D.R. BELAIR - RTMKB

Fl - Fu

       

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

FLACCIDITÉ . s. f.
• .Physique et de Médecine. État d'une chose qui est molle, flasque, qui n'offre aucune résistance à la pression. La flaccidité des chairs.

FLACON .s.m.
• Espèce de bouteille qui se ferme avec un bouchon de même matière, ou avec un bouchon de métal. Flacon d'argent. Flacon d'étain. Un petit flacon d'or. Un petit flacon de cristal. Un flacon d'eau de senteur.

FLAGELLANT .s.m.
• Nom de certains fanatiques qui se flagellaient en public. La secte des flagellants prit naissance vers l'an 1260.

FLAGELLATION . s. f.
• Action de fouetter, de faire subir à quelqu'un le supplice du fouet. Il ne se dit guère qu'en parlant De Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST et des martyrs. La flagellation de Notre-Seigneur. La flagellation de saint Gervais.
• Se dit aussi de L'action de se flageller. Le pape Clément VI défendit les flagellations publiques.
• Se dit encore d'Un tableau représentant la flagellation de Notre-Seigneur. C'est la Flagellation de tel peintre.

FLAGELLER . v. a.
• Fouetter, faire subir le supplice du fouet. Se dit principalement en parlant De Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST et des martyrs. Pilate fit flageller Notre-Seigneur.
• Fig., au sens moral, Il a été vigoureusement flagellé, Il a été cruellement maltraité, en discours ou par écrit.
• FLAGELLER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, soit comme verbe réfléchi, soit comme verbe réciproque, et se dit alors De ceux qui se fouettent par esprit de mortification. On vit des fanatiques se flageller publiquement. Il se flagellait jusqu'au sang.
• FLAGELLÉ, ÉE. participe

FLAGEOLER . v. n.
• Se dit Des jambes du cheval, lorsque la faiblesse ou la fatigue les rend tremblantes. Les jambes lui flageolent.

FLAGEOLET .s.m.
• Petit instrument à vent, qui a un bec par lequel on l'embouche, et dont on peut varier les sons au moyen des trous dont il est percé. Jouer du flageolet. Danser au son du flageolet.
• Prov. et fig., Être monté sur des flageolets, Avoir les jambes fort menues.

FLAGORNER . v. a.
• Flatter souvent et bassement. Il est entouré de parasites qui le flagornent. Flagorner ses supérieurs.
• S'emploie aussi comme neutre. Il va flagorner aux oreilles de son maître. Ce verbe est familier.
• FLAGORNÉ, ÉE. participe

FLAGORNERIE . s. f.
• Flatterie basse et fréquente. Il s'est insinué dans cette maison par ses flagorneries. Il est familier.

FLAGORNEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui flagorne. C'est un vrai flagorneur, une grande flagorneuse. Il est familier.

FLAGRANT
, ANTE. adj.
• Qui a lieu, qui se fait, qui se commet actuellement. Il est principalement usité dans cette locution, Flagrant délit, Délit où l'on est pris sur le fait. Le voleur fut pris en flagrant délit. En cas de flagrant délit.

FLAIR .s.m.
• .Chasse. Se dit de L'odorat du chien. Ce chien a le flair excellent.

FLAIRER . v. a.
• Sentir par l'odorat. Quand les chiens flairent la bête. Flairez un peu cette rose.
• Se dit, figurément et familièrement, dans le sens de Pressentir, de prévoir. Il a flairé cela de loin.
• FLAIRÉ, ÉE. participe

FLAIREUR .s.m.
• Celui qui flaire. Il ne se dit que dans ces locutions familières, Un flaireur de table, un flaireur de cuisine, Un parasite.

FLAMANT .s.m.
• T. d'Hist. nat. Oiseau de l'ordre des Échassiers, à taille élevée, qui habite les rivages des mers méridionales, et qui est ainsi nommé à cause de la belle couleur rouge de son plumage. On lui a donné aussi les noms de Phénicoptère et de Bécharu.

FLAMBANT
, ANTE. adj.
• Qui flambe. Un tison flambant. Une bûche flambante.
• FLAMBANT, en termes de Blason, se dit Des pals ou paux ondés et aiguisés en forme de flamme. D'argent à trois paux flambants de gueules.

FLAMBE . s. f.
• Nom vulgaire de la plante qu'on appelle autrement Iris des marais.

FLAMBEAU .s.m.
• Espèce de torche de cire qu'on porte à la main. Flambeau de cire jaune. Flambeau de cire blanche. Flambeau de poing. Allumer un flambeau. Aller sans flambeau. Porter le flambeau. Éteindre un flambeau. À la lueur d'un flambeau. À la clarté des flambeaux. Certaines divinités de la Fable, telles que l'Amour, l'Hymen, la Discorde, Bellone, etc., sont ordinairement représentées avec un flambeau à la main.
• Se dit également Des chandelles de cire ou de suif qu'on allume pour éclairer l'intérieur des maisons; et il se dit aussi, par extension, Des chandeliers. Allumez les flambeaux. Apportez des flambeaux. Dîner aux flambeaux. Flambeau d'argent. Flambeau de vermeil doré. Flambeau de cuivre. Une paire de flambeaux.
• Poétiq. et fig., Le flambeau du jour, le flambeau du monde, Le soleil. Le flambeau, le pâle flambeau de la nuit, des nuits, La lune. Les flambeaux de la nuit, les célestes flambeaux, Les étoiles, les astres en général.
• Poétiq. et fig., Allumer le flambeau, les flambeaux de l'hymen, Se marier.
• Poétiq. et fig., Allumer le flambeau de la guerre, de la discorde, Causer, faire naître la guerre, la discorde. Le flambeau de ma vie, de mes jours est près de s'éteindre, Je sens que je suis près de mourir. Etc.
• FLAMBEAU, se dit encore figurément, dans le style élevé, Des lumières de la raison, du génie, de la science, etc. Le flambeau de la raison, du génie. Le flambeau de l'expérience, de la vérité, de la science, de l'histoire, etc. Le flambeau de la foi.

FLAMBER . v. n.
• Jeter de la flamme. Ce bois ne flambe point. Faites flamber ce feu.
• Il est aussi verbe actif; et alors il signifie, Passer par le feu ou par-dessus le feu. Flamber une chemise. Flamber les hardes qui viennent des lieux pestiférés ou suspects.
• En termes de Cuisine, Flamber un chapon, flamber un cochon de lait, flamber des alouettes, etc., Les exposer à la flamme pour brûler les restes de plumes ou de poils. Il signifie aussi, Faire tomber sur un chapon, sur un cochon de lait, sur des alouettes, etc., quelques gouttes de lard fondu, qu'on allume et qu'on fait flamber.
• FLAMBÉ, ÉE. participe, Il signifie figurément et par plaisanterie, Ruiné, perdu, dont il n'y a plus rien à attendre. Cet homme est flambé. Mon argent est flambé, je n'espère plus le ravoir. C'est une affaire flambée.

FLAMBERGE . s. f.
• Épée. Il ne se dit qu'en plaisantant, et ne s'emploie guère que dans cette phrase, Mettre flamberge au vent, Mettre l'épée à la main, tirer son épée du fourreau.

FLAMBOYANT
, ANTE. adj.
• Qui flamboie, qui brille beaucoup. Comète flamboyante. Astre flamboyant. Les éclairs rendaient le ciel tout flamboyant. Épée flamboyante. Éclat flamboyant.
• Fig., en termes de Peinture, Contours flamboyants, Contours coulants, balancés et souples, que l'on peut comparer à l'effet de la flamme.

FLAMBOYER . v. n.
• Jeter une flamme brillante, ou Briller comme une flamme très-vive. Se dit surtout De l'éclat des armes ou des pierreries. On voyait flamboyer les épées. Ces diamants semblent flamboyer.

FLAMINE .s.m.
• Prêtre, chez les Romains, ainsi nommé d'un voile couleur de feu qu'il avait droit de porter comme une marque de sa dignité. Il n'y eut d'abord que trois flamines, celui de Jupiter, celui de Mars, et celui de Romulus. Sous les empereurs, on créa de nouveaux flamines pour les princes qu'on avait mis au rang des dieux.

FLAMME . s. f.
• (On prononce Flâme.) La partie la plus lumineuse et la plus subtile du feu, celle qui s'élève au-dessus de la matière qui brûle. Ce feu ne fait point de flamme. Un corps qui brûle sans donner de flamme. Passer quelque chose par la flamme. La flamme tend toujours à s'élever. Jeter une flamme. Éteindre la flamme. Amortir la flamme. Étouffer la flamme. La flamme d'un bûcher. Il fut dévoré par les flammes. Il fut livré aux flammes. Tout a été la proie des flammes. La maison était toute en flammes. Un volcan qui jette des flammes.
• Les flammes éternelles, les flammes de l'enfer, Les tourments des damnés. Les flammes du purgatoire, Les souffrances de ceux qui sont dans le purgatoire.
• Porter le fer et la flamme dans un pays, Y porter la guerre, le ravager.
• Fig. et fam., Jeter feu et flamme, Se livrer à de grands emportements de colère.
• Flammes du Bengale, Sorte d'artifice qui brûle sans bruit, et qui donne une lumière très-vive.
• FLAMME, se dit figurément et poétiquement, en parlant De la passion de l'amour. Une amoureuse flamme. Brûler d'une secrète flamme, d'une pudique flamme. Flamme criminelle, incestueuse, adultère. Nourrir, entretenir, éteindre sa flamme. Cacher sa flamme.
• FLAMME, en termes de Marine, se dit d'Une banderole longue et étroite qui va en diminuant en pointe jusqu'à son extrémité, et qu'on attache aux mâts ou aux vergues des navires. La flamme aux couleurs nationales ne peut être arborée que sur les vaisseaux de l'État: elle est le signe du commandement. Flamme d'ordre. Il y a des flammes de diverses couleurs, qui servent à faire des signaux.
• FLAMME, en termes d'Art vétérinaire, se dit d'Un instrument d'acier dont on se sert pour saigner les chevaux. Donner un coup de flamme à un cheval.

FLAMMÈCHE . s. f.
• Petite parcelle d'une matière combustible qui s'élève en l'air toute enflammée. Il ne faut qu'une petite flammèche pour causer un grand embrasement.

FLAN .s.m.
• .Monnayage. Pièce de métal qu'on a taillée et préparée pour en faire une pièce de monnaie, un jeton, une médaille. Un flan d'argent. Un flan d'or. Un flan de cuivre.

FLAN .s.m.
• .Pâtisserie. Sorte de tarte faite avec de la crème, etc.

FLANC .s.m.
• Côté de l'homme ou des animaux, la partie qui est depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Il eut le flanc percé d'un coup de flèche. Il reçut un coup dans le flanc. Presser les flancs de son coursier. Un cheval qui bat du flanc. Un cheval qui a beaucoup de flanc, qui n'a guère de flanc. Le lion se bat les flancs avec sa queue.
• Par le flanc droit, par le flanc gauche. Termes de commandement militaire dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner chacun à droite ou à gauche. On dit de même, Faire par le flanc droit, par le flanc gauche; et, dans un sens analogue, La marche de flanc.
• Fig. et fam., Se battre les flancs pour quelque chose, Faire beaucoup d'efforts pour y réussir. Se dit principalement Des efforts qui n'ont point de succès.
• FLANC, signifie quelquefois, Le ventre, ou la partie du ventre qui est comprise entre les deux flancs. Le fils que ses flancs ont porté. Le flanc qui t'a conçu. Interroger le flanc des victimes.
• FLANC, signifie, par analogie, Le côté de diverses choses. Le flanc d'un vaisseau. Le flanc, les flancs d'une montagne. En termes de Fortification: Le flanc d'un bastion. Un flanc bas. Un flanc rasant. En termes de Guerre: Le flanc d'un bataillon, d'un escadron. Les flancs d'une colonne, d'une armée. Couvrir le flanc d'un bataillon. Prêter le flanc à l'ennemi. Découvrir le flanc. Montrer le flanc aux ennemis. Attaquer l'ennemi en flanc. Prendre les ennemis en flanc.
• Fig. et fam., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. Prêter le flanc à la critique, au ridicule, etc.

FLANCONADE . s. f.
• T. d'Escrime. Botte de quarte forcée qu'on porte dans le flanc de son adversaire. Il reçut une terrible flanconade.

FLANDRIN .s.m.
• Sobriquet que l'on donne aux hommes élancés, qui n'ont pas une contenance ferme. C'est un grand flandrin. Il est familier.

FLANELLE . s. f.
• Étoffe légère de laine. Flanelle d'Angleterre. Gilet de flanelle. Porter de la flanelle sur la peau. Flanelle de santé.

FLANQUANT
, ANTE. adj.
• .Fortification. On appelle Angle flanquant, bastion flanquant, Celui d'où l'on découvre le pied de quelque autre partie des fortifications d'une place, de manière qu'on peut en défendre les approches.

FLANQUEMENT .s.m.
• T. d'Archit. militaire. Action de flanquer, ou Le résultat de cette action.

FLANQUER . v. a.
• T. d'Architecture militaire, qui se dit De la partie d'une fortification qui en voit une autre, et qui lui sert de défense. Des bastions qui flanquent la courtine. Des casemates qui flanquent un fossé.
• Il signifie aussi, Construire, élever la partie d'une fortification qui doit en flanquer une autre. On a flanqué cette muraille de deux tours.
• Se dit également, en Architecture civile, Des ouvrages ou des ornements qui sont aux extrémités d'une façade. Des pilastres flanquent les encoignures de cette façade. Cette façade est flanquée d'avant-corps.
• Se dit encore, familièrement, D'objets placés en flanc, à côté de quelque chose. Trois ou quatre plats flanquaient cet énorme pâté.
• FLANQUER, signifie quelquefois, populairement, Lancer, jeter brusquement. Flanquer une assiette par la figure. Elle a flanqué sa médecine par la fenêtre.
• Pop., Flanquer un coup de poing, un soufflet, Appliquer un coup de poing, un soufflet.
• Avec le pronom personnel, Se flanquer dans la boue, S'y laisser tomber, ou y marcher étourdiment. On dit dans un sens analogue: Se flanquer par terre. Se flanquer contre la muraille. Etc.
• FLANQUÉ, ÉE. participe, Se dit, en termes de Blason, Des pals, arbres, et autres figures qui en ont d'autres à leur côté.

FLAQUE . s. f.
• Petite mare d'eau qui croupit. Il y a des flaques d'eau dans ce chemin.

FLAQUÉE . s. f.
• Une certaine quantité d'eau ou d'autre liqueur qu'on jette avec impétuosité contre quelqu'un ou contre quelque chose. On lui a jeté une flaquée d'eau par le visage. Il est familier.

FLAQUER . v. a.
• Jeter avec impétuosité de l'eau ou une autre liqueur contre quelqu'un, contre quelque chose. Il lui a flaqué un verre d'eau au visage. Il est familier et peu usité.
• FLAQUÉ, ÉE. participe

FLASQUE . adj. des deux genres
• Mou, qui est sans force, sans vigueur. Un grand homme flasque. Le grand chaud rend le corps flasque. Les grands chevaux sont ordinairement flasques.
• Se dit aussi Des parties du corps qui ont perdu leur fermeté. Chair flasque.
• Se dit quelquefois, figurément, Du style, des ouvrages d'esprit où il n'y a point de force, de verve. Un style flasque. Une poésie flasque et sans couleur.

FLASQUE .s.m.
• T. d'Artillerie. Chacune des deux pièces principales d'un affût. Un des flasques de cet affût est cassé.

FLÂTRER . v. a.
• Il ne se dit qu'en parlant Des chiens mordus de quelque animal enragé, auxquels on applique sur le front un fer chaud en forme de clef, pour les garantir, dit-on, de la rage. Flâtrer un chien. Faire flâtrer des chiens.
• FLÂTRÉ, ÉE. participe

FLATTER . v. a.
• Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire. Ceux qui flattent les princes les corrompent. Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent. Elle aime à s'entendre flatter. Il ne sait point flatter.
• En termes de Peinture, Flatter une personne, La peindre, la représenter plus belle ou moins laide qu'elle n'est. Le peintre l'a un peu flattée. Les peintres flattent toujours. On dit dans un sens analogue, Ce miroir flatte.
• FLATTER, signifie aussi, Excuser par une complaisance répréhensible. Il est trop homme de bien pour flatter le vice. Je ne saurais flatter les passions, les défauts de mes amis.
• Il signifie encore, Tromper en déguisant la vérité, ou par faiblesse, ou par une mauvaise crainte de déplaire. Vous me flattez dans cette affaire-là. On ne flatte ordinairement que trop. Dites-moi sans me flatter ce qui vous en semble. Je ne veux point que mon médecin me flatte, je veux qu'il me dise nettement l'état de mon mal.
• Il signifie quelquefois, figurément, Traiter avec trop de douceur et trop de ménagement ce qui a besoin d'être traité d'une autre manière. On ne guérit point les grands maux en les flattant.
• Flatter une plaie, N'y appliquer que des remèdes trop doux. C'est entretenir une plaie que de la flatter. Si on flatte cet ulcère, on ne le guérira pas; il faut le traiter par des moyens énergiques.
• FLATTER, signifie aussi, Caresser. Flatter un enfant. Flatter un cheval de la main, avec la main. Flatter un chien. Le chien flatte son maître.
• Flatter la corde d'un instrument de musique, La toucher doucement, avec délicatesse.
• Flatter le dé, Jeter doucement les dés, en jouant, dans l'espoir de n'amener qu'un petit nombre de points. Ne flattez point le dé, jetez-le franchement.
• Fig. et fam., Flatter le dé, Déguiser, adoucir quelque chose de fâcheux par des termes qui en cachent une partie, ou qui font le mal moins grand. Parlez-nous franchement, ne flattez point le dé, il ne faut pas flatter le dé. En lui annonçant cette nouvelle, il a flatté le dé.
• FLATTER, signifie encore, Délecter, charmer, tant au sens physique qu'au sens moral. La musique flatte l'oreille. Ce vin flatte le goût. Un spectacle qui flatte les yeux, les regards. Cela flatte l'imagination, flatte les sens.
• Il signifie quelquefois, Causer un vif plaisir, une grande satisfaction. Cela doit bien le flatter. Voilà qui est bien capable de flatter le coeur d'une mère. Une telle préférence me flatte et m'honore. On dit dans un sens analogue, Flatter l'orgueil, la vanité, l'amour-propre, l'ambition, les désirs, les espérances, etc. Ce petit succès a flatté son amour-propre. Tout flatte vos désirs, votre ambition. Voici un événement qui flatte mes espérances.
• Flatter les passions, les caprices, les goûts, etc., de quelqu'un, Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts, etc., de quelqu'un, leur donner son approbation, ses louanges. Cet orateur flattait les passions de la multitude. Il flatte jusqu'aux caprices du prince. Il flatte tous ses goûts.
• Flatter sa douleur, sa peine, son chagrin, En adoucir le sentiment par des pensées consolantes. On dit de même, Flatter la douleur, la peine, etc., de quelqu'un.
• Flatter quelqu'un de quelque chose, Lui faire espérer quelque chose, l'amuser de l'espérance de quelque chose. On le flatte qu'il obtiendra ce qu'il désire. Il y a longtemps qu'on le flatte de cette espérance.
• FLATTER, avec le pronom personnel, signifie, Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc. C'est un homme vain qui se flatte toujours. Il est ridicule de se flatter. Je ne me flatte point, je connais mes défauts. Je puis dire, sans me flatter, que...
• Il signifie aussi, S'entretenir dans l'espérance, s'amuser de l'espérance de quelque chose. Elle s'était flattée de réussir. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. C'est de quoi il s'est toujours flatté. J'y parviendrai, je m'en flatte.
• Il signifie quelquefois, Se persuader. Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments.
• FLATTÉ, ÉE. participe, Portrait flatté, Portrait où la personne est peinte en beau. Cela se dit aussi figurément. Dans sa harangue, il a fait de son ami un portrait un peu flatté. Il a fait de ce prince un portrait qui n'est point flatté.

FLATTERIE . s. f.
• Louange fausse ou exagérée, donnée dans le dessein de se rendre agréable. Lâche flatterie. Honteuse flatterie. Basse flatterie. Flatterie grossière. Une flatterie délicate. Il parvint à le séduire par ses flatteries. Dire quelque chose par flatterie. Parler sans flatterie. Haïr la flatterie. Être ennemi de la flatterie.

FLATTEUR
, EUSE. adj.
• Qui flatte, qui loue avec exagération. Je ne veux point d'amis flatteurs. Un esprit flatteur. Tenir des discours flatteurs. Un langage flatteur. Un ton flatteur.
• Miroir flatteur, Miroir où l'on se voit plus beau qu'on n'est.
• Avoir les manières flatteuses, Avoir les manières douces et insinuantes.
• FLATTEUR, signifie aussi, Qui témoigne l'approbation, la louange, la faveur. Un murmure flatteur s'éleva dans l'assemblée. La princesse lui adressa des paroles flatteuses. C'est une distinction très-flatteuse. De la part de ce critique de tels éloges sont bien flatteurs. Il reçut la récompense la plus honorable et la plus flatteuse.
• Il signifie encore simplement, Agréable. Un espoir flatteur. Une espérance flatteuse. De flatteuses illusions. Le son flatteur de sa voix. Il a toujours quelque chose de flatteur à vous dire.
• Il signifie quelquefois, Caressant. Le chien est un animal flatteur.
• FLATTEUR, est aussi substantif, et signifie, Adulateur, celui qui cherche à séduire, à se faire bien venir par de fausses louanges, ou par de basses complaisances. Les plus dangereux ennemis des princes sont les flatteurs. Un lâche flatteur. Flatteur à gages. Haïr les flatteurs.
• Fam., Vous êtes un flatteur, une flatteuse, se dit Pour repousser doucement des éloges qui tiennent de la flatterie et que la modestie ne permet pas d'accepter. On dit de même, Taisez-vous, flatteur, flatteuse.

FLATTEUSEMENT . adv.
• D'une manière flatteuse. Il est peu usité.

FLATUEUX
, EUSE. adj.
• Venteux, qui cause des vents. Il ne se dit guère que De certains aliments. Aliment flatueux. Ces légumes sont flatueux.

FLATUOSITÉ . s. f.
• .Médec. Vents dans le corps. S'emploie surtout au pluriel. On dit que les fruits causent des flatuosités. Être sujet aux flatuosités.

FLÉAU .s.m.
• Instrument qui est composé de deux bâtons d'inégale longueur, attachés l'un au bout de l'autre avec des courroies, et qui sert à battre le blé. Battre le blé avec le fléau. Les gerbes sont sous le fléau. Se servir d'un fléau comme d'une arme. Jouer du fléau.
• Se dit, figurément, Des grandes calamités qui affligent le genre humain, et que l'on attribue souvent à quelque vue secrète de la Providence. Les fléaux que Dieu envoie aux hommes pour les châtier. Un fléau du ciel, de Dieu. Ce fléau désola, ravagea toute la contrée. La peste, la famine, la guerre, etc., sont de terribles fléaux. Le fléau de la peste, de la guerre, etc. Faire cesser un fléau.
• Se dit également de Ceux par qui l'on croit que la Divinité châtie les peuples. Attila est appelé le fléau de Dieu. Ce gouverneur est un fléau du ciel. Les conquérants, ces fléaux de la vengeance, de la colère céleste.
• Se dit, par extension, de Tout ce qui est nuisible, funeste, redoutable. Être le fléau de la société, de l'humanité. Hélène devint le fléau des Grecs et des Troyens. La calomnie est le fléau des gens de bien. C'est un grand fléau pour un père, pour un mari, qu'un mauvais fils, qu'une méchante femme, La goutte, la gravelle, et les autres fléaux dont le corps humain est menacé.
• Se dit quelquefois, par exagération, d'Une personne qui nous fait éprouver de grandes importunités, une sorte de persécution, etc. Cet homme-là me fait tous les jours de nouveaux procès; c'est mon fléau. Cet homme est un vrai fléau, je ne puis me délivrer de ses sollicitations. Cet éternel bavard est un grand fléau. Dans ce sens, il est ordinairement familier.
• FLÉAU, se dit aussi de La verge de fer aux extrémités de laquelle sont suspendus les deux bassins d'une balance. Le fléau d'une balance.
• Se dit encore d'Une barre de fer qu'on met derrière les portes cochères, et qu'on tourne à demi pour ouvrir les deux battants. Le fléau d'une porte cochère.

FLÈCHE . s. f.
• Trait qu'on lance avec un arc ou une arbalète. Le fer, le bois d'une flèche. Tirer une flèche. Flèche acérée. Flèche empoisonnée. Il fut tué à coups de flèches. Apollon perça de ses flèches le serpent Python. Les flèches dont les poëtes supposent que l'Amour est armé.
• Cet objet a la forme d'un fer de flèche, est taillé en fer de flèche, se dit De ce qui ressemble à un triangle échancré à sa base, parce que le fer des flèches a ordinairement cette forme.
• Prov. et fig., Faire flèche de tout bois, Mettre tout en oeuvre pour se tirer d'affaire, pour venir à bout de ce qu'on a entrepris. Ne savoir plus de quel bois faire flèche, Ne savoir plus à quel moyen recourir; ou Être dans une grande nécessité, ne savoir plus comment subsister. Tout bois n'est pas bon à faire flèche, Il faut savoir distinguer et choisir les personnes et les moyens qu'on veut employer.
• FLÈCHE, se dit également de Certaines choses qui sont faites en forme de flèche. Elle avait une flèche d'or dans ses cheveux. Des rideaux soutenus par une flèche. La flèche d'un lit.
• Se dit, particulièrement, de Certains signes représentant une flèche, dont on se sert dans les cartes géographiques, dans les plans, etc., pour indiquer le côté du nord ou la direction d'un courant d'eau.
• Se dit pareillement, en Astronomie, d'Une constellation de l'hémisphère boréal, qui est ordinairement représentée par la figure d'une flèche, dans les cartes astronomiques.
• En Géom., La flèche d'un arc, La portion de ligne droite qui, menée perpendiculairement au milieu de la corde, est terminée à l'arc.
• FLÈCHE, se dit aussi d'Une longue pièce de bois cambrée qui joint le train de derrière d'un carrosse avec celui de devant. Un carrosse qui porte sur la flèche. La flèche se rompit.
• Il signifie en outre, La partie d'un clocher qui surmonte la tour ou la cage, et qui est en pointe, en pyramide. Flèche de charpente. Flèche de pierre. On dit aussi, mais plus rarement, Aiguille.
• Se dit, en termes de Fortification, d'Un petit ouvrage composé de deux côtés, qu'on élève vis-à-vis les angles saillants ou rentrants du chemin couvert, à l'extrémité de son glacis. On dit aussi, Bonnette.
• Se dit, au Trictrac, de Chacune des languettes pointues, de deux couleurs, qui sont au fond du trictrac, et sur lesquelles on fait les cases. On dit aussi, mais plus rarement, Lame.
• En termes de Charcuterie, Flèche de lard, Ce qu'on a levé de l'un des côtés d'un cochon, depuis l'épaule jusqu'à la cuisse. Acheter une flèche de lard.

FLÉCHIR . v. a.
• Ployer, courber. Fléchir quelque partie du corps. Le muscle qui fléchit la première phalange du petit doigt. Fléchir le genou, les genoux.
• Fléchir les genoux devant les idoles, Adorer les idoles. On dit aussi dans ce sens, Fléchir le genou devant Baal.
• Fig., Fléchir le genou, les genoux devant quelqu'un, S'abaisser, s'humilier devant lui. Cet homme est toujours prêt à fléchir les genoux devant le pouvoir.
• FLÉCHIR, s'emploie aussi comme neutre. Cette poutre commence à fléchir. Ce bois rompra plutôt que de fléchir. Il faut que tout genou fléchisse au nom de Jésus.
• Fig., Fléchir sous le joug, S'y soumettre. Tout fut obligé de fléchir sous le joug.
• FLÉCHIR, se dit figurément, à l'actif, et signifie, Émouvoir à compassion, toucher de pitié, attendrir, adoucir. Fléchir ses juges. Se laisser fléchir aux prières, par les prières. Il est inexorable, rien ne le fléchit, ne peut le fléchir. Cela est capable de fléchir les coeurs les plus durs, les plus barbares. Fléchir la dureté, la cruauté d'un tyran, le courroux d'un maître.
• S'emploie de même figurément au neutre, et signifie, Se soumettre, s'abaisser. Tout le monde fléchissait devant lui. Tout doit fléchir sous les lois de la destinée.
• Il signifie également, Cesser de persister dans des sentiments de dureté ou de fermeté. C'est un homme doux, qui fléchit aisément. Quoi qu'on fasse, je ne fléchirai pas. Il est inébranlable, il ne fléchit point. Il ne sait ce que c'est que de fléchir. Il commence à fléchir.
• Il signifie quelquefois, Céder, ne plus résister, ne plus combattre avec la même vigueur. L'aile droite de l'armée commençait à fléchir.
• FLÉCHI, IE. participe

FLÉCHISSEMENT .s.m.
• Action de fléchir. Le fléchissement des genoux.
• Il signifie aussi, L'état d'un corps qui fléchit. Le fléchissement d'une poutre, d'un mât, etc.

FLÉCHISSEUR . adj. m.
• T. d'Anat., qui se dit Des muscles destinés à faire fléchir certaines parties. Les muscles fléchisseurs du bras.
• S'emploie aussi substantivement. Les fléchisseurs du genou. Les fléchisseurs sont opposés aux extenseurs.

FLEGMAGOGUE . adj. des deux genres
• (On écrit aussi, Phlegmagogue.) .Médec. Il se disait autrefois Des médicaments qu'on croyait propres à purger la pituite.
• Il se disait aussi substantivement, au masculin. Employer les flegmagogues.

FLEGMASIE . s. f.
• Voyez PHLEGMASIE.

FLEGMATIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Lymphatique, pituiteux; qui abonde en flegme, en pituite. C'est un homme extrêmement flegmatique, d'un tempérament flegmatique. Dans ce sens, on écrit aussi, Phlegmatique.
• FLEGMATIQUE, se dit figurément, dans le langage ordinaire, D'une personne dont le caractère est froid, qui s'émeut difficilement; et alors il est quelquefois substantif. C'est un homme très-flegmatique. C'est un flegmatique.

FLEGME .s.m.
• .Médec. Sérosité; humeur aqueuse, laquelle fait partie constituante du sang, du lait, etc. Dans ce sens, on écrit aussi, Phlegme.
• FLEGME, dans le langage ordinaire, se dit de La pituite, des matières aqueuses, épaisses et filantes, qu'on jette en crachant, en vomissant, etc. Dans ce sens, il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Il a jeté beaucoup de flegmes, des flegmes sanguinolents.
• Il se prend, au figuré, pour La qualité d'un esprit posé, patient, qui se possède; et, dans ce sens, il ne se dit point au pluriel. C'est un homme qui a un grand flegme, qui est d'un grand flegme. Il a du flegme où il n'en faudrait point avoir. Son flegme m'étonne. Il y a des occasions où il est bon d'avoir du flegme. Modérez votre bile, ayez un peu plus de flegme. Le flegme de cet homme me met au désespoir.
• FLEGME, dans l'ancienne Chimie, signifiait, La partie aqueuse, insipide et inodore que la distillation dégage des corps.

FLEGMON .s.m.
• (On écrit aussi, Phlegmon.) .Médec. Inflammation du tissu cellulaire, accompagnée de rougeur, de gonflement et de douleur, et qui se termine ordinairement par suppuration.

FLEGMONEUX
, EUSE. adj.
• Qui est de la nature du flegmon. Inflammation flegmoneuse. Érésipèle flegmoneux.

FLÉTRIR . v. a.
• Faner entièrement, ternir, ôter la couleur, la vivacité, la fraîcheur. Le vent de bise, le hâle flétrit les fleurs. Le grand air flétrit les couleurs. Le temps, l'âge flétrit le teint, flétrit la beauté.
• Fig., Flétrir les lauriers d'un héros, d'un conquérant, d'un poëte, etc., Ternir la gloire qu'il s'était acquise.
• FLÉTRIR, se dit figurément, au sens moral, De ce qui altère ou diminue la pureté, le mérite, l'agrément, etc., de certaines choses. Les chagrins ont flétri sa jeunesse. Flétrir les grâces du jeune âge.
• Il signifie particulièrement, Abattre, ôter l'énergie, la vigueur, le courage. Le malheur flétrit l'âme.
• FLÉTRIR, signifie encore, Diffamer, déshonorer, dégrader, ou traiter comme infâme. Flétrir quelqu'un. Flétrir l'innocence. Flétrir la réputation, la mémoire, la gloire de quelqu'un. Flétrir quelqu'un du nom de traître. Un homme que plusieurs condamnations ont déjà flétri. Il est à jamais flétri. Les tyrans que l'histoire a flétris.
• Il signifie particulièrement, en Matière criminelle, Marquer une personne d'un fer chaud, en punition d'un crime. Il fut condamné à être flétri par la main du bourreau, à être flétri. Flétrir un criminel. En France, cette peine est abolie.
• FLÉTRIR, s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans la plupart des sens qui viennent d'être indiqués. Les fleurs se flétrissent. Sa beauté commence à se flétrir. Leur jeunesse s'est flétrie dans les larmes. Une âme qui s'est flétrie dans le malheur. Sa gloire allait bientôt se flétrir.
• FLÉTRI, IE. participe, Pomme flétrie. Avoir la peau flétrie. Des charmes flétris. Un coeur flétri par de longs chagrins. C'est un homme flétri dans l'opinion publique.

FLÉTRISSANT
, ANTE. adj.
• Qui flétrit, qui déshonore. Un arrêt flétrissant. Des imputations flétrissantes.

FLÉTRISSURE . s. f.
• L'altération qui arrive à la fraîcheur et à la vivacité des fleurs et des couleurs, ou à la beauté et à la délicatesse du teint, de la peau. La flétrissure des fleurs, des fruits. Le temps n'a pas causé la moindre flétrissure à la beauté de son teint.
• Il signifie figurément, Tache à la réputation, à l'honneur. Voilà une grande flétrissure à son honneur, à sa réputation. Il a reçu une flétrissure qui ne s'effacera jamais. C'est une flétrissure à un homme que d'avoir fui dans le combat.
• Se dit, en Matière criminelle, de La marque d'un fer chaud, imprimé par ordre de justice sur l'épaule d'un criminel. On lai a trouvé une flétrissure sur l'épaule. En France, la peine de la flétrissure est abolie.

FLEUR . s. f.
• Production des végétaux, ordinairement colorée, et quelquefois odorante, qui précède le fruit, et qui porte les organes de la reproduction. Le calice, la corolle d'une fleur. Une fleur qui manque de calice, de corolle, d'étamine ou de pistil, est incomplète. Fleur complète. Fleur hermaphrodite. Fleur mâle. Fleur femelle. Fleur stérile. Les fleurs de cette plante sont grandes, petites, jaunes, blanches, rouges, etc. Fleurs pédonculées. Fleurs sessiles. Fleurs solitaires. Fleurs en grappe, en panicule, en corymbe, en ombelle, en épi, etc. Fleur composée. Fleur radiée. Fleur simple. Fleur double. Fleur nouvelle. Fleur épanouie. Bouton de fleur. Bouton à fleur. Fleur éclose. Fleur printanière. Fleur d'été. Fleur d'automne. Fleur de pêcher. Fleur de jasmin. Fleur d'orange. Une fleur qui se fane, qui se passe, qui se flétrit. Un arbre qui donne des fleurs, qui pousse des fleurs, qui est en fleur. La vigne est en fleur. Les blés sont en fleur. Il n'y a point de fleurs apparentes dans les fougères, ni dans les champignons. Un arbre chargé de fleurs. Un papillon qui vole de fleur en fleur. Un bouquet, une guirlande, une couronne de fleurs. Des festons de fleurs. Semé, jonché de fleurs. Couvert de fleurs. Cueillir une fleur. Aimer les fleurs. Orner sa cheminée de fleurs. Vase de fleurs. On n'a pas laissé les queues de ces fleurs assez longues. Les fleurs des champs. Une prairie émaillée de fleurs. Le parfum des fleurs.
• Fig., Semer, jeter, répandre des fleurs sur la tombe de quelqu'un, Donner des louanges à sa mémoire.
• Prov. et fig., Le serpent est caché sous les fleurs, se dit en parlant De choses dangereuses dont les apparences sont séduisantes. On dit dans un sens analogue, Couvrir de fleurs, cacher sous des fleurs le bord du précipice, un piége, etc.
• Fig., La fleur de la virginité, La virginité même. On dit quelquefois, absolument et un peu librement, Fleur. Elle a perdu sa fleur.
• FLEUR, se dit quelquefois, par extension, Des plantes à fleurs que l'on cultive pour l'agrément. C'est une fleur extrêmement recherchée. Planter, cultiver, arroser des fleurs. Avoir des pots de fleurs sur sa fenêtre. Marché aux fleurs.
• Il a ce dernier sens dans les dénominations vulgaires de diverses plantes remarquables par la couleur ou la forme de leurs fleurs. Fleur de la passion (grenadille). Fleur de jalousie (amarante tricolore). Fleur de tous les mois (souci des jardins). Fleur de coucou (primevère à fleurs jaunes). Fleur du soleil (espèce de ciste). Etc. etc.
• Se dit également Des figures, des représentations de fleurs, et même de fruits, de feuilles, etc. Peindre des fleurs. Peintre de fleurs. Collection de fleurs lithographiées. On a gravé une fleur sur ce cachet. Broder une fleur, des fleurs sur une étoffe.
• Étoffe à fleurs, Étoffe où il y a des figures de fleurs, etc., tissues ou brochées avec l'étoffe. Damas à fleurs. À fleurs d'or, à fleurs d'argent.
• Fleurs artificielles, se dit de Certains ouvrages qui imitent des fleurs ou des plantes à fleurs, et qui servent à faire des bouquets, à orner les coiffures de femme, à décorer les appartements, etc. Fabricant, marchand de fleurs artificielles! Un bouquet de fleurs artificielles.
• Fleur de lis. Voyez LIS.
• FLEUR, se dit figurément, en parlant De certaines choses, pour désigner Le temps où elles sont dans toute leur beauté, dans leur plus grand éclat, comme les arbres et les plantes lorsqu'ils sont en fleur. Être dans la fleur, à la fleur de ses jours. Il est dans la fleur de la jeunesse. Trente ans, c'est la fleur de l'âge pour un homme. Mourir à la fleur de l'âge, à la fleur de ses ans. Elle était alors dans la fleur de sa beauté, dans toute la fleur de sa beauté. La fleur de la beauté n'a qu'un temps.
• Se dit quelquefois, poétiquement et dans le style élevé, d'Une personne jeune, aimable, belle, ou même d'Un jeune enfant. Cette fleur si belle et qui fut sitôt moissonnée. Ce sont de tendres fleurs qu'il faut préserver du souffle impur des vices.
• FLEUR, se dit aussi figurément, surtout en parlant Des ouvrages d'esprit, pour signifier, Ornement, embellissement. Il a essayé de répandre quelques fleurs sur ce sujet aride.
• Fleurs de rhétorique, Ornements, embellissements du discours. Il se prend souvent en mauvaise part, lorsqu'on veut parler D'un discours où les ornements sont placés sans goût, prodigués sans mesure, etc. Il nous a fait beaucoup de fleurs de rhétorique, et n'a rien dit sur la question qu'il devait traiter.
• FLEUR, se dit encore, figurément, d'Une légère blancheur qui paraît sur la peau de certains fruits, tels que les prunes, les raisins, etc., lorsqu'ils n'ont point encore été maniés. On servit quantité de fruits qui avaient encore toute leur fleur.
• La fleur du teint, Cet éclat, cette fraîcheur de teint que donnent la jeunesse et la santé.
• FLEUR, se dit également, au figuré, Du lustre, de l'éclat, etc., de certaines choses qui durent peu. La beauté n'a qu'une fleur. Cette étoffe est d'une belle couleur, mais elle n'a que la fleur.
• Se dit de même au sens moral. Cette fleur d'innocence qui donne tant de charme au jeune âge.
• Il signifie en outre, quelquefois, La première vue, le premier usage d'une chose nouvelle. Voilà une étoffe qu'on n'a encore montrée à personne, vous en aurez la fleur. Il a eu la fleur de cette tapisserie, de ce meuble.
• FLEUR, se dit aussi, figurément, pour Élite, choix, ce qu'il y a de meilleur, d'excellent. C'est la fleur de mes amis. Ces braves sont la fleur du régiment, de l'armée. Ne prendre que la fleur d'un sujet.
• Fleur de chevalerie, fine fleur de chevalerie, s'est dit, dans les Romans de chevalerie, de L'élite des chevaliers, ou d'Un chevalier accompli. On dit encore quelquefois, familièrement, C'est fine fleur de chevalerie, en parlant D'un homme qui a beaucoup de valeur et de probité. On dit dans un sens analogue, C'est la fleur de la galanterie, en parlant D'un homme galant auprès des femmes, ou Des attentions délicates et des petits soins qu'on emploie pour leur plaire.
• Fig. et fam., La fleur des pois, se dit, en plaisantant, d'Un homme à la mode, élégant, agréable.
• Fleur de farine, La partie la plus fine, la plus belle de la farine. Un gâteau de fleur de farine.
• FLEURS, au pluriel, se dit quelquefois pour Flueurs, et signifie, Les règles, les purgations menstruelles des femmes. Une femme qui a ses fleurs. Ce sens a vieilli.
• Fleurs blanches, Certaine maladie des femmes.
• FLEURS, s'est dit dans l'ancienne Chimie, et se dit quelquefois encore dans le langage médical, de Certaines substances solides ou volatiles, produites par sublimation ou décomposition. Fleurs de soufre, de zinc, d'arsenic, d'antimoine. Fleurs de benjoin. On dit de même, au singulier, Fleur de soufre.
• Fleurs du vin, Petits flocons de moisissure qui paraissent sur le vin, dans les tonneaux ou dans les bouteilles, lorsqu'il vient à se gâter.
• À FLEUR DE. loc. prépositive, Presque au niveau de. Les fondements de cet édifice sont déjà à fleur de terre. La digue n'était pas encore à fleur d'eau. Il a de gros yeux à fleur de tête.
• Au Jeu de paume, La balle a passé à fleur de corde, Elle a légèrement effleuré la corde, en passant par-dessus, en sorte qu'il s'en est peu fallu que le coup ne fût perdu.
• Fig. et fam., Cette affaire a passé à fleur de corde, Il s'en est peu fallu qu'elle ne manquât.
• Cette médaille est à fleur de coin, Elle est parfaitement conservée.

FLEURAISON . s. f.
• .Bot. Le développement et l'épanouissement des fleurs; L'époque où les plantes fleurissent; ou L'état des plantes en fleur. La gelée a retardé la fleuraison. Les fleurs de la seconde fleuraison sont ordinairement moins grandes et moins belles que celles de la première. Il faut attendre l'époque de la fleuraison. Pendant la fleuraison. La fleuraison de la vigne est belle. Observer une plante au moment de sa fleuraison. On dit aussi, Floraison.

FLEURDELISER . v. a.
• Marquer d'une fleur de lis avec un fer chaud. Ce voleur avait déjà été fleurdelisé.
• FLEURDELISÉ, ÉE. participe, Se dit adjectivement, en termes de Blason, De ce qui est orné, semé de fleurs de lis. Un écu fleurdelisé. Le bâton des maréchaux de France était alors fleurdelisé.

FLEURÉ
, ÉE. adj.
• .Blason, qui se dit Des pièces terminées en fleurs, ou bordées de fleurs. On dit aussi, Fleureté et Fleuronné.

FLEURER . v. n.
• Répandre une odeur, exhaler une odeur. Cela fleure bon.
• Prov. et fig., Cela fleure comme baume, Cela sent fort bon; et, figurément et familièrement, en matière d'intérêt, Cela offre des sûretés, cela paraît devoir être avantageux, lucratif. On dit aussi, Sa réputation fleure comme baume, ne fleure pas comme baume, Il a une excellente réputation, une mauvaise réputation.

FLEURET .s.m.
• Certaine espèce de fil fait de la matière la plus grossière de la soie. Dans cette étoffe il entre beaucoup de fleuret. Le fond de cette étoffe est de fleuret.
• Se dit également d'Un ruban qui est fait de ce même fil. Une aune de fleuret.
• Dans le Commerce, on nomme, au contraire, Fleuret de coton, de laine, de fil, Le coton, la laine, le fil de choix.
• FLEURET, se dit aussi d'Une épée à lame carrée, sans pointe et sans tranchant, qui est terminée par une espèce de bouton garni de cuir, et dont on se sert à l'escrime. Présenter le fleuret. Faire un coup de fleuret. Manier le fleuret. Je lui ai fait sauter le fleuret.
• FLEURET, se dit en outre d'Un certain pas de danse. Un fleuret, un coupé.

FLEURETÉ . adj.
• Voyez FLEURÉ.

FLEURETTE . s. f. diminutif
• Petite fleur. Cueillir les fleurettes des prés.
• Il ne s'emploie plus guère que figurément, et signifie, Propos galant, cajolerie que l'on dit à une femme. Dire des fleurettes. Conter des fleurettes. Conter fleurette. Elle aime les fleurettes. Elle aime la fleurette.

FLEURIR . v. n.
• Pousser des fleurs, être en fleur. Quand les roses commencent à fleurir. Les anémones fleurissent de bonne heure. Cette plante fleurit en été, en automne.
• Fig., Sa barbe va bientôt fleurir, se dit D'un jeune homme dont la barbe est près de pousser.
• FLEURIR, signifie figurément, Être dans un état de prospérité, de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation. Alors il fait souvent Florissait à l'imparfait de l'indicatif, et toujours Florissant, au participe ou adjectif verbal, l'un et l'autre empruntés du verbe inusité Florir. Un prince qui s'attache à faire fleurir l'agriculture, l'industrie. Dans un siècle où fleurissent les arts. Les peintres et les poëtes qui fleurirent à cette époque. Les sciences et les beaux-arts fleurissaient ou florissaient sous le règne de ce prince. On dit toujours Florissait, lorsqu'on parle D'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'un peuple, d'une ville, d'une république. Ronsard florissait en France à la fin du seizième siècle. Cet empire florissait encore par ses anciennes lois. Athènes florissait sous Périclès.
• FLEURIR, est quelquefois actif, dans le langage familier, et signifie, Parer d'une fleur, d'un bouquet, etc. Qui vous a fleuri de la sorte? On l'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Vous ne sortirez point de mon jardin sans vous fleurir.
• FLEURI, IE. participe, Arbre fleuri. Pré fleuri.
• Poétiq., La saison fleurie, Le printemps.
• Pâques fleuries, Le dimanche des Rameaux, qui précède immédiatement celui de Pâques.
• FLEURI, s'emploie aussi, adjectivement et figurément, dans les locutions suivantes:
• Teint fleuri, visage fleuri, mine fleurie, Teint, visage, etc., qui a de la fraîcheur et de l'éclat.
• Discours fleuri, style fleuri, Discours, style rempli d'ornements. Il a un style très-fleuri, trop fleuri.
• Esprit fleuri, Esprit remarquable surtout par l'éclat et par l'agrément.
• En Peinture, Couleur fleurie, Couleur dont les tons brillants semblent tenir de l'éclat des fleurs.
• En Musique, Contre-point fleuri ou figuré, Celui où les différentes parties procèdent par des valeurs et des rhythmes différents.

FLEURISSANT
, ANTE. adj.
• Qui pousse des fleurs, qui est fleuri. Les prés fleurissants. Les plaines fleurissantes. Au figuré, on dit Florissant: voyez ce mot.

FLEURISTE .s.m.
• Celui qui est curieux de fleurs, qui connaît, qui aime les fleurs, qui prend plaisir à les cultiver. C'est un fleuriste, un grand fleuriste. Ce jardinier est un bon fleuriste. Il y a beaucoup de gens qui se piquent d'être fleuristes.
• Fleuriste artificiel, Celui qui fait ou qui vend des fleurs artificielles. On appelle absolument Fleuriste, Une ouvrière qui fait des fleurs artificielles.
• Adjectiv., Marchand, marchande fleuriste, Marchand, marchande de fleurs, de plantes à fleurs. Jardinier fleuriste, Celui qui cultive des fleurs. Jardin fleuriste, Jardin principalement destiné à la culture des fleurs.
• FLEURISTE, se dit aussi d'Un peintre qui s'adonne particulièrement à peindre des fleurs. Ce peintre est un excellent fleuriste. Ce sens a vieilli: on dit maintenant, Peintre de fleurs.

FLEURON .s.m.
• Espèce de représentation de fleur servant d'ornement. Les fleurons d'une couronne. Une étoffe où il y a des fleurons, de grands fleurons. Les fleurons qu'on taille sur les moulures et autres membres d'architecture.
• Se dit particulièrement, en termes d'Imprimerie, d'Un ornement que l'on met quelquefois à la fin des divisions d'un ouvrage ou sur le titre, et qui autrefois représentait ordinairement des fleurs. Ce fleuron représente les attributs du commerce. Le sujet d'un fleuron doit être approprié à la matière du chapitre qu'il termine.
• Fig., C'est un des plus beaux fleurons de sa couronne, le plus beau fleuron de sa couronne, se dit D'une des principales prérogatives qu'ait un prince, d'un de ses plus grands revenus, d'une de ses meilleures provinces; et, par extension, De ce qu'une personne a de plus considérable, de plus avantageux. On dit de même: Ajouter un fleuron à sa couronne. Il a perdu le plus beau, les plus beaux fleurons de sa couronne. Etc.
• FLEURON, en termes de Botanique, se dit de Chacune des petites fleurs dont la réunion sur un seul réceptacle et dans un calice commun, forme une fleur composée. Il y a deux sortes de fleurons: le fleuron proprement dit, qui a la forme d'un tube ou d'un cornet, découpé à son ouverture en quatre ou cinq divisions régulières; et le demi-fleuron ou fleuron en languette, qui est un peu tubulé à sa partie inférieure et qui s'épanouit ensuite d'un seul côté, de manière à former une languette plane. Le chardon, l'artichaut, l'armoise, portent des fleurs à fleurons. Les fleurs du pissenlit, de la chicorée, etc., sont composées de demi-fleurons. La fleur du tournesol, de la pâquerette, a des fleurons au centre et des demi-fleurons à la circonférence.

FLEURONNÉ . adj.
• Voyez FLEURÉ.

FLEUVE .s.m.
• Grande rivière qui porte ses eaux et conserve son nom jusqu'à la mer. Grand fleuve. Fleuve profond. Fleuve rapide, impétueux. Fleuve navigable. Le bord, la rive d'un fleuve. Les eaux d'un fleuve. Le courant du fleuve. Le canal, le lit, le cours d'un fleuve. L'embouchure d'un fleuve. Fleuve qui coule doucement. Traverser, passer un fleuve à gué.
• Se dit quelquefois, en poésie, pour désigner Une rivière quelconque.
• Fig. et poétiq., Le fleuve de la vie, Le cours de la vie. Descendre paisiblement le fleuve de la vie.
• FLEUVE, se dit, en Mythologie, Des divinités qui président aux fleuves, et qu'on représente ordinairement sous la figure de vieillards couchés sur des roseaux, appuyés sur une urne, la tête ceinte d'une couronne de joncs, et quelquefois le front armé de cornes. Le peintre, le sculpteur a donné à ce fleuve des formes colossales. Les attributs d'un fleuve.

FLEXIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est flexible. Se dit au propre et au figuré. La flexibilité de l'osier. La flexibilité de la voix. La flexibilité de l'esprit, du caractère.

FLEXIBLE . adj. des deux genres
• Souple, qui plie aisément. Il n'y a rien de plus flexible que l'osier. Une branche flexible. Avoir un corps souple et flexible.
• Fig., Voix flexible, Voix souple et aisée, qui passe facilement d'un ton à un autre. Ce chanteur a la voix très-flexible.
• FLEXIBLE, signifie figurément, Qui cède aisément aux impressions qu'on veut lui donner. Un caractère flexible.
• Esprit flexible, Esprit qui passe avec facilité d'un sujet, d'un travail à un autre.

FLEXION . s. f.
• État de ce qui est fléchi. La flexion d'un ressort, d'une poutre, etc.
• Se dit, en termes d'Anatomie, de L'action des muscles fléchisseurs, du mouvement opéré par les muscles fléchisseurs dans les parties du corps qui se plient. La flexion est opposée à l'extension. La flexion du genou.

FLEXUEUX
, EUSE. adj.
• .Bot. Qui est fléchi, courbé plusieurs fois dans sa longueur. Tige flexueuse. Pédoncule flexueux.

FLEXUOSITÉ . s. f.
• .Bot. État de ce qui est flexueux. Cette plante est remarquable par la flexuosité de ses tiges.

FLIBUSTIER .s.m.
• Nom d'une sorte de pirates qui couraient les mers d'Amérique, et qui étaient de toute nation. Les flibustiers ont fait des entreprises qui demandaient une valeur extraordinaire.

FLIC
FLAC
• Onomatopée dont on se sert quelquefois, dans le langage familier, pour exprimer le bruit de plusieurs coups de fouet, celui de plusieurs soufflets donnés coup sur coup, etc.
• Elle s'emploie aussi comme substantif masculin, en termes de Danse, pour désigner Une sorte de pas; et alors les deux mots se réunissent. Faire un flicflac, des flicflacs.

FLINT-GLASS .s.m.
• T. emprunté de l'anglais. Verre de cristal, qui contient plus de plomb que le cristal ordinaire.

FLOCON .s.m.
• Petite touffe, petit amas de laine, de soie, etc. Flocon de laine. Flocon de soie. Les brebis laissent des flocons de laine aux buissons.
• Se dit aussi en parlant De la neige. Un flocon de neige. Il tombait de la neige par flocons, à gros flocons.
• Se dit quelquefois, en Chimie, de L'état de certains précipités qui ressemblent à un amas de flocons. Ce corps se précipite en flocons.
• Se dit également, en Médecine, Des corps légers que quelques malades croient apercevoir devant leurs yeux, et qu'ils cherchent à saisir ou à éloigner.

FLOCONNEUX
, EUSE. adj.
• T. didactique. Qui ressemble à des flocons. Précipité floconneux. Substance floconneuse.

FLONFLON .s.m.
• Ancienne onomatopée qui s'employait comme refrain de chanson, et que l'on a depuis adoptée, comme substantif, pour désigner Les refrains, les couplets de vaudeville en général. Les joyeux flonflons. Ce mot est familier.

FLORAISON . s. f.
• Voyez FLEURAISON.

FLORAL
, ALE. adj.
• .Bot. Qui appartient à la fleur, ou qui l'accompagne. Enveloppe florale. Feuille florale. On appelle nectaires certains appendices floraux.
• En termes d'Antiq., Jeux floraux, Jeux qu'on célébrait à Rome, dans le mois d'avril, en l'honneur de Flore, déesse des fleurs. L'institution des jeux Floraux. On dit quelquefois substantivement, dans le même sens, au pluriel féminin, Les Florales.
• Fig., Jeux Floraux, Assemblée qui se tient chaque année à Toulouse, pour la distribution de divers prix qui représentent des fleurs d'or et d'argent, et qu'on donne à ceux qui ont le mieux réussi en certains genres de poésie, ou dans un discours d'éloquence. Remporter un prix aux Jeux Floraux. On nomme Académie des Jeux Floraux, Le corps littéraire qui tient cette assemblée et qui décerne ces prix.

FLORE . s. f.
• .Bot. Livre contenant la description des plantes qui croissent naturellement dans un pays, dans un lieu déterminé. La Flore française. La Flore des environs de Paris. La Flore des Antilles.

FLORÉAL .s.m.
• Le huitième mois du calendrier républicain.

