D.R. BELAIR - RTMKB

I

       

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

 

I .s.m.
• La neuvième lettre de l'alphabet, et La troisième des voyelles. La lettre I. Faire un i, un petit i, un grand I. Deux i. On met un point au-dessus de l'i, excepté quand il est majuscule: Isaac, Italie. On met un tréma sur l'i, pour indiquer que, dans la prononciation, il doit se séparer de la voyelle qui précède ou qui suit: Achaïe, faïence, Moïse, ambiguïté, ïambe. Un ï tréma. Un î circonflexe. La voyelle I. Il prononce mal les i. Un i long. Un i bref.
• I, s'unit avec a, e, u et ou pour former des diphtongues, comme dans Mail, bataille, meilleur, beignet, nuit, buis, oui, rouir, etc.
• Il se joint souvent aux voyelles a, e et o pour représenter des sons très-différents du son qui lui est propre. Ainsi, dans Faire peine, ai et ei se prononcent è; dans Aimer, peiner, ils se prononcent é.
• On distinguait autrefois deux sortes d'I: l'I voyelle, qui est l'I proprement dit; et l'I consonne, ou J, qui est devenu la dixième lettre de l'alphabet.
• Prov. et fig., Il n'est bon qu'à mettre les points sur les i, se dit D'un homme qui, dans les ouvrages d'esprit, ne s'attache qu'à remarquer des minuties. On le dit aussi De ceux qui n'ont qu'une exactitude minutieuse et inutile.
• Prov. et fig., Il faut avec cet homme mettre les points sur les i, Il faut être avec lui d'une exactitude scrupuleuse; et, dans un autre sens, Il faut prendre avec lui les plus grandes précautions.
• Fam., Droit comme un I, Très-droit. Malgré son grand âge, cet homme est encore droit comme un I.

ÏAMBE .s.m.
• .Versification grecque et de Versification latine. Pied dont la première syllabe est brève, et la dernière longue. Ce vers n'est composé que d'ïambes. Le dernier pied de ce vers est un ïambe.
• Se dit également d'Un vers dont le second, le quatrième et le sixième pied sont toujours des ïambes. Les poëtes grecs et les poëtes latins ont employé les ïambes dans leurs drames.
• Il se prend aussi adjectivement, dans ce dernier sens. Les vers ïambes sont propres à exprimer les passions.

ÏAMBIQUE . adj.
• Composé d'ïambes. Vers ïambique.

IBIDEM
• Mot emprunté du latin, dont on se sert ordinairement dans les citations, pour signifier que le mot, la phrase, etc., que l'on cite se trouve à l'endroit déjà indiqué dans la citation précédente. On écrit souvent par abréviation, Ibid. ou Ib.

IBIS .s.m.
• (On prononce l'S.) Oiseau, espèce de courlis, qui était fort révéré des Égyptiens, parce que, se nourrissant de serpents, il en détruit une grande quantité. Dans l'ancienne Égypte, l'ibis était un oiseau sacré.

ICELUI
, ICELLE. adj. démonstratif, ou pronom.
• Vieux mot employé quelquefois encore dans le style de Pratique, et dans le langage familier. Icelle dame. Dans la maison d'icelui.

ICHNEUMON .s.m.
• (On prononce Ikneu.) Quadrupède de la taille d'un chat et de la forme d'une martre, que les Égyptiens révéraient parce qu'il détruit les serpents et les jeunes crocodiles. L'ichneumon se nomme aussi Rat de Pharaon, et Mangouste.
• Se dit encore d'Un genre d'insectes hyménoptères, qui sont pourvus d'un aiguillon comme les abeilles, et qui déposent leurs oeufs dans le corps des chenilles.

ICHNOGRAPHIE . s. f.
• (On prononce Ikno.) T. d'Archit. Plan horizontal et géométral d'un édifice. L'ichnographie d'un édifice.

ICHNOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
• (On prononce Ikno.) Qui appartient à l'ichnographie. Plan, dessin ichnographique.

ICHOREUX
, EUSE. adj.
• (On prononce Iko.) .Chirur. Se dit d'Une espèce de sanie ou de pus séreux et âcre qui dé coule de certains ulcères. Pus ichoreux. Humeur, matière ichoreuse.

ICHTHYOLITHE .s.m.
• (On prononce Ikty.) Poisson pétrifié, ou Pierre qui porte l'empreinte d'un poisson.

ICHTHYOLOGIE . s. f.
• (On prononce Ikty.) Partie de l'histoire naturelle qui traite des poissons. Cours d'ichthyologie.

ICHTHYOLOGIQUE . adj. des deux genres
• (On prononce Ikty.) Qui appartient, qui a rapport à l'ichthyologie ou aux poissons.

ICHTHYOLOGISTE .s.m.
• (On prononce Ikty.) Celui qui étudie, qui connaît l'histoire des poissons. Un savant ichthyologiste.

ICHTHYOPHAGE . adj. des deux genres
• (On prononce Ikty.) Qui se nourrit principalement de poisson. Il ne se dit guère qu'en parlant D'un peuple. Un peuple, une peuplade ichthyophage.
• S'emploie aussi substantivement. Les ichthyophages.

ICI . adv. de lieu
• En ce lieu-ci. Il est souvent opposé à l'adverbe Là. Venez ici. Je voudrais bien qu'il fût ici. Sortez d'ici. Hors d'ici. Il a passé par ici. Venez jusqu'ici. Ici et là. Demeurez là, n'approchez pas d'ici. En partant d'ici vous irez là. D'ici là nous comptons deux lieues. Par ellipse, en appelant un chien, Ici.
• Il se met quelquefois au commencement d'un membre de période, et il marque la différence des lieux, sans aucun rapport au plus ou au moins de distance. Dans ce cas, il est ordinairement corrélatif de l'adverbe Là. Ici il y a une forêt, là une montagne. Ici Alexandre gagna une bataille, là il passa une rivière.
• S'emploie aussi de la même manière dans l'énumération, pour marquer les circonstances. Ici il pardonne, là il punit.
• ICI, signifie également, Dans ce pays-ci, dans cette ville-ci, etc., par opposition à un autre pays, à une autre ville, désignés quelquefois par l'adverbe Là-bas. On se conduit là-bas, on se conduit chez vous plus sagement qu'ici. C'est l'usage dans votre pays, à Londres, à Rome, mais ici on fait autrement.
• Ici-bas, Dans ce bas monde, sur la terre. Tout périt ici-bas. Les choses, les affaires d'ici-bas.
• ICI, signifie quelquefois, Un endroit qu'on désigne dans un discours, dans une narration, dans un livre, etc. Ici il commence à parler de telle guerre. Ici finit tel traité. Jusqu'ici j'ai parlé des coutumes.
• ICI, devient quelquefois adverbe de temps, et signifie, Le moment présent. Cela ne s'était pas vu jusqu'ici. Revenez demain; d'ici là, j'aurai arrangé votre affaire.

ICOGLAN .s.m.
• Page du Grand Seigneur. Un jeune icoglan.

ICONOCLASTE .s.m.
• Briseur d'images; celui qui brise, qui détruit les saintes images. L'iconomaque combattait le culte des images, et l'iconoclaste les brisait. L'hérésie des iconoclastes.

ICONOGRAPHE .s.m.
• Celui qui est savant en iconographie, qui s'occupe d'iconographie.

ICONOGRAPHIE . s. f.
• Description des images, des tableaux, etc. Se dit particulièrement de La connaissance des monuments antiques, tels que les bustes, les peintures, etc.

ICONOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à l'iconographie.

ICONOLÂTRE .s.m.
• Nom que les iconoclastes donnaient aux catholiques, qu'ils accusaient d'adorer les images.

ICONOLOGIE . s. f.
• Interprétation, explication des images, des monuments antiques.

ICONOMAQUE .s.m.
• Celui qui combat le culte des images.

ICOSAÈDRE .s.m.
• .Géom. Corps solide qui a vingt faces. La surface de l'icosaèdre est composée de vingt triangles équilatéraux.

ICOSANDRIE . s. f.
• .Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes dont les fleurs ont vingt étamines au moins, attachées sur le calice. Les roses appartiennent à l'icosandrie.

ICTÈRE .s.m.
• .Médec. Maladie caractérisée par la couleur jaune que prennent les téguments, et qu'on peut attribuer à la présence de la bile dans le sang. On la nomme vulgairement Jaunisse.

ICTÉRIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Des remèdes contre l'ictère ou jaunisse.
• Il signifie aussi, Qui tient de l'ictère, ou Qui est affecté d'ictère. Affection ictérique. Cet homme est ictérique.

IDE . s.
• .Jeu. Se dit, au Piquet à écrire, de Chacun des deux coups que l'on joue pour la décision d'un pari.

IDÉAL
, ALE. adj.
• Qui existe dans l'idée; qui n'existe ou ne peut exister que dans l'entendement, dans l'imagination. Les choses que désignent les mots abstraits, n'ont qu'une existence idéale. Un être idéal. Le héros de ce poëme est un personnage idéal.
• Il signifie aussi, dans les Arts d'imagination et d'imitation, Qui réunit toutes les perfections, ou qui est plus beau que les modèles offerts par la nature. Beau idéal. Beauté, perfection idéale. Formes idéales. On dit quelquefois substantivement, en ce sens, L'idéal.
• Il signifie encore, Chimérique. Pouvoir idéal. Richesses idéales.

IDÉE . s. f.
• Représentation d'une chose dans l'esprit; notion que l'esprit reçoit ou se forme de quelque chose. L'idée d'une montagne, d'un arbre. L'idée du blanc, du rouge. L'idée du juste et de l'injuste. Idée simple. Idée complexe. Idée innée. Idée acquise. Idée claire et nette. Idée distincte. Idée vague. Idée confuse. Avoir une idée, des idées dans l'esprit. Avoir l'esprit plein d'idées. Les premières idées. L'origine, le développement, la génération des idées. Quelle idée attachez-vous à ce mot? Ce signe réveille telle idée. Une fausse idée. Ils n'ont aucune idée de nos arts, de nos usages. Pour vous donner une juste idée de cela. Pour que vous puissiez en prendre une juste idée. Cela ne peut vous en donner qu'une faible idée. Ce que j'en ai vu ne répond pas à l'idée que je m'en étais faite. J'en avais conçu une haute idée. J'en avais une tout autre idée. Vous ne sauriez vous faire l'idée de tout ce que j'ai souffert.
• Par exagérat. et fam., On n'a pas d'idée de cela, se dit en parlant D'une chose qui paraît extraordinaire, excessive en son genre. On n'a pas d'idée d'une telle insolence.
• IDÉE, se dit quelquefois, dans un sens particulier, pour Souvenir. J'ai vu cet homme-là autrefois, j'en ai quelque idée. Il ne me souvient point de cela, je n'en ai aucune idée. Cela m'en a rappelé l'idée. Le temps en a complétement effacé l'idée dans mon esprit.
• Il se prend aussi, en parlant de Dieu, pour Les types, les modèles éternels de toutes les choses créées, qui sont dans la pensée de Dieu. Les idées de toutes choses sont en Dieu. On dit également dans ce sens, Les idées de Platon.
• Se dit, par extension, Des pensées, des conceptions de l'esprit, des opinions, des réflexions, etc. Une idée sublime. Une belle, une noble, une grande idée. C'est lui qui m'a donné l'idée de faire cela. Il a pris l'idée de sa pièce dans tel roman. Idée mère. Idée fondamentale. Idée dominante. Idée première. Ma première idée avait été de.... J'ai change d'idée. Plein de cette idée, il voulut.... C'est une idée heureuse. Quelle sotte idée! Votre idée me paraît bonne. C'est une idée fort simple. L'idée ne m'en était pas venue. Faites à votre idée. Je suis tourmenté de l'idée qu'il est encore fâché contre moi. La seule idée du péril l'épouvante. Communiquer ses idées à quelqu'un. Faites-moi part de vos idées là-dessus. Avoir des idées tristes. Mettre ses idées sur le papier. On trouve dans cet ouvrage beaucoup d'idées ingénieuses, originales. Cet auteur n'a point d'idées neuves. Avoir des idées saines. Cela fait venir les idées. Suivre le fil de ses idées. Cela brouille toutes mes idées. Mettre en avant des idées hardies. C'est un partisan des idées nouvelles. Des idées d'un ordre élevé.
• Idée fixe, Idée dominante, dont l'esprit est sans cesse occupé, obsédé.
• IDÉE, signifie particulièrement, Invention, en parlant D'une production des arts. L'idée de ce tableau est gracieuse. On l'emploie quelquefois au pluriel, dans un sens analogue; et alors il s'applique également Aux ouvrages d'esprit. Il n'y a point d'idées dans cet ouvrage, dans ce tableau, etc. Cet auteur, cet artiste manque d'idées, n'a point d'idées.
• Il signifie quelquefois, en Littérature et dans les Arts d'imitation, L'esquisse, l'ébauche rapide d'un ouvrage. Il en a jeté l'idée sur le papier. C'est une première idée. On le dit aussi, en mauvaise part, d'Un ouvrage trop peu achevé. Ce n'est qu'une première idée, qu'une idée informe.
• IDÉE, se dit encore Des visions chimériques, des choses qui ne sauraient avoir lieu, qui ne peuvent se réaliser. Ce ne sont que des idées, des idées creuses, de belles idées. Il veut donner ses idées pour des choses réelles. Il se repaît d'idées. Il nous a entretenus de ses idées. Quelle idée avez vous là? Vous croyez qu'il ne viendra pas: quelle idée!
• IDÉE, signifie en outre, surtout dans le langage familier, La pensée, l'esprit, l'imagination. J'ai dans l'idée qu'il ne viendra pas. Ils vont se mettre dans l'idée que.... Je ne sais ce qu'il a dans l'idée. Il me revient en idée, à l'idée que.... On ne peut lui ôter cela de l'idée. Il n'est riche qu'en idée. L'histoire nous fait assister en idée aux événements du passé.

IDEM
• Mot emprunté du latin, qui signifie, Le même, et qu'on emploie pour éviter de répéter ce qui vient d'être dit ou écrit. Il est principalement en usage dans les comptes, les inventaires, les tables, les citations, etc. Par abréviation, on écrit souvent, Id.

IDENTIFIER . v. a.
• Comprendre deux choses sous une même idée. La définition doit toujours être identifiée avec le défini, ou, pronominalement, doit s'identifier avec le défini. Ce sens n'est usité que dans le didactique.
• Se dit plus ordinairement, surtout au sens moral, pour exprimer qu'Une chose prend le caractère d'une autre, lui devient comme pareille. Son plus grand usage est avec le pronom personnel. La législation avait fini par s'identifier avec les moeurs.
• Se dit, particulièrement, D'une personne qui se pénètre bien des sentiments d'une autre. Un poëte doit s'identifier avec les personnages qu'il fait agir et parler.
• IDENTIFIÉ, ÉE. participe

IDENTIQUE . adj. des deux genres
• Qui est le même qu'un autre, qui ne fait qu'un avec un autre, ou qui est compris sous une même idée. Deux et deux sont identiques avec quatre. Vous croyez avancer deux propositions différentes, mais elles sont identiques, parfaitement identiques. Ces deux articles de loi sont identiques.

IDENTIQUEMENT . adv.
• D'une manière identique.

IDENTITÉ . s. f.
• Ce qui fait qu'une chose est la même qu'une autre, que deux ou plusieurs choses ne sont qu'une ou sont comprises sous une même idée. Identité de raisons. Identité de nature. Identité de pensées en divers termes. Il y a identité parfaite entre ces deux choses. On ne peut nier l'identité de cette chose avec telle autre.
• Se dit particulièrement, en Jurisprudence, en parlant De la reconnaissance d'une personne en état d'arrestation, d'un prisonnier évadé, d'un mort, etc. Établir l'identité d'un condamné. L'identité de ce prisonnier avec l'homme signalé à la police, n'a pas encore été bien constatée, bien reconnue, bien prouvée.

IDÉOLOGIE . s. f.
• Science des idées, des opérations de l'entendement. Traité d'idéologie.

IDÉOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui a rapport, qui appartient à l'idéologie. Connaissances, vérités idéologiques.

IDÉOLOGUE .s.m.
• Celui qui s'occupe d'idéologie. Un profond idéologue. On dit aussi quelquefois, Idéologiste.

IDES . s. f. pl.
• Le quinzième jour des mois de mars, de mai, de juillet et d'octobre dans le calendrier des anciens Romains, et le treizième des autres mois. Les ides de mars furent fatales à Jules César.
• Le second, le troisième, le quatrième, etc., des ides, Le premier, le second, le troisième jour, etc., avant les ides.

IDIOME .s.m.
• Langue propre à une nation. L'idiome français. L'idiome allemand. Etc.
• Il signifie, par extension, Le langage particulier d'une province. L'idiome gascon. L'idiome provençal. Ce mot est moins usité dans le langage ordinaire que dans le didactique.

IDIOPATHIE . s. f.
• .Médec. Se dit de Toute maladie primitive, c'est-à-dire, qui n'est point le symptôme d'une autre maladie, qui n'en dépend pas.
• IDIOPATHIE, en termes de Morale, signifie, L'inclination particulière qu'on a pour une chose.

IDIOPATHIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit D'une affection qui n'est liée à aucune autre, qui n'en dépend pas. Cette migraine n'est point idiopathique; elle n'est qu'un symptôme du dérangement de l'estomac. Maladie idiopathique.

IDIOT
, IOTE. adj.
• Stupide, imbécile. C'est l'homme du monde le plus idiot. Cette femme-là n'est pas si idiote que vous pensez.
• S'emploie aussi comme substantif. C'est un idiot. Un pauvre idiot. Une pauvre idiote.

IDIOTISME .s.m.
• .Médec. L'espèce d'aliénation mentale qui rend idiot, stupide. Être atteint d'idiotisme. Tomber dans l'idiotisme.
• IDIOTISME, en Grammaire, signifie, Une construction, une locution contraire aux règles communes et générales, mais propre et particulière à une langue. Cette construction, ce pléonasme est un idiotisme de la langue française. Il y a est un idiotisme. Chaque langue a ses idiotismes. Un idiotisme grec, italien, etc. Traité des idiotismes.

IDOINE . adj. des deux genres
• Propre à quelque chose. Apte et idoine. Il est vieux.

IDOLÂTRE . adj. des deux genres
• Qui adore les idoles, et leur rend des honneurs qui n'appartiennent qu'à Dieu. Toute la terre était idolâtre. Les nations idolâtres. Les peuples idolâtres.
• Se dit aussi De tous ceux qui rendent un culte divin à des créatures. Les Perses qui adoraient le feu, les Égyptiens qui adoraient les crocodiles, étaient idolâtres.
• Se dit également Du culte même. Rendre un culte idolâtre. Faire des sacrifices idolâtres. Offrir un encens idolâtre.
• Se dit, figurément, D'une personne qui en aime une autre avec excès, ou qui estime trop une chose, qui en raffole. Cette femme l'a subjugué, il en est idolâtre, il en devient idolâtre. Cette mère est idolâtre de ses enfants. Il est idolâtre de ses pensées, de ses opinions, de ses ouvrages. Cette femme est idolâtre de sa beauté.
• IDOLÂTRE, s'emploie aussi comme substantif; mais, dans cette acception, il n'est d'usage qu'en parlant de Ceux qui adorent les idoles ou les autres fausses divinités. Les idolâtres des Indes. Prêcher les idolâtres. Convertir les idolâtres.

IDOLÂTRER . v. n.
• Adorer les idoles. Les Hébreux idolâtrèrent dans le désert. Les femmes portèrent Salomon à idolâtrer.
• Il est aussi verbe actif, et signifie figurément, Aimer avec trop de passion. Il idolâtre cette femme. Elle est folle de ses enfants, elle les idolâtre. Cette femme veut être idolâtrée.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, soit comme verbe réfléchi, soit comme verbe réciproque. C'est un homme qui s'idolâtre. Ces amants s'idolâtrent.
• IDOLÂTRÉ, ÉE. participe, Il n'est d'usage qu'au figuré.

IDOLÂTRIE . s. f.
• Adoration des idoles, culte des faux dieux. Ces peuples étaient encore dans l'idolâtrie, adonnés à l'idolâtrie.
• Se dit figurément d'Un amour, d'un attachement excessif. Il l'aime jusqu'à l'idolâtrie. Aimer avec idolâtrie.

IDOLE . s. f.
• Figure, statue représentant une fausse divinité, et exposée à l'adoration. Idole d'or, d'argent, de pierre. L'idole de Jupiter, de Mercure, etc. Le culte des idoles. Les prêtres des idoles. Adorer une idole. Offrir de l'encens aux idoles. Renverser les idoles, les temples des idoles.
• Fig. et fam., Il se tient là comme une idole, se dit D'un homme qui se tient debout à ne rien faire. Pourquoi vous tenir là comme une idole?
• Fig. et fam., C'est une idole, une vraie idole, se dit D'une belle personne sans grâce, sans maintien, et qui ne paraît point animée. Elle est belle, mais c'est une idole, une vraie idole. On le dit aussi D'une personne stupide.
• IDOLE, se dit encore, figurément, d'Une personne à laquelle on prodigue les honneurs, les louanges, les flatteries. Il est l'idole du jour.
• Se dit également de Ce qui fait le sujet de l'affection, de la passion de quelqu'un. Cet enfant est l'idole de sa mère. L'intérêt est leur idole. L'avare fait son idole de son argent.

IDYLLE . s. f.
• Petit poëme dont le sujet est ordinairement pastoral ou amoureux, et qui tient de l'églogue. Composer une idylle. Une belle idylle. Les idylles de Théocrite, de Bion, de Moschus. Les idylles de Gessner.

IF .s.m.
• Arbre toujours vert, qui a la feuille fort étroite et un peu longue, et qui porte un petit fruit rouge et rond. Planter des ifs. Une palissade d'ifs. Tondre des ifs. Tailler des ifs en boule, en pyramide, etc.
• Se dit aussi d'Une pièce de charpenterie, de forme triangulaire, employée dans les illuminations, et destinée à porter plusieurs lampions dont l'assemblage imite un if taillé en pyramide. Planter des ifs sur une place publique, devant la porte d'un hôtel, etc. Les lampions de cet if sont presque tous éteints.

IGNAME . s. f.
• .Bot. Genre de plantes grimpantes, et toutes exotiques. L'espèce la plus remarquable est l'Igname ailée, plante des Indes orientales, dont la racine, qui pèse quelquefois jusqu'à trente livres, est farineuse et alimentaire.

IGNARE . adj. des deux genres
• Qui n'a point étudié, qui n'a point de lettres. Il n'est usité que dans certaines phrases du langage familier, comme: Gens ignares et non lettrés. C'est l'homme du monde le plus ignare.
• S'emploie aussi comme substantif. C'est un ignare.

IGNÉ
, ÉE. adj.
• (On prononce le G dur.) T. didactique. Qui est de feu, qui a les qualités du feu. Substance ignée. D'une nature ignée. Les parties ignées. Corpuscules ignés. Matière ignée.
• Il signifie quelquefois, Qui est produit par l'action du feu. Ainsi on dit, en Géologie, Couche de formation ignée, par opposition à Couche de formation aqueuse.

IGNICOLE . adj. des deux genres
• (On prononce le G dur.) Se dit Des adorateurs du feu.

IGNITION . s. f.
• (On prononce le G dur.) .Chimie. État des corps en combustion. Un corps en ignition, dans l'état d'ignition.
• Se dit également en parlant D'un corps incombustible rougi par l'action du feu. Un métal en ignition. Cette brique est en ignition.

IGNOBLE . adj. des deux genres
• Qui est bas, sans noblesse, qui marque une âme dépourvue de sentiments nobles. Langage ignoble. Expressions ignobles. Avoir l'air ignoble. Le maintien ignoble. La physionomie ignoble. Les manières ignobles. Les sentiments ignobles. Il n'y a rien de plus ignoble qu'un pareil procédé. On dit dans un sens analogue, Il se cacha dans un ignoble réduit.

IGNOBLEMENT . adv.
• D'une manière ignoble. Il parle ignoblement. Il s'est conduit ignoblement dans cette affaire.

IGNOMINIE . s. f.
• Infamie, grand déshonneur. Être couvert d'ignominie. Chargé d'opprobres et d'ignominie. C'est une éternelle ignominie pour lui. C'est une grande ignominie pour son nom. Souffrir de grandes ignominies. Être exposé à l'ignominie, aux affronts.

IGNOMINIEUSEMENT . adv.
• Avec ignominie. On l'a traité ignominieusement.

IGNOMINIEUX
, EUSE. adj.
• Qui porte ignominie, qui cause de l'ignominie. Mort ignominieuse. Supplice ignominieux. Traitement ignominieux. Cela est ignominieux à toute sa race, pour toute sa race.

IGNORAMMENT . adv.
• Avec ignorance. Il parle de ces matières-là fort ignoramment. Il est peu usité.

IGNORANCE . s. f.
• Défaut de connaissance, manque de savoir. Ignorance grossière. Ignorance crasse. Grande ignorance. Profonde ignorance. Ignorance excusable. Ignorance invincible. Ignorance volontaire. Ignorance affectée. Durant les siècles d'ignorance. C'était un siècle d'ignorance. Croupir dans l'ignorance. Laissez-lui son heureuse ignorance. Vivre dans une extrême ignorance de toutes choses. Ignorance du droit. Ignorance du fait. J'avoue mon ignorance sur ce point. J'étais dans l'ignorance de ce qui se passait.
• Se dit quelquefois Des fautes qui marquent une ignorance grossière. Ce livre est plein d'ignorances impardonnables. On y trouve autant d'ignorances que de mots.
• Prétendre cause d'ignorance, signifie, en termes de Pratique, Alléguer son ignorance pour excuse. Afin que nul n'en prétende, n'en puisse prétendre cause d'ignorance. Il signifie aussi, dans le langage familier, Prétendre ignorer quelque chose; et cela ne se dit ordinairement que Des choses qu'on veut faire semblant d'ignorer.

IGNORANT
, ANTE. adj.
• Qui est sans lettres, sans étude, qui n'a point de savoir. Être ignorant. Il est extrêmement ignorant. Elle est ignorante au dernier point. Tous ces peuples-là sont très-ignorants. Il a le sens droit, mais du reste il est fort ignorant. Il s'avoue ignorant. Il est si ignorant, qu'il ne sait pas lire.
• S'emploie aussi relativement, en parlant De celui qui n'est pas instruit de certaines choses, qui ignore certaines choses. Il sait beaucoup de choses, mais il est fort ignorant en géographie. Il est ignorant sur ces matières-là. C'est un homme fort ignorant des choses du monde. En termes de Palais, Être ignorant du fait.
• Prov., J'en suis aussi ignorant que l'enfant qui est à naître, se dit Pour marquer qu'on ne sait rien de quelque chose qui est arrivé.
• Un médecin ignorant, un magistrat ignorant, etc., Un médecin, un magistrat, etc., qui n'a pas le savoir, l'habileté que sa profession exige. Il fut estropié par un chirurgien ignorant.
• IGNORANT, s'emploie aussi comme substantif, dans tous les sens de l'adjectif. C'est un ignorant. C'est un franc ignorant. Il n'y a que des ignorants qui puissent parler de la sorte. L'ignorant a le ton décisif, faute de savoir douter. Il fait l'ignorant là-dessus, mais personne n'est mieux informé que lui.

IGNORANTIN . adj. m.
• Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Les frères ignorantins, Les frères de la congrégation de Saint-Yon, qui tiennent des écoles élémentaires. Un frère ignorantin; et, par ellipse, Un ignorantin.

IGNORER . v. a.
• Ne savoir pas, ne pas connaître. C'est une chose qu'il ignore. J'en ignore la cause. J'ignorais ce fait. Je n'ignore pas qu'il a voulu me nuire. J'ignorais qu'il fût arrivé. J'ignore s'il est arrivé. Nous ignorons quand il partira. J'ignore quels sont ses parents. Ignorez-vous donc qui elle est? Ignorer les premiers principes des sciences, les premiers principes de sa religion. Ignorer les choses les plus nécessaires à savoir. Il est si savant, qu'il n'ignore rien.
• Fam. et neutralement, C'est un homme qui n'ignore de rien.
• Ignorer les hommes, Ne pas connaître le coeur humain.
• Avec le pron. personnel, S'ignorer soi même, N'avoir point une juste idée de soi-même, de ses forces, etc. Ce grand génie s'ignorait encore lui-même.
• IGNORER, en poésie et dans le style soutenu, signifie quelquefois, Ne point pratiquer une chose. Elle ignora toujours l'imposture. J'ignore l'art de flatter.
• IGNORÉ, ÉE. participe, Se dit souvent pour Inconnu, caché. Un peuple ignoré. Il vit ignoré du monde. C'est un homme ignoré. Il mène une vie obscure et ignorée. Dans une retraite ignorée.

IL . Pronom masculin
• qui désigne la troisième personne. Votre frère va venir, il est prêt. J'ai lu cet ouvrage, il est bien écrit. Ces gens-là sont pressés, ils courent.
• Il se met ordinairement avant le verbe, dans les phrases affirmatives, sans qu'il y ait rien entre-deux, si ce n'est des particules et des pronoms, comme: Il nous dit. Il lui parle. Il ne veut pas. Il n'en veut pas. Il y veut aller.
• Il se met immédiatement après le verbe dans les interrogations et dans certaines phrases exclamatives. Que fait-il? Où sont-ils? Dort-il? Boit-il! Est-il barbare! Avec le t euphonique: Qu'a-t-il dit? Viendra-t-il? Aime-t-il le jeu?
• Il se met également après le verbe dans certaines phrases affirmatives, telles que les suivantes: Alors, dit-il, nous résolûmes d'agir. Quoi? répondit-il, s'écria-t-il. Dût-il s'en fâcher. Aussi furent-ils sages. Aussi est-il vrai. Toujours est-il certain que j'étais excusable.
• Quand une phrase interrogative contient le nom masculin qui est le sujet du verbe, on n'en met pas moins, ordinairement, le pronom Il après le verbe. Jean est-il venu? Ce fruit est-il bon? Ce livre vous a-t-il plu? Cette sorte de pléonasme s'emploie même dans certaines phrases qui expriment une supposition. Ce projet dût-il échouer, il sera toujours beau de l'avoir conçu.
• Dans certaines phrases, au contraire, le verbe est précédé du pronom Il, et suivi du nom masculin auquel ce pronom se rapporte. Il me fuit, le perfide. Ils sont rares, les hommes constamment désintéressés. Ils ne reviendront plus, ces jours heureux. Sont-ils moins coupables, ceux qui...
• Le pronom Il se met aussi avec les verbes impersonnels ou employés impersonnellement; et alors il n'est point relatif à un sujet exprimé. Il faut que... Il est bon... Il est probable que... Il est certain que... Il pleut. Il neige. Il tonne. Il fait mauvais temps. Il y a des hommes qui... Il se répandit un écrit, une nouvelle. Il fut un temps où nous n'étions pas riches.

ÎLE . s. f.
• Espace de terre entouré d'eau de tous côtés. Île déserte. Île peuplée, fertile, inaccessible, sablonneuse. Île flottante. Les îles qui sont dans la mer, dans les rivières. La rivière fait une île, des îles. Il y a une petite île dans ce lac. Un groupe d'îles. Les habitants d'une île. Ce n'est pas un continent, c'est une île. Les îles d'Amérique. L'île de Malte, de Saint-Domingue, etc. Les îles Canaries. Les îles Philippines. Aborder dans une île. Les îles nouvellement découvertes.
• Se dit quelquefois absolument, au pluriel, Des îles qui forment l'archipel du Mexique. Il fit un voyage aux Îles. Cacao des Îles.

ILÉON
ou ILÉUM.s.m.
• (Iléum se prononce Iléome.) T. d'Anat. Le dernier et le plus long des intestins grêles. On dit aussi, adjectivement, L'intestin iléon.

ILES .s.m. pl.
• T. d'Anat. Les flancs, les parties latérales et inférieures du bas-ventre.
• Os des iles, Os larges et plats qui forment les hanches. On dit aussi, Os iliaques.

ILÉUS .s.m.
• (On prononce l'S.) .Médec. Voyez l'article suivant.

ILIAQUE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. et de Médec., qui s'emploie dans les locutions suivantes:
• Os iliaques, Os des iles. On appelle Fosses iliaques, crête iliaque, Les fosses, la crête des os iliaques.
• Muscle iliaque, Muscle qui sert à faire mouvoir l'os de la cuisse sur le bassin.
• Artères iliaques, Artères qui sont formées par la bifurcation de l'aorte descendante.
• Passion iliaque, ou Iléus (on prononce l'S), Maladie caractérisée par une douleur profonde dans l'abdomen, une constipation opiniâtre, et le vomissement des matières contenues dans l'estomac et dans l'intestin.

ILION .s.m.
• T. d'Anat. Nom d'un des trois os qui forment les os des hanches ou os iliaques.

ILLÉGAL
, ALE. adj.
• (Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux L.) Qui est contre la loi. Convention illégale. Assemblée illégale. Formes illégales. Des actes illégaux. Mesure illégale.

ILLÉGALEMENT . adv.
• D'une manière illégale. Agir illégalement.

ILLÉGALITÉ . s. f.
• Caractère, vice de ce qui est illégal. L'illégalité d'une convention. L'illégalité d'une destitution.

ILLÉGITIME . adj. des deux genres
• Qui n'a pas les conditions, les qualités requises par la loi pour être légitime. Enfant illégitime. Mariage illégitime.
• Il signifie aussi, Injuste, déraisonnable. Désirs illégitimes. Prétention illégitime.

ILLÉGITIMEMENT . adv.
• Injustement, sans fondement, sans raison. Il prétend cela illégitimement. Posséder illégitimement.

ILLÉGITIMITÉ . s. f.
• Défaut de légitimité. L'illégitimité d'un titre. L'illégitimité de sa naissance. L'illégitimité d'un enfant.

ILLETTRÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a point de connaissances en littérature, ignorant. C'est un homme illettré. Il est tout à fait illettré.

ILLICITE . adj. des deux genres
• Qui est défendu par la morale ou par la loi. Action illicite. Plaisir illicite. Amour illicite. Pratique illicite. Conventions illicites. Des assemblées illicites. Des attroupements illicites. Acquérir par des moyens illicites.

ILLICITEMENT . adv.
• Contre le droit et la justice. Il est vrai que cela s'est fait, mais toujours illicitement.

ILLIMITÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a point de bornes, de limites, de terme. Espace illimité. Étendue illimitée. Autorité illimitée. Ces ambassadeurs ont un pouvoir illimité. Liberté illimitée. Congé illimité.

ILLISIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne saurait lire. Cette écriture est illisible. Voyez INLISIBLE.

ILLUMINATEUR .s.m.
• Celui qui illumine, qui se charge de faire des illuminations.

ILLUMINATIF
, IVE. adj.
• Qui illumine. Il n'est usité qu'en termes de Dévotion mystique. La vie illuminative.

ILLUMINATION . s. f.
• Action d'illuminer, ou État de ce qui est illuminé. L'illumination de la terre par le soleil. Dans ce sens, il est peu usité.
• Se dit plus ordinairement d'Une grande quantité de lumières disposées avec symétrie, à l'occasion d'une réjouissance. Une belle illumination. Une grande illumination. Faire une illumination dans un palais, dans une place publique, dans des jardins. Il y avait des illuminations à toutes les fenêtres, dans toutes les rues. L'illumination de cet hôtel est brillante. Allons voir les illuminations.
• ILLUMINATION, se dit figurément, en termes de Dévotion, de La lumière extraordinaire que Dieu répand quelquefois dans l'âme. Une illumination divine. Par illumination du Saint-Esprit.

ILLUMINER . v. a.
• Éclairer, répandre de la lumière sur quelque chose. Toute la ville était illuminée par les feux de joie qu'on avait allumés dans les rues.
• Il signifie quelquefois, Faire des illuminations. On ordonna d'illuminer. On avait illuminé la façade du palais.
• ILLUMINER, signifie figurément, et en matière de Religion, Éclairer l'esprit, éclairer l'âme. Priez Dieu qu'il les illumine, et qu'il les convertisse. Ce pays-là n'avait pas encore été illuminé par l'Évangile. Seigneur, illuminez mon âme, mon entendement.
• ILLUMINÉ, ÉE. participe, Toute la ville était illuminée.
• S'emploie substantivement, au figuré, pour signifier, Un visionnaire en matière de religion. C'est un homme qui a des visions ridicules, c'est un illuminé. Cette femme est une illuminée.
• Se dit aussi de Certains hérétiques qui se prétendaient éclairés de Dieu d'une manière particulière. La secte des illuminés.

ILLUMINISME .s.m.
• Opinions chimériques des illuminés. L'illuminisme a fait beaucoup de progrès dans ce pays.

ILLUSION . s. f.
• Apparence trompeuse; erreur des sens ou de l'esprit qui fait voir les choses autrement qu'elles ne sont, ou qui fait prendre l'apparence pour la réalité. Quand on est dans un bateau et que le rivage semble marcher, quand un bâton paraît rompu dans l'eau, c'est une illusion des sens. Le relief dans la peinture est une illusion. Illusion d'optique. Illusion théâtrale. L'illusion est complète. Être dans l'illusion. Se prêter à l'illusion. Cela détruit l'illusion. Faire illusion à quelqu'un.
• Il s'est dit, particulièrement, Des fausses apparences que l'on attribuait au démon ou à la magie. Illusion diabolique. Illusion magique. Ce sont des illusions du démon.
• Se faire illusion à soi-même, S'abuser soi-même. Je cherchai longtemps à me faire illusion sur ses défauts.
• ILLUSION, se dit aussi Des pensées et des imaginations chimériques. C'est un homme plein d'illusions, sujet à des illusions, qui se repaît d'illusions. Cela dissipera toutes ses illusions. Les illusions de l'amour-propre. Ses prétentions sont une pure illusion. Être séduit par quelque illusion.
• Se dit pareillement de Certains songes, de certains fantômes qui flattent ou qui troublent l'imagination. Une illusion agréable. De douces illusions. Le jour vint dissiper les illusions qui avaient enchanté, qui avaient troublé mon sommeil.

ILLUSOIRE . adj. des deux genres
• Captieux, qui tend à tromper sous une fausse apparence. S'emploie surtout dans le langage didactique. Une proposition illusoire. Contrat illusoire.
• Se dit aussi, dans le langage ordinaire, De ce qui est sans effet, de ce qui ne se réalise point. Une promesse illusoire. Une espérance illusoire. Un projet illusoire.

ILLUSOIREMENT . adv.
• D'une façon illusoire. Il n'est guère usité qu'en termes de Pratique.

ILLUSTRATION . s. f.
• Action d'illustrer, ou État de ce qui est illustre. Cette ville leur doit son illustration. Les victoires qui contribuèrent à l'illustration de son règne, à l'illustration du nom français.
• Se dit, particulièrement, Des marques d'honneur dont une famille est illustrée. C'est une famille noble et ancienne, mais sans illustration, où il n'y a eu aucune illustration. Acquérir de l'illustration, une grande illustration.
• ILLUSTRATIONS, au pluriel, se dit aussi pour Explications, éclaircissements, commentaires ajoutés à un ouvrage. Il ne s'emploie guère, dans ce sens, que parmi les savants. Cette nouvelle édition de Tite-Live est enrichie des illustrations de tel savant.

ILLUSTRE . adj. des deux genres
• Éclatant, célèbre par le mérite, par la noblesse, par quelque chose de louable et d'extraordinaire. Un homme illustre. Les hommes illustres de Plutarque. Une race illustre. Une maison illustre. Famille illustre. Il est né d'un sang illustre. Un corps illustre. Une compagnie illustre. Une assemblée illustre. Un homme qui s'est rendu illustre. Illustre par ses grandes actions, par sa vertu. Il a donné d'illustres marques de son courage. Il est illustre dans sa profession. Un illustre artiste. Un auteur illustre. D'illustres proscrits. C'est un des illustres monuments qui nous restent de l'antiquité. Des faits illustres. Une illustre infortune. Une origine illustre. Porter un nom illustre.
• Se dit quelquefois, substantivement, d'Une personne qui excelle en quelque chose, et principalement en quelque art. Ce peintre est un illustre. C'est un des illustres de son temps.

ILLUSTRER . v. a.
• Rendre illustre. Les victoires qui ont illustré ce règne. Cet auteur a illustré son pays par ses ouvrages. Illustrer son nom. De grandes charges avaient illustré cette famille.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Il s'est illustré par de grandes actions.
• ILLUSTRÉ, ÉE. participe, Une ville illustrée par la naissance de plusieurs grands hommes. Maison, famille illustrée.

ILLUSTRISSIME . adj. des deux genres
• Titre qu'on donne par honneur à quelques personnes élevées en dignité, et principalement aux ecclésiastiques. Illustrissime et révérendissime seigneur.

ÎLOT .s.m.
• Très-petite île. Les îles, îlots et atterrissements. Il y a un îlot à côté de cette île.

ILOTE .s.m.
• Nom que les Spartiates donnaient à leurs esclaves. Les ilotes étaient réduits à la condition la plus abjecte.

ILOTISME .s.m.
• La condition d'ilote. Se dit, par extension, de L'état d'abjection et d'ignorance où quelque partie d'un peuple est réduite par ceux qui la dominent. Ils tenaient les classes pauvres dans un véritable ilotisme.

IMAGE . s. f.
• Représentation de quelque chose en sculpture, en peinture, en gravure, en dessin, etc. Cette statue est l'image d'un grand homme. Dans les pompes triomphales, on portait les images des villes conquises. Image ressemblante. Image fidèle.
• Se dit, particulièrement, Des images qui sont l'objet d'un culte religieux; et, en ce sens, on l'emploie souvent absolument, au pluriel. Les images des faux dieux. Briser, abattre les images. Léon l'Isaurien fut appelé Briseur d'images. Honorer les images des saints. Le culte des images. Une image de la Vierge.
• Se dit aussi de Certaines estampes représentant des sujets pieux ou autres, et qui sont ordinairement gravées et coloriées grossièrement. Il y a de belles images dans ce livre. Un marchand d'images. Amuser les enfants avec des images. Ce sens est familier.
• Fig. et fam., C'est une belle image, se dit D'une femme qui est belle mais froide, et sans physionomie.
• Prov. et pop., Il est sage comme une image, se dit D'un enfant fort retenu et fort posé.
• Prov. et par plaisanterie, Vous avez bien fait, vous aurez une image.
• IMAGE, signifie encore, Ressemblance. Dieu a fait l'homme à son image. L'homme est l'image de Dieu. Cet enfant est l'image de son père, sa véritable, sa vivante image. Ce tableau présente bien l'image de la nature. Une image vaine, trompeuse, fidèle, etc.
• Se dit, particulièrement, en parlant D'un objet qui se répète dans un miroir, dans l'eau, etc. Voir son image dans un miroir, dans l'eau. Les nues réfléchissent quelquefois l'image de l'arc-en-ciel.
• Se dit figurément, tant au sens physique qu'au sens moral. Un roi juste est l'image de Dieu sur la terre. Ces jeux sont une image de la guerre. Ses écrits sont l'image de son âme. La parole est l'image de la pensée, et l'écriture l'image de la parole.
• IMAGE, se dit encore de La représentation des objets dans l'esprit, dans l'âme. Les sens transmettent à l'âme l'image des objets. Il nous reste dans l'esprit des images de ce que nous avons vu. Il ne peut effacer de son coeur l'image de celle qu'il a tant aimée. Son image me suit en tous lieux.
• Il se prend aussi pour Idée. Se faire une image agréable de quelque chose. Je m'en fais une bien douce image. Avoir l'image de la mort présente à l'esprit. L'image du péril.
• Il signifie quelquefois figurément, Description, en parlant Des ouvrages d'esprit. Opposer l'image des combats au tableau de la vie pastorale.
• Se dit également d'Une métaphore par laquelle on rend une idée plus vive et plus sensible, en prêtant à l'objet dont on parle des formes, des apparences, des qualités empruntées à d'autres objets. Ce sont les images qui donnent du coloris au style. Image noble, sublime, hardie, riante. Image confuse. Cette image n'est pas claire. C'est une belle image. Cela fait image.

IMAGER
, ÈRE. s.
• Celui, celle qui vend des images, des estampes. Cet imager a un beau choix d'estampes. Il est vieux.

IMAGINABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être imaginé, conçu. Cela est-il imaginable? On lui a fait tous les remèdes imaginables. Tous les malheurs imaginables lui sont arrivés. On a fait tous les efforts imaginables pour le sauver.

IMAGINAIRE . adj. des deux genres
• Qui n'est que dans l'imagination, qui n'est point réel. Un honneur imaginaire. Des maux, des biens imaginaires. Une dignité imaginaire. Il se repaît de choses imaginaires. Ce papier n'a qu'une valeur imaginaire.
• Espaces imaginaires, Espaces créés par l'imagination, hors du monde réel, pour y placer des chimères.
• Fig. et fam., Être, voyager, se perdre dans les espaces imaginaires, Se former des visions, se repaître d'idées chimériques.
• Malade imaginaire, se dit d'Une personne qui a l'imagination blessée au point de se croire malade, quoiqu'elle ne le soit pas.
• IMAGINAIRE, en Algèbre, signifie, Impossible. La racine paire d'une quantité négative est imaginaire. Substantivement, Faire évanouir l'imaginaire.

IMAGINATIF
, IVE. adj.
• Qui imagine aisément, qui a une grande fertilité d'imagination. Avoir l'esprit imaginatif. C'est une personne fort imaginative.
• La faculté, la puissance imaginative, ou substantivement et familièrement, L'imaginative, La faculté, la puissance par laquelle on imagine. N'admirez-vous pas son imaginative?

IMAGINATION . s. f.
• Faculté d'imaginer, de se représenter quelque chose dans l'esprit. Avoir l'imagination vive, ardente, sombre, riante. Son imagination va toujours au delà de la réalité. Son imagination lui fait voir tout en beau. Se transporter quelque part en imagination. Ce danger n'existe que dans votre imagination. Une imagination troublée, blessée, malade. Il a l'imagination frappée de cela. La force de l'imagination. Voyez ce que peut l'imagination. C'est un effet de l'imagination. Cela m'est venu à l'imagination.
• Se dit particulièrement, en Littérature et dans les Beaux-Arts, de La faculté d'inventer, de concevoir, jointe au talent de rendre vivement ses conceptions. Ce poëte, ce peintre a beaucoup d'imagination. Une imagination créatrice. Avoir l'imagination fertile, riche, heureuse, brillante, forte, hardie, fougueuse. Une grande vivacité d'imagination. Les écarts de l'imagination. S'abandonner à son imagination. Cela refroidit l'imagination. Le feu de l'imagination. Imagination stérile. Les arts de l'imagination.
• Se dit aussi en parlant Des ouvrages dont l'auteur a fait preuve d'imagination. Sa poésie est pleine d'imagination. Il y a beaucoup d'imagination dans cet ouvrage.
• Il signifie encore, Pensée, conception. Voilà une belle imagination. Une agréable imagination. Ce sens vieillit.
• Se dit en outre de La croyance, de l'opinion qu'on a de quelque chose sans beaucoup de fondement. La plaisante imagination, que de vouloir nous persuader cela. C'est une pure imagination.
• Il signifie pareillement, Fantaisie bizarre, idée folle et extravagante. C'est un homme qui a d'étranges imaginations. Imaginations folles, vaines, creuses, extravagantes. Se repaître d'imaginations.

IMAGINER . v. a.
• Se représenter quelque chose dans l'esprit. La faculté d'imaginer. On ne peut rien imaginer de plus surprenant. Cela est au delà de tout ce qu'on peut imaginer. Qu'imaginez-vous là-dessus? Je n'en imagine rien de bon.
• Il signifie aussi, Inventer. C'est un homme qui a imaginé de fort belles choses. Imaginer un divertissement, une machine. Il a imaginé un autre expédient, un autre moyen. Pour réussir, j'ai imaginé de m'y prendre de telle manière. Il ne sait qu'imaginer pour sortir d'embarras.
• IMAGINER, avec le pronom personnel, régime indirect, signifie tantôt, Se représenter quelque chose dans l'esprit; tantôt, Se figurer quelque chose sans beaucoup de fondement. Imaginez-vous un homme qui soit riche, savant, etc. Que l'on s'imagine le pays le plus désert, le plus sauvage. Il s'imagine qu'il viendra à bout de cela. Il s'imagine être un grand docteur. C'est un homme glorieux qui s'imagine que tout lui est dû. Vous vous imaginez cela. Vous vous l'êtes imaginé. Il s'est imaginé que je voulais le tromper. On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on se l'imagine. Cela n'est pas aussi difficile que vous vous l'imaginez.
• Il signifie quelquefois simplement, Croire, se persuader. Je ne saurais m'imaginer que cela soit comme on le raconte.
• IMAGINÉ, ÉE. participe, Cela est fort bien imaginé, n'est pas mal imaginé.

IMAN .s.m.
• Ministre de la religion mahométane. Un iman est une espèce de curé de mosquée.

IMARET .s.m.
• Hôpital chez les Turcs.

IMBÉCILE . adj. des deux genres
• Qui est dans l'imbécillité. Le grand âge et les infirmités l'ont rendu imbécile. Il devient imbécile. Un vieillard imbécile.
• Se dit quelquefois, par exagération, D'une personne dépourvue d'esprit, ou qui parle, qui agit sottement. Peut-on être plus imbécile! Il faut que cet homme soit bien imbécile pour... Quel air imbécile! Ce sens est très-familier.
• Imbécile de corps et d'esprit, se dit D'une personne à qui l'âge ou les indispositions ont ôté les forces du corps et affaibli la raison.
• IMBÉCILE, s'emploie aussi substantivement. Prononcer l'interdiction d'un imbécile. C'est un imbécile, un grand imbécile. Quel imbécile! Taisez-vous, imbécile.

IMBÉCILEMENT . adv.
• Avec imbécillité. Il s'est conduit bien imbécilement dans cette affaire.

IMBÉCILLITÉ . s. f.
• (On fait sentir les deux L.) Faiblesse d'esprit qui ôte plus ou moins la faculté de raisonner, de comprendre, etc. L'imbécillité de l'enfance. L'imbécillité de l'âge. Être, tomber dans l'imbécillité. Être dans un état habituel d'imbécillité. Faire quelque chose par imbécillité, par pure imbécillité. Des actes d'imbécillité.
• Se dit quelquefois, par exagération, pour Sottise, niaiserie. Cet homme est d'une imbécillité rare. Ce sens est très-familier.

IMBERBE . adj. des deux genres
• Qui est sans barbe. Plusieurs nations de l'Amérique sont imberbes. Ce jeune homme est encore imberbe. Menton imberbe.
• Il signifie quelquefois, par dénigrement, Très-jeune. Ces docteurs imberbes veulent tout régenter.

IMBIBER . v. a.
• Abreuver, pénétrer d'eau ou de quelque autre liquide. La pluie a imbibé la terre suffisamment. Imbiber une compresse, l'imbiber d'eau-de-vie, de vinaigre. Imbiber une éponge.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Devenir imbibé d'eau ou de quelque autre liquide. La terre s'imbibe d'eau. Quand on arrose, il faut donner le temps à la terre de s'imbiber.
• IMBIBÉ, ÉE. participe, Une pièce de terre imbibée d'eau. Un linge imbibé d'huile.

IMBIBITION . s. f.
• L'action d'imbiber, ou L'action, la faculté de s'imbiber.

IMBRIQUÉ
, ÉE. adj.
• T. d'Hist. nat. Se dit Des parties qui se recouvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toit. Les écailles des poissons, les plumes des oiseaux, sont imbriquées. Le calice de cette fleur est formé d'écailles imbriquées.

IMBROGLIO .s.m.
• (Mot italien qui se prononce Imbroillo à l'italienne, ou Imbroille à la française, sans faire sentir l'i, et en mouillant les l.) Embrouillement, confusion. Il y a de l'imbroglio dans cette affaire, dans cette pièce de théâtre.
• Se dit aussi d'Une pièce de théâtre dont l'intrigue est fort compliquée. Cette comédie est un imbroglio à l'espagnole, un imbroglio fort amusant. Les imbroglios italiens.

IMBU
, UE. participe passé
• de l'ancien verbe Imboire (Imbiber). Il ne se dit guère qu'au figuré, et signifie, Qui est rempli, pénétré. On l'applique Aux opinions, aux doctrines, aux préjugés, aux principes. Imbu, imbue de bons, de mauvais principes, de sages, de fausses doctrines.

IMITABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être imité, qui doit être imité. Cela n'est pas imitable. Cette action est plus admirable qu'imitable.

IMITATEUR
, TRICE. adj.
• Qui imite, qui s'attache à imiter. Le singe est un animal imitateur. Un esprit imitateur. Le peuple est imitateur.
• S'emploie très-souvent comme substantif, et se dit alors principalement d'Une personne qui règle sa conduite, ses actions sur celles d'une autre. Il est imitateur des vertus de ses ancêtres. Tous les chrétiens doivent être les imitateurs de JÉSUS-CHRIST. Cette fille est fidèle imitatrice des vertus de sa mère.
• Se dit particulièrement d'Un écrivain ou d'un artiste qui imite le style, la manière, le genre d'un autre. Cet écrivain, cet artiste a eu beaucoup d'imitateurs. Les imitateurs d'un romancier, d'un peintre. Ils se sont faits les imitateurs des anciens. Servile imitateur.

IMITATIF
, IVE. adj.
• Qui imite. Sons imitatifs. Harmonie imitative.

IMITATION . s. f.
• Action d'imiter, de quelque manière que ce soit; ou Le résultat de cette action. Avoir l'instinct, le goût, la manie de l'imitation. L'imitation des vertus, des vices. Se proposer l'imitation des plus grands hommes. Les arts d'imitation. La peinture et la sculpture sont des arts d'imitation. Il n'a pas d'invention, mais il a le talent de l'imitation. Cet artiste s'attache à l'imitation de la nature. Il se borne à l'imitation des anciens. Servile imitation. On croirait que ces fleurs sont naturelles, tant l'imitation est parfaite. L'imitation ne saurait aller plus loin.
• Cela est au-dessus de toute imitation, se dit D'une chose qu'il est impossible de bien imiter.
• IMITATION, se dit, particulièrement en Littérature et dans les Beaux-Arts, Des ouvrages où l'on s'est proposé d'en imiter d'autres. Cette pièce de vers est une imitation de telle ode d'Horace. C'est plutôt une imitation qu'une traduction. Ce tableau est une imitation de la Nativité du Corrége.
• Cet ouvrage est une imitation de l'allemand, de l'anglais, etc., Est l'imitation d'un ouvrage écrit en allemand, en anglais, etc.
• IMITATION, se dit, par ellipse, pour l'Imitation de JÉSUS-CHRIST, livre de piété très-estimé. Une belle édition de l'Imitation. L'Imitation a été mise en vers par P. Corneille. Acheter une Imitation.
• À L'IMITATION DE. loc. prépositive, À l'exemple de, sur le modèle, etc. Faire quelque chose à l'imitation de quelqu'un. Cet édifice a été fait à l'imitation de tel autre.

IMITER . v. a.
• Faire ou s'efforcer de faire exactement la même chose que fait une personne, un animal; contrefaire, copier. Imitez-le dans tout ce que vous lui verrez faire. Il imite tout ce qu'il voit faire. Le singe imite l'homme. Imiter les manières, la voix de quelqu'un. Il imite parfaitement le chant du rossignol. Il imite le rossignol à s'y tromper. Imiter l'écriture, la signature d'une personne. Ils s'efforcent d'imiter les produits de nos fabriques. Cela est bien imité, heureusement imité.
• Il signifie particulièrement, Prendre la conduite, les actions d'une personne pour modèle. Imiter les grands hommes. Imiter ses ancêtres. Imiter les actions des grands hommes. Imiter leurs vertus. Imiter l'exemple, la conduite de quelqu'un. Imitez leur prudence. Imitons la nature.
• Il signifie aussi, dans les Beaux-Arts, Faire l'image, la ressemblance d'une chose. Ce peintre, ce sculpteur s'attache à bien imiter la nature. La musique imite le bruit du tonnerre, les gémissements, les cris, etc.
• Se dit encore D'un écrivain, d'un artiste qui s'efforce de prendre, dans ses compositions, le style, le genre, la manière d'un autre, ou qui fait un ouvrage dont l'idée principale, le plan, etc., lui ont été suggérés par l'ouvrage d'un autre. Imiter les anciens. Imiter Cicéron, Virgile, etc. Imiter le Poussin. Imiter les tableaux des grands maîtres. Cela est imité de tel auteur, de tel ouvrage. Ce tableau est imité de Raphaël.
• Cet ouvrage est imité de l'anglais, de l'allemand, etc., Est imité d'un ouvrage écrit en anglais, en allemand, etc.
• IMITER, se dit aussi Des choses, et signifie alors, Ressembler. Cette composition imite bien le diamant. Ce papier peint imite le velours. Le bruit de cette cataracte imite celui du tonnerre.
• IMITÉ, ÉE. participe, Drame imité de l'allemand. Roman imité de l'anglais.

IMMACULÉ
, ÉE. adj.
• (Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux M, et l'I conserve le son qui lui est naturel.) Qui est sans tache de péché. Il n'est guère usité que dans cette phrase, L'immaculée conception de la Vierge, ou simplement, La conception immaculée.

IMMANENT
, ENTE. adj.
• .Philosophie scolastique. Qui est continu, constant. Les actions immanentes sont opposées aux actions transitoires.

IMMANGEABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut pas se manger. Ce ragoût est si mauvais qu'il est immangeable.

IMMANQUABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut manquer d'être, qui ne peut manquer d'arriver, de réussir. Le gain de sa cause est immanquable. C'est une affaire immanquable. L'effet de sa parole est immanquable. Cela est immanquable.

IMMANQUABLEMENT . adv.
• Infailliblement, sans manquer. Cela arrivera immanquablement.

IMMARCESSIBLE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui ne peut se flétrir.

IMMATÉRIALITÉ . s. f.
• Qualité, état, manière d'être de ce qui est immatériel. L'immatérialité de l'âme.

IMMATÉRIEL
, ELLE. adj.
• Qui est sans aucun mélange de matière. Les substances immatérielles. Les formes immatérielles.

IMMATÉRIELLEMENT . adv.
• D'une manière immatérielle, en esprit.

IMMATRICULATION . s. f.
• Action d'immatriculer, ou État de ce qui est immatriculé.

IMMATRICULE . s. f.
• Enregistrement. Il s'est dit particulièrement, autrefois, en parlant Des rentes sur l'hôtel de ville. Immatricule d'une partie de rente.
• Il ne se dit guère aujourd'hui que de L'inscription d'un huissier parmi ceux qui ont le droit d'instrumenter près d'un tribunal, et de La patente qui lui confère ce droit. Un exploit d'ajournement doit contenir les noms, demeure et immatricule de l'huissier.

IMMATRICULER . v. a.
• Mettre dans la matricule, insérer dans le registre. On l'a immatriculé. Il s'est fait immatriculer.
• IMMATRICULÉ, ÉE. participe, Huissier immatriculé.

IMMÉDIAT
, ATE. adj.
• Qui agit, qui est produit sans intermédiaire. Cause immédiate. Action immédiate. Pouvoir immédiat. Effet immédiat.
• Il signifie aussi, Qui suit ou précède sans intermédiaire. Successeur immédiat. Prédécesseur immédiat. On a dit de même: Vassal immédiat. Seigneur immédiat.

IMMÉDIATEMENT . adv.
• D'une manière immédiate. Dans les républiques, c'est du peuple que les magistrats tiennent immédiatement leur autorité. Ce village est situé immédiatement au-dessous, immédiatement au-dessus de tel autre. Mon champ est immédiatement après le sien. Dans la hiérarchie ecclésiastique, l'évêque est immédiatement après l'archevêque, est immédiatement au-dessous de l'archevêque.
• Immédiatement après, signifie quelquefois, Aussitôt après, incontinent après.

IMMÉMORIAL
, ALE. adj.
• Qui est si ancien qu'on n'en sait pas l'origine, qu'il n'en reste aucune mémoire. Temps immémorial. Cela est d'un usage immémorial. Possession immémoriale.

IMMENSE . adj. des deux genres
• Qui est sans bornes, sans mesure; dont l'étendue, la grandeur est infinie. En ce sens, il ne se dit que De Dieu. Dieu est immense. C'est un être immense.
• Il signifie aussi, Qui est d'une très-grande étendue; et, par extension, Qui est très-considérable en son genre. Il y a un espace immense de la terre aux étoiles fixes. Une grandeur immense. Un océan immense. Un désert immense. Une somme immense. Des richesses immenses. Des frais immenses. Cette ville fait un commerce immense.
• Se dit également Des choses morales La bonté de Dieu est immense. Une gloire immense. Un immense pouvoir. D'immenses désirs. Il a une immense érudition, un savoir immense.

IMMENSÉMENT . adv.
• D'une manière immense. Il est immensément riche. J'ai perdu immensément. Il en a coûté immensément pour achever cet édifice.

IMMENSITÉ . s. f.
• Grandeur infinie, sans bornes. Il ne se dit proprement que De Dieu. L'immensité est un attribut de Dieu.
• Se dit aussi d'Une très-vaste étendue. L'immensité de la nature. L'immensité de l'univers. L'immensité des cieux. L'immensité de l'Océan.
• Se dit, par extension, Des choses physiques ou morales, qui sont très-considérables dans leur genre. L'immensité de ses richesses, de sa fortune. Rien ici-bas ne peut répondre à l'immensité de nos désirs. L'immensité de la miséricorde de Dieu.

IMMERSION . s. f.
• Action par laquelle on plonge dans l'eau ou dans quelque autre liquide. Dans les premiers siècles du christianisme, on baptisait par immersion, par trois immersions.
• IMMERSION, en termes d'Astronomie, se dit de L'entrée d'une planète dans l'ombre d'une autre planète. L'immersion de la lune dans l'ombre de la terre. L'immersion des satellites de Jupiter dans l'ombre de Jupiter.

IMMEUBLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Qui ne peut être transporté d'un lieu à un autre. Se dit Des biens-fonds, et de certaines autres choses qui leur sont assimilées par une fiction de la loi. Les fonds de terre et les bâtiments sont immeubles par leur nature. Les animaux attachés à la culture, les instruments aratoires, etc., sont immeubles par leur destination. Certains droits, tels que les servitudes, sont immeubles par l'objet auquel ils s'appliquent. Obliger tous ses biens meubles et immeubles.
• Il est aussi substantif. On a saisi tous ses immeubles. La vente d'un immeuble.
• Immeuble fictif, Toute chose que l'on considère comme immeuble, quoiqu'elle ne le soit pas de sa nature. Les immeubles par destination, les rentes immobilisées, etc., sont des immeubles fictifs.

IMMINENCE . s. f.
• Qualité de ce qui est imminent. L'imminence du péril.

IMMINENT
, ENTE. adj.
• Qui est près de tomber sur quelqu'un, sur quelque chose. Il ne s'emploie guère que figurément et dans certaines phrases. Une ruine, une disgrâce imminente. Péril imminent.

IMMISCER
• (S'). v. pron. .Jurispr. Se mêler. Se dit De celui qui est appelé à une succession, et qui jouit des biens qui la composent comme propriétaire. Celui qui s'est immiscé dans une succession n'y peut plus renoncer.
• Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, S'ingérer mal à propos dans quelque affaire, se mêler de quelque chose sans en avoir l'autorisation, le droit. Il s'est immiscé fort imprudemment dans cette querelle. S'immiscer illégalement dans l'administration du pays. On dit quelquefois, surtout au Barreau, S'immiscer de faire quelque chose.

IMMIXTION . s. f.
• .Jurispr. Action de s'immiscer dans une succession. Les actes conservatoires n'emportent point immixtion.

IMMOBILE . adj. des deux genres
• Qui ne se meut pas. On a cru longtemps que la terre était immobile. Demeurer immobile comme une statue.
• Se dit figurément, au sens moral, pour Ferme, inébranlable. À cette nouvelle, loin de s'affliger, il est resté calme et immobile.

IMMOBILIER
, IÈRE. adj.
• .Jurispr. Immeuble, ou composé de biens immeubles. Succession immobilière. Effets immobiliers. Droit immobilier. Fonds immobilier.
• Il signifie aussi, Qui concerne, qui a pour objet un immeuble, des immeubles. Vente immobilière. Saisie immobilière. Action immobilière. On appelait autrefois Héritier immobilier, Celui qui héritait des immeubles d'une succession.
• IMMOBILIER, se dit quelquefois substantivement, pour désigner Les biens immeubles. Il hérita de tout l'immobilier de cette succession. Ce sens a vieilli.

IMMOBILISATION . s. f.
• .Jurispr. Action d'immobiliser, ou Le résultat de cette action. Immobilisation de rentes sur l'État.

IMMOBILISER . v. a.
• .Jurispr. Donner à un effet mobilier la qualité d'immeuble, le convertir fictivement en immeuble. Immobiliser des rentes sur l'État.
• IMMOBILISÉ, ÉE. participe, Des rentes immobilisées.

IMMOBILITÉ . s. f.
• L'état d'une chose qui ne se meut point. On a cru longtemps à l'immobilité de la terre. Il est dans un état d'immobilité complète.
• Il signifie aussi, L'état d'un homme qui ne se donne aucun mouvement sur rien. Il est dans une inaction, dans une immobilité étonnante, pendant que tout le monde agit.

IMMODÉRÉ
, ÉE. adj.
• Excessif, violent. Chaleur immodérée. Ardeur immodérée. Passion immodérée. Ris immodéré. Dépense immodérée. Luxe immodéré. Désir immodéré. Zèle immodéré.

IMMODÉRÉMENT . adv.
• Sans modération, avec excès. Boire immodérément. Travailler immodérément.

IMMODESTE . adj. des deux genres
• Qui manque à la modestie, à la pudeur, aux bienséances. Être immodeste à l'église. C'est la personne du monde la plus immodeste. Une personne immodeste.
• Se dit aussi Des choses qui sont contraires à la modestie, à la pudeur. Discours immodestes. Regards immodestes. Posture immodeste. Action immodeste. Avoir un air immodeste.

IMMODESTEMENT . adv.
• D'une manière immodeste. S'habiller immodestement. Parler immodestement.

IMMODESTIE . s. f.
• Manque de modestie, de bienséance. C'est une chose honteuse que l'immodestie de la plupart des chrétiens à l'église.
• Il signifie aussi, Manque de pudeur. L'immodestie dans les discours. L'immodestie des regards. L'immodestie dans la manière de s'habiller.

IMMOLATION . s. f.
• Action d'immoler. L'immolation de la victime. Pendant l'immolation. Il ne se dit qu'au propre.

