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DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
MI
Mot invariable, qui ne s'emploie jamais seul, qui se joint à plusieurs
autres mots; et qui sert à marquer, soit le partage d'une chose en deux
portions égales, soit l'endroit où la chose peut être partagée
de la sorte.
Il sert à marquer le partage d'une chose en deux portions égales,
lorsqu'il se joint au mot Parti: Mi-parti, mi-partie. Ainsi on dit: Les
avis ont été mi-partis, les opinions ont été mi-parties,
Il y en a eu autant d'un côté que de l'autre. Cette robe est mi-partie
de blanc et de rouge, Tout un côté de cette robe par dehors est
blanc, et tout l'autre côté, aussi par dehors, est rouge.
Il sert à marquer l'endroit où une chose peut être partagée
en deux portions égales, lorsqu'il se joint à des noms substantifs.
Mi-chemin. Mi-côte. Mi-corps. Mi-jambe. Mi-sucre. Mi-terme. Mi-carême.
Mi-janvier, Mi-février. Etc.
Quand il se joint aux mots Corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre et
côte, on ne l'emploie qu'adverbialement, avec la préposition
à, sans article. Ainsi on dit: À mi-corps, à mi-jambes,
à mi-terme; ou bien, Jusqu'à mi-corps, jusqu'à mi-jambes,
jusqu'à mi-terme. Il n'y a de l'eau qu'à mi-jambes, que jusqu'à
mi-jambes. Cette poutre ne porte qu'à mi-mur. Cette femme est accouchée
à mi-terme. Je vous conduirai jusqu'à mi-chemin. Une maison située
à mi-côte. Des confitures à mi-sucre.
Lorsque Mi est joint au mot Carême ou aux noms de mois,
ces mots reçoivent l'article, et l'article féminin, quoique tous
soient masculins. Nous avons passé la mimai. Vers la mi-août.
Cela arriva vers la mi-carême. Le mot de Mai se dit cependant
sans article, dans ce proverbe, Mi-mai, queue d'hiver.
La mi-carême, Le jeudi de la troisième semaine du carême,
qui est à peu près la moitié du carême. Nous aurons
bientôt la mi-carême. Nous serons bientôt à la mi-carême.
On vous payera à la mi-carême.
MI .s.m.
.Musique. La troisième note de la gamme. C'est aussi le nom du signe
qui représente cette note. Mi bémol. Ton de mi. Ce mi est effacé.
MIASME .s.m.
.Médec. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel, et signifie, Émanations
contagieuses, morbifiques. Miasmes varioliques, pestilentiels, etc.
Se dit aussi Des exhalaisons que répandent les matières animales
ou végétales en décomposition, les marais, etc. Il s'exhale
des miasmes de ce cimetière, de la vase de ces marais.
MIAULEMENT .s.m.
Cri du chat. Le miaulement d'un chat.
MIAULER . v. n.
Se dit Du chat, lorsqu'il fait le cri qui est propre à son espèce.
J'entends un chat qui miaule.
MICA .s.m.
.Minéralogie. Pierre composée de feuillets minces, élastiques,
flexibles et d'un éclat métallique.
MICACÉ , ÉE. adj.
.Minéralogie. Qui est de la nature du mica, qui contient du mica.
MICHE . s. f.
Pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre, et quelquefois
deux.
Se dit, par extension, Des pains ronds d'un poids plus considérable.
Une miche de douze livres, de vingt livres.
MICMAC .s.m.
Intrigue, manigance, pratique secrète dont le but est blâmable.
Il y a eu bien du micmac dans cette affaire. On ne connaît rien à
tout ce micmac, à tous ces micmacs. Il est familier.
MICOCOULIER .s.m.
Arbre qui a du rapport avec l'orme, et dont le bois compacte, presque incorruptible,
est employé par les ébénistes. Le fruit du micocoulier
ressemble à une petite cerise. Micocoulier de Provence.
MICROCOSME .s.m.
Petit monde, monde en abrégé. Quelques philosophes anciens
ont dit que l'homme était un microcosme. Il est peu usité.
MICROGRAPHIE . s. f.
Description des objets qui sont si petits, qu'on ne peut les voir sans le secours
du microscope.
MICROMÈTRE .s.m.
Instrument d'astronomie, sorte d'appareil qui s'applique aux lunettes, et qui
sert à mesurer, dans les cieux, avec une très-grande précision,
de petites distances et de petites grandeurs.
MICROSCOPE .s.m.
Instrument d'optique dont on se sert pour grossir à la vue les petits
objets. Cet objet est si petit, qu'on ne le peut voir qu'avec un microscope.
Avec le secours du microscope, on a fait bien des découvertes dans la physique.
Microscope simple. Microscope composé.
Microscope solaire, Sorte de microscope qui fait voir, en grand, dans
une chambre obscure, les images de très-petits objets, vivement éclairés
par le soleil.
Fig., Il voit tout avec un microscope, Son imagination lui grossit tous
les objets; il s'exagère tout.
MICROSCOPIQUE . adj.des deux genres
Qui se fait avec le secours du microscope. Observations, expériences
microscopiques.
Il signifie aussi, Qui ne peut être vu qu'avec le microscope. Objet,
animal, plante microscopique. Les animaux infusoires sont la plupart microscopiques.
MIDI .s.m.
Le milieu du jour, le point qui partage le jour également entre le soleil
levant et le soleil couchant; et, dans l'usage ordinaire, La douzième heure
depuis minuit. À l'heure de midi. À midi sonnant. Il est midi,
midi et demi, midi un quart, midi trois quarts. Midi est sonné. Je me rendrai
là à midi, sur le midi. Avant midi. Entre onze heures et midi. Entre
midi et une heure. Après midi. Le soleil de midi est quelquefois dangereux.
Le cadran marque midi. L'aiguille est sur le point de midi.
Par exagérat., En plein midi, En plein jour, publiquement. Il
a été volé dans la rue en plein midi.
Fam., C'est ne voir pas clair en plein midi, c'est dire qu'il n'est pas jour
en plein midi, se dit À une personne qui doute d'une chose certaine,
évidente, ou qui la nie.
Prov. et fig., Chercher midi à quatorze heures, Chercher des difficultés
où il n'y en a point; Allonger inutilement ce qu'on peut faire ou dire
d'une manière plus courte; Vouloir expliquer d'une manière détournée
quelque chose de fort clair.
Poétiq., Le midi de la vie, L'époque de la vie qui est
entre l'enfance et la vieillesse. On dit dans le même sens, Être
dans son midi, à son midi.
MIDI, en termes d'Astronomie, signifie, Le moment où le centre
du soleil se trouve dans le méridien, et où commence le jour astronomique.
Midi vrai, Le temps où le soleil est réellement au méridien.
Midi moyen, Le temps où il serait midi, si le soleil avait un
mouvement uniforme dans l'équateur, et que l'écliptique et l'équateur
coïncidassent.
MIDI, signifie aussi, Un des quatre points cardinaux du monde, qu'on
nomme autrement Le sud. Le midi est opposé au nord. Les régions,
les contrées du Midi. Se tourner vers le midi. Ce pays est borné
au midi par une rivière, par une montagne. Cette colline regarde le midi,
est exposée au midi, est à l'exposition du midi. Le vent du midi.
Se dit, par extension, Des pays méridionaux. Cet homme est du Midi.
Les peuples, les productions du Midi. Il a ses biens dans le Midi, dans le midi
de la France. Les contagions sont plus fréquentes dans le Midi que dans
le Nord. Voyager dans le Midi.
Se dit encore d'Une exposition qui, étant en face du soleil à
midi, reçoit toute la chaleur de ses rayons. Son appartement est au
midi. Il faut mettre cette plante au midi. Vous avez dans votre jardin un beau
mur d'espalier au midi.
MIE . s. f.
