ou autrement, des sujets de controverse. Il ne se dit qu'en Matière de religion. C'est un célèbre, un zélé controversiste.

CONTUMACE . s. f.
• .Jurispr. criminelle. Le refus, le défaut que fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé. Être en état de contumace. Procéder par contumace contre un accusé. Condamnation par contumace. Jugement de contumace. Il a été condamné par contumace. Faire juger la contumace. Purger la contumace.
• Il est souvent synonyme de Contumax.

CONTUMACER . v. a.
• .Jurispr. criminelle. Instruire la contumace, poursuivre l'instruction de la contumace. Il s'est laissé contumacer. Faire contumacer un criminel, un déserteur. Il est peu usité.
• CONTUMACÉ, ÉE. participe

CONTUMAX . adj. des deux genres
• .Jurispr. criminelle. Accusé ou prévenu qui est en état de contumace, qui s'est soustrait par la fuite aux recherches de la justice, et auquel on fait son procès, sauf à le juger de nouveau s'il se représente en temps utile. Accusé contumax. Il est contumax. Elle a été déclarée contumax.
• S'emploie aussi substantivement. Le contumax.

CONTUS
, USE. adj.
• .Chirur. Meurtri, froissé, sans être entamé. Il ne se dit qu'en parlant Des chairs, des muscles. Une partie contuse. Avoir un muscle contus.
• Plaie contuse, Plaie faite par un instrument contondant.

CONTUSION . s. f.
• Meurtrissure. Légère contusion. Il reçut dans sa cuirasse une balle qui lui fit une forte contusion. Plaie avec contusion.

CONVAINCANT
, ANTE. adj.
• Qui a la force de convaincre. Cet argument est convaincant. Cette raison, cette preuve, cette expérience est convaincante. Ce que vous dites est convaincant.

CONVAINCRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Vaincre.) Réduire quelqu'un par le raisonnement, ou par des preuves sensibles et évidentes, à demeurer d'accord d'une vérité, d'un fait. Convaincre quelqu'un d'une vérité. Ne pouvoir l'en convaincre. Le convaincre par de bonnes raisons. J'ai fait ce que j'ai pu pour le convaincre. Cela doit suffire pour vous convaincre que je n'ai point voulu mal faire. Je suis convaincu qu'il l'a fait à bonne intention.
• Il se met aussi avec le pronom personnel, et signifie, S'assurer, se rendre certain d'une chose. Je veux m'en convaincre par moi-même. Il se convaincra par expérience. Se convaincre par ses propres yeux qu'une chose est en tel état.
• CONVAINCRE, signifie encore, Donner des preuves suffisantes qu'une personne est coupable d'un crime, d'une faute. Convaincre un accusé du crime qui lui est imputé. Il fut convaincu d'imposture, de trahison. On le convainquit d'avoir entretenu des intelligences secrètes avec l'ennemi.
• S'emploie quelquefois figurément dans ce dernier sens. Sa doctrine fut convaincue d'erreur.
• CONVAINCU, UE. participe, Atteint et convaincu. Locution qu'on employait autrefois dans les jugements criminels, pour exprimer que l'accusé était reconnu coupable. Il a été déclaré atteint et convaincu de meurtre, de vol, etc.

CONVALESCENCE . s. f.
• État d'une personne qui relève de maladie. Prompte convalescence. Parfaite convalescence. Entière, pleine convalescence. Être en convalescence. Entrer en convalescence.

CONVALESCENT
, ENTE. adj.
• Qui relève de maladie, et revient en santé. Être convalescent. Je suis bien aise de le savoir convalescent, de le voir convalescent, de la voir convalescente. Il est encore convalescent.
• S'emploie aussi comme substantif. Un convalescent. Une convalescente. Le régime que les médecins prescrivent aux convalescents.

CONVENABLE . adj. des deux genres
• Propre, sortable, qui convient. Cet emploi n'est pas convenable à ses talents. Il a fait un mariage convenable. C'est pour elle un parti convenable. Vous devriez choisir un temps, un moment plus convenable pour exécuter ce projet.
• Il signifie aussi, Conforme et proportionné. Cette bonne action a eu une récompense convenable. Faire une dépense convenable à sa fortune. Il sera reçu d'une manière convenable à son rang.
• Il signifie encore, Décent, qui est à propos, expédient. Il n'est pas convenable à un homme sage de parler si légèrement. S'il est convenable que j'y aille, je suis tout prêt. Ne faites pas cette démarche, elle n'est pas convenable. J'ai jugé convenable de le faire. Cela ne m'est pas, ne me serait pas convenable.

CONVENABLEMENT . adv.
• D'une manière convenable. J'agirai convenablement à vos vues, à vos desseins. Il répondit convenablement. Se conduire convenablement. On ne m'a pas traité convenablement.

CONVENANCE . s. f.
• Rapport, conformité, accord. Ces choses-là n'ont point de convenance l'une avec l'autre, entre elles. Quelle convenance peut-il y avoir entre des choses si différentes? Il n'y a point de convenance entre l'architecture de cet édifice et sa destination. Un peintre pèche contre la convenance lorsqu'il place dans un même tableau des personnages qui ont vécu à des époques différentes. Cet écrivain ne sait point établir de convenance entre son style et les matières qu'il traite. Convenance de fortune, de condition. Convenance d'humeur, de caractère, de goût, etc.
• Mariage de convenance, Mariage où les rapports de naissance, de fortune ont été plus consultés que l'inclination. Se dit surtout en parlant Des personnes d'un certain rang.
• CONVENANCE, se prend aussi pour Bienséance, décence; et, alors, on l'emploie très-souvent au pluriel. Il n'y aurait pas de convenance à en user de la sorte. Observer, respecter, braver les convenances. C'est une conduite qui blesse toutes les convenances. Les convenances sociales. Les convenances oratoires.
• Raisons de convenance, Raisons de pure bienséance. Des raisons de convenance l'ont forcé d'agir ainsi.
• Raisons de convenance, se dit aussi de Raisons qui sont probables et plausibles, et qui ne sont point démonstratives. Dans ce sens, il est didactique et peu usité.
• CONVENANCE, se prend quelquefois pour Commodité, utilité particulière. Avoir une chose à sa convenance. Ma maison m'a coûté cher, mais il m'a fallu payer la convenance.

CONVENANT
, ANTE. adj.
• Conforme, bienséant, sortable. Il est vieux.

CONVENANT .s.m.
• Voyez COVENANT.

