D.R. BELAIR - RTMKB

Ent - Ex

       

NOTA : The following texts are copyright free and pertain to public domain ; they are provided without any restrictions. / Les textes qui suivent sont libres de droit et relèvent du domaine public ; ils sont diffusées sans aucune restriction.

 

 

DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

ENTABLEMENT .s.m.
• T. d'Archit. Le dernier rang de pierres qui est au haut d'un bâtiment, et sur lequel pose la charpente ou la couverture. Ce bâtiment sera bientôt achevé, on en est à l'entablement.
• Se dit plus spécialement de Cette partie de certains édifices qui surmonte ordinairement des colonnes ou des pilastres, et qui comprend l'architrave, la frise et la corniche. Un bel entablement. L'entablement d'un portique.

ENTABLER (S') . v. pron.
• .Manége. Se dit D'un cheval dont les hanches devancent les épaules, quand il manie de deux pistes, tant sur les voltes que sur les changements de main. Ce cheval s'entable.
• ENTABLÉ, ÉE. participe

ENTACHER . v. a.
• Infecter, gâter. Il n'est guère d'usage qu'au participe, si ce n'est lorsqu'on l'emploie figurément, comme dans cette phrase de Barreau, Cet arrêt l'a entaché en son honneur.
• ENTACHÉ, ÉE. participe, Une famille entachée de lèpre. On ne l'emploie guère qu'au sens moral. Être entaché d'avarice. Un acte entaché de nullité. Etc.

ENTAILLE . s. f.
• Coupure avec enlèvement de parties, faite dans une pierre, dans une pièce de bois, etc., soit pour y en emboîter une autre, soit pour quelque autre objet. Faire des entailles dans une poutre. Une entaille profonde.
• Se dit, par extension, Des coupures faites dans les chairs. Il a reçu dans le bras un coup de sabre qui lui a fait une grande entaille.

ENTAILLER . v. a.
• Faire une entaille à quelque chose. Entailler une poutre pour y emboîter des solives.
• ENTAILLÉ, ÉE. participe.

ENTAILLURE . s. f.
• Entaille. Faire une entaillure. Il est moins usité que son synonyme.

ENTAME . s. f.
• Premier morceau qu'on coupe d'un pain. Réservez-moi l'entame. On dit aussi, Entamure.

ENTAMER . v. a.
• Faire une petite incision, une petite déchirure. Entamer la peau. Entamer la chair. Le coup lui entame l'os. On entame l'écorce de certains arbres pour en tirer de la gomme.
• Fig., Entamer la réputation de quelqu'un, son crédit, etc., Y porter quelque atteinte.
• Fig., en termes de Guerre, Entamer un corps de troupes, Commencer à l'ouvrir, à le rompre. Dés que la cavalerie eut entamé la première ligne, tout le reste prit la fuite.
• ENTAMER signifie aussi, Ôter une petite partie d'une chose entière. Entamer un pain, un melon, un pâté. Entamer une pièce de drap. Entamer un sac d'argent.
• Il signifie encore figurément, Commencer à s'occuper de quelque chose. Entamer une matière, un discours, une affaire, une négociation. Entamer un procès.
• Fig. et fam., Entamer quelqu'un, Empiéter, entreprendre sur ses droits, sur sa charge; ou, dans un autre sens, L'amener à faire quelque chose contre son devoir ou contre sa résolution. Prenez bien garde qu'on ne vous entame. Il a une volonté des plus fermes, et il est difficile de l'entamer. C'est un homme perdu, s'il se laisse entamer. C'est un homme qui se laissera facilement entamer. Se dit aussi en parlant D'une personne dont on parvient à connaître les vues cachées, les sentiments secrets. C'est un homme impénétrable, on ne sait par où l'entamer. Se dit également en parlant D'une personne sur qui on prend quelque avantage dans une discussion. C'est un rude argumentateur, qu'il n'est pas facile d'entamer.
• ENTAMÉ, ÉE. participe

ENTAMURE . s. f.
• Petite déchirure, petite incision. Ce coup l'a meurtri, mais il n'y a point d'entamure. Le coup lui a fait une légère entamure.
• Il signifie aussi, Le premier morceau qu'on coupe d'un pain. Il aime l'entamure du pain.
• L'entamure d'un pâté, d'un jambon, L'ouverture d'un pâté, d'un jambon. Je me suis trouvé à l'entamure d'un bon pâté, d'un excellent jambon. Il signifie aussi, La partie entamée. Coupez un morceau de ce jambon du côté de l'entamure.

ENTASSEMENT .s.m.
• Amas de plusieurs choses entassées les unes sur les autres. Il y a un si grand entassement de papiers, de livres et de meubles dans cette chambre, qu'on n'y peut entrer.
• Se dit aussi figurément. Un entassement d'idées, de figures, de mots, d'affaires, etc.

ENTASSER . v. a.
• Mettre en tas, mettre un grand nombre de choses les unes sur les autres. Il a entassé ses meubles les uns sur les autres. Il entasse papiers sur papiers. Entasser des gerbes. Entasser du foin. Entasser des écus.
• Fig. et fam., Entasser sou sur sou, écu sur écu, Épargner sur les plus petites choses pour amasser.
• ENTASSER, se dit, par exagération, en parlant De plusieurs personnes extrêmement pressées en quelque endroit. On les avait entassés les uns sur les autres dans un méchant cabas. S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Nous nous entassâmes dans une petite barque. Ce sens et le suivant sont familiers.
• Il signifie aussi figurément, Accumuler, multiplier. Entasser procès sur procès. Entasser les citations dans un livre.
• Entasser paroles sur paroles, Parler beaucoup sans rien dire qui mérite d'être dit.
• ENTASSÉ, ÉE. participe, Fig. et fam., Être entassé, Avoir la taille épaisse et ramassée.

ENTE . s. f.
• T. d'Agricult. Greffe; un scion d'arbre, lorsqu'il est greffé sur un autre arbre. Une belle ente. Faire une ente. Faire des entes.
• Se dit aussi de L'arbre même où l'on a fait une ente. Il y a beaucoup de jeunes entes dans ce jardin.

ENTE . s. f.
• .Peinture. Le morceau de bois qui sert de manche à un pinceau. L'ente d'un pinceau.

ENTENDEMENT .s.m.
• Faculté par laquelle l'âme conçoit. L'entendement humain. L'entendement, la mémoire et la volonté sont trois facultés de l'âme. Entendement subtil, grossier. Les premières opérations de l'entendement.
• Il signifie aussi, Sens, jugement, bon esprit. C'est un homme d'entendement. C'est un homme de petit entendement, de peu d'entendement. Il n'a point d'entendement. Il faut avoir perdu l'entendement pour se conduire ainsi.

ENTENDEUR .s.m.
• Celui qui entend et qui conçoit bien quelque chose. Il n'est usité que dans ces façons de parler proverbiales: À bon entendeur salut, Que celui qui entend bien ce que je dis en fasse son profit. À bon entendeur peu de paroles, Peu de paroles suffisent pour se faire comprendre d'un homme intelligent.

ENTENDRE . v. a.
• Ouïr, recevoir l'impression des sons par l'organe de l'ouïe. Entendre une voix, un bruit. Entendre le canon, le son des cloches. J'étais si loin, que je ne pouvais entendre. Nous les entendions marcher, crier, rire, chanter, etc. J'entends venir quelqu'un. Je l'ai entendu dire. J'en ai entendu parler. J'ai entendu un tel faire votre éloge. Au milieu du bruit, il ne put parvenir à faire entendre sa voix, à se faire entendre.
• Fam., Entendre dur, Avoir l'oreille dure, être un peu sourd. Entendre clair, Entendre distinctement.
• Entendre la messe, les vêpres, le sermon, Assister à la messe, aux vêpres, au sermon.
• Entendre quelqu'un, L'ouïr, l'entendre discourir, plaider, professer, déclamer, chanter, jouer d'un instrument, etc. Je n'ai jamais entendu cet orateur, cet avocat, ce professeur. J'ai entendu plusieurs fois ce chanteur, ce musicien, cet acteur.
• Prov., Il se fait tant de bruit, qu'on n'entendrait pas Dieu tonner.
• Prov. et fig., Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, Pour prononcer dans une affaire, il faut entendre les deux parties.
• Prov., Il n'est pire sourd, il n'est point de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, se dit au propre en parlant D'un homme qui feint de ne pas ouïr; et, figurément, D'un homme qui fait semblant de ne pas comprendre une proposition, une demande à laquelle il ne veut pas répondre.
• Prov. et fig., Il n'entend pas de cette oreille-là, se dit D'un homme à qui l'on fait une proposition qu'il ne veut pas écouter.
• ENTENDRE signifie aussi, Écouter, prêter volontiers l'oreille, prêter attention à. Entendre les avocats des deux parties. Entendre des témoins. Tous les orateurs inscrits ont été entendus. Je suis prêt à vous entendre. Entendre une lecture. Veuillez entendre mes raisons.
• Entendre à quelque chose, Y donner son consentement, l'approuver, y acquiescer. Je saurai s'il veut entendre au mariage qu'on lui propose. Il ne veut entendre à aucun arrangement. Je le lui proposerai, nous verrons s'il y veut entendre. Il n'y veut point entendre.
• Fam., Ne savoir auquel entendre, Avoir affaire à plusieurs personnes à la fois, et éprouver quelque embarras à les satisfaire. Vous me questionnez, vous me pressez tous à la fois, je ne sais auquel entendre.
• ENTENDRE signifie encore, Comprendre, concevoir. Cet étranger a beaucoup de peine à se faire entendre. Entendre le sens d'un auteur. Entendre un auteur. Un passage difficile à entendre. Entendre un mot. Entendre le latin, le grec. Il entend un peu l'anglais. Je n'ai pu parvenir à lui faire entendre cela, à lui faire entendre qu'on n'avait eu aucune intention de l'offenser. L'affaire est tellement embrouillée, que je n'y entends plus rien. J'entends fort bien ce que vous voulez dire, ou simplement, J'entends. S'il vous arrive encore une fois de faire pareille chose, je vous chasse; entendez-vous?
• Entendre à demi-mot, Comprendre facilement ce qu'un autre veut dire, sans qu'il se soit entièrement expliqué.
• Entendre finesse, entendre malice à quelque chose, Donner un sens fin et malin à quelque chose. Je ne sais pas quelle finesse vous entendez à cela. Il entend finesse à tout. Il n'entend malice à rien.
• Ne pas entendre malice à quelque chose, signifie aussi, Faire ou dire quelque chose sans mauvaise intention. L'offre qu'il vous faisait était désavantageuse pour vous, le discours qu'il vous tenait était offensant, mais il n'y entendait point malice.
• Entendre la plaisanterie, entendre bien la plaisanterie, entendre plaisanterie, Prendre bien les choses dites en plaisantant, ne point s'en offenser. Il n'entend pas la plaisanterie. Il entend plaisanterie mieux qu'homme du monde. On dit de même, Entendre raillerie, Ne pas s'offenser des railleries dont on est l'objet. (Voyez plus bas Entendre la raillerie.)
• Il n'entend pas plaisanterie, signifie quelquefois, Il est susceptible. On dit de même, Il n'entend pas raillerie là-dessus, en parlant D'un homme sensible et épineux sur une certaine chose.
• Il n'entend pas plaisanterie, et Il n'entend pas raillerie, signifient encore, Il est sévère et il veut qu'on soit exact. Ne négligez pas ce qu'il vous a ordonné, il n'entend pas plaisanterie.
• Entendre raison, Acquiescer à ce qui est juste et raisonnable. Quelque proposition qu'on lui ait faite, il n'a jamais voulu entendre raison. On n'a jamais pu lui faire entendre raison. Enfin, vous entendez raison.
• Il n'entend pas raison là-dessus, se dit D'un homme qui sur quelque point se montre inflexible, sévère, opiniâtre, toujours prêt à se formaliser.
• Prov., N'entendre ni rime ni raison, Refuser par humeur, par entêtement, etc., de se rendre aux propositions les plus raisonnables.
• ENTENDRE, signifie quelquefois, Présumer. J'ai toujours entendu que notre arrangement s'exécuterait ainsi.
• Donner à entendre, laisser entendre, faire entendre, Insinuer, dire quelque chose pour donner à connaître ou seulement pour faire croire. On lui donna à entendre qu'il ferait bien de se retirer. Il m'avait laissé entendre que vous vous refusiez à tout accommodement. Il veut faire entendre par là que...
• ENTENDRE, signifie en outre, Exiger. Je vous le promets, mais aussi j'entends que vous fassiez telle chose. J'entends que vous restiez avec moi. Je n'entends pas que vous sortiez. J'entends et je prétends que...
• Il signifie également, Avoir intention, dessein, avoir en vue. Quand je dis qu'il écrit bien, j'entends parler de sa prose et non de ses vers. En faisant cela, j'entendais agir dans votre intérêt autant que dans le mien. Le chrétien (et, par ce mot, j'entends celui qui conforme sa vie à la doctrine évangélique), etc.
• Qu'entendez-vous, qu'entend-il par là? Que voulez-vous dire, que veut-il dire par là? quelles sont vos prétentions, ses prétentions? On dit de même, Comment l'entendez-vous? comment l'entend-il? etc.
• Faites comme vous l'entendrez, Faites comme il vous plaira, comme vous le jugerez à propos. On dit de même proverbialement, Chacun fait comme il l'entend.
• ENTENDRE, signifie de plus, Avoir la connaissance et la pratique d'une chose. Il entend bien son métier. Entendre le commerce, les affaires, la chicane, etc.
• Entendre son intérêt, ses intérêts, Savoir très-bien comment on doit agir dans son intérêt.
• Entendre la raillerie, entendre bien la raillerie, Avoir la facilité, l'art, le talent de bien railler. On dit quelquefois de même, Entendre bien la plaisanterie, Savoir plaisanter finement, sans offenser. (Voyez ci-dessus le sens qu'on donne plus ordinairement à cette dernière phrase.)
• Ne rien entendre à quelque chose, Y être fort inhabile. Cet homme n'entend rien aux affaires. Il n'y entend absolument rien. Il n'entend rien à gouverner.
• ENTENDRE, s'emploie souvent avec le pronom personnel. Ainsi on dit:
• Le bruit est si grand, qu'on ne s'entend pas, Le bruit empêche ceux qui veulent converser d'entendre mutuellement leurs paroles.
• Dans le sens passif, Cela s'entend de loin, On peut ouïr, entendre cela de loin. Cela s'entend aisément, cela ne s'entend pas, Cela est facile à comprendre, on ne saurait comprendre cela. On dit aussi, familièrement, Cela s'entend, cela s'entend bien, Cela se suppose ainsi, cela doit être ainsi, il faut bien que cela soit ainsi.
• Fam., Je m'entends bien, Je sais bien ce que je veux dire. Il ne s'entend pas lui-même, Il ne sait pas lui-même ce qu'il veut dire. Nous commençons à nous entendre, Nos avis, nos opinions commencent à ne plus différer autant. Entendons-nous, Comprenons bien les intentions les uns des autres, ou Écoutons bien ce que chacun de nous dit. (Voyez ci-après un autre sens de cette dernière locution.)
• S'entendre avec quelqu'un, Se concerter avec lui. J'ai besoin de m'entendre avec vous là-dessus. Il signifie aussi, Agir de concert, et plus particulièrement, Avoir avec quelqu'un une intelligence secrète. S'entendre avec les ennemis. Ils s'entendaient pour le perdre.
• Fam., Entendons-nous, Soyons bien d'intelligence et de concert entre nous pour réussir dans ce que nous voulons faire. Entendons-nous, et nous réussirons.
• Prov., Ils s'entendent comme larrons en foire, se dit De gens qui sont d'intelligence pour faire quelque chose de blâmable.
• S'entendre avec quelqu'un, signifie encore, Sympathiser, vivre en bonne intelligence avec lui. Il est d'un commerce agréable, et je m'entends fort bien avec lui. Ils ne s'entendent guère ensemble.
• S'entendre à une chose, La savoir bien faire, s'y prendre bien. Il s'entend à faire valoir une terre. Il s'entend à mener une intrigue.
• Prov., Il s'y entend comme à faire un coffre, comme à ramer des choux, se dit D'un homme qui veut faire une chose à laquelle il n'entend rien.
• S'entendre en musique, en tableaux, etc., S'y bien connaître.
• ENTENDU, UE. participe, C'est entendu, C'est une chose convenue, arrêtée.
• Il est aussi adjectif, et veut dire, Intelligent. Un homme bien entendu aux affaires, dans les affaires, au jardinage, au métier de la guerre.
• Se dit quelquefois sans l'adverbe Bien, et absolument. Il est entendu. Il est fort entendu.
• Substantiv., Faire l'entendu, Faire le capable, le suffisant, l'important. Il fait l'entendu.
• Bien entendu, se dit aussi De certaines choses; et alors il signifie, Bien assorti, fait avec art, avec goût, avec intelligence. Un repas bien entendu. Un appartement bien entendu. Un déguisement bien entendu. Un tableau bien entendu. On dit dans le sens contraire, Mal entendu.
• Mal entendu, est souvent employé comme substantif; mais alors on l'écrit en un seul mot. Voyez MALENTENDU.
• En Peinture, L'ordonnance de ce tableau est bien entendue, Tout y est disposé avec beaucoup d'art, avec intelligence, et selon les règles.
• BIEN ENTENDU QUE. loc. conjonctive, À condition pourtant que. Je vous accorde cela, mais bien entendu que vous ferez ce que je vous demande. Voilà la règle, bien entendu qu'il y a des exceptions.
• Se dit aussi absolument, et signifie, Sans doute, assurément. Viendrez-vous comme vous l'avez promis? Bien entendu.

ENTENTE . s. f.
• Interprétation qu'on donne à un mot, à une phrase équivoque et susceptible de plusieurs sens. Mots, phrases à double entente, à deux ententes. On ne l'emploie guère que dans ces locutions, et dans la phrase suivante:
• Prov., L'entente est au diseur, signifie que Celui qui parle entend bien ce qu'il veut dire, ou que ses paroles ont un sens caché que lui seul entend.
• ENTENTE signifie aussi, dans les Arts du dessin, Intelligence dans la distribution. L'entente du coloris, des oppositions, du clair-obscur. Il n'y a point d'entente à ce tableau. Cet architecte a de l'entente dans la distribution. Ce sens est employé quelquefois en Littérature. Il y a dans cette comédie beaucoup d'entente de la scène.

ENTER . v. a.
• T. d'Agriculture. Greffer, faire une ente. Enter un poirier, un pommier. Enter franc sur franc. Enter sur sauvageon. Enter sur un cognassier. Enter en écusson, en fente, en oeillet, en oeil dormant. Enter en bouton. Enter en poupée. Etc.
• ENTÉ, ÉE. participe, Par extension, Canne entée, Canne composée de plusieurs pièces emboîtées les unes dans les autres.
• Fig., Cette maison, cette famille est entée sur telle autre, Elle y est entrée, et elle en a pris le nom et les armes.
• ENTÉ, se dit aussi, figurément, D'une personne qui joint ensemble diverses qualités. C'est un financier enté sur un praticien. Un Gascon enté sur un Normand.
• Se dit pareillement Des défauts, des vices joints à de bonnes qualités, à des vertus. Il a beaucoup de vices entés sur de bonnes qualités.

ENTÉRINEMENT .s.m.
• .Jurispr. Action d'entériner, jugement par lequel on entérine; ou L'état d'un acte entériné. L'entérinement d'un rapport d'experts. L'entérinement des lettres de grâce.

ENTÉRINER . v. a.
• .Jurispr. Ratifier juridiquement un acte qui ne pourrait valoir sans cette formalité. Entériner un rapport d'experts. Entériner des lettres de grâce. Entériner des lettres de noblesse.
• ENTÉRINÉ, ÉE. participe.

ENTERREMENT .s.m.
• Inhumation; les cérémonies qu'on observe pour porter et mettre un corps en terre. Enterrement somptueux. Enterrement magnifique. Enterrement sans pompe, sans cérémonie. Aller à l'enterrement d'une personne. Être prié d'un enterrement. Billet d'enterrement. Assister à un enterrement.
• Se dit également d'Un convoi funèbre. Voir passer un enterrement. Être d'un enterrement.

ENTERRER . v. a.
• Enfouir, mettre dans la terre. Enterrer des oignons de tulipe. Quand on a arraché du plant, il faut l'enterrer promptement, de peur qu'il ne se sèche. Enterrer de l'argent dans une cave. L'avare enterre ses trésors au lieu d'en jouir.
• Il signifie quelquefois figurément, Tenir caché. Enterrer son secret. Enterrer ses talents.
• Fig. et fam., Enterrer beaucoup d'argent en quelque endroit, Y dépenser beaucoup en remuements de terres. Son jardin lui a coûté trop d'argent, il y a enterré plus de dix mille francs.
• ENTERRER, signifie particulièrement, Inhumer, mettre un corps en terre. Enterrer un homme, une femme, un enfant. Enterrer en terre sainte, dans un cimetière, dans l'église, dans le choeur. On l'a enterré la nuit sans cérémonie. On l'a enterré avec beaucoup de pompe. Il vivait encore quand on l'enterra. La vestale fut enterrée vivante.
• Fig. et fam., Enterrer quelqu'un, Vivre plus longtemps que lui. C'est un homme plein de vigueur, et qui nous enterrera tous.
• Il signifie aussi, Faire oublier quelqu'un comme s'il était mort; et plus particulièrement, Effacer la réputation de quelqu'un, au point de la faire oublier tout à fait. Ce poëte avait des rivaux, il les a tous enterrés.
• Fig. et fam., Enterrer le carnaval, Faire les dernières réjouissances, les dernières folies du carnaval.
• Prov. et fig., Enterrer la synagogue avec honneur, Faire quelque chose de remarquable en terminant une entreprise, une partie, en sortant d'une fonction, etc. On ne le dit qu'en bonne part. Cet avocat a terminé sa carrière en gagnant une cause importante, il a enterré la synagogue avec honneur.
• Par extension, Être enterré sous les ruines d'un édifice, Être accablé par la chute d'un édifice.
• Fig., Se faire enterrer sous les ruines d'une place, Mourir en la défendant, plutôt que de la rendre.
• ENTERRER, s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, comme dans ces phrases figurées et familières:
• S'enterrer dans la province, dans son château, Quitter le grand monde pour vivre en province, à la campagne.
• S'enterrer tout vif, Se retirer entièrement du commerce du monde. Entrer dans un ordre aussi austère, c'est s'enterrer tout vif.
• ENTERRÉ, ÉE. participe, Se dit quelquefois adjectivement D'une maison, d'un jardin dont la situation est trop basse et la vue bornée. Une maison enterrée. Un jardin enterré. Ce sens est familier.

ENTÊTEMENT .s.m.
• Attachement opiniâtre d'une personne à ses opinions, à ses goûts, à ses vues, etc. Son entêtement le perdra. C'est un étrange entêtement que le sien. L'entêtement est un grand obstacle à la découverte de la vérité. Il s'est conduit ainsi par entêtement.
• Se dit aussi de L'engouement pour une personne. Il a un grand entêtement pour cette femme. Ce sens est peu usité.

ENTÊTER . v. a.
• Envoyer à la tête des vapeurs qui étourdissent, qui incommodent. Il peut s'employer sans régime ou avec régime. Le charbon entête. Il y a des gens que l'odeur des roses entête. Ce vin est fumeux, il entête. Le tabac entête ceux qui n'ont pas coutume d'en prendre. Ce parfum est trop fort, il m'entête.
• Fig. et fig., Les louanges entêtent, Elles donnent de la vanité, de l'orgueil.
• ENTÊTER, signifie figurément, Préoccuper, prévenir en faveur d'une personne ou d'une opinion. Il se prend toujours en mauvaise part. Qui est-ce qui vous a entêté de cet homme-là, de ce système?
• S'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Il s'est entêté de cette femme, de cet auteur, de ce roman, d'un certain système de philosophie, des nouvelles opinions.
• S'emploie absolument pour dire, Se préoccuper, se laisser prévenir. Les ignorants s'entêtent facilement. C'est un juge dangereux, il est sujet à s'entêter.
• ENTÊTÉ, ÉE. participe, Il n'est guère d'usage que pour signifier, Opiniâtre, trop prévenu, fortement préoccupé. Un enfant, un vieillard entêté.
• Il est aussi substantif, et alors il se dit d'Une personne trop attachée à ses opinions, à qui l'on ne peut faire entendre raison. C'est un entêté, une entêtée.

ENTHOUSIASME .s.m.
• Émotion extraordinaire de l'âme, qu'on suppose être l'effet d'une inspiration. Saül, se trouvant parmi les prophètes, fut saisi du même enthousiasme qu'eux.
• Se dit plus ordinairement en parlant Des sibylles, de la pythie, et en général de ceux qui rendaient les oracles du paganisme. La sibylle, dans son enthousiasme, avait prédit que...
• Il signifie aussi, Ce mouvement extraordinaire de l'âme qu'un poëte, un orateur, un artiste éprouve dans le moment de la composition, et qui l'élève en quelque sorte au-dessus de lui-même. Noble, heureux enthousiasme. Enthousiasme poétique. Quand l'enthousiasme le prend, le saisit. Entrer en enthousiasme.
• Se dit également de Tout mouvement extraordinaire de l'âme qui excite à des actes de courage, de dévouement, etc. Ce discours les remplit d'enthousiasme. Des cris d'enthousiasme éclatèrent de toutes parts. L'enthousiasme guerrier. L'enthousiasme patriotique. L'enthousiasme religieux.
• Il signifie quelquefois, Démonstration d'une grande joie, d'une vive allégresse. Il fut accueilli avec enthousiasme.
• Il signifie encore, Admiration outrée, goût excessif pour une personne ou pour une chose. Son enthousiasme pour cet auteur, pour cet ouvrage, l'aveugle. C'est un homme à enthousiasme. Ses enthousiasmes sont ridicules, mais ils ne durent pas. L'enthousiasme de l'amitié. Des éloges dictés par l'enthousiasme.

ENTHOUSIASMER . v. a.
• Charmer, ravir d'admiration. La lecture de cet ouvrage l'avait enthousiasmé. On le dit souvent en mauvaise part. Il s'est laissé enthousiasmer de cette musique, de la voix de cette femme.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie alors, S'engouer de quelqu'un ou de quelque chose. Cet homme s'enthousiasme aisément.
• ENTHOUSIASMÉ, ÉE. participe.

ENTHOUSIASTE . s. des deux genres
• Visionnaire, fanatique qui se croit inspiré. En écoutant cet enthousiaste, la multitude crut entendre un prophète.
• Se dit plus communément de Celui ou de celle qui a une admiration excessive, une sorte d'engouement pour quelqu'un ou pour quelque chose; et, absolument, de Quiconque est sujet à s'engouer, à s'enthousiasmer. Les enthousiastes d'un poëte, d'une doctrine. C'est un enthousiaste.
• S'emploie aussi comme adjectif, dans la même acception. Il est fort enthousiaste de cet ouvrage. C'est un peuple enthousiaste et léger.

ENTHYMÈME .s.m.
• .Logique. Forme de raisonnement dans laquelle on réduit le syllogisme à deux propositions, dont la première est appelée Antécédent, et la seconde Conséquent. Un enthymème célèbre est celui de Descartes: Je pense, donc je suis. Les orateurs se servent plus ordinairement de l'enthymème que du syllogisme.

ENTICHER . v. a.
• Commencer à gâter, à corrompre. On ne l'emploie guère dans ce sens qu'au participe, et seulement en parlant Des fruits. Des fruits entichés.
• Se dit plus ordinairement au figuré, en parlant De mauvaises opinions, de doctrines dangereuses, etc. Qui vous a entiché de cette opinion? On le soupçonnait d'être entiché d'hérésie.
• ENTICHÉ, ÉE. participe.

ENTIER
, IÈRE. adj.
• Complet, qui a toutes ses parties, ou que l'on considère dans toute son étendue. Un pain entier. Un jour entier. Une année entière. Une province entière. Le monde entier. L'univers entier. On y joint quelquefois le mot Tout, pour s'exprimer avec plus de force. Attendre une heure tout entière. Lire un livre tout entier.
• Il s'applique aussi Aux choses morales. Vivre dans un entier détachement des choses du monde. Avoir une entière confiance en Dieu. Une entière soumission. Conserver sa raison tout entière. Vivre dans un entier délaissement. Laisser une entière liberté à ses amis. Conserver sa réputation entière, sa vertu entière.
• La question reste entière, La question n'est point changée, est toujours la même. On dit aussi, surtout au Barreau, Les choses ne sont pas entières, L'état des choses a changé, les circonstances ne sont plus les mêmes.
• Fig., Cette affaire, cette fonction, cette science demande un homme tout entier, Il est nécessaire d'y employer tous ses soins, toute son attention et tout son temps. On dit dans un sens analogue, Se donner, se livrer tout entier à un travail, à une étude, etc.
• Mourir tout entier, Ne laisser aucun souvenir, aucune renommée après sa mort.
• Cheval entier, Cheval qui n'est pas hongre.
• En Botan., Feuille entière, Feuille qui n'a aucune découpure sur ses bords. Les feuilles du lilas sont entières. On dit de même, Pétale entier.
• Substantiv.: En son entier. En leur entier. Façons de parler qu'on emploie Pour marquer qu'il n'y a rien de changé, de gâté, d'altéré dans les choses dont on parle, qu'elles sont encore au même état qu'auparavant. Ce passage est rapporté en son entier dans tel livre. Cet amphithéâtre, ce temple est encore en son entier. Cette affaire est encore en son entier. La chose est en son entier. Remettre les choses en leur entier.
• En entier, En totalité, entièrement. J'ai lu l'ouvrage en entier. Il faut le refaire en entier.
• En Arithm., Unité entière, se dit d'Une unité quelconque, par opposition Aux nombres qui indiquent des fractions. On dit substantivement dans le même sens, Un entier. Deux unités entières, deux entiers et un cinquième. Quatre quarts font un entier. Extraire les entiers qui sont dans une expression fractionnaire. On appelle de même Nombre entier, Tout nombre qui ne renferme que des unités entières.
• ENTIER, signifie en outre figurément, Obstiné, entêté, opiniâtre. C'est un homme entier, bien entier, fort entier dans ses opinions. C'est un esprit très-entier. Cette femme est fort entière.

ENTIÈREMENT . adv.
• Totalement, tout à fait, complétement. Entièrement ruiné. Abandonner entièrement. Se livrer entièrement à l'étude, au jeu, aux plaisirs, etc. Ils sont entièrement différents.

ENTITÉ . s. f.
• .Philosophie scolastique. Ce qui constitue l'être ou l'essence de quelque chose.

ENTOILAGE .s.m.
• Action d'entoiler, ou Le résultat de cette action. Cet entoilage est mal fait.
• Se dit aussi de La toile, etc., dont on s'est servi pour entoiler. Entoilage de mousseline.

ENTOILER . v. a.
• Fixer, coudre un ajustement de dentelle, ou de quelque autre tissu délicat, sur de la toile, sur de la dentelle moins fine, etc. Entoiler une cravate, des manchettes, un tour de gorge.
• Entoiler une estampe, une carte de géographie, etc., Les coller sur de la toile. Il a fait entoiler toutes ses cartes.
• ENTOILÉ, ÉE. participe.

ENTOMOLOGIE . s. f.
• Partie de l'histoire naturelle des animaux qui traite des insectes. Cours, traité d'entomologie.

ENTOMOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient, qui a rapport à l'entomologie.

ENTOMOLOGISTE .s.m.
• Celui qui s'occupe d'entomologie, de l'étude des insectes. Un savant, un habile entomologiste.

ENTONNER . v. a.
• Verser une liqueur dans un tonneau. Entonner du vin, du cidre, du vinaigre, etc. Il faut prendre garde que les futailles soient bonnes, avant que d'y entonner le vin.
• Fig. et pop., Il entonne bien, se dit D'un homme qui boit beaucoup.
• ENTONNER, avec le pronom personnel, se dit Du vent lorsqu'il entre avec impétuosité dans un lieu étroit. Le vent s'entonne dans cette cheminée.
• ENTONNÉ, ÉE. participe.

ENTONNER . v. a.
• Mettre un air sur le ton. Entonner les notes. Entonner un air.
• Il signifie aussi, Chanter le commencement, les premières paroles d'une hymne, d'un psaume, d'une antienne, d'un air, etc. Entonner le Te Deum, le Magnificat.
• S'emploie souvent absolument, dans l'un et dans l'autre sens. Ce chantre entonne bien, entonne juste. Il a mal entonné. Il a entonné si haut, que le choeur ne peut le suivre.
• Il signifie quelquefois simplement, Chanter. Entonner des cantiques. Il se mit à entonner une chanson grivoise.
• Fig., Entonner les louanges de quelqu'un, Célébrer ses louanges.
• ENTONNÉ, ÉE. participe.

ENTONNOIR .s.m.
• Instrument à l'aide duquel on verse une liqueur dans un tonneau, dans un vase quelconque. Entonnoir de bois. Entonnoir de fer-blanc. Entonnoir de verre.
• En Botan., Fleurs en entonnoir, Fleurs qui ont la forme d'un entonnoir, c'est-à-dire, qui sont évasées par en haut et qui vont en se rétrécissant par en bas.
• ENTONNOIR, se dit aussi, en Chirurgie, d'Instruments faits en entonnoir, qui servent à diriger des vapeurs, à conduire des cautères actuels vers certaines parties malades, etc.
• Se dit également, en Botanique, de Certains champignons qui ont la forme d'un entonnoir. Entonnoir de Provence. Entonnoir vénéneux. Etc.
• Se dit pareillement, en termes d'Anatomie, d'Une cavité ou fossette qu'on trouve entre la base du pilier antérieur de la voûte du cerveau et la partie antérieure du point de réunion des nerfs optiques.

ENTORSE . s. f.
• Extension violente des ligaments, et en général des parties molles qui entourent une articulation. Se donner une entorse. Il s'est donné une forte entorse au poignet, au pied.
• Fig. et fam., On lui a donné une entorse, se dit en parlant D'un homme en place, en faveur, dont on a diminué par quelque moyen l'autorité ou le crédit. Cet homme se croyait bien établi dans son poste, mais on lui a donné une rude, une terrible entorse. On dit dans le même sens, Sa fortune, son crédit a souffert une rude entorse.
• Fig. et fam., Donner une entorse à un passage, Le détourner de son vrai sens, de son sens naturel, et lui faire signifier autre chose que ce qu'il signifie.
• Fig. et fam., Donner une entorse à la vérité, au bon droit, Dissimuler ou altérer la vérité, méconnaître le bon droit.

ENTORTILLEMENT .s.m. (On mouille les L dans ce mot et dans le suivant.)
• Action de ce qui s'entortille autour de quelque chose, ou L'état d'une chose entortillée autour d'une autre. L'entortillement d'un serpent. L'entortillement du lierre, de la vigne.
• Se dit, figurément, de L'embarras et de l'obscurité du style. Il y a de l'entortillement dans cette phrase.

ENTORTILLER . v. a.
• Envelopper dans quelque chose, envelopper tout autour en tortillant. Entortillez cela dans du papier. Le serpent l'avait entortillé de ses replis. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. S'entortiller dans son manteau, dans sa couverture.
• Se dit souvent, avec le pronom personnel, Des choses qui s'attachent à d'autres en faisant plusieurs tours. Le serpent s'entortilla autour de sa jambe. La vigne, le lierre s'entortille autour des ormeaux.
• ENTORTILLER signifie figurément, Exprimer quelque chose d'une manière embarrassée, obscure, trop recherchée, soit à dessein, soit par défaut de netteté dans les idées. Entortiller son style, ses idées. Il entortille ses phrases de manière qu'on n'y peut rien comprendre.
• ENTORTILLÉ, ÉE. participe, Période entortillée. Pensée entortillée. Discours entortillé. Style entortillé.

ENTOUR .s.m.
• Environs, circuit. Il n'est d'usage qu'au pluriel. Il s'est assuré des entours de la place.
• Fig., Les entours de quelqu'un, Ceux qui vivent dans sa familiarité, qui forment sa société intime, et qui ont quelque crédit sur lui. Cet homme est gouverné par ses entours.
• Fig. et fam., Savoir bien prendre les entours, Savoir mettre dans ses intérêts ceux qui ont du crédit sur l'esprit des personnes dont on a besoin.
• À L'ENTOUR, Voyez ALENTOUR.

ENTOURAGE .s.m.
• Ornements qui entourent un bijou. Entourage de perles, de diamants.
• Se dit, figurément et familièrement, Des entours de quelqu'un. Cet homme a un mauvais entourage. Son entourage nuit à sa réputation.

ENTOURER . v. a.
• Environner, ceindre; ou Être, se tenir autour de. Entourer une ville de murailles. Ils l'entourèrent et le saisirent. Les gardes qui l'entouraient. Le prince était entouré des seigneurs de sa cour.
• Se dit quelquefois figurément. Être entouré de dangers.
• Entourer quelqu'un de soins, Lui prodiguer des soins.
• ENTOURER signifie particulièrement, Former la société, la compagnie habituelle de quelqu'un. Il fait le malheur de tous ceux qui l'entourent. Les gens qui entourent ce prince le trompent. Il n'est entouré que de flatteurs. Être bien entouré, mal entouré.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et se dit principalement D'une personne qui en choisit plusieurs autres pour confidents, pour conseillers, etc. Il voulut s'entourer des hommes les plus habiles, les plus sages.
• ENTOURÉ, ÉE. participe, Un portrait entouré de diamants.

ENTOURNURE . s. f.
• .Tailleur et de Couturière. Échancrure d'une manche, dans la partie qui touche à l'aisselle.

ENTR'ACCORDER (S') . v. réciproque
• S'accorder l'un avec l'autre, se mettre de bonne intelligence ensemble.

ENTR'ACCUSER (S') . v. réciproque
• S'accuser l'un l'autre.

ENTR'ACTE .s.m.
• Intervalle qui, dans la représentation d'une pièce de théâtre, sépare un acte d'un autre. Dans l'entr'acte. Après l'entr'acte. Faire de longs entr'actes. Il y a plusieurs événements que l'on suppose s'être passés pendant les entr'actes.
• Se dit quelquefois d'Un petit spectacle qui ne fait point partie de la pièce principale, et qui se donne entre les actes. Il y avait des danses pour entr'actes. Le premier entr'acte était une noce de village. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Intermède.

ENTR'AIDER (S') . v. réciproque
• S'aider mutuellement. Les hommes doivent s'entr'aider.

ENTRAILLES . s. f. pl.
• Intestins, boyaux. Avoir les entrailles échauffées, les entrailles brûlées. Humecter, rafraîchir les entrailles. Avoir une inflammation d'entrailles. Il a une colique qui lui déchire les entrailles. On a porté son coeur dans telle église, et ses entrailles dans telle autre.
• Il se prend quelquefois, dans un sens plus général, pour Tous les viscères, toutes les parties enfermées dans le corps de l'homme ou des animaux. On l'a ouvert, et on lui a trouvé toutes les entrailles fort saines. Les anciens consultaient les entrailles des animaux, des victimes.
• Fig., S'armer contre ses propres entrailles, S'armer contre sa famille, contre ses enfants.
• ENTRAILLES, signifie figurément, Tendre affection. Entrailles paternelles. Des entrailles de père. Cette femme a des entrailles de mère pour cet enfant.
• Avoir des entrailles, Avoir un coeur très-tendre et très-sensible pour ses amis, pour ceux qui souffrent. Cet homme n'a pas d'entrailles.
• Fig., Cet acteur a des entrailles, Il rend avec chaleur et vérité les rôles pathétiques, les traits de sensibilité.
• En termes de Dévotion, Les entrailles de la miséricorde de Dieu, La tendresse et la bonté que Dieu a pour les hommes.
• ENTRAILLES, se dit encore, figurément, Des lieux les plus profonds de la terre. On fouille dans les entrailles de la terre pour en tirer les métaux.

ENTR'AIMER (S') . v. réciproque
• S'aimer l'un l'autre. Ils s'entr'aiment depuis longtemps.

ENTRAÎNANT
, ANTE. adj.
• Qui entraîne. Il ne s'emploie qu'au figuré. Un style entraînant. Une éloquence entraînante. Le jeu de cet acteur est entraînant.

ENTRAÎNEMENT .s.m.
• Action d'entraîner, ou L'état de ce qui est entraîné. Il ne se dit guère qu'au figuré. L'entraînement des passions, de l'habitude, de l'exemple. Cette tragédie a produit le plus grand effet, l'entraînement a été général.

ENTRAÎNER . v. a.
• Traîner avec soi, après soi. Les torrents entraînent ce qui s'oppose à leur passage. Le dégel est venu tout à coup, et la débâcle a entraîné les bateaux.
• Il signifie particulièrement, Emmener, conduire avec une sorte de violence. Je le pris par le bras et l'entraînai hors de la chambre. On l'entraîna dans une maison de jeu.
• Se dit, figurément, De tout ce qui nous porte à quelque chose avec force, et comme malgré nous. Il a dit de si fortes raisons, qu'il a entraîné tout le monde dans son sentiment. Cet orateur entraîne tous les esprits. Entraîner les coeurs. La passion l'a entraîné. L'exemple m'entraîna. Le penchant nous entraîne. L'occasion nous entraîne souvent malgré nous.
• Le temps nous entraîne, Les années s'écoulent rapidement, sans que nous puissions en ralentir le cours.
• Fig., Entraîner avec soi, après soi, ou simplement, Entraîner, Avoir pour effet, pour résultat, pour conséquence nécessaire, inévitable. Cela se dit surtout en parlant Des choses fâcheuses. La guerre entraîne avec elle, après elle bien des maux. Les suites fâcheuses que cette affaire peut entraîner après elle. Cela peut entraîner de longs retards. En matière criminelle, Cette peine entraîne ordinairement telle autre peine.
• ENTRAÎNÉ, ÉE. participe

ENTRAIT .s.m.
• .Charpenterie. Pièce principale ou poutre qui porte, dans une ferme de comble, les arbalétriers et le poinçon.

ENTRANT
, ANTE. adj.
• Insinuant, engageant. C'est un homme dont le caractère a je ne sais quoi d'entrant. Des manières entrantes. Il est familier et peu usité.
• ENTRANT, s'emploie aussi comme substantif, dans cette locution, Les entrants et les sortants, Les personnes qui entrent dans un lieu et celles qui en sortent.

ENTR'APPELER (S') . v. réciproque
• S'appeler l'un l'autre. Dans ce désordre et dans l'obscurité, ils s'entr'appelaient.

ENTRAVER . v. a.
• Mettre des entraves. Entraver un cheval.
• Il signifie figurément, Arrêter le mouvement, embarrasser la marche de quelque chose. Des formes trop minutieuses entravent les affaires. Il cherchait par des chicanes à entraver la négociation, la marche du procès.
• ENTRAVÉ, ÉE. participe.

ENTR'AVERTIR (S') . v. réciproque
• S'avertir mutuellement. Ils firent des feux sur les montagnes pour s'entr'avertir.

ENTRAVES . s. f. pl.
• Ce qui sert à lier les jambes d'un cheval, soit pour l'empêcher de s'éloigner trop du lieu où on veut qu'il paisse, soit pour le dresser à l'amble, etc. Mettre des entraves à un cheval.
• Il signifie figurément, Obstacles, empêchements, tout ce qui tient dans une espèce de gêne, de contrainte. Cet homme s'est donné des entraves à lui-même. Les règles sont pour le génie des entraves salutaires. Briser ses entraves.
• S'emploie quelquefois au singulier, dans le sens qui précède. La jeunesse est naturellement emportée, elle a besoin de quelque entrave qui la retienne.

ENTRE . préposition de lieu
• Au milieu ou à peu près au milieu de l'espace qui sépare des personnes ou des choses. Il était assis entre nous deux. Il se jeta entre ces deux hommes qui se battaient. Étampes est entre Paris et Orléans. Entre les deux mers. Entre les deux rives. Ce bataillon se trouvait entre deux feux.
• Se dit aussi en parlant De ce qui est dans tout l'espace enfermé par deux extrémités qu'on désigne. La distance qu'il y a entre les deux pôles, entre le ciel et la terre. Entre Paris et Rome il y a tant de lieues.
• Fam., Mettre quelqu'un entre quatre murailles, Le mettre en prison.
• Fam., Regarder quelqu'un entre deux yeux, Le regarder fixement.
• Prov. et fig., Entre la poire et le fromage, Sur la fin du repas, lorsque la gaieté que donne la bonne chère fait qu'on parle librement. Il lui a dit cela entre la poire et le fromage.
• Fig. et fam., Être entre deux vins, Approcher de l'ivresse, être à moitié ivre.
• Nager entre deux eaux, Nager au-dessous de la surface de l'eau. Cela se dit aussi, figurément et familièrement, D'une personne qui se ménage avec adresse entre deux opinions, deux sentiments qu'elle craint de blesser.
• ENTRE, se dit, dans certaines phrases, pour Dans, en. Tenir un enfant entre ses bras. Je le remettrai entre vos mains. Cet écrit est demeuré entre mes mains. S'emploie aussi avec la préposition de. On l'a retiré d'entre ses mains, c'est-à-dire, De ses mains.
• ENTRE, s'applique souvent Au temps, à la durée, dans des sens analogues aux deux premiers. Je serai chez vous entre onze heures et midi. Il s'est écoulé tant d'années entre ces deux époques, entre ces deux événements. Entre le premier et le second acte.
• Fam., Entre ci et là, désigne Un intervalle entre deux époques, entre deux extrémités déterminées. Nous nous étions quittés à Marseille il y a deux ans, et je l'ai rencontré hier à Paris; nous ne nous étions pas revus entre ci et là.
• Entre deux soleils, Entre le lever et le coucher du soleil. Marcher, voyager entre deux soleils.
• ENTRE, s'emploie figurément dans les deux premiers sens. On a dit que chaque vertu était entre deux vices. Il se trouvait entre deux extrémités fâcheuses. Flotter entre la crainte et l'espérance.
• Être entre la vie et la mort, Être dans un extrême péril, soit par maladie, soit par quelque autre accident. Cette maladie l'a mis entre la vie et la mort. Dans cette tempête, nous fûmes deux jours entre la vie et la mort.
• Être entre deux âges, N'être ni jeune ni vieux. C'est un homme entre deux âges.
• ENTRE, se dit quelquefois en parlant De ce qui participe de deux choses, qui tient de l'une et de l'autre. Le gris est entre le blanc et le noir. Tenir le milieu entre une chose et une autre, entre deux choses, etc.
• Prov. et fig., Entre chien et loup, désigne Le moment du crépuscule où l'on entrevoit les objets, sans pouvoir les distinguer. Il était entre chien et loup, quand nous aperçûmes je ne sais quoi.
• ENTRE, s'emploie également en parlant De deux ou de plusieurs personnes, de deux ou de plusieurs choses qui sont ou que l'on suppose dans une certaine relation. Ainsi on dit:
• Il y a procès, querelle, inimitié, liaison, intelligence entre ces deux hommes, Ils sont en procès, en querelle, ils se haïssent, ils sont liés ensemble, ils sont d'intelligence.
• Qu'y a-t-il de commun entre nous, entre vous et moi? Quels rapports nous lient? ou Qu'avons-nous à faire, à démêler ensemble?
• Distribuer, répartir, partager quelque chose, faire la répartition, la distribution, le partage de quelque chose entre plusieurs personnes, En donner une part à chacune d'elles.
• Ils s'aident entre eux, Ils s'aident mutuellement. Ils ne se marient qu'entre eux, Ils ne se marient qu'avec des personnes de leur nation, de leur caste, de leur religion, de leur famille. Ils parlaient entre eux, Ils se parlaient les uns aux autres. Il ne faut point de cérémonie entre amis, Lorsqu'on est avec des amis. Etc.
• Fam., Cela soit dit entre nous, ou Soit dit entre nous, ou même plus elliptiquement, Entre nous, Que cela ne soit point redit à d'autres. On dit dans le même sens, Entre vous et moi. Soit dit entre nous, je le crois fort ignorant. Entre nous, entre vous et moi, je doute que ce mariage se fasse.
• Il y a cette différence entre telle chose et telle autre, Voici la différence qu'on remarque lorsqu'on vient à comparer telle chose avec telle autre. Dans des sens analogues: Il y a entre ces deux choses, entre ces deux personnes la même différence qu'entre le jour et la nuit. Il n'y a aucune ressemblance entre ces deux choses, entre ces deux personnes. Etc.
• La liaison qu'ont entre elles, le rapport qui lie, qui unit entre elles les diverses parties d'une chose, La liaison, le rapport qui unit les unes aux autres les diverses parties d'une chose.
• ENTRE signifie aussi, Parmi. Il fut trouvé entre les morts. Entre toutes les merveilles de la nature, il n'en est point de plus admirable. On l'a choisi entre tous les autres. La plupart d'entre eux. Quel est celui d'entre vous qui... Dans la salutation angélique, Vous êtes bénie entre toutes les femmes.
• Entre autres, s'emploie Lorsqu'on veut désigner d'une façon particulière une personne ou une chose parmi d'autres personnes ou d'autres choses. J'ai vu les plus beaux tableaux de Rome, entre autres la Transfiguration de Raphaël.
• Cette préposition est une de celles qui servent à la composition de plusieurs noms et de plusieurs verbes. Entre-deux. Entrefaites. Entr'acte. Entremets. Entrecouper. Entrelacer. Etc.
• Dans les verbes où cette préposition est accompagnée du pronom personnel, elle marque Une action réciproque. S'entre-nuire. S'entre-battre. S'entr'aimer. S'entre-secourir S'entre-choquer, etc. On trouvera dans leur ordre ceux de ces verbes qui sont les plus usités.
• Elle marque aussi, dans la composition de quelques verbes, Une action diminutive. Entr'ouvrir, entrevoir, Ouvrir, voir à demi.

ENTRE-BÂILLER . v. a.
• Entr'ouvrir légèrement. Entre-bâiller une porte.
• ENTRE-BÂILLÉ, ÉE. participe, Il faut laisser cette porte, cette fenêtre entre-bâillée, c'est-à-dire, À demi fermée.

ENTRE-BAISER (S') . v. réciproque
• Se baiser l'un l'autre. Ils s'entre-baisent avec une grande affection.

ENTRECHAT .s.m.
• .Danse. Espèce de saut léger pendant lequel on croise rapidement les deux pieds à plusieurs reprises. Il fait fort bien les entrechats. Battre un entrechat. Entrechat à six, à huit. Un entrechat bien passé.

ENTRE-CHOQUER (S') . v. réciproque
• Se choquer l'un l'autre. En courant ils se sont entre-choqués.
• Il signifie figurément, Se contredire avec aigreur, s'opposer l'un à l'autre pour se nuire. Ces deux hommes s'entre-choquent sans cesse.

ENTRE-COLONNE
ou •ENTRE-COLONNEMENT.s.m.
• T. d'Archit. Espace qui est, qui doit être entre deux colonnes. Dans les entre-colonnes. La mesure de l'entre-colonne, de l'entre-colonnement varie.

ENTRE-CÔTE .s.m.
• .Boucherie et de Cuisine. Morceau de viande coupé entre deux côtes de boeuf. Un bon entre-côte. Cet entre-côte est très-tendre.

ENTRECOUPER . v. a.
• Couper, interrompre en divers endroits, par divers endroits. Les canaux qui entrecoupent les jardins les rendent plus agréables. Ce pays est entrecoupé de ruisseaux, de collines.
• Se dit aussi figurément. Son discours était entrecoupé de digressions, de citations, de parenthèses. Les soupirs entrecoupaient sa voix, ses paroles.
• ENTRECOUPER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et alors il se dit Des chevaux et autres animaux qui se blessent en se frottant un pied contre l'autre quand ils marchent. Ce cheval est sujet à s'entrecouper. Ce mulet s'entrecoupe des pieds de devant. On dit plus ordinairement, Se couper.
• ENTRECOUPÉ, ÉE. participe, Mots entrecoupés. Voix entrecoupée.

ENTRE-CROISER (S') . v. réciproque
• Se croiser l'un l'autre. Des lignes qui s'entrecroisent.

ENTRE-DÉCHIRER (S') . v. réciproque
• Se déchirer l'un l'autre.

ENTRE-DÉTRUIRE (S') . v. réciproque
• Se détruire l'un l'autre.

ENTRE-DEUX .s.m.
• Partie qui est au milieu de deux choses avec lesquelles elle a relation ou contiguïté. On a ôté l'entredeux qui séparait ces deux chambres. Dans l'entre-deux de ces deux pilotis. L'entre-deux des épaules.
• Entre-deux de morue, La partie d'une morue qui est entre la tête et la queue.
• ENTRE-DEUX, s'emploie adverbialement dans ces phrases et d'autres semblables: Ce mouton est-il dur ou tendre? Entre-deux. Fait-il froid? Entre-deux: c'est-à-dire, Ce mouton n'est ni tendre ni dur; il ne fait ni chaud ni froid.

ENTRE-DÉVORER (S') . v. réciproque
• Se dévorer mutuellement. Certains animaux s'entre-dévorent.

ENTRE-DONNER (S') . v. réciproque
• Se donner mutuellement quelque chose.

ENTRÉE . s. f.
• Lieu, endroit par où l'on entre. L'entrée de la ville. L'entrée de la maison. L'entrée de l'église. L'entrée du pont. Boucher, fermer l'entrée. Entrée étroite, large, obscure, claire. Belle entrée. Vilaine, entrée. Dès l'entrée. Tout à l'entrée. Cette maison est belle, mais l'entrée en est incommode. L'entrée d'un port, d'une rade.
• Se dit, par analogie, de L'ouverture de certaines choses. L'entrée d'un chapeau, d'une botte, d'un soulier, d'une manche, etc. Ces bottes sont trop larges d'entrée. L'entrée d'une serrure.
• Il signifie aussi, L'action d'entrer. Il vint au salon, et, à son entrée, dès son entrée, on s'aperçut qu'il avait du chagrin. L'entrée des juges au tribunal. L'entrée d'un vaisseau dans le port. L'entrée d'un corps de troupes en pays ennemi.
• Se dit particulièrement de L'entrée en scène d'un acteur, d'une actrice. Cet acteur a manqué son entrée, a fait une fausse entrée.
• Se dit encore de L'action d'entrer solennellement dans une ville. L'entrée du roi. L'entrée de la reine. L'entrée d'un ambassadeur, d'un gouverneur de province, etc. Faire son entrée dans une ville. Faire son entrée publique. L'entrée triomphante d'une armée dans une ville conquise.
• Se dit également de La réception solennelle qu'on fait à un roi, à une reine, etc., lorsqu'ils entrent en cérémonie dans une ville. On fit une magnifique entrée à ce prince, à cette princesse.
• Entrée de ballet, ou simplement, Entrée, se disait autrefois Des intermèdes d'un ballet. Il se disait également Des actes d'un opéra-ballet, lorsque chaque acte était un sujet détaché. Première, seconde entrée. Il ne se dit plus guère aujourd'hui que d'Un divertissement exécuté par un certain nombre de danseurs, dans un ballet, dans un opéra. Une entrée de nymphes, de bayadères.
• ENTRÉE se dit, au pluriel, Du droit attaché à certaines charges ou accordé à certaines personnes, d'entrer dans la chambre du prince à des heures où les autres courtisans n'entrent point. Il y a les grandes et les petites entrées. Les entrées de la chambre. Cette charge donne toutes les entrées. Avoir ses entrées chez le roi. Cet officier a cédé sa charge, mais le prince lui a conservé les entrées.
• Se dit aussi, tant au singulier qu'au pluriel, Du privilége d'entrer sans payer dans un spectacle. Cet auteur a son entrée, ses entrées à la Comédie française. Suspendre les entrées de faveur.
• Se dit, au singulier seulement, pour Séance, droit de siéger dans une assemblée, d'y prendre part aux délibérations. Le gouverneur de Paris avait entrée au parlement. Ce prince a entrée à la diète. Avoir entrée au conseil d'État.
• Se dit quelquefois de L'admission d'une personne en quelque endroit. Depuis son entrée au collége, cet enfant a fait beaucoup de progrès.
• ENTRÉE, se dit figurément pour Occasion, ouverture. Cette innovation donnerait entrée à beaucoup de désordres. Cela lui avait donné entrée dans la faveur du prince.
• Se dit aussi, figurément, Du début de quelqu'un dans le monde, dans une profession, etc. Faire son entrée dans le monde. Depuis son entrée au barreau. Entrée en exercice, en fonction, etc. On dit de même, Entrée en possession, en jouissance, Action de commencer à posséder une chose, à en jouri. Entrée en séance, Action de commencer à tenir une séance, etc.
• Il signifie encore figurément, Commencement. À l'entrée, vers l'entrée de l'hiver. Dès l'entrée du repas. À l'entrée de son discours. À l'entrée du livre. L'entrée de son pontificat.
• Dès l'entrée de table, Dès le commencement du repas.
• Adverbial., D'entrée, D'abord. Il nous dit d'entrée trois ou quatre fausses nouvelles. Cette locution vieillit.
• D'entrée de jeu, Dès le commencement du jeu. Il se mit à jouer, et d'entrée de jeu il perdit la moitié de son argent. Cela se dit aussi, figurément et familièrement, pour D'abord. D'entrée de jeu il fit voir son extravagance.
• ENTRÉE, signifie de plus, Le droit qu'on paye pour les marchandises qui entrent dans une ville, dans une province, dans un royaume, etc. Payer l'entrée, les droits d'entrée. L'entrée du vin. Droit d'entrée et de sortie. Cela paye entrée.
• ENTRÉE, en termes de Cuisine, se dit de Certains mets qui se servent au commencement du repas, avec le boeuf. Les potages étaient bons, mais les entrées ne valaient rien. Il y avait quatre, huit entrées. Un plat d'entrée. Une tourte d'entrée. Une entrée.

ENTREFAITES . s. f.
• Il ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces locutions adverbiales, Sur ces entrefaites, dans ces entrefaites, Pendant ce temps-là, pendant que les choses étaient dans cet état. On dit cependant quelquefois, au singulier, Dans l'entrefaite, dans cette entrefaite.

ENTRE-FRAPPER (S') . v. réciproque
• Se frapper l'un l'autre.

ENTREGENT .s.m.
• Manière adroite de se conduire dans le monde, dans la société. Cet homme ne fera pas fortune, il n'a point d'entregent, il manque d'entregent. Il est familier.

ENTR'ÉGORGER (S') . v. réciproque
• S'égorger l'un l'autre.

ENTRELACEMENT .s.m.
• État de plusieurs choses entrelacées les unes dans les autres. L'entrelacement de ces guirlandes est fait avec goût. Un entrelacement, des entrelacements de chiffres.

ENTRELACER . v. a.
• Enlacer l'un dans l'autre. Entrelacer des branches d'arbres l'une dans l'autre. Entrelacer les cheveux de rubans, de fleurs, de perles, de diamants. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Des branches qui s'entrelacent.
• ENTRELACÉ, ÉE. participe, Des chiffres entrelacés.

ENTRELACS .s.m.
• (On ne prononce pas le C.) T. d'Archit. Ornement composé de plusieurs moulures ou chiffres enlacés l'un dans l'autre. Voilà un entrelacs bien fait. Des entrelacs à jour.

ENTRELARDER . v. a.
• .Cuisine. Piquer de lard une viande. Il faut entrelarder ce filet de boeuf. Entrelarder un fricandeau, un lièvre, une volaille.
• Se dit, par analogie, en parlant De certaines choses à manger, lorsqu'on y entremêle de certains ingrédients. Entrelarder un pâté, une daube, un pain d'épice, etc., de clous de girofle, de cannelle, d'écorce de citron, etc.
• Fig. et fam., Entrelarder un discours, un ouvrage, de vers, de passages grecs ou latins, etc., Y insérer des vers, des passages grecs ou latins. Se dit toujours en mauvaise part.
• ENTRELARDÉ, ÉE. participe Adjectiv. Viande entrelardée, Viande mêlée de gras et de maigre. Boeuf entrelardé.

ENTRE-LIGNE .s.m.
• L'espace qui est entre deux lignes d'écriture. Il ne faut pas écrire dans l'entre-ligne, dans les entre-lignes.
• Il signifie aussi, Ce qui est écrit dans cet espace. Il est défendu aux notaires d'écrire en entre-ligne, il faut qu'ils fassent des renvois en marge et des apostilles paraphées des parties.

ENTRE-LUIRE . v. n.
• Luire à demi. On voyait la lune entre-luire à travers le feuillage des arbres.

ENTRE-MANGER (S') . v. réciproque
• Se manger l'un l'autre. Ces poissons s'entre-mangent. Il est peu usité.

ENTREMÊLER . v. a.
• Mêler, insérer plusieurs choses parmi d'autres dont elles diffèrent plus ou moins. Entremêler des fleurs rouges parmi des blanches. Il faut entremêler ces orangers et ces grenadiers.
• Se dit aussi figurément. Il ne faut point entremêler des questions si différentes. Entremêler des plaisanteries dans une discussion sérieuse.
• S'emploie également avec le pronom personnel. Des nuances qui s'entremêlent.
• Il est quelquefois réfléchi, dans le langage familier, et signifie, S'entremettre.
• ENTREMÊLÉ, ÉE. participe.

ENTREMETS .s.m.
• .Cuisine. Ce qui se sert sur table après le rôti, et avant le dessert. Après cela on servit l'entremets, on apporta l'entremets. Il y avait huit plats d'entremets, huit entremets. Des oeufs au jus sont un entremets. On servit à l'entremets, pour l'entremets, telle chose. Pendant qu'on était à l'entremets.

ENTREMETTEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui s'entremet, qui s'emploie dans une affaire entre deux ou plusieurs personnes. Il a été l'entremetteur de cette affaire.
• Il ne se dit guère au féminin qu'en mauvaise part, et en parlant d'Une femme qui se mêle d'une intrigue galante, d'un commerce illicite, pour le faciliter.

ENTREMETTRE (S') . v. pron.
• S'employer pour la réussite d'une chose qui intéresse une autre personne ou plusieurs autres. Il s'entremet pour lui faire avoir sa grâce. Il s'est entremis pour les accorder.
• S'entremettre d'une affaire, Se mêler d'une affaire, agir dans une affaire, et entrer pour cela en négociation avec ceux qu'elle regarde principalement. C'est une affaire dont il s'est entremis longtemps pour accommoder les parties. S'entremettre des affaires publiques. Il s'est entremis de leur accommodement. Il s'en est entremis d'office. C'est un homme qui s'entremet de beaucoup de choses.
• ENTREMIS, ISE. participe.

ENTREMISE . s. f.
• Action d'une personne qui s'entremet, qui interpose ses offices, son crédit, son autorité, etc. Il se servit de l'entremise d'un tel. Il eut recours à son entremise pour réussir. La paix se fit par l'entremise des puissances neutres. Il leur offrit son entremise.
• Se dit quelquefois lorsqu'on parle De celui par l'intermédiaire duquel une chose se fait. J'ai conclu ce marché par l'entremise de mon correspondant. Dieu a souvent déclaré sa volonté aux patriarches par l'entremise des anges.

ENTRE-NOEUD .s.m.
• .Bot. Se dit de L'espace compris entre deux noeuds ou deux articulations d'une tige. Les entrenoeuds d'une tige.

ENTRE-NUIRE (S') . v. réciproque
• Se nuire l'un à l'autre.

ENTREPAS .s.m.
• .Manége. Allure d'un cheval, laquelle approche de l'amble. Ce cheval va l'entrepas. Un bon entrepas.

ENTRE-PERCER (S') . v. réciproque
• Se percer l'un l'autre. Ces deux hommes s'entre-percèrent.

ENTRE-PONT .s.m.
• .Marine. Intervalle, étage qui sépare deux ponts dans un vaisseau. La hauteur de l'entre-pont. Dans les entre-ponts.

ENTREPOSER . v. a.
• Déposer des marchandises dans un entrepôt. Entreposer des marchandises dans une ville.
• ENTREPOSÉ, ÉE. participe.

ENTREPOSEUR .s.m.
• Celui qui est commis à la garde d'un entrepôt, à la garde de marchandises entreposées.
• Se dit aussi de Celui qui est préposé à la garde et à la vente de certaines marchandises dont le gouvernement a le monopole. Entreposeur de tabac.

ENTREPÔT .s.m.
• Lieu où l'on met des marchandises en dépôt, et principalement celles qu'on se propose d'expédier plus loin. Magasin d'entrepôt. C'est un bon entrepôt.
• Se dit, particulièrement, d'Un lieu où les marchandises peuvent rester déposées jusqu'à ce qu'on les exporte, ou qu'on en acquitte les droits. Ville d'entrepôt. Lieu d'entrepôt. Marchandises en entrepôt. Porter des marchandises à l'entrepôt. L'entrepôt des vins, des eaux-de-vie.
• Se dit encore d'Un magasin où l'on vend quelque marchandise pour le compte du gouvernement. Un entrepôt de tabac.

ENTRE-POUSSER (S') . v. réciproque
• Se pousser l'un l'autre.

ENTREPRENANT
, ANTE. adj.
• Hardi, qui se porte aisément à quelque entreprise. Ce général d'armée est entreprenant. C'est un homme actif et entreprenant.
• Il se prend quelquefois en mauvaise part, et signifie, Téméraire dans ses entreprises, ou Disposé à entreprendre sur le droit d'autrui. Cet homme est bien entreprenant. Il est d'humeur entreprenante.

ENTREPRENDRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Prendre.) Prendre la résolution de faire quelque chose, quelque action, quelque ouvrage, et commencer à la mettre à exécution. Entreprendre une besogne, un voyage, une guerre. Entreprendre de traduire un auteur. Ils ont entrepris de forcer cette place. Il est venu à bout de tout ce qu'il a entrepris.
• Il signifie aussi, S'engager à faire ou à fournir quelque chose à certaines conditions. On ne le dit guère qu'en parlant D'ouvrages ou de fournitures considérables. Cet architecte a entrepris tel bâtiment pour telle somme. Il a entrepris de fournir les vivres pour tel prix.
• Fig. et fam., Entreprendre quelqu'un, Se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le railler. Si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays. Vous courez grand risque d'être malmené, s'il vous entreprend.
• ENTREPRENDRE, signifie encore, Embarrasser, rendre perclus. Il a un rhumatisme qui lui entreprend toute la jambe. (Voyez l'alinéa qui suit le participe.)
• S'emploie souvent avec la préposition Sur, et alors il signifie, Empiéter. Il entreprend sur son voisin, sur la propriété de son voisin. Entreprendre sur les droits de quelqu'un.
• Il signifie aussi, Attenter à. César entreprit sur la liberté du peuple romain. Il a entrepris sur la vie de son bienfaiteur.
• ENTREPRIS, ISE. participe, Il est aussi adjectif, et signifie, Embarrassé, perclus. J'ai la tête tout entreprise. Il a le bras entrepris. Il est entrepris de tous ses membres.

ENTREPRENEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui entreprend à forfait quelque ouvrage considérable, comme des fortifications, un pont, le pavé d'une ville, etc.; ou quelque grande fourniture, comme la fourniture des vivres d'une armée, etc.
• Se dit, particulièrement, d'Un maître ouvrier qui entreprend un édifice. Un bon, un habile entrepreneur. Entrepreneur de bâtiments.
• Se dit aussi de Celui qui forme par spéculation, seul ou avec d'autres, quelque grand établissement d'utilité publique. Entrepreneur de diligences.
• S'emploie quelquefois au féminin en parlant d'Une femme qui entreprend quelque besogne, et qui emploie plusieurs ouvrières.

ENTREPRISE . s. f.
• Dessein formé, ce que l'on a entrepris. Belle, hardie, grande, glorieuse, vaste entreprise. Entreprise chimérique, téméraire. C'est une vaine entreprise. Faire une entreprise. Former une entreprise. Exécuter une entreprise. Venir à bout d'une entreprise. Manquer son entreprise. Mesurer une entreprise à ses forces. Faire une entreprise de commerce, une entreprise commerciale. Placer son argent dans une entreprise de commerce, de finances, etc. Frais d'entreprise.
• Il signifie particulièrement, L'action de faire ou de fournir quelque chose à certaines conditions. Mettre quelque chose à l'entreprise, le faire exécuter par entreprise. Il a l'entreprise de cette fourniture, de ces constructions.
• Se dit aussi de Certains établissements d'utilité publique formés par des spéculateurs. Entreprise générale des messageries.
• ENTREPRISE, signifie quelquefois, Violence, action injuste par laquelle on entreprend sur le bien, sur les droits d'autrui, etc. C'est une entreprise sur la prérogative royale. C'est une entreprise contre le droit des gens, contre la foi publique.

ENTRE-QUERELLER (S') . v. réciproque
• Se quereller l'un l'autre. Ils ne font que s'entre-quereller.

ENTRER
v. n.
• (Il se conjugue avec l'auxiliaire Être.)
• Passer du dehors au dedans. Entrer dans une chambre. Entrer dans la ville. Entrer dans un bois, dans un pré, dans un jardin. Entrer dans une voiture, dans un bateau. Faire entrer quelqu'un en quelque lieu. Entrer d'un pays dans un autre. Au sortir des Alpes, on entre dans la Lombardie. Entrer dans le port. Entrer au port. Le soleil entre au printemps dans le signe du Bélier. Entrer dans la lice. Entrer en lice. Chez les Juifs, il n'était permis qu'au grand prêtre d'entrer dans le sanctuaire.
• Entrer en scène, Arriver, venir sur la scène, pour y jouer son rôle.
• Entrer à table, Se mettre à table pour commencer à dîner ou à souper. Ils ne font que d'entrer à table.
• Le prédicateur ne fait que d'entrer en chaire, le prêtre vient d'entrer à l'autel, Le sermon, la messe vient de commencer.
• Prov. et fig., Il ne faut pas vouloir entrer dans le sanctuaire, Il est dangereux de vouloir pénétrer les secrets des gens puissants.
• Fig., Entrer dans une affaire, Prendre part dans une affaire, pour la conduire, ou seulement pour en tirer du profit. Entrer dans une affaire pour un intérêt de tant, Y avoir un intérêt de tant.
• Fig., Entrer dans le détail des choses, Examiner les choses en détail.
• Absol., Entrer dans le détail, dans les détails, Expliquer une chose en détail. On dit de même, Entrer dans de longues explications, dans de longs développements, etc.
• ENTRER, signifie aussi, figurément, Être admis quelque part, ou être reçu dans une compagnie, dans un corps, etc., pour en faire partie. Entrer au collége. Entrer dans un hospice. Entrer dans une administration. Entrer au conseil. Entrer à l'Académie. Entrer dans une association, dans un parti. Entrer dans une famille. Entrer au service. Entrer dans l'infanterie, dans la cavalerie, etc. Entrer dans les ponts et chaussées. Entrer dans la magistrature, dans la robe. Entrer dans l'Église, dans les ordres. Entrer dans les pages, aux pages, ou simplement, Entrer page.
• Entrer en prison, Être mis en prison.
• Entrer en condition, entrer au service de quelqu'un, Devenir domestique de quelqu'un.
• Entrer au couvent, entrer en religion, Se faire religieux ou religieuse.
• Entrer dans le monde, à la cour, Commencer à paraître dans le monde, à la cour.
• En termes de Procédure, Entrer en ordre parmi d'autres créanciers, Être mis dans l'ordre de ceux qui doivent être payés par rang d'hypothèque ou de privilége. On dit dans un sens analogue, Entrer en partage.
• Entrer en compte, en ligne de compte, en taxe, etc., Être compris dans un compte, parmi les articles d'un compte, d'une taxation de frais.
• Entrer en comparaison, en parallèle, Être mis en comparaison, en parallèle.
• ENTRER, signifie encore au figuré, Commencer à faire quelque chose; Être au commencement de quelque chose. Entrer en charge, en fonction, en exercice. Entrer dans le commerce, dans les affaires. Entrer en guerre, en procès, en dispute, etc. Entrer en explication, en conversation. Entrer en correspondance. Entrer en conférence, en pourparler, en négociation. Entrer en composition. Entrer en accommodement, en arrangement. Entrer en concurrence avec quelqu'un. Entrer en ménage. Entrer en vacances. Entrer en séance. Entrer en campagne. Entrer en quatrième, en seconde, en rhétorique. Entrer en jouissance, en possession. Entrer en convalescence. Entrer en colère, en fureur. Entrer en défiance, en soupçon, etc. Entrer en ébullition, en fermentation. Entrer dans sa vingtième année. Entrer dans l'adolescence, dans l'âge mûr. Entrer dans la belle saison. L'année dans laquelle nous venons d'entrer.
• Entrer en danse, Se mettre du nombre de ceux qui dansent; et, proverbialement et figurément, S'engager dans une affaire, dans une intrigue, dans une guerre dont on n'a été d'abord que spectateur. Cela signifie encore, Être à son tour d'agir, de parler, d'être mis en jeu. C'est à vous à entrer en danse.
• Entrer en jeu, se dit, à certains Jeux de cartes, De celui qui, ayant levé une main, est en état de jouer comme il lui plaît. Cela signifie aussi, figurément et familièrement, Entrer dans une affaire, dans une discussion, avoir son tour, soit pour agir, soit pour parler, etc.
• Entrer en matière, Commencer à traiter le sujet, la matière dont il s'agit. Après un court préambule, il entra en matière.
• Entrer en connaissance de cause, Commencer à prendre connaissance de quelque chose. Entrer en payement, Commencer à payer une partie de ce qu'on doit. Ces deux phrases sont maintenant peu usitées.
• Entrer en chaleur, en amour, se dit Des femelles de certains animaux, lorsqu'elles commencent à désirer le mâle. Entrer en rut, se dit, dans le même sens, Des bêtes fauves, et particulièrement De la femelle du cerf.
• ENTRER, se dit encore Des choses qu'on met, qu'on place, qui se mettent, se placent, s'engagent, etc., dans quelque autre. Ce couteau n'entre pas facilement dans sa gaîne. Faire entrer une clavette dans un boulon. Les dents de cette roue entrent dans un pignon.
• Il signifie particulièrement, Pénétrer dans quelque chose. Le coup entre bien avant dans les chairs. Ce bois est si dur, que la cognée n'y saurait entrer. La lumière, le jour n'entrait dans ce lieu que par une très-petite ouverture.
• Par hypallage, Ce chapeau ne peut entrer, n'entre pas bien dans la tête, La tête ne peut entrer, n'entre pas bien dans ce chapeau.
• Fam., Ce bruit entre dans la tête, entre dans les oreilles, Il importune, il étourdit.
• Fam., On ne peut rien lui faire entrer dans la tête, On ne peut rien lui faire comprendre. On ne peut lui faire entrer cela dans la tête, On ne peut le lui persuader.
• Cela ne m'est jamais entré dans l'esprit, dans la pensée, dans la tête, dans l'imagination, se dit D'une chose qu'on n'a jamais crue, ou à laquelle on n'a pas même songé. On donne souvent le tour impersonnel à cette façon de parler. Il ne m'est jamais entré en pensée qu'il pût manquer à son devoir. Il ne m'est jamais entré dans l'esprit, dans la tête que cela pût être. Il ne m'est jamais entré dans l'imagination de faire ni de dire telle chose. Ce sont de ces choses qui ne me sont jamais entrées dans l'esprit. On dit de même: Comment cela pouvait-il vous entrer dans l'esprit? Etc.
• Fam., Cela n'est jamais entré dans la tête de personne, Cette idée, ce projet est si absurde, si extravagant, que personne ne l'a jamais eu.
• Entrer dans l'âme, dans le coeur, etc., S'insinuer, pénétrer ou naître dans l'âme, etc. La haine entra dans son âme. La défiance entra dans les coeurs, dans les esprits.
• Entrer dans le sens, dans la pensée d'un auteur, Pénétrer dans le sens, dans la pensée d'un auteur.
• Vous n'entrez pas dans ma pensée, Vous ne concevez pas bien ce que j'ai voulu dire.
• Entrer dans la pensée de quelqu'un, Comprendre et approuver les motifs qui le font penser de telle manière. J'entre dans votre pensée.
• Entrer dans les sentiments, dans les idées, dans les vues de quelqu'un, Se conformer à ses sentiments, à ses idées, à ses vues.
• Cela entre, n'entre pas dans ses vues, se dit De ce qui s'accorde avec les vues de quelqu'un, ou les contrarie. Impersonnellement, Il entre, il n'entre pas dans ses vues, de...
• Cet auteur, cet orateur, ce peintre entre bien dans les passions, Il les exprime bien, il les représente bien.
• Ce comédien entre bien dans la passion, dans le caractère de son personnage, Il paraît ressentir la passion qu'il exprime, il semble être véritablement le personnage qu'il représente.
• Entrer dans les secrets, dans les plaisirs, dans les intérêts, dans les peines, etc., de quelqu'un, Avoir part aux secrets, aux plaisirs de quelqu'un, avoir ses intérêts à coeur, prendre part à ses peines, etc.
• ENTRER, signifie quelquefois, Tenir, être contenu dans quelque chose. Dans ce sens et dans les deux suivants, on l'emploie quelquefois comme verbe impersonnel. Jamais tout cela n'entrera dans ma poche. Combien entre-t-il de tonneaux dans cette cave?
• Il signifie encore, Être employé dans la composition ou à la confection d'une chose. Les drogues qui entrent dans un remède. Il entre telle substance dans ce remède. Il y entre du quinquina. Il entre tant de drap, tant d'étoffe dans cet habit, dans cet ameublement. On dit de même, Entrer dans la composition, dans la construction, dans la formation, etc., de quelque chose. Le fer et le bois entrent dans la construction de la plupart des édifices.
• Faire entrer quelque chose dans un traité, dans un livre, dans un discours, L'y insérer, l'y placer.
• ENTRER, se dit figurément, au sens moral, De ce qui se mêle, contribue, ou concourt à quelque chose. Cela n'entre pour rien dans ma résolution. Il entre un peu d'animosité dans cette critique, d'aigreur dans ces reproches.
• Il entre bien de l'homme en cela, se dit Pour exprimer que c'est par des considérations humaines qu'une personne agit.
• ENTRÉ, ÉE. participe.

