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DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
L . s. f. et m.
Consonne, la douzième lettre de l'alphabet. Lorsqu'on la nomme Elle,
suivant la prononciation ancienne et usuelle, le nom de cette lettre est féminin.
Une L (elle). Lorsqu'on l'appelle Le, suivant la méthode
moderne, ce nom est masculin. Un L (le) majuscule.
Cette lettre, quand elle est double, et qu'elle est précédée
de ai, ei, oui, se prononce mouillée, comme dans ces mots, Travailler,
maille, bailler, veiller, recueillir, fouiller, grenouille. Elle se prononce
de même dans quelques mots où elle n'est précédée
que d'un i, comme dans ceux-ci, Fille, quille, briller, et dans
plusieurs autres qui seront indiqués en leur lieu.
La même prononciation est suivie dans les mots qui finissent en ail,
eil, ueil et ouil, comme Travail, réveil, cercueil, oeil,
fenouil; et dans quelques autres qui finissent par il, comme Péril,
mil, lorsqu'il signifie millet.
Dans quelques mots, comme Vil, subtil, puéril, etc., on fait sonner
l'l; on ne la prononce point dans quelques autres, tels que Sourcil,
outil, baril.
LA . article des noms féminins.
Voyez LE.
LA . pronom relatif
Voyez LE.
LÀ . adv. démonstratif
Se dit d'Un lieu qu'on désigne d'une manière expresse. Je sens
du mal là, en montrant la partie du corps qui est affectée.
Mettez là ce livre. Venez là. Il a été pris là.
C'est là qu'il demeure. Il est encore là où il était
hier. Halte là.
Se dit aussi d'Un lieu considéré comme différent de celui
où l'on est; et, dans ce sens, il est opposé à Ici. Allez-vous-en
là, je vous attendrai ici. Demeurez là, et n'approchez pas d'ici.
D'ici là, nous comptons deux lieues.
Se dit de même en parlant Du temps. Revenez demain; d'ici là,
j'aurai arrangé votre affaire.
Il se met quelquefois au commencement d'un membre de période, et il marque
la différence des lieux, sans aucun rapport au plus ou au moins de distance.
Le peintre avait rassemblé dans un même tableau plusieurs objets
différents: là une troupe de bacchantes, ici un groupe de jeunes
gens; là un sacrifice, ici une réunion de philosophes.
Il se joint à quelques adverbes de lieu, pris au sens physique ou au
sens moral, et il les précède toujours. Là-haut. Là-bas.
Là-dessous. Là-dessus. Là dedans. Là dehors. Là
auprès. Là contre. Que pensez-vous là-dessus? Qu'avez-vous
à voir là dedans?
Çà et là, De côté et d'autre. Tous
ses meubles étaient jetés çà et là. Les fuyards
étaient errants çà et là. Ils allèrent çà
et là, sans savoir précisément quel chemin ils prendraient.
LÀ, se met souvent à la suite des pronoms démonstratifs
et des noms, pour leur donner une désignation plus précise. Celui-ci,
celui-là. Celle-ci, celle-là. En ce temps-là. En ce lieu-là.
Cet homme-là. Cette femme-là. Quel discours est-ce-là? Quelles
gens sont-ce-là?
LÀ, n'est employé quelquefois que par une espèce
de rédondance, et pour donner plus de force au discours. C'est là
une belle action. Que dites-vous là? Qu'avez-vous fait là? Sont-ce
là nos gens? Est-ce là ce que vous m'aviez promis? Vous avez fait
là une belle affaire!
LÀ, dans le style familier, s'emploie explétivement, pour
insister sur quelque circonstance, pour exciter l'attention ou le souvenir de
celui à qui l'on parle. Voyez-vous toujours ce certain monsieur, là,
qui disait de si plaisantes choses? Vous souvenez-vous de ce grand homme sec,
là, qui venait si souvent chez moi autrefois?
LÀ, placé à la suite de certains verbes, signifie,
À ce point, à ce parti, à cette chose. S'en tenir là.
En demeurer là. En rester là. En venir là. S'arrêter
là. Voyez les verbes TENIR, DEMEURER, etc.
LÀ, tant au sens physique qu'au sens moral, se joint aux prépositions
De, dès, par et jusque.
De là, De ce lieu-là, de ce point-là. De là
au village, il y a deux cents pas. De là là, il y a deux mètres.
Quand vous serez près de là. Il faut aller de là en tel lieu.
Ôtez-vous de là. Tirez-vous de là. Au sortir de là.
En sortant de là. À quelques pas de là.
De là, se dit aussi en parlant Du temps, de la durée. À
quelques jours, à quelques heures, à quelques minutes de là.
De là, au sens moral, signifie, De cette cause-là, de ce
sujet-là, de cette chose-là. De là sont venues les guerres
civiles. De là résulte mon malheur. Que voulez-vous inférer
de là? Dans ce sens, il se construit quelquefois avec que. De là
que cet homme a eu quelques torts, ne le croyez pas méchant. Ce tour
vieillit.
De-là ou Delà. préposition. Voyez
DELÀ.
Dès-là, Dès lors, dès ce temps-là.
Il leur échut une succession, et dès-là ils se brouillèrent.
Il a vieilli.
Dès-là, Cela étant. C'est votre père,
et dès-là vous lui devez du respect. Dès-là je vis
bien que ce n'était pas un homme à qui il fallût se fier.
Il a vieilli.
Par là, Par ce lieu-là, par ce point-là. Allez
par là. Passez, prenez par là. Vous viendrez, vous arriverez par
là.
Par là, au sens moral, signifie, Par ce parti, par ce moyen, par
ces paroles. Il faut en passer par là. Par la vous êtes sûr
de réussir. Qu'entendez-vous par là?
Par-ci par-là, En divers endroits, de côté et d'autre.
Nous avons couru par-ci par-là. L'impression de ce livre est assez soignée;
on y trouve pourtant quelques fautes par-ci par-là.
Par-ci par-là, signifie aussi, À diverses reprises, à
diverses fois, et sans aucune suite. Il m'a entretenu de cette affaire par-ci
par-là.
Jusque-là, Jusqu'à ce lieu. Allez, venez, avancez, reculez
jusque-là.
Jusque-là, signifie aussi, Jusqu'à ce temps. Venez à
deux heures, je vous attendrai jusque-là. Vous tarderez, vous différerez
jusque-là.
Jusque-là, s'emploie aussi au sens moral. Quoi! il a pu vous
insulter jusque-là! Vous avez poussé jusque-là la patience!
LA
LA. Locution familière
espèce d'interjection, qu'on emploie tantôt pour apaiser, pour
consoler, tantôt pour réprimer, pour menacer. La la, rassurez-vous,
il n'y a rien à craindre. La la, Monsieur, nous nous retrouverons.
On dit aussi, à peu près dans ce sens, La seul. La, en
voilà assez.
LA LA adverbe, sert de réponse à certaines questions, et
signifie, Médiocrement. Est-il fort savant? La la. Avez-vous bien dormi?
La la.
LA .s.m.
(A est long.) .Musique. La sixième note de la gamme. C'est aussi le nom
du signe qui représente cette note. Entonner le la. La dièse.
La bémol. Le ton de la. Ce la est effacé.
Donner le la, Faire sonner le la sur son instrument, afin qu'un
autre musicien puisse mettre le sien à l'unisson. On dit dans un sens analogue,
Prendre le la.
LA, se dit aussi de La troisième corde de quelques instruments.
Remettez un la à ce violon.
LABARUM .s.m.
(On prononce Labarome.) Terme d'Histoire emprunté du latin, qui
signifie, L'étendard impérial sur lequel Constantin fit mettre une
croix et le monogramme de J. C.
LABEUR .s.m.
Travail pénible et suivi. Grand labeur. Labeur ingrat. Être
récompensé de son labeur. Vivre de son labeur. Dieu bénira
son labeur. Il jouit du fruit de ses labeurs. Hors de ces sortes de phrases,
il n'est guère usité que dans la poésie et dans le style
soutenu.
Ces terres sont en labeur, Elles ne sont pas en friche, elles sont façonnées,
cultivées.
LABEUR, en termes d'Imprimerie, se dit Des ouvrages considérables
et tirés à grand nombre, par opposition Aux ouvrages de peu d'étendue,
qui se tirent ordinairement à petit nombre, et qu'on nomme Ouvrages
de ville.
LABIAL , ALE. adj.
Qui a rapport aux lèvres. Muscle labial. Artère labiale. Articulation
labiale.
Lettre labiale, ou simplement et substantivement, Labiale, Lettre
qui se prononce avec les lèvres. B, P, F, V, M, sont des consonnes labiales,
sont des labiales.
En Jurisprudence, Offres labiales, Offres de payer faites de bouche ou
par écrit, sans qu'il y ait exhibition réelle des deniers.
LABIÉ , ÉE. adj.
.Botanique. Se dit De certaines plantes dont la fleur est découpée
en forme de lèvres, et De la fleur même de ces plantes. Plante
labiée. Fleur labiée. On dit dans un sens analogue, Calice
labié.
S'emploie très-souvent comme substantif, au féminin. La lavande
est une labiée. La famille des labiées.
LABILE . adj. des deux genres
Caduc, sujet à manquer. Il n'est guère usité que dans cette
expression, Mémoire labile, Mémoire faible qui manque souvent
au besoin. Il a la mémoire labile.
LABORATOIRE .s.m.
Local disposé pour y exécuter les opérations de la chimie.
Voilà un vaste laboratoire, un laboratoire bien complet.
Se dit, par extension, Des ateliers garnis de fourneaux, où les distillateurs,
confiseurs, limonadiers, etc., font leurs préparations.
LABORIEUSEMENT . adv.
Avec beaucoup de peine et de travail. L'animal nommé le Paresseux
se traîne pesamment et laborieusement sur la terre. Il est une classe d'hommes
qui passent laborieusement leur vie à ne faire que des riens.
LABORIEUX , EUSE. adj.
Qui travaille beaucoup, qui aime le travail. Un homme très-laborieux.
Un esprit laborieux.
Se dit aussi Des choses, et alors il signifie, Pénible, qui coûte
beaucoup de travail, de fatigues, d'efforts. Vie laborieuse. Longues et laborieuses
recherches. Examen laborieux et difficile. Digestion laborieuse. Accouchement
laborieux.
LABOUR .s.m.
Façon qu'on donne aux terres en les labourant. Il faut donner un seul
labour, deux labours à cette terre. Labour superficiel, léger, profond.
Donner tant à un fermier pour ses labours, pour ses labours et semences.
Ce fermier a six chevaux de labour.
Cette pièce de terre est en labour, Elle est préparée
pour recevoir la semence.
LABOURABLE . adj. des deux genres
Propre à être labouré. Cette ferme a deux cents arpents
de terres labourables.
LABOURAGE .s.m.
L'art de labourer la terre. Il entend bien le labourage. Il a quitté
le labourage pour le commerce. Les instruments du labourage.
Il signifie aussi, L'ouvrage, le travail du laboureur. Je donne quatre cents
francs pour le labourage de ma terre. Le labourage des terres légères
est plus aisé que celui des terres grasses.
LABOURER . v. a.
Remuer retourner la terre avec la charrue, la bêche ou la houe, etc. Labourer
la terre. Labourer un champ. Labourer des vignes, le pied d'un arbre. Il faut
labourer ces arbres au pied. Labourer une allée pour la nettoyer.
S'emploie aussi absolument. Labourer avec des boeufs, avec des chevaux.
Labourer à deux charrues, à trois charrues, Occuper deux
charrues, trois charrues pour le labourage de ses terres.
LABOURER, se dit, par analogie, De certains animaux et des choses qui
font sur la superficie de la terre à peu près le même effet
que la charrue, la bêche, etc. Les taupes ont labouré tout mon
jardin. Le canon a labouré ce champ.
En termes de Manége, Ce cheval laboure le terrain, se dit D'un
cheval qui butte.
LABOURER, se dit, en termes de Marine, D'une ancre qui ne tient pas sur
le fond où on l'a jetée, ou D'un navire qui passe par un endroit
où il y a peu d'eau, et qui touche le fond sans être arrêté.
Cette ancre laboure le fond, ou simplement laboure. Notre vaisseau labourait.
LABOURER, signifie figurément et familièrement, Avoir beaucoup
à souffrir. Il aura bien à labourer avant de parvenir à
son but.
Fig. et pop., Labourer sa vie, Avoir beaucoup de peine, d'embarras, de
traverses.
LABOURÉ, ÉE. participe, Champ labouré. Terres
labourées.
LABOUREUR .s.m.
Celui dont l'état est de labourer, de cultiver la terre. Bon, pauvre,
riche laboureur. Les enfants nombreux et robustes font partie de la richesse des
laboureurs.
LABYRINTHE .s.m.
T. d'Antiq. Édifice composé d'un grand nombre de chambres et de
galeries dont la disposition était telle, que ceux qui s'y engageaient
parvenaient difficilement à en trouver l'issue. Les plus célèbres
labyrinthes étaient celui d'Égypte et celui de Crète, construit,
disait-on, par Dédale sur le modèle du premier.
LABYRINTHE, en termes de Jardinage, se dit d'Un petit bois coupé
d'allées tellement entrelacées, qu'on s'y peut égarer facilement.
Le labyrinthe de Versailles. On a fait dans ce jardin un beau labyrinthe.
Il signifie figurément, Un grand embarras, une complication d'affaires
embrouillées. Il est engagé dans un labyrinthe fâcheux.
Le labyrinthe de la chicane. Il est dans un grand labyrinthe d'affaires. Les hommes
de loi l'ont jeté dans un labyrinthe dont il aura de la peine à
sortir, à se tirer, à se démêler.
LABYRINTHE, en termes d'Anatomie, se dit de La cavité intérieure
de l'oreille, parce qu'elle contient plusieurs conduits diversement dirigés,
tels que le limaçon et les canaux semi-circulaires.
LAC .s.m.
Grande étendue d'eau environnée par les terres. Il sort une
rivière de ce lac. Le lac de Genève, le lac de Constance, le lac
de Côme, etc. Les lacs du Canada.
LACER . v. a.
Serrer avec un lacet. Lacer un corps, un corset, un bas de peau. Lacer une
femme. On ne l'a pas lacée droit. On l'emploie aussi avec le pronom
personnel. Cette femme s'est lacée elle-même.
En termes de Marine, Lacer la voile, Attacher à la vergue une
partie de la voile; ce qui est nécessaire quand on fait route par un vent
violent.
LACER, se dit en outre D'un chien qui couvre sa femelle. Je crains
qu'un mâtin n'ait lacé cette chienne.
LACÉ, ÉE. participe
LACÉRATION . s. f.
.Jurisprudence. Action de lacérer un écrit, un livre. Le jugement
ordonne la lacération de cet écrit, comme d'un libelle injurieux.
LACÉRER . v. a.
Déchirer. Il ne se dit guère qu'en parlant Du papier, et en termes
de Jurisprudence. Lacérer un billet. Lacérer un mémoire
au pied du grand escalier du palais. Ce livre fut lacéré et brûlé
par arrêt du parlement.
LACÉRÉ, ÉE. participe
LACERNE . s. f.
T. d'Antiq. rom. Habit grossier qui ne fut d'abord en usage que pour la campagne,
et dont ensuite on se servit à la ville pour se garantir de la pluie.
LACERON .s.m.
Voyez LAITERON.
LACET .s.m.
Cordon plat ou rond, de fil ou de soie, ferré par un bout ou par les
deux bouts, qu'on passe dans des oeillets pour serrer une partie de vêtement
quelconque, et principalement les corps et les corsets des femmes. Serrer un
lacet. Passer un lacet. Ferrer un lacet. Coupez-lui son lacet. Il faut lâcher
son lacet.
Il signifie aussi, Un lacs avec lequel on prend les perdrix, les lièvres,
etc. Tendre un lacet. Prendre un lièvre au lacet.
S'emploie figurement au pluriel et signifie, Piéges, embûches.
Je me suis laissé prendre aux lacets de cet intrigant.
LÂCHE . adj. des deux genres
Qui n'est pas tendu, qui n'est pas serré comme il pourrait ou devrait
l'être. Ce noeud, cette ceinture est trop lâche. Danser sur la
corde lâche. Il faut tenir cette corde un peu lâche.
Toile, drap, étoffe lâche, Toile, drap, étoffe dont
la trame n'est pas assez battue ou la chaîne assez serrée.
Ventre lâche, Ventre trop libre. Avoir le ventre lâche.
Le raisin rend, tient le ventre lâche.
Temps lâche, Temps mou. Il fait un temps lâche.
Fig., Style lâche, Style qui manque d'énergie et de concision.
Cela est écrit d'un style lâche.
LÂCHE, signifie figurément, Qui manque de vigueur et d'activité.
Cet ouvrier est lâche au travail. Les grands chevaux sont ordinairement
plus lâches que les petits. Vie lâche et efféminée.
Il signifie aussi, Poltron, qui manque de courage. Ce soldat est lâche.
Un extrême danger peut donner du courage à l'homme le plus lâche.
Il signifie encore, Qui n'a que des sentiments vils, méprisables. C'est
être bien lâche que d'abandonner son ami. Cela est d'une âme
lâche.
Se dit également Des actions honteuses, indignes d'un homme d'honneur.
Il a tenu une conduite, eu un procédé, fait une action bien lâche.
Que cela est lâche!
LÂCHE, s'emploie aussi substantivement, et signifie alors, Poltron,
homme sans coeur. C'est un lâche. Il n'y a que les lâches qui en
usent de la sorte.
Fam., C'est un grand lâche, C'est un homme très-mou, très-paresseux.
LÂCHEMENT . adv.
Mollement, avec nonchalance, sans vigueur. Il travaille bien lâchement.
Il va trop lâchement en besogne. Il y va si lâchement!
Écrire lâchement, Écrire sans force, sans précision.
LÂCHEMENT, signifie aussi, Sans coeur et sans honneur, honteusement,
avec bassesse. S'enfuir lâchement. Trahir lâchement son ami. Il
souffrit lâchement cet affront, et s'en vengea plus lâchement encore.
LÂCHER . v. a.
Détendre, desserrer quelque chose. Cette corde est trop tendue, lâchez-la
un peu. Il faut lâcher ce corset, qui est trop serré.
Cet aliment lâche le ventre, ou simplement lâche,
Il rend le ventre libre. Les mauves, les pruneaux lâchent le ventre.
En termes de Manége, Lâcher la bride, la main à un cheval,
Lui tenir la bride moins courte, pour le laisser ou le faire courir.
Fig. et fam., Lâcher la main, la bride, la gourmette à quelqu'un,
Lui donner plus de liberté qu'à l'ordinaire. Lâcher la
bride à ses passions, S'y abandonner entièrement.
À certains Jeux de cartes, Lâcher la main, La laisser aller
à un autre, quoiqu'on ait de quoi la lever.
Fig. et fam., Lâcher la main, Céder de ses prétentions,
diminuer du prix qu'on demandait d'une chose.
Lâcher pied, lâcher le pied, Reculer, s'enfuir.
Fig., Lâcher pied, Céder, montrer de la faiblesse. N'allez
pas lâcher pied dans cette occasion; tenez ferme.
En termes d'Escrime, Lâcher la mesure, Reculer devant son adversaire.
LÂCHER, signifie aussi, Laisser aller, laisser échapper.
Il s'applique Aux personnes et aux choses. Il tenait cela dans ses mains, il
l'a lâché. Lâcher un prisonnier. Lâcher un oiseau. Lâcher
sa proie. Lâcher un âne dans un pré. Fig., Lâcher
un livre, un pamphlet dans le public.
Lâcher prise, Laisser aller ce qu'on tient avec force. Il signifie
aussi figurément, Cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc., ou
Rendre malgré soi ce qu'on a pris.
Lâcher les chiens, Les laisser courre après la bête.
Lâcher une laisse de lévriers.
À la Chasse du vol, Lâcher l'autour, l'épervier, etc.,
Le laisser partir.
Fig. et fam., Lâcher une personne après une autre, La mettre
à sa poursuite, pour l'inquiéter, pour la tourmenter, ou pour l'amener
à faire quelque chose qu'on désire.
Lâcher les huissiers après un débiteur, Leur donner
charge de faire contre lui des actes de leur ministère.
Lâcher la bonde d'un étang, lâcher une écluse,
Lever la bonde d'un étang, lever la vanne d'une écluse. On dit aussi
dans le même sens, Lâcher les eaux.
Lâcher le robinet d'une fontaine, Le tourner de manière
que l'eau s'échappe.
Ce malade lâche tout sous lui, Il ne peut retenir ses excréments.
Fam., Lâcher de l'eau, Uriner. Lâcher un vent, Laisser
échapper un vent par en bas.
Fig., Lâcher une parole, lâcher un mot, Dire inconsidérément
quelque chose qui peut nuire ou déplaire. Lâcher une épigramme
contre quelqu'un. Il a lâché une parole qu'il voudrait bien avoir
retenue. Je suis fâché de ce que j'ai dit, mais le mot est lâché.
Il signifie aussi, Dire une chose avec quelque dessein. Il lâcha un mot
qui fit une grande impression.
Fig. et fam., Lâcher la parole, lâcher le mot, Dire le dernier
prix qu'on veut avoir ou donner, quand on discute les conditions d'un marché,
ou Donner son consentement, dans une négociation, après avoir fait
quelques difficultés. Le mot est lâché, vous ne pouvez
vous en dédire.
Lâcher un coup de fusil, un coup de pistolet, un coup de canon,
Faire partir ces armes, en tirer un coup. Il lui lâcha un coup de pistolet
dans la tête. Le vaisseau lâcha toute sa bordée, quand il fut
à la portée du mousquet.
Pop., Lâcher un coup, Donner un coup. Il lui lâcha un
soufflet.
Au Jeu de la paume, Lâcher la balle, Ne la point toucher, la laisser
passer.
LÂCHER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie,
Se détendre, se débander. Un ressort qui se lâche. Un fusil
qui se lâche. Les cordes de cette harpe se sont lâchées.
Il signifie aussi figurément, Tenir des propos offensants, indiscrets,
indécents. Il se repentit de s'être tant lâché devant
eux. Se lâcher en propos imprudents, en propos injurieux contre quelqu'un.
LÂCHER, est quelquefois neutre, et alors il signifie, S'échapper,
se détendre. Prenez garde que la corde ne lâche. Si le fusil vient
à lâcher, vous blesserez quelqu'un.
LÂCHÉ, ÉE. participe
LÂCHETÉ . s. f.
Poltronnerie, défaut de courage. Il a montré bien de la lâcheté.
Il s'est déshonoré à la guerre par sa lâcheté.
Il signifie aussi, Action basse, indigne. Ne point défendre ses amis
absents est une lâcheté. En ce sens, il se dit au pluriel. Il
a fait mille lâchetés.
LACINIÉ , ÉE. adj.
.Botanique. Se dit Des feuilles découpées de manière à
figurer d'autres feuilles étroites et longues. La tige de l'artichaut
a ses feuilles laciniées.
LACIS .s.m.
Espèce de réseau de fil ou de soie. Un lacis bien fin. Faire
du lacis.
Se dit par analogie, en termes d'Anatomie, d'Un réseau plus ou moins
compliqué, formé de vaisseaux ou de nerfs.
LACONIQUE . adj. des deux genres
Concis à la manière des habitants de la Laconie, des Lacédémoniens.
Discours laconique. Style laconique. Cet auteur est laconique. Il est laconique
dans ses réponses.
LACONIQUEMENT . adv.
En peu de mots, brièvement, d'une manière laconique. Il parle
laconiquement. Il lui répondit laconiquement.
LACONISME .s.m.
Expression ou phrase concise et énergique, à la manière
des Lacédémoniens. Quand, à une longue lettre par laquelle
Philippe, roi de Macédoine, les menaçait de sa vengeance s'il entrait
victorieux dans leur ville, ils se contentèrent de répondre Si,
c'était un laconisme.
Se dit aussi, en général, de La grande concision du langage ou
du style. Il se pique de laconisme. Son laconisme n'est pas sans obscurité.
LACRYMAL , ALE. adj.
T. d'Anatomie. Qui a rapport aux larmes. Sac, conduit lacrymal. Points lacrymaux.
Glande, humeur lacrymale.
En Chirurgie, Fistule lacrymale, Ulcère à l'angle interne
de l'oeil, avec perforation du conduit des larmes. Avoir une fistule lacrymale.
LACRYMATOIRE .s.m.
T. d'Antiquités romaines. Se dit de Petits vases de terre cuite ou de
verre, déposés dans la plupart des tombeaux, et qui, selon toute
apparence, contenaient les huiles odorantes dont on parfumait le bûcher
avant de l'allumer. On a cru longtemps, avec peu de vraisemblance, que les
lacrymatoires servaient à recueillir les larmes répandues aux funérailles
du mort.
S'emploie aussi adjectivement, et alors il est des deux genres. Urne, vase
lacrymatoire.
LACS .s.m.
(On ne prononce pas le C.) Cordon délié. Autrefois le sceau
était attaché aux édits avec des lacs de soie de diverses
couleurs. Les muets du sérail étranglent avec un lacs de soie ceux
que le sultan leur ordonne de faire mourir.
Se dit aussi d'Un noeud coulant qui sert à prendre des oiseaux, des lièvres,
et autre gibier. Un lacs de crin. Vendre des lacs.
Se dit encore d'Une corde qui a une certaine longueur, et que l'on emploie pour
abattre les chevaux. Abattre un cheval avec le lacs.
Il signifie figurément, Piége, embarras dont on a de la peine
à se tirer. Il est tombé dans le lacs. On lui a tendu des lacs.
Elle le retient dans ses lacs. Il s'est tiré, il est échappé
des lacs. Ce chicaneur le tient dans ses lacs.
Lacs d'amour, Cordons repliés sur eux-mêmes, de manière
à former un 8 renversé. Un chiffre fait en lacs d'amour.
LACTATION . s. f.
.Médecine. Action d'allaiter un enfant, de le nourrir avec du lait.
LACTÉ , ÉE. adj.
Qui a rapport au lait, ou Qui est de la couleur du lait. Il n'est usité
que dans les expressions suivantes:
En Médecine, Diète lactée, Régime dans lequel
les malades font du lait leur principal aliment.
En Anatomie, Vaisseaux lactés, veines lactées, Petits conduits
qui sont dispersés dans le mésentère, et qui des intestins
portent le chyle au réservoir de Pecquet.
En Astronomie, Voie lactée, Blancheur irrégulière
qui entoure le ciel en forme de ceinture, et dans laquelle on observe un nombre
infini de petites étoiles.
LACUNE . s. f.
Interruption, vide dans le texte d'un auteur, dans le corps d'un ouvrage, etc.
Il y a une grande lacune dans cette décade de Tite-Live. Cet auteur
ne nous est pas parvenu en entier; ce qui nous en reste présente des lacunes,
de grandes lacunes. Il y a dans la chronologie des anciens empires d'Orient des
lacunes que les érudits ne peuvent remplir.
LADRE . adj. des deux genres
Lépreux, attaqué de lèpre, de ladrerie. Il est ladre.
Il a été déclaré ladre. Un homme ladre. Une femme
ladre. Lièvre ladre qui habite des lieux marécageux. Pourceau, truie
ladre.
Il signifie figurément, Insensible, soit physiquement, soit moralement.
Il est ladre, il ne sent pas les coups. Il faudrait être ladre pour ne
pas sentir cette injure.
Il signifie aussi, Excessivement avare. C'est un homme très-ladre.
Dans ce sens et dans le précédent, il est familier.
LADRE, est substantif dans la signification de Lépreux et d'Avare;
alors il fait au féminin Ladresse. C'est un ladre. C'est une ladresse.
Voilà l'action d'un ladre.
Fig., Ladre vert, Homme d'une avarice sordide.
En termes d'Art vétérinaire, Ce cheval a du ladre, se dit
D'un cheval qui a le tour des yeux, le bout des naseaux ou le tour des lèvres
dénués de poil.
LADRERIE . s. f.
Lèpre, maladie qui couvre la peau de pustules et d'écailles. Être
entaché de ladrerie.
Se dit aussi d'Une maladie particulière au porc, et qui est analogue
aux scrofules. Un pourceau qui a des grains de ladrerie.
Il signifie, figurément et familièrement, Avarice sordide. Quelle
ladrerie! Voyez un peu la ladrerie de cet homme.
LADRERIE, se dit aussi d'Un hôpital destiné aux lépreux.
LADY . s. f.
(On prononce Lédi.) Mot emprunté de l'anglais. Titre qui
appartient en Angleterre aux femmes des lords et des chevaliers, et qu'on donne
aussi, par courtoisie, aux filles des lords et des chevaliers baronnets, en y
joignant les noms de baptême. Lady Marie. Lady Betty. Des ladys.
LAGOPHTHALMIE . s. f.
.Médec. Maladie des paupières, qui sont tellement retirées,
que l'oeil reste ouvert pendant le sommeil, comme chez les lièvres.
LAGUNE . s. f.
Espèce de petit lac ou de flaque d'eau, dans des lieux marécageux.
Il ne se dit guère qu'au pluriel, et en parlant Du terrain couvert ou coupé
par les eaux de la mer, sur lequel la ville de Venise est bâtie. Les
lagunes de Venise.
LAI , AIE. adj.
Laïque. Un conseiller lai. Traduire un ecclésiastique en cour
laie. Patron lai.
Frère lai, moine lai, Frère servant qui n'est point destiné
aux ordres sacrés. On a dit aussi, Soeur laie, pour Soeur converse,
qui est seul usité maintenant.
Moine lai, se disait autrefois d'Un laïque, ordinairement homme
de guerre invalide, que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale,
pour y être entretenu.
LAI, s'emploie aussi comme substantif, au masculin. Les clercs et
les lais.
LAI .s.m.
Vieux mot qui signifie, Complainte, doléance, et qui était jadis
le nom particulier d'une espèce de petit poëme.
LAÏC
Voyez LAÏQUE.
LAÎCHE . s. f.
Genre de plante vivace, appelée autrement Carex, qui croît
dans les lieux humides, et dont une espèce a l'inconvénient de blesser
la langue des chevaux. Ce foin ne vaut rien, il est tout plein de laîche.
LAID , LAIDE. adj.
Qui a quelque défaut remarquable dans les proportions, dans les formes
ou dans les couleurs qui constituent la beauté naturelle de l'espèce
humaine. Homme laid. Femme laide. Fort laid. Extrêmement laid. Horriblement
laid. Elle est laide à faire peur, laide comme le péché,
laide comme un démon. Il est laid comme une chenille, etc. Il n'y a rien
de si laid. Avoir les mains laides, la gorge laide.
Se dit aussi Des animaux dont la conformation ou la couleur est désagréable.
Voilà un chien bien laid. Voilà une laide bête, un laid
animal. Le hibou est un oiseau très-laid.
Fig. et fam., C'est un laid magot, se dit D'un homme extrêmement
laid; et, C'est une laide guenon, D'une femme extrêmement laide.
LAID, se dit généralement De tout ce qui est désagréable
à voir. Cette maison, cette tapisserie, cette étoffe est fort
laide. Le temps est bien laid.
Il signifie, au sens moral et familièrement, Déshonnête,
contraire à la bienséance, au devoir. Ce que vous faites là,
ce que vous dites là est bien laid. Il est bien laid à vous d'avoir
manqué à votre promesse.
Prov., Il n'y a point de laides amours, On trouve toujours belle la personne
qu'on aime.
LAID, s'emploie aussi substantivement. Fi! le laid! Fi! la laide!
On a dit qu'une laide ne peut être aimée médiocrement.
S'emploie encore substantivement au masculin, en parlant Des choses. La satiété
du beau nous fait aimer et préférer le laid. Je vous ai dit le beau
de l'aventure, mais voici le laid.
LAIDERON . s. f.
Jeune fille ou jeune femme laide. C'est une laideron. Voyez cette petite
laideron qui fait la coquette. C'est une laideron qui ne déplaît
pas. C'est une laideron assez piquante. Il est familier.
LAIDEUR . s. f.
Difformité, défaut remarquable dans les proportions, dans les
formes ou dans les couleurs qui constituent la beauté naturelle de l'espèce.
Grande laideur. Horrible laideur. Laideur amère. La laideur de cette
femme est étrange. Il y a des laideurs qui ne sont pas désagréables.
Se dit, au sens moral, en parlant Des vices et des actions vicieuses ou malhonnêtes.
La laideur du vice. La laideur de cette action. J'ai vu là le vice dans
toute sa laideur.
LAIE . s. f.
La femelle du sanglier. Une laie avec ses marcassins. Une laie prête
à mettre bas.
LAIE . s. f.
T. d'Eaux et Forêts. Route étroite percée dans une forêt,
dans une futaie. Tracer, faire une laie dans une forêt. Une laie de trois
pieds de large.
LAINAGE .s.m.
Marchandise de laine. Faire commerce de lainage.
Se dit aussi de La toison des moutons. Ce mouton, ce bélier, cette
brebis a un beau lainage.
LAINAGE, signifie encore, La façon qu'on donne aux draps en les
tirant avec des chardons, pour en faire ressortir le poil.
LAINE . s. f.
Poil doux, épais et frisé qui croît sur la peau des moutons,
et de quelques autres animaux. Laine de mouton, de mérinos, de métis,
de vigogne. Laine d'Espagne. Mère laine. Laine crue. Basse laine. Laine
blanche. Laine noire. Laine grasse ou en suint. Laine fine. Grosse laine.
Bonne laine. Grande laine. Laine courte. Mouton bien couvert, bien fourni de laine.
Écheveau, flocon, pelote de laine. Échauder, carder, filer, fouler
de la laine. Ouvrier en laine. Cardeur de laine. Le commerce des laines. Un bonnet,
un bas de laine. Cette étoffe est moitié fil et moitié laine,
moitié soie et moitié laine.
Bêtes à laine, Béliers, moutons, brebis et agneaux.
Ce fermier a deux troupeaux de bêtes à laine.
Prov. et fig., Se laisser manger la laine sur le dos, Souffrir tout,
ne pas savoir se défendre. Il se laisse, il ne se laisse pas manger
la laine sur le dos.
Prov., Tirer la laine, Voler de nuit des manteaux dans les rues. On appelait
Ceux qui commettaient ces sortes de vols Tireurs de laine. Ces deux locutions
ont vieilli.
Laine de Moscovie, Le duvet que l'on tire adroitement de la peau des
castors, sans offenser le grand poil.
LAINE, se dit aussi Des cheveux épais et crépus des nègres.
LAINER . v. a.
Faire sortir le poil du fond d'une étoffe de laine, par l'opération
du lainage. Lainer du drap.
LAINÉ, ÉE. participe
LAINERIE . s. f. collectif
Toute sorte de marchandises de laine. La lainerie s'est bien vendue à
cette foire.
LAINEUX , EUSE. adj.
Qui a beaucoup de laine, qui est extrêmement fourni de laine. Se dit Des
moutons, et des étoffes faites de laine. Il y a des pays où les
moutons sont plus laineux qu'ailleurs. Un drap bien laineux. Une étoffe
très-laineuse.
Se dit, en Botanique, Des plantes ou parties de plantes qui sont couvertes de
poils imitant la laine ou un tissu drapé, telles que la molène,
etc. Plante, tige laineuse.
LAINIER .s.m.
Marchand qui vend des laines en gros, en écheveau, etc. Dans ce sens,
il est vieux.
Se dit plutôt maintenant d'Un ouvrier en laine.
LAÏQUE . adj. des deux genres
(Plusieurs écrivent Laïc, au masculin.) Qui n'est ni ecclésiastique,
ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier.
Une personne laïque. Un officier laïque.
Se dit également De ce qui est propre aux personnes laïques. De
condition laïque. Habit laïque.
Il est aussi substantif. Un laïque. Les ecclésiastiques et les
laïques.
LAIS .s.m.
T. d'Eaux et Forêts. Jeune baliveau de l'âge du bois, qu'on laisse
quand on coupe le taillis, afin qu'il vienne en haute futaie.
LAIS, est aussi un terme de Jurisprudence, qui signifie, Atterrissement,
alluvion, ce que la mer ou une rivière donne d'accroissement à un
terrain. Les lois et relais de la mer.
LAISSE . s. f.
Corde dont on se sert pour mener des chiens attachés. Une laisse de
crin. Mener des lévriers en laisse, les tenir en laisse. Des chiens de
chasse qui vont en laisse.
Une laisse de lévriers, se dit de Deux lévriers, qu'ils
soient ou ne soient pas attachés.
LAISSE, se dit aussi en parlant D'un chien seul que l'on conduit avec
un cordon, un ruban. Mener son chien en laisse.
Fig. et fam., Mener quelqu'un en laisse, Le gouverner, lui faire faire
tout ce qu'on veut.
LAISSE, se dit aussi d'Une espèce de cordon de chapeau, fait de
crin, de fil, de soie, etc.
LAISSÉES . s. f. plur.
.Vénerie. La fiente du loup et des autres bêtes noires.
LAISSER . v. a.
Quitter; se séparer d'une personne ou d'une chose qui reste dans l'endroit
dont on s'éloigne. Il a laissé son fils à Paris. Il a
laissé ses gens à la porte de la ville. Il avait laissé sa
voiture à Lyon. J'ai laissé votre ami à la campagne. Je l'ai
laissé seul chez lui. J'ai laissé votre père en bonne santé.
Laisser une place de guerre bien pourvue, la laisser en bon état.
Laisser quelqu'un loin de soi, loin derrière soi, Le devancer
beaucoup. Se dit au propre et au figuré.
LAISSER, signifie aussi, Ne pas emmener, ne pas emporter avec soi. Il
a laissé son fils avec son précepteur. Laissez-nous votre enfant
jusqu'à ce soir. Laissez ici votre manteau. Laissez ici votre sac d'argent,
si vous craignez les voleurs.
Il signifie encore, Oublier de prendre avec soi. Il a laissé sa montre
dans son cabinet. J'ai laissé ces papiers sur mon bureau. Il a laissé
sa canne chez moi.
LAISSER, signifie en outre, Confier, mettre en dépôt. Il
a laissé tous ses papiers à son avocat. Il laisse son argent entre
les mains de son notaire. Je vous laisse cela en garde. Laisser une chose en dépôt.
Laisser une chose au soin, à la discrétion, à la prudence,
etc., de quelqu'un, La confier, l'abandonner au soin, à la discrétion,
la remettre à la prudence de quelqu'un. On dit dans le même sens,
Je vous en laisse le soin, la conduite, etc.
LAISSER, signifie quelquefois simplement, Donner une chose à quelqu'un
pour qu'il la remette à un autre. Je ne l'ai point trouvé chez
lui, j'ai laissé votre lettre à son domestique. J'ai laissé
ma carte de visite chez son portier.
Il signifie aussi, Ne pas ôter, ne pas retirer de quelque endroit ou de
chez quelqu'un une chose ou une personne que l'on peut en ôter, en retirer.
Il laisse son enfant en nourrice. Pourquoi laissez-vous si long-temps cela
chez moi? Il laisse son tableau à l'exposition.
Il signifie également, Ne pas ôter une personne ou une chose de
la place où elle est, de la situation où elle se trouve. Laissez-moi
auprès du feu. Laissez cela, n'y touchez point. Laissez ces livres sur
mon bureau. Il le laissa à genoux.
Il signifie par extension, Ne pas changer l'état où se trouve
une chose. Ainsi on dit: Laisser un champ en friche, Ne pas le cultiver;
Laisser un ouvrage imparfait, Ne pas l'achever; Laisser une chose intacte,
Ne point l'endommager, ou N'en rien prendre; etc.
Fig. et fam., Laisser quelqu'un dans la nasse, L'abandonner dans une
méchante affaire où on l'a engagé, et dont on se tire soi-même.
Fig., Laisser quelqu'un dans l'embarras, dans le danger, dans la misère,
Ne pas lui donner les secours qu'on pourrait ou qu'on devrait lui donner.
Laisser quelqu'un en paix, en repos, le laisser tranquille, Souffrir,
permettre, ne pas empêcher qu'il demeure en paix, en repos; ne pas l'importuner,
ne pas le tourmenter. On dit dans le même sens: Laissez-moi là.
Laissez-moi donc. Laissez-moi.
Fam., Laissez le monde comme il est, Ne vous embarrassez pas de ce qui
se passe dans le monde, ne prétendez pas le réformer.
Laisser quelqu'un en son particulier, Le laisser seul.
Laisser quelqu'un maître d'une chose, La laisser entièrement
à sa disposition.
Laisser un ouvrier sans ouvrage, Ne pas lui fournir d'ouvrage.
Laisser à l'abandon, Ne prendre aucun soin de. Vous laissez
ce jardin à l'abandon. C'est un homme qui laisse tout à l'abandon.
Laisser en blanc, Réserver, dans un écrit, une place, un
espace qu'on remplira plus tard. Laissez, dans votre projet d'acte, deux lignes
en blanc. Laisser un nom en blanc.
Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher
le nez, Il est de la sagesse de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque,
en voulant y remédier, d'en causer un plus grand.
En termes de Manége, Laisser la bride sur le cou à un cheval,
Lui rendre la main, le laisser aller de lui-même.
Fig. et fam., Laisser la bride sur le cou à quelqu'un, L'abandonner
à lui-même, à ses caprices, à ses volontés.
LAISSER, signifie encore, Ne pas prendre, ne pas enlever, ne pas détruire
ce qu'on pourrait prendre, enlever, détruire, etc. Les voleurs lui ont
laissé son habit, lui ont laissé la vie. Les ennemis ont brûlé
le village et n'ont laissé que l'église. Les brigands ne lui ont
rien laissé, ne lui ont laissé que sa chemise. Laissez-moi un peu
de place. Ils ont tout mangé, ils n'ont rien laissé. Ses occupations
ne lui laissent pas un moment de repos. Laisser de la marge.
Ne laisser que les quatre murailles, Tout emporter, tout enlever d'une
maison ou d'un appartement.
LAISSER, signifie aussi, Abandonner. Cette rivière a laissé
son ancien lit. Depuis l'invention de la poudre, on a laissé l'usage de
certaines armes défensives.
Laisser un chemin, une maison, etc., à droite, sur la droite,
Prendre sur la gauche, en sorte que le chemin, la maison, etc., soit sur la droite.
On dit de même, Laisser un chemin à gauche, sur la gauche.
Laisser là quelqu'un, quelque chose, Rompre avec quelqu'un, discontinuer
quelque chose. Laissez là cette femme, elle vous perdra. Il a laissé
là son projet, son entreprise. Laissez là votre ouvrage, vous le
reprendrez plus tard.
Laisser quelqu'un pour mort, S'en éloigner avec la conviction
qu'il est mort. Son assassin l'avait laissé pour mort, mais il n'était
qu'évanoui.
Fam., Laissez-le pour ce qu'il est, N'ayez aucun égard aux injures,
aux outrages d'un pareil homme.
Fam., Cette marchandise est à prendre ou à laisser, Il
faut en donner le prix demandé, ou on ne l'aura pas.
Il y a à prendre et à laisser dans ces marchandises, Il s'y
trouve du bon et du mauvais, et il faut savoir choisir. On dit figurément,
dans le même sens, Il y a à prendre et à laisser dans cette
affaire, dans cette entreprise, dans ce que vous proposez.
Fam., Avoir le prendre et le laisser, Avoir le choix. Dans cette phrase,
Laisser est pris substantivement.
Je vous laisse à penser ce qui en arrivera; je vous laisse à
juger s'il profita de l'occasion, etc., C'est à vous à penser
aux conséquences de cela; je vous donne à juger si, etc.
Laisser beaucoup à penser, se dit D'une personne qui s'exprime
mystérieusement ou avec finesse. On dit à peu près dans le
même sens, Cela laisse beaucoup à penser, Cela donne matière
à bien des réflexions.
Laisser quelque chose, laisser beaucoup à dire, à faire,
Ne pas épuiser une matière; et dans le sens contraire, Ne rien
laisser à dire, à faire.
Laisser à désirer, N'être pas entièrement
satisfaisant. Cet ouvrage a du mérite, cependant il laisse beaucoup
à désirer.
Ne pas laisser de, ne pas laisser que de, Ne pas cesser, ne pas s'abstenir,
ne pas discontinuer de. Il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin.
Malgré leur brouillerie, il n'a pas laissé que de lui écrire.
On dit dans des sens analogues: Il est pauvre, mais il ne laisse pas d'être
honnête homme, La mauvaise fortune n'empêche pas qu'il ne soit
honnête homme. Il ne laisse pas que de gagner beaucoup à ce marché,
Il y gagne beaucoup. Cette proposition ne laisse pas d'être vraie, que
d'être vraie, Ce qu'on objecte contre n'empêche pas qu'elle ne
soit vraie. Cela ne laisse pas d'être embarrassant, d'étonner,
que d'être embarrassant, que d'étonner, etc., Cela est embarrassant,
cela étonne, etc.
Fam., Laissez que, Permettez, souffrez que. Laissez que je vous réponde.
Fam., Laissez donc, Finissez. Laissez, laissez, C'est assez, ne
continuez pas.
Fig., Laisser la vie, et pop., Laisser ses os, ses bottes en quelque
occasion, Y mourir.
Laisser des poils, des plumes en quelque endroit, se dit D'un animal,
d'un oiseau, dont il est resté des poils, des plumes, dans l'endroit par
où il a passé. On dit de même, Laisser des traces, des
vestiges, etc.
Fig. et fam., Laisser des plumes, Faire quelque perte, et particulièrement
une perte d'argent. Il a laissé de ses plumes au jeu. Il a laissé
quelques plumes dans ce procès.
LAISSER, signifie particulièrement, Passer sous silence. Je
laisse une infinité d'autres preuves, d'autres détails.
Laissons cela, Ne parlons plus de cela.
LAISSER, signifie aussi, Céder. Je lui en laisse l'honneur.
Je lui en laisse le profit. Les ennemis furent contraints de nous laisser le champ
de bataille.
Laisser une chose à un certain prix, à bon compte, Consentir
à la vendre pour un certain prix, etc. Je vous laisse ce cheval pour
six cents francs. Il m'a laissé ce drap à trente francs l'aune.
Laisser le champ libre à quelqu'un, Ne pas vouloir se mettre en
concurrence avec quelqu'un, ou Se retirer, abandonner ses prétentions.
LAISSER, signifie encore, Léguer, transmettre par des dispositions
testamentaires. Il a laissé une somme considérable à l'hôpital
de la ville. Il a laissé des legs à tous ses amis. Il a laissé
par testament sa bibliothèque à son frère.
Se dit également en parlant Des personnes ou des choses qui ont été
à quelqu'un, et qui subsistent après sa mort. Il laisse une femme
et des enfants. Il a laissé ses enfants avec peu de bien. Laisser de grands
biens, laisser peu de biens après sa mort. Laisser plusieurs ouvrages manuscrits.
Cet homme a laissé ses affaires en bon, en mauvais état. Il a laissé
une succession obérée, embarrassée.
Se dit, dans un sens analogue, en parlant Du souvenir, de l'opinion, etc., qui
reste de quelqu'un lorsqu'il est mort, ou seulement lorsqu'il a quitté
le lieu où il était. Il a laissé une bonne, une mauvaise
réputation après lui. Il a laissé une grande opinion de sa
vertu, un nom honoré, une grande réputation de probité, un
grand regret de sa perte, etc. Il a laissé dans le pays une excellente
réputation. Il a laissé de grands regrets partout où il a
passé.
Se dit pareillement, tant au sens physique qu'au sens moral, en parlant De la
sensation, de l'impression qui reste de quelque chose, ou de ses suites, etc.
Cette liqueur laisse un bon goût, un mauvais goût. Ce vin-là
est agréable au commencement, mais il laisse un mauvais goût à
la fin. Ce voyage m'a laissé des souvenirs agréables. Sa conduite
avait laissé des soupçons sur son compte. Sa maladie lui a laissé
une incommodité fâcheuse.
LAISSER, suivi d'un infinitif, signifie, Permettre, souffrir, ne pas
empêcher. Je l'ai laissé sortir. Je l'ai laissée reposer.
Laissez-moi parler. Laissez jouer ces enfants. Je les ai laissés aller.
On a laissé aller, on a laissé échapper ce prisonnier. Laisser
tomber ce qu'on a dans les mains. Se laisser faire du tort. Se laisser dire des
injures.
Laisser faire, laisser dire, Ne se pas soucier, ne se pas mettre en peine
de ce que fait ou dit quelqu'un. Laissez-les dire. Laissez-les faire. On n'a
qu'à le laisser faire. Prov., Il faut bien faire, et laisser dire.
Fam., Je me suis laissé dire telle chose, J'ai ouï dire telle
chose, mais sans y ajouter grande foi.
Laisser voir, Montrer, découvrir. Cette percée laisse
voir une vaste plaine.
Fig., Laisser voir sa pensée, Parler, agir de manière à
faire deviner sa pensée.
Laisser tout aller sous soi, se dit D'un enfant ou d'une personne infirme
qui n'a pas la force de retenir ses excréments.
Fig. et fam., Laisser tout aller, Négliger entièrement
ses affaires.
Fam., Laisser tout traîner, Ne mettre rien à sa place, laisser
tout en désordre.
En termes de Chasse, Laisser courre les chiens, ou simplement Laisser
courre, Les découpler, afin qu'ils courent après la bête.
Substantivement, Laisser-courre, Le lieu où l'on découple
les chiens. Quand ils furent au laisser-courre. Voyez COURRE.
LAISSER, s'emploie souvent avec le pronom personnel, dans un sens analogue
au précédent; et alors il est toujours suivi d'un verbe neutre.
Se laisser tomber. Ces enfants se sont laissés tomber. Cette femme s'est
laissée tomber. Se laisser mourir de faim. Se laisser aller à la
douleur, à la paresse, à son goût pour les plaisirs.
Se laisser aller, Se relâcher, ne pas tenir ferme, suivre ses mouvements
naturels, sans projet, sans réflexion.
Fam., Cette jeune fille s'est laissée aller, Elle a cédé
à la séduction.
Fam., Avoir du laisser aller, Avoir une sorte de négligence, d'abandon.
Dans cette phrase, Laisser aller est pris substantivement.
Fam., Se laisser mourir, Mourir. Il s'est laissé mourir il
y a trois mois.
On ne doit pas confondre l'emploi qui vient d'être indiqué, avec
celui où le verbe qui suit Laisser est actif, et régit le
pronom, comme dans ces phrases: Se laisser tromper, séduire. Se laisser
battre. Se laisser injurier.
Se laisser battre, signifie quelquefois simplement, Être battu;
et alors il est familier.
Fig. et fam., Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, On le lit sans fatigue,
sans ennui. Cela se laisse manger, On le mange avec plaisir.
Se laisser pénétrer, Ne pas cacher avec assez de soin ses
intentions, ses projets.
Se laisser gouverner, conduire, mener, et fig. et fam., Se laisser
mener par le nez, Laisser prendre de l'empire sur soi, et n'avoir pas la force
de s'y opposer.
LAISSÉ, ÉE. participe
LAIT .s.m.
Liqueur blanche qui se forme dans les mamelles de la femme pour la nourriture
de son enfant, et dans celles des animaux mammifères femelles pour la nourriture
de leurs petits. Lait de femme. Cette nourrice n'a point de lait, a beaucoup
de lait. Son lait est échauffé. Une frayeur lui a troublé
son lait, lui a fait perdre son lait. Cette nourrice a fait deux nourritures,
a nourri d'un seul lait, d'un même lait deux enfants l'un après l'autre.
Ils ont tété d'un même lait, le même lait. Cet enfant
a été nourri de deux laits. Lait de vache, de brebis, de chèvre,
d'ânesse, de jument. Les médecins lui ont ordonné de prendre
le lait de chèvre. Se mettre, se remettre au lait. Être au lait.
Ne vivre que de lait. Lait doux, aigre, caillé. Du lait bouilli. Café
au lait. Un potage, une soupe, des oeufs au lait. Un pot au lait. Blanc comme
lait, comme du lait.
Jeune lait, Lait d'une femme accouchée depuis peu. Lait d'un
an, Lait d'une femme accouchée depuis un an. Vieux lait, Lait
d'une femme accouchée il y a longtemps.
Fièvre de lait, Fièvre qui vient aux femmes dans les premiers
jours de leurs couches.
Lait répandu, se dit de Certaines maladies auxquelles sont exposées
les femmes qui n'allaitent pas, ou qui cessent d'allaiter. Elle est malade,
elle est morte d'un lait répandu.
Frères de lait, soeurs de lait, L'enfant de la nourrice et le
nourrisson qui a sucé le même lait.
Dents de lait, Les premières dents qui viennent aux enfants. Cet
enfant a perdu toutes ses dents de lait. Se dit aussi en parlant Des animaux.
Ce cheval est trop jeune pour travailler, il a encore des dents de lait.
Prov., Avoir une dent de lait contre quelqu'un, lui garder une dent de lait,
Lui vouloir du mal depuis longtemps, avoir quelque ancienne rancune contre lui.
Vache à lait, Vache à laquelle on a enlevé son veau,
et dont le lait est employé pour les besoins de l'homme.
Fig. et fam., Vache à lait, se dit d'Une personne, et par extension
d'une chose dont on tire un profit continuel. Cette dupe-là est une
vache à lait pour lui. Cette affaire est une vache à lait pour ce
procureur. Ce malade est une vache à lait pour ce médecin.
Veau de lait, cochon de lait, Veau, cochon qui tette encore, ou qu'on
ne nourrit que de lait.
Petit-lait, ou Lait clair, La sérosité qui se sépare
du lait lorsqu'il se caille. Petit-lait clarifié. Prenez un verre de
petit-lait, de lait clair, pour vous rafraîchir.
Lait de beurre, Espèce de petit-lait qui reste dans la baratte,
après qu'on a fait le beurre.
Lait coupé, Lait dans lequel on a mis une portion d'un autre liquide.
Lait coupé avec du bouillon, avec de l'eau d'orge.
Fig., Sucer avec le lait une doctrine, une opinion, un sentiment, Recevoir,
dès l'enfance, une doctrine, une opinion, un sentiment. Ce sont des
principes qu'il a sucés avec le lait. Il existe entre ces deux familles
une vieille haine que les enfants sucent avec le lait. On dit à peu
près dans le même sens, Il a sucé le lait de la doctrine
évangélique, le lait des saines doctrines, etc.
Prov. et fig., Le vin est le lait des vieillards.
Prov., Il avale cela doux comme lait, se dit D'un homme qui reçoit
avidement toutes sortes de louanges, ou qui, par lâcheté, par dissimulation,
passe doucement sur les choses qu'on lui dit pour le piquer.
Fam., S'emporter comme une soupe au lait, S'abandonner facilement et
promptement à la colère. On ne peut rien lui dire, il s'emporte
comme une soupe au lait.
Prov. et fig., Bouillir du lait à quelqu'un, Lui faire plaisir.
C'est lui bouillir du lait que de lui parler de ses vers, de cette femme.
Dans cette phrase, le verbe bouillir est actif.
Prov. et par exagération, Il est si jeune, que, si on lui tordait
le nez, il en sortirait encore du lait, se dit D'un très-jeune homme
qui vient se mêler de choses au-dessus de son âge et de sa capacité.
Soupe de lait, s'applique adjectivement Aux chevaux qui sont d'un blanc
tirant sur l'isabelle, et aux pigeons de la même couleur. Chevaux soupe
de lait. Pigeons soupe de lait.
LAIT, se dit, par analogie, d'Une certaine liqueur blanche qui est dans
les oeufs frais, quand ils sont cuits à point pour être mangés
à la coque. Cet oeuf est bien frais, il a bien du lait.
Se dit également Du suc blanc qui sort de quelques plantes et de quelques
fruits. Lait de figuier. Lait de coco. Le lait qui sort du tithymale est corrosif.
Se dit encore de Certaines liqueurs artificielles qui ont une ressemblance de
couleur avec le lait. Prendre du lait d'amande. Se nettoyer le visage avec
du lait virginal. Blanchir une muraille avec du lait de chaux.
Lait de poule, Jaune d'oeuf délayé dans de l'eau chaude,
avec du sucre.
LAITAGE .s.m. collect.
Le lait, ce qui vient du lait, ce qui se fait avec le lait, comme beurre, crème,
fromage. Il ne vit que de laitage.
LAITANCE
ou LAITE. s. f.
Sperme des poissons mâles, substance blanche et molle, ressemblant à
du lait caillé. La laite, la laitance d'un hareng, d'une carpe, d'un
brochet. Manger des laitances de carpe. Un poisson qui n'a point de laite.
LAITÉ , ÉE. adj.
Se dit Des poissons qui ont de la laite, de la laitance. Carpe laitée.
Hareng laité.
Prov. et fig., Poule laitée, Homme faible et sans vigueur.
LAITERIE . s. f.
Lieu où l'on serre, où l'on met le lait des vaches, des chèvres,
des brebis, etc.; où l'on fait la crème, le beurre, les fromages,
etc. Une laiterie bien exposée, bien propre, bien fraîche.
LAITERON .s.m.
Plante laiteuse de la famille des Composées, qui sert à la nourriture
des lapins domestiques. Cueillir des laiterons. Des lapins nourris de laiterons.
On dit aussi, vulgairement, Laceron.
LAITEUX , EUSE. adj.
Se dit De certaines plantes qui ont un suc de la couleur du lait. Le tithymale
est une plante laiteuse.
Se dit aussi De certaines choses qui ont une couleur de lait. Liqueur laiteuse.
Suc laiteux. Verre laiteux.
Cette opale est laiteuse, Le blanc en est trouble.
LAITIER .s.m.
.Fonderie. Sorte de matière vitrifiée qui nage au-dessus de quelques
métaux en fusion.
LAITIÈRE . s. f.
Femme qui fait métier de vendre du lait. La laitière n'est
point encore venue.
C'est une bonne laitière, se dit D'une vache qui donne beaucoup
de lait.
Fam., Cette nourrice est une bonne laitière, se dit D'une nourrice
qui a beaucoup de lait.
Vache laitière, Vache à lait, vache nourrie uniquement
pour donner du lait. Dans cette locution, laitière est pris adjectivement.
LAITON .s.m.
Cuivre rendu jaune par le mélange du zinc. Boucles de laiton. Fil
de laiton.
LAITUE . s. f.
Herbe potagère du genre des plantes laiteuses. Petite laitue. Laitue
pommée, sauvage, romaine. Salade de laitue. Suc, sirop de laitue. La laitue
est rafraîchissante.
LAIZE . s. f.
.Manufacture. Différence, ordinairement légère, en plus
ou en moins, de la largeur réelle d'une étoffe à sa largeur
légale ou convenue. Drap quatre tiers, grande ou petite laize,
c'est-à-dire, qui a un peu plus ou un peu moins de quatre tiers. Dans
les bonnes fabriques, on est scrupuleux sur les laizes.
Se dit aussi quelquefois de La largeur même. Ce châle cinq quarts
a bien sa laize.
LAMA .s.m.
Nom des prêtres de Bouddha, au Thibet et chez les Mongols. Les lamas
sont regardés comme des incarnations de différentes divinités.
Les peuples qui adorent le grand lama.
LAMA
ou LLAMA.s.m.
(On mouille les deux L.) T. d'Hist. nat. Quadrupède ruminant du Pérou,
semblable à un petit chameau, mais sans bosse. Le lama était,
au Pérou, la seule bête de somme, avant la conquête de ce pays
par les Espagnols.
LAMANAGE .s.m.
.Marine. Travail, profession des pilotes lamaneurs.
LAMANEUR .s.m.
Pilote qui connaît particulièrement l'entrée d'un port,
et qui y réside pour conduire les navires étrangers à l'entrée
et à la sortie. On dit aussi, Locman.
S'emploie quelquefois adjectivement. Pilote lamaneur.
LAMANTIN .s.m.
Voyez LAMENTIN.
LAMBEAU .s.m.
Morceau, pièce d'une étoffe déchirée. Son habit
est tout en lambeaux, s'en va en lambeaux, par lambeaux. Il y a laissé
un lambeau de son habit.
Se dit aussi Des morceaux de chair déchirée. Sa chair tombait
par lambeaux, en lambeaux.
Il signifie figurément, Partie détachée, fragment, débris.
On n'a retenu que quelques lambeaux de ce discours. Il a arraché un
lambeau de cette succession. Plusieurs États se formèrent des lambeaux
de l'empire romain.