CONVENIR . v. n.
• Demeurer d'accord. (Dans ce sens et dans le suivant, il se conjugue comme Venir, avec l'auxiliaire Être, et s'emploie avec la préposition de.) Je conviens de ce que vous dites; mais convenez aussi qu'il n'est pas juste que... Il est convenu lui-même de sa méprise. Convenez que vous aviez tort. Convenez-en.
• Il signifie quelquefois, S'accorder. Les historiens ne conviennent pas sur la date de cet événement.
• Il signifie aussi, Faire un accord, une convention. Ils sont convenus de se trouver en tel lieu. Ils convinrent entre eux de faire telle chose. Convenez de vos faits. Convenir d'un arbitre, d'un article, du temps, du lieu. Convenir du prix de quelque chose.
• CONVENIR, signifie également, en parlant Des choses, Être conforme, avoir du rapport. Cela convient à ce que vous disiez. La déposition du second témoin ne convient pas avec celle du premier. Leurs dépositions conviennent en tout.
• CONVENIR, signifie encore, Être propre, sortable. (Dans ce sens et dans le suivant, il se conjugue avec l'auxiliaire Avoir, et s'emploie avec la préposition à.) Cette place, cet emploi lui aurait bien convenu. C'est un parti qui convient bien à votre fille. Il ne vous convient pas de parler si fièrement. Cela convient à sa position. Ce sont des plaisirs qui ne conviennent pas, qui conviennent mal à un homme de votre âge. Ces louanges ne me conviennent nullement. Ce style ne convient point au sujet que vous traitez. Dans cette proposition, l'attribut convient bien au sujet.
• Il signifie, par extension, Plaire, agréer. Cette maison m'a convenu. Cette étoffe ne me convient pas. Ce domestique ne me convient pas. Son ton ne me convient point. Il ne me convient pas d'agir ainsi.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel, comme verbe réciproque, en parlant De deux personnes entre lesquelles il existe des rapports d'état, de goûts, de caractère, etc. Ces deux hommes ne sauraient se convenir. Ce jeune homme et cette demoiselle se conviennent très-bien. Nos goûts, nos caractères, etc., se conviennent parfaitement.
• CONVENIR, signifie aussi, Être expédient, être à propos. Dans ce sens, il ne s'emploie guère qu'impersonnellement. On délibéra longtemps sur ce qu'il convenait le plus de faire, ou d'aller aux ennemis, ou de les attendre.
• CONVENU, UE. participe, On dit passivement: Entre nous, c'est chose convenue. C'est chose convenue entre toutes les parties intéressées. Voilà qui est convenu.

CONVENTICULE .s.m.
• Petite assemblée. Il se prend toujours en mauvaise part, pour Assemblée secrète et illicite. Ce ne fut qu'un conventicule. Les conventicules sont défendus.

CONVENTION . s. f.
• Accord, pacte que deux ou plusieurs personnes font ensemble. Convention tacite, expresse, verbale, par écrit. Ils ont fait une convention entre eux, que celui... La convention était que... Je tiens la convention. Je m'en tiens à la convention.
• Il se prend quelquefois pour Clause, condition. Faire des conventions. Voici quelles ont été nos conventions. Conventions spéciales.
• En Jurispr., Conventions matrimoniales, ou absolument, Conventions, Les articles stipulés entre les époux par le contrat de mariage. Il se disait plus particulièrement autrefois Des articles accordés à une femme par son contrat de mariage, et de ce qui lui appartenait par la disposition des lois, ou de la coutume. Il ne lui était dû ni douaire ni conventions.
• De convention, signifie adjectivement, Conventionnel, qui n'a de valeur, de sens, de réalité que par l'effet de certaines conventions. Signes de convention. Ces prétendus sages se firent des vertus de convention. Dans l'architecture, il y a des ornements de convention. Dans beaucoup de pièces de théâtre, les paysans parlent un langage de convention. La comédie italienne a plusieurs personnages de convention.
• Monnaie de convention, Monnaie qui a cours dans plusieurs États, d'après une convention de leurs gouvernements.

CONVENTION . s. f.
• Se dit de Certaines assemblées nationales formées pour établir une constitution, ou pour la changer, la modifier, etc. Pendant la révolution de 1688, le parlement d'Angleterre s'était constitué en convention. La constitution des États-Unis a été rédigée par une convention.
• La convention nationale, ou simplement, La convention, Assemblée nationale qui se forma en France au mois de septembre 1792, et qui exerça tous les pouvoirs jusqu'en octobre 1795. Les décrets de la convention.

CONVENTIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui suppose convention, qui résulte d'une convention. Valeur conventionnelle. Préciput conventionnel.
• Bail conventionnel, se disait autrefois d'Un bail fait du consentement libre des parties; par opposition à Bail judiciaire, qui se disait d'Un bail fait par autorité de justice, à la poursuite du commissaire aux saisies réelles.

CONVENTIONNEL .s.m.
• Membre de la convention nationale. Un conventionnel.

CONVENTIONNELLEMENT . adv.
• Sous convention.

CONVENTUALITÉ . s. f.
• L'état d'une maison religieuse où l'on vit sous une règle.

CONVENTUEL
, ELLE. adj.
• Qui est du couvent, qui appartient au couvent.
• Assemblée conventuelle, Assemblée composée de toute la communauté du couvent. Messe conventuelle, Messe où assiste toute la communauté des religieux. Mense conventuelle, Portion du revenu de l'abbaye qui appartient à la communauté des religieux. Le revenu des offices claustraux fut joint à la mense conventuelle.
• Prieuré conventuel, Prieuré où il y a des religieux.
• Religieux conventuels, ou simplement, Conventuels, Religieux qui ont droit de demeurer toujours dans le même couvent; à la différence de Ceux qui n'y sont que pour peu de temps, comme pendant la convocation d'un chapitre. Les religieux de dehors voulaient élire général un d'entre eux, mais les conventuels s'y opposèrent. Se dit également, dans l'ordre de Saint-François, Des religieux qui n'ont pas embrassé la réforme des observantins.

CONVENTUELLEMENT . adv.
• En communauté, selon les règles et l'usage de la société religieuse. Vivre conventuellement. Des religieux conventuellement assemblés.

CONVERGENCE . s. f.
• .Géom. et de Physiq. Disposition de deux ou de plusieurs lignes droites qui se dirigent vers un même point, soit qu'elles l'atteignent, soit qu'elles ne l'atteignent pas. La convergence de deux lignes. La convergence des rayons lumineux réfléchis par un miroir concave.