ENTRE-RÉPONDRE (S') . v. réciproque
• Se répondre l'un à l'autre. Ces deux choeurs de musique s'entre-répondaient.

ENTRE-SECOURIR (S') . v. réciproque
• Se secourir mutuellement. Les troupes sont bien postées pour s'entre-secourir.

ENTRE-SOL .s.m.
• T. d'Archit. Se dit en général de Tout logement pris sur la hauteur d'un étage; et, dans un sens plus restreint, d'Un logement pratiqué entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Un bel entre-sol. Un entre-sol obscur. Entre-sol bien éclairé. Il loge à l'entre-sol.

ENTRE-SUIVRE (S') . v. réciproque
• Aller de suite l'un après l'autre. Les jours et les nuits s'entre-suivent.

ENTRETAILLE . s. f.
• .Gravure. Taille légère qu'on glisse entre des tailles plus fortes, pour donner de l'effet à certaines parties.

ENTRE-TAILLER (S') . v. pron.
• T. d'Art vétérinaire. Se dit D'un cheval qui se heurte les jambes l'une contre l'autre en marchant, et qui s'entrecoupe. Un cheval qui s'entre-taille.
• ENTRE-TAILLÉ, ÉE. participe.

ENTRETAILLURE . s. f.
• Blessure que se fait lui-même un cheval qui s'entre-taille. Cette entretaillure est fâcheuse.

ENTRE-TEMPS .s.m.
• Intervalle de temps qui s'écoule entre deux actions. Je n'ai fait qu'aller et venir, dans cet entre-temps vous êtes arrivé. Il profita de l'entre-temps. Ce mot est peu usité.

ENTRETÈNEMENT .s.m.
• Subsistance, ce qu'on donne à quelqu'un pour vivre, s'habiller, etc.; ou L'action d'entretenir une chose, de la tenir en bon état. Il faut beaucoup d'argent pour l'entretènement d'une armée. Il est chargé de l'entretènement du pavé de Paris. Il a vieilli: on dit presque toujours maintenant, Entretien.

ENTRETENIR . v. a.
• Arrêter et tenir ensemble les diverses parties d'un tout. Cette pièce de bois entretient toute la charpente.
• Il signifie aussi, avec le pronom personnel, Se tenir, s'assujettir réciproquement. Ces deux pièces de bois s'entretiennent.
• ENTRETENIR, signifie plus ordinairement, Tenir en bon état. Entretenir un bâtiment, un jardin. Entretenir les ponts, les chaussées, les chemins. Entretenir la couverture d'un bâtiment.
• Il signifie encore, Faire qu'une chose, une personne subsiste, continue d'être dans un certain état. Entretenir la paix, l'amitié, la concorde. Entretenir une correspondance avec quelqu'un. Entretenir des correspondances dans les pays étrangers. Entretenir bonne correspondance avec ses alliés. Entretenir des intelligences avec les ennemis. Entretenir la désunion dans une famille. Entretenir une famille en bonne union. Entretenir des parents dans l'union. Entretenir des peuples dans l'erreur. Entretenez-le dans ces bonnes dispositions. Je m'efforçai de l'entretenir dans cette idée. Entretenir le feu. Les vestales entretenaient le feu sacré. Les bons offices entretiennent l'amitié.
• Il signifie aussi, avec le pronom personnel, Se conserver. Cette femme s'entretient toujours fraîche. Des chevaux qui s'entretiennent gras. L'union ne s'entretient pas long-temps entre des personnes qui ont des intérêts contraires. Il y a des arbres qui s'entretiennent toujours verts.
• ENTRETENIR, signifie particulièrement, Fournir les choses nécessaires à la subsistance. Entretenir ses enfants, sa famille, sa maison. Entretenir une armée. Entretenir un enfant au collége. Entretenir quelqu'un de linge, de vêtements, etc.
• S'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Il a de quoi s'entretenir honnêtement. Il s'entretient de ce que l'État lui donne. Il s'entretient avec la pension que lui donne son père. Il s'entretient d'habits, de linge, etc. Il s'entretient de tout. Je donne tant à mon domestique pour s'entretenir.
• Entretenir un grand train, un grand équipage, etc., Avoir beaucoup de valets, de chevaux, etc.
• Entretenir une femme, Pourvoir aux dépenses d'une femme avec laquelle on est en commerce de galanterie.
• S'entretenir du jeu, Y gagner de quoi s'entretenir.
• Fig., Entretenir quelqu'un d'espérance, l'entretenir de belles promesses, Le tromper, l'amuser en lui donnant toujours des espérances, en lui faisant beaucoup de promesses. On dit aussi, S'entretenir de chimères, S'en repaître.
• ENTRETENIR, signifie en outre, Parler à quelqu'un, tenir quelque discours à quelqu'un. Je l'ai entretenu familièrement dans son cabinet. Il faut chercher l'occasion de l'entretenir de cette affaire. De quoi nous entretenez-vous là? Voilà assez de nouvelles pour vous entretenir deux jours.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Converser, parler avec quelqu'un, parler ensemble. Ils s'entretinrent de bagatelles. S'entretenir de propos sérieux, de propos frivoles. S'entretenir de quelqu'un. S'entretenir par lettres. On dit de même figurément: S'entretenir de ses propres pensées. S'entretenir avec soi-même. Etc.
• S'entretenir de Dieu, Parler de Dieu. S'entretenir avec Dieu, Penser à Dieu, méditer la parole de Dieu.
• Entretenir ses pensées, entretenir ses rêveries, Penser souvent à quelque chose, méditer, rêver.
• ENTRETENU, UE. participe, Femme entretenue, Femme qui vit aux dépens de l'homme dont elle est la maîtresse.
• ENTRETENU, se dit adjectivement D'un homme au service de l'État, qui reçoit une paye sans faire un service actif. Il ne s'emploie plus guère que dans la marine royale. Capitaine, lieutenant, enseigne entretenu.
• ENTRETENU, se dit, en termes de Blason, Des clefs et autres choses pareilles, liées ensemble par leurs anneaux.

ENTRETIEN .s.m.
• Ce qui est nécessaire pour la subsistance et les autres besoins de la vie. Il n'épargne rien pour l'entretien de ses enfants. Il dépense tant pour l'entretien de sa maison. Fournir à l'entretien d'une garnison, d'une armée.
• Il signifie plus ordinairement, Ce qui est nécessaire à l'habillement. Son entretien lui coûte beaucoup. Il donne tant à sa femme et à son fils pour leur entretien. Il est obligé de payer la nourriture et l'entretien de ses domestiques.
• ENTRETIEN, signifie aussi, Le soin qu'on prend de maintenir une chose en état, et La dépense que ce soin exige. L'entretien d'un bâtiment. L'entretien de la toiture. L'entretien du linge. Frais d'entretien. Ce bâtiment est de grand entretien.
• ENTRETIEN, signifie en outre, Conversation; les discours que l'on tient, les paroles que l'on dit dans une conversation. Entretien familier. Entretien sérieux. Il eut un grand entretien avec lui. Nous eûmes un long entretien ensemble. Après une heure d'entretien. Il interrompit notre entretien. Il troubla notre entretien. Finir un entretien. Terminons l'entretien. L'entretien tomba sur tel sujet.
• Faire l'entretien du public, de toutes les sociétés, se dit D'une personne ou d'une chose dont tout le monde parle.
• Entretiens spirituels, Discours de piété que les ecclésiastiques font dans certaines assemblées.

ENTRETOILE . s. f.
• Espèce de réseau ou de dentelle qu'on met entre deux bandes de toile pour servir d'ornement.

ENTRETOISE . s. f.
• .Charpenterie et de Serrurerie. Pièce de bois ou barre de fer qui se met entre d'autres pour les soutenir, pour les lier ensemble.
• Entretoise croisée, Assemblage de pièces de bois en forme de sautoir.

ENTREVOIR . v. a. (Il se conjugue comme Voir.)
• Voir imparfaitement, ou en passant. Le témoin n'a pu reconnaître le meurtrier, parce qu'il n'avait fait que l'entrevoir. Il ne voit pas distinctement, il ne fait qu'entrevoir. J'entrevois quelque chose dans l'éloignement. Entrevoir un objet à travers le brouillard, dans l'obscurité, etc.
• Se dit figurément Des vues de l'esprit. J'ai entrevu les desseins, les intentions de cet homme. Nos lumières sont si faibles, que nous ne faisons jamais qu'entrevoir la vérité.
• Il signifie particulièrement, Prévoir confusément ce qui doit arriver. J'entrevois de grands obstacles. Entrevoir des malheurs. Entrevoir l'issue d'une affaire.
• ENTREVOIR, avec le pronom personnel, s'emploie comme verbe réciproque, et signifie, Avoir une entrevue. Pour accommoder, pour finir leur affaire, il faudrait qu'ils s'entrevissent. Ils s'entrevirent dans telle maison.
• Il signifie également, Se rendre visite. Ils sont si voisins, qu'ils s'entrevoient souvent les uns chez les autres. Ce sens vieillit.
• ENTREVU, UE. participe.

ENTREVOUS .s.m.
• .Charpenterie et de Maçonnerie. Intervalle d'une solive à l'autre dans un plancher.
• Se dit aussi Des espaces garnis de plâtre qui sont entre les poteaux d'une cloison.

ENTREVUE . s. f.
• Visite, rencontre concertée entre deux ou plusieurs personnes pour se voir, pour parler d'affaires. Ils ont eu plusieurs entrevues. La première entrevue se passa en compliments. Demander une entrevue. Convenir d'une entrevue. Ménager une entrevue entre deux personnes. L'entrevue d'Annibal et de Scipion.

ENTR'OUÏR . v. a.
• Ouïr imparfaitement. J'entr'ouïs sa voix. J'ai entr'ouï quelque chose de ce que vous me dites là. Il est peu usité.
• ENTR'OUÏ, OUÏE. participe.

ENTR'OUVERTURE . s. f.
• T. d'Art vétérinaire. Incommodité d'un cheval entr'ouvert.

ENTR'OUVRIR . v. a.
• Ouvrir à demi, ouvrir un peu. Entr'ouvrir la porte, la fenêtre. Entr'ouvrir les yeux.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. La terre s'entr'ouvrit. Les roses commencent à s'entr'ouvrir. À la fin ses yeux s'entr'ouvrirent. Cette voûte commence à s'entr'ouvrir.
• ENTR'OUVERT, ERTE. participe, En termes d'Art vétérinaire, Cheval entr'ouvert, Cheval qui a fait quelque effort, et qui s'est écarté les jambes de derrière par un mouvement si violent, qu'il lui en reste une grande incommodité.

ENTURE . s. f.
• T. d'Agricult. L'endroit où l'on place une ente, une greffe. Il faut faire l'enture avant que de placer l'ente.
• ENTURE, dans le langage ordinaire, se dit de Petites pièces de bois qui en traversent une grosse pour former des échelons des deux côtés, comme dans les roues des carrières.

ÉNUMÉRATEUR .s.m.
• Celui qui fait une énumération. Il est peu usité.

ÉNUMÉRATIF
, IVE. adj.
• Qui énumère, qui contient une énumération. Il est peu usité.

ÉNUMÉRATION . s. f.
• Dénombrement de choses. Ample énumération. Simple énumération. La simple énumération de ses travaux suffit à son éloge. Il m'a fait une ample et exacte énumération, une longue énumération. L'énumération des parties est un des lieux communs de la rhétorique.

ÉNUMÉRER . v. a.
• Dénombrer. Il a fort exactement énuméré toutes les circonstances.
• ÉNUMÉRÉ, ÉE. participe.

ENVAHIR . v. a.
• Usurper, prendre par force, par violence, ou par fraude, injustement. Envahir un État, une province. Son armée eut bientôt envahi leur territoire. Il a envahi mon bien, ma terre, mon héritage.
• Se dit figurément, tant au sens physique qu'au sens moral. Les eaux avaient envahi ce terrain, cet espace. Envahir la puissance souveraine. Envahir l'autorité.
• ENVAHI, IE. participe.

ENVAHISSEMENT .s.m.
• Action d'envahir. L'envahissement d'une province. Il a des projets d'envahissement. Les envahissements de la mer sur les terres.

ENVAHISSEUR .s.m.
• Celui qui envahit.

ENVELOPPE . s. f.
• Ce qui sert à envelopper. L'enveloppe d'un paquet. Ôter, défaire l'enveloppe d'un paquet. Enveloppe de cuir, de toile cirée. Papier d'enveloppe. Toile d'enveloppe. L'enveloppe d'une lettre. Mettre une lettre sous enveloppe, sous double enveloppe. Sur l'enveloppe était écrit, À Monsieur. ..
• Écrire sous l'enveloppe de quelqu'un, Mettre sous l'adresse de quelqu'un des lettres qui sont pour un autre.
• ENVELOPPE, en termes de Fortification, Ouvrage qui en couvre, qui en défend un autre. Première, seconde enveloppe.
• ENVELOPPE, signifie aussi figurément, Apparence, forme extérieure. Sous une enveloppe épaisse, il cache un esprit fin et délié.

ENVELOPPER . v. a.
• Mettre autour de quelque chose une étoffe, un linge, etc., qui couvre, qui environne de tous côtés. Envelopper du linge, des habits. Envelopper des bas, des gants, un portrait dans du papier. Envelopper de papier, de paille, etc. S'envelopper le doigt, la tête avec du linge. S'envelopper le corps de son manteau. On l'emploie aussi avec le pronom personnel régime direct. S'envelopper dans son manteau.
• Se dit souvent De la chose dont une autre est enveloppée, qui en recouvre entièrement une autre. La toile qui enveloppe une marchandise. Les écailles qui enveloppent les bourgeons de certains arbres.
• Il signifie par extension, Environner, entourer. Envelopper l'ennemi de toutes parts. Il faut envelopper cette hauteur, ce village. Les ténèbres enveloppaient la terre. Un tourbillon de poussière les enveloppa.
• Fig., Envelopper quelqu'un dans une accusation, dans une déposition, dans un crime, etc., Le comprendre avec d'autres dans une accusation, dans une déposition, dans un crime. On l'a enveloppé mal à propos dans cette affaire, dans ce procès.
• ENVELOPPER, signifie aussi figurément, Cacher, déguiser. Les poëtes ont enveloppé de fables la vérité, ont enveloppé la vérité sous des fables. Il enveloppe à dessein sa pensée. Il sut envelopper d'expressions décentes le récit de cette aventure.
• ENVELOPPÉ, ÉE. participe, Fig., Avoir l'esprit enveloppé dans la matière, Être fort grossier, sans esprit.
• Fig., Être, se trouver enveloppé dans une proscription, Être au nombre de plusieurs personnes proscrites à la fois. On dit aussi, Se trouver enveloppé dans de mauvaises affaires, S'y trouver engagé, embarrassé. Il s'est trouvé enveloppé dans cette banqueroute. On dit encore, Être, se trouver enveloppé dans un désastre, En éprouver les effets, y être compris. Tous ceux qui furent enveloppés dans ce désastre. Ce temple se trouva, comme les autres édifices, enveloppé dans le désastre.
• Fig., Discours enveloppé, Discours où, par circonspection, on donne plus à entendre qu'on ne dit. Raisonnement enveloppé, Raisonnement obscur, embarrassé.
• Fig., C'est un esprit enveloppé, il a l'esprit enveloppé, se dit De quelqu'un dont les idées sont confuses et les expressions obscures.

ENVENIMER . v. a.
• Infecter de venin, communiquer une qualité venimeuse. Il y a des reptiles qui enveniment les herbes dans lesquelles ils séjournent.
• Par analogie, Envenimer la bouche, Y causer des élevures. Cette herbe m'a envenimé la bouche.
• Fig., Envenimer une blessure, une plaie, L'enflammer, la rendre plus douloureuse, plus difficile à guérir. Il a envenimé sa plaie en la grattant.
• Fig., Envenimer un discours, un fait, le récit d'un fait, Les rapporter d'une manière odieuse.
• Fig., Envenimer l'esprit de quelqu'un, L'aigrir, l'irriter. Il a envenimé l'esprit de cet homme. Il l'a envenimé contre moi.
• ENVENIMÉ, ÉE. participe, Langue envenimée. Discours envenimés.

ENVERGER . v. a.
• Garnir de petites branches d'osier.
• ENVERGÉ, ÉE. participe.

ENVERGUER . v. a.
• .Marine. Attacher les voiles aux vergues.
• ENVERGUÉ, ÉE. participe.

ENVERGURE . s. f.
• .Marine. La longueur des vergues d'un bâtiment. Ce vaisseau a beaucoup d'envergure, a peu d'envergure, c'est-à-dire, Ses vergues ont beaucoup de longueur, ont peu de longueur. On dit dans un sens analogue, L'envergure d'une voile, Sa largeur dans le haut.
• ENVERGURE, signifie par analogie, en Histoire naturelle, L'étendue qu'il y a entre les deux extrémités des ailes déployées d'un oiseau. Le condor a, dit-on, jusqu'à vingt-cinq pieds d'envergure.

ENVERS
préposition
• À l'égard de. Charitable envers les pauvres. Pieux envers Dieu. Ingrat envers son bienfaiteur. Traître envers sa patrie.
• Servir, aider, défendre quelqu'un, ou soutenir quelque chose, etc., envers et contre tous, Contre tout le monde.

ENVERS .s.m.
• On appelle ainsi, dans une étoffe, Le côté qui ne doit pas être exposé à la vue, et, dans un ouvrage de toile comme les chemises, Le côté de la couture. Voilà l'endroit de cette étoffe, voilà l'envers. Cette étoffe n'a ni endroit ni envers.
• Étoffe à deux envers, Celle dont les deux côtés sont semblables, c'est-à-dire, proprement, Sans envers. Serge à deux envers. Velours à deux envers.
• À L'ENVERS locution adverbiale, qui a différentes significations selon les différentes choses auxquelles on l'applique. Ainsi, Mettre un manteau à l'envers, signifie, Mettre un manteau du mauvais côté de l'étoffe; Mettre une chemise à l'envers, La mettre de manière que le côté des coutures soit en dehors, et, Tomber à l'envers, Tomber sur le dos: on dit mieux, Tomber à la renverse.
• Cette locution s'emploie aussi figurément, dans le langage familier. Ses affaires sont à l'envers, Ses affaires vont mal. Avoir l'esprit à l'envers, la tête à l'envers, Avoir l'esprit faux, manquer de jugement. Cet accident lui a mis la tête à l'envers, Cet accident lui a troublé l'esprit.

ENVI
(À L') locution tantôt adverbiale, tantôt prépositive
• Avec émulation. Ils étudient à l'envi. Ils travaillent à l'envi l'un de l'autre. À l'envi les uns des autres.

ENVIE . s. f.
• Chagrin qu'on ressent du bonheur, des succès, des avantages d'autrui. Envie maligne, secrète. Avoir une mortelle envie contre quelqu'un. Être rongé d'envie. L'envie le dévore. Sécher d'envie. Sa nomination lui attire l'envie de bien des gens. Exciter l'envie. Son mérite est au-dessus de l'envie. Se mettre au-dessus de l'envie, hors des atteintes de l'envie. Les traits de l'envie. Il ne peut voir personne dans la prospérité sans lui porter envie. Les peintres et les poëtes ont souvent personnifié l'envie.
• Faire envie, Donner de l'envie, exciter l'envie. On dit proverbialement dans ce sens, Il vaut mieux faire envie que pitié.
• Fig., Le serpent, les serpents de l'envie, se dit quelquefois de L'envie et de tout ce qu'elle met en oeuvre pour nuire au mérite, à la vertu, etc.
• Porter envie à quelqu'un, Souhaiter un bonheur, un avantage pareil au sien, sans être fâché qu'il en jouisse. Je porte envie à mon ami de ce qu'il a le plaisir d'être avec vous. On emploie Envie dans le même sens, lorsqu'on dit, Votre sort, votre bonheur est digne d'envie.
• ENVIE, signifie aussi simplement, Désir, volonté. Grande envie. Légère envie. Envie déréglée, désordonnée, furieuse, immodérée. Avoir envie, une extrême envie de dire, de savoir, d'apprendre, etc. Je n'ai nulle envie de vous nuire. Il ne voulait point de cette maison, mais on lui en a fait venir l'envie, on lui en a fait naître l'envie. Il a envie de ce tableau. On lui en a donné envie. Si l'envie lui en prend. Il lui a pris envie de se retirer. L'envie lui a pris d'aller à Rome. L'envie de voyager lui a passé. Je brûle d'envie, je meurs d'envie de vous revoir. Je meurs d'envie que vous soyez content. J'ai envie, j'ai bien envie de lui donner une correction.
• Se dit quelquefois d'Un besoin que l'on a le désir de satisfaire, ou d'Une disposition à quelque chose. J'ai grande envie de boire, de manger. Avoir envie de dormir.
• Envies de vomir, Nausées, soulèvements de coeur.
• Passer son envie de quelque chose, Satisfaire le désir qu'on a de quelque chose. On dit aussi, L'envie lui en est passée, lui en a passé, Il ne désire plus telle chose.
• Faire passer l'envie de quelque chose à quelqu'un, L'en rassasier, ou L'en dégoûter.
• Envie de femme grosse, Désir subit et pressant, souvent même désordonné, que quelques femmes grosses ont de certaines choses.
• ENVIE, se dit aussi Des marques que les enfants apportent quelquefois en naissant, et qu'on suppose être une suite des impressions reçues par leurs mères pendant qu'elles étaient grosses. Qu'est-ce que cette marque qu'il a au visage? C'est une envie.
• Se dit encore de Certains petits filets qui se détachent de la peau autour des ongles, quelquefois avec douleur. Avoir des envies aux doigts. Couper une envie.

ENVIEILLIR . v. a.
• Faire paraître vieux. Cet ajustement l'envieillit. Il est peu usité: on dit maintenant, Vieillir.
• ENVIEILLI, IE. participe, Il ne s'emploie guère que figurément et adjectivement. Erreurs, habitudes envieillies. On dit plus ordinairement, en ce sens, Invétéré.
• Se dit aussi D'une personne qui a un vice, un défaut invétéré. Pécheur envieilli. On dit plus ordinairement, Endurci.

ENVIER . v. a.
• Être attristé des avantages d'autrui. Envier le bonheur, les succès d'autrui. Tout le monde l'envie. Je ne lui envie point sa fortune. Les gens en place sont ordinairement enviés. À l'actif, il se dit plus souvent Des choses que Des personnes.
• Il signifie aussi, Souhaiter pour soi-même un bonheur, un avantage pareil à celui qu'un autre possède, mais sans être fâché qu'il en jouisse. Je voudrais bien être aussi indépendant que vous, j'envie votre bonheur.
• Il se prend quelquefois pour Désirer. Voilà le poste que j'envierais le plus.
• ENVIÉ, ÉE. participe, Une charge, une place, une condition bien enviée, Une charge, etc., fort recherchée, fort souhaitée de beaucoup de gens.

ENVIEUX
, EUSE. adj.
• Qui a de l'envie, qui est sujet à l'envie. Il ne s'emploie qu'en mauvaise part. Un homme envieux. Une femme envieuse. Il est envieux de ma bonne fortune. Envieux du bien d'autrui. Un esprit envieux.
• Il est aussi substantif. Un envieux n'a jamais de repos. Les envieux sont injustes.

ENVINÉ
, ÉE. adj.
• Se dit D'un vase qui a pris l'odeur du vin.

ENVIRON . adv.
• À peu près; un peu plus, un peu moins. Il y a environ deux heures, environ dix ans. Son armée était d'environ vingt mille hommes. Il avait fait environ deux lieues. Combien y a-t-il dans ce sac? Il y a environ trois cents francs, quatre cents francs ou environ.

ENVIRONNER . v. a.
• Mettre une chose autour d'une autre, entourer, enfermer. Environner une ville de fossés, de murailles.
• Il signifie aussi, Être ou se mettre autour de quelqu'un, de quelque chose. Les ennemis environnaient la place. Lès gendarmes avaient environné la maison. Les gardes, les courtisans qui environnaient le prince.
• Se dit figurément, surtout dans la seconde acception. Les dangers l'environnaient de toutes parts. Les malheurs qui l'environnent. Il est environné de flatteurs. L'éclat qui l'environne. Être environné de gloire.
• ENVIRONNÉ, ÉE. participe

ENVIRONS .s.m. pl.
• Lieux d'alentour. Paris et ses environs. L'armée se logea aux environs de la place. Il ne s'est pas éloigné de la ville, il est encore campé dans les environs. Cela fut publié dans tous les environs, dans les communes des environs.

ENVISAGER . v. a.
• Regarder une personne au visage. Dès que je l'eus envisagé, je le reconnus. Envisagez un peu cet homme. Il n'oserait m'envisager. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel, comme verbe réciproque. Ils s'envisageaient l'un l'autre avec attention.
• Il signifie figurément, Considérer une chose en esprit, examiner. Cette action est belle, cette action est bonne, si vous l'envisagez de telle manière. Le sage ne saurait envisager les richesses comme un bien. Je n'ose envisager l'avenir. Envisager la mort, les tourments, le péril, la pauvreté, sans en être ému. Il envisageait la mort comme la fin de ses misères. Il envisage le ciel comme le but de ses espérances. Envisager les suites d'une affaire.
• ENVISAGÉ, ÉE. participe.

ENVOI .s.m.
• Action par laquelle on envoie. Se dit particulièrement en parlant Des marchandises. Faire un envoi de marchandises par terre, par eau. Cette marchandise est de bon débit, on en a déjà fait deux envois. Par l'envoi de tel jour, on dit avoir reçu... Lettre d'envoi.
• Il signifie quelquefois, La chose même qui est envoyée. J'ai reçu votre envoi de tel jour.
• ENVOI se dit, en Littérature, de Quelques vers mis à la suite d'une pièce de poésie, pour l'adresser, pour en faire hommage à quelqu'un. Il y a à la fin de ce conte un envoi fort joli.

ENVOILER (S') . v. pron.
• T. d'Arts. Se dit Du fer, de l'acier qui se courbe lorsqu'on le trempe. Les limes s'envoilent quelquefois à la trempe.
• ENVOILÉ, ÉE. participe.

ENVOISINÉ
, ÉE. adj.
• Qui a des voisins. Il est fort bien, fort mal envoisiné. Il est familier.

ENVOLER (S') . v. pron.
• Prendre son vol, s'enfuir en volant. Les oiseaux étaient déjà drus, ils se sont envolés. Une mouche qui s'envole. Avec ellipse du pronom, Le moindre bruit fait envoler cet oiseau.
• Se dit quelquefois, par analogie, Des choses légères que le vent emporte. La fenêtre s'ouvrit brusquement, et tous les papiers s'envolèrent par la chambre.
• Prov. et fig., Il n'y a plus que le nid, les oiseaux s'en sont envolés, se dit Lorsqu'on cherche une personne ou une chose dans un endroit où elle n'est plus.
• ENVOLER (s'), s'emploie quelquefois figurément, comme dans ces phrases: Le temps s'envole, l'occasion s'envole, Le temps, l'occasion passe rapidement. Avec l'âge, les plaisirs s'envolent, En vieillissant, on perd le goût des plaisirs.
• ENVOLÉ, ÉE. participe, Les oiseaux sont envolés.

ENVOÛTER . v. a.
• Faire un prétendu maléfice, qui consiste à piquer, déchirer, brûler une image de cire, en prononçant certaines paroles ou en faisant certaines cérémonies, dans la persuasion que la personne représentée par cette image souffrira les mêmes maux.
• ENVOÛTÉ, ÉE. participe.

ENVOYER . v. a.
• (J'envoie; nous envoyons, vous envoyez, ils envoient. J'envoyais; nous envoyions, vous envoyiez. J'enverrai. J'enverrais. Que j'envoie, que vous envoyiez.)
• Donner ordre ou faire en sorte qu'une personne aille, ou qu'une chose soit portée en un certain lieu. Envoyer un homme à la campagne, en province, en Italie, en mer. Envoyer des députés. Il fut envoyé vers lui pour le prier de... Envoyer des chevaux. Envoyer un paquet par la diligence, par le courrier. Les denrées que ce pays nous envoie. Envoyer des étrennes. Envoyer du secours dans une place. Les ennemis envoyèrent reconnaître la place. Envoyer faire compliment. Envoyer demander quelque chose à quelqu'un.
• Absol., Envoyer chez quelqu'un, Envoyer savoir de ses nouvelles. Il est malade, n'enverrez-vous pas chez lui?
• Fig. et fam., Envoyer quelqu'un au diable, à tous les diables, etc., Le rebuter, le repousser, le renvoyer avec colère, avec indignation. On dit dans un sens analogue, Envoyer promener, envoyer paître. Il m'impatientait à un tel point, que j'ai fini par l'envoyer promener, par l'envoyer paître.
• Fig. et fam., Envoyer dans l'autre monde, Faire mourir. Ce charlatan a envoyé son malade dans l'autre monde.
• ENVOYER, se dit aussi en parlant De toutes les choses qui nous viennent ou qui sont supposées nous venir du ciel, de la Divinité, du destin, etc. Les biens et les maux que Dieu, que le ciel, que le destin nous envoie. Dieu nous a envoyé de la pluie, du beau temps, une bonne année.
• Il signifie, par analogie, Pousser, jeter, lancer hors de soi. Dans ce sens, on ne l'applique guère qu'Aux choses. La lumière que le soleil nous envoie. Le vin envoie des fumées à la tête.
• ENVOYÉ, ÉE. participe, Il est quelquefois substantif; et alors il signifie, Un ministre envoyé par un prince souverain ou par une république, auprès d'un autre prince ou d'une autre république. La dignité d'envoyé est inférieure à celle d'ambassadeur. Il est envoyé de tel prince. Envoyé extraordinaire. Il n'y a point d'ambassadeur de tel prince dans cette cour, il n'y a qu'un envoyé. Il a été envoyé extraordinaire du roi dans tel royaume. L'envoyé de Florence. On appelle Envoyée, La femme d'un envoyé.

ÉOLIEN
, ENNE. adj.
• On l'emploie particulièrement dans les locutions suivantes:
• Le dialecte éolien, ou substantivement, L'éolien, Celui des cinq dialectes grecs qui était parlé dans l'ancienne Éolie.
• Le mode éolien, Un des modes principaux de l'ancienne musique grecque.
• Harpe éolienne, Instrument à cordes monté de manière qu'il rend des sons harmonieux lorsqu'on le suspend et que le vent vient à le frapper.

ÉOLIPYLE .s.m.
• .Physique. Boule de métal creuse, qui, étant en partie remplie d'eau et chauffée, produit un jet continu de vapeur par un bec recourbé adapté à un point de sa surface. Plusieurs philosophes ont cherché à expliquer la nature et l'origine des vents par la comparaison avec les éolipyles.

ÉOLIQUE . adj. des deux genres
• qui se dit quelquefois Du dialecte et du mode éoliens. Le dialecte éolique. Le mode éolique.

ÉPACTE . s. f.
• .Chronologie. Le nombre qui, pour chaque année, exprime l'âge de la lune au moment où l'année précédente a fini. L'épacte sert à déterminer les époques moyennes des nouvelles lunes de chaque année. L'épacte de chaque année se trouve toujours indiquée au commencement des almanachs.

ÉPAGNEUL
, EULE. s.
• Chien à long poil, dont la race vient d'Espagne. Petit épagneul. Cette épagneule a le nez excellent.

ÉPAIS
, AISSE. adj.
• Se dit D'un corps solide considéré par rapport à son épaisseur. Mur épais de tant de pieds. Planche épaisse de deux pouces. Un livre épais de trois doigts. Le verre trop épais n'est pas bon pour cet usage.
• Se dit souvent par opposition à Mince. Du drap, du velours épais, etc. Un épais bouclier. Cet homme a une grande difficulté à parler, il a la langue épaisse.
• Fam., Avoir la taille épaisse, ou Être épais, Avoir la taille grosse, être peu dégagé dans sa taille.
• Fig. et fam., Avoir la mâchoire épaisse, Avoir l'esprit pesant. On dit dans le même sens, C'est une mâchoire épaisse.
• Cheval épais, Cheval qui n'est pas fin.
• ÉPAIS, se dit aussi De certaines choses fluides, gazeuses, etc., considérées par rapport à leur consistance ou à leur densité. Ce sirop n'est pas assez épais. Du vin épais. Une épaisse fumée. Un brouillard épais.
• Air épais, Air grossier. On ne respire dans cette prison qu'un air épais et malsain.
• Par analogie, Ténèbres épaisses, nuit épaisse, etc., Grande obscurité, nuit noire.
• Fig., Ignorance épaisse, Ignorance profonde.
• Fig., Avoir l'esprit épais, l'intelligence épaisse, ou simplement et familièrement, Être épais, Avoir l'esprit grossier, lourd, pesant, être lent à comprendre.
• ÉPAIS, se dit encore D'une réunion, d'un amas de certaines choses qui sont fort près les unes des autres. Ce bois est bien épais. Ces blés sont trop épais. Il y aura bien du foin dans ce pré, l'herbe y est très-épaisse. Des bataillons épais. Des cheveux épais. Une épaisse crinière. Il était dans le plus épais du bois.
• Il est quelquefois substantif, au masculin, et signifie, Épaisseur. Une pierre qui a deux pieds d'épais. Il y a de la neige deux pieds d'épais. Cette femme met beaucoup de rouge, elle en a toujours un doigt d'épais.
• S'emploie également comme adverbe. Cette graine ne doit pas être semée si épais. Il a neigé épais de trois doigts.

ÉPAISSEUR . s. f.
• En Mathématique, il désigne L'une des trois dimensions de la matière étendue, qui, avec la longueur et la largeur, en complète la définition. Dans l'usage ordinaire, on ne l'applique guère qu'Aux corps solides compris entre deux surfaces à peu près parallèles dont l'étendue est très-grande, comparée à la troisième dimension, qui s'appelle alors spécialement l'épaisseur. Cette pierre a tant de pieds de longueur et tant d'épaisseur. Dans l'épaisseur du mur. Pratiquer une armoire, un escalier, une cheminée dans l'épaisseur du mur. Cette table a beaucoup d'épaisseur, une grande épaisseur.
• L'épaisseur d'un bois, d'une forêt, L'endroit où les arbres sont le plus près les uns des autres. Il se perdit dans l'épaisseur du bois.
• ÉPAISSEUR, signifie aussi, La qualité de ce qui est épais, dense; mais on ne l'emploie guère que dans ces locutions: L'épaisseur du brouillard. L'épaisseur de l'air. L'épaisseur des ténèbres.

ÉPAISSIR . v. a.
• Rendre épais, plus épais. Mettez du sucre dans ce sirop pour l'épaissir. Les vapeurs épaississent l'air.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie alors, Devenir épais, plus épais. Le sirop s'épaissit. Un nuage qui s'épaissit. L'ombre s'épaississait.
• Sa taille s'épaissit, se dit De quelqu'un qui grossit.
• Sa langue s'épaissit, Sa langue s'embarrasse. Ce malade est bien faible; on l'entend à peine parler, tant sa langue s'épaissit.
• Fig. et fam., Son esprit s'épaissit tous les jours, Son esprit devient tous les jours plus pesant, plus obtus.
• ÉPAISSIR, s'emploie neutralement, dans le même sens que S'épaissir. Le bouillon épaissit en cuisant. Cet homme épaissit beaucoup depuis quelque temps, Sa taille s'épaissit, etc.
• ÉPAISSI, IE. participe.

ÉPAISSISSEMENT .s.m.
• Action d'épaissir, de s'épaissir; ou L'état de ce qui est épaissi. Il ne se dit guère qu'au propre. L'épaississement de la taille. L'épaississement des liqueurs. L'épaississement de la lymphe. L'épaississement des nues.

ÉPAMPREMENT .s.m.
• T. d'Agricult. Action d'épamprer la vigne.

ÉPAMPRER . v. a.
• T. d'Agricult. Ôter de la vigne les pampres, les feuilles inutiles qui empêchent le raisin de mûrir. Il faudrait épamprer cette vigne.
• ÉPAMPRÉ, ÉE. participe.

ÉPANCHEMENT .s.m.
• Effusion. Il ne se dit guère, au propre, qu'en Médecine, où il désigne L'écoulement, l'extravasation plus ou moins considérable de quelque humeur dans une partie du corps qui n'est pas destinée à la contenir. Épanchement de bile, de sang. Épanchement au cerveau.
• Se dit plus souvent au figuré. Épanchement de coeur. Épanchement de joie. Doux épanchements. Tendres épanchements. Les épanchements de l'amitié.

ÉPANCHER . v. a.
• Verser doucement, répandre en inclinant le vase. Épancher du vin, de l'huile.
• Fig. et fam., Épancher sa bile, Exhaler sa colère, sa mauvaise humeur.
• ÉPANCHER, s'emploie aussi figurément, surtout dans cette phrase, Épancher son coeur, L'ouvrir avec sincérité, avec tendresse, avec confiance, etc. Épancher son coeur dans le sein de l'amitié.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et se dit principalement, en Médecine, Du sang, d'une humeur qui s'extravase. Le sang s'est épanché dans la poitrine.
• Se dit, figurément, en parlant Des épanchements du coeur, de l'âme. Mon coeur a besoin de s'épancher.
• ÉPANCHÉ, ÉE. participe

ÉPANDRE . v. a. (Il se conjugue comme Rendre.)
• Jeter çà et là en plusieurs endroits, éparpiller. Se dit en parlant Des choses liquides, et de celles qui peuvent aisément s'amasser ensemble et aisément se séparer, comme de l'eau, de la paille, du foin, du fumier, du sable, des pièces d'argent, etc. Ce fleuve épand ses eaux dans la campagne. Épandre du foin pour le faner. Épandre du fumier dans un champ pour l'engraisser. Épandre du grain dans une terre.
• S'emploie avec le pronom personnel, et signifie, S'étendre. Les eaux s'épandirent par la campagne.
• Il se prend aussi figurément. Les Celtes s'épandirent dans l'Italie. Les Vandales s'épandirent dans l'Afrique. Ce sens a vieilli: on dit aujourd'hui, Répandre.
• ÉPANDU, UE. participe.

ÉPANORTHOSE . s. f.
• Figure de rhétorique, par laquelle on feint de rétracter ce qu'on avait dit, comme trop faible, et l'on ajoute quelque chose de plus fort. Exemple: J'espère, que dis-je? je suis sûr qu'on vous rendra justice.

ÉPANOUIR (S') . v. pron.
• Se dit Des fleurs qui déploient leurs feuilles et qui sortent du bouton. Les fleurs commençaient à s'épanouir. Un bouton de rose qui s'épanouit. Avec ellipse du pronom, Le soleil fait épanouir les fleurs.
• S'emploie comme verbe actif dans cette phrase figurée et familière, Épanouir la rate, Réjouir, faire rire. Je lui ai fait un conte qui lui a bien épanoui la rate. Il aime à s'épanouir la rate.
• Fig., Son visage, son front s'épanouit, ses traits s'épanouissent, Son visage se déride, devient serein. On dit quelquefois dans un sens analogue, La gaieté, la joie épanouit le visage.
• ÉPANOUI, IE. participe, Une rose épanouie. Son visage était tout épanoui.

ÉPANOUISSEMENT .s.m.
• Action de s'épanouir. Le chaud contribue beaucoup à l'épanouissement des fleurs.
• Fig., Épanouissement de coeur, L'effet qu'une vive joie cause à une personne dont le coeur était serré, affligé. L'épanouissement du visage, des traits, L'air serein et gai que prend le visage. Fam., Épanouissement de rate, Action de rire, de se réjouir de quelque chose.

ÉPARCET .s.m.
• Voyez ESPARCETTE.

ÉPARER (S') . v. pron.
• .Manége. Se dit D'un cheval qui détache des ruades. Ce cheval s'épare au moindre coup de fouet.

ÉPARGNANT
, ANTE. adj.
• Qui use d'épargne, qui est fort ménager. Cet homme est trop épargnant. Il ne faut pas être si épargnant dans une occasion semblable. Il est d'humeur épargnante.

ÉPARGNE . s. f.
• Économie dans la dépense. Il a amassé de grands biens par son épargne. Épargne honteuse, sordide, mesquine, etc. C'est un homme de grande épargne. Il faut aller à l'épargne. Il a beaucoup amassé par ses épargnes.
• Se dit quelquefois de La chose même qu'on a épargnée, économisée. Son épargne monte à tant cette année. Il vit de ses épargnes. Il a acheté cette maison avec ses épargnes, de ses épargnes.
• Poire d'épargne, Sorte de poire de moyenne grosseur, faiblement colorée, et de forme allongée.
• Caisse d'épargne et de prévoyance, Établissement public où les particuliers peuvent déposer des sommes très-modiques, pour leur faire porter intérêt.
• ÉPARGNE, se disait autrefois absolument de Ce qu'on appelle aujourd'hui le Trésor royal. Trésorier de l'Épargne. Billet de l'Épargne. Ordonnance de l'Épargne.
• ÉPARGNE, se dit aussi en parlant Du temps et de toute autre chose qu'on ménage. Il n'y a pas de plus utile épargne que celle du temps. Il affecte une grande concision dans son style, il va à l'épargne des mots.

ÉPARGNER . v. a.
• User d'épargne dans la dépense; et, en général, Ménager quelque chose que ce soit, ne l'employer qu'avec réserve. Épargner son bien, son argent. Nous n'avons guère de provisions, il faut les épargner. On ne leur épargne pas l'argent. Le vin ne fut pas épargné à cette noce. N'épargnez pas ma bourse. Cette sauce est de haut goût, on n'y a pas épargné le sel, le poivre. Il est si avare, qu'il s'épargne jusqu'à la nourriture. On n'épargne rien pour vous satisfaire. Je n'y épargnerai rien. Il faut épargner le temps. Épargner sa peine. Épargner ses pas. Épargner la vie des hommes. Épargner le sang.
• Fig., Épargner quelque chose à quelqu'un, L'en dispenser, ou l'en préserver; ne pas le lui laisser éprouver, ne pas le lui faire subir. Je vous épargnerai ce soin, cette peine, cet embarras. Cela nous épargnerait, cela épargnerait beaucoup de travaux. Épargnez-moi ce chagrin, cette douleur, cette confusion, cette honte. J'épargne à votre sensibilité le tableau de leurs souffrances. On dit de même, S'épargner de la dépense, des soins, de l'embarras, des inquiétudes, etc. Vous cherchez en vain à me persuader, épargnez-vous ce soin.
• Fig., Épargner quelqu'un, Ne pas le traiter aussi mal qu'on serait en droit de le faire. Je pouvais lui faire beaucoup de mal, mais je l'ai épargné. On ne l'a pas taxé si haut que les autres, on a voulu l'épargner. Il signifie aussi, Faire grâce à quelqu'un. Épargner les vaincus. Dans ce dernier sens, il a souvent un nom de chose pour sujet. La mort n'épargne personne. La peste épargna peu de gens.
• Ne m'épargnez pas, Employez-moi aussi souvent qu'il vous plaira.
• N'épargner personne, signifie quelquefois, Médire de tout le monde.
• Épargner la vieillesse, la faiblesse, l'enfance, etc., Avoir des égards, des ménagements pour la vieillesse, etc.
• Épargner la sensibilité, l'amour-propre, etc., de quelqu'un, Ne pas dire ou ne pas faire ce qui pourrait exciter trop vivement la sensibilité de quelqu'un, ce qui pourrait offenser son amour-propre, etc.
• ÉPARGNER, signifie particulièrement, en termes d'Art, Ménager quelque chose dans la matière que l'on travaille, et faire en sorte qu'on en tire quelque embellissement, quelque ornement qui n'en soit pas détaché, ou qui fasse même une pièce utile. Cette table a été épargnée dans l'épaisseur du bloc.
• Ce tailleur, cette couturière, épargnent de l'étoffe, Ils taillent l'étoffe de manière qu'il en reste assez pour faire quelque autre chose que ce qu'ils ont entrepris. Ce tailleur a épargné un gilet sur le drap, dans le drap de cette redingote.
• ÉPARGNER, signifie également, en termes de Dessin et de Miniature, Employer le blanc du papier ou de l'ivoire pour produire, sans crayon ni peinture, les lumières des chairs.
• ÉPARGNER, avec le pronom personnel, signifie ordinairement, Ménager ses soins, ses pas, son crédit. Quand il peut obliger ses amis, il ne s'y épargne pas. S'il peut vous nuire, il ne s'y épargnera pas.
• Il est quelquefois verbe réciproque, et alors il signifie, User de ménagement l'un envers l'autre. Dans cette lutte, les deux adversaires ne se sont pas épargnés.
• ÉPARGNÉ, ÉE. participe, C'est autant d'épargné.

ÉPARPILLEMENT .s.m.
• Action d'éparpiller, ou L'état de ce qui est éparpillé. L'éparpillement de la lumière. L'éparpillement de ses troupes lui fit perdre la bataille.

ÉPARPILLER . v. a.
• Disperser çà et là. Se dit en parlant Des choses légères, minces, etc., et qui sont en petite quantité. Éparpiller de la paille, du foin, de la cendre, de la braise, des papiers, etc. Un tourbillon a éparpillé ce foin, ces javelles. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Des papiers qui s'envolent et s'éparpillent.
• Par analogie, Éparpiller ses troupes, ses forces, Les distribuer en petits corps.
• ÉPARPILLER, se dit quelquefois figurément, comme dans cette phrase, Éparpiller son argent, L'employer en dépenses frivoles et multipliées.
• ÉPARPILLÉ, ÉE. participe.

ÉPARS
, ARSE. adj.
• Épandu çà et là en divers endroits. Les loups avaient épouvanté le troupeau, il était épars dans les blés, dans les vignes. Les Juifs n'ont plus de patrie, ils sont épars dans tous les pays du monde. Les soldats n'étaient point réunis en corps, ils étaient épars dans la campagne. Bataillons épars. Il a ramassé, rassemblé toutes les particularités de notre histoire qui étaient éparses dans les livres, dans les chartes, etc.
• Avoir les cheveux épars, Avoir les cheveux flottants et en désordre.

ÉPARVIN
ou •ÉPERVIN.s.m.
• T. d'Art vétérinaire. Tumeur dure, bosse qui vient aux jarrets d'un cheval et qui lui fait lever la jambe plus haut qu'il ne ferait sans cela. Ce cheval a un éparvin, les éparvins. Éparvin sec. Éparvin calleux.

ÉPATER . v. a.
• Se dit en parlant D'un verre dont on rompt le pied. Vous avez épaté ce verre.
• ÉPATÉ, ÉE. participe, Un verre épaté.
• Adjectiv., Nez épaté, Nez gros, large et court. Les nègres ont le nez épaté.

ÉPAULARD .s.m.
• T. d'Hist. nat. Nom d'un grand mammifère marin qui a la forme d'un dauphin, mais qui est beaucoup plus gros. On le nomme aussi Orque.

ÉPAULE . s. f.
• Partie du corps, qui est au-dessous du chignon du cou, et qui se joint au bras dans l'homme, et à la jambe de devant dans les quadrupèdes. Cet homme a une épaule plus haute que l'autre. Une grosse épaule. Il a l'épaule démise, rompue, fracassée. Il porte un fardeau sur l'épaule. Porter le fusil sur l'épaule, sur son épaule. On lui ôta son manteau de dessus les épaules. Sur les deux épaules. Il est engoncé, il a la tête dans les épaules. Pousser de l'épaule, avec l'épaule. Prêter l'épaule pour relever un fardeau. Il est plus haut que vous de toutes les épaules. Il a les épaules larges, de larges épaules. Ce sanglier, ce cheval est blessé à l'épaule. Épaule de mouton. Épaule de veau.
• Hausser les épaules, lever les épaules, Témoigner en haussant les épaules qu'une chose déplaît, qu'elle choque, et plus souvent qu'elle n'inspire que du mépris. Cela me fait hausser les épaules. C'est à faire lever les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à hausser les épaules. Hausser les épaules de pitié, de mépris.
• Fam., Manger par-dessus l'épaule, jouer par-dessus l'épaule, Manger derrière les autres, jouer sans avoir de place à la table du jeu.
• Fig. et fam., Mettre quelqu'un dehors par les deux épaules, Le chasser honteusement.
• Fig. et fam., Regarder quelqu'un par-dessus l'épaule, Le regarder avec mépris.
• Prov. et fig., Faire quelque chose par-dessus l'épaule, Ne point le faire du tout. Pensez-vous qu'il veuille acquitter sa dette? il vous payera par-dessus l'épaule.
• Fig. et fam., Je porte cet homme sur mes épaules, Cet homme me pèse, il m'est à charge par les choses qu'il fait, par les choses qu'il dit.
• Fig. et fam., Plier les épaules, baisser les épaules, Recevoir avec soumission une chose fâcheuse, désagréable. On lui dit des paroles dures, il s'en alla pliant, baissant les épaules.
• Fig. et fam., Il n'a pas les épaules assez fortes, il a les épaules trop faibles pour un tel emploi, pour soutenir une telle charge, une telle dignité, pour faire cette entreprise, Il n'a point assez de talent, assez de bien, de ressources.
• Fig. et fam., Prêter l'épaule à quelqu'un, Lui aider, lui fournir des ressources. Il a des amis qui lui prêtent l'épaule, sans quoi il ne pourrait pas soutenir cette affaire, cette dépense.
• Fig. et fam., Donner un coup d'épaule, Aider à quelque chose, venir au secours de quelqu'un. Il vous a donné un bon coup d'épaule dans cette affaire. L'affaire ne marchera point si vous n'y donnez un coup d'épaule.
• Prov. et fig., Pousser le temps avec l'épaule, Temporiser, tâcher de gagner du temps; ou Se désennuyer comme on peut, en attendant le moment qu'on désire.
• Prov., fig. et pop., Il ne jette pas les épaules de mouton par la fenêtre, se dit D'un homme avare.
• En termes de Fortification, L'épaule d'un bastion, La partie saillante que forme la réunion des pans nommés flanc et face. On dit aussi, L'angle d'épaule.

ÉPAULÉE . s. f.
• Effort qu'on fait de l'épaule pour pousser quelque chose. On a roulé cette pierre, cette poutre par épaulées.
• Fig. et fam., Faire une chose par épaulées, La faire à diverses reprises et négligemment.
• ÉPAULÉE, en termes de Boucherie, Le quartier de devant du mouton, dont on a retranché l'épaule.

ÉPAULEMENT .s.m.
• .Fortification. Espèce de rempart fait de fascines et de terre, etc., qui sert principalement pour garantir du feu de l'ennemi une troupe ou une batterie. Cet épaulement est bien fait. Cet épaulement doit être épais au moins de vingt pieds de terre remuée. Les embrasures d'un épaulement.

ÉPAULER . v. a.
• Rompre l'épaule, ou démettre, disloquer l'épaule. Il n'est usité qu'en parlant Des quadrupèdes. Je lui avais prêté mon cheval, il l'a épaulé.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Ce cheval s'est épaulé.
• ÉPAULER, signifie figurément et familièrement, Assister, aider. Je vous épaulerai de tout mon crédit, de tout mon pouvoir. Cet homme réussira dans cette entreprise, il est bien épaulé.
• En termes de Guerre, Épauler des troupes, Les mettre à couvert du canon par un épaulement.
• ÉPAULÉ, ÉE. participe, Ce maquignon a toujours des bêtes épaulées.
• Fig. et pop., C'est une bête épaulée, se dit D'une fille qui s'est déshonorée. On l'a trompé, on lui a fait épouser une bête épaulée. Se dit aussi D'une personne qui est absolument sans esprit, sans capacité. C'est une bête épaulée que cet homme-là.

ÉPAULETTE . s. f.
• Bande de toile, d'étoffe, cousue, attachée sur la partie du vêtement qui couvre le dessus de l'épaule. Les épaulettes d'une chemise, d'une robe, etc.
• Se dit, particulièrement, de Cette bande de galon que les militaires portent sur chaque épaule, et qui est ordinairement garnie à son extrémité d'une touffe de filets pendants. Les soldats portent des épaulettes de laine, et les officiers des épaulettes d'or, d'argent. Les épaulettes servent à distinguer les différents grades, et quelquefois les compagnies. Des épaulettes de grenadier, de chasseur. Des épaulettes de soldat, de sous-officier, d'officier. Des épaulettes de lieutenant, de capitaine, de colonel, etc. Des épaulettes à graine d'épinards.
• Se dit quelquefois, particulièrement, Des épaulettes d'officier. Porter l'épaulette, les épaulettes. Il a bien gagné ses épaulettes.

ÉPAVE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Se dit Des choses égarées et dont on ne connaît point le maître, le propriétaire, mais principalement Des chevaux, vaches, et autres bestiaux. Un cheval épave. Les bêtes épaves. Biens épaves.
• S'emploie plus souvent comme substantif féminin. Les épaves appartiennent à l'État.
• Épaves maritimes, Les objets naufragés que la mer rejette sur ses bords.
• Droit d'épave, Droit de s'approprier les choses épaves. Les seigneurs avaient droit d'épave sur leurs terres.

ÉPEAUTRE .s.m.
• Sorte de blé dont le grain est petit et plus brun que celui du froment ordinaire.

ÉPÉE . s. f.
• Arme offensive et défensive que l'on porte à son côté. Longue épée. Courte épée. Épée de longueur. Épée de combat. Épée de rencontre. La garde, la pointe, la lame d'une épée. Épée à garde dorée. Épée à garde d'argent, à poignée d'argent. Épée enrichie de diamants, ou simplement, Épée de diamants. Le fort de l'épée. Se battre à l'épée. Ceux qui portent l'épée. Mettre une épée à son côté. Le connétable portait l'épée haute et nue devant le roi. Le grand écuyer portait l'épée du roi. Ils avaient l'épée nue. Mettre l'épée à la main. Tirer l'épée. Recevoir des coups de plat d'épée. Il lui fit rendre l'épée, rengainer l'épée. Si je le rencontre, nous mesurerons nos épées. Remettre l'épée dans le fourreau. Il lui donna de l'épée dans le ventre. Il lui passa son épée au travers du corps. Il lui enfonça l'épée jusqu'aux gardes, jusqu'à la garde. Un grand coup d'épée. Il le poursuivit l'épée dans les reins. Emporter un ouvrage l'épée à la main. Charger l'épée à la main. La ville fut prise d'assaut, on passa tout au fil de l'épée. Jouer de l'épée à deux mains ou de l'espadon. Je lui fis tomber l'épée des mains. Autrefois quand on faisait un chevalier, on lui ceignait l'épée.
• Noeud d'épée, Noeud de rubans dont les hommes en habit de parure garnissaient autrefois la garde de leur épée.
• Prov. et fig., Poursuivre, presser quelqu'un l'épée dans les reins, Le presser vivement de conclure, d'achever une affaire; ou Le presser, dans la dispute, par de si fortes raisons, qu'il ne sait que répondre.
• Fig. et fam., Emporter une chose à la pointe de l'épée, L'emporter avec de grands efforts.
• Prov. et fig., N'avoir que la cape et l'épée, se disait autrefois D'un gentilhomme, d'un cadet de bonne maison qui n'avait point de fortune. On le dit encore D'une personne ou d'une chose qui n'a qu'un mérite apparent. Cela n'a que la cape et l'épée. C'est un mérite qui n'a que la cape et l'épée.
• Prov. et fig., À vaillant homme courte épée, La valeur supplée aux armes.
• Fig. et fam., Il a fait un beau coup d'épée, se dit ironiquement D'un homme qui a fait une sottise remarquable.
• Prov. et fig., C'est un coup d'épée dans l'eau, se dit D'un effort inutile, d'une tentative qui n'a point de suite, d'effet.
• Fig., C'est une bonne, une rude épée, il est brave comme l'épée qu'il porte, brave comme son épée, C'est un homme qui manie bien l'épée, qui se bat vaillamment.
• Fig. et fam., Son épée ne tient pas au fourreau, se dit D'un homme qui est toujours prêt à mettre l'épée à la main.
• Fig. et fam., Son épée est trop courte, se dit D'un homme qui n'a pas assez de crédit ou assez de force pour réussir dans quelque entreprise.
• Fig. et fam., L'épée de cet homme est vierge, Il n'a jamais tiré l'épée pour se battre.
• Prov., Ils en sont, ils sont aux épées et aux couteaux, Ils sont en grande inimitié, ou en grand procès, en grande querelle. Ces parents ne peuvent s'accorder, ils sont aux épées et aux couteaux.
• Fam. et par mépris, Traîneur d'épée, Bretteur, batteur de pavé, qui porte une longue épée sans aller à la guerre.
• Prov. et fig., Se faire blanc de son épée, Se prévaloir de son courage, de son crédit, etc., pour garantir le succès d'une affaire.
• Prov. et fig., L'épée use le fourreau, se dit Des personnes en qui une grande activité d'âme ou d'esprit nuit à la santé.
• Prov. et fig., C'est son épée de chevet, C'est la personne dont il se sert dans toutes sortes d'affaires, soit pour le conseil, soit pour l'exécution. Cela se dit également Des choses. L'Iliade d'Homère était l'épée de chevet d'Alexandre.
• Fig. et fam., Mettre, faire passer quelque chose du côté de l'épée, Mettre quelque profit, quelque fonds à couvert, en réserve. On le dit plus ordinairement en mauvaise part. Il abandonna ses biens à ses créanciers, mais il mit quelque chose du côté de l'épée.
• Prov., Mourir d'une belle épée, Succomber sous un ennemi auquel il est glorieux d'avoir résisté; et, figurément, Recevoir du dommage par une cause honorable, flatteuse, agréable.
• Fam., Se laisser dire quelque chose d'injurieux l'épée au côté, Souffrir des propos injurieux sans rien répondre, sans répliquer.
• Épée flamboyante, Épée dont la lame est très-brillante, et semble jeter des flammes. Un ange armé d'une épée flamboyante.
• ÉPÉE, signifie absolument, L'état des gens de guerre, l'état militaire, surtout par opposition à L'état des gens de robe ou d'Église. Il a quitté la robe pour l'épée, pour prendre l'épée. Les gens d'épée. Homme d'épée. On lui a fait prendre le parti de l'épée.
• S'emploie de même absolument, dans certaines phrases figurées, pour désigner Le courage, la valeur, ou La force des armes. Il ne doit son élévation qu'à son épée. Le droit de l'épée.

ÉPELER . v. a.
• Nommer les lettres qui composent un mot, et en former des syllabes en les assemblant l'une avec l'autre. Il commence à épeler. Épelez ce mot.
• ÉPELÉ, ÉE. participe.

ÉPELLATION . s. f.
• Action d'épeler, l'art d'épeler. Essayez l'épellation de ce mot. Il entend bien l'épellation.

ÉPENTHÈSE . s. f.
• .Gram. Addition, insertion d'une lettre, ou même d'une syllabe, au milieu d'un mot. Exemples: [grec], pour [grec] (ville); indugredi, pour ingredi (entrer).

ÉPENTHÉTIQUE . adj. des deux genres
• Qui est ajouté par épenthèse. Lettre épenthétique.

ÉPERDU
, UE. adj.
• Qui est fort agité, qui a l'esprit comme troublé par la crainte ou par quelque autre passion. Elle sut qu'on attaquait son mari, elle courut aussitôt tout éperdue pour le secourir. Tout éperdu d'amour.

ÉPERDUMENT . adv.
• Violemment, d'une manière éperdue. Il ne se dit guère qu'en parlant De désirs violents, et particulièrement De l'amour. Il est éperdument amoureux. Ces deux personnes s'aiment éperdument.

ÉPERLAN .s.m.
• Petit poisson de mer, qui a des couleurs nacrées fort brillantes, et qui répand une odeur de violette. Des éperlans frits. Une brochette d'éperlans.

ÉPERON .s.m.
• Petite branche de fer ou d'autre métal, qui s'adapte aux talons, et à l'extrémité de laquelle joue une espèce d'étoile appelée Molette, dont les pointes servent à piquer le cheval afin qu'il aille plus vite. Éperon doré. Éperon d'argent. Branche d'éperon. Molette d'éperon. Ce cheval est tendre, est sensible à l'éperon. Dur à l'éperon. Ce cheval est vif, il a plus besoin de bride que d'éperon. Il craint l'éperon. Vous désespérez ce cheval, vous lui tenez toujours l'éperon dans le flanc. Enfoncer l'éperon. Donner de l'éperon. Chausser les éperons. Déchausser les éperons. Autrefois quand on faisait des chevaliers, on leur chaussait les éperons. Les éperons dorés étaient une marque de chevalerie.
• Gagner ses éperons, Faire ses premières armes avec distinction. Cela se dit, au propre, Des anciens chevaliers; et on le dit au figuré D'un homme qui a bien mérité, qui justifie d'une manière brillante les avantages, les récompenses qu'il obtient.
• Fig. et fam., Chausser de près les éperons à quelqu'un, Poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit. Les ennemis se retiraient, notre cavalerie leur chaussa les éperons. Il est vieux.
• Fig. et fam., Donner un coup d'éperon jusqu'à un certain endroit, Y courir, y aller en diligence. Sa maison n'est pas loin, donnez un coup d'éperon jusque-là. On dit plus ordinairement dans ce sens, Donner un coup de pied, etc.
• Fig., Ce cheval n'a ni bouche ni éperon, Il a la bouche forte, et il n'est point sensible à l'éperon.
• Fig. et fam., N'avoir ni bouche ni éperon, Être stupide et insensible, ne s'émouvoir de rien.
• Fig. et fam., Cet homme a besoin d'éperon, il lui faut donner un coup d'éperon, Il faut le presser, l'exciter.
• Fig. et fam., Il a plus besoin de bride que d'éperon, se dit D'un homme ardent, impétueux, qui a plus besoin d'être retenu que d'être excité.
• ÉPERON se dit, par analogie, de L'ergot que certains animaux, tels que les coqs, ont derrière la jambe vers le bas, et que les chiens ont derrière les jambes de devant.
• Il signifie aussi, Cette partie de la proue d'un bâtiment qui se termine en pointe et qui a plus ou moins de saillie en avant. L'éperon des galères antiques était armé de fer (voyez ROSTRE). L'éperon supporte la figure qui donne son nom au vaisseau.
• Se dit encore d'Une sorte de fortification en angle saillant, qu'on élève, ou au milieu des courtines, ou au devant des portes, pour les défendre.
• Se dit également de Tout ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l'eau, devant les piles des ponts, ou sur les bords des rivières.
• Se dit pareillement de Certains ouvrages de maçonnerie terminés en pointe, faits en dehors d'un bâtiment ou d'une muraille, pour les soutenir.
• Se dit, en Botanique, d'Une pointe, d'un prolongement en cornet, que l'on remarque à la base du calice, de la corolle ou des pétales de certaines fleurs. La fleur de la linaire, du pied-d'alouette est terminée en éperon. Le calice de la capucine, les pétales de la violette, ont un éperon.
• Se dit aussi, en termes de Jardinage, Des branches qui sont courtes, droites, regardant l'horizon, et qui sont placées en forme d'éperon. Les ambrettes sont sujettes à porter des éperons.
• ÉPERON se dit encore, figurément et familièrement, de Certaines rides qui se forment au coin de l'oeil des personnes qui vieillissent.

ÉPERONNÉ
, ÉE. adj.
• Qui a des éperons au talon. Il est botté et éperonné, tout prêt à monter à cheval.
• Se dit aussi Des coqs et des chiens. Un coq éperonné. On prétend que les chiens éperonnés ne sont pas sujets à la rage.
• Se dit, en Botanique, D'une corolle, d'un calice, d'un pétale qui se termine en éperon. Fleur, corolle éperonnée. Calice, pétale éperonné.
• Fig. et fam., Avoir les yeux éperonnés, ou Être éperonné, Avoir des rides au coin de l'oeil.

ÉPERONNIER .s.m.
• Artisan qui fait ou qui vend des éperons, des mors, des étriers, etc. Éperonnier du roi.
• ÉPERONNIER, en Histoire naturelle, se dit d'Un bel oiseau de la Chine, dont le mâle porte à chaque pied deux ergots ou éperons.

ÉPERVIER .s.m.
• Oiseau de proie, dont on se sert dans la fauconnerie. Lâcher l'épervier.
• Prov. et fig., C'est un mariage d'épervier, la femelle vaut mieux que le mâle, se dit D'un mariage où la femme est plus habile, plus agissante que le mari.
• Prov. et fig., On ne saurait faire d'une buse un épervier, On ne saurait faire d'un sot un habile homme.
• ÉPERVIER, se dit aussi d'Une sorte de filet à prendre du poisson. Pêcher à l'épervier. Jetez l'épervier. Coup d'épervier.

ÉPERVIÈRE . s. f.
• .Bot. Genre de plantes à fleurs composées, dont il existe un très-grand nombre d'espèces.

ÉPERVIN .s.m.
• Voyez ÉPARVIN.

ÉPHÉLIDE . s. f.
• .Médec. Se dit Des taches de rousseur, et de quelques autres, qui viennent sur la peau. Avoir des éphélides aux mains, au visage.

ÉPHÉMÈRE . adj. des deux genres
• Qui ne dure, qui ne vit qu'un jour. Insecte éphémère. Fleur éphémère. Fièvre éphémère.
• Se dit, par extension, De tout ce qui n'a qu'une très-courte durée. Opinion éphémère. Succès, bonheur éphémère. Puissance éphémère. Ouvrages, productions éphémères.
• S'emploie comme substantif, au masculin, et se dit, en Entomologie, de Certains insectes névroptères qui ne vivent guère qu'un jour. Les éphémères se montrent quelquefois en si grand nombre, que l'air en est obscurci.

ÉPHÉMÉRIDES . s. f. pl.
• Tables astronomiques par lesquelles on détermine, pour chaque jour, le lieu de chaque planète dans le zodiaque. Les Éphémérides d'Argolus. Consulter les Éphémérides.
• Se dit aussi de Livres ou de simples notices qui indiquent les événements arrivés, le même jour de l'année, à différentes époques. Mettre des éphémérides en tête d'un journal.

ÉPHOD .s.m.
• (On prononce le D.) Espèce de ceinture à l'usage des prêtres hébreux. L'éphod se passait derrière le cou comme une étole, et faisait plusieurs tours en se croisant autour du corps.

ÉPHORES .s.m. pl.
• T. d'Antiq. grecque. Magistrats lacédémoniens établis pour contre-balancer l'autorité des rois et du sénat. Les éphores étaient au nombre de cinq. Le tribunal des éphores.

ÉPI .s.m.
• Partie du blé, du froment et de plusieurs autres plantes graminées, qui est placée au sommet de la tige, et formée par la réunion des graines. On le dit aussi, surtout en Botanique, de La réunion des fleurs qui doivent donner les graines. Épi long, court, serré. Gros épi. Épi bien garni. Épi maigre. Épi de blé, d'orge, etc. Épi de froment. Quand les blés sont en épi, montent en épi. Les barbes des épis d'orge sont plus longues que celles des épis de seigle.
• Prov., Jamais avril ne se passa sans épi.
• En Botan., Fleurs en épi, se dit de Fleurs quelconques attachées, rangées le long d'un axe commun, à l'extrémité de la tige. Le bouillon-blanc a ses fleurs en épi, disposées en épi.
• Épi d'eau. Nom vulgaire d'une plante qui croît dans les étangs et les marais, et dont les fleurs sont en épi.
• En Joaillerie, Épi de diamants, Assemblage de diamants qui a la forme d'un épi de blé.
• Épi de cheveux, Mèche de cheveux qui s'écartent de la direction des autres.
• ÉPI, se dit, en Chirurgie, d'Une sorte de bandage dont les tours représentent en quelque manière un épi d'orge. On le nomme aussi Spica.
• Se dit également, en Architecture, de Différentes choses qui ont plus ou moins de ressemblance avec un épi: tel est l'assemblage des chevrons autour du poinçon d'un comble pyramidal; telle est encore une certaine disposition des briques d'un pavé, posées de champ et diagonalement; etc.

ÉPIALE . adj.
• .Médec. Nom donné par les anciens à une fièvre continue dans laquelle on sent, avec une chaleur répandue par tout le corps, des frissons vagues et irréguliers. Fièvre épiale.

ÉPICE . s. f.
• Toute drogue aromatique, chaude et piquante, dont on se sert pour assaisonner des viandes, comme sont le clou de girofle, la muscade, le poivre, le gingembre, etc. S'emploie surtout au pluriel. Fines, bonnes épices. Épices éventées. C'est de l'Inde que nous viennent presque toutes les épices. Il y a trop d'épices à ce pâté.
• Pain d'épice, Sorte de pain qui se fait avec de la farine de seigle, de l'écume de sucre, du miel, des épices, etc. Pain d'épice de Reims.
• Prov. et fig., Dans les petits sacs sont les fines, sont les bonnes épices, se dit Des personnes petites, mais spirituelles.
• Prov. et fig., C'est chère épice, se dit D'une marchandise qui est plus chère qu'elle ne devrait être.
• ÉPICES au pluriel, se disait anciennement Des dragées et des confitures. À la fin du repas, on apporta le vin et les épices.
• Il se disait figurément, autrefois, de Ce qui était dû aux juges pour le jugement d'un procès par écrit. Ce fut un grand procès, il y eut plus de deux cents écus d'épices. Il fallait payer les épices pour lever l'arrêt. Dans l'origine, les épices étaient volontaires, et se payaient en nature.

ÉPICÈNE . adj. des deux genres
• .Gram. Se dit Des noms qui désignent indifféremment l'un ou l'autre sexe, le mâle ou la femelle. Les mots Enfant, caille, éléphant, sont épicènes.

ÉPICER . v. a.
• Assaisonner avec des épices. Épicez moins ce pâté. Ce cuisinier épice beaucoup trop.
• Fig. et fam., Ce juge épice rudement, s'est dit D'un juge qui taxait trop haut les épices d'un procès.
• ÉPICÉ, ÉE. participe, Il n'aime ni salé ni épicé.

ÉPICERIE . s. f.
• collectif qui comprend non-seulement Toutes sortes d'épices, comme la cannelle, la muscade, le poivre, etc., mais encore le sucre, le miel, le café, et toutes les substances médicinales qui viennent des pays éloignés. Il trafique en épicerie. Les épiceries de l'Inde. Les Hollandais font un grand commerce d'épiceries. Fonds, magasin d'épicerie.

ÉPICHÉRÈME .s.m.
• (On prononce Épikérème.) .Logique. Syllogisme dans lequel chacune des prémisses est accompagnée de sa preuve.

ÉPICIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui vend des épiceries. C'est un bon épicier. Une riche épicière. On dit aussi, Épicier droguiste, marchand épicier.
• Fam., Ce livre ira chez l'épicier, est bon pour l'épicier, C'est un mauvais ouvrage, dont les feuilles se vendront à la livre, pour faire les sacs, les cornets qui servent aux épiciers.

ÉPICRÂNE .s.m.
• T. d'Anat. L'ensemble des parties qui environnent le crâne.

ÉPICURIEN .s.m.
• Il signifie au propre, Un sectateur d'Épicure; et, par extension, Un voluptueux, un homme qui ne songe qu'à son plaisir. C'est un franc épicurien. Il fait au féminin, Épicurienne.
• Il se prend aussi adjectivement, dans un sens analogue. Le système épicurien. La morale épicurienne.

ÉPICURISME .s.m.
• Doctrine, morale, manière de vivre d'Épicure et des épicuriens.

ÉPICYCLE .s.m.
• T. d'Astron. Petit cercle imaginé par les anciens astronomes, et dont le centre est dans un point de la circonférence d'un plus grand cercle. Épicycle de Mars.

ÉPICYCLOÏDE . s. f.
• .Géom. Courbe engendrée par la révolution d'un point de la circonférence d'un cercle qui roule sur la partie concave ou convexe d'un autre cercle.

ÉPIDÉMIE . s. f.
• .Médec. Maladie qui attaque, en même temps et dans le même lieu, un grand nombre de personnes. Cette maladie, qui n'avait d'abord atteint que peu de personnes, dégénéra en épidémie. Plusieurs épidémies ont désolé cette contrée. Il régnait une épidémie dans le pays.
• Se dit quelquefois figurément, dans le langage ordinaire. L'engouement est général, c'est une épidémie, c'est une véritable épidémie.

ÉPIDÉMIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui tient de l'épidémie. Mal épidémique. Maladie épidémique.
• Se dit quelquefois figurément, dans le langage ordinaire. Un engouement épidémique. Des passions épidémiques.

ÉPIDERME .s.m.
• Surpeau, la première peau de l'homme ou de l'animal, et la plus mince. Ce coup n'a fait que lui effleurer l'épiderme. Enlever, écorcher l'épiderme.
• Se dit par analogie, en Botanique, de Cette pellicule mince et transparente qui forme l'enveloppe extérieure des plantes herbacées et des jeunes rameaux.

ÉPIER . v. n.
• Monter en épi. Les blés commencent à épier.
• ÉPIÉ, ÉE. participe, Les seigles sont déjà épiés.
• Adjectiv. et fig., Une queue de chien épiée, Dont les poils s'écartent comme les barbes d'un épi de blé. Un chien épié, Qui a, au milieu du front, du poil plus grand qu'ailleurs.

ÉPIER . v. a.
• Observer secrètement et adroitement les actions, les discours de quelqu'un, ou ce qui se passe en quelque lieu. On les a mis auprès de ce jeune prince pour épier ce qu'il fait. Prenez garde à ce que vous direz, on vous épie, vous êtes épié. On épie toutes vos démarches. Je le fais épier. Épier les mouvements de l'ennemi.
• Fig., Épier l'occasion, le temps d'agir; épier le moment, etc., Se tenir prêt à saisir l'occasion de faire quelque chose, à profiter du moment favorable, etc.
• ÉPIÉ, ÉE. participe.

ÉPIERRER . v. a.
• Ôter les pierres d'un jardin, d'un champ, etc. Il faut épierrer les carreaux où l'on veut planter des fleurs. Il y a des terroirs qu'on ne saurait épierrer.
• ÉPIERRÉ, ÉE. participe.

ÉPIEU .s.m.
• Sorte d'arme à fer plat et pointu, dont on se sert le plus ordinairement à la chasse du sanglier. Il attendit le sanglier de pied ferme avec son épieu, et l'enferra.

ÉPIGASTRE .s.m.
• T. d'Anat. La partie moyenne et supérieure de l'abdomen.

ÉPIGASTRIQUE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui appartient à l'épigastre. Région épigastrique. Artère, veine épigastrique.

ÉPIGLOTTE . s. f.
• T. d'Anat. Cartilage de forme ovale, placé à la partie supérieure du larynx, derrière la base de la langue, et spécialement destiné à recouvrir exactement la glotte au moment de la déglutition.

ÉPIGRAMMATIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à l'épigramme, qui tient de l'épigramme. Style épigrammatique. Trait épigrammatique. Tournure épigrammatique.

ÉPIGRAMMATISTE .s.m.
• Celui qui fait, qui compose des épigrammes. C'est un épigrammatiste fort spirituel.

ÉPIGRAMME . s. f.
• Petite pièce de poésie qui se termine ordinairement par un trait piquant ou par un bon mot. Une bonne épigramme. La pointe d'une épigramme. Il y a peu de sel dans cette épigramme.
• Se dit figurément d'Un mot, d'un trait qui, dans la conversation ou dans un écrit, exprime une critique vive, une raillerie mordante. Chaque phrase de cet écrit est une épigramme. Sa conversation est toute en épigrammes. Cette louange est si exagérée, qu'elle a l'air d'une épigramme.

ÉPIGRAPHE . s. f.
• Inscription qu'on met sur un bâtiment pour en marquer l'usage, pour indiquer le temps de sa construction, etc. Ce sens a vieilli; on dit, Inscription.
• Se dit plus ordinairement d'Une courte sentence, d'une courte citation qu'on met en tête d'un livre, d'un chapitre, etc., pour en indiquer l'objet ou l'esprit. Cet auteur choisit bien ses épigraphes. Il a pris pour épigraphe tel vers d'Homère, de Virgile.

ÉPILATOIRE . adj. des deux genres
• Qui sert à épiler. Pâte, onguent épilatoire.

ÉPILEPSIE . s. f.
• Mal caduc, haut mal; affection nerveuse caractérisée par des attaques, ordinairement de courte durée, dans lesquelles le malade tombe sans connaissance, et éprouve des convulsions violentes, accompagnées de coma. Il est sujet à l'épilepsie. Il a eu des attaques d'épilepsie. Épilepsie spontanée. Épilepsie accidentelle.

ÉPILEPTIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à l'épilepsie. Symptôme épileptique. Convulsions épileptiques.
• Il signifie également, Sujet à l'épilepsie, attaqué d'épilepsie. Il a un frère épileptique.
• Il est quelquefois substantif; et alors il ne se dit que Des personnes. Les épileptiques perdent toute connaissance en un moment.

ÉPILER . v. a.
• Arracher le poil, ou le faire tomber au moyen de quelque topique. Onguent à épiler. En prenant le bain. quelques personnes se font épiler. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Il s'est épilé.
• ÉPILÉ, ÉE. participe.

ÉPILLET .s.m.
• (Les L sont mouillées.) .Bot. Chacun des petits assemblages de fleurs dont la réunion forme l'épi ou la panicule d'une graminée. Dans cette plante, les épillets sont composés de deux, de trois fleurs.

ÉPILOGUE .s.m.
• La dernière partie ou la conclusion d'un poëme, d'un discours, etc. L'épilogue doit résumer les principaux points d'un discours. L'épilogue doit être court.

ÉPILOGUER . v. n.
• Il n'est point d'usage au propre; et il signifie figurément, Censurer, trouver à redire. C'est un homme qui épilogue sur tout.
• Il est quelquefois actif. Épiloguer les actions d'autrui. Ce mot est familier.
• ÉPILOGUÉ, ÉE. participe.

ÉPILOGUEUR .s.m.
• Celui qui aime à épiloguer. C'est un grand épilogueur. Il est familier.

ÉPINARD .s.m.
• qui ne s'emploie guère qu'au pluriel. Sorte d'herbage que l'on mange ordinairement cuit. Fricasser des épinards. Un plat d'épinards. Épinards à la crème. Tourte d'épinards. Graine d'épinards.
• Fig., Frange, épaulette, gland à graine d'épinards, Frange etc., dont les filets ressemblent à un assemblage de graines d'épinards. L'épaulette à graine d'épinards indique un grade supérieur, dans l'armée française.

ÉPINE . s. f.
• Espèce d'arbre ou d'arbrisseau dont les branches ont des piquants. Épine blanche. Épine noire. Une haie d'épines. Sa terre est en friche, il n'y croît que des épines. La couronne d'épines de Notre-Seigneur.
• Prov. et fig., C'est un fagot d'épines, on ne sait par où le prendre, se dit D'un homme revêche et fâcheux.
• Fig. et fam., Être sur des épines, sur les épines, Être dans de grandes inquiétudes et dans de grandes impatiences.
• Fig., Marcher sur des épines, Se trouver dans une conjoncture difficile.
• En termes d'Anat., L'épine du dos, La suite de vertèbres qui règne le long du dos de l'homme et de plusieurs animaux. On la nomme autrement Colonne vertébrale. Il s'est rompu l'épine du dos. Il s'est blessé à l'épine du dos.
• ÉPINE, se dit aussi Des piquants qui viennent à l'épine et à quelques autres arbres, comme aux sauvageons des pruniers et des poiriers, et à quelques arbustes, tels que les rosiers, plusieurs espèces de groseilliers, les ronces, etc. Une épine l'a piqué. Il lui est entré une épine dans le pied, dans le doigt. On ne le dit proprement, en Botanique, que Des piquants qui font corps avec les parties où ils naissent: les autres se nomment Aiguillons.
• Prov. et fig., C'est une épine au pied, C'est un sujet de perplexité, d'embarras; c'est un empêchement fâcheux. Depuis que cette dépense est tombée à sa charge, il a une furieuse épine au pied. On dit dans un sens analogue, Tirer à quelqu'un une épine, une grande épine du pied, Le délivrer d'un grand embarras, d'une situation pénible, d'un empêchement. Vous m'avez tiré là une grande épine du pied. Je me suis tiré une fâcheuse épine du pied. On dit de même, Avoir une épine, une grosse, une fâcheuse épine hors du pied.
• Prov. et fig., Il n'est point de roses sans épines, Il n'y a point de plaisir sans peine, point de joie sans quelque mélange de chagrin.
• ÉPINES au pluriel, signifie figurément, Difficultés, choses qui donnent beaucoup de peine, qui sont désagréables, fâcheuses. Les épines de la chicane. Les épines de la logique. Il n'y a point de science dont l'étude ne soit pleine d'épines et de difficultés. La vie est hérissée d'épines.

ÉPINES . s. f. pl.
• .Métallurgie. Cuivre hérissé de pointes, qui reste après l'opération du ressuage et de la liquation.

ÉPINETTE . s. f.
• Instrument de musique à clavier et à cordes de fil d'archal, plus petit qu'un clavecin. Jouer de l'épinette. Le clavier d'une épinette. Le piano a remplacé le clavecin et l'épinette.

ÉPINEUX
, EUSE. adj.
• Qui a des épines, des piquants. Arbres épineux. Tige épineuse. La plupart des sauvageons sont épineux.
• Se dit, figurément, Des choses qui sont pleines de difficultés, d'embarras, de contrariétés, etc., qui donnent beaucoup de peine. Une affaire épineuse. Ma situation est fort épineuse. La carrière des lettres est épineuse. Cette matière est fort difficile à traiter, fort épineuse. Question épineuse. Les premiers éléments des sciences sont épineux.
• Se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui fait des difficultés sur tout. Un homme épineux. Esprit épineux. Il est désagréable d'avoir affaire à lui, il est trop épineux.

ÉPINE-VINETTE . s. f.
• Espèce d'arbrisseau qui a des piquants, et qui porte un fruit rouge et acide. L'épine-vinette est commune dans certains bois. Sirop, confiture, dragée d'épine-vinette.

ÉPINGARE .s.m.
• T. d'Artillerie. Pièce de canon qui ne passe pas une livre de balle.

ÉPINGLE . s. f.
• Brin de fil de laiton, ou de cuivre ou de fer, pointu par un bout, ayant une tête à l'autre, et dont on se sert pour attacher quelque chose. Petite épingle. Grosse épingle. Épingle jaune. Épingle blanche. Épingle noire. Tête d'épingle. Pointe d'épingle. Piqûre d'épingle. Un millier, un cent, un quarteron d'épingles. Attacher avec une épingle. Il s'est enfoncé une épingle dans le doigt. Les enfants jouent aux épingles.
• Prov. et fig., Tirer son épingle du jeu, Se dégager adroitement d'une mauvaise affaire, d'une partie périlleuse. Il s'était mis dans ce parti, dans une fâcheuse intrigue, mais il a tiré son épingle du jeu. Il signifie particulièrement, Retirer à temps les avances qu'on avait faites dans une affaire qui devient mauvaise.
• Fam. et par exagérat., Cela ne vaut pas une épingle, je n'en donnerais pas une épingle, se dit D'une chose de très-petite valeur. On dit de même, par indifférence ou par mépris, Je m'en soucie comme d'une épingle. On dit aussi, Ces deux choses sont si égales, que j'en donnerais le choix pour une épingle.
• Fam., Être tiré à quatre épingles, Être ajusté avec un soin extrême, et de manière à paraître craindre de déranger sa parure. Cet homme est toujours tiré à quatre épingles. Se dit figurément D'un discours dont le style est soigneusement recherché, etc. Ce discours est tiré à quatre épingles.
• ÉPINGLE, se dit également d'Une espèce de bijou en forme d'épingle, qui porte souvent, au lieu de tête, quelque petite pierrerie ou quelque autre ornement, et qui sert principalement aux hommes pour tenir leur chemise fermée sur la poitrine. Acheter une épingle. Épingle de diamant.
• ÉPINGLES au pluriel, se dit figurément Des dons ou gratifications qu'on accorde à des femmes dont on a reçu quelque service. Ainsi, en payant une marchandise ou un ouvrage qu'on a fait faire, s'il y a quelque chose au delà du prix convenu, on dit quelquefois, C'est pour les épingles des filles.
• Se dit aussi, et plus ordinairement, de Ce qu'on donne à une femme quand on a fait quelque marché, quelque arrangement avec son mari. Un tel m'a vendu sa terre, j'ai donné cent louis pour les épingles de sa femme. Ce sont les épingles de madame.

ÉPINGLETTE . s. f.
• T. d'Artillerie. Espèce d'aiguille de fer dont on se sert pour percer les gargousses avant de les amorcer, lorsqu'on les a introduites dans les pièces.
• Se dit aussi d'Une épingle de fil d'archal dont on se sert dans l'infanterie pour déboucher la lumière du fusil.

ÉPINGLIER
, IÈRE. s.
• Faiseur ou faiseuse, marchand ou marchande d'épingles.

ÉPINIÈRE . adj. f.
• T. d'Anat. Qui appartient à l'épine du dos. La moelle épinière.

ÉPINIERS .s.m. pl.
• .Chasse. Bois ou fourrés d'épines, où les bêtes noires se retirent.

ÉPIPHANIE . s. f.
• Fête de la manifestation de JÉSUS-CHRIST aux gentils, et particulièrement de l'adoration des rois, appelée aussi Le jour des Rois. La fête de l'Épiphanie. Le premier dimanche après l'Épiphanie.

ÉPIPHONÈME .s.m.
• .Rhétorique. Exclamation sentencieuse par laquelle on termine quelque récit intéressant.

ÉPIPHORA .s.m.
• .Médec. Écoulement continuel et involontaire des larmes, ordinairement causé par quelque maladie des voies lacrymales.

ÉPIPLOON .s.m.
• T. d'Anat. Nom donné à un grand repli du péritoine, qui flotte au devant de l'intestin grêle, et à quelques autres de moindre étendue qui unissent des viscères entre eux. Le grand épiploon. Le petit épiploon, ou L'épiploon gastro-hépatique. L'épiploon gastro-splénique.

ÉPIQUE . adj. des deux genres
• Se dit D'une grande composition en vers, où le poëte raconte quelque action héroïque qu'il embellit d'épisodes, de fictions et d'événements merveilleux. Le poëme épique raconte, le poëme dramatique représente. L'Iliade, la Jérusalem délivrée, sont des poëmes épiques. La création d'une oeuvre épique exige un rare génie.
• Se dit également De ce qui est propre ou s'applique à l'épopée, au poëme épique. La poésie épique. Le genre épique. Donner la forme épique à un récit. Des vers épiques. On dit dans un sens analogue, Un poëte épique.
• Se dit aussi Des ouvrages où le style, le ton est trop relevé, trop figuré pour la nature du sujet. Il prend le ton épique lorsqu'il devrait être simple. Ce ne sont pas des vers dramatiques, ce sont des vers épiques.

ÉPISCOPAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à l'évêque. Ornements épiscopaux. Dignité épiscopale. Palais épiscopal.

ÉPISCOPAT .s.m.
• Dignité d'évêque. Il est entré dans l'épiscopat.
• Se dit aussi Du corps des évêques. Il fait honneur à l'épiscopat.
• Se dit encore Du temps pendant lequel un évêque a occupé son siége. Pendant son épiscopat.

ÉPISCOPAUX .s.m. pl.
• Nom qu'on donne en Angleterre à ceux qui tiennent pour l'épiscopat. On le dit par opposition à Presbytériens.

ÉPISODE .s.m.
• Action incidente liée à l'action principale dans un poëme, dans un roman. Un épisode bien amené, intéressant.
• Se dit également, en Peinture, de Toute action ou scène secondaire ajoutée à celle qui fait le sujet principal d'un tableau.
• Se dit aussi, figurément, de Certains faits, de certains incidents, isolés en apparence, mais qui se rattachent plus ou moins à quelque grand événement. La destruction des riches bibliothèques du clergé fut un triste épisode de la réformation en Écosse.

ÉPISODIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à l'épisode, et qui n'est pas essentiel au sujet. Action épisodique. Scène épisodique. Personnage épisodique.
• Comédie épisodique, Comédie dont les scènes n'ont entre elles aucune liaison nécessaire.

ÉPISPASTIQUE . adj. des deux genres
• .Pharmacie. Se dit Des substances médicamenteuses qui, appliquées sur la peau, y déterminent de la chaleur, de la rougeur, et une affluence de sérosité qui soulève et détache l'épiderme. Les cantharides, la moutarde, l'ail, etc., sont épispastiques. Poudre épispastique. On l'emploie souvent comme substantif, au masculin. Appliquer un épispastique.

ÉPISSER . v. a.
• Réunir un bout de corde à un autre, en entrelaçant leurs torons. Ce mot et ses deux dérivés s'emploient surtout en termes de Marine. Épisser un câble.
• ÉPISSÉ, ÉE. participe.

ÉPISSOIR .s.m.
• Instrument en forme de poinçon, avec lequel on ouvre le bout des cordages qu'on veut épisser.

ÉPISSURE . s. f.
• Jonction, assemblage de deux bouts de corde par l'entrelacement de leurs torons. Épissure carrée. Épissure longue.

ÉPISTOLAIRE . adj. des deux genres
• Qui appartient à l'épître, qui regarde la manière d'écrire des lettres. Il n'est guère usité que dans ces deux locutions: Style épistolaire. Genre épistolaire.
• Se dit aussi Des auteurs dont les lettres ont été recueillies; et alors il se prend substantivement. Les catalogues de bibliothèque mettent cet auteur parmi les épistolaires.

ÉPISTOLOGRAPHE .s.m.
• Se dit Des écrivains anciens dont on a des recueils de lettres. Les épistolographes grecs, latins.

ÉPISTYLE . s. f.
• T. d'Archit. ancienne. Architrave: pierre, ou pièce de bois qui pose sur le chapiteau de la colonne.

ÉPITAPHE . s. f.
• Inscription que l'on met sur un tombeau, ou qui est, que l'on suppose faite pour être mise sur un tombeau. Belle épitaphe. Mettre, graver une épitaphe. Épitaphe en vers. Épitaphe satirique. Épitaphe en style lapidaire.
• Prov. et fig., Il fera l'épitaphe du genre humain, se dit D'un homme robuste, qui paraît destiné à vivre longtemps.
• Prov., Menteur comme une épitaphe, se dit D'un homme exagéré dans ses éloges.

ÉPITASE . s. f.
• La partie du poëme dramatique qui vient immédiatement après la protase ou l'exposition, et qui contient les incidents qui font le noeud de la pièce.

ÉPITHALAME .s.m.
• Sorte de poëme qui se fait à l'occasion d'un mariage, et à la louange des nouveaux mariés. Faire un épithalame, un bel épithalame.

ÉPITHÈME .s.m.
• .Pharmacie. Topique sec, ou liquide, ou de consistance molle, différent de l'onguent et de l'emplâtre. La composition des épithèmes varie beaucoup. Épithème liquide. Épithème sec. On emploie les épithèmes dans les inflammations érésipélateuses.

ÉPITHÈTE . s. f. Adjectif
• mot qui sert à qualifier, et qu'on joint à un nom substantif pour en préciser ou en modifier le sens. Dans les expressions, Nuit obscure, ombrage frais, âme généreuse, les mots obscure, frais, généreuse, sont des épithètes. Une belle épithète. Cette épithète n'est pas bien placée. Ces vers sont trop chargés d'épithètes. Épithète oiseuse.

ÉPITOGE . s. f.
• Espèce de chaperon ou de capuce que les présidents à mortier et le greffier en chef du parlement portaient jadis sur la tête, dans les grandes cérémonies, et qu'ils ne portèrent plus ensuite que sur l'épaule. Les premiers présidents portent encore l'épitoge.

ÉPITOME .s.m.
• Abrégé d'un livre, et particulièrement d'une histoire. Épitome de l'histoire romaine. Épitome de Trogue Pompée, par Justin. Épitome de Baronius, d'Eutrope.

ÉPÎTRE . s. f.
• Lettre missive. Se dit Des lettres des anciens. Les Épîtres de Cicéron. Les Épîtres familières. Les Épîtres de saint Paul. Les Épîtres de saint Jérôme. Les Épîtres canoniques. Les Épîtres catholiques. On l'emploie quelquefois, dans le langage familier, en parlant d'Une lettre ordinaire. J'ai reçu de lui une longue épître à ce sujet.
• Se dit aussi de Certaines pièces de vers adressées à quelqu'un. Épître en vers. Épître satirique. Épître héroïque. Épître morale. Les Épîtres d'Horace, de Boileau, de Pope.
• Épître dédicatoire, Lettre qui se met à la tête d'un livre, et par laquelle on le dédie à quelqu'un.
• ÉPÎTRE, signifie encore, Une leçon tirée de l'Écriture sainte, et plus ordinairement des Épîtres de saint Paul, ou des Épîtres canoniques, qui se dit un peu avant l'évangile, et que le sous-diacre chante dans les messes hautes. Chanter l'épître. La messe en est à l'épître.
• Le côté de l'épître, Le côté droit de l'autel, en entrant dans le choeur. Dans telle cérémonie, les officiants étaient du côté de l'épître. Dans les cathédrales, le trône épiscopal est placé du côté de l'épître.

ÉPITROPE . s. f.
• Figure de rhétorique, qui consiste à accorder quelque chose qu'on peut nier, afin de faire recevoir plus facilement ce qu'on veut persuader.

ÉPIZOOTIE . s. f.
• Se dit de Toute maladie qui règne sur les bestiaux. La dernière épizootie a détruit beaucoup de bestiaux dans ce canton.

ÉPIZOOTIQUE . adj. des deux genres
• Qui tient de l'épizootie. Maladie épizootique.

ÉPLORÉ
, ÉE. adj.
• Qui est tout en pleurs. Elle entra tout éplorée. Je trouvai ses parents tout éplorés. Une mère éplorée.

ÉPLOYÉ
, ÉE. adj.
• Déployé. Il n'est guère usité que dans cette locution, Aigle éployée, Aigle que l'on représente, dans des armoiries, avec les ailes étendues. D'argent à l'aigle éployée de sable.

ÉPLUCHAGE
ou •ÉPLUCHEMENT.s.m.
• Action d'éplucher. Le premier de ces deux mots s'applique principalement à L'action d'éplucher des étoffes, des laines, etc.

ÉPLUCHER . v. a.
• Nettoyer des herbes, des graines, etc., en ôter les ordures et ce qu'il y a de mauvais, de gâté. Éplucher des herbes, de la salade. Éplucher du riz.
• Se dit aussi en parlant Des étoffes, des laines, des soies, etc., et signifie, En enlever les pailles, les bourres, les ordures. Éplucher du drap. Éplucher des soies, des laines.
• Il signifie encore, figurément et familièrement, Rechercher avec soin, avec un scrupule critique, ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, de reprochable en quelque chose. Éplucher un ouvrage. Éplucher la généalogie, la vie, les actions de quelqu'un.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et se dit De certains animaux qui se nettoient de leur vermine, des ordures qu'ils ont sur le corps, etc. Un singe qui s'épluche. Les oiseaux s'épluchent avec leur bec.
• ÉPLUCHÉ, ÉE. participe.

ÉPLUCHEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui épluche. Se dit souvent au figuré, et alors il est familier. C'est un grand éplucheur de mots.

ÉPLUCHOIR .s.m.
• Sorte de petit couteau dont se servent quelques artisans, tels que les fabricants d'étoffes ou de papiers, les vanniers, etc., pour éplucher, pour nettoyer leurs ouvrages.

ÉPLUCHURE . s. f.
• Ordure que l'on ôte de quelque chose qu'on épluche. Il est plus usité au pluriel qu'au singulier. Chercher dans les épluchures.

ÉPODE . s. f.
• Terme de la poésie lyrique des Grecs, qui signifie, La troisième partie d'un chant divisé en strophe, antistrophe et épode.
• Les Épodes d'Horace, Le dernier livre de ses poésies lyriques.

ÉPOINTÉ
, ÉE. adj.
• .Manége et de Chasse. Se dit D'un cheval qui s'est démis les hanches par quelque effort, ou D'un chien qui s'est cassé les os des cuisses. Un cheval épointé. Ce chien est épointé.

ÉPOINTER . v. a.
• Ôter la pointe à quelque instrument. Épointer un couteau, une aiguille. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Ces aiguilles ne valent rien, elles s'épointent facilement.
• ÉPOINTÉ, ÉE. participe.

ÉPOIS .s.m. pl.
• .Vénerie. Cors qui sont au sommet de la tête du cerf.

ÉPONGE . s. f.
• Production marine qu'on trouve adhérente aux rochers dans la mer, et dont la substance, légère, élastique et très-poreuse, absorbe les liquides dans lesquels on la plonge. Grosse éponge. Éponge fine. Passer une éponge imbibée d'eau, sur une table, sur un marbre pour en ôter les taches, les ordures. Il faut une éponge au palefrenier pour laver les jambes de ses chevaux. L'humidité a fait gonfler cette éponge. Ce drap ne vaut rien, il prend, il boit l'eau comme une éponge. Marchand d'éponges.
• Fig., Passer l'éponge sur quelque chose de peint ou d'écrit, L'effacer.
• Fig., Passer l'éponge sur quelque action, sur quelque faute, etc., En effacer le souvenir, l'oublier, n'en plus parler.
• Prov., Boire comme une éponge, se dit D'une personne qui boit beaucoup.
• Fig. et fam., Presser l'éponge, Contraindre à restitution ceux qui ont pris indûment les deniers d'autrui, dont ils avaient le maniement. Ces gens-là ont trop pris, ils sont devenus trop riches, il faut presser l'éponge. Il signifie aussi, Tirer d'un pays mis à contribution tout ce qu'il est possible d'y prendre.
• ÉPONGE, en termes de Vénerie, se dit de Ce qui forme le talon des animaux.

ÉPONGER . v. a.
• Nettoyer avec une éponge. Éponger une voiture.
• Il signifie aussi, Étancher, enlever avec une éponge, avec un linge, etc. Épongez vite cette encre, épongez-la avec ce chiffon.
• ÉPONGÉ, ÉE. participe.

ÉPONYME . adj. et s. m.
• T. d'Antiquité grecque. Il désignait, à Athènes, Celui des neuf archontes qui donnait son nom à l'année. Archonte éponyme.

ÉPOPÉE . s. f.
• Caractère, genre du poëme épique. L'épopée demande un génie élevé.
• Se dit aussi d'Un poëme épique. Une belle épopée.

ÉPOQUE . s. f.
• Point déterminé dans l'histoire qui ordinairement est marqué par quelque événement considérable. Les principales époques de l'histoire. L'époque du déluge. La naissance de JÉSUS-CHRIST est l'époque où commence l'ère chrétienne.
• Se dit aussi de Toute partie du temps considérée par rapport à ce qui s'y passe, à ce qu'on y fait. L'époque de son avénement au trône, de son mariage. Depuis cette époque malheureuse. J'étais à cette époque très-loin de Paris. Nous sommes à l'époque de l'année où tout semble renaître. Voici l'époque du renouvellement des baux. Je serai en Italie au mois d'octobre, tâchez d'y venir à la même époque. À toutes les époques de la vie.
• Faire époque, se dit D'un fait, d'un événement remarquable, qui ne peut de long-temps s'oublier. Ces choses-là font époque dans notre vie.

ÉPOUDRER . v. a.
• Ôter la poudre, la poussière qui est sur quelque chose. Époudrer un tapis, un habit, des meubles, des livres, des tableaux. Il est vieux; on dit maintenant, Épousseter.
• ÉPOUDRÉ, ÉE. participe.

ÉPOUFFÉ
, ÉE. adj.
• Se dit D'une personne qui s'empresse pour un sujet peu important, de manière à être toute haletante, à ne pouvoir plus respirer qu'avec peine. Il est venu tout épouffé nous apporter cette belle nouvelle. Il est familier.

ÉPOUFFER (S') . v. pron.
• S'enfuir secrètement, se dérober, disparaître. On le poursuivait, il s'est épouffé dans la foule. Il est populaire.
• ÉPOUFFÉ, ÉE. participe.

ÉPOUILLER . v. a.
• Ôter des poux. Une mère qui épouille son enfant. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Un gueux qui s'épouille. Il est bas.
• ÉPOUILLÉ, ÉE. participe.

ÉPOUMONER . v. a.
• Fatiguer les poumons. Cette lecture m'a époumoné. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Je me suis époumoné à force de crier. Il est familier.
• ÉPOUMONÉ, ÉE. participe.

ÉPOUSAILLES . s. f. pl.
• Célébration d'un mariage. Le jour de leurs épousailles. Les parents assistèrent aux épousailles.

ÉPOUSE . s. f.
• Voyez ÉPOUX.

ÉPOUSÉE . s. f.
• Celle qu'un homme vient d'épouser, ou qu'il va épouser. Mener l'épousée à l'église.
• Fam., Marcher comme une épousée, Marcher lentement avec un air de réserve.
• Prov., Cette femme est parée comme une épousée de village, Elle est ridiculement ajustée, et parée avec affectation.

ÉPOUSER . v. a.
• Prendre en mariage. Il a épousé une telle. Elle n'a pas voulu l'épouser. Il l'a épousée en face de l'Église. On l'emploie souvent avec le pronom personnel, comme verbe réciproque. Ils s'aimaient depuis longtemps, enfin ils se sont épousés.
• Prov.: Qui épouse la femme, épouse les dettes. Tel fiance qui n'épouse pas.
• Prov. et fig., Tel fiance qui n'épouse pas, se dit Des personnes qui, ayant commencé et avancé une affaire, ne l'achèvent pas.
• ÉPOUSER, signifie figurément, S'attacher par choix à une chose, à une personne. Je n'épouse point de parti. Je n'épouse aucune opinion. Je fais des affaires tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, je n'épouse personne. Épouser les intérêts, les passions, la querelle de quelqu'un.
• ÉPOUSÉ, ÉE. participe.

ÉPOUSEUR .s.m.
• Celui qui, étant disposé à se marier, est reconnu pour tel. Je ne veux point de galants pour ma fille, je veux un épouseur. Cet homme n'a pas l'air d'un épouseur. Il est familier.

ÉPOUSSETER . v. a.
• Vergeter, nettoyer avec des époussettes ou vergettes. Époussetez ce manteau, ce tapis, etc. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Vous êtes tout blanc de poussière, allez vous épousseter.
• Épousseter un cheval, Le nettoyer avec l'époussette, après l'avoir étrillé.
• Fig. et fam., Épousseter quelqu'un, Le battre. On l'a bien épousseté. Je l'épousseterai comme il faut.
• ÉPOUSSETÉ, ÉE. participe.

ÉPOUSSETTE . s. f.
• Espèce de brosse composée d'une grande quantité de brins de bruyère, de jonc, de crin, de poil joints ensemble, dont on se sert pour nettoyer des habits, des étoffes, etc. En ce sens, il s'emploie presque toujours au pluriel, comme une sorte de nom collectif. Voilà des époussettes trop rudes. Il a vieilli: on dit plus ordinairement, Vergettes ou Vergette.
• ÉPOUSSETTE, se dit aussi d'Un morceau d'étoffe avec lequel on nettoie un cheval, après l'avoir étrillé.

ÉPOUVANTABLE . adj. des deux genres
• Qui cause de l'épouvante. Un spectre, une vision épouvantable. Menaces épouvantables.
• Se dit généralement, par exagération, De tout ce qui est étonnant, incroyable, étrange, excessif, et se prend ordinairement en mauvaise part. Cet homme a mange tout son bien en un an; cela est épouvantable. Laideur épouvantable. Douleurs épouvantables. Faim épouvantable. Bruit, fracas épouvantable.

ÉPOUVANTABLEMENT . adv.
• D'une manière épouvantable, extrêmement, avec excès. Cet homme est épouvantablement laid.

ÉPOUVANTAIL .s.m.
• Haillon que l'on met au bout d'une perche, d'un bâton dans les chènevières, dans les champs, dans les jardins, pour épouvanter les oiseaux. Il faut mettre là un épouvantail.
• Prov. et fig., C'est un épouvantail de chènevière, à chènevière, se dit D'une personne laide et malbâtie, ou D'une personne habillée ridiculement.
• Prov. et fig., Ce n'est qu'un épouvantail de chènevière, ou simplement, Ce n'est qu'un épouvantail, se dit Pour donner à entendre qu'une personne ou qu'une chose dont on veut nous faire peur, n'est propre qu'à épouvanter des personnes timides.

ÉPOUVANTE . s. f.
• Grande et soudaine peur, causée par quelque chose d'imprévu. Terrible épouvante. Causer, donner de l'épouvante. Jeter, porter l'épouvante dans le pays ennemi. L'épouvante était, se mit dans le camp, dans l'armée. L'épouvante l'a pris, l'a saisi. Ils ont pris l'épouvante.

ÉPOUVANTER . v. a.
• Causer de l'épouvante. La marche de cette armée a fort épouvanté tout ce pays-là. Ces menaces l'ont épouvanté. Il l'épouvantait par ses menaces. Il les épouvantait de ses triomphes rapides. Il pensait m'épouvanter, mais je ne m'étonne pas pour le bruit. La moindre chose, un rien, tout l'épouvante.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel; et alors il signifie, Prendre l'épouvante. Cet homme ne s'épouvante pas aisément. Il s'épouvante pour peu de chose, de peu de chose.
• ÉPOUVANTÉ, ÉE. participe.

ÉPOUX
, OUSE. s.
• Celui, celle que le mariage unit à une personne de l'autre sexe. Son cher époux. Une tendre, une chaste épouse. Épouse légitime. Faire choix d'une épouse. Prendre une épouse. Voilà votre époux, celui qui sera votre époux. Le futur époux. La future épouse. Dans le langage familier, on dit plus ordinairement Ma femme que Mon épouse.
• Fig., L'époux des vierges, le céleste époux, Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. On dit aussi que JÉSUS-CHRIST est l'époux de son Église; et on appelle quelquefois l'Église L'épouse de JÉSUS-CHRIST.
• Les épouses de JÉSUS-CHRIST, Les religieuses ou les filles qui ont fait voeu de virginité.
• Absol., L'Époux et l'Épouse, se dit Des deux personnages mystiques qui figurent dans le Cantique des cantiques.
• ÉPOUX au pluriel, s'emploie quelquefois pour désigner Le mari et la femme. Les futurs époux. De jeunes époux. Les époux doivent vivre en bonne intelligence.

ÉPREINDRE . v. a.
• Serrer, presser quelque chose pour en tirer le suc, pour en exprimer le jus. Épreindre des herbes. Épreindre du verjus. Faites bouillir ces racines, ces feuilles, et les épreignez. Épreignez-en le suc.
• ÉPREINT, EINTE. participe.

ÉPREINTE . s. f.
• Fausse envie d'aller à la selle, qui cause de la douleur dans le rectum. S'emploie surtout au pluriel. La bile cause des épreintes. Sentir des épreintes. Dans le flux de sang, on a de cruelles, de violentes épreintes.

ÉPRENDRE (S') . v. pron.
• (Il se conjugue comme Prendre.) Se laisser surprendre par une passion. Il n'est guère usité qu'au participe.
• ÉPRIS, ISE. participe, Il est épris d'amour pour cette femme. Il en est fort épris. Épris de belle passion.

ÉPREUVE . s. f.
• Action d'éprouver, essai, expérience qu'on fait de quelque chose. Faire l'épreuve d'une machine nouvelle. J'en ai fait l'épreuve. L'épreuve en est aisée à faire. Cela est d'une épreuve difficile. Faire l'épreuve d'un canon. Je vous donne cette montre à l'épreuve.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des personnes. Les francs-maçons font subir des épreuves à ceux qui entrent dans l'ordre. Tenter une épreuve, des épreuves sur quelqu'un. Vous l'avez mis à de rudes épreuves. Mettre la constance, la fidélité, la patience de quelqu'un à l'épreuve.
• Se dit particulièrement Des malheurs, des dangers, etc., où il est nécessaire de montrer de la fermeté, du courage, de la constance. Passer par de rudes épreuves. Il soutint courageusement l'épreuve, toutes les épreuves de la mauvaise fortune.
• Cela est à l'épreuve du feu, se dit D'une chose que le feu ne peut consumer, calciner, altérer. Cette cuirasse est à l'épreuve des balles, de la balle, Les balles ne la percent point. Ce chapeau, ce manteau est à l'épreuve de la pluie, La pluie ne saurait le pénétrer. Etc.
• Être à l'épreuve de l'argent, Être incapable de se laisser corrompre par de l'argent.
• Être à l'épreuve de la médisance, de la calomnie, Être au-dessus de la médisance, de la calomnie, ne point craindre les attaques, les atteintes de la médisance, de la calomnie.
• Être à l'épreuve de tout, être à toute épreuve, Être d'une probité reconnue, d'une fidélité incorruptible.
• Courage à toute épreuve; zèle, dévouement à toute épreuve, etc., Courage, zèle, dévouement que rien n'ébranle, ne rebute, n'affaiblit.
• Un ami à toute épreuve, Un ami sur lequel on peut compter dans toutes les occasions. On dit aussi d'Un domestique fidèle, dévoué, Un serviteur à toute épreuve.
• Être à l'épreuve de la tentation, de la séduction, Résister à la tentation, à la séduction. Un pareil homme ne peut pas être à l'épreuve de la tentation.
• N'être point à l'épreuve de la raillerie, des injures, etc., se dit D'une personne qui ne peut souffrir la moindre raillerie, la moindre injure. Sa patience n'est pas à l'épreuve d'une injure.
• Épreuve judiciaire, Épreuve que les personnes accusées mais non convaincues d'un crime étaient jadis obligées de subir, pour prouver leur innocence, soit en marchant sur des fers chauds, sur des charbons ardents, soit en mettant la main dans l'eau bouillante, ou en se plongeant dans une cuve d'eau froide, etc. Il y avait plusieurs sortes d'épreuves judiciaires: l'épreuve du feu, du fer chaud, de l'eau bouillante, de l'eau froide, du duel, etc.
• ÉPREUVE, se dit particulièrement, en termes d'Imprimerie, d'Une feuille d'impression sur laquelle l'auteur ou une autre personne indique les corrections, les changements que devra faire l'imprimeur. La première épreuve. La seconde épreuve. Corriger une épreuve. Revoir une épreuve. L'épreuve est revue, il n'y a qu'à tirer. Cet auteur veut voir trois épreuves avant de laisser tirer.
• Se dit également Des premières feuilles qu'on tire sur une planche gravée pour juger de l'état du travail, et voir s'il n'y a point de fautes. La première épreuve de cette estampe n'est pas bien venue.
• Se dit, par extension, de Toute estampe tirée après que le travail est entièrement terminé. Épreuve avant la lettre. Épreuve avec la lettre. Voilà une belle épreuve.

ÉPROUVER . v. a.
• Essayer; faire l'épreuve, l'essai de. Éprouver une arme à feu. Éprouver un canon. Éprouver une cuirasse. C'est un remède que j'ai éprouvé. Éprouvez si cela vous fera du bien.
• Se dit souvent en parlant Des personnes, ou de leurs qualités, de leurs sentiments, etc. Éprouver quelqu'un avant de se fier à lui. Éprouver la fidélité, la probité de quelqu'un. Il voulut éprouver leur constance, leur résignation. Éprouver le savoir de quelqu'un.
• ÉPROUVER, signifie aussi, tant au sens physique qu'au sens moral, Ressentir, connaître par expérience. On éprouve sur cette montagne un froid très-rigoureux. Éprouver des sensations. Éprouver de la douleur, du plaisir, des peines, de l'ennui. Il a éprouvé l'une et l'autre fortune.
• Se dit, par analogie, Des changements, des variations, des altérations, etc., qui arrivent aux choses. Les altérations qu'une substance éprouve quand elle est soumise à l'action du feu. Le prix de ces denrées éprouve de fréquentes variations. Sa conduite, son caractère en éprouva un changement notable.
• ÉPROUVÉ, ÉE. participe, C'est un homme d'une fidélité, d'une vertu, d'une valeur éprouvée.

ÉPROUVETTE . s. f.
• T. d'Arts. Instrument à l'aide duquel on vérifie la qualité, l'état de certaines matières. Éprouvette pour connaître la force de la poudre. Éprouvette de savonnier, de potier.
• Se dit aussi, en Chirurgie, de Certaines sondes.

EPTACORDE
• Voyez HEPTACORDE.

EPTAGONE
• Voyez HEPTAGONE.

ÉPUCER . v. a.
• Ôter, chasser les puces. Épucer un chien. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. S'épucer. Il est familier.
• ÉPUCÉ, ÉE. participe.

ÉPUISABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être épuisé. Il est peu usité.

ÉPUISEMENT .s.m.
• Action d'épuiser, en tout ou en partie, les eaux amassées en quelque endroit; ou Le résultat de cette action. On travaille depuis plusieurs jours à l'épuisement des eaux de la mine.
• Il signifie par extension, Perte considérable de quelque humeur du corps, et en général, Dissipation de forces. On l'a tant saigné, qu'il est tombé dans un épuisement dont il a peine à revenir. L'épuisement où il est tombé ne vient que de ses débauches. Les jeûnes et les veilles l'ont jeté dans l'épuisement. Ses études et ses méditations lui ont causé un grand épuisement, l'ont jeté dans un grand épuisement.
• Se dit aussi figurément, surtout en parlant Des finances, lorsqu'elles ont été épuisées par des dépenses excessives. L'épuisement des finances contraignit de recourir à des voies extraordinaires.

ÉPUISER . v. a.
• Tarir, mettre à sec. Épuiser une fontaine à force d'en tirer de l'eau. L'armée était si nombreuse, que partout où elle campait, elle épuisait les fontaines et les ruisseaux. Épuiser les eaux pour découvrir le sol et jeter des fondations.
• Se dit aussi en parlant Du sang et de tout ce qui contribue à l'entretien des forces du corps. On l'a trop saigné, on l'a épuisé de sang. À son âge, une trop grande application épuise les esprits. Ses débauches ont épuisé ses forces.
• Épuiser un sol, une terre, En absorber tous les sucs nourriciers. Cette plante épuise le sol où elle se propage.
• Par extension, Épuiser une mine, En extraire tout ce qu'elle contient.
• ÉPUISER, signifie figurément, Consommer, absorber, employer certaines choses de manière à n'en plus laisser du tout. Ils avaient épuisé toutes leurs munitions, toutes leurs provisions. Leurs ressources étaient épuisées. Épuiser les richesses d'un pays. Cette guerre épuisa les finances, épuisa le trésor public. Épuiser une province d'hommes et d'argent. Épuiser un sac d'argent. Épuiser la bourse de quelqu'un. Après avoir épuisé toutes les voies de douceur.
• Fig., Épuiser une matière, Ne rien oublier de tout ce qui peut être dit sur la matière qu'on traite. Cet auteur a épuisé la matière.
• Fig., C'est un homme qu'on ne saurait épuiser, C'est un homme qui a un grand fonds de savoir, et qui parle bien et facilement sur toutes sortes de matières.
• ÉPUISER, s'emploie aussi avec le pronom personnel dans plusieurs de ses acceptions. Cette source s'est épuisée. S'épuiser à force de travail. S'épuiser par ses débauches. S'épuiser à force de crier, à crier. S'épuiser en efforts inutiles. Nos ressources commençaient à s'épuiser.
• ÉPUISÉ, ÉE. participe. Une source, une mine épuisée. Un homme épuisé. Un sol épuisé.
• Fig., Un esprit épuisé, une imagination épuisée, Un esprit, une imagination usés, qui ne peuvent plus rien produire de nouveau.

ÉPULIDE
ou ÉPULIE. s. f.
• .Chirur. Excroissance de chair qui se forme sur les gencives.

ÉPULONS .s.m. pl.
• Nom de certains prêtres de l'ancienne Rome, institués pour présider aux festins qui se faisaient en l'honneur des dieux, et pour veiller au bon ordre dans les sacrifices.

ÉPULOTIQUE . adj. des deux genres
• .Pharmacie. Se dit Des médicaments topiques que l'on croit propres à favoriser la cicatrisation.
• Il se prend aussi substantivement, au masculin. Cette drogue est un bon épulotique.

ÉPURATION . s. f.
• Action d'épurer. L'épuration du sang. L'épuration des métaux.
• Se dit aussi au sens moral. Épuration des moeurs. Épuration de la langue. Épuration du théâtre.
• Fig., Épuration d'une compagnie, d'un corps, Exclusion donnée à quelques-uns de ses membres jugés indignes d'en faire partie.

ÉPURE . s. f.
• T. d'Archit. Dessin de quelque édifice, ou de quelque partie d'un édifice, qu'on trace sur une muraille dans les dimensions que doit avoir l'édifice, ou la partie d'édifice, afin d'y prendre les mesures nécessaires. L'épure d'un édifice, d'une voûte, d'une colonne, etc.
• Se dit, par extension, Des dessins en petit que l'on fait pour s'exercer à tracer des épures en grand.

ÉPURER . v. a.
• Rendre pur, rendre plus pur. Il faut épurer ce sirop. Épurer de l'eau bourbeuse, en la filtrant avec du sable, avec du charbon.
• S'emploie figurément, comme dans les phrases suivantes:
• Épurer la langue, Rendre la langue plus correcte, la corriger des vices qui la gâtent. On dit aussi, Épurer son style.
• Épurer un auteur, Retrancher des ouvrages d'un auteur ce qu'il y a de trop libre et de contraire à la décence.
• Épurer le théâtre, se dit Des poëtes qui composent des pièces de théâtre où il n'y a rien qui puisse blesser les moeurs, et qui, par leur exemple, inspirent et propagent ce même sentiment de bienséance.
• Épurer le goût, Le rendre plus sûr et plus délicat.
• Épurer le coeur, l'âme, les sentiments, etc., de quelqu'un, Chasser de l'esprit et du coeur de quelqu'un les pensées, les sentiments contraires à la religion, aux bonnes moeurs, à la droiture. Des doctrines qui épurent l'âme. On dit aussi, dans le style de la Chaire, Épurer son coeur de toute affection terrestre.
• Épurer les moeurs, Faire qu'elles soient plus pures, plus régulières.
• ÉPURER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, tant au propre qu'au figuré, Devenir plus pur. Il faut laisser reposer cette liqueur, elle s'épurera avec le temps. L'or s'épure dans le creuset. La langue commençait à s'épurer. La vertu s'épure dans le malheur. Les moeurs s'épurent. Le goût s'épure par de bonnes lectures.
• ÉPURÉ, ÉE. participe. Des sentiments épurés, des intentions épurées, Des sentiments nobles et détachés de tout intérêt personnel.

ÉPURGE . s. f.
• .Bot. Herbe qui purge violemment par haut et par bas. L'épurge est une espèce de tithymale.

ÉQUARRIR . v. a.
• Tailler à angles droits. Équarrir une poutre, une pierre, un bloc de marbre.
• Équarrir une glace, La rendre carrée en se servant du diamant et des pinces.
• ÉQUARRI, IE. participe, Une pièce de bois équarrie.

ÉQUARRISSAGE .s.m.
• .Charpenterie. État de ce qui est équarri. Cette poutre a quinze pouces d'équarrissage, c'est-à-dire, Quinze pouces en tous sens.
• Bois d'équarrissage, Le bois qui doit avoir au moins six pouces d'équarrissage.
• ÉQUARRISSAGE, signifie aussi, L'action d'écorcher les bêtes de somme ou de trait, comme les chevaux, les ânes.

ÉQUARRISSEMENT .s.m.
• Action d'équarrir, ou L'état d'une chose équarrie. L'équarrissement d'une pierre, d'un morceau de bois. Tailler une pierre, un morceau de bois en équarrissement.

ÉQUARRISSEUR .s.m.
• Celui qui fait métier de tuer et d'écorcher les bêtes de somme ou de trait.

ÉQUATEUR .s.m.
• (On prononce Écouateur.) Un des plus grands cercles de la sphère, qui est également distant des deux pôles, et qu'on appelle aussi Ligne équinoxiale, ou simplement Ligne. Équateur terrestre. Équateur céleste. Le plan de l'équateur terrestre, prolongé indéfiniment dans l'espace, constitue l'équateur céleste, que le soleil traverse deux fois dans l'année, au temps des équinoxes. C'est en parlant Du cercle idéal tracé par ce plan sur la sphère céleste que l'on peut dire: Les peuples qui habitent sous l'équateur. Les régions situées sous l'équateur. Etc.
• Les Astronomes disent quelquefois dans un sens analogue, L'équateur de Jupiter, de Saturne, etc.

ÉQUATION . s. f.
• (On prononce Écouation.) T. d'Algèbre. L'expression de la condition d'égalité établie entre deux quantités algébriques. Les membres d'une équation.
• ÉQUATION, en termes d'Astronomie, La quantité variable, mais déterminable par le calcul, qu'il faut ajouter ou ôter aux mouvements moyens pour obtenir les mouvements vrais. L'équation des temps est le nombre variable de minutes et de secondes qu'il faut ajouter chaque jour à l'époque du midi moyen pour avoir le midi vrai. Pendule à équation.

ÉQUERRE . s. f.
• Instrument qui sert à tracer un angle droit, et qui est principalement à l'usage des mathématiciens, des charpentiers, des menuisiers, des maçons, etc. Fait à l'équerre. Poser l'équerre. Dresser à l'équerre.
• Se dit aussi de Ce qui est à angle droit, de ce qui a la forme d'une équerre. Ce bâtiment n'est pas d'équerre. Bâti à fausse équerre. Mettre d'équerre. Disposer en équerre.

ÉQUESTRE . adj. des deux genres
• (L'U se prononce dans ce mot et dans les quatre suivants. ) Il n'est usité que dans ces locutions, Statue équestre, figure équestre, Statue représentant une personne à cheval; et dans celle-ci, L'ordre équestre, L'ordre des chevaliers romains, et encore La noblesse du second rang en Pologne.

ÉQUIANGLE . adj. des deux genres
• .Géom. Se dit D'une figure dont tous les angles sont égaux entre eux. Le carré est une figure équiangle.
• Se dit aussi D'une figure qui a ses angles égaux à ceux d'une autre. Deux figures équiangles entre elles.

ÉQUIDISTANT
, ANTE. adj.
• .Géom. Qui dans toutes ses parties est également éloigné des parties d'un autre corps. Les lignes parallèles sont équidistantes.

ÉQUILATÉRAL
, ALE. adj.
• .Géom. Se dit D'un triangle qui a ses trois côtés égaux entre eux. Triangle équilatéral.

ÉQUILATÈRE . adj. des deux genres
• .Géom. Se dit D'une figure dont les côtés sont égaux à ceux d'une autre.

ÉQUILIBRE .s.m.
• État des corps maintenus en repos sous l'influence de plusieurs forces qui se contre-balancent exactement. Cela est en équilibre. Dans un juste équilibre. Cela fait l'équilibre. L'équilibre des liqueurs.
• Mettre une chose en équilibre, Faire que son poids se partage également des deux côtés d'un point d'appui, en sorte qu'elle reste immobile, et ne penche ni de l'un ni de l'autre côté. On dit dans le même sens: Être, se tenir en équilibre. Garder, perdre l'équilibre. Déranger l'équilibre. Etc.
• Fig., Faire l'équilibre, Rendre les choses égales.
• ÉQUILIBRE, se dit figurément, en parlant D'États, de pouvoirs politiques, etc. L'équilibre de l'Europe. Le système de l'équilibre. L'équilibre des pouvoirs dans un gouvernement.
• Se dit aussi, figurément, en parlant Des humeurs, lorsqu'elles sont dans la proportion convenable et que rien n'en dérange la circulation; De l'âme, quand aucune passion n'y prédomine de manière à la troubler; etc. Rétablir l'équilibre des humeurs dans le corps humain. Maintenir l'équilibre de son âme.
• En Peinture et en Sculpture, L'équilibre d'une composition, La répartition, la distribution bien entendue des masses qui la composent.

ÉQUINOXE .s.m.
• Se dit Des instants de l'année auxquels le soleil, passant par l'équateur, rend les jours égaux aux nuits pour toutes les régions de la terre. L'équinoxe du printemps. L'équinoxe d'automne. Les pluies de l'équinoxe du printemps sont excellentes pour les biens de la terre.

ÉQUINOXIAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à l'équinoxe. Les points équinoxiaux. Cercle équinoxial. Ligne équinoxiale, ou Équateur.
• Cadran équinoxial, Cadran dont le plan est parallèle à l'équateur.
• En Botan., Fleurs équinoxiales, Fleurs qui s'ouvrent et se ferment chaque jour à des heures déterminées.

ÉQUIPAGE .s.m.
• Se dit Du train, de la suite, chevaux, mulets, carrosses, valets, hardes, etc. Grand, superbe équipage. Les équipages d'un prince. Son équipage est parti, est arrivé. Il a perdu son équipage. Faire son équipage.
• Prov. et fig., L'équipage de Jean de Paris, se dit d'Un équipage magnifique; et, Un équipage de bohème, d'Un équipage délabré.
• ÉQUIPAGE, se dit souvent, dans un sens plus restreint, d'Une voiture de maître, avec ce qui en dépend. La plupart des gens riches ont un équipage, ont équipage. Un bel équipage. Il est venu avec son équipage.
• Se dit aussi de Toutes les choses nécessaires pour certaines entreprises ou opérations, pour divers exercices. Équipage de guerre. Les équipages de l'armée. Équipage de siége. Équipage de chasse.
• Il signifie particulièrement, en termes de Marine, La réunion de ceux qui montent un bâtiment pour en faire le service et la manoeuvre. L'équipage d'un navire marchand. Le vaisseau a péri, mais on a sauvé l'équipage. Équipage de ligne. Ce vaisseau a six cents hommes d'équipage. Renforcer les équipages. Transporter l'équipage d'un vaisseau sur un autre. Les hommes, les gens de l'équipage.
• ÉQUIPAGE, se dit quelquefois, familièrement, de La manière dont une personne est vêtue. Cet homme est en fort mauvais équipage. Il est dans un triste équipage. Ironiq., Vous voilà dans un bel équipage. On ne l'emploie guère que dans ces sortes de phrases.

ÉQUIPÉE . s. f.
• Action, entreprise indiscrète, irréfléchie, téméraire, dont les suites ne peuvent être que fâcheuses, désagréables. Vous avez fait là une belle équipée. Voilà une plaisante équipée. Cette équipée lui coûtera cher. Ce jeune étourdi est allé s'enrôler, ce n'est pas sa première équipée.

ÉQUIPEMENT .s.m.
• Action d'équiper. Il faut tant de temps pour l'équipement des nouveaux bataillons. Frais d'équipement.
• Se dit aussi, surtout en termes militaires, de Ce qui sert à équiper. Toutes les pièces de son équipement sont en bon état. Effets d'équipement.
• Il signifie particulièrement, en termes de Marine, L'action de pourvoir un vaisseau, une flotte, etc., de tout ce qui est nécessaire à la manoeuvre, à la subsistance, à la défense et à l'attaque, etc. L'équipement de ce vaisseau a coûté beaucoup. On ordonna l'équipement de la flotte.

ÉQUIPER . v. a.
• Pourvoir quelqu'un des choses qui lui sont nécessaires, et surtout de vêtements. Équiper un soldat. Équiper un cavalier. Il a bien équipé son fils avant de l'envoyer au collége.
• Se dit aussi en parlant D'un vaisseau, d'une flotte, etc., qu'on pourvoit de tout ce qui est nécessaire à la manoeuvre, à la subsistance, à la défense et à l'attaque, etc. Équiper un vaisseau de ligne. Équiper une flotte.
• Fig. et fam., Il a été bien équipé, Il a été maltraité, raillé comme il faut.
• ÉQUIPER, s'emploie aussi avec le pronom personnel. Il lui faut tant pour s'équiper.
• Il signifie quelquefois familièrement, S'accoutrer. Peut-on s'équiper de la sorte?
• ÉQUIPÉ, ÉE. participe, Il arriva bien équipé.
• Se dit, en termes de Blason, D'un vaisseau qui a ses voiles et ses cordages. De gueules à la nef équipée d'argent.

ÉQUIPOLLENCE . s. f.
• (On prononce les L dans ce mot et dans les deux suivants.) .Logique. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, L'équipollence des propositions, Propriété des propositions qui reviennent, qui équivalent l'une à l'autre.

ÉQUIPOLLENT
, ENTE. adj.
• Égal en valeur à une autre chose. L'un est équipollent à l'autre. Le profit est équipollent à la perte. Cette raison est équipollente à l'autre. Quantités équipollentes. Il vieillit.
• Il est aussi substantif, au masculin. Je lui ai rendu l'équipollent. Je lui ai rendu l'équipollent de ce qu'il m'a prêté.
• À L'ÉQUIPOLLENT. loc. adv. À proportion, à l'avenant, selon la mesure et le rapport qu'une chose peut avoir avec une autre. Il a perdu mille écus dans cette affaire, et les autres à l'équipollent, à l'équipollent de ce qu'ils y ont mis. Il fait une dépense de prince, il a chiens, chevaux, pages, et tout le reste à l'équipollent. Cette locution a vieilli.

ÉQUIPOLLER . v. a.
• Valoir autant que. Le gain équipolle la perte. L'un équipolle l'autre. Il faut que le gain soit grand, pour équipoller la perte. Il a vieilli.
• Il est aussi neutre. Une clause qui équipolle à l'autre. Une raison qui équipolle à une autre. Ce verbe et ses dérivés sont plus usités dans le Commerce et en Jurisprudence que dans le langage ordinaire.
• ÉQUIPOLLÉ, ÉE. participe, Balancé, comparé avec. La perte équipollée au gain.
• En termes de Blason, Cinq points d'or équipollés à quatre d'azur, Neuf carrés mis en forme d'échiquier, dont il y en a cinq, savoir, ceux des quatre coins et du milieu, d'un émail différent de celui des quatre autres carrés.

ÉQUITABLE . adj. des deux genres
• Qui a de l'équité. Un homme équitable. Un juge équitable. Des gens peu équitables.
• Se dit aussi Des choses qui sont conformes aux règles de l'équité. Sentiment équitable. Jugement équitable. Partage équitable. Distribution équitable. Cela est équitable, n'est pas équitable.

ÉQUITABLEMENT . adv.
• D'une manière équitable, avec équité, avec justice. Il faut juger équitablement de toutes choses.

ÉQUITATION . s. f.
• (L'U se prononce.) Art de monter à cheval. Les règles de l'équitation. École d'équitation. Termes d'équitation.
• Se dit quelquefois, surtout en Médecine, de L'action de monter à cheval pour faire de l'exercice. L'équitation est recommandée par les médecins dans un grand nombre de maladies.

ÉQUITÉ . s. f.
• Justice naturelle, droiture. Il juge avec équité. Contre toute équité. En toute équité. Selon l'équité. Homme plein d'équité. C'est un homme sans équité, qui n'a point d'équité. Manquer à toutes les règles de l'équité. Violer les règles de l'équité.
• Il signifie quelquefois, La justice exercée, non pas selon la rigueur de la loi, mais avec une modération et un adoucissement raisonnable. Il fut absous, parce qu'on eut plus d'égard à l'équité qu'à la justice rigoureuse. Les arbitres jugent plutôt selon les règles de l'équité que suivant la rigueur des lois. Les Anglais ont un tribunal appelé Cour d'équité.

ÉQUIVALENT
, ENTE. adj.
• Qui est de même valeur, qui équivaut. Je lui donnerai un héritage équivalent. Une chose équivalente. Une expression équivalente à une autre.
• Il est aussi substantif, au masculin. On n'a pu remettre ce prince en possession des villes qu'on lui avait prises, mais on lui en a donné l'équivalent. C'est un équivalent. Offrir des équivalents. Dédommager par un équivalent.

ÉQUIVALOIR . v. n.
• (Il se conjugue comme Valoir.) Être de même prix, de même valeur. Une once d'or équivaut à quinze onces d'argent.
• Se dit quelquefois De choses autres que celles qui ont un prix intrinsèque, une valeur matérielle, et signifie, Être à peu près le même que. Cette réponse équivaut à un refus. Cette expression équivaut à telle autre.

ÉQUIVOQUE . adj. des deux genres
• Qui a un double sens, qui peut recevoir plusieurs interprétations, et qui convient à différentes choses. Ce discours est équivoque. Parole, terme, mot équivoque. Cela est équivoque. Expression équivoque.
• Se dit aussi De toutes les choses sur lesquelles on peut porter des jugements opposés. Action équivoque. Réputation équivoque. Mérite équivoque. Vertu équivoque. Signe équivoque, non équivoque.
• Par extension, Un homme équivoque, se dit d'Un homme à qui l'on ne peut se fier.
• En Médec., Signe équivoque, Signe qui peut convenir à plusieurs maladies.
• ÉQUIVOQUE, se prend quelquefois substantivement dans le premier sens, et il est féminin. C'est une équivoque. Il se sert d'équivoques. Basses équivoques. Il faut éviter les équivoques. Équivoque grossière, fade. Plaisante équivoque. Autrefois il était indifféremment masculin ou féminin.

ÉQUIVOQUER . v. n.
• User d'équivoque. Il équivoque continuellement.
• On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le langage familier; et alors il signifie, Dire involontairement un mot pour un autre. Il s'est équivoqué plaisamment.

ÉRABLE .s.m.
• Genre d'arbres qui croissent naturellement dans les régions tempérées, et dont plusieurs espèces fournissent une liqueur qui peut être convertie en sucre au moyen de l'évaporation. L'érable a le bois extrêmement dur et veineux, et l'écorce fort raboteuse. Palissade d'érable. Racine d'érable. Broussin d'érable. Menuiserie d'érable. Le bois d'érable est bon pour faire des violons et d'autres instruments de musique. Le sycomore est une espèce d'érable. Érable à sucre. Sucre d'érable.

ÉRADICATION . s. f.
• T. didactique. Action de déraciner, d'arracher quelque chose par la racine.

ÉRAFLER . v. a.
• Écorcher légèrement, effleurer la peau. Cette épingle m'a éraflé. Cette épine m'a éraflé le visage. Il a reçu un coup d'épée qui n'a fait que lui érafler la peau. Il est familier.
• ÉRAFLÉ, ÉE. participe.

ÉRAFLURE . s. f.
• Écorchure légère. Il a une éraflure à la main. Une éraflure d'épingle, d'épine, etc. Il est familier.

ÉRAILLEMENT .s.m.
• Renversement des paupières en dehors. On l'appelle en Médecine Ectropion.

ÉRAILLER . v. a.
• Se dit en parlant Des toiles et des étoffes de soie dont le tissu est relâché, effilé, ou comme écorché par une légère déchirure. Érailler du satin. On peut l'employer avec le pronom personnel. Ces étoffes sont sujettes à s'érailler.
• ÉRAILLÉ, ÉE. participe, Étoffe éraillée.
• Avoir l'oeil éraillé, les yeux éraillés, Avoir naturellement des filets rouges dans l'oeil, ou Avoir les paupières plus ou moins renversées en dehors.

ÉRAILLURE . s. f.
• Marque qui reste à une étoffe de soie ou à une toile, quand elle est éraillée.

ÉRATER . v. a.
• Ôter la rate. On a ératé des chiens, pour savoir s'ils pouvaient vivre sans rate.
• ÉRATÉ, ÉE. participe.

ÈRE . s. f.
• .Chronologie. Point fixe d'où l'on commence à compter les années. L'ère de Nabonassar. L'ère des Séleucides. Fixer l'ère. La naissance de JÉSUS-CHRIST est l'ère des chrétiens, et la fuite de Mahomet est celle des mahométans, appelée ordinairement l'hégire.
• Se dit aussi de La suite même des années que l'on compte depuis un point fixe. L'ère des Espagnols commence environ trente-huit ans avant l'ère des chrétiens, et finit vers 1351.
• Se dit quelquefois, dans le style élevé, d'Une époque très-remarquable où un nouvel ordre de choses s'établit, commence. Une ère nouvelle commence. L'ère de la liberté, de l'affranchissement d'un peuple.

ÉRÈBE .s.m.
• .Mythologie. Se dit de La partie la plus ténébreuse de l'enfer des païens; quelquefois il désigne Cet enfer même. Les monstres de l'Érèbe.

ÉRECTEUR . adj. et s. m.
• T. d'Anat. Se dit Des muscles qui servent à redresser certaines parties. Les muscles érecteurs, les érecteurs de la verge, du clitoris.

ÉRECTION . s. f.
• Action d'ériger. Se dit surtout de L'action d'élever une statue, un monument en l'honneur de quelque personnage illustre ou en mémoire de quelque événement important. L'érection d'une statue, d'un monument.
• Se dit aussi, en Médecine, de L'action par laquelle certaines parties molles du corps se gonflent, se durcissent et se redressent.
• ÉRECTION, signifie encore figurément, Institution, établissement. L'érection d'un tribunal. L'érection d'une terre en duché. L'érection d'une commission, d'une charge en titre d'office. Nouvelle érection. Ancienne érection. Il n'est guère usité, en ce sens, que dans ces sortes de locutions.

ÉREINTER . v. a.
• Fouler ou rompre les reins. Si vous lui mettez un fardeau si pesant sur le dos, vous l'éreinterez. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Il fit un si grand effort, qu'il s'éreinta. Ce mot est familier.
• ÉREINTÉ, ÉE. participe.

ÉRÉMITIQUE . adj. des deux genres
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Vie érémitique, Vie que mènent les solitaires dans le désert; par opposition à Vie cénobitique, Celle des religieux qui vivent en commun.

ÉRÉSIPÉLATEUX
, EUSE. adj.
• .Médec. Qui tient de l'érésipèle. Bouton érésipélateux. Tumeur érésipélateuse.

ÉRÉSIPÈLE .s.m. (On disait autrefois Érysipèle, ce qui était conforme à l'étymologie. )
• .Médec. Affection aiguë inflammatoire, caractérisée par une rougeur bien circonscrite, ainsi que par la dureté et par le gonflement de la peau, qui est en même temps le siége d'une douleur plus ou moins forte et d'une chaleur souvent âcre. Érésipèle dartreux. Érésipèle flegmoneux. Érésipèle pustuleux.

ÉRÉTHISME .s.m.
• .Médec. Tension violente des fibres.

ERGO-GLU
• Expression familière dont on se sert pour se moquer des grands raisonnements qui ne concluent rien.

ERGOT .s.m.
• Espèce de petit ongle pointu, qui vient à la patte de quelques animaux, vers la partie postérieure. Les ergots d'un coq, d'un chien.
• Prov. et fig., Se lever sur ses ergots, se tenir sur ses ergots, monter sur ses ergots, Parler avec colère, et d'un ton fier et élevé.
• ERGOT, est aussi Le nom d'une maladie qui attaque le seigle, et qui rend dangereux le pain qu'on fait de ce grain ainsi gâté.

ERGOTÉ
, ÉE. adj.
• Qui a des ergots. Un coq bien ergoté.
• Chien ergoté, Chien qui a un ongle de surcroît au dedans et au-dessus du pied.
• Seigle ergoté, Seigle attaqué de la maladie qu'on appelle Ergot.

ERGOTER . v. n.
• Pointiller, contester mal à propos et avec importunité, chicaner dans la discussion. Il est importun, il ne sait qu'ergoter.
• Il signifie figurément, Trouver à redire. Il ergote sur tout. Ce verbe est familier dans ses deux acceptions.

ERGOTEUR
, EUSE. s.
• Pointilleux, pointilleuse, qui conteste mal à propos. Ce n'est qu'un ergoteur. C'est une ergoteuse. Il est familier.

ÉRIDAN .s.m.
• T. d'Astron. Ancien nom du Pô, qui a été donné à une constellation de l'hémisphère austral.

ÉRIGER . v. a.
• Consacrer, dresser, élever. Ériger un autel. Ériger un trophée, des trophées. Ériger une statue. Ériger une statue à quelqu'un. Ériger un temple. Ériger un monument à la gloire d'un héros.
• S'emploie figurément, comme dans les phrases suivantes:
• Ériger un tribunal, Le créer, l'instituer. On dit dans un sens analogue, Ériger un évêché.
• Ériger une terre en comté, en marquisat, en duché, En faire un comté, un marquisat, un duché. Le roi, par lettres patentes, avait érigé cette terre en duché. On a dit aussi, Ériger une commission, une fonction en titre d'office, Faire d'une commission, d'une fonction amovible une charge inamovible.
• Ériger une église en cathédrale, En faire une cathédrale. On dit de même, Ériger un diocèse en archevêché.
• ÉRIGER, avec le pronom personnel, signifie, S'attribuer une autorité, un droit, une qualité qu'on n'a pas, ou qui ne convient pas. S'ériger en censeur public. S'ériger en réformateur. Il s'est érigé en bel esprit. S'ériger en auteur, en savant. S'ériger en diseur de bons mots, en censeur, en critique.
• ÉRIGÉ, ÉE. participe

ÉRIGNE
ou •ÉRINE. s. f.
• .Chirur. Petit instrument terminé en crochet, dont on se sert pour élever ou soutenir les parties qu'on veut disséquer. Érigne simple. Érigne double.

ERMIN .s.m.
• Se dit, dans les échelles du Levant, Du droit de douane qui se paye pour l'entrée et la sortie des marchandises.

ERMINETTE
ou •HERMINETTE. s. f.
• Espèce de hache recourbée qui sert à planer, à doler le bois. Erminette de charpentier, de tonnelier.

ERMITAGE
ou •HERMITAGE.s.m.
• Habitation d'un ermite. Cet ermite ne sort jamais de son ermitage. Un petit ermitage.
• Se dit aussi d'Un couvent d'ermites. Il y avait autrefois un ermitage au mont Valérien, près de Paris.
• Il se prend figurément pour Un lieu écarté et solitaire, comme ceux que les ermites choisissent pour leur retraite. C'est un véritable ermitage, un joli ermitage.
• Se dit aussi, figurément, d'Une maison écartée et champêtre. Viendrez-vous me voir dans mon ermitage, à mon ermitage?

ERMITE
ou •HERMITE.s.m.
• Solitaire qui vit retiré dans un lieu désert, pour s'y livrer à des exercices de piété. Saint Paul, premier ermite. Les ermites de la Thébaïde. Un vieil ermite. Un saint ermite. Il y a des ermites qui vivent en communauté. Ermites de Saint-Augustin.
• Fig., Vivre comme un ermite, Mener une vie fort retirée, et fuir la société du monde.

ÉROSION . s. f.
• T. didactique. Action d'une substance qui en corrode une autre, qui la ronge. Il y a des humeurs âcres qui détruisent les chairs par érosion.

ÉROTIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient, qui a rapport à l'amour, qui en procède. Poëme, vers érotiques. Chanson érotique. Délire érotique.

ÉROTOMANIE . s. f.
• .Médec. Délire érotique.

ERPÉTOLOGIE . s. f.
• Partie de l'histoire naturelle qui traite des reptiles.

ERRANT
, ANTE. adj.
• (On prononce les deux R dans ce mot et dans les suivants.) Qui erre de côté et d'autre. Il est errant et vagabond. Chevalier errant.
• Le Juif errant, Personnage imaginaire que l'on suppose condamné à errer jusqu'à la fin du monde.
• Étoiles errantes. Nom que l'on donnait autrefois aux planètes; par opposition aux étoiles proprement dites, appelées Étoiles fixes.
• Fig. et fam., C'est un chevalier errant, un Juif errant, se dit D'un homme qui change souvent de demeure, qui voyage sans cesse. On dit dans un sens analogue, Avoir, mener une vie errante.
• Fig., Imagination errante et vagabonde, Imagination sans frein, qui se porte rapidement sur un grand nombre d'objets.
• ERRANT, est quelquefois substantif masculin; et alors il signifie, Celui qui erre dans la foi. Redresser les errants. Ramener les errants. Cette acception est maintenant peu usitée.

ERRATA .s.m.
• T. emprunté du latin. Liste des fautes survenues dans l'impression d'un ouvrage. Il a marqué ces fautes-là dans l'errata. Il a fait un errata fort exact. Les errata sont nécessaires dans les livres. Lorsqu'il ne s'agit que d'une faute à relever, quelques-uns disent, Erratum (prononcez Erratome).

ERRATIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Irrégulier, déréglé. Fièvre erratique.

ERRATUM .s.m.
• Voyez ERRATA.

ERRE . s. f.
• Train, allure. Il n'est usité que dans ces phrases, qui même ont vieilli, Aller grand'erre, aller belle erre, Aller bon train, aller vite.
• Fig. et fam., Aller grand'erre, aller belle erre, Faire trop grande dépense. Ce jeune homme va grand'erre, il aura bientôt mangé tout son bien.
• ERRE, en termes de Marine, signifie, La marche, le sillage, le plus ou moins de vitesse d'un bâtiment. Amortir, diminuer l'erre d'un vaisseau. Ce bâtiment n'a plus d'erre, Il est arrêté, il ne marche plus. Ce bâtiment a repris son erre.
• ERRES au pluriel, se dit Des traces ou voies du cerf.
• Fig. et fam., Suivre les erres, marcher sur les erres, aller sur les erres de quelqu'un, Tenir la même conduite que lui, suivre les mêmes voies, être dans les mêmes sentiments.
• En parlant D'affaires, Reprendre, suivre les premières erres, les dernières erres, Recommencer à travailler sur une affaire, et la reprendre où elle avait été laissée. Voyez ERREMENTS.

ERREMENTS .s.m. pl.
• Erres, voies. Il n'est d'usage qu'au figuré et en parlant D'affaires. Reprendre, suivre les derniers, les anciens errements d'une affaire. On le dit plus ordinairement qu'Erres.

ERRER . v. n.
• Vaguer de côté et d'autre, aller çà et là à l'aventure. Errer par la campagne, dans la campagne. Errer de côté et d'autre. Errer çà et là. Aller errant. Errer dans une forêt, dans un désert. Errer sur mer au gré des vents.
• Fig., Laisser errer ses pensées, Rêver en méditant sans suite et sans liaison dans ses idées.
• ERRER, signifie figurément, Se tromper, avoir une fausse opinion. Il n'y a personne qui ne puisse errer, qui ne soit sujet à errer. Vous errez dans votre calcul. Errer dans la foi. Errer dans les principes. Redresser ceux qui errent. Errer dans le droit, dans le fait.

