D.R. BELAIR - RTMKB

L

       

NOTA : The following texts are copyright free and pertain to public domain ; they are provided without any restrictions. / Les textes qui suivent sont libres de droit et relèvent du domaine public ; ils sont diffusées sans aucune restriction.

 

 

DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

L . s. f. et m.
• Consonne, la douzième lettre de l'alphabet. Lorsqu'on la nomme Elle, suivant la prononciation ancienne et usuelle, le nom de cette lettre est féminin. Une L (elle). Lorsqu'on l'appelle Le, suivant la méthode moderne, ce nom est masculin. Un L (le) majuscule.
• Cette lettre, quand elle est double, et qu'elle est précédée de ai, ei, oui, se prononce mouillée, comme dans ces mots, Travailler, maille, bailler, veiller, recueillir, fouiller, grenouille. Elle se prononce de même dans quelques mots où elle n'est précédée que d'un i, comme dans ceux-ci, Fille, quille, briller, et dans plusieurs autres qui seront indiqués en leur lieu.
• La même prononciation est suivie dans les mots qui finissent en ail, eil, ueil et ouil, comme Travail, réveil, cercueil, oeil, fenouil; et dans quelques autres qui finissent par il, comme Péril, mil, lorsqu'il signifie millet.
• Dans quelques mots, comme Vil, subtil, puéril, etc., on fait sonner l'l; on ne la prononce point dans quelques autres, tels que Sourcil, outil, baril.

LA . article des noms féminins.
• Voyez LE.

LA . pronom relatif
• Voyez LE.

. adv. démonstratif
• Se dit d'Un lieu qu'on désigne d'une manière expresse. Je sens du mal là, en montrant la partie du corps qui est affectée. Mettez là ce livre. Venez là. Il a été pris là. C'est là qu'il demeure. Il est encore là où il était hier. Halte là.
• Se dit aussi d'Un lieu considéré comme différent de celui où l'on est; et, dans ce sens, il est opposé à Ici. Allez-vous-en là, je vous attendrai ici. Demeurez là, et n'approchez pas d'ici. D'ici là, nous comptons deux lieues.
• Se dit de même en parlant Du temps. Revenez demain; d'ici là, j'aurai arrangé votre affaire.
• Il se met quelquefois au commencement d'un membre de période, et il marque la différence des lieux, sans aucun rapport au plus ou au moins de distance. Le peintre avait rassemblé dans un même tableau plusieurs objets différents: là une troupe de bacchantes, ici un groupe de jeunes gens; là un sacrifice, ici une réunion de philosophes.
• Il se joint à quelques adverbes de lieu, pris au sens physique ou au sens moral, et il les précède toujours. Là-haut. Là-bas. Là-dessous. Là-dessus. Là dedans. Là dehors. Là auprès. Là contre. Que pensez-vous là-dessus? Qu'avez-vous à voir là dedans?
• Çà et là, De côté et d'autre. Tous ses meubles étaient jetés çà et là. Les fuyards étaient errants çà et là. Ils allèrent çà et là, sans savoir précisément quel chemin ils prendraient.
• , se met souvent à la suite des pronoms démonstratifs et des noms, pour leur donner une désignation plus précise. Celui-ci, celui-là. Celle-ci, celle-là. En ce temps-là. En ce lieu-là. Cet homme-là. Cette femme-là. Quel discours est-ce-là? Quelles gens sont-ce-là?
• , n'est employé quelquefois que par une espèce de rédondance, et pour donner plus de force au discours. C'est là une belle action. Que dites-vous là? Qu'avez-vous fait là? Sont-ce là nos gens? Est-ce là ce que vous m'aviez promis? Vous avez fait là une belle affaire!
• , dans le style familier, s'emploie explétivement, pour insister sur quelque circonstance, pour exciter l'attention ou le souvenir de celui à qui l'on parle. Voyez-vous toujours ce certain monsieur, là, qui disait de si plaisantes choses? Vous souvenez-vous de ce grand homme sec, là, qui venait si souvent chez moi autrefois?
• , placé à la suite de certains verbes, signifie, À ce point, à ce parti, à cette chose. S'en tenir là. En demeurer là. En rester là. En venir là. S'arrêter là. Voyez les verbes TENIR, DEMEURER, etc.
• , tant au sens physique qu'au sens moral, se joint aux prépositions De, dès, par et jusque.
• De là, De ce lieu-là, de ce point-là. De là au village, il y a deux cents pas. De là là, il y a deux mètres. Quand vous serez près de là. Il faut aller de là en tel lieu. Ôtez-vous de là. Tirez-vous de là. Au sortir de là. En sortant de là. À quelques pas de là.
• De là, se dit aussi en parlant Du temps, de la durée. À quelques jours, à quelques heures, à quelques minutes de là.
• De là, au sens moral, signifie, De cette cause-là, de ce sujet-là, de cette chose-là. De là sont venues les guerres civiles. De là résulte mon malheur. Que voulez-vous inférer de là? Dans ce sens, il se construit quelquefois avec que. De là que cet homme a eu quelques torts, ne le croyez pas méchant. Ce tour vieillit.
• De-là ou Delà. préposition. Voyez DELÀ.
• Dès-là, Dès lors, dès ce temps-là. Il leur échut une succession, et dès-là ils se brouillèrent. Il a vieilli.
• Dès-là, Cela étant. C'est votre père, et dès-là vous lui devez du respect. Dès-là je vis bien que ce n'était pas un homme à qui il fallût se fier. Il a vieilli.
• Par là, Par ce lieu-là, par ce point-là. Allez par là. Passez, prenez par là. Vous viendrez, vous arriverez par là.
• Par là, au sens moral, signifie, Par ce parti, par ce moyen, par ces paroles. Il faut en passer par là. Par la vous êtes sûr de réussir. Qu'entendez-vous par là?
• Par-ci par-là, En divers endroits, de côté et d'autre. Nous avons couru par-ci par-là. L'impression de ce livre est assez soignée; on y trouve pourtant quelques fautes par-ci par-là.
• Par-ci par-là, signifie aussi, À diverses reprises, à diverses fois, et sans aucune suite. Il m'a entretenu de cette affaire par-ci par-là.
• Jusque-là, Jusqu'à ce lieu. Allez, venez, avancez, reculez jusque-là.
• Jusque-là, signifie aussi, Jusqu'à ce temps. Venez à deux heures, je vous attendrai jusque-là. Vous tarderez, vous différerez jusque-là.
• Jusque-là, s'emploie aussi au sens moral. Quoi! il a pu vous insulter jusque-là! Vous avez poussé jusque-là la patience!

LA
LA. Locution familière
• espèce d'interjection, qu'on emploie tantôt pour apaiser, pour consoler, tantôt pour réprimer, pour menacer. La la, rassurez-vous, il n'y a rien à craindre. La la, Monsieur, nous nous retrouverons. On dit aussi, à peu près dans ce sens, La seul. La, en voilà assez.
• LA LA adverbe, sert de réponse à certaines questions, et signifie, Médiocrement. Est-il fort savant? La la. Avez-vous bien dormi? La la.

LA .s.m.
• (A est long.) .Musique. La sixième note de la gamme. C'est aussi le nom du signe qui représente cette note. Entonner le la. La dièse. La bémol. Le ton de la. Ce la est effacé.
• Donner le la, Faire sonner le la sur son instrument, afin qu'un autre musicien puisse mettre le sien à l'unisson. On dit dans un sens analogue, Prendre le la.
• LA, se dit aussi de La troisième corde de quelques instruments. Remettez un la à ce violon.

LABARUM .s.m.
• (On prononce Labarome.) Terme d'Histoire emprunté du latin, qui signifie, L'étendard impérial sur lequel Constantin fit mettre une croix et le monogramme de J. C.

LABEUR .s.m.
• Travail pénible et suivi. Grand labeur. Labeur ingrat. Être récompensé de son labeur. Vivre de son labeur. Dieu bénira son labeur. Il jouit du fruit de ses labeurs. Hors de ces sortes de phrases, il n'est guère usité que dans la poésie et dans le style soutenu.
• Ces terres sont en labeur, Elles ne sont pas en friche, elles sont façonnées, cultivées.
• LABEUR, en termes d'Imprimerie, se dit Des ouvrages considérables et tirés à grand nombre, par opposition Aux ouvrages de peu d'étendue, qui se tirent ordinairement à petit nombre, et qu'on nomme Ouvrages de ville.

LABIAL
, ALE. adj.
• Qui a rapport aux lèvres. Muscle labial. Artère labiale. Articulation labiale.
• Lettre labiale, ou simplement et substantivement, Labiale, Lettre qui se prononce avec les lèvres. B, P, F, V, M, sont des consonnes labiales, sont des labiales.
• En Jurisprudence, Offres labiales, Offres de payer faites de bouche ou par écrit, sans qu'il y ait exhibition réelle des deniers.

LABIÉ
, ÉE. adj.
• .Botanique. Se dit De certaines plantes dont la fleur est découpée en forme de lèvres, et De la fleur même de ces plantes. Plante labiée. Fleur labiée. On dit dans un sens analogue, Calice labié.
• S'emploie très-souvent comme substantif, au féminin. La lavande est une labiée. La famille des labiées.

LABILE . adj. des deux genres
• Caduc, sujet à manquer. Il n'est guère usité que dans cette expression, Mémoire labile, Mémoire faible qui manque souvent au besoin. Il a la mémoire labile.

LABORATOIRE .s.m.
• Local disposé pour y exécuter les opérations de la chimie. Voilà un vaste laboratoire, un laboratoire bien complet.
• Se dit, par extension, Des ateliers garnis de fourneaux, où les distillateurs, confiseurs, limonadiers, etc., font leurs préparations.

LABORIEUSEMENT . adv.
• Avec beaucoup de peine et de travail. L'animal nommé le Paresseux se traîne pesamment et laborieusement sur la terre. Il est une classe d'hommes qui passent laborieusement leur vie à ne faire que des riens.

LABORIEUX
, EUSE. adj.
• Qui travaille beaucoup, qui aime le travail. Un homme très-laborieux. Un esprit laborieux.
• Se dit aussi Des choses, et alors il signifie, Pénible, qui coûte beaucoup de travail, de fatigues, d'efforts. Vie laborieuse. Longues et laborieuses recherches. Examen laborieux et difficile. Digestion laborieuse. Accouchement laborieux.

LABOUR .s.m.
• Façon qu'on donne aux terres en les labourant. Il faut donner un seul labour, deux labours à cette terre. Labour superficiel, léger, profond. Donner tant à un fermier pour ses labours, pour ses labours et semences. Ce fermier a six chevaux de labour.
• Cette pièce de terre est en labour, Elle est préparée pour recevoir la semence.

LABOURABLE . adj. des deux genres
• Propre à être labouré. Cette ferme a deux cents arpents de terres labourables.

LABOURAGE .s.m.
• L'art de labourer la terre. Il entend bien le labourage. Il a quitté le labourage pour le commerce. Les instruments du labourage.
• Il signifie aussi, L'ouvrage, le travail du laboureur. Je donne quatre cents francs pour le labourage de ma terre. Le labourage des terres légères est plus aisé que celui des terres grasses.

LABOURER . v. a.
• Remuer retourner la terre avec la charrue, la bêche ou la houe, etc. Labourer la terre. Labourer un champ. Labourer des vignes, le pied d'un arbre. Il faut labourer ces arbres au pied. Labourer une allée pour la nettoyer.
• S'emploie aussi absolument. Labourer avec des boeufs, avec des chevaux.
• Labourer à deux charrues, à trois charrues, Occuper deux charrues, trois charrues pour le labourage de ses terres.
• LABOURER, se dit, par analogie, De certains animaux et des choses qui font sur la superficie de la terre à peu près le même effet que la charrue, la bêche, etc. Les taupes ont labouré tout mon jardin. Le canon a labouré ce champ.
• En termes de Manége, Ce cheval laboure le terrain, se dit D'un cheval qui butte.
• LABOURER, se dit, en termes de Marine, D'une ancre qui ne tient pas sur le fond où on l'a jetée, ou D'un navire qui passe par un endroit où il y a peu d'eau, et qui touche le fond sans être arrêté. Cette ancre laboure le fond, ou simplement laboure. Notre vaisseau labourait.
• LABOURER, signifie figurément et familièrement, Avoir beaucoup à souffrir. Il aura bien à labourer avant de parvenir à son but.
• Fig. et pop., Labourer sa vie, Avoir beaucoup de peine, d'embarras, de traverses.
• LABOURÉ, ÉE. participe, Champ labouré. Terres labourées.

LABOUREUR .s.m.
• Celui dont l'état est de labourer, de cultiver la terre. Bon, pauvre, riche laboureur. Les enfants nombreux et robustes font partie de la richesse des laboureurs.

LABYRINTHE .s.m.
• T. d'Antiq. Édifice composé d'un grand nombre de chambres et de galeries dont la disposition était telle, que ceux qui s'y engageaient parvenaient difficilement à en trouver l'issue. Les plus célèbres labyrinthes étaient celui d'Égypte et celui de Crète, construit, disait-on, par Dédale sur le modèle du premier.
• LABYRINTHE, en termes de Jardinage, se dit d'Un petit bois coupé d'allées tellement entrelacées, qu'on s'y peut égarer facilement. Le labyrinthe de Versailles. On a fait dans ce jardin un beau labyrinthe.
• Il signifie figurément, Un grand embarras, une complication d'affaires embrouillées. Il est engagé dans un labyrinthe fâcheux. Le labyrinthe de la chicane. Il est dans un grand labyrinthe d'affaires. Les hommes de loi l'ont jeté dans un labyrinthe dont il aura de la peine à sortir, à se tirer, à se démêler.
• LABYRINTHE, en termes d'Anatomie, se dit de La cavité intérieure de l'oreille, parce qu'elle contient plusieurs conduits diversement dirigés, tels que le limaçon et les canaux semi-circulaires.

LAC .s.m.
• Grande étendue d'eau environnée par les terres. Il sort une rivière de ce lac. Le lac de Genève, le lac de Constance, le lac de Côme, etc. Les lacs du Canada.

LACER . v. a.
• Serrer avec un lacet. Lacer un corps, un corset, un bas de peau. Lacer une femme. On ne l'a pas lacée droit. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Cette femme s'est lacée elle-même.
• En termes de Marine, Lacer la voile, Attacher à la vergue une partie de la voile; ce qui est nécessaire quand on fait route par un vent violent.
• LACER, se dit en outre D'un chien qui couvre sa femelle. Je crains qu'un mâtin n'ait lacé cette chienne.
• LACÉ, ÉE. participe

LACÉRATION . s. f.
• .Jurisprudence. Action de lacérer un écrit, un livre. Le jugement ordonne la lacération de cet écrit, comme d'un libelle injurieux.

LACÉRER . v. a.
• Déchirer. Il ne se dit guère qu'en parlant Du papier, et en termes de Jurisprudence. Lacérer un billet. Lacérer un mémoire au pied du grand escalier du palais. Ce livre fut lacéré et brûlé par arrêt du parlement.
• LACÉRÉ, ÉE. participe

LACERNE . s. f.
• T. d'Antiq. rom. Habit grossier qui ne fut d'abord en usage que pour la campagne, et dont ensuite on se servit à la ville pour se garantir de la pluie.

LACERON .s.m.
• Voyez LAITERON.

LACET .s.m.
• Cordon plat ou rond, de fil ou de soie, ferré par un bout ou par les deux bouts, qu'on passe dans des oeillets pour serrer une partie de vêtement quelconque, et principalement les corps et les corsets des femmes. Serrer un lacet. Passer un lacet. Ferrer un lacet. Coupez-lui son lacet. Il faut lâcher son lacet.
• Il signifie aussi, Un lacs avec lequel on prend les perdrix, les lièvres, etc. Tendre un lacet. Prendre un lièvre au lacet.
• S'emploie figurement au pluriel et signifie, Piéges, embûches. Je me suis laissé prendre aux lacets de cet intrigant.

LÂCHE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas tendu, qui n'est pas serré comme il pourrait ou devrait l'être. Ce noeud, cette ceinture est trop lâche. Danser sur la corde lâche. Il faut tenir cette corde un peu lâche.
• Toile, drap, étoffe lâche, Toile, drap, étoffe dont la trame n'est pas assez battue ou la chaîne assez serrée.
• Ventre lâche, Ventre trop libre. Avoir le ventre lâche. Le raisin rend, tient le ventre lâche.
• Temps lâche, Temps mou. Il fait un temps lâche.
• Fig., Style lâche, Style qui manque d'énergie et de concision. Cela est écrit d'un style lâche.
• LÂCHE, signifie figurément, Qui manque de vigueur et d'activité. Cet ouvrier est lâche au travail. Les grands chevaux sont ordinairement plus lâches que les petits. Vie lâche et efféminée.
• Il signifie aussi, Poltron, qui manque de courage. Ce soldat est lâche. Un extrême danger peut donner du courage à l'homme le plus lâche.
• Il signifie encore, Qui n'a que des sentiments vils, méprisables. C'est être bien lâche que d'abandonner son ami. Cela est d'une âme lâche.
• Se dit également Des actions honteuses, indignes d'un homme d'honneur. Il a tenu une conduite, eu un procédé, fait une action bien lâche. Que cela est lâche!
• LÂCHE, s'emploie aussi substantivement, et signifie alors, Poltron, homme sans coeur. C'est un lâche. Il n'y a que les lâches qui en usent de la sorte.
• Fam., C'est un grand lâche, C'est un homme très-mou, très-paresseux.

LÂCHEMENT . adv.
• Mollement, avec nonchalance, sans vigueur. Il travaille bien lâchement. Il va trop lâchement en besogne. Il y va si lâchement!
• Écrire lâchement, Écrire sans force, sans précision.
• LÂCHEMENT, signifie aussi, Sans coeur et sans honneur, honteusement, avec bassesse. S'enfuir lâchement. Trahir lâchement son ami. Il souffrit lâchement cet affront, et s'en vengea plus lâchement encore.

LÂCHER . v. a.
• Détendre, desserrer quelque chose. Cette corde est trop tendue, lâchez-la un peu. Il faut lâcher ce corset, qui est trop serré.
• Cet aliment lâche le ventre, ou simplement lâche, Il rend le ventre libre. Les mauves, les pruneaux lâchent le ventre.
• En termes de Manége, Lâcher la bride, la main à un cheval, Lui tenir la bride moins courte, pour le laisser ou le faire courir.
• Fig. et fam., Lâcher la main, la bride, la gourmette à quelqu'un, Lui donner plus de liberté qu'à l'ordinaire. Lâcher la bride à ses passions, S'y abandonner entièrement.
• À certains Jeux de cartes, Lâcher la main, La laisser aller à un autre, quoiqu'on ait de quoi la lever.
• Fig. et fam., Lâcher la main, Céder de ses prétentions, diminuer du prix qu'on demandait d'une chose.
• Lâcher pied, lâcher le pied, Reculer, s'enfuir.
• Fig., Lâcher pied, Céder, montrer de la faiblesse. N'allez pas lâcher pied dans cette occasion; tenez ferme.
• En termes d'Escrime, Lâcher la mesure, Reculer devant son adversaire.
• LÂCHER, signifie aussi, Laisser aller, laisser échapper. Il s'applique Aux personnes et aux choses. Il tenait cela dans ses mains, il l'a lâché. Lâcher un prisonnier. Lâcher un oiseau. Lâcher sa proie. Lâcher un âne dans un pré. Fig., Lâcher un livre, un pamphlet dans le public.
• Lâcher prise, Laisser aller ce qu'on tient avec force. Il signifie aussi figurément, Cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc., ou Rendre malgré soi ce qu'on a pris.
• Lâcher les chiens, Les laisser courre après la bête. Lâcher une laisse de lévriers.
• À la Chasse du vol, Lâcher l'autour, l'épervier, etc., Le laisser partir.
• Fig. et fam., Lâcher une personne après une autre, La mettre à sa poursuite, pour l'inquiéter, pour la tourmenter, ou pour l'amener à faire quelque chose qu'on désire.
• Lâcher les huissiers après un débiteur, Leur donner charge de faire contre lui des actes de leur ministère.
• Lâcher la bonde d'un étang, lâcher une écluse, Lever la bonde d'un étang, lever la vanne d'une écluse. On dit aussi dans le même sens, Lâcher les eaux.
• Lâcher le robinet d'une fontaine, Le tourner de manière que l'eau s'échappe.
• Ce malade lâche tout sous lui, Il ne peut retenir ses excréments.
• Fam., Lâcher de l'eau, Uriner. Lâcher un vent, Laisser échapper un vent par en bas.
• Fig., Lâcher une parole, lâcher un mot, Dire inconsidérément quelque chose qui peut nuire ou déplaire. Lâcher une épigramme contre quelqu'un. Il a lâché une parole qu'il voudrait bien avoir retenue. Je suis fâché de ce que j'ai dit, mais le mot est lâché. Il signifie aussi, Dire une chose avec quelque dessein. Il lâcha un mot qui fit une grande impression.
• Fig. et fam., Lâcher la parole, lâcher le mot, Dire le dernier prix qu'on veut avoir ou donner, quand on discute les conditions d'un marché, ou Donner son consentement, dans une négociation, après avoir fait quelques difficultés. Le mot est lâché, vous ne pouvez vous en dédire.
• Lâcher un coup de fusil, un coup de pistolet, un coup de canon, Faire partir ces armes, en tirer un coup. Il lui lâcha un coup de pistolet dans la tête. Le vaisseau lâcha toute sa bordée, quand il fut à la portée du mousquet.
• Pop., Lâcher un coup, Donner un coup. Il lui lâcha un soufflet.
• Au Jeu de la paume, Lâcher la balle, Ne la point toucher, la laisser passer.
• LÂCHER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se détendre, se débander. Un ressort qui se lâche. Un fusil qui se lâche. Les cordes de cette harpe se sont lâchées.
• Il signifie aussi figurément, Tenir des propos offensants, indiscrets, indécents. Il se repentit de s'être tant lâché devant eux. Se lâcher en propos imprudents, en propos injurieux contre quelqu'un.
• LÂCHER, est quelquefois neutre, et alors il signifie, S'échapper, se détendre. Prenez garde que la corde ne lâche. Si le fusil vient à lâcher, vous blesserez quelqu'un.
• LÂCHÉ, ÉE. participe

LÂCHETÉ . s. f.
• Poltronnerie, défaut de courage. Il a montré bien de la lâcheté. Il s'est déshonoré à la guerre par sa lâcheté.
• Il signifie aussi, Action basse, indigne. Ne point défendre ses amis absents est une lâcheté. En ce sens, il se dit au pluriel. Il a fait mille lâchetés.

LACINIÉ
, ÉE. adj.
• .Botanique. Se dit Des feuilles découpées de manière à figurer d'autres feuilles étroites et longues. La tige de l'artichaut a ses feuilles laciniées.

LACIS .s.m.
• Espèce de réseau de fil ou de soie. Un lacis bien fin. Faire du lacis.
• Se dit par analogie, en termes d'Anatomie, d'Un réseau plus ou moins compliqué, formé de vaisseaux ou de nerfs.

LACONIQUE . adj. des deux genres
• Concis à la manière des habitants de la Laconie, des Lacédémoniens. Discours laconique. Style laconique. Cet auteur est laconique. Il est laconique dans ses réponses.

LACONIQUEMENT . adv.
• En peu de mots, brièvement, d'une manière laconique. Il parle laconiquement. Il lui répondit laconiquement.

LACONISME .s.m.
• Expression ou phrase concise et énergique, à la manière des Lacédémoniens. Quand, à une longue lettre par laquelle Philippe, roi de Macédoine, les menaçait de sa vengeance s'il entrait victorieux dans leur ville, ils se contentèrent de répondre Si, c'était un laconisme.
• Se dit aussi, en général, de La grande concision du langage ou du style. Il se pique de laconisme. Son laconisme n'est pas sans obscurité.

LACRYMAL
, ALE. adj.
• T. d'Anatomie. Qui a rapport aux larmes. Sac, conduit lacrymal. Points lacrymaux. Glande, humeur lacrymale.
• En Chirurgie, Fistule lacrymale, Ulcère à l'angle interne de l'oeil, avec perforation du conduit des larmes. Avoir une fistule lacrymale.

LACRYMATOIRE .s.m.
• T. d'Antiquités romaines. Se dit de Petits vases de terre cuite ou de verre, déposés dans la plupart des tombeaux, et qui, selon toute apparence, contenaient les huiles odorantes dont on parfumait le bûcher avant de l'allumer. On a cru longtemps, avec peu de vraisemblance, que les lacrymatoires servaient à recueillir les larmes répandues aux funérailles du mort.
• S'emploie aussi adjectivement, et alors il est des deux genres. Urne, vase lacrymatoire.

LACS .s.m.
• (On ne prononce pas le C.) Cordon délié. Autrefois le sceau était attaché aux édits avec des lacs de soie de diverses couleurs. Les muets du sérail étranglent avec un lacs de soie ceux que le sultan leur ordonne de faire mourir.
• Se dit aussi d'Un noeud coulant qui sert à prendre des oiseaux, des lièvres, et autre gibier. Un lacs de crin. Vendre des lacs.
• Se dit encore d'Une corde qui a une certaine longueur, et que l'on emploie pour abattre les chevaux. Abattre un cheval avec le lacs.
• Il signifie figurément, Piége, embarras dont on a de la peine à se tirer. Il est tombé dans le lacs. On lui a tendu des lacs. Elle le retient dans ses lacs. Il s'est tiré, il est échappé des lacs. Ce chicaneur le tient dans ses lacs.
• Lacs d'amour, Cordons repliés sur eux-mêmes, de manière à former un 8 renversé. Un chiffre fait en lacs d'amour.

LACTATION . s. f.
• .Médecine. Action d'allaiter un enfant, de le nourrir avec du lait.

LACTÉ
, ÉE. adj.
• Qui a rapport au lait, ou Qui est de la couleur du lait. Il n'est usité que dans les expressions suivantes:
• En Médecine, Diète lactée, Régime dans lequel les malades font du lait leur principal aliment.
• En Anatomie, Vaisseaux lactés, veines lactées, Petits conduits qui sont dispersés dans le mésentère, et qui des intestins portent le chyle au réservoir de Pecquet.
• En Astronomie, Voie lactée, Blancheur irrégulière qui entoure le ciel en forme de ceinture, et dans laquelle on observe un nombre infini de petites étoiles.

LACUNE . s. f.
• Interruption, vide dans le texte d'un auteur, dans le corps d'un ouvrage, etc. Il y a une grande lacune dans cette décade de Tite-Live. Cet auteur ne nous est pas parvenu en entier; ce qui nous en reste présente des lacunes, de grandes lacunes. Il y a dans la chronologie des anciens empires d'Orient des lacunes que les érudits ne peuvent remplir.

LADRE . adj. des deux genres
• Lépreux, attaqué de lèpre, de ladrerie. Il est ladre. Il a été déclaré ladre. Un homme ladre. Une femme ladre. Lièvre ladre qui habite des lieux marécageux. Pourceau, truie ladre.
• Il signifie figurément, Insensible, soit physiquement, soit moralement. Il est ladre, il ne sent pas les coups. Il faudrait être ladre pour ne pas sentir cette injure.
• Il signifie aussi, Excessivement avare. C'est un homme très-ladre. Dans ce sens et dans le précédent, il est familier.
• LADRE, est substantif dans la signification de Lépreux et d'Avare; alors il fait au féminin Ladresse. C'est un ladre. C'est une ladresse. Voilà l'action d'un ladre.
• Fig., Ladre vert, Homme d'une avarice sordide.
• En termes d'Art vétérinaire, Ce cheval a du ladre, se dit D'un cheval qui a le tour des yeux, le bout des naseaux ou le tour des lèvres dénués de poil.

LADRERIE . s. f.
• Lèpre, maladie qui couvre la peau de pustules et d'écailles. Être entaché de ladrerie.
• Se dit aussi d'Une maladie particulière au porc, et qui est analogue aux scrofules. Un pourceau qui a des grains de ladrerie.
• Il signifie, figurément et familièrement, Avarice sordide. Quelle ladrerie! Voyez un peu la ladrerie de cet homme.
• LADRERIE, se dit aussi d'Un hôpital destiné aux lépreux.

LADY . s. f.
• (On prononce Lédi.) Mot emprunté de l'anglais. Titre qui appartient en Angleterre aux femmes des lords et des chevaliers, et qu'on donne aussi, par courtoisie, aux filles des lords et des chevaliers baronnets, en y joignant les noms de baptême. Lady Marie. Lady Betty. Des ladys.

LAGOPHTHALMIE . s. f.
• .Médec. Maladie des paupières, qui sont tellement retirées, que l'oeil reste ouvert pendant le sommeil, comme chez les lièvres.

LAGUNE . s. f.
• Espèce de petit lac ou de flaque d'eau, dans des lieux marécageux. Il ne se dit guère qu'au pluriel, et en parlant Du terrain couvert ou coupé par les eaux de la mer, sur lequel la ville de Venise est bâtie. Les lagunes de Venise.

LAI
, AIE. adj.
• Laïque. Un conseiller lai. Traduire un ecclésiastique en cour laie. Patron lai.
• Frère lai, moine lai, Frère servant qui n'est point destiné aux ordres sacrés. On a dit aussi, Soeur laie, pour Soeur converse, qui est seul usité maintenant.
• Moine lai, se disait autrefois d'Un laïque, ordinairement homme de guerre invalide, que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale, pour y être entretenu.
• LAI, s'emploie aussi comme substantif, au masculin. Les clercs et les lais.

LAI .s.m.
• Vieux mot qui signifie, Complainte, doléance, et qui était jadis le nom particulier d'une espèce de petit poëme.

LAÏC
• Voyez LAÏQUE.

LAÎCHE . s. f.
• Genre de plante vivace, appelée autrement Carex, qui croît dans les lieux humides, et dont une espèce a l'inconvénient de blesser la langue des chevaux. Ce foin ne vaut rien, il est tout plein de laîche.

LAID
, LAIDE. adj.
• Qui a quelque défaut remarquable dans les proportions, dans les formes ou dans les couleurs qui constituent la beauté naturelle de l'espèce humaine. Homme laid. Femme laide. Fort laid. Extrêmement laid. Horriblement laid. Elle est laide à faire peur, laide comme le péché, laide comme un démon. Il est laid comme une chenille, etc. Il n'y a rien de si laid. Avoir les mains laides, la gorge laide.
• Se dit aussi Des animaux dont la conformation ou la couleur est désagréable. Voilà un chien bien laid. Voilà une laide bête, un laid animal. Le hibou est un oiseau très-laid.
• Fig. et fam., C'est un laid magot, se dit D'un homme extrêmement laid; et, C'est une laide guenon, D'une femme extrêmement laide.
• LAID, se dit généralement De tout ce qui est désagréable à voir. Cette maison, cette tapisserie, cette étoffe est fort laide. Le temps est bien laid.
• Il signifie, au sens moral et familièrement, Déshonnête, contraire à la bienséance, au devoir. Ce que vous faites là, ce que vous dites là est bien laid. Il est bien laid à vous d'avoir manqué à votre promesse.
• Prov., Il n'y a point de laides amours, On trouve toujours belle la personne qu'on aime.
• LAID, s'emploie aussi substantivement. Fi! le laid! Fi! la laide! On a dit qu'une laide ne peut être aimée médiocrement.
• S'emploie encore substantivement au masculin, en parlant Des choses. La satiété du beau nous fait aimer et préférer le laid. Je vous ai dit le beau de l'aventure, mais voici le laid.

LAIDERON . s. f.
• Jeune fille ou jeune femme laide. C'est une laideron. Voyez cette petite laideron qui fait la coquette. C'est une laideron qui ne déplaît pas. C'est une laideron assez piquante. Il est familier.

LAIDEUR . s. f.
• Difformité, défaut remarquable dans les proportions, dans les formes ou dans les couleurs qui constituent la beauté naturelle de l'espèce. Grande laideur. Horrible laideur. Laideur amère. La laideur de cette femme est étrange. Il y a des laideurs qui ne sont pas désagréables.
• Se dit, au sens moral, en parlant Des vices et des actions vicieuses ou malhonnêtes. La laideur du vice. La laideur de cette action. J'ai vu là le vice dans toute sa laideur.

LAIE . s. f.
• La femelle du sanglier. Une laie avec ses marcassins. Une laie prête à mettre bas.

LAIE . s. f.
• T. d'Eaux et Forêts. Route étroite percée dans une forêt, dans une futaie. Tracer, faire une laie dans une forêt. Une laie de trois pieds de large.

LAINAGE .s.m.
• Marchandise de laine. Faire commerce de lainage.
• Se dit aussi de La toison des moutons. Ce mouton, ce bélier, cette brebis a un beau lainage.
• LAINAGE, signifie encore, La façon qu'on donne aux draps en les tirant avec des chardons, pour en faire ressortir le poil.

LAINE . s. f.
• Poil doux, épais et frisé qui croît sur la peau des moutons, et de quelques autres animaux. Laine de mouton, de mérinos, de métis, de vigogne. Laine d'Espagne. Mère laine. Laine crue. Basse laine. Laine blanche. Laine noire. Laine grasse ou en suint. Laine fine. Grosse laine. Bonne laine. Grande laine. Laine courte. Mouton bien couvert, bien fourni de laine. Écheveau, flocon, pelote de laine. Échauder, carder, filer, fouler de la laine. Ouvrier en laine. Cardeur de laine. Le commerce des laines. Un bonnet, un bas de laine. Cette étoffe est moitié fil et moitié laine, moitié soie et moitié laine.
• Bêtes à laine, Béliers, moutons, brebis et agneaux. Ce fermier a deux troupeaux de bêtes à laine.
• Prov. et fig., Se laisser manger la laine sur le dos, Souffrir tout, ne pas savoir se défendre. Il se laisse, il ne se laisse pas manger la laine sur le dos.
• Prov., Tirer la laine, Voler de nuit des manteaux dans les rues. On appelait Ceux qui commettaient ces sortes de vols Tireurs de laine. Ces deux locutions ont vieilli.
• Laine de Moscovie, Le duvet que l'on tire adroitement de la peau des castors, sans offenser le grand poil.
• LAINE, se dit aussi Des cheveux épais et crépus des nègres.

LAINER . v. a.
• Faire sortir le poil du fond d'une étoffe de laine, par l'opération du lainage. Lainer du drap.
• LAINÉ, ÉE. participe

LAINERIE . s. f. collectif
• Toute sorte de marchandises de laine. La lainerie s'est bien vendue à cette foire.

LAINEUX
, EUSE. adj.
• Qui a beaucoup de laine, qui est extrêmement fourni de laine. Se dit Des moutons, et des étoffes faites de laine. Il y a des pays où les moutons sont plus laineux qu'ailleurs. Un drap bien laineux. Une étoffe très-laineuse.
• Se dit, en Botanique, Des plantes ou parties de plantes qui sont couvertes de poils imitant la laine ou un tissu drapé, telles que la molène, etc. Plante, tige laineuse.

LAINIER .s.m.
• Marchand qui vend des laines en gros, en écheveau, etc. Dans ce sens, il est vieux.
• Se dit plutôt maintenant d'Un ouvrier en laine.

LAÏQUE . adj. des deux genres
• (Plusieurs écrivent Laïc, au masculin.) Qui n'est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Une personne laïque. Un officier laïque.
• Se dit également De ce qui est propre aux personnes laïques. De condition laïque. Habit laïque.
• Il est aussi substantif. Un laïque. Les ecclésiastiques et les laïques.

LAIS .s.m.
• T. d'Eaux et Forêts. Jeune baliveau de l'âge du bois, qu'on laisse quand on coupe le taillis, afin qu'il vienne en haute futaie.
• LAIS, est aussi un terme de Jurisprudence, qui signifie, Atterrissement, alluvion, ce que la mer ou une rivière donne d'accroissement à un terrain. Les lois et relais de la mer.

LAISSE . s. f.
• Corde dont on se sert pour mener des chiens attachés. Une laisse de crin. Mener des lévriers en laisse, les tenir en laisse. Des chiens de chasse qui vont en laisse.
• Une laisse de lévriers, se dit de Deux lévriers, qu'ils soient ou ne soient pas attachés.
• LAISSE, se dit aussi en parlant D'un chien seul que l'on conduit avec un cordon, un ruban. Mener son chien en laisse.
• Fig. et fam., Mener quelqu'un en laisse, Le gouverner, lui faire faire tout ce qu'on veut.
• LAISSE, se dit aussi d'Une espèce de cordon de chapeau, fait de crin, de fil, de soie, etc.

LAISSÉES . s. f. plur.
• .Vénerie. La fiente du loup et des autres bêtes noires.

LAISSER . v. a.
• Quitter; se séparer d'une personne ou d'une chose qui reste dans l'endroit dont on s'éloigne. Il a laissé son fils à Paris. Il a laissé ses gens à la porte de la ville. Il avait laissé sa voiture à Lyon. J'ai laissé votre ami à la campagne. Je l'ai laissé seul chez lui. J'ai laissé votre père en bonne santé. Laisser une place de guerre bien pourvue, la laisser en bon état.
• Laisser quelqu'un loin de soi, loin derrière soi, Le devancer beaucoup. Se dit au propre et au figuré.
• LAISSER, signifie aussi, Ne pas emmener, ne pas emporter avec soi. Il a laissé son fils avec son précepteur. Laissez-nous votre enfant jusqu'à ce soir. Laissez ici votre manteau. Laissez ici votre sac d'argent, si vous craignez les voleurs.
• Il signifie encore, Oublier de prendre avec soi. Il a laissé sa montre dans son cabinet. J'ai laissé ces papiers sur mon bureau. Il a laissé sa canne chez moi.
• LAISSER, signifie en outre, Confier, mettre en dépôt. Il a laissé tous ses papiers à son avocat. Il laisse son argent entre les mains de son notaire. Je vous laisse cela en garde. Laisser une chose en dépôt.
• Laisser une chose au soin, à la discrétion, à la prudence, etc., de quelqu'un, La confier, l'abandonner au soin, à la discrétion, la remettre à la prudence de quelqu'un. On dit dans le même sens, Je vous en laisse le soin, la conduite, etc.
• LAISSER, signifie quelquefois simplement, Donner une chose à quelqu'un pour qu'il la remette à un autre. Je ne l'ai point trouvé chez lui, j'ai laissé votre lettre à son domestique. J'ai laissé ma carte de visite chez son portier.
• Il signifie aussi, Ne pas ôter, ne pas retirer de quelque endroit ou de chez quelqu'un une chose ou une personne que l'on peut en ôter, en retirer. Il laisse son enfant en nourrice. Pourquoi laissez-vous si long-temps cela chez moi? Il laisse son tableau à l'exposition.
• Il signifie également, Ne pas ôter une personne ou une chose de la place où elle est, de la situation où elle se trouve. Laissez-moi auprès du feu. Laissez cela, n'y touchez point. Laissez ces livres sur mon bureau. Il le laissa à genoux.
• Il signifie par extension, Ne pas changer l'état où se trouve une chose. Ainsi on dit: Laisser un champ en friche, Ne pas le cultiver; Laisser un ouvrage imparfait, Ne pas l'achever; Laisser une chose intacte, Ne point l'endommager, ou N'en rien prendre; etc.
• Fig. et fam., Laisser quelqu'un dans la nasse, L'abandonner dans une méchante affaire où on l'a engagé, et dont on se tire soi-même.
• Fig., Laisser quelqu'un dans l'embarras, dans le danger, dans la misère, Ne pas lui donner les secours qu'on pourrait ou qu'on devrait lui donner.
• Laisser quelqu'un en paix, en repos, le laisser tranquille, Souffrir, permettre, ne pas empêcher qu'il demeure en paix, en repos; ne pas l'importuner, ne pas le tourmenter. On dit dans le même sens: Laissez-moi là. Laissez-moi donc. Laissez-moi.
• Fam., Laissez le monde comme il est, Ne vous embarrassez pas de ce qui se passe dans le monde, ne prétendez pas le réformer.
• Laisser quelqu'un en son particulier, Le laisser seul.
• Laisser quelqu'un maître d'une chose, La laisser entièrement à sa disposition.
• Laisser un ouvrier sans ouvrage, Ne pas lui fournir d'ouvrage.
• Laisser à l'abandon, Ne prendre aucun soin de. Vous laissez ce jardin à l'abandon. C'est un homme qui laisse tout à l'abandon.
• Laisser en blanc, Réserver, dans un écrit, une place, un espace qu'on remplira plus tard. Laissez, dans votre projet d'acte, deux lignes en blanc. Laisser un nom en blanc.
• Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, Il est de la sagesse de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand.
• En termes de Manége, Laisser la bride sur le cou à un cheval, Lui rendre la main, le laisser aller de lui-même.
• Fig. et fam., Laisser la bride sur le cou à quelqu'un, L'abandonner à lui-même, à ses caprices, à ses volontés.
• LAISSER, signifie encore, Ne pas prendre, ne pas enlever, ne pas détruire ce qu'on pourrait prendre, enlever, détruire, etc. Les voleurs lui ont laissé son habit, lui ont laissé la vie. Les ennemis ont brûlé le village et n'ont laissé que l'église. Les brigands ne lui ont rien laissé, ne lui ont laissé que sa chemise. Laissez-moi un peu de place. Ils ont tout mangé, ils n'ont rien laissé. Ses occupations ne lui laissent pas un moment de repos. Laisser de la marge.
• Ne laisser que les quatre murailles, Tout emporter, tout enlever d'une maison ou d'un appartement.
• LAISSER, signifie aussi, Abandonner. Cette rivière a laissé son ancien lit. Depuis l'invention de la poudre, on a laissé l'usage de certaines armes défensives.
• Laisser un chemin, une maison, etc., à droite, sur la droite, Prendre sur la gauche, en sorte que le chemin, la maison, etc., soit sur la droite. On dit de même, Laisser un chemin à gauche, sur la gauche.
• Laisser là quelqu'un, quelque chose, Rompre avec quelqu'un, discontinuer quelque chose. Laissez là cette femme, elle vous perdra. Il a laissé là son projet, son entreprise. Laissez là votre ouvrage, vous le reprendrez plus tard.
• Laisser quelqu'un pour mort, S'en éloigner avec la conviction qu'il est mort. Son assassin l'avait laissé pour mort, mais il n'était qu'évanoui.
• Fam., Laissez-le pour ce qu'il est, N'ayez aucun égard aux injures, aux outrages d'un pareil homme.
• Fam., Cette marchandise est à prendre ou à laisser, Il faut en donner le prix demandé, ou on ne l'aura pas.
• Il y a à prendre et à laisser dans ces marchandises, Il s'y trouve du bon et du mauvais, et il faut savoir choisir. On dit figurément, dans le même sens, Il y a à prendre et à laisser dans cette affaire, dans cette entreprise, dans ce que vous proposez.
• Fam., Avoir le prendre et le laisser, Avoir le choix. Dans cette phrase, Laisser est pris substantivement.
• Je vous laisse à penser ce qui en arrivera; je vous laisse à juger s'il profita de l'occasion, etc., C'est à vous à penser aux conséquences de cela; je vous donne à juger si, etc.
• Laisser beaucoup à penser, se dit D'une personne qui s'exprime mystérieusement ou avec finesse. On dit à peu près dans le même sens, Cela laisse beaucoup à penser, Cela donne matière à bien des réflexions.
• Laisser quelque chose, laisser beaucoup à dire, à faire, Ne pas épuiser une matière; et dans le sens contraire, Ne rien laisser à dire, à faire.
• Laisser à désirer, N'être pas entièrement satisfaisant. Cet ouvrage a du mérite, cependant il laisse beaucoup à désirer.
• Ne pas laisser de, ne pas laisser que de, Ne pas cesser, ne pas s'abstenir, ne pas discontinuer de. Il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin. Malgré leur brouillerie, il n'a pas laissé que de lui écrire. On dit dans des sens analogues: Il est pauvre, mais il ne laisse pas d'être honnête homme, La mauvaise fortune n'empêche pas qu'il ne soit honnête homme. Il ne laisse pas que de gagner beaucoup à ce marché, Il y gagne beaucoup. Cette proposition ne laisse pas d'être vraie, que d'être vraie, Ce qu'on objecte contre n'empêche pas qu'elle ne soit vraie. Cela ne laisse pas d'être embarrassant, d'étonner, que d'être embarrassant, que d'étonner, etc., Cela est embarrassant, cela étonne, etc.
• Fam., Laissez que, Permettez, souffrez que. Laissez que je vous réponde.
• Fam., Laissez donc, Finissez. Laissez, laissez, C'est assez, ne continuez pas.
• Fig., Laisser la vie, et pop., Laisser ses os, ses bottes en quelque occasion, Y mourir.
• Laisser des poils, des plumes en quelque endroit, se dit D'un animal, d'un oiseau, dont il est resté des poils, des plumes, dans l'endroit par où il a passé. On dit de même, Laisser des traces, des vestiges, etc.
• Fig. et fam., Laisser des plumes, Faire quelque perte, et particulièrement une perte d'argent. Il a laissé de ses plumes au jeu. Il a laissé quelques plumes dans ce procès.
• LAISSER, signifie particulièrement, Passer sous silence. Je laisse une infinité d'autres preuves, d'autres détails.
• Laissons cela, Ne parlons plus de cela.
• LAISSER, signifie aussi, Céder. Je lui en laisse l'honneur. Je lui en laisse le profit. Les ennemis furent contraints de nous laisser le champ de bataille.
• Laisser une chose à un certain prix, à bon compte, Consentir à la vendre pour un certain prix, etc. Je vous laisse ce cheval pour six cents francs. Il m'a laissé ce drap à trente francs l'aune.
• Laisser le champ libre à quelqu'un, Ne pas vouloir se mettre en concurrence avec quelqu'un, ou Se retirer, abandonner ses prétentions.
• LAISSER, signifie encore, Léguer, transmettre par des dispositions testamentaires. Il a laissé une somme considérable à l'hôpital de la ville. Il a laissé des legs à tous ses amis. Il a laissé par testament sa bibliothèque à son frère.
• Se dit également en parlant Des personnes ou des choses qui ont été à quelqu'un, et qui subsistent après sa mort. Il laisse une femme et des enfants. Il a laissé ses enfants avec peu de bien. Laisser de grands biens, laisser peu de biens après sa mort. Laisser plusieurs ouvrages manuscrits. Cet homme a laissé ses affaires en bon, en mauvais état. Il a laissé une succession obérée, embarrassée.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Du souvenir, de l'opinion, etc., qui reste de quelqu'un lorsqu'il est mort, ou seulement lorsqu'il a quitté le lieu où il était. Il a laissé une bonne, une mauvaise réputation après lui. Il a laissé une grande opinion de sa vertu, un nom honoré, une grande réputation de probité, un grand regret de sa perte, etc. Il a laissé dans le pays une excellente réputation. Il a laissé de grands regrets partout où il a passé.
• Se dit pareillement, tant au sens physique qu'au sens moral, en parlant De la sensation, de l'impression qui reste de quelque chose, ou de ses suites, etc. Cette liqueur laisse un bon goût, un mauvais goût. Ce vin-là est agréable au commencement, mais il laisse un mauvais goût à la fin. Ce voyage m'a laissé des souvenirs agréables. Sa conduite avait laissé des soupçons sur son compte. Sa maladie lui a laissé une incommodité fâcheuse.
• LAISSER, suivi d'un infinitif, signifie, Permettre, souffrir, ne pas empêcher. Je l'ai laissé sortir. Je l'ai laissée reposer. Laissez-moi parler. Laissez jouer ces enfants. Je les ai laissés aller. On a laissé aller, on a laissé échapper ce prisonnier. Laisser tomber ce qu'on a dans les mains. Se laisser faire du tort. Se laisser dire des injures.
• Laisser faire, laisser dire, Ne se pas soucier, ne se pas mettre en peine de ce que fait ou dit quelqu'un. Laissez-les dire. Laissez-les faire. On n'a qu'à le laisser faire. Prov., Il faut bien faire, et laisser dire.
• Fam., Je me suis laissé dire telle chose, J'ai ouï dire telle chose, mais sans y ajouter grande foi.
• Laisser voir, Montrer, découvrir. Cette percée laisse voir une vaste plaine.
• Fig., Laisser voir sa pensée, Parler, agir de manière à faire deviner sa pensée.
• Laisser tout aller sous soi, se dit D'un enfant ou d'une personne infirme qui n'a pas la force de retenir ses excréments.
• Fig. et fam., Laisser tout aller, Négliger entièrement ses affaires.
• Fam., Laisser tout traîner, Ne mettre rien à sa place, laisser tout en désordre.
• En termes de Chasse, Laisser courre les chiens, ou simplement Laisser courre, Les découpler, afin qu'ils courent après la bête. Substantivement, Laisser-courre, Le lieu où l'on découple les chiens. Quand ils furent au laisser-courre. Voyez COURRE.
• LAISSER, s'emploie souvent avec le pronom personnel, dans un sens analogue au précédent; et alors il est toujours suivi d'un verbe neutre. Se laisser tomber. Ces enfants se sont laissés tomber. Cette femme s'est laissée tomber. Se laisser mourir de faim. Se laisser aller à la douleur, à la paresse, à son goût pour les plaisirs.
• Se laisser aller, Se relâcher, ne pas tenir ferme, suivre ses mouvements naturels, sans projet, sans réflexion.
• Fam., Cette jeune fille s'est laissée aller, Elle a cédé à la séduction.
• Fam., Avoir du laisser aller, Avoir une sorte de négligence, d'abandon. Dans cette phrase, Laisser aller est pris substantivement.
• Fam., Se laisser mourir, Mourir. Il s'est laissé mourir il y a trois mois.
• On ne doit pas confondre l'emploi qui vient d'être indiqué, avec celui où le verbe qui suit Laisser est actif, et régit le pronom, comme dans ces phrases: Se laisser tromper, séduire. Se laisser battre. Se laisser injurier.
• Se laisser battre, signifie quelquefois simplement, Être battu; et alors il est familier.
• Fig. et fam., Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, On le lit sans fatigue, sans ennui. Cela se laisse manger, On le mange avec plaisir.
• Se laisser pénétrer, Ne pas cacher avec assez de soin ses intentions, ses projets.
• Se laisser gouverner, conduire, mener, et fig. et fam., Se laisser mener par le nez, Laisser prendre de l'empire sur soi, et n'avoir pas la force de s'y opposer.
• LAISSÉ, ÉE. participe

LAIT .s.m.
• Liqueur blanche qui se forme dans les mamelles de la femme pour la nourriture de son enfant, et dans celles des animaux mammifères femelles pour la nourriture de leurs petits. Lait de femme. Cette nourrice n'a point de lait, a beaucoup de lait. Son lait est échauffé. Une frayeur lui a troublé son lait, lui a fait perdre son lait. Cette nourrice a fait deux nourritures, a nourri d'un seul lait, d'un même lait deux enfants l'un après l'autre. Ils ont tété d'un même lait, le même lait. Cet enfant a été nourri de deux laits. Lait de vache, de brebis, de chèvre, d'ânesse, de jument. Les médecins lui ont ordonné de prendre le lait de chèvre. Se mettre, se remettre au lait. Être au lait. Ne vivre que de lait. Lait doux, aigre, caillé. Du lait bouilli. Café au lait. Un potage, une soupe, des oeufs au lait. Un pot au lait. Blanc comme lait, comme du lait.
• Jeune lait, Lait d'une femme accouchée depuis peu. Lait d'un an, Lait d'une femme accouchée depuis un an. Vieux lait, Lait d'une femme accouchée il y a longtemps.
• Fièvre de lait, Fièvre qui vient aux femmes dans les premiers jours de leurs couches.
• Lait répandu, se dit de Certaines maladies auxquelles sont exposées les femmes qui n'allaitent pas, ou qui cessent d'allaiter. Elle est malade, elle est morte d'un lait répandu.
• Frères de lait, soeurs de lait, L'enfant de la nourrice et le nourrisson qui a sucé le même lait.
• Dents de lait, Les premières dents qui viennent aux enfants. Cet enfant a perdu toutes ses dents de lait. Se dit aussi en parlant Des animaux. Ce cheval est trop jeune pour travailler, il a encore des dents de lait.
• Prov., Avoir une dent de lait contre quelqu'un, lui garder une dent de lait, Lui vouloir du mal depuis longtemps, avoir quelque ancienne rancune contre lui.
• Vache à lait, Vache à laquelle on a enlevé son veau, et dont le lait est employé pour les besoins de l'homme.
• Fig. et fam., Vache à lait, se dit d'Une personne, et par extension d'une chose dont on tire un profit continuel. Cette dupe-là est une vache à lait pour lui. Cette affaire est une vache à lait pour ce procureur. Ce malade est une vache à lait pour ce médecin.
• Veau de lait, cochon de lait, Veau, cochon qui tette encore, ou qu'on ne nourrit que de lait.
• Petit-lait, ou Lait clair, La sérosité qui se sépare du lait lorsqu'il se caille. Petit-lait clarifié. Prenez un verre de petit-lait, de lait clair, pour vous rafraîchir.
• Lait de beurre, Espèce de petit-lait qui reste dans la baratte, après qu'on a fait le beurre.
• Lait coupé, Lait dans lequel on a mis une portion d'un autre liquide. Lait coupé avec du bouillon, avec de l'eau d'orge.
• Fig., Sucer avec le lait une doctrine, une opinion, un sentiment, Recevoir, dès l'enfance, une doctrine, une opinion, un sentiment. Ce sont des principes qu'il a sucés avec le lait. Il existe entre ces deux familles une vieille haine que les enfants sucent avec le lait. On dit à peu près dans le même sens, Il a sucé le lait de la doctrine évangélique, le lait des saines doctrines, etc.
• Prov. et fig., Le vin est le lait des vieillards.
• Prov., Il avale cela doux comme lait, se dit D'un homme qui reçoit avidement toutes sortes de louanges, ou qui, par lâcheté, par dissimulation, passe doucement sur les choses qu'on lui dit pour le piquer.
• Fam., S'emporter comme une soupe au lait, S'abandonner facilement et promptement à la colère. On ne peut rien lui dire, il s'emporte comme une soupe au lait.
• Prov. et fig., Bouillir du lait à quelqu'un, Lui faire plaisir. C'est lui bouillir du lait que de lui parler de ses vers, de cette femme. Dans cette phrase, le verbe bouillir est actif.
• Prov. et par exagération, Il est si jeune, que, si on lui tordait le nez, il en sortirait encore du lait, se dit D'un très-jeune homme qui vient se mêler de choses au-dessus de son âge et de sa capacité.
• Soupe de lait, s'applique adjectivement Aux chevaux qui sont d'un blanc tirant sur l'isabelle, et aux pigeons de la même couleur. Chevaux soupe de lait. Pigeons soupe de lait.
• LAIT, se dit, par analogie, d'Une certaine liqueur blanche qui est dans les oeufs frais, quand ils sont cuits à point pour être mangés à la coque. Cet oeuf est bien frais, il a bien du lait.
• Se dit également Du suc blanc qui sort de quelques plantes et de quelques fruits. Lait de figuier. Lait de coco. Le lait qui sort du tithymale est corrosif.
• Se dit encore de Certaines liqueurs artificielles qui ont une ressemblance de couleur avec le lait. Prendre du lait d'amande. Se nettoyer le visage avec du lait virginal. Blanchir une muraille avec du lait de chaux.
• Lait de poule, Jaune d'oeuf délayé dans de l'eau chaude, avec du sucre.

LAITAGE .s.m. collect.
• Le lait, ce qui vient du lait, ce qui se fait avec le lait, comme beurre, crème, fromage. Il ne vit que de laitage.

LAITANCE
ou LAITE. s. f.
• Sperme des poissons mâles, substance blanche et molle, ressemblant à du lait caillé. La laite, la laitance d'un hareng, d'une carpe, d'un brochet. Manger des laitances de carpe. Un poisson qui n'a point de laite.

LAITÉ
, ÉE. adj.
• Se dit Des poissons qui ont de la laite, de la laitance. Carpe laitée. Hareng laité.
• Prov. et fig., Poule laitée, Homme faible et sans vigueur.

LAITERIE . s. f.
• Lieu où l'on serre, où l'on met le lait des vaches, des chèvres, des brebis, etc.; où l'on fait la crème, le beurre, les fromages, etc. Une laiterie bien exposée, bien propre, bien fraîche.

LAITERON .s.m.
• Plante laiteuse de la famille des Composées, qui sert à la nourriture des lapins domestiques. Cueillir des laiterons. Des lapins nourris de laiterons. On dit aussi, vulgairement, Laceron.

LAITEUX
, EUSE. adj.
• Se dit De certaines plantes qui ont un suc de la couleur du lait. Le tithymale est une plante laiteuse.
• Se dit aussi De certaines choses qui ont une couleur de lait. Liqueur laiteuse. Suc laiteux. Verre laiteux.
• Cette opale est laiteuse, Le blanc en est trouble.

LAITIER .s.m.
• .Fonderie. Sorte de matière vitrifiée qui nage au-dessus de quelques métaux en fusion.

LAITIÈRE . s. f.
• Femme qui fait métier de vendre du lait. La laitière n'est point encore venue.
• C'est une bonne laitière, se dit D'une vache qui donne beaucoup de lait.
• Fam., Cette nourrice est une bonne laitière, se dit D'une nourrice qui a beaucoup de lait.
• Vache laitière, Vache à lait, vache nourrie uniquement pour donner du lait. Dans cette locution, laitière est pris adjectivement.

LAITON .s.m.
• Cuivre rendu jaune par le mélange du zinc. Boucles de laiton. Fil de laiton.

LAITUE . s. f.
• Herbe potagère du genre des plantes laiteuses. Petite laitue. Laitue pommée, sauvage, romaine. Salade de laitue. Suc, sirop de laitue. La laitue est rafraîchissante.

LAIZE . s. f.
• .Manufacture. Différence, ordinairement légère, en plus ou en moins, de la largeur réelle d'une étoffe à sa largeur légale ou convenue. Drap quatre tiers, grande ou petite laize, c'est-à-dire, qui a un peu plus ou un peu moins de quatre tiers. Dans les bonnes fabriques, on est scrupuleux sur les laizes.
• Se dit aussi quelquefois de La largeur même. Ce châle cinq quarts a bien sa laize.

LAMA .s.m.
• Nom des prêtres de Bouddha, au Thibet et chez les Mongols. Les lamas sont regardés comme des incarnations de différentes divinités. Les peuples qui adorent le grand lama.

LAMA
ou LLAMA.s.m.
• (On mouille les deux L.) T. d'Hist. nat. Quadrupède ruminant du Pérou, semblable à un petit chameau, mais sans bosse. Le lama était, au Pérou, la seule bête de somme, avant la conquête de ce pays par les Espagnols.

LAMANAGE .s.m.
• .Marine. Travail, profession des pilotes lamaneurs.

LAMANEUR .s.m.
• Pilote qui connaît particulièrement l'entrée d'un port, et qui y réside pour conduire les navires étrangers à l'entrée et à la sortie. On dit aussi, Locman.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Pilote lamaneur.

LAMANTIN .s.m.
• Voyez LAMENTIN.