IMMOLER . v. a.
• Offrir en sacrifice. Se dit en parlant Des victimes qu'on tuait chez le peuple juif, pour les offrir en sacrifice à Dieu, et De celles que les païens offraient aux idoles. Immoler une victime. Immoler sur l'autel. Immoler à Dieu. Immoler des taureaux, des agneaux, etc. Immoler des victimes humaines.
• Se dit également, dans la Religion chrétienne, en parlant Du sacrifice sanglant et du sacrifice non sanglant de JÉSUS-CHRIST. Dans ce sens, on l'emploie souvent avec le pronom personnel. JÉSUS-CHRIST est la victime qui a été immolée pour le salut des hommes. Sur cet autel où JÉSUS-CHRIST s'est tant de fois immolé pour nous.
• Fig., Immoler quelqu'un à sa rage, à sa fureur, etc., Le tuer dans un transport de rage, de fureur, etc.
• IMMOLER, signifie quelquefois, surtout dans le style poétique, Tuer, massacrer, égorger. On les immola tous. Elle fut immolée par le vainqueur sous les yeux mêmes de son père.
• IMMOLER, signifie encore figurément, Ruiner, perdre quelqu'un, ou détruire une chose, y renoncer, s'en priver, pour satisfaire quelque passion, pour obéir à quelque nécessité, à quelque devoir, etc. Immoler quelqu'un à sa haine, à son ambition, à la haine, à l'ambition d'un autre. Il immolerait tout à sa gloire. J'immolai tout pour lui, richesses, honneurs, etc. Je vous ai tout immolé. Immoler son amour au devoir. Immoler ses intérêts au bien de l'État.
• Fig. et fam., Immoler quelqu'un, Le railler, le tourner en ridicule. Ils l'ont immolé par mille épigrammes.
• IMMOLER, avec le pronom personnel, signifie aussi, Exposer, sacrifier sa fortune, son bien-être ou sa vie pour quelqu'un, pour quelque chose. S'immoler pour quelqu'un. S'immoler pour la patrie, pour le bien de la patrie, pour la cause publique. S'immoler au bien de l'État, au bien public.
• Fig. et en plaisantant, Je m'immole, Je surmonte ma répugnance, je fais ce qu'on veut, et que je ne voulais pas faire. On dit aussi, dans un autre sens, Il s'est immolé de bonne grâce, Il s'est laissé railler, il a entendu raillerie.
• IMMOLÉ, ÉE. participe

IMMONDE . adj. des deux genres
• Sale, impur. Se dit surtout en parlant Des choses que certains législateurs ont déclarées impures. S'abstenir des choses immondes. Un animal immonde. Le pourceau était déclaré immonde par la loi des Juifs. Parmi les Juifs, un homme qui avait touché un corps mort, était immonde. Devenir immonde.
• Dans l'Écriture sainte, L'esprit immonde, les esprits immondes, Le démon, les diables.

IMMONDICE . s. f.
• Ordure, boue, saletés entassées dans les maisons, dans les rues. Dans ce sens, il ne se dit guère qu'au pluriel. Emporter, enlever, nettoyer les immondices. Les rues sont pleines d'immondices.
• En termes de l'Écriture, Immondice légale, L'impureté légale dans laquelle les Juifs tombaient, lorsqu'il leur était arrivé de toucher quelque chose d'immonde.

IMMORAL
, ALE. adj.
• Qui est sans principes de morale, sans moeurs. Caractère immoral. C'est l'homme le plus immoral que je connaisse.
• Se dit aussi Des choses contraires à la morale. Ouvrage immoral.

IMMORALITÉ . s. f.
• Opposition aux principes de la morale, absence de ces principes. Cet homme est d'une immoralité révoltante.

IMMORTALISER . v. a.
• Rendre immortel dans la mémoire des hommes. Immortaliser son nom, sa mémoire. Ses exploits l'ont immortalisé. Les poètes immortalisent les héros, les actions des héros.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Un prince qui s'est immortalisé par ses grandes actions. S'immortaliser par ses ouvrages.
• IMMORTALISÉ, ÉE. participe

IMMORTALITÉ . s. f.
• Qualité, état de ce qui est immortel. L'immortalité de l'âme. L'immortalité des esprits. L'immortalité des bienheureux. L'immortalité bienheureuse.
• Il signifie aussi, Une espèce de vie perpétuelle dans le souvenir des hommes. Un auteur qui travaille pour l'immortalité. Des actions dignes de l'immortalité. Les grands poëtes donnent l'immortalité, consacrent les noms à l'immortalité. Aspirer à l'immortalité. Aller à l'immortalité.

IMMORTEL
, ELLE. adj.
• Qui n'est point sujet à la mort. Dieu est immortel. Les anges sont immortels. L'âme est immortelle. Les anciens appelaient leurs dieux, les Dieux immortels. Déesse immortelle.
• Se dit quelquefois, dans le style poétique, Des choses qui ne peuvent point périr. Le trône immortel de Dieu. L'éclat immortel qui l'environne.
• Se dit, figurément, De ce qu'on suppose devoir être d'une très-longue durée. Un monument immortel. Une haine, une inimitié immortelle.
• Se dit également Des choses dont on suppose que la mémoire doit toujours durer. Il a fait des ouvrages immortels. Faire des actions immortelles, des exploits immortels. S'acquérir un nom immortel, une gloire immortelle, un honneur immortel. Sa mémoire sera immortelle.
• IMMORTEL, s'emploie aussi substantivement, surtout en parlant Des divinités du paganisme. L'Olympe, séjour des immortels. Il fut mis au rang des immortels. Une immortelle.

IMMORTELLE . s. f.
• Plante de la famille des Composées, qui est ainsi nommée parce que ses fleurs ne se fanent jamais. Les fleurs de l'immortelle sont ordinairement jaunes.
• Se dit plus souvent, dans le langage ordinaire, Des fleurs mêmes de cette plante. Une couronne d'immortelles. Immortelles jaunes. Colorer des immortelles en rouge, en vert.

IMMORTIFICATION . s. f.
• État d'une personne qui n'est pas mortifiée. Il n'est que du style ascétique.

IMMORTIFIÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point mortifié. Esprit immortifié. Vie immortifiée. Une âme immortifiée. Il n'est que du style ascétique.

IMMUABLE . adj. des deux genres
• Qui n'est point sujet à changer. Dieu seul est immuable. Une immuable volonté. Les décrets immuables de la volonté de Dieu.

IMMUABLEMENT . adv.
• D'une manière immuable. Personnes immuablement et indissolublement unies par le mariage.

IMMUNITÉ . s. f.
• Exemption d'impôts, de devoirs, de charges, etc. Il jouit de cette immunité. Le roi confirma les immunités de cette ville, lui accorda de grandes immunités. Les immunités de l'Église.
• Immunités ecclésiastiques, Les exemptions et les priviléges dont les ecclésiastiques jouissent.

IMMUTABILITÉ . s. f.
• État, qualité de ce qui est immuable. L'immutabilité des décrets de Dieu.

IMPAIR
, AIRE. adj.
• T. d'Arithm., opposé à Pair. Se dit Des nombres entiers qui ne sont pas composés de couples complets d'unités. Trois, cinq, sept, etc., sont des nombres impairs. Tout nombre impair, étant divisé par deux, donne l'unité pour reste. Nous sommes ici nombre impair, en nombre impair. Tout nombre est pair ou impair.
• Années impaires, Celles qui sont exprimées par un nombre impair.
• IMPAIRE féminin, se dit, en Botanique, de La foliole terminale de certaines feuilles pinnées, et s'emploie principalement dans ces locutions, Feuille ailée avec impaire, feuille ailée sans impaire.

IMPALPABLE . adj. des deux genres
• Se dit De ce qui est si ténu, si fin, si délié, qu'il ne fait aucune impression sensible au toucher. On a réduit ces perles, ce corail en poudre impalpable.

IMPANATION . s. f.
• T. dogmatique et de Théologie. Il n'est d'usage qu'en parlant De l'opinion des luthériens, qui croient que la substance du pain n'est pas détruite dans le sacrement de l'eucharistie, et que le corps de JÉSUS-CHRIST y est avec le pain. Les luthériens croient l'impanation.

IMPARDONNABLE . adj. des deux genres
• Qui ne mérite point de pardon, qui ne doit pas être pardonné. Une faute impardonnable. Un outrage, un affront impardonnable.

IMPARFAIT
, AITE. adj.
• Qui n'est pas achevé. Laisser un ouvrage imparfait. Cette construction est demeurée imparfaite.
• Il signifie aussi, À qui il manque quelque chose pour être parfait. Une guérison imparfaite. Il n'eut qu'une joie imparfaite.
• Livre imparfait, Livre imprimé où il manque quelque feuille.
• Prétérit ou passé imparfait, ou substantivement et plus ordinairement, Imparfait, Temps du verbe qui sert principalement à indiquer une action considérée comme présente par rapport à un temps passé; et qu'on emploie quelquefois aussi, dans les suppositions, par rapport à un temps présent ou même à un temps futur. L'imparfait de l'indicatif. L'imparfait du subjonctif. Je chantais est l'imparfait de l'indicatif du verbe Chanter, et je chantasse, l'imparfait du subjonctif. Dans les phrases suivantes, les mots en romain sont des verbes à l'imparfait, sont des imparfaits: Je lisais quand vous êtes arrivé. Il voulait que j'allasse avec lui. C'était un prince vertueux. Si je le pouvais, je vous aiderais. Supposons qu'il consentît à partir. Si monsieur un tel venait en mon absence, vous le feriez attendre.

IMPARFAITEMENT . adv.
• D'une manière imparfaite. Il n'est guéri qu'imparfaitement. Il n'a traité cette matière que fort imparfaitement. Je ne connais qu'imparfaitement cette affaire.

IMPARISYLLABIQUE . adj. des deux genres
• (S se prononce fortement, comme dans Syllabe.) .Gram. grecque. Se dit Des noms qui ont, au génitif singulier, une syllabe de plus qu'au nominatif. Noms imparisyllabiques. Déclinaison imparisyllabique.

IMPARTABLE . adj. des deux genres
• .Palais. Qui ne peut être partagé. Il faut liciter cet immeuble, il est impartable. Ce mot a vieilli.

IMPARTAGEABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être partagé, qui n'est pas susceptible de partage. Il est peu usité.

IMPARTIAL
, ALE. adj.
• Exempt de partialité, qui ne sacrifie point la justice ou la vérité à des préventions, à des affections, à des considérations particulières. Un juge impartial. Un historien impartial. Une impartiale équité. Juger d'une manière impartiale. On dit dans un sens analogue: Un examen impartial. Un jugement impartial.

IMPARTIALEMENT . adv.
• Sans partialité. Discuter impartialement une affaire, une cause, une question. Juger impartialement.

IMPARTIALITÉ . s. f.
• Qualité, caractère de celui qui est impartial. L'impartialité est une qualité essentielle à un juge, à un historien. Juger une opinion avec impartialité.

IMPASSE . s. f.
• Cul-de-sac, petite rue qui n'a point d'issue.

IMPASSIBILITÉ . s. f.
•Qualité de ce qui est impassible. Le don d'impassibilité. L'impassibilité des corps glorieux. Impassibilité stoïque.

IMPASSIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas susceptible de souffrance. Les corps glorieux sont impassibles.
• Se dit, par extension, De celui qui, par la force de son caractère, s'est mis au-dessus de la douleur. Ils se montrèrent impassibles au milieu des plus cruels tourments.
• Se dit aussi, figurément, De celui qui ne se laisse déterminer dans ses jugements par aucune considération particulière. Un juge impassible.

IMPASTATION . s. f.
• .Maçonnerie. Composition faite de substances broyées et mises en pâte. Le stuc est une impastation.

IMPATIEMMENT . adv.
• Avec impatience, avec inquiétude d'esprit, avec chagrin. Il supporte fort impatiemment ce revers. Il souffre impatiemment qu'on lui ait refusé justice. Il attend impatiemment.

IMPATIENCE . s. f.
• Manque de patience; sentiment d'inquiétude que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien. L'impatience dans les maux, dans les douleurs. Souffrir avec impatience la maladie, la mauvaise fortune. Il ne souffre qu'avec impatience qu'on le contredise. Attendre avec impatience. Il meurt d'impatience que cela soit achevé. Il est dans une étrange, dans une mortelle impatience de savoir ce qui lui arrivera. L'impatience le prend. Cela redouble son impatience. Donner des signes d'impatience. Témoigner de l'impatience. Faire un mouvement d'impatience. Éprouver une vive impatience. Il a une grande impatience, il est dans l'impatience de vous voir.
• Se dit quelquefois, au pluriel, de L'espèce d'irritation nerveuse que cause l'impatience. Avoir des impatiences. Cet homme parle avec une lenteur qui donne des impatiences, qui cause des impatiences à ceux qui l'écoutent. Ce sens est familier.

IMPATIENT
, ENTE. adj.
• Qui manque de patience, soit dans la souffrance de quelque mal, soit dans l'attente de quelque bien. C'est un homme fort impatient dans ses maux. Un malade impatient. Vous êtes trop impatient. Il est d'un naturel impatient. Il est impatient de son naturel. C'est un esprit impatient. Je suis fort impatient de savoir ce qui en arrivera. Il est impatient de partir, de combattre, etc.
• En Poésie, Impatient du joug, impatient du frein, etc., Qui ne peut supporter, souffrir le joug, le frein, etc.

IMPATIENTANT
, ANTE. adj.
• Qui impatiente. Rien n'est plus impatientant que d'attendre. Cette bavarde est impatientante. Les enfants mal élevés sont impatientants. Il est familier.

IMPATIENTER . v. a.
• Faire perdre patience. Il dit de si mauvaises raisons, que cela impatiente tous ceux qui l'entendent. Il m'impatiente avec sa lenteur. Vous m'impatientez par vos discours. Rien n'impatiente plus que d'attendre. Cela m'impatiente au dernier point.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Perdre patience. S'impatienter dans les maux. Ne vous impatientez pas, il va revenir.
• IMPATIENTÉ, ÉE. participe

IMPATRONISER (S') . v. pron.
• Acquérir tant de crédit, tant d'autorité dans une maison, qu'on y gouverne tout. Il s'est impatronisé dans cette maison. Il est familier, et se prend ordinairement en mauvaise part.
• IMPATRONISÉ, ÉE. participe, Il est déjà impatronisé dans la maison.

IMPAYABLE . adj. des deux genres
• Qui ne se peut trop payer. Voilà un tableau impayable, un ouvrier impayable.
• Se dit, figurément, De ce qui est extraordinaire, très-bizarre, très-plaisant. Le trait, l'aventure est impayable. Ce mot est familier.

IMPECCABILITÉ . s. f.
• .Théologie. État de celui qui est incapable de pécher. L'impeccabilité par nature n'appartient qu'à Dieu seul. Les anges confirmés en grâce et les saints dans le ciel, sont dans l'état d'impeccabilité.

IMPECCABLE . adj. des deux genres
• .Théologie. Incapable de pécher. Il n'y a que Dieu qui soit impeccable par nature. La Vierge n'a pu être impeccable que par grâce. Il n'y a point d'homme impeccable.
• Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Incapable de faillir. J'ai pu manquer, je ne suis pas impeccable.

IMPÉNÉTRABILITÉ . s. f.
• État de ce qui est impénétrable. L'impénétrabilité de la matière. L'impénétrabilité des corps.
• Se dit quelquefois figurément. L'impénétrabilité des conseils de Dieu, des secrets de la nature.

IMPÉNÉTRABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être pénétré; au travers duquel on ne peut passer, pénétrer. Une cuirasse impénétrable aux coups de mousquet. Un cuir impénétrable à l'eau. Des ombrages impénétrables aux rayons du soleil. Un bois, une forêt impénétrable.
• Se dit, particulièrement, en parlant De cette propriété qui fait que deux corps ne peuvent jamais occuper ensemble le même espace. Les corps sont impénétrables. La matière est impénétrable.
• IMPÉNÉTRABLE, se dit plus ordinairement, au figuré, De ce que l'on ne peut connaître, expliquer. Les conseils, les desseins de Dieu sont impénétrables. Il n'y a rien d'impénétrable aux yeux de Dieu. La prédestination est un abîme impénétrable. Un mystère impénétrable. C'est un homme d'un secret impénétrable.
• Se dit également D'une personne qui cache soigneusement ses opinions, ses sentiments, ses desseins. C'est un homme impénétrable. Être impénétrable dans ses desseins.

IMPÉNÉTRABLEMENT . adv.
• D'une manière impénétrable. Il est peu usité.

IMPÉNITENCE . s. f.
• État d'un homme impénitent, endurcissement dans le péché. Vivre, mourir dans l'impénitence.
• Impénitence finale, L'impénitence dans laquelle on meurt.

IMPÉNITENT
, ENTE. adj.
• Qui est endurci dans le péché, et n'a aucun regret d'avoir offensé Dieu. C'est un état déplorable que celui d'un homme impénitent. On l'emploie aussi substantivement. Un impénitent. Les impénitents.
• Mourir impénitent, se dit D'un homme qui, après avoir mené une vie scandaleuse, meurt sans donner aucune marque de repentir et de pénitence.

IMPENSES . s. f. pl.
• .Jurispr. Dépenses qu'on fait pour entretenir une maison, une terre, un héritage, ou pour les mettre en meilleur état. Rembourser les impenses et améliorations. Tenir compte des impenses.

IMPÉRATIF
, IVE. adj.
• Impérieux. Vous prenez un ton bien impératif. Il parle d'un air impératif. On ne l'emploie guère que dans le langage familier.
• En Jurispr., Loi, disposition impérative, Celle qui exprime un ordre absolu.
• IMPÉRATIF, se dit particulièrement, en Grammaire, Du mode des verbes qui exprime commandement, exhortation, défense, etc. Le mode impératif. On dit de même: Forme impérative. Phrase impérative.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif, dans le même sens. Un verbe à l'impératif. Cours est l'impératif du verbe Courir. Les formes de l'impératif. Chante, taisez-vous, recevons, sont des impératifs. Le présent de l'impératif d'un verbe grec.

IMPÉRATIVEMENT . adv.
• D'une manière impérative. La loi prescrit impérativement cela. Parler impérativement.

IMPÉRATOIRE . s. f.
• .Bot. Plante ombellifère, ainsi nommée à cause des grandes vertus qu'on attribuait à la racine de l'espèce appelée vulgairement Angélique française.

IMPÉRATRICE . s. f.
• La femme d'un empereur; ou La princesse qui, de son chef, possède un empire. L'impératrice d'Autriche. L'impératrice de Russie.

IMPERCEPTIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être aperçu. Cela est imperceptible. Émanations imperceptibles. Animalcules imperceptibles. Changement imperceptible. Des nuances presque imperceptibles.
• Se dit aussi De ce qui a rapport à d'autres sens que la vue. Une odeur si légère et si délicate, qu'elle est presque imperceptible. Le frémissement d'une cloche devient comme imperceptible sur la fin.
• Se dit pareillement Des choses que l'esprit ne peut apercevoir, qui échappent à l'attention. Les transitions sont d'autant plus heureuses dans cet ouvrage, qu'elles y sont imperceptibles.

IMPERCEPTIBLEMENT . adv.
• D'une manière imperceptible, peu à peu, insensiblement. Cela se fait imperceptiblement.

IMPERDABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne saurait perdre, dont le gain est sûr. Il ne se dit guère que dans ces locutions familières: Un procès, une cause imperdable. Une partie imperdable.

IMPERFECTION . s. f.
• État de ce qui n'est point achevé, parfait. L'état d'imperfection dans lequel cet ouvrage est resté. L'imperfection de notre nature.
• Il signifie aussi, Défaut, ce qui fait qu'une personne ou une chose n'est point parfaite. Imperfection de corps. Imperfection d'esprit. Tous les hommes sont pleins d'imperfections. On doit supporter les imperfections de ses amis. On ne découvre aucune imperfection dans ce tableau. Les imperfections qui déparent un ouvrage, un écrit. Cet auteur a beaucoup d'imperfections. Corriger une imperfection.
• IMPERFECTIONS, en Librairie, se dit de Toutes les feuilles imprimées qui ne suffisent pas pour faire un volume parfait, et que, par cette raison, on met au rebut. Ce sens a vieilli: on dit maintenant, Défets.

IMPERFORATION . s. f.
• .Médec. Vice de conformation qui consiste en ce qu'une partie qui devrait être ouverte ne l'est pas. L'imperforation est ordinairement congéniale. L'imperforation de la bouche, du vagin, etc.

IMPERFORÉ
, ÉE. adj.
• .Médec. Qui n'est pas ouvert, et qui devrait l'être. Anus imperforé. Bouche imperforée.

IMPÉRIAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à un empereur ou à un empire. Couronne impériale. Manteau impérial. Les ornements impériaux. La dignité impériale. Sa Majesté Impériale. Armée impériale. Les troupes impériales.
• Villes impériales, Les villes libres qui composaient le troisième collége du corps de l'empire d'Allemagne.
• En termes d'Armoiries, Aigle impériale, Les armes de l'empire d'Autriche, qui sont une aigle à deux têtes.
• Eau impériale, Espèce d'eau-de-vie distillée.
• Couronne impériale, ou simplement, Impériale, Espèce de fritillaire panachée qui fleurit au printemps.
• Prune impériale, ou simplement, Impériale, Espèce de grosse prune longue.
• Serge impériale, ou simplement, Impériale, Espèce de serge faite de laine fine.
• IMPÉRIAUX, au pluriel, s'emploie substantivement, pour signifier, Les troupes de l'empereur d'Allemagne. Les Impériaux campèrent sur une hauteur.
• Se dit quelquefois Des ministres de l'empereur d'Allemagne, dans une assemblée. Les impériaux proposèrent, à telle assemblée, de....

IMPÉRIALE . s. f.
• Jeu de cartes qui tient du piquet et de la triomphe, et où l'on nomme également Impériale, Une certaine séquence de cartes. Jouer à l'impériale. Jouer l'impériale. L'as, le roi, la dame et le valet de la même couleur, font une impériale. Impériale de coeur. Impériale de cartes blanches.

IMPÉRIALE . s. f.
• Le dessus d'un carrosse. L'impériale de ce carrosse est ornée de bronzes. L'impériale d'une diligence. Monter sur l'impériale. On dit, dans un sens analogue, L'impériale d'un lit, surtout en parlant Des lits à l'ancienne mode.

IMPÉRIEUSEMENT . adv.
• Avec orgueil, avec hauteur, superbement. Parler impérieusement. Traiter quelqu'un impérieusement.

IMPÉRIEUX
, EUSE. adj.
• Altier, hautain, qui commande avec orgueil. Homme impérieux. Femme impérieuse. Humeur impérieuse. Esprit impérieux. Avoir la mine impérieuse, le geste, l'air, le ton impérieux.
• Se dit quelquefois, poétiquement, Des animaux, et même Des choses. L'aigle impérieux. Les flots impérieux.
• Se dit figurément Des choses pressantes, des choses auxquelles on ne peut résister. Nécessité impérieuse. Besoin impérieux. Un instinct plus impérieux que la raison le portait à suivre cette carrière.

IMPÉRISSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne saurait périr. Les anciens philosophes soutiennent que la matière est impérissable.
• Se dit, par extension, Des choses qu'on suppose devoir durer très-longtemps. Monument impérissable. Souvenir impérissable. Gloire impérissable.

IMPÉRITIE . s. f.
• (T se prononce comme C.) Incapacité, inhabileté; ignorance de ce qu'on doit savoir dans sa profession. L'impéritie d'un chirurgien. Il fit voir une grande impéritie dans cette occasion.

IMPERMÉABILITÉ . s. f.
• .Physique. Qualité de ce qui est imperméable.

IMPERMÉABLE . adj. des deux genres
• .Physique. Se dit Des corps qui ne se laissent point traverser par certains autres corps. Le verre est perméable à la lumière, et imperméable à l'eau. Cette étoffe est imperméable à la pluie.
• Se dit absolument D'un cuir, d'une étoffe, etc., apprêtés de manière que l'eau ne saurait les traverser. Drap, cuir imperméable. Chaussure imperméable.

IMPERSONNEL
, ELLE. adj.
• .Gram. Se dit Des verbes qui sont employés à la troisième personne du singulier, sans relation à un sujet déterminé. Les verbes impersonnels proprement dits, sont ceux qui n'ont que l'infinitif et la troisième personne du singulier, tels que Falloir, pleuvoir, neiger, etc., qui font, Il faut, il pleut, il neige, etc. Certains verbes personnels deviennent quelquefois impersonnels, comme, Être, avoir, convenir, etc., dans ces phrases, Il est juste que... il y a des hommes qui... il convient de faire cela, etc. --- On dit quelquefois substantivement, Un impersonnel, les impersonnels, mais seulement en parlant Des verbes impersonnels de leur nature.
• Se dit aussi Des modes du verbe qui ne reçoivent pas d'inflexions indiquant les personnes. L'infinitif et le participe sont des modes impersonnels. Les formes impersonnelles du verbe.

IMPERSONNELLEMENT . adv.
• .Gram. D'une manière impersonnelle. Se dit en parlant Des verbes personnels qui deviennent accidentellement impersonnels. Le verbe Avoir est employé impersonnellement dans cette phrase, Il y a bien loin d'ici là; et le verbe Arriver, dans cette autre, Il arrive souvent que...

IMPERTINEMMENT . adv.
• Avec impertinence. Il lui répondit impertinemment. Il se conduisit fort impertinemment. Il en usa fort impertinemment.

IMPERTINENCE . s. f.
• Caractère d'une personne ou d'une chose impertinente. L'impertinence de cet homme est si grande, que chacun le déteste. J'admire l'impertinence de ce discours.
• Se dit aussi Des paroles et des actions qui sont contre la bienséance, ou contre le bon sens. Les grands parleurs sont sujets à dire beaucoup d'impertinences.
• Se dit également Des paroles et des actions offensantes. Il m'a fait cent impertinences. Il m'a écrit une lettre remplie d'impertinences.

IMPERTINENT
, ENTE. adj.
• Qui parle ou qui agit contre la bienséance, ou contre le bon sens. C'est l'homme du monde le plus impertinent. L'impertinent auteur?
• Il signifie également, Qui parle ou qui agit d'une manière offensante pour quelqu'un. Elle est bien impertinente d'avoir dit cela. Je vous trouve bien impertinent d'oser...
• Se dit encore Des actions, des discours contraires à la bienséance, à la raison. Un discours impertinent. Une action impertinente.
• Il signifie aussi, Offensant, insolent. Cette réponse est fort impertinente. Ton impertinent. Mine impertinente.
• En termes de Pratique, Fait, article impertinent, Fait, article qui n'a rien de commun avec la chose dont il s'agit. Il est vieux.
• IMPERTINENT, s'emploie aussi comme substantif, en parlant Des personnes. C'est un fat, un impertinent. C'est une impertinente. Quand je lui ai dit cela, l'impertinent m'a répondu que...

IMPERTURBABILITÉ . s. f.
• État de ce qui est imperturbable. L'imperturbabilité de son âme. L'imperturbabilité de sa mémoire.

IMPERTURBABLE . adj. des deux genres
• Que rien ne peut troubler, ébranler, émouvoir. Il est imperturbable dans les résolutions qu'il a prises, dans les desseins qu'il a formés. Sa mémoire est imperturbable. Il déduisit ses raisons avec un sang-froid imperturbable.

IMPERTURBABLEMENT . adv.
• D'une manière imperturbable. Savoir par coeur imperturbablement.

IMPÉTRABLE . adj. des deux genres
• .Droit. Qu'on peut impétrer. Les lettres que vous sollicitez ne sont point impétrables.
• Bénéfice impétrable, Bénéfice vacant par mort, ou qu'on peut obtenir par dévolu. Cet abbé avait commis un crime qui rendait son bénéfice vacant et impétrable. L'arrêt déclara ses bénéfices impétrables.

IMPÉTRANT
, ANTE. s.
• .Droit. Celui, celle qui a obtenu des lettres du prince, ou quelque bénéfice. L'affaire fut jugée en faveur de l'impétrant, de l'impétrante. Les lettres de l'impétrant ont été enregistrées.

IMPÉTRATION . s. f.
• .Droit. Obtention. Il ne se dit que de L'action par laquelle on obtient des lettres du prince, ou quelque bénéfice. L'impétration d'une grâce. Après l'impétration de ses lettres au grand sceau. L'impétration d'un bénéfice.

IMPÉTRER . v. a.
• .Droit. Obtenir en vertu d'une supplique, d'une requête. Impétrer des lettres du prince. Impétrer un bénéfice.
• IMPÉTRÉ, ÉE. participe

IMPÉTUEUSEMENT . adv.
• Avec impétuosité. Le vent soufflait impétueusement. Ce fleuve coule impétueusement. Parler, agir impétueusement.

IMPÉTUEUX
, EUSE. adj.
• Violent, véhément, rapide. Un vent impétueux. Torrent impétueux.
• Il signifie au figuré, Qui ne sait point se contenir, vif, bouillant, fougueux. C'est un homme impétueux, un caractère impétueux. Colère impétueuse. Il n'a que des passions impétueuses. Désirs impétueux. Ardeur impétueuse. Éloquence impétueuse.

IMPÉTUOSITÉ . s. f.
• Action, qualité de ce qui est impétueux. L'impétuosité des flots, du vent, de la tempête. L'impétuosité d'un torrent. L'impétuosité de la course d'un cheval Un oiseau qui fond avec impétuosité sur sa proie. Soutenir l'impétuosité d'une attaque. Une source qui sort avec impétuosité. Le sang sortait avec impétuosité.
• Se dit, figurément, d'Une extrême vivacité dans l'esprit, dans le caractère, dans les manières. L'impétuosité française. L'impétuosité de son humeur. Parler, agir avec impétuosité. L'impétuosité du premier mouvement.

IMPIE . adj. des deux genres
• Qui n'a point de religion, qui a du mépris pour les choses de la religion. C'est un homme impie. Un esprit impie. On le dit aussi, dans le style poétique ou soutenu, De ce qui appartient aux personnes impies. Leur bouche impie a vomi ce blasphème. Il osa porter sur eux ses mains impies.
• Se dit également De tout ce qui est contraire à la religion. Des sentiments impies. Des discours impies. Pensées impies. Paroles impies. Ouvrage impie. Actions impies. Culte impie.
• IMPIE, est aussi substantif. C'est un impie. La fin malheureuse des impies.

IMPIÉTÉ . s. f.
• Mépris pour les choses de la religion. Dieu voulut les punir de leur impiété. Il affiche l'impiété. Acte d'impiété.
• Il s'applique également Aux actions et aux discours impies. L'impiété de cette action révolte. Des discours pleins d'impiété.
• Il signifie souvent, Action, parole, sentiment contraire à la religion. Soutenir le contraire, est une impiété. Commettre des impiétés. Dire des impiétés. Cet ouvrage renferme des impiétés.

IMPITOYABLE . adj. des deux genres
• Qui est insensible à la pitié, qui est sans pitié, qui ne fait aucune grâce. C'est un homme impitoyable. Une âme, un coeur impitoyable. Juge impitoyable. Censeur, critique impitoyable. Il est impitoyable sur les fautes les plus légères.

IMPITOYABLEMENT . adv.
• D'une manière impitoyable, sans aucune pitié. On l'a traité impitoyablement. On l'a dépouillé impitoyablement. Il fut impitoyablement rançonné.

IMPLACABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être apaisé. C'est un homme implacable. Un ennemi implacable. Être implacable dans sa colère. Une colère implacable. Une haine implacable.

IMPLANTATION . s. f.
• Action d'implanter, ou de s'implanter.

IMPLANTER . v. a.
• Insérer dans, ficher, planter une chose dans une autre. En ce sens, il est peu usité.
• Il ne s'emploie ordinairement qu'avec le pronom personnel, et il se dit alors Des corps qui adhèrent spontanément à un autre corps sans en faire essentiellement partie, comme des excroissances et des boutures naturelles, des cheveux de l'homme, du poil des animaux. Les longues branches de quelques arbres retombent, et s'implantent dans la terre par leur extrémité. Le gui s'implante sur le chêne. Le lichen s'implante jusque dans les pores du rocher.
• IMPLANTÉ, ÉE. participe, Il se prend aussi adjectivement. Les poils sont implantés dans la peau.

IMPLEXE . adj. des deux genres
• Se dit Des ouvrages dramatiques où il y a reconnaissance ou péripétie, ou l'un et l'autre; et s'emploie surtout en parlant Du théâtre des anciens.

IMPLICATION . s. f.
• .Jurispr. Action d'impliquer, état d'une personne impliquée dans une affaire criminelle. L'implication dans une affaire criminelle rend incapable de posséder un bénéfice.
• Se dit aussi en termes d'École; et alors il signifie, Contradiction; mais on ne l'emploie qu'en parlant Des propositions contradictoires. Il y a de l'implication, il y a implication dans ces deux propositions.

IMPLICITE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui est contenu dans un discours, dans une clause, dans une proposition, non pas en termes clairs, exprès et formels, mais qui s'en tire naturellement par induction, par conséquence. Se dit par opposition à Explicite. Cela est contenu dans le contrat d'une manière implicite. Conditions implicites.
• Volonté implicite, Celle qui se manifeste moins par des paroles que par certaines actions, par certains faits.
• Foi implicite, Celle d'un homme qui. sans être instruit en détail de tout ce que l'Église a décidé, se soumet à tout ce qu'elle croit. Se dit, par extension, d'Une confiance absolue dans l'opinion, dans les paroles de quelqu'un. J'ai une foi implicite en tout ce qu'il dit.

IMPLICITEMENT . adv.
• T. didactique. D'une manière implicite. Cette proposition n'est dans ce livre-là qu'implicitement. Cette clause est contenue implicitement dans le contrat. Cela fut implicitement convenu.

IMPLIQUER . v. a.
• Envelopper, engager, embarrasser. Se dit en parlant De crime ou de quelque affaire fâcheuse. On a voulu l'impliquer dans ce crime. On l'a impliqué dans cette accusation. C'est une affaire dans laquelle il ne veut point être impliqué.
• Se dit aussi Des choses qui en font supposer d'autres, qui les renferment, les comprennent implicitement. L'idée d'homme implique les idées d'intelligence et de volonté. La déclaration que vous avez faite implique nécessairement que vous connaissiez cette personne.
• Cela implique contradiction, se dit Des propositions, des discours où il y a contradiction. Vous dites qu'il est sage, et vous avouez qu'il fait des folies; cela implique contradiction. Cet auteur a dit telle chose dans tel chapitre, et dans tel autre il dit que... cela n'implique-t-il pas contradiction? Cela me semble impliquer contradiction. On dit aussi absolument, surtout en termes d'École: Cela implique. Il implique de dire que... Il implique que...
• IMPLIQUÉ, ÉE. participe, Se trouver impliqué dans une affaire désagréable.

IMPLORER . v. a.
• Demander humblement et avec instance quelque secours, quelque faveur, quelque grâce. Implorer l'assistance de Dieu. Implorer le secours du ciel. Implorer la miséricorde, la grâce du Saint-Esprit. Implorer la clémence du vainqueur. Implorer la protection d'un grand prince. Implorer Dieu dans son affliction. Il l'implorait à genoux. J'implore de vous cette grâce.
• Implorer le bras séculier, Recourir à la justice séculière, à la puissance temporelle, pour faire mettre à exécution les sentences de la justice ecclésiastique.
• IMPLORÉ, ÉE. participe

IMPOLI
, IE. adj.
• Qui est sans politesse. Se dit Des personnes et des choses. Homme impoli. Manières impolies. Réponse impolie.
• S'emploie quelquefois substantivement. Vous êtes un impoli.

IMPOLIMENT . adv.
• Avec impolitesse. Il m'a répondu fort impoliment.

IMPOLITESSE . s. f.
• Manque de politesse, ignorance ou mépris des règles de la politesse. L'école du monde corrige l'impolitesse. La fierté et le manque d'éducation sont les sources ordinaires de l'impolitesse. N'êtes-vous pas choqué de son impolitesse?
• Il s'applique également Aux actions et aux paroles d'une personne impolie. L'impolitesse de ce procédé. Cette réponse est pleine d'impolitesse, est d'une impolitesse grossière.
• Il signifie aussi, Action, procédé contraire à la politesse. Il m'a fait une impolitesse. Je n'ai reçu de lui que des impolitesses.

IMPOLITIQUE . adj. des deux genres
• Qui est contraire à la bonne, à la saine politique. Cette mesure, cet acte impolitique lui aliéna tous les esprits. Conduite impolitique.

IMPOLITIQUEMENT . adv.
• D'une manière impolitique. C'est agir bien impolitiquement.

IMPONDÉRABLE . adj. des deux genres
• .Physique. Il sert à qualifier Diverses substances dont la matérialité est constatée, mais dont le poids spécifique échappe à nos déterminations, de sorte qu'on ne peut affirmer que ces substances obéissent à l'action de la pesanteur. Les principes électriques et magnétiques sont impondérables.

IMPOPULAIRE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas conforme aux désirs du peuple. Acte impopulaire. Lois impopulaires.
• Se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui déplaît au peuple, qui n'a pas l'affection du peuple. Prince impopulaire. Ministre impopulaire.

IMPOPULARITÉ . s. f.
• Défaut de popularité, défaut de l'affection du peuple. Il est tombé dans une grande impopularité.

IMPORTANCE . s. f.
• Ce qui fait qu'une chose est d'un grand intérêt, est considérable par elle-même, ou par les circonstances qui l'accompagnent, ou par les suites qu'elle peut avoir. L'importance d'une question, d'une affaire. L'affaire est d'une très-grande importance; elle est de plus d'importance qu'on ne croit. La chose n'est d'aucune importance en ce moment, mais elle peut devenir d'une extrême importance dans la suite. En toutes choses, il est d'une grande importance de bien commencer.
• Mettre, attacher de l'importance à une chose, La considérer comme ayant beaucoup d'importance. Il met, il attache de l'importance à tout ce qu'il fait. Il met de l'importance aux plus petites choses.
• IMPORTANCE, signifie aussi, Autorité, crédit, influence. Cette place lui donne beaucoup d'importance dans le monde. C'est un homme d'importance.
• Se dit en mauvaise part, et s'applique À ceux qui montrent de l'orgueil, de la vanité, qui veulent paraître plus considérables qu'ils ne le sont réellement. Faire l'homme d'importance. Prendre un ton d'importance. Il se donne des airs d'importance qui choquent tout le monde.
• D'IMPORTANCE. loc. adv. Très-fort, extrêmement. Il ne se dit guère que Des mauvais traitements. Je l'ai querellé d'importance. Nous les avons étrillés d'importance.

IMPORTANT
, ANTE. adj.
• Qui importe, qui est de conséquence, qui est considérable, d'un grand intérêt. Avis, conseil important. Service important. Dans les occasions importantes. Mot important. Parole importante. Question importante. Cette affaire est fort importante. La faute que vous avez faite est plus importante que vous ne pensez. Il est important pour la république que les méchants soient connus. Il était important pour le bien de ses affaires qu'il fît ce voyage. Cela n'est pas fort important. Il est important d'y mettre ordre au plus tôt.
• Se dit quelquefois Des personnes qui jouissent d'une certaine autorité, d'un grand crédit, d'une grande influence. C'est un homme important, un personnage important. Il a su se rendre important.
• IMPORTANT, pris substantivement, signifie, La chose importante, l'essentiel. En toute affaire, l'important est de savoir ce qu'on veut.
• Se dit aussi d'Un homme vain qui cherche à donner aux autres et qui a souvent lui-même une opinion exagérée de sa qualité, de son mérite, de son crédit. Faire l'important. C'est un important. Ce sont des importants dont il faut se moquer.

IMPORTATION . s. f.
• .Commerce. Action d'importer. L'importation de ces marchandises est prohibée. Permettre l'importation des blés étrangers. On lui doit l'importation de cette utile industrie. Brevet d'importation.
• Se dit aussi Des marchandises importées. Les importations ont été beaucoup moins considérables que les exportations.

IMPORTER . v. a.
• .Commerce. Apporter, introduire dans un pays des productions étrangères, une industrie créée à l'étranger, etc. Importer des marchandises dans un pays. Cette industrie fut importée en France par un tel.
• IMPORTÉ, ÉE. participe

IMPORTER . v. n.
• (Il n'est d'usage qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes.) Être d'importance, de conséquence. Cela ne lui importe en rien. En quoi cela peut-il lui importer? Ce sont des choses qui ne m'importent guère. Cela m'importait plus qu'à lui. Que vous importe cela? Cela m'importe beaucoup. Qu'importent ses menaces?
• Il se prend aussi comme verbe impersonnel. Il importe pour la sûreté publique, à la sûreté publique. Il lui importe beaucoup de faire ce voyage. Il m'importait que vous fussiez présent.
• S'emploie dans un grand nombre de phrases, la plupart négatives ou interrogatives, qui servent à marquer L'indifférence que l'on a ou que l'on doit avoir pour quelque chose, le peu de cas que l'on en fait ou que l'on en doit faire. Qu'importe la puissance, la gloire, si elle ne rend point heureux? Qu'importent des critiques injustes, de mauvaises plaisanteries? Il importe peu, peu importe que ce soit vous ou lui. Que ce soit eux ou vous, il n'importe, peu importe, n'importe. Que lui importe que cela soit ou ne soit pas? Qu'importe de son amour ou de sa haine? Qu'importe du beau ou du mauvais temps? N'importe qui, n'importe quoi, n'importe lequel, etc. N'importe par quel moyen. N'importe comment. Peu importe sur qui tombera le sort. J'y périrai, n'importe. Il refuse: qu'importe? Il n'est pas satisfait: que m'importe? que t'importe? que nous importe?

IMPORTUN
, UNE. adj.
• Fâcheux, incommode, qui déplaît, qui ennuie, qui fatigue par ses assiduités, par ses discours, par ses demandes, etc. Il craint de vous être importun, de se rendre importun, de devenir importun. C'est un demandeur importun, un solliciteur importun. Une foule importune de courtisans, de flatteurs. Il est importun par ses questions.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un importun. Ce sont des importuns.
• IMPORTUN, se dit également, tant au sens physique qu'au sens moral, Des choses qui deviennent incommodes par leur continuité, leur fréquence, etc. Un vent importun. Une pluie importune. Il a un babil importun. Le bruit des cloches est importun. Les cloches sont importunes. Les mouches sont importunes. Ses fréquentes visites sont importunes. Demandes importunes. Cela devient importun à la longue. La vérité lui est importune. D'importuns souvenirs. Une idée importune.

IMPORTUNÉMENT . adv.
• D'une manière importune. Il revient importunément à la charge. Presser importunément. Il est peu usité.

IMPORTUNER . v. a.
• Incommoder, fatiguer par ses assiduités, par ses demandes, par ses questions, etc. Je crains de vous importuner. Il ne faut pas importuner ses amis. On ne peut rien obtenir de lui qu'à force de l'importuner. Ils m'ont tant importuné de leurs demandes, qu'ils n'obtiendront rien. Je suis honteux de vous importuner de tant de sollicitations.
• Fig. et poétiq., Importuner les dieux, le ciel de ses prières, de ses voeux, Implorer souvent et mal à propos la Divinité.
• IMPORTUNER, se dit également, tant au sens physique qu'au sens moral, Des choses qui incommodent, qui lassent, qui causent de l'ennui. Ses fréquentes visites m'importunent. Un bruit qui importune. Ces cloches importunent. Ce souvenir l'importunait. Il est de si mauvaise humeur, que tout l'importune. Elle est importunée de leurs hommages. Il est importuné de demandes, de visites.
• IMPORTUNÉ, ÉE. participe

IMPORTUNITÉ . s. f.
• Action d'importuner. Grande importunité. Importunité continuelle. Obtenir quelque chose par importunité, à force d'importunité, d'importunités. Essuyer des importunités. Il est d'une importunité sans égale. Il fallut céder à l'importunité de leurs demandes.

IMPOSABLE . adj. des deux genres
• Qui doit, qui peut être imposé; qui est sujet aux impositions, aux droits.

IMPOSANT
, ANTE. adj.
• Qui impose, qui est propre à s'attirer de l'attention des égards, du respect. Un ton imposant. Une gravité imposante. Une figure imposante. Regard, aspect imposant. Attitude imposante. C'est un homme imposant. Assemblée imposante.
• Se dit aussi Des choses qui élèvent l'âme et qui la remplissent d'une admiration mêlée de respect. Un spectacle imposant. Un édifice dont l'architecture est imposante. Une cérémonie imposante.
• Force imposante, forces imposantes, Forces militaires considérables. Ce prince mit sur pied des forces imposantes.

IMPOSER . v. a.
• Mettre dessus. En ce sens, il ne se dit guère au propre que dans cette phrase, Imposer les mains. L'évêque impose les mains en donnant la prêtrise. Les apôtres donnaient le Saint-Esprit en imposant les mains.
• Fig., Imposer un nom, Donner un nom, donner une dénomination. Il est dit dans l'Écriture qu'Adam imposa des noms à tous les animaux. Imposer le nom à une ville nouvellement bâtie.
• IMPOSER, signifie aussi, figurément, Charger quelqu'un d'une chose incommode, pénible ou difficile; prescrire, infliger. En lui donnant cette commission, on lui a imposé une tâche difficile à remplir. Imposer un joug insupportable. Imposer des conditions très-dures. Le vainqueur impose la loi aux vaincus. Imposer une servitude au propriétaire d'un héritage. Le devoir si doux que vous impose la nature. Le sacrifice que lui impose la raison. Cela vous impose de grandes obligations. S'imposer une tâche. C'est s'imposer une grande gêne. Imposer des peines. Imposer une pénitence. S'imposer une peine, une pénitence.
• Imposer silence, Ordonner qu'on se taise, faire qu'on se taise.
• Fig., Imposer silence aux passions, Les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme, qu'elles ne l'agitent.
• Fig., Imposer silence aux médisants, à la calomnie, au mensonge, etc., Les réduire au silence, faire que les médisances, que les calomnies, etc., ne trouvent plus de crédit, et que ceux qui les répandent soient par là forcés de se taire.
• IMPOSER, se dit particulièrement en parlant Des tributs dont on charge les peuples, des droits, des contributions que le gouvernement exige des particuliers dans l'intérêt commun. Imposer un tribut sur une province conquise. Il leur imposa un tribut annuel de tant. Imposer des droits sur tout ce qui entre dans un royaume, et sur tout ce qui en sort. Imposer de nouvelles contributions, de nouvelles charges. Imposer un pays, une commune. Une loi autorise ce département à s'imposer extraordinairement deux centimes additionnels. On dit dans le même sens, Imposer quelqu'un à tant; et avec le pronom personnel régime direct, S'imposer. Autoriser un département à s'imposer extraordinairement.
• Il signifie quelquefois, Faire une espèce de violence à quelqu'un pour qu'il accueille une personne, pour qu'il accepte une chose. Il voulait nous imposer ses créatures. Je ne prétends pas vous imposer mon opinion.
• Imposer du respect, Imposer du respect. La présence du général imposa du respect aux mutins. Sa figure impose le respect.
• Absol., Imposer, Inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte. Sa présence m'impose. C'est un homme dont la présence impose. Il impose par la fierté de son regard, par son aspect majestueux. Notre fière contenance imposa aux ennemis. Ces bravades ne peuvent imposer qu'aux âmes faibles.
• En imposer, a été pris souvent dans le sens précédent; mais il signifie plus exactement, Tromper, abuser, surprendre, en faire accroire. Vous voulez en imposer à vos juges, à vos auditeurs. Vous nous en imposez. Ne le croyez pas, il en impose. Il m'en avait imposé par son air de douceur. Il ne faut pas que ses manières doucereuses vous en imposent, c'est un homme au fond très-malin.
• IMPOSER, signifie aussi, Imputer à tort. On lui a imposé un crime dont il est innocent. Ce sens a vieilli.
• IMPOSER, en termes d'Imprimerie, Ranger, disposer les pages qui doivent composer une forme, de telle sorte qu'elles se trouvent dans l'ordre convenable sur la feuille imprimée et pliée. Ces pages sont composées, il faut les imposer. Imposer une feuille.
• IMPOSÉ, ÉE. participe, Le tribut imposé. Être imposé à tant. Pénitence, peine imposée. Tâche imposée. Devoir imposé.

IMPOSITION . s. f.
•Action d'imposer. Il n'est d'usage au propre que dans cette phrase, L'imposition des mains. Les apôtres ont fait plusieurs miracles par l'imposition des mains. Les fidèles reçoivent le Saint-Esprit par l'imposition des mains. Les prêtres se font par l'imposition des mains.
• Se dit, figurément, en parlant Des noms qu'on donne. La première imposition des noms a été faite par Adam.
• Se dit aussi, figurément, de L'action d'imposer quelque chose de pénible, d'onéreux, comme une peine, un tribut, un droit, des contributions. L'imposition d'une peine, d'une pénitence. L'imposition des droits d'octroi. Faire l'imposition de la contribution foncière. L'imposition d'un nouveau droit. L'imposition d'un nouveau subside. L'imposition d'un tribut.
• S'emploie souvent absolument; et alors il signifie, Droit, contribution imposée sur les choses ou sur les personnes. Imposition nouvelle. Imposition modérée. Imposition excessive. Lever les impositions. Faire payer les impositions. Receveur des impositions.
• IMPOSITION, en termes d'Imprimerie, Action ou manière d'imposer les pages d'une forme. Faire l'imposition d'une forme. L'imposition de l'in-octavo est très-facile. Les divers genres d'impositions.

IMPOSSIBILITÉ . s. f.
• Défaut de possibilité. Il y a de l'impossibilité à cela. Il est de toute impossibilité de faire ce que vous désirez. Il est de toute impossibilité que cela soit. Mettre quelqu'un dans l'impossibilité de faire une chose. Cela est impossible, de toute impossibilité. Impossibilité absolue. Impossibilité relative.
• Impossibilité métaphysique, se dit De ce qui implique contradiction. Il y a impossibilité métaphysique qu'une chose soit et ne soit pas, qu'un cercle soit carré.
• Impossibilité physique, se dit D'une chose qui est impossible selon l'ordre de la nature. Il y a impossibilité physique qu'un fleuve remonte vers sa source.
• Impossibilité morale, se dit D'une chose qui est vraisemblablement impossible. Il y a impossibilité morale qu'un homme de bien fasse une mauvaise action.

IMPOSSIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être, qui ne se peut faire. Le mouvement perpétuel, la quadrature du cercle, etc., sont des problèmes dont la solution est regardée comme impossible. Il n'y a rien d'impossible à Dieu. Cela est moralement impossible, physiquement impossible. Il m'est impossible, tout à fait impossible de vous satisfaire. Il est impossible qu'il soit mort. L'exécution d'une telle entreprise est impossible.
• Se dit quelquefois par extension, et seulement pour signifier, Qui est très-difficile. Il lui est impossible de rester longtemps chez lui.
• Il est quelquefois substantif. Je ne puis pas faire l'impossible. C'est entreprendre, c'est tenter l'impossible.
• Par exagérat., Je ferais l'impossible pour vous, pour lui, etc., Il n'y a rien que je ne fisse pour vous obliger, etc.
• Réduire quelqu'un à l'impossible, En exiger ce qu'il ne peut faire; ou, en termes de Logique, Le réduire à ne pouvoir répondre sans tomber en contradiction.
• Prov., À l'impossible nul n'est tenu.
• Fig. et fam., Gagner l'impossible, perdre l'impossible, etc., Gagner beaucoup, perdre beaucoup, etc.
• PAR IMPOSSIBLE, Formule dont on se sert, dans le discours, lorsqu'on suppose une chose qu'on sait bien être impossible. Si, par impossible, on redevenait jeune.

IMPOSTE . s. f.
• T. d'Archit. La dernière pierre du pied-droit d'une porte ou d'une arcade, faisant saillie sur les autres pierres, ayant ordinairement quelques moulures, et sur laquelle on pose la première pierre qui commence à former le cintre de la porte, de l'arcade. Cette imposte a trop de saillie.

IMPOSTEUR .s.m.
• Il signifie en général, Celui qui en impose, qui trompe. C'est le plus grand imposteur qui fut jamais.
• Se dit en particulier d'Un calomniateur qui impute faussement à quelqu'un quelque chose de préjudiciable et d'odieux. C'est un lâche, un vil imposteur. On ne saurait trop punir les imposteurs.
• Se dit aussi de Celui qui invente, qui débite une fausse doctrine pour séduire les hommes, pour faire secte. Cet imposteur eut de nombreux partisans. Mahomet était un habile imposteur.
• Se dit encore de Celui qui tâche de tromper, soit par de fausses apparences de piété, de sagesse, de probité, soit en voulant se faire passer pour un autre homme qu'il n'est. Il veut passer pour un homme de bien, pour un grand dévot, mais ce n'est qu'un imposteur. Démasquer les imposteurs. Ce prétendu fils de roi n'était qu'un imposteur.
• Il est quelquefois adjectif. Un éloge imposteur. Des oracles imposteurs.

IMPOSTURE . s. f.
• Action de tromper, d'en imposer. Grossière imposture. On découvrit bientôt l'imposture. Par cette habile imposture, il s'empara des esprits.
• Il signifie particulièrement, Calomnie, ce que l'on impute faussement à quelqu'un dans le dessein de lui nuire. Imposture manifeste, horrible. Réfuter une imposture. Il est aisé de détruire cette imposture.
• Il signifie aussi, Hypocrisie, déguisement, tromperie dans ses moeurs, dans sa conduite. Toute sa vie n'a été qu'une imposture continuelle. Démasquer l'imposture. L'imposture des faux Démétrius.
• Se dit figurément, en parlant Des choses qui font illusion, qui causent des illusions. Il est difficile de se défendre de l'imposture des sens. Les arts séduisent par une imposture agréable.

IMPÔT .s.m.
• Charge publique, droit imposé sur certaines choses. Impôt territorial. Impôt foncier. Impôt sur les personnes. Nouvel impôt sur les vins, sur les fers, etc. Asseoir les impôts. Lever, percevoir les impôts. Prélever un impôt. Augmenter les impôts. Diminuer les impôts. Établir un nouvel impôt. Mettre un impôt sur quelque chose.
• Se dit absolument, en Législation, Des impôts en général, et de La manière de les établir. Le vote de l'impôt. L'assiette de l'impôt. La théorie de l'impôt.
• Se dit quelquefois, figurément, de Ce que l'on paye pour des besoins imaginaires, pour des plaisirs. Les dépenses que font faire la vanité, la débauche, sont le plus lourd de tous les impôts. Le luxe est un impôt que la vanité paye à l'industrie.

IMPOTENCE . s. f.
• .Médec. État de celui qui est impotent.

IMPOTENT
, ENTE. adj.
• Estropié, qui est privé de l'usage d'un bras, d'une jambe, etc., soit par vice de nature, soit par accident. La goutte l'a rendu impotent. Il est impotent d'un bras. Elle est impotente. On dit de même, Un bras impotent, une jambe impotente, etc.
• S'emploie aussi substantivement. Un impotent.

IMPRATICABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut se faire, s'exécuter. Ce que vous me proposez est tout à fait impraticable. Ce projet est beau, mais il est impraticable dans l'état où sont les choses.
• Se dit aussi Des lieux où l'on ne peut passer, où l'on ne passe qu'avec beaucoup de difficulté. Les chemins sont impraticables. Rendre un passage impraticable. Des marais impraticables.
• Se dit encore D'une maison, d'un appartement, d'une chambre qui a des inconvénients tels, qu'on ne peut l'habiter. Cet appartement bas est impraticable pendant l'hiver. La fumée rend cette chambre impraticable.
• Se dit figurément pour Insociable, très-difficile à vivre. Cette personne est impraticable. Être d'un caractère, d'un esprit, d'une humeur impraticable.

IMPRÉCATION . s. f.
• Malédiction, souhait qu'on fait contre quelqu'un. Quelle horrible imprécation! Faire des imprécations, vomir des imprécations contre quelqu'un, le charger d'imprécations, de mille imprécations. Il nous en assura avec mille serments et mille imprécations, en faisant mille imprécations contre lui-même.
• Se dit particulièrement, en Rhétorique, de Cette figure par laquelle on souhaite des malheurs à celui dont on parle ou à qui l'on parle.

IMPRÉGNER . v. a.
• Se dit en parlant D'un corps solide ou fluide dans lequel pénètrent et se répandent les particules d'une substance. Imprégner une liqueur de sels, de parties ferrugineuses. Imprégner une étoffe d'une matière colorante. Vos habits sont imprégnés de cette odeur.
• S'emploie quelquefois figurément, en parlant Des opinions, des principes, etc., inculqués dans l'esprit. Dès sa jeunesse, il a été imprégné de ces doctrines.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, tant au propre qu'au figuré. Les balles de coton s'imprègnent quelquefois de miasmes pestilentiels. Les préjugés dont leur esprit s'était imprégné.
• IMPRÉGNÉ, ÉE. participe, Une eau imprégnée de parties ferrugineuses. Une terre imprégnée de nitre.

IMPRENABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être pris. Il ne se dit qu'en parlant De villes et de places de guerre. Il n'y a guère de places imprenables. Ce fort avait toujours passé pour imprenable.
• Il signifie quelquefois, Très-difficile à prendre. Ce poste, cette place est imprenable.

IMPRESCRIPTIBILITÉ . s. f.
• .Droit. Qualité de ce qui est imprescriptible. L'imprescriptibilité de son droit.

IMPRESCRIPTIBLE . adj. des deux genres
• .Droit. Qui n'est pas susceptible de prescription. Droits imprescriptibles.
• S'emploie quelquefois dans le langage ordinaire. Les droits de la nature sont imprescriptibles.

IMPRESSES . adj.
• Voy. INTENTIONNELLES.

IMPRESSION . s. f.
• Action par laquelle une chose appliquée sur une autre y laisse une empreinte, des traits, etc.; ou Le résultat de cette action. L'impression d'un corps sur un autre corps. L'impression d'un cachet sur de la cire. L'impression d'un sceau. Ses pas étaient si légers, que le sable en recevait à peine l'impression.
• En termes d'Anat., Impressions digitales, Légères dépressions qu'on observe à la face interne des os du crâne, et qu'on dirait faites par l'impression des doigts.
• IMPRESSION, se dit particulièrement de L'action ou de la manière de tirer des empreintes d'une surface où il y a des creux ou des saillies propres à se charger d'une couleur qui, par compression, se reporte sur une autre surface. On obtient les épreuves d'une gravure, d'une lithographie au moyen de l'impression. L'impression de cette étoffe a été manquée.
• Se dit encore, plus particulièrement, de L'action d'imprimer un livre, etc., ou Du résultat de cette action. Diriger, surveiller l'impression d'un ouvrage. Livrer, envoyer un mémoire à l'impression. Soigner l'impression d'un livre. Demander l'impression d'un rapport. L'impression du discours fut votée à l'unanimité. L'impression sera bientôt terminée. Publier un mémoire par la voie de l'impression. Frais d'impression. Belle impression. Vilaine impression. Impression correcte. Impression fautive.
• Se dit quelquefois dans le sens d'Édition. Les anciennes impressions sont aujourd'hui fort recherchées.
• IMPRESSION, se dit aussi de L'effet que l'action d'une chose quelconque produit sur un corps. Il est sensible aux moindres impressions de l'air, aux moindres impressions du changement de temps. L'impression que les objets font sur nos sens, que les couleurs font sur la vue. Les impressions de la douleur, du plaisir.
• Se dit, quelquefois, de Ce qui reste de l'action qu'une chose a exercée sur un corps. L'alambic laisse toujours une impression de feu dans les eaux distillées. Il n'a plus de fièvre, mais il lui reste encore une légère impression de chaleur. Cette colique m'a laissé quelque impression de douleur.
• IMPRESSION, se dit figurément de L'effet qu'une cause quelconque produit dans le coeur ou dans l'esprit. Cet événement fit une telle impression, une si forte impression sur lui, qu'il s'en rappelait jusqu'aux moindres circonstances. Les premières impressions sont ordinairement les plus durables. Affaiblir, détruire, effacer l'impression qu'une personne a reçue de quelque chose. Éprouver une impression désagréable. La peine, le châtiment, les caresses ne font aucune impression sur ces âmes-là. Pensez-vous que ce discours ait fait impression, grande impression sur son esprit? On a voulu me donner de mauvaises impressions de vous, de votre conduite. Je ne prends pas si facilement ces impressions-là. Il a laissé une mauvaise impression de lui dans toute la province. La vue de ce monument a fait sur moi une grande impression.
• IMPRESSION, en termes de Peinture, signifie, La couleur qui se met sur la toile ou sur un panneau, soit à l'huile, soit en détrempe, et qui sert de première couche à l'ouvrage.
• Peinture d'impression, La peinture à couches plates que font les peintres en bâtiments.

IMPRÉVOYANCE . s. f.
• Défaut de prévoyance. L'imprévoyance des jeunes gens. Une coupable imprévoyance.

IMPRÉVOYANT
, ANTE. adj.
• Qui manque de prévoyance. Cet homme était imprévoyant. La jeunesse est imprévoyante.

IMPRÉVU
, UE. adj.
• Qu'on n'a pas prévu, et qui arrive lorsqu'on y pense le moins. Un accident imprévu. Une chose imprévue. Retour imprévu. Mort imprévue.

IMPRIMER . v. a.
• Faire ou laisser une empreinte sur quelque chose, y marquer des traits, une figure. Imprimer un sceau sur de la cire. Le balancier imprime mieux les figures et les caractères sur la monnaie, que le marteau. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Leurs pas s'imprimaient sur la neige.
• Se dit particulièrement de L'impression, à l'encre noire ou en couleur, qui se fait par l'application et la pression d'une surface sur une autre. Imprimer en taille-douce. Imprimer en taille de bois. Imprimer des lithographies. Imprimer des toiles, des indiennes, etc.
• Il signifie encore plus particulièrement, Marquer, empreindre des lettres sur du papier ou sur quelque autre chose semblable, avec des caractères fondus ou gravés, que l'on a chargés d'encre; et, par extension, Faire tous les travaux nécessaires pour la confection d'un livre, etc. Imprimer nettement. Imprimer sur papier fin, sur vélin. Cette feuille est bien imprimée. Imprimer un livre, un mémoire, une circulaire, une affiche. Faire imprimer un ouvrage. On imprime correctement chez cet imprimeur. Permis d'imprimer. Imprimer in-folio, in-quarto, in-octavo, etc. Ce journal s'imprime chez un tel.
• Se dit également dans le sens de Faire imprimer, publier par la voie de l'impression. Il n'a encore rien imprimé. Il n'a pas encore imprimé. Il a imprimé que... Non-seulement il a dit cela, mais il l'a imprimé.
• Se faire imprimer, Mettre au jour quelque ouvrage. Mon travail est fini, je me fais imprimer.
• IMPRIMER, s'emploie aussi figurément. Il imprime à tous ses ouvrages un cachet original. Cette cérémonie leur imprime un caractère sacré. Cette action imprime à sa mémoire une honte éternelle.
• Se dit particulièrement Des sentiments, des images, etc., qui font impression dans l'esprit, dans la mémoire, dans le coeur. Ce spectacle lui imprima une grande terreur. Il faut imprimer de bonne heure la crainte de Dieu, les sentiments de la vertu dans le coeur des jeunes gens. La présence du souverain imprime du respect. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Les images, les représentations des objets s'impriment dans l'imagination. Ce qu'on apprend lorsqu'on est jeune, s'imprime mieux dans l'esprit, dans la mémoire.
• IMPRIMER, se dit aussi en parlant Du mouvement, de la vitesse, etc., qu'un corps communique à un autre corps. Le mouvement, la force, la vitesse qu'un corps imprime à un autre.
• S'emploie quelquefois figurément, dans un sens analogue. Cette découverte imprimait aux idées une direction nouvelle.
• IMPRIMER, signifie, en Peinture, Donner à une toile ou à un panneau la préparation nécessaire pour y peindre un tableau.
• Il signifie aussi, parmi les Peintres en bâtiments, Enduire d'une ou de plusieurs couches de couleur des ouvrages de serrurerie, de menuiserie, etc.
• IMPRIMÉ, ÉE. participe, Copie imprimée. Circulaire imprimée. Un livre imprimé en gros caractères.
• Se dit quelquefois substantivement, en parlant de Petites brochures ou de feuilles volantes. Il court un imprimé. Distribuer des imprimés.

IMPRIMERIE . s. f.
• L'art d'imprimer des livres, etc. L'imprimerie est l'invention la plus féconde en grands résultats. On ne sait pas bien qui a été l'inventeur de l'imprimerie. Depuis l'invention de l'imprimerie.
• Se dit aussi, collectivement, Des caractères, des presses, et de tout ce qui sert à l'impression des ouvrages. Acheter une imprimerie. Les ustensiles, le matériel d'une imprimerie. Une imprimerie portative.
• Se dit encore d'Un établissement ou l'on imprime des livres, etc. Entrer dans une imprimerie. Aller à l'imprimerie royale. Les ouvriers, le prote d'une imprimerie.
• Imprimerie en taille-douce, imprimerie lithographique, Établissement, lieu où l'on imprime des gravures en taille-douce, des lithographies.

IMPRIMEUR .s.m.
• Celui qui fait imprimer des livres, etc., par des ouvriers qu'il paye et qu'il dirige. Imprimeur du rot. Imprimeur de l'Institut. Envoyer une feuille à l'imprimeur. Brevet d'imprimeur. Un ouvrage publié sans nom d'auteur ni d'imprimeur. Maître imprimeur. Imprimeur-libraire. Un bon, un habile imprimeur. Un imprimeur célèbre.
• Imprimeur en taille-douce, imprimeur lithographe, Celui qui a un établissement dans lequel on imprime des gravures, des lithographies.
• IMPRIMEUR, se dit aussi de L'ouvrier qui travaille à la presse, qui tire les feuilles d'un ouvrage, ou des gravures, des lithographies, etc. Il y a vingt imprimeurs dans cette imprimerie. Une presse est ordinairement servie par deux imprimeurs. Compagnon imprimeur.
• Se dit quelquefois, par extension, de Tout ouvrier qui travaille dans une imprimerie.

IMPROBABLE . adj. des deux genres
• Qui n'a point de probabilité. Rien ne me paraît plus improbable que cette assertion.

IMPROBATEUR
, TRICE. adj.
• Qui désapprouve, qui marque improbation. Geste improbateur. Coup d'oeil improbateur.
• Il se prend aussi substantivement. C'est un improbateur décidé de tout ce que font les autres.

IMPROBATION . s. f.
• Action d'improuver. Se taire quand on entend louer un ouvrage, est une marque d'improbation. Manifester son improbation. Murmure d'improbation.

IMPROBITÉ . s. f.
• Défaut de probité, mépris de la justice et de l'honnêteté. Il ne trompera plus personne, son improbité est maintenant reconnue. Il y a de l'improbité à se conduire ainsi.

IMPRODUCTIF
, IVE. adj.
• Qui ne produit point, qui ne rapporte point. Des capitaux improductifs. Une terre improductive.

IMPROMPTU .s.m.
• T. emprunté du latin. Ce qui se fait sur-le-champ, sans avoir été prémédité, préparé. Il ne nous attendait pas, le dîner qu'il nous donna était un impromptu. Ce concert était un impromptu. On l'emploie souvent comme adjectif. Un dîner, un bal, un concert impromptu.
• Se dit particulièrement d'Une épigramme, d'un madrigal, ou d'une autre petite pièce de poésie faite sur-le-champ. Un joli, un agréable impromptu. Personne ne fait mieux que lui des impromptu. Il fait des impromptu sur tout. Des vers impromptu. Quelques-uns lui donnent un s au pluriel. Faire des impromptus.
• Un impromptu fait à loisir, se dit, par plaisanterie, d'Une petite pièce de poésie, d'un bon mot, etc., qui a été préparé d'avance, et que l'auteur donne comme fait, comme trouvé sur-le-champ.

IMPROPRE . adj. des deux genres
• Qui ne convient pas, qui n'est pas juste, exact. Il ne se dit guère qu'en parlant Du langage. Ce terme est impropre. Il s'est servi d'un mot impropre, d'une expression impropre.

IMPROPREMENT . adv.
• D'une manière qui ne convient pas, qui n'est pas juste, exacte. Il ne se dit qu'en parlant Du langage. C'est parler improprement que de s'exprimer ainsi.

IMPROPRIÉTÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est impropre. Il ne se dit qu'en parlant Du langage. L'impropriété de ses expressions rend son style obscur.