Toute la partie du pain qui est entre les deux croûtes. De la mie de
pain. La mie d'un pain. Il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie.
Un morceau de mie.
MIE
Particule explétive, qui signifie, Pas, point, et qui n'est presque plus
usitée, même dans le langage familier. Il n'en tâtera mie.
Vous ne l'aurez mie.
MIE . s. f.
Abréviation d'Amie, souvent employée dans le vieux langage. J'aime
mieux ma mie! Sa douce mie. Les enfants donnent quelquefois ce nom à
leur gouvernante. Cet enfant est fort attaché à sa mie. Il appelle
sa mue. Ils disent plus ordinairement, Ma bonne.
MIEL .s.m.
Substance liquide et sucrée que les abeilles composent avec ce qu'elles
recueillent dans les fleurs et sur les feuilles des plantes. Bon miel. Miel
d'été, de printemps. Miel roux, blanc. Un rayon de miel. Mouches
à miel. Miel de Narbonne, de Mahon, de Moscovie. Miel sauvage. Miel commun.
Des confitures au miel. Le miel du mont Hymette était célèbre
chez les anciens.
Miel violat, rosat, etc., Compositions pharmaceutiques dont le miel est
la base.
Prov. et fig., On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre,
On réussit mieux dans les affaires, on subjugue plus de personnes par la
douceur que par la dureté et la rigueur.
Prov. et fig., La lune de miel, Le premier mois du mariage. Ils sont
encore dans la lune de miel, Ils ne connaissent du mariage que les plaisirs.
Fig. et fam., Être doux comme miel, être tout sucre et tout miel,
Être doucereux, faire le doucereux.
Fig., Cet orateur a toujours le miel sur les lèvres, le miel découle
de ses lèvres, Ses paroles sont douces et flatteuses.
MIELLEUX , EUSE. adj.
Qui tient du miel. Se dit ordinairement en mauvaise part, et signifie, Fade,
doucereux. Ce vin, cette liqueur a un goût mielleux.
S'emploie aussi figurément. Un homme mielleux. Des paroles mielleuses.
Un ton mielleux.
MIEN , IENNE. Adj. possessif et relatif
de la première personne. Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je
vous dirai le mien. Ce n'est pas votre avis, c'est le mien. Vous veillerez à
votre intérêt, et moi au mien. Songez-y de votre côté,
j'y songerai aussi du mien. Ses amis et les miens s'en sont mêlés.
C'est son intention et la mienne. Vos affaires sont les miennes. Dans ce sens,
Mien et Mienne ne se mettent jamais sans l'article, et ne se joignent
à aucun substantif.
MIEN, dans le style familier, se joint quelquefois avec un, et
se met devant un substantif. Un mien frère. Un mien parent. Un mien
neveu. Une mienne cousine.
S'emploie encore, sans être accompagné de l'article ni du mot un;
et alors il se met toujours après le substantif avec lequel il se construit.
Ce livre que vous tenez est mien. Cette découverte est mienne. Je donne
cette raison non comme bonne, mais comme mienne.
MIEN, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Le bien qui m'appartient.
Je ne demande que le mien.
Il signifie encore, Ce qui vient de moi. Je vous dis la chose comme elle
est, je n'y mets rien du mien, je n'y ajoute rien du mien.
Le tien et le mien, La propriété. Le tien et le mien
engendrent beaucoup de guerres et de procès.
Les miens, au pluriel, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent
en quelque façon. Il est plein d'égards pour moi et pour les
miens.
Fam., J'ai bien fait des miennes dans ma jeunesse, J'ai fait bien des
folies quand j'étais jeune.
MIETTE . s. f.
Se dit proprement de Toutes les petites parties qui tombent du pain quand on
le coupe, ou qui restent quand on a mangé. Petite miette. Les miettes
qui tombent de la table, sous la table. Ramasser les miettes.
Il signifie aussi, Un très-petit morceau de quelque chose à manger.
Vous ne lui en avez donné qu'une miette. En voilà une belle miette.
Donnez-m'en une miette. Nous avons mangé ce pâté en entier,
il n'en est pas resté une miette, resté miette. Il est familier.
MIEUX . adv.
Comparatif de Bien. D'une manière plus accomplie, d'une façon
plus avantageuse. Personne n'entend mieux les affaires que lui, n'entend mieux
la guerre que lui, n'écrit mieux que lui, ne parle mieux que lui. Il chante
mieux, beaucoup mieux qu'il ne faisait. Vous ne sauriez mieux faire. Ses affaires
vont mieux que jamais. Il a été mieux reçu qu'il ne croyait.
Il est bien de prier, mais il est mieux de faire de bonnes oeuvres. Vous seriez
mieux sur ce fauteuil que sur cette chaise. Tant mieux: voy. TANT.
Il signifie quelquefois, Plus. J'aime mieux cette étoffe que l'autre.
Il est quelquefois superlatif, et alors il prend ordinairement l'article. C'est
l'homme du monde le mieux fait. De tous nos grands écrivains, c'est celui
que j'aime le mieux.
Il vaut mieux, mieux vaut, Il est plus à propos, plus expédient.
Il vaut mieux attendre un peu. Mieux vaut s'accommoder que de plaider. Il vaudrait
mieux qu'il se tût, que de parler mal à propos.
Absol., Être mieux, Être en meilleure santé, en meilleur
état. Il est mieux, un peu mieux, beaucoup mieux. Il n'est guère
mieux. Il était mieux hier qu'aujourd'hui.
Être mieux, signifie aussi, Être d'une figure, d'un extérieur
plus agréable. Cette femme est mieux, est beaucoup mieux que sa soeur.
Ce jeune homme est mieux que son frère.
Être mieux, signifie encore, Être d'une meilleure conduite,
d'un meilleur caractère. Ce jeune homme est corrigé de ses défauts,
il est beaucoup mieux qu'il n'était avant ses voyages.
Mieux que tout cela, Il y a quelque chose de mieux à dire, à
faire, que ce qu'on a proposé. On vous conseille de plaider, de vous
désister; mieux que tout cela, offrez à votre partie adverse moitié
de ce qu'elle demande.
MIEUX, s'emploie substantivement, avec ou sans article. Le mieux est
de n'en point parler. Il a tout arrangé pour le mieux. Il est changé
en mieux. Je m'attendais à mieux que cela. Vous croyez qu'elle n'a que
vingt ans, elle a mieux.
Aller de mieux en mieux, Faire toujours quelque progrès vers le
bien, vers un état meilleur. Il faut espérer que cela ira de
mieux en mieux. Ses affaires vont de mieux en mieux.
Fam., À qui mieux mieux, À l'envi l'un de l'autre.
Faute de mieux, À défaut d'une chose meilleure, plus convenable.
Faute de mieux, je m'arrangerai du logement que vous me proposez.
Prov., Le mieux est l'ennemi du bien, On peut gâter une bonne chose
en voulant la rendre meilleure.
Il y a du mieux dans son état, il y a un mieux sensible, le mieux
se soutient, se dit D'un malade qui commence à se mieux porter.
Fam., Cette personne chante des mieux, Elle chante aussi bien que celles
qui chantent le mieux.
MIEUX, s'emploie quelquefois adjectivement, et signifie, Meilleur, plus
convenable, plus propre à la chose dont il s'agit. Il n'y a rien de
mieux, rien n'est mieux que ce que vous dites.
LE MIEUX DU MONDE, AU MIEUX, TOUT AU MIEUX. loc. adverbiales. Très-bien.
Il en a usé le mieux du monde. Cela est au mieux. Cela va le mieux du
monde, tout au mieux.
DU MIEUX, LE MIEUX, TOUT DU MIEUX, TOUT LE MIEUX QUE. loc. conjonctives. Aussi
bien qu'il est possible dans telle circonstance; aussi bien qu'il est possible
à telle personne. Il a fait du mieux qu'il a pu, le mieux qu'il a pu.