LAMBEAU .s.m.
• Morceau, pièce d'une étoffe déchirée. Son habit est tout en lambeaux, s'en va en lambeaux, par lambeaux. Il y a laissé un lambeau de son habit.
• Se dit aussi Des morceaux de chair déchirée. Sa chair tombait par lambeaux, en lambeaux.
• Il signifie figurément, Partie détachée, fragment, débris. On n'a retenu que quelques lambeaux de ce discours. Il a arraché un lambeau de cette succession. Plusieurs États se formèrent des lambeaux de l'empire romain.

LAMBEL .s.m.
• .Blason. Certaine brisure dont les puînés chargent en chef les armes de leur maison.

LAMBIN
, INE. subst.
• Celui, celle qui agit habituellement avec lenteur. C'est un vrai lambin. C'est une lambine. Il est familier.
• S'emploie aussi adjectivement. Êtes-vous assez lambin? Je n'ai pas vu d'homme plus lambin.

LAMBINER . v. n.
• Agir lentement. Il ne fait que lambiner. Il est familier.

LAMBOURDE . s. f.
• .Charpent. Pièce de bois de charpente qui sert à soutenir un parquet ou les ais d'un plancher. Poser des lambourdes. Mettre du plâtre entre les lambourdes.
• Se dit aussi Des pièces de bois qu'on met le long des murs ou des poutres, pour soutenir les bouts des solives, lorsqu'ils n'entrent pas dans les murs ou ne portent pas sur les poutres.
• LAMBOURDE, se dit aussi, en Maçonnerie, d'Une espèce de pierre tendre et calcaire. Lambourde d'Arcueil, de Saint-Maur, etc.

LAMBREQUINS .s.m. plur.
• .Blason. Ornements qui pendent du casque et entourent l'écu.
• LAMBREQUINS, en termes d'Architecture, Découpures de bois ou de tôle, imitant le coutil et couronnant un pavillon, une tente, un store, etc.

LAMBRIS .s.m.
• Revêtement de menuiserie, de marbre, de stuc, etc., sur les murailles d'une salle, d'une chambre, etc. Les panneaux de ce lambris sont de bois de sapin, et les pilastres de chêne. Ce lambris est de marbre de diverses couleurs. Ce lambris est peint en blanc, avec des moulures dorées. Lambris de stuc.
• Lambris d'appui, Lambris de deux à trois pieds de haut qui règne autour d'une pièce. Les lambris d'appui de la salle à manger sont de marbre, ceux du salon sont de chêne.
• Lambris feint, Imitation d'un lambris par le moyen de la peinture.
• LAMBRIS, se dit également d'Un enduit de plâtre fait au dedans d'un grenier, d'un galetas, sur des lattes jointives clouées aux chevrons.
• LAMBRIS, se dit aussi d'Un revêtement de menuiserie appliqué aux solives d'une salle, d'une chambre, etc., et où l'on forme quelquefois des caissons. Des lambris peints et dorés. On dit dans le même sens, Lambris de plafond.
• Par extension et poétiq., De vastes lambris, des lambris dorés, de riches lambris, etc., se dit De la décoration intérieure d'une maison vaste et magnifique. Le bonheur se trouve rarement sous les lambris dorés.
• Fig., en poésie, Le céleste ou les célestes lambris, Le ciel.

LAMBRISSAGE .s.m.
• Ouvrage de celui qui a lambrissé. Le lambrissage de cette pièce est riche, est beau, a coûté beaucoup de peine, de temps, d'argent.

LAMBRISSER . v. a.
• Revêtir de lambris. Lambrisser de bois les murs d'une chambre à coucher, d'un cabinet. Lambrisser de marbre ou de stuc une salle à manger. Lambrisser de plâtre un galetas. Faire lambrisser un plafond.
• LAMBRISSÉ, ÉE. participe, Chambre lambrissée, se dit particulièrement d'Une chambre sous le toit, dont l'intérieur est revêtu d'un enduit de plâtre.

LAMBRUCHE
ou LAMBRUSQUE. s. f.
• Espèce de vigne sauvage.

LAME . s. f.
• Morceau de métal plat, de peu d'épaisseur, et ordinairement plus long que large. Lame de cuivre, d'étain, de plomb, d'argent, d'or. Une inscription, une épitaphe gravée sur une lame de cuivre, etc.
• LAME, se dit aussi, surtout au pluriel, de L'or ou de l'argent trait, battu, ou aplati entre deux cylindres, qu'on fait entrer dans la fabrication de quelques étoffes, de quelques broderies, de quelques galons, pour les rendre plus riches et plus brillants. La robe de cette femme était toute couverte de lames. Il y a beaucoup de lames et de paillettes dans cette broderie. Mousseline brodée de lames.
• Se dit quelquefois par analogie, en termes d'Histoire naturelle, Des parties minces et plates, des espèces de feuillets qui garnissent ou composent certaines productions naturelles. Les lames qui garnissent le chapeau des agarics. Une pierre qui peut aisément se partager en lames.
• Les lames d'un trictrac, Les languettes pointues qui sont tracées au fond du trictrac. On les nomme plus ordinairement Flèches.
• LAME, signifie aussi, Le fer de l'épée. Bonne lame. Lame fine, pesante, légère. Lame de Vienne, d'Espagne, de Damas. Lame vidée. Lame de bonne trempe. Lame tranchante. Lame damasquinée. La lame se cassa. La lame est faussée.
• Fig. et fam., C'est une bonne lame, se dit D'un homme qui manie bien l'épée; et, C'est une fine lame, D'une femme fine et rusée.
• Prov. et fig., La lame use le fourreau, se dit Des personnes en qui une grande activité d'âme ou d'esprit nuit à la santé.
• LAME, se dit également Du fer de plusieurs autres armes, et de beaucoup d'instruments propres à percer, tailler, couper, trancher, raser, gratter, etc. Lame de sabre, de couteau de chasse, de poignard, de baïonnette, de fleuret. Lame de couteau, de canif, de rasoir, de lancette, de grattoir, de serpette. Couteau à deux lames. Couteau à lame d'acier, de fer, d'or, d'argent. Lame ébréchée, dentelée, épointée. Lame à deux tranchants.
• LAME, en termes de Marine, Une vague de la mer. Il vint une lame qui couvrit le vaisseau. La lame vient du large. Lame longue. Lame courte. La tempête était si forte, que les lames entraient dans le vaisseau.

LAMÉ
, ÉE. adj.
• Il ne se dit que Des étoffes enrichies de lames d'or ou d'argent. Étoffe lamée, lamée d'or, lamée d'argent. Elle portait ce jour-là une robe lamée d'or.

LAMELLÉ
, ÉE et plus souvent LAMELLEUX, EUSE. adj.
• (On fait sentir les deux LL.) T. d'Hist. nat. Qui est garni de lames ou feuillets, ou Qui se laisse diviser en lames, en feuilles. Le chapeau de certains champignons est lamellé en dessous. Le talc est lamelleux. L'ardoise est une pierre lamelleuse.

LAMENTABLE . adj. des deux genres
• Déplorable, qui mérite d'être pleuré. Une mort lamentable. Un accident lamentable. Un sort lamentable.
• Il signifie aussi quelquefois, Douloureux, qui porte à la pitié. Un discours, un accent, un ton de voix lamentable. Une histoire lamentable. Des cris lamentables.

LAMENTABLEMENT . adv.
• D'un ton lamentable, d'un ton propre à exciter la pitié. Il nous conta ses adversités si lamentablement, que...

LAMENTATION . s. f.
• Plainte accompagnée de gémissements et de cris. On n'entendit que lamentations. Souvent il signifie seulement, Expression de douleur et de regret. Après une longue lamentation. Il se répand en lamentations. Il fait d'éternelles lamentations sur la perte de son procès.
• Les Lamentations de Jérémie, Sorte de poëme que ce prophète a fait sur la ruine de Jérusalem. On chante à Ténèbres les Lamentations de Jérémie.

LAMENTER . v. a.
• Déplorer, regretter avec plaintes et gémissements. Lamenter la mort de ses parents, la ruine de sa patrie. Lamenter son malheur. Dans le sens actif, il n'est guère usité qu'en poésie.
• S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Vous vous lamentez en vain. Des femmes qui se lamentaient. Il se lamente sans cesse sur la perte de son emploi.
• Il se prend aussi neutralement. Vous avez beau pleurer et lamenter. Cet emploi est peu usité.
• LAMENTÉ, ÉE. participe

LAMENTIN .s.m.
• (Quelques-uns écrivent, Lamantin.) Animal vivipare marin qui n'a que les extrémités de devant, et dont les mamelles sont sous la poitrine. On a pris quelquefois la femelle du lamentin pour une femme marine.

LAMIE . s. f.
• Espèce de requin, de squale d'une grandeur extraordinaire. Il y a des lamies qui pèsent jusqu'à trente milliers.
• Se dit aussi de Certains êtres fabuleux qui passaient, chez les anciens, pour dévorer les enfants, et qu'on représentait ordinairement avec une tête de femme et un corps de serpent.

LAMINAGE .s.m.
• Action de laminer.

LAMINER . v. a.
• Réduire un métal en lame, en lui donnant une épaisseur uniforme par une compression toujours égale. Laminer du plomb.
• LAMINÉ, ÉE. participe

LAMINOIR .s.m.
• Machine composée de deux cylindres d'acier, entre lesquels on fait passer des lames de métal, pour en réduire plus ou moins l'épaisseur, suivant qu'on rapproche plus ou moins les cylindres. Métal passé au laminoir, par le laminoir.

LAMPADAIRE .s.m.
• T. d'Hist. ancienne. Nom d'un officier qui portait des flambeaux devant l'empereur, l'impératrice, et devant quelques autres personnes considérables.
• LAMPADAIRE, se dit aussi d'Une espèce de lustre ou de candélabre propre à soutenir des lampes. Les lampadaires sont ordinairement de bronze.

LAMPADISTE .s.m.
• T. d'Antiq. On appelait ainsi, chez les Grecs, Ceux qui disputaient le prix à la course des flambeaux.

LAMPADOPHORE .s.m.
• T. d'Antiq. On nommait ainsi, chez les Grecs, Ceux qui portaient les lumières dans les cérémonies religieuses.
• Se dit aussi dans le même sens que Lampadiste.

LAMPAS .s.m.
• Étoffe de soie qu'on tirait originairement de la Chine, et qui est en général à grands dessins d'une couleur différente de celle du fond. Le lampas sert surtout à l'ameublement.

LAMPAS .s.m.
• T. d'Art vétérinaire. Engorgement ou allongement de la membrane qui tapisse le palais du cheval près des dents incisives. C'est ce qu'on nomme autrement Fève. Ce cheval ne mangera que quand vous lui aurez ôté le lampas.
• Pop., Humecter le lampas, Se mouiller le palais, boire du vin. Il humecte volontiers le lampas.

LAMPE . s. f.
• Vase, ustensile où l'on met une mèche et de l'huile pour éclairer. Lampe de terre, de bronze, de cuivre, d'argent, de verre, de cristal. Lampe portative. Lampe de nuit. Lampe à l'antique. Lampe sépulcrale. Lampe à double courant d'air. Lampe astrale. Lampe à becs, à plusieurs becs. Lampe à pompe. Lampe de mineur. Lampe à l'esprit-de-vin. Allumer, éteindre, moucher, entretenir une lampe. Mettre de l'huile dans la lampe. Il y a une lampe qui brûle toujours devant cet autel. Les émailleurs travaillent au feu de la lampe. Les chimistes se servent du feu de lampe.
• Fig. et fam., Il n'y a plus d'huile dans la lampe, se dit D'une personne qui se meurt d'épuisement, dont les forces naturelles s'éteignent.
• Fig. et fam., Veiller comme une lampe, se dit D'une personne qui aime à veiller.
• Prov. et fig., Il ne faut pas mettre la lampe allumée sous le boisseau, Il ne faut ni ôter ni refuser à autrui les moyens de s'éclairer, de s'instruire.
• En Architecture, Cul-de-lampe, Certain ornement de lambris ou de voûte, qui est fait comme le dessous d'une lampe d'église. Se dit aussi de Certains cabinets saillants en dehors d'une maison, et dont la partie inférieure a cette forme.
• En Imprimerie, Cul-de-lampe, Ornement, aujourd'hui peu employé, qui se termine ordinairement en pointe, et qui servait principalement à remplir le blanc de la page où finissait un livre, un chapitre, etc. Édition ornée de vignettes, fleurons et culs-de-lampe.

LAMPÉE . s. f.
• Grand verre de vin. Il en avala cinq ou six lampées. Il est populaire.

LAMPER . v. a.
• Boire avidement de grands verres de vin. En un instant il eut lampé cinq ou six verres de vin. On peut l'employer absolument. Il aime à lamper. Il est populaire.
• LAMPÉ, ÉE. participe

LAMPERON .s.m.
• Petit tuyau ou languette qui tient la mèche dans une lampe.

LAMPION .s.m.
• Petit vaisseau de terre, de fer-blanc ou de verre, dans lequel on met du suif ou de l'huile avec une mèche, pour faire des illuminations.
• LAMPION, signifie aussi, Le vase de verre qu'on suspend au milieu des lampes d'église, entre le panache et le culot.

LAMPISTE .s.m.
• Ouvrier qui fait et vend des lampes.

LAMPROIE . s. f.
• Poisson de mer, de forme cylindrique et allongée, qui a, de chaque côté, sept trous pour la respiration, et qui, au printemps, remonte les fleuves et les rivières. Grosse lamproie. Petite lamproie.

LAMPROYON
ou LAMPRILLON.s.m.
• Espèce de petite lamproie. Manger des lamproyons.

LANCE . s. f.
• Arme d'hast, ou à long bois, qui est terminée par un fer pointu, et qui est fort grosse vers la poignée. La poignée, le tronçon de la lance. Le bois, le fer de la lance. Faire la levée de la lance. Tenir la lance en arrêt. Lance de combat, de joute, de tournoi. Coucher, baisser la lance. Il rompit trois lances pour les dames. Il l'abattit d'un coup de lance. Les champions brisèrent leurs lances. Les lances volèrent en éclats. Ils venaient, l'un contre l'autre, lances baissées ou à lances baissées. Un beau coup de lance. Il combattit avec la lance et l'écu.
• Lance brisée, Lance dont on se servait dans les joutes, et qui était à demi sciée près du bout, en sorte qu'elle pouvait facilement se briser.
• Lance à outrance, ou Lance à fer émoulu, Lance dont le fer était pointu, et avec laquelle on combattait à outrance. Lance courtoise, ou Lance mousse, ou Lance frétée, ou Lance mornée, Lance dont le fer n'était pas pointu, et qui était garnie au bout d'une sorte d'anneau qu'on appelait Frette ou Morne.
• En termes de Manége, La main de la lance, La main droite du cavalier. Le pied de la lance, Le pied droit du cheval. Fig., Coup de lance, Marque naturelle que quelques chevaux ont entre le poitrail et l'épaule.
• Fig. et fam., Baisser la lance, Fléchir, mollir, se relâcher. Il a tenu bon plus d'un an, mais enfin il a baissé la lance. On dit aussi, Baisser la lance devant quelqu'un, Lui céder, reconnaître sa supériorité.
• Prov. et fig., Rompre une lance, rompre des lances pour quelqu'un, Le défendre contre ceux qui l'attaquent. On vous attaquait rudement dans cette compagnie, j'ai rompu bien des lances pour vous. On dit dans un sens différent, Rompre une lance avec quelqu'un, contre quelqu'un, Disputer avec lui.
• Prov. et fig., Il est venu, il est retourné à beau pied sans lance, Il est venu, il est retourné à pied.
• Prov. et fig., Le royaume de France ne peut tomber de lance en quenouille, Les femmes ne peuvent hériter du trône de France.
• LANCE, se prenait autrefois pour Un gendarme armé d'une lance. Une compagnie de cent lances.
• Lance fournie, s'est dit d'Un homme d'armes ayant tout son accompagnement, qui consistait en un certain nombre de soldats, de valets et de chevaux.
• LANCE, se dit aujourd'hui d'Une longue pique dont certains corps de cavalerie sont armés. Ce régiment a reçu sa fourniture de lances. La lance d'un Cosaque.
• Lance de drapeau, d'étendard, Bâton surmonté d'un fer de lance, et auquel est attaché le drapeau, l'étendard.
• LANCE, se dit aussi d'Un long bâton garni d'un tampon, pour jouter sur l'eau.
• Lance à feu, Fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice.
• LANCE, se dit encore d'Un météore igné dont la forme est à peu près celle d'une lance.
• LANCE, se dit en outre de Deux instruments de chirurgie, dont l'un sert à faire l'opération de la fistule lacrymale, et l'autre à percer la tête du foetus mort et arrêté au passage.

LANCÉOLÉ
, ÉE. adj.
• .Bot. Qui a la forme d'un fer de lance. C'est une plante à feuilles lancéolées.

LANCER . v. a.
• Darder, jeter en avant avec force, avec roideur, pour atteindre au loin. Lancer un trait, un dard, un javelot. Les anciens, dans les combats, lançaient des dards, des traits et des javelots. Lancer une pierre, des pierres, une grêle de pierres, de traits, etc. Lancer une balle contre un mur. Les balistes, les catapultes servaient à lancer de grosses pierres. Poétiquement et dans le style soutenu: Dieu lance le tonnerre, lance la foudre. Le soleil lance ses rayons sur la terre. Etc.
• LANCER, s'emploie aussi figurément. Lancer un regard de colère. Lancer des oeillades. Lancer des traits de raillerie. Lancer une épigramme, des épigrammes contre quelqu'un. Ils se sont lancé mille traits des plus piquants. Lancer un monitoire, une bulle, un interdit, un mandement, un anathème. Lancer une brochure, une satire, un pamphlet contre quelqu'un.
• En termes de Vénerie, Lancer la bête, le cerf, le sanglier, le loup, le lièvre, etc., Les faire sortir de l'endroit où ils sont, pour leur donner les chiens.
• En termes de Marine, Lancer un vaisseau à la mer, dans un fleuve, etc., Le faire descendre du chantier à la mer, dans un fleuve, en le laissant glisser sur un plan incliné. Ce vaisseau lance bâbord, lance tribord, se dit D'un vaisseau qui, se détournant accidentellement de sa route, se jette à gauche ou à droite. Dans cette dernière phrase, Lancer est employé neutralement.
• En termes de Manége, Lancer un cheval, Le faire partir très-vite, au galop.
• LANCER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se jeter avec impétuosité, avec effort. Il se lança au travers des ennemis. Il se lança dans le bois. Il se lança le premier dans l'eau. Ils se sont lancés l'un sur l'autre.
• Fig. et fam., Se lancer dans le monde, dans la littérature, dans les affaires, Y entrer, s'y produire, s'y jeter avec peu de réflexion.
• LANCE, ÉE. participe

LANCETTE . s. f.
• Instrument de chirurgie, servant à ouvrir la veine, à percer un abcès, etc. Donner un coup de lancette. Enfoncer la lancette bien avant. Percer, ouvrir un abcès avec une lancette.

LANCIER .s.m.
• Cavalier dont l'arme principale est une lance. On a levé un régiment de lanciers.

LANCINANT
, ANTE. adj.
• .Médecine. Il n'est guère usité que dans cette locution, Douleur lancinante, Douleur qui se fait sentir par élancements.

LANDAMMAN .s.m.
• (On prononce Landamane.) Titre du premier magistrat dans quelques républiques de la Suisse. Les fonctions de landamman sont temporaires. Il a été élu landamman.

LANDAU
ou LANDAW.s.m.
• Sorte de voiture à quatre roues, dont le dessus est formé de deux soufflets, qui se replient à volonté. Découvrir un landau. Il se promenait dans un landau fort élégant. Des landaus.

LANDE . s. f.
• Grande étendue de terre inculte et stérile. Ce pays n'est qu'une lande. Les landes de Bordeaux. Un pays plein de landes. Au milieu des landes. Changer des landes en pâturages.

LANDGRAVE .s.m.
• Titre, dignité de quelques princes d'Allemagne. Ce nom signifie, Comte du pays. Le landgrave de Hesse.

LANDGRAVIAT .s.m.
• État, pays soumis à un landgrave. Le landgraviat de Hesse.

LANDIER .s.m.
• Gros chenet de fer servant à la cuisine.

LANDWEHR . s. f.
• Nom donné, en Prusse, et dans d'autres États de l'Allemagne, à une partie de la population qui est armée pour servir d'auxiliaire aux troupes de ligne. La landwehr reçut l'ordre de marcher.

LANERET .s.m.
• Oiseau de proie, le mâle du lanier.

LANGAGE .s.m.
• Emploi que l'homme fait des sons et des articulations de la voix, pour exprimer ses pensées et ses sentiments. On a publié de nombreux écrits sur l'origine du langage.
• Se dit, par extension, Des cris, du chant, etc., dont les animaux se servent pour se faire entendre. Les oiseaux ont une sorte de langage. Le langage des bêtes.
• LANGAGE, se dit, figurément, de Tout ce qui sert à exprimer des idées et des sensations. Langage du geste, des yeux. Langage d'action. Les yeux ont un langage très-expressif. En Turquie, on forme avec les fleurs un langage symbolique. La pantomime est un langage. La peinture est un langage muet. On a composé, pour les sourds-muets, un langage au moyen de divers mouvements de la main et des doigts.
• LANGAGE, se dit aussi de L'idiome d'une nation. Le langage des Turcs. Le langage persan. Personne n'entend ce langage. C'est un langage barbare, un langage inconnu.
• Il signifie également, Discours, style, manière de s'exprimer. Langage naïf, pur, simple, sans ornement. Langage figuré, allégorique, mystique, poétique, orné, affecté, fleuri, pompeux. Langage obscur, incorrect. Cela est écrit en beau langage, en vieux langage. La pureté, la correction du langage. Les beautés, les agréments, les finesses, les irrégularités, les anomalies, les vices du langage. Dénaturer, défigurer, corrompre le langage. Faire des fautes de langage.
• LANGAGE, signifie encore, La manière dont on parle de quelque chose, eu égard au sens plutôt qu'aux mots ou à la diction. Vous me tenez là un étrange langage. Ce langage-là ne me plaît point. Je n'entends point ce langage. Je vous ferai bien changer de langage. Il a bien changé de langage. Il tient maintenant un autre langage. Le langage de la religion, du barreau, des cours. Le langage de l'Écriture sainte. Le langage des Pères, des théologiens scolastiques. Ce n'est pas là le langage d'un homme de bien. Voilà bien le langage de la passion. Vous tenez là le langage de la peur, de la présomption, etc. Emprunter le langage de la bienveillance. Composer son langage. Quittez ce langage qui ne s'accorde point avec votre sincérité. Ces gens-là se sont bien concertés, ils n'ont tous qu'un même langage.

LANGE .s.m.
• Morceau d'étoffe ou de toile, dont on enveloppe les enfants au berceau. Des langes fins, de beaux langes. Un lange de futaine, de molleton, de piqué. Grâce aux conseils éloquents de J. J. Rousseau, les enfants ne sont plus gênés, serrés dans leurs langes, comme ils l'étaient autrefois.

LANGOUREUSEMENT . adv.
• D'une manière langoureuse. Regarder langoureusement.

LANGOUREUX
, EUSE. adj.
• Qui est en langueur. Il a été longtemps malade, il est encore tout langoureux. Il est peu usité en ce sens.
• Par dérision, Faire le langoureux auprès d'une femme, Lui faire la cour d'une manière doucereuse et fade.
• LANGOUREUX, signifie aussi, Qui marque de la langueur. Il a un air langoureux. Il parle d'un ton langoureux. Un regard langoureux. Des vers langoureux.

LANGOUSTE . s. f.
• Sorte d'écrevisse de mer, à corselet épineux. Manger des langoustes.

LANGUE . s. f.
• Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d'un homme, d'un oiseau, d'un cheval, d'un poisson. La pointe ou le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet ou le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s'écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu'un. On l'a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de boeuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies.
• En termes de Chasse et de Manége, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manége, Aides, appel de la langue.
• Prov., Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d'eau, se dit en parlant D'une personne dont on n'a nulle compassion.
• Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif.
• Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu'on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui.
• Fam., Mince comme la langue d'un chat, comme une langue de chat, se dit D'une chose mince et déliée.
• Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd'hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer.
• Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité de parler.
• Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil.
• Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité.
• Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler.
• Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu'un, Faire rompre le silence à quelqu'un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l'argent la lui a dénouée, la lui a déliée.
• Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement.
• Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne saurait garder un secret.
• Par exclamation, Quelle langue! Quel bavard! quelle bavarde!
• Fig. et fam., Il a la langue dorée, c'est une langue dorée, se dit De quelqu'un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire.
• Fig. et fam., N'avoir point de langue, se dit D'une personne qui parle très-peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n'a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n'avez pas de langue?
• Être maître, n'être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret.
• Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu'il faudrait taire, commettre des indiscrétions.
• Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D'une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable.
• Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu'on est près de trouver, de dire un mot qu'on cherche dans sa mémoire.
• Fig., C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D'une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d'autrui.
• Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l'on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu'un coup de lance.
• Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu'on n'a pas dessein d'exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées.
• Fig. et fam., Se mordre la langue, S'arrêter au moment de dire ce qu'on ne doit pas ou ce qu'on ne veut pas exprimer. J'allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue.
• Fig. et fam., Se mordre la langue d'avoir parlé, S'en repentir. Je n'ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m'en suis mordu la langue.
• Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir.
•Prov., Beau parler n'écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement.
• Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens? je vous dirai le mot.
• Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s'expliquer, peut aller partout.
• Prendre langue, S'informer de ce qui se passe, de l'état d'une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l'on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l'on n'est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s'engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.
• LANGUE, signifie aussi, L'idiome d'une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l'Orient. La langue italienne s'est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d'une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l'orthographe, la prosodie d'une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L'origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L'étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée.
• Prov., L'usage est le tyran des langues, L'usage prévaut sur les règles de la grammaire.
• Prov., On ne s'entend pas, c'est la confusion des langues, se dit D'une conversation où tout le monde parle à la fois.
• Langue primitive, Celle qu'on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n'ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive.
• Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre.
• Langue mère ou matrice, Celle qui, n'étant formée d'aucune autre langue connue, a servi à en former d'autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d'une autre.
• Langue morte, Celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu'un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne ou savante, par opposition à Langue moderne ou vulgaire.
• Langue littérale. Voyez LITTÉRAL.
• Langues sémitiques, Langues qu'on regarde comme ayant été parlées par les enfants de Sem et par leurs descendants. Ces langues sont l'hébreu et plusieurs autres sorties de la même source, telles que l'arabe, le syriaque, etc.
• Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l'on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d'un autre pays.
• Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère.
• La langue sainte, La langue hébraïque.
• Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu'on suppose inspirés par la Divinité.
• Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n'est pas obligé de les placer suivant l'ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives.
• Langue philosophique, Langue où l'on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n'y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc.
• Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d'une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle.
• Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne.
• Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.
• LANGUE, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l'idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n'a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l'amour.
• LANGUE, s'est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l'ordre de Malte. La langue de Provence, d'Auvergne, de France, d'Aragon, etc.
• LANGUE, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d'une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu.
• Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d'eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s'avancent dans la mer. Se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d'autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie.
• Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires.
• Langue-de-chien. Voy. CYNOGLOSSE.
• Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu'elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d'un serpent. Se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

LANGUETTE . s. f.
• Ce qui est taillé, découpé, etc., en forme de petite langue. Tailler un morceau d'étoffe en languette.
• LANGUETTE, signifie aussi, Une petite pièce mobile de métal, qui, en s'élevant ou s'abaissant, ouvre ou ferme les trous faits à un instrument à vent. La languette d'un hautbois, d'une clarinette.
• LANGUETTE, signifie encore, Cette petite pièce de fer d'une balance, qui sert à marquer l'équilibre quand elle est d'aplomb. La languette d'une balance. On l'appelle aussi Aiguille.
• LANGUETTE, en termes de Maçonnerie, Séparation de quelques pouces d'épaisseur faite de pierres, de briques, ou de plâtre, dans l'intérieur des souches de cheminée, dans un puits mitoyen, etc. Diviser un puits, un tuyau de cheminée par une languette.
• LANGUETTE, en termes de Menuiserie, Espèce de tenon continu formé par le rabot sur l'épaisseur d'une planche, et fait pour entrer dans une rainure. Assemblage à languettes et rainures.
• LANGUETTE, en termes d'Orfévrerie, Petit morceau d'argent ou d'or que les orfévres laissent en saillie à chaque pièce qu'ils fondent, et qui sert à faire l'essai avant de marquer la pièce du poinçon légal.

LANGUEUR . s. f.
• Abattement, état d'une personne faible et malade. Grande langueur. Langueur mortelle. Être en langueur. Tomber en langueur. Maladie de langueur. Il est dans un état de langueur qui nous afflige. Il est mort en langueur, de langueur.
• LANGUEUR, se dit aussi d'Une sorte d'abattement moral et physique, causé par les fatigues de l'esprit, par les peines de l'âme, et principalement par celles qui viennent de l'amour. L'excès du travail l'a mis dans un état de langueur dont il a peine à sortir. La mort de sa femme l'a jeté dans une langueur d'où rien ne peut le tirer. Une secrète langueur s'est emparée de son âme. Son âme est dans la langueur. Des yeux pleins de langueur, d'une amoureuse langueur.
• Langueur d'estomac, État d'un estomac qui a perdu le ton, le ressort dont il a besoin pour bien faire ses fonctions.
• Fig., Il y a de la langueur dans cet ouvrage, Souvent cet ouvrage manque de chaleur, de force, d'intérêt, de mouvement.
• LANGUEURS au plur. se dit d'Un état d'affaiblissement, d'abattement. Il ne sent point les langueurs de l'âge. Les langueurs d'une vie sans occupation, sans attachement.

LANGUEYER . v. a.
• Visiter la langue d'un porc, pour voir s'il est sain ou ladre. Langueyer un porc.
• LANGUEYÉ, ÉE. participe

LANGUEYEUR .s.m.
• Celui qui est commis pour langueyer les porcs. Le langueyeur doit dire si le porc est ladre ou non.

LANGUIER .s.m.
• La langue et la gorge d'un porc, quand elles sont fumées. Des languiers du Mans, d'Anjou. Une demi-douzaine de languiers.

LANGUIR . v. n.
• Être dans un état d'abattement et de faiblesse causé par quelque maladie qui ôte peu à peu les forces. Il est pulmonique, il y a trois ans qu'il languit. On languit long-temps de ce mal-là avant que d'en mourir. Il ne fait que languir.
• Il signifie aussi, Souffrir de la continuité, de la durée d'un supplice, d'un châtiment, d'un besoin, d'un mal physique autre que la maladie. On le fit languir dans de cruels tourments. Tuez tout de suite cet animal, ne le faites pas languir. Languir de faim, de soif, de misère. Languir dans les fers, dans une prison, dans un long exil.
• Se dit, figurément, en parlant Des peines de l'esprit et de l'âme. Languir d'ennui. Languir d'amour. Languir dans l'attente d'un bien. Ne le faites pas languir après ce que vous lui avez promis.
• LANGUIR, se dit aussi, figurément, Des végétaux qui ne sont pas en bon état, qui poussent faiblement, qui donnent peu de fruits. Cet arbre languit, ces fleurs languissent faute d'eau.
• La nature languit, toutes choses languissent pendant l'hiver, La nature est alors comme engourdie.
• LANGUIR, se dit encore, figurément, Des ouvrages d'esprit qui manquent de force, de chaleur, de vivacité. Ces vers languissent. Cette pièce commence bien, mais sur la fin elle languit. On dit aussi, fréquemment, dans des sens analogues: La conversation languissait, Personne ne soutenait la conversation, on la laissait tomber. Les nouvelles, les plaisirs languissent, Il y a peu de nouvelles importantes, il y a peu de divertissements. Les affaires languissent, On n'en fait guère. L'affaire languit, Elle traîne en longueur, on ne l'expédie point.

LANGUISSAMMENT . adv.
• D'une manière languissante, avec langueur. Il laissait tomber languissamment ses paroles. Il la regardait languissamment.

LANGUISSANT
, ANTE. adj.
• Qui languit. Il est languissant dans un lit. Languissant dans une prison. Languissant d'ennui. Languissante d'amour. Cet enfant, cet oiseau est tout languissant.
• Se dit aussi Des choses, tant au sens physique qu'au sens moral. Vieillesse languissante. Santé languissante. État languissant. Voix languissante. Il mène une vie languissante. Le commerce est languissant. Ces vers sont froids et languissants. Style, discours languissant.
• Regards languissants, Regards qui marquent beaucoup d'abattement ou beaucoup d'amour.

LANICE . adj. f.
• Il n'est usité que dans cette expression, Bourre lanice, Bourre qui provient de la laine.

LANIER .s.m.
• La femelle du laneret, qui est une grande espèce de faucon. Le lanier était un oiseau de leurre.

LANIÈRE . s. f.
• Sorte de courroie longue et étroite. La lanière d'un fouet.

LANIFÈRE . adj. des deux genres
• Qui porte de la laine. Se dit Des animaux et des plantes qui produisent une matière laineuse ou cotonneuse.

LANISTE .s.m.
• T. d'Antiq. On donnait ce nom à Celui qui achetait, formait ou vendait des gladiateurs.

LANSQUENET .s.m.
• On appelait autrefois ainsi Un fantassin allemand. Une levée de lansquenets.
• LANSQUENET, se dit aussi d'Une sorte de jeu de hasard que l'on joue avec des cartes. Jouer au lansquenet.

LANTERNE . s. f.
• Ustensile de verre, de corne, de toile, ou d'autre matière transparente, dans lequel on enferme une lumière. Lanterne ronde, carrée. Lanterne de corne, de verre, de toile, de papier. Prendre, avoir, tenir, porter une lanterne. Lanternes de carrosse, de cabriolet. Lanternes à réverbères. Les maisons de Paris étaient autrefois taxées pour les boues et lanternes. Allumer, éteindre une lanterne.
• Lanterne sourde, Sorte de lanterne faite de manière que celui qui la porte voit sans être vu, et qu'il en cache entièrement la lumière à volonté.
• Prov. et fig., Il veut faire croire que des vessies sont des lanternes, Il veut faire croire des choses absurdes et bizarres.
• Lanterne magique, Instrument d'optique qui, au moyen de lentilles et de verres peints, fait voir différents objets sur une toile ou sur une muraille blanche. Montrer la lanterne magique.
• Fig. et fam., C'est une lanterne magique, une vraie lanterne magique, se dit D'une société où un grand nombre de personnes ne font que passer, et se succèdent les unes aux autres. On dit dans le même sens, Le monde est une lanterne magique.
• LANTERNE, en termes d'Essayeur d'or et d'argent, Espèce de petite armoire dont le dessus et les côtés sont vitrés, pour empêcher l'action de l'air sur les trébuchets, ou balances très-fines, qui y sont placés.
• LANTERNE, en termes d'Architecture, Sorte de tourelle ouverte par les côtés, posée sur le comble d'un édifice, et ordinairement au-dessus d'un dôme, d'une coupole. La lanterne du dôme des Invalides.
• Se dit également d'Une espèce de cage circulaire ou carrée, garnie de fenêtres et de vitraux, et placée au-dessus d'un édifice pour en éclairer l'intérieur par en haut. La lanterne de la salle de la bourse.
• Se dit encore d'Espèces de loges ou de cabinets qui sont placés dans quelques salles d'assemblées publiques, et d'où, sans être vu, on peut voir et écouter. Lorsque le roi tenait un lit de justice, ou qu'il y avait quelque autre acte public au parlement, les dames se plaçaient dans les lanternes de la grand'chambre.
• LANTERNE, en Mécanique, signifie, Une petite roue formée de plusieurs fuseaux, dans laquelle engrènent les dents d'une autre roue.
• LANTERNES, au pluriel,se dit, figurément et familièrement, de Fadaises, de contes absurdes, ridicules. Tout ce qu'il nous a dit là, ce sont des lanternes. Conter des lanternes.

LANTERNER . v. n.
• Être irrésolu en affaires, perdre le temps à des riens. Il ne fait que lanterner, et n'avance à rien. Il s'est amusé à lanterner.
• S'emploie activement, et signifie, Remettre quelqu'un de jour en jour, l'amuser par de vaines paroles. Vous me lanternez depuis longtemps.
• S'emploie aussi, activement et absolument, dans le sens de Tenir des discours frivoles et ridicules. Je ne sais ce qu'il me vient lanterner tous les jours. Qu'est-ce qu'il me vient lanterner? Il est familier dans toutes ses acceptions.
• LANTERNÉ, ÉE. participe

LANTERNERIE . s. f.
• Irrésolution, difficulté futile qui retarde quelque affaire. Il est d'une lanternerie qui ne finit point. Il a manqué son affaire à force de lanternerie. Il est familier.
• Il signifie aussi, Fadaise, discours frivole et ridicule. Il ne nous a dit que des lanterneries.

LANTERNIER .s.m.
• Celui qui fait des lanternes; Celui qui est chargé d'allumer les lanternes publiques. Il est peu usité dans ces deux sens.
• Se dit, figurément et familièrement, d'Un homme irrésolu, indéterminé en toutes choses, avec qui l'on ne peut rien conclure. Vous ne finirez jamais rien avec lui, c'est un lanternier, un franc lanternier. Ce n'est qu'un lanternier.
• Il signifie aussi, Diseur de fadaises. N'écoutez point ce qu'il dit, c'est un lanternier, un vrai lanternier. Qui est le lanternier qui vous a dit cette nouvelle?

LANTIPONNAGE .s.m.
• Action de lantiponner, discours frivole et importun. Point de lantiponnage. Il est populaire.

LANTIPONNER . v. n.
• Tenir des discours frivoles, inutiles et importuns. Il ne fait que lantiponner, au lieu de venir au fait. Il est populaire.
• S'emploie aussi activement. Que me vient-il lantiponner?
• LANTIPONNÉ, ÉE. participe

LANTURLU
ou LANTURELU.
• Façon de parler tirée d'un refrain de chanson, et qui n'a aucun sens propre. On l'emploie pour marquer un refus accompagné de mépris, ou pour indiquer une réponse évasive. Il lui a répondu lanturlu. Il est familier.

LANUGINEUX
, EUSE. adj.
• .Botanique. Se dit De toutes les parties des plantes, feuilles, fruits, tiges, etc., qui sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton. La pêche est un fruit lanugineux. Les feuilles de la guimauve sont lanugineuses.

LAPER . v. n.
• Boire en tirant avec la langue. Se dit De quelques quadrupèdes, et particulièrement du chien. Ce chien fait bien du bruit en lapant.
• S'emploie aussi activement. Ce chien a lapé en un instant la jatte de lait qu'on lui avait donnée.
• LAPÉ, ÉE. participe

LAPEREAU .s.m.
• Jeune lapin de trois ou quatre mois ou au-dessous. Une tourte de lapereaux. Une accolade de lapereaux.

LAPIDAIRE .s.m.
• Ouvrier qui taille les pierres précieuses.

LAPIDAIRE . adj. des deux genres
• Il n'est guère usité que dans cette expression, Style lapidaire, Style des inscriptions, qui sont ordinairement gravées sur la pierre, le marbre, etc. La langue latine est particulièrement propre au style lapidaire.

LAPIDATION . s. f.
• Action d'assommer quelqu'un à coups de pierres, et Supplice de ceux qu'on faisait mourir ainsi. La lapidation de saint Étienne. La lapidation était en usage chez les Juifs.

LAPIDER . v. a.
• Tuer à coups de pierres. Les Juifs lapidaient les adultères, les blasphémateurs.
• Il signifie aussi, Attaquer, poursuivre à coups de pierres. Comme il sortait du village, les enfants se mirent à le lapider.
• Se dit hyperboliquement De plusieurs personnes qui se déchaînent contre quelqu'un. Quand je leur ai reproché leur conduite, elles ont pensé me lapider, j'ai vu l'heure qu'elles m'allaient lapider. Vous vous ferez lapider si vous parlez ainsi.
• LAPIDÉ, ÉE. participe

LAPIDIFICATION . s. f.
• Formation des pierres. La lapidification diffère de la pétrification, qui s'empare de substances animales, végétales ou minérales, pour les convertir en pierre.

LAPIDIFIER . v. a.
• Donner à une substance la dureté de la pierre. Il y a des sucs propres à lapidifier les substances qu'ils pénètrent. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Un corps qui se lapidifie.
• LAPIDIFIÉ, ÉE. participe

LAPIDIFIQUE . adj. des deux genres
• Se dit Des substances propres à former les pierres. Les sucs lapidifiques.

LAPIN
, INE. s.
• Petit animal quadrupède, de l'ordre des Rongeurs, qui creuse sous terre pour se loger, et dont la conformation a beaucoup de rapport avec celle du lièvre. Lapin sauvage, domestique. Lapin de garenne, de clapier. Lapin gris, blanc. Fourrure, peau de lapin. Marchand de peaux de lapin. Gants de poil de lapin. Terrier de lapin. Chasser, fureter, tirer des lapins. Gibelotte de lapin. Une lapine près de mettre bas.
• Prov. et pop., Il est brave comme un lapin, se dit D'un homme habillé de neuf; Il est propre comme un lapin, D'un homme qui est d'une propreté remarquable; et, Il court comme un lapin, D'un homme qui court ou qui marche avec vitesse.
• Fig. et pop., C'est une lapine, une vraie lapine, C'est une femme qui fait beaucoup d'enfants.

LAPIS .s.m.
• (On prononce l'S.) Sorte de pierre dure et opaque, d'un bleu plus ou moins foncé, et ordinairement parsemée de petites veines de pyrite semblables à de l'or. De beau lapis. On imite assez bien le lapis. On fait avec le lapis mis en poudre un bleu qui s'appelle outremer. On dit aussi communément, Lapis-lazuli.

LAPS .s.m.
• (On prononce le P et l'S.) Il n'est d'usage qu'au singulier, et dans cette locution, Laps de temps, Espace de temps. Après un grand laps de temps. Cette coutume s'est abolie par laps de temps. La prescription s'acquiert par un certain laps de temps.

LAPS
, APSE. adj.
• .Droit can. Tombé. Il ne se dit que De celui qui a quitté la religion catholique après l'avoir embrassée volontairement, et il ne s'emploie qu'avec le réduplicatif Relaps. Il est laps et relaps.

LAQUAIS .s.m.
• Valet de livrée, destiné principalement à suivre son maître ou sa maîtresse. Grand, petit laquais. Laquais en grande, en petite livrée. Il a trois ou quatre grands laquais. Il a toujours deux laquais derrière sa voiture.
• Prov. et fam., Mentir comme un laquais, Mentir avec impudence, mentir habituellement.

LAQUE . s. f.
• Sorte de gomme-résine, d'un rouge jaunâtre, que certains insectes déposent sur plusieurs espèces d'arbres des Indes orientales. La laque entre dans la composition des vernis, de la cire d'Espagne et de quelques teintures. Couleur de laque. On dit quelquefois adjectivement, Gomme laque.
• Se dit aussi d'Une terre alumineuse, teinte d'un suc colorant, qu'on emploie dans la peinture. Laque de Venise, de Florence.
• LAQUE, se dit encore Du beau vernis de la Chine, ou noir, ou rouge, ainsi que Des meubles qui en sont revêtus. En ce sens, il est masculin. On n'a pu encore parvenir à imiter parfaitement le beau laque de la Chine. Acheter une table de laque. Voilà de vrai, de beau laque.

LAQUETON .s.m.
• Diminutif de Laquais. Il est familier et vieux.

LAQUEUX
, EUSE. adj.
• Qui est de la nature ou de la couleur de la laque. Gomme laqueuse. Il y a trop de tons laqueux dans ce tableau.

LARAIRE .s.m.
• T. d'Antiquité romaine. Sorte de chapelle domestique où l'on plaçait les dieux lares.

LARCIN .s.m.
• Genre de vol, action de celui qui dérobe, qui prend furtivement et sans violence. Faire, commettre un larcin. Être accusé, convaincu de larcin.
• Il signifie aussi, La chose dérobée. Il alla cacher, porter son larcin en tel endroit. Recéler un larcin.
• LARCIN, se dit aussi d'Un passage ou d'une pensée qu'un auteur prend d'un autre, pour se l'approprier. Les plus beaux endroits de son livre sont des larcins, sont autant de larcins. Il faut savoir déguiser ses larcins.
• Fig. et poétiq., Faire un doux larcin, Dérober un baiser à une femme.

LARD .s.m.
• Couche de graisse qui se trouve entre la peau et la chair du porc. Bon lard. Lard à larder. Petit lard. Lard frais ferme. Lard jaune, rance. Du vieux lard. Du lard qui sent le vieux. Une tranche, une flèche, un quartier, un morceau de lard. Un cochon qui a quatre doigts de lard. Piqué, garni, bardé de lard. Omelette au lard.
• Prov., Il est vilain comme lard jaune, Il est très-avare.
• Prov. et pop., Faire du lard, Conserver ou augmenter son embonpoint, en dormant la grasse matinée. Être gras à lard, Être fort gras.
• LARD, se dit aussi de Cette partie grasse qui est entre la peau et la chair de la baleine, du marsouin, et d'autres gros poissons de même espèce. Du lard de baleine.

LARDER . v. a.
• Mettre des lardons dans la viande. Larder de la viande dru et menu, la larder de gros lard.
• S'emploie quelquefois absolument. Un rôtisseur qui larde bien, qui larde proprement.
• Fig. et fam., Larder quelqu'un de coups d'épée, Le percer de plusieurs coups d'épée. Larder quelqu'un d'épigrammes, de brocards, etc., Lui lancer coup sur coup plusieurs épigrammes, plusieurs brocards. Larder ses discours, ses écrits de citations, de mots grecs ou latins, etc., Faire, en parlant, en écrivant, un usage trop fréquent de citations, de mots grecs ou latins.
• LARDÉ, ÉE. participe

LARDOIRE . s. f.
• Sorte de brochette pointue par un des bouts, pour piquer la viande et y laisser les lardons contenus dans l'autre bout, qui est creux et fendu en plusieurs branches. Grosse, petite lardoire. Lardoire fine. Lardoire de cuivre, de bois, de fer.

LARDON .s.m.
• Petit morceau de lard coupé en long, qu'on introduit dans la viande avec une lardoire. Menus lardons. Gros lardons. Faire des lardons. Mettre des lardons loin à loin, près à près.
• LARDON, se dit, figurément et familièrement, d'Un brocard, d'un sarcasme, d'une raillerie piquante contre quelqu'un. Le pauvre homme fut mal accommodé, chacun lui donna, lui jeta son lardon. Il n'y eut personne qui n'eût son lardon. Vous aurez aussi votre lardon.

LARE . s. et adj. masc.
• Nom que les anciens Romains donnaient à leurs dieux domestiques, autrement appelés Pénates. Cette figure représente un dieu lare. On plaçait les lares, les dieux lares auprès du foyer.
• Poétiq., Les lares, La maison, la demeure. Abandonner, revoir ses lares, les lares paternels.

LARGE . adj. des deux genres
• Se dit D'un corps considéré dans l'extension qu'il a d'un de ses côtés à l'autre, et par opposition à Long ou à Étroit. Ce champ, ce jardin est large, plus long que large. Un chemin large. La rivière est plus large en cet endroit. Une étoffe large. Du ruban large. Avoir le visage large. Un chapeau trop large d'entrée, trop large de bord. Prendre des souliers, des bas qui soient larges. Un homme large des épaules.
• Un cheval large du devant, Un cheval qui a beaucoup de poitrail.
• Une large blessure, Une grande blessure.
• Une large base, Une base étendue.
• Fam., Avoir la conscience large, Être peu scrupuleux sur la probité, le devoir.
• Prov. et fig., Faire du cuir d'autrui large courroie, Être libéral du bien d'autrui.
• LARGE, s'emploie quelquefois au figuré, dans le sens d'Étendu. Je vous fais une large concession. Ce prince a donné à son agent un pouvoir bien large, les pouvoirs les plus larges.
• LARGE, dans les Arts du dessin, signifie, Qui est fait par masses et à grands traits, qui n'a rien de maigre, de mesquin, de timide. Des contours, des draperies, des lumières larges. Une touche, une manière large. Un pinceau large.
• LARGE, s'employait autrefois pour Libéral; et l'on disait dans ce sens, Autant dépend (pour dépense) chiche que large, L'économie mal entendue ne fait point de profit.
• LARGE, s'emploie quelquefois adverbialement. Ainsi on dit: Peindre large, Peindre d'une manière large. En termes de Manége, Ce cheval va large, trop large, Il s'étend sur un trop grand terrain, il se porte de côté.
• LARGE, s'emploie aussi substantivement, au masculin, pour Largeur. Ce royaume a trois cents lieues de long, et deux cents de large. Cette étoffe a tant de large. De la toile qui a un mètre, une demi-aune de large.
• LARGE subst. en termes de Marine, La haute mer, la partie de la mer qui est éloignée des côtes. Prendre le large. Gagner le large. Courir au large. Attirer l'ennemi au large.
• La mer vient du large, Les vagues sont poussées par le vent de la mer, et non par celui de la terre.
• Fig. et fam., Prendre le large, gagner le large, S'enfuir.
• AU LARGE. loc. adv. Spacieusement. Il est logé bien au large. Il ne tient qu'à lui de se mettre au large. Vous êtes trop pressé, trop serré, mettez-vous un peu plus au large.
• Fig. et fam., Être au large, Être dans l'opulence; et, Mettre au large, Mettre dans un état plus commode, plus opulent. Il est au large maintenant. Il lui est venu une succession qui l'a mis plus au large qu'il n'était.
• AU LONG ET AU LARGE. loc. adv. En tout sens, et avec autant de développement qu'il est possible. S'étendre au long et au large, Prendre, acquérir beaucoup de terrain, d'espace autour de soi.
• EN LONG ET EN LARGE. loc. adv. En longueur et en largeur alternativement. On ne l'emploie guère que dans cette phrase, Se promener, aller en long et en large. On dit quelquefois, dans le même sens, De long en large.
• DU LONG ET DU LARGE. loc. adv. qui n'est guère usitée que dans cette phrase populaire, Il en a eu, on lui en a donné du long et du large, Il a été bien battu, ou bien moqué.

LARGEMENT . adv.
• Abondamment, autant et plus qu'il ne faut. Il a été payé largement. On l'a récompensé largement. On leur donna largement tout ce qu'ils demandaient. Boire largement. Se nourrir largement. Vivre largement. User largement de son pouvoir.
• Peindre, dessiner, composer largement, D'une manière large. Voyez LARGE, dans les Arts du dessin.

LARGESSE . s. f.
• Libéralité, distribution d'argent ou d'autre chose. Ce n'est pas un homme qui fasse de grandes largesses. Quelle largesse!
• Pièces de largesse, Pièces d'or et d'argent que les hérauts jetaient parmi le peuple, au sacre des rois et aux autres grandes cérémonies.

LARGEUR . s. f.
• Étendue d'une chose considérée d'un de ses côtés à l'autre, par opposition à Longueur. La largeur d'un fossé, d'une rue, d'une rivière. Cette toile a tant de largeur.

LARGO . adv.
• .Musique emprunté de l'italien. Ce mot, placé en tête d'un morceau, indique qu'on doit le jouer d'un mouvement très-lent.

LARGUE . adj. m.
• .Marine, usité principalement dans cette locution, Vent largue, Le vent qui s'écarte au moins d'un quart de vent de la route que l'on tient. Aller vent largue. Avoir vent largue.
• Il est aussi substantif, et signifie, La haute mer. Prendre le largue. Tenir le largue. On dit plus ordinairement, Le large.

LARGUER . v. a.
• .Marine. Lâcher une manoeuvre, lâcher ou filer le cordage qui retient une voile par le bas. Larguer l'écoute.
• LARGUÉ, ÉE. participe

LARIGOT .s.m.
• Espèce de flûte ou de petit flageolet, qui n'est plus en usage, et qu'imite un des jeux de l'orgue qu'on appelle Le jeu du larigot.
• Prov. et pop., Boire à tire-larigot, Boire excessivement.

LARIX .s.m.
• (On prononce l'X.) Voyez MÉLÈZE.

LARME . s. f.
• Goutte d'humeur limpide qui sort de l'oeil, par l'effet d'une impression vive, soit physique, soit morale. Il a souffert l'amputation sans jeter une larme. Il ne lui est pas tombé une larme des yeux. Il l'en conjura la larme à l'oeil, les larmes aux yeux. Répandre, verser des larmes. Arroser de larmes les mains de quelqu'un. Les larmes sortaient, coulaient de ses yeux avec abondance. Les larmes lui en sont venues aux yeux. Des larmes roulaient dans ses yeux. Il tira les larmes des yeux de toute l'assemblée. Le visage baigné, mouillé de larmes. Des yeux noyés de larmes. J'aurais voulu pouvoir renfoncer mes larmes. Elle eut peine à retenir ses larmes. Son sort arracherait des larmes au plus insensible. Être touché, attendri jusqu'aux larmes. Ce crime mériterait d'être pleuré avec des larmes de sang. Un ruisseau, un torrent de larmes. Rire aux larmes. Larmes feintes. Larmes de joie, de tendresse, de fureur, de rage, d'admiration. Les larmes de la pénitence, du repentir. Cette faute lui a coûté bien des larmes, des larmes bien amères. Son retour m'a fait verser de douces larmes.
• Fig., Pleurer à chaudes larmes, être tout en larmes, fondre en larmes, se noyer dans ses larmes, Pleurer abondamment.
• Fig., S'abreuver de larmes, vivre dans les larmes, vivre de larmes, Pleurer sans cesse, vivre dans la douleur, dans l'affliction.
• Fig., Sécher, essuyer ses larmes, Se consoler. Essuyer les larmes de quelqu'un, Calmer son affliction, le consoler. Mêler ses larmes à celles de quelqu'un, Partager sa douleur, s'affliger avec lui.
• Avoir recours aux larmes, Pleurer pour fléchir, pour attendrir celui qu'on supplie.
• Fam., Avoir toujours la larme à l'oeil, S'attendrir très-facilement, ou affecter une grande sensibilité.
• Avoir le don des larmes, Pleurer à volonté.
• Prov. et fig., Larmes de crocodile, Larmes hypocrites que répand une personne dans le dessein d'en tromper une autre, comme le crocodile feint, dit-on, de gémir pour attirer sa proie.
• LARME, se dit aussi d'Un ornement, figurant à peu près une larme, qu'on fait entrer, comme un symbole de tristesse, dans la décoration des catafalques, des mausolées, etc. Un drap mortuaire semé de larmes.
• LARME, se dit, par similitude et familièrement, d'Une goutte, d'une petite quantité de vin ou de quelque autre liqueur. Une larme de vin. Il n'a pris qu'une larme de vin. Je n'en veux qu'une larme.
• Se dit également, surtout au pluriel, Du suc qui coule de plusieurs arbres ou plantes, soit naturellement, soit quand on les taille. Les larmes de la vigne, du sapin. Manne en larmes.
• Larmes de cerf. Voyez LARMIÈRES.
• Larme-de-verre, ou Larme batavique, Goutte de verre fondu en forme de larme, et qui, dès qu'on en rompt la pointe, se réduit en poussière.
• Larme-de-Job, Plante graminée à feuilles de maïs, dont les semences ont la forme d'une larme.

LARMIER .s.m.
• T. d'Archit. Partie saillante au haut d'un édifice, d'un ouvrage de maçonnerie, destinée à éloigner l'eau de pluie, à la faire tomber en gouttes à une distance convenable du pied de l'édifice, etc. Le larmier de la corniche. Le larmier d'un mur de clôture.
• Se dit aussi d'Une pièce de bois mise en saillie au bas d'un châssis de croisée, de porte, pour empêcher l'eau de pénétrer dans l'intérieur.

LARMIÈRES . s. f. pl.
• Fentes qui sont au-dessous des yeux du cerf, et d'où sort une liqueur jaune qu'on nomme Larmes de cerf. Quelques-uns disent, Larmiers.

LARMIERS .s.m. pl.
• .Médecine vétérinaire. Parties qui, dans le cheval, répondent aux tempes de l'homme. Saigner un cheval aux larmiers.

LARMOIEMENT .s.m.
• Écoulement de larmes involontaire et continuel. Le larmoiement est un des symptômes de la rougeole.

LARMOYANT
, ANTE. adj.
• Qui fond en larmes. On la trouva toute larmoyante.
• Il signifie aussi, Qui est propre à faire verser des larmes; et il ne s'applique, en ce sens, qu'à un genre de comédies plus attendrissantes que gaies. Le comique larmoyant. La comédie larmoyante.
• S'emploie quelquefois substantivement, au masculin, dans cette acception. Le mélange du comique et du larmoyant forme un genre de comédie réprouvé par les critiques d'un goût sévère.

LARMOYER . v. n.
• (Il se conjugue comme Employer.) Pleurer, jeter des larmes. Il ne fait que larmoyer. Il est familier.

LARRON
, ONNESSE. s.
• Celui, celle qui dérobe, qui prend furtivement quelque chose. Fin, subtil larron. C'est un larron. C'est une larronnesse. Le larron a été découvert. On a pris le larron. Les chiens aboient au larron.
• Prov. et fig., L'occasion fait le larron, Souvent l'occasion fait faire des choses répréhensibles, auxquelles on n'aurait pas songé.
• Fam., Donner la bourse à garder au larron, Confier la garde de l'argent, le soin de la dépense à celui dont on devrait le plus se défier. On dit proverbialement, dans le même sens, Au plus larron la bourse.
• Prov., Ils s'entendent comme larrons en foire, Ils sont d'intelligence pour faire quelque chose de blâmable.
• Prov., Il ne faut point crier au larron, se dit Quand une marchandise n'a été vendue que ce qu'elle vaut.
• LARRON, se dit particulièrement Des deux voleurs qui furent mis en croix avec Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, quoiqu'on n'entende pas ordinairement par ce mot Un voleur de grand chemin. Notre-Seigneur fut crucifié entre deux larrons. Le bon larron. Le mauvais larron.
• LARRON, en termes d'Imprimerie, Pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression. Se dit aussi d'Un petit morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression, et laisse un blanc.
• Il signifie, en termes de Librairie, Le pli d'un feuillet qui n'a pas été rogné, quand on a relié le livre. Le relieur a laissé plusieurs larrons dans ce volume.

LARRONNEAU .s.m.
• Petit larron, qui ne dérobe que des choses de peu de valeur. Il est familier.

LARVE . s. f.
• T. d'Entomologie. L'insecte dans l'état où il est en sortant de l'oeuf, et où il passe un temps plus ou moins long avant ses métamorphoses. La chenille est la larve du papillon.

LARVES . s. f. pl.
• T. d'Antiq. Nom que les poëtes donnaient aux génies malfaisants, aux âmes des méchants, qui, selon la croyance superstitieuse, se montraient, revenaient, sous des figures hideuses, pour tourmenter les vivants.

LARYNGÉ
, ÉE. adj.
• T. d'Anat. Qui appartient au larynx. Muscles, nerfs laryngés. Artères laryngées.
• En Médecine, Phthisie laryngée, Phthisie dont le siége est le larynx.

