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DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
FLACCIDITÉ . s. f.
.Physique et de Médecine. État d'une chose qui est molle, flasque,
qui n'offre aucune résistance à la pression. La flaccidité
des chairs.
FLACON .s.m.
Espèce de bouteille qui se ferme avec un bouchon de même matière,
ou avec un bouchon de métal. Flacon d'argent. Flacon d'étain.
Un petit flacon d'or. Un petit flacon de cristal. Un flacon d'eau de senteur.
FLAGELLANT .s.m.
Nom de certains fanatiques qui se flagellaient en public. La secte des flagellants
prit naissance vers l'an 1260.
FLAGELLATION . s. f.
Action de fouetter, de faire subir à quelqu'un le supplice du fouet.
Il ne se dit guère qu'en parlant De Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST
et des martyrs. La flagellation de Notre-Seigneur. La flagellation de saint
Gervais.
Se dit aussi de L'action de se flageller. Le pape Clément VI défendit
les flagellations publiques.
Se dit encore d'Un tableau représentant la flagellation de Notre-Seigneur.
C'est la Flagellation de tel peintre.
FLAGELLER . v. a.
Fouetter, faire subir le supplice du fouet. Se dit principalement en parlant
De Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST et des martyrs. Pilate fit flageller
Notre-Seigneur.
Fig., au sens moral, Il a été vigoureusement flagellé,
Il a été cruellement maltraité, en discours ou par écrit.
FLAGELLER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, soit comme verbe
réfléchi, soit comme verbe réciproque, et se dit alors De
ceux qui se fouettent par esprit de mortification. On vit des fanatiques se
flageller publiquement. Il se flagellait jusqu'au sang.
FLAGELLÉ, ÉE. participe
FLAGEOLER . v. n.
Se dit Des jambes du cheval, lorsque la faiblesse ou la fatigue les rend tremblantes.
Les jambes lui flageolent.
FLAGEOLET .s.m.
Petit instrument à vent, qui a un bec par lequel on l'embouche, et dont
on peut varier les sons au moyen des trous dont il est percé. Jouer
du flageolet. Danser au son du flageolet.
Prov. et fig., Être monté sur des flageolets, Avoir les
jambes fort menues.
FLAGORNER . v. a.
Flatter souvent et bassement. Il est entouré de parasites qui le flagornent.
Flagorner ses supérieurs.
S'emploie aussi comme neutre. Il va flagorner aux oreilles de son maître.
Ce verbe est familier.
FLAGORNÉ, ÉE. participe
FLAGORNERIE . s. f.
Flatterie basse et fréquente. Il s'est insinué dans cette maison
par ses flagorneries. Il est familier.
FLAGORNEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui flagorne. C'est un vrai flagorneur, une grande flagorneuse.
Il est familier.
FLAGRANT , ANTE. adj.
Qui a lieu, qui se fait, qui se commet actuellement. Il est principalement usité
dans cette locution, Flagrant délit, Délit où l'on
est pris sur le fait. Le voleur fut pris en flagrant délit. En cas de
flagrant délit.
FLAIR .s.m.
.Chasse. Se dit de L'odorat du chien. Ce chien a le flair excellent.
FLAIRER . v. a.
Sentir par l'odorat. Quand les chiens flairent la bête. Flairez un
peu cette rose.
Se dit, figurément et familièrement, dans le sens de Pressentir,
de prévoir. Il a flairé cela de loin.
FLAIRÉ, ÉE. participe
FLAIREUR .s.m.
Celui qui flaire. Il ne se dit que dans ces locutions familières, Un
flaireur de table, un flaireur de cuisine, Un parasite.
FLAMANT .s.m.
T. d'Hist. nat. Oiseau de l'ordre des Échassiers, à taille élevée,
qui habite les rivages des mers méridionales, et qui est ainsi nommé
à cause de la belle couleur rouge de son plumage. On lui a donné
aussi les noms de Phénicoptère et de Bécharu.
FLAMBANT , ANTE. adj.
Qui flambe. Un tison flambant. Une bûche flambante.
FLAMBANT, en termes de Blason, se dit Des pals ou paux ondés et
aiguisés en forme de flamme. D'argent à trois paux flambants
de gueules.
FLAMBE . s. f.
Nom vulgaire de la plante qu'on appelle autrement Iris des marais.
FLAMBEAU .s.m.
Espèce de torche de cire qu'on porte à la main. Flambeau de
cire jaune. Flambeau de cire blanche. Flambeau de poing. Allumer un flambeau.
Aller sans flambeau. Porter le flambeau. Éteindre un flambeau. À
la lueur d'un flambeau. À la clarté des flambeaux. Certaines divinités
de la Fable, telles que l'Amour, l'Hymen, la Discorde, Bellone, etc., sont ordinairement
représentées avec un flambeau à la main.
Se dit également Des chandelles de cire ou de suif qu'on allume pour
éclairer l'intérieur des maisons; et il se dit aussi, par extension,
Des chandeliers. Allumez les flambeaux. Apportez des flambeaux. Dîner
aux flambeaux. Flambeau d'argent. Flambeau de vermeil doré. Flambeau de
cuivre. Une paire de flambeaux.
Poétiq. et fig., Le flambeau du jour, le flambeau du monde, Le
soleil. Le flambeau, le pâle flambeau de la nuit, des nuits, La lune.
Les flambeaux de la nuit, les célestes flambeaux, Les étoiles,
les astres en général.
Poétiq. et fig., Allumer le flambeau, les flambeaux de l'hymen,
Se marier.
Poétiq. et fig., Allumer le flambeau de la guerre, de la discorde,
Causer, faire naître la guerre, la discorde. Le flambeau de ma vie, de
mes jours est près de s'éteindre, Je sens que je suis près
de mourir. Etc.
FLAMBEAU, se dit encore figurément, dans le style élevé,
Des lumières de la raison, du génie, de la science, etc. Le flambeau
de la raison, du génie. Le flambeau de l'expérience, de la vérité,
de la science, de l'histoire, etc. Le flambeau de la foi.
FLAMBER . v. n.
Jeter de la flamme. Ce bois ne flambe point. Faites flamber ce feu.
Il est aussi verbe actif; et alors il signifie, Passer par le feu ou par-dessus
le feu. Flamber une chemise. Flamber les hardes qui viennent des lieux pestiférés
ou suspects.
En termes de Cuisine, Flamber un chapon, flamber un cochon de lait, flamber
des alouettes, etc., Les exposer à la flamme pour brûler les
restes de plumes ou de poils. Il signifie aussi, Faire tomber sur un chapon, sur
un cochon de lait, sur des alouettes, etc., quelques gouttes de lard fondu, qu'on
allume et qu'on fait flamber.
FLAMBÉ, ÉE. participe, Il signifie figurément et
par plaisanterie, Ruiné, perdu, dont il n'y a plus rien à attendre.
Cet homme est flambé. Mon argent est flambé, je n'espère
plus le ravoir. C'est une affaire flambée.
FLAMBERGE . s. f.
Épée. Il ne se dit qu'en plaisantant, et ne s'emploie guère
que dans cette phrase, Mettre flamberge au vent, Mettre l'épée
à la main, tirer son épée du fourreau.
FLAMBOYANT , ANTE. adj.
Qui flamboie, qui brille beaucoup. Comète flamboyante. Astre flamboyant.
Les éclairs rendaient le ciel tout flamboyant. Épée flamboyante.
Éclat flamboyant.
Fig., en termes de Peinture, Contours flamboyants, Contours coulants,
balancés et souples, que l'on peut comparer à l'effet de la flamme.
FLAMBOYER . v. n.
Jeter une flamme brillante, ou Briller comme une flamme très-vive. Se
dit surtout De l'éclat des armes ou des pierreries. On voyait flamboyer
les épées. Ces diamants semblent flamboyer.
FLAMINE .s.m.
Prêtre, chez les Romains, ainsi nommé d'un voile couleur de feu
qu'il avait droit de porter comme une marque de sa dignité. Il n'y eut
d'abord que trois flamines, celui de Jupiter, celui de Mars, et celui de Romulus.
Sous les empereurs, on créa de nouveaux flamines pour les princes qu'on
avait mis au rang des dieux.
FLAMME . s. f.
(On prononce Flâme.) La partie la plus lumineuse et la plus subtile
du feu, celle qui s'élève au-dessus de la matière qui brûle.
Ce feu ne fait point de flamme. Un corps qui brûle sans donner de flamme.
Passer quelque chose par la flamme. La flamme tend toujours à s'élever.
Jeter une flamme. Éteindre la flamme. Amortir la flamme. Étouffer
la flamme. La flamme d'un bûcher. Il fut dévoré par les flammes.
Il fut livré aux flammes. Tout a été la proie des flammes.
La maison était toute en flammes. Un volcan qui jette des flammes.
Les flammes éternelles, les flammes de l'enfer, Les tourments
des damnés. Les flammes du purgatoire, Les souffrances de ceux qui
sont dans le purgatoire.
Porter le fer et la flamme dans un pays, Y porter la guerre, le ravager.
Fig. et fam., Jeter feu et flamme, Se livrer à de grands emportements
de colère.
Flammes du Bengale, Sorte d'artifice qui brûle sans bruit, et qui
donne une lumière très-vive.
FLAMME, se dit figurément et poétiquement, en parlant De
la passion de l'amour. Une amoureuse flamme. Brûler d'une secrète
flamme, d'une pudique flamme. Flamme criminelle, incestueuse, adultère.
Nourrir, entretenir, éteindre sa flamme. Cacher sa flamme.
FLAMME, en termes de Marine, se dit d'Une banderole longue et étroite
qui va en diminuant en pointe jusqu'à son extrémité, et qu'on
attache aux mâts ou aux vergues des navires. La flamme aux couleurs nationales
ne peut être arborée que sur les vaisseaux de l'État: elle
est le signe du commandement. Flamme d'ordre. Il y a des flammes de diverses couleurs,
qui servent à faire des signaux.
FLAMME, en termes d'Art vétérinaire, se dit d'Un instrument
d'acier dont on se sert pour saigner les chevaux. Donner un coup de flamme
à un cheval.
FLAMMÈCHE . s. f.
Petite parcelle d'une matière combustible qui s'élève en
l'air toute enflammée. Il ne faut qu'une petite flammèche pour
causer un grand embrasement.
FLAN .s.m.
.Monnayage. Pièce de métal qu'on a taillée et préparée
pour en faire une pièce de monnaie, un jeton, une médaille. Un
flan d'argent. Un flan d'or. Un flan de cuivre.
FLAN .s.m.
.Pâtisserie. Sorte de tarte faite avec de la crème, etc.
FLANC .s.m.
Côté de l'homme ou des animaux, la partie qui est depuis le défaut
des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Il eut
le flanc percé d'un coup de flèche. Il reçut un coup dans
le flanc. Presser les flancs de son coursier. Un cheval qui bat du flanc. Un cheval
qui a beaucoup de flanc, qui n'a guère de flanc. Le lion se bat les flancs
avec sa queue.
Par le flanc droit, par le flanc gauche. Termes de commandement militaire
dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner chacun à
droite ou à gauche. On dit de même, Faire par le flanc droit,
par le flanc gauche; et, dans un sens analogue, La marche de flanc.
Fig. et fam., Se battre les flancs pour quelque chose, Faire beaucoup
d'efforts pour y réussir. Se dit principalement Des efforts qui n'ont point
de succès.
FLANC, signifie quelquefois, Le ventre, ou la partie du ventre qui est
comprise entre les deux flancs. Le fils que ses flancs ont porté. Le
flanc qui t'a conçu. Interroger le flanc des victimes.
FLANC, signifie, par analogie, Le côté de diverses choses.
Le flanc d'un vaisseau. Le flanc, les flancs d'une montagne. En termes
de Fortification: Le flanc d'un bastion. Un flanc bas. Un flanc rasant.
En termes de Guerre: Le flanc d'un bataillon, d'un escadron. Les flancs d'une
colonne, d'une armée. Couvrir le flanc d'un bataillon. Prêter le
flanc à l'ennemi. Découvrir le flanc. Montrer le flanc aux ennemis.
Attaquer l'ennemi en flanc. Prendre les ennemis en flanc.
Fig. et fam., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. Prêter
le flanc à la critique, au ridicule, etc.
FLANCONADE . s. f.
T. d'Escrime. Botte de quarte forcée qu'on porte dans le flanc de son
adversaire. Il reçut une terrible flanconade.
FLANDRIN .s.m.
Sobriquet que l'on donne aux hommes élancés, qui n'ont pas une
contenance ferme. C'est un grand flandrin. Il est familier.
FLANELLE . s. f.
Étoffe légère de laine. Flanelle d'Angleterre. Gilet
de flanelle. Porter de la flanelle sur la peau. Flanelle de santé.
FLANQUANT , ANTE. adj.
.Fortification. On appelle Angle flanquant, bastion flanquant, Celui
d'où l'on découvre le pied de quelque autre partie des fortifications
d'une place, de manière qu'on peut en défendre les approches.
FLANQUEMENT .s.m.
T. d'Archit. militaire. Action de flanquer, ou Le résultat de cette action.
FLANQUER . v. a.
T. d'Architecture militaire, qui se dit De la partie d'une fortification qui
en voit une autre, et qui lui sert de défense. Des bastions qui flanquent
la courtine. Des casemates qui flanquent un fossé.
Il signifie aussi, Construire, élever la partie d'une fortification qui
doit en flanquer une autre. On a flanqué cette muraille de deux tours.
Se dit également, en Architecture civile, Des ouvrages ou des ornements
qui sont aux extrémités d'une façade. Des pilastres flanquent
les encoignures de cette façade. Cette façade est flanquée
d'avant-corps.
Se dit encore, familièrement, D'objets placés en flanc, à
côté de quelque chose. Trois ou quatre plats flanquaient cet énorme
pâté.
FLANQUER, signifie quelquefois, populairement, Lancer, jeter brusquement.
Flanquer une assiette par la figure. Elle a flanqué sa médecine
par la fenêtre.
Pop., Flanquer un coup de poing, un soufflet, Appliquer un coup de poing,
un soufflet.
Avec le pronom personnel, Se flanquer dans la boue, S'y laisser tomber,
ou y marcher étourdiment. On dit dans un sens analogue: Se flanquer
par terre. Se flanquer contre la muraille. Etc.
FLANQUÉ, ÉE. participe, Se dit, en termes de Blason, Des
pals, arbres, et autres figures qui en ont d'autres à leur côté.
FLAQUE . s. f.
Petite mare d'eau qui croupit. Il y a des flaques d'eau dans ce chemin.
FLAQUÉE . s. f.
Une certaine quantité d'eau ou d'autre liqueur qu'on jette avec impétuosité
contre quelqu'un ou contre quelque chose. On lui a jeté une flaquée
d'eau par le visage. Il est familier.
FLAQUER . v. a.
Jeter avec impétuosité de l'eau ou une autre liqueur contre quelqu'un,
contre quelque chose. Il lui a flaqué un verre d'eau au visage.
Il est familier et peu usité.
FLAQUÉ, ÉE. participe
FLASQUE . adj. des deux genres
Mou, qui est sans force, sans vigueur. Un grand homme flasque. Le grand chaud
rend le corps flasque. Les grands chevaux sont ordinairement flasques.
Se dit aussi Des parties du corps qui ont perdu leur fermeté. Chair
flasque.
Se dit quelquefois, figurément, Du style, des ouvrages d'esprit où
il n'y a point de force, de verve. Un style flasque. Une poésie flasque
et sans couleur.
FLASQUE .s.m.
T. d'Artillerie. Chacune des deux pièces principales d'un affût.
Un des flasques de cet affût est cassé.
FLÂTRER . v. a.
Il ne se dit qu'en parlant Des chiens mordus de quelque animal enragé,
auxquels on applique sur le front un fer chaud en forme de clef, pour les garantir,
dit-on, de la rage. Flâtrer un chien. Faire flâtrer des chiens.
FLÂTRÉ, ÉE. participe
FLATTER . v. a.
Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire. Ceux qui
flattent les princes les corrompent. Les hommes aiment ordinairement ceux qui
les flattent. Elle aime à s'entendre flatter. Il ne sait point flatter.
En termes de Peinture, Flatter une personne, La peindre, la représenter
plus belle ou moins laide qu'elle n'est. Le peintre l'a un peu flattée.
Les peintres flattent toujours. On dit dans un sens analogue, Ce miroir
flatte.
FLATTER, signifie aussi, Excuser par une complaisance répréhensible.
Il est trop homme de bien pour flatter le vice. Je ne saurais flatter les passions,
les défauts de mes amis.
Il signifie encore, Tromper en déguisant la vérité, ou
par faiblesse, ou par une mauvaise crainte de déplaire. Vous me flattez
dans cette affaire-là. On ne flatte ordinairement que trop. Dites-moi sans
me flatter ce qui vous en semble. Je ne veux point que mon médecin me flatte,
je veux qu'il me dise nettement l'état de mon mal.
Il signifie quelquefois, figurément, Traiter avec trop de douceur et
trop de ménagement ce qui a besoin d'être traité d'une autre
manière. On ne guérit point les grands maux en les flattant.
Flatter une plaie, N'y appliquer que des remèdes trop doux. C'est
entretenir une plaie que de la flatter. Si on flatte cet ulcère, on ne
le guérira pas; il faut le traiter par des moyens énergiques.
FLATTER, signifie aussi, Caresser. Flatter un enfant. Flatter un cheval
de la main, avec la main. Flatter un chien. Le chien flatte son maître.
Flatter la corde d'un instrument de musique, La toucher doucement, avec
délicatesse.
Flatter le dé, Jeter doucement les dés, en jouant, dans
l'espoir de n'amener qu'un petit nombre de points. Ne flattez point le dé,
jetez-le franchement.
Fig. et fam., Flatter le dé, Déguiser, adoucir quelque
chose de fâcheux par des termes qui en cachent une partie, ou qui font le
mal moins grand. Parlez-nous franchement, ne flattez point le dé, il
ne faut pas flatter le dé. En lui annonçant cette nouvelle, il a
flatté le dé.
FLATTER, signifie encore, Délecter, charmer, tant au sens physique
qu'au sens moral. La musique flatte l'oreille. Ce vin flatte le goût.
Un spectacle qui flatte les yeux, les regards. Cela flatte l'imagination, flatte
les sens.
Il signifie quelquefois, Causer un vif plaisir, une grande satisfaction. Cela
doit bien le flatter. Voilà qui est bien capable de flatter le coeur d'une
mère. Une telle préférence me flatte et m'honore. On
dit dans un sens analogue, Flatter l'orgueil, la vanité, l'amour-propre,
l'ambition, les désirs, les espérances, etc. Ce petit succès
a flatté son amour-propre. Tout flatte vos désirs, votre ambition.
Voici un événement qui flatte mes espérances.
Flatter les passions, les caprices, les goûts, etc., de quelqu'un,
Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts, etc., de quelqu'un, leur
donner son approbation, ses louanges. Cet orateur flattait les passions de
la multitude. Il flatte jusqu'aux caprices du prince. Il flatte tous ses goûts.
Flatter sa douleur, sa peine, son chagrin, En adoucir le sentiment par
des pensées consolantes. On dit de même, Flatter la douleur, la
peine, etc., de quelqu'un.
Flatter quelqu'un de quelque chose, Lui faire espérer quelque
chose, l'amuser de l'espérance de quelque chose. On le flatte qu'il
obtiendra ce qu'il désire. Il y a longtemps qu'on le flatte de cette espérance.
FLATTER, avec le pronom personnel, signifie, Avoir ou vouloir donner
une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources,
etc. C'est un homme vain qui se flatte toujours. Il est ridicule de se flatter.
Je ne me flatte point, je connais mes défauts. Je puis dire, sans me flatter,
que...
Il signifie aussi, S'entretenir dans l'espérance, s'amuser de l'espérance
de quelque chose. Elle s'était flattée de réussir. Il
se flatte qu'on aura besoin de lui. C'est de quoi il s'est toujours flatté.
J'y parviendrai, je m'en flatte.
Il signifie quelquefois, Se persuader. Il se flatte que vous approuverez
sa conduite. Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments.
FLATTÉ, ÉE. participe, Portrait flatté, Portrait
où la personne est peinte en beau. Cela se dit aussi figurément.
Dans sa harangue, il a fait de son ami un portrait un peu flatté. Il
a fait de ce prince un portrait qui n'est point flatté.
FLATTERIE . s. f.
Louange fausse ou exagérée, donnée dans le dessein de se
rendre agréable. Lâche flatterie. Honteuse flatterie. Basse flatterie.
Flatterie grossière. Une flatterie délicate. Il parvint à
le séduire par ses flatteries. Dire quelque chose par flatterie. Parler
sans flatterie. Haïr la flatterie. Être ennemi de la flatterie.
FLATTEUR , EUSE. adj.
Qui flatte, qui loue avec exagération. Je ne veux point d'amis flatteurs.
Un esprit flatteur. Tenir des discours flatteurs. Un langage flatteur. Un ton
flatteur.
Miroir flatteur, Miroir où l'on se voit plus beau qu'on n'est.
Avoir les manières flatteuses, Avoir les manières douces
et insinuantes.
FLATTEUR, signifie aussi, Qui témoigne l'approbation, la louange,
la faveur. Un murmure flatteur s'éleva dans l'assemblée. La princesse
lui adressa des paroles flatteuses. C'est une distinction très-flatteuse.
De la part de ce critique de tels éloges sont bien flatteurs. Il reçut
la récompense la plus honorable et la plus flatteuse.
Il signifie encore simplement, Agréable. Un espoir flatteur. Une espérance
flatteuse. De flatteuses illusions. Le son flatteur de sa voix. Il a toujours
quelque chose de flatteur à vous dire.
Il signifie quelquefois, Caressant. Le chien est un animal flatteur.
FLATTEUR, est aussi substantif, et signifie, Adulateur, celui qui cherche
à séduire, à se faire bien venir par de fausses louanges,
ou par de basses complaisances. Les plus dangereux ennemis des princes sont
les flatteurs. Un lâche flatteur. Flatteur à gages. Haïr les
flatteurs.
Fam., Vous êtes un flatteur, une flatteuse, se dit Pour repousser
doucement des éloges qui tiennent de la flatterie et que la modestie ne
permet pas d'accepter. On dit de même, Taisez-vous, flatteur, flatteuse.
FLATTEUSEMENT . adv.
D'une manière flatteuse. Il est peu usité.
FLATUEUX , EUSE. adj.
Venteux, qui cause des vents. Il ne se dit guère que De certains aliments.
Aliment flatueux. Ces légumes sont flatueux.
FLATUOSITÉ . s. f.
.Médec. Vents dans le corps. S'emploie surtout au pluriel. On dit
que les fruits causent des flatuosités. Être sujet aux flatuosités.
FLÉAU .s.m.
Instrument qui est composé de deux bâtons d'inégale longueur,
attachés l'un au bout de l'autre avec des courroies, et qui sert à
battre le blé. Battre le blé avec le fléau. Les gerbes
sont sous le fléau. Se servir d'un fléau comme d'une arme. Jouer
du fléau.
Se dit, figurément, Des grandes calamités qui affligent le genre
humain, et que l'on attribue souvent à quelque vue secrète de la
Providence. Les fléaux que Dieu envoie aux hommes pour les châtier.
Un fléau du ciel, de Dieu. Ce fléau désola, ravagea toute
la contrée. La peste, la famine, la guerre, etc., sont de terribles fléaux.
Le fléau de la peste, de la guerre, etc. Faire cesser un fléau.
Se dit également de Ceux par qui l'on croit que la Divinité châtie
les peuples. Attila est appelé le fléau de Dieu. Ce gouverneur
est un fléau du ciel. Les conquérants, ces fléaux de la vengeance,
de la colère céleste.
Se dit, par extension, de Tout ce qui est nuisible, funeste, redoutable. Être
le fléau de la société, de l'humanité. Hélène
devint le fléau des Grecs et des Troyens. La calomnie est le fléau
des gens de bien. C'est un grand fléau pour un père, pour un mari,
qu'un mauvais fils, qu'une méchante femme, La goutte, la gravelle, et les
autres fléaux dont le corps humain est menacé.
Se dit quelquefois, par exagération, d'Une personne qui nous fait éprouver
de grandes importunités, une sorte de persécution, etc. Cet homme-là
me fait tous les jours de nouveaux procès; c'est mon fléau. Cet
homme est un vrai fléau, je ne puis me délivrer de ses sollicitations.
Cet éternel bavard est un grand fléau. Dans ce sens, il est
ordinairement familier.
FLÉAU, se dit aussi de La verge de fer aux extrémités
de laquelle sont suspendus les deux bassins d'une balance. Le fléau
d'une balance.
Se dit encore d'Une barre de fer qu'on met derrière les portes cochères,
et qu'on tourne à demi pour ouvrir les deux battants. Le fléau
d'une porte cochère.
FLÈCHE . s. f.
Trait qu'on lance avec un arc ou une arbalète. Le fer, le bois d'une
flèche. Tirer une flèche. Flèche acérée. Flèche
empoisonnée. Il fut tué à coups de flèches. Apollon
perça de ses flèches le serpent Python. Les flèches dont
les poëtes supposent que l'Amour est armé.
Cet objet a la forme d'un fer de flèche, est taillé en fer
de flèche, se dit De ce qui ressemble à un triangle échancré
à sa base, parce que le fer des flèches a ordinairement cette forme.
Prov. et fig., Faire flèche de tout bois, Mettre tout en oeuvre
pour se tirer d'affaire, pour venir à bout de ce qu'on a entrepris. Ne
savoir plus de quel bois faire flèche, Ne savoir plus à quel
moyen recourir; ou Être dans une grande nécessité, ne savoir
plus comment subsister. Tout bois n'est pas bon à faire flèche,
Il faut savoir distinguer et choisir les personnes et les moyens qu'on veut employer.
FLÈCHE, se dit également de Certaines choses qui sont faites
en forme de flèche. Elle avait une flèche d'or dans ses cheveux.
Des rideaux soutenus par une flèche. La flèche d'un lit.
Se dit, particulièrement, de Certains signes représentant une
flèche, dont on se sert dans les cartes géographiques, dans les
plans, etc., pour indiquer le côté du nord ou la direction d'un courant
d'eau.
Se dit pareillement, en Astronomie, d'Une constellation de l'hémisphère
boréal, qui est ordinairement représentée par la figure d'une
flèche, dans les cartes astronomiques.
En Géom., La flèche d'un arc, La portion de ligne droite
qui, menée perpendiculairement au milieu de la corde, est terminée
à l'arc.
FLÈCHE, se dit aussi d'Une longue pièce de bois cambrée
qui joint le train de derrière d'un carrosse avec celui de devant. Un
carrosse qui porte sur la flèche. La flèche se rompit.
Il signifie en outre, La partie d'un clocher qui surmonte la tour ou la cage,
et qui est en pointe, en pyramide. Flèche de charpente. Flèche
de pierre. On dit aussi, mais plus rarement, Aiguille.
Se dit, en termes de Fortification, d'Un petit ouvrage composé de deux
côtés, qu'on élève vis-à-vis les angles saillants
ou rentrants du chemin couvert, à l'extrémité de son glacis.
On dit aussi, Bonnette.
Se dit, au Trictrac, de Chacune des languettes pointues, de deux couleurs, qui
sont au fond du trictrac, et sur lesquelles on fait les cases. On dit aussi, mais
plus rarement, Lame.
En termes de Charcuterie, Flèche de lard, Ce qu'on a levé
de l'un des côtés d'un cochon, depuis l'épaule jusqu'à
la cuisse. Acheter une flèche de lard.
FLÉCHIR . v. a.
Ployer, courber. Fléchir quelque partie du corps. Le muscle qui fléchit
la première phalange du petit doigt. Fléchir le genou, les genoux.
Fléchir les genoux devant les idoles, Adorer les idoles. On dit
aussi dans ce sens, Fléchir le genou devant Baal.
Fig., Fléchir le genou, les genoux devant quelqu'un, S'abaisser,
s'humilier devant lui. Cet homme est toujours prêt à fléchir
les genoux devant le pouvoir.
FLÉCHIR, s'emploie aussi comme neutre. Cette poutre commence
à fléchir. Ce bois rompra plutôt que de fléchir. Il
faut que tout genou fléchisse au nom de Jésus.
Fig., Fléchir sous le joug, S'y soumettre. Tout fut obligé
de fléchir sous le joug.
FLÉCHIR, se dit figurément, à l'actif, et signifie,
Émouvoir à compassion, toucher de pitié, attendrir, adoucir.
Fléchir ses juges. Se laisser fléchir aux prières, par
les prières. Il est inexorable, rien ne le fléchit, ne peut le fléchir.
Cela est capable de fléchir les coeurs les plus durs, les plus barbares.
Fléchir la dureté, la cruauté d'un tyran, le courroux d'un
maître.
S'emploie de même figurément au neutre, et signifie, Se soumettre,
s'abaisser. Tout le monde fléchissait devant lui. Tout doit fléchir
sous les lois de la destinée.
Il signifie également, Cesser de persister dans des sentiments de dureté
ou de fermeté. C'est un homme doux, qui fléchit aisément.
Quoi qu'on fasse, je ne fléchirai pas. Il est inébranlable, il ne
fléchit point. Il ne sait ce que c'est que de fléchir. Il commence
à fléchir.
Il signifie quelquefois, Céder, ne plus résister, ne plus combattre
avec la même vigueur. L'aile droite de l'armée commençait
à fléchir.
FLÉCHI, IE. participe
FLÉCHISSEMENT .s.m.
Action de fléchir. Le fléchissement des genoux.
Il signifie aussi, L'état d'un corps qui fléchit. Le fléchissement
d'une poutre, d'un mât, etc.
FLÉCHISSEUR . adj. m.
T. d'Anat., qui se dit Des muscles destinés à faire fléchir
certaines parties. Les muscles fléchisseurs du bras.
S'emploie aussi substantivement. Les fléchisseurs du genou. Les fléchisseurs
sont opposés aux extenseurs.
FLEGMAGOGUE . adj. des deux genres
(On écrit aussi, Phlegmagogue.) .Médec. Il se disait autrefois
Des médicaments qu'on croyait propres à purger la pituite.
Il se disait aussi substantivement, au masculin. Employer les flegmagogues.
FLEGMASIE . s. f.
Voyez PHLEGMASIE.
FLEGMATIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Lymphatique, pituiteux; qui abonde en flegme, en pituite. C'est
un homme extrêmement flegmatique, d'un tempérament flegmatique.
Dans ce sens, on écrit aussi, Phlegmatique.
FLEGMATIQUE, se dit figurément, dans le langage ordinaire, D'une
personne dont le caractère est froid, qui s'émeut difficilement;
et alors il est quelquefois substantif. C'est un homme très-flegmatique.
C'est un flegmatique.
FLEGME .s.m.
.Médec. Sérosité; humeur aqueuse, laquelle fait partie
constituante du sang, du lait, etc. Dans ce sens, on écrit aussi, Phlegme.
FLEGME, dans le langage ordinaire, se dit de La pituite, des matières
aqueuses, épaisses et filantes, qu'on jette en crachant, en vomissant,
etc. Dans ce sens, il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Il a jeté
beaucoup de flegmes, des flegmes sanguinolents.
Il se prend, au figuré, pour La qualité d'un esprit posé,
patient, qui se possède; et, dans ce sens, il ne se dit point au pluriel.
C'est un homme qui a un grand flegme, qui est d'un grand flegme. Il a du flegme
où il n'en faudrait point avoir. Son flegme m'étonne. Il y a des
occasions où il est bon d'avoir du flegme. Modérez votre bile, ayez
un peu plus de flegme. Le flegme de cet homme me met au désespoir.
FLEGME, dans l'ancienne Chimie, signifiait, La partie aqueuse, insipide
et inodore que la distillation dégage des corps.
FLEGMON .s.m.
(On écrit aussi, Phlegmon.) .Médec. Inflammation du tissu
cellulaire, accompagnée de rougeur, de gonflement et de douleur, et qui
se termine ordinairement par suppuration.
FLEGMONEUX , EUSE. adj.
Qui est de la nature du flegmon. Inflammation flegmoneuse. Érésipèle
flegmoneux.
FLÉTRIR . v. a.
Faner entièrement, ternir, ôter la couleur, la vivacité,
la fraîcheur. Le vent de bise, le hâle flétrit les fleurs.
Le grand air flétrit les couleurs. Le temps, l'âge flétrit
le teint, flétrit la beauté.
Fig., Flétrir les lauriers d'un héros, d'un conquérant,
d'un poëte, etc., Ternir la gloire qu'il s'était acquise.
FLÉTRIR, se dit figurément, au sens moral, De ce qui altère
ou diminue la pureté, le mérite, l'agrément, etc., de certaines
choses. Les chagrins ont flétri sa jeunesse. Flétrir les grâces
du jeune âge.
Il signifie particulièrement, Abattre, ôter l'énergie, la
vigueur, le courage. Le malheur flétrit l'âme.
FLÉTRIR, signifie encore, Diffamer, déshonorer, dégrader,
ou traiter comme infâme. Flétrir quelqu'un. Flétrir l'innocence.
Flétrir la réputation, la mémoire, la gloire de quelqu'un.
Flétrir quelqu'un du nom de traître. Un homme que plusieurs condamnations
ont déjà flétri. Il est à jamais flétri. Les
tyrans que l'histoire a flétris.
Il signifie particulièrement, en Matière criminelle, Marquer une
personne d'un fer chaud, en punition d'un crime. Il fut condamné à
être flétri par la main du bourreau, à être flétri.
Flétrir un criminel. En France, cette peine est abolie.
FLÉTRIR, s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans la plupart
des sens qui viennent d'être indiqués. Les fleurs se flétrissent.
Sa beauté commence à se flétrir. Leur jeunesse s'est flétrie
dans les larmes. Une âme qui s'est flétrie dans le malheur. Sa gloire
allait bientôt se flétrir.
FLÉTRI, IE. participe, Pomme flétrie. Avoir la peau
flétrie. Des charmes flétris. Un coeur flétri par de longs
chagrins. C'est un homme flétri dans l'opinion publique.
FLÉTRISSANT , ANTE. adj.
Qui flétrit, qui déshonore. Un arrêt flétrissant.
Des imputations flétrissantes.
FLÉTRISSURE . s. f.
L'altération qui arrive à la fraîcheur et à la vivacité
des fleurs et des couleurs, ou à la beauté et à la délicatesse
du teint, de la peau. La flétrissure des fleurs, des fruits. Le temps
n'a pas causé la moindre flétrissure à la beauté de
son teint.
Il signifie figurément, Tache à la réputation, à
l'honneur. Voilà une grande flétrissure à son honneur,
à sa réputation. Il a reçu une flétrissure qui ne
s'effacera jamais. C'est une flétrissure à un homme que d'avoir
fui dans le combat.
Se dit, en Matière criminelle, de La marque d'un fer chaud, imprimé
par ordre de justice sur l'épaule d'un criminel. On lai a trouvé
une flétrissure sur l'épaule. En France, la peine de la flétrissure
est abolie.
FLEUR . s. f.
Production des végétaux, ordinairement colorée, et quelquefois
odorante, qui précède le fruit, et qui porte les organes de la reproduction.
Le calice, la corolle d'une fleur. Une fleur qui manque de calice, de corolle,
d'étamine ou de pistil, est incomplète. Fleur complète. Fleur
hermaphrodite. Fleur mâle. Fleur femelle. Fleur stérile. Les fleurs
de cette plante sont grandes, petites, jaunes, blanches, rouges, etc. Fleurs pédonculées.
Fleurs sessiles. Fleurs solitaires. Fleurs en grappe, en panicule, en corymbe,
en ombelle, en épi, etc. Fleur composée. Fleur radiée. Fleur
simple. Fleur double. Fleur nouvelle. Fleur épanouie. Bouton de fleur.
Bouton à fleur. Fleur éclose. Fleur printanière. Fleur d'été.
Fleur d'automne. Fleur de pêcher. Fleur de jasmin. Fleur d'orange. Une fleur
qui se fane, qui se passe, qui se flétrit. Un arbre qui donne des fleurs,
qui pousse des fleurs, qui est en fleur. La vigne est en fleur. Les blés
sont en fleur. Il n'y a point de fleurs apparentes dans les fougères, ni
dans les champignons. Un arbre chargé de fleurs. Un papillon qui vole de
fleur en fleur. Un bouquet, une guirlande, une couronne de fleurs. Des festons
de fleurs. Semé, jonché de fleurs. Couvert de fleurs. Cueillir une
fleur. Aimer les fleurs. Orner sa cheminée de fleurs. Vase de fleurs. On
n'a pas laissé les queues de ces fleurs assez longues. Les fleurs des champs.
Une prairie émaillée de fleurs. Le parfum des fleurs.
Fig., Semer, jeter, répandre des fleurs sur la tombe de quelqu'un,
Donner des louanges à sa mémoire.
Prov. et fig., Le serpent est caché sous les fleurs, se dit en
parlant De choses dangereuses dont les apparences sont séduisantes. On
dit dans un sens analogue, Couvrir de fleurs, cacher sous des fleurs le bord
du précipice, un piége, etc.
Fig., La fleur de la virginité, La virginité même.
On dit quelquefois, absolument et un peu librement, Fleur. Elle a perdu sa
fleur.
FLEUR, se dit quelquefois, par extension, Des plantes à fleurs
que l'on cultive pour l'agrément. C'est une fleur extrêmement
recherchée. Planter, cultiver, arroser des fleurs. Avoir des pots de fleurs
sur sa fenêtre. Marché aux fleurs.
Il a ce dernier sens dans les dénominations vulgaires de diverses plantes
remarquables par la couleur ou la forme de leurs fleurs. Fleur de la passion
(grenadille). Fleur de jalousie (amarante tricolore). Fleur de tous
les mois (souci des jardins). Fleur de coucou (primevère à
fleurs jaunes). Fleur du soleil (espèce de ciste). Etc. etc.
Se dit également Des figures, des représentations de fleurs, et
même de fruits, de feuilles, etc. Peindre des fleurs. Peintre de fleurs.
Collection de fleurs lithographiées. On a gravé une fleur sur ce
cachet. Broder une fleur, des fleurs sur une étoffe.
Étoffe à fleurs, Étoffe où il y a des figures
de fleurs, etc., tissues ou brochées avec l'étoffe. Damas à
fleurs. À fleurs d'or, à fleurs d'argent.
Fleurs artificielles, se dit de Certains ouvrages qui imitent des fleurs
ou des plantes à fleurs, et qui servent à faire des bouquets, à
orner les coiffures de femme, à décorer les appartements, etc. Fabricant,
marchand de fleurs artificielles! Un bouquet de fleurs artificielles.
Fleur de lis. Voyez LIS.
FLEUR, se dit figurément, en parlant De certaines choses, pour
désigner Le temps où elles sont dans toute leur beauté, dans
leur plus grand éclat, comme les arbres et les plantes lorsqu'ils sont
en fleur. Être dans la fleur, à la fleur de ses jours. Il est
dans la fleur de la jeunesse. Trente ans, c'est la fleur de l'âge pour un
homme. Mourir à la fleur de l'âge, à la fleur de ses ans.
Elle était alors dans la fleur de sa beauté, dans toute la fleur
de sa beauté. La fleur de la beauté n'a qu'un temps.
Se dit quelquefois, poétiquement et dans le style élevé,
d'Une personne jeune, aimable, belle, ou même d'Un jeune enfant. Cette
fleur si belle et qui fut sitôt moissonnée. Ce sont de tendres fleurs
qu'il faut préserver du souffle impur des vices.
FLEUR, se dit aussi figurément, surtout en parlant Des ouvrages
d'esprit, pour signifier, Ornement, embellissement. Il a essayé de répandre
quelques fleurs sur ce sujet aride.
Fleurs de rhétorique, Ornements, embellissements du discours.
Il se prend souvent en mauvaise part, lorsqu'on veut parler D'un discours où
les ornements sont placés sans goût, prodigués sans mesure,
etc. Il nous a fait beaucoup de fleurs de rhétorique, et n'a rien dit
sur la question qu'il devait traiter.
FLEUR, se dit encore, figurément, d'Une légère blancheur
qui paraît sur la peau de certains fruits, tels que les prunes, les raisins,
etc., lorsqu'ils n'ont point encore été maniés. On servit
quantité de fruits qui avaient encore toute leur fleur.
La fleur du teint, Cet éclat, cette fraîcheur de teint que
donnent la jeunesse et la santé.
FLEUR, se dit également, au figuré, Du lustre, de l'éclat,
etc., de certaines choses qui durent peu. La beauté n'a qu'une fleur.
Cette étoffe est d'une belle couleur, mais elle n'a que la fleur.
Se dit de même au sens moral. Cette fleur d'innocence qui donne tant
de charme au jeune âge.
Il signifie en outre, quelquefois, La première vue, le premier usage
d'une chose nouvelle. Voilà une étoffe qu'on n'a encore montrée
à personne, vous en aurez la fleur. Il a eu la fleur de cette tapisserie,
de ce meuble.
FLEUR, se dit aussi, figurément, pour Élite, choix, ce
qu'il y a de meilleur, d'excellent. C'est la fleur de mes amis. Ces braves
sont la fleur du régiment, de l'armée. Ne prendre que la fleur d'un
sujet.
Fleur de chevalerie, fine fleur de chevalerie, s'est dit, dans les Romans
de chevalerie, de L'élite des chevaliers, ou d'Un chevalier accompli. On
dit encore quelquefois, familièrement, C'est fine fleur de chevalerie,
en parlant D'un homme qui a beaucoup de valeur et de probité. On dit dans
un sens analogue, C'est la fleur de la galanterie, en parlant D'un homme
galant auprès des femmes, ou Des attentions délicates et des petits
soins qu'on emploie pour leur plaire.
Fig. et fam., La fleur des pois, se dit, en plaisantant, d'Un homme à
la mode, élégant, agréable.
Fleur de farine, La partie la plus fine, la plus belle de la farine.
Un gâteau de fleur de farine.
FLEURS, au pluriel, se dit quelquefois pour Flueurs, et signifie,
Les règles, les purgations menstruelles des femmes. Une femme qui a
ses fleurs. Ce sens a vieilli.
Fleurs blanches, Certaine maladie des femmes.
FLEURS, s'est dit dans l'ancienne Chimie, et se dit quelquefois encore
dans le langage médical, de Certaines substances solides ou volatiles,
produites par sublimation ou décomposition. Fleurs de soufre, de zinc,
d'arsenic, d'antimoine. Fleurs de benjoin. On dit de même, au singulier,
Fleur de soufre.
Fleurs du vin, Petits flocons de moisissure qui paraissent sur le vin,
dans les tonneaux ou dans les bouteilles, lorsqu'il vient à se gâter.
À FLEUR DE. loc. prépositive, Presque au niveau de. Les
fondements de cet édifice sont déjà à fleur de terre.
La digue n'était pas encore à fleur d'eau. Il a de gros yeux à
fleur de tête.
Au Jeu de paume, La balle a passé à fleur de corde, Elle
a légèrement effleuré la corde, en passant par-dessus, en
sorte qu'il s'en est peu fallu que le coup ne fût perdu.
Fig. et fam., Cette affaire a passé à fleur de corde, Il
s'en est peu fallu qu'elle ne manquât.
Cette médaille est à fleur de coin, Elle est parfaitement
conservée.
FLEURAISON . s. f.
.Bot. Le développement et l'épanouissement des fleurs; L'époque
où les plantes fleurissent; ou L'état des plantes en fleur. La
gelée a retardé la fleuraison. Les fleurs de la seconde fleuraison
sont ordinairement moins grandes et moins belles que celles de la première.
Il faut attendre l'époque de la fleuraison. Pendant la fleuraison. La fleuraison
de la vigne est belle. Observer une plante au moment de sa fleuraison. On
dit aussi, Floraison.
FLEURDELISER . v. a.
Marquer d'une fleur de lis avec un fer chaud. Ce voleur avait déjà
été fleurdelisé.
FLEURDELISÉ, ÉE. participe, Se dit adjectivement, en termes
de Blason, De ce qui est orné, semé de fleurs de lis. Un écu
fleurdelisé. Le bâton des maréchaux de France était
alors fleurdelisé.
FLEURÉ , ÉE. adj.
.Blason, qui se dit Des pièces terminées en fleurs, ou bordées
de fleurs. On dit aussi, Fleureté et Fleuronné.
FLEURER . v. n.
Répandre une odeur, exhaler une odeur. Cela fleure bon.
Prov. et fig., Cela fleure comme baume, Cela sent fort bon; et, figurément
et familièrement, en matière d'intérêt, Cela offre
des sûretés, cela paraît devoir être avantageux, lucratif.
On dit aussi, Sa réputation fleure comme baume, ne fleure pas comme
baume, Il a une excellente réputation, une mauvaise réputation.
FLEURET .s.m.
Certaine espèce de fil fait de la matière la plus grossière
de la soie. Dans cette étoffe il entre beaucoup de fleuret. Le fond
de cette étoffe est de fleuret.
Se dit également d'Un ruban qui est fait de ce même fil. Une
aune de fleuret.
Dans le Commerce, on nomme, au contraire, Fleuret de coton, de laine, de
fil, Le coton, la laine, le fil de choix.
FLEURET, se dit aussi d'Une épée à lame carrée,
sans pointe et sans tranchant, qui est terminée par une espèce de
bouton garni de cuir, et dont on se sert à l'escrime. Présenter
le fleuret. Faire un coup de fleuret. Manier le fleuret. Je lui ai fait sauter
le fleuret.
FLEURET, se dit en outre d'Un certain pas de danse. Un fleuret, un
coupé.
FLEURETÉ . adj.
Voyez FLEURÉ.
FLEURETTE . s. f. diminutif
Petite fleur. Cueillir les fleurettes des prés.
Il ne s'emploie plus guère que figurément, et signifie, Propos
galant, cajolerie que l'on dit à une femme. Dire des fleurettes. Conter
des fleurettes. Conter fleurette. Elle aime les fleurettes. Elle aime la fleurette.
FLEURIR . v. n.
Pousser des fleurs, être en fleur. Quand les roses commencent à
fleurir. Les anémones fleurissent de bonne heure. Cette plante fleurit
en été, en automne.
Fig., Sa barbe va bientôt fleurir, se dit D'un jeune homme dont
la barbe est près de pousser.
FLEURIR, signifie figurément, Être dans un état de
prospérité, de splendeur; être en crédit, en honneur,
en réputation. Alors il fait souvent Florissait à l'imparfait
de l'indicatif, et toujours Florissant, au participe ou adjectif verbal,
l'un et l'autre empruntés du verbe inusité Florir. Un prince
qui s'attache à faire fleurir l'agriculture, l'industrie. Dans un siècle
où fleurissent les arts. Les peintres et les poëtes qui fleurirent
à cette époque. Les sciences et les beaux-arts fleurissaient
ou florissaient sous le règne de ce prince. On dit toujours Florissait,
lorsqu'on parle D'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'un peuple,
d'une ville, d'une république. Ronsard florissait en France à
la fin du seizième siècle. Cet empire florissait encore par ses
anciennes lois. Athènes florissait sous Périclès.
FLEURIR, est quelquefois actif, dans le langage familier, et signifie,
Parer d'une fleur, d'un bouquet, etc. Qui vous a fleuri de la sorte? On
l'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Vous ne sortirez
point de mon jardin sans vous fleurir.
FLEURI, IE. participe, Arbre fleuri. Pré fleuri.
Poétiq., La saison fleurie, Le printemps.
Pâques fleuries, Le dimanche des Rameaux, qui précède
immédiatement celui de Pâques.
FLEURI, s'emploie aussi, adjectivement et figurément, dans les
locutions suivantes:
Teint fleuri, visage fleuri, mine fleurie, Teint, visage, etc., qui a
de la fraîcheur et de l'éclat.
Discours fleuri, style fleuri, Discours, style rempli d'ornements. Il
a un style très-fleuri, trop fleuri.
Esprit fleuri, Esprit remarquable surtout par l'éclat et par l'agrément.
En Peinture, Couleur fleurie, Couleur dont les tons brillants semblent
tenir de l'éclat des fleurs.
En Musique, Contre-point fleuri ou figuré, Celui où
les différentes parties procèdent par des valeurs et des rhythmes
différents.
FLEURISSANT , ANTE. adj.
Qui pousse des fleurs, qui est fleuri. Les prés fleurissants. Les
plaines fleurissantes. Au figuré, on dit Florissant: voyez ce
mot.
FLEURISTE .s.m.
Celui qui est curieux de fleurs, qui connaît, qui aime les fleurs, qui
prend plaisir à les cultiver. C'est un fleuriste, un grand fleuriste.
Ce jardinier est un bon fleuriste. Il y a beaucoup de gens qui se piquent d'être
fleuristes.
Fleuriste artificiel, Celui qui fait ou qui vend des fleurs artificielles.
On appelle absolument Fleuriste, Une ouvrière qui fait des fleurs
artificielles.
Adjectiv., Marchand, marchande fleuriste, Marchand, marchande de fleurs,
de plantes à fleurs. Jardinier fleuriste, Celui qui cultive des
fleurs. Jardin fleuriste, Jardin principalement destiné à
la culture des fleurs.
FLEURISTE, se dit aussi d'Un peintre qui s'adonne particulièrement
à peindre des fleurs. Ce peintre est un excellent fleuriste. Ce
sens a vieilli: on dit maintenant, Peintre de fleurs.
FLEURON .s.m.
Espèce de représentation de fleur servant d'ornement. Les fleurons
d'une couronne. Une étoffe où il y a des fleurons, de grands fleurons.
Les fleurons qu'on taille sur les moulures et autres membres d'architecture.
Se dit particulièrement, en termes d'Imprimerie, d'Un ornement que l'on
met quelquefois à la fin des divisions d'un ouvrage ou sur le titre, et
qui autrefois représentait ordinairement des fleurs. Ce fleuron représente
les attributs du commerce. Le sujet d'un fleuron doit être approprié
à la matière du chapitre qu'il termine.
Fig., C'est un des plus beaux fleurons de sa couronne, le plus beau fleuron
de sa couronne, se dit D'une des principales prérogatives qu'ait un
prince, d'un de ses plus grands revenus, d'une de ses meilleures provinces; et,
par extension, De ce qu'une personne a de plus considérable, de plus avantageux.
On dit de même: Ajouter un fleuron à sa couronne. Il a perdu le
plus beau, les plus beaux fleurons de sa couronne. Etc.
FLEURON, en termes de Botanique, se dit de Chacune des petites fleurs
dont la réunion sur un seul réceptacle et dans un calice commun,
forme une fleur composée. Il y a deux sortes de fleurons: le fleuron
proprement dit, qui a la forme d'un tube ou d'un cornet, découpé
à son ouverture en quatre ou cinq divisions régulières; et
le demi-fleuron ou fleuron en languette, qui est un peu tubulé
à sa partie inférieure et qui s'épanouit ensuite d'un seul
côté, de manière à former une languette plane. Le chardon,
l'artichaut, l'armoise, portent des fleurs à fleurons. Les fleurs du pissenlit,
de la chicorée, etc., sont composées de demi-fleurons. La fleur
du tournesol, de la pâquerette, a des fleurons au centre et des demi-fleurons
à la circonférence.
FLEURONNÉ . adj.
Voyez FLEURÉ.
FLEUVE .s.m.
Grande rivière qui porte ses eaux et conserve son nom jusqu'à
la mer. Grand fleuve. Fleuve profond. Fleuve rapide, impétueux. Fleuve
navigable. Le bord, la rive d'un fleuve. Les eaux d'un fleuve. Le courant du fleuve.
Le canal, le lit, le cours d'un fleuve. L'embouchure d'un fleuve. Fleuve qui coule
doucement. Traverser, passer un fleuve à gué.
Se dit quelquefois, en poésie, pour désigner Une rivière
quelconque.
Fig. et poétiq., Le fleuve de la vie, Le cours de la vie. Descendre
paisiblement le fleuve de la vie.
FLEUVE, se dit, en Mythologie, Des divinités qui président
aux fleuves, et qu'on représente ordinairement sous la figure de vieillards
couchés sur des roseaux, appuyés sur une urne, la tête ceinte
d'une couronne de joncs, et quelquefois le front armé de cornes. Le
peintre, le sculpteur a donné à ce fleuve des formes colossales.
Les attributs d'un fleuve.
FLEXIBILITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est flexible. Se dit au propre et au figuré.
La flexibilité de l'osier. La flexibilité de la voix. La flexibilité
de l'esprit, du caractère.
FLEXIBLE . adj. des deux genres
Souple, qui plie aisément. Il n'y a rien de plus flexible que l'osier.
Une branche flexible. Avoir un corps souple et flexible.
Fig., Voix flexible, Voix souple et aisée, qui passe facilement
d'un ton à un autre. Ce chanteur a la voix très-flexible.
FLEXIBLE, signifie figurément, Qui cède aisément
aux impressions qu'on veut lui donner. Un caractère flexible.
Esprit flexible, Esprit qui passe avec facilité d'un sujet, d'un
travail à un autre.
FLEXION . s. f.
État de ce qui est fléchi. La flexion d'un ressort, d'une poutre,
etc.
Se dit, en termes d'Anatomie, de L'action des muscles fléchisseurs, du
mouvement opéré par les muscles fléchisseurs dans les parties
du corps qui se plient. La flexion est opposée à l'extension.
La flexion du genou.
FLEXUEUX , EUSE. adj.
.Bot. Qui est fléchi, courbé plusieurs fois dans sa longueur.
Tige flexueuse. Pédoncule flexueux.
FLEXUOSITÉ . s. f.
.Bot. État de ce qui est flexueux. Cette plante est remarquable par
la flexuosité de ses tiges.
FLIBUSTIER .s.m.
Nom d'une sorte de pirates qui couraient les mers d'Amérique, et qui
étaient de toute nation. Les flibustiers ont fait des entreprises qui
demandaient une valeur extraordinaire.
FLIC
FLAC
Onomatopée dont on se sert quelquefois, dans le langage familier, pour
exprimer le bruit de plusieurs coups de fouet, celui de plusieurs soufflets donnés
coup sur coup, etc.
Elle s'emploie aussi comme substantif masculin, en termes de Danse, pour désigner
Une sorte de pas; et alors les deux mots se réunissent. Faire un flicflac,
des flicflacs.
FLINT-GLASS .s.m.
T. emprunté de l'anglais. Verre de cristal, qui contient plus de plomb
que le cristal ordinaire.
FLOCON .s.m.
Petite touffe, petit amas de laine, de soie, etc. Flocon de laine. Flocon
de soie. Les brebis laissent des flocons de laine aux buissons.
Se dit aussi en parlant De la neige. Un flocon de neige. Il tombait de la
neige par flocons, à gros flocons.
Se dit quelquefois, en Chimie, de L'état de certains précipités
qui ressemblent à un amas de flocons. Ce corps se précipite en
flocons.
Se dit également, en Médecine, Des corps légers que quelques
malades croient apercevoir devant leurs yeux, et qu'ils cherchent à saisir
ou à éloigner.
FLOCONNEUX , EUSE. adj.
T. didactique. Qui ressemble à des flocons. Précipité
floconneux. Substance floconneuse.
FLONFLON .s.m.
Ancienne onomatopée qui s'employait comme refrain de chanson, et que
l'on a depuis adoptée, comme substantif, pour désigner Les refrains,
les couplets de vaudeville en général. Les joyeux flonflons.
Ce mot est familier.
FLORAISON . s. f.
Voyez FLEURAISON.
FLORAL , ALE. adj.
.Bot. Qui appartient à la fleur, ou qui l'accompagne. Enveloppe florale.
Feuille florale. On appelle nectaires certains appendices floraux.
En termes d'Antiq., Jeux floraux, Jeux qu'on célébrait
à Rome, dans le mois d'avril, en l'honneur de Flore, déesse des
fleurs. L'institution des jeux Floraux. On dit quelquefois substantivement,
dans le même sens, au pluriel féminin, Les Florales.
Fig., Jeux Floraux, Assemblée qui se tient chaque année
à Toulouse, pour la distribution de divers prix qui représentent
des fleurs d'or et d'argent, et qu'on donne à ceux qui ont le mieux réussi
en certains genres de poésie, ou dans un discours d'éloquence. Remporter
un prix aux Jeux Floraux. On nomme Académie des Jeux Floraux,
Le corps littéraire qui tient cette assemblée et qui décerne
ces prix.
FLORE . s. f.
.Bot. Livre contenant la description des plantes qui croissent naturellement
dans un pays, dans un lieu déterminé. La Flore française.
La Flore des environs de Paris. La Flore des Antilles.
FLORÉAL .s.m.
Le huitième mois du calendrier républicain.