Il s'en est tiré le mieux qu'il a pu. C'est le mieux que vous puissiez
faire. On dit même: Il fera de son mieux. J'ai fait de mon mieux,
tout de mon mieux. Etc.
MIÈVRE . adj.des deux genres
Se dit proprement D'un enfant vif, remuant, et un peu malicieux. Cet enfant
est mièvre, est bien mièvre. Il est familier.
S'emploie aussi substantivement. C'est un petit mièvre.
MIÈVRERIE . s. f.
Qualité de la personne qui est mièvre. Cet enfant est d'une
mièvrerie amusante, fatigante.
Il signifie aussi, Une petite malice. Il m'a fait une mièvrerie. Ce
n'est qu'une mièvrerie. Il est familier dans les deux acceptions.
MIÈVRETÉ . s. f.
synonyme de Mièvrerie.
MIGNARD , ARDE. adj.
Gracieux, délicat. Une femme mignarde. Un visage mignard. Des traits
mignards. Dans ce sens, il a vieilli.
Se dit plus ordinairement Des choses où l'on remarque un mélange
de gentillesse et d'afféterie. Sourire, langage mignard. Manières
mignardes.
MIGNARDEMENT . adv.
Avec délicatesse. Cet enfant a été élevé
mignardement. Cet ouvrier travaille fort mignardement. Il est peu usité
en ce sens.
Il signifie plus ordinairement, D'une manière mignarde, avec une gentillesse
mêlée d'afféterie. Parler, sourire mignardement. Il
est familier.
MIGNARDER . v. a.
Traiter délicatement. Mignarder un enfant. Il est familier, et
se prend en mauvaise part.
Il signifie aussi, Affecter de la délicatesse, de la grâce. Mignarder
son style, son langage.
S'emploie avec le pronom personnel, dans le premier sens. Cette femme se
mignarde trop.
MIGNARDÉ, ÉE. participe
MIGNARDISE . s. f.
Délicatesse. La mignardise de son visage, de ses traits. La langue
italienne a des mignardises qui ne se trouvent dans aucune autre.
Il signifie aussi, Affectation de gentillesse, de délicatesse. Avoir,
mettre de la mignardise dans ses manières, dans son langage, dans son style.
Il signifie quelquefois, au pluriel, Manières gracieuses et caressantes.
Il s'est laissé prendre aux mignardises de cette femme. Cet enfant obtient
tout ce qu'il veut de sa mère par ses mignardises.
MIGNARDISE, au singulier, se dit d'Une espèce de petits oeillets
dont on garnit les plates-bandes des jardins. De la mignardise.
MIGNON , ONNE. adj.
Délicat, joli, gentil. Visage mignon. Bouche mignonne. Pied mignon.
Une beauté mignonne. Des souliers mignons.
Fam., Argent mignon, Argent qu'on a mis en réserve, et qu'on peut,
sans se gêner, employer en dépenses superflues. Pour faire cette
dépense, il faudrait avoir de l'argent mignon.
Fam., Péché mignon, Péché qu'on se plaît
à commettre, et dont on ne veut pas se corriger. La médisance
est son péché mignon.
MIGNON, s'emploie aussi comme substantif; et c'est alors un terme de
flatterie dont on se sert en parlant À un enfant. Mon mignon. Mon petit
mignon. Ma mignonne. Ma petite mignonne.
Vous êtes un joli mignon, un plaisant mignon, se dit ironiquement
À quelqu'un qui a fait ou dit une sottise.
MIGNON substantif masculin, signifie encore, familièrement, Favori.
De ces deux enfants-là, il y en a un qui est le mignon de sa mère.
Elle l'aime fort, c'est son mignon.
Il se prend quelquefois dans un sens obscène. Les mignons de Henri
III.
MIGNONNE . s. f.
Petit caractère d'imprimerie qui est entre la nonpareille et le petit-texte.
Cette dénomination commence à vieillir.
MIGNONNE, est encore Le nom d'une espèce de poire fort belle et
d'un rouge foncé, qu'on appelle aussi Grosse mignonne.
MIGNONNEMENT . adv.
Avec délicatesse, d'une manière délicate. Cela est mignonnement
fait. Il est familier.
MIGNONNETTE . s. f.
Sorte de petite dentelle. Une robe garnie de mignonnette.
MIGNONNETTE, se dit aussi d'Une espèce de petits oeillets, appelée
autrement Mignardise.
MIGNONNETTE, se dit encore Du poivre concassé.
MIGNOTER . v. a.
Traiter délicatement, dorloter, caresser. C'est gâter cet enfant,
que de le mignoter comme vous faites. On l'emploie aussi avec le pronom personnel.
Cette femme se mignote trop. Il est familier.
MIGNOTÉ, ÉE. participe
MIGNOTISE . s. f.
Flatterie, caresse. Il est familier et vieux.
MIGRAINE . s. f.
Douleur qui occupe la moitié ou une moindre partie de la tête.
Il a la migraine. Il est tourmenté d'une migraine. Il est sujet à
des migraines périodiques. Les odeurs très-fortes donnent la migraine.
La migraine cause ordinairement des maux de coeur.
MIGRATION . s. f.
Transport, action de passer d'un pays dans un autre pour s'y établir.
Il ne se dit qu'en parlant D'une quantité considérable de peuple.
Il y eut de grandes migrations dans le quatrième siècle. Les
migrations des peuples septentrionaux ont inondé le midi de l'Europe.
Se dit aussi Des voyages que font certaines espèces d'animaux, soit périodiquement,
soit à des époques irrégulières. Les migrations
des oiseaux, des poissons, des reptiles.
MIJAURÉE . s. f.
Fille ou femme qui montre des prétentions, par de petites manières
affectées et ridicules. Elle fait la mijaurée. Voyez un peu cette
mijaurée. Il est familier.
MIJOTER . v. a.
.Cuisine. Faire cuire doucement et lentement. Mijoter du boeuf à la
mode. Mijoter de la soupe.
MIJOTER, se prend aussi, familièrement, dans le même sens
que Mignoter. Mijoter un enfant. On l'emploie avec le pronom personnel.
Il aime à se mijoter. Il est peu usité.
MIJOTÉ, ÉE. participe
MIL . adj. numéral
Voyez MILLE.
MIL .s.m.
(Il faut mouiller l'L.) Plante graminée qui porte une graine fort petite,
à laquelle on a donné le même nom. Le mil est une céréale.
Semer du mil. Un grain de mil. On dit plus ordinairement, Millet.
MILAN .s.m.
Oiseau de proie à queue fourchue. Un milan qui plane. Les perdreaux
craignent le milan.
MILIAIRE . adj.des deux genres
T. d'Anat. et de Médec. Qui ressemble à des grains de mil. Glandes
miliaires.
Éruption miliaire, Éruption de très-petits boutons.
Fièvre miliaire, Fièvre accompagnée d'une éruption
miliaire.
MILICE . s. f.
L'art et l'exercice de la guerre. Dans ce sens il a vieilli, et ne se dit qu'en
parlant Des anciens. Végèce a écrit sur la milice des
Romains.
Fig. et en termes de l'Écriture sainte, La vie de l'homme est une
milice continuelle.
MILICE, est aussi collectif, et signifie, Un corps de troupes, une armée.
En ce sens, il ne s'emploie guère que dans le style soutenu. Une si
vaillante milice lui promettait la victoire. Ce capitaine perdit, dans telle bataille,
la fleur de sa milice.