CONVERGENT
, ENTE. adj.
• .Géom. et de Physiq. Se dit Des lignes droites qui se dirigent vers un même point, qui convergent. Lignes convergentes. Rayons convergents.

CONVERGER . v. n.
• .Géom. et de Physiq. Se dit Des lignes droites dont les directions différentes tendent vers un seul et même point. Ces deux lignes convergent. Le foyer d'une lentille est le point vers lequel convergent les rayons lumineux qui la traversent.

CONVERS
, ERSE. adj.
• Il n'est guère usité que dans ces dénominations, Frère convers, soeur converse, qui se disent d'Un religieux ou d'une religieuse qui ne sont point du choeur et qui ne sont employés qu'aux oeuvres serviles du monastère.

CONVERSATION . s. f.
• Entretien familier. Conversation agréable, douce, aisée, enjouée, badine, sérieuse, intéressante, instructive. Conversation ennuyeuse, sèche, aride. Entrer en conversation. Être en conversation. Lier conversation. Changer de conversation. Rompre, interrompre une conversation. Renouer conversation. Reprendre la conversation où elle en était. Relever la conversation. Se plaire à la conversation. Par forme, par manière de conversation. Cela est bon pour la conversation. Nous avons eu une longue conversation. La conversation tourna, tomba sur telle chose. La conversation commençait à languir, à mourir, il la réchauffa, la ranima, la soutint. Il fournit beaucoup à la conversation. Cette plaisanterie peut passer en conversation. Le ton, le langage de la conversation. Cela est du style de la conversation.
• Être à la conversation, Y prendre part, ou simplement Écouter ce qui s'y dit. Voudriez-vous bien répéter ce que vous venez de dire? je n'étais pas à la conversation.
• CONVERSATION, se dit quelquefois de La manière de converser, de parler en conversation. Sa conversation est peu amusante. Il aime beaucoup votre conversation.

CONVERSE . adj. et s. f.
• .Logique. On dit qu'Une proposition est converse, est la converse d'une autre, lorsque de l'attribut de la première on fait le sujet de la seconde, et du sujet de la première, l'attribut de la seconde, sans que la proposition cesse d'être vraie. Cette proposition, Tout ce qui est matière est impénétrable, est converse, est la converse de celle-ci, Tout ce qui est impénétrable est matière.

CONVERSER . v. n.
• S'entretenir familièrement avec quelqu'un. Se plaire à converser avec les savants. Ils conversaient ensemble très-familièrement. Cet homme n'aime pas à converser.
• Fig., Converser avec les livres, converser avec les morts, S'appliquer à la lecture, étudier les écrits des auteurs qui sont morts. Il aimait, dans sa solitude, à converser avec les grands hommes de l'antiquité.
• CONVERSER, dans la Théorie militaire, Exécuter une conversion. Converser à droite, à gauche.

CONVERSION . s. f.
• Transmutation. La conversion des métaux.
• CONVERSION, se dit aussi d'Un simple changement de forme. La conversion des écus en pièces de cinq francs. La conversion des espèces.
• Se dit également en parlant Des rentes qui, étant à un certain taux, sont mises à un autre plus bas ou plus élevé. La conversion des rentes.
• CONVERSION, en termes de Jurisprudence, Changement d'un acte, d'une procédure en une autre. La conversion d'une obligation en rente. La conversion d'un procès civil en procès criminel. On disait de même autrefois: Conversion d'appel en opposition. Conversion de décret. Etc.
• CONVERSION, en termes de Logique, Changement d'une proposition en sa converse.
• En Médec., Conversion des maladies, Le changement, la transformation d'une maladie en une autre.
• CONVERSION, dans la Théorie militaire, Mouvement par lequel le front d'une troupe change de direction, en tournant ou pivotant sur l'une de ses extrémités. Conversion de pied ferme. Conversion en marchant. Conversion à droite, à gauche. Quart de conversion. Le point de conversion.
• CONVERSION, en Matière de religion et de morale, Changement de croyance, de sentiments et de moeurs, de mal en bien. Prier Dieu pour la conversion des infidèles, des hérétiques, des pécheurs. Demander à Dieu la conversion des âmes. Travailler à la conversion des pécheurs. La conversion de Constantin au christianisme. Ce jeune homme est devenu fort bon sujet; c'est une conversion que vous avez faite.

CONVERTIBLE . adj. des deux genres
• Se dit D'une chose qui peut être convertie en une autre, ou changée pour une autre. On a cru longtemps que certains métaux étaient convertibles en or. Des obligations convertibles en rentes. Ce billet est convertible en argent.
• Se dit, en Logique, D'une proposition qui peut devenir la converse d'une autre. Cette proposition est convertible en telle autre.

CONVERTIR . v. a.
• Changer, transmuer, transformer une chose en une autre. Les alchimistes prétendaient convertir les métaux imparfaits en or. Aux noces de Cana, JÉSUS-CHRIST convertit l'eau en vin. Dans le mystère de l'eucharistie, le pain et le vin sont convertis au corps et au sang de JÉSUS-CHRIST. Un bon estomac convertit tout en bonne nourriture. Convertir une peine corporelle en peine pécuniaire. S'emploie souvent avec le pronom personnel. Le vin qui était au fond de ce tonneau s'est converti en vinaigre. Les aliments se convertissent en chyle dans notre estomac. Son amour se convertit en haine.
• Se dit aussi Du changement qui se fait de certaines choses dans le commerce, dans les affaires. Il a converti ses pierreries en vaisselle d'argent. Convertir une obligation en contrat de constitution. Les rentes sur les particuliers furent converties du denier dix-huit au denier vingt.
• Se dit figurément en Matière de religion et de morale, et signifie, Faire changer de croyance, de sentiments et de moeurs, de mal en bien. Convertir les païens, les idolâtres. Les convertir au christianisme. Convertir les hérétiques. Convertir les pécheurs.
• S'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Ces peuples se sont convertis à la foi. Ce pécheur s'est converti. Il s'est converti dans sa dernière maladie.
• Par extension et fam., Convertir quelqu'un, Le faire changer de résolution ou d'opinion sur quelque chose. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour l'attirer à notre parti, mais il n'y a pas moyen de le convertir. Je l'ai converti. C'est un homme converti.
• En Logique, Ces deux termes se convertissent, Ils peuvent se dire réciproquement l'un de l'autre. Étendue et Divisibilité sont deux termes qui se convertissent. On dit aussi que Deux propositions se convertissent, lorsque l'une est la converse de l'autre. Voyez CONVERSE.
• CONVERTI, IE. participe, Un pécheur converti.
• S'emploie aussi comme substantif, et signifie, Une personne convertie à la religion catholique. Il n'est guère usité que dans ces locutions. Un nouveau converti, une nouvelle convertie.
• Fig. et fam., Vous prêchez un converti, Vous parlez pour convaincre un homme qui est de votre avis.