FLORENCE .s.m.
Petit taffetas léger qu'on tirait anciennement de Florence.
FLORENCÉ , ÉE. adj.
.Blason. Se dit D'une pièce terminée en fleur de lis.
FLORÈS
(On prononce l'S.) T. emprunté du latin. Il n'est usité, en français,
que dans cette phrase familière, Faire florès, Briller, faire
une dépense d'éclat: cela se dit ordinairement De ceux qui n'ont
pas de quoi la soutenir longtemps. Quand il a de l'argent, il fait florès.
Faire florès, signifie aussi, Obtenir des succès, se faire
une réputation. Ce baladin a fait florès dans telle ville, fait
florès au boulevard.
FLORIN .s.m.
Pièce de monnaie. Les premiers florins ont été battus
à Florence, et étaient marqués d'une fleur. Florin d'or.
Florin d'argent.
Il se prend aussi pour Une monnaie de compte, qui est de diverse valeur, suivant
les différents pays où elle a cours.
FLORISSANT , ANTE. adj.
Qui est dans un état brillant, prospère; qui est en honneur, en
crédit, en vogue. Empire, État florissant. Ville florissante.
Le commerce était florissant. Une jeunesse florissante. Une religion florissante
et respectée. Les lettres étaient alors très-florissantes.
Voyez FLEURIR.
FLOSCULEUSE . adj. f.
.Bot. Se dit D'une fleur composée qui ne renferme que des fleurons. Les
fleurs de la centaurée sont flosculeuses.
Fleur semi-flosculeuse, Fleur composée qui n'est formée
que de demi-fleurons, comme celles de la scorsonère, du pissenlit, etc.
FLOT .s.m.
Vague, élévation qui se forme sur une eau agitée. Il est
principalement d'usage au pluriel, surtout dans le style poétique; et il
s'emploie quelquefois absolument, pour désigner La mer, un fleuve, etc.
Les flots de la mer, d'un fleuve, d'un lac. Chaque flot qui vient se briser
contre le rivage. Le vent soulève les flots. Rompre les flots. Fendre les
flots. Le bruit des flots. Les flots blanchissants d'écume. Voguer à
la merci des flots. Errer sur les flots. Les flots inconstants. Le rivage que
la Seine baigne de ses flots, de son flot.
Être à flot, se dit D'un navire, d'un bateau, etc., qui
ne touche point le fond, qui est porté par l'eau, qui a assez d'eau. Cette
barque n'a pas assez d'eau pour être à flot. On dit dans un sens
analogue, Mettre, remettre à flot.
Par extension, Le sang coulait à grands flots de sa blessure,
Il coulait avec abondance. On dit dans un sens analogue: À flots pressés.
À longs flots. Des flots de sang. Des flots de vin. Des flots de lumière.
Des flots de poussière, de fumée, etc.
Par exagérat., Des flots d'encre ont coulé dans ce débat,
On a beaucoup écrit pour et contre.
Fig., Des flots de bile, De violentes invectives dictées par la
colère, l'indignation, le mépris. Des flots de bile coulèrent
de sa plume satirique.
Poétiq., Les flots d'une chevelure, d'une crinière, etc.,
Les ondulations qu'elle forme.
FLOT, se dit encore, au figuré, Des mouvements d'une grande foule,
d'une multitude, et s'applique souvent aussi à La foule, à la multitude
même. Contenir les flots de la multitude irritée. La foule l'entraînait;
un premier flot le porta vers l'entrée, un second l'en éloigna.
Fendre les flots d'un nombreux auditoire. Au travers des flots du peuple assemblé.
FLOT, signifie aussi, Le flux et le reflux de la mer, la marée;
et plus ordinairement, Le flux, la marée montante seulement, par opposition
à Jusant, qui signifie, La marée descendante. Le flot
de la mer. Le flot vient, monte jusque-là. Flot et jusant. Il y a flot.
Voilà le flot. Le flot entre avec beaucoup d'impétuosité
dans la Seine. Le flot remonte très-loin dans ce fleuve.
FLOT, dans l'Art du flottage, se dit d'Un train de bois qui flotte. Voyez
TRAIN, qui est plus usité.
Se dit aussi de La quantité de bois qu'on jette par bûches dans
un courant pour qu'elle y flotte; et de L'action même de l'y jeter, de l'y
faire flotter. Le flot va bientôt commencer.
Mettre du bois à flot, Le jeter dans l'eau pour qu'il descende
le courant. On dit dans un sens analogue: Il y a tant de bûches à
flot. Ce bois vient à flot par telle rivière.
À flot perdu, À bois perdu, à bûche perdue.
Jeter du bois à flot perdu sur une rivière.
FLOTTABLE . adj. des deux genres
Se dit Des ruisseaux et des rivières sur lesquelles le bois peut flotter,
soit à bûche perdue, soit en train. Ce canal, ce ruisseau est
flottable dans toute sa longueur. Les rivières navigables et flottables.
FLOTTAGE .s.m.
Transport du bois par eau, lorsqu'on le fait flotter. Cette rivière
est commode pour le flottage. Flottage en train. Flottage à bûche
perdue. L'art du flottage.
FLOTTAISON . s. f.
.Marine. La partie du bâtiment qui est à fleur d'eau. On appelle
Ligne de flottaison, La ligne qui sépare la partie submergée
de celle qui ne l'est pas.
FLOTTANT , ANTE. adj.
Qui flotte. Des îles flottantes. Des arbres flottants. Les tiges, les
feuilles de cette plante aquatique sont flottantes.
Se dit, en termes de Blason, Des navires et des poissons qui sont sur l'eau.
De gueules au navire équipé d'argent, flottant et voguant sur
des ondes de même.
Il signifie aussi, Qui est ample, mobile, ondoyant. Une robe flottante. Un
panache flottant.
Il signifie encore figurément, Incertain, irrésolu, vacillant.
C'est un esprit flottant.
En Matière de finances, Dette flottante, Portion de la dette publique
qui n'a point été consolidée, et qui est susceptible d'augmentation
ou de diminution journalière, parce qu'elle se compose d'engagements à
terme, de créances qui ne sont pas définitivement réglées,
etc.
FLOTTE . s. f.
Se dit d'Un certain nombre de navires qui vont ensemble, soit pour la guerre,
soit pour le commerce. Une flotte considérable. Une petite flotte. Une
flotte de cent voiles. La flotte sortit du port. Tous les vaisseaux de la flotte.
Les deux flottes se réunirent. La flotte française et la flotte
anglaise. Une flotte marchande. Une flotte richement chargée.
FLOTTE, en termes de Marine, se dit aussi d'Une bouée, ou d'une
barrique vide, qui soutient un câble à fleur d'eau et l'empêche
de porter sur le fond.
FLOTTE, en termes de Pêche, signifie, Un morceau de liége
ou autre corps léger qu'on attache à une ligne, de manière
qu'en flottant sur l'eau, il serve à marquer où est l'hameçon,
et à indiquer, par son mouvement, quand un poisson y mord.
FLOTTEMENT .s.m.
.Guerre. Mouvement d'ondulation que fait en marchant le front d'une troupe,
et qui dérange son alignement.
FLOTTER . v. n.
Être porté sur un liquide sans aller à fond. On voyait
flotter les débris du naufrage. Leurs cadavres flottaient sur les eaux.
Les tiges de cette plante aquatique flottent au gré du courant.
Se dit particulièrement Du bois qu'on fait descendre sur un courant,
sans bateau, par train, par radeau, ou à bois perdu. Ce ruisseau est
trop étroit pour que le bois y puisse flotter. Le bois ne peut flotter
en train qu'à partir de tel endroit. Faire flotter des bûches. Faire
flotter du bois de corde.
FLOTTER, signifie aussi, S'agiter, voltiger en ondoyant. Ses longs
cheveux flottaient sur ses épaules. Son voile flottait au gré du
vent. Ces plaines qui virent flotter nos étendards. Le panache qui flottait
sur son casque. Flotter dans les airs.
Se dit, dans un sens analogue, De certaines choses qui sont lâches, qui
ne sont pas tendues comme elles pourraient l'être. Laisser flotter les
rênes de son coursier.
Se dit pareillement, en termes de Guerre, D'une troupe dont les rangs ne conservent
pas bien leur alignement dans la marche.
FLOTTER, signifie encore figurément, au sens moral, N'avoir aucune
assiette fixe, aller, être emporté çà et là.
Un esprit qui flotte au hasard. Mes idées flottaient dans une incertitude
pénible.
Il signifie particulièrement, Changer, hésiter, être irrésolu,
agité. Flotter entre diverses pensées, entre divers desseins,
entre divers partis. Flotter entre l'espérance et la crainte. Mon esprit
flotte encore incertain. La majorité flottait entre ces deux candidats.
FLOTTÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif dans cette
locution, Bois flotté, Bois à brûler qui est venu par
le flottage. Une voie de bois flotté.
FLOTTEUR .s.m.
Ouvrier qui fait, qui construit des trains de bois. Un maître flotteur.
FLOTTILLE . s. f.
Petite flotte, ou Flotte de plusieurs petits bâtiments. On le dit, particulièrement,
d'Une flotte de petits navires armés en guerre. Équiper une flottille.
FLOU . sorte d'adverbe
Terme de Peinture, qui s'emploie principalement dans cette phrase, Peindre
flou, Peindre d'une manière tendre, légère, fondue, par
opposition à La manière de peindre dure et sèche. On dit
aussi, adjectivement, Un pinceau flou, ce tableau est flou, etc.; et substantivement,
Le flou du pinceau. Cette expression est maintenant peu usitée.
FLUCTUATION . s. f.
Balancement d'un liquide. Se dit particulièrement, en Médecine,
Du mouvement d'un fluide épanché dans quelque tumeur, ou dans quelque
partie du corps. En touchant cette tumeur, on sent qu'il y a fluctuation.
Se dit aussi, figurément, pour Variation, défaut de fixité,
de permanence, etc. La fluctuation des opinions, des sentiments. La fluctuation
du prix des denrées, des effets publics.
FLUCTUEUX , EUSE. adj.
Qui est agité de mouvements violents et contraires. Il est peu usité.
FLUER . v. n.
Couler. Cette rivière flue vers le couchant. On le dit surtout
en parlant Du mouvement par lequel la mer monte. La mer flue et reflue.
Se dit, en Médecine, Des humeurs qui s'écoulent de quelque partie
du corps, d'une plaie, d'un ulcère, etc., et Des parties mêmes d'où
ces humeurs s'écoulent. L'humeur qui flue de ses oreilles, de sa plaie.
La bile flue. Ses hémorroïdes fluent. Sa plaie flue toujours. Sa fistule
lacrymale a cessé de fluer.
FLUET , ETTE. adj.
Mince, délicat, de faible complexion. Corps fluet. Il est fluet. Constitution,
complexion fluette. Mine fluette. Visage fluet.
FLUEURS . s. f. pl.
.Médec. Il n'est usité que dans cette locution, Flueurs blanches,
Certaine maladie des femmes. On dit plus ordinairement et par corruption, Fleurs
blanches.
FLUIDE . adj. des deux genres
Opposé de Solide; coulant, dont les molécules ont si peu d'adhérence
entre elles, qu'elles cèdent à la moindre pression, et tendent continuellement
à se séparer. L'air et l'eau sont des corps, des substances fluides.
Le mercure est fluide. Cette encre n'est pas assez fluide, est trop fluide.
Il est aussi substantif masculin. L'air est un fluide. On divise les fluides
en liquides ou incompressibles, et en aériformes ou compressibles. Fluide
électrique. Fluide magnétique.
FLUIDITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est fluide. La fluidité de l'eau, de l'air.
La fluidité du sang, des humeurs.
FLUOR . adj. m.
.Minéralogie. On appelle Spath fluor, ou simplement Fluor,
Une sorte de pierre précieuse qui s'offre sous des couleurs brillantes
et variées, et dont on fait de petits meubles d'ornement, etc. Vase,
candélabre de spath fluor.
FLÛTE . s. f.
Sorte d'instrument à vent en forme de tuyau, et percé d'un certain
nombre de trous, qui s'embouche par le côté, et duquel on obtient
différents tons par le souffle, et par le remuement des doigts sur les
trous. Jouer de la flûte. Joueur de flûte. Au son de la flûte.
Accompagnement de flûte. Duo de flûte. On le nomme quelquefois
Flûte traversière.
Flûte à bec, Instrument fait comme un gros flageolet, et
qu'on embouche en plaçant entre les lèvres le bec qui le termine
par en haut. Dans les Arts, on dit de certains ustensiles, qu'Ils sont terminés
en bec de flûte, parce que leur extrémité ressemble à
celle d'une flûte à bec.
Flûte à l'oignon, Petite flûte de roseau garnie de
pelure d'oignon par les bouts, qui sert de jouet aux enfants. On dit aussi et
plus ordinairement, Mirliton.
Jeu de flûtes, La partie d'un jeu d'orgues qui imite les sons de
la flûte.
Fig. et pop., Il est du bois dont on fait les flûtes, se dit D'un
homme qui, par complaisance ou par faiblesse, ne veut ou n'ose contredire personne.
Prov. et fig., Toujours souvient à Robin de ses flûtes,
On se rappelle volontiers les goûts, les penchants de sa jeunesse; On revient
facilement à d'anciennes habitudes.
Prov., fig. et fam., Ajuster ses flûtes, Préparer les moyens
de faire réussir quelque chose. Il a bien de la peine à ajuster
ses flûtes. Il a mal ajusté ses flûtes. On dit aussi, Ajustez
vos flûtes, soit en parlant À un homme qui ne paraît pas
d'accord avec lui-même dans ce qu'il dit, soit en parlant À plusieurs
personnes qui ne conviennent pas des moyens de faire réussir quelque chose.
Dans ce dernier sens, on dit également, Accordez vos flûtes.
Prov. et fig., Ils ne sauraient accorder leurs flûtes, Ils sont
toujours en différend.
Prov. et fig., Ce qui vient de la flûte, s'en retourne au tambour,
Le bien acquis trop facilement, ou par des voies peu honnêtes, se dissipe
aussi aisément qu'il a été amassé.
Fig. et pop., Être monté sur des flûtes, Avoir des
jambes longues et grêles.
FLÛTE, se dit aussi d'Un petit pain long. Manger une flûte
à son déjeuner.
FLÛTE . s. f.
.Marine. Sorte de gros bâtiment de charge dont on se sert ordinairement
pour porter des vivres et des munitions. Une flûte hollandaise. Une flûte
armée en guerre.
Équiper un vaisseau en flûte, se dit en parlant D'un vaisseau
de guerre dont on fait un bâtiment de charge.
FLÛTÉ , ÉE. adj.
S'emploie dans ces locutions: Des sons flûtés, Des sons
qui par leur douceur imitent ceux de la flûte. Fig., Une voix flûtée,
Une voix douce. Elle a une petite voix flûtée.
FLÛTEAU .s.m.
Espèce de flûte grossière, ou de sifflet, qui sert principalement
à amuser les enfants.
FLÛTEAU, en Botanique, est Le nom d'une plante qu'on appelle aussi
Plantain aquatique.
FLÛTER . v. n.
Jouer de la flûte. On ne le dit guère que par plaisanterie et par
dénigrement. Il ne fait que flûter toute la journée.
Il signifie aussi, figurément et populairement, Boire. Aimer à
flûter.
FLÛTEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui joue de la flûte. Il ne se dit guère que par plaisanterie
et par dénigrement. C'est un flûteur, un mauvais flûteur.
FLUVIAL , ALE. adj.
Qui appartient aux fleuves, aux rivières. La navigation fluviale.
Pêche fluviale.
FLUVIATILE . adj. des deux genres
T. d'Hist. nat. Se dit Des plantes et des coquillages d'eau douce.
FLUX .s.m.
Mouvement réglé de la mer vers le rivage à certaines heures
du jour. Le flux va jusqu'à tel lieu. Le flux et le reflux.
Se dit quelquefois figurément, avec son opposé Reflux,
en parlant De la vicissitude, du changement alternatif de certaines choses. Les
choses du monde sont sujettes à un flux et reflux perpétuel. La
fortune a son flux et reflux. Un flux et reflux de sentiments contraires.
FLUX, signifie aussi, Dévoiement, diarrhée. Avoir le
flux de ventre. Il lui a pris un flux de ventre. Provoquer un flux de ventre.
Arrêter un flux de ventre. Flux céliaque.
Flux de sang, Dyssenterie, dévoiement accompagné de sang.
Arrêter, guérir le flux de sang. Le flux de sang était
dans l'armée. Il est mort d'un flux de sang. On dit aussi, Flux
dyssentérique.
Flux hépatique, Dévoiement provenant de ce que le foie
ne fait pas bien ses fonctions.
Flux de bile, ou Flux bilieux, Évacuation de bile par haut
ou par bas.
Flux d'urine, Évacuation d'urine trop fréquente et trop
abondante. On dit de même, Flux de sueur, etc.
Flux de lait, Sécrétion de lait chez les femmes qui ne
sont pas nourrices, ou Sécrétion trop abondante chez celles qui
le sont.
Flux menstruel, Les règles des femmes.
Flux hémorroïdal, Le sang qui coule des hémorroïdes.
Flux muqueux, purulent, Écoulement de mucosités, de pus.
Flux de bouche, de salive, ou Flux salivaire, Abondance inaccoutumée
de salive.
Fig. et fam., Il a un flux de bouche, un grand flux de bouche, un flux de
bouche continuel, C'est un grand parleur, un bavard. Ces phrases vieillissent.
Fig. et fam., Flux de paroles, Abondance superflue de paroles. Quel
flux de paroles!
Fig. et pop., Il a un flux de bourse, se dit D'un prodigue qui se ruine
en folles dépenses.
FLUX, en Chimie, se dit Des matières qui facilitent la fusion.
Le flux blanc. Le flux noir. Le borax est un excellent flux.
FLUX, à certains Jeux de cartes, se dit d'Une suite de plusieurs
cartes de même couleur. Avoir flux. Faire flux. Avoir grand flux. Être
à flux.
FLUXION . s. f.
Congestion, afflux de liquides dans quelque partie du corps; et, dans un sens
plus restreint, Gonflement, ordinairement indolent, souvent mobile, du tissu cellulaire,
et particulièrement de celui de la face. Il est sujet aux fluxions.
Avoir une fluxion sur le visage, sur les dents, sur les yeux. Arrêter la
fluxion. Il faut que la fluxion ait son cours. Détourner la fluxion.
Fluxion de poitrine, Inflammation du poumon, pneumonie. Fluxion catarrhale,
Inflammation catarrhale.
FLUXION, est aussi un terme de Mathématique, usité seulement
dans cette locution, Méthode des fluxions, Méthode de calcul
où l'on considère les quantités finies comme engendrées
par un flux continuel. La méthode des fluxions, inventée par
Newton, est analogue au calcul différentiel de Leibnitz.
FLUXIONNAIRE . adj. des deux genres
Qui est sujet aux fluxions. Il est peu usité.
FOC .s.m.
.Marine. Se dit de Voiles triangulaires qui se placent à l'avant du bâtiment,
entre le mât de misaine et le beaupré, ou entre ce dernier et le
grand mât, dans les bâtiments qui n'ont pas de mât de misaine.
Grand foc. Petit foc. Etc.
FOERRE
ou FOARRE.s.m.
Paille longue de toute sorte de blé. Ce vieux mot s'est longtemps conservé
dans la phrase proverbiale et figurée, Faire à Dieu barbe de
foerre, Ne pas payer la dîme à son curé, ou La payer avec
des gerbes où il y a peu de grains; et, par extension, Traiter les choses
de la religion avec irrévérence.
FOETUS .s.m.
(On prononce l'S.) T. d'Hist. nat. et d'Anat. L'animal qui est forme dans le
ventre de la mère ou dans l'oeuf; et particulièrement, L'enfant
qui est formé dans le ventre de la femme. Foetus de cheval, de chien,
de poulet. Foetus humain. La formation du Foetus. Faire l'anatomie d'un Foetus.
Un Foetus monstrueux. Un Foetus conservé dans de l'esprit-de-vin.
FOI . s. f.
Croyance aux vérités de la religion. La foi est la première
des trois vertus théologales. La foi, l'espérance et la charité.
Foi pure, ardente, ferme, inébranlable. Foi vive. Foi morte. Foi languissante.
Foi chancelante. Acte de foi. Avoir la foi. La foi d'un chrétien. Être
ferme dans la foi, dans sa foi. Manquer de foi. Pécher contre la foi. Vaciller
en la foi. L'objet de la foi.
Il se prend aussi pour L'objet de la foi, pour les dogmes qu'une religion propose
à croire comme révélés de Dieu; et souvent pour Cette
religion même. Un article de foi. Cela est de foi. C'est une question
de foi. Le symbole de la foi. C'est un article de foi. La foi de l'Église.
Les lumières, le flambeau de la foi. Mourir pour la foi. Les confesseurs
de la foi. La foi de JÉSUS-CHRIST. La propagation de la foi. Il
s'est fait mahométan, il a renié la foi de ses pères, sa
foi, ou absolument, la foi. Renoncer à sa foi. Changer de foi.
Fig., Planter la foi dans un pays, Y introduire la religion chrétienne.
Saint Thomas a planté la foi dans les Indes.
N'avoir ni foi ni loi, Être sans religion et sans morale.
Foi divine, Celle qui est fondée sur la révélation.
Foi humaine, Celle qui est fondée sur l'autorité des hommes.
Fam., Croire une chose comme un article de foi, La croire fermement.
Croire tout comme article de foi, Être fort crédule. Ce
n'est pas article de foi, se dit D'une chose qui ne mérite pas ou qui
ne paraît pas mériter de créance.
Profession de foi, Déclaration publique de sa foi et des sentiments
qu'on tient pour orthodoxes. Se dit, par extension, de Toute déclaration
de principes. Faire sa profession de foi politique. Dans le premier sens,
on dit également, Confession de foi.
Ma foi, par ma foi. Façons de parler familières, dont on
se sert, abusivement, Lorsqu'on affirme, ou lorsqu'on reconnaît, lorsqu'on
avoue quelque chose. Ma foi, je n'en sais rien. Il a, ma foi, raison. Par ma
foi, le tour est plaisant. On dit dans le même sens, Jurer sa foi.
FOI, signifie encore, La fidélité, l'exactitude à
tenir sa parole, à remplir ses promesses, ses engagements; ou L'assurance
donnée de garder sa parole, sa promesse, etc. C'est un homme de peu
de foi. Homme sans foi. Sa foi m'est un peu suspecte. La foi publique. S'en remettre
à la foi de quelqu'un. Donner un gage de sa foi. Manquer de foi. Donner
sa foi. Engager sa foi. Garder sa foi. Violer, trahir sa foi. Fausser sa foi.
La foi que deux époux se sont jurée. La foi due au souverain. Être
prisonnier sur sa foi. Prendre quelqu'un à foi et à serment.
Bonne foi, La qualité ou la conduite de celui qui agit, qui parle
selon sa conscience, avec franchise, avec une intention droite. Il a mis beaucoup
de bonne foi dans toute cette affaire. La bonne foi est rare parmi les hommes.
La bonne foi préside à tous nos actes. Allons, soyez de bonne foi.
Ayez un peu plus de bonne foi. Tout homme de bonne foi conviendra que..... C'est
de la meilleure foi du monde qu'il soutient cette erreur. La bonne foi n'excuse
pas toujours. Être dans la bonne foi. Faire une chose dans la bonne foi.
Agir, traiter à la bonne foi. Y aller à la bonne foi. Je m'en remets
à votre bonne foi. On dit dans le sens contraire, Mauvaise foi.
Être de mauvaise foi. Une histoire altérée par l'ignorance
ou la mauvaise foi. C'est mauvaise foi de votre part. Il est d'une insigne mauvaise
foi.
Bonne foi, se dit particulièrement, en Jurisprudence, de La conviction
où est une personne qu'elle agit, qu'elle contracte légalement,
ou qu'elle acquiert, qu'elle possède légitimement. On dit également
dans le sens contraire, Mauvaise foi. Lorsque le mariage a été
contracté de bonne foi par l'un des époux. Acquérir, posséder
de bonne foi. Possesseur de bonne, de mauvaise foi. La bonne foi est toujours
présumée en ce cas. C'est à celui qui allègue la mauvaise
foi à la prouver.
En bonne foi, de bonne foi. Façons de parler familières,
dont on se sert Pour engager une personne à répondre, à s'exprimer
franchement, ou à ne juger d'une chose que selon le bon sens, la conscience,
etc. En bonne foi, le feriez-vous? De bonne foi, je ne pouvais accepter une
pareille proposition.
Laisser quelqu'un sur sa bonne foi, sur sa foi, Le laisser maître
de sa conduite. On laisse maintenant cette jeune fille, ce jeune homme sur
sa foi. On dit dans le même sens, Être sur sa bonne foi, sur
sa foi.
Foi conjugale, La promesse de fidélité que le mari et la
femme se font mutuellement en s'épousant. Elle a violé la foi
conjugale.
La foi des traités, des engagements, du serment, des serments, etc.,
L'obligation que l'on contracte, l'assurance que l'on donne de quelque chose par
les traités, etc. Faire quelque chose contre la foi des traités.
Il se reposait sur la foi des traités, des serments. Promettre une chose
sous la foi du serment.
Par extension, Sur la foi de, En se confiant, en croyant à. Sur
la foi d'un tel oracle, il ne douta plus du succès de l'entreprise. Oseriez-vous
le condamner sur la foi de telles gens? Ne juger des choses que sur la foi de
ses sens. Sur la foi d'une tradition incertaine.
Fig., Sur la foi des traités, Selon la confiance établie
entre les honnêtes gens. Je suis venu sur la foi des traités.
Il a agi sur la foi des traités.
Prov., Foi de bohème, La foi que les voleurs, les fripons, etc.,
se gardent entre eux.
Foi de gentilhomme, foi d'honnête homme, etc. Façons de
parler dont on se sert Pour mieux assurer ou attester quelque chose. Je vous
déclare, foi d'honnête homme, que je n'en savais rien.
FOI, signifie aussi, Croyance, confiance. Ajouter foi, avoir foi à
quelque chose, aux paroles, dans les paroles de quelqu'un, à quelqu'un.
C'est un homme digne de foi. Accorder une foi pleine et entière à
quelqu'un, à quelque chose. La foi due aux actes authentiques.
Il signifie également, Témoignage, assurance, preuve. Ce qui
est arrivé depuis peu en fait foi. Faire foi d'une chose. Cette lettre
fait foi qu'il est arrivé. Leur acte fait pleine foi de cette convention.
Ces papiers ne peuvent faire foi contre lui. En foi de quoi j'ai signé
les présentes. Cet acte fait foi en justice.
Il signifie, en Jurisprudence féodale, La promesse et le serment que
le vassal fait d'être fidèle à son seigneur; et, dans ce sens,
on ne le sépare pas ordinairement du mot hommage. Faire foi et hommage.
Faute d'avoir rendu la foi et hommage. Faute d'avoir rendu les foi et hommage.
Homme de foi, Le vassal qui doit, qui a rendu foi et hommage au seigneur
dont il relève.
FOIBLE
et ses dérivés. Voyez FAIBLE, ETC.
FOIE .s.m.
T. d'Anat. Viscère d'un volume considérable, de couleur rougeâtre,
convexe dans la partie supérieure et antérieure qui répond
à la voûte des côtes et du diaphragme, d'une surface inégale
à la partie postérieure, situé principalement dans l'hypocondre
droit sous les fausses côtes, mais s'étendant aussi dans la région
épigastrique, où il recouvre une partie de l'estomac. Le foie
est l'organe sécréteur de la bile. Avoir un grand foie. Le ligament
suspenseur du foie. Les lobes du foie. Les maladies du foie. Inflammation du foie.
Il avait un squirre dans le foie, un abcès, un cancer au foie. Obstruction
au foie.
Chaleur de foie, s'est dit de Certaines rougeurs qui viennent au visage,
et qui étaient autrefois regardées comme indiquant une affection
du foie. On l'a dit aussi, figurément et familièrement, Des mouvements
de colère prompts et passagers. Ce sont des chaleurs de foie. C'est
une petite chaleur de foie.
FOIE, se dit également Du viscère analogue au foie de l'homme,
qu'on trouve dans les quadrupèdes, dans les oiseaux, dans les poissons,
dans les reptiles, etc. Un foie de boeuf, de veau, de poulet, d'oie, de raie,
etc. Les insectes, les vers n'ont point de foie. Les foies de certains animaux
servent de mets. Aimer le foie. Manger un foie de canard. Foie de veau à
la sauce, à l'italienne. Pâté de foies de canards, de foies
gras.
FOIE, dans l'ancienne Chimie, se disait de Certaines combinaisons qui
ont une couleur analogue à celle du foie. Foie de soufre. Foie d'antimoine.
Foie d'arsenic.
FOIN .s.m.
Herbe fauchée et séchée qui sert principalement à
la nourriture des chevaux et des bestiaux. Vieux foin. Foin nouveau. Foin délié.
Un cent de foin. Une botte de foin. Décharger du foin. Botteler du foin.
Charretée de foin. Tas de foin. Meule de foin. Grenier à foin. Marché
au foin, aux foins.
Se dit aussi de L'herbe avant qu'elle soit fauchée. Une pièce
de foin. Couper le foin. Dans ce sens, on l'emploie plus ordinairement au
pluriel. Les foins sont beaux. On coupe les foins. La saison des foins. Faire
ses foins.
Prov. et fig., Mettre du foin dans ses bottes, Amasser beaucoup d'argent
dans un emploi, y faire bien ses affaires. Cela se dit ordinairement en parlant
D'un gain illicite.
Prov. et fig., C'est chercher une aiguille dans une botte de foin, se
dit en parlant D'une chose que l'on cherche parmi beaucoup d'autres, et qui est
très-difficile à trouver, à cause de sa petitesse.
Foin d'artichaut, L'amas de barbes soyeuses qui garnit le fond d'un artichaut.
FOIN
Sorte d'interjection qui marque le dépit, la colère, la haine,
le mépris. Foin! voilà un habit tout gâté. Foin
de lui! Ce mot populaire a vieilli.
FOIRE . s. f.
Grand marché public où l'on vend toutes sortes de marchandises,
et qui se tient régulièrement en certains temps, une ou plusieurs
fois l'année. Foire franche. La foire Saint-Laurent. La foire de Beaucaire,
de Francfort, de Leipsick. Il y a trois foires par an dans cette ville. Ouvrir
la foire. Fermer la foire. La clôture de la foire. Tenir une foire. Cette
foire est de quinze jours, dure quinze jours. Cette foire attire beaucoup de marchands
étrangers. En temps de foire. Prolonger la foire. Aller à la foire.
Voir toutes les curiosités de la foire.
Prov., Ils s'entendent comme larrons en foire, se dit De gens qui sont
d'intelligence pour faire quelque chose de blâmable.
Prov. et fig., Il ne sait pas toutes les foires de Champagne, se dit
D'un homme qui croit être bien informé de tout ce qui se passe dans
une affaire, et qui ne l'est pas.
Prov. et fig., Il a bien hanté, il a bien couru les foires, C'est
un vieux routier, un homme qui a une grande expérience.
Prov., fig. et pop., La foire n'est pas sur le pont, Il n'est pas nécessaire
de se tant presser.
Prov., fig. et pop., La foire sera bonne, les marchands s'assemblent,
se dit Quand on voit arriver plusieurs personnes dans une compagnie.
FOIRE, se dit aussi Du présent qu'on fait au temps de la foire.
Je lui ai donné sa foire. Que me donnerez-vous pour ma foire?
FOIRE . s. f.
Cours de ventre. Avoir la foire. Des fruits qui donnent la foire. Il
est bas.
FOIRER . v. n.
Aller par bas, lorsqu'on a le cours de ventre. Il a foiré partout.
Il est bas.
FOIREUX , EUSE. adj.
Qui a la foire. On l'emploie quelquefois substantivement. Un foireux. Une
foireuse. Il est bas.
Pop., Avoir la mine foireuse, Avoir le teint pâle, comme une personne
qui a le cours de ventre.
FOIS . s. f.
Il ne s'emploie guère qu'avec des mots qui indiquent un nombre, et se
dit en parlant Des actions, des événements qui se réitèrent
ou qui peuvent se réitérer. Une fois par an, une fois l'an. Deux
fois par semaine. Deux fois la semaine. N'y retournez plus une autre fois. Je
ne lui ai encore parlé que deux ou trois fois. C'est la seconde fois, c'est
la troisième fois. Je l'ai vu pour la première, pour la dernière
fois. Je ne l'ai vu qu'une fois, que cette fois-là. C'est la première
fois que, c'est la seule fois que je l'ai vu, que je l'aie vu. Cela est bon pour
une fois. Combien cette pièce a-t-elle été jouée de
fois? Combien de fois vous l'ai-je dit, ne vous l'ai-je pas dit! Je l'ai dit bien
des fois, beaucoup de fois. On ne peut le redire trop de fois, assez de fois.
À chaque fois, chaque fois qu'on lui en parle. Toutes les fois qu'on lui
en parle. On l'en a averti quantité de fois, plusieurs fois, par plusieurs
fois. Il y est revenu à plusieurs fois. C'est un homme qui ne se fait pas
dire les choses deux fois. Une fois n'est pas coutume. Cette fois-ci. Cette fois-là.
Je lui en ai parlé maintes fois. J'ai été dans cet endroit
plus de fois que vous ne dites.
Se dit particulièrement en parlant De quantités, de nombres qu'on
augmente, qu'on diminue, ou que l'on compare à d'autres; et alors il est
souvent employé sans aucune relation au temps. Trois fois trois font
neuf. Ce nombre pris quatre fois donne tel autre nombre. Ajoutez une fois, deux
fois ce nombre à tel autre. En retranchant deux fois ce nombre de vingt,
on a... Le nombre de fois qu'une quantité est renfermée dans une
autre. J'ai fait cinq fois plus de chemin que vous. Il entre deux fois autant
de monde dans cette salle que dans l'autre. Ce corps est un million de fois plus
petit que tel autre. Il est une fois plus grand, plus long, etc. On dit quelquefois,
en poésie, Ô jour trois fois heureux! etc., en parlant D'un
jour où il arrive quelque chose de très-heureux, etc.
Fam., N'en pas faire à deux fois, Ne pas balancer, se décider
tout de suite. On dit dans le sens contraire, Y regarder à deux fois,
à plusieurs fois.
De fois à autre, De temps en temps. Il n'y va que de fois à
autre.
D'autres fois, En d'autres moments, en d'autres occasions. Souvent
il est doux comme un mouton; et, d'autres fois, il est brusque et emporté.
À la fois, tout à la fois, En même temps, ensemble.
On ne peut pas tout faire à la fois. Il entreprend tout à la
fois. Il est à la fois, tout à la fois habile, brave, et homme de
bien. Prendre plusieurs plaisirs à la fois. Parler tous à la fois.
Fam., Toutes fois et quantes, toutes et quantes fois, Toutes les fois
que. Cette locution a vieilli. Voyez QUANTES.
Elliptiq., Encore une fois, pour la dernière fois, etc., Je vous
le demande, je vous le dis encore une fois, une dernière fois, etc. Encore
une fois, pour la dernière fois, voulez-vous ou ne voulez-vous pas?
Fam. et par exagérat., Vingt fois, cent fois, cent et cent fois, mille
fois, mille et mille fois; plus de vingt, de cent, de mille fois, etc., Un
très-grand nombre de fois, fort souvent. Je l'ai vu vingt fois, cent
et cent fois. On lui a dit mille fois de s'arrêter. Je l'en ai averti plus
de vingt fois. On dit aussi, Vingt fois, cent fois, mille fois pour une,
en parlant D'une chose qu'on a été trop souvent obligé de
faire ou de dire. Je vous ai dit cela mille fois pour une, et il faut encore
que je vous le répète?
Fam., Une bonne fois, une fois pour toutes, se dit en parlant D'une action
faite complétement en une fois, ou avec le dessein, la résolution
de ne point la faire de nouveau. Avouez-le donc une bonne fois. Je vous le
dis une bonne fois. Une fois pour toutes, je vous en avertis. On dit quelquefois
simplement, Une fois. Il faut pourtant que nous sachions une fois à
quoi nous en tenir.
Une fois, signifie aussi, À une certaine époque, ou Dans
une certaine occasion. La plupart des vieux contes commencent par cette phrase:
«Il y avait ou Il était une fois un roi et une reine.»
Une fois, entre autres, il arriva que... Une fois, que je passais près
de lui, il feignit de ne point me voir. J'étais, une fois, à me
promener, lorsque...
Une fois que, dès qu'une fois, lorsqu'une fois, etc., Dès
que, lorsque, quand. Une fois qu'il s'est mis quelque chose dans l'esprit.
Dès qu'une fois je le tiendrai, ne craignez point qu'il m'échappe.
Lorsqu'une fois il se met en train de parler, il ne finit plus. On dit elliptiquement
dans le même sens: Une fois parti, je ne reviendrai plus. Une fois en
mouvement, il ne s'arrête plus. Etc. On emploie aussi la locution, Une
fois, dans un sens adverbial. Si une fois je parviens à le découvrir,
Dès que je serai parvenu à... Rien ne saurait l'empêcher
de faire ce qu'il a une fois résolu, Dès qu'il a résolu
quelque chose, rien ne saurait...
Prendre, saisir quelqu'un à fois de corps, Le prendre, le saisir
par le milieu du corps. Cette locution a vieilli: on dit, À bras-lecorps.
FOISON . s. f.
Abondance, grande quantité. Il ne prend jamais l'article et n'a point
de pluriel. Il y aura foison de fruits cette année. Ce mot est familier.
À FOISON. adv. Abondamment. Il y a de tout à foison.
On y trouve de tout à foison.
FOISONNER . v. n.
Abonder. Cette province foisonne en blés, foisonne en vins. C'est
une ville qui foisonne en bons ouvriers.
Prov., Cherté foisonne, Quand une denrée est chère
dans un lieu, tout le monde en apporte; ce qui en procure l'abondance.
FOISONNER, signifie aussi, Multiplier, en parlant De certains animaux.
Il n'y a point d'animal qui foisonne autant que les lapins. Ces animaux foisonnent
beaucoup.
Se dit encore Des viandes, des mets apprêtés de manière
qu'ils paraissent davantage, qu'ils fournissent plus à manger. Une carpe
à l'étuvée foisonne plus qu'une carpe sur le gril. Ce
sens est peu usité.
FOL , OLLE. adj.
Voyez FOU.
FOLÂTRE . adj. des deux genres
Qui aime à badiner, à jouer. Jeune et folâtre. Qu'il
est folâtre! Elle est extrêmement folâtre.
Se dit aussi De l'air, des manières, des actions, etc. Air folâtre.
Manières folâtres. Gaieté folâtre. Jeux folâtres.
FOLÂTRER . v. n.
Badiner, faire des actions folâtres. Ne vous amusez point à
folâtrer. Il ne fait que folâtrer. Il ne demande qu'à folâtrer.
FOLÂTRERIE . s. f.
Action folâtre, parole folâtre. Il fit mille folâtreries.
Il dit mille folâtreries. Ce mot est peu usité.
FOLIACÉ , ÉE. adj.
.Bot. Qui est de la nature des feuilles, qui a l'apparence d'une feuille. Stipules
foliacées.
FOLICHON , ONNE. adj.
Folâtre, badin. Esprit folichon. Humeur folichonne. On l'emploie
aussi substantivement. C'est un folichon. C'est une petite folichonne.
Ce mot est familier.
FOLIE . s. f.
Démence, aliénation d'esprit. Sa folie me fait pitié.
Sa folie approche de la fureur. Folie incurable. Un accès de folie. Un
grain de folie. Un coin de folie. Trait de folie. Cela tient de la folie.
Par exagérat., Aimer à la folie, Aimer éperdument,
avec excès. Il aime cette femme à la folie. J'aime ce spectacle
à la folie.
FOLIE, signifie aussi, Imprudence, extravagance, manque de jugement.
La sagesse des hommes n'est souvent que folie. Quelle folie de ne point songer
à l'avenir! Un luxe qui va jusqu'à la folie. Je plains son aveuglement
et sa folie. Il taxe cette conduite de folie.
Il signifie quelquefois, Cette gaieté vive et ordinairement bruyante
dans laquelle on fait ou on dit des choses peu raisonnables, mais propres à
divertir. Une aimable folie. Être inspiré, guidé par la
folie. Tous ces buveurs, joyeux enfants de la folie. On représente la Folie
sous les traits d'une femme jeune et riante, qui tient une marotte, et dont les
vêtements sont ornés de grelots.
FOLIE, se dit encore Des actes d'imprudence, d'extravagance. Il a
fait la folie de vendre sa maison. Je regarde cela comme une folie. C'est une
grande folie, une vraie folie que de se marier si jeune. J'en ferai la folie.
Entreprendre cela, c'est folie. Je m'attends à quelque nouvelle folie de
sa part. Il n'a jamais fait que des folies. Prov., Les plus courtes folies
sont les meilleures.
Se dit particulièrement Des excès, des écarts de conduite;
ou Des choses peu raisonnables qu'on fait par divertissement. Ils ont fait
bien des folies dans leur jeunesse. Des folies de jeune homme. Ils se livrèrent,
après le repas, à toutes sortes de folies.
Fam., Faire folie de son corps, se dit quelquefois D'une fille qui se
livre au libertinage.
FOLIE, se dit également Des propos gais, sans objet et sans suite;
ou Des pensées, des idées bizarres, ridicules, absurdes. Il nous
a dit mille folies. Il débite toutes les folies qui lui passent par l'esprit.
FOLIE, se dit en outre d'Une passion excessive et déréglée
pour quelque chose. Chacun a sa folie. Les fleurs, les tableaux sont sa folie.
Il se ruine a faire bâtir, c'est sa folie. Satisfaire toutes ses folies.
Se dit, par extension, de Maisons de plaisance construites d'une manière
recherchée, bizarre, ou dans lesquelles on a fait des dépenses excessives,
extravagantes. On y ajoute ordinairement le nom de celui qui les a fait bâtir,
et quelquefois le nom du lieu où elles sont situées. La folie-Beaujon.
La folie-Méricourt.
FOLIÉ , ÉE. adj.
.Chimie. Se dit De certains produits dont les cristaux ressemblent, ou à
peu près, à de petits feuillets. Tartre folié. Terre foliée
de tartre (acétate de potasse).
FOLIO .s.m.
Mot emprunté du latin. Feuillet. Il ne se dit qu'en parlant De registres,
de manuscrits, etc., numérotés par feuillets, et non par pages.
On appelle Folio recto, ou simplement Recto, La première
page du feuillet, et Folio verso, ou simplement Verso, Le revers.
Voyez au folio premier, au folio six.
In-folio. Voyez ce mot composé, à son rang alphabétique.
FOLIO, dans l'Imprimerie, signifie, Le chiffre numéral qui se
met au haut de chaque page. Le folio de cette page est tombé. Vérifier
les folios. Changer les folios.
FOLIOLE . s. f.
.Bot. Chacune des petites feuilles qui forment une feuille composée.
La feuille du trèfle est formée de trois folioles. Dans plusieurs
plantes à feuilles composées, les folioles se rapprochent deux à
deux pendant la nuit. Foliole impaire ou terminale.
Se dit aussi de Chaque pièce d'un calice ou d'un involucre. Calice
à cinq folioles.
FOLLEMENT . adv.
Avec folie, d'une manière folle, imprudemment, témérairement.
Entreprendre follement quelque chose. Il s'est conduit follement. Il a répondu
follement.
FOLLET , ETTE. adj. diminutif
Qui fait ou dit par habitude de petites folies. Il est bien follet. C'est
l'esprit du monde le plus follet. Ce mot est familier.
Esprit follet, ou substantivement, Follet, Sorte de lutin familier
qui, selon le préjugé populaire, est plus malin que malfaisant.
Il prétendait avoir vu des esprits follets. Un follet qui tressait la
crinière des chevaux, et qui les pansait pendant la nuit.
Poil follet, Le poil rare et léger qui vient avant la barbe, et
Le duvet des petits oiseaux. Ce jeune homme n'a encore que du poil follet.
Le poil follet commence à lui venir.
Feu follet, Espèce de météore, d'exhalaison enflammée
qui se montre quelquefois dans les endroits marécageux.
Fig. et fam., Cette passion, ce goût si vif, cessera bientôt;
ce n'est qu'un feu follet.
FOLLICULAIRE .s.m.
Celui qui rédige des feuilles périodiques. Il se prend d'ordinaire
en mauvaise part. Les critiques d'un folliculaire. Un vil folliculaire.
FOLLICULE .s.m.
.Bot. Fruit capsulaire, membraneux et allongé, qui n'a qu'une seule valve,
et qui s'ouvre par une suture longitudinale. Le fruit du laurier-rose, de l'apocyn,
est un follicule.
En Pharmacie, Follicules de séné, se dit, abusivement,
Des gousses purgatives du séné. Dans ce sens, il est plus ordinairement
féminin.
FOLLICULE, en termes d'Anatomie, est synonyme de Crypte. Follicules
sébacés, muqueux, cérumineux.
FOMENTATION . s. f.
.Médec. Application d'un médicament liquide et chaud sur une partie
malade, pour adoucir, fortifier, résoudre, etc.; ou Le médicament
même qu'on applique. Les fomentations se font à l'aide d'une pièce
de flanelle ou d'un morceau de linge plié en plusieurs doubles. Employer
un médicament sous forme de fomentations. Adoucir, amollir par des fomentations.
Ordonner, faire des fomentations.
FOMENTER . v. a.
.Médec. Adoucir, fortifier, etc., une partie malade, en y appliquant
quelque remède, en y faisant des fomentations. Fomenter une partie débilitée,
la fomenter avec des cataplasmes.
Il signifie quelquefois simplement, Entretenir, faire durer; et alors il se
prend en mauvaise part. Ce remède fomente le mal au lieu de le guérir.
Se dit figurément, dans ce dernier sens, surtout en parlant De certaines
choses qui regardent la société civile; et alors il se prend plus
communément en mal. Fomenter l'union. Fomenter la division. Fomenter
la mauvaise intelligence. Fomenter une querelle, une faction, une sédition.
Fomenter les troubles.
FOMENTÉ, ÉE. participe
FONCER . v. a.
Mettre un fond à un tonneau, à une cuve, etc. J'ai fait foncer
dix tonneaux à neuf.
FONCER, est aussi verbe neutre, et signifie alors, Fournir les fonds,
l'argent. On ne l'emploie guère, en ce sens, que dans cette phrase familière,
qui a vieilli, Foncer à l'appointement, Fournir aux dépenses
nécessaires.
FONCÉ, ÉE. participe, S'emploie aussi comme adjectif, et
signifie, Riche, qui a un grand fonds d'argent. Cet homme-là est foncé.
Il est bien foncé. Un homme bien foncé. Ce sens est peu usité.
Fig. et fam., Être foncé, Être habile dans une science,
dans une matière, la connaître à fond. Vous ne l'embarrasseriez
pas facilement sur ces matières, car il y est bien foncé. Cette
locution est peu usitée.
FONCÉ, se dit encore d'Une couleur, d'une teinte chargée,
forte; par opposition À une couleur, à une teinte vive, claire.
Couleur foncée. Bleu foncé. Violet foncé. Émeraude
d'un vert foncé. Une teinte plus foncée.
FONCIER , IÈRE. adj.
Se dit De celui à qui le fonds d'une terre appartient. Propriétaire
foncier. Seigneur foncier.
Il signifie aussi, Qui est établi sur le fonds d'une terre. Charges
foncières. Rente foncière.
Se dit également De ce qui est relatif à un immeuble quelconque,
aux biens-fonds en général. Impôt foncier. Contribution
foncière. Les richesses foncières.
FONCIER, signifie en outre, Qui a de l'habileté, de la science
dans son art, dans sa profession. Vous trouverez des avocats plus éloquents,
mais vous n'en trouverez pas un plus foncier. Ce sens a vieilli.
FONCIÈREMENT . adv.
À fond. Si vous examinez cette affaire foncièrement. Il a traité
ce point foncièrement.
Il signifie aussi, Dans le fond. Il est foncièrement honnête
homme.
FONCTION . s. f.
Action qu'on fait pour s'acquitter des obligations, des devoirs d'un emploi,
d'une charge; Pratique de certaines choses attachées de droit à
une charge, à un emploi; et quelquefois, Cette charge, cet emploi même.
Faire les fonctions de sa charge, de son ministère. Exercer les fonctions
épiscopales. Des fonctions importantes. Une fonction publique. Des fonctions
publiques. Fonctions civiles. Vaquer à ses fonctions. S'acquitter de ses
fonctions. Remplir les fonctions, la fonction d'officier de l'état civil.
Faire les fonctions de président, de secrétaire, etc. Ces fonctions
lui ont été attribuées. La principale fonction de cet emploi
consiste... Les fonctions en sont pénibles. Entrer en fonction. Je l'ai
vu en fonction, dans ses fonctions. Être dans l'exercice de ses fonctions.
Cesser ses fonctions.
Il signifie, dans l'économie animale, L'action des différents
organes, exécutée conformément à leur destination
naturelle. Les fonctions des sens. Les fonctions digestives. Cet organe n'exécute
pas bien, n'exécute plus ses fonctions. Quand le foie, l'estomac, etc.,
font bien leurs fonctions, on jouit d'une bonne santé. La fonction de ce
muscle, de cet organe est de... On dit dans un sens analogue, Les fonctions
de l'entendement.
Faire bien toutes ses fonctions, Boire, manger, dormir, etc., comme fait
une personne qui se porte bien.
Cela fait fonction de... Cela sert, est employé en guise, en manière
de... Ce couvercle fait fonction de soupape.
FONCTIONNAIRE . s.
Celui ou celle qui remplit une fonction. Un fonctionnaire public. Les hauts
fonctionnaires.
FONCTIONNER . v. n.
Faire sa fonction, agir. Il ne se dit guère que dans les Arts, et en
parlant Du mouvement d'une machine. Cette machine fonctionne bien.
FOND .s.m.
L'endroit le plus bas, le plus intérieur d'une chose creuse. Le fond
d'un puits. Le fond d'un tonneau. Le fond d'une bouteille, d'un vase. Le fond
d'une poche. Le fond du sac. Le fond du pot. À fond de cuve. Le fond d'une
vallée. Une maison bâtie dans un fond. Il y a là un gouffre
dont on ne saurait trouver le fond. Un abîme sans fond. Le fond des enfers.
Au fond des abîmes. Du fond de l'estomac. Une voix qui sort du fond de la
poitrine.
Le fond d'un tonneau, d'une bouteille, etc., se dit aussi pour La partie
de liquide qui reste au fond. Le fond de cette bouteille est trouble, ne le
buvez pas.
Fond de cale, La partie la plus basse dans l'intérieur d'un vaisseau,
d'un navire. On mit les prisonniers à fond de cale.
Prov. et fig., Voir le fond du sac, Pénétrer dans ce qu'une
affaire a de plus secret, de plus caché.
Prov., fig. et pop., Déjeuner, dîner à fond de cuve,
Déjeuner, dîner amplement.
Fam., Le fin fond, se dit dans le même sens que Fond. Au fin
fond des enfers.
FOND, se dit particulièrement de La partie la plus basse de la
mer, d'une rivière, etc., par rapport à la surface; et de La terre,
du sable, de la vase, qui est immédiatement sous l'eau. Le fond de l'eau.
Le fond de la rivière. Le fond de la mer. Aller au fond, à fond.
Trouver le fond. Trouver fond. Prendre fond. Toucher le fond. Perdre fond.
On l'emploie, surtout dans la seconde acception, en termes de Marine. Sonder
le fond. Fond de vase, de sable, de gravier, de roches, etc. Fond de bonne tenue.
Bon fond. Mauvais fond.
Se dit également, en termes de Marine, de La hauteur de l'eau dans un
endroit donné. Il y a vingt brasses de fond. Il y a grand fond partout
dans cette baie. Il y a peu de fond. Il y a fond. Il n'y a pas fond.
Haut-fond, bas-fond. Voyez BAS-FOND, dans la lettre B.
Couler à fond un bâtiment, Le faire aller à fond,
le submerger.
Couler à fond, se dit aussi, neutralement, D'un bâtiment
qui va à fond, qui s'enfonce dans l'eau.
Fig. et fam., Couler quelqu'un à fond dans la dispute, dans la discussion,
Le réduire à ne savoir que répondre.
Couler quelqu'un à fond, signifie aussi, Ruiner son crédit,
sa fortune, etc. Cet homme avait un grand crédit, un poste brillant,
etc., on l'a coulé à fond, il est coulé à fond.
On dit de même, Il s'est coulé à fond.
Fig. et fam., Couler une matière à fond, L'épuiser,
la traiter sans rien omettre. On dit aussi, Couler à fond une affaire,
L'achever complétement, de manière qu'on ne doive plus y revenir,
qu'il n'en soit plus question.
En termes de Jeu, Couler les cartes à fond, Tenir la main, avoir
la main jusqu'à la dernière carte. Aller à fond, Écarter
jusqu'à ce qu'il ne reste plus de cartes au talon.
Fig., C'est une mer sans fond et sans rive, se dit Des choses qui sont
au-dessus de la portée de l'esprit humain. C'est une affaire, une question
qui n'a ni fond ni rive, C'est une affaire, une question fort embrouillée,
fort embarrassée.
FOND, se dit quelquefois d'Un terrain considéré surtout
par rapport à son degré de fermeté, à sa qualité,
à sa composition. Bâtir sur un fond peu solide. Vous avez choisi
là un bien mauvais fond. Un fond d'argile, de terre glaise.
En Archit., Tourelle montant de fond, tribune montant de fond, etc.,
Tourelle, tribune, etc., qui repose sur des fondations. Cela se dit par opposition
Aux ouvrages en encorbellement.
De fond en comble, Entièrement, depuis le fondement jusqu'au faite.
Démolir une maison de fond en comble; la rebâtir de fond en comble.
On le dit, par extension, en parlant De la destruction d'une ville entière.
Les ennemis ne quittèrent la ville qu'après l'avoir ravagée
de fond en comble.
Fig. et fam., Ruiner quelqu'un de fond en comble, Le ruiner entièrement.
Ruiner un système, une doctrine, etc., de fond en comble, En démontrer
complétement l'erreur, la fausseté.
Fig. et fam., Faire fond sur quelqu'un, sur quelque chose, Compter sur
quelqu'un, sur quelque chose. Je fais fond sur vous, sur votre amitié.
FOND, se prend aussi pour Ce qu'il y a de plus éloigné
de l'entrée, de l'abord; ce qu'il y a de plus reculé, de plus retiré
dans un lieu, dans un pays. Le fond d'une boutique. Le fond d'une église,
d'un cloître. Le fond d'un cachot. Le fond d'une baie, d'un port. Le fond
de la scène. Le fond d'une allée, d'un jardin. Le fond d'un bois.
Vivre solitaire au fond de son palais, au fond des forêts. Au fond d'un
désert, des déserts. Dans le fond des montagnes. Du fin fond de
l'Asie. Se retirer dans le fond d'un pays. Il s'est confiné dans le fond
d'une province.
Le fond d'un cloître, se dit quelquefois, figurément, pour
Un cloître, un couvent. Il quitta le trône pour aller mourir au
fond d'un cloître.
Le fond d'un carrosse, La partie de l'intérieur opposée
aux glaces qui sont sur le devant. Carrosse à deux fonds, Celui
où le siége qui est sur le devant est égal au siége
qui est sur le derrière.
En fin fond de forêt, Dans l'endroit d'une forêt qui est
le plus écarté.
FOND, se dit encore de Ce qui forme le côté d'une chose
opposé à l'entrée, à l'ouverture. Le fond de ce
coffre est percé. Les panneaux qui forment le fond d'une armoire. Enlever
le fond d'un pâté. Le fond d'une tabatière. Le fond d'un chapeau,
d'un bonnet, etc.
Mettre des fonds à un pantalon, à une culotte, Garnir avec
des pièces la partie de derrière de ces vêtements, lorsqu'elle
est usée.
Boîte à deux fonds, à double fond, qui a un double fond,
Boite qui s'ouvre des deux côtés, ou qui a un premier fond sous lequel
s'adapte un autre fond, de manière qu'on peut cacher quelque chose entredeux.
FOND, dans le sens qui précède, se dit particulièrement
de Cet assemblage de petites douves qui ferme les tonneaux et les futailles par
l'un des deux bouts, ou par tous les deux. Mettre un fond à un tonneau.
Ce vin est si violent, qu'il jettera les fonds, si on ne lui donne vent.