LARYNGIEN
, ENNE. adj.
• T. d'Anatomie, synonyme de Laryngé. Muscle laryngien.

LARYNGOTOMIE . s. f.
• Voyez BRONCHOTOMIE.

LARYNX .s.m.
• T. d'Anat. Partie supérieure de la trachée-artère. Le larynx est un des organes de la respiration, et le principal instrument de la voix.

LAS . Interjection plaintive
• Hélas! Las! qui pourrait le croire? Las! que j'ai souffert de peines! Il est du style naïf et familier.

LAS
, ASSE. adj.
• Fatigué, qui éprouve le sentiment de la lassitude. J'ai bien fait du chemin aujourd'hui, j'ai beaucoup travaillé, je suis las, bien las, fort las. Être las de marcher. Las de travailler. Reposez-vous, si vous êtes las. Je suis si las, que je n'en puis plus. Je suis las sans avoir encore rien fait. J'ai la main lasse d'avoir écrit, les yeux las d'avoir lu.
• Il signifie aussi, Dégoûté, ennuyé à l'excès de quelque chose que ce soit. Je suis las d'entendre des sottises. Je suis las de ces impertinences. Je suis bien las de cet homme. Il est las d'être bien. Êtes-vous déjà las de bien faire? Il est las de la vie. Il est las de lui-même. Je ne serais jamais las de l'entendre, de le voir. Je suis las de ne rien faire.
• Prov. et pop., Un las d'aller, Un homme mou, paresseux et lâche.
• Fig., Faire quelque chose de guerre lasse, Le faire après avoir longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse.

LASCIF
, IVE. adj.
• Fort enclin, fort porté à la luxure. Le bouc est un animal très-lascif.
• Se dit aussi Des choses qui portent, qui excitent à la luxure. Une posture, une danse lascive. Un tableau lascif. Des regards, des vers lascifs. Des paroles lascives.

LASCIVEMENT . adv.
• D'une manière lascive. Regarder lascivement. Danser lascivement.

LASCIVETÉ . s. f.
• Forte inclination à la luxure. Sa lasciveté l'a entraîné dans beaucoup d'excès, a ruiné entièrement sa santé.
• Il signifie aussi, Ce qui porte, ce qui excite à la luxure. Il y a beaucoup de lasciveté dans ce tableau, dans ces vers.

LASSANT
, ANTE. adj.
• Qui fatigue. Un travail lassant. Une besogne lassante. Des discours lassants et ennuyeux.

LASSER . v. a.
• Fatiguer, causer de la lassitude. C'est un travail qui me lasse extrêmement. Il les a tous lassés l'un après l'autre. Il m'a lassé le bras en s'appuyant sur moi.
• S'emploie quelquefois absolument. Cette sorte de danse lasse beaucoup.
• S'emploie aussi au sens moral. Une trop grande contention lasse l'esprit. Il a lassé ma patience. Vous lassez ma bonté, mon indulgence.
• Il signifie encore, Ennuyer, dégoûter. Il lasse tout le monde par ses importunités. Il nous lasse avec ses vieux contes. La musique, qu'il étudiait avec tant d'ardeur, a fini par le lasser.
• LASSER, s'emploie souvent, dans ses différentes acceptions, avec le pronom personnel. On se lasse plus à rester debout qu'à marcher. Il ne se lasse point, il est infatigable. L'esprit se lasse par une trop grande application. Ma patience se lasse. On se lasse d'entendre toujours dire les mêmes choses. Il s'est lassé de feindre. On se lasse de tout. Je me lasse de lui prêter toujours de l'argent.
• LASSÉ, ÉE. participe

LASSITUDE . s. f.
• Abattement où l'on se trouve après un travail excessif de corps ou d'esprit. Grande lassitude. Tomber de lassitude. Être excédé de lassitude. N'en pouvoir plus de lassitude.
• Se dit aussi d'Un état, d'une sensation semblable causée par une mauvaise disposition de santé. Je ne sais d'où me vient cette lassitude. Sentir de grandes lassitudes dans les membres, dans tout le corps. J'ai des lassitudes dans les jambes.
• Il signifie quelquefois, Ennui, dégoût. Il a renoncé à cette correspondance par pure lassitude d'avoir toujours les mêmes choses à dire.

LAST
ou LASTE.s.m.
• .Commerce maritime. Se dit d'Un certain poids, d'une certaine mesure qui diffère selon les lieux et les denrées, mais qui est ordinairement de deux tonneaux ou quatre milliers. Un navire charge de cent lasts de froment, de farine, de houblon, etc.

LATANIER .s.m.
• Espèce de palmier dont les feuilles sont en éventail.

LATENT
, ENTE. adj.
• Caché. Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
• En termes de Physique, Chaleur latente, Chaleur qui n'est point sensible au thermomètre.
• En termes de Médecine vétérinaire, Vices latents, maladies latentes, Certaines maladies des chevaux, dont les symptômes peuvent rester longtemps cachés. La pousse, la morve et la courbature sont des vices latents. Les maladies latentes au moment de la vente donnent lieu à l'action rédhibitoire.

LATÉRAL
, ALE. adj.
• Qui appartient au côté de quelque chose. Les sinus latéraux du cerveau. Les parties latérales d'un chapiteau. L'opération latérale de la taille. Chapelle latérale. Porte latérale.

LATÉRALEMENT . adv.
• De côté, sur le côté.

LATERE
(À)
• Expression latine. Voyez LÉGAT.

LATICLAVE .s.m.
• Tunique bordée par devant d'une large bande de pourpre, et garnie de noeuds ou boutons de pourpre ou d'or, imitant des têtes de clous. Le laticlave était le vêtement des sénateurs et de la plupart des magistrats.

LATIN
, INE. adj.
• Il ne se met point ici comme nom de peuple, ni de pays; mais il a différents usages dans notre langue. La langue latine, La langue des anciens Romains. Un discours latin, une harangue latine, Un discours, une harangue en langue latine. Mot latin, Mot de la langue latine. Dictionnaire grec et latin, latin et français, Dictionnaire où le sens des mots grecs est expliqué en latin, etc.
• Fig., Le pays latin, Le quartier de Paris où sont la plupart des colléges.
• Fam., Cela sent le pays latin, se dit De tout ce qui retient un certain air de collége.
• L'Église latine, Toute l'Église d'Occident, par opposition à l'Église grecque ou d'Orient. Les Pères de l'Église latine. On dit de même, Le rit latin, Le rit de l'Église romaine. On appelle aussi substantivement Latins, Ceux qui sont de l'Église latine. Les Latins et les Grecs diffèrent de croyance et de pratique en plusieurs points.
• En termes de Marine, Voile latine, Voile faite en forme de triangle. Cette espèce de voile est plus en usage sur la Méditerranée que sur l'Océan.
• LATIN, est aussi substantif, au masculin, et signifie, La langue latine. Enseigner, apprendre le latin. Savoir bien le latin. Parler latin. Composer, écrire en latin, en bon latin. Mauvais latin. Latin de Cicéron. Ce latin n'est pas pur.
• Prov. et pop., Du latin de cuisine, De fort mauvais latin.
• Fig. et fam., Il est au bout de son latin, se dit D'un homme qui ne sait plus où il en est, qui ne sait plus que dire, que faire. Il y a perdu son latin, se dit D'un homme qui a travaillé inutilement à quelque chose, qui y a perdu son temps et sa peine.

LATINISER . v. a.
• Donner une terminaison, une inflexion latine à un mot d'une autre langue. Tite-Live a latinisé tous les noms étrangers qui entrent dans son Histoire. Beaucoup de nos vieux auteurs qui ont latinisé leurs noms, les ont rendus tout à fait méconnaissables.
• LATINISÉ, ÉE. participe, En matière de Controverse, Un Grec latinisé, Un Grec qui adopte les sentiments de l'Église latine.

LATINISME .s.m.
• Construction, tour de phrase propre à la langue latine. Son français est plein de latinismes.

LATINISTE .s.m.
• Celui qui entend et parle la langue latine. Bon, grand latiniste. Mauvais latiniste.

LATINITÉ . s. f.
• Langage latin. Belle, bonne latinité. Élégante, mauvaise latinité. Sa latinité n'est pas pure.
• La basse latinité, Le latin corrompu qu'écrivaient les auteurs du dernier temps où le peuple parlait encore la langue latine, alors très-défigurée.

LATITUDE . s. f.
• .Géogr. Hauteur du pôle sur l'horizon, ou distance d'un lieu à l'équateur, mesurée en degrés sur le méridien. Latitude nord. Latitude sud. Paris est à quarante-huit degrés, cinquante minutes, quatorze secondes de latitude nord.
• LATITUDE, en termes d'Astronomie, signifie en général, L'angle que fait, avec un plan parallèle à l'écliptique, la ligne droite qui passe par un astre et par un centre donné sur ce plan. Latitude australe. Latitude boréale. Latitude héliocentrique, géocentrique, etc. Latitude de Sirius.
• Se dit, par extension, Des différents climats, considérés par rapport à leur température. À la différence des animaux, l'homme peut vivre sous les latitudes les plus opposées.
• LATITUDE, se prend figurément, au moral, dans le sens d'Étendue, d'extension. Ce principe peut avoir une grande latitude. Donner trop de latitude à une proposition, à l'application d'un principe. Laisser beaucoup de latitude aux agents chargés d'une mission.

LATOMIE . s. f.
• T. d'Histoire ancienne. Carrière où l'on renfermait des prisonniers.

LATRIE . s. f.
• Il n'est usité que dans cette locution, Culte de latrie, Culte d'adoration que l'on rend à Dieu seul; par opposition à Culte de dulie, Culte de respect et d'honneur que l'on rend aux saints.

LATRINES . s. f. pl.
• Retrait, privé, lieu où l'on satisfait les besoins naturels. Il y avait à Rome des latrines publiques. Aller aux latrines.

LATTE . s. f.
• Morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, étroit, que l'on attache avec des clous sur les chevrons, pour porter la tuile, ou dans l'intérieur, sur la charpente, pour recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons. Un cent de lattes. Des lattes de chêne, de châtaignier. Une botte de lattes. Clouer des lattes. Un grenier lambrissé sous lattes.

LATTER . v. a.
• Garnir de lattes. Le comble de cette maison est posé, il ne reste plus qu'à le latter. Il faut latter et contre-latter cette cloison.
• S'emploie aussi absolument. La charpente du toit est faite, il ne reste plus qu'à latter. Latter à claire-voie. Latter à lattes jointives.
• LATTÉ, ÉE. participe

LATTIS .s.m.
• Ouvrage de lattes. Faire un lattis. Enduire un lattis avec du plâtre. Couvrir un lattis avec des tuiles.

LAUDANUM .s.m.
• (On prononce Laudanome.) .Pharmacie. Préparation, extrait d'opium, liquide ou solide. Dix grains de laudanum liquide.

LAUDATIF
, IVE. adj.
• Qui loue. Il ne se dit que Des écrits et des discours. Genre laudatif. Discours laudatif. Phrase laudative. Il est peu usité.

LAUDES . s. f. pl.
• .la Liturgie catholique. La seconde partie de l'office divin, celle qui se dit immédiatement après matines. On est à laudes. Dire laudes. Chanter laudes.

LAURÉAT . adj. m.
• Se dit Des poëtes qui ont reçu solennellement une couronne de laurier. Pétrarque est un poëte lauréat.
• Se dit, par extension, De ceux qui ont remporté un prix dans un concours académique; et, dans ce sens, on l'emploie quelquefois substantivement. Un jeune lauréat.
• S'emploie aussi pour désigner Des poëtes qui, dans quelques cours, sont pensionnés pour célébrer les événements remarquables.

LAURÉOLE . s. f.
• Genre de plantes à suc corrosif, dont la feuille ressemble, par sa forme, à celle du laurier. Lauréole mâle. Lauréole femelle. Lauréole blanche. Lauréole odorante. Voyez GAROU et SAINBOIS.

LAURIER .s.m.
• Arbre toujours vert, qui porte une petite graine noire et amère. Pour distinguer le véritable laurier de quelques arbustes qui portent le même nom, on l'appelle Laurier franc ou Laurier commun. Chez les anciens, le laurier était consacré à Apollon. On donnait des couronnes de laurier aux vainqueurs, aux poëtes.
• Fig., Cueillir des lauriers, moissonner des lauriers, Remporter des victoires. Flétrir ses lauriers, Souiller sa gloire. Être chargé de lauriers, Avoir acquis beaucoup de gloire. S'endormir sur ses lauriers, Ne point poursuivre une carrière glorieusement commencée. Se reposer sur ses lauriers, Jouir d'un repos mérité par des succès éclatants.
• Laurier-rose, ou Oléandre, Arbuste toujours vert, qui porte des fleurs de couleur rose. Il y a une variété d'oléandre dont les fleurs sont de couleur blanche.
• Laurier-tin, Arbuste du genre des viornes.
• Laurier-cerise, Arbuste toujours vert, qui porte un petit fruit rouge, et qui appartient au genre des Cerisiers.

LAVABO .s.m.
• T. du Culte cathol. La prière que le prêtre dit en lavant ses doigts durant la messe. Dire le lavabo. La messe en est au lavabo.
• Il signifie, par extension, Le petit linge dont le prêtre qui dit la messe se sert pour essuyer ses doigts.
• LAVABO, se dit aussi, dans le langage ordinaire, d'Un meuble de toilette, souvent en forme de trépied, qui porte un pot à l'eau et sa cuvette.

LAVAGE .s.m.
• Action de laver. Le lavage des vitres. Le lavage des carreaux d'une salle. Le lavage d'une forme d'imprimerie.
• Se dit aussi d'Une trop grande quantité d'eau répandue pour laver. Vous avez jeté trop d'eau sur ce plancher, quel lavage avez-vous fait là?
• Se dit plus ordinairement Des aliments et des breuvages où l'on a mêlé plus d'eau qu'il ne fallait. Cette soupe n'est pas faite, ce n'est qu'un lavage, qu'un mauvais lavage. Vous avez mis trop d'eau dans ce vin, ce n'est que du lavage.
• LAVAGE, se dit aussi de L'eau ou de quelque autre breuvage pris en trop grande quantité. Vous vous trouverez mal de tout ce lavage.
• Médecine en lavage, Médecine étendue dans beaucoup d'eau.
• LAVAGE, en termes de Métallurgie, Opération qui consiste à laver le minerai, pour séparer de la partie terrestre et pierreuse, la partie propre à être fondue. Le lavage des métaux. Or de lavage.

LAVANCHE
ou LAVANGE. s. f.
• Voyez AVALANCHE.

LAVANDE . s. f.
• Plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs bleues qui viennent par épi. Botte de lavande. Mettre de la lavande dans du linge. Eau de lavande. Eau-de-vie de lavande.

LAVANDIER .s.m.
• Nom qu'on donne, dans la maison du roi, à ceux qui ont la charge de faire blanchir le linge.

LAVANDIÈRE . s. f.
• Femme qui lave le linge. Il est peu usité: on dit, Blanchisseuse.

LAVARET .s.m.
• Poisson de la famille des Truites, mais sans grandes dents, qui se trouve dans les lacs.

LAVASSE . s. f.
• Se dit de La pluie lorsqu'elle tombe tout à coup, avec impétuosité, et qu'elle coule à grands ruisseaux. Il vint tout à coup une grande lavasse. Il est peu usité.
• Fam., Cette soupe ne vaut rien du tout, ce n'est qu'une lavasse, que de la lavasse. Il y a trop d'eau dans cette soupe; elle est fade, insipide.

LAVE . s. f.
• Matière fondue et enflammée, que les volcans vomissent dans le temps de leur éruption, et qui s'écoule en torrents. La lave, les laves du Vésuve. Des flots, des torrents de lave. Les villes voisines des volcans sont souvent pavées de lave. Constructions de lave. Villes ensevelies sous la lave.

LAVEMENT .s.m.
• Action de laver. En ce sens, il n'est guère usité que dans ces locutions, qui appartiennent au langage de l'Église: Le lavement des pieds. Le lavement des mains. Le lavement des autels.
• LAVEMENT, signifie aussi, Un clystère, un remède liquide qu'on introduit par l'anus dans les intestins. Lavement rafraîchissant, purgatif, laxatif. Lavement de tabac, de graine de lin. Préparer, donner, prendre, garder, rendre un lavement. Faire un lavement avec des herbes émollientes. Prendre en lavement une décoction de têtes de pavot.

LAVER . v. a.
• Nettoyer avec de l'eau, ou avec quelque autre liquide. Laver du linge. Laver la lessive. Laver la vaisselle. Se laver le visage, les mains, les pieds, la bouche, la barbe. Se laver les mains avec de la pâte d'amandes. Laver une plaie avec du vin. La pluie a bien lavé les rues.
• S'emploie quelquefois absolument, et alors il signifie, Se laver les mains avant le repas. Ne voulez-vous pas laver?
• Donner à laver à quelqu'un, Lui présenter de l'eau et un linge, quand il va se mettre à table, afin qu'il se lave les mains.
• Pierre à laver, Pierre en forme de table, dont la surface est légèrement creusée, et sur laquelle on lave la vaisselle, les formes d'imprimerie, etc. Il n'y a point de pierre à laver dans cette cuisine.
• Fig. et fam., Laver la tête à quelqu'un, Lui faire une sévère réprimande.
• Prov. et fig., À laver la tête d'un âne, d'un More, on perd sa lessive, On perd les peines qu'on prend pour instruire une personne stupide, indocile, obstinée, ou pour lui faire entendre raison.
• Fig. et fam., Je m'en lave les mains, se dit Pour faire entendre qu'on ne veut point prendre ou qu'on n'a point pris de part à une affaire, et qu'on ne doit pas être responsable des suites.
• Fig., Laver une tache, laver quelqu'un d'une tache, se dit en parlant De choses qui flétrissent l'honneur, qui ternissent la réputation. Rien ne peut laver cette tache. C'est une tache dont rien ne peut le laver, dont il ne se lavera jamais.
• Fig., Laver ses péchés avec ses larmes, Pleurer ses péchés. Se laver d'un crime, S'en purger, s'en justifier.
• Fig., Laver une injure, un outrage dans le sang de quelqu'un, Se venger de quelque insulte flétrissante, en tuant ou blessant celui de qui on l'a reçue. Les sauvages lavent leurs injures dans le sang. Suivant un préjugé cruel, il est des affronts qu'on ne lave que dans le sang.
• Ce fleuve lave les murs de telle ville, Il passe auprès des murs, au pied des murs de telle ville, il les baigne.
• Laver un livre, les feuillets d'un livre, Les tremper dans une eau chargée d'acide muriatique, pour en ôter les taches.
• Laver du papier, Le tremper dans une eau chargée d'alun, pour lui donner plus de consistance et l'empêcher de boire.
• En termes de Dessinateur, Laver un dessin, Ombrer, colorier un dessin en étendant, sur ses différentes parties, une ou plusieurs teintes d'encre de Chine, de bistre ou d'autre couleur délayée dans de l'eau de gomme. Laver un dessin sur un trait au crayon, à l'encre, à la plume. Laver un plan. Laver, dans un plan, les masses de construction en rouge, et les masses de verdure en vert.
• LAVÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif; mais alors il ne s'emploie qu'en parlant De certaines couleurs peu vives et peu chargées, comme dans ces expressions: Cheval de poil bai lavé, Cheval de poil bai clair. En Peinture, Couleur lavée, Couleur faible et déchargée.

LAVETTE . s. f.
• Petit morceau de linge dont on se sert pour laver la vaisselle.

LAVEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui lave. Laveur de vaisselle. Laveuse d'écuelles.

LAVIS .s.m.
• .Dessinateur. Manière de colorier un dessin avec de l'encre de Chine, du bistre, de la sépia ou quelque autre substance colorante. Lavis à l'encre de Chine, au bistre. Dessin fait au lavis, ou Dessin au lavis.

LAVOIR .s.m.
• Lieu destiné à laver. Se dit plus particulièrement d'Un réservoir d'eau où on lave le linge. Lavoir commun. Aller au lavoir. Construire un lavoir. Il y a un beau lavoir dans ce village. Le lavoir d'un hospice.
• Lavoir de cuisine, Lieu où on lave la vaisselle.
• LAVOIR, se dit, dans les Communautés et dans les Sacristies, du Lieu où on se lave les mains.
• Se dit, dans les Manufactures, de Certains appareils destinés à laver les substances qu'on y emploie; et, dans les Mines, de La machine dont on se sert pour laver le minerai.

LAVURE . s. f.
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Lavure de vaisselle, d'écuelles, Eau qui a servi à laver la vaisselle, les écuelles.
• Fam. et par exagérat., Lavure de vaisselle, Un bouillon, un potage fade et insipide, où il y a trop d'eau.
• LAVURE, se dit aussi de L'action de laver un livre avant de le relier.
• LAVURE, en termes d'Orfévrerie et de Monnayage, Opération par laquelle on retire l'or ou l'argent des cendres, des terres auxquelles il est mêlé, ou des creusets dans lesquels on l'a fondu.
• Se dit aussi, au pluriel, Des parcelles d'or ou d'argent qui proviennent de cette opération, et de celles qu'on tire des balayures.

LAXATIF
, IVE. adj.
• .Médec. Qui a la vertu, la propriété de lâcher le ventre. Remède laxatif. Tisane laxative.

LAYER . v. a.
• T. d'Eaux et Forêts. (Il se conjugue comme Payer.) Tracer une laie, une route étroite dans une forêt. Layer un bois, une forêt. Voyez LAIE.
• LAYÉ, ÉE. participe

LAYETIER .s.m.
• Celui qui fait des layettes, des caisses de bois blanc.

LAYETTE . s. f.
• Tiroir d'armoire où l'on serre des papiers. Mettre des papiers dans une layette. Dans le trésor des chartres, la plupart des layettes étaient marquées par les noms des provinces.
• Se dit aussi d'Un coffret de bois. Petite layette. Dans ce sens et dans celui qui précède, il est peu usité.
• LAYETTE, signifie encore, Le linge, les langes, le maillot, et tout ce qui est destiné pour un enfant nouveau-né. Préparer, donner une layette, une belle layette.

LAYEUR .s.m.
• T. d'Eaux et Forêts. Celui qui trace des laies dans une forêt, ou qui marque le bois qu'on veut layer.

LAZARET .s.m.
• Lieu préparé dans quelques ports, principalement dans ceux de la Méditerranée, pour y faire passer la quarantaine aux personnes, aux effets et aux marchandises, qui viennent des pays infectés ou soupçonnés d'être infectés d'une maladie contagieuse. Le lazaret de Marseille. Entrer au lazaret. Sortir du lazaret.

LAZULI
• Voyez LAPIS.

LAZZI .s.m.
• Mot emprunté de l'italien, qui signifie, Action, mouvement, geste bouffon dans la représentation des comédies. Les comédies italiennes sont pleines de lazzi. Les lazzi d'Arlequin.
• Se dit, par extension, de Mauvaises plaisanteries et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre. Il s'en est tiré par des lazzi. Quelques-uns écrivent au pluriel, Lazzis.

LE
, LA, LES
• Le premier de ces trois mots est l'article du nom masculin, au singulier: Le jour. Le second est l'article du nom féminin, au singulier: La nuit. Le troisième est l'article du pluriel, et il est commun aux deux genres: Les jours. Les nuits.
• Si les prépositions de ou à se trouvent devant l'article masculin au singulier, et que le nom suivant commence par une consonne ou par une h aspirée, on change de le en du, et à le en au: Du mois. Au mois. Du héros. Au héros. Si le nom commence par une voyelle ou par une h non aspirée, la préposition et l'article n'éprouvent aucun changement; mais l'article, soit masculin, soit féminin, s'élide: De l'enfant. À l'enfant. De l'honneur. À l'honneur. De l'amitié. À l'amitié.
• Quant à l'article du pluriel, la même contraction a lieu, quelle que soit la lettre qui commence le mot suivant. Pour de les, on dit des, et pour à les, on dit aux: Des héros. Aux héros. Des enfants. Aux enfants. Des femmes. Aux femmes.

LE
, LA, LES. Pronoms relatifs
• dont le premier est pour le genre masculin, le second pour le féminin, le troisième pour les deux genres au pluriel. Ils accompagnent toujours un verbe, et ils remplacent un substantif déjà exprimé. Voilà un bon livre, je vous engage à le lire. Vous avez mon chapeau, rendez-le-moi. Dès que ma soeur sera arrivée, j'irai la voir. Il avait mille francs, et il les a dépensés. Quand vous aurez des nouvelles, faites-les-moi savoir. Je me regarde comme la mère de cet enfant; je la suis de coeur, je la suis par ma tendresse pour lui. Le livre que vous cherchez, le voici. Dans cette phrase, le voici est l'équivalent de vous le voyez.
• LE, tient quelquefois la place, soit d'un adjectif, soit d'un verbe, ou plutôt d'une proposition; alors il signifie Cela, et il est invariable. Cette femme est belle et le sera longtemps. Je n'ai pas été enrhumée de l'hiver, et je le suis depuis les chaleurs. Si j'étais mère, je le serais avec toute la tendresse imaginable. Ils ne sont pas encore habiles, mais ils le deviendront. Nous devons défendre l'honneur et l'intérêt de nos parents, quand nous le pouvons sans injustice.
• LE et LA, toutes les fois qu'ils sont devant un verbe qui commence par une voyelle, s'élident dans l'écriture et dans la prononciation: Je le vis, je l'aimai. Je la reconnus, je l'appelai. Je dois l'aimer, et je l'aime. Quand Le est après le verbe, s'il est suivi d'une voyelle, il ne s'élide point en écrivant, mais il s'élide en prononçant: Voyez-le à son retour. (On prononce Voyez-l' à son retour.) Dans le même cas, La ne souffre pas d'élision: Ramenez-la à son devoir.

.s.m.
• Largeur d'une étoffe entre ses deux lisières. Un lé de velours, de satin, de taffetas, de toile, de percale. Draps de lit de deux lés, de trois lés. Cette toile est assez large pour qu'on puisse faire deux mouchoirs au lé, dans le lé. J'ai brûlé ma robe, je suis obligée d'y mettre un lé. Cette robe a cinq lés de tour. Ces rideaux ont trois lés et demi de large.
• Demi-lé, La moitié de la largeur d'un lé. C'est assez d'un demi-lé pour cela.

LÈCHE . s. f.
• Tranche fort mince de quelque chose qui se mange. Une lèche de pain, de jambon. On ne lui en a donné qu'une lèche. Il est familier.

LÈCHEFRITE . s. f.
• Ustensile de cuisine, ordinairement de fer, qu'on met sous la broche pour recevoir la graisse et le jus de la viande que l'on fait rôtir. Grande, petite lèchefrite. Mettre la lèchefrite sous le rôti.

LÉCHER . v. a.
• Passer la langue sur quelque chose. Lécher un plat. Lécher la sauce qui reste sur une assiette. Quand les chats ont mangé quelque chose qu'ils trouvent bon, ils se lèchent les barbes, ils s'en lèchent les barbes. Les chiens guérissent leurs plaies en les léchant. On dit que les ours lèchent leurs petits pour achever de les former. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Un chat qui se lèche.
• Prov. et pop., Il n'a qu'à s'en lécher les barbes, se dit Pour faire entendre qu'un homme n'aura point ce qu'il voudrait avoir.
• Fam., On s'en lèche les doigts, c'est à s'en lécher les doigts, Cela est excellent à manger.
• LÉCHER, en termes de Peinture, figurément, Finir son ouvrage avec un soin excessif et minutieux. Ce peintre a le tort de lécher, de trop lécher ses ouvrages. Ce tableau est léché, trop léché.
• Se dit, quelquefois, en parlant Des ouvrages d'esprit. Il lèche ses écrits au point de les rendre secs et froids. Cet ouvrage est trop léché. Dans cette acception, il est familier.
• À LÈCHE-DOIGTS. loc. adv. et fam. On l'emploie en parlant De choses qui se mangent, et qui sont données en trop petite quantité. Il nous a fait servir d'assez bonnes choses, mais il n'y en avait qu'à lèche-doigts.
• LÉCHÉ, ÉE. participe. Fig. et fam, Un ours mal léché, Un homme mal fait, difforme, ou Un homme mal élevé, grossier.

LEÇON . s. f.
• Instruction qu'on donne, ordinairement dans une classe et du haut d'une chaire, à ceux qui veulent apprendre quelque science, quelque langue. Leçon de droit, de théologie, de médecine, de chimie, de botanique, de littérature, d'arabe, de latin, de grec. Ce professeur a commencé, a repris hier ses leçons. Il a fait aujourd'hui une belle leçon, une savante leçon. Faire des leçons publiques. Suivre les leçons, aller entendre les leçons d'un professeur. Je suis arrivé au commencement, au milieu, à la fin de la leçon.
• Se dit aussi en parlant De toutes sortes d'arts, d'exercices, et de sciences, qu'on enseigne en particulier à un seul élève ou à peu d'élèves à la fois. Donner, prendre des leçons de dessin, de musique, de danse, d'équitation, d'escrime, de géographie, d'histoire, de grammaire Donner des leçons d'écriture en ville. Mes enfants ont pris ce matin leur leçon d'italien. Il a pris, il a eu des leçons de chant d'un excellent maître. Il sait assez d'arithmétique; il n'a plus besoin de leçons.
• LEÇON, se dit, par extension, Des instructions, des conseils donnés à une personne relativement à sa conduite dans la vie ou dans quelque affaire. Un ami sage lui avait donné de bonnes leçons, dont il a mal profité. Je me passerai bien de vos leçons. Il a eu de mauvaises leçons. Avant de l'envoyer traiter pour moi de cette affaire, je lui ai fait sa leçon. Je lui ai bien fait sa leçon. Il a bien retenu, mal retenu sa leçon.
• Faire à quelqu'un sa leçon, signifie aussi quelquefois, Faire une réprimande. Il me parlait malhonnêtement; mais je lui ai bien fait sa leçon. On dit dans le même sens, Donner une leçon, une bonne leçon à quelqu'un.
• LEÇON, se dit figurément Des enseignements, des avertissements utiles que l'on reçoit des choses. Les leçons de l'expérience sont perdues pour la plupart des hommes. Cet événement a été pour moi une bonne, une excellente leçon. Mettre à profit la leçon du malheur. Les leçons de l'histoire. Le théâtre peut offrir des leçons profitables. Le silence du peuple est la leçon des rois.
• Prov., Il en ferait leçon, des leçons, se dit D'un homme qui possède parfaitement une science, qui connaît bien une chose.
• LEÇON, signifie aussi, Ce que le maître donne à l'écolier à apprendre par coeur. Cet écolier apprend, étudie, récite sa leçon. Il sait sa leçon, il sait sa leçon par coeur. Retenir bien sa leçon. Dites votre leçon, vos leçons.
• LEÇON, se dit aussi Du texte d'un auteur, par comparaison à une ou plusieurs autres copies du même texte. Il y a deux diverses leçons de ce texte. Voici la bonne leçon. Confronter les différentes leçons d'un passage.
• Se dit, figurément et familièrement, d'Un récit qui diffère d'un autre relatif au même fait. Vous racontez ainsi l'aventure; mais il y a une autre leçon, une leçon différente.
• LEÇON, se dit, dans la Liturgie catholique, de Certains petits chapitres de l'Écriture ou des Pères, qui font partie du bréviaire, et que l'on récite ou que l'on chante à matines. Il y a trois leçons à chaque nocturne.

LECTEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui lit à haute voix et devant d'autres personnes. C'est un bon lecteur, un fort bon lecteur, un lecteur infatigable. C'est un mauvais lecteur, sa voix est monotone. Vous êtes une excellente lectrice.
• Il signifie aussi, Celui, celle dont la fonction est de lire. Lecteur du roi. Lectrice de la reine. Dans les maisons d'éducation, il y a ordinairement un lecteur ou une lectrice de semaine, pour lire au réfectoire.
• LECTEUR, se dit, particulièrement, de Celui qui lit seul et des yeux quelque ouvrage; et, en ce sens il n'est guère usité qu'au masculin. L'essentiel pour un écrivain est de plaire à son lecteur, à ses lecteurs. Cet ouvrage a peu de lecteurs, a beaucoup de lecteurs. Le lecteur français veut de la clarté dans tous les écrits. Cet homme est un grand lecteur.
• Avis au lecteur, Espèce de petite préface, dans laquelle l'auteur disait ordinairement, Ami lecteur.
• Prov. et fig., Avis au lecteur, c'est un avis au lecteur, se dit D'un conseil ou d'un reproche, exprimé d'une manière indirecte et générale, avec dessein que telle personne s'en fasse l'application. Vous entendez bien ce qu'il vient de dire, c'est un avis au lecteur. Se dit aussi D'un événement, d'un malheur qui peut servir d'instruction à quelqu'un, et l'avertir de prendre garde à lui. Ne vous hasardez pas dans cette affaire; plusieurs s'y sont ruinés, c'est un avis au lecteur.
• LECTEUR, se disait autrefois, chez quelques Religieux, Des régents, des docteurs qui enseignaient la philosophie, la théologie. Un tel, lecteur en théologie, lecteur en philosophie.
• Lecteurs royaux, Les professeurs du collége royal de France. Lecteur royal en philosophie, en mathématiques, en arabe, en hébreu, etc.
• LECTEUR, est, dans l'Église romaine, Un des quatre ordres qu'on appelle Les quatre mineurs.

LECTURE . s. f.
• Action d'une personne qui lit à haute voix. On fit la lecture du contrat de mariage en présence de tous les parents. Lecture faite des articles, on signa. J'ai assisté hier à la lecture d'une belle pièce. Il y a eu une lecture, on a fait une lecture chez moi. Qui est-ce qui fait la lecture ce soir?
• Il signifie aussi, L'action, l'habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction ou pour son plaisir. La lecture de cet ouvrage est très-attachante. Il aime beaucoup la lecture. Il s'est fort attaché, fort adonné à la lecture. Il s'est rendu savant par la lecture des bons auteurs, par une lecture continuelle. La lecture forme l'esprit.
• S'emploie quelquefois au pluriel. Il a bien profité de ses lectures.
• Il signifie encore, L'instruction qui résulte de la lecture. C'est un homme qui n'a point de lecture, qui n'a aucune lecture, qui a beaucoup de lecture, qui est d'une prodigieuse lecture. Il est rempli, nourri de la lecture des anciens.
• Il signifie quelquefois, L'art de lire. Il enseigne la lecture et l'écriture aux enfants. Maître de lecture et d'écriture.
• LECTURE, se dit souvent par opposition à Représentation, en parlant D'une pièce de théâtre. Cette pièce a réussi à la représentation, mais je doute qu'elle se soutienne à la lecture.
• Comité de lecture, jury de lecture, Assemblée devant laquelle on lit les ouvrages destinés à un théâtre, et qui juge s'ils méritent d'être représentés.
• Cabinet de lecture, Lieu où, moyennant une rétribution, on lit des journaux et des livres.

LÉGAL
, ALE. adj.
• Qui est établi par la loi, qui est selon la loi, qui résulte de la loi. Des formes légales. Voie légale. Moyens légaux. Intérêt légal. Incapacité légale.
• Médecine légale, Application des connaissances médicales à différentes questions de droit, pour les éclaircir et en faciliter la décision. Traité de médecine légale.
• LÉGAL, se dit, particulièrement, De ce qui concerne la loi de Dieu donnée par Moïse. Les cérémonies légales. Les viandes légales. Observations légales. Impureté légale.

LÉGALEMENT . adv.
• D'une manière légale. Procéder légalement. Cela n'est pas fait légalement.

LÉGALISATION . s. f.
• Attestation par laquelle un fonctionnaire public compétent certifie qu'un acte est authentique et que foi doit y être ajoutée. Un acte qui manque de légalisation.
• Se dit aussi de L'action de légaliser. Ce magistrat est chargé de la légalisation de tels et tels actes. Bureau de légalisation.

LÉGALISER . v. a.
• Attester, certifier l'authenticité d'un acte public, afin qu'il puisse faire foi hors du ressort où il a été passé. Faire légaliser une procuration, un acte de naissance, de décès, un passe-port pour l'étranger.
• LÉGALISÉ, ÉE. participe, Un acte bien et dûment légalisé.

LÉGALITÉ . s. f.
• Caractère, qualité de ce qui est légal. La légalité d'un acte. On a contesté la légalité de ces formes, de ces moyens, de ces mesures.

LÉGAT .s.m.
• Cardinal préposé par le pape pour gouverner quelque province de l'État ecclésiastique. Légat de Bologne. Légat de Ferrare.
• Légat à latere (on prononce latéré), ou simplement Légat, Cardinal envoyé avec des pouvoirs extraordinaires, par le pape, auprès de quelqu'un des princes chrétiens, à un concile, etc. Le légat à latere présenta ses lettres. Les légats du pape présidèrent au concile de Trente.
• Légat-né du saint-siége. Qualité que prennent quelques prélats. L'archevêque duc de Reims se qualifiait de légat-né du saint-siége.

LÉGATAIRE . s. des deux genres
• .Jurispr. Celui ou celle à qui on fait un legs. Légataire particulier. Légataire universel. On ne peut être légataire et héritier tout ensemble. Elle est légataire universelle. Être légataire de quelqu'un. Un des légataires. Sa mère l'a fait son légataire, l'a faite sa légataire.

LÉGATION . s. f.
• La charge, l'office, l'emploi du légat. Le pape a donné la légation de cette province à tel cardinal. Les légats à latere ne pouvaient exercer leur légation en France sans permission du roi, et sans avoir fait vérifier au parlement leurs lettres de légation.
• Il signifie également, L'étendue du gouvernement d'un légat dans l'État ecclésiastique. En ce sens, on n'applique guère ce mot qu'au Bolonais et au Ferrarais. Dans toute la légation de Bologne. Dans toute l'étendue de la légation de Ferrare. Dans les deux légations.
• Il signifie aussi, Le temps que durent les fonctions d'un légat. Cela se passa pendant sa légation.
• LÉGATION, en termes de Diplomatie, Commission que quelques puissances donnent à une ou plusieurs personnes, pour aller négocier auprès d'une puissance étrangère. Il y a des conseillers et des secrétaires de légation.
• Se dit aussi collectivement, non-seulement de L'ambassadeur, de l'envoyé ou du ministre plénipotentiaire, mais encore Des conseillers, des secrétaires employés sous lui et payés par le gouvernement. La légation anglaise. La légation de Russie.
• Se dit encore de L'hôtel que ces personnes habitent. Je suis allé à la légation de Suède.

LÉGATOIRE . adj.
• Terme d'Hist. anc., qui n'est usité que dans cette locution, Province légatoire, Province gouvernée par un lieutenant, sous les empereurs romains.

LÉGE . adj. des deux genres
• .Marine. Se dit D'un bâtiment qui n'a pas sa charge complète, et dont la carène n'entre pas assez dans l'eau. Ce vaisseau est lége et n'a pas de stabilité.
• Bâtiment qui fait son retour lége, Bâtiment qui revient sans charge, à vide, bâtiment sur son lest.

LÉGENDAIRE .s.m.
• Auteur de légendes. On reproche a la plupart des anciens légendaires d'avoir été trop crédules.

LÉGENDE . s. f.
• Ouvrage contenant le récit de la vie des saints. Une vieille légende. Les anciennes légendes sont remplies de fables plus propres à scandaliser qu'à édifier. Lire la légende. Ce saint-là n'est pas dans la légende.
• Légende dorée, Compilation de vies des saints, composée vers la fin du treizième siècle.
• LÉGENDE, se dit aussi, par dénigrement, d'Un écrit long et ennuyeux par ses détails, d'une longue suite de choses fastidieuses. Il nous a apporté une grande légende des actions de ses ancêtres. Cet avocat a produit une légende d'autorités qui ne finissait pas.
• LÉGENDE, se dit encore d'Une inscription gravée circulairement près des bords et quelquefois sur la tranche d'une pièce de monnaie, d'un jeton, d'une médaille. Les anciens écus de six francs avaient pour légende, SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM.

LÉGER
, ÈRE. adj.
• Qui ne pèse guère. Un corps léger. L'air est plus léger que l'eau. Léger comme une plume. Léger comme l'air. Un habit léger. Une étoffe légère. Voilà de la vaisselle d'argent trop légère. Une armure légère. Une voiture légère.
• Pièce de monnaie légère, Pièce qui ne pèse pas ce qu'elle doit peser. Des espèces légères. Ce louis d'or est léger d'un grain, de deux grains.
• Terre légère, Terre meuble, qu'on remue aisément.
• Troupes légères, Troupes qu'on emploie hors de ligne pour reconnaître, harceler, poursuivre l'ennemi. Cavalerie légère, se dit par opposition à La cavalerie pesamment armée. Infanterie légère, Les corps de chasseurs à pied. Artillerie légère, Celle dont les canonniers sont à cheval.
• En termes de Manége, Ce cheval est léger à la main, Il a la bouche bonne, les jarrets bons, il ne s'appuie pas sur le mors.
• Avoir la main légère, se dit D'un cavalier qui se sert bien des aides de la main; D'un chirurgien qui opère facilement et adroitement; D'un joueur d'instruments qui exécute avec aisance et prestesse; D'une personne qui met de la liberté et de la rapidité dans son écriture.
• Par extension et fam., Avoir la main légère, Être prompt à frapper. Il a la main légère. Dans le même sens, Il est léger de la main. Se dit aussi D'un filou qui dérobe adroitement.
• Fig., Avoir la main légère, User de son pouvoir, de son autorité avec modération. Pour bien gouverner, il faut avoir la main légère.
• Prov., Être léger d'argent, N'en avoir guère.
• Fig., Avoir le sommeil léger, Se réveiller au moindre bruit.
• LÉGER, en parlant Des aliments, signifie, Facile à digérer. Il y a des viandes plus légères que d'autres à l'estomac.
• Il s'applique À certaines boissons qui ont peu de force. Un vin léger. Une infusion légère. Du thé fort léger.
• Prendre un léger repas, un repas léger, Prendre un repas frugal, où l'on mange peu.
• LÉGER, signifie aussi, Dispos et agile. Je me sens aujourd'hui plus léger qu'à l'ordinaire. Marcher d'un pied léger, d'un pas léger. Être léger à la course. Plus léger que le vent.
• Fam., Je suis allé là de mon pied léger, J'y suis allé à pied.
• Avoir la voix légère, Chanter aisément les passages difficiles.
• LÉGER, dans les Arts du dessin, se dit De ce qui est l'opposé de Lourd, de massif, de ce qui porte un caractère de délicatesse et de facilité. En Peinture: Contours légers. Draperie légère. Tableau léger de touche, léger de pinceau. Pinceau léger. En Architecture, en Sculpture, en Ciselure, etc.: Ouvrages légers, ornements légers, Cette broderie est légère, est d'un dessin léger.
• LÉGER, s'emploie aussi par opposition à Grossier, opaque. Une vapeur légère.
• En Peinture, Couleur légère, Couleur aérienne et transparente.
• LÉGER, signifie figurément, Peu important, peu considérable. Raisons légères. Un sujet bien léger. Une légère dispute. Une injure légère. Une faute légère. Une peine, une pénitence légère. Une légère blessure. Une douleur légère.
• Il signifie quelquefois, au moral, Superficiel. Prendre une légère teinture de quelque science. N'avoir qu'une légère notion de quelque chose. Pour vous en donner une légère idée.
• LÉGER, signifie aussi figurément, Volage, inconstant dans ses sentiments ou dans ses opinions. Un peuple léger. Un esprit léger. Avoir le coeur léger. C'est un homme léger.
• Cet homme a la tête légère, le cerveau léger, l'esprit léger, c'est une tête légère, Il est peu sage, peu sensé.
• LÉGER, signifie en outre figurément, Inconsidéré. Cette femme est bien légère dans sa conduite et dans ses discours. Propos léger.
• LÉGER, en parlant du style, s'emploie quelquefois dans le sens d'Agréable et facile. Cet auteur a le style léger.
• Poésie légère, Poésie dont les sujets sont peu importants, et dont le principal caractère est la facilité, l'abandon. Il a réussi dans la poésie légère. Se dit, au pluriel, Des pièces de vers qui appartiennent à ce genre de poésie. On a réuni en un volume toutes ses poésies légères.
• À LA LÉGÈRE. loc. adv. Il ne se dit guère, au propre, qu'en parlant Des armes et des habits qui pèsent peu. Être armé à la légère. Être vêtu à la légère.
• Il signifie au figuré, Inconsidérément, sans beaucoup de réflexion. Entreprendre quelque chose à la légère. Vous y allez bien à la légère.

LÉGÈREMENT . adv.
• D'une manière légère, par opposition à pesante. Être vêtu, armé légèrement. Marcher, courir, sauter légèrement.
• Il signifie aussi, Peu, au sens physique et au sens moral. Souper légèrement. Blessé légèrement. Il est fort légèrement touché de sa faute. Il a été puni bien légèrement pour une faute si grave. Il a traité ce point trop légèrement.
• Il signifie encore, Inconsidérément, avec irréflexion. Il se conduit, il parle fort légèrement. Il ne faut pas croire si légèrement. Vous avez pris cette résolution un peu trop légèrement. Vous n'avez pas examiné ce passage, cette raison; vous avez passé dessus trop légèrement.
• Il signifie quelquefois, Avec facilité et délicatesse. Ce tableau est légèrement touché. Ce dessin est légèrement fait. Ce musicien joue, exécute bien légèrement.

LÉGÈRETÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est léger, peu pesant. La légèreté de l'air. La légèreté des vapeurs.
• Il signifie aussi, Agilité, vitesse. Marcher, courir avec légèreté. La légèreté des oiseaux. La légèreté d'un cerf. La légèreté d'un danseur. La légèreté de sa marche, de sa danse, de sa course.
• Il a une grande légèreté de main, se dit D'un homme qui écrit avec aisance et célérité, et D'un joueur d'instruments dont le jeu est facile et brillant. Il a une grande légèreté de pinceau, se dit D'un peintre dont la touche est légère. Il a beaucoup de légèreté dans la voix, se dit D'un chanteur qui fait aisément les passages difficiles.
• LÉGÈRETÉ, signifie figurément, Inconstance, instabilité. Je crains la légèreté de son esprit, de son caractère. Il a dans le caractère une légèreté qui l'empêche de se fixer à aucun parti.
• Il signifie aussi, Irréflexion, imprudence. La légèreté de sa conduite, de ses discours, lui a causé beaucoup de désagréments.
• Se dit quelquefois d'Une faute commise par légèreté, d'un tort peu grave. Cette légèreté ne méritait pas une si grande punition. Ce ne sont que des légèretés qui tiennent à son âge.
• LÉGÈRETÉ, se prend quelquefois pour Agrément, facilité, en parlant De style et de conversation. Il a de la légèreté dans la conversation, dans le style.

LÉGION . s. f.
• T. d'Antiquité romaine. Corps de gens de guerre composé d'infanterie et de cavalerie. La première légion; la deuxième, la quatorzième légion, etc. La légion fulminante. La légion thébaine. Les légions des Gaules, de l'Illyrie, etc. Les légions romaines. Les vieilles légions. Commander une légion. Le tribun d'une légion. Chaque légion était divisée en dix cohortes.
• Il s'est dit autrefois, en France, de Certains corps d'infanterie, et il se disait encore récemment Des régiments d'infanterie de ligne. Chaque légion portait le nom d'un des départements de la France. La légion d'Indre-et-Loire, de la Corrèze, du Rhône.
• Se dit encore aujourd'hui Des régiments de garde nationale, de ceux de la gendarmerie, etc. La première, la seconde, la troisième légion. Le colonel d'une légion.
• Légion d'honneur, Ordre institué en France pour récompenser les services et les talents distingués. Grand chancelier, grand officier, commandant, officier, chevalier, membre de la Légion d'honneur. Il a obtenu, il a reçu, il porte la décoration de la Légion d'honneur. Être dégradé de la Légion d'honneur par suite d'un jugement infamant.
• LÉGION, signifie, figurément et familièrement, Un grand nombre de personnes. Une légion de parents, de neveux, de cousins. Ils étaient une légion. Dans le style de l'Écriture: Des légions d'anges. Des légions de démons.

LÉGIONNAIRE .s.m.
• Soldat dans une légion romaine. Les légionnaires firent des merveilles en cette occasion.
• Il signifie aussi, Membre de la Légion d'honneur. Il était simple légionnaire, il a été nommé officier.
• LÉGIONNAIRE, est quelquefois adjectif. Soldat légionnaire.
• Épées légionnaires, Épées qui étaient à l'usage des légions romaines, et dont quelques-unes se voient encore dans les cabinets d'antiquités. Dans cette locution, Légionnaire est féminin.

LÉGISLATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui donne des lois à un peuple. Moïse fut le législateur des Hébreux. Lycurgue et Solon sont des législateurs célèbres. Catherine II fut la législatrice de son peuple.
• Se dit aussi en parlant Des lois religieuses. JÉSUS-CHRIST, le législateur des chrétiens. Notre divin législateur. Confucius, législateur des Chinois.
• Se dit, par extension, de Celui, de celle qui établit les principes d'un art, d'une science. Boileau est le législateur de la poésie française, du Parnasse français.
• Se dit quelquefois, absolument, Du pouvoir qui fait les lois. C'est au législateur qu'il appartient d'expliquer la loi. Telle n'est point l'intention du législateur.
• LÉGISLATEUR, s'emploie quelquefois adjectivement. Un roi législateur. Ce prince, guerrier et législateur, poliça les nations qu'il avait soumises. Sémiramis, à la fois guerrière et législatrice, étonna l'Asie.

LÉGISLATIF
, IVE. adj.
•Qui fait les lois. Pouvoir législatif. Puissance, autorité législative. En France, le concours du roi et des deux chambres forme le pouvoir législatif. Corps législatif. Assemblée législative.
• Il signifie aussi, Qui est de la nature des lois, qui porte le caractère des lois. Acte législatif. Mesures, dispositions législatives.

LÉGISLATION . s. f.
• Droit de faire les lois. Dans lés gouvernements absolus, la législation n'appartient qu'au monarque.
• Se dit aussi Du corps même des lois. Bonne législation. Législation vicieuse, défectueuse. Réformer la législation. Corriger les vices, remplir les lacunes de la législation.
• Se dit encore de La science, de la connaissance des lois. Un cours de législation. Il est habile en législation.

LÉGISLATURE . s. f.
• Les trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois. La législature vient de décider une grande question.
• S'emploie, souvent, dans le sens d'Assemblée législative. Législature nombreuse, complète.
• Il signifie aussi, La période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs. Pendant la première, pendant la seconde législature.

LÉGISTE .s.m.
• Celui qui connaît ou qui étudie les lois. Tous les légistes sont du même avis sur cette question. Un jeune légiste.

LÉGITIMAIRE . adj. des deux genres
• .Jurisprud. Qui appartient à la légitime. Portion légitimaire. Droits légitimaires. Héritiers légitimaires.

LÉGITIMATION . s. f.
• Changement d'état d'un enfant naturel que ses père et mère reconnaissent par mariage subséquent, et qui acquiert par là les droits des enfants nés en légitime mariage. Autrefois la légitimation pouvait s'opérer par lettres de chancellerie.
• Il signifie aussi, Reconnaissance authentique et juridique des pouvoirs d'un envoyé, d'un député, etc. Après la légitimation de ses pouvoirs auprès de la diète, il est entré en fonctions.

LÉGITIME . adj. des deux genres
• Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Pouvoir légitime. Autorité légitime. Mariage légitime.
• Enfant légitime, Enfant né durant le mariage, ou après la mort du père, dans le délai que fixe la loi.
• Intérêt légitime, Intérêt de l'argent au taux fixé par la loi.
• LÉGITIME, signifie aussi, Juste, équitable, fondé sur la raison, ou conforme à des règles établies. Ses voeux sont légitimes. Il a un sujet fort légitime de se plaindre de vous. Sa douleur est légitime. Y a-t-il rien de plus légitime? Il a des prétentions fort légitimes. Son droit est très-légitime. Conséquence légitime.

LÉGITIME . s. f.
• .Jurisprud. La portion assurée par la loi à certains héritiers sur la part héréditaire qu'ils auraient eue en entier, si le défunt n'en avait disposé, totalement ou partiellement, par donations entre-vifs ou testamentaires. Un père ne peut pas ôter la légitime à son fils. La légitime des ascendants. Son père lui a donné sa légitime. Un fils qui a eu, qui a reçu sa légitime. Demander sa légitime. Il a été réduit à sa légitime.

LÉGITIMEMENT . adv.
• Conformément à la loi, à l'équité, à la raison, aux règles établies. Un bien légitimement acquis. Cette somme lui est légitimement due.

LÉGITIMER . v. a.
• Donner à un enfant naturel les droits des enfants nés en légitime mariage. Son mariage a légitimé deux enfants qu'il avait eus auparavant. Ce prince fit légitimer deux de ses enfants naturels.
• Il signifie aussi, Faire reconnaître son titre, son pouvoir, pour authentique et juridique. Il a fait légitimer ses pouvoirs, sa commission.
• Il signifie encore, Justifier, rendre excusable. La dureté des parents ne légitime point l'ingratitude des enfants. L'ivresse ne légitime aucune mauvaise action.
• LÉGITIMÉ, ÉE. participe, Les enfants légitimés. Des pouvoirs légitimés.

LÉGITIMITÉ . s. f.
• La qualité de ce qui est conforme à la loi, à la justice, à la raison, ou aux règles établies. On attaqua la légitimité de son mariage. La légitimité d'un droit, d'une action, d'une prétention, d'une demande.
• Il signifie particulièrement, L'état, la qualité d'un enfant légitime. On lui dispute sa légitimité. Il s'agit de sa légitimité.

LEGS .s.m.
• (Le G ne se prononce pas.) Don fait par testament ou par autre acte de dernière volonté. Legs universel, particulier. Legs pieux. Faire, laisser, accepter, recevoir, refuser un legs, des legs. Un legs de dix mille francs, de cent mille francs. Acquitter, payer les legs. Il n'y a pas de fonds, où prendra-t-on les legs? Un legs caduc.

LÉGUER . v. a.
• Donner par testament ou par autre acte de dernière volonté. Il lui a légué dix mille écus par son testament, par son codicille. Je léguerai tous mes biens. Cela lui a été légué. Je donne et lègue ma ferme à un tel.
• Il signifie figurément, Transmettre. Il a légué son talent, sa probité, son courage à son fils. Le dernier siècle a légué au nôtre plusieurs découvertes précieuses.
• LÉGUÉ, ÉE. participe

LÉGUME .s.m.
• Se dit, proprement, de Certaines graines qui viennent dans des gousses, comme les pois, les fèves, etc. Légumes nourrissants, savoureux. Légumes verts. Légumes secs. Les haricots sont un légume dont les estomacs faibles doivent s'abstenir.
• Se dit, généralement, de Toute sorte d'herbes potagères, de plantes, de racines bonnes à manger. Les épinards, les artichauts, les salsifis sont d'excellents légumes. Je ne connais pas de meilleur légume que la pomme de terre. C'est un homme qui ne vit que de légumes, qui ne mange que des légumes.
• Se dit quelquefois, en termes de Botanique, pour Gousse. Le fruit de cette plante est un légume.

LÉGUMINEUX
, EUSE. adj.
• .Bot. Il ne s'emploie guère qu'au féminin, et se dit De certaines plantes dont la fleur est irrégulière, et dont le fruit est une gousse, comme le pois, la fève, le haricot, l'acacia, le genêt, etc. Plante légumineuse.
• S'emploie aussi comme substantif. Le trèfle est une légumineuse. La famille des légumineuses comprend un grand nombre de genres.

LEMME .s.m.
• .Math. Proposition dont la démonstration est nécessaire pour une autre proposition qui doit la suivre.

LÉMURES . s. f. plur.
• Voyez LARVES.

LENDEMAIN .s.m.
• Le jour qui a suivi ou qui suivra celui dont on parle. Ils partirent le lendemain. On l'a remis au lendemain. Différer jusqu'au lendemain. Le lendemain de ses noces. Le lendemain des fêtes. Il ne faut jamais remettre une bonne action au lendemain. Il arrivera pour chacun de nous un jour qui n'aura pas de lendemain. Personne n'est assuré du lendemain. Ne songer, ne penser jamais au lendemain.
• Prov., Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain, se dit Lorsque, après s'être diverti un jour, on propose de se divertir encore le jour suivant.

LENDORE . s. des deux genres
• Personne lente et paresseuse, qui semble toujours assoupie. C'est un lendore, une grande lendore. Il est populaire.

LÉNIFIER . v. a.
• .Médec. Adoucir au moyen d'un lénitif.
• LÉNIFIÉ, ÉE. participe

LÉNITIF
, IVE. adj.
• .Médec. Qui adoucit les humeurs, et qui calme les douleurs, ou Qui purge doucement. Remède lénitif. Potion lénitive. Électuaire lénitif.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le miel est un bon lénitif.
• Il signifie quelquefois au figuré, Adoucissement, soulagement, consolation. Cette agréable nouvelle fut un grand lénitif à sa douleur.

LENT
, ENTE. adj.
• Tardif, qui n'est pas vite dans ses mouvements, dans ses actions, qui n'agit pas avec promptitude. L'âne est un animal lent et pesant. Que cet homme est lent! Il est lent dans tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il fait. Il est lent dans tous ses mouvements. Lent à parler, à écrire. Il est lent à punir, prompt à récompenser. C'est un esprit lent.
• Se dit aussi De certaines facultés et de certaines choses dont l'action ou l'effet manque de promptitude. Avoir un esprit lent, une imagination lente. Le mouvement d'Uranus paraît plus lent que celui des autres planètes. Avoir le pouls lent. Une eau lente. Un poison lent. Une fièvre lente. Des remèdes lents. Un feu lent. Une démarche lente. Sa convalescence est bien lente. Avoir la parole lente. L'action lente du temps détruit les corps les plus solides.

LENTE . s. f.
• OEuf de pou. Avoir des lentes à la tête, dans les cheveux. Des lentes vives.

LENTEMENT . adv.
• Avec lenteur. Marcher, se mouvoir, agir, parler, manger lentement. Il chante lentement. Il va lentement en besogne. Cette rivière coule lentement. Dans les travaux de l'esprit, il faut se hâter lentement.

LENTEUR . s. f.
• Manque d'activité et de célérité dans le mouvement et dans l'action. Grande lenteur. Lenteur insupportable. La lenteur de la tortue. La lenteur de sa prononciation m'impatiente. Il met beaucoup de lenteur à tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il fait. Agir, parler avec lenteur. Les plaideurs sont sujets à essuyer des lenteurs. Les lenteurs de la procédure. Lenteurs affectées.
• Se dit, figurément, De l'imagination, de l'esprit, comme dans cette phrase, Avoir une grande lenteur d'imagination, une grande lenteur d'esprit, Imaginer, concevoir difficilement et avec peine.
• Se dit aussi en parlant De l'action d'une pièce de théâtre, d'un roman. Il y a trop de lenteur dans la marche, dans l'action de cette pièce de théâtre, de ce roman.