FLORENCE .s.m.
• Petit taffetas léger qu'on tirait anciennement de Florence.

FLORENCÉ
, ÉE. adj.
• .Blason. Se dit D'une pièce terminée en fleur de lis.

FLORÈS
• (On prononce l'S.) T. emprunté du latin. Il n'est usité, en français, que dans cette phrase familière, Faire florès, Briller, faire une dépense d'éclat: cela se dit ordinairement De ceux qui n'ont pas de quoi la soutenir longtemps. Quand il a de l'argent, il fait florès.
• Faire florès, signifie aussi, Obtenir des succès, se faire une réputation. Ce baladin a fait florès dans telle ville, fait florès au boulevard.

FLORIN .s.m.
• Pièce de monnaie. Les premiers florins ont été battus à Florence, et étaient marqués d'une fleur. Florin d'or. Florin d'argent.
• Il se prend aussi pour Une monnaie de compte, qui est de diverse valeur, suivant les différents pays où elle a cours.

FLORISSANT
, ANTE. adj.
• Qui est dans un état brillant, prospère; qui est en honneur, en crédit, en vogue. Empire, État florissant. Ville florissante. Le commerce était florissant. Une jeunesse florissante. Une religion florissante et respectée. Les lettres étaient alors très-florissantes. Voyez FLEURIR.

FLOSCULEUSE . adj. f.
• .Bot. Se dit D'une fleur composée qui ne renferme que des fleurons. Les fleurs de la centaurée sont flosculeuses.
• Fleur semi-flosculeuse, Fleur composée qui n'est formée que de demi-fleurons, comme celles de la scorsonère, du pissenlit, etc.

FLOT .s.m.
• Vague, élévation qui se forme sur une eau agitée. Il est principalement d'usage au pluriel, surtout dans le style poétique; et il s'emploie quelquefois absolument, pour désigner La mer, un fleuve, etc. Les flots de la mer, d'un fleuve, d'un lac. Chaque flot qui vient se briser contre le rivage. Le vent soulève les flots. Rompre les flots. Fendre les flots. Le bruit des flots. Les flots blanchissants d'écume. Voguer à la merci des flots. Errer sur les flots. Les flots inconstants. Le rivage que la Seine baigne de ses flots, de son flot.
• Être à flot, se dit D'un navire, d'un bateau, etc., qui ne touche point le fond, qui est porté par l'eau, qui a assez d'eau. Cette barque n'a pas assez d'eau pour être à flot. On dit dans un sens analogue, Mettre, remettre à flot.
• Par extension, Le sang coulait à grands flots de sa blessure, Il coulait avec abondance. On dit dans un sens analogue: À flots pressés. À longs flots. Des flots de sang. Des flots de vin. Des flots de lumière. Des flots de poussière, de fumée, etc.
• Par exagérat., Des flots d'encre ont coulé dans ce débat, On a beaucoup écrit pour et contre.
• Fig., Des flots de bile, De violentes invectives dictées par la colère, l'indignation, le mépris. Des flots de bile coulèrent de sa plume satirique.
• Poétiq., Les flots d'une chevelure, d'une crinière, etc., Les ondulations qu'elle forme.
• FLOT, se dit encore, au figuré, Des mouvements d'une grande foule, d'une multitude, et s'applique souvent aussi à La foule, à la multitude même. Contenir les flots de la multitude irritée. La foule l'entraînait; un premier flot le porta vers l'entrée, un second l'en éloigna. Fendre les flots d'un nombreux auditoire. Au travers des flots du peuple assemblé.
• FLOT, signifie aussi, Le flux et le reflux de la mer, la marée; et plus ordinairement, Le flux, la marée montante seulement, par opposition à Jusant, qui signifie, La marée descendante. Le flot de la mer. Le flot vient, monte jusque-là. Flot et jusant. Il y a flot. Voilà le flot. Le flot entre avec beaucoup d'impétuosité dans la Seine. Le flot remonte très-loin dans ce fleuve.
• FLOT, dans l'Art du flottage, se dit d'Un train de bois qui flotte. Voyez TRAIN, qui est plus usité.
• Se dit aussi de La quantité de bois qu'on jette par bûches dans un courant pour qu'elle y flotte; et de L'action même de l'y jeter, de l'y faire flotter. Le flot va bientôt commencer.
• Mettre du bois à flot, Le jeter dans l'eau pour qu'il descende le courant. On dit dans un sens analogue: Il y a tant de bûches à flot. Ce bois vient à flot par telle rivière.
• À flot perdu, À bois perdu, à bûche perdue. Jeter du bois à flot perdu sur une rivière.

FLOTTABLE . adj. des deux genres
• Se dit Des ruisseaux et des rivières sur lesquelles le bois peut flotter, soit à bûche perdue, soit en train. Ce canal, ce ruisseau est flottable dans toute sa longueur. Les rivières navigables et flottables.

FLOTTAGE .s.m.
• Transport du bois par eau, lorsqu'on le fait flotter. Cette rivière est commode pour le flottage. Flottage en train. Flottage à bûche perdue. L'art du flottage.

FLOTTAISON . s. f.
• .Marine. La partie du bâtiment qui est à fleur d'eau. On appelle Ligne de flottaison, La ligne qui sépare la partie submergée de celle qui ne l'est pas.

FLOTTANT
, ANTE. adj.
• Qui flotte. Des îles flottantes. Des arbres flottants. Les tiges, les feuilles de cette plante aquatique sont flottantes.
• Se dit, en termes de Blason, Des navires et des poissons qui sont sur l'eau. De gueules au navire équipé d'argent, flottant et voguant sur des ondes de même.
• Il signifie aussi, Qui est ample, mobile, ondoyant. Une robe flottante. Un panache flottant.
• Il signifie encore figurément, Incertain, irrésolu, vacillant. C'est un esprit flottant.
• En Matière de finances, Dette flottante, Portion de la dette publique qui n'a point été consolidée, et qui est susceptible d'augmentation ou de diminution journalière, parce qu'elle se compose d'engagements à terme, de créances qui ne sont pas définitivement réglées, etc.

FLOTTE . s. f.
• Se dit d'Un certain nombre de navires qui vont ensemble, soit pour la guerre, soit pour le commerce. Une flotte considérable. Une petite flotte. Une flotte de cent voiles. La flotte sortit du port. Tous les vaisseaux de la flotte. Les deux flottes se réunirent. La flotte française et la flotte anglaise. Une flotte marchande. Une flotte richement chargée.
• FLOTTE, en termes de Marine, se dit aussi d'Une bouée, ou d'une barrique vide, qui soutient un câble à fleur d'eau et l'empêche de porter sur le fond.
• FLOTTE, en termes de Pêche, signifie, Un morceau de liége ou autre corps léger qu'on attache à une ligne, de manière qu'en flottant sur l'eau, il serve à marquer où est l'hameçon, et à indiquer, par son mouvement, quand un poisson y mord.

FLOTTEMENT .s.m.
• .Guerre. Mouvement d'ondulation que fait en marchant le front d'une troupe, et qui dérange son alignement.

FLOTTER . v. n.
• Être porté sur un liquide sans aller à fond. On voyait flotter les débris du naufrage. Leurs cadavres flottaient sur les eaux. Les tiges de cette plante aquatique flottent au gré du courant.
• Se dit particulièrement Du bois qu'on fait descendre sur un courant, sans bateau, par train, par radeau, ou à bois perdu. Ce ruisseau est trop étroit pour que le bois y puisse flotter. Le bois ne peut flotter en train qu'à partir de tel endroit. Faire flotter des bûches. Faire flotter du bois de corde.
• FLOTTER, signifie aussi, S'agiter, voltiger en ondoyant. Ses longs cheveux flottaient sur ses épaules. Son voile flottait au gré du vent. Ces plaines qui virent flotter nos étendards. Le panache qui flottait sur son casque. Flotter dans les airs.
• Se dit, dans un sens analogue, De certaines choses qui sont lâches, qui ne sont pas tendues comme elles pourraient l'être. Laisser flotter les rênes de son coursier.
• Se dit pareillement, en termes de Guerre, D'une troupe dont les rangs ne conservent pas bien leur alignement dans la marche.
• FLOTTER, signifie encore figurément, au sens moral, N'avoir aucune assiette fixe, aller, être emporté çà et là. Un esprit qui flotte au hasard. Mes idées flottaient dans une incertitude pénible.
• Il signifie particulièrement, Changer, hésiter, être irrésolu, agité. Flotter entre diverses pensées, entre divers desseins, entre divers partis. Flotter entre l'espérance et la crainte. Mon esprit flotte encore incertain. La majorité flottait entre ces deux candidats.
• FLOTTÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif dans cette locution, Bois flotté, Bois à brûler qui est venu par le flottage. Une voie de bois flotté.

FLOTTEUR .s.m.
• Ouvrier qui fait, qui construit des trains de bois. Un maître flotteur.

FLOTTILLE . s. f.
• Petite flotte, ou Flotte de plusieurs petits bâtiments. On le dit, particulièrement, d'Une flotte de petits navires armés en guerre. Équiper une flottille.

FLOU . sorte d'adverbe
• Terme de Peinture, qui s'emploie principalement dans cette phrase, Peindre flou, Peindre d'une manière tendre, légère, fondue, par opposition à La manière de peindre dure et sèche. On dit aussi, adjectivement, Un pinceau flou, ce tableau est flou, etc.; et substantivement, Le flou du pinceau. Cette expression est maintenant peu usitée.

FLUCTUATION . s. f.
• Balancement d'un liquide. Se dit particulièrement, en Médecine, Du mouvement d'un fluide épanché dans quelque tumeur, ou dans quelque partie du corps. En touchant cette tumeur, on sent qu'il y a fluctuation.
• Se dit aussi, figurément, pour Variation, défaut de fixité, de permanence, etc. La fluctuation des opinions, des sentiments. La fluctuation du prix des denrées, des effets publics.

FLUCTUEUX
, EUSE. adj.
• Qui est agité de mouvements violents et contraires. Il est peu usité.

FLUER . v. n.
• Couler. Cette rivière flue vers le couchant. On le dit surtout en parlant Du mouvement par lequel la mer monte. La mer flue et reflue.
• Se dit, en Médecine, Des humeurs qui s'écoulent de quelque partie du corps, d'une plaie, d'un ulcère, etc., et Des parties mêmes d'où ces humeurs s'écoulent. L'humeur qui flue de ses oreilles, de sa plaie. La bile flue. Ses hémorroïdes fluent. Sa plaie flue toujours. Sa fistule lacrymale a cessé de fluer.

FLUET
, ETTE. adj.
• Mince, délicat, de faible complexion. Corps fluet. Il est fluet. Constitution, complexion fluette. Mine fluette. Visage fluet.

FLUEURS . s. f. pl.
• .Médec. Il n'est usité que dans cette locution, Flueurs blanches, Certaine maladie des femmes. On dit plus ordinairement et par corruption, Fleurs blanches.

FLUIDE . adj. des deux genres
• Opposé de Solide; coulant, dont les molécules ont si peu d'adhérence entre elles, qu'elles cèdent à la moindre pression, et tendent continuellement à se séparer. L'air et l'eau sont des corps, des substances fluides. Le mercure est fluide. Cette encre n'est pas assez fluide, est trop fluide.
• Il est aussi substantif masculin. L'air est un fluide. On divise les fluides en liquides ou incompressibles, et en aériformes ou compressibles. Fluide électrique. Fluide magnétique.

FLUIDITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est fluide. La fluidité de l'eau, de l'air. La fluidité du sang, des humeurs.

FLUOR . adj. m.
• .Minéralogie. On appelle Spath fluor, ou simplement Fluor, Une sorte de pierre précieuse qui s'offre sous des couleurs brillantes et variées, et dont on fait de petits meubles d'ornement, etc. Vase, candélabre de spath fluor.

FLÛTE . s. f.
• Sorte d'instrument à vent en forme de tuyau, et percé d'un certain nombre de trous, qui s'embouche par le côté, et duquel on obtient différents tons par le souffle, et par le remuement des doigts sur les trous. Jouer de la flûte. Joueur de flûte. Au son de la flûte. Accompagnement de flûte. Duo de flûte. On le nomme quelquefois Flûte traversière.
• Flûte à bec, Instrument fait comme un gros flageolet, et qu'on embouche en plaçant entre les lèvres le bec qui le termine par en haut. Dans les Arts, on dit de certains ustensiles, qu'Ils sont terminés en bec de flûte, parce que leur extrémité ressemble à celle d'une flûte à bec.
• Flûte à l'oignon, Petite flûte de roseau garnie de pelure d'oignon par les bouts, qui sert de jouet aux enfants. On dit aussi et plus ordinairement, Mirliton.
• Jeu de flûtes, La partie d'un jeu d'orgues qui imite les sons de la flûte.
• Fig. et pop., Il est du bois dont on fait les flûtes, se dit D'un homme qui, par complaisance ou par faiblesse, ne veut ou n'ose contredire personne.
• Prov. et fig., Toujours souvient à Robin de ses flûtes, On se rappelle volontiers les goûts, les penchants de sa jeunesse; On revient facilement à d'anciennes habitudes.
• Prov., fig. et fam., Ajuster ses flûtes, Préparer les moyens de faire réussir quelque chose. Il a bien de la peine à ajuster ses flûtes. Il a mal ajusté ses flûtes. On dit aussi, Ajustez vos flûtes, soit en parlant À un homme qui ne paraît pas d'accord avec lui-même dans ce qu'il dit, soit en parlant À plusieurs personnes qui ne conviennent pas des moyens de faire réussir quelque chose. Dans ce dernier sens, on dit également, Accordez vos flûtes.
• Prov. et fig., Ils ne sauraient accorder leurs flûtes, Ils sont toujours en différend.
•Prov. et fig., Ce qui vient de la flûte, s'en retourne au tambour, Le bien acquis trop facilement, ou par des voies peu honnêtes, se dissipe aussi aisément qu'il a été amassé.
• Fig. et pop., Être monté sur des flûtes, Avoir des jambes longues et grêles.
• FLÛTE, se dit aussi d'Un petit pain long. Manger une flûte à son déjeuner.

FLÛTE . s. f.
• .Marine. Sorte de gros bâtiment de charge dont on se sert ordinairement pour porter des vivres et des munitions. Une flûte hollandaise. Une flûte armée en guerre.
• Équiper un vaisseau en flûte, se dit en parlant D'un vaisseau de guerre dont on fait un bâtiment de charge.

FLÛTÉ
, ÉE. adj.
• S'emploie dans ces locutions: Des sons flûtés, Des sons qui par leur douceur imitent ceux de la flûte. Fig., Une voix flûtée, Une voix douce. Elle a une petite voix flûtée.

FLÛTEAU .s.m.
• Espèce de flûte grossière, ou de sifflet, qui sert principalement à amuser les enfants.
• FLÛTEAU, en Botanique, est Le nom d'une plante qu'on appelle aussi Plantain aquatique.

FLÛTER . v. n.
• Jouer de la flûte. On ne le dit guère que par plaisanterie et par dénigrement. Il ne fait que flûter toute la journée.
• Il signifie aussi, figurément et populairement, Boire. Aimer à flûter.

FLÛTEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui joue de la flûte. Il ne se dit guère que par plaisanterie et par dénigrement. C'est un flûteur, un mauvais flûteur.

FLUVIAL
, ALE. adj.
• Qui appartient aux fleuves, aux rivières. La navigation fluviale. Pêche fluviale.

FLUVIATILE . adj. des deux genres
• T. d'Hist. nat. Se dit Des plantes et des coquillages d'eau douce.

FLUX .s.m.
• Mouvement réglé de la mer vers le rivage à certaines heures du jour. Le flux va jusqu'à tel lieu. Le flux et le reflux.
• Se dit quelquefois figurément, avec son opposé Reflux, en parlant De la vicissitude, du changement alternatif de certaines choses. Les choses du monde sont sujettes à un flux et reflux perpétuel. La fortune a son flux et reflux. Un flux et reflux de sentiments contraires.
• FLUX, signifie aussi, Dévoiement, diarrhée. Avoir le flux de ventre. Il lui a pris un flux de ventre. Provoquer un flux de ventre. Arrêter un flux de ventre. Flux céliaque.
• Flux de sang, Dyssenterie, dévoiement accompagné de sang. Arrêter, guérir le flux de sang. Le flux de sang était dans l'armée. Il est mort d'un flux de sang. On dit aussi, Flux dyssentérique.
• Flux hépatique, Dévoiement provenant de ce que le foie ne fait pas bien ses fonctions.
• Flux de bile, ou Flux bilieux, Évacuation de bile par haut ou par bas.
• Flux d'urine, Évacuation d'urine trop fréquente et trop abondante. On dit de même, Flux de sueur, etc.
• Flux de lait, Sécrétion de lait chez les femmes qui ne sont pas nourrices, ou Sécrétion trop abondante chez celles qui le sont.
• Flux menstruel, Les règles des femmes.
• Flux hémorroïdal, Le sang qui coule des hémorroïdes. Flux muqueux, purulent, Écoulement de mucosités, de pus.
• Flux de bouche, de salive, ou Flux salivaire, Abondance inaccoutumée de salive.
• Fig. et fam., Il a un flux de bouche, un grand flux de bouche, un flux de bouche continuel, C'est un grand parleur, un bavard. Ces phrases vieillissent.
• Fig. et fam., Flux de paroles, Abondance superflue de paroles. Quel flux de paroles!
• Fig. et pop., Il a un flux de bourse, se dit D'un prodigue qui se ruine en folles dépenses.
• FLUX, en Chimie, se dit Des matières qui facilitent la fusion. Le flux blanc. Le flux noir. Le borax est un excellent flux.
• FLUX, à certains Jeux de cartes, se dit d'Une suite de plusieurs cartes de même couleur. Avoir flux. Faire flux. Avoir grand flux. Être à flux.

FLUXION . s. f.
• Congestion, afflux de liquides dans quelque partie du corps; et, dans un sens plus restreint, Gonflement, ordinairement indolent, souvent mobile, du tissu cellulaire, et particulièrement de celui de la face. Il est sujet aux fluxions. Avoir une fluxion sur le visage, sur les dents, sur les yeux. Arrêter la fluxion. Il faut que la fluxion ait son cours. Détourner la fluxion.
• Fluxion de poitrine, Inflammation du poumon, pneumonie. Fluxion catarrhale, Inflammation catarrhale.
• FLUXION, est aussi un terme de Mathématique, usité seulement dans cette locution, Méthode des fluxions, Méthode de calcul où l'on considère les quantités finies comme engendrées par un flux continuel. La méthode des fluxions, inventée par Newton, est analogue au calcul différentiel de Leibnitz.

FLUXIONNAIRE . adj. des deux genres
• Qui est sujet aux fluxions. Il est peu usité.

FOC .s.m.
• .Marine. Se dit de Voiles triangulaires qui se placent à l'avant du bâtiment, entre le mât de misaine et le beaupré, ou entre ce dernier et le grand mât, dans les bâtiments qui n'ont pas de mât de misaine. Grand foc. Petit foc. Etc.

FOERRE
ou FOARRE.s.m.
• Paille longue de toute sorte de blé. Ce vieux mot s'est longtemps conservé dans la phrase proverbiale et figurée, Faire à Dieu barbe de foerre, Ne pas payer la dîme à son curé, ou La payer avec des gerbes où il y a peu de grains; et, par extension, Traiter les choses de la religion avec irrévérence.

FOETUS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Hist. nat. et d'Anat. L'animal qui est forme dans le ventre de la mère ou dans l'oeuf; et particulièrement, L'enfant qui est formé dans le ventre de la femme. Foetus de cheval, de chien, de poulet. Foetus humain. La formation du Foetus. Faire l'anatomie d'un Foetus. Un Foetus monstrueux. Un Foetus conservé dans de l'esprit-de-vin.

FOI . s. f.
• Croyance aux vérités de la religion. La foi est la première des trois vertus théologales. La foi, l'espérance et la charité. Foi pure, ardente, ferme, inébranlable. Foi vive. Foi morte. Foi languissante. Foi chancelante. Acte de foi. Avoir la foi. La foi d'un chrétien. Être ferme dans la foi, dans sa foi. Manquer de foi. Pécher contre la foi. Vaciller en la foi. L'objet de la foi.
• Il se prend aussi pour L'objet de la foi, pour les dogmes qu'une religion propose à croire comme révélés de Dieu; et souvent pour Cette religion même. Un article de foi. Cela est de foi. C'est une question de foi. Le symbole de la foi. C'est un article de foi. La foi de l'Église. Les lumières, le flambeau de la foi. Mourir pour la foi. Les confesseurs de la foi. La foi de JÉSUS-CHRIST. La propagation de la foi. Il s'est fait mahométan, il a renié la foi de ses pères, sa foi, ou absolument, la foi. Renoncer à sa foi. Changer de foi.
• Fig., Planter la foi dans un pays, Y introduire la religion chrétienne. Saint Thomas a planté la foi dans les Indes.
• N'avoir ni foi ni loi, Être sans religion et sans morale.
• Foi divine, Celle qui est fondée sur la révélation. Foi humaine, Celle qui est fondée sur l'autorité des hommes.
• Fam., Croire une chose comme un article de foi, La croire fermement. Croire tout comme article de foi, Être fort crédule. Ce n'est pas article de foi, se dit D'une chose qui ne mérite pas ou qui ne paraît pas mériter de créance.
• Profession de foi, Déclaration publique de sa foi et des sentiments qu'on tient pour orthodoxes. Se dit, par extension, de Toute déclaration de principes. Faire sa profession de foi politique. Dans le premier sens, on dit également, Confession de foi.
• Ma foi, par ma foi. Façons de parler familières, dont on se sert, abusivement, Lorsqu'on affirme, ou lorsqu'on reconnaît, lorsqu'on avoue quelque chose. Ma foi, je n'en sais rien. Il a, ma foi, raison. Par ma foi, le tour est plaisant. On dit dans le même sens, Jurer sa foi.
• FOI, signifie encore, La fidélité, l'exactitude à tenir sa parole, à remplir ses promesses, ses engagements; ou L'assurance donnée de garder sa parole, sa promesse, etc. C'est un homme de peu de foi. Homme sans foi. Sa foi m'est un peu suspecte. La foi publique. S'en remettre à la foi de quelqu'un. Donner un gage de sa foi. Manquer de foi. Donner sa foi. Engager sa foi. Garder sa foi. Violer, trahir sa foi. Fausser sa foi. La foi que deux époux se sont jurée. La foi due au souverain. Être prisonnier sur sa foi. Prendre quelqu'un à foi et à serment.
• Bonne foi, La qualité ou la conduite de celui qui agit, qui parle selon sa conscience, avec franchise, avec une intention droite. Il a mis beaucoup de bonne foi dans toute cette affaire. La bonne foi est rare parmi les hommes. La bonne foi préside à tous nos actes. Allons, soyez de bonne foi. Ayez un peu plus de bonne foi. Tout homme de bonne foi conviendra que..... C'est de la meilleure foi du monde qu'il soutient cette erreur. La bonne foi n'excuse pas toujours. Être dans la bonne foi. Faire une chose dans la bonne foi. Agir, traiter à la bonne foi. Y aller à la bonne foi. Je m'en remets à votre bonne foi. On dit dans le sens contraire, Mauvaise foi. Être de mauvaise foi. Une histoire altérée par l'ignorance ou la mauvaise foi. C'est mauvaise foi de votre part. Il est d'une insigne mauvaise foi.
• Bonne foi, se dit particulièrement, en Jurisprudence, de La conviction où est une personne qu'elle agit, qu'elle contracte légalement, ou qu'elle acquiert, qu'elle possède légitimement. On dit également dans le sens contraire, Mauvaise foi. Lorsque le mariage a été contracté de bonne foi par l'un des époux. Acquérir, posséder de bonne foi. Possesseur de bonne, de mauvaise foi. La bonne foi est toujours présumée en ce cas. C'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver.
• En bonne foi, de bonne foi. Façons de parler familières, dont on se sert Pour engager une personne à répondre, à s'exprimer franchement, ou à ne juger d'une chose que selon le bon sens, la conscience, etc. En bonne foi, le feriez-vous? De bonne foi, je ne pouvais accepter une pareille proposition.
• Laisser quelqu'un sur sa bonne foi, sur sa foi, Le laisser maître de sa conduite. On laisse maintenant cette jeune fille, ce jeune homme sur sa foi. On dit dans le même sens, Être sur sa bonne foi, sur sa foi.
• Foi conjugale, La promesse de fidélité que le mari et la femme se font mutuellement en s'épousant. Elle a violé la foi conjugale.
• La foi des traités, des engagements, du serment, des serments, etc., L'obligation que l'on contracte, l'assurance que l'on donne de quelque chose par les traités, etc. Faire quelque chose contre la foi des traités. Il se reposait sur la foi des traités, des serments. Promettre une chose sous la foi du serment.
• Par extension, Sur la foi de, En se confiant, en croyant à. Sur la foi d'un tel oracle, il ne douta plus du succès de l'entreprise. Oseriez-vous le condamner sur la foi de telles gens? Ne juger des choses que sur la foi de ses sens. Sur la foi d'une tradition incertaine.
• Fig., Sur la foi des traités, Selon la confiance établie entre les honnêtes gens. Je suis venu sur la foi des traités. Il a agi sur la foi des traités.
• Prov., Foi de bohème, La foi que les voleurs, les fripons, etc., se gardent entre eux.
• Foi de gentilhomme, foi d'honnête homme, etc. Façons de parler dont on se sert Pour mieux assurer ou attester quelque chose. Je vous déclare, foi d'honnête homme, que je n'en savais rien.
• FOI, signifie aussi, Croyance, confiance. Ajouter foi, avoir foi à quelque chose, aux paroles, dans les paroles de quelqu'un, à quelqu'un. C'est un homme digne de foi. Accorder une foi pleine et entière à quelqu'un, à quelque chose. La foi due aux actes authentiques.
• Il signifie également, Témoignage, assurance, preuve. Ce qui est arrivé depuis peu en fait foi. Faire foi d'une chose. Cette lettre fait foi qu'il est arrivé. Leur acte fait pleine foi de cette convention. Ces papiers ne peuvent faire foi contre lui. En foi de quoi j'ai signé les présentes. Cet acte fait foi en justice.
• Il signifie, en Jurisprudence féodale, La promesse et le serment que le vassal fait d'être fidèle à son seigneur; et, dans ce sens, on ne le sépare pas ordinairement du mot hommage. Faire foi et hommage. Faute d'avoir rendu la foi et hommage. Faute d'avoir rendu les foi et hommage.
• Homme de foi, Le vassal qui doit, qui a rendu foi et hommage au seigneur dont il relève.

FOIBLE
• et ses dérivés. Voyez FAIBLE, ETC.

FOIE .s.m.
• T. d'Anat. Viscère d'un volume considérable, de couleur rougeâtre, convexe dans la partie supérieure et antérieure qui répond à la voûte des côtes et du diaphragme, d'une surface inégale à la partie postérieure, situé principalement dans l'hypocondre droit sous les fausses côtes, mais s'étendant aussi dans la région épigastrique, où il recouvre une partie de l'estomac. Le foie est l'organe sécréteur de la bile. Avoir un grand foie. Le ligament suspenseur du foie. Les lobes du foie. Les maladies du foie. Inflammation du foie. Il avait un squirre dans le foie, un abcès, un cancer au foie. Obstruction au foie.
• Chaleur de foie, s'est dit de Certaines rougeurs qui viennent au visage, et qui étaient autrefois regardées comme indiquant une affection du foie. On l'a dit aussi, figurément et familièrement, Des mouvements de colère prompts et passagers. Ce sont des chaleurs de foie. C'est une petite chaleur de foie.
• FOIE, se dit également Du viscère analogue au foie de l'homme, qu'on trouve dans les quadrupèdes, dans les oiseaux, dans les poissons, dans les reptiles, etc. Un foie de boeuf, de veau, de poulet, d'oie, de raie, etc. Les insectes, les vers n'ont point de foie. Les foies de certains animaux servent de mets. Aimer le foie. Manger un foie de canard. Foie de veau à la sauce, à l'italienne. Pâté de foies de canards, de foies gras.
• FOIE, dans l'ancienne Chimie, se disait de Certaines combinaisons qui ont une couleur analogue à celle du foie. Foie de soufre. Foie d'antimoine. Foie d'arsenic.

FOIN .s.m.
• Herbe fauchée et séchée qui sert principalement à la nourriture des chevaux et des bestiaux. Vieux foin. Foin nouveau. Foin délié. Un cent de foin. Une botte de foin. Décharger du foin. Botteler du foin. Charretée de foin. Tas de foin. Meule de foin. Grenier à foin. Marché au foin, aux foins.
• Se dit aussi de L'herbe avant qu'elle soit fauchée. Une pièce de foin. Couper le foin. Dans ce sens, on l'emploie plus ordinairement au pluriel. Les foins sont beaux. On coupe les foins. La saison des foins. Faire ses foins.
• Prov. et fig., Mettre du foin dans ses bottes, Amasser beaucoup d'argent dans un emploi, y faire bien ses affaires. Cela se dit ordinairement en parlant D'un gain illicite.
• Prov. et fig., C'est chercher une aiguille dans une botte de foin, se dit en parlant D'une chose que l'on cherche parmi beaucoup d'autres, et qui est très-difficile à trouver, à cause de sa petitesse.
•Foin d'artichaut, L'amas de barbes soyeuses qui garnit le fond d'un artichaut.

FOIN
• Sorte d'interjection qui marque le dépit, la colère, la haine, le mépris. Foin! voilà un habit tout gâté. Foin de lui! Ce mot populaire a vieilli.

FOIRE . s. f.
•Grand marché public où l'on vend toutes sortes de marchandises, et qui se tient régulièrement en certains temps, une ou plusieurs fois l'année. Foire franche. La foire Saint-Laurent. La foire de Beaucaire, de Francfort, de Leipsick. Il y a trois foires par an dans cette ville. Ouvrir la foire. Fermer la foire. La clôture de la foire. Tenir une foire. Cette foire est de quinze jours, dure quinze jours. Cette foire attire beaucoup de marchands étrangers. En temps de foire. Prolonger la foire. Aller à la foire. Voir toutes les curiosités de la foire.
• Prov., Ils s'entendent comme larrons en foire, se dit De gens qui sont d'intelligence pour faire quelque chose de blâmable.
• Prov. et fig., Il ne sait pas toutes les foires de Champagne, se dit D'un homme qui croit être bien informé de tout ce qui se passe dans une affaire, et qui ne l'est pas.
• Prov. et fig., Il a bien hanté, il a bien couru les foires, C'est un vieux routier, un homme qui a une grande expérience.
• Prov., fig. et pop., La foire n'est pas sur le pont, Il n'est pas nécessaire de se tant presser.
• Prov., fig. et pop., La foire sera bonne, les marchands s'assemblent, se dit Quand on voit arriver plusieurs personnes dans une compagnie.
• FOIRE, se dit aussi Du présent qu'on fait au temps de la foire. Je lui ai donné sa foire. Que me donnerez-vous pour ma foire?

FOIRE . s. f.
• Cours de ventre. Avoir la foire. Des fruits qui donnent la foire. Il est bas.

FOIRER . v. n.
• Aller par bas, lorsqu'on a le cours de ventre. Il a foiré partout. Il est bas.

FOIREUX
, EUSE. adj.
• Qui a la foire. On l'emploie quelquefois substantivement. Un foireux. Une foireuse. Il est bas.
• Pop., Avoir la mine foireuse, Avoir le teint pâle, comme une personne qui a le cours de ventre.

FOIS . s. f.
• Il ne s'emploie guère qu'avec des mots qui indiquent un nombre, et se dit en parlant Des actions, des événements qui se réitèrent ou qui peuvent se réitérer. Une fois par an, une fois l'an. Deux fois par semaine. Deux fois la semaine. N'y retournez plus une autre fois. Je ne lui ai encore parlé que deux ou trois fois. C'est la seconde fois, c'est la troisième fois. Je l'ai vu pour la première, pour la dernière fois. Je ne l'ai vu qu'une fois, que cette fois-là. C'est la première fois que, c'est la seule fois que je l'ai vu, que je l'aie vu. Cela est bon pour une fois. Combien cette pièce a-t-elle été jouée de fois? Combien de fois vous l'ai-je dit, ne vous l'ai-je pas dit! Je l'ai dit bien des fois, beaucoup de fois. On ne peut le redire trop de fois, assez de fois. À chaque fois, chaque fois qu'on lui en parle. Toutes les fois qu'on lui en parle. On l'en a averti quantité de fois, plusieurs fois, par plusieurs fois. Il y est revenu à plusieurs fois. C'est un homme qui ne se fait pas dire les choses deux fois. Une fois n'est pas coutume. Cette fois-ci. Cette fois-là. Je lui en ai parlé maintes fois. J'ai été dans cet endroit plus de fois que vous ne dites.
• Se dit particulièrement en parlant De quantités, de nombres qu'on augmente, qu'on diminue, ou que l'on compare à d'autres; et alors il est souvent employé sans aucune relation au temps. Trois fois trois font neuf. Ce nombre pris quatre fois donne tel autre nombre. Ajoutez une fois, deux fois ce nombre à tel autre. En retranchant deux fois ce nombre de vingt, on a... Le nombre de fois qu'une quantité est renfermée dans une autre. J'ai fait cinq fois plus de chemin que vous. Il entre deux fois autant de monde dans cette salle que dans l'autre. Ce corps est un million de fois plus petit que tel autre. Il est une fois plus grand, plus long, etc. On dit quelquefois, en poésie, Ô jour trois fois heureux! etc., en parlant D'un jour où il arrive quelque chose de très-heureux, etc.
• Fam., N'en pas faire à deux fois, Ne pas balancer, se décider tout de suite. On dit dans le sens contraire, Y regarder à deux fois, à plusieurs fois.
• De fois à autre, De temps en temps. Il n'y va que de fois à autre.
• D'autres fois, En d'autres moments, en d'autres occasions. Souvent il est doux comme un mouton; et, d'autres fois, il est brusque et emporté.
• À la fois, tout à la fois, En même temps, ensemble. On ne peut pas tout faire à la fois. Il entreprend tout à la fois. Il est à la fois, tout à la fois habile, brave, et homme de bien. Prendre plusieurs plaisirs à la fois. Parler tous à la fois.
• Fam., Toutes fois et quantes, toutes et quantes fois, Toutes les fois que. Cette locution a vieilli. Voyez QUANTES.
• Elliptiq., Encore une fois, pour la dernière fois, etc., Je vous le demande, je vous le dis encore une fois, une dernière fois, etc. Encore une fois, pour la dernière fois, voulez-vous ou ne voulez-vous pas?
• Fam. et par exagérat., Vingt fois, cent fois, cent et cent fois, mille fois, mille et mille fois; plus de vingt, de cent, de mille fois, etc., Un très-grand nombre de fois, fort souvent. Je l'ai vu vingt fois, cent et cent fois. On lui a dit mille fois de s'arrêter. Je l'en ai averti plus de vingt fois. On dit aussi, Vingt fois, cent fois, mille fois pour une, en parlant D'une chose qu'on a été trop souvent obligé de faire ou de dire. Je vous ai dit cela mille fois pour une, et il faut encore que je vous le répète?
• Fam., Une bonne fois, une fois pour toutes, se dit en parlant D'une action faite complétement en une fois, ou avec le dessein, la résolution de ne point la faire de nouveau. Avouez-le donc une bonne fois. Je vous le dis une bonne fois. Une fois pour toutes, je vous en avertis. On dit quelquefois simplement, Une fois. Il faut pourtant que nous sachions une fois à quoi nous en tenir.
• Une fois, signifie aussi, À une certaine époque, ou Dans une certaine occasion. La plupart des vieux contes commencent par cette phrase: «Il y avait ou Il était une fois un roi et une reine.» Une fois, entre autres, il arriva que... Une fois, que je passais près de lui, il feignit de ne point me voir. J'étais, une fois, à me promener, lorsque...
• Une fois que, dès qu'une fois, lorsqu'une fois, etc., Dès que, lorsque, quand. Une fois qu'il s'est mis quelque chose dans l'esprit. Dès qu'une fois je le tiendrai, ne craignez point qu'il m'échappe. Lorsqu'une fois il se met en train de parler, il ne finit plus. On dit elliptiquement dans le même sens: Une fois parti, je ne reviendrai plus. Une fois en mouvement, il ne s'arrête plus. Etc. On emploie aussi la locution, Une fois, dans un sens adverbial. Si une fois je parviens à le découvrir, Dès que je serai parvenu à... Rien ne saurait l'empêcher de faire ce qu'il a une fois résolu, Dès qu'il a résolu quelque chose, rien ne saurait...
• Prendre, saisir quelqu'un à fois de corps, Le prendre, le saisir par le milieu du corps. Cette locution a vieilli: on dit, À bras-lecorps.

FOISON . s. f.
• Abondance, grande quantité. Il ne prend jamais l'article et n'a point de pluriel. Il y aura foison de fruits cette année. Ce mot est familier.
• À FOISON. adv. Abondamment. Il y a de tout à foison. On y trouve de tout à foison.

FOISONNER . v. n.
• Abonder. Cette province foisonne en blés, foisonne en vins. C'est une ville qui foisonne en bons ouvriers.
• Prov., Cherté foisonne, Quand une denrée est chère dans un lieu, tout le monde en apporte; ce qui en procure l'abondance.
• FOISONNER, signifie aussi, Multiplier, en parlant De certains animaux. Il n'y a point d'animal qui foisonne autant que les lapins. Ces animaux foisonnent beaucoup.
• Se dit encore Des viandes, des mets apprêtés de manière qu'ils paraissent davantage, qu'ils fournissent plus à manger. Une carpe à l'étuvée foisonne plus qu'une carpe sur le gril. Ce sens est peu usité.

FOL
, OLLE. adj.
• Voyez FOU.

FOLÂTRE . adj. des deux genres
• Qui aime à badiner, à jouer. Jeune et folâtre. Qu'il est folâtre! Elle est extrêmement folâtre.
• Se dit aussi De l'air, des manières, des actions, etc. Air folâtre. Manières folâtres. Gaieté folâtre. Jeux folâtres.

FOLÂTRER . v. n.
• Badiner, faire des actions folâtres. Ne vous amusez point à folâtrer. Il ne fait que folâtrer. Il ne demande qu'à folâtrer.

FOLÂTRERIE . s. f.
• Action folâtre, parole folâtre. Il fit mille folâtreries. Il dit mille folâtreries. Ce mot est peu usité.

FOLIACÉ
, ÉE. adj.
• .Bot. Qui est de la nature des feuilles, qui a l'apparence d'une feuille. Stipules foliacées.

FOLICHON
, ONNE. adj.
• Folâtre, badin. Esprit folichon. Humeur folichonne. On l'emploie aussi substantivement. C'est un folichon. C'est une petite folichonne. Ce mot est familier.

FOLIE . s. f.
• Démence, aliénation d'esprit. Sa folie me fait pitié. Sa folie approche de la fureur. Folie incurable. Un accès de folie. Un grain de folie. Un coin de folie. Trait de folie. Cela tient de la folie.
• Par exagérat., Aimer à la folie, Aimer éperdument, avec excès. Il aime cette femme à la folie. J'aime ce spectacle à la folie.
• FOLIE, signifie aussi, Imprudence, extravagance, manque de jugement. La sagesse des hommes n'est souvent que folie. Quelle folie de ne point songer à l'avenir! Un luxe qui va jusqu'à la folie. Je plains son aveuglement et sa folie. Il taxe cette conduite de folie.
• Il signifie quelquefois, Cette gaieté vive et ordinairement bruyante dans laquelle on fait ou on dit des choses peu raisonnables, mais propres à divertir. Une aimable folie. Être inspiré, guidé par la folie. Tous ces buveurs, joyeux enfants de la folie. On représente la Folie sous les traits d'une femme jeune et riante, qui tient une marotte, et dont les vêtements sont ornés de grelots.
• FOLIE, se dit encore Des actes d'imprudence, d'extravagance. Il a fait la folie de vendre sa maison. Je regarde cela comme une folie. C'est une grande folie, une vraie folie que de se marier si jeune. J'en ferai la folie. Entreprendre cela, c'est folie. Je m'attends à quelque nouvelle folie de sa part. Il n'a jamais fait que des folies. Prov., Les plus courtes folies sont les meilleures.
• Se dit particulièrement Des excès, des écarts de conduite; ou Des choses peu raisonnables qu'on fait par divertissement. Ils ont fait bien des folies dans leur jeunesse. Des folies de jeune homme. Ils se livrèrent, après le repas, à toutes sortes de folies.
• Fam., Faire folie de son corps, se dit quelquefois D'une fille qui se livre au libertinage.
• FOLIE, se dit également Des propos gais, sans objet et sans suite; ou Des pensées, des idées bizarres, ridicules, absurdes. Il nous a dit mille folies. Il débite toutes les folies qui lui passent par l'esprit.
• FOLIE, se dit en outre d'Une passion excessive et déréglée pour quelque chose. Chacun a sa folie. Les fleurs, les tableaux sont sa folie. Il se ruine a faire bâtir, c'est sa folie. Satisfaire toutes ses folies.
• Se dit, par extension, de Maisons de plaisance construites d'une manière recherchée, bizarre, ou dans lesquelles on a fait des dépenses excessives, extravagantes. On y ajoute ordinairement le nom de celui qui les a fait bâtir, et quelquefois le nom du lieu où elles sont situées. La folie-Beaujon. La folie-Méricourt.

FOLIÉ
, ÉE. adj.
• .Chimie. Se dit De certains produits dont les cristaux ressemblent, ou à peu près, à de petits feuillets. Tartre folié. Terre foliée de tartre (acétate de potasse).

FOLIO .s.m.
• Mot emprunté du latin. Feuillet. Il ne se dit qu'en parlant De registres, de manuscrits, etc., numérotés par feuillets, et non par pages. On appelle Folio recto, ou simplement Recto, La première page du feuillet, et Folio verso, ou simplement Verso, Le revers. Voyez au folio premier, au folio six.
• In-folio. Voyez ce mot composé, à son rang alphabétique.
• FOLIO, dans l'Imprimerie, signifie, Le chiffre numéral qui se met au haut de chaque page. Le folio de cette page est tombé. Vérifier les folios. Changer les folios.

FOLIOLE . s. f.
• .Bot. Chacune des petites feuilles qui forment une feuille composée. La feuille du trèfle est formée de trois folioles. Dans plusieurs plantes à feuilles composées, les folioles se rapprochent deux à deux pendant la nuit. Foliole impaire ou terminale.
• Se dit aussi de Chaque pièce d'un calice ou d'un involucre. Calice à cinq folioles.

FOLLEMENT . adv.
• Avec folie, d'une manière folle, imprudemment, témérairement. Entreprendre follement quelque chose. Il s'est conduit follement. Il a répondu follement.

FOLLET
, ETTE. adj. diminutif
• Qui fait ou dit par habitude de petites folies. Il est bien follet. C'est l'esprit du monde le plus follet. Ce mot est familier.
• Esprit follet, ou substantivement, Follet, Sorte de lutin familier qui, selon le préjugé populaire, est plus malin que malfaisant. Il prétendait avoir vu des esprits follets. Un follet qui tressait la crinière des chevaux, et qui les pansait pendant la nuit.
• Poil follet, Le poil rare et léger qui vient avant la barbe, et Le duvet des petits oiseaux. Ce jeune homme n'a encore que du poil follet. Le poil follet commence à lui venir.
• Feu follet, Espèce de météore, d'exhalaison enflammée qui se montre quelquefois dans les endroits marécageux.
• Fig. et fam., Cette passion, ce goût si vif, cessera bientôt; ce n'est qu'un feu follet.

FOLLICULAIRE .s.m.
• Celui qui rédige des feuilles périodiques. Il se prend d'ordinaire en mauvaise part. Les critiques d'un folliculaire. Un vil folliculaire.

FOLLICULE .s.m.
• .Bot. Fruit capsulaire, membraneux et allongé, qui n'a qu'une seule valve, et qui s'ouvre par une suture longitudinale. Le fruit du laurier-rose, de l'apocyn, est un follicule.
• En Pharmacie, Follicules de séné, se dit, abusivement, Des gousses purgatives du séné. Dans ce sens, il est plus ordinairement féminin.
• FOLLICULE, en termes d'Anatomie, est synonyme de Crypte. Follicules sébacés, muqueux, cérumineux.

FOMENTATION . s. f.
• .Médec. Application d'un médicament liquide et chaud sur une partie malade, pour adoucir, fortifier, résoudre, etc.; ou Le médicament même qu'on applique. Les fomentations se font à l'aide d'une pièce de flanelle ou d'un morceau de linge plié en plusieurs doubles. Employer un médicament sous forme de fomentations. Adoucir, amollir par des fomentations. Ordonner, faire des fomentations.

FOMENTER . v. a.
• .Médec. Adoucir, fortifier, etc., une partie malade, en y appliquant quelque remède, en y faisant des fomentations. Fomenter une partie débilitée, la fomenter avec des cataplasmes.
• Il signifie quelquefois simplement, Entretenir, faire durer; et alors il se prend en mauvaise part. Ce remède fomente le mal au lieu de le guérir.
• Se dit figurément, dans ce dernier sens, surtout en parlant De certaines choses qui regardent la société civile; et alors il se prend plus communément en mal. Fomenter l'union. Fomenter la division. Fomenter la mauvaise intelligence. Fomenter une querelle, une faction, une sédition. Fomenter les troubles.
• FOMENTÉ, ÉE. participe

FONCER . v. a.
• Mettre un fond à un tonneau, à une cuve, etc. J'ai fait foncer dix tonneaux à neuf.
• FONCER, est aussi verbe neutre, et signifie alors, Fournir les fonds, l'argent. On ne l'emploie guère, en ce sens, que dans cette phrase familière, qui a vieilli, Foncer à l'appointement, Fournir aux dépenses nécessaires.
• FONCÉ, ÉE. participe, S'emploie aussi comme adjectif, et signifie, Riche, qui a un grand fonds d'argent. Cet homme-là est foncé. Il est bien foncé. Un homme bien foncé. Ce sens est peu usité.
• Fig. et fam., Être foncé, Être habile dans une science, dans une matière, la connaître à fond. Vous ne l'embarrasseriez pas facilement sur ces matières, car il y est bien foncé. Cette locution est peu usitée.
• FONCÉ, se dit encore d'Une couleur, d'une teinte chargée, forte; par opposition À une couleur, à une teinte vive, claire. Couleur foncée. Bleu foncé. Violet foncé. Émeraude d'un vert foncé. Une teinte plus foncée.

FONCIER
, IÈRE. adj.
• Se dit De celui à qui le fonds d'une terre appartient. Propriétaire foncier. Seigneur foncier.
• Il signifie aussi, Qui est établi sur le fonds d'une terre. Charges foncières. Rente foncière.
• Se dit également De ce qui est relatif à un immeuble quelconque, aux biens-fonds en général. Impôt foncier. Contribution foncière. Les richesses foncières.
• FONCIER, signifie en outre, Qui a de l'habileté, de la science dans son art, dans sa profession. Vous trouverez des avocats plus éloquents, mais vous n'en trouverez pas un plus foncier. Ce sens a vieilli.

FONCIÈREMENT . adv.
• À fond. Si vous examinez cette affaire foncièrement. Il a traité ce point foncièrement.
• Il signifie aussi, Dans le fond. Il est foncièrement honnête homme.

FONCTION . s. f.
• Action qu'on fait pour s'acquitter des obligations, des devoirs d'un emploi, d'une charge; Pratique de certaines choses attachées de droit à une charge, à un emploi; et quelquefois, Cette charge, cet emploi même. Faire les fonctions de sa charge, de son ministère. Exercer les fonctions épiscopales. Des fonctions importantes. Une fonction publique. Des fonctions publiques. Fonctions civiles. Vaquer à ses fonctions. S'acquitter de ses fonctions. Remplir les fonctions, la fonction d'officier de l'état civil. Faire les fonctions de président, de secrétaire, etc. Ces fonctions lui ont été attribuées. La principale fonction de cet emploi consiste... Les fonctions en sont pénibles. Entrer en fonction. Je l'ai vu en fonction, dans ses fonctions. Être dans l'exercice de ses fonctions. Cesser ses fonctions.
• Il signifie, dans l'économie animale, L'action des différents organes, exécutée conformément à leur destination naturelle. Les fonctions des sens. Les fonctions digestives. Cet organe n'exécute pas bien, n'exécute plus ses fonctions. Quand le foie, l'estomac, etc., font bien leurs fonctions, on jouit d'une bonne santé. La fonction de ce muscle, de cet organe est de... On dit dans un sens analogue, Les fonctions de l'entendement.
• Faire bien toutes ses fonctions, Boire, manger, dormir, etc., comme fait une personne qui se porte bien.
• Cela fait fonction de... Cela sert, est employé en guise, en manière de... Ce couvercle fait fonction de soupape.

FONCTIONNAIRE . s.
• Celui ou celle qui remplit une fonction. Un fonctionnaire public. Les hauts fonctionnaires.

FONCTIONNER . v. n.
• Faire sa fonction, agir. Il ne se dit guère que dans les Arts, et en parlant Du mouvement d'une machine. Cette machine fonctionne bien.

FOND .s.m.
• L'endroit le plus bas, le plus intérieur d'une chose creuse. Le fond d'un puits. Le fond d'un tonneau. Le fond d'une bouteille, d'un vase. Le fond d'une poche. Le fond du sac. Le fond du pot. À fond de cuve. Le fond d'une vallée. Une maison bâtie dans un fond. Il y a là un gouffre dont on ne saurait trouver le fond. Un abîme sans fond. Le fond des enfers. Au fond des abîmes. Du fond de l'estomac. Une voix qui sort du fond de la poitrine.
• Le fond d'un tonneau, d'une bouteille, etc., se dit aussi pour La partie de liquide qui reste au fond. Le fond de cette bouteille est trouble, ne le buvez pas.
• Fond de cale, La partie la plus basse dans l'intérieur d'un vaisseau, d'un navire. On mit les prisonniers à fond de cale.
• Prov. et fig., Voir le fond du sac, Pénétrer dans ce qu'une affaire a de plus secret, de plus caché.
• Prov., fig. et pop., Déjeuner, dîner à fond de cuve, Déjeuner, dîner amplement.
• Fam., Le fin fond, se dit dans le même sens que Fond. Au fin fond des enfers.
• FOND, se dit particulièrement de La partie la plus basse de la mer, d'une rivière, etc., par rapport à la surface; et de La terre, du sable, de la vase, qui est immédiatement sous l'eau. Le fond de l'eau. Le fond de la rivière. Le fond de la mer. Aller au fond, à fond. Trouver le fond. Trouver fond. Prendre fond. Toucher le fond. Perdre fond. On l'emploie, surtout dans la seconde acception, en termes de Marine. Sonder le fond. Fond de vase, de sable, de gravier, de roches, etc. Fond de bonne tenue. Bon fond. Mauvais fond.
• Se dit également, en termes de Marine, de La hauteur de l'eau dans un endroit donné. Il y a vingt brasses de fond. Il y a grand fond partout dans cette baie. Il y a peu de fond. Il y a fond. Il n'y a pas fond.
• Haut-fond, bas-fond. Voyez BAS-FOND, dans la lettre B.
• Couler à fond un bâtiment, Le faire aller à fond, le submerger.
• Couler à fond, se dit aussi, neutralement, D'un bâtiment qui va à fond, qui s'enfonce dans l'eau.
• Fig. et fam., Couler quelqu'un à fond dans la dispute, dans la discussion, Le réduire à ne savoir que répondre.
• Couler quelqu'un à fond, signifie aussi, Ruiner son crédit, sa fortune, etc. Cet homme avait un grand crédit, un poste brillant, etc., on l'a coulé à fond, il est coulé à fond. On dit de même, Il s'est coulé à fond.
• Fig. et fam., Couler une matière à fond, L'épuiser, la traiter sans rien omettre. On dit aussi, Couler à fond une affaire, L'achever complétement, de manière qu'on ne doive plus y revenir, qu'il n'en soit plus question.
• En termes de Jeu, Couler les cartes à fond, Tenir la main, avoir la main jusqu'à la dernière carte. Aller à fond, Écarter jusqu'à ce qu'il ne reste plus de cartes au talon.
• Fig., C'est une mer sans fond et sans rive, se dit Des choses qui sont au-dessus de la portée de l'esprit humain. C'est une affaire, une question qui n'a ni fond ni rive, C'est une affaire, une question fort embrouillée, fort embarrassée.
• FOND, se dit quelquefois d'Un terrain considéré surtout par rapport à son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition. Bâtir sur un fond peu solide. Vous avez choisi là un bien mauvais fond. Un fond d'argile, de terre glaise.
• En Archit., Tourelle montant de fond, tribune montant de fond, etc., Tourelle, tribune, etc., qui repose sur des fondations. Cela se dit par opposition Aux ouvrages en encorbellement.
• De fond en comble, Entièrement, depuis le fondement jusqu'au faite. Démolir une maison de fond en comble; la rebâtir de fond en comble. On le dit, par extension, en parlant De la destruction d'une ville entière. Les ennemis ne quittèrent la ville qu'après l'avoir ravagée de fond en comble.
• Fig. et fam., Ruiner quelqu'un de fond en comble, Le ruiner entièrement. Ruiner un système, une doctrine, etc., de fond en comble, En démontrer complétement l'erreur, la fausseté.
• Fig. et fam., Faire fond sur quelqu'un, sur quelque chose, Compter sur quelqu'un, sur quelque chose. Je fais fond sur vous, sur votre amitié.
• FOND, se prend aussi pour Ce qu'il y a de plus éloigné de l'entrée, de l'abord; ce qu'il y a de plus reculé, de plus retiré dans un lieu, dans un pays. Le fond d'une boutique. Le fond d'une église, d'un cloître. Le fond d'un cachot. Le fond d'une baie, d'un port. Le fond de la scène. Le fond d'une allée, d'un jardin. Le fond d'un bois. Vivre solitaire au fond de son palais, au fond des forêts. Au fond d'un désert, des déserts. Dans le fond des montagnes. Du fin fond de l'Asie. Se retirer dans le fond d'un pays. Il s'est confiné dans le fond d'une province.
• Le fond d'un cloître, se dit quelquefois, figurément, pour Un cloître, un couvent. Il quitta le trône pour aller mourir au fond d'un cloître.
• Le fond d'un carrosse, La partie de l'intérieur opposée aux glaces qui sont sur le devant. Carrosse à deux fonds, Celui où le siége qui est sur le devant est égal au siége qui est sur le derrière.
• En fin fond de forêt, Dans l'endroit d'une forêt qui est le plus écarté.
• FOND, se dit encore de Ce qui forme le côté d'une chose opposé à l'entrée, à l'ouverture. Le fond de ce coffre est percé. Les panneaux qui forment le fond d'une armoire. Enlever le fond d'un pâté. Le fond d'une tabatière. Le fond d'un chapeau, d'un bonnet, etc.
• Mettre des fonds à un pantalon, à une culotte, Garnir avec des pièces la partie de derrière de ces vêtements, lorsqu'elle est usée.
• Boîte à deux fonds, à double fond, qui a un double fond, Boite qui s'ouvre des deux côtés, ou qui a un premier fond sous lequel s'adapte un autre fond, de manière qu'on peut cacher quelque chose entredeux.
• FOND, dans le sens qui précède, se dit particulièrement de Cet assemblage de petites douves qui ferme les tonneaux et les futailles par l'un des deux bouts, ou par tous les deux. Mettre un fond à un tonneau. Ce vin est si violent, qu'il jettera les fonds, si on ne lui donne vent.
• Se dit également de Cet assemblage de petits ais, ou de Ce châssis garni de sangles, qui porte la paillasse et les matelas d'un lit. Le bois du fond du lit ne vaut rien. Les sangles du fond ne sont pas assez tendues.
• FOND, en parlant D'étoffes, signifie, La première ou plus basse tissure sur laquelle on fait quelque dessin, ou quelque nouvel ouvrage. Velours à fond d'or, à fond d'argent.
• Se dit aussi de L'étoffe même sur laquelle on ajoute quelque broderie. Une broderie sur un fond de satin, sur un fond de velours, sur un fond blanc, sur un fond vert.
• FOND, se dit également, en Peinture, Du champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes. Le fond du tableau est trop clair, est trop brun. Une figure qui se détache en brun sur un fond clair, en clair sur un fond brun.
• Il signifie souvent, Les plans les plus reculés d'un paysage, ou La représentation du lieu de la scène dans un tableau d'histoire, etc. Des arbres occupent le fond du tableau. Le fond du tableau est un paysage. Un paysage sert de fond au tableau, fait fond aux figures du tableau. Fond de paysage. Fond d'architecture. Cela ne se détache pas assez bien du fond.
• Se dit, au Théâtre, de La décoration qui forme le fond de la scène. Toile de fond, ou simplement, Fond. Le fond représente une place publique, la mer, une forêt, etc. Le fond s'ouvre, se lève et laisse voir une flotte à l'ancre.
• FOND, signifie figurément, Ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, ce qui la constitue principalement; par opposition à La forme, à l'apparence, à l'accessoire, etc. Voilà le fond de sa doctrine, ce qui fait le fond de sa doctrine. L'apparence est contre lui, mais le fond est bon. Le fond de ce roman, de ce drame est historique. Il a établi, brodé sur ce fond une intrigue assez peu vraisemblable. Le fond de cet ouvrage n'est pas neuf. Le fond de cette histoire peut être véritable, mais on l'a bien altéré. Le fond d'une matière, d'une affaire, d'une question. Il n'a pas touché au fond de la question. Il faut venir au fond. Nous sommes d'accord sur le fond, il ne s'agit plus que de s'entendre sur la forme. Aller au fond des choses. Connaître le fond des choses.
• Un fond de raison, de vérité, etc., se dit de Ce qu'il y a de raisonnable, de vrai, etc., dans une chose. Il y a bien un fond de vérité dans ce qu'il nous a dit.
• FOND, dans le sens qui précède, se dit particulièrement, en termes de Procédure, de Ce qui fait la matière d'un procès; par opposition à Tout ce qui n'est que forme ou exception. Voilà quel est le fond du procès. Le tribunal rejeta le déclinatoire, et statua sur le fond. Le jugement du fond. Conclure, défendre, plaider au fond. Cette affaire était bonne par le fond, il l'a perdue par la forme. Quelquefois la forme emporte le fond.
• FOND, se dit encore, figurément, de Ce qu'il y a de plus intérieur, de plus intime, ou de plus caché, de plus secret dans le coeur, dans l'esprit, etc. Ce souvenir vit toujours au fond de mon âme. Je vous parle du fond du coeur. Dans le fond de la conscience. Dieu connaît le fond des coeurs, lit au fond de nos coeurs. Il voit le fond de nos pensées.
• À FOND. loc. adv. Jusqu'au fond, entièrement, complétement, tout à fait. Traiter une matière à fond. Il possède cette science à fond. Je veux m'en instruire à fond. Il nous en a entretenus à fond. Refaire une chose à fond. Dîner à fond. Cette dernière phrase est familière.
• AU FOND, DANS LE FOND. loc. adverbiales, À juger des choses en elles-mêmes, et indépendamment de quelque circonstance légère. On le blâme de cela, mais au fond il n'a pas tort. Il a peut-être parlé avec trop de chaleur, mais dans le fond il a raison.