Se dit également de Cet assemblage de petits ais, ou de Ce châssis
garni de sangles, qui porte la paillasse et les matelas d'un lit. Le bois du
fond du lit ne vaut rien. Les sangles du fond ne sont pas assez tendues.
FOND, en parlant D'étoffes, signifie, La première ou plus
basse tissure sur laquelle on fait quelque dessin, ou quelque nouvel ouvrage.
Velours à fond d'or, à fond d'argent.
Se dit aussi de L'étoffe même sur laquelle on ajoute quelque broderie.
Une broderie sur un fond de satin, sur un fond de velours, sur un fond blanc,
sur un fond vert.
FOND, se dit également, en Peinture, Du champ sur lequel les figures
d'un tableau sont peintes. Le fond du tableau est trop clair, est trop brun.
Une figure qui se détache en brun sur un fond clair, en clair sur un fond
brun.
Il signifie souvent, Les plans les plus reculés d'un paysage, ou La représentation
du lieu de la scène dans un tableau d'histoire, etc. Des arbres occupent
le fond du tableau. Le fond du tableau est un paysage. Un paysage sert de fond
au tableau, fait fond aux figures du tableau. Fond de paysage. Fond d'architecture.
Cela ne se détache pas assez bien du fond.
Se dit, au Théâtre, de La décoration qui forme le fond de
la scène. Toile de fond, ou simplement, Fond. Le fond représente
une place publique, la mer, une forêt, etc. Le fond s'ouvre, se lève
et laisse voir une flotte à l'ancre.
FOND, signifie figurément, Ce qu'il y a d'essentiel dans une chose,
ce qui la constitue principalement; par opposition à La forme, à
l'apparence, à l'accessoire, etc. Voilà le fond de sa doctrine,
ce qui fait le fond de sa doctrine. L'apparence est contre lui, mais le fond est
bon. Le fond de ce roman, de ce drame est historique. Il a établi, brodé
sur ce fond une intrigue assez peu vraisemblable. Le fond de cet ouvrage n'est
pas neuf. Le fond de cette histoire peut être véritable, mais on
l'a bien altéré. Le fond d'une matière, d'une affaire, d'une
question. Il n'a pas touché au fond de la question. Il faut venir au fond.
Nous sommes d'accord sur le fond, il ne s'agit plus que de s'entendre sur la forme.
Aller au fond des choses. Connaître le fond des choses.
Un fond de raison, de vérité, etc., se dit de Ce qu'il
y a de raisonnable, de vrai, etc., dans une chose. Il y a bien un fond de vérité
dans ce qu'il nous a dit.
FOND, dans le sens qui précède, se dit particulièrement,
en termes de Procédure, de Ce qui fait la matière d'un procès;
par opposition à Tout ce qui n'est que forme ou exception. Voilà
quel est le fond du procès. Le tribunal rejeta le déclinatoire,
et statua sur le fond. Le jugement du fond. Conclure, défendre, plaider
au fond. Cette affaire était bonne par le fond, il l'a perdue par la forme.
Quelquefois la forme emporte le fond.
FOND, se dit encore, figurément, de Ce qu'il y a de plus intérieur,
de plus intime, ou de plus caché, de plus secret dans le coeur, dans l'esprit,
etc. Ce souvenir vit toujours au fond de mon âme. Je vous parle du fond
du coeur. Dans le fond de la conscience. Dieu connaît le fond des coeurs,
lit au fond de nos coeurs. Il voit le fond de nos pensées.
À FOND. loc. adv. Jusqu'au fond, entièrement, complétement,
tout à fait. Traiter une matière à fond. Il possède
cette science à fond. Je veux m'en instruire à fond. Il nous en
a entretenus à fond. Refaire une chose à fond. Dîner à
fond. Cette dernière phrase est familière.
AU FOND, DANS LE FOND. loc. adverbiales, À juger des choses en
elles-mêmes, et indépendamment de quelque circonstance légère.
On le blâme de cela, mais au fond il n'a pas tort. Il a peut-être
parlé avec trop de chaleur, mais dans le fond il a raison.
FONDAMENTAL , ALE. adj.
Qui sert de fondement à un édifice, à une construction.
Pierre fondamentale.
Se dit aussi figurément. La loi fondamentale de l'État. Principe
fondamental. Les points fondamentaux de la religion. La pièce fondamentale
d'un procès.
En Musique, Son fondamental, Celui qui sert de fondement à l'accord
ou au ton. Basse fondamentale, Celle qui sert de fondement à l'harmonie.
Accord fondamental, Celui dont la basse est fondamentale, et dont les sons
se trouvent arrangés selon l'ordre de leur génération.
FONDAMENTALEMENT . adv.
Sur de bons fondements, sur de bons principes. Une maxime fondamentalement
établie. Il n'est guère usité que dans le didactique.
FONDANT , ANTE. adj.
Qui a beaucoup d'eau, et qui se fond dans la bouche. Ce sont des fruits fondants.
Poire fondante.
Il se disait autrefois, en Médecine, Des remèdes que l'on croyait
propres à fondre les humeurs, et à les rendre fluides. Ces remèdes
sont fondants. En ce sens, il est aussi substantif. C'est un fondant. User
de fondants.
FONDANT, s'emploie également comme substantif, en termes de Chimie,
pour désigner Les substances qui servent à accélérer
la fusion de certains corps; et alors il est synonyme de Flux.
Se dit de même, chez les Émailleurs, d'Un verre tendre que l'on
mêle avec les couleurs qu'on veut appliquer sur les métaux.
FONDATEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui a fondé quelque établissement, ou quelque religion,
quelque doctrine. Cyrus est le fondateur de l'empire des Perses. Les fondateurs
des empires, des républiques. Cette ville eut pour fondateur tel héros,
tel prince. Les fondateurs des ordres religieux. C'est le fondateur de leur ordre.
Sainte Thérèse est la fondatrice des carmélites. Ils le regardent
comme le fondateur de cette compagnie. Louis XIII est le fondateur de l'Académie
française. Le fondateur d'une religion. Bacon et Descartes sont les fondateurs
de la philosophie moderne.
Il signifie particulièrement, Celui qui a fondé quelque église,
quelque monastère, etc., avec un revenu fixe pour les faire subsister.
Les établissements religieux dont ce prince est le fondateur. Cette
reine est fondatrice de tel monastère, de telle église. Les droits
du fondateur. Suivre l'intention du fondateur.
Se dit pareillement de Ceux qui fondent des lits dans un hôpital, des
bourses dans un collége, des messes dans une église, des prix dans
une académie, etc.
Prov. et fig., Ce n'est pas là l'intention du fondateur, se dit
en parlant Des choses qui se font contre l'intention de ceux qui en ont la direction,
la disposition.
FONDATION . s. f.
Se dit Des travaux qui se font pour asseoir les fondements d'un édifice,
d'une construction; et quelquefois, abusivement, Des fondements mêmes. On
l'emploie souvent au pluriel. Commencer la fondation d'un bâtiment. Faire
les fondations d'un bâtiment. Pour faire une bonne fondation dans un terrain
marécageux, il faut asseoir les fondements sur des pilotis. La fondation
n'est pas achevée. On travaille encore aux fondations. Ce bâtiment
a douze pieds de fondation.
Se dit également Du fossé, de la tranchée que l'on fait
pour y placer les fondements. Creuser la fondation, les fondations. Faire la
fouille des fondations.
FONDATION, se dit figurément de L'action de fonder, de créer
quelque établissement. Depuis la fondation de cet empire. La fondation
de cette ville date de telle époque. La fondation d'une colonie. La fondation
d'une église, d'un couvent. La fondation d'un ordre religieux, d'une société
savante. Au temps de la fondation.
Se dit aussi en parlant D'un fonds légué pour des oeuvres de piété,
ou pour quelque autre usage louable. Fondation pieuse. Ce prince fit plusieurs
fondations. Des revenus qui sont de l'ancienne fondation d'un monastère.
Il a laissé une somme pour la fondation d'un hôpital, d'une messe
à perpétuité. La fondation d'un prix dans une académie.
FONDEMENT .s.m.
T. d'Archit. La maçonnerie qui sert de base à un édifice,
à une construction, et qui se fait dans la terre jusqu'au rez-de-chaussée.
Fondement sur le roc. S'emploie surtout au pluriel. Des fondements sur
pilotis. Fondements profonds, solides. Les fondements en sont bas. Faire les fondements.
Asseoir les fondements. Affermir les fondements. Ébranler, saper les fondements.
Reprendre des fondements. Poser, jeter les fondements d'un édifice.
Se dit quelquefois, au pluriel, Du creux, du fossé que l'on fait pour
commencer à bâtir. Fouiller, creuser les fondements d'un édifice.
Poétiq. et par extension, Les fondements d'une montagne, La terre
ou les rocs qui sont au-dessous de sa base, et qui la soutiennent. On dit quelquefois,
abusivement, dans un sens analogue, Les fondements de la terre, de l'univers,
etc. --- La montagne fut ébranlée jusque dans ses fondements. La
terre, l'univers trembla sur ses vieux fondements.
Fig., Jeter, poser, établir les fondements d'un empire, d'un royaume,
etc., En faire le premier établissement, le former, le constituer.
Romulus a jeté les fondements de l'empire romain. On dit dans un
sens analogue, Jeter les fondements d'une religion, d'une doctrine, etc.
FONDEMENT, signifie encore, au figuré, Ce qui sert de base, de
principal soutien, de principal appui. La justice, les lois, la fidélité
des peuples, sont les plus sûrs fondements des trônes, des monarchies.
Détruire la justice, c'est saper les fondements de l'État. Cette
pièce fait le principal fondement de sa demande. La crainte de Dieu est
le fondement de la sagesse. Cette hypothèse n'est établie que sur
des fondements ruineux. Il attaqua les fondements de la philosophie d'Aristote.
Il n'y a point de fondement à faire sur son amitié, sur sa parole.
Il signifie aussi, Cause, motif, sujet. Ce n'est pas sans fondement qu'il
en use de la sorte. Ce qui a donné fondement à cela, c'est que...
Sur quel fondement se plaint-il? Il se plaint avec fondement. Je ne dis pas cela
sans fondement, sans quelque fondement. C'est un bruit sans fondement.
FONDEMENT, signifie en outre, L'anus, l'ouverture par où sortent
les gros excréments. Avoir mal au fondement.
FONDER . v. a.
Mettre les premières pierres, les premiers matériaux pour la construction
d'un bâtiment, d'un édifice. Fonder une maison sur le roc, la
fonder sur pilotis, la fonder sur le sable.
Fonder une ville, Être le premier à la bâtir. Cette
ville a été fondée à telle époque.
FONDER, signifie au figuré, Établir le premier quelque
chose, créer, instituer. Fonder un empire, un royaume, un État,
une république, une colonie, etc. Fonder un ordre religieux. Fonder une
académie. Fonder un établissement, une grande manufacture. Il fonda
des jeux annuels. Fonder une religion, une doctrine philosophique, un système,
etc. On le dit quelquefois Des choses, mais seulement au figuré. Cet
ouvrage fonda la réputation de tel écrivain.
Il signifie particulièrement, Donner un fonds suffisant pour l'établissement
et l'entretien de quelque chose de louable, d'utile. Fonder une église,
un couvent, une chapelle. Fonder un hôpital, un collége. Fonder une
messe, un service, un obit, une lampe. Fonder un lit dans un hôpital. Fonder
des prix dans une académie. Fonder une bourse dans un collége.
Fam. et par plaisanterie, Fonder la cuisine, Pourvoir à ce qui
regarde la subsistance, la nourriture. Il faut avant tout fonder la cuisine.
FONDER, signifie encore figurément, Appuyer de raisons, de motifs,
de preuves; établir sur des principes, sur des faits ou sur des données.
Voilà sur quoi il fonde son opinion, ses prétentions, sa démarche.
Cela est fondé en raison. Sur quoi fondez-vous une semblable conjecture,
une telle supposition, de telles craintes? Je ne sais trop sur quoi ils fondent
cette coutume. Fonder toute son espérance en Dieu. Les espérances
que j'avais fondées sur lui. Il a fondé sa doctrine sur des faits.
Cela est fondé sur l'analogie.
Fonder quelqu'un de procuration, Lui donner sa procuration.
FONDER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le sens figuré
qui précède. Je me fonde sur ce que.... Tout cela se fonde sur
de faux bruits. Il se fonde sur de meilleurs titres. Il se fonde sur la possession.
Toute son espérance se fonde en vous. Se fonder en autorité, en
raison, en exemple. Se fonder sur l'analogie. Se fonder sur un article de loi,
sur une maxime, sur un principe.
FONDÉ, ÉE. participe, Une morale fondée sur l'intérêt
personnel. Un attachement fondé sur l'estime. Une personne fondée
de procuration. On dit aussi, substantivement: Un fondé de procuration.
Un fondé de pouvoir.
Fig., Un édifice fondé sur le sable, se dit d'Un édifice
qui ne paraît pas devoir durer longtemps. On le dit, plus figurément
encore, d'Un système spécieux, mais qui n'a rien de solide, d'un
projet dont rien ne garantit l'exécution, etc.
Être fondé à croire, à dire, à faire, etc.,
quelque chose, Avoir de justes raisons, de justes motifs de croire, de dire,
etc., quelque chose. N'étais-je pas fondé à croire que
vous vouliez nous quitter?
FONDÉ, signifie adjectivement, Juste, légitime, raisonnable.
Sa demande me paraît fondée, est fondée. Vos reproches
sont bien fondés. Ce sont des craintes mal fondées. L'espoir le
mieux fondé.
FONDERIE . s. f.
Le lieu où l'on fond et où l'on purifie le métal tiré
d'une mine. On a placé la fonderie en tel endroit.
Se dit aussi d'Un lieu où l'on fabrique certains objets avec du métal
fondu. Une fonderie de canons. Une fonderie de caractères.
Se dit également, chez les Ciriers, Du lieu où l'on fond la cire.
FONDERIE, signifie en outre, L'art de fondre les métaux. Il
entend bien la fonderie. Fonderie en bronze.
FONDEUR .s.m.
Ouvrier en l'art de fondre les métaux. Se dit principalement de Ceux
qui fondent les canons, les cloches, les statues de bronze, etc. Fondeur de
canons, de cloches. Fondeur sur métaux. Il est fondeur. Maître fondeur.
On dit aussi, Fondeur en caractères d'imprimerie, ou simplement,
Fondeur en caractères.
Prov., Être étonné, être penaud comme un fondeur
de cloches, Être fort surpris de voir manquer une chose que l'on croyait
infaillible, ou de voir arriver un malheur auquel on ne s'attendait pas.
FONDOIR .s.m.
Lieu où les bouchers fondent leurs graisses et leurs suifs.
FONDRE . v. a.
Liquéfier ou rendre fluide par le moyen du feu, de la chaleur, une substance
plus ou moins solide, telle qu'un métal, du verre, de la cire, du suif,
etc. Fondre un métal, du plomb, de l'or. Fondre un lingot, des galons.
Fondre de la cire, de la neige, de la glace. Le soleil a fondu la neige.
Fondre les métaux, signifie, particulièrement, Fabriquer,
mouler certains objets avec des métaux que l'on fond à cet effet.
L'art de fondre les métaux.
FONDRE, signifie aussi, Jeter en moule. Fondre un canon, une cloche,
une statue, un vase, des chandeliers, etc. On dit de même: Fondre
des caractères d'imprimerie. Fondre des balles. Etc.
Prov., fig. et fam., Fondre la cloche, Prendre une dernière résolution
sur une affaire qui a été longtemps agitée, en venir à
l'exécution. Il est temps de fondre la cloche. Quand il vint à
fondre la cloche.
FONDRE, signifie quelquefois, Dissoudre. Un remède propre à
fondre les calculs de la vessie.
En Médec., Fondre les humeurs, Les rendre plus fluides. Fondre
une obstruction, La détruire, la faire disparaître.
FONDRE, signifie au figuré, Unir et combiner une chose avec une
autre; faire que deux ou plusieurs choses, auparavant distinctes, ne forment plus
qu'un tout. Fondre un ouvrage avec un autre, le fondre dans un autre. Tycho-Brahé
voulut fondre ensemble le système de Ptolémée et celui de
Copernic. Fondre plusieurs lois en une seule.
Se dit particulièrement, en termes de Peinture, Des couleurs, des teintes
contiguës, lorsqu'on les joint et qu'on les mêle, de manière
que le passage de l'une à l'autre soit ménagé. Fondre
les couleurs, les teintes. Fondre une couleur, une teinte avec une autre, dans
une autre.
FONDRE, avec le pronom personnel, signifie, Se liquéfier par l'effet
de la chaleur ou autrement, se dissoudre. Le beurre se fond aisément.
La glace se fond au soleil. Les neiges se sont fondues depuis que la température
est plus douce.
Fig., Le ciel se fond en eau, Il tombe une pluie abondante.
FONDRE, s'emploie, dans un sens analogue, neutralement et absolument.
Faire fondre du beurre. Le sucre fond dans l'eau. L'étain fond facilement.
Par exagérat., Fondre à vue d'oeil, se dit D'une personne
ou d'un animal dont la force et l'embonpoint diminuent rapidement.
Par exagérat., Fondre en pleurs, fondre en larmes, Répandre
beaucoup de larmes, pleurer excessivement. Il fond en larmes, quand on lui
parle de la mort de son fils. On dit quelquefois figurément, dans le
même sens, Fondre en eau.
Par exagérat. et fam., Fondre, se fondre en sueur, Suer abondamment
par l'effet d'une chaleur excessive.
Fig. et fam., Il s'est fondu, il est fondu, se dit De quelqu'un ou de
quelque chose qui a disparu tout à coup, sans que l'on sache ce qu'il est
devenu. On dit aussi, Il n'est pas fondu, il n'a pas pu se fondre, pour
exprimer que L'on ne conçoit pas qu'un objet ait disparu de manière
qu'il soit impossible de le retrouver.
Fig. et fam., Tout ce qu'il tient fond entre ses mains, C'est un homme
qui ne saurait rien garder, qui perd ou qui égare tout ce qu'il a.
FONDRE, avec le pronom personnel, signifie également, Se mêler,
s'unir, se lier, surtout en termes de Peinture. Ces deux teintes se fondent
bien ensemble.
FONDRE, neutre, signifie aussi, S'abîmer, s'écrouler. La
terre a fondu sous ses pieds. La maison fondit tout à coup. Il y a des
villes qui ont fondu tout d'un coup.
Il signifie encore, Tomber impétueusement, s'abattre, se lancer avec
violence de haut en bas. Le ciel est tout couvert de nuages, et l'orage est
près de fondre. L'orage fondit tout à coup. Je ne sais où
ira fondre l'orage. Un milan qui fond sur sa proie.
Il signifie figurément, Assaillir, attaquer impétueusement et
tout à coup. La cavalerie fondit sur l'aile gauche des ennemis. Il fondit
sur lui l'épée à la main.
Se dit aussi Des choses, dans un sens analogue à celui qui précède.
Les maux qui fondirent sur nous.
FONDU, UE. participe, Plomb fondu. Cire fondue. Maison fondue.
Fig., Cette maison est fondue dans telle autre, se dit D'une maison dont
les biens ont passé dans une autre par le mariage de quelque fille.
Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l'un après
l'autre sur le dos d'un d'entre eux qui se tient courbé. Jouer au cheval
fondu.
FONDRIÈRE . s. f.
Ouverture à la superficie de la terre, faite par des ravines d'eau, ou
par quelque autre accident. La cavalerie ne put passer à cause d'une
fondrière. Combler une fondrière.
Se dit aussi d'Un terrain marécageux sous lequel les eaux croupissent
faute d'écoulement, où l'on enfonce et l'on s'embourbe, et d'où
l'on a beaucoup de peine à se tirer. Ce pays est plein de fondrières.
FONDS .s.m.
Le sol d'une terre, d'un champ, d'un héritage. Le fonds d'une terre.
Être riche en fonds de terre. Cultiver un fonds. Un mauvais fonds. Bâtir
sur son fonds. Il ne faut pas bâtir sur le fonds d'autrui. Un fonds sujet
à usufruit.
Absol., Biens-fonds, se dit Des biens immeubles, comme les terres, les
maisons. Être riche en biens-fonds.
Fonds dotal, Immeuble constitué en dot à la femme.
Le fonds et le très-fonds. Sorte de pléonasme qui signifie,
Le fonds et tout ce qui en dépend. Vendre le fonds et le très-fonds.
On écrit aussi, Tréfonds.
Fig. et fam., Savoir le fonds et le très-fonds d'une affaire,
La posséder parfaitement.
FONDS, se dit aussi d'Une somme plus ou moins considérable destinée
à quelque usage. Les fonds du Trésor, de la Banque. Les fonds
destinés pour la guerre, pour les bâtiments, pour l'artillerie, pour
la marine. N'avoir point de fonds pour payer. Employer le fonds. Faire un fonds.
Fonds social. Verser des fonds dans une caisse, à une caisse. Placer avantageusement
ses fonds. Des fonds destinés à l'amortissement de la dette publique.
Bailleur de fonds. Appel de fonds. Tous les fonds sont divertis. Trouver un fonds.
Assigner sur un mauvais fonds. Dissiper un fonds. Avoir, posséder de gros
fonds, des fonds considérables.
Se dit quelquefois familièrement, au pluriel, d'Un avoir, d'un pécule
en argent. Être en fonds. Avoir des fonds. Mes fonds sont bas. Ses fonds
commencent à baisser.
Fonds publics, ou simplement, Fonds, Les fonds destinés
à servir les intérêts des rentes ou des actions créées
par les caisses publiques; et, plus ordinairement, Le prix de ces rentes, de ces
actions. Spéculer sur les fonds publics. Les fonds ont baissé.
Cette nouvelle a fait monter les fonds.
Fig. et fam., Être en fonds pour faire quelque chose, Être
en état de le faire. On lui a joué un mauvais tour; mais il est
en fonds pour prendre sa revanche.
FONDS, se dit aussi d'Un bien, d'un capital quelconque, par opposition
Au revenu, aux intérêts qu'il produit. Il mange non-seulement
le revenu, mais aussi le fonds.
Placer, mettre son argent à fonds perdus, à fonds perdu,
Placer son argent en viager, c'est-à-dire, à condition d'en recevoir
sa vie durant un intérêt convenu, en abandonnant le capital. On dit
dans un sens analogue: Donner une maison à fonds perdu. Vendre un bien
à fonds perdu.
FONDS, se dit encore d'Un établissement industriel ou commercial,
avec ce qui en dépend, comme marchandises, ustensiles, etc. Ce marchand
a vendu son fonds, et s'est retiré du négoce. Fonds de commerce.
Un fonds de boulanger, d'épicier, de bijoutier, etc. Il a un excellent
fonds de magasin, un fonds bien assorti.
FONDS, se dit figurément de Ce qu'une personne a d'esprit, de
capacité, de savoir, de vertu, de probité, etc. C'est un homme
qui a un grand fonds d'esprit. Cela prouve un grand fonds de savoir, un grand
fonds d'érudition. Cela part d'un fonds de probité. Cela ne peut
venir que d'un fonds de malice. Un fonds inépuisable de science. Il n'a
point tiré cela de son propre fonds. J'ai pour lui un grand fonds d'estime.
Se dit quelquefois, figurément, d'Une science, d'une matière,
d'un sujet, par rapport à ce qu'ils peuvent fournir de ressources ou offrir
de résultats. C'est un fonds très-riche, et qu'on n'a point encore
exploité.
FONDUE . s. f.
.Cuisine. Mets qui se fait avec du fromage fondu au feu.
FONGIBLE . adj. des deux genres
.Jurispr. Se dit Des choses qui peuvent être remplacées par d'autres
de même nature, comme sont toutes celles qui se consomment par l'usage,
et qui se règlent par nombre, poids ou mesure. Le blé, le vin,
l'huile, etc., sont des choses fongibles. Une chose peut devenir fongible d'après
la convention des parties.
FONGOSITÉ . s. f.
Terme de Chirurgie, synonyme de Fongus.
FONGUEUX , EUSE. adj.
.Chirur. Qui est de la nature du fongus. Se dit Des chairs mollasses, des excroissances
baveuses qui s'élèvent en forme de champignon sur les parties ulcérées,
et Des parties mêmes où viennent ces chairs. Chairs fongueuses.
Ulcère fongueux.
FONGUS .s.m.
(On prononce l'S.) .Chirur., emprunté du latin. Excroissance charnue,
molle, spongieuse, qui a la forme d'un champignon, et qui s'élève
sur la peau ou sur quelque autre membrane, sur une plaie, sur un ulcère.
Un fongus de nature cancéreuse.
FONTAINE . s. f.
Eau vive qui sort de terre. La source d'une fontaine. Le bassin d'une fontaine.
Les bords d'une fontaine. Aller à la fontaine. Puiser dans la fontaine,
à la fontaine. La fontaine est bien profonde. Fontaine claire, nette, limpide.
Fontaine trouble, bourbeuse, froide. Eau de fontaine. Une fontaine jaillissante.
Une fontaine artésienne. Le jet d'une fontaine. Faire une fontaine dans
un jardin ou dans une place publique. Un regard de fontaine. La fontaine ne coule
plus. Fontaine intermittente. On dit, dans un sens analogue, Fontaine de
vin, de lait, etc.
Fontaine de Jouvence, Fontaine fabuleuse, qu'on suppose avoir la vertu
de rajeunir. On dit figurément, Il a été à la fontaine
de Jouvence, ou Il a bu de l'eau de la fontaine de Jouvence, en parlant
D'un homme qui paraît rajeuni.
Prov. et fig., Il ne faut pas dire, fontaine, je ne boirai jamais de ton
eau, Il ne faut jamais assurer qu'on n'aura pas besoin de telle personne ou
de telle chose.
FONTAINE, se dit, par extension, de Tout le corps d'architecture qui
sert pour l'écoulement, pour le jeu des eaux d'une fontaine. La fontaine
des Innocents. La fontaine de Grenelle. Il y a de très-belles fontaines
dans cette ville. La construction d'une fontaine. Une fontaine ornée de
statues, de vases, etc.
Se dit également d'Un vaisseau de cuivre, de grès, ou de quelque
autre matière, dans laquelle on garde de l'eau, pour les usages domestiques,
etc. Acheter une fontaine de grès pour une cuisine. Les fontaines de
cuivre sont dangereuses. Fontaine à filtre. Le robinet d'une fontaine.
Se dit, en Physique, de Certaines machines d'où l'on fait jaillir un
liquide par la pression et la force élastique de l'air, telles que la Fontaine
de compression, la Fontaine de Héron, etc.
Se dit encore Du robinet et du canal de cuivre, d'étain, etc., par où
coule l'eau d'une fontaine, ou le vin d'un tonneau, ou quelque autre liqueur que
ce soit. Tourner la fontaine. La fontaine du muid.
Fontaine de la tête, Endroit au haut de la tête, où
aboutissent les sutures. La fontaine de la tête est tendre et molle chez
les enfants. Voyez FONTANELLE.
FONTAINIER .s.m.
Voyez FONTENIER.
FONTANELLE . s. f.
T. d'Anat. Se dit de Certains espaces membraneux que présente le crâne,
avant son entière ossification, aux points où les angles de plusieurs
os contigus tendent à se réunir. Les fontanelles servent d'indication,
lors de l'accouchement, pour déterminer la position de la tête du
Foetus.
FONTANGE . s. f.
Noeud de rubans que les femmes portaient autrefois sur leur coiffure.
FONTE . s. f.
Action de fondre, de liquéfier, de résoudre en liquide; ou Action
de ce qui fond, de ce qui se liquéfie. La fonte des métaux. Remettre
à la fonte. La fonte des neiges fait déborder les rivières.
La fonte des humeurs.
Fonte de galons, Action de brûler des galons pour en retirer l'or
et l'argent qu'ils contiennent.
FONTE, se dit particulièrement de L'action ou de l'art de mouler
certains objets qu'on fait avec du bronze ou avec quelque autre métal fondu.
La fonte d'une statue, d'un vase, etc. Jeter une statue en fonte. Fonte en
potée. Fonte en sable. Fonte d'un seul jet. L'opération de la fonte.
FONTE, se dit aussi Du fer fondu. Fonte brute. Fonte moulée.
Ouvrage de fonte. Marmite de fonte. Contre-coeur de fonte. Tuyau de fonte.
On dit dans le même sens, Fer de fonte.
Se dit également d'Une certaine composition de métaux dont le
cuivre fait la principale partie. Canon de fonte. Mortier de fonte. Pièce
de fonte.
FONTE, en Imprimerie, se dit de L'ensemble de toutes les lettres et de
tous les signes composant un caractère complet de telle ou telle grosseur.
Une nouvelle fonte. Une fonte de petit-romain, de cicéro, etc.,
ou de neuf, de onze, etc. Une fonte de nouveaux caractères. Une fonte
toute neuve.
En termes de Peinture, Ce tableau est d'une belle fonte, Les passages
des teintes y sont bien liés, bien fondus.
FONTE . s. f.
.Sellerie. Chacun des deux fourreaux de gros cuir que l'on attache à
l'arçon d'une selle, pour y mettre des pistolets. Mettre des pistolets
dans les fontes.
FONTENIER .s.m.
(On dit et on écrit aussi, Fontainier.) Celui qui est chargé
de conduire et de faire aller les fontaines, de les entretenir, de les faire jouer.
Maître fontenier.
Se dit aussi de Celui qui fait, qui vend des fontaines de grès, de cuivre,
etc., pour les usages domestiques.
FONTICULE .s.m.
T. d'Anat. Petit ulcère artificiel pratiqué par le chirurgien,
soit avec un instrument tranchant, soit avec un caustique. On dit plus ordinairement,
Cautère.
FONTS .s.m. pl.
Bassin, grand vaisseau de pierre, de marbre ou de bronze, où l'on conserve
l'eau dont on se sert pour baptiser. Bénir les fonts. Les fonts baptismaux.
Les fonts de baptême.
Tenir un enfant sur les fonts, En être le parrain ou la marraine.
Fig. et fam., Tenir quelqu'un sur les fonts, S'en entretenir avec détail,
en parler soit en bien, soit en mal; ou Questionner quelqu'un, le faire parler,
l'examiner. Cette phrase a vieilli.
FOR .s.m.
Juridiction, tribunal de justice. Il ne s'emploie guère que dans les
locutions suivantes:
Le for extérieur, L'autorité de la justice humaine qui
s'exerce sur les personnes et sur les biens. Cela se dit, plus particulièrement,
de La juridiction temporelle de l'Église, appelée aussi Le for
ecclésiastique. Traduire au for ecclésiastique. Être absous
dans le for extérieur.
Le for intérieur, L'autorité que l'Église exerce
sur les âmes et sur les choses purement spirituelles; ou, figurément,
Le jugement de la propre conscience, appelé aussi Le for de la conscience.
Tel homme est absous dans le for extérieur, qui ne l'est pas dans le for
intérieur, dans le for de la conscience.
FORAGE .s.m.
T. d'Arts. Action de forer, ou Le résultat de cette action. Le forage
d'un canon. Le forage d'un puits artésien.
FORAGE .s.m.
.Coutume. Droit seigneurial qui se levait sur le vin.
FORAIN , AINE. adj.
Qui est de dehors, qui n'est pas du lieu. On peut, sans commandement préalable,
faire saisir les effets de son débiteur forain.
Propriétaire forain, ou simplement, Forain, Propriétaire
qui n'a pas son domicile dans le lieu où ses biens sont situés,
et où il est porté au rôle des contributions.
Marchand forain, ou simplement, Forain, Marchand qui parcourt
avec ses marchandises les villes, les campagnes, les foires, les marchés.
Il vient un grand nombre de marchands forains, de forains à ce marché.
Chemin forain, Chemin qui se trouve à l'entrée d'une ville,
et dont la largeur doit être suffisante pour le passage de deux voitures.
En termes de Marine, Rade foraine, Rade mal fermée, ceinte en
partie de terres plus ou moins élevées, et où les bâtiments
ne sont pas en sûreté contre les grands vents du large.
Traite foraine, Droit d'impôt et de péage qu'on levait autrefois
sur les marchandises qui entraient dans le royaume, ou qui en sortaient. Commis
aux traites foraines.
FORBAN .s.m.
Corsaire qui exerce la piraterie sans commission d'aucun prince, et qui attaque
également ami et ennemi. Les forbans sont traités comme voleurs.
Fig., Un forban littéraire, Celui qui s'approprie avec audace
des ouvrages de littérature qui ne lui appartiennent point.
FORÇAGE .s.m.
.Monnayage. Excédant que peut avoir une pièce au-dessus du poids
prescrit par les ordonnances.
FORÇAT .s.m.
Homme condamné aux travaux forcés. Il y a tant de forçats
dans ce bagne. La chaîne des forçats.
Forçat libéré, Forçat qui a été
remis en liberté après avoir subi sa peine.
FORÇAT, se dit aussi de Ceux qui, chez certains peuples, sont
employés, comme esclaves, au service des galères ou à d'autres
travaux pénibles. On délivra les forçats.
Prov., Travailler comme un forçat, Travailler excessivement.
FORCE . s. f.
Vigueur, faculté naturelle d'agir vigoureusement. Se dit proprement en
parlant De l'homme et des animaux. Force physique. Grande force. Force extraordinaire.
Force de corps. Force de bras. Force de reins. La force d'un homme, d'un animal.
Avoir beaucoup de force. Ces lutteurs ont autant de force l'un que l'autre. Frapper
de toute sa force. Y aller de toute sa force. Manquer de force. Il est dans sa
force, dans toute sa force. Lancer une chose avec force. Mettez-y moins de force.
Il n'a seulement pas la force de marcher. Il n'eut pas la force d'en dire davantage.
Crier de toute la force de ses poumons. Un estomac qui n'a plus de force. Perdre
de sa force. Reprendre quelque force. Être sans force. Il n'est point de
force humaine capable de... --- Comme l'exercice de cette faculté résulte
ordinairement du concours de plusieurs forces différentes, on la désigne
souvent par le pluriel. Les forces du corps. Réparer ses forces. Recouvrer
ses forces. Reprendre ses forces. Sentir augmenter ses forces. Perdre ses forces.
Prendre de nouvelles forces. Ses forces diminuent, reviennent. Les forces lui
manquent. Ses forces s'épuisent. Vouloir faire plus que les forces ne permettent.
Se fier à ses forces. Mesurer ses forces. Connaître ses forces. Etc.
À forces égales, à force égale, à égalité
de force, de forces, Les forces étant supposées égales
de part et d'autre.
La force de l'âge, L'âge où un être organisé
est dans toute sa force. Se dit surtout en parlant De l'homme. Être dans
la force de l'âge.
La force du tempérament, Cette vigueur de tempérament qui
rend capable de surmonter les grandes fatigues, de résister à de
violentes maladies. Il faut une grande force de tempérament pour ne
pas succomber à cette maladie.
Fam., N'avoir ni force ni vertu, Être d'une complexion délicate;
ou N'être bon à rien, n'être capable de rien.
Fig., Tour de force, Action qui exige beaucoup de force. En portant
ce fardeau jusque-là, vous avez fait un tour de force. On le dit également
au sens moral. Si vous terminez ces deux affaires aujourd'hui, vous ferez un
tour de force. Une si longue improvisation est un tour de force. C'est un vrai
tour de force.
FORCE, se dit figurément en parlant De l'esprit, de l'imagination,
du génie, etc., et signifie, L'aptitude à réfléchir,
à concevoir, à produire. Avoir une grande force de tête
La force, les forces de l'intelligence. Par la force de son génie. L'esprit
humain n'a pas assez de force pour pénétrer tous les secrets de
la nature. Il faut beaucoup de force d'esprit pour suivre cette démonstration.
Ce poëte a une grande force d'imagination. Dans un sens analogue, La
force de la mémoire, La ténacité de la mémoire.
Il a une force de mémoire étonnante.
Se dit également de L'habileté, du talent, de l'expérience
qu'on a dans un art, dans un exercice, etc.; et, en général, Des
ressources dont on peut disposer, des facultés, du bien, du crédit,
du pouvoir, etc., dont on jouit. Ces deux joueurs, ces deux écoliers,
sont d'égale force, sont de la même force, de même force. Ses
adversaires ne sont pas de sa force. Il n'est pas de force à lutter, à
se mesurer avec lui. Cet écrivain n'est pas de force à bien traiter
un pareil sujet. Cette jeune personne est d'une grande force sur le piano. Consulter
ses forces. Il a trop présumé de ses forces. Entreprendre au delà
de ses forces. Cela est au-dessus des forces humaines. S'opposer de toutes ses
forces à l'adoption d'une mesure dangereuse. Les forces d'un parti. Ce
parti connaît sa force. Ce serait ôter au gouvernement ce qui fait
sa force. On l'emploie quelquefois ironiquement, comme dans cette phrase,
Tous écrivains de même force.
FORCE, se dit aussi de La puissance d'un peuple, d'un État, de
tout ce qui contribue à le rendre ou à le maintenir puissant. La
force de cet État consiste non-seulement dans le nombre de ses habitants,
mais encore dans leur industrie. Les forces comparées de la France et de
l'Angleterre. La force militaire d'un empire.
La force d'une armée, Ce qui la rend considérable, redoutable.
La force numérique d'une armée. Voilà ce qui fait la principale
force de nos armées. On dit aussi, La force d'un régiment,
d'un bataillon, etc., Le nombre effectif des soldats qui le composent.
Être en force, Être en état de se défendre
et d'attaquer. On dit de même, Venir en force, se présenter en
force.
La force d'une place, Ses moyens de défense, ses fortifications,
sa garnison, etc.
FORCES, au pluriel, se dit particulièrement Des troupes d'un État,
d'un souverain, etc. Assembler ses forces. Toutes ses forces ne sont pas encore
rassemblées. Combattre à forces égales. De nouvelles forces.
Joindre ses forces. Combattre avec toutes ses forces. Les forces de terre et de
mer. Les forces navales.
FORCE, signifie encore, Violence, contrainte, ou Pouvoir de contraindre.
User de force. Employer la force. Régner par la force. Céder
à la force. Opposer la force à la force. Repousser la force par
la force. Avoir la force en main. L'empire de la force. La force publique.
Force armée, se dit de Tout corps de troupes, en tant qu'il peut
être requis pour faire exécuter la loi ou les mesures des agents
de l'autorité, lorsqu'il y a résistance de la part des citoyens.
Ce rassemblement ayant fait résistance, on dut recourir à la
force armée.
Force majeure, Force à laquelle on ne peut résister, événement
qu'on ne peut empêcher, et dont on n'est pas responsable. Céder
à la force majeure. C'est un cas de force majeure. Lorsqu'il y a force
majeure. Cette locution est principalement usitée en Jurisprudence.
Force est demeurée à la loi, Les magistrats chargés
de l'exécution de la loi, ont eu l'avantage sur ceux qui voulaient l'enfreindre.
Fam., Il est bien force, force m'est, force lui est, etc., s'emploient
pour marquer La nécessité absolue et indispensable de faire quelque
chose. Je voudrais bien demeurer, mais force m'est de partir. Force lui fut
de se taire.
Maison de force, Maison où l'on enferme les gens de mauvaises
moeurs qu'on veut corriger. On l'enferma dans une maison de force.
FORCE, se dit aussi, figurément, de La fermeté d'âme,
de caractère, etc.; du courage qui fait braver les obstacles ou supporter
le malheur, les maux, les tourments. Il lui manquait la force d'âme,
la force d'esprit. Elle a une force de caractère qui étonne, une
grande force de caractère. Il faut beaucoup de force pour soutenir de telles
adversités. Il faut souvent plus de force pour soutenir la bonne fortune.
La force est une des vertus cardinales.
N'avoir pas la force de faire une chose, Ne pouvoir pas se déterminer
à la faire. Je n'eus pas, je ne me sentis pas la force de lui en dire
davantage, tant il me parut affligé.
FORCE, en parlant Des choses, signifie, Solidité, pouvoir de résister.
La force d'une poutre. La force d'un mur, d'une digue. La force de la toile.
La force de ce drap vient de ce qu'il est extrêmement serré.
En Charpenterie, Jambes de force, se dit de Deux grosses pièces
de bois qui, étant posées sur les extrémités de la
poutre du dernier étage d'un bâtiment, vont se joindre dans le poinçon
pour former le comble. Ces jambes de force sont trop grosses.
FORCE, se dit également de La propriété qu'ont certaines
choses d'imprimer à d'autres une impulsion plus ou moins grande, de les
mettre en mouvement. La force de la poudre à canon. La force d'une machine
à vapeur. La force d'un levier, d'un ressort.
Se dit, quelquefois, de L'impulsion qu'a reçue le corps poussé,
lancé, jeté. La force d'une balle, d'un boulet de canon.
On dit de même, La force d'un coup.
Il signifie particulièrement, Impétuosité. La force
de l'eau, du courant. Le sang, l'eau jaillissait avec force. La force du vent.
La force du pouls, Le plus ou le moins de vitesse et d'élévation
du pouls. On dit de même que Le coeur bat avec force, Quand les pulsations
en sont rapides et violentes.
En termes de Marine, Faire force de rames, Ramer de toute sa force, ou
Faire ramer les gens d'une barque, d'un bateau, etc., de toute leur force. Faire
force de voiles, Se servir de toutes les voiles, afin de prendre plus de vent,
et d'aller plus vite; ou, figurément et familièrement, Faire tous
ses efforts pour réussir en quelque affaire.
FORCE, signifie aussi, Énergie, activité, intensité
d'action, et s'emploie tant au propre qu'au figuré. La force d'un poison,
d'un remède. La force d'un acide. Ce vinaigre a beaucoup de force. La force
de la chaleur. S'il continue à geler de cette force. La force d'un mal.
La force d'une passion, d'un sentiment. Son amour sembla renaître avec plus
de force. S'élever avec force contre les abus. Cet homme semblait entraîné
à sa perte par une force irrésistible.
La force de la séve, L'abondance et la vigueur de la séve.
C'est la force de la séve qui a fait pousser ces rejetons.
FORCE, dans le sens qui précède, s'applique particulièrement
à L'énergie du style, des expressions, etc. La force du style.
Son style a beaucoup de force. Des vers pleins de force et d'éclat. Ce
mot a beaucoup de force. Sentez-vous toute la force de ce mot, de cette expression?
Se dit encore particulièrement de La valeur d'un raisonnement, d'une
preuve, d'une raison, etc. Ce raisonnement n'est pas d'une grande force. Ce
qui fait la force d'un raisonnement. La force d'un argument, d'une preuve, d'une
objection. Toutes ces présomptions n'ont pas la force d'une preuve. L'accusation
en tirait une nouvelle force. Il fallut céder à la force de ces
raisons.
FORCE, se dit en outre, figurément, de L'autorité, de l'influence
d'une chose. Les lois étaient sans force. Cette coutume avait force
de loi. Décision passée en force de chose jugée. On ne peut
lutter contre la force des choses. La force des événements. La force
de l'éloquence. La force de l'évidence. La force de l'exemple, de
l'habitude, du préjugé.
La force de la vérité, Le pouvoir que la vérité
a sur l'esprit des hommes. La force de la vérité lui arracha
cet aveu.
La force du sang, se dit Des mouvements secrets de la nature entre les
personnes les plus proches.
FORCE, se dit en général, surtout dans le langage didactique,
de Toute cause ou puissance à laquelle on attribue la propriété
de produire ou de déterminer certains effets, certains phénomènes.
Les diverses forces répandues dans la nature. La force centripète.
La force centrifuge. La force de cohésion, d'attraction, etc. La force
locomotive. La force d'inertie. La force digestive. Force vitale. Force secrète.
Force intelligente. Force aveugle.
En Mécanique, Force mouvante ou motrice, Force qui produit
un mouvement actuel; et, Force morte, Celle qui, étant développée
ou employée, peut produire un tel mouvement, mais dont l'effet est actuellement
neutralisé. On disait aussi autrefois, Force vive, par opposition
à Force morte, pour exprimer L'action de forces combinées
avec leur vitesse, comme dans le choc. Aujourd'hui cette locution n'est plus employée
que pour désigner Le produit de la force motrice par le carré de
la vitesse du point matériel auquel elle est appliquée.
Fig., Force d'inertie, Résistance passive, qui consiste principalement
à ne pas obéir. Ils opposèrent la force d'inertie aux
mesures de l'autorité.
FORCE, en Peinture et en Sculpture, se dit Du caractère ressenti
dans les formes, Lorsqu'on parle du coloris, il signifie, L'emploi des couleurs
les plus vigoureuses, distribuées avec intelligence.
Il s'applique aussi à l'effet total d'un tableau, et signifie que Les
ombres les plus vigoureuses sont opposées aux lumières les plus
brillantes, ce qui donne de la saillie et du mouvement aux objets.
FORCE, est aussi une espèce d'adverbe, qui signifie, Beaucoup,
en grande quantité, et qui se met toujours immédiatement avant le
substantif. Il a force argent, force pierreries, force amis, Il a beaucoup
d'argent, de pierreries, d'amis. Cet emploi est familier.
À FORCE DE. locution prépositive, qui peut avoir pour complément
un substantif, ou un verbe à l'infinitif. À force de soins, de
peines, de sollicitations, d'empressements, d'importunités, etc., Par
beaucoup de soins, de prières, de sollicitations, d'importunités,
etc. À force de prier, de presser, d'agir; à force de pleurer,
de crier, etc., En priant, en pressant, en agissant beaucoup; en pleurant,
en criant beaucoup; etc.
À force de bras, se dit en parlant De travaux, de transports pour
lesquels on n'emploie que la seule force des bras. Ils montèrent le
canon à force de bras. Tirer, traîner à force de bras.
À force de rames, En faisant force de rames.
À TOUTE FORCE. loc. adv. Par toutes sortes de moyens. Il veut,
à toute force, venir à bout de son entreprise.
Il signifie aussi, À tout prendre, absolument parlant. On pourrait,
à toute force, lui accorder ce qu'il demande.
À FORCE. loc. adverbiale et familière, Beaucoup, extrêmement.
Travailler à force.
DE FORCE. locution adverbiale, qui sert à marquer diverses sortes
d'efforts ou de violences, selon les différentes choses dont on parle.
Ainsi on dit: Faire entrer de force une chose dans une autre, L'y faire
entrer en frappant ou en poussant fortement. Prendre une fille de force,
La violer. Prendre une ville de force, L'emporter d'assaut.
De gré ou de force, Volontairement ou par contrainte. Il faudra
bien, de gré ou de force, qu'il paye le dommage.
PAR FORCE, À FORCE OUVERTE, DE VIVE FORCE. loc. adverbiales. En employant
la force, la violence, par une violence manifeste. On le fit entrer par force
dans la prison. Ils résolurent d'attaquer cette ville à force ouverte,
de la prendre de vive force, après avoir inutilement essayé d'y
entrer par surprise.
FORCÉMENT . adv.
Par force, par contrainte. Il a fait cette démarche forcément.
Il signifie au figuré, Par une conséquence rigoureuse. Ce fait
reconnu, on doit forcément en conclure...
FORCENÉ , ÉE. adj.
Furieux et hors de sens. Il est forcené. Forcené de rage, de
colère.
S'emploie aussi substantivement. C'est un forcené. Il se débattit
comme un forcené.
FORCEPS .s.m.
.Chirur., emprunté du latin. Nom générique de toutes les
espèces de pincettes, ciseaux, tenettes, et autres instruments qui servent
au chirurgien pour saisir et tirer les corps étrangers.
Se dit particulièrement, et plus ordinairement, d'Un instrument en forme
de grande et large tenette, dont on se sert dans les accouchements laborieux,
pour l'extraction de l'enfant. Les branches d'un forceps.
FORCER . v. a.
Briser, rompre, ouvrir quelque chose avec violence. Forcer une porte, une
serrure. Forcer un coffre. Forcer les prisons.
Forcer une clef, forcer une serrure, Fausser, tordre quelque chose à
une clef, aux ressorts d'une serrure, de manière qu'ils ne peuvent plus
jouer.
FORCER, signifie aussi, Prendre par force. Forcer un corps de garde.
Forcer un retranchement. Forcer une barricade. On dit dans un sens analogue:
Forcer un passage. Forcer tous les obstacles. Etc.
Forcer des troupes dans leur camp, dans leurs retranchements, Forcer
leur camp, leurs retranchements.
Fig., Forcer la porte de quelqu'un, Entrer chez quelqu'un, quoique sa
porte soit défendue.
Forcer la consigne, Ne pas s'y conformer, l'enfreindre avec violence.
Forcer une fille, forcer une femme, La prendre de force, la violer.
En termes de Chasse, Forcer une bête, La prendre avec des chiens
de chasse, après l'avoir courue et réduite aux abois. Forcer
un lièvre. Forcer un cerf, un daim, un chevreuil.
FORCER, signifie en outre, Contraindre, obliger à quelque chose,
violenter; et il se dit tant au propre qu'au figuré. Forcer quelqu'un
à faire quelque chose, de faire quelque chose. Il la força de signer.
Il fut forcé de partir. On voulait le forcer à partir. Vous me forcez
à vous dire des vérités un peu dures. Forcer son adversaire
à jouer. Forcer les ennemis au combat. Forcer la terre à produire.
Forcer la nature à dévoiler ses secrets. Forcer les consciences.
Forcer les volontés. Forcer son inclination, son humeur. Forcer son talent.
Forcer la nature, le naturel. On dit aussi, Forcer le consentement, le
vote, etc., de quelqu'un, Obliger quelqu'un à donner son consentement,
etc.
Fig. et fam., Forcer la main à quelqu'un, Le contraindre à
faire quelque chose. Je ne voulais pas lui donner cette place, mais on m'a
forcé la main. On dit de même, Avoir la main forcée,
Faire quelque chose malgré soi, par contrainte.
Forcer les respects, l'admiration, etc., Les obtenir de ceux mêmes
qui ne sont pas disposés à les accorder.
Forcer nature, Vouloir faire plus qu'on ne peut.
Forcer sa voix, Faire des efforts de voix. Cela se dit surtout D'un chanteur.
Forcer un cheval, Le pousser trop, le faire trop courir, l'outrer.
Forcer le pas, la marche, Presser le pas, se mettre à marcher
le plus vite que l'on peut.
En termes de Marine, Forcer de voiles, forcer de rames, Faire force de
voiles, de rames. Dans ces phrases, Forcer est neutre.
FORCER, avec le pronom personnel, signifie, Faire quelque chose avec
trop de force et de véhémence. Ne vous forcez point, vous vous
ferez mal. Ne vous forcez pas tant.
Il signifie aussi, Se contraindre, faire effort sur soi-même. Je ne
me décide pas à cette démarche sans me forcer un peu.
FORCÉ, ÉE. participe, Consentement forcé. Emprunt
forcé. À marches forcées. Travaux forcés: voyez
TRAVAUX.
S'emploie aussi adjectivement, et signifie, Qui manque de naturel, qui est contraint,
affecté. Être forcé dans toutes ses manières. Elle
n'a rien de gauche ni de forcé. Attitude forcée. Contenance forcée.
Un ris, un sourire forcé. Des pleurs forcés.
S'emploie de même en parlant Des ouvrages d'esprit, et se dit De ce qui
s'éloigne du naturel, de la vérité, et De ce qui est mal
amené, tiré de trop loin, etc. Style forcé. Vers forcé.
Il y a, dans cette pièce de théâtre, des situations forcées.
Comparaison forcée. Rapprochement forcé. Donner à un passage,
à une expression un sens forcé.
Se dit pareillement Des figures d'un tableau, quand leur attitude est gênée
sans nécessité; Du coloris, quand il est outré; et De l'effet,
quand l'artifice dont le peintre peut se servir pour l'augmenter, est grossièrement
employé.
FORCES . s. f. pl.
Espèce de grands ciseaux qui servent à tondre les draps, à
couper des étoffes, à les tailler, à couper des feuilles
de laiton, de fer-blanc, etc. Une paire de forces.
FORCLORE . v. a.
.Pratique. Exclure de faire quelque acte, quelque production en justice, parce
que le temps préfix en est passé. On ne l'emploie guère qu'à
l'infinitif et au participe. Il s'est laissé forclore. Il a été
forclos.
FORCLOS, OSE. participe, Forclos de produire. Il fut déclaré
forclos. La partie adverse fut déclarée forclose.
FORCLUSION . s. f.
.Pratique. Exclusion de faire une production en justice, faute de l'avoir faite
dans le temps. Il a été jugé par forclusion. Les délais
sont expirés, la forclusion est acquise.
FORER . v. a.
T. d'Arts. Percer. Forer une clef. Forer un canon. Forer un puits artésien.
FORÉ, ÉE. participe, Clef forée, Clef dont
la tige est percée, pour recevoir une broche fixée dans le trou
de la serrure.
FORESTIER , IÈRE. adj.
Qui concerne les forêts. Code forestier. Lois forestières. Administration
forestière. Service forestier.
Arbres forestiers, Arbres dont se composent les grandes forêts;
par opposition Aux arbres qui forment les bois.
Villes forestières, se dit de Quatre villes d'Allemagne qui sont
sur le Rhin au-dessus de Bâle, dans le voisinage de la forêt Noire;
savoir: Rheinfeld, Waldshut, Seckingen et Lauffenbourg.
FORESTIER, signifie particulièrement, Qui a quelque charge, quelque
fonction dans les forêts. Garde forestier. Agent forestier.
S'emploie quelquefois comme substantif, dans ce dernier sens. Un forestier.
Les forestiers de Flandre, Les anciens gouverneurs de Flandre, avant
qu'il y eût des comtes.
FORÊT . s. f.
Grande étendue de terrain planté de bois; ou L'assemblage d'arbres
qui occupent, qui couvrent cette étendue. Grande forêt. Forêt
impraticable. Belle forêt. Épaisse forêt. Une forêt sombre.
Les routes, les laies d'une forêt. Les faux-fuyants d'une forêt. L'entrée
d'une forêt. Le milieu d'une forêt. Le fond d'une forêt. Vivre
au fond des forêts. Être en fin fond de forêt. Traverser une
forêt. Cette forêt couvre une grande étendue de pays. Un pays
couvert de forêts. D'immenses forêts. La forêt des Ardennes.
L'ancienne forêt Hercynie. La forêt Noire. Une forêt infestée
par des brigands. Percer une forêt. Abattre une forêt. Couper une
forêt. La coupe d'une forêt. Dépeupler une forêt. Dégrader
une forêt.
Eaux et forêts, se dit Des forêts, des étangs, des
rivières, etc., en tant qu'ils sont l'objet d'une surveillance exercée
par le gouvernement. La législation des eaux et forêts. L'administration
des eaux et forêts, ou absolument, Les eaux et forêts. En termes
d'eaux et forêts. On dit dans un sens analogue: La direction générale
des forêts. Conservateur, inspecteur des forêts, des bois et forêts.
Etc.
Eaux et forêts, se disait spécialement autrefois d'Une juridiction
qui connaissait de la chasse, de la pêche, des bois et des rivières,
tant au civil qu'au criminel. Grand maître des eaux et forêts.
Fig. et fam., Vous étiez là dans une forêt, Vous
étiez entouré de malhonnêtes gens, de fripons. C'est une
forêt, C'est un lieu peu sûr.
Par extension, Une forêt de mâts, de lances, etc., se disent
en parlant D'un grand nombre de vaisseaux réunis, d'une troupe nombreuse
de soldats armés de lances, etc.
FORET .s.m.
T. d'Arts. Instrument de fer ou d'acier dont on se sert pour faire des trous
dans le métal, dans le bois, etc. Foret de serrurier, de menuisier.
La pointe d'un foret.
Se dit, particulièrement, Du petit foret avec lequel on perce un tonneau.
Mettre le foret dans un tonneau. Tirer du vin au foret.
FORFAIRE . v. n.
Faire quelque chose contre le devoir. Il ne se dit guère qu'en termes
de Jurisprudence, et en parlant De la prévarication d'un magistrat. Si
un juge vient à forfaire.
Forfaire à son honneur, se dit D'une fille ou d'une femme qui
se laisse corrompre. Elle a forfait à son honneur.
En Droit féodal, Forfaire un fief, Le rendre confiscable de droit
au profit du seigneur féodal, par quelque outrage, quelque trahison, etc.
Dans cette phrase, Forfaire est actif.
FORFAIT .s.m.
Crime énorme commis avec audace. Il a été puni de ses
forfaits. Il a reçu le prix de ses forfaits. Commettre un forfait, un horrible
forfait.
FORFAIT .s.m.
Traité, marché par lequel une des parties s'oblige à faire
ou à fournir quelque chose pour un certain prix, à perte ou à
gain. Faire un forfait avec un architecte pour un bâtiment. Prendre à
forfait. Traiter à forfait pour des travaux, pour le chauffage, pour l'éclairage
d'un établissement public.