IMPROUVER . v. a.
• Désapprouver, blâmer. Tout le monde improuve sa conduite. Improuver hautement ce que fait une personne.
• IMPROUVÉ, ÉE. participe

IMPROVISATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui improvise, qui a le talent d'improviser. Célèbre improvisateur. Grande improvisatrice.

IMPROVISATION . s. f.
• Action d'improviser des vers, un discours, de la musique. S'habituer à l'improvisation.
• Se dit également Des vers, du discours, de la musique qu'on improvise. Cette brillante improvisation fut couverte d'applaudissements. Improvisation musicale.

IMPROVISER . v. n.
• Faire, sans préparation et sur-le-champ, des vers sur une matière donnée. Les Italiens improvisent beaucoup. Il improvise avec une étonnante facilité.
• Se dit pareillement D'un musicien qui compose et exécute sur-le-champ un morceau de musique. Improviser sur le piano.
• Il signifie également, Parler d'abondance. Cet orateur n'improvise jamais, tous ses discours sont écrits d'avance.
• S'emploie aussi comme verbe actif, et se dit alors en parlant De toute chose faite sans préparation et sur-le-champ. Improviser des vers, un discours. Improviser des variations sur un air, sur un thème, sur un motif donné. À peine ose-t-il improviser quelques phrases. Improviser une fête, un bal, un concert, etc. Quand il ne s'applique point à Des vers, à un discours ou à de la musique, il est ordinairement familier.
• IMPROVISÉ, ÉE. participe, Chanson improvisée. Discours improvisé. Variations improvisées. Fête improvisée.

IMPROVISTE
(À L'). loc. adv.
• Subitement, lorsqu'on y pense le moins. Nous étions à table, il est survenu à l'improviste.

IMPRUDEMMENT . adv.
• Avec imprudence. Il avait agi fort imprudemment en cette rencontre. Parler imprudemment. Répondre imprudemment.

IMPRUDENCE . s. f.
• Défaut, manque de prudence. Cet homme est d'une grande imprudence. Il l'a fait par imprudence. Il s'est conduit en cela avec une grande imprudence, avec une extrême imprudence. Il y a bien de l'imprudence à se conduire ainsi. Il y aurait de l'imprudence à le mécontenter. Il y a eu un peu d'imprudence. Un moment d'imprudence peut tout perdre. Quelle imprudence!
• Il signifie aussi, Action contraire à la prudence. Il a commis une grande imprudence, une légère imprudence. Il a fait souvent des imprudences.

IMPRUDENT
, ENTE. adj.
• Qui manque de prudence. C'est un homme fort imprudent. Elle a été bien imprudente de se confier à lui.
• Se dit aussi Des actions et des discours. Tenir une conduite imprudente. Discours imprudent. Faire une action imprudente. Zèle imprudent.

IMPUBÈRE . adj. des deux genres
• .Droit romain. Se dit De celui ou celle qui n'a pas encore atteint l'âge de puberté. Il est impubère. Elle est encore impubère. L'homme est impubère jusqu'à quatorze ans, la femme jusqu'à douze ans.
• S'emploie aussi substantivement. Les impubères ne peuvent tester.

IMPUDEMMENT . adv.
• Effrontément, avec impudence. Parler impudemment. Répondre impudemment. Quoique déshonoré, il se montre impudemment partout. Mentir impudemment.

IMPUDENCE . s. f.
• Effronterie, manque de pudeur. Il a l'impudence de soutenir une chose qu'il sait être fausse. Il a eu l'impudence de nier sa signature. Quelle impudence! Cela est de la dernière impudence.
• Se dit aussi Des actions et des paroles impudentes. Il mérite d'être châtié pour ses impudences.

IMPUDENT
, ENTE. adj.
• Insolent, effronté, qui n'a point de pudeur. Homme impudent. Fille impudente. C'est une impudente créature. C'est un impudent menteur.
• Se dit aussi Des actions et des paroles qui blessent la pudeur, ou qui sont trop libres, trop hardies. Action impudente. Discours impudent. Proposition impudente.
• S'emploie quelquefois substantivement; et alors il ne se dit que Des personnes. C'est un impudent, un grand impudent.

IMPUDEUR . s. f.
• Défaut, manque de pudeur. Il a tenu des discours pleins d'impudeur. Il y a de l'impudeur dans son geste, dans son attitude.
• Il signifie aussi, Défaut, manque de cette honnête retenue que doit imposer à tout homme le sentiment de sa dignité personnelle. Gorgés de biens, ils osent, avec impudeur, solliciter de nouveaux dons.

IMPUDICITÉ . s. f.
• Vice contraire à la chasteté. Être plongé dans l'impudicité. L'impudicité l'a conduit à cet état avilissant. L'impudicité perd le corps et l'âme.
• Se dit quelquefois Des actions impudiques. Les révoltantes impudicités de Néron.

IMPUDIQUE . adj. des deux genres
• Qui fait des actions contraires à la chasteté. Une femme impudique est la honte de sa famille.
• Se dit aussi De tout ce qui blesse la chasteté dans les actions ou dans les discours. Désirs impudiques. Regards, gestes impudiques. Posture impudique. Paroles impudiques. Chansons impudiques.
• Il est quelquefois substantif, et alors il ne se dit que Des personnes. C'est un impudique.

IMPUDIQUEMENT . adv.
• D'une manière impudique.

IMPUGNER . v. a.
• Attaquer, combattre une proposition, un point de doctrine, un droit. Je n'oserais impugner l'opinion d'un si grand philosophe. Impugner un acte, un titre. Il est vieux.
• IMPUGNÉ, ÉE. participe

IMPUISSANCE . s. f.
• Manque de pouvoir, de moyens pour faire quelque chose. Je suis dans l'impuissance de vous servir. Il est dans l'impuissance de payer ses dettes. Mon zèle vous est inutile par l'impuissance où je suis de vous rendre service. Mettre quelqu'un dans l'impuissance d'agir. Le gouvernement se trouva dès lors comme frappé d'impuissance.
• Se dit plus particulièrement de L'incapacité d'avoir des enfants, causée ou par un vice de conformation, ou par quelque accident. On ne l'emploie qu'en parlant D'un homme. L'impuissance ne peut être alléguée pour désavouer un enfant.

IMPUISSANT
, ANTE. adj.
• Qui a peu ou point de pouvoir. Ses ennemis sont faibles et impuissants.
• Se dit plus ordinairement en parlant Des choses, et signifie, Incapable de produire aucun effet. Une haine impuissante. Une colère impuissante. Faire des efforts impuissants.
• IMPUISSANT, se dit particulièrement De celui qui, par vice de conformation ou par quelque faiblesse naturelle ou accidentelle, est incapable d'engendrer. Cet homme est impuissant.
• Il est aussi substantif, dans cette dernière acception. C'est un impuissant. Épouser un impuissant.

IMPULSIF
, IVE. adj.
• Qui agit par impulsion. Force impulsive.

IMPULSION . s. f.
• Action de pousser; mouvement ou tendance à se mouvoir qu'un corps donne à un autre par le choc. La plus légère impulsion suffit pour mettre cette machine en mouvement. Force d'impulsion. Un corps qui résiste à l'impulsion d'un autre. Une boule qui conserve longtemps l'impulsion qu'elle a reçue d'une autre.
• Se dit figurément, au sens moral, de L'action d'exciter, d'encourager, de pousser quelqu'un à faire une chose. Il agit ainsi par l'impulsion d'un tel. Obéir, céder aux impulsions d'une volonté étrangère. Suivre l'impulsion de son coeur. Les esprits reçurent une impulsion nouvelle. Cette première découverte donna l'impulsion. Une impulsion irrésistible.

IMPUNÉMENT . adv.
• Avec impunité, sans subir aucune punition. Voler impunément. Commettre impunément des crimes. C'est un homme qu'on n'offense point impunément. On ne m'attaquerait pas impunément.
• Il s'applique souvent À des actions qui ne sont ni des crimes, ni des fautes, mais desquelles il peut résulter quelque préjudice, quelque désagrément ou inconvénient pour celui qui les fait. Cet homme est d'une santé délicate, il ne saurait faire impunément le moindre excès, Il ne peut faire le moindre excès sans en être incommodé.

IMPUNI
, IE. adj.
• Qui demeure sans punition. Il est principalement d'usage en parlant Des offenses, des fautes, des crimes. Cette faute ne demeurera pas impunie. Dieu ne laisse point les crimes impunis. Cette action est trop noire pour demeurer impunie.
• Se dit quelquefois aussi Des personnes. Le coupable ne restera pas impuni.

IMPUNITÉ . s. f.
• Manque de punition, exemption d'une peine méritée. L'impunité enhardit au crime. Les coupables puissants se flattent de l'impunité. Ils sont assurés de l'impunité. Faire le mal avec impunité.

IMPUR
, URE. adj.
• Qui n'est pas pur, qui est altéré ou corrompu par quelque mélange, qui est souillé. Séparer les métaux de ce qu'ils ont d'impur. Ce qu'il y avait d'impur est demeuré au fond. Des eaux impures.
• Fig., Être né d'un sang impur, Être né de parents flétris, connus pour de malhonnêtes gens. On dit dans un sens analogue, Une race impure.
• IMPUR, signifie aussi, figurément, Impudique. Dans ce sens, il ne se dit guère Des personnes. Des pensées impures. Une vie impure. Des moeurs impures. Des amours impures.

IMPURETÉ . s. f.
• Ce qu'il y a dans une chose d'impur, de grossier et d'étranger, qui l'altère ou la gâte. L'impureté de l'air cause plusieurs maladies. L'impureté des métaux se corrige par le feu. Il faut filtrer les liqueurs pour en ôter toutes les impuretés. L'impureté des humeurs.
• Impureté légale, La souillure que l'on contractait en faisant certaines choses défendues par la loi des Juifs.
• IMPURETÉ, se prend, figurément, pour Impudicité. Vivre dans l'impureté: Être plongé dans l'impureté. C'est un monstre d'impureté. Le péché d'impureté. Le démon de l'impureté.
• Se dit également, au pluriel, pour Obscénités. Ce livre est rempli d'impuretés.

IMPUTABLE . adj. des deux genres
• Qui peut, qui doit être attribué à. Ces abus ne sont imputables qu'à la mauvaise administration du pays.
• Se dit aussi, en termes de Finances et de Jurisprudence, D'une somme, d'une valeur qui doit être imputée sur une autre. Cette somme est imputable sur telle autre. Les avantages qu'un père fait à ses enfants sont imputables sur la quotité disponible.

IMPUTATION . s. f.
• Action d'attribuer à quelqu'un une chose digne de blâme. Se dit surtout Des accusations faites sans preuve. Il s'est justifié des imputations dont ses ennemis l'avaient chargé. Voilà une imputation faite bien légèrement. Imputation fausse, calomnieuse. Cette imputation n'est pas fondée.
• IMPUTATION, en termes de Finances et de Jurisprudence, signifie, Compensation d'une somme avec une autre; déduction d'une somme, d'une valeur sur une autre. L'imputation des sommes payées pour intérêt d'un capital qui n'en doit point produire, se fait sur le capital même. Un débiteur de plusieurs dettes peut, lorsqu'il fait un payement partiel, en déterminer lui-même l'imputation. Faire, sur la quotité disponible, l'imputation d'un avancement d'hoirie.
• IMPUTATION, en termes de Théologie, se dit de L'application des mérites de JÉSUS-CHRIST. Les protestants prétendent que nous ne sommes justifiés que par l'imputation des mérites de JÉSUS-CHRIST.

IMPUTER . v. a.
• Attribuer à quelqu'un une chose digne de blâme. On lui impute une mauvaise action. On lui impute d'avoir voulu corrompre des témoins. On lui impute que, loin d'avoir cherché à calmer les esprits, il les a encore plus irrités. Ne m'imputez pas cette faute. Il ne m'en faut rien imputer. On vous impute un ouvrage anonyme. Les deux partis s'imputaient réciproquement les malheurs publics. Vous ne pouvez l'imputer qu'à vous-même. On ne doit imputer cela qu'au hasard.
• Imputer à crime, à faute, à blâme, à déshonneur, Trouver, dans une action qui paraît indifférente ou même louable, de quoi blâmer celui qui l'a faite, et lui en faire un reproche, un crime.
• Imputer à négligence, à oubli, etc., Attribuer à négligence, à oubli, etc.
• IMPUTER, en termes de Finances et de Jurisprudence, signifie, Appliquer un payement à une certaine dette; déduire une somme, une valeur sur une autre, l'en rabattre. Les payements que fait un débiteur doivent être imputés sur les dettes qui lui sont le plus à charge. L'avancement d'hoirie doit être imputé, doit s'imputer sur la quotité disponible.
• IMPUTER, en termes de Théologie, se dit en parlant De l'application des mérites de JÉSUS-CHRIST. Les mérites de JÉSUS-CHRIST nous sont imputés.
• IMPUTÉ, ÉE. participe

IN
• Particule qui entre, avec deux sens différents, dans la composition de beaucoup de mots: 1° comme In en latin, elle signifie Dans; 2° comme In et Non en latin, et comme l'A privatif en grec, elle emporte une idée négative ou privative.
• Elle a le premier sens dans les mots Imbu, incorporer, induire, importer, etc.
• Elle conserve ce même sens, avec la prononciation latine ou italienne, dans plusieurs expressions empruntées du latin et de l'italien, comme In manus, In naturalibus, In pace, In reatu, In statu quo, In petto, etc. Voyez MANUS (IN), NATURALIBUS (IN), PACE (IN), REATU (IN), ETC.
• On dit, en termes d'Imprimerie et de Librairie, In-folio, in-quarto, in-octavo, in-douze, in-seize, in-dix-huit, etc., pour dire que La feuille de papier est pliée en deux, en quatre, en douze, etc.; et, dans ces expressions, In prend le son nasal; mais il le perd dans In-octavo, qui se dit de La feuille pliée en huit: on prononce I-noctavo, à cause de la voyelle initiale du second mot.
• Dans un très-grand nombre de mots français, la particule In donne au mot composé un sens contraire à celui du mot simple. Elle est alors négative ou privative: Docile, indocile; patient, impatient; habile, inhabile; supportable, insupportable; etc.
• On trouvera dans le Dictionnaire les mots ainsi composés que l'usage a autorisés. Il y en a beaucoup d'autres que des écrivains ont faits et employés, mais qui ne sont pas généralement admis.
• Dans les mots composés dont le simple commence par L, M, ou R, l'I garde le son qui lui est propre, et l'n s'assimile à la consonne dont elle est suivie: Illettré, illimité; immédiat, immortel; irréligieux, irrévérence.
• Quand le simple commence par une des labiales B ou P, l'n se change en m, et l'on prononce Èn, avec le son nasal: Imbu, importer (Ènbu, ènporter).
• Partout ailleurs, In reste tel qu'il est; et il prend toujours le son nasal devant les consonnes, à moins que le simple ne commence par N: Inattendu, inutile (prononcez, I-nattendu, i-nutile); Indocile, injuste (prononcez, Èn-docile, èn-juste); Inné,innombrable (prononcez, I-nné, i-nombrable). Par exception, on dit, Ignoble, ignominie, ignare, ignorer, etc., au lieu de Innoble, ingnare, etc.

INABORDABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut aborder. Cette partie de la côte est inabordable.
• Se dit quelquefois, par extension, D'un endroit dont on ne peut approcher. Les bureaux de la comédie sont inabordables, tant la foule est grande.
• Se dit, figurément, D'une personne de difficile accès. Ce ministre est inabordable. Dans ces deux derniers sens, il est familier.

INACCEPTABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut, qu'on ne doit pas accepter. Une telle offre est inacceptable.

INACCESSIBLE . adj. des deux genres
• Dont on ne peut approcher, dont l'accès est impossible. Un château inaccessible. Un rocher inaccessible. Une plage inaccessible.
• Se dit figurément, au sens moral. La connaissance des causes premières est inaccessible à l'esprit humain. Les hauteurs inaccessibles de la science.
• Se dit aussi, figurément, Des personnes auprès de qui on ne peut trouver d'accès, à qui il est très-difficile de parler. Depuis qu'il est en place, il est devenu inaccessible.
• Se dit encore, figurément, D'une personne qui n'est point touchée de certaines choses, qui n'éprouve point certains mouvements de l'âme, certaines passions. Il est inaccessible aux prières, aux sollicitations. Il reste inaccessible à la flatterie. Être inaccessible à la peur, à l'amour, à la pitié, etc.

INACCOMMODABLE . adj. des deux genres
• Qui ne se peut accommoder. C'est une querelle inaccommodable. Ils ont poussé l'affaire si loin, qu'elle est devenue inaccommodable. Il est peu usité.

INACCORDABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut mettre d'accord. Des caractères inaccordables.
• Il signifie aussi, Qu'on ne peut accorder, octroyer. Cette demande est inaccordable.

INACCOSTABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut accoster. C'est un homme inaccostable. Il est familier et peu usité.

INACCOUTUMÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a pas coutume de se faire, d'arriver. Sentir des mouvements inaccoutumés qui présagent une maladie. Des cérémonies inaccoutumées. Des honneurs inaccoutumés.

INACHEVÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a point été achevé. Un ouvrage qui reste inachevé. Une oeuvre inachevée.

INACTIF
, IVE. adj.
• Qui n'a point d'activité. C'est l'homme du monde le plus inactif. Rester inactif.

INACTION . s. f.
• Cessation de toute action. Être dans l'inaction. Des troupes qui restent dans l'inaction. Tirer une personne de son inaction.

INACTIVITÉ . s. f.
• Manque, défaut d'activité. Son inactivité m'impatiente.

INADMISSIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui ne peut être admis. L'inadmissibilité d'une preuve. Après avoir établi l'inadmissibilité de ce premier moyen, il ajouta...

INADMISSIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est point recevable, qui ne saurait être admis. Ses moyens ont été trouvés inadmissibles. Cette preuve est inadmissible. Cette proposition, cette demande est inadmissible. La cour a déclaré le pourvoi inadmissible.

INADVERTANCE . s. f.
• Défaut d'attention à quelque chose. Il a fait cela par inadvertance. C'est pure inadvertance.
• Se dit aussi d'Une action, d'une faute que l'on fait par inadvertance. C'est une inadvertance. Pardonnez-lui ses inadvertances. Commettre des inadvertances.

INALIÉNABILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est inaliénable. L'inaliénabilité du domaine de la couronne.

INALIÉNABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut s'aliéner. Le domaine de la couronne est inaliénable. Les biens dotaux sont inaliénables.

INALLIABLE . adj. des deux genres
• Il ne s'emploie guère qu'en parlant Des métaux qui ne peuvent s'allier l'un avec l'autre. Ces deux métaux sont inalliables.
• S'emploie quelquefois figurément. Les intérêts de Dieu et ceux du monde sont inalliables.

INALTÉRABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être altéré. On prétend que l'or est inaltérable.
• S'emploie figurément, surtout au sens moral. Il supporte les maux de la vie avec une tranquillité inaltérable. Il est d'une gaieté, d'une douceur inaltérable. Comptez sur mon inaltérable amitié. Les élus jouissent d'un bonheur inaltérable.

INAMISSIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est inamissible. Il ne s'emploie que dans cette locution du langage théologique, L'inamissibilité de la justice.

INAMISSIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne se peut perdre. Il ne s'emploie que dans cette locution du langage théologique, Grâce inamissible.

INAMOVIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est inamovible. L'inamovibilité d'un emploi.

INAMOVIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être ôté d'un poste, qui ne peut être destitué de sa place arbitrairement. En France, les juges sont inamovibles. Magistrat inamovible.
• Se dit également Des emplois à vie. Emploi, dignité, magistrature inamovible.

INANIMÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point animé, ou qui a cessé de l'être. Créatures inanimées. Corps inanimé. Ce n'est plus qu'un corps froid et inanimé.
• Se dit au figuré De ce qui manque de mouvement, de vivacité, d'expression. C'est une personne inanimée. Une figure inanimée. Un chant inanimé.

INANITÉ . s. f.
• Le vide d'une chose. Il ne s'emploie que figurément, en parlant Des choses vaines, inutiles. L'inanité des choses terrestres.

INANITION . s. f.
• Faiblesse, manque de force causé par défaut de nourriture. Il ne mange point, il mourra d'inanition. Il tombe d'inanition.

INAPERCEVABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être aperçu. Il est peu usité.

INAPERÇU
, UE. adj.
• Qui n'est point aperçu. Le hasard n'est que l'effet de causes inaperçues. Des effets presque inaperçus.

INAPPÉTENCE . s. f.
• .Médec. Défaut d'appétit, de goût pour les aliments. La plupart des maladies sont accompagnées d'inappétence, causent de l'inappétence.

INAPPLICABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être appliqué. Cet exemple est inapplicable au fait dont il s'agit.

INAPPLICATION . s. f.
• Inattention; défaut, manque d'application. Il est d'une inapplication que rien ne peut corriger. Son inapplication est cause qu'il ne fera jamais rien.

INAPPLIQUÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a point d'application, d'attention. Un homme inappliqué. C'est un esprit inappliqué. Les esprits inappliqués ne réussissent en rien, à rien.

INAPPRÉCIABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être apprécié, déterminé. Quantité inappréciable. Ces deux objets se ressemblent tellement, que la différence en est presque inappréciable.
• Se dit aussi De ce qui est d'un grand prix, de ce qu'on ne saurait trop apprécier, estimer. Ce tableau est inappréciable, est d'une valeur inappréciable. Talent, mérite inappréciable. Il obtint la faveur inappréciable de...

INAPTITUDE . s. f.
• Défaut d'aptitude à quelque chose. Son inaptitude l'exclut de tout emploi.

INARTICULÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point articulé, ou qui ne l'est qu'imparfaitement. Cet enfant ne forme encore que des sons inarticulés. Quelques mots inarticulés s'échappaient de sa bouche.

INATTAQUABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut attaquer. Un poste inattaquable.
• S'emploie aussi figurément. Un droit, un titre inattaquable.

INATTENDU
, UE. adj.
• Qu'on n'attendait pas, qu'on n'avait pas lieu d'attendre. Visite inattendue. Malheur inattendu. Disgrâce inattendue.

INATTENTIF
, IVE. adj.
• Qui n'a point d'attention. Un enfant inattentif. Un esprit inattentif. Vous êtes bien inattentif.

INATTENTION . s. f.
• Défaut d'attention. Il a fait cette faute par inattention. C'est pure inattention.

INAUGURAL
, ALE. adj.
• Qui a rapport à l'inauguration. Fête, cérémonie inaugurale. Discours inaugural. Harangue inaugurale.
• Discours inaugural, se dit aussi Du discours qu'un professeur prononce lorsqu'il prend possession de sa chaire.

INAUGURATION . s. f.
• Cérémonie religieuse qui se pratique au sacre, au couronnement des souverains. L'inauguration d'un empereur. On dit plus ordinairement, Sacre ou Couronnement.
• Il signifie, par extension, Consécration, dédicace. L'inauguration d'un temple, d'un monument. L'inauguration d'une statue. C'est un tel qui a prononcé le discours d'inauguration.
• Discours d'inauguration, se dit aussi Du discours inaugural d'un professeur. Ce professeur a fait son discours d'inauguration.

INAUGURER . v. a.
• Faire l'inauguration d'un temple, d'un monument, d'une statue, etc. Inaugurer un temple. On a inauguré la statue de ce prince.
• INAUGURÉ, ÉE. participe

INCAGUER . v. a.
• Défier quelqu'un, le braver, en lui témoignant beaucoup de mépris. Il me menace, mais je le défie de me rien faire; je l'incague. Ce mot familier a vieilli.
• INCAGUÉ, ÉE. participe

INCALCULABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut se calculer. Le nombre des étoiles est incalculable.
• Se dit, par extension, pour Très-nombreux, ou très-considérable, très-grave. Les maux qu'entraîne la guerre sont incalculables. C'est une perte incalculable.

INCAMÉRATION . s. f.
• .Chancellerie de la cour de Rome. Union de quelque terre au domaine de la chambre ecclésiastique.

INCAMÉRER . v. a.
• .Chancellerie de la cour de Rome. Unir quelque terre au domaine de la chambre ecclésiastique. Cette terre ne peut plus se vendre, elle est incamérée.
• INCAMÉRÉ, ÉE. participe

INCANDESCENCE . s. f.
• État d'un corps qui est échauffé et pénétré de feu jusqu'à devenir blanc. Barre de fer échauffée jusqu'à l'incandescence. Ce métal est dans l'état d'incandescence.

INCANDESCENT
, ENTE. adj.
• Qui est en incandescence. Une masse de fer incandescente.

INCANTATION . s. f.
• Action de faire des enchantements pour opérer un charme, un sortilége; cérémonies, pratiques des prétendus magiciens.

INCAPABLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas capable, qui n'est pas en état de faire une chose. Il est incapable de se tenir debout, de marcher, de courir. Cet enfant, ce cheval est incapable de porter un si grand fardeau.
• Il signifie particulièrement, Qui n'a pas la capacité, le talent, l'aptitude nécessaire pour certaines choses. Il est absolument incapable d'exercer son emploi. Il est incapable d'application.
• Se dit quelquefois, absolument, D'une personne qui est sans capacité, malhabile. C'est un homme incapable, tout à fait incapable. C'est l'homme du monde le plus incapable.
• Il signifie aussi, Qui est dans une disposition, dans une situation qui ne lui permet pas certaines choses. Sa mauvaise santé le rend incapable de toute attention. Dans ses accès de colère, il est incapable de raison.
• Se dit également, dans un sens favorable, en parlant D'un homme tellement fortifié dans une bonne habitude, qu'il ne peut rien faire qui y soit contraire. C'est un homme incapable de manquer à sa parole. Il est incapable d'une mauvaise action. Il est incapable de bassesse, de lâcheté. Il en est incapable.
• INCAPABLE, se dit, en Jurisprudence, De celui que la loi prive de certains droits ou qu'elle exclut de certaines fonctions. Un mineur est incapable de disposer de son bien entre-vifs. On l'a déclaré incapable de remplir aucune fonction publique. Être incapable de tutelle et de curatelle. En ce sens, on l'emploie quelquefois absolument et substantivement. Toute disposition au profit d'un incapable est nulle.
• INCAPABLE, se dit en outre De ce qui n'a pas les qualités et les conditions nécessaires pour quelque chose. Son estomac est incapable de digérer les aliments les plus légers. Une terre incapable de rien produire. Cet arbre est incapable de porter de bon fruit.

INCAPACITÉ . s. f.
• Défaut de capacité. On ne le dit qu'en parlant Des personnes. Il a laissé voir toute son incapacité. Complète incapacité. Il est d'une telle incapacité, qu'on ne peut l'employer à rien.
• Se dit, en Jurisprudence, de L'état d'une personne que la loi prive de certains droits. Incapacité légale. Être frappé d'incapacité. Opposer à quelqu'un son incapacité.

INCARCÉRATION . s. f.
• .Jurispr. Action d'incarcérer, ou État de celui qui est incarcéré. Ordonner l'incarcération d'une personne. Être en état d'incarcération. Son incarcération dura dix jours.

INCARCÉRER . v. a.
• .Jurispr. Mettre en prison. Faire incarcérer son débiteur.
• INCARCÉRÉ, ÉE. participe

INCARNADIN
, INE. adj.
• Se dit D'une couleur plus faible que l'incarnat ordinaire. Du ruban incarnadin. Moire incarnadine. Il y a des anémones qu'on appelle incarnadines.
• Il est aussi substantif, au masculin. Incarnadin d'Espagne. Ce ruban est d'un très-bel incarnadin.

INCARNAT
, ATE. adj.
• Espèce de couleur entre le couleur de cerise et le couleur de rose. Du satin, du velours incarnat. Avoir les lèvres incarnates.
• Il est aussi substantif, au masculin. Voilà de bel incarnat. L'incarnat de son teint.

INCARNATION . s. f.
• Action de la Divinité qui s'incarne, ou Le résultat de cette action. L'incarnation de JÉSUS-CHRIST. L'incarnation du Fils de Dieu. La mythologie indienne raconte les prétendues incarnations de Vichnou.
• Se dit absolument de L'incarnation de JÉSUS-CHRIST. Le mystère de l'Incarnation.

INCARNER (S') . v. pron.
• Se dit De la Divinité qui prend un corps de chair, qui se fait homme. C'est la seconde personne de la Trinité qui a voulu s'incarner. Selon les Indiens, leur dieu Vichnou s'est plusieurs fois incarné.
• INCARNÉ, ÉE. participe, Le Verbe incarné.
• Fig. et fam., C'est un diable incarné, un démon incarné, se dit D'une personne très-méchante.
• INCARNÉ, se joint adjectivement À certains noms abstraits pour exprimer que la qualité, le défaut, le vice qu'ils désignent domine chez une personne. C'est la vertu, la prudence incarnée. C'est la malice incarnée que cet homme-là. Ces façons de parler sont familières.

INCARTADE . s. f.
• Espèce d'insulte qu'une personne fait brusquement et inconsidérément à une autre. Étrange incartade. Il lui a fait une incartade fort mal à propos. C'est une incartade bien extravagante.
• Se dit encore, surtout au pluriel, Des extravagances, des folies que fait une personne. Il a fait mille incartades. Il fait chaque jour de nouvelles incartades. Je ne m'attendais pas à cette nouvelle incartade.

INCENDIAIRE . s. des deux genres
• Auteur volontaire d'un incendie. Les incendiaires sont punis de mort.
• Il signifie au figuré, Séditieux; et alors il peut s'employer comme adjectif. C'est un écrivain incendiaire. C'est un incendiaire.
• Se dit également Des choses, mais toujours adjectivement. Un propos, un discours, un écrit incendiaire.

INCENDIE .s.m.
• Grand embrasement. Un horrible, un vaste incendie. L'incendie d'une maison, d'un temple, d'un palais, d'une ville. L'incendie d'une forêt. L'incendie a tout dévoré. On ignore la cause de cet incendie. L'auteur d'un incendie. Cette partie de l'édifice fut détruite par un incendie, fut la proie d'un incendie. Éteindre, apaiser, arrêter l'incendie.
• Se dit, figurément, Des troubles que les factions excitent dans un État, des grandes guerres, etc. Il s'efforça vainement d'éteindre l'incendie allumé par le fanatisme. Leur politique sut prévenir l'incendie qui était près d'éclater.
• Prov., au propre et au figuré, Il ne faut qu'une étincelle pour allumer un grand incendie.

INCENDIER . v. a.
• Brûler, consumer par le feu. Il ne se dit que D'un grand embrasement. Il incendia lui-même sa maison. L'ennemi incendia tous les villages qui se trouvèrent sur sa route. Incendier une forêt. Cette ville a été incendiée.
• INCENDIÉ, ÉE. participe, Maison incendiée.
• Se dit substantivement Des personnes dont l'habitation a été brûlée. On fit, dans ce village, une quête pour les incendiés. Le gouvernement accorda des secours aux incendiés.

INCERTAIN
, AINE. adj.
• Douteux, qui n'est pas assuré. Le succès en est fort incertain. Rien n'est plus incertain. La victoire fut longtemps incertaine. L'avenir est incertain. Chances incertaines. Nouvelle incertaine.
• Il signifie aussi, Variable, mal assuré. Le temps est bien incertain. La faveur des rois est incertaine.
• Il signifie encore, Qui n'est pas fixé, qui n'est pas déterminé. L'heure de la mort est incertaine. À une époque incertaine. On prend quelquefois un nombre certain pour en désigner un incertain.
• Se dit aussi Des personnes, et sert à exprimer, tantôt L'incertitude qui ne dépend pas de nous: Je suis incertain de ce qui doit m'arriver; tantôt L'irrésolution: Je suis in certain de ce que je dois faire.
• INCERTAIN, se dit quelquefois substantivement de Ce qui est douteux, peu certain. Quitter le certain pour l'incertain.

INCERTAINEMENT . adv.
• Avec doute et incertitude. Il ne faut pas assurer les choses quand on ne les sait qu'incertainement. On n'en peut parler qu'incertainement. Il est peu usité.

INCERTITUDE . s. f.
• État d'une personne irrésolue sur ce qu'elle doit faire, ou incertaine de ce qui doit arriver. Il est dans l'incertitude du parti qu'il doit prendre. L'incertitude où nous sommes de ce qui doit arriver, nous empêche de prendre les mesures convenables. L'incertitude où l'on est du succès, tient les esprits en suspens.
• Il s'applique également Au caractère, à l'esprit, aux opinions d'une personne irrésolue. L'incertitude de son caractère. L'incertitude habituelle de ses opinions.
• Se dit aussi De tout ce qui est susceptible de doute. L'incertitude des jugements humains. L'incertitude des doctrines philosophiques. Il y a beaucoup d'incertitude dans la médecine, dans l'histoire.
• L'incertitude du temps, L'état incertain du temps.

INCESSAMMENT . adv.
• Sans délai, au plus tôt. Dans ce sens, il ne s'emploie que par rapport au temps futur. Le roi a ordonné à son ambassadeur de partir incessamment. Il doit arriver incessamment. On l'attend incessamment.
• Il signifie plus ordinairement, Continuellement, sans cesse. Il travaille incessamment.

INCESSIBLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Qui ne peut être cédé. Les droits et priviléges personnels sont incessibles.

INCESTE .s.m.
• Conjonction illicite entre les personnes qui sont parentes ou alliées au degré prohibé par les lois. Commettre un inceste avec sa soeur.
• Inceste spirituel, Conjonction illicite entre les personnes alliées par une affinité spirituelle, comme entre le parrain et la filleule. Se dit également d'Un commerce criminel entre le confesseur et sa pénitente.
• INCESTE, s'est dit aussi d'Une personne coupable d'inceste. Autrefois les incestes étaient punis de mort. Dans ce sens, on l'a quelquefois employé comme adjectif, surtout en poésie.

INCESTUEUSEMENT . adv.
• Avec inceste, dans l'inceste. Vivre incestueusement.

INCESTUEUX
, EUSE. adj.
• Coupable d'inceste. Un homme incestueux. Une femme incestueuse. On dit de même, surtout en poésie: Des mains incestueuses. Un oeil incestueux. Des regards incestueux. Etc.
• Se dit aussi Des choses où il y a inceste. Amour, commerce incestueux. Mariage incestueux. Union incestueuse.
• Se dit quelquefois substantivement, en parlant Des personnes. C'est un incestueux.

INCHOATIF
, IVE. adj.
• (On prononce Inkoatif.) .Gram. Qui commence. Se dit Des verbes qui expriment le commencement d'une action. Suivant quelques grammairiens, Vieillir, s'endormir, verdir, sont des verbes inchoatifs, ou substantivement, sont des inchoatifs.

INCIDEMMENT . adv.
• Par incident, ou Par occasion. Il s'est constitué incidemment demandeur. On n'a traité cette question qu'incidemment. Il en a parlé incidemment dans son histoire.

INCIDENCE . s. f.
• .Géom. La rencontre d'une ligne ou d'une surface avec une autre ligne ou une autre surface. Il s'applique spécialement à La rencontre des corps par les rayons lumineux: alors Le point où la rencontre a lieu est appelé Point d'incidence; et l'on nomme Angle d'incidence, L'angle formé par le rayon incident avec la surface rencontrée.

INCIDENT .s.m.
• Événement qui survient dans le cours d'une entreprise, d'une affaire. Toutes ses mesures furent rompues par un incident imprévu. Comme il continuait son voyage, il survint un incident qui l'obligea à revenir. Un heureux incident le tira d'affaire. Un incident a rompu la partie que nous avions faite.
• Se dit aussi en parlant D'un poëme dramatique, d'un roman, etc., et signifie, Un événement plus ou moins important qui survient dans le cours de l'action principale. Une pièce de théâtre trop chargée d'incidents. Cet incident est bien amené. Cet incident manque de vraisemblance. Des incidents habilement ménagés.
• Il signifie aussi, en matière de procès, Une difficulté, une contestation accessoire qui naît, qui survient pendant l'instruction de la cause principale. Il arriva, il survint, on fit naître un incident durant le procès. Faire juger l'incident. On videra cet incident avec le principal. Multiplier les incidents. L'incident fut réglé sommairement.
• Se dit également, dans le langage ordinaire, Des mauvaises difficultés qu'une personne élève dans une dispute, au jeu, etc. Au lieu de répondre à la question, il élève des incidents. C'est un mauvais joueur, il fait à tout coup des incidents.

INCIDENT
, ENTE. adj.
• Se dit De certains cas qui surviennent dans les affaires, et s'emploie principalement dans le style de Pratique. Une demande incidente. Une requête incidente. Une question, une contestation incidente.
• En Gram., Proposition, phrase incidente, Celle qui est insérée dans une proposition principale dont elle fait partie. Dans cette phrase, Dieu, qui est juste, rendra à chacun selon ses oeuvres; les mots qui est juste forment une proposition, une phrase incidente.
• INCIDENT, en termes d'Optique, sert pour qualifier Les rayons lumineux dans l'acte de leur rencontre avec les surfaces des corps. Rayon incident.

INCIDENTAIRE .s.m.
• Celui qui forme des incidents, chicaneur. Il est peu usité.

INCIDENTER . v. n.
• .Procéd. Faire naître, élever un incident, des incidents dans le cours d'un procès. Il éloigne le jugement du procès, à force d'incidenter.
• Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Chicaner, faire des objections peu importantes, élever de mauvaises difficultés. On pourrait incidenter sur ce récit. Il incidente sur tout. Au lieu de répondre à la question, il ne fait qu'incidenter. C'est un mauvais joueur, il incidente à tout moment.

INCINÉRATION . s. f.
• .Chimie. Action de réduire en cendres, ou État de ce qui est réduit en cendres.

INCINÉRER . v. a.
• .Chimie. Réduire en cendres.
• INCINÉRÉ, ÉE. participe

INCIRCONCIS
, ISE. adj.
• Qui n'est point circoncis. Le mâle incirconcis, dit l'Écriture, sera retranché du milieu du peuple. Nation incirconcise.
• Il se disait également, chez les Juifs, de Ceux qui n'étaient pas de leur nation; et, en ce sens, il est ordinairement substantif. Les incirconcis.
• Se dit figurément, dans le style de l'Écriture, pour Immortifié. Incirconcis de lèvres. Incirconcis de coeur. Incirconcis d'oreilles.

INCIRCONCISION . s. f.
• État de celui qui est incirconcis. Il ne se dit qu'au figuré. L'incirconcision du coeur.

INCISE . s. f.
• .Gram. Petite phrase qui forme un sens partiel, et qui entre dans le sens total de la période ou d'un membre de la période. Cette période est embarrassée de trop d'incises.

INCISER . v. a.
• Faire une fente avec quelque chose de tranchant. Se dit principalement De cette opération de chirurgie qui consiste à faire des taillades sur la chair. Le chirurgien lui a incisé le bras. Il a fallu lui inciser la paume de la main.
• Se dit aussi Des taillades qu'on fait à des arbres en certaines occasions. Inciser l'écorce d'un arbre, pour le greffer. Inciser un pin, pour en tirer la résine.
• INCISER, s'est dit autrefois, en Médecine, pour Dissoudre, diviser, en parlant Du suc gastrique et de certains médicaments. Les physiologistes modernes nient que le suc gastrique ait la propriété d'inciser les aliments. Remèdes propres à inciser les humeurs.
• INCISÉ, ÉE. participe, Se dit adjectivement, en Botanique, Des parties dont le limbe ou les bords sont divisés comme avec un instrument tranchant.

INCISIF
, IVE. adj.
• .Médec. Il se disait autrefois Des remèdes que l'on croyait propres à diviser, à atténuer les humeurs grossières. Remèdes incisifs. On l'employait souvent comme substantif, au masculin. Les incisifs.
• En termes d'Anat., Dents incisives, ou substantivement, Incisives, Les dents de devant, qui sont faites pour couper les aliments. Muscles incisifs, ou substantivement, Incisifs, Les muscles de la lèvre supérieure.

INCISION . s. f.
• Fente, taillade, ouverture faite avec un instrument tranchant. Faire une incision dans les chairs. Faire une incision au bras, à la cuisse. Faire une incision à l'écorce d'un arbre, pour le greffer.
• En Chirur., Incision cruciale, Double incision dont les taillades se croisent.

INCITANT
, ANTE. adj.
• .Médec. Qui donne du ton. Remèdes incitants. On l'emploie aussi comme substantif, au masculin. Les incitants.

INCITATION . s. f.
• Instigation, impulsion. Incitation au crime, à la débauche. Incitation à la vertu. Il n'eût pas fait cela de lui-même; il a cédé à l'incitation d'autrui.
• Se dit, en Médecine, de L'action de donner du ton aux organes.

INCITER . v. a.
• Pousser, déterminer, induire à faire quelque chose. Inciter à bien faire. Inciter au mal. Les bons exemples incitent à la vertu. Inciter les peuples à la révolte.
• INCITÉ, ÉE. participe

INCIVIL
, ILE. adj.
• Qui manque de civilité. Un homme incivil. Une personne incivile.
• Se dit également Des manières, des actions, des paroles, etc., qui sont contraires à la politesse, à la bienséance. Des manières inciviles. Un procédé fort incivil. Cette réponse est bien incivile. Demande incivile.
• En Jurispr., Clause incivile, Clause faite contre la disposition des lois civiles. Cette locution a vieilli.

INCIVILEMENT . adv.
• D'une manière incivile. Entrer incivilement dans une compagnie. Parler incivilement. Traiter quelqu'un incivilement.

INCIVILITÉ . s. f.
• Manque de civilité. Son incivilité choque tout le monde. Il y a de l'incivilité à répondre ainsi. Une incivilité marquée.
• Il signifie aussi, Action ou parole contraire à la civilité. Faire une incivilité. Il a commis une grande incivilité. Il m'a fait toutes sortes d'incivilités.

INCIVIQUE . adj. des deux genres
• Qui n'est point civique. Il ne se dit que Des choses. Une conduite, une proposition incivique.

INCIVISME .s.m.
• Défaut de civisme. Acte d'incivisme.

INCLÉMENCE . s. f.
• Rigueur. Il ne s'emploie guère au propre que dans cette phrase poétique, L'inclémence des dieux.
• Se dit plus ordinairement au figuré, en parlant Du temps, de la saison. L'inclémence de l'air. L'inclémence du temps. L'inclémence de la saison.

INCLÉMENT
, ENTE. adj.
• Qui n'a pas de clémence, rigoureux. Des dieux incléments. Il ne s'emploie guère qu'en poésie.
• Fig., Un ciel inclément, se dit d'Un temps ou d'un climat rigoureux. Sous un ciel inclément.

INCLINAISON . s. f.
• Dans le langage ordinaire, il exprime spécialement L'obliquité des lignes droites ou des surfaces planes sur le plan de l'horizon. L'inclinaison du terrain facilite l'écoulement des eaux. L'inclinaison de ce mur est très-sensible. Une légère inclinaison.
• INCLINAISON, dans les Sciences mathématiques, s'emploie généralement pour exprimer La relation d'obliquité. L'inclinaison de deux plans l'un sur l'autre. Angle d'inclinaison. L'inclinaison de l'axe de la terre sur l'écliptique.

INCLINANT . adj. m.
• .Gnomonique. Se dit Des cadrans solaires tracés sur un plan qui n'est pas perpendiculaire à l'horizon, mais qui incline du côté du midi. On les appelle aussi Inclinés.

INCLINATION . s. f.
• Action de pencher. Dans ce sens, il ne se dit guère que de L'action de pencher la tête ou le corps en signe d'acquiescement ou de respect. Il fit une légère inclination de tête. Faire une profonde inclination devant le saint sacrement.
• En Chimie, Verser par inclination, Verser quelque liqueur en penchant doucement le vaisseau.
• INCLINATION, signifie figurément, Disposition et pente naturelle à quelque chose; et, dans ce sens, on ne l'applique ordinairement qu'aux personnes. Inclinations naturelles, vertueuses, vicieuses, basses. De bonnes, de nobles, de mauvaises inclinations. Gêner, combattre les inclinations d'une personne. Il a les mêmes inclinations que son père. Inclination au bien, à la vertu, au jeu, à la débauche. Inclination pour les beaux-arts, pour les lettres. Avoir de l'inclination pour les armes. Avoir de l'inclination à bien faire, à mal faire, à médire. Il faut quelquefois forcer son inclination. Faire une chose contre son inclination, contre sa propre inclination.
• Il se prend aussi pour Affection, amour. Avoir, se sentir de l'inclination pour quelqu'un. Il a beaucoup d'inclination pour elle. Mariage d'inclination. On dit familièrement, dans un sens analogue: Avoir une inclination. Changer d'inclination. Une inclination contrariée. N'aurait-il pas quelque secrète inclination?
• Se dit encore, familièrement, de La personne qu'on aime. Cette demoiselle est l'inclination d'un tel, est son inclination.
• Au pluriel, Boire aux inclinations de quelqu'un, Boire à la personne qu'il aime.
• INCLINATION, se dit aussi de La chose pour laquelle on a du penchant. La chasse est son inclination. C'est son inclination dominante, son inclination favorite.

INCLINER . v. a.
• Mettre dans une situation oblique, pencher. On le dit surtout par rapport au plan de l'horizon. Incliner un vase pour verser la liqueur qu'il renferme. On incline un peu les mâts de certains bâtiments sur l'arrière. Incliner une surface plane.
• Il signifie aussi, Baisser, courber. Incliner le corps, la tête. Le vent incline la cime de cet arbre.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel, et se dit, surtout dans les Sciences mathématiques, De ce qui est dans une situation oblique par rapport à une ligne, à une surface quelconque. Deux droites qui s'inclinent l'une sur l'autre forment un angle aigu. L'écliptique s'incline vers l'équateur de vingt-trois degrés et demi. Un plan qui s'incline sur un autre.
• Il signifie plus ordinairement, Se baisser, se courber. S'incliner respectueusement, s'incliner profondément devant quelqu'un. L'arbre plie et s'incline, battu par les vents.
• S'emploie quelquefois absolument, dans le style élevé, pour dire, Se prosterner par respect, par crainte. L'univers s'incline devant son créateur. L'Asie entière s'inclinait devant ce conquérant.
• INCLINER, s'emploie aussi comme verbe neutre, et alors il signifie, Être incliné, penché. Un plan qui incline. Cette colonne semble incliner à gauche. Cette balance incline plus d'un côté que de l'autre.
• Il signifie au figuré, Avoir du penchant, de la prédilection pour quelque chose, être porté à quelque chose. Incliner à la miséricorde, à la pitié, à la paix. Incliner vers la miséricorde, etc. Incliner à un avis, à une opinion, pour un avis, pour une opinion. J'incline pour cette couleur. J'incline à prendre ce parti.
• La victoire incline de ce côté, se dit en parlant De l'armée qui commence à obtenir l'avantage dans une bataille.
• INCLINÉ, ÉE. participe, Plan incliné. Avoir le corps incliné, la tête inclinée. Se tenir incliné.

INCLUS
, USE. participe
• du verbe Inclure, qui n'est plus usité. Enfermé, enveloppé. Le paquet ci-inclus. Le billet ci-inclus. La lettre ci-incluse. Vous trouverez ci-inclus copie du contrat, ou ci-incluse la copie du contrat.
• Absol. et substant., L'incluse, La lettre enfermée dans un paquet. Je vous prie de remettre l'incluse à un tel.
• Dans certaines élections, Demeurer inclus, se dit De ceux sur qui l'élection peut encore tomber, lorsqu'une partie des prétendants ont été rejetés.

INCLUSIVEMENT . adv.
• Il est opposé à Exclusivement, et signifie, En y comprenant, y compris. Depuis le six janvier jusqu'au trente inclusivement. Depuis tel lieu jusqu'à tel autre inclusivement. Tels juges lui furent nommés pour lui faire son procès jusqu'à sentence définitive inclusivement.

INCOERCIBLE . adj. des deux genres
• .Physique. Qui n'est pas coercible. Fluide incoercible.

INCOGNITO . adv.
• (On mouille GN.) T. emprunté de l'italien. Sans être connu. Se dit en parlant Des personnes de qualité, qui, en pays étranger, ne voulant pas être connues, ou traitées selon leur dignité, n'ont pas leur train ordinaire ou leurs autres marques distinctives, et qui le plus souvent prennent un autre nom, un autre titre que le leur. Ce prince passa incognito par la France. Il séjourna incognito à Rome. L'empereur d'Autriche voyageait alors incognito, sous tel nom.
• Il peut se dire également De toute personne qui ne veut pas être connue dans la ville, dans le pays où elle se trouve, ou qui veut laisser ignorer qu'elle y est. Je suis à Paris incognito, et je n'y vois personne.
• S'emploie quelquefois substantivement. Garder l'incognito, le plus strict incognito. Faire cesser l'incognito de quelqu'un. Je profitai de mon incognito pour...

INCOHÉRENCE . s. f.
• Qualité de ce qui est incohérent. L'incohérence des parties de l'eau.
• Se dit aussi figurément. L'incohérence des idées.

INCOHÉRENT
, ENTE. adj.
• Qui manque de liaison. Les parties de l'eau sont incohérentes.
• Se dit aussi figurément. Ces idées, ces images sont incohérentes.

INCOLORE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui n'est pas coloré. L'eau est un fluide incolore.

INCOMBUSTIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est incombustible. L'incombustibilité de l'amiante.

INCOMBUSTIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être brûlé, qui ne se consume point au feu. Corps incombustible. Mèche incombustible. La toile qu'on fait avec l'amiante est incombustible.

INCOMMENSURABILITÉ . s. f.
• .Géom. État, caractère de ce qui est incommensurable.

INCOMMENSURABLE . adj. des deux genres
• .Géom. Se dit De deux quantités qui n'ont point de commune mesure. Le côté d'un carré et sa diagonale sont incommensurables.

INCOMMODE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas commode, dont on ne se sert pas facilement. Outil incommode. Être logé dans une maison fort incommode. Des habits incommodes. Cela est fort incommode.
• Se dit aussi De ce qui cause du malaise, qui fatigue, qui ennuie. La chaleur est incommode. C'est un mal bien incommode. Situation, posture incommode. Le bruit est incommode. Ce grand vent était fort incommode.
•Se dit encore Des personnes qui sont importunes et à charge, et Des animaux dont on est importuné. Homme incommode. Femme incommode. C'est un voisin bien incommode. C'est un homme d'une société fort incommode, d'une humeur fort incommode. Il n'y a rien de plus incommode que les cousins, que les mouches.

INCOMMODÉMENT . adv.
• Avec incommodité. Être logé incommodément. Être assis incommodément.

INCOMMODER . v. a.
• Apporter, causer quelque sorte d'incommodité, de gêne, de malaise. La moindre chose l'incommode. La foule incommode. Il ne peut rien souffrir qui l'incommode. J'ai peur de vous incommoder. Je vous prie, si cela ne vous incommode point, de permettre qu'il aille vous voir. La prise de cette place, de ce poste incommode fort les ennemis. Cet homme a un asthme, une toux qui l'incommode beaucoup.
• Il signifie aussi, Mettre à la gêne, mettre dans l'embarras relativement à la fortune. La perte de ce procès l'a fort incommodé. Cette dépense l'incommodera. On peut, dans ce sens, l'employer avec le pronom personnel. Il s'est beaucoup incommodé par cette dépense, par cette acquisition.
• Se dit également Des choses, surtout dans le premier sens. Il faut couper ces arbres qui incommodent la vue du château. C'est une servitude qui incommode beaucoup sa maison.
• INCOMMODER, signifie quelquefois, Rendre un peu malade; et, dans ce sens, on l'emploie souvent au passif. Ce petit excès m'a incommodé. Il est incommodé depuis plusieurs jours.
• INCOMMODÉ, ÉE. participe, En termes de Marine, Un bâtiment incommodé, Un bâtiment qui a perdu quelqu'un de ses mâts, ou qui a souffert quelque autre dommage.
• Être incommodé d'un bras, d'une jambe, N'avoir pas l'usage d'un bras, d'une jambe.
• Fam., Être incommodé dans ses affaires, se dit D'une personne dont les affaires sont en mauvais état.

INCOMMODITÉ . s. f.
• La peine, la gêne, le malaise que cause une chose incommode. C'est une grande incommodité que d'être mal logé. Cela est d'une grande incommodité. Je serais fâché de vous causer la moindre incommodité. Il n'y a rien qui n'ait ses incommodités. Il en souffre, il en ressent déjà l'incommodité. L'incommodité du vent, du soleil. L'incommodité des voyages. L'incommodité des chemins.
• Se dit quelquefois De ce qui met dans l'embarras relativement à la fortune. La perte de son procès lui causera de l'incommodité. Ce sens est peu usité.
• Il signifie aussi, Indisposition ou maladie. Les incommodités de l'âge, de la vieillesse. Il commence à ressentir quelque incommodité. Il est sujet à beaucoup d'incommodités. Il a de grandes incommodités. Son incommodité ne lui permet pas de sortir. Son incommodité l'excuse, le dispense. Il faut excuser son incommodité.
• En termes de Marine, Signal d'incommodité, Signal par lequel un bâtiment fait connaître qu'il a besoin d'être secouru. Donner, faire le signal d'incommodité. On dit, plus communément, Signal de détresse.

INCOMMUNICABLE . adj. des deux genres
• Qui ne se peut communiquer, dont on ne peut faire part. La toute-puissance de Dieu est incommunicable. C'est un bien incommunicable. Des honneurs, des droits incommunicables.

INCOMMUTABILITÉ . s. f.
• .Jurisprudence, qui se dit en parlant D'une possession où l'on ne peut être légitimement troublé. Il prouve l'incommutabilité de sa possession par une possession centenaire.

INCOMMUTABLE . adj. des deux genres
• .Jurisprudence, qui est principalement usité dans ces locutions, Propriétaire incommutable, possesseur incommutable, Propriétaire, possesseur qui ne peut être légitimement dépossédé. On dit dans un sens analogue, Propriété incommutable, possession incommutable.

INCOMMUTABLEMENT . adv.
• .Jurispr. En telle sorte qu'on ne puisse être dépossédé légitimement. Posséder incommutablement une terre. Il est peu usité.

INCOMPARABLE . adj. des deux genres
• À qui ou à quoi rien ne peut être comparé. C'est un homme d'une valeur incomparable. Un homme d'une sagesse, d'une piété incomparable. Il est d'une modestie incomparable. C'est une femme d'une beauté incomparable. C'est une beauté incomparable. C'est un orateur incomparable.
• Fam., Il est incomparable, se dit par ironie, et pour témoigner la surprise qu'on a de ce qu'un homme fait ou dit. C'est un homme incomparable. Vous êtes vraiment incomparable.

INCOMPARABLEMENT . adv.
• Sans comparaison. Il ne s'emploie jamais sans être suivi de quelque autre adverbe de comparaison, comme plus, moins, mieux. Elle est incomparablement plus belle que sa soeur. Cela est incomparablement plus noble, plus grand, etc. Il se porte incomparablement mieux.

INCOMPATIBILITÉ . s. f.
• Contrariété, opposition qui fait que deux personnes, que deux choses ne peuvent s'accorder, exister ensemble. Se dit principalement de L'antipathie des caractères, des esprits. Il y a entre eux de l'incompatibilité, une grande incompatibilité d'humeur. Incompatibilité de vues, de principes, de doctrines.
• Se dit aussi de L'impossibilité qu'il y a, selon les lois, que deux places soient remplies en même temps par la même personne. Il n'y a point incompatibilité entre les fonctions de ministre et celles de député. Il faut que vous optiez entre ces deux emplois, car il y a incompatibilité, il y a de l'incompatibilité. Démission fondée sur l'incompatibilité. On dit dans un sens analogue, Il y a incompatibilité que le père et le fils, que les deux frères, que l'oncle et le neveu, soient juges dans un même tribunal.

INCOMPATIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas compatible. Ces deux caractères sont incompatibles. Attribuer à la matière des propriétés incompatibles. L'amour de Dieu et l'amour des richesses sont incompatibles. La douceur n'est pas incompatible avec la fermeté. De telles lois sont incompatibles avec nos moeurs. Les fonctions de juge sont incompatibles avec celles de notaire. Ces deux emplois sont incompatibles.

INCOMPÉTEMMENT . adv.
• .Jurispr. Sans compétence, par un juge incompétent. Cela a été mal et incompétemment jugé.

INCOMPÉTENCE . s. f.
• .Jurispr. Défaut, manque de compétence. L'incompétence d'un juge, d'un tribunal. L'incompétence est notoire, manifeste. Alléguer, soutenir l'incompétence. Faire juger l'incompétence.

INCOMPÉTENT
, ENTE. adj.
• .Jurispr. Qui n'est pas compétent. Juge incompétent. Le tribunal s'est déclaré incompétent. Il est incompétent pour connaître de cette affaire. Partie incompétente.
• S'emploie aussi dans le langage ordinaire. C'est un juge incompétent, fort incompétent en littérature.

INCOMPLET
, ÈTE. adj.
• Qui n'est pas complet. Un recueil incomplet. Cet ouvrage est incomplet, il en manque un volume. Idées, notions incomplètes.
• En Botan., Fleur incomplète, Fleur qui manque de calice ou de corolle.

INCOMPLEXE . adj. des deux genres
• Qui est simple, qui n'est pas complexe.

INCOMPRÉHENSIBILITÉ . s. f.
• État de ce qui est incompréhensible. L'incompréhensibilité de Dieu. L'incompréhensibilité des mystères.

INCOMPRÉHENSIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être compris. Dieu est incompréhensible. Les voies de Dieu sont incompréhensibles.
• Se dit aussi, dans une acception moins rigoureuse, D'une chose très-difficile à expliquer, à concevoir. Cela est vraiment incompréhensible. Sa conduite est tout à fait incompréhensible.
• Se dit également D'une personne dont on ne peut expliquer les inégalités, la conduite, les procédés. Cet homme est incompréhensible. C'est un caractère incompréhensible.

INCOMPRESSIBILITÉ . s. f.
• .Physique. Qualité de ce qui est incompressible. L'incompressibilité de l'eau n'est pas absolue.

INCOMPRESSIBLE . adj. des deux genres
• .Physique. Qui ne peut être comprimé. Aucun corps matériel n'est absolument incompressible.

INCONCEVABLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas concevable, explicable; dont on ne peut aisément se rendre raison. Vous me dites là une chose inconcevable. Cette conduite est inconcevable. Il est inconcevable que l'on n'ait point encore songé à détruire cet abus.
• Se dit quelquefois, par exagération, Des choses qui sont surprenantes, extraordinaires dans leur genre. Il est d'une activité, d'une patience inconcevable. Il parle avec une inconcevable facilité. Une hardiesse inconcevable.

INCONCILIABLE . adj. des deux genres
• Se dit Des choses qui ne peuvent se concilier, qui s'excluent mutuellement. Voilà des faits inconciliables. La bienfaisance et l'égoïsme sont inconciliables.
• Se dit quelquefois Des personnes. Ces deux plaideurs sont inconciliables.

INCONDUITE . s. f.
• Défaut de conduite. C'est par son inconduite qu'il s'est mis dans cette pénible situation. Voilà où mène l'inconduite.

INCONGRU
, UE. adj.
• Se dit D'une locution, d'une phrase qui pèche contre les règles de la syntaxe. Une façon de parler incongrue. Phrase incongrue.
• Se dit, dans une acception plus étendue, et familièrement, De ce qui n'est convenable ni aux personnes, ni aux circonstances. Réponse incongrue. Question incongrue.
• Se dit figurément, et par plaisanterie, D'une personne qui est sujette à manquer aux bienséances du monde. C'est un homme fort incongru.

INCONGRUITÉ . s. f.
• Faute contre la syntaxe, contre les règles de la construction. Tout ce qu'il écrit est plein d'incongruités.
• Se dit, dans une acception plus étendue, et familièrement, Des fautes contre le bon sens et contre la bienséance, soit dans le discours, soit dans les actions et dans la conduite. Conduite pleine d'incongruités. Il n'y a point de jour qu'il ne fasse quelque incongruité, de grandes incongruités.
• Il signifie plus ordinairement, Une de ces choses sales qu'on rougirait de faire et même de nommer en bonne compagnie. Il a fait une incongruité. Quelle incongruité!

INCONGRÛMENT . adv.
• D'une manière incongrue. Parler incongrûment.

INCONNU
, UE. adj.
• Qui n'est point connu. Pays inconnu. Île, terre inconnue. Ce sont des gens inconnus. Cet homme, ce visage ne m'est pas tout à fait inconnu. Il veut rester inconnu. Vivre inconnu. Auteur inconnu. L'usage de la boussole était inconnu aux anciens. Des crimes jusqu'alors inconnus. Agir par des moyens inconnus. Faire jouer des ressorts inconnus. Les voies inconnues de la Providence.
• En Math., Quantité inconnue, ou substantivement, Inconnue, La quantité que l'on cherche pour la solution d'un problème. Dégager l'inconnue, La faire sortir des relations algébriques où elle est engagée.
• INCONNU, signifie quelquefois, Qu'on n'a point encore éprouvé, ressenti. Ces chagrins lui sont inconnus. Éprouver des sensations inconnues, un trouble inconnu.
• S'emploie substantivement, en parlant Des personnes. Cet avis lui a été donné par un inconnu. Une jeune inconnue.
• Se dit quelquefois, particulièrement, d'Une personne qui n'est guère connue, ou qu'on regarde comme peu digne de l'être. Elle s'est entêtée d'un inconnu.
• Se dit aussi, mais toujours absolument, Des choses que l'on ignore, par opposition à celles que l'on connaît. Aller du connu à l'inconnu est le meilleur mode d'instruction.

INCONSÉQUENCE . s. f.
• Défaut de conséquence dans les idées, dans les discours, dans les actions. Il y a de l'inconséquence dans ses discours, dans ses procédés. Il a fait cela par inconséquence. C'est pure inconséquence.
• Se dit aussi Des choses que l'on fait, que l'on dit par inconséquence ou d'une manière irréfléchie. Sa conduite est pleine d'inconséquences. Il a fait, il a dit mille inconséquences.

INCONSÉQUENT
, ENTE. adj.
• Qui agit, qui parle sans se conformer à ses propres principes. Il est aussi inconséquent dans sa conduite que dans ses propos. On le dit aussi Des choses, dans un sens analogue. Raisonnement inconséquent. Propos inconséquents. Conduite inconséquente.
• Fam., Cette femme est bien inconséquente, Cette femme a de la légèreté dans sa conduite, elle oublie ce qu'exigent les bienséances.
• INCONSÉQUENT, s'emploie quelquefois substantivement, en parlant Des personnes. Ce jeune homme est un inconséquent.

INCONSIDÉRATION . s. f.
• Légère imprudence, ou dans le discours, ou dans la conduite. Faire quelque chose par inconsidération. Il y a bien de l'inconsidération en cela. Il n'y a point de malice dans son fait, il n'y a qu'un peu d'inconsidération, qu'une légère inconsidération. Il parle avec inconsidération.

INCONSIDÉRÉ
, ÉE. adj.
• Étourdi, imprudent, qui fait les choses sans attention, sans considération. Homme inconsidéré. Personne inconsidérée. Il est fort inconsidéré.
• Se dit également Des choses, dans un sens analogue. Action inconsidérée. Discours inconsidéré. Conduite inconsidérée.
• S'emploie quelquefois substantivement, en parlant Des personnes. C'est un inconsidéré.

INCONSIDÉRÉMENT . adv.
• Étourdiment, d'une manière inconsidérée. Il s'est conduit fort inconsidérément. Il agit toujours inconsidérément. Parler inconsidérément.

INCONSOLABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut se consoler, qu'on ne peut consoler. Homme inconsolable. Il est inconsolable de cette perte, de cette mort. Elle en est inconsolable. Douleur inconsolable.

INCONSOLABLEMENT . adv.
• De manière à ne pouvoir être consolé. Il est affligé inconsolablement.

INCONSTAMMENT . adv.
• Avec inconstance et légèreté. Il s'est conduit fort inconstamment dans cette affaire.

INCONSTANCE . s. f.
• Facilité à changer d'opinion, de résolution, de passion, de conduite, de sentiment. Il ne se prend qu'en mauvaise part. Il n'y a rien de plus indigne d'un homme sage que l'inconstance. Son inconstance lui a fait perdre des amis, a fait beaucoup de tort à sa fortune. L'inconstance d'un amant.
• Il signifie aussi, L'action de changer. Cette femme n'a plus voulu se fier à lui après son inconstance.
• Se dit également en parlant Des choses sujettes à changer. L'inconstance du temps, des saisons. L'inconstance des vents, de la mer. L'inconstance de la fortune. L'inconstance des choses humaines.

INCONSTANT
, ANTE. adj.
• Volage, qui est sujet à changer. Homme inconstant. Femme inconstante. Esprit inconstant. Inconstant dans ses résolutions, dans ses desseins, dans ses amitiés. Inconstant en amour.
• Se dit également Des choses qui ne demeurent pas longtemps en même état. Voilà un temps bien inconstant. L'automne est une saison inconstante. Toutes les choses d'ici-bas sont inconstantes.

INCONSTITUTIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui n'est pas constitutionnel, qui est en opposition avec la loi constitutionnelle de l'État. Cette proposition est inconstitutionnelle.

INCONTESTABLE . adj. des deux genres
• Qui est certain, qui ne peut être contesté. Cette vérité est incontestable. Principe incontestable. Fait incontestable. Autorité incontestable. Preuve incontestable. Son droit est d'une évidence incontestable.

INCONTESTABLEMENT . adv.
• Certainement, sans difficulté, d'une manière incontestable. Cette proposition est incontestablement vraie.

INCONTESTÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point contesté. Un droit incontesté. Des principes incontestés.

INCONTINENCE . s. f.
• Vice opposé à la vertu de continence, à la chasteté. Être adonné à l'incontinence. Son incontinence fut cause de sa perte. Il a ruiné sa santé par son incontinence.
• En Médec., Incontinence d'urine, Écoulement involontaire de l'urine.

INCONTINENT
, ENTE. adj.
• Qui n'a pas la vertu de continence, qui n'est pas chaste. C'est un homme incontinent.

INCONTINENT . adv. de temps.
• Aussitôt, au même instant, sur-le-champ. Je reçus votre lettre, et je partis incontinent. Je vous parlerai incontinent après. Je vais incontinent lui parler. Il commence à vieillir.

INCONVENANT
, ANTE. adj.
• Qui ne convient pas, qui blesse les convenances. Cela est fort inconvenant. Une réponse inconvenante.

INCONVÉNIENT .s.m.
• Ce qui survient de fâcheux dans quelque affaire, ce qui résulte de fâcheux d'un parti qu'on prend. Je le vois engagé dans une affaire dont il résultera pour lui de grands inconvénients, qui peut lui attirer de fâcheux inconvénients. Il n'y a nul inconvénient, je ne vois pas d'inconvénient à faire ce que vous dites. Je n'y vois pas d'inconvénient. Vous n'avez nul inconvénient à craindre. En voulant éviter un inconvénient, il est tombé dans un autre. Il n'y a pas d'inconvénient à cela. Cela ne peut se faire sans inconvénient.
• Se dit aussi Des désavantages attachés à une chose, des résultats fâcheux qu'elle doit nécessairement produire. Ce système offre beaucoup d'inconvénients, a ses avantages et ses inconvénients. Les avantages balancent les inconvénients. C'est un inconvénient grave. Remédier aux inconvénients.

INCORPORALITÉ . s. f.
• T. dogmatique. Qualité des êtres incorporels.