FONDAMENTAL
, ALE. adj.
• Qui sert de fondement à un édifice, à une construction. Pierre fondamentale.
• Se dit aussi figurément. La loi fondamentale de l'État. Principe fondamental. Les points fondamentaux de la religion. La pièce fondamentale d'un procès.
• En Musique, Son fondamental, Celui qui sert de fondement à l'accord ou au ton. Basse fondamentale, Celle qui sert de fondement à l'harmonie. Accord fondamental, Celui dont la basse est fondamentale, et dont les sons se trouvent arrangés selon l'ordre de leur génération.

FONDAMENTALEMENT . adv.
• Sur de bons fondements, sur de bons principes. Une maxime fondamentalement établie. Il n'est guère usité que dans le didactique.

FONDANT
, ANTE. adj.
• Qui a beaucoup d'eau, et qui se fond dans la bouche. Ce sont des fruits fondants. Poire fondante.
• Il se disait autrefois, en Médecine, Des remèdes que l'on croyait propres à fondre les humeurs, et à les rendre fluides. Ces remèdes sont fondants. En ce sens, il est aussi substantif. C'est un fondant. User de fondants.
• FONDANT, s'emploie également comme substantif, en termes de Chimie, pour désigner Les substances qui servent à accélérer la fusion de certains corps; et alors il est synonyme de Flux.
• Se dit de même, chez les Émailleurs, d'Un verre tendre que l'on mêle avec les couleurs qu'on veut appliquer sur les métaux.

FONDATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui a fondé quelque établissement, ou quelque religion, quelque doctrine. Cyrus est le fondateur de l'empire des Perses. Les fondateurs des empires, des républiques. Cette ville eut pour fondateur tel héros, tel prince. Les fondateurs des ordres religieux. C'est le fondateur de leur ordre. Sainte Thérèse est la fondatrice des carmélites. Ils le regardent comme le fondateur de cette compagnie. Louis XIII est le fondateur de l'Académie française. Le fondateur d'une religion. Bacon et Descartes sont les fondateurs de la philosophie moderne.
• Il signifie particulièrement, Celui qui a fondé quelque église, quelque monastère, etc., avec un revenu fixe pour les faire subsister. Les établissements religieux dont ce prince est le fondateur. Cette reine est fondatrice de tel monastère, de telle église. Les droits du fondateur. Suivre l'intention du fondateur.
• Se dit pareillement de Ceux qui fondent des lits dans un hôpital, des bourses dans un collége, des messes dans une église, des prix dans une académie, etc.
• Prov. et fig., Ce n'est pas là l'intention du fondateur, se dit en parlant Des choses qui se font contre l'intention de ceux qui en ont la direction, la disposition.

FONDATION . s. f.
• Se dit Des travaux qui se font pour asseoir les fondements d'un édifice, d'une construction; et quelquefois, abusivement, Des fondements mêmes. On l'emploie souvent au pluriel. Commencer la fondation d'un bâtiment. Faire les fondations d'un bâtiment. Pour faire une bonne fondation dans un terrain marécageux, il faut asseoir les fondements sur des pilotis. La fondation n'est pas achevée. On travaille encore aux fondations. Ce bâtiment a douze pieds de fondation.
• Se dit également Du fossé, de la tranchée que l'on fait pour y placer les fondements. Creuser la fondation, les fondations. Faire la fouille des fondations.
• FONDATION, se dit figurément de L'action de fonder, de créer quelque établissement. Depuis la fondation de cet empire. La fondation de cette ville date de telle époque. La fondation d'une colonie. La fondation d'une église, d'un couvent. La fondation d'un ordre religieux, d'une société savante. Au temps de la fondation.
• Se dit aussi en parlant D'un fonds légué pour des oeuvres de piété, ou pour quelque autre usage louable. Fondation pieuse. Ce prince fit plusieurs fondations. Des revenus qui sont de l'ancienne fondation d'un monastère. Il a laissé une somme pour la fondation d'un hôpital, d'une messe à perpétuité. La fondation d'un prix dans une académie.

FONDEMENT .s.m.
• T. d'Archit. La maçonnerie qui sert de base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre jusqu'au rez-de-chaussée. Fondement sur le roc. S'emploie surtout au pluriel. Des fondements sur pilotis. Fondements profonds, solides. Les fondements en sont bas. Faire les fondements. Asseoir les fondements. Affermir les fondements. Ébranler, saper les fondements. Reprendre des fondements. Poser, jeter les fondements d'un édifice.
• Se dit quelquefois, au pluriel, Du creux, du fossé que l'on fait pour commencer à bâtir. Fouiller, creuser les fondements d'un édifice.
• Poétiq. et par extension, Les fondements d'une montagne, La terre ou les rocs qui sont au-dessous de sa base, et qui la soutiennent. On dit quelquefois, abusivement, dans un sens analogue, Les fondements de la terre, de l'univers, etc. --- La montagne fut ébranlée jusque dans ses fondements. La terre, l'univers trembla sur ses vieux fondements.
• Fig., Jeter, poser, établir les fondements d'un empire, d'un royaume, etc., En faire le premier établissement, le former, le constituer. Romulus a jeté les fondements de l'empire romain. On dit dans un sens analogue, Jeter les fondements d'une religion, d'une doctrine, etc.
• FONDEMENT, signifie encore, au figuré, Ce qui sert de base, de principal soutien, de principal appui. La justice, les lois, la fidélité des peuples, sont les plus sûrs fondements des trônes, des monarchies. Détruire la justice, c'est saper les fondements de l'État. Cette pièce fait le principal fondement de sa demande. La crainte de Dieu est le fondement de la sagesse. Cette hypothèse n'est établie que sur des fondements ruineux. Il attaqua les fondements de la philosophie d'Aristote. Il n'y a point de fondement à faire sur son amitié, sur sa parole.
• Il signifie aussi, Cause, motif, sujet. Ce n'est pas sans fondement qu'il en use de la sorte. Ce qui a donné fondement à cela, c'est que... Sur quel fondement se plaint-il? Il se plaint avec fondement. Je ne dis pas cela sans fondement, sans quelque fondement. C'est un bruit sans fondement.
• FONDEMENT, signifie en outre, L'anus, l'ouverture par où sortent les gros excréments. Avoir mal au fondement.

FONDER . v. a.
• Mettre les premières pierres, les premiers matériaux pour la construction d'un bâtiment, d'un édifice. Fonder une maison sur le roc, la fonder sur pilotis, la fonder sur le sable.
• Fonder une ville, Être le premier à la bâtir. Cette ville a été fondée à telle époque.
• FONDER, signifie au figuré, Établir le premier quelque chose, créer, instituer. Fonder un empire, un royaume, un État, une république, une colonie, etc. Fonder un ordre religieux. Fonder une académie. Fonder un établissement, une grande manufacture. Il fonda des jeux annuels. Fonder une religion, une doctrine philosophique, un système, etc. On le dit quelquefois Des choses, mais seulement au figuré. Cet ouvrage fonda la réputation de tel écrivain.
• Il signifie particulièrement, Donner un fonds suffisant pour l'établissement et l'entretien de quelque chose de louable, d'utile. Fonder une église, un couvent, une chapelle. Fonder un hôpital, un collége. Fonder une messe, un service, un obit, une lampe. Fonder un lit dans un hôpital. Fonder des prix dans une académie. Fonder une bourse dans un collége.
• Fam. et par plaisanterie, Fonder la cuisine, Pourvoir à ce qui regarde la subsistance, la nourriture. Il faut avant tout fonder la cuisine.
• FONDER, signifie encore figurément, Appuyer de raisons, de motifs, de preuves; établir sur des principes, sur des faits ou sur des données. Voilà sur quoi il fonde son opinion, ses prétentions, sa démarche. Cela est fondé en raison. Sur quoi fondez-vous une semblable conjecture, une telle supposition, de telles craintes? Je ne sais trop sur quoi ils fondent cette coutume. Fonder toute son espérance en Dieu. Les espérances que j'avais fondées sur lui. Il a fondé sa doctrine sur des faits. Cela est fondé sur l'analogie.
• Fonder quelqu'un de procuration, Lui donner sa procuration.
• FONDER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le sens figuré qui précède. Je me fonde sur ce que.... Tout cela se fonde sur de faux bruits. Il se fonde sur de meilleurs titres. Il se fonde sur la possession. Toute son espérance se fonde en vous. Se fonder en autorité, en raison, en exemple. Se fonder sur l'analogie. Se fonder sur un article de loi, sur une maxime, sur un principe.
• FONDÉ, ÉE. participe, Une morale fondée sur l'intérêt personnel. Un attachement fondé sur l'estime. Une personne fondée de procuration. On dit aussi, substantivement: Un fondé de procuration. Un fondé de pouvoir.
• Fig., Un édifice fondé sur le sable, se dit d'Un édifice qui ne paraît pas devoir durer longtemps. On le dit, plus figurément encore, d'Un système spécieux, mais qui n'a rien de solide, d'un projet dont rien ne garantit l'exécution, etc.
• Être fondé à croire, à dire, à faire, etc., quelque chose, Avoir de justes raisons, de justes motifs de croire, de dire, etc., quelque chose. N'étais-je pas fondé à croire que vous vouliez nous quitter?
• FONDÉ, signifie adjectivement, Juste, légitime, raisonnable. Sa demande me paraît fondée, est fondée. Vos reproches sont bien fondés. Ce sont des craintes mal fondées. L'espoir le mieux fondé.

FONDERIE . s. f.
• Le lieu où l'on fond et où l'on purifie le métal tiré d'une mine. On a placé la fonderie en tel endroit.
• Se dit aussi d'Un lieu où l'on fabrique certains objets avec du métal fondu. Une fonderie de canons. Une fonderie de caractères.
• Se dit également, chez les Ciriers, Du lieu où l'on fond la cire.
• FONDERIE, signifie en outre, L'art de fondre les métaux. Il entend bien la fonderie. Fonderie en bronze.

FONDEUR .s.m.
• Ouvrier en l'art de fondre les métaux. Se dit principalement de Ceux qui fondent les canons, les cloches, les statues de bronze, etc. Fondeur de canons, de cloches. Fondeur sur métaux. Il est fondeur. Maître fondeur. On dit aussi, Fondeur en caractères d'imprimerie, ou simplement, Fondeur en caractères.
• Prov., Être étonné, être penaud comme un fondeur de cloches, Être fort surpris de voir manquer une chose que l'on croyait infaillible, ou de voir arriver un malheur auquel on ne s'attendait pas.

FONDOIR .s.m.
• Lieu où les bouchers fondent leurs graisses et leurs suifs.

FONDRE . v. a.
• Liquéfier ou rendre fluide par le moyen du feu, de la chaleur, une substance plus ou moins solide, telle qu'un métal, du verre, de la cire, du suif, etc. Fondre un métal, du plomb, de l'or. Fondre un lingot, des galons. Fondre de la cire, de la neige, de la glace. Le soleil a fondu la neige.
• Fondre les métaux, signifie, particulièrement, Fabriquer, mouler certains objets avec des métaux que l'on fond à cet effet. L'art de fondre les métaux.
• FONDRE, signifie aussi, Jeter en moule. Fondre un canon, une cloche, une statue, un vase, des chandeliers, etc. On dit de même: Fondre des caractères d'imprimerie. Fondre des balles. Etc.
• Prov., fig. et fam., Fondre la cloche, Prendre une dernière résolution sur une affaire qui a été longtemps agitée, en venir à l'exécution. Il est temps de fondre la cloche. Quand il vint à fondre la cloche.
• FONDRE, signifie quelquefois, Dissoudre. Un remède propre à fondre les calculs de la vessie.
• En Médec., Fondre les humeurs, Les rendre plus fluides. Fondre une obstruction, La détruire, la faire disparaître.
• FONDRE, signifie au figuré, Unir et combiner une chose avec une autre; faire que deux ou plusieurs choses, auparavant distinctes, ne forment plus qu'un tout. Fondre un ouvrage avec un autre, le fondre dans un autre. Tycho-Brahé voulut fondre ensemble le système de Ptolémée et celui de Copernic. Fondre plusieurs lois en une seule.
• Se dit particulièrement, en termes de Peinture, Des couleurs, des teintes contiguës, lorsqu'on les joint et qu'on les mêle, de manière que le passage de l'une à l'autre soit ménagé. Fondre les couleurs, les teintes. Fondre une couleur, une teinte avec une autre, dans une autre.
• FONDRE, avec le pronom personnel, signifie, Se liquéfier par l'effet de la chaleur ou autrement, se dissoudre. Le beurre se fond aisément. La glace se fond au soleil. Les neiges se sont fondues depuis que la température est plus douce.
• Fig., Le ciel se fond en eau, Il tombe une pluie abondante.
• FONDRE, s'emploie, dans un sens analogue, neutralement et absolument. Faire fondre du beurre. Le sucre fond dans l'eau. L'étain fond facilement.
• Par exagérat., Fondre à vue d'oeil, se dit D'une personne ou d'un animal dont la force et l'embonpoint diminuent rapidement.
• Par exagérat., Fondre en pleurs, fondre en larmes, Répandre beaucoup de larmes, pleurer excessivement. Il fond en larmes, quand on lui parle de la mort de son fils. On dit quelquefois figurément, dans le même sens, Fondre en eau.
• Par exagérat. et fam., Fondre, se fondre en sueur, Suer abondamment par l'effet d'une chaleur excessive.
• Fig. et fam., Il s'est fondu, il est fondu, se dit De quelqu'un ou de quelque chose qui a disparu tout à coup, sans que l'on sache ce qu'il est devenu. On dit aussi, Il n'est pas fondu, il n'a pas pu se fondre, pour exprimer que L'on ne conçoit pas qu'un objet ait disparu de manière qu'il soit impossible de le retrouver.
• Fig. et fam., Tout ce qu'il tient fond entre ses mains, C'est un homme qui ne saurait rien garder, qui perd ou qui égare tout ce qu'il a.
• FONDRE, avec le pronom personnel, signifie également, Se mêler, s'unir, se lier, surtout en termes de Peinture. Ces deux teintes se fondent bien ensemble.
• FONDRE, neutre, signifie aussi, S'abîmer, s'écrouler. La terre a fondu sous ses pieds. La maison fondit tout à coup. Il y a des villes qui ont fondu tout d'un coup.
• Il signifie encore, Tomber impétueusement, s'abattre, se lancer avec violence de haut en bas. Le ciel est tout couvert de nuages, et l'orage est près de fondre. L'orage fondit tout à coup. Je ne sais où ira fondre l'orage. Un milan qui fond sur sa proie.
• Il signifie figurément, Assaillir, attaquer impétueusement et tout à coup. La cavalerie fondit sur l'aile gauche des ennemis. Il fondit sur lui l'épée à la main.
• Se dit aussi Des choses, dans un sens analogue à celui qui précède. Les maux qui fondirent sur nous.
• FONDU, UE. participe, Plomb fondu. Cire fondue. Maison fondue.
• Fig., Cette maison est fondue dans telle autre, se dit D'une maison dont les biens ont passé dans une autre par le mariage de quelque fille.
• Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l'un après l'autre sur le dos d'un d'entre eux qui se tient courbé. Jouer au cheval fondu.

FONDRIÈRE . s. f.
• Ouverture à la superficie de la terre, faite par des ravines d'eau, ou par quelque autre accident. La cavalerie ne put passer à cause d'une fondrière. Combler une fondrière.
• Se dit aussi d'Un terrain marécageux sous lequel les eaux croupissent faute d'écoulement, où l'on enfonce et l'on s'embourbe, et d'où l'on a beaucoup de peine à se tirer. Ce pays est plein de fondrières.

FONDS .s.m.
• Le sol d'une terre, d'un champ, d'un héritage. Le fonds d'une terre. Être riche en fonds de terre. Cultiver un fonds. Un mauvais fonds. Bâtir sur son fonds. Il ne faut pas bâtir sur le fonds d'autrui. Un fonds sujet à usufruit.
• Absol., Biens-fonds, se dit Des biens immeubles, comme les terres, les maisons. Être riche en biens-fonds.
• Fonds dotal, Immeuble constitué en dot à la femme.
• Le fonds et le très-fonds. Sorte de pléonasme qui signifie, Le fonds et tout ce qui en dépend. Vendre le fonds et le très-fonds. On écrit aussi, Tréfonds.
• Fig. et fam., Savoir le fonds et le très-fonds d'une affaire, La posséder parfaitement.
• FONDS, se dit aussi d'Une somme plus ou moins considérable destinée à quelque usage. Les fonds du Trésor, de la Banque. Les fonds destinés pour la guerre, pour les bâtiments, pour l'artillerie, pour la marine. N'avoir point de fonds pour payer. Employer le fonds. Faire un fonds. Fonds social. Verser des fonds dans une caisse, à une caisse. Placer avantageusement ses fonds. Des fonds destinés à l'amortissement de la dette publique. Bailleur de fonds. Appel de fonds. Tous les fonds sont divertis. Trouver un fonds. Assigner sur un mauvais fonds. Dissiper un fonds. Avoir, posséder de gros fonds, des fonds considérables.
• Se dit quelquefois familièrement, au pluriel, d'Un avoir, d'un pécule en argent. Être en fonds. Avoir des fonds. Mes fonds sont bas. Ses fonds commencent à baisser.
• Fonds publics, ou simplement, Fonds, Les fonds destinés à servir les intérêts des rentes ou des actions créées par les caisses publiques; et, plus ordinairement, Le prix de ces rentes, de ces actions. Spéculer sur les fonds publics. Les fonds ont baissé. Cette nouvelle a fait monter les fonds.
• Fig. et fam., Être en fonds pour faire quelque chose, Être en état de le faire. On lui a joué un mauvais tour; mais il est en fonds pour prendre sa revanche.
• FONDS, se dit aussi d'Un bien, d'un capital quelconque, par opposition Au revenu, aux intérêts qu'il produit. Il mange non-seulement le revenu, mais aussi le fonds.
• Placer, mettre son argent à fonds perdus, à fonds perdu, Placer son argent en viager, c'est-à-dire, à condition d'en recevoir sa vie durant un intérêt convenu, en abandonnant le capital. On dit dans un sens analogue: Donner une maison à fonds perdu. Vendre un bien à fonds perdu.
• FONDS, se dit encore d'Un établissement industriel ou commercial, avec ce qui en dépend, comme marchandises, ustensiles, etc. Ce marchand a vendu son fonds, et s'est retiré du négoce. Fonds de commerce. Un fonds de boulanger, d'épicier, de bijoutier, etc. Il a un excellent fonds de magasin, un fonds bien assorti.
• FONDS, se dit figurément de Ce qu'une personne a d'esprit, de capacité, de savoir, de vertu, de probité, etc. C'est un homme qui a un grand fonds d'esprit. Cela prouve un grand fonds de savoir, un grand fonds d'érudition. Cela part d'un fonds de probité. Cela ne peut venir que d'un fonds de malice. Un fonds inépuisable de science. Il n'a point tiré cela de son propre fonds. J'ai pour lui un grand fonds d'estime.
• Se dit quelquefois, figurément, d'Une science, d'une matière, d'un sujet, par rapport à ce qu'ils peuvent fournir de ressources ou offrir de résultats. C'est un fonds très-riche, et qu'on n'a point encore exploité.

FONDUE . s. f.
• .Cuisine. Mets qui se fait avec du fromage fondu au feu.

FONGIBLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Se dit Des choses qui peuvent être remplacées par d'autres de même nature, comme sont toutes celles qui se consomment par l'usage, et qui se règlent par nombre, poids ou mesure. Le blé, le vin, l'huile, etc., sont des choses fongibles. Une chose peut devenir fongible d'après la convention des parties.

FONGOSITÉ . s. f.
• Terme de Chirurgie, synonyme de Fongus.

FONGUEUX
, EUSE. adj.
• .Chirur. Qui est de la nature du fongus. Se dit Des chairs mollasses, des excroissances baveuses qui s'élèvent en forme de champignon sur les parties ulcérées, et Des parties mêmes où viennent ces chairs. Chairs fongueuses. Ulcère fongueux.

FONGUS .s.m.
• (On prononce l'S.) .Chirur., emprunté du latin. Excroissance charnue, molle, spongieuse, qui a la forme d'un champignon, et qui s'élève sur la peau ou sur quelque autre membrane, sur une plaie, sur un ulcère. Un fongus de nature cancéreuse.

FONTAINE . s. f.
• Eau vive qui sort de terre. La source d'une fontaine. Le bassin d'une fontaine. Les bords d'une fontaine. Aller à la fontaine. Puiser dans la fontaine, à la fontaine. La fontaine est bien profonde. Fontaine claire, nette, limpide. Fontaine trouble, bourbeuse, froide. Eau de fontaine. Une fontaine jaillissante. Une fontaine artésienne. Le jet d'une fontaine. Faire une fontaine dans un jardin ou dans une place publique. Un regard de fontaine. La fontaine ne coule plus. Fontaine intermittente. On dit, dans un sens analogue, Fontaine de vin, de lait, etc.
• Fontaine de Jouvence, Fontaine fabuleuse, qu'on suppose avoir la vertu de rajeunir. On dit figurément, Il a été à la fontaine de Jouvence, ou Il a bu de l'eau de la fontaine de Jouvence, en parlant D'un homme qui paraît rajeuni.
• Prov. et fig., Il ne faut pas dire, fontaine, je ne boirai jamais de ton eau, Il ne faut jamais assurer qu'on n'aura pas besoin de telle personne ou de telle chose.
• FONTAINE, se dit, par extension, de Tout le corps d'architecture qui sert pour l'écoulement, pour le jeu des eaux d'une fontaine. La fontaine des Innocents. La fontaine de Grenelle. Il y a de très-belles fontaines dans cette ville. La construction d'une fontaine. Une fontaine ornée de statues, de vases, etc.
• Se dit également d'Un vaisseau de cuivre, de grès, ou de quelque autre matière, dans laquelle on garde de l'eau, pour les usages domestiques, etc. Acheter une fontaine de grès pour une cuisine. Les fontaines de cuivre sont dangereuses. Fontaine à filtre. Le robinet d'une fontaine.
• Se dit, en Physique, de Certaines machines d'où l'on fait jaillir un liquide par la pression et la force élastique de l'air, telles que la Fontaine de compression, la Fontaine de Héron, etc.
• Se dit encore Du robinet et du canal de cuivre, d'étain, etc., par où coule l'eau d'une fontaine, ou le vin d'un tonneau, ou quelque autre liqueur que ce soit. Tourner la fontaine. La fontaine du muid.
• Fontaine de la tête, Endroit au haut de la tête, où aboutissent les sutures. La fontaine de la tête est tendre et molle chez les enfants. Voyez FONTANELLE.

FONTAINIER .s.m.
• Voyez FONTENIER.

FONTANELLE . s. f.
• T. d'Anat. Se dit de Certains espaces membraneux que présente le crâne, avant son entière ossification, aux points où les angles de plusieurs os contigus tendent à se réunir. Les fontanelles servent d'indication, lors de l'accouchement, pour déterminer la position de la tête du Foetus.

FONTANGE . s. f.
• Noeud de rubans que les femmes portaient autrefois sur leur coiffure.

FONTE . s. f.
• Action de fondre, de liquéfier, de résoudre en liquide; ou Action de ce qui fond, de ce qui se liquéfie. La fonte des métaux. Remettre à la fonte. La fonte des neiges fait déborder les rivières. La fonte des humeurs.
• Fonte de galons, Action de brûler des galons pour en retirer l'or et l'argent qu'ils contiennent.
• FONTE, se dit particulièrement de L'action ou de l'art de mouler certains objets qu'on fait avec du bronze ou avec quelque autre métal fondu. La fonte d'une statue, d'un vase, etc. Jeter une statue en fonte. Fonte en potée. Fonte en sable. Fonte d'un seul jet. L'opération de la fonte.
• FONTE, se dit aussi Du fer fondu. Fonte brute. Fonte moulée. Ouvrage de fonte. Marmite de fonte. Contre-coeur de fonte. Tuyau de fonte. On dit dans le même sens, Fer de fonte.
• Se dit également d'Une certaine composition de métaux dont le cuivre fait la principale partie. Canon de fonte. Mortier de fonte. Pièce de fonte.
• FONTE, en Imprimerie, se dit de L'ensemble de toutes les lettres et de tous les signes composant un caractère complet de telle ou telle grosseur. Une nouvelle fonte. Une fonte de petit-romain, de cicéro, etc., ou de neuf, de onze, etc. Une fonte de nouveaux caractères. Une fonte toute neuve.
• En termes de Peinture, Ce tableau est d'une belle fonte, Les passages des teintes y sont bien liés, bien fondus.

FONTE . s. f.
• .Sellerie. Chacun des deux fourreaux de gros cuir que l'on attache à l'arçon d'une selle, pour y mettre des pistolets. Mettre des pistolets dans les fontes.

FONTENIER .s.m.
• (On dit et on écrit aussi, Fontainier.) Celui qui est chargé de conduire et de faire aller les fontaines, de les entretenir, de les faire jouer. Maître fontenier.
• Se dit aussi de Celui qui fait, qui vend des fontaines de grès, de cuivre, etc., pour les usages domestiques.

FONTICULE .s.m.
• T. d'Anat. Petit ulcère artificiel pratiqué par le chirurgien, soit avec un instrument tranchant, soit avec un caustique. On dit plus ordinairement, Cautère.

FONTS .s.m. pl.
• Bassin, grand vaisseau de pierre, de marbre ou de bronze, où l'on conserve l'eau dont on se sert pour baptiser. Bénir les fonts. Les fonts baptismaux. Les fonts de baptême.
• Tenir un enfant sur les fonts, En être le parrain ou la marraine.
• Fig. et fam., Tenir quelqu'un sur les fonts, S'en entretenir avec détail, en parler soit en bien, soit en mal; ou Questionner quelqu'un, le faire parler, l'examiner. Cette phrase a vieilli.

FOR .s.m.
• Juridiction, tribunal de justice. Il ne s'emploie guère que dans les locutions suivantes:
• Le for extérieur, L'autorité de la justice humaine qui s'exerce sur les personnes et sur les biens. Cela se dit, plus particulièrement, de La juridiction temporelle de l'Église, appelée aussi Le for ecclésiastique. Traduire au for ecclésiastique. Être absous dans le for extérieur.
• Le for intérieur, L'autorité que l'Église exerce sur les âmes et sur les choses purement spirituelles; ou, figurément, Le jugement de la propre conscience, appelé aussi Le for de la conscience. Tel homme est absous dans le for extérieur, qui ne l'est pas dans le for intérieur, dans le for de la conscience.

FORAGE .s.m.
• T. d'Arts. Action de forer, ou Le résultat de cette action. Le forage d'un canon. Le forage d'un puits artésien.

FORAGE .s.m.
• .Coutume. Droit seigneurial qui se levait sur le vin.

FORAIN
, AINE. adj.
• Qui est de dehors, qui n'est pas du lieu. On peut, sans commandement préalable, faire saisir les effets de son débiteur forain.
• Propriétaire forain, ou simplement, Forain, Propriétaire qui n'a pas son domicile dans le lieu où ses biens sont situés, et où il est porté au rôle des contributions.
• Marchand forain, ou simplement, Forain, Marchand qui parcourt avec ses marchandises les villes, les campagnes, les foires, les marchés. Il vient un grand nombre de marchands forains, de forains à ce marché.
• Chemin forain, Chemin qui se trouve à l'entrée d'une ville, et dont la largeur doit être suffisante pour le passage de deux voitures.
• En termes de Marine, Rade foraine, Rade mal fermée, ceinte en partie de terres plus ou moins élevées, et où les bâtiments ne sont pas en sûreté contre les grands vents du large.
• Traite foraine, Droit d'impôt et de péage qu'on levait autrefois sur les marchandises qui entraient dans le royaume, ou qui en sortaient. Commis aux traites foraines.

FORBAN .s.m.
• Corsaire qui exerce la piraterie sans commission d'aucun prince, et qui attaque également ami et ennemi. Les forbans sont traités comme voleurs.
• Fig., Un forban littéraire, Celui qui s'approprie avec audace des ouvrages de littérature qui ne lui appartiennent point.

FORÇAGE .s.m.
• .Monnayage. Excédant que peut avoir une pièce au-dessus du poids prescrit par les ordonnances.

FORÇAT .s.m.
• Homme condamné aux travaux forcés. Il y a tant de forçats dans ce bagne. La chaîne des forçats.
• Forçat libéré, Forçat qui a été remis en liberté après avoir subi sa peine.
• FORÇAT, se dit aussi de Ceux qui, chez certains peuples, sont employés, comme esclaves, au service des galères ou à d'autres travaux pénibles. On délivra les forçats.
• Prov., Travailler comme un forçat, Travailler excessivement.

FORCE . s. f.
• Vigueur, faculté naturelle d'agir vigoureusement. Se dit proprement en parlant De l'homme et des animaux. Force physique. Grande force. Force extraordinaire. Force de corps. Force de bras. Force de reins. La force d'un homme, d'un animal. Avoir beaucoup de force. Ces lutteurs ont autant de force l'un que l'autre. Frapper de toute sa force. Y aller de toute sa force. Manquer de force. Il est dans sa force, dans toute sa force. Lancer une chose avec force. Mettez-y moins de force. Il n'a seulement pas la force de marcher. Il n'eut pas la force d'en dire davantage. Crier de toute la force de ses poumons. Un estomac qui n'a plus de force. Perdre de sa force. Reprendre quelque force. Être sans force. Il n'est point de force humaine capable de... --- Comme l'exercice de cette faculté résulte ordinairement du concours de plusieurs forces différentes, on la désigne souvent par le pluriel. Les forces du corps. Réparer ses forces. Recouvrer ses forces. Reprendre ses forces. Sentir augmenter ses forces. Perdre ses forces. Prendre de nouvelles forces. Ses forces diminuent, reviennent. Les forces lui manquent. Ses forces s'épuisent. Vouloir faire plus que les forces ne permettent. Se fier à ses forces. Mesurer ses forces. Connaître ses forces. Etc.
• À forces égales, à force égale, à égalité de force, de forces, Les forces étant supposées égales de part et d'autre.
• La force de l'âge, L'âge où un être organisé est dans toute sa force. Se dit surtout en parlant De l'homme. Être dans la force de l'âge.
• La force du tempérament, Cette vigueur de tempérament qui rend capable de surmonter les grandes fatigues, de résister à de violentes maladies. Il faut une grande force de tempérament pour ne pas succomber à cette maladie.
• Fam., N'avoir ni force ni vertu, Être d'une complexion délicate; ou N'être bon à rien, n'être capable de rien.
• Fig., Tour de force, Action qui exige beaucoup de force. En portant ce fardeau jusque-là, vous avez fait un tour de force. On le dit également au sens moral. Si vous terminez ces deux affaires aujourd'hui, vous ferez un tour de force. Une si longue improvisation est un tour de force. C'est un vrai tour de force.
• FORCE, se dit figurément en parlant De l'esprit, de l'imagination, du génie, etc., et signifie, L'aptitude à réfléchir, à concevoir, à produire. Avoir une grande force de tête La force, les forces de l'intelligence. Par la force de son génie. L'esprit humain n'a pas assez de force pour pénétrer tous les secrets de la nature. Il faut beaucoup de force d'esprit pour suivre cette démonstration. Ce poëte a une grande force d'imagination. Dans un sens analogue, La force de la mémoire, La ténacité de la mémoire. Il a une force de mémoire étonnante.
• Se dit également de L'habileté, du talent, de l'expérience qu'on a dans un art, dans un exercice, etc.; et, en général, Des ressources dont on peut disposer, des facultés, du bien, du crédit, du pouvoir, etc., dont on jouit. Ces deux joueurs, ces deux écoliers, sont d'égale force, sont de la même force, de même force. Ses adversaires ne sont pas de sa force. Il n'est pas de force à lutter, à se mesurer avec lui. Cet écrivain n'est pas de force à bien traiter un pareil sujet. Cette jeune personne est d'une grande force sur le piano. Consulter ses forces. Il a trop présumé de ses forces. Entreprendre au delà de ses forces. Cela est au-dessus des forces humaines. S'opposer de toutes ses forces à l'adoption d'une mesure dangereuse. Les forces d'un parti. Ce parti connaît sa force. Ce serait ôter au gouvernement ce qui fait sa force. On l'emploie quelquefois ironiquement, comme dans cette phrase, Tous écrivains de même force.
• FORCE, se dit aussi de La puissance d'un peuple, d'un État, de tout ce qui contribue à le rendre ou à le maintenir puissant. La force de cet État consiste non-seulement dans le nombre de ses habitants, mais encore dans leur industrie. Les forces comparées de la France et de l'Angleterre. La force militaire d'un empire.
• La force d'une armée, Ce qui la rend considérable, redoutable. La force numérique d'une armée. Voilà ce qui fait la principale force de nos armées. On dit aussi, La force d'un régiment, d'un bataillon, etc., Le nombre effectif des soldats qui le composent.
• Être en force, Être en état de se défendre et d'attaquer. On dit de même, Venir en force, se présenter en force.
• La force d'une place, Ses moyens de défense, ses fortifications, sa garnison, etc.
• FORCES, au pluriel, se dit particulièrement Des troupes d'un État, d'un souverain, etc. Assembler ses forces. Toutes ses forces ne sont pas encore rassemblées. Combattre à forces égales. De nouvelles forces. Joindre ses forces. Combattre avec toutes ses forces. Les forces de terre et de mer. Les forces navales.
• FORCE, signifie encore, Violence, contrainte, ou Pouvoir de contraindre. User de force. Employer la force. Régner par la force. Céder à la force. Opposer la force à la force. Repousser la force par la force. Avoir la force en main. L'empire de la force. La force publique.
• Force armée, se dit de Tout corps de troupes, en tant qu'il peut être requis pour faire exécuter la loi ou les mesures des agents de l'autorité, lorsqu'il y a résistance de la part des citoyens. Ce rassemblement ayant fait résistance, on dut recourir à la force armée.
• Force majeure, Force à laquelle on ne peut résister, événement qu'on ne peut empêcher, et dont on n'est pas responsable. Céder à la force majeure. C'est un cas de force majeure. Lorsqu'il y a force majeure. Cette locution est principalement usitée en Jurisprudence.
• Force est demeurée à la loi, Les magistrats chargés de l'exécution de la loi, ont eu l'avantage sur ceux qui voulaient l'enfreindre.
• Fam., Il est bien force, force m'est, force lui est, etc., s'emploient pour marquer La nécessité absolue et indispensable de faire quelque chose. Je voudrais bien demeurer, mais force m'est de partir. Force lui fut de se taire.
• Maison de force, Maison où l'on enferme les gens de mauvaises moeurs qu'on veut corriger. On l'enferma dans une maison de force.
• FORCE, se dit aussi, figurément, de La fermeté d'âme, de caractère, etc.; du courage qui fait braver les obstacles ou supporter le malheur, les maux, les tourments. Il lui manquait la force d'âme, la force d'esprit. Elle a une force de caractère qui étonne, une grande force de caractère. Il faut beaucoup de force pour soutenir de telles adversités. Il faut souvent plus de force pour soutenir la bonne fortune. La force est une des vertus cardinales.
• N'avoir pas la force de faire une chose, Ne pouvoir pas se déterminer à la faire. Je n'eus pas, je ne me sentis pas la force de lui en dire davantage, tant il me parut affligé.
• FORCE, en parlant Des choses, signifie, Solidité, pouvoir de résister. La force d'une poutre. La force d'un mur, d'une digue. La force de la toile. La force de ce drap vient de ce qu'il est extrêmement serré.
• En Charpenterie, Jambes de force, se dit de Deux grosses pièces de bois qui, étant posées sur les extrémités de la poutre du dernier étage d'un bâtiment, vont se joindre dans le poinçon pour former le comble. Ces jambes de force sont trop grosses.
• FORCE, se dit également de La propriété qu'ont certaines choses d'imprimer à d'autres une impulsion plus ou moins grande, de les mettre en mouvement. La force de la poudre à canon. La force d'une machine à vapeur. La force d'un levier, d'un ressort.
• Se dit, quelquefois, de L'impulsion qu'a reçue le corps poussé, lancé, jeté. La force d'une balle, d'un boulet de canon. On dit de même, La force d'un coup.
• Il signifie particulièrement, Impétuosité. La force de l'eau, du courant. Le sang, l'eau jaillissait avec force. La force du vent.
• La force du pouls, Le plus ou le moins de vitesse et d'élévation du pouls. On dit de même que Le coeur bat avec force, Quand les pulsations en sont rapides et violentes.
• En termes de Marine, Faire force de rames, Ramer de toute sa force, ou Faire ramer les gens d'une barque, d'un bateau, etc., de toute leur force. Faire force de voiles, Se servir de toutes les voiles, afin de prendre plus de vent, et d'aller plus vite; ou, figurément et familièrement, Faire tous ses efforts pour réussir en quelque affaire.
• FORCE, signifie aussi, Énergie, activité, intensité d'action, et s'emploie tant au propre qu'au figuré. La force d'un poison, d'un remède. La force d'un acide. Ce vinaigre a beaucoup de force. La force de la chaleur. S'il continue à geler de cette force. La force d'un mal. La force d'une passion, d'un sentiment. Son amour sembla renaître avec plus de force. S'élever avec force contre les abus. Cet homme semblait entraîné à sa perte par une force irrésistible.
• La force de la séve, L'abondance et la vigueur de la séve. C'est la force de la séve qui a fait pousser ces rejetons.
• FORCE, dans le sens qui précède, s'applique particulièrement à L'énergie du style, des expressions, etc. La force du style. Son style a beaucoup de force. Des vers pleins de force et d'éclat. Ce mot a beaucoup de force. Sentez-vous toute la force de ce mot, de cette expression?
• Se dit encore particulièrement de La valeur d'un raisonnement, d'une preuve, d'une raison, etc. Ce raisonnement n'est pas d'une grande force. Ce qui fait la force d'un raisonnement. La force d'un argument, d'une preuve, d'une objection. Toutes ces présomptions n'ont pas la force d'une preuve. L'accusation en tirait une nouvelle force. Il fallut céder à la force de ces raisons.
• FORCE, se dit en outre, figurément, de L'autorité, de l'influence d'une chose. Les lois étaient sans force. Cette coutume avait force de loi. Décision passée en force de chose jugée. On ne peut lutter contre la force des choses. La force des événements. La force de l'éloquence. La force de l'évidence. La force de l'exemple, de l'habitude, du préjugé.
• La force de la vérité, Le pouvoir que la vérité a sur l'esprit des hommes. La force de la vérité lui arracha cet aveu.
• La force du sang, se dit Des mouvements secrets de la nature entre les personnes les plus proches.
• FORCE, se dit en général, surtout dans le langage didactique, de Toute cause ou puissance à laquelle on attribue la propriété de produire ou de déterminer certains effets, certains phénomènes. Les diverses forces répandues dans la nature. La force centripète. La force centrifuge. La force de cohésion, d'attraction, etc. La force locomotive. La force d'inertie. La force digestive. Force vitale. Force secrète. Force intelligente. Force aveugle.
• En Mécanique, Force mouvante ou motrice, Force qui produit un mouvement actuel; et, Force morte, Celle qui, étant développée ou employée, peut produire un tel mouvement, mais dont l'effet est actuellement neutralisé. On disait aussi autrefois, Force vive, par opposition à Force morte, pour exprimer L'action de forces combinées avec leur vitesse, comme dans le choc. Aujourd'hui cette locution n'est plus employée que pour désigner Le produit de la force motrice par le carré de la vitesse du point matériel auquel elle est appliquée.
• Fig., Force d'inertie, Résistance passive, qui consiste principalement à ne pas obéir. Ils opposèrent la force d'inertie aux mesures de l'autorité.
• FORCE, en Peinture et en Sculpture, se dit Du caractère ressenti dans les formes, Lorsqu'on parle du coloris, il signifie, L'emploi des couleurs les plus vigoureuses, distribuées avec intelligence.
• Il s'applique aussi à l'effet total d'un tableau, et signifie que Les ombres les plus vigoureuses sont opposées aux lumières les plus brillantes, ce qui donne de la saillie et du mouvement aux objets.
• FORCE, est aussi une espèce d'adverbe, qui signifie, Beaucoup, en grande quantité, et qui se met toujours immédiatement avant le substantif. Il a force argent, force pierreries, force amis, Il a beaucoup d'argent, de pierreries, d'amis. Cet emploi est familier.
• À FORCE DE. locution prépositive, qui peut avoir pour complément un substantif, ou un verbe à l'infinitif. À force de soins, de peines, de sollicitations, d'empressements, d'importunités, etc., Par beaucoup de soins, de prières, de sollicitations, d'importunités, etc. À force de prier, de presser, d'agir; à force de pleurer, de crier, etc., En priant, en pressant, en agissant beaucoup; en pleurant, en criant beaucoup; etc.
• À force de bras, se dit en parlant De travaux, de transports pour lesquels on n'emploie que la seule force des bras. Ils montèrent le canon à force de bras. Tirer, traîner à force de bras.
• À force de rames, En faisant force de rames.
• À TOUTE FORCE. loc. adv. Par toutes sortes de moyens. Il veut, à toute force, venir à bout de son entreprise.
• Il signifie aussi, À tout prendre, absolument parlant. On pourrait, à toute force, lui accorder ce qu'il demande.
• À FORCE. loc. adverbiale et familière, Beaucoup, extrêmement. Travailler à force.
• DE FORCE. locution adverbiale, qui sert à marquer diverses sortes d'efforts ou de violences, selon les différentes choses dont on parle. Ainsi on dit: Faire entrer de force une chose dans une autre, L'y faire entrer en frappant ou en poussant fortement. Prendre une fille de force, La violer. Prendre une ville de force, L'emporter d'assaut.
• De gré ou de force, Volontairement ou par contrainte. Il faudra bien, de gré ou de force, qu'il paye le dommage.
• PAR FORCE, À FORCE OUVERTE, DE VIVE FORCE. loc. adverbiales. En employant la force, la violence, par une violence manifeste. On le fit entrer par force dans la prison. Ils résolurent d'attaquer cette ville à force ouverte, de la prendre de vive force, après avoir inutilement essayé d'y entrer par surprise.

FORCÉMENT . adv.
• Par force, par contrainte. Il a fait cette démarche forcément.
• Il signifie au figuré, Par une conséquence rigoureuse. Ce fait reconnu, on doit forcément en conclure...

FORCENÉ
, ÉE. adj.
• Furieux et hors de sens. Il est forcené. Forcené de rage, de colère.
•S'emploie aussi substantivement. C'est un forcené. Il se débattit comme un forcené.

FORCEPS .s.m.
• .Chirur., emprunté du latin. Nom générique de toutes les espèces de pincettes, ciseaux, tenettes, et autres instruments qui servent au chirurgien pour saisir et tirer les corps étrangers.
• Se dit particulièrement, et plus ordinairement, d'Un instrument en forme de grande et large tenette, dont on se sert dans les accouchements laborieux, pour l'extraction de l'enfant. Les branches d'un forceps.

FORCER . v. a.
• Briser, rompre, ouvrir quelque chose avec violence. Forcer une porte, une serrure. Forcer un coffre. Forcer les prisons.
• Forcer une clef, forcer une serrure, Fausser, tordre quelque chose à une clef, aux ressorts d'une serrure, de manière qu'ils ne peuvent plus jouer.
• FORCER, signifie aussi, Prendre par force. Forcer un corps de garde. Forcer un retranchement. Forcer une barricade. On dit dans un sens analogue: Forcer un passage. Forcer tous les obstacles. Etc.
• Forcer des troupes dans leur camp, dans leurs retranchements, Forcer leur camp, leurs retranchements.
• Fig., Forcer la porte de quelqu'un, Entrer chez quelqu'un, quoique sa porte soit défendue.
• Forcer la consigne, Ne pas s'y conformer, l'enfreindre avec violence.
• Forcer une fille, forcer une femme, La prendre de force, la violer.
• En termes de Chasse, Forcer une bête, La prendre avec des chiens de chasse, après l'avoir courue et réduite aux abois. Forcer un lièvre. Forcer un cerf, un daim, un chevreuil.
• FORCER, signifie en outre, Contraindre, obliger à quelque chose, violenter; et il se dit tant au propre qu'au figuré. Forcer quelqu'un à faire quelque chose, de faire quelque chose. Il la força de signer. Il fut forcé de partir. On voulait le forcer à partir. Vous me forcez à vous dire des vérités un peu dures. Forcer son adversaire à jouer. Forcer les ennemis au combat. Forcer la terre à produire. Forcer la nature à dévoiler ses secrets. Forcer les consciences. Forcer les volontés. Forcer son inclination, son humeur. Forcer son talent. Forcer la nature, le naturel. On dit aussi, Forcer le consentement, le vote, etc., de quelqu'un, Obliger quelqu'un à donner son consentement, etc.
• Fig. et fam., Forcer la main à quelqu'un, Le contraindre à faire quelque chose. Je ne voulais pas lui donner cette place, mais on m'a forcé la main. On dit de même, Avoir la main forcée, Faire quelque chose malgré soi, par contrainte.
• Forcer les respects, l'admiration, etc., Les obtenir de ceux mêmes qui ne sont pas disposés à les accorder.
• Forcer nature, Vouloir faire plus qu'on ne peut.
• Forcer sa voix, Faire des efforts de voix. Cela se dit surtout D'un chanteur.
• Forcer un cheval, Le pousser trop, le faire trop courir, l'outrer.
• Forcer le pas, la marche, Presser le pas, se mettre à marcher le plus vite que l'on peut.
• En termes de Marine, Forcer de voiles, forcer de rames, Faire force de voiles, de rames. Dans ces phrases, Forcer est neutre.
• FORCER, avec le pronom personnel, signifie, Faire quelque chose avec trop de force et de véhémence. Ne vous forcez point, vous vous ferez mal. Ne vous forcez pas tant.
• Il signifie aussi, Se contraindre, faire effort sur soi-même. Je ne me décide pas à cette démarche sans me forcer un peu.
• FORCÉ, ÉE. participe, Consentement forcé. Emprunt forcé. À marches forcées. Travaux forcés: voyez TRAVAUX.
• S'emploie aussi adjectivement, et signifie, Qui manque de naturel, qui est contraint, affecté. Être forcé dans toutes ses manières. Elle n'a rien de gauche ni de forcé. Attitude forcée. Contenance forcée. Un ris, un sourire forcé. Des pleurs forcés.
• S'emploie de même en parlant Des ouvrages d'esprit, et se dit De ce qui s'éloigne du naturel, de la vérité, et De ce qui est mal amené, tiré de trop loin, etc. Style forcé. Vers forcé. Il y a, dans cette pièce de théâtre, des situations forcées. Comparaison forcée. Rapprochement forcé. Donner à un passage, à une expression un sens forcé.
• Se dit pareillement Des figures d'un tableau, quand leur attitude est gênée sans nécessité; Du coloris, quand il est outré; et De l'effet, quand l'artifice dont le peintre peut se servir pour l'augmenter, est grossièrement employé.

FORCES . s. f. pl.
• Espèce de grands ciseaux qui servent à tondre les draps, à couper des étoffes, à les tailler, à couper des feuilles de laiton, de fer-blanc, etc. Une paire de forces.

FORCLORE . v. a.
• .Pratique. Exclure de faire quelque acte, quelque production en justice, parce que le temps préfix en est passé. On ne l'emploie guère qu'à l'infinitif et au participe. Il s'est laissé forclore. Il a été forclos.
• FORCLOS, OSE. participe, Forclos de produire. Il fut déclaré forclos. La partie adverse fut déclarée forclose.

FORCLUSION . s. f.
• .Pratique. Exclusion de faire une production en justice, faute de l'avoir faite dans le temps. Il a été jugé par forclusion. Les délais sont expirés, la forclusion est acquise.

FORER . v. a.
• T. d'Arts. Percer. Forer une clef. Forer un canon. Forer un puits artésien.
• FORÉ, ÉE. participe, Clef forée, Clef dont la tige est percée, pour recevoir une broche fixée dans le trou de la serrure.

FORESTIER
, IÈRE. adj.
• Qui concerne les forêts. Code forestier. Lois forestières. Administration forestière. Service forestier.
• Arbres forestiers, Arbres dont se composent les grandes forêts; par opposition Aux arbres qui forment les bois.
• Villes forestières, se dit de Quatre villes d'Allemagne qui sont sur le Rhin au-dessus de Bâle, dans le voisinage de la forêt Noire; savoir: Rheinfeld, Waldshut, Seckingen et Lauffenbourg.
• FORESTIER, signifie particulièrement, Qui a quelque charge, quelque fonction dans les forêts. Garde forestier. Agent forestier.
• S'emploie quelquefois comme substantif, dans ce dernier sens. Un forestier.
• Les forestiers de Flandre, Les anciens gouverneurs de Flandre, avant qu'il y eût des comtes.

FORÊT . s. f.
• Grande étendue de terrain planté de bois; ou L'assemblage d'arbres qui occupent, qui couvrent cette étendue. Grande forêt. Forêt impraticable. Belle forêt. Épaisse forêt. Une forêt sombre. Les routes, les laies d'une forêt. Les faux-fuyants d'une forêt. L'entrée d'une forêt. Le milieu d'une forêt. Le fond d'une forêt. Vivre au fond des forêts. Être en fin fond de forêt. Traverser une forêt. Cette forêt couvre une grande étendue de pays. Un pays couvert de forêts. D'immenses forêts. La forêt des Ardennes. L'ancienne forêt Hercynie. La forêt Noire. Une forêt infestée par des brigands. Percer une forêt. Abattre une forêt. Couper une forêt. La coupe d'une forêt. Dépeupler une forêt. Dégrader une forêt.
• Eaux et forêts, se dit Des forêts, des étangs, des rivières, etc., en tant qu'ils sont l'objet d'une surveillance exercée par le gouvernement. La législation des eaux et forêts. L'administration des eaux et forêts, ou absolument, Les eaux et forêts. En termes d'eaux et forêts. On dit dans un sens analogue: La direction générale des forêts. Conservateur, inspecteur des forêts, des bois et forêts. Etc.
• Eaux et forêts, se disait spécialement autrefois d'Une juridiction qui connaissait de la chasse, de la pêche, des bois et des rivières, tant au civil qu'au criminel. Grand maître des eaux et forêts.
• Fig. et fam., Vous étiez là dans une forêt, Vous étiez entouré de malhonnêtes gens, de fripons. C'est une forêt, C'est un lieu peu sûr.
• Par extension, Une forêt de mâts, de lances, etc., se disent en parlant D'un grand nombre de vaisseaux réunis, d'une troupe nombreuse de soldats armés de lances, etc.

FORET .s.m.
• T. d'Arts. Instrument de fer ou d'acier dont on se sert pour faire des trous dans le métal, dans le bois, etc. Foret de serrurier, de menuisier. La pointe d'un foret.
• Se dit, particulièrement, Du petit foret avec lequel on perce un tonneau. Mettre le foret dans un tonneau. Tirer du vin au foret.

FORFAIRE . v. n.
• Faire quelque chose contre le devoir. Il ne se dit guère qu'en termes de Jurisprudence, et en parlant De la prévarication d'un magistrat. Si un juge vient à forfaire.
• Forfaire à son honneur, se dit D'une fille ou d'une femme qui se laisse corrompre. Elle a forfait à son honneur.
• En Droit féodal, Forfaire un fief, Le rendre confiscable de droit au profit du seigneur féodal, par quelque outrage, quelque trahison, etc. Dans cette phrase, Forfaire est actif.

FORFAIT .s.m.
• Crime énorme commis avec audace. Il a été puni de ses forfaits. Il a reçu le prix de ses forfaits. Commettre un forfait, un horrible forfait.

FORFAIT .s.m.
• Traité, marché par lequel une des parties s'oblige à faire ou à fournir quelque chose pour un certain prix, à perte ou à gain. Faire un forfait avec un architecte pour un bâtiment. Prendre à forfait. Traiter à forfait pour des travaux, pour le chauffage, pour l'éclairage d'un établissement public.
• Vendre, acheter à forfait, Vendre, acheter plusieurs choses en masse, et sans estimation préalable du prix particulier de chacune.