LAMBEL .s.m.
.Blason. Certaine brisure dont les puînés chargent en chef les
armes de leur maison.
LAMBIN , INE. subst.
Celui, celle qui agit habituellement avec lenteur. C'est un vrai lambin.
C'est une lambine. Il est familier.
S'emploie aussi adjectivement. Êtes-vous assez lambin? Je n'ai pas
vu d'homme plus lambin.
LAMBINER . v. n.
Agir lentement. Il ne fait que lambiner. Il est familier.
LAMBOURDE . s. f.
.Charpent. Pièce de bois de charpente qui sert à soutenir un parquet
ou les ais d'un plancher. Poser des lambourdes. Mettre du plâtre entre
les lambourdes.
Se dit aussi Des pièces de bois qu'on met le long des murs ou des poutres,
pour soutenir les bouts des solives, lorsqu'ils n'entrent pas dans les murs ou
ne portent pas sur les poutres.
LAMBOURDE, se dit aussi, en Maçonnerie, d'Une espèce de
pierre tendre et calcaire. Lambourde d'Arcueil, de Saint-Maur, etc.
LAMBREQUINS .s.m. plur.
.Blason. Ornements qui pendent du casque et entourent l'écu.
LAMBREQUINS, en termes d'Architecture, Découpures de bois ou de
tôle, imitant le coutil et couronnant un pavillon, une tente, un store,
etc.
LAMBRIS .s.m.
Revêtement de menuiserie, de marbre, de stuc, etc., sur les murailles
d'une salle, d'une chambre, etc. Les panneaux de ce lambris sont de bois de
sapin, et les pilastres de chêne. Ce lambris est de marbre de diverses couleurs.
Ce lambris est peint en blanc, avec des moulures dorées. Lambris de stuc.
Lambris d'appui, Lambris de deux à trois pieds de haut qui règne
autour d'une pièce. Les lambris d'appui de la salle à manger
sont de marbre, ceux du salon sont de chêne.
Lambris feint, Imitation d'un lambris par le moyen de la peinture.
LAMBRIS, se dit également d'Un enduit de plâtre fait au
dedans d'un grenier, d'un galetas, sur des lattes jointives clouées aux
chevrons.
LAMBRIS, se dit aussi d'Un revêtement de menuiserie appliqué
aux solives d'une salle, d'une chambre, etc., et où l'on forme quelquefois
des caissons. Des lambris peints et dorés. On dit dans le même
sens, Lambris de plafond.
Par extension et poétiq., De vastes lambris, des lambris dorés,
de riches lambris, etc., se dit De la décoration intérieure
d'une maison vaste et magnifique. Le bonheur se trouve rarement sous les lambris
dorés.
Fig., en poésie, Le céleste ou les célestes lambris,
Le ciel.
LAMBRISSAGE .s.m.
Ouvrage de celui qui a lambrissé. Le lambrissage de cette pièce
est riche, est beau, a coûté beaucoup de peine, de temps, d'argent.
LAMBRISSER . v. a.
Revêtir de lambris. Lambrisser de bois les murs d'une chambre à
coucher, d'un cabinet. Lambrisser de marbre ou de stuc une salle à manger.
Lambrisser de plâtre un galetas. Faire lambrisser un plafond.
LAMBRISSÉ, ÉE. participe, Chambre lambrissée,
se dit particulièrement d'Une chambre sous le toit, dont l'intérieur
est revêtu d'un enduit de plâtre.
LAMBRUCHE
ou LAMBRUSQUE. s. f.
Espèce de vigne sauvage.
LAME . s. f.
Morceau de métal plat, de peu d'épaisseur, et ordinairement plus
long que large. Lame de cuivre, d'étain, de plomb, d'argent, d'or. Une
inscription, une épitaphe gravée sur une lame de cuivre, etc.
LAME, se dit aussi, surtout au pluriel, de L'or ou de l'argent trait,
battu, ou aplati entre deux cylindres, qu'on fait entrer dans la fabrication de
quelques étoffes, de quelques broderies, de quelques galons, pour les rendre
plus riches et plus brillants. La robe de cette femme était toute couverte
de lames. Il y a beaucoup de lames et de paillettes dans cette broderie. Mousseline
brodée de lames.
Se dit quelquefois par analogie, en termes d'Histoire naturelle, Des parties
minces et plates, des espèces de feuillets qui garnissent ou composent
certaines productions naturelles. Les lames qui garnissent le chapeau des agarics.
Une pierre qui peut aisément se partager en lames.
Les lames d'un trictrac, Les languettes pointues qui sont tracées
au fond du trictrac. On les nomme plus ordinairement Flèches.
LAME, signifie aussi, Le fer de l'épée. Bonne lame.
Lame fine, pesante, légère. Lame de Vienne, d'Espagne, de Damas.
Lame vidée. Lame de bonne trempe. Lame tranchante. Lame damasquinée.
La lame se cassa. La lame est faussée.
Fig. et fam., C'est une bonne lame, se dit D'un homme qui manie bien
l'épée; et, C'est une fine lame, D'une femme fine et rusée.
Prov. et fig., La lame use le fourreau, se dit Des personnes en qui une
grande activité d'âme ou d'esprit nuit à la santé.
LAME, se dit également Du fer de plusieurs autres armes, et de
beaucoup d'instruments propres à percer, tailler, couper, trancher, raser,
gratter, etc. Lame de sabre, de couteau de chasse, de poignard, de baïonnette,
de fleuret. Lame de couteau, de canif, de rasoir, de lancette, de grattoir, de
serpette. Couteau à deux lames. Couteau à lame d'acier, de fer,
d'or, d'argent. Lame ébréchée, dentelée, épointée.
Lame à deux tranchants.
LAME, en termes de Marine, Une vague de la mer. Il vint une lame qui
couvrit le vaisseau. La lame vient du large. Lame longue. Lame courte. La tempête
était si forte, que les lames entraient dans le vaisseau.
LAMÉ , ÉE. adj.
Il ne se dit que Des étoffes enrichies de lames d'or ou d'argent. Étoffe
lamée, lamée d'or, lamée d'argent. Elle portait ce jour-là
une robe lamée d'or.
LAMELLÉ , ÉE et plus souvent LAMELLEUX, EUSE. adj.
(On fait sentir les deux LL.) T. d'Hist. nat. Qui est garni de lames ou feuillets,
ou Qui se laisse diviser en lames, en feuilles. Le chapeau de certains champignons
est lamellé en dessous. Le talc est lamelleux. L'ardoise est une pierre
lamelleuse.
LAMENTABLE . adj. des deux genres
Déplorable, qui mérite d'être pleuré. Une mort
lamentable. Un accident lamentable. Un sort lamentable.
Il signifie aussi quelquefois, Douloureux, qui porte à la pitié.
Un discours, un accent, un ton de voix lamentable. Une histoire lamentable.
Des cris lamentables.
LAMENTABLEMENT . adv.
D'un ton lamentable, d'un ton propre à exciter la pitié. Il
nous conta ses adversités si lamentablement, que...
LAMENTATION . s. f.
Plainte accompagnée de gémissements et de cris. On n'entendit
que lamentations. Souvent il signifie seulement, Expression de douleur et
de regret. Après une longue lamentation. Il se répand en lamentations.
Il fait d'éternelles lamentations sur la perte de son procès.
Les Lamentations de Jérémie, Sorte de poëme que ce
prophète a fait sur la ruine de Jérusalem. On chante à
Ténèbres les Lamentations de Jérémie.
LAMENTER . v. a.
Déplorer, regretter avec plaintes et gémissements. Lamenter
la mort de ses parents, la ruine de sa patrie. Lamenter son malheur. Dans
le sens actif, il n'est guère usité qu'en poésie.
S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Vous vous lamentez
en vain. Des femmes qui se lamentaient. Il se lamente sans cesse sur la perte
de son emploi.
Il se prend aussi neutralement. Vous avez beau pleurer et lamenter. Cet
emploi est peu usité.
LAMENTÉ, ÉE. participe
LAMENTIN .s.m.
(Quelques-uns écrivent, Lamantin.) Animal vivipare marin qui n'a
que les extrémités de devant, et dont les mamelles sont sous la
poitrine. On a pris quelquefois la femelle du lamentin pour une femme marine.
LAMIE . s. f.
Espèce de requin, de squale d'une grandeur extraordinaire. Il y a
des lamies qui pèsent jusqu'à trente milliers.
Se dit aussi de Certains êtres fabuleux qui passaient, chez les anciens,
pour dévorer les enfants, et qu'on représentait ordinairement avec
une tête de femme et un corps de serpent.
LAMINAGE .s.m.
Action de laminer.
LAMINER . v. a.
Réduire un métal en lame, en lui donnant une épaisseur
uniforme par une compression toujours égale. Laminer du plomb.
LAMINÉ, ÉE. participe
LAMINOIR .s.m.
Machine composée de deux cylindres d'acier, entre lesquels on fait passer
des lames de métal, pour en réduire plus ou moins l'épaisseur,
suivant qu'on rapproche plus ou moins les cylindres. Métal passé
au laminoir, par le laminoir.
LAMPADAIRE .s.m.
T. d'Hist. ancienne. Nom d'un officier qui portait des flambeaux devant l'empereur,
l'impératrice, et devant quelques autres personnes considérables.
LAMPADAIRE, se dit aussi d'Une espèce de lustre ou de candélabre
propre à soutenir des lampes. Les lampadaires sont ordinairement de
bronze.
LAMPADISTE .s.m.
T. d'Antiq. On appelait ainsi, chez les Grecs, Ceux qui disputaient le prix
à la course des flambeaux.
LAMPADOPHORE .s.m.
T. d'Antiq. On nommait ainsi, chez les Grecs, Ceux qui portaient les lumières
dans les cérémonies religieuses.
Se dit aussi dans le même sens que Lampadiste.
LAMPAS .s.m.
Étoffe de soie qu'on tirait originairement de la Chine, et qui est en
général à grands dessins d'une couleur différente
de celle du fond. Le lampas sert surtout à l'ameublement.
LAMPAS .s.m.
T. d'Art vétérinaire. Engorgement ou allongement de la membrane
qui tapisse le palais du cheval près des dents incisives. C'est ce qu'on
nomme autrement Fève. Ce cheval ne mangera que quand vous lui aurez
ôté le lampas.
Pop., Humecter le lampas, Se mouiller le palais, boire du vin. Il
humecte volontiers le lampas.
LAMPE . s. f.
Vase, ustensile où l'on met une mèche et de l'huile pour éclairer.
Lampe de terre, de bronze, de cuivre, d'argent, de verre, de cristal. Lampe
portative. Lampe de nuit. Lampe à l'antique. Lampe sépulcrale. Lampe
à double courant d'air. Lampe astrale. Lampe à becs, à plusieurs
becs. Lampe à pompe. Lampe de mineur. Lampe à l'esprit-de-vin. Allumer,
éteindre, moucher, entretenir une lampe. Mettre de l'huile dans la lampe.
Il y a une lampe qui brûle toujours devant cet autel. Les émailleurs
travaillent au feu de la lampe. Les chimistes se servent du feu de lampe.
Fig. et fam., Il n'y a plus d'huile dans la lampe, se dit D'une personne
qui se meurt d'épuisement, dont les forces naturelles s'éteignent.
Fig. et fam., Veiller comme une lampe, se dit D'une personne qui aime
à veiller.
Prov. et fig., Il ne faut pas mettre la lampe allumée sous le boisseau,
Il ne faut ni ôter ni refuser à autrui les moyens de s'éclairer,
de s'instruire.
En Architecture, Cul-de-lampe, Certain ornement de lambris ou de voûte,
qui est fait comme le dessous d'une lampe d'église. Se dit aussi de Certains
cabinets saillants en dehors d'une maison, et dont la partie inférieure
a cette forme.
En Imprimerie, Cul-de-lampe, Ornement, aujourd'hui peu employé,
qui se termine ordinairement en pointe, et qui servait principalement à
remplir le blanc de la page où finissait un livre, un chapitre, etc. Édition
ornée de vignettes, fleurons et culs-de-lampe.
LAMPÉE . s. f.
Grand verre de vin. Il en avala cinq ou six lampées. Il est populaire.
LAMPER . v. a.
Boire avidement de grands verres de vin. En un instant il eut lampé
cinq ou six verres de vin. On peut l'employer absolument. Il aime à
lamper. Il est populaire.
LAMPÉ, ÉE. participe
LAMPERON .s.m.
Petit tuyau ou languette qui tient la mèche dans une lampe.
LAMPION .s.m.
Petit vaisseau de terre, de fer-blanc ou de verre, dans lequel on met du suif
ou de l'huile avec une mèche, pour faire des illuminations.
LAMPION, signifie aussi, Le vase de verre qu'on suspend au milieu des
lampes d'église, entre le panache et le culot.
LAMPISTE .s.m.
Ouvrier qui fait et vend des lampes.
LAMPROIE . s. f.
Poisson de mer, de forme cylindrique et allongée, qui a, de chaque côté,
sept trous pour la respiration, et qui, au printemps, remonte les fleuves et les
rivières. Grosse lamproie. Petite lamproie.
LAMPROYON
ou LAMPRILLON.s.m.
Espèce de petite lamproie. Manger des lamproyons.
LANCE . s. f.
Arme d'hast, ou à long bois, qui est terminée par un fer pointu,
et qui est fort grosse vers la poignée. La poignée, le tronçon
de la lance. Le bois, le fer de la lance. Faire la levée de la lance. Tenir
la lance en arrêt. Lance de combat, de joute, de tournoi. Coucher, baisser
la lance. Il rompit trois lances pour les dames. Il l'abattit d'un coup de lance.
Les champions brisèrent leurs lances. Les lances volèrent en éclats.
Ils venaient, l'un contre l'autre, lances baissées ou à lances
baissées. Un beau coup de lance. Il combattit avec la lance et l'écu.
Lance brisée, Lance dont on se servait dans les joutes, et qui
était à demi sciée près du bout, en sorte qu'elle
pouvait facilement se briser.
Lance à outrance, ou Lance à fer émoulu,
Lance dont le fer était pointu, et avec laquelle on combattait à
outrance. Lance courtoise, ou Lance mousse, ou Lance frétée,
ou Lance mornée, Lance dont le fer n'était pas pointu, et
qui était garnie au bout d'une sorte d'anneau qu'on appelait Frette
ou Morne.
En termes de Manége, La main de la lance, La main droite du cavalier.
Le pied de la lance, Le pied droit du cheval. Fig., Coup de lance,
Marque naturelle que quelques chevaux ont entre le poitrail et l'épaule.
Fig. et fam., Baisser la lance, Fléchir, mollir, se relâcher.
Il a tenu bon plus d'un an, mais enfin il a baissé la lance. On
dit aussi, Baisser la lance devant quelqu'un, Lui céder, reconnaître
sa supériorité.
Prov. et fig., Rompre une lance, rompre des lances pour quelqu'un, Le
défendre contre ceux qui l'attaquent. On vous attaquait rudement dans
cette compagnie, j'ai rompu bien des lances pour vous. On dit dans un sens
différent, Rompre une lance avec quelqu'un, contre quelqu'un, Disputer
avec lui.
Prov. et fig., Il est venu, il est retourné à beau pied sans
lance, Il est venu, il est retourné à pied.
Prov. et fig., Le royaume de France ne peut tomber de lance en quenouille,
Les femmes ne peuvent hériter du trône de France.
LANCE, se prenait autrefois pour Un gendarme armé d'une lance.
Une compagnie de cent lances.
Lance fournie, s'est dit d'Un homme d'armes ayant tout son accompagnement,
qui consistait en un certain nombre de soldats, de valets et de chevaux.
LANCE, se dit aujourd'hui d'Une longue pique dont certains corps de cavalerie
sont armés. Ce régiment a reçu sa fourniture de lances.
La lance d'un Cosaque.
Lance de drapeau, d'étendard, Bâton surmonté d'un
fer de lance, et auquel est attaché le drapeau, l'étendard.
LANCE, se dit aussi d'Un long bâton garni d'un tampon, pour jouter
sur l'eau.
Lance à feu, Fusée emmanchée qui sert à mettre
le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice.
LANCE, se dit encore d'Un météore igné dont la forme
est à peu près celle d'une lance.
LANCE, se dit en outre de Deux instruments de chirurgie, dont l'un sert
à faire l'opération de la fistule lacrymale, et l'autre à
percer la tête du foetus mort et arrêté au passage.
LANCÉOLÉ , ÉE. adj.
.Bot. Qui a la forme d'un fer de lance. C'est une plante à feuilles
lancéolées.
LANCER . v. a.
Darder, jeter en avant avec force, avec roideur, pour atteindre au loin. Lancer
un trait, un dard, un javelot. Les anciens, dans les combats, lançaient
des dards, des traits et des javelots. Lancer une pierre, des pierres, une grêle
de pierres, de traits, etc. Lancer une balle contre un mur. Les balistes, les
catapultes servaient à lancer de grosses pierres. Poétiquement
et dans le style soutenu: Dieu lance le tonnerre, lance la foudre. Le soleil
lance ses rayons sur la terre. Etc.
LANCER, s'emploie aussi figurément. Lancer un regard de colère.
Lancer des oeillades. Lancer des traits de raillerie. Lancer une épigramme,
des épigrammes contre quelqu'un. Ils se sont lancé mille traits
des plus piquants. Lancer un monitoire, une bulle, un interdit, un mandement,
un anathème. Lancer une brochure, une satire, un pamphlet contre quelqu'un.
En termes de Vénerie, Lancer la bête, le cerf, le sanglier,
le loup, le lièvre, etc., Les faire sortir de l'endroit où ils
sont, pour leur donner les chiens.
En termes de Marine, Lancer un vaisseau à la mer, dans un fleuve,
etc., Le faire descendre du chantier à la mer, dans un fleuve, en le
laissant glisser sur un plan incliné. Ce vaisseau lance bâbord,
lance tribord, se dit D'un vaisseau qui, se détournant accidentellement
de sa route, se jette à gauche ou à droite. Dans cette dernière
phrase, Lancer est employé neutralement.
En termes de Manége, Lancer un cheval, Le faire partir très-vite,
au galop.
LANCER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se jeter
avec impétuosité, avec effort. Il se lança au travers
des ennemis. Il se lança dans le bois. Il se lança le premier dans
l'eau. Ils se sont lancés l'un sur l'autre.
Fig. et fam., Se lancer dans le monde, dans la littérature, dans les
affaires, Y entrer, s'y produire, s'y jeter avec peu de réflexion.
LANCE, ÉE. participe
LANCETTE . s. f.
Instrument de chirurgie, servant à ouvrir la veine, à percer un
abcès, etc. Donner un coup de lancette. Enfoncer la lancette bien avant.
Percer, ouvrir un abcès avec une lancette.
LANCIER .s.m.
Cavalier dont l'arme principale est une lance. On a levé un régiment
de lanciers.
LANCINANT , ANTE. adj.
.Médecine. Il n'est guère usité que dans cette locution,
Douleur lancinante, Douleur qui se fait sentir par élancements.
LANDAMMAN .s.m.
(On prononce Landamane.) Titre du premier magistrat dans quelques républiques
de la Suisse. Les fonctions de landamman sont temporaires. Il a été
élu landamman.
LANDAU
ou LANDAW.s.m.
Sorte de voiture à quatre roues, dont le dessus est formé de deux
soufflets, qui se replient à volonté. Découvrir un landau.
Il se promenait dans un landau fort élégant. Des landaus.
LANDE . s. f.
Grande étendue de terre inculte et stérile. Ce pays n'est qu'une
lande. Les landes de Bordeaux. Un pays plein de landes. Au milieu des landes.
Changer des landes en pâturages.
LANDGRAVE .s.m.
Titre, dignité de quelques princes d'Allemagne. Ce nom signifie, Comte
du pays. Le landgrave de Hesse.
LANDGRAVIAT .s.m.
État, pays soumis à un landgrave. Le landgraviat de Hesse.
LANDIER .s.m.
Gros chenet de fer servant à la cuisine.
LANDWEHR . s. f.
Nom donné, en Prusse, et dans d'autres États de l'Allemagne, à
une partie de la population qui est armée pour servir d'auxiliaire aux
troupes de ligne. La landwehr reçut l'ordre de marcher.
LANERET .s.m.
Oiseau de proie, le mâle du lanier.
LANGAGE .s.m.
Emploi que l'homme fait des sons et des articulations de la voix, pour exprimer
ses pensées et ses sentiments. On a publié de nombreux écrits
sur l'origine du langage.
Se dit, par extension, Des cris, du chant, etc., dont les animaux se servent
pour se faire entendre. Les oiseaux ont une sorte de langage. Le langage des
bêtes.
LANGAGE, se dit, figurément, de Tout ce qui sert à exprimer
des idées et des sensations. Langage du geste, des yeux. Langage d'action.
Les yeux ont un langage très-expressif. En Turquie, on forme avec les fleurs
un langage symbolique. La pantomime est un langage. La peinture est un langage
muet. On a composé, pour les sourds-muets, un langage au moyen de divers
mouvements de la main et des doigts.
LANGAGE, se dit aussi de L'idiome d'une nation. Le langage des Turcs.
Le langage persan. Personne n'entend ce langage. C'est un langage barbare, un
langage inconnu.
Il signifie également, Discours, style, manière de s'exprimer.
Langage naïf, pur, simple, sans ornement. Langage figuré, allégorique,
mystique, poétique, orné, affecté, fleuri, pompeux. Langage
obscur, incorrect. Cela est écrit en beau langage, en vieux langage. La
pureté, la correction du langage. Les beautés, les agréments,
les finesses, les irrégularités, les anomalies, les vices du langage.
Dénaturer, défigurer, corrompre le langage. Faire des fautes de
langage.
LANGAGE, signifie encore, La manière dont on parle de quelque
chose, eu égard au sens plutôt qu'aux mots ou à la diction.
Vous me tenez là un étrange langage. Ce langage-là ne
me plaît point. Je n'entends point ce langage. Je vous ferai bien changer
de langage. Il a bien changé de langage. Il tient maintenant un autre langage.
Le langage de la religion, du barreau, des cours. Le langage de l'Écriture
sainte. Le langage des Pères, des théologiens scolastiques. Ce n'est
pas là le langage d'un homme de bien. Voilà bien le langage de la
passion. Vous tenez là le langage de la peur, de la présomption,
etc. Emprunter le langage de la bienveillance. Composer son langage. Quittez ce
langage qui ne s'accorde point avec votre sincérité. Ces gens-là
se sont bien concertés, ils n'ont tous qu'un même langage.
LANGE .s.m.
Morceau d'étoffe ou de toile, dont on enveloppe les enfants au berceau.
Des langes fins, de beaux langes. Un lange de futaine, de molleton, de piqué.
Grâce aux conseils éloquents de J. J. Rousseau, les enfants ne sont
plus gênés, serrés dans leurs langes, comme ils l'étaient
autrefois.
LANGOUREUSEMENT . adv.
D'une manière langoureuse. Regarder langoureusement.
LANGOUREUX , EUSE. adj.
Qui est en langueur. Il a été longtemps malade, il est encore
tout langoureux. Il est peu usité en ce sens.
Par dérision, Faire le langoureux auprès d'une femme, Lui
faire la cour d'une manière doucereuse et fade.
LANGOUREUX, signifie aussi, Qui marque de la langueur. Il a un air
langoureux. Il parle d'un ton langoureux. Un regard langoureux. Des vers langoureux.
LANGOUSTE . s. f.
Sorte d'écrevisse de mer, à corselet épineux. Manger
des langoustes.
LANGUE . s. f.
Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal
organe du goût et de la parole. La langue d'un homme, d'un oiseau, d'un
cheval, d'un poisson. La pointe ou le bout, le dessus, le dessous de la
langue. Le filet ou le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse,
mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée,
pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer
la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s'écorcher la
langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu'un. On l'a saigné
sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec
la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de boeuf,
de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues
fumées, fourrées, farcies.
En termes de Chasse et de Manége, Donner de la langue, Appeler,
exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la
langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue,
mais seulement en termes de Manége, Aides, appel de la langue.
Prov., Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long, que je ne lui donnerais
pas un verre d'eau, se dit en parlant D'une personne dont on n'a nulle compassion.
Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif.
Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu'on ne peut
voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui.
Fam., Mince comme la langue d'un chat, comme une langue de chat, se dit
D'une chose mince et déliée.
Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver
quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement
les r. On dit plus ordinairement aujourd'hui, dans le même sens,
Parler gras, grasseyer.
Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité de
parler.
Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et
avec facilité, avoir beaucoup de babil.
Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande
rapidité.
Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui
a donné plus de facilité pour parler.
Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu'un, Faire
rompre le silence à quelqu'un qui voulait le garder. La peur lui avait
lié la langue, l'argent la lui a dénouée, la lui a déliée.
Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement.
Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir
sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne saurait garder
un secret.
Par exclamation, Quelle langue! Quel bavard! quelle bavarde!
Fig. et fam., Il a la langue dorée, c'est une langue dorée,
se dit De quelqu'un qui tient des discours faciles, élégants, propres
à séduire.
Fig. et fam., N'avoir point de langue, se dit D'une personne qui parle
très-peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n'a point de langue.
Vous ne dites rien, est-ce que vous n'avez pas de langue?
Être maître, n'être pas maître de sa langue,
Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue,
pour que je lui confie mon secret.
Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses
qu'il faudrait taire, commettre des indiscrétions.
Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D'une personne
qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près
semblable.
Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu'on
est près de trouver, de dire un mot qu'on cherche dans sa mémoire.
Fig., C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse,
une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D'une personne
qui aime à médire, à déchirer la réputation
d'autrui.
Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que
l'on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup
de langue est pire qu'un coup de lance.
Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses
qu'on n'a pas dessein d'exécuter. Faire merveilles du plat de la langue,
Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases,
par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées.
Fig. et fam., Se mordre la langue, S'arrêter au moment de dire
ce qu'on ne doit pas ou ce qu'on ne veut pas exprimer. J'allais lui dire quelque
chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue.
Fig. et fam., Se mordre la langue d'avoir parlé, S'en repentir.
Je n'ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m'en suis
mordu la langue.
Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler,
Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir.
Prov., Beau parler n'écorche point la langue, Il est toujours bon
de parler honnêtement.
Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner
quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux
chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens? je vous dirai le mot.
Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s'expliquer,
peut aller partout.
Prendre langue, S'informer de ce qui se passe, de l'état d'une
affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l'on doit traiter.
On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans
un pays où l'on n'est jamais allé, on a besoin de prendre langue.
Avant que de s'engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.
LANGUE, signifie aussi, L'idiome d'une nation. La langue grecque,
la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Une
belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce,
sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une
langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue.
Cette langue a cours dans tout l'Orient. La langue italienne s'est formée
de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir
une langue. La richesse, la beauté, la politesse d'une langue. Le génie,
le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe,
l'orthographe, la prosodie d'une langue. La pureté de la langue. Les propriétés
de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette
langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues.
L'origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L'étude
des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres
avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque.
Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les
langues. Langue corrompue, dégénérée.
Prov., L'usage est le tyran des langues, L'usage prévaut sur les
règles de la grammaire.
Prov., On ne s'entend pas, c'est la confusion des langues, se dit D'une
conversation où tout le monde parle à la fois.
Langue primitive, Celle qu'on suppose que les hommes ont parlée
la première. Les nombreuses dissertations des érudits n'ont pu
nous conduire à savoir quelle était la langue primitive.
Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu'on suppose
ne s'être formée d'aucune autre.
Langue mère ou matrice, Celle qui, n'étant formée
d'aucune autre langue connue, a servi à en former d'autres. Et, par opposition,
Langue dérivée, Celle qui est formée d'une autre.
Langue morte, Celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus
que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu'un peuple
parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne ou
savante, par opposition à Langue moderne ou vulgaire.
Langue littérale. Voyez LITTÉRAL.
Langues sémitiques, Langues qu'on regarde comme ayant été
parlées par les enfants de Sem et par leurs descendants. Ces langues sont
l'hébreu et plusieurs autres sorties de la même source, telles que
l'arabe, le syriaque, etc.
Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l'on est
né, par opposition à Langue étrangère, Celle
d'un autre pays.
Langue nationale, Celle que parle généralement une nation,
aussi par opposition à Langue étrangère.
La langue sainte, La langue hébraïque.
Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des
livres qu'on suppose inspirés par la Divinité.
Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux
sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent,
on n'est pas obligé de les placer suivant l'ordre analytique de la pensée.
Le latin, le grec, sont des langues transpositives.
Langue philosophique, Langue où l'on suppose que la génération
des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n'y aurait
ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc.
Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples.
Leibnitz a conçu le projet d'une langue universelle. Le latin, qui est
su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle.
Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître
de langue anglaise, de langue italienne.
Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements
entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir
de drogmans.
LANGUE, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction
faite de l'idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux.
Personne n'a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l'amour.
LANGUE, s'est dit autrefois Des différentes nations ou divisions
de l'ordre de Malte. La langue de Provence, d'Auvergne, de France, d'Aragon,
etc.
LANGUE, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme
d'une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues
de feu.
Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large,
qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d'eau
de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence
plusieurs langues de terre qui s'avancent dans la mer. Se dit aussi Des pièces
de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d'autres terres.
Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie.
Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires.
Langue-de-chien. Voy. CYNOGLOSSE.
Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée
parce qu'elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec
la langue d'un serpent. Se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées;
et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.
LANGUETTE . s. f.
Ce qui est taillé, découpé, etc., en forme de petite langue.
Tailler un morceau d'étoffe en languette.
LANGUETTE, signifie aussi, Une petite pièce mobile de métal,
qui, en s'élevant ou s'abaissant, ouvre ou ferme les trous faits à
un instrument à vent. La languette d'un hautbois, d'une clarinette.
LANGUETTE, signifie encore, Cette petite pièce de fer d'une balance,
qui sert à marquer l'équilibre quand elle est d'aplomb. La languette
d'une balance. On l'appelle aussi Aiguille.
LANGUETTE, en termes de Maçonnerie, Séparation de quelques
pouces d'épaisseur faite de pierres, de briques, ou de plâtre, dans
l'intérieur des souches de cheminée, dans un puits mitoyen, etc.
Diviser un puits, un tuyau de cheminée par une languette.
LANGUETTE, en termes de Menuiserie, Espèce de tenon continu formé
par le rabot sur l'épaisseur d'une planche, et fait pour entrer dans une
rainure. Assemblage à languettes et rainures.
LANGUETTE, en termes d'Orfévrerie, Petit morceau d'argent ou d'or
que les orfévres laissent en saillie à chaque pièce qu'ils
fondent, et qui sert à faire l'essai avant de marquer la pièce du
poinçon légal.
LANGUEUR . s. f.
Abattement, état d'une personne faible et malade. Grande langueur.
Langueur mortelle. Être en langueur. Tomber en langueur. Maladie de langueur.
Il est dans un état de langueur qui nous afflige. Il est mort en langueur,
de langueur.
LANGUEUR, se dit aussi d'Une sorte d'abattement moral et physique, causé
par les fatigues de l'esprit, par les peines de l'âme, et principalement
par celles qui viennent de l'amour. L'excès du travail l'a mis dans
un état de langueur dont il a peine à sortir. La mort de sa femme
l'a jeté dans une langueur d'où rien ne peut le tirer. Une secrète
langueur s'est emparée de son âme. Son âme est dans la langueur.
Des yeux pleins de langueur, d'une amoureuse langueur.
Langueur d'estomac, État d'un estomac qui a perdu le ton, le ressort
dont il a besoin pour bien faire ses fonctions.
Fig., Il y a de la langueur dans cet ouvrage, Souvent cet ouvrage manque
de chaleur, de force, d'intérêt, de mouvement.
LANGUEURS au plur. se dit d'Un état d'affaiblissement, d'abattement.
Il ne sent point les langueurs de l'âge. Les langueurs d'une vie
sans occupation, sans attachement.
LANGUEYER . v. a.
Visiter la langue d'un porc, pour voir s'il est sain ou ladre. Langueyer
un porc.
LANGUEYÉ, ÉE. participe
LANGUEYEUR .s.m.
Celui qui est commis pour langueyer les porcs. Le langueyeur doit dire si
le porc est ladre ou non.
LANGUIER .s.m.
La langue et la gorge d'un porc, quand elles sont fumées. Des languiers
du Mans, d'Anjou. Une demi-douzaine de languiers.
LANGUIR . v. n.
Être dans un état d'abattement et de faiblesse causé par
quelque maladie qui ôte peu à peu les forces. Il est pulmonique,
il y a trois ans qu'il languit. On languit long-temps de ce mal-là avant
que d'en mourir. Il ne fait que languir.
Il signifie aussi, Souffrir de la continuité, de la durée d'un
supplice, d'un châtiment, d'un besoin, d'un mal physique autre que la maladie.
On le fit languir dans de cruels tourments. Tuez tout de suite cet animal,
ne le faites pas languir. Languir de faim, de soif, de misère. Languir
dans les fers, dans une prison, dans un long exil.
Se dit, figurément, en parlant Des peines de l'esprit et de l'âme.
Languir d'ennui. Languir d'amour. Languir dans l'attente d'un bien. Ne le faites
pas languir après ce que vous lui avez promis.
LANGUIR, se dit aussi, figurément, Des végétaux
qui ne sont pas en bon état, qui poussent faiblement, qui donnent peu de
fruits. Cet arbre languit, ces fleurs languissent faute d'eau.
La nature languit, toutes choses languissent pendant l'hiver, La nature
est alors comme engourdie.
LANGUIR, se dit encore, figurément, Des ouvrages d'esprit qui
manquent de force, de chaleur, de vivacité. Ces vers languissent. Cette
pièce commence bien, mais sur la fin elle languit. On dit aussi, fréquemment,
dans des sens analogues: La conversation languissait, Personne ne soutenait
la conversation, on la laissait tomber. Les nouvelles, les plaisirs languissent,
Il y a peu de nouvelles importantes, il y a peu de divertissements. Les affaires
languissent, On n'en fait guère. L'affaire languit, Elle traîne
en longueur, on ne l'expédie point.
LANGUISSAMMENT . adv.
D'une manière languissante, avec langueur. Il laissait tomber languissamment
ses paroles. Il la regardait languissamment.
LANGUISSANT , ANTE. adj.
Qui languit. Il est languissant dans un lit. Languissant dans une prison.
Languissant d'ennui. Languissante d'amour. Cet enfant, cet oiseau est tout languissant.
Se dit aussi Des choses, tant au sens physique qu'au sens moral. Vieillesse
languissante. Santé languissante. État languissant. Voix languissante.
Il mène une vie languissante. Le commerce est languissant. Ces vers sont
froids et languissants. Style, discours languissant.
Regards languissants, Regards qui marquent beaucoup d'abattement ou beaucoup
d'amour.
LANICE . adj. f.
Il n'est usité que dans cette expression, Bourre lanice, Bourre
qui provient de la laine.
LANIER .s.m.
La femelle du laneret, qui est une grande espèce de faucon. Le lanier
était un oiseau de leurre.
LANIÈRE . s. f.
Sorte de courroie longue et étroite. La lanière d'un fouet.
LANIFÈRE . adj. des deux genres
Qui porte de la laine. Se dit Des animaux et des plantes qui produisent une
matière laineuse ou cotonneuse.
LANISTE .s.m.
T. d'Antiq. On donnait ce nom à Celui qui achetait, formait ou vendait
des gladiateurs.
LANSQUENET .s.m.
On appelait autrefois ainsi Un fantassin allemand. Une levée de lansquenets.
LANSQUENET, se dit aussi d'Une sorte de jeu de hasard que l'on joue avec
des cartes. Jouer au lansquenet.
LANTERNE . s. f.
Ustensile de verre, de corne, de toile, ou d'autre matière transparente,
dans lequel on enferme une lumière. Lanterne ronde, carrée. Lanterne
de corne, de verre, de toile, de papier. Prendre, avoir, tenir, porter une lanterne.
Lanternes de carrosse, de cabriolet. Lanternes à réverbères.
Les maisons de Paris étaient autrefois taxées pour les boues et
lanternes. Allumer, éteindre une lanterne.
Lanterne sourde, Sorte de lanterne faite de manière que celui
qui la porte voit sans être vu, et qu'il en cache entièrement la
lumière à volonté.
Prov. et fig., Il veut faire croire que des vessies sont des lanternes,
Il veut faire croire des choses absurdes et bizarres.
Lanterne magique, Instrument d'optique qui, au moyen de lentilles et
de verres peints, fait voir différents objets sur une toile ou sur une
muraille blanche. Montrer la lanterne magique.
Fig. et fam., C'est une lanterne magique, une vraie lanterne magique,
se dit D'une société où un grand nombre de personnes ne font
que passer, et se succèdent les unes aux autres. On dit dans le même
sens, Le monde est une lanterne magique.
LANTERNE, en termes d'Essayeur d'or et d'argent, Espèce de petite
armoire dont le dessus et les côtés sont vitrés, pour empêcher
l'action de l'air sur les trébuchets, ou balances très-fines, qui
y sont placés.
LANTERNE, en termes d'Architecture, Sorte de tourelle ouverte par les
côtés, posée sur le comble d'un édifice, et ordinairement
au-dessus d'un dôme, d'une coupole. La lanterne du dôme des Invalides.
Se dit également d'Une espèce de cage circulaire ou carrée,
garnie de fenêtres et de vitraux, et placée au-dessus d'un édifice
pour en éclairer l'intérieur par en haut. La lanterne de la salle
de la bourse.
Se dit encore d'Espèces de loges ou de cabinets qui sont placés
dans quelques salles d'assemblées publiques, et d'où, sans être
vu, on peut voir et écouter. Lorsque le roi tenait un lit de justice,
ou qu'il y avait quelque autre acte public au parlement, les dames se plaçaient
dans les lanternes de la grand'chambre.
LANTERNE, en Mécanique, signifie, Une petite roue formée
de plusieurs fuseaux, dans laquelle engrènent les dents d'une autre roue.
LANTERNES, au pluriel,se dit, figurément et familièrement,
de Fadaises, de contes absurdes, ridicules. Tout ce qu'il nous a dit là,
ce sont des lanternes. Conter des lanternes.
LANTERNER . v. n.
Être irrésolu en affaires, perdre le temps à des riens.
Il ne fait que lanterner, et n'avance à rien. Il s'est amusé
à lanterner.
S'emploie activement, et signifie, Remettre quelqu'un de jour en jour, l'amuser
par de vaines paroles. Vous me lanternez depuis longtemps.
S'emploie aussi, activement et absolument, dans le sens de Tenir des discours
frivoles et ridicules. Je ne sais ce qu'il me vient lanterner tous les jours.
Qu'est-ce qu'il me vient lanterner? Il est familier dans toutes ses acceptions.
LANTERNÉ, ÉE. participe
LANTERNERIE . s. f.
Irrésolution, difficulté futile qui retarde quelque affaire. Il
est d'une lanternerie qui ne finit point. Il a manqué son affaire à
force de lanternerie. Il est familier.
Il signifie aussi, Fadaise, discours frivole et ridicule. Il ne nous a dit
que des lanterneries.
LANTERNIER .s.m.
Celui qui fait des lanternes; Celui qui est chargé d'allumer les lanternes
publiques. Il est peu usité dans ces deux sens.
Se dit, figurément et familièrement, d'Un homme irrésolu,
indéterminé en toutes choses, avec qui l'on ne peut rien conclure.
Vous ne finirez jamais rien avec lui, c'est un lanternier, un franc lanternier.
Ce n'est qu'un lanternier.
Il signifie aussi, Diseur de fadaises. N'écoutez point ce qu'il dit,
c'est un lanternier, un vrai lanternier. Qui est le lanternier qui vous a dit
cette nouvelle?
LANTIPONNAGE .s.m.
Action de lantiponner, discours frivole et importun. Point de lantiponnage.
Il est populaire.
LANTIPONNER . v. n.
Tenir des discours frivoles, inutiles et importuns. Il ne fait que lantiponner,
au lieu de venir au fait. Il est populaire.
S'emploie aussi activement. Que me vient-il lantiponner?
LANTIPONNÉ, ÉE. participe
LANTURLU
ou LANTURELU.
Façon de parler tirée d'un refrain de chanson, et qui n'a aucun
sens propre. On l'emploie pour marquer un refus accompagné de mépris,
ou pour indiquer une réponse évasive. Il lui a répondu
lanturlu. Il est familier.
LANUGINEUX , EUSE. adj.
.Botanique. Se dit De toutes les parties des plantes, feuilles, fruits, tiges,
etc., qui sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine
ou au coton. La pêche est un fruit lanugineux. Les feuilles de la guimauve
sont lanugineuses.
LAPER . v. n.
Boire en tirant avec la langue. Se dit De quelques quadrupèdes, et particulièrement
du chien. Ce chien fait bien du bruit en lapant.
S'emploie aussi activement. Ce chien a lapé en un instant la jatte
de lait qu'on lui avait donnée.
LAPÉ, ÉE. participe
LAPEREAU .s.m.
Jeune lapin de trois ou quatre mois ou au-dessous. Une tourte de lapereaux.
Une accolade de lapereaux.
LAPIDAIRE .s.m.
Ouvrier qui taille les pierres précieuses.
LAPIDAIRE . adj. des deux genres
Il n'est guère usité que dans cette expression, Style lapidaire,
Style des inscriptions, qui sont ordinairement gravées sur la pierre, le
marbre, etc. La langue latine est particulièrement propre au style lapidaire.
LAPIDATION . s. f.
Action d'assommer quelqu'un à coups de pierres, et Supplice de ceux qu'on
faisait mourir ainsi. La lapidation de saint Étienne. La lapidation
était en usage chez les Juifs.
LAPIDER . v. a.
Tuer à coups de pierres. Les Juifs lapidaient les adultères,
les blasphémateurs.
Il signifie aussi, Attaquer, poursuivre à coups de pierres. Comme
il sortait du village, les enfants se mirent à le lapider.
Se dit hyperboliquement De plusieurs personnes qui se déchaînent
contre quelqu'un. Quand je leur ai reproché leur conduite, elles ont
pensé me lapider, j'ai vu l'heure qu'elles m'allaient lapider. Vous vous
ferez lapider si vous parlez ainsi.
LAPIDÉ, ÉE. participe
LAPIDIFICATION . s. f.
Formation des pierres. La lapidification diffère de la pétrification,
qui s'empare de substances animales, végétales ou minérales,
pour les convertir en pierre.
LAPIDIFIER . v. a.
Donner à une substance la dureté de la pierre. Il y a des sucs
propres à lapidifier les substances qu'ils pénètrent.
On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Un corps qui se lapidifie.
LAPIDIFIÉ, ÉE. participe
LAPIDIFIQUE . adj. des deux genres
Se dit Des substances propres à former les pierres. Les sucs lapidifiques.
LAPIN , INE. s.
Petit animal quadrupède, de l'ordre des Rongeurs, qui creuse sous terre
pour se loger, et dont la conformation a beaucoup de rapport avec celle du lièvre.
Lapin sauvage, domestique. Lapin de garenne, de clapier. Lapin gris, blanc.
Fourrure, peau de lapin. Marchand de peaux de lapin. Gants de poil de lapin. Terrier
de lapin. Chasser, fureter, tirer des lapins. Gibelotte de lapin. Une lapine près
de mettre bas.
Prov. et pop., Il est brave comme un lapin, se dit D'un homme habillé
de neuf; Il est propre comme un lapin, D'un homme qui est d'une propreté
remarquable; et, Il court comme un lapin, D'un homme qui court ou qui marche
avec vitesse.
Fig. et pop., C'est une lapine, une vraie lapine, C'est une femme qui
fait beaucoup d'enfants.
LAPIS .s.m.
(On prononce l'S.) Sorte de pierre dure et opaque, d'un bleu plus ou moins foncé,
et ordinairement parsemée de petites veines de pyrite semblables à
de l'or. De beau lapis. On imite assez bien le lapis. On fait avec le lapis
mis en poudre un bleu qui s'appelle outremer. On dit aussi communément,
Lapis-lazuli.
LAPS .s.m.
(On prononce le P et l'S.) Il n'est d'usage qu'au singulier, et dans cette locution,
Laps de temps, Espace de temps. Après un grand laps de temps.
Cette coutume s'est abolie par laps de temps. La prescription s'acquiert par un
certain laps de temps.
LAPS , APSE. adj.
.Droit can. Tombé. Il ne se dit que De celui qui a quitté la religion
catholique après l'avoir embrassée volontairement, et il ne s'emploie
qu'avec le réduplicatif Relaps. Il est laps et relaps.
LAQUAIS .s.m.
Valet de livrée, destiné principalement à suivre son maître
ou sa maîtresse. Grand, petit laquais. Laquais en grande, en petite livrée.
Il a trois ou quatre grands laquais. Il a toujours deux laquais derrière
sa voiture.
Prov. et fam., Mentir comme un laquais, Mentir avec impudence, mentir
habituellement.
LAQUE . s. f.
Sorte de gomme-résine, d'un rouge jaunâtre, que certains insectes
déposent sur plusieurs espèces d'arbres des Indes orientales. La
laque entre dans la composition des vernis, de la cire d'Espagne et de quelques
teintures. Couleur de laque. On dit quelquefois adjectivement, Gomme laque.
Se dit aussi d'Une terre alumineuse, teinte d'un suc colorant, qu'on emploie
dans la peinture. Laque de Venise, de Florence.
LAQUE, se dit encore Du beau vernis de la Chine, ou noir, ou rouge, ainsi
que Des meubles qui en sont revêtus. En ce sens, il est masculin. On
n'a pu encore parvenir à imiter parfaitement le beau laque de la Chine.
Acheter une table de laque. Voilà de vrai, de beau laque.
LAQUETON .s.m.
Diminutif de Laquais. Il est familier et vieux.
LAQUEUX , EUSE. adj.
Qui est de la nature ou de la couleur de la laque. Gomme laqueuse. Il y a
trop de tons laqueux dans ce tableau.
LARAIRE .s.m.
T. d'Antiquité romaine. Sorte de chapelle domestique où l'on plaçait
les dieux lares.
LARCIN .s.m.
Genre de vol, action de celui qui dérobe, qui prend furtivement et sans
violence. Faire, commettre un larcin. Être accusé, convaincu de
larcin.
Il signifie aussi, La chose dérobée. Il alla cacher, porter
son larcin en tel endroit. Recéler un larcin.
LARCIN, se dit aussi d'Un passage ou d'une pensée qu'un auteur
prend d'un autre, pour se l'approprier. Les plus beaux endroits de son livre
sont des larcins, sont autant de larcins. Il faut savoir déguiser ses larcins.
Fig. et poétiq., Faire un doux larcin, Dérober un baiser
à une femme.
LARD .s.m.
Couche de graisse qui se trouve entre la peau et la chair du porc. Bon lard.
Lard à larder. Petit lard. Lard frais ferme. Lard jaune, rance. Du vieux
lard. Du lard qui sent le vieux. Une tranche, une flèche, un quartier,
un morceau de lard. Un cochon qui a quatre doigts de lard. Piqué, garni,
bardé de lard. Omelette au lard.
Prov., Il est vilain comme lard jaune, Il est très-avare.
Prov. et pop., Faire du lard, Conserver ou augmenter son embonpoint,
en dormant la grasse matinée. Être gras à lard, Être
fort gras.
LARD, se dit aussi de Cette partie grasse qui est entre la peau et la
chair de la baleine, du marsouin, et d'autres gros poissons de même espèce.
Du lard de baleine.
LARDER . v. a.
Mettre des lardons dans la viande. Larder de la viande dru et menu, la larder
de gros lard.
S'emploie quelquefois absolument. Un rôtisseur qui larde bien, qui
larde proprement.
Fig. et fam., Larder quelqu'un de coups d'épée, Le percer
de plusieurs coups d'épée. Larder quelqu'un d'épigrammes,
de brocards, etc., Lui lancer coup sur coup plusieurs épigrammes, plusieurs
brocards. Larder ses discours, ses écrits de citations, de mots grecs
ou latins, etc., Faire, en parlant, en écrivant, un usage trop fréquent
de citations, de mots grecs ou latins.
LARDÉ, ÉE. participe
LARDOIRE . s. f.
Sorte de brochette pointue par un des bouts, pour piquer la viande et y laisser
les lardons contenus dans l'autre bout, qui est creux et fendu en plusieurs branches.
Grosse, petite lardoire. Lardoire fine. Lardoire de cuivre, de bois, de fer.
LARDON .s.m.
Petit morceau de lard coupé en long, qu'on introduit dans la viande avec
une lardoire. Menus lardons. Gros lardons. Faire des lardons. Mettre des lardons
loin à loin, près à près.
LARDON, se dit, figurément et familièrement, d'Un brocard,
d'un sarcasme, d'une raillerie piquante contre quelqu'un. Le pauvre homme fut
mal accommodé, chacun lui donna, lui jeta son lardon. Il n'y eut personne
qui n'eût son lardon. Vous aurez aussi votre lardon.
LARE . s. et adj. masc.
Nom que les anciens Romains donnaient à leurs dieux domestiques, autrement
appelés Pénates. Cette figure représente un dieu lare.
On plaçait les lares, les dieux lares auprès du foyer.
Poétiq., Les lares, La maison, la demeure. Abandonner, revoir
ses lares, les lares paternels.
LARGE . adj. des deux genres
Se dit D'un corps considéré dans l'extension qu'il a d'un de ses
côtés à l'autre, et par opposition à Long ou à
Étroit. Ce champ, ce jardin est large, plus long que large. Un chemin
large. La rivière est plus large en cet endroit. Une étoffe large.
Du ruban large. Avoir le visage large. Un chapeau trop large d'entrée,
trop large de bord. Prendre des souliers, des bas qui soient larges. Un homme
large des épaules.
Un cheval large du devant, Un cheval qui a beaucoup de poitrail.
Une large blessure, Une grande blessure.
Une large base, Une base étendue.
Fam., Avoir la conscience large, Être peu scrupuleux sur la probité,
le devoir.
Prov. et fig., Faire du cuir d'autrui large courroie, Être libéral
du bien d'autrui.
LARGE, s'emploie quelquefois au figuré, dans le sens d'Étendu.
Je vous fais une large concession. Ce prince a donné à son agent
un pouvoir bien large, les pouvoirs les plus larges.
LARGE, dans les Arts du dessin, signifie, Qui est fait par masses et
à grands traits, qui n'a rien de maigre, de mesquin, de timide. Des
contours, des draperies, des lumières larges. Une touche, une manière
large. Un pinceau large.
LARGE, s'employait autrefois pour Libéral; et l'on disait dans
ce sens, Autant dépend (pour dépense) chiche que
large, L'économie mal entendue ne fait point de profit.
LARGE, s'emploie quelquefois adverbialement. Ainsi on dit: Peindre
large, Peindre d'une manière large. En termes de Manége, Ce
cheval va large, trop large, Il s'étend sur un trop grand terrain,
il se porte de côté.
LARGE, s'emploie aussi substantivement, au masculin, pour Largeur. Ce
royaume a trois cents lieues de long, et deux cents de large. Cette étoffe
a tant de large. De la toile qui a un mètre, une demi-aune de large.
LARGE subst. en termes de Marine, La haute mer, la partie de la mer qui
est éloignée des côtes. Prendre le large. Gagner le large.
Courir au large. Attirer l'ennemi au large.
La mer vient du large, Les vagues sont poussées par le vent de
la mer, et non par celui de la terre.
Fig. et fam., Prendre le large, gagner le large, S'enfuir.
AU LARGE. loc. adv. Spacieusement. Il est logé bien au large.
Il ne tient qu'à lui de se mettre au large. Vous êtes trop pressé,
trop serré, mettez-vous un peu plus au large.
Fig. et fam., Être au large, Être dans l'opulence; et, Mettre
au large, Mettre dans un état plus commode, plus opulent. Il est
au large maintenant. Il lui est venu une succession qui l'a mis plus au large
qu'il n'était.
AU LONG ET AU LARGE. loc. adv. En tout sens, et avec autant de développement
qu'il est possible. S'étendre au long et au large, Prendre, acquérir
beaucoup de terrain, d'espace autour de soi.
EN LONG ET EN LARGE. loc. adv. En longueur et en largeur alternativement.
On ne l'emploie guère que dans cette phrase, Se promener, aller en long
et en large. On dit quelquefois, dans le même sens, De long en large.
DU LONG ET DU LARGE. loc. adv. qui n'est guère usitée que
dans cette phrase populaire, Il en a eu, on lui en a donné du long et
du large, Il a été bien battu, ou bien moqué.
LARGEMENT . adv.
Abondamment, autant et plus qu'il ne faut. Il a été payé
largement. On l'a récompensé largement. On leur donna largement
tout ce qu'ils demandaient. Boire largement. Se nourrir largement. Vivre largement.
User largement de son pouvoir.
Peindre, dessiner, composer largement, D'une manière large. Voyez
LARGE, dans les Arts du dessin.
LARGESSE . s. f.
Libéralité, distribution d'argent ou d'autre chose. Ce n'est
pas un homme qui fasse de grandes largesses. Quelle largesse!
Pièces de largesse, Pièces d'or et d'argent que les hérauts
jetaient parmi le peuple, au sacre des rois et aux autres grandes cérémonies.
LARGEUR . s. f.
Étendue d'une chose considérée d'un de ses côtés
à l'autre, par opposition à Longueur. La largeur d'un fossé,
d'une rue, d'une rivière. Cette toile a tant de largeur.
LARGO . adv.
.Musique emprunté de l'italien. Ce mot, placé en tête d'un
morceau, indique qu'on doit le jouer d'un mouvement très-lent.
LARGUE . adj. m.
.Marine, usité principalement dans cette locution, Vent largue,
Le vent qui s'écarte au moins d'un quart de vent de la route que l'on tient.
Aller vent largue. Avoir vent largue.
Il est aussi substantif, et signifie, La haute mer. Prendre le largue. Tenir
le largue. On dit plus ordinairement, Le large.
LARGUER . v. a.
.Marine. Lâcher une manoeuvre, lâcher ou filer le cordage qui retient
une voile par le bas. Larguer l'écoute.
LARGUÉ, ÉE. participe
LARIGOT .s.m.
Espèce de flûte ou de petit flageolet, qui n'est plus en usage,
et qu'imite un des jeux de l'orgue qu'on appelle Le jeu du larigot.
Prov. et pop., Boire à tire-larigot, Boire excessivement.
LARIX .s.m.
(On prononce l'X.) Voyez MÉLÈZE.
LARME . s. f.
Goutte d'humeur limpide qui sort de l'oeil, par l'effet d'une impression vive,
soit physique, soit morale. Il a souffert l'amputation sans jeter une larme.
Il ne lui est pas tombé une larme des yeux. Il l'en conjura la larme à
l'oeil, les larmes aux yeux. Répandre, verser des larmes. Arroser de larmes
les mains de quelqu'un. Les larmes sortaient, coulaient de ses yeux avec abondance.
Les larmes lui en sont venues aux yeux. Des larmes roulaient dans ses yeux. Il
tira les larmes des yeux de toute l'assemblée. Le visage baigné,
mouillé de larmes. Des yeux noyés de larmes. J'aurais voulu pouvoir
renfoncer mes larmes. Elle eut peine à retenir ses larmes. Son sort arracherait
des larmes au plus insensible. Être touché, attendri jusqu'aux larmes.
Ce crime mériterait d'être pleuré avec des larmes de sang.
Un ruisseau, un torrent de larmes. Rire aux larmes. Larmes feintes. Larmes de
joie, de tendresse, de fureur, de rage, d'admiration. Les larmes de la pénitence,
du repentir. Cette faute lui a coûté bien des larmes, des larmes
bien amères. Son retour m'a fait verser de douces larmes.
Fig., Pleurer à chaudes larmes, être tout en larmes, fondre
en larmes, se noyer dans ses larmes, Pleurer abondamment.
Fig., S'abreuver de larmes, vivre dans les larmes, vivre de larmes, Pleurer
sans cesse, vivre dans la douleur, dans l'affliction.
Fig., Sécher, essuyer ses larmes, Se consoler. Essuyer les
larmes de quelqu'un, Calmer son affliction, le consoler. Mêler ses
larmes à celles de quelqu'un, Partager sa douleur, s'affliger avec
lui.
Avoir recours aux larmes, Pleurer pour fléchir, pour attendrir
celui qu'on supplie.
Fam., Avoir toujours la larme à l'oeil, S'attendrir très-facilement,
ou affecter une grande sensibilité.
Avoir le don des larmes, Pleurer à volonté.
Prov. et fig., Larmes de crocodile, Larmes hypocrites que répand
une personne dans le dessein d'en tromper une autre, comme le crocodile feint,
dit-on, de gémir pour attirer sa proie.
LARME, se dit aussi d'Un ornement, figurant à peu près
une larme, qu'on fait entrer, comme un symbole de tristesse, dans la décoration
des catafalques, des mausolées, etc. Un drap mortuaire semé de
larmes.
LARME, se dit, par similitude et familièrement, d'Une goutte,
d'une petite quantité de vin ou de quelque autre liqueur. Une larme
de vin. Il n'a pris qu'une larme de vin. Je n'en veux qu'une larme.
Se dit également, surtout au pluriel, Du suc qui coule de plusieurs arbres
ou plantes, soit naturellement, soit quand on les taille. Les larmes de la
vigne, du sapin. Manne en larmes.
Larmes de cerf. Voyez LARMIÈRES.
Larme-de-verre, ou Larme batavique, Goutte de verre fondu en forme
de larme, et qui, dès qu'on en rompt la pointe, se réduit en poussière.
Larme-de-Job, Plante graminée à feuilles de maïs,
dont les semences ont la forme d'une larme.
LARMIER .s.m.
T. d'Archit. Partie saillante au haut d'un édifice, d'un ouvrage de maçonnerie,
destinée à éloigner l'eau de pluie, à la faire tomber
en gouttes à une distance convenable du pied de l'édifice, etc.
Le larmier de la corniche. Le larmier d'un mur de clôture.
Se dit aussi d'Une pièce de bois mise en saillie au bas d'un châssis
de croisée, de porte, pour empêcher l'eau de pénétrer
dans l'intérieur.
LARMIÈRES . s. f. pl.
Fentes qui sont au-dessous des yeux du cerf, et d'où sort une liqueur
jaune qu'on nomme Larmes de cerf. Quelques-uns disent, Larmiers.
LARMIERS .s.m. pl.
.Médecine vétérinaire. Parties qui, dans le cheval, répondent
aux tempes de l'homme. Saigner un cheval aux larmiers.
LARMOIEMENT .s.m.
Écoulement de larmes involontaire et continuel. Le larmoiement est
un des symptômes de la rougeole.
LARMOYANT , ANTE. adj.
Qui fond en larmes. On la trouva toute larmoyante.
Il signifie aussi, Qui est propre à faire verser des larmes; et il ne
s'applique, en ce sens, qu'à un genre de comédies plus attendrissantes
que gaies. Le comique larmoyant. La comédie larmoyante.
S'emploie quelquefois substantivement, au masculin, dans cette acception. Le
mélange du comique et du larmoyant forme un genre de comédie réprouvé
par les critiques d'un goût sévère.
LARMOYER . v. n.
(Il se conjugue comme Employer.) Pleurer, jeter des larmes. Il ne
fait que larmoyer. Il est familier.
LARRON , ONNESSE. s.
Celui, celle qui dérobe, qui prend furtivement quelque chose. Fin,
subtil larron. C'est un larron. C'est une larronnesse. Le larron a été
découvert. On a pris le larron. Les chiens aboient au larron.
Prov. et fig., L'occasion fait le larron, Souvent l'occasion fait faire
des choses répréhensibles, auxquelles on n'aurait pas songé.
Fam., Donner la bourse à garder au larron, Confier la garde de
l'argent, le soin de la dépense à celui dont on devrait le plus
se défier. On dit proverbialement, dans le même sens, Au plus
larron la bourse.
Prov., Ils s'entendent comme larrons en foire, Ils sont d'intelligence
pour faire quelque chose de blâmable.
Prov., Il ne faut point crier au larron, se dit Quand une marchandise
n'a été vendue que ce qu'elle vaut.