INCORPORATION . s. f.
• Action d'incorporer, de s'incorporer; ou État des choses incorporées. Se dit tant au propre qu'au figuré. Il faut pétrir ces drogues jusqu'à ce que l'incorporation soit parfaite. L'incorporation du peuple vaincu avec les vainqueurs ne s'opéra que lentement. On a ordonné l'incorporation de cette compagnie, de ces conscrits dans tel régiment. L'incorporation d'une terre au domaine. Une propriété acquise par incorporation.

INCORPOREL
, ELLE. adj.
• Qui n'a point de corps. Dieu est incorporel. Les substances incorporelles.
• Se dit également, en Jurisprudence, Des choses qui ne tombent pas sous nos sens, et qui n'ont qu'une existence morale. Les choses incorporelles. Tous les droits sont incorporels.

INCORPORER . v. a.
• Mêler, unir ensemble certaines matières, et en faire un corps qui ait quelque consistance. Incorporer une substance avec une autre. Il faut que ces drogues soient bien incorporées ensemble.
• S'emploie aussi figurément. Plusieurs des lois anciennes furent incorporées dans le nouveau code.
• Se dit particulièrement en parlant Des corps politiques, ou ecclésiastiques, ou militaires. Incorporer un peuple avec un autre. Le chapitre de cette collégiale fut incorporé dans le chapitre de la cathédrale. Ce régiment ayant été supprimé, les soldats qui le composaient furent incorporés dans tel autre. Incorporer les nouvelles levées, les incorporer dans l'armée.
• Se dit également, en parlant De pays, de terres, de propriétés. Incorporer une province au royaume. Incorporer une terre au domaine.
• S'emploie, dans ses divers sens, avec le pronom personnel, soit comme verbe réfléchi, soit comme verbe réciproque. La cire s'incorpore facilement avec la gomme. Ces deux substances ne s'incorporent pas bien ensemble. Ces lois vieillies ne pouvaient s'incorporer dans la législation nouvelle. Les deux peuples s'incorporèrent lentement. Les alluvions ou atterrissements s'incorporent à l'héritage auquel ils se joignent immédiatement.
• INCORPORÉ, ÉE. participe

INCORRECT
, ECTE. adj.
• Qui n'est pas correct. Cette édition est fort incorrecte. Style incorrect. Dessin incorrect. Figure incorrecte.
• Se dit aussi D'un écrivain dont le style n'est pas correct, d'un artiste dont la manière est incorrecte. Écrivain, auteur incorrect. Peintre incorrect.

INCORRECTION . s. f.
• Défaut de correction. Incorrection de style. Il y a beaucoup d'incorrection dans le dessin de ce tableau.
• Se dit aussi Des endroits incorrects d'un ouvrage d'esprit ou d'art. Faire disparaître une incorrection. Plusieurs incorrections déparent cet ouvrage.

INCORRIGIBILITÉ . s. f.
• Défaut de celui qui est incorrigible. Son incorrigibilité, l'incorrigibilité de son caractère ne se conçoit pas.

INCORRIGIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut corriger. Se dit surtout Des personnes et de leurs défauts. Un esprit incorrigible. Un enfant incorrigible. Il est incorrigible là-dessus. Il n'y a guère de défauts qui soient absolument incorrigibles.

INCORRUPTIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est incorruptible. L'incorruptibilité est une des qualités, une des propriétés des corps glorieux.
• Il signifie figurément, L'intégrité d'un homme incapable de se laisser corrompre pour agir contre son devoir. L'incorruptibilité de ce juge.

INCORRUPTIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas sujet à corruption. Il n'y a que les substances spirituelles qui soient incorruptibles. Le bois de cèdre passait autrefois pour incorruptible.
• Il signifie figurément, Qui est incapable de se laisser corrompre pour agir contre son devoir. Un juge incorruptible. Un magistrat d'une vertu, d'une probité incorruptible. Fidélité incorruptible.

INCRASSANT
, ANTE. adj.
• .Médec. Qui épaissit. Il s'est dit De certains remèdes que l'on croyait propres à épaissir le sang ou les humeurs. On l'employait aussi comme substantif, au masculin. Administrer des incrassants.

INCRÉDIBILITÉ . s. f.
• T. dogmatique. Ce qui fait qu'on ne peut croire une chose. L'incrédibilité de ce fait, de cette opinion.

INCRÉDULE . adj. des deux genres
• Qui ne croit que difficilement, qu'on a peine à persuader. Vous êtes bien incrédule. C'est un esprit incrédule.
• INCRÉDULE, à l'égard des choses de foi, signifie, Qui ne croit point et ne veut point croire aux mystères. Dans cette acception, il s'emploie ordinairement comme substantif. C'est un incrédule. Convaincre les incrédules.

INCRÉDULITÉ . s. f.
• Opposition, répugnance à croire ce qui est pourtant croyable. Incrédulité opiniâtre.
• Il se prend aussi pour Manque de foi. L'incrédulité des Juifs.

INCRÉÉ
, ÉE. adj.
• Qui existe sans avoir été créé. Dieu seul est un être incréé. Des philosophes ont enseigné que la matière était incréée.
• Chez les Chrétiens, La sagesse incréée, se dit Du Fils de Dieu.

INCRIMINER . v. a.
• Accuser quelqu'un de crime, imputer une chose à crime. Incriminer quelqu'un. Incriminer les actions d'une personne.
• INCRIMINÉ, ÉE. participe

INCROYABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être cru, ou qui est difficile à croire. Il ne se dit que Des choses. Cela est incroyable. Cet auteur rapporte des faits incroyables. Une merveille incroyable.
• Il est incroyable, se dit quelquefois, impersonnellement, pour On ne saurait croire, concevoir. Il est incroyable combien cet homme-là fait de choses. Il est incroyable toutes les sottises qu'ils font. Cette phrase est familière.
• INCROYABLE, se dit, par exagération, pour Excessif, extraordinaire, qui passe la croyance. Une incroyable activité. Une joie incroyable. Un plaisir incroyable. Des douleurs incroyables. Des maux incroyables. Une peine incroyable.
• Se dit quelquefois substantivement et absolument. Il leur faut du merveilleux, de l'incroyable.

INCROYABLEMENT . adv.
• D'une manière incroyable, excessivement. Il y en avait incroyablement. Ce mot est familier.

INCRUSTATION . s. f.
• Action d'incruster, ou Le résultat de cette action. Les mosaïques, les tables de pierres fines de Florence, se font par incrustation. Une belle incrustation. Les ouvrages de marqueterie sont des incrustations. Un meuble orné d'incrustations.
• INCRUSTATION, signifie aussi, La croûte ou l'enduit pierreux qui se forme autour de quelques corps lorsqu'ils séjournent dans des eaux.

INCRUSTER . v. a.
• Appliquer à la surface d'une chose, soit au moyen d'un mortier ou d'un mastic, soit par la pression, des lames ou des plaques de matières plus ou moins précieuses, pour l'orner, pour y former des dessins, etc. Incruster de marbre, de jaspe, une colonne, un pilastre, un portique, ou simplement, Incruster un pilastre, un portique, etc. Incruster d'or une tabatière d'écaille.
• Il a quelquefois pour régime le nom des choses mêmes qu'on applique de cette manière. Incruster une mosaïque dans le pavé d'un temple.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et se dit Des choses qui adhèrent fortement à la surface d'une autre, qui font corps avec elle. Les tuyaux s'incrustent de stalactites. Cela s'est profondément incrusté dans la pierre.
• INCRUSTÉ, ÉE. participe, Une boîte incrustée d'or. Des lettres d'or incrustées dans une plaque de marbre.

INCUBATION . s. f.
• Action des volatiles qui couvent des oeufs. La chaleur de certains fours peut suppléer à l'incubation.

INCUBE .s.m.
• Sorte de démon qui, suivant une erreur populaire, abuse des femmes. Il est opposé à Succube.

INCULPATION . s. f.
• Action d'attribuer une faute à quelqu'un, accusation. Se justifier d'une inculpation. Repousser victorieusement une inculpation. C'est une grave inculpation. Inculpation hasardée.

INCULPER . v. a.
• Accuser quelqu'un d'une faute. Inculper quelqu'un sans preuves. C'est à tort que l'on m'inculpe.
• INCULPÉ, ÉE. participe, La personne inculpée. On dit substantivement, en Matière criminelle, L'inculpé, Celui qui est soupçonné d'un crime ou d'un délit.

INCULQUER . v. a.
• Imprimer une chose dans l'esprit de quelqu'un à force de la répéter. Il faut lui inculquer cette maxime, cette vérité. Cette opinion est profondément inculquée dans leurs esprits.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Les proverbes s'inculquent facilement dans la mémoire.
• INCULQUÉ, ÉE. participe

INCULTE . adj. des deux genres
• Qui n'est point cultivé. Jardin inculte. Terres incultes. Lieux incultes.
• Se dit aussi figurément. Un esprit inculte. Un naturel inculte. Des moeurs incultes et farouches.

INCULTURE . s. f.
• État de ce qui est inculte. Ces terres sont dans un état d'inculture qui afflige. Il est peu usité.

INCURABILITÉ . s. f.
• État de ce qui est incurable. L'incurabilité de sa maladie a été reconnue par tous les hommes de l'art.

INCURABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être guéri. Mal incurable. Maladie incurable. Plaie incurable. Ce malade est incurable.
• S'emploie aussi figurément. Passion incurable. Défaut, vice incurable. Caractère incurable.
• Il est substantif en parlant Des malades incurables qui habitent un hôpital. C'est un incurable.
• Se dit par extension, au pluriel, d'Un hôpital d'incurables. Avoir une place aux Incurables. Aller aux Incurables.

INCURIE . s. f.
• Défaut de soin, négligence. Il a dérangé ses affaires par son incurie. Une coupable incurie.

INCURIOSITÉ . s. f.
• Insouciance, négligence d'apprendre ce qu'on ignore. L'incuriosité des Orientaux empêche leurs progrès dans les sciences et dans les arts.

INCURSION . s. f.
• Course de gens de guerre en pays ennemi. Faire des incursions. Grande incursion. Incursions continuelles. Les incursions des barbares dans tel pays. Ces provinces sont à l'abri des incursions de l'ennemi.
• Se dit, par extension, Des courses, des voyages que l'on fait dans un pays par curiosité. Les incursions de nos savants dans cette contrée ont eu d'importants résultats.
• Se dit figurément, au sens moral, comme dans cette phrase: Ce savant ne s'est pas toujours borné aux études philologiques, il a fait quelques incursions dans le domaine de la poésie, Il s'est quelquefois occupé de poésie.

INCUSE . adj. f.
• Se dit Des médailles dont la fabrication a été manquée, de manière que l'un des côtés, ou même les deux, sont gravés en creux, au lieu de l'être en relief. Médaille incuse. On dit quelquefois substantivement, Une incuse.

INDE .s.m.
• Couleur bleue que l'on tire de l'indigo. On dit, en Peinture, Employer de l'inde, du bleu d'inde.

INDÉBROUILLABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être débrouillé. Un point d'histoire indébrouillable. Une affaire indébrouillable. Il est familier.

INDÉCEMMENT . adv.
• Contre la décence, contre les bienséances. Il agit, il se comporte indécemment. Il a répondu fort indécemment à mes représentations.

INDÉCENCE . s. f.
• Vice de ce qui est contraire à la décence, à l'honnêteté, aux bienséances. Il y a de l'indécence à parler ainsi.
• Se dit également d'Une action, d'un propos indécent. Dire, commettre une indécence, une grossière indécence. Faire des indécences. Il y a beaucoup d'indécences dans cet ouvrage. Il est plein d'indécences.

INDÉCENT
, ENTE. adj.
• Qui est contre la décence, contre l'honnêteté, contre les bienséances. Paroles indécentes. Habit indécent. Action indécente. Postures indécentes. Tableau indécent. Il est indécent à un magistrat de dormir à l'audience.

INDÉCHIFFRABLE . adj. des deux genres
• Qui ne se peut lire, déchiffrer, deviner. Un chiffre bien fait et à double clef est indéchiffrable.
• Se dit, par extension, D'une écriture mal formée, et qui est difficile à lire. Cette lettre est indéchiffrable. Un manuscrit indéchiffrable.
• Il signifie encore, Obscur, embrouillé, qu'on ne peut expliquer. Il y a dans cet auteur des passages indéchiffrables pour tous les commentateurs.
• Se dit, figurément et familièrement, D'une personne dont on ne saurait pénétrer les desseins, les vues. Cet homme est indéchiffrable. On dit dans un sens analogue, Sa conduite est indéchiffrable.

INDÉCIS
, ISE. adj.
• Qui n'est pas décidé. Un point qui est demeuré indécis. Question indécise.
• Il signifie quelquefois, Douteux, incertain. La victoire fut longtemps indécise.
• Se dit également D'une personne irrésolue, qui a peine à se déterminer, qui ne s'est pas déterminée. C'est un homme indécis, toujours indécis. Je suis encore indécis sur ce que j'ai à faire.
• Se dit encore, au propre et au figuré, pour Vague, difficile à distinguer, à reconnaître, à déterminer. Les traits de cette figure sont indécis. La lumière indécise du crépuscule. Les formes de son style sont vagues et indécises.

INDÉCISION . s. f.
• Indétermination, caractère, état d'un homme indécis. Son indécision est cause qu'on ne finit rien avec lui. Je suis encore dans l'indécision du parti que je prendrai, sur le parti que je prendrai. Flotter dans l'indécision.

INDÉCLINABILITÉ . s. f.
• .Gram. Qualité des mots indéclinables.

INDÉCLINABLE . adj. des deux genres
• .Gram. Qui ne peut être décliné, qui ne se décline point. Nom indéclinable.
• Se dit quelquefois Des mots qui ne reçoivent pas les signes du genre et du nombre. Participe indéclinable. Mot, particule indéclinable. Dans ce sens, on dit mieux, Invariable.

INDÉCOMPOSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être décomposé. Une substance indécomposable.

INDÉCROTTABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut décrotter. Il ne s'emploie guère que dans ces locutions figurées et populaires, Homme indécrottable, animal indécrottable, qui se disent, en plaisantant et par dénigrement, d'Un homme d'un caractère très-difficile. Quel homme, quel animal indécrottable!

INDÉFECTIBILITÉ . s. f.
• T. dogmatique. Qualité de ce qui est indéfectible. Il n'est guère usité que dans cette locution, L'indéfectibilité de l'Église.

INDÉFECTIBLE . adj. des deux genres
• T. dogmatique. Qui ne peut défaillir, cesser d'être. Il n'est guère usité que dans cette phrase, L'Église est indéfectible.

INDÉFINI
, IE. adj.
• Dont la fin, les bornes ne sont ou ne peuvent point être déterminées. Temps indéfini. Nombre indéfini. Ligne indéfinie. Espace indéfini.
• Se dit, en Grammaire, De ce qui exprime une idée vague ou générale qu'on n'applique point à un objet particulier et déterminé. Sens indéfini. On, quelque, quiconque, sont des mots, des pronoms indéfinis. Un est article indéfini dans cette phrase, qui a elle-même un sens indéfini, Un homme sage doit toujours, etc.
• Prétérit ou passé indéfini, Temps de l'indicatif du verbe, qui indique l'action comme passée, mais sans relation nécessaire à une époque déterminée. Le prétérit indéfini est un temps composé: J'ai vu, j'ai fait, je suis venu, etc.

INDÉFINIMENT . adv.
• D'une manière indéfinie. Ajourner indéfiniment une affaire, la décision d'une affaire.
• Il signifie aussi, en Grammaire, Dans un sens indéfini. Un mot pris indéfiniment.

INDÉFINISSABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne saurait définir. Il y a des termes si simples, qu'ils sont indéfinissables.
• Se dit, figurément, Des choses qu'on ne peut s'expliquer. Une sensation, un trouble indéfinissable.
• Se dit quelquefois Des personnes. C'est un caractère, c'est un homme indéfinissable.

INDÉLÉBILE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être effacé. Se dit au propre et au figuré. Encre indélébile. Couleur indélébile. Tache, marque indélébile. Le baptême, le sacrement d'ordre, impriment un caractère indélébile.

INDÉLIBÉRÉ
, ÉE. adj.
• Se dit D'une action ou d'un mouvement sur lequel on n'a point délibéré, point réfléchi. Les premiers mouvements de la colère peuvent être excusables, parce qu'ils sont indélibérés. Acte involontaire et indélibéré.

INDÉLICAT
, ATE. adj.
• Qui manque de délicatesse dans les sentiments. C'est être bien indélicat que d'agir ainsi.
• Se dit aussi Des choses. Ce procédé me semble fort indélicat.

INDÉLICATESSE . s. f.
• Manque de délicatesse dans les sentiments; ou Procédé indélicat.

INDEMNE . adj. des deux genres
• (EM se prononcent dans ce mot comme dans Jérusalem.) .Jurispr. Indemnisé, dédommagé. S'emploie principalement dans ces phrases: Rendre quelqu'un indemne. Sortir indemne d'une affaire.

INDEMNISER . v. a.
• (On prononce Indamniser.) Dédommager; payer à quelqu'un le dommage qu'il souffre ou qu'il a souffert. Il a agi en vertu de votre procuration, c'est à vous de l'indemniser. Il faut l'indemniser des pertes qu'il a souffertes. Vous serez condamné à l'indemniser.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Vous pourrez vous indemniser là-dessus. Il s'est indemnisé du dommage qu'il avait souffert.
• INDEMNISÉ, ÉE. participe

INDEMNITÉ . s. f.
• (On prononce Indamnité.) Dédommagement. Il a eu tant pour son indemnité. Il demande une indemnité. On lui a adjugé, accordé une indemnité, des indemnités. Indemnité préalable.
• Se dit, quelquefois, d'Un acte par lequel on promet d'indemniser.
• Il s'est dit, en Jurisprudence féodale, Du droit que les gens de mainmorte devaient au seigneur, pour le dédommager des droits qui lui auraient été dus aux mutations. Cette communauté, en faisant telle acquisition, paya le droit d'indemnité.

INDÉPENDAMMENT . adv.
• Sans dépendance, d'une manière indépendante. Dieu peut agir par lui-même, indépendamment des causes secondes.
• Il veut dire aussi, Sans aucun égard, sans aucune relation à une chose. Indépendamment de tout ce qui pourra en arriver.
• Il signifie encore, Outre, par-dessus. Indépendamment de ces avantages, vous en aurez encore un autre.

INDÉPENDANCE . s. f.
• État d'une personne indépendante. Il est, il vit dans l'indépendance. Il aspire à l'indépendance. L'amour, le goût de l'indépendance. Tenir, renoncer à son indépendance. Une grande indépendance d'opinions, de caractère.
• Se dit également en parlant Des nations, des corps politiques. Proclamer l'indépendance d'une nation. La guerre de l'indépendance des États-Unis d'Amérique.
• Il signifie quelquefois, Le goût de l'indépendance. Un esprit d'indépendance.

INDÉPENDANT
, ANTE. adj.
• Qui ne dépend point de telle personne ou de telle chose, qui ne lui est point subordonné. Il commande un petit corps d'armée indépendant du général en chef. Son zèle fut toujours indépendant des circonstances, des événements.
• Se dit également Des choses qui n'ont point de rapport, de relation avec une autre. Ce point est indépendant de la question.
• Il signifie absolument, Qui est libre de toute dépendance. Peuple indépendant. Nation indépendante. Il a sa liberté, il est indépendant, tout à fait indépendant.
• Il signifie aussi, Qui aime à ne dépendre de personne, qui ne se laisse pas dominer par la volonté d'autrui. Esprit indépendant. Un vrai sage a l'âme indépendante, le caractère indépendant.
• Se dit, substantivement, d'Une secte qui ne reconnaissait point d'autorité ecclésiastique. La secte des indépendants.

INDESTRUCTIBILITÉ . s. f.
• Qualité ou état de ce qui est indestructible.

INDESTRUCTIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être détruit. Germe indestructible. L'essence des choses est indestructible.

INDÉTERMINATION . s. f.
• Irrésolution. Il est encore dans l'indétermination.

INDÉTERMINÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est pas déterminé, fixé. Un espace indéterminé. Un temps indéterminé. Un nombre indéterminé. Sens indéterminé.
• Il signifie aussi, Irrésolu, indécis. Il ne sait s'il fera son voyage, il est encore indéterminé. Ce sens a vieilli.
• En Math., Problèmes indéterminés, Ceux qui ont un nombre illimité de solutions. Quantités indéterminées, Celles que l'on introduit dans le calcul sans leur assigner actuellement une valeur déterminée.

INDÉTERMINÉMENT . adv.
• D'une manière indéterminée, vague; sans rien spécifier. Il lui a promis beaucoup de choses, mais indéterminément. Un mot employé, pris indéterminément.

INDÉVOT
, OTE. adj.
• Qui n'a point de dévotion, qui ne respecte pas les pratiques religieuses. Cet homme est indévot. Femme indévote.
• Se dit quelquefois Du ton, des manières, etc. Parler d'un ton indévot. Discours indévot.
• S'emploie aussi substantivement, en parlant Des personnes. C'est un indévot, une indévote.

INDÉVOTEMENT . adv.
• D'une manière indévote. Assister à la messe indévotement.

INDÉVOTION . s. f.
• Manque de dévotion, manque de respect pour les pratiques religieuses. Son indévotion scandalise tout le monde. Il se pique d'indévotion.

INDEX .s.m.
• (L'X se prononce fortement. ) Mot pris du latin, qui signifie, La table d'un livre. Il est principalement d'usage en parlant de La table d'un livre latin. L'index d'un livre. Il y a plusieurs index dans ce livre. Index géographique. Index historique. Il faut chercher dans l'index.
• INDEX, se dit aussi Du catalogue des livres défendus à Rome. La congrégation de l'index. Ce livre est à l'index, est mis, a été mis à l'index.
• Index expurgatoire, Catalogue des livres dont la publication et la vente sont défendues jusqu'à ce qu'ils aient été purgés et corrigés: en quoi ils diffèrent de ceux qui sont définitivement prohibés.
• Fig., Mettre une chose à l'index, L'interdire, en défendre l'usage. Se dit plus particulièrement De la défense que fait une autorité quelconque de publier, d'exposer en vente un livre, une gravure, etc. Ce livre fut mis à l'index. La police a mis ce livre à l'index. On dit de même, Ce livre, cette gravure est à l'index de la police, est à l'index.
• INDEX, se dit encore Du doigt le plus proche du pouce, parce que c'est de celui-là qu'on se sert ordinairement pour indiquer, pour montrer quelque chose. Entre le pouce et l'index. Le muscle extenseur de l'index. On dit aussi adjectivement, Le doigt index.
• Se dit également d'Une aiguille portée par un pivot, et dont l'extrémité parcourt un limbe divisé.

INDICATEUR . s. et adj. m.
• Celui qui fait connaître, qui dénonce un coupable. On reçut la déposition de l'indicateur. Un esclave peut être indicateur, mais il ne doit pas servir de témoin. Ce sens a vieilli.
• INDICATEUR, en termes d'Anatomie, signifie, L'index. On dit aussi adjectivement, Le doigt indicateur.

INDICATIF
, IVE. adj.
• T. didactique. Qui indique. Ce symptôme est indicatif d'une crise, d'une grande révolution d'humeurs. Le médecin doit observer soigneusement tous les signes indicatifs d'une maladie.

INDICATIF .s.m.
• .Gram. On appelle ainsi Le mode des verbes qui exprime l'état ou l'action d'une manière positive, certaine et absolue. Dans la conjugaison, l'indicatif est le premier mode. Un verbe à l'indicatif. J'aime est le présent de l'indicatif du verbe Aimer. J'aimerai est le futur de l'indicatif. On dit quelquefois adjectivement, Le mode indicatif.

INDICATION . s. f.
• Action par laquelle on indique. Il fut arrêté dans la foule, sur l'indication d'un tel. Sur votre indication, je me suis adressé à un tel pour être mieux informé.
• Se dit quelquefois pour Renseignement, désignation. Cela peut fournir d'utiles indications. Vous m'aviez donné une fausse indication. La table de ce livre est pleine d'indications fautives.
• Il signifie encore, Ce qui indique, ce qui donne à connaître quelque chose, et qui est une espèce de signe. Son embarras est une indication de sa faute, une indication qu'il se sent coupable. Dans ce sens, il s'emploie souvent en termes de Médecine. C'est une indication que la bile est en mouvement. C'en est une indication infaillible.
• Se dit également, en Médecine, Du moyen, du mode de traitement que les symptômes de la maladie indiquent au médecin. Indication curative. Indication palliative.

INDICE .s.m.
• Signe apparent et probable qu'une chose est, existe. Puissant indice. Léger indice. Faible indice. Des indices trompeurs. Vous dites que cela est, quel indice en avez-vous? J'en ai de grands indices. Fournir des indices. Les indices d'un crime. On ne condamne pas un homme sur de simples indices. Je ne voyais aucun indice que ce lieu fût habité. Cette action est l'indice d'une belle âme.
• INDICE, se dit aussi de L'index ou du catalogue imprimé des livres défendus à Rome par la congrégation chargée d'exercer la censure. La congrégation de l'indice. On a mis tel livre à l'indice. Dans ce sens, il est moins usité qu'Index.

INDICIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne saurait exprimer. Joie indicible. Douleur indicible. Plaisir indicible. Il n'est guère usité que dans ces sortes de locutions.

INDICTION . s. f.
• Convocation d'une grande assemblée à certain jour. Il ne se dit guère qu'en parlant de La convocation d'un concile ou d'un synode. Depuis l'indiction du concile de Trente jusqu'à l'ouverture. La bulle de l'indiction du concile.
• INDICTION, est aussi un terme de Chronologie, qui se dit d'Une période de quinze années. Il n'est plus en usage que dans les bulles du pape, et dans certaines cours ecclésiastiques. L'indiction est un des trois cycles qui entrent dans la période Julienne.
• Indiction première, indiction seconde, etc., La première année, la seconde année, etc., de chaque indiction.

INDICULE .s.m. diminutif.
• Petit indice; Ce qui montre, ce qui enseigne, annonce quelque chose. Il est peu usité.

INDIENNE . s. f.
• Se dit proprement d'Une étoffe de coton peinte qui se fait aux Indes; et, par extension, Des étoffes du même genre fabriquées en Europe. L'indienne est une étoffe légère. Une belle indienne. Indienne de Jouy. Fabrique d'indiennes. Marchand d'indiennes. Robe, lit d'indienne. Le dessin, la couleur d'une indienne.

INDIFFÉREMMENT . adv.
• Avec indifférence, avec froideur. Il fut reçu indifféremment. Elle l'a toujours traité indifféremment. Tout ce qu'on dit contre lui, il le reçoit indifféremment.
• Il signifie plus souvent, Sans distinction, sans faire de différence. Il lit toutes sortes de livres indifféremment et sans choix. Il mange de tout indifféremment.

INDIFFÉRENCE . s. f.
• L'état d'une personne indifférente. Voilà une grande indifférence. Sous cet air d'indifférence, il cache beaucoup d'ambition. Affecter de l'indifférence pour quelque chose. Il fut navré de l'indifférence que lui montrèrent alors ses prétendus amis. J'ai de l'indifférence, une extrême indifférence pour cela. Il est dans une indifférence générale pour les choses du monde. L'indifférence religieuse, ou L'indifférence en matière de religion.
• Liberté d'indifférence, État d'une âme libre de choisir entre deux partis, parce qu'aucun motif ne la fait pencher vers l'un plutôt que vers l'autre.
• INDIFFÉRENCE, se dit particulièrement en parlant D'une personne qui n'est point sensible à l'amour. Être, vivre dans l'indifférence. Vaincre l'indifférence d'une maîtresse. Elle a pour lui la plus complète indifférence. Il ne la voit pas avec indifférence. Le calme de l'indifférence.

INDIFFÉRENT
, ENTE. adj.
• Qui ne présente en soi aucune cause de détermination, aucun motif de préférence. Le choix entre ces deux choses est indifférent. Il est indifférent de suivre cette opinion ou l'autre. Il est indifférent lequel des deux on prenne. Il m'est indifférent d'aller là ou ailleurs. Tous les chemins sont indifférents.
• Actions indifférentes, Les actions qui, d'elles-mêmes, ne sont ni bonnes ni mauvaises.
• INDIFFÉRENT, signifie aussi, Qui touche peu, dont on ne se soucie point; et ce sens est plus ou moins étendu selon la qualité des choses dont on parle. Tout cela m'est indifférent, je n'y prends aucune part. Il m'est fort indifférent quel jugement vous en portiez. Cet homme-là lui est fort indifférent. Ses bonnes grâces me sont fort indifférentes.
• Il signifie encore, Qui est de peu d'intérêt, qui n'est d'aucune importance, d'aucune conséquence. Nous ne parlions que de choses indifférentes. Après quelques propos sur des sujets indifférents. Après une conversation indifférente.
• Se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui n'a pas plus de penchant pour une chose que pour une autre, pour un parti que pour un autre. Il n'est plus temps de demeurer indifférent, il faut prendre un parti.
• En termes de Philosophie, La matière est d'elle-même indifférente au repos ou au mouvement, Elle n'a d'elle-même ni l'une ni l'autre de ces qualités, et elle est également susceptible de l'une ou de l'autre.
• INDIFFÉRENT, signifie également, Qui n'est point touché de quelque chose, qui ne prend point d'intérêt à quelqu'un ou à quelque chose. Il reste indifférent à tout ce qui se passe. Il est indifférent aux applaudissements qu'on lui prodigue. Recevoir quelque chose d'un air indifférent. Il est indifférent pour tout, sur tout. Il regarde tout d'un oeil, d'un esprit indifférent, d'un air indifférent. Il fut surpris de trouver indifférents ces amis naguère si dévoués.
• Il signifie absolument, Qui n'a d'attachement à rien, qui n'est touché de rien. C'est un homme indifférent, rien ne peut l'émouvoir. Il est d'une humeur indifférente.
• Se dit, particulièrement, D'une personne qui n'est point sensible à l'amour. Une femme indifférente. Avoir le coeur indifférent. Une âme indifférente. Je suis très-indifférent pour cette femme-là.
• Il se prend quelquefois substantivement, en parlant Des personnes. Il fait l'indifférent. Les indifférents jugent au moins avec impartialité. Vos amis pourront vous approuver, mais les indifférents ne penseront pas de même. On dit en plaisantant, Une aimable, une belle indifférente; et ironiquement, Un bel indifférent.

INDIGENCE . s. f.
• Grande pauvreté, privation du nécessaire. Extrême indigence. Grande indigence. Il est tombé dans l'indigence, dans la plus affreuse indigence. Être dans l'indigence. Certificat d'indigence.
• Se dit absolument Des indigents en général. Secourir l'indigence.
• S'emploie quelquefois figurément, au sens moral. Indigence d'idées. Indigence d'esprit.

INDIGÈNE . adj. des deux genres
• Qui est du pays, qui en est originaire. Plantes indigènes. Animaux indigènes. Productions indigènes.
• Se dit, particulièrement, Des peuples établis de tout temps dans un pays. Peuples indigènes. Dans ce sens, il est souvent employé comme substantif. Les indigènes de l'Amérique.

INDIGENT
, ENTE. adj.
• Nécessiteux, extrêmement pauvre. Assister ceux qui sont indigents. Il est si indigent, qu'il vit d'aumônes.
• Il se prend aussi substantivement. On doit secourir l'indigent, les indigents.

INDIGESTE . adj. des deux genres
• Qui est difficile à digérer. Viande indigeste.
• Il signifie aussi, Qui n'est pas digéré. Il rend les viandes crues et indigestes.
• Il signifie encore figurément, Qui est embrouillé, confus, mal ordonné, surtout en parlant Des ouvrages d'esprit. Ouvrage, compilation indigeste. Pensées indigestes.

INDIGESTION . s. f.
• Mauvaise digestion; coction imparfaite des aliments dans l'estomac. Avoir une indigestion. Il a eu une indigestion de porc frais. Vous mangez trop, vous aurez une indigestion. Cela cause, donne des indigestions. Cela provient d'indigestion. Il est mort d'indigestion, d'une indigestion.

INDIGÈTE . adj. des deux genres
• Nom que les anciens donnaient aux héros divinisés, aux demi-dieux particuliers d'un pays. Énée était à Rome un dieu indigète. Divinités indigètes.

INDIGNATION . s. f.
• Sentiment de colère et de mépris, qu'excite un outrage, une injustice criante, une action honteuse, etc. Cela donne de l'indignation, excite l'indignation. Frémir d'indignation. Être rempli d'indignation. Il en eut une telle indignation, il en conçut une si grande, une si profonde, une si vive indignation, que... Il ne saurait voir cela sans indignation. Exprimer son indignation. Il fit éclater une vertueuse, une noble indignation. Il n'est plus maître de son indignation. Il regarde la prospérité des méchants avec indignation. Soulever, calmer l'indignation publique.

INDIGNE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas digne, qui ne mérite pas. Il est indigne des grâces que vous lui faites. Il est indigne de vivre. Il s'est rendu indigne de vos bienfaits. Puisque vous le jugez indigne de votre confiance. Il est indigne de foi. Il est indigne du rang qu'il occupe. Il est indigne qu'on lui témoigne le moindre intérêt.
• Il s'applique également Aux choses. Un crime, une faute indigne de pardon. Cet ouvrage est indigne de votre attention.
• Se dit particulièrement, en Jurisprudence, De ceux qui, pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers une personne, de son vivant ou après sa mort, sont privés de sa succession. Ceux que la loi déclare indignes de succéder, déclare indignes. On l'emploie aussi comme substantif. Les enfants de l'indigne.
• INDIGNE, est quelquefois Un titre que l'on se donne par humilité. Signé: Un tel, prêtre indigne, capucin indigne. Serviteur indigne. J'osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.
• INDIGNE, signifie aussi, Qui n'est pas séant, convenable. Une telle conduite est indigne d'un homme d'honneur. Ces paroles sont indignes de vous. Cela est indigne de votre rang.
• Il signifie encore, Méchant, odieux, très-condamnable; et alors il s'emploie absolument. Malheur à l'homme indigne qui oublie à ce point ses devoirs! Action indigne. C'est une chose indigne. C'est une conduite indigne. Cela est indigne. Traitement indigne. Un indigne attachement.
• Communion indigne, Communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises.
• INDIGNE, se dit, substantivement, d'Une personne vile, méprisable. Ne me parlez pas de cet homme-là, c'est un indigne. Ce sens est familier.

INDIGNEMENT . adv.
• D'une manière indigne. S'acquitter indignement de ses devoirs. S'allier indignement. On l'a traité indignement. Communier indignement.

INDIGNER . v. a.
• Exciter l'indignation. Cette action indigna tout le monde contre lui.
• Être indigné, Éprouver de l'indignation. Je suis indigné de sa conduite. Je suis indigné que vous ayez manqué à votre ami. On ne saurait en entendre parler sans être indigné. Il en fut si indigné, qu'il sortit brusquement.
• INDIGNER, avec le pronom personnel, signifie, Être indigné, courroucé. Ils s'indignèrent de ce joug honteux. On lui a fait des propositions dont sa vertu s'est indignée. S'indigner contre quelqu'un. S'indigner contre une injustice. Il s'indigne de voir que...
• INDIGNÉ, ÉE. participe

INDIGNITÉ . s. f.
• Qualité odieuse par laquelle on est réputé indigne d'une grâce, d'un emploi, d'un héritage, etc. L'indignité du pécheur. Il en fut exclu pour cause d'indignité, à cause de son indignité, de l'indignité de sa personne. Intenter contre quelqu'un une action en indignité. Indignité civile. Indignité politique.
• Il signifie aussi, Méchanceté, noirceur, énormité. L'indignité de cette action, de ce procédé, de cette conduite souleva tout le monde contre lui.
• Il signifie encore, Action indigne, odieuse. Quelle indignité! C'est une indignité. Commettre, faire des indignités.
• Se dit particulièrement pour Outrage, affront. Traiter avec indignité. On lui a fait mille indignités. Souffrir des indignités.

INDIGO .s.m.
• Matière colorante qui sert à teindre en bleu, et que l'on retire, par la fermentation ou autrement, des feuilles et des tiges de certaines plantes légumineuses des régions équatoriales. Le bleu que donne l'indigo est le plus beau et le plus solide. Tablettes d'indigo. Teindre en indigo.
• Se dit, quelquefois, Des plantes mêmes qui fournissent l'indigo, et qu'on nomme plus ordinairement Indigotiers. La culture de l'indigo.
• Se dit, par extension, de Toute couleur semblable à celle de l'indigo. L'indigo est une des sept couleurs primitives.

INDIGOTERIE . s. f.
• Lieu où l'on prépare, où l'on fait l'indigo.

INDIGOTIER .s.m.
• .Bot. Genre de plantes légumineuses, qui croissent la plupart dans la zone équatoriale, et dont quelques espèces fournissent la matière colorante qu'on nomme Indigo. Indigotier franc. Indigotier des Indes.

INDIQUER . v. a.
• Montrer, désigner une personne ou une chose. Indiquez-moi le plus jeune de ces trois hommes. Indiquer une chose du doigt. Allez à la place que je vous indique. L'aiguille de cette horloge indique trois heures.
• Il signifie aussi, Faire connaître, enseigner à quelqu'un une chose ou une personne qu'il cherche ou qui lui peut être utile. Indiquez-moi le lieu où je pourrai le trouver. Indiquez-moi sa demeure. Pourriez-vous m'indiquer telle rue? Je lui ai indiqué une terre qui est à vendre. Je lui ai indiqué un fonds pour se faire payer. Indiquez-moi un bon avocat. Je lui ai indiqué cet homme-là, qui l'a bien servi dans son affaire. Il m'indiqua ce passage, cette loi. La table de ce livre n'indique point les pages, elle n'indique que les chapitres. Ce poteau est là pour indiquer le chemin. Cette carte vous indiquera la route. Le baromètre indique les variations du temps. En Médecine, La force du pouls indique la saignée, Elle avertit qu'il faut saigner le malade.
• Il signifie quelquefois simplement, Déterminer, assigner. Indiquer les causes d'un phénomène. Indiquer les différences qui existent entre deux choses. Indiquer tous les emplois d'un mot.
• Indiquer une assemblée, une session, etc., Fixer le jour, l'époque où elle aura lieu.
• INDIQUER, se dit également De ce qui fait connaître l'existence d'une chose. La fumée indique le feu. Ces monuments indiquent une civilisation fort avancée. Ces symptômes indiquent un dérangement grave.
• INDIQUER, signifie encore, dans les Arts du dessin, Marquer, représenter quelque objet, sans trop s'attacher aux détails. N'indiquer que les masses dans un tableau. Indiquer par quelques traits de crayon une pensée, un projet d'ornement, etc.
• Se dit figurément, dans un sens analogue, en parlant Des ouvrages d'esprit. Les situations, les caractères, etc., sont à peine indiqués dans cette pièce.
• INDIQUÉ, ÉE. participe, Au lieu indiqué. À l'heure indiquée.

INDIRECT
, ECTE. adj.
• Qui n'est pas direct. Chemin indirect. Voie indirecte.
• S'emploie plus ordinairement au figuré. Critique indirecte. Louanges indirectes. Avis indirect. Question indirecte. Moyens indirects. Cet homme ne va jamais que par des voies indirectes. Cette nouvelle m'est parvenue par une voie indirecte. Ne vous fiez pas aux propositions de cet homme, il a des vues indirectes.
• En Gram., Régime indirect, Celui sur lequel ne tombe pas directement l'action du verbe. Dans, Je donne ce livre à Pierre, ce livre est le régime direct de je donne, et à Pierre le régime indirect. Il y a ordinairement une préposition devant le régime indirect. Les pronoms personnels me, te, se, nous etc., s'emploient fréquemment, comme régimes indirects, pour à moi, à toi, etc. On dit dans le même sens, Complément indirect.
• En Jurispr., Avantage indirect, Avantage que l'on fait à quelqu'un contre la loi, au moyen d'une personne interposée ou de quelque acte simulé. Ligne indirecte ou collatérale, se dit par opposition à Ligne directe.
• Contributions indirectes, Les impôts établis sur les objets de commerce et de consommation, ou sur certaines choses dont le besoin est éventuel: tels sont les droits d'octroi, de douanes, de timbre, d'enregistrement, etc.

INDIRECTEMENT . adv.
• D'une manière indirecte. Il ne s'emploie qu'au figuré. Ce qu'il disait à un autre s'adressait indirectement à moi. Je n'ai appris son arrivée qu'indirectement. Cette nouvelle m'est parvenue indirectement. La plupart des anciennes coutumes défendaient aux maris d'avantager leurs femmes, ni directement ni indirectement. Il ne l'assiste ni directement ni indirectement.

INDISCIPLINABLE . adj. des deux genres
• Indocile, qui n'est pas capable de discipline. Il est indisciplinable. C'est un enfant indisciplinable. Des soldats indisciplinables. Une armée indisciplinable.

INDISCIPLINE . s. f.
• Manque de discipline. L'indiscipline des soldats fut la principale cause de la perte de cette bataille.

INDISCIPLINÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est pas discipliné, qui manque à la discipline. Soldats indisciplinés. Troupes indisciplinées. Écoliers indisciplinés.

INDISCRET
, ÈTE. adj.
• Qui manque de discrétion, de retenue, de prudence. Cet homme est trop indiscret. Cette femme est fort indiscrète. Il faut être bien indiscret pour faire une pareille question.
• Se dit aussi Des choses contraires à la retenue que les égards, les bienséances, la prudence, etc., nous imposent. Des paroles indiscrètes. Action indiscrète. Zèle indiscret. Demande indiscrète. Prière indiscrète. Curiosité indiscrète. Rapports indiscrets. Les meilleurs remèdes deviennent nuisibles, quand on en fait un usage indiscret.
• INDISCRET, signifie aussi, Qui ne sait point garder le secret. Un amant indiscret. La plupart des enfants sont indiscrets. C'est l'homme du monde le plus indiscret, on ne peut rien lui confier qu'il ne le redise.
• Se dit également Des choses par lesquelles on révèle ce qu'on devrait taire, cacher. Mot indiscret. Des regards, des gestes indiscrets. Une langue indiscrète.
• Il se prend quelquefois substantivement, en parlant Des personnes. Écarter, fuir les indiscrets. C'est un indiscret, une indiscrète à qui l'on ne peut se fier.

INDISCRÈTEMENT . adv.
• D'une manière indiscrète, imprudemment, étourdiment. Il parle indiscrètement. Il en a usé bien indiscrètement.

INDISCRÉTION . s. f.
• Manque de discrétion. Il a beaucoup d'indiscrétion. Son indiscrétion le perdra. L'indiscrétion est un grand défaut. Son indiscrétion fait qu'il ne mérite aucune confiance. Il y a de l'indiscrétion dans son fait. Y aurait-il de l'indiscrétion à vous demander si...
• Il se prend quelquefois pour Action indiscrète. Faire une indiscrétion, des indiscrétions. C'est la seule indiscrétion qu'il ait faite en sa vie.

INDISPENSABLE . adj. des deux genres
• Dont on ne peut se dispenser. Une obligation, un devoir indispensable. Engagement indispensable. Affaire indispensable.
• Se dit aussi Des choses qui sont très-nécessaires, dont on ne peut se passer. Ces objets me sont indispensables. Il faut que vous veniez, cela est indispensable. Ce mot est indispensable pour rendre en français telle idée. Ces corrections-là sont indispensables

INDISPENSABLEMENT . adv.
• Nécessairement, par un devoir indispensable. Il y est indispensablement engagé.

INDISPONIBLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Se dit Des biens dont les lois ne permettent pas de disposer à titre gratuit. Portion indisponible.

INDISPOSÉ
, ÉE. adj.
• Qui a une légère incommodité, qui a quelque altération dans sa santé. Un tel est indisposé. Ils sont tous indisposés dans cette maison. Il y a huit jours que je me sens indisposé.

INDISPOSER . v. a.
• Aliéner, fâcher, mettre dans une disposition peu favorable. Cette démarche nous a tous indisposés contre lui. Ce rapport l'indisposera contre vous.
• INDISPOSÉ, ÉE. participe

INDISPOSITION . s. f.
• Incommodité légère, légère altération dans la santé. Je n'ai point su votre indisposition. Il est remis de son indisposition.
• Se dit aussi d'Une disposition peu favorable, d'un éloignement pour quelqu'un, pour quelque chose. Tout le monde est dans une grande indisposition contre lui. Ce sens est peu usité.

INDISSOLUBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité de ce qui est indissoluble. Se dit surtout en Chimie. L'indissolubilité de l'or dans l'acide nitrique.
• Se dit aussi figurément. L'indissolubilité d'un lien, d'un contrat, d'un engagement. L'indissolubilité du mariage.

INDISSOLUBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être dissous. L'argent est indissoluble dans l'eau régale.
• Se dit aussi figurément. Le mariage est indissoluble parmi les catholiques. Les liens de l'amitié doivent être indissolubles. Union indissoluble. Attachement indissoluble.

INDISSOLUBLEMENT . adv.
• D'une manière indissoluble. Ils sont unis indissolublement.

INDISTINCT
, INCTE. adj.
• Qui n'est pas bien distinct. Le crépuscule ne permettait de voir les objets que d'une manière fort indistincte. Se dit plus ordinairement en parlant Des sons et des idées. On n'entendait que des voix confuses et indistinctes. Je n'en ai qu'une idée confuse et indistincte. Notions indistinctes.

INDISTINCTEMENT . adv.
• D'une manière indistincte. On ne peut voir ces objets que fort indistinctement. Il prononce si indistinctement, qu'on a de la peine à l'entendre. Cette idée ne s'offre à mon esprit qu'indistinctement.
• Il signifie aussi, Sans distinction, sans mettre de différence entre une personne et une autre, entre une chose et une autre. On embarqua indistinctement les Français et les étrangers. On les chassa, on les punit tous indistinctement. Il calomnie indistinctement ses amis et ses ennemis.

INDIVIDU .s.m.
• T. didactique. Se dit de Chaque être organisé, soit animal, soit végétal, par rapport à l'espèce à laquelle il appartient. Le genre, l'espèce et l'individu. Chaque individu.
• Se dit particulièrement Des personnes. Tous les individus qui composent une nation. Suivant la loi, tout individu qui se permet de... Ce sens n'est guère employé qu'en termes de Législation, d'Administration et de Statistique.
• Se dit quelquefois d'Un homme que l'on ne connaît pas, qu'on ne veut pas nommer, dont on parle en plaisantant ou avec mépris. Un individu s'est présenté chez moi ce matin. Quel est cet individu? C'est un individu qui m'a déjà trompé. Ce sens est familier.
• Fam. et par plaisanterie, Avoir soin de son individu, conserver, soigner son individu, Avoir grand soin de sa personne, de sa santé, etc.

INDIVIDUALISER . v. a.
• .Philosophie. Considérer, présenter une chose quelconque isolément, individuellement; ou Faire qu'elle ait un caractère propre et qui la distingue de toutes les autres choses de son espèce.
• INDIVIDUALISÉ, ÉE. participe

INDIVIDUALITÉ . s. f.
• .Philosophie. Ce qui constitue l'individu; ce qui fait qu'il est tel être, et qu'il a une existence distincte de celle des autres êtres. Tout être pensant connaît son individualité.

INDIVIDUEL
, ELLE. adj.
• (U EL font deux syllabes dans ce mot et dans le suivant. ) T. didactique. Qui est de l'individu, qui appartient à l'individu. Qualité individuelle. Différence individuelle.
• Il signifie aussi, Qui concerne chaque personne, ou une seule personne. Traité des garanties individuelles. Les pétitions adressées aux chambres doivent être individuelles, et non collectives.

INDIVIDUELLEMENT . adv.
• T. didactique. D'une manière individuelle, isolément. Pierre est individuellement différent de Paul, et ne l'est pas spécifiquement. Considérer un objet individuellement.
• Il signifie aussi, Chacun en particulier, chacun pour ce qui le concerne. Les membres de l'assemblée prêtèrent individuellement le serment prescrit par la loi.

INDIVIS
, ISE. adj.
• .Pratique. Qui n'est point divisé. Ses biens sont demeurés communs et indivis. La succession resta indivise.
• Propriétaires indivis, Ceux qui possèdent une chose par indivis.
• PAR INDIVIS. loc. adv. Sans être divisé. Ils possèdent tous deux cette maison, cette propriété par indivis.

INDIVISÉMENT . adv.
• .Pratique. Par indivis. Posséder indivisément.

INDIVISIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui ne peut être divisé. L'indivisibilité d'un atome. L'indivisibilité du point mathématique. L'indivisibilité de l'hypothèque.

INDIVISIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être divisé. Un point indivisible. L'atome est indivisible. L'hypothèque est, de sa nature, indivisible. La question est indivisible.

INDIVISIBLEMENT . adv.
• D'une manière indivisible. Ils sont indivisiblement unis.

INDIVISION . s. f.
• .Pratique. État d'une chose possédée par indivis, ou des personnes qui possèdent une chose par indivis. Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. Faire cesser l'indivision.

IN-DIX-HUIT . adj. et s. m.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en dix-huit feuillets; et Des livres, des volumes qui ont ce format. Le format in-dix-huit, l'in-dix-huit. Un volume in-dix-huit. Un in-dix-huit.

INDOCILE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas docile, qui est très-difficile à instruire, à gouverner. Un caractère, un esprit indocile. Un enfant indocile. Un homme indocile. Un cheval indocile. Un peuple sauvage et indocile. Indocile au joug, à la règle, aux leçons de ses maîtres.

INDOCILITÉ . s. f.
• Caractère de celui qui est indocile. L'indocilité d'un enfant. Cet écolier est d'une indocilité désespérante. L'indocilité de son esprit. L'indocilité d'un peuple sauvage. L'indocilité d'un cheval.

INDOLENCE . s. f.
• Nonchalance. Cet enfant est d'une indolence qui désespère. Molle indolence. Lâche indolence.
• Il signifie aussi, Le caractère, l'état d'une personne peu sensible à la plupart des choses qui touchent ordinairement les autres hommes. L'indolence est un grand obstacle à la fortune. Cet homme vit dans une grande indolence, est d'une indolence extrême. Il est tombé dans une indolence qui a ruiné ses affaires.
• Il se prend quelquefois pour Insensibilité, impassibilité, état d'une âme qui s'est mise au-dessus des passions. L'indolence des stoïciens est difficile à concevoir. Ce sens a vieilli.

INDOLENT
, ENTE. adj.
• Nonchalant. Cet enfant est si indolent, qu'il n'a jamais fait son devoir à temps. C'est un ouvrier indolent.
• Il signifie aussi, Indifférent, sur qui rien ne fait impression. C'est un homme indolent qui ne s'émeut de rien. Avoir l'air indolent. C'est l'homme du monde le plus indolent, de l'humeur la plus indolente. Avoir l'âme indolente, le naturel indolent.
• Il est quelquefois substantif, dans les deux sens. C'est un grand indolent, qui ne se met en peine de rien.
• INDOLENT, signifie, en termes de Médecine, Qui ne cause point de douleur. Gonflement indolent. Tumeur indolente.

INDOMPTABLE . adj. des deux genres
•(Dans ce mot et dans le suivant, on ne fait pas sentir le P, et OM se prononce comme ON.) Qu'on ne peut dompter, qu'on ne peut soumettre à l'obéissance. Animal indomptable. Caractère indomptable. Un peuple indomptable.
• Il signifie aussi figurément, Qu'on ne peut maîtriser, réprimer. Un courage indomptable. Un orgueil indomptable.

INDOMPTÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est pas dompté, ou Qui n'a pu encore être dompté. Cheval indompté.
• Se dit aussi pour Furieux, fougueux, sauvage. On l'attacha à la queue d'un cheval indompté. Un taureau indompté.
• Il signifie aussi figurément, Qui ne peut être contenu, réprimé. C'est un courage indompté. Un orgueil indompté.

IN-DOUZE . adj. et s. m.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en douze feuillets; et Des livres, des volumes qui ont ce format. Le format in-douze. L'in-douze. Un volume in-douze. Un in-douze.

INDU
, UE. adj.
• Qui est contre ce qu'on doit, contre la raison, contre la règle, contre l'usage. À heure indue. À une heure indue. Indue vexation. Il n'est guère usité que dans ces phrases.

INDUBITABLE . adj. des deux genres
• Dont on ne peut douter, certain, assuré. Le succès de cette affaire est indubitable. Sa cause est indubitable. Son droit est indubitable. Son affaire est indubitable. Principes indubitables. Les nouvelles que je vous dis sont indubitables. Il est indubitable qu'il faut mourir.

INDUBITABLEMENT . adv.
• Sans doute, certainement, assurément. Il arrivera indubitablement tel jour. S'il continue comme il a commencé, il se ruinera indubitablement.

INDUCTION . s. f.
• Instigation, impulsion, suggestion. Il s'est laissé aller à cela par l'induction d'un tel. Il est peu usité en ce sens.
• Se dit plus ordinairement d'Une manière de raisonner qui consiste à inférer une chose d'une autre, à reconnaître, à établir qu'une chose doit ou peut être, puisqu'une ou plusieurs autres sont ou pourraient être. Raisonner par induction. Établir, prouver, démontrer une chose par induction.
• Se dit également d'Une conséquence que l'on tire par induction. Tirer une induction d'une proposition. Votre induction est fausse. Cette expérience confirme les inductions que l'on avait tirées de tel phénomène. On ne doit point se hâter de juger sur de simples inductions.

INDUIRE . v. a.
• Porter, pousser à faire quelque chose. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Induire à mal faire. Qui est-ce qui vous a induit à cela?
• Induire à erreur, Être la cause volontaire ou involontaire de l'erreur où tombe une personne. Il fut induit à erreur par une fausse citation. On dit également, Induire en erreur, mais toujours dans le sens de Tromper à dessein. Il voulait m'induire en erreur.
• Dans l'Oraison dominicale, Ne nous induisez point en tentation, Ne permettez pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces.
• INDUIRE, signifie aussi, Inférer, tirer une conséquence. Qu'induisez-vous de là? La conséquence que j'en induis. J'en veux induire que...
• INDUIT, ITE. participe

INDULGENCE . s. f.
• Qualité opposée à la sévérité; facilité à excuser et à pardonner les fautes, les défauts. Grande indulgence. User d'indulgence. Avoir besoin d'indulgence. Avoir droit à l'indulgence. Avoir de l'indulgence pour une personne. Trop d'indulgence. Excès d'indulgence. Son indulgence fut cause... Réclamer l'indulgence de ses auditeurs. Traiter quelqu'un avec indulgence. Ce critique est d'une extrême indulgence pour les fautes légères.
• Il signifie aussi, chez les Catholiques, La rémission des peines que les péchés méritent, accordée par l'Église sous de certaines conditions. Dans ce sens, on l'emploie souvent au pluriel. Indulgence de quarante jours, de vingt ans, etc. Indulgence plénière. Donner, accorder des indulgences. Gagner, mériter des indulgences. Il y a des indulgences dans cette église. Il y a indulgence plénière à telle église. Indulgence à quiconque se confessera et communiera, etc.
• Fig. et fam., Gagner, mériter les indulgences, les indulgences plénières, se dit, en plaisantant, D'une personne qui fait une chose pénible, difficile, désagréable. Vous avez mérité les indulgences par votre empressement.

INDULGENT
, ENTE. adj.
• Qui a de l'indulgence, qui pardonne aisément les fautes, les défauts. Un maître indulgent. Un prince indulgent. Un père indulgent. Il est trop indulgent pour ses enfants, à ses enfants. Vous lui êtes trop indulgent. Être indulgent à soi-même. Être indulgent pour les fautes de ses amis. Je vous prierais de revoir cet ouvrage, mais vous êtes trop indulgent. Un critique indulgent. On dit de même: Religion indulgente. Morale indulgente. Critique indulgente.

INDULT .s.m.
• (On fait sentir le T.) Privilége accordé, par lettres du pape, à quelque corps, ou à quelque personne, de pouvoir nommer à de certains bénéfices, ou de pouvoir les tenir contre la disposition du droit commun. Le roi avait un indult pour nommer aux bénéfices en pays d'obédience. Ampliation d'indult. Indult ampliatif.
• Il se disait communément, autrefois, Du droit particulier qu'avaient le chancelier de France et les officiers du parlement de Paris, de requérir sur un évêché ou sur une abbaye, le premier bénéfice vacant, soit pour eux-mêmes, soit pour un autre, après y avoir été autorisés par lettres du prince. Chaque officier ne pouvait exercer le droit d'indult qu'une fois en sa vie. Mettre son indult sur une abbaye. Placer son indult. Son indult est rempli.
• INDULT, signifie aussi, Le droit que le roi d'Espagne lève sur l'argent et sur les marchandises qui arrivent d'Amérique. L'indult avait été plus fort cette année-là que l'année précédente.

INDULTAIRE .s.m.
• Celui qui a droit à un bénéfice en vertu d'un indult. L'un est l'indultaire, l'autre le résignataire. L'indultaire est préféré au gradué.

INDÛMENT . adv.
• .Pratique. D'une manière indue. Il a été mal et indûment procédé contre lui. On a indûment procédé. Il a reçu, il a payé cette somme indûment.

INDUSTRIE . s. f.
• Dextérité, adresse à faire quelque chose. Cela est fait avec beaucoup d'industrie. Merveilleuse, admirable industrie. Avoir de l'industrie. Employer son industrie. Mettre, appliquer son industrie à... Il y a de l'industrie à faire... Il a eu l'industrie de faire... Il n'a pas assez d'industrie pour en venir à bout. C'est un homme d'industrie, de beaucoup d'industrie, d'une grande industrie. Il fait subsister sa famille par son travail, par son industrie. Une coupable industrie. Une dangereuse industrie.
• Se dit quelquefois d'Une profession mécanique ou mercantile, d'un art, d'un métier que l'on exerce pour vivre. Exercer quelque industrie. Cette petite industrie lui donne de quoi subsister. C'est une industrie comme une autre.
• Vivre d'industrie, Trouver moyen de subsister par son adresse et par son savoir-faire. Il ne se dit qu'en mauvaise part.
• Fig. et fam., Chevalier d'industrie, se dit d'Un homme qui vit d'adresse, d'expédients. On le prend toujours en mauvaise part. Autrefois on disait aussi, Chevalier de l'industrie.
• INDUSTRIE, se dit aussi Des arts mécaniques et des manufactures en général, ordinairement par opposition à l'agriculture. L'industrie est pour les États une source abondante de richesses. Encourager, protéger, favoriser le commerce et l'industrie. Les progrès de l'industrie. Toutes les branches, tous les genres d'industrie. Les procédés de l'industrie. Taxer l'industrie, les produits de l'industrie. L'industrie française.

INDUSTRIEL
, ELLE. adj.
• Qui appartient à l'industrie. Les arts industriels. Les professions industrielles.
• Il signifie aussi, Qui provient de l'industrie. Les produits industriels, les richesses industrielles d'un État.
• INDUSTRIEL, se dit quelquefois, substantivement, d'Une personne qui se livre à l'industrie. Un industriel. Concilier l'intérêt des industriels avec celui des agriculteurs.

INDUSTRIEUSEMENT . adv.
• Avec industrie, avec art. Cela est fait industrieusement. Il travaille industrieusement. Cela est industrieusement travaillé, industrieusement exécuté.

INDUSTRIEUX
, EUSE. adj.
• Qui a de l'industrie, de l'adresse. Un homme très-industrieux. Un ouvrier industrieux. Une ouvrière industrieuse. C'est un homme qui a l'esprit fort industrieux, les mains fort industrieuses. Cet ouvrage est fait d'une manière très-industrieuse.

INDUTS .s.m. pl.
• Terme qui s'emploie dans plusieurs églises, et par lequel on désigne Les ecclésiastiques qui assistent aux messes hautes, revêtus d'aubes et de tuniques, pour servir le diacre et le sous-diacre.

INÉBRANLABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être ébranlé. Une masse inébranlable. Ce roc est inébranlable à l'impétuosité des vents. Il demeure inébranlable contre la violence des vagues. Leurs bataillons semblaient inébranlables.
• Il signifie figurément, Constant, ferme, qui ne se laisse point abattre. Un coeur, un courage inébranlable. Inébranlable aux coups de l'adversité. Rester inébranlable au milieu des plus grandes infortunes. Une inébranlable fermeté.
• Il signifie aussi, Qu'on ne peut faire changer de dessein, d'opinion, etc. Mon parti est pris, je suis inébranlable. C'est un homme inébranlable dans les résolutions qu'il a une fois prises.
• Se dit également Des choses morales. Sa résolution est inébranlable. Sa foi fut inébranlable.

INÉBRANLABLEMENT . adv.
• Fermement, d'une manière inébranlable. S'emploie surtout au figuré. C'est un homme inébranlablement attaché à son devoir. Quand il s'entête une fois d'une opinion, il y demeure, inébranlablement attaché.

INÉDIT
, ITE. adj.
• Qui n'a point été imprimé, publié. Poëme inédit. Histoire inédite. OEuvres inédites. Cet ouvrage est demeuré inédit, est encore inédit.

INEFFABILITÉ . s. f.
• Impossibilité d'exprimer quelque chose par des paroles. Il n'est usité que dans ces phrases: L'ineffabilité des mystères. L'ineffabilité des grandeurs de Dieu.

INEFFABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être exprimé par des paroles. Une joie, un plaisir ineffable. Une ineffable douceur. D'ineffables voluptés.
• Se dit, particulièrement, en parlant De Dieu et des mystères de la religion. La grandeur ineffable de Dieu. Le nom ineffable de Dieu. Le mystère ineffable de l'Incarnation.

INEFFAÇABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être effacé. Des traits ineffaçables. Une empreinte ineffaçable.
• Se dit figurément, au sens moral. Un souvenir ineffaçable. Des impressions ineffaçables. Le caractère du baptême, de l'ordre est ineffaçable. Il a fait à son honneur, à sa réputation une tache ineffaçable.

INEFFICACE . adj. des deux genres
• Qui n'a point d'efficacité, qui ne produit point son effet. Dieu nous donne souvent, pour nous sauver, des secours que nous rendons inefficaces. Tous les remèdes qu'on a faits à ce malade ont été inefficaces.

INEFFICACITÉ . s. f.
• Manque d'efficacité. L'inefficacité d'un moyen. L'inefficacité d'un secours. L'inefficacité d'un remède.

INÉGAL
, ALE. adj.
• Qui n'est point égal; qui n'est pas de même étendue, de même durée, de même valeur, de même intensité, etc. Deux choses de grandeur inégale. Les pieds de cette table sont inégaux. Ces deux tours sont inégales en hauteur. Surfaces inégales. Parts inégales. Durée inégale. Forces inégales.
• Se dit figurément, dans le même sens. Deux personnes de condition inégale.
• INÉGAL, signifie aussi, Qui n'est pas uni, qui est raboteux. Un terrain, un chemin, un plancher inégal. Surface inégale.
• Il signifie encore, Qui n'est pas réglé, régulier, uniforme. Marcher d'un pas inégal. Démarche inégale. Mouvement inégal. Pouls inégal. Respiration inégale.
• Se dit figurément, dans le même sens. Conduite inégale. Le jeu de cet acteur est fort inégal. Le style de cet écrivain est bien inégal.
• Se dit pareillement Des personnes. Un homme inégal dans sa conduite. C'est un esprit inégal. Cet acteur est fort inégal. C'est un écrivain bien inégal.

INÉGALEMENT . adv.
• D'une manière inégale. Les parts sont faites inégalement. C'est un homme qui s'est toujours conduit fort inégalement.

INÉGALITÉ . s. f.
• Défaut d'égalité. Se dit dans tous les sens d'Inégal. L'inégalité de deux lignes. L'inégalité des lots dans un partage. L'inégalité des saisons. Inégalité d'âge. Une grande inégalité de forces. L'inégalité des conditions. L'inégalité entre les hommes. L'inégalité d'un chemin. L'inégalité d'un plancher. L'inégalité d'un mouvement. Inégalité de style, d'esprit, d'humeur. L'inégalité du pouls. Avoir de l'inégalité dans le caractère.
• Se dit quelquefois au pluriel, tant au propre qu'au figuré, Des irrégularités, des défectuosités de ce qui est inégal. Les inégalités d'un terrain. C'est un homme qui a de grandes inégalités. Son style est plein d'inégalités.

INÉLÉGANCE . s. f.
• Défaut d'élégance. L'inélégance du style.

INÉLÉGANT
, ANTE. adj.
• Qui manque d'élégance. Expression inélégante. Style inélégant.

INÉLIGIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'a pas les qualités requises pour être élu. On reconnut que le candidat était inéligible.

INÉNARRABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être raconté. Il ne s'emploie guère que dans certaines phrases tirées de l'Écriture sainte. Saint Paul, étant transporté au troisième ciel, vit des choses inénarrables. Gémissements inénarrables.

INEPTE . adj. des deux genres
• Qui n'a nulle aptitude à certaines choses. C'est un homme tout à fait inepte aux sciences. Il est inepte à tout. Autant il a de dispositions pour les sciences, autant il est inepte en affaires.
• Il signifie aussi, Sot, impertinent, absurde; et, dans cette acception, il se dit Des personnes et des choses. C'est un homme inepte, l'homme du monde le plus inepte. Tout ce qu'il dit est inepte. Raisonnement inepte.

INEPTIE . s. f.
• (On prononce Inepcie.) Caractère de ce qui est inepte, absurde. Cet homme est d'une grande ineptie. Il a montré bien de l'ineptie. Il y a de l'ineptie dans une pareille conduite.
• Se dit également Des actions, des idées, des paroles absurdes, impertinentes. Il a dit une véritable ineptie. Ce projet est une pure ineptie. Ce livre est plein d'inepties. Il ne débite que des inepties.

INÉPUISABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut épuiser, tarir, mettre à sec. Une source d'eau inépuisable.
• Se dit, par extension, De certaines choses autres que les sources, etc. Cette mine est inépuisable. Des richesses inépuisables.
• S'emploie aussi figurément. Cet homme a un fonds de science, de savoir inépuisable. Cette matière est inépuisable. Bonté, complaisance, patience inépuisable. La miséricorde de Dieu est inépuisable.

INERME . adj. des deux genres
• .Bot. Qui n'a ni aiguillons ni épines. La tige de cette plante est inerme.

INERTE . adj. des deux genres
• Qui est sans ressort et sans activité. La matière inerte. Une masse inerte. Un membre inerte.
• Se dit quelquefois figurément. Un esprit inerte.

INERTIE . s. f.
• (On prononce Inercie.) T. didactique. État de ce qui est inerte. S'emploie principalement dans cette locution, Force d'inertie, La propriété qu'ont les corps de rester dans leur état de repos ou de mouvement, jusqu'à ce qu'une cause étrangère les en tire.
• Fig., Force d'inertie, Résistance passive, qui consiste principalement à ne pas obéir. Il rencontra dans la nation une force d'inertie qui neutralisa toutes ses mesures.
• INERTIE, se dit figurément, au sens moral, Du manque absolu d'activité ou d'énergie. Rester dans une complète inertie. Être plongé dans une profonde inertie. Tirez-le de cette inertie. Vivre dans un état d'indifférence et d'inertie. Tomber, languir dans l'inertie.

INESPÉRÉ
, ÉE. adj.
• Imprévu, à quoi on ne s'attendait pas. Il ne se dit qu'en bonne part. Événement inespéré. Succès inespéré. Victoire inespérée. Bonheur inespéré.