FORFAITURE . s. f.
• .Jurispr. Prévarication. On ne peut destituer un magistrat que pour forfaiture.
• Il s'est dit, en Droit féodal, d'Un délit qui entraînait la confiscation du fief par le seigneur. Saisir, confisquer un fief pour forfaiture.

FORFANTE .s.m.
• Mot pris de l'italien. Hâbleur, charlatan, fanfaron. C'est un forfante. Il est familier et il a vieilli.

FORFANTERIE . s. f.
• Hâblerie, charlatanerie. On a dévoilé toutes ses forfanteries.
• S'emploie plus ordinairement aujourd'hui dans le sens particulier de Fanfaronnade, ou de Fanfaronnerie. C'est un homme bien déplaisant avec ses forfanteries. Quelle ridicule forfanterie!

FORGE . s. f.
• Lieu où l'on fond le fer quand il est tiré de la mine, et où on le met en barre. Faire aller une forge. Entretenir une forge. Un maître de forges. Le fourneau d'une forge. Les soufflets d'une forge. Grosse forge.
• Se dit aussi Du fourneau où certains artisans chauffent le métal qu'ils emploient, et de l'enclume où ils le battent. La forge d'un maréchal. La forge d'un serrurier. La forge d'un armurier. La forge d'un orfévre. Etc.
• Se dit, particulièrement, de L'atelier d'un maréchal ferrant. Mener un cheval à la forge. Un cheval qui revient de la forge.
• Forge de campagne, La forge portative et les outils qui servent aux maréchaux ferrants, dans les armées en marche.
• Fig. et fam., Cet ouvrage est encore tout chaud de la forge, Il sort des mains de l'auteur, il a été achevé tout récemment.

FORGEABLE . adj. des deux genres
• Qui peut se forger, qui peut se travailler à la forge. La fonte n'est pas forgeable.

FORGER . v. a.
• Donner une forme au fer, ou à quelque autre métal, par le moyen du feu et du marteau. Forger un fer de cheval. Forger une barre de fer. Forger une épée. Forger des armes. Forger une cuirasse. Forger des assiettes d'argent, des cuillers, des fourchettes. On l'emploie quelquefois absolument. Apprendre à forger.
• Forger à froid, Travailler un métal avec le marteau, sur une enclume, sur un tas, etc., sans le faire chauffer. On dit par opposition, Forger à chaud, lorsqu'on veut parler de la manière ordinaire de forger.
• En termes de Manége, Ce cheval forge, se dit D'un cheval qui, en marchant, touche les fers des pieds de devant avec les fers des pieds de derrière.
• FORGER, signifie figurément et familièrement, Inventer, controuver. Il a forgé cela dans sa tête. Forger un mensonge. Forger une calomnie, une malice. Forger une histoire. Forger des mots. Forger des nouvelles. Il a forgé une fable qu'il voulait nous donner comme une vérité.
• Se forger des chimères, S'imaginer des choses sans fondement. Se forger des monstres pour les combattre, Se former des difficultés, soit de bonne foi et par crainte ou par faiblesse d'esprit, soit à dessein et pour faire paraître son esprit en les surmontant.
• FORGÉ, ÉE. participe, Un mot forgé, Un mot inventé, nouvellement fabriqué. Il se prend ordinairement en mauvaise part.

FORGERON .s.m.
• Ouvrier qui travaille le fer au marteau, après l'avoir fait chauffer à la forge. Se dit principalement de Ceux qui font les gros ouvrages de fer, comme barres, ancres, chaînes, instruments aratoires, etc. Un bon forgeron.
• Prov. et fig., En forgeant on devient forgeron, À force de s'exercer à quelque chose, on y devient habile.

FORGEUR .s.m.
• Se dit, dans plusieurs Arts, de Celui qui est employé aux travaux de la forge. Forgeur d'épées, de couteaux, de ciseaux, de lancettes, etc.
• Se dit, figurément et familièrement, de Celui qui invente, qui controuve quelque fausseté. C'est un forgeur de contes, un forgeur de nouvelles, un forgeur de calomnies.

FORHUIR . v. n.
• Terme de Chasse, qui s'emploie dans ces phrases, Forhuir du cor, du cornet, du huchet, Sonner du cor, etc., pour rappeler les chiens.

FORJETER . v. n.
• T. d'Archit. Se jeter en dehors, sortir de l'alignement ou de l'aplomb. Ce mur forjette.

FORLANCER . v. a.
• .Chasse. Faire sortir une bête de son gîte.
• FORLANCÉ, ÉE. participe

FORLIGNER . v. n.
• Dégénérer de la vertu de ses ancêtres, faire quelque action indigne de la vertu de ses aïeux. Il n'a pas suivi les traces de ses pères, il a forligné. Il est vieux.
• Se dit, familièrement et par plaisanterie, D'une fille qui forfait à son honneur. Elle a forligné.

FORLONGER . v. n.
• .Chasse. Se dit proprement Des bêtes qui, étant chassées, s'éloignent du pays où elles font leur séjour ordinaire.
• Se dit également Du cerf, quand il a bien de l'avance sur les chiens. Ce cerf forlonge.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Le cerf s'était forlongé.

FORMALISER
(SE). v. pron.
• S'offenser, se piquer, trouver à redire. Il se formalise de tout. Je lui ai parlé franchement, il ne s'en est point formalisé. Elle s'est formalisée de la liberté qu'il a prise.

FORMALISTE . adj. des deux genres
• Qui s'attache scrupuleusement aux formes, aux formalités. Ce juge est très-formaliste. Les Romains étaient extrêmement formalistes.
• Il signifie aussi, Façonnier, vétilleux dans les moindres choses qui regardent les devoirs de la vie civile. On ne peut vivre avec lui, il est trop formaliste.
• S'emploie également comme substantif, surtout dans le premier sens. Un formaliste sévère. C'est un formaliste, un grand formaliste.

FORMALITÉ . s. f.
• Formule prescrite on consacrée; manière formelle, expresse, ordinaire de procéder, de faire certains actes civils, judiciaires, administratifs, religieux. Les formalités nécessaires à la validité d'un contrat, d'un testament, d'un mariage. Il y manque une formalité. Les formalités qu'on observe pour la réception d'un chevalier. Cette formalité est requise, elle est de rigueur. Formalité qu'on doit remplir à peine de nullité. Manquer, s'attacher aux formalités.
• Se dit quelquefois pour Cérémonie, acte d'une civilité recherchée. Il attachait une grande importance aux moindres formalités de l'étiquette. Il entra, et s'assit, sans autre formalité, sans plus de formalités. Que signifient toutes ces formalités? Ce sens est ordinairement familier.

FORMAT .s.m.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. La dimension d'un volume en hauteur et en largeur: elle est déterminée par le nombre et la dimension des feuillets que chaque feuille renferme. Dans le format in-folio, la feuille n'a que deux feuillets, n'est pliée qu'en deux. Le format in-quarto a quatre feuillets ou huit pages; le format in-octavo, huit feuillets ou seize pages; etc. Format atlantique, ou mieux, Format in-plano. Grand format. Petit format. Le format d'un volume. Cet ouvrage a été imprimé en plusieurs formats.

FORMATION . s. f.
• Action par laquelle une chose se forme, est produite. La formation de l'enfant dans le ventre de la mère. La formation des métaux dans le sein de la terre. La formation de ce terrain paraît due à des éruptions volcaniques. La formation d'un abcès.
• Se dit particulièrement, dans la Théorie militaire, Du mouvement par lequel une troupe prend une certaine disposition. Les principes de la formation en bataille.
• Il signifie, en Géologie, L'ensemble des couches ou portions de terrains, de gîtes quelconques de substances minérales qui paraissent avoir été formés à la même époque et ensemble. Les terrains des environs de Paris sont de formation gypseuse. Des couches de même formation. Les formations schisteuses, calcaires.
• Se dit encore de L'action de former, d'organiser, d'instituer. La formation d'un régiment, d'une compagnie. La formation d'un établissement, d'une administration. Depuis la formation.
• Il signifie aussi, en termes de Grammaire, La manière dont un mot se forme d'un autre mot, ou dont un mot passe par ses diverses formes. La formation d'un adjectif verbal. La formation du pluriel. La formation d'un temps, d'un mode. Règles de formation.

FORME . s. f.
• Ce qui détermine la matière à être telle ou telle chose. La matière et la forme. La matière est susceptible de toutes sortes de formes, reçoit toutes sortes de formes.
• En termes de Philosophie scolastique, Forme substantielle, Forme inhérente à la substance, forme qui détermine et complète l'être.
• En Chimie, Sous forme gazeuse, liquide, solide, etc., À l'état de gaz, de liquide, de solide, etc.
• En Théologie, La forme d'un sacrement, Les paroles sacramentelles que le prêtre prononce en le conférant, par opposition à La matière du sacrement. Les paroles, Je te baptise, etc., sont la forme du sacrement de baptême, et l'eau en est la matière.
• En Grammaire, La forme d'un mot, se dit en parlant D'un mot considéré par rapport à sa composition, à ses modifications. Ce mot a eu d'abord telle forme. Ce mot a une forme grecque. La forme du singulier, du pluriel. Les formes actives, les formes passives d'un verbe.
• FORME, signifie en général, La figure extérieure d'un corps, la configuration d'une chose. La forme d'un homme. La forme d'un animal. La forme d'un oiseau. La forme d'un poisson. L'excellence de la forme humaine. Il est si défiguré, qu'il n'a presque pas forme humaine. La forme du visage. La forme de la tête, de la bouche, du nez, de l'oreille. Ils revêtent toutes sortes de formes. Le dieu prit la forme d'un vieillard. Changer de forme. L'ange apparut au jeune Tobie sous la forme d'un voyageur. Donner à un bâtiment la forme convenable. Une cour de forme carrée. Forme ronde, circulaire, ovale. Cette montagne est en forme de cône, a la forme d'un cône. Tailler quelque chose en forme de croissant. La forme d'un vase, d'un dôme. Cela est d'une belle forme, d'une forme agréable. Cela commence à prendre forme, à prendre une bonne forme, une meilleure forme.
• Se dit particulièrement, au pluriel, Des contours d'un objet. On l'emploie fréquemment, en ce sens, dans les Arts du dessin. Les formes du corps. Cet homme a des formes athlétiques. Cet animal a des formes sveltes, gracieuses. Étudier les belles formes. La beauté, l'élégance des formes. Les formes grêles de l'architecture gothique. Les formes sévères de l'architecture grecque. Des formes heurtées.
• FORME, s'emploie également au figuré, dans les deux sens qui précèdent. J'y ai vu la misère sous toutes ses formes. C'est toujours le même sentiment, sous une forme différente. La mort s'offrait à nous sous ses formes les plus hideuses.
• Il s'applique souvent, dans une acception particulière, Aux tours du style, aux diverses façons d'exprimer la pensée. Varier les formes de son style. Cette forme est tout à fait poétique. Des formes élégantes. Les formes oratoires.
• FORME, se dit encore, figurément, de La constitution, du mode particulier de certaines choses. Changer la forme du gouvernement. La forme de l'administration n'était pas la même dans toutes les provinces.
• FORME, signifie en outre, La manière dont une chose est ou peut être faite, présentée, traitée; par opposition à Ce qui constitue essentiellement cette chose, à ce qui en fait le fond. La forme de cette critique pourrait être un peu plus polie. La forme d'un compliment. Donner au récit d'un voyage la forme d'un journal. Préceptes, instructions en forme de dialogue. Il a choisi la forme de l'apologue. Cela pèche par la forme. Le vice de la forme ne détruit pas le mérite du fond. Il a su donner à ce sujet une forme neuve et originale. La forme a rajeuni le fond. On changea la forme de l'acte, mais en conservant le fond.
• Il signifie particulièrement, La formule usitée dans certains actes ou écrits, la manière dont on les rédige habituellement. La forme d'une quittance, d'un contrat de vente. La forme d'un billet à ordre, d'une lettre de change.
• La forme d'un argument, La manière dont ses parties doivent être disposées pour qu'il soit conforme aux règles de la logique. Mettre un argument en forme. Votre argument n'est pas en forme.
• Par forme de... En manière de... Dire quelque chose par forme d'avis, par forme de compliment.
• FORME, signifie aussi, Manière ou façon d'agir, de se conduire, de procéder, etc., conforme à certains usages, à certaines règles établies. Garder toujours une même forme de vivre. Prescrire une forme de conduite. Régler la forme des voeux. Rechercher une fille dans les formes, en faire la demande en forme. Le mariage a été fait dans les formes. Il n'y manquait aucune forme. Traiter une maladie dans les formes. Faire le procès à quelqu'un dans les formes. Formes légales. Formes judiciaires. Forme de justice. Il faut observer les formes. Les formes requises. Se tenir dans les formes. Ces formes ont été constamment suivies. Manquer, pécher dans la forme, par la forme. Défaut de forme. La forme n'en vaut rien. Sans aucune forme de procès. Sans autre forme de procès. Se dispenser des formes. Se tenir, s'en tenir aux formes. Contrat en bonne forme. En quelque forme et manière que ce soit. En la forme accoutumée. Un acte délivré en forme exécutoire.
• Se dit absolument, en termes de Procédure, Des formes judiciaires, par opposition à Ce qui fait la matière d'un procès, et qu'on nomme Le fond. L'affaire est bonne quant au fond, mais la forme n'en vaut rien. Il est des cas où la forme emporte le fond, où le vice de la forme nuit au fond.
• Pour la forme, Afin d'observer les cérémonies ordinaires, afin de se conformer aux usages reçus, et de sauver les apparences. J'irai le voir seulement pour la forme. C'est une chose qu'il faut faire pour la forme. J'ai dit cela pour la forme.
• FORMES, au pluriel, se dit quelquefois Des façons de s'exprimer ou d'agir propres à une personne. Il a des formes un peu rudes, mais c'est un excellent homme. Des formes grossières. Des formes polies, honnêtes. On l'emploie même, absolument et familièrement, dans le sens de Formes polies. C'est un homme qui a des formes. Avec des formes, en y mettant des formes, vous réussirez à le persuader.
• FORME, se dit, dans quelques Arts, Du modèle qui sert à donner à certaines choses la forme qu'elles doivent avoir. Mettre un chapeau en forme, sur la forme. Mettre une forme dans un soulier.
• Forme brisée, Forme composée de pièces qui peuvent se séparer.
• FORME, se dit également de La partie d'un chapeau qui est faite sur le modèle de bois, et de La partie de dessus d'un soulier. La forme de ce chapeau est trop basse. La forme de ce soulier est toute gâtée.
• FORME, en termes d'Imprimerie, se dit d'Un châssis de fer qui contient des pages de caractères plus ou moins nombreuses, selon le format. Imposer une forme. Serrer les pages d'une forme avec des coins. Serrer une forme. Il faut deux formes pour composer une feuille. On a tiré la première forme. Une forme de quatre pages, de huit pages, etc.
• FORME, en termes de Papeterie, se dit d'Un châssis de bois, garni d'un tissu métallique, servant à fabriquer le papier.
• FORME, se dit aussi d'Un banc garni d'étoffe, et rembourré. Une forme de moquette. Une forme de velours.
• Se dit également Des stalles qui sont dans un choeur.
• En termes de Chasse, Un lièvre en forme, Un lièvre au gîte.
• FORME, en termes de Marine, se dit d'Un bassin pratiqué dans un port, pour y faire entrer les bâtiments qu'on veut radouber ou réparer.
• FORME, en termes de Maréchalerie, se dit d'Une tumeur calleuse qui vient au paturon d'un cheval.

FORMEL
, ELLE. adj.
• Exprès, précis, positif, clair. Paroles formelles. Termes formels. Le texte formel de la loi. C'est une des clauses formelles du contrat. Par une disposition formelle de la charte, de la loi. Désaveu formel. Dénégation formelle. Contradiction formelle.
• Cause formelle, se disait, dans l'ancienne Philosophie, de La cause qui fait qu'une chose est telle qu'elle est; par opposition à Cause matérielle.

FORMELLEMENT . adv.
• En termes exprès, précisément, clairement. La loi le dit formellement, le défend formellement. Le contrat porte formellement. Il s'y est opposé formellement. Il a nié formellement. Il a déclaré formellement que...
• Il se disait, dans l'ancienne Philosophie, par opposition à Matériellement.

FORMER . v. a.
• Donner l'être et la forme. Dieu a formé l'univers. Dieu a formé l'homme à son image, il l'a formé du limon de la terre.
• Il signifie aussi, en général, Produire, faire, opérer, ou Composer, constituer. Former un son. Former une voix articulée. Former des pas en dansant. Les eaux avaient formé un ravin profond. Le sang dont ce prince a été formé. Les vapeurs qui forment les nuages. À l'endroit où la route forme le coude. Ils formèrent un cercle autour de lui. Former le cercle. Leur troupe forma le carré, pour résister à la cavalerie. Former un concert de voix et d'instruments. Nous formions une société particulière. Les arbres qui forment une allée. Les lignes qui forment un triangle, un carré. Tant de bataillons forment un régiment. Les sons qui forment un accord. Les mots qui forment une phrase. Ces deux objets forment un contraste frappant. Cette dissertation forme à elle seule les deux tiers de l'ouvrage. Voilà ce qui forme le principal mérite de cet écrit.
• Se dit, particulièrement, en parlant De la manière de faire, de composer les mots, ou de les modifier, de les varier. Ce mot a été formé de tel autre par corruption. Former les temps d'un verbe. Du participe présent on forme l'imparfait, en changeant ant en ais.
• FORMER, signifie aussi, Fabriquer, figurer, façonner, donner une certaine forme, une certaine figure. Le potier forme des vases, et leur donne telle figure qu'il veut. Former un noeud. Former un triangle. Former des caractères. Former bien ses lettres, ses caractères.
• Fig., Former des noeuds, des liens, etc., S'engager dans quelque union. On dit dans le même sens, Former une liaison, etc.
• FORMER, signifie en outre, Produire dans son esprit, concevoir dans son esprit. Former un dessein, une résolution. Former un projet. Se former des chimères. Se former une idée de quelque chose. Former des voeux, des souhaits, des désirs.
• Il signifie également, Proposer, exposer ce qu'on a conçu, le mettre en avant. Former une objection. Former une difficulté. Former sa plainte, son opposition devant le juge. Former opposition.
• FORMER, signifie encore, Organiser, instituer, établir. Former un bataillon, un escadron, un corps d'armée. Former une société, une académie. Former une république, une monarchie. Former un conseil. Former une cabale, une conspiration. Former une ligue. Former un établissement.
• Former un siége, Commencer le siége d'une place, commencer à ouvrir la tranchée. Il a investi la place, mais il n'a pas encore formé le siége.
• Former une entreprise, La concevoir et travailler à l'exécuter. Les grandes entreprises qu'il avait formées.
• FORMER, signifie aussi, Instruire, façonner par l'instruction; faire contracter à quelqu'un certaines habitudes convenables. Former un jeune homme; lui former l'esprit, le caractère. Former la jeunesse d'un prince; le former à la vertu, aux bonnes moeurs. Former un apprenti, un disciple. La lecture des bons livres forme les moeurs. C'est l'expérience qui forme les hommes. On dit de même, Former des soldats, des marins, etc.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Du goût, du style, etc. Former son style sur celui d'un auteur. On forme son goût, on se forme le goût par l'étude des bons modèles.
• FORMER, s'emploie avec le pronom personnel dans la plupart des sens qui viennent d'être indiqués. Le poulet se forme dans l'oeuf. Il s'est formé un gouffre en cet endroit. Les météores qui se forment dans l'air. Un orage se formait derrière nous. Des rassemblements se formèrent. Le futur des verbes français se forme ordinairement de l'infinitif. Les idées, les images qui se forment dans notre esprit. Cette république ne s'est formée que lentement. L'assemblée s'est formée en comité secret. Une ligue se forma contre lui. Il s'est bien formé depuis que je ne l'ai vu. Il se formera avec le temps. On se forme en voyant le monde. Le goût se forme par la lecture des bons auteurs. Se former sur de bons modèles.
• Se dit, particulièrement, Des choses dont la forme devient plus parfaite, plus prononcée. Les traits de son visage commencent à se former. Sa taille se forme.
• Il signifie aussi, surtout dans la Théorie militaire, Prendre une certaine disposition, un certain arrangement. Une troupe qui se forme sur la droite ou sur la gauche en bataille. On le dit quelquefois, absolument, De la disposition, de l'ordonnance habituelle d'une troupe. Les régiments se formèrent devant les casernes.
• FORMÉ, ÉE. participe, Avoir la taille bien formée. Avoir un goût formé.

FORMICA-LEO .s.m.
• Voyez FOURMILION.

FORMICANT . adj. m.
• .Médec. Il ne s'emploie que dans cette locution, Pouls formicant, Pouls petit, faible et fréquent.

FORMIDABLE . adj. des deux genres
• Redoutable, qui est à craindre, ou qui inspire une grande crainte. C'est un homme formidable. C'est la chose du monde la plus formidable. Cette armée avait un aspect formidable. Une puissance formidable. Des troupes formidables. Il s'est rendu formidable par la rapidité de ses conquêtes. Ils se rendirent formidables à leurs voisins.

FORMIER .s.m.
• Ouvrier qui fait et vend des formes pour les chaussures.

FORMUER . v. a.
• .Vénerie. Faire passer la mue à un oiseau.
• FORMUÉ, ÉE. participe

FORMULAIRE .s.m.
• Livre, recueil de formules. Formulaire des notaires. Formulaire des actes de procédure. Formulaire pharmaceutique.
• Se dit aussi de Tout ce qui contient quelque formule, quelque formalité à observer, quelque profession de foi. Formulaire de dévotion. Signer un formulaire de foi.
• Il s'est dit, particulièrement et absolument, Du bref émané de la cour de Rome au sujet du livre de Jansénius. Signer, refuser le Formulaire.

FORMULE . s. f.
• Modèle qui contient les termes formels et exprès dans lesquels un acte authentique, solennel, religieux, etc., est ou doit être conçu. La formule d'un acte. Formule de serment. Formule de droit. Recueil de formules. La formule d'un mandement. Formule de prières.
• Formule d'algèbre ou algébrique, se dit d'Un ensemble de termes algébriques qui compose l'expression la plus générale d'un résultat de calcul.
• FORMULE, se dit, en Médecine, Des recettes pharmaceutiques, des ordonnances de médecin, rédigées conformément aux règles et dans le langage de l'art. Dresser une formule. On use dans les formules de certains caractères, de certaines abréviations pour désigner les médicaments, leur dose, leur poids, etc. Médecine, collyre, looch, etc., suivant la formule.
• S'emploie aussi dans le langage ordinaire, et se dit de Certaines façons de s'exprimer dont on se sert habituellement dans les diverses relations de la vie. Des formules de politesse. Laissons de côté ces vaines formules, et parlons avec franchise. La formule qui termine une lettre.

FORMULER . v. a.
• .Médecine et de Pharmacie. Rédiger une ordonnance de médecine selon les règles et avec les termes de l'art. Cette ordonnance a été mal formulée. Ce médecin ne sait pas formuler.
• En Jurispr., Formuler un acte, un jugement, etc., Le rédiger en la forme accoutumée.
• FORMULER, en termes d'Algèbre, Donner la formule qui exprime le résultat général d'un calcul.
• FORMULÉ, ÉE. participe

FORNICATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui commet le péché de fornication. L'Écriture dit que ni les fornicateurs ni les adultères n'entreront dans le royaume des cieux.

FORNICATION . s. f.
• Le péché de la chair entre deux personnes qui ne sont ni mariées ni liées par aucun voeu. Simple fornication. Le péché de fornication. Commettre fornication. Ce mot et celui de Fornicateur ne se disent guère que dans le dogmatique, et en matière de religion.

FORNIQUER . v. n.
• Commettre le péché de fornication. Il est peu usité.

FORPAÎTRE
ou FORPAISER. v. n.
• .Chasse. Se dit Des bêtes qui vont chercher leur pâture dans des lieux éloignés de leur séjour ordinaire.

FORS . préposition
• Excepté, hormis, à la réserve de. Ils sont tous morts, fors deux ou trois. «Tout est perdu, fors l'honneur», écrivait François Ier, après la bataille de Pavie. Il est vieux.

FORSENANT . adj.
• .Chasse. Se dit D'un chien courant qui a beaucoup d'ardeur.

FORT
, ORTE. adj.
• Robuste, vigoureux. Un homme fort, extrêmement fort. Un homme grand et fort. Un homme fort et ramassé. Avoir le bras fort, la main forte, les reins forts. Avoir une forte constitution. C'est un homme fort, et qui résiste au travail, à la fatigue. Il est plus fort, moins fort qu'un tel. Il n'est pas assez fort pour porter tout cela. Ce cheval est-il assez fort pour le carrosse? Un oiseau qui a l'aile forte.
• Prov., Cet homme est fort comme un Turc, Il est extrêmement robuste, vigoureux.
• FORT, signifie aussi, Grand et puissant de corps, épais de taille. Un fort cheval. Un fort mulet. Un cheval fort du dessous. Un fort mulet porte six cents pesant. On dit dans un sens analogue, Avoir la jambe forte, la main forte, etc.
• Se dit également Des choses, et signifie, Gros et épais de matière, capable de porter un poids ou de résister au choc. De fortes murailles. Une forte digue. Cet arbre est déjà fort. Il faut une poutre plus forte. Ces solives-là sont trop fortes pour la poutre. Il faut une barre de fer plus forte. Une planche qui n'est pas assez forte. De la vaisselle d'argent extrêmement forte. Coffre-fort: voyez COFFRE.
• Se dit pareillement Des étoffes, des toiles, du cuir, etc. Un damas fort et plein de soie. Cette étoffe est forte, elle durera long-temps. Du ruban bien fort. Un cuir fort et qui résiste à l'eau.
• Terre forte, Terre grasse, tenace, et difficile à labourer. Colle forte, Sorte de colle plus tenace que la colle ordinaire.
• FORT, se dit aussi Des villes et des places de guerre; et alors il signifie, Qui est en état de résister aux attaques de l'ennemi. Ville forte. Place forte. Le corps de la place est très-fort. Les dehors sont encore plus forts que le corps de la place.
• Se dit, quelquefois, Des troupes que leur nombre et leurs ressources mettent à même d'attaquer et de se défendre avec avantage. L'ennemi était plus fort que nous.
• FORT, en parlant Des bois, des blés, etc., signifie, Touffu, rangé près à près. Les blés sont forts cette année. Un bois extrêmement fort. La haie est trop forte pour qu'on y puisse passer.
• FORT, signifie encore, Rude, difficile, pénible. Un ressort qui est très-fort. Vous lui donnez là une forte tâche. Ils trouvèrent une montagne forte à monter. C'est un cheval fort à dompter.
• Ce cheval a la bouche forte, est fort en bouche, Il n'obéit point au mors.
• Fam., Le plus fort en est fait, Le plus difficile, le plus désagréable en est fait.
• Prov., La jeunesse est forte à passer, Dans la jeunesse on a bien de la peine à modérer ses passions.
• FORT, se dit figurément De ce qui est considérable dans son genre. C'est une forte maison, on y fait beaucoup de dépense. Une forte dépense. Recevoir un fort salaire, de forts appointements. Une forte somme. Un nombre plus fort qu'un autre. Ils laissèrent un fort détachement à la garde du butin. Les journées de travail sont plus fortes dans telle saison. Poids fort. Mesure forte. Une forte dose.
• Un ordinaire fort, Une table servie tous les jours copieusement. Une forte entrée, Une entrée copieuse; et, dans le même sens, Un plat fort, très-fort.
• Voix forte, Voix pleine et qui se fait bien entendre.
• FORT, au figuré, signifie particulièrement, Impétueux, grand, violent, énergique dans son genre. Forte pluie. Vent fort. Sons forts. Forte gelée. Forte chaleur. Forte douleur. Médecine trop forte. Forte maladie. Forte fièvre. Son pouls est fort et élevé. Il faut donner le feu plus fort. Le coup de tonnerre fut si fort que les vitres en tremblèrent. Donner une forte impulsion. Faire une forte résistance. En Musique: La mesure se divise en temps faibles et en temps forts. Appuyer sur les temps forts. Etc.
• Il s'applique également Aux choses morales. Avoir une forte inclination, une forte passion pour quelque chose. Cela fit une forte impression sur son esprit. Causer une forte émotion.
• Fam., Cela est plus fort que moi, se dit D'une passion, d'une répugnance, d'une habitude, etc., qu'on ne peut vaincre, surmonter.
• FORT, se dit, dans une acception analogue à celle qui précède, De certaines choses qui font une vive impression sur le goût ou sur l'odorat. Liqueurs fortes. Vinaigre fort. Bière forte. Cidre fort. Le gingembre, le piment ont un goût très-fort. Cette eau de Cologne est bien forte, a une odeur bien forte. Ce tabac est trop fort pour moi.
• Se dit, particulièrement, De ce qui est excessivement âcre, désagréable au goût, à l'odorat. Du beurre fort. Avoir l'haleine forte.
• Eau-forte. Nom que l'on donne ordinairement à l'acide nitrique, dans le commerce et dans les arts.
• Graver à l'eau-forte, Graver sur une planche de cuivre avec le seul secours de l'eau-forte. On appelle par extension Eau-forte, Une estampe tirée sur une planche qui a été préparée à l'eau-forte, pour être ensuite terminée au burin, ou sur une planche entièrement gravée à l'eau-forte. Une belle eau-forte. Les eaux-fortes de Rembrandt.
• FORT, se dit aussi pour Chargé, en parlant D'un liquide, d'une couleur, etc. Lessive trop forte. Vin fort. Bouillon trop fort. Ce thé est bien fort. Ce café est trop fort. Couleur forte. Des teintes plus fortes.
• FORT, se dit en outre pour Puissant, tant au sens physique qu'au sens moral. Son parti est le plus fort. Vous aurez affaire à forte partie. Un homme est bien fort quand il a pour lui la justice. Céder au plus fort. C'est le plus fort qui fait la loi. Quand on n'est pas le plus fort, il faut céder. La raison du plus fort.
• Main-forte. Voyez cette expression à son rang alphabétique, dans la lettre M.
• FORT, signifie encore, Qui est bien fondé, qui est appuyé sur de bons principes. Cette raison-là est bien plus forte que l'autre. C'est un des plus forts arguments pour prouver l'immortalité de l'âme. Une forte objection.
• Par comparaison du plus au moins, À plus forte raison, Avec d'autant plus de raison. Si l'on est obligé de faire du bien aux étrangers, à plus forte raison doit-on en faire à sa famille.
• FORT, se dit également Des expressions, du style, etc., lorsqu'ils joignent l'énergie à la justesse, et qu'ils sont capables de frapper, d'entraîner. Une expression forte. Un style fort et concis. Une éloquence forte et rapide.
• Se dit aussi Des expressions, des termes, des propos durs et offensants. Cette expression-là est un peu forte. L'épithète est forte. Ce que vous dites là est un peu fort.
• Fam., Cela est fort, paraît fort; voilà qui est fort, se dit D'une chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, ou difficile à croire.
• FORT, se dit souvent, au figuré, pour Habile, expérimenté, capable. C'est un homme fort. Il est fort sur ces matières-là, il y est fort plus que personne. Cet élève est fort sur la philosophie, sur l'histoire. Il n'est pas assez fort pour bien traiter un pareil sujet. Elle est très-forte sur le piano, sur la harpe. Être fort aux échecs, au piquet. Je ne joue pas contre vous, vous êtes beaucoup plus fort que moi. Il n'est pas fort.
• C'est une tête forte, une forte tête, C'est un homme de beaucoup de jugement, de beaucoup de capacité. C'est une des plus fortes têtes du conseil, de l'assemblée. On appelle aussi Tête forte, Un homme qui porte bien le vin, qui peut en boire beaucoup sans s'incommoder.
• Avoir l'esprit fort, Avoir de la vigueur, de la pénétration et de l'étendue d'esprit. Il a l'esprit fort, il n'est point accablé par la multitude des affaires.
• Un esprit fort, se dit d'Une personne qui se pique de ne pas croire les dogmes de la religion; et, en général, de Quiconque veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. C'est un esprit fort. Il fait l'esprit fort. Les prétendus esprits forts.
• Très-fam., Il est fort pour parler, pour pérorer, etc., se dit, par une sorte de dénigrement, De celui qui sait beaucoup moins agir que parler, etc.
• FORT, se prend aussi, figurément, pour Courageux, magnanime, ferme. C'est un homme qui a un caractère fort, qui a l'âme grande et forte. La femme forte de l'Écriture. Cela est d'une âme forte.
• Se faire fort, S'engager à quelque chose, se rendre caution, se rendre garant. Dans cette phrase, le mot Fort s'emploie toujours sans nombre ni genre. Je me fais fort d'en venir à bout. Il se fait fort de son ami. Elle se fait fort d'obtenir la signature de son mari. Ils se faisaient fort d'une chose qui ne dépendait pas d'eux. On dit dans le même sens, Se porter fort pour quelqu'un, Répondre du consentement de quelqu'un.
• FORT, se met souvent avec la préposition en, ou avec la préposition de, suivie d'un substantif qui indique le genre de force, la cause, la qualité, les ressources, etc., qui rendent fort. Être fort des reins. Une place forte d'assiette. Cette armée est forte en infanterie, forte d'infanterie. Il est fort en cavalerie. Les ennemis sont plus forts en nombre. Une armée forte de cent mille hommes. Être fort en raisons. Ils étaient forts de nos divisions. Être fort de la protection de quelqu'un. Être fort de sa conscience. Ce discours est très-fort de raisonnement, est très-fort de style.
• Prov. et pop., Être fort en gueule, Parler beaucoup, avoir la repartie prompte et rude.
• FORT, se dit substantivement, surtout dans le style élevé, de Celui qui a la force ou la puissance. Protéger le faible contre le fort.
• Les forts de la halle, Les portefaix qui font le service de la halle aux blés de Paris.
• FORT, s'emploie également, comme substantif, pour désigner, L'endroit le plus fort d'une chose. Mettre une poutre sur son fort. Le fort de la voûte. Le fort de la balance. Gagner le fort de l'épée. Le fort de la boule.
• Se dit aussi de L'endroit le plus épais et le plus touffu d'un bois. S'enfoncer dans le fort du bois. Courir dans le fort.
• Se dit, en termes de Chasse, Du repaire, de la retraite, de certains animaux qui se réfugient toujours dans l'endroit le plus épais du bois. Le sanglier est dans son fort. Relancer une bête dans son fort.
• FORT substantif, se dit figurément et familièrement Du genre de mérite ou de savoir, de la qualité qui distingue une personne. Son fort, c'est l'histoire, la chronologie. C'est là son fort. La critique est son fort. C'est le tirer de son fort que de le tirer de là. C'est le prendre par son fort que de l'attaquer sur la géométrie. Tout le fort de cet homme est la mémoire. On dit dans un sens analogue: Connaître le fort et le faible d'une affaire. Savoir le fort et le fin d'un art.
• Communément, Du fort au faible, le fort portant le faible, Toutes choses étant compensées, ce qui manque d'un côté étant suppléé de l'autre. Quatre chevaux porteront tout cela, du fort au faible. Des terres qui valent tant l'arpent, le fort portant le faible. Il a de bonnes et de mauvaises qualités; mais, le fort portant le faible, c'est un assez galant homme.
• FORT substantif, signifie encore, Le temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré; et il se dit tant Des choses physiques que des choses morales. Dans le fort de l'hiver. Dans le fort de l'été. Au fort de la tempête. Dans le plus fort de la guerre. Il est dans le fort de sa maladie. Dans le fort de sa fièvre. Un homme dans le fort de sa passion, dans le fort de la colère, peut-il écouter la raison? Il ne faut pas lui en parler dans le fort de sa douleur, de son affliction.
• FORT substantif, se dit en outre d'Un ouvrage de terre ou de maçonnerie, en état de résister aux attaques de l'ennemi. Bâtir un fort. Attaquer un fort. Prendre un fort. Il n'y a qu'un fort de terre qui défende l'entrée du pont.
• FORT, s'emploie aussi comme adverbe, et signifie, Vigoureusement, d'une manière forte et vigoureuse. Frappez fort. Heurtez plus fort. Poussez fort.
• Il signifie aussi, Extrêmement, beaucoup; et alors, quand on le met devant un adjectif ou devant un adverbe, il marque le superlatif. Il pleut fort. Il gèle fort. Il vente fort. Elle lui plaît fort. Cette entreprise lui tient fort au coeur. J'ai cela fort à coeur. Je crois fort qu'il s'y opposera. Il nie fort et ferme. Il en a été fort surpris. Cet ouvrage est fort estimé des savants. Fort beau. Fort laid. Elle est fort aimable. Cela est fort inquiétant. Il n'est pas fort habile. Fort bien. Fort mal.

FORTE . adv.
• (On prononce Forté.) .Musique, emprunté de l'italien. Fort. Il se met, dans une pièce de musique, aux endroits où le son doit être renforcé.

FORTEMENT . adv.
• D'une manière vigoureuse, ferme, solide. Il le saisit fortement par le milieu du corps, et l'enleva de terre. Attacher fortement une chose à une autre. Cela tient fortement à la muraille.
• Il signifie figurément, Avec énergie, avec force, avec ardeur. Agir fortement. Il a insisté fortement sur ce point. C'est un ouvrage fortement pensé. Il a parlé fortement. Cet ouvrier a fortement travaillé. Se mettre fortement quelque chose en tête.
• Des contours, des muscles, etc., fortement dessinés, Des muscles, des contours, etc., dont la forme ou la saillie est très-prononcée. On dit dans un sens analogue, en parlant Du visage, Des traits marqués fortement.

FORTE-PIANO .s.m.
• (On prononce Forté.) .Musique. Espèce de clavecin dont la construction est telle, qu'on peut renforcer ou adoucir le son à volonté. Jouer du forte-piano.

FORTERESSE . s. f.
• Lieu fortifié, destiné à recevoir une garnison et à défendre un pays. Cette forteresse tient tout le pays en respect. Attaquer une forteresse. Prendre une forteresse. Ils se retirèrent dans une forteresse.

FORTIFIANT
, ANTE. adj.
• Qui augmente les forces. Se dit Des remèdes et des aliments. Le vin est un remède et un aliment fortifiant.
• S'emploie aussi comme substantif, au masculin. Prendre des fortifiants.

FORTIFICATION . s. f.
• Ouvrage de terre ou de maçonnerie qui rend une place forte. La fortification de cette ville est excellente. Les fortifications n'en valent rien. Abattre, raser les fortifications. Démolir, réparer les fortifications. Dresser le plan des fortifications. Travailler aux fortifications. Fortification régulière, irrégulière.
• Il signifie aussi, L'art de fortifier. Cet ingénieur entend bien la fortification. On le dit plus ordinairement au pluriel. Se connaître, s'entendre aux fortifications. Apprendre, étudier les fortifications.
• Il signifie encore, L'action même de fortifier. On travaille à la fortification de cette place.

FORTIFIER . v. a.
• Rendre fort, donner plus de force. Cet exercice est propre à fortifier le corps. Le bon vin fortifie l'estomac.
• Se dit souvent au sens moral. Ces méditations fortifient l'esprit. Fortifier le courage. Se fortifier l'âme. Fortifier son âme, son coeur. Je fortifiai ses espérances. Le temps fortifie l'amitié. Fortifier une preuve, un raisonnement. Cela fortifiait les soupçons. Fortifier une accusation.
• Fortifier quelqu'un dans une résolution, L'y faire persister, l'y affermir.
• En termes de Peinture, Fortifier une figure, les membres d'une figure, Leur donner plus de grosseur. Fortifier les teintes, Les rendre plus vigoureuses. Fortifier les ombres et les touches, Les rendre plus brunes et plus obscures.
• FORTIFIER, signifie particulièrement, Faire des ouvrages pour mettre une ville, une place, un poste, etc., en état de résister à l'ennemi. Fortifier une ville, une place, un poste, un château. Fortifier un camp. Ce côté de la place était mal fortifié.
• FORTIFIER, avec le pronom personnel, signifie, tant au propre qu'au figuré, Devenir fort, plus fort. Cet enfant se fortifie tous les jours. Ce convalescent commence à se fortifier un peu. L'esprit se fortifie par l'étude. Un sentiment qui se fortifie. Se fortifier dans la vertu. Se fortifier dans sa résolution.
• Se fortifier dans un poste, S'y retrancher, y faire des dispositions qui mettent en état de tenir contre l'ennemi.
• FORTIFIÉ, ÉE. participe, Un lieu fortifié.

FORTIN .s.m. diminutif
• Petit fort. Construire un fortin. On accompagna le grand fort de deux fortins.

FORTIORI
(À)
• Expression latine, qui s'emploie en termes de Logique, et qui signifie, À plus forte raison. Raisonner à fortiori, conclure à fortiori, c'est-à-dire, D'après un rapport du moins au plus qui établit plus fortement ce qu'on veut prouver. Si je dois obliger mon cousin, à fortiori dois-je secourir mon frère.

FORTITRER . v. n.
• .Chasse. Se dit Des cerfs ou d'autres bêtes qui évitent de passer dans les lieux où il y a des relais ou des chiens frais amenés pour les courre. Le cerf a fortitré deux fois.

FORTRAIT
, AITE. adj.
• .Manége. Se dit D'un cheval outré de fatigue. Un cheval fortrait.

FORTRAITURE . s. f.
• .Manége. Fatigue outrée d'un cheval.

FORTUIT
, ITE. adj.
• Qui arrive par hasard, d'une manière imprévue. Par cas fortuit. C'est un cas fortuit. C'est une chose fortuite. Rencontre fortuite. Événement fortuit. On n'est point tenu des cas fortuits.

FORTUITEMENT . adv.
• Par cas fortuit, par hasard. Je l'ai rencontré fortuitement. Cela est arrivé fortuitement.

FORTUNE . s. f.
• Hasard, chance. La fortune des armes. En cas de fortune. Il court fortune d'être un jour très-riche. Il court fortune d'y périr. Il court fortune de la vie. J'en courrai la fortune.
• Fam., Courir la fortune du pot, S'exposer à faire mauvaise chère, en allant dîner dans une maison où l'on n'est point attendu.
• Bonne fortune, Chance heureuse, heureux hasard. C'est une bonne fortune pour moi de vous rencontrer. Il lui est arrivé une bonne fortune depuis peu.
• Bonne fortune, en termes de Galanterie, se dit Des faveurs d'une femme. Il se vante d'avoir eu cette bonne fortune. Il a eu beaucoup de bonnes fortunes. Un homme à bonnes fortunes. Aller en bonne fortune. Être en bonne fortune.
• Tenter fortune, S'engager dans une entreprise dont le succès dépend en grande partie du hasard, d'événements qu'on ne peut régler ni prévoir. Chercher fortune, Être ou se mettre en quête des occasions qui peuvent procurer ce que l'on désire, comme le bien-être, les richesses, etc. Il est allé chercher fortune aux Indes. On disait autrefois, dans un sens analogue, Busquer fortune.
• FORTUNE, se prend quelquefois pour Bonheur. Il est en fortune, il gagne tout ce qu'il veut.
• Il se prend aussi pour Malheur, péril, danger, risque. Dieu vous préserve de mal et de fortune. C'est en ce sens qu'il est employé dans cette phrase de Pratique, À ses risques, périls et fortune.
• Fig. et fam., Faire contre fortune bon coeur, contre mauvaise fortune bon coeur, Ne pas se laisser abattre par la contradiction, par les échecs, par les revers.
• Fortune de mer, Les accidents qui arrivent à ceux qui naviguent sur mer, comme de faire naufrage, de rencontrer des pirates, etc.
• FORTUNE, se dit encore de Tout ce qui arrive ou peut arriver de bien ou de mal à quelqu'un. Nous courons tous deux même fortune. Nous sommes compagnons de fortune. Courir la fortune de quelqu'un. S'attacher à la fortune de quelqu'un, suivre sa fortune. Il est le maître et l'arbitre de ma fortune. Changement de fortune. Cet événement allait changer sa fortune. Il a éprouvé l'une et l'autre fortune. Je partageai sa bonne et sa mauvaise fortune. Ma mauvaise fortune, ma bonne fortune a voulu que... On le dit également Des choses. Nous pouvons prédire quelle sera la fortune de ce livre, de cet ouvrage. La fortune des États, des empires. On l'emploie quelquefois au pluriel. Cet homme, cette doctrine a eu des fortunes très-diverses.
• Revers de fortune, Disgrâce, accident qui change une bonne situation en une mauvaise. Un fâcheux revers de fortune. Éprouver un revers de fortune. Être à l'abri des revers de fortune. On dit aussi, Retour de fortune, Changement de fortune, vicissitude. Il y a d'étranges retours de fortune.
• FORTUNE, se dit quelquefois de La bonne, de l'heureuse fortune de quelqu'un, des succès qu'il obtient. Des que sa fortune l'eut abandonné. Désespérer de sa fortune.
• Il signifie aussi, dans une acception particulière, L'avancement et l'établissement dans les biens, dans les emplois, dans les honneurs, etc. Parvenir à une haute fortune. S'il vit, il portera, il poussera sa fortune bien loin. Vous êtes en bon chemin, poussez votre fortune. Faire fortune. Avancer sa fortune. Établir, affermir sa fortune. N'abusez pas de votre fortune. Sa fortune est encore chancelante. Il semble que sa fortune diminue, qu'elle baisse. Ses envieux tâchent de traverser, d'ébranler sa fortune. Faire la fortune de quelqu'un. Tenir sa fortune de quelqu'un. Il doit sa fortune à un tel. Il ne doit sa fortune qu'à son propre mérite. On a vu des fortunes bien étonnantes dans ces derniers temps. Les fortunes subites sont rarement durables.
• Les biens de la fortune, Les richesses, les honneurs, les emplois, etc. Les biens de la fortune ne sont pas les vrais biens. Le sage ne recherche pas ardemment les biens de la fortune.
• Homme de fortune, Celui qui, d'un fort petit commencement, est parvenu à de grands biens. Soldat de fortune, Homme de guerre qui, sans autre recommandation que son mérite, est parvenu des derniers rangs aux grades les plus élevés. On appelle de même Officier de fortune, Un soldat devenu officier par son seul mérite.
• Faire fortune, se dit aussi Des choses, et signifie, Obtenir du succès, être accueilli, goûté. Cette doctrine a fait fortune dans le monde, a fait fortune.
• Prov. et fig., Chacun est artisan de sa fortune, Généralement parlant, chacun peut se rendre heureux dans son état; notre bonheur dépend de notre conduite.
• FORTUNE, signifie également, L'état, la condition où l'on est. Se contenter de sa fortune. Il s'est toujours tenu dans sa première fortune. Il n'a point changé sa fortune.
• Se dit encore simplement pour Biens, richesses, état d'opulence. Grande fortune. Belle fortune. Fortune immense. Fortune médiocre. Petite fortune. Sa fortune excite l'envie. Ménager sa fortune. Grossir, augmenter sa fortune. L'inégalité des fortunes. Partager sa fortune avec quelqu'un. Faire sa fortune. Ces pertes ont anéanti sa fortune. C'est un homme sans fortune. Il rassembla les débris de sa fortune. Mettre sa fortune à couvert. Acquérir de la fortune. Laisser de la fortune à ses enfants. N'avoir point de fortune. C'est là toute ma fortune.
• FORTUNE, se dit aussi de La divinité païenne qui était censée faire, à son gré, le bonheur et le malheur, les bons et les mauvais succès. Le temple de la Fortune. La statue de la Fortune. Les Romains adoraient la Fortune, sacrifiaient à la Fortune.
•S'emploie, par allusion au sens qui précède, dans un grand nombre de phrases figurées. La fortune est aveugle, inconstante, légère, variable, contraire, favorable, cruelle, bizarre, capricieuse, changeante, volage. Les caresses, les faveurs de la fortune. L'inconstance, le caprice, la bizarrerie, les revers, les rigueurs de la fortune. Les révolutions, les vicissitudes de la fortune. L'empire, la puissance de la fortune. La fortune distribue inégalement ses faveurs. Il est maltraité de la fortune. Il accuse la fortune de son malheur. La fortune lui rit. La fortune lui a tourné le dos. La fortune élève les uns, abaisse les autres. S'abandonner à la fortune. Donner, abandonner tout à la fortune. La roue de la fortune. La fortune préside à la guerre, au jeu. Cet homme de néant élevé si haut est un jeu de la fortune, un ouvrage du caprice de la fortune. Les hommes sont le jouet de la fortune. La fortune se joue de tout. La fortune a trompé leur espoir. Braver la fortune.
• Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, Les grands changements qui arrivent aux hommes ou aux États, et qui les élèvent ou les abaissent.
• Brusquer la fortune, Tenter de réussir par des moyens prompts et hasardeux.
• Prov. et fig., Attacher un clou à la roue de la fortune, Trouver moyen de fixer la fortune.
• Fig., Adorer, encenser la fortune, sacrifier à la fortune, etc., S'attacher à ceux qui sont en faveur, en crédit.

FORTUNÉ
, ÉE. adj.
• Heureux. Prince fortuné. Amants fortunés.
• Il signifie aussi, Qui donne le bonheur, où l'on trouve le bonheur. Union fortunée. Siècle fortuné. Région, terre fortunée.
• Îles Fortunées. Nom que les anciens donnaient aux îles que nous appelons maintenant les Canaries.

FORT-VÊTU .s.m.
• Homme qui a un habit au-dessus de son état. Ce mot familier a vieilli.

FORUM .s.m.
• (On prononce Forome.) Mot emprunté du latin. Se dit Des places où le peuple s'assemblait, à Rome, pour les affaires publiques, et de Celles où se tenait quelque marché. Le plus ancien forum, ou le Forum proprement dit, était situé entre le Capitole et le mont Palatin. Le forum de Nerva. Le forum de Trajan. Le peuple s'assemblait déjà dans le forum.
• Se dit également Des places où se tenaient les foires, dans les villes dépendantes de l'empire romain.

FORURE . s. f.
• .Serrurerie. Trou fait avec un foret. La forure de cette clef est ronde, est en trèfle, en étoile, etc.

FOSSE . s. f.
• Creux dans la terre, fait par la nature ou par l'art, et qui est plus ou moins large et profond. Large fosse. Fosse creuse, profonde. Il y a une dangereuse fosse dans la rivière. Tomber dans une fosse. Daniel fut jeté dans la fosse aux lions. Creuser, faire une fosse pour un arbre. Faire une fosse d'asperges. Fosse à fumier. Fosse à chaux. Il est obligé par son bail de faire tant de fosses dans cette vigne. Creuser une fosse pour faire une citerne. Placer le moule d'un canon dans une fosse.
• Fosse d'aisances, Excavation voûtée, destinée à recevoir les matières qui coulent d'une chausse d'aisances. Fosse inodore.
• FOSSE, signifie particulièrement, L'endroit que l'on creuse en terre pour y mettre un corps mort. On a fait sa fosse dans le cimetière. Mettre un corps dans la fosse. Prier Dieu sur la fosse de quelqu'un. Jeter de l'eau bénite sur sa fosse. Pleurer sur sa fosse.
• Fig., Être sur le bord de sa fosse, avoir un pied dans la fosse, Être fort vieux ou extrêmement malade, n'avoir que peu de temps à vivre. Creuser sa fosse, Altérer sa santé, abréger sa vie par des excès, par des déréglements.
• Prov. et fig., Mettre les clefs sur la fosse, Renoncer à la succession ou à la communauté d'une personne décédée. Cette veuve a mis les clefs sur la fosse de son mari.
• Basse-fosse, Cachot très-profond dans une prison. Mettre dans les basses-fosses un condamné.
• Cul de basse-fosse, Cachot souterrain, creusé dans la basse-fosse même. On le mit dans un cul de basse-fosse.
• FOSSE, en termes d'Anatomie, se dit de Certaines cavités, plus ou moins profondes, que présentent divers organes, et dont l'entrée est toujours plus évasée que le fond. Fosses nasales. Fosse coronale ou frontale. Fosse iliaque. Fosse lacrymale. Fosse temporale. Etc.

FOSSÉ .s.m.
• Fosse creusée en long pour clore, pour enfermer quelque espace de terre, ou pour faire écouler les eaux, ou pour la défense d'une place. Entourer un pré de fossés. Relever les fossés d'une pièce de terre. C'est un pays tout coupé de fossés. Long fossé. Large fossé. Fossé profond. Fossé plein d'eau. Fossé sec. Sauter le fossé. Franchir un fossé. Les fossés d'une ville, d'une place de guerre. La crête d'un fossé. Le revers d'un fossé. Fossé à fond de cuve. Fossé taillé dans le roc. Fossé revêtu. Remplir le fossé. Combler le fossé. Percer le fossé. Descendre dans le fossé. Passer le fossé. Se loger dans le fossé. La descente du fossé.
• Prov., Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat.
• Prov. et fig., Faire de la terre le fossé, Tirer de la chose même de quoi subvenir aux dépenses nécessaires pour l'agrandir, ou pour l'entretenir. Se dit plus souvent D'un dissipateur qui se ruine par des emprunts successifs, dont l'un rembourse l'autre.
• Fig. et fam., Sauter le fossé, Prendre un parti hasardeux après avoir longtemps balancé.
• Prov. et fig., Au bout du fossé la culbute, se dit Lorsque, se conduisant avec étourderie ou avec audace, on veut faire entendre que, s'il en résulte pour soi des suites fâcheuses, on ne se plaindra point, on les verra d'un oeil indifférent.

FOSSETTE . s. f. diminutif
• Petit creux que les enfants font en terre, pour jouer à qui y fera tenir plus de noix, de noisettes, de billes, de petites pièces de monnaie, etc., en les y jetant d'une certaine distance. Jouer à la fossette.
• FOSSETTE, se dit aussi Du petit creux que certaines personnes ont au bout du menton, ou qui se forme au milieu de la joue quand elles rient.

FOSSILE . adj. des deux genres
• T. d'Hist. nat. Se dit Des substances qui se tirent de la terre, pour les distinguer Des substances de même nature qui se trouvent ailleurs. Du charbon fossile. Du sel fossile.
• Se dit également Des dépouilles, des débris, ou des formes, des empreintes de corps organisés, qu'on trouve dans les couches de la terre. Animal fossile. Ivoire fossile. Coquillage fossile. Plante fossile. Bois fossile.
• S'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit de Toutes les substances qui se tirent de la terre, telles que minéraux, métaux, pétrifications, etc.; mais surtout Des animaux et des plantes fossiles. L'étude des fossiles. Il y a des fossiles dont on ne retrouve point les analogues parmi les espèces vivantes.

FOSSOYAGE .s.m.
• Action de fossoyer, ou Travail du fossoyeur.

FOSSOYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Employer.) Fermer avec des fossés. Faire fossoyer un pré, un champ.
• FOSSOYÉ, ÉE. participe, Maison fossoyée. Pré fossoyé.

FOSSOYEUR .s.m.
• Celui qui creuse les fosses pour enterrer les morts. Payer le fossoyeur.