ERREUR . s. f.
• Action d'errer. Il n'est plus usité au propre que dans cette locution, Les erreurs d'Ulysse, Le voyage très-long et rempli de traverses, que ce prince fit en revenant de Troie.
• Il ne s'emploie ordinairement qu'au figuré, et signifie, Fausse opinion, fausse doctrine. Douce erreur. Agréable erreur. Erreur capitale. Erreur grossière. Tomber dans l'erreur. Sortir d'erreur. Il est encore dans l'erreur. Il est revenu de son erreur. Tirer quelqu'un d'erreur. C'est une erreur que de s'imaginer que... Vous croyez qu'il est franc avec vous: erreur. Erreur dans la foi, en matière de foi. Vivre dans l'erreur. Persister dans l'erreur. La doctrine de cet homme est pleine d'erreurs. On a condamné ses erreurs. Combattre l'erreur. Triompher de l'erreur.
• Se dit quelquefois pour Illusion, comme dans cette phrase, L'erreur des sens.
• Il se prend quelquefois, au pluriel, pour Déréglement dans les moeurs. Les folles erreurs de la jeunesse. Il est bien revenu de ses erreurs. Il est honteux de ses erreurs passées.
• Il signifie aussi, Faute, méprise. Commettre une erreur. Il y a une erreur dans cette citation. Erreur de nom. Erreur de fait. Erreur de droit. Erreur de date. Erreur en chronologie.
• En Jurispr., Erreur de personne ou dans la personne, Erreur qui consiste à prendre une personne pour une autre.
• Erreur de calcul, Inexactitude, manquement dans le calcul. Sauf erreur de calcul, ou simplement, Sauf erreur. Sauf erreur ou omission. Il y a erreur dans ce calcul. Les erreurs de calcul ne se couvrent point.
• Prov., Erreur n'est pas compte.

ERRHIN
, INE. adj.
• .Médec. Nom donné aux médicaments qu'on introduit dans les narines, qu'on applique sur la membrane nasale.

ERRONÉ
, EE. adj.
• Qui est contraire à la vérité, aux principes, aux règles; qui contient de l'erreur. Sentiment erroné. Opinion erronée. Proposition erronée.

ERS .s.m.
• .Bot. Genre de plantes légumineuses, dont quelques espèces produisent les graines alimentaires appelées Lentilles.

ERSE . adj. des deux genres
• Qui appartient aux anciens Scandinaves. On ne l'emploie guère que dans ces locutions: Langue erse. Poésies erses.

ÉRUCAGO
ou •ÉRUCAGUE. s. f.
• .Bot. Plante qui est une espèce de roquette, et qui croît dans les blés de nos provinces méridionales. L'érucague fait éternuer.

ÉRUCTATION . s. f.
• .Médec. Action de rendre par la bouche, et avec un bruit désagréable, les gaz contenus dans l'estomac; ou La sortie même de ces vents.

ÉRUDIT
, ITE. adj.
• Qui a beaucoup d'érudition. Un homme érudit. On dit dans un sens analogue, Un ouvrage érudit.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un érudit, un de nos érudits.

ÉRUDITION . s. f.
• Grande étendue de savoir en littérature, en philologie. Profonde, vaste, rare, singulière érudition. Il est homme d'érudition. Il a de l'érudition, beaucoup d'érudition. Il n'a qu'une médiocre érudition.
• Se dit aussi Des remarques, des recherches savantes, curieuses. Voilà une érudition très-recherchée, mais mal placée. Ouvrages d'érudition. Travaux d'érudition. Recherches d'érudition.

ÉRUGINEUX
, EUSE. adj.
• .Médec. Qui tient de la rouille de cuivre, ou qui y ressemble. Bile érugineuse.

ÉRUPTIF
, IVE. adj.
• .Médec. Se dit Des maladies et surtout des fièvres accompagnées d'éruption, comme la variole, la scarlatine, etc. Fièvre éruptive.

ÉRUPTION . s. f.
• Sortie prompte et avec effort. L'éruption du Vésuve a été précédée d'un tremblement de terre.
• Se dit particulièrement, en Médecine, d'Une évacuation subite et abondante de sang, de pus, de vents, etc.
• Se dit également de La sortie d'une multitude de taches, de pustules, de boutons, etc., qui paraissent à la peau. L'éruption de la petite vérole a fait cesser la fièvre.
• Se dit quelquefois, par extension, de L'exanthème que forment les taches, les pustules, etc. L'éruption qui lui couvre le corps.
• L'éruption des dents, La crise dans laquelle, chez les enfants, les dents se montrent hors de l'alvéole.

ÉRYSIPÉLATEUX
, EUSE. adj.
• Voyez ÉRÉSIPÉLATEUX.

ÉRYSIPÈLE .s.m.
• Voyez ÉRÉSIPÈLE.

ÈS .
• Mot formé, par contraction, de la préposition En et de l'article pluriel les, pour signifier Dans les. On ne l'emploie que dans certaines dénominations, et dans quelques phrases de Pratique. Saint Pierre ès liens. Maître ès arts. Docteur, licencié, bachelier ès lettres. Ès mains d'un tel.

ESCABEAU .s.m.
• Siége de bois sans bras ni dossier. S'asseoir sur un escabeau.

ESCABELLE . s. f.
• Il a la même signification qu'Escabeau.
• Prov. et fig., Déranger les escabelles à quelqu'un, Rompre toutes ses mesures, mettre du désordre dans ses affaires. Cette phrase et la suivante ont vieilli.
• Prov., Remuer ses escabelles, Déménager, changer de domicile. Il a été obligé de remuer ses escabelles. Il signifie aussi, figurément et familièrement, Changer d'état, de fortune, de situation. Je lui ferai bien remuer ses escabelles.

ESCACHE . s. f.
• Mors de cheval, différent du canon, en ce que le canon est rond, et l'escache ovale. Ordinairement les filets sont en escache.

ESCADRE . s. f.
• Nombre de vaisseaux de guerre sous un même chef. Cette escadre était composée de dix vaisseaux de ligne et de tant de frégates. On arma une escadre à Brest.
• Chef d'escadre. Titre que portait autrefois l'officier supérieur de marine auquel on donne aujourd'hui le titre de Contre-amiral.

ESCADRON .s.m.
• Troupe de cavalerie, composée d'une ou de plusieurs compagnies, et, en général, de quatre au plus. Les régiments de cavalerie étaient autrefois composés de deux à six escadrons. Un escadron de cuirassiers, de carabiniers, de chasseurs, de lanciers. Chef d'escadron. Gros escadron. Escadron serré. Former un escadron. Enfoncer, renverser, rompre, défaire, ouvrir un escadron. Escadron qui plie. La tête d'un escadron. Le flanc d'un escadron.
• Il se disait autrefois d'Une troupe quelconque d'hommes à pied ou à cheval. Il partagea sa troupe en deux escadrons.

ESCADRONNER . v. n.
• T. d'Art militaire. Faire les différentes évolutions qui sont particulières à la cavalerie. Ces troupes escadronnent bien.
• Ces deux troupes escadronnent ensemble, se disait autrefois De deux troupes de cavalerie qui se joignaient pour former un même escadron.

ESCALADE . s. f.
• Attaque d'une place avec des échelles, assaut que l'on donne avec des échelles. Aller, monter à l'escalade. Donner, tenter l'escalade. Ils emportèrent la place par escalade. La muraille est trop haute, elle est hors d'escalade.
• Se dit aussi de L'action d'un voleur qui se sert d'une échelle ou de tout autre moyen pour s'introduire quelque part en montant. Les circonstances d'escalade et d'effraction aggravent le délit. À l'aide d'escalade.

ESCALADER . v. a.
• Attaquer, emporter par escalade. On escalada les bastions. La place fut escaladée en plein jour. Les géants voulaient escalader le ciel.
• Escalader une maison, une muraille, etc., Monter dans une maison, franchir un mur de clôture, etc., soit à l'aide d'une échelle, soit en grimpant, ou de quelque autre manière semblable. Les voleurs ont escaladé la maison, ont escaladé ce mur.
• ESCALADÉ, ÉE. participe.

ESCALE . s. f.
• .Marine. Il ne s'emploie que dans cette phrase, Faire escale dans un port, Y mouiller, y relâcher.

ESCALIER .s.m.
• Suite de degrés, partie d'un bâtiment qui sert à monter et à descendre. Escalier de bois, de pierre de taille. Escalier à noyau. Escalier à deux rampes. Escalier à jour. Escalier suspendu. Escalier en limaçon. Le palier, le repos d'un escalier. Grand escalier. Petit escalier. Escalier pris, pratiqué dans l'épaisseur du mur. Escalier dans oeuvre, hors d'oeuvre. Escalier dérobé. Le haut, le bas de l'escalier. Monter, descendre l'escalier.

ESCALIN .s.m.
• Pièce de monnaie des Pays-Bas, qui vaut soixante-quatre centimes de France. Cette étoffe coûte vingt escalins l'aune.

ESCAMOTAGE .s.m.
• Action d'escamoter.

ESCAMOTER . v. a.
• Ôter, changer, faire disparaître quelque chose par un tour de main, sans que les spectateurs s'en aperçoivent. Escamoter des boules, des dés, des cartes. Absolument, Cet homme escamote bien.
• Il signifie, par extension, Dérober subtilement sans qu'on s'en aperçoive. Un filou lui escamota sa bourse.
• Dans les Exercices militaires, Escamoter l'arme, Supprimer, dans le maniement du fusil, certains mouvements voulus par l'ordonnance, afin d'exécuter les temps avec plus de promptitude.
• ESCAMOTÉ, ÉE. participe

ESCAMOTEUR .s.m.
• Celui qui escamote. C'est un habile escamoteur.

ESCAMPER . v. n.
• Se retirer, s'enfuir en grande hâte. Il craignait d'être battu, il escampa. Ce mot est populaire.

ESCAMPETTE . s. f.
• Il n'est usité que dans cette phrase populaire, Prendre la poudre d'escampette, S'enfuir.

ESCAPADE . s. f.
• Échappée, action de manquer à son devoir pour aller se divertir. Il est sujet à faire des escapades. C'est une escapade d'écolier.

ESCAPE . s. f.
• T. d'Archit., qui se prend pour Tout le fût d'une colonne, mais qui ne désigne proprement que La partie inférieure et la plus proche de la base.

ESCARBOT .s.m.
• Espèce d'insecte du genre des Scarabées. Il y a plusieurs sortes d'escarbots.

ESCARBOUCLE . s. f.
• Pierre précieuse qui a beaucoup d'éclat, et qui est d'un rouge foncé. Une belle escarboucle. On croyait autrefois que l'escarboucle brillait dans les ténèbres.

ESCARCELLE . s. f.
• Grande bourse à l'antique. Il a rempli son escarcelle. Il vient de jouer, il a vidé son escarcelle. Mettre la main à l'escarcelle. Fouiller dans l'escarcelle. Il ne se dit plus que familièrement et par plaisanterie.

ESCARGOT .s.m.
• Espèce de limaçon. Un gros escargot. Un petit escargot. Manger des escargots.

ESCARMOUCHE . s. f.
• Combat entre de petits détachements ou entre des tirailleurs, lorsque deux armées sont proches l'une de l'autre. Rude escarmouche. Vive escarmouche. Légère escarmouche. Aller à l'escarmouche. Commencer, engager l'escarmouche.

ESCARMOUCHER . v. n.
• Combattre par escarmouches. Les deux armées escarmouchèrent tout le jour. On ne combattit point, on ne fit qu'escarmoucher.
• Se dit aussi, figurément et familièrement, Des discussions et des disputes. On n'a pas approfondi la question, on n'a fait qu'escarmoucher.

ESCARMOUCHEUR .s.m.
• Celui qui va à l'escarmouche. C'est un bon, un hardi escarmoucheur. Les escarmoucheurs engagèrent le combat. Il a vieilli.

ESCAROLE . s. f.
• Plante potagère, espèce de chicorée à feuilles larges. Salade d'escarole.

ESCAROTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Des substances caustiques qui brûlent les parties vivantes et déterminent la formation d'une escarre. On l'emploie aussi comme substantif masculin. Un escarotique.

ESCARPE . s. f.
• .Fortification. Muraille de terre ou de maçonnerie qui règne au-dessus du fossé du côté de la place. Par opposition, on dit, Contrescarpe.

ESCARPEMENT .s.m.
• .Fortification. Pente roide. Faire l'escarpement d'un fossé.

ESCARPER . v. a.
• Couper droit, de haut en bas. Il ne se dit qu'en parlant D'un rocher, d'une montagne, d'un fossé, et autres choses semblables. Escarper un rocher, une montagne, etc. On a escarpé cette montagne pour la rendre inaccessible.
• ESCARPÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif. Dans ce sens, on dit, Rocher escarpé, pente, montagne escarpée, chemin escarpé, Rocher, pente, montagne, chemin fort rude, que l'on ne gravit que difficilement.

ESCARPIN .s.m.
• Soulier à simple semelle. Danser en escarpin, avec des escarpins. Se mettre en escarpins. Prendre des escarpins pour faire des armes.
• Fig. et pop., Jouer de l'escarpin, S'enfuir.

ESCARPOLETTE . s. f.
• Espèce de siége suspendu par des cordes, sur lequel on se place pour être balancé dans l'air. Se mettre à l'escarpolette, sur l'escarpolette. Le jeu de l'escarpolette.
• Fig. et fam., Une tête à l'escarpolette, Un étourdi.

ESCARRE . s. f.
• Croûte qui résulte de la mortification d'une partie, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause. Il faut attendre que l'escarre tombe.
• ESCARRE, signifie figurément, Ouverture faite avec violence, avec fracas. Le canon a fait une grande escarre dans ce bataillon, dans la muraille de la place. Si vous abattez cinq cents arbres dans votre bois, cela fera une grande escarre. Ce sens est vieux.

ESCAVEÇADE . s. f.
• .Manége. Secousse du caveçon, pour presser le cheval d'obéir.

ESCIENT .s.m.
• Il ne s'emploie guère que dans cette locution adverbiale et familière. À bon escient, Sciemment, sachant bien ce qu'on fait, ou Tout de bon, sans feinte. Faire quelque chose à bon escient. Dites-vous cela à bon escient? Je parle à bon escient. On dit quelquefois dans le premier sens, À mon escient, à son escient.

ESCLAIRE .s.m.
• .Fauconnerie. Oiseau de proie dont le corps est allongé, et qui vole bien.

ESCLANDRE .s.m.
• Malheur, accident qui fait du bruit, de l'éclat, et qui est accompagné de quelque honte. Il est arrivé un grand esclandre dans cette famille.
• Faire esclandre, Quereller quelqu'un en public. Causer de l'esclandre, Faire tapage, occasionner quelque scandale.

ESCLAVAGE .s.m.
• Servitude; l'état, la condition d'un esclave. Rude, dur, cruel, perpétuel esclavage. Il était en esclavage à Tunis. Il aima mieux mourir que de tomber en esclavage.
• Se dit figurément de L'état d'une personne dominée par quelque passion. L'amour est un esclavage. L'esclavage des passions.
• Se dit encore, figurément, de Tout ce qui tient dans une sorte d'assujettissement, de dépendance. Cet emploi est lucratif, mais c'est un véritable esclavage.
• L'esclavage de la rime, La gêne, la contrainte qu'elle impose.
• ESCLAVAGE, se dit aussi d'Une parure de diamants ou d'autres pierres précieuses, qui descend sur la poitrine.

ESCLAVE . s. des deux genres qui s'emploie aussi adjectivement.
• Celui, celle qui est en servitude, et sous la puissance absolue d'un maître. Un jeune, une jeune esclave. Esclave turc. Esclave chrétien. Vendre, acheter, délivrer, racheter des esclaves. Dès qu'un esclave touche la terre de France, il est libre. Affranchir un esclave. Parmi les Romains, l maître avait droit de vie et de mort sur ses esclaves.
• Se dit figurément de Ceux qui par flatterie, par intérêt, se mettent dans la dépendance de quelqu'un, et suivent aveuglément ses volontés. Il est esclave de tous ceux qui peuvent contribuer à sa fortune.
• Avoir une âme esclave, Avoir une âme vile et basse.
• Fig., Être esclave, Être tellement attaché au service de quelqu'un, ou à quelque emploi, qu'on ne peut s'éloigner, ni faire autre chose. On est esclave auprès de ce maître-là. On est esclave, tout à fait esclave dans cet emploi.
• Fig., Être esclave de la faveur, être esclave de ses intérêts, de ses passions, de ses devoirs, etc., Faire tout pour la faveur, pour ses intérêts, pour satisfaire ses passions, pour remplir ses devoirs, etc.
• Être esclave de sa parole, Tenir religieusement ce qu'on promet.

ESCOBARDER . v. n.
• User de réticences, de mots à double entente, dans le dessein de tromper. Il est familier.

ESCOBARDERIE . s. f.
• Subterfuge, faux-fuyant, mensonge adroit. Il est familier.

ESCOFFION .s.m.
• Ancienne coiffure à l'usage des femmes du peuple. Il ne s'employait guère que dans le style burlesque et par mépris. Il la battit, et lui arracha son escoffion.

ESCOGRIFFE .s.m.
• Celui qui prend hardiment sans demander. C'est un escogriffe, un franc escogriffe. C'est un tour d'escogriffe.
• Se dit encore, par moquerie, d'Un homme de grande taille et malbâti. C'est un grand escogriffe. Dans l'un et dans l'autre sens, il est du langage familier.

ESCOMPTE .s.m.
• Remise faite au payeur par celui qui reçoit un payement avant l'échéance, ou avant le terme fixé par les usages du commerce. Il a pris tant pour l'escompte. L'escompte est aisé à faire, à calculer. Nous en ferons l'escompte. Il aura tant d'escompte. Caisse d'escompte. On disait autrefois, Excompte.

ESCOMPTER . v. a.
• Faire l'escompte, le calculer et le réduire. Quand un banquier paye une lettre de change avant l'échéance, il escompte l'intérêt du temps.
• Il signifie aussi, Payer à quelqu'un le montant d'un effet avant l'échéance, moyennant un escompte. Escompter un billet, une lettre de change, un effet. Autrefois on disait, Excompter.
• ESCOMPTÉ, ÉE. participe.

ESCOPE . s. f.
• .Marine. Sorte de pelle de bois longue, étroite, creuse et recourbée, qui sert à prendre et à lancer de l'eau. C'est avec l'escope qu'on lave et qu'on arrose les côtés d'un bâtiment. On vide l'eau des bateaux avec l'escope à main, appelée autrement Sasse. Voyez SASSE.

ESCOPETTE . s. f.
• Arme à feu, espèce de fusil de guerre ou de carabine que l'on portait ordinairement en bandoulière.

ESCOPETTERIE . s. f.
• Salve, décharge de plusieurs escopettes, carabines, fusils ou mousquets. Une terrible escopetterie. Il est vieux.

ESCORTE . s. f.
• Troupe armée qui escorte une personne, un convoi, des bagages, qui accompagne pour protéger, défendre ou surveiller pendant la marche. Ne vous hasardez pas à traverser ce pays-là sans bonne escorte. L'escorte qui avait conduit le convoi ramena un tel. Donner une escorte. Une brillante escorte. Escorte du bagage. Attaquer, battre une escorte. Marcher sous bonne escorte. On lui donna deux cents hommes d'escorte.
• Se dit également de Vaisseaux de guerre qui accompagnent, dans le même dessein, des bâtiments de transport, des navires marchands, etc. La tempête sépara le convoi de son escorte. Vaisseau d'escorte.
• Servir d'escorte, Tenir lieu d'escorte. Cette phrase et les deux suivantes peuvent s'appliquer À des gens non armés, et même à une seule personne.
• Faire escorte, Servir d'escorte. Si vous voulez, je vous ferai escorte jusque chez vous.
• Sous l'escorte de, Escorté par. Il partit sous l'escorte de trois cavaliers.

ESCORTER . v. a.
• Accompagner pour protéger, défendre ou surveiller pendant la marche. On détacha un corps de cavalerie pour escorter le convoi, pour escorter le bagage. Il a des ennemis, il se fait toujours bien escorter. Je n'irai là que bien escorté. Je vous escorterai jusque chez vous. Deux frégates escortèrent le convoi.
• ESCORTÉ, ÉE. participe

ESCOUADE . s. f.
• Fraction d'une compagnie de gens de guerre, sous les ordres d'un caporal ou d'un brigadier. Autrefois les escouades de cavalerie s'appelaient Brigades.

ESCOURGÉE . s. f.
• Fouet qui est fait de plusieurs courroies de cuir. Fouetter avec des escourgées.
• Se dit aussi Des coups donnés avec cette espèce de fouet. Il reçut une bonne escourgée. Ce mot est vieux.

ESCOURGEON .s.m.
• Espèce d'orge hâtive qu'on fait ordinairement manger en vert aux chevaux.

ESCOUSSE . s. f.
• Mouvement, élan, course qu'on prend de quelque distance pour mieux sauter, pour s'élancer avec plus de force, avec plus de légèreté. Prendre son escousse. Il est familier et peu usité.

ESCRIME . s. f.
• Art de faire des armes; exercice par lequel on apprend à se battre à l'épée ou au sabre. Il sait tous les tours d'escrime. Salle d'escrime. Maître d'escrime. On dit plus ordinairement, Maître d'armes, ou Maître en fait d'armes.

ESCRIMER . v. n.
• S'exercer à faire des armes, à se battre à l'épée ou au sabre. Ces deux hommes escriment tous les jours l'un contre l'autre.
• Il signifie, figurément et familièrement, Disputer l'un contre l'autre sur quelque matière d'érudition, de science. Ils sont tous deux fort savants, il y a plaisir à les voir escrimer l'un contre l'autre.
• Fig., et avec le pronom personnel, S'escrimer à faire quelque chose, S'exercer, s'appliquer à le faire. Il s'escrime du matin au soir à faire des vers. On dit dans le même sens, Faites-vous des vers? Je m'en escrime quelquefois.
• S'escrimer de quelque chose, Savoir s'en servir. Joue-t-il du violon? Il s'en escrime un peu. On dit à peu près de même, S'escrimer des pieds et des mains pour grimper en quelque endroit, Faire tous ses efforts pour monter en quelque endroit à l'aide de ses pieds et de ses mains.

ESCRIMEUR .s.m.
• Celui qui entend l'art d'escrimer. Il y a plaisir à voir faire des armes à deux bons escrimeurs. Escrimeurs à outrance.

ESCROC .s.m.
• Fripon, fourbe, homme qui a coutume de tirer quelque chose des gens par fourberie, par artifice. C'est un escroc. Gardez-vous des escrocs. Un vil escroc.

ESCROQUER . v. a.
• Tirer quelque chose d'une personne par fourberie, par artifice. Il m'a escroqué cent francs, sous prétexte de me les emprunter. Il m'a escroqué une montre, un cheval, etc.
• Il prend assez souvent pour régime le nom de la personne qui est trompée de cette manière. Il n'y a point de marchand qu'il n'escroque. Il escroque tout le monde.
• S'emploie quelquefois absolument. Il escroque tant qu'il peut, partout où il peut.
• Prov., Escroquer un dîner, se dit D'un parasite qui prend part à un dîner auquel on ne l'a pas prié.
• ESCROQUÉ, ÉE. participe.

ESCROQUERIE . s. f.
• Action d'escroquer. Grande, petite, infâme escroquerie. Il a usé d'escroquerie. Il a été puni de ses escroqueries.

ESCROQUEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui escroque. On ne l'emploie guère qu'avec un complément. C'est un escroqueur de livres.

E-SI-MI
• Ancien terme de Musique, par lequel on désignait Le ton de mi. Cet air est en e-si-mi.

ESPACE .s.m.
• Dans son acception abstraite, ce mot exprime L'étendue indéfinie. Le temps et l'espace. L'espace et la durée. Mesurer l'espace.
• Dans les applications usuelles, il désigne presque toujours Une étendue limitée, et ordinairement superficielle, comme dans les exemples suivants: Grand espace. Long espace. Espace vide, rempli. Ce bois occupe l'espace d'une lieue, d'un arpent, etc. Laisser de l'espace. Ménagez l'espace. Il n'y a pas assez d'espace. D'espace en espace. Garder les espaces.
• Se dit quelquefois absolument, tant au singulier qu'au pluriel, de Cette étendue qui embrasse l'univers. Les corps célestes roulent dans l'espace. Parcourir l'espace, les espaces.
• Se dit aussi de L'étendue du temps. Un grand espace de temps. Dans l'espace de six mois, d'un an.
• Espaces imaginaires, Espaces créés par l'imagination, hors du monde réel, pour y placer des chimères.
• Fig. et fam., Être, voyager, se perdre dans les espaces imaginaires, Se former des visions, se repaître d'idées chimériques. Cet homme est toujours dans les espaces imaginaires.
• ESPACE, en termes d'Imprimerie, se dit de Petites pièces de fonte, plus basses que la lettre, qui ne marquent point sur le papier, et qui servent à séparer les mots l'un de l'autre. Dans ce sens, il est féminin. Mettre une espace entre deux mots. Une espace fine. Une forte espace.

ESPACEMENT .s.m.
• Distance entre un corps et un autre. On l'emploie surtout en Architecture. L'espacement des poteaux, des solives, des colonnes.
• Se dit aussi, en Imprimerie, de L'intervalle qu'on laisse entre les mots ou entre les lignes. Espacement régulier.

ESPACER . v. a.
• Ranger plusieurs choses de manière à laisser entre elles les espaces nécessaires. Le jardinier espacera régulièrement ces arbres.
• Se dit particulièrement, dans l'Imprimerie, en parlant Des mots, des lignes, et quelquefois même des lettres. Ce compositeur n'espace pas bien les mots.
• ESPACÉ, ÉE. participe, Colonnes bien espacées. Des lignes mal espacées.

ESPADON .s.m.
• Grande et large épée qu'on tenait à deux mains. Jouer de l'espadon.
• Se dit, en termes d'Escrime, Du sabre dont on apprend à se servir. Maître d'espadon. Apprendre l'espadon.
• Se dit, en Histoire naturelle, d'Une espèce de grand poisson dont le museau est armé d'un os plat et allongé comme un glaive.

ESPADONNER . v. n.
• Se servir de l'espadon. Il espadonne bien.

ESPAGNOLETTE . s. f.
• Sorte de ratine fine. Une camisole d'espagnolette.
• ESPAGNOLETTE, signifie encore, Une espèce de ferrure à poignée servant à fermer les châssis d'une fenêtre.

ESPALIER .s.m.
• Rangée d'arbres fruitiers dont les branches sont étendues, couchées, dressées contre un mur, et assujetties, soit avec des clous, soit par un treillage. Des arbres en espalier. Plier, tailler, accommoder un espalier. Un bel espalier. Des fruits d'espalier. Un mur d'espalier.

ESPALMER . v. a.
• .Marine. Nettoyer, laver la carène d'un bâtiment, d'une embarcation, avant de l'enduire de suif ou autre matière. Espalmer un bâtiment. Espalmer une chaloupe. On dit de même, Espalmer une pompe, des roues d'affût, etc., avant de les peindre ou de les suiver.
• ESPALMÉ, ÉE. participe, Un navire espalmé de frais.

ESPARCETTE . s. f.
• Nom vulgaire du Sainfoin, dans plusieurs provinces. On dit aussi, Éparcet.

ESPARS .s.m. pl.
• .Marine. Longs mâtereaux de sapin, qui servent à faire des mâts de chaloupe et de canot, des bouts-dehors de vergues, etc. On se munit toujours d'espars dans les bâtiments qui font des voyages de long cours.

ESPÈCE . s. f.
• Division du genre; réunion de plusieurs êtres, de plusieurs choses sous un caractère commun qui les distingue des autres êtres, des autres choses appartenant au même genre. Les quadrupèdes sont un genre dont le lion, le cheval, etc., sont des espèces. Les diverses espèces d'oiseaux, de poissons. La nature veille à la conservation de l'espèce, des espèces. Il est unique en son espèce. Les diverses espèces d'arbres, de plantes. On a beaucoup de peine dans ce pays à trouver des chevaux pour la cavalerie; l'espèce manque.
• Il signifie aussi, Sorte, qualité. Des marchandises de toutes les espèces, de toute espèce. Quelle espèce de drap, quelle espèce de cheval est-ce-là? Voilà des poires d'une belle, d'une bonne espèce. Il y en a de plusieurs espèces. Combien en distingue-t-on d'espèces? Les diverses espèces de délits. Je ne lui ai fait aucune espèce de reproche. Quelle espèce d'homme nous avez-vous amené?
• L'espèce humaine, L'universalité des hommes, le genre humain. La découverte de la vaccine est un bienfait pour l'espèce humaine.
• Fam., C'est une plaisante espèce d'homme, une pauvre espèce d'homme, une pauvre espèce, C'est un homme sans considération, un homme dont on fait peu de cas. On dit quelquefois absolument, dans le même sens, C'est une espèce; mais cette locution commence à vieillir.
• Ironiq. et fam., C'est un sage de nouvelle espèce, un philosophe d'espèce nouvelle, se dit D'un homme qui a ou qui affecte des opinions bizarres, extraordinaires. On dit de même, C'est un homme d'espèce singulière; et dans un sens analogue, C'est un fou de nouvelle espèce, d'espèce singulière, etc., C'est un original d'un caractère assez plaisant.
• Des gens de toute espèce, Des gens de tout état, de toute condition. Il y avait, dans cette réunion, des gens de toute espèce.
• Fam., Une espèce de valet de chambre, une espèce d'intendant, etc., Un homme qui, sans être proprement un valet, un intendant, etc., en fait les fonctions. Une espèce d'avocat, d'auteur, etc., se dit, par dénigrement, D'un mauvais avocat, d'un mauvais auteur, etc.
• En Arithm., Grandeurs de la même espèce, Celles qui sont de la même nature, comme douze heures et douze minutes; et, Grandeurs de différentes espèces, Celles qui sont de nature différente, comme douze heures et douze toises.
• ESPÈCE, en termes de Jurisprudence, signifie, Le cas particulier sur lequel il s'agit de prononcer. Ne nous proposez point la question en termes généraux, faites-nous connaître l'espèce. Voici l'espèce. Les circonstances changent l'espèce. Cette loi n'est point applicable à l'espèce.
• ESPÈCES au pluriel, se dit Des pièces de monnaie d'or ou d'argent. Les espèces d'or et d'argent. Faire un payement en belles espèces, en espèces bonnes et valables. On lui a compté dix mille francs tant en espèces d'or qu'en espèces d'argent. On lui a fait ce payement en écus et autres espèces ayant cours. Les espèces étrangères. On lui a rendu son argent en mêmes espèces. Espèces rognées. La rareté des espèces. Il est défendu de fondre les espèces.
• Payer en espèces sonnantes, Payer en espèces d'or ou d'argent, et non pas en billets, en papier.
• ESPÈCES, dans le sacrement de l'Eucharistie, signifie, Les apparences du pain et du vin après la transsubstantiation. Espèces sacramentelles. Les espèces du pain et du vin. Communier sous les deux espèces.
• ESPÈCES, en termes de Philosophie scolastique, signifiait, Les images, les représentations des objets sensibles, reçues par les sens, et de là portées dans l'imagination. Espèces distinctes, claires. Espèces confuses, embrouillées.
• ESPÈCES, en termes de Pharmacie, se dit Des poudres mélangées qui forment la base des électuaires.
• Se dit aussi de Diverses substances végétales divisées en fragments plus ou moins menus, qui ont entre elles quelque analogie de propriétés. Les espèces vulnéraires, pectorales, toniques, apéritives, etc.

ESPÉRANCE . s. f.
• Attente d'un bien qu'on désire, et qu'on croit qui arrivera. Grande espérance. Espérance prochaine. Espérance éloignée. Espérance trompeuse. Vaine espérance. Espérance bien fondée, mal fondée. Fausse espérance. Avoir espérance. Concevoir des espérances. Ce jeune homme est bien né, il donne de grandes espérances. Il est de belle espérance. Il a surpassé, il a passé, il a rempli, il a trompé nos espérances. Il a répondu à nos espérances. Il a été au delà de nos espérances. Il se flatte, on l'amuse de cette espérance. Se repaître, se nourrir d'espérance. Vivre d'espérance. Vivre en espérance. Mettre son espérance en Dieu. Il est déchu de ses espérances. Perdre espérance, l'espérance, toute espérance. Espérance perdue. L'espérance fait vivre.
• Il se prend, quelquefois, pour La personne ou la chose sur laquelle on fonde son espérance. Ce fils est l'espérance de toute sa famille. Vous êtes toute mon espérance. C'est là ma seule, mon unique espérance. Dieu est notre espérance.
• ESPÉRANCE, désigne aussi L'une des trois vertus théologales, celle par laquelle nous espérons posséder Dieu, et obtenir les moyens nécessaires à cette fin, par les mérites de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. La foi, l'espérance et la charité.

ESPÉRER . v. a.
• Attendre un bien qu'on désire, et que l'on croit qui arrivera. Espérer une récompense. Espérer une succession. Il espère une meilleure fortune. Je connais bien cet homme, je n'en espère aucun appui. Nous devons tout espérer de la bonté de ce prince. Il me doit tant, mais je n'en espère rien. J'espère gagner mon procès. Qu'en dois-je espérer? Il espérait obtenir tel emploi. J'espère le voir aujourd'hui. J'espère qu'il viendra bientôt. Nous n'avons plus rien à espérer.
• Il se prend aussi absolument. Il n'est pas défendu d'espérer. Il pourra guérir de cette maladie, j'en espère bien. Il y a plus à craindre qu'à espérer. Espérer, c'est jouir.
• S'emploie également comme neutre. Espérer en Dieu. J'espère en vous. J'espère en votre justice. Je n'espère qu'en lui.
• Il se construit quelquefois avec la préposition de, particulièrement quand il est à l'infinitif, et que le verbe qui le suit immédiatement est aussi a ce mode. Peut-on espérer de vous revoir?
• ESPÉRÉ, ÉE. participe.

ESPIÈGLE . adj. et s. des deux genres
• Fin, subtil, éveillé. Cet enfant est espiègle. Il a fait un tour d'espiègle. C'est une petite espiègle. Il est familier.

ESPIÈGLERIE . s. f.
• Petite malice que fait un enfant vif et éveillé. Cet enfant fait tous les jours de nouvelles espiègleries. Il est familier.

ESPINGOLE . s. f.
• Gros fusil court, dont le canon est fort évasé, et que l'on charge de plusieurs balles. L'espingole est ordinairement de cuivre.

ESPION .s.m.
• Celui qui se mêle parmi les ennemis pour épier; et, en général, Quiconque est chargé d'observer les actions, les discours d'autrui, pour en faire son rapport. Il faut avoir des espions dans l'armée ennemie, pour être instruit de ses mouvements. À la guerre, on fusille les espions quand on les découvre. Ce général dépense beaucoup en espions. Entretenir des espions. Espion double, double espion, qui sert les deux partis. La police est obligée d'employer beaucoup d'espions dans les grandes villes. Il vous sert d'espion auprès d'un tel. Espion domestique. On emploie quelquefois son féminin Espionne.
• Fig. et fam., Tromper l'espion, Tenir un langage, une conduite propre à abuser sur nos desseins ceux qui surveillent nos démarches.
• Fig. et fam., Cet homme ne se ruinera pas en espions, Il n'est pas bien averti de ce qu'il lui importe de savoir.

ESPIONNAGE .s.m.
• Action d'espionner, métier d'espion. Espionnage domestique. L'espionnage est un métier infâme.

ESPIONNER . v. a.
• Épier les actions, les discours d'autrui, pour en faire son rapport. Espionner les ennemis. Prenez garde à vous, on vous espionne.
• S'emploie aussi absolument. Il ne fait qu'espionner. C'est un vilain métier que d'espionner.
• ESPIONNÉ, ÉE. participe.

ESPLANADE . s. f.
• Espace uni et découvert au devant d'un édifice, au devant d'une place fortifiée, etc. Il y a une esplanade en face du château. On a fait une grande esplanade au devant de la place, pour découvrir de plus loin. Au bout de ce jardin il y a une belle esplanade.

ESPOIR .s.m.
• Espérance. Mettre son espoir en Dieu. Espoir trompeur. Vain espoir. Doux espoir. L'espoir qui le flatte. Je n'ai d'espoir qu'en vous. L'espoir d'une récompense. L'espoir d'être récompensé. C'est là mon dernier espoir. Ce mot n'a pas de pluriel.

ESPONTON .s.m.
• Arme d'hast, sorte de demi-pique que portaient autrefois les officiers d'infanterie, et dont on se sert sur les vaisseaux, quand on en vient à l'abordage.

ESPRINGALE . s. f.
• Espèce de fronde dont on se servait anciennement dans les armées.

ESPRIT .s.m.
• Substance incorporelle. Se dit de Dieu. Dieu est un esprit. Esprit incréé.
• Le Saint-Esprit, l'Esprit consolateur, l'Esprit vivifiant. Noms que l'on donne à la troisième personne de la Trinité.
• L'ordre du Saint-Esprit, Ordre de chevalerie institué par Henri III. Les chevaliers du Saint-Esprit. On appelle Croix du Saint-Esprit, La croix d'or boutonnée que les chevaliers de l'ordre portaient attachée au cordon bleu; et absolument Saint-Esprit, La croix en broderie d'argent qu'ils portaient sur leur habit et sur leur manteau.
• ESPRIT, se dit aussi Des anges. Esprits célestes. Esprits bienheureux. Cette dernière locution sert également à qualifier Les âmes qui sont en paradis.
• Se dit pareillement Des mauvais anges ou diables. Esprit de ténèbres. Esprit immonde. Malin esprit.
• Se dit également Des prétendus revenants. On leur dit qu'il revenait des esprits dans cette maison-là. Avoir peur des esprits.
• Esprit follet, Sorte de lutin familier qui, selon le préjugé populaire, est plus malin que malfaisant. On prétendait qu'il y avait dans cette maison un esprit follet.
• Esprit familier, Sorte de génie que l'on croyait attaché à une personne, pour la guider, l'inspirer, la servir. On a dit que Socrate avait un esprit familier.
• ESPRIT, signifie aussi, Vertu, puissance surnaturelle qui remue l'âme, qui opère dans l'âme. Ce n'est point l'esprit de Dieu qui agit en lui, c'est l'esprit du démon. Quand l'esprit du Seigneur remplissait, inspirait les prophètes. L'esprit de Dieu descendit sur eux, s'empara d'eux, Ils reçurent l'inspiration divine.
• Se dit également Des grâces et des dons de Dieu. L'esprit d'adoption des enfants de Dieu. L'esprit de conseil, de force, de science, de piété. L'esprit de prophétie. L'esprit d'Élie se reposa sur Élisée.
• ESPRIT, se dit encore de L'âme. L'esprit est plus noble que le corps. Seigneur, dit saint Étienne en mourant, recevez mon esprit.
• Rendre l'esprit, Mourir.
• En esprit, Par la pensée, en imagination. Je suis en esprit au milieu de vous. Saint Paul fut ravi en esprit.
• ESPRIT, en termes de l'Écriture sainte, et pris absolument, se dit par opposition à la Chair. Marchez selon l'esprit, et non selon la chair. L'esprit est prompt et la chair est faible. Les fruits de la chair sont l'adultère, l'impureté, etc., et les fruits de l'esprit sont la charité, la tempérance, la joie, la paix, etc.
• ESPRIT, se dit aussi de L'ensemble des facultés intellectuelles. Grand esprit. Esprit agissant. Esprit présent. Esprit ferme, mâle, solide. Esprit éclairé, net, subtil. Esprit faible, confus, embrouillé, grossier, dissipé, distrait. Esprit orné. Esprit étendu, vaste. Petit esprit. Esprit superficiel. Esprit crédule, superstitieux. Esprit droit. Esprit juste. Esprit de travers. Esprit méthodique. Esprit systématique. Appliquer, mettre, exercer, occuper, employer son esprit à quelque chose. Cultiver son esprit. Ne mettez point cela dans votre esprit. Ôtez cela de votre esprit. Ces pensées me fatiguent l'esprit. S'alambiquer l'esprit. Les mauvaises compagnies et les mauvais livres lui ont gâté l'esprit. Force d'esprit. Netteté d'esprit. Justesse d'esprit. Présence d'esprit. Élévation d'esprit. Les dons de l'esprit. Former l'esprit et le coeur d'un jeune homme.
• S'emparer de l'esprit de quelqu'un, Lui inspirer une confiance extrême qui permet de le diriger comme on veut.
• Être bien dans l'esprit de quelqu'un, Avoir son estime, sa bienveillance.
• ESPRIT, se dit quelquefois, simplement, de L'attention, de la présence d'esprit. Où avait-il donc l'esprit, quand il a fait une question si déplacée?
• Prov. et fig., Il a l'esprit aux talons, se dit D'un homme qui, par étourderie ou par préoccupation, ne pense point à ce qu'il dit.
• ESPRIT, signifie souvent, La facilité de la conception et la vivacité de l'imagination. Il a beaucoup d'esprit, mais il n'a point de jugement. Il a l'esprit vif, l'esprit pesant, lourd, paresseux. Montrer de l'esprit. C'est un homme d'esprit, de beaucoup d'esprit. Elle a de l'esprit comme un ange.
• Fig. et fam., Avoir de l'esprit au bout des doigts, Être adroit aux ouvrages de la main. Avoir de l'esprit jusqu'au bout des doigts, Avoir beaucoup d'esprit, faire paraître de l'esprit jusque dans les plus petites choses.
• ESPRIT, signifie quelquefois, L'imagination seule. Esprit brillant. Il a l'esprit inventif, fécond, l'esprit stérile, l'esprit sec. Il a un tour d'esprit agréable.
• Il signifie quelquefois, au contraire, La conception seule. Avoir l'esprit ouvert, bouché. Il n'a pas eu l'esprit de m'entendre.
• Il signifie également quelquefois, Le jugement seul. On lui a proposé plusieurs expédients, mais il n'a pas eu l'esprit de choisir le bon. Il a mille bonnes qualités, mais il n'a pas l'esprit de se conduire. Il n'a pas l'esprit de régler ses affaires.
• ESPRIT, se dit encore Des pensées fines, ingénieuses, piquantes. Il n'y a point d'esprit dans ce livre, dans cette réponse, dans ce discours. L'auteur de cette pièce a dépensé beaucoup d'esprit pour rien.
• Faire de l'esprit, courir après l'esprit, Chercher à montrer de l'esprit.
• ESPRIT, se prend aussi pour Humeur, caractère. Esprit doux. Esprit souple. Esprit facile. Esprit modéré. Esprit fâcheux. Esprit pointilleux. Esprit mutin. Esprit remuant, turbulent, factieux. On ne peut vivre avec cet homme-là, je ne sais quel esprit c'est. Esprit dangereux, inquiet, brouillon. Esprit insinuant. Esprit volage.
• Se dit également de La disposition, de l'aptitude qu'on a à quelque chose; ou Du principe, du motif, de l'intention, des vues par lesquelles on est dirigé dans sa conduite. Cet homme a l'esprit du jeu. Il a l'esprit des affaires, du commerce. Il a l'esprit de chicane. Esprit de conduite. Esprit d'analyse. Esprit de système. Esprit de charité. Esprit de paix. Esprit de vengeance, de faction, de parti. Cela n'a pas été fait dans cet esprit-là. Ce n'est pas là l'esprit de cette compagnie.
• Esprit de vertige, État d'égarement, d'erreur, de fascination.
• Esprit du monde, Humeur égale, manières affables, habitudes de souplesse et de ménagement.
• Esprit national, Les opinions, les dispositions qui dominent dans une nation. On dit dans un sens analogue, L'esprit du siècle.
• Esprit public, Opinion qui se forme dans une nation sur les objets qui intéressent sa gloire et sa prospérité.
• Esprit de corps, Attachement des membres d'une corporation aux opinions, aux droits, aux intérêts de la compagnie.
• Esprit de retour, Le désir qu'une personne éloignée de son pays, conserve d'y retourner un jour. La qualité de Français se perd par tout établissement fait en pays étranger, sans esprit de retour. Cette locution s'emploie surtout en termes de Droit; et on l'applique souvent, par extension, À certains animaux domestiques, tels que les pigeons, etc.
• Avoir l'esprit de son état, l'esprit de son âge, etc., Connaître ce qui convient à la situation, à l'âge où l'on est, et s'y conformer.
• ESPRIT, signifie en outre, Le sens d'un auteur, d'un texte. Vous n'avez pas saisi l'esprit de cet auteur. Ce n'est pas là l'esprit de ce passage. Il faut consulter l'esprit de la loi, et non s'attacher à la lettre. C'est dans ce sens qu'on dit proverbialement, La lettre tue, et l'esprit vivifie.
• Il signifie aussi, Le caractère d'un auteur. Il a voulu imiter cet auteur, mais il n'en a pas saisi l'esprit.
• L'esprit d'un auteur, se dit encore d'Un recueil de pensées choisies, extraites des ouvrages d'un auteur. L'Esprit de Montaigne, de J. J. Rousseau.
• ESPRIT, se dit quelquefois de Ce qui tend à donner une idée sommaire de l'intention dans laquelle une lettre a été écrite, dans laquelle un livre a été composé, etc. Si ce n'est là le texte de sa lettre, c'en est du moins l'esprit.
• ESPRIT, se dit quelquefois d'Une personne, considérée par rapport au caractère de son esprit. C'est un bon esprit. C'est un des meilleurs esprits de l'assemblée. C'est un bien pauvre esprit.
• Un bel esprit, se disait autrefois d'Un homme dont l'esprit était orné de connaissances agréables. C'est un bel esprit, un de nos beaux esprits. Il ne s'emploie guère aujourd'hui que par ironie. Messieurs les beaux esprits. On dit aussi, Une femme bel esprit, Une femme qui a des prétentions à l'esprit.
• Un esprit fort, Une personne qui se pique de ne pas croire les dogmes de la religion; et, en général, Quiconque veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. C'est un esprit fort. Il fait l'esprit fort. Les prétendus esprits forts.
• ESPRITS au pluriel, se dit souvent d'Une réunion de personnes, considérées par rapport aux passions, aux dispositions qui leur sont communes. Une grande fermentation régnait alors dans les esprits. Échauffer, remuer, égarer les esprits. Calmer les esprits. Il se fit une grande révolution dans les esprits. Éclairer les esprits.
• ESPRIT, dans l'ancienne Nomenclature chimique, se dit d'Un fluide très-subtil, ou d'une vapeur très-volatile. Esprit-de-vin, ou Alcool. Esprit de soufre, de sel, de vitriol. Esprit volatil.
• ESPRITS au pluriel, se dit de Petits corps légers, subtils et invisibles, qu'on supposait doués de la faculté de porter la vie et le sentiment dans les diverses parties de l'animal. Esprits vitaux. Esprits animaux. La perte, la dissipation des esprits animaux, des esprits. On dit encore maintenant, dans le langage ordinaire, par allusion à cette erreur des anciens physiologistes: La peur glace les esprits. Il est évanoui; jetez-lui de l'eau, afin de lui faire revenir les esprits. Il fut longtemps, après sa chute, après sa blessure, avant que de reprendre ses esprits. Etc.
• Fig., Reprendre ses esprits, Se remettre du trouble, de l'émotion, de l'embarras, de la surprise, etc., que l'on éprouvait. Laissez-lui reprendre ses esprits.
• En termes de Grammaire grecque, Esprit rude, Signe qui marque aspiration; et, Esprit doux, Signe qui se fait en sens contraire de l'esprit rude, et qui marque absence d'aspiration. Quand il y a deux [grec] de suite, le premier reçoit l'esprit doux, et le second l'esprit rude, comme dans [grec] (influence).
• ESPRIT, se dit en outre d'Une aigrette de plumes que les femmes mettent quelquefois dans leur coiffure.

ESQUICHER . v. n.
• T. du Jeu de reversi. Il signifie que, dans le cas où l'on a la carte supérieure et la carte inférieure de la couleur dont on joue, on préfère donner la dernière, afin de ne pas prendre la main. Il esquiche sans cesse.
• S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Il ne fait que s'esquicher.
• Se dit quelquefois figurément et familièrement, et signifie, Éviter de dire son avis, de prendre part à une querelle. Il a senti la difficulté, il s'est esquiché.

ESQUIF .s.m.
• Petite barque, petit canot. Quand il vit le navire en flammes, il se jeta dans un esquif et se sauva. Un léger esquif. Un frêle esquif.

ESQUILLE . s. f.
• .Chirur. Petit fragment qui se détache d'un os fracturé ou carié. Il est sorti une esquille de la plaie. On lui a tiré une grande esquille, plusieurs esquilles de la jambe.

ESQUINANCIE . s. f.
• Maladie qui fait enfler la gorge, et qui empêche d'avaler, quelquefois même de respirer. Les médecins la nomment Angine. Une violente esquinancie. Une esquinancie l'a suffoqué. Il est mort d'une esquinancie.

ESQUINE . s. f.
• .Manége. Se dit Des reins du cheval. On ne l'emploie guère que dans ces locutions: Un cheval fort d'esquine. Un cheval faible d'esquine.

ESQUINE . s. f.
• Plante. Voyez SQUINE.

ESQUIPOT .s.m.
• Espèce de tirelire, de petit tronc où l'on dépose de l'argent. L'esquipot est plein. Il est familier.

ESQUISSE . s. f.
• .Peinture. Premier trait d'un dessin; ébauche, essai en petit d'un ouvrage de peinture. Esquisse au crayon, à la plume, au pinceau. Faire l'esquisse d'un tableau. Ce peintre doit peindre cette galerie, il en a déjà fait les esquisses. J'en ai vu l'esquisse. Tracer une esquisse.
• Se dit aussi, en Sculpture, Du premier modèle, de terre ou de cire, d'un bas-relief que l'on se propose d'exécuter.
• Se dit, figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit. L'esquisse d'un poëme, d'un ouvrage dramatique. Une esquisse rapide.

ESQUISSER . v. a.
• .Peinture. Faire une esquisse. Esquisser une figure. Esquisser un paysage. Esquisser à grands traits. J'ai tout mon tableau dans la tête, mais je ne l'ai pas encore esquissé. Lorsqu'il s'agit D'un tableau, comme dans le dernier exemple, on dit mieux, Faire l'esquisse.
• Se dit, figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit. Cet ouvrage n'est qu'esquissé. Esquisser rapidement le tableau d'une époque.
• ESQUISSÉ, ÉE. participe.

ESQUIVER . v. a.
• Éviter adroitement quelque coup, quelque choc. Il fit un mouvement, et esquiva le coup.
• S'emploie aussi neutralement. Il poussa son cheval contre moi, j'esquivai adroitement.
• Se dit souvent en parlant Des personnes, des rencontres, des difficultés, etc. C'est un importun que j'esquive autant que je puis. Ce sont de fâcheuses occasions, il faut les esquiver. Ce n'est pas résoudre la difficulté, ce n'est que l'esquiver.
• ESQUIVER, avec le pronom personnel, signifie, Se retirer, sans rien dire et en évitant d'être aperçu, d'une compagnie, d'un lieu où l'on ne veut pas demeurer. Le coup fait, il s'esquiva. On voulait le retenir; mais il parvint à s'esquiver.
• ESQUIVÉ, ÉE. participe

ESSAI .s.m.
• Épreuve qu'on fait de quelque chose. Faire un essai. Faire l'essai d'une machine, d'un remède, d'un canon, d'une arme à feu. Faire l'essai de ses forces. Donner à l'essai. Prendre à l'essai.
• Se dit particulièrement d'Une opération par laquelle on s'assure de la pureté d'un métal, ou de la nature de celui qui est contenu dans une mine. L'art des essais. Faire l'essai d'une mine. Poids d'essai.
• Se dit plus particulièrement encore de L'épreuve qu'on fait de la pureté de l'or et de l'argent, à l'aide de la pierre de touche.
• ESSAI, signifie quelquefois, Une petite portion de quelque chose, qui sert à juger du reste. Envoyer des essais de vin. Prendre des essais de poudre à tirer.
• Se dit également Des petites bouteilles où il ne tient du vin qu'autant qu'il en faut à peu près pour l'essayer, et Des petites tasses où l'on met du vin pour le goûter.
• ESSAI, se dit aussi Des premières productions de l'esprit ou de l'art qui se font sur quelque sujet, sur quelque matière, pour voir si l'on y réussira. Il a voulu montrer par cet essai qu'il était capable de réussir en quelque chose de plus important. Faire l'essai en petit d'un tableau, d'un bas-relief.
• Se dit encore de Certains ouvrages qu'on intitule ainsi, soit par modestie, soit parce qu'en effet l'auteur ne se propose pas d'approfondir la matière qu'il traite. Essais de géométrie. Essais de physique, de morale, de littérature. Essai sur la peinture, sur la musique. Les Essais de Montaigne.
• Coup d'essai, La première action, le premier ouvrage par lequel on donne des marques de ce qu'on est capable de faire. Faire son coup d'essai. Son coup d'essai fut un coup de maître.

ESSAIM .s.m.
• Volée de jeunes mouches à miel, qui se séparent des vieilles pour aller ailleurs. Gros essaim. Petit essaim. L'essaim alla se poser sur une branche d'arbre. Essaim d'abeilles.
• Se dit, par extension, d'Une grande multitude d'autres insectes. Des essaims de sauterelles ravagèrent la contrée.
• Se dit quelquefois figurément d'Une foule, d'une grande multitude de personnes qui marchent, qui s'agitent. Il sortit du Nord des essaims de barbares qui se précipitèrent sur l'empire romain.

ESSAIMER . v. n.
• Se dit Des ruches d'où il sort un essaim. Cette ruche a essaimé. Ces mouches n'ont pas encore essaimé.

ESSANGER . v. a.
• Laver du linge sale avant que de le mettre dans le cuvier à la lessive. Essanger du linge. Essanger la lessive.
• ESSANGÉ, ÉE. participe

ESSARTEMENT .s.m.
• Action d'essarter.

ESSARTER . v. a.
• Défricher en arrachant les bois, les épines. Faire essarter un arpent de bois.
• Essarter des bois, Les éclaircir en arrachant les sous-bois et les épines.
• ESSARTÉ, ÉE. participe.

ESSAYER . v. a. (Il se conjugue comme Payer.)
• Éprouver quelque chose, en faire l'essai. Essayer un cheval. Essayer un canif, une plume. Essayer un habit, des souliers, etc. Essayer un habit à quelqu'un. Essayer une arme. Essayer ses forces. Essayer le goût du public, en lui donnant des ouvrages d'un genre nouveau.
• Essayer de l'or, de l'argent, Examiner à quel titre ils sont.
• Neutralement, Essayer d'une chose, essayer d'une personne, Faire une expérience, une épreuve, pour voir si une chose ou une personne est propre à ce qu'on en veut faire. Je ne veux point prendre de ces remèdes, j'en ai essayé. Il veut essayer de tout. Prenez cet homme à votre service, essayez-en deux ou trois mois.
• ESSAYER, signifie aussi, Tâcher, faire ses efforts; et alors il est neutre. Je ne sais si j'en viendrai à bout, je n'y ai point essayé. Essayez-y. J'ai essayé de le persuader. Essayer à marcher, de marcher. Avant de dire qu'il vous est impossible de faire cela, essayez.
• ESSAYER, avec le pronom personnel, signifie, S'éprouver, voir si l'on est capable d'une chose. Il est sûr de faire telle chose, il s'y est essayé. S'essayer à nager. S'essayer à la course.
• ESSAYÉ, ÉE. participe

ESSAYEUR .s.m.
• Officier préposé pour faire l'essai de la monnaie, des matières d'or et d'argent destinées à la fabrication, et vérifier si elles sont au titre auquel elles doivent être.

ESSE . s. f.
• Cheville de fer tortue, faite à peu près en forme d'S, qu'on met au bout de l'essieu d'une voiture, pour empêcher que la roue n'en sorte. L'esse est sortie de l'essieu. L'esse s'est rompue.
• Se dit aussi d'Un morceau de fer en forme d'S, dont on se sert pour accrocher les pierres qu'on veut élever dans un bâtiment.
• Se dit également de Chacun des crochets qui sont au bout du fléau d'une balance et auxquels s'attachent les cordons, les chaînes qui tiennent les bassins suspendus.
• Se dit encore de Divers autres objets tortus et en forme d'S, qu'on emploie dans les arts.

ESSENCE . s. f.
• Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, ce qui constitue la nature d'une chose. L'essence divine. L'essence des choses. L'essence de l'homme. Ces paroles sont de l'essence du sacrement. Ce qui est de l'essence d'un contrat, ce qui en forme l'essence.
• ESSENCE, en termes d'Eaux et Forêts, s'emploie pour Espèce. Les différentes essences qui composent les forêts.
• Un bois d'essence de chêne, Un bois qui est principalement formé d'arbres de cette espèce.
• ESSENCE, se dit encore d'Une huile aromatique très-subtile qu'on obtient de certains végétaux par la distillation. Essence de roses. Essence de romarin. Essence de cannelle. Se parfumer avec des essences.

ESSÉNIEN .s.m.
• Se dit de Certains philosophes juifs, dont les opinions s'accordaient sur beaucoup de points avec celles des pythagoriciens. Il y avait des esséniens pratiques qui habitaient les villes, et des esséniens contemplatifs qui vivaient dans les lieux solitaires. Il y avait aussi des esséniens mitigés.

ESSENTIEL
, ELLE. adj.
• Qui appartient à l'essence, qui est de l'essence. La raison est essentielle à l'homme. Ces paroles sont essentielles au sacrement de baptême. Partie essentielle. Qualité essentielle.
• Se dit souvent en matière D'affaires, et signifie, Absolument nécessaire, indispensable. C'est une chose essentielle dans le contrat, au contrat. Il ne faut pas oublier ce mot, il est essentiel. Les choses les plus essentielles. Condition essentielle. Formalité essentielle. Clause essentielle. C'est là le point essentiel. Il est essentiel de l'en prévenir.
• Avoir à quelqu'un des obligations essentielles, En avoir reçu des services très-importants.
• Un homme essentiel, un ami essentiel, Un homme, un ami solide, et sur qui l'on peut compter.
• En Médec., Maladie essentielle, Maladie qui ne dépend d'aucune autre.
• ESSENTIEL, en Chimie et en Pharmacie, se dit Des sels qu'on extrait des végétaux, des huiles volatiles et aromatiques qu'on obtient des plantes par la distillation. Sel essentiel. Huile essentielle, ou Essence. Dans ce sens, il vieillit, et on ne l'applique plus guère qu'aux huiles volatiles.
• ESSENTIEL, s'emploie aussi comme substantif masculin, et signifie, Le point essentiel, la chose principale. Voilà l'essentiel de l'affaire. C'est là l'essentiel. Venons à l'essentiel. L'essentiel est de faire cela, est que vous le fassiez.

ESSENTIELLEMENT . adv.
• Par essence. Dieu est essentiellement bon. L'homme est essentiellement raisonnable.
• ESSENTIELLEMENT, signifie quelquefois, Beaucoup, extrêmement, à un très-haut degré. Il aime essentiellement ses amis. Manquer essentiellement à quelqu'un. Il m'a obligé essentiellement.

ESSETTE . s. f.
• Marteau qui d'un côté a une tête ronde, et de l'autre un large tranchant.

ESSEULÉ
, ÉE. adj.
• Qui est seul, délaissé de tout le monde. Cet homme est entièrement esseulé. Il est familier et peu usité.

ESSIEU .s.m.
• Pièce de bois ou de fer qui passe dans le moyeu des roues d'une voiture. L'essieu de devant cassa. Mettre un essieu à un carrosse, à une charrette. Essieu de bois. Essieu de fer.

ESSOR .s.m.
• L'action d'un oiseau qui part librement pour s'élever dans les airs. Un aigle qui prend son essor, qui prend l'essor. Un essor rapide.
• Se dit figurément de L'action de débuter en quelque chose avec énergie, avec hardiesse et liberté. Arrêter l'essor du talent, du génie. Un sublime essor. Les arts, l'industrie, prirent bientôt leur essor.
• Se dit aussi figurément D'une personne qui, après avoir été quelque temps dans la sujétion et dans la contrainte, s'en tire tout d'un coup, et se remet en liberté. On tenait ce jeune homme dans une trop grande contrainte, il a pris l'essor, son essor.
• Fig., Donner l'essor à son esprit, à sa plume, Parler, écrire avec quelque élévation ou quelque liberté. On dit aussi, Donner l'essor à son génie, à son imagination, etc.

ESSORER . v. a.
• Exposer à l'air pour faire sécher. On a mis ce linge sur des perches pour l'essorer. Il est peu usité.
• ESSORÉ, ÉE. participe.

ESSORILLER . v. a.
• Couper les oreilles. Essoriller un chien.
• Il signifie, figurément et familièrement, Couper les cheveux fort courts. Qui vous a ainsi essorillé?
• ESSORILLÉ, ÉE. participe.

ESSOUFFLEMENT .s.m.
• État de celui qui est essoufflé.

ESSOUFFLER . v. a.
• Mettre presque hors d'haleine par un mouvement violent. Vous montez trop vite, cela vous essoufflera. Si vous ne retenez votre cheval, vous l'essoufflerez.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Je me suis essoufflé à monter cet escalier.
• ESSOUFFLÉ, ÉE. participe, Qui est hors d'haleine pour avoir couru ou fait quelque autre effort. Il est revenu tout essoufflé.

ESSUI .s.m.
• Lieu où l'on étend quelque chose pour le faire sécher. Un bon essui.

ESSUIE-MAIN .s.m.
• Linge qui sert à essuyer les mains. Se dit particulièrement Du linge que l'on met pour cet usage sur un rouleau de bois, dans les sacristies, les séminaires, les colléges, etc.

ESSUYER . v. a.
• Ôter l'eau, la sueur, l'humidité, la poussière, etc., en frottant. Il est tout en sueur, tout en eau, il faut l'essuyer. S'essuyer les mains, les yeux, le visage. Essuyer ses mains à une serviette, avec une serviette, avec un linge. Essuyez cette table. Essuyer de la vaisselle qu'on a lavée.
• Fig. et fam., Essuyer les plâtres, Habiter une maison nouvellement bâtie; et plus figurément, S'exposer au premier inconvénient d'un établissement ou d'une affaire.
• Fig., Essuyer les larmes de quelqu'un, Calmer son affliction, le consoler; et, Essuyer ses larmes, Se consoler.
• ESSUYER, signifie aussi, Sécher, et se dit principalement Du vent et du soleil. Le vent, le soleil essuie les chemins, essuie la terre qui a été trempée par la pluie.
• ESSUYER, signifie figurément, Souffrir, éprouver, subir, et se dit tant au sens physique qu'au sens moral. Essuyer le feu, le canon, la mousqueterie d'une place. Essuyer une rude tempête, un orage, des dangers Essuyer de grandes fatigues. Essuyer l'humeur de quelqu'un. Essuyer l'ennui des visites. Essuyer des affronts. Essuyer la honte d'une réprimande publique. Essuyer des reproches. Essuyer des pertes. Essuyer des injustices. Essuyer des refus. Essuyer les caprices d'un grand, les hauteurs d'un parvenu.
• ESSUYÉ, ÉE. participe

EST .s.m.
• La partie du monde qui est à notre soleil levant. Les pays qui sont à l'est. Cette province a tant de lieues de l'est à l'ouest. Le vent souffle, vient de l'est. Il s'éleva un vent d'est.
• Il signifie aussi, Le vent qui vient de l'est. Il y a quatre vents principaux: l'est, l'ouest, le nord, et le sud. On dit dans le même sens, Le vent est à l'est.

ESTACADE . s. f.
• Sorte de digue faite avec de grands pieux plantés dans une rivière, dans un canal, pour en fermer l'entrée, ou pour en détourner le cours. Les soldats forcèrent l'estacade. Il vint un débordement d'eau qui rompit l'estacade.

ESTAFETTE . s. f.
• Courrier qui ne porte son paquet que d'une poste à l'autre, pour le remettre à un autre courrier, qui le porte à la poste suivante. Faire parvenir un avis par des estafettes, par estafette. On a dépêché une estafette, l'estafette est arrivée. Cette ville de commerce reçoit les lettres de Paris par estafette.

ESTAFIER .s.m.
• En Italie, on appelle ainsi Des domestiques armés qui portent la livrée, et qui ont un manteau. Ce cardinal a tant d'estafiers.
• Se dit par extension, en France, d'Un laquais de grande taille. Il était accompagné de quatre grands estafiers. Dans cette acception, il est aujourd'hui peu usité, et se prend en mauvaise part.
• Il signifie encore, Un souteneur de mauvais lieux.

ESTAFILADE . s. f.
• Coupure faite avec une épée, un rasoir ou quelque autre instrument tranchant, principalement sur le visage. Grande estafilade. Il lui a fait une vilaine estafilade sur le nez, sur le visage.
• Se dit encore d'Une coupure, d'une déchirure faite à un manteau, à une robe, etc. Il y a une estafilade à votre manteau. Il est familier dans les deux acceptions.

ESTAFILADER . v. a.
• Faire une estafilade, donner une estafilade. On lui a estafiladé le visage. Il est populaire.
• ESTAFILADÉ, ÉE. participe.

ESTAME . s. f.
• Ouvrage de fils de laine passés, enlacés par mailles les uns dans les autres. Bas d'estame. Une camisole d'estame.

ESTAMET .s.m.
• Petite étoffe de laine.

ESTAMINET .s.m.
• Lieu public où s'assemblent des buveurs et des fumeurs, et qu'on nomme aussi Tabagie. Aller à l'estaminet. Fréquenter les estaminets.

ESTAMPE . s. f.
• Image que l'on imprime sur du papier, sur du vélin, par le moyen d'une planche de cuivre, d'acier ou de bois, qui est gravée. Belle estampe. Estampe bien noire, bien nette, bien tirée. Il est curieux d'estampes. Livre d'estampes.
• ESTAMPE, chez les Serruriers, les Maréchaux et quelques autres artisans, se dit de Certains outils qui leur servent à estamper.

ESTAMPER . v. a.
• Faire une empreinte de quelque matière dure et gravée, sur une matière plus molle. On estampe la monnaie avec le balancier. Voilà une image bien estampée.
• Estamper le cuir, Y former, y empreindre des figures pour en faire des tapisseries, des ornements, etc.
• En termes de Maréchalerie, Estamper un fer de cheval. Voyez ÉTAMPER.

ESTAMPILLE . s. f.
• Marque, empreinte qu'on applique, au lieu de signature, ou avec la signature même, sur des brevets, des commissions, des lettres, etc., pour mieux en assurer l'authenticité.
• Se dit plus ordinairement d'Une marque servant à faire connaître d'où provient une marchandise, de quelle manufacture elle sort, etc., ou à constater l'acquittement de certains droits.
• Se dit aussi d'Une marque apposée à un livre pour faire connaître la bibliothèque à laquelle il appartient.
• Se dit encore de L'instrument qui sert à faire ces sortes de marques.

ESTAMPILLER . v. a.
• Marquer avec une estampille. Les fabricants estampillent les produits de leurs manufactures. J'ai fait estampiller tous mes livres.
• ESTAMPILLÉ, ÉE. participe.

ESTER . v. n.
• Terme de Palais, qui n'est usité que dans les phrases suivantes:
• Ester en jugement, Poursuivre une action en justice, soit en demandant, soit en défendant; ce que ne peuvent faire les mineurs non émancipés, les personnes frappées d'interdiction, etc. La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari.
• Ester à droit, Comparaître, se présenter devant le juge sur l'assignation qu'on a reçue. Autrefois un contumace ne pouvait se représenter après les cinq ans, sans avoir obtenu, en chancellerie, des lettres pour ester à droit. Cette locution vieillit.

ESTÈRE . s. f.
• Natte de jonc qui vient de Provence, d'Italie, du Levant.

ESTERLIN .s.m.
• T. d'Orfévrerie. Poids de vingt-huit grains et demi. Il y a cent soixante esterlins au marc.

ESTEUBLE . s. f.
• Voyez ÉTEULE.

ESTHÉTIQUE . s. f.
• Science qui a pour objet de rechercher et de déterminer les caractères du beau dans les productions de la nature ou de l'art.

ESTIMABLE . adj. des deux genres
• Qui mérite d'être estimé. C'est un homme très-estimable. Avoir des qualités estimables.

ESTIMATEUR .s.m.
• Celui qui a la charge, la mission de priser une chose, d'en déterminer la valeur. Si nous ne pouvons convenir de prix, nous prendrons des estimateurs. Nous conviendrons d'un estimateur.
• Se dit quelquefois en parlant De choses morales. Juste estimateur de la vertu, du mérite, des ouvrages d'esprit, etc.

ESTIMATIF . adj. m.
• Se dit Des procès-verbaux et devis des experts nommés pour estimer des réparations, des travaux. Un état, un devis estimatif.

ESTIMATION . s. f.
• Action d'estimer, prisée, évaluation. Juste estimation. Prisée et estimation des meubles. Suivant l'estimation qui en sera faite. Je m'en rapporte à l'estimation des experts. Les enchères n'ont pas atteint le prix de l'estimation.

ESTIME . s. f.
• Opinion favorable que l'on a de quelqu'un, fondée sur la connaissance de son mérite, de ses bonnes qualités, de ses vertus. Avoir, sentir, concevoir, prendre de l'estime, beaucoup d'estime, bien de l'estime pour quelqu'un. Il a l'estime de sa compagnie, l'estime générale. J'ai pour lui une estime particulière, la plus haute estime. Honorer quelqu'un de son estime. Acquérir l'estime publique. Il a l'estime et l'affection de tous les gens de bien. Il est perdu d'estime et de réputation. On dit de même: J'ai beaucoup d'estime pour son mérite. Sa conduite inspire beaucoup d'estime. Etc.
• Se dit aussi Du cas que l'on fait de certaines choses. Les beaux-arts étaient en grande estime chez ce peuple.
• ESTIME, en termes de Marine, Calcul que le pilote fait tous les jours du sillage du navire, afin de juger à peu près du lieu où l'on est, et du chemin qu'on a fait. Ce pilote s'est trompé dans son estime. L'estime qu'il avait faite ne s'est pas trouvée juste.

ESTIMER . v. a.
• Priser quelque chose, en apprécier, en déterminer la valeur. Les héritiers ont fait estimer les meubles, les terres, la maison. Cette terre a été estimée tant, estimée à tant. Combien estimez-vous cela? Si vous voulez prendre mon cheval en troc, je l'estime mille francs.
• ESTIMER, signifie aussi, Avoir une opinion avantageuse de quelqu'un, de quelque chose, en faire cas. On estime fort cet homme-là. Il se fait estimer partout. Il n'est guère estimé dans sa compagnie. J'estime son mérite, sa vertu. S'il a fait cette action, je l'en estime davantage. On estime les chevaux arabes par-dessus tous les autres chevaux. On estime beaucoup les vins de France. Les draps de ce pays sont plus estimés que ceux de tel autre. Estimer plus ou moins une chose.
• S'emploie avec le pronom personnel dans un sens analogue. Souvent on s'estime trop. Nous ne sommes pas toujours autant estimés que nous nous estimons nous-mêmes. Ils s'estiment réciproquement.
• ESTIMER, signifie encore, Croire, conjecturer, présumer. Il estimait cette place imprenable. Être estimé sage, savant. J'estime que cela est. J'estime qu'il pourrait faire quelque difficulté. Vu la difficulté des chemins, j'estime qu'il faudra dix heures pour faire la route. On l'emploie dans un sens analogue avec le pronom personnel. Je m'estime heureux d'avoir pu lui plaire.
• ESTIMÉ, ÉE. participe

ESTIVAL
, ALE. adj.
• .Bot. Qui naît ou qui produit en été. Fleurs estivales. Plantes estivales.
• En Médec., Maladies estivales, Maladies qui règnent en été.

ESTOC .s.m.
• (On fait sentir le C.) Il se disait autrefois d'Une épée longue et étroite qui ne servait qu'à percer.
• Se dit encore de La pointe d'une épée, d'un sabre, dans cette phrase familière, Frapper d'estoc et de taille, Frapper de la pointe et du tranchant.
• ESTOC, en termes d'Eaux et Forêts, signifie, Tronc d'arbre, comme dans cette phrase, Couper un arbre à blanc estoc, Le couper à fleur de terre jusqu'à la souche. On dit aussi, Couper une forêt, faire une coupe à blanc estoc, En couper tout le bois, sans y laisser de baliveaux.
• Fig. et fam., Être réduit à blanc estoc, Être entièrement ruiné.
• Fam., Brin d'estoc, Long bâton ferré par les deux bouts. Cette locution a vieilli.
• Fig. et fam., Dites-vous cela de votre estoc? Cela ne vient pas de son estoc, Dites-vous cela de vous-même? Cela ne vient pas de lui. Ces locutions vieillissent.
• ESTOC, se prend quelquefois, figurément, pour Ligne d'extraction. Il est de bon estoc. Les biens qui viennent de son estoc. Dans ce sens, il est vieux.
• En termes de Pratique ancienne, Biens de côté estoc et ligne, se disait Des biens propres de ligne.

ESTOCADE . s. f.
• Grand coup allongé d'épée ou de fleuret, que dans la salle d'armes on appelle Botte. On lui porta une si rude estocade, qu'il ne put la parer. Grande estocade. Il lui allongea deux ou trois estocades coup sur coup.
• ESTOCADE, signifie, figurément et familièrement, Demande imprévue, attaque à laquelle on ne s'attend pas. Il est venu me demander de lui prêter une somme considérable, j'ai eu bien de la peine à parer cette estocade. Cet argument était pour l'adversaire une rude estocade. Dans ce sens, il vieillit.

ESTOCADER . v. n.
• Porter des estocades. Il estocade rudement. Ils ont estocadé long-temps avant de se toucher.
• Il signifie, figurément et familièrement, Se presser l'un l'autre par de vives raisons, par des arguments. Il y a plaisir de voir ces deux savants estocader ensemble, estocader comme ils font. Ce sens a vieilli.

ESTOMAC .s.m. (On ne fait pas sentir le C.)
• On appelle ainsi, dans le corps de l'homme ou de l'animal, L'organe intérieur destiné à recevoir et à digérer les aliments. L'estomac est un viscère. L'orifice supérieur, l'orifice inférieur de l'estomac. Le fond de l'estomac. Bon estomac. Estomac débile. Mauvais estomac. Estomac plein. Estomac vide. Se remplir l'estomac. Ces viandes sont pesantes sur l'estomac, chargent l'estomac. Ces débauches lui ont ruiné, gâté, perdu l'estomac. Son estomac ne digère point. Les animaux ruminants ont plusieurs estomacs.
• Prov. et fig., Il a un estomac d'autruche, c'est un estomac d'autruche, il digérerait le fer, se dit D'un homme qui mange beaucoup et souvent.
• ESTOMAC, se prend aussi pour La partie extérieure du corps qui répond à la poitrine et à l'estomac. Le creux de l'estomac. Il lui donna un coup de poing dans l'estomac.
• Il signifie également, dans les volailles et dans les autres oiseaux que l'on mange, La partie antérieure de l'animal, après que les cuisses et les ailes ont été levées. Il ne se dit que Des viandes cuites. L'estomac d'une perdrix. Un estomac de poularde.

ESTOMAQUER (S') . v. pron.
• Se tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, le trouver mauvais. Il s'est estomaqué de ce que je ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt. Il n'a pas sujet de s'estomaquer, de s'en estomaquer. Ce mot est familier.
• ESTOMAQUÉ, ÉE. participe, Il est tout estomaqué.

ESTOMPE . s. f.
• .Peinture. Instrument en forme de petit rouleau pointu, fait de peau, de coton ou de papier, avec lequel on étend le crayon ou le pastel sur un dessin. Se servir de l'estompe. Dessin à l'estompe.
• Se dit quelquefois d'Un dessin fait à l'estompe. Voilà une belle estompe.