CONVERTISSEMENT .s.m.
• Changement. Il n'est guère d'usage qu'en Matière d'affaires, et de fabrique de monnaie. Demander le convertissement d'une obligation en contrat de constitution. Le convertissement des espèces de monnaie.

CONVERTISSEUR .s.m.
• Celui qui réussit dans la conversion des âmes. Ce missionnaire était un grand convertisseur.
• Il signifie également, Celui qui s'efforce de convertir les autres à sa religion. Il est familier dans les deux sens, et ne se dit guère que par plaisanterie.

CONVEXE . adj. des deux genres
• Se dit, par opposition à Concave, D'une surface bombée sphériquement. Surface convexe. Un corps convexe. Un miroir, un verre convexe. On dit dans un sens analogue, Le côté convexe d'une ligne courbe, d'une parabole, d'une ellipse.

CONVEXITÉ . s. f.
• La saillie, la surface bombée de ce qui est convexe. La convexité d'un globe, d'un miroir ardent. On dit dans un sens analogue. La convexité d'une ligne courbe.

CONVICTION . s. f.
• L'effet qu'une preuve évidente produit dans l'esprit; la certitude que l'on a de la vérité d'un fait, d'un principe. Être dans une entière conviction. Avoir une entière, une pleine conviction des vérités de la religion. Avoir l'intime conviction d'une chose. Agir par conviction. Une conviction profonde. L'évidence peut seule donner une véritable conviction.
• Se dit aussi de La preuve évidente et indubitable d'une vérité, d'un fait. On l'accuse de divers crimes, et on en a des convictions en main. En voici la conviction. On a trouvé dans ses papiers la conviction de son intelligence avec les ennemis. Ce qu'il a dit sans y penser, fournit une conviction contre lui. Ce sens commence à vieillir.

CONVIER . v. a.
• Inviter à un festin, à une fête, à une cérémonie, etc. Convier à un repas, à un bal, à des noces. Un grand nombre de personnes avaient été conviées à la cérémonie. Je l'ai convié à dîner.
• Il signifie, par extension, Engager à faire quelque chose. On l'a convié de faire telle chose, à faire telle chose. Ils furent conviés à s'y trouver. On nous convia de parler.
• Se dit figurément en parlant Des choses qui excitent à quelque action. Toutes ces choses vous y convient. Tout vous y convie. La gloire, la raison, votre devoir vous y convie. Le beau temps nous convie à la promenade.
• CONVIÉ, ÉE. participe, Il est très-souvent employé comme substantif; mais alors il ne se dit que de Ceux qui sont invités à un festin. Il a bien reçu, bien traité les conviés. Il n'était pas des conviés, du nombre des conviés.

CONVIVE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui se trouve à un repas avec d'autres. Tous les convives étaient de bonne humeur. Il était du nombre des convives. Nous avions de charmantes convives.
• C'est un bon convive, se dit D'un homme agréable à table. On dit de même, C'est un joyeux, un agréable, un aimable, un charmant convive.

CONVOCATION . s. f.
• Action de convoquer. La convocation d'une assemblée. La convocation des colléges électoraux. Ordonnance de convocation des chambres. Billet, lettre de convocation.

CONVOI .s.m.
• La réunion des personnes qui accompagnent un corps mort qu'on porte à la sépulture avec les cérémonies funèbres. Un grand convoi. Un magnifique convoi. Aller au convoi. Assister au convoi. Être du convoi. Le convoi passera par tel endroit.
• CONVOI, en termes de Marine, se dit d'Une réunion plus ou moins grande de bâtiments de commerce naviguant sous l'escorte d'un ou de plusieurs vaisseaux de l'État. Nous avions trois frégates pour escorter notre convoi. Le convoi de Smyrne. Le convoi des Indes. On donne aussi le nom de Convoi à la force qui escorte.
• CONVOI, en termes de Guerre, se dit d'Une quantité de munitions, de vivres, etc., qu'on transporte dans un camp, dans une ville assiégée, etc. Préparer des convois. Le siége était fort avancé, mais il est entré un grand convoi dans la place. S'emparer des convois. L'escorte qui accompagne un convoi.
• Ce convoi a été battu, L'escorte qui l'accompagnait a été défaite.

CONVOITABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être convoité, qui est désirable. Un état convoitable. Il vieillit.

CONVOITER . v. a.
• Désirer avec avidité, avec une passion déréglée. Convoiter ardemment. Convoiter les richesses. Convoiter le bien d'autrui. Convoiter la femme de son prochain.
• CONVOITÉ, ÉE. participe

CONVOITEUX
, EUSE. adj.
• Qui convoite. Être convoiteux de gloire, convoiteux d'honneurs, convoiteux de richesses, du bien d'autrui. Il vieillit.

CONVOITISE . s. f.
• Désir immodéré, cupidité. Convoitise déréglée, effrénée. La convoitise des richesses, des honneurs. Regarder quelque chose d'un oeil de convoitise.

CONVOLER . v. n.
• Il n'est guère usité que dans cette phrase, Convoler en secondes noces, en troisièmes noces, etc., Se marier pour la seconde fois, pour la troisième fois, etc. On dit aussi, mais plus rarement, Convoler à un second mariage, etc.
• Se dit quelquefois absolument, pour Se remarier. Cette veuve ne sera pas longtemps sans convoler. Elle a convolé. Il est familier.

CONVOLUTÉ
, ÉE. adj.
• .Bot. Se dit Des parties d'une plante qui sont roulées en cornet. Les feuilles du bananier, du balisier sont convolutées.

CONVOLVULUS .s.m.
• (On prononce l'S.) .Bot. emprunté du latin, et synonyme de Liseron.