FOU
ou FOL, FOLLE. adj.
• (On emploie Fol devant un substantif, au singulier, commençant par une voyelle ou par une h non aspirée.) Qui a perdu le sens, l'esprit. Il a toujours été fou. Devenir fou. Être fou à courir les champs. Il est fou à lier. Il faudrait être fou pour ne pas juger que...
• Prov. et par exagérat., Il m'a pensé faire devenir fou, Il m'a fait perdre patience par les choses qu'il a dites, qu'il a faites mal à propos. On dit de même, figurément et familièrement: Vous me feriez devenir fou avec vos sottes observations. Cet homme-là me rendra fou avec ses persécutions.
• Fam. et par exagérat., Il est fou, il faut qu'il soit fou, se dit De celui qui fait ou qui dit des extravagances, quoiqu'il n'ait point l'esprit aliéné. Décidément cet homme-là est fou. Il faut que vous soyez folle, tout à fait folle pour vous conduire ainsi. Êtes-vous fou, dites-moi, de me faire une pareille demandé?
• Fig., Être fou d'une personne, d'une chose, L'aimer avec une passion démesurée, y avoir un attachement excessif. Un mari qui est fou de sa femme. Une mère qui est folle de ses enfants. Il a acheté depuis peu ce tableau, et il en est fou.
• Chien fou, Chien enragé. On dit, proverbialement et figurément, Être fait comme un chien fou, Être bizarrement accoutré, mal ajusté.
• FOU, signifie aussi, Simple, crédule, ou Malavisé, imprudent, extravagant. Vous êtes bien fou de croire cela. Vous êtes bien fou de vous en fâcher, de vous en tourmenter. Il a été assez fou pour lui dire... Que craindre de ce fol ennemi?
• FOU, se dit également De tout ce qui est contraire à la raison, à la prudence, à la modération. Fol amour. Fol espoir. Fol amusement. Fol entêtement. Folle entreprise. Action folle et extravagante. De folles dépenses.
• Il se prend quelquefois pour Excessif, prodigieux. Il y avait à ce bal un monde fou. Cette tragédie a eu un succès fou. Il a dépensé un argent fou dans cette maison. Un luxe fou. Il en demandait un prix fou.
• En termes de Procédure, Folle enchère, Enchère faite témérairement et à laquelle l'enchérisseur ne peut satisfaire. Vente, revente sur folle enchère, ou simplement, Folle enchère. Poursuivre la folle enchère. Frais de folle enchère. Se dit aussi de La différence en moins entre le prix de la seconde adjudication et celui de la première; différence qui est à la charge de l'adjudicataire sur la folle enchère duquel on a revendu. Payer la folle enchère. On dit, dans un sens analogue, Fol enchérisseur. Dans l'ancienne Pratique, Fol appel, Appel mal fondé.
• Prov. et fig., Payer la folle enchère de quelque chose, en payer la folle enchère, Porter la peine de sa témérité, de son imprudence. Il a fait une grande faute, mais il en a bien payé la folle enchère.
• Fou rire, Rire dont on n'est pas le maître. Le fou rire m'a pris, en le voyant, en l'écoutant.
• Fam., Avoir un mal de tête fou, Avoir un très-grand mal de tête.
• Folle avoine, Espèce d'avoine qu'on nomme autrement Avoine stérile.
• Folle farine, La plus subtile fleur de la farine.
• FOU, se dit quelquefois pour Extrêmement gai, badin, enjoué. Que vous êtes fou! Il a l'humeur folle. C'est une tête folle. Il est fou comme un jeune chien, comme un braque.
• Gaieté folle, Gaieté qu'on manifeste sans retenue, ou par des actions, par des discours peu raisonnables. Il est d'une gaieté folle. Elle fut alors d'une gaieté folle.
• FOU, est aussi substantif, et signifie, Celui qui a perdu le sens, qui est tombé en démence. C'est un fou. C'est une folle. C'est un fou achevé. Un fou furieux. Un fou mélancolique. Un fou sérieux. Chaque fou a sa marotte. C'est un fou à lier. Il n'y a qu'un fou qui puisse répondre de la sorte. L'hôpital des fous.
• Prov., on dit, Tête de fou ne blanchit jamais, soit parce qu'ordinairement les fous n'atteignent pas la vieillesse, soit parce qu'on les regarde comme exempts des inquiétudes, des soucis qui font assez souvent blanchir les cheveux.
• FOU substantif, signifie également, par exagération, Celui qui fait, qui dit des extravagances, ou qui est crédule, imprudent, ou qui a une gaieté folle, turbulente. C'est un fou, un grand fou, un jeune fou, un vrai fou, un fou fieffé. Tais-toi, maître fou. Ils sont là un tas de fous qui raisonnent à perte de vue. Pauvre fou, ne vois-tu pas qu'on te joue? Prov. (dans les deux premières acceptions), Il y a plus de fous que de sages; tous les fous ne sont pas aux Petites-Maisons; et (dans la dernière), Plus on est de fous, plus on rit.
• Il signifie aussi, Un bouffon; et on ne le dit guère alors que Des bouffons à gages, tels qu'en avaient autrefois les princes et quelques grands seigneurs. Le fou de François Ier. Les fous de cour avaient le privilége de dire impunément des vérités hardies. Les plaisanteries du fou. Il avait amené son fou.
• Fam., Faire le fou, Faire le bouffon, contrefaire le fou; ou Faire quelque extravagance, quelque impertinence.
• FOU, au Jeu des échecs, se dit, par allusion aux anciens fous de cour, d'Une certaine pièce dont la marche est toujours par une ligne transversale, en coupant l'angle des carrés. Le fou blanc. Le fou noir. Le fou du roi. Le fou de la reine.
• FOU, en Histoire naturelle, Oiseau palmipède des Antilles, ainsi nommé parce qu'il se pose sans précaution sur les bâtiments, et s'y laisse quelquefois prendre à la main. Le fou vit de poisson.

FOUACE . s. f.
• Sorte de pain fait de fleur de farine en forme de galette, et ordinairement cuit sous la cendre.

FOUAGE .s.m.
• Sorte de droit et de redevance qui se payait en certaines provinces par chaque feu ou maison. Droit de fouage.

FOUAILLE . s. f.
• .Vénerie. Part que l'on fait aux chiens après la chasse du sanglier. C'est ce qu'on appelle Curée, à la chasse du cerf.

FOUAILLER . v. a. fréquentatif.
• Donner souvent des coups de fouet. Ce cocher ne fait que fouailler ses chevaux. Il est familier.
• FOUAILLÉ, ÉE. participe

FOUDRE . s. f.
• Le feu du ciel, la matière électrique lorsqu'elle s'échappe de la nue en produisant une vive lumière et une violente détonation. La foudre sillonne les nues, brille dans les airs. Un coup de foudre. Être atteint, frappé de la foudre, touché de la foudre. L'éclat de la foudre. Lancer la foudre. La foudre est tombée. Les paratonnerres préservent les édifices de la foudre. La rapidité de la foudre. La foudre brûle, détruit les corps exposés à son action. Crime digne de la foudre. Il est quelquefois masculin, surtout en poésie et dans le style soutenu. Être frappé du foudre. Le foudre vengeur. Expirer sous les foudres vengeurs.
• On le craint, il est craint comme la foudre, se dit D'un homme qui est fort redouté.
• Par exagérat., Comme la foudre, avec la rapidité de la foudre, Avec une grande rapidité, avec une extrême impétuosité. Ce cheval va comme la foudre. Il s'élance avec la rapidité de la foudre. On dit dans le même sens: Aussi prompt, aussi rapide que la foudre. Plus prompt, plus rapide que la foudre. Etc.
• Fig., Coup de foudre, se dit d'Un événement imprévu et fâcheux qui frappe quelqu'un tout à coup. Cette nouvelle fut pour lui un coup de foudre. Quel coup de foudre! On dit aussi: Cette nouvelle arriva comme un coup de foudre. Ce fut pour lui comme un coup de foudre. Etc.
• Par extension, Les foudres de la guerre, Les canons, l'artillerie. On ne le dit qu'en poésie ou dans le style élevé.
• Fig., Foudre de guerre, grand foudre de guerre, se dit d'Un grand prince, d'un grand général d'armée qui a remporté plusieurs victoires, et donné des preuves d'une valeur extraordinaire. Dans ce sens, Foudre est toujours masculin. On dit de même, figurément, Un foudre d'éloquence, Un grand orateur; mais cette locution est moins usitée.
• FOUDRE, s'emploie aussi, figurément, en parlant Du courroux de Dieu, de l'indignation d'un souverain, etc. Les prières ferventes apaisent Dieu, et lui font tomber la foudre des mains. Le prince est en colère, et la foudre est près de tomber.
• Les foudres de l'excommunication, L'excommunication. On dit de même: Les foudres de l'Église. Les foudres du Vatican. Les foudres des censures ecclésiastiques.
• Les foudres de l'éloquence, Les raisonnements, les arguments victorieux par lesquels un orateur confond ses adversaires.
• FOUDRE, se dit aussi de Cette représentation de la foudre que les peintres et les sculpteurs donnent ordinairement pour attribut à Jupiter, et qui consiste en une espèce de grand fuseau, du milieu duquel sortent plusieurs petits dards en zigzag. Dans ce sens, il est toujours masculin. Un foudre ailé. Une aigle tenant un foudre dans ses serres.

FOUDRE .s.m.
• Grande tonne, vaisseau d'une très-vaste capacité, qui peut contenir beaucoup de muids de vin ou de quelque autre liquide. Un foudre de vin.

FOUDROIEMENT .s.m.
• (On prononce Foudroîment.) Action par laquelle une personne, une chose est foudroyée. Le foudroiement de Phaéton. Le foudroiement des géants.

FOUDROYANT
, ANTE. adj.
• Qui foudroie, ou Qui frappe avec la rapidité de la foudre. On ne l'emploie guère en ce sens que poétiquement. Jupiter foudroyant. Bras foudroyant. Épée foudroyante.
• Apoplexie foudroyante, Violente attaque d'apoplexie qui cause promptement la mort.
• FOUDROYANT, se dit aussi De ce qui exprime un grand courroux, une vive indignation. Il lançait sur moi des regards foudroyants. Il lui écrivit une lettre foudroyante.
• Se dit encore De ce qui épouvante, ou De ce qui interdit et confond. Nouvelle foudroyante. Réponse foudroyante. Le trait est foudroyant.

FOUDROYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Employer.) Frapper de la foudre. Jupiter foudroya les Titans.
• Il signifie figurément, Battre, détruire à coups de canon, de mortier, etc. Foudroyer une ville. Foudroyer un bastion. Le feu de la place foudroyait les assiégeants.
• Se dit encore figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, pour Terrasser, atterrer, confondre. Foudroyer la rébellion. Foudroyer l'hérésie. Cet orateur a foudroyé ses adversaires. Cet argument le foudroya.
• Foudroyer les erreurs, les vices, etc., Les combattre avec véhémence, les frapper de réprobation par des discours ou des écrits éloquents.
• FOUDROYÉ, ÉE. participe

FOUÉE . s. f.
• Sorte de chasse aux oiseaux, qui se fait la nuit à la clarté du feu.

FOUET .s.m.
• Cordelette de chanvre ou de cuir, qui est attachée à une baguette, à un bâton, et dont on se sert pour conduire et pour châtier les chevaux et autres animaux. Le fouet d'un cocher, d'un charretier, d'un messager, d'un postillon. Coup de fouet. Ce cheval est dur au fouet. Chasser des chiens à coups de fouet. Le charretier, le postillon fait claquer son fouet. Donner du fouet.
• Se dit aussi d'Une espèce de petite corde fort menue et fort pressée, dont les cochers et les charretiers se servent ordinairement pour mettre au bout de leurs fouets. Cela est fort comme du fouet. Ne prenez pas de la ficelle, prenez du fouet.
• Fig. et fam., Faire claquer son fouet, Se faire bien valoir, faire valoir son autorité, son crédit, ses talents, etc.
• Fig. et fam., Donner un coup de fouet, Menacer, presser, obliger quelqu'un de faire promptement ce que l'on désire de lui. On lui a donné un coup de fouet, il fera bientôt ce qu'on lui a demandé.
• FOUET, se dit également d'Une lanière de cuir qui est attachée au bout d'un petit bâton, et dont les enfants se servent pour faire tourner un sabot.
• Fig. et fam., Coup de fouet, se dit de Ce qui hâte une affaire. Cette affaire ne marche pas, elle a besoin d'un coup de fouet.
• Fig., en termes d'Artillerie, Coup de canon tiré de plein fouet, Horizontalement, de but en blanc.
• En Hist. nat., Le fouet de l'aile, Le bout de l'aile d'un oiseau.
• FOUET, se dit aussi Des coups de verges dont on châtie les enfants. Donner le fouet à un enfant. Mériter le fouet. Avoir le fouet. Sujet au fouet. Craindre le fouet. Menacer du fouet.
• Se dit également Des coups de verges dont la justice fait châtier quelques criminels, en certains pays. Le supplice du fouet n'est plus usité en France. Être condamné au fouet. Avoir le fouet par les carrefours.
• Fig., Il a eu le fouet sous la custode, se dit D'un criminel à qui la justice a fait donner le fouet dans la prison.
• Prov. et fig., Donner le fouet sous la custode, Châtier, réprimander en secret.

FOUETTER . v. a.
• Donner des coups de fouet; ou Donner le fouet. Fouetter les chevaux. Fouetter les chiens. Fouetter un sabot. Fouetter un enfant. On fouettait autrefois les coupeurs de bourses.
• Prov., Et puis fouette cocher, se dit, en plaisantant, Pour exprimer que l'on part en voiture avec une certaine rapidité. Nous montâmes en voiture, et puis fouette cocher.
• Prov., Il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, L'affaire, la faute dont il s'agit n'est qu'une bagatelle.
• Prov. et fig., Il a bien d'autres chiens à fouetter, Il a bien d'autres affaires importantes à traiter.
• Prov. et fig., Donner des verges pour se faire fouetter, pour se fouetter, Fournir des armes contre soi-même.
• Fouetter de la crème, fouetter des oeufs, etc., Battre de la crème, battre des oeufs, etc., avec des verges, pour les faire mousser.
• FOUETTER, se dit figurément, et neutralement, De la pluie, de la grêle, etc., quand elles frappent violemment contre quelque chose. La pluie, la grêle fouette contre les vitres. La neige fouette. On l'emploie dans un sens analogue en parlant Du vent. Le vent nous fouettait dans le visage. Le vent fouette à la campagne.
• Se dit pareillement Du canon, lorsqu'il donne en quelque lieu sans obstacle. Le canon fouette tout le long de la courtine. Il y avait une batterie qui fouettait sur la rivière.
• En termes de Marine, on dit que Les voiles fouettent les mâts, Lorsque le vent n'est pas assez fort pour enfler les voiles, et que, par l'effet du tangage et du roulis, elles frappent avec violence contre les mâts. Dans cette phrase, Fouetter est actif.
• FOUETTÉ, ÉE. participe, Crème fouettée.
• Fig. et fam., Crème fouettée, se dit d'Un discours, d'un écrit dont le style a du brillant, mais où il n'y a point de substance, point de solidité. On dit, dans le même sens, Ce n'est que crème fouettée.
• Ce pays, ce canton a été fouetté du mauvais vent, Le vent y a gâté les fruits.
• FOUETTÉ, signifie adjectivement, Qui est marqué de petites raies comme de coups de fouet. On le dit surtout Des fleurs et des fruits. Une tulipe fouettée. Un oeillet fouetté. Une pêche fouettée. Fouetté de rouge, de bleu, etc.

FOUETTEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui fouette. Il est familier, et ne s'emploie guère qu'avec quelque épithète. Ce maître d'école est un grand fouetteur.

FOUGASSE . s. f.
• .Guerre. Espèce de petite mine ou de fourneau de mine. Faire une fougasse. La fougasse joua et fit sauter les soldats. Autrefois on disait aussi, Fougade.

FOUGER . v. n.
• .Chasse. Se dit Du sanglier qui arrache des plantes avec son boutoir.

FOUGÈRE . s. f.
• Plante herbacée dont les feuilles sont grandes et extrêmement découpées, et qui croît ordinairement dans les terrains sablonneux. Lieu plein de fougère. Danser sur la fougère. Se coucher sur la fougère. Sur la verte fougère. Brûler de la fougère. La cendre de fougère sert à faire du verre. Des verres de fougère.
• Se dit quelquefois absolument, en poésie, d'Un verre à boire. Quand le vin petille dans la fougère.
• FOUGÈRES, au pluriel, se dit, en Botanique, de La famille de plantes cryptogames dont la fougère est le genre principal. La fructification des fougères.

FOUGON .s.m.
• .Marine. Lieu où se fait la cuisine dans certains petits bâtiments de la Méditerranée.

FOUGUE . s. f.
• Mouvement violent et impétueux, ordinairement accompagné de colère. Se dit Des hommes et des animaux. Être en fougue. Entrer en fougue. Apaiser sa fougue. Quand sa fougue lui prend. Il n'a que la première fougue. Dans la fougue. Quand la fougue est passée.
• Il signifie aussi, Ardeur, impétuosité naturelle. La fougue de la jeunesse. La fougue des passions. Rien ne saurait maîtriser, dompter la fougue de son caractère. Il est plein de fougue. Un cheval qui a trop de fougue. On dit au pluriel, Les fougues de la jeunesse, pour exprimer L'emportement avec lequel les jeunes gens se livrent aux plaisirs.
• Se dit particulièrement pour Enthousiasme, feu, verve, surtout lorsqu'on parle D'un poëte ou d'un artiste qui est très-hardi dans ses conceptions, ou qui est sujet à des écarts. La fougue de ce poëte s'est éteinte, s'est ralentie bien promptement. S'abandonner à sa fougue, à la fougue de son imagination. On ne peut s'empêcher d'admirer la fougue, quelquefois excessive, de cet artiste.
• En termes de Marine, Mât de fougue, vergue de fougue, perroquet de fougue, etc., Mât, vergue, perroquet d'artimon.

FOUGUEUX
, EUSE. adj.
• Qui est sujet à entrer en fougue, ardent, impétueux. Cet homme est extrêmement fougueux. Cheval fougueux. Caractère fougueux. Esprit fougueux. Jeunesse fougueuse. Imagination fougueuse. Passions fougueuses. Désirs fougueux. De fougueux transports.

FOUILLE . s. f.
• Le travail qu'on fait en fouillant dans la terre. Faire une fouille, des fouilles. La fouille des terres. Les fouilles d'Herculanum, de Pompéi.

FOUILLE-AU-POT .s.m.
• Petit marmiton. Des fouille-au-pot. Il est bas.

FOUILLER . v. a.
• Creuser pour chercher quelque chose. Fouiller la terre. Fouiller des mines d'or, d'argent.
• Fouiller quelqu'un, Chercher soigneusement dans ses poches, dans ses habits, s'il n'a point caché quelque chose. Fouiller un voleur.
• En termes de Guerre, Fouiller un bois, Le faire visiter par des troupes.
• FOUILLER, signifie, en Sculpture, Travailler avec le ciseau les parties renfoncées d'une statue, d'un bas-relief, etc., ou Pratiquer des enfoncements qui puissent produire des ombres fières et vigoureuses. Il signifie de même, en Peinture, Donner de la force aux touches et aux ombres qui représentent les enfoncements. Fouiller le marbre adroitement. Fouiller les rosaces des caissons. Cette draperie est bien fouillée.
• FOUILLER, est aussi neutre, dans le premier sens. Fouiller dans un champ. Fouiller dans la terre. Fouiller dans les entrailles de la terre. Les sangliers, les cochons fouillent. La taupe a fouillé là.
• Il signifie également, Chercher quelque chose en remuant, en déplaçant les objets qui peuvent le cacher. Fouiller partout. Fouiller dans une armoire. Fouiller au fond du coffre, jusqu'au fond du coffre.
• Fouiller dans sa poche, dans sa bourse, etc., Mettre la main dans sa poche, dans sa bourse, etc., pour y chercher, pour y prendre quelque chose. On dit quelquefois, dans un sens analogue, Se fouiller.
• FOUILLER, s'emploie aussi figurément, surtout comme verbe neutre, dans le sens de Consulter, examiner, rechercher curieusement. Fouiller dans les archives. Fouiller dans de vieilles chroniques. Fouiller dans l'histoire. Fouiller dans les secrets de la nature. Fouiller dans le passé, dans l'avenir. Fouiller dans sa mémoire. Fouiller dans les coeurs.
• FOUILLÉ, ÉE. participe

FOUINE . s. f.
• Espèce de martre, animal carnassier, de la grosseur d'un chat, qui étrangle les petits oiseaux, les poulets, les pigeons, etc. La fiente de la fouine sent le musc.
• FOUINE, se dit aussi d'Un instrument de fer à deux ou trois fourchons, qu'on met au bout d'une perche, et qui sert à élever les gerbes sur le tas.
• Se dit encore d'Une espèce de trident propre à percer de gros poissons. Prendre des thons, des dorades, des bonites à la fouine.

FOUIR . v. a.
• Creuser. Il ne se dit proprement qu'en parlant De la terre. Fouir la terre. Fouir un puits. Il faudra fouir bien avant pour trouver de l'eau en cet endroit.
• FOUI, IE. participe

FOULAGE .s.m.
• T. d'Arts et métiers. Action de fouler, ou Le résultat de cette action. Le foulage des cuirs. Les chapeaux se feutrent par le foulage. La régularité du foulage contribue à la beauté de l'impression.

FOULANT
, ANTE. adj.
• Qui foule. Il n'est guère usité que dans cette locution, Pompe foulante, Pompe qui élève l'eau en la pressant.

FOULARD .s.m.
• Étoffe de soie, ou de soie et coton, fort légère, dont on fait des mouchoirs, des cravates, des fichus, etc., et qui offre ordinairement des dessins variés. Foulard des Indes. Un mouchoir de foulard.
• Se dit aussi d'Un mouchoir, d'une cravate, etc., de foulard. Se couvrir la tête d'un foulard. Un foulard bleu, jaune, rouge, etc.

FOULE . s. f.
• Presse, multitude de personnes qui s'entre-poussent. Une grande foule. Craindre la foule. Se jeter dans la foule. Se perdre, disparaître dans la foule. Se tirer de la foule. Faire la foule. Faire foule. Laisser écouler la foule. Laisser passer la foule. Il y a grande foule. La foule y est. Cette pièce attire la foule. Une foule de peuple, de spectateurs, etc.
• Se dit, par extension, pour Grand nombre, grande quantité, multiplicité; et alors on l'emploie même en parlant Des choses. Une foule de gens vous diront qu'il n'en est rien. Je connais une foule de personnes qui ont éprouvé le même accident. Une foule de solliciteurs. Cette foule d'écrits que chaque jour voit naître et mourir. Une foule de pétitions, de réclamations. La foule des affaires l'accable. J'ai une foule d'occupations. Avoir une foule d'idées, de souvenirs. Il allégua une foule de raisons.
• Il signifie aussi, figurément, Le vulgaire, le commun des hommes, le grand nombre des personnes ou des choses ordinaires dans leur genre. La foule ignorante, inconstante. Se mettre, par ses talents, au-dessus de la foule. Se faire remarquer dans la foule. Se tirer de la foule. Sortir de la foule. Être confondu dans la foule.
• FOULE, signifie en outre, L'action de fouler des draps, des chapeaux, etc. La foule des draps, des chapeaux, etc.
• Se dit plus ordinairement, chez les Fabricants de chapeaux, de L'atelier où l'on foule. Aller à la foule.
• FOULE, signifie encore figurément, Oppression, vexation. Ces priviléges tendent à la foule des citoyens, de l'État, de la province. Ce sens a vieilli.
• EN FOULE. loc. adv. En se pressant, ou En grande quantité, en grande multitude. Ils entrèrent, ils accoururent en foule. Les biens viennent en foule dans cette maison. Les idées se présentaient en foule à mon esprit. Alléguer des raisons en foule.

FOULÉE . s. f.
• .Manége. Temps pendant lequel, dans la marche, le pied du cheval pose sur le sol; ce qu'on nomme autrement Appui.
• FOULÉES, en termes de Chasse, Traces légères que la bête laisse de son pied, en passant sur l'herbe ou sur les feuilles: on les nomme aussi Foulures, en parlant Du cerf. Les marques du pied sur terre nette se nomment Voie pour les bêtes fauves et le lièvre, Piste pour le loup et le renard, et Trace pour la bête noire.

FOULER . v. a.
• Presser quelque chose qui cède, qui ne résiste pas beaucoup. Fouler l'herbe. Fouler un lit. Fouler par mégarde une robe, un bonnet. Fouler des raisins pour en faire sortir le jus. Fouler la vendange. Fouler une cuve. On l'emploie souvent dans les Arts et métiers. Les corroyeurs, les hongroyeurs foulent le cuir avec les pieds pour l'amollir. Fouler des chapeaux dans de la lie de vinaigre, pour que leur étoffe se feutre. On foule le drap pour le rendre plus ferme, plus serré.
• Fig., Fouler aux pieds, Traiter avec mépris. Un vrai chrétien foule aux pieds les vanités du monde. Fouler aux pieds les préjugés. Il foule aux pieds toutes les lois.
• FOULER, signifie quelquefois, surtout en poésie et dans le style élevé, Marcher sur. Je foulais avec respect ce sol antique et sacré. Ils foulent avec indifférence la cendre des héros qui furent leurs ancêtres.
• FOULER, signifie au figuré, Opprimer par des exactions, surcharger d'impôts. Fouler le peuple. Cette province a été extrêmement foulée.
• FOULER, signifie encore, Blesser en foulant, en pressant fortement; et il se dit Des chevaux et des bêtes de voiture ou de somme. Les selles neuves foulent d'ordinaire les chevaux. Il ne faut rien pour fouler le pied à un cheval.
• Se dit également Des personnes, en parlant D'une entorse, d'un tiraillement violent de quelque partie. Cette chute lui a foulé le nerf. Je me suis foulé le pied, le poignet.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Dans cette chute, mon poignet s'est foulé.
• FOULER, en termes de Vénerie, signifie, Faire battre ou parcourir un terrain par le limier ou par la mente.
• FOULER, en Imprimerie, se dit, neutralement, De l'action de la presse sur les feuilles qui reçoivent l'impression. Cette presse foule bien; elle foule également, régulièrement.
• FOULÉ, ÉE. participe, Une robe foulée. Avoir le poignet, le pied foulé.
• Cette bête a les jambes foulées, se dit D'une bête de somme ou de trait qui a les jambes usées par un long et violent travail.

FOULERIE . s. f.
• Atelier où l'on foule les draps, les cuirs, etc. Porter les draps, les cuirs à la foulerie.

FOULOIR .s.m.
• T. d'Arts et métiers. Instrument avec lequel on foule.

FOULON .s.m.
• Artisan qui foule, qui apprête les draps et autres étoffes de laine. Envoyer des draps au foulon.
• Moulin à foulon, Moulin qui sert à fouler les draps. Terre à foulon, Sorte de terre qui sert à dégraisser les draps. Chardon à foulon, Plante dont les têtes, armées de petits crochets, servent à carder les étoffes de laine, à rendre le poil des draps plus lisse et plus uni.

FOULQUE . s. f.
• Espèce de poule d'eau.

FOULURE . s. f.
• Contusion, blessure d'une partie foulée. Guérir une foulure. Remède pour la foulure des nerfs.
• FOULURE, en parlant Du foulon et du corroyeur, signifie, L'action de fouler les étoffes de laine, les cuirs, etc.
• FOULURES, en termes de Chasse, Marques légères que le pied du cerf laisse sur l'herbe ou sur les feuilles.

FOUR .s.m.
• Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par devant, et dans lequel on fait cuire le pain, la pâtisserie, etc. Four banal. Four à ban. Le four d'un boulanger, d'un pâtissier. La bouche, la gueule du four. L'air du four. Mettre le pain au four. Chauffer le four. Faire sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four.
• Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge.
• Prov. et pop., Il y fait chaud comme dans un four, se dit D'un lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se dit D'un lieu très-obscur.
• Prov. et fig., Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, Ce n'est pas pour vous que telle chose est préparée.
• Prov., fig. et par menace, Vous viendrez cuire à mon four, Vous aurez quelque jour besoin de moi, et je trouverai l'occasion de me venger.
• FOUR, se prend aussi pour Le lieu où est le four, et où se rendent ceux qui veulent cuire. Aller au four. Revenir du four.
• Se dit également Des lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc. Four à chaux, à plâtre, à brique. Four de verrerie.
• FOUR, se disait autrefois Du lieu où l'on cachait ceux que l'on enrôlait par force. Il a été deux jours dans un four, et il s'est sauvé.
• Fam., Faire four, se disait autrefois Des comédiens, lorsque, au lieu de jouer, ils renvoyaient les spectateurs, parce qu'ils n'avaient pas assez de monde pour couvrir leurs frais.

FOURBE . s. f.
• Tromperie basse et odieuse. Fourbe grossière, subtile. Découvrir une fourbe. Inventer une fourbe.
• Se dit plus ordinairement de L'habitude de tromper, de la disposition à tromper, à fourber. Ta fourbe sera démasquée.

FOURBE . adj. des deux genres
• Qui emploie, pour tromper, des ruses odieuses, une adresse maligne et perfide. C'est un homme bien fourbe. Elle est bien fourbe. Il a l'esprit fourbe et rusé. C'est le plus fourbe de tous les hommes.
• Il est aussi substantif. Un grand fourbe. Un maître fourbe. Une fourbe insigne.

FOURBER . v. a.
• Tromper d'une manière basse et odieuse. Il m'a fourbé. Il fourbe tout le monde.
• FOURBÉ, ÉE. participe

FOURBERIE . s. f.
• Tromperie coupable, et qui tient de la fourbe. Faire une fourberie, des fourberies. Une fourberie insigne.
• Se dit quelquefois de La disposition à faire des fourberies. Sa fourberie est bien connue.

FOURBIR . v. a.
• Nettoyer, polir, rendre clair en frottant. Il ne se dit qu'en parlant De certains ouvrages de fer, de cuivre, etc., tels que les armes et les ustensiles de cuisine. Fourbir des armes. Fourbir une lame d'épée, un canon de fusil. Fourbir un casque, une cuirasse. Fourbir des chenets, une casserole, un poêlon. Fourbir avec du sable, avec du grès pilé.
•FOURBI, IE. participe

FOURBISSEUR .s.m.
• Artisan qui fourbit, et qui monte des sabres, des épées, etc. Acheter une épée chez un fourbisseur.
• Prov. et fig., Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur, Disputer d'une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui contestent.

FOURBISSURE . s. f.
• Nettoiement, polissure. La fourbissure d'une lame.

FOURBU
, UE. adj.
• T. d'Art vétérinaire. Se dit Des chevaux, des mulets, etc., qui perdent tout à coup l'usage de leurs jambes, soit pour avoir trop travaillé, soit pour avoir bu trop tôt après avoir eu chaud. Dessoler un cheval fourbu. Cette jument est fourbue.

FOURBURE . s. f.
• T. d'Art vétérinaire. Maladie d'un cheval ou de quelque autre animal fourbu. Dessoler un cheval pour la fourbure.

FOURCHE . s. f.
• Instrument qui consiste en un long manche de bois terminé par deux ou trois branches ou pointes de bois, de fer, qui vont en s'écartant. Fourche de bois. Fourche de fer. La fourche est d'un grand usage dans les travaux de l'agriculture. Fourche d'étable. Fourche à faner. Chasser des maraudeurs à coups de fourche.
• Fig. et fam., Faire une chose à la fourche, La faire négligemment ou grossièrement. Panser des chevaux à la fourche. Cela est fait à la fourche. On dit aussi, Être traité à la fourche, Être traité durement ou d'une manière humiliante. Ces phrases vieillissent.
• Fourches patibulaires, Gibet à plusieurs piliers, élevé dans la campagne. Les fourches patibulaires étaient une marque de haute justice.
• Fourches Caudines, Passage étroit et dangereux de la Campanie, près de l'ancienne Caudium, célèbre par l'affront que les Samnites y firent éprouver aux Romains, en les obligeant à passer sous le joug, l'an de Rome 433. Cette expression s'applique figurément À un général qui est obligé de faire une capitulation peu honorable, à un souverain qui fait un traité humiliant. Il a rencontré là ses Fourches Caudines.
• Faire la fourche, une fourche, se dit D'une chose qui se divise en deux ou trois par l'extrémité, et principalement D'un chemin qui aboutit à deux ou à trois autres. Ce chemin fait la fourche, fait une fourche à tel endroit.

FOURCHER . v. n.
• Se partager, se diviser en deux ou trois par l'extrémité, en manière de fourche. Si on coupe la tête de ces arbres, ils fourcheront. Un chemin qui fourche. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le même sens. Ses cheveux se fourchent, commencent à se fourcher.
• Fig., Cette race, cette famille n'a point fourche, Elle n'a formé qu'une seule branche.
• Fig. et fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D'une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable.
• FOURCHÉ, ÉE. participe, Avoir les cheveux fourchés. Animaux qui ont les pieds fourchés.
• Pied fourché, Droit d'entrée levé autrefois, dans certaines villes, sur les bêtes qui ont le pied fendu, comme boeufs, moutons, cochons, etc.
• En termes de Blason, Croix fourchée, Celle dont les branches sont terminées par trois pointes qui font deux angles rentrants.

FOURCHETTE . s. f.
• Ustensile de table, qui a deux, trois ou quatre pointes ou dents par le bout, et dont on se sert pour prendre les viandes. Manger avec la fourchette. Se servir de la fourchette. Fourchette de bois, de fer, d'étain, d'argent. Les dents d'une fourchette.
• Se dit aussi d'Un instrument de même forme, mais plus long et plus gros, dont on se sert pour tirer la viande des grandes marmites.
• Déjeuner à la fourchette, Manger de la viande à son déjeuner.
• FOURCHETTE, se dit aussi d'Un instrument en forme d'Y dont les soldats se servaient autrefois pour appuyer leur mousquet en tirant. Mousquet à fourchette.
• Se dit également, dans certains Arts, d'Un instrument de même forme, qui sert à assujettir des cisailles.
• Se dit encore d'Un long morceau de bois à deux pointes de fer, qui est attaché à la flèche d'un carrosse, et que l'on baisse pour empêcher que le carrosse ne vienne à reculer, quand il est sur une pente. Abattre la fourchette.
• Se dit en outre Du petit os divisé en deux branches, qui est entre les deux ailes d'une volaille.
• Pop., La fourchette de l'estomac, Le brechet.
• FOURCHETTE, en termes d'Art vétérinaire, se dit d'Un certain endroit du pied du cheval, qui est plus élevé que le dedans du pied, et qui finit au talon. Un cheval blessé à la fourchette.
• FOURCHETTE, en termes de Lingère, signifie, Cette partie de la manchette qui garnit l'ouverture de la manche d'une chemise d'homme.

FOURCHON .s.m.
• Une des pointes de la fourche ou de la fourchette. Fourche à trois fourchons. Fourchette à quatre fourchons.
• Il signifie aussi, L'endroit d'où sortent les branches d'un arbre.

FOURCHU
, UE. adj.
• Qui se fourche, fourché. Arbre fourchu. Barbe fourchue. Chemin fourchu.
• Fig. et fam., Faire l'arbre fourchu, Mettre la tête en bas et les pieds en haut écartés l'un de l'autre.
• Menton fourchu, Menton qui est marqué, à son milieu, d'un léger sillon ou renfoncement. Elle a le menton fourchu.

FOURGON .s.m.
• Espèce de charrette couverte dont on se sert ordinairement dans les armées et dans les voyages. Mener un fourgon. Les fourgons sont ordinairement à quatre roues.

FOURGON .s.m.
• Longue perche de bois garnie de fer par le bout, et servant à remuer, à arranger le bois et la braise dans le four.
• Prov. et fig., La pelle se moque du fourgon, se dit Lorsqu'une personne se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle.

FOURGONNER . v. n.
• Remuer avec le fourgon du four.
• Il signifie aussi, Remuer le feu sans besoin avec les pincettes, et le déranger en le voulant accommoder. Ne fourgonnez pas tant dans ce feu. Il ne fait que fourgonner.
• Il signifie figurément, Fouiller maladroitement en brouillant et en mettant tout sens dessus dessous. Ne fourgonnez point dans ce coffre. Il est familier dans les deux derniers sens.

FOURMI . s. f.
• Petit insecte qui vit en société, et qui fait ordinairement sa demeure sous terre. Une grosse fourmi. Des fourmis noires. Des fourmis rouges. Fourmi ailée. OEufs de fourmis. On a cru autrefois que les fourmis faisaient leurs provisions en été pour l'hiver.
• Prov. et fig., Se faire plus petit qu'une fourmi devant quelqu'un, Se tenir dans un grand respect, dans une grande soumission devant lui.
• Fig. et pop., Avoir des fourmis dans quelque partie du corps, Y éprouver des picotements. J'ai des fourmis dans les jambes.
• Fig. et fam., Avoir des oeufs de fourmis sous les pieds, se dit D'une personne qui ne peut rester en place, qui piétine sans cesse.

FOURMILIER .s.m.
• T. d'Hist. nat. Quadrupède de l'Amérique méridionale, qui se nourrit d'insectes et surtout de fourmis.
• Se dit également de Certains oiseaux des forêts de la Guyane, qui vivent de fourmis.

FOURMILIÈRE . s. f.
• Lieu où se retirent, où habitent les fourmis, et où elles pratiquent ordinairement des espèces de loges, de galeries et d'étages. Une fourmilière au pied d'un chêne. Fourmilière en forme de cône. Fourmilière souterraine.
• Se dit aussi de Toutes les fourmis qui habitent la même fourmilière. La fourmilière fut bientôt en mouvement. Nous vîmes sortir toute la fourmilière.
• Se dit figurément d'Une grande quantité de certains autres insectes ou animaux, et même d'Un grand nombre de personnes. Une fourmilière de vers, de souris, de serpents, etc. Une fourmilière de peuple. Il y a une fourmilière de pauvres dans ce quartier.

FOURMI-LION .s.m.
• T. d'Hist. nat. Insecte ainsi appelé parce qu'à l'état de larve il se nourrit de fourmis et d'autres petits insectes semblables qui tombent dans un trou en forme d'entonnoir, qu'il a pratiqué lui-même dans le sable, et où il se tient blotti.

FOURMILLEMENT .s.m.
• Picotement, comme si l'on sentait des fourmis courir sur la peau. Sentir un fourmillement par tout le corps.

FOURMILLER . v. n.
• Abonder. Il ne se dit guère au propre que De ce qui a vie et mouvement. Ce pays fourmille de soldats. Ces rues fourmillent de peuple. Cette garenne fourmille de lapins. On lui donne quelquefois pour sujet le nom des personnes ou des animaux qui sont en grand nombre. Les solliciteurs fourmillent. Les vers fourmillent dans ce fromage.
• Se dit, par extension, De certaines choses qui sont réunies en très-grande quantité. Cet ouvrage fourmille de fautes. Les erreurs, les fautes fourmillent dans cet ouvrage. Cette traduction fourmille de contre-sens. On ne l'emploie guère que dans ces sortes de phrases.
• FOURMILLER, se dit aussi D'un picotement entre cuir et chair qu'on sent quelquefois à la peau, et principalement aux pieds et aux mains. Toute la main me fourmille.

FOURNAGE .s.m.
• Ce que l'on paye au fournier pour la cuisson du pain.

FOURNAISE . s. f.
• Sorte de grand four. Les trois enfants qui furent jetés dans la fournaise. Fournaise ardente.
• Il a le sens de Creuset, dans cette phrase figurée, et dans quelques phrases semblables: La vertu s'éprouve et se perfectionne dans l'affliction, dans l'adversité, comme l'or, comme le métal dans la fournaise.

FOURNEAU .s.m.
• Petite construction de maçonnerie ou de brique, soit portative, soit à demeure, et à plusieurs cavités, dans lesquelles on met du charbon, de la braise, pour cuire ou chauffer les mets. On le dit également d'Un ustensile, ordinairement de terre ou de fer, qui sert au même usage, dans les petites cuisines. Fourneau de cuisine. Grand, petit fourneau. Le foyer, la grille, le cendrier d'un fourneau. Mettre de la braise, du charbon dans le fourneau. Faire bouillir une marmite sur un fourneau. Allumer ses fourneaux. Fourneau de brique. Fourneau portatif. Fourneau de terre cuite, de fer. Marchand de fourneaux.
• Se dit aussi de Certains vaisseaux, et de Certaines constructions de maçonnerie ou de brique, qui servent, dans les arts, à soumettre diverses substances à l'action du feu. Fourneau d'apothicaire. Fourneau pour distiller. Fourneau de coupelle. Fourneau d'orfévre. Fourneau d'affineur. Fourneau de réverbère. Fourneau de forge. Fourneau à vent. Haut fourneau. Fourneau à moufle. Etc.
• Il signifie encore, Un grand four où l'on fond le verre. Le fourneau d'une verrerie.
• Se dit également d'Un creux fait en terre, et chargé de poudre, pour faire sauter un rocher, une muraille, ou quelque ouvrage de fortification. Mettre le feu à un fourneau. Faire jouer un fourneau.
• Le fourneau d'une pipe, Cette partie évasée d'une pipe, dans laquelle on fait brûler le tabac.

FOURNÉE . s. f.
• La quantité de pain qu'on fait cuire ou qu'on peut faire cuire à la fois dans un four. Fournée de pain. La première, la seconde fournée. Demi-fournée. Fournée complète.
• Se dit aussi en parlant D'autres choses que l'on expose à l'action de la chaleur dans les fours. Une fournée de faïence. Une fournée de chaux. Une fournée de tuiles.
• Prov., fig. et pop., Prendre un pain sur la fournée, se dit D'un homme qui, sur la foi du mariage, a commerce avec la femme qu'il doit épouser.
• FOURNÉE, se dit quelquefois, figurément et familièrement, d'Un certain nombre de personnes qui sont nommées à la fois aux mêmes fonctions, etc. Il ne sera pas de cette fournée. On annonce une nouvelle fournée pour le mois prochain. Dans ce sens, il ne s'emploie guère que par plaisanterie.

FOURNIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui tient un four public, et qui y fait cuire le pain. Le fournier du village. La fournière.
• FOURNIER, se disait autrefois, au Jeu de billard, de Celui qui faisait passer sa bille sous l'archet ou la passe, par le côté du but. Vous êtes fournier, il faut repasser.

FOURNIL .s.m.
• (On ne prononce point l'L.) Le lieu où est le four et où l'on pétrit la pâte. Il est au fournil.

FOURNIMENT .s.m.
• Sorte d'étui dont les mousquetaires à pied se servaient, dans le XVIIe siècle, pour mettre leur poudre, et qui est également à l'usage des chasseurs. Chaque soldat avait un fourniment. Acheter un fourniment pour la chasse.
• Se dit aussi de Certains objets d'équipement à l'usage de chaque soldat, et particulièrement de la buffleterie. Nettoyer son fourniment.

FOURNIR . v. a.
• Pourvoir, approvisionner. On y joint souvent une idée d'habitude. Fournir l'armée de blé. Fournir de vivres. Ce marchand avait fourni cette maison de vin, de bois. C'est lui qui fournit cette maison. Neutralement, C'est lui qui fournit dans cette maison. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se fournir des choses nécessaires. Il se fournit d'ordinaire chez ce marchand.
• Il signifie particulièrement, Garnir. Fournir une maison de meubles. Fournir un magasin de toutes les marchandises nécessaires. Fournir un étui de toutes ses pièces.
• Il signifie aussi, Livrer, donner, procurer, faire avoir. Fournir du blé à l'armée. C'est lui qui fournit le pain, la viande, etc. Un ouvrier qui s'oblige de fournir les matériaux. Fournir des armes. Fournir de l'argent à quelqu'un. Je fournirai les fonds nécessaires. Il est juste de lui rendre ce qu'il a fourni pour vous.
• S'emploie figurément dans le même sens. Ce livre m'a fourni plusieurs autorités. Fournir des idées. Fournir des raisons. Il a promis de me fournir des renseignements. Je vous en fournirai les moyens. Cela peut nous fournir quelque lumière. Fournir un aliment à la curiosité publique. Fournir matière à des conjectures.
• En Jurispr., Fournir et faire valoir une dette, une rente que l'on a transportée à quelqu'un, Garantir la dette, la rente, et la payer soi-même, au cas que le véritable débiteur devienne insolvable.
• FOURNIR, signifie particulièrement, Produire, exposer, établir, surtout en termes de Pratique et d'Administration. Fournir ses défenses, ses griefs. Il n'a pas fourni toutes ses pièces. J'en fournirai la preuve quand on le voudra.
• En termes d'Escrime, Fournir à quelqu'un un coup d'épée, Lui donner un bon coup d'épée.
• FOURNIR, signifie aussi, Achever, parfaire. Il faut encore soixante francs pour fournir la somme entière.
• En termes de Manége, Fournir la carrière, La parcourir tout entière. Ce cheval a bien fourni la carrière.
• Fig., Il a bien fourni sa carrière, Il a vécu avec honneur et avec estime jusqu'à la fin.
• FOURNIR, signifie aussi neutralement, Subvenir, contribuer en tout ou en partie. Fournir à la dépense. Fournir aux frais. Fournir à l'appointement, aux appointements.
• Il signifie encore, Suffire. Il n'y peut fournir. On ne saurait fournir à tout.
• FOURNI, IE. participe, Être abondamment fourni de tout. Une boutique bien fournie. Une table bien fournie. Une bibliothèque bien fournie.
• Lance fournie, s'est dit d'Un homme d'armes ayant tout son accompagnement, qui consistait en un certain nombre de soldats, de valets et de chevaux.
• FOURNI, se dit quelquefois, adjectivement, De ce qui est épais, touffu. Un bois bien fourni. Une barbe, une chevelure bien fournie.

FOURNISSEMENT .s.m.
• .Commerce. Fonds que chaque associé doit mettre dans une société. Compte de fournissement.
• Se dit aussi, en Jurisprudence, Des choses qui, dans un partage, doivent être respectivement comptées entre les copartageants, en dépense ou en recette, en rapports et retours. Procéder à la composition des lots et aux fournissements.

FOURNISSEUR .s.m.
• Celui qui entreprend de faire la fourniture de quelque marchandise, de quelque denrée. Les fournisseurs des troupes. Fournisseur général de l'armée. Un tel est son fournisseur.

FOURNITURE . s. f.
• Provision fournie ou à fournir. On le dit aussi de L'action même de fournir, d'approvisionner. Fourniture de blé, de vin, de bois, etc. Ce marchand fait les fournitures de telle maison. Il y a encore assez de blé, de vin et d'huile pour ma fourniture. La fourniture de l'armée. Entreprendre une fourniture. Faire une fourniture. Il est chargé de cette fourniture.
• Se dit quelquefois, dans le Commerce, de Ce qu'on livre, de ce qu'on donne. Ce banquier a fait depuis peu une grosse fourniture d'argent en Italie. Ce sens vieillit.
• Se dit aussi de Ce que les tailleurs, tapissiers, et autres semblables artisans, ont coutume de fournir en employant l'étoffe, la matière principale. Le tailleur veut tant pour ses fournitures. Le tapissier a pris tant pour façon et fourniture.
• Il signifie encore, Les petites herbes dont on accompagne les salades. La fourniture de cette salade est excellente.

FOURRAGE .s.m. coll.
• La paille, le foin et toute autre espèce d'herbe qu'on donne pour nourriture aux bestiaux, aux chevaux, etc., lorsqu'on ne les fait point paître. Donner du fourrage au bétail. Ils ne nourrissent leurs vaches que de fourrage. Provision de fourrage. Fourrage vert. Fourrage sec. De bon, de mauvais fourrage. Cette plante donne un très-bon fourrage; on la cultive comme fourrage, pour le fourrage. Les diverses qualités de fourrage. Du beurre qui sent le fourrage. Ration de fourrage.
• Se dit particulièrement, de L'herbe qu'on coupe et qu'on amasse, à l'armée, pour la nourriture des chevaux. Une trousse de fourrage. Un pays abondant en fourrage. Faire provision de fourrage. L'armée manquait de fourrage.
• Mettre de la cavalerie en quartier de fourrage, L'établir dans un quartier, dans un pays où il y a abondance de fourrage.
• FOURRAGE, se dit, par extension, de L'action même de couper le fourrage. Ordonner un fourrage général. On fit un grand fourrage en présence des ennemis. Il fut tué au fourrage. Envoyer au fourrage. Aller au fourrage. Faire un bon fourrage. Revenir du fourrage.
• Se dit également Des troupes commandées, tant pour faire le fourrage que pour le soutenir. L'officier qui commandait le fourrage. Les ennemis attaquèrent le fourrage.
• FOURRAGE, en termes d'Artillerie, se dit Du foin ou de l'herbe dont on se sert pour bourrer le canon, etc.

FOURRAGER . v. n.
• Couper et amasser du fourrage. Se dit principalement en termes de Guerre. Fourrager dans un champ, dans un village. L'armée a fourragé dans ce pays-là. On était contraint d'aller fourrager bien loin. Fourrager au vert. Fourrager au sec.
• Fig. et fam., C'est un homme qui va fourrageant dans tous les livres, se dit D'un compilateur, ou D'un plagiaire.
• FOURRAGER, s'emploie aussi comme verbe actif, dans le sens de Ravager. Fourrager tout un pays. Le troupeau a fourragé dans cette pièce de blé. Les lapins ont fourragé mon jardin.
• Fam., Fourrager des papiers, dans des papiers, Les mettre en désordre.
• FOURRAGÉ, ÉE. participe

FOURRAGÈRE . adj. f.
• T. d'Agricult. Se dit Des plantes propres à être employées comme fourrage. Plantes fourragères.

FOURRAGEUR .s.m.
• Celui qui va au fourrage. Soutenir les fourrageurs. Enlever des fourrageurs. Les ennemis tombèrent sur les fourrageurs.

FOURRÉ .s.m.
• Endroit d'un bois, d'un bosquet, etc., où il y a un assemblage épais d'arbrisseaux, d'arbustes, de broussailles. Entrer, pénétrer dans le fourré d'un bois, ou absolument, dans le fourré. Se réfugier, se cacher dans un fourré.

FOURREAU .s.m.
• Gaîne, étui, enveloppe. Fourreau de velours. Fourreau de cuir. Fourreau d'épée. Le bout du fourreau. Tirer l'épée hors du fourreau. Tirer l'épée du fourreau. Fourreau de baïonnette. Fourreau de parapluie. Fourreau de siége. Fourreau de chaise. Fourreau de pistolet.
• Faux fourreau, Sorte de fourreau dont on couvre le véritable fourreau d'une épée, d'un pistolet, etc., pour le garantir de la poussière ou de la pluie.
• Prov. et fig., Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi, ou simplement, Coucher dans son fourreau, Coucher tout vêtu.
• Prov. et fig., L'épée, la lame use le fourreau, se dit Des personnes en qui une grande activité d'âme ou d'esprit altère la santé.
• FOURREAU, se dit aussi de Certaines robes d'enfant.
• Se dit encore de La peau qui couvre le membre génital d'un cheval. Un cheval qui a mal au fourreau.

FOURRER . v. a.
• Introduire, faire entrer, placer en quelque endroit, mettre parmi d'autres choses. Fourrer les bras dans le lit. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son bras dans un trou. Cette étoffe, cette tapisserie est toute perdue, il y a des trous à y fourrer la main. Elle lui fourre de gros morceaux dans la bouche. Il lui a fourré son épée dans le ventre. Il s'est fourré une écharde, une épine dans le doigt. Fourrez cela dans votre cassette. Fourrez vite cela dans votre poche. Il aura fourré cela dans un coin. Fourrez ce livre avec les autres. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Où s'est-il donc fourré? Se fourrer sous un lit. Le lièvre s'était fourré dans un trou.
• Fig. et pop., Fourrer tout dans son ventre, Dépenser, dissiper tout ce qu'on a, pour satisfaire sa gourmandise.
• Fig. et fam., Fourrer son nez où l'on n'a que faire, Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue, Fourrer son nez partout.
• Fig. et fam., Chercher quelque trou à se fourrer, se dit De celui qui cherche quelque emploi, quelque condition, et qui a peine à en trouver.
• Fig. et fam., Ne savoir où se fourrer, Ne savoir où se cacher, ne savoir comment se dérober à la confusion qu'on éprouve. Il est si honteux de ce qu'il vient de dire, qu'il ne sait où se fourrer.
• Fig. et fam., Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un, Parvenir à lui faire comprendre quelque chose. Il est si stupide, si hébété, qu'on ne saurait lui rien fourrer dans la tête, dans l'esprit. On eut bien de la peine à lui fourrer dans la tête qu'il fallait.... Cela signifie aussi, Faire croire une chose à quelqu'un, la lui persuader, la lui mettre dans la tête. Qui a pu lui fourrer cette sotte idée dans l'esprit? Vous vous fourrez dans la tête mille chimères, mille choses qui ne sont pas. On dit de même, avec le pronom personnel, qu'Une idée, une erreur, etc., s'est fourrée dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un.
• FOURRER, signifie, par extension, Donner avec excès et sans réflexion. Elle gâte cet enfant, elle lui fourre toujours à manger. Cette mère fourre toujours en cachette de l'argent à son fils.
• FOURRER, signifie aussi figurément, Insérer hors de propos. Fourrer quelque chose dans son discours. Il a fait un livre où il a fourré tout ce qu'il savait. Il fourre toujours du latin dans ses plaidoyers, des proverbes dans la conversation.
• Il signifie encore figurément, Introduire quelqu'un dans une maison, dans une société, etc.; ou Le faire entrer, l'engager dans une affaire. On le prend ordinairement en mauvaise part. Je ne sais qui l'a fourré dans cette maison, dans cette affaire.
• S'emploie, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. Il se fourre partout. Il se fourre à la cour. Il se fourre dans toutes les compagnies. Il est allé se fourrer dans une société de gens qui le tromperont. Je ne sais comment il s'est fourré dans cette affaire. Il a commencé à se fourrer dans les affaires de finance. Il s'est fourré dans cette querelle, dans cette affaire jusqu'au cou, jusqu'aux oreilles. Il s'y est fourré bien avant. Pourquoi s'y fourrait-il? Où me suis-je fourré? Se fourrer dans l'embarras.
• Dans toutes les acceptions qui précèdent, ce verbe est familier.
• FOURRER, signifie en outre, Garnir, doubler de peau avec le poil. Fourrer une robe de martre. Fourrer d'hermine. Fourrer de petit-gris.
• Il signifie aussi, avec le pronom personnel, Se vêtir chaudement. Il s'est bien fourré. Il faut se bien fourrer en hiver.
• FOURRÉ, ÉE. participe, Habit fourré. Gants fourrés. Redingote fourrée. Fourré d'hermine, de petit-gris.
• Langues fourrées, Langues de boeuf, de cochon, de mouton, recouvertes d'une autre peau que la leur, et avec laquelle on les fait cuire. Acheter une langue fourrée.
• Médaille, pièce de monnaie fourrée, Médaille, pièce de monnaie dont le dessus est d'or ou d'argent, et le dedans d'un métal inférieur. Cette pièce d'or, d'argent est fourrée. On dit maintenant, Médaille plaquée.
• Botte de paille, botte de foin fourrée, Botte dans laquelle, parmi de bonne paille ou de bon foin, on a mêlé de la paille ou du foin de moindre qualité.
• En termes d'Escrime, Coup fourré, se dit Quand chacun des deux adversaires donne un coup et en reçoit un en même temps. On le dit, figurément et familièrement, Des mauvais offices que deux personnes se rendent mutuellement et en même temps. Ils ont fait un coup fourré.
• Fig. et fam., Porter un coup fourré, Rendre en secret un mauvais office à quelqu'un.
• Fig. et fam., Paix fourrée, Fausse paix, faite de mauvaise foi par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre, lorsqu'elle le croira utile à ses intérêts.
• Pays fourré, Pays rempli de bois, de haies, etc. L'armée se trouvait dans un pays fourré.
• Bois fourré, Bois qui est fort garni de broussailles et d'épines. Voyez FOURRÉ, substantif.
• Prov. et fig., Un innocent fourré de malice, se dit d'Un homme qui est malicieux, et qui feint d'être simple et bon.

FOURREUR .s.m.
• Marchand pelletier, artisan qui travaille en pelleterie. Marchand fourreur. La boutique d'un fourreur.