ESTOMPER . v. a.
• .Peinture. Étendre le crayon ou le pastel sur un dessin avec l'estompe. Estomper légèrement.
• ESTOMPÉ, ÉE. participe.

ESTOUFFADE . s. f.
• .Cuisine. Façon d'accommoder les viandes en les faisant cuire dans un vase bien fermé. Veau, perdrix à l'estouffade. On dit aussi quelquefois, Étouffade.

ESTRADE . s. f.
• Chemin. Il n'entre que dans ces locutions, usitées autrefois parmi les gens de guerre: Battre l'estrade, Parcourir la campagne, aller à la découverte, pour connaître la position, les mouvements de l'ennemi; et, Batteurs d'estrade, Gens détachés d'une troupe pour aller à la découverte.
• Batteurs d'estrade, se dit encore, familièrement, de Ceux qui perdent leur temps à courir les grands chemins.
• ESTRADE, se dit aussi d'Une petite élévation sur le plancher d'une chambre, d'une salle, etc. Un lit élevé sur une estrade. Le trône était placé sur une estrade.

ESTRAGON .s.m.
• Herbe potagère odoriférante qu'on met ordinairement dans les salades et dans les ragoûts. Il y a trop d'estragon dans votre salade. Vinaigre à l'estragon. Sauce à l'estragon. Poulets à l'estragon.

ESTRAMAÇON .s.m.
• Sorte d'épée à deux tranchants qu'on portait autrefois. Il n'est plus usité que dans cette locution, Un coup d'estramaçon, Un coup du tranchant de l'épée.

ESTRAMAÇONNER . v. n. et a.
• Donner des coups d'estramaçon. Il ne cessa d'estramaçonner durant tout le combat. Il fut rudement estramaçonné. Il est peu usité, et ne s'emploie plus guère que par plaisanterie.
• ESTRAMAÇONNÉ, ÉE. participe.

ESTRAPADE . s. f.
• Supplice qu'on faisait souffrir à un criminel, en l'élevant au haut d'une longue pièce de bois, les mains liées derrière le dos avec une corde qui soutenait tout le poids du corps, et en le faisant tomber avec roideur jusqu'à deux ou trois pieds de terre. Donner l'estrapade. Condamner à trois traits, à trois tours d'estrapade. Il eut l'estrapade si rudement, qu'il en demeura estropié.
• Il s'est dit aussi de L'espèce de potence au haut de laquelle on élevait un criminel pour lui donner l'estrapade. Planter une estrapade. Quand il fut au pied de l'estrapade.
• Double, triple estrapade, Tour que font les danseurs de corde, en passant deux ou trois fois tout le corps entre leurs bras et la corde qu'ils tiennent.

ESTRAPADER . v. a.
• Faire souffrir l'estrapade. Il fut estrapadé.
• ESTRAPADÉ, ÉE. participe.

ESTRAPASSER . v. a.
• .Manége. Fatiguer, excéder un cheval, en lui faisant faire un trop long manége.
• ESTRAPASSÉ, ÉE. participe.

ESTROPIER . v. a.
• Ôter l'usage d'un membre, soit par une blessure, soit par quelque coup. Il a reçu dans le bras, dans le genou un coup de feu qui l'a estropié. Il fut estropié à tel siége.
• Se dit, par extension, Des maladies qui ôtent l'usage de quelque partie du corps. Une paralysie l'a complétement estropié.
• Fig., en termes de Peinture, de Sculpture, Estropier une figure, N'y pas observer les proportions.
• Fig., Estropier un passage, une pensée, etc., En retrancher une partie, dont la suppression altère le sens.
• Fig. et fam., Estropier un nom propre, Le défigurer en le prononçant ou en l'écrivant. On dit dans le même sens, Estropier les mots d'une langue.
• ESTROPIÉ, ÉE. participe. Un soldat estropié. Il a fait une chute de cheval, il en sera estropié toute sa vie. Être estropié d'un bras, d'une jambe. Il a un rhumatisme au bras, il en est estropié. Figure estropiée. Passage estropié. Pensée estropiée. Nom estropié.

ESTURGEON .s.m.
• Gros poisson de mer, qui remonte les rivières comme le saumon. Chair d'esturgeon. OEufs d'esturgeon. La pêche des esturgeons.

ÉSULE . s. f.
• .Bot. Nom que l'on donne à plusieurs espèces d'euphorbes herbacées, dont la plus connue est appelée Petite ésule.

ET . (On prononce É, sans faire sentir le T.)
• Conjonction qui lie entre elles les parties du discours, telles que les noms, les pronoms, les verbes, les adverbes. Alexandre et Philippe. Le feu et l'eau. Bon et sage. Vous et moi. Chanter et danser. Sagement et fortement.
• Elle joint aussi les membres d'une période. Il a fait cette sottise, et il est encore sur le point d'en faire une autre.
• Elle est quelquefois emphatique ou explétive, au commencement des phrases. Et véritablement on ne saurait nier que... Et voilà que tout d'un coup...
• Et de boire et de rire, se dit quelquefois, à la fin d'un récit, d'un conte, Pour signifier que l'événement se termina par boire et par rire.
• ET CAETERA. (Le T de l'ET se prononce.) Expression qui a passé du latin dans le français, et qui signifie, Et d'autres personnes, d'autres choses semblables, ou Et le reste, qu'il est facile de suppléer, qu'il est inutile d'énoncer. Il a, dans son laboratoire, toutes sortes d'ustensiles: des fourneaux, des cornues, des creusets, et caetera. Vous savez le proverbe: Quand chacun fait son métier, et caetera. On écrit ordinairement, par abréviation, etc.
• Elle est quelquefois employée substantivement, pour désigner Cette expression même. Le reste n'est exprimé que par un et caetera. Mettre trois et caetera de suite (etc. etc. etc.).
• Prov., Dieu nous garde d'un quiproquo d'apothicaire, et d'un et caetera de notaire.

ÉTABLAGE .s.m.
• Ce qu'on paye pour l'attache, pour la place d'un cheval, d'un boeuf, etc., dans une écurie, dans une étable. Quand on prend le foin dans une hôtellerie, on ne paye point l'établage. Ce cheval ne vaut pas l'établage.

ÉTABLE . s. f.
• Lieu où l'on met des boeufs, des vaches, des brebis, et autres bestiaux. Étable à boeufs, à vaches. Étable à cochons. Notre-Seigneur voulut naître dans une étable.
• En termes de Marine, Franc-étable. Voyez cette expression à son rang alphabétique.

ÉTABLER . v. a.
• Mettre dans une étable, dans une écurie. Il y a dans cette ferme de quoi établer tant de chevaux, tant de boeufs, tant de moutons.
• ÉTABLÉ, ÉE. participe.

ÉTABLI .s.m.
• Espèce de table étroite et longue, dont le dessus est fort épais, et sur laquelle les menuisiers, les serruriers, les arquebusiers, etc., posent ou fixent les ouvrages auxquels ils travaillent. L'établi d'un menuisier, d'un serrurier.
• Se dit aussi d'Une espèce de table sur laquelle les tailleurs s'asseyent, les jambes croisées, pour travailler.

ÉTABLIR . v. a.
• Asseoir et fixer une chose en quelque endroit, l'y rendre stable. Établir les fondements d'un édifice. Ce mur est bien établi sur le roc. Cette table n'a pas été bien établie sur ses pieds.
• Il signifie quelquefois simplement, Installer, placer, mettre. Établir un camp sous les murs d'une ville. Ce marchand avait établi sa boutique en tel endroit, le commissaire de police la lui a fait transporter plus loin. Établir une troupe dans un poste. Établir un poste. Établir une garnison. Établir des étapes sur une route. Établir une croisière devant un port.
• Établir une machine, La construire, et la mettre dans l'état où elle doit être pour qu'on puisse l'appliquer à l'usage auquel elle est destinée.
• ÉTABLIR, s'emploie aussi figurément. Constantin établit le siége de l'empire à Constantinople. Établir sa demeure, son domicile, sa résidence en un lieu. Établir des communications, des moyens de communication, de correspondance entre deux villes.
• Être bien établi à la cour, dans une maison, Y avoir beaucoup de crédit.
• Bien établir sa fortune, son crédit, etc., Faire qu'ils ne puissent être facilement ébranlés.
• Établir sa réputation, La fonder, lui donner de la consistance. Sa réputation est trop bien établie pour que...
• ÉTABLIR, signifie particulièrement, au figure, Mettre dans un état, dans un emploi avantageux, dans une condition stable. Ce père a établi tous ses enfants, les uns dans la robe, les autres dans l'épée. Ce ministre a établi avantageusement tous ses amis. Établir quelqu'un dans un emploi, dans l'exercice d'un emploi.
• Établir une fille, La marier. Cette fille est bien établie.
• ÉTABLIR, signifie aussi, Fonder. Établir une colonie.
• Établir une manufacture, une imprimerie, un collège, etc., Créer une manufacture, une imprimerie, etc., en réunissant toutes les choses qui sont nécessaires pour les former.
• ÉTABLIR, signifie également, Instituer, et s'applique alors tant aux personnes qu'aux choses. Établir un gouvernement, une administration. Établir un tribunal dans une ville. Établir une chambre de justice. Établir des commis pour recevoir certains droits. Établir un gardien. Établir un péage, une imposition.
• Être établi juge de certaines affaires, En être constitué juge.
• S'établir une espèce de juridiction, d'empire, etc., Se faire une espèce de juridiction, d'empire, etc.
• ÉTABLIR, se dit encore figurément, au sens moral, en parlant Des lois, des opinions, des doctrines, et autres choses semblables, dont on est l'auteur, ou que l'on fait adopter, auxquelles on commence à donner cours. Établir de nouvelles opinions, de nouvelles maximes. Ce sont des lois qu'on a justement établies. Établir une façon de parler. Établir une religion, une doctrine. Établir une coutume. Établir une bonne morale, à l'aide de bonnes lois.
• On a établi que... il est établi que... C'est une coutume reçue que...
• ÉTABLIR, signifie en outre figurément, Prouver, démontrer. Il a établi sa proposition par des raisonnements sans réplique. Il a établi son droit sur des pièces authentiques.
• Établir des principes, Poser des principes. Établir un fait, Déduire, exposer un fait avec ses preuves. On dit à peu près dans le même sens, Établir l'état de la question, la question.
• ÉTABLIR, s'emploie avec le pronom personnel dans plusieurs de ses acceptions. Il s'établit dans un fauteuil, et s'y endormit. Ils s'établirent dans le poste que l'ennemi venait de quitter. Cette colonie est allée s'établir en tel endroit. Une correspondance régulière s'établit entre eux. Un empire qui s'établit. Il s'est établi plusieurs fabriques dans le voisinage de telle ville. S'établir juge d'un différend. De nouvelles doctrines, de nouveaux usages s'établirent. Ces locutions auront bien de la peine à s'établir dans l'usage, à s'établir.
• Il signifie particulièrement, Fixer sa demeure, sa résidence en quelque lieu. Il est venu s'établir en France. Il s'est établi dans notre ville.
• Il signifie encore particulièrement, Se marier, prendre un état. Il songe à s'établir.
• ÉTABLI, IE. participe. Le gouvernement établi. Les lois établies. C'est une coutume, une opinion établie, un principe établi. Un homme établi.

ÉTABLISSEMENT .s.m.
• Action d'établir, d'installer, d'assurer, de fonder, d'instituer, etc. Ne permettre l'établissement d'aucun étalage sur la voie publique. L'établissement d'une garnison, d'un poste. Il a réussi dans l'établissement de sa fortune. L'établissement d'une administration. L'établissement d'un empire, d'une colonie. Depuis l'établissement de la monarchie. L'établissement d'une fabrique. Frais de premier établissement. L'établissement d'un tribunal. L'établissement d'une législation, d'une doctrine nouvelle.
• Il doit à cet ouvrage l'établissement de sa réputation, Sa réputation fut établie par cet ouvrage.
• L'établissement d'un fait, d'un droit, L'exposition d'un fait, d'un droit, etc., accompagnée de preuves. L'établissement d'une question, L'exposé net et développé de ce qui est en question.
• En termes de Guerre, L'établissement des quartiers, La distribution des troupes dans les lieux qu'elles doivent occuper durant quelque temps.
• En termes de Marine, L'établissement d'un port, d'une baie, L'heure de la haute mer, le jour de la nouvelle ou de la pleine lune. Établissement des marées, Tableau qui indique l'établissement des principaux ports de mer.
• ÉTABLISSEMENT, se dit aussi de Ce qui est établi pour l'utilité publique, pour l'exercice ou l'exploitation d'une industrie, etc. Établissement public. Les hôpitaux sont des établissements très-utiles. Ce prince a fait de beaux établissements, de grands établissements. Il a un établissement considérable, un vaste établissement. Visiter toutes les parties d'un établissement. Les ouvriers employés dans un établissement. Fermer un établissement.
• Les Établissements de saint Louis, Le code de lois donné par ce prince.
• ÉTABLISSEMENT, signifie encore figurément, État, poste avantageux, condition avantageuse. Procurer un établissement à quelqu'un. Il a un bel établissement, un bon établissement. Il a donné un établissement considérable à son fils. Il lui a procuré un petit, un bon établissement.
• Se dit également de L'action de procurer un état, une condition avantageuse. Il s'est donné beaucoup de peine pour l'établissement de ses enfants. Ce père a été heureux dans l'établissement de ses filles, Il les a bien mariées.

ÉTAGE .s.m.
• Espace entre deux planchers dans un bâtiment. Premier, second, troisième, quatrième étage. Ordinairement, quand on parle des étages séparément, on appelle Premier étage, Celui qui est au-dessus du rez-de-chaussée et de l'entresol. Il a loué le premier étage. Il occupe le second étage. Loger au quatrième étage. Étage en mansarde. Étage bas, Étage peu exhaussé.
• Se dit quelquefois en parlant Des maisons où il n'y a que le rez-de-chaussée. Dans ce pays-là, les bâtiments ne sont qu'à un étage, que d'un étage, n'ont qu'un étage.
• ÉTAGE, se dit, par analogie, en parlant De choses disposées par rangs les unes au-dessus des autres. Une coiffure à double, à triple étage. Disposer par étages.
• Fig. et fam., C'est un sot à triple étage, C'est un homme extrêmement sot.
• Fig. et fam., Avoir un menton à double étage, à triple étage, se dit D'une personne replète qui a le dessous du menton fort gras.
• ÉTAGE, signifie figurément, Degré d'élévation ou d'infériorité. Il y a des esprits de divers étages, de tout étage.
• Il signifie particulièrement, Condition, rang dans la société. Des gens de bas étage, de haut étage, de tout étage.

ÉTAGER . v. a.
• Disposer, tailler par étages. Il ne se dit guère qu'en parlant De la coupe des cheveux. Il faut lui étager les cheveux.
• ÉTAGÉ, ÉE. participe.

ÉTAI .s.m.
• Pièce de bois dont on se sert pour appuyer, pour soutenir quelque construction ou partie de construction qui menace ruine, ou que l'on reprend sous oeuvre. Mettre un étai, des étais à une muraille. L'appuyer avec des étais. Quelques-uns disent, Étaie; et alors le mot est féminin.
• ÉTAI, en termes de Marine, se dit de Gros cordages dormants qui vont de la tête des mâts se fixer sur l'avant, pour les soutenir contre les efforts qui tendraient à les renverser vers l'arrière. Étai du grand mât, ou Grand étai. Étai de misaine. Étais des mâts de hune, de perroquet, d'artimon. Voile d'étai. Faux étai.

ÉTAIM .s.m.
• La partie la plus fine de la laine cardée. Filer de l'étaim.

ÉTAIN .s.m.
• Métal blanc, léger, qui crie lorsqu'on le plie. Mine d'étain. Étain commun. Étain fin ou sonnant. Étain de Cornouaille. Vaisselle d'étain. Cuiller d'étain. Potier d'étain.
• Dans l'ancienne Nomenclature chimique, Étain de glace, Le bismuth. Étain d'antimoine, Certaine préparation par laquelle l'antimoine prend une couleur et une consistance presque semblables à celles de l'étain. La première de ces dénominations est encore assez usitée dans le commerce.

ÉTAL .s.m.
• Sorte de table sur laquelle on expose en vente de la viande de boucherie. Cet étal est bien placé.
• Se dit aussi de La boutique même où l'on vend de la viande. Ce boucher est riche, il a plusieurs étaux.

ÉTALAGE .s.m.
• Exposition de marchandises qu'on veut vendre, ou Ces marchandises mêmes. Mettre à l'étalage. Cela ne vaut pas l'étalage. L'étalage d'un marchand.
• Se dit, particulièrement, Des marchandises de choix, et quelquefois de rebut, qu'on étale, qu'on déploie pour servir de montre. Ce magasin n'a de beau que l'étalage. Cela n'est bon qu'à servir d'étalage. C'est de l'étalage.
• Il signifie encore, Certain droit qu'on prélève pour permettre aux marchands d'étaler. Payer l'étalage.
• Se dit, figurément et par plaisanterie, de La toilette, des ajustements, surtout en parlant Des femmes. Elle s'était bien parée pour le bal, mais il n'y en a pas eu: elle a perdu son étalage, elle en a été pour son étalage.
• Se dit encore figurément de Tout ce dont on fait parade par vanité, par ostentation. Faire étalage de son esprit, de son éloquence, de sa qualité, de ses richesses, de ses alliances. Cette brochure renferme un grand étalage d'érudition, etc. Faire de l'étalage, un grand étalage.

ÉTALAGISTE . adj. et s. m.
• Se dit D'un marchand qui expose sa marchandise en vente dans les rues, sur les places, dans les marchés. Il y a des règlements de police concernant les étalagistes, les marchands étalagistes.

ÉTALER . v. a.
• Exposer en vente, dans une boutique ou dans quelque autre lieu, des marchandises, des denrées, etc. Étaler des marchandises, des draps, des toiles, etc.
• S'emploie quelquefois absolument. Les marchands n'ont pas encore étalé. Il est défendu d'étaler les jours de fêtes.
• Fig. et fam., Étaler sa marchandise, Tirer vanité de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier, en faire parade.
• ÉTALER, signifie aussi, Étendre, déployer, montrer en détail. Étaler une carte de géographie. Ces plantes entassées ne sécheront pas, il faut les étaler sur cette table. Étalez ces bijoux, afin qu'on les voie mieux, qu'on en juge mieux.
• Étaler son jeu, Montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.
• ÉTALER, signifie encore figurément, Montrer avec ostentation. Cette femme étale tous ses joyaux. Étaler un grand luxe. Il aime trop à étaler son esprit, son savoir.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et alors il signifie, S'étendre de son long. S'étaler sur l'herbe, pour se reposer. Il est tombé, et s'est étalé par terre tout de son long. Dans cette acception, il est familier.
• ÉTALÉ, ÉE. participe.

ÉTALIER . adj. et s. m.
• Celui qui vend la viande pour le maître boucher. Garçon étalier. Il n'est pas maître, il n'est qu'étalier.

ÉTALINGUER . v. a.
• .Marine. Amarrer un câble, un grelin, etc., à l'organeau de l'ancre. Étalinguer les câbles.
• ÉTALINGUÉ, ÉE. participe.

ÉTALON .s.m.
• Cheval entier qu'on emploie à couvrir des cavales. Ce cheval est bon à servir d'étalon. Il avait tant d'étalons dans son haras. Bet étalon. Étalon de bonne race, de pure race.

ÉTALON .s.m.
• Modèle de poids, de mesure, qui est réglé, autorisé et conservé par le magistrat, et auquel les mesures, les poids des marchands doivent être conformes. Étalon d'aune, de boisseau, de livre, de mètre, de litre, de gramme, etc. Rectifier un poids à l'étalon.

ÉTALONNAGE
ou •ÉTALONNEMENT.s.m.
• Action d'étalonner des poids ou des mesures. Il en coûtera tant pour l'étalonnement de ces poids.

ÉTALONNER . v. a.
• Imprimer certaine marque sur un poids, sur une mesure, pour attester qu'ils sont conformes à l'étalon, ou qu'on les a rectifiés sur l'étalon. Il faut étalonner ces poids, ces mesures. Ce marchand fut mis à l'amende, parce que ses mesures n'étaient pas étalonnées.
• ÉTALONNER, se dit aussi, dans les haras, Du cheval qui couvre une jument.
• ÉTALONNÉ, ÉE. participe

ÉTALONNEUR .s.m.
• Officier commis pour étalonner, pour vérifier les poids et mesures.

ÉTAMAGE .s.m.
• Action d'étamer, ou État de ce qui est étamé. Il en a coûté tant pour l'étamage. L'étamage de cette casserole ne vaut rien.

ÉTAMBOT .s.m.
• .Marine. Forte pièce de bois qui, élevée à l'extrémité de la quille du bâtiment, termine l'arrière de la carène. L'étrave et l'étambot. L'étambot sert de support au gouvernail.

ÉTAMER . v. a.
• Enduire la surface d'un métal d'une couche d'étain fondu, pour empêcher la rouille ou le vert-de-gris de s'y former. Étamer l'intérieur d'un vaisseau de cuivre, d'une casserole, d'une marmite. Il faut étamer cette marmite, cette fontaine de cuivre. Étamer du fer, de la tôle pour en faire du fer-blanc. Étamer un mors, des éperons, une serrure, des clous, des boutons, etc.
• Étamer une glace, un miroir, Y mettre le tain. Voyez TAIN.
• ÉTAMÉ, ÉE. participe, Casserole étamée.

ÉTAMEUR .s.m.
• Ouvrier qui étame.

ÉTAMINE . s. f.
• Petite étoffe mince, qui n'est pas croisée. Étamine de laine, de soie. Étamine de Reims, du Mans. Robe d'étamine. Voile d'étamine.
• Se dit également d'Un tissu peu serré, fait de crin, de soie ou de fil, qui sert à passer le plus délié de la farine, quelque poudre ou quelque liqueur. Étamine grossière, fine. Un blutoir fait d'étamine de soie. Passer une médecine par l'étamine.
• Fig. et fam., Passer par l'étamine, se dit D'une personne dont on examine sévèrement la conduite, les moeurs, la doctrine, ou à laquelle on fait subir quelque épreuve fâcheuse. Se dit aussi Des choses qui sont examinées en détail et à la rigueur. Cet ouvrage a passé par l'étamine, par une rude étamine.

ÉTAMINE . s. f.
• .Bot. Se dit de L'organe mâle des fleurs, qui est ordinairement formé d'un filet plus ou moins allongé, et d'une espèce de tête, nommée anthère, dans laquelle est renfermée la poussière fécondante. La plupart des fleurs ont plusieurs étamines. Les étamines et le pistil. Les étamines de la tulipe, du lis. La poussière des étamines.

ÉTAMINIER .s.m.
• Celui qui fait de l'étamine.

ÉTAMPER . v. a.
• .Maréchalerie. Il ne s'emploie que dans cette phrase, Étamper un fer de cheval, Y faire les huit trous.
• ÉTAMPÉ, ÉE. participe.

ÉTAMURE . s. f.
• La matière qu'on emploie pour l'étamage. Cette étamure est trop légère.

ÉTANCHEMENT .s.m.
• Action d'étancher. Remède pour l'étanchement du sang.

ÉTANCHER . v. a.
• Arrêter l'écoulement d'un liquide qui s'enfuit par quelque ouverture. Cette poudre étanche le sang. Ce tonneau s'enfuit, il faut l'étancher. En creusant les fondations, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent étancher.
• Étancher la soif, Apaiser la soif. Un hydropique ne peut étancher sa soif.
• Fig., Étancher la soif des honneurs, des richesses, etc., La satisfaire.
• ÉTANCHÉ, ÉE. participe, Vaisseau étanché.

ÉTANÇON .s.m.
• Grosse pièce de bois qu'on met sous un mur ou sous des terres minées, pour les soutenir. Quand on reprend une muraille sous oeuvre, on y met des étançons. Ils sapèrent les murailles de la ville, et y mirent des étançons; puis ils firent sommer les habitants de se rendre.

ÉTANÇONNER . v. a.
• Soutenir par des étançons. Étançonner une muraille.
• ÉTANÇONNÉ, ÉE. participe.

ÉTANFICHE . s. f.
• .Carrière. Hauteur de plusieurs lits de pierre qui font masse ensemble.

ÉTANG .s.m.
• Grand amas d'eau retenu par une chaussée, et dans lequel on nourrit du poisson. La chaussée, la bonde, la queue d'un étang. Peupler un étang. Vider, pêcher un étang. Empoissonner un étang. Ouvrir, lâcher, fermer la bonde d'un étang.

ÉTAPE . s. f.
• Provision de vivres et de fourrages que l'on distribue aux troupes lorsqu'elles sont en route. Établir des étapes. Vivre par étape. L'étape est en tel lieu. Fournir l'étape aux soldats. Recevoir son étape en argent. Cet endroit est un lieu d'étape.
• Se dit aussi Du lieu où l'on distribue l'étape aux soldats. Arriver à l'étape.
• Fig., Brûler l'étape, Ne pas s'arrêter dans un lieu d'étape, et passer plus loin.
• ÉTAPE, se dit aussi d'Une ville de commerce où l'on décharge les marchandises, les denrées qu'on y apporte de dehors. Cette ville est une bonne étape. Ce sens a vieilli.

ÉTAPIER .s.m.
• Celui qui a le soin de fournir et de distribuer l'étape aux gens de guerre.

ÉTAT .s.m.
• Disposition dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire. Bon, mauvais, heureux, malheureux, pitoyable état. État déplorable. État de maladie, de faiblesse, de souffrance. État d'innocence. Être en état de grâce. Il a envoyé s'informer de l'état de votre santé. Tel est l'état des choses. Dans cet état de choses. En quel état avez-vous trouvé cette affaire? Je vois ses affaires en mauvais état. Il est dans un état à faire pitié. Il n'est pas en état de faire cette dépense. Il est hors d'état de rien entreprendre. Je voudrais être en état de vous servir. Il a laissé l'armée en bon état. Mettre une place en état de défense. La place n'était pas en état de résister. Une maison en bon état, en mauvais état. Examiner l'état des lieux.
• L'état de nature, par opposition à L'état de société, se dit Des moeurs, de la vie habituelle des peuples sauvages, et de quelques hommes isolés.
• L'état de la question, L'exposition et le développement des rapports à considérer dans la question.
• État du ciel, Disposition où se trouvent les astres les uns à l'égard des autres dans un certain moment. Trouver l'état du ciel pour tous les jours du mois.
• En termes de Jurispr., État de prévention, État de l'inculpé contre lequel la chambre du conseil du tribunal de première instance a déclaré qu'il y a lieu de suivre. État d'accusation, État du prévenu contre lequel la chambre d'accusation a prononcé le renvoi à la cour d'assises.
• Mettre quelqu'un en état ou hors d'état de faire quelque chose, Lui en donner ou lui en ôter les moyens.
• Mettre les choses, les lieux en état, Mettre les choses, les lieux dans la disposition convenable à leur destination.
• En termes de Procéd., Mettre un procès, une affaire en état, Faire les procédures et les productions nécessaires pour qu'elle puisse être jugée; et, La mettre hors d'état, Faire quelque nouvelle procédure qui en recule le jugement.
• Tenir une chose en état, La tenir ferme, de manière qu'elle ne se dérange pas. Il faut mettre des liens de fer pour tenir ces poutres en état.
• Tenir une chose en état, signifie aussi, La tenir prête. Tenir un compte en état.
• Tenir les choses en état, Les tenir en suspens, les laisser comme elles sont. Toutes choses demeurant en état, Sans qu'il soit fait de changement à l'état des choses, les choses demeurant dans leur situation et dans leur force et valeur actuelles.
• En Jurispr. criminelle, Se mettre en état, se disait autrefois De celui qui avait été décrété de prise de corps ou condamné par contumace, ou qui avait obtenu des lettres de grâce, et qui se constituait prisonnier, afin de se justifier ou de faire entériner sa grâce dans les formes. Il ne suffit pas d'obtenir sa grâce, il faut se mettre en état.
• Faire état, Estimer, faire cas. Je fais beaucoup d'état, peu d'état de cet homme-là. Je fais peu d'état de ses menaces. Il signifie aussi, Présumer, penser. Je fais état qu'il y a là vingt mille hommes. Il signifie encore, Se proposer de. Je fais état de partir tel jour. Il signifie en outre, Être assuré de, compter sur. Faites état de cette somme. Faites état que vous aurez cette somme dans quinze jours. Cette façon de parler n'est plus guère usitée.
• ÉTAT, signifie aussi, Liste, registre. L'état des officiers de la maison d'un prince. État des pensions. Il est sur l'état. Coucher, mettre quelqu'un sur l'état, le rayer de dessus l'état. État de distribution.
• Il signifie également, Mémoire, inventaire. État de frais. État de dépense. État de lieux. L'état des meubles qui garnissent un appartement. État au vrai. État exact. Dresser l'état, un état. J'en ai fait l'état. Arrêter, signer un état.
• État de la France, de l'Angleterre, etc. Titre de certains livres qui contiennent le dénombrement des charges, des dignités, des forces, et autres renseignements relatifs à la France, à l'Angleterre, etc.
• État-major, se dit, en général, Des officiers et sous-officiers sans troupes. Se dit aussi Des officiers supérieurs d'un corps de troupes. État-major général, Le corps des officiers généraux de l'armée.
• Chef d'état-major, Officier chargé de remplir auprès d'un officier général ayant un commandement supérieur, ou auprès d'un chef de service à l'armée, des fonctions analogues à celles que remplit le major général auprès du généralissime, c'est-à-dire, d'expédier tous les ordres, de rendre compte des opérations, etc.
• État-major de l'artillerie, du génie, Officiers d'artillerie, du génie, qui ne sont point attachés aux régiments de l'arme.
• État-major des places, Corps des officiers, sous-officiers et caporaux ou brigadiers employés au commandement et au service des places de guerre.
• Corps de l'état-major, Corps d'officiers destinés à remplir les fonctions de chefs d'état-major, d'aides-majors généraux et d'aides de camp, ou à seconder les officiers de ces divers grades.
• État-major, signifie aussi, Le lieu où sont les bureaux de l'état-major. Aller faire viser sa feuille de route à l'état-major.
• ÉTAT, se rapporte aussi, en général, à la manière de vivre. Ainsi on dit: Tenir un grand état, Vivre splendidement et avec représentation; Avoir un grand état de maison, Avoir une maison considérable, un grand nombre de domestiques; et, Tenir un état, Représenter.
• ÉTAT, signifie aussi, Profession, condition. État ecclésiastique. État de mariage. Vivre selon son état. Remplir les devoirs de son état. Ne point sortir de son état. Les divers états.
• L'état civil d'une personne, l'état d'une personne, La condition d'une personne, en tant qu'elle est enfant naturel ou adoptif, de tel père ou de telle mère, légitime ou bâtarde, mariée ou non mariée, vivante ou morte naturellement ou civilement, noble ou roturière. On lui dispute son état, on dit qu'il n'est pas légitime. Déchoir de son état. Il s'agit de son état. Assurer son état.
• Question d'état, Contestation dans laquelle on révoque en doute la filiation de quelqu'un, ou son état et ses capacités personnelles.
• Actes de l'état civil, registres de l'état civil, Les actes, les registres qui constatent l'état civil des personnes.
• Officier de l'état civil, Fonctionnaire chargé de tenir les registres de l'état civil, c'est-à-dire, de constater les naissances, les mariages et les décès.
• Le tiers état, se disait autrefois de La partie de la nation française qui n'était comprise ni dans le clergé, ni dans la noblesse. Les doléances, les droits du tiers état. Les députés du tiers état.
• États généraux, ou absolument, Les états, s'est dit autrefois, en France, de L'assemblée des trois ordres du royaume, qui étaient le clergé, la noblesse et le tiers état.
• Les états de Blois, d'Orléans, de Tours, etc., Les états généraux tenus à Blois, à Orléans, etc.
• États provinciaux, s'est dit autrefois, en France, Des états particuliers qui coopéraient à l'administration dans quelques provinces, appelées par cette raison Pays d'états. Les états de Languedoc, de Bretagne, etc. Convoquer, assembler, tenir les états. La tenue des états. Les cahiers des états. Les députés des états. Congédier les états. Députer aux états. L'ouverture des états. La clôture des états. Président aux états. Commissaire du roi aux états.
• ÉTAT, se dit encore de La forme du gouvernement d'un peuple, d'une nation. État monarchique, démocratique ou populaire, aristocratique, constitutionnel, républicain, etc.
• Il signifie aussi, Le gouvernement, l'administration d'un pays, d'une société politique. Ministre d'État. Secrétaire d'État. Conseil d'État. Conseiller d'État. Maximes d'État. C'est un grand homme d'État. Criminel d'État. Crime d'État. Secret d'État. Affaires d'État.
• Raison d'État, se dit Des considérations d'intérêt public par lesquelles on se conduit dans le gouvernement d'un État. La raison d'État n'a pas permis que...
• Coup d'État, Mesure extraordinaire, et toujours violente, à laquelle un gouvernement a recours, lorsque la sûreté de l'État est à ses yeux évidemment compromise. Risquer un coup d'État.
• Coup d'état, signifie aussi, Une action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'État. Le gain de cette bataille fut un coup d'État. L'affaire de Denain fut un coup d'État.
• Coup d'État, se dit encore, figurément, de Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Ce mariage fut un coup d'État dans cette famille.
• Fig. et fam., Affaire d'État, Affaire importante. Ce n'est pas une affaire d'État. La moindre chose est pour lui une affaire d'État.
• Lettres d'État, Lettres que le roi accordait pour suspendre le jugement et les poursuites contre une personne qui, étant au service de l'État, ne pouvait vaquer à ses affaires propres.
• ÉTAT, se dit également d'Un peuple, en tant qu'il est constitué en corps de nation, qu'il forme une société politique distincte. Servir l'État. Les lois fondamentales de l'État. Leurs enfants seront élevés aux frais de l'État. Le trésor, la marine de l'État. Réformer l'État. Troubler l'État. Le bien, la félicité, la gloire de l'État. Les intérêts de l'État. C'est un des États les plus riches, les plus puissants de l'Europe. Un État pauvre, obéré. Les soutiens, les défenseurs de l'État.
• Se dit pareillement Des pays qui sont sous une même domination; et alors on ne l'emploie guère qu'au pluriel. Les États du Grand Seigneur. Il leur fit défenses d'entrer dans ses États. Dans toute l'étendue des États de ce prince. Étendre les bornes de l'État, d'un État. Un grand État.
• L'État ecclésiastique, Les États du pape. On dit de même, Les États ou L'État de Venise, de Toscane, etc.

ÉTAU .s.m.
• Machine dont les serruriers et quelques autres ouvriers se servent pour tenir fermes et serrés les objets qu'ils travaillent, et qui est formée de deux pièces de fer, appelées Mâchoires. Il y a aussi des étaux de bois, à l'usage de quelques artisans.
• Étau à main, Petit étau dont on se sert en le tenant à la main.

ÉTAYEMENT .s.m.
• Action d'étayer, ou État de ce qui est étayé.

ÉTAYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Payer.) Appuyer, soutenir avec des étais. Étayer une maison, une muraille. On a bien étayé ce bâtiment, il ne tombera pas.
• S'emploie aussi figurément. Sa fortune chancelle, elle a besoin d'être étayée.
• ÉTAYÉ, ÉE. participe.

ÉTÉ .s.m.
• La saison qui commence au solstice de juin, et qui finit à l'équinoxe de septembre. L'été est la saison la plus chaude. Bel été. Été chaud, brûlant. Été pluvieux. Jours d'été. Habit d'été. Logement d'été. Appartement d'été. Fruits d'été. Chaleurs d'été. Solstice d'été. L'été passé. L'été prochain. Nous étions en été.
• Semestre d'été, Les six mois qui s'écoulent d'avril à septembre inclusivement. Cet officier a passé tout le semestre d'été dans sa famille.
• Fig., Être dans son été, Avoir passé l'âge de la jeunesse, être dans la force de l'âge.
• L'été de la Saint-Denis, l'été de la Saint-Martin. On nomme ainsi Les huit ou dix jours qui précèdent ou qui suivent ces fêtes, parce qu'ils sont quelquefois assez beaux.

ÉTEIGNOIR .s.m.
• Petit ustensile creux en forme de cône, qui sert à éteindre la chandelle, la bougie. Éteignoir de fer-blanc. Éteignoir d'argent.

ÉTEINDRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Teindre.) Se dit en parlant Du feu qu'on étouffe, dont on fait cesser l'action. Éteignez ce feu. Éteindre un cierge, un flambeau. Éteindre la lumière. Éteindre un incendie. Le feu était à cette maison, mais on l'a éteint. Le feu est éteint.
• ÉTEINDRE, signifie par extension, Amortir, tempérer, détruire la chaleur sensible ou cachée qui est en quelque chose. Éteindre de la chaux. Éteindre l'ardeur de la fièvre. Cela éteint la chaleur naturelle.
• Se dit figurément en parlant De quelques passions vives et de certaines facultés très-actives. L'âge éteint le feu des passions. La jouissance éteint les désirs. Ce mot éteignit son courroux. Cela éteint le feu de l'imagination, la vivacité de l'esprit.
• Il signifie encore, Faire cesser, en parlant De guerres, de séditions, etc. Éteindre les feux de la guerre, de la discorde. Il parvint à éteindre une guerre qui menaçait d'embraser toute l'Europe. Éteindre une rébellion, une sédition.
• Il signifie également, Abolir, faire que le souvenir d'une chose se perde entièrement. Rien ne semblait capable d'éteindre son ressentiment. On veut en éteindre la mémoire. On a dit de même, en termes de Chancellerie, Éteindre et abolir un crime.
• Éteindre une race, L'exterminer entièrement. Ils auraient voulu éteindre une race qui leur était odieuse.
• Éteindre une rente, La faire cesser par le remboursement du principal. Éteindre et amortir une rente. On dit de même, Éteindre une dette.
• ÉTEINDRE, en termes de Peinture, signifie, Adoucir, affaiblir. Éteindre les lumières trop fortes, les couleurs trop éclatantes, dans un tableau.
• Il prend quelquefois une acception analogue dans le langage ordinaire. La souffrance, la tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux, la vivacité de ses regards.
• ÉTEINDRE, se joint souvent au pronom personnel, dans plusieurs de ses acceptions. Le feu s'éteint. Mon flambeau s'éteignit. Ce volcan s'est éteint. Une ardeur qui s'éteint. La sédition va s'éteindre d'elle-même. Un ressentiment qui ne s'éteindra jamais.
• Se dit, dans un sens particulier, D'une personne qui s'affaiblit très-sensiblement, et qui touche à sa fin, ou D'une personne qui meurt lentement et presque sans s'en apercevoir. Ce vieillard s'éteint. Elle s'éteignit doucement entre les bras de ses enfants.
• Se dit encore particulièrement Des maisons, des dignités qui finissent faute d'héritiers. Cette maison, cette famille est près de s'éteindre. Cette pairie s'éteignit par la mort d'un tel.
• ÉTEINT, EINTE. participe, Des yeux éteints, Des yeux qui sont sans feu et sans vivacité. Une voix éteinte, Une voix tellement affaiblie, qu'on peut à peine l'entendre.

ÉTENDAGE .s.m.
• Assemblage de cordes tendues horizontalement, sur lesquelles on étend les choses qu'on veut faire sécher, comme du linge mouillé, les feuilles qui sortent de la cuve du fabricant de papier, celles qui sortent de la presse de l'imprimeur, etc. Faites porter ce papier à l'étendage.
• Se dit aussi, dans les imprimeries, Du lieu où est l'étendage. Aller à l'étendage.
• Se dit encore, dans les manufactures en laine, d'Une opération qui se fait sur les laines avant de les employer.

ÉTENDARD .s.m.
• Enseigne de la cavalerie. Se ranger sous l'étendard. Porte-étendard.
• Se dit, par extension, de Toutes sortes d'enseignes de guerre. Déployer, arborer, planter un étendard.
• Fig., Suivre les étendards de quelqu'un, se ranger sous les étendards, combattre sous les étendards de quelqu'un, Embrasser son parti. Lever l'étendard, Se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lever, arborer l'étendard de la révolte, Se révolter. Lever l'étendard contre quelqu'un, Se déclarer ouvertement contre lui.
• ÉTENDARD, désignait autrefois, sur les galères, Ce qu'on appelle Pavillon sur les autres bâtiments. Gardes de l'étendard.
• ÉTENDARD, en termes de Botanique, se dit Du pétale supérieur des fleurs papilionacées, qui est grand et redressé, et qui enveloppe les autres avant la floraison.

ÉTENDOIR .s.m.
• T. d'Imprimerie. Espèce de petite pelle à long manche, qui sert à placer sur l'étendage les feuilles imprimées.
• Se dit, en termes de Papetier et de Chamoiseur, de L'endroit où l'on étend les feuilles de papier et les peaux.

ÉTENDRE . v. a.
• Allonger, faire qu'une chose acquière ou plus de surface, ou plus de volume, soit en la rendant plus mince, soit en la tirant ou en la dilatant. On étend l'or sous le marteau. Étendre du beurre sur du pain. Étendre de la cire. Étendre du drap, du parchemin. La raréfaction étend le volume d'air.
• Étendre ses troupes, son armée, Leur faire occuper plus de terrain, leur donner plus de front.
• Fig. et fam., Étendre le parchemin, Faire de longues écritures dans une affaire, pour en tirer plus de profit; Tirer un procès en longueur par des formalités et des chicanes.
• Fig. et fam., Étendre la courroie, Étendre les profits, les droits d'un emploi au delà de ce qui est permis. Sa place ne lui vaudrait pas tant, s'il n'étendait un peu la courroie.
• Fig., Étendre la clause d'un contrat, les termes d'un arrêt, d'une loi, etc., Porter le sens d'un contrat, d'un arrêt, d'une loi au delà de ce que les termes signifient précisément. On dit aussi, Étendre le sens, la signification d'un mot, Appliquer un mot à une chose, à une idée qu'il n'était pas originairement destiné à signifier, à exprimer. On dit de même quelquefois, Ce mot ne désignait d'abord que telle chose, on l'a étendu depuis à telle autre.
• ÉTENDRE, signifie aussi, Déployer en long et en large. Étendre du linge pour le sécher. Étendre de la toile sur l'herbe pour la blanchir. Étendre son manteau par terre pour se coucher dessus. Étendez ce tapis. Étendre quelqu'un sur une table, sur un lit, pour lui faire subir quelque opération. JESUS-CHRIST fut étendu sur la croix, sur l'arbre de la croix. Ces martyrs furent étendus sur le chevalet.
• Étendre le bras, étendre les bras, étendre la jambe, Les déployer de leur long. On dit de même, Étendre les ailes, en parlant D'un oiseau qui déploie ses ailes pour voler.
• Fig., Étendre la vue, La porter sur un point éloigné. C'est un plaisir d'étendre la vue sur cette belle campagne.
• Fig., Étendre un homme sur le carreau, Le tuer, le renverser mort par terre. On dit de même, Il l'étendit mort sur la place.
• ÉTENDRE, signifie encore, tant au propre qu'au figuré, Augmenter, agrandir. Étendre son empire. Étendre les limites de son royaume. Il a étendu son parc, étendu sa terre jusqu'à cet endroit. Étendre son commerce. Étendre sa domination, son pouvoir. Étendre sa réputation.
• En termes de Peinture, Étendre la lumière, Grouper ensemble plusieurs parties qui naturellement reçoivent la lumière, et où les objets ne sont séparés que par des demi-teintes adoucies.
• ÉTENDRE, s'emploie aussi avec le pronom personnel. C'est un métal qui s'étend beaucoup lorsqu'on le bat. L'armée s'étendit dans la plaine. Il s'étendit tout de son long sur l'herbe pour dormir. Une tache d'huile s'étend peu à peu.
• Il signifie quelquefois simplement, Tenir un certain espace, se prolonger jusqu'à un certain endroit. Leur empire s'étendait jusqu'à tel fleuve. Ma propriété ne s'étend pas plus loin. Cette mer s'étend jusqu'à telle autre.
• Se dit figurément Des personnes, en parlant De leur propriété. Ce propriétaire s'est fort étendu de ce côté. Il ne peut s'étendre de ce côté-là, parce qu'il est borné par d'autres propriétés.
• Se dit aussi figurément De plusieurs choses. Son pouvoir ne s'étend pas si avant. Son crédit s'étend jusque-là. Sa réputation, son nom, sa gloire, s'étendent par toute l'Europe.
• Se dit particulièrement De la vue. Sa vue s'étend jusqu'à... De cette terrasse on voit aussi loin que la vue peut s'étendre.
• Se dit également De la voix. Il a une voix forte qui s'étend très-loin. Tant que la voix se peut étendre.
• Fig., S'étendre sur quelque sujet, En parler au long. S'il m'était permis de m'étendre sur cette matière. On dit aussi dans ce sens, S'étendre sur les louanges, sur les bonnes ou mauvaises qualités de quelqu'un.
• Fam., Tant que la somme peut s'étendre, pourra s'étendre, se dit Pour exprimer qu'on ne dépasse pas, qu'on ne dépassera pas une certaine somme déterminée. Il me donne cent francs par an, tant que cela peut s'étendre.
• ÉTENDRE, avec le pronom personnel, signifie encore, Durer. La vie de l'homme ne s'étend guère au delà de cent ans. Il travaille tant que la journée peut s'étendre.
• ÉTENDU, UE. participe. Du linge étendu sur l'herbe.
• S'emploie quelquefois adjectivement, et se dit, tant au propre qu'au figuré, De certaines choses qui, dans leur genre, sont grandes, larges, vastes, etc. Un empire fort étendu. La vue est ici fort étendue. Un pouvoir fort étendu. Des connaissances étendues. Il a une voix très-étendue. C'est un esprit fort étendu.

ÉTENDUE . s. f.
• Dimension d'une chose en longueur, largeur et profondeur. En ce sens, il n'est guère usité que dans le langage didactique. Selon quelques philosophes, l'étendue est l'essence de la matière. L'étendue appartient au corps, et la pensée à l'esprit.
• Se dit aussi pour indiquer Une ou deux des trois dimensions. L'étendue d'une ligne, d'une surface.
• ÉTENDUE, dans le discours ordinaire, ne se dit que par rapport à La superficie d'une chose. Dans toute l'étendue du royaume. Pays d'une grande étendue. Une plaine, un parc d'une grande étendue. L'étendue de ses domaines. Cela n'a pas assez d'étendue. La vaste étendue des mers. L'étendue des cieux.
• ÉTENDUE, se dit aussi en parlant Du temps. Dans l'étendue de tous les âges, de tous les siècles. La vie de l'homme est d'une étendue bien bornée.
• Se dit encore figurément De diverses choses. L'étendue du pouvoir, de l'autorité. L'étendue de ses devoirs. Il voudrait donner plus d'étendue à cette loi qu'elle n'en doit avoir. Cette proposition, prise dans toute son étendue, serait fausse. Il connut alors toute l'étendue de sa misère. Un esprit d'une grande étendue, d'une vaste étendue. Grande étendue de voix. Une voix d'une grande étendue. Il a une grande étendue de connaissances.
• L'étendue d'un discours, d'une dissertation, etc., Sa longueur. Vous devriez donner un peu plus d'étendue à ce chapitre.

ÉTERNEL
, ELLE. adj.
• Qui n'a point eu de commencement et n'aura jamais de fin. Il n'y a que Dieu qui soit éternel. Le Père éternel. Le Verbe éternel. La sagesse éternelle. Dieu est un être éternel. Quelques philosophes païens ont cru que le monde était éternel.
• Il est quelquefois substantif, au masculin, et se dit seulement de Dieu. L'Éternel soit béni. La loi de l'Éternel.
• Une proposition d'éternelle vérité, Une vérité immuable et nécessaire. Le tout est plus grand que sa partie, est une proposition d'éternelle vérité.
• ÉTERNEL, signifie aussi, Qui n'aura jamais de fin, quoiqu'il ait eu un commencement. La vie éternelle. La gloire éternelle. La damnation éternelle. La mort éternelle. Les peines éternelles. Une durée éternelle.
• Il signifie aussi, par exagération, Qui doit durer si longtemps, qu'on n'en sait point la fin. C'est une guerre éternelle. Un procès éternel. Des haines éternelles. Des amours éternelles. Une reconnaissance éternelle. D'éternelle mémoire.
• Il s'applique également Aux choses qui sont dites, qui sont répétées trop souvent. Ses discours éternels sur la morale fatiguent tout le monde. Dans cette acception, il est familier.
• Fam., Un causeur, un harangueur éternel, Un homme qui parle trop, qui harangue trop longtemps.

ÉTERNELLE . s. f.
• Plante. Voyez IMMORTELLE.

ÉTERNELLEMENT . adv.
• Sans commencement et sans fin. Dieu existe éternellement.
• Il signifie aussi, Sans fin, quoiqu'il y ait eu un commencement. Le bonheur des élus, les peines des damnés dureront éternellement.
• Il se prend quelquefois pour Continuellement, toujours. Il est éternellement à ma suite, sur mes épaules. Voulez-vous demeurer là éternellement? Dans cette acception, il est familier.

ÉTERNISER . v. a.
• Rendre éternel; Faire qu'une chose ne finisse point, qu'elle dure très-longtemps. Éterniser son nom. Éterniser sa mémoire. La chicane éternise les procès.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. C'est ainsi que les abus s'éternisent.
• ÉTERNISÉ, ÉE. participe.

ÉTERNITÉ . s. f.
• Durée qui n'a ni commencement ni fin. L'éternité de Dieu. Dieu est de toute éternité. Le temps n'est qu'une partie de l'éternité.
• Se dit aussi d'Une durée qui a un commencement, mais qui n'aura point de fin; et alors on l'emploie surtout en parlant De la vie à venir. Éternité bienheureuse. Éternité malheureuse. Éternité de peines, de supplices. Il ne songe point à l'éternité.
• Il signifie quelquefois, par exagération, Un temps fort long. Ces bâtiments dureront une éternité. En voilà pour une éternité. Cette année d'attente fut pour moi une éternité.
• De toute éternité, De temps immémorial. Cela est ainsi de toute éternité.

ÉTERNUER . v. n.
• Faire le mouvement involontaire qu'on appelle Éternument, et qui est excité par quelque picotement au fond des narines. Il éternue souvent. Le rhume fait éternuer. Cette poudre, cette fumée fait éternuer, donne envie d'éternuer. Se faire éternuer.

ÉTERNUMENT .s.m.
• Mouvement, effort subit et convulsif des muscles qui servent à l'expiration, dans lequel l'air, après une grande inspiration commencée et un peu suspendue, est chassé tout d'un coup et avec violence par le nez et par la bouche. Il est sujet à des éternuments fréquents.

ÉTÉSIEN . adj. m.
• Se dit Des vents réguliers qui soufflent chaque année pendant un certain nombre de jours dans les mers du Levant, dans la Méditerranée. Les vents étésiens soufflent quarante jours, vers le lever de la canicule. Les vents étésiens se font sentir jusqu'en Espagne.

ÉTÊTEMENT .s.m.
• Action d'étêter un arbre. Cet arbre a repoussé bien des branches depuis son étêtement.

ÉTÊTER . v. a.
• Couper, tailler la tête d'un arbre. Étêter des saules. Il est temps d'étêter ces arbres.
• Étêter un clou, une épingle, En ôter la tête. On a étêté ce clou, il ne peut plus servir.
• ÉTÊTÉ, ÉE. participe.

ÉTEUF .s.m.
• (On ne prononce point l'F, si ce n'est dans les vers, lorsque le mot suivant commence par une voyelle.)
• Petite balle dont on se sert pour jouer à la longue paume. Prendre l'éteuf à la volée. Renvoyer l'éteuf.
• Prov. et fig., Renvoyer l'éteuf, Repousser avec vigueur, soit par des paroles, soit par des effets, une injure, une raillerie.
• Prov. et fig., Courir après son éteuf, Prendre beaucoup de peine pour recouvrer un bien, un avantage qu'on a laissé échapper. J'ai retenu cet argent par mes mains, parce que je ne veux point courir après mon éteuf.
• Ce mot est peu usité maintenant.

ÉTEULE
ou •ESTEUBLE. s. f.
• T. d'Agricult. Chaume; ce qui reste sur la terre du tuyau des grains, quand on a fait la moisson.

ÉTHER .s.m.
• (On prononce l'R.) Nom que les anciens donnaient à l'air pur et léger des hautes régions de l'atmosphère.
• Se dit également de La matière fluide et subtile qu'on supposait remplir l'espace dans lequel se meuvent les corps célestes.
• ÉTHER, se dit, en Chimie, d'Une liqueur spiritueuse très-volatile qu'on obtient par la distillation d'un acide mêlé avec de l'esprit-de-vin ou alcool. Éther nitrique. Éther sulfurique. Un flacon d'éther. Respirer de l'éther.

ÉTHÉRÉ
, ÉE. adj.
• Qui est de la nature de l'éther. Substance éthérée. Corps éthéré. Région éthérée.
• Poétiq., La voûte éthérée, Le ciel.
• Matière éthérée, La matière fluide et subtile qu'on a longtemps supposé remplir l'espace où se meuvent les corps célestes. Espace éthéré, L'espace que l'on supposait rempli de la matière éthérée.

ÉTHIOPS .s.m.
• .Chimie. On donnait autrefois ce nom à certains oxydes et à des sulfures métalliques. Éthiops martial. Éthiops minéral.

ÉTHIQUE . s. f.
• .l'École. Science de la morale. La logique, l'éthique, la physique.
• Les Éthiques d'Aristote, Les ouvrages moraux d'Aristote.

ETHMOÏDAL
, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui appartient à l'ethmoïde. Nerf ethmoïdal. Suture ethmoïdale. Sinus ethmoïdaux.

ETHMOÏDE . adj. et s. m.
• T. d'Anat. Os du crâne, dont la lame supérieure est criblée de petits trous. L'os ethmoïde. L'ethmoïde.

ETHNARCHIE . s. f.
• T. d'Hist. ancienne. Province qui était sous le commandement d'un ethnarque.
• Il signifie aussi, La dignité d'ethnarque.

ETHNARQUE .s.m.
• T. d'Hist. ancienne. Celui qui commandait dans une province.

ETHNIQUE . adj. des deux genres
• Mot qui est employé seulement dans les auteurs ecclésiastiques, et qui signifie la même chose que Païen, idolâtre, gentil.
• En Grammaire, Mot ethnique, Mot qui désigne l'habitant d'un certain pays ou d'une certaine ville. Français, Parisien, sont des mots ethniques. Cette locution est maintenant peu usitée.

ETHNOGRAPHE .s.m.
• Celui qui s'occupe d'ethnographie, qui en fait son étude.

ETHNOGRAPHIE . s. f.
• Partie de la statistique qui a pour objet l'étude et la description des divers peuples.

ETHNOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient, qui est relatif à l'ethnographie. Recherches ethnographiques.

ÉTHOLOGIE . s. f.
• T. didactique. Discours ou traité sur les moeurs.

ÉTHOPÉE . s. f.
• T. didactique. Peinture et description des moeurs et des passions humaines.

ÉTIAGE .s.m.
• Le plus grand abaissement des eaux d'une rivière. Indiquer, marquer l'étiage. La hauteur de l'étiage.

ÉTIER .s.m.
• Canal qui sert à conduire l'eau de la mer dans les marais salants.

ÉTINCELANT
, ANTE. adj.
• Qui étincelle. Les étoiles les plus étincelantes. Ce rubis est étincelant. Un glaive étincelant. Des yeux étincelants, étincelants de colère.

ÉTINCELÉ . adj.
• En termes de Blason, on appelle Écu étincelé, Celui qui est semé d'étincelles.

ÉTINCELER . v. n.
• Briller, jeter des éclats de lumière. Il y a des étoiles qui étincellent plus que d'autres. Les yeux lui étincellent de colère. Ses yeux étincelaient de fureur.
• Fig., Cet ouvrage étincelle d'esprit, Il est plein de choses spirituelles.

ÉTINCELLE . s. f.
• Petite parcelle de feu, bluette. Étincelle de feu. Quand on bat les cailloux avec un briquet, il en sort des étincelles. On a éteint ce grand feu, il n'en reste pas une étincelle. Une petite étincelle peut causer un grand embrasement.
• Se dit figurément, surtout en parlant De l'esprit, de l'âme. Il n'a pas une étincelle d'esprit, de courage. Il n'a pas la moindre étincelle de génie.
• En Physique, Étincelle électrique, Trait de feu qui jaillit des corps électrisés, lorsque l'excès de charge électrique qu'ils ont reçu s'échappe avec explosion en crevant la couche d'air qui les environne. L'éclair n'est qu'une étincelle électrique.

ÉTINCELLEMENT .s.m.
• Éclat de ce qui étincelle. L'étincellement d'un charbon ardent, d'une barre de fer rouge. L'étincellement des étoiles fixes: voyez SCINTILLATION.

ÉTIOLEMENT .s.m.
• Altération, décoloration qu'éprouvent les plantes lorsqu'elles lèvent dans un endroit obscur, ou lorsque, parvenues à un certain degré d'accroissement, elles cessent de recevoir l'action de la lumière et de l'air. On fait blanchir la chicorée, le céleri par un étiolement factice, afin de leur donner une saveur plus douce.

ÉTIOLER . v. a.
• Faire éprouver à une plante l'espèce d'altération, de décoloration que l'on nomme Étiolement. L'obscurité étiole les plantes. On l'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Les plantes qui croissent dans une cave s'étiolent.
• ÉTIOLÉ, ÉE. participe, Plante étiolée.

ÉTIOLOGIE . s. f.
• Partie de la médecine qui traite des diverses causes des maladies.

ÉTIQUE . adj. des deux genres
• Qui est dans l'étisie. Devenir étique. Mourir étique.
• Fièvre étique, Fièvre lente, longue et habituelle, qui dessèche tout le corps.
• ÉTIQUE, signifie aussi, Maigre, atténué. Il a le visage étique, tout le corps étique.
• Se dit de même, en ce sens, De quelques animaux. Un chapon, un poulet étique. Un cheval étique.

ÉTIQUETER . v. a.
• Mettre une étiquette, distinguer par une étiquette. Étiqueter des sacs de procès, des liasses de papiers, un sac d'argent. Les apothicaires étiquètent leurs fioles. Étiqueter des marchandises.
• ÉTIQUETÉ, ÉE. participe.

ÉTIQUETTE . s. f.
• Petit écriteau qu'on met, qu'on attache sur un sac de procès, et qui contient les noms du demandeur et du défendeur, celui de l'avoué, etc. Il faut mettre une étiquette à ce sac.
• Prov. et fig., Juger, condamner sur l'étiquette du sac, ou absolument, sur l'étiquette, Porter son jugement sur quelque affaire, sur quelque personne, sans avoir examiné les pièces, les raisons. Vous y allez bien légèrement, vous jugez sur l'étiquette du sac. Votre partie est si décriée, qu'on la condamnera sur l'étiquette du sac, sur l'étiquette.
• ÉTIQUETTE, se dit aussi de Ces petits écriteaux qu'on met à des sacs d'argent, à des liasses de papiers, à des layettes, à des paquets de hardes, etc., pour indiquer ce qu'ils contiennent. Mettez des étiquettes à chacun de ces paquets.
• ÉTIQUETTE, se dit en outre Des usages établis dans la maison d'un prince, du cérémonial de cour. L'étiquette de la cour. Manquer, se conformer à l'étiquette. Cela n'est pas d'étiquette. L'étiquette veut que...
• Se dit aussi Des formes cérémonieuses usitées entre particuliers, pour se témoigner mutuellement des égards. Tenir à l'étiquette. Cet homme est fort sur l'étiquette. Dîner d'étiquette. Bannir toute espèce d'étiquette. La gêne de l'étiquette. Les lois de l'étiquette.
• Se dit également Des différentes formules dont on se sert soit dans les lettres, soit dans les placets, selon les personnes à qui on les adresse.

ÉTIRER . v. a.
• Étendre, allonger. Étirer du linge. Étirer du fer, du cuivre, etc.
• ÉTIRÉ, ÉE. participe.

ÉTISIE . s. f.
• Phthisie, maladie qui dessèche et consume le corps. Il est tombé en étisie. Être dans l'étisie.

ÉTOFFE . s. f.
• Tissu de soie, de laine, de coton, de poil, de fil d'or ou d'argent, etc., dont on fait des habits, des meubles, etc. Étoffe de laine. Étoffe de soie. Ce marchand a de belles étoffes. C'est une bonne étoffe que le drap. C'est une belle étoffe que le velours. Des étoffes d'or et d'argent. Acheter, lever des étoffes. Riches étoffes. Étoffe à fleurs. Étoffe moelleuse. Il vous a fourni l'étoffe. Votre tailleur n'a pas épargné l'étoffe. Voilà des rideaux bien amples, on n'y a pas plaint l'étoffe.
• Il s'applique aussi à La matière de quelques autres ouvrages de manufacture. Il n'y a pas assez d'étoffe dans ce chapeau.
• Fig., par extension, On n'a pas épargné, on n'a pas plaint l'étoffe, On a employé une grande quantité de matière, ou On a employé plus de matière qu'il ne fallait. Voilà de la vaisselle d'argent bien pesante, on n'a pas plaint, on n'y a pas plaint l'étoffe.
• Fig. et fam., On peut faire de ce jeune homme quelque chose de bon, il y a de l'étoffe, Il a des dispositions heureuses, et qui n'ont besoin que d'être cultivées. Dans le sens contraire, on dit, On ne fera jamais rien de ce jeune homme, il n'y a point d'étoffe.
• ÉTOFFE, signifie aussi, figurément et familièrement, Qualité, condition, naissance, mérite, etc. Il ne s'emploie guère alors que par dénigrement. Un homme de petite, de basse, de mince étoffe. Il ne doit pas faire de comparaison avec vous, il n'est pas de même étoffe. Ils ne valent pas mieux l'un que l'autre, ce sont gens de même étoffe. C'est un esprit d'assez grossière étoffe.
• ÉTOFFES au pluriel, en termes d'Imprimerie, se dit de Ce que l'imprimeur fait payer, à raison de tant pour cent, au delà des frais d'impression, afin de se couvrir des dépenses que nécessitent le matériel, la correction, l'éclairage, etc. Payer les étoffes. On m'a compté tant pour les étoffes.

ÉTOFFER . v. a.
• Mettre de l'étoffe, de la matière en quantité suffisante et de qualité convenable, à quelque ouvrage de manufacture. Ce chapelier n'a pas bien étoffé ce chapeau.
• Il signifie aussi, Garnir de tout ce qui est nécessaire, soit pour la commodité, soit pour l'ornement, et se dit principalement, en parlant D'un carrosse, d'un lit, et de quelques autres meubles.
• ÉTOFFÉ, ÉE. participe. Chapeau bien étoffé. Lit bien étoffé.
• Fig. et fam., Un homme bien étoffé, Un homme bien vêtu, bien meublé, un homme qui a toutes ses aises et toutes ses commodités. On dit dans le même sens, Une maison bien étoffée.

ÉTOILE . s. f.
• Astre qui brille de sa lumière propre, et qui paraît toujours fixe au même point du ciel. Autrefois on donnait également le nom d'étoiles aux planètes; mais on les distinguait des étoiles proprement dites ou étoiles fixes par la dénomination d'étoiles errantes. Étoile de la première, de la seconde, de la troisième grandeur. Il parut cette année-là une nouvelle étoile. Le lever, le coucher d'une étoile. La scintillation des étoiles. La nuit est belle, on voit briller les étoiles. L'éclipse fut si grande, qu'on vit les étoiles en plein jour. Étoile polaire. Les étoiles sont divisées en groupes qu'on appelle Constellations.
• Étoiles doubles, multiples, Étoiles placées dans des directions visuelles si voisines, qu'elles paraissent ne former qu'un seul astre, quand on les observe avec de faibles instruments; tandis qu'elles se résolvent en un groupe de deux ou plusieurs astres, quand on les observe avec de bons télescopes. Les étoiles multiples d'un même groupe manifestent ordinairement des mouvements de circulation continus autour d'une d'entre elles. Les étoiles doubles offrent souvent des différences de couleur très-marquées.
• L'étoile du berger, La planète de Vénus. On l'appelle aussi Étoile du matin, lorsqu'elle précède le lever du soleil; et Étoile du soir, lorsqu'elle paraît après le coucher de cet astre.
• Prov., Loger, coucher à la belle étoile, Coucher dehors, en plein air.
• Fig. et fam., Faire voir à quelqu'un des étoiles en plein midi, Lui donner sur la tête ou dans le visage un coup qui lui cause un grand éblouissement. Cela signifie aussi, En imposer, en faire aisément accroire à quelqu'un.
• ÉTOILE, se dit encore abusivement de Ces météores, appelés aussi Étoiles tombantes, que l'on voit courir dans l'air la nuit, et s'éteindre incontinent J'ai vu tomber une étoile. Des étoiles qui filent.
• ÉTOILE, signifie figurément, Destinée, influence prétendue des astres sur le tempérament et sur la fortune des hommes. Étoile maligne, funeste. Étoile favorable, bienfaisante, heureuse. Ce n'est pas son mérite qui le fait réussir, c'est son étoile. Son étoile est d'être aimé des grands. Son étoile pâlit. Il y a de l'étoile dans cette affaire. C'est un effet de son étoile. On ne peut aller contre son étoile. Il est né sous une bonne étoile.
• ÉTOILE, se dit, en Pyrotechnie, d'Un petit artifice qui imite, dans les airs, l'éclat d'une étoile. Une bombe remplie d'étoiles.
• Se dit aussi de Certains ornements auxquels on suppose quelque ressemblance avec une étoile, et qui ont ordinairement cinq rayons. Une couronne d'étoiles. Peindre, sculpter, broder une étoile.
• Se dit, en termes d'Imprimerie, dans le même sens qu'Astérisque. On l'emploie surtout pour désigner L'astérisque destiné à remplacer chacune des syllabes ou des lettres d'un mot qu'on ne veut pas écrire en entier. Voyez ASTÉRISQUE.
• Fig. et fam., Monsieur trois étoiles, s'emploie pour désigner quelqu'un qu'on ne veut pas nommer, ou qui n'est qu'un personnage imaginaire. En écrivant ou en imprimant, Monsieur ou M. •••.
• En Hist. nat., Étoile de mer. Voyez ASTÉRIE.
• ÉTOILE, se dit, en termes de Manége, d'Une marque blanche sur le front d'un cheval dont le corps est d'une autre couleur.
• Il signifie encore, Le centre où se réunissent plusieurs allées d'un parc, ou plusieurs routes d'une forêt.
• Se dit, en termes de Fortification, d'Un fortin à quatre, cinq ou six angles saillants.

ÉTOILÉ
, ÉE. adj.
• Semé d'étoiles. Le ciel était fort étoilé, Fort serein. La voûte étoilée, Le ciel. Voyez le participe d' ÉTOILER.

ÉTOILER (S') . v. pron.
• Se fêler en forme d'étoile. Prenez garde que vos bouteilles ne s'étoilent. Dans les Monnaies, les flans s'étoilent, quand ils ne sont pas assez recuits.
• TOILÉ, ÉE. participe, Qui a une fêlure en forme d'étoile. Bouteille, glace étoilée. Carreau de vitre étoilé.

ÉTOLE . s. f.
• Longue bande d'étoffe que les prêtres portent au cou, lorsqu'ils remplissent certaines fonctions ecclésiastiques, et qui pend des deux côtés par devant. Les extrémités de l'étole sont ornées de croix de galon ou de broderie. Broder une étole. Mettre l'étole. Ôter l'étole. On n'administre point les sacrements sans l'étole. Les prêtres faisant fonction de diacres portent l'étole en écharpe.

ÉTONNAMMENT . adv.
• D'une manière étonnante. Cet enfant profite étonnamment.

ÉTONNANT
, ANTE. adj.
• Qui étonne, qui surprend. Cela est fort étonnant. Voilà une nouvelle étonnante. Mémoire étonnante. Adresse étonnante. Érudition étonnante. Secrets étonnants. Il est étonnant qu'on se permette de si grandes libertés.
• C'est un homme étonnant, se dit D'un homme extraordinaire, soit en bien, soit en mal.

ÉTONNEMENT .s.m.
• Surprise causée par quelque chose d'extraordinaire, d'inattendu. Causer, donner de l'étonnement. Jeter dans l'étonnement. Remplir d'étonnement. Donner des marques d'étonnement. Cela m'a frappé d'étonnement. J'ai été saisi d'étonnement. Je suis dans un grand étonnement. Je ne reviens point de mon étonnement. D'où naît votre étonnement? L'étonnement était peint sur tous les visages. Mon étonnement a cessé. Il est revenu de son étonnement. C'est un de mes étonnements, qu'il ait pu réussir par ce moyen-là. Au grand étonnement de tout le monde.
• Se dit quelquefois pour Admiration. Cette action fera l'étonnement des siècles futurs. La grandeur et la magnificence de ce palais me frappèrent d'étonnement. Être ravi d'étonnement.
• Il signifie au figuré, Ébranlement. Depuis sa chute, il lui est resté un étonnement de cerveau. Ce sens est peu usité.

ÉTONNER . v. a.
• Surprendre par quelque chose d'inopiné, d'extraordinaire. Cet accident imprévu, cette nouvelle, cette marche des ennemis l'a fort étonné, l'a extrêmement étonné. Je crois que cela l'étonnera. Cela est fait pour étonner. Les exploits de ce héros étonneront l'univers. Vous l'étonnerez bien quand vous lui direz cela. Cet enfant étonne, étonne tout le monde par son esprit, par la vivacité de ses reparties. Je suis étonné qu'il ne m'en ait rien dit.
• Il signifie figurément, Ébranler, faire trembler par quelque grande, quelque violente commotion. Ce coup lui a étonné la tête.
• ÉTONNER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Être étonné, troublé, effrayé. Il ne s'étonne de rien, il ne s'étonne pas du bruit, pour le bruit. Dans ce sens, on dit proverbialement, Cet homme est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit.
• Il signifie plus ordinairement, Trouver étrange, singulier, extraordinaire. Je m'étonne qu'il ne voie pas le danger où il est. J'en sais la raison, je ne m'en étonne plus. Ne vous étonnez pas s'il en use de la sorte. Je m'étonne de votre ami qui vous abandonne. Je m'étonne que vous n'ayez pas prévu cet accident. Je m'étonne de vos manières, de vos procédés.
• ÉTONNÉ, ÉE participe. Paraître étonné de quelque chose. Air étonné.
• Prov., Cet homme est étonné comme un fondeur de cloches, il est étonné comme s'il tombait des nues, comme si les cornes lui venaient à la tête, Il est surpris, étonné au dernier point.

ÉTOUFFADE . s. f.
• Voyez ESTOUFFADE.

ÉTOUFFANT
, ANTE. adj.
• Qui fait qu'on étouffe, qu'on respire difficilement. On ne l'emploie guère que dans ces locutions: Temps étouffant. Chaleur étouffante.

ÉTOUFFEMENT .s.m.
• Difficulté de respirer. Elle a des vapeurs qui lui causent des étouffements. D'où vient cet étouffement?

ÉTOUFFER . v. a.
• Suffoquer; faire perdre la respiration, faire mourir, en privant d'air. Une esquinancie l'a étouffé. Il a été étouffé d'un catarrhe. Cette nourrice en dormant a étouffé son enfant. Hercule étouffa le redoutable Antée. On dit par exagération, dans le langage familier, Que la peste l'étouffe!
• Il est quelquefois neutre, et signifie, Avoir la respiration empêchée; ou Mourir faute d'air. Il n'y a point d'air dans cette chambre, on y étouffe. Délacez cette femme, elle étouffe. Il étouffa au milieu des plus horribles convulsions. Nous pensâmes étouffer de chaud.
• Fig. et fam., Étouffer de rire, Rire avec excès, jusqu'à perdre la respiration.
• ÉTOUFFER, se dit également De ce qui dérobe aux plantes l'air nécessaire à leur végétation. Les mauvaises herbes étouffent le blé. Cet arbre étouffe les arbustes qui l'entourent.
• Il signifie aussi, Éteindre, en interceptant l'air. Étouffer du charbon, de la braise.
• ÉTOUFFER, signifie figurément, Supprimer, cacher, surmonter. Étouffer les cris de quelqu'un. Tâchez d'étouffer vos soupirs, vos plaintes, vos ressentiments. Je ne saurais étouffer ma douleur. Étouffer les remords de sa conscience. Étouffez ces soupçons, de pareils soupçons.
• Étouffer des sons, Les rendre moins éclatants, les amortir. Il y a, dans les pianos, une pédale qui sert à étouffer les sons.
• ÉTOUFFER, signifie aussi, Détruire, dissiper, faire cesser. Étouffer les germes du vice. Étouffer les talents. Étouffer une révolte, une hérésie, une sédition, une guerre civile. Étouffer une erreur.
• Étouffer une affaire, étouffer une querelle, Empêcher qu'elle n'éclate, qu'elle n'ait des suites.
• ÉTOUFFÉ, ÉE. participe. Cris étouffés, Les cris sourds d'une personne dont la respiration est gênée. Rire étouffé, Celui qui échappe à une personne, malgré les efforts qu'elle fait pour ne point rire.
• Dans l'Ancien Testament, Viandes étouffées, se dit de La chair des animaux qu'on avait tués sans verser leur sang.

ÉTOUFFOIR .s.m.
• Espèce de boîte faite de métal, dont on se sert pour étouffer et éteindre des charbons.
• ÉTOUFFOIR, se dit aussi de Petites pièces de drap qui servent, dans un piano, à étouffer les sons, et qui s'abaissent au moyen d'une pédale.

ÉTOUPE . s. f.
• La partie la plus grossière, le rebut de la filasse, soit de chanvre, soit de lin. Étoupe de chanvre. Étoupe de lin. Paquet d'étoupe. Fil d'étoupe. Toile d'étoupe. Boucher avec de l'étoupe.
• Fig. et fam., Mettre le feu aux étoupes, Déterminer tout à coup quelque mouvement impétueux, comme la colère, un amour violent, etc. Quand les esprits sont aigris, il faut peu de chose pour mettre le feu aux étoupes. On dit dans un sens analogue que Le feu prend aux étoupes.

ÉTOUPER . v. a.
• Boucher avec de l'étoupe ou avec quelque autre chose semblable. Les conduits sont étoupés. Le vin s'enfuit, il faut étouper les fentes du tonneau. Étouper un bateau. Étouper des trous. S'étouper les oreilles.
• ÉTOUPÉ, ÉE. participe.

ÉTOUPILLE . s. f.
• T. d'Artillerie. Petite mèche inflammable qu'on introduit dans la lumière d'une pièce, et qui sert d'amorce.

ÉTOUPILLON .s.m.
• T. d'Artillerie. Petite mèche d'étoupe suiffée qu'on introduit dans la lumière d'une pièce, pour préserver la charge de l'humidité.