CONVOQUER . v. a.
• Faire assembler, avertir ou ordonner de se réunir. Convoquer un concile. Convoquer les colléges électoraux. Convoquer les chambres. Les États qui furent convoqués à Blois. À Rome, c'était aux consuls qu'appartenait le droit de convoquer le sénat. La diète fut dûment, légalement, légitimement convoquée. La compagnie étant extraordinairement convoquée, etc. Convoquer le ban et l'arrière-ban. Les membres de l'assemblée ont été convoqués pour tel jour. On l'a convoqué pour l'assemblée des créanciers.
• CONVOQUÉ, ÉE. participe

CONVOYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Employer.) Accompagner, escorter. Il n'est guère usité qu'en termes de Marine et de Guerre. Convoyer des navires marchands. Convoyer un train d'artillerie.
• CONVOYÉ, ÉE. participe

CONVOYEUR .s.m.
• Bâtiment qui en convoie d'autres. On dit aussi adjectivement, Bâtiment convoyeur.

CONVULSÉ
, ÉE. adj.
• .Médec. Se dit Des membres ou des muscles qui sont attaqués de convulsions. Membres, muscles convulsés.

CONVULSIF
, IVE. adj.
• Qui se fait avec convulsion, qui est accompagné de convulsion. Mouvement convulsif. Pouls convulsif. Toux convulsive. Rire convulsif.
• Il s'est dit quelquefois, en Médecine, De certains remèdes qui causent des convulsions. Remède convulsif.

CONVULSION . s. f.
• Mouvement irrégulier et involontaire des muscles, avec des secousses plus ou moins violentes. Grande, violente convulsion. Convulsion épileptique. Tomber en convulsion. Être en convulsion. Éprouver des convulsions. Être sujet à des convulsions. Avoir des convulsions. Il fut saisi d'horribles convulsions. Il mourut dans les convulsions.
• Se dit, par extension, Des mouvements violents causés par les passions. Les convulsions de la rage, du désespoir. La seule vue de cet homme lui donne des convulsions.
• Se dit également, au figuré, Des grands troubles qui agitent les États. Convulsions politiques. De longues convulsions ont agité cet empire.

CONVULSIONNAIRE . adj. et s. des deux genres
• Qui a des convulsions. Il s'est dit, dans le siècle dernier, de Certains fanatiques auxquels l'exaltation religieuse causait des convulsions. Les convulsionnaires de Saint-Médard.

COOBLIGÉ .s.m.
• Celui qui est obligé avec un ou plusieurs autres dans un contrat, dans une obligation. Il a été condamné à payer, sauf son recours sur ses coobligés, contre ses coobligés.
• Défense d'attenter à sa personne, ses biens, ses cautions et ses coobligés. Formule dont on usait autrefois dans les arrêts rendus en faveur des débiteurs que la justice prenait sous sa protection.

COOPÉRATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui opère avec quelqu'un. S'emploie surtout dans les Matières de piété. Les ministres de l'Église sont les coopérateurs de JÉSUS-CHRIST.

COOPÉRATION . s. f.
• Action de celui qui coopère. Sa coopération m'a été bien utile dans ce travail, dans cette entreprise. Dieu ne nous sauve qu'avec notre coopération.

COOPÉRER . v. n.
• Opérer conjointement avec quelqu'un. Coopérer au succès d'un dessein, d'une entreprise. Coopérer à la conversion de quelqu'un. J'y ai coopéré avec lui. Je n'y ai point coopéré.

COOPTATION . s. f.
• Admission extraordinaire dans un corps, accompagnée de dispense. Il fut admis par cooptation dans l'université de Paris. Il est maintenant peu usité.

COOPTER . v. a.
• Admettre quelqu'un dans un corps en le dispensant de quelqu'une des conditions nécessaires pour y entrer. L'université de Paris coopta Pierre Halley en 1641. Il est maintenant peu usité.
• COOPTÉ, ÉE. participe

COORDINATION . s. f.
• Action de coordonner; État des choses qui sont coordonnées. Une habile coordination. La coordination de tous les êtres.

COORDONNER . v. a.
• Arranger certaines choses entre elles suivant les rapports qu'elles doivent ou peuvent avoir; les disposer convenablement pour un but, une fin. Le créateur a coordonné tous les êtres. Un système dont toutes les parties sont bien coordonnées entre elles.
• COORDONNÉ, ÉE. participe
• COORDONNÉES, au pluriel, se dit substantivement, en Géométrie, Des abscisses et des ordonnées d'une courbe, considérées ensemble, et relativement les unes aux autres.

COPAHU .s.m.
• Espèce de baume ou de térébenthine qu'on tire, par incision, d'un arbre du Brésil appelé Copayer, et qui est employée en médecine contre les maladies des voies urinaires. Baume de copahu. Térébenthine de copahu. Le copahu est purgatif.

COPAÏER .s.m.
• Voyez COPAYER.

COPAL .s.m.
• Gomme d'une odeur agréable qu'on tire par incision de plusieurs espèces d'arbres de la Nouvelle-Espagne. Le copal entre dans la composition du vernis. Gomme copal.

COPARTAGEANT
, ANTE. adj. et s.
• Qui partage, qui est appelé à partager avec un ou plusieurs autres, une chose quelconque. Puissance copartageante. Héritier copartageant. Souches copartageantes. Donner à chacun des copartageants la part qui lui revient.

COPAYER .s.m.
• (On prononce, et quelques-uns écrivent, Copaïer.) .Bot. Arbre fort élevé, de la famille des Légumineuses, qui croît dans les forêts du Brésil, et dont on retire la térébenthine de copahu.

COPEAU .s.m.
• Éclat, morceau de bois que la hache, la doloire, le rabot ou quelque autre instrument tranchant fait tomber du bois qu'on abat ou qu'on met en oeuvre. Gros copeaux. Menus copeaux. Copeaux de hêtre. Brûler des copeaux.
• Vin de copeau, Vin nouveau que l'on a fait passer sur des copeaux, c'est-à-dire, dans lequel on a fait tremper des copeaux pour l'éclaircir et le rendre plus prompt à boire.

COPECK .s.m.
• Voyez KOPECK.

COPERMUTANT .s.m.
• Chacun de ceux qui permutent ensemble leurs bénéfices, et en général de ceux qui prennent part à un échange.

COPHTE
ou COPTE.s.m.
• Nom qu'on donne aux chrétiens originaires d'Égypte, et qui sont la secte des jacobites ou eutychéens. On dit, adjectivement, Un moine cophte, les moines cophtes.
• La langue cophte, ou simplement, Le cophte, L'ancienne langue des Égyptiens.