LARRON, se dit particulièrement Des deux voleurs qui furent mis
en croix avec Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, quoiqu'on n'entende pas ordinairement
par ce mot Un voleur de grand chemin. Notre-Seigneur fut crucifié entre
deux larrons. Le bon larron. Le mauvais larron.
LARRON, en termes d'Imprimerie, Pli qui se trouve dans une feuille de
papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression.
Se dit aussi d'Un petit morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à
imprimer, reçoit l'impression, et laisse un blanc.
Il signifie, en termes de Librairie, Le pli d'un feuillet qui n'a pas été
rogné, quand on a relié le livre. Le relieur a laissé
plusieurs larrons dans ce volume.
LARRONNEAU .s.m.
Petit larron, qui ne dérobe que des choses de peu de valeur. Il est familier.
LARVE . s. f.
T. d'Entomologie. L'insecte dans l'état où il est en sortant de
l'oeuf, et où il passe un temps plus ou moins long avant ses métamorphoses.
La chenille est la larve du papillon.
LARVES . s. f. pl.
T. d'Antiq. Nom que les poëtes donnaient aux génies malfaisants,
aux âmes des méchants, qui, selon la croyance superstitieuse, se
montraient, revenaient, sous des figures hideuses, pour tourmenter les vivants.
LARYNGÉ , ÉE. adj.
T. d'Anat. Qui appartient au larynx. Muscles, nerfs laryngés. Artères
laryngées.
En Médecine, Phthisie laryngée, Phthisie dont le siége
est le larynx.
LARYNGIEN , ENNE. adj.
T. d'Anatomie, synonyme de Laryngé. Muscle laryngien.
LARYNGOTOMIE . s. f.
Voyez BRONCHOTOMIE.
LARYNX .s.m.
T. d'Anat. Partie supérieure de la trachée-artère. Le
larynx est un des organes de la respiration, et le principal instrument de la
voix.
LAS . Interjection plaintive
Hélas! Las! qui pourrait le croire? Las! que j'ai souffert de peines!
Il est du style naïf et familier.
LAS , ASSE. adj.
Fatigué, qui éprouve le sentiment de la lassitude. J'ai bien
fait du chemin aujourd'hui, j'ai beaucoup travaillé, je suis las, bien
las, fort las. Être las de marcher. Las de travailler. Reposez-vous, si
vous êtes las. Je suis si las, que je n'en puis plus. Je suis las sans avoir
encore rien fait. J'ai la main lasse d'avoir écrit, les yeux las d'avoir
lu.
Il signifie aussi, Dégoûté, ennuyé à l'excès
de quelque chose que ce soit. Je suis las d'entendre des sottises. Je suis
las de ces impertinences. Je suis bien las de cet homme. Il est las d'être
bien. Êtes-vous déjà las de bien faire? Il est las de la vie.
Il est las de lui-même. Je ne serais jamais las de l'entendre, de le voir.
Je suis las de ne rien faire.
Prov. et pop., Un las d'aller, Un homme mou, paresseux et lâche.
Fig., Faire quelque chose de guerre lasse, Le faire après avoir
longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse.
LASCIF , IVE. adj.
Fort enclin, fort porté à la luxure. Le bouc est un animal
très-lascif.
Se dit aussi Des choses qui portent, qui excitent à la luxure. Une
posture, une danse lascive. Un tableau lascif. Des regards, des vers lascifs.
Des paroles lascives.
LASCIVEMENT . adv.
D'une manière lascive. Regarder lascivement. Danser lascivement.
LASCIVETÉ . s. f.
Forte inclination à la luxure. Sa lasciveté l'a entraîné
dans beaucoup d'excès, a ruiné entièrement sa santé.
Il signifie aussi, Ce qui porte, ce qui excite à la luxure. Il y a
beaucoup de lasciveté dans ce tableau, dans ces vers.
LASSANT , ANTE. adj.
Qui fatigue. Un travail lassant. Une besogne lassante. Des discours lassants
et ennuyeux.
LASSER . v. a.
Fatiguer, causer de la lassitude. C'est un travail qui me lasse extrêmement.
Il les a tous lassés l'un après l'autre. Il m'a lassé le
bras en s'appuyant sur moi.
S'emploie quelquefois absolument. Cette sorte de danse lasse beaucoup.
S'emploie aussi au sens moral. Une trop grande contention lasse l'esprit.
Il a lassé ma patience. Vous lassez ma bonté, mon indulgence.
Il signifie encore, Ennuyer, dégoûter. Il lasse tout le monde
par ses importunités. Il nous lasse avec ses vieux contes. La musique,
qu'il étudiait avec tant d'ardeur, a fini par le lasser.
LASSER, s'emploie souvent, dans ses différentes acceptions, avec
le pronom personnel. On se lasse plus à rester debout qu'à marcher.
Il ne se lasse point, il est infatigable. L'esprit se lasse par une trop grande
application. Ma patience se lasse. On se lasse d'entendre toujours dire les mêmes
choses. Il s'est lassé de feindre. On se lasse de tout. Je me lasse de
lui prêter toujours de l'argent.
LASSÉ, ÉE. participe
LASSITUDE . s. f.
Abattement où l'on se trouve après un travail excessif de corps
ou d'esprit. Grande lassitude. Tomber de lassitude. Être excédé
de lassitude. N'en pouvoir plus de lassitude.
Se dit aussi d'Un état, d'une sensation semblable causée par une
mauvaise disposition de santé. Je ne sais d'où me vient cette
lassitude. Sentir de grandes lassitudes dans les membres, dans tout le corps.
J'ai des lassitudes dans les jambes.
Il signifie quelquefois, Ennui, dégoût. Il a renoncé
à cette correspondance par pure lassitude d'avoir toujours les mêmes
choses à dire.
LAST
ou LASTE.s.m.
.Commerce maritime. Se dit d'Un certain poids, d'une certaine mesure qui diffère
selon les lieux et les denrées, mais qui est ordinairement de deux tonneaux
ou quatre milliers. Un navire charge de cent lasts de froment, de farine, de
houblon, etc.
LATANIER .s.m.
Espèce de palmier dont les feuilles sont en éventail.
LATENT , ENTE. adj.
Caché. Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
En termes de Physique, Chaleur latente, Chaleur qui n'est point sensible
au thermomètre.
En termes de Médecine vétérinaire, Vices latents, maladies
latentes, Certaines maladies des chevaux, dont les symptômes peuvent
rester longtemps cachés. La pousse, la morve et la courbature sont des
vices latents. Les maladies latentes au moment de la vente donnent lieu à
l'action rédhibitoire.
LATÉRAL , ALE. adj.
Qui appartient au côté de quelque chose. Les sinus latéraux
du cerveau. Les parties latérales d'un chapiteau. L'opération latérale
de la taille. Chapelle latérale. Porte latérale.
LATÉRALEMENT . adv.
De côté, sur le côté.
LATERE
(À)
Expression latine. Voyez LÉGAT.
LATICLAVE .s.m.
Tunique bordée par devant d'une large bande de pourpre, et garnie de
noeuds ou boutons de pourpre ou d'or, imitant des têtes de clous. Le
laticlave était le vêtement des sénateurs et de la plupart
des magistrats.
LATIN , INE. adj.
Il ne se met point ici comme nom de peuple, ni de pays; mais il a différents
usages dans notre langue. La langue latine, La langue des anciens Romains.
Un discours latin, une harangue latine, Un discours, une harangue en langue
latine. Mot latin, Mot de la langue latine. Dictionnaire grec et latin,
latin et français, Dictionnaire où le sens des mots grecs est
expliqué en latin, etc.
Fig., Le pays latin, Le quartier de Paris où sont la plupart des
colléges.
Fam., Cela sent le pays latin, se dit De tout ce qui retient un certain
air de collége.
L'Église latine, Toute l'Église d'Occident, par opposition
à l'Église grecque ou d'Orient. Les Pères de l'Église
latine. On dit de même, Le rit latin, Le rit de l'Église
romaine. On appelle aussi substantivement Latins, Ceux qui sont de l'Église
latine. Les Latins et les Grecs diffèrent de croyance et de pratique
en plusieurs points.
En termes de Marine, Voile latine, Voile faite en forme de triangle.
Cette espèce de voile est plus en usage sur la Méditerranée
que sur l'Océan.
LATIN, est aussi substantif, au masculin, et signifie, La langue latine.
Enseigner, apprendre le latin. Savoir bien le latin. Parler latin. Composer,
écrire en latin, en bon latin. Mauvais latin. Latin de Cicéron.
Ce latin n'est pas pur.
Prov. et pop., Du latin de cuisine, De fort mauvais latin.
Fig. et fam., Il est au bout de son latin, se dit D'un homme qui ne sait
plus où il en est, qui ne sait plus que dire, que faire. Il y a perdu
son latin, se dit D'un homme qui a travaillé inutilement à quelque
chose, qui y a perdu son temps et sa peine.
LATINISER . v. a.
Donner une terminaison, une inflexion latine à un mot d'une autre langue.
Tite-Live a latinisé tous les noms étrangers qui entrent dans
son Histoire. Beaucoup de nos vieux auteurs qui ont latinisé leurs noms,
les ont rendus tout à fait méconnaissables.
LATINISÉ, ÉE. participe, En matière de Controverse,
Un Grec latinisé, Un Grec qui adopte les sentiments de l'Église
latine.
LATINISME .s.m.
Construction, tour de phrase propre à la langue latine. Son français
est plein de latinismes.
LATINISTE .s.m.
Celui qui entend et parle la langue latine. Bon, grand latiniste. Mauvais
latiniste.
LATINITÉ . s. f.
Langage latin. Belle, bonne latinité. Élégante, mauvaise
latinité. Sa latinité n'est pas pure.
La basse latinité, Le latin corrompu qu'écrivaient les
auteurs du dernier temps où le peuple parlait encore la langue latine,
alors très-défigurée.
LATITUDE . s. f.
.Géogr. Hauteur du pôle sur l'horizon, ou distance d'un lieu à
l'équateur, mesurée en degrés sur le méridien. Latitude
nord. Latitude sud. Paris est à quarante-huit degrés, cinquante
minutes, quatorze secondes de latitude nord.
LATITUDE, en termes d'Astronomie, signifie en général,
L'angle que fait, avec un plan parallèle à l'écliptique,
la ligne droite qui passe par un astre et par un centre donné sur ce plan.
Latitude australe. Latitude boréale. Latitude héliocentrique,
géocentrique, etc. Latitude de Sirius.
Se dit, par extension, Des différents climats, considérés
par rapport à leur température. À la différence
des animaux, l'homme peut vivre sous les latitudes les plus opposées.
LATITUDE, se prend figurément, au moral, dans le sens d'Étendue,
d'extension. Ce principe peut avoir une grande latitude. Donner trop de latitude
à une proposition, à l'application d'un principe. Laisser beaucoup
de latitude aux agents chargés d'une mission.
LATOMIE . s. f.
T. d'Histoire ancienne. Carrière où l'on renfermait des prisonniers.
LATRIE . s. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Culte de latrie, Culte
d'adoration que l'on rend à Dieu seul; par opposition à Culte
de dulie, Culte de respect et d'honneur que l'on rend aux saints.
LATRINES . s. f. pl.
Retrait, privé, lieu où l'on satisfait les besoins naturels. Il
y avait à Rome des latrines publiques. Aller aux latrines.
LATTE . s. f.
Morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, étroit, que l'on
attache avec des clous sur les chevrons, pour porter la tuile, ou dans l'intérieur,
sur la charpente, pour recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons.
Un cent de lattes. Des lattes de chêne, de châtaignier. Une botte
de lattes. Clouer des lattes. Un grenier lambrissé sous lattes.
LATTER . v. a.
Garnir de lattes. Le comble de cette maison est posé, il ne reste
plus qu'à le latter. Il faut latter et contre-latter cette cloison.
S'emploie aussi absolument. La charpente du toit est faite, il ne reste plus
qu'à latter. Latter à claire-voie. Latter à lattes jointives.
LATTÉ, ÉE. participe
LATTIS .s.m.
Ouvrage de lattes. Faire un lattis. Enduire un lattis avec du plâtre.
Couvrir un lattis avec des tuiles.
LAUDANUM .s.m.
(On prononce Laudanome.) .Pharmacie. Préparation, extrait d'opium,
liquide ou solide. Dix grains de laudanum liquide.
LAUDATIF , IVE. adj.
Qui loue. Il ne se dit que Des écrits et des discours. Genre laudatif.
Discours laudatif. Phrase laudative. Il est peu usité.
LAUDES . s. f. pl.
.la Liturgie catholique. La seconde partie de l'office divin, celle qui se dit
immédiatement après matines. On est à laudes. Dire laudes.
Chanter laudes.
LAURÉAT . adj. m.
Se dit Des poëtes qui ont reçu solennellement une couronne de laurier.
Pétrarque est un poëte lauréat.
Se dit, par extension, De ceux qui ont remporté un prix dans un concours
académique; et, dans ce sens, on l'emploie quelquefois substantivement.
Un jeune lauréat.
S'emploie aussi pour désigner Des poëtes qui, dans quelques cours,
sont pensionnés pour célébrer les événements
remarquables.
LAURÉOLE . s. f.
Genre de plantes à suc corrosif, dont la feuille ressemble, par sa forme,
à celle du laurier. Lauréole mâle. Lauréole femelle.
Lauréole blanche. Lauréole odorante. Voyez GAROU et SAINBOIS.
LAURIER .s.m.
Arbre toujours vert, qui porte une petite graine noire et amère. Pour
distinguer le véritable laurier de quelques arbustes qui portent le même
nom, on l'appelle Laurier franc ou Laurier commun. Chez les anciens,
le laurier était consacré à Apollon. On donnait des couronnes
de laurier aux vainqueurs, aux poëtes.
Fig., Cueillir des lauriers, moissonner des lauriers, Remporter des victoires.
Flétrir ses lauriers, Souiller sa gloire. Être chargé
de lauriers, Avoir acquis beaucoup de gloire. S'endormir sur ses lauriers,
Ne point poursuivre une carrière glorieusement commencée. Se
reposer sur ses lauriers, Jouir d'un repos mérité par des succès
éclatants.
Laurier-rose, ou Oléandre, Arbuste toujours vert, qui porte
des fleurs de couleur rose. Il y a une variété d'oléandre
dont les fleurs sont de couleur blanche.
Laurier-tin, Arbuste du genre des viornes.
Laurier-cerise, Arbuste toujours vert, qui porte un petit fruit rouge,
et qui appartient au genre des Cerisiers.
LAVABO .s.m.
T. du Culte cathol. La prière que le prêtre dit en lavant ses doigts
durant la messe. Dire le lavabo. La messe en est au lavabo.
Il signifie, par extension, Le petit linge dont le prêtre qui dit la messe
se sert pour essuyer ses doigts.
LAVABO, se dit aussi, dans le langage ordinaire, d'Un meuble de toilette,
souvent en forme de trépied, qui porte un pot à l'eau et sa cuvette.
LAVAGE .s.m.
Action de laver. Le lavage des vitres. Le lavage des carreaux d'une salle.
Le lavage d'une forme d'imprimerie.
Se dit aussi d'Une trop grande quantité d'eau répandue pour laver.
Vous avez jeté trop d'eau sur ce plancher, quel lavage avez-vous fait
là?
Se dit plus ordinairement Des aliments et des breuvages où l'on a mêlé
plus d'eau qu'il ne fallait. Cette soupe n'est pas faite, ce n'est qu'un lavage,
qu'un mauvais lavage. Vous avez mis trop d'eau dans ce vin, ce n'est que du lavage.
LAVAGE, se dit aussi de L'eau ou de quelque autre breuvage pris en trop
grande quantité. Vous vous trouverez mal de tout ce lavage.
Médecine en lavage, Médecine étendue dans beaucoup
d'eau.
LAVAGE, en termes de Métallurgie, Opération qui consiste
à laver le minerai, pour séparer de la partie terrestre et pierreuse,
la partie propre à être fondue. Le lavage des métaux. Or
de lavage.
LAVANCHE
ou LAVANGE. s. f.
Voyez AVALANCHE.
LAVANDE . s. f.
Plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs bleues qui viennent
par épi. Botte de lavande. Mettre de la lavande dans du linge. Eau de
lavande. Eau-de-vie de lavande.
LAVANDIER .s.m.
Nom qu'on donne, dans la maison du roi, à ceux qui ont la charge de faire
blanchir le linge.
LAVANDIÈRE . s. f.
Femme qui lave le linge. Il est peu usité: on dit, Blanchisseuse.
LAVARET .s.m.
Poisson de la famille des Truites, mais sans grandes dents, qui se trouve dans
les lacs.
LAVASSE . s. f.
Se dit de La pluie lorsqu'elle tombe tout à coup, avec impétuosité,
et qu'elle coule à grands ruisseaux. Il vint tout à coup une
grande lavasse. Il est peu usité.
Fam., Cette soupe ne vaut rien du tout, ce n'est qu'une lavasse, que de la
lavasse. Il y a trop d'eau dans cette soupe; elle est fade, insipide.
LAVE . s. f.
Matière fondue et enflammée, que les volcans vomissent dans le
temps de leur éruption, et qui s'écoule en torrents. La lave,
les laves du Vésuve. Des flots, des torrents de lave. Les villes voisines
des volcans sont souvent pavées de lave. Constructions de lave. Villes
ensevelies sous la lave.
LAVEMENT .s.m.
Action de laver. En ce sens, il n'est guère usité que dans ces
locutions, qui appartiennent au langage de l'Église: Le lavement des
pieds. Le lavement des mains. Le lavement des autels.
LAVEMENT, signifie aussi, Un clystère, un remède liquide
qu'on introduit par l'anus dans les intestins. Lavement rafraîchissant,
purgatif, laxatif. Lavement de tabac, de graine de lin. Préparer, donner,
prendre, garder, rendre un lavement. Faire un lavement avec des herbes émollientes.
Prendre en lavement une décoction de têtes de pavot.
LAVER . v. a.
Nettoyer avec de l'eau, ou avec quelque autre liquide. Laver du linge. Laver
la lessive. Laver la vaisselle. Se laver le visage, les mains, les pieds, la bouche,
la barbe. Se laver les mains avec de la pâte d'amandes. Laver une plaie
avec du vin. La pluie a bien lavé les rues.
S'emploie quelquefois absolument, et alors il signifie, Se laver les mains avant
le repas. Ne voulez-vous pas laver?
Donner à laver à quelqu'un, Lui présenter de l'eau
et un linge, quand il va se mettre à table, afin qu'il se lave les mains.
Pierre à laver, Pierre en forme de table, dont la surface est
légèrement creusée, et sur laquelle on lave la vaisselle,
les formes d'imprimerie, etc. Il n'y a point de pierre à laver dans
cette cuisine.
Fig. et fam., Laver la tête à quelqu'un, Lui faire une sévère
réprimande.
Prov. et fig., À laver la tête d'un âne, d'un More, on
perd sa lessive, On perd les peines qu'on prend pour instruire une personne
stupide, indocile, obstinée, ou pour lui faire entendre raison.
Fig. et fam., Je m'en lave les mains, se dit Pour faire entendre qu'on
ne veut point prendre ou qu'on n'a point pris de part à une affaire, et
qu'on ne doit pas être responsable des suites.
Fig., Laver une tache, laver quelqu'un d'une tache, se dit en parlant
De choses qui flétrissent l'honneur, qui ternissent la réputation.
Rien ne peut laver cette tache. C'est une tache dont rien ne peut le laver,
dont il ne se lavera jamais.
Fig., Laver ses péchés avec ses larmes, Pleurer ses péchés.
Se laver d'un crime, S'en purger, s'en justifier.
Fig., Laver une injure, un outrage dans le sang de quelqu'un, Se venger
de quelque insulte flétrissante, en tuant ou blessant celui de qui on l'a
reçue. Les sauvages lavent leurs injures dans le sang. Suivant un préjugé
cruel, il est des affronts qu'on ne lave que dans le sang.
Ce fleuve lave les murs de telle ville, Il passe auprès des murs,
au pied des murs de telle ville, il les baigne.
Laver un livre, les feuillets d'un livre, Les tremper dans une eau chargée
d'acide muriatique, pour en ôter les taches.
Laver du papier, Le tremper dans une eau chargée d'alun, pour
lui donner plus de consistance et l'empêcher de boire.
En termes de Dessinateur, Laver un dessin, Ombrer, colorier un dessin
en étendant, sur ses différentes parties, une ou plusieurs teintes
d'encre de Chine, de bistre ou d'autre couleur délayée dans de l'eau
de gomme. Laver un dessin sur un trait au crayon, à l'encre, à
la plume. Laver un plan. Laver, dans un plan, les masses de construction en rouge,
et les masses de verdure en vert.
LAVÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif; mais alors
il ne s'emploie qu'en parlant De certaines couleurs peu vives et peu chargées,
comme dans ces expressions: Cheval de poil bai lavé, Cheval de poil
bai clair. En Peinture, Couleur lavée, Couleur faible et déchargée.
LAVETTE . s. f.
Petit morceau de linge dont on se sert pour laver la vaisselle.
LAVEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui lave. Laveur de vaisselle. Laveuse d'écuelles.
LAVIS .s.m.
.Dessinateur. Manière de colorier un dessin avec de l'encre de Chine,
du bistre, de la sépia ou quelque autre substance colorante. Lavis à
l'encre de Chine, au bistre. Dessin fait au lavis, ou Dessin au lavis.
LAVOIR .s.m.
Lieu destiné à laver. Se dit plus particulièrement d'Un
réservoir d'eau où on lave le linge. Lavoir commun. Aller au
lavoir. Construire un lavoir. Il y a un beau lavoir dans ce village. Le lavoir
d'un hospice.
Lavoir de cuisine, Lieu où on lave la vaisselle.
LAVOIR, se dit, dans les Communautés et dans les Sacristies, du
Lieu où on se lave les mains.
Se dit, dans les Manufactures, de Certains appareils destinés à
laver les substances qu'on y emploie; et, dans les Mines, de La machine dont on
se sert pour laver le minerai.
LAVURE . s. f.
Il n'est guère usité que dans cette locution, Lavure de vaisselle,
d'écuelles, Eau qui a servi à laver la vaisselle, les écuelles.
Fam. et par exagérat., Lavure de vaisselle, Un bouillon, un potage
fade et insipide, où il y a trop d'eau.
LAVURE, se dit aussi de L'action de laver un livre avant de le relier.
LAVURE, en termes d'Orfévrerie et de Monnayage, Opération
par laquelle on retire l'or ou l'argent des cendres, des terres auxquelles il
est mêlé, ou des creusets dans lesquels on l'a fondu.
Se dit aussi, au pluriel, Des parcelles d'or ou d'argent qui proviennent de
cette opération, et de celles qu'on tire des balayures.
LAXATIF , IVE. adj.
.Médec. Qui a la vertu, la propriété de lâcher le
ventre. Remède laxatif. Tisane laxative.
LAYER . v. a.
T. d'Eaux et Forêts. (Il se conjugue comme Payer.) Tracer une laie,
une route étroite dans une forêt. Layer un bois, une forêt.
Voyez LAIE.
LAYÉ, ÉE. participe
LAYETIER .s.m.
Celui qui fait des layettes, des caisses de bois blanc.
LAYETTE . s. f.
Tiroir d'armoire où l'on serre des papiers. Mettre des papiers dans
une layette. Dans le trésor des chartres, la plupart des layettes étaient
marquées par les noms des provinces.
Se dit aussi d'Un coffret de bois. Petite layette. Dans ce sens et dans
celui qui précède, il est peu usité.
LAYETTE, signifie encore, Le linge, les langes, le maillot, et tout ce
qui est destiné pour un enfant nouveau-né. Préparer, donner
une layette, une belle layette.
LAYEUR .s.m.
T. d'Eaux et Forêts. Celui qui trace des laies dans une forêt, ou
qui marque le bois qu'on veut layer.
LAZARET .s.m.
Lieu préparé dans quelques ports, principalement dans ceux de
la Méditerranée, pour y faire passer la quarantaine aux personnes,
aux effets et aux marchandises, qui viennent des pays infectés ou soupçonnés
d'être infectés d'une maladie contagieuse. Le lazaret de Marseille.
Entrer au lazaret. Sortir du lazaret.
LAZULI
Voyez LAPIS.
LAZZI .s.m.
Mot emprunté de l'italien, qui signifie, Action, mouvement, geste bouffon
dans la représentation des comédies. Les comédies italiennes
sont pleines de lazzi. Les lazzi d'Arlequin.
Se dit, par extension, de Mauvaises plaisanteries et de bouffonneries faites
ailleurs qu'au théâtre. Il s'en est tiré par des lazzi.
Quelques-uns écrivent au pluriel, Lazzis.
LE , LA, LES
Le premier de ces trois mots est l'article du nom masculin, au singulier: Le
jour. Le second est l'article du nom féminin, au singulier: La nuit.
Le troisième est l'article du pluriel, et il est commun aux deux genres:
Les jours. Les nuits.
Si les prépositions de ou à se trouvent devant l'article
masculin au singulier, et que le nom suivant commence par une consonne ou par
une h aspirée, on change de le en du, et à
le en au: Du mois. Au mois. Du héros. Au héros. Si le
nom commence par une voyelle ou par une h non aspirée, la préposition
et l'article n'éprouvent aucun changement; mais l'article, soit masculin,
soit féminin, s'élide: De l'enfant. À l'enfant. De l'honneur.
À l'honneur. De l'amitié. À l'amitié.
Quant à l'article du pluriel, la même contraction a lieu, quelle
que soit la lettre qui commence le mot suivant. Pour de les, on dit des,
et pour à les, on dit aux: Des héros. Aux héros.
Des enfants. Aux enfants. Des femmes. Aux femmes.
LE , LA, LES. Pronoms relatifs
dont le premier est pour le genre masculin, le second pour le féminin,
le troisième pour les deux genres au pluriel. Ils accompagnent toujours
un verbe, et ils remplacent un substantif déjà exprimé. Voilà
un bon livre, je vous engage à le lire. Vous avez mon chapeau, rendez-le-moi.
Dès que ma soeur sera arrivée, j'irai la voir. Il avait mille francs,
et il les a dépensés. Quand vous aurez des nouvelles, faites-les-moi
savoir. Je me regarde comme la mère de cet enfant; je la suis de coeur,
je la suis par ma tendresse pour lui. Le livre que vous cherchez, le voici.
Dans cette phrase, le voici est l'équivalent de vous le voyez.
LE, tient quelquefois la place, soit d'un adjectif, soit d'un verbe,
ou plutôt d'une proposition; alors il signifie Cela, et il est invariable.
Cette femme est belle et le sera longtemps. Je n'ai pas été enrhumée
de l'hiver, et je le suis depuis les chaleurs. Si j'étais mère,
je le serais avec toute la tendresse imaginable. Ils ne sont pas encore habiles,
mais ils le deviendront. Nous devons défendre l'honneur et l'intérêt
de nos parents, quand nous le pouvons sans injustice.
LE et LA, toutes les fois qu'ils sont devant un verbe qui commence par
une voyelle, s'élident dans l'écriture et dans la prononciation:
Je le vis, je l'aimai. Je la reconnus, je l'appelai. Je dois l'aimer, et je
l'aime. Quand Le est après le verbe, s'il est suivi d'une voyelle,
il ne s'élide point en écrivant, mais il s'élide en prononçant:
Voyez-le à son retour. (On prononce Voyez-l' à son retour.)
Dans le même cas, La ne souffre pas d'élision: Ramenez-la
à son devoir.
LÉ .s.m.
Largeur d'une étoffe entre ses deux lisières. Un lé
de velours, de satin, de taffetas, de toile, de percale. Draps de lit de deux
lés, de trois lés. Cette toile est assez large pour qu'on puisse
faire deux mouchoirs au lé, dans le lé. J'ai brûlé
ma robe, je suis obligée d'y mettre un lé. Cette robe a cinq lés
de tour. Ces rideaux ont trois lés et demi de large.
Demi-lé, La moitié de la largeur d'un lé. C'est
assez d'un demi-lé pour cela.
LÈCHE . s. f.
Tranche fort mince de quelque chose qui se mange. Une lèche de pain,
de jambon. On ne lui en a donné qu'une lèche. Il est familier.
LÈCHEFRITE . s. f.
Ustensile de cuisine, ordinairement de fer, qu'on met sous la broche pour recevoir
la graisse et le jus de la viande que l'on fait rôtir. Grande, petite
lèchefrite. Mettre la lèchefrite sous le rôti.
LÉCHER . v. a.
Passer la langue sur quelque chose. Lécher un plat. Lécher
la sauce qui reste sur une assiette. Quand les chats ont mangé quelque
chose qu'ils trouvent bon, ils se lèchent les barbes, ils s'en lèchent
les barbes. Les chiens guérissent leurs plaies en les léchant. On
dit que les ours lèchent leurs petits pour achever de les former. On
l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Un chat qui se lèche.
Prov. et pop., Il n'a qu'à s'en lécher les barbes, se dit
Pour faire entendre qu'un homme n'aura point ce qu'il voudrait avoir.
Fam., On s'en lèche les doigts, c'est à s'en lécher
les doigts, Cela est excellent à manger.
LÉCHER, en termes de Peinture, figurément, Finir son ouvrage
avec un soin excessif et minutieux. Ce peintre a le tort de lécher,
de trop lécher ses ouvrages. Ce tableau est léché, trop léché.
Se dit, quelquefois, en parlant Des ouvrages d'esprit. Il lèche ses
écrits au point de les rendre secs et froids. Cet ouvrage est trop léché.
Dans cette acception, il est familier.
À LÈCHE-DOIGTS. loc. adv. et fam. On l'emploie en parlant
De choses qui se mangent, et qui sont données en trop petite quantité.
Il nous a fait servir d'assez bonnes choses, mais il n'y en avait qu'à
lèche-doigts.
LÉCHÉ, ÉE. participe. Fig. et fam, Un ours mal
léché, Un homme mal fait, difforme, ou Un homme mal élevé,
grossier.
LEÇON . s. f.
Instruction qu'on donne, ordinairement dans une classe et du haut d'une chaire,
à ceux qui veulent apprendre quelque science, quelque langue. Leçon
de droit, de théologie, de médecine, de chimie, de botanique, de
littérature, d'arabe, de latin, de grec. Ce professeur a commencé,
a repris hier ses leçons. Il a fait aujourd'hui une belle leçon,
une savante leçon. Faire des leçons publiques. Suivre les leçons,
aller entendre les leçons d'un professeur. Je suis arrivé au commencement,
au milieu, à la fin de la leçon.
Se dit aussi en parlant De toutes sortes d'arts, d'exercices, et de sciences,
qu'on enseigne en particulier à un seul élève ou à
peu d'élèves à la fois. Donner, prendre des leçons
de dessin, de musique, de danse, d'équitation, d'escrime, de géographie,
d'histoire, de grammaire Donner des leçons d'écriture en ville.
Mes enfants ont pris ce matin leur leçon d'italien. Il a pris, il a eu
des leçons de chant d'un excellent maître. Il sait assez d'arithmétique;
il n'a plus besoin de leçons.
LEÇON, se dit, par extension, Des instructions, des conseils donnés
à une personne relativement à sa conduite dans la vie ou dans quelque
affaire. Un ami sage lui avait donné de bonnes leçons, dont il
a mal profité. Je me passerai bien de vos leçons. Il a eu de mauvaises
leçons. Avant de l'envoyer traiter pour moi de cette affaire, je lui ai
fait sa leçon. Je lui ai bien fait sa leçon. Il a bien retenu, mal
retenu sa leçon.
Faire à quelqu'un sa leçon, signifie aussi quelquefois,
Faire une réprimande. Il me parlait malhonnêtement; mais je lui
ai bien fait sa leçon. On dit dans le même sens, Donner une
leçon, une bonne leçon à quelqu'un.
LEÇON, se dit figurément Des enseignements, des avertissements
utiles que l'on reçoit des choses. Les leçons de l'expérience
sont perdues pour la plupart des hommes. Cet événement a été
pour moi une bonne, une excellente leçon. Mettre à profit la leçon
du malheur. Les leçons de l'histoire. Le théâtre peut offrir
des leçons profitables. Le silence du peuple est la leçon des rois.
Prov., Il en ferait leçon, des leçons, se dit D'un homme
qui possède parfaitement une science, qui connaît bien une chose.
LEÇON, signifie aussi, Ce que le maître donne à l'écolier
à apprendre par coeur. Cet écolier apprend, étudie, récite
sa leçon. Il sait sa leçon, il sait sa leçon par coeur. Retenir
bien sa leçon. Dites votre leçon, vos leçons.
LEÇON, se dit aussi Du texte d'un auteur, par comparaison à
une ou plusieurs autres copies du même texte. Il y a deux diverses leçons
de ce texte. Voici la bonne leçon. Confronter les différentes leçons
d'un passage.
Se dit, figurément et familièrement, d'Un récit qui diffère
d'un autre relatif au même fait. Vous racontez ainsi l'aventure; mais
il y a une autre leçon, une leçon différente.
LEÇON, se dit, dans la Liturgie catholique, de Certains petits
chapitres de l'Écriture ou des Pères, qui font partie du bréviaire,
et que l'on récite ou que l'on chante à matines. Il y a trois
leçons à chaque nocturne.
LECTEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui lit à haute voix et devant d'autres personnes. C'est
un bon lecteur, un fort bon lecteur, un lecteur infatigable. C'est un mauvais
lecteur, sa voix est monotone. Vous êtes une excellente lectrice.
Il signifie aussi, Celui, celle dont la fonction est de lire. Lecteur du
roi. Lectrice de la reine. Dans les maisons d'éducation, il y a ordinairement
un lecteur ou une lectrice de semaine, pour lire au réfectoire.
LECTEUR, se dit, particulièrement, de Celui qui lit seul et des
yeux quelque ouvrage; et, en ce sens il n'est guère usité qu'au
masculin. L'essentiel pour un écrivain est de plaire à son lecteur,
à ses lecteurs. Cet ouvrage a peu de lecteurs, a beaucoup de lecteurs.
Le lecteur français veut de la clarté dans tous les écrits.
Cet homme est un grand lecteur.
Avis au lecteur, Espèce de petite préface, dans laquelle
l'auteur disait ordinairement, Ami lecteur.
Prov. et fig., Avis au lecteur, c'est un avis au lecteur, se dit D'un
conseil ou d'un reproche, exprimé d'une manière indirecte et générale,
avec dessein que telle personne s'en fasse l'application. Vous entendez bien
ce qu'il vient de dire, c'est un avis au lecteur. Se dit aussi D'un événement,
d'un malheur qui peut servir d'instruction à quelqu'un, et l'avertir de
prendre garde à lui. Ne vous hasardez pas dans cette affaire; plusieurs
s'y sont ruinés, c'est un avis au lecteur.
LECTEUR, se disait autrefois, chez quelques Religieux, Des régents,
des docteurs qui enseignaient la philosophie, la théologie. Un tel,
lecteur en théologie, lecteur en philosophie.
Lecteurs royaux, Les professeurs du collége royal de France. Lecteur
royal en philosophie, en mathématiques, en arabe, en hébreu, etc.
LECTEUR, est, dans l'Église romaine, Un des quatre ordres qu'on
appelle Les quatre mineurs.
LECTURE . s. f.
Action d'une personne qui lit à haute voix. On fit la lecture du contrat
de mariage en présence de tous les parents. Lecture faite des articles,
on signa. J'ai assisté hier à la lecture d'une belle pièce.
Il y a eu une lecture, on a fait une lecture chez moi. Qui est-ce qui fait la
lecture ce soir?
Il signifie aussi, L'action, l'habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction
ou pour son plaisir. La lecture de cet ouvrage est très-attachante.
Il aime beaucoup la lecture. Il s'est fort attaché, fort adonné
à la lecture. Il s'est rendu savant par la lecture des bons auteurs, par
une lecture continuelle. La lecture forme l'esprit.
S'emploie quelquefois au pluriel. Il a bien profité de ses lectures.
Il signifie encore, L'instruction qui résulte de la lecture. C'est
un homme qui n'a point de lecture, qui n'a aucune lecture, qui a beaucoup de lecture,
qui est d'une prodigieuse lecture. Il est rempli, nourri de la lecture des anciens.
Il signifie quelquefois, L'art de lire. Il enseigne la lecture et l'écriture
aux enfants. Maître de lecture et d'écriture.
LECTURE, se dit souvent par opposition à Représentation,
en parlant D'une pièce de théâtre. Cette pièce a
réussi à la représentation, mais je doute qu'elle se soutienne
à la lecture.
Comité de lecture, jury de lecture, Assemblée devant laquelle
on lit les ouvrages destinés à un théâtre, et qui juge
s'ils méritent d'être représentés.
Cabinet de lecture, Lieu où, moyennant une rétribution,
on lit des journaux et des livres.
LÉGAL , ALE. adj.
Qui est établi par la loi, qui est selon la loi, qui résulte de
la loi. Des formes légales. Voie légale. Moyens légaux.
Intérêt légal. Incapacité légale.
Médecine légale, Application des connaissances médicales
à différentes questions de droit, pour les éclaircir et en
faciliter la décision. Traité de médecine légale.
LÉGAL, se dit, particulièrement, De ce qui concerne la
loi de Dieu donnée par Moïse. Les cérémonies légales.
Les viandes légales. Observations légales. Impureté légale.
LÉGALEMENT . adv.
D'une manière légale. Procéder légalement. Cela
n'est pas fait légalement.
LÉGALISATION . s. f.
Attestation par laquelle un fonctionnaire public compétent certifie qu'un
acte est authentique et que foi doit y être ajoutée. Un acte qui
manque de légalisation.
Se dit aussi de L'action de légaliser. Ce magistrat est chargé
de la légalisation de tels et tels actes. Bureau de légalisation.
LÉGALISER . v. a.
Attester, certifier l'authenticité d'un acte public, afin qu'il puisse
faire foi hors du ressort où il a été passé. Faire
légaliser une procuration, un acte de naissance, de décès,
un passe-port pour l'étranger.
LÉGALISÉ, ÉE. participe, Un acte bien et dûment
légalisé.
LÉGALITÉ . s. f.
Caractère, qualité de ce qui est légal. La légalité
d'un acte. On a contesté la légalité de ces formes, de ces
moyens, de ces mesures.
LÉGAT .s.m.
Cardinal préposé par le pape pour gouverner quelque province de
l'État ecclésiastique. Légat de Bologne. Légat
de Ferrare.
Légat à latere (on prononce latéré),
ou simplement Légat, Cardinal envoyé avec des pouvoirs extraordinaires,
par le pape, auprès de quelqu'un des princes chrétiens, à
un concile, etc. Le légat à latere présenta ses
lettres. Les légats du pape présidèrent au concile de Trente.
Légat-né du saint-siége. Qualité que prennent
quelques prélats. L'archevêque duc de Reims se qualifiait de légat-né
du saint-siége.
LÉGATAIRE . s. des deux genres
.Jurispr. Celui ou celle à qui on fait un legs. Légataire particulier.
Légataire universel. On ne peut être légataire et héritier
tout ensemble. Elle est légataire universelle. Être légataire
de quelqu'un. Un des légataires. Sa mère l'a fait son légataire,
l'a faite sa légataire.
LÉGATION . s. f.
La charge, l'office, l'emploi du légat. Le pape a donné la
légation de cette province à tel cardinal. Les légats
à latere ne pouvaient exercer leur légation en France sans permission
du roi, et sans avoir fait vérifier au parlement leurs lettres de légation.
Il signifie également, L'étendue du gouvernement d'un légat
dans l'État ecclésiastique. En ce sens, on n'applique guère
ce mot qu'au Bolonais et au Ferrarais. Dans toute la légation de Bologne.
Dans toute l'étendue de la légation de Ferrare. Dans les deux légations.
Il signifie aussi, Le temps que durent les fonctions d'un légat. Cela
se passa pendant sa légation.
LÉGATION, en termes de Diplomatie, Commission que quelques puissances
donnent à une ou plusieurs personnes, pour aller négocier auprès
d'une puissance étrangère. Il y a des conseillers et des secrétaires
de légation.
Se dit aussi collectivement, non-seulement de L'ambassadeur, de l'envoyé
ou du ministre plénipotentiaire, mais encore Des conseillers, des secrétaires
employés sous lui et payés par le gouvernement. La légation
anglaise. La légation de Russie.
Se dit encore de L'hôtel que ces personnes habitent. Je suis allé
à la légation de Suède.
LÉGATOIRE . adj.
Terme d'Hist. anc., qui n'est usité que dans cette locution, Province
légatoire, Province gouvernée par un lieutenant, sous les empereurs
romains.
LÉGE . adj. des deux genres
.Marine. Se dit D'un bâtiment qui n'a pas sa charge complète, et
dont la carène n'entre pas assez dans l'eau. Ce vaisseau est lége
et n'a pas de stabilité.
Bâtiment qui fait son retour lége, Bâtiment qui revient
sans charge, à vide, bâtiment sur son lest.
LÉGENDAIRE .s.m.
Auteur de légendes. On reproche a la plupart des anciens légendaires
d'avoir été trop crédules.
LÉGENDE . s. f.
Ouvrage contenant le récit de la vie des saints. Une vieille légende.
Les anciennes légendes sont remplies de fables plus propres à scandaliser
qu'à édifier. Lire la légende. Ce saint-là n'est pas
dans la légende.
Légende dorée, Compilation de vies des saints, composée
vers la fin du treizième siècle.
LÉGENDE, se dit aussi, par dénigrement, d'Un écrit
long et ennuyeux par ses détails, d'une longue suite de choses fastidieuses.
Il nous a apporté une grande légende des actions de ses ancêtres.
Cet avocat a produit une légende d'autorités qui ne finissait pas.
LÉGENDE, se dit encore d'Une inscription gravée circulairement
près des bords et quelquefois sur la tranche d'une pièce de monnaie,
d'un jeton, d'une médaille. Les anciens écus de six francs avaient
pour légende, SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM.
LÉGER , ÈRE. adj.
Qui ne pèse guère. Un corps léger. L'air est plus léger
que l'eau. Léger comme une plume. Léger comme l'air. Un habit léger.
Une étoffe légère. Voilà de la vaisselle d'argent
trop légère. Une armure légère. Une voiture légère.
Pièce de monnaie légère, Pièce qui ne pèse
pas ce qu'elle doit peser. Des espèces légères. Ce louis
d'or est léger d'un grain, de deux grains.
Terre légère, Terre meuble, qu'on remue aisément.
Troupes légères, Troupes qu'on emploie hors de ligne pour
reconnaître, harceler, poursuivre l'ennemi. Cavalerie légère,
se dit par opposition à La cavalerie pesamment armée. Infanterie
légère, Les corps de chasseurs à pied. Artillerie
légère, Celle dont les canonniers sont à cheval.
En termes de Manége, Ce cheval est léger à la main,
Il a la bouche bonne, les jarrets bons, il ne s'appuie pas sur le mors.
Avoir la main légère, se dit D'un cavalier qui se sert
bien des aides de la main; D'un chirurgien qui opère facilement et adroitement;
D'un joueur d'instruments qui exécute avec aisance et prestesse; D'une
personne qui met de la liberté et de la rapidité dans son écriture.
Par extension et fam., Avoir la main légère, Être
prompt à frapper. Il a la main légère. Dans le même
sens, Il est léger de la main. Se dit aussi D'un filou qui dérobe
adroitement.
Fig., Avoir la main légère, User de son pouvoir, de son
autorité avec modération. Pour bien gouverner, il faut avoir
la main légère.
Prov., Être léger d'argent, N'en avoir guère.
Fig., Avoir le sommeil léger, Se réveiller au moindre bruit.
LÉGER, en parlant Des aliments, signifie, Facile à digérer.
Il y a des viandes plus légères que d'autres à l'estomac.
Il s'applique À certaines boissons qui ont peu de force. Un vin léger.
Une infusion légère. Du thé fort léger.
Prendre un léger repas, un repas léger, Prendre un repas
frugal, où l'on mange peu.
LÉGER, signifie aussi, Dispos et agile. Je me sens aujourd'hui
plus léger qu'à l'ordinaire. Marcher d'un pied léger, d'un
pas léger. Être léger à la course. Plus léger
que le vent.
Fam., Je suis allé là de mon pied léger, J'y suis
allé à pied.
Avoir la voix légère, Chanter aisément les passages
difficiles.
LÉGER, dans les Arts du dessin, se dit De ce qui est l'opposé
de Lourd, de massif, de ce qui porte un caractère de délicatesse
et de facilité. En Peinture: Contours légers. Draperie légère.
Tableau léger de touche, léger de pinceau. Pinceau léger.
En Architecture, en Sculpture, en Ciselure, etc.: Ouvrages légers, ornements
légers, Cette broderie est légère, est d'un dessin léger.
LÉGER, s'emploie aussi par opposition à Grossier, opaque.
Une vapeur légère.
En Peinture, Couleur légère, Couleur aérienne et
transparente.
LÉGER, signifie figurément, Peu important, peu considérable.
Raisons légères. Un sujet bien léger. Une légère
dispute. Une injure légère. Une faute légère. Une
peine, une pénitence légère. Une légère blessure.
Une douleur légère.
Il signifie quelquefois, au moral, Superficiel. Prendre une légère
teinture de quelque science. N'avoir qu'une légère notion de quelque
chose. Pour vous en donner une légère idée.
LÉGER, signifie aussi figurément, Volage, inconstant dans
ses sentiments ou dans ses opinions. Un peuple léger. Un esprit léger.
Avoir le coeur léger. C'est un homme léger.
Cet homme a la tête légère, le cerveau léger,
l'esprit léger, c'est une tête légère, Il est peu
sage, peu sensé.
LÉGER, signifie en outre figurément, Inconsidéré.
Cette femme est bien légère dans sa conduite et dans ses discours.
Propos léger.
LÉGER, en parlant du style, s'emploie quelquefois dans le sens
d'Agréable et facile. Cet auteur a le style léger.
Poésie légère, Poésie dont les sujets sont
peu importants, et dont le principal caractère est la facilité,
l'abandon. Il a réussi dans la poésie légère.
Se dit, au pluriel, Des pièces de vers qui appartiennent à ce genre
de poésie. On a réuni en un volume toutes ses poésies
légères.
À LA LÉGÈRE. loc. adv. Il ne se dit guère,
au propre, qu'en parlant Des armes et des habits qui pèsent peu. Être
armé à la légère. Être vêtu à la
légère.
Il signifie au figuré, Inconsidérément, sans beaucoup de
réflexion. Entreprendre quelque chose à la légère.
Vous y allez bien à la légère.
LÉGÈREMENT . adv.
D'une manière légère, par opposition à pesante.
Être vêtu, armé légèrement. Marcher, courir,
sauter légèrement.
Il signifie aussi, Peu, au sens physique et au sens moral. Souper légèrement.
Blessé légèrement. Il est fort légèrement touché
de sa faute. Il a été puni bien légèrement pour une
faute si grave. Il a traité ce point trop légèrement.
Il signifie encore, Inconsidérément, avec irréflexion.
Il se conduit, il parle fort légèrement. Il ne faut pas croire
si légèrement. Vous avez pris cette résolution un peu trop
légèrement. Vous n'avez pas examiné ce passage, cette raison;
vous avez passé dessus trop légèrement.
Il signifie quelquefois, Avec facilité et délicatesse. Ce tableau
est légèrement touché. Ce dessin est légèrement
fait. Ce musicien joue, exécute bien légèrement.
LÉGÈRETÉ . s. f.
Qualité de ce qui est léger, peu pesant. La légèreté
de l'air. La légèreté des vapeurs.
Il signifie aussi, Agilité, vitesse. Marcher, courir avec légèreté.
La légèreté des oiseaux. La légèreté
d'un cerf. La légèreté d'un danseur. La légèreté
de sa marche, de sa danse, de sa course.
Il a une grande légèreté de main, se dit D'un homme
qui écrit avec aisance et célérité, et D'un joueur
d'instruments dont le jeu est facile et brillant. Il a une grande légèreté
de pinceau, se dit D'un peintre dont la touche est légère. Il
a beaucoup de légèreté dans la voix, se dit D'un chanteur
qui fait aisément les passages difficiles.
LÉGÈRETÉ, signifie figurément, Inconstance,
instabilité. Je crains la légèreté de son esprit,
de son caractère. Il a dans le caractère une légèreté
qui l'empêche de se fixer à aucun parti.
Il signifie aussi, Irréflexion, imprudence. La légèreté
de sa conduite, de ses discours, lui a causé beaucoup de désagréments.
Se dit quelquefois d'Une faute commise par légèreté, d'un
tort peu grave. Cette légèreté ne méritait pas
une si grande punition. Ce ne sont que des légèretés qui
tiennent à son âge.
LÉGÈRETÉ, se prend quelquefois pour Agrément,
facilité, en parlant De style et de conversation. Il a de la légèreté
dans la conversation, dans le style.
LÉGION . s. f.
T. d'Antiquité romaine. Corps de gens de guerre composé d'infanterie
et de cavalerie. La première légion; la deuxième, la quatorzième
légion, etc. La légion fulminante. La légion thébaine.
Les légions des Gaules, de l'Illyrie, etc. Les légions romaines.
Les vieilles légions. Commander une légion. Le tribun d'une légion.
Chaque légion était divisée en dix cohortes.
Il s'est dit autrefois, en France, de Certains corps d'infanterie, et il se
disait encore récemment Des régiments d'infanterie de ligne. Chaque
légion portait le nom d'un des départements de la France. La légion
d'Indre-et-Loire, de la Corrèze, du Rhône.
Se dit encore aujourd'hui Des régiments de garde nationale, de ceux de
la gendarmerie, etc. La première, la seconde, la troisième légion.
Le colonel d'une légion.
Légion d'honneur, Ordre institué en France pour récompenser
les services et les talents distingués. Grand chancelier, grand officier,
commandant, officier, chevalier, membre de la Légion d'honneur. Il a obtenu,
il a reçu, il porte la décoration de la Légion d'honneur.
Être dégradé de la Légion d'honneur par suite d'un
jugement infamant.
LÉGION, signifie, figurément et familièrement, Un
grand nombre de personnes. Une légion de parents, de neveux, de cousins.
Ils étaient une légion. Dans le style de l'Écriture:
Des légions d'anges. Des légions de démons.
LÉGIONNAIRE .s.m.
Soldat dans une légion romaine. Les légionnaires firent des
merveilles en cette occasion.
Il signifie aussi, Membre de la Légion d'honneur. Il était
simple légionnaire, il a été nommé officier.
LÉGIONNAIRE, est quelquefois adjectif. Soldat légionnaire.
Épées légionnaires, Épées qui étaient
à l'usage des légions romaines, et dont quelques-unes se voient
encore dans les cabinets d'antiquités. Dans cette locution, Légionnaire
est féminin.
LÉGISLATEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui donne des lois à un peuple. Moïse fut le législateur
des Hébreux. Lycurgue et Solon sont des législateurs célèbres.
Catherine II fut la législatrice de son peuple.
Se dit aussi en parlant Des lois religieuses. JÉSUS-CHRIST, le législateur
des chrétiens. Notre divin législateur. Confucius, législateur
des Chinois.
Se dit, par extension, de Celui, de celle qui établit les principes d'un
art, d'une science. Boileau est le législateur de la poésie française,
du Parnasse français.
Se dit quelquefois, absolument, Du pouvoir qui fait les lois. C'est au législateur
qu'il appartient d'expliquer la loi. Telle n'est point l'intention du législateur.
LÉGISLATEUR, s'emploie quelquefois adjectivement. Un roi législateur.
Ce prince, guerrier et législateur, poliça les nations qu'il avait
soumises. Sémiramis, à la fois guerrière et législatrice,
étonna l'Asie.
LÉGISLATIF , IVE. adj.
Qui fait les lois. Pouvoir législatif. Puissance, autorité législative.
En France, le concours du roi et des deux chambres forme le pouvoir législatif.
Corps législatif. Assemblée législative.
Il signifie aussi, Qui est de la nature des lois, qui porte le caractère
des lois. Acte législatif. Mesures, dispositions législatives.
LÉGISLATION . s. f.
Droit de faire les lois. Dans lés gouvernements absolus, la législation
n'appartient qu'au monarque.
Se dit aussi Du corps même des lois. Bonne législation. Législation
vicieuse, défectueuse. Réformer la législation. Corriger
les vices, remplir les lacunes de la législation.
Se dit encore de La science, de la connaissance des lois. Un cours de législation.
Il est habile en législation.
LÉGISLATURE . s. f.
Les trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois. La législature
vient de décider une grande question.
S'emploie, souvent, dans le sens d'Assemblée législative. Législature
nombreuse, complète.
Il signifie aussi, La période de temps qui s'écoule depuis l'installation
d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses
pouvoirs. Pendant la première, pendant la seconde législature.
LÉGISTE .s.m.
Celui qui connaît ou qui étudie les lois. Tous les légistes
sont du même avis sur cette question. Un jeune légiste.
LÉGITIMAIRE . adj. des deux genres
.Jurisprud. Qui appartient à la légitime. Portion légitimaire.
Droits légitimaires. Héritiers légitimaires.
LÉGITIMATION . s. f.
Changement d'état d'un enfant naturel que ses père et mère
reconnaissent par mariage subséquent, et qui acquiert par là les
droits des enfants nés en légitime mariage. Autrefois la légitimation
pouvait s'opérer par lettres de chancellerie.
Il signifie aussi, Reconnaissance authentique et juridique des pouvoirs d'un
envoyé, d'un député, etc. Après la légitimation
de ses pouvoirs auprès de la diète, il est entré en fonctions.
LÉGITIME . adj. des deux genres
Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Pouvoir légitime.
Autorité légitime. Mariage légitime.
Enfant légitime, Enfant né durant le mariage, ou après
la mort du père, dans le délai que fixe la loi.
Intérêt légitime, Intérêt de l'argent
au taux fixé par la loi.
LÉGITIME, signifie aussi, Juste, équitable, fondé
sur la raison, ou conforme à des règles établies. Ses
voeux sont légitimes. Il a un sujet fort légitime de se plaindre
de vous. Sa douleur est légitime. Y a-t-il rien de plus légitime?
Il a des prétentions fort légitimes. Son droit est très-légitime.
Conséquence légitime.
LÉGITIME . s. f.
.Jurisprud. La portion assurée par la loi à certains héritiers
sur la part héréditaire qu'ils auraient eue en entier, si le défunt
n'en avait disposé, totalement ou partiellement, par donations entre-vifs
ou testamentaires. Un père ne peut pas ôter la légitime
à son fils. La légitime des ascendants. Son père lui a donné
sa légitime. Un fils qui a eu, qui a reçu sa légitime. Demander
sa légitime. Il a été réduit à sa légitime.
LÉGITIMEMENT . adv.
Conformément à la loi, à l'équité, à
la raison, aux règles établies. Un bien légitimement acquis.
Cette somme lui est légitimement due.
LÉGITIMER . v. a.
Donner à un enfant naturel les droits des enfants nés en légitime
mariage. Son mariage a légitimé deux enfants qu'il avait eus
auparavant. Ce prince fit légitimer deux de ses enfants naturels.
Il signifie aussi, Faire reconnaître son titre, son pouvoir, pour authentique
et juridique. Il a fait légitimer ses pouvoirs, sa commission.
Il signifie encore, Justifier, rendre excusable. La dureté des parents
ne légitime point l'ingratitude des enfants. L'ivresse ne légitime
aucune mauvaise action.
LÉGITIMÉ, ÉE. participe, Les enfants légitimés.
Des pouvoirs légitimés.
LÉGITIMITÉ . s. f.
La qualité de ce qui est conforme à la loi, à la justice,
à la raison, ou aux règles établies. On attaqua la légitimité
de son mariage. La légitimité d'un droit, d'une action, d'une prétention,
d'une demande.
Il signifie particulièrement, L'état, la qualité d'un enfant
légitime. On lui dispute sa légitimité. Il s'agit de sa
légitimité.
LEGS .s.m.
(Le G ne se prononce pas.) Don fait par testament ou par autre acte de dernière
volonté. Legs universel, particulier. Legs pieux. Faire, laisser, accepter,
recevoir, refuser un legs, des legs. Un legs de dix mille francs, de cent mille
francs. Acquitter, payer les legs. Il n'y a pas de fonds, où prendra-t-on
les legs? Un legs caduc.
LÉGUER . v. a.
Donner par testament ou par autre acte de dernière volonté. Il
lui a légué dix mille écus par son testament, par son codicille.
Je léguerai tous mes biens. Cela lui a été légué.
Je donne et lègue ma ferme à un tel.
Il signifie figurément, Transmettre. Il a légué son
talent, sa probité, son courage à son fils. Le dernier siècle
a légué au nôtre plusieurs découvertes précieuses.
LÉGUÉ, ÉE. participe
LÉGUME .s.m.
Se dit, proprement, de Certaines graines qui viennent dans des gousses, comme
les pois, les fèves, etc. Légumes nourrissants, savoureux. Légumes
verts. Légumes secs. Les haricots sont un légume dont les estomacs
faibles doivent s'abstenir.
Se dit, généralement, de Toute sorte d'herbes potagères,
de plantes, de racines bonnes à manger. Les épinards, les artichauts,
les salsifis sont d'excellents légumes. Je ne connais pas de meilleur légume
que la pomme de terre. C'est un homme qui ne vit que de légumes, qui ne
mange que des légumes.
Se dit quelquefois, en termes de Botanique, pour Gousse. Le fruit de cette
plante est un légume.
LÉGUMINEUX , EUSE. adj.
.Bot. Il ne s'emploie guère qu'au féminin, et se dit De certaines
plantes dont la fleur est irrégulière, et dont le fruit est une
gousse, comme le pois, la fève, le haricot, l'acacia, le genêt, etc.
Plante légumineuse.
S'emploie aussi comme substantif. Le trèfle est une légumineuse.
La famille des légumineuses comprend un grand nombre de genres.
LEMME .s.m.
.Math. Proposition dont la démonstration est nécessaire pour une
autre proposition qui doit la suivre.
LÉMURES . s. f. plur.
Voyez LARVES.
LENDEMAIN .s.m.
Le jour qui a suivi ou qui suivra celui dont on parle. Ils partirent le lendemain.
On l'a remis au lendemain. Différer jusqu'au lendemain. Le lendemain de
ses noces. Le lendemain des fêtes. Il ne faut jamais remettre une bonne
action au lendemain. Il arrivera pour chacun de nous un jour qui n'aura pas de
lendemain. Personne n'est assuré du lendemain. Ne songer, ne penser jamais
au lendemain.
Prov., Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain, se dit Lorsque,
après s'être diverti un jour, on propose de se divertir encore le
jour suivant.
LENDORE . s. des deux genres
Personne lente et paresseuse, qui semble toujours assoupie. C'est un lendore,
une grande lendore. Il est populaire.
LÉNIFIER . v. a.
.Médec. Adoucir au moyen d'un lénitif.
LÉNIFIÉ, ÉE. participe
LÉNITIF , IVE. adj.
.Médec. Qui adoucit les humeurs, et qui calme les douleurs, ou Qui purge
doucement. Remède lénitif. Potion lénitive. Électuaire
lénitif.
S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le miel est un bon lénitif.
Il signifie quelquefois au figuré, Adoucissement, soulagement, consolation.
Cette agréable nouvelle fut un grand lénitif à sa douleur.
LENT , ENTE. adj.
Tardif, qui n'est pas vite dans ses mouvements, dans ses actions, qui n'agit
pas avec promptitude. L'âne est un animal lent et pesant. Que cet homme
est lent! Il est lent dans tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il fait. Il
est lent dans tous ses mouvements. Lent à parler, à écrire.
Il est lent à punir, prompt à récompenser. C'est un esprit
lent.
Se dit aussi De certaines facultés et de certaines choses dont l'action
ou l'effet manque de promptitude. Avoir un esprit lent, une imagination lente.
Le mouvement d'Uranus paraît plus lent que celui des autres planètes.
Avoir le pouls lent. Une eau lente. Un poison lent. Une fièvre lente. Des
remèdes lents. Un feu lent. Une démarche lente. Sa convalescence
est bien lente. Avoir la parole lente. L'action lente du temps détruit
les corps les plus solides.
LENTE . s. f.