LENTICULAIRE . adj. des deux genres
• Qui a la forme d'une lentille. Verre lenticulaire. Pierre lenticulaire. Corps lenticulaire. Corps de figure, de forme lenticulaire. En termes d'Anatomie et de Médecine, on dit, dans le même sens, Lenticulé, ée, et Lentiforme.

LENTICULÉ
, ÉE et LENTIFORME. adj.
• Voyez LENTICULAIRE.

LENTILLE . s. f.
• Plante légumineuse dont la graine, petite, plate, ronde, amincie par les bords, et de couleur roussâtre, est employée comme aliment. Semer des lentilles.
• Se dit également Des graines de lentille. Manger des lentilles. Une soupe aux lentilles. Des lentilles fricassées. Une purée de lentilles. Il faut prendre de cet onguent, de cet opiat gros comme une lentille.
• Lentille d'eau, ou Lentille de marais, Plante qui flotte sur les eaux stagnantes, et dont la feuille a la forme d'une lentille.
• LENTILLE, se dit aussi, surtout au pluriel, de Certaines taches rousses qui viennent sur la peau, ordinairement au visage et aux mains, et qui ressemblent aux lentilles, soit pour la couleur, soit pour la figure. Ces taches se nomment vulgairement Taches de rousseur, et dans le langage médical Éphélides. Elle a le visage plein de lentilles.
• LENTILLE, en termes de Dioptrique, se dit d'Un verre taillé en forme de lentille. Lire de petits caractères avec une lentille. Le foyer d'une lentille.
• En Horlogerie, Lentille de pendule, Poids de cuivre, de forme lenticulaire, qui est attaché à l'extrémité du pendule ou balancier.

LENTISQUE .s.m.
•Espèce de pistachier que l'on cultive dans l'Orient pour en tirer la résine connue sous le nom de Mastic.

LÉONIN
, INE. adj.
• Qui appartient au lion, qui est propre au lion. Il est principalement usité dans cette locution, Société léonine, Société où tous les avantages sont pour un ou pour quelques-uns des associés, au détriment des autres. On dit, dans le même sens: Une maxime léonine. Une politique léonine. Un contrat, un partage léonin.

LÉONIN
, INE. adj.
• Se dit De certains vers latins dont les deux hémistiches riment ensemble. On n'est pas bien assuré du temps où les vers léonins ont commencé.

LÉOPARD .s.m.
• Quadrupède carnassier qui a la peau tavelée, tachetée, marquetée. Le léopard est un animal fort vite.
• Fig., en poésie et dans le style oratoire, Les léopards, ou Le léopard, L'Angleterre, par allusion aux léopards qui figurent dans ses armoiries.

LÉPAS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Hist. nat. Coquillage univalve, qu'on nomme aussi Patelle.

LÉPIDOPTÈRE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Se dit Des insectes qui ont quatre ailes couvertes d'une poussière écailleuse, et une trompe roulée en spirale. Les papillons sont des lépidoptères, appartiennent à l'ordre des lépidoptères.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Les insectes lépidoptères.

LÈPRE . s. f.
• Ladrerie, maladie qui couvre la peau de pustules et d'écailles. Chez les Juifs, ceux qui avaient la lèpre étaient séparés du reste du peuple. Il est tout couvert, tout blanc de lèpre. Il fut frappé, il fut guéri de la lèpre.
• S'emploie quelquefois figurément. La lèpre du péché. La lèpre des mauvaises moeurs, de la cupidité, menaçait de s'étendre sur la société tout entière. La lèpre héréditaire des préjugés.

LÉPREUX
, EUSE. adj.
• Qui a la lèpre. Un homme lépreux. Une femme lépreuse.
• Il est aussi substantif. Les dix lépreux de l'Évangile. Un hôpital pour les lépreux.

LÉPROSERIE . s. f.
• Hôpital pour les lépreux. Il fonda une léproserie.

LEQUEL
, LAQUELLE. Adj. relatif et conjonctif
• composé de l'article Le, la, et de l'adjectif Quel, quelle. Il est synonyme de Qui. Duquel, de laquelle; auquel, à laquelle. Pluriel, Lesquels, lesquelles; desquels, desquelles; auxquels, auxquelles.
• S'emploie en parlant Des personnes et des choses, et presque toujours avec du, de la, des, au, à la, aux; alors il n'est point sujet de la proposition qu'il joint à l'antécédent. C'est un homme duquel je vous réponds. C'est une condition de laquelle je ne puis me départir, à laquelle je ne puis renoncer, sans laquelle je ne consentirai à rien. Il m'a tenu un discours auquel je n'ai rien compris. Vous avez des habitudes auxquelles il faut renoncer.
• S'emploie quelquefois comme sujet de la proposition qu'il joint à son antécédent, lorsque l'emploi de Qui pourrait produire une équivoque. Un homme s'est levé au milieu de l'assemblée, lequel a parlé d'une manière extravagante. Il y a une édition de ce livre, laquelle se vend fort bon marché.
• S'emploie aussi comme sujet, en style de Pratique et d'Administration. On a entendu trois témoins, lesquels ont dit... On a lu le mémoire de la réclamante, laquelle sollicite un dégrèvement.
• LEQUEL, LAQUELLE, signifie quelquefois, Quel est celui, quelle est celle, etc. En ce sens, il est toujours interrogatif. Lequel aimez-vous le mieux de ces deux tableaux-là? Lequel vous plaît le plus? Duquel des deux voulez-vous vous défaire? Par lequel des deux chemins irons-nous? Lequel aimez-vous le mieux de vos deux cousins? Auquel avez-vous parlé?
• LEQUEL, LAQUELLE, signifie aussi, Celui, celle qui, etc. Parmi ces étoffes, voyez laquelle vous plairait le plus. Choisissez laquelle vous voudrez. Choisissez entre nous lequel vous voulez pour compagnon.

LÉROT .s.m.
• Espèce de petit loir gris, à taches noires sur l'oeil et derrière l'oreille. On le nomme aussi Liron.

LES . Pluriel des articles
• Le et La, ainsi que du pronom relatif de la troisième personne. Voyez LE.

LÈSE
• Mot emprunté d'un participe latin, et signifiant, Blessé, violé. S'emploie principalement avec le mot de Majesté. Crime de lèse-majesté humaine, de lèse-majesté divine. Criminel de lèse-majesté.
• Il se joint quelquefois, par allusion, à d'autres substantifs féminins. Crime de lèse-humanité, de lèse-nation. En désobéissant à l'ordonnance du médecin, vous commettez un crime de lèse-faculté. Cette dernière phrase est familière.

LÉSER . v. a.
• Faire tort. Je craindrais de vous léser. Être lésé d'outre moitié du juste prix.
• Il signifie, en termes de Chirurgie, Blesser. Le coup a lésé les parties nobles. La poitrine a été profondément lésée.
• LÉSÉ, ÉE. participe, Je suis la seule partie lésée. Il n'y a personne de lésé dans cette affaire.

LÉSINE . s. f.
• Épargne sordide et raffinée jusque dans les moindres choses. Il est d'une lésine qui passe toute croyance. Faire quelque chose par lésine. Il n'y avait que lui qui fût capable de tant de lésine, d'une lésine si honteuse. On a fait mille contes de sa lésine. Sa lésine s'exerce sur les moindres objets de sa dépense.

LÉSINER . v. n.
• User de lésine. Il lésine sur tout.

LÉSINERIE . s. f.
• Acte de lésine. Il a fait une grande lésinerie. Faire des lésineries.
• Il signifie aussi, Le vice de caractère qui porte à lésiner. Cet homme est d'une lésinerie incroyable.

LÉSION . s. f.
• Dommage, préjudice qu'on souffre dans quelque transaction, dans quelque marché, dans quelque contrat. Le vendeur est reçu à revenir contre la vente, quand il y a lésion d'outre moitié du juste prix. Montrez-moi en quoi il y a lésion, où est la lésion.
• Il signifie, en termes de Chirurgie, Blessure. Ce coup de feu lui a fait une lésion légère, une lésion profonde, considérable aux intestins.
• Lésion organique du coeur, du poumon, Altération du coeur, du poumon, produite par quelque cause interne.

LESSE . s. f.
• Voyez LAISSE.

LESSIVE . s. f.
• Eau chaude que l'on verse sur du linge à blanchir, qui est entassé dans un cuvier, et sur lequel on a mis un lit de soude ou de cendre de bois neuf. Bonne lessive. Forte lessive. Mettre du linge à la lessive. Couler la lessive.
• Se dit aussi de L'action de lessiver, de couler la lessive. Faire la lessive. Du linge blanc de lessive. Ce linge ne sera tout à fait blanc qu'après plusieurs lessives.
• Se dit encore Du linge qui doit être mis à la lessive, qui doit être lessivé. Toute ma lessive est écrite, donnée. J'ai donné ma lessive à laver.
• LESSIVE, se dit aussi de Toute sorte d'eau détersive, rendue telle par de la cendre, ou par quelque autre matière convenable. Faire une lessive pour dégraisser les cheveux. On fait une sorte de lessive aux olives pour en ôter l'amertume.
• Prov. et fig., À laver la tête d'un More, la tête d'un âne, on perd sa lessive, Inutilement on se donne beaucoup de soin et de peine pour faire comprendre quelque chose à un homme qui n'en est pas capable, ou pour corriger un homme incorrigible.
• Fig. et fam., Il a fait une lessive, une forte, une furieuse lessive, Il a fait une perte considérable au jeu.
• LESSIVE, en termes de Chimie, Opération qui consiste à verser plusieurs fois de l'eau chaude ou froide sur des matières terreuses ou autres, pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent.

LESSIVER . v. a.
• Nettoyer, blanchir au moyen de la lessive; faire la lessive. Il faut lessiver deux fois ces draps de lit, pour qu'ils redeviennent blancs.
• Il signifie, en termes de Chimie, Verser à plusieurs reprises de l'eau chaude ou froide sur des matières terreuses ou autres, pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent. On a lessivé ces terres, afin d'en tirer du salpêtre.
• LESSIVÉ, ÉE. participe

LEST .s.m.
• (Le T se prononce.) .Marine. Pierres, sable ou autres matières pesantes, dont on charge le fond d'un bâtiment pour lui faire prendre la quantité d'eau convenable, et pour lui donner de la stabilité. Ils prirent des carreaux de marbre pour servir de lest. Le lest le plus pesant est le meilleur.
• Le navire est parti, est retourné sur son lest, Il est parti, retourné, sans prendre de chargement.

LESTAGE .s.m.
• .Marine. Action de lester un bâtiment.

LESTE . adj. des deux genres
• Qui a de la facilité, de la légèreté dans ses mouvements. Ce vieillard est encore fort leste. Il marche d'un pas leste.
• Il signifie aussi, Qui est équipé de manière à exécuter avec facilité tous ses mouvements. On est bien leste avec cette sorte de vêtement. Ces troupes sont bien lestes. Tout son cortége était leste et brillant.
• Un équipage leste, Une voiture attelée de chevaux vifs et légers.
• LESTE, se dit aussi Des vêtements légers et dégagés qui laissent aux mouvements toute leur liberté. Un habillement, un vêtement leste. Cet uniforme est plus leste que l'ancien.
• LESTE, se dit figurément D'une personne adroite, prompte à trouver des expédients, et à les mettre en usage. C'est un homme leste en affaires.
• Se dit aussi, figurément et en mauvaise part, D'une personne légère, peu scrupuleuse sur les principes, les égards et les convenances. C'est un homme leste en procédés, leste dans ses propos. Cette femme est fort leste, fort leste dans ses actions et dans ses discours.
• Se dit également Des choses, et signifie, Léger, inconsidéré, inconvenant. Un propos leste. Une réponse leste. Une conduite leste.

LESTEMENT . adv.
• D'une manière leste. Il marche fort lestement. Il était lestement vêtu.
• Il signifie figurément, Avec dextérité et promptitude. Il s'est lestement tiré de ce mauvais pas.
• Il signifie aussi, Avec une légèreté répréhensible. Cette femme agit, parle, se conduit bien lestement. Il m'a répondu fort lestement.

LESTER . v. a.
• .Marine. Mettre du lest dans un bâtiment. Lester un navire. Le vaisseau manqua de périr dans la tempête, parce qu'on ne l'avait pas bien lesté.
• Fig. et fam., Se lester l'estomac, ou, absolument, Se lester, Prendre de la nourriture. Je me suis bien lesté l'estomac, je me suis bien lesté avant de me mettre en route.
• LESTÉ, ÉE. participe

LESTEUR .s.m.
• .Marine. Bateau qui sert à transporter le lest. On dit aussi quelquefois adjectivement, Bateau lesteur.

LÉTHARGIE . s. f.
• Sommeil profond, et maladif, qui ôte l'usage de tous les sens. Être en léthargie. Tomber en léthargie. On le croyait mort, il n'était qu'en léthargie.
• Il signifie figurément, Grande insensibilité, extrême nonchalance. Il est plongé dans une léthargie honteuse. Sortir d'une profonde léthargie. Tirer quelqu'un de sa léthargie.

LÉTHARGIQUE . adj. des deux genres
• Qui tient de la léthargie. État, repos, sommeil léthargique.
• Il signifie au figuré, Nonchalant, indolent, insensible. Âme léthargique. Indolence léthargique.

LÉTHIFÈRE . adj. des deux genres
• Qui cause la mort. Le suc de cet arbrisseau est léthifère.

LETTRE . s. f.
• On appelle ainsi Chaque caractère de l'alphabet. Un enfant qui commence à connaître ses lettres, à assembler ses lettres. L'A est la première lettre de l'alphabet. Les Français, les Italiens, etc., se servent des mêmes lettres, quoiqu'ils les prononcent différemment. Lettre hébraïque, grecque, arabe.
• Écrire un mot en toutes lettres, L'écrire sans abréviation. Écrire un nombre en toutes lettres, L'écrire, non en chiffres, mais avec des mots.
• Fig. et fam., Dire, écrire une chose en toutes lettres, La dire, l'écrire sans rien taire, sans rien dissimuler. Je ne lui ai rien caché de cette aventure, je la lui ai dite, je la lui ai écrite en toutes lettres.
• Prov. et fig., Cet homme est écrit sur mon livre en lettres rouges, Il a des torts, des vices, des défauts que je n'oublierai jamais.
• Fig. et fam., Cela devrait être écrit, imprimé, gravé en lettres d'or, se dit D'une belle sentence, d'une parole remarquable, etc.
• Fig., Ses actions sont écrites en lettres de sang dans l'histoire, se dit D'un personnage cruel et sanguinaire.
• Fig. et fam., C'est un sot en trois lettres, Il est extrêmement sot.
• Lettres numérales, Les lettres dont les Romains se servaient pour représenter les nombres, et que nous avons prises d'eux. Il y a sept lettres numérales, C, D, I, L, M, V, X.
• Lettre dominicale, La lettre qui marque le dimanche dans l'almanach perpétuel. Le cycle des lettres dominicales est de vingt-huit ans.
• Lettres hiéroglyphiques, se dit improprement de Certaines figures, de certains caractères dont se servaient les anciens Égyptiens.
• Estampe, gravure avant la lettre, Épreuve tirée avant qu'on ait gravé au bas de la planche l'inscription qui en indique le sujet. Estampe avec la lettre grise, Épreuve tirée lorsque l'inscription n'est encore gravée qu'au trait. Estampe après la lettre, Épreuve tirée avec l'inscription au bas.
• LETTRE, signifie aussi, Chaque caractère de l'alphabet sous le rapport de sa forme dans les diverses écritures. Grande, petite lettre. Lettre gothique, italienne. Lettre financière, bâtarde, ronde ou française. Lettre anglaise. Lettre cursive ou courante. Lettre tremblée. Lettre menue, maigre. Lettre bien nourrie. Le plein, le délié, les jambages, le corps, la queue d'une lettre. Bien former, mal former ses lettres.
• LETTRE, en termes d'Imprimerie, se dit d'Un caractère de fonte représentant en relief une des lettres de l'alphabet. Lettre majuscule, minuscule. Lettre capitale. Lettre du bas de casse. Lettre italique. L'oeil de cette lettre est trop petit, est trop gros.
• Lever la lettre, Prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins et les arranger sur le composteur, pour en faire des mots et des lignes. Cet ouvrier lève bien la lettre.
• Lettre grise ou historiée, Grande lettre capitale ornée de certaines figures, et ordinairement gravée sur du bois ou sur du cuivre.
• Lettre moulée, Lettre imprimée. Cet écrivain imite parfaitement la lettre moulée. Se dit, par extension, d'Une lettre dont la forme ressemble à la lettre imprimée. Écrire en lettres moulées.
• Lettre initiale, Lettre qui commence un mot ou un nom propre. Dans le même sens, on dit souvent, Initiale. Il n'a signé que les lettres initiales, que les initiales de son nom.
• LETTRE, signifie aussi absolument, dans le même Art, L'ensemble des caractères dont on se sert pour la composition d'un ouvrage. Nous n'avons plus de lettre, tout a été employé. La lettre manque.
• LETTRE, signifie en outre, Le son ou l'articulation même que chaque caractère de l'alphabet représente. On divise les lettres en voyelles et en consonnes. Lettre sifflante, liquide, mouillée. Lettre linguale, labiale, gutturale, dentale, nasale, palatale. Il y a des lettres que certaines personnes ont peine à prononcer. Il y a des gens qui affectent à tort de faire sentir toutes les lettres finales. L'usage a admis certaines lettres euphoniques qui sont contraires à la règle grammaticale. Notre orthographe admet beaucoup de lettres étymologiques que plusieurs grammairiens regardent comme inutiles, parce qu'elles ne se prononcent pas.
• LETTRE, en parlant D'un texte, se dit Du sens littéral, par opposition Au sens figuré ou extensif. La lettre tue, mais l'esprit vivifie. Juger suivant la lettre de la loi. S'en tenir à la lettre. Il s'arrête trop à la lettre.
• À la lettre, au pied de la lettre, Selon le sens littéral, selon le propre sens des paroles. Il ne faut pas prendre cette phrase, cette expression à la lettre, au pied de la lettre. Il ne faut pas expliquer cela à la lettre. Cela doit s'entendre à la lettre. Traduire à la lettre. Il traduit trop à la lettre. Rendre un texte à la lettre.
• Fig., À la lettre, Exactement, ponctuellement. Cela est vrai à la lettre. Vos intentions seront remplies à la lettre. Exécuter un ordre à la lettre.
• Aider à la lettre, Suppléer à ce qui manque à quelque passage obscur ou défectueux.
• Fig., Aider à la lettre, Entrer dans l'intention de celui qui parle ou qui écrit, en expliquant ce qu'il a dit ou écrit d'une manière obscure. Ce qu'il veut dire n'est pas clair, il faut aider à la lettre. Se dit aussi, familièrement, D'une personne qui altère un peu la vérité, soit pour tromper, soit pour amuser ceux qui l'écoutent.
• LETTRE, signifie encore, Une épître, une missive, une dépêche. Longue lettre, grande lettre. Le dessus, l'enveloppe, la suscription d'une lettre. J'ai reçu votre lettre, vos lettres. Que disait, que portait sa lettre? Écrire une lettre, des lettres. Porter, rendre des lettres. Entretenir un commerce de lettres avec quelqu'un. Dater une lettre. Cacheter, fermer, ouvrir, décacheter une lettre. Dicter, signer, contre-signer une lettre. Faire une lettre. Intercepter des lettres. Violer le secret des lettres. Lettres d'affaires, de galanterie, d'amour, de compliment, de condoléance. Lettre anonyme. Lettre de faveur, de recommandation, d'avis. Un bout, un mot de lettre.
• Lettre en chiffres, Lettre écrite en caractères de convention, dont la valeur n'est connue que des correspondants.
• Lettre circulaire, se dit de Plusieurs lettres écrites dans les mêmes termes, et adressées à différentes personnes pour le même sujet. Le ministre a écrit, a envoyé une lettre circulaire à tous les préfets. Cette maison de commerce a écrit une lettre circulaire à tous ses correspondants. On dit absolument, dans le même sens, Une circulaire. Sa circulaire est partie.
• Lettre de change, en termes de Commerce, se dit d'Une traite faite de place en place, par laquelle un banquier ou un négociant tire sur son correspondant une somme d'argent au profit ou à l'ordre d'un tiers, qui en a fourni la valeur par lui-même ou par un autre. Les lettres de change sont d'une grande utilité dans le commerce. Tirer, négocier, endosser, accepter, faire protester, acquitter, payer une lettre de change. Tirer, payer à lettre vue. Dans cette dernière phrase, lettre est pour lettre de change.
• Lettre de crédit, Lettre dont le porteur est autorisé à toucher de l'argent du correspondant à qui elle est adressée. Donner, porter, présenter une lettre de crédit.
• Lettre de marque, Commission dont tout capitaine ou patron d'un navire armé en course doit être pourvu.
• Lettre de voiture, Lettre qui contient l'indication des objets dont un voiturier est chargé, et sur la présentation de laquelle il est payé de son salaire.
• Lettre close, Lettre du roi, contre-signée par un secrétaire d'État, et cachetée du sceau de Sa Majesté. Envoyer une lettre close. Il a reçu une lettre close pour se rendre à l'assemblée. Autrefois les lettres closes s'appelaient aussi Lettres de cachet. Envoyer en exil ou enfermer par lettre de cachet. Solliciter, obtenir une lettre de cachet.
• Fig. et fam., Lettres closes, se dit d'Un secret qu'on ne peut ou qu'on ne doit pas pénétrer. Je n'y comprends rien, c'est pour moi lettres closes. Je respecte ses secrets, ce sont lettres closes pour moi.
• Lettre de service, Lettre par laquelle le ministre de la guerre annonce à un officier qu'il est appelé à exercer les fonctions de son grade. On dit quelquefois, Lettres de service, au pluriel, quoiqu'il n'y en ait qu'une. Ce lieutenant général a reçu ses lettres de service.
• Lettre de passe, Lettre en vertu de laquelle un militaire passe d'un corps à un autre. Ce capitaine vient d'obtenir la lettre de passe, les lettres de passe qu'il demandait.
• Lettre de créance, Lettre qui porte qu'on doit donner confiance à celui qui la remet. L'ambassadeur présenta ses lettres de créance.
• Lettre de créance, se dit aussi de La lettre qu'un banquier ou un négociant donne à un voyageur, comme lettre de change ou de crédit, pour toucher de l'argent quand il en aura besoin. Il a des lettres de créance sur Hambourg.
• Lettre de récréance, Lettre qu'un prince envoie à son ambassadeur ou ministre, pour la présenter au prince d'auprès duquel il le rappelle; ou Lettre qu'un prince donne à l'ambassadeur ou ministre rappelé d'auprès de lui, pour la remettre au prince qui le rappelle.
• LETTRES au pluriel, se dit de Certains actes expédiés en chancellerie au nom du prince, et dont plusieurs sont abolis par nos lois nouvelles. Lettres patentes. Lettres de grâce, d'abolition, de rémission, de rescision, d'attache, de naturalité, de grande naturalisation, de légitimation, de committimus, de noblesse, de répit, de représailles, etc. Lettres du grand sceau, du petit sceau. Mettre des lettres au sceau. Sceller, expédier, donner des lettres. Lettres subreptices, obreptices. Ces lettres de chancellerie s'appelaient généralement Lettres royaux, l'usage ayant autorisé cette façon de parler, quoique ces deux mots soient de genre différent.
• Se dit pareillement de Certains actes qui s'expédient sous le sceau de quelque autorité, ou de quelque communauté ou compagnie ecclésiastique ou séculière. Lettres de tonsure, de prêtrise, etc. Lettres de maître ès arts. Lettres de bourgeoisie. Etc.
• Lettres apostoliques, Lettres des papes, nommées plus communément, depuis plusieurs siècles, Rescrits, Brefs, etc.
• LETTRES, se dit aussi, au pluriel, Des connaissances que procure l'étude en général, et, en particulier, celle de la littérature proprement dite. Un homme de lettres. Les gens de lettres. La république des lettres. Le roi François Ier a été appelé le Père des lettres. Les lettres adoucissent les moeurs et font la gloire des peuples. Ce prince aime, cultive, favorise, protége, fait fleurir les lettres. Cet homme a beaucoup d'esprit, mais il n'a point de lettres. Un homme sans lettres.
• Les belles-lettres, La grammaire, l'éloquence et la poésie. On dit aussi, mais rarement, dans le même sens, Les lettres humaines.
• Par excellence, Les saintes lettres, L'Écriture sainte.

LETTRÉ
, ÉE. adj.
• Qui a des lettres, du savoir. Un homme lettré. Une femme lettrée. Gens ignares et non lettrés.
• S'emploie, substantivement, en parlant D'une classe d'hommes qui, à la Chine, cultivent les lettres et exercent les emplois publics. Les lettrés de la Chine. La classe des lettrés.

LETTRINE . s. f.
• T. d'Imprimerie. Petite lettre qui se met au-dessus ou à côté d'un mot, pour renvoyer le lecteur à des notes placées soit à la marge, soit au bas des pages.
• Se dit aussi Des lettres majuscules qui se mettent au haut des colonnes ou des pages d'un dictionnaire, pour indiquer les initiales des mots qui s'y trouvent.
• Se dit également Des lettres qui se mettent dans les pages, dans les colonnes mêmes, pour indiquer le changement de la syllabe initiale.

LEUCORRHÉE . s. f.
• .Médec. Catarrhe utérin, maladie des femmes connue sous le nom impropre de Fleurs blanches.

LEUDE .s.m.
• Nom que, dans les premiers temps de la monarchie, on donnait à de grands vassaux qui suivaient volontairement leur roi à la guerre.

LEUR . Pronom personnel pluriel des deux genres
• qui signifie, À eux, à elles. Il se place immédiatement devant le verbe, et se dit principalement Des personnes. Il aime ses enfants, il ne leur refuse rien. Les femmes s'ennuient seules, il leur faut de la compagnie.
• Se dit quelquefois Des animaux, des plantes, et même des choses inanimées. Ces chevaux sont rendus, faites-leur donner un peu de vin. Ces orangers vont périr, si on ne leur donne de l'eau. Ces murs de terrasse sont mal faits, on ne leur a pas donné assez de talus.

LEUR . adj. possessif des deux genres
• Il fait au pluriel Leurs, et signifie, D'eux, d'elles, qui appartient à eux, à elles. Il est ordinairement relatif Aux personnes. Les enfants doivent du respect à leur père, à leur mère, à leurs parents. Les hommes sensés préfèrent leur devoir à leurs plaisirs. Ceux qui ont soin de leur réputation se proposent une fin honnête dans chacune de leurs actions.
• Se dit quelquefois relativement Aux animaux, aux plantes, et même aux choses inanimées. Nos chiens ont pris leur cerf. Mes orangers ont perdu toutes leurs feuilles. La fonte des neiges a fait sortir les rivières de leurs lits. L'hiver ôte à nos campagnes tout leur agrément.
• LEUR, précédé de l'article Le, la, les, s'emploie pronominalement. Les gens sages conservent leurs amis, et les fous perdent les leurs. Quoique d'ordinaire il soit relatif aux personnes, on le peut dire Des animaux, et même des choses inanimées. Mes chiens ont manqué leur cerf, les vôtres ont pris le leur. Mes orangers ont perdu la moitié de leurs feuilles, les vôtres ont encore toutes les leurs.
• LEUR, s'emploie quelquefois substantivement pour signifier, Ce qui est à eux, à elles. Qu'ils gardent ce qu'ils ont, je ne veux rien du leur.
• LEURS au pluriel, est quelquefois substantif, et signifie, Leurs parents, leurs amis, ceux qui leur sont attachés. Ils travaillent pour eux et pour les leurs. Je m'intéresse à eux et aux leurs.

LEURRE .s.m.
• .Fauconnerie. Morceau de cuir façonné en forme d'oiseau, dont les fauconniers se servent pour rappeler les oiseaux de fauconnerie, lorsqu'ils ne reviennent pas au réclame. Jeter le leurre en l'air. L'oiseau, étant réclamé, fond sur le leurre, vient au leurre. Dresser un oiseau au leurre.
• Oiseau de leurre. Voyez OISEAU.
• LEURRE, se dit figurément d'Une chose dont on se sert artificieusement pour attirer quelqu'un et le tromper. On vous promet cet emploi, mais c'est un leurre. La loterie est un leurre funeste à bien des gens. Cela lui sert de leurre pour les attirer. Il ne se laissera pas prendre à ce leurre.

LEURRER . v. a.
• .Fauconnerie. Dresser un oiseau au leurre. Ces oiseaux-là ne sont pas aisés à leurrer, ne se leurrent pas facilement.
• Se dit, figurément, en parlant Des personnes, et signifie, Les attirer par quelque espérance pour les tromper. On l'a leurré de cet espoir. Il a été leurré par de belles promesses. Il s'est laissé leurrer. On l'emploie quelquefois, dans cette acception, avec le pronom personnel. Il s'est longtemps leurré, il se leurre encore de cette espérance.
• LEURRÉ, ÉE. participe

LEVAIN .s.m.
• Substance capable d'exciter un gonflement, une fermentation interne dans le corps avec lequel on la mêle. Levain de bière.
• Se dit, particulièrement, d'Un morceau de pâte aigrie qui, étant mêlée avec la pâte dont on veut faire le pain, sert à la faire lever, à la faire fermenter. Faire un levain, du levain. Ce levain est trop vieux. Mettre trop ou trop peu de levain dans la pâte. Le levain fait enfler la pâte. L'Église latine ne consacre qu'avec du pain sans levain.
• Se dit aussi, par extension, Des humeurs du corps humain, quand on les suppose viciées de manière à causer quelque désordre, à produire quelque altération. Il se sent incommodé, il y a à craindre que ce ne soit quelque mauvais levain qui s'amasse dans son estomac. Il n'est pas bien guéri, ces signes-là montrent qu'il y a encore quelque levain. Ce mal-là ne se guérit jamais si bien qu'il n'en reste quelque levain.
• LEVAIN, se dit figurément Des mauvaises impressions que le péché laisse dans l'âme. Se défaire du vieux levain du péché.
• Se dit aussi Des restes et, quelquefois, des germes de certaines passions violentes. Levain de haine, d'inimitié, de discorde, de division. Leur haine n'est pas si bien apaisée, qu'il n'en reste quelque levain. Il y a chez ce peuple un levain de sédition, un levain de discorde, de révolte.

LEVANT . adj. m.
• Qui se lève. Il n'est usité que dans l'expression, Soleil levant. Je serai là à soleil levant, au soleil levant. Le soleil levant regarde cette maison.
• Prov. et fig., Adorer le soleil levant, Faire sa cour à la puissance nouvelle, à la faveur naissante.

LEVANT .s.m.
• L'orient, relativement au lieu où l'on est, la partie de l'horizon où le soleil se lève. Du levant au couchant. Entre le levant et le midi. Les quatre points cardinaux sont le levant, le couchant, le midi et le septentrion. La France a l'Allemagne au levant.
• Le levant d'été, Le point où le soleil se lève sur notre horizon au solstice d'été; et, Le levant d'hiver, Celui où il se lève au solstice d'hiver.
• LEVANT, se dit, particulièrement, Des régions qui sont, à notre égard, du côté où le soleil se lève, comme la Turquie, la Perse, l'Asie Mineure, la Syrie, etc. Les peuples, les marchandises du Levant. Trafiquer dans le Levant. Voyage du Levant, dans le Levant. Le commerce du Levant. Maroquin, cafetière, bouilloire du Levant. Coque du Levant. Les échelles du Levant.

LEVANTIN
, INE. adj.
• Natif des pays du Levant. Les peuples levantins. Les nations levantines.
• S'emploie aussi substantivement. Les Levantins. C'est un Levantin.

LEVANTINE . s. f.
• Étoffe de soie toute unie. Robe de levantine.

LÈVE . s. f.
• Espèce de cuiller de bois à long manche, dont on se sert au jeu de mail, pour lever la boule.

LEVÉE . s. f.
• Action de lever, de recueillir certaines choses; et Ce qui se lève, se recueille. Se dit Des fruits, et principalement des graines; alors il signifie, Récolte. La levée des fruits lui appartient. Toute la levée lui appartient.
• Se dit aussi en parlant Des droits, des deniers, des impôts, etc., et signifie, Collecte, perception, recette. La levée des deniers, des droits de l'État, des impôts.
• Se dit encore Des soldats, des troupes qu'on lève, qu'on enrôle. Une levée de soldats, de troupes. La levée de 1834.
• La levée d'un siége, La retraite des troupes qui tenaient une place assiégée.
• La levée du scellé, L'action par laquelle l'officier de justice lève un scellé. Assister, s'opposer, être présent à la levée du scellé.
• Faire la levée d'un corps, d'un cadavre, Enlever, par autorité publique, un cadavre, un corps mort, et le faire porter au lieu où il doit être inhumé, ou exposé pour être reconnu. Procès-verbal de la levée d'un corps.
• En Chirurgie, La levée de l'appareil, L'action d'ôter l'appareil mis sur une blessure. Assister à la levée de l'appareil, du premier appareil.
• Levée de boucliers, Démonstration par laquelle les soldats romains témoignaient leur résistance aux volontés de leur général.
• Fig., Levée de boucliers, Opposition ou attaque contre une personne, contre un corps, faite avec éclat et sans succès. Il a fait une levée de boucliers bien imprudente, bien extraordinaire.
• LEVÉE, en termes de Tailleur, de Couturière, d'Ouvrière en linge, Ce qu'on lève sur la largeur d'une étoffe pour un habit, ce qu'on lève d'une pièce de toile pour des chemises, etc.
• LEVÉE, en parlant De course de bague, L'action de celui qui lève la lance, pour enfiler la bague. Il a fait une belle levée. Faire une levée de bonne grâce.
• LEVÉE, en termes de Jeu de cartes, Une main qu'on a levée. Il n'a pas fait une levée. Ils ont déjà trois levées.
• LEVÉE, se dit aussi d'Une élévation de terre ou de maçonnerie, en forme de digue, de berge, pour retenir les eaux d'un canal, d'une rivière, pour servir de chemin à travers un marais, etc. La levée de la Loire. Faire une levée à travers un marais.
• LEVÉE, se dit encore de L'heure à laquelle une compagnie, une assemblée se lève pour finir la séance. Trouvez-vous à la levée du conseil, à la levée de la séance.
• LEVÉE, se dit en outre de L'opération des agents de la poste, lorsqu'ils viennent retirer de la boîte les lettres qui y ont été jetées. Première, seconde levée. Il y a plusieurs levées par jour à ce bureau.
• Se dit aussi, collectivement, Des lettres qu'on retire de la boîte à chaque levée. La levée de deux heures n'a pas été considérable.

LEVER . v. a.
• (Au futur, Je lèverai, et au conditionnel, Je lèverais.) Hausser, faire qu'une chose soit plus haute qu'elle n'était. Levez cela plus haut. Levez cela davantage. Levez cela en l'air. Cela est si pesant, qu'on ne saurait le lever de terre. Ces machines lèvent plus de dix quintaux pesant. Lever la bonde d'un étang, la pale d'un moulin. Lever la crémaillère d'un cran, de deux crans. Lever les glaces d'une voiture. L'ambre lève la paille. Levez le pied de ce cheval. Lever la visière d'un casque. Une femme qui lève son voile. Levez votre robe, votre manteau qui traîne. À la messe, le prêtre, après la consécration, lève l'hostie, lève le corps de Notre-Seigneur. Lever la tête. Lever les épaules. Lever les mains au ciel. Quand on prête serment devant un juge, il fait lever la main. Levez la main, et dites la vérité.
• Lever la toile, le rideau, Lever la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.
• Lever les yeux au ciel, Tourner les yeux vers le ciel. Lever les yeux sur quelqu'un, Le regarder.
• Fig., Il n'ose pas lever les yeux, se dit D'un homme qui, ayant quelque reproche à se faire, craint de voir et d'être vu.
• Fam., J'en lèverais la main, J'en ferais serment.
• Lever la main, lever le bâton, lever le sabre sur quelqu'un, Se mettre en état de le frapper.
• Fam., Lever le pied, S'enfuir subitement et secrètement, pour cause de mauvaises affaires.
• Fam., Lever les épaules, Témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. C'est à faire lever les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à lever les épaules.
• Fig. et fam., Lever la crête, S'enorgueillir, s'en faire accroire. Il commence à lever la crête, et à vouloir faire l'entendu. Il signifie aussi, Se montrer, paraître avec plus de hardiesse. On dit également, dans ce dernier sens, Lever la tête.
• Fig., Lever l'étendard, Se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lever l'étendard de la révolte. Et, Lever l'étendard contre quelqu'un, Se déclarer ouvertement contre lui.
• Prov. et fig., Cela lève la paille, se dit D'une chose singulière, extraordinaire ou décisive.
• LEVER, signifie aussi, Redresser une personne ou une chose qui était couchée ou penchée. Lever un enfant sur ses pieds, un malade sur son séant. Lever un tonneau quand le vin est à la barre ou au bas; le lever à demi; le lever tout à fait. Lever le pont-levis d'un château. Les portes sont fermées, le pont est levé.
• Lever quelqu'un, L'aider à se lever et à s'habiller. Son valet de chambre le lève, est allé le lever.
• Faire lever un lièvre, faire lever des perdrix, Faire partir un lièvre, faire partir des perdrix. Dans ces phrases, Lever est neutre.
• Fig. et fam., Lever le lièvre, Faire le premier une proposition, ou trouver un expédient dont les autres ne s'étaient point avisés.
• LEVER, signifie encore, Ôter, enlever, retirer, écarter. Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé. Lever une serrure. Lever le couvercle d'une marmite. Lorsqu'il arriva pour dîner, le premier service était levé. Lever un plat. Lever la nappe. Il faut lever deux pieds de cette terre, avant de trouver le tuf.
• En termes de Jardinage, Lever un arbre, une plante en motte, Arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient à leurs racines, afin de les transplanter.
• Lever le masque à quelqu'un dans un bal, Soulever son masque pour chercher à le reconnaître.
• Fig., Lever le masque, Agir ouvertement et sans se contraindre, après avoir tenu quelque temps une autre conduite. On ne le dit guère qu'en mauvaise part.
• En termes de Marine, Lever l'ancre, Retirer l'ancre ou les ancres qu'on avait jetées à la mer pour arrêter le vaisseau. Toute la flotte leva l'ancre, et mit à la voile.
• En termes d'Imprimerie, Lever la lettre, Prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins, et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes. Ce compositeur lève bien la lettre.
• Fig., Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule, Faire cesser une difficulté, un empêchement, écarter un obstacle, dissiper des doutes, un scrupule.
• Fig., Lever les défenses; lever l'interdit, l'excommunication; lever une opposition; lever la consigne, etc., Révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc.
• Lever le siége d'une place, Retirer les troupes qui la tenaient assiégée. Il a levé le siége. On lui a fait lever le siége.
• Ce général a levé le camp, Il a fait décamper son armée. Cette armée a levé le camp, Elle a décampé. Ces troupes ont levé le piquet, Elles se sont retirées avec quelque précipitation.
• Lever la garde, lever la sentinelle, Retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction.
• Lever la séance, Déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer. La séance est levée. Le président a levé la séance à trois heures.
• LEVER, se dit, au Trictrac, Quand le joueur a passé toutes ses dames dans le jan de retour, et qu'il les lève ensuite sur la bande. Je lève deux dames à chaque coup. S'emploie aussi absolument dans ce sens. J'aurai levé avant vous.
• Au Jeu de cartes, Lever les cartes, ou Lever la main, Faire la main, enlever les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. J'ai déjà levé deux mains, trois mains.
• LEVER, signifie aussi, Couper une partie sur un tout. Se dit principalement en parlant Des étoffes. Lever sur la longueur de la toile de quoi faire les poignets des chemises. Lever deux aunes de drap pour faire un habit.
• Se dit également en parlant Des animaux qui servent à la nourriture, et dont on coupe un membre ou quelque partie. Lever un aloyau. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse, une aile de poulet, de chapon, de perdrix.
• LEVER, signifie en outre, Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter. Lever les fruits d'une terre. Lever les impôts, des impôts. On lève annuellement tant de millions sur ce royaume. On lève un droit sur cette denrée. On a dit de même autrefois, Lever les rentes seigneuriales, la dîme.
• Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée, Enrôler des soldats, mettre des troupes sur pied, mettre une armée sur pied.
• Lever un corps, Faire emporter un corps mort. Cela ne se dit que lorsqu'on procède à l'enlèvement par autorité publique. C'est au maire de la commune du mort à lever le corps. On trouva un homme tué dans la rue, et la justice envoya lever le corps.
• Lever un corps saint, Le tirer du tombeau avec cérémonie, pour l'exposer à la vénération des fidèles.
• Lever un enfant, se dit en parlant D'un petit enfant exposé que l'autorité fait emporter à l'hôpital.
• Lever un arrêt, une sentence; lever un acte chez un notaire, S'en faire délivrer une expédition.
• Lever le plan d'une place, de quelque lieu, Prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, le tracer.
• Lever boutique, lever ménage, Commencer à tenir boutique, à tenir ménage, etc.
• En termes de Manége, Lever un cheval à cabrioles, à pesades, à courbettes, Manier un cheval à cabrioles, etc.
• LEVER, est aussi neutre, et se dit Des plantes, des graines qui commencent à pousser et à sortir de terre. On a semé là du gland, voilà des chênes qui commencent à lever. Les orges lèvent plus vite que les froments. Les blés commencent à lever.
• Se dit aussi De la pâte qui fermente. Le levain fait lever la pâte. La pâte commence à lever.
• LEVER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. Se lever de son siége. Levez-vous de là, ce n'est pas votre place. Quand il entra, on se leva pour lui faire honneur.
• Se lever de table, Quitter la table, après ou pendant le repas.
• Se lever pour une proposition, contre une proposition, Se lever, dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou pour le rejet d'une proposition. Les trois quarts de l'assemblée se sont levés contre la proposition.
• Absol., Se lever, Sortir du lit. Il se lève de bon matin. Il se lève bien tard. Il se porte mieux, mais il ne se lève pas encore.
• Prov. et fig., Il faut se lever bien matin pour l'attraper, Il est très-fin, très-difficile à tromper.
• LEVER, avec le pronom personnel, se dit aussi Du soleil et des astres qui commencent à paraître sur l'horizon. Le soleil en tel mois se lève à telle heure. Le soleil est levé. Il se lève de tel côté. Voilà Jupiter qui se lève. La lune se lèvera bientôt. On dit en ce sens, Le jour se lève de bonne heure dans ce mois-ci.
• Le vent se lève, Il commence à souffler.
• LEVÉ, ÉE. participe, Aller partout tête levée, la tête levée, le front levé, Aller partout sans rien craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun affront.
• Fig. et fam., Prendre quelqu'un au pied levé, Prendre quelqu'un au moment où il se dispose à partir, à s'éloigner. Il signifie aussi, dans une acception plus figurée, Prendre quelqu'un au mot, ou lui faire une demande, sans lui donner le temps de la réflexion.
• Voter par assis et levé, Manifester son vote, dans une assemblée délibérante, en se levant, ou en restant assis.
• Être levé, Être sorti du lit. Il est levé et habillé. Il n'est pas encore levé.
• LEVÉ, en termes de Musique, s'emploie comme substantif, et signifie, Le temps de la mesure où on lève le pied ou la main.

LEVER .s.m.
• L'heure, le temps auquel on se lève. Il faut aller chez lui à l'heure de son lever, à son lever, pour le trouver. Il était au lever du roi. On dit aussi, Le lever tout court, en parlant Du moment où le roi reçoit dans sa chambre, après qu'il est levé. Je suis allé au lever. Je l'ai vu au lever. Il assiste à tous les levers. Le grand, le petit lever.
• Le lever du soleil, le lever des étoiles, L'instant où le soleil et les étoiles commencent à paraître sur l'horizon. On dit dans un sens analogue, Le lever de l'aurore.
• Le lever de la toile, le lever du rideau, L'instant où on lève la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs. Au lever du rideau, la pièce commence.

LEVER-DIEU .s.m.
• Le temps de la messe où le prêtre élève l'hostie. Il n'est arrivé qu'au lever-Dieu. Il est invariable.

LEVIER .s.m.
• Bâton, barre de fer ou de quelque autre matière solide, propre à soulever, à remuer des fardeaux. Un gros levier. Ce levier est trop court. Le levier est la première et la plus simple des machines. La force du levier. Soulever à l'aide du levier. Le point d'appui d'un levier.
• S'emploie aussi figurément. L'éloquence est un puissant levier pour remuer la multitude.

LEVIS . adj.
• Il n'est usité que dans cette expression, Pont-levis, Pont qui se baisse et se lève pour ouvrir ou fermer le passage d'un fossé. On leva, on abaissa le pont-levis du château.
• Fam., Culotte à pont-levis, Culotte qui a par devant une pièce qui s'abat et se relève à volonté.

LÉVITE .s.m.
• Israélite de la tribu de Lévi, destiné au service du temple. Les lévites avaient le second rang dans le service du temple.

LÉVITE . s. f.
• Sorte de vêtement.

LÉVITIQUE .s.m.
• Nom du troisième livre du Pentateuque, qui établit les cérémonies du culte.

LEVRAUDER . v. a.
• Harceler, poursuivre quelqu'un comme un lièvre. Il ne s'emploie qu'au figuré. Il est triste d'être sans cesse levraudé par des critiques de mauvaise foi. Il est familier.
• LEVRAUDÉ, ÉE. participe

LEVRAUT .s.m.
• Jeune lièvre. Petit levraut. Grand levraut de trois quarts.

LÈVRE . s. f.
• Partie extérieure et charnue qui borde la bouche, qui couvre les dents, et qui aide à la formation des sons, à l'articulation des mots. La lèvre supérieure. La lèvre inférieure. Petite lèvre. Grosse lèvre. Avoir les lèvres plates, minces, épaisses, renversées, bien bordées, fraîches, rouges, vermeilles, incarnates. Lèvres de corail. Avoir les lèvres gercées, pâles, livides, fendues, pendantes. Se mordre la lèvre, les lèvres. De la pommade pour les lèvres. Remuer les lèvres. Une grande colère rend les lèvres tremblantes. Prononcer du bout des lèvres.
• Il le dit des lèvres, mais le coeur n'y est pas, Il exprime un sentiment qu'il n'éprouve pas; Il fait une promesse qu'il n'a pas dessein de tenir.
• N'honorer Dieu que des lèvres, que du bout des lèvres, se dit Des hypocrites qui ne prient Dieu que de bouche.
• Rire du bout des lèvres, Rire sans en avoir envie, à contre-coeur. Dans le même sens, Son rire ne passe pas les lèvres.
• Je l'avais sur le bord des lèvres, se dit Lorsque, au moment de prononcer un nom, de dire quelque chose, on ne s'en souvient plus.
• Fig., Avoir le coeur sur les lèvres, Être franc et sincère.
• Fig., Avoir la mort sur les lèvres, Être près de mourir, ou Avoir la figure d'un mourant.
• Fig., Se mordre les lèvres de quelque chose, S'en repentir. Je n'ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m'en suis mordu les lèvres.
• En termes de Manége, Ce cheval s'arme de la lèvre, il se défend des lèvres, Il a les lèvres si épaisses, qu'elles lui ôtent le sentiment des barres, en sorte que l'appui du mors en devient sourd et trop ferme.
• LÈVRE, en Chirurgie, se dit, par analogie, Des bords d'une plaie. Les lèvres de sa plaie sont vermeilles, commencent à se rapprocher.
• Se dit, en Anatomie, Des bords extérieurs ou intérieurs de la vulve. Les grandes lèvres. Les petites lèvres.
• Se dit, en Botanique, de Certaines découpures, à peu près en forme de lèvres, qui caractérisent les fleurs des plantes nommées, par cette raison, Plantes labiées. Les fleurs de la sauge, de la mélisse, etc., ont deux lèvres, l'une supérieure, l'autre inférieure.

LEVRETTE . s. f.
• La femelle du lévrier. Une grande, une petite levrette.

LEVRETTÉ
, ÉE. adj.
• Qui a la taille mince comme un lévrier. Épagneul levretté.

LÉVRIER .s.m.
• Sorte de chien haut monté sur jambes, qui a la tête longue et menue, le corps fort délié, et dont on se servait beaucoup autrefois pour la chasse du lièvre. Beau, grand lévrier. Lévrier pour le loup. Le lévrier chasse à vue. Lévrier d'attache. Une laisse de lévriers. Mener des lévriers en laisse. Lâcher les lévriers après le lièvre. Il court comme un lévrier.
• Se dit, figurément et familièrement, Des gens qu'on met à la poursuite de quelqu'un. La justice a mis ses lévriers aux trousses du fripon.

LEVRON .s.m. Diminutif.
• Lévrier au-dessous de six mois ou environ. Beau, jeune levron.
• Il désigne aussi, Une sorte de lévrier de fort petite taille. Voilà un joli levron.

LEXICOGRAPHE .s.m.
• Auteur d'un lexique, d'un dictionnaire. Se dit aussi de Celui qui s'occupe d'études, de travaux lexicographiques.

LEXICOGRAPHIE . s. f.
• Science, art du lexicographe. La lexicographie exige une grande rectitude d'esprit et beaucoup de connaissances.

LEXICOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la lexicographie. Art, science lexicographique. Travaux lexicographiques.

LEXIQUE .s.m.
• Mot qui est emprunté du grec, et qui signifie, Dictionnaire. Se dit particulièrement Des dictionnaires grecs.
• Adjectiv., Manuel lexique, Petit dictionnaire dont l'usage est facile et fréquent.

LEZ . adv.
• À côté de, proche de, tout contre. Ancienne façon de parler, qui n'est plus usitée que dans quelques noms de lieux, comme Le Plessis-lez-Tours, Saint-Denis-lez-Paris, et autres semblables.

LÉZARD .s.m.
• Quadrupède ovipare, et à longue queue. Les lézards se retirent ordinairement dans les haies et dans les trous de murailles. Un gros lézard. Un lézard vert. Un lézard gris.

LÉZARDE . s. f.
• Fente, crevasse qui se fait dans un ouvrage de maçonnerie. Ce mur est plein de lézardes. Boucher les lézardes d'un mur.

LÉZARDÉ
, ÉE. adj.
• Qui a une ou plusieurs lézardes. Ce mur est tout lézardé. Cette construction est lézardée.

LIAIS .s.m.
• Pierre calcaire dure, d'un grain très-fin, qui est propre à faire des sculptures. Liais d'Arcueil. Liais de Saint-Cloud. Pierre de liais. La chapelle de Versailles est construite en beau liais. Les bas-reliefs de la fontaine des Innocents sont de pierre de liais, sont de liais.

LIAISON . s. f.
• Union, jonction de plusieurs corps ensemble. Ces pièces sont si bien jointes, qu'on n'en voit pas la liaison. La liaison de ces pièces de bois. La liaison des pierres. C'est un mastic qui fait la liaison des pierres et des émaux dont la mosaïque est composée. La soudure est une espèce de liaison.
• Se dit, en Calligraphie, Des traits déliés qui joignent les unes aux autres les lettres, ou les parties d'une même lettre.
• Se dit de même, en Musique, d'Un trait recourbé dont on couvre les notes qui doivent être liées.
• LIAISON, se dit, en termes de Cuisine, de Jaunes d'oeufs délayés, et d'autres matières propres à épaissir une sauce. Des jaunes d'oeufs, mêlés de crème ou de consommé, servent à faire des liaisons.
• Il signifie, en Maçonnerie, Le mortier, le plâtre qui sert à jointoyer les pierres.
• Maçonnerie en liaison, Celle qui est faite de manière que le milieu d'une pierre est posé sur le joint de deux autres.
• LIAISON, en Grammaire, se dit de Certains mots qui servent à lier les périodes, et qu'on nomme autrement Conjonctions. Les liaisons rendent la pensée plus claire, et le style plus coulant.
• LIAISON, se dit, figurément, de Ce qui lie les parties d'un discours les unes aux autres. Liaison dans les idées. Liaison des idées. Liaison dans les phrases, dans les parties d'un discours. Cette période n'a point de liaison avec la précédente. Il n'y a point de liaison, il y a une liaison nécessaire, une liaison intime entre ces deux idées.
• La liaison des scènes est bien observée dans cette tragédie, dans cette comédie, Les scènes y sont amenées les unes par les autres.
• LIAISON, se dit aussi, figurément, de La connexion et du rapport que des affaires ont les unes avec les autres. Cette affaire a de la liaison avec celle dont vous vous occupez. Il n'y a pas de liaison, de rapport entre ces deux affaires.
• Se dit encore, figurément, de L'union qui existe entre les personnes. Liaison étroite. Liaison de parenté, d'amitié, d'intérêt, de commerce, d'affaires, de plaisir, de convenance. Il y a grande liaison, une étroite liaison entre eux. Il y a peu de liaison entre ces deux personnes, entre ces deux familles. Avoir une liaison intime avec quelqu'un. Former, rompre une liaison.
• LIAISONS, au pluriel, se prend, dans un sens analogue au précédent, pour Sociétés, accointances. Cet homme a des liaisons qui me sont suspectes. Je lui ai fait sentir le danger de ses liaisons. Il a beaucoup de liaisons, mais peu d'amis.

LIAISONNER . v. a.
• .Maçonnerie. Arranger les pierres d'un édifice de façon que le milieu des unes porte sur les joints des autres. Bien liaisonner une construction.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des briques, des pavés, etc.
• Il signifie aussi, Remplir les joints de mortier.
• LIAISONNÉ, ÉE. participe

LIANE . s. f.
• Nom donné à diverses plantes sarmenteuses et grimpantes de l'Amérique.

LIANT
, ANTE. adj.
• Souple, élastique, qui a un mouvement facile et doux. Cette voiture a des ressorts bien liants.
• Il signifie figurément, Doux, complaisant, affable, propre à former des liaisons. Caractère, esprit liant. Homme liant.
• S'emploie substantivement, au masculin, dans le sens de Douceur, affabilité, complaisance, esprit de conciliation. Il a beaucoup de liant dans l'esprit, dans le caractère. Mettre du liant dans le commerce de la vie, dans la conduite des affaires.

LIARD .s.m.
• Petite monnaie de cuivre valant trois deniers. On ne fabrique plus de liards.
• Fam., N'avoir pas un liard, n'avoir pas le liard, Être fort pauvre, ou Être sans argent pour le moment.
• Fam., Je n'en donnerais pas un liard, se dit en parlant D'une chose dont on ne fait aucun cas.
• Par exagérat., Il se ferait fesser pour un liard, Il est excessivement avare. On dit, dans le même sens, Il couperait un liard en deux.

LIARDER . v. n.
• Boursiller, donner chacun une petite somme. Nous avons été obligés de liarder pour faire un écu entre nous tous.
• Il signifie aussi, Lésiner, payer liard à liard. Il est familier dans les deux sens.

LIASSE . s. f.
• Amas de papiers liés ensemble, et ordinairement relatifs à un même objet. Liasse de lettres. Mettre des papiers en liasse.
• Se dit, plus particulièrement, Des papiers d'affaires et de procédure. L'avoué avait oublié de prendre sa liasse avant de se rendre au palais. Une grosse liasse.

LIBAGE .s.m.
• Quartier de pierre, ou gros moellon dur, équarri grossièrement, et qu'on emploie dans les fondements d'un édifice.

LIBATION . s. f.
• Effusion, soit de vin, soit d'autre liqueur, que les anciens faisaient en l'honneur d'une divinité. Les libations étaient pratiquées par les Juifs dans leurs sacrifices. Les païens faisaient des libations en l'honneur de leurs dieux. Il y avait des libations particulières pour les dieux mânes.
• Fam. et par allusion, Faire des libations, Boire du vin largement, par plaisir plus que par besoin. Nous avons fait à ce dîner de nombreuses, d'amples libations.

LIBELLE .s.m.
• Écrit, ordinairement de peu d'étendue, injurieux, diffamatoire, et le plus souvent calomnieux. Libelle calomnieux, séditieux, diffamatoire. Le libelle fut lacéré et brûlé par la main du bourreau. C'est un faiseur de libelles. Faire un libelle contre quelqu'un.

LIBELLER . v. a.
• .Pratique. (On prononce les deux L.) Rédiger, motiver convenablement une demande judiciaire. Libeller un exploit, une demande. Il fallait mieux libeller cet exploit.
• En matière de Finance, Libeller un mandement, une ordonnance, Spécifier la destination de la somme qui y est portée.
• LIBELLÉ, ÉE. participe, Exploit libellé. Ordonnance bien libellée.

LIBELLISTE .s.m.
• (On fait sentir légèrement les deux L.) Auteur d'un libelle, faiseur de libelles. C'est un mauvais métier que celui de libelliste.

LIBER .s.m.
• (On fait sentir l'R.) .Bot. Mot emprunté du latin. Pellicule qui existe entre l'écorce et le bois de certains arbres. Anciennement on écrivait sur le liber du tilleul.

LIBERA .s.m.
• (On prononce Libéra.) Mot emprunté du latin. Se dit, dans la Liturgie catholique, de La prière que l'Église fait pour les morts, et qui commence par ce mot. Chanter un libera, le libera.

LIBÉRAL
, ALE. adj.
• Qui aime à donner, qui se plaît à donner. Généreux et libéral. Libéral envers les gens de mérite. La nature lui a été libérale de ses dons. Être libéral de louanges. Il a l'humeur, l'inclination, l'âme libérale. Il y a grande différence entre les hommes prodigues et les hommes libéraux. On dit aussi, Main libérale. Vous avez reçu des biens infinis de sa main libérale, de ses mains libérales.
• Éducation libérale, Éducation propre à former l'esprit et le coeur.
• Arts libéraux, par opposition aux Arts mécaniques, Ceux qui appartiennent plus particulièrement à l'esprit, et où les facultés intellectuelles ont plus de part que les facultés physiques. La peinture, la sculpture, sont des arts libéraux.
• LIBÉRAL, signifie aussi, Qui est favorable à la liberté civile et politique. Opinion, idée libérale. Principes libéraux.

LIBÉRALEMENT . adv.
• D'une manière libérale. Donner libéralement. Il en usa libéralement.
• Il signifie aussi, D'une manière favorable à la liberté civile et politique. Il pense, il écrit, il parle fort libéralement.

LIBÉRALITÉ . s. f.
• Penchant, disposition à donner avec discernement. Grande libéralité. Fausse libéralité. Exercer sa libéralité envers quelqu'un. Il tient cela de votre libéralité. La libéralité tient le milieu entre la prodigalité et l'avarice.
• Il signifie aussi, Le don même que fait une personne libérale. Voilà une libéralité extraordinaire. Une grande libéralité. Une libéralité bien placée. Faire des libéralités. Tout le monde se sent de ses libéralités. Voilà de vos libéralités. Il n'est riche que de vos libéralités.

LIBÉRATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui a délivré une personne, une ville, un peuple, de captivité, de servitude, ou de quelque grand péril. Voilà mon libérateur. Le libérateur de la patrie. Elle a été leur libératrice.