COPIE . s. f.
• Écrit fait d'après un autre. L'original et la copie. Fidèle copie. Copie exacte. Mauvaise copie. Copie collationnée à l'original. La copie d'un contrat, d'un exploit. La copie d'un manuscrit. Il y a chez les négociants un livre de copies de lettres. Donner copie. Prendre copie. Faire une copie. Tirer copie. Retenir copie. Garder copie. Vous n'avez que la copie de vos titres, et il en a les originaux. La pièce n'est pas si rare, il y en a cent copies. On en a distribué plusieurs copies.
• Se dit particulièrement, au Collége, Du devoir que l'écolier remet au professeur. Le professeur classe les copies suivant le degré de mérite des compositions.
• Copie figurée, Copie d'une écriture, dans laquelle on reproduit avec exactitude la forme des caractères, la disposition des lignes, les ratures, etc. Les fac-simile sont des copies figurées.
• COPIE, se dit aussi de L'imitation exacte de quelque ouvrage de peinture, de sculpture ou de gravure, quand elle n'est pas de la même main que l'original. Avoir des copies des meilleurs originaux, des meilleurs tableaux. Une copie tirée sur l'original. Copie de copie. Ce n'est pas un original, ce n'est qu'une copie. La copie ne le cède guère à l'original. Une copie de l'Hercule Farnèse. Une copie de la Vénus de Médicis. Une copie da Titien.
• Se dit quelquefois familièrement d'Un portrait, par opposition à La personne qui y est représentée. Si la copie vous plaît tant, que sera-ce de l'original!
• Se dit encore, dans les Arts du dessin et en Littérature, de Tout ouvrage dont l'idée, le plan, etc., sont empruntés d'un autre; et alors il se prend en mauvaise part. Cet édifice n'est qu'une copie mesquine de tel autre. Ce roman n'est qu'une pâle copie de tel ouvrage.
• Se dit également au figuré de Toute personne qui s'attache à en imiter une autre dans ses actions, dans ses gestes, dans ses manières, etc. Ce jeune homme est en tout la copie de son père. Cet acteur s'est fait la copie de tel autre.
• Fam., C'est une mauvaise copie d'un fort bon original, se dit D'un homme qui ne réussit pas à en imiter un autre qui excelle dans son genre.
• Fam., C'est un original sans copie, se dit D'un homme qui porte la singularité jusqu'au ridicule.
• COPIE, en termes d'Imprimerie, se dit de L'écrit ou de l'imprimé d'après lequel on compose. Copie manuscrite. Copie imprimée. Le compositeur n'a pas assez de copie pour achever la feuille.

COPIER . v. a.
• Faire la copie d'un écrit. Copier fidèlement, exactement. Copiez-moi vite cette pièce. Copier un contrat, un exploit. Copier un écrit mot à mot. Copier un passage de quelque écrit. Copier de la musique.
• Il signifie également, Imiter avec exactitude un tableau, une statue, etc. Copier un tableau. Copier une statue. Copier un bas-relief. Ce tableau est bien copié. Ce dôme, ce palais est copié sur tel bâtiment.
• Il signifie aussi figurément, Imiter, exprimer par l'imitation, les actions, les gestes, les manières, etc., de quelqu'un. Ce jeune homme copie en tout son père, copie jusqu'aux défauts de son ami. Il s'attache à copier ce qu'il y a de meilleur dans son modèle.
• Copier un auteur, un artiste, Tâcher d'imiter sa manière. Il se prend ordinairement en mauvaise part.
• Copier la nature, Imiter la nature. Ce peintre a fidèlement copié la nature. Molière n'est si vrai, que parce qu'il a toujours copié la nature.
• COPIER, signifie aussi, Contrefaire quelqu'un par dérision. Cet homme a un grand talent pour copier les gens.
• COPIER, avec le pronom personnel, se dit D'un peintre qui se répète, qui n'est pas varié dans les attitudes, dans son ton; et, par extension, D'un auteur qui n'a point d'idées neuves, qui ne sait point varier les formes qu'il emploie. Ce peintre, cet écrivain a peu d invention, et il lui arrive souvent de se copier.
• COPIÉ, ÉE. participe

COPIEUSEMENT . adv.
• Avec abondance, beaucoup. Boire copieusement. Manger copieusement. Uriner copieusement. Il n'est guère usité que dans ces sortes de phrases.

COPIEUX
, EUSE. adj.
• Abondant. Faire un repas copieux. Faire une évacuation, une selle copieuse. Il n'est guère usité que dans ces sortes de phrases.

COPISTE .s.m.
• Celui qui copie, en quelque genre que ce soit. Un bon, un excellent copiste. Un mauvais copiste. Copiste de musique. Ce n'est qu'un copiste. Un copiste ignorant. C'est une faute de copiste.
• C'est un copiste, ce n'est qu'un copiste, se dit D'un peintre qui ne fait que copier les tableaux des autres.
• COPISTE, se dit quelquefois de Celui qui s'attache à imiter la manière d'un artiste, le style d'un auteur, etc.; et alors il se prend en mauvaise part. Dépourvu de génie, d'invention, il s'est fait le copiste de cet auteur, de ce peintre, etc. Cet auteur original a eu bien des émules, mais il n'a fait jusqu'à présent que de mauvais copistes. Un froid, un insipide copiste.

COPROPRIÉTAIRE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui possède par indivis avec un autre, une maison, une terre, etc.

COPTE .s.m. - Voyez COPHTE.

COPTER . v. a.
• Faire sonner une cloche en la frappant seulement d'un côté avec le battant. Copter la cloche.
• COPTÉ, ÉE. participe

COPULATIF, IVE. adj.
• .Gram. Qui sert à lier. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Conjonction copulative. Et est une conjonction copulative.
• S'emploie aussi comme substantif, au féminin. La copulative Et.

COPULATION . s. f.
• Accouplement du mâle avec la femelle. Se dit plus particulièrement de La conjonction de l'homme et de la femme, et se joint presque toujours avec l'adjectif Charnel. La copulation charnelle est défendue hors le mariage.

COPULE . s. f.
• .Logique. Se dit Du mot qui lie le sujet d'une proposition avec l'attribut.