ÉTOURDERIE . s. f.
• Action d'étourdi, ou Habitude de faire des actions d'étourdi. C'est une étourderie. Il fait toujours des étourderies. Ce sont là de vos étourderies. On ne saurait le corriger de son étourderie. Il est d'une étourderie inconcevable.

ÉTOURDI
, IE. adj.
• Qui agit sans réflexion, sans considérer ce qu'il fait. C'est un jeune homme bien étourdi. Cette femme est fort étourdie.
• Il se prend aussi substantivement. C est un étourdi, un petit étourdi, un jeune étourdi, un grand étourdi, un franc étourdi. Il fait tout en étourdi. Vous êtes une étourdie. Tous ces gens-là sont des étourdis, ils ne savent ce qu'ils font.
• Prov., Notre homme ne fut ni fou ni étourdi, Il sut prendre son parti sur-le-champ.
• Prov., Être étourdi comme le premier coup de matines, comme un hanneton, Être fort étourdi.
• À L'ÉTOURDIE. loc. adv. A la manière d'un étourdi, inconsidérément. Cette affaire est importante, il ne faut pas y aller à l'étourdie. Agir à l'étourdie.

ÉTOURDIMENT . adv.
• À l'étourdie. Il fait toutes choses si étourdiment, que... Vous avez agi bien étourdiment. Il a entrepris cette affaire fort étourdiment, Sans l'examiner, sans prendre conseil.

ÉTOURDIR . v. a.
• Causer dans le cerveau un ébranlement qui trouble, qui suspend en quelque sorte la fonction des sens. Il lui donna sur la tête un coup de bâton qui l'étourdit. Le grand bruit du canon, des cloches, des tambours étourdit. Vous m'étourdissez avec votre caquet. Il crie à pleine tête, il nous étourdit. Le branle du bateau, du carrosse étourdit.
• Fam., Étourdir les oreilles, Importuner, fatiguer par trop de paroles. Vous m'étourdissez les oreilles. Il m'a étourdi les oreilles de sa réclamation, de ses plaintes.
• ÉTOURDIR, s'emploie aussi figurément, et signifie, Causer de l'étonnement, de l'embarras. Cette nouvelle, cette défaite, ce coup imprévu les a fort étourdis. Ils en sont tout étourdis.
• Fig. et fam., Étourdir la grosse faim, La calmer en mangeant quelque peu.
• Fig., Étourdir une douleur, en parlant D'une douleur physique, L'endormir, empêcher qu'elle ne soit aussi sensible. Ce remède ne guérit pas, il ne fait qu'étourdir la douleur. En parlant D'une douleur morale, Faire que l'esprit en soit moins occupé, en soit distrait. Il va à la promenade, il voit le monde pour étourdir sa douleur.
• S'étourdir sur quelque chose, Se distraire de quelque chose, s'empêcher d'y penser. Il s'est étourdi sur cette perte. Il s'étourdit sur le temps à venir. On dit dans le même sens, Chercher à s'étourdir, Chercher à étourdir sa douleur, à dissiper son chagrin, son inquiétude, etc.
• ÉTOURDI, IE. participe, Il tomba tout étourdi du coup.
• Se dit quelquefois Des parties du corps où il ne reste plus qu'un léger ressentiment de la douleur qu'on y a éprouvée. Sa goutte est passée, mais il a le pied encore tout étourdi, la main étourdie. Ce sens est peu usité.
• Prov. et fig., Il est encore tout étourdi du bateau, se dit D'un homme qui n'est pas encore bien remis de quelque fâcheuse affaire, d'une maladie dont il vient de sortir, etc.

ÉTOURDISSANT
, ANTE. adj.
• Qui étourdit. Un bruit étourdissant. Ces cloches sont étourdissantes.

ÉTOURDISSEMENT .s.m.
• Impression, ébranlement causé par quelque chose qui étourdit. Grand étourdissement. Causer de l'étourdissement. Il a des étourdissements. Il lui a pris un étourdissement.
• Se dit, figurément, Du trouble que cause un malheur, une mauvaise nouvelle. Ils ne sont pas tout à fait revenus de leur étourdissement. Le premier étourdissement passé, on parvint à calmer sa douleur.

ÉTOURNEAU .s.m.
• Sorte d'oiseau de passage, dont le plumage noirâtre est marqué de petites taches grises. On l'appelle aussi Sansonnet. Les étourneaux ne vont que par bandes. Une bande d'étourneaux.
• Fig. et fam., C'est un étourneau, se dit D'un jeune homme léger et inconsidéré. Vous êtes un étourneau, un plaisant étourneau.
• ÉTOURNEAU, se dit encore d'Un cheval qui a le poil gris-jaunâtre. En ce sens, il se prend aussi adjectivement. Un cheval étourneau.

ÉTRANGE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas dans l'ordre, dans l'usage commun; qui est singulier, extraordinaire, inconcevable. Il y a des coutumes bien étranges dans ce pays-là. Cela est étrange, il est vraiment étrange que vous ne croyiez jamais vos amis. Étrange aveuglement. Étrange affaire. Événement étrange. Chose étrange! Étrange situation. Étranges manières. Étrange façon de faire, d'agir. Je trouve bien étrange que vous ayez fait cela. Étrange humeur. Étrange esprit. Voilà un homme étrange. C'est une personne bien étrange.

ÉTRANGEMENT . adv.
• D'une manière étrange, contre l'ordre et l'usage communs, extrêmement, excessivement. Il est étrangement bizarre. Il l'a étrangement maltraité.

ÉTRANGER
, ÈRE. adj.
• Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport à une autre nation. Coutumes, lois étrangères. Les gouvernements étrangers. La guerre civile et la guerre étrangère. Langue étrangère. Accent étranger. Plante étrangère. Climats, pays étrangers. Il a l'air étranger. Princes étrangers. Les puissances étrangères. Les ministres étrangers résidant à Paris. On dit de même: Les nations étrangères. Un peuple étranger.
• Ministre des affaires étrangères, Ministre qui entretient les relations de l'État avec les gouvernements étrangers, et qu'on appelle aussi Ministre des relations extérieures. On dit dans un sens analogue, Le ministère, le département des affaires étrangères.
• Fig., Être étranger dans son pays, Ne point en connaître les usages, ou Ignorer ce qui s'y passe, n'y prendre aucun intérêt. N'être étranger nulle part, Avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ou pour être bien vu, bien accueilli partout. Cet homme sait presque toutes les langues de l'Europe, il n'est étranger nulle part. Avec une telle célébrité, on n'est étranger nulle part.
• ÉTRANGER, signifie par extension, Qui ne se mêle point d'une chose, d'une affaire, qui n'y a point de part. Je suis tout à fait étranger à cela, à cette affaire, à cette intrigue. Il resta toujours étranger à ce qui se passait, aux mesures qui furent prises.
• Être étranger à une science, à un art, etc., N'en avoir aucune notion, aucune connaissance. Les personnes les plus étrangères à la peinture sentent les beautés de ce tableau. Cet homme est absolument étranger à la musique, à la chimie, etc.
• Être étranger à une compagnie, à une famille, etc., N'en pas faire partie. Les personnes étrangères à l'association, à la famille.
• ÉTRANGER, se dit également De ce qui ne concerne point une personne, ou De l'art, de la science, etc., qu'elle ignore. Ces considérations me sont tout à fait étrangères. La musique, la chimie lui est entièrement étrangère.
• Se dit encore De ce qui n'a aucun rapport ou aucune conformité avec la chose dont il s'agit. Un fait étranger à la cause. Une dissertation étrangère au sujet. Avoir des habitudes étrangères à toute espèce d'intrigue.
• Se dit aussi De ce qui n'est pas naturel ou propre à une personne, à une chose. Une femme qui emprunte des charmes étrangers. Il se targue d'un mérite qui lui est étranger. Une force étrangère met ces corps en mouvement.
• Se dit pareillement Des choses qui ne sont pas de même nature que le corps auquel elles sont unies, alliées. De l'argent combiné avec des substances, des matières étrangères.
• En Chirur. et en Médec., Corps étranger, Toute chose qui se trouve contre nature dans le corps de l'homme ou de l'animal, soit qu'elle vienne de dehors, comme des morceaux de bois, de plomb, de linge, de drap, soit qu'elle y ait été engendrée ou formée. Il ne peut guérir tant que ce corps étranger n'aura pas été retiré de sa plaie. Les vers qui s'engendrent dans les abcès, le sable qui se forme dans les reins, les esquilles d'os, sont des corps étrangers. Les plaies se rouvrent quand il y est resté des corps étrangers.
• ÉTRANGER, ÈRE, s'emploie souvent comme substantif, et se dit d'Une personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. C'est un étranger. Il a épousé une étrangère. Accueillir les étrangers. Les étrangers sont bien reçus en France. Il ne faut repousser ni le pauvre ni l'étranger.
• Il signifie aussi, Celui, celle qui n'est pas d'une famille, d'une compagnie, etc. Il a donné son bien à un étranger pour l'ôter à ses parents. Il repousse toute sa famille, et ne voit que des étrangers. Il ne faut pas communiquer les secrets de la compagnie à des étrangers. Nous voulons rester entre nous, ne laissez entrer aucun étranger.
• Il se prend quelquefois absolument, et désigne alors, Le pays étranger. Faire passer des marchandises à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger. Passer à l'étranger, S'expatrier. On ne l'emploie guère que dans ces sortes de phrases.

ÉTRANGER . v. a.
• Chasser d'un lieu, faire éloigner d'un lieu, désaccoutumer d'y venir. Les rats, les moineaux ont étrangé les pigeons du colombier. Étranger le gibier d'un pays. Il a tant fait la chasse aux loups, qu'il les a étrangés de ce pays-là.
• Il ne se dit en parlant Des personnes que dans le langage familier. Il a su étranger les importuns qui venaient chez lui. Cet aubergiste est si cher, qu'il a étrangé toutes ses pratiques.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Le gibier s'est étrangé de cette plaine. Ce verbe a vieilli.
• ÉTRANGÉ, ÉE. participe

ÉTRANGETÉ . s. f.
• Caractère de ce qui est étrange. L'étrangeté de sa conduite, de son humeur, de ses manières, de son style.

ÉTRANGLEMENT .s.m.
• Action d'étrangler, et plus ordinairement L'état de celui qui est étranglé. Des indices d'étranglement. Un os arrêté dans la gorge lui a causé un étranglement qui a failli le faire périr.
• Se dit aussi d'Un resserrement, d'un rétrécissement, accidentel ou naturel, dans quelque partie d'une chose plus ou moins allongée. L'étranglement des vaisseaux gêne la circulation du sang. L'étranglement d'une hernie. Le corps de plusieurs insectes, tels que l'araignée, la guêpe, etc., est divisé en deux par un étranglement. La tige de cette plante a plusieurs étranglements.

ÉTRANGLER . v. a.
• Faire perdre la respiration ou la vie, en pressant le gosier ou en le bouchant. Les voleurs l'ont étranglé. Il le tenait à la gorge, et voulait l'étrangler. Une esquinancie l'a étranglé. Ce morceau l'a étranglé. Le col de sa chemise l'étrangle. On l'emploie avec le pronom personnel. Il s'est étranglé. Cet enfant s'étrangle à force de crier.
• Il signifie aussi figurément, Trop resserrer, ne pas donner la largeur, l'étendue nécessaire. Il ne fallait pas étrangler ainsi les manches de cette robe. Vous étranglez trop ce couloir.
• Se dit également en parlant Des endroits d'un discours où l'on ne s'est pas assez étendu. Vous avez bien étranglé cet endroit-là. On dit dans le même sens, Étrangler un ouvrage, étrangler un sujet, etc.
• Fig., Étrangler une affaire, La juger à la hâte, sans l'avoir examinée.
• ÉTRANGLER, est quelquefois neutre. Secourez-moi, j'étrangle.
• Pop. et par exagérat., Étrangler de soif, Avoir grand'soif.
• ÉTRANGLÉ, ÉE. participe.
• Se dit adjectivement De ce qui est accidentellement ou naturellement resserré, rétréci dans quelque partie de sa longueur. Intestin étranglé. Hernie étranglée. Le corps de la guêpe est étranglé vers le milieu. La tige de cette plante est étranglée de distance en distance.
• Se dit aussi De certaines choses qui n'ont pas la largeur qu'elles doivent avoir. Ce corridor est bien étranglé. Cette allée de jardin est fort étranglée.
• Habit étranglé, Habit trop étroit, qui n'a pas assez de tour.

ÉTRANGUILLON .s.m.
• Sorte de maladie qui est pour les chevaux ce que l'esquinancie est pour les hommes.
• Poire d'étranguillon, Espèce de poire fort âpre.

ÉTRAPE . s. f.
• T. d'Agricult. Petite faucille qui sert à couper le chaume.

ÉTRAPER . v. a.
• T. d'Agricult. Couper avec l'étrape. Étraper du chaume.
• ÉTRAPÉ, ÉE. participe.

ÉTRAVE . s. f.
• .Marine. L'assemblage des pièces de bois courbes qui forment l'avant, la proue d'un bâtiment. Le mât de beaupré s'appuie sur l'étrave. La longueur d'un navire se mesure de l'étrave à l'étambot.

ÊTRE . Verbe
• que les grammairiens appellent Le verbe substantif. (Je suis, tu es, il est; nous sommes, vous êtes, ils sont. J'étais. Je fus. J'ai été. Je serai. Je serais. Sois, soyez. Que je sois, que tu sois, qu'il soit; que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient. Que je fusse. Que j'aie été. Que j'eusse été. Étant. Ayant été.)
• Ce verbe signifie absolument, Exister. Dieu dans l'Écriture sainte s'appelle Celui qui est. «Celui qui est m'a envoyé,» disait Moïse. Tous les hommes qui ont été, qui sont, ou qui seront. Vous n'étiez pas encore au monde, ou simplement, Vous n'étiez pas encore, lorsque cet événement arriva. Il n'est plus, Il est mort.
• S'emploie aussi Lorsqu'on attribue à quelqu'un ou à quelque chose une qualité, un état, une manière d'exister absolue ou relative. Il est le père de cet enfant. Être père. Être avocat, médecin, soldat, etc. Je ne veux pas être plus que je ne suis, que ce que je suis. Je suis l'homme dont on vous a parlé. Il sera mon héritier. Je fus son protecteur, son ami. Dieu est éternel. Les hommes sont mortels. Cette proposition est vraie, est fausse. Entre amis, tout doit être commun. Cet homme est sage, est grand, est vertueux, est fou, n'est pas savant. Être pauvre. Être malade. Être mort. Être bien. Être mal. Cela est bien. Son médecin dit qu'il est mieux. S'il est bien, qu'il s'y tienne. Être couché, debout, assis, etc.
• Prov., Il faut être tout un ou tout autre, Il faut avoir une conduite, une manière de penser décidée.
• Prov., On ne peut pas être et avoir été, On ne peut pas être toujours jeune.
• Cela est, cela n'est pas, Cela est vrai, cela n'est pas vrai. Cela sera, cela ne sera pas, Cela arrivera, cela n'arrivera pas.
• Ainsi soit-il. Espèce de voeu par lequel on termine plusieurs prières religieuses. On le dit quelquefois, dans le langage ordinaire, par manière de souhait.
• Soit, troisième personne du singulier du subjonctif, s'emploie souvent Pour marquer adhésion, consentement. Eh bien, soit. Voyez SOIT, conjonction, à sa place alphabétique.
• Bien-être. Voyez cette expression à sa place alphabétique, dans la lettre B.
•
ÊTRE, dans l'acception qui précède, s'emploie d'une façon particulière, avec l'adjectif démonstratif Ce, pris pour Cela et se rapportant à une personne, à une chose, à une action déjà déterminée. Connaissez-vous un tel? c'est un très-honnête homme, c'est un homme d'esprit. On approche: c'est sans doute un tel, ce ne peut être que lui. Ce sont les soldats. Qui est là? est-ce vous? Quelle est cette maison? C'est la mienne. Qu'est-ce? Ce n'est rien. Il est revenu: c'est ce que je désirais. Entreprendre cela, c'est folie, c'est être fou, ce serait vouloir se perdre. Travaillez, c'est le moyen de réussir, c'est ainsi que j'ai fait moi-même. C'est bien. C'est mal. C'est bon. C'est juste. C'est vrai.
• S'emploie aussi avec le même mot se rapportant à une personne, à une chose, à une action indiquée seulement dans la suite de la phrase. C'est moi qui l'ai dit. C'est nous qui l'avons fait. C'est nous, c'est eux ou ce sont eux qu'il faut récompenser. Est-ce vous, sera-ce vous qui le ferez? Aussi est-ce vous que je préfère. C'est là ma maison. Qu'est-ce-ci? Qu'est-ce-là? C'est folie, c'est être fou que d'entreprendre cela. Voilà ce que c'est que d'être favorisé. On dit de même: C'est là qu'il demeure. C'est demain qu'il part. C'est devant eux qu'il l'a déclaré. C'est à vous que j'écris. C'est de lui que je parle. Etc.
• S'emploie d'une manière analogue avec le pronom Il, c'est-à-dire, impersonnellement. S'il est ainsi. Je suis jeune, il est vrai. Il est bon de savoir à quoi s'en tenir. Il est vrai qu'on ne l'avait pas averti. Il est juste de dire que... Il m'est impossible de mieux faire.
• Fam., Voilà ce que c'est, Voilà en quoi consiste la chose, voilà ce qu'on se propose, ce dont il s'agit. Cette phrase signifie quelquefois, La chose est faite maintenant comme il convient.
• Il est, s'emploie souvent, dans le style soutenu ou poétique, pour Il y a. Il est des hommes que la résistance anime, il en est d'autres qu'elle décourage. Il est, près de ces lieux, une retraite ignorée.
• Il est midi, une heure, deux heures, etc., L'heure actuelle est midi, une heure, etc. Quelle heure est-il? À l'heure qu'il est. On dit de même: Il est l'heure de partir. Il est temps de finir. Il est tard. Etc. On dit aussi, Il est jour, il est nuit, Il fait jour, il fait nuit.
• Avec ellipse du pronom, N'était, n'eût été que je suis de vos amis, Si je n'étais de vos amis. Cette façon de parler est familière.
•
ÊTRE, s'emploie très-souvent, avec les prépositions À, Dans, et En, lorsqu'on veut indiquer La relation au lieu, au temps, ou L'état, la disposition, le genre d'occupation, etc. --- Avec À: Il est à Rome, à la maison, à l'armée. Cet évêque était au concile. Être au lit, à table. Être au monde. Nous sommes au mois de janvier, au commencement de l'année. Être à l'abri. Être à l'agonie. Être à la promenade. Être aux écoutes. --- Avec Dans: Être dans Paris, dans la maison, dans son lit, etc. Nous sommes dans la belle saison. Il est dans sa vingtième année. Être dans les affaires. Être dans la misère. Être dans la joie. Est-il toujours dans l'intention de partir? --- Avec En: Être en prison. Être en chambre garnie. L'armée était en campagne. Nous sommes en janvier. Nous étions en hiver, en été. Être en vie. Être en guerre, en paix. Être en bonne, en mauvaise santé. Être en gaieté. Être en état de faire quelque chose. Être en tête-à-tête avec quelqu'un.
• Être à jeun, se dit D'une personne qui n'a pris aucun aliment dans la journée.
• Être à quelque chose, S'en occuper, ou Y prêter attention. Il est tout à ce qu'il fait. Vous n'êtes pas à ce que je vous dis. On dit encore familièrement, Il est toujours à se plaindre, ils sont toujours à se quereller, à s'embrasser, etc., Il ne cesse de se plaindre, ils ne cessent de se quereller, etc.
• Fam., Vous n'y êtes pas, se dit À une personne qui se méprend sur le mot d'une énigme, ou sur la véritable interprétation d'un discours, d'une action, etc., qu'on peut entendre diversement. Cela se dit également À une personne qui ne saisit pas, qui ne touche pas le point d'une affaire, ou qui ne s'y prend pas bien pour faire quelque chose. On dit dans le sens contraire, Vous y êtes, j'y suis, etc.
• Être longtemps à un ouvrage, Mettre beaucoup de temps à le faire. Il sera longtemps à faire ce tableau.
• Fam., Je suis, je serai à vous dans un moment, Je vais me rendre auprès de vous, ou Je vais faire ce que vous désirez.
• Être à plaindre, à blâmer, etc., Être digne de compassion, de blâme.
• Impersonnellement, Il est à croire, à présumer, à désirer que... On doit croire, présumer, désirer que...
• Cela est à faire, est à revoir, à recommencer, etc., On devra faire, on devra revoir, recommencer cela. Cela est à vendre, à louer, etc., On veut vendre, on veut louer cela. On dit aussi, Cette marchandise est à prendre ou à laisser.
• C'est-à-dire. Voyez le verbe DIRE.
• Être dans une affaire pour un quart, pour un dixième, etc., Y avoir un intérêt d'un quart, d'un dixième.
• Il n'est pas en moi de faire telle chose, Il n'est pas en mon pouvoir, ou il n'est pas dans mon caractère de la faire.
•
ÊTRE, suivi de la préposition À, signifie souvent, Appartenir. Cette maison, cette terre est à un tel. Cet enfant est à moi. Ce valet est-il à vous? La victoire est à nous.
• C'est à vous de parler, C'est au juge à prononcer, etc., C'est à vous qu'il appartient de parler, C'est au juge qu'appartient le droit de prononcer. C'est à vous à parler, à jouer, etc., Voici votre tour de parler, de jouer.
• Je suis tout à vous, entièrement à vous, Je suis dans la disposition de vous servir. Cette phrase s'emploie quelquefois en forme de compliment, à la fin d'une lettre familière.
• Il n'est point à lui, il n'est plus à lui, se dit D'un homme agité d'une violente passion.
•
ÊTRE, s'emploie également avec la plupart des autres prépositions de lieu, surtout pour indiquer, au propre, La situation relative, et au figuré, L'état, la condition, la disposition. Il est devant vous, derrière vous. Il est près, il est loin de nous. Il est sur la table, sous la table. Il est hors de la maison. Il est chez vous. Ce village est après, est avant tel autre, auprès de tel autre. Sa maison est contre l'église, est entre deux collines, est vis-à-vis de la mienne. Être sur le point de partir, sur son départ. Il était bien près d'y consentir. Je suis loin de vous en vouloir. Être sous la surveillance, sous la dépendance de quelqu'un. Être sous le joug. Ce malade est maintenant hors de danger.
• S'emploie d'une manière analogue avec les adverbes de lieu. J'étais ici. J'étais là. Il était ailleurs. Être en haut, en bas. Être dessus, dessous, dedans, dehors, etc.
• Être avec quelqu'un, Se trouver quelque part avec lui, ou Vivre habituellement avec lui. Vous étiez avec moi lorsqu'il me dit cela. Y a-t-il longtemps que vous n'êtes plus avec votre frère?
• Être bien avec quelqu'un, Être bien vu de quelqu'un, être dans ses bonnes grâces; et, dans le cas contraire, Être mal avec quelqu'un.
• Être sans fortune, sans amis, sans ressource, etc., N'avoir point de fortune, d'amis, manquer de ressources, etc. On dit de même: Être sans connaissance, sans vie. Être sans raison, sans pitié, sans orgueil, sans pudeur. Etc.
• Cela n'est pas selon la raison, selon la loi, selon les convenances, etc., Cela n'est pas conforme à la raison, à la loi, etc. On dit quelquefois elliptiquement et familièrement, C'est selon, Cela dépend des circonstances. Partirez-vous bientôt? C'est selon.
•
ÊTRE, avec la préposition De, précède les mots qui indiquent --- le lieu d'origine: Il est de Paris; ce vin est de Bourgogne; --- l'auteur d'une chose, d'un ouvrage: Ce tableau est du Poussin; ces vers sont d'Homère, de Virgile; --- la profession, la condition: Il est d'Église, d'épée, de robe; --- la qualité propre à un sujet: Il est d'un caractère difficile; elle est d'une grande gaieté; ce louis est de bon aloi; --- la matière: Cette statue est de marbre; --- l'occupation: Je suis de service, de garde; il est de semaine; etc. Voyez DE.
• Je suis d'avis que... Mon opinion, mon avis est que... On dit aussi, Être de l'avis, de l'opinion de quelqu'un, Partager son avis, son opinion. Nous sommes presque toujours du même avis.
• Cela est bien de son caractère, cela est bien de lui, Cela est conforme à son caractère, à sa manière d'agir, de penser.
• Il est du devoir d'un homme, il est d'un honnête homme de faire cela, Un honnête homme doit faire cela. Il est de la justice de faire telle chose, La justice oblige à faire telle chose. On dit de même, Cela est de toute justice, cela est de droit, cela est d'usage, cela est de bon goût, etc., Cela est conforme à la justice, au bon droit, à l'usage, au bon goût, etc.
•
ÊTRE, suivi de la préposition De, signifie aussi, Être compris dans, faire partie de. Cet effet est de la succession. Cela est de mon lot. Cela n'est pas du compte. Il n'es pas des complices. Il sera de mes juges. I est de telle assemblée. Il est de notre parti Voulez-vous être de la partie? Être d'une noce. Étiez-vous de la fête? Cet animal est de telle classe, de tel ordre, de tel genre. On dit quelquefois de même, avec la préposition Dans, Être dans telle classe, dans telle catégorie, etc.
• Cela n'est pas du jeu, Cela n'est pas selon les règles du jeu, ne se pratique point à tel jeu. On dit de même, figurément et familièrement, Cela n'en est pas, celui-là n'en est pas, quand une personne fait ou dit quelque chose qui ne doit pas se faire ou se dire, et à quoi on ne s'attend pas. Il ne s'agit que de jeux, les coups n'en sont pas.
•
ÊTRE, avec la préposition De, signifie encore, Entrer en part, en société, s'intéresser. Il y a un grand marché à faire, voulez-vous être de moitié? Il n'est jamais de rien. Cet homme est de tout.
•
ÊTRE, précédé de la particule En, se dit en parlant Du point où l'on est parvenu dans un travail, dans une étude, de l'état où est une affaire. Vous n'en êtes que là de votre ouvrage? J'en suis à la moitié, aux trois quarts. Où cet écolier en est-il de son rudiment? Il en est encore aux déclinaisons. Où en est l'affaire? Où en sommes nous à cette heure? Voilà où nous en sommes. Où en êtes-vous de votre procès? J'en suis à faire nommer un rapporteur.
• En êtes-vous là? Croyez-vous cela? ou bien, Êtes-vous donc dans cette résolution, dans cette erreur?
• Où en sommes-nous? se dit quelquefois Par indignation, par forme de plainte, quand on voit quelque grand désordre.
• Il ne sait où il en est, se dit D'un homme troublé, embarrassé, qui ne sait ce qu'il fait, qui ne sait par où sortir d'affaire.
•
ÊTRE, précédé de la particule En, se dit encore, impersonnellement, Du résultat, des conséquences d'une chose. On l'a traité outrageusement, et il n'en a rien été. Quand il l'aurait maltraité, qu'en serait-il? il n'en serait rien. Il en sera ce qu'il plaira à Dieu. Il en sera de cette affaire ce qu'il plaira aux juges. On peut dire aussi sans la particule, Il sera de cette affaire, etc.
• Ne croyez pas cette nouvelle, il n'en est rien, Elle est fausse.
• En être pour son argent, pour sa peine, se dit D'une personne qui a dépensé de l'argent, qui a pris de la peine inutilement, sans aucun avantage. Dans cette banqueroute, il en a été pour mille écus. Il en a été pour les frais, pour sa peine.
•
ÊTRE, précédé de la particule En, sert quelquefois à comparer, à marquer similitude, conformité. Il en est des peintres comme des poëtes, ils peuvent recourir à la fiction. Il en est de même de tout le reste.
•
ÊTRE, suivi de la préposition Pour, sert à marquer préférence ou prédilection. Je suis pour un tel. Je suis pour cette opinion. J'étais pour Ovide à quinze ans, je suis pour Horace à trente. Dieu est pour nous, Dieu nous protége.
• Il sert aussi à marquer la destination, l'objet. Ces marchandises sont pour monsieur un tel. Cela n'est pas pour des gens tels que lui. Sa dernière pensée a été pour vous.
•
ÊTRE, dans les temps où ce verbe prend l'auxiliaire Avoir, se dit quelquefois pour Aller; mais avec cette différence que, dans J'ai été à Rome, par exemple, J'ai été fait entendre qu'on y est allé et qu'on en est revenu; et que, dans Il est allé à Rome, le verbe Il est allé marque que celui dont on parle n'est pas encore de retour.
•
ÊTRE, s'emploie aussi comme auxiliaire pour former les verbes passifs. Je suis aimé. Il a été aimé. Quand il sera aimé. Que je fusse aimé. Etc.
• Il sert également à former les temps composés de quelques verbes neutres et ceux de tous les verbes qui s'emploient avec le pronom personnel. Il est passé. Il est venu. Il est tombé. Il est descendu. Il s'est dégagé. Il s'en est allé. Elle s'est blessée. Ils se sont embrassés. Elle s'est fait une robe. Ils se sont rendu mutuellement des services.
• Il sert encore à conjuguer, dans quelques-uns de leurs temps, les verbes actifs qu'on emploie impersonnellement avec le pronom réfléchi. Il s'est bâti bien des maisons à Paris depuis trente ans. Il s'était commis un grand crime en ce lieu-là. Il s'est tenu une assemblée. Etc.

ÊTRE .s.m.
• Ce qui est. Dieu est un être infini, incréé. L'Être souverain. Le premier être. L'Être des êtres. Être réel. Être physique. Être moral. Être intelligent. L'homme est un être fini. Les anges sont des êtres purs et incorporels. Un être faible et timide. Tous les êtres ont leurs lois. La chaîne des êtres.
• S'emploie quelquefois d'une façon particulière pour désigner Une personne contre laquelle on est indigné. Quel être vil et méprisable! Voilà un être bien insupportable.
• Être de raison, par opposition à Être réel, se dit de Ce qui n'existe que dans l'esprit, dans l'imagination. Une montagne d'or, un palais de diamant, sont des êtres de raison.
•
ÊTRE, signifie aussi, Existence. Dieu nous a donné l'être. Prendre, recevoir un nouvel être.
•
ÊTRES au pluriel, signifie, Les diverses parties de la distribution d'une maison, c'est-à-dire, l'escalier, les corridors, les chambres, etc., et s'emploie surtout dans ces phrases: Il sait tous les êtres de cette maison. Il connaît les êtres.

ÊTRE .s.m.
• T. d'Administration forestière, qui s'emploie dans la locution, À blanc être, A blanc estoc. Voyez ESTOC.

ÉTRÉCIR . v. a.
• Rendre étroit, rendre plus étroit. Étrécir un chemin, une rue. Il a fait étrécir son habit.
• En termes de Manége, Étrécir un cheval, Le ramener graduellement sur un terrain moins étendu que celui qu'il parcourait.
• ÉTRÉCIR, avec le pronom personnel, signifie, Devenir plus étroit. Cette toile s'étrécira au blanchissage. Le cuir s'étrécit à la pluie, au feu. Dans cet endroit, le lit de la rivière, le chemin va en s'étrécissant.
• ÉTRÉCI, IE. participe.

ÉTRÉCISSEMENT .s.m.
• Action par laquelle on étrécit, ou État de ce qui est étréci. L'étrécissement du lit de la rivière accélère le cours de l'eau.

ÉTREINDRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Atteindre.) Serrer fortement en liant. Étreignez cette gerbe, ce fagot.
• Il signifie aussi, Embrasser, presser entre ses bras. Il l'étreignit si fortement, qu'il lui fil perdre la respiration.
• Prov. et fig., Qui trop embrasse, mal étreint, Qui entreprend trop de choses à la fois, ne réussit à rien.
• Prov. et fig., Plus il gèle, plus il étreint, Plus il arrive de maux, plus il est difficile de les supporter.
• Fig., Étreindre les noeuds, les liens d'une amitié, d'une alliance, Les resserrer.
• ÉTREINT, EINTE. participe.

ÉTREINTE . s. f.
• Serrement, action par laquelle on étreint. Ce noeud s'est défait, parce que l'étreinte n'en était pas assez forte.
• Se dit particulièrement de L'action de presser quelqu'un entre ses bras. De douces étreintes. Une étreinte amoureuse.

ÉTRENNE . s. f.
• Présent qu'on fait le premier jour de l'année. Je vous donne cela pour étrenne. Donner les étrennes. Recevoir des étrennes. Il a eu ses étrennes, de belles étrennes. Il dépense tant en étrennes. Dans ce sens, on l'emploie ordinairement au pluriel.
• Il signifie aussi, Le premier argent que les marchands reçoivent dans la journée, dans la semaine. Je n'ai rien vendu aujourd'hui, voilà mon étrenne. C'est son étrenne de cette semaine. Dieu vous donne bonne étrenne!
• Il signifie encore, Le premier usage qu'on fait d'une chose. Ce linge, cette vaisselle n'a point encore servi, vous en aurez l'étrenne.

ÉTRENNER . v. a.
• Donner les étrennes. Il l'a étrenné d'une montre, d'un tableau.
• Il signifie aussi, Être le premier qui achète à un marchand, qui donne à un pauvre. C'est moi qui vous ai étrenné. Étrennez-moi, je vous ferai bon marché. Bénie soit la main qui m'étrenne.
• Il signifie encore, Faire usage d'une chose pour la première fois. Je ne me suis pas encore servi de cette voiture, vous l'étrennerez. Étrenner une robe, un bonnet.
• Il est quelquefois neutre, et se dit en parlant Du premier argent qu'un marchand reçoit de sa marchandise dans la journée, dans la semaine. Je n'ai rien vendu aujourd'hui, je n'ai pas étrenné. Je souhaite que vous étrenniez.
• ÉTRENNÉ, ÉE. participe.

ÉTRÉSILLON .s.m.
• Se dit de Pièces de bois qu'on place en travers dans les tranchées d'une fondation, dans les galeries d'une mine, etc., pour empêcher les terres de s'ébouler; ou dans un bâtiment, pour soutenir, pour étayer les murs qui déversent ou qu'on reprend sous oeuvre.

ÉTRÉSILLONNER . v. a.
• Soutenir, étayer avec un étrésillon, avec des étrésillons.
• ÉTRÉSILLONNÉ, ÉE. participe.

ÉTRIER .s.m.
• Espèce d'anneau de fer ou d'autre métal, qui pend à droite et à gauche par une courroie à une selle de cheval, et qui sert à appuyer les pieds du cavalier. Mettre, avoir le pied à l'étrier pour monter à cheval. Il est ferme sur ses étriers. Porter les étriers courts, longs. Accourcir, allonger les étriers d'un point, de deux points. Ces étriers sont-ils à votre point? Tenir l'étrier à quelqu'un lorsqu'il monte à cheval. Se lever sur les étriers.
• Perdre les étriers, Retirer involontairement les pieds des étriers.
• Le vin de l'étrier, Le vin que l'on boit au moment du départ. On dit dans le même sens, Le coup de l'étrier.
• Le pied de l'étrier, Le pied gauche de devant du cheval, qu'on appelle aussi Le pied du montoir.
• Par extension, Avoir le pied à l'étrier. Être au moment de partir.
• Fig. et fam., Avoir le pied à l'étrier, Commencer une carrière, une profession; ou Être à portée d'avancer, de faire fortune. Enfin vous voilà placé, vous avez le pied à l'étrier. Dans un sens analogue, On lui a mis le pied à l'étrier.
• Fam., Avoir toujours le pied à l'étrier, S'arrêter peu dans un même lieu, faire de fréquents voyages.
• Courir à franc étrier, Courir la poste à cheval.
• Fig. et fam., Être ferme sur ses étriers, Défendre ses sentiments, persister dans ses résolutions avec fermeté, sans se laisser ébranler.
• Fig., Tenir l'étrier à quelqu'un, L'aider dans quelque entreprise. Faire perdre les étriers à quelqu'un, Le déconcerter.
• Bas à étrier, Bas qui, au lieu de pied, ont seulement une espèce de bande qui passe sous le pied en forme d'étrier.
• ÉTRIER, se dit par similitude, en Chirurgie, d'Un bandage dont on se sert pour la saignée du pied.
• Se dit également, en Architecture, d'Une pièce de fer en forme d'étrier, qu'on emploie pour soutenir une poutre.

ÉTRILLE . s. f.
• Instrument de fer avec lequel on ôte la crasse, l'ordure qui s'est attachée à la peau et au poil des chevaux, des mulets, etc. Donnez un coup d'étrille à ce cheval. Ce cheval n'a pas eu un coup d'étrille d'aujourd'hui.
• Prov. et pop., Cela ne vaut pas un manche d'étrille, Cela n'est d'aucun prix.
• ÉTRILLE, se dit, figurément et populairement, d'Un cabaret où l'on fait payer trop cher. Ne logez pas à ce cabaret, c'est une étrille. Ce sens est maintenant peu usité.

ÉTRILLER . v. a.
• Frotter, nettoyer avec l'étrille. Étriller un cheval. Ces chevaux, ces mulets sont bien étrillés.
• Fig. et fam., Étriller quelqu'un, Le battre, le maltraiter. On l'a étrillé comme il faut. Je l'étrillerai en chien courtaud. Si nous rencontrons les ennemis, nous les étrillerons d'importance. C'est un critique impitoyable; il étrille les gens d'une rude manière.
• Il a été bien étrillé, se dit aussi D'un homme qui a eu une maladie violente, ou qui a perdu beaucoup au jeu, ou à qui on a fait payer son gîte trop cher.
• ÉTRILLÉ, ÉE. participe.

ÉTRIPER . v. a.
• Ôter les tripes d'un animal. Étriper un veau, un cochon.
• Fig. et pop., Aller à étripe-cheval, Presser un cheval excessivement.
• ÉTRIPÉ, ÉE. participe.

ÉTRIQUÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a pas l'ampleur suffisante. Cet habit est étriqué. Sa robe est étriquée. Ces rideaux sont bien étriqués.
• Se dit, figurément, Des ouvrages d'art et des ouvrages d'esprit. Voilà un plan bien étriqué, une scène étriquée. Ce mot est familier.

ÉTRIVIÈRE . s. f.
• Courroie qui sert à porter les étriers. Raccourcir une étrivière. Il s'est fait des étrivières de corde. Donner des coups d'étrivière.
• Se dit souvent, au pluriel, Des coups d'étrivière; et alors on l'emploie presque toujours absolument. Donner les étrivières à quelqu'un. Recevoir les étrivières. Il a eu les étrivières. Menacer quelqu'un des étrivières.
• Se dit de même, figurément et familièrement, de Tout mauvais traitement qui humilie, ou même qui déshonore. Il s'est laissé donner les étrivières. Il ne s'en est tiré qu'avec les étrivières.

ÉTROIT
, OITE. adj.
• Qui a peu de largeur. Chemin étroit. Rue étroite. Cette toile, cette étoffe est étroite. Votre habit est trop étroit. Des bas, des souliers trop étroits.
• Fig. et fam., C'est un cerveau étroit, se dit D'un homme qui manque de jugement.
• Fig., C'est un génie étroit, un esprit étroit, C'est un homme qui a peu de capacité, dont les vues, les idées ont peu d'étendue.
• Fig., Des bornes étroites, d'étroites limites, etc., se dit en parlant De ce qui a peu d'extension, de ce qui est fort limité. Les bornes étroites de notre journal ne permettent pas d'y insérer ces détails. Dans le cercle étroit de ses relations habituelles.
• Fig., Étroite alliance, étroite amitié, étroite union, étroite familiarité, étroite correspondance, liaison fort étroite, Alliance, amitié, union intime, etc.
• ÉTROIT, signifie aussi figurément, Qui est selon la rigueur de la loi, de l'ordre, etc., par opposition à Relâché. Cela est de droit étroit. Étroite défense. Obligation étroite. Les frères mineurs de l'étroite observance.
• Prendre quelque chose dans le sens étroit, L'entendre, l'interpréter dans toute la rigueur de la lettre.
• Prov. et fig., Avoir la conscience étroite comme la manche d'un cordélier, Avoir la conscience large, n'être pas scrupuleux.
• En termes de l'Écriture, La voie étroite, le chemin étroit, La voie, le chemin du salut; par opposition à La voie large, c'est-à-dire, Le chemin de la perdition.
• À L'ÉTROIT. loc. adv. Dans un espace étroit. Vous êtes logé fort à l'étroit.
• Fig., Être à l'étroit, vivre à l'étroit, N'avoir pas les commodités de la vie.

ÉTROITEMENT . adv.
• À l'étroit. Vous êtes logé bien étroitement.
• ÉTROITEMENT, avec certains verbes, signifie, Fortement, intimement. Ils se tenaient étroitement embrassés. Unir, joindre étroitement. Ils sont étroitement unis.
• Il signifie aussi, À la rigueur. Observer étroitement le carême. S'attacher étroitement à une règle.
• Il signifie encore, Expressément, sur toutes choses. On lui a étroitement défendu. Il lui a été enjoint étroitement.

ÉTRON .s.m.
• Matière fécale qui a quelque consistance. Se dit Des excréments de l'homme et de quelques animaux. Gros étron. Étron de chien. Il est bas.

ÉTRONÇONNER . v. a.
• .Jardinage. Couper entièrement la tête à un arbre. On a étronçonné plusieurs arbres.
• ÉTRONÇONNÉ, ÉE. participe.

ÉTUDE . s. f.
• Travail, application d'esprit pour apprendre ou approfondir les sciences, les lettres, les beaux-arts. Longue étude. Étude continuelle. S'adonner, s'appliquer, se livrer à l'étude des sciences, des arts libéraux. Il a fait une étude particulière du latin, de l'histoire, de la géométrie, de l'architecture, etc. Étude réglée, sérieuse, approfondie. Étude superficielle. Cours d'étude.
• Dans les Colléges, Salle d'étude, ou simplement Étude, Lieu où l'on réunit les élèves pour leur faire étudier les leçons et composer les devoirs donnés par le professeur. Aller, se rendre à l'étude. Sortir de l'étude. On appelle Maître d'étude, Celui qui surveille les élèves pendant les heures de travail et de récréation.
• Faire ses études, Passer par les différents degrés d'instruction qui doivent former l'esprit de la jeunesse. On dit de même: Faire de bonnes, de mauvaises études. Commencer, terminer ses études, le cours de ses études. Traité des études. La durée des études. Etc.
• Avoir de l'étude, Avoir de l'instruction, des connaissances acquises. On dit dans le sens contraire, N'avoir point d'étude, nulle étude, être sans étude, surtout en parlant De ceux qui n'ont point fait les études qu'on a coutume de faire dans la jeunesse.
• ÉTUDE, en termes de Peinture et de Sculpture, signifie, Un dessin ou un morceau de peinture, de sculpture, qu'un artiste exécute pour bien connaître tel ou tel objet, et pour s'exercer à le bien représenter. Une étude de tête, de main, de draperie, d'arbre, de rocher, etc. Étude de Raphaël, de Michel Ange. Un recueil d'études des plus grands maîtres.
• Tête d'étude, Dessin d'une tête, propre à servir de modèle, et fait ordinairement d'après quelque tableau d'un grand maître.
• ÉTUDE se dit, par extension, Du soin particulier qu'on apporte pour parvenir à quelque chose que ce soit. Il ne songe qu'à faire bonne chère, c'est là son étude. Il y met toute son étude. Il en fait son étude, toute son étude. Il se fait une étude de lui plaire.
• Se dit aussi, en mauvaise part, pour Dissimulation, affectation, recherche. Celui qui n'a rien à cacher se montre sans étude. Elle plaît sans étude. Cela sent la gêne et l'étude. Il faut, dans la conversation, éviter l'apprêt et l'étude.
• ÉTUDE, signifie encore, Le lieu où un notaire, un avoué travaille ordinairement, et où il fait travailler ses clercs. Il y a cinq clercs dans cette étude. Cet avoué est fort assidu dans son étude. Fait et passé en l'étude de maître un tel.
• Se dit également Du dépôt des minutes et des papiers que les notaires ou les avoués conservent chez eux, et de la clientèle qu'ils ont. Ce notaire a vendu son étude. Cette étude vaut cent mille francs. C'est une bonne étude.

ÉTUDIANT .s.m.
• Celui qui suit les cours d'une école publique. Un étudiant en droit, en médecine. Il y a bien des étudiants dans cette université.

ÉTUDIER . v. n.
• Appliquer son esprit, travailler pour apprendre les sciences, les lettres. Il étudie nuit et jour. On ne devient point savant sans étudier. Il étudiait dans tel collége. Étudier en médecine, en droit, en philosophie. J'ai encore besoin d'étudier, pour passer un bon examen.
• Étudier ensemble, Être élevés dans la même maison d'éducation, dans le même collége. Nous avons étudié ensemble, votre père et moi.
• ÉTUDIER, est aussi verbe actif, et alors il signifie, S'appliquer à apprendre une science, un art, à entendre un auteur, à connaître toutes les circonstances d'une affaire, les causes d'un phénomène, etc. Étudier la physique, l'histoire, l'architecture, la navigation. C'est un auteur que j'ai peu étudié. Il étudie sans cesse l'Écriture sainte. Il sait bien cette affaire, il l'a beaucoup étudiée. Étudier une classe de phénomènes. Étudier la nature. Étudier les maladies des enfants.
• Il signifie particulièrement, Tâcher de fixer dans sa mémoire, d'apprendre par coeur. Étudier une leçon. Étudier un sermon, un discours, un compliment. Étudier son rôle.
• Étudier un discours, un compliment, signifie quelquefois, Le méditer, le préparer, le composer avec soin. Cette partie de votre discours demandait à être plus étudiée. On dit dans le même sens, Il fait des contes plaisants, mais il les étudie.
• En Peinture et en Sculpture, Étudier une draperie, une pose, l'agencement d'un groupe, Se bien assurer de leur effet, avant l'exécution définitive.
• En Archit., Étudier un projet, un plan, Vérifier si toutes les parties en sont combinées avec ordre et justesse, et s'il s'accorde bien avec les moyens d'exécution.
• ÉTUDIER, signifie par extension, Observer avec soin l'humeur, le génie, les façons de faire, les inclinations d'une personne. J'ai longtemps étudié cet homme-là, et je ne le connais pas encore bien. Un bon courtisan étudie les inclinations du prince. Étudier le monde. On dit dans un sens analogue, avec le pronom personnel, S'étudier soi-même.
• ÉTUDIER, avec le pronom personnel, et suivi de la préposition à, signifie, S'appliquer, s'exercer à faire quelque chose, méditer de quelle manière on peut s'y prendre. Il ne s'étudie qu'à faire du mal. Je m'étudierai toujours à vous plaire, à vous servir.
• ÉTUDIÉ, ÉE. participe. Il signifie adjectivement, Feint, recherché, affecté. Il n'est point naturel, il est étudié. Une joie, une douleur étudiée. Des larmes étudiées. Langage étudié. Geste étudié. Maintien étudié. Le jeu de cet acteur est trop étudié.
• Il signifie aussi, Fait avec soin et application, bien travaillé, bien fini. Un tableau bien étudié.

ÉTUDIOLE . s. f.
• Petit meuble à plusieurs tiroirs, qui se place sur une table, pour y serrer des papiers d'étude, ou autre chose. Ce mot est maintenant peu usité.

ÉTUI .s.m.
• Sorte de boîte qui sert à mettre, à porter, à conserver quelque chose, et dont la forme et la grandeur varient selon les objets qu'elle est destinée à contenir. Étui de chapeau. Étui de ciseaux, de couteaux. Étui à aiguilles. Étui à épingles. Étui de harpe. Étui de bois, de carton, de cuir, d'or, d'argent, d'ivoire.
• Étui de mathématique, Boîte contenant des instruments de mathématique.
• ÉTUI se dit, par extension, de L'enveloppe coriace et dure qui recouvre et protége les ailes de certains insectes, tels que le hanneton, l'escarbot, etc. C'est ce que les entomologistes nomment les élytres.

ÉTUVE . s. f.
• Lieu clos dont on échauffe plus ou moins la température, pour faire transpirer. Son salon est chaud comme une étuve. Aller aux étuves. Étuve humide, ou Bain de vapeurs. Étuve sèche. Les étuves sont bonnes pour ce mal.
• Se dit aussi d'Une espèce de four où l'on fait sécher différentes substances. Il y a une étuve dans cette office. Faire sécher du sucre, des grains, des raisins dans une étuve.
• Par exagérat., Cette chambre est une étuve, se dit D'une chambre bien close, qui est très-chaude en hiver.

ÉTUVÉE . s. f.
• .Cuisine. Certaine manière de cuire, d'assaisonner des viandes, du poisson. Mettre du veau, une carpe à l'étuvée. Cela sera bon à l'étuvée.
• Se dit aussi Des viandes mêmes assaisonnées et cuites de la sorte. Étuvée de veau, de pigeonneaux. Faire une étuvée de carpe, ou simplement, Faire une étuvée.

ÉTUVEMENT .s.m.
• Action d'étuver.

ÉTUVER . v. a.
• Laver en appuyant doucement. Il ne se dit guère qu'en parlant D'une plaie, d'une partie malade. Il faut bien étuver cette plaie. Étuver avec de l'eau tiède, avec de l'eau-de-vie, avec du vin.
• ÉTUVÉ, ÉE. participe.

ÉTUVISTE .s.m.
• Celui qui tient des bains et des étuves. On dit maintenant, Baigneur.

ÉTYMOLOGIE . s. f.
• Origine d'un mot; dérivation d'un mot formé d'un ou de plusieurs autres. Rechercher l'étymologie d'un mot, en donner l'étymologie. Véritable, fausse étymologie. La science des étymologies.
• Se dit quelquefois de La science des étymologies. S'occuper d'étymologie. Les règles de l'étymologie.

ÉTYMOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui concerne les étymologies. Un dictionnaire étymologique. La science étymologique. Explication étymologique.

ÉTYMOLOGISTE .s.m.
• Celui qui s'occupe d'étymologie, qui sait les étymologies. C'est un grand, un savant étymologiste.

EUBAGES .s.m. pl.
• Nom d'une classe de druides ou d'anciens prêtres gaulois, dont la principale occupation était l'étude de la physique, de l'astronomie et de la divination.

EUCHARISTIE . s. f.
• (On prononce Eukaristie.) Le saint sacrement du corps et du sang de JÉSUS-CHRIST, contenus sous les espèces du pain et du vin. Le mystère de l'eucharistie. Le sacrement de l'eucharistie. Recevoir l'eucharistie. Adorer Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST dans l'eucharistie.

EUCHARISTIQUE . adj. des deux genres
• (On prononce Eukaristique.) Qui appartient à l'eucharistie. Les espèces eucharistiques.

EUCOLOGE .s.m.
• Nom d'un livre où se trouve tout l'office des dimanches et des principales fêtes de l'année. On m'a donné un bel eucologe.

EUCRASIE . s. f.
• .Médec., qui signifie, Un bon tempérament.

EUDIOMÈTRE .s.m.
• .Chimie. Instrument dont on se sert pour mesurer le degré de pureté de l'air atmosphérique, la quantité d'oxygène qu'il contient.

EUDIOMÉTRIE . s. f.
• Art de reconnaître par des procédés chimiques la proportion d'oxygène qui existe dans l'air atmosphérique.

EUDIOMÉTRIQUE . adj. des deux genres
• Qui a rapport à l'eudiométrie. Expérience eudiométrique. Instrument eudiométrique.

EUFRAISE . s. f.
• .Bot. Petite plante annuelle qu'on employait beaucoup autrefois contre les maladies des yeux.

EULOGIES . s. f. pl.
• .Liturgie. Choses bénites.

EUMÉNIDE . s. f.
• .Mythologie. Voyez FURIE.

EUNUQUE .s.m.
• Celui à qui on a coupé les parties nécessaires à la génération. Il ne se dit que De l'homme. Les princes d'Orient confient la garde de leurs femmes à des eunuques. Eunuque noir. Eunuque blanc. Les eunuques du sérail. On le fit eunuque.

EUPATOIRE . s. f.
• .Bot. Genre de plantes à fleurs composées, dont l'espèce commune se nomme Eupatoire d'Avicenne.

EUPHÉMISME
s. m.
• Adoucissement d'expression par lequel on déguise des idées désagréables, ou tristes, ou déshonnêtes, sous d'autres plus douces, plus décentes, qui laissent deviner les premières.

EUPHONIE . s. f.
• Son agréable d'une seule voix, ou d'un seul instrument. Il est opposé à Symphonie, qui se dit Du mélange de plusieurs sons.
• Il est aussi terme de Grammaire, et signifie, Ce qui rend la prononciation plus douce et plus coulante. C'est par euphonie qu'on dit, Si l'on, pour si on; Viendra-t-il, pour viendra-il; Ton amitié, pour ta amitié.

EUPHONIQUE . adj. des deux genres
• .Gram. Qui produit l'euphonie. Dans cette phrase, Viendra-t-il, le t est une lettre euphonique.

EUPHORBE .s.m.
• .Bot. Genre de plantes qui renferme un très-grand nombre d'espèces, à suc laiteux, âcre et corrosif. Les tithymales sont des euphorbes. La gomme-résine d'euphorbe est un drastique violent.

EUROPÉEN
, ENNE. adj.
• Qui appartient à l'Europe. Les nations européennes. Les moeurs européennes.

EURYTHMIE . s. f.
• Bel ordre, belle proportion. Se dit de La beauté qui résulte de toutes les parties d'un ouvrage d'architecture.

EUSTACHE .s.m.
• Sorte de couteau grossier, dont le manche est ordinairement de bois, et dont la lame n'est pas assujettie par un ressort.

EUX
• pluriel masculin du pronom personnel Lui. Ce sont eux qui ont commencé le combat. C'est à eux qu'il faut vous adresser. Ils ont eu querelle entre eux.

ÉVACUANT
, ANTE. adj.
• .Médec. Se dit Des médicaments qui déterminent des évacuations, tels que les vomitifs, les purgatifs, etc. Remède évacuant. Drogue évacuante.
• S'emploie substantivement, au masculin. Les évacuants l'ont soulagé.

ÉVACUATIF
, IVE. adj.
• .Médec., synonyme d'Évacuant, ante, mais moins usité.

ÉVACUATION . s. f.
• Décharge, sortie d'humeurs, d'excréments, ou de matières viciées. Faire une grande évacuation. À la suite d'une légère évacuation, il se trouva un peu mieux. Les trop grandes évacuations sont dangereuses. Évacuation par haut et par bas.
• Se dit aussi Des matières évacuées. Le médecin, en voyant les évacuations, jugea que le malade était beaucoup mieux.
• ÉVACUATION, signifie encore, L'action d'évacuer un pays, une place de guerre, en conséquence d'un traité, d'une capitulation, etc. Il était dit par le traité, qu'après l'évacuation de la place, de la province, etc.

ÉVACUER . v. a.
• Vider, faire sortir. Se dit De l'effet que font les remèdes en purgeant les mauvaises humeurs. Cela évacue les mauvaises humeurs. Remède pour évacuer la bile. On dit neutralement, dans le même sens: Ce malade a-t-il bien évacué? Il a beaucoup évacué. Évacuer facilement. Etc.
• Il se met quelquefois avec le pronom personnel. Il y a des humeurs qui s'évacuent difficilement.
• ÉVACUER, se dit aussi en parlant D'un lieu d'où sortent, d'où l'on fait sortir un nombre plus ou moins grand de personnes qui y étaient réunies. Faites évacuer la salle, l'auditoire. Quand le public eut évacué la salle.
• Se dit également D'une place, d'un pays d'où l'on fait sortir des troupes par un traité, par une capitulation, etc. La garnison fut obligée d'évacuer la place tel jour. Évacuer un pays. Évacuer une province.
• Évacuer des troupes, de l'artillerie, etc., d'une place sur une autre, Leur faire quitter la place, la ville où elles étaient, et les diriger sur une autre. Cela se dit surtout Lorsqu'il s'agit d'une retraite, ou d'un mouvement rétrograde quelconque.
• ÉVACUÉ, ÉE. participe.

ÉVADER (S') . v. pron.
• S'échapper furtivement. Il voulait s'évader. Le coup fait, il s'évada. Les prisonniers se sont évadés.
• ÉVADÉ, ÉE. participe.

ÉVAGATION . s. f.
• Disposition de l'esprit qui l'empêche de se fixer à un objet. Il ne s'emploie guère que dans le langage ascétique.

ÉVALUATION . s. f.
• Appréciation, estimation. Faire l'évaluation de quelque marchandise. On a payé ces ouvrages suivant l'évaluation qui en a été faite. L'évaluation des frais d'un procès, de la dépense qu'exige une réparation. L'évaluation d'une perte. L'évaluation du dédommagement, de l'indemnité. Évaluation approximative.

ÉVALUER . v. a.
• Apprécier, fixer le prix de quelque chose, en estimer la valeur. On évaluera ce domaine avant que d'en faire l'échange. Sa propriété fut évaluée cent mille francs ou à cent mille francs. À combien ou Combien a-t-on évalué sa maison, son mobilier, sa bibliothèque, etc.? On évalue la perte, le dommage à tant. Le marc d'argent était, à cette époque, évalué à cinquante francs. Cette corniche a été évaluée à trois toises d'ouvrage.
• ÉVALUÉ, ÉE. participe.

ÉVANGÉLIQUE . adj. des deux genres
• Qui est de l'Évangile, qui est selon l'Évangile. Doctrine évangélique. Prédicateur évangélique. Prêcher d'une manière évangélique. Mener une vie évangélique.
• Il signifie quelquefois particulièrement, Qui est de la religion réformée. Ministre évangélique. La Suisse a des cantons catholiques et des cantons évangéliques.

ÉVANGÉLIQUEMENT . adv.
• D'une manière évangélique. Vivre évangéliquement. Prêcher évangéliquement.

ÉVANGÉLISER . v. a.
• Prêcher l'Évangile. Lorsque saint Paul commença à évangéliser les gentils. Évangéliser les nations.
• S'emploie aussi absolument. Saint François Xavier a évangélisé dans le Japon.
• ÉVANGÉLISÉ, ÉE. participe.

ÉVANGÉLISTE .s.m.
• Nom qu'on donne à chacun des quatre écrivains qui ont rédigé par écrit la vie et la doctrine de JÉSUS-CHRIST, et que l'Église a reconnus pour sacrés. Les quatre évangélistes sont saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, et saint Jean.
• ÉVANGÉLISTE, se disait autrefois, au Palais, Du conseiller qui tenait l'inventaire d'un procès pendant que le rapporteur lisait les pièces. On nomma tel conseiller pour évangéliste.
• ÉVANGÉLISTE, s'est dit aussi de Celui qui, dans une compagnie, était nommé pour être témoin et inspecteur d'un scrutin.

ÉVANGILE .s.m.
• La loi de JÉSUS-CHRIST, sa doctrine. Lorsque Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST commença à prêcher son Évangile. Annoncer, prêcher l'Évangile. La prédication de l'Évangile. Les peuples éclairés de la lumière de l'Évangile. Les lumières de l'Évangile. Les promesses de l'Évangile. Les ministres de l'Évangile. Les ministres protestants prennent le titre de Ministres du saint Évangile.
• Se dit aussi Des livres qui contiennent la doctrine et la vie de JÉSUS-CHRIST, et dont la réunion forme le Nouveau Testament. Il parut, dans les premiers siècles de l'Église, un grand nombre d'Évangiles. L'Église n'a reconnu que quatre Évangiles: l'Évangile selon saint Matthieu, l'Évangile selon saint Marc, l'Évangile selon saint Luc, et l'Évangile selon saint Jean. Les quatre Évangiles. Livre des Évangiles. Les deux princes jurèrent la paix sur les Évangiles, en touchant les Évangiles.
• Se dit absolument Du Nouveau Testament, du recueil des quatre Évangiles. Lire l'Évangile. Jurer sur l'Évangile. Présenter l'Évangile à baiser.
• Prov., Il croit cela comme l'Évangile, Il le croit fermement.
• Prov. et fig., Tout ce qu'il dit n'est pas mot d'Évangile, n'est pas parole d'Évangile, Il ne faut pas croire tout ce qu'il dit.
• ÉVANGILE, se dit encore de Cette partie des Évangiles que le prêtre lit à la messe. La messe est bien avancée, le premier évangile est dit.
• Se dit particulièrement Du commencement du premier chapitre de saint Jean, qu'un prêtre récite en mettant un pan de son étole sur la tête de la personne à l'intention de qui il le récite.
• Le côté de l'évangile, Le côté gauche de l'autel, en entrant dans le choeur.
• Prov. et fig., C'est l'évangile du jour, se dit De quelque chose de nouveau dont tout le monde s'entretient.

ÉVANOUIR (S') . v. pron.
• Tomber en faiblesse, perdre connaissance. Cette femme s'évanouit en apprenant la mort de son mari. Il s'évanouit à toute heure. Elle s'est évanouie a cette nouvelle.
• Il signifie aussi, Disparaître, et se dit Des choses qui se dissipent en telle sorte, qu'il n'en reste aucun vestige, aucune trace. Ce météore n'a fait que paraître un moment, et s'est évanoui. Tous les grands biens qui étaient dans cette famille se sont évanouis. La gloire du monde s'évanouit en un moment. Mon bonheur s'est évanoui comme un songe.
• Faire évanouir, Faire perdre connaissance, ou Faire disparaître. Cette nouvelle l'a fait évanouir. Cette nouvelle a fait évanouir toutes mes espérances. Dans ces phrases, il y a ellipse du pronom.
• En termes d'Algèbre, Faire évanouir une inconnue, La faire disparaître d'une équation.
• ÉVANOUI, IE. participe. Une femme évanouie.

ÉVANOUISSEMENT .s.m.
• Défaillance, perte de connaissance avec une cessation subite du mouvement et du sentiment. Un long évanouissement. Revenir d'un évanouissement. Il est revenu de son évanouissement. Avoir de fréquents évanouissements.

ÉVAPORATION . s. f.
• Vaporisation; dissipation plus ou moins lente des parties d'un liquide par l'action du feu, du soleil, de l'air, etc. L'évaporation des liqueurs spiritueuses se fait aisément par le moyen du feu. L'évaporation de l'eau et de toutes sortes de liquides se fait naturellement, soit par la seule action de l'air, soit par la chaleur du soleil. Toutes les liqueurs perdent de leur force et diminuent de volume par l'évaporation. En chimie, toute distillation se fait par évaporation.
• Il signifie quelquefois, figurément et familièrement. Légèreté d'esprit. Il y a un peu d'évaporation dans son fait.

ÉVAPORER . v. a.
• Vaporiser, résoudre en vapeur. On ne l'emploie au propre qu'avec le pronom personnel, exprimé ou sous-entendu. L'esprit-de-vin s'évapore aisément. Faire évaporer une liqueur à feu lent.
• Fig., Évaporer sa bile, évaporer son chagrin, Soulager sa colère, son chagrin, sa douleur, par des discours, par des plaintes, etc.
• ÉVAPORER, avec le pronom personnel, signifie aussi figurément, S'exhaler, ou Se dissiper, se perdre. Sa colère s'évapore en menaces. Cette folle ardeur ne tardera pas à s'évaporer. Au milieu de ces vaines subtilités, la raison, le bon sens s'évapore.
• Fig. et fam., Ce jeune homme s'évapore, Il montre une grande légèreté d'esprit par ses discours et par sa conduite. Commencer à s'évaporer, Commencer à se déranger, après avoir eu d'abord une vie réglée.
• ÉVAPORÉ, ÉE. participe. Liqueur évaporée.
• Il signifie adjectivement, Qui est fort étourdi, fort inconsidéré. Un jeune homme évaporé. Esprit évaporé. Tête évaporée. On l'emploie aussi comme substantif, dans la même acception. C'est un évaporé, une évaporée.

ÉVASEMENT .s.m.
• État de ce qui est évasé.

ÉVASER . v. a.
• Élargir, rendre une chose plus large à son ouverture. Il faut évaser davantage ce tuyau, l'ouverture de ce tuyau.
• En termes de Jardinage, Évaser un arbre, Lui faire prendre plus de circonférence. On dit de même, avec le pronom personnel, qu'Un arbre s'évase, ne s'évase pas assez, s'évase trop.
• ÉVASÉ, ÉE. participe, Un verre trop évasé. Fusil à canon évasé.
• Fam., Nez évasé, Nez dont les narines sont trop ouvertes.

ÉVASIF
, IVE. adj.
• Qui sert à éluder. Moyen évasif. Réponse évasive.

ÉVASION . s. f.
• Action de s'évader. Après son évasion, il se retira en lieu de sûreté. Favoriser l'évasion d'un prisonnier.

ÉVÊCHÉ .s.m.
• Diocèse, partie de territoire soumise à l'autorité spirituelle d'un évêque. Dans quelques phrases, ce terme comprend aussi les archevêchés. L'évêché de Chartres est fort étendu. L'évêque a fait la visite dans son évêché. Toutes les paroisses, toutes les cures d'un évêché. Augmenter, réduire le nombre des évêchés.
• Se dit aussi de La dignité épiscopale, du titre d'évêque. Prétendre à l'évêché. Aspirer à l'évêché.
• Se dit en outre d'Une ville où il y a un siége épiscopal, c'est-à-dire, qui est la résidence d'un évêque. Orléans est un évêché, est évêché. On érigea telle ville en évêché.
• Il signifie encore, Le palais où demeure l'évêque. Il est loge à l'évêché. On bâtit à l'évêché.

ÉVEIL .s.m.
• Avis qu'on donne à quelqu'un d'une chose qui l'intéresse, et à laquelle il ne pensait pas. C'est lui qui m'en a donné l'éveil. Je n'en ai eu l'éveil que tout à l'heure. Il est familier.

ÉVEILLER . v. a.
• Faire cesser le sommeil. Quand il est une fois endormi, on ne saurait l'éveiller. Le moindre bruit l'éveille. On m'est venu éveiller ce matin à cinq heures.
• Prov. et fig., Il ne faut pas éveiller le chat qui dort, Il ne faut pas réveiller une fâcheuse affaire qui est assoupie; il ne faut pas fournir à celui qui n'y pense pas, des occasions de montrer du mécontentement, de nuire, etc.
• ÉVEILLER, signifie figurément, Donner de la gaieté, ou Rendre plus actif. Il est mélancolique, il lui faudrait quelque chose qui l'éveillât un peu. Il était naturellement indolent, mais l'ambition l'a éveillé.
• Il signifie encore figurément, Stimuler exciter, provoquer. Éveiller les talents. Éveiller la jalousie, l'envie. Éveiller les remords. Éveiller les soupçons.
• ÉVEILLER, avec le pronom personnel, signifie, Cesser de dormir. Il s'éveille tous les jours à une certaine heure. Elle s'est éveillée en sursaut. On emporterait la maison, qu'il ne s'éveillerait pas. S'éveiller au bruit. Vous paraissez tout endormi, éveillez-vous.
• ÉVEILLÉ, ÉE. participe. S'emploie souvent comme adjectif et figurément, pour dire, Gai, vif. Vous êtes bien éveillé aujourd'hui. C'est un petit garçon bien éveillé. Il a l'esprit éveillé, l'air éveillé, la mine éveillée. Les yeux bien éveillés. Dans ce sens, il est familier.
• Prov., Il est éveillé comme une potée de souris, se dit D'un jeune enfant fort vif, fort remuant et fort gai.
• ÉVEILLÉ, signifie aussi, Avisé, soigneux. C'est un homme fort éveillé sur ses intérêts.
• Fam., Cette femme est bien éveillée, Elle a de la vivacité dans le ton, et de la liberté dans les manières.
• ÉVEILLÉ, se prend quelquefois substantivement. C'est un éveillé. C'est une éveillée, une petite éveillée.

ÉVÉNEMENT .s.m.
• Fait. Se dit en général de Tout ce qui arrive dans le monde. Événement heureux, funeste, inattendu, étrange, etc. La mort de ce prince est un événement de la plus grande importance. Les grands événements de ce règne. Cet événement aura des suites fâcheuses. Tous les événements de notre vie. Le cours des événements. Une longue suite d'événements. J'ai entendu plusieurs fois le récit de cet événement.
• Se dit particulièrement de Tout incident remarquable, dans un ouvrage dramatique, dans un roman, etc. Les événements de ce drame ne sont pas tous bien amenés. Les événements se pressent, se multiplient dans cet acte. Ce roman est plein d'événements inattendus qui excitent la curiosité.
• Il signifie aussi, L'issue, le succès bon ou mauvais de quelque chose. Cette affaire a eu un événement heureux. L'événement n'en a pas été favorable. L'événement de ce procès est douteux. L'événement n'en a pas été si fâcheux qu'on l'appréhendait. L'événement fit voir qu'il ne s'était pas trompé. Je ne réponds pas, je ne suis pas garant de l'événement. J'en prends l'événement sur moi. Se charger de l'événement. Il ne faut pas juger des choses, des conseils par l'événement. Se préparer à tout événement. Sage après l'événement.
• À tout événement, À tout hasard, quoi qu'il arrive.
• Faire événement, Causer un sentiment de surprise, un trouble soudain qui contrarie ou qui satisfait ceux qui l'éprouvent. Son apparition fit événement.

ÉVENT .s.m.
• Altération causée par l'impression de l'air, dans les aliments ou dans les liqueurs, et qui en détruit, en affaiblit ou en corrompt le goût. Du lard qui sent l'évent. Du vin qui sent l'évent, qui a de l'évent.
• ÉVENT, se prend, dans quelques phrases, pour L'air agité. Ainsi on dit, Mettre des marchandises, des hardes à l'évent, Les mettre à l'air: ce qui se pratique ordinairement pour les hardes et les marchandises venues d'un lieu suspect de contagion.
• Donner de l'évent à une pièce de vin, Y donner de l'air en faisant une petite ouverture par en haut.
• Fig. et fam., Avoir la tête à l'évent, Avoir l'esprit léger, être évaporé. On dit de même C'est une tête à l'évent, C'est une personne étourdie et d'un esprit léger.
• ÉVENT, se dit encore de L'ouverture par laquelle certains cétacés rejettent l'eau qu'ils ont aspirée.
• Se dit également Des conduits que l'on ménage dans la fondation des fourneaux des fonderies, pour que l'air y circule et en chasse l'humidité.
• Il signifie aussi, Défaut de fabrication d'un canon de fusil, défectuosité d'une mine, qui consiste en une petite ouverture ou fente par laquelle l'air peut passer.
• ÉVENT, en termes d'Artillerie, signifie, La différence en moins du diamètre d'un boulet à celui du calibre de la pièce. Ce boulet a trop d'évent, Il a trop peu de diamètre. Dans ce sens, plusieurs disent Vent, au lieu d'Évent.

ÉVENTAIL .s.m.
• Petit meuble composé de lames légères d'ivoire, de bois, etc., qui se replient les unes sur les autres, dont la partie supérieure est ordinairement recouverte de papier ou de taffetas, et dont on se sert pour s'éventer. Les bâtons d'un éventail. Un éventail de papier. Un éventail de plumes. Un éventail d'ivoire, d'écaille, etc. Un éventail qui joue bien. Tenir un éventail à la main. Un coup d'éventail. Jouer de l'éventail. Vendre des éventails.
• En termes de Jardinage, Tailler un arbre en éventail, Lui donner la forme d'un éventail ouvert. Allées de tilleuls, de charmilles en éventail.
• ÉVENTAIL, se dit aussi d'Une espèce de cadre couvert de toile ou de papier, qu'on suspend au plafond, et dont on se sert, dans quelques pays, pour donner du vent et de la fraîcheur, en l'agitant.

ÉVENTAILLISTE .s.m.
• Ouvrier qui fait, qui monte des éventails.

ÉVENTAIRE .s.m.
• Plateau d'osier que portent devant elles les marchandes de fruits, d'herbages, de poisson, etc.

ÉVENTER . v. a.
• Faire du vent en agitant l'air avec un éventail. Les princes d'Asie ont toujours des gens qui les éventent quand ils dînent. On l'emploie souvent dans cette acception avec le pronom personnel. S'éventer pour se rafraîchir. S'éventer avec un mouchoir.
• Il signifie aussi, Mettre au vent, exposer au vent, exposer à l'air. Il faut éventer un peu ce meuble.
• Éventer le grain, Le remuer avec la pelle, pour lui donner de l'air et empêcher qu'il ne s'échauffe.
• Éventer une liqueur, une substance, En affaiblir la vertu en la laissant trop exposée à l'air.
• ÉVENTER, signifie encore, Déboucher, ouvrir de manière à laisser pénétrer l'air. C'est dans ce sens qu'on dit, Éventer une mine, Découvrir le lieu où elle est pratiquée, et en empêcher l'effet. Les assiégés éventèrent la mine.
• Fig., Éventer un secret, un complot, Le découvrir.
• Fig. et fam., Éventer la mine, éventer la mèche, Pénétrer un dessein secret, et empêcher par là qu'il ne réussisse.
• En termes de Vénerie, Éventer la voie, se dit D'un chien qui rencontre une voie si fraîche, qu'il la sent sans mettre le nez à terre. Cela se dit aussi Quand, après un long défaut, les chiens ont le vent du cerf qui est sur le ventre dans une enceinte.
• En termes de Marine, Éventer une voile, Disposer, brasser une voile de manière à mettre le vent dedans.
• ÉVENTER, avec le pronom personnel, signifie aussi, Se gâter, se corrompre, s'altérer par le contact de l'air. Ce vin s'éventera st on ne bouche la bouteille. Les liqueurs, les parfums s'éventent aisément. La laine, la soie, le fil, s'éventent facilement. Les racines sont sujettes à s'éventer, quand elles ne sont pas couvertes de terre.
• ÉVENTÉ, ÉE. participe. Vin éventé. Laine éventée.
• Il est aussi adjectif, et se dit familièrement D'une personne qui a l'esprit léger, évaporé. C'est un homme bien 'vent'. Cette femme est bien éventée. Tête éventée.
• Il est quelquefois substantif, dans le même sens. C'est un éventé, une jeune éventée.

ÉVENTOIR .s.m.
• Sorte d'éventail fait grossièrement de plumes étendues, ou d'osier, etc., servant principalement aux rôtisseurs et aux cuisiniers pour allumer les charbons.

ÉVENTRER . v. a.
• Ouvrir le ventre d'un animal, pour en tirer les intestins. Éventrer un boeuf, un mouton. Éventrer une carpe, un brochet.
• Il signifie quelquefois, Blesser en déchirant ou en fendant le ventre. Le sanglier éventra plusieurs de nos chiens. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Le Japonais s'éventre par point d'honneur.
• Fig. et fam., Éventrer un pâté, L'ouvrir. Éventrer un portefeuille, un portemanteau, L'ouvrir de force, et sans se servir de la clef.
• ÉVENTRÉ, ÉE. participe.

ÉVENTUALITÉ . s. f.
• Caractère de ce qui est éventuel. L'éventualité d'une clause, d'une condition, d'un traité.

ÉVENTUEL
, ELLE. adj.
• Qui a rapport, qui est subordonné à quelque événement incertain. Il a été fait un traité éventuel entre ces puissances. Clause, condition éventuelle. Droits éventuels. Investiture éventuelle. Succession éventuelle. Tout cela n'est qu'éventuel.
• Profits éventuels, Profits accidentels, profits qui ne sont pas fixes et réguliers.