Vendre, acheter à forfait, Vendre, acheter plusieurs choses en
masse, et sans estimation préalable du prix particulier de chacune.
FORFAITURE . s. f.
.Jurispr. Prévarication. On ne peut destituer un magistrat que pour
forfaiture.
Il s'est dit, en Droit féodal, d'Un délit qui entraînait
la confiscation du fief par le seigneur. Saisir, confisquer un fief pour forfaiture.
FORFANTE .s.m.
Mot pris de l'italien. Hâbleur, charlatan, fanfaron. C'est un forfante.
Il est familier et il a vieilli.
FORFANTERIE . s. f.
Hâblerie, charlatanerie. On a dévoilé toutes ses forfanteries.
S'emploie plus ordinairement aujourd'hui dans le sens particulier de Fanfaronnade,
ou de Fanfaronnerie. C'est un homme bien déplaisant avec ses forfanteries.
Quelle ridicule forfanterie!
FORGE . s. f.
Lieu où l'on fond le fer quand il est tiré de la mine, et où
on le met en barre. Faire aller une forge. Entretenir une forge. Un maître
de forges. Le fourneau d'une forge. Les soufflets d'une forge. Grosse forge.
Se dit aussi Du fourneau où certains artisans chauffent le métal
qu'ils emploient, et de l'enclume où ils le battent. La forge d'un maréchal.
La forge d'un serrurier. La forge d'un armurier. La forge d'un orfévre.
Etc.
Se dit, particulièrement, de L'atelier d'un maréchal ferrant.
Mener un cheval à la forge. Un cheval qui revient de la forge.
Forge de campagne, La forge portative et les outils qui servent aux maréchaux
ferrants, dans les armées en marche.
Fig. et fam., Cet ouvrage est encore tout chaud de la forge, Il sort
des mains de l'auteur, il a été achevé tout récemment.
FORGEABLE . adj. des deux genres
Qui peut se forger, qui peut se travailler à la forge. La fonte n'est
pas forgeable.
FORGER . v. a.
Donner une forme au fer, ou à quelque autre métal, par le moyen
du feu et du marteau. Forger un fer de cheval. Forger une barre de fer. Forger
une épée. Forger des armes. Forger une cuirasse. Forger des assiettes
d'argent, des cuillers, des fourchettes. On l'emploie quelquefois absolument.
Apprendre à forger.
Forger à froid, Travailler un métal avec le marteau, sur
une enclume, sur un tas, etc., sans le faire chauffer. On dit par opposition,
Forger à chaud, lorsqu'on veut parler de la manière ordinaire
de forger.
En termes de Manége, Ce cheval forge, se dit D'un cheval qui,
en marchant, touche les fers des pieds de devant avec les fers des pieds de derrière.
FORGER, signifie figurément et familièrement, Inventer,
controuver. Il a forgé cela dans sa tête. Forger un mensonge.
Forger une calomnie, une malice. Forger une histoire. Forger des mots. Forger
des nouvelles. Il a forgé une fable qu'il voulait nous donner comme une
vérité.
Se forger des chimères, S'imaginer des choses sans fondement.
Se forger des monstres pour les combattre, Se former des difficultés,
soit de bonne foi et par crainte ou par faiblesse d'esprit, soit à dessein
et pour faire paraître son esprit en les surmontant.
FORGÉ, ÉE. participe, Un mot forgé, Un mot
inventé, nouvellement fabriqué. Il se prend ordinairement en mauvaise
part.
FORGERON .s.m.
Ouvrier qui travaille le fer au marteau, après l'avoir fait chauffer
à la forge. Se dit principalement de Ceux qui font les gros ouvrages de
fer, comme barres, ancres, chaînes, instruments aratoires, etc. Un bon
forgeron.
Prov. et fig., En forgeant on devient forgeron, À force de s'exercer
à quelque chose, on y devient habile.
FORGEUR .s.m.
Se dit, dans plusieurs Arts, de Celui qui est employé aux travaux de
la forge. Forgeur d'épées, de couteaux, de ciseaux, de lancettes,
etc.
Se dit, figurément et familièrement, de Celui qui invente, qui
controuve quelque fausseté. C'est un forgeur de contes, un forgeur de
nouvelles, un forgeur de calomnies.
FORHUIR . v. n.
Terme de Chasse, qui s'emploie dans ces phrases, Forhuir du cor, du cornet,
du huchet, Sonner du cor, etc., pour rappeler les chiens.
FORJETER . v. n.
T. d'Archit. Se jeter en dehors, sortir de l'alignement ou de l'aplomb. Ce
mur forjette.
FORLANCER . v. a.
.Chasse. Faire sortir une bête de son gîte.
FORLANCÉ, ÉE. participe
FORLIGNER . v. n.
Dégénérer de la vertu de ses ancêtres, faire quelque
action indigne de la vertu de ses aïeux. Il n'a pas suivi les traces de
ses pères, il a forligné. Il est vieux.
Se dit, familièrement et par plaisanterie, D'une fille qui forfait à
son honneur. Elle a forligné.
FORLONGER . v. n.
.Chasse. Se dit proprement Des bêtes qui, étant chassées,
s'éloignent du pays où elles font leur séjour ordinaire.
Se dit également Du cerf, quand il a bien de l'avance sur les chiens.
Ce cerf forlonge.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Le cerf s'était forlongé.
FORMALISER
(SE). v. pron.
S'offenser, se piquer, trouver à redire. Il se formalise de tout.
Je lui ai parlé franchement, il ne s'en est point formalisé. Elle
s'est formalisée de la liberté qu'il a prise.
FORMALISTE . adj. des deux genres
Qui s'attache scrupuleusement aux formes, aux formalités. Ce juge
est très-formaliste. Les Romains étaient extrêmement formalistes.
Il signifie aussi, Façonnier, vétilleux dans les moindres choses
qui regardent les devoirs de la vie civile. On ne peut vivre avec lui, il est
trop formaliste.
S'emploie également comme substantif, surtout dans le premier sens. Un
formaliste sévère. C'est un formaliste, un grand formaliste.
FORMALITÉ . s. f.
Formule prescrite on consacrée; manière formelle, expresse, ordinaire
de procéder, de faire certains actes civils, judiciaires, administratifs,
religieux. Les formalités nécessaires à la validité
d'un contrat, d'un testament, d'un mariage. Il y manque une formalité.
Les formalités qu'on observe pour la réception d'un chevalier. Cette
formalité est requise, elle est de rigueur. Formalité qu'on doit
remplir à peine de nullité. Manquer, s'attacher aux formalités.
Se dit quelquefois pour Cérémonie, acte d'une civilité
recherchée. Il attachait une grande importance aux moindres formalités
de l'étiquette. Il entra, et s'assit, sans autre formalité, sans
plus de formalités. Que signifient toutes ces formalités? Ce
sens est ordinairement familier.
FORMAT .s.m.
T. d'Imprimerie et de Librairie. La dimension d'un volume en hauteur et en largeur:
elle est déterminée par le nombre et la dimension des feuillets
que chaque feuille renferme. Dans le format in-folio, la feuille n'a que deux
feuillets, n'est pliée qu'en deux. Le format in-quarto a quatre feuillets
ou huit pages; le format in-octavo, huit feuillets ou seize pages; etc. Format
atlantique, ou mieux, Format in-plano. Grand format. Petit format. Le format
d'un volume. Cet ouvrage a été imprimé en plusieurs formats.
FORMATION . s. f.
Action par laquelle une chose se forme, est produite. La formation de l'enfant
dans le ventre de la mère. La formation des métaux dans le sein
de la terre. La formation de ce terrain paraît due à des éruptions
volcaniques. La formation d'un abcès.
Se dit particulièrement, dans la Théorie militaire, Du mouvement
par lequel une troupe prend une certaine disposition. Les principes de la formation
en bataille.
Il signifie, en Géologie, L'ensemble des couches ou portions de terrains,
de gîtes quelconques de substances minérales qui paraissent avoir
été formés à la même époque et ensemble.
Les terrains des environs de Paris sont de formation gypseuse. Des couches
de même formation. Les formations schisteuses, calcaires.
Se dit encore de L'action de former, d'organiser, d'instituer. La formation
d'un régiment, d'une compagnie. La formation d'un établissement,
d'une administration. Depuis la formation.
Il signifie aussi, en termes de Grammaire, La manière dont un mot se
forme d'un autre mot, ou dont un mot passe par ses diverses formes. La formation
d'un adjectif verbal. La formation du pluriel. La formation d'un temps, d'un mode.
Règles de formation.
FORME . s. f.
Ce qui détermine la matière à être telle ou telle
chose. La matière et la forme. La matière est susceptible de
toutes sortes de formes, reçoit toutes sortes de formes.
En termes de Philosophie scolastique, Forme substantielle, Forme inhérente
à la substance, forme qui détermine et complète l'être.
En Chimie, Sous forme gazeuse, liquide, solide, etc., À l'état
de gaz, de liquide, de solide, etc.
En Théologie, La forme d'un sacrement, Les paroles sacramentelles
que le prêtre prononce en le conférant, par opposition à La
matière du sacrement. Les paroles, Je te baptise, etc., sont
la forme du sacrement de baptême, et l'eau en est la matière.
En Grammaire, La forme d'un mot, se dit en parlant D'un mot considéré
par rapport à sa composition, à ses modifications. Ce mot a eu
d'abord telle forme. Ce mot a une forme grecque. La forme du singulier, du pluriel.
Les formes actives, les formes passives d'un verbe.
FORME, signifie en général, La figure extérieure
d'un corps, la configuration d'une chose. La forme d'un homme. La forme d'un
animal. La forme d'un oiseau. La forme d'un poisson. L'excellence de la forme
humaine. Il est si défiguré, qu'il n'a presque pas forme humaine.
La forme du visage. La forme de la tête, de la bouche, du nez, de l'oreille.
Ils revêtent toutes sortes de formes. Le dieu prit la forme d'un vieillard.
Changer de forme. L'ange apparut au jeune Tobie sous la forme d'un voyageur. Donner
à un bâtiment la forme convenable. Une cour de forme carrée.
Forme ronde, circulaire, ovale. Cette montagne est en forme de cône, a la
forme d'un cône. Tailler quelque chose en forme de croissant. La forme d'un
vase, d'un dôme. Cela est d'une belle forme, d'une forme agréable.
Cela commence à prendre forme, à prendre une bonne forme, une meilleure
forme.
Se dit particulièrement, au pluriel, Des contours d'un objet. On l'emploie
fréquemment, en ce sens, dans les Arts du dessin. Les formes du corps.
Cet homme a des formes athlétiques. Cet animal a des formes sveltes, gracieuses.
Étudier les belles formes. La beauté, l'élégance des
formes. Les formes grêles de l'architecture gothique. Les formes sévères
de l'architecture grecque. Des formes heurtées.
FORME, s'emploie également au figuré, dans les deux sens
qui précèdent. J'y ai vu la misère sous toutes ses formes.
C'est toujours le même sentiment, sous une forme différente. La mort
s'offrait à nous sous ses formes les plus hideuses.
Il s'applique souvent, dans une acception particulière, Aux tours du
style, aux diverses façons d'exprimer la pensée. Varier les formes
de son style. Cette forme est tout à fait poétique. Des formes élégantes.
Les formes oratoires.
FORME, se dit encore, figurément, de La constitution, du mode
particulier de certaines choses. Changer la forme du gouvernement. La forme
de l'administration n'était pas la même dans toutes les provinces.
FORME, signifie en outre, La manière dont une chose est ou peut
être faite, présentée, traitée; par opposition à
Ce qui constitue essentiellement cette chose, à ce qui en fait le fond.
La forme de cette critique pourrait être un peu plus polie. La forme
d'un compliment. Donner au récit d'un voyage la forme d'un journal. Préceptes,
instructions en forme de dialogue. Il a choisi la forme de l'apologue. Cela pèche
par la forme. Le vice de la forme ne détruit pas le mérite du fond.
Il a su donner à ce sujet une forme neuve et originale. La forme a rajeuni
le fond. On changea la forme de l'acte, mais en conservant le fond.
Il signifie particulièrement, La formule usitée dans certains
actes ou écrits, la manière dont on les rédige habituellement.
La forme d'une quittance, d'un contrat de vente. La forme d'un billet à
ordre, d'une lettre de change.
La forme d'un argument, La manière dont ses parties doivent être
disposées pour qu'il soit conforme aux règles de la logique. Mettre
un argument en forme. Votre argument n'est pas en forme.
Par forme de... En manière de... Dire quelque chose par forme
d'avis, par forme de compliment.
FORME, signifie aussi, Manière ou façon d'agir, de se conduire,
de procéder, etc., conforme à certains usages, à certaines
règles établies. Garder toujours une même forme de vivre.
Prescrire une forme de conduite. Régler la forme des voeux. Rechercher
une fille dans les formes, en faire la demande en forme. Le mariage a été
fait dans les formes. Il n'y manquait aucune forme. Traiter une maladie dans les
formes. Faire le procès à quelqu'un dans les formes. Formes légales.
Formes judiciaires. Forme de justice. Il faut observer les formes. Les formes
requises. Se tenir dans les formes. Ces formes ont été constamment
suivies. Manquer, pécher dans la forme, par la forme. Défaut de
forme. La forme n'en vaut rien. Sans aucune forme de procès. Sans autre
forme de procès. Se dispenser des formes. Se tenir, s'en tenir aux formes.
Contrat en bonne forme. En quelque forme et manière que ce soit. En la
forme accoutumée. Un acte délivré en forme exécutoire.
Se dit absolument, en termes de Procédure, Des formes judiciaires, par
opposition à Ce qui fait la matière d'un procès, et qu'on
nomme Le fond. L'affaire est bonne quant au fond, mais la forme n'en vaut rien.
Il est des cas où la forme emporte le fond, où le vice de la forme
nuit au fond.
Pour la forme, Afin d'observer les cérémonies ordinaires,
afin de se conformer aux usages reçus, et de sauver les apparences. J'irai
le voir seulement pour la forme. C'est une chose qu'il faut faire pour la forme.
J'ai dit cela pour la forme.
FORMES, au pluriel, se dit quelquefois Des façons de s'exprimer
ou d'agir propres à une personne. Il a des formes un peu rudes, mais
c'est un excellent homme. Des formes grossières. Des formes polies, honnêtes.
On l'emploie même, absolument et familièrement, dans le sens de Formes
polies. C'est un homme qui a des formes. Avec des formes, en y mettant des
formes, vous réussirez à le persuader.
FORME, se dit, dans quelques Arts, Du modèle qui sert à
donner à certaines choses la forme qu'elles doivent avoir. Mettre un
chapeau en forme, sur la forme. Mettre une forme dans un soulier.
Forme brisée, Forme composée de pièces qui peuvent
se séparer.
FORME, se dit également de La partie d'un chapeau qui est faite
sur le modèle de bois, et de La partie de dessus d'un soulier. La forme
de ce chapeau est trop basse. La forme de ce soulier est toute gâtée.
FORME, en termes d'Imprimerie, se dit d'Un châssis de fer qui contient
des pages de caractères plus ou moins nombreuses, selon le format. Imposer
une forme. Serrer les pages d'une forme avec des coins. Serrer une forme. Il faut
deux formes pour composer une feuille. On a tiré la première forme.
Une forme de quatre pages, de huit pages, etc.
FORME, en termes de Papeterie, se dit d'Un châssis de bois, garni
d'un tissu métallique, servant à fabriquer le papier.
FORME, se dit aussi d'Un banc garni d'étoffe, et rembourré.
Une forme de moquette. Une forme de velours.
Se dit également Des stalles qui sont dans un choeur.
En termes de Chasse, Un lièvre en forme, Un lièvre au gîte.
FORME, en termes de Marine, se dit d'Un bassin pratiqué dans un
port, pour y faire entrer les bâtiments qu'on veut radouber ou réparer.
FORME, en termes de Maréchalerie, se dit d'Une tumeur calleuse
qui vient au paturon d'un cheval.
FORMEL , ELLE. adj.
Exprès, précis, positif, clair. Paroles formelles. Termes formels.
Le texte formel de la loi. C'est une des clauses formelles du contrat. Par une
disposition formelle de la charte, de la loi. Désaveu formel. Dénégation
formelle. Contradiction formelle.
Cause formelle, se disait, dans l'ancienne Philosophie, de La cause qui
fait qu'une chose est telle qu'elle est; par opposition à Cause matérielle.
FORMELLEMENT . adv.
En termes exprès, précisément, clairement. La loi le
dit formellement, le défend formellement. Le contrat porte formellement.
Il s'y est opposé formellement. Il a nié formellement. Il a déclaré
formellement que...
Il se disait, dans l'ancienne Philosophie, par opposition à Matériellement.
FORMER . v. a.
Donner l'être et la forme. Dieu a formé l'univers. Dieu a formé
l'homme à son image, il l'a formé du limon de la terre.
Il signifie aussi, en général, Produire, faire, opérer,
ou Composer, constituer. Former un son. Former une voix articulée. Former
des pas en dansant. Les eaux avaient formé un ravin profond. Le sang dont
ce prince a été formé. Les vapeurs qui forment les nuages.
À l'endroit où la route forme le coude. Ils formèrent un
cercle autour de lui. Former le cercle. Leur troupe forma le carré, pour
résister à la cavalerie. Former un concert de voix et d'instruments.
Nous formions une société particulière. Les arbres qui forment
une allée. Les lignes qui forment un triangle, un carré. Tant de
bataillons forment un régiment. Les sons qui forment un accord. Les mots
qui forment une phrase. Ces deux objets forment un contraste frappant. Cette dissertation
forme à elle seule les deux tiers de l'ouvrage. Voilà ce qui forme
le principal mérite de cet écrit.
Se dit, particulièrement, en parlant De la manière de faire, de
composer les mots, ou de les modifier, de les varier. Ce mot a été
formé de tel autre par corruption. Former les temps d'un verbe. Du participe
présent on forme l'imparfait, en changeant ant en ais.
FORMER, signifie aussi, Fabriquer, figurer, façonner, donner une
certaine forme, une certaine figure. Le potier forme des vases, et leur donne
telle figure qu'il veut. Former un noeud. Former un triangle. Former des caractères.
Former bien ses lettres, ses caractères.
Fig., Former des noeuds, des liens, etc., S'engager dans quelque union.
On dit dans le même sens, Former une liaison, etc.
FORMER, signifie en outre, Produire dans son esprit, concevoir dans son
esprit. Former un dessein, une résolution. Former un projet. Se former
des chimères. Se former une idée de quelque chose. Former des voeux,
des souhaits, des désirs.
Il signifie également, Proposer, exposer ce qu'on a conçu, le
mettre en avant. Former une objection. Former une difficulté. Former
sa plainte, son opposition devant le juge. Former opposition.
FORMER, signifie encore, Organiser, instituer, établir. Former
un bataillon, un escadron, un corps d'armée. Former une société,
une académie. Former une république, une monarchie. Former un conseil.
Former une cabale, une conspiration. Former une ligue. Former un établissement.
Former un siége, Commencer le siége d'une place, commencer
à ouvrir la tranchée. Il a investi la place, mais il n'a pas
encore formé le siége.
Former une entreprise, La concevoir et travailler à l'exécuter.
Les grandes entreprises qu'il avait formées.
FORMER, signifie aussi, Instruire, façonner par l'instruction;
faire contracter à quelqu'un certaines habitudes convenables. Former
un jeune homme; lui former l'esprit, le caractère. Former la jeunesse d'un
prince; le former à la vertu, aux bonnes moeurs. Former un apprenti, un
disciple. La lecture des bons livres forme les moeurs. C'est l'expérience
qui forme les hommes. On dit de même, Former des soldats, des marins,
etc.
Se dit, dans un sens analogue, en parlant Du goût, du style, etc. Former
son style sur celui d'un auteur. On forme son goût, on se forme le goût
par l'étude des bons modèles.
FORMER, s'emploie avec le pronom personnel dans la plupart des sens qui
viennent d'être indiqués. Le poulet se forme dans l'oeuf. Il s'est
formé un gouffre en cet endroit. Les météores qui se forment
dans l'air. Un orage se formait derrière nous. Des rassemblements se formèrent.
Le futur des verbes français se forme ordinairement de l'infinitif. Les
idées, les images qui se forment dans notre esprit. Cette république
ne s'est formée que lentement. L'assemblée s'est formée en
comité secret. Une ligue se forma contre lui. Il s'est bien formé
depuis que je ne l'ai vu. Il se formera avec le temps. On se forme en voyant le
monde. Le goût se forme par la lecture des bons auteurs. Se former sur de
bons modèles.
Se dit, particulièrement, Des choses dont la forme devient plus parfaite,
plus prononcée. Les traits de son visage commencent à se former.
Sa taille se forme.
Il signifie aussi, surtout dans la Théorie militaire, Prendre une certaine
disposition, un certain arrangement. Une troupe qui se forme sur la droite
ou sur la gauche en bataille. On le dit quelquefois, absolument, De la disposition,
de l'ordonnance habituelle d'une troupe. Les régiments se formèrent
devant les casernes.
FORMÉ, ÉE. participe, Avoir la taille bien formée.
Avoir un goût formé.
FORMICA-LEO .s.m.
Voyez FOURMILION.
FORMICANT . adj. m.
.Médec. Il ne s'emploie que dans cette locution, Pouls formicant,
Pouls petit, faible et fréquent.
FORMIDABLE . adj. des deux genres
Redoutable, qui est à craindre, ou qui inspire une grande crainte. C'est
un homme formidable. C'est la chose du monde la plus formidable. Cette armée
avait un aspect formidable. Une puissance formidable. Des troupes formidables.
Il s'est rendu formidable par la rapidité de ses conquêtes. Ils se
rendirent formidables à leurs voisins.
FORMIER .s.m.
Ouvrier qui fait et vend des formes pour les chaussures.
FORMUER . v. a.
.Vénerie. Faire passer la mue à un oiseau.
FORMUÉ, ÉE. participe
FORMULAIRE .s.m.
Livre, recueil de formules. Formulaire des notaires. Formulaire des actes
de procédure. Formulaire pharmaceutique.
Se dit aussi de Tout ce qui contient quelque formule, quelque formalité
à observer, quelque profession de foi. Formulaire de dévotion.
Signer un formulaire de foi.
Il s'est dit, particulièrement et absolument, Du bref émané
de la cour de Rome au sujet du livre de Jansénius. Signer, refuser le
Formulaire.
FORMULE . s. f.
Modèle qui contient les termes formels et exprès dans lesquels
un acte authentique, solennel, religieux, etc., est ou doit être conçu.
La formule d'un acte. Formule de serment. Formule de droit. Recueil de formules.
La formule d'un mandement. Formule de prières.
Formule d'algèbre ou algébrique, se dit d'Un ensemble
de termes algébriques qui compose l'expression la plus générale
d'un résultat de calcul.
FORMULE, se dit, en Médecine, Des recettes pharmaceutiques, des
ordonnances de médecin, rédigées conformément aux
règles et dans le langage de l'art. Dresser une formule. On use dans
les formules de certains caractères, de certaines abréviations pour
désigner les médicaments, leur dose, leur poids, etc. Médecine,
collyre, looch, etc., suivant la formule.
S'emploie aussi dans le langage ordinaire, et se dit de Certaines façons
de s'exprimer dont on se sert habituellement dans les diverses relations de la
vie. Des formules de politesse. Laissons de côté ces vaines formules,
et parlons avec franchise. La formule qui termine une lettre.
FORMULER . v. a.
.Médecine et de Pharmacie. Rédiger une ordonnance de médecine
selon les règles et avec les termes de l'art. Cette ordonnance a été
mal formulée. Ce médecin ne sait pas formuler.
En Jurispr., Formuler un acte, un jugement, etc., Le rédiger en
la forme accoutumée.
FORMULER, en termes d'Algèbre, Donner la formule qui exprime le
résultat général d'un calcul.
FORMULÉ, ÉE. participe
FORNICATEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui commet le péché de fornication. L'Écriture
dit que ni les fornicateurs ni les adultères n'entreront dans le royaume
des cieux.
FORNICATION . s. f.
Le péché de la chair entre deux personnes qui ne sont ni mariées
ni liées par aucun voeu. Simple fornication. Le péché
de fornication. Commettre fornication. Ce mot et celui de Fornicateur
ne se disent guère que dans le dogmatique, et en matière de religion.
FORNIQUER . v. n.
Commettre le péché de fornication. Il est peu usité.
FORPAÎTRE
ou FORPAISER. v. n.
.Chasse. Se dit Des bêtes qui vont chercher leur pâture dans des
lieux éloignés de leur séjour ordinaire.
FORS . préposition
Excepté, hormis, à la réserve de. Ils sont tous morts,
fors deux ou trois. «Tout est perdu, fors l'honneur», écrivait
François Ier, après la bataille de Pavie.
Il est vieux.
FORSENANT . adj.
.Chasse. Se dit D'un chien courant qui a beaucoup d'ardeur.
FORT , ORTE. adj.
Robuste, vigoureux. Un homme fort, extrêmement fort. Un homme grand
et fort. Un homme fort et ramassé. Avoir le bras fort, la main forte, les
reins forts. Avoir une forte constitution. C'est un homme fort, et qui résiste
au travail, à la fatigue. Il est plus fort, moins fort qu'un tel. Il n'est
pas assez fort pour porter tout cela. Ce cheval est-il assez fort pour le carrosse?
Un oiseau qui a l'aile forte.
Prov., Cet homme est fort comme un Turc, Il est extrêmement robuste,
vigoureux.
FORT, signifie aussi, Grand et puissant de corps, épais de taille.
Un fort cheval. Un fort mulet. Un cheval fort du dessous. Un fort mulet porte
six cents pesant. On dit dans un sens analogue, Avoir la jambe forte, la
main forte, etc.
Se dit également Des choses, et signifie, Gros et épais de matière,
capable de porter un poids ou de résister au choc. De fortes murailles.
Une forte digue. Cet arbre est déjà fort. Il faut une poutre plus
forte. Ces solives-là sont trop fortes pour la poutre. Il faut une barre
de fer plus forte. Une planche qui n'est pas assez forte. De la vaisselle d'argent
extrêmement forte. Coffre-fort: voyez COFFRE.
Se dit pareillement Des étoffes, des toiles, du cuir, etc. Un damas
fort et plein de soie. Cette étoffe est forte, elle durera long-temps.
Du ruban bien fort. Un cuir fort et qui résiste à l'eau.
Terre forte, Terre grasse, tenace, et difficile à labourer. Colle
forte, Sorte de colle plus tenace que la colle ordinaire.
FORT, se dit aussi Des villes et des places de guerre; et alors il signifie,
Qui est en état de résister aux attaques de l'ennemi. Ville forte.
Place forte. Le corps de la place est très-fort. Les dehors sont encore
plus forts que le corps de la place.
Se dit, quelquefois, Des troupes que leur nombre et leurs ressources mettent
à même d'attaquer et de se défendre avec avantage. L'ennemi
était plus fort que nous.
FORT, en parlant Des bois, des blés, etc., signifie, Touffu, rangé
près à près. Les blés sont forts cette année.
Un bois extrêmement fort. La haie est trop forte pour qu'on y puisse passer.
FORT, signifie encore, Rude, difficile, pénible. Un ressort
qui est très-fort. Vous lui donnez là une forte tâche. Ils
trouvèrent une montagne forte à monter. C'est un cheval fort à
dompter.
Ce cheval a la bouche forte, est fort en bouche, Il n'obéit point
au mors.
Fam., Le plus fort en est fait, Le plus difficile, le plus désagréable
en est fait.
Prov., La jeunesse est forte à passer, Dans la jeunesse on a bien
de la peine à modérer ses passions.
FORT, se dit figurément De ce qui est considérable dans
son genre. C'est une forte maison, on y fait beaucoup de dépense. Une
forte dépense. Recevoir un fort salaire, de forts appointements. Une forte
somme. Un nombre plus fort qu'un autre. Ils laissèrent un fort détachement
à la garde du butin. Les journées de travail sont plus fortes dans
telle saison. Poids fort. Mesure forte. Une forte dose.
Un ordinaire fort, Une table servie tous les jours copieusement. Une
forte entrée, Une entrée copieuse; et, dans le même sens,
Un plat fort, très-fort.
Voix forte, Voix pleine et qui se fait bien entendre.
FORT, au figuré, signifie particulièrement, Impétueux,
grand, violent, énergique dans son genre. Forte pluie. Vent fort. Sons
forts. Forte gelée. Forte chaleur. Forte douleur. Médecine trop
forte. Forte maladie. Forte fièvre. Son pouls est fort et élevé.
Il faut donner le feu plus fort. Le coup de tonnerre fut si fort que les vitres
en tremblèrent. Donner une forte impulsion. Faire une forte résistance.
En Musique: La mesure se divise en temps faibles et en temps forts. Appuyer
sur les temps forts. Etc.
Il s'applique également Aux choses morales. Avoir une forte inclination,
une forte passion pour quelque chose. Cela fit une forte impression sur son esprit.
Causer une forte émotion.
Fam., Cela est plus fort que moi, se dit D'une passion, d'une répugnance,
d'une habitude, etc., qu'on ne peut vaincre, surmonter.
FORT, se dit, dans une acception analogue à celle qui précède,
De certaines choses qui font une vive impression sur le goût ou sur l'odorat.
Liqueurs fortes. Vinaigre fort. Bière forte. Cidre fort. Le gingembre,
le piment ont un goût très-fort. Cette eau de Cologne est bien forte,
a une odeur bien forte. Ce tabac est trop fort pour moi.
Se dit, particulièrement, De ce qui est excessivement âcre, désagréable
au goût, à l'odorat. Du beurre fort. Avoir l'haleine forte.
Eau-forte. Nom que l'on donne ordinairement à l'acide nitrique,
dans le commerce et dans les arts.
Graver à l'eau-forte, Graver sur une planche de cuivre avec le
seul secours de l'eau-forte. On appelle par extension Eau-forte, Une estampe
tirée sur une planche qui a été préparée à
l'eau-forte, pour être ensuite terminée au burin, ou sur une planche
entièrement gravée à l'eau-forte. Une belle eau-forte.
Les eaux-fortes de Rembrandt.
FORT, se dit aussi pour Chargé, en parlant D'un liquide, d'une
couleur, etc. Lessive trop forte. Vin fort. Bouillon trop fort. Ce thé
est bien fort. Ce café est trop fort. Couleur forte. Des teintes plus fortes.
FORT, se dit en outre pour Puissant, tant au sens physique qu'au sens
moral. Son parti est le plus fort. Vous aurez affaire à forte partie.
Un homme est bien fort quand il a pour lui la justice. Céder au plus fort.
C'est le plus fort qui fait la loi. Quand on n'est pas le plus fort, il faut céder.
La raison du plus fort.
Main-forte. Voyez cette expression à son rang alphabétique,
dans la lettre M.
FORT, signifie encore, Qui est bien fondé, qui est appuyé
sur de bons principes. Cette raison-là est bien plus forte que l'autre.
C'est un des plus forts arguments pour prouver l'immortalité de l'âme.
Une forte objection.
Par comparaison du plus au moins, À plus forte raison, Avec d'autant
plus de raison. Si l'on est obligé de faire du bien aux étrangers,
à plus forte raison doit-on en faire à sa famille.
FORT, se dit également Des expressions, du style, etc., lorsqu'ils
joignent l'énergie à la justesse, et qu'ils sont capables de frapper,
d'entraîner. Une expression forte. Un style fort et concis. Une éloquence
forte et rapide.
Se dit aussi Des expressions, des termes, des propos durs et offensants. Cette
expression-là est un peu forte. L'épithète est forte. Ce
que vous dites là est un peu fort.
Fam., Cela est fort, paraît fort; voilà qui est fort, se
dit D'une chose qui étonne désagréablement, qui paraît
extraordinaire, ou difficile à croire.
FORT, se dit souvent, au figuré, pour Habile, expérimenté,
capable. C'est un homme fort. Il est fort sur ces matières-là,
il y est fort plus que personne. Cet élève est fort sur la philosophie,
sur l'histoire. Il n'est pas assez fort pour bien traiter un pareil sujet. Elle
est très-forte sur le piano, sur la harpe. Être fort aux échecs,
au piquet. Je ne joue pas contre vous, vous êtes beaucoup plus fort que
moi. Il n'est pas fort.
C'est une tête forte, une forte tête, C'est un homme de beaucoup
de jugement, de beaucoup de capacité. C'est une des plus fortes têtes
du conseil, de l'assemblée. On appelle aussi Tête forte,
Un homme qui porte bien le vin, qui peut en boire beaucoup sans s'incommoder.
Avoir l'esprit fort, Avoir de la vigueur, de la pénétration
et de l'étendue d'esprit. Il a l'esprit fort, il n'est point accablé
par la multitude des affaires.
Un esprit fort, se dit d'Une personne qui se pique de ne pas croire les
dogmes de la religion; et, en général, de Quiconque veut se mettre
au-dessus des opinions et des maximes reçues. C'est un esprit fort.
Il fait l'esprit fort. Les prétendus esprits forts.
Très-fam., Il est fort pour parler, pour pérorer, etc.,
se dit, par une sorte de dénigrement, De celui qui sait beaucoup moins
agir que parler, etc.
FORT, se prend aussi, figurément, pour Courageux, magnanime, ferme.
C'est un homme qui a un caractère fort, qui a l'âme grande et
forte. La femme forte de l'Écriture. Cela est d'une âme forte.
Se faire fort, S'engager à quelque chose, se rendre caution, se
rendre garant. Dans cette phrase, le mot Fort s'emploie toujours sans nombre
ni genre. Je me fais fort d'en venir à bout. Il se fait fort de son
ami. Elle se fait fort d'obtenir la signature de son mari. Ils se faisaient fort
d'une chose qui ne dépendait pas d'eux. On dit dans le même sens,
Se porter fort pour quelqu'un, Répondre du consentement de quelqu'un.
FORT, se met souvent avec la préposition en, ou avec la
préposition de, suivie d'un substantif qui indique le genre de force,
la cause, la qualité, les ressources, etc., qui rendent fort. Être
fort des reins. Une place forte d'assiette. Cette armée est forte en infanterie,
forte d'infanterie. Il est fort en cavalerie. Les ennemis sont plus forts en nombre.
Une armée forte de cent mille hommes. Être fort en raisons. Ils étaient
forts de nos divisions. Être fort de la protection de quelqu'un. Être
fort de sa conscience. Ce discours est très-fort de raisonnement, est très-fort
de style.
Prov. et pop., Être fort en gueule, Parler beaucoup, avoir la repartie
prompte et rude.
FORT, se dit substantivement, surtout dans le style élevé,
de Celui qui a la force ou la puissance. Protéger le faible contre le
fort.
Les forts de la halle, Les portefaix qui font le service de la halle
aux blés de Paris.
FORT, s'emploie également, comme substantif, pour désigner,
L'endroit le plus fort d'une chose. Mettre une poutre sur son fort. Le fort
de la voûte. Le fort de la balance. Gagner le fort de l'épée.
Le fort de la boule.
Se dit aussi de L'endroit le plus épais et le plus touffu d'un bois.
S'enfoncer dans le fort du bois. Courir dans le fort.
Se dit, en termes de Chasse, Du repaire, de la retraite, de certains animaux
qui se réfugient toujours dans l'endroit le plus épais du bois.
Le sanglier est dans son fort. Relancer une bête dans son fort.
FORT substantif, se dit figurément et familièrement Du
genre de mérite ou de savoir, de la qualité qui distingue une personne.
Son fort, c'est l'histoire, la chronologie. C'est là son fort. La critique
est son fort. C'est le tirer de son fort que de le tirer de là. C'est le
prendre par son fort que de l'attaquer sur la géométrie. Tout le
fort de cet homme est la mémoire. On dit dans un sens analogue: Connaître
le fort et le faible d'une affaire. Savoir le fort et le fin d'un art.
Communément, Du fort au faible, le fort portant le faible, Toutes
choses étant compensées, ce qui manque d'un côté étant
suppléé de l'autre. Quatre chevaux porteront tout cela, du fort
au faible. Des terres qui valent tant l'arpent, le fort portant le faible. Il
a de bonnes et de mauvaises qualités; mais, le fort portant le faible,
c'est un assez galant homme.
FORT substantif, signifie encore, Le temps où une chose est dans
son plus haut point, dans son plus haut degré; et il se dit tant Des choses
physiques que des choses morales. Dans le fort de l'hiver. Dans le fort de
l'été. Au fort de la tempête. Dans le plus fort de la guerre.
Il est dans le fort de sa maladie. Dans le fort de sa fièvre. Un homme
dans le fort de sa passion, dans le fort de la colère, peut-il écouter
la raison? Il ne faut pas lui en parler dans le fort de sa douleur, de son affliction.
FORT substantif, se dit en outre d'Un ouvrage de terre ou de maçonnerie,
en état de résister aux attaques de l'ennemi. Bâtir un
fort. Attaquer un fort. Prendre un fort. Il n'y a qu'un fort de terre qui défende
l'entrée du pont.
FORT, s'emploie aussi comme adverbe, et signifie, Vigoureusement, d'une
manière forte et vigoureuse. Frappez fort. Heurtez plus fort. Poussez
fort.
Il signifie aussi, Extrêmement, beaucoup; et alors, quand on le met devant
un adjectif ou devant un adverbe, il marque le superlatif. Il pleut fort. Il
gèle fort. Il vente fort. Elle lui plaît fort. Cette entreprise lui
tient fort au coeur. J'ai cela fort à coeur. Je crois fort qu'il s'y opposera.
Il nie fort et ferme. Il en a été fort surpris. Cet ouvrage est
fort estimé des savants. Fort beau. Fort laid. Elle est fort aimable. Cela
est fort inquiétant. Il n'est pas fort habile. Fort bien. Fort mal.
FORTE . adv.
(On prononce Forté.) .Musique, emprunté de l'italien. Fort.
Il se met, dans une pièce de musique, aux endroits où le son doit
être renforcé.
FORTEMENT . adv.
D'une manière vigoureuse, ferme, solide. Il le saisit fortement par
le milieu du corps, et l'enleva de terre. Attacher fortement une chose à
une autre. Cela tient fortement à la muraille.
Il signifie figurément, Avec énergie, avec force, avec ardeur.
Agir fortement. Il a insisté fortement sur ce point. C'est un ouvrage
fortement pensé. Il a parlé fortement. Cet ouvrier a fortement travaillé.
Se mettre fortement quelque chose en tête.
Des contours, des muscles, etc., fortement dessinés, Des muscles,
des contours, etc., dont la forme ou la saillie est très-prononcée.
On dit dans un sens analogue, en parlant Du visage, Des traits marqués
fortement.
FORTE-PIANO .s.m.
(On prononce Forté.) .Musique. Espèce de clavecin dont
la construction est telle, qu'on peut renforcer ou adoucir le son à volonté.
Jouer du forte-piano.
FORTERESSE . s. f.
Lieu fortifié, destiné à recevoir une garnison et à
défendre un pays. Cette forteresse tient tout le pays en respect. Attaquer
une forteresse. Prendre une forteresse. Ils se retirèrent dans une forteresse.
FORTIFIANT , ANTE. adj.
Qui augmente les forces. Se dit Des remèdes et des aliments. Le vin
est un remède et un aliment fortifiant.
S'emploie aussi comme substantif, au masculin. Prendre des fortifiants.
FORTIFICATION . s. f.
Ouvrage de terre ou de maçonnerie qui rend une place forte. La fortification
de cette ville est excellente. Les fortifications n'en valent rien. Abattre, raser
les fortifications. Démolir, réparer les fortifications. Dresser
le plan des fortifications. Travailler aux fortifications. Fortification régulière,
irrégulière.
Il signifie aussi, L'art de fortifier. Cet ingénieur entend bien la
fortification. On le dit plus ordinairement au pluriel. Se connaître,
s'entendre aux fortifications. Apprendre, étudier les fortifications.
Il signifie encore, L'action même de fortifier. On travaille à
la fortification de cette place.
FORTIFIER . v. a.
Rendre fort, donner plus de force. Cet exercice est propre à fortifier
le corps. Le bon vin fortifie l'estomac.
Se dit souvent au sens moral. Ces méditations fortifient l'esprit.
Fortifier le courage. Se fortifier l'âme. Fortifier son âme, son coeur.
Je fortifiai ses espérances. Le temps fortifie l'amitié. Fortifier
une preuve, un raisonnement. Cela fortifiait les soupçons. Fortifier une
accusation.
Fortifier quelqu'un dans une résolution, L'y faire persister,
l'y affermir.
En termes de Peinture, Fortifier une figure, les membres d'une figure,
Leur donner plus de grosseur. Fortifier les teintes, Les rendre plus vigoureuses.
Fortifier les ombres et les touches, Les rendre plus brunes et plus obscures.
FORTIFIER, signifie particulièrement, Faire des ouvrages pour
mettre une ville, une place, un poste, etc., en état de résister
à l'ennemi. Fortifier une ville, une place, un poste, un château.
Fortifier un camp. Ce côté de la place était mal fortifié.
FORTIFIER, avec le pronom personnel, signifie, tant au propre qu'au figuré,
Devenir fort, plus fort. Cet enfant se fortifie tous les jours. Ce convalescent
commence à se fortifier un peu. L'esprit se fortifie par l'étude.
Un sentiment qui se fortifie. Se fortifier dans la vertu. Se fortifier dans sa
résolution.
Se fortifier dans un poste, S'y retrancher, y faire des dispositions
qui mettent en état de tenir contre l'ennemi.
FORTIFIÉ, ÉE. participe, Un lieu fortifié.
FORTIN .s.m. diminutif
Petit fort. Construire un fortin. On accompagna le grand fort de deux fortins.
FORTIORI
(À)
Expression latine, qui s'emploie en termes de Logique, et qui signifie, À
plus forte raison. Raisonner à fortiori, conclure à fortiori,
c'est-à-dire, D'après un rapport du moins au plus qui établit
plus fortement ce qu'on veut prouver. Si je dois obliger mon cousin, à
fortiori dois-je secourir mon frère.
FORTITRER . v. n.
.Chasse. Se dit Des cerfs ou d'autres bêtes qui évitent de passer
dans les lieux où il y a des relais ou des chiens frais amenés pour
les courre. Le cerf a fortitré deux fois.
FORTRAIT , AITE. adj.
.Manége. Se dit D'un cheval outré de fatigue. Un cheval fortrait.
FORTRAITURE . s. f.
.Manége. Fatigue outrée d'un cheval.
FORTUIT , ITE. adj.
Qui arrive par hasard, d'une manière imprévue. Par cas fortuit.
C'est un cas fortuit. C'est une chose fortuite. Rencontre fortuite. Événement
fortuit. On n'est point tenu des cas fortuits.
FORTUITEMENT . adv.
Par cas fortuit, par hasard. Je l'ai rencontré fortuitement. Cela
est arrivé fortuitement.
FORTUNE . s. f.
Hasard, chance. La fortune des armes. En cas de fortune. Il court fortune
d'être un jour très-riche. Il court fortune d'y périr. Il
court fortune de la vie. J'en courrai la fortune.
Fam., Courir la fortune du pot, S'exposer à faire mauvaise chère,
en allant dîner dans une maison où l'on n'est point attendu.
Bonne fortune, Chance heureuse, heureux hasard. C'est une bonne fortune
pour moi de vous rencontrer. Il lui est arrivé une bonne fortune depuis
peu.
Bonne fortune, en termes de Galanterie, se dit Des faveurs d'une femme.
Il se vante d'avoir eu cette bonne fortune. Il a eu beaucoup de bonnes fortunes.
Un homme à bonnes fortunes. Aller en bonne fortune. Être en bonne
fortune.
Tenter fortune, S'engager dans une entreprise dont le succès dépend
en grande partie du hasard, d'événements qu'on ne peut régler
ni prévoir. Chercher fortune, Être ou se mettre en quête
des occasions qui peuvent procurer ce que l'on désire, comme le bien-être,
les richesses, etc. Il est allé chercher fortune aux Indes. On disait
autrefois, dans un sens analogue, Busquer fortune.
FORTUNE, se prend quelquefois pour Bonheur. Il est en fortune, il
gagne tout ce qu'il veut.
Il se prend aussi pour Malheur, péril, danger, risque. Dieu vous préserve
de mal et de fortune. C'est en ce sens qu'il est employé dans cette
phrase de Pratique, À ses risques, périls et fortune.
Fig. et fam., Faire contre fortune bon coeur, contre mauvaise fortune bon
coeur, Ne pas se laisser abattre par la contradiction, par les échecs,
par les revers.
Fortune de mer, Les accidents qui arrivent à ceux qui naviguent
sur mer, comme de faire naufrage, de rencontrer des pirates, etc.
FORTUNE, se dit encore de Tout ce qui arrive ou peut arriver de bien
ou de mal à quelqu'un. Nous courons tous deux même fortune. Nous
sommes compagnons de fortune. Courir la fortune de quelqu'un. S'attacher à
la fortune de quelqu'un, suivre sa fortune. Il est le maître et l'arbitre
de ma fortune. Changement de fortune. Cet événement allait changer
sa fortune. Il a éprouvé l'une et l'autre fortune. Je partageai
sa bonne et sa mauvaise fortune. Ma mauvaise fortune, ma bonne fortune a voulu
que... On le dit également Des choses. Nous pouvons prédire
quelle sera la fortune de ce livre, de cet ouvrage. La fortune des États,
des empires. On l'emploie quelquefois au pluriel. Cet homme, cette doctrine
a eu des fortunes très-diverses.
Revers de fortune, Disgrâce, accident qui change une bonne situation
en une mauvaise. Un fâcheux revers de fortune. Éprouver un revers
de fortune. Être à l'abri des revers de fortune. On dit aussi,
Retour de fortune, Changement de fortune, vicissitude. Il y a d'étranges
retours de fortune.
FORTUNE, se dit quelquefois de La bonne, de l'heureuse fortune de quelqu'un,
des succès qu'il obtient. Des que sa fortune l'eut abandonné.
Désespérer de sa fortune.
Il signifie aussi, dans une acception particulière, L'avancement et l'établissement
dans les biens, dans les emplois, dans les honneurs, etc. Parvenir à
une haute fortune. S'il vit, il portera, il poussera sa fortune bien loin. Vous
êtes en bon chemin, poussez votre fortune. Faire fortune. Avancer sa fortune.
Établir, affermir sa fortune. N'abusez pas de votre fortune. Sa fortune
est encore chancelante. Il semble que sa fortune diminue, qu'elle baisse. Ses
envieux tâchent de traverser, d'ébranler sa fortune. Faire la fortune
de quelqu'un. Tenir sa fortune de quelqu'un. Il doit sa fortune à un tel.
Il ne doit sa fortune qu'à son propre mérite. On a vu des fortunes
bien étonnantes dans ces derniers temps. Les fortunes subites sont rarement
durables.
Les biens de la fortune, Les richesses, les honneurs, les emplois, etc.
Les biens de la fortune ne sont pas les vrais biens. Le sage ne recherche pas
ardemment les biens de la fortune.
Homme de fortune, Celui qui, d'un fort petit commencement, est parvenu
à de grands biens. Soldat de fortune, Homme de guerre qui, sans
autre recommandation que son mérite, est parvenu des derniers rangs aux
grades les plus élevés. On appelle de même Officier de
fortune, Un soldat devenu officier par son seul mérite.
Faire fortune, se dit aussi Des choses, et signifie, Obtenir du succès,
être accueilli, goûté. Cette doctrine a fait fortune dans
le monde, a fait fortune.
Prov. et fig., Chacun est artisan de sa fortune, Généralement
parlant, chacun peut se rendre heureux dans son état; notre bonheur dépend
de notre conduite.
FORTUNE, signifie également, L'état, la condition où
l'on est. Se contenter de sa fortune. Il s'est toujours tenu dans sa première
fortune. Il n'a point changé sa fortune.
Se dit encore simplement pour Biens, richesses, état d'opulence. Grande
fortune. Belle fortune. Fortune immense. Fortune médiocre. Petite fortune.
Sa fortune excite l'envie. Ménager sa fortune. Grossir, augmenter sa fortune.
L'inégalité des fortunes. Partager sa fortune avec quelqu'un. Faire
sa fortune. Ces pertes ont anéanti sa fortune. C'est un homme sans fortune.
Il rassembla les débris de sa fortune. Mettre sa fortune à couvert.
Acquérir de la fortune. Laisser de la fortune à ses enfants. N'avoir
point de fortune. C'est là toute ma fortune.
FORTUNE, se dit aussi de La divinité païenne qui était
censée faire, à son gré, le bonheur et le malheur, les bons
et les mauvais succès. Le temple de la Fortune. La statue de la Fortune.
Les Romains adoraient la Fortune, sacrifiaient à la Fortune.
S'emploie, par allusion au sens qui précède, dans un grand nombre
de phrases figurées. La fortune est aveugle, inconstante, légère,
variable, contraire, favorable, cruelle, bizarre, capricieuse, changeante, volage.
Les caresses, les faveurs de la fortune. L'inconstance, le caprice, la bizarrerie,
les revers, les rigueurs de la fortune. Les révolutions, les vicissitudes
de la fortune. L'empire, la puissance de la fortune. La fortune distribue inégalement
ses faveurs. Il est maltraité de la fortune. Il accuse la fortune de son
malheur. La fortune lui rit. La fortune lui a tourné le dos. La fortune
élève les uns, abaisse les autres. S'abandonner à la fortune.
Donner, abandonner tout à la fortune. La roue de la fortune. La fortune
préside à la guerre, au jeu. Cet homme de néant élevé
si haut est un jeu de la fortune, un ouvrage du caprice de la fortune. Les hommes
sont le jouet de la fortune. La fortune se joue de tout. La fortune a trompé
leur espoir. Braver la fortune.
Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, Les grands changements
qui arrivent aux hommes ou aux États, et qui les élèvent
ou les abaissent.
Brusquer la fortune, Tenter de réussir par des moyens prompts
et hasardeux.
Prov. et fig., Attacher un clou à la roue de la fortune, Trouver
moyen de fixer la fortune.
Fig., Adorer, encenser la fortune, sacrifier à la fortune, etc.,
S'attacher à ceux qui sont en faveur, en crédit.
FORTUNÉ , ÉE. adj.
Heureux. Prince fortuné. Amants fortunés.
Il signifie aussi, Qui donne le bonheur, où l'on trouve le bonheur. Union
fortunée. Siècle fortuné. Région, terre fortunée.
Îles Fortunées. Nom que les anciens donnaient aux îles
que nous appelons maintenant les Canaries.
FORT-VÊTU .s.m.
Homme qui a un habit au-dessus de son état. Ce mot familier a vieilli.
FORUM .s.m.
(On prononce Forome.) Mot emprunté du latin. Se dit Des places
où le peuple s'assemblait, à Rome, pour les affaires publiques,
et de Celles où se tenait quelque marché. Le plus ancien forum,
ou le Forum proprement dit, était situé entre le Capitole et le
mont Palatin. Le forum de Nerva. Le forum de Trajan. Le peuple s'assemblait déjà
dans le forum.
Se dit également Des places où se tenaient les foires, dans les
villes dépendantes de l'empire romain.
FORURE . s. f.
.Serrurerie. Trou fait avec un foret. La forure de cette clef est ronde,
est en trèfle, en étoile, etc.
FOSSE . s. f.
Creux dans la terre, fait par la nature ou par l'art, et qui est plus ou moins
large et profond. Large fosse. Fosse creuse, profonde. Il y a une dangereuse
fosse dans la rivière. Tomber dans une fosse. Daniel fut jeté dans
la fosse aux lions. Creuser, faire une fosse pour un arbre. Faire une fosse d'asperges.
Fosse à fumier. Fosse à chaux. Il est obligé par son bail
de faire tant de fosses dans cette vigne. Creuser une fosse pour faire une citerne.
Placer le moule d'un canon dans une fosse.
Fosse d'aisances, Excavation voûtée, destinée à
recevoir les matières qui coulent d'une chausse d'aisances. Fosse inodore.
FOSSE, signifie particulièrement, L'endroit que l'on creuse en
terre pour y mettre un corps mort. On a fait sa fosse dans le cimetière.
Mettre un corps dans la fosse. Prier Dieu sur la fosse de quelqu'un. Jeter de
l'eau bénite sur sa fosse. Pleurer sur sa fosse.
Fig., Être sur le bord de sa fosse, avoir un pied dans la fosse,
Être fort vieux ou extrêmement malade, n'avoir que peu de temps à
vivre. Creuser sa fosse, Altérer sa santé, abréger
sa vie par des excès, par des déréglements.
Prov. et fig., Mettre les clefs sur la fosse, Renoncer à la succession
ou à la communauté d'une personne décédée.
Cette veuve a mis les clefs sur la fosse de son mari.
Basse-fosse, Cachot très-profond dans une prison. Mettre dans
les basses-fosses un condamné.
Cul de basse-fosse, Cachot souterrain, creusé dans la basse-fosse
même. On le mit dans un cul de basse-fosse.
FOSSE, en termes d'Anatomie, se dit de Certaines cavités, plus
ou moins profondes, que présentent divers organes, et dont l'entrée
est toujours plus évasée que le fond. Fosses nasales. Fosse coronale
ou frontale. Fosse iliaque. Fosse lacrymale. Fosse temporale. Etc.
FOSSÉ .s.m.
Fosse creusée en long pour clore, pour enfermer quelque espace de terre,
ou pour faire écouler les eaux, ou pour la défense d'une place.
Entourer un pré de fossés. Relever les fossés d'une pièce
de terre. C'est un pays tout coupé de fossés. Long fossé.
Large fossé. Fossé profond. Fossé plein d'eau. Fossé
sec. Sauter le fossé. Franchir un fossé. Les fossés d'une
ville, d'une place de guerre. La crête d'un fossé. Le revers d'un
fossé. Fossé à fond de cuve. Fossé taillé dans
le roc. Fossé revêtu. Remplir le fossé. Combler le fossé.
Percer le fossé. Descendre dans le fossé. Passer le fossé.
Se loger dans le fossé. La descente du fossé.
Prov., Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat.
Prov. et fig., Faire de la terre le fossé, Tirer de la chose même
de quoi subvenir aux dépenses nécessaires pour l'agrandir, ou pour
l'entretenir. Se dit plus souvent D'un dissipateur qui se ruine par des emprunts
successifs, dont l'un rembourse l'autre.
Fig. et fam., Sauter le fossé, Prendre un parti hasardeux après
avoir longtemps balancé.
Prov. et fig., Au bout du fossé la culbute, se dit Lorsque, se
conduisant avec étourderie ou avec audace, on veut faire entendre que,
s'il en résulte pour soi des suites fâcheuses, on ne se plaindra
point, on les verra d'un oeil indifférent.
FOSSETTE . s. f. diminutif
Petit creux que les enfants font en terre, pour jouer à qui y fera tenir
plus de noix, de noisettes, de billes, de petites pièces de monnaie, etc.,
en les y jetant d'une certaine distance. Jouer à la fossette.
FOSSETTE, se dit aussi Du petit creux que certaines personnes ont au
bout du menton, ou qui se forme au milieu de la joue quand elles rient.
FOSSILE . adj. des deux genres
T. d'Hist. nat. Se dit Des substances qui se tirent de la terre, pour les distinguer
Des substances de même nature qui se trouvent ailleurs. Du charbon fossile.
Du sel fossile.
Se dit également Des dépouilles, des débris, ou des formes,
des empreintes de corps organisés, qu'on trouve dans les couches de la
terre. Animal fossile. Ivoire fossile. Coquillage fossile. Plante fossile.
Bois fossile.
S'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit de Toutes les substances
qui se tirent de la terre, telles que minéraux, métaux, pétrifications,
etc.; mais surtout Des animaux et des plantes fossiles. L'étude des
fossiles. Il y a des fossiles dont on ne retrouve point les analogues parmi les
espèces vivantes.
FOSSOYAGE .s.m.
Action de fossoyer, ou Travail du fossoyeur.
FOSSOYER . v. a.
(Il se conjugue comme Employer.) Fermer avec des fossés. Faire
fossoyer un pré, un champ.
FOSSOYÉ, ÉE. participe, Maison fossoyée. Pré
fossoyé.
FOSSOYEUR .s.m.
Celui qui creuse les fosses pour enterrer les morts. Payer le fossoyeur.
FOU
ou FOL, FOLLE. adj.
(On emploie Fol devant un substantif, au singulier, commençant
par une voyelle ou par une h non aspirée.) Qui a perdu le sens,
l'esprit. Il a toujours été fou. Devenir fou. Être fou
à courir les champs. Il est fou à lier. Il faudrait être fou
pour ne pas juger que...