OEuf de pou. Avoir des lentes à la tête, dans les cheveux. Des
lentes vives.
LENTEMENT . adv.
Avec lenteur. Marcher, se mouvoir, agir, parler, manger lentement. Il chante
lentement. Il va lentement en besogne. Cette rivière coule lentement. Dans
les travaux de l'esprit, il faut se hâter lentement.
LENTEUR . s. f.
Manque d'activité et de célérité dans le mouvement
et dans l'action. Grande lenteur. Lenteur insupportable. La lenteur de la tortue.
La lenteur de sa prononciation m'impatiente. Il met beaucoup de lenteur à
tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il fait. Agir, parler avec lenteur. Les plaideurs
sont sujets à essuyer des lenteurs. Les lenteurs de la procédure.
Lenteurs affectées.
Se dit, figurément, De l'imagination, de l'esprit, comme dans cette phrase,
Avoir une grande lenteur d'imagination, une grande lenteur d'esprit, Imaginer,
concevoir difficilement et avec peine.
Se dit aussi en parlant De l'action d'une pièce de théâtre,
d'un roman. Il y a trop de lenteur dans la marche, dans l'action de cette pièce
de théâtre, de ce roman.
LENTICULAIRE . adj. des deux genres
Qui a la forme d'une lentille. Verre lenticulaire. Pierre lenticulaire. Corps
lenticulaire. Corps de figure, de forme lenticulaire. En termes d'Anatomie
et de Médecine, on dit, dans le même sens, Lenticulé, ée,
et Lentiforme.
LENTICULÉ , ÉE et LENTIFORME. adj.
Voyez LENTICULAIRE.
LENTILLE . s. f.
Plante légumineuse dont la graine, petite, plate, ronde, amincie par
les bords, et de couleur roussâtre, est employée comme aliment. Semer
des lentilles.
Se dit également Des graines de lentille. Manger des lentilles. Une
soupe aux lentilles. Des lentilles fricassées. Une purée de lentilles.
Il faut prendre de cet onguent, de cet opiat gros comme une lentille.
Lentille d'eau, ou Lentille de marais, Plante qui flotte sur les
eaux stagnantes, et dont la feuille a la forme d'une lentille.
LENTILLE, se dit aussi, surtout au pluriel, de Certaines taches rousses
qui viennent sur la peau, ordinairement au visage et aux mains, et qui ressemblent
aux lentilles, soit pour la couleur, soit pour la figure. Ces taches se nomment
vulgairement Taches de rousseur, et dans le langage médical Éphélides.
Elle a le visage plein de lentilles.
LENTILLE, en termes de Dioptrique, se dit d'Un verre taillé en
forme de lentille. Lire de petits caractères avec une lentille. Le foyer
d'une lentille.
En Horlogerie, Lentille de pendule, Poids de cuivre, de forme lenticulaire,
qui est attaché à l'extrémité du pendule ou balancier.
LENTISQUE .s.m.
Espèce de pistachier que l'on cultive dans l'Orient pour en tirer la résine
connue sous le nom de Mastic.
LÉONIN , INE. adj.
Qui appartient au lion, qui est propre au lion. Il est principalement usité
dans cette locution, Société léonine, Société
où tous les avantages sont pour un ou pour quelques-uns des associés,
au détriment des autres. On dit, dans le même sens: Une maxime
léonine. Une politique léonine. Un contrat, un partage léonin.
LÉONIN , INE. adj.
Se dit De certains vers latins dont les deux hémistiches riment ensemble.
On n'est pas bien assuré du temps où les vers léonins
ont commencé.
LÉOPARD .s.m.
Quadrupède carnassier qui a la peau tavelée, tachetée,
marquetée. Le léopard est un animal fort vite.
Fig., en poésie et dans le style oratoire, Les léopards,
ou Le léopard, L'Angleterre, par allusion aux léopards qui
figurent dans ses armoiries.
LÉPAS .s.m.
(On prononce l'S.) T. d'Hist. nat. Coquillage univalve, qu'on nomme aussi Patelle.
LÉPIDOPTÈRE .s.m.
T. d'Hist. nat. Se dit Des insectes qui ont quatre ailes couvertes d'une poussière
écailleuse, et une trompe roulée en spirale. Les papillons sont
des lépidoptères, appartiennent à l'ordre des lépidoptères.
S'emploie quelquefois adjectivement. Les insectes lépidoptères.
LÈPRE . s. f.
Ladrerie, maladie qui couvre la peau de pustules et d'écailles. Chez
les Juifs, ceux qui avaient la lèpre étaient séparés
du reste du peuple. Il est tout couvert, tout blanc de lèpre. Il fut frappé,
il fut guéri de la lèpre.
S'emploie quelquefois figurément. La lèpre du péché.
La lèpre des mauvaises moeurs, de la cupidité, menaçait de
s'étendre sur la société tout entière. La lèpre
héréditaire des préjugés.
LÉPREUX , EUSE. adj.
Qui a la lèpre. Un homme lépreux. Une femme lépreuse.
Il est aussi substantif. Les dix lépreux de l'Évangile. Un
hôpital pour les lépreux.
LÉPROSERIE . s. f.
Hôpital pour les lépreux. Il fonda une léproserie.
LEQUEL , LAQUELLE. Adj. relatif et conjonctif
composé de l'article Le, la, et de l'adjectif Quel, quelle.
Il est synonyme de Qui. Duquel, de laquelle; auquel, à laquelle.
Pluriel, Lesquels, lesquelles; desquels, desquelles; auxquels, auxquelles.
S'emploie en parlant Des personnes et des choses, et presque toujours avec du,
de la, des, au, à la, aux; alors il n'est point sujet de la proposition
qu'il joint à l'antécédent. C'est un homme duquel je vous
réponds. C'est une condition de laquelle je ne puis me départir,
à laquelle je ne puis renoncer, sans laquelle je ne consentirai à
rien. Il m'a tenu un discours auquel je n'ai rien compris. Vous avez des habitudes
auxquelles il faut renoncer.
S'emploie quelquefois comme sujet de la proposition qu'il joint à son
antécédent, lorsque l'emploi de Qui pourrait produire une
équivoque. Un homme s'est levé au milieu de l'assemblée,
lequel a parlé d'une manière extravagante. Il y a une édition
de ce livre, laquelle se vend fort bon marché.
S'emploie aussi comme sujet, en style de Pratique et d'Administration. On
a entendu trois témoins, lesquels ont dit... On a lu le mémoire
de la réclamante, laquelle sollicite un dégrèvement.
LEQUEL, LAQUELLE, signifie quelquefois, Quel est celui, quelle est celle,
etc. En ce sens, il est toujours interrogatif. Lequel aimez-vous le mieux de
ces deux tableaux-là? Lequel vous plaît le plus? Duquel des deux
voulez-vous vous défaire? Par lequel des deux chemins irons-nous? Lequel
aimez-vous le mieux de vos deux cousins? Auquel avez-vous parlé?
LEQUEL, LAQUELLE, signifie aussi, Celui, celle qui, etc. Parmi ces
étoffes, voyez laquelle vous plairait le plus. Choisissez laquelle vous
voudrez. Choisissez entre nous lequel vous voulez pour compagnon.
LÉROT .s.m.
Espèce de petit loir gris, à taches noires sur l'oeil et derrière
l'oreille. On le nomme aussi Liron.
LES . Pluriel des articles
Le et La, ainsi que du pronom relatif de la troisième personne.
Voyez LE.
LÈSE
Mot emprunté d'un participe latin, et signifiant, Blessé, violé.
S'emploie principalement avec le mot de Majesté. Crime de lèse-majesté
humaine, de lèse-majesté divine. Criminel de lèse-majesté.
Il se joint quelquefois, par allusion, à d'autres substantifs féminins.
Crime de lèse-humanité, de lèse-nation. En désobéissant
à l'ordonnance du médecin, vous commettez un crime de lèse-faculté.
Cette dernière phrase est familière.
LÉSER . v. a.
Faire tort. Je craindrais de vous léser. Être lésé
d'outre moitié du juste prix.
Il signifie, en termes de Chirurgie, Blesser. Le coup a lésé
les parties nobles. La poitrine a été profondément lésée.
LÉSÉ, ÉE. participe, Je suis la seule partie
lésée. Il n'y a personne de lésé dans cette affaire.
LÉSINE . s. f.
Épargne sordide et raffinée jusque dans les moindres choses. Il
est d'une lésine qui passe toute croyance. Faire quelque chose par lésine.
Il n'y avait que lui qui fût capable de tant de lésine, d'une lésine
si honteuse. On a fait mille contes de sa lésine. Sa lésine s'exerce
sur les moindres objets de sa dépense.
LÉSINER . v. n.
User de lésine. Il lésine sur tout.
LÉSINERIE . s. f.
Acte de lésine. Il a fait une grande lésinerie. Faire des lésineries.
Il signifie aussi, Le vice de caractère qui porte à lésiner.
Cet homme est d'une lésinerie incroyable.
LÉSION . s. f.
Dommage, préjudice qu'on souffre dans quelque transaction, dans quelque
marché, dans quelque contrat. Le vendeur est reçu à revenir
contre la vente, quand il y a lésion d'outre moitié du juste prix.
Montrez-moi en quoi il y a lésion, où est la lésion.
Il signifie, en termes de Chirurgie, Blessure. Ce coup de feu lui a fait
une lésion légère, une lésion profonde, considérable
aux intestins.
Lésion organique du coeur, du poumon, Altération du coeur,
du poumon, produite par quelque cause interne.
LESSE . s. f.
Voyez LAISSE.
LESSIVE . s. f.
Eau chaude que l'on verse sur du linge à blanchir, qui est entassé
dans un cuvier, et sur lequel on a mis un lit de soude ou de cendre de bois neuf.
Bonne lessive. Forte lessive. Mettre du linge à la lessive. Couler la
lessive.
Se dit aussi de L'action de lessiver, de couler la lessive. Faire la lessive.
Du linge blanc de lessive. Ce linge ne sera tout à fait blanc qu'après
plusieurs lessives.
Se dit encore Du linge qui doit être mis à la lessive, qui doit
être lessivé. Toute ma lessive est écrite, donnée.
J'ai donné ma lessive à laver.
LESSIVE, se dit aussi de Toute sorte d'eau détersive, rendue telle
par de la cendre, ou par quelque autre matière convenable. Faire une
lessive pour dégraisser les cheveux. On fait une sorte de lessive aux olives
pour en ôter l'amertume.
Prov. et fig., À laver la tête d'un More, la tête d'un
âne, on perd sa lessive, Inutilement on se donne beaucoup de soin et
de peine pour faire comprendre quelque chose à un homme qui n'en est pas
capable, ou pour corriger un homme incorrigible.
Fig. et fam., Il a fait une lessive, une forte, une furieuse lessive,
Il a fait une perte considérable au jeu.
LESSIVE, en termes de Chimie, Opération qui consiste à
verser plusieurs fois de l'eau chaude ou froide sur des matières terreuses
ou autres, pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent.
LESSIVER . v. a.
Nettoyer, blanchir au moyen de la lessive; faire la lessive. Il faut lessiver
deux fois ces draps de lit, pour qu'ils redeviennent blancs.
Il signifie, en termes de Chimie, Verser à plusieurs reprises de l'eau
chaude ou froide sur des matières terreuses ou autres, pour en extraire
les parties solubles qu'elles contiennent. On a lessivé ces terres,
afin d'en tirer du salpêtre.
LESSIVÉ, ÉE. participe
LEST .s.m.
(Le T se prononce.) .Marine. Pierres, sable ou autres matières pesantes,
dont on charge le fond d'un bâtiment pour lui faire prendre la quantité
d'eau convenable, et pour lui donner de la stabilité. Ils prirent des
carreaux de marbre pour servir de lest. Le lest le plus pesant est le meilleur.
Le navire est parti, est retourné sur son lest, Il est parti,
retourné, sans prendre de chargement.
LESTAGE .s.m.
.Marine. Action de lester un bâtiment.
LESTE . adj. des deux genres
Qui a de la facilité, de la légèreté dans ses mouvements.
Ce vieillard est encore fort leste. Il marche d'un pas leste.
Il signifie aussi, Qui est équipé de manière à exécuter
avec facilité tous ses mouvements. On est bien leste avec cette sorte
de vêtement. Ces troupes sont bien lestes. Tout son cortége était
leste et brillant.
Un équipage leste, Une voiture attelée de chevaux vifs
et légers.
LESTE, se dit aussi Des vêtements légers et dégagés
qui laissent aux mouvements toute leur liberté. Un habillement, un vêtement
leste. Cet uniforme est plus leste que l'ancien.
LESTE, se dit figurément D'une personne adroite, prompte à
trouver des expédients, et à les mettre en usage. C'est un homme
leste en affaires.
Se dit aussi, figurément et en mauvaise part, D'une personne légère,
peu scrupuleuse sur les principes, les égards et les convenances. C'est
un homme leste en procédés, leste dans ses propos. Cette femme est
fort leste, fort leste dans ses actions et dans ses discours.
Se dit également Des choses, et signifie, Léger, inconsidéré,
inconvenant. Un propos leste. Une réponse leste. Une conduite leste.
LESTEMENT . adv.
D'une manière leste. Il marche fort lestement. Il était lestement
vêtu.
Il signifie figurément, Avec dextérité et promptitude.
Il s'est lestement tiré de ce mauvais pas.
Il signifie aussi, Avec une légèreté répréhensible.
Cette femme agit, parle, se conduit bien lestement. Il m'a répondu fort
lestement.
LESTER . v. a.
.Marine. Mettre du lest dans un bâtiment. Lester un navire. Le vaisseau
manqua de périr dans la tempête, parce qu'on ne l'avait pas bien
lesté.
Fig. et fam., Se lester l'estomac, ou, absolument, Se lester,
Prendre de la nourriture. Je me suis bien lesté l'estomac, je me suis
bien lesté avant de me mettre en route.
LESTÉ, ÉE. participe
LESTEUR .s.m.
.Marine. Bateau qui sert à transporter le lest. On dit aussi quelquefois
adjectivement, Bateau lesteur.
LÉTHARGIE . s. f.
Sommeil profond, et maladif, qui ôte l'usage de tous les sens. Être
en léthargie. Tomber en léthargie. On le croyait mort, il n'était
qu'en léthargie.
Il signifie figurément, Grande insensibilité, extrême nonchalance.
Il est plongé dans une léthargie honteuse. Sortir d'une profonde
léthargie. Tirer quelqu'un de sa léthargie.
LÉTHARGIQUE . adj. des deux genres
Qui tient de la léthargie. État, repos, sommeil léthargique.
Il signifie au figuré, Nonchalant, indolent, insensible. Âme
léthargique. Indolence léthargique.
LÉTHIFÈRE . adj. des deux genres
Qui cause la mort. Le suc de cet arbrisseau est léthifère.
LETTRE . s. f.
On appelle ainsi Chaque caractère de l'alphabet. Un enfant qui commence
à connaître ses lettres, à assembler ses lettres. L'A est
la première lettre de l'alphabet. Les Français, les Italiens, etc.,
se servent des mêmes lettres, quoiqu'ils les prononcent différemment.
Lettre hébraïque, grecque, arabe.
Écrire un mot en toutes lettres, L'écrire sans abréviation.
Écrire un nombre en toutes lettres, L'écrire, non en chiffres,
mais avec des mots.
Fig. et fam., Dire, écrire une chose en toutes lettres, La dire,
l'écrire sans rien taire, sans rien dissimuler. Je ne lui ai rien caché
de cette aventure, je la lui ai dite, je la lui ai écrite en toutes lettres.
Prov. et fig., Cet homme est écrit sur mon livre en lettres rouges,
Il a des torts, des vices, des défauts que je n'oublierai jamais.
Fig. et fam., Cela devrait être écrit, imprimé, gravé
en lettres d'or, se dit D'une belle sentence, d'une parole remarquable, etc.
Fig., Ses actions sont écrites en lettres de sang dans l'histoire,
se dit D'un personnage cruel et sanguinaire.
Fig. et fam., C'est un sot en trois lettres, Il est extrêmement
sot.
Lettres numérales, Les lettres dont les Romains se servaient pour
représenter les nombres, et que nous avons prises d'eux. Il y a sept
lettres numérales, C, D, I, L, M, V, X.
Lettre dominicale, La lettre qui marque le dimanche dans l'almanach perpétuel.
Le cycle des lettres dominicales est de vingt-huit ans.
Lettres hiéroglyphiques, se dit improprement de Certaines figures,
de certains caractères dont se servaient les anciens Égyptiens.
Estampe, gravure avant la lettre, Épreuve tirée avant qu'on
ait gravé au bas de la planche l'inscription qui en indique le sujet. Estampe
avec la lettre grise, Épreuve tirée lorsque l'inscription n'est
encore gravée qu'au trait. Estampe après la lettre, Épreuve
tirée avec l'inscription au bas.
LETTRE, signifie aussi, Chaque caractère de l'alphabet sous le
rapport de sa forme dans les diverses écritures. Grande, petite lettre.
Lettre gothique, italienne. Lettre financière, bâtarde, ronde
ou française. Lettre anglaise. Lettre cursive ou courante. Lettre
tremblée. Lettre menue, maigre. Lettre bien nourrie. Le plein, le délié,
les jambages, le corps, la queue d'une lettre. Bien former, mal former ses lettres.
LETTRE, en termes d'Imprimerie, se dit d'Un caractère de fonte
représentant en relief une des lettres de l'alphabet. Lettre majuscule,
minuscule. Lettre capitale. Lettre du bas de casse. Lettre italique. L'oeil de
cette lettre est trop petit, est trop gros.
Lever la lettre, Prendre les lettres les unes après les autres
dans les cassetins et les arranger sur le composteur, pour en faire des mots et
des lignes. Cet ouvrier lève bien la lettre.
Lettre grise ou historiée, Grande lettre capitale ornée
de certaines figures, et ordinairement gravée sur du bois ou sur du cuivre.
Lettre moulée, Lettre imprimée. Cet écrivain
imite parfaitement la lettre moulée. Se dit, par extension, d'Une lettre
dont la forme ressemble à la lettre imprimée. Écrire en
lettres moulées.
Lettre initiale, Lettre qui commence un mot ou un nom propre. Dans le
même sens, on dit souvent, Initiale. Il n'a signé que les lettres
initiales, que les initiales de son nom.
LETTRE, signifie aussi absolument, dans le même Art, L'ensemble
des caractères dont on se sert pour la composition d'un ouvrage. Nous
n'avons plus de lettre, tout a été employé. La lettre manque.
LETTRE, signifie en outre, Le son ou l'articulation même que chaque
caractère de l'alphabet représente. On divise les lettres en
voyelles et en consonnes. Lettre sifflante, liquide, mouillée. Lettre linguale,
labiale, gutturale, dentale, nasale, palatale. Il y a des lettres que certaines
personnes ont peine à prononcer. Il y a des gens qui affectent à
tort de faire sentir toutes les lettres finales. L'usage a admis certaines lettres
euphoniques qui sont contraires à la règle grammaticale. Notre orthographe
admet beaucoup de lettres étymologiques que plusieurs grammairiens regardent
comme inutiles, parce qu'elles ne se prononcent pas.
LETTRE, en parlant D'un texte, se dit Du sens littéral, par opposition
Au sens figuré ou extensif. La lettre tue, mais l'esprit vivifie. Juger
suivant la lettre de la loi. S'en tenir à la lettre. Il s'arrête
trop à la lettre.
À la lettre, au pied de la lettre, Selon le sens littéral,
selon le propre sens des paroles. Il ne faut pas prendre cette phrase, cette
expression à la lettre, au pied de la lettre. Il ne faut pas expliquer
cela à la lettre. Cela doit s'entendre à la lettre. Traduire à
la lettre. Il traduit trop à la lettre. Rendre un texte à la lettre.
Fig., À la lettre, Exactement, ponctuellement. Cela est vrai
à la lettre. Vos intentions seront remplies à la lettre. Exécuter
un ordre à la lettre.
Aider à la lettre, Suppléer à ce qui manque à
quelque passage obscur ou défectueux.
Fig., Aider à la lettre, Entrer dans l'intention de celui qui
parle ou qui écrit, en expliquant ce qu'il a dit ou écrit d'une
manière obscure. Ce qu'il veut dire n'est pas clair, il faut aider à
la lettre. Se dit aussi, familièrement, D'une personne qui altère
un peu la vérité, soit pour tromper, soit pour amuser ceux qui l'écoutent.
LETTRE, signifie encore, Une épître, une missive, une dépêche.
Longue lettre, grande lettre. Le dessus, l'enveloppe, la suscription d'une
lettre. J'ai reçu votre lettre, vos lettres. Que disait, que portait sa
lettre? Écrire une lettre, des lettres. Porter, rendre des lettres. Entretenir
un commerce de lettres avec quelqu'un. Dater une lettre. Cacheter, fermer, ouvrir,
décacheter une lettre. Dicter, signer, contre-signer une lettre. Faire
une lettre. Intercepter des lettres. Violer le secret des lettres. Lettres d'affaires,
de galanterie, d'amour, de compliment, de condoléance. Lettre anonyme.
Lettre de faveur, de recommandation, d'avis. Un bout, un mot de lettre.
Lettre en chiffres, Lettre écrite en caractères de convention,
dont la valeur n'est connue que des correspondants.
Lettre circulaire, se dit de Plusieurs lettres écrites dans les
mêmes termes, et adressées à différentes personnes
pour le même sujet. Le ministre a écrit, a envoyé une lettre
circulaire à tous les préfets. Cette maison de commerce a écrit
une lettre circulaire à tous ses correspondants. On dit absolument,
dans le même sens, Une circulaire. Sa circulaire est partie.
Lettre de change, en termes de Commerce, se dit d'Une traite faite de
place en place, par laquelle un banquier ou un négociant tire sur son correspondant
une somme d'argent au profit ou à l'ordre d'un tiers, qui en a fourni la
valeur par lui-même ou par un autre. Les lettres de change sont d'une
grande utilité dans le commerce. Tirer, négocier, endosser, accepter,
faire protester, acquitter, payer une lettre de change. Tirer, payer à
lettre vue. Dans cette dernière phrase, lettre est pour lettre
de change.
Lettre de crédit, Lettre dont le porteur est autorisé à
toucher de l'argent du correspondant à qui elle est adressée. Donner,
porter, présenter une lettre de crédit.
Lettre de marque, Commission dont tout capitaine ou patron d'un navire
armé en course doit être pourvu.
Lettre de voiture, Lettre qui contient l'indication des objets dont un
voiturier est chargé, et sur la présentation de laquelle il est
payé de son salaire.
Lettre close, Lettre du roi, contre-signée par un secrétaire
d'État, et cachetée du sceau de Sa Majesté. Envoyer une
lettre close. Il a reçu une lettre close pour se rendre à l'assemblée.
Autrefois les lettres closes s'appelaient aussi Lettres de cachet. Envoyer
en exil ou enfermer par lettre de cachet. Solliciter, obtenir une lettre de cachet.
Fig. et fam., Lettres closes, se dit d'Un secret qu'on ne peut ou qu'on
ne doit pas pénétrer. Je n'y comprends rien, c'est pour moi lettres
closes. Je respecte ses secrets, ce sont lettres closes pour moi.
Lettre de service, Lettre par laquelle le ministre de la guerre annonce
à un officier qu'il est appelé à exercer les fonctions de
son grade. On dit quelquefois, Lettres de service, au pluriel, quoiqu'il
n'y en ait qu'une. Ce lieutenant général a reçu ses lettres
de service.
Lettre de passe, Lettre en vertu de laquelle un militaire passe d'un
corps à un autre. Ce capitaine vient d'obtenir la lettre de passe, les
lettres de passe qu'il demandait.
Lettre de créance, Lettre qui porte qu'on doit donner confiance
à celui qui la remet. L'ambassadeur présenta ses lettres de créance.
Lettre de créance, se dit aussi de La lettre qu'un banquier ou
un négociant donne à un voyageur, comme lettre de change ou de crédit,
pour toucher de l'argent quand il en aura besoin. Il a des lettres de créance
sur Hambourg.
Lettre de récréance, Lettre qu'un prince envoie à
son ambassadeur ou ministre, pour la présenter au prince d'auprès
duquel il le rappelle; ou Lettre qu'un prince donne à l'ambassadeur ou
ministre rappelé d'auprès de lui, pour la remettre au prince qui
le rappelle.
LETTRES au pluriel, se dit de Certains actes expédiés en
chancellerie au nom du prince, et dont plusieurs sont abolis par nos lois nouvelles.
Lettres patentes. Lettres de grâce, d'abolition, de rémission,
de rescision, d'attache, de naturalité, de grande naturalisation, de légitimation,
de committimus, de noblesse, de répit, de représailles, etc. Lettres
du grand sceau, du petit sceau. Mettre des lettres au sceau. Sceller, expédier,
donner des lettres. Lettres subreptices, obreptices. Ces lettres de chancellerie
s'appelaient généralement Lettres royaux, l'usage ayant autorisé
cette façon de parler, quoique ces deux mots soient de genre différent.
Se dit pareillement de Certains actes qui s'expédient sous le sceau de
quelque autorité, ou de quelque communauté ou compagnie ecclésiastique
ou séculière. Lettres de tonsure, de prêtrise, etc. Lettres
de maître ès arts. Lettres de bourgeoisie. Etc.
Lettres apostoliques, Lettres des papes, nommées plus communément,
depuis plusieurs siècles, Rescrits, Brefs, etc.
LETTRES, se dit aussi, au pluriel, Des connaissances que procure l'étude
en général, et, en particulier, celle de la littérature proprement
dite. Un homme de lettres. Les gens de lettres. La république des lettres.
Le roi François Ier a été appelé
le Père des lettres. Les lettres adoucissent les moeurs et font la gloire
des peuples. Ce prince aime, cultive, favorise, protége, fait fleurir
les lettres. Cet homme a beaucoup d'esprit, mais il n'a point de lettres. Un homme
sans lettres.
Les belles-lettres, La grammaire, l'éloquence et la poésie.
On dit aussi, mais rarement, dans le même sens, Les lettres humaines.
Par excellence, Les saintes lettres, L'Écriture sainte.
LETTRÉ , ÉE. adj.
Qui a des lettres, du savoir. Un homme lettré. Une femme lettrée.
Gens ignares et non lettrés.
S'emploie, substantivement, en parlant D'une classe d'hommes qui, à la
Chine, cultivent les lettres et exercent les emplois publics. Les lettrés
de la Chine. La classe des lettrés.
LETTRINE . s. f.
T. d'Imprimerie. Petite lettre qui se met au-dessus ou à côté
d'un mot, pour renvoyer le lecteur à des notes placées soit à
la marge, soit au bas des pages.
Se dit aussi Des lettres majuscules qui se mettent au haut des colonnes ou des
pages d'un dictionnaire, pour indiquer les initiales des mots qui s'y trouvent.
Se dit également Des lettres qui se mettent dans les pages, dans les
colonnes mêmes, pour indiquer le changement de la syllabe initiale.
LEUCORRHÉE . s. f.
.Médec. Catarrhe utérin, maladie des femmes connue sous le nom
impropre de Fleurs blanches.
LEUDE .s.m.
Nom que, dans les premiers temps de la monarchie, on donnait à de grands
vassaux qui suivaient volontairement leur roi à la guerre.
LEUR . Pronom personnel pluriel des deux genres
qui signifie, À eux, à elles. Il se place immédiatement
devant le verbe, et se dit principalement Des personnes. Il aime ses enfants,
il ne leur refuse rien. Les femmes s'ennuient seules, il leur faut de la compagnie.
Se dit quelquefois Des animaux, des plantes, et même des choses inanimées.
Ces chevaux sont rendus, faites-leur donner un peu de vin. Ces orangers vont
périr, si on ne leur donne de l'eau. Ces murs de terrasse sont mal faits,
on ne leur a pas donné assez de talus.
LEUR . adj. possessif des deux genres
Il fait au pluriel Leurs, et signifie, D'eux, d'elles, qui appartient
à eux, à elles. Il est ordinairement relatif Aux personnes. Les
enfants doivent du respect à leur père, à leur mère,
à leurs parents. Les hommes sensés préfèrent leur
devoir à leurs plaisirs. Ceux qui ont soin de leur réputation se
proposent une fin honnête dans chacune de leurs actions.
Se dit quelquefois relativement Aux animaux, aux plantes, et même aux
choses inanimées. Nos chiens ont pris leur cerf. Mes orangers ont perdu
toutes leurs feuilles. La fonte des neiges a fait sortir les rivières de
leurs lits. L'hiver ôte à nos campagnes tout leur agrément.
LEUR, précédé de l'article Le, la, les, s'emploie
pronominalement. Les gens sages conservent leurs amis, et les fous perdent
les leurs. Quoique d'ordinaire il soit relatif aux personnes, on le peut dire
Des animaux, et même des choses inanimées. Mes chiens ont manqué
leur cerf, les vôtres ont pris le leur. Mes orangers ont perdu la moitié
de leurs feuilles, les vôtres ont encore toutes les leurs.
LEUR, s'emploie quelquefois substantivement pour signifier, Ce qui est
à eux, à elles. Qu'ils gardent ce qu'ils ont, je ne veux rien
du leur.
LEURS au pluriel, est quelquefois substantif, et signifie, Leurs parents,
leurs amis, ceux qui leur sont attachés. Ils travaillent pour eux et
pour les leurs. Je m'intéresse à eux et aux leurs.
LEURRE .s.m.
.Fauconnerie. Morceau de cuir façonné en forme d'oiseau, dont
les fauconniers se servent pour rappeler les oiseaux de fauconnerie, lorsqu'ils
ne reviennent pas au réclame. Jeter le leurre en l'air. L'oiseau, étant
réclamé, fond sur le leurre, vient au leurre. Dresser un oiseau
au leurre.
Oiseau de leurre. Voyez OISEAU.
LEURRE, se dit figurément d'Une chose dont on se sert artificieusement
pour attirer quelqu'un et le tromper. On vous promet cet emploi, mais c'est
un leurre. La loterie est un leurre funeste à bien des gens. Cela lui sert
de leurre pour les attirer. Il ne se laissera pas prendre à ce leurre.
LEURRER . v. a.
.Fauconnerie. Dresser un oiseau au leurre. Ces oiseaux-là ne sont
pas aisés à leurrer, ne se leurrent pas facilement.
Se dit, figurément, en parlant Des personnes, et signifie, Les attirer
par quelque espérance pour les tromper. On l'a leurré de cet
espoir. Il a été leurré par de belles promesses. Il s'est
laissé leurrer. On l'emploie quelquefois, dans cette acception, avec
le pronom personnel. Il s'est longtemps leurré, il se leurre encore
de cette espérance.
LEURRÉ, ÉE. participe
LEVAIN .s.m.
Substance capable d'exciter un gonflement, une fermentation interne dans le
corps avec lequel on la mêle. Levain de bière.
Se dit, particulièrement, d'Un morceau de pâte aigrie qui, étant
mêlée avec la pâte dont on veut faire le pain, sert à
la faire lever, à la faire fermenter. Faire un levain, du levain. Ce
levain est trop vieux. Mettre trop ou trop peu de levain dans la pâte. Le
levain fait enfler la pâte. L'Église latine ne consacre qu'avec du
pain sans levain.
Se dit aussi, par extension, Des humeurs du corps humain, quand on les suppose
viciées de manière à causer quelque désordre, à
produire quelque altération. Il se sent incommodé, il y a à
craindre que ce ne soit quelque mauvais levain qui s'amasse dans son estomac.
Il n'est pas bien guéri, ces signes-là montrent qu'il y a encore
quelque levain. Ce mal-là ne se guérit jamais si bien qu'il n'en
reste quelque levain.
LEVAIN, se dit figurément Des mauvaises impressions que le péché
laisse dans l'âme. Se défaire du vieux levain du péché.
Se dit aussi Des restes et, quelquefois, des germes de certaines passions violentes.
Levain de haine, d'inimitié, de discorde, de division. Leur haine n'est
pas si bien apaisée, qu'il n'en reste quelque levain. Il y a chez ce peuple
un levain de sédition, un levain de discorde, de révolte.
LEVANT . adj. m.
Qui se lève. Il n'est usité que dans l'expression, Soleil levant.
Je serai là à soleil levant, au soleil levant. Le soleil levant
regarde cette maison.
Prov. et fig., Adorer le soleil levant, Faire sa cour à la puissance
nouvelle, à la faveur naissante.
LEVANT .s.m.
L'orient, relativement au lieu où l'on est, la partie de l'horizon où
le soleil se lève. Du levant au couchant. Entre le levant et le midi.
Les quatre points cardinaux sont le levant, le couchant, le midi et le septentrion.
La France a l'Allemagne au levant.
Le levant d'été, Le point où le soleil se lève
sur notre horizon au solstice d'été; et, Le levant d'hiver,
Celui où il se lève au solstice d'hiver.
LEVANT, se dit, particulièrement, Des régions qui sont,
à notre égard, du côté où le soleil se lève,
comme la Turquie, la Perse, l'Asie Mineure, la Syrie, etc. Les peuples, les
marchandises du Levant. Trafiquer dans le Levant. Voyage du Levant, dans le Levant.
Le commerce du Levant. Maroquin, cafetière, bouilloire du Levant. Coque
du Levant. Les échelles du Levant.
LEVANTIN , INE. adj.
Natif des pays du Levant. Les peuples levantins. Les nations levantines.
S'emploie aussi substantivement. Les Levantins. C'est un Levantin.
LEVANTINE . s. f.
Étoffe de soie toute unie. Robe de levantine.
LÈVE . s. f.
Espèce de cuiller de bois à long manche, dont on se sert au jeu
de mail, pour lever la boule.
LEVÉE . s. f.
Action de lever, de recueillir certaines choses; et Ce qui se lève, se
recueille. Se dit Des fruits, et principalement des graines; alors il signifie,
Récolte. La levée des fruits lui appartient. Toute la levée
lui appartient.
Se dit aussi en parlant Des droits, des deniers, des impôts, etc., et
signifie, Collecte, perception, recette. La levée des deniers, des droits
de l'État, des impôts.
Se dit encore Des soldats, des troupes qu'on lève, qu'on enrôle.
Une levée de soldats, de troupes. La levée de 1834.
La levée d'un siége, La retraite des troupes qui tenaient
une place assiégée.
La levée du scellé, L'action par laquelle l'officier de
justice lève un scellé. Assister, s'opposer, être présent
à la levée du scellé.
Faire la levée d'un corps, d'un cadavre, Enlever, par autorité
publique, un cadavre, un corps mort, et le faire porter au lieu où il doit
être inhumé, ou exposé pour être reconnu. Procès-verbal
de la levée d'un corps.
En Chirurgie, La levée de l'appareil, L'action d'ôter l'appareil
mis sur une blessure. Assister à la levée de l'appareil, du premier
appareil.
Levée de boucliers, Démonstration par laquelle les soldats
romains témoignaient leur résistance aux volontés de leur
général.
Fig., Levée de boucliers, Opposition ou attaque contre une personne,
contre un corps, faite avec éclat et sans succès. Il a fait une
levée de boucliers bien imprudente, bien extraordinaire.
LEVÉE, en termes de Tailleur, de Couturière, d'Ouvrière
en linge, Ce qu'on lève sur la largeur d'une étoffe pour un habit,
ce qu'on lève d'une pièce de toile pour des chemises, etc.
LEVÉE, en parlant De course de bague, L'action de celui qui lève
la lance, pour enfiler la bague. Il a fait une belle levée. Faire une
levée de bonne grâce.
LEVÉE, en termes de Jeu de cartes, Une main qu'on a levée.
Il n'a pas fait une levée. Ils ont déjà trois levées.
LEVÉE, se dit aussi d'Une élévation de terre ou
de maçonnerie, en forme de digue, de berge, pour retenir les eaux d'un
canal, d'une rivière, pour servir de chemin à travers un marais,
etc. La levée de la Loire. Faire une levée à travers un
marais.
LEVÉE, se dit encore de L'heure à laquelle une compagnie,
une assemblée se lève pour finir la séance. Trouvez-vous
à la levée du conseil, à la levée de la séance.
LEVÉE, se dit en outre de L'opération des agents de la
poste, lorsqu'ils viennent retirer de la boîte les lettres qui y ont été
jetées. Première, seconde levée. Il y a plusieurs levées
par jour à ce bureau.
Se dit aussi, collectivement, Des lettres qu'on retire de la boîte à
chaque levée. La levée de deux heures n'a pas été
considérable.
LEVER . v. a.
(Au futur, Je lèverai, et au conditionnel, Je lèverais.)
Hausser, faire qu'une chose soit plus haute qu'elle n'était. Levez cela
plus haut. Levez cela davantage. Levez cela en l'air. Cela est si pesant, qu'on
ne saurait le lever de terre. Ces machines lèvent plus de dix quintaux
pesant. Lever la bonde d'un étang, la pale d'un moulin. Lever la crémaillère
d'un cran, de deux crans. Lever les glaces d'une voiture. L'ambre lève
la paille. Levez le pied de ce cheval. Lever la visière d'un casque. Une
femme qui lève son voile. Levez votre robe, votre manteau qui traîne.
À la messe, le prêtre, après la consécration, lève
l'hostie, lève le corps de Notre-Seigneur. Lever la tête. Lever les
épaules. Lever les mains au ciel. Quand on prête serment devant un
juge, il fait lever la main. Levez la main, et dites la vérité.
Lever la toile, le rideau, Lever la toile, le rideau qui cache le théâtre
aux spectateurs.
Lever les yeux au ciel, Tourner les yeux vers le ciel. Lever les yeux
sur quelqu'un, Le regarder.
Fig., Il n'ose pas lever les yeux, se dit D'un homme qui, ayant quelque
reproche à se faire, craint de voir et d'être vu.
Fam., J'en lèverais la main, J'en ferais serment.
Lever la main, lever le bâton, lever le sabre sur quelqu'un, Se
mettre en état de le frapper.
Fam., Lever le pied, S'enfuir subitement et secrètement, pour
cause de mauvaises affaires.
Fam., Lever les épaules, Témoigner, en levant les épaules,
du mécontentement ou du mépris. C'est à faire lever les
épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a
qu'à lever les épaules.
Fig. et fam., Lever la crête, S'enorgueillir, s'en faire accroire.
Il commence à lever la crête, et à vouloir faire l'entendu.
Il signifie aussi, Se montrer, paraître avec plus de hardiesse. On dit également,
dans ce dernier sens, Lever la tête.
Fig., Lever l'étendard, Se déclarer chef d'un parti, d'une
faction. Lever l'étendard de la révolte. Et, Lever l'étendard
contre quelqu'un, Se déclarer ouvertement contre lui.
Prov. et fig., Cela lève la paille, se dit D'une chose singulière,
extraordinaire ou décisive.
LEVER, signifie aussi, Redresser une personne ou une chose qui était
couchée ou penchée. Lever un enfant sur ses pieds, un malade
sur son séant. Lever un tonneau quand le vin est à la barre ou au
bas; le lever à demi; le lever tout à fait. Lever le pont-levis
d'un château. Les portes sont fermées, le pont est levé.
Lever quelqu'un, L'aider à se lever et à s'habiller. Son
valet de chambre le lève, est allé le lever.
Faire lever un lièvre, faire lever des perdrix, Faire partir un lièvre,
faire partir des perdrix. Dans ces phrases, Lever est neutre.
Fig. et fam., Lever le lièvre, Faire le premier une proposition,
ou trouver un expédient dont les autres ne s'étaient point avisés.
LEVER, signifie encore, Ôter, enlever, retirer, écarter.
Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé. Lever
une serrure. Lever le couvercle d'une marmite. Lorsqu'il arriva pour dîner,
le premier service était levé. Lever un plat. Lever la nappe. Il
faut lever deux pieds de cette terre, avant de trouver le tuf.
En termes de Jardinage, Lever un arbre, une plante en motte, Arracher
un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient à leurs racines,
afin de les transplanter.
Lever le masque à quelqu'un dans un bal, Soulever son masque pour
chercher à le reconnaître.
Fig., Lever le masque, Agir ouvertement et sans se contraindre, après
avoir tenu quelque temps une autre conduite. On ne le dit guère qu'en mauvaise
part.
En termes de Marine, Lever l'ancre, Retirer l'ancre ou les ancres qu'on
avait jetées à la mer pour arrêter le vaisseau. Toute la
flotte leva l'ancre, et mit à la voile.
En termes d'Imprimerie, Lever la lettre, Prendre les lettres les unes
après les autres dans les cassetins, et les arranger dans le composteur
pour en former des mots et des lignes. Ce compositeur lève bien la lettre.
Fig., Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des
doutes, un scrupule, Faire cesser une difficulté, un empêchement,
écarter un obstacle, dissiper des doutes, un scrupule.
Fig., Lever les défenses; lever l'interdit, l'excommunication; lever
une opposition; lever la consigne, etc., Révoquer des défenses,
un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc.
Lever le siége d'une place, Retirer les troupes qui la tenaient
assiégée. Il a levé le siége. On lui a fait lever
le siége.
Ce général a levé le camp, Il a fait décamper
son armée. Cette armée a levé le camp, Elle a décampé.
Ces troupes ont levé le piquet, Elles se sont retirées avec
quelque précipitation.
Lever la garde, lever la sentinelle, Retirer des soldats qui sont de
garde, retirer un soldat qui est en faction.
Lever la séance, Déclarer que la séance est terminée,
que les membres de l'assemblée doivent se séparer. La séance
est levée. Le président a levé la séance à
trois heures.
LEVER, se dit, au Trictrac, Quand le joueur a passé toutes ses
dames dans le jan de retour, et qu'il les lève ensuite sur la bande. Je
lève deux dames à chaque coup. S'emploie aussi absolument dans
ce sens. J'aurai levé avant vous.
Au Jeu de cartes, Lever les cartes, ou Lever la main, Faire la
main, enlever les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure.
J'ai déjà levé deux mains, trois mains.
LEVER, signifie aussi, Couper une partie sur un tout. Se dit principalement
en parlant Des étoffes. Lever sur la longueur de la toile de quoi faire
les poignets des chemises. Lever deux aunes de drap pour faire un habit.
Se dit également en parlant Des animaux qui servent à la nourriture,
et dont on coupe un membre ou quelque partie. Lever un aloyau. Lever une épaule,
un gigot de mouton. Lever une cuisse, une aile de poulet, de chapon, de perdrix.
LEVER, signifie en outre, Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser,
emporter. Lever les fruits d'une terre. Lever les impôts, des impôts.
On lève annuellement tant de millions sur ce royaume. On lève un
droit sur cette denrée. On a dit de même autrefois, Lever
les rentes seigneuriales, la dîme.
Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée,
Enrôler des soldats, mettre des troupes sur pied, mettre une armée
sur pied.
Lever un corps, Faire emporter un corps mort. Cela ne se dit que lorsqu'on
procède à l'enlèvement par autorité publique. C'est
au maire de la commune du mort à lever le corps. On trouva un homme tué
dans la rue, et la justice envoya lever le corps.
Lever un corps saint, Le tirer du tombeau avec cérémonie,
pour l'exposer à la vénération des fidèles.
Lever un enfant, se dit en parlant D'un petit enfant exposé que
l'autorité fait emporter à l'hôpital.
Lever un arrêt, une sentence; lever un acte chez un notaire, S'en
faire délivrer une expédition.
Lever le plan d'une place, de quelque lieu, Prendre les mesures nécessaires
pour tracer ce plan, le tracer.
Lever boutique, lever ménage, Commencer à tenir boutique,
à tenir ménage, etc.
En termes de Manége, Lever un cheval à cabrioles, à
pesades, à courbettes, Manier un cheval à cabrioles, etc.
LEVER, est aussi neutre, et se dit Des plantes, des graines qui commencent
à pousser et à sortir de terre. On a semé là du
gland, voilà des chênes qui commencent à lever. Les orges
lèvent plus vite que les froments. Les blés commencent à
lever.
Se dit aussi De la pâte qui fermente. Le levain fait lever la pâte.
La pâte commence à lever.
LEVER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se dresser,
se mettre debout sur ses pieds. Se lever de son siége. Levez-vous de
là, ce n'est pas votre place. Quand il entra, on se leva pour lui faire
honneur.
Se lever de table, Quitter la table, après ou pendant le repas.
Se lever pour une proposition, contre une proposition, Se lever, dans
une assemblée délibérante, pour l'admission ou pour le rejet
d'une proposition. Les trois quarts de l'assemblée se sont levés
contre la proposition.
Absol., Se lever, Sortir du lit. Il se lève de bon matin. Il
se lève bien tard. Il se porte mieux, mais il ne se lève pas encore.
Prov. et fig., Il faut se lever bien matin pour l'attraper, Il est très-fin,
très-difficile à tromper.
LEVER, avec le pronom personnel, se dit aussi Du soleil et des astres
qui commencent à paraître sur l'horizon. Le soleil en tel mois
se lève à telle heure. Le soleil est levé. Il se lève
de tel côté. Voilà Jupiter qui se lève. La lune se
lèvera bientôt. On dit en ce sens, Le jour se lève
de bonne heure dans ce mois-ci.
Le vent se lève, Il commence à souffler.
LEVÉ, ÉE. participe, Aller partout tête levée,
la tête levée, le front levé, Aller partout sans rien
craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun affront.
Fig. et fam., Prendre quelqu'un au pied levé, Prendre quelqu'un
au moment où il se dispose à partir, à s'éloigner.
Il signifie aussi, dans une acception plus figurée, Prendre quelqu'un au
mot, ou lui faire une demande, sans lui donner le temps de la réflexion.
Voter par assis et levé, Manifester son vote, dans une assemblée
délibérante, en se levant, ou en restant assis.
Être levé, Être sorti du lit. Il est levé
et habillé. Il n'est pas encore levé.
LEVÉ, en termes de Musique, s'emploie comme substantif, et signifie,
Le temps de la mesure où on lève le pied ou la main.
LEVER .s.m.
L'heure, le temps auquel on se lève. Il faut aller chez lui à
l'heure de son lever, à son lever, pour le trouver. Il était au
lever du roi. On dit aussi, Le lever tout court, en parlant Du moment
où le roi reçoit dans sa chambre, après qu'il est levé.
Je suis allé au lever. Je l'ai vu au lever. Il assiste à tous
les levers. Le grand, le petit lever.
Le lever du soleil, le lever des étoiles, L'instant où
le soleil et les étoiles commencent à paraître sur l'horizon.
On dit dans un sens analogue, Le lever de l'aurore.
Le lever de la toile, le lever du rideau, L'instant où on lève
la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs. Au lever
du rideau, la pièce commence.
LEVER-DIEU .s.m.
Le temps de la messe où le prêtre élève l'hostie.
Il n'est arrivé qu'au lever-Dieu. Il est invariable.
LEVIER .s.m.
Bâton, barre de fer ou de quelque autre matière solide, propre
à soulever, à remuer des fardeaux. Un gros levier. Ce levier
est trop court. Le levier est la première et la plus simple des machines.
La force du levier. Soulever à l'aide du levier. Le point d'appui d'un
levier.
S'emploie aussi figurément. L'éloquence est un puissant levier
pour remuer la multitude.
LEVIS . adj.
Il n'est usité que dans cette expression, Pont-levis, Pont qui
se baisse et se lève pour ouvrir ou fermer le passage d'un fossé.
On leva, on abaissa le pont-levis du château.
Fam., Culotte à pont-levis, Culotte qui a par devant une pièce
qui s'abat et se relève à volonté.
LÉVITE .s.m.
Israélite de la tribu de Lévi, destiné au service du temple.
Les lévites avaient le second rang dans le service du temple.
LÉVITE . s. f.
Sorte de vêtement.
LÉVITIQUE .s.m.
Nom du troisième livre du Pentateuque, qui établit les cérémonies
du culte.
LEVRAUDER . v. a.
Harceler, poursuivre quelqu'un comme un lièvre. Il ne s'emploie qu'au
figuré. Il est triste d'être sans cesse levraudé par des
critiques de mauvaise foi. Il est familier.
LEVRAUDÉ, ÉE. participe
LEVRAUT .s.m.
Jeune lièvre. Petit levraut. Grand levraut de trois quarts.
LÈVRE . s. f.
Partie extérieure et charnue qui borde la bouche, qui couvre les dents,
et qui aide à la formation des sons, à l'articulation des mots.
La lèvre supérieure. La lèvre inférieure. Petite
lèvre. Grosse lèvre. Avoir les lèvres plates, minces, épaisses,
renversées, bien bordées, fraîches, rouges, vermeilles, incarnates.
Lèvres de corail. Avoir les lèvres gercées, pâles,
livides, fendues, pendantes. Se mordre la lèvre, les lèvres. De
la pommade pour les lèvres. Remuer les lèvres. Une grande colère
rend les lèvres tremblantes. Prononcer du bout des lèvres.
Il le dit des lèvres, mais le coeur n'y est pas, Il exprime un
sentiment qu'il n'éprouve pas; Il fait une promesse qu'il n'a pas dessein
de tenir.
N'honorer Dieu que des lèvres, que du bout des lèvres,
se dit Des hypocrites qui ne prient Dieu que de bouche.
Rire du bout des lèvres, Rire sans en avoir envie, à contre-coeur.
Dans le même sens, Son rire ne passe pas les lèvres.
Je l'avais sur le bord des lèvres, se dit Lorsque, au moment de
prononcer un nom, de dire quelque chose, on ne s'en souvient plus.
Fig., Avoir le coeur sur les lèvres, Être franc et sincère.
Fig., Avoir la mort sur les lèvres, Être près de
mourir, ou Avoir la figure d'un mourant.
Fig., Se mordre les lèvres de quelque chose, S'en repentir. Je
n'ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m'en suis mordu
les lèvres.
En termes de Manége, Ce cheval s'arme de la lèvre, il se défend
des lèvres, Il a les lèvres si épaisses, qu'elles lui
ôtent le sentiment des barres, en sorte que l'appui du mors en devient sourd
et trop ferme.
LÈVRE, en Chirurgie, se dit, par analogie, Des bords d'une plaie.
Les lèvres de sa plaie sont vermeilles, commencent à se rapprocher.
Se dit, en Anatomie, Des bords extérieurs ou intérieurs de la
vulve. Les grandes lèvres. Les petites lèvres.
Se dit, en Botanique, de Certaines découpures, à peu près
en forme de lèvres, qui caractérisent les fleurs des plantes nommées,
par cette raison, Plantes labiées. Les fleurs de la sauge, de la mélisse,
etc., ont deux lèvres, l'une supérieure, l'autre inférieure.
LEVRETTE . s. f.
La femelle du lévrier. Une grande, une petite levrette.
LEVRETTÉ , ÉE. adj.
Qui a la taille mince comme un lévrier. Épagneul levretté.
LÉVRIER .s.m.
Sorte de chien haut monté sur jambes, qui a la tête longue et menue,
le corps fort délié, et dont on se servait beaucoup autrefois pour
la chasse du lièvre. Beau, grand lévrier. Lévrier pour
le loup. Le lévrier chasse à vue. Lévrier d'attache. Une
laisse de lévriers. Mener des lévriers en laisse. Lâcher les
lévriers après le lièvre. Il court comme un lévrier.
Se dit, figurément et familièrement, Des gens qu'on met à
la poursuite de quelqu'un. La justice a mis ses lévriers aux trousses
du fripon.
LEVRON .s.m. Diminutif.
Lévrier au-dessous de six mois ou environ. Beau, jeune levron.
Il désigne aussi, Une sorte de lévrier de fort petite taille.
Voilà un joli levron.
LEXICOGRAPHE .s.m.
Auteur d'un lexique, d'un dictionnaire. Se dit aussi de Celui qui s'occupe d'études,
de travaux lexicographiques.
LEXICOGRAPHIE . s. f.
Science, art du lexicographe. La lexicographie exige une grande rectitude
d'esprit et beaucoup de connaissances.
LEXICOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la lexicographie. Art, science lexicographique. Travaux
lexicographiques.
LEXIQUE .s.m.
Mot qui est emprunté du grec, et qui signifie, Dictionnaire. Se dit particulièrement
Des dictionnaires grecs.
Adjectiv., Manuel lexique, Petit dictionnaire dont l'usage est facile
et fréquent.
LEZ . adv.
À côté de, proche de, tout contre. Ancienne façon
de parler, qui n'est plus usitée que dans quelques noms de lieux, comme
Le Plessis-lez-Tours, Saint-Denis-lez-Paris, et autres semblables.
LÉZARD .s.m.
Quadrupède ovipare, et à longue queue. Les lézards se
retirent ordinairement dans les haies et dans les trous de murailles. Un gros
lézard. Un lézard vert. Un lézard gris.
LÉZARDE . s. f.
Fente, crevasse qui se fait dans un ouvrage de maçonnerie. Ce mur
est plein de lézardes. Boucher les lézardes d'un mur.
LÉZARDÉ , ÉE. adj.
Qui a une ou plusieurs lézardes. Ce mur est tout lézardé.
Cette construction est lézardée.
LIAIS .s.m.
Pierre calcaire dure, d'un grain très-fin, qui est propre à faire
des sculptures. Liais d'Arcueil. Liais de Saint-Cloud. Pierre de liais. La
chapelle de Versailles est construite en beau liais. Les bas-reliefs de la fontaine
des Innocents sont de pierre de liais, sont de liais.
LIAISON . s. f.
Union, jonction de plusieurs corps ensemble. Ces pièces sont si bien
jointes, qu'on n'en voit pas la liaison. La liaison de ces pièces de bois.
La liaison des pierres. C'est un mastic qui fait la liaison des pierres et des
émaux dont la mosaïque est composée. La soudure est une espèce
de liaison.
Se dit, en Calligraphie, Des traits déliés qui joignent les unes
aux autres les lettres, ou les parties d'une même lettre.
Se dit de même, en Musique, d'Un trait recourbé dont on couvre
les notes qui doivent être liées.
LIAISON, se dit, en termes de Cuisine, de Jaunes d'oeufs délayés,
et d'autres matières propres à épaissir une sauce. Des
jaunes d'oeufs, mêlés de crème ou de consommé, servent
à faire des liaisons.
Il signifie, en Maçonnerie, Le mortier, le plâtre qui sert à
jointoyer les pierres.
Maçonnerie en liaison, Celle qui est faite de manière que
le milieu d'une pierre est posé sur le joint de deux autres.
LIAISON, en Grammaire, se dit de Certains mots qui servent à lier
les périodes, et qu'on nomme autrement Conjonctions. Les liaisons rendent
la pensée plus claire, et le style plus coulant.
LIAISON, se dit, figurément, de Ce qui lie les parties d'un discours
les unes aux autres. Liaison dans les idées. Liaison des idées.
Liaison dans les phrases, dans les parties d'un discours. Cette période
n'a point de liaison avec la précédente. Il n'y a point de liaison,
il y a une liaison nécessaire, une liaison intime entre ces deux idées.
La liaison des scènes est bien observée dans cette tragédie,
dans cette comédie, Les scènes y sont amenées les unes
par les autres.
LIAISON, se dit aussi, figurément, de La connexion et du rapport
que des affaires ont les unes avec les autres. Cette affaire a de la liaison
avec celle dont vous vous occupez. Il n'y a pas de liaison, de rapport entre ces
deux affaires.
Se dit encore, figurément, de L'union qui existe entre les personnes.
Liaison étroite. Liaison de parenté, d'amitié, d'intérêt,
de commerce, d'affaires, de plaisir, de convenance. Il y a grande liaison, une
étroite liaison entre eux. Il y a peu de liaison entre ces deux personnes,
entre ces deux familles. Avoir une liaison intime avec quelqu'un. Former, rompre
une liaison.
LIAISONS, au pluriel, se prend, dans un sens analogue au précédent,
pour Sociétés, accointances. Cet homme a des liaisons qui me
sont suspectes. Je lui ai fait sentir le danger de ses liaisons. Il a beaucoup
de liaisons, mais peu d'amis.
LIAISONNER . v. a.
.Maçonnerie. Arranger les pierres d'un édifice de façon
que le milieu des unes porte sur les joints des autres. Bien liaisonner une
construction.
Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des briques, des pavés, etc.
Il signifie aussi, Remplir les joints de mortier.
LIAISONNÉ, ÉE. participe
LIANE . s. f.
Nom donné à diverses plantes sarmenteuses et grimpantes de l'Amérique.
LIANT , ANTE. adj.
Souple, élastique, qui a un mouvement facile et doux. Cette voiture
a des ressorts bien liants.
Il signifie figurément, Doux, complaisant, affable, propre à former
des liaisons. Caractère, esprit liant. Homme liant.
S'emploie substantivement, au masculin, dans le sens de Douceur, affabilité,
complaisance, esprit de conciliation. Il a beaucoup de liant dans l'esprit,
dans le caractère. Mettre du liant dans le commerce de la vie, dans la
conduite des affaires.
LIARD .s.m.
Petite monnaie de cuivre valant trois deniers. On ne fabrique plus de liards.
Fam., N'avoir pas un liard, n'avoir pas le liard, Être fort pauvre,
ou Être sans argent pour le moment.
Fam., Je n'en donnerais pas un liard, se dit en parlant D'une chose dont
on ne fait aucun cas.
Par exagérat., Il se ferait fesser pour un liard, Il est excessivement
avare. On dit, dans le même sens, Il couperait un liard en deux.
LIARDER . v. n.
Boursiller, donner chacun une petite somme. Nous avons été
obligés de liarder pour faire un écu entre nous tous.
Il signifie aussi, Lésiner, payer liard à liard. Il est familier
dans les deux sens.
LIASSE . s. f.
Amas de papiers liés ensemble, et ordinairement relatifs à un
même objet. Liasse de lettres. Mettre des papiers en liasse.
Se dit, plus particulièrement, Des papiers d'affaires et de procédure.
L'avoué avait oublié de prendre sa liasse avant de se rendre
au palais. Une grosse liasse.
LIBAGE .s.m.
Quartier de pierre, ou gros moellon dur, équarri grossièrement,
et qu'on emploie dans les fondements d'un édifice.
LIBATION . s. f.
Effusion, soit de vin, soit d'autre liqueur, que les anciens faisaient en l'honneur
d'une divinité. Les libations étaient pratiquées par les
Juifs dans leurs sacrifices. Les païens faisaient des libations en l'honneur
de leurs dieux. Il y avait des libations particulières pour les dieux mânes.
Fam. et par allusion, Faire des libations, Boire du vin largement, par
plaisir plus que par besoin. Nous avons fait à ce dîner de nombreuses,
d'amples libations.
LIBELLE .s.m.
Écrit, ordinairement de peu d'étendue, injurieux, diffamatoire,
et le plus souvent calomnieux. Libelle calomnieux, séditieux, diffamatoire.
Le libelle fut lacéré et brûlé par la main du bourreau.
C'est un faiseur de libelles. Faire un libelle contre quelqu'un.
LIBELLER . v. a.
.Pratique. (On prononce les deux L.) Rédiger, motiver convenablement
une demande judiciaire. Libeller un exploit, une demande. Il fallait mieux
libeller cet exploit.
En matière de Finance, Libeller un mandement, une ordonnance,
Spécifier la destination de la somme qui y est portée.
LIBELLÉ, ÉE. participe, Exploit libellé. Ordonnance
bien libellée.
LIBELLISTE .s.m.
(On fait sentir légèrement les deux L.) Auteur d'un libelle, faiseur
de libelles. C'est un mauvais métier que celui de libelliste.
LIBER .s.m.
(On fait sentir l'R.) .Bot. Mot emprunté du latin. Pellicule qui existe
entre l'écorce et le bois de certains arbres. Anciennement on écrivait
sur le liber du tilleul.
LIBERA .s.m.
(On prononce Libéra.) Mot emprunté du latin. Se dit, dans
la Liturgie catholique, de La prière que l'Église fait pour les
morts, et qui commence par ce mot. Chanter un libera, le libera.
LIBÉRAL , ALE. adj.
Qui aime à donner, qui se plaît à donner. Généreux
et libéral. Libéral envers les gens de mérite. La nature
lui a été libérale de ses dons. Être libéral
de louanges. Il a l'humeur, l'inclination, l'âme libérale. Il y a
grande différence entre les hommes prodigues et les hommes libéraux.