Il s'est dit particulièrement Des levées de bourgeois et de paysans,
faites par la voie du sort, soit pour recruter l'armée, soit pour former
des régiments provinciaux qu'on ne réunissait que dans certaines
occasions. En ce sens, il est opposé à Troupes réglées,
et s'emploie souvent au pluriel. On réunit les milices pour résister
à l'invasion. Cette forteresse n'avait point de troupes réglées,
elle fut défendue par la milice. La garde nationale mobile, la landwehr,
sont des espèces de milices. Tirer au sort pour la milice, ou simplement,
Tirer à la milice. Tomber à la milice. Officier, sergent, soldat
de milice.
Fig. et fam., Soldat de la milice, Homme qui n'a aucun avancement dans
sa condition.
Fig. et poét., Les milices célestes, Les anges.
MILICIEN .s.m.
Soldat de milice.
MILIEU .s.m.
Le centre d'un lieu, l'endroit qui est également distant de la circonférence,
des extrémités. Voici le milieu de la place. Nous voici justement
au milieu, dans le milieu. Couper un fruit par le milieu.
Le point milieu, Le point du milieu. Dans cette expression, Milieu
est employé adjectivement.
MILIEU, se dit souvent, dans une acception moins rigoureuse, de Tout
endroit qui est éloigné de la circonférence, des extrémités.
Cette ville est située au milieu de la France, dans le milieu de la
France. Le tonnerre tomba au milieu de l'église, au milieu de la cour.
Quand ils furent au milieu du chemin, au milieu du bois. Un homme se leva du milieu
de l'assemblée. Se trouver au milieu de la foule. La rivière passe
au milieu de la ville. Il prit son adversaire par le milieu du corps.
Fam. et par exagér., Au beau milieu, Tout au milieu. Elle est
tombée au beau milieu de la rue.
Cette langue de terre s'avance au milieu de la mer, Elle entre bien avant
dans la mer. Ce bras de mer s'avance au milieu des terres, Il entre bien
avant dans les terres. L'aigle s'élève au milieu des airs,
Il s'élève à une distance considérable de la terre.
Etc.
Fig., Au milieu des hommes, Dans le monde, dans la société
de nos semblables. Nous sommes destinés à vivre au milieu des
hommes.
MILIEU, se dit aussi Du point qui est également éloigné
des deux termes d'un espace de temps. Vers le milieu de la nuit. Sur le milieu
du jour.
Être au milieu de l'été, de l'hiver, etc., Être
dans un temps à peu près également éloigné
du commencement et de la fin de l'été, de l'hiver, etc.
Poétiq., Le soleil était au milieu de son cours, la nuit était
au milieu de sa course, Il était à peu près midi, à
peu près minuit.
MILIEU, se dit aussi en parlant Des ouvrages prononcés ou écrits,
par rapport à leur commencement et à leur fin. Ce passage se
trouve au milieu, dans le milieu, vers le milieu du livre. Le milieu de son discours
est fort beau. Il fut interrompu, il demeura court au milieu, au beau milieu de
sa harangue. Il se leva au milieu du sermon.
Se dit également en parlant Des choses morales; mais alors il ne s'emploie
guère qu'avec l'article au, et pour signifier, Dans, parmi. Il
a été élevé au milieu des grandeurs. Il vit au
milieu des plaisirs. Au milieu des affaires, au milieu des plus grandes affaires,
il trouve des moments à donner à ses amis. Il a péri au milieu
de ses succès, de ses victoires.
Fam., Au milieu de tout cela, Parmi tout cela, avec tout cela, nonobstant
tout cela. C'est un homme qui, au milieu de tout cela, ne laisse pas d'être
à plaindre. Au milieu de tout cela, je voudrais le pouvoir servir.
MILIEU, en Morale, signifie, Ce qui est également éloigné
des extrémités vicieuses. La vertu se trouve dans un juste milieu.
La libéralité tient le milieu entre la prodigalité et l'avarice.
Il faut savoir en tout garder le milieu, le juste milieu, un juste milieu. Trouver,
saisir, prendre le milieu entre les extrêmes, c'est être sage.
MILIEU, se dit, figurément, d'Un certain tempérament qu'on
prend dans les affaires pour accommoder des intérêts différents,
pour concilier des esprits opposés. Il faut chercher quelque milieu.
Essayez de trouver quelque milieu pour contenter l'un et l'autre.
Il n'y a point de milieu, ou seulement, Point de milieu, Il faut
absolument prendre un des deux partis qui sont proposés, il n'y a point
de terme moyen à chercher. Point de milieu, il faut se rendre ou combattre.
MILIEU, en termes de Physique, se dit de Tout corps, soit solide, soit
fluide, qui peut être traversé par la lumière ou par un autre
corps. La lumière se rompt différemment en traversant différents
milieux. Milieu rare. Milieu dense.
Se dit aussi Du fluide qui environne les corps. L'air est le milieu dans
lequel nous vivons. L'eau est le milieu où vivent les poissons.
MILITAIRE . adj.des deux genres
Qui concerne la guerre, qui est relatif ou propre à la guerre. L'art
militaire. La discipline militaire. Gloire militaire. Exploits militaires. Fonctions,
emplois, grades militaires. Récompense, punition militaire. Il a de grands
talents militaires. Il parlait avec une éloquence toute militaire.
Justice militaire, Celle qui s'exerce parmi les troupes, suivant des
lois spéciales, suivant le code militaire.
Exécution militaire, La peine de mort infligée aux soldats
pour délit militaire. C'est là que se font les exécutions
militaires. Se dit aussi Des violences qu'on exerce militairement dans un
pays, pour punir les habitants de leur résistance, ou pour les contraindre
à quelque chose. Menacer un pays d'exécution militaire. On a
contraint les habitants, par exécution militaire, à payer contribution.
Architecture militaire, L'art de fortifier les places.
Testament militaire, Testament fait à l'armée, et dans
lequel on est dispensé d'observer la plupart des formalités ordinaires.
MILITAIRE, s'emploie quelquefois par opposition à Civil. Il
s'est montré également propre aux emplois civils et aux emplois
militaires. Les autorités civiles et les autorités militaires.
Les ordres religieux et militaires, Les ordres religieux dont les membres
font voeu de combattre les infidèles.
MILITAIRE, s'emploie souvent comme substantif masculin, et signifie alors,
Un homme de guerre. C'est un bon militaire. On a donné des récompenses
à tous les vieux militaires.
Il signifie aussi, quelquefois, La totalité des gens de guerre. L'esprit
du militaire est généralement bon dans cette province. Cette ordonnance
déplut au militaire.
MILITAIREMENT . adv.
D'une manière militaire. Agir militairement. Juger militairement.
Exécuter militairement un bourg, un village.
MILITANTE . adj. f.
.Théol. Qui combat. Il ne s'emploie que figurément et dans cette
locution, L'Église militante, L'assemblée des fidèles
sur la terre; par opposition à L'Église triomphante, L'assemblée
des fidèles dans le ciel.
MILITER . v. n.
Combattre. Il ne s'emploie que figurément, et n'est guère usité
que dans les débats judiciaires, où l'on dit, par exemple, Cette
raison, cet argument milite pour moi, ne milite point contre moi, Cette raison,
cet argument est en ma faveur, n'est pas à mon désavantage.
MILLE . adj. numéral des deux genres
Il ne prend point la marque du pluriel. (Les deux L ne se mouillent pas dans
ce mot, ni dans ses dérivés.) Dix fois cent. Mille hommes. Mille
chevaux. Mille navires. Mille écus. Dizaine de mille. Centaine de mille.
Dix mille hommes. Les Mille et une Nuits. Dans la date ordinaire des années,
quand Mille est suivi d'un ou de plusieurs autres nombres, on met ordinairement
Mil. Ainsi on écrit, L'an mil sept cent, pour L'an mille
sept cent, etc.
MILLE, se dit quelquefois pour Un nombre incertain, mais fort grand.
Mille personnes l'ont vu. Mille témoignages, mille preuves se réunissent
contre lui. Il y en a mille et mille. Il lui a donné mille coups. J'ai
mille affaires. Mille chimères lui passent par la tête. Il y a mille
et mille choses à dire là-dessus. Je vous en rends mille grâces.