COQ .s.m.
• (On prononce le Q.) Oiseau domestique qui est le mâle de la poule. Un bon coq. Un jeune coq. Un vieux coq. Crête de coq. Faire battre, faire jouter des coqs. Un combat de coqs. Le chant du coq. Au premier chant du coq. Plumes de coq.
• Coq de bruyère ou des bois, Espèce de coq sauvage qui vit dans les bruyères.
• Coq d'Inde (on ne prononce pas le Q), Le dindon, le mâle de la dinde. Coq faisan, Le faisan mâle. On appelle également Coq, Le mâle de la perdrix. Il ne faut tuer que les coqs.
• Fam., Être rouge comme un coq, se dit D'une personne à qui une émotion subite fait monter le sang au visage.
• Prov., Être comme un coq en pâte, Être dans son lit bien chaudement et bien couvert, de sorte que la tête seule paraisse. Il signifie d'une manière plus générale, Être dans une situation très-commode, très-agréable.
• COQ, se dit aussi de Cette figure de coq qu'on met sur la pointe des clochers des églises, et qui sert de girouette. Le coq de telle église. Le coq du clocher. Il faut voir où est tourné le coq, pour savoir de quel côté vient le vent.
• COQ, se dit encore, figurément et familièrement, d'Un homme qui est le plus riche, le plus considéré d'un village, d'une paroisse de campagne. C'est un coq de paroisse. C'est le coq du village. Il est le coq de son village.
• En Botan., Coq-des-jardins, menthe de coq, ou herbe au coq, Plante corymbifère, dont l'odeur est agréable, et qui est employée en médecine. Crête-de-coq: voyez CRÊTE.
• En Horlogerie, Le coq d'une montre, La pièce d'une montre qui couvre et maintient le balancier.

COQ .s.m.
• .Marine. Se dit, sur les grands bâtiments, de L'homme qui fait la cuisine de l'équipage.
• Se dit aussi, dans les Corderies, de L'ouvrier qui fait chauffer le goudron.

COQ-À-L'ÂNE .s.m.
• Discours qui n'a point de suite, de liaison, de raison. Il m'a répondu par un coq-à-l'âne. Faire un coq-à-l'âne. Il fait toujours des coq-à-l'âne. Il est familier.

COQUE . s. f.
• Enveloppe extérieure de l'oeuf. Le poussin becquetait déjà la coque. Les poulets, les perdreaux, courent au sortir de la coque.
• OEufs à la coque, OEufs cuits dans leur coque, et qu'on mange en y trempant des mouillettes.
• Prov. et fig., Ne faire que sortir de la coque, Être encore très-jeune. Il ne fait que sortir de la coque, et il ose déjà se permettre de parler sur ces choses-là.
• COQUE, se dit aussi de L'enveloppe ligneuse de la noix, de l'amande, etc. Coque de noix. Je n'en donnerais pas une coque de noix.
• En termes de Marine, La coque d'un navire, Le corps d'un navire, abstraction faite du gréement et de la mâture.
• Coques de perle, ou simplement Coques, Demi-perles qu'on réunit ordinairement deux à deux, de manière qu'elles imitent des perles entières.
• COQUE, se dit également, en Botanique, de L'enveloppe de certains fruits ou de certaines semences. Les fruits de la coriandre, de l'anis, de la capucine, du géranium, etc., sont formés de coques.
• Coque du Levant, Fruit d'un arbre des Indes, d'un brun noirâtre et de la grosseur d'un pois, qui a la propriété d'enivrer les poissons, de manière qu'on peut les pêcher à la main.
• COQUE, se dit pareillement de L'enveloppe où se renferment le ver à soie et autres larves d'insectes qui filent. Ce ver à soie commence à faire sa coque.

COQUECIGRUE . s. f.
• Baliverne, conte en l'air. Il nous vient conter des coquecigrues, des coquecigrues de mer. On dit dans un sens analogue, Raisonner comme une coquecigrue. Il est familier.

COQUELICOT .s.m.
• Espèce de pavot. Le coquelicot rouge et simple croît parmi les blés. Sirop de coquelicot. On cultive dans les jardins des coquelicots doubles et de différentes couleurs.

COQUELOURDE . s. f.
• Nom vulgaire d'une espèce d'anémone.
• Se dit également, parmi les Jardiniers, d'Une autre plante qui sert à l'ornement des parterres.

COQUELUCHE . s. f.
• Capuchon. Il est vieux.
• Fig. et fam., Être la coqueluche de la cour, de la ville, du quartier, etc., Y être fort en vogue. On dit de même, Il est la coqueluche de toutes les femmes, etc., Toutes les femmes sont coiffées de lui.
• COQUELUCHE, se dit aussi d'Une maladie qui attaque principalement les enfants, et qui est caractérisée par une toux convulsive. La coqueluche est quelquefois épidémique. Il a eu la coqueluche. Il est malade de la coqueluche.

COQUELUCHON .s.m.
• Espèce de capuchon. Coqueluchon de moine. Porter un coqueluchon. Il ne se dit guère qu'en plaisantant.

COQUEMAR .s.m.
• Espèce de pot de terre vernissé, ou de cuivre, ou d'étain, ou d'argent, etc., ayant une anse, et servant ordinairement à faire bouillir ou chauffer de l'eau, de la tisane ou d'autres liquides. Faire bouillir de l'eau, de la tisane dans un coquemar.

COQUERET .s.m.
• .Bot. Genre de plantes, dont l'espèce la plus remarquable est l'Alkékenge, qui porte une baie légèrement aigrelette, renfermée dans une vésicule rougeâtre.

COQUERICO .s.m.
• Onomatopée par laquelle on désigne quelquefois Le chant du coq. Le coq chanta coquerico. Il est populaire.

COQUET
, ETTE. adj.
• Qui a de la coquetterie, qui use de coquetterie. Il ne fut jamais d'homme si coquet. Il a l'esprit coquet, l'humeur coquette. Des manières coquettes. Une femme coquette, fort coquette.
• S'emploie souvent comme substantif, surtout en parlant Des femmes. C'est une vraie coquette. Le manége d'une coquette. Une coquette fieffée. Une vieille coquette. Une franche coquette.

COQUETER . v. n.
• Être coquet ou coquette, user de coquetterie. Il ne fait que coqueter. Elle ne pourra jamais s'empêcher de coqueter. Elle coquette tout le jour, avec tout le monde. Il est familier et peu usité.

COQUETIER .s.m.
• Marchand d'oeufs et de volailles en gros.
• COQUETIER, se dit aussi d'Un petit ustensile de table, ordinairement en forme de verre à liqueur, dans lequel on met un oeuf, pour le manger à la coque. Un coquetier de buis, de porcelaine.