On dit aussi, Main libérale. Vous avez reçu des biens infinis
de sa main libérale, de ses mains libérales.
Éducation libérale, Éducation propre à former
l'esprit et le coeur.
Arts libéraux, par opposition aux Arts mécaniques,
Ceux qui appartiennent plus particulièrement à l'esprit, et où
les facultés intellectuelles ont plus de part que les facultés physiques.
La peinture, la sculpture, sont des arts libéraux.
LIBÉRAL, signifie aussi, Qui est favorable à la liberté
civile et politique. Opinion, idée libérale. Principes libéraux.
LIBÉRALEMENT . adv.
D'une manière libérale. Donner libéralement. Il en usa
libéralement.
Il signifie aussi, D'une manière favorable à la liberté
civile et politique. Il pense, il écrit, il parle fort libéralement.
LIBÉRALITÉ . s. f.
Penchant, disposition à donner avec discernement. Grande libéralité.
Fausse libéralité. Exercer sa libéralité envers quelqu'un.
Il tient cela de votre libéralité. La libéralité tient
le milieu entre la prodigalité et l'avarice.
Il signifie aussi, Le don même que fait une personne libérale.
Voilà une libéralité extraordinaire. Une grande libéralité.
Une libéralité bien placée. Faire des libéralités.
Tout le monde se sent de ses libéralités. Voilà de vos libéralités.
Il n'est riche que de vos libéralités.
LIBÉRATEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui a délivré une personne, une ville, un peuple,
de captivité, de servitude, ou de quelque grand péril. Voilà
mon libérateur. Le libérateur de la patrie. Elle a été
leur libératrice.
LIBÉRATION . s. f.
.Jurispr. Décharge d'une dette ou d'une servitude. Les lois sont toujours
favorables à la libération du débiteur. J'ai obtenu, moyennant
telle somme, la libération d'une servitude fort gênante qui était
établie sur ce fonds.
La libération de l'État, L'acquittement, l'amortissement
de la dette publique.
LIBÉRER . v. a.
.Jurispr. Délivrer de quelque chose qui incommode, qui est à charge.
Il veut libérer sa maison de cette servitude.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. J'ai transigé avec lui pour
me libérer des poursuites qu'il faisait contre moi.
Il signifie plus particulièrement, S'acquitter. Il est toujours permis
à un débiteur de se libérer. Ce débiteur s'est enfin
libéré.
LIBÉRÉ, ÉE. participe, Forçat libéré,
Forçat mis en liberté après avoir subi sa peine.
LIBERTÉ . s. f.
Le pouvoir d'exercer sa volonté, en agissant ou n'agissant pas. Liberté
entière, absolue, illimitée. Liberté d'approuver et de contredire.
Se dit particulièrement, en Métaphysique, Du libre arbitre, de
la faculté donnée à l'âme de choisir entre diverses
choses, de se déterminer pour l'une ou pour l'autre. La question de
la liberté a été débattue par la plupart des écoles
de philosophie. Sans la liberté, il n'y aurait point de moralité
dans les actions des hommes.
Liberté naturelle, Pouvoir que l'homme a naturellement d'employer
ses facultés à faire ce qu'il regarde comme devant lui être
utile ou agréable. Dans l'état social, la liberté naturelle
est restreinte par les conventions établies pour l'utilité commune.
Liberté civile, Pouvoir de faire tout ce qui n'est pas défendu
par les lois. La liberté civile ne peut exister sous un pouvoir arbitraire
et absolu.
Liberté politique, ou simplement Liberté, Jouissance
des droits politiques que la constitution de certains pays accorde à chaque
citoyen. La grande charte obtenue du roi Jean par les Anglais, est le fondement
de leur liberté politique. Un peuple jaloux de sa liberté.
Liberté de conscience, Droit que tout homme a d'adopter les opinions
religieuses qu'il croit conformes à la vérité, sans pouvoir
être inquiété à cet égard par l'autorité
publique.
Liberté des cultes, Droit que les sectateurs des diverses religions
ont d'exercer leur culte, et d'enseigner leur doctrine.
Liberté de penser, Droit de manifester sa pensée sans contrainte.
Liberté de penser, signifie aussi, Manière hardie de penser
sur les matières de religion, de morale, de gouvernement. Il a une grande
liberté de penser. Ce sens vieillit.
Liberté d'écrire, Droit de manifester par écrit
sa pensée.
Liberté de la presse, Droit de manifester sa pensée par
la voie de l'impression.
Liberté individuelle, Droit que chaque citoyen a de n'être
privé de la liberté de sa personne que dans les cas prévus
et selon les formes déterminées par la loi. La charte garantit
aux Français leur liberté individuelle.
Liberté du commerce, Faculté que les commerçants
ont d'acheter et de vendre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur,
sans être soumis à des lois gênantes, à des règlements
prohibitifs.
Liberté des mers, Droit que toutes les nations ont de naviguer
librement sur les mers.
LIBERTÉ, se dit souvent par opposition à Servitude, et
signifie, L'état d'une personne de condition libre. La liberté
est l'état naturel de l'homme. Dans les temps anciens, ceux qui étaient
pris à la guerre perdaient leur liberté et devenaient esclaves.
Vendre, engager, recouvrer, racheter sa liberté. Donner la liberté
à un esclave, à un nègre.
Se dit aussi par opposition à Captivité. Il était prisonnier
de guerre, on l'a laissé en liberté sui parole. On a rendu la liberté
aux prisonniers. On a mis ce prisonnier en liberté. Il a obtenu sa liberté
moyennant une forte rançon. Ce prévenu a été mis en
liberté à la charge de donner caution. Donner la liberté
à un oiseau.
Se dit encore par opposition à Contrainte. Je vous laisse en liberté.
Parler, agir en liberté, avec liberté. Les règles de l'étiquette
nuisent à la liberté de la conversation. On jouit d'une grande liberté
dans cette maison.
Il signifie aussi, Indépendance de caractère, d'état, de
conduite. Il ne se met à la suite de personne; il aime trop sa liberté.
Engager sa liberté, la perdre, la vendre. Ma liberté est mon seul
bien.
Il signifie également, L'état d'un coeur libre, exempt de passion.
Cette femme lui a fait perdre sa liberté.
Liberté d'esprit, État d'un homme qui a l'esprit dégagé
de toute préoccupation. Je n'ai pas la liberté d'esprit nécessaire
pour m'occuper de ce travail.
Liberté de langage, ou simplement Liberté, Franchise,
hardiesse. Il a parlé au prince avec une grande liberté. Il a
toute la liberté de langage d'un homme qui ne dépend de personne.
LIBERTÉ, se prend encore pour Manière d'agir libre, familière,
hardie. Dans cette acception, il se dit en bien et en mal, et s'emploie souvent
au pluriel. Agir avec une honnête liberté. Je n'aime pas cette
liberté. Prendre, se donner des libertés. Il prend beaucoup de libertés
avec ses supérieurs. Prendre des libertés avec une femme.
Dans la conversation, on dit souvent, par politesse, J'ai pris, je prends,
je prendrai la liberté de faire telle chose, pour dire, J'ai fait,
je fais, je ferai telle chose. Je prends la liberté de vous rappeler
votre promesse. Je prends la liberté de n'être pas de votre avis.
J'ai pris la liberté de vous écrire.
Demander la liberté, Demander la permission. Je vous demande
la liberté de vous écrire, de me promener dans votre jardin.
LIBERTÉ, signifie en outre, Facilité, aisance dans les
mouvements du corps, dans les opérations de la main, etc. Il a une grande
liberté d'action, de mouvement, de geste, de langue, de parole. Il fait
tout avec beaucoup de liberté et de grâce. Il y a une grande liberté
de pinceau dans ce tableau, de trait dans ce dessin, de burin dans cette gravure.
Une douleur de rhumatisme lui ôte la liberté de ses membres, de ses
mouvements. Dans ce sens, il se dit aussi en parlant Des choses inanimées.
Ce ressort n'a pas assez de liberté, ne joue pas avec assez de liberté.
Liberté de ventre, Facilité avec laquelle le ventre fait
ses fonctions.
En termes de Manége, Liberté de langue, Espace vide, espèce
d'arcade pratiquée dans le canon du mors, à l'effet de loger la
langue du cheval.
LIBERTÉS, au pluriel, signifie, Franchises, immunités.
La conquête fit perdre à cette province toutes ses libertés.
Les libertés des communes.
Les libertés de l'Église gallicane, La conservation, par
l'Église de France, de l'ancien droit commun de toutes les Églises.
EN LIBERTÉ. loc. adv. Librement. Parler, agir en liberté,
en toute liberté, en pleine liberté.
En termes de Manége, Sauteur en liberté, Cheval dressé
à faire des sauts pour accoutumer le cavalier à se tenir ferme en
selle.
LIBERTIN , INE. adj.
Déréglé dans ses moeurs, dans sa conduite. Ce jeune
homme est devenu fort libertin. Cette femme, malgré sa mine hypocrite,
était fort libertine. En ce sens, il est aussi substantif. C'est
un libertin, un grand, un franc libertin. C'est une libertine.
Se dit quelquefois Des choses, dans plusieurs sens. Des contes libertins,
Des contes licencieux. Cet homme mène une vie libertine, Sa conduite
est déréglée. Il est d'une humeur bien libertine,
Il hait toute espèce de sujétion, de contrainte.
Imagination libertine, Imagination vagabonde et sans frein. Son imagination
libertine l'écarte sans cesse de son sujet.
LIBERTIN, se dit aussi D'un enfant, d'un écolier dissipé,
qui néglige ses devoirs pour le jeu. Il est fort libertin. En ce
sens, il est plus souvent substantif. C'est un petit libertin.
LIBERTIN, signifie encore, Qui fait profession de ne point s'assujettir
aux lois de la religion, soit pour la croyance, soit pour la pratique. En ce sens,
qui a vieilli, il ne s'employait guère que substantivement. Les libertins
et les esprits forts.
LIBERTINAGE .s.m.
Déréglement dans les moeurs, dans la conduite. Vivre dans le
libertinage, dans un libertinage continuel. Donner dans le libertinage. Ce jeune
homme est tombé dans un libertinage affreux.
Il signifie aussi, Licence des opinions en matière de religion. Il
fait profession de libertinage. Cela sent le libertinage. Dans ce sens, il
a vieilli.
Libertinage d'esprit, d'imagination, Légèreté, inconstance
dans les idées, qui fait qu'on passe d'un objet à un autre, sans
s'arrêter à aucun. Cet écrivain s'abandonne à un
libertinage d'imagination qui l'entraîne dans beaucoup d'écarts.
Il se laisse aller à un libertinage d'esprit qui ne lui permet d'approfondir
aucun sujet.
LIBERTINER . v. n.
Faire le libertin, se livrer au libertinage. Depuis qu'il ne voit plus mauvaise
compagnie, il a cessé de libertiner.
Se dit aussi Des enfants, des écoliers trop dissipés. Cet enfant
ne fait que libertiner.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Il commence à se libertiner.
Ce verbe est familier.
LIBIDINEUX , EUSE. adj.
Dissolu, lascif. Appétits libidineux. Il est peu usité.
LIBRAIRE .s.m.
Marchand de livres. La boutique d'un libraire. Cet écrivain s'est
mis aux gages d'un libraire. Tous ses ouvrages sont restés chez le libraire.
Il a ruiné son libraire. Commis de libraire, ou Commis libraire.
Imprimeur-libraire. On dit, en parlant d'Une femme qui fait le commerce de
livres, Une marchande libraire.
LIBRAIRIE . s. f.
La profession de libraire, le commerce des livres. Un fonds, un magasin,
une boutique de librairie. Il a quitté la librairie. Il s'est enrichi dans
la librairie. Il entend bien la librairie. La librairie va fort bien depuis quelques
années. On ne trouve pas ce livre dans toute la librairie.
Se dit aussi d'Un magasin, d'une boutique de librairie. Établir une
librairie. Je vais à la librairie d'un tel. Il y a plusieurs librairies
dans cette ville.
LIBRAIRIE, signifiait autrefois, Bibliothèque. La librairie
du roi. Cette acception s'est conservée longtemps dans les actes publics.
LIBRATION . s. f.
T. d'Astronomie. Balancement apparent de la lune autour de son axe, mouvement
par lequel elle nous cache et nous découvre alternativement une partie
de sa surface.
LIBRE . adj. des deux genres
Qui a le pouvoir de faire ce qu'il veut, d'agir ou de n'agir pas. L'homme
est né libre. La volonté est libre, est une faculté libre.
Prov., Les volontés sont libres, se dit Pour exprimer qu'on laisse
à quelqu'un la liberté de faire ou de ne pas faire telle chose.
Allez-vous-en, si cela vous plaît, les volontés sont libres.
L'homme a son libre arbitre, Il est maître de choisir entre le
bien et le mal.
LIBRE, se dit souvent par opposition à Esclave, servile. C'est
un homme de condition libre. Être né libre. Une profession libre.
Libre de sa personne.
Se dit également par opposition à Captif, prisonnier. Il était
prisonnier, mais à présent il est libre.
Se dit encore pour Indépendant. Il est libre, et ne dépend
de personne. Libre comme l'air. Il ne veut prendre aucun emploi, il veut demeurer
libre.
Il signifie quelquefois particulièrement, Qui n'est pas marié.
Le commerce entre personnes libres est moins coupable que l'adultère.
Se dit aussi en parlant Des États où le peuple participe à
la puissance législative, soit par lui-même, soit par ses mandataires,
et où les droits civils et politiques sont garantis par la constitution.
Un État libre. Un peuple libre. Une nation libre. Le peuple romain cessa
d'être vraiment libre, dès qu'il eut perdu ses moeurs. Gouverner
des hommes libres.
Villes libres, en Allemagne, Villes qui, n'étant soumises à
aucun prince, sont gouvernées par leurs propres magistrats. Les villes
hanséatiques sont des villes libres.
LIBRE, signifie aussi quelquefois, Qui n'éprouve aucune contrainte,
aucune gêne. On est fort libre dans cette maison. La société
des personnes avec lesquelles on n'est pas libre, est bientôt fatigante.
Il signifie encore, Licencieux, indiscret, téméraire, et s'applique
alors Aux choses comme aux personnes. Il est bien libre avec les femmes. Il
a des manières, un ton extrêmement libres avec les femmes. Il tient
des propos bien libres. Il est trop libre dans ses paroles. Il a fait des chansons
un peu libres, des contes, des vers fort libres.
LIBRE, a, dans les phrases ou locutions qui suivent, des acceptions plus
ou moins voisines de ces divers sens:
Les suffrages ne sont pas libres dans cette assemblée, On n'ose
y dire son avis, y voter selon sa conscience.
Le commerce est libre dans ce pays, Il n'y est point entravé par
des lois prohibitives.
La presse est libre dans ce pays, Les écrits destinés à
l'impression n'y sont point soumis à une censure préalable.
Les mers sont libres, On peut y naviguer, sans aucune crainte des corsaires
ou des ennemis.
Les passages, les chemins sont libres, On peut y aller sans rencontrer
aucun embarras, aucun empêchement, aucun danger. On dit de même, La
campagne est libre, Les ennemis ne l'occupent plus.
Fam., Les chemins sont libres, se dit Pour témoigner à
une personne qui veut s'en aller, qu'on ne fera aucun effort pour la retenir,
pour la garder près de soi.
Espace libre, Espace qui n'est point occupé, rempli. On dit de
même, Cette place est libre, Personne ne l'occupe, on peut la prendre,
s'y mettre.
Avoir ses entrées libres chez quelqu'un, Avoir la facilité
d'entrer à toute heure chez lui. On dit à peu près dans le
même sens, Avoir libre accès, un libre accès auprès
de quelqu'un.
Fig., Avoir le champ libre, Avoir la liberté de faire une chose.
Rien ne vous empêche de lui faire cette demande; vous avez le champ libre.
Fig., Laisser à quelqu'un le champ libre, Ne point s'opposer à
ses prétentions, ne point se mettre en concurrence avec lui. Vous pouvez
continuer vos démarches, je vous laisse le champ libre.
Avoir son temps libre, N'avoir point d'occupation obligée. On
dit aussi dans le même sens, Être libre. Je suis libre à
présent, je n'ai plus rien qui m'occupe.
Avoir le coeur libre, N'être pas amoureux.
N'avoir pas l'esprit libre, Être tellement préoccupé,
qu'on est incapable de s'appliquer.
Vers libres, Ceux où l'on admet différentes mesures, et
qui ne sont pas soumis au retour d'un rhythme régulier. Pièce
écrite en vers libres.
Traduction libre, Traduction qui n'est pas littérale, où
l'on ne s'est pas asservi à suivre exactement le texte.
Papier libre, se dit par opposition à Papier timbré. Il
suffit que cette quittance soit écrite sur papier libre. On dit, dans
le même sens, Papier mort.
Libre de, devant un nom substantif, signifie, Exempt, affranchi de. Libre
de soins, de crainte, de passion, de soucis, d'inquiétude, de toute sorte
d'engagement.
Libre de, devant un verbe, signifie, Qui a la liberté de. Vous
êtes libre d'accepter ou de refuser. On dit aussi: Il vous est libre
d'accepter ou de refuser. Libre à vous de sortir ou de rester. Etc.
LIBRE, signifie en outre, Qui a de la facilité, de l'aisance,
qui n'est point gêné dans ses mouvements. Il est libre dans sa
taille. Il a la taille libre et aisée. Avoir une contenance libre, un air
libre. Il a le corps libre et agile. Il a les mouvements libres. En ce sens,
il se dit aussi Des choses inanimées. Cette roue, ce ressort, cette
pièce est libre dans ses mouvements. Le mouvement de ce pendule n'est pas
libre.
Avoir la voix libre, la parole libre, N'avoir point d'empêchement
dans la voix, dans la parole. Il a été longtemps un peu bègue;
maintenant il a la parole parfaitement libre.
Avoir la main libre, Écrire légèrement, faire des
traits avec hardiesse.
Avoir le ventre libre, Aller facilement à la garde-robe, n'être
pas constipé.
LIBREMENT . adv.
Avec liberté, sans gêne, sans contrainte. Agir, vivre, penser,
parler, écrire librement. J'en use librement avec vous. Je vous ai dit
librement ma pensée sur cet objet. Un député librement élu.
C'est un homme qui parle librement de tout le monde. Cet écrivain-parle
trop librement de lois qu'il faut respecter.
LICE . s. f.
Lieu préparé pour les courses de tête ou de bague, pour
les tournois, les combats à la barrière, et autres exercices de
ce genre. Entrer dans la lice, en lice. Ouvrir, fermer la lice. La lice est
ouverte.
LICE, au figuré, se dit en parlant De discussions, de contestations
publiques, soit de vive voix, soit par écrit. Il n'a point osé
entrer en lice avec un dialecticien si habile, avec un orateur si éloquent.
Il a fui honteusement la lice. Il est sorti vainqueur de la lice.
Se dit aussi Des lieux où se passent les discussions, où il y
a, en quelque sorte, des combats de la parole. Le barreau est une lice ouverte
au talent oratoire.
LICE . s. f.
.Manufact. Voyez LISSE.
LICE . s. f.
Femelle d'un chien de chasse. Il y a dans toutes les meutes des lices destinées
à faire race.
Cette lice est nouée, Elle a été couverte, et elle
a retenu.
LICENCE . s. f.
Permission. Ce religieux était sorti sans en avoir demandé
la licence à son supérieur. Dans ce sens, il est vieux.
LICENCE, signifie plus ordinairement, Une permission spéciale,
accordée par le gouvernement, pour exporter ou pour vendre certaines marchandises.
Il obtint une licence pour envoyer mille pièces de vin en pays étranger.
Licence pour le débit du tabac en détail.
Se dit aussi, dans les Facultés de théologie, de droit et de médecine,
Du degré qui est entre celui de bachelier et celui de docteur.
Il se disait également, autrefois, Du temps que l'on passait sur les
bancs avant de pouvoir obtenir le degré de licencié. Faire, commencer,
achever sa licence. Entrer en licence. Sortir de licence. Ils sont trente de la
même licence. Il a été le premier de sa licence.
LICENCE, signifie encore, Liberté trop grande, contraire au respect,
à la retenue et à la modestie. C'est un homme qui prend des licences,
qui se donne de grandes licences. Prendre bien des licences avec quelqu'un. Il
s'émancipe de plus en plus, et prend chaque jour quelque nouvelle licence.
Il signifie aussi, Liberté excessive, déréglement, insubordination.
Une licence effrénée. Arrêter, réprimer la licence
de la jeunesse, la licence des soldats, du peuple, du vainqueur. C'est ouvrir
la porte à la licence. La licence n'a plus de frein, n'a plus de bornes.
La licence détruit la liberté.
LICENCE, en poésie, se dit de Toute liberté que le poëte
se donne, dans ses vers, contre la règle et l'usage ordinaire. Licence
poétique. Il y a en poésie des licences que la raison autorise et
que le goût approuve. Une heureuse licence.
Se dit quelquefois, dans un sens analogue, en Peinture, en Sculpture, en Architecture,
en Musique. Il y a des licences heureuses dans ce tableau, dans ce groupe.
Les colonnes accouplées sont une licence en architecture. Il y a une licence
remarquable dans l'ouverture de cet opéra.
LICENCIEMENT .s.m.
Action de licencier, de congédier. Il n'est d'usage qu'en parlant Des
troupes. Licenciement de troupes. La paix a été suivie du licenciement
d'une partie de l'armée.
LICENCIER . v. a.
Congédier. Il ne se dit qu'en parlant Des troupes. Licencier des troupes.
Après la paix, on licencia une partie de l'armée.
LICENCIER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et alors il signifie,
S'émanciper, sortir des bornes du devoir, de la modestie. C'est un homme
qui se licencie en paroles. Il s'était licencié jusqu'à leur
manquer de respect. Dans ce sens, il a vieilli.
LICENCIÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, au masculin,
et signifie, Qui a pris ses degrés de licence. Il est licencié
ès lettres, licencié en droit. On l'emploie substantivement
dans le même sens. Un licencié.
LICENCIEUSEMENT . adv.
D'une manière licencieuse. Vivre, penser, parler, écrire licencieusement.
LICENCIEUX , EUSE. adj.
Déréglé, désordonné, contraire à la
pudeur. Mener une vie licencieuse. Il est fort licencieux en paroles. Dire
des paroles licencieuses. Tenir des propos, des discours licencieux. Lire des
écrits licencieux. Faire des vers licencieux.
LICET .s.m.
(On prononce le T.) Terme emprunté du latin. Permission. Obtenir un
licet.
LICHEN .s.m.
(On prononce Likène.) .Bot. Genre de plante de la famille des
Algues, ordinairement en forme de croûte, qui croît sur les troncs
d'arbres, sur les rochers, sur les murs, etc. Lichen d'Islande.
LICITATION . s. f.
.Jurispr. Vente, au plus offrant et dernier enchérisseur, d'une maison,
d'un héritage qui appartient en commun à plusieurs cohéritiers
ou copropriétaires, et qui ne peut se partager commodément. Vendre
une maison par licitation. Contrat de licitation. Licitation volontaire. Licitation
entre majeurs.
LICITE . adj. des deux genres
Qui est permis par la loi. Ce n'est pas une chose licite. Il ne fait que
des gains honnêtes et licites.
LICITEMENT . adv.
D'une manière licite, sans aller contre la loi. Peut-on faire licitement
telle action?
LICITER . v. a.
.Jurispr. Mettre à l'enchère une maison, un héritage, etc.,
qui appartient à plusieurs cohéritiers ou copropriétaires.
Faire liciter une maison, un héritage. Autrefois on licitait les charges,
les rentes.
LICITÉ, ÉE. participe
LICOL .s.m.
Voyez LICOU.
LICORNE . s. f.
Quadrupède qui, selon quelques relations, aurait une corne au milieu
du front, et du reste serait assez semblable à un petit cheval. Suivant
l'opinion la plus généralement admise aujourd'hui, la licorne est
un animal fabuleux. Son écusson a des licornes pour supports.
Licorne de mer, Cétacé, nommé autrement Narval,
qui porte à l'extrémité de sa mâchoire supérieure
une dent en forme de corne, droite, et longue quelquefois de quinze ou seize pieds.
LICOU
ou LICOL.s.m.
Lien de cuir, de corde ou de crin, qu'on met autour de la tête des chevaux,
des mulets, et d'autres bêtes de somme, pour les attacher, au moyen d'une
ou deux longes, au râtelier, à l'auge, etc. Licou à une
longe, à deux longes. Le licou d'un cheval. Attacher un cheval avec son
licou. Mener un cheval avec un licou, par le licou. Ce cheval a rompu son licou.
Licol n'est plus usité qu'en poésie, devant une voyelle. En
prose, on dit et on écrit toujours, Licou.
LICTEUR .s.m.
Officier public qui marchait devant les premiers magistrats de Rome, et qui
portait une hache placée dans un faisceau de verges. Les licteurs faisaient
à la fois office d'appariteurs et de bourreaux.
LIE . s. f.
Ce qu'il y a de plus grossier dans une liqueur, et qui va au fond. Lie de
vin. Lie d'huile, de bière, etc. Tirer du vin jusqu'à la lie. La
lie vient, il n'y a plus de vin dans le tonneau. Du vin sur sa lie. Ce vin est
clair et bon jusqu'à la lie. Boire jusqu'à la lie. Quand on
dit absolument, De la lie, on entend, De la lie de vin.
Fig., Boire le calice jusqu'à la lie, Souffrir une humiliation
complète, une douleur longue et cruelle, un malheur dans toute son étendue.
Fig., La lie du peuple, La plus vile et la plus basse populace; et, La
lie du genre humain, la lie des nations, Les hommes les plus corrompus, des
hommes très-vils et très-méchants. C'est un homme de la
lie du peuple. Ne me parlez point de ces misérables-là, c'est la
lie du genre humain.
LIE . adj.
Vieux mot qui signifiait, Gai, joyeux, et qui n'est plus usité que dans
cette phrase familière, Faire chère lie, Faire bonne chère
avec gaieté.
LIÉGE .s.m.
Espèce de chêne vert, dont l'écorce est épaisse,
spongieuse et fort légère. Les glands du liége.
Il se prend ordinairement pour L'écorce de cet arbre. Le liége
est fort léger, et nage sur l'eau. On garnit de petits morceaux de liége
les filets des pêcheurs. Porter des semelles de liége. Faire des
bouchons de liége.
LIEN .s.m.
(On prononce Li-èn.) Ce qui sert à lier. Gros lien.
Un lien de paille, de jonc, d'osier. Un lien de fer. Le lien d'une gerbe, d'un
fagot. Faire des liens. Il faut retenir cela avec des liens.
Se dit aussi de La corde ou de la chaîne avec laquelle un prisonnier est
attaché. En ce sens, il se met ordinairement au pluriel. Il était
dans les liens. La fête de saint Pierre aux liens. Briser, rompre ses liens.
Forger des liens.
LIEN, signifie figurément, Esclavage, dépendance. On l'emploie
principalement en parlant Des amants. Il a rompu ses liens. Il est dans des
liens honteux. Il trouve ses liens bien doux.
En Matière crimin., Être dans les liens d'un décret,
d'un mandat d'arrêt, se dit D'une personne contre laquelle un décret,
un mandat a été décerné.
Lien religieux, Engagement contracté par ceux qui sont dans les
ordres sacrés, ou qui ont fait des voeux monastiques.
Fig., Traîner son lien, N'être pas tout à fait échappé
d'un danger, affranchi d'une passion, délivré d'une mauvaise affaire.
On dit proverbialement, dans le même sens, N'est pas échappé
qui traîne son lien.
LIEN, se dit encore, figurément, de Tout ce qui attache et unit
les personnes ensemble. Le lien du mariage. Le lien conjugal. C'est un lien
sacré, un lien indissoluble. Lien d'intérêt. Lien d'amitié.
Le lien de la reconnaissance. Les liens du sang et de la nature. Les liens de
la chair et du sang. Cet événement, qui pouvait les désunir,
n'a fait que resserrer les liens de leur amitié. Je lui suis attaché
par les liens les plus forts, les plus étroits, les plus durables. Les
lois sont le lien de la société civile. Par sa douceur, par sa modération,
il était le lien des esprits opposés qui formaient cette société.
En Jurisprud., Double lien, Parenté entre enfants d'un même
père et d'une même mère, c'est-à-dire, entre frères
et soeurs germains. Lien simple, Parenté entre frères et
soeurs qui ne sont pas nés du même père ou de la même
mère.
LIENTERIE . s. f.
(On prononce Lianterie.) .Médecine. Espèce de dévoiement
dans lequel on rend les aliments tels qu'on les a pris. Il vieillit.
LIENTÉRIQUE . adj. des deux genres
.Médecine. Qui tient de la lienterie. Flux lientérique.
LIER . v. a.
Serrer avec un lien ou avec quelque autre chose que ce soit. Lier le bras,
la main, le corps. Lier un fagot, une botte de foin, une gerbe de blé.
Lier un cerceau avec de l'osier. Lier avec un cordon. Lier avec un mouchoir. Vous
liez cela trop lâche, il faut le lier plus serré, plus étroitement.
Lier des fleurs ensemble pour en faire un bouquet. Lier un paquet. Lier les mains
derrière le dos. Lier les pieds. Lier les cheveux. Lier un homme à
un arbre, à un poteau. Lier un furieux, un fou.
Par exagération, C'est un fou à lier, C'est un extravagant.
Fig., Lier les mains à quelqu'un, Le réduire à l'inaction
dans une affaire. Avoir les mains liées, Être empêché
d'agir dans une affaire. Je ne veux pas qu'on me lie les mains, je ne veux
pas avoir les mains liées.
Fig., Lier la langue, Empêcher de parler. Le respect, la crainte
de vous déplaire m'a lié la langue.
LIER, signifie aussi, Faire un noeud. Lier les cordons de ses souliers.
Lier des rubans.
LIER, signifie encore, Joindre ensemble différentes parties par
quelque substance qui s'incorpore dans les unes et dans les autres. Il faut
mettre quelque chose dans cette composition pour lier les ingrédients.
La chaux et le ciment lient les pierres.
Lier une sauce, Lui donner de la consistance. Le cuisinier a mal lié
cette sauce. La farine sert à lier les sauces.
Lier les lettres, Les joindre l'une à l'autre par certains petits
traits. Liez bien vos lettres. Liez mieux vos lettres.
En Musique, Lier des notes, Passer, exécuter deux ou plusieurs
notes d'un même coup d'archet, ou d'un seul coup de langue sur un instrument
à vent, ou d'un seul coup de gosier en chantant.
Fig., Lier les idées, les propositions, les pensées, les parties
d'un discours, etc., Les unir entre elles, les enchaîner les unes aux
autres. Cet homme ne lie pas bien ses idées, ses pensées. Ce
logicien lie bien ses propositions. Il faut une idée intermédiaire,
quelques mots pour lier ces deux périodes, les deux membres de cette période.
Cet orateur n'a pas bien lié les parties de sa harangue.
Fig., Lier une partie de promenade, de divertissement, etc., Projeter
une partie de promenade, de divertissement, et prendre jour pour la faire.
Fig. et fam., Il a bien lié, mal lié sa partie, Il a bien concerté,
il a mal concerté son affaire, son entreprise.
Fig., Lier amitié avec quelqu'un, Contracter amitié avec
quelqu'un.
Fig., Lier conversation, commerce, société avec quelqu'un,
Entrer en conversation, en commerce, faire société avec lui. Nous
avons lié conversation ensemble. Ils ont lié conversation. J'ai
lié commerce avec lui. Ils ont lié société l'un avec
l'autre.
LIER, signifie figurément, en parlant Des personnes, Attacher,
unir, enchaîner ensemble. C'est le sang et l'amitié qui les lient.
L'amitié, l'intérêt les avait liés. Ils sont liés
d'une étroite amitié. Il est lié aux intérêts
de son maître. Ma fortune est liée à la vôtre.
Il signifie aussi, Astreindre, obliger. Qu'est-ce qui vous lie? Les paroles,
les contrats lient les hommes. Son serment, sa parole le lie d'une manière
indissoluble. Je suis lié par ma promesse.
Dans le langage de l'Église, Lier et délier, Refuser ou donner
l'absolution.
LIER, s'emploie avec le pronom personnel dans plusieurs acceptions. Ainsi
on dit: Ces ingrédients ne peuvent pas se lier, Ils ne peuvent pas
s'unir, s'incorporer ensemble. Il faut remuer cette sauce jusqu'à ce
qu'elle se lie, Jusqu'à ce qu'elle s'épaississe. Figurément,
Les scènes de cette pièce se lient mal entre elles, Elles
ne sont point amenées les unes par les autres. Le fait que vous racontez
se lie à une aventure dont j'ai connaissance, Il a du rapport avec
cette aventure, il s'y rattache.
Se lier par un serment, un voeu, etc., S'astreindre à quelque
obligation par un serment, par un voeu, etc.
LIER, joint au pronom personnel, se dit particulièrement, tant
dans le sens réfléchi que dans le sens réciproque, Des personnes
qui forment une liaison entre elles. Je me suis lié avec lui. Ils se
sont liés dès qu'ils se sont connus. Nous nous sommes liés
d'amitié.
LIÉ, ÉE. part. On l'a mené pieds et poings liés.
Lié et garrotté. Une sauce bien liée. Des lettres mal liées.
Notes liées. Ces pensées ne sont point liées. Un discours
bien lié.
Jouer en parties liées, Jouer avec la condition que l'enjeu appartiendra
à celui qui aura gagné le plus de parties, sur un nombre déterminé.
Ils ont joué un louis en trois parties liées.
LIERRE .s.m.
Plante toujours verte qui rampe à terre ou qui grimpe le long des murailles
et autour des arbres. Petit lierre. Lierre à larges feuilles. Branche,
couronne, graine, feuilles de lierre. Le lierre s'attache aux murailles.
Lierre terrestre, Plante labiée dont on fait usage en médecine,
et dont les feuilles ont quelque ressemblance avec celles du lierre.
LIESSE . s. f.
Joie. Vieux mot qui n'est guère usité que dans cette phrase familière,
Vivre en joie et en liesse, et dans cette expression, Notre-Dame de
liesse.
LIEU .s.m.
L'espace qu'un corps occupe. Tout corps occupe un lieu, remplit un lieu,
est dans un lieu. Un corps ne peut naturellement être en même temps
dans plusieurs lieux.
Se dit aussi d'Un espace pris absolument, sans considérer aucun corps
qui le remplisse, et vu seulement sous le rapport de la dimension, de la situation,
ou de quelque autre circonstance qui le distingue. Lieu vaste, étroit,
resserré. Lieu élevé, éminent, bas, enfoncé,
souterrain. Lieu humide, marécageux, malsain. Lieu agréable, charmant,
affreux, désert, solitaire, inhabité, sombre, écarté.
Voici un beau lieu. C'est le plus beau lieu du monde. C'est un lieu de délices.
Changer de lieu, ne faire qu'aller d'un lieu à un autre. En quelque lieu
qu'il aille. C'est le lieu où il est né. C'est son lieu natal.
LIEU, se dit aussi par rapport à la destination. Un lieu d'assemblée,
de récréation. Lieu public. Lieu particulier. Lieu où l'on
rend la justice. Le criminel était arrivé au lieu du supplice. Quel
est le lieu du rendez-vous? Mettre chaque chose en son lieu. Mettre une chose
en lieu sûr, en lieu de sûreté.
Le lieu saint, le saint lieu, L'église, le temple.
Les saints lieux, Les lieux de la terre sainte qui sont célèbres
par les mystères de notre rédemption. Visiter les saints lieux.
Lieu de sûreté, signifie quelquefois, Prison; et alors il
est familier. Cet étourdi s'est fait mettre en lieu de sûreté.
Lieu de plaisance, Maison de campagne uniquement destinée à
l'agrément.
Lieu de franchise, lieu d'asile, Lieu où, en vertu de quelque
privilége, on est à l'abri de certaines poursuites. Les maisons
des ambassadeurs sont des lieux de franchise. Autrefois les églises étaient
des lieux d'asile.
Mauvais lieu, Maison de débauche. Entrer dans un mauvais lieu.
Hanter les mauvais lieux.
Lieux d'aisances, ou simplement Lieux, Les latrines. Aller
aux lieux d'aisances. Aller aux lieux.
LIEU, signifie également, Un endroit désigné, indiqué;
et alors on le met souvent au pluriel. Quand je serai sur le lieu. Nous irons
sur les lieux. Se transporter sur les lieux. Les juges ordonnèrent une
descente sur les lieux.
LIEU, se prend aussi, surtout au pluriel, pour Les appartements et les
différentes pièces d'une maison, d'une ferme, etc. Il faut visiter
les lieux, et voir s'ils sont en état. Réparer les lieux. État
des lieux. État de lieux.
Prov., N'avoir ni feu ni lieu, Être vagabond, sans demeure assurée;
ou Être extrêmement pauvre.
LIEU, en Géométrie, se dit d'Une ligne droite ou courbe,
dont tous les points servent à résoudre un problème qui a
une infinité de solutions.
LIEU, en Astronomie, Le point du ciel auquel répond une planète,
une comète. Comme nous les voyons de la surface de la terre, nous les rapportons
à un point différent de celui où elles seraient vues du centre
de la terre; ce qui fait qu'on distingue le Lieu apparent du Lieu véritable:
la différence s'appelle Parallaxe.
LIEU, signifie encore, Place, rang. Il tient le premier lieu.
Dans ce sens, il a vieilli, et ne se dit guère qu'en termes de Palais.
Chaque créancier viendra en son lieu.
En termes de Pratique, Être au lieu et place de quelqu'un, Avoir
la cession de ses droits et actions. On dit de même, Subrogé en
son lieu et place.
En premier lieu, en second lieu, en troisième lieu, en dernier lieu,
Premièrement, secondement, troisièmement, enfin.
Tenir lieu de, Remplacer, suppléer. Votre amitié me
tient lieu de tout. Ses agréments lui tiennent lieu de jeunesse. Il vous
a tenu lieu de père.
LIEU, se prend quelquefois pour Maison ou famille, comme dans ces phrases:
Cette personne vient de bon lieu, est de bon lieu, Elle est de bonne famille.
Il s'est allié en bon lieu, Il s'est bien allié. Il sent
le lieu d'où il vient, Il a les habitudes, les goûts des gens
de sa classe.
Bas lieu, Basse extraction. C'est un homme de bas lieu. Il vient de
bas lieu. Il est sorti de bas lieu.
J'ai appris cela de bon lieu, je tiens cela de bon lieu, cette nouvelle vient
de bon lieu, De bonne part, de personnes bien instruites et dignes de foi.
Fam., On a parlé de vous en bon lieu, On a parlé de vous
en bonne compagnie.
LIEU, signifie aussi, L'endroit, le temps convenable pour dire, pour
faire quelque chose. Ce n'est pas ici le lieu de parler de cela, le lieu de
disputer. Nous en parlerons en temps et lieu. J'ai parlé de ce fait en
son lieu. Ce n'est ni le temps ni le lieu.
LIEU, signifie figurément, Moyen, sujet, occasion. Nous verrons
s'il y a lieu de vous servir, s'il y a lieu de vous faire payer, s'il n'y a pas
lieu de craindre, de douter, d'espérer, etc. Si je trouve lieu d'entamer
cette affaire. Il y a lieu de délibérer. J'ai lieu de me plaindre
de votre conduite à mon égard. Je n'ai pas donné lieu à
vos emportements contre moi. Donnez-moi lieu de vous obliger.
Avoir lieu, se dit en parlant De l'époque d'un événement.
Cet événement eut lieu l'an dernier. La séance publique
aura lieu à la fin de ce mois.
LIEU, se dit aussi d'Un endroit ou passage d'un livre. En quel lieu
Platon l'a-t-il dit? Aristote dit dans plus d'un lieu...
En termes de Rhétorique, Lieux communs, lieux oratoires, ou simplement
Lieux, Sources générales d'où un orateur peut tirer
ses arguments et ses moyens. Aristote a traité des lieux communs.
Lieux communs, se dit aussi de Certains traits généraux
qui peuvent s'appliquer à tout, de certaines réflexions générales
qu'on fait entrer dans un sujet particulier. Il a commencé l'éloge
de ce magistrat par un lieu commun sur la justice. Ses sermons ne sont que des
lieux communs. Un recueil de lieux communs.
Lieux communs, se dit encore Des idées usées, rebattues.
Il ne dit que des lieux communs.
AU LIEU DE. locution prépositive, qui signifie, À la place
de, en place de. Au lieu de mon frère que j'attendais, il est venu un
homme de sa part. Que mettez-vous au lieu de cette phrase, de cette strophe que
vous avez ôtée? Cet officier servira au lieu de tel autre.
AU LIEU DE, marque aussi opposition, différence. Au lieu de
secourir son ami, il l'a abandonné. Au lieu d'étudier, il ne fait
que se divertir. Je pris un volume de Racine, au lieu d'un volume de Corneille.
AU LIEU QUE, se dit, dans une acception pareille, pour Tandis que. Il
ne songe qu'à ses plaisirs, au lieu qu'il devrait veiller à ses
affaires.
LIEUE . s. f.
Mesure itinéraire, dont l'étendue varie selon les provinces, selon
les pays. La lieue commune de France est de deux mille deux cent quatre-vingt-deux
toises, à vingt-cinq lieues par degré. Grande lieue. Petite lieue.
Lieue d'Allemagne. Une lieue de chemin. Une bonne, une grande lieue. Une bonne
grande lieue. Un quart, un demi-quart de lieue. Une demi-lieue. Une lieue et demie.
Faire trois lieues, quatre lieues à pied. Faire tant de lieues par heure,
par jour.
Lieue de poste, Lieue de deux mille toises.
Lieu de pays, Lieue qui diffère de la lieue commune, et dont la
longueur est déterminée par l'usage particulier de telle ou de telle
contrée. Il n'y a que trois lieues d'ici à cette ville, mais
ce sont des lieues de pays qui valent bien quatre lieues ordinaires.
Lieue marine, Lieue de vingt au degré.
Lieue carrée, Espace carré qui a une lieue de chaque côté.
Adverb., Une lieue à la ronde, Dans l'étendue d'une lieue
en tous sens. S'emploie dans un sens moins rigoureux pour exprimer Une certaine
étendue à peu près d'une lieue de rayon. Ce bruit a été
entendu une lieue à la ronde.
Prov. et fig., Être à cent lieues, à mille lieues d'une
chose, n'en pas approcher de cent lieues, de mille lieues, En être fort
éloigné. Vous n'avez garde de trouver le noeud de cette question,
de cette affaire, vous n'en approchez pas de cent lieues, vous en êtes à
cent lieues. Vous êtes à mille lieues de la vérité.
Moi, je voudrais vous offenser! j'en suis à mille lieues. Cela est à
mille lieues de ma pensée. Leurs caractères sont à mille
lieues l'un de l'autre.
Fig. et fam., Il n'écoute pas, il est à mille lieues d'ici,
se dit D'un homme distrait, qui ne fait pas attention à ce qu'on lui dit.
Fig. et fam., Sentir quelqu'un d'une lieue, Pressentir, deviner son arrivée.
J'étais sûr que vous viendriez, je vous ai senti d'une lieue.
Se dit aussi en parlant Des choses. J'ai senti d'une lieue la proposition qu'il
vient de nous faire.
Fig. et fam., Il sent son fripon d'une lieue, On juge aisément
à ses manières, à son air, que c'est un fripon.
LIEUR .s.m.
Celui qui lie des bottes de foin, des gerbes de blé, etc.
LIEUTENANCE . s. f.
Charge, office, emploi, grade de lieutenant. Il a une lieutenance dans l'artillerie,
dans le dixième régiment. Il avait occupé autrefois la lieutenance
de roi dans une grande ville.
LIEUTENANT .s.m.
Officier qui est immédiatement au-dessous d'un chef, qu'il supplée
dans certains cas. Lieutenant-colonel d'un régiment de cavalerie, d'infanterie.
Lieutenant d'une compagnie. Le capitaine et le lieutenant. Avoir un bon lieutenant.
Lieutenant d'artillerie. Lieutenant de vaisseau. Lieutenant de tel vaisseau. Lieutenant
en premier. Lieutenant en second. Sous-lieutenant. Lieutenant réformé.
Etc.
Lieutenant général des armées du roi, ou simplement,
Lieutenant général, Officier qui occupe le second grade dans
les armées. Il y a quatre lieutenants généraux dans cette
armée.
Lieutenant de roi, ou Commandant d'armes, Celui qui commande en
l'absence du gouverneur, dans une place de guerre.
Lieutenant civil, Celui qui connaissait des causes civiles.
Lieutenant criminel, Celui qui connaissait des causes criminelles.
Lieutenant général, Celui qui présidait le tribunal
d'une sénéchaussée, d'un bailliage.
Lieutenant général de police, Magistrat qui avait à
Paris la direction de la police.
LIEUTENANT, se dit aussi, en général, de Ceux à
qui le souverain, ou le chef d'une armée, délègue, dans certains
cas, une portion de son autorité. Le roi, avant de partir, nomma son
frère lieutenant, lieutenant général du royaume. Ce roi,
peu guerrier, s'est acquis par ses lieutenants une grande gloire militaire.
LIEUTENANTE . s. f.
Il se disait de La femme de certains magistrats qui portaient le titre de lieutenants.
Madame la lieutenante civile. Madame la lieutenante criminelle.
LIÈVRE .s.m.
Quadrupède sauvage, très-léger à la course et fort
timide, à longues oreilles, à courte queue, et un peu plus grand
que le lapin. La chair du lièvre est bonne et agréable au goût.
Grand lièvre. Jeune lièvre. Vieux lièvre. Un lièvre
au gîte. Courir, faire lever, lancer le lièvre. Mettre un lièvre
en pâté. Un râble de lièvre.
Fam., Être peureux comme un lièvre, Être fort peureux,
fort timide.
Fam., Gentilhomme à lièvre, se disait autrefois d'Un gentilhomme
qui avait peu de revenu, et qui était réduit à vivre de sa
chasse.
Avoir un bec de lièvre, être bec de lièvre, Avoir,
naturellement, la lèvre supérieure fendue. Il est né avec
deux becs de lièvre.
Prov. et fig., C'est vouloir prendre les lièvres au son du tambour,
se dit Lorsqu'une personne fait grand bruit d'un dessein qui aurait besoin d'être
tenu secret pour réussir.
Fig. et fam., Lever le lièvre, Être le premier à
faire quelque ouverture, à proposer quelque chose dont les autres ne s'étaient
point avisés. C'est lui qui a levé le lièvre. Il ne fallait
pas lever ce lièvre-là.
Prov. et fig., C'est là que gît le lièvre, C'est
là le secret, le noeud de l'affaire.
Prov., Il a une mémoire de lièvre; c'est une mémoire
de lièvre, qui se perd en courant, Il a peu de mémoire, une
chose lui en fait aisément oublier une autre.
Prov. et fig., Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois;
qui court deux lièvres n'en prend aucun, Quand on poursuit deux affaires
à la fois, on s'expose à ne réussir ni dans l'une ni dans
l'autre.
En Astronomie, Le Lièvre, est le nom d'Une constellation de l'hémisphère
austral.
LIGAMENT .s.m.
T. d'Anat. Partie blanche et fibreuse qui sert à attacher des os ou des
viscères, et quelquefois à les soutenir. Un ligament large. Les
ligaments du foie. Les ligaments de la matrice. Les ligaments des os de la cuisse.
LIGAMENTEUX , EUSE. adj.
T. d'Anat. Qui est de la nature des ligaments.
LIGAMENTEUX, terme de Botanique, se dit Des plantes dont les racines
ou les tiges sont grosses et tortillées en forme de cordage.
LIGATURE . s. f.
.Chirurgie. Noeud de fil, ou autre lien, avec lequel on serre un vaisseau pour
prévenir ou arrêter l'écoulement du sang; L'action, la manière
de placer ce noeud. Appliquer une ligature. Ligature d'attente. La ligature
d'une artère. Savez -vous faire cette ligature? Il a composé un
traité des ligatures.
Se dit aussi Du petit cordon de fil, de soie, etc., dont on serre la base de
certaines tumeurs pour les faire tomber en mortification.
Se dit encore de Cette bande, ordinairement de drap ou de toile, avec laquelle
on serre la partie supérieure du bras, du pied, pour faire l'opération
de la saignée. Serrer, lâcher la ligature. Mettre, ôter
la ligature.
LIGATURE, en termes d'Écriture et d'Imprimerie, se dit de Plusieurs
lettres liées ensemble. Les ligatures grecques. La belle écriture
arabe a beaucoup de ligatures.
LIGE . adj. des deux genres
.Féodalité. Il se disait Du vassal tenant une certaine sorte de
fief qui le liait d'une obligation plus étroite que les autres, envers
son seigneur dominant. Vassal lige. Homme lige. Le vassal lige était
obligé de servir son seigneur envers tous et contre tous, excepté
contre son père.
Fief lige, héritage lige, terre lige, Terre possédée
sous la charge de l'hommage lige et des obligations qu'il imposait.
LIGNAGE .s.m. collectif.
Race, famille. Un homme de haut lignage. Tous ceux de son lignagé.
Ils sont de même lignage. Il est vieux.
LIGNAGER .s.m.
.Jurispr. Celui qui est du même lignage. Les lignagers, dans la coutume
de Paris, avaient les quatre quints des propres.
Il est aussi adjectif, et n'est guère usité que dans cette locution,
Retrait lignager, Action par laquelle un parent du côté et
ligne d'où était venu à un vendeur l'héritage par
lui vendu pouvait, dans un délai fixé et à la charge d'observer
certaines formalités, retirer cet héritage des mains de l'acquéreur,
en lui remboursant le prix qu'il en avait payé. Le retrait lignager
a été aboli par notre code civil.
LIGNE . s. f.
Trait simple, considéré comme n'ayant ni largeur ni profondeur.
S'emploie surtout dans les Sciences mathématiques. Ligne droite. Ligne
courbe. Ligne brisée. Le soleil envoie ses rayons en droite ligne. Mener,
tirer une ligne parallèle à une autre. Deux lignes parallèles.
Ligne perpendiculaire, verticale, horizontale, oblique, circulaire, elliptique.
Deux lignes qui se coupent. Une ligne spirale. Tirer une ligne d'un point à
un autre. Tracer des lignes. En termes de Fortification: Ligne fichante.
Ligne rasante. Voyez FICHANT, RASANT.
Ligne équinoxiale, ou simplement Ligne, Le cercle de la
sphère qui est également distant des deux pôles du monde,
et qu'on appelle autrement l'Équateur. Les peuples qui sont sous la
ligne. Au delà de la ligne. Les latitudes commencent à se compter
de la ligne.
Passer, couper la ligne, Traverser l'équateur et passer d'un hémisphère
à l'autre, d'une latitude nord à une latitude sud, et réciproquement.
Ligne méridienne, Ligne droite tirée du nord au sud dans
le plan du méridien. Voyez MÉRIDIEN, ENNE.
Ligne de foi, Ligne tracée sur l'alidade mobile d'un instrument
de mathématique.
En termes de Marine, Lignes d'eau, Coupes horizontales de la partie submergée
de la carène du vaisseau, parallèlement à la flottaison,
qui est elle-même la plus haute des lignes d'eau sur le plan de ce
vaisseau.
Ligne de démarcation, Ligne tracée sur un terrain ou sur
une carte, pour marquer la division de deux territoires, de deux propriétés.
Se dit aussi figurément. Tracer une ligne de démarcation entre
les pouvoirs, entre les attributions des magistrats. Il n'est pas toujours facile
de tracer une ligne de démarcation entre l'erreur et la vérité.
Ligne de marcation. On donna ce nom à La ligne tracée sur
la mappemonde par Alexandre VI, qui, de son autorité pontificale, donnait
aux Espagnols les terres qu'ils découvriraient à l'ouest de cette
ligne, et aux Portugais celles qu'ils découvriraient à l'est. On
appela ensuite Ligne de démarcation, Celle qui fut fixée
d'accord entre ces peuples, et qui déclinait de la ligne de marcation
d'Alexandre VI.
Aller quelque part en droite ligne, Y aller sans faire de détours.
Pressé d'arriver à sa garnison, il y est allé en droite
ligne.
Fig., C'est un homme qui a toujours marché sur la même ligne,
qui s'est tracé une ligne dont il ne s'est jamais écarté,
Il s'est fait des règles de conduite qu'il a constamment suivies.
Fig., Suivre la ligne du devoir, de l'honneur, Tenir une conduite conforme
au devoir, à l'honneur.
Fig., Être, marcher sur la même ligne, Avoir le même
rang. Ces deux écrivains, ces deux artistes sont sur la même ligne,
Ils sont égaux en mérite, en réputation.
Fig., Être en première ligne, mettre en première ligne,
Être au premier rang, placer au premier rang. Il est en première
ligne parmi les écrivains de notre temps. Dans l'ordre de nos devoirs,
il faut mettre la bienfaisance en première ligne.
Fig., Être hors de ligne, Être d'un ordre supérieur,
d'un ordre à part. Se dit Des personnes et des choses. C'est un homme
hors de ligne, on ne doit lui comparer personne. Cet ouvrage est d'un genre tout
particulier; il est hors de ligne.
LIGNE, se dit particulièrement Des traits ou plis du dedans de
la main, dont le principal s'appelle vulgairement La ligne de vie. Les charlatans
qui se mêlent de chiromancie, observent les lignes de la main.
LIGNE, en termes de Manége, L'espace droit ou circulaire que parcourt
le cheval, soit au cercle, soit au pilier, soit sur le carré du manége.
Ligne de la volte. Lignes du carré.
LIGNE, en termes d'Escrime, se dit absolument de La ligne qui est directement
opposée à l'adversaire, et dans laquelle doivent être les
épaules, le bras droit et l'épée.
LIGNE, en Peinture, en Sculpture, en Architecture, se dit de L'effet
général produit par la réunion et la combinaison des diverses
parties d'une composition. La ligne de composition d'un tableau. Ce groupe,
ce monument, ce paysage offre de belles lignes, des lignes simples, grandes, etc.
LIGNE, en termes d'Écriture et d'Imprimerie, Les caractères
rangés sur une ligne droite dans une page. Il y a tant de mots à
chaque ligne, et tant de lignes à chaque page. Il écrit assez bien,
mais il ne fait pas ses lignes droites. Il faut que le compositeur redresse cette
ligne. Ce livre n'est pas à deux colonnes, il est imprimé à
longues lignes.
Se dit aussi de Ce qui est écrit dans une ligne. Il n'y a pas dans
cet ouvrage une ligne qui soit correcte. À chaque ligne de cet écrit,
on trouve des termes impropres.
Fam., Deux lignes, Une courte missive. Je vous écrirai deux
lignes pour vous prévenir de mon arrivée. Je vous demande deux lignes
de votre main, pour savoir à quoi m'en tenir sur cette affaire.
Mettre un mot, un passage à la ligne, Commencer par ce mot, par
ce passage, un nouvel alinéa. Mettez ce passage à la ligne.
Écrire hors ligne, mettre hors ligne, tirer une somme hors ligne,
L'écrire à la marge.
Mettre en ligne de compte, tirer en ligne de compte, Employer, comprendre
dans un compte; et, figurément, Faire mention d'une chose, la rappeler,
en tirer avantage. Je ne mets pas en ligne de compte ce que j'ai fait pour
vous.
LIGNE, se dit aussi Du cordeau, de la ficelle, dont les maçons,
les charpentiers, les jardiniers, et autres, se servent pour dresser leurs ouvrages.
Tirer une muraille à la ligne, une muraille en ligne droite. Marquer
le bois à la ligne. Planter des arbres à la ligne.
Se dit encore Des fils de crin au bout desquels est attaché un hameçon,
et dont les pêcheurs se servent pour prendre du poisson. Pêcher
à la ligne. Amorcer, jeter, retirer sa ligne.
Ligne dormante, Ligne qui demeure fixée dans l'eau, sans qu'on
la tienne.
LIGNE, en termes de Corderie, se dit d'Un petit cordage à trois
torons, d'une ligne à une ligne et demie de diamètre, qui sert à
un grand nombre d'usages dans la marine. Ligne goudronnée. Ligne d'amarrages.
Ligne de sonde. Ligne de loch. Etc.
LIGNE, en termes de Guerre, signifie, La direction générale
de la position des troupes, soit pour combattre, soit pour s'exercer aux grandes
manoeuvres. La ligne appuyait sa droite au village, et sa gauche au pied de
la montagne.
Se porter sur la ligne, Se diriger vers la position qu'on doit occuper
dans la ligne.
Entrer, rentrer en ligne, se mettre en ligne, être en ligne, Se
placer, se replacer, ou être placé dans la direction générale
de la ligne.
Rompre la ligne, Se porter trop en avant, ou rester trop en arrière
de la direction générale de la ligne. Dans le premier cas, on dit
aussi, Forcer la ligne, et dans le second, Refuser la ligne.
Ligne de direction, Ligne qu'un corps militaire en campagne, ou dans
les grandes manoeuvres, doit suivre pour se porter, de sa position actuelle, à
celle qu'on veut lui faire occuper.
Ligne d'opération, Ligne qu'une armée ou plusieurs corps
destinés à la même opération, doivent suivre constamment,
et de laquelle ils doivent, par leurs manoeuvres, chercher à se rapprocher
sans cesse, quand ils ont été forcés de s'en éloigner.
Le Danube est la ligne d'opération de cette armée.
LIGNE, signifie aussi, Rang d'une armée en ordre de bataille ou
de campement, suite de bataillons ou d'escadrons placés les uns près
des autres sur la même ligne, et faisant face du même côté.
L'armée était rangée sur trois lignes, était campée
sur trois lignes. L'armée marchait sur deux lignes. Il mit toutes ses troupes
en bataille sur deux lignes. Tel corps formait l'aile droite de la première
ligne. La première ligne des ennemis plia, fut entièrement défaite.
Ligne pleine, Celle où la droite d'un corps s'appuie à
la gauche du corps qui est à sa droite; par opposition à Ligne
à intervalles, Celle dans laquelle on laisse vide un espace assez étendu
entre la gauche d'un corps et la droite d'un autre.
Marcher en ligne, par opposition à Marcher en échelons,
se dit D'une armée qui, en marchant, conserve l'alignement général
et partiel. L'armée marchait en ligne.
Par peloton ou par section en ligne. Commandement par lequel on
ordonne à une troupe qui est en marche par le flanc, de se partager et
de se former en pelotons ou en sections.
Troupe de ligne, Troupe destinée à combattre en ligne,
par opposition à Troupe légère ou irrégulière.
On dit de même: Infanterie de ligne. Régiment de ligne.
Absol. et collectiv., La ligne, Les corps composant la troupe de ligne.
Il a servi dans la ligne. Il est entré dans la ligne.
LIGNE, se dit, dans la Tactique navale, de Toute réunion de bâtiments
de guerre qui sont rangés, qui gouvernent sur un même rumb de vent.
Ligne de combat. Ligne ou ordre d'échiquier. Ligne de marche.
Ligne de convoi. Former, serrer, ouvrir, couper, doubler, rompre, enfoncer la
ligne.
Ligne du plus près, Ligne de bâtiments de guerre qui fait
un angle de soixante-sept degrés trente minutes avec le lit du vent. On
la nomme Ligne du plus près tribord, lorsque les bâtiments
qui la forment reçoivent le vent par la droite, et Ligne du plus près
bâbord, lorsqu'ils le reçoivent par la gauche.
Vaisseau de ligne, Grand vaisseau de guerre, ayant au moins cinquante
pièces de canon, et pouvant se mettre en ligne. On dit dans un sens analogue,
Équipage de ligne.
LIGNE, en termes de Fortification, signifie, Retranchement. Dans ce sens,
on l'emploie d'ordinaire au pluriel. Travailler aux lignes. Attaquer, forcer,
combler des lignes.
Se dit plus particulièrement d'Une suite d'ouvrages de fortification,
permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée ou
un corps d'armée dans son camp, à fermer une trouée ou un
débouché, à empêcher les approches d'une place. Les
lignes de Weissembourg.
Lignes continues, par opposition à Lignes à intervalles,
Celles qui se suivent sans interruption, qui n'offrent aucun intervalle entre
les ouvrages dont elles sont composées.