FOURRIER .s.m.
• Officier qui sert sous un maréchal des logis, et dont la fonction est de marquer le logement de ceux qui suivent la cour. Les fourriers de la maison du roi, de la cour. Les fourriers ont fait le logement, ont fait, ont marqué des logements.
• Il signifie aussi, dans les troupes, Le sous-officier d'une compagnie qui est principalement chargé de pourvoir au logement des soldats quand ils passent dans quelque ville, et de répartir entre les escouades les vivres, les effets d'équipement, etc. Le fourrier de la compagnie. Le grade de fourrier.

FOURRIÈRE . s. f.
• Office qui fournit le bois pour le chauffage de la maison du roi et des princes. La fourrière a fourni tant de bois. Chef de fourrière. Aide de fourrière. Garçon de fourrière.
• Il se prend également pour Le lieu où l'on met ce bois. Il faut prendre ce bois dans la fourrière.
• En Jurispr., Mettre un cheval, une vache, etc., en fourrière, Saisir un cheval, une vache, etc., pour cause de dégât, pour contravention, ou pour dette, et les mettre dans une écurie, dans une étable, où ils sont nourris, à tant par jour, aux dépens de celui à qui ils appartiennent, jusqu'à la réparation du dommage, jusqu'au payement de l'amende, ou jusqu'à ce qu'on les vende. Les chevaux de ce charretier ont été mis en fourrière. On dit de même qu'Un cheval, qu'une vache est en fourrière.

FOURRURE . s. f.
• Peau de certains animaux, précieuse par la couleur, la longueur, l'épaisseur du poil, et dont on se sert pour doubler, garnir ou orner les robes, les habits, etc.: on en fait aussi des manchons, des bonnets, etc. Une belle fourrure. Fourrure de martre zibeline, de petit-gris, d'hermine, de renard de Sibérie. Les belles fourrures viennent du Nord.
• Se dit également d'Une robe fourrée, ou garnie, ou ornée de fourrures. La fourrure d'un président. La fourrure d'un docteur.
• Il signifie, en termes de Blason, Un fond de fourrure qui est ou d'hermine ou de vair. On ne met point fourrure sur fourrure.

FOURVOIEMENT .s.m.
• (On prononce Fourvoiment.) Erreur de celui qui s'égare de son chemin. Au point du jour ils s'aperçurent de leur fourvoiement.
• Se dit aussi figurément. Il est rare que l'on revienne d'un long fourvoiement. Il est tombé dans un étrange fourvoiement. Ce mot est peu usité.

FOURVOYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Employer.) Égarer, détourner du chemin. Ce guide nous a fourvoyés.
• Se dit aussi figurément. Les mauvais exemples l'ont fourvoyé.
• S'emploie avec le pronom personnel, dans l'un et l'autre sens. La nuit est cause qu'ils se sont fourvoyés. Plus on suit ses passions, plus on se fourvoie. Avec ellipse du pronom, Faire fourvoyer quelqu'un, Faire qu'il se fourvoie. Ces diverses routes les ont fait fourvoyer.
• Se dit, particulièrement, De méprises grossières. L'auteur de cet écrit s'est étrangement fourvoyé. Ce verbe est familier.
• FOURVOYÉ, ÉE. participe

FOUTEAU .s.m.
• C'est un des noms vulgaires de l'arbre qu'on appelle plus ordinairement Hêtre.

FOUTELAIE . s. f.
• Lieu planté de fouteaux ou de hêtres.

FOYER .s.m.
• Âtre, lieu où se fait le feu. Ôter la cendre du foyer.
• Fig. et fam., Aimer à garder son foyer, Aimer le repos, et mener une vie retirée.
• Le foyer d'un fourneau, La partie d'un fourneau où se place le feu, et dont le fond est garni d'une petite grille à travers laquelle la cendre tombe.
• FOYER, se dit aussi de La dalle de pierre ou de marbre que l'on met au devant d'une cheminée, pour éloigner du feu le plancher et les parquets.
• Il signifie, par extension, dans un Théâtre, La salle commune où se rassemblent les acteurs, et Celle où les spectateurs peuvent se réunir pour converser et pour se chauffer. Le foyer des acteurs. Le foyer du public. Le foyer de ce théâtre est fort beau. Entrer au foyer. Je n'ai point vu la pièce, je suis resté au foyer, dans les foyers.
• Se dit quelquefois figurément, surtout au pluriel, pour Maison, demeure, pays natal. Combattre pour ses foyers. Il a revu ses paisibles foyers. Rentrer dans ses foyers.
• FOYER, en termes de Physique, se dit de L'endroit où se réunissent les directions des rayons lumineux qui, partant d'un même point, sont réfléchis ou réfractés par des surfaces courbes. La chaleur des rayons réfléchis par un miroir sphérique concave se concentre à son foyer. Faire brûler un corps en le plaçant au foyer d'un miroir ardent, d'un verre convexe sur lequel tombent les rayons solaires. Par extension de ce même sens, on appelle Foyer, dans les courbes, Certains points où la concentration des rayons lumineux peut s'opérer d'une manière absolument rigoureuse. Foyer de l'ellipse, de la parabole.
• Foyer de lumière, Le point d'où part, d'où rayonne une lumière plus ou moins vive. Un foyer de lumière très-éclatant.
• Fig. et fam., Le foyer d'une maladie contagieuse, Le lieu où elle exerce le plus de ravages, le lieu où elle se manifeste d'abord, et d'où elle se répand au loin. On dit dans un sens analogue, Le foyer de la rébellion, de la sédition, etc.
• Fig., Cette ville est le foyer des lumières, Les arts et les sciences y fleurissent plus que partout ailleurs.
• En Chirur., Foyer purulent, L'endroit où se forme le pus dans les abcès.

FRAC .s.m.
• Habit d'homme qui ne couvre par devant que la poitrine, et qui se termine par derrière en deux longues basques plus ou moins étroites.

FRACAS .s.m.
• Rupture ou fracture avec bruit et violence. Horrible fracas. Épouvantable fracas. Le vent a fait un grand fracas dans cette forêt. Le tonnerre est tombé sur une église, et y a fait un grand fracas.
• Se dit, par extension, de Tout bruit semblable à celui d'une chose qui se fracasse. Le fracas du tonnerre. Le fracas des armes. Un torrent qui roule ses eaux avec fracas.
• Se dit également de Tout ce qui se fait avec tumulte, avec désordre et grand bruit. Quel fracas dans cette maison, dans cette assemblée! Ils firent leur entrée dans l'hôtel avec beaucoup de fracas. Ces plaisirs bruyants dont le fracas étourdit. Le fracas du monde.
• En termes de Peinture, Il y a du fracas, un grand fracas dans ce tableau, dans cette composition, se dit en parlant D'un tableau qui frappe et fatigue la vue par la multitude et la confusion des objets, par le trop grand éclat des couleurs, etc.
• FRACAS, se dit figurément en parlant Des personnes qui cherchent et qui obtiennent une sorte de vogue, qui font du bruit dans le monde. Ce prédicateur fait fracas. Cette beauté fait du fracas dans le monde. Les hommes vains aiment le fracas.
• Se dit aussi en parlant Des choses qui excitent l'attention du public, qui font scandale. Ce livre fait fracas. La querelle de ces deux écrivains fait fracas. Cet article de journal cause bien du fracas, un grand fracas. Dans ce sens, il se prend le plus souvent en mauvaise part.

FRACASSER . v. a.
• Briser, rompre en plusieurs pièces. Un éclat de bombe lui fracassa la jambe. Il a fracassé toutes les porcelaines, toutes les glaces. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Toutes ces porcelaines se sont fracassées pendant le transport.
• FRACASSÉ, ÉE. participe

FRACTION . s. f.
• Action par laquelle on rompt, on divise. En ce sens, il n'est usité que dans certaines phrases consacrées. Les pèlerins d'Emmaüs connurent Notre-Seigneur à la fraction du pain. Le corps de JÉSUS-CHRIST n'est point rompu par la fraction de l'hostie.
• Il signifie quelquefois, Portion, partie. Le sou était une fraction de la livre. Les opposants ne formaient qu'une très-petite fraction de l'assemblée.
• Se dit particulièrement, en Arithmétique, Des quantités qui contiennent un certain nombre de parties de l'unité, et dont l'expression est généralement formée de deux termes, l'un, appelé Numérateur, exprimant le nombre des parties d'unité, et l'autre, appelé Dénominateur, indiquant combien il faudrait de ces parties pour former l'unité entière. Un demi (1/2), deux tiers (2/3), trois quarts (3/4), sont des fractions. Le calcul des fractions. Réduire plusieurs fractions au même dénominateur.
• Fraction décimale, Fraction exprimée en parties décimales de l'unité, comme des dixièmes, des centièmes, des millièmes, etc., lesquels s'écrivent a la droite des unités simples selon leur rang de subdivision, en les séparant de ces unités par une virgule, pour indiquer où les subdivisions fractionnaires commencent. Les fractions décimales cinq dixièmes (0,5) et cinquante centièmes (0,50) répondent à un demi (1/2).

FRACTIONNAIRE . adj. des deux genres
• T. d'Arithm. Se dit De tout nombre, entier ou non, qui est actuellement présenté sous la forme d'une fraction, comme 16/8, qui vaut deux unités; 19/8, qui vaut deux unités plus 3/8; 1/10, qui vaut seulement la dixième partie d'une unité. Nombre, expression fractionnaire.

FRACTURE . s. f.
• Rupture avec effort. Fracture des portes.
• Il signifie particulièrement, en termes de Chirurgie, Solution de continuité, ou division faite subitement dans les os ou les cartilages durs, par la violence de quelque cause externe. Le traitement des fractures. Réduire une fracture.

FRACTURER . v. a.
• .Chirur. Briser, casser. Fracturer l'avant-bras. Fracturer le crâne. Avec le pronom personnel, L'os se fractura en plusieurs endroits.
• FRACTURÉ, ÉE. participe, Un os fracturé. Un membre fracturé.

FRAGILE . adj. des deux genres
• Aisé à rompre, sujet à se casser. Fragile comme un verre. Un vase fragile. La porcelaine est belle, mais elle est fragile.
• Il signifie figurément, Qui n'est pas solidement établi, qui peut aisément être détruit Fortune fragile. Biens fragiles. Les grandeurs de ce monde sont des biens fragiles.
• Il signifie aussi figurément, Sujet à tomber en faute. La nature est fragile. Esprit fragile. La chair est fragile. Sexe fragile.

FRAGILITÉ . s. f.
• Disposition à être facilement cassé, brisé. La fragilité du verre. La fragilité de la porcelaine.
• Il signifie figurément, Instabilité. La fragilité des choses humaines. La fragilité de sa fortune.
• Il signifie encore figurément, Facilité à tomber en faute. La fragilité de notre nature. La fragilité humaine. Les péchés de fragilité.

FRAGMENT .s.m.
• Morceau de quelque chose qui a été cassé, brisé. Se dit surtout en termes de Chirurgie, ou en parlant De choses considérables par leur prix, par leur rareté. Les fragments d'un os. Les fragments d'un vase précieux, d'une statue antique, d'une colonne, d'une inscription.
• Se dit figurément d'Une petite partie qui est restée d'un livre, d'un traité, d'un ouvrage. Les fragments d'un poëme. Les fragments de Salluste, d'Ennius, etc. On n'a retrouvé que quelques fragments du grand ouvrage qu'il avait promis.
• Il signifie également, Morceau d'un livre, d'un ouvrage qui n'est point encore terminé, ou qui n'a pu l'être. Il n'a laissé qu'un fragment du livre qu'il voulait faire. Publier des fragments. Fragments historiques, philosophiques, poétiques, etc.

FRAI .s.m.
• Action de frayer. Se dit de L'action propre aux poissons pour la multiplication de leur espèce. Durant le frai les poissons sont maigres. Le temps du frai.
• Se dit aussi Des oeufs de poisson mêlés avec ce qui les rend féconds. Du frai de carpes, de tanches, de grenouilles, etc.
• Il signifie encore, Le petit poisson. Ce n'est que du frai, il faut le remettre dans l'étang. Mettre du frai au bout de la ligne pour servir d'appât.
• FRAI, signifie en outre, L'altération, la diminution de poids que l'usage et le frottement apportent à la monnaie. Cette pièce a beaucoup perdu par le frai.

FRAÎCHEMENT . adv.
• Avec un frais agréable. Marcher la nuit pour aller fraîchement. Être logé fraîchement.
• Se dit aussi pour Froidement, au figuré. Nous sommes un peu fraîchement ensemble. Accueillir fraîchement quelqu'un. Ce sens ne s'emploie plus que par plaisanterie, pour adoucir l'idée que réveille le mot Froidement.
• Il signifie encore, Récemment, depuis peu. J'ai reçu fraîchement de ses nouvelles. Tout fraîchement arrivé. Ce sens et le précédent sont familiers.

FRAÎCHEUR . s. f.
• Froid doux et modéré, qui tempère la chaleur de l'atmosphère, et qui cause une sensation agréable. La fraîcheur du temps, de l'air. La fraîcheur de la nuit, des matinées. La fraîcheur des bois. Une fraîcheur délicieuse. La fraîcheur du printemps. Marcher à la fraîcheur. On dit de même: La fraîcheur de l'eau, d'une boisson, etc. La fraîcheur du marbre, etc.
• Il signifie quelquefois, Froidure, froid. La fraîcheur du soir est perfide dans cette saison. Il fait quelquefois des fraîcheurs qui nuisent à la vigne.
• Se dit, par extension, d'Une douleur causée par un froid humide. Gagner, avoir une fraîcheur. Cela cause des fraîcheurs. Ce n'est point un rhumatisme, ce n'est qu'une fraîcheur.
• FRAÎCHEUR, se dit, figurément, Du lustre, du brillant, de l'éclat agréable des fleurs, du teint, des couleurs, etc. La fraîcheur des fleurs. Cette rose a perdu sa fraîcheur. La fraîcheur du teint. La fraîcheur de la jeunesse, du jeune âge. Cette femme a un reste de fraîcheur, a encore de la fraîcheur. La fraîcheur du coloris, dans un tableau. Ces peintures ont conservé toute leur fraîcheur. La fraîcheur d'un costume neuf, d'une décoration nouvelle, etc.
• Fig., La fraîcheur des pensées, de l'imagination, du style, se dit en parlant De la verve, jointe à la douceur et à la grâce, dans les conceptions de l'esprit.
• FRAÎCHEUR, en termes de Marine, se dit d'Un vent très-faible qui suit ou qui précède le calme. Voilà un peu de fraîcheur. La brise est finie, il n'y a plus qu'une légère fraîcheur.

FRAÎCHIR . v. n.
• .Marine. Se dit Du vent qui devient plus fort. Le vent fraîchit. On dit aussi, impersonnellement, Il fraîchit, il commence à fraîchir.

FRAIRIE . s. f.
• Partie de divertissement et de bonne chère. Être d'une frairie. Faire frairie. Être en frairie. Il est familier.

FRAIS
, AÎCHE. adj.
• Médiocrement froid, plus froid que chaud, et propre à tempérer une trop grande chaleur. Un vent frais. Une matinée fraîche. Nuit fraîche. Temps frais. Il fait un petit air frais. Eau fraîche. Boire d'un vin frais, ou adverbialement, Boire frais. Avoir les mains fraîches. Cette cave est très-fraîche. Ombrage frais. La terre est bien fraîche en cet endroit.
• Il se prend aussi pour Froid. Au printemps les matinées sont encore fraîches. En automne les matinées commencent à être fraîches.
• En termes de Marine, Vent frais, Vent médiocrement fort, et bon pour faire route. Nous partîmes par un vent frais. On dit de même, Une brise fraîche. On exprime aussi les différentes forces du vent, en ajoutant à Frais une épithète qui les distingue. Il vente beau frais, bon frais, grand frais, etc.
• FRAIS, signifie aussi, Récent, et se dit De ce qui est nouvellement produit, nouvellement cueilli, nouvellement arrivé, nouvellement fait, etc. Un oeuf frais. Du pain frais. Des figues fraîches. Donner de l'herbe fraîche à un cheval. De la marée fraîche. Du poisson frais. Ce beurre est bien frais. Les traces en sont encore toutes fraîches. Quand une plaie est encore fraîche.
• S'emploie figurément, dans le même sens. Des lettres fraîches. Des nouvelles fraîches. De fraîche date. Pendant que j'en ai la mémoire fraîche, toute fraîche.
• Fig., La plaie est encore fraîche, toute fraîche, L'affliction est encore toute récente.
• Fig., Être frais de quelque chose, En avoir la mémoire récente. Je suis tout frais de cette lecture. Il était encore tout frais de ses leçons, de ses exercices, de sa philosophie. On dit à peu près de même, Il est encore tout frais du collége, Il ne fait que d'en sortir.
• FRAIS, signifie aussi, Qui n'a point été salé, fumé, etc. Du beurre frais. Du saumon frais. De la morue fraîche. Du porc frais. Des harengs frais.
• Se dit encore Des choses sujettes à se sécher ou à se corrompre, lorsqu'elles n'ont point encore souffert d'altération, malgré le laps de temps. Ces herbes sont encore fraîches, quoique cueillies depuis plusieurs jours. Le pain de seigle se conserve long-temps frais. Ce poisson est encore très-frais. Les oeufs que l'on conserve par ce procédé sont aussi frais au bout de six mois que le jour où ils ont été pondus.
• Se dit quelquefois figurément, dans le même sens. Quoique la chose ait eu lieu il y a longtemps, j'en ai le souvenir très-frais.
• FRAIS, signifie en outre, Qui a de la fraîcheur, de l'éclat, du lustre, etc., et se dit Des fleurs, du teint, des couleurs, des étoffes, etc. Mettre des fleurs dans un vase avec de l'eau, pour les tenir fraîches. Avoir le teint frais, le visage frais. Cette jeune personne est fraîche comme une rose. Une bouche fraîche. Des lèvres fraîches et vermeilles. Ces couleurs sont encore très-fraîches. Elle avait un costume très-frais et du meilleur goût. En Peinture, Coloris frais.
• Être frais, en parlant Des personnes, signifie quelquefois, Avoir bon visage, avoir un air de vigueur, de santé. Être frais et gaillard. Ce vieillard est encore très-frais. Je ne vous ai jamais vu si frais. On le dit aussi, figurément, populairement et par moquerie, De quelqu'un à qui il est arrivé un accident, ou qui en est menacé. Vous avez perdu tout votre argent au jeu; vous voilà frais. Si votre père vient à savoir vos fredaines, vous êtes frais. Tu as fait là une belle affaire; te voilà fraîche, ma pauvre enfant. On le dit de même D'un ouvrage de la main qu'on trouve mal fait, et qu'on veut dénigrer. Voilà un bel ouvrage! il est frais.
• Ce cheval a la bouche fraîche, Il a la bouche humide et écumeuse.
• FRAIS, signifie aussi, Délassé, qui a recouvré ses forces par le repos. Il est à présent tout frais. Il est frais et reposé. Frais et dispos. Nous prîmes des chevaux frais.
• Troupes fraîches, Troupes qui ne sont point fatiguées, qui n'ont point encore donné.
• FRAIS, substantivement, se dit d'Un air frais, d'une température fraîche, d'un froid modéré. Un frais agréable. Donner du frais. Chercher le frais. Voyager au frais. Aller au frais. Se tenir au frais. Prendre le frais. Mettre du vin au frais. Il commence à faire frais. Il fait frais.
• FRAIS, FRAÎCHE, s'emploient aussi adverbialement, et signifient, Nouvellement, récemment. Maison toute fraîche faite. Appartement tout frais décoré. Du beurre frais battu. Une fleur fraîche éclose. Des roses fraîches cueillies, toutes fraîches cueillies. Il est tout frais relevé de sa maladie. Frais venu. Frais arrivé. Frais émoulu. Il est tout frais émoulu de ses exercices.

FRAIS .s.m. pl.
• Dépense, dépens. Grands frais. Frais immenses. Menus frais. Les frais de la guerre. Les frais d'un procès, d'un voyage, etc. Frais de transport. Frais de chargement. Frais de bureau. Frais d'impression. Frais de tournée. Frais funéraires ou d'enterrement. Faire les frais. Faire des frais. Payer les frais. Avancer les frais. Fournir aux frais. Se consumer en frais. Se mettre en frais. Il en sera pour ses frais. Tous frais faits. Sur nouveaux frais. Déduire les frais. Les frais rabattus et déduits. Frais et loyaux coûts. À ses frais et dépens. À frais communs. À moitié de frais, ou elliptiquement, À moitié frais. À grands frais. À peu de frais. Tout s'en va en frais. Sans frais. Sans faire de frais. Frais ordinaires et extraordinaires. Frais privilégiés. Faux frais. Frais qui ne viennent point en taxe.
• Fam., Être de grands frais, Coûter beaucoup à nourrir, à entretenir; ou, en général, Occasionner beaucoup de dépense à quelqu'un. Constituer quelqu'un en frais, Être cause qu'il fait des frais, des dépenses. Se mettre en frais, Faire en quelque occasion de la dépense plus que de coutume.
• Fig. et fam., Se mettre en frais, en grands frais, se dit, par ironie, De celui qui ne fait qu'une petite partie de ce qu'il devrait faire, ou qui offre d'une chose beaucoup moins qu'elle ne vaut. Se mettre en frais, signifie aussi quelquefois, Faire des efforts pour réussir dans quelque entreprise, ou pour plaire en société, dans la conversation, etc.
• Fig. et fam., Recommencer sur nouveaux frais, Recommencer un ouvrage, un travail, comme si rien n'en eût été fait; ou Faire de nouveau quelque chose avec plus d'ardeur que la première fois, après s'être reposé, après avoir pris de nouvelles forces.
• Fig. et fam., À peu de frais, Sans beaucoup de peine, de travaux, de soins, etc. Il avait acquis de la réputation, de la gloire à peu de frais. On dit aussi, À moins de frais, Avec moins de peine, etc. Il est devenu célèbre à moins de frais.
• Fig. et fam., Faire les frais de quelque chose, Fournir la matière ou le fond de quelque chose, contribuer le plus à quelque chose. Se dit surtout en parlant Des ouvrages d'esprit, de la conversation, etc. Il se garde bien de citer l'auteur qui a fait presque tous les frais de son érudition. Je me vis obligé de faire les frais, tous les frais de la conversation.
• FRAIS, signifie particulièrement, au Billard, à la Paume, etc., La dépense que l'on fait dans le jeu. Il a joué les frais, et il les a perdus. Ils sont sortis à moitié de frais.

FRAISE . s. f.
• Petit fruit qui est fort agréable au goût, et qui vient sur une plante dont la tige est très-basse. Fraises rouges. Fraises blanches. Fraises de bois. Fraises de jardin. De l'eau de fraises. Cueillir des fraises. Un panier de fraises. Un bassin de fraises.

FRAISE . s. f.
• On appelle ainsi Le mésentère de veau et d'agneau. Fraise de veau. Fraise d'agneau.
• FRAISE, se dit aussi d'Une espèce de collet à plusieurs doubles et à plusieurs plis ou godrons, qui tourne autour du cou, et qui a, par sa forme, quelque ressemblance avec une fraise de veau. Les fraises étaient anciennement fort à la mode. Fraise effilée. Fraise empesée. Fraise à l'espagnole. Fraise à languettes. Fraise godronnée. Fraise fermée. Fraise à tuyaux d'orgue. Fraise de blonde, de tulle.
• Il signifie encore, par analogie, Un rang de pieux qui garnit une fortification de terre par dehors, vers le milieu du talus, et qui présente la pointe à l'ennemi. Ouvrage de terre garni d'une fraise.
• Il signifie, en termes de Vénerie, La forme des meules et des pierrures de la tête du cerf, du daim et du chevreuil.

FRAISER . v. a.
• Plisser en manière de fraise. Fraiser des manchettes. Fraiser du papier.
• Fraiser la pâte, La bien pétrir.
• FRAISER, en termes de Fortification, Garnir d'une fraise un bastion ou autre ouvrage de terre. Fraiser un chemin couvert, un retranchement.
• FRAISÉ, ÉE. participe, Des manchettes fraisées. De la pâte bien fraisée. Bastion fraisé et palissadé.

FRAISETTE . s. f.
• Petite fraise. Les hommes portaient autrefois des fraisettes au lieu de manchettes, lorsqu'ils étaient en grand deuil.

FRAISIER .s.m.
• Petite plante de la famille des Rosacées, qui produit les fraises, et dont la fleur est blanche. Planter des fraisiers. Fleurs de fraisier. Racines de fraisier.

FRAISIL .s.m.
• (On ne prononce point l'L.) Cendre du charbon de terre, dans une forge.

FRAMBOISE . s. f.
• Petit fruit bon à manger, qui croît sur un arbrisseau épineux. Framboise rouge. Framboise blanche. Un panier de framboises. De l'eau de framboise. Pâte de framboise. Conserve de framboise. Du vin qui sent la framboise, qui a un goût de framboise.

FRAMBOISER . v. a.
• Accommoder avec du jus de framboise. Framboiser des groseilles. Framboiser des cerises.
• FRAMBOISÉ, ÉE. participe, Gelée de groseille framboisée.

FRAMBOISIER .s.m.
• Arbrisseau épineux à fleurs rosacées, qui porte les framboises.

FRAMÉE . s. f.
• Arme des anciens Germains, des Francs. La framée était une espèce de lance.

FRANC .s.m.
• Unité monétaire du système métrique, laquelle se divise en dix parties appelées décimes, et en cent appelées centimes. La valeur du franc est à peu près équivalente à l'ancienne livre tournois. La pièce d'un franc pèse un gramme. Payer un franc. Deux francs. Trois francs. Cinq francs. Une pièce d'un franc, de deux francs, de cinq francs, de vingt francs. Un franc trente centimes. Payer le décime pour franc.
• Il s'employait également, autrefois, pour désigner La livre tournois; mais il n'était d'usage ni au singulier, ni avec les nombres primitifs, un, deux, trois et cinq. On l'employait avec la plupart des autres nombres. Quatre francs. Six francs. Sept francs. Dix francs. Vingt francs. Vingt-deux francs. Cent francs. Mille francs. Etc. Cependant, lorsqu'il ne s'agissait pas d'une somme ronde, on préférait le mot de livre. Ainsi on ne disait pas, Quatre francs dix sous, mais Quatre livres dix sous.
• Au marc le franc, se dit De la manière de répartir ce qui doit être reçu ou payé par chacun, en proportion de sa créance, ou de son intérêt dans une affaire. Les créanciers ont été payés au marc le franc. Les actionnaires ont contribué au marc le franc pour former la somme nécessaire.

FRANC
, ANCHE. adj.
• Libre. Cet esclave en entrant en France est devenu franc et libre. Il a fait cette action de sa pure et franche volonté. Franc arbitre.
• Fam., Avoir ses coudées franches, les coudées franches, Avoir la liberté du mouvement des bras, des coudes. Cela se dit surtout De personnes qui sont à table. Il veut avoir ses coudées franches.
• Fig. et fam., Avoir ses coudées franches, les coudées franches, N'être point contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire. Il peut faire son parc, son bâtiment aussi grand qu'il voudra, il a ses coudées franches, les coudées franches. Personne ne contrôle plus ses actions, il n'est plus en tutelle, il a ses coudées franches.
• Fig., Franc de toute passion, franc d'ambition, etc., Libre et exempt de toute passion, d'ambition, etc.
• Franc-bord, L'espace de terrain laissé libre sur le bord d'une rivière, d'un canal. On le dit, en termes de Marine, de Tout le bordage extérieur d'un bâtiment, depuis la quille jusqu'à la première préceinte.
• FRANC, signifie aussi, Exempt d'impositions, de charges, de dettes. Demeurer franc et quitte. Être franc de toutes charges. Il a marié son fils franc et quitte. On appelait autrefois Villes franches celles qui ne payaient pas la taille. Foire franche. Port franc. Il vendit sa terre franche et quitte de toutes dettes.
• Francs archers. Nom d'une sorte de milice qui avait été créée par Charles VII.
• Franc tenancier, Celui qui tenait des terres en roture, mais qui en avait racheté les droits.
• Franc de port, se dit D'une lettre, d'un paquet, etc., dont le port est payé par celui qui en fait l'envoi. Lettre franche de port. Paquet franc de port.
• Avoir ses ports francs, Être dispensé de payer le port des lettres qu'on reçoit par la poste.
• Jouer part franche, se dit Lorsque plusieurs personnes, jouant à qui aura quelque étoffe, quelque bijou, etc., conviennent que celui qui gagnera ne payera rien pour sa part. On dit dans le même sens, Avoir part franche, Avoir sa part dans quelque affaire, quoiqu'on n'y ait fait aucune mise.
• Fam., Franche lippée, Repas qui ne coûte rien. C'est un chercheur de franches lippées, C'est un parasite de profession.
• FRANC, signifie aussi, Sincère, loyal, qui dit ce qu'il pense. Un homme franc. Un coeur franc. Un caractère franc. Une âme franche.
• Fig. et fam., Un franc Gaulois, Un homme de bonne foi. Cela se dit quelquefois, en plaisantant, d'Un homme qui a de la simplicité et de la rudesse dans les manières.
• Un cheval franc du collier, Un cheval qui tire de lui-même, sans qu'il soit besoin de lui donner des coups de fouet.
• Prov. et fig., Être franc du collier, se dit De celui qui est toujours prêt à faire les choses que son devoir, son honneur, etc., exigent de lui. Se dit aussi D'un homme brave, toujours prêt à marcher au combat.
• En termes de Marine, Le vent est franc, Sa direction est telle, que le bâtiment peut, avec ses voiles orientées obliquément à la quille, suivre la route déterminée.
• FRANC, se dit également Des choses où il y a de la sincérité, de la loyauté, de la candeur, etc. L'aveu est franc. Sa conduite dans cette affaire a été franche et droite. Des manières franches. Parler d'un ton franc et résolu.
• Fam., Avoir son franc parler, S'être mis sur le pied de dire tout ce qu'on pense.
• FRANC, en termes de Peinture, de Sculpture, etc., se dit en parlant D'un faire aisé, hardi, où il n'y a ni timidité ni tâtonnement. Pinceau franc. Ciseau franc. Burin franc. Un faire franc. Manière franche. Touche franche. Dessin, coloris franc.
• FRANC, se dit aussi dans le sens de Vrai, et alors il précède ordinairement le substantif. Ce moineau est un franc mâle. Ce qu'il vous a dit est une franche défaite. Il parle son franc patois. On le joint à toutes sortes de termes injurieux, pour leur donner encore plus de force. Un franc sot. Un franc pédant. Une franche coquette. Un franc lourdaud. Un franc animal. Un franc coquin. Un franc menteur, etc. On dit de même: Une franche sottise. Une franche bévue. Etc.
• Un franc Breton, un franc Picard, un franc Gascon, etc., Un Breton, un Picard, un Gascon, etc., qui a les qualités et les défauts communs à la plupart des gens de son pays.
• Terre franche, Bonne terre, terre végétale qui n'est point mêlée de cailloux ni de sable.
• FRANC, se dit également dans le sens d'Entier, de complet. Ils y arrivèrent le lundi et en partirent le jeudi, ils n'y ont été que deux jours francs. Dans les assignations à huitaine, il faut huit jours francs, sans compter celui de l'assignation, ni celui de l'échéance.
• Sauter vingt-quatre semelles franches, Les sauter sans que rien y manque.
• Courir à franc étrier, Courir la poste à cheval.
• Franc carreau, Sorte de jeu où l'on jette en l'air une pièce de monnaie, et où celui dont la pièce tombe le plus loin des bords d'un carreau, gagne le coup. Jouer au franc carreau.
• En termes de Marine, Franc-tillac, Pont, tillac de plain-pied, sans interruption. Il ne se dit que Du pont des bâtiments de commerce. Le capitaine du navire répond des objets chargés sous le franc-tillac, sous franc-tillac.
• FRANC, se dit encore Des arbres qui portent du fruit doux sans avoir été greffés; par opposition à Sauvageon, qui se dit Des arbres qui ne portent que des fruits âpres, à moins qu'ils n'aient été greffés. Noisetier franc. Franc pêcher. On le dit quelquefois Des fruits mêmes. Noisettes franches. Pêche franche.
• Enter franc sur franc, Enter un scion d'arbre franc sur un autre arbre franc. Enter franc sur sauvageon, Enter un scion d'arbre franc sur un sauvageon. Dans ces phrases, Franc est employé comme substantif.
• FRANC, s'emploie aussi comme adverbe, et signifie, Ouvertement, résolument, sans déguiser, sans biaiser. Il lui parla franc. Il le démentit franc et net, tout franc. Il me l'a dit tout franc.
• Il signifie quelquefois, Absolument, entièrement, sans qu'il y manque rien. Il sauta le fossé franc, tout franc. Il saute vingt-quatre semelles franc.

FRANC
, ANQUE. s.
• Nom générique des Européens qui habitent ou commercent dans le Levant et en Barbarie, et qui ne sont point sujets à la capitation. Le quartier des Francs. Il se prit de querelle avec un Franc.
• Adjectiv., Langue franque, Sorte de jargon mêlé de français, d'italien, d'espagnol, etc., qui est en usage parmi les Francs de la basse classe.

FRANÇAIS . adj. et s. m.
• On ne met pas ici ce mot comme un nom de nation, mais on le met comme un mot qui a une signification et une énergie particulière dans quelques façons de parler.
• Fig., Cela n'est pas français, se dit D'un propos ou même d'une action contraire à l'honneur, à la délicatesse, à la galanterie.
• Fig. et fam., Entendez-vous le français? Comprenez-vous bien mon avertissement, mes menaces, ma réprimande, etc.? On dit de même, J'entends le français, Je vous comprends très-bien. On dit aussi, Parler français, S'expliquer clairement, intelligiblement; et alors français est employé dans un sens adverbial.
• Fig. et fam., Parler français, Expliquer nettement son intention sur quelque affaire. Parlez-nous français. On a bien de la peine à vous faire parler français.
• Fig. et fam., Parler français à quelqu'un, signifie aussi, Parler à quelqu'un avec autorité, et d'un ton menaçant.
• Fig. et fam., En bon français, Franchement et sans ménagement. Je vous le dis en bon français.

FRANC-ALLEU .s.m.
• Voyez ALLEU.

FRANCATU .s.m.
• Sorte de pomme qui se conserve longtemps.

FRANC-ÉTABLE
(DE). loc. adv.
• .Marine. On le dit Lorsque deux bâtiments se portent l'un sur l'autre de manière que leurs étraves ou éperons s'entre-choquent avec violence. Les deux navires s'abordèrent de franc-étable. Abordage de franc-étable.

FRANC-FIEF .s.m.
• Voyez FIEF.

FRANC-FUNIN .s.m.
• Voyez FUNIN.

FRANCHEMENT . adv.
• Avec exemption de toutes charges, de toutes dettes. Dans ce sens, il est terme de Pratique, et ne s'emploie qu'avec le mot Quittement. Il lui a vendu sa terre franchement et quittement.
• Il signifie aussi, Sincèrement, ingénument. J'avoue franchement. Parlons franchement. Parler franchement. Pour le dire franchement, je crois que... À parler franchement, je crois que vous avez tort. Parlez-moi franchement, pensez-vous que mon ouvrage obtiendra quelque succès?
• Il signifie encore, Librement, avec hardiesse et précision, sans se retenir ni hésiter. Ces mouvements doivent être exécutés vivement et franchement. Ce cheval se porte franchement en avant.
• S'emploie quelquefois au figuré, dans ce dernier sens. Se prononcer franchement pour une opinion.

FRANCHIR . v. a.
• Sauter franc, passer en sautant par-dessus quelque chose. Franchir un fossé. Franchir une barrière.
• Fig. et fam., Franchir le pas, Se décider à faire une chose, après avoir longtemps hésité. Il a balancé longtemps à se marier; enfin, il a franchi le pas. On dit aussi, Franchir le saut, mais plus ordinairement, Faire le saut.
• En termes de Marine, Franchir la lame, S'élever sur la lame et la descendre facilement. Franchir une barre, un récif, un écueil, etc., Passer par-dessus sans y rester échoué, après avoir touché par quelque endroit de la carène.
• FRANCHIR, signifie aussi, Passer, traverser vigoureusement, hardiment des lieux, des endroits difficiles, de grands espaces, etc. Après avoir franchi les Alpes avec ses troupes, il entra en Italie. À peine l'armée eut-elle franchi les montagnes. Franchir les fleuves et les rivières. Franchir les mers. L'imagination franchit sans peine cet immense intervalle.
• Franchir les limites, franchir les bornes, Passer au delà des bornes.
• Fig., Franchir les bornes du devoir, de la pudeur, de la modestie, etc., Ne pas se contenir dans les bornes du devoir, de la pudeur, de la modestie, etc.
• Fig., Franchir toutes sortes de difficultés, toutes sortes d'obstacles, N'être retenu par la considération d'aucune difficulté, surmonter toutes sortes d'obstacles.
• Fig. et fam., Franchir le mot, Exprimer en propres termes une chose que la bienséance et l'honnêteté empêchaient de dire ouvertement. Il a franchi le mot, et lui a dit qu'il était un fripon. Cela signifie aussi, Dire le mot essentiel, prononcer enfin une chose à laquelle on avait eu de la peine à se résoudre. Il a franchi le mot, et a promis les vingt mille francs.
• FRANCHI, IE. participe

FRANCHISE . s. f.
• Exemption, immunité. Jouir de certaines franchises. Les franchises d'une ville.
• Il s'est dit, particulièrement, de La faculté accordée aux ouvriers qui n'étaient point passés maîtres, de travailler pour leur propre compte en certains lieux ou quartiers déterminés. Il n'est pas maître, mais il travaille dans un lieu de franchise. Jouir de la franchise.
• Il a gagné sa franchise, se disait De celui qui, ayant terminé son apprentissage, pouvait s'établir comme ouvrier dans un lieu de franchise.
• FRANCHISE, se dit encore, particulièrement, Des droits d'asile attachés à certains lieux. Les franchises des églises. On ne put le prendre à cause de la franchise de l'église où il s'était retiré. À Rome, l'hôtel d'un ambassadeur est un lieu de franchise. Les franchises des ambassadeurs. Les franchises des églises ne sont point admises en France. Un lieu de franchise pour les débiteurs.
• Se dit également Du lieu même, et signifie, Asile. On ne saurait le prendre en ce lieu-là, c'est une franchise.
• FRANCHISE, signifie aussi, Sincérité, loyauté, candeur. Parler avec franchise, avec une trop grande franchise. C'est un homme plein de franchise. Ce ton de franchise me gagna. Il a mis beaucoup de franchise dans ses procédés. La franchise de son caractère. Un discours plein de franchise et de dignité.
• Il signifie, en termes de Peinture, de Sculpture, etc., La qualité de ce qui est franc, hardi. La franchise du crayon, du pinceau, du ciseau. La franchise du dessin, du coloris.

FRANCISATION . s. f.
• .Jurispr. commerciale. Acte qui constate qu'un navire est français. Avoir une francisation. Acte de francisation.

FRANCISCAIN .s.m.
• Religieux de l'ordre de Saint-François d'Assise. Un couvent de franciscains.

FRANCISER . v. a.
• Donner une terminaison, une inflexion française à un mot d'une autre langue. L'usage a francisé beaucoup de noms propres latins ou grecs.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Ce mot a fini par se franciser.
• Se dit quelquefois D'une personne qui prend l'air, le maintien, les manières françaises. Cet étranger s'est bien francisé depuis trois mois qu'il est à Paris. Ce sens est familier et peu usité.
• FRANCISÉ, ÉE. participe

FRANCISQUE . s. f.
• Arme des anciens Francs, sorte de hache d'armes à deux tranchants.

FRANC-MAÇON .s.m.
• Celui qui est initié à la franc-maçonnerie. Il a été reçu franc-maçon. Une loge de francs-maçons.

FRANC-MAÇONNERIE . s. f.
• Association secrète qui fait un emploi symbolique des instruments à l'usage de l'architecte et du maçon, et dont les membres se réunissent dans des lieux qu'ils appellent Loges. On le dit aussi Des pratiques de cette association. L'origine de la franc-maçonnerie est fort incertaine. Être initié à la franc-maçonnerie.

FRANCO . adv.
• .Commerce, emprunté de l'italien. Sans frais. Vous recevrez ce paquet franco.

FRANCOLIN .s.m.
• T. d'Hist. nat. Sorte d'oiseau plus gros que la perdrix, et qui est bon à manger. Il y a beaucoup de francolins en Barbarie.

FRANC-QUARTIER .s.m.
• .Blason. Le premier quartier de l'écu, qui est à la droite du côté du chef, et qui est moins grand qu'un vrai quartier d'écartelure, et d'un émail différent du reste de l'écu. D'azur à deux mains d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur.

FRANC-RÉAL .s.m.
• Sorte de poire, dont il y a deux espèces, l'une et l'autre peu estimées, le Franc-réal d'hiver, et le Franc-réal d'été.

FRANC-SALÉ .s.m.
• Droit de prendre à la gabelle certaine quantité de sel sans payer. Il avait tant de minots de sel pour son franc-salé.

FRANGE . s. f.
• Tissu de quelque fil que ce soit, d'où pendent des filets, et dont on se sert pour orner les vêtements, les meubles, les draperies, etc. Frange d'or. Frange de soie. Frange de fil. Frange en campane. Vêtement à franges. Rideaux à franges.

FRANGER . v. a.
• Garnir de frange. Franger une jupe.
• FRANGÉ, ÉE. participe, Des rideaux frangés.
• Se dit, en termes de Blason, Des gonfanons qui ont des franges d'un autre émail. D'or au gonfanon de gueules, frangé de sinople.
• Se dit, en Histoire naturelle, De ce qui a un bord découpé en manière de frange. Les ailes de ce papillon sont frangées. Pétales frangés.

FRANGER
ou FRANGIER.s.m.
• Artisan qui fait de la frange.

FRANGIPANIER .s.m.
• .Bot. Arbuste des îles d'Amérique, qui a des rapports avec le laurier-rose, et qui donne un suc laiteux, épais et très-caustique.

FRANQUE . adj. f.
• Voyez FRANC.

FRANQUETTE . s. f.
• Il n'est usité que dans cette locution populaire, À la bonne franquette, Franchement, ingénument.

FRAPPANT
, ANTE. adj.
• Qui fait une impression vive sur les sens, sur l'esprit, sur l'âme. Un spectacle frappant. Portrait frappant de ressemblance. Ressemblance frappante. Une vérité frappante. Un exemple frappant. Preuve frappante.

FRAPPE . s. f.
• Empreinte que le balancier fait sur la monnaie.
• FRAPPE, signifie aussi, Un assortiment complet de matrices pour fondre des caractères d'imprimerie. Une frappe de romain, d'italique. Une frappe de cicéro.

FRAPPEMENT .s.m.
• Action de frapper. Il ne se dit guère que de L'action de Moïse, frappant le rocher pour en faire sortir de l'eau. Le Frappement du rocher est un des beaux tableaux du Poussin.

FRAPPER . v. a.
• Donner un ou plusieurs coups. Frapper quelqu'un. Le frapper avec la main, avec un bâton. Pourquoi le frappez-vous? Frapper la terre du pied. Cette pièce de bois, en tombant, l'a frappé à la tête. La balle qui le frappa. Être frappé du tonnerre.
• S'emploie aussi neutralement. Frapper dans la main pour conclure un marché. Frapper sur l'épaule par manière de jeu, par caresse. Frapper des mains pour applaudir. Frapper comme un sourd. Frapper fort. Frapper à la porte avec le marteau. Qui frappe? Frapper sur l'enclume. L'endroit où la balle est venue frapper. Le marteau a frappé sur le timbre. L'heure a frappé (a sonné).
• Frapper quelqu'un d'un poignard, d'un couteau, etc., ou simplement, Frapper quelqu'un, Le percer d'un ou de plusieurs coups de poignard, etc. Il le frappa de son poignard. Il saisit un couteau, et la frappa dans le côté.
• Frapper l'air de cris, de clameurs, etc., Pousser des cris, des clameurs qui retentissent au loin.
• Fig. et fam., Frapper son coup, Produire l'effet qu'on se propose. Il a bien frappé son coup.
• Fig. et fam., Frapper les grands coups, Se servir de moyens décisifs pour le succès d'une affaire.
• En termes de Chasse, Frapper à route, Faire retourner les chiens, pour qu'ils relancent le cerf.
• FRAPPER, signifie particulièrement, Donner une empreinte à quelque chose, au moyen d'une matrice ou autrement. Frapper de la monnaie. Frapper des médailles.
• FRAPPER, se dit, par extension, en parlant De la lumière, et signifie, Se diriger vers, tomber sur. Les parties d'un objet que la lumière frappe, où la lumière frappe.
• Se dit aussi, figurément, De l'impression qui se fait sur les sens, sur l'esprit, sur l'âme. Tout ce qui frappe nos sens. Le son frappe l'oreille. Une grande lumière frappe la vue. Cette odeur est trop forte, elle frappe le cerveau. Cet objet m'a frappé l'imagination. Cet endroit de son discours m'a frappé. N'êtes-vous pas frappé de cette coïncidence remarquable? Il fut frappé de sa beauté.
• Frapper d'étonnement, d'admiration, etc., Causer tout à coup un grand étonnement, etc. On dit en des sens analogues: Frapper d'aveuglement. Frapper de mort. Etc.
• Frapper d'anathème, de réprobation, etc., Anathématiser, réprouver, etc. Il fut frappé d'anathème.
• Frapper de glace, Rafraîchir, rendre extrêmement frais par le moyen de la glace.
• FRAPPER, employé absolument, signifie, dans le style élevé, Faire périr, exterminer, ou Affliger par quelque grand malheur, par une calamité. La mort nous frappe quelquefois au milieu des plaisirs. Il frappa tous les premiers-nés. Dieu l'a frappé dans ce qu'il avait de plus cher.
• FRAPPER, en Jurisprudence, signifie, Être établi, assigné sur. Une hypothèque qui frappe tous les biens du débiteur. Son hypothèque frappe sur tel immeuble.
• FRAPPER, en termes de Marine, signifie, Attacher fortement et à demeure. Frapper une poulie, une manoeuvre.
• FRAPPER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, soit comme verbe réfléchi, soit comme verbe réciproque. Se frapper rudement contre quelque chose. Se frapper à la tête. Se frapper avec une discipline. Ils se sont frappés l'un l'autre.
• Il signifie quelquefois, absolument et familièrement, Se remplir l'imagination de quelque pensée sinistre. C'est un homme qui se frappe aisément.
• FRAPPÉ, ÉE. participe, De la monnaie frappée au coin du roi. Une médaille bien frappée. Du vin frappé de glace. Les objets frappés de lumière, dans un tableau.
• Drap bien frappé, Drap fort et serré.
• Fig., Un ouvrage frappé au bon coin, Un bon ouvrage. On dit dans un sens analogue, Cet ouvrage est frappé au coin du génie.
• Fig., Vers bien frappé, passage, endroit bien frappé, etc., Vers, passage, etc., où il y a beaucoup de force et d'énergie.
• Fig., Être frappé de quelque chose, En être atteint, attaqué, saisi. Être frappé d'une maladie, de la peste. Être frappé d'apoplexie. Être frappé de stupeur, d'étonnement, etc.
• Être frappé à mort, Être malade à n'en pouvoir réchapper.
• Fig., Avoir l'imagination frappée de quelque chose, ou simplement, Avoir l'imagination frappée, et même, familièrement, Être frappé, Avoir l'imagination remplie de quelque appréhension, de quelque idée sinistre. Ce malade a l'imagination frappée, est frappé.
• Fig., Avoir l'esprit frappé d'une idée, être frappé d'une idée, Être obsédé, préoccupé de cette idée, ne pouvoir l'écarter.
• FRAPPÉ, en termes de Musique, s'emploie comme substantif, et signifie, Le temps de la mesure où l'on baisse le pied ou la main, pour la marquer. Le levé et le frappé. On dit aussi, adjectivement, Temps frappé.

FRAPPEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui frappe. Il est familier.

FRASQUE . s. f.
• Action extravagante, imprévue, et faite avec éclat. Il m'a déjà fait une frasque. Il m'a fait plusieurs frasques. La jeunesse est bien sujette à faire des frasques. Voilà de ses frasques ordinaires. Il est familier.

FRATER .s.m.
• (On prononce l'R finale.) Mot transporté du latin dans notre langue sans aucun changement, et dont on se servait autrefois pour désigner Un garçon chirurgien. On le dit quelquefois, en plaisantant, et d'une manière ironique, pour désigner Un mauvais chirurgien. Ce n'est qu'un frater. C'est un pauvre frater.
• Se dit encore, dans les troupes et sur les vaisseaux, de Celui qui est chargé de raser les hommes d'une compagnie ou de l'équipage.

FRATERNEL
, ELLE. adj.
• Qui est propre à des frères, tel qu'il convient entre des frères. Amour fraternel. Amitié fraternelle. Union fraternelle. Affection fraternelle. Il y a entre ces deux hommes une amitié fraternelle.
• Charité fraternelle, La charité que les chrétiens, comme enfants du même père par le baptême, doivent avoir les uns pour les autres. Correction fraternelle, Correction qui se fait en secret et avec l'esprit de charité que l'on doit avoir pour ses frères.

FRATERNELLEMENT . adv.
• En frère, d'une manière fraternelle. Ils ont toujours vécu fraternellement.

FRATERNISER . v. n.
• Vivre d'une manière fraternelle avec quelqu'un; ou Se promettre mutuellement une amitié fraternelle. Ces deux hommes, ces deux compagnies fraternisent ensemble. Les partis réconciliés fraternisèrent ensemble. Fraterniser avec quelqu'un.

FRATERNITÉ . s. f.
• Relation de frère à frère. En ce sens, il n'est guère usité que dans le didactique. Vous avez beau le renoncer pour votre frère, vous ne détruirez pas la fraternité qui est entre vous.
• Il signifie aussi, Union fraternelle, amitié fraternelle. Ils vivaient dans une grande fraternité. Il n'a point de sentiment de fraternité pour ses cadets.
• Se dit également de La liaison étroite que contractent ensemble ceux qui, sans être frères, ne laissent pas de se traiter réciproquement de frères. Il y a fraternité entre ces deux hommes, entre ces deux familles, entre ces deux républiques, entre ces deux compagnies.
• Fraternité d'armes, Alliance, association d'armes de deux chevaliers qui s'étaient juré réciproquement d'être toujours unis, et de s'entr'aider envers et contre tous. Du Guesclin et Clisson s'étaient juré fraternité d'armes, en touchant les saints Évangiles.

FRATRICIDE .s.m.
• Celui qui tue son frère ou sa soeur. Caïn fut le premier fratricide.
• Il signifie aussi, Le crime que commet celui qui tue son frère ou sa soeur. Il a commis un fratricide.

FRAUDE . s. f.
• Tromperie, action faite de mauvaise foi. Fraude grossière. Fraude subtile. Fraude manifeste. Fraude pieuse. Faire une fraude. Sans faire de fraude. Sans user de fraude. Sans fraude. Par fraude. Suspect de fraude. Trouver quelqu'un en fraude. Faire un contrat en fraude de ses créanciers.
• Se dit, particulièrement, de L'action de soustraire des marchandises ou des denrées aux droits de douanes, d'octroi, etc. Faire la fraude. Être condamné pour fraude. Fraude à main armée. Empêcher la fraude. Être pris en fraude.
• EN FRAUDE. loc. adv. Frauduleusement. Du vin entré, introduit en fraude dans Paris.

FRAUDER . v. a.
• Tromper, décevoir. Frauder quelqu'un. Dans ce sens, il vieillit.
• Il signifie aussi, Frustrer par quelque fraude. Il a fraudé ses créanciers, ses cohéritiers.
• Frauder les droits, ou absolument, Frauder, Éluder par quelque ruse le payement des droits imposés sur une marchandise, sur une denrée. On disait autrefois, dans un sens analogue, Frauder la gabelle.
• FRAUDÉ, ÉE. participe

FRAUDEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui fraude. On le dit principalement de Celui, de celle qui fait la fraude, la contrebande. C'est un fraudeur de profession.

FRAUDULEUSEMENT . adv.
• Avec fraude. Il a contracté frauduleusement, pour tromper ses créanciers.

FRAUDULEUX
, EUSE. adj.
• Enclin à la fraude. C'est un esprit frauduleux.
• Il signifie aussi, Fait avec fraude. Contrat, traité frauduleux. Banqueroute frauduleuse.
• Banqueroutier frauduleux, Celui qui fait une banqueroute frauduleuse.

FRAXINELLE . s. f.
• .Bot. Plante qui est ainsi nommée parce que ses feuilles approchent de celles du frêne (fraxinus), et qui a la propriété, lorsqu'elle est en pleine fleur, de rendre l'air environnant inflammable. La racine de fraxinelle est employée en médecine comme stimulante, etc. Cultiver des fraxinelles.

FRAYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Payer.) Marquer, tracer, pratiquer. Se dit en parlant D'un chemin, d'une route. Frayer un chemin, une route, un sentier, une voie.
• Se frayer un passage, S'ouvrir un passage. Se frayer un passage dans le fourré. Ils se frayèrent un passage à travers les bataillons ennemis.
• Fig., Se frayer le chemin à une dignité, à un emploi, Disposer les choses, se préparer les voies pour parvenir à une dignité, à un emploi. On dit de même: Se frayer le chemin des honneurs. Se frayer un chemin au trône. Etc.
• Fig., Frayer la route, frayer le chemin, la voie à quelqu'un, Lui donner les moyens ou l'exemple de faire quelque chose. Les travaux des anciens nous ont frayé le chemin des grandes découvertes, aux grandes découvertes. Les anciens nous ont frayé la route.
• FRAYER, signifie aussi, Frôler, frotter contre quelque chose, toucher légèrement quelque chose en passant. Le cerf fraye sa tête aux arbres. Le coup n'a fait que lui frayer la botte. La roue m'a frayé la cuisse. Dans ces deux derniers exemples, on dit plus communément aujourd'hui, frôlé.
• S'emploie souvent comme neutre, et se dit alors Des choses qui s'usent, qui diminuent de volume par le frottement. Il faut que cet écu ait beaucoup frayé.
• Se dit aussi Des poissons, quand ils s'approchent pour la génération. Dans la saison où les poissons frayent. On dit qu'il y a des serpents qui frayent avec les anguilles.
• Il signifie encore, au figuré, Avoir habituellement des relations, ou Se convenir, s'accorder. C'est un homme avec lequel je ne fraye point, avec lequel je ne veux point frayer. Ces deux hommes ne frayent pas ensemble. Ce sens est familier.
• FRAYÉ, ÉE. participe, Il n'est guère usité que dans ces locutions: Chemin, sentier frayé. Route frayée.
• En termes d'Art vétérinaire, Un cheval frayé aux ars, Qui a une inflammation, des gerçures au pli formé par la réunion des membres antérieurs et de la poitrine.

FRAYEUR . s. f.
• Peur, crainte, émotion, agitation véhémente de l'âme, causée par l'image d'un mal véritable ou apparent. Grande frayeur. Frayeur mortelle. Il fut saisi de frayeur. La frayeur lui troubla l'esprit. Trembler de frayeur. Je ne suis pas encore bien revenu, bien remis de la frayeur que j'ai eue. Il est dans des frayeurs continuelles. Les frayeurs de la mort.

FRAYOIR .s.m.
• .Chasse. Marques qui restent sur les baliveaux contre lesquels le cerf a bruni son bois nouveau, pour en détacher la peau velue qui le couvre.

FREDAINE . s. f.
• Trait de libertinage, folie de jeunesse. Faire une fredaine, des fredaines. Je sais de vos fredaines. Il est familier.

FREDON .s.m.
• Espèce de roulement et de tremblement de voix dans le chant. Faire un fredon. Faire des fredons. Il est vieux.