COQUETTERIE . s. f.
• Désir de plaire, d'attirer, d'engager. Se dit surtout en parlant Des femmes qui cherchent à plaire par vanité. Cette jeune personne a déjà de la coquetterie. Cette femme a de nombreux adorateurs, sa coquetterie doit être satisfaite.
• Se dit aussi Des manières, des paroles employées à dessein de plaire, soit qu'on éprouve ou qu'on n'éprouve pas le sentiment que l'on veut inspirer. Ses manières ont bien de la coquetterie. Il n'y a eu entre eux que de la coquetterie. Il s'est laissé prendre aux coquetteries de cette femme. User de coquetterie. Dire des coquetteries. Faire des coquetteries à quelqu'un.
• Se dit, par extension, Des moyens qu'une personne emploie pour faire valoir ses avantages, en quelque genre que ce soit. Ce poëte lit ses vers avec une espèce de coquetterie. C'est par une sorte de coquetterie que les personnes qui ont une jolie voix se font prier pour chanter.
• Se dit aussi de Certaine manière de parler ou d'écrire. Sa conversation, son style a de la coquetterie.

COQUILLAGE .s.m.
• Petit animal qui habite dans une coquille. Sur les côtes de la mer, les pauvres gens se nourrissent en partie de coquillages. Toute cette côte est pleine de coquillages. Il y a des coquillages de mer, d'eau douce et de terre.
• Il signifie aussi, Coquille. Le coquillage de la pourpre est beau, est rare. Coquillage doré, marqueté, etc. Des débris de coquillages. Une grotte de coquillages, ornée de coquillages. Coquillages fossiles.

COQUILLART .s.m.
• Se dit, dans les Carrières, d'Un lit de pierres de taille parsemé de coquilles.

COQUILLE . s. f.
• Enveloppe dure et calcaire des mollusques testacés, tels que les limaçons, les moules, les pétoncles, etc. Les coquilles sont appelées univalves, bivalves ou multivalves, selon qu'elles sont d'une, de deux ou d'un plus grand nombre de pièces. Coquilles de terre. Coquilles d'eau douce. Coquilles de mer. La coquille d'un limaçon. Les mollusques à coquille. Belle coquille. Coquille dorée. Coquille à vis. Coquille turbinée. Coquille dentelée. Coquille de nacre. Amasser des coquilles. Ramasser des coquilles. Faire une collection de coquilles. Il est curieux en coquilles. Les pèlerins de Saint-Jacques en Galice, et ceux du mont Saint-Michel en Normandie, rapportaient des coquilles à leur chapeau. Des écharpes semées de coquilles. On ne dit ni Coquille de tortue, ni Coquille d'huître. Voyez ÉCAILLE.
• Or de coquille, en coquilles, Sorte de pâte faite de miel et de feuilles d'or réduites en poudre, dont on se sert en peinture pour dorer, et qui se vend dans des coquilles.
• Prov. et fig., Rentrer dans sa coquille, par allusion au limaçon, Se retirer d'une entreprise téméraire, abandonner un propos hasardé; se remettre à sa place, ou y être remis par l'effet de quelque menace.
• Fig. et fam., Ne faire que sortir de la coquille, Être fort jeune et sans expérience.
• Prov. et fig., À qui vendez-vous vos coquilles? à ceux qui viennent de Saint-Michel? ou simplement, À qui vendez-vous vos coquilles? À qui pensez-vous avoir affaire? Cela se dit Pour donner à entendre qu'on n'est pas dupe de la finesse de celui à qui l'on parle. On dit de même, Portez vos coquilles à d'autres, portez vos coquilles ailleurs.
• Prov. et fig., Cet homme vend bien ses coquilles, il fait bien valoir ses coquilles, Il fait bien valoir sa marchandise, son travail. Il ne donne pas ses coquilles, Il sait tirer bon parti de ce qu'il vend, Il est peu généreux.
• COQUILLE, se dit aussi, dans les Arts, de Certains objets auxquels on donne la forme d'une coquille ou d'une conque marine. Vase fait en coquille. On portait autrefois des gardes d'épée en coquille. Orner une voûte de coquilles. Le bassin de cette fontaine est une vaste coquille de marbre, de pierre, etc.
• En Archit., Coquille d'escalier, Le dessous de l'assemblage des marches d'un escalier, ou l'intrados de la voûte rampante formée par cet assemblage.
• COQUILLE, se dit pareillement Des coques d'oeufs, de noix, d'amandes, etc., principalement quand elles sont vides, rompues, cassées. Quand on a fini de manger un oeuf à la coque, l'usage est de briser la coquille.
• COQUILLE, en termes d'Imprimerie, Lettre qui a été employée pour une autre dans la composition, et qu'il faut corriger. Faire des coquilles. Le correcteur a laissé bien des coquilles dans cette épreuve.
• COQUILLE, en termes de Papeterie, Sorte de papier collé, dont la marque est une coquille. On dit aussi, adjectivement, Papier coquille.

COQUILLIER .s.m.
• Collection de coquilles; Le lieu où on les rassemble.

COQUILLIER, IÈRE. adj.
• T. d'Hist, nat. Se dit Des pierres qui contiennent des coquilles fossiles. Pierre coquillière. Marbre coquillier. Calcaire coquillier.

COQUIN, INE. s.
• T. d'injure et de mépris. Fripon, maraud, bélître. C'est un coquin, une coquine. Un tour de coquin. Un méchant coquin. Un grand coquin. Un vil coquin. C'est un coquin qui trahirait son meilleur ami pour le moindre intérêt. On l'a traité comme un coquin. On dit, par une sorte d'ironie, C'est un fameux coquin, un plaisant coquin.
• Se dit quelquefois pour Infâme et lâche. Il a fui comme un coquin.
• Fam., Métier coquin, se dit d'Un emploi où l'on se plaît, parce qu'il n'y a presque rien à faire. Vie coquine, Vie douce, molle et fainéante à laquelle on s'accoutume. Dans ces locutions peu usitées, Coquin est adjectif.
• COQUINE, se dit, dans un sens particulier, tant adjectivement que substantivement, d'Une femme débauchée, d'Une femme qui trompe beaucoup d'amants. Cette femme est bien coquine. C'est une coquine.
• COQUIN, se dit quelquefois dans la colère, sans qu'on attache à ce mot un sens rigoureusement exact. Tais-toi, coquine! Mon coquin de domestique n'est pas encore de retour.
• Se dit encore, par plaisanterie, d'Un homme qui a ou qu'on suppose avoir quelque bonne fortune. Vous êtes un heureux coquin, un petit coquin.
• Se dit aussi quelquefois, par amitié, d'Un enfant vif et espiègle. C'est un aimable petit coquin.

COQUINERIE . s. f.
• Action de coquin, de fripon. Il m'a fait une coquinerie du premier ordre.
• Il signifie aussi, Le caractère du coquin, du fripon. Sa coquinerie est bien connue. Il est familier dans les deux sens.

 


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