Lignes d'approche, Tranchées qu'on ouvre pour approcher d'une
place qu'on assiége.
Lignes de contre-approche, Tranchées que les assiégés
ouvrent pour enfiler les travaux des assiégeants.
Lignes de circonvallation, Retranchements continus ou à intervalles,
dont une armée couvre son camp, pour empêcher que l'ennemi ne jette
du secours dans la place qu'elle assiége.
Lignes de contrevallation, Retranchements qu'on élève du
côté de la place qu'on assiége, quand la garnison en est forte,
et que l'on craint les sorties.
Lignes de communication, Tranchées qu'on ouvre d'une parallèle
à l'autre, pour faciliter les communications.
Lignes parallèles, ou simplement Parallèles, Lignes
que font les assiégeants pour lier leurs tranchées, les protéger
et garder leurs batteries.
Ligne de défense, ou Ligne de frontière, Ligne que,
dans le système défensif d'un État, occupent ou doivent occuper
les places fortes, les camps retranchés et les lignes.
Ligne de douanes, Bureaux de douane placés le long d'une frontière,
d'une limite. On dit de même, à l'armée: Ligne de postes.
Ligne de sentinelles avancées.
Ligne télégraphique, Suite de télégraphes
qui correspondent entre eux.
LIGNE, signifie encore, La douzième partie d'un pouce. Cette
règle a deux pieds six pouces quatre lignes de long. Ce cercle a quinze
pouces huit lignes de diamètre.
Ligne d'eau, La cent quarante-quatrième partie d'un pouce d'eau.
Il a cinq pouces trois lignes d'eau dans son jardin.
LIGNE, en termes de Généalogie, La suite des descendants
d'une race, d'une famille. Ligne directe, droite, collatérale, masculine,
féminine. Les héritiers en ligne collatérale.
LIGNÉE . s. f.
Race descendance. Avoir une nombreuse lignée. Ce prince est mort sans
laisser de lignée. Il vieillit.
LIGNETTE . s. f.
Ficelle de médiocre grosseur, pour faire des filets.
LIGNEUL .s.m.
Fil enduit de poix, dont se servent les cordonniers.
LIGNEUX , EUSE. adj.
.Bot. De la nature ou de la consistance du bois. Plantes ligneuses. Fibres
ligneuses. La coque de la noix est ligneuse.
Le corps ligneux, Le bois de l'arbre.
LIGUE . s. f.
Union, confédération de plusieurs États, pour se défendre
ou pour attaquer. Ligue défensive. Ligue offensive. Ligue offensive
et défensive. Puissante ligue. La ligue de Cambray, d'Augsbourg, etc. Faire
ligue ensemble. Faire une ligue. Former une ligue. Tel prince est entré
dans la ligue, s'est détaché de la ligue. Rompre, négocier
une ligue.
Se dit, particulièrement et absolument, de L'union qui s'était
formée en France, vers la fin du seizième siècle, sous prétexte
de défendre la religion catholique contre les huguenots. Du temps de
la Ligue. Les mémoires de la Ligue. La procession de la Ligue. Prédicateur
de la Ligue.
LIGUE, signifie aussi, Complot, cabale que plusieurs particuliers font
ensemble pour réussir dans quelque projet; et alors il se dit presque toujours
en mauvaise part. Dans cette ville, dans cette compagnie, il s'est fait une
ligue. Ce grand écrivain eut bien de la peine à se défendre
contre la ligue de ses ennemis.
Ligues grises, Les trois petites républiques qui composaient le
corps des Grisons.
LIGUER . v. a.
Unir dans une même ligue. Il a ligué tous les princes chrétiens
contre le Turc.
S'emploie souvent avec le pronom personnel, tant dans le sens réfléchi
que dans le sens réciproque. Il se ligua avec les mécontents
pour exciter une sédition. Ces deux peuples se liguèrent contre
leur ennemi commun. Toute l'Italie se ligua pour la défense de sa liberté.
Les journalistes se sont ligués contre cette pièce.
LIGUÉ, ÉE. participe
LIGUEUR , EUSE. s.
Se dit seulement Des personnes qui étaient de la Ligue, du temps de Henri
III et de Henri IV. C'était un ligueur furieux. Cette femme était
une ligueuse ardente.
LILAS .s.m.
Arbrisseau qui fleurit un des premiers au printemps, et qui porte de petites
fleurs par bouquets très-odorants et très-nombreux. Lilas blanc.
Lilas rouge ou violet. Lilas de Perse.
LILAS, s'emploie adjectivement, pour désigner La couleur bleue
mêlée de rouge, qui est le plus ordinairement celle du lilas. La
couleur lilas est fort agréable. Une robe lilas. Un ruban lilas.
LILIACÉE . adj. f.
.Bot. Se dit Des plantes analogues au lis. Plante liliacée.
Il est aussi substantif. Une liliacée. La famille des liliacées.
LIMACE . s. f. ou LIMAS.s.m.
Mollusque rampant, sans coquille, de forme allongée, à quatre
tentacules, et ordinairement rougeâtre. La bave de la limace. Les limaces
se plaisent dans les lieux humides.
LIMACE, est aussi un terme de Mécanique. Voyez Vis d'Archimède.
LIMAÇON .s.m.
Mollusque rampant semblable à une limace, mais habitant une coquille
dont l'ouverture est en forme de croissant. Les cornes du limaçon. Cet
homme vit retiré chez lui comme un limaçon dans sa coquille.
LIMAÇON, en termes d'Anatomie, La partie osseuse du labyrinthe
de l'oreille, qui a la forme d'une coquille de limaçon.
En Architect., Escalier en limaçon, Escalier qui tourne autour
d'un noyau.
LIMAILLE . s. f.
Les petites parties de métal que la lime fait tomber. Limaille d'acier,
de fer, d'or, d'argent. La limaille de fer est un remède. Prendre de la
limaille.
LIMANDE . s. f.
Poisson de mer fort plat, et à peu près de la forme d'un carrelet,
mais à peau rude. Limande fraîche. Limande frite.
LIMAS .s.m.
Voyez LIMACE.
LIMBE .s.m.
.Math. et d'Astron. Bord. Le limbe d'un instrument de mathématique.
Le limbe supérieur, le limbe inférieur du soleil. Le limbe supérieur,
le limbe inférieur de la lune.
En Botanique, Le limbe d'une corolle, d'un calice, Le bord supérieur
et plus ou moins évasé d'une corolle, d'un calice. Le limbe d'une
feuille, La partie plane et plus ou moins large d'une feuille.
LIMBES .s.m. pl.
Lieu où, selon quelques théologiens, étaient les âmes
de ceux qui étaient morts dans la grâce de Dieu, avant la venue de
Notre-Seigneur, et où vont celles des enfants morts sans baptême.
JÉSUS-CHRIST, après sa mort, tira des limbes les patriarches,
les prophètes.
LIME . s. f.
Outil de fer ou d'acier, plus ou moins long et étroit, d'une forme plate,
ronde ou triangulaire, dont la surface est couverte d'entailles qui se croisent,
et qui sert à dégrossir, à couper, à polir des métaux
et quelquefois du bois. Grosse, petite lime. Il faut passer la lime sur cette
clef. Il faut polir ce bois avec la lime. Couper un barreau de fer avec une lime.
Les dents de cette lime sont usées. Cette lime ne mord pas.
Lime douce, Lime dont les entailles sont très-peu profondes, et
qui polit le métal en le limant.
Lime sourde, Lime qui ne fait pas de bruit quand on l'emploie. Couper
des barreaux de fer avec une lime sourde. Se dit, figurément et familièrement,
d'Une personne qui agit secrètement pour quelque mauvais dessein, ou qui,
sous un air taciturne, cache de la malignité.
LIME, s'emploie figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit.
Ainsi on dit, Passer, repasser la lime sur un ouvrage de prose, de poésie,
Travailler à le corriger, à le perfectionner; et dans des sens analogues:
Il faut encore donner quelques coups de lime à cet écrit, pour
en faire disparaître les négligences, les aspérités.
Donner le dernier coup de lime à un ouvrage.
LIME . s. f.
Sorte de petit citron qui a une eau fort douce, et que, par cette raison, l'on
appelle Lime douce.
LIMER . v. a.
Couper, dégrossir, amenuiser, polir avec la lime. Limer un canon de
fusil, un ressort de pendule, une grille de fer. Cela est forgé et limé.
Se dit, figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit; et alors il signifie,
Corriger avec soin, polir, perfectionner. Il a été six mois à
limer ce poëme, cette pièce d'éloquence. Il n'a pas encore
assez limé ses vers.
LIMÉ, ÉE. participe
LIMIER .s.m.
Gros chien de chasse avec lequel le veneur quête et détourne la
bête, pour la lancer quand on veut la courir. Mener un limier au bois.
Dresser un chien pour en faire un limier.
Fig. et fam., Limier de police, Espion. Les limiers de police, de
la police sont à ses trousses.
LIMITATIF , IVE. adj.
Qui limite, qui renferme dans des bornes certaines.
En Jurispr., Assignat limitatif, disposition limitative, Assignat, disposition
dont l'objet est tellement déterminé, que le légataire n'a
rien à demander, à prétendre sur le surplus des biens du
testateur.
LIMITATION . s. f.
Fixation, restriction, détermination. Il a obtenu un congé
sans aucune limitation de temps.
LIMITE . s. f.
Borne, ce qui sert à séparer un territoire, un terrain, d'un territoire,
d'un terrain contigu ou voisin. Les Pyrénées sont la limite de
la France du côté de l'Espagne, sont la limite qui sépare
l'Espagne de la France. La rivière sert de limite à ma propriété.
S'emploie plus ordinairement au pluriel. Les montagnes, les rivières
sont les limites naturelles des pays. Les limites de la France et de l'Allemagne.
Étendre, reculer, resserrer, rapprocher, régler des limites. Rester
dans ses limites. Sortir de ses limites. Rentrer dans ses limites. Assigner, fixer
les limites d'un État. Les commissaires qui travaillent au règlement
des limites.
S'emploie également au sens moral. Son ambition est sans limites,
n'a pas de limites, ne connaît pas de limites. Il ne donne point de limites
à ses désirs. La limite qui sépare l'erreur de la vérité
n'est pas toujours facile à marquer, à fixer, à reconnaître.
Il a franchi, il a excédé la limite, les limites de son pouvoir.
Je ne passerai point les limites que je me suis prescrites.
LIMITER . v. a.
Borner, donner des limites. La mer limite ce royaume au midi et au couchant.
Ces deux princes ont limité leurs États par une convention amicale.
Se dit, figurément, en parlant Du prix et de la quantité des choses,
du nombre des personnes, de la durée du temps. Dans certaines villes,
on limite le prix du pain. On a limité le nombre des avoués. On
ne lui a point limité le temps de son voyage.
S'emploie aussi au sens moral. Limiter les pouvoirs d'un procureur fondé.
Il ne peut souffrir qu'on limite son pouvoir, ses droits, son autorité.
LIMITÉ, ÉE. participe, Congé limité. Pour
un temps limité. L'esprit de l'homme est fort limité.
LIMITROPHE . adj. des deux genres
Qui est sur les limites. Pays, terres limitrophes. Cette province est limitrophe
de l'Allemagne.
LIMON .s.m.
Boue, terre détrempée, bourbe. Les anguilles et quelques autres
poissons se tiennent dans le limon. Ce fleuve traîne beaucoup de limon.
S'emploie figurément, au sens moral, et signifie, Extraction, origine,
nature. Il se croit pétri d'un autre limon que les autres hommes. Nous
sommes tous formés du même limon.
LIMON .s.m.
L'une des deux branches de la limonière d'une voiture. Le limon droit,
gauche d'une charrette. Les limons d'une charrette. Mettre un cheval dans les
limons, en limons. Ce cheval ne veut pas tirer dans les limons.
LIMON, en Architecture, Pièce de bois ou de pierre, taillée
en biais, qui supporte les marches et la balustrade d'un escalier.
LIMON .s.m.
Sorte de citron qui a beaucoup de jus. Gros limon. Des limons aigres, verts.
Du jus, du sirop de limon.
LIMONADE . s. f.
Boisson qui se fait avec du jus de limon ou de citron, de l'eau et du sucre.
La limonade est rafraîchissante. Boire un verre de limonade. Entrer dans
un café, pour prendre une carafe de limonade, une limonade. Limonade cuite.
LIMONADIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui fait et qui vend de la limonade, de l'orgeat, des liqueurs,
du café, du chocolat, des glaces, etc.
LIMONEUX , EUSE. adj.
Bourbeux, plein de limon. Eau limoneuse. Terrain limoneux.
LIMONIER .s.m.
Cheval qu'on met aux limons. Bon, fort limonier. Ce cheval est trop petit
pour être limonier.
LIMONIER .s.m.
Arbre qui porte les limons.
LIMONIÈRE . s. f.
Espèce de brancard formé par les deux limons adaptés au
devant d'une voiture.
Se dit aussi d'Une voiture à quatre roues, ayant, au lieu d'un timon,
un brancard formé par deux limons.
LIMOSINAGE .s.m.
Ouvrage de maçonnerie fait avec des moellons et du mortier. Maçonnerie
de limosinage.
LIMPIDE . adj. des deux genres
Clair, net, transparent. Eau, source limpide. Cette eau-de-vie est bien limpide.
LIMPIDITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est limpide. Cette eau est d'une limpidité
admirable.
LIMURE . s. f.
Action de limer. La limure de cette grille sera longue.
Il signifie aussi, L'état d'une chose limée. Cette tabatière
est d'une limure parfaite. La limure de ces pistolets est très-fine.
Se dit, quelquefois, dans le sens de Limaille.
LIN .s.m.
Plante dont la graine est employée à beaucoup d'usages, et dont
la tige fournit un fil qui sert à fabriquer des toiles fines et des dentelles.
Semer, cueillir du lin. Fleur, graine de lin. Farine de graine de lin. Eau
de graine de lin. Huile de lin. Fil de lin. Filer du lin. Toile de lin. De fin
lin. Du lin moelleux.
LIN, absolument, se prend quelquefois pour La toile faite de lin. Être
vêtu de lin. De longs habits de lin.
Gris de lin, Couleur qui ressemble à celle de la fleur de lin.
Le gris de lin est une couleur fort douce. On l'emploie adjectivement.
Couleur gris de lin. Ruban gris de lin.
LINAIRE . s. f.
Plante ainsi nommée parce que ses feuilles ont de la ressemblance avec
celles du lin. On la nomme aussi Lin sauvage.
LINCEUL .s.m.
Drap de toile dont on se sert pour ensevelir un mort. Il n'y avait pas même
un linceul pour l'ensevelir.
LINÉAIRE . adj. des deux genres
T. didactique. Qui a rapport aux lignes, qui se fait par des lignes. Problème
linéaire. Perspective linéaire. Étude du dessin linéaire.
En Botanique, Feuille linéaire, Feuille très-étroite
dans toute sa longueur. Les feuilles de la plupart des graminées sont
linéaires.
LINÉAL , ALE. adj.
.Jurispr. Qui est dans l'ordre d'une ligne. Succession linéale. Substitution
graduelle et linéale.
LINÉAMENT .s.m.
Trait, ligne délicate, ou Première trace, premier rudiment d'un
être, d'un objet. Les physionomistes prétendent juger du caractère
par les linéaments du visage. On aperçoit dans l'oeuf les premiers
linéaments du poulet.
S'emploie quelquefois au sens moral. Il n'a encore tracé que les premiers
linéaments de son ouvrage.
LINGE .s.m.
Toile mise en oeuvre selon les différents usages auxquels on veut l'employer.
Beau linge. Gros linge. Menu linge. Linge fin. Linge plain, uni, ouvré,
damassé. Linge neuf. Vieux linge. Linge sale. Blanchir, empeser, savonner,
repasser, faire sécher du linge. Mettre du linge à la lessive. Du
linge blanc de lessive. Accoupler le linge. Changer de linge. Prendre, mettre
du linge. Mettre des chemises, des serviettes au linge sale. Donner son linge
à la blanchisseuse. Compter son linge. Cette blanchisseuse ne ménage
pas le linge. Blanchisseuse de gros linge. Blanchisseuse de linge fin, de menu
linge, ou simplement, Blanchisseuse de fin. Ouvrière en linge. Travailler
en linge. Faire du linge. Coudre du linge. Marquer du linge. Linge de coton. Linge
de corps, Chemises, mouchoirs, etc. Linge de table, Nappes, serviettes,
etc. Linge de lit, Draps, taies d'oreillers, etc. Linge de cuisine,
Tabliers, torchons, etc. On dit, particulièrement, en parlant Du linge
de corps: Il a bien du linge. Il est bien en linge. Se mettre en linge. Être
sans linge. Il a de beau linge. Être en linge blanc.
Il signifie encore, Un morceau de linge. Essuyer avec un linge. Se frotter
avec des linges chauds. Un linge à barbe.
Prov., Il n'a pas plus de force qu'un linge mouillé, Il est d'une
faiblesse extrême de corps ou de caractère. On dit figurément,
dans le même sens, C'est un linge mouillé.
LINGER , ÈRE. s.
Celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, qui fait du linge, qui travaille
en linge. Il est linger. Elle est lingère. Marchand linger. Marchande
lingère. Boutique, magasin de linger, de lingère. Acheter du linge
tout fait chez les lingères.
LINGERIE . s. f.
Commerce de linge, métier de linger, de lingère. Elle sait
bien la lingerie. Il entend bien la lingerie.
Se dit aussi, dans les hôpitaux, dans les colléges, dans les grandes
maisons, etc., Du lieu où l'on serre le linge. Aller à la lingerie.
LINGOT .s.m.
Barre ou morceau de métal fondu, qui n'est ni monnayé ni ouvragé.
Se dit principalement en parlant De l'or et de l'argent. Lingot d'or, d'argent.
De l'or, de l'argent en lingot.
LINGOT, en termes de Chasse, Petit morceau de fer ou de plomb, de forme
cylindrique, dont on charge quelquefois le fusil, au lieu de balles. Tirer
un sanglier avec des lingots.
LINGOTIÈRE . s. f.
Morceau de fer creux et long, destiné à recevoir le métal
en fusion qui doit former le lingot.
LINGUAL , ALE. adj.
(On prononce Lingoual.) Qui appartient, qui a rapport à la langue.
En Anatomie: Muscle, nerf lingual. Artère linguale.
LINGUAL, en Grammaire, se dit Des articulations, des consonnes formées
par les différents mouvements et les différentes positions de la
langue. D, T, L, N, R sont des consonnes linguales. Dans ce sens, il s'emploie
quelquefois substantivement, au féminin. Une linguale.
LINGUISTE .s.m.
(Dans ce mot et dans le suivant, on prononce UI diphthongue.) Celui qui écrit
sur les principes et les rapports des langues, ou qui en fait une étude
spéciale. Un savant, un habile linguiste.
LINGUISTIQUE . s. f.
Étude des principes et des rapports des langues, science de la grammaire
générale appliquée aux diverses langues. Depuis quelques
années, la linguistique a fait de grands progrès.
LINIÈRE . s. f.
T. d'Agriculture. Terre semée en lin.
LINIMENT .s.m.
.Médec. Médicament fait d'huile et d'autres substances, qui s'emploie
en friction, et qui est propre à adoucir, amollir et résoudre. Résoudre
une tumeur par des liniments.
LINON .s.m.
Sorte de toile de lin, très-claire et très-déliée.
De la toile de linon, ou plus ordinairement, Du linon. Linon uni, rayé.
Une robe de linon.
LINOT , NOTTE. s.
Petit oiseau de plumage gris, à bec conique, dont le chant est très-agréable.
Le nom de la femelle s'emploie communément, même en parlant Du mâle.
Le chant d'une linotte. Siffler une linotte. Linotte de vigne.
Fig. et fam., Il a une tête de linotte, c'est une tête de linotte,
Il a bien peu de jugement, son esprit est fort léger.
Prov., fig. et pop., Siffler la linotte, Boire plus que de raison. Il
signifie aussi, Être en prison.
LINTEAU .s.m.
Pièce de bois, de pierre, ou même de fer, qui se met en travers
au-dessus de l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre, pour en former la
partie supérieure et soutenir la maçonnerie. Il faut mettre là
un linteau. Ce bois est bon à faire des linteaux.
Se dit, en Serrurerie, d'Un bout de fer placé au haut d'une porte ou
d'une grille, pour recevoir les tourillons.
LION , ONNE. s.
Quadrupède carnivore, d'un poil tirant sur le roux, très-fort,
très-courageux, qui habite principalement l'Afrique: le mâle a le
cou entouré d'une crinière. On appelle le lion le roi des animaux.
La gueule, les ongles d'un lion. Le rugissement d'un lion. Un lion rugissant.
Une lionne qui défend ses petits.
Fig., C'est un lion, un vrai lion, il est hardi comme un lion, Il est
très-brave. Se défendre comme un lion, Se défendre
avec un très-grand courage.
Fig., C'est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne,
se dit D'une femme en fureur.
Prov. et fig., Coudre la peau du renard à celle du lion, Joindre
la ruse à la force.
Fig. et fam., C'est l'âne couvert de la peau du lion, se dit D'un
faux brave qui prend un ton menaçant.
Prov. et fig., À l'ongle on connaît le lion, Il suffit d'un
seul trait, d'un mot, pour juger du caractère ou du génie d'un homme.
Prov. et fig., Partage du lion, Partage où le plus fort s'empare
de tout.
Lion marin, Quadrupède du genre des phoques, qui porte une crinière.
En Astronomie, Le Lion, Le cinquième signe du zodiaque, qui est
ordinairement indiqué, dans les cartes astronomiques, par la figure d'un
lion. Le soleil entre dans le Lion vers la fin de juillet. Le signe du Lion.
LIONCEAU .s.m. Diminutif.
Le petit d'un lion.
LIPOGRAMMATIQUE . adj. des deux genres
Se dit Des ouvrages d'où l'on affecte d'exclure une ou plusieurs lettres
de l'alphabet. Les ouvrages lipogrammatiques sont des productions de mauvais
goût, sont de vraies puérilités.
LIPOTHYMIE . s. f.
.Médec. Privation momentanée du sentiment et du mouvement.
LIPPE . s. f.
La lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou trop avancée.
Avoir une grosse lippe. Une vilaine lippe. Il est familier.
Faire sa lippe, faire une grosse lippe, une vilaine lippe, Faire la moue,
bouder.
LIPPÉE . s. f.
Bouchée. Deux ou trois bonnes lippées. Il est familier
et vieux.
Il signifie quelquefois, Repas; et, dans ce sens, il s'emploie toujours avec
l'épithète de franche, comme dans ces phrases: Il a eu
là une franche lippée, Il a fait un bon repas qui ne lui a rien
coûté. C'est un chercheur de franches lippées, C'est
un parasite de profession.
LIPPITUDE . s. f.
.Médec. Écoulement trop abondant de la chassie.
LIPPU , UE. adj.
Qui a une grosse lèvre. Les nègres sont lippus. Il est
familier.
S'emploie plus ordinairement comme substantif. C'est un gros lippu.
LIQUATION . s. f.
(On prononce Licouation.) Opération de métallurgie, qui
consiste à séparer, par une douce chaleur, un métal très-fusible
d'un autre beaucoup moins fusible, avec lequel il est allié: c'est ainsi
qu'on retire la petite portion d'argent contenue dans le cuivre de quelque minerai,
après avoir uni celui-ci au plomb. La liquation s'appelle aussi
ressuage.
Pièces de liquation, Gâteaux de cuivre allié au plomb.
LIQUÉFACTION . s. f.
(On fait sentir l'U dans la prononciation.) Changement d'état d'une substance
qui, par l'effet de la chaleur, passe de l'état solide à l'état
liquide. La liquéfaction de la cire.
LIQUÉFIER . v. a.
(On prononce Likéfier.) Fondre, rendre liquide. Le feu liquéfie
le plomb, l'argent, etc.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. La cire se liquéfie par
la chaleur.
LIQUÉFIÉ, ÉE. participe
LIQUEUR . s. f.
Substance fluide et liquide. L'eau est la plus abondante des liqueurs. La
plupart des corps solides descendent dans les liqueurs en raison de leur poids.
Se dit particulièrement de Certaines boissons qu'on obtient par la distillation,
et d'autres boissons dont la base est l'eau-de-vie ou l'esprit-de-vin. Liqueur
spiritueuse. Liqueur forte. Liqueur douce. Il ne boit jamais de liqueur. L'abus
des liqueurs est contraire à la santé. Marchand de liqueurs.
En Poésie, La liqueur bachique, Le vin.
Vins de liqueur, Certains vins qu'on boit en petite quantité,
à l'entremets et au dessert.
Ce vin a de la liqueur, trop de liqueur, se dit D'un vin ordinaire qui
a trop de douceur.
Liqueurs fraîches, Boissons rafraîchissantes, telles que
la limonade, l'eau de groseille, de grenade, etc.
LIQUIDATEUR . adj.
Chargé de travailler, de présider à une liquidation de
comptes, ou de créances. Commissaire liquidateur.
S'emploie quelquefois substantivement. Le liquidateur de cette affaire, de
ce compte.
LIQUIDATION . s. f.
.Jurispr., de Finance et de Commerce. Action par laquelle on règle, on
fixe ce qui était indéterminé, en toute espèce de
comptes. Liquidation de dépens, d'intérêts, de comptes.
Liquidation de fruits. Liquidation et partage d'une succession. Il travaille à
la liquidation de ses dettes, de son bien, de ses comptes.
Liquidation d'une société de commerce, se dit Des opérations
relatives au payement des dettes et au partage entre les associés de l'actif
restant, lorsque la société cesse.
LIQUIDE . adj. des deux genres
Qui coule ou qui tend à couler. Les corps liquides. Ce breuvage est
trop épais, il n'est pas assez liquide.
Métal liquide, Métal en état de fusion.
En Poésie, Le liquide empire, la plaine liquide, La mer; et, Le
liquide élément, L'eau.
Confitures liquides, Marmelades, gelées, confitures qui sont dans
du sirop.
En Grammaire, Consonnes liquides, ou simplement et substantivement Liquides,
Les quatre lettres L, M, N, R, qui, étant employées à la
suite d'une autre consonne dans une même syllabe, sont coulantes, et se
prononcent aisément.
LIQUIDE, se dit figurément, en parlant De bien et d'argent, et
signifie, Net et clair, qui n'est point sujet à contestation, qui n'est
point chargé de dettes. Il lui reste dix mille écus de bien clair
et liquide. Il a vingt mille francs d'argent sec et liquide. Nous avons compté
ensemble, il me doit tant de liquide. On ne peut saisir que pour une dette liquide
et certaine. En matière de dettes, la compensation ne doit se faire que
de liquide à liquide, c'est-à-dire, D'une somme liquide à
une autre qui le soit aussi.
LIQUIDE, s'emploie aussi substantivement dans le premier sens ci-dessus
indiqué. Les liquides ont plus d'action sur les autres corps que les
solides.
Se dit, particulièrement, Des boissons spiritueuses, acides ou fermentées.
Droits sur les liquides. Il est chargé de fournir les liquides nécessaires
au service de l'armée.
Se dit également, surtout en Médecine, de Quelques autres boissons,
ou aliments liquides, tels que le lait, le bouillon, les consommés, etc.
Couper du lait avec un autre liquide. Cet homme a la fièvre, il ne doit
vivre que de liquides.
LIQUIDER . v. a.
.Jurispr., de Finance et de Commerce. Régler, fixer ce qui était
indéterminé. On a liquidé les dépens. Liquider
les intérêts à tant. Liquider ses dettes. Liquider la restitution
des fruits. Liquider une succession.
Liquider son bien, Payer ses dettes en vendant une partie de son bien,
de manière que le restant soit libre de créances.
LIQUIDER, avec le pronom personnel, signifie, S'acquitter, éteindre
ses dettes. Je ne lui dois plus rien, je me suis liquidé avec lui.
LIQUIDÉ, ÉE. participe
LIQUIDITÉ . s. f.
Qualité des substances liquides.
LIQUOREUX , EUSE. adj.
Qui est comme de la liqueur. Il ne se dit guère que De certains vins
qui ont une douceur particulière, comme les vins muscats et quelques autres.
Des vins liquoreux. Boisson trop liquoreuse.
LIQUORISTE . s. des deux genres
Celui, celle qui fait et vend des liqueurs. Un fonds de liquoriste. Marchande
liquoriste.
LIRE . v. a.
(Je lis, tu lis, il lit; nous lisons, etc. Je lisais. Je lus, vous lûtes,
ils lurent. Je lirai. Lis. Que je lise. Que je lusse. Lisant.) Parcourir des
yeux ce qui est écrit ou imprimé, et le parcourir avec la connaissance
de la valeur des lettres, soit qu'on profère les mots, soit qu'on ne les
profère pas. Apprendre à lire. Lire tout bas, tout haut, à
haute voix. Lire couramment. Il ne sait ni lire ni écrire. Il lit bien
le grec, l'hébreu. Il s'est gâté la vue à lire de vieux
manuscrits. Lire avec des lunettes. Lire à rebours. Une écriture
malaisée à lire. Lire toute sorte d'écritures.
Il signifie aussi, Prononcer à haute voix ce qui est écrit ou
imprimé. Il lit bien, il lit mal. Il lit distinctement. Il ne sait pas
lire. Il nous a lu un long discours. Je vais vous lire mes vers. Ce prince avait
l'usage de se faire lire quelque bon livre pendant ses repas.
Se dit encore en parlant Des lectures qu'on fait pour son instruction ou pour
son amusement. Lire avec application. Lire l'Écriture sainte, l'histoire
grecque, l'histoire romaine, l'histoire de France. Il ne suffit pas de lire, il
faut retenir ce qu'on a lu. C'est un homme qui a beaucoup lu. On dit de même,
Lire une lettre, un billet, un avis, etc.
Fig., C'est un ouvrage qu'on ne peut lire, se dit D'un ouvrage ennuyeux,
ou mal écrit, ou licencieux.
Fig. et fam., Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, On le lit sans fatigue,
sans ennui.
Lire la musique, Parcourir des yeux une musique notée, avec la
connaissance des sons que les notes figurent, et des diverses modifications que
ces sons doivent recevoir. Il lit facilement la musique. Il ne sait pas lire
la musique.
LIRE, se dit encore en parlant De quelque livre qu'un professeur explique
à ses auditeurs, et qu'il prend pour sujet des leçons qu'il leur
donne. Ce professeur nous lisait Homère. Un régent qui lit Virgile
à ses écoliers. On dit, en ce sens, à un écolier:
Quel auteur vous lit-on dans votre classe? Quel auteur lisez-vous dans votre
classe?
Il signifie quelquefois, Comprendre ce qui est écrit ou imprimé
dans une langue étrangère. Il ne parle pas l'anglais, mais il
le lit avec assez de facilité.
LIRE, signifie figurément, Pénétrer quelque chose
d'obscur ou de caché. Lire dans la pensée, dans le coeur, dans
les yeux de quelqu'un. Je lis dans vos yeux, dans vos regards, sur votre visage,
que vous êtes mécontent. Lire dans les astres, dans l'avenir.
LU, UE. participe
LIRON .s.m.
Voyez LÉROT.
LIS .s.m.
(On prononce l'S.) Plante bulbeuse qui porte, sur une haute tige, des fleurs
à six pétales. Oignon de lis. Tige de lis. Planter des lis. Lis
blanc. Lis jaune. Lis bleu, Lis orangé. Le martagon est une espèce
de lis.
Il se prend le plus souvent pour La fleur du lis blanc. La blancheur des
lis. Blanc comme un lis. Le lis est le symbole de la virginité, de la candeur,
de l'innocence, de la pureté.
Fig., Teint de lis, teint de lis et de rose, Teint extrêmement
blanc, teint blanc et vermeil. On dit de même poétiquement, Les
lis de son teint, de son visage.
En Armoiries, Fleur de lis, Figure imitant à peu près trois
fleurs de lis unies ensemble, celle du milieu droite, et les deux autres ayant
leurs sommités courbées en dehors. Fleur de lis d'or, d'argent,
de gueules, etc. Autrefois l'écu de France avait trois fleurs de lis d'or
en champ d'azur. Cette famille porte une fleur de lis dans ses armoiries. Semé
de fleurs de lis. Dans tous ces exemples, l's du mot lis ne
se prononce point.
Poétiq., Les Lis, se disait autrefois de La France. L'empire
des Lis. Le trône des Lis. On prononce l's.
Siéger, être assis sur les fleurs de lis, s'est dit De ceux
qui exerçaient quelque charge de magistrature, et surtout des membres d'une
cour supérieure; par allusion aux tapis semés de fleurs de lis dont
leurs siéges étaient couverts.
Fleur de lis, signifie aussi, La marque représentant une fleur
de lis, qu'on imprimait anciennement, avec un fer chaud, sur l'épaule des
malfaiteurs condamnés à une peine afflictive et infamante. Il
avait la fleur de lis sur l'épaule. Voyez FLEURDELISER.
LISÉRÉ .s.m.
Ruban fort étroit dont on borde un habit, un gilet, etc. Liséré
d'or, d'argent, de soie.
Se dit aussi d'Une raie plus ou moins étroite qui borde un ruban, un
mouchoir, etc., et qui est d'une couleur différente de celle du fond. Un
ruban blanc avec un liséré rose. Ce mouchoir a un liséré
violet.
LISERON
ou LISET.s.m.
Plante à fleurs en entonnoir, dont on connaît plusieurs espèces,
qui la plupart sont grimpantes, et s'entortillent autour des plantes voisines.
LISEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui a l'habitude de lire beaucoup. C'est un grand liseur, une
grande liseuse. C'est une grande liseuse de romans. Il est familier.
LISIBLE . adj. des deux genres
Qui est aisé à lire. Son écriture n'est pas belle, mais
elle est lisible. Ces caractères ne sont pas lisibles, ils sont à
demi effacés.
Fig., Cela n'est pas lisible, se dit D'un ouvrage très-mal écrit,
très-ennuyeux.
LISIBLEMENT . adv.
D'une manière lisible. Il n'écrit pas bien, mais il écrit
lisiblement.
LISIÈRE . s. f.
Ce qui termine des deux côtés la largeur d'une étoffe; la
partie où la trame s'est bouclée par le retour de la navette sur
elle-même. Dans quelques étoffes, la lisière est d'un autre
tissu et d'une autre couleur que le fond. Lisière rouge, bleue, rayée,
etc. Lisière d'or, d'argent. Belles, fortes lisières. Les lisières,
ayant plus de fils en chaîne que le fond, sont aussi d'un tissu plus serré.
Ce drap a cinq quarts de large entre les deux lisières. Lever les lisières
d'un drap. Mettre des lisières de drap à une porte, pour empêcher
le vent de pénétrer.
Se dit, par extension, Des bandes d'étoffe, des cordons, attachés
par derrière aux robes des petits enfants, et servant à les soutenir
quand ils marchent. Tenir un enfant par la lisière. Mener un enfant
à la lisière. Cet enfant commence à marcher sans lisières,
n'a plus besoin de lisières.
Prov. et fig., Il sera toujours à la lisière; c'est un homme
qu'on mène à la lisière, par la lisière, se dit
D'un homme qui se laisse gouverner.
LISIÈRE, signifie aussi figurément, Les extrémités
d'une province, d'un pays considéré comme limitrophe d'un autre.
La lisière de Champagne, de Picardie. Les villages qui sont sur la lisière
de cette province. Il est des lisières de Normandie. Sur les lisières.
On dit aussi, La lisière, les lisières d'un bois, d'une forêt.
LISSE . adj. des deux genres
Uni et poli. Surface lisse. Une étoffe lisse. Du papier lisse. Tronc
lisse. Écorce lisse. Menton lisse. Tous les corps lisses sont froids au
toucher. Cela est lisse comme du verre.
Colonne lisse, Colonne dont le fût est uni, sans cannelures et
sans ornements.
LISSE . s. f.
.Manufact. Se dit Des fils verticaux à mailles d'un métier à
tisser, dans chacun desquels sont passés un ou plusieurs des fils horizontaux
de la chaîne. Fil à lisses. Lisses de soie, de fil, de coton,
etc. Lisses à perles.
Tapisserie à haute ou de haute lisse, ou simplement, Haute
lisse, Sorte de tapisserie dont la chaîne est tendue verticalement sur
le métier. Tapisserie à basse ou de basse lisse, ou
simplement, Basse lisse, Celle dont la chaîne est tendue horizontalement
sur le métier. Il se fait aux Gobelins des tapisseries de haute et de
basse lisse.
LISSE . s. f.
.Marine. Voy. PRÉCEINTE.
LISSER . v. a.
Rendre lisse. Lisser du linge, de la dentelle, du papier, des bas.
LISSÉ, ÉE. participe, Papier lissé.
LISSOIR .s.m.
Instrument de verre, de marbre, d'ivoire, ou d'autre matière dure, avec
lequel on lisse le linge, le papier, etc. Lissoir de verre, de marbre. Passer
le lissoir sur le linge.
LISTE . s. f.
Catalogue de plusieurs noms. Se dit ordinairement Des personnes. Liste des
conseillers d'État, des membres d'un tribunal, des membres de l'Académie.
Il a demandé la liste de ses juges. On a formé la liste des jurés.
Celui-là n'est pas sur ma liste. Dresser la liste des morts et des blessés,
après une bataille. Voilà des noms qui ne servent qu'à enfler,
qu'à allonger la liste. Je me suis écrit sur la liste chez le portier.
Se dit aussi Des choses. La liste des promotions. Ce livre-là n'était
pas dans ma liste, sur ma liste. La liste de la loterie, des numéros sortants,
gagnants.
Liste civile, Somme votée par le corps législatif pour
les dépenses de la couronne, dans les monarchies constitutionnelles. Cette
dépense est à la charge de la liste civile. Être payé
sur les fonds de la liste civile, sur la liste civile.
LISTEL .s.m.
T. d'Archit. Petite moulure carrée et unie qui surmonte ou qui accompagne
une autre moulure plus grande, ou qui sépare les cannelures d'une colonne,
d'un pilastre. Il fait au pluriel Listeaux.
LISTON .s.m.
.Blason. Petite bande qui porte la devise.
LIT .s.m.
Meuble sur lequel on se couche pour dormir ou pour se reposer. On comprend,
ordinairement, sous ce nom tout ce qui compose ce meuble, savoir: le bois de lit,
le tour de lit, le ciel de lit, la paillasse ou le sommier, les matelas, le lit
de plume, le chevet ou le traversin, les draps, la couverture, la courte-pointe,
etc. Grand, petit lit. Lit de six pieds. Un lit bien garni. Dresser, tendre
un lit. Le devant, les pieds, le chevet, le dos, la ruelle du lit. Des draps de
lit. Se mettre, être, se tenir au lit. Se lever, sortir du lit. Sauter du
lit. Descendre à bas du lit. Se jeter sur son lit, hors de son lit, à
bas de son lit. Je l'ai pris au sortir du lit, au saut du lit. Je l'ai trouvé
encore au lit. Il est si pauvre, qu'il n'a pas un lit où se coucher. Il
est mort dans son lit. Fonder un lit dans un hôpital.
Ils font lit à part, se dit D'un mari et d'une femme qui ne couchent
point ensemble; et, Ils ne font qu'un lit, D'un mari et d'une femme qui
couchent ensemble.
Fam., Aller du lit à la table et de la table au lit, Ne faire
que manger et dormir.
Garder le lit, ne pas quitter le lit, Demeurer au lit à cause
de quelque incommodité.
Fig., Être au lit de la mort, au lit de mort, sur son lit de mort,
Être à l'extrémité. Il ne faut pas attendre, pour
faire pénitence, qu'on soit au lit de la mort. Je l'ai vu sur son lit de
mort. On dit aussi, À son lit de mort, Avant de mourir, en mourant.
À son lit de mort, il a fait restitution de ce qu'il s'était
injustement approprié.
Fig., Lit de misère, Lit où l'on place une femme pour l'accoucher.
Fig., Lit de douleur, Lit dans lequel est couchée une personne
souffrante, gravement malade. J'ai passé un grand mois sur le lit de
douleur.
Lit nuptial, Le lit où les nouveaux mariés couchent la
première nuit de leurs noces. Le curé vint bénir le lit
nuptial.
Lit de parade, Lit tendu dans une chambre, plutôt pour l'ornement
que pour l'usage.
Lit de parade, se dit aussi d'Un lit où l'on expose, durant quelques
jours, les princes ou grands seigneurs après leur mort, avant de les inhumer.
Lit de repos, Petit lit bas, sans rideau et sans pavillon, où
l'on se repose pendant le jour.
Lit de sangle, Lit fait de sangles, et plus souvent d'un morceau de coutil
attaché à deux longues pièces de bois, soutenues par des
pieds ou jambages qui se croisent.
Lit de camp, Petit lit dont le bois se démonte de manière
qu'on peut le transporter facilement.
Lit de camp, se dit aussi d'Une espèce de couchette formée
de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.
Lit de veille, Lit qu'on dresse dans la chambre d'un malade pour le veiller.
LIT, se prend quelquefois pour Le bois et le fond du lit: Un lit de
bois de noyer, d'acajou, de merisier, de chêne. Monter, démonter
un lit; et quelquefois pour Le tour du lit: Un lit d'été,
d'hiver. Un lit de damas, de percale, d'indienne. On dit, dans un sens analogue
à la première acception, Un lit de fer.
Il se prend aussi pour Les matelas et le lit de plume sur lesquels on se couche.
Un bon lit. Un lit bien mollet. Un méchant lit. Un lit bien dur.
Faire le lit, faire un lit, Le mettre en tel état que l'on puisse
y coucher. Faites mon lit. On dit aussi: Accommoder un lit. Défaire,
découvrir, bassiner un lit. Etc.
Prov. et fig., Comme on fait son lit on se couche, Il faut s'attendre
au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue,
par les mesures qu'on a prises.
Lit de plume, Toile ou coutil rempli de plume, et de la grandeur du lit.
LIT, se dit, par extension, de Tout lieu où l'on peut se coucher.
Un lit de gazon, de fougère, de verdure. Il couche sur la terre, c'est
là son lit.
Lit de justice, Trône sur lequel le roi s'asseyait dans le parlement
de Paris, lorsqu'il y tenait une séance solennelle. Le roi étant
dans son lit de justice, séant en son lit de justice. Se dit aussi
de La séance même. Le roi tint ce jour-là son lit de justice.
Mourir au lit d'honneur, Mourir à la guerre, dans un combat, à
l'attaque ou à la défense d'une place. On le dit aussi, figurément,
D'un homme qui meurt dans l'exercice d'une profession honorable. Il est mort
au lit d'honneur.
LIT, se prend quelquefois, figurément, dans la signification de
Mariage. Les enfants du premier lit, du second lit. Il a des enfants de deux
lits.
LIT, se dit encore, par analogie, Du canal dans lequel coule une rivière.
Le lit de la rivière. La Durance change souvent de lit. Le lit de ce
fleuve est peu profond. La Loire, qui était sortie de son lit, y est rentrée.
On dit aussi, Le lit de la mer, de l'Océan.
En termes de Marine, Le lit du vent, d'un courant, La direction du vent,
d'un courant.
Le lit d'un banc de pierre dans la carrière, d'une assise dans une
construction de pierre, Le dessus et le dessous d'un banc de pierre, d'une
assise.
LIT, signifie aussi, figurément, Couche d'une chose quelconque
qui est étendue sur une autre. Dans ce terrain vous trouverez un lit
de terre, puis un lit d'argile, puis un lit de sable. Un lit de pierre. Un lit
de moellon. Un lit de mortier. Un lit de fumier, de terreau. Pour faire ce sirop,
il faut mettre dans un vase un lit de tranches de pommes, puis un lit de sucre,
etc. Lit sur lit.
LITANIES . s. f. pl.
Prière faite en l'honneur de Dieu, de la Vierge et des saints, en les
invoquant les uns après les autres. Dire, réciter, chanter les
litanies. Les litanies de la Vierge, des saints. Ce saint n'est pas dans les litanies.
LITANIE, au singulier, se dit figurément d'Une longue et ennuyeuse
énumération. Il nous a fait une longue litanie de ses prouesses,
de ses plaintes, de ses chagrins. C'est une litanie à n'en plus finir.
LITEAU .s.m.
Se dit Des raies colorées qui traversent, d'une lisière à
l'autre, certaines nappes et serviettes de linge uni, et qui sont à quelque
distance des extrémités. On ne l'emploie guère qu'au pluriel.
Des serviettes à liteaux.
LITEAU .s.m.
.Chasse. Lieu où le loup se repose pendant le jour.
LITÉE . s. f.
.Chasse. Réunion de plusieurs animaux dans le même gîte,
dans le même repaire.
LITHARGE . s. f.
Oxyde de plomb fondu et cristallisé en lames. Le vin dans lequel on
a mis de la litharge est très-nuisible.
LITHARGÉ , ÉE ou LITHARGIRÉ, ÉE. adj.
Altéré avec de la litharge. La vente du vin lithargé
est défendue et punie.
LITHIASIE . s. f.
.Médec. Formation de la pierre dans le corps humain.
Se dit aussi d'Une maladie des paupières, laquelle consiste en de petites
tumeurs dures et comme pétrifiées, qui se forment sur leurs bords.
LITHOCOLLE . s. f.
Ciment dont les lapidaires se servent pour attacher et assujettir les pierres
précieuses qu'ils veulent tailler sur la meule.
LITHOGRAPHE .s.m.
Celui qui imprime par les procédés de la lithographie. On dit
aussi, Imprimeur lithographe.
LITHOGRAPHIE . s. f.
Procédé par lequel on obtient sur du papier, au moyen de la presse,
l'empreinte de ce qui a été dessiné ou écrit, sur
une pierre d'une espèce particulière, avec un crayon ou avec une
encre d'une certaine composition. La lithographie est une invention nouvelle.
Se dit aussi Des épreuves, des feuilles imprimées par ce procédé.
Cette lithographie est nette, pâle, effacée. Collection de lithographies.
Se dit par extension, dans un sens analogue à celui d'Imprimerie, de
L'atelier d'un lithographe. Établir une lithographie.
LITHOGRAPHIER . v. a.
Imprimer par les procédés de la lithographie. On a lithographié
les figures de ce livre.
LITHOGRAPHIÉ, ÉE. participe, Portraits lithographiés.
LITHOGRAPHIQUE . adj. des deux genres
Qui a rapport à la lithographie, qui s'emploie dans la lithographie.
Imprimerie lithographique. Pierre lithographique. Encre lithographique.
LITHOLOGIE . s. f.
Partie de l'histoire naturelle, qui a les pierres pour objet.
LITHOLOGUE .s.m.
Celui qui s'occupe de lithologie, qui écrit sur cette science.
LITHONTRIPTIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Se dit Des médicaments qu'on a crus propres à dissoudre
la pierre dans la vessie.
S'emploie plus ordinairement comme substantif, au masculin. On n'a point
encore trouvé de véritables lithontriptiques.
LITHOPHAGE . adj. des deux genres
T. d'Hist. nat. Qui mange la pierre. Se dit De certains coquillages qui s'introduisent
dans les rochers et s'y creusent des demeures. On l'emploie quelquefois substantivement.
LITHOPHYTE .s.m.
T. d'Hist. nat. Production marine qui tient de la pierre par sa dureté,
et de la plante par sa forme. Diverses espèces de polypiers sont des
lithophytes. Les lithophytes ont occasionné de grands débats parmi
les naturalistes.
LITHOTOME .s.m.
Instrument de chirurgie avec lequel on fait une ouverture à la vessie,
pour en tirer la pierre.
LITHOTOMIE . s. f.
.Chirurg. Taille ou opération par laquelle on tire une pierre de la vessie.
LITHOTOMISTE .s.m.
Chirurgien qui s'applique particulièrement à l'opération
de la taille.
LITHOTRITEUR .s.m.
.Chirurg. Instrument avec lequel on broie la pierre dans la vessie.
LITHOTRITIE . s. f.
.Chirurg. Opération par laquelle on broie la pierre dans la vessie, en
y introduisant un lithotriteur par le canal de l'urètre. La lithotritie
est d'invention récente.
LITIÈRE . s. f.
Paille ou autre espèce de fourrage, qu'on répand dans les écuries,
dans les étables, sous des chevaux, des boeufs, des moutons, etc., afin
qu'ils se couchent dessus. Litière fraîche. Vieille litière.
Faire la litière aux chevaux, aux vaches, etc. Faites bonne litière
à ces chevaux.
Ce cheval est sur la litière, Il est malade ou estropié
à ne pouvoir sortir de l'écurie.
Prov. et fig., Être sur la litière, se dit D'un homme qui
est malade au lit, et de celui que l'âge ou de grandes fatigues ont mis
hors d'état d'agir. Il n'a plus la force de travailler, le voilà
maintenant sur la litière. Tous ses gens sont sur la litière.
Prov. et fig., Faire litière d'une chose, La prodiguer, la répandre
avec profusion. Il ne tient point compte de l'argent, il en fait litière.
Ces fruits n'ont aucune valeur, nous en faisons litière.
LITIÈRE . s. f.
Sorte de voiture ou de chaise, ordinairement couverte, portée sur deux
brancards par deux chevaux ou deux mulets, l'un devant, l'autre derrière.
Une grande litière. Une litière découverte. Il se fait
porter en litière. Il va en litière. Ce carrosse est doux comme
une litière.
LITIGANT , ANTE. adj.
.Jurispr. Plaidant, ou qui plaide. Il y a plusieurs parties litigantes dans
cette affaire. Il est vieux.
LITIGE .s.m.
.Jurispr. Contestation en justice. Cette terre est en litige. Un ancien litige.
LITIGE, dans le langage ordinaire, se dit de Toute sorte de contestations.
Cette prétention est en litige. Cet événement peut occasionner
un litige.
LITIGIEUX , EUSE. adj.
Qui est ou qui peut être en litige. Droit litigieux. Affaire litigieuse.
Point, cas litigieux.
Il signifie aussi, Qui se plaît dans les contestations, dans les litiges.
Esprit litigieux. Humeur litigieuse.
LITISPENDANCE . s. f.
.Jurispr. Le temps durant lequel un procès est pendant en justice. Vous
ne devez pas rester en possession durant la litispendance. Il a vieilli.
LITORNE . s. f.
Espèce de grive à tête cendrée. La litorne est
moins bonne à manger que la grive ordinaire.
LITOTE . s. f.
Figure de rhétorique, qui consiste à se servir, par modestie ou
par égard, d'une expression qui dit le moins pour faire entendre le plus.
C'est ainsi que Chimène, lorsqu'elle dit à Rodrigue, Va, je ne
te hais point, veut dire qu'elle l'aime toujours.
LITRE . s. f.
Grande bande ou ceinture noire, qu'aux obsèques d'un prince, d'un grand,
d'un homme constitué en dignité, on tend autour de l'église
ou de la chapelle, en dedans ou en dehors, et sur laquelle sont appliquées
ou peintes les armoiries du défunt.
Droit de litre, Droit que les seigneurs patrons fondateurs et les seigneurs
hauts justiciers avaient de faire peindre leurs armoiries au dedans ou au dehors
des églises ou chapelles.
LITRE .s.m.
Nouvelle mesure de capacité, d'un décimètre cube, et qui
répond à une pinte et un vingtième environ. Le litre,
pour les liquides, contient à peu près une pinte et un vingtième;
et, pour les matières sèches, il équivaut à environ
un litron et un quart.
LITRON .s.m.
Ancienne mesure de capacité, qui contenait la seizième partie
d'un boisseau, ou trente-six pouces cubes. Litron de farine, de fèves,
de pois, de châtaignes, de sel, etc. Un demi-litron. Le litron a été
remplacé dans le commerce par le litre.
LITTÉRAIRE . adj. des deux genres
Qui appartient aux belles-lettres. Société, journal littéraire.
Nouvelles, mémoires littéraires. Anecdote littéraire. Dispute
littéraire. La critique littéraire. Le sujet de cet ouvrage est
plus littéraire que scientifique. Cet homme néglige son état
pour s'occuper d'objets, de travaux littéraires.
Le monde littéraire, Ceux qui cultivent les lettres. Cet ouvrage
a fait une grande sensation dans le monde littéraire. Le monde littéraire
est partagé sur cette question.
LITTÉRAIREMENT . adv.
Sous le rapport littéraire. Ce discours, considéré littérairement,
n'est pas sans mérite. Littérairement parlant, cet ouvrage n'est
digne d'aucune estime.
LITTÉRAL , ALE. adj.
Qui est selon la lettre, conforme à la lettre. Le sens littéral
de ce passage de l'Écriture sainte est très-différent du
sens allégorique. Il faut prendre ce vers d'Homère non dans un sens
littéral, mais dans un sens figuré.
Traduction, version littérale, Celle qui est faite mot à
mot. Sa traduction manque d'élégance, elle est trop littérale.
LITTÉRAL, se dit aussi De la langue grecque telle qu'elle est
dans les auteurs anciens, par opposition à la langue grecque telle qu'on
la parle maintenant dans la Grèce et dans les îles de l'Archipel.
Se dit aussi De la langue arabe, dans le même sens. Le grec littéral
est fort différent du grec vulgaire ou moderne. Il sait bien l'arabe
littéral, mais il n'entend pas l'arabe vulgaire.
Fam., Cet homme est trop littéral, Il prend trop les choses au
pied de la lettre.
En Algèbre, Grandeurs littérales, Grandeurs qui sont exprimées
par des lettres.
LITTÉRALEMENT . adv.
À la lettre. Il ne faut pas expliquer cela littéralement. Ce
passage, pris littéralement, signifie tout autre chose que ce que l'auteur
a voulu faire entendre. Traduire littéralement.
LITTÉRALITÉ . s. f.
Attachement scrupuleux à la lettre, dans une traduction. Il n'est
pas facile, dans une traduction, de concilier la littéralité avec
l'élégance.
LITTÉRATEUR .s.m.
Celui qui est versé dans la littérature, qui en fait profession.
Un grand, un bon, un profond littérateur.
LITTÉRATURE . s. f.
La science qui comprend la grammaire, l'éloquence et la poésie,
et qu'on appelle autrement Belles-lettres. L'étude de la littérature
a beaucoup d'attrait pour les jeunes gens. La poésie est la partie brillante
de la littérature. Se livrer, se vouer à la littérature.
Cours de littérature.
Il signifie aussi, La connaissance des règles, des matières et
des ouvrages littéraires. Cet homme a une vaste et profonde littérature.
N'avoir point de littérature. Avoir beaucoup de littérature. Avoir
une littérature variée, une littérature légère,
superficielle.
Il signifie encore, L'ensemble des productions littéraires d'une nation,
d'un pays, d'une époque. Le dix-septième et le dix-huitième
siècle ont été les temps les plus florissants de la littérature
française. La littérature anglaise est riche en ouvrages de morale.
La littérature moderne est, sous quelques rapports, inférieure à
la littérature ancienne. Cet homme connaît aussi bien les littératures
étrangères que celle de son pays.
LITTORAL , ALE. adj.
Qui appartient aux bords de la mer, aux côtes. Il a visité la
partie littorale du royaume, de ce département.
Oiseaux littoraux, Oiseaux qui fréquentent particulièrement
les côtes, et dont la plupart se nourrissent de poissons. Plantes littorales,
Plantes qui croissent ordinairement sur les bords de la mer.
LITTORAL, s'emploie aussi comme substantif, au masculin, et se dit alors
Des côtes qui bordent une mer ou un pays. Le littoral de la Baltique,
de l'Adriatique. Le littoral de la France est comparativement plus peuplé
que l'intérieur des terres.
LITURGIE . s. f.
L'espèce et l'ordre des cérémonies et des prières
qui constituent le service divin. La liturgie grecque, anglicane. La liturgie
de l'Église latine. L'ancienne liturgie. Cela n'est pas dans notre liturgie.
Livres de liturgie.
LITURGIQUE . adj. des deux genres
Qui a rapport à la liturgie. Ouvrage liturgique.
LITURGISTE .s.m.
Celui qui a composé quelque ouvrage sur la liturgie, ou qui en fait une
étude spéciale. Pierre le Chantre était un des plus savants
liturgistes.
LIURE . s. f.
Câble d'une charrette, qui sert à lier, à maintenir les
fardeaux dont on la charge.
Se dit aussi, en termes de Marine, surtout au pluriel, de Plusieurs tours de
corde qui lient deux objets ensemble, qui fixent une chose à une autre.
Les liures du beaupré.
LIVIDE . adj. des deux genres
Qui est de couleur plombée, bleuâtre et tirant sur le noir. Teint
livide. Lèvres livides. La peau devient livide à la suite d'une
forte contusion. Il est encore tout meurtri et tout livide des coups qu'il a reçus;
il en a la peau, la chair toute livide. Il a des marques, des taches livides sur
la peau.
LIVIDITÉ . s. f.
État de ce qui est livide. La lividité du teint, de la peau.
LIVRAISON . s. f.
.Commerce. Action de livrer de la marchandise qu'on a vendue. Il a fait livraison,
il a reçu livraison de tant de pièces d'étoffe. Il avait
promis de fournir tant de tonneaux de vin; mais quand ce vint à la livraison...
Pleine et entière livraison.
LIVRAISON, en termes de Librairie, Chaque partie d'un ouvrage qu'on publie
par volumes ou par cahiers, à des époques plus ou moins rapprochées
les unes des autres. Publier un ouvrage par livraisons. La première
livraison de ce dictionnaire vient de paraître. Les livraisons de cet ouvrage
paraissent très-régulièrement. Il me manque une livraison
de cet ouvrage.
LIVRE .s.m.
Assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin, ou de parchemin,
imprimées ou écrites à la main, cousues ensemble, et formant
un volume, recouvert de papier, de carton, de parchemin, de basane, de veau, de
maroquin, etc. Livre manuscrit. Livre imprimé. Livre stéréotypé.
Livre rare. Gros livre. Petit livre. Livre broché, relié, bien relié,
bien battu. Livre doré, marbré sur tranche. Livre bien conditionné,
mal conditionné. Acheter, vendre, louer, emprunter, prêter des livres.
Un ballot de livres. Les livres d'une bibliothèque. Catalogue de livres.
La marge, les marges d'un livre. Les feuilles, les feuillets, les pages, la couverture,
la tranche, le dos, la tranchefile, le signet, les coins d'un livre.
Livre in-folio, Livre dont les feuilles sont pliées seulement
en deux; Livre in-quarto, Celui dont les feuilles sont pliées en
quatre; Livre in-octavo, Celui dont les feuilles sont pliées en
huit. On dit de même, Livre in-douze, in-seize, in-trente-deux, etc.,
Livre dont les feuilles sont pliées en douze, en seize, etc.
Livre en feuilles, Les feuilles imprimées d'un livre qui n'est
encore ni broché ni relié. Acheter un livre en feuilles pour
le faire relier à sa fantaisie.
Collationner un livre, Voir si un livre est complet, s'il n'y manque
point quelque feuille.
Livre dépareillé, Volume séparé des autres
volumes d'un même ouvrage, par la perte ou par la destruction de ceux-ci.
Il n'a que des livres dépareillés.
LIVRE, signifie aussi, Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit
et ce qu'on dépense, ce qu'on achète et ce qu'on vend, ses dettes
actives et ses dettes passives, etc. Livre de compte. Livre de dépense.
Livre de mise et de recette. Écrivez, mettez cela sur votre livre. Livres
de commerce. Livre de caisse. Livre de magasin. Livre de marchandises. Livre de
copies de lettres. Livres d'acceptations, d'échéances, etc. Ce commis
sait bien tenir les livres. Étudier la tenue des livres. Un bon teneur
de livres. Il tient ses livres en partie double. Livres paraphés. Exhiber
ses livres en justice.
Être porté, ou simplement, Être sur le livre d'un
marchand, Y être inscrit pour marchandise achetée. Il est
sur le livre de ce marchand pour telle somme.
Livre journal, Registre où l'on écrit jour par jour et
de suite ce qu'on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc.
Livre de raison, livre d'extrait, grand livre, Registre où les
négociants portent tous leurs comptes par doit et avoir.
Absol., Le grand-livre, La liste générale des créanciers
de l'État. Être inscrit, porte sur le grand-livre.
Livre blanc, Livre qui est tout de papier blanc, sur lequel on n'a encore
rien écrit.