INESPÉRÉMENT . adv.
• Contre toute espérance, lorsqu'on s'y attendait le moins. On ne le dit que Des événements heureux. Il était ruiné, il lui est survenu inespérément une succession qui a rétabli ses affaires. Il est peu usité.

INESTIMABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut assez estimer, assez priser. Il ne se dit que Des choses. Cela est d'une valeur inestimable, d'un prix inestimable. C'est un tableau, un manuscrit inestimable. Votre amitié m'est un trésor inestimable.

INÉVITABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut éviter. Un malheur inévitable. Cet inconvénient est inévitable. Le piége était inévitable.

INÉVITABLEMENT . adv.
• Nécessairement, sans qu'on puisse l'éviter. Vous tomberez inévitablement dans ce malheur.

INEXACT
, ACTE. adj.
• Qui manque d'exactitude. Calcul inexact. Copie inexacte. Image inexacte de la réalité.
• Se dit aussi Des personnes. Copiste inexact. C'est un homme fort inexact.

INEXACTEMENT . adv.
• D'une manière inexacte.

INEXACTITUDE . s. f.
• Défaut d'exactitude. L'inexactitude d'un calcul. Il est d'une grande inexactitude à remplir ses devoirs.
• Se dit aussi Des fautes, des erreurs commises par inexactitude. On a remarqué beaucoup d'inexactitudes dans cet ouvrage.

INEXCUSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être excusé. Faute inexcusable. L'indiscrétion est un défaut inexcusable.
• Se dit aussi Des personnes. Vous êtes inexcusable d'en avoir usé ainsi.

INEXÉCUTABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être exécuté. Des lois inexécutables. Votre projet est inexécutable. Ce plan est inexécutable. Cette musique est inexécutable.

INEXÉCUTION . s. f.
• Manque d'exécution. L'inexécution d'un contrat, d'un testament, d'un arrêt, d'un traité. L'inexécution des lois. L'inexécution d'un projet.

INEXERCÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point exercé. Cet ouvrage est d'une main inexercée.

INEXIGIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est point encore exigible, qui ne peut être exigé. Il ne s'emploie guère que dans ces locutions: Dette inexigible. Capital inexigible.

INEXORABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être fléchi, apaisé. Il est inexorable. Le public est un censeur inexorable. Les pécheurs endurcis trouveront Dieu inexorable. Il fut inexorable à toutes les prières. Une inexorable sévérité.

INEXORABLEMENT . adv.
• D'une manière inexorable. Ne lui demandez point cette grâce, il vous refuserait inexorablement.

INEXPÉRIENCE . s. f.
• Manque d'expérience. L'inexpérience d'un jeune homme. L'inexpérience du monde est cause de bien des fautes.

INEXPÉRIMENTÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'a point d'expérience. Général inexpérimenté. Chirurgien inexpérimenté.

INEXPIABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être expié. Crime inexpiable.

INEXPLICABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être expliqué par aucun discours. Difficultés inexplicables. Les mystères de la religion chrétienne sont inexplicables. L'homme est une énigme inexplicable à lui-même.
• Il signifie aussi, Incompréhensible, bizarre, étrange; et alors il se dit Des personnes et des choses. C'est un homme, un caractère inexplicable. Sa conduite est inexplicable. Ces retours de fortune sont inexplicables.

INEXPRIMABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut exprimer par des paroles. Douleur inexprimable. Joie inexprimable. Reconnaissance inexprimable. Sentiments inexprimables. Un charme inexprimable.

INEXPUGNABLE . adj. des deux genres
• (Le G se prononce fortement.) Qui ne peut être forcé, pris d'assaut. Ville inexpugnable. Fort inexpugnable. Il n'y a plus de forteresses inexpugnables.

INEXTINGUIBLE . adj. des deux genres
• (GUI fait diphthongue.) Qui ne peut s'éteindre. Un feu inextinguible. Lampe inextinguible.
• S'emploie figurément dans certaines locutions. Ainsi on dit: Une soif inextinguible, Une soif que rien ne peut apaiser. Un rire inextinguible, Un rire éclatant et prolongé. Les dieux, à l'aspect de Vulcain boitant, furent saisis d'un rire inextinguible.

IN EXTREMIS
• Voyez EXTREMIS (IN).

INEXTRICABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être démêlé. Un labyrinthe inextricable. Un chaos inextricable de difficultés.

INFAILLIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est infaillible. L'infaillibilité d'un succès. L'infaillibilité d'une règle, d'un principe. L'infaillibilité d'une promesse. L'infaillibilité d'un remède.
• Se dit particulièrement de L'impossibilité de se tromper, d'errer. L'infaillibilité de l'Église.

INFAILLIBLE . adj. des deux genres
• Qui est certain et immanquable. Le succès de cette affaire est infaillible. Ce que je vous promets est infaillible. Sa perte est infaillible. C'est une chose infaillible. Règle, vérité, principe infaillible. Science infaillible. Moyen infaillible. Remède, recette infaillible.
• Il signifie aussi, Qui ne peut ni tromper, ni errer. Dieu est infaillible dans ses promesses. Croyez-vous cet homme-là infaillible?

INFAILLIBLEMENT . adv.
• Immanquablement, assurément, sans aucun doute. Infailliblement cela arrivera. Je m'y trouverai infailliblement.

INFAISABLE . adj. des deux genres
• (On prononce Infesable.) Qui ne peut être fait. C'est une chose infaisable.

INFAMANT
, ANTE. adj.
• Qui porte infamie. Des paroles, des injures infamantes. Condamnation infamante. Arrêt infamant. Supplice infamant. Peine infamante, afflictive et infamante. Voyez AFFLICTIF.

INFAMATION . s. f.
• T. d'ancienne Jurispr. criminelle. Note d'infamie. La condamnation au blâme emportait infamation.

INFÂME . adj. des deux genres
• Qui est diffamé, noté, flétri par les lois, par l'opinion publique. Il y a des châtiments qui rendent infâmes. Ceux qui sont réputés infâmes par la loi, ne peuvent être admis en témoignage. C'est un homme infâme. Une infâme prostituée.
• Il signifie aussi, Qui est indigne, honteux, avilissant. Action infâme. La chose est infâme. Une infâme trahison. Conduite infâme. Moeurs infâmes. Avarice infâme. Faire un trafic, un commerce infâme. Profession infâme. Lieu infâme, Maison de prostitution.
• Se dit quelquefois, par exagération, De tout ce qui est sale, malpropre, malséant. On le logea dans un taudis infâme. Vous avez là un habit infâme.
• INFÂME, est aussi substantif, et signifie, Celui qui est flétri par la loi, ou qui a fait des choses déshonorantes. Les infâmes ne sont pas reçus en témoignage. Ne me parlez point de lui, c'est un infâme. C'est une infâme.

INFAMIE . s. f.
• Flétrissure imprimée à l'honneur, à la réputation, soit par la loi, soit par l'opinion publique. Note d'infamie. Noter d'infamie. Encourir infamie. Cela porte infamie. Cette peine emporte infamie. Couvrir quelqu'un d'infamie. L'infamie est plus à craindre que la mort. Vivre dans l'infamie.
• Se dit quelquefois en parlant D'une chose infâme, déshonorante. Je dévoilerai l'infamie de sa conduite.
• Il signifie aussi, Action vile, honteuse, indigne d'un honnête homme. C'est une infamie de manquer à sa parole. C'est un malhonnête homme, il a fait cent infamies.
• Il signifie également, Parole injurieuse à l'honneur, à la réputation. Dans ce sens, on ne l'emploie qu'au pluriel. Il lui a dit mille infamies, toutes les infamies imaginables, toutes les infamies du monde.

INFANT
, ANTE. s.
•Titre qu'on donne aux enfants puînés des rois d'Espagne et de Portugal. L'infant d'Espagne. Le cardinal infant. Ce prince épousa l'infante de Portugal, une des infantes.

INFANTERIE . s. f.
• Se dit Des gens de guerre qui marchent et qui combattent à pied. Bonne infanterie. Vieille infanterie. Nouvelle infanterie. Infanterie française. Infanterie espagnole. Régiment, bataillon, détachement d'infanterie. Compagnie d'infanterie. Colonel, officier, soldat d'infanterie. L'infanterie ennemie fut taillée en pièces.

INFANTICIDE .s.m.
• Meurtre d'un enfant. Se dit surtout, dans la Législation criminelle, en parlant D'un enfant nouveau-né. Cette fille est accusée d'infanticide. Commettre un infanticide. L'infanticide est puni de mort.
• Il signifie aussi, Meurtrier d'un enfant, ou de son propre enfant. Dans ce sens, il est des deux genres, et on l'emploie souvent comme adjectif. Cette fille est infanticide. Une mère infanticide.

INFATIGABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être lassé par le travail, par la peine, par la fatigue. Un homme infatigable. Courrier infatigable. Cheval infatigable. Un corps infatigable. Un esprit infatigable. Zèle, ardeur infatigable. Ce ministre est infatigable.

INFATIGABLEMENT . adv.
• Sans se lasser. Attaché, appliqué infatigablement à son travail.

INFATUATION . s. f.
• Prévention excessive et ridicule en faveur de quelqu'un ou de quelque chose. On ne peut le guérir de son infatuation. Il est dans une grande infatuation de sa noblesse, de son opulence, de son mérite.

INFATUER . v. a.
• Prévenir, préoccuper tellement quelqu'un en faveur d'une personne, d'une chose qui ne le mérite pas, qu'il n'y ait presque pas moyen de l'en désabuser. Qui vous a infatué de cet homme-là, de ce livre-là? Se laisser infatuer de sa richesse.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. S'infatuer de quelqu'un. S'infatuer d'une opinion.
• INFATUÉ, ÉE. participe, Il est infatué de sa personne. Il est bien infatué de son mince talent.

INFÉCOND
, ONDE. adj.
• Stérile. Se dit surtout en parlant Des terres qui ne produisent point ou qui produisent peu. Une terre inféconde. Ce champ est infécond. Lorsqu'on parle Des animaux ou des plantes, il ne se dit guère qu'en poésie. Une vache inféconde. Des germes inféconds.
• Se dit aussi figurément. Esprit infécond. Génie infécond. Veine inféconde.

INFÉCONDITÉ . s. f.
• Manque de fécondité, stérilité. Se dit surtout en parlant Des terres. L'infécondité des terres où il y a des mines n'est pas toujours compensée par la richesse des métaux qu'elles produisent.

INFECT
, ECTE. adj.
• Puant, gâté, corrompu, qui est infecté, ou qui infecte Il a l'haleine infecte. Il est puant et infect. Des eaux infectes. D'infectes vapeurs. Un lieu infect. Un air infect.

INFECTER . v. a.
• Gâter, corrompre, incommoder par communication de quelque chose de puant, de contagieux, ou de venimeux. Ce marais infecte l'air. Cette puanteur, cette charogne infecte tout le voisinage. Il nous infecte avec son haleine, de son haleine. On jeta des immondices dans le puits, pour l'infecter. La peste avait infecté toute la ville, tout le pays. Ceux qui étaient infectés de cette maladie.
• Se dit aussi figurément, au sens moral. Il infecta le pays de cette hérésie, de sa pernicieuse doctrine. Si vous le fréquentez, il vous infectera par ses dangereuses maximes, de ses dangereuses maximes.
• INFECTÉ, ÉE. participe, Fuir les lieux infectés de la peste, les lieux infectés.

INFECTION . s. f.
• Grande puanteur. Cet égout est de la plus grande infection. Il en sort une horrible infection. Infection insupportable.
• Il signifie aussi, Corruption, altération produite dans un corps par les substances ou miasmes délétères qui s'y introduisent. On le dit principalement De l'air et de l'économie animale. L'infection de l'air. L'infection se répandit au loin. Les maladies produites par infection.

INFÉODATION . s. f.
• .Jurispr. féodale. Acte par lequel le seigneur aliénait une terre, et la donnait pour être tenue de lui en fief. L'inféodation était en bonne forme.

INFÉODER . v. a.
• .Jurispr. féodale. Donner une terre pour être tenue en fief. Inféoder des héritages.
• INFÉODÉ, ÉE. participe, Domaine inféodé.
• Dîmes inféodées, Dîmes aliénées par l'Église et possédées par des laïques.

INFÉRER . v. a.
• Tirer une conséquence de quelque proposition, de quelque fait, etc. Vous dites que telle chose est: que voulez-vous inférer de là? J'en infère telle chose. Vous n'en pouvez rien inférer.
• INFÉRÉ, ÉE. participe

INFÉRIEUR
, EURE. adj.
• Qui est placé au-dessous, en bas. La région inférieure de l'air. La partie inférieure du corps, d'un édifice, d'un tableau, etc. Les membres inférieurs. La mâchoire inférieure. Les planètes inférieures. L'orbe de Mercure est inférieur à celui de Vénus.
• Se dit particulièrement, surtout en termes de Géographie ancienne, De la partie d'un pays qui est la plus éloignée de la source d'un fleuve, ou la plus voisine de la mer; et alors on ne l'emploie guère qu'au féminin. Germanie inférieure, Germanie supérieure. Pannonie inférieure, Pannonie supérieure.
• Département de la Seine-Inférieure, de la Loire-Inférieure, Département de la France où se trouve l'embouchure de la Seine, de la Loire. On dit quelquefois, par ellipse, La Seine-Inférieure, la Loire-Inférieure. Préfet, député de la Seine-Inférieure, de la Loire-Inférieure.
• INFÉRIEUR, signifie aussi, figurément, Qui est au-dessous d'un autre en rang, en dignité, en mérite, en forces. Inférieur en science. Inférieur en savoir, en mérite. Les ennemis nous étaient inférieurs en forces, en nombre, en infanterie. Les classes inférieures de la société. Les rangs inférieurs. Un ordre inférieur.
• Se dit également Des choses, tant au sens physique qu'au sens moral. Ces marchandises sont d'une qualité fort inférieure. Pour le coloris, ce tableau est inférieur à tel autre. Son mérite, son talent est inférieur au vôtre.
• Tribunal inférieur, Celui dont il y a appel. On dit dans le même sens, Juges inférieurs.
• Dans un Collége, Classes inférieures, Celles par où commence le cours des études, où l'on enseigne les éléments du latin, etc.
• INFÉRIEUR, est aussi substantif; et alors il ne se dit proprement que de Celui qui est au-dessous d'un autre en rang, en dignité, et ordinairement avec subordination et dépendance. Les inférieurs doivent respect aux supérieurs. C'est mon capitaine, je suis son inférieur. Il en use bien avec ses inférieurs. Ce terme ne s'emploie qu'en parlant à un inférieur.

INFÉRIEUREMENT . adv.
• Au-dessous. Deux auteurs ont écrit sur cette matière, mais l'un bien inférieurement à l'autre.

INFÉRIORITÉ . s. f.
• Désavantage, inégalité en ce qui concerne le rang, la force, le mérite, etc. Il ne reconnaît pas assez son infériorité. Son infériorité devrait le rendre plus modeste. Infériorité de talent, de mérite. Il fit l'aveu de son infériorité. L'infériorité des forces. L'infériorité du nombre.

INFERNAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à l'enfer. Monstre infernal. Les puissances infernales. Le serpent, le dragon infernal, Le démon.
• S'emploie très-souvent en poésie, surtout lorsqu'on parle De l'enfer des païens. Séjour infernal. Demeure infernale. Les divinités infernales. Les dieux infernaux. La rive infernale. Le peuple infernal. Les juges infernaux.
• INFERNAL, se dit figurément De ce qui annonce beaucoup de méchanceté, de noirceur, de cruauté. Rage, malice, ruse infernale. Complot infernal. Piége infernal. Machinations infernales. Art infernal.
• Se dit aussi, familièrement, D'un grand bruit, ou de ce qui fait un grand bruit. Bruit, tapage, vacarme, tintamarre infernal. Quelle musique infernale!
• En Chimie, Pierre infernale, Nitrate d'argent fondu, pierre factice qui a la propriété de brûler, de consumer les chairs sur lesquelles on l'applique. Cautériser une morsure avec la pierre infernale. Appliquer la pierre infernale sur quelque partie gangrenée.

INFERTILE . adj. des deux genres
• Stérile, qui ne produit rien, qui ne rapporte rien, ou qui ne rapporte que fort peu. Un champ, un sol infertile. Des terres infertiles. Pays infertiles.
• Se dit aussi, figurément, De l'esprit, de l'imagination. Un esprit infertile. Veine infertile.
• Sujet, matière infertile, Sujet, matière qui fournit peu de choses à dire.

INFERTILITÉ . s. f.
• Stérilité. L'infertilité de ces terres est cause qu'on ne les cultive plus.

INFESTER . v. a.
• Ravager, désoler, tourmenter par des irruptions, par des courses hostiles, par des actes fréquents de violence et de brigandage. Les pirates infestaient toutes ces côtes-là. Les ennemis infestaient le pays par leurs courses, infestaient les frontières. Sous ce règne malheureux, la France était infestée par des brigands.
• Se dit, par extension, Des animaux nuisibles ou incommodes, des malins esprits, etc. Les sauterelles infestent souvent de grandes provinces en Orient. Les rats infestent cette maison. On prétendait que les malins esprits infestaient ce château. Les mauvaises herbes qui infestent nos champs.
• INFESTÉ, ÉE. participe, Des mers infestées de pirates. Une forêt infestée de voleurs.

INFIBULATION . s. f.
• Opération par laquelle on réunit, au moyen d'un anneau, ou même d'une suture, les parties dont la liberté est nécessaire à l'acte de la génération.

INFIBULER . v. a.
• Faire l'opération de l'infibulation.
• INFIBULÉ, ÉE. participe

INFIDÈLE . adj. des deux genres
• Qui ne garde point sa foi, qui ne remplit point ses devoirs, ses engagements; qui n'est pas constant dans ses affections. Être infidèle à ses serments, à sa parole. Être infidèle à son ami. Messager, guide, dépositaire infidèle. Une femme infidèle à son mari. Amant infidèle. Ami infidèle.
• Se dit quelquefois particulièrement D'un employé, D'un domestique, etc., qui commet des soustractions. Commis infidèle. Domestique infidèle.
• Se dit, figurément, Des choses sur lesquelles on ne peut pas ou on ne peut plus compter. La mer est un élément infidèle. La victoire, la fortune lui devint infidèle, L'abandonna.
• Il signifie encore, Qui n'a pas la vraie foi. Les nations, les peuples infidèles. Une race infidèle.
• INFIDÈLE, signifie en outre, Qui manque à la vérité, inexact; et il se dit alors Des personnes et des choses. Narrateur, traducteur, interprète infidèle. Rapport infidèle. Copiste infidèle. Cette traduction est bien infidèle. Portrait infidèle. Copie infidèle. On dit, à peu près dans le même sens, Miroir, glace infidèle.
• Mémoire infidèle, Mémoire faible, qui retient mal, inexactement. J'ai une mémoire très-infidèle.
• INFIDÈLE, s'emploie aussi comme substantif, et se dit de Celui ou de celle qui manque à la fidélité, à la foi promise. Elle essaya vainement de ramener son infidèle. C'est une infidèle.
• Se dit également de Celui ou de celle qui n'a pas la vraie foi. L'infidèle n'a point de part au royaume de Dieu. Dans ce sens, il est plus souvent d'usage au pluriel. Prêcher, convertir les infidèles. Combattre les infidèles. Aller, marcher contre les infidèles.

INFIDÈLEMENT . adv.
• D'une manière infidèle. Agir infidèlement avec ses amis. Cet ouvrage est infidèlement traduit.

INFIDÉLITÉ . s. f.
• Manque de fidélité, ou de probité. L'infidélité d'un amant. L'infidélité d'une maîtresse. L'infidélité d'une femme, d'un mari. L'infidélité d'un ami. L'infidélité d'un dépositaire. L'infidélité d'un domestique, d'un employé.
• Il signifie aussi, Manque d'exactitude, de vérité, et se dit Des personnes et des choses. L'infidélité d'un historien, d'un traducteur, d'un copiste. L'infidélité d'un récit, d'un rapport, d'une citation.
• L'infidélité de la mémoire, Le défaut de mémoire. Il ne faut en accuser que l'infidélité de sa mémoire.
• INFIDÉLITÉ, se dit également Des actes d'infidélité. Il a fait une infidélité, bien des infidélités à sa maîtresse. Ce domestique a commis une infidélité, des infidélités. Une grande infidélité.
• Se dit aussi Des simples inexactitudes. Il y a de grandes infidélités dans cette traduction.
• INFIDÉLITÉ, signifie encore, L'état de ceux qui ne sont pas dans la vraie religion. Être obstiné dans son infidélité. Il était chrétien, et tomba dans l'infidélité.

INFILTRATION . s. f.
• Action d'un fluide qui s'insinue dans les pores des parties solides. L'infiltration de l'eau dans le bois.
• Se dit particulièrement, en Médecine, D'un liquide qui pénètre et s'amasse dans un tissu quelconque. Infiltration de sérosités, de bile, de sang, d'urine. Hydropisie par infiltration.

INFILTRER (S') . v. pron.
• Passer comme par un filtre; filtrer, pénétrer à travers les pores, les interstices d'un corps solide. L'eau s'infiltre dans le bois le plus dur.
• Se dit particulièrement, en Médecine, D'un liquide qui pénètre et s'amasse dans un tissu quelconque. Des sérosités qui s'infiltrent dans le tissu cellulaire.
• INFILTRÉ, ÉE. participe, Tissu cellulaire infiltré.

INFIME . adj. des deux genres
• Dernier, placé le plus bas. Il ne se dit qu'au figuré. Les rangs infimes de la société.

INFINI
, IE. adj.
• Qui n'a ni commencement ni fin, qui est sans bornes et sans limites. Quelques philosophes ont prétendu que l'espace est infini. L'être infini. Dieu seul est infini. Il n'y a rien d'infini que Dieu.
• Se dit aussi Des attributs de Dieu. La miséricorde de Dieu est infinie. Sa puissance est infinie. Etc.
• Se dit, par extension, De ce dont on ne peut assigner les bornes, le terme, etc. Un espace infini. Une durée infinie.
• Se dit également De ce qui ne doit point avoir de fin. La gloire, la béatitude infinie des élus.
• Se dit encore, par exagération, tant au sens physique qu'au sens moral, De tout ce qui est très-considérable en son genre. Des astres placés à une distance infinie. La différence est infinie. Elle a une grâce infinie. Je vous en sais un gré infini. Nous eûmes une peine infinie à l'y déterminer. Il y a un temps infini que je suis de retour.
• Se dit particulièrement pour Innombrable. Il y a un nombre infini d'auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Une infinie variété d'objets. Des peines infinies. Des travaux infinis. Je vous ai des obligations infinies. Il y avait un monde infini dans cette assemblée. Cette dernière phrase est du langage de la conversation.
• INFINI, se dit substantivement, et presque toujours absolument, de Ce que l'on suppose sans limites. L'homme ne peut bien concevoir l'infini. Le calcul de l'infini. La géométrie de l'infini.
• À L'INFINI. loc. adv. Sans fin, sans bornes, sans mesure. Se dit principalement De certaines choses auxquelles on peut toujours ajouter, comme le temps, l'espace, l'étendue et le nombre. Cela irait à l'infini. La divisibilité de la matière à l'infini. Progrès à l'infini. Supposer une ligne tirée, prolongée à l'infini. Multiplier un nombre à l'infini.

INFINIMENT . adv.
• Sans bornes et sans mesure. Dieu est infiniment bon, infiniment juste.
• Il signifie aussi, Extrêmement. C'est un homme infiniment heureux. Elle est infiniment aimable. Il souffre infiniment. Il a infiniment d'esprit. Je vous suis infiniment obligé.
• En Math., Quantité infiniment petite, Celle qui est conçue comme moindre qu'aucune quantité assignable. On dit dans un sens analogue, Le calcul des infiniment petits.

INFINITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est infini. L'esprit humain ne saurait comprendre l'infinité de Dieu. Quelques philosophes soutiennent l'infinité de l'esprit.
• Il signifie quelquefois, Un très-grand nombre. Une infinité de personnes. Une infinité de gens ont cru cette nouvelle. Une infinité de choses. On pourrait vous alléguer une infinité de raisons.

INFINITÉSIMAL
, ALE. adj.
• .Math. S'emploie principalement dans cette locution, Calcul infinitésimal, Le calcul des infiniment petits. Le calcul infinitésimal a deux branches: le calcul différentiel, et le calcul intégral.

INFINITIF .s.m.
• .Gram. On appelle ainsi, dans les verbes, Le mode qui exprime l'état ou l'action, sans déterminer ni le nombre, ni la personne. Aimer est l'infinitif du verbe dont j'aime est le présent. Un verbe à l'infinitif. Le présent de l'infinitif. Boire, courir, prendre, sont des infinitifs. On dit quelquefois adjectivement, Le mode infinitif.

INFIRMATIF
, IVE. adj.
• .Palais. Qui infirme, qui rend nul. Il ne se dit guère que dans cette phrase, Un arrêt infirmatif d'une sentence, d'un jugement.

INFIRME . adj. des deux genres
• Qui a une constitution faible, qui est sujet à des infirmités; ou Qui a actuellement quelque indisposition qui le rend languissant. C'est un corps extrêmement infirme. Un homme, un vieillard infirme. Vieillesse infirme. On l'emploie souvent comme substantif. Nous avons plusieurs infirmes. Voilà le lieu où l'on met les infirmes.
• Il signifie au figuré, Faible, fragile, qui manque de force pour faire le bien. Le péché a rendu l'homme infirme, a rendu la volonté infirme.

INFIRMER . v. a.
• Affaiblir, diminuer, ôter la force. Il n'est d'usage qu'au figuré. Infirmer l'autorité d'un historien. On l'emploie surtout en termes de Palais. Voilà une pièce bien forte; qu'opposez-vous pour l'infirmer? Il disait, pour infirmer cet acte, que...
• Dans le style didactique, Infirmer une preuve, un témoignage, Montrer le faible d'une preuve, d'un témoignage.
• En Jurispr., Infirmer un jugement, une décision, une sentence, se dit D'un juge supérieur qui annule ou réforme la sentence rendue par un juge inférieur. La cour royale infirma le jugement du tribunal de première instance.
• INFIRMÉ, ÉE. participe

INFIRMERIE . s. f.
• Lieu destiné aux malades et aux infirmes, dans les communautés et maisons religieuses, dans les colléges, etc. Il est à l'infirmerie, dans une des salles de l'infirmerie. L'infirmerie d'un collége.
• INFIRMERIE, dans certaines Abbayes d'hommes, se dit d'Un office claustral dont le revenu est destiné à l'entretien des religieux malades. Il était dû tant de blé de rente à l'infirmerie de telle abbaye.

INFIRMIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui soigne et sert les malades dans une infirmerie, dans un hôpital. S'adresser à l'infirmier. C'est l'infirmier qui est chargé de ce soin.
• INFIRMIER, dans certaines Abbayes d'hommes, se dit Du religieux qui est revêtu de l'office claustral qu'on appelle Infirmerie.

INFIRMITÉ . s. f.
• Indisposition ou maladie habituelle. Les infirmités corporelles. La surdité, la cécité, sont des infirmités. Il est sujet à de grandes infirmités. Une infirmité gênante. Les infirmités de l'âge, de la vieillesse.
• Il signifie aussi, Faiblesse, fragilité pour le bien, défaut, imperfection. L'infirmité humaine. L'infirmité de la nature, causée par le péché. Il faut supporter les infirmités de son prochain.

INFLAMMABLE . adj. des deux genres
• Qui s'enflamme facilement. Le soufre, le camphre, sont des matières fort inflammables. Gaz inflammable.

INFLAMMATION . s. f.
• Action par laquelle une matière combustible s'enflamme, ou Le résultat de cette action. Le feu prit aux poudres; et l'inflammation fut si prompte, qu'elle fit un ravage affreux.
• S'emploie aussi figurément, et signifie, L'âcreté et l'ardeur qui surviennent aux parties du corps excessivement échauffées. Il y a de l'inflammation à cette plaie. Inflammation de poitrine. L'inflammation des viscères. Inflammation de poumon. Inflammation d'entrailles.

INFLAMMATOIRE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui cause de l'inflammation, qui tient de l'inflammation. Maladie inflammatoire. Fièvre inflammatoire. Symptôme inflammatoire.

INFLÉCHIR . v. a.
• T. d'Optique. S'emploie surtout avec le pronom personnel, et se dit Des rayons lumineux qui dévient. Le point où des rayons lumineux s'infléchissent. Voyez INFLEXION.
• INFLÉCHI, IE. participe

INFLEXIBILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est inflexible. L'inflexibilité absolue n'existe dans aucun corps.
• Se dit figurément, au sens moral. L'inflexibilité d'un juge. L'inflexibilité de son caractère.

INFLEXIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut fléchir, plier, courber. Aucun métal n'est absolument inflexible.
• Il signifie au figuré, Qui ne se laisse point émouvoir à compassion, qui ne se laisse ébranler par aucune considération. On le dit en bien et en mal. Inflexible aux prières. Tyran inflexible. Il est rigide et inflexible. Une vertu inflexible. Une constance inflexible. Opiniâtreté inflexible. Juge inflexible.

INFLEXIBLEMENT . adv.
• D'une manière inflexible. Il demeure inflexiblement attaché à son opinion. Il résiste inflexiblement à leurs menaces.

INFLEXION . s. f.
• Action de fléchir, de plier, d'incliner. Inflexion du corps, de corps. Saluer en faisant une légère inflexion de corps.
• Se dit, en termes d'Optique, pour exprimer Une espèce particulière de déviation que les rayons lumineux éprouvent lorsqu'ils passent dans les confins de deux milieux dont le pouvoir réfringent est différent. Le point d'inflexion.
• INFLEXION, se dit aussi Des changements de ton, d'accent dans la voix, soit en chantant, soit en parlant. Ce chanteur, cet acteur a des inflexions de voix agréables. Les inflexions justes font une bonne déclamation.
• Se dit quelquefois de La disposition, de la facilité qu'on a à faire ces changements, et à passer d'un ton à un autre. Cet orateur n'a point d'inflexion de voix. Un homme qui n'a point d'inflexion dans la voix, ne saurait bien chanter.
• INFLEXION, en termes de Grammaire, signifie, La manière de décliner ou de conjuguer. L'inflexion des noms. L'inflexion des verbes.
• Se dit plus ordinairement Des différentes formes que prend un nom quand on le décline, un verbe quand on le conjugue. Les diverses inflexions qu'un mot peut recevoir.

INFLIGER . v. a.
• Prononcer une peine contre quelqu'un, lui imposer une peine pour quelque transgression, quelque crime, quelque faute. Les peines que les lois infligent aux meurtriers, aux incendiaires, etc. La peine qui est infligée par le juge. Infliger une amende. Infliger un châtiment, un supplice. Infliger une pénitence. S'infliger des privations.
• INFLIGÉ, ÉE. participe

INFLORESCENCE . s. f.
• .Bot. Disposition particulière des fleurs d'une plante.

INFLUENCE . s. f.
• Action d'une chose qui influe sur une autre. Se dit tant au propre qu'au figuré. L'influence de la lune sur les marées. L'influence de la chaleur sur les corps. Des influences contraires. On croyait autrefois que les astres avaient de l'influence sur la destinée des hommes. L'influence du climat sur le tempérament, sur les moeurs. L'influence de l'opinion publique. L'influence du langage sur les idées. Les premières démarches qu'on fait dans le monde ont beaucoup d'influence sur le reste de la vie. L'influence des lois nouvelles commençait à se faire sentir. Subir, éprouver une influence. Influence salutaire, dangereuse. Douce influence. L'influence des passions.
• Il signifie particulièrement, Autorité, crédit, ascendant. C'est un homme sans influence dans le gouvernement. Il a beaucoup d'influence à la cour. Il a perdu toute influence. Exercer une grande influence sur les esprits.

INFLUENCER . v. a.
• Exercer une influence, un ascendant. Influencer les esprits, les opinions. Influencer une assemblée. Il s'est laissé influencer par une faction, par telle personne.
• INFLUENCÉ, ÉE. participe

INFLUENT
, ENTE. adj.
• Qui a de l'influence, du crédit. C'est un homme très-influent, un personnage influent. Une personne influente.

INFLUER . v. n.
• Faire impression sur une chose, exercer sur elle une action qui tend à la modifier. Se dit principalement Des choses qui agissent par une vertu secrète, non apparente ou peu sensible. La lune influe sur les marées. L'électricité influe sur la végétation. Le climat, la température influe sur la santé, sur les moeurs, sur le caractère.
• Se dit aussi figurément. La bonne ou mauvaise éducation d'un jeune homme influe sur tout le reste de sa vie. Ces lois influèrent beaucoup sur les moeurs. Ce motif a influé sur sa résolution. Dans cette acception, il se dit quelquefois Des personnes. Un tel influa beaucoup dans la détermination que l'on prit.
• INFLUÉ, ÉE. participe

IN-FOLIO . adj. et s.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en deux; et D'un livre, d'un volume qui a ce format. Format in-folio. L'in-folio est le double de l'in-quarto. Volume in-folio. Manuscrit, dictionnaire in-folio. Deux gros in-folio. Un in-folio de tant de pages.

INFORMATION . s. f.
• .Jurispr. Acte judiciaire où l'on rédige les dépositions des témoins sur un fait, en matière criminelle. C'est ce qu'on nomme Enquête en matière civile. Faire une information, des informations. Procéder à une information. Travailler à des informations. Informations secrètes. Continuer l'information, les informations. L'information porte... Dans les informations, toutes les ratures et surcharges doivent être approuvées. Les charges et informations. Ce sens est maintenant peu usité: voyez INSTRUCTION.
• Convertir les informations en enquête, signifiait autrefois, Civiliser un procès criminel.
• Information de commodo et incommodo, Enquête administrative qui se fait pour connaître les avantages et les inconvénients de quelque mesure projetée, d'un établissement, etc.
• Information de vie et moeurs, Enquête qui se faisait autrefois de la conduite et des moeurs de celui qui devait être reçu dans une charge, dans une dignité, etc.
• INFORMATION, se dit aussi, dans le langage ordinaire, Des recherches que l'on fait pour s'assurer de la vérité d'une chose, pour connaître la conduite, les moeurs d'une personne, etc.; et il s'emploie ordinairement au pluriel. Aller aux informations. Prendre des informations. Quand il fallut en venir aux informations. Les informations que j'ai prises là-dessus, que j'ai prises sur sa conduite ne sont pas fort satisfaisantes.

INFORME . adj. des deux genres
• Imparfait, qui n'a pas la forme qu'il doit avoir. Se dit au propre et au figuré. Une masse, un animal informe. C'est un ouvrage informe, et qui n'est pas encore mis dans l'ordre où il doit être. Des essais informes.
• Il signifie particulièrement, Qui ne fait pas foi, qui n'est pas revêtu des formes prescrites. Cet acte est informe. C'est une pièce informe qui ne peut servir.
• En Astron., Étoiles informes, se dit Des groupes d'étoiles qui, en raison de leur petitesse ou de leur peu d'éclat, n'ont pas été compris dans les constellations désignées par des noms particuliers.

INFORMER . v. a.
• Avertir, instruire. Informer les juges de la vérité du fait. Informer le prince de ce qui se passe. Informez-moi régulièrement de tout ce que vous aurez appris. À cet égard, je suis bien informé. Quand vous serez mieux informé. Vous êtes mal informé.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, S'enquérir. S'informer de la vérité du fait. Je m'en suis informé à tous ceux que je connaissais. Je ne m'informe point de ce qu'il peut être. S'informer de la santé de quelqu'un.
• INFORMER, s'emploie neutralement en Jurisprudence criminelle, et signifie. Faire une information, une instruction. Informer contre quelqu'un. Informer d'un assassinat. Informer sur un fait. Autrefois, les juges pouvaient, en certains cas, ordonner qu'il serait plus amplement informé, pendant un temps déterminé, comme six mois, un an; ou usque quò, pendant un temps indéfini. Dans ce sens, on dit mieux maintenant, Instruire.
• Informer des vie et moeurs de quelqu'un, se disait autrefois en parlant De l'enquête que l'on faisait sur la conduite de celui qui devait être reçu dans une charge, dans une dignité, etc.
• INFORMÉ, ÉE. participe, On disait autrefois, et l'on dit encore aujourd'hui, substantivement, en Matière criminelle, Un plus amplement informé, ou Un plus ample informé, Une nouvelle et plus ample instruction de l'affaire, l'audition de nouveaux témoins, la production ou la recherche de pièces, de documents nouveaux. Conclure à un plus ample informé. Pendant le plus amplement informé.

INFORTUNE . s. f.
• La mauvaise fortune, l'adversité. S'emploie surtout dans le style soutenu. Tomber dans l'infortune. Vivre dans l'infortune. Je plains son infortune. Grande infortune. Illustre infortune.
• Il signifie aussi, Revers de fortune, désastre, disgrâce. De grandes infortunes. Faire le récit de ses infortunes. Au milieu de tant d'infortunes. La mort termina ses infortunes, le cours de ses infortunes.

INFORTUNÉ
, ÉE. adj.
• Malheureux. Prince infortuné. Reine infortunée. Père infortuné. Mère infortunée. Vie infortunée. Jours infortunés. Sort infortuné.
• S'emploie comme substantif, dans le style soutenu. C'est un infortuné, une infortunée. Secourir les infortunés.

INFRACTEUR .s.m.
• Transgresseur, celui qui viole une loi, un ordre, un traité, etc. Infracteur des lois, des traités. Les infracteurs d'une loi, d'une ordonnance. À peine contre les infracteurs d'être condamnés à, etc.

INFRACTION . s. f.
• Transgression, contravention, violation d'une loi, d'un ordre, d'un traité, etc. Ils ont fait une infraction au traité. C'est une infraction à la loi. Infraction au droit des gens. Une telle infraction sera punie. L'infraction des lois, des priviléges.
• Infraction du ban, Action d'une personne condamnée au bannissement, qui revient dans le pays, dans les lieux d'où elle est bannie.

INFRUCTUEUSEMENT . adv.
• Sans profit, sans utilité. Il a travaillé infructueusement.

INFRUCTUEUX
, EUSE. adj.
• Qui ne rapporte point de fruit, ou qui en rapporte fort peu. Terroir infructueux. Terre infructueuse. Champ infructueux. Année infructueuse.
• Il signifie figurément, Qui n'apporte aucun profit, aucune utilité, qui ne donne aucun résultat. Travail infructueux. Soins infructueux. Emploi infructueux. Peine infructueuse. Recherches infructueuses. Tentative infructueuse.

INFUS
, USE. adj.
• Se dit Des connaissances ou des vertus que l'on possède pour ainsi dire naturellement, sans avoir travaillé à les acquérir. Science infuse. Sagesse infuse. On l'emploie rarement au masculin.
• Fam., Il croit avoir la science infuse, se dit, par raillerie, D'un homme qui se croit savant sans avoir étudié.

INFUSER . v. a.
• Mettre et laisser plus ou moins de temps une plante ou une drogue dans quelque liquide, afin que le liquide en tire le suc. Infuser de la rhubarbe dans de la tisane. Infuser du quinquina dans du vin. Infuser une substance dans de l'eau bouillante. Infuser à froid. Infuser sur de la cendre chaude.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans un sens analogue. Il faut donner au thé le temps de s'infuser. Faites infuser deux gros de séné. Laisser infuser une plante. Dans ces deux derniers exemples, il y a ellipse du pronom.
• INFUSÉ, ÉE. participe

INFUSIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut fondre, qui n'est pas susceptible de fusion.

INFUSION . s. f.
• Action d'infuser, opération qui consiste à laisser séjourner des substances dans une liqueur. Cette tisane se fait par infusion. Faire une infusion dans de l'eau bouillante. Infusion à froid.
• Il signifie aussi, La liqueur dans laquelle les substances ont séjourné. Une infusion de camomille. Une infusion de rhubarbe. Une légère infusion de thé, etc.
• INFUSION, signifie encore, La manière dont certaines facultés surnaturelles sont infuses dans l'âme. Les apôtres avaient le don des langues, par l'infusion du Saint-Esprit.

INFUSOIRES .s.m. pl.
• T. d'Hist. nat. Animalcules qui vivent dans les liquides, et que l'on y découvre à l'aide du microscope. Les infusoires se trouvent principalement dans les infusions de certaines plantes, et dans les eaux corrompues. On dit aussi, adjectivement, Vers infusoires, animalcules infusoires.

INGAMBE . adj. des deux genres
• Léger, dispos, alerte. Ce vieillard est encore ingambe. Il est familier.

INGÉNIER (S') . v. pron.
• Chercher, tâcher de trouver dans son esprit quelque moyen pour réussir. Ingéniez-vous pour sortir de cet embarras. S'ingénier pour venir à bout de quelque chose. Il est familier.

INGÉNIEUR .s.m.
• Celui qui invente, qui trace et qui conduit des travaux et des ouvrages, pour attaquer, défendre, ou fortifier les places. Ingénieur militaire. Habile ingénieur. Bon ingénieur. Cet ingénieur a tracé ce bastion, a conduit ces travaux. Ingénieur en chef.
• Se dit aussi de Celui qui conduit quelques autres ouvrages ou travaux publics, tels que la construction et l'entretien des routes, l'exploitation des mines, etc. Ingénieur des ponts et chaussées. Ingénieur des mines. Ingénieur de la marine ou maritime. Ingénieur-constructeur de vaisseaux.
• Ingénieur-géographe, Celui qui dresse des cartes de géographie.
• Ingénieur pour les instruments de mathématique, Celui qui fait des instruments de mathématique. Ingénieur-opticien, Celui qui fait des instruments d'optique.

INGÉNIEUSEMENT . adv.
• D'une manière ingénieuse. Cela est ingénieusement imaginé, ingénieusement dit, ingénieusement disposé, arrangé.

INGÉNIEUX
, EUSE. adj.
• Plein d'esprit, plein d'invention et d'adresse. Homme ingénieux. Femme ingénieuse. Un machiniste ingénieux.
• Se dit également Des choses qui marquent de l'adresse, de l'esprit, de la sagacité dans celui qui en est l'auteur. Pièce, machine fort ingénieuse. Cette invention est bien ingénieuse. Cet ouvrage est tout à fait ingénieux. Cette comparaison est ingénieuse. Repartie ingénieuse. Trait ingénieux.
• Il signifie aussi, Qui met de l'application et de l'adresse à faire quelque chose. Être ingénieux à faire le bien. On le prend quelquefois dans un sens défavorable. Un homme ingénieux à se tourmenter. Vous êtes ingénieux à leur trouver des torts.

INGÉNU
, UE. adj.
• Naïf, simple, franc, qui est sans déguisement, sans finesse. Se dit Des personnes et des choses. Un homme ingénu. Un esprit ingénu. C'est l'homme du monde le plus ingénu. Cette jeune personne est très-ingénue. Il a l'air ingénu, fort ingénu. Il a quelque chose d'ingénu dans la physionomie, dans l'air du visage. Elle a dit cela d'une manière tout à fait ingénue. Discours ingénu. Déclaration, réponse ingénue. Il fit un aveu ingénu.
• S'emploie quelquefois substantivement. Faire l'ingénu, l'ingénue. Il y a un roman de Voltaire intitulé l'Ingénu.
• Au Théâtre, Jouer les ingénues, Jouer les rôles de jeunes filles naïves. On dit de même, L'emploi des ingénues.
• INGÉNU, se dit substantivement, dans le Droit romain, de L'homme né libre, et qui n'a jamais été dans une légitime servitude. Ce mot s'emploie par opposition à Affranchi, comme le mot Libre par opposition à Esclave. Auguste permit à tous les ingénus qui n'étaient pas sénateurs, d'épouser des affranchies.

INGÉNUITÉ . s. f.
• Naïveté, simplicité, franchise. Elle a beaucoup d'ingénuité. Elle est d'une grande ingénuité. Il n'y a que trop d'ingénuité dans tout ce qu'il dit. Une grande ingénuité dans son air, dans ses paroles. Avec un air d'ingénuité, avec une ingénuité affectée, il trompe ceux qui ne le connaissent pas.
• INGÉNUITÉS, au pluriel, se dit, au Théâtre, Des rôles de jeunes filles naïves. Jouer les ingénuités. On dit aussi, Jouer les ingénues.

INGÉNUMENT . adv.
• D'une manière ingénue et naïve. Il dit cela ingénument, trop ingénument.
• Il signifie aussi, Franchement, sincèrement. Je vous avouerai ingénument que... Pour vous parler ingénument.

INGÉRER (S') . v. pron.
• Se mêler de quelque chose sans en avoir le droit, l'autorisation, ou sans en être requis. Il s'est ingéré de faire... Je ne m'ingère point de vos affaires. Il s'ingère de donner des avis. Cet homme s'ingère toujours dans vos affaires. Il s'ingère des choses qui ne le regardent pas. Il s'ingère de tout. S'ingérer dans une négociation.

INGRAT
, ATE. adj.
• Qui n'a point de reconnaissance, qui ne tient point de compte des bienfaits qu'il a reçus. Il a été ingrat envers son bienfaiteur. Des fils ingrats. Coeur ingrat. La patrie ne fut point ingrate envers lui.
• S'emploie souvent comme substantif, dans le même sens. C'est un ingrat. Il faudrait punir les ingrats. Faites-moi ce plaisir, vous n'obligerez pas un ingrat. Quand on oblige facilement, on doit s'attendre à faire des ingrats. Allez, vous êtes un ingrat, une ingrate.
• INGRAT, signifie figurément, Stérile, infructueux, qui ne dédommage point des dépenses qu'on fait, ou des peines qu'on se donne. Sol ingrat. Terre ingrate. Affaire ingrate.
• Étude ingrate, travail ingrat, etc., se disent d'Une étude, d'un travail où aucune sorte d'agrément, de plaisir, de profit ne dédommage des peines que l'on se donne.
• INGRAT, se dit encore figurément, en Littérature, et même quelquefois dans les Beaux-Arts, D'un sujet qui n'est pas favorable au développement du talent, qui fournit peu d'idées. Le sujet de ce poëme, de ce tableau était vraiment ingrat. Vous me proposez là un sujet bien ingrat. Vous avez choisi une matière fort ingrate. Vous travaillez sur un fond bien ingrat.

INGRATITUDE . s. f.
• Vice des ingrats; manque de reconnaissance pour un bienfait reçu. L'ingratitude est la marque d'une âme basse. Haïr, détester l'ingratitude. Il m'a payé d'ingratitude. Trait, acte d'ingratitude. Extrême, horrible ingratitude. C'est une noire ingratitude. Il s'est rendu coupable d'ingratitude envers son maître, envers son bienfaiteur. Reprocher à quelqu'un son ingratitude. Une donation peut être révoquée pour cause d'ingratitude.

INGRÉDIENT .s.m.
• Se dit Des choses qui entrent dans la composition d'un médicament, d'une boisson, d'un mets, ou de quelque autre mélange. Les ingrédients d'un remède, d'un breuvage, d'un ragoût, d'un vernis, etc. Il entre beaucoup d'ingrédients dans la composition de la thériaque. Les ingrédients nécessaires. Bon, mauvais ingrédient. Le principal ingrédient. Il n'y faut pas tant d'ingrédients.

INGUÉRISSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être guéri. Se dit surtout Des personnes. Avec la vie qu'il mène, c'est un homme inguérissable.

INGUINAL
, ALE. adj.
• (L'U se prononce. ) T. d'Anat. et de Chirur. Qui appartient ou qui a rapport à l'aine. Ligament inguinal. Glande inguinale. Hernie inguinale. Bandage inguinal.

INHABILE . adj. des deux genres
• Qui manque d'habileté, d'aptitude. Un artiste inhabile. La vieillesse est inhabile au métier des armes.
• Il signifie, en Jurisprudence, Qui n'a pas les qualités requises pour faire une chose. Être inhabile à contracter, à tester. Un mineur est inhabile à gérer son bien, à disposer de sa fortune.

INHABILETÉ . s. f.
• Manque d'habileté. L'inhabileté de ce général lui a fait perdre la bataille. Cet ouvrage a été manqué par l'inhabileté de l'ouvrier.

INHABILITÉ . s. f.
• .Jurispr. Incapacité. La condamnation à une peine infamante perpétuelle emporte inhabilité à recueillir aucune succession.

INHABITABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être habité. Maison inhabitable. Pays inhabitable.

INHABITÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point habité. Lieu inhabité. Lieux inhabités. Ville inhabitée. Maison inhabitée.

INHÉRENCE . s. f.
• .Philosophie. Se dit de L'union des choses inséparables par leur nature, ou qui ne peuvent être séparées que mentalement et par abstraction. L'inhérence de l'accident à la substance.

INHÉRENT
, ENTE. adj.
• Qui par sa nature est joint inséparablement à un sujet. La pesanteur est inhérente à la matière, est une qualité inhérente aux corps graves. Vice inhérent au sujet d'un ouvrage. Faiblesse inhérente à la nature humaine.

INHIBER . v. a.
• .Pratique et de Chancellerie. Défendre, prohiber. Nous avons inhibé et défendu. Il vieillit.
• INHIBÉ, ÉE. participe, Les choses inhibées.

INHIBITION . s. f.
• .Jurispr. Défense, prohibition. Il se joint presque toujours avec le mot Défense, et il est plus usité au pluriel qu'au singulier. Inhibitions et défenses sont faites à toutes personnes. L'arrêt, l'ordonnance portait inhibitions et défenses.

INHOSPITALIER
, IÈRE. adj.
• Qui n'exerce point l'hospitalité, inhumain envers les étrangers. Un peuple inhospitalier.
• Se dit quelquefois D'un lieu où les étrangers sont mal accueillis, qui n'offre point un refuge assuré. Rivage inhospitalier. Terre inhospitalière.

INHOSPITALITÉ . s. f.
• Refus de recevoir les étrangers, inhumanité envers eux. La barbarie et l'inhospitalité de ces peuples.

INHUMAIN
, AINE. adj.
• Cruel, sans pitié, sans humanité. Se dit Des personnes et des choses. Un tyran inhumain. Un maître inhumain. Il s'est montré inhumain envers ces malheureux. Un acte inhumain. Action inhumaine. Cela est inhumain. Il lui fit un traitement inhumain. Il y avait dans ce pays une loi inhumaine, une coutume inhumaine.
• INHUMAINE, au féminin, s'est dit particulièrement, dans le langage des amants et des poëtes, D'une femme qui ne répond pas à la passion de celui dont elle est aimée. Beauté inhumaine. On ne le dit plus guère qu'en plaisantant.
• Il est aussi substantif, dans le même sens. Belle inhumaine. C'est une inhumaine.

INHUMAINEMENT . adv.
• Cruellement. Il l'a traité inhumainement.

INHUMANITÉ . s. f.
• Cruauté, barbarie. Grande inhumanité. Il y a de l'inhumanité à cela. Acte d'inhumanité envers des vaincus. Il l'a traité avec inhumanité.
• Se dit aussi Des actes d'inhumanité. Exercer de grandes inhumanités.

INHUMATION . s. f.
• Action d'inhumer. L'inhumation d'un corps. Aucune inhumation ne peut être faite sans une autorisation de l'officier de l'état civil. Un lieu consacré aux inhumations. Frais d'inhumation.

INHUMER . v. a.
• Enterrer. Il ne se dit qu'en parlant Des corps humains. Inhumer les morts. Il fut inhumé, on l'inhuma dans l'église, dans le cimetière.
• INHUMÉ, ÉE. participe

INIMAGINABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut imaginer. Ce contre-temps est inimaginable.

INIMITABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être imité, qu'on ne saurait imiter. Action inimitable. Ouvrage inimitable. Style inimitable. Grâce inimitable. Un homme inimitable dans son art, dans ses manières d'agir. C'est un auteur inimitable.

INIMITIÉ . s. f.
• Haine, malveillance, aversion qu'on a pour quelqu'un, et qui ordinairement dure longtemps. Inimitié cachée, couverte, déclarée. Vieille inimitié. Inimitié héréditaire. Inimitié enracinée, irréconciliable. Il existait entre ces familles d'anciennes inimitiés. Mettre un terme à de longues inimitiés. Par inimitié. Avoir de l'inimitié pour une personne. Concevoir de l'inimitié contre quelqu'un, encourir son inimitié.
• Se dit, par extension, de L'antipathie naturelle qui existe entre certains animaux. Il y a de l'inimitié, une inimitié naturelle entre le chien et le chat.

ININTELLIGIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas intelligible, qu'on ne peut comprendre. Phrase inintelligible. Ce discours, ce langage, ce raisonnement est inintelligible.

INIQUE . adj. des deux genres
• Injuste à l'excès, qui blesse grièvement l'équité. Se dit Des personnes et des choses. Juge inique. Jugement inique. Cela est inique.

INIQUEMENT . adv.
• D'une manière inique. Juger iniquement.

INIQUITÉ . s. f.
• Vice de ce qui est inique; injustice excessive, criante, manifeste. L'iniquité des juges. L'iniquité des jugements. L'iniquité évidente d'un arrêt. Un acte d'iniquité. C'est le comble de l'iniquité. Un mystère d'iniquité.
• Se dit aussi d'Un acte d'injustice. Commettre une iniquité, des iniquités. C'est une iniquité révoltante.
• INIQUITÉ, signifie plus généralement, Le péché, la corruption des moeurs, le débordement des vices. L'iniquité régnait, avait couvert la face de la terre. L'iniquité du siècle. C'est un homme rempli d'iniquité. Les hommes, comme enfants d'Adam, portent l'iniquité de leur premier père. Enfant d'iniquité.
• Se dit également, surtout au pluriel, Des péchés, des actes contraires à la religion, à la morale. JÉSUS-CHRIST a porté nos iniquités, a lavé nos iniquités, s'est chargé de nos iniquités. Cet homme a comblé la mesure de ses iniquités. Les enfants portent souvent la peine des iniquités de leurs pères. Seigneur, remettez-nous nos iniquités. Fig., en termes de l'Écriture, Boire l'iniquité comme l'eau.

INITIAL
, ALE. adj.
• (On prononce Inicial.) Se dit Des lettres, des syllabes qui commencent un mot. La lettre initiale d'un nom propre est toujours une majuscule. Un a, un b initial. Consonne, voyelle, syllabe initiale. En termes de Calligraphie et d'Imprimerie, on appelle plus particulièrement Lettre initiale, La lettre qui commence un livre, un chapitre: elle est ordinairement plus grande que les majuscules du texte, et quelquefois accompagnée d'ornements.
• S'emploie aussi substantivement, au féminin, pour Lettre initiale. Il n'a signé ce billet que de l'initiale de son nom, que de son initiale. Dans ce manuscrit, les initiales sont en rouge.

INITIATION . s. f.
• (On prononce Iniciation.) Admission à la connaissance de certaines choses secrètes. Se dit particulièrement de La cérémonie par laquelle on était initié à la connaissance et à la participation de certains mystères, chez les païens. Les cérémonies d'initiation.

INITIATIVE . s. f.
• (On prononce Iniciative.) Action de celui qui propose le premier quelque chose. Prendre l'initiative.
• Se dit également Du droit de faire le premier certaines propositions. En France, l'initiative pour la proposition des lois appartient à chacun des trois pouvoirs. On dit dans le même sens, Droit d'initiative.

INITIER . v. a.
• (On prononce Inicier.) Se dit proprement en parlant De la religion des anciens païens, et signifie, Recevoir au nombre de ceux qui font profession de quelque culte particulier, admettre à la connaissance et à la participation de certaines cérémonies secrètes qui regardaient le culte particulier de quelque divinité. Il se fit initier aux mystères de Cérès, de Bacchus. Ceux qui n'étaient pas initiés aux mystères de Cérès, ne pouvaient assister à certains sacrifices. Initier quelqu'un aux mystères.
• Se dit, par extension, en parlant De quelque religion que ce soit. Quand les Pères ont parlé à ceux qui n'étaient pas encore initiés aux mystères de la religion, ils ont usé d'une sage réserve.
• Initier quelqu'un dans une compagnie, dans une société, L'admettre, le recevoir au nombre des membres qui la composent. Nous l'avons initié parmi nous. Il n'est pas encore initié parmi eux.
• INITIER, signifie aussi, figurément, Donner la connaissance d'une chose, mettre au fait d'une science, d'un art, d'une profession, etc. Il n'est pas initié dans cette affaire, dans le secret. La nature semblait l'avoir initié à ses secrets. Initier quelqu'un à la philosophie, à la politique, dans les secrets de la philosophie, de la politique.
• INITIÉ, ÉE. participe, On l'emploie aussi comme substantif, surtout en parlant De l'initiation à certains mystères. Un initié. Les initiés.

INJECTER . v. a.
• .Médec. Introduire, par le moyen d'une seringue ou de tout autre instrument, un liquide émollient, ou détersif, ou stimulant, etc., dans une cavité du corps, dans une plaie. Injecter une décoction dans le rectum, dans une fistule. Injecter du lait dans l'oreille.
• Il prend aussi pour régime le nom des parties et surtout des plaies dans lesquelles on injecte une liqueur. On a injecté plusieurs fois sa plaie.
• INJECTER, signifie également, en termes d'Anatomie, Introduire une matière colorée, ou du mercure, dans les vaisseaux d'un cadavre, soit pour le conserver, soit pour rendre ces parties plus apparentes et pour en faciliter la dissection. Injecter un cadavre. Injecter les veines, les artères. Injecter de cire ou de térébenthine colorée avec du noir de fumée, avec du vermillon. Injecter les vaisseaux lymphatiques avec du mercure. L'art d'injecter.
• INJECTÉ, ÉE. participe, Cadavre injecté.

INJECTION . s. f.
• .Médec. Action par laquelle on injecte une liqueur dans quelque cavité du corps ou dans une plaie. Faire des injections dans l'oreille. Il a fait faire des injections pour guérir cette plaie.
• Se dit aussi Du liquide que l'on injecte. L'injection était trop chaude, trop froide. Injection détersive, aromatique. Injection d'eau de graine de lin.
• INJECTION, se dit également, en termes d'Anatomie, de L'action d'injecter un cadavre, ainsi que de La matière liquide ou liquéfiée dont on se sert pour cette opération. L'injection d'un cadavre. Injection colorée. Injection de suif, de cire, de térébenthine.
• Se dit encore Des pièces anatomiques préparées au moyen de l'injection. Le Hollandais Ruysch a fait de belles injections.

INJONCTION . s. f.
• Commandement exprès. Faire une injonction à quelqu'un. Après cette injonction. Un arrêt portant injonction. On a fait injonction à tous les officiers de ce corps de se trouver dans telle ville, à telle époque. Injonction formelle.

INJURE . s. f.
• Insulte, outrage, ou de fait, ou de parole, ou par écrit. Grande injure. Injure grave, atroce, sanglante, irréparable. Faire injure. Vous me faites injure en me supposant de telles intentions. Faire une injure à quelqu'un. Endurer, souffrir une injure. Oublier, pardonner les injures. Repousser les injures. Venger l'injure de quelqu'un. Venger sa propre injure. Laver une injure dans le sang. L'oubli, le mépris, le pardon des injures. Une injure à l'honneur, faite à l'honneur. Il tient, il répute cela à injure. Faire satisfaction d'une injure. Réparer l'injure qu'on a faite. Faire assigner en réparation d'injures.
• Il se prend, particulièrement, pour Une parole offensante, outrageuse. Dire des injures à quelqu'un. Ils en vinrent aux injures. Vomir des injures. Éclater en injures contre quelqu'un. Charger quelqu'un d'injures. Une injure grossière.
• Pop., Se chanter mille injures; et fam., Dire ou se dire de grosses injures.
• Fig., L'injure du temps, les injures du temps, de l'air, des saisons, Les intempéries de l'air ou des saisons, comme le vent, la pluie, la grêle, le brouillard, considérés par rapport aux incommodités ou aux dommages qu'elles causent. Être exposé à l'injure du temps, aux injures du temps. Cette statue est exposée aux injures de l'air, du temps.
• L'injure du temps, l'injure des temps, signifie aussi, La dégradation, la ruine, la perte de certaines choses par l'effet de la durée, du laps de temps. Ces monuments, ces édifices ont éprouvé, ont ressenti l'injure du temps. L'injure des temps a presque anéanti ces beaux ouvrages. Nous avons perdu beaucoup d'écrits, beaucoup de connaissances, beaucoup de secrets par l'injure des temps.
• Fig., Les injures du sort, Les revers, les malheurs extraordinaires et non mérités.

INJURIER . v. a.
• Offenser quelqu'un par des paroles injurieuses. Il l'a grièvement injurié. Il injurie tout le monde. On l'emploie aussi comme verbe réciproque. S'injurier l'un l'autre.
• INJURIÉ, ÉE. participe

INJURIEUSEMENT . adv.
• D'une manière injurieuse, outrageante. Il l'a traité si injurieusement, que... Il a parlé fort injurieusement de vous, contre vous.

INJURIEUX
, EUSE. adj.
• Outrageux, offensant. Ce mémoire est injurieux aux magistrats. Cela est injurieux à la mémoire, à la famille de mon ami. Un discours, un écrit injurieux. Injurieux pour lui, pour sa maison, pour ses amis. Se servir de termes injurieux. Paroles injurieuses. Une injurieuse pitié. Soupçons injurieux. Procédé injurieux.
• Se dit quelquefois, figurément et poétiquement, pour Injuste ou nuisible. Le sort injurieux. Le destin injurieux. Les ans injurieux.

INJUSTE . adj. des deux genres
• Qui n'a point de justice, qui agit contre les règles de la justice. Cet homme est bien injuste. Un maître injuste. Il fut injuste à mon égard, envers moi. Sa douleur le rend injuste.
• Se dit également De ce qui est contraire à la justice, à l'équité; et même De ce qui est déraisonnable, mal fondé. Un arrêt injuste. Une sentence injuste. Un châtiment injuste. Une guerre injuste. Des moyens injustes. Une demande injuste. Des propositions injustes. Des prétentions injustes. Il est injuste de vouloir que... Une injuste colère. Un injuste mépris. D'injustes soupçons.
• Se dit substantivement, et absolument, de Ce qui est injuste. La distinction du juste et de l'injuste.

INJUSTEMENT . adv.
• D'une manière injuste. Il fut condamné injustement. C'est injustement que vous vous plaignez.

INJUSTICE . s. f.
• Manque de justice, d'équité. Abhorrer l'injustice. Punir l'injustice. Son injustice les indigna. Son procédé est plein d'injustice. Acte d'injustice.
• Se dit aussi d'Un acte d'injustice. Il a fait une grande injustice. Commettre des injustices. Commettre une injustice envers quelqu'un. Souffrir une injustice. Essuyer, réparer une injustice. Se plaindre d'une injustice. C'est une horrible injustice. Ne me faites pas l'injustice de croire que je vous ai oublié.

INLISIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut lire, ou qu'on ne lit que très-difficilement. Écriture inlisible. Des caractères inlisibles. Plusieurs disent et écrivent, Illisible.
• Se dit figurément D'un écrit dont la lecture n'est pas supportable. Cet ouvrage est inlisible.

IN MANUS
• Voyez MANUS (IN).

IN NATURALIBUS
• Voyez NATURALIBUS (IN).

INNAVIGABLE . adj. des deux genres
• Où l'on ne peut naviguer. Les glaces rendent cette mer innavigable.

INNÉ
, ÉE. adj.
• (On prononce les deux N.) T. didactique. Qui est né avec nous, que nous apportons en naissant. Idées innées. Qualités innées. Maladies innées.
• S'emploie aussi dans le langage ordinaire. Nous avons dans l'âme un principe inné de justice. Le désir inné du bien-être.

INNOCEMMENT . adv.
• (On prononce Inoçaman.) Avec innocence, sans dessein de mal faire, sans fraude ni tromperie. Je n'y voyais point de mal, je l'ai fait innocemment. On ne saurait agir plus innocemment. Il a vécu innocemment. Parole dite innocemment. Le plus innocemment du monde. Cette phrase est familière.
• Il signifie aussi, Sottement, niaisement. Il vint innocemment raconter la sottise qu'il avait faite.

INNOCENCE . s. f.
• (On prononce Inoçance.) État de celui qui n'est point coupable. On a reconnu son innocence. Défendre la cause de l'innocence. Persécuter, poursuivre l'innocence. Protéger, sauver, faire triompher l'innocence.
• Il signifie aussi, L'état, la qualité de celui qui ne commet point le mal sciemment, qui est pur et candide. L'innocence de nos premiers parents. Adam fut créé dans un état d'innocence. Avec son air d'innocence, elle m'a trompé. Vivre dans l'innocence. Il a conservé son innocence dans les occasions où elle courait le plus grand danger. Perdre son innocence. Abuser de l'innocence d'une jeune fille. L'innocence d'une vie passée dans la pratique des bonnes oeuvres. On le dit également en parlant Des animaux qui ne sont point malfaisants. L'innocence d'un agneau, d'une colombe.
• L'âge d'innocence, L'enfance. Figurément, en style de Dévotion, La robe d'innocence, L'état d'innocence. Dépouiller la robe d'innocence.
• INNOCENCE, signifie aussi, Trop grande simplicité. Admirez l'innocence de cet homme. Il est d'une grande innocence.

INNOCENT
, ENTE. adj.
• (On prononce Inoçan.) Qui n'est point coupable. Il est innocent du crime dont on l'accuse. Il en est innocent. Il fut absous et reconnu innocent. On l'a accusé de ce crime, mais il en est aussi innocent que l'enfant qui vient de naître.
• S'emploie aussi comme substantif, dans ce premier sens. Protéger les innocents. Persécuter les innocents. Opprimer, accabler, condamner l'innocent. Un innocent malheureux. Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.
• Se dit également De ce qui ne vient point d'une mauvaise intention. C'est une action fort innocente. Propos innocent.
• INNOCENT, signifie encore, Exempt de toute malice, de tout vice, pur et candide. Elle a l'air bien innocente. Une jeune fille innocente. C'est une âme innocente, un coeur innocent. Il est innocent comme un enfant. On l'emploie quelquefois, dans ce sens, comme substantif. Faire l'innocent, l'innocente. Une jeune innocente. La pauvre innocente ne soupçonnait pas le piége qu'on lui tendait.
• Se dit, dans un sens analogue, De la conduite, des actions, des paroles, etc. Mener une vie innocente. Ses moeurs, ses pensées sont innocentes. Il était dans cet âge innocent où l'on ne soupçonne point le mal. Plaisirs innocents. Badinage innocent. C'est un jeu bien innocent. Je ne vois rien là que de fort innocent.
• Jeux innocents, Petits jeux de société, où l'on impose des pénitences à ceux qui se trompent.
• INNOCENT, signifie en outre, Qui ne nuit point, qui n'est point malfaisant, dangereux. L'agneau est un animal fort innocent. Remède, breuvage innocent. Cet écrit est bien innocent.
• Se dit aussi pour Simple, crédule. Vous êtes bien innocent de croire ce que cet homme vous dit, de croire à de pareils contes.
• S'emploie comme substantif, en parlant Des enfants au-dessous de l'âge de sept à huit ans. On a dépouillé ces pauvres innocents. Un pauvre petit innocent. Il a laissé trois ou quatre petits innocents. Ces deux dernières phrases ne sont que du langage familier.
• Les Innocents, les saints Innocents, Les petits enfants que le roi Hérode fit égorger. Le massacre des Innocents. La fête des Innocents, ou simplement, Les Innocents. Ce fut le jour, le lendemain des Innocents.
• INNOCENT substantif, se dit quelquefois d'Un homme qui a l'esprit faible, borné. C'est un innocent, un vrai, un pauvre innocent, un franc innocent, un grand innocent. Vous faites l'innocent.
• Prov. et fig., C'est un innocent fourré de malice, se dit D'un homme qui est malicieux, et qui feint d'être simple et bon.
• INNOCENTS, au pluriel, se dit aussi de Pigeons nouveau-nés qu'on sert à table. Une tourte d'innocents.