Je vous ai dit cela mille fois. On a dit cela mille et mille fois. Mille gens
l'ont fait, ou elliptiquement, Mille l'ont fait, mille pourraient le faire.
Il se prend quelquefois substantivement. Mille multiplié par vingt,
par cent, donne tant. On dit aussi quelquefois: Le nombre mille. Numéro
mille.
MILLE .s.m.
Mesure itinéraire, dont l'étendue diffère selon les pays,
et dont on se sert principalement en Angleterre et en Italie. Il y a un mille
de ce lieu-là à tel autre. Ce cheval fait tant de milles par heure.
Il courut dix milles. Mille d'Italie. Mille d'Angleterre. Le mille d'Allemagne
équivaut à près de deux lieues de France.
MILLE-FEUILLE . s. f.
Plante de la famille des Radiées, ainsi nommée parce que ses feuilles
sont découpées très-menu. On l'appelle aussi vulgairement
Herbe à la coupure, Herbe au charpentier, ou Herbe militaire,
parce qu'elle est vulnéraire, et propre à arrêter le sang
qui coule d'une blessure.
MILLE-FLEURS . Substantif
qui ne s'emploie que dans ces locutions: Rossolis de mille-fleurs, Sorte
de rossolis, dans la composition duquel il entre quantité de fleurs distillées.
Eau de mille-fleurs, Urine de vache reçue dans un vase pour être
prise en remède. Eau de mille-fleurs, huile de mille-fleurs, Eau,
huile extraite de la bouse de vache, par distillation.
MILLÉNAIRE . adj.des deux genres
(Les deux L se font sentir, et ne se mouillent pas.) Qui contient mille. Le
nombre millénaire.
S'emploie substantivement, au masculin, en termes de Chronologie, pour signifier,
Dix siècles ou mille ans. Dans le premier millénaire. Le premier,
le second millénaire.
MILLÉNAIRE subst. se dit aussi de Sectaires chrétiens qui
croyaient qu'après le jugement universel, les élus demeureraient
mille ans sur la terre à jouir de toute sorte de plaisirs. La secte
des millénaires.
MILLE-PERTUIS .s.m.
.Bot. Plante ainsi nommée parce que, en la regardant au soleil, on voit
sur ses feuilles quantité de petits points transparents qui paraissent
autant de trous.
MILLE-PIEDS .s.m.
T. d'Entomologie. Nom d'une famille d'insectes qui ont un très-grand
nombre de pieds. Les scolopendres, les iules, sont de la famille des mille-pieds,
sont des mille-pieds.
MILLÉPORE .s.m.
T. d'Hist. nat. Genre de polypiers pierreux, dont la surface est creusée
d'une multitude de pores.
MILLÉSIME .s.m.
(On fait sentir les deux L.) L'ensemble des chiffres qui marquent l'année
sur les médailles, monnaies et monuments, depuis que les années
de l'ère vulgaire sont arrivées au nombre de mille. On ignore
en quelle année cette médaille a été frappée,
car le millésime n'y est pas, le millésime est tout effacé.
Se dit, par extension, en parlant Des médailles frappées avant
l'an mille. Le millésime de cette médaille fait connaître
qu'elle fut frappée l'année du couronnement de Charlemagne.
MILLET .s.m.
(On mouille les L.) Il est synonyme de Mil. Semer du millet. Un grain de
millet. Farine de millet.
Prov., fig. et pop., C'est un grain de millet dans la gueule d'un âne,
se dit Lorsque ce qu'on donne à quelqu'un n'est pas à beaucoup près
suffisant pour ses besoins.
MILLIAIRE . adj.des deux genres
Se dit Des bornes, des pierres, etc., placées de distance en distance,
sur les grands chemins, pour indiquer les milles, les lieues, etc. Borne, colonne,
pierre milliaire.
S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le premier, le second milliaire
est à tel endroit.
Milliaire doré, Colonne qu'Auguste fit élever au milieu
de Rome, et d'où l'on commençait à compter les milles pour
tous les grands chemins de l'empire.
MILLIARD .s.m.
Mille fois un million, ou dix fois cent millions.
Se dit très-souvent absolument, en termes de Finances, d'Un milliard
de livres ou de francs. La dette de cet État est de plusieurs milliards.
MILLIASSE . s. f.
Terme de dénigrement, qui signifie, Un fort grand nombre. Il y avait
dans les rues de cette ville une milliasse de mendiants. Dans cette vieille maison
il y a une milliasse de fourmis, de rats. Sur le bord de cet étang, il
y a des milliasses de moucherons. Il est familier.
MILLIÈME . adj.des deux genres
Nombre ordinal qui complète le nombre de mille. Il est le millième.
La millième année après la naissance de JÉSUS-CHRIST.
Se dit aussi D'une des parties d'un tout que l'on suppose composé de
mille parties. En ce sens, il s'emploie souvent par exagération. Si
j'avais la millième partie de son bien, je serais assez riche. De tout
ce qu'il vous dit là, il n'y a pas la millième partie de vrai.
Il est quelquefois substantif masculin; et alors il signifie, La millième
partie. Il est intéressé dans cette affaire pour un millième.
Cinq millièmes.
MILLIER .s.m.
Nom de nombre collectif contenant mille. Un millier d'épingles, de
tuiles, de clous, de fagots, d'échalas, d'arbres à planter, d'écus.
Un millier de foin, de paille, Un millier de bottes de foin, de paille.
MILLIER, signifie aussi, Mille livres pesant. Cette cloche pèse
dix milliers. Une charrette qui porte deux milliers. Un millier de fer, de cuivre,
etc.
MILLIER, se dit encore pour exprimer Un nombre indéterminé,
mais considérable. Je connais un millier de gens qui pensent ainsi.
Je pourrais vous en citer un millier d'exemples. Il y a des milliers d'hommes
qui ne savent comment vivre. Je vois dans cette affaire des milliers d'inconvénients.
À MILLIERS, PAR MILLIERS. loc. adverbiales, En très-grand
nombre. On en trouve à milliers, par milliers.
MILLIMÈTRE .s.m.
(On fait sentir les deux L.) Nouvelle mesure de longueur, la millième
partie du mètre. Cinq mètres deux cent quarante-sept millimètres.
Une épaisseur de douze millimètres.
MILLION .s.m.
Mille fois mille, ou dix fois cent mille. On compte en France environ trente-deux
millions d'habitants. Un million d'écus valait trois millions de livres
tournois.
Se dit très-souvent absolument, en termes de Finances, d'Un million de
livres ou de francs. Il a deux millions de bien. On lui a compté un
million.
Fam., Être riche à millions, Être extrêmement
riche. On dit de même, Cet homme est si riche, qu'il ne compte que par
millions.
MILLION, signifie aussi, Un nombre indéterminé, mais fort
considérable; et alors il se dit ordinairement par exagération.
J'ai ouï dire cela un million de fois. Je vous rends un million de grâces.
MILLIONIÈME . adj. numéral des deux genres
Nombre ordinal qui complète le nombre d'un million.
Se dit aussi Des parties d'un tout que l'on suppose composé d'un million
de parties. La millionième partie.
Il est quelquefois substantif masculin, dans le même sens. Un millionième.
Trois millionièmes.
MILLIONNAIRE . adj.des deux genres
Qui possède des millions, qui est extrêmement riche. Cet homme
est devenu millionnaire.
S'emploie aussi comme substantif. C'est un millionnaire.
MILORD .s.m.
Voyez LORD. On dit, figurément et populairement, D'un homme
riche, C'est un milord.
MIME .s.m.
Espèce de comédie, chez les Romains: le sujet et l'action en étaient,
le plus souvent, bouffons et libres jusqu'à l'obscénité.