FREDONNEMENT .s.m.
• Le chant de celui qui fredonne. Ce fredonnement continuel est insupportable.

FREDONNER . v. n.
• Faire des fredons. Dans ce sens, il est vieux.
• Il signifie plus ordinairement, Chanter entre ses dents, et sans articuler d'une manière distincte. Elle fredonne sans cesse. Elle aime à fredonner.
• S'emploie quelquefois activement. Fredonner un air, une chanson, une ariette.

FRÉGATE . s. f.
• Bâtiment de guerre qui n'a qu'une seule batterie couverte, et qui porte moins de soixante bouches à feu. Armer une frégate. Équiper une frégate. Capitaine de frégate. Monter une frégate. Une frégate de trente-six canons. On appelle Corvettes les petites frégates qui n'ont que vingt à vingt-six canons.
• FRÉGATE, en Histoire naturelle, Oiseau de mer d'une très-grande envergure, et dont, le vol est très-rapide. Les frégates s'avancent fort loin en mer et s'élèvent très-haut.

FREIN .s.m.
• Mors, la partie de la bride qu'on met dans la bouche du cheval pour le gouverner. Un cheval qui se joue de son frein, qui mâche son frein, qui ronge son frein. Un cheval qui s'emporte, et qui prend le frein aux dents. Dans cette dernière phrase, on dit plus ordinairement, le mors.
• Fig. et fam., Ronger son frein, Retenir son dépit, son ressentiment en soi-même, et n'en rien laisser éclater au dehors.
• Fig., Mettre un frein à sa langue, La contenir, ménager ses paroles.
• Prov., À vieille mule, frein doré, On pare une vieille bête pour la mieux vendre. Cela se dit aussi, figurément et familièrement, en parlant D'une vieille femme qui aime à se parer.
• FREIN, en termes d'Anatomie, se dit de Ce qui bride ou retient quelque partie. Le frein ou filet de la langue. Le frein du prépuce, de la verge.
• Se dit figurément de Tout ce qui retient dans les bornes du devoir, de la raison. Une citadelle sert de frein à une ville, à une province. L'honneur, les lois, les bienséances, sont autant de freins qui retiennent les hommes, qui les empêchent de mal faire. Le frein des lois. La puissance du prince est un frein contre la licence des méchants. Aucun frein ne modère cette ardeur impétueuse. Sa passion ne connaissait plus de frein, n'avait plus de frein. Mettre un frein à ses désirs, à ses passions.

FRELAMPIER .s.m.
• Terme de mépris dont on se sert pour désigner Un homme de peu et qui n'est bon à rien. Ce n'est qu'un frelampier. Il est populaire et il a vieilli.

FRELATAGE .s.m., ou FRELATERIE. s. f.
• Altération dans les liqueurs ou dans les drogues, pour les faire paraître meilleures ou plus agréables.

FRELATER . v. a.
• Mêler quelque drogue dans une boisson, pour en déguiser les mauvaises qualités, pour la faire paraître plus agréable à la vue et au goût. Les cabaretiers sont sujets à frelater le vin.
• FRELATÉ, ÉE. participe, Vin frelaté. Eau-de-vie frelatée.
• Fig. et fam., Cela n'est point frelaté, se dit D'une chose qu'on n'a point cherché à rendre plus belle en apparence qu'elle ne l'est en effet.

FRELATERIE . s. f.
• Voyez FRELATAGE.

FRELATEUR .s.m.
• Celui qui frelate. Frelateur de vin.

FRÊLE . adj. des deux genres
• Fragile, aisé à casser, à rompre. Une frêle barque. Un frêle édifice. Frêle comme un roseau. Un frêle appui.
• Fig., C'est un frêle appui que le sien, C'est une bien faible protection que la sienne.
• Fig., Une santé frêle, un corps frêle, Une santé faible, un corps faible.

FRELON .s.m.
• Sorte de grosse mouche-guêpe. Un frelon qui bourdonne. Il ne faut pas irriter les frelons.
• En Botan., Houx-frelon. Voyez Houx.

FRELUCHE . s. f.
• Petite houppe de soie, sortant d'un bouton, du bout d'une ganse, ou de quelque autre ouvrage. Bouton à freluche. Ganse à freluche.

FRELUQUET .s.m.
• Homme léger, frivole et sans mérite. Ce n'est qu'un freluquet, un petit freluquet. Il est familier.

FRÉMIR . v. n.
• Être ému avec quelque espèce de tremblement, par l'effet de la crainte, de l'horreur, de la colère ou de quelque autre passion. Je frémis quand j'y pense. Ce récit fait frémir. C'est à faire frémir. Je frémis du péril où tu cours. Je frémissais de l'entendre blasphémer ainsi. Frémir d'horreur. Frémir d'effroi. Frémir de crainte. Frémir de colère. Frémir d'indignation. J'en frémis d'horreur, d'effroi, etc. Frémir de plaisir. Un coursier qui frémit au bruit du canon, au son de la trompette.
• Cela fait frémir la nature, se dit De ce qui inspire une horreur profonde.
• FRÉMIR, se dit, par analogie, D'une chose qui vibre, qui tremble rapidement et légèrement; et De ce qui produit, en s'agitant, un bruissement léger, un faible murmure. On l'emploie souvent, en ce sens, dans le style poétique. Une cloche frémit encore après qu'elle a cessé de se faire entendre. Une corde frémit lorsqu'elle est tendue subitement. Faire frémir les cordes d'un instrument. La terre semblait frémir sous nos pieds. J'entendais frémir le feuillage. La vague frémissait autour du vaisseau. Les flots se brisent contre les rochers en frémissant.
• Se dit particulièrement De l'eau et de toute autre liqueur, lorsqu'elle chauffe, et qu'elle est près de bouillir. Cette eau ne bout pas encore, elle ne fait que frémir. On dit dans un sens analogue, La mer frémit, Elle commence à s'agiter.

FRÉMISSANT
, ANTE. adj.
• Qui frémit. Frémissant de courroux, de rage. Un coursier frémissant. L'airain frémissant. Les vagues frémissantes. S'emploie surtout en poésie et dans le style élevé.

FRÉMISSEMENT .s.m.
• Espèce d'émotion, de tremblement qui vient de quelque passion violente. Je ne puis m'en souvenir sans frémissement. Un long frémissement d'horreur agita l'assemblée. Des frémissements de rage. De sourds frémissements.
• Il signifie aussi, Un tremblement dans les membres, qui précède ou accompagne une indisposition. Il m'a pris un grand frémissement par tout le corps. Son mal a commencé par un léger frémissement.
• Il signifie encore, Un commencement d'agitation dans les corps naturels, ou Une agitation accompagnée d'un bruissement léger. Frémissement de l'air. Frémissement de la mer, des eaux, des vagues. Le frémissement du feuillage.
• Se dit également d'Une suite de vibrations rapides, surtout en parlant Des corps sonores. Le frémissement d'une cloche, des cordes d'un instrument, etc.

FRÊNE .s.m.
• Arbre forestier dont les deux espèces principales sont: le Frêne commun, qui s'élève à une grande hauteur, et qui fournit un bois sans noeuds propre au charronnage; et le Frêne de Calabre ou Frêne à manne, dont on tire la manne par incision. Du bois de frêne.

FRÉNÉSIE . s. f.
• Égarement d'esprit, aliénation d'esprit, fureur violente. Tomber en frénésie. Être en frénésie. Accès de frénésie. Il lui a pris une frénésie. Entrer en frénésie.
• Se dit, figurément, de Toutes sortes d'extrémités où l'on s'abandonne par l'emportement de quelque passion que ce soit. Quelle frénésie de violer ce qu'il y a de plus saint! La passion qu'il a pour le jeu est une frénésie. Amour qui va jusqu'à la frénésie. C'est une frénésie, une véritable frénésie.

FRÉNÉTIQUE . adj. des deux genres
• Atteint de frénésie, furieux. Un homme frénétique. Un malade frénétique. Elle devint frénétique.
• Il se prend aussi substantivement. C'est un frénétique. Il agit en frénétique. Ils se portent à toutes sortes d'extrémités comme des frénétiques.

FRÉQUEMMENT . adv.
• Souvent. Il y va fréquemment. Cela arrive fréquemment.

FRÉQUENCE . s. f.
• Réitération, répétition fréquente. La fréquence de ses visites importune. La fréquence de ses lettres. La fréquence de ses rechutes.
• En Médec., La fréquence du pouls, La vitesse des battements du pouls. La fréquence de la respiration, La succession rapide des mouvements nécessaires à la respiration.

FRÉQUENT
, ENTE. adj.
• Qui arrive souvent. Les tremblements de terre sont fréquents dans ce pays. Rendre de fréquentes visites. Ils eurent de fréquentes entrevues. Lettres fréquentes. Les fréquentes rechutes sont dangereuses. C'est un bon remède, mais il ne faut pas en faire un usage trop fréquent. L'usage fréquent des sacrements.
• En Médec., Pouls fréquent, Pouls qui bat plus vite qu'à l'ordinaire. Respiration fréquente, Respiration courte et rapide.

FRÉQUENTATIF
, IVE. adj.
• .Gram. Se dit D'un mot dérivé qui exprime, outre l'idée primitive, l'idée accessoire de répétition, de fréquence. Verbe fréquentatif. Criailler et criaillerie sont des mots fréquentatifs.
• S'emploie aussi comme substantif, au masculin. Clignoter est le fréquentatif de Cligner. La langue italienne a beaucoup de fréquentatifs.

FRÉQUENTATION . s. f.
• Communication habituelle avec d'autres personnes. La fréquentation des gens de bien. Mauvaise fréquentation.
• La fréquentation des sacrements, L'usage fréquent du sacrement de pénitence et de celui de l'eucharistie.

FRÉQUENTER . v. a.
• Hanter, avoir un fréquent commerce, de fréquentes relations, voir souvent; ou Aller souvent dans un lieu. Fréquenter les gens de bien. Il ne fréquente que d'honnêtes gens. Fréquenter mauvaise compagnie. On prend les moeurs, les habitudes de ceux qu'on fréquente. Fréquenter les églises. Fréquenter le barreau. Fréquenter les hôpitaux. Fréquenter les spectacles, les promenades.
• Fréquenter les sacrements, Aller souvent à confesse, et communier souvent.
• FRÉQUENTER, est aussi verbe neutre. Fréquenter avec les hérétiques. Il lui est défendu de fréquenter avec ces gens-là. Il fréquente au logis. Il y fréquente. Il fréquente chez un tel, dans la maison d'un tel.
• FRÉQUENTÉ, ÉE. participe, Il ne se dit guère que Des lieux où il y a, où il va ordinairement beaucoup de monde. Un jardin fréquenté, fort fréquenté. Ce spectacle est le plus fréquenté. Fuir les lieux fréquentés. Marché fréquenté. Église fréquentée.
• Port fréquenté, Port où il vient d'ordinaire beaucoup de navires. On dit dans le même sens, Des parages fréquentés, etc.

FRÈRE .s.m.
• Celui qui est né de même père et de même mère, ou de l'un des deux seulement. Frère aîné. Frère puîné. Frère cadet. Nous sommes frères. Il est mon frère. L'union des frères. Traiter quelqu'un en frère. Il est pour moi comme un frère. Je le regarde comme un frère. Ils s'aiment comme deux frères. Partager, vivre en frères, comme frères. La discorde des frères, entre deux frères. Les rois de la chrétienté se donnent le titre de Frère en s'écrivant.
• Frère de père et de mère, ou Frère germain, Celui qui est né de même père et de même mère qu'une autre personne. Frère de père, ou Frère consanguin, Celui qui n'est frère que du côté paternel. Frère de mère, ou Frère utérin, Celui qui n'est frère que du côté maternel. Les expressions Frère germain, frère consanguin et frère utérin, ne sont guère usitées qu'en Jurisprudence.
• Fam., Demi-frère, Celui qui n'est frère que du côté paternel ou du côté maternel.
• Frère naturel, frère bâtard, Celui qui est né du même père ou de la même mère, mais non en légitime mariage. On dit dans le même sens et familièrement, Frère du côté gauche.
• Frères jumeaux, Ceux qui sont nés d'un même accouchement.
• Frère par adoption, ou Frère adoptif, Celui qui a été adopté par le père naturel et légitime d'un autre enfant. Néron était frère adoptif de Britannicus.
• Frère de lait, L'enfant de la nourrice et le nourrisson qu'elle a nourris du même lait. Clitus était frère de lait d'Alexandre.
• Beau-frère. Voyez ce mot composé, à son rang alphabétique.
• Frères d'armes, se disait autrefois Des chevaliers qui avaient contracté une alliance d'armes, en se promettant une mutuelle assistance, et qui se donnaient réciproquement le nom de Frère.
• FRÈRE, se dit aussi de Tous les hommes en général, comme étant tous sortis d'un même père, comme étant tous de la même espèce. Tous les hommes sont frères en Adam. Il faut avoir pitié des pauvres, ce sont nos frères. Cet homme qui est dans la nécessité, c'est votre frère, vous êtes obligé de le secourir.
• Se dit plus particulièrement de Tous les chrétiens, comme étant tous enfants de Dieu par le baptême. Tous les chrétiens sont frères en JÉSUS-CHRIST. C'est dans ce sens que les prédicateurs, en parlant à leurs auditeurs, disent, Mes frères, mes chers frères.
• Frères moraves. Voyez HERNUTES.
• FRÈRE, est aussi Le titre que tout religieux prend dans les actes publics, et Le nom que l'on donne ordinairement à tout religieux qui n'est pas prêtre. Le frère un tel. Frère Antoine.
• FRÈRES, au pluriel, est pareillement Un titre que l'on joint au nom de certains ordres religieux. Les frères prêcheurs. Les frères mineurs. Les frères de la Charité.
• Frère lai, frère convers, Religieux qui n'est point dans la cléricature, et qui n'a été reçu dans un monastère que pour y vaquer aux oeuvres serviles. On dit aussi, dans quelques ordres religieux, Frère servant.
• Dans l'Ordre de Malte, Frère servant, se dit de Celui qui entre dans l'ordre sans faire preuve de noblesse, et qui est d'un rang inférieur aux autres chevaliers. On l'appelle aussi Chevalier servant.
• Faux frère, Celui qui trahit ou une société, ou quelqu'un de cette société.

FRESAIE . s. f.
• Espèce d'oiseau nocturne, que le peuple croit de mauvais augure, et qu'on appelle autrement Effraie.

FRESQUE . s. f.
• Manière de peindre avec des couleurs détrempées dans de l'eau de chaux, sur une muraille fraîchement enduite. La fresque exige une grande sûreté de pinceau. Peindre à fresque.
• Se dit également de Toute peinture, de tout tableau à fresque. Dans les lieux humides la fresque ne dure pas longtemps. Une église ornée de fresques. Les fresques de Michel-Ange.

FRESSURE . s. f. coll.
• Se dit de Plusieurs parties intérieures de quelques animaux prises ensemble, comme sont le foie, le coeur, la rate et le poumon. Fressure de cochon. Fressure de mouton. Fressure d'agneau. Fressure de veau. Etc.

FRET .s.m.
• (Le T se prononce.) .Marine marchande. Louage d'un bâtiment, soit en totalité, soit en partie. Le fret d'un navire. Prendre un navire à fret. Charger à fret. Le prix du fret.
• Il signifie aussi, Le prix du fret. Payer le fret. Le capitaine a touché son fret. Augmentation de fret. On dit de même, Payer le fret d'une marchandise, etc., En payer le port.
• Il signifie encore, La cargaison, le chargement d'un navire de commerce. Prendre un fret. Avoir un fret. Débarquer son fret.

FRÉTER . v. a.
• .Marine marchande. Donner un bâtiment à loyer, en totalité ou en partie. Fréter un navire. Fréter au mois, au voyage, au tonneau.
• FRÉTÉ, ÉE. participe, Bâtiment bien frété, mal frété.

FRÉTEUR .s.m.
• .Marine marchande. Celui qui donne un bâtiment à loyer.

FRÉTILLANT
, ANTE. adj.
• Qui frétille. Un poisson tout frétillant.

FRÉTILLEMENT .s.m.
• Mouvement de ce qui frétille. Être dans un frétillement continuel.

FRÉTILLER . v. n.
• Se remuer, s'agiter par des mouvements vifs et courts. Cet enfant frétille sans cesse. Il ne fait que frétiller. Cette carpe était bien en vie, elle frétille encore. Le chien frétille de la queue.
• Prov. et pop., Les pieds lui frétillent, Il a impatience d'aller. La langue lui frétille, Il a grande envie de parler.

FRETIN .s.m.
• Le menu poisson. Il n'y a que du fretin dans cet étang.
• Se dit, figurément et familièrement, Des choses de rebut, et qui sont de nulle valeur, de nulle considération. Il a vendu ce qu'il avait de meilleur dans son magasin, il n'y a plus que du fretin. Tout ce qu'il avait de bons livres est vendu, ce qui lui reste n'est que du fretin.

FRETTE . s. f.
• Lien ou cercle de fer dont on entoure l'extrémité du moyeu des roues, la tête des pilotis, etc., pour empêcher qu'ils n'éclatent, qu'ils ne se fendent. La frette de ce moyeu est rompue.

FRETTÉ
, ÉE. adj.
• .Blason. Se dit Des pièces convertes de bâtons en sautoir, qui forment des losanges.

FRETTER . v. a.
• Mettre une frette. Fretter un moyeu. Fretter le manche d'un outil.
• FRETTÉ, ÉE. participe

FREUX .s.m.
• T. d'Hist. nat. Oiseau qui ressemble beaucoup à la corneille, et qu'on nomme aussi Grolle.

FRIABILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité de ce qui est friable.

FRIABLE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui peut aisément être réduit en poudre. Le sel est friable. Les pierres calcinées sont friables.

FRIAND
, ANDE. adj.
• Qui aime la chère fine et délicate, et qui s'y connaît. Il n'est pas gourmand, mais il est friand. On l'emploie aussi comme substantif. C'est un friand. C'est une friande. Il est familier.
• Avoir le goût friand, Avoir le goût délicat, et savoir bien juger des bons morceaux.
• Un morceau friand, un mets friand, etc., Un morceau délicat, un mets délicat, etc. La chère était friande.
• Être friand de quelque chose, En aimer le goût, aimer à en manger. Il est très-friand de sucreries. On dit aussi, figurément et familièrement, Être friand de nouveautés, de louanges, de musique, etc., Les aimer beaucoup, les rechercher avec empressement.

FRICHE . s. f.
• Terrain qui ne rapporte point, soit que la culture en ait été négligée depuis longtemps, soit qu'on ne l'ait jamais cultivé. Il y a trois ans qu'il n'a fait travailler à sa vigne, ce n'est plus qu'une friche. Il y a beaucoup de friches dans cette province.
• EN FRICHE. loc. adv. Sans culture. Laisser une terre en friche. Une vigne en friche.

FRICTION . s. f.
• .Chirur. Frottement que l'on fait sur quelque partie du corps, à sec ou autrement, avec les mains, avec une brosse, avec de la flanelle, etc. User de friction sur les épaules, sur les jambes. Faire une friction, des frictions. Prescrire des frictions. Les frictions dissipent l'humeur et ouvrent les pores. Friction légère. Friction violente. Frictions sèches. Frictions humides. Frictions mercurielles.

FRICTIONNER . v. a.
• .Chirur. Faire une friction, des frictions. Se faire frictionner. Frictionner une partie malade. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se frictionner avec une brosse. Se frictionner avec une pommade, avec un liniment.
• FRICTIONNÉ, ÉE. participe

FRIGIDITÉ . s. f.
• .Médec. légale. État d'un homme impuissant.
• Se dit aussi, en Pathologie, d'Une sensation de froid.

FRIGORIFIQUE . adj. des deux genres
• .Physique. Qui cause le froid. Mélange frigorifique.

FRILEUX
, EUSE. adj.
• Fort sensible au froid. Les vieillards sont frileux. Cette femme est très-frileuse.

FRIMAIRE .s.m.
• Le troisième mois du calendrier républicain.

FRIMAS .s.m.
• Grésil, brouillard froid et épais qui se glace en tombant. Un pays sujet au frimas. Le temps des frimas. Une montagne couverte de neige et de frimas. Des arbres couverts de frimas. Le frimas s'attache aux cheveux, aux crins des chevaux.

FRIME . s. f.
• Le semblant, la mine que l'on fait de quelque chose. Il n'en a fait que la frime. Ce n'est que pour la frime. Il est populaire.

FRINGALE . s. f.
• Faim subite et inopinée, dont on est saisi quelquefois hors de l'heure accoutumée des repas. Avoir la fringale. Quand la fringale le prend. Il est familier.

FRINGANT
, ANTE. adj.
• Qui est fort alerte, fort éveillé, fort vif, et dont la vivacité se manifeste par des mouvements rapides et fréquents. Un homme fringant. Il a l'air fringant. Il a la mine fringante. Il a épousé une femme bien fringante. Ce cheval est fringant.
• Fig. et fam., Ce jeune homme fait bien le fringant, Il se donne des airs pétulants, avantageux.

FRINGUER . v. n.
• Danser, sautiller en dansant. Il est vieux.
• Se dit encore quelquefois Des chevaux fringants. Ce cheval fringue continuellement.

FRIPER . v. a.
• Chiffonner. Friper ses habits. Votre manteau est tout fripé. Vous avez fripé votre robe, votre collerette. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Ma robe s'est toute fripée.
• Il signifie, par extension, Gâter, user. Cet enfant fripe ses hardes en peu de temps. Avec le pronom personnel, Cette étoffe se fripe en moins de rien. Dans ce sens et dans celui qui précède, il est familier.
• Il signifie aussi, figurément et populairement, Consumer, dissiper en débauches. Cet homme a fripé tout son bien.
• Il signifie encore, Manger goulûment, avec avidité. On leur servit quantité de viandes, mais ils eurent bientôt tout fripé. Il aime à friper. Dans ce sens, il est bas.
• FRIPÉ, ÉE. participe, Hardes fripées. Livre fripé. Des meubles tout fripés.

FRIPERIE . s. f.
• Se dit Des habits, des meubles qui ont servi à d'autres personnes, et qui sont fripés et usés. Tous ses habits ne sont que friperie. Ce n'est que de la friperie. Vendre de la friperie. Un marchand de friperie. Il est familier.
• Prov. et fig., Se jeter sur la friperie de quelqu'un, se ruer, se mettre, tomber sur sa friperie, Se jeter sur quelqu'un pour le maltraiter, pour le battre. Le peuple se jeta sur sa friperie, et le maltraita beaucoup. Cela signifie, dans une acception plus figurée, Se moquer de quelqu'un, en dire du mal. Il ne fut pas épargné dans la conversation, on se jeta sur sa friperie. On se remit sur sa friperie. On tomba sur sa friperie.
• FRIPERIE, signifie aussi, Le métier d'acheter, de raccommoder et de revendre de vieux habits et de vieux meubles. Il ne se mêle plus de friperie.
• Il signifie encore, Le lieu où logent ceux qui font ce métier. Acheter un habit à la friperie. Il ne s'habille jamais qu'à la friperie. Voilà un habit qui sent la friperie.

FRIPE-SAUCE .s.m.
• Goinfre, goulu. On le dit aussi d'Un mauvais cuisinier. C'est un vrai fripe-sauce. Il est bas.

FRIPIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui fait le métier d'acheter, de raccommoder et de revendre de vieux habits et de vieux meubles. Maître fripier. Marchand fripier. La boutique d'un fripier.
• Fig. et fam., Fripier d'écrits, Plagiaire, compilateur maladroit et sans goût.

FRIPON
, ONNE. s.
• Celui, celle qui vole adroitement. Un maître fripon. Un fripon fieffé. Ce domestique est un fripon. C'est une franche friponne.
• Se dit aussi d'Une personne fourbe, sans bonne foi, qui ne se fait aucun scrupule de tromper. Il ne fait pas bon avoir affaire à lui, c'est un fripon, un vrai fripon, un grand fripon. C'est un tour de fripon.
• Se dit quelquefois, par badinage, d'Un enfant vif et malin: C'est un petit fripon; d'Un jeune homme léger et étourdi: C'est un fripon qui se dérange; d'Une femme coquette, adroite et fine: Une aimable friponne. La friponne lui fait croire tout ce qu'elle veut.
• Se dit particulièrement, au masculin, d'Un homme trompeur et inconstant en amour. C'est un fripon, un grand fripon.
• FRIPON, s'emploie aussi comme adjectif. Cet homme-là est bien fripon. Est-elle friponne!
• Il signifie souvent, Coquet, éveillé, et se dit De la mine, du regard, etc. Cette jeune personne a l'oeil fripon, la mine friponne, le minois fripon. Un petit air fripon.

FRIPONNEAU .s.m.
• Diminutif familier de Fripon.

FRIPONNER . v. a.
• Escroquer, dérober, attraper quelque chose par adresse. Il m'a friponné deux cents francs. Il a friponné cette montre. Friponner au jeu. On le dit aussi en parlant Des personnes. Il a friponné cinq ou six personnes de ma connaissance.
• Il signifie absolument, Faire des tours, des actions de fripon. C'est un homme qui ne fait que friponner, qui passe sa vie à friponner.
• FRIPONNÉ, ÉE. participe

FRIPONNERIE . s. f.
• Action de fripon. Friponnerie signalée. Il y a de la friponnerie à cela. Faire une friponnerie. C'est une friponnerie.

FRIQUET .s.m.
• Moineau de la plus petite espèce.

FRIRE . v. a.
• Faire cuire dans une poêle avec du beurre roux, ou du saindoux, ou de l'huile bouillante. Frire des soles. Frire des oeufs. Frire des côtelettes. Outre l'infinitif, il n'est usité qu'au singulier du présent de l'indicatif, Je fris, tu fris, il frit; au futur, Je frirai, tu friras, il frira, nous frirons, vous frirez, ils friront; au conditionnel présent, Je frirais, tu frirais, il frirait, nous fririons, vous fririez, ils friraient; à la deuxième personne du singulier de l'impératif, Fris; et aux temps formés du participe.
• Prov., Il n'y a rien à frire, il n'y a pas de quoi frire dans cette maison, Il ne s'y trouve rien à manger. Dans le sens contraire, Voilà de quoi frire, Voilà de quoi manger.
• Fig. et pop., N'avoir plus de quoi frire, Être ruiné. Il n'y a rien à frire dans cette affaire, Il n'y a rien à gagner dans cette affaire.
• FRIRE, est aussi neutre. Une sole qui frit. Le beurre frit dans la poêle. La cuisinière a fait frire une carpe.
• FRIT, ITE. participe, Poisson frit. Artichauts frits. Carpe frite.
• Pop. et fig., Cet homme est frit, Il est ruiné, perdu. Tout est frit, Tout a été mangé, dissipé, il ne reste plus rien.

FRISE . s. f.
• T. d'Archit. Partie de l'entablement qui est entre l'architrave et la corniche. Frise plate. Frise dorée. Frise enrichie de sculptures.
• Se dit, par analogie, dans d'autres Arts, d'Une surface plate et continue formant un bandeau. Dans la décoration, les frises sont peintes ou sculptées; dans la menuiserie, elles encadrent les parquets et les panneaux; dans la serrurerie, elles font partie des grilles et des rampes d'escalier.

FRISE . s. f.
• Sorte d'étoffe de laine à poil frisé. Vêtu de frise. Manteau doublé de frise.
• Se dit aussi d'Une sorte de toile venant de Frise en Hollande.
• En termes de Guerre, Cheval de frise, Grosse pièce de bois longue de dix ou douze pieds, traversée en sens divers par des pieux pointus et ferrés aux extrémités, pour défendre une brèche, ou pour couvrir un bataillon contre la cavalerie. Ce bataillon se retira à la faveur de ses chevaux de frise. La brèche était défendue par des chevaux de frise.

FRISER . v. a.
• Crêper, anneler, boucler. Se dit principalement en parlant Des cheveux. Friser ses cheveux aux fers, au fer, avec des fers, avec le fer. Friser ses cheveux avec des papillotes. Fer à friser.
• Se dit aussi en parlant Du poil des étoffes. Friser de la ratine. Friser du drap.
• Friser quelqu'un, Lui friser les cheveux. Se faire friser par un coiffeur. On dit de même, avec le pronom personnel, Se friser. Elle perd bien du temps à se friser. Se frise par boucles.
• FRISER, signifie, figurément et familièrement, Raser, effleurer, ne faire que toucher superficiellement. Le vent frisait l'eau, et en ridait légèrement la surface. La balle n'a fait que lui friser le visage, lui a frisé la moustache.
• Fig. et fam., Il a frisé la corde, se disait autrefois Pour faire entendre qu'un homme avait été bien près d'être condamné à être pendu, ou que c'était un fripon qui avait mérité la corde. (Voyez plus bas un autre sens de cette phrase.)
• Au Jeu de la paume, Friser la corde, se dit De la balle quand elle passe à fleur de corde, c'est-à-dire, très-peu au-dessus de la corde, et qu'ainsi il s'en faut de très-peu qu'elle ne soit arrêtée par le filet, et que le coup ne soit perdu.
• Fig. et fam., Il a frisé la corde, se dit, par une comparaison prise du jeu de paume, De quelqu'un qui a été bien près de perdre son procès, de succomber a une maladie, ou en général de tomber dans quelque malheur.
• Fig. et fam., Friser la quarantaine, la cinquantaine, etc., Être fort près d'atteindre l'âge de quarante ans, de cinquante ans, etc. Cette femme frise la quarantaine.
• Fig. et fam., Friser l'impertinent, le fat, etc., Faire des actions, tenir des discours qui sentent l'impertinence, la fatuité, etc.
• FRISER, s'emploie aussi neutralement, et se dit Des cheveux, des poils qui se crêpent, qui se mettent en boucles. Ses cheveux frisent naturellement. Cela fait friser les cheveux. Le poil de cet animal frise beaucoup.
• FRISER, en termes d'Imprimerie, se dit Des caractères qui doublent, qui papillotent, c'est-à-dire, qui paraissent doublement imprimés sur la feuille, par le défaut de la presse ou par quelque autre cause. Cette presse frise considérablement.
• FRISÉ, ÉE. participe, Cheveux frisés. Ce chien a le poil frisé.
• Drap d'or ou d'argent frisé, Celui qui est crêpé et inégal du côté qu'on appelle l'en droit.
• Chou frisé, Sorte de chou dont la feuille est toute crêpée.

FRISOTTER . v. a.
• Friser souvent et par menues boucles. Elle est toujours à frisotter sa fille. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Elle perd bien du temps à se frisotter. Il ne se dit guère que par plaisanterie ou par dénigrement.
• FRISOTTÉ, ÉE. participe

FRISQUETTE . s. f.
• T. d'Impr. Châssis que les imprimeurs mettent sur la feuille blanche, afin d'empêcher que les marges et tout ce qui doit demeurer blanc ne soient maculés. Abattre la frisquette sur le tympan. Découper la frisquette.

FRISSON .s.m.
• Tremblement causé par le froid qui précède la fièvre. Le frisson de la fièvre. Grand frisson. La fièvre est ordinairement précédée par le frisson, d'un frisson. Être dans le frisson. Le frisson m'a pris. Sentir les approches du frisson.
• Se dit, au figuré, Du saisissement qui naît de la peur, de l'horreur, ou de quelque autre émotion violente. Un frisson de terreur. Cette mauvaise nouvelle lui a causé des frissons. Éprouver des frissons. Cela donne le frisson. J'en ai le frisson. Un frisson me saisit.
• Se dit quelquefois en parlant D'émotions légères et même agréables. Sentir un doux frisson, de doux frissons.

FRISSONNEMENT .s.m.
• Léger tremblement causé par les approches de la fièvre. Il va avoir la fièvre, il sent déjà un frissonnement.
• Se dit, au figuré, d'Un frémissement soudain, d'un trouble causé par quelque émotion très-vive. Quand je pense à cela, il me prend un frissonnement.

FRISSONNER . v. n.
• Avoir le frisson. La fièvre va le prendre, il commence à frissonner.
• Se dit, au figuré, en parlant Du frémissement soudain que cause une émotion très-vive. Frissonner de peur. Frissonner d'horreur. Quand je songe au péril où je me suis trouvé, je frissonne encore. Cette seule idée me fait frissonner.

FRISURE . s. f.
• Façon de friser. Cette frisure est belle.
• Il signifie aussi, L'état de ce qui est frisé. Le vent a dérangé sa frisure.
• Se dit encore de Cette sorte de petits grains que l'on forme sur les étoffes de laine, sur les draps, sur les ratines, etc., en frisant le poil.

FRITILLAIRE . s. f.
• .Bot. Plante liliacée, dont la fleur, semblable par sa forme à celle de la tulipe, est parsemée de petits carreaux blancs et rouges imitant les cases d'un échiquier. On cultive la fritillaire dans les jardins à cause de sa beauté.

FRITTE . s. f.
• .Verrerie. Mélange de substances terreuses et de substances salines, auquel on a fait éprouver un commencement de fusion pour en former le verre.
• Se dit aussi de L'action de cuire ce mélange.

FRITURE . s. f.
• L'action ou la manière de frire. L'huile est bonne pour la friture. Friture au beurre. Friture à l'huile.
• Se dit aussi Du beurre ou de l'huile qui sert à frire, et qu'on garde ensuite pour le même usage. Acheter de la friture. De la friture trop vieille. Voilà de bonne friture.
• Se dit, par extension, Du poisson frit. Il ne mange point de friture.

FRIVOLE . adj. des deux genres
• Vain et léger, qui n'a nulle importance, nulle solidité. Cette raison, ce prétexte est frivole. Excuse frivole. Discours frivole. Choses frivoles, vaines et frivoles. S'occuper sérieusement d'objets frivoles. Amusements frivoles. Un frivole espoir.
• Se dit aussi Des personnes. Homme frivole. Esprit frivole. Tête frivole.
• S'emploie quelquefois substantivement au masculin, en parlant Des choses. Le goût du frivole. Il donne dans le frivole.

FRIVOLITÉ . s. f.
• Caractère de ce qui est frivole. La frivolité de ces amusements. Il y a bien de la frivolité dans cet ouvrage. La frivolité d'un jeune homme. Avoir beaucoup de frivolité dans l'esprit. Il est d'une extrême frivolité.
• Se dit aussi Des choses frivoles. Ne s'occuper que de frivolités. Ce ne sont que des frivolités.

FROC .s.m.
• (On prononce le C.) La partie de l'habit monacal qui couvre la tête et tombe sur l'estomac et sur les épaules. Il se prend aussi pour Tout l'habit. Mettre son froc.
• Prendre le froc, Se faire moine. Porter le froc, Être moine.
• Quitter le froc, Sortir d'un monastère avant d'être profès.
• Fig. et fam., Jeter le froc aux orties, Renoncer à la profession monacale; et, par extension, Renoncer à l'état ecclésiastique. On le dit aussi De toute personne qui, par inconstance, renonce à quelque profession que ce soit.

FROCARD .s.m.
• Terme de mépris qui se dit d'Un moine. Il est familier.

FROID .s.m.
• Privation, absence de chaleur; ou Sensation que fait éprouver l'absence, la perte, la diminution de la chaleur. Le froid de l'air, de l'eau, etc. Éprouver une sensation de froid. Transir de froid. Mourir de froid. Avoir froid. Il a froid à la tête, aux mains, etc. Geler de froid. Sentir du froid. Trembler de froid. Il est tout roide de froid. Le froid de la fièvre. Le froid de la mort. Poétiq., Le froid des ans, des années, de la vieillesse.
• Prov. et fig., Souffler le chaud et le froid, Louer et blâmer une même chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraires.
• Fig. et fam., Cela ne lui fait ni froid ni chaud, se dit D'un homme qui reste indifférent sur une affaire.
• Fig. et fam., Cela ne fait ni chaud ni froid, se dit De ce qui ne sert ni ne nuit à une affaire.
• Faire froid, battre froid, etc. Voyez FROID, adjectif.
• FROID, se dit particulièrement Du froid de l'air, de l'état de la température quand elle est froide; et alors on le met quelquefois au pluriel. Durant le froid de l'hiver. Les premiers froids sont les plus sensibles. Grand froid. Froid cuisant, perçant, pénétrant, piquant, âpre, aigu. Froid humide. Froid sec. Froid noir. Un beau froid. Un froid gai. Le froid pique. La rigueur du froid. Sentir le froid. Être sensible au froid. Cela garde du froid. Se munir contre le froid. Il fait froid. Le froid l'avait saisi. Souffrir le froid. Supporter le froid. S'habituer au froid.
• FROID, se dit figurément d'Un air sérieux et composé, et qui ne marque nulle émotion. Cet homme est d'un froid qui glace tout le monde. Il lui répondit avec son froid ordinaire. Froid glacial.
• Fig. et fam., Il y a du froid entre eux, se dit en parlant de Deux personnes dont l'amitié a souffert quelque altération.
• FROID, se dit aussi, figurément, Du manque de chaleur, de mouvement, d'intérêt dans les ouvrages d'esprit. Il y a un peu de langueur et de froid dans le quatrième acte de ce drame. Cela jette beaucoup de froid sur cette scène.

FROID
, OIDE. adj.
• Qui est privé de chaleur, qui communique ou qui ressent le froid. Pays froid. Climat froid. L'hiver a été bien froid. Temps froid. Air froid. Température froide. Vent froid. Matinée froide. Dans la saison froide. Froid comme glace. Froid comme du marbre. Eau froide. Bain froid. Boisson froide. Il a les mains froides. Le cadavre était déjà froid. On dit en des sens analogues: Tempérament froid. Cerveau froid. Etc.
• Vêtement froid, Vêtement qui ne garantit pas assez du froid. Cet habit, ce manteau est froid.
• Prov. et fig., La cuisine de cette maison est bien froide; il n'y a rien de si froid, de plus froid que l'âtre de cette maison, se dit D'une maison où l'on ne fait qu'un très-petit ordinaire, qu'une fort mauvaise cuisine.
•Prov. et fig., Il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid, il n'y a rien de trop chaud ni de trop froid pour lui, se dit D'un homme avide qui veut tout avoir, qui prend de toutes mains.
• Humeurs froides, Les scrofules ou écrouelles.
• Fig., Sang-froid, L'état de l'âme lorsqu'elle est calme, lorsqu'elle se maîtrise. Quand il est dans son sang-froid. Agir de sang-froid. Il écoutait avec beaucoup de sang-froid. Il répondit avec le plus grand sang-froid. Être de sang-froid. Garder son sang-froid. Perdre son sang-froid.
• Tuer quelqu'un de sang-froid, Le tuer de dessein prémédité, et sans être emporté par aucun de ces mouvements de colère qui peuvent diminuer l'atrocité du crime.
• FROID, se dit quelquefois pour Refroidi. Ce potage est froid. Tous les mets étaient froids. Si nous attendons encore, le dîner sera froid, tout froid.
• Déjeuner froid, Déjeuner composé de mets froids.
• Viandes froides, Viandes préparées pour être mangées froides. Les jambons, les langues fourrées, les daubes, etc., sont des viandes froides.
• FROID, se dit particulièrement De ce qui sert à corriger l'excès de la chaleur animale, ou De ce qui la détruit. Les quatre semences froides. Cette plante est froide. Il y a des poisons froids.
• FROID, signifie aussi figurément, Flegmatique, sérieux, indifférent, qui ne s'émeut point. C'est un homme froid. Caractère froid. Je l'ai trouvé bien froid là-dessus. Il croyait nous faire rire, mais tout le monde demeura froid. Un coeur froid. Une âme froide. La froide raison.
• C'est une tête froide, se dit D'un homme sage et calme qui ne s'échauffe pas facilement ni sans motif. On dit dans le même sens, Un esprit froid.
• Fam., Faire le froid, Faire le réservé, l'indifférent, ne témoigner nul empressement.
• Ami froid, Celui qui ne se porte pas avec chaleur à secourir son ami.
• Orateur froid, Orateur dont l'action n'est point animée, qui ne touche point ses auditeurs, et qui ne paraît pas lui-même touché.
• Imagination froide, Imagination dépourvue de chaleur, d'activité, d'énergie.
• FROID, se dit De l'air, du ton, des discours, dans un sens analogue à celui qui précède. Cet homme a l'abord froid. Il leur fit un accueil très-froid. Faire froide mine à quelqu'un. Il répondit d'un ton froid. Sa réponse fut froide et réservée. On le dit même quelquefois Des sentiments et des actions qui marquent de l'insensibilité. Un froid mépris. Une haine froide et réfléchie. Une froide barbarie. De froides atrocités.
• Fam., Battre froid, Recevoir une proposition d'une manière qui fait voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter. Faire froid, et plus souvent, Battre froid à quelqu'un, Le recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire.
• FROID, en parlant Des ouvrages ou des traits d'esprit, signifie figurément, Qui n'a rien d'animé, de touchant, d'intéressant, de piquant. Style froid. Cette tragédie est froide. Des vers froids. Une froide plaisanterie. Une froide raillerie. On dit dans un sens analogue, Un écrivain, un auteur froid, Dont le style est froid, dont les ouvrages sont froids.
• FROID, en Peinture, en Sculpture, etc., signifie, Qui manque de feu, d'âme, d'expression. Composition froide. Les têtes de ce tableau sont froides. Ce dessin est correct, mais il est froid.
• Se dit également Du manque d'éclat et de vivacité dans les tons, dans les couleurs, dans le coloris. Les couleurs froides. Les tons froids. Un coloris froid et monotone.
• À FROID. loc. adv. Sans mettre au feu. Infuser une drogue à froid. Forger un fer à froid. Battre un fer à froid. De l'or, de l'argent battu à froid. Teindre à froid.
• On l'emploie quelquefois figurément, pour exprimer l'absence de verve ou de passion. Faire de l'enthousiasme, de la colère à froid.

FROIDEMENT . adv.
• De telle sorte qu'on est exposé au froid. Vous êtes logé, vêtu bien froidement.
• Il est plus en usage au figuré, et signifie, D'une manière sérieuse et réservée. Il le reçut froidement. Il m'a répondu froidement.
• Il signifie aussi, Sans passion, sans émotion, avec insensibilité. Il calcule froidement ce qui peut lui rester de vie. Il écouta froidement leurs injures.

FROIDEUR . s. f.
• Qualité de ce qui est froid. La froideur de l'eau. La froideur du marbre. La froideur du temps. La froideur de la vieillesse.
• Se dit figurément, au sens moral. La froideur de l'âme, du caractère. La froideur de l'imagination.
• Il signifie aussi figurément, Froid accueil, ou air froid, indifférence; et, dans ce sens, il peut s'employer au pluriel. Il m'a reçu avec froideur. Les froideurs d'une maîtresse. On dit dans un sens analogue, La froideur d'un accueil, d'une réception, d'une réponse, etc.
• Il y a de la froideur entre eux, se dit en parlant De deux personnes qui ne vivent plus ensemble avec la même amitié qu'auparavant.

FROIDIR . v. n.
• Devenir froid après avoir été chaud. Ne laissez pas froidir le dîner. Votre bouillon froidit.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Cela se froidit. Les viandes se froidissent. Ce mot a vieilli; on dit, Refroidir, se refroidir.
• FROIDI, IE. participe

FROIDURE . s. f.
• Le froid répandu dans l'air. La froidure de la saison. La froidure d'un climat.
• Se dit aussi pour L'hiver; mais, dans ce sens, il n'est guère usité qu'en poésie.

FROIDUREUX
, EUSE. adj.
• Sujet à avoir froid. Vous voilà bien vêtu pour la saison, vous êtes bien froidureux. Il est vieux et familier: on dit plus communément, Frileux.

FROISSEMENT .s.m.
• Action de froisser, ou L'effet, le résultat de cette action. Le froissement d'un membre contre une pierre. Cette étoffe a perdu sa fraîcheur par le froissement.

FROISSER . v. a.
• Meurtrir par une pression violente. Ce cabriolet l'a pressé contre la muraille, et l'a tout froissé. Il s'est froissé tout le corps en tombant. Sa chute lui a froissé la cuisse.
• Il signifie aussi, Frotter fortement. Froisser des cailloux l'un contre l'autre.
• Il signifie encore, Chiffonner. Froisser du papier. Froisser du drap, du satin, à force de le manier. On dit en un sens analogue, Froisser des épis, des fleurs dans sa main.
• Il signifie quelquefois figurément, Blesser, heurter, choquer, surtout en parlant D'intérêts, d'opinions, etc. Ces mesures froissent beaucoup d'intérêts différents. Il ne faut pas froisser les opinions de ceux qu'on veut persuader.
• FROISSÉ, ÉE. participe, Une robe froissée.

FROISSURE . s. f.
• Impression qui demeure à un corps qui a été froissé. Il sera bien difficile de guérir cette froissure. La froissure de cette étoffe ne disparaîtrait pas sous le fer.

FRÔLEMENT .s.m.
• Action de frôler, ou L'effet d'une chose qui frôle. Le frôlement de la langue contre le palais. Je sentis le frôlement de sa robe.

FRÔLER . v. a.
• Toucher légèrement en passant. La balle lui frôla les cheveux. La langue frôle le palais quand on prononce l'L ou l'R.
• FRÔLÉ, ÉE. participe

FROMAGE .s.m.
• Sorte d'aliment qui se fait de lait séparé de sa sérosité, qu'on appelle petit-lait. Faire du fromage. Fromage frais. Fromage blanc. Fromage mou. Fromage à la pie. Fromage de Neufchâtel, de Brie, de Roquefort, de Hollande, de Gruyères, de Chester. Fromage parmesan. Fromage de lait de vache. Fromage de lait de chèvre. De la soupe au fromage. Il ne vit que de pain et de fromage. Le fromage ne se sert ordinairement qu'à la fin du repas. Un morceau de fromage. Ce fromage est d'une pâte fine.
• Se dit aussi d'Un pain, d'une masse de fromage. Acheter un fromage. Un navire chargé de fromages. Faire égoutter des fromages.
• Prov. et fig., Entre la poire et le fromage, Sur la fin du repas, lorsque la gaieté que donne la bonne chère, fait qu'on parle librement. Ce fut entre la poire et le fromage qu'il nous fit cette confidence.
• Fromage à la crème, Fromage fraîchement fait qu'on délaye avec de la crème de lait, et auquel on mêle ordinairement du sucre pulvérisé.
• Fromage à la glace, ou Fromage glacé, Mets composé de crème et de sucre, auquel on joint ordinairement quelque autre substance agréable au goût, et dont le mélange est fortement frappé de glace.
• En Charcuterie, Fromage de cochon, Chair de porc hachée, accommodée d'une certaine manière, et à laquelle on donne ordinairement la forme d'un fromage.

FROMAGER
, ÈRE. s.
• Celui, celle qui fait on qui vend des fromages.

FROMAGER .s.m.
• Petit vaisseau percé de plusieurs trous, dans lequel on dresse le lait caillé pour en faire des fromages frais ou mous.

FROMAGER .s.m.
• .Bot. Genre d'arbres exotiques, qui portent des fruits très-gros, et dont plusieurs s'élèvent à une hauteur prodigieuse. On trouve des fromagers dans les Indes, en Afrique, au Brésil et aux Antilles.

FROMAGERIE . s. f.
• Manufacture de fromages. On a établi des fromageries dans cette province.

FROMENT .s.m.
• La meilleure espèce de blé. Se dit tant De la plante que Du grain. Froment barbu. Du blé-froment. Farine de pur froment. Terre à froment. Un boisseau de froment. Un hectolitre de froment.
• Froment-locar. Voyez ÉPEAUTRE.

FROMENTACÉE . adj. f.
• .Bot. Se dit Des plantes qui ont du rapport avec le froment par leur fructification, et par la disposition de leurs feuilles et de leurs épis. Les orges, les chiendents, sont des plantes fromentacées.

FRONCEMENT .s.m.
• Action de froncer, ou État de ce qui est froncé. Se dit principalement en parlant Des sourcils. Le froncement des sourcils.

FRONCER . v. a.
• Rider en contractant, en resserrant. Froncer le sourcil, les sourcils. Il en fronça le sourcil de chagrin, de colère. Froncer les lèvres. Cela fronce la peau.
• Il signifie aussi, Plisser, et se dit De certains plis menus et serrés que l'on fait à du linge, à des étoffes. Il faut froncer davantage cette chemise, elle n'est pas assez froncée par le collet. Froncer des poignets. Froncer la robe d'un enfant. Froncer une jupe.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, surtout dans le premier sens. La peau de ce fruit commence à se froncer.
• FRONCÉ, ÉE, Peau froncée.
• Robe froncée, Sorte de robe que portent les docteurs, et qui est extrêmement froncée au haut des manches.

FRONCIS .s.m.
• Les plis que l'on fait à une robe, à une chemise, etc., en les fronçant. Faire un froncis à une manche, à une jupe, à une robe d'enfant.

FRONDE . s. f.
• Instrument, fait de corde ou de cuir, avec lequel on lance des pierres, et même des balles. David tua Goliath d'un coup de fronde. Les anciens avaient dans leurs troupes des gens armés de frondes. Faire tourner une fronde.
• FRONDE, en termes de Chirurgie, Bandage à quatre chefs, qui ressemble par sa forme à une fronde.
• FRONDE, est aussi Le nom du parti qui prit les armes contre la cour, sous la minorité de Louis XIV. Le parti de la Fronde. Du temps de la Fronde. La guerre de la Fronde.

FRONDER . v. a.
• Jeter, lancer avec une fronde. Fronder des pierres.
• S'emploie aussi absolument. De petits garçons qui s'amusent à fronder.
• Se dit, par extension, en parlant De tout ce qu'on jette avec violence. Il lui fronda une assiette à la tête.
• FRONDER, signifie figurément, Blâmer, condamner, critiquer. Fronder le gouvernement, le ministère. Fronder la conduite d'une personne. Fronder avec amertume. Fronder les travers, les ridicules. Il n'eut pas sitôt ouvert la bouche, que tout le monde le fronda.
• Se dit quelquefois absolument, et signifie, Parler contre le gouvernement, ou, en général, Montrer une humeur morose, chagrine, désapprouver, blâmer tout. C'est un homme qui passe sa vie à fronder.
• FRONDÉ, ÉE. participe

FRONDEUR .s.m.
• Celui qui lance des pierres, des balles, avec une fronde. Les anciens avaient des frondeurs dans leurs armées. Les habitants des îles Baléares passaient pour être les plus habiles frondeurs.
• Se dit, au figuré, de Celui qui parle contre le gouvernement, ou de Celui qui montre une humeur morose, chagrine, qui désapprouve, qui blâme tout. C'est un des plus grands frondeurs, un frondeur déterminé. C'est un frondeur éternel.
• Il signifie quelquefois simplement, Celui qui contredit, qui critique, qui blâme. Cet ouvrage a eu presque autant de frondeurs que d'approbateurs.

FRONT .s.m.
• La partie du visage qui est comprise entre la racine des cheveux et les sourcils. Grand front. Large front. Front élevé. Front ouvert. Front découvert. Front majestueux. Avoir un diadème, un bandeau sur le front. Avoir des rides au front, sur le front. Se faire une bosse au front. Être marqué sur le front.
• Fig., N'avoir point de front, N'avoir ni honte ni pudeur.
• FRONT, se dit, par extension, pour Tout le visage. Un front serein. Un front sévère. La jeunesse au front riant. On lit sur son front. On voit sur son front. La rougeur qui couvrait leur front. Dérider son front.
• Il signifie même quelquefois, La tête, surtout en poésie et dans le style élevé. Courber son front. Humilier son front. Lever, relever le front. Il ne s'emploie guère que dans ces sortes de phrases, pour exprimer l'humiliation, l'abaissement, la servitude, ou la fierté, la révolte, etc.
• FRONT, signifie aussi, Le devant de la tête de quelques animaux. Le front d'un cheval, d'un boeuf, d'un éléphant, etc. Un cheval qui a une étoile au milieu du front.
• FRONT, signifie figurément, Trop grande hardiesse, impudence. Aura-t-il le front de soutenir ce qu'il a dit? Il eut le front de me dire... C'est avoir bien du front. De quel front ose-t-il se présenter devant vous?
• Fig., Un front d'airain, Une extrême impudence. Il faut avoir un front d'airain pour oser soutenir une pareille fausseté. Cet homme a un front d'airain; ou, dans le même sens, C'est un front d'airain.
• FRONT, signifie encore figurément, L'étendue que présente la face d'une armée, d'une troupe, d'un bâtiment. L'armée présentait un grand front. L'armée étendit son front. Ce bataillon avait tant de front. Le front d'un bâtiment. Le front d'un bastion.
• Passer sur le front d'une troupe, Passer devant le front d'une troupe rangée en bataille.
• Faire front, se dit D'une troupe qui était par le flanc, et dont les hommes se tournent de manière à présenter le front. On fait toujours front par le premier rang. Par ellipse, en termes de Commandement, Halte, front.
• Front de bandière, La ligne des étendards et des drapeaux à la tête des corps campés. Les grand'gardes et les faisceaux d'armes sont placés en avant du front de bandière. L'armée était campée en front de bandière.
• FRONT, se dit quelquefois, poétiquement, pour Cime, sommet. Ces rochers qui cachent leur front dans les nues.
• DE FRONT. loc. adv. Par devant. Attaquer l'ennemi de front.
• Fig., Heurter de front les préjugés, Les attaquer sans ménagement.
• DE FRONT, signifie aussi, Côte à côte. Un défilé où il ne peut passer que deux hommes de front. Cette rue est assez large pour que deux carrosses y puissent passer de front. Ils marchaient tous trois de front.
• Fig., Faire marcher, mener deux affaires, deux intrigues de front, S'occuper de deux affaires, de deux intrigues en même temps.

FRONTAL
, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui a rapport ou qui appartient au front. La veine frontale. Les muscles frontaux. Nerf frontal. Os frontal, ou Coronal. Sinus frontaux.

FRONTAL .s.m.
• .Chirur. Bandeau ou topique qu'on applique sur le front. Mettre un frontal pour apaiser le mal de tête.
• FRONTAL, s'est dit aussi d'Un instrument de torture, fait d'une corde à plusieurs noeuds, dont on serrait le front de la personne à laquelle on voulait arracher quelque aveu.

FRONTEAU .s.m.
• Sorte de bandeau applique sur le front. Il n'est guère usité qu'en parlant Des Juifs, qui avaient coutume de porter des bandeaux sur lesquels le nom de Dieu, ou quelque passage de l'Écriture sainte, était écrit. Les Pharisiens portaient des fronteaux où le nom de Dieu était écrit. Quand les juifs prient Dieu dans leurs synagogues, ils se mettent le fronteau.
• FRONTEAU ou FRONTAL, en parlant Des chevaux, se dit de Cette partie de la têtière qui passe au-dessus des yeux du cheval. Se dit également Du morceau de drap noir dont on couvre le front d'un cheval, quand on l'enharnache de deuil.

FRONTIÈRE . s. f.
• Les limites, les confins d'un pays, d'un État, en tant qu'ils le séparent d'un autre pays, d'un autre État. L'armée était sur la frontière. Passer la frontière. La frontière est bien garnie, bien défendue. Reculer les frontières d'un État.
• Il est aussi adjectif, et signifie, Qui est limitrophe, qui est sur les limites d'un autre pays. Ville frontière. Place frontière. Province frontière.

FRONTISPICE .s.m.
• La face principale d'un grand bâtiment. Le frontispice d'un temple. Le frontispice de l'église de Saint-Pierre de Rome. Le frontispice du Louvre.
• Se dit aussi Du titre imprimé d'un livre, placé à la première page, et entouré ou accompagné d'ornements ou de vignettes. On avait mis des attributs, des arabesques, au frontispice de ce livre.
• Se dit encore d'Une gravure que l'on place en regard du titre d'un livre, et dont le sujet est analogue au but et à l'esprit de l'ouvrage. Le sujet d'un frontispice.