Prov. et fig., Être écrit sur le livre rouge, être sur
le livre rouge, Être marqué, noté pour quelques fautes
qu'on a commises.
Le livre d'or, Le registre où étaient inscrits les noms
des nobles, dans quelques républiques.
LIVRE, se prend aussi pour Un ouvrage d'esprit, soit en prose, soit en
vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. Un excellent
livre. Un livre plein d'érudition. Livre bien écrit, mal écrit,
écrit faiblement. Livre instructif, futile, dangereux. Livre approuvé,
censuré, défendu. Livre prohibé, vendu sous le manteau, mis
à l'index. Livre anonyme, pseudonyme. Livre revu, corrigé et augmenté
par l'auteur. Livre de théologie, de droit, de jurisprudence, de médecine,
d'architecture, etc. Le titre, l'index, la table d'un livre. Faire, composer un
livre. Mettre un livre au jour. Publier, faire paraître un livre. Dédier
un livre à quelqu'un. Lire, feuilleter, parcourir un livre. Livre de fonds.
Livre d'assortiment.
Commencer, achever un livre, En commencer, en achever la lecture.
Mauvais livre, Livre dangereux, condamnable.
Livres élémentaires, Ceux qui contiennent les éléments
de quelque science.
Livres classiques, Ceux dont le temps et une approbation universelle
ont consacré le mérite, et qui font autorité. Cette expression
s'applique plus particulièrement Aux ouvrages littéraires. On appelle
aussi Livres classiques, Ceux qui servent dans les classes à l'instruction
de la jeunesse.
Livres de bibliothèque, Ouvrages d'une grande étendue,
qu'on ne lit pas de suite ordinairement, mais que l'on consulte au besoin.
Livres d'église, livres de prières, Les livres qui servent
au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles
pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à
l'église. Livres de dévotion, Livres qui servent aux exercices
de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques,
etc.
Prov. et fam., N'avoir jamais mis le nez dans un livre, Être fort
ignorant. Dévorer un livre, dévorer des livres, Les lire
avec une extrême avidité, une extrême promptitude. Sécher,
pâlir sur les livres, Lire avec une assiduité excessive.
Fam., Parler comme un livre, Parler avec facilité, mais en termes
recherchés ou trop arrangés pour la conversation. S'emploie quelquefois
en bonne part, et signifie, S'exprimer heureusement sur toute sorte de sujets.
Prov. et fig., J'y réussirai, ou j'y brûlerai mes livres,
Je mettrai tout en oeuvre pour le succès de cette affaire.
Fig., Le livre, le grand livre de la nature, La nature observée,
étudiée dans les effets et dans les causes. Le livre de la nature
est ouvert sous nos yeux. Il a lu dans le grand livre de la nature.
Fig., Le livre du monde, La fréquentation, le commerce, la pratique
du monde, par lesquels on apprend à vivre dans la société.
Il n'est rien de tel que de lire dans le livre du monde. Cette locution
a vieilli.
Fig., dans le langage théologique, Être écrit dans le
livre de vie, Être prédestiné à jouir d'un bonheur
éternel.
Fig., Cela était écrit dans le livre du destin, se dit
D'un événement où l'on croit voir quelque fatalité.
LIVRE, signifie aussi, Une des principales parties qui forment la division
de certains ouvrages. Cet auteur a distribué, divisé son ouvrage
en douze livres. Le premier, le second livre des Rois. Les vingt-quatre livres
de l'Iliade.
Livres sacrés, livres canoniques, Les livres de l'Écriture
sainte qui sont reçus de toute l'Église. Livres apocryphes,
Ceux que l'Église ne reçoit pas, ne reconnaît pas pour authentiques.
Livres sapientiaux, Les livres de la Bible qui sont plus particulièrement
destinés à l'instruction morale des hommes, tels que la Sagesse,
les Proverbes, etc. On distingue aussi les Livres historiques et les Livres
prophétiques.
À LIVRE OUVERT. loc. adv. Lire la musique, chanter, accompagner
à livre ouvert, Sans avoir besoin de préparation. Traduire
un auteur à livre ouvert, Le traduire facilement à la première
lecture.
À L'OUVERTURE DU LIVRE. loc. adv. En ouvrant le livre. Je suis
tombé, à l'ouverture du livre, sur le passage dont j'avais besoin.
LIVRE . s. f.
Poids contenant un certain nombre d'onces, plus ou moins, selon les différents
usages des lieux et des temps, et que remplace à peu près le demi-kilogramme.
À Paris et dans la plus grande partie de la France, la livre était
de seize onces. Vendre, acheter à la livre. Une livre de fer, de plomb,
de viande. Une demi-livre. Une livre et demie. Des chandelles, des bougies de
quatre, de cinq, de six à la livre. Cela pèse tant de livres. Il
porterait cent livres pesant. Dans le dernier exemple et autres semblables,
on peut supprimer le mot livres, et dire, Cent pesant, deux cents pesant,
etc.
LIVRE . s. f.
Monnaie de compte valant vingt sous, qui a été remplacée
par le franc. La livre tournois était de vingt sous, la livre parisis
de vingt-cinq sous. Compter par livres, sous et deniers. Ce marchand vend à
un sou, à deux sous de profit pour livre. Ce receveur avait deux deniers,
six deniers pour livre sur le montant de ses recettes. En calculant, on pouvait
employer ce mot dans tous les cas, et dire, Une livre, deux livres, trois livres,
quatre livres, cinq cents livres, etc.; mais, dans le langage ordinaire, on
disait plutôt, Vingt sous, quarante sous, un écu, quatre francs,
cent sous, six francs, sept francs, cinq cents francs, deux mille francs, etc.
Cependant, lorsque la somme ne faisait pas un compte rond, on préférait
le mot livre, et l'on disait, par exemple, Trois livres cinq sous, quatre
livres dix sous, cinq cent trente livres, mille cinquante-six livres, etc.
Il s'employait toujours, et on l'emploie très-souvent encore, en parlant
D'un revenu annuel. Avoir dix mille livres de rente, vingt mille livres de
rente.
Au sou, au marc la livre, Au prorata de ce que chacun a mis de fonds
dans une entreprise, ou de ce qui lui est dû dans une affaire commune. Venir,
partager, payer au marc la livre. Depuis l'établissement du système
décimal, on dit, Au marc le franc.
Prov. et fig., Faire de cent sous quatre livres, et de quatre livres rien,
Dissiper son bien en mauvais marchés.
Livre sterling. Voyez STERLING.
LIVRÉE . s. f.
Habits dont l'étoffe et les galons rappellent, par les dessins et par
les couleurs, les armoiries du maître qui en revêt ses gens. Par extension,
Habits d'une couleur convenue, ordinairement galonnés, que portent les
domestiques d'une même maison. Belle, riche livrée. Changer sa
livrée. Prendre, porter, quitter la livrée. Habit de livrée.
Galon de livrée. Grande, petite livrée. Laquais en grande, en petite
livrée.
Se dit collectivement de Tous les gens portant une même livrée.
Toute la livrée du prince accourut au bruit.
Se dit aussi de Tous les laquais en général. La livrée
se mutina.
Gens de livrée, Les domestiques portant livrée.
La livrée de la noce, la livrée de la mariée, Les
rubans de couleur qu'aux noces de village on donne à un certain nombre
de jeunes gens, de jeunes filles.
Fig., La livrée, les livrées de la misère, de la servitude,
de la faveur, etc., Les marques extérieures auxquelles on peut reconnaître
la misère, la servitude, la faveur, etc. Il porte la livrée de
la misère. Il est à genoux devant tout ce qui se montre avec les
livrées de la faveur.
LIVRÉE, en termes de Vénerie, se dit Du poil de certains
animaux, qui est marqueté jusqu'à un certain âge.
LIVRER . v. a.
Mettre en main; mettre une chose au pouvoir, en la possession de quelqu'un,
selon les conventions faites avec lui. Livrer de la marchandise. Il doit livrer
telle chose à telle époque. Livrer un ouvrage pour un certain prix,
le livrer fait et parfait. Il doit me livrer une certaine quantité d'exemplaires.
Il signifie aussi, Mettre aux mains, au pouvoir, en parlant Des personnes. Livrer
un coupable à la justice, aux mains, entre les mains de la justice.
Il signifie particulièrement, Livrer par trahison. Livrer une ville.
Il avait des intelligences avec l'ennemi pour lui livrer la place. Il avait promis
de leur livrer une porte. Judas livra Notre-Seigneur aux Juifs.
Fig., Livrer un manuscrit, un ouvrage à l'impression, Le faire
imprimer.
Prov. et fig., Tel vend qui ne livre pas, On s'engage quelquefois à
faire plus qu'on ne veut ou qu'on ne peut.
Livrer une bataille, un combat, un assaut, Donner une bataille, un combat,
un assaut. On dit aussi, Livrer bataille.
Fig., Livrer bataille, livrer combat pour quelqu'un, Soutenir fortement
les intérêts de quelqu'un.
Aux Jeux de dés, Livrer chance, Amener un nombre de points qui
devient la chance de l'adversaire.
Fig. et fam., Je vous livre cet homme-là pieds et poings liés,
Je vous réponds qu'il fera ce que vous voudrez, que vous en disposerez
comme il vous plaira.
Fam., Je vous livre cet homme-là marié avant qu'il soit peu,
je vous le livre ruiné dans un an, etc., Je vous assure qu'il sera
marié dans peu, qu'il sera ruiné dans un an. Je vous le livre
chez vous à telle heure, Je vous réponds que je le mènerai
chez vous à telle heure, que je l'obligerai de s'y rendre. Si vous avez
besoin de lui dans telle affaire, je vous le livre, Je vous réponds
qu'il vous servira.
LIVRER, se dit aussi dans le sens de Livrer en proie, exposer à;
et alors il est toujours suivi de la préposition à. Livrer une
ville au pillage, la livrer à la fureur du soldat. Livrer les voiles au
vent.
Se dit figurément, dans un sens analogue. Livrer ses secrets à
un imprudent. Livrer son âme à la douleur, à l'espérance.
Livrer son coeur aux passions.
Livrer au bras séculier, se disait Du renvoi que le juge ecclésiastique
faisait au juge laïque, pour prononcer ou pour appliquer des peines afflictives.
Fig. et fam., Livrer au bras séculier, Abandonner ce dont on ne
se soucie plus, et dont on ne veut pas profiter. Les restes du dîner
ont été livrés au bras séculier, c'est-à-dire,
ont été laissés aux domestiques.
En termes de Chasse, Livrer le cerf aux chiens, Mettre les chiens après
le cerf.
LIVRER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, pour S'abandonner à.
Se livrer à la joie, à la douleur, au désespoir, à
ses passions, aux plaisirs, à l'amour, à la paresse, à l'ivrognerie,
à l'étude, à la contemplation, à la société.
Se livrer tout entier à un genre d'occupation, à ses goûts,
à la dissipation, à la pratique d'un art, etc.
Se livrer à quelqu'un, Se confier, s'abandonner à lui.
Il s'était entièrement livré à des gens qui le
trahissaient. Vous vous êtes trop livré à lui.
Absolument, C'est un homme qui ne se livre pas, C'est un homme très-circonspect,
très-réservé.
LIVRER, avec le pronom personnel, signifie, à plusieurs Jeux,
Donner imprudemment quelque avantage à son adversaire. Je me suis livré.
Je me livre toujours.
LIVRÉ, ÉE. participe
LIVRET .s.m.
Diminutif. Petit livre. Se dit particulièrement d'Un petit livre dans
lequel les ouvriers et les domestiques sont tenus de faire inscrire les époques
où ils sont entrés chez leurs différents maîtres, celles
où ils en sont sortis, etc. Livret bien en règle. Cet ouvrier
a perdu son livret.
LIVRET, en Arithmétique, se dit d'Une table qui contient tous
les produits possibles des neuf premiers chiffres.
LIVRET, au Pharaon et à la Bassette, Les treize cartes qu'on donne
à chacun des pontes.
LIXIVIATION . s. f.
Opération chimique qui consiste à laver les cendres ou autres
matières, pour en tirer les parties solubles qu'elles contiennent.
LIXIVIEL , ELLE. adj.
.Chimie. Il s'est dit Des sels alcalis obtenus par la lixiviation ou le lavage
des cendres. Sel lixiviel.
LLAMA .s.m.
(On mouille les LL.) Voyez LAMA.
LOBE .s.m.
T. d'Anat. Division d'une partie du corps formée par des sillons ou des
échancrures. Les lobes du cerveau du poumon, de foie.
Se dit, particulièrement, Du bout inférieur de l'oreille.
Se dit, en Botanique, Des divisions larges et arrondies de certaines feuilles.
Lobes séminaux, ou simplement Lobes, Les deux corps charnus
qui sortent de la semence des dicotylédones lorsqu'elle germe, et qui,
dans plusieurs de ces plantes, se transforment en deux feuilles.
LOBÉ , ÉE. adj.
.Bot. Qui est divisé, partagé en lobes. Feuille lobée.
LOBULE .s.m.
T. d'Anat. Petit lobe. Chaque lobe de cet organe se divise en une multitude
de lobules.
LOCAL , ALE. adj.
Qui appartient à un lieu, qui a rapport à un lieu. Coutume
locale. Circonstance locale. Mouvement local. Les droits, les usages locaux. Les
autorités locales.
Mémoire locale, Celle qui retient particulièrement la disposition
et l'état des lieux et des choses.
En Peinture, Couleur locale, Couleur propre à chaque objet, indépendamment
de la distribution particulière de la lumière et des ombres.
Couleur locale, se dit, par extension, en parlant De quelques ouvrages
de littérature. Dans ce poëme, dont l'action se passe en Grèce,
la couleur locale est parfaitement observée.
LOCAL, s'emploie aussi comme substantif, au masculin; et alors il se
dit d'Un lieu considéré par rapport à sa disposition et à
son état. Un vaste local. Un beau local. Le local de cette imprimerie
est trop resserré. Je connais bien le local.
LOCALITÉ . s. f.
Particularité ou circonstance locale. S'emploie surtout au pluriel. Certaines
lois doivent être modifiées en raison des localités.
Se dit aussi Des lieux mêmes, quant à ce qu'ils ont de particulier.
Connaître les localités. Il y a telle localité où...
LOCATAIRE . s. des deux genres
Celui, celle qui tient une maison ou une portion de maison à loyer. Il
n'a qu'un locataire dans sa maison. Cette femme est ma locataire. Il a plusieurs
locataires. Ce n'est pas au locataire à faire les grosses réparations.
Principal locataire, La personne qui loue du propriétaire une
maison, pour la sous-louer en totalité ou par parties. Le principal
locataire, la principale locataire de cette maison, n'y a pas son appartement.
LOCATIF , IVE. adj.
Il ne s'emploie guère que dans ces locutions: Réparations locatives,
Celles qui sont à la charge du locataire; et, Valeur locative, Ce
qu'un immeuble peut rapporter, quand on le donne à loyer.
LOCATION . s. f.
Action par laquelle le propriétaire d'une chose la donne à quelqu'un,
à titre de louage ou de bail. Ce terme est corrélatif de celui de
Conduction, qui signifie, L'action par laquelle on prend une chose à
titre de louage ou de bail. Dans l'usage ordinaire, on emploie aussi en ce dernier
sens le mot de Location, celui de Conduction n'étant guère
usité qu'en Jurisprudence.
Location de loges, Action de louer des loges au spectacle. Il est
préposé à la location des loges.
LOCATIS .s.m.
(L'S se prononce.) Mauvais cheval de louage. Prendre un locatis. Il est
familier et peu usité.
LOCH .s.m.
(L'H ne se prononce pas.) .Marine. Petite pièce de bois plate et triangulaire,
qui, attachée à une corde ou à une ligne, et jetée
dans la mer, sert à mesurer la vitesse du sillage d'un bâtiment.
Ligne de loch.
LOCHE . s. f.
Sorte de petit poisson qui se trouve dans des ruisseaux et dans de petites rivières.
LOCHER . v. n.
Branler, être près de tomber. Il ne se dit que D'un fer de cheval.
Regardez aux pieds de ce cheval, j'entends un fer qui loche.
Prov. et fig., Avoir toujours quelque fer qui loche, Être valétudinaire,
et avoir souvent de petites incommodités.
Prov. et fig., Il y a quelque fer qui loche, Il y a quelque chose qui
empêche cette affaire d'aller bien.
LOCHIES . s. f. pl.
.Médec. Évacuation utérine qui a lieu après l'accouchement,
et qu'on appelle ordinairement Vidanges.
LOCMAN .s.m.
Voyez LAMANEUR.
LOCOMOTEUR , TRICE. adj.
Qui opère la locomotion. Muscles locomoteurs.
LOCOMOTIF , IVE. adj.
Qui a rapport à la locomotion. Il n'est guère usité que
dans cette expression, Faculté locomotive, Faculté de changer
de lieu par un acte de sa volonté.
LOCOMOTION . s. f.
Changement de lieu en vertu de la faculté locomotive. La locomotion
est une faculté commune à presque tous les animaux.
LOCUTION . s. f.
Expression, façon de parler spéciale ou particulière. Une
locution nouvelle. Une locution élégante. Une mauvaise locution.
Une locution basse, impropre. Locution elliptique. Il affecte les locutions surannées.
Locution adverbiale, prépositive, conjonctive, proverbiale, familière.
LODS .s.m. pl.
.Jurispr. Il n'est usité que dans l'expression, Lods et ventes,
Redevance qu'un seigneur avait droit de prendre sur le prix d'un héritage
vendu dans sa censive ou dans sa mouvance. Droit de lods et ventes. Payer les
lods et ventes. Composer pour les lods et ventes. Faire quelque remise sur les
lods et ventes. Remettre entièrement à quelqu'un les lods et ventes.
LOF .s.m.
.Marine. Le côté que le navire présente au vent. Aller
au lof, venir au lof, Aller au plus près du vent. Virer lof pour
lof, Virer vent arrière, pour mettre au vent un des côtés
du bâtiment au lieu de l'autre.
LOFER . v. n.
.Marine. Venir au lof.
LOGARITHME .s.m.
.Mathémat. Nombre pris dans une progression arithmétique, et répondant
à un autre nombre pris dans une progression géométrique.
Tables de logarithmes.
LOGARITHMIQUE . adj. des deux genres
.Mathémat. Qui a rapport aux logarithmes, qui est de la nature des logarithmes.
Courbe, spirale logarithmique.
Il se prend aussi substantivement; alors il est féminin. La logarithmique
est une courbe asymptotique.
LOGE . s. f.
Petite hutte. Cet ermite s'est fait une petite loge.
Se dit aussi d'Un petit logement pratiqué ordinairement au rez-de-chaussée
d'une maison, près de la porte d'entrée, et destiné à
l'habitation du portier. La loge d'un portier, d'un suisse. Le portier n'est
pas dans sa loge.
Se dit également d'Une galerie, d'un portique en avant-corps, pratiqué
à l'un des étages d'un édifice, pour jouir de la vue du dehors
et de la fraîcheur de l'air. On ne l'emploie guère, dans ce sens,
qu'en parlant Des édifices d'Italie. Les loges du Vatican.
La loge pontificale, Celle d'où le pape donne la bénédiction.
LOGE, se dit encore Des petites boutiques que certains marchands occupent
durant la tenue des foires.
Se dit en outre Des petits cabinets rangés par étages au pourtour
d'une salle de spectacle, séparés les uns des autres par des cloisons,
et ayant vue sur le théâtre. Les loges du Théâtre
Français, de l'Opéra, etc. La loge du roi. Loges grillées.
Loges de l'avant-scène, du cintre. Louer, retenir une loge. Cette salle
a trois rangs de loges. On distingue dans les spectacles les loges des différents
étages par les noms de premières, secondes, troisièmes et
quatrièmes. Ouvreuse de loges. On voit mieux du parterre que des loges.
Loge louée à l'année. Louer une moitié, un quart de
loge.
Loges découvertes, Espèce de loges qui n'ont pas de plafond,
et qui ne sont séparées que par des cloisons à hauteur d'appui.
Avoir loge à un spectacle, Y avoir loué une loge pour l'année.
Il a loge à tous les spectacles.
Coupons de loge, Billets que se partagent entre elles les personnes qui
ont loué ensemble une loge.
Jour de loge, Jour où l'on a le droit de jouir d'une loge qu'on
a louée, pour un certain temps, avec d'autres personnes. C'est demain
mon jour de loge.
Prov. et fig., Être aux premières loges, Se trouver dans
la position la plus favorable pour être témoin de quelque chose.
LOGES, au pluriel, se dit quelquefois, par extension, Des spectateurs
qui sont dans les loges. Les loges ont applaudi pendant que le parterre sifflait.
LOGE, se dit aussi, dans les Théâtres, Des chambres, des
cabinets où les acteurs s'habillent. Les loges des acteurs. Aller voir
un acteur dans sa loge.
LOGE, se dit figurément d'Une assemblée, d'une réunion
de francs-maçons. Aller en loge. Être en loge. Tenir une loge.
Se dit aussi de Certains établissements de commerce formés par
des Européens en Asie, en Afrique, etc.
LOGE, se dit encore, dans quelques maisons destinées aux aliénés,
Des espèces de cellules où l'on enferme les fous.
Se dit, dans les Ménageries, Des petites chambres où l'on enferme
les bêtes féroces. La loge du lion, du tigre. On dit dans
le même sens, par extension, La loge d'un chien.
LOGE, dans un buffet d'orgues, Le lieu où sont les soufflets.
LOGE, en Botanique, se dit Des petites cellules ou cavités, ordinairement
séparées par des cloisons, dans lesquelles sont renfermés
les pepins de certains fruits.
LOGEABLE . adj. des deux genres
Où l'on peut loger commodément. Maison fort logeable. Il y
a de belles maisons qui ne sont guère logeables. Il faudra faire beaucoup
de dépense pour rendre ce château logeable.
LOGEMENT .s.m.
Il signifie, en général, Le lieu où on loge, et plus particulièrement,
Le domicile habituel, le lieu où on habite ordinairement. Je voudrais
trouver un logement pour la nuit. Où est son logement? Où a-t-il
son logement? Il a son logement dans ce pavillon. Son logement est sur le jardin.
Son logement consiste en trois ou quatre pièces. Avoir son logement au
rez-de-chaussée, au premier, au second, etc. Le logement d'un concierge,
d'un jardinier.
Logement garni, Celui qui se loue meublé.
Il y a beaucoup de logement dans cette maison, Il y a place pour loger
beaucoup de monde.
LOGEMENT, se dit aussi Des logis désignés pour le roi et
pour les personnes de sa suite, dans un voyage. Faire les logements de la cour.
Le logement de ce jour-là fut fort incommode. Autrefois les maréchaux
des logis marquaient à la craie les logements.
Faire les logements, signifie quelquefois, Dresser la liste des personnes
de la cour que les maréchaux des logis doivent faire loger. Envoyer
aux logements, Envoyer un domestique avec les maréchaux des logis,
pour reconnaître le logement destiné à son maître.
LOGEMENT, se dit aussi en parlant Des troupes qui sont en marche dans
un pays ami, et qu'on loge chez les particuliers. Faire le logement. Exemption
de logement des gens de guerre. Une ville fort sujette au logement des gens de
guerre. Billet de logement.
En termes de Guerre, Les assiégeants ont fait un logement sur la contrescarpe,
sur la demi-lune, etc., Ils s'y sont retranchés, pour se mettre à
couvert et se maintenir dans le poste qu'ils y ont pris.
LOGER . v. n.
Habiter, demeurer dans une maison. La maison où il loge. Où
irez-vous loger? Loger chez soi, chez un de ses amis, en hôtel garni, en
garni. Ils logent ensemble. Les hôtelleries étaient si pleines, qu'il
ne put trouver où loger.
Prov. et fig., Loger à la belle étoile, Coucher en plein
air, n'avoir pas de retraite assurée.
LOGER, s'emploie figurément, au sens moral. Rarement une âme
forte loge dans un corps efféminé. L'amour et la raison ne logent
guère ensemble.
LOGER, est aussi actif, et signifie, Donner la retraite, le couvert à
quelqu'un dans un logis. Où logerez-vous tout ce monde-là? Il
y a de quoi loger tout le régiment. On l'a bien logé. On l'a mal
logé.
S'emploie figurément, au sens moral. Toutes les folies qu'un cerveau
humain peut loger sont rassemblées dans sa tête.
Prov. et fig., Loger le diable dans sa bourse, N'avoir pas le sou.
LOGER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Prendre
un logement. Il s'est logé dans un hôtel garni. Il s'est logé
dans un bien petit appartement. Il s'est logé bien à l'étroit.
Il signifie également, Disposer, arranger, décorer un logement
pour l'occuper. Il vient de dépenser beaucoup d'argent pour se loger.
Il s'est logé fort bien, fort commodément.
Il signifie encore, Se bâtir une maison. Il s'est logé très-agréablement
à la campagne.
En termes de Guerre, Se loger sur la contrescarpe, sur la demi-lune, etc.,
S'y établir, s'y retrancher, s'y mettre à couvert. Il ne se dit
que Des assiégeants.
En Chirurg., La balle s'est logée dans telle partie, La balle
qui l'a frappé lui est restée dans telle partie du corps.
LOGÉ, ÉE. participe, Être logé, Avoir
un logement. Être logé commodément, fort à l'étroit.
Être logé au rez-de-chaussée, au premier étage.
Fig. et fam., Il en est logé là, se dit D'un homme borné
dans ses idées par la prévention, la crédulité, le
défaut de lumières ou l'opiniâtreté; et D'un homme
que le changement de fortune réduit à un état fâcheux.
Fig. et fam., Nous en sommes logés là, et ironiquement,
Nous voilà bien logés, se dit en parlant D'une affaire dont
la conclusion a mal tourné, ou se trouve arrêtée par une difficulté
imprévue.
LOGETTE . s. f. Diminutif.
Petite loge. Il est peu usité.
LOGEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui tient des chambres garnies pour les ouvriers et les gens de
la classe indigente.
LOGICIEN .s.m.
Celui qui possède bien la logique, qui raisonne avec justesse et avec
méthode. Bon, grand, excellent, puissant logicien. Il n'est pas logicien.
Il est mauvais logicien.
Il se disait autrefois, dans les Colléges, d'Un écolier qui étudiait
en logique.
LOGIQUE . s. f.
Science qui enseigne à raisonner juste. Les règles de la logique.
La logique sert à toutes les autres sciences. Traité de logique.
Se dit aussi d'Un ouvrage sur l'art de raisonner. La Logique de Port-Royal.
La Logique de Condillac.
Il signifiait autrefois, en termes de Collége, La première des
deux classes où l'on enseignait la philosophie. Il n'est cette année
qu'en logique, et il entrera en physique l'année prochaine.
LOGIQUE, signifie aussi, Sens droit, disposition à raisonner juste.
Il a une logique naturelle, fort sûre, fort droite. Il a de la logique.
Il manque de logique.
Il signifie encore, Raisonnement, méthode, suite dans les idées.
Il n'y a point de logique dans cet ouvrage. Il y a ici un défaut de
logique.
Se dit quelquefois, figurément, d'Une manière particulière
de raisonner. La logique du coeur, des passions. Chercher dans un bienfait
un motif intéressé, c'est la logique des ingrats.
LOGIQUE, s'emploie quelquefois comme adjectif des deux genres; et alors
il signifie, Conforme aux règles de la logique. Argument logique. Ce
raisonnement n'est pas trop logique.
LOGIQUEMENT . adv.
D'une manière conforme à la logique. Procéder, raisonner,
discuter logiquement.
LOGIS .s.m.
Habitation, maison. Grand, petit, beau logis. Logis commode. Ne bouger du
logis. Garder le logis. Demeurer au logis. Changer de logis. Être dans un
logis d'ami, dans un logis d'emprunt. La dame, le maître du logis.
Corps de logis, Masse ou partie principale d'un bâtiment. Un
corps de logis entre deux pavillons. Il signifie aussi, Logement détaché
de la masse du bâtiment principal. Il occupe un petit corps de logis
sur le devant.
Fig. et fam., Il n'y a plus personne au logis, se dit D'un homme qui
est devenu imbécile, hébété, ou qui, étant
à l'agonie, a perdu connaissance.
LOGIS, se dit aussi d'Une hôtellerie. Le Cheval Blanc est un
bon logis; c'est un des meilleurs logis de la route. Aux enseignes des hôtelleries,
on met ordinairement, BON LOGIS À PIED ET À CHEVAL.
LOGIS, désigne quelquefois, La maison de celui qui parle. Il
y a longtemps que vous n'êtes venu au logis. On m'attend au logis. Dans
ce sens, il est familier.
Maréchal des logis, Sous-officier des troupes à cheval,
chargé des détails du service, de la discipline intérieure
d'une compagnie, et notamment de tout ce qui concerne le logement. Le grade
de maréchal des logis répond à celui de sergent dans l'infanterie.
Maréchal des logis chef.
Maréchal des logis, est aussi Le titre des officiers chargés
de faire préparer les logements pour la cour en voyage. Grand maréchal
des logis chez le roi. Premier maréchal des logis chez la reine. Maréchal
des logis de quartier, ou servant par quartier.
Prov. et fig., Il va, il est allé marquer les logis, se dit De
celui qui se détache d'une compagnie pour prendre les devants, et arriver
le premier au lieu où elle se rend.
LOGOGRIPHE .s.m.
Sorte d'énigme consistant en un mot dont les lettres, diversement combinées,
forment d'autres mots qu'il faut également deviner. Les logogriphes
ne valent pas la peine qu'on prend à les deviner.
LOGOMACHIE . s. f.
T. didactique. Dispute de mots. Cette question est une pure logomachie. Il
y a beaucoup de discussions qui ne roulent que sur une logomachie.
LOI . s. f.
Acte de l'autorité souveraine, qui règle, ordonne, permet ou défend.
Faire, établir, porter une loi. Proposer, discuter, amender, voter,
sanctionner, promulguer, publier une loi. Se soumettre aux lois. Obéir
aux lois. Restreindre, modifier, changer une loi. Abroger, rapporter une loi.
Modérer la rigueur d'une loi. Citer, alléguer, interpréter
une loi. Le préambule, les articles, les dispositions, le texte d'une loi.
Loi en vigueur. Loi tombée en désuétude. La majesté,
la sainteté des lois. Cela a passé en loi, a force de loi. Il faut
moins s'attacher à la lettre, aux termes d'une loi, qu'en saisir l'esprit
et l'intention. Solon donna des lois aux Athéniens. Les lois romaines.
Les lois françaises. Étudier les lois. Ce juge, cet avocat a fait
une profonde étude des lois, a une grande connaissance des lois.
Les lois de la nature, dans le sens physique, Les lois constantes qui
règlent l'ordre du monde physique. Les lois de l'attraction, du mouvement,
de la pesanteur, de la réfraction de la lumière, sont des lois de
la nature.
Les lois de la nature, au sens moral, et, plus ordinairement, La loi
naturelle, Les sentiments et les principes de justice et de bienveillance,
sans lesquels les sociétés humaines ne pourraient subsister, et
que l'auteur de la nature a imprimés dans le coeur de tous les hommes.
Aimer ses père et mère, être reconnaissant envers ses bienfaiteurs,
sont des lois de la nature. La loi naturelle nous défend de faire à
autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît. On dit quelquefois
en ce sens, La loi de nature. Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature.
La loi divine, signifie quelquefois, La loi naturelle; et plus souvent,
Les préceptes positifs donnés par la révélation. On
dit aussi, dans l'un et l'autre sens, Les lois divines.
La loi ancienne, ou absolument, dans le langage de l'Écriture,
La loi, La loi de Moïse, la loi des Juifs. Les livres de la loi.
Les docteurs de la loi. Voilà la loi et les prophètes.
La loi nouvelle, ou La loi de grâce, La loi de JÉSUS-CHRIST,
la loi des chrétiens.
Les lois humaines, Les lois établies par les hommes pour le maintien
et l'ordre des sociétés. Cette action viole toutes les lois,
divines et humaines.
La loi des nations, Le droit des gens.
Les lois de la guerre, Les maximes que les nations sont convenues d'observer
entre elles pendant la guerre.
La loi fondamentale d'un État, Celle qui règle la nature,
l'étendue et l'exercice des pouvoirs du gouvernement. On dit aussi, dans
ce sens, La loi constitutionnelle.
La loi de l'État, ou simplement La loi, Toute règle
qui est reçue dans l'État, et qui y a force de loi, soit qu'elle
ait rapport au gouvernement général, soit qu'elle fixe le droit
des particuliers. Observer, exécuter la loi. Enfreindre, violer, transgresser,
éluder la loi. Contrevenir à la loi. Déroger à la
loi. Dispenser de la loi. Maintenir, faire respecter la loi. Recourir à
la loi. Invoquer la loi. Cela est contre la loi, n'est pas permis par la loi.
Cela tombe, rentre dans l'exception de la loi.
Lois politiques, Celles qui ont pour objet la conservation de l'État,
abstraction faite des sociétés et des individus qu'il renferme.
Lois organiques, Celles qui ont pour objet de régler le mode et
l'action des institutions ou établissements dont le principe a été
consacré par une loi précédente.
Lois civiles, Celles qui règlent les droits et les devoirs, les
intérêts et les rapports des citoyens entre eux.
Lois criminelles, Celles qui déterminent les délits, les
crimes, la manière de les poursuivre, et les peines qui y sont applicables.
Loi pénale, Celle qui prononce quelque peine.
Loi fiscale, Celle qui règle la quotité et le mode de perception
des contributions publiques.
Loi bursale, Celle qui a pour objet de procurer de l'argent à
l'État, dans un cas de nécessité extraordinaire.
Loi somptuaire, Celle qui a pour objet de réprimer le luxe.
Loi martiale, Loi qui autorise l'emploi de la force armée dans
certains cas, et après avoir rempli certaines formalités.
Loi agraire, Loi qui, chez les Romains, réglait le partage ou
l'administration des terres conquises. Loi annonaire, Celle qui pourvoyait
à ce que les vivres n'enchérissent pas.
Loi municipale, Loi qui règle l'administration des communes.
Loi d'exception, Loi qui déroge momentanément à
la loi constitutionnelle de l'État, ou à quelque autre loi générale.
La loi du talion, Celle qui veut qu'on traite un coupable de la même
manière qu'il a traité ou voulu traiter les autres.
Homme de loi, Celui qui fait profession d'interpréter les lois,
jurisconsulte. Consulter un homme de loi, les gens de loi. Se dit aussi
quelquefois, surtout au pluriel, Des gens de justice, des officiers ministériels
près des tribunaux.
Fig., Faire loi, Tenir lieu d'une loi, avoir l'autorité, la force
d'une loi. Dans les langues vivantes, l'usage fait loi. L'exemple de cet écrivain
ne fait pas loi. L'autorité d'Aristote a longtemps fait loi dans les écoles.
Fig., Se faire une loi de quelque chose, S'en imposer à soi-même
l'obligation. Il s'est fait une loi de la discrétion. Il s'est fait
une loi de se promener tous les matins.
Fig., Faire, donner, dicter, imposer la loi. Commander, ordonner avec
autorité. Cet homme veut faire, donner, imposer la loi partout où
il est.
N'avoir ni foi ni loi, Être sans religion et sans morale.
Prov., Nécessité n'a point de loi, Un extrême péril,
un extrême besoin, peuvent rendre excusables des actions répréhensibles
en elles-mêmes.
Prov. et fig., Ce que je vous dis, c'est la loi et les prophètes,
C'est une vérité incontestable.
LOI, signifie aussi, Puissance, autorité. Alexandre rangea
toute l'Asie sous sa loi, sous ses lois. Les peuples vécurent heureux sous
ses lois. La loi du vainqueur. La loi du plus fort.
Être sous les lois d'une femme, Être esclave de ses volontés,
de ses caprices.
Subir, recevoir la loi de quelqu'un, Se soumettre à sa volonté.
LOI, par extension, se dit de Certaines règles, de certaines obligations
de la vie civile; et, dans cette acception, on l'emploie plus ordinairement au
pluriel qu'au singulier. Les lois de l'honneur, du devoir, de la bienséance,
de la politesse, de l'honnêteté, de la société, etc.
Les lois de la grammaire, de la syntaxe, Les règles établies,
en matière de langage, par la grammaire, par la syntaxe. Toutes les
langues ont des locutions particulières, dans lesquelles on s'affranchit
des lois ordinaires de la grammaire. Cette construction est contraire aux lois
de la syntaxe.
LOI . s. f.
.Monnayage. Aloi, titre auquel les monnaies doivent être alliées
et fabriquées.
LOIN . adv. de lieu
À une grande distance. Bien loin. Fort loin. Si loin. Demeurer, aller
loin. Sa vue porte loin, très-loin. Il y a loin d'ici chez nous. Pousser
loin ses conquêtes, ses victoires.
S'emploie aussi figurément. Aristote a été loin, bien
loin dans la connaissance des choses naturelles. Si on entame une fois cette question,
on ira loin, trop loin. Arrêtez-vous à cette idée, n'allez
pas plus loin. C'est aller bien loin que de faire une pareille supposition. Cette
affaire ira plus loin qu'on ne pense. Cette difficulté mènera loin.
Pourquoi rejeter, renvoyer si loin ce que je vous propose? Mener, porter, pousser
une affaire loin. Porter loin, pousser loin sa haine, son ressentiment, son animosité,
sa vengeance, ses prétentions, etc. Ce principe s'étend plus loin
qu'on ne le croirait au premier coup d'oeil. Cet homme a beaucoup d'expérience
et de pénétration, il voit loin dans l'avenir.
Aller loin, signifie quelquefois, Faire fortune, s'élever à
de hauts emplois. Ce jeune homme a de l'esprit, il est actif, laborieux, il
ira loin, il peut aller loin. On dit de même, Cet emploi peut le
mener loin.
Il est malade, il n'ira pas loin, Il mourra bientôt. Avec la
dépense qu'il fait, cet homme n'ira pas loin, Il sera bientôt
ruiné.
Prov., Pas à pas on va loin, Quand on va toujours, on ne laisse
pas d'avancer beaucoup, quoiqu'on aille lentement. Se dit au propre et au figuré.
Fig. et fam., Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez,
Avoir peu de lumières, peu de prévoyance.
Fig. et fam., Il ne le portera pas loin, se dit D'un homme par qui on
a été offensé, et signifie qu'on se vengera de lui avant
peu.
LOIN, est aussi adverbe de temps. Vous parlez de me payer dans deux
ans, c'est me remettre bien loin.
DE LOIN. loc. adv. de lieu. D'une grande distance. Voir de loin. Parler
de loin. Venir de loin. Il a été tué de loin.
Prov., A beau mentir qui vient de loin, Celui qui revient d'un pays fort
éloigné peut raconter tout ce qu'il veut, sans craindre qu'on le
démente.
Fig., Voir de loin, Avoir beaucoup de prévoyance, pressentir longtemps
d'avance ce qui doit arriver.
Fig. et fam., Voir venir quelqu'un de loin, Voir où il en veut
venir, quelle est son intention, malgré les détours qu'il prend,
soit dans ses discours, soit dans ses démarches.
Fig. et fam., Revenir de loin, de bien loin, Réchapper d'une maladie
très-grave, ou de quelque grand danger. On dit de même, proverbialement
et figurément, La jeunesse revient de loin.
Fig. et fam., Ne connaître quelqu'un ni de près ni de loin,
Ne pas le connaître du tout.
Nous sommes parents, mais de loin, Nous sommes parents à un degré
éloigné.
DE LOIN, est aussi locution adverbiale de temps. Vous me parlez du
temps de notre première enfance, c'est parler de loin, c'est se souvenir
de loin.
DU PLUS LOIN, D'AUSSI LOIN QUE. loc. conjonctives de lieu. De la plus
grande distance possible. Du plus loin que je l'ai aperçu, j'ai couru
au-devant de lui. D'aussi loin qu'il me vit, il accourut vers moi.
Ces locutions s'appliquent aussi Au temps. Du plus loin que je me souvienne,
qu'il m'en souvienne, la chose était ainsi.
Fam., C'est du plus loin qu'il me souvienne, se dit D'une chose dont
le souvenir est presque effacé.
AU LOIN. loc. adv. de lieu. À une grande distance. Voir au
loin. Voyager, chasser au loin. Il s'en est allé au loin. Chercher les
aventures au loin.
AU PLUS LOIN. loc. adv. de lieu. À la plus grande distance possible.
Au plus loin que ma vue puisse s'étendre, je n'aperçois rien.
LOIN À LOIN, DE LOIN À LOIN, DE LOIN EN LOIN. loc. adv. de
lieu. À de grandes distances, à de longs intervalles. Planter
des arbres loin à loin. Les maisons, les hameaux sont semés loin
à loin, de loin à loin, de loin en loin.
Ces locutions s'appliquent aussi Au temps. Il ne vient plus me voir que de
loin à loin, de loin en loin. De tels événements n'arrivent
que de loin en loin.
LOIN DE. Locution prépositive, qui a une signification tout à
fait analogue à celle de Loin, employé seul, comme adverbe.
Loin d'ici. Loin du lieu où vous êtes. Loin de la ville. Non loin
de là. Ils sont loin l'un de l'autre. Loin d'ici, profanes.
Cette locution s'emploie souvent au figuré. Il est encore loin de
la perfection. Loin de moi une semblable pensée. Loin de nous ces héros
sans humanité! Cela est bien loin de ma pensée. On l'emploie aussi
elliptiquement, Loin ces héros sans humanité, etc.
Être loin de son compte, Se tromper dans son raisonnement, dans
son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances.
Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit
De deux personnes qui ont une convention, un marché à faire, et
qui ne peuvent tomber d'accord. Nous sommes loin de compte ensemble. Il est
loin de compte avec moi.
Prov., Loin des yeux, loin du coeur, On oublie les absents, on se refroidit
à leur égard.
Être loin, bien loin de faire une chose, Être dans des dispositions
toutes contraires à celles qui pourraient porter à faire une chose.
Je suis loin de penser ainsi. Je suis loin, bien loin de m'enorgueillir d'un
si faible succès.
Bien loin, ou simplement Loin, au commencement d'une phrase, et
se construisant avec la préposition de, suivie d'un verbe à
l'infinitif, ou avec la conjonction que, suivie d'un verbe au subjonctif,
signifie, Au lieu de, tant s'en faut que. Loin de me remercier, il m'a dit
des injures. Bien loin de se repentir, il s'obstine dans son crime. Loin qu'il
soit disposé à vous faire des remercîments, il est homme à
vous chercher querelle.
LOIN DE, s'applique quelquefois Au temps. Nous sommes encore loin
de Pâques.
LOINTAIN , AINE. adj.
Qui est fort loin du lieu où l'on est ou dont on parle. Il ne se dit
que Des pays, des climats, des régions et des peuples. Un pays lointain.
Des terres, des régions lointaines. Des climats lointains. Peuples lointains.
Nations lointaines.
LOINTAIN, est quelquefois substantif, au masculin, et signifie, Éloignement.
Apercevoir dans le lointain.
En termes de Peinture, Le lointain d'un tableau, Ce qui paraît
le plus reculé à la vue, dans le fond d'un tableau. Cette figure
fait bien dans ce lointain. Ce lointain est fort beau. Ce peintre traite habilement
les lointains.
LOIR .s.m.
Petit animal semblable à un rat, à poil gris, à queue velue,
qui vit dans le creux des arbres, et qui dort durant tout l'hiver. Il dort
comme un loir.
LOISIBLE . adj. des deux genres
Qui est permis. Cela n'est pas loisible. Il vous est loisible de penser ainsi.
Il a vieilli.
LOISIR .s.m.
Temps dont on peut disposer sans manquer à ses devoirs. Avoir du loisir.
Jouir d'un doux loisir, d'un honnête loisir. Il emploie bien les heures
de son loisir. Vous ferez cela aux heures de votre loisir, à votre loisir.
Je n'ai pas un moment de loisir. Son absence me donne, me laisse du loisir. Amuser,
charmer son loisir, ses loisirs.
Fam., Il est bien de loisir, il faut qu'il ait bien du loisir de reste,
se dit D'un homme qui s'amuse à des bagatelles, ou qui se mêle d'affaires
qui ne le regardent point.
LOISIR, se dit aussi d'Un espace de temps suffisant pour faire quelque
chose commodément. Donnez-moi le loisir de faire ce que vous désirez.
Je n'ai pas eu assez de loisir pour y penser. Je n'en ai pas eu le loisir. Cet
ouvrage demande du loisir. Vous ne me donnez pas le loisir de respirer.
À LOISIR. loc. adv. À son aise, à sa commodité,
sans se presser. Vous ferez cela à loisir. Vous y penserez à
loisir. Examinez cela à loisir, plus à loisir. On dit aussi
dans le même sens, À mon loisir, à votre loisir, à
son loisir.
Il s'en repentira à loisir, se dit D'un homme qui fait quelque
chose dont on croit qu'il sentira longtemps les suites. On dit aussi dans le même
sens, Il aura tout le loisir de s'en repentir.
LOK .s.m.
.Médec. Voyez LOOCH.
LOMBAIRE . adj. des deux genres
T. d'Anat. Qui appartient aux lombes. La région lombaire. Les vertèbres
lombaires.
LOMBARD .s.m.
Nom d'un établissement autorisé, dans plusieurs villes, pour faire
des prêts sur gages. Dans les lombards, l'intérêt est réglé
par le magistrat.
LOMBES .s.m. pl.
T. d'Anat. Partie inférieure du dos, composée de cinq vertèbres
et des chairs qui y sont attachées.
LONDRIN .s.m.
Drap léger fait à l'imitation de quelques draps de Londres. Les
londrins se fabriquent dans nos provinces méridionales.
LONG , ONGUE. adj.
Se dit Des objets considérés dans leur étendue, d'un bout,
d'une extrémité à l'autre, et par opposition à Court.
Un bâton long de tant de pieds. La harpe a des cordes plus longues les
unes que les autres. Tirer une longue ligne sur le papier. Un long col. De longues
jambes. De longs bras. Une barbe longue. Une longue allée. Un long chemin.
Le cours du Danube est long. Avoir la taille longue et menue.
Habit long, La soutane et le long manteau que portent les ecclésiastiques.
Il était en habit long.
Lunette de longue vue, ou simplement Longue-vue, Lunette d'approche,
lunette avec laquelle on voit les objets éloignés.
Prov. et fig., Avoir les dents longues, bien longues, Être affamé,
après avoir été long-temps sans manger.
Fig. et fam., Il a les bras longs, les mains longues, Son pouvoir s'étend
bien loin.
Elliptiq., Prendre le plus long, son plus long, Aller en quelque lieu
par le plus long chemin. Vous êtes venu ici par telle rue, vous avez
pris le plus long. C'est le plus long de beaucoup, c'est votre plus long.
Fig., Prendre le plus long, Se servir des moyens les moins propres à
faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
LONG, se dit aussi D'une surface considérée dans sa plus
grande dimension, et par opposition à Large. La surface d'un parallélogramme
est le produit de la longueur, qu'on appelle le côté, multipliée
par la largeur, qu'on appelle la base. Une table longue. Ce jardin est plus long
que large. Un champ long et étroit.
LONG, signifie encore, Qui dure plus ou moins longtemps. En été
les jours sont longs. Le temps est long à qui attend. Cela ne sera pas
de longue durée. Il y a un très-long temps qu'on ne l'a vu. Son
absence a été longue. Un long voyage. De longues souffrances. Une
longue et heureuse vie. Un long règne. Un long repos. Des raisons longues
à déduire. Cela serait trop long à vous raconter. Une longue
suite d'observations. Boire à longs traits. Cela est d'une longue discussion.
Bail à longues années, bail à long terme, Bail dont
la durée s'étend au delà du nombre d'années des baux
ordinaires.
Ouvrage, affaire de longue haleine, Ouvrage, affaire qui demande beaucoup
de temps et de soin.
Voyage de long cours, Voyage par mer, dont le but et le terme sont fort
éloignés.
Fam. et elliptiq., Il ne la fera pas longue, Il ne vivra pas longtemps.
Syllabe longue, voyelle longue, Syllabe, voyelle dont la prononciation
doit avoir plus de durée que celle d'une syllabe, d'une voyelle brève.
A est long dans pâte et bref dans rate. Voyez plus bas LONGUE,
substantif.
LONG, se dit particulièrement Des ouvrages d'esprit, soit que l'on
en considère l'étendue, soit qu'on ait égard au temps nécessaire
pour les lire, les réciter, les entendre. Cet ouvrage est bien long.
Un long poëme. Un long discours. Une longue harangue.
LONG, signifie aussi, Lent, tardif. Dépêchez; que vous
êtes long! Cet ouvrier est bien long. Il est long à tout ce qu'il
fait. Les vieillards sont longs en tout. Ces arbres sont longs à pousser,
à croître.
LONG masculin, est aussi substantif; et alors il signifie, Longueur,
par opposition à Largeur. Ces rideaux ont deux aunes de long.
S'étendre de son long, tout de son long, Tomber à terre,
ou se coucher, en déployant ou en laissant aller son corps dans toute sa
longueur.
Scieur de long, Ouvrier qui scie des pièces de bois en long, pour
faire des planches.
Fam., Il nous en a dit long, bien long, Il nous a dit beaucoup de choses
sur tel sujet. En savoir long, bien long, Être fin, rusé,
difficile à surprendre. Dans ces phrases, Long est pris adverbialement.
LONGUE féminin, se dit substantivement d'Une syllabe longue. Le
dactyle est composé d'une longue et de deux brèves.
Fig. et fam., Observer les longues et les brèves, Être très-cérémonieux;
Être extrêmement circonspect et exact en tout ce qu'on fait.
Fig. et fam., Il en sait les longues et les brèves, se dit D'un
homme habile et intelligent en quelque affaire.
DE LONG, EN LONG. loc. adverbiales, En longueur, dans le sens de la longueur.
Il faut mettre ce bois de long, en long. Fendre en long.
Fam., Tirer de long, S'esquiver, s'enfuir. Quand il eut fait son coup,
il tira de long. Il a vieilli.
Fig., Tirer de long, Apporter des délais dans une affaire.
En long et en large, En longueur et en largeur alternativement. Il n'est
guère usité que dans cette phrase, Se promener, aller en long
et en large. On dit aussi quelquefois, dans le même sens, De long
en large.
AU LONG, TOUT AU LONG. loc. adv. Amplement. Il a traité, il
a expliqué cela bien au long. Je vous écrirai plus au long. Il en
a discouru bien au long, tout au long. Cet auteur en parle au long dans son ouvrage.
DE LONGUE MAIN. loc. adv. Depuis long-temps. Je le connais de longue
main. Il est mon ami de longue main.
LE LONG, TOUT LE LONG, TOUT DU LONG, AU LONG DE. loc. prépositives. En
côtoyant. Le long de la rivière. Allez tout le long, tout du long
de l'eau, tout le long de la prairie, du chemin, au long du bois.
Prov. et fig., Il en a eu tout du long de l'aune, se dit D'un homme qui
a été fort malmené, fort maltraité, de quelque manière
que ce soit. On dit aussi dans le même sens: On lui en a donné
tout du long. Il en a eu du long et du large.
TOUT LE LONG, TOUT DU LONG DE, signifient aussi, Pendant toute la durée
de. Il a jeûné tout le long du carême. Il a prié
Dieu tout le long de la messe. Il travaille tout le long de la semaine. Il s'est
diverti tout du long de l'année.
À LA LONGUE. loc. adv. Avec le temps. Il marche bien les premiers
jours; mais, à la longue, il se lasse. Tout s'use à la longue. À
la longue on en viendra à bout.
LONGANIMITÉ . s. f.
Patience avec laquelle un être puissant et bon endure les fautes, les
insultes qu'il pourrait punir. La longanimité de Dieu envers les pécheurs.
On ne saurait trop louer la longanimité de ce prince.
Il signifie aussi, Patience, courage dans le malheur. Il a supporté
ses maux avec une longanimité exemplaire, méritoire.
LONGE . s. f.
.Cuisine. La moitié de l'échine d'un veau ou d'un chevreuil, depuis
le bas de l'épaule jusqu'à la queue. Une longe de veau, de chevreuil.
Se dit plus particulièrement d'Une longe de veau. Manger d'une bonne
longe.
LONGE, terme de Manége, signifie, Une corde de chanvre, de crin,
ou un morceau de cuir coupé en long, en forme de courroie, de lanière,
qui sert à attacher un cheval au râtelier, à l'auge, etc.,
ou à le conduire quand on ne le monte pas. La longe d'un cheval. Ce
cheval marche sur sa longe. Il rompra sa longe. Il est attaché à
deux longes. Mener un cheval par la longe.
Fig. et fam., Marcher sur sa longe, dans sa longe, S'embarrasser dans
les mesures qu'on prend, dans les discours qu'on tient.
LONGE, se dit également d'Une corde d'une certaine étendue,
placée à l'anneau du caveçon, et qui sert à tenir
un cheval que l'on trotte sur des cercles. Trotter un cheval à la longe,
à la plate-longe.
LONGER . v. a.
Marcher le long de. L'armée longea la rivière. Le cerf a longé
cette route.
Il signifie aussi, S'étendre le long de; et, en ce sens, il se dit Des
choses. Un bois qui longe la côte.
LONGÉ, ÉE. participe
LONGÉVITÉ . s. f.
Longue durée de la vie. La longévité des carpes, des
corbeaux, des cerfs. Tables de longévité.
LONGIMÉTRIE . s. f.
.Géom. Art de mesurer les longueurs.
LONGITUDE . s. f.
.Géogr. Distance en degrés d'un lieu quelconque à un premier
méridien. On compte les degrés de longitude depuis le premier
méridien convenu. Prendre les longitudes. Ce lieu est à tant de
degrés de longitude, et à tant de latitude. Ce serait une heureuse
découverte que de trouver la longitude sur mer, les longitudes en mer.
LONGITUDE, est aussi un terme d'Astronomie, et se dit de La distance,
en degrés, qui existe entre un astre rapporté à l'écliptique,
et le point équinoxial du printemps.
LONGITUDINAL , ALE. adj.
T. didactique. Qui est étendu en long. Les membranes qui composent
les vaisseaux sont tissues de deux plans de fibres, les unes circulaires, les
autres longitudinales.
LONGITUDINALEMENT . adv.
En longueur. Mesurer une chose longitudinalement.
LONG-JOINTÉ , ÉE. adj.
.Manége. Se dit D'un cheval, d'une jument dont les articulations inférieures
sont trop longues. Ce cheval est long-jointé, trop long-jointé.
LONGTEMPS . adv.
Il exprime Un long espace de temps. Cela dure longtemps, trop longtemps.
Il a négligé trop longtemps ses études. Il y a longtemps
qu'il est revenu. Il est bien longtemps à revenir. Il ne saurait vivre
longtemps. Il a été longtemps malheureux. Cela est fait depuis longtemps.
Il en a pour longtemps. Nous nous connaissons dès long-temps. Il a demeuré
pendant longtemps dans cette ville.
LONGUEMENT . adv.
Durant un long temps. Vivre longuement. Il a parlé longuement, et
a fort ennuyé l'assemblée.
LONGUET , ETTE. adj.
Diminutif de Long. Qui est un peu long. Cela est longuet. Son discours
a été longuet, un peu longuet. Il est familier.
LONGUEUR . s. f.
Dans le sens où Long est opposé à Court, L'étendue
d'un objet considéré d'un bout, d'une extrémité à
l'autre. La longueur d'un bâton, d'une lance, d'une allée, d'une
route. Cette perche est d'une juste longueur, d'une bonne longueur.
Épée de longueur, Épée de défense,
plus longue que les petites épées qu'on portait ordinairement à
la cour et à la ville.
LONGUEUR, signifie aussi, L'étendue d'une surface considérée
dans sa plus grande dimension, par opposition à Largeur. Cette cour
a vingt mètres de longueur, sur dix de largeur. La longueur d'un jardin,
d'un tapis. L'architecte n'a pas donné assez de longueur à ce salon.
LONGUEUR, se dit aussi en parlant De la durée du temps. La
longueur du temps lui a fait oublier.... La longueur des jours et des nuits. La
longueur d'un siége, d'une maladie. Ses visites sont d'une longueur insupportable.
LONGUEUR, se dit en parlant Des ouvrages d'esprit considérés
sous le rapport de l'étendue, ou sous celui du temps qu'on met à
les lire, à les réciter, à les entendre. La longueur d'un
ouvrage, d'un discours, d'un sermon. Ce poëme est d'une longueur assommante.
Il signifie aussi, Ce qui est superflu, ce qui surabonde. Il y a des longueurs
dans ce discours, dans cette tragédie.
LONGUEUR, signifie encore, Lenteur dans les actions, dans les affaires.
Je suis ennuyé de ses longueurs. Ce sont des longueurs insupportables,
d'étranges longueurs. C'est une longueur affectée. Il ne finit rien,
quelle longueur! Les longueurs de la chicane.
EN LONGUEUR. loc. adv. Dans le sens de la longueur. Scier, fendre,
mesurer en longueur.
Cette locution s'emploie aussi pour marquer de longs délais. Cette
affaire traîne en longueur. Tirer les choses en longueur.
LOOCH .s.m.
.Médecine, emprunté de l'arabe. (On prononce, et quelques-uns
écrivent, Lok.) Potion médicinale adoucissante et calmante.
Looch blanc. Looch vert. Les loochs se prennent ordinairement par cuillerées.
LOPIN .s.m.
Morceau de quelque chose qui se mange, et principalement de viande. Il est populaire,
et ne se dit guère qu'en plaisanterie. Gros, petit lopin. On lui en
a donné, il en a emporté un bon lopin, de bons lopins.
Se dit, par extension, d'Une portion de quelque chose qui était à
partager. Il a eu, il a emporté, il a attrapé un bon lopin de
cette succession. Il en a eu son lopin.
LOQUACE . adj. des deux genres
(On prononce Locouace.) Qui parle beaucoup. Cet homme est bien loquace.
LOQUACITÉ . s. f.
(On prononce Locouacité.) Habitude de parler beaucoup. Cet
homme est d'une loquacité fatigante.
LOQUE . s. f.
Pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et déchirée.
Cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques. Il est familier.
LOQUÈLE . s. f.
(On prononce Locüèle.) Facilité à parler des
choses communes en termes communs. Il a de la loquèle. Il est familier.
LOQUET .s.m.
Sorte de fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont point
de serrure, et à celles dont le pêne est dormant. Cette porte
ne ferme qu'au loquet. Haussez, levez le loquet.
LOQUETEAU .s.m.
Petit loquet qu'on met ordinairement aux volets d'en haut d'une fenêtre,
et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.
LOQUETTE . s. f.
Diminutif de Loque. Petite pièce, petit morceau. Une loquette
de morue. Il est populaire.
LORD .s.m.
Titre d'honneur usité en Angleterre. Il signifie Seigneur, et
Milord veut dire Monseigneur. Lord Buckingham. Lord Marlborough. La
chambre des lords, des pairs d'Angleterre. Milord duc. Oui, milord.
LORGNER . v. a.
Regarder en tournant les yeux de côté, et comme à la dérobée.
Lorgner quelqu'un, quelque chose. Il est familier.
Il signifie aussi, Regarder avec une lorgnette. Au spectacle, il lorgne toutes
les femmes.
Fig., Lorgner une femme, La regarder de manière à faire
croire qu'on a du goût pour elle.
Fig., Lorgner une charge, une place, un héritage, Avoir des vues
sur une charge, sur une place, sur un héritage.
LORGNÉ, ÉE. participe
LORGNERIE . s. f.
Action de lorgner. Les lorgneries d'un fat. Il est familier et peu usité.
LORGNETTE . s. f.
Petite lunette d'approche, dont on se sert pour voir les objets peu éloignés.
Lorgnette de spectacle. Une bonne lorgnette. Lorgnette achromatique.
LORGNEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui lorgne. Il est familier.
LORGNON .s.m.
Petite lunette à un seul verre, qu'on porte ordinairement suspendue à
un cordon.
LORIOT .s.m.
Oiseau de l'ordre des Passereaux, qui est à peu près de la grosseur
d'un merle. Le plumage du mâle est d'un beau jaune, celui de la femelle
est verdâtre.
LORS . adv. de temps.