LIBÉRATION . s. f.
• .Jurispr. Décharge d'une dette ou d'une servitude. Les lois sont toujours favorables à la libération du débiteur. J'ai obtenu, moyennant telle somme, la libération d'une servitude fort gênante qui était établie sur ce fonds.
• La libération de l'État, L'acquittement, l'amortissement de la dette publique.

LIBÉRER . v. a.
• .Jurispr. Délivrer de quelque chose qui incommode, qui est à charge. Il veut libérer sa maison de cette servitude.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. J'ai transigé avec lui pour me libérer des poursuites qu'il faisait contre moi.
• Il signifie plus particulièrement, S'acquitter. Il est toujours permis à un débiteur de se libérer. Ce débiteur s'est enfin libéré.
• LIBÉRÉ, ÉE. participe, Forçat libéré, Forçat mis en liberté après avoir subi sa peine.

LIBERTÉ . s. f.
• Le pouvoir d'exercer sa volonté, en agissant ou n'agissant pas. Liberté entière, absolue, illimitée. Liberté d'approuver et de contredire.
• Se dit particulièrement, en Métaphysique, Du libre arbitre, de la faculté donnée à l'âme de choisir entre diverses choses, de se déterminer pour l'une ou pour l'autre. La question de la liberté a été débattue par la plupart des écoles de philosophie. Sans la liberté, il n'y aurait point de moralité dans les actions des hommes.
• Liberté naturelle, Pouvoir que l'homme a naturellement d'employer ses facultés à faire ce qu'il regarde comme devant lui être utile ou agréable. Dans l'état social, la liberté naturelle est restreinte par les conventions établies pour l'utilité commune.
• Liberté civile, Pouvoir de faire tout ce qui n'est pas défendu par les lois. La liberté civile ne peut exister sous un pouvoir arbitraire et absolu.
• Liberté politique, ou simplement Liberté, Jouissance des droits politiques que la constitution de certains pays accorde à chaque citoyen. La grande charte obtenue du roi Jean par les Anglais, est le fondement de leur liberté politique. Un peuple jaloux de sa liberté.
• Liberté de conscience, Droit que tout homme a d'adopter les opinions religieuses qu'il croit conformes à la vérité, sans pouvoir être inquiété à cet égard par l'autorité publique.
• Liberté des cultes, Droit que les sectateurs des diverses religions ont d'exercer leur culte, et d'enseigner leur doctrine.
• Liberté de penser, Droit de manifester sa pensée sans contrainte.
• Liberté de penser, signifie aussi, Manière hardie de penser sur les matières de religion, de morale, de gouvernement. Il a une grande liberté de penser. Ce sens vieillit.
• Liberté d'écrire, Droit de manifester par écrit sa pensée.
• Liberté de la presse, Droit de manifester sa pensée par la voie de l'impression.
• Liberté individuelle, Droit que chaque citoyen a de n'être privé de la liberté de sa personne que dans les cas prévus et selon les formes déterminées par la loi. La charte garantit aux Français leur liberté individuelle.
• Liberté du commerce, Faculté que les commerçants ont d'acheter et de vendre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, sans être soumis à des lois gênantes, à des règlements prohibitifs.
• Liberté des mers, Droit que toutes les nations ont de naviguer librement sur les mers.
• LIBERTÉ, se dit souvent par opposition à Servitude, et signifie, L'état d'une personne de condition libre. La liberté est l'état naturel de l'homme. Dans les temps anciens, ceux qui étaient pris à la guerre perdaient leur liberté et devenaient esclaves. Vendre, engager, recouvrer, racheter sa liberté. Donner la liberté à un esclave, à un nègre.
• Se dit aussi par opposition à Captivité. Il était prisonnier de guerre, on l'a laissé en liberté sui parole. On a rendu la liberté aux prisonniers. On a mis ce prisonnier en liberté. Il a obtenu sa liberté moyennant une forte rançon. Ce prévenu a été mis en liberté à la charge de donner caution. Donner la liberté à un oiseau.
• Se dit encore par opposition à Contrainte. Je vous laisse en liberté. Parler, agir en liberté, avec liberté. Les règles de l'étiquette nuisent à la liberté de la conversation. On jouit d'une grande liberté dans cette maison.
• Il signifie aussi, Indépendance de caractère, d'état, de conduite. Il ne se met à la suite de personne; il aime trop sa liberté. Engager sa liberté, la perdre, la vendre. Ma liberté est mon seul bien.
• Il signifie également, L'état d'un coeur libre, exempt de passion. Cette femme lui a fait perdre sa liberté.
• Liberté d'esprit, État d'un homme qui a l'esprit dégagé de toute préoccupation. Je n'ai pas la liberté d'esprit nécessaire pour m'occuper de ce travail.
• Liberté de langage, ou simplement Liberté, Franchise, hardiesse. Il a parlé au prince avec une grande liberté. Il a toute la liberté de langage d'un homme qui ne dépend de personne.
• LIBERTÉ, se prend encore pour Manière d'agir libre, familière, hardie. Dans cette acception, il se dit en bien et en mal, et s'emploie souvent au pluriel. Agir avec une honnête liberté. Je n'aime pas cette liberté. Prendre, se donner des libertés. Il prend beaucoup de libertés avec ses supérieurs. Prendre des libertés avec une femme.
• Dans la conversation, on dit souvent, par politesse, J'ai pris, je prends, je prendrai la liberté de faire telle chose, pour dire, J'ai fait, je fais, je ferai telle chose. Je prends la liberté de vous rappeler votre promesse. Je prends la liberté de n'être pas de votre avis. J'ai pris la liberté de vous écrire.
• Demander la liberté, Demander la permission. Je vous demande la liberté de vous écrire, de me promener dans votre jardin.
• LIBERTÉ, signifie en outre, Facilité, aisance dans les mouvements du corps, dans les opérations de la main, etc. Il a une grande liberté d'action, de mouvement, de geste, de langue, de parole. Il fait tout avec beaucoup de liberté et de grâce. Il y a une grande liberté de pinceau dans ce tableau, de trait dans ce dessin, de burin dans cette gravure. Une douleur de rhumatisme lui ôte la liberté de ses membres, de ses mouvements. Dans ce sens, il se dit aussi en parlant Des choses inanimées. Ce ressort n'a pas assez de liberté, ne joue pas avec assez de liberté.
• Liberté de ventre, Facilité avec laquelle le ventre fait ses fonctions.
• En termes de Manége, Liberté de langue, Espace vide, espèce d'arcade pratiquée dans le canon du mors, à l'effet de loger la langue du cheval.
• LIBERTÉS, au pluriel, signifie, Franchises, immunités. La conquête fit perdre à cette province toutes ses libertés. Les libertés des communes.
• Les libertés de l'Église gallicane, La conservation, par l'Église de France, de l'ancien droit commun de toutes les Églises.
• EN LIBERTÉ. loc. adv. Librement. Parler, agir en liberté, en toute liberté, en pleine liberté.
• En termes de Manége, Sauteur en liberté, Cheval dressé à faire des sauts pour accoutumer le cavalier à se tenir ferme en selle.

LIBERTIN
, INE. adj.
• Déréglé dans ses moeurs, dans sa conduite. Ce jeune homme est devenu fort libertin. Cette femme, malgré sa mine hypocrite, était fort libertine. En ce sens, il est aussi substantif. C'est un libertin, un grand, un franc libertin. C'est une libertine.
• Se dit quelquefois Des choses, dans plusieurs sens. Des contes libertins, Des contes licencieux. Cet homme mène une vie libertine, Sa conduite est déréglée. Il est d'une humeur bien libertine, Il hait toute espèce de sujétion, de contrainte.
• Imagination libertine, Imagination vagabonde et sans frein. Son imagination libertine l'écarte sans cesse de son sujet.
• LIBERTIN, se dit aussi D'un enfant, d'un écolier dissipé, qui néglige ses devoirs pour le jeu. Il est fort libertin. En ce sens, il est plus souvent substantif. C'est un petit libertin.
• LIBERTIN, signifie encore, Qui fait profession de ne point s'assujettir aux lois de la religion, soit pour la croyance, soit pour la pratique. En ce sens, qui a vieilli, il ne s'employait guère que substantivement. Les libertins et les esprits forts.

LIBERTINAGE .s.m.
• Déréglement dans les moeurs, dans la conduite. Vivre dans le libertinage, dans un libertinage continuel. Donner dans le libertinage. Ce jeune homme est tombé dans un libertinage affreux.
• Il signifie aussi, Licence des opinions en matière de religion. Il fait profession de libertinage. Cela sent le libertinage. Dans ce sens, il a vieilli.
• Libertinage d'esprit, d'imagination, Légèreté, inconstance dans les idées, qui fait qu'on passe d'un objet à un autre, sans s'arrêter à aucun. Cet écrivain s'abandonne à un libertinage d'imagination qui l'entraîne dans beaucoup d'écarts. Il se laisse aller à un libertinage d'esprit qui ne lui permet d'approfondir aucun sujet.

LIBERTINER . v. n.
• Faire le libertin, se livrer au libertinage. Depuis qu'il ne voit plus mauvaise compagnie, il a cessé de libertiner.
• Se dit aussi Des enfants, des écoliers trop dissipés. Cet enfant ne fait que libertiner.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Il commence à se libertiner. Ce verbe est familier.

LIBIDINEUX
, EUSE. adj.
• Dissolu, lascif. Appétits libidineux. Il est peu usité.

LIBRAIRE .s.m.
• Marchand de livres. La boutique d'un libraire. Cet écrivain s'est mis aux gages d'un libraire. Tous ses ouvrages sont restés chez le libraire. Il a ruiné son libraire. Commis de libraire, ou Commis libraire. Imprimeur-libraire. On dit, en parlant d'Une femme qui fait le commerce de livres, Une marchande libraire.

LIBRAIRIE . s. f.
• La profession de libraire, le commerce des livres. Un fonds, un magasin, une boutique de librairie. Il a quitté la librairie. Il s'est enrichi dans la librairie. Il entend bien la librairie. La librairie va fort bien depuis quelques années. On ne trouve pas ce livre dans toute la librairie.
• Se dit aussi d'Un magasin, d'une boutique de librairie. Établir une librairie. Je vais à la librairie d'un tel. Il y a plusieurs librairies dans cette ville.
• LIBRAIRIE, signifiait autrefois, Bibliothèque. La librairie du roi. Cette acception s'est conservée longtemps dans les actes publics.

LIBRATION . s. f.
• T. d'Astronomie. Balancement apparent de la lune autour de son axe, mouvement par lequel elle nous cache et nous découvre alternativement une partie de sa surface.

LIBRE . adj. des deux genres
• Qui a le pouvoir de faire ce qu'il veut, d'agir ou de n'agir pas. L'homme est né libre. La volonté est libre, est une faculté libre.
• Prov., Les volontés sont libres, se dit Pour exprimer qu'on laisse à quelqu'un la liberté de faire ou de ne pas faire telle chose. Allez-vous-en, si cela vous plaît, les volontés sont libres.
• L'homme a son libre arbitre, Il est maître de choisir entre le bien et le mal.
• LIBRE, se dit souvent par opposition à Esclave, servile. C'est un homme de condition libre. Être né libre. Une profession libre. Libre de sa personne.
• Se dit également par opposition à Captif, prisonnier. Il était prisonnier, mais à présent il est libre.
• Se dit encore pour Indépendant. Il est libre, et ne dépend de personne. Libre comme l'air. Il ne veut prendre aucun emploi, il veut demeurer libre.
• Il signifie quelquefois particulièrement, Qui n'est pas marié. Le commerce entre personnes libres est moins coupable que l'adultère.
• Se dit aussi en parlant Des États où le peuple participe à la puissance législative, soit par lui-même, soit par ses mandataires, et où les droits civils et politiques sont garantis par la constitution. Un État libre. Un peuple libre. Une nation libre. Le peuple romain cessa d'être vraiment libre, dès qu'il eut perdu ses moeurs. Gouverner des hommes libres.
• Villes libres, en Allemagne, Villes qui, n'étant soumises à aucun prince, sont gouvernées par leurs propres magistrats. Les villes hanséatiques sont des villes libres.
• LIBRE, signifie aussi quelquefois, Qui n'éprouve aucune contrainte, aucune gêne. On est fort libre dans cette maison. La société des personnes avec lesquelles on n'est pas libre, est bientôt fatigante.
• Il signifie encore, Licencieux, indiscret, téméraire, et s'applique alors Aux choses comme aux personnes. Il est bien libre avec les femmes. Il a des manières, un ton extrêmement libres avec les femmes. Il tient des propos bien libres. Il est trop libre dans ses paroles. Il a fait des chansons un peu libres, des contes, des vers fort libres.
• LIBRE, a, dans les phrases ou locutions qui suivent, des acceptions plus ou moins voisines de ces divers sens:
• Les suffrages ne sont pas libres dans cette assemblée, On n'ose y dire son avis, y voter selon sa conscience.
• Le commerce est libre dans ce pays, Il n'y est point entravé par des lois prohibitives.
• La presse est libre dans ce pays, Les écrits destinés à l'impression n'y sont point soumis à une censure préalable.
• Les mers sont libres, On peut y naviguer, sans aucune crainte des corsaires ou des ennemis.
• Les passages, les chemins sont libres, On peut y aller sans rencontrer aucun embarras, aucun empêchement, aucun danger. On dit de même, La campagne est libre, Les ennemis ne l'occupent plus.
• Fam., Les chemins sont libres, se dit Pour témoigner à une personne qui veut s'en aller, qu'on ne fera aucun effort pour la retenir, pour la garder près de soi.
• Espace libre, Espace qui n'est point occupé, rempli. On dit de même, Cette place est libre, Personne ne l'occupe, on peut la prendre, s'y mettre.
• Avoir ses entrées libres chez quelqu'un, Avoir la facilité d'entrer à toute heure chez lui. On dit à peu près dans le même sens, Avoir libre accès, un libre accès auprès de quelqu'un.
• Fig., Avoir le champ libre, Avoir la liberté de faire une chose. Rien ne vous empêche de lui faire cette demande; vous avez le champ libre.
• Fig., Laisser à quelqu'un le champ libre, Ne point s'opposer à ses prétentions, ne point se mettre en concurrence avec lui. Vous pouvez continuer vos démarches, je vous laisse le champ libre.
• Avoir son temps libre, N'avoir point d'occupation obligée. On dit aussi dans le même sens, Être libre. Je suis libre à présent, je n'ai plus rien qui m'occupe.
• Avoir le coeur libre, N'être pas amoureux.
• N'avoir pas l'esprit libre, Être tellement préoccupé, qu'on est incapable de s'appliquer.
• Vers libres, Ceux où l'on admet différentes mesures, et qui ne sont pas soumis au retour d'un rhythme régulier. Pièce écrite en vers libres.
• Traduction libre, Traduction qui n'est pas littérale, où l'on ne s'est pas asservi à suivre exactement le texte.
• Papier libre, se dit par opposition à Papier timbré. Il suffit que cette quittance soit écrite sur papier libre. On dit, dans le même sens, Papier mort.
• Libre de, devant un nom substantif, signifie, Exempt, affranchi de. Libre de soins, de crainte, de passion, de soucis, d'inquiétude, de toute sorte d'engagement.
• Libre de, devant un verbe, signifie, Qui a la liberté de. Vous êtes libre d'accepter ou de refuser. On dit aussi: Il vous est libre d'accepter ou de refuser. Libre à vous de sortir ou de rester. Etc.
• LIBRE, signifie en outre, Qui a de la facilité, de l'aisance, qui n'est point gêné dans ses mouvements. Il est libre dans sa taille. Il a la taille libre et aisée. Avoir une contenance libre, un air libre. Il a le corps libre et agile. Il a les mouvements libres. En ce sens, il se dit aussi Des choses inanimées. Cette roue, ce ressort, cette pièce est libre dans ses mouvements. Le mouvement de ce pendule n'est pas libre.
• Avoir la voix libre, la parole libre, N'avoir point d'empêchement dans la voix, dans la parole. Il a été longtemps un peu bègue; maintenant il a la parole parfaitement libre.
• Avoir la main libre, Écrire légèrement, faire des traits avec hardiesse.
• Avoir le ventre libre, Aller facilement à la garde-robe, n'être pas constipé.

LIBREMENT . adv.
• Avec liberté, sans gêne, sans contrainte. Agir, vivre, penser, parler, écrire librement. J'en use librement avec vous. Je vous ai dit librement ma pensée sur cet objet. Un député librement élu. C'est un homme qui parle librement de tout le monde. Cet écrivain-parle trop librement de lois qu'il faut respecter.

LICE . s. f.
• Lieu préparé pour les courses de tête ou de bague, pour les tournois, les combats à la barrière, et autres exercices de ce genre. Entrer dans la lice, en lice. Ouvrir, fermer la lice. La lice est ouverte.
• LICE, au figuré, se dit en parlant De discussions, de contestations publiques, soit de vive voix, soit par écrit. Il n'a point osé entrer en lice avec un dialecticien si habile, avec un orateur si éloquent. Il a fui honteusement la lice. Il est sorti vainqueur de la lice.
• Se dit aussi Des lieux où se passent les discussions, où il y a, en quelque sorte, des combats de la parole. Le barreau est une lice ouverte au talent oratoire.

LICE . s. f.
• .Manufact. Voyez LISSE.

LICE . s. f.
• Femelle d'un chien de chasse. Il y a dans toutes les meutes des lices destinées à faire race.
• Cette lice est nouée, Elle a été couverte, et elle a retenu.

LICENCE . s. f.
• Permission. Ce religieux était sorti sans en avoir demandé la licence à son supérieur. Dans ce sens, il est vieux.
• LICENCE, signifie plus ordinairement, Une permission spéciale, accordée par le gouvernement, pour exporter ou pour vendre certaines marchandises. Il obtint une licence pour envoyer mille pièces de vin en pays étranger. Licence pour le débit du tabac en détail.
• Se dit aussi, dans les Facultés de théologie, de droit et de médecine, Du degré qui est entre celui de bachelier et celui de docteur.
• Il se disait également, autrefois, Du temps que l'on passait sur les bancs avant de pouvoir obtenir le degré de licencié. Faire, commencer, achever sa licence. Entrer en licence. Sortir de licence. Ils sont trente de la même licence. Il a été le premier de sa licence.
• LICENCE, signifie encore, Liberté trop grande, contraire au respect, à la retenue et à la modestie. C'est un homme qui prend des licences, qui se donne de grandes licences. Prendre bien des licences avec quelqu'un. Il s'émancipe de plus en plus, et prend chaque jour quelque nouvelle licence.
• Il signifie aussi, Liberté excessive, déréglement, insubordination. Une licence effrénée. Arrêter, réprimer la licence de la jeunesse, la licence des soldats, du peuple, du vainqueur. C'est ouvrir la porte à la licence. La licence n'a plus de frein, n'a plus de bornes. La licence détruit la liberté.
• LICENCE, en poésie, se dit de Toute liberté que le poëte se donne, dans ses vers, contre la règle et l'usage ordinaire. Licence poétique. Il y a en poésie des licences que la raison autorise et que le goût approuve. Une heureuse licence.
• Se dit quelquefois, dans un sens analogue, en Peinture, en Sculpture, en Architecture, en Musique. Il y a des licences heureuses dans ce tableau, dans ce groupe. Les colonnes accouplées sont une licence en architecture. Il y a une licence remarquable dans l'ouverture de cet opéra.

LICENCIEMENT .s.m.
• Action de licencier, de congédier. Il n'est d'usage qu'en parlant Des troupes. Licenciement de troupes. La paix a été suivie du licenciement d'une partie de l'armée.

LICENCIER . v. a.
• Congédier. Il ne se dit qu'en parlant Des troupes. Licencier des troupes. Après la paix, on licencia une partie de l'armée.
• LICENCIER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et alors il signifie, S'émanciper, sortir des bornes du devoir, de la modestie. C'est un homme qui se licencie en paroles. Il s'était licencié jusqu'à leur manquer de respect. Dans ce sens, il a vieilli.
• LICENCIÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, au masculin, et signifie, Qui a pris ses degrés de licence. Il est licencié ès lettres, licencié en droit. On l'emploie substantivement dans le même sens. Un licencié.

LICENCIEUSEMENT . adv.
• D'une manière licencieuse. Vivre, penser, parler, écrire licencieusement.

LICENCIEUX
, EUSE. adj.
• Déréglé, désordonné, contraire à la pudeur. Mener une vie licencieuse. Il est fort licencieux en paroles. Dire des paroles licencieuses. Tenir des propos, des discours licencieux. Lire des écrits licencieux. Faire des vers licencieux.

LICET .s.m.
• (On prononce le T.) Terme emprunté du latin. Permission. Obtenir un licet.

LICHEN .s.m.
• (On prononce Likène.) .Bot. Genre de plante de la famille des Algues, ordinairement en forme de croûte, qui croît sur les troncs d'arbres, sur les rochers, sur les murs, etc. Lichen d'Islande.

LICITATION . s. f.
• .Jurispr. Vente, au plus offrant et dernier enchérisseur, d'une maison, d'un héritage qui appartient en commun à plusieurs cohéritiers ou copropriétaires, et qui ne peut se partager commodément. Vendre une maison par licitation. Contrat de licitation. Licitation volontaire. Licitation entre majeurs.

LICITE . adj. des deux genres
• Qui est permis par la loi. Ce n'est pas une chose licite. Il ne fait que des gains honnêtes et licites.

LICITEMENT . adv.
• D'une manière licite, sans aller contre la loi. Peut-on faire licitement telle action?

LICITER . v. a.
• .Jurispr. Mettre à l'enchère une maison, un héritage, etc., qui appartient à plusieurs cohéritiers ou copropriétaires. Faire liciter une maison, un héritage. Autrefois on licitait les charges, les rentes.
• LICITÉ, ÉE. participe

LICOL .s.m.
• Voyez LICOU.

LICORNE . s. f.
• Quadrupède qui, selon quelques relations, aurait une corne au milieu du front, et du reste serait assez semblable à un petit cheval. Suivant l'opinion la plus généralement admise aujourd'hui, la licorne est un animal fabuleux. Son écusson a des licornes pour supports.
• Licorne de mer, Cétacé, nommé autrement Narval, qui porte à l'extrémité de sa mâchoire supérieure une dent en forme de corne, droite, et longue quelquefois de quinze ou seize pieds.

LICOU
ou LICOL.s.m.
• Lien de cuir, de corde ou de crin, qu'on met autour de la tête des chevaux, des mulets, et d'autres bêtes de somme, pour les attacher, au moyen d'une ou deux longes, au râtelier, à l'auge, etc. Licou à une longe, à deux longes. Le licou d'un cheval. Attacher un cheval avec son licou. Mener un cheval avec un licou, par le licou. Ce cheval a rompu son licou. Licol n'est plus usité qu'en poésie, devant une voyelle. En prose, on dit et on écrit toujours, Licou.

LICTEUR .s.m.
• Officier public qui marchait devant les premiers magistrats de Rome, et qui portait une hache placée dans un faisceau de verges. Les licteurs faisaient à la fois office d'appariteurs et de bourreaux.

LIE . s. f.
• Ce qu'il y a de plus grossier dans une liqueur, et qui va au fond. Lie de vin. Lie d'huile, de bière, etc. Tirer du vin jusqu'à la lie. La lie vient, il n'y a plus de vin dans le tonneau. Du vin sur sa lie. Ce vin est clair et bon jusqu'à la lie. Boire jusqu'à la lie. Quand on dit absolument, De la lie, on entend, De la lie de vin.
• Fig., Boire le calice jusqu'à la lie, Souffrir une humiliation complète, une douleur longue et cruelle, un malheur dans toute son étendue.
• Fig., La lie du peuple, La plus vile et la plus basse populace; et, La lie du genre humain, la lie des nations, Les hommes les plus corrompus, des hommes très-vils et très-méchants. C'est un homme de la lie du peuple. Ne me parlez point de ces misérables-là, c'est la lie du genre humain.

LIE . adj.
• Vieux mot qui signifiait, Gai, joyeux, et qui n'est plus usité que dans cette phrase familière, Faire chère lie, Faire bonne chère avec gaieté.

LIÉGE .s.m.
• Espèce de chêne vert, dont l'écorce est épaisse, spongieuse et fort légère. Les glands du liége.
• Il se prend ordinairement pour L'écorce de cet arbre. Le liége est fort léger, et nage sur l'eau. On garnit de petits morceaux de liége les filets des pêcheurs. Porter des semelles de liége. Faire des bouchons de liége.

LIEN .s.m.
• (On prononce Li-èn.) Ce qui sert à lier. Gros lien. Un lien de paille, de jonc, d'osier. Un lien de fer. Le lien d'une gerbe, d'un fagot. Faire des liens. Il faut retenir cela avec des liens.
• Se dit aussi de La corde ou de la chaîne avec laquelle un prisonnier est attaché. En ce sens, il se met ordinairement au pluriel. Il était dans les liens. La fête de saint Pierre aux liens. Briser, rompre ses liens. Forger des liens.
• LIEN, signifie figurément, Esclavage, dépendance. On l'emploie principalement en parlant Des amants. Il a rompu ses liens. Il est dans des liens honteux. Il trouve ses liens bien doux.
• En Matière crimin., Être dans les liens d'un décret, d'un mandat d'arrêt, se dit D'une personne contre laquelle un décret, un mandat a été décerné.
• Lien religieux, Engagement contracté par ceux qui sont dans les ordres sacrés, ou qui ont fait des voeux monastiques.
• Fig., Traîner son lien, N'être pas tout à fait échappé d'un danger, affranchi d'une passion, délivré d'une mauvaise affaire. On dit proverbialement, dans le même sens, N'est pas échappé qui traîne son lien.
• LIEN, se dit encore, figurément, de Tout ce qui attache et unit les personnes ensemble. Le lien du mariage. Le lien conjugal. C'est un lien sacré, un lien indissoluble. Lien d'intérêt. Lien d'amitié. Le lien de la reconnaissance. Les liens du sang et de la nature. Les liens de la chair et du sang. Cet événement, qui pouvait les désunir, n'a fait que resserrer les liens de leur amitié. Je lui suis attaché par les liens les plus forts, les plus étroits, les plus durables. Les lois sont le lien de la société civile. Par sa douceur, par sa modération, il était le lien des esprits opposés qui formaient cette société.
• En Jurisprud., Double lien, Parenté entre enfants d'un même père et d'une même mère, c'est-à-dire, entre frères et soeurs germains. Lien simple, Parenté entre frères et soeurs qui ne sont pas nés du même père ou de la même mère.

LIENTERIE . s. f.
• (On prononce Lianterie.) .Médecine. Espèce de dévoiement dans lequel on rend les aliments tels qu'on les a pris. Il vieillit.

LIENTÉRIQUE . adj. des deux genres
• .Médecine. Qui tient de la lienterie. Flux lientérique.

LIER . v. a.
• Serrer avec un lien ou avec quelque autre chose que ce soit. Lier le bras, la main, le corps. Lier un fagot, une botte de foin, une gerbe de blé. Lier un cerceau avec de l'osier. Lier avec un cordon. Lier avec un mouchoir. Vous liez cela trop lâche, il faut le lier plus serré, plus étroitement. Lier des fleurs ensemble pour en faire un bouquet. Lier un paquet. Lier les mains derrière le dos. Lier les pieds. Lier les cheveux. Lier un homme à un arbre, à un poteau. Lier un furieux, un fou.
• Par exagération, C'est un fou à lier, C'est un extravagant.
• Fig., Lier les mains à quelqu'un, Le réduire à l'inaction dans une affaire. Avoir les mains liées, Être empêché d'agir dans une affaire. Je ne veux pas qu'on me lie les mains, je ne veux pas avoir les mains liées.
• Fig., Lier la langue, Empêcher de parler. Le respect, la crainte de vous déplaire m'a lié la langue.
• LIER, signifie aussi, Faire un noeud. Lier les cordons de ses souliers. Lier des rubans.
• LIER, signifie encore, Joindre ensemble différentes parties par quelque substance qui s'incorpore dans les unes et dans les autres. Il faut mettre quelque chose dans cette composition pour lier les ingrédients. La chaux et le ciment lient les pierres.
• Lier une sauce, Lui donner de la consistance. Le cuisinier a mal lié cette sauce. La farine sert à lier les sauces.
• Lier les lettres, Les joindre l'une à l'autre par certains petits traits. Liez bien vos lettres. Liez mieux vos lettres.
• En Musique, Lier des notes, Passer, exécuter deux ou plusieurs notes d'un même coup d'archet, ou d'un seul coup de langue sur un instrument à vent, ou d'un seul coup de gosier en chantant.
• Fig., Lier les idées, les propositions, les pensées, les parties d'un discours, etc., Les unir entre elles, les enchaîner les unes aux autres. Cet homme ne lie pas bien ses idées, ses pensées. Ce logicien lie bien ses propositions. Il faut une idée intermédiaire, quelques mots pour lier ces deux périodes, les deux membres de cette période. Cet orateur n'a pas bien lié les parties de sa harangue.
• Fig., Lier une partie de promenade, de divertissement, etc., Projeter une partie de promenade, de divertissement, et prendre jour pour la faire.
• Fig. et fam., Il a bien lié, mal lié sa partie, Il a bien concerté, il a mal concerté son affaire, son entreprise.
• Fig., Lier amitié avec quelqu'un, Contracter amitié avec quelqu'un.
• Fig., Lier conversation, commerce, société avec quelqu'un, Entrer en conversation, en commerce, faire société avec lui. Nous avons lié conversation ensemble. Ils ont lié conversation. J'ai lié commerce avec lui. Ils ont lié société l'un avec l'autre.
• LIER, signifie figurément, en parlant Des personnes, Attacher, unir, enchaîner ensemble. C'est le sang et l'amitié qui les lient. L'amitié, l'intérêt les avait liés. Ils sont liés d'une étroite amitié. Il est lié aux intérêts de son maître. Ma fortune est liée à la vôtre.
• Il signifie aussi, Astreindre, obliger. Qu'est-ce qui vous lie? Les paroles, les contrats lient les hommes. Son serment, sa parole le lie d'une manière indissoluble. Je suis lié par ma promesse.
• Dans le langage de l'Église, Lier et délier, Refuser ou donner l'absolution.
• LIER, s'emploie avec le pronom personnel dans plusieurs acceptions. Ainsi on dit: Ces ingrédients ne peuvent pas se lier, Ils ne peuvent pas s'unir, s'incorporer ensemble. Il faut remuer cette sauce jusqu'à ce qu'elle se lie, Jusqu'à ce qu'elle s'épaississe. Figurément, Les scènes de cette pièce se lient mal entre elles, Elles ne sont point amenées les unes par les autres. Le fait que vous racontez se lie à une aventure dont j'ai connaissance, Il a du rapport avec cette aventure, il s'y rattache.
• Se lier par un serment, un voeu, etc., S'astreindre à quelque obligation par un serment, par un voeu, etc.
• LIER, joint au pronom personnel, se dit particulièrement, tant dans le sens réfléchi que dans le sens réciproque, Des personnes qui forment une liaison entre elles. Je me suis lié avec lui. Ils se sont liés dès qu'ils se sont connus. Nous nous sommes liés d'amitié.
• LIÉ, ÉE. part. On l'a mené pieds et poings liés. Lié et garrotté. Une sauce bien liée. Des lettres mal liées. Notes liées. Ces pensées ne sont point liées. Un discours bien lié.
• Jouer en parties liées, Jouer avec la condition que l'enjeu appartiendra à celui qui aura gagné le plus de parties, sur un nombre déterminé. Ils ont joué un louis en trois parties liées.

LIERRE .s.m.
• Plante toujours verte qui rampe à terre ou qui grimpe le long des murailles et autour des arbres. Petit lierre. Lierre à larges feuilles. Branche, couronne, graine, feuilles de lierre. Le lierre s'attache aux murailles.
• Lierre terrestre, Plante labiée dont on fait usage en médecine, et dont les feuilles ont quelque ressemblance avec celles du lierre.

LIESSE . s. f.
• Joie. Vieux mot qui n'est guère usité que dans cette phrase familière, Vivre en joie et en liesse, et dans cette expression, Notre-Dame de liesse.

LIEU .s.m.
• L'espace qu'un corps occupe. Tout corps occupe un lieu, remplit un lieu, est dans un lieu. Un corps ne peut naturellement être en même temps dans plusieurs lieux.
• Se dit aussi d'Un espace pris absolument, sans considérer aucun corps qui le remplisse, et vu seulement sous le rapport de la dimension, de la situation, ou de quelque autre circonstance qui le distingue. Lieu vaste, étroit, resserré. Lieu élevé, éminent, bas, enfoncé, souterrain. Lieu humide, marécageux, malsain. Lieu agréable, charmant, affreux, désert, solitaire, inhabité, sombre, écarté. Voici un beau lieu. C'est le plus beau lieu du monde. C'est un lieu de délices. Changer de lieu, ne faire qu'aller d'un lieu à un autre. En quelque lieu qu'il aille. C'est le lieu où il est né. C'est son lieu natal.
• LIEU, se dit aussi par rapport à la destination. Un lieu d'assemblée, de récréation. Lieu public. Lieu particulier. Lieu où l'on rend la justice. Le criminel était arrivé au lieu du supplice. Quel est le lieu du rendez-vous? Mettre chaque chose en son lieu. Mettre une chose en lieu sûr, en lieu de sûreté.
• Le lieu saint, le saint lieu, L'église, le temple.
• Les saints lieux, Les lieux de la terre sainte qui sont célèbres par les mystères de notre rédemption. Visiter les saints lieux.
• Lieu de sûreté, signifie quelquefois, Prison; et alors il est familier. Cet étourdi s'est fait mettre en lieu de sûreté.
• Lieu de plaisance, Maison de campagne uniquement destinée à l'agrément.
• Lieu de franchise, lieu d'asile, Lieu où, en vertu de quelque privilége, on est à l'abri de certaines poursuites. Les maisons des ambassadeurs sont des lieux de franchise. Autrefois les églises étaient des lieux d'asile.
• Mauvais lieu, Maison de débauche. Entrer dans un mauvais lieu. Hanter les mauvais lieux.
• Lieux d'aisances, ou simplement Lieux, Les latrines. Aller aux lieux d'aisances. Aller aux lieux.
• LIEU, signifie également, Un endroit désigné, indiqué; et alors on le met souvent au pluriel. Quand je serai sur le lieu. Nous irons sur les lieux. Se transporter sur les lieux. Les juges ordonnèrent une descente sur les lieux.
• LIEU, se prend aussi, surtout au pluriel, pour Les appartements et les différentes pièces d'une maison, d'une ferme, etc. Il faut visiter les lieux, et voir s'ils sont en état. Réparer les lieux. État des lieux. État de lieux.
• Prov., N'avoir ni feu ni lieu, Être vagabond, sans demeure assurée; ou Être extrêmement pauvre.
• LIEU, en Géométrie, se dit d'Une ligne droite ou courbe, dont tous les points servent à résoudre un problème qui a une infinité de solutions.
• LIEU, en Astronomie, Le point du ciel auquel répond une planète, une comète. Comme nous les voyons de la surface de la terre, nous les rapportons à un point différent de celui où elles seraient vues du centre de la terre; ce qui fait qu'on distingue le Lieu apparent du Lieu véritable: la différence s'appelle Parallaxe.
• LIEU, signifie encore, Place, rang. Il tient le premier lieu. Dans ce sens, il a vieilli, et ne se dit guère qu'en termes de Palais. Chaque créancier viendra en son lieu.
• En termes de Pratique, Être au lieu et place de quelqu'un, Avoir la cession de ses droits et actions. On dit de même, Subrogé en son lieu et place.
• En premier lieu, en second lieu, en troisième lieu, en dernier lieu, Premièrement, secondement, troisièmement, enfin.
• Tenir lieu de, Remplacer, suppléer. Votre amitié me tient lieu de tout. Ses agréments lui tiennent lieu de jeunesse. Il vous a tenu lieu de père.
• LIEU, se prend quelquefois pour Maison ou famille, comme dans ces phrases: Cette personne vient de bon lieu, est de bon lieu, Elle est de bonne famille. Il s'est allié en bon lieu, Il s'est bien allié. Il sent le lieu d'où il vient, Il a les habitudes, les goûts des gens de sa classe.
• Bas lieu, Basse extraction. C'est un homme de bas lieu. Il vient de bas lieu. Il est sorti de bas lieu.
• J'ai appris cela de bon lieu, je tiens cela de bon lieu, cette nouvelle vient de bon lieu, De bonne part, de personnes bien instruites et dignes de foi.
• Fam., On a parlé de vous en bon lieu, On a parlé de vous en bonne compagnie.
• LIEU, signifie aussi, L'endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. Ce n'est pas ici le lieu de parler de cela, le lieu de disputer. Nous en parlerons en temps et lieu. J'ai parlé de ce fait en son lieu. Ce n'est ni le temps ni le lieu.
• LIEU, signifie figurément, Moyen, sujet, occasion. Nous verrons s'il y a lieu de vous servir, s'il y a lieu de vous faire payer, s'il n'y a pas lieu de craindre, de douter, d'espérer, etc. Si je trouve lieu d'entamer cette affaire. Il y a lieu de délibérer. J'ai lieu de me plaindre de votre conduite à mon égard. Je n'ai pas donné lieu à vos emportements contre moi. Donnez-moi lieu de vous obliger.
• Avoir lieu, se dit en parlant De l'époque d'un événement. Cet événement eut lieu l'an dernier. La séance publique aura lieu à la fin de ce mois.
• LIEU, se dit aussi d'Un endroit ou passage d'un livre. En quel lieu Platon l'a-t-il dit? Aristote dit dans plus d'un lieu...
• En termes de Rhétorique, Lieux communs, lieux oratoires, ou simplement Lieux, Sources générales d'où un orateur peut tirer ses arguments et ses moyens. Aristote a traité des lieux communs.
• Lieux communs, se dit aussi de Certains traits généraux qui peuvent s'appliquer à tout, de certaines réflexions générales qu'on fait entrer dans un sujet particulier. Il a commencé l'éloge de ce magistrat par un lieu commun sur la justice. Ses sermons ne sont que des lieux communs. Un recueil de lieux communs.
• Lieux communs, se dit encore Des idées usées, rebattues. Il ne dit que des lieux communs.
• AU LIEU DE. locution prépositive, qui signifie, À la place de, en place de. Au lieu de mon frère que j'attendais, il est venu un homme de sa part. Que mettez-vous au lieu de cette phrase, de cette strophe que vous avez ôtée? Cet officier servira au lieu de tel autre.
• AU LIEU DE, marque aussi opposition, différence. Au lieu de secourir son ami, il l'a abandonné. Au lieu d'étudier, il ne fait que se divertir. Je pris un volume de Racine, au lieu d'un volume de Corneille.
• AU LIEU QUE, se dit, dans une acception pareille, pour Tandis que. Il ne songe qu'à ses plaisirs, au lieu qu'il devrait veiller à ses affaires.

LIEUE . s. f.
• Mesure itinéraire, dont l'étendue varie selon les provinces, selon les pays. La lieue commune de France est de deux mille deux cent quatre-vingt-deux toises, à vingt-cinq lieues par degré. Grande lieue. Petite lieue. Lieue d'Allemagne. Une lieue de chemin. Une bonne, une grande lieue. Une bonne grande lieue. Un quart, un demi-quart de lieue. Une demi-lieue. Une lieue et demie. Faire trois lieues, quatre lieues à pied. Faire tant de lieues par heure, par jour.
• Lieue de poste, Lieue de deux mille toises.
• Lieu de pays, Lieue qui diffère de la lieue commune, et dont la longueur est déterminée par l'usage particulier de telle ou de telle contrée. Il n'y a que trois lieues d'ici à cette ville, mais ce sont des lieues de pays qui valent bien quatre lieues ordinaires.
• Lieue marine, Lieue de vingt au degré.
• Lieue carrée, Espace carré qui a une lieue de chaque côté.
• Adverb., Une lieue à la ronde, Dans l'étendue d'une lieue en tous sens. S'emploie dans un sens moins rigoureux pour exprimer Une certaine étendue à peu près d'une lieue de rayon. Ce bruit a été entendu une lieue à la ronde.
• Prov. et fig., Être à cent lieues, à mille lieues d'une chose, n'en pas approcher de cent lieues, de mille lieues, En être fort éloigné. Vous n'avez garde de trouver le noeud de cette question, de cette affaire, vous n'en approchez pas de cent lieues, vous en êtes à cent lieues. Vous êtes à mille lieues de la vérité. Moi, je voudrais vous offenser! j'en suis à mille lieues. Cela est à mille lieues de ma pensée. Leurs caractères sont à mille lieues l'un de l'autre.
• Fig. et fam., Il n'écoute pas, il est à mille lieues d'ici, se dit D'un homme distrait, qui ne fait pas attention à ce qu'on lui dit.
• Fig. et fam., Sentir quelqu'un d'une lieue, Pressentir, deviner son arrivée. J'étais sûr que vous viendriez, je vous ai senti d'une lieue. Se dit aussi en parlant Des choses. J'ai senti d'une lieue la proposition qu'il vient de nous faire.
• Fig. et fam., Il sent son fripon d'une lieue, On juge aisément à ses manières, à son air, que c'est un fripon.

LIEUR .s.m.
• Celui qui lie des bottes de foin, des gerbes de blé, etc.

LIEUTENANCE . s. f.
• Charge, office, emploi, grade de lieutenant. Il a une lieutenance dans l'artillerie, dans le dixième régiment. Il avait occupé autrefois la lieutenance de roi dans une grande ville.

LIEUTENANT .s.m.
• Officier qui est immédiatement au-dessous d'un chef, qu'il supplée dans certains cas. Lieutenant-colonel d'un régiment de cavalerie, d'infanterie. Lieutenant d'une compagnie. Le capitaine et le lieutenant. Avoir un bon lieutenant. Lieutenant d'artillerie. Lieutenant de vaisseau. Lieutenant de tel vaisseau. Lieutenant en premier. Lieutenant en second. Sous-lieutenant. Lieutenant réformé. Etc.
• Lieutenant général des armées du roi, ou simplement, Lieutenant général, Officier qui occupe le second grade dans les armées. Il y a quatre lieutenants généraux dans cette armée.
• Lieutenant de roi, ou Commandant d'armes, Celui qui commande en l'absence du gouverneur, dans une place de guerre.
• Lieutenant civil, Celui qui connaissait des causes civiles.
• Lieutenant criminel, Celui qui connaissait des causes criminelles.
• Lieutenant général, Celui qui présidait le tribunal d'une sénéchaussée, d'un bailliage.
• Lieutenant général de police, Magistrat qui avait à Paris la direction de la police.
• LIEUTENANT, se dit aussi, en général, de Ceux à qui le souverain, ou le chef d'une armée, délègue, dans certains cas, une portion de son autorité. Le roi, avant de partir, nomma son frère lieutenant, lieutenant général du royaume. Ce roi, peu guerrier, s'est acquis par ses lieutenants une grande gloire militaire.

LIEUTENANTE . s. f.
• Il se disait de La femme de certains magistrats qui portaient le titre de lieutenants. Madame la lieutenante civile. Madame la lieutenante criminelle.

LIÈVRE .s.m.
• Quadrupède sauvage, très-léger à la course et fort timide, à longues oreilles, à courte queue, et un peu plus grand que le lapin. La chair du lièvre est bonne et agréable au goût. Grand lièvre. Jeune lièvre. Vieux lièvre. Un lièvre au gîte. Courir, faire lever, lancer le lièvre. Mettre un lièvre en pâté. Un râble de lièvre.
• Fam., Être peureux comme un lièvre, Être fort peureux, fort timide.
• Fam., Gentilhomme à lièvre, se disait autrefois d'Un gentilhomme qui avait peu de revenu, et qui était réduit à vivre de sa chasse.
• Avoir un bec de lièvre, être bec de lièvre, Avoir, naturellement, la lèvre supérieure fendue. Il est né avec deux becs de lièvre.
• Prov. et fig., C'est vouloir prendre les lièvres au son du tambour, se dit Lorsqu'une personne fait grand bruit d'un dessein qui aurait besoin d'être tenu secret pour réussir.
• Fig. et fam., Lever le lièvre, Être le premier à faire quelque ouverture, à proposer quelque chose dont les autres ne s'étaient point avisés. C'est lui qui a levé le lièvre. Il ne fallait pas lever ce lièvre-là.
• Prov. et fig., C'est là que gît le lièvre, C'est là le secret, le noeud de l'affaire.
• Prov., Il a une mémoire de lièvre; c'est une mémoire de lièvre, qui se perd en courant, Il a peu de mémoire, une chose lui en fait aisément oublier une autre.
• Prov. et fig., Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois; qui court deux lièvres n'en prend aucun, Quand on poursuit deux affaires à la fois, on s'expose à ne réussir ni dans l'une ni dans l'autre.
• En Astronomie, Le Lièvre, est le nom d'Une constellation de l'hémisphère austral.

LIGAMENT .s.m.
• T. d'Anat. Partie blanche et fibreuse qui sert à attacher des os ou des viscères, et quelquefois à les soutenir. Un ligament large. Les ligaments du foie. Les ligaments de la matrice. Les ligaments des os de la cuisse.

LIGAMENTEUX
, EUSE. adj.
• T. d'Anat. Qui est de la nature des ligaments.
• LIGAMENTEUX, terme de Botanique, se dit Des plantes dont les racines ou les tiges sont grosses et tortillées en forme de cordage.

LIGATURE . s. f.
• .Chirurgie. Noeud de fil, ou autre lien, avec lequel on serre un vaisseau pour prévenir ou arrêter l'écoulement du sang; L'action, la manière de placer ce noeud. Appliquer une ligature. Ligature d'attente. La ligature d'une artère. Savez -vous faire cette ligature? Il a composé un traité des ligatures.
• Se dit aussi Du petit cordon de fil, de soie, etc., dont on serre la base de certaines tumeurs pour les faire tomber en mortification.
• Se dit encore de Cette bande, ordinairement de drap ou de toile, avec laquelle on serre la partie supérieure du bras, du pied, pour faire l'opération de la saignée. Serrer, lâcher la ligature. Mettre, ôter la ligature.
• LIGATURE, en termes d'Écriture et d'Imprimerie, se dit de Plusieurs lettres liées ensemble. Les ligatures grecques. La belle écriture arabe a beaucoup de ligatures.

LIGE . adj. des deux genres
• .Féodalité. Il se disait Du vassal tenant une certaine sorte de fief qui le liait d'une obligation plus étroite que les autres, envers son seigneur dominant. Vassal lige. Homme lige. Le vassal lige était obligé de servir son seigneur envers tous et contre tous, excepté contre son père.
• Fief lige, héritage lige, terre lige, Terre possédée sous la charge de l'hommage lige et des obligations qu'il imposait.

LIGNAGE .s.m. collectif.
• Race, famille. Un homme de haut lignage. Tous ceux de son lignagé. Ils sont de même lignage. Il est vieux.

LIGNAGER .s.m.
• .Jurispr. Celui qui est du même lignage. Les lignagers, dans la coutume de Paris, avaient les quatre quints des propres.
• Il est aussi adjectif, et n'est guère usité que dans cette locution, Retrait lignager, Action par laquelle un parent du côté et ligne d'où était venu à un vendeur l'héritage par lui vendu pouvait, dans un délai fixé et à la charge d'observer certaines formalités, retirer cet héritage des mains de l'acquéreur, en lui remboursant le prix qu'il en avait payé. Le retrait lignager a été aboli par notre code civil.

LIGNE . s. f.
• Trait simple, considéré comme n'ayant ni largeur ni profondeur. S'emploie surtout dans les Sciences mathématiques. Ligne droite. Ligne courbe. Ligne brisée. Le soleil envoie ses rayons en droite ligne. Mener, tirer une ligne parallèle à une autre. Deux lignes parallèles. Ligne perpendiculaire, verticale, horizontale, oblique, circulaire, elliptique. Deux lignes qui se coupent. Une ligne spirale. Tirer une ligne d'un point à un autre. Tracer des lignes. En termes de Fortification: Ligne fichante. Ligne rasante. Voyez FICHANT, RASANT.
• Ligne équinoxiale, ou simplement Ligne, Le cercle de la sphère qui est également distant des deux pôles du monde, et qu'on appelle autrement l'Équateur. Les peuples qui sont sous la ligne. Au delà de la ligne. Les latitudes commencent à se compter de la ligne.
• Passer, couper la ligne, Traverser l'équateur et passer d'un hémisphère à l'autre, d'une latitude nord à une latitude sud, et réciproquement.
• Ligne méridienne, Ligne droite tirée du nord au sud dans le plan du méridien. Voyez MÉRIDIEN, ENNE.
• Ligne de foi, Ligne tracée sur l'alidade mobile d'un instrument de mathématique.
• En termes de Marine, Lignes d'eau, Coupes horizontales de la partie submergée de la carène du vaisseau, parallèlement à la flottaison, qui est elle-même la plus haute des lignes d'eau sur le plan de ce vaisseau.
• Ligne de démarcation, Ligne tracée sur un terrain ou sur une carte, pour marquer la division de deux territoires, de deux propriétés. Se dit aussi figurément. Tracer une ligne de démarcation entre les pouvoirs, entre les attributions des magistrats. Il n'est pas toujours facile de tracer une ligne de démarcation entre l'erreur et la vérité.
• Ligne de marcation. On donna ce nom à La ligne tracée sur la mappemonde par Alexandre VI, qui, de son autorité pontificale, donnait aux Espagnols les terres qu'ils découvriraient à l'ouest de cette ligne, et aux Portugais celles qu'ils découvriraient à l'est. On appela ensuite Ligne de démarcation, Celle qui fut fixée d'accord entre ces peuples, et qui déclinait de la ligne de marcation d'Alexandre VI.
• Aller quelque part en droite ligne, Y aller sans faire de détours. Pressé d'arriver à sa garnison, il y est allé en droite ligne.
• Fig., C'est un homme qui a toujours marché sur la même ligne, qui s'est tracé une ligne dont il ne s'est jamais écarté, Il s'est fait des règles de conduite qu'il a constamment suivies.
• Fig., Suivre la ligne du devoir, de l'honneur, Tenir une conduite conforme au devoir, à l'honneur.
• Fig., Être, marcher sur la même ligne, Avoir le même rang. Ces deux écrivains, ces deux artistes sont sur la même ligne, Ils sont égaux en mérite, en réputation.
• Fig., Être en première ligne, mettre en première ligne, Être au premier rang, placer au premier rang. Il est en première ligne parmi les écrivains de notre temps. Dans l'ordre de nos devoirs, il faut mettre la bienfaisance en première ligne.
• Fig., Être hors de ligne, Être d'un ordre supérieur, d'un ordre à part. Se dit Des personnes et des choses. C'est un homme hors de ligne, on ne doit lui comparer personne. Cet ouvrage est d'un genre tout particulier; il est hors de ligne.
• LIGNE, se dit particulièrement Des traits ou plis du dedans de la main, dont le principal s'appelle vulgairement La ligne de vie. Les charlatans qui se mêlent de chiromancie, observent les lignes de la main.
• LIGNE, en termes de Manége, L'espace droit ou circulaire que parcourt le cheval, soit au cercle, soit au pilier, soit sur le carré du manége. Ligne de la volte. Lignes du carré.
• LIGNE, en termes d'Escrime, se dit absolument de La ligne qui est directement opposée à l'adversaire, et dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit et l'épée.
• LIGNE, en Peinture, en Sculpture, en Architecture, se dit de L'effet général produit par la réunion et la combinaison des diverses parties d'une composition. La ligne de composition d'un tableau. Ce groupe, ce monument, ce paysage offre de belles lignes, des lignes simples, grandes, etc.
• LIGNE, en termes d'Écriture et d'Imprimerie, Les caractères rangés sur une ligne droite dans une page. Il y a tant de mots à chaque ligne, et tant de lignes à chaque page. Il écrit assez bien, mais il ne fait pas ses lignes droites. Il faut que le compositeur redresse cette ligne. Ce livre n'est pas à deux colonnes, il est imprimé à longues lignes.
• Se dit aussi de Ce qui est écrit dans une ligne. Il n'y a pas dans cet ouvrage une ligne qui soit correcte. À chaque ligne de cet écrit, on trouve des termes impropres.
• Fam., Deux lignes, Une courte missive. Je vous écrirai deux lignes pour vous prévenir de mon arrivée. Je vous demande deux lignes de votre main, pour savoir à quoi m'en tenir sur cette affaire.
• Mettre un mot, un passage à la ligne, Commencer par ce mot, par ce passage, un nouvel alinéa. Mettez ce passage à la ligne.
• Écrire hors ligne, mettre hors ligne, tirer une somme hors ligne, L'écrire à la marge.
• Mettre en ligne de compte, tirer en ligne de compte, Employer, comprendre dans un compte; et, figurément, Faire mention d'une chose, la rappeler, en tirer avantage. Je ne mets pas en ligne de compte ce que j'ai fait pour vous.
• LIGNE, se dit aussi Du cordeau, de la ficelle, dont les maçons, les charpentiers, les jardiniers, et autres, se servent pour dresser leurs ouvrages. Tirer une muraille à la ligne, une muraille en ligne droite. Marquer le bois à la ligne. Planter des arbres à la ligne.
• Se dit encore Des fils de crin au bout desquels est attaché un hameçon, et dont les pêcheurs se servent pour prendre du poisson. Pêcher à la ligne. Amorcer, jeter, retirer sa ligne.
• Ligne dormante, Ligne qui demeure fixée dans l'eau, sans qu'on la tienne.
• LIGNE, en termes de Corderie, se dit d'Un petit cordage à trois torons, d'une ligne à une ligne et demie de diamètre, qui sert à un grand nombre d'usages dans la marine. Ligne goudronnée. Ligne d'amarrages. Ligne de sonde. Ligne de loch. Etc.
• LIGNE, en termes de Guerre, signifie, La direction générale de la position des troupes, soit pour combattre, soit pour s'exercer aux grandes manoeuvres. La ligne appuyait sa droite au village, et sa gauche au pied de la montagne.
• Se porter sur la ligne, Se diriger vers la position qu'on doit occuper dans la ligne.
• Entrer, rentrer en ligne, se mettre en ligne, être en ligne, Se placer, se replacer, ou être placé dans la direction générale de la ligne.
• Rompre la ligne, Se porter trop en avant, ou rester trop en arrière de la direction générale de la ligne. Dans le premier cas, on dit aussi, Forcer la ligne, et dans le second, Refuser la ligne.
• Ligne de direction, Ligne qu'un corps militaire en campagne, ou dans les grandes manoeuvres, doit suivre pour se porter, de sa position actuelle, à celle qu'on veut lui faire occuper.
• Ligne d'opération, Ligne qu'une armée ou plusieurs corps destinés à la même opération, doivent suivre constamment, et de laquelle ils doivent, par leurs manoeuvres, chercher à se rapprocher sans cesse, quand ils ont été forcés de s'en éloigner. Le Danube est la ligne d'opération de cette armée.
• LIGNE, signifie aussi, Rang d'une armée en ordre de bataille ou de campement, suite de bataillons ou d'escadrons placés les uns près des autres sur la même ligne, et faisant face du même côté. L'armée était rangée sur trois lignes, était campée sur trois lignes. L'armée marchait sur deux lignes. Il mit toutes ses troupes en bataille sur deux lignes. Tel corps formait l'aile droite de la première ligne. La première ligne des ennemis plia, fut entièrement défaite.
• Ligne pleine, Celle où la droite d'un corps s'appuie à la gauche du corps qui est à sa droite; par opposition à Ligne à intervalles, Celle dans laquelle on laisse vide un espace assez étendu entre la gauche d'un corps et la droite d'un autre.
• Marcher en ligne, par opposition à Marcher en échelons, se dit D'une armée qui, en marchant, conserve l'alignement général et partiel. L'armée marchait en ligne.
• Par peloton ou par section en ligne. Commandement par lequel on ordonne à une troupe qui est en marche par le flanc, de se partager et de se former en pelotons ou en sections.
• Troupe de ligne, Troupe destinée à combattre en ligne, par opposition à Troupe légère ou irrégulière. On dit de même: Infanterie de ligne. Régiment de ligne.
• Absol. et collectiv., La ligne, Les corps composant la troupe de ligne. Il a servi dans la ligne. Il est entré dans la ligne.
• LIGNE, se dit, dans la Tactique navale, de Toute réunion de bâtiments de guerre qui sont rangés, qui gouvernent sur un même rumb de vent. Ligne de combat. Ligne ou ordre d'échiquier. Ligne de marche. Ligne de convoi. Former, serrer, ouvrir, couper, doubler, rompre, enfoncer la ligne.
• Ligne du plus près, Ligne de bâtiments de guerre qui fait un angle de soixante-sept degrés trente minutes avec le lit du vent. On la nomme Ligne du plus près tribord, lorsque les bâtiments qui la forment reçoivent le vent par la droite, et Ligne du plus près bâbord, lorsqu'ils le reçoivent par la gauche.
• Vaisseau de ligne, Grand vaisseau de guerre, ayant au moins cinquante pièces de canon, et pouvant se mettre en ligne. On dit dans un sens analogue, Équipage de ligne.
• LIGNE, en termes de Fortification, signifie, Retranchement. Dans ce sens, on l'emploie d'ordinaire au pluriel. Travailler aux lignes. Attaquer, forcer, combler des lignes.
• Se dit plus particulièrement d'Une suite d'ouvrages de fortification, permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée ou un corps d'armée dans son camp, à fermer une trouée ou un débouché, à empêcher les approches d'une place. Les lignes de Weissembourg.
• Lignes continues, par opposition à Lignes à intervalles, Celles qui se suivent sans interruption, qui n'offrent aucun intervalle entre les ouvrages dont elles sont composées.
• Lignes d'approche, Tranchées qu'on ouvre pour approcher d'une place qu'on assiége.
• Lignes de contre-approche, Tranchées que les assiégés ouvrent pour enfiler les travaux des assiégeants.
• Lignes de circonvallation, Retranchements continus ou à intervalles, dont une armée couvre son camp, pour empêcher que l'ennemi ne jette du secours dans la place qu'elle assiége.
• Lignes de contrevallation, Retranchements qu'on élève du côté de la place qu'on assiége, quand la garnison en est forte, et que l'on craint les sorties.
• Lignes de communication, Tranchées qu'on ouvre d'une parallèle à l'autre, pour faciliter les communications.
• Lignes parallèles, ou simplement Parallèles, Lignes que font les assiégeants pour lier leurs tranchées, les protéger et garder leurs batteries.
• Ligne de défense, ou Ligne de frontière, Ligne que, dans le système défensif d'un État, occupent ou doivent occuper les places fortes, les camps retranchés et les lignes.
• Ligne de douanes, Bureaux de douane placés le long d'une frontière, d'une limite. On dit de même, à l'armée: Ligne de postes. Ligne de sentinelles avancées.
• Ligne télégraphique, Suite de télégraphes qui correspondent entre eux.
• LIGNE, signifie encore, La douzième partie d'un pouce. Cette règle a deux pieds six pouces quatre lignes de long. Ce cercle a quinze pouces huit lignes de diamètre.
• Ligne d'eau, La cent quarante-quatrième partie d'un pouce d'eau. Il a cinq pouces trois lignes d'eau dans son jardin.
• LIGNE, en termes de Généalogie, La suite des descendants d'une race, d'une famille. Ligne directe, droite, collatérale, masculine, féminine. Les héritiers en ligne collatérale.