FRONTON .s.m.
• Ornement d'architecture qui est fait ordinairement en triangle, et qui se met au haut de l'entrée d'un bâtiment, au-dessus des portes, des croisées, etc. Le fronton qui est au-dessus du portique d'un temple. Le fronton de l'entrée du Louvre. Fronton brisé. Fronton ouvert. Fronton orné de figures, de bas-reliefs.
• Se dit, en termes de Marine, de La partie sculptée du couronnement d'un vaisseau, au-dessus de sa galerie. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Tableau.

FROTTAGE .s.m.
• Le travail de celui qui frotte. Le frottage d'un plancher. Le prix du frottage.

FROTTEMENT .s.m.
• Action de frotter, action de deux choses qui se frottent. Électriser un corps par le frottement. Le frottement de l'essieu use le moyeu de la roue. Empêcher, diminuer le frottement.

FROTTER . v. a.
• Passer une chose sur une autre à plusieurs reprises, et en appuyant, en pressant. Frotter avec la main, avec les mains. Frotter fort. Frotter doucement, légèrement. Frotter la tête de quelqu'un. Se frotter les yeux. Se faire frotter après avoir joué à la paume, ou après avoir fait quelque autre exercice violent. Frotter les jambes d'un cheval. Frotter un métal avec de l'émeri, pour le polir. Frotter deux pierres l'une contre l'autre. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se frotter avec la main. Se frotter en quelque partie du corps. Se frotter contre quelque chose. Se frotter l'un contre l'autre. Se frotter l'un l'autre.
• Fig. et fam., Se frotter à quelqu'un, Avoir commerce, communication avec quelqu'un. Il fait bon se frotter aux savants, on apprend toujours quelque chose. Ne vous frottez pas à ces gens-là, ils pourraient vous corrompre. Il signifie aussi, S'attaquer à quelqu'un, le provoquer, le défier. Je ne vous conseille pas de vous frotter à lui. C'est un homme auquel il est dangereux de se frotter. Ne vous frottez pas à un tel, il est plus fort, plus adroit que vous. On dit de même, Ne vous y frottez pas, je ne vous conseille pas de vous y frotter, etc., lorsqu'on veut dissuader quelqu'un de faire une chose que l'on croit dangereuse pour lui.
• Prov. et fig., Qui s'y frotte, s'y pique, se dit en parlant D'un homme qui ne se laisse pas attaquer impunément.
• FROTTER, signifie aussi, Oindre, enduire, en frottant. On lui frotta le bras avec du baume, avec de l'huile. Frotter des meubles, un parquet avec de la cire, pour les rendre luisants. S'emploie avec le pronom personnel. Les athlètes se frottaient d'huile avant que de lutter.
• Se dit quelquefois pour Frotter avec de la cire ou avec quelque autre chose semblable. Frotter des chaises. Frotter le parquet d'un appartement, ou Frotter un appartement. Employé sans régime, il s'entend presque toujours Des parquets, des planchers. Ce domestique sait frotter.
• Il signifie aussi, figurément et familièrement, Battre, frapper, maltraiter. On l'a frotté comme il faut, frotté d'importance. Les ennemis ont été bien frottés dans cette rencontre. On dit de même, Frotter les oreilles à quelqu'un. Je me charge de lui frotter les oreilles.
• FROTTER, s'emploie quelquefois comme verbe neutre, et se dit D'une chose qui passe, qui glisse sur une autre ou contre une autre, en exerçant quelque pression. Une des roues frottait contre la caisse de la voiture.
• FROTTÉ, ÉE. participe

FROTTEUR .s.m.
• Celui qui frotte les planchers, les parquets. Payer le frotteur.

FROTTOIR .s.m.
• Linge dont on se sert pour se frotter la tête et le corps. Un frottoir de toile. Chauffer un frottoir.
• Il signifie aussi, Le linge dont les barbiers se servent pour essuyer leur rasoir en faisant la barbe.

FROUER . v. n.
• .Chasse. Faire une espèce de sifflement à la pipée, pour attirer les oiseaux.

FRUCTIDOR .s.m.
• Le douzième mois du calendrier républicain.

FRUCTIFICATION . s. f.
• .Bot. Formation, production des fruits; ou Le résultat, le produit de cette formation. Quand la fructification s'opère. L'époque de la fructification. Fructification lente, précoce. Les parties, les organes de la fructification. La fructification des fougères. La fructification des algues est peu apparente.

FRUCTIFIER . v. n.
• Rapporter du fruit. Quand les terres sont bien fumées, elles en fructifient davantage.
• Se dit plus ordinairement au figuré, et signifie, Produire un effet, un résultat avantageux. Dieu a béni leur travail et l'a fait fructifier. Faire fructifier la parole de Dieu. Les bons exemples fructifient. Vos avis, vos leçons ont bien fructifié.
• FRUCTIFIER, en Botanique, se dit D'un végétal qui produit son fruit, qui est en fructification. La manière dont un végétal fructifie. Cette plante ne fructifie qu'à telle époque.

FRUCTUEUSEMENT . adv.
• Avec fruit, utilement, avec progrès. Les missionnaires ont travaillé fructueusement en ce pays.

FRUCTUEUX
, EUSE. adj.
• Qui produit du fruit. Rameaux fructueux. Dans ce sens, il est poétique.
• Il signifie figurément, Utile, profitable, lucratif. Un emploi fructueux. Une charge utile et fructueuse.

FRUGAL, ALE. adj.
• Qui se contente de peu pour sa nourriture, qui vit de choses communes. Il est extrêmement frugal. On dit dans un sens analogue, Vie frugale. Mener une vie frugale. Ce mot n'a point de pluriel au masculin.
• Repas frugal, table frugale, Repas, table où l'on ne sert que des mets simples et communs, et que ce qu'il en faut pour se nourrir. Une table propre et frugale.

FRUGALEMENT . adv.
• Avec frugalité. Vivre frugalement.

FRUGALITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est frugal. Aimer la frugalité. Vivre avec frugalité. La frugalité rend le corps plus sain et plus robuste. La frugalité d'un repas.

FRUGIVORE . adj. des deux genres
• Qui se nourrit de fruits, de végétaux. Les animaux frugivores.

FRUIT .s.m.
• Production des végétaux qui succède à la fleur, et qui sert a leur propagation. Fruit sec. Fruit pulpeux. Fruit capsulaire. L'enveloppe d'un fruit. Les fruits d'un grand nombre de plantes servent à la nourriture des hommes ou à celle des animaux. Le fruit de la balsamine. Le fruit du noyer, du chêne, de l'orme, du frêne, etc. La citrouille est le fruit d'une plante herbacée.
• Se dit, particulièrement, Des fruits charnus ou pulpeux qui viennent la plupart sur des arbres ou sur des arbrisseaux, tels que les poires, les pommes, les prunes, les cerises, etc. Fruit nouveau. Fruit noué. Fruit vert. Fruit mûr. Fruit précoce. Fruit hâtif. Fruit tardif. Fruit à noyau. Fruit à pepin. Fruit gâté, pourri. Cet arbre porte, rapporte de bon fruit. Cueillir du fruit. Cueillir le fruit en sa saison. On connaît l'arbre par le fruit, à son fruit. Les fruits de la saison. Une corbeille de fruits. Fruit de l'arrière-saison. Manger du fruit. Aimer le fruit. Il ne vit presque que de fruits. Conserver des fruits. Fruits secs. Fruits à l'eau-de-vie.
• Fruits d'été, fruits d'automne, fruits d'hiver, Les fruits qui se mangent en été, en automne, en hiver. Fruits rouges, Les petits fruits de cette couleur qui viennent au printemps et en été, comme fraises, framboises, cerises, groseilles.
• Fig. et fam., Le fruit défendu, se dit par allusion à la désobéissance du premier homme. On a du goût pour le fruit défendu, Nous avons du penchant à désirer ce qui nous est défendu.
• FRUIT, signifie aussi, Le dessert, tout ce qu'on sert au dernier service de table, après les viandes et entremets; et, dans ce sens, il n'a point de pluriel. Servir le fruit. On en est au fruit. Le fruit était beau.
• Fruit monté, Fruit décoré avec des cristaux, des figures de sucre ou de porcelaine, posées sur un ou plusieurs plateaux.
• FRUITS, au pluriel, signifie, Tout ce que la terre produit pour la nourriture des hommes et des animaux. On fait des prières à Dieu pour la conservation des fruits de la terre, des fruits qui sont sur terre.
• Il signifie, en Jurisprudence, Les produits, les revenus d'une terre, d'un immeuble, d'un fonds quelconque, d'une charge, etc. Avoir l'usage des fruits d'un fonds, d'une terre. Percevoir les fruits. C'est une maxime de droit, que tout possesseur de bonne foi fait les fruits siens. Rendre compte des fruits. Restitution de fruits. Les fruits échus. Les fruits, profits et émoluments d'une charge. Il lui céda une année des fruits de son bénéfice. Les gros fruits d'un bénéfice. Résigner avec rétention de fruits.
• Fruits naturels, Les productions spontanées d'une terre, d'un fonds, comme le foin, le bois, le croît des animaux. Fruits industriels, Les productions qu'on obtient par la culture, comme le blé, le vin, etc. Fruits civils, Le loyer des maisons, les baux à ferme, les intérêts des sommes exigibles, etc.
• Fruits pendants par les racines, par racines, Les blés, les raisins, et généralement tous les fruits, lorsqu'ils sont encore sur pied. Les fruits pendants par les racines font partie du fonds. On ne peut saisir les fruits pendants par racines qu'après telle époque.
• FRUIT, se dit, par extension, de L'enfant qu'une femme porte dans ses flancs, ou qu'elle vient de mettre au monde. Dans ce sens, il n'a point de pluriel. Une femme est obligée d'avoir soin de son fruit, de conserver son fruit. Dès qu'une femme s'est délivrée de son fruit. On condamne à mort une femme qui fait périr son fruit, qui détruit, qui défait son fruit.
• Se dit aussi, dans le style élevé, Des enfants déjà nés; et dans ce sens il reçoit le pluriel. Il est le seul fruit de leur union. Le fruit d'un amour illégitime. Les fruits de cet hymen.
• FRUIT, signifie encore figurément, Utilité, profit, avantage qu'on retire de quelque chose. Je n'ai tiré aucun fruit de cette affaire. Je n'en ai point encore recueilli le fruit. J'en ai perdu tout le fruit. Il en revient un grand fruit. Beaucoup de peine et peu de fruit. Le fruit de ses travaux, de ses veilles. Cet écolier a tiré en peu de temps un grand fruit de ses études. Travailler avec fruit. Travailler sans fruit. Lire un ouvrage avec fruit. On dit, au pluriel, dans un sens analogue, Les fruits d'un travail, d'une industrie, etc.
• Il signifie également, L'effet, le résultat d'une cause, soit bonne, soit mauvaise. C'est un fruit de votre piété. C'est un fruit de vos soins. Ses infirmités sont le fruit de la guerre. La tranquillité d'esprit est un fruit de la bonne conscience. La honte et le repentir sont les fruits ordinaires des mauvaises actions. Les grandes découvertes sont le fruit d'une longue application. Ces mesures imprudentes ne tardèrent pas à porter leur fruit.
• Faire du fruit, Produire des effets avantageux par des exhortations, par de bons exemples. Ce missionnaire a fait un grand fruit dans cette ville. Cet évêque a fait beaucoup de fruit dans son diocèse. Cette phrase vieillit.

FRUIT .s.m.
• .Maçonnerie. Se dit de La retraite ou diminution d'épaisseur qu'on donne à une muraille à mesure qu'on l'élève. Donner du fruit à une muraille. Il ne faut pas élever le mur tout à fait à plomb, il faut lui donner un peu de fruit, il faut qu'il ait un peu de fruit.

FRUITÉ
, ÉE. adj.
• .Blason. Se dit Des arbres chargés de fruits d'un émail différent. D'argent à l'oranger de sinople fruité d'or.

FRUITERIE . s. f.
• Lieu où l'on garde, où l'on conserve le fruit. Porter du fruit à la fruiterie. Serrer du fruit dans la fruiterie. En ce sens, on dit plus ordinairement, Fruitier.
• Se dit également, dans la maison du roi, de L'office qui fournit le fruit aux tables de la maison, et qui fournit aussi la bougie et la chandelle. Chef de fruiterie chez le roi. Les officiers de la fruiterie.
• FRUITERIE, signifie encore, Le commerce du marchand fruitier. Quitter la fruiterie.

FRUITIER
, IÈRE. adj.
• Qui porte du fruit. Il n'est guère usité que dans les locutions, Arbre fruitier, jardin fruitier.

FRUITIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui fait métier et profession de vendre du fruit, des légumes, etc. La boutique d'un fruitier. Marchand fruitier. Marchande fruitière. Il s'est fait fruitier.
• FRUITIER, se dit aussi d'Un jardin rempli uniquement d'arbres à fruits. Dans ce sens, Verger est plus usité.
• Se dit également d'Un lieu où l'on conserve le fruit pour l'hiver. Aller au fruitier.

FRUSQUIN .s.m.
• Ce qu'un homme a d'argent et de nippes. Il a perdu tout son frusquin, son saint-frusquin. Il est populaire.

FRUSTE . adj. des deux genres
• Se dit D'une médaille, d'une monnaie effacée, altérée, ou défectueuse dans sa forme. Médaille fruste.
• Se dit également D'une pierre, d'un débris antique dont le temps a dépoli ou corrodé la surface; et, en Histoire naturelle, D'une coquille dont les pointes et les cannelures sont usées. Un marbre fruste. Une colonne fruste. Une coquille fruste.

FRUSTRATOIRE . adj. des deux genres
• .Pratique. Fait pour frustrer, pour tromper, ou pour éluder, pour gagner du temps. Frais frustratoires. Acte frustratoire. Exception frustratoire. Appel frustratoire.

FRUSTRATOIRE .s.m.
• Boisson sucrée ou aromatisée qu'on prend quelquefois après le repas, pour faciliter la digestion. Un frustratoire fait de vin, de sucre et de cannelle. Prendre de l'eau sucrée pour frustratoire.

FRUSTRER . v. a.
• Priver quelqu'un de ce qui lui est dû, de ce qui doit lui revenir, ou à quoi il s'attend. Il m'a frustré de mes droits. Il a frustré ses créanciers. On l'a frustré de son salaire. Il l'a frustré de ses espérances. Être frustré dans ses espérances. On dit aussi, Frustrer l'attente, l'espoir, l'espérance, les espérances de quelqu'un.
• FRUSTRÉ, ÉE. participe

FUCUS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Hist. nat., emprunté du latin. Il est synonyme de Varech.

FUGACE . adj. des deux genres
• T. didactique. Se dit, en Médecine, Des symptômes qui disparaissent aussitôt après s'être montrés. Symptômes fugaces. Frissons fugaces.
• Se dit, en Botanique, Des parties qui n'adhèrent pas longtemps à la plante, qui s'en détachent promptement. Calice fugace. Corolle fugace. Stipules fugaces.

FUGITIF, IVE. adj.
• Qui fuit ou qui s'est enfui, qui a pris la fuite. Un criminel fugitif. Un esclave fugitif. Errant et fugitif. On l'emploie aussi comme substantif. C'est un fugitif. Errer en fugitif. On eut bientôt arrêté les deux fugitifs.
• Se dit figurément De ce qui court, passe ou se dérobe avec quelque rapidité. Ce sens et le suivant ne sont guère usités qu'en poésie et dans le style soutenu. L'onde fugitive. Une ombre fugitive.
• Il signifie aussi figurément, Passager, peu durable. Éclat fugitif. Bonheur fugitif. Espoir fugitif. Des biens fugitifs. De fugitifs plaisirs. Rien n'est plus fugitif.
• Pièces fugitives, Ouvrages ou écrits de peu d'étendue, et qu'il est facile de perdre, d'égarer. Il n'est plus guère usité dans ce sens.
• Pièces fugitives, poésies fugitives, Pièces de poésie légère sur divers sujets. Recueil de poésies fugitives. Rassembler, recueillir des pièces fugitives. Les poésies fugitives de Voltaire.

FUGUE . s. f.
• Morceau de musique, ou passage d'un morceau de musique, dans lequel différentes parties se suivent, se succèdent, en répétant le même sujet d'après des règles établies. Faire une fugue, une double fugue.
• Fig. et fam., Faire une fugue, S'enfuir, prendre la fuite.

FUIE . s. f.
• Espèce de petit colombier. Il n'a point de colombier, mais il a une fuie.

FUIR . v. n.
• (Je fuis, tu fuis, il fuit; nous fuyons, vous fuyez, ils fuient. Je fuyais. Je fuis. J'ai fui. Je fuirai. Je fuirais. Fuis, qu'il fuie. Que je fuisse. Fuyant.) S'éloigner avec vitesse, par un motif de crainte. On ne lui reprochera jamais d'avoir fui. Quand il vit que les ennemis fuyaient. Fuis, sors d'ici. Fuir de son pays, hors de son pays.
• Il signifie au figuré, Différer, éluder, empêcher qu'une chose ne se termine. Je ne puis terminer avec cet homme, il fuit toujours, il ne fait que fuir. Il fuit habilement, mais je l'atteindrai.
•FUIR, se dit, par analogie, Des choses qui courent ou se meuvent avec quelque rapidité, qui s'éloignent ou semblent s'éloigner. Ce sens est employé surtout en poésie et dans le style soutenu. Un ruisseau qui fuit dans la prairie. Les nuages fuient, et le ciel reprend sa sérénité. Le rivage semblait fuir loin de nous, fuyait loin de nous.
• Se dit aussi figurément. L'hiver a fui. Nos beaux jours fuient rapidement. Hâtons-nous, le temps fuit.
• Fam., Cela ne peut, ne saurait lui fuir, Cela doit lui échoir, lui arriver infailliblement. Cette succession ne peut me fuir, ne saurait me fuir.
• FUIR, se dit, en Peinture, Des parties d'un tableau qui paraissent s'enfoncer et s'éloigner de la vue du spectateur. Cette partie ne fuit pas assez. Cela fuit bien. On fait fuir les objets en diminuant les proportions, en affaiblissant la couleur, etc.
• FUIR, se dit encore D'un vase, d'un pot, d'un tonneau, etc., qui a quelque fêlure, quelque fente par où le liquide s'en va. Ce tonneau, ce pot, ce vase fuit. Il faut l'empêcher de fuir.
• FUIR, s'emploie aussi comme verbe actif; et alors il signifie en général, tant au propre qu'au figuré, S'éloigner de quelqu'un ou de quelque chose, l'éviter, par crainte, par aversion, etc. Fuir l'ennemi. Tout le monde fuit cet homme. C'est un homme à fuir. Fuir un pestiféré. Fuir son pays. Fuir le châtiment. Fuir le danger. Fuir le péril. Fuir le vice. Fuir les mauvaises compagnies. Fuir les excès de tout genre. Fuir le mal. Fuir l'occasion du péché. Fuir le combat. Fuir le travail. Fuir le jeu. Je ne saurais le rencontrer, il me fuit. La paix a fui ce séjour. Le sommeil me fuit. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Ils se fuyaient l'un l'autre.
• Fig., Se fuir soi-même, Chercher à éviter les remords, l'ennui, etc. Un criminel cherche vainement à se fuir lui-même. Quand on ne sait pas s'occuper, on cherche à se fuir soi-même.
• FUI, IE. participe

FUITE . s. f.
• Action de fuir. Fuite honteuse. Être en fuite. Prendre la fuite. Mettre en fuite. Il n'y avait de salut que dans la fuite. Sa retraite fut une fuite. Une prompte fuite. Il fut arrêté dans sa fuite. Je l'accompagnai dans sa fuite. La fuite en Égypte.
• Il signifie figurément, L'action par laquelle on se retire, on s'éloigne d'une chose dangereuse, ou qui peut déplaire. La fuite du vice. La fuite de l'occasion.
• Il signifie aussi figurément, Délai, échappatoire, retardement artificieux. C'est un chicaneur qui use de fuites. Toutes ces procédures ne sont que des fuites. Vous ne répondez point précisément, c'est une fuite.
• FUITE, se dit encore, figurément et poétiquement, en parlant De choses qui passent, qui s'éloignent, qui s'écoulent avec quelque rapidité. La fuite des années.

FULGURATION . s. f.
• .Chimie, synonyme d'Éclair, dans la coupellation de l'argent, de l'or.

FULIGINEUX, EUSE. adj.
• T. didactique. Qui ressemble à de la suie, qui est couleur de suie. On ne le dit guère que De certaines vapeurs grossières chargées d'une espèce de crasse ou de suie; et Des lèvres, de la langue, des dents, lorsqu'elles sont devenues brunâtres par l'effet de quelque maladie. Vapeurs fuligineuses. Flamme fuligineuse. Langue fuligineuse. Lèvres, dents fuligineuses.

FULMINANT, ANTE. adj.
• Qui lance la foudre, qui est armé de la foudre. Jupiter fulminant.
• Se dit, en termes de Chimie, de Certaines compositions ou préparations qui détonent ou éclatent avec bruit lorsqu'on les chauffe légèrement ou qu'on les soumet à une pression plus ou moins vive. Or, argent fulminant. Poudre fulminante. Matière fulminante. Amorces fulminantes.
• FULMINANT, signifie au figuré, Qui éclate en menaces, qui se livre à de grands emportements de colère. C'est un homme qui se met en colère pour la moindre chose, il est toujours fulminant.
• Se dit également De tout ce qui exprime ou dénote une violente colère. Lancer un regard fulminant. Écrit fulminant.

FULMINATION . s. f.
• .Chimie. Détonation subite, explosion d'une matière fulminante.
• FULMINATION, est aussi un terme de Droit canon, qui signifie, L'action par laquelle on publie quelque chose avec certaines formalités. La fulmination des bulles. La fulmination d'une sentence ecclésiastique. La fulmination d'un monitoire.

FULMINER . v. n.
• .Chimie. Se dit Des matières fulminantes lorsqu'elles font explosion. Cette composition, cette poudre fulmine au moindre choc. La moindre pression la fait fulminer.
• FULMINER, signifie figurément, S'emporter, invectiver contre quelqu'un avec menaces. Il fulmine étrangement contre vous. Il est en colère, il fulmine, il tempête.
• FULMINER, s'emploie aussi comme verbe actif, en termes de Droit canon, et signifie, Publier quelque acte avec certaines formalités. Fulminer des bulles. Fulminer une sentence d'excommunication. La bulle n'a pas été dûment fulminée.
• FULMINÉ, ÉE. participe, Interdit fulminé. Bulles fulminées.

FUMAGE .s.m.
• Opération par laquelle on donne une fausse couleur d'or à l'argent filé, en l'exposant à la fumée de certaines compositions. Défendre le fumage.

FUMANT, ANTE. adj.
• Qui fume, qui jette de la fumée ou quelque vapeur. Tison fumant. Cendres fumantes. Des viandes fumantes.
• Fumant de sang, Plein, couvert d'un sang qui fume encore. Une épée fumante de sang. On dit dans un sens analogue, Fumant de carnage.
• Fig., Fumant de courroux, de colère, Transporté de courroux, de colère.

FUMÉ .s.m.
• .Graveur en caractères. Épreuve d'un poinçon; empreinte que l'on fait sur une carte avec le poinçon d'une lettre noirci à la flamme d'une bougie, pour voir s'il est bien gravé.

FUMÉE . s. f.
• Vapeur plus ou moins épaisse qui sort des choses brûlées, ou extrêmement échauffées par le feu. Fumée épaisse. Fumée noire. Fumée puante. La fumée qui s'élève d'un champ de bataille. Des tourbillons de fumée. La fumée d'un volcan. La fumée du foyer. La fumée nous étouffait. La chambre était pleine de fumée. Le bois vert fait beaucoup de fumée. Il fait beaucoup de fumée dans cette chambre. On sent bien la fumée ici. Dissiper la fumée. Chasser la fumée. L'odeur de la fumée. Odeur de fumée. Du linge qui sent la fumée. Un ragoût qui sent la fumée. La fumée des flambeaux. La fumée d'une pipe. La fumée du tabac. Noirci de fumée. S'exhaler en fumée.
• Noir de fumée, Suie très-noire et légère que donne la poix-résine, et que l'on recueille pour l'employer dans les arts. Le noir de fumée sert à faire l'encre d'imprimerie, le cirage, etc.
• Prov. et fig., Il n'y a point de fumée sans feu, En général il ne court point de bruit qui n'ait quelque fondement.
• Prov. et fig., Il n'y a point de feu sans fumée, Quelque soin qu'on prenne pour cacher une passion vive, on ne peut s'empêcher de la laisser paraître.
• Fig., S'en aller en fumée, se dit Des choses qui ne produisent point l'effet attendu ou désiré. Tous ses projets s'en sont allés en fumée.
• Fig. et fam., Il vend de la fumée, c'est un vendeur de fumée, se dit De celui qui n'a qu'un crédit apparent, dont il fait parade pour en tirer quelque utilité, quelque avantage.
• FUMÉE, se dit également de La vapeur qui s'exhale des viandes chaudes. La fumée du rôt.
• Prov. et pop., Manger son pain à la fumée du rôt, Être témoin, spectateur d'un divertissement, d'un plaisir auquel on ne peut avoir part.
• FUMÉE, se dit aussi Des vapeurs qui s'exhalent des corps humides, lorsqu'ils viennent à être échauffés par quelque cause que ce soit. Il se leva une fumée de la rivière, des marécages.
• FUMÉE, se dit au figuré, dans le style soutenu, Des choses vaines, frivoles, périssables, ou que l'on regarde comme telles. Cette fumée qu'on nomme la gloire. Tout n'est que fumée. Toutes les choses du monde ne sont que fumée.
• Se repaître, s'enivrer de fumée, Se repaître de vaines espérances, ou de vains honneurs, d'une vaine gloire, etc.
• FUMÉES, au pluriel, signifie, Les vapeurs qui montent de l'estomac ou des entrailles au cerveau. Les fumées du vin montent au cerveau, offusquent le cerveau. Abattre les fumées du vin. Les fumées noires qui lui troublent le cerveau.
• Fig., Les fumées de l'orgueil, de l'ambition, etc., Les mouvements d'orgueil, les désirs ambitieux, etc.
• FUMÉES, au pluriel, est aussi un terme que les chasseurs emploient pour désigner La fiente des cerfs et des autres bêtes fauves. Les fumées du cerf. Les fumées de la bête.

FUMER . v. n.
• Jeter de la fumée. Le volcan fumait encore. L'encens fumait sur les autels. Ce bois n'est pas sec, il fume beaucoup.
• Cette chambre fume, cette cheminée fume, se dit Lorsque la fumée, au lieu de sortir par le tuyau de la cheminée, se rabat et entre dans la chambre. Empêcher une cheminée de fumer. On dit quelquefois impersonnellement, Il fume dans cette chambre.
• Poétiq., Faire fumer les autels, Y brûler de l'encens, y offrir des sacrifices à la divinité. Il ne se dit guère qu'en parlant Du culte païen.
• FUMER, se dit aussi en parlant Des vapeurs que la chaleur fait exhaler d'un corps humide. Au printemps on voit les marécages fumer, les prés fumer. Ce cheval a couru, il s'est échauffé, il fume. Leur sang fumait encore. On dit de même, La terre fumait encore de leur sang.
• Fig. et fam., La tête lui fume, se dit D'une personne qui est fort en colère. Cette phrase a vieilli.
• FUMER, signifie quelquefois, figurément et populairement, Avoir de la colère, du dépit, de l'impatience, etc. Il fume, mais il n'ose rien dire. Je l'ai fait fumer. Ce sens est très-populaire.
• FUMER, s'emploie également comme verbe actif; et alors il signifie, Exposer des viandes à la fumée plus ou moins long-temps, pour les sécher et les conserver. Fumer des langues, des jambons, du boeuf salé, des harengs. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Mettre un jambon dans la cheminée pour qu'il se fume.
• Il signifie aussi, Prendre en fumée, par la bouche, du tabac ou quelque autre substance. Fumer une pipe de tabac. Fumer du tabac. Fumer un cigare. Fumer de la sauge. On dit très-souvent sans régime, Fumer, pour dire, Prendre du tabac en fumée. Il a fumé toute la nuit. Les marins fument beaucoup.
• FUMER, actif, signifie encore, Épandre du fumier sur une terre cultivée, pour l'engraisser, pour l'amender. Fumer un champ. Fumer une vigne.
• FUMÉ, ÉE. participe, Jambon fumé. Langues fumées. Terre bien fumée.

FUMERON .s.m.
• Morceau de charbon de bois qui, n'étant pas assez cuit, jette encore de la flamme et beaucoup de fumée.

FUMET .s.m.
• Vapeur qui s'exhale de certains vins et de certaines viandes, et qui frappe agréablement l'odorat et le goût. Ce vin a un bon fumet. Le fumet d'une perdrix. Un faisan qui a un grand fumet. Un fumet délicieux.

FUMETERRE . s. f.
• .Bot. Plante fort commune dans les champs, très-amère, et souvent employée en médecine comme tonique. Sirop, extrait de fumeterre. Le suc de la fumeterre produit sur les yeux les mêmes effets que la fumée.

FUMEUR .s.m.
• Celui qui a l'habitude de prendre du tabac en fumée. C'est un grand fumeur. Une réunion de fumeurs.

FUMEUX, EUSE. adj.
• Qui envoie des vapeurs à la tête. Du vin fumeux. La bière de ce pays est extrêmement fumeuse.

FUMIER .s.m.
• Paille qui a servi de litière aux chevaux, aux bestiaux, et qui est mêlée avec leur fiente. Ôter le fumier d'une écurie. Faire pourrir du fumier. Le fumier engraisse les terres. Fumier de cheval. Fumier de vache. Faire du fumier. Mettre du fumier dans un champ. Cette terre ne porte qu'à force de fumier. Épandre du fumier. Une mare, une fosse à fumier.
• Se dit, par extension, de Toute sorte d'engrais, comme les excréments d'animaux, les matières animales ou végétales en putréfaction, etc.
• Fig. et fam., Ce n'est que du fumier, se dit De toute chose dont on ne fait nul cas, ou pour laquelle on veut témoigner un grand mépris.
• FUMIER, se dit aussi d'Un amas de fumier que l'on forme dans une mare, dans une fosse. Allez jeter cela sur le fumier. Il avait caché son argent dans un fumier.
• Prov., Hardi comme un coq sur son fumier, se dit D'un homme qui se prévaut de ce qu'il est dans un lieu où il a de l'avantage. Par allusion à cette façon de parler proverbiale, on dit figurément, Il ne faut pas l'attaquer sur son fumier.
• Prov. et fig., Mourir sur un fumier, Mourir misérable, après avoir perdu tout son bien.
• Prov., Être comme Job sur son fumier, Être réduit à un état excessif de misère et de souffrance.

FUMIGATION . s. f.
• .Chimie et de Médecine. Action de répandre dans un lieu la fumée d'une substance odorante, la vapeur d'un liquide, ou un gaz quelconque. Faire des fumigations de chlore pour purifier l'air.
• Se dit également de L'action d'appliquer un médicament, sous forme de fumée, de vapeur ou de gaz, à quelque partie du corps. Fumigations sulfureuses. Fumigations aromatiques. Fumigations aqueuses. Les fumigations sont quelquefois très-salutaires.
• Se dit aussi, en général, de L'action d'exposer un corps à la fumée.

FUMIGATOIRE . adj.
• .Médec. S'emploie dans cette locution, Boîte fumigatoire, Boîte qui contient les objets nécessaires pour secourir, au moyen de fumigations, les noyés et les asphyxiés.

FUMIGER . v. a.
• .Chimie. Exposer un corps à la fumée d'un ou de plusieurs autres corps qui brûlent.
• FUMIGÉ, ÉE. participe

FUMISTE .s.m.
• Ouvrier dont la profession est d'empêcher que les cheminées ne fument. Un bon fumiste.

FUNAMBULE .s.m.
• Danseur de corde. Théâtre de funambules. On ne le disait autrefois qu'en termes d'Histoire ancienne.

FUNÈBRE . adj. des deux genres
• Qui appartient aux funérailles. Ornements funèbres. Pompe funèbre. Honneurs funèbres. Oraison funèbre. Convoi funèbre. Appareil funèbre. Chant funèbre.
• Il signifie au figuré, Sombre, triste, lugubre, effrayant. Cri funèbre. Image funèbre.
• Oiseaux funèbres, se dit de Certains oiseaux nocturnes, dont le cri a quelque chose de sinistre. Le hibou, le chat-huant, l'orfraie, sont des oiseaux funèbres.

FUNÉRAILLES . s. f. pl.
• Obsèques et cérémonies qui se font aux enterrements. Funérailles magnifiques. Funérailles pompeuses. Funérailles superbes. Faire les funérailles de quelqu'un. Assister à des funérailles. Le jour des funérailles. La cérémonie des funérailles. La pompe des funérailles.

FUNÉRAIRE . adj. des deux genres
• Qui concerne les funérailles. Frais funéraires.

FUNESTE . adj. des deux genres
• Malheureux, sinistre, qui porte la calamité et la désolation avec soi. Événement funeste. Mort funeste. Voyage funeste. Conseil funeste. Entreprise funeste. Nouvelle funeste. La guerre lui a été funeste. Ce jour m'est bien funeste. Cela peut avoir des suites funestes.

FUNESTEMENT . adv.
• D'une manière funeste. Cela arriva le plus funestement du monde. Il est peu usité.

FUNGUS .s.m. - Voyez FONGUS.

FUNIN .s.m.
• .Marine. Nom générique des cordages blancs, ou faits de fil non goudronné, qui servent aux grands appareils employés dans les opérations des ports. On dit aussi, et plus ordinairement, Franc-funin. Les francs-funins sont de trois, quatre et cinq torons.

FUR .s.m.
• Il n'est usité que dans la locution Au fur et à mesure, ou À fur et mesure, qui s'emploie en termes de Pratique et d'Administration, comme conjonction, comme préposition et comme adverbe, et qui signifie, À mesure que, à mesure de, à mesure. Nous vous ferons passer les marchandises au fur et à mesure qu'elles arriveront. On le paye au fur et à mesure de l'ouvrage. Travaillez, nous vous payerons au fur et à mesure, à fur et mesure.

FURET .s.m.
• Petit animal du genre des Martres, dont on se sert pour prendre des lapins, et qui va les chercher dans leur terrier. Chasser avec le furet. Chasser au furet. Prendre des lapins au furet.
• Se dit, figurément et familièrement, d'Un homme qui a beaucoup d'habileté, de sagacité pour découvrir certaines choses, ou qui s'enquiert de tout, et qui s'applique à savoir tout ce qui se passe de plus particulier dans les familles. C'est un furet, un vrai furet, il est impossible de rien lui cacher.

FURETER . v. n.
• Chasser au furet. Fureter dans une garenne. Aller fureter. On dit aussi, activement, Fureter une garenne, un bois, un terrier.
• Il signifie figurément, Fouiller, chercher partout avec soin, curieusement. Il va furetant partout. Qu'allez-vous fureter dans ce cabinet, dans cette bibliothèque?
• Il signifie encore figurément, S'empresser à savoir des nouvelles de tout, chercher à satisfaire sa curiosité sur tout. Il ne fait que fureter partout pour savoir ce qui se passe. Il est sans cesse à fureter. On dit aussi, activement, Fureter des nouvelles. Ce sens et le précédent sont familiers.
• FURETÉ, ÉE. participe

FURETEUR .s.m.
• Celui qui chasse aux lapins avec un furet.
• Se dit, figurément et familièrement, de Celui qui fouille, qui cherche partout. Quel ennuyeux fureteur!
• Se dit également de Celui qui s'enquiert de tout, qui cherche à tout savoir, soit par curiosité, soit pour son profit. Cachez-vous de lui, c'est un fureteur. Quel indiscret fureteur!
• Fureteur de nouvelles, Celui qui va furetant des nouvelles partout.

FUREUR . s. f.
• Rage, manie, frénésie. Il est devenu fou, et de temps en temps il lui prend des accès de fureur. La fureur est une cause d'interdiction. Quand il entre en fureur. Lorsque la fureur lui prend. On dit, par exagération: C'est un homme extrême en toutes choses, il aime et il hait jusqu'à la fureur. Avec fureur. Etc.
• En Médec., Fureur utérine, Maladie des femmes, qui consiste en un penchant insatiable et irrésistible à l'acte vénérien.
• Par exagérat. et fam., Faire fureur, se dit D'une personne ou d'une chose qui est fort en vogue, qui excite, dans le public, un grand empressement, une vive curiosité. Cette actrice, cette pièce fait fureur.
• FUREUR, se dit aussi d'Une extrême colère. Être transporté de fureur. La fureur l'emporte. Un mouvement, un transport de fureur. Pour apaiser sa fureur. Irriter la fureur de quelqu'un. S'exposer à la fureur du peuple. La patience irritée, lassée, poussée à bout, se tourne, se change en fureur.
• Se dit quelquefois de La colère de Dieu, en termes de l'Écriture sainte. Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur.
• Se dit aussi de L'agitation et de l'émotion qui paraît dans un animal irrité. Un lion en fureur. La fureur d'un taureau Mettre un taureau en fureur.
• Se dit encore de L'agitation violente de certaines choses inanimées. La fureur de la tempête. La fureur de l'orage. La fureur de la mer. La fureur des vents. La fureur des flammes.
• FUREUR, se prend quelquefois pour Passion démesurée. Il avait une fureur étrange pour les tulipes. Il a la fureur du jeu. Il a la fureur de rimer. La fureur des duels.
• Se dit, par exagération et par dépit de L'habitude importune, nuisible, etc. que quelqu'un a de faire une certain chose. Il a toujours la fureur de se mêler des affaires des autres. Cet enfant a la fureur de porter à sa bouche tout ce qu'il tient. Dans ce sens, il est familier.
• Se dit encore d'Un transport qui élève l'esprit au-dessus de lui-même, et qui fait faire ou dire des choses extraordinaires. Fureur prophétique. Fureur bachique. Fureur poétique. Fureur martiale. Il fut saisi d'une fureur divine. Une sainte fureur s'empara de lui.
• FUREURS, au pluriel, se dit Des transports frénétiques, des emportements, des excès auxquels on se livre dans la fureur dans la colère; des mouvements d'exaltation, etc. Les fureurs de l'amour. Les fureurs du désespoir. Les fureurs d'Oreste. Les fureurs de Roland. Les fureurs de la guerre civile. Les fureurs de la Ligue. Sauvez-nous de ses fureurs. De poétiques fureurs.

FURIBOND
, ONDE. adj.
• Qui est sujet à de grands emportements de fureur, de colère. Un homme furibond. Une femme furibonde.
• Se dit également De celui dont les traits, les gestes, etc., annoncent une grande fureur. Il vint à nous tout furibond. On dit dans le même sens: Des yeux furibonds. Un regard furibond. Un visage furibond. Il avait un air furibond. Etc.
• Il est aussi substantif. C'est un furibond. Un petit furibond.

FURIE . s. f.
• Fureur qui éclate avec violence, grand emportement de colère. Entrer en furie. Se mettre en furie. Être en furie. Plein de furie. Quand sa furie sera passée.
• Se dit aussi Du mouvement violent et impétueux d'un animal irrité. Le lion en furie se lança sur lui. La furie des bêtes sauvages.
• Se dit également de L'action impétueuse de certaines choses inanimées. La furie de la tempête. La furie des vents. La furie de l'orage.
• FURIE, se dit quelquefois pour Ardeur, impétuosité de courage. C'est une nation qui va au combat avec furie. Il faut laisser passer cette première furie. Les troupes donnèrent avec furie sur l'ennemi.
• Il signifie aussi, L'état le plus violent d'une chose, sa plus grande intensité. Dans la furie du combat, de la mêlée, il arriva que... Dans la furie de son mal. Dans la furie de la fièvre.
• FURIE, se dit en outre, dans la Mythologie, de Ces divinités infernales qui avaient l'emploi de tourmenter les méchants, les criminels, soit dans les enfers, soit sur la terre. Les trois Furies étaient Alecton, Mégère et Tisiphone. Les Furies avaient aussi le nom d'Euménides. Être poursuivi, tourmenté par les Furies. Ce créancier est comme une Furie attachée à ses pas.
• Se dit figurément, par allusion au sens qui précède, d'Une femme extrêmement méchante et emportée. C'est une vraie furie, une furie d'enfer. Ce n'est pas une femme, c'est une furie.

FURIEUSEMENT . adv.
• Avec furie. Il n'est guère usité dans ce sens.
• Se dit, au figuré, pour Prodigieusement, extrêmement, excessivement. Il est furieusement grand. Il est furieusement riche. Il ment furieusement. Elle est furieusement laide. Dans ce sens, il est familier.

FURIEUX, EUSE. adj.
• Qui est en fureur, en furie. Il est devenu furieux. C'est un fou furieux. Il était furieux de cette résistance. Un peuple furieux demandait leur tête. Tigre furieux. Lion furieux. Lionne furieuse.
• Se dit également De ce qui dénote ou exprime la fureur. Un visage furieux. Des regards furieux. Gestes furieux. Air furieux. Transports furieux. Cris furieux.
• Il signifie encore, Impétueux, véhément, violent, et se dit tant Des personnes que des choses. Il est furieux dans le combat. Combat furieux. Attaque, charge furieuse. Vent furieux. Torrent furieux. Tempête furieuse. On dit de même, au sens moral: Passion furieuse. Ambition aveugle et furieuse. Etc.
• Il signifie aussi, figurément et familièrement, Prodigieux, qui est excessif, extraordinaire dans son genre; et alors il précède toujours le substantif. C'est un furieux mangeur, un furieux menteur. Voilà un furieux travail. Il s'est donné un furieux coup, une furieuse entorse. Il fait une furieuse dépense. Voilà un furieux poisson.
• Il se prend quelquefois substantivement en parlant Des personnes. Prononcer l'interdiction d'un furieux. C'est donner des armes à un furieux. Ce sont des furieux. Arrêtez ces furieux.
• FURIEUX, en termes de Blason, se dit D'un taureau élevé sur ses pieds. D'azur au taureau furieux et levé en pieds d'or.

FUROLLES . s. f. pl.
• Exhalaisons enflammées qui paraissent quelquefois sur terre et sur mer.

FURONCLE .s.m.
• Espèce de petit flegmon très-douloureux, qui a son siége dans la peau, et qu'on appelle vulgairement Clou. Il lui est venu un furoncle à l'aisselle, au dos, etc. Son furoncle a percé.

FURTIF
, IVE. adj.
• Qui se fait à la dérobée, en cachette. Entrer d'un pas furtif. Un regard furtif. Une oeillade furtive. Des amours furtives. On dit dans un sens analogue, Une main furtive, etc.

FURTIVEMENT . adv.
• À la dérobée. Entrer furtivement. S'en aller furtivement.

FUSAIN .s.m.
• .Bot. Arbrisseau qui vient naturellement le long des haies, et dont le bois sert à faire des fuseaux, des lardoires, etc., ou s'emploie, réduit en charbon, pour tracer des esquisses légères. On le nomme vulgairement Bonnet à prêtre, parce que son fruit, qui est rouge, a quatre angles comme un bonnet carré. Le fruit du fusain est purgatif. Bois de fusain. Crayon de fusain, ou simplement, Fusain. Esquisse au fusain.

FUSAROLLE . s. f.
• T. d'Archit. Petit ornement taillé en forme de collier sous l'ove des chapiteaux.

FUSEAU .s.m.
• Petit instrument de bois de la longueur d'environ un demi-pied, qui est arrondi partout, renflé à son milieu, fort menu par les bouts, et dont les femmes se servent pour filer et tordre le fil. Tourner, remplir, vider le fuseau. On dit poétiquement, Le fuseau des Parques, parce que, selon la Fable, les Parques filaient la vie des hommes.
• Prov. et fig., Avoir des jambes de fuseau, Avoir les jambes extrêmement menues.
• FUSEAU, se dit aussi d'Un autre petit instrument dont on se sert pour faire les dentelles et les passements de fil et de soie. Passement au fuseau. Dentelle au fuseau.
• Se dit encore, dans les Arts et Métiers, de Certaines choses qui ont, ou à peu près, la forme, la figure d'un fuseau, telles que les broches ou dents d'un pignon à lanterne, les pièces d'une carte géographique ou astronomique destinées à être appliquées sur une boule pour former un globe terrestre ou céleste; etc.

FUSÉE . s. f.
• Le fil qui est autour du fuseau, quand la filasse est filée. Vider une fusée. Sa fusée est bien embrouillée.
• Prov. et fig., Démêler une fusée, Débrouiller une intrigue, une affaire.
• FUSÉE, signifie aussi, Une pièce de feu d'artifice faite avec du carton ou du papier rempli de poudre à canon. Il y en a de deux sortes: les unes très-petites, qui se jettent à la main; les autres très-grandes, qui sont attachées à une baguette, et qui s'élèvent d'elles-mêmes en l'air dès qu'on y a mis le feu. Jeter des fusées. Fusées volantes. Faire des fusées. Faites tirer les fusées. Fusée à étoiles. Fusée à serpenteaux. La fusée a crevé. La baguette d'une fusée.
• Fusée à la Congrève, Sorte de fusée très-meurtrière, qui est employée surtout dans les siéges.
• FUSÉE, en termes d'Horlogerie, se dit d'Un petit cône, cannelé en spirale, autour duquel se roule la chaîne d'une montre, quand on la monte.
• FUSÉE, en termes d'Art vétérinaire, se dit de Plusieurs suros contigus.
• En termes de Chirur., Fusée purulente, Conduit, trajet fistuleux que forme le pus d'un abcès, lorsqu'il tend à s'échapper au dehors.

FUSELÉ
, ÉE. adj.
• En forme de fuseau. Il ne s'emploie guère que dans ces locutions: Colonne fuselée, Colonne dont le fût est un peu renflé vers le tiers de sa hauteur. Doigt fuselé, Doigt très-mince par son extrémité.
• Se dit, en termes de Blason, D'un écu chargé de fusées. Fuselé d'or et de sinople.

FUSER . v. n.
• T. didactique. S'étendre, se répandre. Se dit particulièrement Des sels qui se liquéfient par l'action de la chaleur. Le salpêtre fuse lorsqu'il est sur les charbons.

FUSIBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité de ce qui est fusible, ou Disposition à se fondre.

FUSIBLE . adj. des deux genres
• Qui peut être fondu, liquéfié. Tous les métaux sont fusibles. Le plomb est très-fusible.

FUSIFORME . adj. des deux genres
• .Bot. Qui a la forme d'un fuseau, c'est-à-dire, qui est allongé, renflé au milieu, et aminci aux deux extrémités. Racine fusiforme. Le follicule du laurier-rose est fusiforme.

FUSIL .s.m.
• (On ne prononce point l'L.) Petite pièce d'acier avec laquelle on bat un caillou pour en tirer du feu. Pierre à fusil. Battre le fusil. Mèche à fusil.
• Se dit également de La pièce d'acier qui couvre le bassinet de certaines armes à feu, et contre laquelle donne la pierre qui est au chien. Fusil d'arquebuse. Fusil de pistolet. Arquebuse à fusil. Pistolet à fusil. Dans ce sens il a vieilli: on dit plus communément, Batterie.
• Se dit, par extension, d'Une arme à feu portative, longue de plusieurs pieds, et munie d'une batterie. Il le tua d'un coup de fusil. Tirer des coups de fusil. Un fusil de quatre pieds. Le calibre d'un fusil. Fusil brisé. Fusil carabiné. Fusil rayé. Fusil à deux coups. Fusil de chasse. Amorce de fusil. Charger un fusil. Un fusil chargé à poudre, à balle. Le canon, le bois ou le fût, la crosse, la platine, la baguette, etc., d'un fusil. Ce fusil porte loin.
• Fusil de munition, Fusil de gros calibre, qui est l'arme ordinaire des soldats d'infanterie, et auquel s'adapte une baïonnette. Mettre la baïonnette au bout du fusil. Un fusil sans baïonnette.
• Fusil à piston, Fusil dont le chien, fait en forme de marteau, frappe sur un grain de poudre fulminante qui enflamme la charge.
• Fusil à vent, Espèce de fusil au moyen duquel on peut lancer des balles sans le secours de la poudre, et en n'employant que le ressort de l'air comprimé.
• FUSIL, se dit encore d'Un morceau de fer ou d'acier qui sert à aiguiser les couteaux.

FUSILIER .s.m.
• Soldat qui a pour arme un fusil. Se dit principalement Des simples soldats qui forment les compagnies du centre, par opposition Aux grenadiers et aux voltigeurs. Une compagnie de fusiliers.

FUSILLADE . s. f.
• Décharge de plusieurs fusils, dans un combat, dans un exercice militaire, etc. Une vive fusillade. Le bruit de la fusillade.

FUSILLER . v. a.
• Tuer à coups de fusil. Il ne se dit guère qu'en parlant D'une personne condamnée à être passée par les armes. On a fusillé trois déserteurs.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel; et alors il se dit De deux troupes qui se tirent mutuellement des coups de fusil. Ces deux troupes se sont fusillées long-temps.
• FUSILLÉ, ÉE. participe

FUSION . s. f.
• Fonte, liquéfaction. La fusion des métaux. Quand le métal entre en fusion. Mettre de l'or en fusion. Quand la fusion est complète.
• Se dit quelquefois, figurément, pour Alliance et mélange. La fusion de deux systèmes. La fusion des deux partis.

FUSTE . s. f.
• .Marine. Sorte de bâtiment long et de bas bord, qui va à voiles et à rames. Une fuste légère. Il est vieux.

FUSTET .s.m.
• .Bot. Espèce de sumac dont le bois, jaunâtre et veiné, sert en médecine et pour la teinture.

FUSTIGATION . s. f.
• Action de fustiger. La fustigation était autrefois le supplice des coupeurs de bourses.

FUSTIGER . v. a.
• Battre, frapper à coups de fouet. Il fut condamné à être fustigé. Il faisait fustiger ses esclaves pour la moindre faute. Il faut le fustiger.
• FUSTIGÉ, ÉE. participe

FÛT .s.m.
• Le bois sur lequel est monté le canon d'un fusil, d'une arquebuse, d'un pistolet, etc. Le fût d'une arquebuse, d'un pistolet, etc. On dit dans un sens analogue, Le fût d'un rabot de menuisier.
• Il signifie, en Architecture, La tige de la colonne, la partie qui est entre la base et le chapiteau. Le fût de la colonne. Fût cannelé. Le fût de cette colonne a sept diamètres. On dit dans un sens analogue, Le fût d'un candélabre, etc.
• FÛT, signifie aussi, Un tonneau où l'on met le vin. On rendra les vieux fûts.
• Du vin qui sent le fût, Qui a un mauvais goût qu'il a contracté du tonneau.

FUTAIE . s. f.
• Bois, forêt composée de grands arbres. Une futaie. Une jeune futaie. Une vieille futaie. Une belle futaie. Laisser monter un bois en futaie. Une futaie de chênes, de hêtres, de sapins.
• Demi-futaie, Futaie qui n'est parvenue qu'à la moitié de sa hauteur. Haute futaie, Futaie qui est parvenue à toute sa hauteur. On dit dans le même sens, Bois de haute futaie.

FUTAILLE . s. f.
• Vaisseau de bois à mettre le vin ou d'autres liqueurs. Futaille vide. On appelle Futaille en botte, Les douves et les fonds préparés et non assemblés; et Futaille montée, Celle qui est reliée.
• Double futaille, Futaille renfermée dans une autre qui est ordinairement d'un bois plus léger.
• FUTAILLE, se dit aussi, collectivement, d'Une grande quantité de tonneaux. Voilà bien de la futaille.

FUTAINE . s. f.
• Étoffe de fil et de coton. Futaine à grain d'orge. Acheter de la futaine. Brassière de futaine. Camisole de futaine. Futaine à poil.

FUTÉ
, ÉE. adj.
• Fin, rusé, adroit. Cet homme est futé. Elle est bien futée. C'est un futé matois. Il est familier.
• En termes de Blason, il se dit D'une javeline ou autre arme dont le fer et le bois sont de deux émaux différents. D'or à trois javelines de gueules, futées de sable.

FUTÉE . s. f.
• Espèce de mastic composé de sciure de bois et de colle-forte, propre à boucher les fentes et les trous des pièces de bois.

F-UT-FA
• Ancien terme de Musique, par lequel on désignait Le ton de fa. La clef de f-ut-fa. Le ton de f-ut-fa. Cet air est en f-ut-fa.

FUTILE . adj. des deux genres
• Frivole, qui est de peu de conséquence, de peu de considération. Raisons futiles. Argument futile. Discours futiles. Un talent futile. Des écrits futiles. On le dit quelquefois Des personnes. C'est un homme futile. De vains et futiles esprits.

FUTILITÉ . s. f.
• Caractère de ce qui est futile. La futilité de ce raisonnement. La futilité d'esprit.
• Il signifie aussi, Chose futile. Ce livre n'est plein que de futilités. S'attacher à des futilités. Nos journées se perdaient en futilités.

FUTUR, URE. adj.
• Qui est à venir. Le temps futur. Les races futures. Les biens de la vie future. C'était comme un présage de sa grandeur future. L'incertitude des choses futures.
• En style de Notaire, Le futur mariage, se dit Du mariage dont on dresse le contrat. En considération du futur mariage. On dit également, Les futurs époux, les futurs conjoints, Les deux personnes qui contractent ensemble, pour se marier ensuite. On dit de même, Le futur époux, la future épouse; son futur époux, sa future épouse, etc.; ou substantivement, Le futur, la future; son futur, sa future, etc. On dit aussi, dans le langage ordinaire: Son beau-père futur. Sa belle-mère future. Son gendre futur. Etc.
• Substantiv., en Jurispr., Épouser par paroles de futur, se dit pour Fiancer; à la différence d'Épouser par paroles de présent.
• FUTUR, signifie, substantivement, en Grammaire, Le temps du verbe qui marque un état, une action à venir. Il y a trois temps dans les verbes: le présent, le passé et le futur. En français, les futurs de la plupart des verbes se forment de l'infinitif, en ajoutant à ce mode la terminaison ai. J'aimerai est le futur du verbe Aimer. Bénir fait à la première personne du futur Je bénirai. Employer le présent pour le futur. Dans cette phrase le verbe est au futur. Futur actif. Futur passif. Le futur du participe, ou adjectivement, Le participe futur.
• Futur antérieur, Temps du verbe par lequel on exprime une action à venir qui doit précéder une autre action également à venir. Dans J'aurai fini quand il arrivera, l'expression J'aurai fini est un futur antérieur. On dit aussi, Futur passé.
• En termes de Logique, Futur contingent, Ce qui peut arriver ou n'arriver pas. Cette locution s'emploie aussi quelquefois dans le langage ordinaire.

FUTURITION . s. f.
• T. didactique. La qualité d'une chose future, en tant que future.

FUYANT, ANTE. adj.
• .Peinture. Se dit De tout ce qui, comparé à un autre objet, paraît s'enfoncer dans le tableau. Les parties fuyantes d'un tableau.
• En Perspective, Échelle fuyante, Celle qu'on trace pour trouver la diminution des objets, relativement à leur enfoncement.

FUYARD, ARDE. adj.
• Qui s'enfuit, qui a coutume de s'enfuir. Animaux fuyards. Troupes fuyardes.
• Il est aussi substantif, et il se dit principalement, au pluriel, de Gens de guerre qui s'enfuient du combat. Poursuivre les fuyards. Rallier les fuyards.
• Il s'est dit également d'Un homme qui évitait de tirer à la milice. Quand un fuyard était arrêté, il était milicien de plein droit.

 


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