Alors, le temps dont on parle. On ne l'emploie maintenant que dans les locutions
suivantes:
Pour lors, En ce temps-là. Je voulais le secourir dans sa détresse,
mais pour lors je n'avais pas d'argent.
Dès lors, Dès ce temps-là. Dès lors il
commença à me prendre en haine.
Dès lors, se dit aussi pour De là ou Dès là,
par forme de conséquence. Cet accusé s'enfuit; dès lors
il devint suspect à leurs yeux.
LORS DE. loc. prépos. Dans le temps de, au moment de. Lors
de son élection, de son avénement à la couronne, de son mariage.
LORSQUE . conjonct.
(L'E s'élide ordinairement devant les pronoms Il, elle, on, et
devant Un, une.) Quand. J'en jugerai lorsque je serai mieux informé.
Lorsqu'ils viendront. Lorsqu'un homme vous dira... Lorsque Alexandre pénétra
dans l'Inde.
Quelquefois Lors est séparé de que par un autre
mot. C'est un homme qui a le secret de plaire, lors même qu'il contredit.
LOS .s.m.
Vieux mot qui signifie, Louange.
LOSANGE . s. f.
Figure quadrilatère, formée de deux angles aigus et de deux angles
obtus. Un diamant taillé en losange. D'après les règles
du blason, les filles portent l'écu de leurs armoiries en losange.
LOT .s.m.
Portion d'un tout qui se partage entre plusieurs personnes. Se dit principalement
en matière de succession. Faire des lots. Voilà trois lots, choisissez.
La formation, la composition des lots. Ce lot est plus fort que l'autre. Égaliser
les lots. Faire tirer les lots par un enfant. Les lots ont été tirés
au sort. Le lot qui lui est échu.
Il signifie aussi, Ce qui échoit dans une loterie à chacun des
billets gagnants. Le gros lot lui est échu. Gagner un lot de dix mille
francs.
Se dit figurément, au sens moral, pour Destinée, sort, partage.
Mon lot est d'être persécuté. La misère et la douleur
sont devenues le lot de cette famille.
LOTERIE . s. f.
Sorte de jeu de hasard où l'on fait des mises, pour lesquelles on reçoit
des billets portant des numéros: celui ou ceux de ces numéros qui
sortent, lorsque le tirage a lieu, donnent droit à un lot, à la
propriété d'un objet. Faire une loterie. Mettre une terre, une
maison, une montre, un tableau en loterie. Ouvrir, fermer, tirer une loterie.
Mettre à une loterie. Gagner à une loterie.
Se dit plus particulièrement d'Une espèce de banque établie
par quelques gouvernements, dans laquelle les particuliers font des mises, et
courent la chance de perdre leur argent ou de gagner des sommes plus ou moins
considérables. Établir, créer une loterie. Loterie clandestine.
Loterie étrangère. Loterie royale de France. Bureau de loterie.
Mettre à la loterie. Billet de loterie. Tirer la loterie. Le tirage de
la loterie. La liste des numéros sortis à la loterie de Lyon. Le
premier numéro sortant de la loterie royale sert très-souvent à
déterminer le billet gagnant des loteries particulières. L'administration
de la loterie. Gagner à la loterie. Il a perdu sa fortune à la loterie.
Les loteries sont des piéges tendus à la cupidité. Les loteries
sont des institutions très-immorales.
Gagner un extrait, un ambe, un terne, un quaterne à la loterie,
Avoir dans son billet un, deux, trois, quatre des numéros sortis de la
roue de fortune, au tirage de la loterie.
Fig. et fam., C'est une loterie, C'est une affaire de hasard. On dit
aussi, C'est un terne à la loterie, en parlant D'un avantage, d'un
bien que le hasard seul procure.
Prov. et fig., Ce monde est une loterie, Le hasard règle la plupart
des choses de ce monde.
LOTERIE, est encore le nom d'Un jeu de cartes, dont les règles
et les termes sont analogues à ceux de la loterie proprement dite.
LOTIER .s.m.
Plante odorante de la famille des Légumineuses, qui ressemble au trèfle,
et dont l'espèce la plus remarquable est appelée Trèfle
musqué ou Faux baume du Pérou.
LOTION . s. f.
Se dit, en Chimie, de L'action de laver des terres, des cendres, ou autres matières,
pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent. Tirer les sels
d'un mixte par plusieurs lotions réitérées.
Il signifie pareillement, en Pharmacie, L'action de laver un médicament
dans l'eau ou dans quelque liqueur convenable.
LOTION, en Médecine, signifie, L'action de laver quelque partie
du corps, pour l'adoucir, l'amollir, la rafraîchir, la déterger,
etc.
Se dit aussi de La liqueur quelconque employée à cet usage.
Il signifie quelquefois, Ablution, bain. Les lotions fréquentes sont
en usage dans les pays chauds.
LOTIR . v. a.
Faire des lots, des portions d'une succession à partager entre plusieurs
personnes. Lotir une succession, les effets d'une succession.
Se dit aussi en parlant De toutes les autres choses qu'on partage entre plusieurs
personnes. Des libraires ont acheté cette bibliothèque en commun,
ils vont la lotir entre eux.
LOTI, IE. participe. Fam. Bien loti, Qui a été bien
partagé ou favorisé par le sort, de quelque manière que ce
soit. Elle a fait un bon mariage, elle est bien lotie.
Fam., Le voilà bien loti, se dit par ironie De quelqu'un qui a
fait un mauvais choix, qui est trompé dans ses espérances, ou lésé
de quelque manière que ce soit.
LOTISSAGE .s.m.
Opération de docimastique, qui consiste à former un tas avec le
minéral pulvérisé, et à y prendre de quoi en faire
l'essai.
LOTISSEMENT .s.m.
Action de faire des lots. Se dit principalement en parlant De marchandises.
LOTO .s.m.
Jeu ressemblant à une loterie, et qu'on joue avec des numéros,
dont les uns sont sur des boules qu'on tire au hasard, les autres sur des tableaux
distribués aux joueurs. Jouer au loto. Faire un loto.
Se dit aussi Des objets dont on se sert pour jouer à ce jeu. Acheter
un loto.
Loto-dauphin, Sorte de loto moins simple que le loto ordinaire.
LOTTE . s. f.
Poisson de rivière à plusieurs barbillons. Manger des foies
de lottes.
LOTUS
ou LOTOS.s.m.
(On fait sentir l'S.) Plante aquatique du genre Nénuphar, qui croît
dans les Indes et en Égypte, et qu'on trouve figurée sur plusieurs
monuments égyptiens. La fleur du lotus est un des attributs d'Isis.
LOUABLE . adj. des deux genres
Qui est digne de louange. Une action, une conduite louable. Cela est bien
louable. C'est une chose louable.
Il ne s'emploie, en parlant Des personnes, qu'avec la préposition de
suivie d'un verbe à l'infinitif. Vous êtes louable, bien louable
de vous être conduit ainsi.
LOUABLE, signifie, en Médecine, Qui est de la qualité requise.
Du sang, du pus louable. Des matières, des déjections louables.
LOUABLE, est aussi Le titre d'honneur que se donnent ordinairement les
assemblées des cantons suisses. Les louables cantons de Zurich, de Berne,
etc.
LOUABLEMENT . adv.
D'une manière louable. Il s'est conduit très-louablement dans
cette affaire. Il est peu usité.
LOUAGE .s.m.
Transport, cession de l'usage de quelque chose, faite par le propriétaire
pour un certain temps, moyennant un certain prix. Donner, prendre, tenir à
louage. Le louage d'une maison. Il paye tant pour le louage, tant de louage. Un
cheval, un carrosse de louage.
Domestique de louage, Domestique dont on loue le service pour peu de
temps.
LOUANGE . s. f.
Discours par lequel on relève le mérite de quelqu'un, de quelque
action, de quelque chose. Grande louange. Louange excessive, exagérée,
outrée, fade, grossière, déplacée. Louange fine, délicate,
indirecte, détournée, adroite, ingénieuse, sincère.
Mériter, s'attirer des louanges. Cela est digne de louanges. Donner des
louanges. Accabler de louanges. Prodiguer les louanges. Prostituer la louange.
Être sobre de louanges. Chanter les louanges de Dieu. Publier, célébrer
les louanges de quelqu'un. On l'a comblé de louanges. C'est un homme au-dessus
des louanges, au-dessus de toutes louanges. Amoureux, avide de louanges. Sensible
à la louange. Il n'a que faire de vos louanges. Se mettre, s'étendre,
ne pas tarir sur les louanges de quelqu'un. Cela tourne à sa louange. On
peut dire à sa louange que... Toute la terre retentit des louanges de ce
héros. Distribuer avec discernement le blâme et la louange. Louange
à Dieu.
Fam., Chanter les louanges de quelqu'un, Le louer, dire du bien de lui.
Nous avons chanté vos louanges.
Prov. et fig., Voilà des vers à sa louange, se dit ironiquement
D'un écrit, d'un discours où il y a quelque chose de fâcheux,
de désagréable pour quelqu'un.
LOUANGER . v. a.
Louer, donner des louanges. Il ne se dit qu'en plaisantant. C'est un homme
qui aime à être louangé. Elle veut qu'on la louange depuis
le matin jusqu'au soir.
LOUANGÉ, ÉE. participe
LOUANGEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui est dans l'habitude de donner des louanges sans discernement.
C'est un fade louangeur, un louangeur à gages, un louangeur fastidieux.
Une louangeuse éternelle.
S'emploie aussi adjectivement. Il n'est pas louangeur. Discours louangeur.
Ton louangeur.
LOUCHE . adj. des deux genres
Dont les yeux ont une différente direction. Il est louche. Cette femme
est louche.
Se dit aussi Des yeux mêmes et du regard. Avoir les yeux louches, le
regard louche.
LOUCHE, signifie figurément, Qui n'est pas clair, net, transparent.
Ce vin est louche. Ces perles ont un oeil louche.
S'emploie aussi figurément, au sens moral. Ainsi on dit: Cette phrase,
cette expression est louche, Le sens n'en est pas clair, n'en est pas bien
déterminé. Cette action est louche, L'intention en est équivoque.
Il se prend quelquefois substantivement, au masculin, dans le sens qui précède.
Cela jette du louche dans la phrase. Il y a du louche dans cette affaire, dans
la conduite de cet homme.
LOUCHER . v. n.
Avoir des yeux dont l'un n'a pas la même direction que l'autre. Voilà
un bel enfant, c'est dommage qu'il louche. Cette dame a les yeux beaux, mais elle
louche un peu. Cet enfant louche par intervalles.
LOUCHET .s.m.
Sorte de hoyau propre à fouir la terre.
LOUER . v. a.
Donner à louage. Louer une maison à quelqu'un. Louer un appartement
dans sa maison. Maison, chambre à louer. Louer une loge dans un théâtre.
Louer des habits, des livres. Un tapissier qui loue des meubles. Louer des voitures,
des chevaux.
Il signifie aussi, Prendre à louage. Il va quitter sa maison, il en
a loué une autre. Louer un cabriolet, un cheval. Louer un ameublement.
Louer des habits à la friperie, des ouvriers à la journée.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie alors, Se donner
à louage, engager son service, son travail pour un salaire. C'est un
pauvre homme qui se loue à la journée. Il se loue à qui plus
lui donne.
S'emploie de la même manière en parlant Des choses qu'on prend
à loyer. Les appartements se louent fort cher dans ce quartier.
LOUÉ, ÉE. participe
LOUER . v. a.
Honorer et relever le mérite de quelqu'un, de quelque action, de quelque
chose, par des termes qui témoignent l'estime qu'on en fait. Louer hautement,
dignement, finement, délicatement, grossièrement. Louer Dieu. Louer
et remercier Dieu. Louer les belles actions. Il faut savoir louer et blâmer
à propos. Louer quelqu'un en face. On l'a fort loué de son procédé.
On le loue d'avoir fait, pour avoir fait cette démarche. Il en sera loué
de tous les gens de bien, par tous les gens de bien.
S'emploie quelquefois absolument. Il ne sait pas louer. Il ne s'entend pas
à louer.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie, Se donner des louanges.
C'est un homme qui se loue à tout propos. Il est malséant de
se louer soi-même. Ces deux auteurs se louent l'un l'autre sans pudeur.
Se louer de quelqu'un, de quelque chose, Témoigner qu'on en
est satisfait. J'ai sujet de me louer de lui, il en a fort bien usé
avec moi. Je n'ai pas eu à me louer de cette acquisition. Je me loue fort
du cheval que vous m'avez prêté. Je me loue beaucoup, j'ai fort à
me louer du remède que vous m'avez indiqué.
LOUÉ, ÉE. participe, Loge louée.
Dieu soit loué! Sorte d'exclamation par laquelle on témoigne
son contentement de quelque chose. Dieu soit loué! me voilà délivré
de cet importun.
LOUEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage.
Un loueur de chevaux, de voitures, de chambres garnies. Loueuse de chaises
dans une église, dans une promenade publique.
LOUEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui donne des louanges. Il ne se dit guère qu'en mauvaise
part, et en parlant d'Un flatteur qui loue à tout propos. C'est un loueur
perpétuel. Un loueur impertinent. Une loueuse à gages. Il vieillit.
LOUGRE .s.m.
.Marine. Espèce de bâtiment marchand.
LOUIS .s.m.
Monnaie d'or, ainsi appelée, depuis Louis XIII, du nom des rois qui l'ont
fait frapper. Le louis d'or fabriqué en 1640 valait dix francs.
Quand on dit absolument, Un louis, on entend ordinairement Un louis d'or
de vingt-quatre livres. Un louis. Un demi-louis. Un double louis. Payer en
beaux, en bons louis. Dans notre nouveau système monétaire, le louis
est remplacé par la pièce de vingt francs.
LOUP .s.m.
Quadrupède sauvage et carnassier, qui ressemble à un grand chien.
Grand, jeune, vieux loup. Loup gris. Peau de loup. Un loup qui emporte une
brebis. La chasse du loup, au loup. Loup ravissant.
Fam., Il fait un froid de loup, Le temps est très-rigoureux.
Fam., Être enrhumé comme un loup, Être fort enrhumé.
Fam., Manger comme un loup, Manger beaucoup.
Marcher à pas de loup, Marcher sans bruit et à dessein
de surprendre.
Fig. et fam., Être connu comme le loup gris, comme le loup blanc,
Être extrêmement connu.
Prov. et fig., La faim chasse le loup hors du bois, fait sortir le loup du
bois, La nécessité détermine un homme à faire,
même contre son inclination, beaucoup de choses pour se procurer de quoi
vivre.
Prov., fig. et pop., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit
Lorsqu'un homme survient au moment où l'on parle de lui.
Fig. et fam., Il a vu le loup, Il a vu le monde, il est aguerri et expérimenté.
Prov. et fig., Il faut hurler avec les loups, Il faut s'accommoder aux
manières, aux moeurs, aux opinions de ceux avec qui l'on vit, ou avec qui
l'on se trouve, quoiqu'on ne les approuve pas entièrement.
Prov. et fig., Le loup mourra dans sa peau, Rarement un méchant
s'amende.
Prov. et fig., Qui se fait brebis, le loup le mange, Ceux qui ont trop
de bonté, de douceur, encouragent les méchants à leur nuire.
Prov. et fig., Brebis comptées, le loup les mange, Les précautions
ne garantissent pas toujours d'être trompé; l'excès de précaution
est dangereux.
Prov. et fig., Les loups ne se mangent pas, Les méchants s'épargnent
entre eux.
Fig. et fam., Entre chien et loup, Le moment du crépuscule pendant
lequel on entrevoit les objets, sans pouvoir les distinguer. Il était
entre chien et loup, quand nous crûmes apercevoir plusieurs personnes.
Fig. et fam., Se mettre à la gueule du loup, S'exposer à
un péril évident qu'on pouvait éviter.
Fig. et fam., Tenir le loup par les oreilles, Être dans une situation
difficile, pressante, et ne savoir comment en sortir.
Fig. et fam., Donner la brebis à garder au loup, Donner à
garder quelque chose à une personne dont on devrait se défier.
Fig. et fam., Enfermer le loup dans la bergerie, Mettre, laisser quelqu'un
dans un lieu, dans un poste où il peut faire aisément beaucoup de
mal. Il signifie aussi, Laisser fermer une plaie avant qu'il en soit temps, ou
Faire rentrer un mal qu'il fallait attirer au dehors.
Saut de loup, Fossé assez large pour n'être pas franchi
par un loup, et qu'on creuse au bout des allées d'un parc pour les fermer
sans ôter la vue de la campagne.
Loup marin, Espèce de phoque. Couteau à manche de peau
de loup marin. Se dit aussi d'Un certain poisson de mer à grosses dents
coniques.
Fig. et fam., Loup de mer, Marin à qui un séjour constant
sur mer a fait perdre tout usage du monde.
Broderie, découpure à dents de loup, Broderie, découpure
qui forme une suite d'angles aigus.
En Astronomie, Le Loup, Constellation de l'hémisphère autral.
LOUP, se dit aussi d'Une espèce de masque de velours noir, que
les dames portaient autrefois pour garantir leur visage du hâle.
LOUP-CERVIER .s.m.
Quadrupède carnassier ressemblant à un grand chat, mais à
queue courte, et avec des pinceaux de poils aux oreilles. Le loup-cervier est
probablement le lynx des anciens. Manchon, fourrure de loup-cervier.
LOUPE . s. f.
.Méd. Tumeur enkystée qui vient sous la peau, qui s'élève
en rond, et augmente quelquefois jusqu'à une grosseur prodigieuse. Il
lui est venu une loupe à la tête, sous la gorge. Couper, extirper
une loupe.
Se dit, par analogie, en Botanique, d'Une excroissance ligneuse qui vient aux
troncs et aux branches de quelques arbres. Les loupes d'orme servent à
faire de jolis ouvrages de tabletterie.
LOUPE, se dit aussi d'Un verre convexe des deux côtés, qui
grossit les objets à la vue, et qu'on appelle autrement Lentille. Se
servir d'une loupe pour lire de très-petits caractères.
LOUPE, en termes de Joaillier, se dit d'Une pierre précieuse que
la nature n'a pas achevée. Loupe de saphir, de rubis, etc.
LOUPEUX , EUSE. adj.
Qui a des loupes. Un arbre loupeux. Il est peu usité.
LOUP-GAROU .s.m.
Homme que des gens ignorants, superstitieux, accusent d'être sorcier,
et de courir, la nuit, par les rues et les champs, transformé en loup.
On a tort de faire peur du loup-garou aux enfants.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Un homme d'une
humeur farouche, qui ne veut avoir de société avec personne. N'allons
point chez cet homme-là, c'est un vrai loup-garou, un franc loup-garou.
LOURD , OURDE. adj.
Pesant, difficile à remuer, à porter. En ce sens, il est opposé
à Léger. Un fardeau bien lourd, trop lourd. Un lourd fardeau.
Cette charge est trop lourde pour votre cheval. Cette arme est lourde à
porter.
Fig., Avoir une maison bien lourde, Avoir une maison, un ménage
très-coûteux. On dit de même, C'est une charge bien lourde,
en parlant De ce qui occasionne beaucoup de dépense. Six enfants sont
une charge bien lourde pour ce pauvre homme.
Fig. et fam., Une lourde tâche, une lourde besogne, etc., Une tâche,
une besogne difficile et rude à faire.
LOURD, signifie aussi, Qui se remue avec peine, avec effort; et alors
il est opposé à Dispos, agile. Les chevaux de Flandre sont lourds.
Cet homme, qui était autrefois fort agile, est devenu bien lourd.
Faire une lourde chute, Tomber de haut, tomber de tout son poids.
Fig., Une lourde faute, une lourde bévue, Une faute, une bévue
grossière.
LOURD, se dit figurément, en parlant De l'esprit, et signifie,
Qui manque de légèreté, de facilité, de promptitude,
de finesse, de grâce. C'est un homme lourd, bien lourd, un esprit lourd.
Il a l'esprit lourd.
Il s'applique également À la manière de converser, au style,
etc. Une conversation lourde. Un style lourd. Une plaisanterie lourde.
S'emploie souvent aussi, dans une acception analogue, en Peinture, en Sculpture,
etc. La touche de ce peintre est lourde. Ses contours, ses ciels sont lourds.
Sa composition est lourde. Lourd de couleur. Lourd de dessin. Draperie lourde.
Cette statue a des formes trop lourdes. Les ornements de cet édifice sont
bien lourds.
LOURDAUD , AUDE. s.
Grossier et maladroit. C'est un lourdaud, un gros lourdaud, un vrai lourdaud.
Un lourdaud de village. Une grosse lourdaude. Il est familier.
LOURDEMENT . adv.
Pesamment, rudement. Marcher, tomber lourdement.
Se dit au figuré pour Gauchement, sans finesse. Plaisanter lourdement.
Se dit aussi pour Grossièrement. Vous vous trompez lourdement, si
vous croyez... Il a erré lourdement.
LOURDERIE . s. f.
Faute grossière contre le bon sens, contre la civilité, contre
la bienséance. Il a fait une étrange lourderie. Il est familier
et peu usité.
LOURDEUR . s. f.
Pesanteur. Il ne se dit guère qu'au figuré. La lourdeur de
son ton. Lourdeur de style. Cet écrivain est d'une lourdeur assommante.
Il y a de la lourdeur dans la draperie de cette figure. Cet édifice a bien
de la lourdeur. Il est beaucoup plus usité dans les Arts du dessin
qu'en Littérature.
LOURDISE . s. f.
Sa signification est la même que celle de Lourderie. Il vieillit.
LOURE . s. f.
.Musique. Sorte de danse grave dont l'air, qui porte le même nom, se bat
à deux temps, et d'un mouvement marqué. Jouer, danser une loure.
LOURER . v. a.
.Musique. Lier les notes en appuyant sur la première de chaque temps.
Il faut lourer ces notes, cet air.
LOURÉ, ÉE. participe
LOUTRE . s. f.
Quadrupède carnassier, grand à peu près comme un renard,
mais plus bas de jambes, et à tête plate et obtuse: il vit au bord
des rivières. La loutre dépeuple les étangs. Chapeau fait
de poil de loutre. Bonnet de peau de loutre.
LOUVE . s. f.
La femelle du loup. Rémus et Romulus furent, dit-on, allaités
par une louve.
Fig. et fam., C'est une louve, se dit D'une femme très-adonnée
à la débauche.
LOUVE . s. f.
Outil de fer qu'on place dans un trou fait exprès à une pierre,
et qui sert à l'enlever.
LOUVER . v. a.
Faire un trou dans une pierre, pour y mettre la louve. Louver une pierre.
LOUVÉ, ÉE. participe
LOUVET , ETTE. adj.
Il ne se dit qu'en parlant De la couleur du poil d'un cheval, lorsqu'elle approche
de la couleur du poil du loup. Cheval louvet. Jument louvette.
LOUVETEAU .s.m.
Petit loup qui est encore sous la mère. Prendre la louve et ses louveteaux.
LOUVETER . v. n.
Se dit D'une louve qui fait ses petits.
LOUVETERIE . s. f.
Équipage pour la chasse du loup. Officier de la louveterie. Les capitaines
de louveterie sont chargés de la destruction des loups.
Se dit aussi Du lieu destiné, dans quelques maisons royales, à
loger cet équipage.
LOUVETIER .s.m.
Il ne s'employait guère autrefois que dans cette dénomination,
Grand louvetier, Officier de la maison du roi, qui commande l'équipage
pour la chasse du loup.
Se dit, maintenant, d'Un propriétaire qui s'est engagé à
entretenir un équipage pour chasser le loup.
LOUVIERS .s.m.
Sorte de drap fabriqué dans la ville de Louviers. Habit de louviers.
Un beau louviers.
LOUVOYER . v. n.
.Mar. (Il se conjugue comme Employer.) Faire plusieurs routes en zigzag
au plus près du vent, en lui présentant tantôt un côté
du bâtiment, tantôt l'autre. Nous fûmes contraints de louvoyer.
Notre vaisseau fut longtemps à louvoyer.
Il signifie figurément, dans le langage ordinaire, Prendre des détours
pour arriver à un but où l'on ne peut aller directement. C'est
une affaire difficile, on ne pourra réussir qu'en louvoyant.
LOUVRE .s.m.
Se dit Des maisons superbes et magnifiques, par allusion au palais qui porte
ce nom à Paris. Ce n'est pas la maison d'un particulier, c'est un Louvre.
LOXODROMIE . s. f.
.Mar. Chemin qu'un bâtiment fait sur mer, ou La ligne courbe qu'il décrit,
en suivant toujours le même rumb de vent.
LOXODROMIQUE . adj. des deux genres
.Mar. Qui a rapport à la loxodromie. Ligne loxodromique.
Tables loxodromiques, Tables par lesquelles on peut calculer le chemin
que fait un bâtiment.
LOYAL , ALE. adj.
Sans fraude, d'une qualité bonne et convenable. Marchandise bonne
et loyale. Vin loyal et marchand. Il est peu usité dans cette acception.
En termes de Palais, Loyaux coûts, les frais et loyaux coûts,
Les frais légitimement faits. Un bon et loyal inventaire, Un inventaire
fait fidèlement et régulièrement.
LOYAL, se dit figurément pour Fidèle, sincère, droit,
franc, plein d'honneur et de probité. C'est un homme loyal. Un procédé
loyal. Un procédé franc et loyal. Sa conduite est très-loyale.
Un loyal chevalier. De bons et loyaux services.
LOYALEMENT . adv.
Avec fidélité, franchise, bonne foi. Vendre loyalement. Agir,
se comporter loyalement.
LOYAUTÉ . s. f.
Fidélité, probité. C'est un homme qui a beaucoup de
loyauté. Ce procédé est plein de loyauté.
LOYER .s.m.
Le prix du louage d'une maison. Prendre une maison à loyer. Donner
à loyer. Payer un gros loyer de maison. Payer son loyer. Il doit encore
tous les loyers de l'année passée. On dit aussi, Donner une
ferme à loyer; mais, en parlant Du prix qu'on paye ou qu'on reçoit
pour le bail d'une ferme, on ne se sert point du mot de loyer: on dit fermage.
LOYER, signifie aussi, Salaire, ce qui est dû à un serviteur,
à un ouvrier pour ses services, pour son travail. On ne doit point retenir
le loyer du serviteur et du mercenaire. Dans ce sens, il est peu usité.
Il signifie encore, Récompense. Les bonnes actions trouvent leur loyer
dans l'estime publique. Dans ce sens, il a vieilli et n'est point d'usage
au pluriel.
LOZANGE . s. f.
Voyez LOSANGE.
LUBIE . s. f.
Caprice extravagant. Il a des lubies. Il lui prend souvent des lubies.
Il est familier.
LUBRICITÉ . s. f.
Lasciveté excessive. Rien ne lui coûte pour satisfaire sa lubricité.
Lubricité insatiable.
LUBRIFIER . v. a.
T. didactique. Oindre, rendre glissant. La mucosité des intestins
sert à les lubrifier.
LUBRIFIÉ, ÉE. participe
LUBRIQUE . adj. des deux genres
Qui a ou qui exprime, qui inspire de la lubricité. Homme, femme lubrique.
Ardeur lubrique. Mouvements, actions, postures, paroles, vers, tableaux, regards
lubriques.
LUBRIQUEMENT . adv.
D'une manière lubrique. Danser lubriquement. Il est peu usité.
LUCARNE . s. f.
Ouverture, petite fenêtre pratiquée au toit d'une maison, pour
donner du jour aux greniers, aux galetas, aux chambres du comble. Petite lucarne.
Il a passé par la lucarne.
LUCIDE . adj. des deux genres
Clair, lumineux. Il n'est guère d'usage qu'au figuré. Un esprit
lucide. Des idées lucides. Des raisonnements lucides.
Avoir des intervalles lucides, se dit D'une personne dont la tête
est dérangée, et à qui la raison revient par intervalles.
LUCIDITÉ . s. f.
Qualité, état de ce qui est lucide. On ne l'emploie guère
qu'au figuré. Cet auteur est remarquable par sa lucidité, par
la lucidité de son style.
LUCIFER .s.m.
Chez les anciens païens, L'étoile de Vénus, quand elle précédait
le soleil. Chez les chrétiens, Le chef des démons.
LUCRATIF , IVE. adj.
Qui apporte du gain, du lucre. Un commerce lucratif. Un emploi fort lucratif.
Une entreprise, une charge lucrative.
LUCRE .s.m.
Gain, profit qui se tire de l'industrie, d'un négoce, d'un travail mercenaire,
de l'exercice d'une charge, d'un emploi. Travailler pour le lucre. Il travaille
moins pour le lucre que pour l'honneur.
LUCUBRATION . s. f.
Voyez ÉLUCUBRATION.
LUETTE . s. f.
Partie charnue, saillante, au milieu du voile du palais, à l'entrée
du gosier. Il a la luette enflée, relâchée, engorgée.
Se gargariser la luette. Remettre la luette.
LUEUR . s. f.
Lumière faible ou affaiblie. Lueur blafarde. Faible lueur. Lueur passagère.
On commence à voir quelque lueur du côté de l'orient. Grande
lueur. La lueur de la lune, des étoiles. La lueur du feu, des flambeaux,
de la chandelle, de la lampe. Lire à la lueur du feu.
Il signifie figurément, Légère apparence. Il a quelque
lueur d'esprit. Il y a quelque lueur de raison dans ce qu'il dit. Entrevoir quelque
lueur de fortune. Avoir quelque lueur d'espérance. Une fausse lueur d'espérance,
de faveur, etc. Il y a de fausses lueurs, de vaines lueurs, des lueurs trompeuses,
qu'on prend souvent pour de véritables lumières.
LUGUBRE . adj. des deux genres
Funèbre, qui marque, qui inspire une sombre tristesse. Voix lugubre.
Cris lugubres. Plainte, ton lugubre. Cette cloche a un son lugubre. Vous avez
un air, une mine bien lugubre. Des habits lugubres. Contenance triste et lugubre.
Spectacle lugubre. Appareil lugubre. Pensées, idées lugubres.
LUGUBREMENT . adv.
D'une manière lugubre. Chanter lugubrement. Être vêtu
lugubrement.
LUI . pronom
de la troisième personne. Il est du nombre singulier, et presque toujours
du genre masculin. Cependant, quand la préposition à est
sous-entendue, comme dans cette phrase, Vous lui parlerez, il est commun
aux deux genres, mais dans deux cas seulement. Le premier, lorsqu'il précède
le verbe: J'ai rencontré votre soeur, et je lui ai parlé.
Le second, quand le verbe est à l'impératif: Si vous voyez ma
mère, remettez-lui ce livre. Hors de là, il n'appartient qu'au
genre masculin. C'est lui qui me l'a donné, c'est de lui que je le tiens.
C'est à lui que je le destine. Je le choisis, lui, de préférence
à tout autre. Vous pensez ainsi, mais lui pense autrement. Il l'a dit lui-même.
Il ne travaille que pour lui. Je n'arriverai qu'après lui. Vous ne devez
plus penser à lui.
LUIRE . v. n.
(Je luis, tu luis, il luit; nous luisons, etc. Je luisais. Je luirai. Je
luirais. Que je luise. Luisant. Lui.) Éclairer; jeter, répandre
de la lumière. Quand le soleil luit. Le jour, la clarté qui nous
luit. Dès que la lune commencera à luire. Dès que le jour
luira. On entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres.
Prov., Le soleil luit pour tout le monde, Il est des avantages dont chacun
a le droit de jouir.
LUIRE, se dit aussi Des corps polis qui réfléchissent la
lumière. Je vois luire dans ce sable quelque chose qui ressemble à
de l'or. Tout luit dans cette maison, tout y est net et poli. On voyait luire
de loin les épées, les cuirasses.
LUIRE, signifie figurément, au sens moral, Paraître, briller.
Le gouverneur de cette place ne s'est pas rendu, tant qu'il a vu luire quelque
espoir de secours. Voilà un rayon d'espérance qui nous luit. Un
nouveau jour nous luit, Notre destin change.
LUISANT , ANTE. adj.
Qui luit, qui jette quelque lumière. Un ver luisant. Une étoile
luisante.
Il signifie aussi, Qui a quelque éclat, qui réfléchit quelque
lumière. Des couleurs luisantes. Une étoffe, de l'encre luisante.
Il a le visage tout luisant de sueur.
LUISANT, est quelquefois substantif masculin. Le luisant d'une étoffe.
LUISANTE, s'emploie substantivement, en Astronomie, pour désigner
Certaines étoiles qui brillent d'un éclat particulier. La luisante
de la Lyre.
LUITES . s. f. pl.
.Vénerie. Les testicules d'un sanglier. Voyez SUITES.
LUMACHELLE . s. f.
Espèce de marbre où se trouvent des débris de coquilles.
LUMBAGO .s.m.
(On prononce Lombago.) .Médec. Rhumatisme dans les lombes, dans
les reins. Avoir un lumbago.
LUMIÈRE . s. f.
Ce qui éclaire, et qui rend les objets visibles. Dieu dit: «Que
la lumière soit,» et la lumière fut. Les physiciens ne s'accordent
point sur la nature de la lumière. Grande lumière. Lumière
éclatante, vive, pure, éblouissante, douce, faible, pâle,
blafarde. L'éclat de la lumière. La réfraction, la réflexion,
la réverbération de la lumière. Lumière directe, réfléchie.
Un rayon de lumière. Cela rend, cela jette beaucoup de lumière.
La lumière du soleil, du jour, des cieux. Le soleil donne la lumière
au monde, répand sa lumière partout. La lune et les autres planètes
empruntent leur lumière du soleil. Les étoiles fixes ont une lumière
qui leur est propre, et qui les distingue des planètes. La lumière
zodiacale. La lumière d'un flambeau, d'une bougie, d'une chandelle, d'une
lampe, etc. Il a les yeux si malades, qu'il ne peut souffrir, supporter la lumière.
Se dit absolument pour Bougie, chandelle, lampe allumée. Apportez-nous
de la lumière, une lumière. On nous a laissés sans lumière.
La salle était éclairée d'un grand nombre de lumières.
Dans le style de l'Écriture, Anges de lumière, enfants de lumière,
se dit par opposition à Anges de ténèbres, enfants de
ténèbres.
Poétiq., Commencer à voir la lumière, la lumière
du jour, Naître. Jouir de la lumière, Vivre. Perdre
la lumière, être privé de la lumière, Mourir, être
mort.
Il a perdu la lumière, il est privé de la lumière, de
la lumière du jour, Il est devenu aveugle.
Fig., Mettre un livre, un ouvrage en lumière, L'imprimer, le rendre
public, le mettre en vente. Cet ouvrage n'a point encore vu la lumière,
Il n'a point encore paru dans le public. Ces phrases sont peu usitées.
Fig., Mettre une vérité en lumière, La démontrer
et la répandre.
LUMIÈRE, en Peinture, se dit Des effets de la lumière imités
dans un tableau. Belle distribution, belle économie, belle intelligence
de lumière. Un bel effet de lumière. Le clair-obscur est la juste
distribution des ombres et de la lumière. Les lumières sont bien
entendues, bien ménagées dans ce tableau. Ce peintre entend bien
les lumières.
LUMIÈRE, se dit aussi de L'ouverture, du petit trou par où
l'on met le feu à un canon, à un fusil, etc. La lumière
de ce canon est bouchée. La lumière de ce fusil, de ces pistolets
est trop large, trop étroite.
Se dit, pour les instruments de mathématique à pinnules, Du petit
trou à travers lequel on aperçoit l'objet observé.
Il signifie, en termes de Facteur d'orgues, L'ouverture par laquelle le vent
entre dans un tuyau.
En termes de Marine, Lumière de la pompe, Ouverture pratiquée
au corps de pompe, et par laquelle l'eau sort pour entrer dans la manche où
le tuyau la conduit.
LUMIÈRE, signifie figurément, par allusion au premier sens,
Publicité ou Examen. Les fripons, les fourbes craignent la lumière.
N'ayant à rougir d'aucune des actions de sa vie, il ne redoute point la
lumière.
Il signifie encore, Intelligence, clarté d'esprit, ou Savoir, connaissance,
et en général tout ce qui éclaire et guide l'esprit. Lumière
naturelle. Lumière acquise. Défaut de lumières. Dieu est
la source de toute lumière, est le père des lumières. Cet
homme a peu de lumières, n'a aucune lumière, est dépourvu
de lumières, manque de lumières. Je soumets cette question à
vos lumières. Je compte sur vos lumières pour me bien conduire dans
cette affaire. Il a de grandes lumières en politique. Joindre les lumières
de la science à de grands talents naturels. La lumière de la foi,
de l'Évangile, de l'expérience, de la raison. Le progrès
des lumières. L'état des lumières chez un peuple.
Se dit aussi pour Éclaircissement, indice sur quelque affaire, sur quelque
sujet. Je n'ai aucune lumière sur cette affaire. Il nous donnera, il
nous fournira des lumières. Je pourrai tirer de ces pièces-là
quelques lumières. La connaissance de ce fait a jeté une grande
lumière dans cette affaire, sur cette affaire. Il a porté la lumière
dans les ténèbres du moyen âge. La géographie et l'histoire
se prêtent mutuellement des lumières.
LUMIÈRE, se dit en outre, figurément, d'Un homme d'un rare
savoir, d'un mérite transcendant. Cet écrivain a été
la lumière de son siècle, une des grandes lumières de son
temps. Ce docteur a été une des lumières de l'Église.
LUMIGNON .s.m.
Bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe allumée.
Quand j'ai voulu moucher la bougie, le lumignon est tombé.
Il signifie aussi, Ce qui reste d'un bout de bougie ou de chandelle qui achève
de brûler. Voilà une bougie qui va finir, il ne reste plus qu'un
petit lumignon.
LUMINAIRE .s.m.
Corps naturel qui éclaire. Il n'est employé, en ce sens, que dans
cette phrase de l'Écriture: Dieu fit deux grands luminaires, l'un pour
présider au jour, et l'autre pour présider à la nuit.
LUMINAIRE, se dit aussi collectivement Des torches et des cierges dont
on se sert à l'église pour le service divin. Il faut tant pour
le luminaire, pour entretenir le luminaire. Le luminaire d'un enterrement.
LUMINEUX , EUSE. adj.
Qui a, qui jette de la lumière. Corps lumineux. Le soleil est lumineux.
Les étoiles sont lumineuses. Trace lumineuse. Sillon lumineux. Des traits,
des rayons lumineux.
LUMINEUX, se dit figurément De l'esprit, et des productions de
l'esprit. C'est un esprit lumineux. Il y a des traits lumineux dans ce discours,
dans cet ouvrage. Une pensée, une idée lumineuse.
Un principe fécond et lumineux, Un principe dont on tire sans
peine beaucoup de conséquences importantes.
LUNAIRE . adj. des deux genres
Qui appartient à la lune. Un mois, une année lunaire. L'année
lunaire est de trois cent cinquante-quatre jours environ. Les Turcs comptent par
années lunaires. Cycle lunaire. Influences lunaires. Atmosphère
lunaire.
Cadran lunaire, Cadran qui marque les heures par le moyen de la lune.
LUNAIRE . s. f.
.Bot. Plante de la famille des Crucifères. On mange en salade la racine
de la lunaire annuelle.
LUNAISON . s. f.
Le temps qui s'écoule depuis le commencement de la nouvelle lune, jusqu'à
la fin du dernier quartier. Observer les lunaisons. Toute cette lunaison a
été pluvieuse.
LUNATIQUE . adj. des deux genres
Qui est soumis aux influences de la lune. Il ne s'emploie guère au propre
qu'en parlant D'un cheval qui est sujet à une fluxion périodique
sur les yeux, dont la diminution et l'augmentation ont été mal à
propos attribuées au cours de la lune.
Se dit, figurément et familièrement, pour Fantasque et capricieux.
Il est lunatique. Elle est un peu lunatique.
Il se prend quelquefois substantivement, soit au propre, soit au figuré;
et alors il ne se dit guère que Des personnes. Le lunatique de l'Évangile.
C'est un lunatique, une lunatique.
LUNDI .s.m.
Le second jour de la semaine. Nous nous verrons lundi prochain. On s'assemble
tous les lundis.
Lundi gras, Le lundi de la semaine où le carnaval finit. Lundi
saint, Le lundi de la semaine sainte.
Pop., Faire le lundi, Continuer, le lundi, l'oisiveté du dimanche.
LUNE . s. f.
Planète, plus petite que la terre, dont elle est satellite et autour
de laquelle elle tourne à peu près en vingt-sept jours: elle l'éclaire,
pendant la nuit, suivant ses phases, de la lumière qu'elle réfléchit
du soleil. Le corps, l'orbite, le cercle, le globe, le disque, les phases,
les quartiers, les taches de la lune. La lune est dans son apogée, dans
son périgée. L'ombre de la lune. L'interposition de la lune entre
la terre et le soleil. Le croissant de la lune, ou simplement, Le croissant.
Le décours de la lune. La lune est en décours, dans son décours.
Sur la fin de la lune. Au déclin de la lune. La lune est dans son plein.
L'âge de la lune. Pleine lune. Nouvelle lune. C'est aujourd'hui nouvelle
lune. Le premier, le dernier quartier de la lune. Clair de lune. Il fait un beau
clair de lune. Danser, lire au clair de la lune. Une éclipse de lune. Quand
la lune est éclipsée. La lune a tant de jours. La lune de mars,
d'avril, etc. À quel quantième de la lune sommes-nous? Quelques
chiens aboient la lune, aboient à la lune.
Lune rousse, La lune d'avril. On craint la lune rousse, à cause
des vents froids et secs dont elle est ordinairement accompagnée, et qui
font tort aux fruits.
Fig. et fam., Aboyer à la lune, Crier contre une personne à
qui l'on ne peut faire de mal.
Fig., Ce cheval est sujet à la lune, Il a la vue grasse, sa vue
se charge et s'obscurcit de temps en temps.
Prov. et fig., Vouloir prendre la lune avec les dents, Vouloir faire
une chose impossible.
Fam., C'est une lune, un visage de pleine lune, se dit D'une personne
qui a le visage fort plein et fort large.
Fig. et pop., Avoir des lunes, Être sujet à des fantaisies,
à des caprices.
Fig. et fam., Prendre quelqu'un dans sa bonne lune, dans sa mauvaise lune,
Avoir affaire à lui quand il est de bonne humeur, de mauvaise humeur.
Prov. et fig., Faire un trou à la lune, S'en aller furtivement,
et sans payer ses créanciers.
LUNE, s'est dit aussi, poétiquement, pour Mois. Depuis quatre
lunes.
Fig., La lune de miel, Le premier mois du mariage.
LUNE, est aussi Le nom que les anciens chimistes donnaient à l'argent.
LUNETTE . s. f.
Instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière
à faire voir les objets plus grands qu'à l'oeil nu, ou à
rendre la vue plus nette et plus distincte. Regarder avec une lunette. Se servir
d'une petite lunette.
Lunette convexe, Lunette qui grossit les objets. Lunette concave,
Lunette qui diminue les objets.
Lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue,
ou simplement Lunette, Lunette qui grossit ou qui rapproche les objets.
Monter une lunette. Allonger, raccourcir, dresser une lunette. Une lunette
de poche. Une lunette de seize, de cinquante, de soixante pieds. On appelle
aussi cette espèce de lunette Longue-vue.
Lunette achromatique, Lunette qui laisse voir les objets sans couleur
étrangère, sans iris.
Lunette d'Opéra, Lunette dont on se sert particulièrement
dans les salles de spectacle. Il a vieilli.
LUNETTES, au pluriel, se dit de Deux verres de lunette assemblés
dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être
placés au devant des deux yeux. Une paire de lunettes. Il y a de bonnes,
de mauvaises lunettes. Des lunettes de différents âges. Les degrés
de force des lunettes se marquent par des numéros. Les lunettes concaves
servent aux myopes, et les lunettes convexes aux presbytes. Des lunettes bien
nettes, bien claires. Lunettes vertes, bleues. Lunettes à branches. Étui
à lunettes. Prendre, porter des lunettes. Se servir de lunettes. Mettre
des lunettes sur son nez. Mettre ses lunettes. Lire sans lunettes.
Prov. et fig., Chacun voit avec ses lunettes, à travers ses lunettes,
Chacun a sa manière de voir, de penser; chacun juge des choses suivant
ses goûts, ses intérêts, ses préjugés.
Fig. et fam., Il n'a pas de bonnes lunettes, il a mis ses lunettes de travers,
ses lunettes sont troubles, Il ne voit pas juste dans cette affaire.
LUNETTES, au pluriel, se dit par extension, Des petits ronds de feutre
qu'on met, dans les manéges, à côté des yeux des chevaux
ombrageux, pour les monter plus facilement. On ne saurait monter ce cheval,
s'il n'a des lunettes.
Au Jeu de dames, Mettre dans la lunette, Placer une dame entre deux dames
de son adversaire, en sorte que l'une des deux est forcée.
Au Jeu des échecs, Donner une lunette, Mettre son adversaire à
même d'attaquer deux pièces avec un pion.
LUNETTE, en Architecture, Petit jour réservé dans le berceau
d'une voûte.
Se dit aussi, dans le même Art, d'Une petite baie voûtée
pratiquée dans les côtés d'une voûte.
LUNETTE, en termes de Fortification, Petite demi-lune. On place ordinairement
les lunettes des deux côtés d'une demi-lune, en manière de
contre-garde. Voy. TENAILLON.
LUNETTE, en Horlogerie, La partie de la boîte d'une montre dans
laquelle on place le verre.
LUNETTE, signifie aussi, L'ouverture ronde du siége d'un privé,
ou d'une chaise percée.
LUNETTE, se dit encore de Cet os fourchu qui est au haut de l'estomac
d'un poulet, d'une perdrix, etc. Lever la lunette d'un chapon.
LUNETTIER .s.m.
Faiseur de lunettes, marchand de lunettes.
LUNI-SOLAIRE . adj. des deux genres
T. d'Astron. Se dit De ce qui est composé de la révolution du
soleil et de celle de la lune. Le cycle luni-solaire.
LUNULE . s. f.
.Géom. Figure qui a la forme d'un croissant.
LUPERCALES . s. f. pl.
Fêtes annuelles, chez les Romains, en l'honneur de Pan.
LUPIN .s.m.
Plante légumineuse, à feuilles disposées en éventail.
Farine de lupin.
LURON , ONNE. s.
Le masculin se dit d'Un homme joyeux et sans souci, d'un bon vivant, ou même
d'Un homme vigoureux et déterminé; et le féminin, d'Une femme
réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas aisément.
C'est un luron, un bon luron. Quelle luronne! Il est populaire.
LUSTRAL, ALE. adj.
T. d'Antiq. Il n'est guère usité que dans deux locutions. Eau
lustrale, Eau dont les païens se servaient pour faire des lustrations
ou des ablutions, et qui n'était autre chose que de l'eau commune dans
laquelle on avait plongé un tison ardent pris au foyer des sacrifices.
Jour lustral, Jour où, chez les païens, un enfant nouveau-né
recevait son nom, et où se faisait la cérémonie de sa lustration.
LUSTRATION . s. f.
T. d'Antiq. Cérémonies, sacrifices par lesquels les païens
purifiaient une ville, un champ, une armée, ou les personnes souillées,
soit par quelque crime, soit par quelque impureté.
Se dit particulièrement de La cérémonie qui, chez les Romains,
consistait à asperger d'eau lustrale un enfant nouveau-né.
LUSTRE .s.m.
L'éclat que l'on donne à un objet, soit en le polissant, soit
en faisant usage de quelque eau, de quelque composition. L'ébène
poli a un grand lustre. Le vernis de la Chine est d'un beau lustre. Le lustre
d'une étoffe. Cette étoffe n'a point de lustre, a perdu son lustre.
Elle a bien du lustre. La moindre pluie ôte à ces chapeaux tout leur
lustre.
Il signifie aussi, La composition même dont les fourreurs, les chapeliers
et autres fabricants se servent pour donner du lustre aux fourrures, aux chapeaux,
etc.
LUSTRE, signifie figurément, L'éclat que donne la parure,
la beauté, le mérite, la dignité, etc. Les pierreries
donnent du lustre à la beauté des femmes. Elle parut au bal dans
tout son lustre. Cette charge lui donne un peu de lustre. Le malheur a donné
un nouveau lustre à sa gloire. La vertu emprunte de la modestie son plus
beau lustre.
Servir de lustre, se dit De ce qui, par le contraste de son imperfection,
rehausse ou fait valoir l'agrément, le mérite d'une personne ou
d'une chose. La laideur de cette femme sert de lustre à celles qui l'entourent.
Ce tableau sert de lustre à ceux entre lesquels il est placé.
Dans toutes les acceptions qui précèdent, Lustre n'a point
de pluriel.
LUSTRE, se dit aussi d'Un chandelier de cristal ou de bronze, à
plusieurs branches, qu'on suspend au plafond pour éclairer. Un lustre
de cristal. La salle était éclairée de douze lustres.
Se dit particulièrement Du grand lustre garni de lampes qu'on suspend
au milieu d'une salle de spectacle. Le lustre de l'Opéra. Se placer
au parterre, sous le lustre.
LUSTRE .s.m.
Espace de cinq ans. Il n'est guère usité qu'en poésie.
Après trois lustres, Après quinze ans. Il est dans son
huitième lustre, Son âge est entre trente-cinq et quarante ans.
LUSTRER . v. a.
Donner le lustre à une étoffe, à une fourrure, à
un chapeau, etc. Lustrer une étoffe, un chapeau.
LUSTRÉ, ÉE. participe, Étoffe lustrée.
LUSTRINE . s. f.
Étoffe, espèce de droguet de soie.
LUT .s.m.
(On prononce le T.) Matière molle que l'on applique sur les bouchons
des vases, pour mieux fermer ceux-ci, ou autour des cornues, des tubes de verre,
de porcelaine, pour les préserver de l'action trop vive du feu. Lut
de terre grasse. Lut de blanc d'oeuf et de chaux. Lut de farine de graine de lin
et d'empois. Lut gras ou d'argile et d'huile lithargirée. Faire
un lut.
LUTER . v. a.
Fermer avec du lut, enduire de lut les vaisseaux qu'on met au feu. Luter
un vase. Il faut luter cette cornue.
LUTÉ, ÉE. participe
LUTH .s.m.
(On prononce le T.) Instrument de musique à cordes, qui n'est plus en
usage. Accorder un luth. Jouer du luth. La guitare a remplacé le luth.
LUTH, de même que le mot Lyre, s'emploie dans certaines
phrases figurées, où il désigne L'inspiration, le talent
poétique, mais dans des genres moins élevés. Prendre son
luth. Chanter sur son luth. Accorder son luth. Un luth harmonieux.
LUTHÉRANISME .s.m.
Doctrine de Luther, religion des luthériens.
LUTHÉRIEN , IENNE. adj.
Conforme à la doctrine de Luther. Opinion luthérienne. Sentiments
luthériens.
Se dit substantivement d'Un sectateur de Luther. Plusieurs princes d'Allemagne
protégèrent les luthériens. Il avait épousé
une luthérienne.
LUTHIER .s.m.
Ouvrier qui fait des instruments de musique à cordes. C'est un bon
luthier.
LUTIN .s.m.
Suivant l'opinion populaire et superstitieuse, Espèce de démon
ou d'esprit follet qui vient la nuit tourmenter les vivants. On prétend
qu'il y a un lutin dans cette maison. On dit que ce vieux château est plein
de lutins.
Fig. et fam., C'est un lutin, c'est un vrai lutin, se dit D'une personne
excessivement vive, pétulante, et particulièrement D'un enfant.
On dit dans un sens analogue, Faire le lutin.
Fam., Il ne dort non plus qu'un lutin, se dit D'un homme fort agissant,
qui donne très-peu de temps au sommeil.
LUTIN, s'emploie quelquefois adjectivement pour Éveillé,
agaçant, piquant; et alors il fait au féminin Lutine. Cet enfant
a un air lutin. Cette actrice a la figure lutine. Ce jeune homme est d'une humeur
lutine.
LUTINER . v. a.
Tourmenter quelqu'un comme le ferait un lutin. Il nous a lutinés toute
la nuit. Il est familier.
S'emploie aussi figurément. J'ai une affaire qui me lutine sans cesse.
LUTINER, est quelquefois neutre, et signifie alors, Faire le lutin. Il
n'a fait que tempêter, que lutiner toute la nuit.
LUTINÉ, ÉE. participe
LUTRIN .s.m.
Pupitre élevé dans le choeur d'une église, sur lequel on
met les livres dont on se sert pour chanter l'office. Chanter au lutrin. Cet
homme a une voix de lutrin.
Se dit aussi, collectivement, de Ceux qui chantent au lutrin. C'est lui qui
dirige le lutrin, qui donne le ton au lutrin.
LUTTE . s. f.
Sorte d'exercice, de combat, où deux hommes se prennent corps à
corps, et cherchent à se terrasser l'un l'autre. L'exercice de la lutte.
S'exercer à la lutte. Un bon tour de lutte. Être fort adroit à
la lutte.
Il signifie figurément, Guerre, dispute, controverse, conflit. La
paix mit fin à la lutte sanglante qui existait depuis vingt ans entre ces
deux nations. La doctrine de Luther occasionna une lutte violente entre les théologiens.
La lutte du jour et de l'ombre. La lutte du pouvoir arbitraire et de la liberté.
Fig. et fam., Emporter quelque chose de haute lutte, Venir à bout
de quelque chose par autorité, par force. Faire quelque chose de bonne
lutte, Sans employer de fraude.
LUTTER . v. n.
Se prendre corps à corps avec quelqu'un, pour le terrasser. Lutter
avec quelqu'un, contre quelqu'un. Il est adroit, il lutte bien.
Se dit figurément, en parlant De toute espèce de combat. Les
deux armées luttèrent avec un égal courage. Il n'est pas
de force à lutter contre un si habile dialecticien.
Fig., Lutter contre la tempête, contre les vents, contre les flots,
contre les obstacles, contre la mort, contre la destinée, etc., Faire
effort pour surmonter la tempête, les vents, les flots, les obstacles, la
mauvaise fortune; se défendre contre la mort, contre la destinée,
etc.
LUTTEUR .s.m.
Celui qui combat à la lutte. Les lutteurs qui combattaient aux jeux
Olympiques. C'est un bon lutteur.
LUXATION . s. f.
.Chir. Déboîtement des os, sortie de la tête d'un os de la
cavité où elle doit être.
LUXE .s.m.
Somptuosité, excès de dépense dans le vêtement, la
table, l'ameublement, etc. Le luxe des habits, de la table, etc. Un luxe ruineux,
scandaleux. Étaler, déployer un grand luxe. Luxe d'ostentation.
Se dit figurément, au sens physique et au sens moral, pour Grande abondance,
profusion, superfluité. La nature déploie ici un grand luxe de
végétation. Il y a dans ce poëme un grand luxe de figures,
de comparaisons, etc.
Il signifie aussi, Parure, ornement, décoration. La beauté
du linge et du drap est aujourd'hui le luxe des gens de bonne compagnie. Cet ouvrage
est imprimé avec un grand luxe typographique.
LUXER . v. a.
.Chir. Faire sortir un os de la place où il doit être naturellement.
Sa chute lui a luxé l'os de la cuisse. On peut l'employer avec le
pronom personnel. Il y a des os plus sujets à se luxer que d'autres.
LUXÉ, ÉE. participe, Os luxé. Membre luxé.
LUXURE . s. f.
Incontinence, lubricité. Le péché de luxure. La luxure
est un des sept péchés capitaux. Il n'est guère usité
que dans le style de la morale chrétienne.
LUXURIEUSEMENT . adv.
Avec luxure. Il est peu usité.
LUXURIEUX , EUSE. adj.
Lascif, qui est adonné à la luxure; qui peut exciter à
la luxure. Un homme luxurieux. Une femme luxurieuse. Des pensées, des
paroles luxurieuses. Des regards luxurieux. Des peintures luxurieuses.
LUZERNE . s. f.
Plante légumineuse à feuilles en trèfle et à gousses
en spirale, qui est employée comme fourrage. Semer, couper de la luzerne.
Un champ de luzerne.
LUZERNIÈRE . s. f.
Terre semée en luzerne, champ de luzerne.
LYCANTHROPE .s.m.
Homme atteint de lycanthropie.
LYCANTHROPIE . s. f.
Maladie mentale de celui qui se croit métamorphosé en loup, et
qui imite le cri de cet animal. Par extension, La manie de ceux qui se croient
métamorphosés en quelque autre animal.
LYCÉE .s.m.
Lieu public où les Grecs s'assemblaient pour les exercices du corps.
Il signifie figurément, L'école d'Aristote, comme le Portique
signifie, L'école de Zénon, parce que ces deux philosophes enseignaient
leurs doctrines, l'un dans le Lycée d'Athènes, et l'autre sous le
Portique.
Se dit, par extension, de Certains établissements où l'on s'occupe
de littérature et de sciences.
LYCOPODE .s.m.
.Bot. Plante cryptogame, de la famille des Mousses, dont les capsules sont remplies
d'une poussière abondante qui prend feu comme la résine. Dans
les théâtres, on fait souvent usage de lycopode pour imiter les éclairs.
LYMPHATIQUE . adj. des deux genres
.Méd. Qui a rapport à la lymphe, où domine la lymphe. Vaisseaux
lymphatiques. Ganglions lymphatiques. Tempérament, constitution, complexion,
maladie lymphatique.
LYMPHE . s. f.
.Méd. Humeur transparente qui circule dans des vaisseaux qui lui sont
propres, et à laquelle on a long-temps attribué la cause de plusieurs
maladies. Maladie de la lymphe. Avoir la lymphe épaissie, stagnante.
Rendre de la fluidité à la lymphe.
LYMPHE, se dit par analogie, en Botanique, de L'humeur aqueuse qui circule
dans les plantes.
LYNX .s.m.
Quadrupède carnassier auquel les anciens poëtes attribuaient une
vue perçante, capable de pénétrer les murs les plus épais;
et que les naturalistes croient être l'animal appelé Loup-cervier.
Fam., Avoir des yeux de lynx, Avoir la vue très-perçante;
et, figurément, Voir clair dans les affaires, dans les desseins, dans les
pensées des autres.
LYRE . s. f.
Instrument de musique à cordes, qui était en usage parmi les anciens.
Jouer de la lyre. Chanter des vers sur la lyre. Les poëtes grecs, en chantant
leurs vers, s'accompagnaient de la lyre. On donne quelquefois à la guitare
la forme d'une lyre.
S'emploie aussi dans certaines phrases figurées, où il désigne,
Le talent du poëte, l'action de faire des vers. Ainsi on dit: La lyre
d'Anacréon chantait les plaisirs, celle de Pindare célébrait
les vainqueurs, Anacréon, dans ses vers, chantait les plaisirs, etc.
Prendre, accorder sa lyre, Se disposer à faire des vers. Quitter,
déposer, suspendre sa lyre, Cesser d'en faire. Ce poëte a laissé
reposer sa lyre, Il a été quelque temps sans composer de vers.
Les maîtres de la lyre, Les grands poëtes.
En Astronomie, La Lyre, Constellation de l'hémisphère septentrional.
LYRIQUE . adj. des deux genres
Se dit De la poésie et des vers qui se chantaient autrefois sur la lyre,
comme les odes, les hymnes. Poésie lyrique. Poëme lyrique. Genre
lyrique. Vers lyriques.
Se dit, par analogie, Des ouvrages en vers français qui sont faits pour
être chantés ou propres à être mis en musique, tels
que les cantates, les chansons, les opéras. Tragédie, drame,
comédie lyrique. Les choeurs d'Esther et d'Athalie sont des chefs-d'oeuvre
lyriques.
Se dit, par extension, Des odes, quoiqu'on ne les chante pas. Les odes sont
de petits poëmes lyriques.
Théâtre lyrique, Théâtre sur lequel on représente
des ouvrages mis en musique.
Poëte, auteur lyrique, Celui qui compose des odes, ou des poésies
propres à être mises en musique.
LYRIQUE, s'emploie substantivement au masculin, et signifie, Auteur lyrique.
Malherbe et Rousseau sont nos premiers lyriques.
Il signifie aussi absolument, Le genre, le talent lyrique. Il réussit
principalement dans le lyrique.
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