Prov. et par exagérat., Il m'a pensé faire devenir fou,
Il m'a fait perdre patience par les choses qu'il a dites, qu'il a faites mal à
propos. On dit de même, figurément et familièrement: Vous
me feriez devenir fou avec vos sottes observations. Cet homme-là me rendra
fou avec ses persécutions.
Fam. et par exagérat., Il est fou, il faut qu'il soit fou, se
dit De celui qui fait ou qui dit des extravagances, quoiqu'il n'ait point l'esprit
aliéné. Décidément cet homme-là est fou.
Il faut que vous soyez folle, tout à fait folle pour vous conduire ainsi.
Êtes-vous fou, dites-moi, de me faire une pareille demandé?
Fig., Être fou d'une personne, d'une chose, L'aimer avec une passion
démesurée, y avoir un attachement excessif. Un mari qui est fou
de sa femme. Une mère qui est folle de ses enfants. Il a acheté
depuis peu ce tableau, et il en est fou.
Chien fou, Chien enragé. On dit, proverbialement et figurément,
Être fait comme un chien fou, Être bizarrement accoutré,
mal ajusté.
FOU, signifie aussi, Simple, crédule, ou Malavisé, imprudent,
extravagant. Vous êtes bien fou de croire cela. Vous êtes bien
fou de vous en fâcher, de vous en tourmenter. Il a été assez
fou pour lui dire... Que craindre de ce fol ennemi?
FOU, se dit également De tout ce qui est contraire à la
raison, à la prudence, à la modération. Fol amour. Fol
espoir. Fol amusement. Fol entêtement. Folle entreprise. Action folle et
extravagante. De folles dépenses.
Il se prend quelquefois pour Excessif, prodigieux. Il y avait à ce
bal un monde fou. Cette tragédie a eu un succès fou. Il a dépensé
un argent fou dans cette maison. Un luxe fou. Il en demandait un prix fou.
En termes de Procédure, Folle enchère, Enchère faite
témérairement et à laquelle l'enchérisseur ne peut
satisfaire. Vente, revente sur folle enchère, ou simplement, Folle
enchère. Poursuivre la folle enchère. Frais de folle enchère.
Se dit aussi de La différence en moins entre le prix de la seconde adjudication
et celui de la première; différence qui est à la charge de
l'adjudicataire sur la folle enchère duquel on a revendu. Payer la folle
enchère. On dit, dans un sens analogue, Fol enchérisseur.
Dans l'ancienne Pratique, Fol appel, Appel mal fondé.
Prov. et fig., Payer la folle enchère de quelque chose, en payer la
folle enchère, Porter la peine de sa témérité,
de son imprudence. Il a fait une grande faute, mais il en a bien payé
la folle enchère.
Fou rire, Rire dont on n'est pas le maître. Le fou rire m'a
pris, en le voyant, en l'écoutant.
Fam., Avoir un mal de tête fou, Avoir un très-grand mal
de tête.
Folle avoine, Espèce d'avoine qu'on nomme autrement Avoine
stérile.
Folle farine, La plus subtile fleur de la farine.
FOU, se dit quelquefois pour Extrêmement gai, badin, enjoué.
Que vous êtes fou! Il a l'humeur folle. C'est une tête folle. Il
est fou comme un jeune chien, comme un braque.
Gaieté folle, Gaieté qu'on manifeste sans retenue, ou par
des actions, par des discours peu raisonnables. Il est d'une gaieté
folle. Elle fut alors d'une gaieté folle.
FOU, est aussi substantif, et signifie, Celui qui a perdu le sens, qui
est tombé en démence. C'est un fou. C'est une folle. C'est un
fou achevé. Un fou furieux. Un fou mélancolique. Un fou sérieux.
Chaque fou a sa marotte. C'est un fou à lier. Il n'y a qu'un fou qui puisse
répondre de la sorte. L'hôpital des fous.
Prov., on dit, Tête de fou ne blanchit jamais, soit parce qu'ordinairement
les fous n'atteignent pas la vieillesse, soit parce qu'on les regarde comme exempts
des inquiétudes, des soucis qui font assez souvent blanchir les cheveux.
FOU substantif, signifie également, par exagération, Celui
qui fait, qui dit des extravagances, ou qui est crédule, imprudent, ou
qui a une gaieté folle, turbulente. C'est un fou, un grand fou, un jeune
fou, un vrai fou, un fou fieffé. Tais-toi, maître fou. Ils sont là
un tas de fous qui raisonnent à perte de vue. Pauvre fou, ne vois-tu pas
qu'on te joue? Prov. (dans les deux premières acceptions), Il y
a plus de fous que de sages; tous les fous ne sont pas aux Petites-Maisons;
et (dans la dernière), Plus on est de fous, plus on rit.
Il signifie aussi, Un bouffon; et on ne le dit guère alors que Des bouffons
à gages, tels qu'en avaient autrefois les princes et quelques grands seigneurs.
Le fou de François Ier. Les fous de cour avaient
le privilége de dire impunément des vérités hardies.
Les plaisanteries du fou. Il avait amené son fou.
Fam., Faire le fou, Faire le bouffon, contrefaire le fou; ou Faire quelque
extravagance, quelque impertinence.
FOU, au Jeu des échecs, se dit, par allusion aux anciens fous
de cour, d'Une certaine pièce dont la marche est toujours par une ligne
transversale, en coupant l'angle des carrés. Le fou blanc. Le fou noir.
Le fou du roi. Le fou de la reine.
FOU, en Histoire naturelle, Oiseau palmipède des Antilles, ainsi
nommé parce qu'il se pose sans précaution sur les bâtiments,
et s'y laisse quelquefois prendre à la main. Le fou vit de poisson.
FOUACE . s. f.
Sorte de pain fait de fleur de farine en forme de galette, et ordinairement
cuit sous la cendre.
FOUAGE .s.m.
Sorte de droit et de redevance qui se payait en certaines provinces par chaque
feu ou maison. Droit de fouage.
FOUAILLE . s. f.
.Vénerie. Part que l'on fait aux chiens après la chasse du sanglier.
C'est ce qu'on appelle Curée, à la chasse du cerf.
FOUAILLER . v. a. fréquentatif.
Donner souvent des coups de fouet. Ce cocher ne fait que fouailler ses chevaux.
Il est familier.
FOUAILLÉ, ÉE. participe
FOUDRE . s. f.
Le feu du ciel, la matière électrique lorsqu'elle s'échappe
de la nue en produisant une vive lumière et une violente détonation.
La foudre sillonne les nues, brille dans les airs. Un coup de foudre. Être
atteint, frappé de la foudre, touché de la foudre. L'éclat
de la foudre. Lancer la foudre. La foudre est tombée. Les paratonnerres
préservent les édifices de la foudre. La rapidité de la foudre.
La foudre brûle, détruit les corps exposés à son action.
Crime digne de la foudre. Il est quelquefois masculin, surtout en poésie
et dans le style soutenu. Être frappé du foudre. Le foudre vengeur.
Expirer sous les foudres vengeurs.
On le craint, il est craint comme la foudre, se dit D'un homme qui est
fort redouté.
Par exagérat., Comme la foudre, avec la rapidité de la foudre,
Avec une grande rapidité, avec une extrême impétuosité.
Ce cheval va comme la foudre. Il s'élance avec la rapidité de
la foudre. On dit dans le même sens: Aussi prompt, aussi rapide que
la foudre. Plus prompt, plus rapide que la foudre. Etc.
Fig., Coup de foudre, se dit d'Un événement imprévu
et fâcheux qui frappe quelqu'un tout à coup. Cette nouvelle fut
pour lui un coup de foudre. Quel coup de foudre! On dit aussi: Cette nouvelle
arriva comme un coup de foudre. Ce fut pour lui comme un coup de foudre. Etc.
Par extension, Les foudres de la guerre, Les canons, l'artillerie. On
ne le dit qu'en poésie ou dans le style élevé.
Fig., Foudre de guerre, grand foudre de guerre, se dit d'Un grand prince,
d'un grand général d'armée qui a remporté plusieurs
victoires, et donné des preuves d'une valeur extraordinaire. Dans ce sens,
Foudre est toujours masculin. On dit de même, figurément,
Un foudre d'éloquence, Un grand orateur; mais cette locution est
moins usitée.
FOUDRE, s'emploie aussi, figurément, en parlant Du courroux de
Dieu, de l'indignation d'un souverain, etc. Les prières ferventes apaisent
Dieu, et lui font tomber la foudre des mains. Le prince est en colère,
et la foudre est près de tomber.
Les foudres de l'excommunication, L'excommunication. On dit de même:
Les foudres de l'Église. Les foudres du Vatican. Les foudres des censures
ecclésiastiques.
Les foudres de l'éloquence, Les raisonnements, les arguments victorieux
par lesquels un orateur confond ses adversaires.
FOUDRE, se dit aussi de Cette représentation de la foudre que
les peintres et les sculpteurs donnent ordinairement pour attribut à Jupiter,
et qui consiste en une espèce de grand fuseau, du milieu duquel sortent
plusieurs petits dards en zigzag. Dans ce sens, il est toujours masculin. Un
foudre ailé. Une aigle tenant un foudre dans ses serres.
FOUDRE .s.m.
Grande tonne, vaisseau d'une très-vaste capacité, qui peut contenir
beaucoup de muids de vin ou de quelque autre liquide. Un foudre de vin.
FOUDROIEMENT .s.m.
(On prononce Foudroîment.) Action par laquelle une personne, une
chose est foudroyée. Le foudroiement de Phaéton. Le foudroiement
des géants.
FOUDROYANT , ANTE. adj.
Qui foudroie, ou Qui frappe avec la rapidité de la foudre. On ne l'emploie
guère en ce sens que poétiquement. Jupiter foudroyant. Bras foudroyant.
Épée foudroyante.
Apoplexie foudroyante, Violente attaque d'apoplexie qui cause promptement
la mort.
FOUDROYANT, se dit aussi De ce qui exprime un grand courroux, une vive
indignation. Il lançait sur moi des regards foudroyants. Il lui écrivit
une lettre foudroyante.
Se dit encore De ce qui épouvante, ou De ce qui interdit et confond.
Nouvelle foudroyante. Réponse foudroyante. Le trait est foudroyant.
FOUDROYER . v. a.
(Il se conjugue comme Employer.) Frapper de la foudre. Jupiter foudroya
les Titans.
Il signifie figurément, Battre, détruire à coups de canon,
de mortier, etc. Foudroyer une ville. Foudroyer un bastion. Le feu de la place
foudroyait les assiégeants.
Se dit encore figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, pour
Terrasser, atterrer, confondre. Foudroyer la rébellion. Foudroyer l'hérésie.
Cet orateur a foudroyé ses adversaires. Cet argument le foudroya.
Foudroyer les erreurs, les vices, etc., Les combattre avec véhémence,
les frapper de réprobation par des discours ou des écrits éloquents.
FOUDROYÉ, ÉE. participe
FOUÉE . s. f.
Sorte de chasse aux oiseaux, qui se fait la nuit à la clarté du
feu.
FOUET .s.m.
Cordelette de chanvre ou de cuir, qui est attachée à une baguette,
à un bâton, et dont on se sert pour conduire et pour châtier
les chevaux et autres animaux. Le fouet d'un cocher, d'un charretier, d'un
messager, d'un postillon. Coup de fouet. Ce cheval est dur au fouet. Chasser des
chiens à coups de fouet. Le charretier, le postillon fait claquer son fouet.
Donner du fouet.
Se dit aussi d'Une espèce de petite corde fort menue et fort pressée,
dont les cochers et les charretiers se servent ordinairement pour mettre au bout
de leurs fouets. Cela est fort comme du fouet. Ne prenez pas de la ficelle,
prenez du fouet.
Fig. et fam., Faire claquer son fouet, Se faire bien valoir, faire valoir
son autorité, son crédit, ses talents, etc.
Fig. et fam., Donner un coup de fouet, Menacer, presser, obliger quelqu'un
de faire promptement ce que l'on désire de lui. On lui a donné
un coup de fouet, il fera bientôt ce qu'on lui a demandé.
FOUET, se dit également d'Une lanière de cuir qui est attachée
au bout d'un petit bâton, et dont les enfants se servent pour faire tourner
un sabot.
Fig. et fam., Coup de fouet, se dit de Ce qui hâte une affaire.
Cette affaire ne marche pas, elle a besoin d'un coup de fouet.
Fig., en termes d'Artillerie, Coup de canon tiré de plein fouet,
Horizontalement, de but en blanc.
En Hist. nat., Le fouet de l'aile, Le bout de l'aile d'un oiseau.
FOUET, se dit aussi Des coups de verges dont on châtie les enfants.
Donner le fouet à un enfant. Mériter le fouet. Avoir le fouet.
Sujet au fouet. Craindre le fouet. Menacer du fouet.
Se dit également Des coups de verges dont la justice fait châtier
quelques criminels, en certains pays. Le supplice du fouet n'est plus usité
en France. Être condamné au fouet. Avoir le fouet par les carrefours.
Fig., Il a eu le fouet sous la custode, se dit D'un criminel à
qui la justice a fait donner le fouet dans la prison.
Prov. et fig., Donner le fouet sous la custode, Châtier, réprimander
en secret.
FOUETTER . v. a.
Donner des coups de fouet; ou Donner le fouet. Fouetter les chevaux. Fouetter
les chiens. Fouetter un sabot. Fouetter un enfant. On fouettait autrefois les
coupeurs de bourses.
Prov., Et puis fouette cocher, se dit, en plaisantant, Pour exprimer
que l'on part en voiture avec une certaine rapidité. Nous montâmes
en voiture, et puis fouette cocher.
Prov., Il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, L'affaire, la
faute dont il s'agit n'est qu'une bagatelle.
Prov. et fig., Il a bien d'autres chiens à fouetter, Il a bien
d'autres affaires importantes à traiter.
Prov. et fig., Donner des verges pour se faire fouetter, pour se fouetter,
Fournir des armes contre soi-même.
Fouetter de la crème, fouetter des oeufs, etc., Battre de la crème,
battre des oeufs, etc., avec des verges, pour les faire mousser.
FOUETTER, se dit figurément, et neutralement, De la pluie, de
la grêle, etc., quand elles frappent violemment contre quelque chose. La
pluie, la grêle fouette contre les vitres. La neige fouette. On l'emploie
dans un sens analogue en parlant Du vent. Le vent nous fouettait dans le visage.
Le vent fouette à la campagne.
Se dit pareillement Du canon, lorsqu'il donne en quelque lieu sans obstacle.
Le canon fouette tout le long de la courtine. Il y avait une batterie qui fouettait
sur la rivière.
En termes de Marine, on dit que Les voiles fouettent les mâts,
Lorsque le vent n'est pas assez fort pour enfler les voiles, et que, par l'effet
du tangage et du roulis, elles frappent avec violence contre les mâts. Dans
cette phrase, Fouetter est actif.
FOUETTÉ, ÉE. participe, Crème fouettée.
Fig. et fam., Crème fouettée, se dit d'Un discours, d'un
écrit dont le style a du brillant, mais où il n'y a point de substance,
point de solidité. On dit, dans le même sens, Ce n'est que crème
fouettée.
Ce pays, ce canton a été fouetté du mauvais vent,
Le vent y a gâté les fruits.
FOUETTÉ, signifie adjectivement, Qui est marqué de petites
raies comme de coups de fouet. On le dit surtout Des fleurs et des fruits. Une
tulipe fouettée. Un oeillet fouetté. Une pêche fouettée.
Fouetté de rouge, de bleu, etc.
FOUETTEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui fouette. Il est familier, et ne s'emploie guère qu'avec
quelque épithète. Ce maître d'école est un grand
fouetteur.
FOUGASSE . s. f.
.Guerre. Espèce de petite mine ou de fourneau de mine. Faire une fougasse.
La fougasse joua et fit sauter les soldats. Autrefois on disait aussi, Fougade.
FOUGER . v. n.
.Chasse. Se dit Du sanglier qui arrache des plantes avec son boutoir.
FOUGÈRE . s. f.
Plante herbacée dont les feuilles sont grandes et extrêmement découpées,
et qui croît ordinairement dans les terrains sablonneux. Lieu plein de
fougère. Danser sur la fougère. Se coucher sur la fougère.
Sur la verte fougère. Brûler de la fougère. La cendre de fougère
sert à faire du verre. Des verres de fougère.
Se dit quelquefois absolument, en poésie, d'Un verre à boire.
Quand le vin petille dans la fougère.
FOUGÈRES, au pluriel, se dit, en Botanique, de La famille de plantes
cryptogames dont la fougère est le genre principal. La fructification
des fougères.
FOUGON .s.m.
.Marine. Lieu où se fait la cuisine dans certains petits bâtiments
de la Méditerranée.
FOUGUE . s. f.
Mouvement violent et impétueux, ordinairement accompagné de colère.
Se dit Des hommes et des animaux. Être en fougue. Entrer en fougue. Apaiser
sa fougue. Quand sa fougue lui prend. Il n'a que la première fougue. Dans
la fougue. Quand la fougue est passée.
Il signifie aussi, Ardeur, impétuosité naturelle. La fougue
de la jeunesse. La fougue des passions. Rien ne saurait maîtriser, dompter
la fougue de son caractère. Il est plein de fougue. Un cheval qui a trop
de fougue. On dit au pluriel, Les fougues de la jeunesse, pour exprimer
L'emportement avec lequel les jeunes gens se livrent aux plaisirs.
Se dit particulièrement pour Enthousiasme, feu, verve, surtout lorsqu'on
parle D'un poëte ou d'un artiste qui est très-hardi dans ses conceptions,
ou qui est sujet à des écarts. La fougue de ce poëte s'est
éteinte, s'est ralentie bien promptement. S'abandonner à sa fougue,
à la fougue de son imagination. On ne peut s'empêcher d'admirer la
fougue, quelquefois excessive, de cet artiste.
En termes de Marine, Mât de fougue, vergue de fougue, perroquet de
fougue, etc., Mât, vergue, perroquet d'artimon.
FOUGUEUX , EUSE. adj.
Qui est sujet à entrer en fougue, ardent, impétueux. Cet homme
est extrêmement fougueux. Cheval fougueux. Caractère fougueux. Esprit
fougueux. Jeunesse fougueuse. Imagination fougueuse. Passions fougueuses. Désirs
fougueux. De fougueux transports.
FOUILLE . s. f.
Le travail qu'on fait en fouillant dans la terre. Faire une fouille, des
fouilles. La fouille des terres. Les fouilles d'Herculanum, de Pompéi.
FOUILLE-AU-POT .s.m.
Petit marmiton. Des fouille-au-pot. Il est bas.
FOUILLER . v. a.
Creuser pour chercher quelque chose. Fouiller la terre. Fouiller des mines
d'or, d'argent.
Fouiller quelqu'un, Chercher soigneusement dans ses poches, dans ses
habits, s'il n'a point caché quelque chose. Fouiller un voleur.
En termes de Guerre, Fouiller un bois, Le faire visiter par des troupes.
FOUILLER, signifie, en Sculpture, Travailler avec le ciseau les parties
renfoncées d'une statue, d'un bas-relief, etc., ou Pratiquer des enfoncements
qui puissent produire des ombres fières et vigoureuses. Il signifie de
même, en Peinture, Donner de la force aux touches et aux ombres qui représentent
les enfoncements. Fouiller le marbre adroitement. Fouiller les rosaces des
caissons. Cette draperie est bien fouillée.
FOUILLER, est aussi neutre, dans le premier sens. Fouiller dans un
champ. Fouiller dans la terre. Fouiller dans les entrailles de la terre. Les sangliers,
les cochons fouillent. La taupe a fouillé là.
Il signifie également, Chercher quelque chose en remuant, en déplaçant
les objets qui peuvent le cacher. Fouiller partout. Fouiller dans une armoire.
Fouiller au fond du coffre, jusqu'au fond du coffre.
Fouiller dans sa poche, dans sa bourse, etc., Mettre la main dans sa
poche, dans sa bourse, etc., pour y chercher, pour y prendre quelque chose. On
dit quelquefois, dans un sens analogue, Se fouiller.
FOUILLER, s'emploie aussi figurément, surtout comme verbe neutre,
dans le sens de Consulter, examiner, rechercher curieusement. Fouiller dans
les archives. Fouiller dans de vieilles chroniques. Fouiller dans l'histoire.
Fouiller dans les secrets de la nature. Fouiller dans le passé, dans l'avenir.
Fouiller dans sa mémoire. Fouiller dans les coeurs.
FOUILLÉ, ÉE. participe
FOUINE . s. f.
Espèce de martre, animal carnassier, de la grosseur d'un chat, qui étrangle
les petits oiseaux, les poulets, les pigeons, etc. La fiente de la fouine sent
le musc.
FOUINE, se dit aussi d'Un instrument de fer à deux ou trois fourchons,
qu'on met au bout d'une perche, et qui sert à élever les gerbes
sur le tas.
Se dit encore d'Une espèce de trident propre à percer de gros
poissons. Prendre des thons, des dorades, des bonites à la fouine.
FOUIR . v. a.
Creuser. Il ne se dit proprement qu'en parlant De la terre. Fouir la terre.
Fouir un puits. Il faudra fouir bien avant pour trouver de l'eau en cet endroit.
FOUI, IE. participe
FOULAGE .s.m.
T. d'Arts et métiers. Action de fouler, ou Le résultat de cette
action. Le foulage des cuirs. Les chapeaux se feutrent par le foulage. La régularité
du foulage contribue à la beauté de l'impression.
FOULANT , ANTE. adj.
Qui foule. Il n'est guère usité que dans cette locution, Pompe
foulante, Pompe qui élève l'eau en la pressant.
FOULARD .s.m.
Étoffe de soie, ou de soie et coton, fort légère, dont
on fait des mouchoirs, des cravates, des fichus, etc., et qui offre ordinairement
des dessins variés. Foulard des Indes. Un mouchoir de foulard.
Se dit aussi d'Un mouchoir, d'une cravate, etc., de foulard. Se couvrir la
tête d'un foulard. Un foulard bleu, jaune, rouge, etc.
FOULE . s. f.
Presse, multitude de personnes qui s'entre-poussent. Une grande foule. Craindre
la foule. Se jeter dans la foule. Se perdre, disparaître dans la foule.
Se tirer de la foule. Faire la foule. Faire foule. Laisser écouler la foule.
Laisser passer la foule. Il y a grande foule. La foule y est. Cette pièce
attire la foule. Une foule de peuple, de spectateurs, etc.
Se dit, par extension, pour Grand nombre, grande quantité, multiplicité;
et alors on l'emploie même en parlant Des choses. Une foule de gens vous
diront qu'il n'en est rien. Je connais une foule de personnes qui ont éprouvé
le même accident. Une foule de solliciteurs. Cette foule d'écrits
que chaque jour voit naître et mourir. Une foule de pétitions, de
réclamations. La foule des affaires l'accable. J'ai une foule d'occupations.
Avoir une foule d'idées, de souvenirs. Il allégua une foule de raisons.
Il signifie aussi, figurément, Le vulgaire, le commun des hommes, le
grand nombre des personnes ou des choses ordinaires dans leur genre. La foule
ignorante, inconstante. Se mettre, par ses talents, au-dessus de la foule. Se
faire remarquer dans la foule. Se tirer de la foule. Sortir de la foule. Être
confondu dans la foule.
FOULE, signifie en outre, L'action de fouler des draps, des chapeaux,
etc. La foule des draps, des chapeaux, etc.
Se dit plus ordinairement, chez les Fabricants de chapeaux, de L'atelier où
l'on foule. Aller à la foule.
FOULE, signifie encore figurément, Oppression, vexation. Ces
priviléges tendent à la foule des citoyens, de l'État, de
la province. Ce sens a vieilli.
EN FOULE. loc. adv. En se pressant, ou En grande quantité, en
grande multitude. Ils entrèrent, ils accoururent en foule. Les biens
viennent en foule dans cette maison. Les idées se présentaient en
foule à mon esprit. Alléguer des raisons en foule.
FOULÉE . s. f.
.Manége. Temps pendant lequel, dans la marche, le pied du cheval pose
sur le sol; ce qu'on nomme autrement Appui.
FOULÉES, en termes de Chasse, Traces légères que
la bête laisse de son pied, en passant sur l'herbe ou sur les feuilles:
on les nomme aussi Foulures, en parlant Du cerf. Les marques du pied sur
terre nette se nomment Voie pour les bêtes fauves et le lièvre,
Piste pour le loup et le renard, et Trace pour la bête noire.
FOULER . v. a.
Presser quelque chose qui cède, qui ne résiste pas beaucoup. Fouler
l'herbe. Fouler un lit. Fouler par mégarde une robe, un bonnet. Fouler
des raisins pour en faire sortir le jus. Fouler la vendange. Fouler une cuve.
On l'emploie souvent dans les Arts et métiers. Les corroyeurs, les hongroyeurs
foulent le cuir avec les pieds pour l'amollir. Fouler des chapeaux dans de la
lie de vinaigre, pour que leur étoffe se feutre. On foule le drap pour
le rendre plus ferme, plus serré.
Fig., Fouler aux pieds, Traiter avec mépris. Un vrai chrétien
foule aux pieds les vanités du monde. Fouler aux pieds les préjugés.
Il foule aux pieds toutes les lois.
FOULER, signifie quelquefois, surtout en poésie et dans le style
élevé, Marcher sur. Je foulais avec respect ce sol antique et
sacré. Ils foulent avec indifférence la cendre des héros
qui furent leurs ancêtres.
FOULER, signifie au figuré, Opprimer par des exactions, surcharger
d'impôts. Fouler le peuple. Cette province a été extrêmement
foulée.
FOULER, signifie encore, Blesser en foulant, en pressant fortement; et
il se dit Des chevaux et des bêtes de voiture ou de somme. Les selles
neuves foulent d'ordinaire les chevaux. Il ne faut rien pour fouler le pied à
un cheval.
Se dit également Des personnes, en parlant D'une entorse, d'un tiraillement
violent de quelque partie. Cette chute lui a foulé le nerf. Je me suis
foulé le pied, le poignet.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Dans cette chute, mon poignet
s'est foulé.
FOULER, en termes de Vénerie, signifie, Faire battre ou parcourir
un terrain par le limier ou par la mente.
FOULER, en Imprimerie, se dit, neutralement, De l'action de la presse
sur les feuilles qui reçoivent l'impression. Cette presse foule bien;
elle foule également, régulièrement.
FOULÉ, ÉE. participe, Une robe foulée. Avoir
le poignet, le pied foulé.
Cette bête a les jambes foulées, se dit D'une bête
de somme ou de trait qui a les jambes usées par un long et violent travail.
FOULERIE . s. f.
Atelier où l'on foule les draps, les cuirs, etc. Porter les draps,
les cuirs à la foulerie.
FOULOIR .s.m.
T. d'Arts et métiers. Instrument avec lequel on foule.
FOULON .s.m.
Artisan qui foule, qui apprête les draps et autres étoffes de laine.
Envoyer des draps au foulon.
Moulin à foulon, Moulin qui sert à fouler les draps. Terre
à foulon, Sorte de terre qui sert à dégraisser les draps.
Chardon à foulon, Plante dont les têtes, armées de
petits crochets, servent à carder les étoffes de laine, à
rendre le poil des draps plus lisse et plus uni.
FOULQUE . s. f.
Espèce de poule d'eau.
FOULURE . s. f.
Contusion, blessure d'une partie foulée. Guérir une foulure.
Remède pour la foulure des nerfs.
FOULURE, en parlant Du foulon et du corroyeur, signifie, L'action de
fouler les étoffes de laine, les cuirs, etc.
FOULURES, en termes de Chasse, Marques légères que le pied
du cerf laisse sur l'herbe ou sur les feuilles.
FOUR .s.m.
Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture
par devant, et dans lequel on fait cuire le pain, la pâtisserie, etc. Four
banal. Four à ban. Le four d'un boulanger, d'un pâtissier. La bouche,
la gueule du four. L'air du four. Mettre le pain au four. Chauffer le four. Faire
sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four.
Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement
de cuivre rouge.
Prov. et pop., Il y fait chaud comme dans un four, se dit D'un lieu où
il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se
dit D'un lieu très-obscur.
Prov. et fig., Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, Ce n'est pas
pour vous que telle chose est préparée.
Prov., fig. et par menace, Vous viendrez cuire à mon four, Vous
aurez quelque jour besoin de moi, et je trouverai l'occasion de me venger.
FOUR, se prend aussi pour Le lieu où est le four, et où
se rendent ceux qui veulent cuire. Aller au four. Revenir du four.
Se dit également Des lieux voûtés et ouverts par en haut,
où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc.
Four à chaux, à plâtre, à brique. Four de verrerie.
FOUR, se disait autrefois Du lieu où l'on cachait ceux que l'on
enrôlait par force. Il a été deux jours dans un four, et
il s'est sauvé.
Fam., Faire four, se disait autrefois Des comédiens, lorsque,
au lieu de jouer, ils renvoyaient les spectateurs, parce qu'ils n'avaient pas
assez de monde pour couvrir leurs frais.
FOURBE . s. f.
Tromperie basse et odieuse. Fourbe grossière, subtile. Découvrir
une fourbe. Inventer une fourbe.
Se dit plus ordinairement de L'habitude de tromper, de la disposition à
tromper, à fourber. Ta fourbe sera démasquée.
FOURBE . adj. des deux genres
Qui emploie, pour tromper, des ruses odieuses, une adresse maligne et perfide.
C'est un homme bien fourbe. Elle est bien fourbe. Il a l'esprit fourbe et rusé.
C'est le plus fourbe de tous les hommes.
Il est aussi substantif. Un grand fourbe. Un maître fourbe. Une fourbe
insigne.
FOURBER . v. a.
Tromper d'une manière basse et odieuse. Il m'a fourbé. Il fourbe
tout le monde.
FOURBÉ, ÉE. participe
FOURBERIE . s. f.
Tromperie coupable, et qui tient de la fourbe. Faire une fourberie, des fourberies.
Une fourberie insigne.
Se dit quelquefois de La disposition à faire des fourberies. Sa fourberie
est bien connue.
FOURBIR . v. a.
Nettoyer, polir, rendre clair en frottant. Il ne se dit qu'en parlant De certains
ouvrages de fer, de cuivre, etc., tels que les armes et les ustensiles de cuisine.
Fourbir des armes. Fourbir une lame d'épée, un canon de fusil.
Fourbir un casque, une cuirasse. Fourbir des chenets, une casserole, un poêlon.
Fourbir avec du sable, avec du grès pilé.
FOURBI, IE. participe
FOURBISSEUR .s.m.
Artisan qui fourbit, et qui monte des sabres, des épées, etc.
Acheter une épée chez un fourbisseur.
Prov. et fig., Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur,
Disputer d'une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui
contestent.
FOURBISSURE . s. f.
Nettoiement, polissure. La fourbissure d'une lame.
FOURBU , UE. adj.
T. d'Art vétérinaire. Se dit Des chevaux, des mulets, etc., qui
perdent tout à coup l'usage de leurs jambes, soit pour avoir trop travaillé,
soit pour avoir bu trop tôt après avoir eu chaud. Dessoler un
cheval fourbu. Cette jument est fourbue.
FOURBURE . s. f.
T. d'Art vétérinaire. Maladie d'un cheval ou de quelque autre
animal fourbu. Dessoler un cheval pour la fourbure.
FOURCHE . s. f.
Instrument qui consiste en un long manche de bois terminé par deux ou
trois branches ou pointes de bois, de fer, qui vont en s'écartant. Fourche
de bois. Fourche de fer. La fourche est d'un grand usage dans les travaux de l'agriculture.
Fourche d'étable. Fourche à faner. Chasser des maraudeurs à
coups de fourche.
Fig. et fam., Faire une chose à la fourche, La faire négligemment
ou grossièrement. Panser des chevaux à la fourche. Cela est fait
à la fourche. On dit aussi, Être traité à la
fourche, Être traité durement ou d'une manière humiliante.
Ces phrases vieillissent.
Fourches patibulaires, Gibet à plusieurs piliers, élevé
dans la campagne. Les fourches patibulaires étaient une marque de haute
justice.
Fourches Caudines, Passage étroit et dangereux de la Campanie,
près de l'ancienne Caudium, célèbre par l'affront que les
Samnites y firent éprouver aux Romains, en les obligeant à passer
sous le joug, l'an de Rome 433. Cette expression s'applique figurément
À un général qui est obligé de faire une capitulation
peu honorable, à un souverain qui fait un traité humiliant. Il
a rencontré là ses Fourches Caudines.
Faire la fourche, une fourche, se dit D'une chose qui se divise en deux
ou trois par l'extrémité, et principalement D'un chemin qui aboutit
à deux ou à trois autres. Ce chemin fait la fourche, fait une
fourche à tel endroit.
FOURCHER . v. n.
Se partager, se diviser en deux ou trois par l'extrémité, en manière
de fourche. Si on coupe la tête de ces arbres, ils fourcheront. Un chemin
qui fourche. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le même
sens. Ses cheveux se fourchent, commencent à se fourcher.
Fig., Cette race, cette famille n'a point fourche, Elle n'a formé
qu'une seule branche.
Fig. et fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D'une
personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à
peu près semblable.
FOURCHÉ, ÉE. participe, Avoir les cheveux fourchés.
Animaux qui ont les pieds fourchés.
Pied fourché, Droit d'entrée levé autrefois, dans
certaines villes, sur les bêtes qui ont le pied fendu, comme boeufs, moutons,
cochons, etc.
En termes de Blason, Croix fourchée, Celle dont les branches sont
terminées par trois pointes qui font deux angles rentrants.
FOURCHETTE . s. f.
Ustensile de table, qui a deux, trois ou quatre pointes ou dents par le bout,
et dont on se sert pour prendre les viandes. Manger avec la fourchette. Se
servir de la fourchette. Fourchette de bois, de fer, d'étain, d'argent.
Les dents d'une fourchette.
Se dit aussi d'Un instrument de même forme, mais plus long et plus gros,
dont on se sert pour tirer la viande des grandes marmites.
Déjeuner à la fourchette, Manger de la viande à
son déjeuner.
FOURCHETTE, se dit aussi d'Un instrument en forme d'Y dont les soldats
se servaient autrefois pour appuyer leur mousquet en tirant. Mousquet à
fourchette.
Se dit également, dans certains Arts, d'Un instrument de même forme,
qui sert à assujettir des cisailles.
Se dit encore d'Un long morceau de bois à deux pointes de fer, qui est
attaché à la flèche d'un carrosse, et que l'on baisse pour
empêcher que le carrosse ne vienne à reculer, quand il est sur une
pente. Abattre la fourchette.
Se dit en outre Du petit os divisé en deux branches, qui est entre les
deux ailes d'une volaille.
Pop., La fourchette de l'estomac, Le brechet.
FOURCHETTE, en termes d'Art vétérinaire, se dit d'Un certain
endroit du pied du cheval, qui est plus élevé que le dedans du pied,
et qui finit au talon. Un cheval blessé à la fourchette.
FOURCHETTE, en termes de Lingère, signifie, Cette partie de la
manchette qui garnit l'ouverture de la manche d'une chemise d'homme.
FOURCHON .s.m.
Une des pointes de la fourche ou de la fourchette. Fourche à trois
fourchons. Fourchette à quatre fourchons.
Il signifie aussi, L'endroit d'où sortent les branches d'un arbre.
FOURCHU , UE. adj.
Qui se fourche, fourché. Arbre fourchu. Barbe fourchue. Chemin fourchu.
Fig. et fam., Faire l'arbre fourchu, Mettre la tête en bas et les
pieds en haut écartés l'un de l'autre.
Menton fourchu, Menton qui est marqué, à son milieu, d'un
léger sillon ou renfoncement. Elle a le menton fourchu.
FOURGON .s.m.
Espèce de charrette couverte dont on se sert ordinairement dans les armées
et dans les voyages. Mener un fourgon. Les fourgons sont ordinairement à
quatre roues.
FOURGON .s.m.
Longue perche de bois garnie de fer par le bout, et servant à remuer,
à arranger le bois et la braise dans le four.
Prov. et fig., La pelle se moque du fourgon, se dit Lorsqu'une personne
se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle.
FOURGONNER . v. n.
Remuer avec le fourgon du four.
Il signifie aussi, Remuer le feu sans besoin avec les pincettes, et le déranger
en le voulant accommoder. Ne fourgonnez pas tant dans ce feu. Il ne fait que
fourgonner.
Il signifie figurément, Fouiller maladroitement en brouillant et en mettant
tout sens dessus dessous. Ne fourgonnez point dans ce coffre. Il est familier
dans les deux derniers sens.
FOURMI . s. f.
Petit insecte qui vit en société, et qui fait ordinairement sa
demeure sous terre. Une grosse fourmi. Des fourmis noires. Des fourmis rouges.
Fourmi ailée. OEufs de fourmis. On a cru autrefois que les fourmis faisaient
leurs provisions en été pour l'hiver.
Prov. et fig., Se faire plus petit qu'une fourmi devant quelqu'un, Se
tenir dans un grand respect, dans une grande soumission devant lui.
Fig. et pop., Avoir des fourmis dans quelque partie du corps, Y éprouver
des picotements. J'ai des fourmis dans les jambes.
Fig. et fam., Avoir des oeufs de fourmis sous les pieds, se dit D'une
personne qui ne peut rester en place, qui piétine sans cesse.
FOURMILIER .s.m.
T. d'Hist. nat. Quadrupède de l'Amérique méridionale, qui
se nourrit d'insectes et surtout de fourmis.
Se dit également de Certains oiseaux des forêts de la Guyane, qui
vivent de fourmis.
FOURMILIÈRE . s. f.
Lieu où se retirent, où habitent les fourmis, et où elles
pratiquent ordinairement des espèces de loges, de galeries et d'étages.
Une fourmilière au pied d'un chêne. Fourmilière en forme
de cône. Fourmilière souterraine.
Se dit aussi de Toutes les fourmis qui habitent la même fourmilière.
La fourmilière fut bientôt en mouvement. Nous vîmes sortir
toute la fourmilière.
Se dit figurément d'Une grande quantité de certains autres insectes
ou animaux, et même d'Un grand nombre de personnes. Une fourmilière
de vers, de souris, de serpents, etc. Une fourmilière de peuple. Il y a
une fourmilière de pauvres dans ce quartier.
FOURMI-LION .s.m.
T. d'Hist. nat. Insecte ainsi appelé parce qu'à l'état
de larve il se nourrit de fourmis et d'autres petits insectes semblables qui tombent
dans un trou en forme d'entonnoir, qu'il a pratiqué lui-même dans
le sable, et où il se tient blotti.
FOURMILLEMENT .s.m.
Picotement, comme si l'on sentait des fourmis courir sur la peau. Sentir
un fourmillement par tout le corps.
FOURMILLER . v. n.
Abonder. Il ne se dit guère au propre que De ce qui a vie et mouvement.
Ce pays fourmille de soldats. Ces rues fourmillent de peuple. Cette garenne
fourmille de lapins. On lui donne quelquefois pour sujet le nom des personnes
ou des animaux qui sont en grand nombre. Les solliciteurs fourmillent. Les
vers fourmillent dans ce fromage.
Se dit, par extension, De certaines choses qui sont réunies en très-grande
quantité. Cet ouvrage fourmille de fautes. Les erreurs, les fautes fourmillent
dans cet ouvrage. Cette traduction fourmille de contre-sens. On ne l'emploie
guère que dans ces sortes de phrases.
FOURMILLER, se dit aussi D'un picotement entre cuir et chair qu'on sent
quelquefois à la peau, et principalement aux pieds et aux mains. Toute
la main me fourmille.
FOURNAGE .s.m.
Ce que l'on paye au fournier pour la cuisson du pain.
FOURNAISE . s. f.
Sorte de grand four. Les trois enfants qui furent jetés dans la fournaise.
Fournaise ardente.
Il a le sens de Creuset, dans cette phrase figurée, et dans quelques
phrases semblables: La vertu s'éprouve et se perfectionne dans l'affliction,
dans l'adversité, comme l'or, comme le métal dans la fournaise.
FOURNEAU .s.m.
Petite construction de maçonnerie ou de brique, soit portative, soit
à demeure, et à plusieurs cavités, dans lesquelles on met
du charbon, de la braise, pour cuire ou chauffer les mets. On le dit également
d'Un ustensile, ordinairement de terre ou de fer, qui sert au même usage,
dans les petites cuisines. Fourneau de cuisine. Grand, petit fourneau. Le foyer,
la grille, le cendrier d'un fourneau. Mettre de la braise, du charbon dans le
fourneau. Faire bouillir une marmite sur un fourneau. Allumer ses fourneaux. Fourneau
de brique. Fourneau portatif. Fourneau de terre cuite, de fer. Marchand de fourneaux.
Se dit aussi de Certains vaisseaux, et de Certaines constructions de maçonnerie
ou de brique, qui servent, dans les arts, à soumettre diverses substances
à l'action du feu. Fourneau d'apothicaire. Fourneau pour distiller.
Fourneau de coupelle. Fourneau d'orfévre. Fourneau d'affineur. Fourneau
de réverbère. Fourneau de forge. Fourneau à vent. Haut fourneau.
Fourneau à moufle. Etc.
Il signifie encore, Un grand four où l'on fond le verre. Le fourneau
d'une verrerie.
Se dit également d'Un creux fait en terre, et chargé de poudre,
pour faire sauter un rocher, une muraille, ou quelque ouvrage de fortification.
Mettre le feu à un fourneau. Faire jouer un fourneau.
Le fourneau d'une pipe, Cette partie évasée d'une pipe,
dans laquelle on fait brûler le tabac.
FOURNÉE . s. f.
La quantité de pain qu'on fait cuire ou qu'on peut faire cuire à
la fois dans un four. Fournée de pain. La première, la seconde
fournée. Demi-fournée. Fournée complète.
Se dit aussi en parlant D'autres choses que l'on expose à l'action de
la chaleur dans les fours. Une fournée de faïence. Une fournée
de chaux. Une fournée de tuiles.
Prov., fig. et pop., Prendre un pain sur la fournée, se dit D'un
homme qui, sur la foi du mariage, a commerce avec la femme qu'il doit épouser.
FOURNÉE, se dit quelquefois, figurément et familièrement,
d'Un certain nombre de personnes qui sont nommées à la fois aux
mêmes fonctions, etc. Il ne sera pas de cette fournée. On annonce
une nouvelle fournée pour le mois prochain. Dans ce sens, il ne s'emploie
guère que par plaisanterie.
FOURNIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui tient un four public, et qui y fait cuire le pain. Le fournier
du village. La fournière.
FOURNIER, se disait autrefois, au Jeu de billard, de Celui qui faisait
passer sa bille sous l'archet ou la passe, par le côté du but. Vous
êtes fournier, il faut repasser.
FOURNIL .s.m.
(On ne prononce point l'L.) Le lieu où est le four et où l'on
pétrit la pâte. Il est au fournil.
FOURNIMENT .s.m.
Sorte d'étui dont les mousquetaires à pied se servaient, dans
le XVIIe siècle, pour mettre leur poudre, et qui est également
à l'usage des chasseurs. Chaque soldat avait un fourniment. Acheter
un fourniment pour la chasse.
Se dit aussi de Certains objets d'équipement à l'usage de chaque
soldat, et particulièrement de la buffleterie. Nettoyer son fourniment.
FOURNIR . v. a.
Pourvoir, approvisionner. On y joint souvent une idée d'habitude. Fournir
l'armée de blé. Fournir de vivres. Ce marchand avait fourni cette
maison de vin, de bois. C'est lui qui fournit cette maison. Neutralement,
C'est lui qui fournit dans cette maison. On l'emploie souvent avec le pronom
personnel. Se fournir des choses nécessaires. Il se fournit d'ordinaire
chez ce marchand.
Il signifie particulièrement, Garnir. Fournir une maison de meubles.
Fournir un magasin de toutes les marchandises nécessaires. Fournir un étui
de toutes ses pièces.
Il signifie aussi, Livrer, donner, procurer, faire avoir. Fournir du blé
à l'armée. C'est lui qui fournit le pain, la viande, etc. Un ouvrier
qui s'oblige de fournir les matériaux. Fournir des armes. Fournir de l'argent
à quelqu'un. Je fournirai les fonds nécessaires. Il est juste de
lui rendre ce qu'il a fourni pour vous.
S'emploie figurément dans le même sens. Ce livre m'a fourni
plusieurs autorités. Fournir des idées. Fournir des raisons. Il
a promis de me fournir des renseignements. Je vous en fournirai les moyens. Cela
peut nous fournir quelque lumière. Fournir un aliment à la curiosité
publique. Fournir matière à des conjectures.
En Jurispr., Fournir et faire valoir une dette, une rente que l'on a transportée
à quelqu'un, Garantir la dette, la rente, et la payer soi-même,
au cas que le véritable débiteur devienne insolvable.
FOURNIR, signifie particulièrement, Produire, exposer, établir,
surtout en termes de Pratique et d'Administration. Fournir ses défenses,
ses griefs. Il n'a pas fourni toutes ses pièces. J'en fournirai la preuve
quand on le voudra.
En termes d'Escrime, Fournir à quelqu'un un coup d'épée,
Lui donner un bon coup d'épée.
FOURNIR, signifie aussi, Achever, parfaire. Il faut encore soixante
francs pour fournir la somme entière.
En termes de Manége, Fournir la carrière, La parcourir
tout entière. Ce cheval a bien fourni la carrière.
Fig., Il a bien fourni sa carrière, Il a vécu avec honneur
et avec estime jusqu'à la fin.
FOURNIR, signifie aussi neutralement, Subvenir, contribuer en tout ou
en partie. Fournir à la dépense. Fournir aux frais. Fournir à
l'appointement, aux appointements.
Il signifie encore, Suffire. Il n'y peut fournir. On ne saurait fournir à
tout.
FOURNI, IE. participe, Être abondamment fourni de tout. Une
boutique bien fournie. Une table bien fournie. Une bibliothèque bien fournie.
Lance fournie, s'est dit d'Un homme d'armes ayant tout son accompagnement,
qui consistait en un certain nombre de soldats, de valets et de chevaux.
FOURNI, se dit quelquefois, adjectivement, De ce qui est épais,
touffu. Un bois bien fourni. Une barbe, une chevelure bien fournie.
FOURNISSEMENT .s.m.
.Commerce. Fonds que chaque associé doit mettre dans une société.
Compte de fournissement.
Se dit aussi, en Jurisprudence, Des choses qui, dans un partage, doivent être
respectivement comptées entre les copartageants, en dépense ou en
recette, en rapports et retours. Procéder à la composition des
lots et aux fournissements.
FOURNISSEUR .s.m.
Celui qui entreprend de faire la fourniture de quelque marchandise, de quelque
denrée. Les fournisseurs des troupes. Fournisseur général
de l'armée. Un tel est son fournisseur.
FOURNITURE . s. f.
Provision fournie ou à fournir. On le dit aussi de L'action même
de fournir, d'approvisionner. Fourniture de blé, de vin, de bois, etc.
Ce marchand fait les fournitures de telle maison. Il y a encore assez de blé,
de vin et d'huile pour ma fourniture. La fourniture de l'armée. Entreprendre
une fourniture. Faire une fourniture. Il est chargé de cette fourniture.
Se dit quelquefois, dans le Commerce, de Ce qu'on livre, de ce qu'on donne.
Ce banquier a fait depuis peu une grosse fourniture d'argent en Italie.
Ce sens vieillit.
Se dit aussi de Ce que les tailleurs, tapissiers, et autres semblables artisans,
ont coutume de fournir en employant l'étoffe, la matière principale.
Le tailleur veut tant pour ses fournitures. Le tapissier a pris tant pour façon
et fourniture.
Il signifie encore, Les petites herbes dont on accompagne les salades. La
fourniture de cette salade est excellente.
FOURRAGE .s.m. coll.
La paille, le foin et toute autre espèce d'herbe qu'on donne pour nourriture
aux bestiaux, aux chevaux, etc., lorsqu'on ne les fait point paître. Donner
du fourrage au bétail. Ils ne nourrissent leurs vaches que de fourrage.
Provision de fourrage. Fourrage vert. Fourrage sec. De bon, de mauvais fourrage.
Cette plante donne un très-bon fourrage; on la cultive comme fourrage,
pour le fourrage. Les diverses qualités de fourrage. Du beurre qui sent
le fourrage. Ration de fourrage.
Se dit particulièrement, de L'herbe qu'on coupe et qu'on amasse, à
l'armée, pour la nourriture des chevaux. Une trousse de fourrage. Un
pays abondant en fourrage. Faire provision de fourrage. L'armée manquait
de fourrage.
Mettre de la cavalerie en quartier de fourrage, L'établir dans
un quartier, dans un pays où il y a abondance de fourrage.
FOURRAGE, se dit, par extension, de L'action même de couper le
fourrage. Ordonner un fourrage général. On fit un grand fourrage
en présence des ennemis. Il fut tué au fourrage. Envoyer au fourrage.
Aller au fourrage. Faire un bon fourrage. Revenir du fourrage.
Se dit également Des troupes commandées, tant pour faire le fourrage
que pour le soutenir. L'officier qui commandait le fourrage. Les ennemis attaquèrent
le fourrage.
FOURRAGE, en termes d'Artillerie, se dit Du foin ou de l'herbe dont on
se sert pour bourrer le canon, etc.
FOURRAGER . v. n.
Couper et amasser du fourrage. Se dit principalement en termes de Guerre. Fourrager
dans un champ, dans un village. L'armée a fourragé dans ce pays-là.
On était contraint d'aller fourrager bien loin. Fourrager au vert. Fourrager
au sec.
Fig. et fam., C'est un homme qui va fourrageant dans tous les livres,
se dit D'un compilateur, ou D'un plagiaire.
FOURRAGER, s'emploie aussi comme verbe actif, dans le sens de Ravager.
Fourrager tout un pays. Le troupeau a fourragé dans cette pièce
de blé. Les lapins ont fourragé mon jardin.
Fam., Fourrager des papiers, dans des papiers, Les mettre en désordre.
FOURRAGÉ, ÉE. participe
FOURRAGÈRE . adj. f.
T. d'Agricult. Se dit Des plantes propres à être employées
comme fourrage. Plantes fourragères.
FOURRAGEUR .s.m.
Celui qui va au fourrage. Soutenir les fourrageurs. Enlever des fourrageurs.
Les ennemis tombèrent sur les fourrageurs.
FOURRÉ .s.m.
Endroit d'un bois, d'un bosquet, etc., où il y a un assemblage épais
d'arbrisseaux, d'arbustes, de broussailles. Entrer, pénétrer
dans le fourré d'un bois, ou absolument, dans le fourré.
Se réfugier, se cacher dans un fourré.
FOURREAU .s.m.
Gaîne, étui, enveloppe. Fourreau de velours. Fourreau de cuir.
Fourreau d'épée. Le bout du fourreau. Tirer l'épée
hors du fourreau. Tirer l'épée du fourreau. Fourreau de baïonnette.
Fourreau de parapluie. Fourreau de siége. Fourreau de chaise. Fourreau
de pistolet.
Faux fourreau, Sorte de fourreau dont on couvre le véritable fourreau
d'une épée, d'un pistolet, etc., pour le garantir de la poussière
ou de la pluie.
Prov. et fig., Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi,
ou simplement, Coucher dans son fourreau, Coucher tout vêtu.
Prov. et fig., L'épée, la lame use le fourreau, se dit
Des personnes en qui une grande activité d'âme ou d'esprit altère
la santé.
FOURREAU, se dit aussi de Certaines robes d'enfant.
Se dit encore de La peau qui couvre le membre génital d'un cheval. Un
cheval qui a mal au fourreau.
FOURRER . v. a.
Introduire, faire entrer, placer en quelque endroit, mettre parmi d'autres choses.
Fourrer les bras dans le lit. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son bras
dans un trou. Cette étoffe, cette tapisserie est toute perdue, il y a des
trous à y fourrer la main. Elle lui fourre de gros morceaux dans la bouche.
Il lui a fourré son épée dans le ventre. Il s'est fourré
une écharde, une épine dans le doigt. Fourrez cela dans votre cassette.
Fourrez vite cela dans votre poche. Il aura fourré cela dans un coin. Fourrez
ce livre avec les autres. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Où
s'est-il donc fourré? Se fourrer sous un lit. Le lièvre s'était
fourré dans un trou.
Fig. et pop., Fourrer tout dans son ventre, Dépenser, dissiper
tout ce qu'on a, pour satisfaire sa gourmandise.
Fig. et fam., Fourrer son nez où l'on n'a que faire, Se mêler
indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue, Fourrer
son nez partout.
Fig. et fam., Chercher quelque trou à se fourrer, se dit De celui
qui cherche quelque emploi, quelque condition, et qui a peine à en trouver.
Fig. et fam., Ne savoir où se fourrer, Ne savoir où se
cacher, ne savoir comment se dérober à la confusion qu'on éprouve.
Il est si honteux de ce qu'il vient de dire, qu'il ne sait où se fourrer.
Fig. et fam., Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête de
quelqu'un, Parvenir à lui faire comprendre quelque chose. Il est
si stupide, si hébété, qu'on ne saurait lui rien fourrer
dans la tête, dans l'esprit. On eut bien de la peine à lui fourrer
dans la tête qu'il fallait.... Cela signifie aussi, Faire croire une
chose à quelqu'un, la lui persuader, la lui mettre dans la tête.
Qui a pu lui fourrer cette sotte idée dans l'esprit? Vous vous fourrez
dans la tête mille chimères, mille choses qui ne sont pas. On
dit de même, avec le pronom personnel, qu'Une idée, une erreur,
etc., s'est fourrée dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un.
FOURRER, signifie, par extension, Donner avec excès et sans réflexion.
Elle gâte cet enfant, elle lui fourre toujours à manger. Cette
mère fourre toujours en cachette de l'argent à son fils.
FOURRER, signifie aussi figurément, Insérer hors de propos.
Fourrer quelque chose dans son discours. Il a fait un livre où il a
fourré tout ce qu'il savait. Il fourre toujours du latin dans ses plaidoyers,
des proverbes dans la conversation.
Il signifie encore figurément, Introduire quelqu'un dans une maison,
dans une société, etc.; ou Le faire entrer, l'engager dans une affaire.
On le prend ordinairement en mauvaise part. Je ne sais qui l'a fourré
dans cette maison, dans cette affaire.
S'emploie, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. Il se fourre partout.
Il se fourre à la cour. Il se fourre dans toutes les compagnies. Il est
allé se fourrer dans une société de gens qui le tromperont.
Je ne sais comment il s'est fourré dans cette affaire. Il a commencé
à se fourrer dans les affaires de finance. Il s'est fourré dans
cette querelle, dans cette affaire jusqu'au cou, jusqu'aux oreilles. Il s'y est
fourré bien avant. Pourquoi s'y fourrait-il? Où me suis-je fourré?
Se fourrer dans l'embarras.
Dans toutes les acceptions qui précèdent, ce verbe est familier.
FOURRER, signifie en outre, Garnir, doubler de peau avec le poil. Fourrer
une robe de martre. Fourrer d'hermine. Fourrer de petit-gris.
Il signifie aussi, avec le pronom personnel, Se vêtir chaudement. Il
s'est bien fourré. Il faut se bien fourrer en hiver.
FOURRÉ, ÉE. participe, Habit fourré. Gants fourrés.
Redingote fourrée. Fourré d'hermine, de petit-gris.
Langues fourrées, Langues de boeuf, de cochon, de mouton, recouvertes
d'une autre peau que la leur, et avec laquelle on les fait cuire. Acheter une
langue fourrée.
Médaille, pièce de monnaie fourrée, Médaille,
pièce de monnaie dont le dessus est d'or ou d'argent, et le dedans d'un
métal inférieur. Cette pièce d'or, d'argent est fourrée.
On dit maintenant, Médaille plaquée.
Botte de paille, botte de foin fourrée, Botte dans laquelle, parmi
de bonne paille ou de bon foin, on a mêlé de la paille ou du foin
de moindre qualité.
En termes d'Escrime, Coup fourré, se dit Quand chacun des deux
adversaires donne un coup et en reçoit un en même temps. On le dit,
figurément et familièrement, Des mauvais offices que deux personnes
se rendent mutuellement et en même temps. Ils ont fait un coup fourré.
Fig. et fam., Porter un coup fourré, Rendre en secret un mauvais
office à quelqu'un.
Fig. et fam., Paix fourrée, Fausse paix, faite de mauvaise foi
par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre, lorsqu'elle le croira
utile à ses intérêts.
Pays fourré, Pays rempli de bois, de haies, etc. L'armée
se trouvait dans un pays fourré.
Bois fourré, Bois qui est fort garni de broussailles et d'épines.