Il ne nous reste que des fragments des anciens mimes joués à
Rome.
Se dit également Des acteurs qui représentaient ces sortes de
pièces.
C'est un bon mime, se dit D'un homme qui a le talent d'imiter, de contrefaire
d'une manière plaisante, l'air, l'action, le langage d'autres personnes.
On dit aussi, adjectivement, Il est mime.
MIMIQUE . adj.des deux genres
Qui concerne les mimes. Pièce mimique. Poëte mimique. Jeux mimiques.
On dit quelquefois substantivement, Un mimique, Un auteur de mimes.
Il signifie aussi, Qui imite, qui exprime par le geste. Action mimique. Signes
mimiques. Langage mimique.
MIMIQUE . s. f.
Art d'imiter, de peindre par le geste. La mimique est le principal moyen
de transmettre des idées aux sourds-muets.
MIMOSA . s. f.
.Bot. Nom latin de la sensitive. On l'applique à un genre nombreux de
plantes légumineuses qui donnent des signes évidents d'irritabilité.
Une belle mimosa.
MINAGE .s.m.
Droit que l'on prenait sur les grains qui se vendaient au marché. Ce
seigneur avait droit de minage.
MINARET .s.m.
Tour élevée auprès d'une mosquée et faite en forme
de clocher, du haut de laquelle on appelle le peuple à la prière,
et d'où l'on annonce les heures.
MINAUDER . v. n.
Faire certaines mines, affecter certaines manières pour plaire et paraître
plus agréable. Cette femme ne fait que minauder.
MINAUDERIE . s. f.
Action de minauder, défaut d'une personne qui minaude. Elle fait sa
principale occupation de la minauderie. Elle est d'une minauderie insupportable.
Se dit aussi Des mines et des manières affectées. En ce sens,
il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Je n'aime point toutes ces minauderies.
MINAUDIER , IÈRE. s.
Celui, celle qui est dans l'habitude de faire de petites mines affectées.
Se dit principalement Des femmes. C'est une minaudière, un minaudier.
Il est aussi adjectif. Une femme minaudière. Elle est trop minaudière.
Figure minaudière.
MINCE . adj.des deux genres
Qui a fort peu d'épaisseur. Étoffe mince. Cette doublure est
bien mince. Cette lame d'argent est fort mince. Couper des tranches de pain trop
minces.
Prov., Mince comme la langue d'un chat, Extrêmement mince.
MINCE, signifie figurément, Faible, peu considérable, médiocre.
Revenu mince. Mince héritage. Il nous a donné un mince dîner.
Mérite, esprit mince. Mince savoir. Noblesse mince. Rien de si mince que
sa personne.
Cet homme a la mine bien mince, Il a l'air d'un homme de peu de considération,
de peu de mérite. On dit, dans un sens analogue, C'est un homme bien
mince, un homme de mince étoffe.
En termes de Tactique, L'ordre mince, par opposition à L'ordre
profond. Voyez ORDRE.
MINE . s. f.
L'air qui résulte de la conformation extérieure de la personne,
et principalement du visage. Bonne, mauvaise, méchante mine. Grande,
petite mine. Mine fière. Mine insolente. Mine basse, ignoble. Il n'a pas
de mine. Il a la mine fausse, trompeuse, hypocrite. Cette femme a une jolie mine.
Il a la mine guerrière, la mine d'un homme de guerre, la mine patibulaire,
toute la mine d'un pendard, d'un vaurien. Il fait triste mine. On se trompe souvent
à la mine. Il ne faut pas toujours juger des gens à la mine, par
la mine, sur la mine. On connaît, on voit à sa mine que c'est un
méchant sujet.
Homme, femme de bonne mine, Homme, femme d'une figure agréable,
d'un extérieur avantageux.
Homme de mauvaise mine, Homme mal vêtu, dont l'habillement et l'extérieur
peuvent exciter des inquiétudes.
Fam., Payer de mine, Avoir un bel extérieur, mais peu de mérite.
Il paye de mine, mais au fond c'est un sot. Se dit quelquefois D'une personne
qui est malade, mais qui conserve l'apparence de la santé. Je paye de
mine, mais je ne me porte pas bien.
Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, bonne mine, mauvaise mine, Avoir
l'apparence d'une bonne, d'une mauvaise santé.
Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, signifie quelquefois, Avoir
l'apparence d'un bon, d'un mauvais caractère.
Fam., Avoir la mine d'être riche, d'être un peu fou, etc., en
avoir toute la mine, Paraître tel.
Fam., Avoir la mine d'avoir fait, de vouloir faire une chose, Avoir un
air, un maintien qui le fait conjecturer. Vous avez la mine, vous m'avez bien
la mine d'avoir passé la nuit au bal. On le dit figurément Lorsque,
par la connaissance qu'on a des habitudes, du caractère, de l'esprit d'un
homme, on juge qu'il a fait ou qu'il fera telle chose. Il a bien la mine de
se peu soucier de ce qui pourra arriver.
Fam., Porter la mine de, Avoir l'air de. Cela ne se dit guère
qu'en mauvaise part. Il porte la mine d'un fripon.
MINE, signifie aussi, La contenance que l'on prend, l'air qu'on se donne,
dans une intention quelconque. Faire bonne mine, mauvaise mine. Il a pris cette
mine riante, cette mine sévère que vous lui connaissez. Il a pris
sa mine agréable. Affecter une mine grave. Toute sa vertu consiste en mines
et en paroles.
Faire mine de quelque chose, En faire semblant. Il fait mine d'en
être content. Il a fait mine de vouloir s'en aller, de vouloir se retirer.
Faire bonne mine, mauvaise mine à quelqu'un, Lui faire un bon,
un mauvais accueil.
Fam., Faire triste mine, grise mine, froide mine à quelqu'un,
Lui faire mauvais visage, le recevoir froidement.
Fam., Faire la mine à quelqu'un, Lui témoigner qu'on est
mécontent de lui. Qu'a-t-il donc à nous faire la mine? Il nous
fait la mine.
Fam., Il fait une laide mine, Il fait une vilaine grimace.
Fam. et absol., Faire la mine, Faire la grimace.
Prov. et fig., Faire bonne mine à mauvais jeu, Dissimuler adroitement,
et cacher le mécontentement qu'on a, le mauvais état où l'on
est.
MINE, se dit, familièrement, de Certains mouvements du visage,
de certains gestes qui ne sont pas naturels; et alors on l'emploie surtout au
pluriel. Faut-il tant faire de mines et de façons? À quoi bon
toutes ces mines? Cette femme fait bien des mines.
Faire des mines à quelqu'un, Lui faire des signes pour lui faire
entendre une chose qu'on ne peut pas ou qu'on ne veut pas lui dire autrement.
J'ai eu beau lui faire des mines, il ne m'a pas compris.
Faire des mines à quelqu'un, signifie aussi, L'agacer par des
regards affectés, par des mouvements de visage particuliers. Cet homme
fait des mines à toutes les femmes. Avez-vous vu les mines qu'elle lui
a faites?
MINE, se dit aussi de La bonne ou mauvaise apparence de quelque chose.
Un mets qui a bonne mine, qui a mauvaise mine.
MINE . s. f.
Lieu souterrain où gisent, et d'où l'on peut extraire en grand,
des métaux, des minéraux, et certaines pierres précieuses.
Une mine d'or, d'argent, de cuivre, d'étain, de charbon de terre, de
sel gemme, etc. Une mine de diamants, de rubis. Une mine riche, pauvre. Trouver,
découvrir, ouvrir, fouiller, exploiter une mine. La France est riche en
mines de fer. École des mines.
Se dit quelquefois, plus particulièrement, de La cavité souterraine
pratiquée pour extraire ce qu'une mine contient. Travailler aux mines,
dans les mines. Descendre dans une mine. Les galeries d'une mine. La mine s'éboula
sur les ouvriers.