ÉVENTUELLEMENT . adv.
• D'une manière éventuelle. Il a eu cette succession éventuellement.

ÉVÊQUE .s.m.
• Prélat du premier ordre de l'Église, et chargé de la conduite d'un diocèse. Bon évêque. Saint évêque. On l'a fait évêque. Les évêques sont les successeurs des apôtres. Évêque de telle ville. Nommer, préconiser, sacrer un évêque.
• Évêque in partibus infidelium, ou plus ordinairement, Évêque in partibus, Évêque pourvu, par le pape, d'un évêché dont le territoire est actuellement au pouvoir des infidèles.
• Prov. et fig., Se faire d'évêque meunier, devenir d'évêque meunier, Passer d'une condition avantageuse à une moindre condition.
• Prov., Disputer, se débattre de la chape à l'évêque. Voyez CHAPE.
• Prov. et pop., Un chien regarde bien un évêque, On ne doit pas s'offenser d'être regardé par un inférieur.

ÉVERSION . s. f.
• Ruine, renversement d'une ville, d'un État. Une longue guerre a causé l'éversion de cette république. Il est peu usité.

ÉVERTUER (S') . v. pron.
• S'exciter soi-même et faire effort pour se porter à quelque chose de bon, de louable, de convenable. Il s'est évertué pour se tirer de la misère où il était. Il a beau s'évertuer pour se tirer d'affaire, il n'y peut parvenir. Il languissait dans l'oisiveté, mais à la fin il s'est évertué. Prenez courage, évertuez-vous. Il faut un peu s'évertuer.

ÉVICTION . s. f.
• .Jurispr. Action d'évincer. Le vendeur est garant de l'éviction que l'acquéreur peut souffrir.

ÉVIDEMMENT . adv.
• D'une manière évidente. Faire voir évidemment. Prouver évidemment. Évidemment, vous êtes dans l'erreur.

ÉVIDENCE . s. f.
• Caractère de ce qui est évident, manifeste. Cela est de toute évidence. Cela paraît avec évidence. L'évidence d'une proposition, d'une preuve, d'une vérité, d'une fausseté. Se rendre, se refuser à l'évidence. Démontrer jusqu'à l'évidence.
• Mettre en évidence, Faire connaître clairement, manifestement.
• Mettre en évidence, signifie quelquefois, Faire qu'un objet frappe les yeux, qu'il puisse être vu de tout le monde. On dit dans un sens analogue, Être en évidence. On dit aussi, Se mettre en évidence, Se montrer avec l'intention de se faire remarquer.

ÉVIDENT
, ENTE. adj.
• Clair, manifeste, qui se connaît d'abord et sans peine. Vérité évidente. Preuve évidente. Proposition évidente. Fausseté évidente. Il n'y a rien là qui ne soit évident. Il est évident que... Danger, péril évident.

ÉVIDER . v. a.
• .Fourbisseur, de Serrurier, de Tourneur, etc. Faire une espèce de cannelure ou de découpure à un ouvrage, pour le rendre ou plus léger, ou plus agréable. Évider une lame d'épée. Évider un canon de pistolet. Évider un morceau d'ivoire.
• Il signifie aussi, surtout en termes de Tailleur et de Couturière, Échancrer. Le collet de cette robe, de ce manteau n'est pas assez évidé, est trop évidé.
• ÉVIDER, est aussi un terme de Blanchissage, qui signifie, Faire sortir l'empois qu'on a mis dans le linge. Ce col est trop dur, est trop ferme, il faut l'évider.
• ÉVIDÉ, ÉE. participe.

ÉVIDOIR .s.m.
• Outil dont le facteur d'instruments à vent se sert pour les travailler en dedans.

ÉVIER .s.m.
• Pierre en forme de table, et légèrement creusée, sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux. Un grand, un petit évier. Le trou d'un évier. Jeter des eaux par l'évier. On dit aussi, Pierre d'évier, et Pierre à laver.

ÉVINCER . v. a.
• .Jurispr. Déposséder, dépouiller juridiquement quelqu'un d'une chose dont il est en possession. Il a été évincé de cette maison par jugement.
• S'emploie quelquefois dans le langage ordinaire, et signifie alors, Enlever à quelqu'un par intrigue une place, une affaire lucrative, pour s'en emparer ou pour la faire passer à un autre. On l'a évincé de cette place. Il est parvenu à l'évincer. Il a été évincé.
• ÉVINCÉ, ÉE. participe.

ÉVITABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être évité. Ce malheur était facilement évitable. Il est peu usité.

ÉVITAGE .s.m.
• Voyez l'article suivant.

ÉVITÉE . s. f.
• .Marine. Espace suffisant pour qu'un navire à l'ancre puisse éviter, puisse tourner librement, lorsque le vent ou la marée change. Cette rivière n'a pas assez d'évitée.
• Il signifie également, L'action d'un navire qui se meut pour éviter. Faire son évitée, une évitée. Dans ce sens, on dit plus souvent, Évitage.

ÉVITER . v. a.
• Fuir, esquiver quelque chose de nuisible, de désagréable. Éviter les périls. Éviter un piége. Éviter un coup. Le pilote a heureusement évité ces écueils. Éviter le combat. Éviter les occasions. Éviter les mauvaises compagnies. Éviter la rencontre de quelqu'un, ou Éviter quelqu'un. Éviter un malheur. Éviter une querelle. On ne peut éviter son malheur. On ne peut éviter sa destinée. Ce n'est pas résoudre la difficulté, ce n'est que l'éviter. Il m'a fait éviter cet inconvénient. En écrivant, il faut éviter les mauvaises constructions, les équivoques. Éviter les yeux, les regards de quelqu'un. Éviter de voir quelqu'un, de parler à quelqu'un. Éviter de se commettre, de déplaire. Évitez qu'il ne vous parle. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Ils s'évitent l'un l'autre. Elles se sont évitées.
• ÉVITER, se dit neutralement, en termes de Marine, D'un navire à l'ancre qui tourne sur lui-même, au changement de vent ou de marée. Ce vaisseau évite. Éviter au vent. Éviter à la marée.
• ÉVITE, ÉE. participe

ÉVOCABLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Qui peut être évoqué. C'est une affaire très-évocable. Il est peu usité.

ÉVOCATION . s. f.
• Action d'appeler, de faire venir, de faire apparaître. Dans ce sens, il ne se dit qu'en parlant Des âmes, des esprits, etc. L'évocation des âmes. L'évocation des esprits. L'évocation des démons, des ombres.
• ÉVOCATION, en Jurisprudence, signifie, L'action d'évoquer une cause, une affaire. Demander, obtenir une évocation pour cause de suspicion légitime. La cour de cassation est chargée de statuer sur les demandes en évocation. Dans l'ancien régime, le roi accordait à certaines personnes une évocation générale de toutes leurs causes au parlement de Paris. Lettres d'évocation.

ÉVOCATOIRE . adj.
• .Jurispr. ancienne. Qui donne lieu à une évocation. Cause évocatoire.
• Cédule évocatoire, Acte qu'on faisait signifier à sa partie adverse, pour lui déclarer qu'on entendait se pourvoir au conseil, afin d'être renvoyé à un autre parlement.

ÉVOLUTION . s. f.
• Mouvement que font des troupes pour prendre une nouvelle disposition. Évolutions militaires. Évolution de cavalerie, d'infanterie. Faire exécuter des évolutions à un régiment, à un corps de troupes.
• Évolution navale, Mouvement d'une flotte ou d'une escadre.

ÉVOQUER . v. a.
• Appeler, faire venir, faire apparaître. Dans ce sens, il ne se dit guère qu'en parlant Des âmes, des esprits, etc. Les nécromanciens prétendaient évoquer les âmes des morts, les esprits, les démons.
• Se dit quelquefois figurément, en parlant D'une simple apostrophe oratoire, d'une prosopopée. L'orateur évoqua les mânes du héros dont on osait outrager la mémoire.
• ÉVOQUER, en termes de Jurisprudence, signifie, Enlever à un tribunal, à des juges, la connaissance d'une affaire, pour l'attribuer à un autre tribunal, à d'autres juges. Évoquer, faire évoquer une cause d'un tribunal à un autre, d'une chambre à une autre chambre, pour cause de suspicion légitime.
• Il signifie également, Attirer à soi la connaissance d'une affaire. La cour évoqua le principal, et y fit droit. Dans l'ancien régime, le roi évoquait ordinairement à sa personne et à son conseil les affaires de finances.
• ÉVOQUÉ, ÉE. participe.

EX
• préposition empruntée du latin. Elle entre dans la composition de plusieurs mots français qui servent à marquer ce qu'une personne a été, le poste qu'elle a cessé d'occuper. Tels sont les mots, Ex-ministre, ex-oratorien, ex-député.

EXACERBATION . s. f.
• .Médec., synonyme de Paroxysme.

EXACT
, ACTE. adj. (On prononce le C et le T.)
• Régulier, ponctuel, soigneux. Il est fort exact. Auteur, historien, traducteur exact. Vous n'êtes pas assez exact. C'est un homme fort exact à remplir ses devoirs. Il faut être exact à tenir sa parole. Exact à payer aux échéances. Exact à un rendez-vous.
• Se dit aussi Des choses qui se font avec tout le soin et toute la ponctualité possible, ou De celles qui ont une entière conformité avec les choses auxquelles elles se rapportent. Exacte analyse. Exacte recherche. Exacte perquisition. Compte exact. Relation exacte. Récit fort exact. Il-faut avoir une connaissance exacte des faits, pour en porter un jugement sûr. C'est l'exacte vérité.
• Les sciences exactes, Les sciences mathématiques.

EXACTEMENT . adv.
• D'une manière exacte. Il a suivi exactement les ordres qu'on lui avait donnés. Il a observé exactement la règle, le régime qu'on lui avait prescrit. Ce commis copie fort exactement.

EXACTEUR .s.m.
• Celui qui commet une exaction, des exactions. Exacteur impitoyable. Poursuivre, châtier les exacteurs.

EXACTION . s. f.
• Action par laquelle une personne chargée de percevoir certains droits, de lever certaines contributions, exige ce qui n'est pas dû ou plus qu'il n'est dû. Ce général, ce traitant a fait, a commis de grandes, d'horribles exactions. Se livrer à des exactions. On se plaint de ses exactions. Il ne faut point appeler cela l'exercice d'un droit, c'est une pure exaction.

EXACTITUDE . s. f.
• Attention ponctuelle, régulière, à faire ce qu'on doit, ce dont on est chargé. Il faut avoir de l'exactitude dans les affaires. Je loue votre exactitude. Il y apporta toute l'exactitude possible. Remplir ses devoirs avec exactitude.
• Se dit aussi Des choses, pour signifier, Précision, justesse. L'exactitude d'une mesure, d'un calcul, etc.

EXAÈDRE . adj. et s.
• Voyez HEXAÈDRE.

EXAGÉRATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui exagère. C'est un grand exagérateur.

EXAGÉRATIF
, IVE. adj.
• Qui tient de l'exagération, qui amplifie beaucoup. Ordinairement les rapports des nouvellistes sont exagératifs. Terme exagératif. Expression exagérative. Il est peu usité.

EXAGÉRATION . s. f.
• Action d'exagérer; discours, expression qui exagère. Jamais on ne poussa plus loin l'exagération. Tomber dans l'exagération. Cela est comme je vous le dis, il n'y a point d'exagération. C'est sans exagération. C'est par exagération qu'il s'exprime ainsi.
• Se dit aussi, en Peinture et en Sculpture, de L'action d'exagérer les proportions, l'expression, les effets. L'exagération des formes, des proportions est quelquefois un artifice nécessaire. Il y a toujours un peu d'exagération dans la manière de cet artiste.

EXAGÉRER . v. a.
• Outrer, louer ou décrier à l'excès les choses dont on parle. Exagérer une victoire, l'importance d'une action, l'énormité d'un crime. C'est un homme qui exagère toujours les choses, soit en bien, soit en mal. Vous exagérez trop les défauts de cet homme. Il exagère les vertus, le mérite de son ami.
• S'emploie aussi absolument. Il est fort sujet à exagérer. C'est exagérer que de dire de ce jardin qu'il a une demi-lieue de tour. Quand vous dites que cet homme n'a que trois pieds de haut, vous exagérez un peu.
• EXAGÉRER signifie, en Peinture et en Sculpture, Faire plus grand, plus prononcé que nature; outrer. Exagérer les formes, les proportions. On exagère ordinairement les figures qui doivent être vues de très-loin. Exagérer les effets du clair-obscur.
• EXAGÉRÉ, ÉE. participe, Il signifie adjectivement, Où il y a de l'exagération. Récit exagéré. Louanges exagérées. Proportions exagérées.

EXAGONE . adj. et s.
• Voyez HEXAGONE.

EXALTATION . s. f.
• Action d'élever. Il n'est guère usité que pour signifier L'élévation du pape au pontificat: Le jour de son exaltation; depuis son exaltation; et pour désigner Une fête de l'année, qu'on nomme L'Exaltation de la sainte croix.
• EXALTATION, se disait, dans l'ancienne Chimie, de L'action de purifier certaines substances pour en augmenter l'énergie. L'exaltation des sels, des soufres, des métaux.
• Se dit encore, au figuré, d'Un enthousiasme véhément, d'une sorte de transport, de délire auquel on s'abandonne. L'exaltation des esprits. Exaltation de tête, d'imagination. Il a toute l'exaltation des fanatiques. Parler avec exaltation.

EXALTER . v. a.
• Louer, vanter beaucoup. On ne peut trop exalter le mérite de cet écrivain. Exalter son nom. Exalter quelqu'un. Exalter les bienfaits reçus. Louer Dieu, exalter son saint nom.
• Il signifiait aussi, dans l'ancienne Chimie, Augmenter, redoubler la vertu d'une substance, en la purifiant. Exalter de l'antimoine. Exalter des soufres.
• Il signifie encore figurément, Échauffer, élever jusqu'à l'enthousiasme. La lecture des grands poëtes exalte l'imagination.
• Il signifie également, Animer à l'excès, jeter dans une sorte de transport, de délire. Il travaillait à exalter les esprits. Ces méditations prolongées lui ont exalté l'esprit.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, surtout au figuré. C'est un esprit qui s'exalte facilement. Cela se dit pour l'ordinaire en mauvaise part.
• EXALTÉ, ÉE. participe, Cette personne a l'imagination exaltée, la tête exaltée. C'est un homme exalté, ou substantivement, C'est un exalté.

EXAMEN .s.m.
• (On prononce ordinairement la syllabe finale comme celle de Chemin; quelques-uns, au contraire, font sentir l'N au singulier comme dans le mot latin Amen.)
• Observation, recherche, discussion exacte, soigneuse, réfléchie. Faire l'examen d'un livre, d'un compte. Examen de conscience. Embrasser une opinion sans examen. Soumettre un préjugé à l'examen de la raison. Après mûr examen.
• Il signifie particulièrement, L'action d'interroger quelqu'un pour savoir s'il est capable du grade, de la place qu'il veut obtenir, pour connaître son degré d'instruction. C'est aux Quatre-Temps que les évêques font faire l'examen de ceux qui se présentent pour recevoir les ordres. Subir l'examen. Pour se faire recevoir avocat, médecin, pharmacien, pour entrer dans certains corps, dans la marine, dans le génie, etc., il faut passer des examens, subir des examens. Le premier, le second, le troisième examen roule sur telle matière. Se préparer à un examen. Il y a des examens, on fait des examens, chaque année, dans les colléges. Examen du baccalauréat, de licence. Rigoureux examen.

EXAMINATEUR .s.m.
• Celui qui est commis pour examiner. Il eut tels et tels pour examinateurs. On a nommé des examinateurs pour interroger les candidats, les aspirants, les ordinands, etc. Cet examinateur est fort rigoureux.

EXAMINER . v. a.
• Faire l'examen de quelque chose ou de quelque personne. Examiner à fond un compte, une affaire. Examiner un écolier, un candidat. Examiner quelqu'un sur le droit, sur la médecine. Examiner un livre, un écrit. Ces propositions furent examinées en Sorbonne. Après avoir mûrement et soigneusement examiné cette affaire. Examiner sa conscience, ou, avec le pronom personnel, S'examiner soi-même, s'examiner. Plus je m'examine, moins je me sens coupable.
• Il signifie aussi, Regarder attentivement. Plus j'examine cette personne, plus je crois la reconnaître.
• EXAMINÉ, ÉE. participe.

EXANTHÈME .s.m.
• .Médecine, qui signifie, Toute sorte d'éruption à la peau; soit avec solution de continuité, comme les pustules de la petite vérole; soit sans solution de continuité, comme la rougeole.

EXARCHAT .s.m.
• (On prononce Exarkat.) La partie de l'Italie où commandait l'exarque, et dont Ravenne était la capitale. Pepin conquit l'exarchat de Ravenne, et le donna au saint-siége.

EXARQUE .s.m.
• On appelait ainsi Celui qui commandait en Italie pour les empereurs de Constantinople, et qui résidait ordinairement à Ravenne. L'exarque de Ravenne.
• EXARQUE, est aussi, dans l'Église grecque, Le titre d'une dignité ecclésiastique immédiatement au-dessous de celle de patriarche. La dignité d'exarque répond à celle de légat.

EXASPÉRATION . s. f.
• Action d'exaspérer, ou État de ce qui est exaspéré. L'exaspération des esprits. L'exaspération était à son comble.

EXASPÉRER . v. a.
• Aigrir, irriter à l'excès. Ce nouvel outrage l'a fort exaspéré. Ses ennemis ont exaspéré son humeur. Exaspérer les esprits.
• EXASPÉRÉ, ÉE. participe, Je l'ai trouvé fort exaspéré.

EXAUCER . v. a.
• Écouter favorablement une prière, et accorder ce qu'on demande. Dieu exauce les prières des humbles. Le ciel a exaucé nos voeux.
• Se dit aussi en parlant Des personnes. Priez avec ferveur et persévérance, le ciel vous exaucera. Enfin Dieu nous a exaucés. Dieu a exaucé son peuple.
• EXAUCÉ, ÉE. participe.

EXCAVATION . s. f.
• Action de creuser un terrain. L'excavation des fondements de cet édifice a coûté beaucoup.
• Se dit aussi d'Un creux fait dans un terrain, soit de main d'homme, soit par quelque accident naturel. Cette excavation n'est pas assez profonde. Faire des excavations dans une mine pour l'exploiter. La rivière, en se débordant, a fait là une excavation. Le sol est entrecoupé d'excavations.

EXCÉDANT
, ANTE. adj.
• Qui excède. Les sommes excédantes.
• Se dit, figurément, De ce qui fatigue ou importune à l'excès. Le bavardage de cet homme est excédant.
• EXCÉDANT, se prend aussi substantivement, et signifie, Le nombre, la quantité qui excède. S'il se trouve plus de cinq cents francs, vous aurez l'excédant. Un excédant d'aunage, de recette.

EXCÉDER . v. a.
• Outre-passer, aller au delà de certaines bornes. Il a excédé son pouvoir, ses pouvoirs. Il a excédé les ordres qu'il avait reçus. Vous pouvez employer jusqu'à mille francs, mais n'excédez pas cette somme.
• Il signifie aussi, Surpasser en valeur, en nombre, en longueur, etc.; dépasser. La recette a excédé la dépense. Une dette qui excède cent francs. Le prix de cette maison, vendue à l'enchère, a excédé de beaucoup celui de l'estimation. Cela excède le nombre fixé. Cet arbre excède tous les autres en hauteur. Cette poutre excède le mur de plus d'un demi-pied.
• EXCÉDER, signifie encore, Battre outrageusement. Dans cette acception, qui était fort usitée autrefois en matière criminelle, il ne s'emploie guère qu'au participe, et se joint presque toujours avec Battu. Il a battu et excédé ce pauvre homme. Il se plaint d'avoir été battu et excédé en sa personne. On dit quelquefois dans le même sens, Excéder quelqu'un de coups.
• Il signifie aussi, Causer une grande lassitude. Cette course m'a excédé. Je suis excédé de plaisir et de fatigue.
• Fam., Excéder quelqu'un de bonne chère, L'exciter à quelque excès de table, par une grande abondance de mets. Pendant les trois jours que nous avons passés chez eux, ils nous ont excédés de bonne chère.
• EXCÉDER, signifie encore figurément, Importuner, tourmenter excessivement. Vous m'excédez par vos railleries. Vos reproches m'excèdent.
• EXCÉDER, s'emploie souvent avec le pronom personnel, comme dans ces phrases: S'excéder de débauches, Faire des débauches excessives. S'excéder de travail, de veilles, de jeûnes, d'austérités, etc., Travailler, veiller, jeûner, etc., jusqu'à l'excès. S'excéder à la chasse, S'abandonner au plaisir de la chasse, jusqu'à se fatiguer extrêmement. Ils se sont excédés. Elle s'est excédée.
• EXCÉDÉ, ÉE. participe. Cet homme, ainsi battu et excédé, alla se présenter au juge. C'est un homme excédé de débauches, de fatigues, de jeûnes, d'austérités.

EXCELLEMMENT . adv. (On prononce Excélament.)
• D'une manière excellente. Cela est excellemment bien. Cet auteur a écrit excellemment sur telle matière. Il peint, il écrit excellemment. Il joue excellemment du violon. Ce mot est peu usité.

EXCELLENCE . s. f.
• Degré éminent de perfection. En quoi consiste l'excellence de cette musique, de cette comédie, de ce livre? C'est ce qui en fait l'excellence. L'excellence d'un fruit, d'un vin, d'un mets, d'un remède.
• Fam., Avoir une grande idée de sa propre excellence, de l'excellence de son esprit, Être toujours content de soi, de son mérite.
• EXCELLENCE, est aussi Un titre d'honneur qu'on donne aux ambassadeurs, et à quelques autres personnes qui ont certaines places, certaines dignités. Il est au-dessous du titre d'Altesse. S'il plaît à Votre Excellence. J'ai exécuté les ordres de Votre Excellence. J'ai écrit à Son Excellence.
• PAR EXCELLENCE. loc. adv. Excellemment, à merveille. Cela est beau, est bon par excellence. Ce peintre réussit par excellence dans le portrait. Ce sens est familier.
• Se dit aussi Pour marquer l'excellence d'une certaine qualité dans celui dont on parle, pour exprimer qu'il la possède au plus haut degré. On a appelé Salomon le sage par excellence; Aristote, le philosophe par excellence; Cicéron, l'orateur par excellence. On dit dans le même sens, Dieu est l'Être par excellence, C'est le souverain Être, et toutes les créatures n'ont l'être que par lui.
• Se dit encore, dans une acception analogue à la précédente, en parlant De ceux qui se sont tellement distingués dans un genre, que le nom appellatif commun à toutes les personnes célèbres dans le même genre, est devenu pour eux une espèce de nom propre et particulier. C'est par excellence que Salomon est appelé le Sage, et que saint Paul est appelé l'Apôtre, comme dans ces phrases: Le Sage a dit, l'Apôtre a dit. On l'emploie quelquefois en parlant Des choses. Chapeau se dit, par excellence, du chapeau de cardinal, comme dans cette phrase: Tel évêque a obtenu le chapeau.

EXCELLENT
, ENTE. adj.
• Qui excelle; qui a le plus haut degré ou un très-haut degré de bonté, de perfection. Excellent vin. Chère excellente. Goût excellent. Fruits, melons excellents. Remède excellent. Ces chevaux-là sont excellents. Musique excellente. Excellente pièce de théâtre. Excellent musicien. Excellent poëte. Excellent ouvrier. Excellent livre. C'est un excellent homme. Il a d'excellentes qualités. Ce qu'il y a d'excellent en cela, c'est que...

EXCELLENTISSIME . adj. des deux genres
• Très-excellent. C'est principalement un titre de dignité qui se donnait aux sénateurs de Venise assemblés en collége en présence du doge. Sérénissime prince, excellentissimes seigneurs.
• Il est encore usité quelquefois dans le langage familier. J'ai vu son livre, il m'a paru excellentissime. Il nous a donné d'un vin excellentissime.

EXCELLER . v. n.
• Être fort supérieur, par son mérite ou sa perfection, à la plupart des personnes d'une même profession, ou à la plupart des choses d'un même genre. Il s'efforce d'exceller dans sa profession. Ceux qui excellent aujourd'hui dans les beaux-arts. Exceller en poésie, en peinture, en musique. Cet orateur excelle sur tous les autres, par-dessus tous les autres. C'est en cela qu'il excelle. Ce général excelle par la prévoyance. Cet homme excelle à conduire un cheval, à nager, à faire des armes, etc. Entre les vins de France, ceux qui excellent, sont les vins de Bordeaux, de Bourgogne, etc. Les chevaux arabes, les chevaux anglais excellent sur la plupart des autres chevaux.

EXCENTRICITÉ . s. f.
• .Math. Distance du centre d'une ellipse à son foyer.

EXCENTRIQUE . adj. des deux genres
• .Géom. Se dit De deux ou de plusieurs cercles, engagés l'un dans l'autre, qui ont des centres différents. Ce cercle est excentrique à l'autre. Ces deux cercles sont excentriques.

EXCEPTÉ
• sorte de préposition. Hors, à la réserve de. Excepté telles et telles personnes. Il travaille toute la semaine, excepté le dimanche. Toutes ses filles sont mariées, excepté la plus jeune. Ils ont tous péri, excepté cinq ou six personnes. Il n'a jamais manqué d'entendre la messe, excepté quand il a été malade. Ils se ressemblent parfaitement, excepté que l'un est un peu plus grand que l'autre.

EXCEPTER . v. a.
• Désigner une personne ou une chose comme n'étant pas comprise dans un nombre, dans une règle où il semble qu'elle devrait l'être. Ils en sont exceptés de droit. On accorda l'amnistie aux rebelles, mais en exceptant les chefs. Quoique le règlement soit général, il y a un article qui excepte telles personnes. Excepter quelqu'un de la loi commune. Je n'en excepte qui que ce soit. Sans excepter personne. On a établi un droit d'entrée, mais on a excepté telles marchandises. Ces noms, ces verbes sont exceptés de la règle générale.
• EXCEPTÉ, ÉE. participe. Ils ont tous péri, cinq ou six personnes exceptées, Étant exceptées.

EXCEPTION . s. f.
• Action par laquelle on excepte; ou Ce qui n'est pas soumis à la règle. Faire exception de... Par exception. Sans exception. N'y a-t-il point d'exception? Être dans l'exception de la loi. C'est une exception à la règle. Ce mot fait exception, est une exception. Il n'y a règle si générale qui n'ait son exception. Cela ne souffre point d'exception. L'exception confirme la règle.
• EXCEPTION, en termes de Jurisprudence, se dit en général de Tout moyen de défense, et particulièrement de ceux à l'aide desquels on soutient qu'une demande doit être déclarée non recevable, soit parce qu'elle n'est pas formée régulièrement, soit parce qu'elle n'est pas portée devant le juge compétent pour en connaître, soit enfin parce qu'elle est intentée contre une personne qui a droit de réclamer un délai avant d'être forcée de répondre. J'ai une exception toute prête contre cette demande. Il a fourni ses exceptions. Exception péremptoire. Exception déclinatoire. Exception dilatoire.
• À L'EXCEPTION DE. loc. prépositive. Excepté, hormis. À l'exception d'un seul.

EXCEPTIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui est relatif à une exception. Cette lot contient un article exceptionnel, une disposition exceptionnelle en faveur de telles personnes. Clause exceptionnelle.

EXCÈS .s.m.
• Ce qui excède les bornes de la raison, de la justice, de la bienséance; ce qui passe la mesure accoutumée, le degré ordinaire. Louer, blâmer avec excès. L'excès est blâmable en toutes choses. Excès de bonne chère. Excès de bouche. Excès de table. Excès de boire, de manger. Excès de vin. Il y a de l'excès à boire, à manger ainsi. Excès de froid, de chaleur. Excès de population. Excès de richesse, de misère. Excès de joie, de folie. Excès de travail. Excès de jalousie, d'amour, de zèle. Excès de bonté, d'indulgence. Excès d'ingénuité. L'un pèche par défaut, l'autre par excès. Tomber d'un excès dans un autre. Fuir l'un et l'autre excès.
• Excès de pouvoir, Action d'excéder le pouvoir que l'on a reçu, l'autorité dont on est investi.
• EXCÈS, signifie souvent absolument, Débauche, déréglement. Il a fait des excès, beaucoup d'excès. Il s'est ruiné l'estomac par ses excès. Les excès de la jeunesse hâtent la vieillesse. Des excès préjudiciables à la santé. Faire un petit excès.
• Il signifie aussi, surtout en termes de Palais, Outrage, violence. Se porter à des excès. Les excès commis en sa personne. Demande en séparation de corps pour cause d'excès, de sévices et d'injures graves.
• EXCÈS, se dit quelquefois, en Arithmétique, pour Excédant, reste ou différence.
• À L'EXCÈS, JUSQU'À L'EXCÈS loc. adverbiales. Outre mesure, à l'extrême. Être ménager, être économe à l'excès. Être libéral jusqu'à l'excès. Prudent jusqu'à l'excès. Ils l'ont maltraité à l'excès. Pousser la vengeance à l'excès, jusqu'à l'excès. Porter l'insolence, l'impudence jusqu'à l'excès.

EXCESSIF
, IVE. adj.
• Qui excède la règle, la mesure, le degré ordinaire ou convenable. Se dit Des choses physiques et des choses morales. Un froid excessif. Une chaleur excessive. Être d'un embonpoint excessif. Une chambre d'une grandeur excessive. Le prix excessif des denrées. Misère excessive. Austérité excessive. Abstinence excessive. Dépense excessive. Travail excessif. Joie excessive. Louanges excessives. Cela est excessif. Avarice excessive. Ambition excessive. Amour-propre excessif. Intempérance excessive. Prodigalité excessive. Débauches excessives. Tout ce qui est excessif est vicieux.
• Se dit quelquefois Des personnes. Cet homme est excessif en tout ce qu'il fait. Il est excessif en tout.

EXCESSIVEMENT . adv.
• À l'excès, avec excès. Il est excessivement gros. Boire excessivement. Louer excessivement. Maltraiter quelqu'un excessivement. Il est excessivement colère.

EXCIPER . v. n.
• .Palais. Alléguer une exception en justice. Il n'est usité qu'avec la préposition de, suivie d'un complément qui indique sur quoi est fondée l'exception. Exciper de l'autorité de la chose jugée. Exciper d'une longue prescription.
• Il signifie aussi, Employer une pièce pour sa défense. Exciper d'une renonciation, d'une quittance.

EXCIPIENT .s.m.
• .Pharm. Se dit Des liquides ou autres substances propres à dissoudre, à incorporer certains médicaments. L'eau, les confections, les électuaires sont très-souvent employés comme excipients.

EXCISE . s. f.
• Impôt établi sur la bière, le cidre et autres liqueurs, en Angleterre. C'est aussi Le nom du bureau où l'on perçoit cet impôt.

EXCISION . s. f.
• .Chirur. Opération par laquelle on enlève, avec un instrument tranchant, des parties d'un petit volume. Faire l'excision d'une verrue, d'un polype, etc.

EXCITANT
, ANTE. adj.
• .Médec. Qui est propre à exciter, qui ranime les forces. Remède excitant. Potion excitante. On dit aussi, mais rarement, Excitatif, ive.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif, au masculin. Donner, administrer des excitants? C'est un bon excitant.

EXCITATIF
, IVE. adj.
• Voyez EXCITANT.

EXCITATION . s. f.
• Action d'exciter, ou État de ce qui est excité. S'emploie surtout en Médecine. L'excitation d'un organe. Excitation générale. Excitation locale.

EXCITER . v. a.
• Engager, porter à. Exciter quelqu'un à boire, à manger. Exciter au travail, à l'étude. L'exemple de ses ancêtres l'excite à se distinguer. Exciter les peuples à la révolte. Exciter à pitié. Exciter à compassion. Ces deux dernières phrases ont vieilli.
• Il signifie aussi, Animer, encourager. Ce capitaine excitait les soldats par ses discours et par son exemple. Exciter les combattants. Exciter un taureau. On dit en Médecine, Exciter les organes.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans les deux acceptions. Le lion s'excite au combat, s'excite en se battant les flancs avec sa queue.
• EXCITER, signifie encore, Provoquer, causer, faire naître. Cela excite la soif, excite l'appetit. Exciter une sédition. Le vent qui survint excita une grande tempête. Ce discours excita une grande rumeur dans l'assemblée.
• Se dit aussi en parlant Des choses morales. Exciter la pitié. Exciter l'envie, la jalousie. Exciter l'admiration, la curiosité.
• EXCITÉ, ÉE. participe.

EXCLAMATION . s. f.
• Cri de joie, d'admiration, de surprise, d'indignation, etc. Faire une exclamation. Faire des exclamations, de grandes exclamations.
• Point d'exclamation, Point figuré ainsi (!) qui se met après une exclamation, comme Hélas! ô Dieu! C'est la même chose que le point d'admiration.

EXCLURE . v. a.
• (J'exclus, tu exclus, il exclut; nous excluons. J'excluais. J'exclus. J'exclurai. J'exclurais. Qu'il exclue. Que j'exclusse. Excluant.)
• Renvoyer, retrancher quelqu'un d'une société, d'un corps, etc., où il avait été admis. On voulait l'exclure de cette compagnie, de cette assemblée. On l'a exclu de l'assemblée dont il faisait partie.
• Il signifie, dans une acception plus générale, Repousser, écarter, ne point admettre; et alors il peut s'appliquer Aux choses comme aux personnes. Les Européens étaient exclus de tous les ports de cette nation. Ses ennemis l'ont fait exclure de cette place. Exclure une personne de toute participation à certains droits. La loi l'exclut. On exclut de la tutelle ceux qui ont une inconduite notoire. Ils ont exclu de leurs temples toute espèce d'ornements. Les époux peuvent exclure de leur communauté tout leur mobilier présent et futur. Les principes qu'il exclut de sa doctrine.
• Se dit particulièrement Des choses qui, par leur nature, sont incompatibles avec d'autres. Le genre naïf exclut toute recherche dans le style. La rudesse et la grossièreté n'excluent ni la fraude ni l'artifice.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, surtout comme verbe réciproque. Ces deux principes s'excluent réciproquement.
• EXCLU, UE. participe, Les femmes sont exclues de ces emplois. Autrefois on disait aussi, Exclus, use.

EXCLUSIF
, IVE. adj.
• Qui a force d'exclure. C'est une raison exclusive. Cela est exclusif. Un droit exclusif, exclusif de tout autre. Privilége exclusif.
• Avoir voix exclusive dans une élection, Avoir le droit d'exclure le candidat présenté. Il y a des couronnes qui ont voix exclusive dans l'élection des papes.
• EXCLUSIF, se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui exclut, qui repousse tout ce qui blesse ses goûts, ses opinions, ses intérêts. L'esprit de parti rend exclusif. C'est un esprit très-exclusif, un caractère exclusif. On dit dans une acception analogue: Goût exclusif. Patriotisme exclusif. Passion exclusive. Etc.

EXCLUSION . s. f.
• Action d'exclure, acte par lequel on exclut. Donner l'exclusion à quelqu'un. Il opina pour l'exclusion. Quand on proposa un tel, toutes les voix allèrent à l'exclusion. Prononcer une exclusion. Il ne saurait être pape, car il a l'exclusion des couronnes. Son exclusion a été le résultat de la brigue. Exclusion injuste, méritée. Cette exclusion ne s'appliqua d'abord qu'à telles personnes, mais on l'étendit ensuite à beaucoup d'autres. La véritable philosophie ne donne l'exclusion à aucun principe raisonnable.
• À L'EXCLUSION DE. loc. prépositive. Telle personne ou telle chose étant exclue. À l'exclusion d'un tel. On leur accorda de faire le négoce dans ce pays, à l'exclusion de tous les autres peuples.

EXCLUSIVEMENT . adv.
• En excluant, en exceptant. Cet adverbe s'emploie quand on fixe une certaine étendue de temps ou de lieu, dans laquelle on ne veut point comprendre le dernier terme. Depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre exclusivement, c'est-à-dire, Le mois d'octobre non compris. Cette paroisse, cet évêché s'étend de tel lieu jusqu'à tel autre exclusivement, c'est-à-dire, Le dernier lieu non compris.
• En termes de Palais, Jusqu'à sentence définitive exclusivement, se disait autrefois Lorsqu'un juge supérieur renvoyait à un juge inférieur un procès criminel, pour faire l'instruction, sans prononcer la sentence.

EXCOMMUNICATION . s. f.
• Censure ecclésiastique par laquelle on est retranché de la communion de l'Église. Excommunication majeure, Celle qui retranche entièrement de la communion de l'Église, et de toute communion avec les fidèles. Excommunication mineure, Celle qui interdit seulement l'usage des sacrements. Excommunication de droit, de fait. Excommunication prononcée par l'évêque. Fulminer l'excommunication. Lever l'excommunication. Encourir l'excommunication. À peine d'excommunication. Sentence d'excommunication.

EXCOMMUNIER . v. a.
• Retrancher de la communion de l'Église. On l'a menacé de l'excommunier. Le pape les avait excommuniés. L'évêque l'excommunia.
• EXCOMMUNIÉ, ÉE. participe. Il est quelquefois substantif. C'est un excommunié. Refuser d'enterrer les excommuniés en terre sainte. Il n'était pas permis aux excommuniés d'entrer dans les églises.
• Fam., Cet homme a un visage d'excommunié, il est fait comme un excommunié, Il a une mauvaise mine, il est mal habillé, mal en ordre.

EXCORIATION . s. f.
• .Chirur. Écorchure, plaie légère de la peau. Les excoriations dans des parties délicates sont très-douloureuses.

EXCORIER . v. a.
• .Chirur. Écorcher la peau ou quelque membrane. La pierre l'a excorié dans le passage. On lui a excorié la vessie en le sondant.
• EXCORIÉ, ÉE. participe.

EXCRÉMENT .s.m.
• Il signifie en général, Toute matière solide ou fluide qui sort du corps de l'homme ou des animaux, par l'effet d'une évacuation naturelle. Se dit particulièrement Des matières fécales et de l'urine. Des excréments d'animaux. On appelle Gros excréments, Les matières fécales.
• Fig. et par mépris, Excrément de la terre, excrément de la nature, excrément du genre humain, se dit D'une personne vile et méprisable.

EXCRÉMENTEUX
, EUSE ou •EXCRÉMENTIEL ou •EXCRÉMENTITIEL, ELLE. adj.
• .Médec. Qui tient de l'excrément. Tous les aliments ont deux parties, l'une nutritive ou nourricière, et l'autre excrémenteuse ou excrémentitielle. Les humeurs excrémentitielles.

EXCRÉTEUR . adj. m.
• .Physiologie. Se dit Des vaisseaux et des conduits qui servent aux excrétions. Les vaisseaux, les conduits excréteurs. On dit aussi, Les vaisseaux, les conduits excrétoires.

EXCRÉTION . s. f.
• .Physiologie. Action par laquelle les fluides sécrétés sont poussés au dehors, ou portés dans les réservoirs où ils doivent séjourner. La transpiration se fait par excrétion.

EXCRÉTOIRE . adj.
• Voyez EXCRÉTEUR.

EXCROISSANCE . s. f.
• Espèce de tumeur qui se forme sur quelque partie extérieure du corps de l'homme ou de l'animal. Il lui est venu au visage une excroissance qu'il a fallu extirper. Excroissance de chair. Les verrues, les loupes sont des excroissances.
• Se dit, par extension, en parlant Des arbres, des plantes, etc. Le tronc de ce chêne, de cet orme est couvert d'excroissances.

EXCURSION . s. f.
• Course au dehors. Se dit particulièrement d'Une irruption sur le pays ennemi. Ils revinrent de leur excursion, emmenant des prisonniers et du butin. On le dit également De ceux qui vont parcourir un pays, un canton. Ce botaniste, ce minéralogiste fait souvent des excursions aux environs de Parts.
• Il se prend quelquefois au figuré, dans le sens de Digression. Faire une excursion, de fréquentes excursions hors de son sujet.

EXCUSABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être excusé, qui est digne d'excuse, d'indulgence. Il est bien excusable. Il est fort excusable de s'être conduit ainsi. Cette faute n'est pas excusable. Délit excusable.

EXCUSATION . s. f.
• .Jurispr. Raison que quelqu'un allègue pour être déchargé d'une tutelle, ou de quelque autre charge publique. On se sert plus ordinairement aujourd'hui du mot Excuse.

EXCUSE . s. f.
• Raison que l'on apporte pour se disculper, ou pour disculper quelqu'un de ce qu'il a fait ou dit. Excuse légitime, valable, recevable. Excuse impertinente. Sotte, mauvaise excuse. Belle excuse! Donner, apporter, alléguer, présenter une excuse. Chercher, forger une excuse, des excuses. Il a bientôt trouvé son excuse. Il a pris pour excuse le mauvais temps. Avoir une excuse toute prête. Recevoir une excuse. Recevoir pour excuse. Sa jeunesse lui servira d'excuse.
• EXCUSE, est aussi Un terme de civilité dont on se sert, afin d'engager à l'indulgence pour quelque faute légère. S'emploie surtout avec le verbe Faire, comme dans ces phrases: Faire des excuses à quelqu'un. Je vous en fais mille excuses. Je vous en fais excuse pour lui.
• Fam., Je vous fais excuse, je vous fais bien excuse, s'emploie Lorsqu'on veut contredire quelqu'un. Il n'est pas encore venu? Je vous fais excuse, il est venu et il est reparti.
• Faire des excuses à quelqu'un, signifie quelquefois, dans une acception plus rigoureuse, Témoigner à quelqu'un le regret qu'on éprouve de l'avoir offensé, de s'être mal comporté à son égard. Il exigeait que son adversaire lui fit des excuses. On dit, dans un sens analogue, Exiger des excuses.

EXCUSER . v. a.
• Donner des raisons pour disculper quelqu'un d'une faute. Il l'a excusé auprès du roi. Il s'efforçait vainement de l'excuser.
• Il signifie aussi, Recevoir, admettre les raisons que quelqu'un allègue pour se disculper. Après l'avoir entendu, on ne peut s'empêcher de l'excuser.
• Il signifie encore, Pardonner, supporter, tolérer par quelque considération. On doit excuser les fautes de la jeunesse. Il faut excuser ce léger oubli. Rien ne peut faire excuser une telle conduite. Excusez l'état où je suis. Vous m'excuserez, si je ne vous accompagne pas plus loin.
• Excuser quelqu'un de faire une chose, Le dispenser de la faire. Il m'a invité à souper, je l'ai prié de m'en excuser.
• EXCUSER, avec le pronom personnel, signifie, Donner des raisons pour se disculper. Comment se pourrait-il excuser d'une telle faute? Ils s'en sont excusés sur ce qu'ils n'avaient pas d'ordre. Il s'en excuse sur sa maladie.
• S'excuser sur un autre, Rejeter la faute sur un autre.
• S'excuser de faire une chose, Donner des raisons pour s'en dispenser. Il ne s'est point trouvé à la noce, il a envoyé s'en excuser, s'excuser. On m'a prié de solliciter pour lui, je m'en suis excusé.
• Excusez-moi. Terme de civilité dont on se sert ordinairement Quand on contredit quelqu'un, ou Lorsqu'on veut se dispenser de céder à quelque demande. Vous dites que j'ai fait telle chose; excusez-moi, je ne l'ai point faite, ou absolument, Excusez-moi. Vous resterez avec nous? Excusez-moi, je ne puis. On dit quelquefois dans le même sens, Vous m'excuserez.
• EXCUSÉ, ÉE. participe. Je vous prie de me tenir pour excusé.

EXEAT .s.m. (On prononce Exéat.)
• Mot pris du latin, et dont on se sert en français pour signifier, La permission par écrit qu'un évêque donne à un ecclésiastique son diocésain, pour aller exercer dans un autre diocèse les fonctions de son ministère. Les prêtres d'un diocèse ne sont point reçus dans un autre, s'ils n'ont un exeat, l'exeat de leur évêque. Avoir son exeat en bonne forme. Donner un exeat. Cet évêque a expédié plusieurs exeat.
• Fam., Donner à quelqu'un son exeat, Le congédier.
• Au Collége, Donner un exeat, Donner la permission de sortir.

EXÉCRABLE . adj. des deux genres
• Qu'on doit exécrer, dont on doit avoir horreur. Forfait exécrable. C'est un homme exécrable. Il a des moeurs et des opinions exécrables.
• Se dit, par exagération, Des choses extrêmement mauvaises. Que dites-vous de ce livre, de ce poëme? Il est exécrable. Cette eau a un goût exécrable. Tous ces ragoûts sont exécrables.

EXÉCRABLEMENT . adv.
• D'une manière exécrable. Il s'est conduit exécrablement. Il versifie exécrablement.

EXÉCRATION . s. f.
• Sentiment d'horreur extrême qu'on a pour quelqu'un ou pour quelque chose. Avoir en exécration. Cet homme m'est en exécration. Digne de l'exécration de tous les gens de bien, de l'exécration publique. Il est en exécration à tout le monde.
• Se dit quelquefois de La personne ou de la chose qui est en exécration, qui est digne d'exécration. Cet homme est l'exécration du genre humain. Cette action, ce procédé révolte: c'est une exécration.
• Il signifie aussi, Imprécation où les choses saintes sont profanées. Il fit mille serments, mille exécrations.

EXÉCRER . v. a.
• Avoir en exécration. Répandre de telles calomnies, c'est le moyen de vous faire exécrer. C'est un homme impitoyable; aussi tout le monde l'exècre. Je l'exécrerai jusqu'à la mort.
• EXÉCRÉ, ÉE. participe.

EXÉCUTABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être exécuté, effectué. Ce projet n'est pas exécutable.

EXÉCUTANT .s.m.
• .Musique. Musicien qui exécute sa partie dans un concert. Il y avait à ce concert vingt exécutants.

EXÉCUTER . v. a.
• Effectuer, mettre à effet. J'exécuterai ce que j'ai promis. Exécuter un dessein, un projet, une entreprise. Cela est difficile à exécuter. Cela ne peut s'exécuter facilement. Exécuter un arrêt, une loi. Il faut que les règlements s'exécutent, soient exécutés. J'ai exécuté vos ordres. Exécuter un traité. Exécuter un testament.
• Il signifie particulièrement, surtout dans les Arts du dessin, Faire un ouvrage quelconque, d'après une esquisse, un projet, un plan, etc. Exécuter un tableau, une statue, un bas-relief. Exécuter un monument. Exécuter un ouvrage en grand, en petit. Il conçoit, il imagine bien, mais il exécute mal.
• Il signifie aussi, Rendre, exprimer, jouer, représenter, surtout en parlant De musique et de danse. Exécuter un morceau de musique sur le piano. L'orchestre a exécuté cette ouverture avec beaucoup de verve et d'ensemble. Exécuter un ballet, un opéra. Ce ballet est fort bien exécuté.
• Exécuter des mouvements, Faire des mouvements, se mouvoir d'une certaine façon. Exécuter des évolutions, des manoeuvres, Faire des évolutions, des manoeuvres. Etc.
• EXÉCUTER, en termes de Procédure, signifie, Saisir les meubles de quelqu'un par autorité de justice, pour les faire vendre. Faire exécuter les meubles de son débiteur. Envoyer un huissier à quelqu'un pour l'exécuter, pour l'exécuter en ses meubles.
• Il signifie encore, Faire mourir par autorité de justice. Exécuter un criminel. Il fut exécuté à mort.
• En termes de Guerre, Exécuter militairement un soldat, Le punir de mort. Exécuter militairement un bourg, un village, etc., Y exercer des rigueurs militairement, pour contraindre les habitants à ce qu'on exige d'eux.
• EXÉCUTER, avec le pronom personnel, se dit figurément De celui qui vend de son fonds ou de ses meubles pour payer ses dettes, sans attendre qu'on lui fasse des frais. Il s'est exécuté lui-même, afin de prévenir les poursuites.
• Se dit encore, dans un sens plus étendu, De celui qui se détermine à faire contre ses propres intérêts ce qu'exige l'équité, l'honneur, la prudence, la raison. Vous voyez que je m'exécute de bonne grâce.
• EXÉCUTÉ, ÉE. participe.

EXÉCUTEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui exécute. Je serai l'exécuteur de vos ordres. L'exécuteur de l'entreprise.
• Exécuteur, exécutrice testamentaire, Celui, celle qu'un testateur charge de l'exécution de son testament. Il a nommé un tel son exécuteur testamentaire. Elle en a usé en fidèle exécutrice des dernières volontés de son mari. Sa soeur l'a nommée son exécutrice testamentaire.
• L'exécuteur de la haute justice, ou simplement, L'exécuteur, Le bourreau. Il fut livré à l'exécuteur.

EXÉCUTIF
, IVE. adj.
• Se dit Du pouvoir, de la puissance de faire exécuter les lois. Pouvoir exécutif. Dans plusieurs États, la puissance exécutive est séparée de la puissance législative.

EXÉCUTION . s. f.
• Action d'exécuter, de mettre à effet. L'exécution d'une entreprise, d'un dessein. Il n'est pas bon pour le conseil, mais il est excellent pour l'exécution. Cela demande une prompte exécution. L'exécution d'un jugement, d'un acte, d'un contrat. Exécution provisoire, nonobstant opposition ou appel. L'exécution des lois. L'exécution d'un plan. En venir à l'exécution.
• Il est homme d'exécution, C'est un homme résolu, capable d'exécuter hardiment quelque chose.
• Mettre à exécution, Exécuter. Le projet, l'arrêt, le jugement fut mis à exécution.
• En termes de Procéd., Saisie-exécution, Saisie de meubles faite sur un débiteur au nom de son créancier. Toute saisie-exécution doit être précédée d'un commandement. Vente de meubles par suite de saisie-exécution. On dit, dans le même langage, qu'Un titre porte exécution parée, lorsqu'il est en forme exécutoire. Voyez EXÉCUTOIRE.
• L'exécution d'un condamné, L'action de mettre à mort un condamné. Assister à une exécution. Son exécution fut retardée.
• En termes de Guerre, Exécution militaire, La peine de mort infligée par un tribunal militaire. Se dit aussi Du dégât que l'on fait militairement dans un pays, pour contraindre les habitants à ce qu'on exige d'eux. Menacer un pays d'exécution militaire. Procéder par exécution militaire.
• EXÉCUTION, se dit particulièrement dans un sens analogue à celui d'Exécuter, appliqué Aux ouvrages d'art, à la musique, à la danse, etc. L'exécution d'un tableau, d'une statue, d'un monument. L'exécution d'un opéra, d'une symphonie, d'un ballet. Exécution parfaite. Belle exécution. Exécution médiocre.
• Se dit aussi, surtout en termes de Peinture et de Gravure, de La manière dont un artiste exécute ses ouvrages. L'exécution de ce peintre, de ce graveur, etc., est facile, agréable, soignée, hardie, brillante, légère, lourde, mesquine, etc.

EXÉCUTOIRE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Qui peut être mis à exécution, ou Qui donne pouvoir de procéder à une exécution judiciaire. Les lois sont exécutoires en vertu de la promulgation qui en est faite par le roi. Titre exécutoire. Délivrer un acte en forme exécutoire. Le contrat n'est pas exécutoire. Ces jugements sont exécutoires par provision, nonobstant l'appel.
• Il est aussi substantif masculin, et signifie, Acte qui donne pouvoir de contraindre au payement des frais et dépens, selon les formes judiciaires. Obtenir un exécutoire. Délivrer un exécutoire. Exécutoire de dépens. Payer l'exécutoire.

EXÉGÈSE . s. f.
• T. didactique. Explication, interprétation. Il ne se dit guère qu'en parlant D'explications grammaticales ou étymologiques sur le texte d'un ouvrage.

EXÉGÉTIQUE . adj. des deux genres
• Qui sert à expliquer, à interpréter. Il ne se dit guère qu'en parlant D'explications grammaticales ou étymologiques. Commentaire exégétique. Notes exégétiques.

EXEMPLAIRE . adj. des deux genres
• Qui donne exemple, qui peut être proposé pour exemple, qui peut servir d'exemple. Vertu, piété exemplaire. Vie exemplaire. Châtiment exemplaire. Punition exemplaire.

EXEMPLAIRE .s.m.
• Modèle, patron. Exemplaire de vertu. Exemplaire de chasteté. Dans ce sens, il est vieux.
• EXEMPLAIRE, se dit aussi Des livres, des gravures, des médailles, et d'autres objets multipliés d'après un type commun. Il n'y a que deux exemplaires de ce livre dans tout Paris. J'en ai recouvré un exemplaire. Faire saisir les exemplaires d'un livre. On a imprimé, on a tiré cet ouvrage à deux mille exemplaires. Exemplaire broché. Exemplaire relié. J'ai un bel exemplaire de cette médaille, de cette estampe, de cette coquille, etc.

EXEMPLE .s.m.
• Ce qui peut servir de modèle, ce qui peut être imité. Grand exemple. Bon exemple. Mauvais, dangereux exemple. Exemple singulier, inimitable. Exemple de vertu. Proposer un exemple. Proposer en exemple. Donner l'exemple. Donner bon exemple. Montrer l'exemple. Prêcher d'exemple. Les exemples conduisent plus efficacement à la vertu que les préceptes. Ne vous réglez pas sur son exemple. Suivez son exemple. Vous en avez un bel exemple devant les yeux. Il a laissé l'exemple de sa vie à ses enfants. Prendre exemple sur quelqu'un. Cela est d'un bon exemple. Ne donner que de bons exemples. Profiter d'un bon exemple. C'est un homme d'exemple. Un écolier qui est l'exemple de toute sa classe.
• Faire un exemple de quelqu'un, le faire servir d'exemple, Le punir pour apprendre aux autres les peines auxquelles ils s'exposeraient, s'ils commettaient les mêmes fautes.
• EXEMPLE, se dit aussi d'Une chose qui est pareille à celle dont il s'agit, et qui sert pour l'autoriser, pour la confirmer, ou seulement pour la faire bien connaître, pour en donner une idée plus exacte. Ce que vous dites là est sans exemple. Il n'y en a point d'exemple. Il n'y en eut jamais d'exemple. Cela est sans exemple. Donnez-m'en un exemple. Je vous en trouverai cent exemples dans l'histoire. Vous dites que cette façon de parler est correcte, apportez-m'en des exemples tirés des bons auteurs. Dans cette grammaire, chaque règle est accompagnée de nombreux exemples. Je suis fondé en exemples. Alléguer un exemple. Citer un exemple. Cela ne fait point exemple. Cet exemple tire à conséquence, ne tire point à conséquence.
• EXEMPLE, en fait d'Écriture, signifie, Le patron, le modèle sur lequel l'écolier qui apprend à écrire, forme ses caractères. Son maître à écrire lui donne tous les jours de nouveaux exemples. Un bel exemple d'écriture anglaise, de ronde, de coulée, etc. Un cahier, un livre d'exemples.
• Se dit aussi Des lignes, des caractères que l'écolier forme sur ce modèle. Faites votre exemple. L'exemple qu'il a fait est mal écrit. Montrez-moi votre exemple. Dans ces deux dernières acceptions, quelques-uns font Exemple féminin. Une exemple gravée.
• PAR EXEMPLE. loc. adv. dont on se sert lorsqu'on va éclaircir, expliquer, ou confirmer, par un exemple, ce qu'on a dit. On supprime quelquefois le par, et on dit simplement, Exemple.
• PAR EXEMPLE, s'emploie quelquefois, dans le langage familier, Pour exprimer un grand étonnement, ou beaucoup d'incrédulité, etc. Par exemple, voilà qui est fort, voilà qui est bien singulier! Il le fera, dites-vous: ah! par exemple, c'est ce que nous verrons.
• À L'EXEMPLE DE. loc. prépositive. En se conformant à l'exemple donné par. À l'exemple de ses ancêtres. Il voulut, à leur exemple, se montrer généreux.

EXEMPT
, EMPTE. adj.
• (Le P ne se prononce point.) Qui par droit, par privilége, par nature, n'est point sujet à quelque chose, qui n'est point assujetti à quelque chose. Autrefois les gentilshommes étaient exempts de tailles. Être exempt du service militaire. Être exempt de tutelle et de curatelle. Nul n'est exempt de la mort. Être exempt de passion. Son coeur n'est point exempt de faiblesse.
• Il signifie aussi, Garanti, préservé. Cette seule ville a été exempte de la maladie, de la contagion. Mener une vie exempte de peines, de soucis. Un ouvrage exempt de défauts. Sa conduite ne fut point exempte de blâme.
• Prov., Il est exempt de bien faire, se dit, par une espèce d'ironie, D'un homme qui ne fait rien pendant que les autres travaillent.

EXEMPT .s.m. (Le P ne se prononce point.)
• Il se disait, dans certaines compagnies de gardes, d'Un officier qui commandait en l'absence du capitaine et des lieutenants. Exempt des gardes du corps, ou Exempt des gardes. Exempt des Cent-Suisses. Exempt de la maréchaussée. Les exempts portaient un petit bâton de commandement. Il obtint une charge d'exempt, le bâton, le grade d'exempt dans la garde du roi.
• Exempts de police, se dit encore aujourd'hui Des officiers de police. Il fut arrêté par un exempt de police.
• EXEMPT, se dit aussi Des ecclésiastiques qui ne sont point soumis à la juridiction de l'ordinaire.

EXEMPTER . v. a.
• (Le P ne se prononce point.) Rendre exempt, affranchir. Exempter de tout impôt. Exempter quelqu'un de tutelle, de curatelle. Exempter du service militaire. Il s'est fait exempter.
• Il signifie aussi, Dispenser. On l'a exempté de cette corvée. S'emploie souvent, dans la même acception, avec le pronom personnel. Vous ne pouvez vous exempter d'aller lui faire une visite.
• EXEMPTÉ, ÉE. participe.

EXEMPTION . s. f. (Le P se prononce.)
• Droit, grâce, privilége qui exempte. Exemption d'impôts, de service. Exemption de toutes charges publiques. Autrefois on accordait, en certains cas, des lettres d'exemption. Motifs d'exemption.
• Il signifie quelquefois simplement, Dispense. Il obtint une exemption. Accorder une exemption.

EXEQUATUR .s.m.
• (On prononce Exé.) T. emprunté du latin. Ordre ou permission d'exécuter. Mettre, signer l'exequatur. Il était fort usité dans la Pratique ancienne.
• Se dit, en Diplomatie, de L'autorisation donnée à un agent étranger pour résider dans le royaume et pour y exercer ses fonctions. Ce consul a reçu son exequatur.

EXERCER . v. a.
• Dresser, former, instruire à quelque chose par des actes fréquents. Exercer des soldats; les exercer au maniement des armes, à manoeuvrer. Exercer des écoliers à la composition, à composer. Exercer des acteurs. Exercer à la patience, à la tempérance. On le dit souvent en parlant Des animaux. Exercer un cheval. Exercer des chiens à la chasse, à chasser.
• Il signifie aussi, Faire mouvoir, pour mettre ou pour tenir en état de mieux faire certaines fonctions. Exercer ses jambes. Il est allé dans la plaine exercer ses chevaux.
• Il peut s'appliquer Aux choses morales. Cela exerce l'esprit, l'intelligence. Exercer la mémoire d'un enfant. J'exerce ma mémoire en apprenant chaque jour tant de vers, tant de lignes.
• Exercer la patience de quelqu'un, Mettre sa patience à l'épreuve, en faisant ou en disant des choses capables de l'impatienter.
• Dieu se plaît à exercer les bons, les gens de bien, Il leur envoie des afflictions, afin d'éprouver leur patience et de la rendre plus méritoire.
• EXERCER, signifie encore, Pratiquer. Exercer un métier. Exercer un art, une profession, une industrie. Il est habile dans la profession qu'il exerce. Exercer le commerce. Exercer la médecine, la chirurgie. On dit de même, Exercer la piraterie, le brigandage, etc.
• Exercer des fonctions, Les remplir; Exercer une charge, En faire les fonctions. Il y a dix ans qu'il exerce les fonctions de maire, d'adjoint, la charge de notaire. On dit quelquefois absolument, Exercer, soit en parlant D'une charge, soit en parlant D'une profession. Il était agent de change, mais il n'a exercé que peu de temps. Il exerce encore. Cet avocat, ce médecin n'exerce plus.
• Exercer son éloquence, sa plume, ses talents, etc., Faire usage de son éloquence, de son talent d'écrire, etc. Ils ont rarement occasion d'exercer leur éloquence, leurs talents. Voilà un sujet sur lequel vous pouvez exercer votre plume.
• Exercer sa libéralité, sa clémence, sa charité, etc., Faire des actes de libéralité, de clémence, de charité. On dit dans un sens analogue, Exercer des actes de libéralité, de clémence, etc. On dit aussi, Exercer l'hospitalité.
• Exercer sa cruauté, sa fureur, sa vengeance, etc., S'abandonner à sa cruauté, à sa fureur, etc., en faire éprouver les effets à quelqu'un. On dit dans un sens analogue, Exercer des actes de cruauté, de vengeance, de rigueur, etc. On dit aussi, Exercer des rigueurs, des violences, des injustices, etc.
• Exercer son droit, ses droits, un privilége, etc., En user, les faire valoir. On dit dans un sens analogue, Exercer l'autorité, le pouvoir, etc.
• Exercer un grand empire, exercer de l'ascendant, exercer de l'influence, une grande influence, etc., Avoir un grand empire, beaucoup d'ascendant, d'influence. Il exerçait un grand empire, un grand ascendant sur les esprits. L'influence, l'action qu'exercent sur notre corps les variations de la température.
• Exercer une grande surveillance, une surveillance active sur quelqu'un, sur quelque chose, Surveiller attentivement quelqu'un ou quelque chose. On dit dans un sens analogue, Exercer la police.
• EXERCER, se dit absolument, en parlant Des visites qui se font chez les contribuables, et principalement chez les marchands de vin et les aubergistes, pour assurer le payement de l'impôt.
• EXERCER, s'emploie avec le pronom personnel dans quelques-unes de ses acceptions. S'exercer à faire des armes, à tirer de l'arc. S'exercer à chanter, à jouer du violon. S'exercer à la course, à la lutte. S'exercer à la patience, à la tempérance, à toutes les vertus. Leur critique, leur malice s'exercera sur ce livre. Son talent ne trouvera pas là de quoi s'exercer.
• EXERCÉ, ÉE. participe. Des soldats bien exercés. Un esprit exercé.

EXERCICE .s.m.
• Action par laquelle on exerce ou l'on s'exerce. Long, pénible, fréquent, continuel exercice. Cela ne s'apprend que par un long exercice. Il faut que je me remette en exercice. Se tenir en exercice.
• Il signifie particulièrement, en termes de Guerre, L'action d'exercer, de s'exercer au maniement des armes et aux évolutions militaires. L'exercice du fusil. Ces soldats font l'exercice tous les jours. Le colonel a fait faire l'exercice au régiment. Commander l'exercice. Les exercices n'ont pas lieu ce jour-là. Exercice à feu. Aller à l'exercice.
• Se dit aussi Des mouvements par lesquels on exerce le corps. Il se promène, il joue à la paume, pour faire de l'exercice. L'exercice est bon pour la santé. Il aime mieux les exercices du corps que ceux de l'esprit. L'exercice de la promenade. Faire un exercice modéré.
• EXERCICE, signifie figurément et familièrement, Peine, fatigue, embarras. S'il m'attaque, je lui donnerai de l'exercice. Il veut que l'on fasse tout cela en deux jours, voilà bien de l'exercice. Il donne de l'exercice, bien de l'exercice à ses gens.
• Se dit encore Des exercices du corps soumis à certaines règles et que l'on apprend à bien exécuter, comme monter à cheval, faire des armes, danser, nager, etc. Il réussit mieux dans cet exercice que dans tel autre. Il réussit dans tous ses exercices. Les différents exercices qui font partie de l'éducation. L'exercice des armes. L'équitation est un bel exercice. Faire ses exercices. Apprendre ses exercices. Les exercices de la gymnastique.
• Se dit quelquefois, au pluriel, de L'occupation d'une compagnie, d'une académie. Les exercices académiques.
• Se dit aussi, dans les Colléges, de Certaines conférences où les écoliers répondent sur quelque partie des humanités. Soutenir un exercice.
• EXERCICE, signifie encore, Pratique. L'exercice d'une profession. Les édifices consacrés à l'exercice du culte. L'exercice de toutes les vertus. Exercice de piété.
• Exercices spirituels, Certaines pratiques de dévotion qui se font ordinairement dans les communautés religieuses où l'on se met en retraite. Faire les exercices spirituels, les exercices de dix jours.
• L'exercice d'une charge, d'un emploi, L'action de remplir les fonctions d'une charge, d'un emploi. On dit en un sens analogue, Être dans l'exercice de ses fonctions.
• EXERCICE, se dit quelquefois, plus spécialement, en parlant D'une charge, d'un emploi dont les fonctions sont remplies par deux personnes qui alternent, ou par plusieurs qui se succèdent tour à tour. Être en exercice. C'est son année d'exercice. Sortir d'exercice. Entrer en exercice.
• EXERCICE, signifie aussi, L'action d'user de quelque chose, de le faire valoir. L'exercice d'un droit, d'un privilége. Les obstacles qui s'opposaient à l'exercice de son pouvoir, de son autorité.
• Il signifie absolument, en matière de Finances, La perception de l'impôt et l'emploi du revenu public, conformément à la loi des finances votée annuellement par les chambres législatives. L'exercice de l'année. Exercice de 1835 à 1836.
• Se dit encore Des visites qui se font chez les contribuables, et principalement chez les marchands de vin et les aubergistes, pour assurer le payement de l'impôt. Plusieurs villes demandèrent la suppression de l'exercice.

EXÉRÈSE . s. f.
• .Chirur. Opération qui consiste à extraire ou à retrancher du corps humain ce qui est étranger, nuisible ou superflu.

EXERGUE .s.m.
• Petit espace réservé au bas du type d'une médaille pour y mettre une date, une inscription, une devise. L'exergue d'une médaille. On met d'ordinaire dans l'exergue la date de l'année où la médaille a été frappée. Cette médaille a pour exergue tels mots. Les mots de l'exergue. L'exergue est trop petit pour qu'on puisse y graver les paroles nécessaires.

EXFOLIATION . s. f.
• .Chirur. Séparation des parties mortes qui se détachent d'un os, d'un tendon, d'un cartilage, d'une aponévrose, sous la forme de petites écailles ou de lames. L'exfoliation s'opère naturellement.

EXFOLIER (S') . v. pron.
• Se dit D'un corps dont quelques parties se détachent sous la forme de feuillets ou de lames. Certains bois s'exfolient quand on les travaille.
• Se dit particulièrement, en Chirurgie, Des os, des tendons, des cartilages, des aponévroses. L'os, le tendon, le cartilage commence à s'exfolier.
• EXFOLIÉ, ÉE. participe.

EXHALAISON . s. f.
• Ce qui s'exhale de quelque corps. Exhalaison douce, agréable. Une exhalaison maligne, pestilentielle. Exhalaison sulfureuse. Exhalaison sèche, humide. Exhalaison sensible, insensible. Le soleil attire les exhalaisons. La terre envoie des exhalaisons. Il en sort des exhalaisons. Les météores qui se forment des exhalaisons.

EXHALANT . adj. et s. m.
• T. d'Anat. Se dit De vaisseaux très-déliés qui servent à l'exhalation. Les vaisseaux exhalants. Les exhalants.

EXHALATION . s. f.
• Action d'exhaler. Au moment de l'exhalation.
• Se dit particulièrement, en termes d'Anatomie, de La fonction par laquelle certains liquides sont répandus, sous la forme d'une rosée, à la surface des membranes ou dans les tissus organiques.

EXHALER . v. a.
• Pousser, envoyer hors de soi des vapeurs, des odeurs, des esprits, etc. Ces fleurs exhalent une douce odeur. Au printemps la terre exhale une sorte de parfum. Ces marais exhalent une vapeur malsaine.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. L'odeur qui s'exhale d'une rose. Il s'exhale des vapeurs de ce marais.
• EXHALER, avec le pronom personnel, signifie quelquefois, Se dissiper par l'évaporation. L'esprit-de-vin s'exhale. Ces liqueurs s'exhalent aisément. Cette liqueur s'est toute exhalée. L'eau de ce marais s'exhale en vapeurs malignes.
• EXHALER, signifie encore figurément, Manifester, exprimer vivement, faire éclater un sentiment, une passion. Exhaler sa colère contre quelqu'un. Exhaler sa douleur. Exhaler sa colère en menaces, en reproches. Exhaler sa douleur en plaintes. On dit, dans un sens analogue, Exhaler sa bile, exhaler sa mauvaise humeur. On l'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Leur colère a pu s'exhaler librement. Sa douleur s'est exhalée en plaintes.
• EXHALÉ, ÉE. participe.

EXHAUSSEMENT .s.m.
• Élévation. Il ne se dit qu'en parlant De constructions, d'édifices. Donner de l'exhaussement à un mur. Les planchers de cette maison n'ont pas assez d'exhaussement.

EXHAUSSER . v. a.
• Élever plus haut. Il ne se dit qu'en parlant De constructions, d'édifices. Exhausser un mur, une maison. Exhausser un plancher.
• EXHAUSSÉ, ÉE. participe, Un plafond très-exhaussé, trop exhaussé, Très-haut, trop haut.

EXHÉRÉDATION . s. f.
• .Jurispr. Action par laquelle on exclut, on prive quelqu'un de l'hérédité, de l'héritage auquel il a droit, selon la loi ou la coutume. Il n'est guère usité qu'en parlant De l'hérédité paternelle ou maternelle. Cause d'exhérédation. Les causes d'exhérédation ont été jugées nulles. Exhérédation méritée. Exhérédation injuste, odieuse. L'exhérédation n'est point admise par le code civil.
• Il signifie aussi, L'état de celui qui est exhérédé. L'exhérédation où il était, le réduisait à la misère.

EXHÉRÉDER . v. a.
• .Jurispr. Déshériter. Son père l'exhéréda.
• EXHÉRÉDÉ, ÉE. participe.

EXHIBER . v. a.
• .Pratique. Représenter, montrer. Se dit surtout en parlant Des actes, des pièces, etc., qu'on produit en justice. Exhiber un contrat. Exhiber ses titres. On a contraint ce négociant à exhiber ses livres. On l'emploie quelquefois, par plaisanterie, dans le langage ordinaire. Il nous exhiba une pancarte chargée d'attestations.
• EXHIBÉ, ÉE. participe.

EXHIBITION . s. f.
• .Pratique. Action d'exhiber, de produire un acte, une pièce, etc. Après l'exhibition de son contrat. Faire une exhibition de pièces. Faire exhibition des pièces.

EXHORTATION . s. f.
• Discours par lequel on exhorte. Sage exhortation. Forte, puissante exhortation. Votre exhortation sera sans effet. Il n'a pas besoin d'exhortation pour bien faire. Il s'efforça de les encourager par ses exhortations.
• Se dit particulièrement d'Un discours chrétien et pieux qu'on fait en style familier, pour exciter à la dévotion. Faire une exhortation à ses paroissiens. Cette exhortation vaut bien un sermon.

EXHORTER . v. a.
• Exciter par le discours, tâcher de porter à quelque chose de bien. Exhorter ses troupes avant le combat. Exhorter à la paix, à l'union. Je l'ai fort exhorté à mieux vivre. Exhorter à bien faire. Exhorter un malade à mourir en bon chrétien. Il est endurci dans son péché, vous perdrez le temps à l'exhorter.
• Exhorter quelqu'un à la mort, L'exhorter à mourir en bon chrétien. Le confesseur qui l'a exhorté à la mort.
• EXHORTÉ, ÉE. participe.

EXHUMATION . s. f.
• Action par laquelle on exhume. L'autorité ordonna l'exhumation du corps, pour qu'il fût visité.

EXHUMER . v. a.
• Déterrer un corps mort. Se dit surtout lorsqu'on procède par ordre de la justice, de l'autorité. On ordonna que le corps serait exhumé. On le fit exhumer.
• Se dit quelquefois figurément, en parlant De choses qui sont restées longtemps enfouies, oubliées, et qu'on vient à produire, à rappeler, à citer. Exhumer de vieux titres. Cet historien a exhumé des noms, des faits oubliés jusqu'à lui. Exhumer des souvenirs fâcheux.
• EXHUMÉ, ÉE. participe.

EXIGEANT
, ANTE. adj.
• Qui est dans l'habitude d'exiger beaucoup ou trop de déférence, d'attentions, de concessions, etc. Vous êtes bien exigeant. Elle est trop exigeante. Se montrer exigeant.

EXIGENCE . s. f.
• Caractère ou prétention de celui qui exige, qui se montre exigeant. Il est d'une exigence insupportable, ridicule, d'une extrême exigence. Il pousse trop loin l'exigence. Rien ne peut satisfaire son exigence.
• Se dit aussi de Ce qu'exigent ou requièrent les circonstances, et s'emploie surtout dans ces locutions, Selon l'exigence du cas, du temps, des affaires.

EXIGER . v. a.
• Demander quelque chose en vertu d'un droit légitime ou prétendu tel. Exiger le payement d'une dette. N'exiger rien au delà de ce qu'il faut. Cet impôt est aboli, on ne l'exige plus. N'exiger que des choses raisonnables.
• Il signifie aussi, Faire payer, faire fournir quelque chose par force. Exiger des contributions de guerre.
• Il signifie encore, Obliger ou vouloir obliger à quelque chose au delà de ce qui est dû. C'est un usurier qui exige de gros intérêts. Les ouvriers exigeaient un salaire plus élevé. Il exige des honneurs qui ne lui sont pas dus.
• Il signifie figurément, Obliger à de certaines choses, astreindre à de certains devoirs; et, dans ce sens, il se dit ordinairement Des choses morales. Votre naissance, votre honneur, votre gloire exige cela de vous. Cette place exige une grande assiduité. Les devoirs de la société exigent qu'on ménage l'amour-propre d'autrui. Sa position exige de grands ménagements.
• EXIGÉ, ÉE. participe.

EXIGIBLE . adj. des deux genres
• Qui peut être exigé. Ces droits ne sont plus exigibles. Une dette exigible. Cette dette est exigible en tout temps.

EXIGU
, UË. adj.
• Fort petit, modique. Il n'est guère usité que dans quelques phrases familières. Un repas exigu. La somme est fort exiguë. Il n'a qu'un revenu fort exigu.

EXIGUÏTÉ . s. f.
• Petitesse, modicité. L'exiguïté de sa fortune l'oblige à beaucoup d'économie.