Voyez FOURRÉ, substantif.
Prov. et fig., Un innocent fourré de malice, se dit d'Un homme
qui est malicieux, et qui feint d'être simple et bon.
FOURREUR .s.m.
Marchand pelletier, artisan qui travaille en pelleterie. Marchand fourreur.
La boutique d'un fourreur.
FOURRIER .s.m.
Officier qui sert sous un maréchal des logis, et dont la fonction est
de marquer le logement de ceux qui suivent la cour. Les fourriers de la maison
du roi, de la cour. Les fourriers ont fait le logement, ont fait, ont marqué
des logements.
Il signifie aussi, dans les troupes, Le sous-officier d'une compagnie qui est
principalement chargé de pourvoir au logement des soldats quand ils passent
dans quelque ville, et de répartir entre les escouades les vivres, les
effets d'équipement, etc. Le fourrier de la compagnie. Le grade de fourrier.
FOURRIÈRE . s. f.
Office qui fournit le bois pour le chauffage de la maison du roi et des princes.
La fourrière a fourni tant de bois. Chef de fourrière. Aide de
fourrière. Garçon de fourrière.
Il se prend également pour Le lieu où l'on met ce bois. Il
faut prendre ce bois dans la fourrière.
En Jurispr., Mettre un cheval, une vache, etc., en fourrière,
Saisir un cheval, une vache, etc., pour cause de dégât, pour contravention,
ou pour dette, et les mettre dans une écurie, dans une étable, où
ils sont nourris, à tant par jour, aux dépens de celui à
qui ils appartiennent, jusqu'à la réparation du dommage, jusqu'au
payement de l'amende, ou jusqu'à ce qu'on les vende. Les chevaux de
ce charretier ont été mis en fourrière. On dit de même
qu'Un cheval, qu'une vache est en fourrière.
FOURRURE . s. f.
Peau de certains animaux, précieuse par la couleur, la longueur, l'épaisseur
du poil, et dont on se sert pour doubler, garnir ou orner les robes, les habits,
etc.: on en fait aussi des manchons, des bonnets, etc. Une belle fourrure.
Fourrure de martre zibeline, de petit-gris, d'hermine, de renard de Sibérie.
Les belles fourrures viennent du Nord.
Se dit également d'Une robe fourrée, ou garnie, ou ornée
de fourrures. La fourrure d'un président. La fourrure d'un docteur.
Il signifie, en termes de Blason, Un fond de fourrure qui est ou d'hermine ou
de vair. On ne met point fourrure sur fourrure.
FOURVOIEMENT .s.m.
(On prononce Fourvoiment.) Erreur de celui qui s'égare de son
chemin. Au point du jour ils s'aperçurent de leur fourvoiement.
Se dit aussi figurément. Il est rare que l'on revienne d'un long fourvoiement.
Il est tombé dans un étrange fourvoiement. Ce mot est peu usité.
FOURVOYER . v. a.
(Il se conjugue comme Employer.) Égarer, détourner du chemin.
Ce guide nous a fourvoyés.
Se dit aussi figurément. Les mauvais exemples l'ont fourvoyé.
S'emploie avec le pronom personnel, dans l'un et l'autre sens. La nuit est
cause qu'ils se sont fourvoyés. Plus on suit ses passions, plus on se fourvoie.
Avec ellipse du pronom, Faire fourvoyer quelqu'un, Faire qu'il se fourvoie.
Ces diverses routes les ont fait fourvoyer.
Se dit, particulièrement, De méprises grossières. L'auteur
de cet écrit s'est étrangement fourvoyé. Ce verbe est
familier.
FOURVOYÉ, ÉE. participe
FOUTEAU .s.m.
C'est un des noms vulgaires de l'arbre qu'on appelle plus ordinairement Hêtre.
FOUTELAIE . s. f.
Lieu planté de fouteaux ou de hêtres.
FOYER .s.m.
Âtre, lieu où se fait le feu. Ôter la cendre du foyer.
Fig. et fam., Aimer à garder son foyer, Aimer le repos, et mener
une vie retirée.
Le foyer d'un fourneau, La partie d'un fourneau où se place le
feu, et dont le fond est garni d'une petite grille à travers laquelle la
cendre tombe.
FOYER, se dit aussi de La dalle de pierre ou de marbre que l'on met au
devant d'une cheminée, pour éloigner du feu le plancher et les parquets.
Il signifie, par extension, dans un Théâtre, La salle commune où
se rassemblent les acteurs, et Celle où les spectateurs peuvent se réunir
pour converser et pour se chauffer. Le foyer des acteurs. Le foyer du public.
Le foyer de ce théâtre est fort beau. Entrer au foyer. Je n'ai point
vu la pièce, je suis resté au foyer, dans les foyers.
Se dit quelquefois figurément, surtout au pluriel, pour Maison, demeure,
pays natal. Combattre pour ses foyers. Il a revu ses paisibles foyers. Rentrer
dans ses foyers.
FOYER, en termes de Physique, se dit de L'endroit où se réunissent
les directions des rayons lumineux qui, partant d'un même point, sont réfléchis
ou réfractés par des surfaces courbes. La chaleur des rayons
réfléchis par un miroir sphérique concave se concentre à
son foyer. Faire brûler un corps en le plaçant au foyer d'un miroir
ardent, d'un verre convexe sur lequel tombent les rayons solaires. Par extension
de ce même sens, on appelle Foyer, dans les courbes, Certains points
où la concentration des rayons lumineux peut s'opérer d'une manière
absolument rigoureuse. Foyer de l'ellipse, de la parabole.
Foyer de lumière, Le point d'où part, d'où rayonne
une lumière plus ou moins vive. Un foyer de lumière très-éclatant.
Fig. et fam., Le foyer d'une maladie contagieuse, Le lieu où elle
exerce le plus de ravages, le lieu où elle se manifeste d'abord, et d'où
elle se répand au loin. On dit dans un sens analogue, Le foyer de la
rébellion, de la sédition, etc.
Fig., Cette ville est le foyer des lumières, Les arts et les sciences
y fleurissent plus que partout ailleurs.
En Chirur., Foyer purulent, L'endroit où se forme le pus dans
les abcès.
FRAC .s.m.
Habit d'homme qui ne couvre par devant que la poitrine, et qui se termine par
derrière en deux longues basques plus ou moins étroites.
FRACAS .s.m.
Rupture ou fracture avec bruit et violence. Horrible fracas. Épouvantable
fracas. Le vent a fait un grand fracas dans cette forêt. Le tonnerre est
tombé sur une église, et y a fait un grand fracas.
Se dit, par extension, de Tout bruit semblable à celui d'une chose qui
se fracasse. Le fracas du tonnerre. Le fracas des armes. Un torrent qui roule
ses eaux avec fracas.
Se dit également de Tout ce qui se fait avec tumulte, avec désordre
et grand bruit. Quel fracas dans cette maison, dans cette assemblée!
Ils firent leur entrée dans l'hôtel avec beaucoup de fracas. Ces
plaisirs bruyants dont le fracas étourdit. Le fracas du monde.
En termes de Peinture, Il y a du fracas, un grand fracas dans ce tableau,
dans cette composition, se dit en parlant D'un tableau qui frappe et fatigue
la vue par la multitude et la confusion des objets, par le trop grand éclat
des couleurs, etc.
FRACAS, se dit figurément en parlant Des personnes qui cherchent
et qui obtiennent une sorte de vogue, qui font du bruit dans le monde. Ce prédicateur
fait fracas. Cette beauté fait du fracas dans le monde. Les hommes vains
aiment le fracas.
Se dit aussi en parlant Des choses qui excitent l'attention du public, qui font
scandale. Ce livre fait fracas. La querelle de ces deux écrivains fait
fracas. Cet article de journal cause bien du fracas, un grand fracas. Dans
ce sens, il se prend le plus souvent en mauvaise part.
FRACASSER . v. a.
Briser, rompre en plusieurs pièces. Un éclat de bombe lui fracassa
la jambe. Il a fracassé toutes les porcelaines, toutes les glaces.
On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Toutes ces porcelaines se sont
fracassées pendant le transport.
FRACASSÉ, ÉE. participe
FRACTION . s. f.
Action par laquelle on rompt, on divise. En ce sens, il n'est usité que
dans certaines phrases consacrées. Les pèlerins d'Emmaüs
connurent Notre-Seigneur à la fraction du pain. Le corps de JÉSUS-CHRIST
n'est point rompu par la fraction de l'hostie.
Il signifie quelquefois, Portion, partie. Le sou était une fraction
de la livre. Les opposants ne formaient qu'une très-petite fraction de
l'assemblée.
Se dit particulièrement, en Arithmétique, Des quantités
qui contiennent un certain nombre de parties de l'unité, et dont l'expression
est généralement formée de deux termes, l'un, appelé
Numérateur, exprimant le nombre des parties d'unité, et l'autre,
appelé Dénominateur, indiquant combien il faudrait de ces
parties pour former l'unité entière. Un demi (1/2), deux
tiers (2/3), trois quarts (3/4), sont des fractions. Le calcul des
fractions. Réduire plusieurs fractions au même dénominateur.
Fraction décimale, Fraction exprimée en parties décimales
de l'unité, comme des dixièmes, des centièmes, des millièmes,
etc., lesquels s'écrivent a la droite des unités simples selon leur
rang de subdivision, en les séparant de ces unités par une virgule,
pour indiquer où les subdivisions fractionnaires commencent. Les fractions
décimales cinq dixièmes (0,5) et cinquante centièmes
(0,50) répondent à un demi (1/2).
FRACTIONNAIRE . adj. des deux genres
T. d'Arithm. Se dit De tout nombre, entier ou non, qui est actuellement présenté
sous la forme d'une fraction, comme 16/8, qui vaut deux unités; 19/8, qui
vaut deux unités plus 3/8; 1/10, qui vaut seulement la dixième partie
d'une unité. Nombre, expression fractionnaire.
FRACTURE . s. f.
Rupture avec effort. Fracture des portes.
Il signifie particulièrement, en termes de Chirurgie, Solution de continuité,
ou division faite subitement dans les os ou les cartilages durs, par la violence
de quelque cause externe. Le traitement des fractures. Réduire une fracture.
FRACTURER . v. a.
.Chirur. Briser, casser. Fracturer l'avant-bras. Fracturer le crâne.
Avec le pronom personnel, L'os se fractura en plusieurs endroits.
FRACTURÉ, ÉE. participe, Un os fracturé. Un membre
fracturé.
FRAGILE . adj. des deux genres
Aisé à rompre, sujet à se casser. Fragile comme un verre.
Un vase fragile. La porcelaine est belle, mais elle est fragile.
Il signifie figurément, Qui n'est pas solidement établi, qui peut
aisément être détruit Fortune fragile. Biens fragiles.
Les grandeurs de ce monde sont des biens fragiles.
Il signifie aussi figurément, Sujet à tomber en faute. La nature
est fragile. Esprit fragile. La chair est fragile. Sexe fragile.
FRAGILITÉ . s. f.
Disposition à être facilement cassé, brisé. La
fragilité du verre. La fragilité de la porcelaine.
Il signifie figurément, Instabilité. La fragilité des
choses humaines. La fragilité de sa fortune.
Il signifie encore figurément, Facilité à tomber en faute.
La fragilité de notre nature. La fragilité humaine. Les péchés
de fragilité.
FRAGMENT .s.m.
Morceau de quelque chose qui a été cassé, brisé.
Se dit surtout en termes de Chirurgie, ou en parlant De choses considérables
par leur prix, par leur rareté. Les fragments d'un os. Les fragments
d'un vase précieux, d'une statue antique, d'une colonne, d'une inscription.
Se dit figurément d'Une petite partie qui est restée d'un livre,
d'un traité, d'un ouvrage. Les fragments d'un poëme. Les fragments
de Salluste, d'Ennius, etc. On n'a retrouvé que quelques fragments du grand
ouvrage qu'il avait promis.
Il signifie également, Morceau d'un livre, d'un ouvrage qui n'est point
encore terminé, ou qui n'a pu l'être. Il n'a laissé qu'un
fragment du livre qu'il voulait faire. Publier des fragments. Fragments historiques,
philosophiques, poétiques, etc.
FRAI .s.m.
Action de frayer. Se dit de L'action propre aux poissons pour la multiplication
de leur espèce. Durant le frai les poissons sont maigres. Le temps du
frai.
Se dit aussi Des oeufs de poisson mêlés avec ce qui les rend féconds.
Du frai de carpes, de tanches, de grenouilles, etc.
Il signifie encore, Le petit poisson. Ce n'est que du frai, il faut le remettre
dans l'étang. Mettre du frai au bout de la ligne pour servir d'appât.
FRAI, signifie en outre, L'altération, la diminution de poids
que l'usage et le frottement apportent à la monnaie. Cette pièce
a beaucoup perdu par le frai.
FRAÎCHEMENT . adv.
Avec un frais agréable. Marcher la nuit pour aller fraîchement.
Être logé fraîchement.
Se dit aussi pour Froidement, au figuré. Nous sommes un peu fraîchement
ensemble. Accueillir fraîchement quelqu'un. Ce sens ne s'emploie plus
que par plaisanterie, pour adoucir l'idée que réveille le mot Froidement.
Il signifie encore, Récemment, depuis peu. J'ai reçu fraîchement
de ses nouvelles. Tout fraîchement arrivé. Ce sens et le précédent
sont familiers.
FRAÎCHEUR . s. f.
Froid doux et modéré, qui tempère la chaleur de l'atmosphère,
et qui cause une sensation agréable. La fraîcheur du temps, de
l'air. La fraîcheur de la nuit, des matinées. La fraîcheur
des bois. Une fraîcheur délicieuse. La fraîcheur du printemps.
Marcher à la fraîcheur. On dit de même: La fraîcheur
de l'eau, d'une boisson, etc. La fraîcheur du marbre, etc.
Il signifie quelquefois, Froidure, froid. La fraîcheur du soir est
perfide dans cette saison. Il fait quelquefois des fraîcheurs qui nuisent
à la vigne.
Se dit, par extension, d'Une douleur causée par un froid humide. Gagner,
avoir une fraîcheur. Cela cause des fraîcheurs. Ce n'est point un
rhumatisme, ce n'est qu'une fraîcheur.
FRAÎCHEUR, se dit, figurément, Du lustre, du brillant, de
l'éclat agréable des fleurs, du teint, des couleurs, etc. La
fraîcheur des fleurs. Cette rose a perdu sa fraîcheur. La fraîcheur
du teint. La fraîcheur de la jeunesse, du jeune âge. Cette femme a
un reste de fraîcheur, a encore de la fraîcheur. La fraîcheur
du coloris, dans un tableau. Ces peintures ont conservé toute leur fraîcheur.
La fraîcheur d'un costume neuf, d'une décoration nouvelle, etc.
Fig., La fraîcheur des pensées, de l'imagination, du style,
se dit en parlant De la verve, jointe à la douceur et à la grâce,
dans les conceptions de l'esprit.
FRAÎCHEUR, en termes de Marine, se dit d'Un vent très-faible
qui suit ou qui précède le calme. Voilà un peu de fraîcheur.
La brise est finie, il n'y a plus qu'une légère fraîcheur.
FRAÎCHIR . v. n.
.Marine. Se dit Du vent qui devient plus fort. Le vent fraîchit.
On dit aussi, impersonnellement, Il fraîchit, il commence à fraîchir.
FRAIRIE . s. f.
Partie de divertissement et de bonne chère. Être d'une frairie.
Faire frairie. Être en frairie. Il est familier.
FRAIS , AÎCHE. adj.
Médiocrement froid, plus froid que chaud, et propre à tempérer
une trop grande chaleur. Un vent frais. Une matinée fraîche. Nuit
fraîche. Temps frais. Il fait un petit air frais. Eau fraîche. Boire
d'un vin frais, ou adverbialement, Boire frais. Avoir les mains fraîches.
Cette cave est très-fraîche. Ombrage frais. La terre est bien fraîche
en cet endroit.
Il se prend aussi pour Froid. Au printemps les matinées sont encore
fraîches. En automne les matinées commencent à être
fraîches.
En termes de Marine, Vent frais, Vent médiocrement fort, et bon
pour faire route. Nous partîmes par un vent frais. On dit de même,
Une brise fraîche. On exprime aussi les différentes forces
du vent, en ajoutant à Frais une épithète qui les
distingue. Il vente beau frais, bon frais, grand frais, etc.
FRAIS, signifie aussi, Récent, et se dit De ce qui est nouvellement
produit, nouvellement cueilli, nouvellement arrivé, nouvellement fait,
etc. Un oeuf frais. Du pain frais. Des figues fraîches. Donner de l'herbe
fraîche à un cheval. De la marée fraîche. Du poisson
frais. Ce beurre est bien frais. Les traces en sont encore toutes fraîches.
Quand une plaie est encore fraîche.
S'emploie figurément, dans le même sens. Des lettres fraîches.
Des nouvelles fraîches. De fraîche date. Pendant que j'en ai la mémoire
fraîche, toute fraîche.
Fig., La plaie est encore fraîche, toute fraîche, L'affliction
est encore toute récente.
Fig., Être frais de quelque chose, En avoir la mémoire récente.
Je suis tout frais de cette lecture. Il était encore tout frais de ses
leçons, de ses exercices, de sa philosophie. On dit à peu près
de même, Il est encore tout frais du collége, Il ne fait que
d'en sortir.
FRAIS, signifie aussi, Qui n'a point été salé, fumé,
etc. Du beurre frais. Du saumon frais. De la morue fraîche. Du porc frais.
Des harengs frais.
Se dit encore Des choses sujettes à se sécher ou à se corrompre,
lorsqu'elles n'ont point encore souffert d'altération, malgré le
laps de temps. Ces herbes sont encore fraîches, quoique cueillies depuis
plusieurs jours. Le pain de seigle se conserve long-temps frais. Ce poisson est
encore très-frais. Les oeufs que l'on conserve par ce procédé
sont aussi frais au bout de six mois que le jour où ils ont été
pondus.
Se dit quelquefois figurément, dans le même sens. Quoique la
chose ait eu lieu il y a longtemps, j'en ai le souvenir très-frais.
FRAIS, signifie en outre, Qui a de la fraîcheur, de l'éclat,
du lustre, etc., et se dit Des fleurs, du teint, des couleurs, des étoffes,
etc. Mettre des fleurs dans un vase avec de l'eau, pour les tenir fraîches.
Avoir le teint frais, le visage frais. Cette jeune personne est fraîche
comme une rose. Une bouche fraîche. Des lèvres fraîches et
vermeilles. Ces couleurs sont encore très-fraîches. Elle avait un
costume très-frais et du meilleur goût. En Peinture, Coloris
frais.
Être frais, en parlant Des personnes, signifie quelquefois, Avoir
bon visage, avoir un air de vigueur, de santé. Être frais et gaillard.
Ce vieillard est encore très-frais. Je ne vous ai jamais vu si frais.
On le dit aussi, figurément, populairement et par moquerie, De quelqu'un
à qui il est arrivé un accident, ou qui en est menacé. Vous
avez perdu tout votre argent au jeu; vous voilà frais. Si votre père
vient à savoir vos fredaines, vous êtes frais. Tu as fait là
une belle affaire; te voilà fraîche, ma pauvre enfant. On le
dit de même D'un ouvrage de la main qu'on trouve mal fait, et qu'on veut
dénigrer. Voilà un bel ouvrage! il est frais.
Ce cheval a la bouche fraîche, Il a la bouche humide et écumeuse.
FRAIS, signifie aussi, Délassé, qui a recouvré ses
forces par le repos. Il est à présent tout frais. Il est frais
et reposé. Frais et dispos. Nous prîmes des chevaux frais.
Troupes fraîches, Troupes qui ne sont point fatiguées, qui
n'ont point encore donné.
FRAIS, substantivement, se dit d'Un air frais, d'une température
fraîche, d'un froid modéré. Un frais agréable. Donner
du frais. Chercher le frais. Voyager au frais. Aller au frais. Se tenir au frais.
Prendre le frais. Mettre du vin au frais. Il commence à faire frais. Il
fait frais.
FRAIS, FRAÎCHE, s'emploient aussi adverbialement, et signifient,
Nouvellement, récemment. Maison toute fraîche faite. Appartement
tout frais décoré. Du beurre frais battu. Une fleur fraîche
éclose. Des roses fraîches cueillies, toutes fraîches cueillies.
Il est tout frais relevé de sa maladie. Frais venu. Frais arrivé.
Frais émoulu. Il est tout frais émoulu de ses exercices.
FRAIS .s.m. pl.
Dépense, dépens. Grands frais. Frais immenses. Menus frais.
Les frais de la guerre. Les frais d'un procès, d'un voyage, etc. Frais
de transport. Frais de chargement. Frais de bureau. Frais d'impression. Frais
de tournée. Frais funéraires ou d'enterrement. Faire les
frais. Faire des frais. Payer les frais. Avancer les frais. Fournir aux frais.
Se consumer en frais. Se mettre en frais. Il en sera pour ses frais. Tous frais
faits. Sur nouveaux frais. Déduire les frais. Les frais rabattus et déduits.
Frais et loyaux coûts. À ses frais et dépens. À frais
communs. À moitié de frais, ou elliptiquement, À moitié
frais. À grands frais. À peu de frais. Tout s'en va en frais. Sans
frais. Sans faire de frais. Frais ordinaires et extraordinaires. Frais privilégiés.
Faux frais. Frais qui ne viennent point en taxe.
Fam., Être de grands frais, Coûter beaucoup à nourrir,
à entretenir; ou, en général, Occasionner beaucoup de dépense
à quelqu'un. Constituer quelqu'un en frais, Être cause qu'il
fait des frais, des dépenses. Se mettre en frais, Faire en quelque
occasion de la dépense plus que de coutume.
Fig. et fam., Se mettre en frais, en grands frais, se dit, par ironie,
De celui qui ne fait qu'une petite partie de ce qu'il devrait faire, ou qui offre
d'une chose beaucoup moins qu'elle ne vaut. Se mettre en frais, signifie
aussi quelquefois, Faire des efforts pour réussir dans quelque entreprise,
ou pour plaire en société, dans la conversation, etc.
Fig. et fam., Recommencer sur nouveaux frais, Recommencer un ouvrage,
un travail, comme si rien n'en eût été fait; ou Faire de nouveau
quelque chose avec plus d'ardeur que la première fois, après s'être
reposé, après avoir pris de nouvelles forces.
Fig. et fam., À peu de frais, Sans beaucoup de peine, de travaux,
de soins, etc. Il avait acquis de la réputation, de la gloire à
peu de frais. On dit aussi, À moins de frais, Avec moins de
peine, etc. Il est devenu célèbre à moins de frais.
Fig. et fam., Faire les frais de quelque chose, Fournir la matière
ou le fond de quelque chose, contribuer le plus à quelque chose. Se dit
surtout en parlant Des ouvrages d'esprit, de la conversation, etc. Il se garde
bien de citer l'auteur qui a fait presque tous les frais de son érudition.
Je me vis obligé de faire les frais, tous les frais de la conversation.
FRAIS, signifie particulièrement, au Billard, à la Paume,
etc., La dépense que l'on fait dans le jeu. Il a joué les frais,
et il les a perdus. Ils sont sortis à moitié de frais.
FRAISE . s. f.
Petit fruit qui est fort agréable au goût, et qui vient sur une
plante dont la tige est très-basse. Fraises rouges. Fraises blanches.
Fraises de bois. Fraises de jardin. De l'eau de fraises. Cueillir des fraises.
Un panier de fraises. Un bassin de fraises.
FRAISE . s. f.
On appelle ainsi Le mésentère de veau et d'agneau. Fraise de
veau. Fraise d'agneau.
FRAISE, se dit aussi d'Une espèce de collet à plusieurs
doubles et à plusieurs plis ou godrons, qui tourne autour du cou, et qui
a, par sa forme, quelque ressemblance avec une fraise de veau. Les fraises
étaient anciennement fort à la mode. Fraise effilée. Fraise
empesée. Fraise à l'espagnole. Fraise à languettes. Fraise
godronnée. Fraise fermée. Fraise à tuyaux d'orgue. Fraise
de blonde, de tulle.
Il signifie encore, par analogie, Un rang de pieux qui garnit une fortification
de terre par dehors, vers le milieu du talus, et qui présente la pointe
à l'ennemi. Ouvrage de terre garni d'une fraise.
Il signifie, en termes de Vénerie, La forme des meules et des pierrures
de la tête du cerf, du daim et du chevreuil.
FRAISER . v. a.
Plisser en manière de fraise. Fraiser des manchettes. Fraiser du papier.
Fraiser la pâte, La bien pétrir.
FRAISER, en termes de Fortification, Garnir d'une fraise un bastion ou
autre ouvrage de terre. Fraiser un chemin couvert, un retranchement.
FRAISÉ, ÉE. participe, Des manchettes fraisées.
De la pâte bien fraisée. Bastion fraisé et palissadé.
FRAISETTE . s. f.
Petite fraise. Les hommes portaient autrefois des fraisettes au lieu de manchettes,
lorsqu'ils étaient en grand deuil.
FRAISIER .s.m.
Petite plante de la famille des Rosacées, qui produit les fraises, et
dont la fleur est blanche. Planter des fraisiers. Fleurs de fraisier. Racines
de fraisier.
FRAISIL .s.m.
(On ne prononce point l'L.) Cendre du charbon de terre, dans une forge.
FRAMBOISE . s. f.
Petit fruit bon à manger, qui croît sur un arbrisseau épineux.
Framboise rouge. Framboise blanche. Un panier de framboises. De l'eau de framboise.
Pâte de framboise. Conserve de framboise. Du vin qui sent la framboise,
qui a un goût de framboise.
FRAMBOISER . v. a.
Accommoder avec du jus de framboise. Framboiser des groseilles. Framboiser
des cerises.
FRAMBOISÉ, ÉE. participe, Gelée de groseille
framboisée.
FRAMBOISIER .s.m.
Arbrisseau épineux à fleurs rosacées, qui porte les framboises.
FRAMÉE . s. f.
Arme des anciens Germains, des Francs. La framée était une
espèce de lance.
FRANC .s.m.
Unité monétaire du système métrique, laquelle se
divise en dix parties appelées décimes, et en cent appelées
centimes. La valeur du franc est à peu près équivalente
à l'ancienne livre tournois. La pièce d'un franc pèse un
gramme. Payer un franc. Deux francs. Trois francs. Cinq francs. Une pièce
d'un franc, de deux francs, de cinq francs, de vingt francs. Un franc trente centimes.
Payer le décime pour franc.
Il s'employait également, autrefois, pour désigner La livre tournois;
mais il n'était d'usage ni au singulier, ni avec les nombres primitifs,
un, deux, trois et cinq. On l'employait avec la plupart des autres nombres. Quatre
francs. Six francs. Sept francs. Dix francs. Vingt francs. Vingt-deux francs.
Cent francs. Mille francs. Etc. Cependant, lorsqu'il ne s'agissait pas d'une
somme ronde, on préférait le mot de livre. Ainsi on ne disait
pas, Quatre francs dix sous, mais Quatre livres dix sous.
Au marc le franc, se dit De la manière de répartir ce qui
doit être reçu ou payé par chacun, en proportion de sa créance,
ou de son intérêt dans une affaire. Les créanciers ont
été payés au marc le franc. Les actionnaires ont contribué
au marc le franc pour former la somme nécessaire.
FRANC , ANCHE. adj.
Libre. Cet esclave en entrant en France est devenu franc et libre. Il a fait
cette action de sa pure et franche volonté. Franc arbitre.
Fam., Avoir ses coudées franches, les coudées franches,
Avoir la liberté du mouvement des bras, des coudes. Cela se dit surtout
De personnes qui sont à table. Il veut avoir ses coudées franches.
Fig. et fam., Avoir ses coudées franches, les coudées franches,
N'être point contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire. Il
peut faire son parc, son bâtiment aussi grand qu'il voudra, il a ses coudées
franches, les coudées franches. Personne ne contrôle plus ses actions,
il n'est plus en tutelle, il a ses coudées franches.
Fig., Franc de toute passion, franc d'ambition, etc., Libre et exempt
de toute passion, d'ambition, etc.
Franc-bord, L'espace de terrain laissé libre sur le bord d'une
rivière, d'un canal. On le dit, en termes de Marine, de Tout le bordage
extérieur d'un bâtiment, depuis la quille jusqu'à la première
préceinte.
FRANC, signifie aussi, Exempt d'impositions, de charges, de dettes. Demeurer
franc et quitte. Être franc de toutes charges. Il a marié son fils
franc et quitte. On appelait autrefois Villes franches celles qui ne payaient
pas la taille. Foire franche. Port franc. Il vendit sa terre franche et quitte
de toutes dettes.
Francs archers. Nom d'une sorte de milice qui avait été
créée par Charles VII.
Franc tenancier, Celui qui tenait des terres en roture, mais qui en avait
racheté les droits.
Franc de port, se dit D'une lettre, d'un paquet, etc., dont le port est
payé par celui qui en fait l'envoi. Lettre franche de port. Paquet franc
de port.
Avoir ses ports francs, Être dispensé de payer le port des
lettres qu'on reçoit par la poste.
Jouer part franche, se dit Lorsque plusieurs personnes, jouant à
qui aura quelque étoffe, quelque bijou, etc., conviennent que celui qui
gagnera ne payera rien pour sa part. On dit dans le même sens, Avoir
part franche, Avoir sa part dans quelque affaire, quoiqu'on n'y ait fait aucune
mise.
Fam., Franche lippée, Repas qui ne coûte rien. C'est
un chercheur de franches lippées, C'est un parasite de profession.
FRANC, signifie aussi, Sincère, loyal, qui dit ce qu'il pense.
Un homme franc. Un coeur franc. Un caractère franc. Une âme franche.
Fig. et fam., Un franc Gaulois, Un homme de bonne foi. Cela se dit quelquefois,
en plaisantant, d'Un homme qui a de la simplicité et de la rudesse dans
les manières.
Un cheval franc du collier, Un cheval qui tire de lui-même, sans
qu'il soit besoin de lui donner des coups de fouet.
Prov. et fig., Être franc du collier, se dit De celui qui est toujours
prêt à faire les choses que son devoir, son honneur, etc., exigent
de lui. Se dit aussi D'un homme brave, toujours prêt à marcher au
combat.
En termes de Marine, Le vent est franc, Sa direction est telle, que le
bâtiment peut, avec ses voiles orientées obliquément à
la quille, suivre la route déterminée.
FRANC, se dit également Des choses où il y a de la sincérité,
de la loyauté, de la candeur, etc. L'aveu est franc. Sa conduite dans
cette affaire a été franche et droite. Des manières franches.
Parler d'un ton franc et résolu.
Fam., Avoir son franc parler, S'être mis sur le pied de dire tout
ce qu'on pense.
FRANC, en termes de Peinture, de Sculpture, etc., se dit en parlant D'un
faire aisé, hardi, où il n'y a ni timidité ni tâtonnement.
Pinceau franc. Ciseau franc. Burin franc. Un faire franc. Manière franche.
Touche franche. Dessin, coloris franc.
FRANC, se dit aussi dans le sens de Vrai, et alors il précède
ordinairement le substantif. Ce moineau est un franc mâle. Ce qu'il vous
a dit est une franche défaite. Il parle son franc patois. On le joint
à toutes sortes de termes injurieux, pour leur donner encore plus de force.
Un franc sot. Un franc pédant. Une franche coquette. Un franc lourdaud.
Un franc animal. Un franc coquin. Un franc menteur, etc. On dit de même:
Une franche sottise. Une franche bévue. Etc.
Un franc Breton, un franc Picard, un franc Gascon, etc., Un Breton, un
Picard, un Gascon, etc., qui a les qualités et les défauts communs
à la plupart des gens de son pays.
Terre franche, Bonne terre, terre végétale qui n'est point
mêlée de cailloux ni de sable.
FRANC, se dit également dans le sens d'Entier, de complet. Ils
y arrivèrent le lundi et en partirent le jeudi, ils n'y ont été
que deux jours francs. Dans les assignations à huitaine, il faut huit jours
francs, sans compter celui de l'assignation, ni celui de l'échéance.
Sauter vingt-quatre semelles franches, Les sauter sans que rien y manque.
Courir à franc étrier, Courir la poste à cheval.
Franc carreau, Sorte de jeu où l'on jette en l'air une pièce
de monnaie, et où celui dont la pièce tombe le plus loin des bords
d'un carreau, gagne le coup. Jouer au franc carreau.
En termes de Marine, Franc-tillac, Pont, tillac de plain-pied, sans interruption.
Il ne se dit que Du pont des bâtiments de commerce. Le capitaine du navire
répond des objets chargés sous le franc-tillac, sous franc-tillac.
FRANC, se dit encore Des arbres qui portent du fruit doux sans avoir
été greffés; par opposition à Sauvageon, qui
se dit Des arbres qui ne portent que des fruits âpres, à moins qu'ils
n'aient été greffés. Noisetier franc. Franc pêcher.
On le dit quelquefois Des fruits mêmes. Noisettes franches. Pêche
franche.
Enter franc sur franc, Enter un scion d'arbre franc sur un autre arbre
franc. Enter franc sur sauvageon, Enter un scion d'arbre franc sur un sauvageon.
Dans ces phrases, Franc est employé comme substantif.
FRANC, s'emploie aussi comme adverbe, et signifie, Ouvertement, résolument,
sans déguiser, sans biaiser. Il lui parla franc. Il le démentit
franc et net, tout franc. Il me l'a dit tout franc.
Il signifie quelquefois, Absolument, entièrement, sans qu'il y manque
rien. Il sauta le fossé franc, tout franc. Il saute vingt-quatre semelles
franc.
FRANC , ANQUE. s.
Nom générique des Européens qui habitent ou commercent
dans le Levant et en Barbarie, et qui ne sont point sujets à la capitation.
Le quartier des Francs. Il se prit de querelle avec un Franc.
Adjectiv., Langue franque, Sorte de jargon mêlé de français,
d'italien, d'espagnol, etc., qui est en usage parmi les Francs de la basse classe.
FRANÇAIS . adj. et s. m.
On ne met pas ici ce mot comme un nom de nation, mais on le met comme un mot
qui a une signification et une énergie particulière dans quelques
façons de parler.
Fig., Cela n'est pas français, se dit D'un propos ou même
d'une action contraire à l'honneur, à la délicatesse, à
la galanterie.
Fig. et fam., Entendez-vous le français? Comprenez-vous bien mon
avertissement, mes menaces, ma réprimande, etc.? On dit de même,
J'entends le français, Je vous comprends très-bien. On dit
aussi, Parler français, S'expliquer clairement, intelligiblement;
et alors français est employé dans un sens adverbial.
Fig. et fam., Parler français, Expliquer nettement son intention
sur quelque affaire. Parlez-nous français. On a bien de la peine à
vous faire parler français.
Fig. et fam., Parler français à quelqu'un, signifie aussi,
Parler à quelqu'un avec autorité, et d'un ton menaçant.
Fig. et fam., En bon français, Franchement et sans ménagement.
Je vous le dis en bon français.
FRANC-ALLEU .s.m.
Voyez ALLEU.
FRANCATU .s.m.
Sorte de pomme qui se conserve longtemps.
FRANC-ÉTABLE
(DE). loc. adv.
.Marine. On le dit Lorsque deux bâtiments se portent l'un sur l'autre
de manière que leurs étraves ou éperons s'entre-choquent
avec violence. Les deux navires s'abordèrent de franc-étable.
Abordage de franc-étable.
FRANC-FIEF .s.m.
Voyez FIEF.
FRANC-FUNIN .s.m.
Voyez FUNIN.
FRANCHEMENT . adv.
Avec exemption de toutes charges, de toutes dettes. Dans ce sens, il est terme
de Pratique, et ne s'emploie qu'avec le mot Quittement. Il lui a vendu sa terre
franchement et quittement.
Il signifie aussi, Sincèrement, ingénument. J'avoue franchement.
Parlons franchement. Parler franchement. Pour le dire franchement, je crois que...
À parler franchement, je crois que vous avez tort. Parlez-moi franchement,
pensez-vous que mon ouvrage obtiendra quelque succès?
Il signifie encore, Librement, avec hardiesse et précision, sans se retenir
ni hésiter. Ces mouvements doivent être exécutés
vivement et franchement. Ce cheval se porte franchement en avant.
S'emploie quelquefois au figuré, dans ce dernier sens. Se prononcer
franchement pour une opinion.
FRANCHIR . v. a.
Sauter franc, passer en sautant par-dessus quelque chose. Franchir un fossé.
Franchir une barrière.
Fig. et fam., Franchir le pas, Se décider à faire une chose,
après avoir longtemps hésité. Il a balancé longtemps
à se marier; enfin, il a franchi le pas. On dit aussi, Franchir
le saut, mais plus ordinairement, Faire le saut.
En termes de Marine, Franchir la lame, S'élever sur la lame et
la descendre facilement. Franchir une barre, un récif, un écueil,
etc., Passer par-dessus sans y rester échoué, après avoir
touché par quelque endroit de la carène.
FRANCHIR, signifie aussi, Passer, traverser vigoureusement, hardiment
des lieux, des endroits difficiles, de grands espaces, etc. Après avoir
franchi les Alpes avec ses troupes, il entra en Italie. À peine l'armée
eut-elle franchi les montagnes. Franchir les fleuves et les rivières. Franchir
les mers. L'imagination franchit sans peine cet immense intervalle.
Franchir les limites, franchir les bornes, Passer au delà des
bornes.
Fig., Franchir les bornes du devoir, de la pudeur, de la modestie, etc.,
Ne pas se contenir dans les bornes du devoir, de la pudeur, de la modestie, etc.
Fig., Franchir toutes sortes de difficultés, toutes sortes d'obstacles,
N'être retenu par la considération d'aucune difficulté, surmonter
toutes sortes d'obstacles.
Fig. et fam., Franchir le mot, Exprimer en propres termes une chose que
la bienséance et l'honnêteté empêchaient de dire ouvertement.
Il a franchi le mot, et lui a dit qu'il était un fripon. Cela signifie
aussi, Dire le mot essentiel, prononcer enfin une chose à laquelle on avait
eu de la peine à se résoudre. Il a franchi le mot, et a promis
les vingt mille francs.
FRANCHI, IE. participe
FRANCHISE . s. f.
Exemption, immunité. Jouir de certaines franchises. Les franchises
d'une ville.
Il s'est dit, particulièrement, de La faculté accordée
aux ouvriers qui n'étaient point passés maîtres, de travailler
pour leur propre compte en certains lieux ou quartiers déterminés.
Il n'est pas maître, mais il travaille dans un lieu de franchise. Jouir
de la franchise.
Il a gagné sa franchise, se disait De celui qui, ayant terminé
son apprentissage, pouvait s'établir comme ouvrier dans un lieu de franchise.
FRANCHISE, se dit encore, particulièrement, Des droits d'asile
attachés à certains lieux. Les franchises des églises.
On ne put le prendre à cause de la franchise de l'église où
il s'était retiré. À Rome, l'hôtel d'un ambassadeur
est un lieu de franchise. Les franchises des ambassadeurs. Les franchises des
églises ne sont point admises en France. Un lieu de franchise pour les
débiteurs.
Se dit également Du lieu même, et signifie, Asile. On ne saurait
le prendre en ce lieu-là, c'est une franchise.
FRANCHISE, signifie aussi, Sincérité, loyauté, candeur.
Parler avec franchise, avec une trop grande franchise. C'est un homme plein
de franchise. Ce ton de franchise me gagna. Il a mis beaucoup de franchise dans
ses procédés. La franchise de son caractère. Un discours
plein de franchise et de dignité.
Il signifie, en termes de Peinture, de Sculpture, etc., La qualité de
ce qui est franc, hardi. La franchise du crayon, du pinceau, du ciseau. La
franchise du dessin, du coloris.
FRANCISATION . s. f.
.Jurispr. commerciale. Acte qui constate qu'un navire est français. Avoir
une francisation. Acte de francisation.
FRANCISCAIN .s.m.
Religieux de l'ordre de Saint-François d'Assise. Un couvent de franciscains.
FRANCISER . v. a.
Donner une terminaison, une inflexion française à un mot d'une
autre langue. L'usage a francisé beaucoup de noms propres latins ou
grecs.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Ce mot a fini par se franciser.
Se dit quelquefois D'une personne qui prend l'air, le maintien, les manières
françaises. Cet étranger s'est bien francisé depuis trois
mois qu'il est à Paris. Ce sens est familier et peu usité.
FRANCISÉ, ÉE. participe
FRANCISQUE . s. f.
Arme des anciens Francs, sorte de hache d'armes à deux tranchants.
FRANC-MAÇON .s.m.
Celui qui est initié à la franc-maçonnerie. Il a été
reçu franc-maçon. Une loge de francs-maçons.
FRANC-MAÇONNERIE . s. f.
Association secrète qui fait un emploi symbolique des instruments à
l'usage de l'architecte et du maçon, et dont les membres se réunissent
dans des lieux qu'ils appellent Loges. On le dit aussi Des pratiques de
cette association. L'origine de la franc-maçonnerie est fort incertaine.
Être initié à la franc-maçonnerie.
FRANCO . adv.
.Commerce, emprunté de l'italien. Sans frais. Vous recevrez ce paquet
franco.
FRANCOLIN .s.m.
T. d'Hist. nat. Sorte d'oiseau plus gros que la perdrix, et qui est bon à
manger. Il y a beaucoup de francolins en Barbarie.
FRANC-QUARTIER .s.m.
.Blason. Le premier quartier de l'écu, qui est à la droite du
côté du chef, et qui est moins grand qu'un vrai quartier d'écartelure,
et d'un émail différent du reste de l'écu. D'azur à
deux mains d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur.
FRANC-RÉAL .s.m.
Sorte de poire, dont il y a deux espèces, l'une et l'autre peu estimées,
le Franc-réal d'hiver, et le Franc-réal d'été.
FRANC-SALÉ .s.m.
Droit de prendre à la gabelle certaine quantité de sel sans payer.
Il avait tant de minots de sel pour son franc-salé.
FRANGE . s. f.
Tissu de quelque fil que ce soit, d'où pendent des filets, et dont on
se sert pour orner les vêtements, les meubles, les draperies, etc. Frange
d'or. Frange de soie. Frange de fil. Frange en campane. Vêtement à
franges. Rideaux à franges.
FRANGER . v. a.
Garnir de frange. Franger une jupe.
FRANGÉ, ÉE. participe, Des rideaux frangés.
Se dit, en termes de Blason, Des gonfanons qui ont des franges d'un autre émail.
D'or au gonfanon de gueules, frangé de sinople.
Se dit, en Histoire naturelle, De ce qui a un bord découpé en
manière de frange. Les ailes de ce papillon sont frangées. Pétales
frangés.
FRANGER
ou FRANGIER.s.m.
Artisan qui fait de la frange.
FRANGIPANIER .s.m.
.Bot. Arbuste des îles d'Amérique, qui a des rapports avec le laurier-rose,
et qui donne un suc laiteux, épais et très-caustique.
FRANQUE . adj. f.
Voyez FRANC.
FRANQUETTE . s. f.
Il n'est usité que dans cette locution populaire, À la bonne
franquette, Franchement, ingénument.
FRAPPANT , ANTE. adj.
Qui fait une impression vive sur les sens, sur l'esprit, sur l'âme. Un
spectacle frappant. Portrait frappant de ressemblance. Ressemblance frappante.
Une vérité frappante. Un exemple frappant. Preuve frappante.
FRAPPE . s. f.
Empreinte que le balancier fait sur la monnaie.
FRAPPE, signifie aussi, Un assortiment complet de matrices pour fondre
des caractères d'imprimerie. Une frappe de romain, d'italique. Une frappe
de cicéro.
FRAPPEMENT .s.m.
Action de frapper. Il ne se dit guère que de L'action de Moïse,
frappant le rocher pour en faire sortir de l'eau. Le Frappement du rocher est
un des beaux tableaux du Poussin.
FRAPPER . v. a.
Donner un ou plusieurs coups. Frapper quelqu'un. Le frapper avec la main,
avec un bâton. Pourquoi le frappez-vous? Frapper la terre du pied. Cette
pièce de bois, en tombant, l'a frappé à la tête. La
balle qui le frappa. Être frappé du tonnerre.
S'emploie aussi neutralement. Frapper dans la main pour conclure un marché.
Frapper sur l'épaule par manière de jeu, par caresse. Frapper des
mains pour applaudir. Frapper comme un sourd. Frapper fort. Frapper à la
porte avec le marteau. Qui frappe? Frapper sur l'enclume. L'endroit où
la balle est venue frapper. Le marteau a frappé sur le timbre. L'heure
a frappé (a sonné).
Frapper quelqu'un d'un poignard, d'un couteau, etc., ou simplement, Frapper
quelqu'un, Le percer d'un ou de plusieurs coups de poignard, etc. Il le
frappa de son poignard. Il saisit un couteau, et la frappa dans le côté.
Frapper l'air de cris, de clameurs, etc., Pousser des cris, des clameurs
qui retentissent au loin.
Fig. et fam., Frapper son coup, Produire l'effet qu'on se propose. Il
a bien frappé son coup.
Fig. et fam., Frapper les grands coups, Se servir de moyens décisifs
pour le succès d'une affaire.
En termes de Chasse, Frapper à route, Faire retourner les chiens,
pour qu'ils relancent le cerf.
FRAPPER, signifie particulièrement, Donner une empreinte à
quelque chose, au moyen d'une matrice ou autrement. Frapper de la monnaie.
Frapper des médailles.
FRAPPER, se dit, par extension, en parlant De la lumière, et signifie,
Se diriger vers, tomber sur. Les parties d'un objet que la lumière frappe,
où la lumière frappe.
Se dit aussi, figurément, De l'impression qui se fait sur les sens, sur
l'esprit, sur l'âme. Tout ce qui frappe nos sens. Le son frappe l'oreille.
Une grande lumière frappe la vue. Cette odeur est trop forte, elle frappe
le cerveau. Cet objet m'a frappé l'imagination. Cet endroit de son discours
m'a frappé. N'êtes-vous pas frappé de cette coïncidence
remarquable? Il fut frappé de sa beauté.
Frapper d'étonnement, d'admiration, etc., Causer tout à
coup un grand étonnement, etc. On dit en des sens analogues: Frapper
d'aveuglement. Frapper de mort. Etc.
Frapper d'anathème, de réprobation, etc., Anathématiser,
réprouver, etc. Il fut frappé d'anathème.
Frapper de glace, Rafraîchir, rendre extrêmement frais par
le moyen de la glace.
FRAPPER, employé absolument, signifie, dans le style élevé,
Faire périr, exterminer, ou Affliger par quelque grand malheur, par une
calamité. La mort nous frappe quelquefois au milieu des plaisirs. Il
frappa tous les premiers-nés. Dieu l'a frappé dans ce qu'il avait
de plus cher.
FRAPPER, en Jurisprudence, signifie, Être établi, assigné
sur. Une hypothèque qui frappe tous les biens du débiteur. Son
hypothèque frappe sur tel immeuble.
FRAPPER, en termes de Marine, signifie, Attacher fortement et à
demeure. Frapper une poulie, une manoeuvre.
FRAPPER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, soit comme verbe réfléchi,
soit comme verbe réciproque. Se frapper rudement contre quelque chose.
Se frapper à la tête. Se frapper avec une discipline. Ils se sont
frappés l'un l'autre.
Il signifie quelquefois, absolument et familièrement, Se remplir l'imagination
de quelque pensée sinistre. C'est un homme qui se frappe aisément.
FRAPPÉ, ÉE. participe, De la monnaie frappée
au coin du roi. Une médaille bien frappée. Du vin frappé
de glace. Les objets frappés de lumière, dans un tableau.
Drap bien frappé, Drap fort et serré.
Fig., Un ouvrage frappé au bon coin, Un bon ouvrage. On dit dans
un sens analogue, Cet ouvrage est frappé au coin du génie.
Fig., Vers bien frappé, passage, endroit bien frappé, etc.,
Vers, passage, etc., où il y a beaucoup de force et d'énergie.
Fig., Être frappé de quelque chose, En être atteint,
attaqué, saisi. Être frappé d'une maladie, de la peste.
Être frappé d'apoplexie. Être frappé de stupeur, d'étonnement,
etc.
Être frappé à mort, Être malade à n'en
pouvoir réchapper.
Fig., Avoir l'imagination frappée de quelque chose, ou simplement,
Avoir l'imagination frappée, et même, familièrement,
Être frappé, Avoir l'imagination remplie de quelque appréhension,
de quelque idée sinistre. Ce malade a l'imagination frappée,
est frappé.
Fig., Avoir l'esprit frappé d'une idée, être frappé
d'une idée, Être obsédé, préoccupé
de cette idée, ne pouvoir l'écarter.
FRAPPÉ, en termes de Musique, s'emploie comme substantif, et signifie,
Le temps de la mesure où l'on baisse le pied ou la main, pour la marquer.
Le levé et le frappé. On dit aussi, adjectivement, Temps
frappé.
FRAPPEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui frappe. Il est familier.
FRASQUE . s. f.
Action extravagante, imprévue, et faite avec éclat. Il m'a
déjà fait une frasque. Il m'a fait plusieurs frasques. La jeunesse
est bien sujette à faire des frasques. Voilà de ses frasques ordinaires.
Il est familier.
FRATER .s.m.
(On prononce l'R finale.) Mot transporté du latin dans notre langue sans
aucun changement, et dont on se servait autrefois pour désigner Un garçon
chirurgien. On le dit quelquefois, en plaisantant, et d'une manière ironique,
pour désigner Un mauvais chirurgien. Ce n'est qu'un frater. C'est un
pauvre frater.
Se dit encore, dans les troupes et sur les vaisseaux, de Celui qui est chargé
de raser les hommes d'une compagnie ou de l'équipage.
FRATERNEL , ELLE. adj.
Qui est propre à des frères, tel qu'il convient entre des frères.
Amour fraternel. Amitié fraternelle. Union fraternelle. Affection fraternelle.
Il y a entre ces deux hommes une amitié fraternelle.
Charité fraternelle, La charité que les chrétiens,
comme enfants du même père par le baptême, doivent avoir les
uns pour les autres. Correction fraternelle, Correction qui se fait en
secret et avec l'esprit de charité que l'on doit avoir pour ses frères.
FRATERNELLEMENT . adv.
En frère, d'une manière fraternelle. Ils ont toujours vécu
fraternellement.
FRATERNISER . v. n.
Vivre d'une manière fraternelle avec quelqu'un; ou Se promettre mutuellement
une amitié fraternelle. Ces deux hommes, ces deux compagnies fraternisent
ensemble. Les partis réconciliés fraternisèrent ensemble.
Fraterniser avec quelqu'un.
FRATERNITÉ . s. f.
Relation de frère à frère. En ce sens, il n'est guère
usité que dans le didactique. Vous avez beau le renoncer pour votre
frère, vous ne détruirez pas la fraternité qui est entre
vous.
Il signifie aussi, Union fraternelle, amitié fraternelle. Ils vivaient
dans une grande fraternité. Il n'a point de sentiment de fraternité
pour ses cadets.
Se dit également de La liaison étroite que contractent ensemble
ceux qui, sans être frères, ne laissent pas de se traiter réciproquement
de frères. Il y a fraternité entre ces deux hommes, entre ces
deux familles, entre ces deux républiques, entre ces deux compagnies.
Fraternité d'armes, Alliance, association d'armes de deux chevaliers
qui s'étaient juré réciproquement d'être toujours unis,
et de s'entr'aider envers et contre tous. Du Guesclin et Clisson s'étaient
juré fraternité d'armes, en touchant les saints Évangiles.
FRATRICIDE .s.m.
Celui qui tue son frère ou sa soeur. Caïn fut le premier fratricide.
Il signifie aussi, Le crime que commet celui qui tue son frère ou sa
soeur. Il a commis un fratricide.
FRAUDE . s. f.
Tromperie, action faite de mauvaise foi. Fraude grossière. Fraude
subtile. Fraude manifeste. Fraude pieuse. Faire une fraude. Sans faire de fraude.
Sans user de fraude. Sans fraude. Par fraude. Suspect de fraude. Trouver quelqu'un
en fraude. Faire un contrat en fraude de ses créanciers.
Se dit, particulièrement, de L'action de soustraire des marchandises
ou des denrées aux droits de douanes, d'octroi, etc. Faire la fraude.
Être condamné pour fraude. Fraude à main armée. Empêcher
la fraude. Être pris en fraude.
EN FRAUDE. loc. adv. Frauduleusement. Du vin entré, introduit
en fraude dans Paris.
FRAUDER . v. a.
Tromper, décevoir. Frauder quelqu'un. Dans ce sens, il vieillit.
Il signifie aussi, Frustrer par quelque fraude. Il a fraudé ses créanciers,
ses cohéritiers.
Frauder les droits, ou absolument, Frauder, Éluder par
quelque ruse le payement des droits imposés sur une marchandise, sur une
denrée. On disait autrefois, dans un sens analogue, Frauder la gabelle.
FRAUDÉ, ÉE. participe
FRAUDEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui fraude. On le dit principalement de Celui, de celle qui fait
la fraude, la contrebande. C'est un fraudeur de profession.
FRAUDULEUSEMENT . adv.
Avec fraude. Il a contracté frauduleusement, pour tromper ses créanciers.
FRAUDULEUX , EUSE. adj.
Enclin à la fraude. C'est un esprit frauduleux.
Il signifie aussi, Fait avec fraude. Contrat, traité frauduleux. Banqueroute
frauduleuse.
Banqueroutier frauduleux, Celui qui fait une banqueroute frauduleuse.
FRAXINELLE . s. f.
.Bot. Plante qui est ainsi nommée parce que ses feuilles approchent de
celles du frêne (fraxinus), et qui a la propriété,
lorsqu'elle est en pleine fleur, de rendre l'air environnant inflammable. La
racine de fraxinelle est employée en médecine comme stimulante,
etc. Cultiver des fraxinelles.
FRAYER . v. a.
(Il se conjugue comme Payer.) Marquer, tracer, pratiquer. Se dit en parlant
D'un chemin, d'une route. Frayer un chemin, une route, un sentier, une voie.
Se frayer un passage, S'ouvrir un passage. Se frayer un passage dans
le fourré. Ils se frayèrent un passage à travers les bataillons
ennemis.
Fig., Se frayer le chemin à une dignité, à un emploi,
Disposer les choses, se préparer les voies pour parvenir à une dignité,
à un emploi. On dit de même: Se frayer le chemin des honneurs.
Se frayer un chemin au trône. Etc.
Fig., Frayer la route, frayer le chemin, la voie à quelqu'un,
Lui donner les moyens ou l'exemple de faire quelque chose. Les travaux des
anciens nous ont frayé le chemin des grandes découvertes, aux grandes
découvertes. Les anciens nous ont frayé la route.
FRAYER, signifie aussi, Frôler, frotter contre quelque chose, toucher
légèrement quelque chose en passant. Le cerf fraye sa tête
aux arbres. Le coup n'a fait que lui frayer la botte. La roue m'a frayé
la cuisse. Dans ces deux derniers exemples, on dit plus communément
aujourd'hui, frôlé.
S'emploie souvent comme neutre, et se dit alors Des choses qui s'usent, qui
diminuent de volume par le frottement. Il faut que cet écu ait beaucoup
frayé.
Se dit aussi Des poissons, quand ils s'approchent pour la génération.
Dans la saison où les poissons frayent. On dit qu'il y a des serpents
qui frayent avec les anguilles.
Il signifie encore, au figuré, Avoir habituellement des relations, ou
Se convenir, s'accorder. C'est un homme avec lequel je ne fraye point, avec
lequel je ne veux point frayer. Ces deux hommes ne frayent pas ensemble. Ce
sens est familier.
FRAYÉ, ÉE. participe, Il n'est guère usité
que dans ces locutions: Chemin, sentier frayé. Route frayée.
En termes d'Art vétérinaire, Un cheval frayé aux ars,
Qui a une inflammation, des gerçures au pli formé par la réunion
des membres antérieurs et de la poitrine.
FRAYEUR . s. f.
Peur, crainte, émotion, agitation véhémente de l'âme,
causée par l'image d'un mal véritable ou apparent. Grande frayeur.
Frayeur mortelle. Il fut saisi de frayeur. La frayeur lui troubla l'esprit. Trembler
de frayeur. Je ne suis pas encore bien revenu, bien remis de la frayeur que j'ai
eue. Il est dans des frayeurs continuelles. Les frayeurs de la mort.
FRAYOIR .s.m.
.Chasse. Marques qui restent sur les baliveaux contre lesquels le cerf a bruni
son bois nouveau, pour en détacher la peau velue qui le couvre.