INNOCENTER . v. a.
• (On prononce Inoçanter.) Absoudre, déclarer innocent. L'arrêt les innocente sur le premier chef. Ils ont été innocentés.
• INNOCENTÉ, ÉE. participe

INNOCUITÉ . s. f.
• (On prononce les deux N.) T. didactique. Qualité d'une chose qui n'est pas nuisible. L'innocuité d'un végétal, d'un breuvage. Il est peu usité.

INNOMBRABLE . adj. des deux genres
• (On ne prononce qu'une N dans ce mot et dans le suivant.) Qui ne se peut nombrer. S'emploie quelquefois par exagération. Multitude, armée innombrable. Nombre innombrable. Des troupes innombrables. D'innombrables obstacles. D'innombrables bienfaits.

INNOMBRABLEMENT . adv.
• D'une manière innombrable. Il est peu usité.

INNOMÉ
, ÉE. adj.
• (On prononce les deux N.) Qui n'a pas encore reçu de nom. Se dit particulièrement, en Droit romain, Des contrats qui n'ont point de dénomination particulière, tels que ceux où l'un promet de faire, et l'autre de donner, etc. L'engagement d'un domestique est un contrat innomé.

INNOMINÉ
, ÉE. adj.
• (On prononce les deux N.) T. d'Anat. Sans nom, qui n'a pas reçu de nom particulier. On a donné cette épithète à divers organes: Os innominés, Les deux os qui, s'unissant entre eux antérieurement, et avec l'os sacrum postérieurement, forment ce qu'on appelle le bassin. Artère innominée, Une des grandes artères du corps. Etc.

INNOVATEUR .s.m.
• (On prononce les deux N, dans ce mot et dans les deux qui suivent.) Celui qui innove, qui fait des innovations. Les innovateurs ont en général plus de hardiesse que de prudence. En parlant De religion, on dit mieux, Novateur.

INNOVATION . s. f.
• Introduction de quelque nouveauté dans le gouvernement, dans les lois, dans un acte, dans une croyance, un usage, une science, etc. C'est une innovation en politique, en législation, en médecine, en littérature. Sans innovation. Ces innovations à l'ancienne croyance trouvèrent de nombreux partisans. Faire des innovations, d'heureuses innovations. C'est une innovation dangereuse. Vouloir empêcher toute innovation.

INNOVER . v. n.
• Faire une innovation, des innovations. Il ne faut point innover légèrement. Ils veulent innover en tout. Il est dangereux d'innover dans les choses de religion, etc. On le prend activement dans ces phrases: Il ne faut rien innover. Sans rien innover.
• INNOVÉ, ÉE. participe, Il n'est rien innové quant à telle chose.

INOBSERVATION . s. f.
• Manque d'obéissance aux lois, aux règlements, etc.; inexécution des promesses qu'on a faites, des engagements qu'on a contractés. L'inobservation des règles détruit la discipline. L'inobservation des lois. L'inobservation des traités, d'une convention. L'inobservation d'une condition, d'une clause. L'inobservation du carême, des commandements de l'Église.

INOCCUPÉ
, ÉE. adj.
• Qui est sans occupation. Une vie inoccupée. Un homme inoccupé doit périr d'ennui.

IN-OCTAVO . adj. et s.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en huit feuillets; et Des livres, des volumes qui ont ce format. Le format in-octavo, l'in-octavo est actuellement fort employé. Un volume in-octavo. Un in-octavo. Des in-octavo.

INOCULATEUR
, TRICE. s. f.
• .Médec. Celui, celle qui fait l'opération de l'inoculation. Un habile inoculateur. Le féminin ne se dit guère que Des femmes grecques qui apportèrent ou renouvelèrent la pratique de l'inoculation à Constantinople.

INOCULATION . s. f.
• .Médec. Action de communiquer artificiellement une maladie contagieuse, en introduisant le virus dans le corps. L'inoculation de la petite vérole, de la peste, du claveau, etc. Une maladie contagieuse a ordinairement moins de danger lorsqu'elle est communiquée par inoculation. On dit aussi, L'inoculation d'un virus.
• Se dit, absolument, de L'inoculation de la petite vérole. La pratique de l'inoculation est fort ancienne dans les pays voisins de la mer Caspienne, aux Indes, à la Chine, et en Afrique. L'inoculation passa de Constantinople à Londres en 1721, et à Paris en 1755.

INOCULER . v. a.
• Communiquer une maladie, transmettre un virus par inoculation. Inoculer la petite vérole. Inoculer le virus vaccin ou variolique. Inoculer la peste.
• Il signifie absolument, Inoculer la petite vérole. Il y a plusieurs manières d'inoculer. On inocule à la Chine par aspiration, en Turquie par piqûre, ailleurs par friction, par incision, ou par vésicatoires.
• Inoculer une personne, Lui communiquer la petite vérole par inoculation. Se faire inoculer.
• INOCULER, s'emploie avec le pronom personnel, dans le sens de Se communiquer, et se dit Des maladies qui se communiquent par la transmission d'un virus. L'endroit du corps où le mal, où le virus s'est inoculé.
• INOCULÉ, ÉE. participe, La petite vérole inoculée est ordinairement plus bénigne que la petite vérole naturelle.

INOCULISTE .s.m.
• Partisan de l'inoculation. On a dit, dans le sens contraire, Anti-inoculiste. Ces mots sont maintenant peu usités.

INODORE . adj. des deux genres
• Sans odeur. Fleurs inodores. L'eau est un fluide inodore. Fosse inodore. Cabinet inodore.

INOFFENSIF
, IVE. adj.
• Qui n'est pas capable d'offenser, de nuire; qui ne fait de mal, d'offense à personne. Esprit inoffensif. Le lièvre est un animal inoffensif. Cette brochure est assurément très-inoffensive.

INOFFICIEUX
, EUSE. adj.
• .Jurisprud. Il ne s'applique guère qu'Aux testaments et aux donations. Testament inofficieux, Celui où l'héritier légitime est déshérité sans cause par le testateur. Donation inofficieuse, Celle par laquelle un des enfants est avantagé aux dépens de la légitime des autres.

INOFFICIOSITÉ . s. f.
• .Jurispr. Qualité d'un acte inofficieux.
• Action d'inofficiosité, Action intentée, plainte faite contre un testament inofficieux, une donation inofficieuse, etc.

INONDATION . s. f.
• Débordement d'eaux qui inondent un pays. L'inondation causée par les pluies, par la fonte des neiges. Les ravages de l'inondation. Ces inondations périodiques fertilisent l'Égypte. L'inondation d'un pays.
• Faire des inondations autour d'une place, Lâcher les eaux autour d'une place, pour empêcher les approches de l'ennemi.
• INONDATION, se dit également Des eaux débordées. L'inondation couvrait une immense étendue de pays. Il entra dans la place en passant à travers l'inondation.
• Se dit, figurément, d'Une grande multitude de peuple qui envahit un pays: Une grande inondation de barbares; et par dénigrement d'Une grande quantité de certaines choses: Une inondation de pamphlets, de brochures.

INONDER . v. a.
• Submerger un terrain, un pays par un débordement d'eaux. Quand la rivière déborde, elle inonde tout le pays. Le Nil inonde l'Égypte en certaines saisons. La mer a inondé bien des terres dans les Pays-Bas.
• Il signifie, par exagération, Mouiller beaucoup. Inonder quelqu'un en jetant un seau d'eau sur lui. Cette pluie nous inonde. Les pleurs inondaient son visage. Dans ce sens, il est souvent familier.
• Se dit, figurément, Des nations, des grandes armées qui envahissent un pays, ou D'une grande multitude qui se porte vers un même lieu. Quand les Goths, quand les Lombards inondèrent l'Italie. Les Sarrasins ont inondé l'Espagne. L'Asie fut inondée par les Tartares. La campagne est inondée de soldats. La foule inondait les lieux voisins du désastre.
• Se dit aussi, et presque toujours par dénigrement, De certaines choses répandues, multipliées avec une extrême profusion. Le public est inondé de mauvais écrits, de mauvaises brochures.
• INONDÉ, ÉE. participe

INOPINÉ
, ÉE. adj.
• Imprévu, à quoi on ne s'attendait point. Il ne se dit proprement que Des événements qui surviennent tout d'un coup, et sans qu'on y eût songé auparavant. Accident inopiné. Querelle inopinée. Il lui est survenu une affaire inopinée. Bonheur inopiné.

INOPINÉMENT . adv.
• D'une manière inopinée. Se dit Des personnes et des choses. Cela est arrivé inopinément. Il arriva inopinément, et lorsqu'on le croyait encore bien loin. Tomber inopinément sur l'ennemi.

INOPPORTUN
, UNE. adj.
• Qui n'est pas opportun, à propos. Vous ne pouvez choisir un moment plus inopportun. Cette mesure ne vous semble-t-elle pas inopportune?

INOPPORTUNITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui n'est pas opportun, à propos. L'inopportunité d'une démarche.

INORGANIQUE . adj. des deux genres
• T. d'Hist. nat. Se dit Des corps qui ne sont point organisés, et qui ne peuvent s'accroître que par juxtaposition, tels que les minéraux. Êtres inorganiques. Corps inorganiques. La matière inorganique.

INOUÏ
, INOUÏE. adj.
• Dont on n'a jamais ouï parler. Il est inouï que pareille chose soit jamais arrivée.
• Se dit, particulièrement, De ce qui est tel, que jusque-là on n'avait ouï parler de rien de semblable. C'est une chose inouïe. Voilà qui est inouï. Sa conduite est inouïe. Des cruautés inouïes.

IN PACE
• Voyez PACE (IN).

IN PARTIBUS
• Voyez PARTIBUS (IN).

IN PETTO
• Voyez PETTO (IN).

IN-PLANO . adj. et s.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille imprimée ne contient qu'une page de chaque côté. Le format in-plano. L'in-plano est un format de luxe.

IN-PROMPTU
• Voyez IMPROMPTU.

INQUART .s.m.
• .Chimie. Action de joindre trois parties d'argent contre une d'or, pour en faire le départ. On dit aussi, Quartation.

IN-QUARTO . adj. et s.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en quatre feuillets; et Des livres, des volumes qui ont ce format. Le format in-quarto, l'in-quarto s'emploie souvent pour les dictionnaires. Un volume in-quarto. Un manuscrit in-quarto. Un in-quarto. Des in-quarto.

INQUIET
, ÈTE. adj.
• Qui est dans quelque trouble, dans quelque agitation d'esprit, soit par crainte, soit par irrésolution et incertitude. Il appréhende telle chose, cela le rend inquiet, il en est tout inquiet. Elle a l'air inquiète. Elle est inquiète de ne point recevoir de nouvelles. Il est inquiet sur cette affaire.
• Se dit aussi Des passions et des mouvements de l'âme. La jalousie est une passion inquiète. Une politique inquiète et soupçonneuse. Une inquiète curiosité.
• Se dit également De ce qui marque de l'inquiétude. Des regards inquiets.
• INQUIET, signifie aussi, Qui ne peut se tenir en repos, qui n'est jamais content de la situation, de l'état où il se trouve, et qui désire toujours quelque changement. Il est si inquiet, qu'à peine entré dans un lieu, il en veut sortir. C'est un esprit brouillon et inquiet. Il a l'humeur inquiète. Il est d'humeur inquiète, d'un tempérament inquiet.
• Il s'applique également, dans ce sens, Aux passions, aux mouvements de l'âme. Une inquiète ambition le domine. Une inquiète activité.
• Se dit encore, particulièrement, D'une personne que la souffrance met dans une agitation continuelle. Le malade a été fort inquiet toute la nuit.
• Sommeil inquiet, Sommeil qui est souvent interrompu, qui est troublé par quelque peine d'esprit, ou par la mauvaise disposition physique où se trouve celui qui dort.

INQUIÉTANT
, ANTE. adj.
• Qui cause de l'inquiétude. Voisinage inquiétant. Situation inquiétante. Nouvelles inquiétantes. L'état de ce malade n'a rien d'inquiétant.

INQUIÉTER . v. a.
• Rendre inquiet. Dans ce sens, il ne se dit qu'en parlant De l'âme. Cette nouvelle m'inquiète. Cette pensée m'inquiète. Ce qu'il vient d'apprendre l'inquiète. Cela m'inquiète fort peu.
• Il signifie aussi, Troubler, faire de la peine en quelque chose que ce soit. Dès qu'il est dans son cabinet, il ne veut point qu'on l'interrompe, qu'on l'inquiète. Il avait un camp volant avec lequel il inquiétait à toute heure les ennemis. Il inquiétait les assiégeants par de continuelles sorties.
• Il signifie particulièrement, Troubler quelqu'un dans la possession d'une chose, lui faire un procès, lui chercher querelle. On ne m'a jamais inquiété dans la possession de cette maison, de cette terre. Si l'on m'inquiète, je ferai assigner mon vendeur en garantie. Il fut inquiété dans la possession de ses nouvelles conquêtes. On l'inquiéta sur la légitimité de sa naissance, sur sa noblesse.
• S'emploie avec le pronom personnel, dans le premier sens. S'inquiéter d'un rien. C'est un homme qui s'inquiète aisément. De quoi vous inquiétez-vous? C'est un homme sans souci, qui ne s'inquiète de rien. Il ne s'en inquiète nullement.
• INQUIÉTÉ, ÉE. participe

INQUIÉTUDE . s. f.
• Trouble, souci, agitation d'esprit, impatience causée par quelque passion. Grande, vive, cruelle inquiétude. Continuelle inquiétude. Inquiétude mortelle. Cela lui cause, lui donne de graves inquiétudes. D'où viennent ces inquiétudes? Avoir des inquiétudes sur sa santé. Ce jeune homme donne de l'inquiétude à sa famille. Il est sans inquiétude de l'avenir, sur l'avenir. N'en ayez point d'inquiétude. Soyez sans inquiétude. Cela me jette, me met dans l'inquiétude. Être dans l'inquiétude. Je l'ai tiré d'inquiétude.
• Il signifie quelquefois, Inconstance d'humeur, amour du changement qui fait que l'on est toujours mécontent de l'état où l'on se trouve. L'inquiétude naturelle à l'homme.
• Il signifie également, Une agitation de corps causée par quelque malaise. Ce malade a passé la nuit dans une grande inquiétude, dans de grandes inquiétudes.
• INQUIÉTUDES, au pluriel, se dit de Certaines petites douleurs qui donnent de l'agitation et de l'impatience, et qui se font sentir ordinairement aux jambes. Il a des inquiétudes aux jambes, dans les jambes.

INQUISITEUR .s.m.
• Juge de l'inquisition. Inquisiteur de la foi. Grand inquisiteur. Inquisiteur général.
• Inquisiteur d'État, Magistrat de la république de Venise, qui était chargé de découvrir et de prévenir les complots formés contre le gouvernement.

INQUISITION . s. f.
• Recherche, enquête. On ne le dit guère, dans ce premier sens, que d'Une recherche, d'une perquisition rigoureuse où il se mêle de l'arbitraire. Sa conduite fut l'objet de l'inquisition la plus offensante. C'est une véritable inquisition.
• Se dit plus ordinairement d'Un tribunal établi en certains pays pour rechercher et punir ceux qui ont des sentiments contraires à la foi catholique. Pays d'inquisition. Il fut livré à l'inquisition. On le mit à l'inquisition. Il est à l'inquisition. Les prisons de l'inquisition. L'inquisition d'Espagne, de Portugal, d'Italie. Le tribunal de l'inquisition. Les juges de l'inquisition. Les familiers de l'inquisition. On nomme quelquefois ce tribunal Le saint-office.

INQUISITORIAL
, ALE. adj.
• Se dit De tout pouvoir ombrageux, trop sévère, de tout acte, de toute recherche arbitraire, et se prend toujours en mauvaise part. Pouvoir inquisitorial. Tyrannie inquisitoriale. Recherche inquisitoriale. Visites inquisitoriales. Il y a quelque chose d'inquisitorial dans cette mesure.

INSAISISSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être saisi. Se dit particulièrement, en Jurisprudence, Des choses qu'on ne peut saisir valablement. Les objets que la loi déclare insaisissables. Des biens insaisissables. Une pension insaisissable. Une rente viagère stipulée insaisissable.
• Se dit quelquefois, figurément, De ce qui ne peut être perçu, compris. J'avoue que, pour moi, cette différence est tout à fait insaisissable. Des abstractions insaisissables.

INSALUBRE . adj. des deux genres
• Malsain, qui nuit à la santé. Un logement humide est insalubre.

INSALUBRITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est nuisible à la santé. L'insalubrité d'un pays, d'un canton, d'un climat. L'insalubrité de l'air cause des maladies.

INSATIABILITÉ . s. f.
• Avidité de manger qui ne se peut rassasier. Il a une faim canine, une insatiabilité que rien ne peut contenter, que rien ne peut assouvir.
• S'emploie aussi figurément. Insatiabilité de gloire, de renommée. L'insatiabilité de cet avare, de cet ambitieux. L'insatiabilité des richesses, des honneurs.

INSATIABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être rassasié. Avidité, gourmandise insatiable. Il a une faim insatiable.
• Se dit aussi figurément. Avarice insatiable. Il ne se contente de rien, il est insatiable. Insatiable de gloire. Insatiable d'honneurs, de richesses, de louanges.

INSATIABLEMENT . adv.
• D'une manière insatiable. Il est insatiablement avide d'honneur et de gloire.

INSCRIPTION . s. f.
• Caractères gravés ou fixés sur le cuivre, sur le marbre, sur la pierre, etc., soit pour conserver la mémoire d'une personne ou d'un événement, soit pour indiquer la destination d'un édifice, etc. On mit, on grava sur ce marbre une inscription en lettres d'or. Une inscription pompeuse. Ce monument porte plusieurs inscriptions, est chargé d'inscriptions. L'inscription d'un arc de triomphe, d'une fontaine. Le temple de Delphes avait pour inscription cette maxime: CONNAIS-TOI TOI-MÊME. On conserve dans ce musée beaucoup d'inscriptions antiques. Les caractères qui formaient l'inscription ont été enlevés. Inscription hiéroglyphique. Déchiffrer une inscription. Le sens d'une inscription. L'Académie des inscriptions et belles-lettres.
• Se dit également d'Une courte indication, d'un avis écrit, imprimé, peint, etc., qu'on place dans un lieu apparent, pour servir d'instruction, de renseignement. Des inscriptions placées à tous les carrefours du bois, en indiquent les différentes routes. On a mis en cet endroit une inscription, pour avertir les gens de n'y point passer.
• INSCRIPTION, se dit aussi de L'action d'inscrire une personne ou une chose sur un registre, une liste, etc.; et Du résultat de cette action. Il a requis son inscription sur la liste des jurés. L'inscription d'un acte de naissance sur les registres de l'état civil.
• Se dit, particulièrement, de L'inscription d'un étudiant sur le registre de la faculté dans laquelle il étudie pour prendre ses grades. Prendre des inscriptions en droit, en médecine. Prendre ses inscriptions. Première, seconde, troisième inscription. Perdre une inscription, pour avoir manqué plusieurs fois aux appels du professeur. Avoir toutes ses inscriptions. Il ne lui manque plus qu'une inscription.
• Inscription maritime, Enregistrement, au bureau des classes, de ceux qui peuvent être requis pour le service de la marine de l'État.
• En termes de Finances, Inscription sur le grand-livre de la dette publique, Titre d'une rente perpétuelle due par le Trésor. Il a cinquante mille francs de rente en inscriptions sur le grand-livre.
• En termes de Jurispr., Inscription hypothécaire, Mention que le conservateur des hypothèques fait, sur ses registres, de l'hypothèque ou privilége qu'une personne déclare et justifie avoir sur les biens d'une autre. Prendre, requérir une inscription. Faire l'inscription d'une créance hypothécaire. Bordereau, certificat d'inscription. L'inscription conserve l'hypothèque pendant dix ans. Radiation, réduction d'inscription.
• En termes de Pratique, Inscription de faux, Acte par lequel on soutient en justice qu'une pièce est fausse ou falsifiée. Inscription de faux principal. Inscription de faux incident. Former une inscription de faux.

INSCRIRE . v. a.
• Écrire le nom de quelqu'un, ou prendre note, faire mention de quelque chose sur un registre, sur une liste, etc. Inscrire quelqu'un au rôle des contributions. On l'inscrivit sur la liste des candidats, des souscripteurs. Vous êtes-vous fait inscrire? J'inscrirai cela dans mes tablettes. Inscrire, jour par jour, sur un registre, toutes ses opérations commerciales. Inscrire un bordereau, une créance, un droit d'hypothèque. Inscrire une rente au grand-livre, sur le grand-livre.
• Il signifie quelquefois, Mettre une inscription. Inscrire une maxime sur un monument. La plupart des personnes qui visitent ce lieu inscrivent leurs noms sur les murailles.
• S'emploie aussi dans certaines phrases figurées. Inscrire son nom au temple de mémoire, dans les fastes de la gloire, Se rendre célèbre par ses écrits, par des exploits guerriers.
• En Math., Inscrire une figure dans une autre, Tracer, dans l'intérieur d'une figure géométrique, une autre figure qui en touche le contour intérieurement. Inscrire un triangle dans un cercle. Inscrire un cercle dans un carré.
• INSCRIRE, avec le pronom personnel, signifie, Inscrire ou faire inscrire son nom dans un registre, sur une liste, etc. S'inscrire sur une liste d'abonnés. On a ouvert un registre, je me suis inscrit. S'inscrire sur les registres d'une faculté. S'inscrire sur la liste des orateurs qui doivent parler pour ou contre un projet de loi.
• En termes de Pratique, S'inscrire en faux, Soutenir en justice qu'une pièce que la partie adverse produit, est fausse. Je me suis inscrit en faux contre ce billet, contre ce contrat. Il signifie, par extension, dans le langage ordinaire, Nier quelque proposition qu'une personne allègue. Je m'inscris en faux contre ce que vous dites.
• INSCRIT, ITE. participe, La dette inscrite. Les orateurs inscrits pour et contre. Créancier inscrit.

INSCRUTABLE . adj. des deux genres
• Impénétrable, qui ne peut être conçu, qui ne peut être compris par l'esprit humain. Il n'est guère usité qu'en style de l'Écriture. Les desseins de Dieu sont inscrutables. Le coeur de l'homme est inscrutable.

INSÇU
(À L')
• Voyez INSU.

INSECTE .s.m.
• Petit animal sans vertèbres, dont le corps est divisé par étranglements ou par anneaux. Il y a des insectes qui rampent, comme les vers; d'autres qui marchent, comme les fourmis; et d'autres qui volent, comme les mouches, les hannetons, les papillons. Les diverses classes d'insectes. Insectes coléoptères, névroptères, etc. Un petit insecte. Vil insecte. Des milliers d'insectes. Herbe, procédé pour détruire les insectes.

IN-SEIZE . adj. et s.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en seize feuillets; et Des volumes, des livres qui ont ce format. Le format in-seize, l'in-seize ne s'emploie que rarement. Un volume in-seize.

INSENSÉ
, ÉE. adj.
• Fou, qui a perdu le sens, qui a l'esprit aliéné. C'est un homme insensé. Une femme insensée.
• Se dit, par exagération, D'une personne dont les actions ou les discours ne sont pas raisonnables. Il faut être insensé pour parler ainsi, pour se conduire ainsi.
• Se dit également Des choses qui ne sont pas conformes à la raison, au bon sens. Discours insensé. Action, entreprise, conduite insensée. Passion insensée. Propos insensé.
• Se dit substantivement, en parlant Des personnes. Courir comme un insensé. Parler comme un insensé. C'est un insensé. Jeune insensé, que faites-vous!

INSENSIBILITÉ . s. f.
• Manque, défaut de sensibilité. Insensibilité complète. Un froid extrême produit l'insensibilité dans les parties du corps qui l'éprouvent.
• Se dit également au sens moral. L'insensibilité aux reproches est moins la marque de l'innocence que celle de l'endurcissement. Une grande, une profonde insensibilité. Vit-on jamais une telle insensibilité? Il faudrait avoir beaucoup d'insensibilité pour n'être pas touché d'un tel malheur.

INSENSIBLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut point éprouver de sensations. Une matière insensible et inerte. Les végétaux, quoique pourvus d'organes, paraissent insensibles.
• Il signifie plus ordinairement, Qui ne sent point, qui ne reçoit point l'impression que l'objet doit faire sur les sens. Être insensible au froid, au chaud. Le froid engourdit les parties du corps, et les rend insensibles. Il souffre si patiemment les douleurs, qu'on le croirait insensible.
• S'emploie également au sens moral. Insensible à nos maux. Insensible à nos plaintes. Il a l'âme dure et insensible. Les longues et perpétuelles afflictions l'ont rendu insensible. Il est devenu insensible. Une femme insensible à l'amour. Il est insensible aux louanges comme aux reproches.
• Il se prend quelquefois substantivement, dans ce dernier sens; et alors il se dit plus ordinairement d'Une personne qui n'est point sensible à l'amour. C'est un insensible.
• INSENSIBLE, signifie aussi, Imperceptible, qu'on n'aperçoit, qui n'est connu que difficilement par les sens, ou même dont on ne peut s'apercevoir. Le mouvement de l'aiguille d'une horloge, de l'ombre d'un cadran, est insensible, est insensible à l'oeil. Cela se fait d'une manière insensible. Ce remède agit par transpiration insensible. Pente insensible. Des nuances presque insensibles.

INSENSIBLEMENT . adv.
• Peu à peu, d'une manière peu sensible, qui se connaît difficilement par les sens ou par l'esprit. Les plantes croissent insensiblement. Le temps passe insensiblement. Les montagnes s'abaissent insensiblement. L'eau creuse insensiblement les pierres. Une secrète langueur le consumait insensiblement. Cet abus s'est glissé insensiblement dans l'administration. S'habituer insensiblement à quelque chose.

INSÉPARABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être séparé. La chaleur est inséparable du feu. L'ombre est inséparable du corps. Ces deux corps sont inséparables l'un de l'autre. Ce droit est inséparable de la couronne. Le remords est inséparable du crime.
• Se dit aussi Des personnes qui ne se quittent presque jamais, ou qui sont très-souvent ensemble. Deux amis inséparables. Ils sont devenus inséparables. Ils sont inséparables.
• S'emploie substantivement, dans ce dernier sens. Ce sont deux inséparables. Cette acception est familière.

INSÉPARABLEMENT . adv.
• De manière à ne pouvoir être séparé. Ils sont unis inséparablement.

INSÉRER . v. a.
• Mettre parmi, ajouter, faire entrer, introduire. Insérer un cahier, un feuillet dans un livre. Insérer une branche, un oeil, un bourgeon dans la fente d'une greffe. Insérer le virus vaccin sous la peau.
• Se dit, par extension, en parlant Des ouvrages d'esprit, des actes, tels que contrats, etc., et de certaines publications. Il faut insérer cette anecdote, cette singularité, cette pièce dans votre histoire. Ces vers ne sont pas de tel auteur, ils ont été mal à propos insérés dans son poëme. Il inséra une clause dans le testament, dans le contrat, dans le traité. Il demanda que son observation fût insérée au procès-verbal, dans le procès-verbal. Insérer une annonce, un article, une réclamation dans un journal. Insérer une ordonnance au Bulletin des lois.
• INSÉRÉ, ÉE. participe

INSERTION . s. f.
• Action par laquelle on insère, ou État de la chose insérée. L'insertion d'un feuillet dans un livre. L'insertion du vaccin. L'insertion d'une note marginale dans le texte. L'insertion d'une annonce, d'un article dans un journal. On demanda l'insertion au procès-verbal. L'insertion d'une ordonnance au Bulletin des lois. L'insertion d'un article dans un traité.
• Se dit, en termes d'Anatomie, de L'attache d'une partie sur une autre. L'insertion des fibres musculaires sur un tendon. L'insertion d'un tendon, d'un ligament sur un cartilage. Point d'insertion. Mode d'insertion. On dit de même, en Botanique, L'insertion des étamines, de la corolle, etc.

INSIDIEUSEMENT . adv.
• D'une manière insidieuse et qui tend à surprendre.

INSIDIEUX
, EUSE. adj.
• Qui tend ou qui cherche à surprendre quelqu'un. Des présents insidieux. Des caresses insidieuses. Question insidieuse. Esprit insidieux.

INSIGNE . adj. des deux genres
• Signalé, remarquable. Se dit Des personnes et des choses. Bonheur insigne. Malheur insigne. Une grâce, une faveur insigne. Je lui ai des obligations insignes. C'est une fausseté insigne, une insigne fausseté. Une calomnie insigne. Un insigne faussaire. Un insigne fripon.
• Se dit, particulièrement, De quelques églises cathédrales. L'insigne église de...

INSIGNE .s.m.
• Marque distinctive. Il ne se dit qu'en parlant Des personnes ou des grades, des dignités, etc., et s'emploie le plus souvent au pluriel. On avait placé sur le cercueil les insignes du défunt, les insignes de son grade. Les insignes de duc et pair. Les insignes royaux. Les insignes de la royauté. Les insignes de l'ordre du Saint-Esprit.

INSIGNIFIANCE . s. f.
• Qualité de ce qui est insignifiant. C'est un homme d'une grande insignifiance. L'insignifiance de sa physionomie, de ses discours.

INSIGNIFIANT
, ANTE. adj.
• Qui ne signifie rien. Il ne s'emploie qu'au figuré, et se dit De ce qui est sans importance, de ce qui est sans caractère, insipide. Action, démarche insignifiante. Phrase insignifiante. Ouvrage insignifiant. Propos insignifiant.
• Se dit également Des personnes. C'est un homme tout à fait insignifiant. Une physionomie insignifiante.

INSINUANT
, ANTE. adj.
• Qui a l'adresse et le talent de s'insinuer, d'insinuer quelque chose. C'est un homme fort insinuant. Femme insinuante.
• Se dit également Des manières, des discours, etc. Manières insinuantes. Air insinuant. Langage insinuant. Exorde insinuant.

INSINUATION . s. f.
• Adresse dans le style, dans le langage, par laquelle on insinue quelque chose. Il désigne particulièrement, en Rhétorique, Ce que dit un orateur pour s'insinuer dans la bienveillance de son auditoire. Exorde par insinuation.
• Se dit également de Tout discours par lequel, sans énoncer positivement une chose, on la donne à entendre, ou on prépare l'esprit à la recevoir. Une insinuation adroite. Une légère insinuation. Une insinuation perfide. Il est quelquefois plus difficile de se défendre contre une insinuation maligne que contre une accusation ouverte.
• INSINUATION, s'est dit autrefois, en termes de Pratique, de L'enregistrement des actes qui doivent être rendus publics. L'insinuation d'un acte de donation, d'un testament. Droit d'insinuation. Le greffe des insinuations.

INSINUER . v. a.
• Introduire doucement et adroitement quelque chose. Insinuer le doigt, une sonde dans une plaie.
• Il signifie, au figuré, Faire entendre adroitement, faire entrer dans l'esprit. Insinuez-lui cela doucement. Il faut en parlant lui insinuer que... Insinuer de bons sentiments. Insinuer une doctrine.
• En termes d'ancienne Pratique, Insinuer, faire insinuer une donation, un testament, Faire enregistrer une donation, un testament à un certain greffe destiné pour cet effet.
• INSINUER, avec le pronom personnel, signifie, Pénétrer, et se dit tant au propre qu'au figuré. L'air s'insinue dans les corps. L'eau s'était insinuée par les pores du bois, par les fentes. L'espoir s'insinuait peu à peu dans mon âme. Une éloquence pleine d'onction qui s'insinue dans les coeurs.
• Il signifie également, en parlant Des personnes, Se faire admettre quelque part, s'y introduire avec adresse. S'insinuer dans une société. Il s'est insinué à la cour je ne sais comment. Il est adroit, il s'insinue partout.
• S'insinuer dans l'esprit de quelqu'un, s'insinuer dans ses bonnes grâces, dans sa bienveillance, Se mettre bien dans son esprit, gagner adroitement ses bonnes grâces, sa bienveillance.
• INSINUÉ, ÉE. participe

INSIPIDE . adj. des deux genres
• Qui n'a nulle saveur, nul goût. Liqueur, breuvage insipide. Mets insipide. Viande insipide. Cela est insipide, cela ne sent rien.
• Se dit figurément Des choses qui n'ont aucun agrément, qui n'ont rien qui touche et qui pique. Discours, ouvrage, poëme insipide. Une conversation plate et insipide. Un discours froid et insipide. Un conte fade et insipide. Raillerie, plaisanterie insipide. Des louanges insipides. Il est un âge où ces divertissements deviennent insipides.
• Se dit dans le même sens Des personnes. Un harangueur insipide. Un orateur insipide. Un railleur froid et insipide.

INSIPIDITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est insipide. L'insipidité de l'eau. L'insipidité d'une viande, d'un mets.
• Se dit aussi figurément. L'insipidité de ce poëme. L'insipidité de ces railleries, de ces amusements.

INSISTANCE . s. f.
• Action d'insister. Son insistance dégénère en importunité.

INSISTER . v. n.
• Faire instance, persévérer à demander, à vouloir une chose. Il insiste à demander telle chose. N'insistez pas davantage sur cette prétention. Il n'insista pas.
• Il signifie aussi, Appuyer sur quelque chose, s'y arrêter avec force. Il insista beaucoup sur cette preuve. L'avocat insista principalement sur ce moyen. Je n'insisterai pas sur ce point. Il a insisté fortement sur la nécessité de mettre un terme à ces abus.

INSOCIABILITÉ . s. f.
• Caractère de celui qui est insociable.

INSOCIABLE . adj. des deux genres
• Fâcheux, incommode, avec qui l'on ne peut avoir de société, avec qui l'on ne peut vivre. Un homme insociable. Une humeur insociable. Les caprices de cette femme la rendent insociable.

INSOLATION . s. f.
•T. didactique. Action d'exposer quelqu'un ou quelque chose à la chaleur du soleil. L'insolation est très-favorable aux enfants nés faibles. Faire sécher des plantes par insolation.

INSOLEMMENT . adv.
• Avec insolence. Parler insolemment. Répondre insolemment.

INSOLENCE . s. f.
• Hardiesse excessive, effronterie, manque de respect. Grande, extrême insolence. L'insolence d'un laquais. On ne peut souffrir son insolence. Porter, pousser l'insolence jusqu'à faire telle chose. Y eut-il jamais une telle insolence, une insolence pareille? Cela va jusqu'à l'insolence. Cela est de la dernière insolence. Des regards pleins d'insolence.
• Il signifie quelquefois, Orgueil offensant. L'insolence d'un parvenu.
• Se dit aussi Des paroles et des actions où il y a de l'insolence. Il a fait, il a dit mille insolences.

INSOLENT
, ENTE. adj.
• Effronté, qui perd le respect. Un homme insolent, extrêmement insolent. Insolent au dernier point. Cette femme est bien insolente. Il est si insolent, qu'il se fait haïr partout. Si vous étiez assez insolent pour oser... Il est insolent en paroles.
• Se dit également De l'air, des manières, des discours, etc. Il a le ton bien insolent. Il dit des paroles insolentes. Il tient des discours insolents. Une demande, une réponse insolente. Des regards insolents.
• Se dit quelquefois De celui qui offense la modestie, la pudeur. Il est insolent, fort insolent avec les femmes.
• Il signifie aussi, Orgueilleux, qui en use avec orgueil, avec dureté. Il ne faut pas être insolent dans la victoire, dans la bonne fortune. La prospérité l'a rendu insolent. Les gens insolents se font détester.
• Se dit également, en ce dernier sens, De l'air, des discours, etc. Les airs insolents, le ton insolent d'un nouvel enrichi. Cet ordre insolent les irrita. Une insolente présomption.
• S'emploie aussi comme substantif, en parlant Des personnes, surtout dans le premier sens. C'est un insolent. C'est une insolente.

INSOLITE . adj. des deux genres
• Qui n'est point d'usage, qui est contraire à l'usage, aux règles. Procédé bizarre et insolite. Expression insolite. Clause insolite.

INSOLUBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité des substances qui ne peuvent se dissoudre.
• Se dit aussi de L'impossibilité de résoudre un problème, une question, etc. L'insolubilité d'un problème, d'une question.

INSOLUBLE . adj. des deux genres
• .Chimie. Qui ne peut se dissoudre. La résine est insoluble dans l'eau.
• Il signifie aussi figurément, dans le langage ordinaire, Qu'on ne peut résoudre, expliquer. Argument insoluble. Difficulté insoluble. Problème insoluble. Question insoluble.

INSOLVABILITÉ . s. f.
• Impuissance de payer. L'insolvabilité de cet homme-là m'a empêché de traiter avec lui.

INSOLVABLE . adj. des deux genres
• Qui n'a pas de quoi payer. Il est devenu insolvable.

INSOMNIE . s. f.
• (On prononce l'M.) Privation de sommeil causée par quelque indisposition, quelque chagrin, quelque inquiétude. Il y a un mois qu'il ne dort point, cette insomnie lui a échauffé le sang. Une longue, une continuelle insomnie. Il est travaillé d'une cruelle insomnie. Avoir, éprouver de fréquentes insomnies. Être sujet à des insomnies.

INSOUCIANCE . s. f.
• État ou caractère de celui qui est insouciant. Il est là-dessus d'une grande insouciance. C'est un homme d'une grande insouciance, d'une extrême insouciance. Une coupable insouciance.

INSOUCIANT
, ANTE. adj.
• Qui n'a aucun souci d'une chose, ou qui ne se soucie et ne s'affecte de rien. Il est trop insouciant pour ses affaires. Être insouciant du lendemain. C'est un homme insouciant. Quelle femme insouciante! Caractère insouciant.

INSOUMIS
, ISE. adj.
• Non soumis. Peuples insoumis.

INSOUTENABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut soutenir, défendre, justifier. Il ne se dit que Des choses. Cette assertion, cette cause, cette opinion est insoutenable.
• Il signifie aussi, Qu'on ne peut supporter, qui choque extrêmement. Dans ce sens, il se dit Des personnes et des choses. Vanité insoutenable. C'est un homme insoutenable. Il a des manières insoutenables.

INSPECTER . v. a.
• Examiner avec autorité, ou avec une mission spéciale d'une autorité compétente. Il fut chargé d'inspecter ces magasins. Ils ne se retirèrent qu'après avoir soigneusement inspecté toute la maison. Inspecter des travaux publics, un collége, etc. Inspecter des troupes, un régiment.
• INSPECTÉ, ÉE. participe

INSPECTEUR .s.m.
• Celui dont la fonction est d'inspecter, de surveiller quelque chose. C'est un inspecteur fort vigilant. Inspecteur général. Inspecteur divisionnaire. Inspecteur adjoint. Inspecteur de l'université. Inspecteur des études. Inspecteur des prisons. Inspecteur aux revues. Inspecteur de cavalerie, d'infanterie. Inspecteur des bâtiments. Inspecteur des fortifications. Inspecteur des ponts et chaussées, des mines, des forêts, des finances, etc. Un inspecteur en tournée.

INSPECTION . s. f.
• Action par laquelle on regarde, on considère, on examine quelque chose. J'ai connu par l'inspection des pièces du procès que... À la première inspection on connaît que cet acte est faux. L'inspection du ciel, des astres. Il lui prédit, par l'inspection de sa main, que... L'inspection du visage. Les aruspices prétendaient juger de l'avenir par l'inspection des entrailles des victimes. Ce procès ne peut se juger que par l'inspection des lieux. Faire l'inspection des armes. Faire l'inspection d'un corps de troupes. Des soldats qui passent à l'inspection. Pendant, après l'inspection. Votre inspection a été longue.
• Il signifie aussi, La fonction et le soin d'examiner quelque chose, de le surveiller. On lui donna l'inspection du matériel, l'inspection sur le commerce, sur les manufactures. Il a l'inspection des travaux. Il a droit d'inspection là-dessus. Son inspection, son droit d'inspection s'étend sur tels et tels objets. Il a inspection sur ces ouvriers.
• Se dit également d'Une place, d'un emploi d'inspecteur. Il obtint une inspection dans les ponts et chaussées.

INSPIRATEUR
, TRICE. adj.
• Qui inspire. Un génie inspirateur. Les anciens croyaient à des divinités inspiratrices.
• En termes d'Anat., Muscles inspirateurs, se dit Des muscles qui contribuent à l'inspiration.

INSPIRATION . s. f.
• Action d'inspirer quelqu'un, de le conseiller, de lui suggérer quelque chose. C'est par votre inspiration que j'ai agi. L'inspiration divine.
• Se dit aussi de La chose inspirée. Je vous dois cette inspiration. Il n'écoute que les inspirations de sa fureur. C'est là que ce poëte a puisé ses plus belles inspirations.
• Se dit particulièrement Des sentiments, des pensées, des desseins qui semblent naître spontanément dans le coeur, dans l'esprit, et que l'on regarde souvent comme inspirés par le génie, par l'enthousiasme, ou même par la Divinité. Inspiration divine. Inspiration du ciel, de Dieu, d'en haut. Il lui vint une sainte inspiration. J'ai eu une bonne inspiration. Avoir d'heureuses, de sublimes inspirations. C'est une inspiration. Les inspirations du génie. Des inspirations surnaturelles. Cette idée m'est venue comme par inspiration.
• Se dit absolument de L'enthousiasme, dans la poésie, dans les beaux-arts, etc. Ce vers a été fait d'inspiration. On sent dans cette poésie la chaleur de l'inspiration. Céder à l'inspiration.
• INSPIRATION, en termes de Physiologie, Action par laquelle l'air entre dans le poumon; mouvement opposé à l'expiration.

INSPIRER . v. a.
• Faire naître dans le coeur, dans l'esprit, quelque mouvement, quelque dessein, quelque pensée. C'est un sentiment que la nature inspire. Inspirer un mauvais dessein, une mauvaise pensée. C'est le démon qui lui a inspiré ce pernicieux dessein. C'est la jalousie, l'envie, l'ambition, qui lui ont inspiré cette mauvaise action. Cette circonstance lui inspira l'idée d'un grand ouvrage. Il s'attache à leur inspirer l'horreur du vice. Sa belle conduite m'inspirait le désir de le connaître. Inspirer des soupçons. Sa présence inspire la joie, la tristesse. Il inspire le courage à ses soldats. Ses richesses lui inspirent de l'orgueil. Inspirer de l'amour, des désirs, de l'horreur, du mépris, du respect, de la crainte. Il m'inspire beaucoup d'estime. L'aspect de ces lieux inspire la mélancolie.
• S'emploie aussi avec le nom de la personne pour complément direct, et signifie alors, Conseiller, diriger, animer. À cette conduite du prince, on reconnut le ministre qui l'inspirait. La fureur qui l'inspire. C'est la charité qui l'inspire.
• Se dit, particulièrement, en parlant De ceux qui reçoivent de la Divinité des lumières surnaturelles, qui sont pleins d'une fureur divine, ou qui sont animés de quelque enthousiasme. C'est le Saint-Esprit qui l'a inspiré. Les païens croyaient qu'Apollon inspirait la pythie. Les poëtes disent qu'Apollon, que les Muses les inspirent. Ces événements l'inspirèrent, et nous leur devons le beau poëme qu'il a laissé. Ce poëte a été mieux inspiré, n'a pas été aussi bien inspiré, lorsqu'il a traité tel sujet.
• Fam., Je fus bien inspiré quand je fis telle chose, Je fus bien avisé, j'eus une bonne idée lorsque, etc.
• En Médec., Inspirer de l'air dans les poumons d'un noyé, d'un enfant nouveau-né, Y souffler de l'air. Voyez INSUFFLER.
• INSPIRÉ, ÉE. participe, Se dit substantivement d'Une personne qui est ou que l'on suppose inspirée de la Divinité. Un inspiré. Une inspirée.

INSTABILITÉ . s. f.
• Défaut de stabilité. Il ne se dit guère qu'au figuré. L'instabilité de la fortune. L'instabilité du monde, des choses du monde, des choses humaines. L'instabilité de l'esprit humain.

INSTALLATION . s. f.
• Action par laquelle on est installé. L'installation du président d'un tribunal. L'installation d'un curé dans son église. Après son installation dans cet emploi. On s'opposa à son installation.

INSTALLER . v. a.
• Mettre solennellement en possession d'une place, d'un emploi, d'une dignité. Installer le président d'un tribunal. On l'a installé dans cette dignité, dans cette charge il y a six mois. Il est nommé à cet emploi, mais il n'est pas encore installé. Êtes-vous tout à fait installé dans votre nouvel emploi?
• Il signifie quelquefois simplement, Placer, établir quelqu'un en quelque endroit. Installer un commis à son bureau. On les a installés dans leur nouveau logement.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans ce dernier sens; et alors il est souvent familier. S'installer dans un fauteuil. Ce marchand s'est installé en tel endroit. Je m'installerai bientôt dans mon nouvel appartement. Il s'est si bien installé dans cette maison, qu'on l'en croirait le maître.
• INSTALLÉ, ÉE. participe

INSTAMMENT . adv.
• Avec instance, d'une manière pressante. Il vous en prie instamment. Il me l'a demandé instamment. Vous êtes instamment prié de...

INSTANCE . s. f.
• Sollicitation pressante. Dans ce sens, il s'emploie surtout au pluriel. Faire instance auprès de quelqu'un. Avec instance. Faire de grandes instances, de vives instances, des instances pressantes auprès de quelqu'un, envers quelqu'un. Je l'en ai sollicité avec toutes les instances possibles.
• Il signifie aussi, Demande, poursuite en justice. L'instance était pendante à tel tribunal. Il y a instance entre tel et tel. Former une instance. Suivre une instance. Faire vider une instance. Péremption d'instance. L'instance est périe. Reprendre une instance. Reprise d'instance.
• Première instance, Poursuite d'une action devant le premier juge. Il perdit son procès en première instance.
• Tribunal de première instance, Tribunal inférieur qui connaît de toutes les contestations en matière civile, à partir d'une certaine somme. Le tribunal de première instance de l'arrondissement de... Les tribunaux de première instance prononcent, dans certains cas, en dernier ressort. Avoué près le tribunal de première instance. On dit de même, Juge de première instance.
• INSTANCE, en termes de l'École, signifie, Un nouvel argument qui a pour objet de détruire la réponse faite au premier. Voilà une bonne instance, une forte instance. Que répondez-vous à cette instance?

INSTANT
, ANTE. adj.
• Pressant. Instante sollicitation. Instantes prières. Aux instantes prières d'un tel.
• Il signifie aussi, Imminent, urgent. Le péril est instant. Le besoin est instant.

INSTANT .s.m.
• Moment très-court, le plus petit espace de temps. Il fit cela en un instant. En cet instant. Il ne faut qu'un instant. Il a eu quelques instants de relâche. Je reviens dans un instant. Restez encore un instant. Il peut revenir d'un instant à l'autre. Dans le même instant. Au même instant. Dès l'instant que...
• Elliptiq. et fam., Un instant, Attendez, arrêtez un instant. Un instant, ne soyez pas si pressé.
• À CHAQUE INSTANT, À TOUT INSTANT. loc. adverbiales, Continuellement, sans cesse. Il le répète à chaque instant, à tout instant.
• À L'INSTANT, DANS L'INSTANT. loc. adverbiales, Aussitôt, à l'heure même, tout à l'heure. Il partit à l'instant, à l'instant même. Je reviens à l'instant, tout à l'instant. Je suis à vous dans l'instant.

INSTANTANÉ
, ÉE. adj.
• Qui ne dure qu'un instant. Ce mouvement n'a été qu'instantané. Une frayeur instantanée.

INSTAR
(À L'). loc. prépositive
• empruntée du latin. À la manière, à l'exemple de, de même que. Cet édifice est construit à l'instar des monuments gothiques. À l'instar des cours souveraines. À l'instar de Paris.

INSTAURATION . s. f.
• Établissement. Instauration des jeux Olympiques.

INSTIGATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui incite, qui pousse à faire quelque chose. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. Il a été l'instigateur de ce mauvais dessein. C'est lui qui en a été l'instigateur. Elle en est l'instigatrice.

INSTIGATION . s. f.
• Incitation, suggestion, sollicitation pressante par laquelle on pousse quelqu'un à faire quelque chose. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. Il a fait cela à l'instigation d'un tel. Il s'est laissé séduire aux instigations de ce méchant homme. L'instigation du malin esprit.

INSTIGUER . v. a.
• Exciter, pousser quelqu'un à faire quelque action. Cet homme est instigué par un tel. Il est peu usité.
• INSTIGUÉ, ÉE. participe

INSTILLATION . s. f.
• (On prononce les L sans les mouiller.) Action d'instiller. Verser par instillation.

INSTILLER . v. a.
• (On prononce les L sans les mouiller.) Faire couler, verser goutte à goutte. Instiller quelques gouttes d'essence dans une plaie.
• INSTILLÉ, ÉE. participe

INSTINCT .s.m.
• Sentiment, mouvement intérieur qui est naturel aux animaux, et qui les fait agir sans le secours de la réflexion. La nature a donné à tous les animaux l'instinct de leur propre conservation. Chaque animal a son instinct particulier. Les bêtes se conduisent, se gouvernent par instinct, par pur instinct. Ce chien a beaucoup d'instinct. Quel admirable instinct! Son instinct l'avertit que... L'instinct belliqueux du cheval.
• Se dit, en parlant de l'homme, Du mouvement intérieur et involontaire auquel on attribue les actes non réfléchis, les sentiments indélibérés; et, quelquefois, d'Une très-grande aptitude, d'une propension irrésistible à quelque chose. Il a fait cela plutôt par instinct que par raison. Un secret instinct m'a poussé. Je ne sais quel heureux instinct m'a fait éviter ce danger. J'ai eu un bon instinct, un malheureux instinct. Suivre son instinct. L'art de la guerre semblait en lui un instinct naturel. Avoir l'instinct du crime.

INSTINCTIF
, IVE. adj.
• Qui appartient à l'instinct, qui naît de l'instinct. Mouvement, sentiment instinctif. Facultés instinctives.

INSTINCTIVEMENT . adv.
• Par instinct. Les animaux n'agissent qu'instinctivement.

INSTITUER . v. a.
• Établir quelque chose de nouveau, donner commencement à quelque chose. JÉSUS-CHRIST a institué le sacrement de l'eucharistie. Instituer une fête. Instituer des jeux solennels. Instituer un ordre, une confrérie. Henri III institua l'ordre du Saint-Esprit. Instituer des tribunaux. Ces magistrats furent institués pour rendre la justice.
• En Jurispr., Instituer un héritier, instituer héritier, Nommer, faire quelqu'un son héritier par testament. Il institua un tel son héritier.
• INSTITUER, se dit aussi en parlant De ceux qu'on établit en charge, en fonction. Le pape a été institué par JÉSUS-CHRIST comme son premier vicaire. Un seigneur pouvait instituer ou destituer ses officiers comme il lui plaisait. Instituer un juge, un notaire.
• INSTITUÉ, ÉE. participe, Héritier institué.

INSTITUT .s.m.
• Constitution d'un ordre religieux, règle de vie qui est prescrite à cet ordre au temps de son établissement. Un louable, un pieux, un saint institut. Il ne faut pas toucher à cet institut. Cela est de leur institut.
• Se dit quelquefois de L'ordre même. Le chef d'un institut religieux.
• INSTITUT, est aussi Le titre de certaines sociétés savantes. L'institut de Bologne.
• L'Institut royal de France, ou simplement, L'Institut. Nom de la première société savante de France, établie à Paris, et composée de cinq Académies; savoir: l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts, et l'Académie des sciences morales et politiques. Les membres de l'Institut. Être reçu, entrer à l'Institut. On le dit aussi Du lieu où se tiennent les séances de l'Institut. Aller à l'Institut.
• INSTITUTS, au pluriel, est quelquefois employé comme synonyme d'Institutes.

INSTITUTES . s. f. pl.
• .Droit. Ouvrage élémentaire qui renferme les principes du droit romain. On appelle Institutes de Justinien celles qui furent composées par l'ordre de cet empereur. Les Institutes de Gaïus, jurisconsulte romain. Quelques-uns disent Instituts, et le font masculin.
• Se dit absolument Des Institutes de Justinien. Étudier les Institutes. Il sait bien les Institutes. Commentaire sur les Institutes.
• Il s'applique, par extension, à Certains autres ouvrages élémentaires de jurisprudence. Les Institutes du droit français.

INSTITUTEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui institue, qui établit. L'instituteur de cet ordre religieux. Instituteur des jeux Olympiques. La reine Jeanne, fille de Louis XI, est institutrice de l'ordre de l'Annonciade.
• Se dit aussi d'Une personne chargée de l'éducation et de l'instruction d'un ou de plusieurs enfants. L'instituteur d'un jeune prince. Un bon, un sage, un savant instituteur. Une habile institutrice.
• Se dit particulièrement, dans ce dernier sens, de Celui ou de celle qui tient une pension, une maison d'éducation, une école. C'est un des instituteurs les plus renommés de la capitale. Instituteur primaire.

INSTITUTION . s. f.
• Action par laquelle on institue, on établit. L'institution des jeux Olympiques. L'institution de tel ordre religieux. L'institution des cours royales. L'institution de la pairie. Tout ce qui est d'institution humaine est sujet au changement.
• Il se prend aussi pour La chose instituée. C'est une louable, une pieuse, une sainte institution. Les hôpitaux, les écoles, sont des institutions utiles. Une institution naissante. Institutions politiques, religieuses. Institutions nationales. Il y avait dans cette institution un vice essentiel qui devait la détruire. Ils défendirent leurs institutions menacées.
• En Jurispr., Institution d'héritier, Nomination d'un héritier. Faire institution d'héritier.
• INSTITUTION, se prend quelquefois pour Éducation. L'institution de la jeunesse est d'une grande importance dans l'État. Ce livre est intitulé, Institution d'un prince.
• Se dit encore d'Une école, d'une maison d'éducation. Ouvrir, établir, tenir une institution. Le chef d'une institution. Entrer dans une institution. Institution de jeunes demoiselles. L'institution des Aveugles, des Sourds-muets.

INSTRUCTEUR .s.m.
• Celui qui instruit. Instructeur mercenaire. Instructeur de son siècle. Il est peu usité dans ce sens.
• Se dit, particulièrement, de Celui qui est chargé d'enseigner aux jeunes soldats l'exercice et le maniement des armes. Manuel de l'instructeur. On le prend quelquefois adjectivement. Capitaine instructeur.
• Au Palais, Juge instructeur, signifie la même chose que Juge d'instruction. Voyez INSTRUCTION.

INSTRUCTIF
, IVE. adj.
• Qui instruit. Il ne se dit que Des choses. Ce livre est fort instructif. Je lui ai donné un mémoire instructif. C'est une méthode bien instructive. Sa conversation est instructive.

INSTRUCTION . s. f.
• Éducation, enseignement. L'instruction de la jeunesse, des enfants. Travailler à l'instruction de quelqu'un. Avoir soin de son instruction. L'instruction des nouvelles recrues. Se consacrer à l'instruction publique. Le ministre de l'instruction publique. Répandre le bienfait de l'instruction.
• Il signifie aussi, Connaissances, savoir, notions acquises. Avoir de l'instruction. Manquer d'instruction. C'est un homme d'une grande instruction, d'une instruction peu commune. Il est sans instruction.
• Il signifie encore, Leçon précepte qu'on donne pour instruire. Vous lui donnez là une bonne instruction, une instruction salutaire. Les instructions qu'il recevait de lui. On puise dans cet ouvrage d'utiles instructions.
• Instruction pastorale, Mandement d'évêque sur quelque point de doctrine.
• INSTRUCTION, signifie aussi, Connaissance qu'on donne à quelqu'un de certains faits, de certains usages qu'il ignore. Je vous demande cela pour mon instruction. J'ai fait un mémoire pour l'instruction de mon rapporteur. Instruction sur la manière de se servir d'une chose.
• Se dit également Des ordres, des explications, des avis qu'une personne donne à une autre pour la conduite de quelque affaire, de quelque entreprise; et, dans ce sens, il s'emploie surtout au pluriel. J'irai prendre vos instructions sur l'affaire dont vous m'avez chargé. Donnez-lui vos instructions là-dessus. J'ai mes instructions, dont il m'est impossible de m'écarter. Instructions détaillées.
• Se dit particulièrement Des ordres, des explications écrites ou verbales qu'un prince ou un gouvernement donne à son ambassadeur, à son envoyé, à son délégué, sur la manière de se conduire dans la mission dont il le charge. Cet ambassadeur serait parti, s'il avait reçu ses instructions. Mes instructions portent cela. Ce que vous me demandez est contre mes instructions. Il n'a pas suivi ses instructions. Il attend de nouvelles instructions. Dresser des instructions. Instructions verbales. Instructions secrètes.
• INSTRUCTION, se dit encore, dans les Tribunaux, de Toutes les formalités nécessaires pour mettre une cause, une affaire civile ou criminelle en état d'être jugée. Travailler à l'instruction d'un procès. L'instruction de l'affaire est très-avancée. Instruction par écrit. Le code d'instruction criminelle. Faire un acte d'instruction. Nullités d'instruction.
• Juge d'instruction, Magistrat établi pour rechercher les crimes et délits, en recueillir les preuves ou indices, et faire arrêter et interroger les prévenus, les inculpés. Un mandat d'amener décerné par le juge d'instruction. Vous avez déclaré telle chose devant le juge d'instruction.

INSTRUIRE . v. a.
• Enseigner quelqu'un, lui apprendre quelque chose, lui donner des leçons, des préceptes pour les moeurs, pour quelque science, etc. Instruire la jeunesse. Instruire les enfants. Il a fort bien fait instruire ses enfants. Ces enfants sont bien instruits, mal instruits. Instruire un prince à gouverner; l'instruire dans la science du gouvernement. On l'a instruit aux armes, aux affaires. Instruire des soldats à manier les armes. Absolument, C'est un homme qui instruit fort bien, qui sait bien instruire.
• Se dit figurément, avec un nom de chose pour sujet. Il fut instruit par le malheur, par l'expérience. Un tel exemple instruit mieux que tous les préceptes. Nous sommes instruits par la nature à...
• Se dit, par extension, en parlant Des bêtes. Instruire un cheval. On instruit l'éléphant à se mettre à genoux. On instruit les chiens à chasser, à rapporter, etc. La nature instruit les animaux à chercher ce qui leur est propre.
• Il signifie aussi, Informer, avertir, donner connaissance de quelque chose. J'instruirai sa famille de la conduite qu'il tient. Ce général, cet ambassadeur est bien instruit de ce qui se passe, ou absolument, est bien instruit. On l'a mal instruit de cette affaire. C'est un homme bien instruit des affaires de la cour, des affaires du monde. Instruisez-le de tout ce que vous voulez qu'il fasse.
• S'emploie avec le pronom personnel, dans les sens qui précèdent, soit comme verbe réfléchi, soit comme verbe réciproque. Aimer, chercher à s'instruire. Avoir le désir de s'instruire. Il s'est instruit lui-même. S'instruire dans un art, dans une science. S'instruire de sa religion. On s'instruit mieux par la pratique que par la théorie. S'instruire par l'exemple d'autrui. Il voulut s'en instruire par lui-même. Je veux m'instruire par mes propres yeux. Ils s'instruisaient mutuellement dans la vertu. Nous nous instruisons régulièrement l'un l'autre de ce qui se passe aux lieux où nous sommes.
• INSTRUIRE, dans les Tribunaux, signifie, Mettre une cause, une affaire civile ou criminelle en état d'être jugée. Il instruit bien un procès, une affaire. L'affaire est suffisamment instruite. Instruire une cause par écrit. Le magistrat chargé d'instruire les causes criminelles.
• Instruire le procès de quelqu'un, Lui faire son procès, en matière criminelle. Son affaire s'instruit à l'heure qu'il est. On dit de même, absolument, Instruire contre quelqu'un.
• INSTRUIT, ITE. participe, Un homme instruit d'une affaire. Un procès instruit, bien instruit.
• Il signifie absolument, Qui a beaucoup de connaissances, de savoir. C'est un homme instruit, fort instruit.

INSTRUMENT .s.m.
• Nom générique de la plupart des outils, machines, ou appareils, qui servent, dans un art ou dans une science, à exécuter quelque chose, à faire quelque opération. Bon instrument. Instrument nécessaire. Instrument de charpentier, de maçon, etc. Un ouvrier fourni de tous ses instruments. Ce faux monnayeur fut pris avec tous ses instruments. Instrument de chirurgie. Il est l'inventeur de cet instrument. Un instrument d'agriculture. Les instruments aratoires. Les alambics, les cornues, etc., sont des instruments de chimie. La machine électrique, la pile voltaïque, etc., sont des instruments de physique. La règle, le compas, le quart de cercle, etc., sont des instruments de mathématique. Des instruments d'optique, d'astronomie.
• Se dit particulièrement Des instruments de musique. Monter un instrument. L'orgue, le cor, la flûte, sont des instruments à vent. Le violon, la harpe, le piano, sont des instruments à cordes. La timbale est un instrument de percussion. Un instrument mélodieux. Voilà un bon instrument. Un concert de voix et d'instruments. Au son des instruments. Jouer d'un instrument.
• Prov., C'est un bel instrument que la langue, Il est plus aisé de parler que d'exécuter.
• INSTRUMENT, se dit, par extension, de Tout ce dont on se sert pour faire une chose quelconque, une action bonne ou mauvaise. Frapper quelqu'un avec un instrument tranchant, avec un instrument contondant. Les instruments de la passion de Notre-Seigneur. Il portait encore sur lui l'instrument de son crime.
• Se dit aussi, figurément, Des personnes ou des choses qui servent à produire quelque effet, à parvenir à quelque fin. Nous ne sommes que les instruments de la Providence. Servir d'instrument à la vengeance de quelqu'un. Ses propres lettres ont servi d'instrument pour le perdre. Ses domestiques ont été les instruments de sa ruine. Ses amis ont été l'instrument de sa fortune.
• INSTRUMENT, se dit quelquefois Des contrats et des actes publics par-devant notaire. C'est un instrument authentique. Ce sens vieillit.

INSTRUMENTAIRE . adj. m.
• .Jurispr. Il ne s'emploie que dans cette locution, Témoin instrumentaire, Celui qui assiste un notaire ou quelque autre officier public dans les actes pour la validité desquels la présence de témoins est nécessaire.

INSTRUMENTAL
, ALE. adj.
• Qui sert d'instrument. La cause instrumentale.
• Il signifie, en termes de Musique, Qui s'exécute, qui doit être exécuté par des instruments. Musique instrumentale. La partie instrumentale de cet opéra est d'une exécution très-difficile. Concert vocal et instrumental.

INSTRUMENTATION . s. f.
• .Musique. Manière dont la partie instrumentale d'un morceau de musique est disposée. L'instrumentation de ce choeur est fort savante.

INSTRUMENTER . v. n.
• .Pratique. Faire des contrats, des procès-verbaux, des exploits, et autres actes publics. Les notaires ne peuvent pas instrumenter hors de leur ressort. Cet huissier instrumente fort bien.

INSU .s.m.
• Ignorance de quelque fait, de quelque chose. Il ne s'emploie que dans la locution prépositive, À l'insu de, et dans les locutions analogues, À mon insu, à votre insu, à leur insu, etc. À l'insu de tout le monde. Il s'est marié à l'insu de ses parents, de sa famille. C'est à mon insu qu'il a fait cela. Nous sommes quelquefois dirigés, à notre insu, par nos passions.

INSUBORDINATION . s. f.
• Défaut de subordination, manquement à la subordination. Il règne dans ce corps une grande insubordination. Esprit d'insubordination. Punir l'insubordination. Acte d'insubordination. Cet officier a été cassé pour fait d'insubordination.

INSUBORDONNÉ
, ÉE. adj.
• Qui a l'esprit d'insubordination, qui manque fréquemment à la subordination. Ce soldat est insubordonné. Des troupes insubordonnées.

INSUFFISAMMENT . adv.
• D'une manière insuffisante. Il ne pourvoit que bien insuffisamment à leurs besoins.

INSUFFISANCE . s. f.
• Incapacité, manque de suffisance. Je reconnais toute mon insuffisance. L'insuffisance de ses raisons, de ses moyens. Pourvoir à l'insuffisance d'une loi.

INSUFFISANT
, ANTE. adj.
• Qui ne suffit pas. Ces moyens sont insuffisants. La raison est insuffisante pour pénétrer les mystères de la foi.

INSUFFLATION . s. f.
• .Médec. Action d'insuffler. Recourir à l'insufflation.

INSUFFLER . v. a.
• .Médec. Souffler, introduire à l'aide du souffle un gaz, une vapeur dans quelque cavité du corps. Insuffler de l'air dans la bouche d'une personne asphyxiée.
• INSUFFLÉ, ÉE. participe

INSULAIRE . adj. des deux genres
• Qui habite une île. Les peuples insulaires.
• Il est aussi substantif. Un insulaire. Les insulaires de la mer Pacifique.

INSULTANT
, ANTE. adj.
• Qui insulte. Il ne se dit que Des choses. Discours insultant. Air insultant. Procédé insultant. Un insultant mépris. Paroles insultantes. Manières insultantes.

INSULTE . s. f.
• Injure, outrage, mauvais traitement de fait ou de parole, avec dessein prémédité d'offenser. Faire insulte à quelqu'un. Faire une insulte, des insultes à quelqu'un. Il a reçu une cruelle insulte, une insulte grave. De telles insultes veulent une éclatante réparation. Autrefois ce mot était masculin.
• Il signifie aussi, en termes de Guerre, Coup de main, attaque brusque et vive. Cette place est hors d'insulte. Mettre un poste à l'abri de toute insulte. Nous n'étions point exposés aux insultes de l'ennemi.

INSULTER . v. a.
• Maltraiter, outrager quelqu'un de fait ou de parole, de propos délibéré. Insulter quelqu'un, l'insulter de paroles. Il est allé l'insulter jusque chez lui. Être insulté publiquement. Insulter une femme par des propositions qui outragent sa pudeur. Leur pavillon fut insulté par des pirates.
• Il signifie aussi, Manquer à ce que l'on doit aux personnes ou aux choses. Dans ce sens, il s'emploie avec la préposition à. Insulter aux misérables. Il ne faut pas insulter aux malheureux. Insulter à ses juges. Insulter au public. Insulter à la misère de quelqu'un, à la misère publique. Insulter à la raison, au bon sens, au bon goût. On dit de même, figurément: Leur faste insulte à la détresse publique. Leur allégresse insulte à ma douleur. Etc.
• Il signifie encore, Attaquer vivement et à découvert, et se dit surtout en parlant D'une place de guerre et des fortifications. Insulter une place. Insulter les dehors d'une place. Insulter une demi-lune.
• INSULTÉ, ÉE. participe

INSUPPORTABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être supporté, souffert; ou Qui est extrêmement fâcheux, désagréable. Se dit Des personnes et des choses. Il sent des douleurs insupportables. Quel joug insupportable! Cet homme est insupportable. Il est devenu insupportable à tout le monde. Une humeur insupportable. Cette façon d'agir, de parler est insupportable. Ses manières sont insupportables. Il est d'un orgueil insupportable.

INSUPPORTABLEMENT . adv.
• D'une manière insupportable. Cet ouvrage est insupportablement long.