Se dit aussi Des métaux et des minéraux encore mêlés
avec la terre, avec la pierre de la mine. Voilà de la mine d'or, d'argent,
de cuivre. De la pierre de mine.
Mine de plomb, ou Plombagine, La pierre dont on fait les crayons
de couleur de plomb. Dessiner à la mine de plomb, ou simplement
à la mine.
MINE, se dit quelquefois figurément, au sens moral. Ce sujet
est une mine féconde de beautés poétiques.
C'est une mine de savoir, d'érudition, C'est un homme très-savant,
très-érudit.
MINE, se dit encore d'Une cavité souterraine pratiquée
sous un bastion, sous un rempart, dans un roc, etc., pour le faire sauter par
le moyen de la poudre à canon. Charger, faire jouer une mine. Mettre
le feu à une mine. Les troupes étaient en bataille, attendant l'effet
de la mine. La mine emporta l'angle du bastion et fit une brèche praticable.
La mine bouleversa la tête de la sape.
Le puits de la mine, L'ouverture qu'on fait en terre à la profondeur
de l'entrée des galeries de mine qu'on veut pratiquer. La chambre
ou le fourneau de la mine, Le lieu destiné à recevoir la
charge de la mine. Le saucisson de la mine, Le rouleau de toile rempli
de poudre, dont on se sert pour mettre le feu à la charge de la mine. L'entonnoir
de la mine, Le trou que forme la mine quand elle saute.
Éventer la mine, Découvrir le lieu où elle est pratiquée,
et en empêcher l'effet. Les assiégés éventèrent
la mine. La mine fut éventée.
Fig. et fam., Éventer la mine, Pénétrer un dessein
secret, et empêcher par là qu'il ne réussisse.
MINE . s. f.
Ancienne mesure contenant la moitié d'un setier. Faire étalonner
une mine.
Il signifie aussi, Ce qui est contenu dans la mine. Mine de froment, de blé,
de sel. Ces chevaux ont mangé une mine d'avoine.
MINE . s. f.
T. d'Antiquité. Monnaie qui valait cent drachmes chez les Athéniens,
et deux cent quarante chez les Hébreux. Une mine hébraïque.
Une mine attique.
MINER . v. a.
Faire, pratiquer une mine sous un ouvrage de fortification, dans un roc, etc.
Miner un bastion. Les ennemis avaient miné leur demi-lune avant de l'abandonner.
Il signifie aussi, Creuser, caver lentement. L'eau mine la pierre. Le courant
de la rivière a miné les piles de ce pont. La Marne mine peu à
peu ses bords.
Il signifie figurément, Consumer, détruire, ruiner peu à
peu. Cette maladie le mine. Le chagrin le mine. Le temps mine tout. Il a des
dettes qui le minent.
MINÉ, ÉE. participe
MINERAI .s.m.
Il est synonyme de Mine, dans le sens de Métal tel qu'on le retire
de la mine. Un minerai rebelle. Un minerai fusible. Laver, écraser,
broyer, fondre le minerai. Cependant on ne dit point, Un minerai d'or,
un minerai de cuivre; il faut dire, Une mine d'or, une mine de cuivre.
Se dit plus exactement, en Chimie, Des espèces métalliques qui
résultent de la combinaison d'un métal avec un minéralisateur.
MINÉRAL .s.m.
Se dit Des corps non vivants et non organisés qui se trouvent dans l'intérieur
de la terre ou à sa surface, tels que les pierres, les métaux, les
substances inflammables, les sels et les pétrifications. Des échantillons
de minéraux.
MINÉRAL , ALE. adj.
Qui appartient aux minéraux, qui tient des minéraux. Matière,
substance minérale. Sel, charbon, cristal minéral.
Le règne minéral, L'ensemble des objets compris sous le
nom de Minéraux.
Eau minérale, Eau dans laquelle un ou plusieurs minéraux
sont en dissolution.
MINÉRALISATEUR .s.m.
.Chimie et de Minéralogie. Se dit Des substances qui, par leur combinaison
avec les matières métalliques, en changent beaucoup les caractères
extérieurs. L'oxygène, les acides, le soufre, l'arsenic, sont
les minéralisateurs les plus ordinaires.
MINÉRALISATION . s. f.
.Chimie et de Minéralogie. Action, opération par laquelle les
métaux se combinent avec les diverses substances qu'on nomme Minéralisateurs.
MINÉRALISER . v. a.
.Chimie et de Minéralogie. Se dit Des substances qui, se combinant avec
les matières métalliques, en changent beaucoup les caractères
extérieurs.
MINÉRALISÉ, ÉE. participe, Plomb minéralisé
par le soufre.
MINÉRALOGIE . s. f.
Partie de l'histoire naturelle qui traite des minéraux. Traité,
ouvrage de minéralogie.
MINÉRALOGIQUE . adj.des deux genres
Qui concerne la minéralogie. Carte minéralogique.
MINÉRALOGISTE .s.m.
Celui qui possède la science des minéraux. C'est un savant
minéralogiste.
MINERVE . s. f.
Nom propre devenu nom commun dans le sens de Tête, de cervelle. Il
a tiré cela de sa minerve. C'est tout ce que j'ai pu tirer de ma minerve.
Il est familier.
MINET , ETTE. s.
Petit chat, petite chatte. Le minet joue avec le chien. Voilà une
jolie petite minette. Il est familier.
MINEUR .s.m.
Celui qui fouille la mine pour en tirer la matière minérale.
In signifie aussi, Celui qui est employé aux travaux des mines pratiquées
pour l'attaque ou la défense des places. Attacher le mineur à
un bastion. Le trou du mineur. Une compagnie de mineurs. Capitaine de mineurs.
On emploie souvent les mineurs aux travaux des fortifications.
MINEUR , EURE. adj. comparatif
Moindre, plus petit. On ne l'emploie en ce sens que dans les expressions ou
dénominations suivantes:
En Géographie, L'Asie Mineure, Partie occidentale de l'Asie.
En Matière ecclésiastique, Les quatre ordres mineurs, ou
substantivement, Les quatre mineurs, Les quatre petits ordres, qui sont
ceux de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte. Excommunication mineure,
Excommunication qui prive de la participation aux sacrements, et du droit de pouvoir
être élu ou présenté à quelque bénéfice,
à quelque dignité ecclésiastique; par opposition à
Excommunication majeure.
Frères mineurs, Religieux nommés autrement Cordeliers.
En Musique, Tierce mineure, Tierce composée d'un ton et d'un semi-ton.
Ré fa est une tierce mineure. On appelle également Sixte
mineure, Un intervalle tel que celui de mi à ut, et Septième
mineure, Un intervalle tel que celui de mi à ré.
On appelle encore Ton ou mode mineur, Celui où la tierce
et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures. Ton de la, mode mineur.
On dit dans le même sens, Un air en mineur; passer du mineur au majeur,
du majeur au mineur: alors Mineur est employé substantivement.
MINEUR, signifie aussi, en Jurisprudence, Qui n'a point atteint l'âge
prescrit par les lois pour disposer de sa personne, de son bien. Enfant mineur.
Fille mineure. En Normandie, on cessait d'être mineur à vingt ans
et un jour. Le roi était alors mineur.
Il est aussi substantif dans le même sens. Un mineur. Faire le profit
d'un mineur. Émanciper une mineure. C'est le droit des mineurs.
MINEURE . s. f.
.Logique. La seconde proposition d'un syllogisme. Nier, accorder, prouver,
distinguer la mineure, une mineure.
MINEURE, se dit aussi de La thèse que les étudiants en
théologie soutenaient durant le cours de la licence, et dans laquelle il
ne s'agissait ordinairement que de théologie positive. On appelait cet
acte Mineure, parce que c'était le plus court de tous ceux qu'on
soutenait pendant la licence. Soutenir une mineure. Faire sa mineure. On
le nommait aussi Mineure ordinaire.