LIGNÉE . s. f.
• Race descendance. Avoir une nombreuse lignée. Ce prince est mort sans laisser de lignée. Il vieillit.

LIGNETTE . s. f.
• Ficelle de médiocre grosseur, pour faire des filets.

LIGNEUL .s.m.
• Fil enduit de poix, dont se servent les cordonniers.

LIGNEUX
, EUSE. adj.
• .Bot. De la nature ou de la consistance du bois. Plantes ligneuses. Fibres ligneuses. La coque de la noix est ligneuse.
• Le corps ligneux, Le bois de l'arbre.

LIGUE . s. f.
• Union, confédération de plusieurs États, pour se défendre ou pour attaquer. Ligue défensive. Ligue offensive. Ligue offensive et défensive. Puissante ligue. La ligue de Cambray, d'Augsbourg, etc. Faire ligue ensemble. Faire une ligue. Former une ligue. Tel prince est entré dans la ligue, s'est détaché de la ligue. Rompre, négocier une ligue.
• Se dit, particulièrement et absolument, de L'union qui s'était formée en France, vers la fin du seizième siècle, sous prétexte de défendre la religion catholique contre les huguenots. Du temps de la Ligue. Les mémoires de la Ligue. La procession de la Ligue. Prédicateur de la Ligue.
• LIGUE, signifie aussi, Complot, cabale que plusieurs particuliers font ensemble pour réussir dans quelque projet; et alors il se dit presque toujours en mauvaise part. Dans cette ville, dans cette compagnie, il s'est fait une ligue. Ce grand écrivain eut bien de la peine à se défendre contre la ligue de ses ennemis.
• Ligues grises, Les trois petites républiques qui composaient le corps des Grisons.

LIGUER . v. a.
• Unir dans une même ligue. Il a ligué tous les princes chrétiens contre le Turc.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel, tant dans le sens réfléchi que dans le sens réciproque. Il se ligua avec les mécontents pour exciter une sédition. Ces deux peuples se liguèrent contre leur ennemi commun. Toute l'Italie se ligua pour la défense de sa liberté. Les journalistes se sont ligués contre cette pièce.
• LIGUÉ, ÉE. participe

LIGUEUR
, EUSE. s.
• Se dit seulement Des personnes qui étaient de la Ligue, du temps de Henri III et de Henri IV. C'était un ligueur furieux. Cette femme était une ligueuse ardente.

LILAS .s.m.
• Arbrisseau qui fleurit un des premiers au printemps, et qui porte de petites fleurs par bouquets très-odorants et très-nombreux. Lilas blanc. Lilas rouge ou violet. Lilas de Perse.
• LILAS, s'emploie adjectivement, pour désigner La couleur bleue mêlée de rouge, qui est le plus ordinairement celle du lilas. La couleur lilas est fort agréable. Une robe lilas. Un ruban lilas.

LILIACÉE . adj. f.
• .Bot. Se dit Des plantes analogues au lis. Plante liliacée.
• Il est aussi substantif. Une liliacée. La famille des liliacées.

LIMACE . s. f. ou LIMAS.s.m.
• Mollusque rampant, sans coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement rougeâtre. La bave de la limace. Les limaces se plaisent dans les lieux humides.
• LIMACE, est aussi un terme de Mécanique. Voyez Vis d'Archimède.

LIMAÇON .s.m.
• Mollusque rampant semblable à une limace, mais habitant une coquille dont l'ouverture est en forme de croissant. Les cornes du limaçon. Cet homme vit retiré chez lui comme un limaçon dans sa coquille.
• LIMAÇON, en termes d'Anatomie, La partie osseuse du labyrinthe de l'oreille, qui a la forme d'une coquille de limaçon.
• En Architect., Escalier en limaçon, Escalier qui tourne autour d'un noyau.

LIMAILLE . s. f.
• Les petites parties de métal que la lime fait tomber. Limaille d'acier, de fer, d'or, d'argent. La limaille de fer est un remède. Prendre de la limaille.

LIMANDE . s. f.
• Poisson de mer fort plat, et à peu près de la forme d'un carrelet, mais à peau rude. Limande fraîche. Limande frite.

LIMAS .s.m.
• Voyez LIMACE.

LIMBE .s.m.
• .Math. et d'Astron. Bord. Le limbe d'un instrument de mathématique. Le limbe supérieur, le limbe inférieur du soleil. Le limbe supérieur, le limbe inférieur de la lune.
• En Botanique, Le limbe d'une corolle, d'un calice, Le bord supérieur et plus ou moins évasé d'une corolle, d'un calice. Le limbe d'une feuille, La partie plane et plus ou moins large d'une feuille.

LIMBES .s.m. pl.
• Lieu où, selon quelques théologiens, étaient les âmes de ceux qui étaient morts dans la grâce de Dieu, avant la venue de Notre-Seigneur, et où vont celles des enfants morts sans baptême. JÉSUS-CHRIST, après sa mort, tira des limbes les patriarches, les prophètes.

LIME . s. f.
• Outil de fer ou d'acier, plus ou moins long et étroit, d'une forme plate, ronde ou triangulaire, dont la surface est couverte d'entailles qui se croisent, et qui sert à dégrossir, à couper, à polir des métaux et quelquefois du bois. Grosse, petite lime. Il faut passer la lime sur cette clef. Il faut polir ce bois avec la lime. Couper un barreau de fer avec une lime. Les dents de cette lime sont usées. Cette lime ne mord pas.
• Lime douce, Lime dont les entailles sont très-peu profondes, et qui polit le métal en le limant.
• Lime sourde, Lime qui ne fait pas de bruit quand on l'emploie. Couper des barreaux de fer avec une lime sourde. Se dit, figurément et familièrement, d'Une personne qui agit secrètement pour quelque mauvais dessein, ou qui, sous un air taciturne, cache de la malignité.
• LIME, s'emploie figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit. Ainsi on dit, Passer, repasser la lime sur un ouvrage de prose, de poésie, Travailler à le corriger, à le perfectionner; et dans des sens analogues: Il faut encore donner quelques coups de lime à cet écrit, pour en faire disparaître les négligences, les aspérités. Donner le dernier coup de lime à un ouvrage.

LIME . s. f.
• Sorte de petit citron qui a une eau fort douce, et que, par cette raison, l'on appelle Lime douce.

LIMER . v. a.
• Couper, dégrossir, amenuiser, polir avec la lime. Limer un canon de fusil, un ressort de pendule, une grille de fer. Cela est forgé et limé.
• Se dit, figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit; et alors il signifie, Corriger avec soin, polir, perfectionner. Il a été six mois à limer ce poëme, cette pièce d'éloquence. Il n'a pas encore assez limé ses vers.
• LIMÉ, ÉE. participe

LIMIER .s.m.
• Gros chien de chasse avec lequel le veneur quête et détourne la bête, pour la lancer quand on veut la courir. Mener un limier au bois. Dresser un chien pour en faire un limier.
• Fig. et fam., Limier de police, Espion. Les limiers de police, de la police sont à ses trousses.

LIMITATIF
, IVE. adj.
• Qui limite, qui renferme dans des bornes certaines.
• En Jurispr., Assignat limitatif, disposition limitative, Assignat, disposition dont l'objet est tellement déterminé, que le légataire n'a rien à demander, à prétendre sur le surplus des biens du testateur.

LIMITATION . s. f.
• Fixation, restriction, détermination. Il a obtenu un congé sans aucune limitation de temps.

LIMITE . s. f.
• Borne, ce qui sert à séparer un territoire, un terrain, d'un territoire, d'un terrain contigu ou voisin. Les Pyrénées sont la limite de la France du côté de l'Espagne, sont la limite qui sépare l'Espagne de la France. La rivière sert de limite à ma propriété.
• S'emploie plus ordinairement au pluriel. Les montagnes, les rivières sont les limites naturelles des pays. Les limites de la France et de l'Allemagne. Étendre, reculer, resserrer, rapprocher, régler des limites. Rester dans ses limites. Sortir de ses limites. Rentrer dans ses limites. Assigner, fixer les limites d'un État. Les commissaires qui travaillent au règlement des limites.
• S'emploie également au sens moral. Son ambition est sans limites, n'a pas de limites, ne connaît pas de limites. Il ne donne point de limites à ses désirs. La limite qui sépare l'erreur de la vérité n'est pas toujours facile à marquer, à fixer, à reconnaître. Il a franchi, il a excédé la limite, les limites de son pouvoir. Je ne passerai point les limites que je me suis prescrites.

LIMITER . v. a.
• Borner, donner des limites. La mer limite ce royaume au midi et au couchant. Ces deux princes ont limité leurs États par une convention amicale.
• Se dit, figurément, en parlant Du prix et de la quantité des choses, du nombre des personnes, de la durée du temps. Dans certaines villes, on limite le prix du pain. On a limité le nombre des avoués. On ne lui a point limité le temps de son voyage.
• S'emploie aussi au sens moral. Limiter les pouvoirs d'un procureur fondé. Il ne peut souffrir qu'on limite son pouvoir, ses droits, son autorité.
• LIMITÉ, ÉE. participe, Congé limité. Pour un temps limité. L'esprit de l'homme est fort limité.

LIMITROPHE . adj. des deux genres
• Qui est sur les limites. Pays, terres limitrophes. Cette province est limitrophe de l'Allemagne.

LIMON .s.m.
• Boue, terre détrempée, bourbe. Les anguilles et quelques autres poissons se tiennent dans le limon. Ce fleuve traîne beaucoup de limon.
• S'emploie figurément, au sens moral, et signifie, Extraction, origine, nature. Il se croit pétri d'un autre limon que les autres hommes. Nous sommes tous formés du même limon.

LIMON .s.m.
• L'une des deux branches de la limonière d'une voiture. Le limon droit, gauche d'une charrette. Les limons d'une charrette. Mettre un cheval dans les limons, en limons. Ce cheval ne veut pas tirer dans les limons.
• LIMON, en Architecture, Pièce de bois ou de pierre, taillée en biais, qui supporte les marches et la balustrade d'un escalier.

LIMON .s.m.
• Sorte de citron qui a beaucoup de jus. Gros limon. Des limons aigres, verts. Du jus, du sirop de limon.

LIMONADE . s. f.
• Boisson qui se fait avec du jus de limon ou de citron, de l'eau et du sucre. La limonade est rafraîchissante. Boire un verre de limonade. Entrer dans un café, pour prendre une carafe de limonade, une limonade. Limonade cuite.

LIMONADIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui fait et qui vend de la limonade, de l'orgeat, des liqueurs, du café, du chocolat, des glaces, etc.

LIMONEUX
, EUSE. adj.
• Bourbeux, plein de limon. Eau limoneuse. Terrain limoneux.

LIMONIER .s.m.
• Cheval qu'on met aux limons. Bon, fort limonier. Ce cheval est trop petit pour être limonier.

LIMONIER .s.m.
• Arbre qui porte les limons.

LIMONIÈRE . s. f.
• Espèce de brancard formé par les deux limons adaptés au devant d'une voiture.
• Se dit aussi d'Une voiture à quatre roues, ayant, au lieu d'un timon, un brancard formé par deux limons.

LIMOSINAGE .s.m.
• Ouvrage de maçonnerie fait avec des moellons et du mortier. Maçonnerie de limosinage.

LIMPIDE . adj. des deux genres
• Clair, net, transparent. Eau, source limpide. Cette eau-de-vie est bien limpide.

LIMPIDITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est limpide. Cette eau est d'une limpidité admirable.

LIMURE . s. f.
• Action de limer. La limure de cette grille sera longue.
• Il signifie aussi, L'état d'une chose limée. Cette tabatière est d'une limure parfaite. La limure de ces pistolets est très-fine.
• Se dit, quelquefois, dans le sens de Limaille.

LIN .s.m.
• Plante dont la graine est employée à beaucoup d'usages, et dont la tige fournit un fil qui sert à fabriquer des toiles fines et des dentelles. Semer, cueillir du lin. Fleur, graine de lin. Farine de graine de lin. Eau de graine de lin. Huile de lin. Fil de lin. Filer du lin. Toile de lin. De fin lin. Du lin moelleux.
• LIN, absolument, se prend quelquefois pour La toile faite de lin. Être vêtu de lin. De longs habits de lin.
• Gris de lin, Couleur qui ressemble à celle de la fleur de lin. Le gris de lin est une couleur fort douce. On l'emploie adjectivement. Couleur gris de lin. Ruban gris de lin.

LINAIRE . s. f.
• Plante ainsi nommée parce que ses feuilles ont de la ressemblance avec celles du lin. On la nomme aussi Lin sauvage.

LINCEUL .s.m.
• Drap de toile dont on se sert pour ensevelir un mort. Il n'y avait pas même un linceul pour l'ensevelir.

LINÉAIRE . adj. des deux genres
• T. didactique. Qui a rapport aux lignes, qui se fait par des lignes. Problème linéaire. Perspective linéaire. Étude du dessin linéaire.
• En Botanique, Feuille linéaire, Feuille très-étroite dans toute sa longueur. Les feuilles de la plupart des graminées sont linéaires.

LINÉAL
, ALE. adj.
• .Jurispr. Qui est dans l'ordre d'une ligne. Succession linéale. Substitution graduelle et linéale.

LINÉAMENT .s.m.
• Trait, ligne délicate, ou Première trace, premier rudiment d'un être, d'un objet. Les physionomistes prétendent juger du caractère par les linéaments du visage. On aperçoit dans l'oeuf les premiers linéaments du poulet.
•S'emploie quelquefois au sens moral. Il n'a encore tracé que les premiers linéaments de son ouvrage.

LINGE .s.m.
• Toile mise en oeuvre selon les différents usages auxquels on veut l'employer. Beau linge. Gros linge. Menu linge. Linge fin. Linge plain, uni, ouvré, damassé. Linge neuf. Vieux linge. Linge sale. Blanchir, empeser, savonner, repasser, faire sécher du linge. Mettre du linge à la lessive. Du linge blanc de lessive. Accoupler le linge. Changer de linge. Prendre, mettre du linge. Mettre des chemises, des serviettes au linge sale. Donner son linge à la blanchisseuse. Compter son linge. Cette blanchisseuse ne ménage pas le linge. Blanchisseuse de gros linge. Blanchisseuse de linge fin, de menu linge, ou simplement, Blanchisseuse de fin. Ouvrière en linge. Travailler en linge. Faire du linge. Coudre du linge. Marquer du linge. Linge de coton. Linge de corps, Chemises, mouchoirs, etc. Linge de table, Nappes, serviettes, etc. Linge de lit, Draps, taies d'oreillers, etc. Linge de cuisine, Tabliers, torchons, etc. On dit, particulièrement, en parlant Du linge de corps: Il a bien du linge. Il est bien en linge. Se mettre en linge. Être sans linge. Il a de beau linge. Être en linge blanc.
• Il signifie encore, Un morceau de linge. Essuyer avec un linge. Se frotter avec des linges chauds. Un linge à barbe.
• Prov., Il n'a pas plus de force qu'un linge mouillé, Il est d'une faiblesse extrême de corps ou de caractère. On dit figurément, dans le même sens, C'est un linge mouillé.

LINGER
, ÈRE. s.
•Celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, qui fait du linge, qui travaille en linge. Il est linger. Elle est lingère. Marchand linger. Marchande lingère. Boutique, magasin de linger, de lingère. Acheter du linge tout fait chez les lingères.

LINGERIE . s. f.
• Commerce de linge, métier de linger, de lingère. Elle sait bien la lingerie. Il entend bien la lingerie.
• Se dit aussi, dans les hôpitaux, dans les colléges, dans les grandes maisons, etc., Du lieu où l'on serre le linge. Aller à la lingerie.

LINGOT .s.m.
• Barre ou morceau de métal fondu, qui n'est ni monnayé ni ouvragé. Se dit principalement en parlant De l'or et de l'argent. Lingot d'or, d'argent. De l'or, de l'argent en lingot.
• LINGOT, en termes de Chasse, Petit morceau de fer ou de plomb, de forme cylindrique, dont on charge quelquefois le fusil, au lieu de balles. Tirer un sanglier avec des lingots.

LINGOTIÈRE . s. f.
• Morceau de fer creux et long, destiné à recevoir le métal en fusion qui doit former le lingot.

LINGUAL
, ALE. adj.
• (On prononce Lingoual.) Qui appartient, qui a rapport à la langue. En Anatomie: Muscle, nerf lingual. Artère linguale.
• LINGUAL, en Grammaire, se dit Des articulations, des consonnes formées par les différents mouvements et les différentes positions de la langue. D, T, L, N, R sont des consonnes linguales. Dans ce sens, il s'emploie quelquefois substantivement, au féminin. Une linguale.

LINGUISTE .s.m.
• (Dans ce mot et dans le suivant, on prononce UI diphthongue.) Celui qui écrit sur les principes et les rapports des langues, ou qui en fait une étude spéciale. Un savant, un habile linguiste.

LINGUISTIQUE . s. f.
• Étude des principes et des rapports des langues, science de la grammaire générale appliquée aux diverses langues. Depuis quelques années, la linguistique a fait de grands progrès.

LINIÈRE . s. f.
• T. d'Agriculture. Terre semée en lin.

LINIMENT .s.m.
• .Médec. Médicament fait d'huile et d'autres substances, qui s'emploie en friction, et qui est propre à adoucir, amollir et résoudre. Résoudre une tumeur par des liniments.

LINON .s.m.
• Sorte de toile de lin, très-claire et très-déliée. De la toile de linon, ou plus ordinairement, Du linon. Linon uni, rayé. Une robe de linon.

LINOT
, NOTTE. s.
•Petit oiseau de plumage gris, à bec conique, dont le chant est très-agréable. Le nom de la femelle s'emploie communément, même en parlant Du mâle. Le chant d'une linotte. Siffler une linotte. Linotte de vigne.
• Fig. et fam., Il a une tête de linotte, c'est une tête de linotte, Il a bien peu de jugement, son esprit est fort léger.
• Prov., fig. et pop., Siffler la linotte, Boire plus que de raison. Il signifie aussi, Être en prison.

LINTEAU .s.m.
• Pièce de bois, de pierre, ou même de fer, qui se met en travers au-dessus de l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre, pour en former la partie supérieure et soutenir la maçonnerie. Il faut mettre là un linteau. Ce bois est bon à faire des linteaux.
• Se dit, en Serrurerie, d'Un bout de fer placé au haut d'une porte ou d'une grille, pour recevoir les tourillons.

LION
, ONNE. s.
• Quadrupède carnivore, d'un poil tirant sur le roux, très-fort, très-courageux, qui habite principalement l'Afrique: le mâle a le cou entouré d'une crinière. On appelle le lion le roi des animaux. La gueule, les ongles d'un lion. Le rugissement d'un lion. Un lion rugissant. Une lionne qui défend ses petits.
• Fig., C'est un lion, un vrai lion, il est hardi comme un lion, Il est très-brave. Se défendre comme un lion, Se défendre avec un très-grand courage.
• Fig., C'est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne, se dit D'une femme en fureur.
• Prov. et fig., Coudre la peau du renard à celle du lion, Joindre la ruse à la force.
• Fig. et fam., C'est l'âne couvert de la peau du lion, se dit D'un faux brave qui prend un ton menaçant.
• Prov. et fig., À l'ongle on connaît le lion, Il suffit d'un seul trait, d'un mot, pour juger du caractère ou du génie d'un homme.
• Prov. et fig., Partage du lion, Partage où le plus fort s'empare de tout.
• Lion marin, Quadrupède du genre des phoques, qui porte une crinière.
• En Astronomie, Le Lion, Le cinquième signe du zodiaque, qui est ordinairement indiqué, dans les cartes astronomiques, par la figure d'un lion. Le soleil entre dans le Lion vers la fin de juillet. Le signe du Lion.

LIONCEAU .s.m. Diminutif.
• Le petit d'un lion.

LIPOGRAMMATIQUE . adj. des deux genres
• Se dit Des ouvrages d'où l'on affecte d'exclure une ou plusieurs lettres de l'alphabet. Les ouvrages lipogrammatiques sont des productions de mauvais goût, sont de vraies puérilités.

LIPOTHYMIE . s. f.
• .Médec. Privation momentanée du sentiment et du mouvement.

LIPPE . s. f.
• La lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou trop avancée. Avoir une grosse lippe. Une vilaine lippe. Il est familier.
• Faire sa lippe, faire une grosse lippe, une vilaine lippe, Faire la moue, bouder.

LIPPÉE . s. f.
• Bouchée. Deux ou trois bonnes lippées. Il est familier et vieux.
• Il signifie quelquefois, Repas; et, dans ce sens, il s'emploie toujours avec l'épithète de franche, comme dans ces phrases: Il a eu là une franche lippée, Il a fait un bon repas qui ne lui a rien coûté. C'est un chercheur de franches lippées, C'est un parasite de profession.

LIPPITUDE . s. f.
• .Médec. Écoulement trop abondant de la chassie.

LIPPU
, UE. adj.
• Qui a une grosse lèvre. Les nègres sont lippus. Il est familier.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif. C'est un gros lippu.

LIQUATION . s. f.
• (On prononce Licouation.) Opération de métallurgie, qui consiste à séparer, par une douce chaleur, un métal très-fusible d'un autre beaucoup moins fusible, avec lequel il est allié: c'est ainsi qu'on retire la petite portion d'argent contenue dans le cuivre de quelque minerai, après avoir uni celui-ci au plomb. La liquation s'appelle aussi ressuage.
• Pièces de liquation, Gâteaux de cuivre allié au plomb.

LIQUÉFACTION . s. f.
• (On fait sentir l'U dans la prononciation.) Changement d'état d'une substance qui, par l'effet de la chaleur, passe de l'état solide à l'état liquide. La liquéfaction de la cire.

LIQUÉFIER . v. a.
• (On prononce Likéfier.) Fondre, rendre liquide. Le feu liquéfie le plomb, l'argent, etc.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. La cire se liquéfie par la chaleur.
• LIQUÉFIÉ, ÉE. participe

LIQUEUR . s. f.
• Substance fluide et liquide. L'eau est la plus abondante des liqueurs. La plupart des corps solides descendent dans les liqueurs en raison de leur poids.
• Se dit particulièrement de Certaines boissons qu'on obtient par la distillation, et d'autres boissons dont la base est l'eau-de-vie ou l'esprit-de-vin. Liqueur spiritueuse. Liqueur forte. Liqueur douce. Il ne boit jamais de liqueur. L'abus des liqueurs est contraire à la santé. Marchand de liqueurs.
• En Poésie, La liqueur bachique, Le vin.
• Vins de liqueur, Certains vins qu'on boit en petite quantité, à l'entremets et au dessert.
• Ce vin a de la liqueur, trop de liqueur, se dit D'un vin ordinaire qui a trop de douceur.
• Liqueurs fraîches, Boissons rafraîchissantes, telles que la limonade, l'eau de groseille, de grenade, etc.

LIQUIDATEUR . adj.
• Chargé de travailler, de présider à une liquidation de comptes, ou de créances. Commissaire liquidateur.
• S'emploie quelquefois substantivement. Le liquidateur de cette affaire, de ce compte.

LIQUIDATION . s. f.
• .Jurispr., de Finance et de Commerce. Action par laquelle on règle, on fixe ce qui était indéterminé, en toute espèce de comptes. Liquidation de dépens, d'intérêts, de comptes. Liquidation de fruits. Liquidation et partage d'une succession. Il travaille à la liquidation de ses dettes, de son bien, de ses comptes.
• Liquidation d'une société de commerce, se dit Des opérations relatives au payement des dettes et au partage entre les associés de l'actif restant, lorsque la société cesse.

LIQUIDE . adj. des deux genres
• Qui coule ou qui tend à couler. Les corps liquides. Ce breuvage est trop épais, il n'est pas assez liquide.
• Métal liquide, Métal en état de fusion.
• En Poésie, Le liquide empire, la plaine liquide, La mer; et, Le liquide élément, L'eau.
• Confitures liquides, Marmelades, gelées, confitures qui sont dans du sirop.
• En Grammaire, Consonnes liquides, ou simplement et substantivement Liquides, Les quatre lettres L, M, N, R, qui, étant employées à la suite d'une autre consonne dans une même syllabe, sont coulantes, et se prononcent aisément.
• LIQUIDE, se dit figurément, en parlant De bien et d'argent, et signifie, Net et clair, qui n'est point sujet à contestation, qui n'est point chargé de dettes. Il lui reste dix mille écus de bien clair et liquide. Il a vingt mille francs d'argent sec et liquide. Nous avons compté ensemble, il me doit tant de liquide. On ne peut saisir que pour une dette liquide et certaine. En matière de dettes, la compensation ne doit se faire que de liquide à liquide, c'est-à-dire, D'une somme liquide à une autre qui le soit aussi.
• LIQUIDE, s'emploie aussi substantivement dans le premier sens ci-dessus indiqué. Les liquides ont plus d'action sur les autres corps que les solides.
• Se dit, particulièrement, Des boissons spiritueuses, acides ou fermentées. Droits sur les liquides. Il est chargé de fournir les liquides nécessaires au service de l'armée.
• Se dit également, surtout en Médecine, de Quelques autres boissons, ou aliments liquides, tels que le lait, le bouillon, les consommés, etc. Couper du lait avec un autre liquide. Cet homme a la fièvre, il ne doit vivre que de liquides.

LIQUIDER . v. a.
• .Jurispr., de Finance et de Commerce. Régler, fixer ce qui était indéterminé. On a liquidé les dépens. Liquider les intérêts à tant. Liquider ses dettes. Liquider la restitution des fruits. Liquider une succession.
• Liquider son bien, Payer ses dettes en vendant une partie de son bien, de manière que le restant soit libre de créances.
• LIQUIDER, avec le pronom personnel, signifie, S'acquitter, éteindre ses dettes. Je ne lui dois plus rien, je me suis liquidé avec lui.
• LIQUIDÉ, ÉE. participe

LIQUIDITÉ . s. f.
• Qualité des substances liquides.

LIQUOREUX
, EUSE. adj.
• Qui est comme de la liqueur. Il ne se dit guère que De certains vins qui ont une douceur particulière, comme les vins muscats et quelques autres. Des vins liquoreux. Boisson trop liquoreuse.

LIQUORISTE . s. des deux genres
• Celui, celle qui fait et vend des liqueurs. Un fonds de liquoriste. Marchande liquoriste.

LIRE . v. a.
• (Je lis, tu lis, il lit; nous lisons, etc. Je lisais. Je lus, vous lûtes, ils lurent. Je lirai. Lis. Que je lise. Que je lusse. Lisant.) Parcourir des yeux ce qui est écrit ou imprimé, et le parcourir avec la connaissance de la valeur des lettres, soit qu'on profère les mots, soit qu'on ne les profère pas. Apprendre à lire. Lire tout bas, tout haut, à haute voix. Lire couramment. Il ne sait ni lire ni écrire. Il lit bien le grec, l'hébreu. Il s'est gâté la vue à lire de vieux manuscrits. Lire avec des lunettes. Lire à rebours. Une écriture malaisée à lire. Lire toute sorte d'écritures.
• Il signifie aussi, Prononcer à haute voix ce qui est écrit ou imprimé. Il lit bien, il lit mal. Il lit distinctement. Il ne sait pas lire. Il nous a lu un long discours. Je vais vous lire mes vers. Ce prince avait l'usage de se faire lire quelque bon livre pendant ses repas.
• Se dit encore en parlant Des lectures qu'on fait pour son instruction ou pour son amusement. Lire avec application. Lire l'Écriture sainte, l'histoire grecque, l'histoire romaine, l'histoire de France. Il ne suffit pas de lire, il faut retenir ce qu'on a lu. C'est un homme qui a beaucoup lu. On dit de même, Lire une lettre, un billet, un avis, etc.
• Fig., C'est un ouvrage qu'on ne peut lire, se dit D'un ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou licencieux.
• Fig. et fam., Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, On le lit sans fatigue, sans ennui.
• Lire la musique, Parcourir des yeux une musique notée, avec la connaissance des sons que les notes figurent, et des diverses modifications que ces sons doivent recevoir. Il lit facilement la musique. Il ne sait pas lire la musique.
• LIRE, se dit encore en parlant De quelque livre qu'un professeur explique à ses auditeurs, et qu'il prend pour sujet des leçons qu'il leur donne. Ce professeur nous lisait Homère. Un régent qui lit Virgile à ses écoliers. On dit, en ce sens, à un écolier: Quel auteur vous lit-on dans votre classe? Quel auteur lisez-vous dans votre classe?
• Il signifie quelquefois, Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. Il ne parle pas l'anglais, mais il le lit avec assez de facilité.
• LIRE, signifie figurément, Pénétrer quelque chose d'obscur ou de caché. Lire dans la pensée, dans le coeur, dans les yeux de quelqu'un. Je lis dans vos yeux, dans vos regards, sur votre visage, que vous êtes mécontent. Lire dans les astres, dans l'avenir.
• LU, UE. participe

LIRON .s.m.
• Voyez LÉROT.

LIS .s.m.
• (On prononce l'S.) Plante bulbeuse qui porte, sur une haute tige, des fleurs à six pétales. Oignon de lis. Tige de lis. Planter des lis. Lis blanc. Lis jaune. Lis bleu, Lis orangé. Le martagon est une espèce de lis.
• Il se prend le plus souvent pour La fleur du lis blanc. La blancheur des lis. Blanc comme un lis. Le lis est le symbole de la virginité, de la candeur, de l'innocence, de la pureté.
• Fig., Teint de lis, teint de lis et de rose, Teint extrêmement blanc, teint blanc et vermeil. On dit de même poétiquement, Les lis de son teint, de son visage.
• En Armoiries, Fleur de lis, Figure imitant à peu près trois fleurs de lis unies ensemble, celle du milieu droite, et les deux autres ayant leurs sommités courbées en dehors. Fleur de lis d'or, d'argent, de gueules, etc. Autrefois l'écu de France avait trois fleurs de lis d'or en champ d'azur. Cette famille porte une fleur de lis dans ses armoiries. Semé de fleurs de lis. Dans tous ces exemples, l's du mot lis ne se prononce point.
• Poétiq., Les Lis, se disait autrefois de La France. L'empire des Lis. Le trône des Lis. On prononce l's.
• Siéger, être assis sur les fleurs de lis, s'est dit De ceux qui exerçaient quelque charge de magistrature, et surtout des membres d'une cour supérieure; par allusion aux tapis semés de fleurs de lis dont leurs siéges étaient couverts.
• Fleur de lis, signifie aussi, La marque représentant une fleur de lis, qu'on imprimait anciennement, avec un fer chaud, sur l'épaule des malfaiteurs condamnés à une peine afflictive et infamante. Il avait la fleur de lis sur l'épaule. Voyez FLEURDELISER.

LISÉRÉ .s.m.
• Ruban fort étroit dont on borde un habit, un gilet, etc. Liséré d'or, d'argent, de soie.
• Se dit aussi d'Une raie plus ou moins étroite qui borde un ruban, un mouchoir, etc., et qui est d'une couleur différente de celle du fond. Un ruban blanc avec un liséré rose. Ce mouchoir a un liséré violet.

LISERON
ou LISET.s.m.
• Plante à fleurs en entonnoir, dont on connaît plusieurs espèces, qui la plupart sont grimpantes, et s'entortillent autour des plantes voisines.

LISEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui a l'habitude de lire beaucoup. C'est un grand liseur, une grande liseuse. C'est une grande liseuse de romans. Il est familier.

LISIBLE . adj. des deux genres
• Qui est aisé à lire. Son écriture n'est pas belle, mais elle est lisible. Ces caractères ne sont pas lisibles, ils sont à demi effacés.
• Fig., Cela n'est pas lisible, se dit D'un ouvrage très-mal écrit, très-ennuyeux.

LISIBLEMENT . adv.
• D'une manière lisible. Il n'écrit pas bien, mais il écrit lisiblement.

LISIÈRE . s. f.
• Ce qui termine des deux côtés la largeur d'une étoffe; la partie où la trame s'est bouclée par le retour de la navette sur elle-même. Dans quelques étoffes, la lisière est d'un autre tissu et d'une autre couleur que le fond. Lisière rouge, bleue, rayée, etc. Lisière d'or, d'argent. Belles, fortes lisières. Les lisières, ayant plus de fils en chaîne que le fond, sont aussi d'un tissu plus serré. Ce drap a cinq quarts de large entre les deux lisières. Lever les lisières d'un drap. Mettre des lisières de drap à une porte, pour empêcher le vent de pénétrer.
• Se dit, par extension, Des bandes d'étoffe, des cordons, attachés par derrière aux robes des petits enfants, et servant à les soutenir quand ils marchent. Tenir un enfant par la lisière. Mener un enfant à la lisière. Cet enfant commence à marcher sans lisières, n'a plus besoin de lisières.
• Prov. et fig., Il sera toujours à la lisière; c'est un homme qu'on mène à la lisière, par la lisière, se dit D'un homme qui se laisse gouverner.
• LISIÈRE, signifie aussi figurément, Les extrémités d'une province, d'un pays considéré comme limitrophe d'un autre. La lisière de Champagne, de Picardie. Les villages qui sont sur la lisière de cette province. Il est des lisières de Normandie. Sur les lisières. On dit aussi, La lisière, les lisières d'un bois, d'une forêt.

LISSE . adj. des deux genres
• Uni et poli. Surface lisse. Une étoffe lisse. Du papier lisse. Tronc lisse. Écorce lisse. Menton lisse. Tous les corps lisses sont froids au toucher. Cela est lisse comme du verre.
• Colonne lisse, Colonne dont le fût est uni, sans cannelures et sans ornements.

LISSE . s. f.
• .Manufact. Se dit Des fils verticaux à mailles d'un métier à tisser, dans chacun desquels sont passés un ou plusieurs des fils horizontaux de la chaîne. Fil à lisses. Lisses de soie, de fil, de coton, etc. Lisses à perles.
• Tapisserie à haute ou de haute lisse, ou simplement, Haute lisse, Sorte de tapisserie dont la chaîne est tendue verticalement sur le métier. Tapisserie à basse ou de basse lisse, ou simplement, Basse lisse, Celle dont la chaîne est tendue horizontalement sur le métier. Il se fait aux Gobelins des tapisseries de haute et de basse lisse.

LISSE . s. f.
• .Marine. Voy. PRÉCEINTE.

LISSER . v. a.
• Rendre lisse. Lisser du linge, de la dentelle, du papier, des bas.
• LISSÉ, ÉE. participe, Papier lissé.

LISSOIR .s.m.
• Instrument de verre, de marbre, d'ivoire, ou d'autre matière dure, avec lequel on lisse le linge, le papier, etc. Lissoir de verre, de marbre. Passer le lissoir sur le linge.

LISTE . s. f.
• Catalogue de plusieurs noms. Se dit ordinairement Des personnes. Liste des conseillers d'État, des membres d'un tribunal, des membres de l'Académie. Il a demandé la liste de ses juges. On a formé la liste des jurés. Celui-là n'est pas sur ma liste. Dresser la liste des morts et des blessés, après une bataille. Voilà des noms qui ne servent qu'à enfler, qu'à allonger la liste. Je me suis écrit sur la liste chez le portier.
• Se dit aussi Des choses. La liste des promotions. Ce livre-là n'était pas dans ma liste, sur ma liste. La liste de la loterie, des numéros sortants, gagnants.
• Liste civile, Somme votée par le corps législatif pour les dépenses de la couronne, dans les monarchies constitutionnelles. Cette dépense est à la charge de la liste civile. Être payé sur les fonds de la liste civile, sur la liste civile.

LISTEL .s.m.
• T. d'Archit. Petite moulure carrée et unie qui surmonte ou qui accompagne une autre moulure plus grande, ou qui sépare les cannelures d'une colonne, d'un pilastre. Il fait au pluriel Listeaux.

LISTON .s.m.
• .Blason. Petite bande qui porte la devise.

LIT .s.m.
• Meuble sur lequel on se couche pour dormir ou pour se reposer. On comprend, ordinairement, sous ce nom tout ce qui compose ce meuble, savoir: le bois de lit, le tour de lit, le ciel de lit, la paillasse ou le sommier, les matelas, le lit de plume, le chevet ou le traversin, les draps, la couverture, la courte-pointe, etc. Grand, petit lit. Lit de six pieds. Un lit bien garni. Dresser, tendre un lit. Le devant, les pieds, le chevet, le dos, la ruelle du lit. Des draps de lit. Se mettre, être, se tenir au lit. Se lever, sortir du lit. Sauter du lit. Descendre à bas du lit. Se jeter sur son lit, hors de son lit, à bas de son lit. Je l'ai pris au sortir du lit, au saut du lit. Je l'ai trouvé encore au lit. Il est si pauvre, qu'il n'a pas un lit où se coucher. Il est mort dans son lit. Fonder un lit dans un hôpital.
• Ils font lit à part, se dit D'un mari et d'une femme qui ne couchent point ensemble; et, Ils ne font qu'un lit, D'un mari et d'une femme qui couchent ensemble.
• Fam., Aller du lit à la table et de la table au lit, Ne faire que manger et dormir.
• Garder le lit, ne pas quitter le lit, Demeurer au lit à cause de quelque incommodité.
• Fig., Être au lit de la mort, au lit de mort, sur son lit de mort, Être à l'extrémité. Il ne faut pas attendre, pour faire pénitence, qu'on soit au lit de la mort. Je l'ai vu sur son lit de mort. On dit aussi, À son lit de mort, Avant de mourir, en mourant. À son lit de mort, il a fait restitution de ce qu'il s'était injustement approprié.
• Fig., Lit de misère, Lit où l'on place une femme pour l'accoucher.
• Fig., Lit de douleur, Lit dans lequel est couchée une personne souffrante, gravement malade. J'ai passé un grand mois sur le lit de douleur.
• Lit nuptial, Le lit où les nouveaux mariés couchent la première nuit de leurs noces. Le curé vint bénir le lit nuptial.
• Lit de parade, Lit tendu dans une chambre, plutôt pour l'ornement que pour l'usage.
• Lit de parade, se dit aussi d'Un lit où l'on expose, durant quelques jours, les princes ou grands seigneurs après leur mort, avant de les inhumer.
• Lit de repos, Petit lit bas, sans rideau et sans pavillon, où l'on se repose pendant le jour.
• Lit de sangle, Lit fait de sangles, et plus souvent d'un morceau de coutil attaché à deux longues pièces de bois, soutenues par des pieds ou jambages qui se croisent.
• Lit de camp, Petit lit dont le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement.
• Lit de camp, se dit aussi d'Une espèce de couchette formée de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.
• Lit de veille, Lit qu'on dresse dans la chambre d'un malade pour le veiller.
• LIT, se prend quelquefois pour Le bois et le fond du lit: Un lit de bois de noyer, d'acajou, de merisier, de chêne. Monter, démonter un lit; et quelquefois pour Le tour du lit: Un lit d'été, d'hiver. Un lit de damas, de percale, d'indienne. On dit, dans un sens analogue à la première acception, Un lit de fer.
• Il se prend aussi pour Les matelas et le lit de plume sur lesquels on se couche. Un bon lit. Un lit bien mollet. Un méchant lit. Un lit bien dur.
• Faire le lit, faire un lit, Le mettre en tel état que l'on puisse y coucher. Faites mon lit. On dit aussi: Accommoder un lit. Défaire, découvrir, bassiner un lit. Etc.
• Prov. et fig., Comme on fait son lit on se couche, Il faut s'attendre au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue, par les mesures qu'on a prises.
• Lit de plume, Toile ou coutil rempli de plume, et de la grandeur du lit.
• LIT, se dit, par extension, de Tout lieu où l'on peut se coucher. Un lit de gazon, de fougère, de verdure. Il couche sur la terre, c'est là son lit.
• Lit de justice, Trône sur lequel le roi s'asseyait dans le parlement de Paris, lorsqu'il y tenait une séance solennelle. Le roi étant dans son lit de justice, séant en son lit de justice. Se dit aussi de La séance même. Le roi tint ce jour-là son lit de justice.
• Mourir au lit d'honneur, Mourir à la guerre, dans un combat, à l'attaque ou à la défense d'une place. On le dit aussi, figurément, D'un homme qui meurt dans l'exercice d'une profession honorable. Il est mort au lit d'honneur.
• LIT, se prend quelquefois, figurément, dans la signification de Mariage. Les enfants du premier lit, du second lit. Il a des enfants de deux lits.
• LIT, se dit encore, par analogie, Du canal dans lequel coule une rivière. Le lit de la rivière. La Durance change souvent de lit. Le lit de ce fleuve est peu profond. La Loire, qui était sortie de son lit, y est rentrée. On dit aussi, Le lit de la mer, de l'Océan.
• En termes de Marine, Le lit du vent, d'un courant, La direction du vent, d'un courant.
• Le lit d'un banc de pierre dans la carrière, d'une assise dans une construction de pierre, Le dessus et le dessous d'un banc de pierre, d'une assise.
• LIT, signifie aussi, figurément, Couche d'une chose quelconque qui est étendue sur une autre. Dans ce terrain vous trouverez un lit de terre, puis un lit d'argile, puis un lit de sable. Un lit de pierre. Un lit de moellon. Un lit de mortier. Un lit de fumier, de terreau. Pour faire ce sirop, il faut mettre dans un vase un lit de tranches de pommes, puis un lit de sucre, etc. Lit sur lit.

LITANIES . s. f. pl.
• Prière faite en l'honneur de Dieu, de la Vierge et des saints, en les invoquant les uns après les autres. Dire, réciter, chanter les litanies. Les litanies de la Vierge, des saints. Ce saint n'est pas dans les litanies.
• LITANIE, au singulier, se dit figurément d'Une longue et ennuyeuse énumération. Il nous a fait une longue litanie de ses prouesses, de ses plaintes, de ses chagrins. C'est une litanie à n'en plus finir.

LITEAU .s.m.
• Se dit Des raies colorées qui traversent, d'une lisière à l'autre, certaines nappes et serviettes de linge uni, et qui sont à quelque distance des extrémités. On ne l'emploie guère qu'au pluriel. Des serviettes à liteaux.

LITEAU .s.m.
• .Chasse. Lieu où le loup se repose pendant le jour.

LITÉE . s. f.
• .Chasse. Réunion de plusieurs animaux dans le même gîte, dans le même repaire.

LITHARGE . s. f.
• Oxyde de plomb fondu et cristallisé en lames. Le vin dans lequel on a mis de la litharge est très-nuisible.

LITHARGÉ
, ÉE ou LITHARGIRÉ, ÉE. adj.
• Altéré avec de la litharge. La vente du vin lithargé est défendue et punie.

LITHIASIE . s. f.
• .Médec. Formation de la pierre dans le corps humain.
• Se dit aussi d'Une maladie des paupières, laquelle consiste en de petites tumeurs dures et comme pétrifiées, qui se forment sur leurs bords.

LITHOCOLLE . s. f.
• Ciment dont les lapidaires se servent pour attacher et assujettir les pierres précieuses qu'ils veulent tailler sur la meule.

LITHOGRAPHE .s.m.
• Celui qui imprime par les procédés de la lithographie. On dit aussi, Imprimeur lithographe.

LITHOGRAPHIE . s. f.
• Procédé par lequel on obtient sur du papier, au moyen de la presse, l'empreinte de ce qui a été dessiné ou écrit, sur une pierre d'une espèce particulière, avec un crayon ou avec une encre d'une certaine composition. La lithographie est une invention nouvelle.
• Se dit aussi Des épreuves, des feuilles imprimées par ce procédé. Cette lithographie est nette, pâle, effacée. Collection de lithographies.
• Se dit par extension, dans un sens analogue à celui d'Imprimerie, de L'atelier d'un lithographe. Établir une lithographie.

LITHOGRAPHIER . v. a.
• Imprimer par les procédés de la lithographie. On a lithographié les figures de ce livre.
• LITHOGRAPHIÉ, ÉE. participe, Portraits lithographiés.

LITHOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
• Qui a rapport à la lithographie, qui s'emploie dans la lithographie. Imprimerie lithographique. Pierre lithographique. Encre lithographique.

LITHOLOGIE . s. f.
• Partie de l'histoire naturelle, qui a les pierres pour objet.

LITHOLOGUE .s.m.
• Celui qui s'occupe de lithologie, qui écrit sur cette science.

LITHONTRIPTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Des médicaments qu'on a crus propres à dissoudre la pierre dans la vessie.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif, au masculin. On n'a point encore trouvé de véritables lithontriptiques.

LITHOPHAGE . adj. des deux genres
• T. d'Hist. nat. Qui mange la pierre. Se dit De certains coquillages qui s'introduisent dans les rochers et s'y creusent des demeures. On l'emploie quelquefois substantivement.

LITHOPHYTE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Production marine qui tient de la pierre par sa dureté, et de la plante par sa forme. Diverses espèces de polypiers sont des lithophytes. Les lithophytes ont occasionné de grands débats parmi les naturalistes.

LITHOTOME .s.m.
• Instrument de chirurgie avec lequel on fait une ouverture à la vessie, pour en tirer la pierre.

LITHOTOMIE . s. f.
• .Chirurg. Taille ou opération par laquelle on tire une pierre de la vessie.

LITHOTOMISTE .s.m.
• Chirurgien qui s'applique particulièrement à l'opération de la taille.

LITHOTRITEUR .s.m.
• .Chirurg. Instrument avec lequel on broie la pierre dans la vessie.

LITHOTRITIE . s. f.
• .Chirurg. Opération par laquelle on broie la pierre dans la vessie, en y introduisant un lithotriteur par le canal de l'urètre. La lithotritie est d'invention récente.

LITIÈRE . s. f.
• Paille ou autre espèce de fourrage, qu'on répand dans les écuries, dans les étables, sous des chevaux, des boeufs, des moutons, etc., afin qu'ils se couchent dessus. Litière fraîche. Vieille litière. Faire la litière aux chevaux, aux vaches, etc. Faites bonne litière à ces chevaux.
• Ce cheval est sur la litière, Il est malade ou estropié à ne pouvoir sortir de l'écurie.
• Prov. et fig., Être sur la litière, se dit D'un homme qui est malade au lit, et de celui que l'âge ou de grandes fatigues ont mis hors d'état d'agir. Il n'a plus la force de travailler, le voilà maintenant sur la litière. Tous ses gens sont sur la litière.
• Prov. et fig., Faire litière d'une chose, La prodiguer, la répandre avec profusion. Il ne tient point compte de l'argent, il en fait litière. Ces fruits n'ont aucune valeur, nous en faisons litière.

LITIÈRE . s. f.
• Sorte de voiture ou de chaise, ordinairement couverte, portée sur deux brancards par deux chevaux ou deux mulets, l'un devant, l'autre derrière. Une grande litière. Une litière découverte. Il se fait porter en litière. Il va en litière. Ce carrosse est doux comme une litière.

LITIGANT
, ANTE. adj.
• .Jurispr. Plaidant, ou qui plaide. Il y a plusieurs parties litigantes dans cette affaire. Il est vieux.

LITIGE .s.m.
• .Jurispr. Contestation en justice. Cette terre est en litige. Un ancien litige.
• LITIGE, dans le langage ordinaire, se dit de Toute sorte de contestations. Cette prétention est en litige. Cet événement peut occasionner un litige.

LITIGIEUX
, EUSE. adj.
• Qui est ou qui peut être en litige. Droit litigieux. Affaire litigieuse. Point, cas litigieux.
• Il signifie aussi, Qui se plaît dans les contestations, dans les litiges. Esprit litigieux. Humeur litigieuse.

LITISPENDANCE . s. f.
• .Jurispr. Le temps durant lequel un procès est pendant en justice. Vous ne devez pas rester en possession durant la litispendance. Il a vieilli.

LITORNE . s. f.
• Espèce de grive à tête cendrée. La litorne est moins bonne à manger que la grive ordinaire.

LITOTE . s. f.
• Figure de rhétorique, qui consiste à se servir, par modestie ou par égard, d'une expression qui dit le moins pour faire entendre le plus. C'est ainsi que Chimène, lorsqu'elle dit à Rodrigue, Va, je ne te hais point, veut dire qu'elle l'aime toujours.

LITRE . s. f.
• Grande bande ou ceinture noire, qu'aux obsèques d'un prince, d'un grand, d'un homme constitué en dignité, on tend autour de l'église ou de la chapelle, en dedans ou en dehors, et sur laquelle sont appliquées ou peintes les armoiries du défunt.
• Droit de litre, Droit que les seigneurs patrons fondateurs et les seigneurs hauts justiciers avaient de faire peindre leurs armoiries au dedans ou au dehors des églises ou chapelles.

LITRE .s.m.
• Nouvelle mesure de capacité, d'un décimètre cube, et qui répond à une pinte et un vingtième environ. Le litre, pour les liquides, contient à peu près une pinte et un vingtième; et, pour les matières sèches, il équivaut à environ un litron et un quart.

LITRON .s.m.
• Ancienne mesure de capacité, qui contenait la seizième partie d'un boisseau, ou trente-six pouces cubes. Litron de farine, de fèves, de pois, de châtaignes, de sel, etc. Un demi-litron. Le litron a été remplacé dans le commerce par le litre.

LITTÉRAIRE . adj. des deux genres
• Qui appartient aux belles-lettres. Société, journal littéraire. Nouvelles, mémoires littéraires. Anecdote littéraire. Dispute littéraire. La critique littéraire. Le sujet de cet ouvrage est plus littéraire que scientifique. Cet homme néglige son état pour s'occuper d'objets, de travaux littéraires.
• Le monde littéraire, Ceux qui cultivent les lettres. Cet ouvrage a fait une grande sensation dans le monde littéraire. Le monde littéraire est partagé sur cette question.

LITTÉRAIREMENT . adv.
• Sous le rapport littéraire. Ce discours, considéré littérairement, n'est pas sans mérite. Littérairement parlant, cet ouvrage n'est digne d'aucune estime.

LITTÉRAL
, ALE. adj.
• Qui est selon la lettre, conforme à la lettre. Le sens littéral de ce passage de l'Écriture sainte est très-différent du sens allégorique. Il faut prendre ce vers d'Homère non dans un sens littéral, mais dans un sens figuré.
• Traduction, version littérale, Celle qui est faite mot à mot. Sa traduction manque d'élégance, elle est trop littérale.
• LITTÉRAL, se dit aussi De la langue grecque telle qu'elle est dans les auteurs anciens, par opposition à la langue grecque telle qu'on la parle maintenant dans la Grèce et dans les îles de l'Archipel. Se dit aussi De la langue arabe, dans le même sens. Le grec littéral est fort différent du grec vulgaire ou moderne. Il sait bien l'arabe littéral, mais il n'entend pas l'arabe vulgaire.
• Fam., Cet homme est trop littéral, Il prend trop les choses au pied de la lettre.
• En Algèbre, Grandeurs littérales, Grandeurs qui sont exprimées par des lettres.

LITTÉRALEMENT . adv.
• À la lettre. Il ne faut pas expliquer cela littéralement. Ce passage, pris littéralement, signifie tout autre chose que ce que l'auteur a voulu faire entendre. Traduire littéralement.

LITTÉRALITÉ . s. f.
• Attachement scrupuleux à la lettre, dans une traduction. Il n'est pas facile, dans une traduction, de concilier la littéralité avec l'élégance.

LITTÉRATEUR .s.m.
• Celui qui est versé dans la littérature, qui en fait profession. Un grand, un bon, un profond littérateur.

LITTÉRATURE . s. f.
• La science qui comprend la grammaire, l'éloquence et la poésie, et qu'on appelle autrement Belles-lettres. L'étude de la littérature a beaucoup d'attrait pour les jeunes gens. La poésie est la partie brillante de la littérature. Se livrer, se vouer à la littérature. Cours de littérature.
• Il signifie aussi, La connaissance des règles, des matières et des ouvrages littéraires. Cet homme a une vaste et profonde littérature. N'avoir point de littérature. Avoir beaucoup de littérature. Avoir une littérature variée, une littérature légère, superficielle.
• Il signifie encore, L'ensemble des productions littéraires d'une nation, d'un pays, d'une époque. Le dix-septième et le dix-huitième siècle ont été les temps les plus florissants de la littérature française. La littérature anglaise est riche en ouvrages de morale. La littérature moderne est, sous quelques rapports, inférieure à la littérature ancienne. Cet homme connaît aussi bien les littératures étrangères que celle de son pays.

LITTORAL
, ALE. adj.
• Qui appartient aux bords de la mer, aux côtes. Il a visité la partie littorale du royaume, de ce département.

• Oiseaux littoraux, Oiseaux qui fréquentent particulièrement les côtes, et dont la plupart se nourrissent de poissons. Plantes littorales, Plantes qui croissent ordinairement sur les bords de la mer.
• LITTORAL, s'emploie aussi comme substantif, au masculin, et se dit alors Des côtes qui bordent une mer ou un pays. Le littoral de la Baltique, de l'Adriatique. Le littoral de la France est comparativement plus peuplé que l'intérieur des terres.

LITURGIE . s. f.
• L'espèce et l'ordre des cérémonies et des prières qui constituent le service divin. La liturgie grecque, anglicane. La liturgie de l'Église latine. L'ancienne liturgie. Cela n'est pas dans notre liturgie. Livres de liturgie.

LITURGIQUE . adj. des deux genres
• Qui a rapport à la liturgie. Ouvrage liturgique.

LITURGISTE .s.m.
• Celui qui a composé quelque ouvrage sur la liturgie, ou qui en fait une étude spéciale. Pierre le Chantre était un des plus savants liturgistes.

LIURE . s. f.
• Câble d'une charrette, qui sert à lier, à maintenir les fardeaux dont on la charge.
• Se dit aussi, en termes de Marine, surtout au pluriel, de Plusieurs tours de corde qui lient deux objets ensemble, qui fixent une chose à une autre. Les liures du beaupré.

LIVIDE . adj. des deux genres
• Qui est de couleur plombée, bleuâtre et tirant sur le noir. Teint livide. Lèvres livides. La peau devient livide à la suite d'une forte contusion. Il est encore tout meurtri et tout livide des coups qu'il a reçus; il en a la peau, la chair toute livide. Il a des marques, des taches livides sur la peau.

LIVIDITÉ . s. f.
• État de ce qui est livide. La lividité du teint, de la peau.

LIVRAISON . s. f.
• .Commerce. Action de livrer de la marchandise qu'on a vendue. Il a fait livraison, il a reçu livraison de tant de pièces d'étoffe. Il avait promis de fournir tant de tonneaux de vin; mais quand ce vint à la livraison... Pleine et entière livraison.
• LIVRAISON, en termes de Librairie, Chaque partie d'un ouvrage qu'on publie par volumes ou par cahiers, à des époques plus ou moins rapprochées les unes des autres. Publier un ouvrage par livraisons. La première livraison de ce dictionnaire vient de paraître. Les livraisons de cet ouvrage paraissent très-régulièrement. Il me manque une livraison de cet ouvrage.

LIVRE .s.m.
• Assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin, ou de parchemin, imprimées ou écrites à la main, cousues ensemble, et formant un volume, recouvert de papier, de carton, de parchemin, de basane, de veau, de maroquin, etc. Livre manuscrit. Livre imprimé. Livre stéréotypé. Livre rare. Gros livre. Petit livre. Livre broché, relié, bien relié, bien battu. Livre doré, marbré sur tranche. Livre bien conditionné, mal conditionné. Acheter, vendre, louer, emprunter, prêter des livres. Un ballot de livres. Les livres d'une bibliothèque. Catalogue de livres. La marge, les marges d'un livre. Les feuilles, les feuillets, les pages, la couverture, la tranche, le dos, la tranchefile, le signet, les coins d'un livre.
• Livre in-folio, Livre dont les feuilles sont pliées seulement en deux; Livre in-quarto, Celui dont les feuilles sont pliées en quatre; Livre in-octavo, Celui dont les feuilles sont pliées en huit. On dit de même, Livre in-douze, in-seize, in-trente-deux, etc., Livre dont les feuilles sont pliées en douze, en seize, etc.
• Livre en feuilles, Les feuilles imprimées d'un livre qui n'est encore ni broché ni relié. Acheter un livre en feuilles pour le faire relier à sa fantaisie.
• Collationner un livre, Voir si un livre est complet, s'il n'y manque point quelque feuille.
• Livre dépareillé, Volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage, par la perte ou par la destruction de ceux-ci. Il n'a que des livres dépareillés.
• LIVRE, signifie aussi, Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense, ce qu'on achète et ce qu'on vend, ses dettes actives et ses dettes passives, etc. Livre de compte. Livre de dépense. Livre de mise et de recette. Écrivez, mettez cela sur votre livre. Livres de commerce. Livre de caisse. Livre de magasin. Livre de marchandises. Livre de copies de lettres. Livres d'acceptations, d'échéances, etc. Ce commis sait bien tenir les livres. Étudier la tenue des livres. Un bon teneur de livres. Il tient ses livres en partie double. Livres paraphés. Exhiber ses livres en justice.
• Être porté, ou simplement, Être sur le livre d'un marchand, Y être inscrit pour marchandise achetée. Il est sur le livre de ce marchand pour telle somme.
• Livre journal, Registre où l'on écrit jour par jour et de suite ce qu'on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc.
• Livre de raison, livre d'extrait, grand livre, Registre où les négociants portent tous leurs comptes par doit et avoir.
• Absol., Le grand-livre, La liste générale des créanciers de l'État. Être inscrit, porte sur le grand-livre.
• Livre blanc, Livre qui est tout de papier blanc, sur lequel on n'a encore rien écrit.
• Prov. et fig., Être écrit sur le livre rouge, être sur le livre rouge, Être marqué, noté pour quelques fautes qu'on a commises.
• Le livre d'or, Le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques.
• LIVRE, se prend aussi pour Un ouvrage d'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. Un excellent livre. Un livre plein d'érudition. Livre bien écrit, mal écrit, écrit faiblement. Livre instructif, futile, dangereux. Livre approuvé, censuré, défendu. Livre prohibé, vendu sous le manteau, mis à l'index. Livre anonyme, pseudonyme. Livre revu, corrigé et augmenté par l'auteur. Livre de théologie, de droit, de jurisprudence, de médecine, d'architecture, etc. Le titre, l'index, la table d'un livre. Faire, composer un livre. Mettre un livre au jour. Publier, faire paraître un livre. Dédier un livre à quelqu'un. Lire, feuilleter, parcourir un livre. Livre de fonds. Livre d'assortiment.
• Commencer, achever un livre, En commencer, en achever la lecture.
• Mauvais livre, Livre dangereux, condamnable.
• Livres élémentaires, Ceux qui contiennent les éléments de quelque science.
• Livres classiques, Ceux dont le temps et une approbation universelle ont consacré le mérite, et qui font autorité. Cette expression s'applique plus particulièrement Aux ouvrages littéraires. On appelle aussi Livres classiques, Ceux qui servent dans les classes à l'instruction de la jeunesse.
• Livres de bibliothèque, Ouvrages d'une grande étendue, qu'on ne lit pas de suite ordinairement, mais que l'on consulte au besoin.
• Livres d'église, livres de prières, Les livres qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église. Livres de dévotion, Livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques, etc.
• Prov. et fam., N'avoir jamais mis le nez dans un livre, Être fort ignorant. Dévorer un livre, dévorer des livres, Les lire avec une extrême avidité, une extrême promptitude. Sécher, pâlir sur les livres, Lire avec une assiduité excessive.
• Fam., Parler comme un livre, Parler avec facilité, mais en termes recherchés ou trop arrangés pour la conversation. S'emploie quelquefois en bonne part, et signifie, S'exprimer heureusement sur toute sorte de sujets.
• Prov. et fig., J'y réussirai, ou j'y brûlerai mes livres, Je mettrai tout en oeuvre pour le succès de cette affaire.
• Fig., Le livre, le grand livre de la nature, La nature observée, étudiée dans les effets et dans les causes. Le livre de la nature est ouvert sous nos yeux. Il a lu dans le grand livre de la nature.
• Fig., Le livre du monde, La fréquentation, le commerce, la pratique du monde, par lesquels on apprend à vivre dans la société. Il n'est rien de tel que de lire dans le livre du monde. Cette locution a vieilli.
• Fig., dans le langage théologique, Être écrit dans le livre de vie, Être prédestiné à jouir d'un bonheur éternel.
• Fig., Cela était écrit dans le livre du destin, se dit D'un événement où l'on croit voir quelque fatalité.
• LIVRE, signifie aussi, Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages. Cet auteur a distribué, divisé son ouvrage en douze livres. Le premier, le second livre des Rois. Les vingt-quatre livres de l'Iliade.
• Livres sacrés, livres canoniques, Les livres de l'Écriture sainte qui sont reçus de toute l'Église. Livres apocryphes, Ceux que l'Église ne reçoit pas, ne reconnaît pas pour authentiques.
• Livres sapientiaux, Les livres de la Bible qui sont plus particulièrement destinés à l'instruction morale des hommes, tels que la Sagesse, les Proverbes, etc. On distingue aussi les Livres historiques et les Livres prophétiques.
• À LIVRE OUVERT. loc. adv. Lire la musique, chanter, accompagner à livre ouvert, Sans avoir besoin de préparation. Traduire un auteur à livre ouvert, Le traduire facilement à la première lecture.
• À L'OUVERTURE DU LIVRE. loc. adv. En ouvrant le livre. Je suis tombé, à l'ouverture du livre, sur le passage dont j'avais besoin.