FREDAINE . s. f.
Trait de libertinage, folie de jeunesse. Faire une fredaine, des fredaines.
Je sais de vos fredaines. Il est familier.
FREDON .s.m.
Espèce de roulement et de tremblement de voix dans le chant. Faire
un fredon. Faire des fredons. Il est vieux.
FREDONNEMENT .s.m.
Le chant de celui qui fredonne. Ce fredonnement continuel est insupportable.
FREDONNER . v. n.
Faire des fredons. Dans ce sens, il est vieux.
Il signifie plus ordinairement, Chanter entre ses dents, et sans articuler d'une
manière distincte. Elle fredonne sans cesse. Elle aime à fredonner.
S'emploie quelquefois activement. Fredonner un air, une chanson, une ariette.
FRÉGATE . s. f.
Bâtiment de guerre qui n'a qu'une seule batterie couverte, et qui porte
moins de soixante bouches à feu. Armer une frégate. Équiper
une frégate. Capitaine de frégate. Monter une frégate. Une
frégate de trente-six canons. On appelle Corvettes les petites
frégates qui n'ont que vingt à vingt-six canons.
FRÉGATE, en Histoire naturelle, Oiseau de mer d'une très-grande
envergure, et dont, le vol est très-rapide. Les frégates s'avancent
fort loin en mer et s'élèvent très-haut.
FREIN .s.m.
Mors, la partie de la bride qu'on met dans la bouche du cheval pour le gouverner.
Un cheval qui se joue de son frein, qui mâche son frein, qui ronge son
frein. Un cheval qui s'emporte, et qui prend le frein aux dents. Dans cette
dernière phrase, on dit plus ordinairement, le mors.
Fig. et fam., Ronger son frein, Retenir son dépit, son ressentiment
en soi-même, et n'en rien laisser éclater au dehors.
Fig., Mettre un frein à sa langue, La contenir, ménager
ses paroles.
Prov., À vieille mule, frein doré, On pare une vieille
bête pour la mieux vendre. Cela se dit aussi, figurément et familièrement,
en parlant D'une vieille femme qui aime à se parer.
FREIN, en termes d'Anatomie, se dit de Ce qui bride ou retient quelque
partie. Le frein ou filet de la langue. Le frein du prépuce,
de la verge.
Se dit figurément de Tout ce qui retient dans les bornes du devoir, de
la raison. Une citadelle sert de frein à une ville, à une province.
L'honneur, les lois, les bienséances, sont autant de freins qui retiennent
les hommes, qui les empêchent de mal faire. Le frein des lois. La puissance
du prince est un frein contre la licence des méchants. Aucun frein ne modère
cette ardeur impétueuse. Sa passion ne connaissait plus de frein, n'avait
plus de frein. Mettre un frein à ses désirs, à ses passions.
FRELAMPIER .s.m.
Terme de mépris dont on se sert pour désigner Un homme de peu
et qui n'est bon à rien. Ce n'est qu'un frelampier. Il est populaire
et il a vieilli.
FRELATAGE .s.m., ou FRELATERIE. s. f.
Altération dans les liqueurs ou dans les drogues, pour les faire paraître
meilleures ou plus agréables.
FRELATER . v. a.
Mêler quelque drogue dans une boisson, pour en déguiser les mauvaises
qualités, pour la faire paraître plus agréable à la
vue et au goût. Les cabaretiers sont sujets à frelater le vin.
FRELATÉ, ÉE. participe, Vin frelaté. Eau-de-vie
frelatée.
Fig. et fam., Cela n'est point frelaté, se dit D'une chose qu'on
n'a point cherché à rendre plus belle en apparence qu'elle ne l'est
en effet.
FRELATERIE . s. f.
Voyez FRELATAGE.
FRELATEUR .s.m.
Celui qui frelate. Frelateur de vin.
FRÊLE . adj. des deux genres
Fragile, aisé à casser, à rompre. Une frêle barque.
Un frêle édifice. Frêle comme un roseau. Un frêle appui.
Fig., C'est un frêle appui que le sien, C'est une bien faible protection
que la sienne.
Fig., Une santé frêle, un corps frêle, Une santé
faible, un corps faible.
FRELON .s.m.
Sorte de grosse mouche-guêpe. Un frelon qui bourdonne. Il ne faut pas
irriter les frelons.
En Botan., Houx-frelon. Voyez Houx.
FRELUCHE . s. f.
Petite houppe de soie, sortant d'un bouton, du bout d'une ganse, ou de quelque
autre ouvrage. Bouton à freluche. Ganse à freluche.
FRELUQUET .s.m.
Homme léger, frivole et sans mérite. Ce n'est qu'un freluquet,
un petit freluquet. Il est familier.
FRÉMIR . v. n.
Être ému avec quelque espèce de tremblement, par l'effet
de la crainte, de l'horreur, de la colère ou de quelque autre passion.
Je frémis quand j'y pense. Ce récit fait frémir. C'est
à faire frémir. Je frémis du péril où tu cours.
Je frémissais de l'entendre blasphémer ainsi. Frémir d'horreur.
Frémir d'effroi. Frémir de crainte. Frémir de colère.
Frémir d'indignation. J'en frémis d'horreur, d'effroi, etc. Frémir
de plaisir. Un coursier qui frémit au bruit du canon, au son de la trompette.
Cela fait frémir la nature, se dit De ce qui inspire une horreur
profonde.
FRÉMIR, se dit, par analogie, D'une chose qui vibre, qui tremble
rapidement et légèrement; et De ce qui produit, en s'agitant, un
bruissement léger, un faible murmure. On l'emploie souvent, en ce sens,
dans le style poétique. Une cloche frémit encore après
qu'elle a cessé de se faire entendre. Une corde frémit lorsqu'elle
est tendue subitement. Faire frémir les cordes d'un instrument. La terre
semblait frémir sous nos pieds. J'entendais frémir le feuillage.
La vague frémissait autour du vaisseau. Les flots se brisent contre les
rochers en frémissant.
Se dit particulièrement De l'eau et de toute autre liqueur, lorsqu'elle
chauffe, et qu'elle est près de bouillir. Cette eau ne bout pas encore,
elle ne fait que frémir. On dit dans un sens analogue, La mer frémit,
Elle commence à s'agiter.
FRÉMISSANT , ANTE. adj.
Qui frémit. Frémissant de courroux, de rage. Un coursier frémissant.
L'airain frémissant. Les vagues frémissantes. S'emploie surtout
en poésie et dans le style élevé.
FRÉMISSEMENT .s.m.
Espèce d'émotion, de tremblement qui vient de quelque passion
violente. Je ne puis m'en souvenir sans frémissement. Un long frémissement
d'horreur agita l'assemblée. Des frémissements de rage. De sourds
frémissements.
Il signifie aussi, Un tremblement dans les membres, qui précède
ou accompagne une indisposition. Il m'a pris un grand frémissement par
tout le corps. Son mal a commencé par un léger frémissement.
Il signifie encore, Un commencement d'agitation dans les corps naturels, ou
Une agitation accompagnée d'un bruissement léger. Frémissement
de l'air. Frémissement de la mer, des eaux, des vagues. Le frémissement
du feuillage.
Se dit également d'Une suite de vibrations rapides, surtout en parlant
Des corps sonores. Le frémissement d'une cloche, des cordes d'un instrument,
etc.
FRÊNE .s.m.
Arbre forestier dont les deux espèces principales sont: le Frêne
commun, qui s'élève à une grande hauteur, et qui fournit
un bois sans noeuds propre au charronnage; et le Frêne de Calabre
ou Frêne à manne, dont on tire la manne par incision. Du
bois de frêne.
FRÉNÉSIE . s. f.
Égarement d'esprit, aliénation d'esprit, fureur violente. Tomber
en frénésie. Être en frénésie. Accès
de frénésie. Il lui a pris une frénésie. Entrer en
frénésie.
Se dit, figurément, de Toutes sortes d'extrémités où
l'on s'abandonne par l'emportement de quelque passion que ce soit. Quelle frénésie
de violer ce qu'il y a de plus saint! La passion qu'il a pour le jeu est une frénésie.
Amour qui va jusqu'à la frénésie. C'est une frénésie,
une véritable frénésie.
FRÉNÉTIQUE . adj. des deux genres
Atteint de frénésie, furieux. Un homme frénétique.
Un malade frénétique. Elle devint frénétique.
Il se prend aussi substantivement. C'est un frénétique. Il
agit en frénétique. Ils se portent à toutes sortes d'extrémités
comme des frénétiques.
FRÉQUEMMENT . adv.
Souvent. Il y va fréquemment. Cela arrive fréquemment.
FRÉQUENCE . s. f.
Réitération, répétition fréquente. La
fréquence de ses visites importune. La fréquence de ses lettres.
La fréquence de ses rechutes.
En Médec., La fréquence du pouls, La vitesse des battements
du pouls. La fréquence de la respiration, La succession rapide des
mouvements nécessaires à la respiration.
FRÉQUENT , ENTE. adj.
Qui arrive souvent. Les tremblements de terre sont fréquents dans
ce pays. Rendre de fréquentes visites. Ils eurent de fréquentes
entrevues. Lettres fréquentes. Les fréquentes rechutes sont dangereuses.
C'est un bon remède, mais il ne faut pas en faire un usage trop fréquent.
L'usage fréquent des sacrements.
En Médec., Pouls fréquent, Pouls qui bat plus vite qu'à
l'ordinaire. Respiration fréquente, Respiration courte et rapide.
FRÉQUENTATIF , IVE. adj.
.Gram. Se dit D'un mot dérivé qui exprime, outre l'idée
primitive, l'idée accessoire de répétition, de fréquence.
Verbe fréquentatif. Criailler et criaillerie sont des
mots fréquentatifs.
S'emploie aussi comme substantif, au masculin. Clignoter est le fréquentatif
de Cligner. La langue italienne a beaucoup de fréquentatifs.
FRÉQUENTATION . s. f.
Communication habituelle avec d'autres personnes. La fréquentation
des gens de bien. Mauvaise fréquentation.
La fréquentation des sacrements, L'usage fréquent du sacrement
de pénitence et de celui de l'eucharistie.
FRÉQUENTER . v. a.
Hanter, avoir un fréquent commerce, de fréquentes relations, voir
souvent; ou Aller souvent dans un lieu. Fréquenter les gens de bien.
Il ne fréquente que d'honnêtes gens. Fréquenter mauvaise compagnie.
On prend les moeurs, les habitudes de ceux qu'on fréquente. Fréquenter
les églises. Fréquenter le barreau. Fréquenter les hôpitaux.
Fréquenter les spectacles, les promenades.
Fréquenter les sacrements, Aller souvent à confesse, et
communier souvent.
FRÉQUENTER, est aussi verbe neutre. Fréquenter avec
les hérétiques. Il lui est défendu de fréquenter avec
ces gens-là. Il fréquente au logis. Il y fréquente. Il fréquente
chez un tel, dans la maison d'un tel.
FRÉQUENTÉ, ÉE. participe, Il ne se dit guère
que Des lieux où il y a, où il va ordinairement beaucoup de monde.
Un jardin fréquenté, fort fréquenté. Ce spectacle
est le plus fréquenté. Fuir les lieux fréquentés.
Marché fréquenté. Église fréquentée.
Port fréquenté, Port où il vient d'ordinaire beaucoup
de navires. On dit dans le même sens, Des parages fréquentés,
etc.
FRÈRE .s.m.
Celui qui est né de même père et de même mère,
ou de l'un des deux seulement. Frère aîné. Frère
puîné. Frère cadet. Nous sommes frères. Il est mon
frère. L'union des frères. Traiter quelqu'un en frère. Il
est pour moi comme un frère. Je le regarde comme un frère. Ils s'aiment
comme deux frères. Partager, vivre en frères, comme frères.
La discorde des frères, entre deux frères. Les rois de la chrétienté
se donnent le titre de Frère en s'écrivant.
Frère de père et de mère, ou Frère germain,
Celui qui est né de même père et de même mère
qu'une autre personne. Frère de père, ou Frère
consanguin, Celui qui n'est frère que du côté paternel.
Frère de mère, ou Frère utérin, Celui
qui n'est frère que du côté maternel. Les expressions Frère
germain, frère consanguin et frère utérin, ne
sont guère usitées qu'en Jurisprudence.
Fam., Demi-frère, Celui qui n'est frère que du côté
paternel ou du côté maternel.
Frère naturel, frère bâtard, Celui qui est né
du même père ou de la même mère, mais non en légitime
mariage. On dit dans le même sens et familièrement, Frère
du côté gauche.
Frères jumeaux, Ceux qui sont nés d'un même accouchement.
Frère par adoption, ou Frère adoptif, Celui qui
a été adopté par le père naturel et légitime
d'un autre enfant. Néron était frère adoptif de Britannicus.
Frère de lait, L'enfant de la nourrice et le nourrisson qu'elle
a nourris du même lait. Clitus était frère de lait d'Alexandre.
Beau-frère. Voyez ce mot composé, à son rang alphabétique.
Frères d'armes, se disait autrefois Des chevaliers qui avaient
contracté une alliance d'armes, en se promettant une mutuelle assistance,
et qui se donnaient réciproquement le nom de Frère.
FRÈRE, se dit aussi de Tous les hommes en général,
comme étant tous sortis d'un même père, comme étant
tous de la même espèce. Tous les hommes sont frères en
Adam. Il faut avoir pitié des pauvres, ce sont nos frères. Cet homme
qui est dans la nécessité, c'est votre frère, vous êtes
obligé de le secourir.
Se dit plus particulièrement de Tous les chrétiens, comme étant
tous enfants de Dieu par le baptême. Tous les chrétiens sont frères
en JÉSUS-CHRIST. C'est dans ce sens que les prédicateurs, en
parlant à leurs auditeurs, disent, Mes frères, mes chers frères.
Frères moraves. Voyez HERNUTES.
FRÈRE, est aussi Le titre que tout religieux prend dans les actes
publics, et Le nom que l'on donne ordinairement à tout religieux qui n'est
pas prêtre. Le frère un tel. Frère Antoine.
FRÈRES, au pluriel, est pareillement Un titre que l'on joint au
nom de certains ordres religieux. Les frères prêcheurs. Les frères
mineurs. Les frères de la Charité.
Frère lai, frère convers, Religieux qui n'est point dans
la cléricature, et qui n'a été reçu dans un monastère
que pour y vaquer aux oeuvres serviles. On dit aussi, dans quelques ordres religieux,
Frère servant.
Dans l'Ordre de Malte, Frère servant, se dit de Celui qui entre
dans l'ordre sans faire preuve de noblesse, et qui est d'un rang inférieur
aux autres chevaliers. On l'appelle aussi Chevalier servant.
Faux frère, Celui qui trahit ou une société, ou
quelqu'un de cette société.
FRESAIE . s. f.
Espèce d'oiseau nocturne, que le peuple croit de mauvais augure, et qu'on
appelle autrement Effraie.
FRESQUE . s. f.
Manière de peindre avec des couleurs détrempées dans de
l'eau de chaux, sur une muraille fraîchement enduite. La fresque exige
une grande sûreté de pinceau. Peindre à fresque.
Se dit également de Toute peinture, de tout tableau à fresque.
Dans les lieux humides la fresque ne dure pas longtemps. Une église
ornée de fresques. Les fresques de Michel-Ange.
FRESSURE . s. f. coll.
Se dit de Plusieurs parties intérieures de quelques animaux prises ensemble,
comme sont le foie, le coeur, la rate et le poumon. Fressure de cochon. Fressure
de mouton. Fressure d'agneau. Fressure de veau. Etc.
FRET .s.m.
(Le T se prononce.) .Marine marchande. Louage d'un bâtiment, soit en totalité,
soit en partie. Le fret d'un navire. Prendre un navire à fret. Charger
à fret. Le prix du fret.
Il signifie aussi, Le prix du fret. Payer le fret. Le capitaine a touché
son fret. Augmentation de fret. On dit de même, Payer le fret d'une
marchandise, etc., En payer le port.
Il signifie encore, La cargaison, le chargement d'un navire de commerce. Prendre
un fret. Avoir un fret. Débarquer son fret.
FRÉTER . v. a.
.Marine marchande. Donner un bâtiment à loyer, en totalité
ou en partie. Fréter un navire. Fréter au mois, au voyage, au
tonneau.
FRÉTÉ, ÉE. participe, Bâtiment bien frété,
mal frété.
FRÉTEUR .s.m.
.Marine marchande. Celui qui donne un bâtiment à loyer.
FRÉTILLANT , ANTE. adj.
Qui frétille. Un poisson tout frétillant.
FRÉTILLEMENT .s.m.
Mouvement de ce qui frétille. Être dans un frétillement
continuel.
FRÉTILLER . v. n.
Se remuer, s'agiter par des mouvements vifs et courts. Cet enfant frétille
sans cesse. Il ne fait que frétiller. Cette carpe était bien en
vie, elle frétille encore. Le chien frétille de la queue.
Prov. et pop., Les pieds lui frétillent, Il a impatience d'aller.
La langue lui frétille, Il a grande envie de parler.
FRETIN .s.m.
Le menu poisson. Il n'y a que du fretin dans cet étang.
Se dit, figurément et familièrement, Des choses de rebut, et qui
sont de nulle valeur, de nulle considération. Il a vendu ce qu'il avait
de meilleur dans son magasin, il n'y a plus que du fretin. Tout ce qu'il avait
de bons livres est vendu, ce qui lui reste n'est que du fretin.
FRETTE . s. f.
Lien ou cercle de fer dont on entoure l'extrémité du moyeu des
roues, la tête des pilotis, etc., pour empêcher qu'ils n'éclatent,
qu'ils ne se fendent. La frette de ce moyeu est rompue.
FRETTÉ , ÉE. adj.
.Blason. Se dit Des pièces convertes de bâtons en sautoir, qui
forment des losanges.
FRETTER . v. a.
Mettre une frette. Fretter un moyeu. Fretter le manche d'un outil.
FRETTÉ, ÉE. participe
FREUX .s.m.
T. d'Hist. nat. Oiseau qui ressemble beaucoup à la corneille, et qu'on
nomme aussi Grolle.
FRIABILITÉ . s. f.
T. didactique. Qualité de ce qui est friable.
FRIABLE . adj. des deux genres
T. didactique. Qui peut aisément être réduit en poudre.
Le sel est friable. Les pierres calcinées sont friables.
FRIAND , ANDE. adj.
Qui aime la chère fine et délicate, et qui s'y connaît.
Il n'est pas gourmand, mais il est friand. On l'emploie aussi comme substantif.
C'est un friand. C'est une friande. Il est familier.
Avoir le goût friand, Avoir le goût délicat, et savoir
bien juger des bons morceaux.
Un morceau friand, un mets friand, etc., Un morceau délicat, un
mets délicat, etc. La chère était friande.
Être friand de quelque chose, En aimer le goût, aimer à
en manger. Il est très-friand de sucreries. On dit aussi, figurément
et familièrement, Être friand de nouveautés, de louanges,
de musique, etc., Les aimer beaucoup, les rechercher avec empressement.
FRICHE . s. f.
Terrain qui ne rapporte point, soit que la culture en ait été
négligée depuis longtemps, soit qu'on ne l'ait jamais cultivé.
Il y a trois ans qu'il n'a fait travailler à sa vigne, ce n'est plus
qu'une friche. Il y a beaucoup de friches dans cette province.
EN FRICHE. loc. adv. Sans culture. Laisser une terre en friche. Une
vigne en friche.
FRICTION . s. f.
.Chirur. Frottement que l'on fait sur quelque partie du corps, à sec
ou autrement, avec les mains, avec une brosse, avec de la flanelle, etc. User
de friction sur les épaules, sur les jambes. Faire une friction, des frictions.
Prescrire des frictions. Les frictions dissipent l'humeur et ouvrent les pores.
Friction légère. Friction violente. Frictions sèches. Frictions
humides. Frictions mercurielles.
FRICTIONNER . v. a.
.Chirur. Faire une friction, des frictions. Se faire frictionner. Frictionner
une partie malade. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se frictionner
avec une brosse. Se frictionner avec une pommade, avec un liniment.
FRICTIONNÉ, ÉE. participe
FRIGIDITÉ . s. f.
.Médec. légale. État d'un homme impuissant.
Se dit aussi, en Pathologie, d'Une sensation de froid.
FRIGORIFIQUE . adj. des deux genres
.Physique. Qui cause le froid. Mélange frigorifique.
FRILEUX , EUSE. adj.
Fort sensible au froid. Les vieillards sont frileux. Cette femme est très-frileuse.
FRIMAIRE .s.m.
Le troisième mois du calendrier républicain.
FRIMAS .s.m.
Grésil, brouillard froid et épais qui se glace en tombant. Un
pays sujet au frimas. Le temps des frimas. Une montagne couverte de neige et de
frimas. Des arbres couverts de frimas. Le frimas s'attache aux cheveux, aux crins
des chevaux.
FRIME . s. f.
Le semblant, la mine que l'on fait de quelque chose. Il n'en a fait que la
frime. Ce n'est que pour la frime. Il est populaire.
FRINGALE . s. f.
Faim subite et inopinée, dont on est saisi quelquefois hors de l'heure
accoutumée des repas. Avoir la fringale. Quand la fringale le prend.
Il est familier.
FRINGANT , ANTE. adj.
Qui est fort alerte, fort éveillé, fort vif, et dont la vivacité
se manifeste par des mouvements rapides et fréquents. Un homme fringant.
Il a l'air fringant. Il a la mine fringante. Il a épousé une femme
bien fringante. Ce cheval est fringant.
Fig. et fam., Ce jeune homme fait bien le fringant, Il se donne des airs
pétulants, avantageux.
FRINGUER . v. n.
Danser, sautiller en dansant. Il est vieux.
Se dit encore quelquefois Des chevaux fringants. Ce cheval fringue continuellement.
FRIPER . v. a.
Chiffonner. Friper ses habits. Votre manteau est tout fripé. Vous
avez fripé votre robe, votre collerette. On l'emploie quelquefois avec
le pronom personnel. Ma robe s'est toute fripée.
Il signifie, par extension, Gâter, user. Cet enfant fripe ses hardes
en peu de temps. Avec le pronom personnel, Cette étoffe se fripe
en moins de rien. Dans ce sens et dans celui qui précède, il
est familier.
Il signifie aussi, figurément et populairement, Consumer, dissiper en
débauches. Cet homme a fripé tout son bien.
Il signifie encore, Manger goulûment, avec avidité. On leur
servit quantité de viandes, mais ils eurent bientôt tout fripé.
Il aime à friper. Dans ce sens, il est bas.
FRIPÉ, ÉE. participe, Hardes fripées. Livre fripé.
Des meubles tout fripés.
FRIPERIE . s. f.
Se dit Des habits, des meubles qui ont servi à d'autres personnes, et
qui sont fripés et usés. Tous ses habits ne sont que friperie.
Ce n'est que de la friperie. Vendre de la friperie. Un marchand de friperie.
Il est familier.
Prov. et fig., Se jeter sur la friperie de quelqu'un, se ruer, se mettre,
tomber sur sa friperie, Se jeter sur quelqu'un pour le maltraiter, pour le
battre. Le peuple se jeta sur sa friperie, et le maltraita beaucoup. Cela
signifie, dans une acception plus figurée, Se moquer de quelqu'un, en dire
du mal. Il ne fut pas épargné dans la conversation, on se jeta
sur sa friperie. On se remit sur sa friperie. On tomba sur sa friperie.
FRIPERIE, signifie aussi, Le métier d'acheter, de raccommoder
et de revendre de vieux habits et de vieux meubles. Il ne se mêle plus
de friperie.
Il signifie encore, Le lieu où logent ceux qui font ce métier.
Acheter un habit à la friperie. Il ne s'habille jamais qu'à la
friperie. Voilà un habit qui sent la friperie.
FRIPE-SAUCE .s.m.
Goinfre, goulu. On le dit aussi d'Un mauvais cuisinier. C'est un vrai fripe-sauce.
Il est bas.
FRIPIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui fait le métier d'acheter, de raccommoder et de revendre
de vieux habits et de vieux meubles. Maître fripier. Marchand fripier.
La boutique d'un fripier.
Fig. et fam., Fripier d'écrits, Plagiaire, compilateur maladroit
et sans goût.
FRIPON , ONNE. s.
Celui, celle qui vole adroitement. Un maître fripon. Un fripon fieffé.
Ce domestique est un fripon. C'est une franche friponne.
Se dit aussi d'Une personne fourbe, sans bonne foi, qui ne se fait aucun scrupule
de tromper. Il ne fait pas bon avoir affaire à lui, c'est un fripon,
un vrai fripon, un grand fripon. C'est un tour de fripon.
Se dit quelquefois, par badinage, d'Un enfant vif et malin: C'est un petit
fripon; d'Un jeune homme léger et étourdi: C'est un fripon
qui se dérange; d'Une femme coquette, adroite et fine: Une aimable
friponne. La friponne lui fait croire tout ce qu'elle veut.
Se dit particulièrement, au masculin, d'Un homme trompeur et inconstant
en amour. C'est un fripon, un grand fripon.
FRIPON, s'emploie aussi comme adjectif. Cet homme-là est bien
fripon. Est-elle friponne!
Il signifie souvent, Coquet, éveillé, et se dit De la mine, du
regard, etc. Cette jeune personne a l'oeil fripon, la mine friponne, le minois
fripon. Un petit air fripon.
FRIPONNEAU .s.m.
Diminutif familier de Fripon.
FRIPONNER . v. a.
Escroquer, dérober, attraper quelque chose par adresse. Il m'a friponné
deux cents francs. Il a friponné cette montre. Friponner au jeu. On
le dit aussi en parlant Des personnes. Il a friponné cinq ou six personnes
de ma connaissance.
Il signifie absolument, Faire des tours, des actions de fripon. C'est un
homme qui ne fait que friponner, qui passe sa vie à friponner.
FRIPONNÉ, ÉE. participe
FRIPONNERIE . s. f.
Action de fripon. Friponnerie signalée. Il y a de la friponnerie à
cela. Faire une friponnerie. C'est une friponnerie.
FRIQUET .s.m.
Moineau de la plus petite espèce.
FRIRE . v. a.
Faire cuire dans une poêle avec du beurre roux, ou du saindoux, ou de
l'huile bouillante. Frire des soles. Frire des oeufs. Frire des côtelettes.
Outre l'infinitif, il n'est usité qu'au singulier du présent de
l'indicatif, Je fris, tu fris, il frit; au futur, Je frirai, tu friras,
il frira, nous frirons, vous frirez, ils friront; au conditionnel présent,
Je frirais, tu frirais, il frirait, nous fririons, vous fririez, ils friraient;
à la deuxième personne du singulier de l'impératif, Fris;
et aux temps formés du participe.
Prov., Il n'y a rien à frire, il n'y a pas de quoi frire dans cette
maison, Il ne s'y trouve rien à manger. Dans le sens contraire, Voilà
de quoi frire, Voilà de quoi manger.
Fig. et pop., N'avoir plus de quoi frire, Être ruiné. Il
n'y a rien à frire dans cette affaire, Il n'y a rien à gagner
dans cette affaire.
FRIRE, est aussi neutre. Une sole qui frit. Le beurre frit dans la
poêle. La cuisinière a fait frire une carpe.
FRIT, ITE. participe, Poisson frit. Artichauts frits. Carpe frite.
Pop. et fig., Cet homme est frit, Il est ruiné, perdu. Tout
est frit, Tout a été mangé, dissipé, il ne reste
plus rien.
FRISE . s. f.
T. d'Archit. Partie de l'entablement qui est entre l'architrave et la corniche.
Frise plate. Frise dorée. Frise enrichie de sculptures.
Se dit, par analogie, dans d'autres Arts, d'Une surface plate et continue formant
un bandeau. Dans la décoration, les frises sont peintes ou sculptées;
dans la menuiserie, elles encadrent les parquets et les panneaux; dans la serrurerie,
elles font partie des grilles et des rampes d'escalier.
FRISE . s. f.
Sorte d'étoffe de laine à poil frisé. Vêtu de
frise. Manteau doublé de frise.
Se dit aussi d'Une sorte de toile venant de Frise en Hollande.
En termes de Guerre, Cheval de frise, Grosse pièce de bois longue
de dix ou douze pieds, traversée en sens divers par des pieux pointus et
ferrés aux extrémités, pour défendre une brèche,
ou pour couvrir un bataillon contre la cavalerie. Ce bataillon se retira à
la faveur de ses chevaux de frise. La brèche était défendue
par des chevaux de frise.
FRISER . v. a.
Crêper, anneler, boucler. Se dit principalement en parlant Des cheveux.
Friser ses cheveux aux fers, au fer, avec des fers, avec le fer. Friser ses
cheveux avec des papillotes. Fer à friser.
Se dit aussi en parlant Du poil des étoffes. Friser de la ratine.
Friser du drap.
Friser quelqu'un, Lui friser les cheveux. Se faire friser par un coiffeur.
On dit de même, avec le pronom personnel, Se friser. Elle perd bien du
temps à se friser. Se frise par boucles.
FRISER, signifie, figurément et familièrement, Raser, effleurer,
ne faire que toucher superficiellement. Le vent frisait l'eau, et en ridait
légèrement la surface. La balle n'a fait que lui friser le visage,
lui a frisé la moustache.
Fig. et fam., Il a frisé la corde, se disait autrefois Pour faire
entendre qu'un homme avait été bien près d'être condamné
à être pendu, ou que c'était un fripon qui avait mérité
la corde. (Voyez plus bas un autre sens de cette phrase.)
Au Jeu de la paume, Friser la corde, se dit De la balle quand elle passe
à fleur de corde, c'est-à-dire, très-peu au-dessus de la
corde, et qu'ainsi il s'en faut de très-peu qu'elle ne soit arrêtée
par le filet, et que le coup ne soit perdu.
Fig. et fam., Il a frisé la corde, se dit, par une comparaison
prise du jeu de paume, De quelqu'un qui a été bien près de
perdre son procès, de succomber a une maladie, ou en général
de tomber dans quelque malheur.
Fig. et fam., Friser la quarantaine, la cinquantaine, etc., Être
fort près d'atteindre l'âge de quarante ans, de cinquante ans, etc.
Cette femme frise la quarantaine.
Fig. et fam., Friser l'impertinent, le fat, etc., Faire des actions,
tenir des discours qui sentent l'impertinence, la fatuité, etc.
FRISER, s'emploie aussi neutralement, et se dit Des cheveux, des poils
qui se crêpent, qui se mettent en boucles. Ses cheveux frisent naturellement.
Cela fait friser les cheveux. Le poil de cet animal frise beaucoup.
FRISER, en termes d'Imprimerie, se dit Des caractères qui doublent,
qui papillotent, c'est-à-dire, qui paraissent doublement imprimés
sur la feuille, par le défaut de la presse ou par quelque autre cause.
Cette presse frise considérablement.
FRISÉ, ÉE. participe, Cheveux frisés. Ce chien
a le poil frisé.
Drap d'or ou d'argent frisé, Celui qui est crêpé
et inégal du côté qu'on appelle l'en droit.
Chou frisé, Sorte de chou dont la feuille est toute crêpée.
FRISOTTER . v. a.
Friser souvent et par menues boucles. Elle est toujours à frisotter
sa fille. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Elle perd bien du
temps à se frisotter. Il ne se dit guère que par plaisanterie
ou par dénigrement.
FRISOTTÉ, ÉE. participe
FRISQUETTE . s. f.
T. d'Impr. Châssis que les imprimeurs mettent sur la feuille blanche,
afin d'empêcher que les marges et tout ce qui doit demeurer blanc ne soient
maculés. Abattre la frisquette sur le tympan. Découper la frisquette.
FRISSON .s.m.
Tremblement causé par le froid qui précède la fièvre.
Le frisson de la fièvre. Grand frisson. La fièvre est ordinairement
précédée par le frisson, d'un frisson. Être dans le
frisson. Le frisson m'a pris. Sentir les approches du frisson.
Se dit, au figuré, Du saisissement qui naît de la peur, de l'horreur,
ou de quelque autre émotion violente. Un frisson de terreur. Cette mauvaise
nouvelle lui a causé des frissons. Éprouver des frissons. Cela donne
le frisson. J'en ai le frisson. Un frisson me saisit.
Se dit quelquefois en parlant D'émotions légères et même
agréables. Sentir un doux frisson, de doux frissons.
FRISSONNEMENT .s.m.
Léger tremblement causé par les approches de la fièvre.
Il va avoir la fièvre, il sent déjà un frissonnement.
Se dit, au figuré, d'Un frémissement soudain, d'un trouble causé
par quelque émotion très-vive. Quand je pense à cela,
il me prend un frissonnement.
FRISSONNER . v. n.
Avoir le frisson. La fièvre va le prendre, il commence à frissonner.
Se dit, au figuré, en parlant Du frémissement soudain que cause
une émotion très-vive. Frissonner de peur. Frissonner d'horreur.
Quand je songe au péril où je me suis trouvé, je frissonne
encore. Cette seule idée me fait frissonner.
FRISURE . s. f.
Façon de friser. Cette frisure est belle.
Il signifie aussi, L'état de ce qui est frisé. Le vent a dérangé
sa frisure.
Se dit encore de Cette sorte de petits grains que l'on forme sur les étoffes
de laine, sur les draps, sur les ratines, etc., en frisant le poil.
FRITILLAIRE . s. f.
.Bot. Plante liliacée, dont la fleur, semblable par sa forme à
celle de la tulipe, est parsemée de petits carreaux blancs et rouges imitant
les cases d'un échiquier. On cultive la fritillaire dans les jardins
à cause de sa beauté.
FRITTE . s. f.
.Verrerie. Mélange de substances terreuses et de substances salines,
auquel on a fait éprouver un commencement de fusion pour en former le verre.
Se dit aussi de L'action de cuire ce mélange.
FRITURE . s. f.
L'action ou la manière de frire. L'huile est bonne pour la friture.
Friture au beurre. Friture à l'huile.
Se dit aussi Du beurre ou de l'huile qui sert à frire, et qu'on garde
ensuite pour le même usage. Acheter de la friture. De la friture trop
vieille. Voilà de bonne friture.
Se dit, par extension, Du poisson frit. Il ne mange point de friture.
FRIVOLE . adj. des deux genres
Vain et léger, qui n'a nulle importance, nulle solidité. Cette
raison, ce prétexte est frivole. Excuse frivole. Discours frivole. Choses
frivoles, vaines et frivoles. S'occuper sérieusement d'objets frivoles.
Amusements frivoles. Un frivole espoir.
Se dit aussi Des personnes. Homme frivole. Esprit frivole. Tête frivole.
S'emploie quelquefois substantivement au masculin, en parlant Des choses. Le
goût du frivole. Il donne dans le frivole.
FRIVOLITÉ . s. f.
Caractère de ce qui est frivole. La frivolité de ces amusements.
Il y a bien de la frivolité dans cet ouvrage. La frivolité d'un
jeune homme. Avoir beaucoup de frivolité dans l'esprit. Il est d'une extrême
frivolité.
Se dit aussi Des choses frivoles. Ne s'occuper que de frivolités.
Ce ne sont que des frivolités.
FROC .s.m.
(On prononce le C.) La partie de l'habit monacal qui couvre la tête et
tombe sur l'estomac et sur les épaules. Il se prend aussi pour Tout l'habit.
Mettre son froc.
Prendre le froc, Se faire moine. Porter le froc, Être moine.
Quitter le froc, Sortir d'un monastère avant d'être profès.
Fig. et fam., Jeter le froc aux orties, Renoncer à la profession
monacale; et, par extension, Renoncer à l'état ecclésiastique.
On le dit aussi De toute personne qui, par inconstance, renonce à quelque
profession que ce soit.
FROCARD .s.m.
Terme de mépris qui se dit d'Un moine. Il est familier.
FROID .s.m.
Privation, absence de chaleur; ou Sensation que fait éprouver l'absence,
la perte, la diminution de la chaleur. Le froid de l'air, de l'eau, etc. Éprouver
une sensation de froid. Transir de froid. Mourir de froid. Avoir froid. Il a froid
à la tête, aux mains, etc. Geler de froid. Sentir du froid. Trembler
de froid. Il est tout roide de froid. Le froid de la fièvre. Le froid de
la mort. Poétiq., Le froid des ans, des années, de la vieillesse.
Prov. et fig., Souffler le chaud et le froid, Louer et blâmer une
même chose, parler pour et contre une personne, être tour à
tour d'avis contraires.
Fig. et fam., Cela ne lui fait ni froid ni chaud, se dit D'un homme qui
reste indifférent sur une affaire.
Fig. et fam., Cela ne fait ni chaud ni froid, se dit De ce qui ne sert
ni ne nuit à une affaire.
Faire froid, battre froid, etc. Voyez FROID, adjectif.
FROID, se dit particulièrement Du froid de l'air, de l'état
de la température quand elle est froide; et alors on le met quelquefois
au pluriel. Durant le froid de l'hiver. Les premiers froids sont les plus sensibles.
Grand froid. Froid cuisant, perçant, pénétrant, piquant,
âpre, aigu. Froid humide. Froid sec. Froid noir. Un beau froid. Un froid
gai. Le froid pique. La rigueur du froid. Sentir le froid. Être sensible
au froid. Cela garde du froid. Se munir contre le froid. Il fait froid. Le froid
l'avait saisi. Souffrir le froid. Supporter le froid. S'habituer au froid.
FROID, se dit figurément d'Un air sérieux et composé,
et qui ne marque nulle émotion. Cet homme est d'un froid qui glace tout
le monde. Il lui répondit avec son froid ordinaire. Froid glacial.
Fig. et fam., Il y a du froid entre eux, se dit en parlant de Deux personnes
dont l'amitié a souffert quelque altération.
FROID, se dit aussi, figurément, Du manque de chaleur, de mouvement,
d'intérêt dans les ouvrages d'esprit. Il y a un peu de langueur
et de froid dans le quatrième acte de ce drame. Cela jette beaucoup de
froid sur cette scène.
FROID , OIDE. adj.
Qui est privé de chaleur, qui communique ou qui ressent le froid. Pays
froid. Climat froid. L'hiver a été bien froid. Temps froid. Air
froid. Température froide. Vent froid. Matinée froide. Dans la saison
froide. Froid comme glace. Froid comme du marbre. Eau froide. Bain froid. Boisson
froide. Il a les mains froides. Le cadavre était déjà froid.
On dit en des sens analogues: Tempérament froid. Cerveau froid. Etc.
Vêtement froid, Vêtement qui ne garantit pas assez du froid.
Cet habit, ce manteau est froid.
Prov. et fig., La cuisine de cette maison est bien froide; il n'y a rien
de si froid, de plus froid que l'âtre de cette maison, se dit D'une
maison où l'on ne fait qu'un très-petit ordinaire, qu'une fort mauvaise
cuisine.
Prov. et fig., Il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid, il n'y a
rien de trop chaud ni de trop froid pour lui, se dit D'un homme avide qui
veut tout avoir, qui prend de toutes mains.
Humeurs froides, Les scrofules ou écrouelles.
Fig., Sang-froid, L'état de l'âme lorsqu'elle est calme,
lorsqu'elle se maîtrise. Quand il est dans son sang-froid. Agir de sang-froid.
Il écoutait avec beaucoup de sang-froid. Il répondit avec le plus
grand sang-froid. Être de sang-froid. Garder son sang-froid. Perdre son
sang-froid.
Tuer quelqu'un de sang-froid, Le tuer de dessein prémédité,
et sans être emporté par aucun de ces mouvements de colère
qui peuvent diminuer l'atrocité du crime.
FROID, se dit quelquefois pour Refroidi. Ce potage est froid. Tous
les mets étaient froids. Si nous attendons encore, le dîner sera
froid, tout froid.
Déjeuner froid, Déjeuner composé de mets froids.
Viandes froides, Viandes préparées pour être mangées
froides. Les jambons, les langues fourrées, les daubes, etc., sont des
viandes froides.
FROID, se dit particulièrement De ce qui sert à corriger
l'excès de la chaleur animale, ou De ce qui la détruit. Les quatre
semences froides. Cette plante est froide. Il y a des poisons froids.
FROID, signifie aussi figurément, Flegmatique, sérieux,
indifférent, qui ne s'émeut point. C'est un homme froid. Caractère
froid. Je l'ai trouvé bien froid là-dessus. Il croyait nous faire
rire, mais tout le monde demeura froid. Un coeur froid. Une âme froide.
La froide raison.
C'est une tête froide, se dit D'un homme sage et calme qui ne s'échauffe
pas facilement ni sans motif. On dit dans le même sens, Un esprit froid.
Fam., Faire le froid, Faire le réservé, l'indifférent,
ne témoigner nul empressement.
Ami froid, Celui qui ne se porte pas avec chaleur à secourir son
ami.
Orateur froid, Orateur dont l'action n'est point animée, qui ne
touche point ses auditeurs, et qui ne paraît pas lui-même touché.
Imagination froide, Imagination dépourvue de chaleur, d'activité,
d'énergie.
FROID, se dit De l'air, du ton, des discours, dans un sens analogue à
celui qui précède. Cet homme a l'abord froid. Il leur fit un
accueil très-froid. Faire froide mine à quelqu'un. Il répondit
d'un ton froid. Sa réponse fut froide et réservée. On
le dit même quelquefois Des sentiments et des actions qui marquent de l'insensibilité.
Un froid mépris. Une haine froide et réfléchie. Une froide
barbarie. De froides atrocités.
Fam., Battre froid, Recevoir une proposition d'une manière qui
fait voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter. Faire froid,
et plus souvent, Battre froid à quelqu'un, Le recevoir avec moins
d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire.
FROID, en parlant Des ouvrages ou des traits d'esprit, signifie figurément,
Qui n'a rien d'animé, de touchant, d'intéressant, de piquant. Style
froid. Cette tragédie est froide. Des vers froids. Une froide plaisanterie.
Une froide raillerie. On dit dans un sens analogue, Un écrivain,
un auteur froid, Dont le style est froid, dont les ouvrages sont froids.
FROID, en Peinture, en Sculpture, etc., signifie, Qui manque de feu,
d'âme, d'expression. Composition froide. Les têtes de ce tableau
sont froides. Ce dessin est correct, mais il est froid.
Se dit également Du manque d'éclat et de vivacité dans
les tons, dans les couleurs, dans le coloris. Les couleurs froides. Les tons
froids. Un coloris froid et monotone.
À FROID. loc. adv. Sans mettre au feu. Infuser une drogue à
froid. Forger un fer à froid. Battre un fer à froid. De l'or, de
l'argent battu à froid. Teindre à froid.
On l'emploie quelquefois figurément, pour exprimer l'absence de verve
ou de passion. Faire de l'enthousiasme, de la colère à froid.
FROIDEMENT . adv.
De telle sorte qu'on est exposé au froid. Vous êtes logé,
vêtu bien froidement.
Il est plus en usage au figuré, et signifie, D'une manière sérieuse
et réservée. Il le reçut froidement. Il m'a répondu
froidement.
Il signifie aussi, Sans passion, sans émotion, avec insensibilité.
Il calcule froidement ce qui peut lui rester de vie. Il écouta froidement
leurs injures.
FROIDEUR . s. f.
Qualité de ce qui est froid. La froideur de l'eau. La froideur du
marbre. La froideur du temps. La froideur de la vieillesse.
Se dit figurément, au sens moral. La froideur de l'âme, du caractère.
La froideur de l'imagination.
Il signifie aussi figurément, Froid accueil, ou air froid, indifférence;
et, dans ce sens, il peut s'employer au pluriel. Il m'a reçu avec froideur.
Les froideurs d'une maîtresse. On dit dans un sens analogue, La froideur
d'un accueil, d'une réception, d'une réponse, etc.
Il y a de la froideur entre eux, se dit en parlant De deux personnes
qui ne vivent plus ensemble avec la même amitié qu'auparavant.
FROIDIR . v. n.
Devenir froid après avoir été chaud. Ne laissez pas
froidir le dîner. Votre bouillon froidit.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Cela se froidit. Les viandes se
froidissent. Ce mot a vieilli; on dit, Refroidir, se refroidir.
FROIDI, IE. participe
FROIDURE . s. f.
Le froid répandu dans l'air. La froidure de la saison. La froidure
d'un climat.
Se dit aussi pour L'hiver; mais, dans ce sens, il n'est guère usité
qu'en poésie.
FROIDUREUX , EUSE. adj.
Sujet à avoir froid. Vous voilà bien vêtu pour la saison,
vous êtes bien froidureux. Il est vieux et familier: on dit plus communément,
Frileux.
FROISSEMENT .s.m.
Action de froisser, ou L'effet, le résultat de cette action. Le froissement
d'un membre contre une pierre. Cette étoffe a perdu sa fraîcheur
par le froissement.
FROISSER . v. a.
Meurtrir par une pression violente. Ce cabriolet l'a pressé contre
la muraille, et l'a tout froissé. Il s'est froissé tout le corps
en tombant. Sa chute lui a froissé la cuisse.
Il signifie aussi, Frotter fortement. Froisser des cailloux l'un contre l'autre.
Il signifie encore, Chiffonner. Froisser du papier. Froisser du drap, du
satin, à force de le manier. On dit en un sens analogue, Froisser
des épis, des fleurs dans sa main.
Il signifie quelquefois figurément, Blesser, heurter, choquer, surtout
en parlant D'intérêts, d'opinions, etc. Ces mesures froissent
beaucoup d'intérêts différents. Il ne faut pas froisser les
opinions de ceux qu'on veut persuader.
FROISSÉ, ÉE. participe, Une robe froissée.
FROISSURE . s. f.
Impression qui demeure à un corps qui a été froissé.
Il sera bien difficile de guérir cette froissure. La froissure de cette
étoffe ne disparaîtrait pas sous le fer.
FRÔLEMENT .s.m.
Action de frôler, ou L'effet d'une chose qui frôle. Le frôlement
de la langue contre le palais. Je sentis le frôlement de sa robe.
FRÔLER . v. a.
Toucher légèrement en passant. La balle lui frôla les
cheveux. La langue frôle le palais quand on prononce l'L ou l'R.
FRÔLÉ, ÉE. participe
FROMAGE .s.m.
Sorte d'aliment qui se fait de lait séparé de sa sérosité,
qu'on appelle petit-lait. Faire du fromage. Fromage frais. Fromage blanc. Fromage
mou. Fromage à la pie. Fromage de Neufchâtel, de Brie, de Roquefort,
de Hollande, de Gruyères, de Chester. Fromage parmesan. Fromage de lait
de vache. Fromage de lait de chèvre. De la soupe au fromage. Il ne vit
que de pain et de fromage. Le fromage ne se sert ordinairement qu'à la
fin du repas. Un morceau de fromage. Ce fromage est d'une pâte fine.
Se dit aussi d'Un pain, d'une masse de fromage. Acheter un fromage. Un
navire chargé de fromages. Faire égoutter des fromages.
Prov. et fig., Entre la poire et le fromage, Sur la fin du repas, lorsque
la gaieté que donne la bonne chère, fait qu'on parle librement.
Ce fut entre la poire et le fromage qu'il nous fit cette confidence.
Fromage à la crème, Fromage fraîchement fait qu'on
délaye avec de la crème de lait, et auquel on mêle ordinairement
du sucre pulvérisé.
Fromage à la glace, ou Fromage glacé, Mets composé
de crème et de sucre, auquel on joint ordinairement quelque autre substance
agréable au goût, et dont le mélange est fortement frappé
de glace.
En Charcuterie, Fromage de cochon, Chair de porc hachée, accommodée
d'une certaine manière, et à laquelle on donne ordinairement la
forme d'un fromage.
FROMAGER , ÈRE. s.
Celui, celle qui fait on qui vend des fromages.
FROMAGER .s.m.
Petit vaisseau percé de plusieurs trous, dans lequel on dresse le lait
caillé pour en faire des fromages frais ou mous.
FROMAGER .s.m.
.Bot. Genre d'arbres exotiques, qui portent des fruits très-gros, et
dont plusieurs s'élèvent à une hauteur prodigieuse. On
trouve des fromagers dans les Indes, en Afrique, au Brésil et aux Antilles.
FROMAGERIE . s. f.
Manufacture de fromages. On a établi des fromageries dans cette province.
FROMENT .s.m.
La meilleure espèce de blé. Se dit tant De la plante que Du grain.
Froment barbu. Du blé-froment. Farine de pur froment. Terre à
froment. Un boisseau de froment. Un hectolitre de froment.
Froment-locar. Voyez ÉPEAUTRE.
FROMENTACÉE . adj. f.
.Bot. Se dit Des plantes qui ont du rapport avec le froment par leur fructification,
et par la disposition de leurs feuilles et de leurs épis. Les orges,
les chiendents, sont des plantes fromentacées.
FRONCEMENT .s.m.
Action de froncer, ou État de ce qui est froncé. Se dit principalement
en parlant Des sourcils. Le froncement des sourcils.
FRONCER . v. a.
Rider en contractant, en resserrant. Froncer le sourcil, les sourcils. Il
en fronça le sourcil de chagrin, de colère. Froncer les lèvres.
Cela fronce la peau.
Il signifie aussi, Plisser, et se dit De certains plis menus et serrés
que l'on fait à du linge, à des étoffes. Il faut froncer
davantage cette chemise, elle n'est pas assez froncée par le collet. Froncer
des poignets. Froncer la robe d'un enfant. Froncer une jupe.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, surtout dans le premier sens.
La peau de ce fruit commence à se froncer.
FRONCÉ, ÉE, Peau froncée.
Robe froncée, Sorte de robe que portent les docteurs, et qui est
extrêmement froncée au haut des manches.
FRONCIS .s.m.
Les plis que l'on fait à une robe, à une chemise, etc., en les
fronçant. Faire un froncis à une manche, à une jupe, à
une robe d'enfant.
FRONDE . s. f.
Instrument, fait de corde ou de cuir, avec lequel on lance des pierres, et même
des balles. David tua Goliath d'un coup de fronde. Les anciens avaient dans
leurs troupes des gens armés de frondes. Faire tourner une fronde.
FRONDE, en termes de Chirurgie, Bandage à quatre chefs, qui ressemble
par sa forme à une fronde.
FRONDE, est aussi Le nom du parti qui prit les armes contre la cour,
sous la minorité de Louis XIV. Le parti de la Fronde. Du temps de la
Fronde. La guerre de la Fronde.
FRONDER . v. a.
Jeter, lancer avec une fronde. Fronder des pierres.
S'emploie aussi absolument. De petits garçons qui s'amusent à
fronder.
Se dit, par extension, en parlant De tout ce qu'on jette avec violence. Il
lui fronda une assiette à la tête.
FRONDER, signifie figurément, Blâmer, condamner, critiquer.
Fronder le gouvernement, le ministère. Fronder la conduite d'une personne.
Fronder avec amertume. Fronder les travers, les ridicules. Il n'eut pas sitôt
ouvert la bouche, que tout le monde le fronda.
Se dit quelquefois absolument, et signifie, Parler contre le gouvernement, ou,
en général, Montrer une humeur morose, chagrine, désapprouver,
blâmer tout. C'est un homme qui passe sa vie à fronder.
FRONDÉ, ÉE. participe
FRONDEUR .s.m.
Celui qui lance des pierres, des balles, avec une fronde. Les anciens avaient
des frondeurs dans leurs armées. Les habitants des îles Baléares
passaient pour être les plus habiles frondeurs.
Se dit, au figuré, de Celui qui parle contre le gouvernement, ou de Celui
qui montre une humeur morose, chagrine, qui désapprouve, qui blâme
tout. C'est un des plus grands frondeurs, un frondeur déterminé.
C'est un frondeur éternel.
Il signifie quelquefois simplement, Celui qui contredit, qui critique, qui blâme.
Cet ouvrage a eu presque autant de frondeurs que d'approbateurs.
FRONT .s.m.
La partie du visage qui est comprise entre la racine des cheveux et les sourcils.
Grand front. Large front. Front élevé. Front ouvert. Front découvert.
Front majestueux. Avoir un diadème, un bandeau sur le front. Avoir des
rides au front, sur le front. Se faire une bosse au front. Être marqué
sur le front.
Fig., N'avoir point de front, N'avoir ni honte ni pudeur.
FRONT, se dit, par extension, pour Tout le visage. Un front serein.
Un front sévère. La jeunesse au front riant. On lit sur son front.
On voit sur son front. La rougeur qui couvrait leur front. Dérider son
front.
Il signifie même quelquefois, La tête, surtout en poésie
et dans le style élevé. Courber son front. Humilier son front.
Lever, relever le front. Il ne s'emploie guère que dans ces sortes
de phrases, pour exprimer l'humiliation, l'abaissement, la servitude, ou la fierté,
la révolte, etc.
FRONT, signifie aussi, Le devant de la tête de quelques animaux.
Le front d'un cheval, d'un boeuf, d'un éléphant, etc. Un cheval
qui a une étoile au milieu du front.
FRONT, signifie figurément, Trop grande hardiesse, impudence.
Aura-t-il le front de soutenir ce qu'il a dit? Il eut le front de me dire...
C'est avoir bien du front. De quel front ose-t-il se présenter devant vous?
Fig., Un front d'airain, Une extrême impudence. Il faut avoir
un front d'airain pour oser soutenir une pareille fausseté. Cet homme a
un front d'airain; ou, dans le même sens, C'est un front d'airain.
FRONT, signifie encore figurément, L'étendue que présente
la face d'une armée, d'une troupe, d'un bâtiment. L'armée
présentait un grand front. L'armée étendit son front. Ce
bataillon avait tant de front. Le front d'un bâtiment. Le front d'un bastion.
Passer sur le front d'une troupe, Passer devant le front d'une troupe
rangée en bataille.
Faire front, se dit D'une troupe qui était par le flanc, et dont
les hommes se tournent de manière à présenter le front. On
fait toujours front par le premier rang. Par ellipse, en termes de Commandement,
Halte, front.
Front de bandière, La ligne des étendards et des drapeaux
à la tête des corps campés. Les grand'gardes et les faisceaux
d'armes sont placés en avant du front de bandière. L'armée
était campée en front de bandière.
FRONT, se dit quelquefois, poétiquement, pour Cime, sommet. Ces
rochers qui cachent leur front dans les nues.
DE FRONT. loc. adv. Par devant. Attaquer l'ennemi de front.
Fig., Heurter de front les préjugés, Les attaquer sans
ménagement.
DE FRONT, signifie aussi, Côte à côte. Un défilé
où il ne peut passer que deux hommes de front. Cette rue est assez large
pour que deux carrosses y puissent passer de front. Ils marchaient tous trois
de front.
Fig., Faire marcher, mener deux affaires, deux intrigues de front, S'occuper
de deux affaires, de deux intrigues en même temps.
FRONTAL , ALE. adj.
T. d'Anat. Qui a rapport ou qui appartient au front. La veine frontale. Les
muscles frontaux. Nerf frontal. Os frontal, ou Coronal. Sinus frontaux.
FRONTAL .s.m.
.Chirur. Bandeau ou topique qu'on applique sur le front. Mettre un frontal
pour apaiser le mal de tête.
FRONTAL, s'est dit aussi d'Un instrument de torture, fait d'une corde
à plusieurs noeuds, dont on serrait le front de la personne à laquelle
on voulait arracher quelque aveu.
FRONTEAU .s.m.
Sorte de bandeau applique sur le front. Il n'est guère usité qu'en
parlant Des Juifs, qui avaient coutume de porter des bandeaux sur lesquels le
nom de Dieu, ou quelque passage de l'Écriture sainte, était écrit.
Les Pharisiens portaient des fronteaux où le nom de Dieu était
écrit. Quand les juifs prient Dieu dans leurs synagogues, ils se mettent
le fronteau.
FRONTEAU ou FRONTAL, en parlant Des chevaux, se dit de Cette partie de
la têtière qui passe au-dessus des yeux du cheval. Se dit également
Du morceau de drap noir dont on couvre le front d'un cheval, quand on l'enharnache
de deuil.
FRONTIÈRE . s. f.
Les limites, les confins d'un pays, d'un État, en tant qu'ils le séparent
d'un autre pays, d'un autre État. L'armée était sur la
frontière. Passer la frontière. La frontière est bien garnie,
bien défendue. Reculer les frontières d'un État.
Il est aussi adjectif, et signifie, Qui est limitrophe, qui est sur les limites
d'un autre pays. Ville frontière. Place frontière. Province frontière.
FRONTISPICE .s.m.
La face principale d'un grand bâtiment. Le frontispice d'un temple.
Le frontispice de l'église de Saint-Pierre de Rome. Le frontispice du Louvre.