EXIL .s.m. (On prononce l'L, mais sans la mouiller.)
• État de celui que l'autorité force à vivre hors du lieu, hors du pays où il habitait ordinairement. Long, fâcheux exil. Envoyer en exil. Aller en exil. Être en exil. Lieu d'exil. Il est revenu, il a été rappelé d'exil, de l'exil, de son exil. Son ambassade est un honnête exil, un honorable exil. Le bannissement est infamant, et l'exil ne l'est pas.
• En termes mystiques, La terre est pour l'homme un lieu d'exil, la vie est un temps d'exil.
• Exil volontaire, se dit de L'action de quitter le pays où l'on est accoutumé de vivre, soit parce qu'on n'y est pas en sûreté, soit parce qu'on juge son absence utile au bien public. Il évita les poursuites par un exil volontaire. Ce grand homme s'imposa un exil volontaire.
• EXIL, se dit aussi de Tout séjour dans un lieu qui n'est pas celui où l'on voudrait être, de tout éloignement qui prive de certains agréments qu'on regrette. La ville où nous sommes est pour nous un lieu d'exil. Vivre ainsi loin de vous est une sorte d'exil, est un exil, un véritable exil pour moi.

EXILER . v. a.
• Envoyer en exil. On l'exila du royaume. Ils furent tous exilés.
• Il signifie aussi, Reléguer. Il fut exilé en Sardaigne. Le prince l'exila dans telle ville.
• Exiler quelqu'un de sa présence, se dit D'une personne qui interdit à quelqu'un de se présenter devant elle.
• EXILER, avec le pronom personnel, signifie, S'éloigner, se retirer. Il s'est exilé de la ville. Il s'est exilé à la campagne. Il s'est exilé du monde.
• EXILÉ, ÉE. participe, S'emploie quelquefois comme substantif. Un exilé. On rappela les exilés.

EXISTANT
, ANTE. adj.
• Qui existe. Toutes les créatures existantes. On a saisi tous les biens et tous les effets existants. Maintenir les traités existants.

EXISTENCE . s. f.
• État de ce qui existe. L'existence de Dieu. L'existence des choses créées. Tout ce qui est au monde tient son existence de Dieu. L'existence d'un peuple, d'une nation. On avait nié l'existence de ce monument. L'existence d'un fait, d'un acte, d'un traité, d'une loi. L'existence d'un complot.
• Il signifie particulièrement, Vie. Cet homme n'a pas six mois d'existence, pour six mois d'existence. Ceux à qui je dois l'existence. Il est fatigué de l'existence. Une existence pénible, triste, oisive. Prolonger son existence. Mettre un terme à son existence.
• Se dit quelquefois de La position d'un homme dans la société. C'est un homme qui a une belle existence, qui a une existence équivoque, qui n'a point d'existence dans le monde.

EXISTER . v. n.
• Être actuellement, avoir l'être. Toutes les créatures qui existent.
• Il signifie encore simplement, Être, se trouver ou avoir lieu actuellement. Ce monument n'existe plus depuis longtemps. Il en existe encore des traces, des vestiges. Il s'empara de tous les effets de la succession qui existaient à cette époque. Cette dette n'existe plus. Il existait un complot. Tant que cette loi existera.
• Il signifie particulièrement, Vivre. Vous n'existiez pas encore à cette époque. Quand j'aurai cessé d'exister. Il a beaucoup de peine à faire exister sa nombreuse famille. Avec cette fortune, on peut exister honorablement dans le monde.

EXOCET .s.m.
• Poisson. Voyez MUGE.

EXODE .s.m.
• Nom du second livre du Pentateuque, dans lequel Moïse a écrit l'histoire de la sortie des Israélites hors de l'Égypte.

EXOMPHALE . s. f.
• .Chirur. Nom générique des différentes hernies de l'ombilic ou nombril.

EXOPHTHALMIE . s. f.
• .Chirur. Sortie de l'oeil hors de son orbite.

EXORABLE . adj. des deux genres
• Qui se laisse fléchir par les prières. Montrez-vous exorable à nos voeux. Il est peu usité.

EXORBITAMMENT . adv.
• Excessivement, d'une manière exorbitante. Il dépense exorbitamment.

EXORBITANT
, ANTE. adj.
• Excessif, qui passe de beaucoup la juste mesure. Il est d'une taille, d'une grosseur exorbitante. Cette marchandise est d'un prix exorbitant. Dépense exorbitante. Il exige des droits exorbitants. Cela est exorbitant. Pouvoir exorbitant. Autorité exorbitante.

EXORCISER . v. a.
• Conjurer, se servir des paroles et des cérémonies de l'Église pour chasser les démons. Exorciser les démons.
• Exorciser un possédé, Employer les exorcismes de l'Église pour chasser le démon du corps d'un possédé. Exorciser l'eau, le sel, etc., Prononcer les prières de l'Église sur le sel, l'eau, etc.
• EXORCISER, signifie, figurément et par exagération, Exhorter quelqu'un, le presser si fortement, qu'on le ramène à la raison. Ils l'ont tant prêché, tant exorcisé, qu'à la fin il s'est rendu. Ce sens est peu usité.
• EXORCISÉ, ÉE. participe.

EXORCISME .s.m.
• Paroles et cérémonies dont on se sert pour exorciser. Pendant que le prêtre faisait les exorcismes.

EXORCISTE .s.m.
• Celui qui exorcise, qui fait les exorcismes. C'est plus particulièrement Le titre de ceux qui, par les fonctions de leur ordre, ont le droit d'exorciser. L'ordre d'exorciste est un des quatre mineurs.

EXORDE .s.m.
• Première partie d'un discours oratoire, laquelle sert ordinairement à se concilier l'attention et la bienveillance de l'auditeur. Cet exorde est trop long, est trop court. Exorde tiré du sujet. Exorde tiré des circonstances. Exorde ex abrupto. Il entra en matière sans exorde, sans faire d'exorde.
• Se dit, par extension et familièrement, Du commencement d'un discours quelconque, et même Du commencement d'une entreprise. Voilà un beau début, voyons si la fin répondra à l'exorde. La conclusion est digne de l'exorde.

EXOSTOSE . s. f.
• .Chirur. Tumeur qui se forme à la surface ou dans l'intérieur des os.

EXOTÉRIQUE . adj. des deux genres
• Extérieur, public. Se dit De la doctrine que les philosophes anciens professaient en public, par opposition à leur doctrine secrète. La doctrine exotérique d'Épicure.

EXOTIQUE . adj. des deux genres
• Étranger, qui n'est pas naturel au pays. Plantes, végétaux exotiques. Fig., Termes, usages, moeurs exotiques.

EXPANSIBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité par laquelle les corps fluides tendent à occuper un plus grand espace.

EXPANSIBLE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui est capable d'expansion.

EXPANSIF
, IVE. adj.
• Qui a la force de dilater, ou Qui peut se dilater. Il y a dans l'air un principe expansif. Fluide expansif.
• S'emploie figurément, au sens moral, comme dans ces locutions: Une bonté expansive, Une bonté qui s'étend à plusieurs objets; Une âme expansive, Une âme qui aime à s'épancher. On dit de même, Avoir une sensibilité expansive, être fort expansif. Il est compatissant, mais il n'est point expansif.

EXPANSION . s. f.
• Action ou état d'un corps fluide qui se dilate. L'expansion de l'air par la chaleur.
• Fig., Avoir de l'expansion, Communiquer facilement ses sentiments.
• EXPANSION, en termes d'Anatomie, se dit Du prolongement de quelque partie. Expansion membraneuse. Expansion ligamenteuse.
• S'emploie dans un sens analogue en termes de Botanique. Des botanistes pensent que la corolle est une expansion du liber.

EXPATRIATION . s. f.
• Action d'expatrier, de s'expatrier; ou État de celui qui est expatrié.

EXPATRIER . v. a.
• Obliger quelqu'un de quitter sa patrie, lui faire quitter sa patrie.
• S'emploie plus communément avec le pronom personnel, et signifie alors, Abandonner sa patrie pour s'établir ailleurs. Il résolut de s'expatrier. Elles se sont expatriées.
• EXPATRIÉ, ÉE. participe.

EXPECTANT
, ANTE. adj.
• Qui a droit d'attendre, d'espérer une place, un emploi; qui a une expectative. Médecin expectant à l'Hôtel-Dieu.
• Médecine expectante, Celle qui laisse faire beaucoup à la nature, et qui emploie des moyens peu actifs; par opposition à Médecine agissante, Celle qui emploie des remèdes énergiques et plus ou moins nombreux.

EXPECTATIF
, IVE. adj.
• Qui donne droit d'attendre, d'espérer. Il n'est guère usité que dans la locution, Grâce expectative. Les grâces expectatives que la cour de Rome donnait anciennement, sont supprimées. Les indults étaient des grâces expectatives.

EXPECTATIVE . s. f.
• Espérance, attente fondée sur quelque promesse, sur des probabilités. Il n'a encore rien obtenu, mais il est toujours dans l'expectative. Il vit toujours dans l'expectative. Avoir l'expectative d'une place. Une douce, une agréable expectative. On dit quelquefois, Une triste expectative. Ironiquement, Belle expectative!
• Se dit aussi d'Une espèce de droit de survivance qu'on donne en certains pays. Le roi d'Espagne lui donna l'expectative de la première commanderie vacante, pour le premier gouvernement, etc.
• Il s'est dit également d'Une lettre, d'un bref du pape, qui donnait à celui à qui on l'adressait, l'assurance qu'il serait pourvu d'un certain bénéfice, lors de la vacance. Les expectatives et les réserves sont depuis longtemps abolies. Le pape lui avait donné une expectative sur tel bénéfice.
• Il s'est dit en outre d'Un acte de théologie qu'un étudiant soutenait, lorsqu'un licencié prenait le bonnet de docteur. Il fit des merveilles à son expectative.

EXPECTORANT
, ANTE. adj.
• .Médec. Se dit Des médicaments qui facilitent l'expectoration. Remèdes expectorants.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. On lui a donné des expectorants.

EXPECTORATION . s. f.
• Action d'expectorer. Ce remède facilite, provoque l'expectoration.

EXPECTORER . v. a.
• Chasser, expulser par les crachats les humeurs grossières et visqueuses attachées aux parois des bronches et des vésicules pulmonaires. Expectorer des glaires.
• S'emploie aussi absolument. Cela fait expectorer. Il expectore beaucoup.
• EXPECTORÉ, ÉE. participe.

EXPÉDIENT .s.m.
• Moyen de résoudre quelque difficulté, de surmonter un obstacle, de réussir dans quelque affaire. Trouvez-moi quelque expédient. C'est un homme d'expédient. Il est fertile en expédients. Proposer des expédients. Donner des expédients. Prendre des expédients. Cette mesure est un mauvais expédient. Avoir recours aux expédients. Il en est aux expédients.
• Il est expédient, Il est à propos, il est nécessaire. Dans cette locution, Expédient est adjectif. Il est expédient de faire cela. Il est expédient que vous fassiez cela.
• EXPÉDIENT, se disait autrefois, en termes de Palais, d'Une sorte de conciliation dans laquelle les parties se concertaient d'avance sur la décision que le juge devait prendre. Vider, faire juger une cause par expédient. Aller à l'expédient. Recevoir l'expédient. Arrêt rendu par expédient.

EXPÉDIER . v. a.
• Dépêcher, hâter l'exécution, la conclusion d'une affaire, d'une chose. Expédier une affaire. Expédier la besogne. Expédiez-moi cela au plus tôt.
• Il signifie aussi, familièrement, Dépenser, consommer avec une certaine promptitude. Cet argent ne restera pas longtemps entre ses mains, il l'aura bientôt expédié. On leur avait donné des provisions en abondance, ils les eurent expédiées en moins de rien, ils eurent bientôt expédié tout cela. Il a expédié son dîner en quelques minutes.
• EXPÉDIER, se dit souvent en parlant Des personnes, et signifie, Terminer les affaires qui les regardent. Ce juge expédie promptement les parties. Il ne voulut point se retirer qu'il n'eût expédié tout le monde. Expédiez cet homme, qu'il s'en aille. Il l'expédia en un moment. Ce ministre a expédié beaucoup d'affaires, beaucoup de monde ce matin.
• Expédier quelqu'un, signifie aussi, Finir promptement quelque chose de fâcheux pour lui. Ils avaient porté beaucoup d'argent au jeu, ils furent promptement expédiés, ils furent expédiés en bref. Il signifie particulièrement, Faire mourir vite. Ce patient n'eut guère à languir, il fut promptement expédié. Cette maladie l'aura bientôt expédié.
• EXPÉDIER, signifie encore, Envoyer, faire partir quelque chose pour une certaine destination. Expédier des marchandises. Expédier un ballot. Expédier des ordres. Expédier un navire. Expédier un aviso. Je vous l'expédierai par telle voie. On dit aussi, Expédier un courrier, une estafette.
• EXPÉDIER, signifie en outre, Faire la copie littérale d'un acte notarié ou juridique, d'un diplôme, d'un brevet, etc., et la revêtir des formes nécessaires pour qu'elle puisse faire foi au besoin. Expédier, faire expédier un contrat de mariage, un arrêt, un jugement, des lettres de grâce, etc. On n'a pas encore expédié ma commission, mon brevet.
• EXPÉDIÉ, ÉE. participe.

EXPÉDITEUR .s.m.
• .Commerce. Celui qui fait un envoi de marchandises. Ces frais sont à la charge de l'expéditeur.

EXPÉDITIF
, IVE. adj.
• Qui expédie promptement les affaires, la besogne dont il est chargé. C'est un homme expéditif en affaires. On lui a donné un rapporteur fort expéditif. Un greffier expéditif. Un copiste expéditif.

EXPÉDITION . s. f.
• Action d'expédier, de hâter. Pour la plus prompte expédition des affaires, on lui adjoignit telle personne.
• Se dit, dans une acception particulière, pour Diligence. Je ne vous demande point de faveur, mais seulement expédition, de l'expédition.
• Un homme d'expédition, Un homme actif, hardi, qui vient promptement et habilement à bout de ce qu'il entreprend.
• EXPÉDITION, se dit aussi de L'action d'envoyer, surtout en termes de Commerce. L'expédition de ces marchandises n'aura lieu qu'à la fin du mois. Marchandises d'expédition.
• Expédition militaire, ou simplement Expédition, Entreprise de guerre qui exige un voyage, un trajet plus ou moins long. Faire de grands préparatifs pour une expédition militaire. L'expédition de Xercès contre la Grèce. Saint Louis, au retour de son expédition d'outre-mer... Belle, grande, glorieuse expédition. Expédition lointaine. Il fit une expédition en Égypte. L'expédition d'Égypte. Le succès, le résultat d'une expédition.
• Expédition maritime, ou simplement Expédition, Voyage que font ensemble des vaisseaux de guerre ou des navires marchands, pour quelque entreprise, pour des découvertes, ou pour le commerce. L'expédition de Christophe Colomb, de Vasco de Gama. Les Anglais ont fait plusieurs expéditions pour découvrir un passage au nord de l'Amérique. Lorsque l'expédition est dirigée contre un ennemi, on dit plus ordinairement, Expédition navale.
• EXPÉDITION, se dit encore, ironiquement, de Certaines choses faites mal à propos, inconsidérément. Il a fait tel voyage: voilà une belle expédition. Vous êtes allé à cette assemblée: vous avez fait là une belle expédition.
• EXPÉDITION, se dit en outre de La copie littérale d'un acte, délivrée en bonne forme par l'officier public, dépositaire de l'original. L'expédition d'un arrêt, d'un acte de vente, d'un brevet, d'une commission. On appelle Grosses les expéditions délivrées en forme exécutoire. Je n'ai pas besoin de la grosse de ce contrat, je n'en veux qu'une expédition, qu'une simple expédition. Ce commis est pour les expéditions.
• Se dit également, au pluriel, Des dépêches, des lettres qu'on expédie, soit missives particulières, soit ordres, mémoires, actes, etc. Ce courrier attend ses expéditions. Il eut ses expéditions au sceau, en cour de Rome.

EXPÉDITIONNAIRE . adj. et s. m.
• Se dit, en termes de Commerce, de Celui qui est chargé par un autre de faire un envoi de marchandises, de celui qui fait habituellement des envois de marchandises pour le compte d'autrui. La responsabilité de l'expéditionnaire.
• Se dit aussi d'Un commis aux écritures chargé de faire les expéditions. Il est commis expéditionnaire au greffe de telle cour. Il y a plusieurs expéditionnaires dans ce bureau.
• Il s'est dit autrefois de Certains officiers établis, en France, pour solliciter et faire obtenir en cour de Rome les rescrits, bulles, provisions, dispenses, etc. Notaire, banquier expéditionnaire. L'expéditionnaire en cour de Rome.

EXPÉRIENCE . s. f.
• Épreuve qui se fait à dessein, ou par hasard. Des expériences de physique, de chimie. Faire des expériences sur la pesanteur de l'air, sur l'électricité, etc. Curieuse expérience. Nouvelle expérience. L'expérience est la maîtresse des arts. Faire une triste expérience, une fâcheuse expérience. Connaître le monde par expérience. Je sais cela par expérience. J'en ai fait l'expérience. L'expérience nous a appris que...
• Il signifie aussi, Connaissance des choses, acquise par un long usage. Il a vieilli dans le métier, il a une longue expérience, beaucoup d'expérience. Avoir l'expérience du monde. C'est un jeune homme sans expérience. Les affaires demandent une grande expérience. Croyez-en ma vieille expérience.

EXPÉRIMENTAL
, ALE. adj.
• Qui est fondé sur l'expérience. Physique expérimentale. Philosophie expérimentale.

EXPÉRIMENTER . v. n.
• Vérifier par des expériences, éprouver par expérience. J'ai expérimenté la vertu de ce remède. J'ai cent fois expérimenté que la peur ne donne que de mauvais conseils.
• EXPÉRIMENTÉ, ÉE. participe. Les remèdes les plus expérimentés sont les plus sûrs.
• Il est aussi adjectif, et signifie, Instruit par l'expérience. C'est un homme fort expérimenté dans cet art, en ces choses-là. S'en rapporter aux gens expérimentés. Un médecin fort expérimenté.

EXPERT
, ERTE. adj.
• Fort versé en quelque art qui s'apprend par expérience. Il est expert en chirurgie. Il n'est pas fort expert dans cet art. Cette sage-femme est fort experte. C'est un homme expert.
• S'emploie souvent comme substantif, au masculin, et se dit Des gens nommés par autorité de justice, ou choisis par les parties intéressées, pour examiner, pour estimer certaines choses, et en faire leur rapport. Le tribunal a nommé des experts pour vérifier l'ouvrage des maçons, des couvreurs, etc. Les parties sont convenues d'experts, se sont accordées pour la nomination des experts. Experts nommés d'office. S'en rapporter au dire des experts. Rapport d'experts. Les experts ont déclaré que... La chose sera réglée à dire d'experts.

EXPERTISE . s. f.
• .Jurispr. Visite et opération des experts; ce qui a lieu dans un différend, lorsque le juge, ou les arbitres nommés par les parties, n'ayant pas une entière connaissance de l'objet de la contestation, ont recours aux lumières des gens de l'art, pour en faire l'examen, l'estimation ou l'appréciation. Faire une expertise. Procéder par expertise. Procéder à l'expertise de... On a nommé des architectes pour faire l'expertise des réparations de ce bâtiment. Frais d'expertise.
• Se dit aussi Du procès-verbal, du rapport des experts. Après quatre vacations, ils ont clos, ils ont remis leur expertise.

EXPIATION . s. f.
• Action par laquelle on expie un crime, une faute. Un si faible châtiment ne suffit pas pour l'expiation de ce crime. Il souffre tout avec patience pour l'expiation de ses péchés. En expiation de ses fautes, il voulut... Sous l'ancienne loi, les Juifs avaient une fête qu'ils appelaient La fête des expiations.
• Se dit, particulièrement, de Certaines cérémonies que les anciens faisaient pour expier un crime, ou pour apaiser la colère du ciel, manifestée par des prodiges. Quand il était arrivé quelque prodige, quand la foudre était tombée quelque part, les Romains ordonnaient des expiations. Il y avait des expiations annuelles, pour purifier les villes. Expiations publiques, solennelles. Sacrifice d'expiation.

EXPIATOIRE . adj. des deux genres
• Qui expie. Sacrifice expiatoire. La messe est un sacrifice expiatoire. OEuvre expiatoire.

EXPIER . v. a.
• Réparer un crime, une faute. Expier ses péchés par ses prières, par ses larmes, par une longue pénitence. On lui a fait expier ses fautes par un long exil.
• EXPIÉ, ÉE. participe.

EXPIRANT
, ANTE. adj.
• Qui expire, qui est près d'expirer. Un malade expirant. Nous la trouvâmes expirante.
• Se dit quelquefois figurément. Flamme, lueur expirante. Un pouvoir expirant. La liberté semblait expirante. On dit aussi, Une voix expirante.

EXPIRATEUR . adj. m.
• T. d'Anat. Se dit Des muscles qui contribuent à l'expiration, en resserrant les parois de la poitrine. Muscles expirateurs.

EXPIRATION . s. f.
• Échéance d'un terme dont on est convenu de part et d'autre. Il n'a plus que six mois jusqu'à l'expiration de son bail.
• Se dit aussi de La fin d'un certain temps marqué. À l'expiration de l'année, du trimestre.
• EXPIRATION, en termes de Physiologie, se dit de L'action par laquelle les poumons rendent l'air qu'ils ont aspiré. La vie ne peut se soutenir sans l'inspiration et l'expiration.

EXPIRER . v. n.
• Mourir, rendre l'âme, rendre le dernier soupir. Le voilà qui expire. Il expira entre les bras de ses amis. Dès qu'il eut expiré. Il a expiré entre mes bras, dans mes bras.
• Se dit figurément De certaines choses qui s'évanouissent, qui cessent, telles que la lumière, la flamme, le son. Cette lueur expira par degrés, et une obscurité profonde la remplaça. Les sons expirèrent lentement.
• Se dit également De certaines choses morales. À sa vue, le reproche expira sur mes lèvres. Je sentis expirer ma colère, mon ressentiment. La liberté de la république romaine expira sous Tibère. La puissance de cet empire était près d'expirer.
• Il signifie encore figurément, Prendre fin, être au terme de sa durée. Son bail expire à la Saint-Jean; le mien a expiré hier. L'année de son exercice est expirée. Les délais sont expirés. La trêve est expirée. Ce temps expiré, aucune réclamation ne pourra être admise.
• EXPIRER, est aussi verbe actif, et signifie, Rendre l'air qu'on avait aspiré. Expirer l'air.
• EXPIRÉ, ÉE. participe.

EXPLÉTIF
, IVE. adj.
• .Grammaire. Se dit De certains mots qui entrent dans une phrase, sans être nécessaires au sens, mais qui servent très-souvent à exprimer avec plus de force le sentiment dont on est affecté. Prenez-moi ce flambeau. Je vous le traiterai comme il le mérite. Dans ces phrases, Moi et Vous sont des mots explétifs.

EXPLICABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être expliqué. Ce passage est explicable, n'est pas explicable. S'emploie le plus ordinairement avec la négation.

EXPLICATEUR .s.m.
• Celui qui fait aux spectateurs l'explication d'une chose exposée à la curiosité publique. L'explicateur d'une ménagerie, d'un panorama.

EXPLICATIF
, IVE. adj.
• Qui explique le sens de quelque chose. Commentaire explicatif. Notes explicatives.

EXPLICATION . s. f.
• Discours par lequel on explique ce qui est obscur, difficile à comprendre, extraordinaire ou singulier. L'explication qu'un professeur fait des écrits qu'il a dictés. Je vous donnerai l'explication de ce passage. Cet article n'est pas clair, il peut souffrir, recevoir deux explications différentes. Cela demande explication. L'explication des songes, d'une énigme, d'un oracle. L'explication des phénomènes de la nature. Me donnerez-vous l'explication d'une telle conduite? Il n'est pas satisfait de cette explication.
• Se dit quelquefois de Ce qui aide à trouver la cause, le motif d'une chose difficile à concevoir. Cela me donne l'explication d'un fait dont je n'avais pu encore me rendre compte.
• Se dit aussi d'Une simple démonstration, ou d'une énumération de détails. L'explication de la sphère. Explication anatomique. Faire l'explication d'un tableau, d'un panorama. Commencer l'explication.
• Se dit également de La simple traduction orale d'un auteur. Le professeur nous fait faire des explications sur Virgile, sur Tacite. Il s'est fort bien tiré de son explication.
• Avoir une explication avec quelqu'un, Le faire expliquer sur quelque chose d'équivoque. J'ai eu une explication avec lui. Il signifie aussi, S'expliquer soi-même avec quelqu'un. Je ne me refuse pas à une explication.
• Demander à quelqu'un l'explication d'une injure, Lui demander d'expliquer un propos qu'il a tenu, et qui peut être considéré comme offensant, injurieux.

EXPLICITE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui est clair, formel, distinct, manifeste. Volonté explicite. Foi explicite. Clause explicite.

EXPLICITEMENT . adv.
• T. didactique. En termes clairs et formels. Cela n'est pas explicitement énoncé dans l'acte.

EXPLIQUER . v. a.
• Éclaircir un sens obscur, rendre un discours intelligible, ou faire connaître la cause, le motif d'une chose qui paraît extraordinaire, bizarre, inconcevable. Comment expliquez-vous ce passage de Platon? Cela est difficile à expliquer. Cela peut s'expliquer de deux façons. Expliquer une énigme. Expliquez-moi ce que cela signifie. Expliquer un phénomène. Je ne peux m'expliquer votre conduite.
• Se dit quelquefois De ce qui aide à trouver la cause, le motif d'une chose difficile à concevoir. Ceci explique pourquoi il n'est pas venu. Voilà ce qui explique leur admiration pour lui.
• Il peut s'employer, dans l'une et l'autre acception, avec le pronom personnel. Ces deux passages s'expliquent l'un par l'autre. Sa conduite s'explique d'elle-même.
• EXPLIQUER, signifie aussi, Enseigner, démontrer. Ce professeur explique la sphère, la géographie, les éléments d'Euclide. Ce docteur expliquait les cas de conscience. Expliquer l'anatomie humaine. Expliquer le jeu d'une machine. Expliquer une doctrine. Expliquer à quelqu'un la manière dont il doit faire usage d'un remède.
• Il signifie encore simplement, Interpréter un auteur, le traduire de vive voix. Cet écolier commence déjà à expliquer Cicéron, Virgile. Il explique les poëtes. Expliquez-moi en français ce passage latin.
• Il signifie souvent, Déclarer, développer, faire entendre nettement sa pensée. On ne sait pas sa pensée, car il ne l'explique point. Je vais vous expliquer ma pensée. Les rois expliquent leurs volontés par la bouche de leurs ambassadeurs. Expliquer ses intentions, ses desseins, ses motifs. Cette proposition vous semble hardie, attendez que je l'explique.
• S'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Je vais m'expliquer. Je ne sais si je m'explique bien, si vous me comprenez. Il s'en est expliqué. Avec ellipse du pronom: Il faut faire expliquer cet homme. Il faut le faire expliquer. Je le ferai expliquer. On peut dire aussi, Je le ferai s'expliquer.
• S'expliquer avec quelqu'un, Avoir un éclaircissement avec lui.
• EXPLIQUÉ, ÉE. participe.

EXPLOIT .s.m.
• Action de guerre signalée et mémorable. Exploit militaire. Bel exploit. Grand exploit. Glorieux exploit. Il s'est signalé par ses exploits. Il s'est rendu fameux par mille exploits, par de brillants exploits.
• Fig. et par ironie, Voilà un bel exploit, vous avez fait là un bel exploit, se dit À une personne qui a fait quelque chose mal à propos.
• EXPLOIT, en termes de Pratique, signifie, Un acte que fait un huissier pour assigner, ajourner, saisir, etc. Exploit d'assignation, d'ajournement, ou simplement Exploit. Exploit de saisie. Faux exploit. Dresser un exploit. Libeller un exploit. Donner, envoyer, signifier un exploit. Enregistrer un exploit.
• Fig. et fam., Souffler un exploit, se dit D'un huissier qui ne remet pas la copie d'un exploit, quoique l'original porte qu'elle a été remise. Ce fripon d'huissier lui a soufflé un exploit.

EXPLOITABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être saisi et vendu par justice. Garnir un appartement, une maison de meubles exploitables.
• Il signifie aussi, Qui est en état de pouvoir être façonné et débité. Ces bois-là ne sont pas encore exploitables.
• Il signifie encore, Qui peut être cultivé, exploité avec avantage. Cette ferme n'est pas exploitable. Cette mine est encore exploitable.

EXPLOITANT . adj. m.
• .Pratique. Qui fait des exploits. Huissier exploitant par tout le ressort de la cour royale.

EXPLOITATION . s. f.
• Action d'exploiter des biens, des terres, des bois, etc. L'exploitation d'un domaine, d'une terre. Cette ferme a de beaux bâtiments d'exploitation Une grande exploitation. L'exploitation des bois. L'exploitation d'une mine.

EXPLOITER . v. n.
• Faire quelque exploit. Dans cette acception, qui a vieilli, il ne se dit que par plaisanterie. Vraiment vous avez bien exploité.
• Il signifie ordinairement, Faire et donner des exploits en qualité d'huissier. Cet huissier exploite bien. Les sergents du Châtelet avaient le pouvoir d'exploiter par tout le royaume.
• Fig. et fam., À mal exploiter bien écrire, se dit Lorsqu'un homme, ayant manqué à quelque formalité, écrit ensuite la chose, non pas comme il l'a faite, mais comme il devait la faire. Cette phrase a vieilli.
• EXPLOITER, est aussi verbe actif, comme dans ces phrases:
• Exploiter des bois, Abattre, façonner et débiter les bois dans la forêt. Sitôt qu'il eut acheté ces bois, il les fit exploiter.
• Exploiter une propriété, une ferme, une métairie, etc., ou L'exploiter par ses mains, La faire valoir par ses mains.
• Exploiter une mine, En tirer le minéral.
• En mauvaise part, Exploiter une place, un emploi, En tirer des produits illicites. Exploiter la curiosité publique, la crédulité de quelqu'un, etc., Spéculer sur la curiosité publique, profiter de la crédulité de quelqu'un pour en tirer de l'argent, etc.
• EXPLOITÉ, ÉE. participe.

EXPLORATEUR .s.m.
• Celui qui va, qu'on envoie à la découverte dans un pays, pour en connaître l'étendue, la situation, etc.
• Se dit aussi de Ceux que l'on envoie secrètement dans les cours étrangères, pou en découvrir les sentiments, les intentions etc. Il employa d'habiles explorateurs dan cette cour. Cette acception est maintenant peu usitée.

EXPLORATION . s. f.
• Action d'explorerLeurs explorations n'ont pas été poussées plus loin.

EXPLORER . v. a.
• Examiner, visiter. Il ne se dit guère qu'en parlant D'un pays, où l'on va à la découverte. Il voulut explorer ces contrées. Les mers que ce navigateur a explorées.
• EXPLORÉ, ÉE. participe.

EXPLOSION . s. f.
• Éclat, bruit, mouvement subit et impétueux que produisent le volcans, la poudre à canon, l'or fulminant et les mélanges de salpêtre et de soufre lorsqu'ils s'enflamment. L'explosion d'u volcan. L'explosion d'une mine, d'un magasin à poudre.
• Se dit figurément en parlant Des passions violentes, des complots, etc., qu viennent à éclater. L'explosion de la haine de la colère. L'explosion d'un complot. Il y eut contre lui une explosion de murmures d'invectives, etc.

EXPORTATION . s. f.
• .Commerce et de Douanes. Action d'exporter. Faire des lois contre l'exportation des matières premières, contre l'exportation des grains. Permettre l'exportation de certaines marchandises. Comparer annuellement les exportations avec les importations, l'exportation avec l'importation.

EXPORTER . v. a.
• .Commerce et de Douanes. Transporter hors d'un État des produits du sol ou de l'industrie. Exporter des grains, des eaux-de-vie, des étoffes, etc.
• EXPORTÉ, ÉE. participe, Marchandises exportées.

EXPOSANT
, ANTE. s.
• .Jurisprudence et d'Administration. Celui, celle qui expose un fait, qui expose ses droits, ses prétentions dans une requête ou dans quelque autre acte semblable. Les raisons de l'exposant, de l'exposante sont.... Les preuves et les titres de l'exposant.
• EXPOSANT, dans le langage ordinaire, se dit de Ceux qui exposent des ouvrages d'art, pour les soumettre au jugement du public.
• EXPOSANT, est aussi un terme d'Arithmétique, et signifie, Le nombre qui exprime le rapport de deux autres. Trois est l'exposant du rapport de douze à quatre.
• Il signifie pareillement, Le nombre qui exprime le degré d'une puissance. Deux est l'exposant du carré, trois est celui du cube, etc.

EXPOSÉ .s.m.
• Récit d'un ou de plusieurs faits et des circonstances qui les ont accompagnés. Dans ce mémoire, l'exposé des faits n'est pas exact. Exposé sommaire, rapide, succinct. Un simple exposé. Faire un exposé.
• Il signifie particulièrement, Ce qui est déduit dans une requête présentée au juge. On l'aurait condamné sur l'exposé de sa requête, sur son propre exposé. Un faux exposé.
• Il signifie aussi, Compte rendu, ou Explication, développement. Exposé de la situation du royaume. Ce livre contient l'exposé de leur doctrine.

EXPOSER . v. a.
• Mettre en vue. Exposer en spectacle à tout le monde. Exposer un corps mort, l'exposer sur un lit de parade. Exposer des tableaux. À cette cérémonie, on exposa les plus belles tapisseries de la couronne. Exposer un criminel sur l'échafaud. Autrefois on exposait sur la roue le corps des voleurs de grands chemins. Cet artiste n'a pas encore exposé ses ouvrages au salon. Absolument, Ce peintre n'a point encore exposé.
• Exposer le saint sacrement, L'exposer dans une église à la vénération des fidèles. On dit de même, Exposer des reliques.
• Exposer en vente, Exposer à la vue du public ce que l'on veut vendre. Exposer des meubles, des livres en vente.
• Fig., Être exposé à la vue du public, être exposé aux regards, aux yeux de tous, etc., Être dans une situation qui attire l'attention publique. On dit, dans un sens analogue, Cette place, cette dignité expose à la vue de toute la terre, aux yeux de tout le monde, etc.
• EXPOSER, signifie aussi, Placer, tourner d'un certain côté. Il faut prendre garde à bien exposer ce bâtiment, cet espalier. Exposer au nord. Exposer au midi. Exposer au soleil levant. Exposer des meubles à l'air. Exposer du linge au soleil pour le faire sécher.
• EXPOSER, signifie encore, Déduire, expliquer, faire connaître. Exposer ses sentiments, ses pensées, ses intentions. Exposer un fait. Exposer une difficulté pour la faire résoudre. Exposer un système, une doctrine. Exposer les motifs d'un projet de loi. Exposer dans une requête les motifs et les raisons que l'on a de demander une chose. Exposer l'objet de sa mission. Exposer sa commission, son mandat. Je vous ai exposé l'état de l'affaire. Exposer vrai. Exposer faux.
• EXPOSER, signifie en outre, Mettre en péril, mettre au hasard. Exposer sa vie, sa personne, sa fortune. Il a exposé sa vie pour le salut de son pays. Exposer son honneur, sa réputation, sa gloire. Cela vous expose à de grands périls. La situation de cette ville l'expose aux attaques de l'ennemi. Dans cette acception, il est souvent employé au passif. Être exposé à périr, à perdre sa fortune. Ce pays est exposé, est fort exposé aux inondations. Être exposé à la raillerie, à la risée, à la médisance, à la calomnie. Les grandes réputations furent toujours exposées aux traits de l'envie. Être exposé à la mauvaise humeur, à la colère, à la bizarrerie de quelqu'un.
• S'emploie très-souvent avec le pronom personnel. S'exposer à la mort. S'exposer à être tué, à être battu. S'exposer au hasard. S'exposer à recevoir un affront. S'exposer à offenser Dieu, à commettre un crime. S'exposer à tuer un homme.
• S'exposer, être exposé aux coups, au feu des ennemis; s'exposer, être exposé à l'ardeur du soleil, à la pluie, etc., Se placer, être dans un lieu où les coups peuvent aisément porter, où donne le soleil, où tombe la pluie, etc. Les troupes furent longtemps exposées au feu de la place. Nous étions exposés aux piqûres des moustiques. C'est à peu près dans le même sens qu'on dit, Les païens exposaient les martyrs aux bêtes féroces.
• Absol., S'exposer, Se mettre en danger, courir des risques. Ce jeune homme s'expose beaucoup en acceptant le cartel d'un pareil spadassin. C'est s'exposer inutilement que de vouloir passer ce bras de mer à la nage. Vous vous exposez un peu trop. Vous vous êtes expose bien légèrement.
• Exposer un enfant, Abandonner un enfant nouveau-né, dans un lieu désert ou dans un lieu public, pour le détruire ou pour se décharger du soin de le nourrir. OEdipe fut exposé. Les anciens Grecs faisaient quelquefois exposer leurs enfants. Exposer un enfant dans un chemin, dans une rue; l'exposer à la porte d'un hospice. La loi punit ceux qui exposent leurs enfants.
• EXPOSÉ, ÉE. participe, Espalier bien exposé. Maison bien exposée.

EXPOSITION . s. f.
• Action par laquelle une chose est exposée, mise en vue; ou État de la chose ainsi exposée. L'exposition du saint sacrement. L'exposition des reliques. L'exposition des produits de l'industrie française. On fit, dans cette salle, l'exposition de plusieurs tableaux. Il en fit l'exposition aux yeux de tout le monde.
• Se dit, particulièrement, en parlant Des condamnés qu'on expose sur un échafaud dressé en place publique. La peine de l'exposition publique, de l'exposition. Son exposition a eu lieu tel jour. Être condamné à l'exposition.
• EXPOSITION, se dit aussi de La situation, par rapport aux vues, et aux divers aspects du soleil. Ce palais est dans une belle exposition, dans une agréable exposition. L'exposition de cette maison n'est pas saine. Exposition au nord, du nord, etc.
• EXPOSITION, se dit en outre pour Narration, récit, déduction d'un fait. Il a fait l'exposition de cette affaire fort nettement. Sur la simple exposition du fait, on le condamna.
• L'exposition d'une pièce de théâtre, La partie du drame où l'auteur expose les faits principaux qui ont précédé et préparé l'action. L'exposition ne saurait avoir trop de clarté. On dit aussi, L'exposition du sujet, dans un poëme.
• EXPOSITION, signifie également, Explication, développement. L'Exposition de la foi, par Bossuet. Faire l'exposition d'une doctrine. Il leur a fait une longue exposition de toutes ses raisons. Une exposition de principes.
• Il signifie encore, Interprétation. L'exposition du texte de l'Écriture. Exposition littérale. Les différentes expositions.
• EXPOSITION, se dit aussi en parlant Des enfants abandonnés par les parents qui ne peuvent ou ne veulent pas les nourrir. L'exposition des enfants est un crime.

EXPRÈS
, ESSE. adj.
• Qui est énoncé d'une manière si formelle, si positive, qu'il ne reste aucun lieu de douter. Cela est en termes exprès dans le contrat. La loi est expresse sur ce point. C'est une condition expresse du marché. Défense expresse. Un commandement exprès. Un ordre exprès, très-exprès. Donner la commission expresse de faire une chose. Il avait mission expresse d'agir comme il l'a fait.
• EXPRÈS, est quelquefois substantif; et alors il se dit d'Un homme qu'on envoie pour porter ou pour recevoir des lettres, des nouvelles, des ordres, etc. On a envoyé un exprès pour cette affaire, pour l'en informer.

EXPRÈS . adv.
• À certaine fin; à dessein, avec intention. Il a fait bâtir cet appartement exprès pour recevoir ses amis. Il est venu tout exprès pour demander cet emploi. Il le fait exprès pour me fâcher. J'ai dit cela exprès pour le piquer. Il le fait exprès. Je l'ai dit exprès. C'est un fait exprès. C'est comme un fait exprès.
• Il semble fait exprès pour cela, se dit D'un homme qui a beaucoup de disposition naturelle pour certaines choses.

EXPRESSÉMENT . adv.
• En termes exprès. Cela est énoncé expressément dans le contrat. Je lui avais commandé, défendu expressément de faire telle chose.

EXPRESSIF
, IVE. adj.
• Qui exprime bien ce qu'on veut dire, ce qu'on veut faire entendre. Ce terme me semble bien expressif. Cette façon de parler est expressive. Un langage expressif. Un signe, un geste expressif. Une image expressive. Silence expressif.
• Il signifie aussi, Qui a beaucoup d'expression. Physionomie expressive. Son regard est expressif. Musique expressive.

EXPRESSION . s. f.
• Action par laquelle on exprime le suc, le jus de quelque chose. Le suc des herbes s'obtient de trois manières, par expression, par infusion, par décoction. Huiles tirées par expression.
• EXPRESSION, signifie en outre, Ce qui exprime, ce qui manifeste le sentiment, la pensée, les passions. L'expression de la joie, de la douleur. L'expression des sentiments. Sa physionomie a beaucoup d'expression. Son regard est plein d'expression, est dépourvu d'expression. L'expression du geste, de la voix. Un chant sans expression. Il y a beaucoup d'expression dans cette musique.
• Il signifie dans un sens analogue, en termes de Peinture et de Sculpture, La représentation vive et naturelle des passions. Ce peintre excelle particulièrement dans l'expression. Les expressions de ce tableau sont énergiques et nobles. Il y a dans la tête de cette statue beaucoup d'expression. Le graveur a bien rendu l'expression de ce tableau.
• EXPRESSION, se dit encore, dans une acception particulière, Des termes et des tours qu'on emploie pour exprimer ce qu'on veut dire. Belle, noble, élégante, forte expression. Expression vive, hardie, énergique. Avoir l'expression noble. Expression propre. Expression figurée, métaphorique. User d'une expression basse et populaire. Le choix des expressions. La pensée est belle, mais l'expression laisse quelque chose à désirer. Cela pèche par l'expression. Je trouve cette expression mauvaise, trop faible. Je ne condamnerais pas cette expression. Cette expression-là présente une belle idée, une idée désagréable à l'esprit. Cette expression est heureuse. L'expression, les expressions me manquent pour vous témoigner ma reconnaissance. Cela est beau au delà de toute expression.

EXPRIMABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être exprimé. Cette pensée n'est pas exprimable en vers. Cela n'est pas exprimable. Il n'est pas exprimable combien nous avons souffert. On ne l'emploie guère qu'avec la négation.

EXPRIMER . v. a.
• Tirer le suc, le jus d'une chose en la pressant. Exprimer le suc d'une herbe, le jus d'une orange, d'un citron.
• EXPRIMER, signifie aussi, Manifester, représenter la pensée, le sentiment, les passions. Exprimer ses sentiments par des gestes énergiques. Exprimer sa douleur par des larmes, par des cris. Ses yeux exprimaient l'amour et la reconnaissance. Ce poëte, ce peintre exprime bien les passions. On dit, à peu près dans le même sens, qu'Une passion est bien exprimée dans un tableau, dans un discours, dans un poëme, pour dire qu'Elle y est bien représentée.
• Il signifie particulièrement, Énoncer, rendre sa pensée avec de certains mots, de certains tours de phrase. Il exprime bien sa pensée. Cette pensée est belle, mais elle n'est pas bien exprimée. Je ne saurais trouver de termes assez forts pour exprimer ma reconnaissance. Je ne saurais vous exprimer combien cela m'afflige. Comment vous exprimer ce que je ressentis alors? Je lui en exprimai tout mon dépit. Il faut exprimer cela dans le contrat. Cette clause y est bien exprimée. On dit dans un sens analogue qu'Un mot, qu'une phrase, etc., exprime telle idée, telle chose.
• EXPRIMER, avec le pronom personnel, signifie, Exprimer ses sentiments, énoncer sa pensée. S'exprimer par gestes, par signes. S'exprimer en bons termes. S'exprimer clairement, facilement, nettement, avec force, etc.
• EXPRIMÉ, ÉE. participe

EX PROFESSO
• Voyez PROFESSO (EX).

EXPROPRIATION . s. f.
• .Jurispr. Action d'exproprier. Expropriation pour cause d'utilité publique.

EXPROPRIER . v. a.
• .Jurispr. Priver quelqu'un d'une propriété immobilière, soit pour cause d'utilité publique et moyennant une indemnité, soit par voie de saisie. Les créanciers menaçaient de l'exproprier.
• EXPROPRIÉ, ÉE. participe

EXPULSER . v. a.
• Chasser quelqu'un d'un lieu, d'un pays où il était établi, dont il était en possession. On l'expulsa de sa maison, de sa terre, de son bénéfice. Ils furent expulsés de la ville. Les Espagnols ont expulsé les Maures.
• Il signifie également, Exclure d'un lieu, d'une compagnie, etc. Il fut honteusement expulsé de l'assemblée.
• Il signifie aussi, Pousser au dehors, faire évacuer; et, dans cette acception, il s'emploie surtout en Médecine. Le calcul fut expulsé hors de la vessie. Ce charlatan assure que son remède est propre à expulser toutes les mauvaises humeurs du corps.
• EXPULSÉ, ÉE. participe

EXPULSIF
, IVE. adj.
• .Médec. Il s'est dit autrefois Des remèdes que l'on croyait propres à pousser les humeurs vers la peau, comme les diaphorétiques et les sudorifiques. Remèdes expulsifs.

EXPULSION . s. f.
• Action d'expulser d'un lieu, d'un pays, d'une compagnie. L'expulsion des Maures coûta bien du temps à l'Espagne. Depuis l'expulsion des Juifs. L'assemblée demanda son expulsion.
• EXPULSION, se dit, surtout en Médecine, de L'action de pousser au dehors, de faire évacuer. L'expulsion d'un calcul hors de la vessie. Son remède avait, disait-il, une grande vertu pour l'expulsion des mauvaises humeurs.

EXPURGATOIRE . adj.
• Nom que l'on donne au catalogue des livres dont la publication et la vente sont défendues, à Rome, jusqu'à ce qu'ils aient été purgés et corrigés; en quoi ils diffèrent de ceux qui sont définitivement prohibés. Index expurgatoire.

EXQUIS
, ISE. adj.
• Excellent en son espèce, très-bon. Vin exquis. Viande exquise. Des mets exquis, d'un goût exquis.
• Il signifie aussi, Qui est fait, travaillé dans la plus grande perfection, le plus délicatement qu'il est possible. Ouvrage exquis. Travail exquis. Cela est fait d'une manière exquise.
• Se dit encore Des choses morales, et signifie, Qui est de la plus grande perfection. Avoir un goût exquis, un jugement exquis. Avoir le discernement exquis.

EXSUCCION . s. f.
• T. didactique. Action de sucer, d'absorber par la force de succion. Il y a dans la racine des plantes une sorte d'exsuccion.

EXSUDATION . s. f.
• .Physique et de Médecine. Action de suer. Certaines maladies amènent de fortes exsudations.

EXSUDER . v. n.
• .Physique et de Médecine. Sortir en manière de sueur. Le sang exsude quelquefois par les pores.

EXTANT
, ANTE. adj.
• .Pratique. Qui est en nature. Tous les effets de la succession qui sont extants. Il vieillit.

EXTASE . s. f.
• Ravissement d'esprit, suspension des sens causée par une forte contemplation de quelque objet extraordinaire ou surnaturel. Longue extase. Être en extase. Avoir des extases. Être ravi en extase. Tomber en extase.
• Se dit figurément d'Une vive admiration, d'un plaisir extrême qui absorbe tout autre sentiment. La vue de tant de merveilles ravit en extase. Quand il vit de si belles choses, il fut en extase, il fut ravi en extase. Il la contemplait avec extase. Être plongé dans une extase délicieuse.

EXTASIER (S') . v. pron.
• Être dans une sorte d'extase, être saisi d'une vive admiration. On ne peut entendre cette belle musique sans s'extasier. Il s'extasie sur les moindres détails de ce poëme. Il n'y a pas là de quoi s'extasier.
• EXTASIÉ, ÉE. participe, Être extasié.

EXTATIQUE
adj. des deux genres
• Qui est causé par l'extase. Ravissement extatique. Transport extatique.

EXTENSEUR . adj. m.
• T. d'Anat. Se dit Des différents muscles qui servent à étendre. Les muscles extenseurs du bras, des doigts. Ils sont opposés aux Fléchisseurs.
• S'emploie aussi substantivement. Les extenseurs de la jambe. L'extenseur du pouce.

EXTENSIBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité de ce qui est extensible. L'extensibilité de l'or est très-grande. Chaque espèce de métal a son degré différent d'extensibilité.

EXTENSIBLE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui peut s'étendre, qui peut être étendu. L'or est le plus extensible des métaux.

EXTENSIF
, IVE. adj.
• T. didactique. Qui étend, qui fait effort pour étendre. Force, puissance extensive.

EXTENSION . s. f.
• Étendue. Extension en largeur, longueur et profondeur.
• Se dit aussi de L'action d'étendre un corps, de lui faire acquérir plus de surface. L'or est susceptible d'une extension prodigieuse.
• Il signifie encore, L'action de ce qui s'étend; et se dit surtout Des membres. N'avoir pas l'extension du bras libre. Les muscles qui servent à l'extension de la main.
• Se dit également, en Chirurgie, de L'opération par laquelle on étend, en la tirant, une partie luxée ou fracturée, pour remettre les os dans leur situation naturelle.
• Se dit quelquefois, dans le langage ordinaire, Du relâchement d'un nerf, d'un tendon, qui vient, par quelque effort, à s'étendre plus qu'il ne faudrait. L'extension d'un nerf, d'un tendon.
• Fig., Extension de privilége, extension d'autorité, Augmentation de privilége, d'autorité.
• Fig., L'extension d'une loi, d'une clause, etc., L'explication d'une loi, d'une clause, etc., dans un sens plus étendu.
• EXTENSION, en termes de Grammaire, se dit de L'action d'étendre la signification d'un mot. Ce mot signifie, désigne aussi, par extension, telle chose. --- Le sens par extension tient le milieu entre le sens propre et le sens figuré. Dans L'éclat de la lumière, le mot éclat est employé au propre; dans L'éclat de la vertu, le mot éclat a un sens figuré; mais dans L'éclat du son, c'est par extension que le mot éclat est transporté, du sens de la vue, auquel il est propre, au sens de l'ouïe, auquel il n'appartient qu'improprement. --- On dit quelquefois, dans une acception analogue, Ce sens est une extension, n'est qu'une extension de tel autre sens.

EXTÉNUATION . s. f.
• Affaiblissement extrême, grande diminution de forces. Il est dans une grande exténuation.
• L'exténuation d'un crime, d'un fait, etc., L'adoucissement dans l'exposition d'un crime, d'un fait, etc. Ce sens a vieilli; on dit, Atténuation.

EXTÉNUER . v. a.
• Causer un grand affaiblissement. Ses débauches l'ont exténué. Sa maladie l'a exténué. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Il s'exténue à force de veilles.
• Il signifie figurément, au sens moral, Affaiblir, diminuer. Il essayait ainsi d'exténuer le crime, l'accusation. Ce sens a vieilli; on dit, Atténuer.
• EXTÉNUÉ, ÉE. participe, Un homme exténué de fatigue.
• Avoir le visage exténué, Avoir le visage amaigri, décharné.

EXTÉRIEUR
, EURE. adj.
• Qui est au dehors. Les parties extérieures du corps. La forme extérieure. La face extérieure d'un bâtiment. Les ornements extérieurs d'un palais.
• Il signifie aussi, Qui a lieu, qui se passe au dehors. Permettre, interdire le culte extérieur. Pratiques extérieures. Une vie toute extérieure.
• Il signifie encore, Qui a rapport aux pays étrangers. Le commerce extérieur. Ministre des relations extérieures. La politique extérieure.
• EXTÉRIEUR, s'emploie souvent comme substantif masculin, et signifie, Ce qui paraît au dehors. L'extérieur de ce bâtiment est beau. Cet édifice n'a de remarquable que l'extérieur.
• Se dit, dans la même acception, en parlant Des personnes, soit pour le corps, soit pour les manières ou pour la conduite. Il a un bel extérieur, un extérieur agréable. Un extérieur modeste, composé, honnête. Si vous en jugez par l'extérieur. Les faux dévots n'ont que de l'extérieur. L'intérieur ne répond pas à l'extérieur. Il donne tout à l'extérieur. Il prévient par son extérieur. Il a l'extérieur prévenant.
• Il signifie encore, Le lieu, les lieux qui sont au dehors. Nous entendîmes du bruit à l'extérieur.
• Se dit particulièrement Des pays étrangers. Les nouvelles de l'extérieur. L'état de nos relations avec l'extérieur. La paix régnait partout à l'extérieur. À l'extérieur tout est calme, mais il n'en est pas de même au dedans.

EXTÉRIEUREMENT . adv.
• À l'extérieur, au dehors. Cette maison est assez belle extérieurement. Il veut qu'on le croie honnête homme, mais il ne l'est qu'extérieurement. Ce n'est qu'extérieurement qu'il est dévot.

EXTERMINATEUR . adj.
• Qui extermine. L'ange exterminateur tua tous les premiers-nés d'Égypte. Le glaive exterminateur.
• Il est aussi substantif. Hercule fut l'exterminateur des monstres et des brigands. Ce prince fut l'exterminateur des factions, des vices.

EXTERMINATION . s. f.
• Destruction entière, anéantissement. L'extermination d'un peuple. Leur extermination fut dès lors résolue. Ils travaillaient à l'extermination du paganisme. Avoir pour but l'extermination des vices.
• Guerre d'extermination, Celle qui a pour objet, pour but la destruction de l'un des deux partis, de l'une des deux nations. La guerre de Rome et de Carthage fut une guerre d'extermination.

EXTERMINER . v. a.
• Détruire, faire périr entièrement. Il menaçait de l'exterminer, lui et toute sa race. Exterminer les loups d'une forêt. Exterminer une troupe de voleurs, de malfaiteurs, d'assassins.
• Se dit figurément, au sens moral. Exterminer les vices.
• EXTERMINÉ, ÉE. participe

EXTERNAT .s.m.
• Institution, école où l'on ne reçoit que des élèves externes.

EXTERNE . adj. des deux genres
• Qui est, qui paraît au dehors; ou Qui vient du dehors. S'emploie surtout dans le langage médical. Maladie externe. Le mal n'est pas externe, on n'en voit rien au dehors. Les causes externes des maladies.
• Se dit particulièrement, en termes d'Anatomie, Des parties d'un organe qui sont tournées vers l'extérieur du corps. La face externe de l'omoplate. L'extrémité externe de la clavicule.
• EXTERNE, dans les colléges, dans les institutions, etc., se dit Des écoliers qui n'y sont pas en pension, et qui viennent de dehors assister aux cours, aux leçons. Il y a dans ce collége plus d'externes que de pensionnaires. Son fils est externe dans tel collége. En ce sens, on le fait quelquefois substantif. Les pensionnaires et les externes. C'est un externe. On ne reçoit dans ce collége que des externes.

EXTINCTION . s. f.
• Action d'éteindre; ou État de ce qui s'éteint, de ce qui est éteint. L'extinction du feu. Extinction complète.
• À l'extinction des bougies, des feux. Espèce de formule qui s'emploie en parlant De certaines ventes où l'on est reçu à enchérir jusqu'à ce qu'un certain nombre de petites bougies soient éteintes. Cette propriété fut adjugée à l'extinction des feux. Aucune adjudication d'immeuble ne peut être faite qu'après l'extinction de trois bougies allumées successivement. Autrefois on disait de même, À l'extinction de la chandelle.
• Par extension, L'extinction de la chaux, L'état de la chaux quand elle cesse d'être vive et qu'elle perd ses propriétés. L'extinction de la chaleur naturelle, La perte de la chaleur naturelle. Extinction de voix, Maladie qui affaiblit tellement la voix, qu'on peut à peine se faire entendre. Etc.
• Jusqu'à extinction de chaleur naturelle, ou simplement, Jusqu'à extinction, Jusqu'à s'épuiser, jusqu'à n'en pouvoir plus de lassitude. Disputer, crier jusqu'à extinction. Poursuivre jusqu'à extinction.
• EXTINCTION, se dit figurément en parlant De ce qu'on détruit, de ce qu'on abolit, ou de ce qui prend fin. L'extinction des abus. L'extinction d'un privilége. L'extinction d'une race, d'une famille, d'une maison, d'une ligne. L'extinction d'une dette, d'une rente.
• L'extinction d'un crime, La rémission ou la prescription d'un crime.

EXTIRPATEUR .s.m.
• Celui qui extirpe. On ne le dit guère au propre. Un grand extirpateur d'hérésies. Extirpateur des vices. Il est peu usité.

EXTIRPATION . s. f.
• Action d'extirper, de déraciner. Il ne se dit guère qu'en parlant De certaines excroissances, de certaines tumeurs qui ont comme des racines. L'extirpation d'un cancer, d'une loupe, d'un polype. Ces remèdes furent inutiles, il fallut avoir recours à l'extirpation.
• Il signifie figurément, Destruction totale. L'extirpation des vices, des hérésies, etc.

EXTIRPER . v. a.
• Déraciner. Se dit proprement en parlant Des mauvaises herbes, lorsqu'on les déracine de telle sorte, qu'elles ne puissent plus revenir. Il y a de mauvaises herbes qu'on a bien de la peine à extirper.
• En Chirur., Extirper un cancer, une loupe, un polype, Enlever entièrement un cancer, etc.
• EXTIRPER, se dit figurément De l'entière destruction de certaines choses pernicieuses. Extirper les abus, les vices. Extirper la tyrannie. Extirper la chicane. Extirper l'usure. C'est un mal qu'on ne saurait extirper.
• Extirper une race, L'exterminer, la détruire entièrement.
• EXTIRPÉ, ÉE. participe

EXTORQUER . v. a.
• Tirer, obtenir par force, par violence, par menaces, par importunité, etc. Extorquer de l'argent à quelqu'un. On lui a extorqué sa signature. À force d'importunités, on lui a extorqué son consentement pour ce mariage.
• EXTORQUÉ, ÉE. participe

EXTORSION . s. f.
• Exaction violente, concussion. Il a été puni pour ses extorsions.

EXTRACTIF
, IVE. adj.
• Qui marque extraction. Il ne s'emploie guère qu'au féminin, et dans cette locution, Particule extractive. De est quelquefois particule extractive.

EXTRACTION
s. f.
• Action d'extraire. L'extraction des sels. On obtient cette substance par extraction. L'extraction des métaux, des minéraux. C'est dans les mines du Pérou que se fait l'extraction de l'or et de l'argent. En Chirurgie: L'extraction de la pierre. L'extraction du foetus. Faire l'extraction d'une balle.
• Se dit particulièrement, en Arithmétique, de L'opération par laquelle on trouve la racine d'un nombre, et de celle par laquelle on trouve les entiers contenus dans un nombre fractionnaire. L'extraction de la racine carrée, de la racine cubique. L'extraction des entiers.
• EXTRACTION, signifie figurément, L'origine d'où quelqu'un tire sa naissance. Il est de grande extraction, d'illustre extraction, de noble extraction, de basse extraction. Je connais son extraction. Cacher son extraction.

EXTRADITION . s. f.
• Action de livrer, de remettre un criminel, un homme prévenu de crime, au gouvernement étranger dont il dépend et qui le réclame. Il s'était réfugié en pays étranger; le gouvernement demanda son extradition.

EXTRADOS .s.m.
• T. d'Archit. La surface convexe et extérieure d'une voûte. Il est opposé à Douelle, qui désigne La surface intérieure et concave, appelée aussi quelquefois Intrados.

EXTRADOSSÉ
, ÉE. adj.
• T. d'Archit. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Voûte extradossée, Voûte dont le dehors n'est pas brut, c'est-à-dire, dont le parement extérieur est aussi uni que celui de la douelle.

EXTRAIRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Traire.) Tirer, séparer, par quelque opération chimique, une substance simple ou composée, d'un corps dont elle faisait partie. Verser de l'eau sur des matières terreuses, pour en extraire les parties solubles. Extraire l'esprit, le suc, l'huile de quelque substance.
• Il signifie aussi, Tirer, retirer une chose d'un lieu, d'un corps dans lequel elle s'est formée ou introduite. L'or, l'argent qu'on extrait d'une mine. Les pierres qu'on extrait d'une carrière. Extraire un corps étranger de quelque partie du corps humain. Extraire une balle, un calcul.
• Extraire un prisonnier de sa prison, Le tirer de sa prison pour le conduire dans une autre, ou pour l'amener devant le juge.
• EXTRAIRE, signifie encore, Tirer d'un livre, d'un registre, d'un acte, etc., les passages, les renseignements dont on a besoin. Il a extrait ce passage d'un dialogue de Platon. Il n'a extrait de cette histoire que les faits les plus intéressants. Cela est extrait des registres de la mairie, est extrait de tel journal.
• Extraire un livre, un procès, etc., En faire un abrégé, un sommaire.
• En Arithm., Extraire la racine carrée, la racine cubique, etc., d'un nombre. En chercher la racine carrée, la racine cubique, etc. Extraire les entiers contenus dans un nombre fractionnaire, Chercher combien de fois ce nombre contient l'unité.
• EXTRAIT, AITE. participe

EXTRAIT .s.m.
• Substance qu'on a extraite d'une autre par quelque opération chimique. Extrait de guimauve. Extrait de Saturne.
• Il signifie aussi, Ce qu'on tire de quelque livre, de quelque registre, de quelque acte, etc. Je ne connais pas l'ouvrage entier, mais j'en ai lu des extraits. Extrait des registres de l'état civil. Extrait sur minute.
• Extrait de naissance, Extrait du registre des naissances; et, Extrait baptistaire, Extrait du registre des baptêmes. Il faut voir son extrait de naissance, son extrait baptistaire.
• Extrait mortuaire, Extrait du registre des décès.
• EXTRAIT, signifie encore, Abrégé, sommaire, analyse. Vous ne m'avez pas remis les pièces du procès, vous ne m'en avez donne que l'extrait. Voici l'extrait, un extrait de leur correspondance. Faire l'extrait d'un livre. Ce journal donne de fort bons extraits des ouvrages nouveaux.
• EXTRAIT, en termes de Loterie, se dit d'Un numéro sur lequel on a fait une mise, et qui sort de la roue de fortune. Extrait simple. Extrait déterminé. Gagner un extrait.
• Se dit également, au Loto, d'Un simple numéro gagnant.

EXTRAJUDICIAIRE . adj. des deux genres
• .Pratique. Se dit Des actes et significations qui ne sont point relatifs à un procès actuellement pendant en justice. Acte, sommation extrajudiciaire.

EXTRAJUDICIAIREMENT . adv.
• Par acte extrajudiciaire, dans la forme extrajudiciaire.

EXTRAORDINAIRE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas selon l'usage ordinaire, selon l'ordre commun; qui est au-dessus de l'ordinaire. Séance, audience extraordinaire. Par voie extraordinaire. Employer des moyens extraordinaires. C'est une chose bien extraordinaire. Un événement extraordinaire. Une action extraordinaire. Il n'y a rien d'extraordinaire à cela.
• Dépense extraordinaire, Dépense qui excède celle que l'on fait ordinairement, ou Dépense imprévue que l'on fait en sus de celle qu'on s'était proposé de faire. J'ai fait cette année quelques dépenses extraordinaires. Les dépenses extraordinaires de l'État.
• Conseiller d'État en service extraordinaire, Conseiller d'État qui n'a pas de traitement, et qui ne remplit pas de fonctions au conseil.
• Ambassadeur extraordinaire, envoyé extraordinaire, Celui qu'un gouvernement, qu'un prince envoie pour traiter et négocier quelque affaire particulière et importante, ou seulement à l'occasion de quelque cérémonie. On l'a nommé ambassadeur extraordinaire. Le roi l'a nommé son envoyé extraordinaire à Berlin.
• Courrier extraordinaire, Courrier dépêché pour quelque occasion particulière. On dit aussi substantivement, Un extraordinaire. On lui a dépêché un courrier extraordinaire, un extraordinaire.
• Procédure extraordinaire, s'est dit autrefois de La procédure criminelle, par opposition à La procédure civile. On disait substantivement, dans un sens analogue, Juger à l'extraordinaire, Juger au criminel.
• Question extraordinaire, se dit de La torture la plus rude qu'on faisait souffrir à un accusé pour lui arracher quelque aveu. Il fut mis à la question ordinaire et extraordinaire.
• EXTRAORDINAIRE, signifie aussi, Qui est singulier, rare, peu commun. Un mérite extraordinaire. Un génie extraordinaire. Un homme extraordinaire dans son art. Une mémoire extraordinaire. Il est d'une avarice extraordinaire, d'une laideur extraordinaire.
• Se dit souvent en mauvaise part, pour Ridicule, choquant, bizarre, extravagant. Voilà un homme bien extraordinaire. Visage extraordinaire. Manières extraordinaires. Quel langage extraordinaire! Propositions extraordinaires. Coiffure extraordinaire. Habit extraordinaire.
• EXTRAORDINAIRE, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Ce qui ne se fait pas ordinairement. C'est un extraordinaire. Vous soupez aujourd'hui, vous faites un extraordinaire. C'est pour lui un extraordinaire que de boire du vin. Il donne tant par repas; et quand il y a quelque extraordinaire, il le paye. Dans les grandes entreprises, il faut distinguer l'extraordinaire de l'impossible.
• Il signifie particulièrement, dans les Comptes, Ce qui est outre la dépense ordinaire. L'extraordinaire monte à tant.
• L'extraordinaire des guerres ou de la guerre, Fonds que l'on faisait autrefois pour payer la dépense extraordinaire de la guerre. Trésorier de l'extraordinaire des guerres, ou simplement, Trésorier de l'extraordinaire. Commis à l'extraordinaire.

EXTRAORDINAIREMENT . adv.
• D'une façon contraire à l'usage, à la règle ordinaire, à l'ordre accoutumé. Il n'était pas sur l'état, mais il a été payé extraordinairement. Les circonstances qui pourraient survenir extraordinairement. Cette acception est moins usitée que les suivantes.
• Procéder extraordinairement contre quelqu'un, Procéder criminellement contre lui. Voyez EXTRAORDINAIRE.
• EXTRAORDINAIREMENT, signifie aussi, Extrêmement, beaucoup plus qu'il n'est ordinaire. Il est extraordinairement riche, extraordinairement puissant. Il est extraordinairement difficultueux.
• Se dit encore pour Bizarrement, ridiculement, d'une manière choquante. Il est fait extraordinairement. Elle est coiffée fort extraordinairement.

EXTRAPASSER . v. a.
• .Peinture. Voyez STRAPASSER.

EXTRAVAGAMMENT . adv.
• D'une manière extravagante. Il s'habille extravagamment. Il se conduit extravagamment. Il est peu usité.

EXTRAVAGANCE . s. f.
• Bizarrerie, folie. Il n'y a pas moyen de le guérir de son extravagance. J'ai pitié de son extravagance.
• Il signifie aussi, Action extravagante, discours extravagant. Il a fait une grande extravagance. Il a dit mille extravagances. Il nous a débité bien des extravagances.

EXTRAVAGANT
, ANTE. adj.
• Fou, bizarre, fantasque, qui est contre le bon sens, contre la raison. Se dit Des personnes et des choses. C'est un homme extravagant. Quelle femme extravagante! Discours extravagant. Pensées, paroles extravagantes. Ce qu'il vient de dire est extravagant.
• Il est aussi substantif. C'est un extravagant. Ne les écoutez pas, ce sont des extravagants. C'est une extravagante.
• EXTRAVAGANTE, substantif féminin, se dit en outre de Certaines constitutions des papes, recueillies et ajoutées au corps du droit canon. Cette décision n'est pas dans les six livres du Droit canon, mais elle est dans les Extravagantes. Cette question est décidée dans la seconde, dans la cinquième extravagante.

EXTRAVAGUER . v. n.
• Penser et dire des choses où il n'y a ni sens ni raison. Il a le cerveau blessé, voyez comme il extravague. Il a une fièvre qui le fait extravaguer.

EXTRAVASATION
ou EXTRAVASION. s. f.
• .Médec. et d'Hist. nat. Action, mouvement d'un liquide qui s'extravase. L'extravasation du sang, de la bile, de la séve.

EXTRAVASER (S') . v. pron.
• .Médec. Se dit Du sang et des humeurs qui sortent des vaisseaux destinés à les contenir, et qui se répandent sous la peau, ou dans certaines autres parties du corps où ils ne doivent pas être. Quand le sang vient à s'extravaser. Un effort violent est capable de faire extravaser le sang. Dans cette dernière phrase, il y a ellipse du pronom.
• Se dit également, en Histoire naturelle, de Tout épanchement analogue, et particulièrement, en Botanique, Des sucs qui s'épanchent hors de leurs vaisseaux.
• EXTRAVASÉ, ÉE. participe, Du sang extravasé. Bile extravasée.

EXTRAVASION . s. f. - Voyez EXTRAVASATION.

EXTRÊME . adj. des deux genres
• Qui est tout à fait au bout, tout à fait le dernier. L'extrême limite. L'extrême frontière.
• Il signifie plus ordinairement, Qui est au dernier point, au plus haut degré. Extrême joie. Extrême plaisir. Extrême passion. Amour, désir extrême. Péril extrême. Extrême peine. Extrême misère. Besoin extrême. Extrême malheur. Extrême froid. Chaleur extrême. Rigueur extrême. Extrême sévérité Quoique ce mot tienne lieu de superlatif, et signifie, Très-grand, très-grande, il devient quelquefois positif. Ainsi on dit, Les maux les plus extrêmes.
• Remèdes extrêmes, Remèdes énergiques et hasardeux que l'on n'administre au malade qu'après avoir employé sans succès tous les autres remèdes. Prov., Aux maux extrêmes, les extrêmes remèdes.
• Parti extrême, Parti violent et hasardeux. Prendre un parti extrême. Il n'aime pas les partis extrêmes.
• EXTRÊME, signifie aussi, Excessif, et se dit D'une personne qui ne garde aucune mesure, qui donne toujours dans l'excès. Cet homme est extrême en tout.
• Il est quelquefois substantif, au masculin, et signifie, Opposé, contraire. Le froid et le chaud sont les deux extrêmes. Les extrêmes se touchent.
• Se dit aussi Des choses morales. La prodigalité et l'avarice sont les deux extrêmes. Entre ces deux extrêmes, il est difficile de prendre un juste milieu. Il se jette dans les extrêmes.
• Pousser, porter tout à l'extrême, N'avoir de modération en rien.
• En Math., Les extrêmes d'une proportion, Le premier et le dernier terme. Dans toute proportion arithmétique, la somme des extrêmes doit être égale à celle des moyens.

EXTRÊMEMENT . adv.
• Grandement, beaucoup, au dernier point. Extrêmement beau. Extrêmement laid. Extrêmement sage. Extrêmement méchant. Il vous aime extrêmement. Il dépense extrêmement en habits, en chevaux. Il court extrêmement vite. Il écrit, il compose extrêmement vite.

EXTRÊME-ONCTION . s. f.
• Se dit Du sacrement qui se confère en appliquant les saintes huiles sur un malade en péril de mort. Il a reçu, on lui a donné, on lui a porté l'extrême-onction.

EXTREMIS
(IN). loc. adv.
• empruntée du latin. À l'article de la mort. On l'emploie surtout en Jurisprudence. Disposition de dernière volonté faite in extremis, ou Disposition in extremis. Mariage célébré in extremis, ou Mariage in extremis.

EXTRÉMITÉ . s. f.
• Le bout d'une chose, la partie qui la termine. Les deux extrémités d'une ligne. L'extrémité d'un corps. L'extrémité des doigts. Couper l'extrémité des cheveux. Il est logé à l'extrémité de la ville. Cette ville est à l'extrémité du royaume.
• Se dit au pluriel, en termes d'Anatomie, Des membres du corps humain. Les extrémités supérieures, Les bras et les avant-bras. Les extrémités inférieures, Les cuisses et les jambes. Le sang se porte aux extrémités. Rappeler la goutte aux extrémités.
• Se dit aussi, surtout dans le langage ordinaire, Des pieds et des mains seulement. Il se meurt, car il a déjà les extrémités froides. On le dit quelquefois, dans une acception analogue, de La partie inférieure des jambes de certains animaux. Ce cheval a la crinière, la queue et les extrémités noires.
• EXTRÉMITÉ, signifie en outre, Le dernier moment. N'attendez pas à l'extrémité pour arranger cette affaire. Il ne faut pas attendre à l'extrémité pour songer à sa conscience.
• Il signifie encore, Les derniers moments de la vie. Il est à l'extrémité, à toute extrémité, il se meurt. Figurément, on le dit en parlant Des villes assiégées. La place ne saurait encore tenir vingt-quatre heures, elle est à l'extrémité.
• Il signifie également, Le plus triste état où l'on puisse être réduit. Il n'a pas de quoi vivre, il est réduit à l'extrémité, à la dernière extrémité. Se voir dans un pays étranger, sans argent, sans connaissances, ce sont d'étranges extrémités, c'est une fâcheuse extrémité, une cruelle extrémité. À quelle extrémité ne me suis-je pas vu réduit!
• Il se prend aussi pour Excès. Vous allez toujours à l'extrémité. Vous portez les choses aux dernières extrémités. Passer d'une extrémité à l'autre. Toutes les extrémités sont vicieuses.
• Il signifie particulièrement, Un excès de violence, d'emportement. Il s'est porté contre lui à la dernière extrémité, aux extrémités les plus odieuses.
• Pousser quelqu'un à l'extrémité, Le pousser à bout.

EXTRINSÈQUE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui vient de dehors. Maladie qui est due à des causes extrinsèques.
• En termes de Monnaie, Valeur extrinsèque, Valeur que la loi, que le souverain attribue aux monnaies indépendamment du poids.

EXUBÉRANCE . s. f.
• Surabondance, abondance inutile. Exubérance de végétation.
• Se dit quelquefois au figuré. Exubérance de mots, d'images, d'idées.

EXUBÉRANT, ANTE. adj.
• Surabondant, superflu.

EXULCÉRER . v. a.
• .Médec. Causer un commencement d'ulcération. L'arsenic exulcère les intestins. Les substances caustiques exulcèrent la peau.
• EXULCÉRÉ, ÉE. participe

EXUTOIRE .s.m.
• .Médec. Cautère, vésicatoire, toute ulcération produite et entretenue par l'art.

EX-VOTO .s.m.
• Expression empruntée du latin. Se dit Des tableaux, des figures qu'on place dans une église, en mémoire d'un voeu fait en maladie, en péril. Ce tableau est un ex-voto. Suspendre, appendre des ex-voto.

 


              [ Home ]                [ Last update: See " What's New " page ]               [ up ]
Copyright 2010   All rights reserved - Tous droits réservés - Todos derechos reservados - Tutti i diritti riservati

 BELAIR DICTIONARIES - DICTIONNAIRES BELAIR - DICCIONARIOS BELAIR - DIZIONARIOS BELAIR

D.R. BELAIR

Scientific & Technical writer           url :    http://www.dr-belair.com           e-mail  :   webmaster@dr-belair.com