LIVRE . s. f.
• Poids contenant un certain nombre d'onces, plus ou moins, selon les différents usages des lieux et des temps, et que remplace à peu près le demi-kilogramme. À Paris et dans la plus grande partie de la France, la livre était de seize onces. Vendre, acheter à la livre. Une livre de fer, de plomb, de viande. Une demi-livre. Une livre et demie. Des chandelles, des bougies de quatre, de cinq, de six à la livre. Cela pèse tant de livres. Il porterait cent livres pesant. Dans le dernier exemple et autres semblables, on peut supprimer le mot livres, et dire, Cent pesant, deux cents pesant, etc.

LIVRE . s. f.
• Monnaie de compte valant vingt sous, qui a été remplacée par le franc. La livre tournois était de vingt sous, la livre parisis de vingt-cinq sous. Compter par livres, sous et deniers. Ce marchand vend à un sou, à deux sous de profit pour livre. Ce receveur avait deux deniers, six deniers pour livre sur le montant de ses recettes. En calculant, on pouvait employer ce mot dans tous les cas, et dire, Une livre, deux livres, trois livres, quatre livres, cinq cents livres, etc.; mais, dans le langage ordinaire, on disait plutôt, Vingt sous, quarante sous, un écu, quatre francs, cent sous, six francs, sept francs, cinq cents francs, deux mille francs, etc. Cependant, lorsque la somme ne faisait pas un compte rond, on préférait le mot livre, et l'on disait, par exemple, Trois livres cinq sous, quatre livres dix sous, cinq cent trente livres, mille cinquante-six livres, etc.
• Il s'employait toujours, et on l'emploie très-souvent encore, en parlant D'un revenu annuel. Avoir dix mille livres de rente, vingt mille livres de rente.
• Au sou, au marc la livre, Au prorata de ce que chacun a mis de fonds dans une entreprise, ou de ce qui lui est dû dans une affaire commune. Venir, partager, payer au marc la livre. Depuis l'établissement du système décimal, on dit, Au marc le franc.
• Prov. et fig., Faire de cent sous quatre livres, et de quatre livres rien, Dissiper son bien en mauvais marchés.
• Livre sterling. Voyez STERLING.

LIVRÉE . s. f.
• Habits dont l'étoffe et les galons rappellent, par les dessins et par les couleurs, les armoiries du maître qui en revêt ses gens. Par extension, Habits d'une couleur convenue, ordinairement galonnés, que portent les domestiques d'une même maison. Belle, riche livrée. Changer sa livrée. Prendre, porter, quitter la livrée. Habit de livrée. Galon de livrée. Grande, petite livrée. Laquais en grande, en petite livrée.
• Se dit collectivement de Tous les gens portant une même livrée. Toute la livrée du prince accourut au bruit.
• Se dit aussi de Tous les laquais en général. La livrée se mutina.
• Gens de livrée, Les domestiques portant livrée.
• La livrée de la noce, la livrée de la mariée, Les rubans de couleur qu'aux noces de village on donne à un certain nombre de jeunes gens, de jeunes filles.
• Fig., La livrée, les livrées de la misère, de la servitude, de la faveur, etc., Les marques extérieures auxquelles on peut reconnaître la misère, la servitude, la faveur, etc. Il porte la livrée de la misère. Il est à genoux devant tout ce qui se montre avec les livrées de la faveur.
• LIVRÉE, en termes de Vénerie, se dit Du poil de certains animaux, qui est marqueté jusqu'à un certain âge.

LIVRER . v. a.
• Mettre en main; mettre une chose au pouvoir, en la possession de quelqu'un, selon les conventions faites avec lui. Livrer de la marchandise. Il doit livrer telle chose à telle époque. Livrer un ouvrage pour un certain prix, le livrer fait et parfait. Il doit me livrer une certaine quantité d'exemplaires.
• Il signifie aussi, Mettre aux mains, au pouvoir, en parlant Des personnes. Livrer un coupable à la justice, aux mains, entre les mains de la justice.
• Il signifie particulièrement, Livrer par trahison. Livrer une ville. Il avait des intelligences avec l'ennemi pour lui livrer la place. Il avait promis de leur livrer une porte. Judas livra Notre-Seigneur aux Juifs.
• Fig., Livrer un manuscrit, un ouvrage à l'impression, Le faire imprimer.
• Prov. et fig., Tel vend qui ne livre pas, On s'engage quelquefois à faire plus qu'on ne veut ou qu'on ne peut.
• Livrer une bataille, un combat, un assaut, Donner une bataille, un combat, un assaut. On dit aussi, Livrer bataille.
• Fig., Livrer bataille, livrer combat pour quelqu'un, Soutenir fortement les intérêts de quelqu'un.
• Aux Jeux de dés, Livrer chance, Amener un nombre de points qui devient la chance de l'adversaire.
• Fig. et fam., Je vous livre cet homme-là pieds et poings liés, Je vous réponds qu'il fera ce que vous voudrez, que vous en disposerez comme il vous plaira.
• Fam., Je vous livre cet homme-là marié avant qu'il soit peu, je vous le livre ruiné dans un an, etc., Je vous assure qu'il sera marié dans peu, qu'il sera ruiné dans un an. Je vous le livre chez vous à telle heure, Je vous réponds que je le mènerai chez vous à telle heure, que je l'obligerai de s'y rendre. Si vous avez besoin de lui dans telle affaire, je vous le livre, Je vous réponds qu'il vous servira.
• LIVRER, se dit aussi dans le sens de Livrer en proie, exposer à; et alors il est toujours suivi de la préposition à. Livrer une ville au pillage, la livrer à la fureur du soldat. Livrer les voiles au vent.
• Se dit figurément, dans un sens analogue. Livrer ses secrets à un imprudent. Livrer son âme à la douleur, à l'espérance. Livrer son coeur aux passions.
• Livrer au bras séculier, se disait Du renvoi que le juge ecclésiastique faisait au juge laïque, pour prononcer ou pour appliquer des peines afflictives.
• Fig. et fam., Livrer au bras séculier, Abandonner ce dont on ne se soucie plus, et dont on ne veut pas profiter. Les restes du dîner ont été livrés au bras séculier, c'est-à-dire, ont été laissés aux domestiques.
• En termes de Chasse, Livrer le cerf aux chiens, Mettre les chiens après le cerf.
• LIVRER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, pour S'abandonner à. Se livrer à la joie, à la douleur, au désespoir, à ses passions, aux plaisirs, à l'amour, à la paresse, à l'ivrognerie, à l'étude, à la contemplation, à la société. Se livrer tout entier à un genre d'occupation, à ses goûts, à la dissipation, à la pratique d'un art, etc.
• Se livrer à quelqu'un, Se confier, s'abandonner à lui. Il s'était entièrement livré à des gens qui le trahissaient. Vous vous êtes trop livré à lui.
• Absolument, C'est un homme qui ne se livre pas, C'est un homme très-circonspect, très-réservé.
• LIVRER, avec le pronom personnel, signifie, à plusieurs Jeux, Donner imprudemment quelque avantage à son adversaire. Je me suis livré. Je me livre toujours.
• LIVRÉ, ÉE. participe

LIVRET .s.m.
• Diminutif. Petit livre. Se dit particulièrement d'Un petit livre dans lequel les ouvriers et les domestiques sont tenus de faire inscrire les époques où ils sont entrés chez leurs différents maîtres, celles où ils en sont sortis, etc. Livret bien en règle. Cet ouvrier a perdu son livret.
• LIVRET, en Arithmétique, se dit d'Une table qui contient tous les produits possibles des neuf premiers chiffres.
• LIVRET, au Pharaon et à la Bassette, Les treize cartes qu'on donne à chacun des pontes.

LIXIVIATION . s. f.
• Opération chimique qui consiste à laver les cendres ou autres matières, pour en tirer les parties solubles qu'elles contiennent.

LIXIVIEL
, ELLE. adj.
• .Chimie. Il s'est dit Des sels alcalis obtenus par la lixiviation ou le lavage des cendres. Sel lixiviel.

LLAMA .s.m.
• (On mouille les LL.) Voyez LAMA.

LOBE .s.m.
• T. d'Anat. Division d'une partie du corps formée par des sillons ou des échancrures. Les lobes du cerveau du poumon, de foie.
• Se dit, particulièrement, Du bout inférieur de l'oreille.
• Se dit, en Botanique, Des divisions larges et arrondies de certaines feuilles.
• Lobes séminaux, ou simplement Lobes, Les deux corps charnus qui sortent de la semence des dicotylédones lorsqu'elle germe, et qui, dans plusieurs de ces plantes, se transforment en deux feuilles.

LOBÉ
, ÉE. adj.
• .Bot. Qui est divisé, partagé en lobes. Feuille lobée.

LOBULE .s.m.
• T. d'Anat. Petit lobe. Chaque lobe de cet organe se divise en une multitude de lobules.

LOCAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à un lieu, qui a rapport à un lieu. Coutume locale. Circonstance locale. Mouvement local. Les droits, les usages locaux. Les autorités locales.
• Mémoire locale, Celle qui retient particulièrement la disposition et l'état des lieux et des choses.
• En Peinture, Couleur locale, Couleur propre à chaque objet, indépendamment de la distribution particulière de la lumière et des ombres.
• Couleur locale, se dit, par extension, en parlant De quelques ouvrages de littérature. Dans ce poëme, dont l'action se passe en Grèce, la couleur locale est parfaitement observée.
• LOCAL, s'emploie aussi comme substantif, au masculin; et alors il se dit d'Un lieu considéré par rapport à sa disposition et à son état. Un vaste local. Un beau local. Le local de cette imprimerie est trop resserré. Je connais bien le local.

LOCALITÉ . s. f.
• Particularité ou circonstance locale. S'emploie surtout au pluriel. Certaines lois doivent être modifiées en raison des localités.
• Se dit aussi Des lieux mêmes, quant à ce qu'ils ont de particulier. Connaître les localités. Il y a telle localité où...

LOCATAIRE . s. des deux genres
• Celui, celle qui tient une maison ou une portion de maison à loyer. Il n'a qu'un locataire dans sa maison. Cette femme est ma locataire. Il a plusieurs locataires. Ce n'est pas au locataire à faire les grosses réparations.
• Principal locataire, La personne qui loue du propriétaire une maison, pour la sous-louer en totalité ou par parties. Le principal locataire, la principale locataire de cette maison, n'y a pas son appartement.

LOCATIF
, IVE. adj.
• Il ne s'emploie guère que dans ces locutions: Réparations locatives, Celles qui sont à la charge du locataire; et, Valeur locative, Ce qu'un immeuble peut rapporter, quand on le donne à loyer.

LOCATION . s. f.
• Action par laquelle le propriétaire d'une chose la donne à quelqu'un, à titre de louage ou de bail. Ce terme est corrélatif de celui de Conduction, qui signifie, L'action par laquelle on prend une chose à titre de louage ou de bail. Dans l'usage ordinaire, on emploie aussi en ce dernier sens le mot de Location, celui de Conduction n'étant guère usité qu'en Jurisprudence.
• Location de loges, Action de louer des loges au spectacle. Il est préposé à la location des loges.

LOCATIS .s.m.
• (L'S se prononce.) Mauvais cheval de louage. Prendre un locatis. Il est familier et peu usité.

LOCH .s.m.
• (L'H ne se prononce pas.) .Marine. Petite pièce de bois plate et triangulaire, qui, attachée à une corde ou à une ligne, et jetée dans la mer, sert à mesurer la vitesse du sillage d'un bâtiment. Ligne de loch.

LOCHE . s. f.
• Sorte de petit poisson qui se trouve dans des ruisseaux et dans de petites rivières.

LOCHER . v. n.
• Branler, être près de tomber. Il ne se dit que D'un fer de cheval. Regardez aux pieds de ce cheval, j'entends un fer qui loche.
• Prov. et fig., Avoir toujours quelque fer qui loche, Être valétudinaire, et avoir souvent de petites incommodités.
• Prov. et fig., Il y a quelque fer qui loche, Il y a quelque chose qui empêche cette affaire d'aller bien.

LOCHIES . s. f. pl.
• .Médec. Évacuation utérine qui a lieu après l'accouchement, et qu'on appelle ordinairement Vidanges.

LOCMAN .s.m.
• Voyez LAMANEUR.

LOCOMOTEUR
, TRICE. adj.
• Qui opère la locomotion. Muscles locomoteurs.

LOCOMOTIF
, IVE. adj.
• Qui a rapport à la locomotion. Il n'est guère usité que dans cette expression, Faculté locomotive, Faculté de changer de lieu par un acte de sa volonté.

LOCOMOTION . s. f.
• Changement de lieu en vertu de la faculté locomotive. La locomotion est une faculté commune à presque tous les animaux.

LOCUTION . s. f.
• Expression, façon de parler spéciale ou particulière. Une locution nouvelle. Une locution élégante. Une mauvaise locution. Une locution basse, impropre. Locution elliptique. Il affecte les locutions surannées. Locution adverbiale, prépositive, conjonctive, proverbiale, familière.

LODS .s.m. pl.
• .Jurispr. Il n'est usité que dans l'expression, Lods et ventes, Redevance qu'un seigneur avait droit de prendre sur le prix d'un héritage vendu dans sa censive ou dans sa mouvance. Droit de lods et ventes. Payer les lods et ventes. Composer pour les lods et ventes. Faire quelque remise sur les lods et ventes. Remettre entièrement à quelqu'un les lods et ventes.

LOF .s.m.
• .Marine. Le côté que le navire présente au vent. Aller au lof, venir au lof, Aller au plus près du vent. Virer lof pour lof, Virer vent arrière, pour mettre au vent un des côtés du bâtiment au lieu de l'autre.

LOFER . v. n.
• .Marine. Venir au lof.

LOGARITHME .s.m.
• .Mathémat. Nombre pris dans une progression arithmétique, et répondant à un autre nombre pris dans une progression géométrique. Tables de logarithmes.

LOGARITHMIQUE . adj. des deux genres
• .Mathémat. Qui a rapport aux logarithmes, qui est de la nature des logarithmes. Courbe, spirale logarithmique.
• Il se prend aussi substantivement; alors il est féminin. La logarithmique est une courbe asymptotique.

LOGE . s. f.
• Petite hutte. Cet ermite s'est fait une petite loge.
• Se dit aussi d'Un petit logement pratiqué ordinairement au rez-de-chaussée d'une maison, près de la porte d'entrée, et destiné à l'habitation du portier. La loge d'un portier, d'un suisse. Le portier n'est pas dans sa loge.
• Se dit également d'Une galerie, d'un portique en avant-corps, pratiqué à l'un des étages d'un édifice, pour jouir de la vue du dehors et de la fraîcheur de l'air. On ne l'emploie guère, dans ce sens, qu'en parlant Des édifices d'Italie. Les loges du Vatican.
• La loge pontificale, Celle d'où le pape donne la bénédiction.
• LOGE, se dit encore Des petites boutiques que certains marchands occupent durant la tenue des foires.
• Se dit en outre Des petits cabinets rangés par étages au pourtour d'une salle de spectacle, séparés les uns des autres par des cloisons, et ayant vue sur le théâtre. Les loges du Théâtre Français, de l'Opéra, etc. La loge du roi. Loges grillées. Loges de l'avant-scène, du cintre. Louer, retenir une loge. Cette salle a trois rangs de loges. On distingue dans les spectacles les loges des différents étages par les noms de premières, secondes, troisièmes et quatrièmes. Ouvreuse de loges. On voit mieux du parterre que des loges. Loge louée à l'année. Louer une moitié, un quart de loge.
• Loges découvertes, Espèce de loges qui n'ont pas de plafond, et qui ne sont séparées que par des cloisons à hauteur d'appui.
• Avoir loge à un spectacle, Y avoir loué une loge pour l'année. Il a loge à tous les spectacles.
• Coupons de loge, Billets que se partagent entre elles les personnes qui ont loué ensemble une loge.
• Jour de loge, Jour où l'on a le droit de jouir d'une loge qu'on a louée, pour un certain temps, avec d'autres personnes. C'est demain mon jour de loge.
• Prov. et fig., Être aux premières loges, Se trouver dans la position la plus favorable pour être témoin de quelque chose.
• LOGES, au pluriel, se dit quelquefois, par extension, Des spectateurs qui sont dans les loges. Les loges ont applaudi pendant que le parterre sifflait.
• LOGE, se dit aussi, dans les Théâtres, Des chambres, des cabinets où les acteurs s'habillent. Les loges des acteurs. Aller voir un acteur dans sa loge.
• LOGE, se dit figurément d'Une assemblée, d'une réunion de francs-maçons. Aller en loge. Être en loge. Tenir une loge.
• Se dit aussi de Certains établissements de commerce formés par des Européens en Asie, en Afrique, etc.
• LOGE, se dit encore, dans quelques maisons destinées aux aliénés, Des espèces de cellules où l'on enferme les fous.
• Se dit, dans les Ménageries, Des petites chambres où l'on enferme les bêtes féroces. La loge du lion, du tigre. On dit dans le même sens, par extension, La loge d'un chien.
• LOGE, dans un buffet d'orgues, Le lieu où sont les soufflets.
• LOGE, en Botanique, se dit Des petites cellules ou cavités, ordinairement séparées par des cloisons, dans lesquelles sont renfermés les pepins de certains fruits.

LOGEABLE . adj. des deux genres
• Où l'on peut loger commodément. Maison fort logeable. Il y a de belles maisons qui ne sont guère logeables. Il faudra faire beaucoup de dépense pour rendre ce château logeable.

LOGEMENT .s.m.
• Il signifie, en général, Le lieu où on loge, et plus particulièrement, Le domicile habituel, le lieu où on habite ordinairement. Je voudrais trouver un logement pour la nuit. Où est son logement? Où a-t-il son logement? Il a son logement dans ce pavillon. Son logement est sur le jardin. Son logement consiste en trois ou quatre pièces. Avoir son logement au rez-de-chaussée, au premier, au second, etc. Le logement d'un concierge, d'un jardinier.
• Logement garni, Celui qui se loue meublé.
• Il y a beaucoup de logement dans cette maison, Il y a place pour loger beaucoup de monde.
• LOGEMENT, se dit aussi Des logis désignés pour le roi et pour les personnes de sa suite, dans un voyage. Faire les logements de la cour. Le logement de ce jour-là fut fort incommode. Autrefois les maréchaux des logis marquaient à la craie les logements.
• Faire les logements, signifie quelquefois, Dresser la liste des personnes de la cour que les maréchaux des logis doivent faire loger. Envoyer aux logements, Envoyer un domestique avec les maréchaux des logis, pour reconnaître le logement destiné à son maître.
• LOGEMENT, se dit aussi en parlant Des troupes qui sont en marche dans un pays ami, et qu'on loge chez les particuliers. Faire le logement. Exemption de logement des gens de guerre. Une ville fort sujette au logement des gens de guerre. Billet de logement.
• En termes de Guerre, Les assiégeants ont fait un logement sur la contrescarpe, sur la demi-lune, etc., Ils s'y sont retranchés, pour se mettre à couvert et se maintenir dans le poste qu'ils y ont pris.

LOGER . v. n.
• Habiter, demeurer dans une maison. La maison où il loge. Où irez-vous loger? Loger chez soi, chez un de ses amis, en hôtel garni, en garni. Ils logent ensemble. Les hôtelleries étaient si pleines, qu'il ne put trouver où loger.
• Prov. et fig., Loger à la belle étoile, Coucher en plein air, n'avoir pas de retraite assurée.
• LOGER, s'emploie figurément, au sens moral. Rarement une âme forte loge dans un corps efféminé. L'amour et la raison ne logent guère ensemble.
• LOGER, est aussi actif, et signifie, Donner la retraite, le couvert à quelqu'un dans un logis. Où logerez-vous tout ce monde-là? Il y a de quoi loger tout le régiment. On l'a bien logé. On l'a mal logé.
• S'emploie figurément, au sens moral. Toutes les folies qu'un cerveau humain peut loger sont rassemblées dans sa tête.
• Prov. et fig., Loger le diable dans sa bourse, N'avoir pas le sou.
• LOGER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Prendre un logement. Il s'est logé dans un hôtel garni. Il s'est logé dans un bien petit appartement. Il s'est logé bien à l'étroit.
• Il signifie également, Disposer, arranger, décorer un logement pour l'occuper. Il vient de dépenser beaucoup d'argent pour se loger. Il s'est logé fort bien, fort commodément.
• Il signifie encore, Se bâtir une maison. Il s'est logé très-agréablement à la campagne.
• En termes de Guerre, Se loger sur la contrescarpe, sur la demi-lune, etc., S'y établir, s'y retrancher, s'y mettre à couvert. Il ne se dit que Des assiégeants.
• En Chirurg., La balle s'est logée dans telle partie, La balle qui l'a frappé lui est restée dans telle partie du corps.
• LOGÉ, ÉE. participe, Être logé, Avoir un logement. Être logé commodément, fort à l'étroit. Être logé au rez-de-chaussée, au premier étage.
• Fig. et fam., Il en est logé là, se dit D'un homme borné dans ses idées par la prévention, la crédulité, le défaut de lumières ou l'opiniâtreté; et D'un homme que le changement de fortune réduit à un état fâcheux.
• Fig. et fam., Nous en sommes logés là, et ironiquement, Nous voilà bien logés, se dit en parlant D'une affaire dont la conclusion a mal tourné, ou se trouve arrêtée par une difficulté imprévue.

LOGETTE . s. f. Diminutif.
• Petite loge. Il est peu usité.

LOGEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui tient des chambres garnies pour les ouvriers et les gens de la classe indigente.

LOGICIEN .s.m.
• Celui qui possède bien la logique, qui raisonne avec justesse et avec méthode. Bon, grand, excellent, puissant logicien. Il n'est pas logicien. Il est mauvais logicien.
• Il se disait autrefois, dans les Colléges, d'Un écolier qui étudiait en logique.

LOGIQUE . s. f.
• Science qui enseigne à raisonner juste. Les règles de la logique. La logique sert à toutes les autres sciences. Traité de logique.
• Se dit aussi d'Un ouvrage sur l'art de raisonner. La Logique de Port-Royal. La Logique de Condillac.
• Il signifiait autrefois, en termes de Collége, La première des deux classes où l'on enseignait la philosophie. Il n'est cette année qu'en logique, et il entrera en physique l'année prochaine.
• LOGIQUE, signifie aussi, Sens droit, disposition à raisonner juste. Il a une logique naturelle, fort sûre, fort droite. Il a de la logique. Il manque de logique.
• Il signifie encore, Raisonnement, méthode, suite dans les idées. Il n'y a point de logique dans cet ouvrage. Il y a ici un défaut de logique.
• Se dit quelquefois, figurément, d'Une manière particulière de raisonner. La logique du coeur, des passions. Chercher dans un bienfait un motif intéressé, c'est la logique des ingrats.
• LOGIQUE, s'emploie quelquefois comme adjectif des deux genres; et alors il signifie, Conforme aux règles de la logique. Argument logique. Ce raisonnement n'est pas trop logique.

LOGIQUEMENT . adv.
• D'une manière conforme à la logique. Procéder, raisonner, discuter logiquement.

LOGIS .s.m.
• Habitation, maison. Grand, petit, beau logis. Logis commode. Ne bouger du logis. Garder le logis. Demeurer au logis. Changer de logis. Être dans un logis d'ami, dans un logis d'emprunt. La dame, le maître du logis.
• Corps de logis, Masse ou partie principale d'un bâtiment. Un corps de logis entre deux pavillons. Il signifie aussi, Logement détaché de la masse du bâtiment principal. Il occupe un petit corps de logis sur le devant.
• Fig. et fam., Il n'y a plus personne au logis, se dit D'un homme qui est devenu imbécile, hébété, ou qui, étant à l'agonie, a perdu connaissance.
• LOGIS, se dit aussi d'Une hôtellerie. Le Cheval Blanc est un bon logis; c'est un des meilleurs logis de la route. Aux enseignes des hôtelleries, on met ordinairement, BON LOGIS À PIED ET À CHEVAL.
• LOGIS, désigne quelquefois, La maison de celui qui parle. Il y a longtemps que vous n'êtes venu au logis. On m'attend au logis. Dans ce sens, il est familier.
• Maréchal des logis, Sous-officier des troupes à cheval, chargé des détails du service, de la discipline intérieure d'une compagnie, et notamment de tout ce qui concerne le logement. Le grade de maréchal des logis répond à celui de sergent dans l'infanterie. Maréchal des logis chef.
• Maréchal des logis, est aussi Le titre des officiers chargés de faire préparer les logements pour la cour en voyage. Grand maréchal des logis chez le roi. Premier maréchal des logis chez la reine. Maréchal des logis de quartier, ou servant par quartier.
• Prov. et fig., Il va, il est allé marquer les logis, se dit De celui qui se détache d'une compagnie pour prendre les devants, et arriver le premier au lieu où elle se rend.

LOGOGRIPHE .s.m.
• Sorte d'énigme consistant en un mot dont les lettres, diversement combinées, forment d'autres mots qu'il faut également deviner. Les logogriphes ne valent pas la peine qu'on prend à les deviner.

LOGOMACHIE . s. f.
• T. didactique. Dispute de mots. Cette question est une pure logomachie. Il y a beaucoup de discussions qui ne roulent que sur une logomachie.

LOI . s. f.
• Acte de l'autorité souveraine, qui règle, ordonne, permet ou défend. Faire, établir, porter une loi. Proposer, discuter, amender, voter, sanctionner, promulguer, publier une loi. Se soumettre aux lois. Obéir aux lois. Restreindre, modifier, changer une loi. Abroger, rapporter une loi. Modérer la rigueur d'une loi. Citer, alléguer, interpréter une loi. Le préambule, les articles, les dispositions, le texte d'une loi. Loi en vigueur. Loi tombée en désuétude. La majesté, la sainteté des lois. Cela a passé en loi, a force de loi. Il faut moins s'attacher à la lettre, aux termes d'une loi, qu'en saisir l'esprit et l'intention. Solon donna des lois aux Athéniens. Les lois romaines. Les lois françaises. Étudier les lois. Ce juge, cet avocat a fait une profonde étude des lois, a une grande connaissance des lois.
• Les lois de la nature, dans le sens physique, Les lois constantes qui règlent l'ordre du monde physique. Les lois de l'attraction, du mouvement, de la pesanteur, de la réfraction de la lumière, sont des lois de la nature.
• Les lois de la nature, au sens moral, et, plus ordinairement, La loi naturelle, Les sentiments et les principes de justice et de bienveillance, sans lesquels les sociétés humaines ne pourraient subsister, et que l'auteur de la nature a imprimés dans le coeur de tous les hommes. Aimer ses père et mère, être reconnaissant envers ses bienfaiteurs, sont des lois de la nature. La loi naturelle nous défend de faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît. On dit quelquefois en ce sens, La loi de nature. Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature.
• La loi divine, signifie quelquefois, La loi naturelle; et plus souvent, Les préceptes positifs donnés par la révélation. On dit aussi, dans l'un et l'autre sens, Les lois divines.

• La loi ancienne, ou absolument, dans le langage de l'Écriture, La loi, La loi de Moïse, la loi des Juifs. Les livres de la loi. Les docteurs de la loi. Voilà la loi et les prophètes.
• La loi nouvelle, ou La loi de grâce, La loi de JÉSUS-CHRIST, la loi des chrétiens.
• Les lois humaines, Les lois établies par les hommes pour le maintien et l'ordre des sociétés. Cette action viole toutes les lois, divines et humaines.
• La loi des nations, Le droit des gens.
• Les lois de la guerre, Les maximes que les nations sont convenues d'observer entre elles pendant la guerre.
• La loi fondamentale d'un État, Celle qui règle la nature, l'étendue et l'exercice des pouvoirs du gouvernement. On dit aussi, dans ce sens, La loi constitutionnelle.
• La loi de l'État, ou simplement La loi, Toute règle qui est reçue dans l'État, et qui y a force de loi, soit qu'elle ait rapport au gouvernement général, soit qu'elle fixe le droit des particuliers. Observer, exécuter la loi. Enfreindre, violer, transgresser, éluder la loi. Contrevenir à la loi. Déroger à la loi. Dispenser de la loi. Maintenir, faire respecter la loi. Recourir à la loi. Invoquer la loi. Cela est contre la loi, n'est pas permis par la loi. Cela tombe, rentre dans l'exception de la loi.
• Lois politiques, Celles qui ont pour objet la conservation de l'État, abstraction faite des sociétés et des individus qu'il renferme.
• Lois organiques, Celles qui ont pour objet de régler le mode et l'action des institutions ou établissements dont le principe a été consacré par une loi précédente.
• Lois civiles, Celles qui règlent les droits et les devoirs, les intérêts et les rapports des citoyens entre eux.
• Lois criminelles, Celles qui déterminent les délits, les crimes, la manière de les poursuivre, et les peines qui y sont applicables.
• Loi pénale, Celle qui prononce quelque peine.
• Loi fiscale, Celle qui règle la quotité et le mode de perception des contributions publiques.
• Loi bursale, Celle qui a pour objet de procurer de l'argent à l'État, dans un cas de nécessité extraordinaire.
• Loi somptuaire, Celle qui a pour objet de réprimer le luxe.
• Loi martiale, Loi qui autorise l'emploi de la force armée dans certains cas, et après avoir rempli certaines formalités.
• Loi agraire, Loi qui, chez les Romains, réglait le partage ou l'administration des terres conquises. Loi annonaire, Celle qui pourvoyait à ce que les vivres n'enchérissent pas.
• Loi municipale, Loi qui règle l'administration des communes.
• Loi d'exception, Loi qui déroge momentanément à la loi constitutionnelle de l'État, ou à quelque autre loi générale.
• La loi du talion, Celle qui veut qu'on traite un coupable de la même manière qu'il a traité ou voulu traiter les autres.
• Homme de loi, Celui qui fait profession d'interpréter les lois, jurisconsulte. Consulter un homme de loi, les gens de loi. Se dit aussi quelquefois, surtout au pluriel, Des gens de justice, des officiers ministériels près des tribunaux.
• Fig., Faire loi, Tenir lieu d'une loi, avoir l'autorité, la force d'une loi. Dans les langues vivantes, l'usage fait loi. L'exemple de cet écrivain ne fait pas loi. L'autorité d'Aristote a longtemps fait loi dans les écoles.
• Fig., Se faire une loi de quelque chose, S'en imposer à soi-même l'obligation. Il s'est fait une loi de la discrétion. Il s'est fait une loi de se promener tous les matins.
• Fig., Faire, donner, dicter, imposer la loi. Commander, ordonner avec autorité. Cet homme veut faire, donner, imposer la loi partout où il est.
• N'avoir ni foi ni loi, Être sans religion et sans morale.
• Prov., Nécessité n'a point de loi, Un extrême péril, un extrême besoin, peuvent rendre excusables des actions répréhensibles en elles-mêmes.
• Prov. et fig., Ce que je vous dis, c'est la loi et les prophètes, C'est une vérité incontestable.
• LOI, signifie aussi, Puissance, autorité. Alexandre rangea toute l'Asie sous sa loi, sous ses lois. Les peuples vécurent heureux sous ses lois. La loi du vainqueur. La loi du plus fort.
• Être sous les lois d'une femme, Être esclave de ses volontés, de ses caprices.
• Subir, recevoir la loi de quelqu'un, Se soumettre à sa volonté.
• LOI, par extension, se dit de Certaines règles, de certaines obligations de la vie civile; et, dans cette acception, on l'emploie plus ordinairement au pluriel qu'au singulier. Les lois de l'honneur, du devoir, de la bienséance, de la politesse, de l'honnêteté, de la société, etc.
• Les lois de la grammaire, de la syntaxe, Les règles établies, en matière de langage, par la grammaire, par la syntaxe. Toutes les langues ont des locutions particulières, dans lesquelles on s'affranchit des lois ordinaires de la grammaire. Cette construction est contraire aux lois de la syntaxe.

LOI . s. f.
• .Monnayage. Aloi, titre auquel les monnaies doivent être alliées et fabriquées.

LOIN . adv. de lieu
• À une grande distance. Bien loin. Fort loin. Si loin. Demeurer, aller loin. Sa vue porte loin, très-loin. Il y a loin d'ici chez nous. Pousser loin ses conquêtes, ses victoires.
• S'emploie aussi figurément. Aristote a été loin, bien loin dans la connaissance des choses naturelles. Si on entame une fois cette question, on ira loin, trop loin. Arrêtez-vous à cette idée, n'allez pas plus loin. C'est aller bien loin que de faire une pareille supposition. Cette affaire ira plus loin qu'on ne pense. Cette difficulté mènera loin. Pourquoi rejeter, renvoyer si loin ce que je vous propose? Mener, porter, pousser une affaire loin. Porter loin, pousser loin sa haine, son ressentiment, son animosité, sa vengeance, ses prétentions, etc. Ce principe s'étend plus loin qu'on ne le croirait au premier coup d'oeil. Cet homme a beaucoup d'expérience et de pénétration, il voit loin dans l'avenir.
• Aller loin, signifie quelquefois, Faire fortune, s'élever à de hauts emplois. Ce jeune homme a de l'esprit, il est actif, laborieux, il ira loin, il peut aller loin. On dit de même, Cet emploi peut le mener loin.
• Il est malade, il n'ira pas loin, Il mourra bientôt. Avec la dépense qu'il fait, cet homme n'ira pas loin, Il sera bientôt ruiné.
• Prov., Pas à pas on va loin, Quand on va toujours, on ne laisse pas d'avancer beaucoup, quoiqu'on aille lentement. Se dit au propre et au figuré.
• Fig. et fam., Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez, Avoir peu de lumières, peu de prévoyance.
• Fig. et fam., Il ne le portera pas loin, se dit D'un homme par qui on a été offensé, et signifie qu'on se vengera de lui avant peu.
• LOIN, est aussi adverbe de temps. Vous parlez de me payer dans deux ans, c'est me remettre bien loin.
• DE LOIN. loc. adv. de lieu. D'une grande distance. Voir de loin. Parler de loin. Venir de loin. Il a été tué de loin.
• Prov., A beau mentir qui vient de loin, Celui qui revient d'un pays fort éloigné peut raconter tout ce qu'il veut, sans craindre qu'on le démente.
• Fig., Voir de loin, Avoir beaucoup de prévoyance, pressentir longtemps d'avance ce qui doit arriver.
• Fig. et fam., Voir venir quelqu'un de loin, Voir où il en veut venir, quelle est son intention, malgré les détours qu'il prend, soit dans ses discours, soit dans ses démarches.
• Fig. et fam., Revenir de loin, de bien loin, Réchapper d'une maladie très-grave, ou de quelque grand danger. On dit de même, proverbialement et figurément, La jeunesse revient de loin.
• Fig. et fam., Ne connaître quelqu'un ni de près ni de loin, Ne pas le connaître du tout.
• Nous sommes parents, mais de loin, Nous sommes parents à un degré éloigné.
• DE LOIN, est aussi locution adverbiale de temps. Vous me parlez du temps de notre première enfance, c'est parler de loin, c'est se souvenir de loin.
• DU PLUS LOIN, D'AUSSI LOIN QUE. loc. conjonctives de lieu. De la plus grande distance possible. Du plus loin que je l'ai aperçu, j'ai couru au-devant de lui. D'aussi loin qu'il me vit, il accourut vers moi.
• Ces locutions s'appliquent aussi Au temps. Du plus loin que je me souvienne, qu'il m'en souvienne, la chose était ainsi.
• Fam., C'est du plus loin qu'il me souvienne, se dit D'une chose dont le souvenir est presque effacé.
• AU LOIN. loc. adv. de lieu. À une grande distance. Voir au loin. Voyager, chasser au loin. Il s'en est allé au loin. Chercher les aventures au loin.
• AU PLUS LOIN. loc. adv. de lieu. À la plus grande distance possible. Au plus loin que ma vue puisse s'étendre, je n'aperçois rien.
• LOIN À LOIN, DE LOIN À LOIN, DE LOIN EN LOIN. loc. adv. de lieu. À de grandes distances, à de longs intervalles. Planter des arbres loin à loin. Les maisons, les hameaux sont semés loin à loin, de loin à loin, de loin en loin.
• Ces locutions s'appliquent aussi Au temps. Il ne vient plus me voir que de loin à loin, de loin en loin. De tels événements n'arrivent que de loin en loin.
• LOIN DE. Locution prépositive, qui a une signification tout à fait analogue à celle de Loin, employé seul, comme adverbe. Loin d'ici. Loin du lieu où vous êtes. Loin de la ville. Non loin de là. Ils sont loin l'un de l'autre. Loin d'ici, profanes.
• Cette locution s'emploie souvent au figuré. Il est encore loin de la perfection. Loin de moi une semblable pensée. Loin de nous ces héros sans humanité! Cela est bien loin de ma pensée. On l'emploie aussi elliptiquement, Loin ces héros sans humanité, etc.
• Être loin de son compte, Se tromper dans son raisonnement, dans son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances.
• Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit De deux personnes qui ont une convention, un marché à faire, et qui ne peuvent tomber d'accord. Nous sommes loin de compte ensemble. Il est loin de compte avec moi.
• Prov., Loin des yeux, loin du coeur, On oublie les absents, on se refroidit à leur égard.
• Être loin, bien loin de faire une chose, Être dans des dispositions toutes contraires à celles qui pourraient porter à faire une chose. Je suis loin de penser ainsi. Je suis loin, bien loin de m'enorgueillir d'un si faible succès.
• Bien loin, ou simplement Loin, au commencement d'une phrase, et se construisant avec la préposition de, suivie d'un verbe à l'infinitif, ou avec la conjonction que, suivie d'un verbe au subjonctif, signifie, Au lieu de, tant s'en faut que. Loin de me remercier, il m'a dit des injures. Bien loin de se repentir, il s'obstine dans son crime. Loin qu'il soit disposé à vous faire des remercîments, il est homme à vous chercher querelle.
• LOIN DE, s'applique quelquefois Au temps. Nous sommes encore loin de Pâques.

LOINTAIN
, AINE. adj.
• Qui est fort loin du lieu où l'on est ou dont on parle. Il ne se dit que Des pays, des climats, des régions et des peuples. Un pays lointain. Des terres, des régions lointaines. Des climats lointains. Peuples lointains. Nations lointaines.
• LOINTAIN, est quelquefois substantif, au masculin, et signifie, Éloignement. Apercevoir dans le lointain.
• En termes de Peinture, Le lointain d'un tableau, Ce qui paraît le plus reculé à la vue, dans le fond d'un tableau. Cette figure fait bien dans ce lointain. Ce lointain est fort beau. Ce peintre traite habilement les lointains.

LOIR .s.m.
• Petit animal semblable à un rat, à poil gris, à queue velue, qui vit dans le creux des arbres, et qui dort durant tout l'hiver. Il dort comme un loir.

LOISIBLE . adj. des deux genres
• Qui est permis. Cela n'est pas loisible. Il vous est loisible de penser ainsi. Il a vieilli.

LOISIR .s.m.
• Temps dont on peut disposer sans manquer à ses devoirs. Avoir du loisir. Jouir d'un doux loisir, d'un honnête loisir. Il emploie bien les heures de son loisir. Vous ferez cela aux heures de votre loisir, à votre loisir. Je n'ai pas un moment de loisir. Son absence me donne, me laisse du loisir. Amuser, charmer son loisir, ses loisirs.
• Fam., Il est bien de loisir, il faut qu'il ait bien du loisir de reste, se dit D'un homme qui s'amuse à des bagatelles, ou qui se mêle d'affaires qui ne le regardent point.
• LOISIR, se dit aussi d'Un espace de temps suffisant pour faire quelque chose commodément. Donnez-moi le loisir de faire ce que vous désirez. Je n'ai pas eu assez de loisir pour y penser. Je n'en ai pas eu le loisir. Cet ouvrage demande du loisir. Vous ne me donnez pas le loisir de respirer.
• À LOISIR. loc. adv. À son aise, à sa commodité, sans se presser. Vous ferez cela à loisir. Vous y penserez à loisir. Examinez cela à loisir, plus à loisir. On dit aussi dans le même sens, À mon loisir, à votre loisir, à son loisir.
• Il s'en repentira à loisir, se dit D'un homme qui fait quelque chose dont on croit qu'il sentira longtemps les suites. On dit aussi dans le même sens, Il aura tout le loisir de s'en repentir.

LOK .s.m.
• .Médec. Voyez LOOCH.

LOMBAIRE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui appartient aux lombes. La région lombaire. Les vertèbres lombaires.

LOMBARD .s.m.
• Nom d'un établissement autorisé, dans plusieurs villes, pour faire des prêts sur gages. Dans les lombards, l'intérêt est réglé par le magistrat.

LOMBES .s.m. pl.
• T. d'Anat. Partie inférieure du dos, composée de cinq vertèbres et des chairs qui y sont attachées.

LONDRIN .s.m.
• Drap léger fait à l'imitation de quelques draps de Londres. Les londrins se fabriquent dans nos provinces méridionales.

LONG
, ONGUE. adj.
• Se dit Des objets considérés dans leur étendue, d'un bout, d'une extrémité à l'autre, et par opposition à Court. Un bâton long de tant de pieds. La harpe a des cordes plus longues les unes que les autres. Tirer une longue ligne sur le papier. Un long col. De longues jambes. De longs bras. Une barbe longue. Une longue allée. Un long chemin. Le cours du Danube est long. Avoir la taille longue et menue.
• Habit long, La soutane et le long manteau que portent les ecclésiastiques. Il était en habit long.
• Lunette de longue vue, ou simplement Longue-vue, Lunette d'approche, lunette avec laquelle on voit les objets éloignés.
• Prov. et fig., Avoir les dents longues, bien longues, Être affamé, après avoir été long-temps sans manger.
• Fig. et fam., Il a les bras longs, les mains longues, Son pouvoir s'étend bien loin.
• Elliptiq., Prendre le plus long, son plus long, Aller en quelque lieu par le plus long chemin. Vous êtes venu ici par telle rue, vous avez pris le plus long. C'est le plus long de beaucoup, c'est votre plus long.
• Fig., Prendre le plus long, Se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
• LONG, se dit aussi D'une surface considérée dans sa plus grande dimension, et par opposition à Large. La surface d'un parallélogramme est le produit de la longueur, qu'on appelle le côté, multipliée par la largeur, qu'on appelle la base. Une table longue. Ce jardin est plus long que large. Un champ long et étroit.
• LONG, signifie encore, Qui dure plus ou moins longtemps. En été les jours sont longs. Le temps est long à qui attend. Cela ne sera pas de longue durée. Il y a un très-long temps qu'on ne l'a vu. Son absence a été longue. Un long voyage. De longues souffrances. Une longue et heureuse vie. Un long règne. Un long repos. Des raisons longues à déduire. Cela serait trop long à vous raconter. Une longue suite d'observations. Boire à longs traits. Cela est d'une longue discussion.
• Bail à longues années, bail à long terme, Bail dont la durée s'étend au delà du nombre d'années des baux ordinaires.
• Ouvrage, affaire de longue haleine, Ouvrage, affaire qui demande beaucoup de temps et de soin.
• Voyage de long cours, Voyage par mer, dont le but et le terme sont fort éloignés.
• Fam. et elliptiq., Il ne la fera pas longue, Il ne vivra pas longtemps.
• Syllabe longue, voyelle longue, Syllabe, voyelle dont la prononciation doit avoir plus de durée que celle d'une syllabe, d'une voyelle brève. A est long dans pâte et bref dans rate. Voyez plus bas LONGUE, substantif.
•LONG, se dit particulièrement Des ouvrages d'esprit, soit que l'on en considère l'étendue, soit qu'on ait égard au temps nécessaire pour les lire, les réciter, les entendre. Cet ouvrage est bien long. Un long poëme. Un long discours. Une longue harangue.
• LONG, signifie aussi, Lent, tardif. Dépêchez; que vous êtes long! Cet ouvrier est bien long. Il est long à tout ce qu'il fait. Les vieillards sont longs en tout. Ces arbres sont longs à pousser, à croître.
• LONG masculin, est aussi substantif; et alors il signifie, Longueur, par opposition à Largeur. Ces rideaux ont deux aunes de long.
• S'étendre de son long, tout de son long, Tomber à terre, ou se coucher, en déployant ou en laissant aller son corps dans toute sa longueur.
• Scieur de long, Ouvrier qui scie des pièces de bois en long, pour faire des planches.
• Fam., Il nous en a dit long, bien long, Il nous a dit beaucoup de choses sur tel sujet. En savoir long, bien long, Être fin, rusé, difficile à surprendre. Dans ces phrases, Long est pris adverbialement.
• LONGUE féminin, se dit substantivement d'Une syllabe longue. Le dactyle est composé d'une longue et de deux brèves.
• Fig. et fam., Observer les longues et les brèves, Être très-cérémonieux; Être extrêmement circonspect et exact en tout ce qu'on fait.
• Fig. et fam., Il en sait les longues et les brèves, se dit D'un homme habile et intelligent en quelque affaire.
• DE LONG, EN LONG. loc. adverbiales, En longueur, dans le sens de la longueur. Il faut mettre ce bois de long, en long. Fendre en long.
• Fam., Tirer de long, S'esquiver, s'enfuir. Quand il eut fait son coup, il tira de long. Il a vieilli.
• Fig., Tirer de long, Apporter des délais dans une affaire.
• En long et en large, En longueur et en largeur alternativement. Il n'est guère usité que dans cette phrase, Se promener, aller en long et en large. On dit aussi quelquefois, dans le même sens, De long en large.
• AU LONG, TOUT AU LONG. loc. adv. Amplement. Il a traité, il a expliqué cela bien au long. Je vous écrirai plus au long. Il en a discouru bien au long, tout au long. Cet auteur en parle au long dans son ouvrage.
• DE LONGUE MAIN. loc. adv. Depuis long-temps. Je le connais de longue main. Il est mon ami de longue main.
• LE LONG, TOUT LE LONG, TOUT DU LONG, AU LONG DE. loc. prépositives. En côtoyant. Le long de la rivière. Allez tout le long, tout du long de l'eau, tout le long de la prairie, du chemin, au long du bois.
• Prov. et fig., Il en a eu tout du long de l'aune, se dit D'un homme qui a été fort malmené, fort maltraité, de quelque manière que ce soit. On dit aussi dans le même sens: On lui en a donné tout du long. Il en a eu du long et du large.
• TOUT LE LONG, TOUT DU LONG DE, signifient aussi, Pendant toute la durée de. Il a jeûné tout le long du carême. Il a prié Dieu tout le long de la messe. Il travaille tout le long de la semaine. Il s'est diverti tout du long de l'année.
• À LA LONGUE. loc. adv. Avec le temps. Il marche bien les premiers jours; mais, à la longue, il se lasse. Tout s'use à la longue. À la longue on en viendra à bout.

LONGANIMITÉ . s. f.
• Patience avec laquelle un être puissant et bon endure les fautes, les insultes qu'il pourrait punir. La longanimité de Dieu envers les pécheurs. On ne saurait trop louer la longanimité de ce prince.
• Il signifie aussi, Patience, courage dans le malheur. Il a supporté ses maux avec une longanimité exemplaire, méritoire.

LONGE . s. f.
• .Cuisine. La moitié de l'échine d'un veau ou d'un chevreuil, depuis le bas de l'épaule jusqu'à la queue. Une longe de veau, de chevreuil.
• Se dit plus particulièrement d'Une longe de veau. Manger d'une bonne longe.
• LONGE, terme de Manége, signifie, Une corde de chanvre, de crin, ou un morceau de cuir coupé en long, en forme de courroie, de lanière, qui sert à attacher un cheval au râtelier, à l'auge, etc., ou à le conduire quand on ne le monte pas. La longe d'un cheval. Ce cheval marche sur sa longe. Il rompra sa longe. Il est attaché à deux longes. Mener un cheval par la longe.
• Fig. et fam., Marcher sur sa longe, dans sa longe, S'embarrasser dans les mesures qu'on prend, dans les discours qu'on tient.
• LONGE, se dit également d'Une corde d'une certaine étendue, placée à l'anneau du caveçon, et qui sert à tenir un cheval que l'on trotte sur des cercles. Trotter un cheval à la longe, à la plate-longe.

LONGER . v. a.
• Marcher le long de. L'armée longea la rivière. Le cerf a longé cette route.
• Il signifie aussi, S'étendre le long de; et, en ce sens, il se dit Des choses. Un bois qui longe la côte.
• LONGÉ, ÉE. participe

LONGÉVITÉ . s. f.
• Longue durée de la vie. La longévité des carpes, des corbeaux, des cerfs. Tables de longévité.

LONGIMÉTRIE . s. f.
• .Géom. Art de mesurer les longueurs.

LONGITUDE . s. f.
• .Géogr. Distance en degrés d'un lieu quelconque à un premier méridien. On compte les degrés de longitude depuis le premier méridien convenu. Prendre les longitudes. Ce lieu est à tant de degrés de longitude, et à tant de latitude. Ce serait une heureuse découverte que de trouver la longitude sur mer, les longitudes en mer.
• LONGITUDE, est aussi un terme d'Astronomie, et se dit de La distance, en degrés, qui existe entre un astre rapporté à l'écliptique, et le point équinoxial du printemps.

LONGITUDINAL
, ALE. adj.
• T. didactique. Qui est étendu en long. Les membranes qui composent les vaisseaux sont tissues de deux plans de fibres, les unes circulaires, les autres longitudinales.

LONGITUDINALEMENT . adv.
• En longueur. Mesurer une chose longitudinalement.

LONG-JOINTÉ
, ÉE. adj.
• .Manége. Se dit D'un cheval, d'une jument dont les articulations inférieures sont trop longues. Ce cheval est long-jointé, trop long-jointé.

LONGTEMPS . adv.
• Il exprime Un long espace de temps. Cela dure longtemps, trop longtemps. Il a négligé trop longtemps ses études. Il y a longtemps qu'il est revenu. Il est bien longtemps à revenir. Il ne saurait vivre longtemps. Il a été longtemps malheureux. Cela est fait depuis longtemps. Il en a pour longtemps. Nous nous connaissons dès long-temps. Il a demeuré pendant longtemps dans cette ville.

LONGUEMENT . adv.
• Durant un long temps. Vivre longuement. Il a parlé longuement, et a fort ennuyé l'assemblée.

LONGUET
, ETTE. adj.
• Diminutif de Long. Qui est un peu long. Cela est longuet. Son discours a été longuet, un peu longuet. Il est familier.

LONGUEUR . s. f.
• Dans le sens où Long est opposé à Court, L'étendue d'un objet considéré d'un bout, d'une extrémité à l'autre. La longueur d'un bâton, d'une lance, d'une allée, d'une route. Cette perche est d'une juste longueur, d'une bonne longueur.
• Épée de longueur, Épée de défense, plus longue que les petites épées qu'on portait ordinairement à la cour et à la ville.
• LONGUEUR, signifie aussi, L'étendue d'une surface considérée dans sa plus grande dimension, par opposition à Largeur. Cette cour a vingt mètres de longueur, sur dix de largeur. La longueur d'un jardin, d'un tapis. L'architecte n'a pas donné assez de longueur à ce salon.
• LONGUEUR, se dit aussi en parlant De la durée du temps. La longueur du temps lui a fait oublier.... La longueur des jours et des nuits. La longueur d'un siége, d'une maladie. Ses visites sont d'une longueur insupportable.
• LONGUEUR, se dit en parlant Des ouvrages d'esprit considérés sous le rapport de l'étendue, ou sous celui du temps qu'on met à les lire, à les réciter, à les entendre. La longueur d'un ouvrage, d'un discours, d'un sermon. Ce poëme est d'une longueur assommante.
• Il signifie aussi, Ce qui est superflu, ce qui surabonde. Il y a des longueurs dans ce discours, dans cette tragédie.
• LONGUEUR, signifie encore, Lenteur dans les actions, dans les affaires. Je suis ennuyé de ses longueurs. Ce sont des longueurs insupportables, d'étranges longueurs. C'est une longueur affectée. Il ne finit rien, quelle longueur! Les longueurs de la chicane.
• EN LONGUEUR. loc. adv. Dans le sens de la longueur. Scier, fendre, mesurer en longueur.
• Cette locution s'emploie aussi pour marquer de longs délais. Cette affaire traîne en longueur. Tirer les choses en longueur.

LOOCH .s.m.
• .Médecine, emprunté de l'arabe. (On prononce, et quelques-uns écrivent, Lok.) Potion médicinale adoucissante et calmante. Looch blanc. Looch vert. Les loochs se prennent ordinairement par cuillerées.

LOPIN .s.m.
• Morceau de quelque chose qui se mange, et principalement de viande. Il est populaire, et ne se dit guère qu'en plaisanterie. Gros, petit lopin. On lui en a donné, il en a emporté un bon lopin, de bons lopins.
• Se dit, par extension, d'Une portion de quelque chose qui était à partager. Il a eu, il a emporté, il a attrapé un bon lopin de cette succession. Il en a eu son lopin.

LOQUACE . adj. des deux genres
• (On prononce Locouace.) Qui parle beaucoup. Cet homme est bien loquace.

LOQUACITÉ . s. f.
• (On prononce Locouacité.) Habitude de parler beaucoup. Cet homme est d'une loquacité fatigante.

LOQUE . s. f.
• Pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et déchirée. Cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques. Il est familier.

LOQUÈLE . s. f.
• (On prononce Locüèle.) Facilité à parler des choses communes en termes communs. Il a de la loquèle. Il est familier.

LOQUET .s.m.
• Sorte de fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont point de serrure, et à celles dont le pêne est dormant. Cette porte ne ferme qu'au loquet. Haussez, levez le loquet.

LOQUETEAU .s.m.
• Petit loquet qu'on met ordinairement aux volets d'en haut d'une fenêtre, et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.

LOQUETTE . s. f.
• Diminutif de Loque. Petite pièce, petit morceau. Une loquette de morue. Il est populaire.

LORD .s.m.
• Titre d'honneur usité en Angleterre. Il signifie Seigneur, et Milord veut dire Monseigneur. Lord Buckingham. Lord Marlborough. La chambre des lords, des pairs d'Angleterre. Milord duc. Oui, milord.

LORGNER . v. a.
• Regarder en tournant les yeux de côté, et comme à la dérobée. Lorgner quelqu'un, quelque chose. Il est familier.
• Il signifie aussi, Regarder avec une lorgnette. Au spectacle, il lorgne toutes les femmes.
• Fig., Lorgner une femme, La regarder de manière à faire croire qu'on a du goût pour elle.
• Fig., Lorgner une charge, une place, un héritage, Avoir des vues sur une charge, sur une place, sur un héritage.
• LORGNÉ, ÉE. participe

LORGNERIE . s. f.
• Action de lorgner. Les lorgneries d'un fat. Il est familier et peu usité.

LORGNETTE . s. f.
• Petite lunette d'approche, dont on se sert pour voir les objets peu éloignés. Lorgnette de spectacle. Une bonne lorgnette. Lorgnette achromatique.

LORGNEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui lorgne. Il est familier.

LORGNON .s.m.
• Petite lunette à un seul verre, qu'on porte ordinairement suspendue à un cordon.

LORIOT .s.m.
• Oiseau de l'ordre des Passereaux, qui est à peu près de la grosseur d'un merle. Le plumage du mâle est d'un beau jaune, celui de la femelle est verdâtre.

LORS . adv. de temps.
• Alors, le temps dont on parle. On ne l'emploie maintenant que dans les locutions suivantes:
• Pour lors, En ce temps-là. Je voulais le secourir dans sa détresse, mais pour lors je n'avais pas d'argent.
• Dès lors, Dès ce temps-là. Dès lors il commença à me prendre en haine.
• Dès lors, se dit aussi pour De là ou Dès là, par forme de conséquence. Cet accusé s'enfuit; dès lors il devint suspect à leurs yeux.
• LORS DE. loc. prépos. Dans le temps de, au moment de. Lors de son élection, de son avénement à la couronne, de son mariage.

LORSQUE . conjonct.
• (L'E s'élide ordinairement devant les pronoms Il, elle, on, et devant Un, une.) Quand. J'en jugerai lorsque je serai mieux informé. Lorsqu'ils viendront. Lorsqu'un homme vous dira... Lorsque Alexandre pénétra dans l'Inde.
• Quelquefois Lors est séparé de que par un autre mot. C'est un homme qui a le secret de plaire, lors même qu'il contredit.