Se dit aussi Du titre imprimé d'un livre, placé à la première
page, et entouré ou accompagné d'ornements ou de vignettes. On
avait mis des attributs, des arabesques, au frontispice de ce livre.
Se dit encore d'Une gravure que l'on place en regard du titre d'un livre, et
dont le sujet est analogue au but et à l'esprit de l'ouvrage. Le sujet
d'un frontispice.
FRONTON .s.m.
Ornement d'architecture qui est fait ordinairement en triangle, et qui se met
au haut de l'entrée d'un bâtiment, au-dessus des portes, des croisées,
etc. Le fronton qui est au-dessus du portique d'un temple. Le fronton de l'entrée
du Louvre. Fronton brisé. Fronton ouvert. Fronton orné de figures,
de bas-reliefs.
Se dit, en termes de Marine, de La partie sculptée du couronnement d'un
vaisseau, au-dessus de sa galerie. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Tableau.
FROTTAGE .s.m.
Le travail de celui qui frotte. Le frottage d'un plancher. Le prix du frottage.
FROTTEMENT .s.m.
Action de frotter, action de deux choses qui se frottent. Électriser
un corps par le frottement. Le frottement de l'essieu use le moyeu de la roue.
Empêcher, diminuer le frottement.
FROTTER . v. a.
Passer une chose sur une autre à plusieurs reprises, et en appuyant,
en pressant. Frotter avec la main, avec les mains. Frotter fort. Frotter doucement,
légèrement. Frotter la tête de quelqu'un. Se frotter les yeux.
Se faire frotter après avoir joué à la paume, ou après
avoir fait quelque autre exercice violent. Frotter les jambes d'un cheval. Frotter
un métal avec de l'émeri, pour le polir. Frotter deux pierres l'une
contre l'autre. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se frotter
avec la main. Se frotter en quelque partie du corps. Se frotter contre quelque
chose. Se frotter l'un contre l'autre. Se frotter l'un l'autre.
Fig. et fam., Se frotter à quelqu'un, Avoir commerce, communication
avec quelqu'un. Il fait bon se frotter aux savants, on apprend toujours quelque
chose. Ne vous frottez pas à ces gens-là, ils pourraient vous corrompre.
Il signifie aussi, S'attaquer à quelqu'un, le provoquer, le défier.
Je ne vous conseille pas de vous frotter à lui. C'est un homme auquel
il est dangereux de se frotter. Ne vous frottez pas à un tel, il est plus
fort, plus adroit que vous. On dit de même, Ne vous y frottez pas,
je ne vous conseille pas de vous y frotter, etc., lorsqu'on veut dissuader
quelqu'un de faire une chose que l'on croit dangereuse pour lui.
Prov. et fig., Qui s'y frotte, s'y pique, se dit en parlant D'un homme
qui ne se laisse pas attaquer impunément.
FROTTER, signifie aussi, Oindre, enduire, en frottant. On lui frotta
le bras avec du baume, avec de l'huile. Frotter des meubles, un parquet avec de
la cire, pour les rendre luisants. S'emploie avec le pronom personnel. Les
athlètes se frottaient d'huile avant que de lutter.
Se dit quelquefois pour Frotter avec de la cire ou avec quelque autre chose
semblable. Frotter des chaises. Frotter le parquet d'un appartement, ou
Frotter un appartement. Employé sans régime, il s'entend
presque toujours Des parquets, des planchers. Ce domestique sait frotter.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Battre, frapper,
maltraiter. On l'a frotté comme il faut, frotté d'importance.
Les ennemis ont été bien frottés dans cette rencontre.
On dit de même, Frotter les oreilles à quelqu'un. Je me charge
de lui frotter les oreilles.
FROTTER, s'emploie quelquefois comme verbe neutre, et se dit D'une chose
qui passe, qui glisse sur une autre ou contre une autre, en exerçant quelque
pression. Une des roues frottait contre la caisse de la voiture.
FROTTÉ, ÉE. participe
FROTTEUR .s.m.
Celui qui frotte les planchers, les parquets. Payer le frotteur.
FROTTOIR .s.m.
Linge dont on se sert pour se frotter la tête et le corps. Un frottoir
de toile. Chauffer un frottoir.
Il signifie aussi, Le linge dont les barbiers se servent pour essuyer leur rasoir
en faisant la barbe.
FROUER . v. n.
.Chasse. Faire une espèce de sifflement à la pipée, pour
attirer les oiseaux.
FRUCTIDOR .s.m.
Le douzième mois du calendrier républicain.
FRUCTIFICATION . s. f.
.Bot. Formation, production des fruits; ou Le résultat, le produit de
cette formation. Quand la fructification s'opère. L'époque de
la fructification. Fructification lente, précoce. Les parties, les organes
de la fructification. La fructification des fougères. La fructification
des algues est peu apparente.
FRUCTIFIER . v. n.
Rapporter du fruit. Quand les terres sont bien fumées, elles en fructifient
davantage.
Se dit plus ordinairement au figuré, et signifie, Produire un effet,
un résultat avantageux. Dieu a béni leur travail et l'a fait
fructifier. Faire fructifier la parole de Dieu. Les bons exemples fructifient.
Vos avis, vos leçons ont bien fructifié.
FRUCTIFIER, en Botanique, se dit D'un végétal qui produit
son fruit, qui est en fructification. La manière dont un végétal
fructifie. Cette plante ne fructifie qu'à telle époque.
FRUCTUEUSEMENT . adv.
Avec fruit, utilement, avec progrès. Les missionnaires ont travaillé
fructueusement en ce pays.
FRUCTUEUX , EUSE. adj.
Qui produit du fruit. Rameaux fructueux. Dans ce sens, il est poétique.
Il signifie figurément, Utile, profitable, lucratif. Un emploi fructueux.
Une charge utile et fructueuse.
FRUGAL, ALE. adj.
Qui se contente de peu pour sa nourriture, qui vit de choses communes. Il
est extrêmement frugal. On dit dans un sens analogue, Vie frugale.
Mener une vie frugale. Ce mot n'a point de pluriel au masculin.
Repas frugal, table frugale, Repas, table où l'on ne sert que
des mets simples et communs, et que ce qu'il en faut pour se nourrir. Une table
propre et frugale.
FRUGALEMENT . adv.
Avec frugalité. Vivre frugalement.
FRUGALITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est frugal. Aimer la frugalité. Vivre avec
frugalité. La frugalité rend le corps plus sain et plus robuste.
La frugalité d'un repas.
FRUGIVORE . adj. des deux genres
Qui se nourrit de fruits, de végétaux. Les animaux frugivores.
FRUIT .s.m.
Production des végétaux qui succède à la fleur,
et qui sert a leur propagation. Fruit sec. Fruit pulpeux. Fruit capsulaire.
L'enveloppe d'un fruit. Les fruits d'un grand nombre de plantes servent à
la nourriture des hommes ou à celle des animaux. Le fruit de la balsamine.
Le fruit du noyer, du chêne, de l'orme, du frêne, etc. La citrouille
est le fruit d'une plante herbacée.
Se dit, particulièrement, Des fruits charnus ou pulpeux qui viennent
la plupart sur des arbres ou sur des arbrisseaux, tels que les poires, les pommes,
les prunes, les cerises, etc. Fruit nouveau. Fruit noué. Fruit vert.
Fruit mûr. Fruit précoce. Fruit hâtif. Fruit tardif. Fruit
à noyau. Fruit à pepin. Fruit gâté, pourri. Cet arbre
porte, rapporte de bon fruit. Cueillir du fruit. Cueillir le fruit en sa saison.
On connaît l'arbre par le fruit, à son fruit. Les fruits de la saison.
Une corbeille de fruits. Fruit de l'arrière-saison. Manger du fruit. Aimer
le fruit. Il ne vit presque que de fruits. Conserver des fruits. Fruits secs.
Fruits à l'eau-de-vie.
Fruits d'été, fruits d'automne, fruits d'hiver, Les fruits
qui se mangent en été, en automne, en hiver. Fruits rouges,
Les petits fruits de cette couleur qui viennent au printemps et en été,
comme fraises, framboises, cerises, groseilles.
Fig. et fam., Le fruit défendu, se dit par allusion à la
désobéissance du premier homme. On a du goût pour le fruit
défendu, Nous avons du penchant à désirer ce qui nous
est défendu.
FRUIT, signifie aussi, Le dessert, tout ce qu'on sert au dernier service
de table, après les viandes et entremets; et, dans ce sens, il n'a point
de pluriel. Servir le fruit. On en est au fruit. Le fruit était beau.
Fruit monté, Fruit décoré avec des cristaux, des
figures de sucre ou de porcelaine, posées sur un ou plusieurs plateaux.
FRUITS, au pluriel, signifie, Tout ce que la terre produit pour la nourriture
des hommes et des animaux. On fait des prières à Dieu pour la
conservation des fruits de la terre, des fruits qui sont sur terre.
Il signifie, en Jurisprudence, Les produits, les revenus d'une terre, d'un immeuble,
d'un fonds quelconque, d'une charge, etc. Avoir l'usage des fruits d'un fonds,
d'une terre. Percevoir les fruits. C'est une maxime de droit, que tout possesseur
de bonne foi fait les fruits siens. Rendre compte des fruits. Restitution de fruits.
Les fruits échus. Les fruits, profits et émoluments d'une charge.
Il lui céda une année des fruits de son bénéfice.
Les gros fruits d'un bénéfice. Résigner avec rétention
de fruits.
Fruits naturels, Les productions spontanées d'une terre, d'un
fonds, comme le foin, le bois, le croît des animaux. Fruits industriels,
Les productions qu'on obtient par la culture, comme le blé, le vin, etc.
Fruits civils, Le loyer des maisons, les baux à ferme, les intérêts
des sommes exigibles, etc.
Fruits pendants par les racines, par racines, Les blés, les raisins,
et généralement tous les fruits, lorsqu'ils sont encore sur pied.
Les fruits pendants par les racines font partie du fonds. On ne peut saisir
les fruits pendants par racines qu'après telle époque.
FRUIT, se dit, par extension, de L'enfant qu'une femme porte dans ses
flancs, ou qu'elle vient de mettre au monde. Dans ce sens, il n'a point de pluriel.
Une femme est obligée d'avoir soin de son fruit, de conserver son fruit.
Dès qu'une femme s'est délivrée de son fruit. On condamne
à mort une femme qui fait périr son fruit, qui détruit, qui
défait son fruit.
Se dit aussi, dans le style élevé, Des enfants déjà
nés; et dans ce sens il reçoit le pluriel. Il est le seul fruit
de leur union. Le fruit d'un amour illégitime. Les fruits de cet hymen.
FRUIT, signifie encore figurément, Utilité, profit, avantage
qu'on retire de quelque chose. Je n'ai tiré aucun fruit de cette affaire.
Je n'en ai point encore recueilli le fruit. J'en ai perdu tout le fruit. Il en
revient un grand fruit. Beaucoup de peine et peu de fruit. Le fruit de ses travaux,
de ses veilles. Cet écolier a tiré en peu de temps un grand fruit
de ses études. Travailler avec fruit. Travailler sans fruit. Lire un ouvrage
avec fruit. On dit, au pluriel, dans un sens analogue, Les fruits d'un
travail, d'une industrie, etc.
Il signifie également, L'effet, le résultat d'une cause, soit
bonne, soit mauvaise. C'est un fruit de votre piété. C'est un
fruit de vos soins. Ses infirmités sont le fruit de la guerre. La tranquillité
d'esprit est un fruit de la bonne conscience. La honte et le repentir sont les
fruits ordinaires des mauvaises actions. Les grandes découvertes sont le
fruit d'une longue application. Ces mesures imprudentes ne tardèrent pas
à porter leur fruit.
Faire du fruit, Produire des effets avantageux par des exhortations,
par de bons exemples. Ce missionnaire a fait un grand fruit dans cette ville.
Cet évêque a fait beaucoup de fruit dans son diocèse.
Cette phrase vieillit.
FRUIT .s.m.
.Maçonnerie. Se dit de La retraite ou diminution d'épaisseur qu'on
donne à une muraille à mesure qu'on l'élève. Donner
du fruit à une muraille. Il ne faut pas élever le mur tout à
fait à plomb, il faut lui donner un peu de fruit, il faut qu'il ait un
peu de fruit.
FRUITÉ , ÉE. adj.
.Blason. Se dit Des arbres chargés de fruits d'un émail différent.
D'argent à l'oranger de sinople fruité d'or.
FRUITERIE . s. f.
Lieu où l'on garde, où l'on conserve le fruit. Porter du fruit
à la fruiterie. Serrer du fruit dans la fruiterie. En ce sens, on dit
plus ordinairement, Fruitier.
Se dit également, dans la maison du roi, de L'office qui fournit le fruit
aux tables de la maison, et qui fournit aussi la bougie et la chandelle. Chef
de fruiterie chez le roi. Les officiers de la fruiterie.
FRUITERIE, signifie encore, Le commerce du marchand fruitier. Quitter
la fruiterie.
FRUITIER , IÈRE. adj.
Qui porte du fruit. Il n'est guère usité que dans les locutions,
Arbre fruitier, jardin fruitier.
FRUITIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui fait métier et profession de vendre du fruit, des légumes,
etc. La boutique d'un fruitier. Marchand fruitier. Marchande fruitière.
Il s'est fait fruitier.
FRUITIER, se dit aussi d'Un jardin rempli uniquement d'arbres à
fruits. Dans ce sens, Verger est plus usité.
Se dit également d'Un lieu où l'on conserve le fruit pour l'hiver.
Aller au fruitier.
FRUSQUIN .s.m.
Ce qu'un homme a d'argent et de nippes. Il a perdu tout son frusquin, son
saint-frusquin. Il est populaire.
FRUSTE . adj. des deux genres
Se dit D'une médaille, d'une monnaie effacée, altérée,
ou défectueuse dans sa forme. Médaille fruste.
Se dit également D'une pierre, d'un débris antique dont le temps
a dépoli ou corrodé la surface; et, en Histoire naturelle, D'une
coquille dont les pointes et les cannelures sont usées. Un marbre fruste.
Une colonne fruste. Une coquille fruste.
FRUSTRATOIRE . adj. des deux genres
.Pratique. Fait pour frustrer, pour tromper, ou pour éluder, pour gagner
du temps. Frais frustratoires. Acte frustratoire. Exception frustratoire. Appel
frustratoire.
FRUSTRATOIRE .s.m.
Boisson sucrée ou aromatisée qu'on prend quelquefois après
le repas, pour faciliter la digestion. Un frustratoire fait de vin, de sucre
et de cannelle. Prendre de l'eau sucrée pour frustratoire.
FRUSTRER . v. a.
Priver quelqu'un de ce qui lui est dû, de ce qui doit lui revenir, ou
à quoi il s'attend. Il m'a frustré de mes droits. Il a frustré
ses créanciers. On l'a frustré de son salaire. Il l'a frustré
de ses espérances. Être frustré dans ses espérances.
On dit aussi, Frustrer l'attente, l'espoir, l'espérance, les espérances
de quelqu'un.
FRUSTRÉ, ÉE. participe
FUCUS .s.m.
(On prononce l'S.) T. d'Hist. nat., emprunté du latin. Il est synonyme
de Varech.
FUGACE . adj. des deux genres
T. didactique. Se dit, en Médecine, Des symptômes qui disparaissent
aussitôt après s'être montrés. Symptômes fugaces.
Frissons fugaces.
Se dit, en Botanique, Des parties qui n'adhèrent pas longtemps à
la plante, qui s'en détachent promptement. Calice fugace. Corolle fugace.
Stipules fugaces.
FUGITIF, IVE. adj.
Qui fuit ou qui s'est enfui, qui a pris la fuite. Un criminel fugitif. Un
esclave fugitif. Errant et fugitif. On l'emploie aussi comme substantif. C'est
un fugitif. Errer en fugitif. On eut bientôt arrêté les deux
fugitifs.
Se dit figurément De ce qui court, passe ou se dérobe avec quelque
rapidité. Ce sens et le suivant ne sont guère usités qu'en
poésie et dans le style soutenu. L'onde fugitive. Une ombre fugitive.
Il signifie aussi figurément, Passager, peu durable. Éclat
fugitif. Bonheur fugitif. Espoir fugitif. Des biens fugitifs. De fugitifs plaisirs.
Rien n'est plus fugitif.
Pièces fugitives, Ouvrages ou écrits de peu d'étendue,
et qu'il est facile de perdre, d'égarer. Il n'est plus guère usité
dans ce sens.
Pièces fugitives, poésies fugitives, Pièces de poésie
légère sur divers sujets. Recueil de poésies fugitives.
Rassembler, recueillir des pièces fugitives. Les poésies fugitives
de Voltaire.
FUGUE . s. f.
Morceau de musique, ou passage d'un morceau de musique, dans lequel différentes
parties se suivent, se succèdent, en répétant le même
sujet d'après des règles établies. Faire une fugue, une
double fugue.
Fig. et fam., Faire une fugue, S'enfuir, prendre la fuite.
FUIE . s. f.
Espèce de petit colombier. Il n'a point de colombier, mais il a une
fuie.
FUIR . v. n.
(Je fuis, tu fuis, il fuit; nous fuyons, vous fuyez, ils fuient. Je fuyais.
Je fuis. J'ai fui. Je fuirai. Je fuirais. Fuis, qu'il fuie. Que je fuisse. Fuyant.)
S'éloigner avec vitesse, par un motif de crainte. On ne lui reprochera
jamais d'avoir fui. Quand il vit que les ennemis fuyaient. Fuis, sors d'ici. Fuir
de son pays, hors de son pays.
Il signifie au figuré, Différer, éluder, empêcher
qu'une chose ne se termine. Je ne puis terminer avec cet homme, il fuit toujours,
il ne fait que fuir. Il fuit habilement, mais je l'atteindrai.
FUIR, se dit, par analogie, Des choses qui courent ou se meuvent avec
quelque rapidité, qui s'éloignent ou semblent s'éloigner.
Ce sens est employé surtout en poésie et dans le style soutenu.
Un ruisseau qui fuit dans la prairie. Les nuages fuient, et le ciel reprend
sa sérénité. Le rivage semblait fuir loin de nous, fuyait
loin de nous.
Se dit aussi figurément. L'hiver a fui. Nos beaux jours fuient rapidement.
Hâtons-nous, le temps fuit.
Fam., Cela ne peut, ne saurait lui fuir, Cela doit lui échoir,
lui arriver infailliblement. Cette succession ne peut me fuir, ne saurait me
fuir.
FUIR, se dit, en Peinture, Des parties d'un tableau qui paraissent s'enfoncer
et s'éloigner de la vue du spectateur. Cette partie ne fuit pas assez.
Cela fuit bien. On fait fuir les objets en diminuant les proportions, en affaiblissant
la couleur, etc.
FUIR, se dit encore D'un vase, d'un pot, d'un tonneau, etc., qui a quelque
fêlure, quelque fente par où le liquide s'en va. Ce tonneau, ce
pot, ce vase fuit. Il faut l'empêcher de fuir.
FUIR, s'emploie aussi comme verbe actif; et alors il signifie en général,
tant au propre qu'au figuré, S'éloigner de quelqu'un ou de quelque
chose, l'éviter, par crainte, par aversion, etc. Fuir l'ennemi. Tout
le monde fuit cet homme. C'est un homme à fuir. Fuir un pestiféré.
Fuir son pays. Fuir le châtiment. Fuir le danger. Fuir le péril.
Fuir le vice. Fuir les mauvaises compagnies. Fuir les excès de tout genre.
Fuir le mal. Fuir l'occasion du péché. Fuir le combat. Fuir le travail.
Fuir le jeu. Je ne saurais le rencontrer, il me fuit. La paix a fui ce séjour.
Le sommeil me fuit. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Ils
se fuyaient l'un l'autre.
Fig., Se fuir soi-même, Chercher à éviter les remords,
l'ennui, etc. Un criminel cherche vainement à se fuir lui-même.
Quand on ne sait pas s'occuper, on cherche à se fuir soi-même.
FUI, IE. participe
FUITE . s. f.
Action de fuir. Fuite honteuse. Être en fuite. Prendre la fuite. Mettre
en fuite. Il n'y avait de salut que dans la fuite. Sa retraite fut une fuite.
Une prompte fuite. Il fut arrêté dans sa fuite. Je l'accompagnai
dans sa fuite. La fuite en Égypte.
Il signifie figurément, L'action par laquelle on se retire, on s'éloigne
d'une chose dangereuse, ou qui peut déplaire. La fuite du vice. La fuite
de l'occasion.
Il signifie aussi figurément, Délai, échappatoire, retardement
artificieux. C'est un chicaneur qui use de fuites. Toutes ces procédures
ne sont que des fuites. Vous ne répondez point précisément,
c'est une fuite.
FUITE, se dit encore, figurément et poétiquement, en parlant
De choses qui passent, qui s'éloignent, qui s'écoulent avec quelque
rapidité. La fuite des années.
FULGURATION . s. f.
.Chimie, synonyme d'Éclair, dans la coupellation de l'argent,
de l'or.
FULIGINEUX, EUSE. adj.
T. didactique. Qui ressemble à de la suie, qui est couleur de suie. On
ne le dit guère que De certaines vapeurs grossières chargées
d'une espèce de crasse ou de suie; et Des lèvres, de la langue,
des dents, lorsqu'elles sont devenues brunâtres par l'effet de quelque maladie.
Vapeurs fuligineuses. Flamme fuligineuse. Langue fuligineuse. Lèvres,
dents fuligineuses.
FULMINANT, ANTE. adj.
Qui lance la foudre, qui est armé de la foudre. Jupiter fulminant.
Se dit, en termes de Chimie, de Certaines compositions ou préparations
qui détonent ou éclatent avec bruit lorsqu'on les chauffe légèrement
ou qu'on les soumet à une pression plus ou moins vive. Or, argent fulminant.
Poudre fulminante. Matière fulminante. Amorces fulminantes.
FULMINANT, signifie au figuré, Qui éclate en menaces, qui
se livre à de grands emportements de colère. C'est un homme qui
se met en colère pour la moindre chose, il est toujours fulminant.
Se dit également De tout ce qui exprime ou dénote une violente
colère. Lancer un regard fulminant. Écrit fulminant.
FULMINATION . s. f.
.Chimie. Détonation subite, explosion d'une matière fulminante.
FULMINATION, est aussi un terme de Droit canon, qui signifie, L'action
par laquelle on publie quelque chose avec certaines formalités. La fulmination
des bulles. La fulmination d'une sentence ecclésiastique. La fulmination
d'un monitoire.
FULMINER . v. n.
.Chimie. Se dit Des matières fulminantes lorsqu'elles font explosion.
Cette composition, cette poudre fulmine au moindre choc. La moindre pression
la fait fulminer.
FULMINER, signifie figurément, S'emporter, invectiver contre quelqu'un
avec menaces. Il fulmine étrangement contre vous. Il est en colère,
il fulmine, il tempête.
FULMINER, s'emploie aussi comme verbe actif, en termes de Droit canon,
et signifie, Publier quelque acte avec certaines formalités. Fulminer
des bulles. Fulminer une sentence d'excommunication. La bulle n'a pas été
dûment fulminée.
FULMINÉ, ÉE. participe, Interdit fulminé. Bulles
fulminées.
FUMAGE .s.m.
Opération par laquelle on donne une fausse couleur d'or à l'argent
filé, en l'exposant à la fumée de certaines compositions.
Défendre le fumage.
FUMANT, ANTE. adj.
Qui fume, qui jette de la fumée ou quelque vapeur. Tison fumant. Cendres
fumantes. Des viandes fumantes.
Fumant de sang, Plein, couvert d'un sang qui fume encore. Une épée
fumante de sang. On dit dans un sens analogue, Fumant de carnage.
Fig., Fumant de courroux, de colère, Transporté de courroux,
de colère.
FUMÉ .s.m.
.Graveur en caractères. Épreuve d'un poinçon; empreinte
que l'on fait sur une carte avec le poinçon d'une lettre noirci à
la flamme d'une bougie, pour voir s'il est bien gravé.
FUMÉE . s. f.
Vapeur plus ou moins épaisse qui sort des choses brûlées,
ou extrêmement échauffées par le feu. Fumée épaisse.
Fumée noire. Fumée puante. La fumée qui s'élève
d'un champ de bataille. Des tourbillons de fumée. La fumée d'un
volcan. La fumée du foyer. La fumée nous étouffait. La chambre
était pleine de fumée. Le bois vert fait beaucoup de fumée.
Il fait beaucoup de fumée dans cette chambre. On sent bien la fumée
ici. Dissiper la fumée. Chasser la fumée. L'odeur de la fumée.
Odeur de fumée. Du linge qui sent la fumée. Un ragoût qui
sent la fumée. La fumée des flambeaux. La fumée d'une pipe.
La fumée du tabac. Noirci de fumée. S'exhaler en fumée.
Noir de fumée, Suie très-noire et légère
que donne la poix-résine, et que l'on recueille pour l'employer dans les
arts. Le noir de fumée sert à faire l'encre d'imprimerie, le
cirage, etc.
Prov. et fig., Il n'y a point de fumée sans feu, En général
il ne court point de bruit qui n'ait quelque fondement.
Prov. et fig., Il n'y a point de feu sans fumée, Quelque soin
qu'on prenne pour cacher une passion vive, on ne peut s'empêcher de la laisser
paraître.
Fig., S'en aller en fumée, se dit Des choses qui ne produisent
point l'effet attendu ou désiré. Tous ses projets s'en sont allés
en fumée.
Fig. et fam., Il vend de la fumée, c'est un vendeur de fumée,
se dit De celui qui n'a qu'un crédit apparent, dont il fait parade pour
en tirer quelque utilité, quelque avantage.
FUMÉE, se dit également de La vapeur qui s'exhale des viandes
chaudes. La fumée du rôt.
Prov. et pop., Manger son pain à la fumée du rôt,
Être témoin, spectateur d'un divertissement, d'un plaisir auquel
on ne peut avoir part.
FUMÉE, se dit aussi Des vapeurs qui s'exhalent des corps humides,
lorsqu'ils viennent à être échauffés par quelque cause
que ce soit. Il se leva une fumée de la rivière, des marécages.
FUMÉE, se dit au figuré, dans le style soutenu, Des choses
vaines, frivoles, périssables, ou que l'on regarde comme telles. Cette
fumée qu'on nomme la gloire. Tout n'est que fumée. Toutes les choses
du monde ne sont que fumée.
Se repaître, s'enivrer de fumée, Se repaître de vaines
espérances, ou de vains honneurs, d'une vaine gloire, etc.
FUMÉES, au pluriel, signifie, Les vapeurs qui montent de l'estomac
ou des entrailles au cerveau. Les fumées du vin montent au cerveau,
offusquent le cerveau. Abattre les fumées du vin. Les fumées noires
qui lui troublent le cerveau.
Fig., Les fumées de l'orgueil, de l'ambition, etc., Les mouvements
d'orgueil, les désirs ambitieux, etc.
FUMÉES, au pluriel, est aussi un terme que les chasseurs emploient
pour désigner La fiente des cerfs et des autres bêtes fauves. Les
fumées du cerf. Les fumées de la bête.
FUMER . v. n.
Jeter de la fumée. Le volcan fumait encore. L'encens fumait sur les
autels. Ce bois n'est pas sec, il fume beaucoup.
Cette chambre fume, cette cheminée fume, se dit Lorsque la fumée,
au lieu de sortir par le tuyau de la cheminée, se rabat et entre dans la
chambre. Empêcher une cheminée de fumer. On dit quelquefois
impersonnellement, Il fume dans cette chambre.
Poétiq., Faire fumer les autels, Y brûler de l'encens, y
offrir des sacrifices à la divinité. Il ne se dit guère qu'en
parlant Du culte païen.
FUMER, se dit aussi en parlant Des vapeurs que la chaleur fait exhaler
d'un corps humide. Au printemps on voit les marécages fumer, les prés
fumer. Ce cheval a couru, il s'est échauffé, il fume. Leur sang
fumait encore. On dit de même, La terre fumait encore de leur sang.
Fig. et fam., La tête lui fume, se dit D'une personne qui est fort
en colère. Cette phrase a vieilli.
FUMER, signifie quelquefois, figurément et populairement, Avoir
de la colère, du dépit, de l'impatience, etc. Il fume, mais il
n'ose rien dire. Je l'ai fait fumer. Ce sens est très-populaire.
FUMER, s'emploie également comme verbe actif; et alors il signifie,
Exposer des viandes à la fumée plus ou moins long-temps, pour les
sécher et les conserver. Fumer des langues, des jambons, du boeuf salé,
des harengs. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Mettre
un jambon dans la cheminée pour qu'il se fume.
Il signifie aussi, Prendre en fumée, par la bouche, du tabac ou quelque
autre substance. Fumer une pipe de tabac. Fumer du tabac. Fumer un cigare.
Fumer de la sauge. On dit très-souvent sans régime, Fumer,
pour dire, Prendre du tabac en fumée. Il a fumé toute la nuit.
Les marins fument beaucoup.
FUMER, actif, signifie encore, Épandre du fumier sur une terre
cultivée, pour l'engraisser, pour l'amender. Fumer un champ. Fumer une
vigne.
FUMÉ, ÉE. participe, Jambon fumé. Langues fumées.
Terre bien fumée.
FUMERON .s.m.
Morceau de charbon de bois qui, n'étant pas assez cuit, jette encore
de la flamme et beaucoup de fumée.
FUMET .s.m.
Vapeur qui s'exhale de certains vins et de certaines viandes, et qui frappe
agréablement l'odorat et le goût. Ce vin a un bon fumet. Le fumet
d'une perdrix. Un faisan qui a un grand fumet. Un fumet délicieux.
FUMETERRE . s. f.
.Bot. Plante fort commune dans les champs, très-amère, et souvent
employée en médecine comme tonique. Sirop, extrait de fumeterre.
Le suc de la fumeterre produit sur les yeux les mêmes effets que la fumée.
FUMEUR .s.m.
Celui qui a l'habitude de prendre du tabac en fumée. C'est un grand
fumeur. Une réunion de fumeurs.
FUMEUX, EUSE. adj.
Qui envoie des vapeurs à la tête. Du vin fumeux. La bière
de ce pays est extrêmement fumeuse.
FUMIER .s.m.
Paille qui a servi de litière aux chevaux, aux bestiaux, et qui est mêlée
avec leur fiente. Ôter le fumier d'une écurie. Faire pourrir du
fumier. Le fumier engraisse les terres. Fumier de cheval. Fumier de vache. Faire
du fumier. Mettre du fumier dans un champ. Cette terre ne porte qu'à force
de fumier. Épandre du fumier. Une mare, une fosse à fumier.
Se dit, par extension, de Toute sorte d'engrais, comme les excréments
d'animaux, les matières animales ou végétales en putréfaction,
etc.
Fig. et fam., Ce n'est que du fumier, se dit De toute chose dont on ne
fait nul cas, ou pour laquelle on veut témoigner un grand mépris.
FUMIER, se dit aussi d'Un amas de fumier que l'on forme dans une mare,
dans une fosse. Allez jeter cela sur le fumier. Il avait caché son argent
dans un fumier.
Prov., Hardi comme un coq sur son fumier, se dit D'un homme qui se prévaut
de ce qu'il est dans un lieu où il a de l'avantage. Par allusion à
cette façon de parler proverbiale, on dit figurément, Il ne faut
pas l'attaquer sur son fumier.
Prov. et fig., Mourir sur un fumier, Mourir misérable, après
avoir perdu tout son bien.
Prov., Être comme Job sur son fumier, Être réduit
à un état excessif de misère et de souffrance.
FUMIGATION . s. f.
.Chimie et de Médecine. Action de répandre dans un lieu la fumée
d'une substance odorante, la vapeur d'un liquide, ou un gaz quelconque. Faire
des fumigations de chlore pour purifier l'air.
Se dit également de L'action d'appliquer un médicament, sous forme
de fumée, de vapeur ou de gaz, à quelque partie du corps. Fumigations
sulfureuses. Fumigations aromatiques. Fumigations aqueuses. Les fumigations sont
quelquefois très-salutaires.
Se dit aussi, en général, de L'action d'exposer un corps à
la fumée.
FUMIGATOIRE . adj.
.Médec. S'emploie dans cette locution, Boîte fumigatoire,
Boîte qui contient les objets nécessaires pour secourir, au moyen
de fumigations, les noyés et les asphyxiés.
FUMIGER . v. a.
.Chimie. Exposer un corps à la fumée d'un ou de plusieurs autres
corps qui brûlent.
FUMIGÉ, ÉE. participe
FUMISTE .s.m.
Ouvrier dont la profession est d'empêcher que les cheminées ne
fument. Un bon fumiste.
FUNAMBULE .s.m.
Danseur de corde. Théâtre de funambules. On ne le disait
autrefois qu'en termes d'Histoire ancienne.
FUNÈBRE . adj. des deux genres
Qui appartient aux funérailles. Ornements funèbres. Pompe funèbre.
Honneurs funèbres. Oraison funèbre. Convoi funèbre. Appareil
funèbre. Chant funèbre.
Il signifie au figuré, Sombre, triste, lugubre, effrayant. Cri funèbre.
Image funèbre.
Oiseaux funèbres, se dit de Certains oiseaux nocturnes, dont le
cri a quelque chose de sinistre. Le hibou, le chat-huant, l'orfraie, sont des
oiseaux funèbres.
FUNÉRAILLES . s. f. pl.
Obsèques et cérémonies qui se font aux enterrements. Funérailles
magnifiques. Funérailles pompeuses. Funérailles superbes. Faire
les funérailles de quelqu'un. Assister à des funérailles.
Le jour des funérailles. La cérémonie des funérailles.
La pompe des funérailles.
FUNÉRAIRE . adj. des deux genres
Qui concerne les funérailles. Frais funéraires.
FUNESTE . adj. des deux genres
Malheureux, sinistre, qui porte la calamité et la désolation avec
soi. Événement funeste. Mort funeste. Voyage funeste. Conseil
funeste. Entreprise funeste. Nouvelle funeste. La guerre lui a été
funeste. Ce jour m'est bien funeste. Cela peut avoir des suites funestes.
FUNESTEMENT . adv.
D'une manière funeste. Cela arriva le plus funestement du monde.
Il est peu usité.
FUNGUS .s.m. - Voyez FONGUS.
FUNIN .s.m.
.Marine. Nom générique des cordages blancs, ou faits de fil non
goudronné, qui servent aux grands appareils employés dans les opérations
des ports. On dit aussi, et plus ordinairement, Franc-funin. Les francs-funins
sont de trois, quatre et cinq torons.
FUR .s.m.
Il n'est usité que dans la locution Au fur et à mesure,
ou À fur et mesure, qui s'emploie en termes de Pratique et d'Administration,
comme conjonction, comme préposition et comme adverbe, et qui signifie,
À mesure que, à mesure de, à mesure. Nous vous ferons
passer les marchandises au fur et à mesure qu'elles arriveront. On le paye
au fur et à mesure de l'ouvrage. Travaillez, nous vous payerons au fur
et à mesure, à fur et mesure.
FURET .s.m.
Petit animal du genre des Martres, dont on se sert pour prendre des lapins,
et qui va les chercher dans leur terrier. Chasser avec le furet. Chasser au
furet. Prendre des lapins au furet.
Se dit, figurément et familièrement, d'Un homme qui a beaucoup
d'habileté, de sagacité pour découvrir certaines choses,
ou qui s'enquiert de tout, et qui s'applique à savoir tout ce qui se passe
de plus particulier dans les familles. C'est un furet, un vrai furet, il est
impossible de rien lui cacher.
FURETER . v. n.
Chasser au furet. Fureter dans une garenne. Aller fureter. On dit aussi,
activement, Fureter une garenne, un bois, un terrier.
Il signifie figurément, Fouiller, chercher partout avec soin, curieusement.
Il va furetant partout. Qu'allez-vous fureter dans ce cabinet, dans cette bibliothèque?
Il signifie encore figurément, S'empresser à savoir des nouvelles
de tout, chercher à satisfaire sa curiosité sur tout. Il ne fait
que fureter partout pour savoir ce qui se passe. Il est sans cesse à fureter.
On dit aussi, activement, Fureter des nouvelles. Ce sens et le précédent
sont familiers.
FURETÉ, ÉE. participe
FURETEUR .s.m.
Celui qui chasse aux lapins avec un furet.
Se dit, figurément et familièrement, de Celui qui fouille, qui
cherche partout. Quel ennuyeux fureteur!
Se dit également de Celui qui s'enquiert de tout, qui cherche à
tout savoir, soit par curiosité, soit pour son profit. Cachez-vous de
lui, c'est un fureteur. Quel indiscret fureteur!
Fureteur de nouvelles, Celui qui va furetant des nouvelles partout.
FUREUR . s. f.
Rage, manie, frénésie. Il est devenu fou, et de temps en temps
il lui prend des accès de fureur. La fureur est une cause d'interdiction.
Quand il entre en fureur. Lorsque la fureur lui prend. On dit, par exagération:
C'est un homme extrême en toutes choses, il aime et il hait jusqu'à
la fureur. Avec fureur. Etc.
En Médec., Fureur utérine, Maladie des femmes, qui consiste
en un penchant insatiable et irrésistible à l'acte vénérien.
Par exagérat. et fam., Faire fureur, se dit D'une personne ou
d'une chose qui est fort en vogue, qui excite, dans le public, un grand empressement,
une vive curiosité. Cette actrice, cette pièce fait fureur.
FUREUR, se dit aussi d'Une extrême colère. Être
transporté de fureur. La fureur l'emporte. Un mouvement, un transport de
fureur. Pour apaiser sa fureur. Irriter la fureur de quelqu'un. S'exposer à
la fureur du peuple. La patience irritée, lassée, poussée
à bout, se tourne, se change en fureur.
Se dit quelquefois de La colère de Dieu, en termes de l'Écriture
sainte. Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur.
Se dit aussi de L'agitation et de l'émotion qui paraît dans un
animal irrité. Un lion en fureur. La fureur d'un taureau Mettre un taureau
en fureur.
Se dit encore de L'agitation violente de certaines choses inanimées.
La fureur de la tempête. La fureur de l'orage. La fureur de la mer. La
fureur des vents. La fureur des flammes.
FUREUR, se prend quelquefois pour Passion démesurée. Il
avait une fureur étrange pour les tulipes. Il a la fureur du jeu. Il a
la fureur de rimer. La fureur des duels.
Se dit, par exagération et par dépit de L'habitude importune,
nuisible, etc. que quelqu'un a de faire une certain chose. Il a toujours la
fureur de se mêler des affaires des autres. Cet enfant a la fureur de porter
à sa bouche tout ce qu'il tient. Dans ce sens, il est familier.
Se dit encore d'Un transport qui élève l'esprit au-dessus de lui-même,
et qui fait faire ou dire des choses extraordinaires. Fureur prophétique.
Fureur bachique. Fureur poétique. Fureur martiale. Il fut saisi d'une fureur
divine. Une sainte fureur s'empara de lui.
FUREURS, au pluriel, se dit Des transports frénétiques,
des emportements, des excès auxquels on se livre dans la fureur dans la
colère; des mouvements d'exaltation, etc. Les fureurs de l'amour. Les
fureurs du désespoir. Les fureurs d'Oreste. Les fureurs de Roland. Les
fureurs de la guerre civile. Les fureurs de la Ligue. Sauvez-nous de ses fureurs.
De poétiques fureurs.
FURIBOND , ONDE. adj.
Qui est sujet à de grands emportements de fureur, de colère. Un
homme furibond. Une femme furibonde.
Se dit également De celui dont les traits, les gestes, etc., annoncent
une grande fureur. Il vint à nous tout furibond. On dit dans le
même sens: Des yeux furibonds. Un regard furibond. Un visage furibond.
Il avait un air furibond. Etc.
Il est aussi substantif. C'est un furibond. Un petit furibond.
FURIE . s. f.
Fureur qui éclate avec violence, grand emportement de colère.
Entrer en furie. Se mettre en furie. Être en furie. Plein de furie. Quand
sa furie sera passée.
Se dit aussi Du mouvement violent et impétueux d'un animal irrité.
Le lion en furie se lança sur lui. La furie des bêtes sauvages.
Se dit également de L'action impétueuse de certaines choses inanimées.
La furie de la tempête. La furie des vents. La furie de l'orage.
FURIE, se dit quelquefois pour Ardeur, impétuosité de courage.
C'est une nation qui va au combat avec furie. Il faut laisser passer cette
première furie. Les troupes donnèrent avec furie sur l'ennemi.
Il signifie aussi, L'état le plus violent d'une chose, sa plus grande
intensité. Dans la furie du combat, de la mêlée, il arriva
que... Dans la furie de son mal. Dans la furie de la fièvre.
FURIE, se dit en outre, dans la Mythologie, de Ces divinités infernales
qui avaient l'emploi de tourmenter les méchants, les criminels, soit dans
les enfers, soit sur la terre. Les trois Furies étaient Alecton, Mégère
et Tisiphone. Les Furies avaient aussi le nom d'Euménides. Être poursuivi,
tourmenté par les Furies. Ce créancier est comme une Furie attachée
à ses pas.
Se dit figurément, par allusion au sens qui précède, d'Une
femme extrêmement méchante et emportée. C'est une vraie
furie, une furie d'enfer. Ce n'est pas une femme, c'est une furie.
FURIEUSEMENT . adv.
Avec furie. Il n'est guère usité dans ce sens.
Se dit, au figuré, pour Prodigieusement, extrêmement, excessivement.
Il est furieusement grand. Il est furieusement riche. Il ment furieusement.
Elle est furieusement laide. Dans ce sens, il est familier.
FURIEUX, EUSE. adj.
Qui est en fureur, en furie. Il est devenu furieux. C'est un fou furieux.
Il était furieux de cette résistance. Un peuple furieux demandait
leur tête. Tigre furieux. Lion furieux. Lionne furieuse.
Se dit également De ce qui dénote ou exprime la fureur. Un
visage furieux. Des regards furieux. Gestes furieux. Air furieux. Transports furieux.
Cris furieux.
Il signifie encore, Impétueux, véhément, violent, et se
dit tant Des personnes que des choses. Il est furieux dans le combat. Combat
furieux. Attaque, charge furieuse. Vent furieux. Torrent furieux. Tempête
furieuse. On dit de même, au sens moral: Passion furieuse. Ambition
aveugle et furieuse. Etc.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Prodigieux, qui
est excessif, extraordinaire dans son genre; et alors il précède
toujours le substantif. C'est un furieux mangeur, un furieux menteur. Voilà
un furieux travail. Il s'est donné un furieux coup, une furieuse entorse.
Il fait une furieuse dépense. Voilà un furieux poisson.
Il se prend quelquefois substantivement en parlant Des personnes. Prononcer
l'interdiction d'un furieux. C'est donner des armes à un furieux. Ce sont
des furieux. Arrêtez ces furieux.
FURIEUX, en termes de Blason, se dit D'un taureau élevé
sur ses pieds. D'azur au taureau furieux et levé en pieds d'or.
FUROLLES . s. f. pl.
Exhalaisons enflammées qui paraissent quelquefois sur terre et sur mer.
FURONCLE .s.m.
Espèce de petit flegmon très-douloureux, qui a son siége
dans la peau, et qu'on appelle vulgairement Clou. Il lui est venu un furoncle
à l'aisselle, au dos, etc. Son furoncle a percé.
FURTIF , IVE. adj.
Qui se fait à la dérobée, en cachette. Entrer d'un pas
furtif. Un regard furtif. Une oeillade furtive. Des amours furtives. On dit
dans un sens analogue, Une main furtive, etc.
FURTIVEMENT . adv.
À la dérobée. Entrer furtivement. S'en aller furtivement.
FUSAIN .s.m.
.Bot. Arbrisseau qui vient naturellement le long des haies, et dont le bois
sert à faire des fuseaux, des lardoires, etc., ou s'emploie, réduit
en charbon, pour tracer des esquisses légères. On le nomme vulgairement
Bonnet à prêtre, parce que son fruit, qui est rouge, a quatre
angles comme un bonnet carré. Le fruit du fusain est purgatif. Bois
de fusain. Crayon de fusain, ou simplement, Fusain. Esquisse au fusain.
FUSAROLLE . s. f.
T. d'Archit. Petit ornement taillé en forme de collier sous l'ove des
chapiteaux.
FUSEAU .s.m.
Petit instrument de bois de la longueur d'environ un demi-pied, qui est arrondi
partout, renflé à son milieu, fort menu par les bouts, et dont les
femmes se servent pour filer et tordre le fil. Tourner, remplir, vider le fuseau.
On dit poétiquement, Le fuseau des Parques, parce que, selon la
Fable, les Parques filaient la vie des hommes.
Prov. et fig., Avoir des jambes de fuseau, Avoir les jambes extrêmement
menues.
FUSEAU, se dit aussi d'Un autre petit instrument dont on se sert pour
faire les dentelles et les passements de fil et de soie. Passement au fuseau.
Dentelle au fuseau.
Se dit encore, dans les Arts et Métiers, de Certaines choses qui ont,
ou à peu près, la forme, la figure d'un fuseau, telles que les broches
ou dents d'un pignon à lanterne, les pièces d'une carte géographique
ou astronomique destinées à être appliquées sur une
boule pour former un globe terrestre ou céleste; etc.
FUSÉE . s. f.
Le fil qui est autour du fuseau, quand la filasse est filée. Vider
une fusée. Sa fusée est bien embrouillée.
Prov. et fig., Démêler une fusée, Débrouiller
une intrigue, une affaire.
FUSÉE, signifie aussi, Une pièce de feu d'artifice faite
avec du carton ou du papier rempli de poudre à canon. Il y en a de deux
sortes: les unes très-petites, qui se jettent à la main; les autres
très-grandes, qui sont attachées à une baguette, et qui s'élèvent
d'elles-mêmes en l'air dès qu'on y a mis le feu. Jeter des fusées.
Fusées volantes. Faire des fusées. Faites tirer les fusées.
Fusée à étoiles. Fusée à serpenteaux. La fusée
a crevé. La baguette d'une fusée.
Fusée à la Congrève, Sorte de fusée très-meurtrière,
qui est employée surtout dans les siéges.
FUSÉE, en termes d'Horlogerie, se dit d'Un petit cône, cannelé
en spirale, autour duquel se roule la chaîne d'une montre, quand on la monte.
FUSÉE, en termes d'Art vétérinaire, se dit de Plusieurs
suros contigus.
En termes de Chirur., Fusée purulente, Conduit, trajet fistuleux
que forme le pus d'un abcès, lorsqu'il tend à s'échapper
au dehors.
FUSELÉ , ÉE. adj.
En forme de fuseau. Il ne s'emploie guère que dans ces locutions: Colonne
fuselée, Colonne dont le fût est un peu renflé vers le
tiers de sa hauteur. Doigt fuselé, Doigt très-mince par son
extrémité.
Se dit, en termes de Blason, D'un écu chargé de fusées.
Fuselé d'or et de sinople.
FUSER . v. n.
T. didactique. S'étendre, se répandre. Se dit particulièrement
Des sels qui se liquéfient par l'action de la chaleur. Le salpêtre
fuse lorsqu'il est sur les charbons.
FUSIBILITÉ . s. f.
T. didactique. Qualité de ce qui est fusible, ou Disposition à
se fondre.
FUSIBLE . adj. des deux genres
Qui peut être fondu, liquéfié. Tous les métaux
sont fusibles. Le plomb est très-fusible.
FUSIFORME . adj. des deux genres
.Bot. Qui a la forme d'un fuseau, c'est-à-dire, qui est allongé,
renflé au milieu, et aminci aux deux extrémités. Racine
fusiforme. Le follicule du laurier-rose est fusiforme.
FUSIL .s.m.
(On ne prononce point l'L.) Petite pièce d'acier avec laquelle on bat
un caillou pour en tirer du feu. Pierre à fusil. Battre le fusil. Mèche
à fusil.
Se dit également de La pièce d'acier qui couvre le bassinet de
certaines armes à feu, et contre laquelle donne la pierre qui est au chien.
Fusil d'arquebuse. Fusil de pistolet. Arquebuse à fusil. Pistolet à
fusil. Dans ce sens il a vieilli: on dit plus communément, Batterie.
Se dit, par extension, d'Une arme à feu portative, longue de plusieurs
pieds, et munie d'une batterie. Il le tua d'un coup de fusil. Tirer des coups
de fusil. Un fusil de quatre pieds. Le calibre d'un fusil. Fusil brisé.
Fusil carabiné. Fusil rayé. Fusil à deux coups. Fusil de
chasse. Amorce de fusil. Charger un fusil. Un fusil chargé à poudre,
à balle. Le canon, le bois ou le fût, la crosse, la platine,
la baguette, etc., d'un fusil. Ce fusil porte loin.
Fusil de munition, Fusil de gros calibre, qui est l'arme ordinaire des
soldats d'infanterie, et auquel s'adapte une baïonnette. Mettre la baïonnette
au bout du fusil. Un fusil sans baïonnette.
Fusil à piston, Fusil dont le chien, fait en forme de marteau,
frappe sur un grain de poudre fulminante qui enflamme la charge.
Fusil à vent, Espèce de fusil au moyen duquel on peut lancer
des balles sans le secours de la poudre, et en n'employant que le ressort de l'air
comprimé.
FUSIL, se dit encore d'Un morceau de fer ou d'acier qui sert à
aiguiser les couteaux.
FUSILIER .s.m.
Soldat qui a pour arme un fusil. Se dit principalement Des simples soldats qui
forment les compagnies du centre, par opposition Aux grenadiers et aux voltigeurs.
Une compagnie de fusiliers.
FUSILLADE . s. f.
Décharge de plusieurs fusils, dans un combat, dans un exercice militaire,
etc. Une vive fusillade. Le bruit de la fusillade.
FUSILLER . v. a.
Tuer à coups de fusil. Il ne se dit guère qu'en parlant D'une
personne condamnée à être passée par les armes. On
a fusillé trois déserteurs.
S'emploie aussi avec le pronom personnel; et alors il se dit De deux troupes
qui se tirent mutuellement des coups de fusil. Ces deux troupes se sont fusillées
long-temps.
FUSILLÉ, ÉE. participe
FUSION . s. f.
Fonte, liquéfaction. La fusion des métaux. Quand le métal
entre en fusion. Mettre de l'or en fusion. Quand la fusion est complète.
Se dit quelquefois, figurément, pour Alliance et mélange. La
fusion de deux systèmes. La fusion des deux partis.
FUSTE . s. f.
.Marine. Sorte de bâtiment long et de bas bord, qui va à voiles
et à rames. Une fuste légère. Il est vieux.
FUSTET .s.m.
.Bot. Espèce de sumac dont le bois, jaunâtre et veiné, sert
en médecine et pour la teinture.
FUSTIGATION . s. f.
Action de fustiger. La fustigation était autrefois le supplice des
coupeurs de bourses.
FUSTIGER . v. a.
Battre, frapper à coups de fouet. Il fut condamné à
être fustigé. Il faisait fustiger ses esclaves pour la moindre faute.
Il faut le fustiger.
FUSTIGÉ, ÉE. participe
FÛT .s.m.
Le bois sur lequel est monté le canon d'un fusil, d'une arquebuse, d'un
pistolet, etc. Le fût d'une arquebuse, d'un pistolet, etc. On dit
dans un sens analogue, Le fût d'un rabot de menuisier.
Il signifie, en Architecture, La tige de la colonne, la partie qui est entre
la base et le chapiteau. Le fût de la colonne. Fût cannelé.
Le fût de cette colonne a sept diamètres. On dit dans un sens
analogue, Le fût d'un candélabre, etc.
FÛT, signifie aussi, Un tonneau où l'on met le vin. On
rendra les vieux fûts.
Du vin qui sent le fût, Qui a un mauvais goût qu'il a contracté
du tonneau.
FUTAIE . s. f.
Bois, forêt composée de grands arbres. Une futaie. Une jeune
futaie. Une vieille futaie. Une belle futaie. Laisser monter un bois en futaie.
Une futaie de chênes, de hêtres, de sapins.
Demi-futaie, Futaie qui n'est parvenue qu'à la moitié de
sa hauteur. Haute futaie, Futaie qui est parvenue à toute sa hauteur.
On dit dans le même sens, Bois de haute futaie.
FUTAILLE . s. f.
Vaisseau de bois à mettre le vin ou d'autres liqueurs. Futaille vide.
On appelle Futaille en botte, Les douves et les fonds préparés
et non assemblés; et Futaille montée, Celle qui est reliée.
Double futaille, Futaille renfermée dans une autre qui est ordinairement
d'un bois plus léger.
FUTAILLE, se dit aussi, collectivement, d'Une grande quantité
de tonneaux. Voilà bien de la futaille.
FUTAINE . s. f.
Étoffe de fil et de coton. Futaine à grain d'orge. Acheter
de la futaine. Brassière de futaine. Camisole de futaine. Futaine à
poil.
FUTÉ , ÉE. adj.
Fin, rusé, adroit. Cet homme est futé. Elle est bien futée.
C'est un futé matois. Il est familier.
En termes de Blason, il se dit D'une javeline ou autre arme dont le fer et le
bois sont de deux émaux différents. D'or à trois javelines
de gueules, futées de sable.
FUTÉE . s. f.
Espèce de mastic composé de sciure de bois et de colle-forte,
propre à boucher les fentes et les trous des pièces de bois.
F-UT-FA
Ancien terme de Musique, par lequel on désignait Le ton de fa. La
clef de f-ut-fa. Le ton de f-ut-fa. Cet air est en f-ut-fa.
FUTILE . adj. des deux genres
Frivole, qui est de peu de conséquence, de peu de considération.
Raisons futiles. Argument futile. Discours futiles. Un talent futile. Des écrits
futiles. On le dit quelquefois Des personnes. C'est un homme futile. De
vains et futiles esprits.
FUTILITÉ . s. f.
Caractère de ce qui est futile. La futilité de ce raisonnement.
La futilité d'esprit.
Il signifie aussi, Chose futile. Ce livre n'est plein que de futilités.
S'attacher à des futilités. Nos journées se perdaient en
futilités.
FUTUR, URE. adj.
Qui est à venir. Le temps futur. Les races futures. Les biens de la
vie future. C'était comme un présage de sa grandeur future. L'incertitude
des choses futures.
En style de Notaire, Le futur mariage, se dit Du mariage dont on dresse
le contrat. En considération du futur mariage. On dit également,
Les futurs époux, les futurs conjoints, Les deux personnes qui contractent
ensemble, pour se marier ensuite. On dit de même, Le futur époux,
la future épouse; son futur époux, sa future épouse, etc.;
ou substantivement, Le futur, la future; son futur, sa future, etc. On
dit aussi, dans le langage ordinaire: Son beau-père futur. Sa belle-mère
future. Son gendre futur. Etc.
Substantiv., en Jurispr., Épouser par paroles de futur, se dit
pour Fiancer; à la différence d'Épouser par paroles de
présent.
FUTUR, signifie, substantivement, en Grammaire, Le temps du verbe qui
marque un état, une action à venir. Il y a trois temps dans les
verbes: le présent, le passé et le futur. En français, les
futurs de la plupart des verbes se forment de l'infinitif, en ajoutant à
ce mode la terminaison ai. J'aimerai est le futur du verbe Aimer. Bénir
fait à la première personne du futur Je bénirai. Employer
le présent pour le futur. Dans cette phrase le verbe est au futur. Futur
actif. Futur passif. Le futur du participe, ou adjectivement, Le participe
futur.
Futur antérieur, Temps du verbe par lequel on exprime une action
à venir qui doit précéder une autre action également
à venir. Dans J'aurai fini quand il arrivera, l'expression J'aurai
fini est un futur antérieur. On dit aussi, Futur passé.
En termes de Logique, Futur contingent, Ce qui peut arriver ou n'arriver
pas. Cette locution s'emploie aussi quelquefois dans le langage ordinaire.
FUTURITION . s. f.
T. didactique. La qualité d'une chose future, en tant que future.
FUYANT, ANTE. adj.
.Peinture. Se dit De tout ce qui, comparé à un autre objet, paraît
s'enfoncer dans le tableau. Les parties fuyantes d'un tableau.
En Perspective, Échelle fuyante, Celle qu'on trace pour trouver
la diminution des objets, relativement à leur enfoncement.
FUYARD, ARDE. adj.
Qui s'enfuit, qui a coutume de s'enfuir. Animaux fuyards. Troupes fuyardes.
Il est aussi substantif, et il se dit principalement, au pluriel, de Gens de
guerre qui s'enfuient du combat. Poursuivre les fuyards. Rallier les fuyards.
Il s'est dit également d'Un homme qui évitait de tirer à
la milice. Quand un fuyard était arrêté, il était
milicien de plein droit.
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