INSURGENTS .s.m. pl.
• Nom qu'on donnait autrefois à certains corps de troupes hongroises levées extraordinairement pour le service de l'État. Les insurgents s'assemblèrent.
• Se dit aussi Des Américains qui se soulevèrent pour la cause de l'indépendance, dans les colonies anglaises. L'armée des insurgents.

INSURGER
• (S'). v. pron. Se soulever, se révolter. La plupart des provinces s'insurgèrent. Avec ellipse du pronom, Faire insurger un peuple, une province, etc.
• INSURGÉ, ÉE. participe, Un peuple insurgé. Les provinces insurgées.
• S'emploie aussi comme substantif. Les insurgés se portèrent vers telle ville. L'armée des insurgés. Un parti, une troupe d'insurgés.

INSURMONTABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être surmonté. Il a trouvé dans ce dessein des difficultés insurmontables. Obstacle insurmontable. Envie de dormir insurmontable.

INSURRECTION . s. f.
• Soulèvement contre le gouvernement. Ceux qui emploient ce mot y attachent ordinairement une idée de droit et de justice. L'insurrection des Grecs, ou L'insurrection grecque. L'insurrection fit des progrès. L'insurrection devint générale. Le peuple était en pleine insurrection.

INSURRECTIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui tient de l'insurrection. Mouvement insurrectionnel.

INTACT
, ACTE. adj.
• (On prononce le C et le T.) À quoi l'on n'a point touché, dont on n'a rien retranché. Le dépôt s'est trouvé intact.
• Il signifie, par extension, Sain, entier, qui n'a point souffert d'altération. Ce monument est resté presque intact. Les objets trouvés dans ce tombeau paraissent aussi intacts que lorsqu'ils y furent placés. Ces meubles n'arriveront pas intacts à leur destination.
• S'emploie aussi figurément, surtout dans les locutions suivantes: Réputation intacte, Réputation qui n'a jamais été attaquée, ou sur laquelle la calomnie n'a pu attirer aucun soupçon; Vertu, probité intacte, Vertu, probité qui est à l'abri de toute espèce de reproche; Honneur intact, Honneur qui n'a souffert aucune atteinte, que rien n'a terni.
• C'est un homme intact, C'est un homme a qui l'on ne peut rien reprocher de contraire à la probité.

INTACTILE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qu'on ne peut toucher, qui échappe au sens du tact. La lumière est intactile.

INTARISSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut tarir, être tari, épuisé. Source intarissable. Larmes, pleurs intarissables.
• S'emploie aussi figurément. Une imagination intarissable. Une érudition intarissable. Une source intarissable d'érudition. La veine de ce poëte est intarissable. Le babil de cette femme est intarissable. C'est pour nous un sujet de conversation intarissable.

INTÉGRAL
, ALE. adj.
• Total. Payement intégral. Restitution intégrale. Le renouvellement intégral d'une chambre législative.
• En Math., Calcul intégral, Le calcul par lequel on remonte des incréments infiniment petits aux quantités finies dont ils dérivent. On dit substantivement, L'intégrale d'une quantité différentielle, La quantité finie dont cette différentielle est l'incrément infiniment petit.

INTÉGRALEMENT . adv.
• En totalité. Ces sommes ne purent être payées intégralement. La chambre des députés fut renouvelée intégralement.

INTÉGRANT
, ANTE. adj.
• Il ne se dit que dans cette locution, Partie intégrante, Chacune des parties qui contribuent à l'intégrité d'un tout, à la différence Des parties qui en constituent l'essence. Les bras, les jambes sont des parties intégrantes du corps humain. Faire partie intégrante de...

INTÉGRATION . s. f.
• .Math. Action d'intégrer.

INTÈGRE . adj. des deux genres
• Qui est d'une probité incorruptible. Juge intègre. Il est fort intègre. On dit de même, Une vertu intègre.

INTÉGRER . v. a.
• .Math. Trouver l'intégrale d'une quantité différentielle. Intégrer une différentielle.
• INTÉGRÉ, ÉE. participe

INTÉGRITÉ . s. f.
• L'état d'un tout, d'une chose qui a toutes ses parties. Cela détruit l'intégrité du tout. Il a remis le dépôt dans toute son intégrité. Conserver l'intégrité du territoire. Ce monument est encore dans son intégrité, dans toute son intégrité.
• Se dit quelquefois figurément. Défendre l'intégrité de ses droits.
• Il signifie, par extension, L'état d'une chose saine et sans altération. Les parties intérieures du corps étaient dans leur intégrité, dans toute leur intégrité. Il a gardé des fleurs, des fruits d'une année à l'autre dans leur intégrité.
• Il signifie encore figurément, Vertu, qualité d'une personne intègre. Grande intégrité. Parfaite intégrité. L'intégrité d'un juge. Tenter, corrompre l'intégrité de quelqu'un. L'intégrité des moeurs.

INTELLECT .s.m.
• (On prononce le C et le T; on fait aussi sentir les deux L dans ce mot et dans tous les mots suivants qui sont de la même famille.) T. didactique. La faculté de l'âme qu'on nomme aussi l'Entendement.

INTELLECTIF
, IVE. adj.
• Appartenant à l'intellect. Il n'est guère usité qu'au féminin et dans ces locutions, La faculté, la puissance intellective.

INTELLECTUEL
, ELLE. adj.
• Qui appartient à l'intellect, qui est dans l'entendement. La faculté intellectuelle. L'espérance et la foi sont des vertus intellectuelles. Objet intellectuel. Vérités intellectuelles.
• Il signifie aussi, Spirituel, par opposition à Matériel. L'âme est une substance intellectuelle, un être intellectuel.

INTELLIGENCE . s. f.
• Faculté intellective, capacité d'entendre, de concevoir, de comprendre; ou L'esprit, en tant qu'il conçoit. L'intelligence humaine. Le développement de l'intelligence. Cet homme a l'intelligence vive, prompte, dure, tardive, etc. Cet enfant est plein d'intelligence. Il a de l'intelligence, peu d'intelligence. Il est sans intelligence. Ce livre est à la portée de toutes les intelligences. On le dit quelquefois Des animaux. L'éléphant a beaucoup d'intelligence. L'intelligence du cheval.
• Il signifie aussi, Connaissance approfondie, compréhension nette et facile. L'intelligence des langues, des affaires. Parfaite intelligence, grande intelligence des affaires. Il m'a donné l'intelligence de ce passage. Il a l'intelligence des Écritures.
• Se dit particulièrement, en termes de Peinture, de L'entente de certains effets, et Du talent, du goût avec lequel l'artiste sait les produire. L'intelligence du clair-obscur, de la lumière. Ce peintre n'a aucune intelligence des effets de lumière.
• Il signifie encore, Adresse, habileté, et s'applique surtout Au choix des moyens employés pour obtenir un certain résultat. Il s'est acquitté de sa mission avec beaucoup d'intelligence. Il a fait preuve d'intelligence dans cette affaire. On remarque une certaine intelligence dans la manière dont cet animal creuse son terrier.
• Il signifie aussi, Amitié réciproque, accord, union de sentiments. Ils sont, ils vivent en bonne intelligence, en parfaite intelligence. Il est survenu un démêlé qui a rompu leur intelligence. La meilleure intelligence subsiste entre ces deux cabinets. Il ne règne plus entre eux la même intelligence.
• Il signifie également, Correspondance, communication entre des personnes qui s'entendent l'une avec l'autre. Ils sont d'intelligence pour vous surprendre, pour vous tromper. Je vis qu'ils étaient d'intelligence. Il y a de l'intelligence entre eux. Faire à quelqu'un des signes d'intelligence. Entretenir intelligence avec les ennemis. Avoir des intelligences secrètes. Il avait, il entretenait des intelligences dans cette place pour la surprendre. Il comptait sur une intelligence qui a manqué.
• Avoir une double intelligence, Avoir des intelligences dans les deux partis, dans les deux armées.
• INTELLIGENCE, se dit quelquefois d'Une substance purement spirituelle. Dieu est la souveraine Intelligence, la suprême Intelligence. Les intelligences célestes, Les anges.

INTELLIGENT
, ENTE. adj.
• Pourvu de la faculté, intellective, capable de concevoir et de raisonner. L'homme est un être intelligent. L'âme est une substance intelligente.
• Il signifie aussi, Qui a beaucoup d'intelligence, qui conçoit facilement. Cet enfant est fort intelligent. Il n'est guère intelligent pour son âge. On le dit quelquefois Des animaux. Ce chien est très-intelligent.
• Il signifie particulièrement, Qui a beaucoup d'habileté, d'adresse. C'est un homme intelligent, très-intelligent. Il a un commis, un domestique fort intelligent, des plus intelligents. Il est fort intelligent dans les affaires, dans les négociations. Il s'est conduit en homme intelligent.

INTELLIGIBLE . adj. des deux genres
• Qui peut être ouï facilement et distinctement. Parler à voix haute et intelligible, à haute et intelligible voix. Prononcer d'une manière intelligible. Des sons distincts et intelligibles.
• Il signifie aussi, Qui est aisé à comprendre. Ce passage est fort intelligible. Cet auteur n'est pas intelligible.
• INTELLIGIBLE, en termes de l'École, se dit De ce qui ne subsiste que dans l'entendement, comme les êtres de raison; et, dans ce sens, il est opposé à Réel. Les universaux, les catégories sont purement intelligibles. Les êtres intelligibles.

INTELLIGIBLEMENT . adv.
• D'une manière intelligible. Lire intelligiblement. Prononcer intelligiblement. Écrire intelligiblement.

INTEMPÉRANCE . s. f.
• Vice opposé à la tempérance, à la sobriété. Son intempérance a ruiné sa santé.
• Il s'étend quelquefois à Toute espèce d'excès. Intempérance d'étude, de travail.
• Intempérance de langue, Trop grande liberté qu'on se donne de parler.

INTEMPÉRANT
, ANTE. adj.
• Qui a le vice de l'intempérance. C'est un homme intempérant.
• Il est aussi substantif. L'intempérant abrége ses jours.

INTEMPÉRÉ
, ÉE. adj.
• Déréglé dans ses passions et dans ses appétits. C'est un homme intempéré en toutes choses. Il est peu usité.

INTEMPÉRIE . s. f.
• Déréglement. Il ne se dit plus guère que De l'air, des saisons, etc. On souffre beaucoup de l'intempérie de l'air. Les corps se ressentent de l'intempérie des saisons. Être exposé à toutes les intempéries de l'air, ou simplement, à toutes les intempéries.

INTEMPESTIF
, IVE. adj.
• Qui n'est pas fait à propos, ou qu'il n'est pas à propos de faire pour le moment. Démarche intempestive. Demande intempestive. Projet intempestif.

INTEMPESTIVEMENT . adv.
• D'une manière intempestive. Vous ne pouviez faire une pareille demande plus intempestivement.

INTENDANCE . s. f.
• Direction, administration d'affaires importantes. Il a l'intendance sur telle chose. Il lui a donné l'intendance de sa maison, de ses finances.
• Se dit particulièrement de Certaines charges, de certaines fonctions publiques ou autres, dont quelques-unes sont maintenant abolies. L'intendance des bâtiments. L'intendance des Menus Plaisirs. L'intendance des vivres. L'intendance d'une province. Intendance générale.
• Il signifie, par extension, Le temps que dure l'administration d'un intendant. Pendant son intendance on en usait ainsi.
• Il se disait également, autrefois, Du district où s'étendait le pouvoir d'un intendant de province. Cela n'est pas de son intendance. Cette élection était de l'intendance d'un tel.
• Il signifie aussi, La maison où demeure un intendant, où il a ses bureaux. Aller à l'intendance.

INTENDANT .s.m.
• Celui qui est chargé de régir les biens, de conduire et de surveiller la maison d'un prince, d'un grand seigneur, d'un riche particulier. L'intendant de la maison d'un prince. L'intendant d'un grand seigneur, d'une grande maison. Depuis qu'il a recueilli ce riche héritage, il a pris un intendant. Donner des ordres à son intendant. Il a un intendant qui le vole.
• Se dit également de Certains fonctionnaires qui surveillent et dirigent un service public ou un grand établissement. Intendant de la marine. Intendant militaire. Intendant des bâtiments.
• Il se disait pareillement, autrefois, de Ceux qui étaient à la tête de l'administration des provinces, ou qui avaient des attributions relatives aux finances du royaume. Intendant des finances. Intendant de province. Intendant de justice, police et finances en telle province. Intendant du Languedoc, etc.

INTENDANTE . s. f.
• Il se disait autrefois de La femme d'un intendant de province. Madame l'intendante.

INTENSE . adj. des deux genres
• T. didactique. Grand, fort, vif. Une chaleur intense. Un froid intense. Une maladie intense. Le son devient plus intense.

INTENSITÉ . s. f.
• T. didactique. Degré de force ou d'activité d'une chose, d'une qualité, d'une puissance. L'intensité de la lumière, du son, du froid, d'une force mouvante, etc. L'intensité du son ne change rien à sa propagation.

INTENTER . v. a.
• .Jurispr. Il n'est usité que dans ces phrases, Intenter une action, intenter un procès, intenter une accusation contre quelqu'un, Faire un procès à quelqu'un, former une accusation contre quelqu'un. On dit aussi, Intenter un procès à quelqu'un.
• INTENTÉ, ÉE. participe

INTENTION . s. f.
• Dessein, vue; mouvement de l'âme par lequel on tend à quelque fin. Bonne intention. Mauvaise intention. Une intention droite, louable. Avoir intention, l'intention de faire quelque chose. Mon intention n'était pas de vous déplaire. Si j'ai fait cela, c'est bien contre mon intention, c'est sans intention. Cet homicide a-t-il été commis avec intention? Il faut considérer l'intention du testateur, du fondateur. Quelle a été l'intention du législateur? Rechercher la commune intention des parties contractantes. Il faut regarder l'intention. Dieu est juge de nos intentions. Intention secrète. Juger de l'intention. Je l'ai fait à bonne intention. Je ne l'ai fait à autre intention. Je lui sais gré de l'intention. Je rends justice à ses intentions. La droiture, la pureté des intentions.
• S'emploie quelquefois dans le sens de Volonté. L'intention de votre père est que vous partiez. Le roi lui a fait savoir ses intentions. Agir contre les intentions d'une personne. Les intentions du testateur furent scrupuleusement remplies. Telle est l'intention du fondateur.
• Faire une chose à l'intention de quelqu'un, Pour lui, à sa considération.
• Faire des prières, donner des aumônes, dire la messe, etc., à l'intention de quelqu'un, Faire ces choses dans le dessein qu'elles lui servent devant Dieu. Il a dit, il a fait dire la messe à l'intention du défunt.
• En termes de Dévotion, Diriger ou dresser son intention, Rapporter ses actions, ses vues à une fin déterminée, et ordinairement à une bonne fin. On dit dans un sens analogue, Direction d'intention ou de l'intention.
• Direction d'intention, s'emploie plus ordinairement en parlant De ceux qui, pour sauver ce qu'il y a de mauvais dans un discours, dans une action, allèguent l'innocence de leur motif, de leur intention. Il n'y a rien qu'on ne prétende justifier par la direction d'intention.

INTENTIONNÉ
, ÉE. adj.
• Qui a certaine intention. Il ne s'emploie guère qu'avec bien, mal, ou mieux. Une personne bien intentionnée. Des gens mal intentionnés.

INTENTIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui appartient à l'intention. Le sens apparent de cette proposition est bien différent du sens intentionnel de l'auteur. L'accusé fut absous sur la question intentionnelle.
• Espèces intentionnelles. Les anciens nommaient ainsi Les images qu'ils supposaient sortir des corps pour frapper les sens. Ils les nommaient aussi Espèces impresses.

INTERCADENCE . s. f.
• .Médec., qui se dit en parlant Du pouls, lorsqu'il offre par intervalles une pulsation surnuméraire. L'intercadence, les intercadences du pouls.

INTERCADENT
, ENTE. adj.
• .Médec., qui se dit Du pouls, lorsqu'il offre des intercadences. Pouls intercadent.

INTERCALAIRE . adj. des deux genres
• Qui est ajouté et inséré. Se dit proprement Du jour que l'on ajoute au mois de février dans l'année bissextile. Jour intercalaire.
• Lune intercalaire, La treizième lune qui se trouve dans une année, de trois ans en trois ans. Il y aura une lune intercalaire cette année.
• INTERCALAIRE, se dit aussi De vers qu'on répète plusieurs fois dans de petits poëmes, tels que les chants royaux, les ballades, les virelais, etc. Vers intercalaires.

INTERCALATION . s. f.
• Action d'intercaler, ou Le résultat de cette action. Se dit, proprement, de L'addition d'un jour dans le mois de février, aux années bissextiles. L'année où l'on fait l'intercalation, le mois de février a vingt-neuf jours.
• Se dit, par extension, en parlant D'écrits. L'intercalation d'un mot, d'une ligne dans un acte, d'un article dans un compte, d'un passage dans un texte.

INTERCALER . v. a.
• Insérer. Se dit, proprement, en parlant Du jour qu'on ajoute, de quatre ans en quatre ans, dans le mois de février, afin que la manière de compter cadre plus exactement avec le cours du soleil. Dans les années bissextiles on intercale un jour.
• Se dit, par extension, en parlant D'écrits auxquels on ajoute quelque chose après coup. Intercaler un mot, une ligne dans un acte, un article dans un compte, un passage dans un texte.
• INTERCALÉ, ÉE. participe, Passages intercalés. Les mots intercalés sont d'une autre main.

INTERCÉDER . v. n.
• Prier, solliciter pour quelqu'un, afin de lui procurer quelque bien ou de le garantir de quelque mal. La Vierge, les saints intercèdent auprès de Dieu pour les hommes. Il a intercédé auprès du roi pour le coupable. Je vous prie d'intercéder pour lui obtenir cette grâce.

INTERCEPTER . v. a.
• Arrêter, interrompre le cours direct de quelque chose. Intercepter les communications. Les nuages interceptent les rayons du soleil. Intercepter la lumière. Intercepter le son.
• Il signifie, particulièrement, S'emparer par surprise de ce qui est adressé, envoyé à quelqu'un. On intercepta une lettre, un paquet d'importance. Intercepter un convoi.
• INTERCEPTÉ, ÉE. participe, Des lettres interceptées découvrirent l'intrigue.

INTERCEPTION . s. f.
• T. didactique. Se dit en parlant De quelque chose dont le cours direct est interrompu. Interception du son. Interception des rayons de lumière.

INTERCESSEUR .s.m.
• Celui qui intercède. Puissant intercesseur. Faible intercesseur. Les saints sont nos intercesseurs. Je veux être votre intercesseur auprès du ministre. Être intercesseur pour quelqu'un, en faveur de quelqu'un.

INTERCESSION . s. f.
• Prière, action d'intercéder. Puissante, faible intercession. L'intercession des saints. Demander quelque chose à Dieu par l'intercession de la sainte Vierge, etc. J'ai employé l'intercession d'un tel.

INTERCOSTAL
, ALE. adj.
• T. d'Anat. Se dit De ce qui est entre les côtes. Muscles intercostaux. Nerf intercostal. Veine intercostale. Artères intercostales.

INTERCURRENTE . adj. f.
• .Médec. Il ne s'emploie que dans cette locution, Maladies intercurrentes, Celles qui surviennent en différents temps de l'année.

INTERDICTION . s. f.
• Défense, prohibition. L'interdiction d'un genre de commerce. Cette interdiction blesse des intérêts qu'il eût fallu ménager.
• Il signifie particulièrement, Défense, perpétuelle ou temporaire, de continuer l'exercice de certaines fonctions, faite par sentence ou arrêt, par décision d'une autorité supérieure. Cet huissier a été puni d'interdiction. L'interdiction d'un fonctionnaire public. Les actes que fait un officier pendant son interdiction sont nuls. On lui défendit à peine d'interdiction, à peine d'interdiction de sa charge... Fixer la durée d'une interdiction.
• En Jurispr. criminelle, Interdiction des droits civiques, civils et de famille, Privation, déchéance totale ou partielle des droits civiques, etc., prononcée contre celui qui a été reconnu coupable.
• INTERDICTION, se dit également, en Jurisprudence civile, de L'action d'ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne, quand on reconnaît qu'il est en état d'imbécillité, de démence, ou de fureur. Provoquer l'interdiction d'une personne. Demande en interdiction. Jugement d'interdiction. Il ne peut procéder en justice qu'il n'ait fait lever l'interdiction, qu'il n'ait obtenu la mainlevée de son interdiction.

INTERDIRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Dire, excepté à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, qui fait, Vous interdisez.) Défendre quelque chose à quelqu'un. On lui a interdit l'entrée de la ville, de telle maison. La ville lui est interdite. Interdire sa porte à quelqu'un. Interdire le barreau à un avocat. Interdire la chaire à un prédicateur. Interdire à quelqu'un l'exercice des droits civiques, civils et de famille. Interdire l'usage des sacrements. Interdire l'entrée de l'église. Interdire le commerce. Interdire toute communication. Interdire la parole. Cela vous est interdit. Il lui est interdit de rien faire sans autorisation. Les médecins lui ont interdit le vin, le travail. Il s'interdit tous les plaisirs.
• Se dit quelquefois figurément, en parlant Des choses à l'égard desquelles on se trouve dans une sorte d'impossibilité. Cet espoir m'est interdit. Une affaire imprévue m'interdit ce plaisir.
• Se dit, particulièrement, D'une sentence par laquelle on défend à un ecclésiastique l'exercice des ordres sacrés, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. L'évêque, le pape a interdit ce prêtre, cette ville. Il a droit de suspendre et d'interdire. On a interdit cette église.
• Il signifie aussi, Défendre à quelqu'un, temporairement ou pour toujours, de continuer l'exercice de ses fonctions. On l'a interdit de ses fonctions, de sa charge. On les a interdits pour deux ans. Ils ont été interdits par arrêt. On disait de même autrefois, Interdire un présidial, un bailliage.
• Il signifie également, en Jurisprudence, Ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne. Faire interdire une personne en démence. Il doit être interdit. Il faut l'interdire.
• Il signifie encore, Étonner, troubler quelqu'un, en sorte qu'il ne sache ce qu'il dit ni ce qu'il fait; et alors on l'emploie principalement dans les temps composés. La peur l'avait interdit, l'avait tellement interdit, qu'il ne put prononcer un mot.
• Interdire le feu et l'eau. Formule usitée, chez les Romains, dans les sentences de bannissement.
• INTERDIT, ITE. participe, Il signifie souvent, Étonné, troublé, qui ne peut répondre, ou qui ne sait ce qu'il fait, ce qu'il dit. Il demeura tout interdit. Il était si interdit, que...
• Se dit substantivement, en Jurisprudence, de Celui contre lequel une interdiction a été prononcée. L'interdit est assimilé au mineur pour sa personne et pour ses biens.

INTERDIT .s.m.
• Sentence ecclésiastique, qui défend à un ecclésiastique en particulier l'exercice des ordres sacrés, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. Mettre une église, une ville entière, un royaume en interdit. Fulminer un interdit sur... Jeter, lancer, lever l'interdit. Durant l'interdit.

INTÉRESSANT
, ANTE. adj.
• Qui intéresse. Ouvrage intéressant. Pièce intéressante. Sujet intéressant. Nouvelle intéressante. Figure, physionomie intéressante. Il cherche à se rendre intéressant. Cette jeune personne est fort intéressante.

INTÉRESSER . v. a.
• Faire entrer quelqu'un dans une affaire, en sorte qu'il ait part au succès. On l'a intéressé dans cette affaire, dans cette entreprise.
• Il signifie aussi, Donner quelque chose à quelqu'un, pour le rendre favorable à une affaire, à une entreprise. Cette affaire ne saurait se faire sans lui, il faut l'intéresser.
• Il signifie encore, Être de quelque importance pour quelqu'un. En quoi cela vous intéresse-t-il? Cela ne vous intéresse en rien, ne vous intéresse en aucune façon. Cela m'intéresse fort peu. La décision de cette affaire intéresse tous les propriétaires, toute la ville, tout le monde.
• S'emploie également en parlant Des choses. Cela intéresse ma santé, intéresse mon honneur, ma réputation.
• Il signifie quelquefois figurément, en termes de Chirurgie, Atteindre, blesser. On doit prendre garde, en faisant cette incision, d'intéresser les parties voisines.
• INTÉRESSER, signifie en outre, Inspirer de l'intérêt, de la bienveillance, de la compassion, etc. L'auteur de ce roman a su nous intéresser aux moindres actions de son héros. Ce jeune homme m'intéresse, m'intéresse beaucoup. Sa triste situation est faite pour intéresser en sa faveur les gens de bien.
• Il signifie pareillement, Fixer l'attention, captiver l'esprit, toucher, émouvoir. Son récit commençait à m'intéresser. Cette étude vous intéressera beaucoup. Cette aventure intéresse tout le monde. Dans cette tragédie, il n'y a rien qui intéresse le spectateur.
• S'emploie souvent absolument, dans les deux sens qui précèdent. Sa physionomie intéresse. Cela doit intéresser en sa faveur. Cette pièce de théâtre n'intéresse point. Ce roman est bien écrit, mais il n'intéresse pas. Cet écrivain connaît l'art d'intéresser et d'attendrir.
• Le gros jeu intéresse, le petit jeu n'intéresse guère, Il n'y a que le gros jeu qui attache. Intéresser le jeu, Le rendre plus attachant par l'appât du gain.
• INTÉRESSER, avec le pronom personnel, signifie, Prendre part dans une affaire. Il s'est intéressé dans cette entreprise.
• Il signifie plus ordinairement, Entrer dans les intérêts de quelqu'un, prendre intérêt à quelque chose. Personne ne s'intéresse plus que moi à tout ce qui vous regarde, dans tout ce qui peut vous arriver. Je m'intéresse à cette affaire comme si c'était la mienne propre. On leur laissa démêler leur querelle, sans que personne s'y intéressât de côté ni d'autre. Toute l'Europe s'intéresse dans cette affaire, dans cette guerre.
• INTÉRESSÉ, ÉE. participe, Les parties intéressées.
• Être intéressé à une chose, à faire une chose, Y avoir intérêt, y être obligé, y être engagé par le motif de son intérêt. Tous les citoyens sont intéressés au bonheur, au repos de l'État. Vous êtes intéressé à empêcher cet abus d'autorité.
• INTÉRESSÉ, signifie adjectivement, Qui est trop attaché à ses intérêts, qui a son profit particulier en vue dans tout ce qu'il fait. Il ne fera rien pour rien, il est fort intéressé. Cette femme est bien intéressée.
• Se dit aussi Des sentiments et des actions. Vues intéressées. Démarche intéressée. Motif intéressé.
• S'emploie souvent comme substantif, surtout au pluriel, et se dit de Ceux qui ont intérêt à quelque chose. Je suis un des intéressés dans cette affaire. Pour conclure l'affaire, il faut la signature de tous les intéressés.
• Il se disait plus particulièrement, autrefois, de Ceux qui avaient intérêt dans les affaires du roi. Les intéressés dans les fermes. Les intéressés dans tel traité.

INTÉRÊT .s.m.
• Ce qui importe, ce qui convient, en quelque manière que ce soit, ou à l'honneur, ou à l'utilité de quelqu'un. Intérêt public, général, commun. Intérêt de famille. Intérêt particulier. Intérêt d'honneur. Intérêt pécuniaire. Léger, médiocre intérêt. Cela est d'un haut intérêt. L'intérêt de l'État. L'intérêt du public. L'intérêt de l'humanité. Connaître bien, entendre bien les intérêts d'un État. Un homme éclairé sur ses intérêts. La plupart des hommes n'entendent pas leurs intérêts, ne connaissent pas leurs véritables intérêts. Il a un grand intérêt à empêcher cela, d'empêcher cela. C'est un vil intérêt, un intérêt sordide qui le fait agir. C'est un intérêt de rien qui cause ces débats. Il trahirait son meilleur ami pour le plus mince intérêt. Prendre, embrasser, soutenir, abandonner, trahir les intérêts de quelqu'un. J'aurai soin de vos intérêts. Veiller aux intérêts de quelqu'un. Cette mesure me semble propre à concilier tous les intérêts. Sacrifier ses intérêts au bien public. Recommander ses intérêts à quelqu'un; lui mettre, lui remettre ses intérêts entre les mains. Agir, aller contre ses propres intérêts. Cela ne blesse point vos intérêts. Il y va de votre intérêt. Avoir son intérêt en recommandation. Avoir ses intérêts en vue. Être attaché à ses intérêts. Ne voir que son intérêt. Ne songer qu'à ses intérêts. Dès qu'il s'agit de son intérêt, de ses intérêts, il ne connaît plus personne. Discussion d'intérêts. Relâcher, se relâcher de ses intérêts. Ne relâcher rien de ses intérêts. Il faut le prendre par son intérêt. Il est de votre intérêt, il n'est pas de votre intérêt d'en user comme vous faites. Je parle sans intérêt. Je n'ai en cela d'autre intérêt que le leur. C'est l'intérêt de votre fortune, de votre gloire, de votre santé, de votre conservation qui me fait parler. J'ai intérêt que cela soit ainsi.
• Mettre quelqu'un hors d'intérêt, Le dédommager, faire qu'il ne reçoive aucun préjudice. Soyez tranquille, on vous mettra hors d'intérêt.
• Avoir un intérêt dans une société, dans une entreprise, etc., Y avoir part. J'ai un léger intérêt dans cette entreprise. On dit dans un sens analogue, Prendre un intérêt dans une entreprise, etc.
• INTÉRÊT, se dit absolument Du sentiment qui nous attache à nos intérêts, qui nous fait rechercher l'agréable ou l'utile, le bien-être, la fortune, le profit. La plupart des gens ne se conduisent, ne se gouvernent que par intérêt, que par l'intérêt. L'intérêt le domine. C'est l'intérêt qui les guide. C'est un homme au-dessus de l'intérêt. L'intérêt ne le tente point. L'intérêt ne lui fera jamais rien faire de malhonnête. L'intérêt est la pierre de touche de l'amitié. Il y a peu de gens à l'épreuve de l'intérêt.
• INTÉRÊT, se dit aussi Du profit qu'on retire de l'argent prêté ou dû. Intérêt à cinq, à six pour cent par an. Intérêt au denier vingt, au denier dix-huit. Prêter, mettre, placer de l'argent à intérêt. Prêt à intérêt. Emprunter de l'argent sur la place à gros intérêt. L'intérêt provenant de cette somme. Intérêt légal. Intérêt usuraire. Je n'en veux point d'intérêt. Joindre l'intérêt au principal. Tirer l'intérêt de l'intérêt. Cet argent porte intérêt. Combien vous rapporte-t-il d'intérêt? L'intérêt court, les intérêts courent depuis le jour de la demande, du jugement, du protêt. On lui en fait, on lui en paye l'intérêt. Recevoir les intérêts d'un cautionnement. Les intérêts échus. Je lui ai remis tous les intérêts. Donner quittance du capital et des intérêts. On lui a adjugé l'intérêt de cette somme. Intérêt simple. Intérêt composé, ou Intérêt d'intérêt.
• En Jurispr., Dommages et intérêts, ou Dommages-intérêts, L'indemnité qui est due à quelqu'un pour le préjudice, pour le dommage qu'on lui a causé. À peine de tous dépens, dommages et intérêts. La liquidation des dommages-intérêts.
• Intérêts civils, Le dédommagement que l'on adjuge, en matière criminelle, à celui qui a été lésé en sa personne ou dans ses biens par le crime ou le délit, et qui s'est constitué partie civile contre l'accusé.
• INTÉRÊT, se dit encore Du sentiment qui nous fait prendre part à ce qui regarde une personne, à ce qui lui arrive d'agréable ou de fâcheux. Il m'inspire beaucoup d'intérêt, un tendre intérêt, un vif intérêt. Prendre intérêt à quelqu'un. Il est digne de l'intérêt que vous lui accordez. Je prends intérêt à tout ce qui le regarde. Témoignages, marques d'intérêt. Prendre intérêt à la joie, à l'affliction de quelqu'un, à la perte qu'il a faite, à la disgrâce qui lui est survenue; n'y prendre aucun intérêt.
• Prendre intérêt à une affaire, Désirer qu'elle réussisse, travailler à la faire réussir. C'est une affaire à laquelle je prends intérêt.
• INTÉRÊT, se dit également de L'attention, de la curiosité, en tant qu'elle est ou peut être excitée, captivée. Pendant ce récit, mon intérêt croissait avec ma surprise. J'ai lu cet ouvrage avec un vif intérêt. Captiver l'intérêt. Ces découvertes excitèrent l'intérêt des savants. Cela est bien digne d'intérêt. Faire naître l'intérêt dans l'âme du spectateur.
• Se dit pareillement de Cette qualité de certaines choses, qui les rend propres à captiver l'attention, à charmer l'esprit, ou à toucher le coeur. Cette histoire est pleine d'intérêt. Cette étude n'offre aucun intérêt. Sa conversation a de l'intérêt et du charme. Il y a beaucoup d'intérêt dans cette tragédie, dans ce roman. Cette pièce est bien écrite, mais elle est dénuée d'intérêt. La duplicité d'action affaiblit l'intérêt. Cela détruit tout l'intérêt.

INTERFOLIER . v. a.
• Brocher ou relier un livre, manuscrit ou imprimé, en insérant des feuillets blancs entre les feuillets qui portent l'écriture ou l'impression. Faire interfolier un livre où l'on veut écrire des notes.
• INTERFOLIÉ, ÉE. participe, Exemplaire interfolié.

INTÉRIEUR
, EURE. adj.
• Qui est au dedans, ou Qui a rapport au dedans. Il est opposé à Extérieur. Les parties intérieures du corps. La conformation intérieure du corps humain. Il sent un feu intérieur qui le consume. La membrane intérieure. La tunique intérieure de l'oeil. Les parties intérieures de la terre. Les provinces intérieures. Maintenir la tranquillité intérieure. L'administration intérieure. Le commerce intérieur.
• Se dit, particulièrement, en parlant De l'âme. Un mouvement intérieur. Sentiments intérieurs. La paix intérieure. Le for intérieur.
• Mer intérieure, Celle qui se trouve au milieu d'une grande contrée, ou entre des continents, comme la mer Caspienne, la mer Noire, la Méditerranée.
• En termes de Dévotion, L'homme intérieur, L'homme spirituel, qui est opposé à L'homme charnel. On dit aussi, La vie intérieure.
• En termes de Spiritualité, Être fort intérieur, Être fort recueilli, rentrer souvent en soi-même.
• INTÉRIEUR, s'emploie aussi comme substantif masculin, et signifie, La partie de dedans, le dedans. L'intérieur d'un temple. L'intérieur du corps. Un cri partit de l'intérieur de la maison, de l'intérieur. L'intérieur d'un pays. S'enfoncer, pénétrer dans l'intérieur des terres.
• Se dit quelquefois absolument de L'intérieur du pays, surtout en termes de Commerce et d'Administration. Tous ces produits se consomment à l'intérieur, dans l'intérieur. Le ministre de l'intérieur.
• En termes de Peinture, Tableau d'intérieur, ou simplement, Intérieur, Tableau de genre qui a pour objet principal la représentation de l'architecture et des effets de lumière à l'intérieur des maisons, des édifices. Se dit également d'Un tableau qui représente quelque scène de la vie domestique, dans l'intérieur d'une maison.
• L'intérieur d'une personne, signifie quelquefois, L'intérieur de sa maison, sa vie domestique. C'est un homme qui se plaît beaucoup dans son intérieur. Il est fort malheureux dans son intérieur. Cet homme si triste, si grave en public, est fort gai dans son intérieur. On dit de même, L'intérieur d'un ménage, d'une famille.
• INTÉRIEUR, se dit encore, figurément, de Ce qu'il y a de plus caché dans une chose, et s'applique particulièrement Aux secrets de la vie privée. Il connaît l'intérieur de cette famille, de ce ménage.
• Se dit également, surtout en termes de Dévotion, Des pensées les plus secrètes, des mouvements les plus intimes de l'âme. Dieu seul connaît l'intérieur. Il a l'intérieur fort bon. Découvrir son intérieur à son confesseur. Rentrer dans son intérieur. La grâce de Dieu agit dans l'intérieur. Quand on veut vivre chrétiennement, il faut commencer par réformer l'intérieur.

INTÉRIEUREMENT . adv.
• Au dedans. En faisant l'autopsie du corps, on trouva qu'il était bien conformé intérieurement. Ce fruit est beau en apparence, mais il est gâté intérieurement. Un remède que l'on prend intérieurement.
• Se dit, particulièrement, en parlant De la conscience et de l'état de l'âme. La grâce de Dieu agit intérieurement. Il se sentit intérieurement touché. Dieu lui parlait intérieurement.

INTÉRIM .s.m.
• (On prononce l'M.) Mot emprunté du latin, que l'on emploie quelquefois pour dire, L'entre-temps. Six mois s'écoulèrent avant que le vice-roi fût remplacé; un tel gouverna dans l'intérim, par intérim. Administrer par intérim. Il a le portefeuille de la guerre par intérim.
• Se dit également de L'action de gouverner, d'administrer par intérim. Le préfet est absent; tel conseiller fait l'intérim, est chargé de l'intérim.
• Se dit aussi, dans l'Histoire ecclésiastique, d'Un formulaire que Charles-Quint avait fait dresser, en trente-six articles, sur les matières de foi, pour pacifier les troubles de la religion en Allemagne, et dont l'autorité ne devait durer que jusqu'à la décision d'un concile général sur les mêmes matières. L'intérim de Charles-Quint. L'Intérim permettait le mariage des prêtres et la communion sous les deux espèces.

INTERJECTION . s. f.
• Partie d'oraison qui sert à exprimer les passions, comme la douleur, la colère, la joie, l'admiration, etc. Ah! hélas! sont des interjections. Les interjections sont trop fréquentes dans ce discours.
• En termes de Pratique, Interjection d'appel, Action d'interjeter un appel.

INTERJETER . v. a.
• .Jurispr. Il n'est usité que dans cette phrase, Interjeter appel, un appel, Appeler d'un jugement. Ils interjetèrent appel de ce jugement.
• INTERJETÉ, ÉE. participe

INTERLIGNE .s.m.
• L'espace qui est entre deux lignes écrites ou imprimées. Écrire dans l'interligne, en interligne. De grands interlignes.
• INTERLIGNE, en termes d'Imprimerie, se dit Des lames de métal qui servent principalement à séparer les lignes et à les maintenir. Dans ce sens, il est féminin. La longueur d'une interligne.

INTERLIGNER . v. a.
• T. d'Impr. Séparer pas des interlignes. Cette composition n'est pas interlignée partout également.
• INTERLIGNÉ, ÉE. participe

INTERLINÉAIRE . adj. des deux genres
• Qui est écrit dans l'interligne, dans les interlignes. Glose interlinéaire. Traduction interlinéaire.

INTERLOCUTEUR
, TRICE. s.
• Se dit proprement Des personnages qu'on introduit dans un dialogue. Les interlocuteurs de tel dialogue. Le premier, le second interlocuteur.
• Se dit, par extension, de Toute personne qui converse avec une autre. Vous aviez un ennuyeux interlocuteur.

INTERLOCUTION . s. f.
• .Pratique. Jugement par lequel on prononce un interlocutoire. Arrêt d'interlocution. Il est peu usité.

INTERLOCUTOIRE . adj. des deux genres
• .Pratique. Jugement qui ordonne une preuve, une instruction préalable, à l'effet de parvenir au jugement définitif, mais qui préjuge le fond. Arrêt interlocutoire. Sentence interlocutoire. Jugement interlocutoire.
• Se dit quelquefois De la preuve ordonnée. Enquête interlocutoire.
• Il est aussi employé comme substantif masculin. Ordonner un interlocutoire. Instruire l'interlocutoire avant de juger l'affaire au fond.

INTERLOPE .s.m.
• Navire marchand qui trafique en fraude dans les pays de la concession d'une compagnie de commerce, ou dans les colonies d'une autre nation que la sienne.
• Il se prend aussi adjectivement; et alors il est des deux genres. Vaisseau interlope. Commerce interlope.

INTERLOQUER . v. a.
• T. d'ancienne Pratique. Ordonner un interlocutoire. On a interloqué cette affaire. On l'employait aussi absolument. Les juges n'ont pas voulu juger définitivement, ils ont interloqué.
• INTERLOQUER, signifie encore, dans le langage familier, Embarrasser, étourdir, interdire. Cette plaisanterie m'a interloqué.
• INTERLOQUÉ, ÉE. participe

INTERMÈDE .s.m.
• Sorte de représentation et de divertissement, comme ballet, danse, choeur, etc., entre les actes d'une pièce de théâtre. Intermèdes de musique, en musique. Intermèdes agréables. Les intermèdes du Malade imaginaire. Les pièces de théâtre ne sont plus représentées avec des intermèdes.
• INTERMÈDE, en Chimie, se dit en parlant D'une substance au moyen de laquelle deux autres substances peuvent s'unir ou se décomposer. Le soufre s'unit au plomb par l'intermède de la chaleur. La potasse décompose le plâtre par l'intermède de l'eau.

INTERMÉDIAIRE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui est entre-deux. Temps intermédiaire. Espace intermédiaire. Corps intermédiaire. Idées intermédiaires.
• Gages intermédiaires, se disait autrefois Des gages d'un office échus pendant la vacance.
• INTERMÉDIAIRE, s'emploie aussi comme substantif masculin. Adoucir par un intermédiaire deux couleurs tranchantes. Passer brusquement d'une idée à une autre sans intermédiaire.
• Se dit particulièrement pour Entremise, moyen, voie, et quelquefois pour La personne entremise, interposée, etc. Je me suis procuré cela par l'intermédiaire d'un tel. Il fut leur intermédiaire pour cette correspondance. Vous nous servirez d'intermédiaire.

INTERMÉDIAT
, ATE. adj.
• Se dit D'un intervalle de temps entre deux actions, entre deux termes, et ne s'emploie guère que dans cette locution, Le temps intermédiat. On dit plus ordinairement, Le temps intermédiaire.
• Dans les Sociétés religieuses, Congrégation intermédiate, Assemblée qui se tient entre deux chapitres, soit généraux, soit provinciaux.
• Substantiv., Lettres d'intermédiat, Lettres que le roi accordait pour faire jouir des gages d'un office, depuis la mort du titulaire, jusqu'à ce que le successeur fût pourvu et qu'il eût pris possession.

INTERMINABLE . adj. des deux genres
• Qui ne saurait être terminé, qui dure très-longtemps. Ouvrage interminable. Difficultés interminables. Procès interminable. Disputes interminables.

INTERMISSION . s. f.
• Interruption, discontinuation. On l'emploie surtout en termes de Médecine. La fièvre lui a duré trente heures sans intermission. Il y a eu quelque intermission, quelque légère intermission à son mal.

INTERMITTENCE . s. f.
• Caractère, qualité de ce qui est intermittent. Il ne se dit guère que dans cette locution, L'intermittence du pouls, de la fièvre.
• Il signifie quelquefois la même chose qu'Intermission. Sans intermittence. Sans la moindre intermittence.

INTERMITTENT
, ENTE. adj.
• Qui discontinue, et reprend par intervalles. Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
• En Médec., Pouls intermittent, Pouls dont les battements cessent par des intervalles inégaux. Fièvre intermittente, Fièvre qui cesse et qui reprend à des intervalles réglés. Type intermittent, Ordre suivant lequel les symptômes d'une maladie se montrent et disparaissent alternativement.
• Fontaine, source intermittente, Fontaine, source qui coule et qui s'arrête alternativement.

INTERMUSCULAIRE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui est placé entre les muscles. Aponévroses intermusculaires.

INTERNE . adj. des deux genres
• Qui est au dedans, qui appartient au dedans. Une qualité, une vertu interne. Les causes externes et les causes internes. Principes internes. Douleur interne. Maladie interne. Sa fièvre ne paraît pas au dehors, elle est interne. Les angles internes d'un polygone. La face interne du crâne.
• Dans les Colléges, Élève interne, ou simplement, Interne, Élève qui habite dans le collége. Le nombre des externes dépasse de beaucoup celui des internes.

INTERNONCE .s.m.
• Ministre chargé des affaires de Rome au défaut d'un nonce. Il avait été internonce à Bruxelles.
• Internonce autrichien, se dit Du ministre chargé des affaires de l'Autriche auprès du Grand Seigneur, en l'absence de l'ambassadeur autrichien.

INTEROSSEUX
, EUSE. adj.
• T. d'Anat. Qui est place entre les os. Muscles interosseux. Ligaments interosseux. Artères, veines interosseuses.

INTERPELLATION . s. f.
• (On prononce les deux L dans ce mot et le suivant.) .Palais. Sommation, demande, interrogation. Sur l'interpellation de signer, il déclara ne savoir. Il ne répondit point à l'interpellation. Il ne répondit à aucune des interpellations qui lui furent faites.
• S'emploie quelquefois dans le langage ordinaire. Cette brusque interpellation me troubla.

INTERPELLER . v. a.
• .Palais. Requérir, sommer. L'huissier l'ayant interpellé de signer, il déclara ne savoir.
• Se dit, particulièrement, De la sommation de répondre, de s'expliquer sur la vérité ou la fausseté d'un fait. Il fut sommé et interpellé de répondre. Je vous interpelle de dire la vérité.
• S'emploie quelquefois, en ce dernier sens, dans le langage ordinaire. Il m'interpella d'une manière assez incivile. J'interpelle votre bonne foi, votre conscience.
• INTERPELLÉ, ÉE. participe, De ce requis et interpellé.

INTERPOLATEUR .s.m.
• Celui qui interpole. Un interpolateur maladroit.

INTERPOLATION . s. f.
• Action d'interpoler, ou Le résultat de cette action. L'interpolation de ce passage est évidente. Ce passage est une interpolation faite par le copiste.

INTERPOLER . v. a.
• Insérer par ignorance ou par fraude un mot, une phrase dans le texte d'un acte, d'un manuscrit. Le copiste a interpolé la glose dans le texte.
• INTERPOLÉ, ÉE. participe, Passage interpolé.

INTERPOSER . v. a.
• Mettre une chose entre deux autres. Il n'est guère usité au propre que dans le langage didactique, et avec le pronom personnel. Quand la lune vient à s'interposer entre le soleil et la terre, etc. La terre venant à s'interposer, etc.
• S'emploie aussi figurément. Interposer son autorité. Interposer l'autorité, le nom, la faveur, le crédit, la médiation de quelqu'un.
• Il signifie également, avec le pronom personnel, Intervenir comme médiateur. Des amis communs se sont interposés pour les réconcilier.
• INTERPOSÉ, ÉE. participe, Ce qui est interposé entre l'oeil et l'objet, peut changer l'apparence de l'objet.
• Négocier par personne interposées, Se servir de la médiation, de l'entremise de quelques personnes, pour la négociation d'une affaire.
• En Jurispr., Personne interposée, Donataire qu'on suppose n'avoir reçu une libéralité que pour la transmettre à une personne à laquelle le donateur n'aurait pu faire directement cet avantage. Toute donation faite à des personnes interposées est nulle.

INTERPOSITION . s. f.
• Etat, situation d'un corps interposé entre deux autres. L'interposition de la terre entre le soleil et la lune. L'interposition de la lune entre le soleil et la terre. L'interposition d'un nuage empêche que les rayons du soleil ne viennent jusqu'à nous.
• Se dit aussi pour Intervention, surtout en parlant D'une autorité supérieure. L'interposition de l'autorité du roi.
• En Jurispr., Interposition de personne, se dit en parlant D'une libéralité faite à une personne interposée. La donation est nulle, il y a interposition de personne.

INTERPRÉTATIF
, IVE. adj.
• Qui interprète, qui explique. Déclaration interprétative.

INTERPRÉTATION . s. f.
• Explication d'une chose. Il prend tous les sens du verbe. Interpréter. Ceux qui ont travaillé à l'interprétation de l'Écriture sainte. L'interprétation qu'on donne à ce passage. Trouvez une autre interprétation. Interprétation littérale. Interprétation allégorique. Ce passage ne peut recevoir de meilleure interprétation. Se pourvoir en interprétation d'arrêt. L'interprétation des lois. L'interprétation des conventions. Règles d'interprétation. L'interprétation des songes, des augures. On donne à tous vos discours, à toutes vos actions, une mauvaise interprétation, de dangereuses, d'étranges interprétations. Cette action peut recevoir, peut souffrir diverses interprétations. Cela est sujet à interprétation.

INTERPRÈTE . s. des deux genres
• Traducteur, celui qui rend les mots, les phrases d'une langue par les mots, par les phrases d'une autre langue. Il a traduit ce discours, cette harangue, non pas en simple interprète, mais en orateur. Les interprètes grecs de l'Ancien Testament, qu'on appelle les Septante. Cet écrivain grec n'a pas encore trouvé de meilleur interprète.
• Il signifie particulièrement, Truchement, celui qui traduit à une personne, dans la langue qu'elle parle, ce qui a été dit ou écrit par une autre dans une langue différente. Interprète de la Porte. Interprète du roi pour les langues orientales. Ce traité a été mis en français par les interprètes. Secrétaire interprète. Ils se parlent par interprète. Ils ne peuvent s'entendre sans le secours d'un interprète. Vous nous servirez d'interprète. Vous serez notre interprète. On donna, on nomma un interprète à l'accusé. Bon, savant, habile, fidèle interprète. Mauvais interprète.
• Se dit aussi de Celui qui fait connaître, qui éclaircit le sens d'un auteur, d'un discours. L'Église est la seule interprète sûre de l'Écriture sainte. Cela n'a pas besoin d'interprète. Les interprètes de Platon, d'Aristote, etc. Cet interprète a mal entendu, mal expliqué ce passage.
• Se dit encore de Celui qui a charge de déclarer, de faire connaître les intentions, les volontés d'un autre. Les augures, chez les païens, étaient regardés comme les interprètes de la volonté des dieux. Les interprètes des dieux. Soyez l'interprète de mes sentiments.
• Se dit également de Celui qui explique ce que présage quelque chose. Interprète des songes. Interprète du vol des oiseaux.
• S'emploie quelquefois au figuré, comme dans cette phrase, Les yeux sont les interprètes de l'âme, Les yeux servent à faire connaître les sentiments, les mouvements de l'âme.

INTERPRÉTER . v. a.
• Traduire d'une langue en une autre. Les Septante ont interprété l'Ancien Testament. Cet ambassadeur fit à ce prince un discours qui fut interprété en français.
• Il signifie aussi, Expliquer ce qu'il y a d'obscur et d'ambigu dans un écrit, dans une loi, dans un acte, etc. Interpréter bien. Interpréter mal. Ceux qui ont interprété l'Écriture sainte. Comment interprétez-vous ce passage? Les jurisconsultes interprètent cette disposition de plusieurs manières. Les clauses d'une convention doivent s'interpréter les unes par les autres.
• Il signifie, dans une acception plus étendue, Expliquer, deviner une chose par induction, ou Tirer d'une chose quelque induction, quelque présage, etc. Est-ce à vous à interpréter ma pensée, ma volonté, mes intentions? Si j'interprète bien vos sentiments, voilà quel était votre dessein. Je ne sais comment interpréter leur silence. Interpréter les songes. Interpréter le vol des oiseaux
• En Législation, Interpréter une loi, En expliquer, en déterminer le sens par une loi supplémentaire. On disait de même, en termes de Pratique ancienne, Interpréter un arrêt, L'expliquer par un second arrêt.
• INTERPRÉTER, signifie encore, Prendre un discours ou une action en bonne ou en mauvaise part. Il a fait, il a dit telle chose, je ne sais comment cela sera interprété. Cette action peut s'interpréter en bien, s'interpréter en mal, s'interpréter en mauvaise part. Cela peut être diversement interprété. Interpréter malicieusement, malignement, favorablement.
• INTERPRÉTÉ, ÉE. participe

INTERRÈGNE .s.m.
• (On prononce les deux R.) C'est, dans un royaume, soit héréditaire, soit électif, Un intervalle de temps pendant lequel il n'y a point de roi. Après la mort de tel roi, il y eut un interrègne de six mois. Publier l'interrègne.
• Se dit aussi en parlant Des États gouvernés par d'autres que par des rois. Après la mort du doge de Venise, l'interrègne était fort court. Du temps des juges d'Israël, il y eut de longs interrègnes. Lorsque les Romains ne s'accordaient pas pour l'élection des consuls, il y avait un interrègne.

INTERROGANT . adj.
• (L'E est ouvert, et on ne prononce qu'un R dans ce mot et les suivants.) .Gram. Il n'est usité que dans cette locution, Point interrogant, Point dont on se sert dans l'écriture pour marquer l'interrogation, et que l'on figure ainsi (?). On dit plus ordinairement, Point d'interrogation.

INTERROGATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui interroge. On ne l'emploie guère que comme synonyme d'Examinateur. Il ne put répondre à aucune des questions que lui firent les interrogateurs.

INTERROGATIF
, IVE. adj.
• .Gram. Qui sert à interroger, qui marque interrogation. Particule interrogative. La même façon de parler peut être simple ou interrogative. Se servir de termes interrogatifs.

INTERROGATION . s. f.
• Question, demande qu'on fait à quelqu'un. Il a bien répondu aux interrogations qu'on lui a faites.
• Il signifie aussi, Une figure de rhétorique par laquelle on interroge. Il commença son discours par cette interrogation: Jusques à quand souffrirons-nous que? Quand viendra le temps? A-t-on jamais vu? Sera-t-il dit?
• En Gram., Point d'interrogation, Point dont on se sert dans l'écriture pour marquer l'interrogation, et que l'on figure ainsi (?).

INTERROGATOIRE .s.m.
• .Pratique. Se dit Des questions que fait un juge sur des faits civils ou criminels, et Des réponses que fait celui qui est interrogé. Procéder à un interrogatoire. Subir un interrogatoire. Il s'est coupé dans son interrogatoire. Cet interrogatoire a duré deux heures. Interrogatoire sur faits et articles. Cette dernière phrase ne s'emploie qu'en matière civile.
• Il signifie aussi, Le procès-verbal qui contient les interrogations du juge et les réponses de l'accusé. J'ai lu l'interrogatoire de cet accusé.

INTERROGER . v. a.
• Faire une question ou des questions à quelqu'un. Pourquoi m'interrogez-vous? Interrogez-le sur ce fait-là, sur cette matière-là. Interroger un accusé. Il le fit interroger sur faits et articles. Le juge l'a interrogé d'office. Il a fait interroger tant de témoins.
• Il signifie particulièrement, Faire des questions à quelqu'un, pour s'assurer qu'il a bien appris certaines choses, qu'il possède certaines connaissances. Interroger un récipiendaire, un candidat. Les examinateurs l'ont interrogé sur telle matière.
• S'emploie aussi, figurément, en parlant Des choses, et signifie, Consulter, examiner. Interroger la nature. Interroger les faits. Interroger l'histoire. Interroger le bon sens. Interroger sa conscience. Interroger l'Écriture.
• INTERROGER, avec le pronom personnel, signifie, S'examiner, se consulter. Je me suis interrogé moi-même, et ne me suis point trouvé coupable.
• S'emploie également comme verbe réciproque, et signifie, Se faire mutuellement des questions. Nous nous interrogions l'un l'autre sur ce qui était arrivé à chacun de nous pendant cette séparation. S'interroger mutuellement pour mieux se préparer à subir un examen.
• INTERROGÉ, ÉE. participe

INTERROMPRE . v. a.
• Couper, rompre la continuité d'une chose; ou Arrêter, empêcher, suspendre la continuation d'une chose. Cette allée est interrompue par un fossé qui la traverse. On a fait une digue, un batardeau pour interrompre le cours de la rivière. Les obstacles qui interrompent le cours d'un ruisseau.
• S'emploie souvent au figuré. Interrompre un discours. Interrompre le fil du discours. On a interrompu la discussion. Interrompre le sommeil de quelqu'un. Ces événements interrompirent nos travaux. Les négociations furent soudainement interrompues. La mort vint interrompre le cours de tant de victoires. Il se vit obligé d'interrompre son travail, ses études. Interrompre ses prières, ses méditations, le cours de ses méditations.
• Il peut avoir pour régime un nom de personne. On a interrompu l'orateur au milieu de son discours. Écouter quelqu'un sans l'interrompre. Interrompre quelqu'un dans ses prières. Pourquoi m'interrompez-vous?
• Fam., Sans vous interrompre, se dit Pour faire une sorte d'excuse de ce qu'on interrompt le discours de quelqu'un.
• En Jurispr., Interrompre la possession, interrompre la prescription, interrompre la péremption, Empêcher qu'une possession, une prescription, une péremption ne continue.
• INTERROMPRE, avec le pronom personnel, signifie ordinairement, Cesser de faire une chose. Se dit surtout D'une personne qui s'arrête au milieu d'un discours, d'une lecture, etc. Il s'interrompit au milieu de son récit. L'orateur s'interrompit tout à coup.
• INTERROMPU, UE. participe, Des travaux interrompus. Sens interrompu. Possession non interrompue.
• Propos interrompu, Discours, conversation sans suite, sans liaison. Il y a un jeu de société auquel on donne aussi ce nom. Jouer au propos interrompu.
• En Botan., Épi interrompu, Épi qui est entrecoupé d'un ou de plusieurs espaces sans fleurs.

INTERRUPTEUR .s.m.
• Celui qui interrompt une personne qui parle. On mit les interrupteurs à la porte.

INTERRUPTION . s. f.
• Action d'interrompre, ou État de ce qui est interrompu. Cette fontaine coule sans interruption. Éprouver des interruptions. Travailler, parler sans interruption. Interruption de travail. L'interruption du commerce. L'interruption d'une séance. Longue interruption. Interruption de prescription, de péremption.
• Se dit, particulièrement, de L'action d'interrompre une personne qui parle. La moindre interruption peut troubler un orateur. Cette interruption est venue fort mal à propos. Bruyante interruption. De fréquentes interruptions.
• Il signifie quelquefois, L'action d'interrompre le fil de son discours, pour se livrer à d'autres idées. L'interruption est une figure de rhétorique.

INTERSECTION . s. f.
• .Géom. Point où deux lignes, deux plans, etc., se coupent l'un l'autre. Le centre d'un cercle est situé à l'intersection de deux diamètres. Point d'intersection. L'intersection de deux plans.

INTERSTICE .s.m.
• Intervalle de temps, déterminé par quelque loi, par quelque usage, etc. Se dit en parlant Du temps que L'Église fait observer entre la réception de deux ordres sacrés. Garder les interstices. Les interstices sont ordinairement de trois mois. Dispenser des interstices.
• Se dit, en Physique, Des petits intervalles que les parties d'un corps laissent entre elles. Les interstices d'un corps. Remplir les interstices.

INTERVALLE .s.m.
• Distance d'un lieu ou d'un temps à un autre. Grand, long intervalle. Il y a un intervalle de tant de lieues entre ces deux villes. Il n'y a que quatre pieds d'intervalle entre ces deux colonnes. Lorsqu'on range une armée en bataille, on laisse certains intervalles entre les bataillons. Franchir un intervalle. Un intervalle de temps. Dans cet intervalle dans l'intervalle. il arriva plusieurs événements. Il y a tant d'années d'intervalle entre le règne de tel prince et le règne de tel autre. Cette comète ne reparaît qu'à de longs intervalles. Cette maladie le prend et le quitte par intervalles. La lune se montrait par intervalles, et disparaissait de nouveau. Après un intervalle de silence, il répondit. Cet homme n'est pas toujours dans sa folie, il a de bons intervalles, des intervalles lucides.
• Se dit particulièrement, en termes de Musique, de La distance qu'il y a d'un son à un autre, en allant de l'aigu au grave ou du grave à l'aigu. Intervalle de tierce, de quarte, de quinte. L'intervalle d'une octave. Intervalle consonnant. Intervalle dissonant.

INTERVENANT
, ANTE. adj.
• .Pratique. Qui intervient. Il demande à être reçu partie intervenante dans ce procès, au procès.
• Il est aussi substantif. L'intervenant a été condamné.

INTERVENIR . v. n.
• Prendre part à une chose, entrer dans une affaire par quelque intérêt que ce soit. Intervenir dans une négociation. Le mari intervient dans ce contrat pour autoriser sa femme.
• Il signifie, en termes de Pratique, Demander d'être reçu dans une instance, dans un procès. Une des parties a fait intervenir un tiers, et le jugement est retardé. Intervenir dans un procès, au procès.
• Il signifie aussi, Se rendre médiateur dans une affaire. Le pape intervint dans le différend de ces deux princes pour les accorder.
• Il signifie également, Interposer son autorité, etc. L'autorité royale intervint dans cette affaire, et fit cesser les troubles. L'autorité souveraine y est intervenue. Faire intervenir la force armée.
• INTERVENIR, se dit encore Des jugements qui se rendent dans un procès, et de toutes les choses qui arrivent pendant la durée d'une affaire, etc. Il intervint plusieurs arrêts. Tous les arrêts qui intervinrent. Il serait long de dire tous les incidents qui intervinrent durant cette affaire. Une ordonnance intervint, qui régla la manière de procéder en pareil cas.
• INTERVENU, UE. participe

INTERVENTION . s. f.
• Action par laquelle on intervient dans un acte, dans une affaire controversée, dans un procès, etc. Par son intervention au contrat, il s'est rendu caution du prêt. Cette intervention fit suspendre l'affaire pour quelque temps. Une intervention mendiée. Requêtes, causes et moyens d'intervention. Sans avoir égard à l'intervention. L'intervention a été reçue. Demander l'intervention. Juger l'intervention. L'intervention de l'autorité souveraine était nécessaire. Cela nécessita l'intervention de la force armée. Ils sollicitèrent l'intervention de la France, de l'Angleterre. Droit d'intervention. Intervention armée.
• En Jurispr. commerciale, Intervention à protêt, Action d'un tiers qui intervient pour accepter une lettre de change, lorsqu'elle est protestée faute d'acceptation. On dit aussi, dans le même sens, Acceptation par intervention.

INTERVERSION . s. f.
• Renversement, dérangement d'ordre.

INTERVERTIR . v. a.
• Déranger, renverser. Intervertir l'ordre des droits, l'ordre des créances. Intervertir l'arrangement des mots d'une phrase.
• INTERVERTI, IE. participe

INTESTAT
• .Jurispr. Il ne s'emploie que dans ces phrases: Mourir, décéder intestat, Mourir sans avoir fait de testament. Hériter ab intestat, Hériter d'une personne qui n'a point fait de testament: on dit dans un sens analogue, Héritier ab intestat, succession ab intestat.

INTESTIN
, INE. adj.
• Qui est interne, qui est dans le corps. Mouvements intestins. Douleur, chaleur, fièvre intestine.
• Se dit figurément, surtout en parlant De guerres civiles. Guerre intestine. Discorde intestine. Divisions intestines.

INTESTIN .s.m.
• Boyau. Le gros intestin. L'intestin grêle. On distingue six intestins dans le corps humain. Il a les intestins gangrenés, les intestins offensés.

INTESTINAL
, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui appartient aux intestins. Conduit intestinal. Vers intestinaux.

INTIMATION . s. f.
• Action d'intimer; et, particulièrement, L'acte de procédure par lequel on intime. L'exploit ne porte point intimation. Intimation en cas d'appel.

INTIME . adj. des deux genres
• Intérieur et profond. Se dit surtout De ce qui fait l'essence d'une chose, ou De ce qui lie étroitement certaines choses entre elles. Connaître la nature intime d'une chose. Ce qu'il y a de plus intime et de plus caché dans une chose. La liaison intime de toutes les parties. Connexion intime.
• Se dit figurément en parlant D'amitié, d'attachement, de confiance réciproque. Union intime. Liaison intime. Avoir des relations intimes avec quelqu'un. Leur commerce paraît fort intime.
• Il signifie également, Qui a et pour qui l'on a une affection très-forte. C'est mon ami, mon ami intime. Ils sont très-intimes. Confident intime de tous ses secrets.
• S'emploie quelquefois substantivement, dans ce dernier sens; et alors il est familier. C'est son intime.
• INTIME, se dit encore, au sens moral, De ce qui existe au fond de l'âme. Persuasion intime. J'en ai l'intime conviction. Le sentiment intime de la conscience, ou simplement, Le sens intime.

INTIMEMENT . adv.
• Étroitement, fortement. Des parties intimement liées entre elles.
• Il signifie aussi, figurément, Avec une affection très-particulière et très-étroite. Ils sont unis intimement.
• Intimement persuadé, convaincu, Intérieurement et profondément persuadé, convaincu.

INTIMER . v. a.
• Déclarer, faire savoir, signifier avec autorité. On lui intima l'ordre de partir.
• Se dit particulièrement, dans la Pratique, en parlant D'une signification légale. Il lui a fait intimer la vente de ses meubles.
• Il signifie aussi, Appeler en justice; et alors il se dit principalement en parlant D'une assignation pour procéder sur un appel. Il m'a fait signifier son appel, mais il ne m'a point intimé. Il l'a intimé en son propre et privé nom.
• Intimer un concile, Assigner le lieu et le temps auxquels un concile doit se tenir.
• INTIMÉ, ÉE. participe, Il est aussi substantif, et signifie, Défendeur en cause d'appel. L'intimé. L'intimée. L'appelant et l'intimé.

INTIMIDER . v. a.
• Donner de la crainte, de l'appréhension à quelqu'un. Il l'intimida en lui disant un seul mot. Il n'y a qu'à l'intimider pour venir à bout de lui. C'est un esprit qu'on intimide facilement par des menaces. C'est un homme qui ne se laisse point intimider. Son aspect m'intimide. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Il commence à s'intimider.
• INTIMIDÉ, ÉE. participe

INTIMITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est intime. L'intimité des rapports qui unissent toutes les parties de ce système.
• Il signifie particulièrement, Liaison intime. Ces deux personnes vivent ensemble dans la plus grande intimité.

INTITULER . v. a.
• Donner un titre à un livre, à une comédie, à quelque ouvrage d'esprit. Il a intitulé sa pièce... Il a donné au public un ouvrage qu'il a intitulé ainsi...
• Se dit particulièrement, en Jurisprudence, De la formule que l'on met en tête d'une loi, d'une ordonnance, d'un jugement, etc. Les expéditions des jugements doivent être intitulées comme les lois, doivent être intitulées au nom du roi. Intituler un acte.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie, Se donner un titre. Il s'intitule prince de... Ce sens familier ne s'emploie guère que par dénigrement.
• INTITULÉ, ÉE. participe, Un livre intitulé, Essai sur... Considérations sur...
• En termes de Pratique, L'intitulé d'un acte, d'un jugement, La formule usitée qui se met en tête d'un acte, d'un jugement. Un acte n'est point exécutoire s'il n'a pas d'intitulé. Dans cette locution, Intitulé est pris substantivement.

INTOLÉRABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut souffrir, supporter patiemment. Des douleurs intolérables. La chaleur est intolérable.
• Il signifie plus ordinairement, Qu'on ne peut tolérer. Cela est intolérable. Injure intolérable.

INTOLÉRANCE . s. f.
• Défaut de tolérance, disposition à violenter, à persécuter ceux avec lesquels on diffère d'opinions. Se dit surtout en matière de religion. Son intolérance lui fit beaucoup d'ennemis. Le fanatisme et l'intolérance désolèrent ce beau pays.

INTOLÉRANT
, ANTE. adj.
• Qui manque de tolérance, qui ne veut souffrir aucune autre opinion que la sienne. Se dit surtout en matière de religion. On ne peut être fanatique sans être intolérant. Secte intolérante. On le dit également Des choses. Religion, doctrine intolérante.
• S'emploie aussi comme substantif, surtout au pluriel. Les intolérants ne sont pas toujours les plus sincèrement religieux.