LOS .s.m.
• Vieux mot qui signifie, Louange.

LOSANGE . s. f.
• Figure quadrilatère, formée de deux angles aigus et de deux angles obtus. Un diamant taillé en losange. D'après les règles du blason, les filles portent l'écu de leurs armoiries en losange.

LOT .s.m.
• Portion d'un tout qui se partage entre plusieurs personnes. Se dit principalement en matière de succession. Faire des lots. Voilà trois lots, choisissez. La formation, la composition des lots. Ce lot est plus fort que l'autre. Égaliser les lots. Faire tirer les lots par un enfant. Les lots ont été tirés au sort. Le lot qui lui est échu.
• Il signifie aussi, Ce qui échoit dans une loterie à chacun des billets gagnants. Le gros lot lui est échu. Gagner un lot de dix mille francs.
• Se dit figurément, au sens moral, pour Destinée, sort, partage. Mon lot est d'être persécuté. La misère et la douleur sont devenues le lot de cette famille.

LOTERIE . s. f.
• Sorte de jeu de hasard où l'on fait des mises, pour lesquelles on reçoit des billets portant des numéros: celui ou ceux de ces numéros qui sortent, lorsque le tirage a lieu, donnent droit à un lot, à la propriété d'un objet. Faire une loterie. Mettre une terre, une maison, une montre, un tableau en loterie. Ouvrir, fermer, tirer une loterie. Mettre à une loterie. Gagner à une loterie.
• Se dit plus particulièrement d'Une espèce de banque établie par quelques gouvernements, dans laquelle les particuliers font des mises, et courent la chance de perdre leur argent ou de gagner des sommes plus ou moins considérables. Établir, créer une loterie. Loterie clandestine. Loterie étrangère. Loterie royale de France. Bureau de loterie. Mettre à la loterie. Billet de loterie. Tirer la loterie. Le tirage de la loterie. La liste des numéros sortis à la loterie de Lyon. Le premier numéro sortant de la loterie royale sert très-souvent à déterminer le billet gagnant des loteries particulières. L'administration de la loterie. Gagner à la loterie. Il a perdu sa fortune à la loterie. Les loteries sont des piéges tendus à la cupidité. Les loteries sont des institutions très-immorales.
• Gagner un extrait, un ambe, un terne, un quaterne à la loterie, Avoir dans son billet un, deux, trois, quatre des numéros sortis de la roue de fortune, au tirage de la loterie.
• Fig. et fam., C'est une loterie, C'est une affaire de hasard. On dit aussi, C'est un terne à la loterie, en parlant D'un avantage, d'un bien que le hasard seul procure.
• Prov. et fig., Ce monde est une loterie, Le hasard règle la plupart des choses de ce monde.
• LOTERIE, est encore le nom d'Un jeu de cartes, dont les règles et les termes sont analogues à ceux de la loterie proprement dite.

LOTIER .s.m.
• Plante odorante de la famille des Légumineuses, qui ressemble au trèfle, et dont l'espèce la plus remarquable est appelée Trèfle musqué ou Faux baume du Pérou.

LOTION . s. f.
• Se dit, en Chimie, de L'action de laver des terres, des cendres, ou autres matières, pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent. Tirer les sels d'un mixte par plusieurs lotions réitérées.
• Il signifie pareillement, en Pharmacie, L'action de laver un médicament dans l'eau ou dans quelque liqueur convenable.
• LOTION, en Médecine, signifie, L'action de laver quelque partie du corps, pour l'adoucir, l'amollir, la rafraîchir, la déterger, etc.
• Se dit aussi de La liqueur quelconque employée à cet usage.
• Il signifie quelquefois, Ablution, bain. Les lotions fréquentes sont en usage dans les pays chauds.

LOTIR . v. a.
• Faire des lots, des portions d'une succession à partager entre plusieurs personnes. Lotir une succession, les effets d'une succession.
• Se dit aussi en parlant De toutes les autres choses qu'on partage entre plusieurs personnes. Des libraires ont acheté cette bibliothèque en commun, ils vont la lotir entre eux.
• LOTI, IE. participe. Fam. Bien loti, Qui a été bien partagé ou favorisé par le sort, de quelque manière que ce soit. Elle a fait un bon mariage, elle est bien lotie.
• Fam., Le voilà bien loti, se dit par ironie De quelqu'un qui a fait un mauvais choix, qui est trompé dans ses espérances, ou lésé de quelque manière que ce soit.

LOTISSAGE .s.m.
• Opération de docimastique, qui consiste à former un tas avec le minéral pulvérisé, et à y prendre de quoi en faire l'essai.

LOTISSEMENT .s.m.
• Action de faire des lots. Se dit principalement en parlant De marchandises.

LOTO .s.m.
• Jeu ressemblant à une loterie, et qu'on joue avec des numéros, dont les uns sont sur des boules qu'on tire au hasard, les autres sur des tableaux distribués aux joueurs. Jouer au loto. Faire un loto.
• Se dit aussi Des objets dont on se sert pour jouer à ce jeu. Acheter un loto.
• Loto-dauphin, Sorte de loto moins simple que le loto ordinaire.

LOTTE . s. f.
• Poisson de rivière à plusieurs barbillons. Manger des foies de lottes.

LOTUS
ou LOTOS.s.m.
• (On fait sentir l'S.) Plante aquatique du genre Nénuphar, qui croît dans les Indes et en Égypte, et qu'on trouve figurée sur plusieurs monuments égyptiens. La fleur du lotus est un des attributs d'Isis.

LOUABLE . adj. des deux genres
• Qui est digne de louange. Une action, une conduite louable. Cela est bien louable. C'est une chose louable.
• Il ne s'emploie, en parlant Des personnes, qu'avec la préposition de suivie d'un verbe à l'infinitif. Vous êtes louable, bien louable de vous être conduit ainsi.
• LOUABLE, signifie, en Médecine, Qui est de la qualité requise. Du sang, du pus louable. Des matières, des déjections louables.
• LOUABLE, est aussi Le titre d'honneur que se donnent ordinairement les assemblées des cantons suisses. Les louables cantons de Zurich, de Berne, etc.

LOUABLEMENT . adv.
• D'une manière louable. Il s'est conduit très-louablement dans cette affaire. Il est peu usité.

LOUAGE .s.m.
• Transport, cession de l'usage de quelque chose, faite par le propriétaire pour un certain temps, moyennant un certain prix. Donner, prendre, tenir à louage. Le louage d'une maison. Il paye tant pour le louage, tant de louage. Un cheval, un carrosse de louage.
• Domestique de louage, Domestique dont on loue le service pour peu de temps.

LOUANGE . s. f.
• Discours par lequel on relève le mérite de quelqu'un, de quelque action, de quelque chose. Grande louange. Louange excessive, exagérée, outrée, fade, grossière, déplacée. Louange fine, délicate, indirecte, détournée, adroite, ingénieuse, sincère. Mériter, s'attirer des louanges. Cela est digne de louanges. Donner des louanges. Accabler de louanges. Prodiguer les louanges. Prostituer la louange. Être sobre de louanges. Chanter les louanges de Dieu. Publier, célébrer les louanges de quelqu'un. On l'a comblé de louanges. C'est un homme au-dessus des louanges, au-dessus de toutes louanges. Amoureux, avide de louanges. Sensible à la louange. Il n'a que faire de vos louanges. Se mettre, s'étendre, ne pas tarir sur les louanges de quelqu'un. Cela tourne à sa louange. On peut dire à sa louange que... Toute la terre retentit des louanges de ce héros. Distribuer avec discernement le blâme et la louange. Louange à Dieu.
• Fam., Chanter les louanges de quelqu'un, Le louer, dire du bien de lui. Nous avons chanté vos louanges.
• Prov. et fig., Voilà des vers à sa louange, se dit ironiquement D'un écrit, d'un discours où il y a quelque chose de fâcheux, de désagréable pour quelqu'un.

LOUANGER . v. a.
• Louer, donner des louanges. Il ne se dit qu'en plaisantant. C'est un homme qui aime à être louangé. Elle veut qu'on la louange depuis le matin jusqu'au soir.
• LOUANGÉ, ÉE. participe

LOUANGEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui est dans l'habitude de donner des louanges sans discernement. C'est un fade louangeur, un louangeur à gages, un louangeur fastidieux. Une louangeuse éternelle.
• S'emploie aussi adjectivement. Il n'est pas louangeur. Discours louangeur. Ton louangeur.

LOUCHE . adj. des deux genres
• Dont les yeux ont une différente direction. Il est louche. Cette femme est louche.
• Se dit aussi Des yeux mêmes et du regard. Avoir les yeux louches, le regard louche.
• LOUCHE, signifie figurément, Qui n'est pas clair, net, transparent. Ce vin est louche. Ces perles ont un oeil louche.
• S'emploie aussi figurément, au sens moral. Ainsi on dit: Cette phrase, cette expression est louche, Le sens n'en est pas clair, n'en est pas bien déterminé. Cette action est louche, L'intention en est équivoque.
• Il se prend quelquefois substantivement, au masculin, dans le sens qui précède. Cela jette du louche dans la phrase. Il y a du louche dans cette affaire, dans la conduite de cet homme.

LOUCHER . v. n.
• Avoir des yeux dont l'un n'a pas la même direction que l'autre. Voilà un bel enfant, c'est dommage qu'il louche. Cette dame a les yeux beaux, mais elle louche un peu. Cet enfant louche par intervalles.

LOUCHET .s.m.
• Sorte de hoyau propre à fouir la terre.

LOUER . v. a.
• Donner à louage. Louer une maison à quelqu'un. Louer un appartement dans sa maison. Maison, chambre à louer. Louer une loge dans un théâtre. Louer des habits, des livres. Un tapissier qui loue des meubles. Louer des voitures, des chevaux.
• Il signifie aussi, Prendre à louage. Il va quitter sa maison, il en a loué une autre. Louer un cabriolet, un cheval. Louer un ameublement. Louer des habits à la friperie, des ouvriers à la journée.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie alors, Se donner à louage, engager son service, son travail pour un salaire. C'est un pauvre homme qui se loue à la journée. Il se loue à qui plus lui donne.
• S'emploie de la même manière en parlant Des choses qu'on prend à loyer. Les appartements se louent fort cher dans ce quartier.
• LOUÉ, ÉE. participe

LOUER . v. a.
• Honorer et relever le mérite de quelqu'un, de quelque action, de quelque chose, par des termes qui témoignent l'estime qu'on en fait. Louer hautement, dignement, finement, délicatement, grossièrement. Louer Dieu. Louer et remercier Dieu. Louer les belles actions. Il faut savoir louer et blâmer à propos. Louer quelqu'un en face. On l'a fort loué de son procédé. On le loue d'avoir fait, pour avoir fait cette démarche. Il en sera loué de tous les gens de bien, par tous les gens de bien.
• S'emploie quelquefois absolument. Il ne sait pas louer. Il ne s'entend pas à louer.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie, Se donner des louanges. C'est un homme qui se loue à tout propos. Il est malséant de se louer soi-même. Ces deux auteurs se louent l'un l'autre sans pudeur.

• Se louer de quelqu'un, de quelque chose, Témoigner qu'on en est satisfait. J'ai sujet de me louer de lui, il en a fort bien usé avec moi. Je n'ai pas eu à me louer de cette acquisition. Je me loue fort du cheval que vous m'avez prêté. Je me loue beaucoup, j'ai fort à me louer du remède que vous m'avez indiqué.
• LOUÉ, ÉE. participe, Loge louée.
• Dieu soit loué! Sorte d'exclamation par laquelle on témoigne son contentement de quelque chose. Dieu soit loué! me voilà délivré de cet importun.

LOUEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage. Un loueur de chevaux, de voitures, de chambres garnies. Loueuse de chaises dans une église, dans une promenade publique.

LOUEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui donne des louanges. Il ne se dit guère qu'en mauvaise part, et en parlant d'Un flatteur qui loue à tout propos. C'est un loueur perpétuel. Un loueur impertinent. Une loueuse à gages. Il vieillit.

LOUGRE .s.m.
• .Marine. Espèce de bâtiment marchand.

LOUIS .s.m.
• Monnaie d'or, ainsi appelée, depuis Louis XIII, du nom des rois qui l'ont fait frapper. Le louis d'or fabriqué en 1640 valait dix francs. Quand on dit absolument, Un louis, on entend ordinairement Un louis d'or de vingt-quatre livres. Un louis. Un demi-louis. Un double louis. Payer en beaux, en bons louis. Dans notre nouveau système monétaire, le louis est remplacé par la pièce de vingt francs.

LOUP .s.m.
• Quadrupède sauvage et carnassier, qui ressemble à un grand chien. Grand, jeune, vieux loup. Loup gris. Peau de loup. Un loup qui emporte une brebis. La chasse du loup, au loup. Loup ravissant.
• Fam., Il fait un froid de loup, Le temps est très-rigoureux.
• Fam., Être enrhumé comme un loup, Être fort enrhumé.
• Fam., Manger comme un loup, Manger beaucoup.
• Marcher à pas de loup, Marcher sans bruit et à dessein de surprendre.
• Fig. et fam., Être connu comme le loup gris, comme le loup blanc, Être extrêmement connu.
• Prov. et fig., La faim chasse le loup hors du bois, fait sortir le loup du bois, La nécessité détermine un homme à faire, même contre son inclination, beaucoup de choses pour se procurer de quoi vivre.
• Prov., fig. et pop., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit Lorsqu'un homme survient au moment où l'on parle de lui.
• Fig. et fam., Il a vu le loup, Il a vu le monde, il est aguerri et expérimenté.
• Prov. et fig., Il faut hurler avec les loups, Il faut s'accommoder aux manières, aux moeurs, aux opinions de ceux avec qui l'on vit, ou avec qui l'on se trouve, quoiqu'on ne les approuve pas entièrement.
• Prov. et fig., Le loup mourra dans sa peau, Rarement un méchant s'amende.
• Prov. et fig., Qui se fait brebis, le loup le mange, Ceux qui ont trop de bonté, de douceur, encouragent les méchants à leur nuire.
• Prov. et fig., Brebis comptées, le loup les mange, Les précautions ne garantissent pas toujours d'être trompé; l'excès de précaution est dangereux.
• Prov. et fig., Les loups ne se mangent pas, Les méchants s'épargnent entre eux.
• Fig. et fam., Entre chien et loup, Le moment du crépuscule pendant lequel on entrevoit les objets, sans pouvoir les distinguer. Il était entre chien et loup, quand nous crûmes apercevoir plusieurs personnes.
• Fig. et fam., Se mettre à la gueule du loup, S'exposer à un péril évident qu'on pouvait éviter.
• Fig. et fam., Tenir le loup par les oreilles, Être dans une situation difficile, pressante, et ne savoir comment en sortir.
• Fig. et fam., Donner la brebis à garder au loup, Donner à garder quelque chose à une personne dont on devrait se défier.
• Fig. et fam., Enfermer le loup dans la bergerie, Mettre, laisser quelqu'un dans un lieu, dans un poste où il peut faire aisément beaucoup de mal. Il signifie aussi, Laisser fermer une plaie avant qu'il en soit temps, ou Faire rentrer un mal qu'il fallait attirer au dehors.
• Saut de loup, Fossé assez large pour n'être pas franchi par un loup, et qu'on creuse au bout des allées d'un parc pour les fermer sans ôter la vue de la campagne.
• Loup marin, Espèce de phoque. Couteau à manche de peau de loup marin. Se dit aussi d'Un certain poisson de mer à grosses dents coniques.
• Fig. et fam., Loup de mer, Marin à qui un séjour constant sur mer a fait perdre tout usage du monde.
• Broderie, découpure à dents de loup, Broderie, découpure qui forme une suite d'angles aigus.
• En Astronomie, Le Loup, Constellation de l'hémisphère autral.
• LOUP, se dit aussi d'Une espèce de masque de velours noir, que les dames portaient autrefois pour garantir leur visage du hâle.

LOUP-CERVIER .s.m.
• Quadrupède carnassier ressemblant à un grand chat, mais à queue courte, et avec des pinceaux de poils aux oreilles. Le loup-cervier est probablement le lynx des anciens. Manchon, fourrure de loup-cervier.

LOUPE . s. f.
• .Méd. Tumeur enkystée qui vient sous la peau, qui s'élève en rond, et augmente quelquefois jusqu'à une grosseur prodigieuse. Il lui est venu une loupe à la tête, sous la gorge. Couper, extirper une loupe.
• Se dit, par analogie, en Botanique, d'Une excroissance ligneuse qui vient aux troncs et aux branches de quelques arbres. Les loupes d'orme servent à faire de jolis ouvrages de tabletterie.
• LOUPE, se dit aussi d'Un verre convexe des deux côtés, qui grossit les objets à la vue, et qu'on appelle autrement Lentille. Se servir d'une loupe pour lire de très-petits caractères.
• LOUPE, en termes de Joaillier, se dit d'Une pierre précieuse que la nature n'a pas achevée. Loupe de saphir, de rubis, etc.

LOUPEUX
, EUSE. adj.
• Qui a des loupes. Un arbre loupeux. Il est peu usité.

LOUP-GAROU .s.m.
• Homme que des gens ignorants, superstitieux, accusent d'être sorcier, et de courir, la nuit, par les rues et les champs, transformé en loup. On a tort de faire peur du loup-garou aux enfants.
• Il signifie aussi, figurément et familièrement, Un homme d'une humeur farouche, qui ne veut avoir de société avec personne. N'allons point chez cet homme-là, c'est un vrai loup-garou, un franc loup-garou.

LOURD
, OURDE. adj.
• Pesant, difficile à remuer, à porter. En ce sens, il est opposé à Léger. Un fardeau bien lourd, trop lourd. Un lourd fardeau. Cette charge est trop lourde pour votre cheval. Cette arme est lourde à porter.
• Fig., Avoir une maison bien lourde, Avoir une maison, un ménage très-coûteux. On dit de même, C'est une charge bien lourde, en parlant De ce qui occasionne beaucoup de dépense. Six enfants sont une charge bien lourde pour ce pauvre homme.
• Fig. et fam., Une lourde tâche, une lourde besogne, etc., Une tâche, une besogne difficile et rude à faire.
• LOURD, signifie aussi, Qui se remue avec peine, avec effort; et alors il est opposé à Dispos, agile. Les chevaux de Flandre sont lourds. Cet homme, qui était autrefois fort agile, est devenu bien lourd.
• Faire une lourde chute, Tomber de haut, tomber de tout son poids.
• Fig., Une lourde faute, une lourde bévue, Une faute, une bévue grossière.
• LOURD, se dit figurément, en parlant De l'esprit, et signifie, Qui manque de légèreté, de facilité, de promptitude, de finesse, de grâce. C'est un homme lourd, bien lourd, un esprit lourd. Il a l'esprit lourd.
• Il s'applique également À la manière de converser, au style, etc. Une conversation lourde. Un style lourd. Une plaisanterie lourde.
• S'emploie souvent aussi, dans une acception analogue, en Peinture, en Sculpture, etc. La touche de ce peintre est lourde. Ses contours, ses ciels sont lourds. Sa composition est lourde. Lourd de couleur. Lourd de dessin. Draperie lourde. Cette statue a des formes trop lourdes. Les ornements de cet édifice sont bien lourds.

LOURDAUD
, AUDE. s.
• Grossier et maladroit. C'est un lourdaud, un gros lourdaud, un vrai lourdaud. Un lourdaud de village. Une grosse lourdaude. Il est familier.

LOURDEMENT . adv.
• Pesamment, rudement. Marcher, tomber lourdement.
• Se dit au figuré pour Gauchement, sans finesse. Plaisanter lourdement.
• Se dit aussi pour Grossièrement. Vous vous trompez lourdement, si vous croyez... Il a erré lourdement.

LOURDERIE . s. f.
• Faute grossière contre le bon sens, contre la civilité, contre la bienséance. Il a fait une étrange lourderie. Il est familier et peu usité.

LOURDEUR . s. f.
• Pesanteur. Il ne se dit guère qu'au figuré. La lourdeur de son ton. Lourdeur de style. Cet écrivain est d'une lourdeur assommante. Il y a de la lourdeur dans la draperie de cette figure. Cet édifice a bien de la lourdeur. Il est beaucoup plus usité dans les Arts du dessin qu'en Littérature.

LOURDISE . s. f.
• Sa signification est la même que celle de Lourderie. Il vieillit.

LOURE . s. f.
• .Musique. Sorte de danse grave dont l'air, qui porte le même nom, se bat à deux temps, et d'un mouvement marqué. Jouer, danser une loure.

LOURER . v. a.
• .Musique. Lier les notes en appuyant sur la première de chaque temps. Il faut lourer ces notes, cet air.
• LOURÉ, ÉE. participe

LOUTRE . s. f.
• Quadrupède carnassier, grand à peu près comme un renard, mais plus bas de jambes, et à tête plate et obtuse: il vit au bord des rivières. La loutre dépeuple les étangs. Chapeau fait de poil de loutre. Bonnet de peau de loutre.

LOUVE . s. f.
• La femelle du loup. Rémus et Romulus furent, dit-on, allaités par une louve.
• Fig. et fam., C'est une louve, se dit D'une femme très-adonnée à la débauche.

LOUVE . s. f.
• Outil de fer qu'on place dans un trou fait exprès à une pierre, et qui sert à l'enlever.

LOUVER . v. a.
• Faire un trou dans une pierre, pour y mettre la louve. Louver une pierre.
• LOUVÉ, ÉE. participe

LOUVET
, ETTE. adj.
• Il ne se dit qu'en parlant De la couleur du poil d'un cheval, lorsqu'elle approche de la couleur du poil du loup. Cheval louvet. Jument louvette.

LOUVETEAU .s.m.
• Petit loup qui est encore sous la mère. Prendre la louve et ses louveteaux.

LOUVETER . v. n.
• Se dit D'une louve qui fait ses petits.

LOUVETERIE . s. f.
• Équipage pour la chasse du loup. Officier de la louveterie. Les capitaines de louveterie sont chargés de la destruction des loups.
• Se dit aussi Du lieu destiné, dans quelques maisons royales, à loger cet équipage.

LOUVETIER .s.m.
• Il ne s'employait guère autrefois que dans cette dénomination, Grand louvetier, Officier de la maison du roi, qui commande l'équipage pour la chasse du loup.
• Se dit, maintenant, d'Un propriétaire qui s'est engagé à entretenir un équipage pour chasser le loup.

LOUVIERS .s.m.
• Sorte de drap fabriqué dans la ville de Louviers. Habit de louviers. Un beau louviers.

LOUVOYER . v. n.
• .Mar. (Il se conjugue comme Employer.) Faire plusieurs routes en zigzag au plus près du vent, en lui présentant tantôt un côté du bâtiment, tantôt l'autre. Nous fûmes contraints de louvoyer. Notre vaisseau fut longtemps à louvoyer.
• Il signifie figurément, dans le langage ordinaire, Prendre des détours pour arriver à un but où l'on ne peut aller directement. C'est une affaire difficile, on ne pourra réussir qu'en louvoyant.

LOUVRE .s.m.
• Se dit Des maisons superbes et magnifiques, par allusion au palais qui porte ce nom à Paris. Ce n'est pas la maison d'un particulier, c'est un Louvre.

LOXODROMIE . s. f.
• .Mar. Chemin qu'un bâtiment fait sur mer, ou La ligne courbe qu'il décrit, en suivant toujours le même rumb de vent.

LOXODROMIQUE . adj. des deux genres
• .Mar. Qui a rapport à la loxodromie. Ligne loxodromique.
• Tables loxodromiques, Tables par lesquelles on peut calculer le chemin que fait un bâtiment.

LOYAL
, ALE. adj.
• Sans fraude, d'une qualité bonne et convenable. Marchandise bonne et loyale. Vin loyal et marchand. Il est peu usité dans cette acception.
• En termes de Palais, Loyaux coûts, les frais et loyaux coûts, Les frais légitimement faits. Un bon et loyal inventaire, Un inventaire fait fidèlement et régulièrement.
• LOYAL, se dit figurément pour Fidèle, sincère, droit, franc, plein d'honneur et de probité. C'est un homme loyal. Un procédé loyal. Un procédé franc et loyal. Sa conduite est très-loyale. Un loyal chevalier. De bons et loyaux services.

LOYALEMENT . adv.
• Avec fidélité, franchise, bonne foi. Vendre loyalement. Agir, se comporter loyalement.

LOYAUTÉ . s. f.
• Fidélité, probité. C'est un homme qui a beaucoup de loyauté. Ce procédé est plein de loyauté.

LOYER .s.m.
• Le prix du louage d'une maison. Prendre une maison à loyer. Donner à loyer. Payer un gros loyer de maison. Payer son loyer. Il doit encore tous les loyers de l'année passée. On dit aussi, Donner une ferme à loyer; mais, en parlant Du prix qu'on paye ou qu'on reçoit pour le bail d'une ferme, on ne se sert point du mot de loyer: on dit fermage.
• LOYER, signifie aussi, Salaire, ce qui est dû à un serviteur, à un ouvrier pour ses services, pour son travail. On ne doit point retenir le loyer du serviteur et du mercenaire. Dans ce sens, il est peu usité.
• Il signifie encore, Récompense. Les bonnes actions trouvent leur loyer dans l'estime publique. Dans ce sens, il a vieilli et n'est point d'usage au pluriel.

LOZANGE . s. f.
• Voyez LOSANGE.

LUBIE . s. f.
• Caprice extravagant. Il a des lubies. Il lui prend souvent des lubies. Il est familier.

LUBRICITÉ . s. f.
• Lasciveté excessive. Rien ne lui coûte pour satisfaire sa lubricité. Lubricité insatiable.

LUBRIFIER . v. a.
• T. didactique. Oindre, rendre glissant. La mucosité des intestins sert à les lubrifier.
• LUBRIFIÉ, ÉE. participe

LUBRIQUE . adj. des deux genres
• Qui a ou qui exprime, qui inspire de la lubricité. Homme, femme lubrique. Ardeur lubrique. Mouvements, actions, postures, paroles, vers, tableaux, regards lubriques.

LUBRIQUEMENT . adv.
• D'une manière lubrique. Danser lubriquement. Il est peu usité.

LUCARNE . s. f.
• Ouverture, petite fenêtre pratiquée au toit d'une maison, pour donner du jour aux greniers, aux galetas, aux chambres du comble. Petite lucarne. Il a passé par la lucarne.

LUCIDE . adj. des deux genres
• Clair, lumineux. Il n'est guère d'usage qu'au figuré. Un esprit lucide. Des idées lucides. Des raisonnements lucides.
• Avoir des intervalles lucides, se dit D'une personne dont la tête est dérangée, et à qui la raison revient par intervalles.

LUCIDITÉ . s. f.
• Qualité, état de ce qui est lucide. On ne l'emploie guère qu'au figuré. Cet auteur est remarquable par sa lucidité, par la lucidité de son style.

LUCIFER .s.m.
• Chez les anciens païens, L'étoile de Vénus, quand elle précédait le soleil. Chez les chrétiens, Le chef des démons.

LUCRATIF
, IVE. adj.
• Qui apporte du gain, du lucre. Un commerce lucratif. Un emploi fort lucratif. Une entreprise, une charge lucrative.

LUCRE .s.m.
• Gain, profit qui se tire de l'industrie, d'un négoce, d'un travail mercenaire, de l'exercice d'une charge, d'un emploi. Travailler pour le lucre. Il travaille moins pour le lucre que pour l'honneur.

LUCUBRATION . s. f.
• Voyez ÉLUCUBRATION.

LUETTE . s. f.
• Partie charnue, saillante, au milieu du voile du palais, à l'entrée du gosier. Il a la luette enflée, relâchée, engorgée. Se gargariser la luette. Remettre la luette.

LUEUR . s. f.
• Lumière faible ou affaiblie. Lueur blafarde. Faible lueur. Lueur passagère. On commence à voir quelque lueur du côté de l'orient. Grande lueur. La lueur de la lune, des étoiles. La lueur du feu, des flambeaux, de la chandelle, de la lampe. Lire à la lueur du feu.
• Il signifie figurément, Légère apparence. Il a quelque lueur d'esprit. Il y a quelque lueur de raison dans ce qu'il dit. Entrevoir quelque lueur de fortune. Avoir quelque lueur d'espérance. Une fausse lueur d'espérance, de faveur, etc. Il y a de fausses lueurs, de vaines lueurs, des lueurs trompeuses, qu'on prend souvent pour de véritables lumières.

LUGUBRE . adj. des deux genres
• Funèbre, qui marque, qui inspire une sombre tristesse. Voix lugubre. Cris lugubres. Plainte, ton lugubre. Cette cloche a un son lugubre. Vous avez un air, une mine bien lugubre. Des habits lugubres. Contenance triste et lugubre. Spectacle lugubre. Appareil lugubre. Pensées, idées lugubres.

LUGUBREMENT . adv.
• D'une manière lugubre. Chanter lugubrement. Être vêtu lugubrement.

LUI . pronom
• de la troisième personne. Il est du nombre singulier, et presque toujours du genre masculin. Cependant, quand la préposition à est sous-entendue, comme dans cette phrase, Vous lui parlerez, il est commun aux deux genres, mais dans deux cas seulement. Le premier, lorsqu'il précède le verbe: J'ai rencontré votre soeur, et je lui ai parlé. Le second, quand le verbe est à l'impératif: Si vous voyez ma mère, remettez-lui ce livre. Hors de là, il n'appartient qu'au genre masculin. C'est lui qui me l'a donné, c'est de lui que je le tiens. C'est à lui que je le destine. Je le choisis, lui, de préférence à tout autre. Vous pensez ainsi, mais lui pense autrement. Il l'a dit lui-même. Il ne travaille que pour lui. Je n'arriverai qu'après lui. Vous ne devez plus penser à lui.

LUIRE . v. n.
• (Je luis, tu luis, il luit; nous luisons, etc. Je luisais. Je luirai. Je luirais. Que je luise. Luisant. Lui.) Éclairer; jeter, répandre de la lumière. Quand le soleil luit. Le jour, la clarté qui nous luit. Dès que la lune commencera à luire. Dès que le jour luira. On entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres.
• Prov., Le soleil luit pour tout le monde, Il est des avantages dont chacun a le droit de jouir.
• LUIRE, se dit aussi Des corps polis qui réfléchissent la lumière. Je vois luire dans ce sable quelque chose qui ressemble à de l'or. Tout luit dans cette maison, tout y est net et poli. On voyait luire de loin les épées, les cuirasses.
• LUIRE, signifie figurément, au sens moral, Paraître, briller. Le gouverneur de cette place ne s'est pas rendu, tant qu'il a vu luire quelque espoir de secours. Voilà un rayon d'espérance qui nous luit. Un nouveau jour nous luit, Notre destin change.

LUISANT
, ANTE. adj.
• Qui luit, qui jette quelque lumière. Un ver luisant. Une étoile luisante.
• Il signifie aussi, Qui a quelque éclat, qui réfléchit quelque lumière. Des couleurs luisantes. Une étoffe, de l'encre luisante. Il a le visage tout luisant de sueur.
• LUISANT, est quelquefois substantif masculin. Le luisant d'une étoffe.
• LUISANTE, s'emploie substantivement, en Astronomie, pour désigner Certaines étoiles qui brillent d'un éclat particulier. La luisante de la Lyre.

LUITES . s. f. pl.
• .Vénerie. Les testicules d'un sanglier. Voyez SUITES.

LUMACHELLE . s. f.
• Espèce de marbre où se trouvent des débris de coquilles.

LUMBAGO .s.m.
• (On prononce Lombago.) .Médec. Rhumatisme dans les lombes, dans les reins. Avoir un lumbago.

LUMIÈRE . s. f.
• Ce qui éclaire, et qui rend les objets visibles. Dieu dit: «Que la lumière soit,» et la lumière fut. Les physiciens ne s'accordent point sur la nature de la lumière. Grande lumière. Lumière éclatante, vive, pure, éblouissante, douce, faible, pâle, blafarde. L'éclat de la lumière. La réfraction, la réflexion, la réverbération de la lumière. Lumière directe, réfléchie. Un rayon de lumière. Cela rend, cela jette beaucoup de lumière. La lumière du soleil, du jour, des cieux. Le soleil donne la lumière au monde, répand sa lumière partout. La lune et les autres planètes empruntent leur lumière du soleil. Les étoiles fixes ont une lumière qui leur est propre, et qui les distingue des planètes. La lumière zodiacale. La lumière d'un flambeau, d'une bougie, d'une chandelle, d'une lampe, etc. Il a les yeux si malades, qu'il ne peut souffrir, supporter la lumière.
• Se dit absolument pour Bougie, chandelle, lampe allumée. Apportez-nous de la lumière, une lumière. On nous a laissés sans lumière. La salle était éclairée d'un grand nombre de lumières.
• Dans le style de l'Écriture, Anges de lumière, enfants de lumière, se dit par opposition à Anges de ténèbres, enfants de ténèbres.
• Poétiq., Commencer à voir la lumière, la lumière du jour, Naître. Jouir de la lumière, Vivre. Perdre la lumière, être privé de la lumière, Mourir, être mort.
• Il a perdu la lumière, il est privé de la lumière, de la lumière du jour, Il est devenu aveugle.
• Fig., Mettre un livre, un ouvrage en lumière, L'imprimer, le rendre public, le mettre en vente. Cet ouvrage n'a point encore vu la lumière, Il n'a point encore paru dans le public. Ces phrases sont peu usitées.
• Fig., Mettre une vérité en lumière, La démontrer et la répandre.
• LUMIÈRE, en Peinture, se dit Des effets de la lumière imités dans un tableau. Belle distribution, belle économie, belle intelligence de lumière. Un bel effet de lumière. Le clair-obscur est la juste distribution des ombres et de la lumière. Les lumières sont bien entendues, bien ménagées dans ce tableau. Ce peintre entend bien les lumières.
• LUMIÈRE, se dit aussi de L'ouverture, du petit trou par où l'on met le feu à un canon, à un fusil, etc. La lumière de ce canon est bouchée. La lumière de ce fusil, de ces pistolets est trop large, trop étroite.
• Se dit, pour les instruments de mathématique à pinnules, Du petit trou à travers lequel on aperçoit l'objet observé.
• Il signifie, en termes de Facteur d'orgues, L'ouverture par laquelle le vent entre dans un tuyau.
• En termes de Marine, Lumière de la pompe, Ouverture pratiquée au corps de pompe, et par laquelle l'eau sort pour entrer dans la manche où le tuyau la conduit.
• LUMIÈRE, signifie figurément, par allusion au premier sens, Publicité ou Examen. Les fripons, les fourbes craignent la lumière. N'ayant à rougir d'aucune des actions de sa vie, il ne redoute point la lumière.
• Il signifie encore, Intelligence, clarté d'esprit, ou Savoir, connaissance, et en général tout ce qui éclaire et guide l'esprit. Lumière naturelle. Lumière acquise. Défaut de lumières. Dieu est la source de toute lumière, est le père des lumières. Cet homme a peu de lumières, n'a aucune lumière, est dépourvu de lumières, manque de lumières. Je soumets cette question à vos lumières. Je compte sur vos lumières pour me bien conduire dans cette affaire. Il a de grandes lumières en politique. Joindre les lumières de la science à de grands talents naturels. La lumière de la foi, de l'Évangile, de l'expérience, de la raison. Le progrès des lumières. L'état des lumières chez un peuple.
• Se dit aussi pour Éclaircissement, indice sur quelque affaire, sur quelque sujet. Je n'ai aucune lumière sur cette affaire. Il nous donnera, il nous fournira des lumières. Je pourrai tirer de ces pièces-là quelques lumières. La connaissance de ce fait a jeté une grande lumière dans cette affaire, sur cette affaire. Il a porté la lumière dans les ténèbres du moyen âge. La géographie et l'histoire se prêtent mutuellement des lumières.
• LUMIÈRE, se dit en outre, figurément, d'Un homme d'un rare savoir, d'un mérite transcendant. Cet écrivain a été la lumière de son siècle, une des grandes lumières de son temps. Ce docteur a été une des lumières de l'Église.

LUMIGNON .s.m.
• Bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe allumée. Quand j'ai voulu moucher la bougie, le lumignon est tombé.
• Il signifie aussi, Ce qui reste d'un bout de bougie ou de chandelle qui achève de brûler. Voilà une bougie qui va finir, il ne reste plus qu'un petit lumignon.

LUMINAIRE .s.m.
• Corps naturel qui éclaire. Il n'est employé, en ce sens, que dans cette phrase de l'Écriture: Dieu fit deux grands luminaires, l'un pour présider au jour, et l'autre pour présider à la nuit.
• LUMINAIRE, se dit aussi collectivement Des torches et des cierges dont on se sert à l'église pour le service divin. Il faut tant pour le luminaire, pour entretenir le luminaire. Le luminaire d'un enterrement.

LUMINEUX
, EUSE. adj.
• Qui a, qui jette de la lumière. Corps lumineux. Le soleil est lumineux. Les étoiles sont lumineuses. Trace lumineuse. Sillon lumineux. Des traits, des rayons lumineux.
• LUMINEUX, se dit figurément De l'esprit, et des productions de l'esprit. C'est un esprit lumineux. Il y a des traits lumineux dans ce discours, dans cet ouvrage. Une pensée, une idée lumineuse.
• Un principe fécond et lumineux, Un principe dont on tire sans peine beaucoup de conséquences importantes.

LUNAIRE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la lune. Un mois, une année lunaire. L'année lunaire est de trois cent cinquante-quatre jours environ. Les Turcs comptent par années lunaires. Cycle lunaire. Influences lunaires. Atmosphère lunaire.
• Cadran lunaire, Cadran qui marque les heures par le moyen de la lune.

LUNAIRE . s. f.
• .Bot. Plante de la famille des Crucifères. On mange en salade la racine de la lunaire annuelle.

LUNAISON . s. f.
• Le temps qui s'écoule depuis le commencement de la nouvelle lune, jusqu'à la fin du dernier quartier. Observer les lunaisons. Toute cette lunaison a été pluvieuse.

LUNATIQUE . adj. des deux genres
• Qui est soumis aux influences de la lune. Il ne s'emploie guère au propre qu'en parlant D'un cheval qui est sujet à une fluxion périodique sur les yeux, dont la diminution et l'augmentation ont été mal à propos attribuées au cours de la lune.
• Se dit, figurément et familièrement, pour Fantasque et capricieux. Il est lunatique. Elle est un peu lunatique.
• Il se prend quelquefois substantivement, soit au propre, soit au figuré; et alors il ne se dit guère que Des personnes. Le lunatique de l'Évangile. C'est un lunatique, une lunatique.

LUNDI .s.m.
• Le second jour de la semaine. Nous nous verrons lundi prochain. On s'assemble tous les lundis.
• Lundi gras, Le lundi de la semaine où le carnaval finit. Lundi saint, Le lundi de la semaine sainte.
• Pop., Faire le lundi, Continuer, le lundi, l'oisiveté du dimanche.

LUNE . s. f.
• Planète, plus petite que la terre, dont elle est satellite et autour de laquelle elle tourne à peu près en vingt-sept jours: elle l'éclaire, pendant la nuit, suivant ses phases, de la lumière qu'elle réfléchit du soleil. Le corps, l'orbite, le cercle, le globe, le disque, les phases, les quartiers, les taches de la lune. La lune est dans son apogée, dans son périgée. L'ombre de la lune. L'interposition de la lune entre la terre et le soleil. Le croissant de la lune, ou simplement, Le croissant. Le décours de la lune. La lune est en décours, dans son décours. Sur la fin de la lune. Au déclin de la lune. La lune est dans son plein. L'âge de la lune. Pleine lune. Nouvelle lune. C'est aujourd'hui nouvelle lune. Le premier, le dernier quartier de la lune. Clair de lune. Il fait un beau clair de lune. Danser, lire au clair de la lune. Une éclipse de lune. Quand la lune est éclipsée. La lune a tant de jours. La lune de mars, d'avril, etc. À quel quantième de la lune sommes-nous? Quelques chiens aboient la lune, aboient à la lune.
• Lune rousse, La lune d'avril. On craint la lune rousse, à cause des vents froids et secs dont elle est ordinairement accompagnée, et qui font tort aux fruits.
• Fig. et fam., Aboyer à la lune, Crier contre une personne à qui l'on ne peut faire de mal.
• Fig., Ce cheval est sujet à la lune, Il a la vue grasse, sa vue se charge et s'obscurcit de temps en temps.
• Prov. et fig., Vouloir prendre la lune avec les dents, Vouloir faire une chose impossible.
• Fam., C'est une lune, un visage de pleine lune, se dit D'une personne qui a le visage fort plein et fort large.
• Fig. et pop., Avoir des lunes, Être sujet à des fantaisies, à des caprices.
• Fig. et fam., Prendre quelqu'un dans sa bonne lune, dans sa mauvaise lune, Avoir affaire à lui quand il est de bonne humeur, de mauvaise humeur.
• Prov. et fig., Faire un trou à la lune, S'en aller furtivement, et sans payer ses créanciers.
• LUNE, s'est dit aussi, poétiquement, pour Mois. Depuis quatre lunes.
• Fig., La lune de miel, Le premier mois du mariage.
• LUNE, est aussi Le nom que les anciens chimistes donnaient à l'argent.

LUNETTE . s. f.
• Instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière à faire voir les objets plus grands qu'à l'oeil nu, ou à rendre la vue plus nette et plus distincte. Regarder avec une lunette. Se servir d'une petite lunette.
• Lunette convexe, Lunette qui grossit les objets. Lunette concave, Lunette qui diminue les objets.
• Lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue, ou simplement Lunette, Lunette qui grossit ou qui rapproche les objets. Monter une lunette. Allonger, raccourcir, dresser une lunette. Une lunette de poche. Une lunette de seize, de cinquante, de soixante pieds. On appelle aussi cette espèce de lunette Longue-vue.
• Lunette achromatique, Lunette qui laisse voir les objets sans couleur étrangère, sans iris.
• Lunette d'Opéra, Lunette dont on se sert particulièrement dans les salles de spectacle. Il a vieilli.
• LUNETTES, au pluriel, se dit de Deux verres de lunette assemblés dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être placés au devant des deux yeux. Une paire de lunettes. Il y a de bonnes, de mauvaises lunettes. Des lunettes de différents âges. Les degrés de force des lunettes se marquent par des numéros. Les lunettes concaves servent aux myopes, et les lunettes convexes aux presbytes. Des lunettes bien nettes, bien claires. Lunettes vertes, bleues. Lunettes à branches. Étui à lunettes. Prendre, porter des lunettes. Se servir de lunettes. Mettre des lunettes sur son nez. Mettre ses lunettes. Lire sans lunettes.
• Prov. et fig., Chacun voit avec ses lunettes, à travers ses lunettes, Chacun a sa manière de voir, de penser; chacun juge des choses suivant ses goûts, ses intérêts, ses préjugés.
• Fig. et fam., Il n'a pas de bonnes lunettes, il a mis ses lunettes de travers, ses lunettes sont troubles, Il ne voit pas juste dans cette affaire.
• LUNETTES, au pluriel, se dit par extension, Des petits ronds de feutre qu'on met, dans les manéges, à côté des yeux des chevaux ombrageux, pour les monter plus facilement. On ne saurait monter ce cheval, s'il n'a des lunettes.
• Au Jeu de dames, Mettre dans la lunette, Placer une dame entre deux dames de son adversaire, en sorte que l'une des deux est forcée.
• Au Jeu des échecs, Donner une lunette, Mettre son adversaire à même d'attaquer deux pièces avec un pion.
• LUNETTE, en Architecture, Petit jour réservé dans le berceau d'une voûte.
• Se dit aussi, dans le même Art, d'Une petite baie voûtée pratiquée dans les côtés d'une voûte.
• LUNETTE, en termes de Fortification, Petite demi-lune. On place ordinairement les lunettes des deux côtés d'une demi-lune, en manière de contre-garde. Voy. TENAILLON.
• LUNETTE, en Horlogerie, La partie de la boîte d'une montre dans laquelle on place le verre.
• LUNETTE, signifie aussi, L'ouverture ronde du siége d'un privé, ou d'une chaise percée.
• LUNETTE, se dit encore de Cet os fourchu qui est au haut de l'estomac d'un poulet, d'une perdrix, etc. Lever la lunette d'un chapon.

LUNETTIER .s.m.
• Faiseur de lunettes, marchand de lunettes.

LUNI-SOLAIRE . adj. des deux genres
• T. d'Astron. Se dit De ce qui est composé de la révolution du soleil et de celle de la lune. Le cycle luni-solaire.

LUNULE . s. f.
• .Géom. Figure qui a la forme d'un croissant.

LUPERCALES . s. f. pl.
• Fêtes annuelles, chez les Romains, en l'honneur de Pan.

LUPIN .s.m.
• Plante légumineuse, à feuilles disposées en éventail. Farine de lupin.

LURON
, ONNE. s.
• Le masculin se dit d'Un homme joyeux et sans souci, d'un bon vivant, ou même d'Un homme vigoureux et déterminé; et le féminin, d'Une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas aisément. C'est un luron, un bon luron. Quelle luronne! Il est populaire.

LUSTRAL, ALE. adj.
• T. d'Antiq. Il n'est guère usité que dans deux locutions. Eau lustrale, Eau dont les païens se servaient pour faire des lustrations ou des ablutions, et qui n'était autre chose que de l'eau commune dans laquelle on avait plongé un tison ardent pris au foyer des sacrifices. Jour lustral, Jour où, chez les païens, un enfant nouveau-né recevait son nom, et où se faisait la cérémonie de sa lustration.

LUSTRATION . s. f.
• T. d'Antiq. Cérémonies, sacrifices par lesquels les païens purifiaient une ville, un champ, une armée, ou les personnes souillées, soit par quelque crime, soit par quelque impureté.
• Se dit particulièrement de La cérémonie qui, chez les Romains, consistait à asperger d'eau lustrale un enfant nouveau-né.

LUSTRE .s.m.
• L'éclat que l'on donne à un objet, soit en le polissant, soit en faisant usage de quelque eau, de quelque composition. L'ébène poli a un grand lustre. Le vernis de la Chine est d'un beau lustre. Le lustre d'une étoffe. Cette étoffe n'a point de lustre, a perdu son lustre. Elle a bien du lustre. La moindre pluie ôte à ces chapeaux tout leur lustre.
• Il signifie aussi, La composition même dont les fourreurs, les chapeliers et autres fabricants se servent pour donner du lustre aux fourrures, aux chapeaux, etc.
• LUSTRE, signifie figurément, L'éclat que donne la parure, la beauté, le mérite, la dignité, etc. Les pierreries donnent du lustre à la beauté des femmes. Elle parut au bal dans tout son lustre. Cette charge lui donne un peu de lustre. Le malheur a donné un nouveau lustre à sa gloire. La vertu emprunte de la modestie son plus beau lustre.
• Servir de lustre, se dit De ce qui, par le contraste de son imperfection, rehausse ou fait valoir l'agrément, le mérite d'une personne ou d'une chose. La laideur de cette femme sert de lustre à celles qui l'entourent. Ce tableau sert de lustre à ceux entre lesquels il est placé.
• Dans toutes les acceptions qui précèdent, Lustre n'a point de pluriel.
• LUSTRE, se dit aussi d'Un chandelier de cristal ou de bronze, à plusieurs branches, qu'on suspend au plafond pour éclairer. Un lustre de cristal. La salle était éclairée de douze lustres.
• Se dit particulièrement Du grand lustre garni de lampes qu'on suspend au milieu d'une salle de spectacle. Le lustre de l'Opéra. Se placer au parterre, sous le lustre.

LUSTRE .s.m.
• Espace de cinq ans. Il n'est guère usité qu'en poésie. Après trois lustres, Après quinze ans. Il est dans son huitième lustre, Son âge est entre trente-cinq et quarante ans.

LUSTRER . v. a.
• Donner le lustre à une étoffe, à une fourrure, à un chapeau, etc. Lustrer une étoffe, un chapeau.
• LUSTRÉ, ÉE. participe, Étoffe lustrée.

LUSTRINE . s. f.
• Étoffe, espèce de droguet de soie.

LUT .s.m.
• (On prononce le T.) Matière molle que l'on applique sur les bouchons des vases, pour mieux fermer ceux-ci, ou autour des cornues, des tubes de verre, de porcelaine, pour les préserver de l'action trop vive du feu. Lut de terre grasse. Lut de blanc d'oeuf et de chaux. Lut de farine de graine de lin et d'empois. Lut gras ou d'argile et d'huile lithargirée. Faire un lut.

LUTER . v. a.
• Fermer avec du lut, enduire de lut les vaisseaux qu'on met au feu. Luter un vase. Il faut luter cette cornue.
• LUTÉ, ÉE. participe

LUTH .s.m.
• (On prononce le T.) Instrument de musique à cordes, qui n'est plus en usage. Accorder un luth. Jouer du luth. La guitare a remplacé le luth.
• LUTH, de même que le mot Lyre, s'emploie dans certaines phrases figurées, où il désigne L'inspiration, le talent poétique, mais dans des genres moins élevés. Prendre son luth. Chanter sur son luth. Accorder son luth. Un luth harmonieux.

LUTHÉRANISME .s.m.
• Doctrine de Luther, religion des luthériens.

LUTHÉRIEN
, IENNE. adj.
• Conforme à la doctrine de Luther. Opinion luthérienne. Sentiments luthériens.
• Se dit substantivement d'Un sectateur de Luther. Plusieurs princes d'Allemagne protégèrent les luthériens. Il avait épousé une luthérienne.

LUTHIER .s.m.
•Ouvrier qui fait des instruments de musique à cordes. C'est un bon luthier.

LUTIN .s.m.
• Suivant l'opinion populaire et superstitieuse, Espèce de démon ou d'esprit follet qui vient la nuit tourmenter les vivants. On prétend qu'il y a un lutin dans cette maison. On dit que ce vieux château est plein de lutins.
• Fig. et fam., C'est un lutin, c'est un vrai lutin, se dit D'une personne excessivement vive, pétulante, et particulièrement D'un enfant. On dit dans un sens analogue, Faire le lutin.
• Fam., Il ne dort non plus qu'un lutin, se dit D'un homme fort agissant, qui donne très-peu de temps au sommeil.
• LUTIN, s'emploie quelquefois adjectivement pour Éveillé, agaçant, piquant; et alors il fait au féminin Lutine. Cet enfant a un air lutin. Cette actrice a la figure lutine. Ce jeune homme est d'une humeur lutine.

LUTINER . v. a.
• Tourmenter quelqu'un comme le ferait un lutin. Il nous a lutinés toute la nuit. Il est familier.
• S'emploie aussi figurément. J'ai une affaire qui me lutine sans cesse.
• LUTINER, est quelquefois neutre, et signifie alors, Faire le lutin. Il n'a fait que tempêter, que lutiner toute la nuit.
• LUTINÉ, ÉE. participe

LUTRIN .s.m.
• Pupitre élevé dans le choeur d'une église, sur lequel on met les livres dont on se sert pour chanter l'office. Chanter au lutrin. Cet homme a une voix de lutrin.
• Se dit aussi, collectivement, de Ceux qui chantent au lutrin. C'est lui qui dirige le lutrin, qui donne le ton au lutrin.

LUTTE . s. f.
• Sorte d'exercice, de combat, où deux hommes se prennent corps à corps, et cherchent à se terrasser l'un l'autre. L'exercice de la lutte. S'exercer à la lutte. Un bon tour de lutte. Être fort adroit à la lutte.
• Il signifie figurément, Guerre, dispute, controverse, conflit. La paix mit fin à la lutte sanglante qui existait depuis vingt ans entre ces deux nations. La doctrine de Luther occasionna une lutte violente entre les théologiens. La lutte du jour et de l'ombre. La lutte du pouvoir arbitraire et de la liberté.
• Fig. et fam., Emporter quelque chose de haute lutte, Venir à bout de quelque chose par autorité, par force. Faire quelque chose de bonne lutte, Sans employer de fraude.

LUTTER . v. n.
• Se prendre corps à corps avec quelqu'un, pour le terrasser. Lutter avec quelqu'un, contre quelqu'un. Il est adroit, il lutte bien.
• Se dit figurément, en parlant De toute espèce de combat. Les deux armées luttèrent avec un égal courage. Il n'est pas de force à lutter contre un si habile dialecticien.
• Fig., Lutter contre la tempête, contre les vents, contre les flots, contre les obstacles, contre la mort, contre la destinée, etc., Faire effort pour surmonter la tempête, les vents, les flots, les obstacles, la mauvaise fortune; se défendre contre la mort, contre la destinée, etc.

LUTTEUR .s.m.
• Celui qui combat à la lutte. Les lutteurs qui combattaient aux jeux Olympiques. C'est un bon lutteur.

LUXATION . s. f.
• .Chir. Déboîtement des os, sortie de la tête d'un os de la cavité où elle doit être.

LUXE .s.m.
• Somptuosité, excès de dépense dans le vêtement, la table, l'ameublement, etc. Le luxe des habits, de la table, etc. Un luxe ruineux, scandaleux. Étaler, déployer un grand luxe. Luxe d'ostentation.
• Se dit figurément, au sens physique et au sens moral, pour Grande abondance, profusion, superfluité. La nature déploie ici un grand luxe de végétation. Il y a dans ce poëme un grand luxe de figures, de comparaisons, etc.
• Il signifie aussi, Parure, ornement, décoration. La beauté du linge et du drap est aujourd'hui le luxe des gens de bonne compagnie. Cet ouvrage est imprimé avec un grand luxe typographique.

LUXER . v. a.
• .Chir. Faire sortir un os de la place où il doit être naturellement. Sa chute lui a luxé l'os de la cuisse. On peut l'employer avec le pronom personnel. Il y a des os plus sujets à se luxer que d'autres.
• LUXÉ, ÉE. participe, Os luxé. Membre luxé.

LUXURE . s. f.
• Incontinence, lubricité. Le péché de luxure. La luxure est un des sept péchés capitaux. Il n'est guère usité que dans le style de la morale chrétienne.

LUXURIEUSEMENT . adv.
• Avec luxure. Il est peu usité.

LUXURIEUX
, EUSE. adj.
• Lascif, qui est adonné à la luxure; qui peut exciter à la luxure. Un homme luxurieux. Une femme luxurieuse. Des pensées, des paroles luxurieuses. Des regards luxurieux. Des peintures luxurieuses.

LUZERNE . s. f.
• Plante légumineuse à feuilles en trèfle et à gousses en spirale, qui est employée comme fourrage. Semer, couper de la luzerne. Un champ de luzerne.

LUZERNIÈRE . s. f.
• Terre semée en luzerne, champ de luzerne.

LYCANTHROPE .s.m.
• Homme atteint de lycanthropie.

LYCANTHROPIE . s. f.
• Maladie mentale de celui qui se croit métamorphosé en loup, et qui imite le cri de cet animal. Par extension, La manie de ceux qui se croient métamorphosés en quelque autre animal.

LYCÉE .s.m.
• Lieu public où les Grecs s'assemblaient pour les exercices du corps.
• Il signifie figurément, L'école d'Aristote, comme le Portique signifie, L'école de Zénon, parce que ces deux philosophes enseignaient leurs doctrines, l'un dans le Lycée d'Athènes, et l'autre sous le Portique.
• Se dit, par extension, de Certains établissements où l'on s'occupe de littérature et de sciences.

LYCOPODE .s.m.
• .Bot. Plante cryptogame, de la famille des Mousses, dont les capsules sont remplies d'une poussière abondante qui prend feu comme la résine. Dans les théâtres, on fait souvent usage de lycopode pour imiter les éclairs.

LYMPHATIQUE . adj. des deux genres
• .Méd. Qui a rapport à la lymphe, où domine la lymphe. Vaisseaux lymphatiques. Ganglions lymphatiques. Tempérament, constitution, complexion, maladie lymphatique.

LYMPHE . s. f.
• .Méd. Humeur transparente qui circule dans des vaisseaux qui lui sont propres, et à laquelle on a long-temps attribué la cause de plusieurs maladies. Maladie de la lymphe. Avoir la lymphe épaissie, stagnante. Rendre de la fluidité à la lymphe.
• LYMPHE, se dit par analogie, en Botanique, de L'humeur aqueuse qui circule dans les plantes.

LYNX .s.m.
• Quadrupède carnassier auquel les anciens poëtes attribuaient une vue perçante, capable de pénétrer les murs les plus épais; et que les naturalistes croient être l'animal appelé Loup-cervier.
• Fam., Avoir des yeux de lynx, Avoir la vue très-perçante; et, figurément, Voir clair dans les affaires, dans les desseins, dans les pensées des autres.

LYRE . s. f.
• Instrument de musique à cordes, qui était en usage parmi les anciens. Jouer de la lyre. Chanter des vers sur la lyre. Les poëtes grecs, en chantant leurs vers, s'accompagnaient de la lyre. On donne quelquefois à la guitare la forme d'une lyre.
• S'emploie aussi dans certaines phrases figurées, où il désigne, Le talent du poëte, l'action de faire des vers. Ainsi on dit: La lyre d'Anacréon chantait les plaisirs, celle de Pindare célébrait les vainqueurs, Anacréon, dans ses vers, chantait les plaisirs, etc. Prendre, accorder sa lyre, Se disposer à faire des vers. Quitter, déposer, suspendre sa lyre, Cesser d'en faire. Ce poëte a laissé reposer sa lyre, Il a été quelque temps sans composer de vers.
• Les maîtres de la lyre, Les grands poëtes.
• En Astronomie, La Lyre, Constellation de l'hémisphère septentrional.

LYRIQUE . adj. des deux genres
• Se dit De la poésie et des vers qui se chantaient autrefois sur la lyre, comme les odes, les hymnes. Poésie lyrique. Poëme lyrique. Genre lyrique. Vers lyriques.
• Se dit, par analogie, Des ouvrages en vers français qui sont faits pour être chantés ou propres à être mis en musique, tels que les cantates, les chansons, les opéras. Tragédie, drame, comédie lyrique. Les choeurs d'Esther et d'Athalie sont des chefs-d'oeuvre lyriques.
• Se dit, par extension, Des odes, quoiqu'on ne les chante pas. Les odes sont de petits poëmes lyriques.
• Théâtre lyrique, Théâtre sur lequel on représente des ouvrages mis en musique.
• Poëte, auteur lyrique, Celui qui compose des odes, ou des poésies propres à être mises en musique.
• LYRIQUE, s'emploie substantivement au masculin, et signifie, Auteur lyrique. Malherbe et Rousseau sont nos premiers lyriques.
• Il signifie aussi absolument, Le genre, le talent lyrique. Il réussit principalement dans le lyrique.

 


              [ Home ]                [ Last update: See " What's New " page ]               [ up ]
Copyright 2010   All rights reserved - Tous droits réservés - Todos derechos reservados - Tutti i diritti riservati

 BELAIR DICTIONARIES - DICTIONNAIRES BELAIR - DICCIONARIOS BELAIR - DIZIONARIOS BELAIR

D.R. BELAIR

Scientific & Technical writer           url :    http://www.dr-belair.com           e-mail  :   webmaster@dr-belair.com