INTOLÉRANTISME .s.m.
• Sentiment de ceux qui ne veulent souffrir aucune autre religion que la leur.

INTONATION . s. f.
• .Musiq. Action, manière d'attaquer une note, un son. Intonation fausse. Intonation douteuse. Toutes ses intonations sont justes. Il connaît les notes, mais il n'est pas encore ferme sur l'intonation. Avoir l'intonation juste.
• Il signifie aussi, surtout en parlant Du plain-chant, L'action de mettre un chant sur le ton dans lequel il doit être. Faire l'intonation d'un chant. L'intonation de ce psaume est de tel ton.
• Se dit encore, par extension, Des divers tons que l'on prend en parlant ou en lisant. Cet acteur a des intonations fausses, désagréables. Varier ses intonations. Intonation forte, élevée. Des intonations sourdes.

INTRADOS .s.m.
• T. d'Archit. La partie intérieure et concave d'une voûte. On l'appelle aussi Douelle intérieure.

INTRADUISIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut traduire. Ce passage, ce jeu de mots est intraduisible. Ce genre de beauté, de finesse est intraduisible.

INTRAITABLE . adj. des deux genres
• Rude, d'un commerce difficile, avec qui on ne peut traiter. Homme intraitable. Esprit intraitable. Il est d'une humeur intraitable. On ne sait comment l'aborder, il est intraitable.
• Il signifie quelquefois, À qui on ne peut faire entendre raison sur quelque chose. Il est intraitable sur ce point.

INTRANSITIF
, IVE. adj.
• (On prononce Intranzitif.) .Gram. Se dit Des verbes neutres, lesquels expriment des actions qui ne passent point hors du sujet. Dîner, souper, marcher, parler, sont des verbes intransitifs. Signification intransitive.

INTRANT .s.m.
• Nom que l'on donnait autrefois, dans l'université de Paris, à celui qui était choisi par l'une des quatre nations pour élire le recteur.

IN-TRENTE-DEUX . adj. et s.
• T. d'Imprimerie et de Librairie. Se dit Du format où la feuille est pliée en trente-deux feuillets; et Des livres, des volumes qui ont ce format. Le format in-trente-deux. Volume in-trente-deux. On préfère l'in-trente-deux pour ce genre d'ouvrages. Un petit in-trente-deux.

INTRÉPIDE . adj. des deux genres
• Qui ne craint point le péril. Se dit Des personnes et de ce qui leur est propre. Homme intrépide. Courage intrépide. Marcher à la mort d'un pas intrépide.
• Se dit quelquefois D'une personne qui s'obstine à quelque chose, qui n'est point rebutée par les désagréments, par les obstacles. Un solliciteur intrépide. Ce sens est familier.

INTRÉPIDEMENT . adv.
• D'une manière intrépide. S'avancer intrépidement vers l'ennemi.

INTRÉPIDITÉ . s. f.
• Courage, fermeté inébranlable dans le péril. Intrépidité héroïque. Il a fait preuve d'intrépidité, d'une grande intrépidité. Avec intrépidité.

INTRIGANT
, ANTE. adj.
• Qui se mêle de beaucoup d'intrigues. C'est un homme fort intrigant, une femme fort intrigante.
• Il est aussi substantif. C'est un intrigant, une intrigante.

INTRIGUE . s. f.
• Pratique secrète qu'on emploie pour faire réussir ou pour faire manquer une affaire. Intrigue difficile à démêler, à débrouiller. Former une intrigue. Démêler, dénouer une intrigue. Conduire, mener une intrigue. Un homme, une femme d'intrigue. Les intrigues de la cour, du cabinet. Pénétrer les secrets d'une intrigue. Esprit d'intrigue. Vivre d'intrigue.
• Il signifie, dans la Littérature dramatique, Les différents incidents qui forment le noeud d'une pièce. L'intrigue de cette comédie est bien conduite. Intrigue compliquée. Le fil de l'intrigue. Le noeud de l'intrigue. Le dénoûment de l'intrigue.
• Comédie d'intrigue, Celle où l'auteur s'occupe surtout d'intéresser et d'amuser, par une action fortement intriguée, et par la multiplicité et la variété des incidents. Les Fourberies de Scapin, le Barbier de Séville, sont des comédies d'intrigue.
• INTRIGUE, signifie quelquefois, Un embarras, un incident fâcheux. Me voilà hors d'intrigue. Il s'est tiré d'intrigue. On ne l'emploie guère que dans ces phrases.
• Il signifie en outre, Un commerce secret de galanterie. Il a une intrigue qui l'empêche de partir. Intrigue galante. Cette femme a eu plusieurs intrigues.

INTRIGUER . v. a.
• Embarrasser, donner à penser. Je l'ai bien intrigué par certaines choses que je lui ai dites. Cela m'intrigue beaucoup.
• Il signifie, avec le pronom personnel, Se donner beaucoup de peine et de soin, mettre divers moyens en usage pour faire réussir une affaire. Il s'est bien intrigué pour parvenir à ce but.
• S'intriguer partout, Se fourrer partout, chercher à se donner de l'accès partout où l'on peut.
• INTRIGUER, s'emploie aussi neutralement, dans le sens de Faire une intrigue, des intrigues. C'est un homme qui intrigue continuellement, qui ne fait qu'intriguer et cabaler. Ils intriguèrent pour le perdre.
• INTRIGUÉ, ÉE. participe, Le voilà fort intrigué.
• Cette pièce de théâtre est bien intriguée, Elle est remplie d'événements qui embarrassent les personnages intéressés, et qui amusent le spectateur.

INTRINSÈQUE . adj. des deux genres
• Qui est intérieur et au dedans de quelque chose, qui lui est propre et essentiel. Qualités, propriétés intrinsèques. Bonté intrinsèque.
• Valeur intrinsèque, La valeur qu'ont les objets indépendamment de toute convention. Se dit, particulièrement, de La valeur des pièces de monnaie par rapport à leur poids.

INTRINSÈQUEMENT . adv.
• D'une manière intrinsèque. Cela est bon intrinsèquement.

INTRODUCTEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui introduit. Je serai votre introducteur. Il m'a servi d'introducteur. Elle a été mon introductrice.
• Introducteur des ambassadeurs, Celui dont la fonction est de conduire les ambassadeurs et les princes étrangers à l'audience du roi.

INTRODUCTIF
, IVE. adj.
• .Procédure. Se dit De ce qui sert de commencement à une procédure. Requête introductive. Exploit introductif.

INTRODUCTION . s. f.
• Action d'introduire quelqu'un. L'introduction d'un ambassadeur auprès du roi. Son introduction dans leur société ne doit pas vous surprendre. Donner à quelqu'un une lettre d'introduction auprès d'un grand. L'introduction d'un personnage dans une pièce, dans un roman.
• Se dit, figurément, de Ce qui sert comme d'entrée, d'acheminement, de préparation à une science, à une étude, etc. Introduction à une science. Introduction à la physique, à la géographie. Introduction à la vie dévote.
• Il signifie, particulièrement, Une espèce de discours préliminaire qu'on met à la tête d'un ouvrage. L'ouvrage est précédé d'une introduction.
• INTRODUCTION, se dit également de L'action d'introduire, de faire entrer une chose dans une autre. On reconnut, par l'introduction de la sonde, qu'il avait la pierre, que la balle était aplatie contre l'os. L'introduction d'une substance dans le corps. L'introduction en France de telles marchandises fut prohibée.
• Se dit aussi figurément, dans ce dernier sens. L'introduction d'une coutume nouvelle, d'un usage étranger.
• En termes de Procéd., L'introduction d'une instance, Le commencement d'une procédure à quelque tribunal.

INTRODUIRE . v. a.
• Faire entrer, conduire quelqu'un dans un lieu. Il m'introduisit dans le cabinet du roi. Nous fûmes aussitôt introduits. Il a introduit les ennemis dans la place.
• Il signifie particulièrement, Faire admettre dans un lieu, dans une société, auprès de quelqu'un, etc. Il vous a introduit chez un tel. Il vous a introduit à la cour. Qui a introduit cet homme dans notre société? Il s'est adressé à moi pour l'introduire auprès de vous. Il a eu le secret d'introduire presque tous ses parents dans les bureaux de son ministère.
• Il signifie aussi, Faire paraître, faire figurer un personnage dans un dialogue, dans une pièce de théâtre, etc. Il a introduit dans sa pièce un nouveau personnage. Introduire un personnage sur la scène. Les interlocuteurs que l'on introduit dans un dialogue.
• INTRODUIRE, signifie encore, Faire entrer une chose dans une autre. L'ouverture était assez grande pour qu'on y pût introduire la main. Introduire une sonde dans une plaie, dans la vessie. Introduire des marchandises, des denrées dans un pays.
• S'emploie aussi figurément, et se dit surtout en parlant Des choses qu'on établit, qu'on fait adopter, auxquelles on donne cours, ou De celles qui sont amenées par certaines circonstances. Introduire un usage, une coutume chez un peuple. Il voulut introduire un nouveau système. Cela dut nécessairement introduire le désordre, la confusion.
• INTRODUIRE, s'emploie avec le pronom personnel dans presque toutes ses acceptions. Il s'introduisit dans la maison par une fenêtre. Cet homme s'introduit partout, s'introduit dans toutes les sociétés. Il s'est introduit lui-même. L'air qui s'introduit dans les poumons. Rechercher comment les idées s'introduisent ou se forment dans l'esprit. Beaucoup d'abus s'étaient introduits. Les usages qui s'introduisent chez un peuple, dans un État.
• INTRODUIT, ITE. participe

INTROÏT .s.m.
• (On prononce le T final.) Prières que le prêtre dit à la messe quand il est monté à l'autel, et qui sont chantées par le choeur au commencement des grandes messes.

INTROMISSION . s. f.
• .Physique. Action par laquelle un corps, soit solide, soit fluide, s'introduit ou est introduit dans un autre. L'intromission de l'air dans l'eau.

INTRONISATION . s. f.
• Action par laquelle on intronise. Après son intronisation.

INTRONISER . v. a.
• Il n'est d'usage qu'en parlant De la cérémonie qui se fait en plaçant un évêque sur son siége épiscopal, lorsqu'il prend possession de son église. Après l'avoir intronisé, on chanta le Te Deum. On lui fit prêter le serment avant de l'introniser.
• INTRONISÉ, ÉE. participe

INTROUVABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut trouver. Vous êtes un homme introuvable. Il est familier.

INTRUS
, USE. participe
• du verbe Intrure, qui n'est point en usage. Introduit, établi par force, par ruse, ou contre le droit, et sans titre, dans quelque dignité ecclésiastique. Il s'est intrus dans ce bénéfice, dans cette charge, dans cet évêché. Il s'y est intrus de lui-même.
• Se dit, par extension, D'une personne qui, sans droit, et sans être légitimement appelée, s'est introduite dans quelque charge, dans quelque emploi, etc. Il s'est intrus dans cette charge, dans cette tutelle, dans cette gestion.
• S'emploie également comme adjectif. Un évêque intrus. Cette abbesse est intruse.
• Il est aussi quelquefois substantif. C'est un intrus. Celui-là est le vrai titulaire, l'autre est l'intrus.
• Se dit, par extension et familièrement, de Celui qui s'introduit quelque part, sans avoir qualité pour y être admis. Nous nous aperçûmes qu'il y avait plusieurs intrus parmi nous.

INTRUSION . s. f.
• Action par laquelle on s'introduit, contre le droit ou la forme, dans quelque dignité ecclésiastique, dans quelque bénéfice, et, par extension, dans quelque charge, dans quelque compagnie, etc. Intrusion violente. Après son intrusion. Par intrusion.

INTUITIF
, IVE. adj.
• .Théol. Se dit De la vision, de la connaissance claire et certaine d'une chose. Les bienheureux ont la vision intuitive de Dieu.

INTUITION . s. f.
• .Théol. Vision intuitive. Se dit proprement de La vision de Dieu telle que les bienheureux l'ont dans le ciel.
• Dans le langage philosophique, Vérité d'intuition, Vérité frappante et qui se manifeste d'elle-même à l'intelligence, à la raison.

INTUITIVEMENT . adv.
• .Théol. D'une vision intuitive. Voir Dieu intuitivement.

INTUMESCENCE . s. f.
• T. didactique. Action par laquelle une chose s'enfle. L'intumescence des chairs.

INTUSSUSCEPTION . s. f.
• (On prononce les deux S.) T. didactique. Introduction d'un suc ou d'une matière quelconque dans un corps organisé. Les plantes se nourrissent et croissent par intussusception.

INUSITÉ
, ÉE. adj.
• Qui n'est point usité. Jusqu'ici cela était inusité. C'était une chose inusitée parmi nous. Ce mot est inusité. Une façon de parler inusitée.

INUTILE . adj. des deux genres
• Qui n'apporte aucun profit, aucun avantage; qui n'est ou ne peut être d'aucune utilité, qui ne sert à rien. Un travail, une peine inutile. Un serviteur inutile. Un homme inutile à l'État. Faire des pas inutiles. Démarche inutile. Voilà bien des paroles inutiles. Soins inutiles. Précautions inutiles. Efforts inutiles. Souhaits inutiles. Regrets inutiles. Il est inutile de vous affliger ainsi. Sa protection me devient inutile.
• Il signifie quelquefois, Dont on ne se sert pas. Un meuble inutile.
• Laisser quelqu'un inutile, Ne pas employer ses talents. C'est un homme qu'il ne faut pas laisser inutile.

INUTILEMENT . adv.
• Sans utilité, en vain. Il a travaillé inutilement. Se fatiguer, se tourmenter inutilement. Ce serait inutilement que vous feriez cette démarche.

INUTILITÉ . s. f.
• Manque d'utilité. On a reconnu l'inutilité de cette machine. Il s'est aperçu de l'inutilité de ses visites. Il s'est retiré, voyant l'inutilité de ses soins, de ses peines.
• Il signifie aussi, Défaut d'emploi, ou d'occasion de servir. C'est un homme qu'on laisse dans l'inutilité.
• Il signifie encore, Chose inutile, chose superflue; et, dans ce sens, il ne s'emploie guère qu'au pluriel. Un discours rempli d'inutilités. C'est un homme qui ne dit que des inutilités.

INVAINCU
, UE. adj.
• Qui n'a jamais été vaincu. Il ne s'emploie guère qu'en poésie et dans le style soutenu.

INVALIDE . adj. des deux genres
• Infirme, qui ne saurait travailler ni gagner sa vie. Les mendiants, tant valides qu'invalides.
• Se dit, particulièrement, Des gens de guerre que l'âge ou leurs blessures ont rendus incapables de servir. Les officiers, les soldats invalides.
• Il est quelquefois substantif. C'est un invalide. L'hôtel des Invalides.
• Se dit souvent au pluriel de L'hôtel des Invalides. Aller aux Invalides.
• INVALIDE, signifie aussi figurément, Qui n'a point les conditions requises par les lois pour produire son effet. Acte invalide. Cette donation est nulle et invalide. Ce qui rend le mariage invalide, c'est le défaut d'une condition essentielle.

INVALIDEMENT . adv.
• D'une manière invalide, nulle, sans force, sans effet. Un prêtre suspens consacre illicitement, mais non pas invalidement. Un homme interdit ne peut contracter qu'invalidement.

INVALIDER . v. a.
• .Jurispr. Rendre nul; déclarer, rendre invalide. Son second testament a invalidé le premier. Le mariage d'un tel a invalidé la donation qu'il avait faite. Le défaut de cette formalité a invalidé l'acte. Qu'avez-vous à dire pour invalider cet acte? c'est-à-dire, Pour prouver qu'il est invalide, de nul effet, etc.
• INVALIDÉ, ÉE. participe

INVALIDITÉ . s. f.
• .Jurispr. Manque de validité. Il démontra l'invalidité de la procédure. L'invalidité d'un contrat, d'un titre. L'invalidité d'un mariage.

INVARIABILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est invariable. L'invariabilité de ses principes.

INVARIABLE . adj. des deux genres
• Qui ne change point. Le cours invariable des astres. L'ordre invariable des saisons. Être invariable dans ses principes, dans ses promesses, dans ses résolutions. Ma détermination est invariable. Règle invariable.
• Se dit particulièrement, en Grammaire, Des mots dont la terminaison n'éprouve jamais de changement. Les adverbes sont des mots invariables. Particule invariable.

INVARIABLEMENT . adv.
• D'une manière invariable. Il est invariablement attaché à son devoir.

INVASION . s. f.
• Irruption faite dans le dessein de piller un pays, ou de s'en emparer. L'invasion de la Chine par les Tartares. Grande, subite invasion. De fréquentes invasions. Faire une invasion. Les Tartares firent une invasion dans la Pologne. Guerre d'invasion.
• Se dit quelquefois figurément. L'invasion des fausses doctrines. L'invasion du mauvais goût.
• Se dit aussi, en Médecine, Du début de la maladie, des symptômes par lesquels elle se déclare. L'invasion de la maladie. L'invasion de la variole est accompagnée de nausées, de lassitudes, etc.

INVECTIVE . s. f.
• Discours amer et violent, expression injurieuse contre quelque personne ou contre quelque chose. Sanglante, longue, furieuse invective. Se répandre en invectives, vomir des invectives contre quelqu'un. Un plaidoyer plein d'invectives. Il s'emporte toujours en invectives, à des invectives. Il se jette dans l'invective. Les invectives ne sont permises que contre le vice.

INVECTIVER . v. n.
• Dire des invectives. Invectiver contre le vice, contre quelqu'un.

INVENDABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut vendre. Cette terre est invendable. Ces marchandises sont invendables.

INVENDU
, UE. adj.
• Qui n'a pas été vendu. Ces étoffes sont restées invendues. Marchandises invendues.

INVENTAIRE .s.m.
• .Jurisprudence, de Commerce, etc. Rôle, mémoire, état, catalogue dans lequel sont énumérés et décrits, article par article, les biens, meubles, titres, papiers d'une personne, d'une maison. Faire, dresser l'inventaire des biens, des meubles, des marchandises de quelqu'un. Faire l'inventaire d'une succession. Faire l'inventaire d'un magasin. Faire inventaire. Les notaires seuls ont droit de faire les inventaires après décès. Mettre, coucher dans l'inventaire, sur l'inventaire. Il a assisté, on l'a appelé à l'inventaire. Cette femme s'est remariée sans faire inventaire. Il faut représenter l'inventaire en justice. Remplir un inventaire. Clore un inventaire. Récolement d'un inventaire.
• Bénéfice d'inventaire, La faculté accordée à un héritier de ne payer les dettes de la succession que jusqu'à concurrence de ce qui est porté dans l'inventaire. Héritier sous bénéfice d'inventaire. Renoncer au bénéfice d'inventaire.
• En termes de Pratique ancienne, Inventaire de production, se disait de L'état contenant l'énumération et la description des pièces produites dans un procès, et les conclusions de la partie qui les produisait. Faire l'inventaire des pièces. Fournir l'inventaire.
• INVENTAIRE, signifie quelquefois, par extension, Une vente de meubles inventoriés par un officier ministériel. Il y a un inventaire sur telle place publique, dans cette maison-là. J'ai acheté cela à un inventaire. Ce sens vieillit: on dit, Encan.

INVENTER . v. a.
• Trouver quelque chose de nouveau, d'ingénieux, par la force de son esprit, de son imagination. Inventer un art, une science. Inventer un système, une machine, un procédé. Inventer un moyen, un expédient. Celui qui a invente la poudre à canon, qui a inventé l'imprimerie. Il a inventé cet instrument. Inventer une mode, un jeu. Il l'a inventé le premier. Cela est bien inventé, heureusement inventé. Cela n'a pas été inventé tout d'un coup. Ce poëte invente bien. Inventer une malice.
• Il signifie aussi, Supposer, controuver. C'est un menteur, il a inventé cela. Ce fait est inventé. Inventer une fausseté, une calomnie. Il a inventé cette histoire, ce conte.
• Prov. et fig., Il n'a pas inventé la poudre, se dit D'un homme sans esprit.
• INVENTÉ, ÉE. participe

INVENTEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui a inventé. Le premier inventeur. L'inventeur de l'art d'écrire, de l'imprimerie, etc. C'est lui qui en est l'inventeur. Accorder un brevet à l'inventeur d'une machine, d'un procédé. Il est l'inventeur de cette mode. Inventeur de nouveaux mots. Il est l'inventeur de cette calomnie, de cette fable, de cette ruse. Les poëtes ont regardé cérès comme l'inventrice du labourage.

INVENTIF
, IVE. adj.
• Qui a le génie, le talent d'inventer. Homme inventif. Esprit inventif. Une imagination inventive.

INVENTION . s. f.
• Faculté d'inventer, disposition de l'esprit à inventer. Ce poëte, ce peintre n'a point d'invention. Cet homme est plein d'invention.
• Il se prend aussi pour L'action d'inventer, ou pour La chose inventée. Depuis l'invention de l'imprimerie. L'invention de là boussole. L'invention du baromètre est due à Pascal. Voilà une belle invention. Il est fertile en inventions. Cela est de son invention. Une heureuse invention. Invention diabolique. Des inventions ingénieuses. Damnable, malheureuse invention. La nécessité est la mère de l'invention.
• Il signifie particulièrement, en Rhétorique, La recherche et le choix des arguments que l'on doit employer, des idées que le sujet fournit, dont on peut faire usage. Il nous reste deux livres des quatre que Cicéron avait écrits sur l'invention.
• Brevet d'invention, Brevet que le gouvernement délivre à un inventeur, à l'auteur d'une nouvelle découverte, pour lui en assurer la propriété et l'exploitation exclusive, pendant un certain nombre d'années. Par brevet d'invention.
• INVENTION, se dit encore de La découverte de certaines reliques; et, par extension, de La fête que l'Église célèbre en mémoire de cette découverte. L'invention de la sainte croix, etc. L'invention des corps de saint Gervais et de saint Protais.

INVENTORIER . v. a.
• Dresser l'inventaire de certaines choses, ou Mettre dans un inventaire. Inventorier les meubles d'une maison. On a inventorié ces livres. Inventorier les pièces d'un procès. On n'a pas inventorié cette pièce.
• INVENTORIÉ, ÉE. participe

INVERSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut verser. On a fait plusieurs mémoires sur la construction des voitures inversables.

INVERSE . adj. des deux genres
• Opposé, renversé, par rapport à l'ordre, au sens, à la direction actuelle ou naturelle des choses. L'arrangement de ces objets ne me plaisait pas, je les ai disposés dans un ordre inverse, dans l'ordre inverse. Tourner en sens inverse. Dans le sens inverse. Les objets sont réfléchis dans l'eau en sens inverse. Prendre la direction inverse.
• Substantiv., Faire l'inverse, Reprendre une opération, une action accomplie, mais dans l'ordre, dans le sens, dans la direction inverse. Faites l'inverse de ce que vous avez fait. Il signifie aussi, familièrement, Faire le contraire de ce qu'on attendait, de ce qui était prescrit. J'ai cru qu'il traiterait cette affaire avant l'autre, il a fait l'inverse. Je lui avais dit de placer cela de telle manière, il a fait l'inverse.
• INVERSE, se dit particulièrement, en Logique et en Mathématique, D'une proposition, d'un théorème, d'un problème dont les termes sont dans un ordre inverse par rapport à ceux d'une autre proposition, etc. Dans la proposition inverse, l'attribut de la proposition directe est mis à la place du sujet. Trois est à six comme six est à douze, est la proportion inverse de, Six est à trois comme douze est à six. On l'emploie quelquefois substantivement, au féminin. Tous les fous sont méchants, est l'inverse de, Tous les méchants sont fous. L'inverse d'une proportion est toujours aussi exactement vraie que la proportion même.
• Se dit également, en Physique, pour exprimer L'état actuel ou la loi de variation d'une chose qui augmente ou qui diminue, à mesure qu'une autre dont elle dépendait, qui lui est comparée, diminue ou augmente. L'intensité de la lumière est en raison inverse des carrés de la distance du corps lumineux, c'est-à-dire qu'elle diminue dans le même rapport que ces carrés croissent.

INVERSION . s. f.
• .Gram. Transposition, changement de l'ordre dans lequel les mots sont ordinairement rangés dans le discours. Inversion élégante, heureuse, poétique. Inversion trop hardie, bizarre, forcée. Les inversions sont rarement permises en français, si ce n'est dans la poésie. Il y a de trop fréquentes inversions dans ce discours.
• INVERSION, dans la Théorie militaire, Formation en bataille par les principes contraires aux principes généraux.

INVERTÉBRÉ
, ÉE. adj.
• T. d'Hist. nat. Se dit Des animaux qui n'ont point de colonne vertébrale, tels que les insectes, les mollusques, les vers, etc. Les animaux invertébrés.
• S'emploie aussi comme substantif, au masculin. La classe des invertébrés.

INVESTIGATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui fait des recherches suivies sur quelque objet. Investigateur des secrets de la nature.
• S'emploie aussi comme adjectif; et alors il se dit De toute sorte d'examen, de recherche faite avec ardeur et persévérance. Un génie investigateur. Des regards investigateurs. Une curiosité investigatrice.

INVESTIGATION . s. f.
• Recherche suivie sur quelque objet. L'investigation de la vérité. Cette longue investigation ne produisit aucun résultat. Poursuivre son investigation, ses investigations. De savantes investigations.
• En Gram., L'investigation du thème, La recherche analytique du radical d'un verbe.

INVESTIR . v. a.
• Donner ou ratifier, avec de certaines formalités, avec de certaines cérémonies, le titre d'un fief ou d'une dignité ecclésiastique et la faculté de le posséder. L'Empereur l'avait investi de cet électorat, de ce duché. Autrefois les princes investissaient les évêques en leur donnant la crosse et l'anneau.
• Il signifie, par extension, Revêtir, mettre en possession d'un pouvoir, d'une autorité quelconque. Il fut investi de la souveraine puissance. Il l'investit de toute l'autorité nécessaire pour faire exécuter ces mesures. Le droit dont il est investi.
• INVESTIR, signifie aussi, Cerner, entourer avec des troupes une citadelle, une place de guerre, etc.; environner de gardes une maison, de manière à empêcher l'entrée et la sortie. Il investit la place avec dix mille hommes. On investit l'armée ennemie dans son camp. Les gendarmes investirent la maison où il s'était réfugié.
• INVESTI, IE. participe

INVESTISSEMENT .s.m.
• Action d'investir une place, une ville, etc. L'investissement de la place a été fait promptement, à propos, etc.

INVESTITURE . s. f.
• Acte par lequel on investit quelqu'un d'un fief, ou d'une dignité ecclésiastique. Donner l'investiture d'un fief, d'un évêché. Lettres d'investiture. La querelle des investitures entre le saint-siége et l'Empire.

INVÉTÉRER (S') . v. pron.
• Devenir ancien. Il ne se dit que Des maladies, des mauvaises coutumes, des préjugés, des haines, etc., qui persistent, que l'on garde longtemps. Le mal s'est tellement invétéré, qu'on ne peut le guérir. Lorsqu'une telle habitude s'invétère. Quand il est précédé immédiatement du verbe Laisser, on sous-entend presque toujours le pronom. Le mal qu'on laisse invétérer est plus difficile à guérir. Une mauvaise coutume, une mauvaise habitude qu'on a laissée invétérer. Il ne faut pas laisser la maladie s'invétérer. Il ne faut pas laisser invétérer les maladies.
• INVÉTÉRÉ, ÉE. participe, Cette maladie est si fort invétérée, qu'elle est devenue incurable. Un mal invétéré. Une habitude invétérée. Une haine invétérée.

INVINCIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne saurait vaincre. Ce prince est invincible. Une armée invincible. Un courage invincible.
• Se dit figurément De ce qu'on ne peut surmonter, faire céder, et De ce qui est irrésistible, plus fort que la volonté. Obstacle invincible. Opiniâtreté invincible. Ascendant invincible. Dégoût invincible. Attrait invincible.
• Argument invincible, raison invincible, raisonnement invincible, Argument, raison, raisonnement auquel il n'y a point de bonne réplique.
• Ignorance invincible, L'ignorance des choses dont il est impossible qu'une personne ait eu connaissance.

INVINCIBLEMENT . adv.
• D'une manière invincible. Ce fait prouve invinciblement ce que j'avance.

INVIOLABILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est inviolable. L'inviolabilité du monarque. L'inviolabilité des ambassadeurs. L'inviolabilité des serments, du droit des gens. L'inviolabilité d'un asile.

INVIOLABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne doit jamais violer, auquel on ne doit jamais attenter. La personne du roi est inviolable. Les serments doivent être inviolables. Le droit des gens est un droit inviolable. Un asile inviolable. Les droits de l'amitié sont inviolables. Il lui a juré une fidélité inviolable.
• Il signifie aussi, Qu'on ne viole point, qu'on n'enfreint jamais. C'est une coutume, c'est une loi inviolable parmi ces peuples. C'est un homme dont la parole est inviolable.

INVIOLABLEMENT . adv.
• D'une manière inviolable. Ce qu'il a une fois promis, il le tient inviolablement.

INVISIBILITÉ . s. f.
• État de ce qui est invisible. L'invisibilité des atomes. L'invisibilité des esprits.

INVISIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut voir, qui échappe à la vue par sa nature, par sa petitesse, par sa position, ou seulement à cause de la distance. Les anges, les esprits, les âmes sont invisibles. Dieu est le créateur des choses visibles et invisibles. Des atomes invisibles. Invisible à l'oeil nu. La distance rend ces étoiles presque invisibles à nos yeux, presque invisibles. Cette partie de la lune reste toujours invisible pour nous. Mû par des ressorts invisibles.
• Il signifie au figuré, Qui ne se laisse point voir, qui se cache, ou que l'on ne saurait trouver. Il affectait de se rendre invisible pour mieux imprimer le respect, la crainte à ses sujets. C'est vainement que je sollicitais une audience, le ministre était invisible pour moi. Cet homme est invisible, on ne le trouve jamais chez lui.
• Devenir invisible, Disparaître subitement, sans que personne s'en aperçoive. Il était là tout à l'heure, il est devenu invisible. Cela se dit aussi Des choses qu'on vient de voir, de toucher, et qu'on ne peut plus retrouver. Je tenais cette montre dans mes mains, elle était tout à l'heure sur cette table, elle est devenue invisible.

INVISIBLEMENT . adv.
• D'une manière invisible. Le corps de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST est réellement, quoique invisiblement, sous les espèces sacramentelles.

INVITATION . s. f.
• Action d'inviter. Invitation à un festin, à un bal, à une noce. Recevoir, accepter une invitation. Se rendre à une invitation. On a fait les invitations aux corps constitués pour assister à cette cérémonie. Il a reçu l'invitation de se rendre à tel endroit. C'est sur votre invitation que je suis venu. Invitation pressante. Lettre, billet d'invitation.

INVITATOIRE .s.m.
• Se dit, dans la Liturgie catholique, de L'antienne qui se chante avec le Venite exultemus. L'invitatoire du dimanche. L'invitatoire du commun des apôtres.

INVITER . v. a.
• Convier, prier de se trouver, de se rendre quelque part, d'assister à. Inviter à dîner. Inviter aux noces de quelqu'un. Il ne se trouva pas à l'assemblée, parce qu'on ne l'avait pas invité. Vous êtes invité à vous rendre à tel endroit.
• Il signifie, dans une acception plus générale, Engager, exciter à quelque chose, porter à. je vous invite à vous tranquilliser, à vous calmer. On l'invite à s'expliquer, il persiste à se taire.
• Se dit figurément Des choses. Le beau temps nous invite à la promenade. La raison, le devoir, l'honneur, vous invitent à faire cette démarche.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et se dit, familièrement, D'une personne qui vient d'elle-même quelque part, sans y avoir été conviée. C'est lui-même qui s'est invité.
• S'emploie également comme verbe réciproque. Ils s'invitent tour à tour à de petites réunions de famille.
• INVITÉ, ÉE. participe, Les personnes invitées.
• Se dit quelquefois substantivement. Quel est le nombre des invités?

INVOCATION . s. f.
• Action d'invoquer. Invocation à Dieu, à la Divinité. Après l'invocation du Saint-Esprit. L'invocation des saints. L'invocation des démons, des esprits malins. Le magicien fit ses invocations.
• Cette église, cette chapelle est consacrée sous l'invocation, est sous l'invocation de la sainte Vierge, de tel saint, Est dédiée à la sainte Vierge, etc.
• INVOCATION, se dit particulièrement, en poésie, de La prière que le poëte adresse à une Muse, à un génie, à quelque divinité, pour lui demander son secours. L'invocation est propre au poëme épique. Une belle invocation. Invocation à la Muse de l'histoire, à la Vérité.

INVOLONTAIRE . adj. des deux genres
• Qui se fait sans le concours, sans le consentement de la volonté. Toutes les actions vitales sont involontaires. Acte involontaire. Mouvements involontaires.

INVOLONTAIREMENT . adv.
• Sans le vouloir. Il a fait cela involontairement.

INVOLUCRE .s.m.
• .Bot. Assemblage de bractées ou de feuilles florales qui entourent la base commune de plusieurs pédoncules, ou qui enveloppent plusieurs fleurs comme une sorte de calice.

INVOLUTION . s. f.
• .Palais. Assemblage d'embarras, de difficultés. Involution de procès, de procédures.

INVOQUER . v. a.
• Appeler à son secours, à son aide. Se dit surtout en parlant De la Divinité, ou de quelque autre puissance surnaturelle. Invoquer Dieu à son aide. Invoquer la Divinité. Invoquer le Saint-Esprit. Invoquer les saints. Invoquer les démons. Les poëtes invoquent souvent Apollon, les Muses et les autres divinités de la Fable. On dit dans un sens analogue: Invoquer le secours, l'aide, etc., de quelqu'un. Invoquer la clémence du roi.
• En termes de l'Écriture sainte, Invoquer le nom de Dieu, du Seigneur, L'adorer et faire un acte de religion. Énos commença d'invoquer le nom du Seigneur.
• INVOQUER, signifie aussi, figurément, Citer en sa faveur, en appeler à. Invoquer une loi, un témoignage, une autorité. Invoquer le droit commun.
• INVOQUÉ, ÉE. participe

INVRAISEMBLABLE . adj. des deux genres
• (S se prononce fortement dans ce mot et dans le suivant.) Qui n'est pas vraisemblable. Ce fait est invraisemblable.

INVRAISEMBLANCE . s. f.
• Défaut de vraisemblance. L'invraisemblance de ce fait, de ce récit.
• Se dit aussi Des choses invraisemblables que contient une pièce de théâtre, un roman, etc. Cette tragédie est pleine d'invraisemblances. Une invraisemblance choquante.

INVULNÉRABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être blessé. La Fable a dit qu'Achille était invulnérable, excepté au talon.
• Se dit aussi figurément. Être invulnérable aux traits de la médisance.

IODE .s.m.
• .Chimie. Substance simple, lamelleuse, d'un gris bleuâtre et d'un éclat métallique, volatile à une température un peu élevée, et qui, lorsqu'on la chauffe, répand une vapeur violette. Teinture d'iode. L'iode est employé avec succès contre les goîtres. L'iode se trouve dans les eaux mères des salines, uni au potassium.

IONIEN
, IENNE. adj.
• On ne le met point ici comme nom de nation, mais seulement parce qu'il est quelquefois synonyme d'Ionique. Mode ionien. Vers ionien. Le dialecte ionien, ou substantivement, L'ionien.

IONIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient, qui est particulier à l'ancienne Ionie; ou Qui est imité des Ioniens. Le dialecte ionique. Le mode ionique. La secte ionique ou de Thalès. Le vers ionique ou ionien est un vers latin composé de trois mesures, dont chacune est de deux brèves et de deux longues. Le vers ionique est employé dans la douzième ode du troisième livre d'Horace. L'ordre ionique est le troisième des cinq ordres d'architecture. Colonne ionique. Corniche ionique.

IOTA .s.m.
• La neuvième lettre de l'alphabet grec, et dont la figure est la plus simple de toutes. Ce mot n'est mis ici qu'à cause de son emploi figuré dans certaines phrases familières, où il signifie, Pas la moindre chose, rien. Voilà un ouvrage parfait, il n'y manque pas un iota. Il n'y a pas un seul iota à retrancher. Je n'oublierai pas un seul iota. Je copie textuellement et sans changer un iota. C'est un homme si exact, qu'il n'omet pas le moindre iota.

IOTACISME .s.m.
• .Gram. Emploi fréquent du son i dans les mots d'une langue. On reproche l'iotacisme à la langue grecque moderne.

IPÉCACUANA .s.m.
• .Bot. et de Pharm. Nom d'une petite racine brune ou grise, noueuse, inodore, d'une saveur âcre et nauséabonde, qui nous est apportée d'Amérique, et qu'on emploie en médecine. L'ipécacuana est un vomitif plus doux que l'émétique. L'ipécacuana brun est le plus estimé. Prendre de l'ipécacuana. Pastilles d'ipécacuana.

IPSO
FACTO
• Expression adverbiale empruntée du latin, qui se dit De tout ce qui suit infailliblement et immédiatement de quelque fait. On l'emploie surtout en parlant D'une excommunication encourue par le seul fait. Celui qui frappe un prêtre, est excommunié ipso facto.

IRASCIBLE . adj. des deux genres
• Qui s'emporte facilement, qui est prompt à se mettre en colère. C'est un homme fort irascible. On dit de même, Caractère, tempérament irascible.
• IRASCIBLE, est aussi un terme de Philosophie scolastique, qui ne s'emploie guère que dans ces locutions, L'appétit irascible, la partie irascible, la faculté irascible, La faculté par laquelle l'âme se porte à surmonter les difficultés qu'elle rencontre dans la poursuite du bien ou dans la fuite du mal.

IRATO
(AB) Locution
• latine qui signifie, Par un homme en colère. Testament ab irato. Une satire écrite ab irato.

IRE . s. f.
• Courroux, colère. Il est vieux, et n'est plus usité que dans la poésie familière.

IRIS .s.m.
• (On prononce l'S.) Météore qu'on appelle vulgairement l'Arc-en-ciel. Les couleurs de l'iris. L'iris se forme dans les gouttes de pluie par les rayons da soleil rompus et réfléchis.
• Se dit, par extension, Des couleurs qui paraissent autour des objets quand on les regarde avec une lunette. Cette lorgnette est mauvaise, elle produit un iris très-marqué.
• Pierre d'iris, ou simplement Iris, Pierre dans laquelle on voit les couleurs de l'arc-en-ciel.
• IRIS, en termes d'Anatomie, se dit de Cette partie colorée de l'oeil, qui environne la prunelle, et qui présente quelquefois des nuances circulaires et concentriques. Les yeux bleus, les yeux noirs, sont ceux dont l'iris est bleu, est noir.
• IRIS, en termes de Botanique, se dit d'Un genre fort nombreux de plantes monocotylédones, parmi lesquelles on remarque: l'Iris d'Allemagne, cultivé dans les jardins à cause de ses belles fleurs bleues; l'Iris des marais, dont la fleur est jaune, et qui croît en France dans presque tous les lieux aquatiques; et l'Iris de Florence, dont la racine sert pour faire les pois à cautère appelés Pois d'iris.
• Vert d'iris, ou simplement Iris, Couleur qui sert pour la miniature et pour la gouache, et qui est faite avec de la chaux et des pétales d'iris d'Allemagne.
• Poudre d'iris, ou simplement Iris, Poudre de senteur faite de la racine d'iris.

IRISÉ
, ÉE. adj.
• T. d'Hist. nat. Qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel. Pierre irisée.

IRONIE . s. f.
• Figure de rhétorique, par laquelle on dit le contraire de ce qu'on veut faire entendre. Ce compliment n'est qu'une ironie. L'ironie était la figure favorite de Socrate. Il dit cela par ironie. Ironie fine. Ironie amère, cruelle.

IRONIQUE . adj. des deux genres
• Où il y a de l'ironie. Il dit cela d'un ton ironique. Discours ironique.

IRONIQUEMENT . adv.
• D'une manière ironique, par ironie. Il a dit cela ironiquement.

IROQUOIS .s.m.
• On ne met pas ici ce mot comme nom de nation, mais parce qu'il se dit quelquefois, figurément et familièrement, pour désigner Une personne dont les actions et la conduite sont bizarres, contraires au bon sens ou aux usages. C'est un Iroquois. Quel Iroquois!

IRRACHETABLE . adj. des deux genres
• (Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux R.) Qu'on ne peut racheter. Des rentes irrachetables.

IRRADIATION . s. f.
• T. didactique. Émission des rayons d'un corps lumineux. Se dit proprement de L'espèce d'effusion que l'on suppose opérée dans les images des corps lumineux, et par laquelle leur diamètre apparent se trouve agrandi au delà de la réalité.
• Se dit aussi de Tout mouvement qui se fait de l'intérieur à l'extérieur, dans un corps organisé.

IRRADIER . v. n.
• .Physique et de Médec. Diverger, se développer, s'étendre de l'intérieur à l'extérieur, ou d'un point quelconque vers les parties environnantes. Il est peu usité.

IRRAISONNABLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas doué de raison. Animal irraisonnable. Il ne s'emploie guère que dans le langage didactique.

IRRATIONNEL
, ELLE. adj.
• .Géom. Se dit Des quantités qui n'ont aucune commune mesure avec l'unité, c'est-à-dire, qui ne peuvent être représentées ni par des nombres entiers, ni par des fractions. Nombre irrationnel. Quantité irrationnelle.

IRRÉCONCILIABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut réconcilier. Ce sont des ennemis irréconciliables. Haine irréconciliable. Une inimitié irréconciliable.

IRRÉCONCILIABLEMENT . adv.
• D'une manière irréconciliable. Ils ont rompu irréconciliablement. Ils sont brouillés irréconciliablement.

IRRÉCUSABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être récusé. Un juge irrécusable. Des témoins irrécusables. Des témoignages irrécusables.

IRRÉDUCTIBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité de ce qui est irréductible. L'irréductibilité d'une équation.

IRRÉDUCTIBLE . adj. des deux genres
• .Chimie. Se dit D'un oxyde métallique qu'on ne peut ramener à l'état de métal.
• Se dit aussi, en Chirurgie, Des luxations, des fractures, des hernies qui ne peuvent être réduites. Luxation, fracture, hernie irréductible.
• Se dit, en Algèbre, De ce qui ne peut être réduit sous une autre forme plus simple. Dans ce sens, on l'applique particulièrement Aux équations qui ne peuvent être abaissées à un moindre degré que celui sous lequel elles se présentent; et, plus particulièrement encore, Au cas où une équation cubique a trois racines réelles, toutes trois inégales, et se présentant sous une forme imaginaire. Le cas irréductible du troisième degré. Ce cas est ainsi appelé, quoiqu'on n'en puisse pas démontrer l'irréductibilité.

IRRÉFLÉCHI
, IE. adj.
• Qui n'est pas réfléchi, qui est dit ou fait sans réflexion. Un propos irréfléchi. Des actions irréfléchies.

IRRÉFLEXION . s. f.
• Défaut, manque de réflexion. L'irréflexion est un défaut des esprits légers. Cette bévue lui est échappée dans un moment d'irréflexion.

IRRÉFORMABLE . adj. des deux genres
• .Palais. Qui ne peut être réformé. Jugement irréformable.

IRRÉFRAGABLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne peut contredire, qu'on ne peut récuser. Docteur irréfragable. Une autorité irréfragable. Un témoignage irréfragable. Il n'est guère usité que dans l'École.

IRRÉGULARITÉ . s. f.
• Manque de régularité. L'irrégularité d'un bâtiment. L'irrégularité d'un poëme. L'irrégularité des traits du visage. L'irrégularité du pouls. L'irrégularité des saisons. Considérez un peu l'irrégularité de sa conduite. L'irrégularité d'un procédé.
• Il signifie aussi, L'état où est un clerc, un prêtre irrégulier. Tomber dans l'irrégularité. Encourir l'irrégularité.

IRRÉGULIER
, IÈRE. adj.
• Qui n'est point selon les règles, qui ne suit point les règles. Ce bâtiment est irrégulier. Fortification irrégulière. Poëme irrégulier. Nom, verbe irrégulier. Avoir des traits irréguliers. Procédé irrégulier. Conduite irrégulière.
• Se dit également De ce qui n'est pas symétrique ou uniforme. Un corps de forme, de figure irrégulière. Un corps irrégulier. Le tout offre un ensemble fort irrégulier. La disposition en est fort irrégulière. Pouls irrégulier. Mouvement irrégulier. Marche irrégulière.
• Vers irréguliers ou libres, Ceux où l'on ne s'assujettit point à une marche régulière, soit pour la mesure des vers, soit pour la disposition des rimes. Conte en vers irréguliers. Idylle en vers irréguliers.
• En Botan., Fleur, corolle irrégulière, Celle dont les divisions ou les pétales ne sont point semblables. La fleur, la corolle de la capucine est irrégulière.
• IRRÉGULIER, signifie quelquefois, au sens moral, Qui ne sait ou qui ne peut s'assujettir aux règles. Esprit irrégulier. Génie irrégulier.
• Se dit, en termes de Droit canon, De celui qui, après avoir reçu les ordres ecclésiastiques, devient incapable d'en exercer les fonctions, pour avoir encouru les censures. Ce prêtre est devenu irrégulier pour un meurtre qu'il a commis.

IRRÉGULIÈREMENT . adv.
• D'une façon irrégulière. Cela est bâti fort irrégulièrement.

IRRÉLIGIEUSEMENT . adv.
• Avec irréligion. Vivre irréligieusement. Il se comporte dans l'église fort irréligieusement.

IRRÉLIGIEUX
, EUSE. adj.
• Qui ne respecte pas la religion, qui l'offense par sa conduite, par ses discours, par ses écrits. Cet homme est bien irréligieux. Un écrivain irréligieux.
• Se dit plus ordinairement Des choses qui blessent le respect dû à la religion. Sentiments, discours irréligieux. Acte irréligieux.

IRRÉLIGION . s. f.
• Manque de religion. On l'accuse d'irréligion. La débauche, les mauvaises compagnies, l'ont jeté dans l'irréligion. Entretenir l'esprit d'irréligion.

IRRÉMÉDIABLE . adj. des deux genres
• À quoi on ne peut remédier. C'est un mal irrémédiable.
• Se dit aussi figurément. Une faute irrémédiable. La calomnie cause des maux irrémédiables.

IRRÉMISSIBLE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas pardonnable, qui ne mérite point de pardon, de rémission. Faute irrémissible. Crime irrémissible. Le case est irrémissible.

IRRÉMISSIBLEMENT . adv.
• Sans rémission, sans miséricorde. Il sera puni, condamné irrémissiblement.

IRRÉPARABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être réparé. La perte du temps est irréparable. C'est une injure irréparable. Il lui a fait un affront irréparable. Un dommage, un tort irréparable. En perdant un tel ami, il a fait une perte irréparable.

IRRÉPARABLEMENT . adv.
• D'une manière irréparable.

IRRÉPRÉHENSIBLE . adj. des deux genres
• Qu'on ne saurait blâmer, reprendre. Il est irrépréhensible dans ses moeurs, dans ses actions. C'est une action irrépréhensible. Il mène une vie irrépréhensible.

IRRÉPROCHABLE . adj. des deux genres
• Qui ne mérite point de reproche, à qui on n'en peut faire aucun. C'est un homme irréprochable. La conduite de cet homme est irréprochable. Sa vie, ses moeurs sont irréprochables.
• En termes de Palais, Témoin irréprochable, Témoin contre lequel on ne peut alléguer aucune cause de récusation.

IRRÉPROCHABLEMENT . adv.
• D'une manière irréprochable. Cet homme a toujours vécu irréprochablement. Il est peu usité.

IRRÉSISTIBLE . adj. des deux genres
• À quoi on ne peut résister. Charme irrésistible. Un penchant irrésistible m'entraîne. Force irrésistible.

IRRÉSISTIBLEMENT . adv.
• D'une manière irrésistible. Il est entraîné irrésistiblement.

IRRÉSOLU
, UE. adj.
• Qui a peine à se résoudre, à se déterminer. Un homme irrésolu. Un caractère, un esprit irrésolu. Il y a trois jours que je suis irrésolu sur cette affaire. Il n'a montré dans cette affaire qu'une âme timide et irrésolue.

IRRÉSOLUMENT . adv.
• D'une manière irrésolue, incertaine.

IRRÉSOLUTION . s. f.
• Incertitude, état de celui qui demeure irrésolu, qui ne prend point de résolution. C'est un état pénible que celui de l'irrésolution, que l'irrésolution. Il est toujours dans l'irrésolution. Il est dans de perpétuelles irrésolutions.

IRRESPECTUEUX
, EUSE. adj.
• Qui manque au respect, ou Qui blesse le respect. Il se montra fort irrespectueux envers son supérieur. Contenance irrespectueuse. Propos irrespectueux.

IRRÉVÉREMMENT . adv.
• Avec irrévérence. Il est peu usité.

IRRÉVÉRENCE . s. f.
• Manque de respect, de révérence. Grande, extrême irrévérence. Affecter l'irrévérence.
• Se dit aussi Des actions, des paroles irrévérentes. Quelle irrévérence! Commettre des irrévérences.

IRRÉVÉRENT
, ENTE. adj.
• Qui est contre le respect, contre la révérence qu'on doit. Il ne se dit guère qu'en parlant De religion, et de choses saintes. Être dans une posture irrévérente. Des discours irrévérents, des manières irrévérentes.

IRRÉVOCABILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est irrévocable. L'irrévocabilité des jugements, des décrets de Dieu.

IRRÉVOCABLE . adj. des deux genres
• Qui ne peut être révoqué. Serment irrévocable. Loi irrévocable. Donation irrévocable. Arrêt irrévocable. Les décrets de Dieu sont irrévocables.

IRRÉVOCABLEMENT . adv.
• D'une manière irrévocable. Cela a été décidé irrévocablement.

IRRIGATION . s. f.
• Arrosement des prés, des terres, par des rigoles ou saignées qui amènent l'eau d'une rivière, d'un ruisseau, etc. Canaux d'irrigation.

IRRITABILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est irritable. L'irritabilité des fibres, des muscles. L'irritabilité du genre nerveux. Il est d'une grande irritabilité. L'irritabilité du caractère.

IRRITABLE . adj. des deux genres
• .Physiologie. Susceptible d'irritation, de contraction. Les muscles sont irritables.
• Se dit aussi en parlant De la disposition à éprouver très-vivement les impressions qu'on reçoit. Il est d'un tempérament fort irritable. Avoir le genre nerveux irritable.
• Il signifie particulièrement, Susceptible, qui se pique, s'irrite facilement. C'est un homme très-irritable, d'un esprit irritable.

IRRITANT
, ANTE. adj.
• .Jurispr. Qui casse, qui annule. S'emploie surtout dans cette locution, Condition, clause irritante, Condition, clause tellement essentielle à la validité d'un acte, que l'acte serait nul, si elle n'était pas remplie.
• Décret irritant. On appelle ainsi Les clauses, insérées dans les bulles de la cour de Rome, dont l'inexécution fait perdre la grâce et emporte nullité.

IRRITANT
, ANTE. adj.
• .Médec. Se dit Des médicaments qui déterminent une irritation en quelque partie du corps. Médicaments irritants.
• S'emploie aussi comme substantif, au masculin. Faire usage des irritants. Le sel est un irritant.

IRRITATION . s. f.
• Action de ce qui irrite les membranes, les organes, les nerfs, etc.; ou L'état qui résulte de cette action. L'irritation d'une membrane. L'application de ce médicament sur la peau y détermine une irritation très-vive. Le siége d'une irritation. Ses nerfs sont dans une grande irritation. On a dit de même autrefois, L'irritation des humeurs.
• Se dit figurément d'Une agitation, d'une effervescence violente de l'esprit. J'ai tâché d'adoucir l'irritation de son esprit. Calmer l'irritation des esprits.

IRRITER . v. a.
• Mettre en colère. Rien ne m'irrite plus que de pareils discours. N'irritez pas cet homme. Un rien suffit pour l'irriter. On vous a irrité contre moi. Irriter les esprits par des mesures imprudentes. Irriter un lion, un taureau.
• Il signifie aussi, figurément, Augmenter, exciter, rendre plus fort, plus violent. Vous irritez sa colère, son courroux, au lieu de chercher à l'apaiser. Les obstacles irritaient son courage. Les sauces irritent l'appétit. Irriter la soif. Cela ne fit qu'irriter sa passion, ses désirs, sa douleur. Irriter la fièvre, la maladie. Son mauvais régime a irrité le mal. Les liqueurs fortes irritent la goutte.
• Se dit, en Médecine, De ce qui détermine de la douleur, de la chaleur et de la tension dans un organe, dans un tissu quelconque. La piqûre des orties irrite la peau. Cette membrane est fort irritée. On disait de même autrefois que Les humeurs étaient irritées, lorsqu'elles devenaient plus âcres, et qu'elles étaient dans un mouvement extraordinaire.
• Se dit, quelquefois, en parlant D'une simple excitation des membranes, des nerfs, etc. Irriter la membrane pituitaire par des sternutatoires. Cela m'irrite les nerfs.
• IRRITER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans ses divers sens. C'est un homme qui s'irrite facilement. Pourquoi vous irriter ainsi? Ma fureur s'en irritait. Mon amour s'irritait par les obstacles. La fièvre s'irrite, s'est beaucoup irritée. Une membrane qui s'irrite aisément
• Fig., La mer s'irrite, commence à s'irriter, La mer s'agite, commence à s'agiter.
• IRRITÉ, ÉE. participe, Un père irrité. Un vainqueur irrité.
• Se dit figurément et poétiquement dans le sens de Courroucé, en parlant Des choses inanimées, telles que les flots, les vents, etc. Une mer irritée. Les flots irrités. Le fleuve irrité franchit ses rivages. Les vents irrités.

IRRORATION . s. f.
• T. didactique. Action d'exposer à la rosée, ou à un arrosement. Bain par irroration.

IRRUPTION . s. f.
• Entrée soudaine et imprévue des ennemis dans un pays, ordinairement accompagnée de dégât et de ravage. Grande irruption. Soudaine irruption. Les ennemis firent une irruption dans telle province. Ils ruinent le pays par de continuelles irruptions. Cette frontière n'a pas de place qui mette le pays à couvert de l'irruption des ennemis. L'irruption des barbares dans l'empire romain.
• Se dit quelquefois, par extension, pour Débordement, envahissement de la mer, d'un fleuve, sur les terres. L'irruption des eaux fut soudaine. Les irruptions de l'Océan sur les terres.

ISABELLE . adj. des deux genres
• Qui est de couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, mais dans lequel le jaune domine. Se dit surtout Du poil des chevaux. Couleur isabelle. Cheval isabelle. Ruban isabelle.
• Il se prend aussi substantivement, au masculin. Voilà un bel isabelle. Isabelle clair. Isabelle brun. Isabelle foncé.

ISCHION .s.m.
• (CH a le son de K dans ce mot et dans les deux suivants.) T. d'Anat. Nom qu'on donne à un des trois os qui forment les os innominés. L'os de la cuisse est emboîté dans l'os ischion, dans l'ischion.

ISCHURÉTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Des remèdes propres à guérir l'ischurie.

ISCHURIE . s. f.
• .Médec. Rétention d'urine complète.

ISIAQUE . adj.
• Qui appartient à Isis, divinité égyptienne. Il ne se dit qu'en parlant D'un célèbre monument de l'antiquité, sur lequel sont représentés les mystères d'Isis. La table isiaque est à Turin, et a été gravée.

ISLAMISME .s.m.
• Nom que l'on donne quelquefois au mahométisme.
• Se dit aussi relativement Aux pays mahométans, dans le même sens que Chrétienté par rapport aux pays chrétiens.

ISOCÈLE . adj. des deux genres
• .Géom. Se dit D'un triangle qui a deux côtés égaux entre eux. Triangle isocèle.

ISOCHRONE . adj. des deux genres
• (CH se prononce K dans ce mot et dans le suivant. ) .Mécanique. Se dit Des mouvements qui se font en temps égaux. Vibrations isochrones.

ISOCHRONISME .s.m.
• .Mécanique. Égalité de durée dans les mouvements d'un corps. L'isochronisme des vibrations du pendule.

ISOLATION . s. f.
• .Physique. Action d'isoler le corps que l'on veut électriser.

ISOLEMENT .s.m.
• État d'une personne qui vit isolée. Vivre dans l'isolement, dans un grand, dans un complet isolement. Cet état d'isolement lui est pénible.
• ISOLEMENT, se dit, en Architecture, de La distance entre deux parties de construction qui ne se touchent pas.
• ISOLEMENT, est aussi un terme de Physique, employé dans l'exposition des phénomènes de l'électricité, pour exprimer La séparation opérée par des milieux non conducteurs entre un corps qu'on électrise, et les corps environnants qui pourraient lui enlever son électricité.

ISOLÉMENT . adv.
• D'une manière isolée, séparément, à part. Si l'on considère chacun de ces objets isolément.

ISOLER . v. a.
• Faire qu'un corps ne tienne à aucun autre. Pour isoler son palais, il a fait abattre toutes les maisons qui y tenaient.
• Il signifie particulièrement, en termes de Physique, Faire en sorte que le corps que l'on veut électriser ne soit en contact avec aucun de ceux qui pourraient lui enlever son électricité. On isole un corps en le suspendant à des cordons de soie ou de crin, en le plaçant sur de la résine, sur du soufre, sur un tabouret garni de pieds de verre, etc.
• S'emploie quelquefois figurément. On l'isola de ceux qui auraient pu l'éclairer sur sa position.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel: alors il se dit principalement au figuré, et signifie, Se séparer de la société. Cet homme trouve moyen de s'isoler au milieu de la cour. Vous vous isolez trop.
• ISOLÉ, ÉE. participe, Cet hôtel est entouré de quatre rues, il est isolé.
• Colonne isolée, statue isolée, Colonne, statue qui ne tient point au mur de l'édifice.
• ISOLÉ, se dit adjectivement D'un lieu solitaire. Un endroit isolé. Habiter une maison isolée.
• Il signifie aussi figurément, Qui vit sans relations de parenté, d'affection ou de société, qui ne tient à rien; ou À qui personne ne s'intéresse. C'est un homme isolé. Vivre isolé. Elle se trouva bien isolée après la perte de son fils.
• Dans l'Administration militaire, Homme isolé, soldat isolé, Celui qui se trouve n'appartenir momentanément à aucun corps.

ISOLOIR .s.m.
• .Physique. Appareil formé de substances non conductrices de l'électricité, et sur lequel on pose les corps que l'on veut électriser, afin de les isoler des corps environnants. Se dit plus particulièrement d'Une espèce de tabouret ou support de bois garni de pieds de verre, qui sert ordinairement à cet usage. Se mettre sur l'isoloir.

ISRAÉLITE .s.m.
• On ne met pas ici ce mot comme un nom de nation, mais parce qu'il entre dans cette phrase, C'est un bon Israélite, C'est un homme simple et plein de candeur.
• S'emploie quelquefois adjectivement en parlant De certaines choses qui appartiennent aux juifs. Culte israélite. Consistoire israélite.

ISSU
, UE. participe du verbe Issir,
• qui n'est plus en usage. On ne s'en sert que pour signifier, Venu, descendu d'une personne ou d'une race. De ce mariage sont issus tant d'enfants. Il est issu de la race de... Elle est issue des comtes de... Issu du sang des rois. Issu d'un père malheureux. Issu de bas lieu.
• Cousins issus de germain, Les enfants de deux cousins germains. Il est son cousin issu de germain. On dit aussi absolument, Ils sont issus de germain.

ISSUE . s. f.
• Sortie, lieu par où l'on sort. Ce logis n'a point d'issue sur le derrière. Il a issue dans telle rue. Il boucha toutes les issues de cette maison. Ce château a des issues secrètes. S'emparer de toutes les issues.
• Se dit également d'Un passage, d'une ouverture par laquelle une chose peut sortir. Cette eau n'a point d'issue. Donner issue à la fumée. Ménager une issue. Étroite, large issue.
• Les issues d'une ville, d'une maison, Les dehors et les environs. Dans ce sens, il ne se dit guère qu'au pluriel. Cette maison de campagne a de belles issues.
• Adverb., À l'issue du conseil, à l'issue du sermon, à l'issue de la grand'messe, à l'issue du dîner, etc., À la sortie du conseil, du sermon, etc.
• ISSUE, signifie au figuré, Succès, événement final. Bonne, heureuse issue. Mauvaise, triste, funeste issue. Il faut voir quelle issue aura cette affaire. Nous en attendons l'issue. Cela dépend de l'issue de cette guerre. On attendait l'issue du combat.
• Il signifie aussi, Moyen, expédient pour sortir d'une affaire. Je ne vois point, je ne trouve point d'issue à cette affaire. Se ménager des issues.
• ISSUE, signifie encore, Les extrémités et les entrailles de quelques animaux, comme les pieds, la tête et la queue, le coeur, le foie, le poumon, la rate, etc. Une issue d'agneau.
• Il signifie également, surtout au pluriel, Ce qui reste des moutures après la farine, comme le son, la recoupe, etc. Des issues de blé.

ISTHME .s.m.
• .Géogr. Langue de terre entre deux mers ou deux golfes, qui joint une terre à une autre, une presqu'île au continent. L'isthme de Suez. L'isthme de Corinthe. L'isthme de Panama.
• Se dit, en termes d'Anatomie, de Certaines parties qui ont quelque ressemblance de forme avec un isthme. L'isthme du gosier.

ITALIANISME .s.m.
• .Gram. Manière de parler propre à la langue italienne. On ne le dit guère qu'en parlant D'un tour italien, d'une expression italienne transportée dans une autre langue. Il lui échappe souvent des italianismes.

ITALIQUE . adj. des deux genres
• T. d'Impr. Caractère différent du caractère romain, et un peu incliné de droite à gauche, comme l'écriture. Il y a beaucoup de livres imprimés en lettres italiques, en caractères italiques.
• Il se prend aussi substantivement, au masculin. Voilà un bel italique. On se sert ordinairement de l'italique pour les passages que l'on veut distinguer du reste du discours.

ITEM . adv.
• Mot tiré du latin. De plus. On s'en sert dans les comptes, dans les états que l'on fait. J'ai donné tant pour cela, item pour cela...
• Il est quelquefois substantif, et signifie, Un article de compte. C'est un bon item. Voilà bien de petits item. En premier item. Ce sens, peu usité, est familier.
• Fam., Voilà l'item, Voilà de quoi il s'agit, voilà le point de la difficulté.

ITÉRATIF, IVE. adj.
• .Pratique. Fait une seconde, une troisième ou quatrième fois. Faire des mandements itératifs. Itératif commandement. Itérative défense. Itératives remontrances.

ITÉRATIVEMENT . adv.
• .Pratique. Pour la seconde, troisième ou quatrième fois. On l'a sommé itérativement.

ITINÉRAIRE .s.m.
• Chemin à suivre pour aller d'un lieu à un autre. Je vais vous tracer votre itinéraire.
• Il signifie, par extension, Un mémoire de tous les lieux par où l'on passe pour aller d'un pays à un autre, et quelquefois aussi des choses qui sont arrivées à ceux qui en ont fait le chemin. Dans ce sens, il se dit principalement lorsqu'on parle de Certains voyages topographiques. Itinéraire de Suisse. Bon itinéraire. Curieux itinéraire. Itinéraire fidèle, exact. Itinéraire d'Antonin. Itinéraire de la terre sainte.
• Se dit aussi de Certaines prières marquées dans les livres d'église pour ceux qui voyagent. L'itinéraire des clercs.
• Adjectiv., Mesures itinéraires, Celles dont on fait usage pour mesurer et indiquer la longueur de chemin d'un lieu à un autre. Traité sur les mesures itinéraires des anciens.

IULE .s.m.
• T. d'Entomologie. Genre d'insectes sans ailes, qui appartient à la même famille que les scolopendres. Voyez MILLE-PIEDS.

IVE
ou IVETTE. s. f.
• .Bot. Espèce de germandrée ou de bugle, dont les feuilles, légèrement amères et aromatiques, sont employées en médecine.

IVOIRE .s.m.
• Nom que l'on donne à la matière des dents d'éléphant, surtout lorsqu'elles ont été détachées de la mâchoire de l'animal pour être mises en oeuvre. Morceau d'ivoire. Crucifix d'ivoire. Table d'ivoire. Cet ivoire est bien blanc. Tourner en ivoire. Travailler en ivoire. Cela est blanc comme de l'ivoire.
• S'emploie aussi, quelquefois, en parlant Des dents ou défenses de certains autres animaux, tels que l'hippopotame, le narval, etc. La dent du narval est d'un bel ivoire.
• Poétiq., Un cou d'ivoire, Un cou bien fait et très-blanc. On dit de même, L'ivoire de son cou, de son sein, etc.
• Noir d'ivoire, Poudre noire très-fine faite d'ivoire calciné et pulvérisé.

IVRAIE . s. f.
• Espèce de mauvaise herbe à graine noire, qui croît parmi le froment, et qui est de la famille des Graminées. Un champ plein d'ivraie. Arracher l'ivraie.
• Fig., Séparer l'ivraie d'avec le bon grain, Séparer la mauvaise doctrine d'avec la bonne, ou les méchants d'avec les bons.

IVRE . adj. des deux genres
• Qui a le cerveau troublé par les fumées et par les vapeurs du vin ou de quelque autre boisson. Il est ivre, il chancelle. Il est tellement ivre, qu'il ne saurait desserrer les dents.
• Prov., Être ivre mort, Être ivre au point d'avoir perdu tout sentiment. On dit populairement dans le même sens, Être ivre comme une soupe.
• Fig., Ivre de sang, Qui s'est plu à répandre le sang, qui a commis beaucoup de meurtres. On dit dans un sens analogue, Ivre de carnage.
• IVRE, se dit figurément de L'espèce de transport, de délire, d'égarement qu'une passion produit dans l'âme. Être ivre de joie, d'amour, de bonheur. Être ivre d'ambition, de vanité, d'orgueil.

IVRESSE . s. f.
• État d'une personne ivre. Il n'est pas encore revenu de son ivresse. Ivresse de bière, de cidre, etc. Être plongé dans l'ivresse.
• S'emploie aussi figurément. L'ivresse des passions, des grandeurs, du succès. Une douce ivresse. Dans l'ivresse du plaisir, de la joie. On dit également, L'ivresse des sens.
• Se dit quelquefois, particulièrement, de L'enthousiasme poétique. La docte ivresse. Dans une poétique ivresse.

IVROGNE . adj.
• Qui est sujet à s'enivrer ou à boire avec excès. Un valet ivrogne.
• Il est aussi substantif. Un grand ivrogne. Un franc ivrogne. Un vieil ivrogne. C'est un ivrogne.

IVROGNER . v. n.
• Boire avec excès et souvent. Il est tous les jours dans les cabarets à ivrogner. Il ne fait point d'autre métier que d'ivrogner. Il est populaire.

IVROGNERIE . s. f.
• Habitude de s'enivrer. L'ivrognerie de cet homme mérite punition.
• Se dit au pluriel de L'action même de s'enivrer. Cette femme a beaucoup à souffrir des ivrogneries de son mari.

IVROGNESSE . s. f.
• Femme sujette à s'enivrer. C'est une ivrognesse, une vieille ivrognesse. Il est populaire.

IXIA . s. f.
• .Bot. Genre de plantes bulbeuses, dont presque toutes les espèces sont cultivées dans les jardins, à cause de leurs fleurs.

 


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