MINIATURE . s. f.
(On prononce ordinairement Mignature.) Sorte de peinture délicate
qui se fait à petits points ou à petits traits, avec des couleurs
très-fines délayées à l'eau gommée. Portrait
en miniature. Peintre en miniature. On pointille la miniature.
Se dit quelquefois, figurément, Des ouvrages de littérature faits
dans de petites proportions. C'est une histoire en miniature. Il a donné
une description en miniature de toutes les parties du globe.
MINIATURE, signifie aussi, Un tableau, un portrait peint en miniature.
Voilà une jolie miniature.
Se dit, figurément, d'Un objet d'art de petite dimension, et travaillé
avec délicatesse. Cette boîte est une vraie miniature.
Se dit aussi d'Une personne petite et délicate. C'est une miniature,
c'est une jolie petite miniature.
MINIATURISTE .s.m.
Peintre en miniature. C'est un bon miniaturiste.
MINIÈRE . s. f.
La terre, le sable ou la pierre dans lesquels on trouve et d'où l'on
tire un métal ou un minéral. Minière d'or. Il y a quantité
de minières dans ce pays-là. Cela sort de la minière. Il
y avait autrefois un surintendant des mines et minières de France.
MINIME . adj.des deux genres
Très-petit, très-peu considérable. Objet minime, d'un
intérêt minime, d'une valeur minime.
MINIME . s. f.
Il se disait, dans l'ancienne Musique, de La note qu'on appelle aujourd'hui
Blanche.
MINIME .s.m.
Religieux de l'ordre de Saint-François de Paule. Couvent de minimes.
MINIMUM .s.m.
(On prononce Minimome.) .Math. emprunté du latin. Le plus petit
degré auquel une grandeur puisse être réduite.
Se dit aussi, dans le langage ordinaire, et par opposition à Maximum,
de La plus petite somme dans l'ordre des sommes dont il s'agit. Le minimum
des pensions de ce grade est de cinq cents francs. Il n'a été condamné
qu'au minimum de l'amende.
Se dit aussi de La moindre des peines que la loi inflige pour un crime, pour
un délit. On lui appliqua le minimum de la peine.
MINISTÈRE .s.m.
L'emploi, la charge qu'on exerce. Satisfaire aux obligations, remplir les
devoirs de son ministère. Cela n'est pas de mon ministère. Se bien
acquitter de son ministère. Abuser de son ministère. La sainteté
de son ministère était encore relevée par l'éclat
de ses vertus.
Le ministère des autels, Le sacerdoce, les fonctions de prêtre.
Se vouer au ministère des autels.
Par extension, Le ministère de la parole, de l'éloquence,
Les fonctions qui exigent le talent de l'orateur, telles que celles d'avocat,
de prédicateur, etc.
Ministère public, Magistrature établie près de chaque
tribunal, pour y veiller au maintien de l'ordre public, et y requérir l'exécution
et l'application des lois. La poursuite des crimes est réservée
au ministère public. Le ministère public a soutenu l'accusation.
MINISTÈRE, signifie aussi, L'entremise de quelqu'un dans une affaire,
le service qu'il rend à une autre personne dans quelque emploi, dans quelque
fonction. Si vous avez besoin en cela de mon ministère, vous n'avez
qu'à parler. Il nous a offert, il nous a prêté son ministère.
Vous pouvez compter sur son ministère.
MINISTÈRE, signifie particulièrement, La fonction d'un
ministre ayant un département, et Ce département même. Le
ministère des affaires étrangères, des finances, de l'intérieur,
de la guerre, de la marine. Les bureaux d'un ministère. Ces deux ministères
ont été réunis en un seul.
Il signifie aussi, Le temps pendant lequel la personne dont on parle a été
ministre. Il s'est fait de grandes choses sous son ministère, pendant
son ministère. Le ministère du cardinal de Richelieu, du cardinal
Mazarin.
Se dit, par extension, Du lieu où sont établis les bureaux d'un
ministère, de l'hôtel destiné à l'habitation d'un ministre.
Je vais au ministère des finances, de la marine.
Se dit, collectivement, Du corps des ministres ayant département. Le
ministère était opposé à cette proposition. Le ministère
a été changé en totalité. Entrer au ministère.
MINISTÉRIEL , ELLE. adj.
Qui appartient, qui a rapport au ministère, qui est propre à un
ministre. Politique ministérielle. Lettre, circulaire, opération
ministérielle. C'est une tête ministérielle. Il affecte avec
moi une réserve ministérielle, des airs ministériels.
Il signifie aussi, Qui est partisan du ministère, dévoué
au ministère. Un député ministériel. Le parti ministériel.
Journal ministériel. Dans cette acception, il est quelquefois employé
comme substantif. C'est un ministériel.
Au Palais, Officiers ministériels, Officiers publics ayant qualité
pour faire certains actes, tels que les notaires, les avoués, les huissiers,
etc.
MINISTÉRIELLEMENT . adv.
Dans la forme ministérielle. Il m'a répondu ministériellement.
Ce commis fait l'important; il répond à tout le monde ministériellement.
MINISTRE .s.m.
Celui dont on se sert pour l'exécution de quelque chose. Dans cette acception,
il n'est guère usité qu'au sens moral. Être le ministre
des passions d'autrui, le ministre de ses volontés, de ses vengeances.
MINISTRE, se dit plus ordinairement de Ceux dont le prince a fait choix
pour les charger des principales affaires de l'État, et pour en délibérer
avec eux. Le roi l'a fait, l'a nommé ministre. Les ministres furent
d'un avis unanime. Le ministre de l'intérieur, de la guerre, de la marine,
des finances, des affaires étrangères, de la justice. Le ministre
ayant le département de l'intérieur. Le ministre secrétaire
d'État au département de l'intérieur. Ministre à portefeuille.
Président du conseil des ministres. Le premier ministre de telle cour.
Ministres d'État, ministres sans portefeuille, Ministres qui n'ont
pas de département, et qui ne sont appelés que pour le conseil.
MINISTRE, se dit aussi Des ambassadeurs, des hauts agents diplomatiques,
envoyés par les princes dans les cours étrangères. Les
ministres étrangers jouissent de certains priviléges dans les cours
où ils sont.
Ministre plénipotentiaire, Celui qui a un plein pouvoir pour traiter
quelque affaire importante.
Les ministres de Dieu, de la parole de Dieu, de JÉSUS-CHRIST,
de l'Évangile, de la religion; les ministres des autels, Les prêtres
en général.
Parmi les Luthériens et les Calvinistes, Ministre du saint Évangile,
ou Ministre de la parole de Dieu, ou simplement Ministre, Celui
qui fait le prêche. Les ministres calvinistes, luthériens, protestants,
anglicans.
MINIUM .s.m.
(On prononce Miniome.) .Chimie. Plomb uni à l'oxygène,
oxyde rouge de plomb. Le minium s'obtient par la calcination du plomb dans
un four.
MINOIS .s.m.
Visage d'une jeune personne plus jolie que belle. Cette jeune fille a un
joli minois, un joli petit minois. Il est familier.
MINON .s.m.
Nom que les femmes et les enfants donnent quelquefois aux chats, quand ils les
appellent.
MINORATIF .s.m.
.Médec. et de Pharm. Remède qui purge doucement. La casse est
un minoratif.
S'emploie aussi adjectivement. Purgatif, remède minoratif.
MINORITÉ . s. f.
Le petit nombre, par opposition à Majorité. La minorité
des voix, des suffrages, des votants. La minorité des Français.
Minorité d'une assemblée, La partie la moins nombreuse,
qui combat certaines opinions, certaines mesures préférées
par la partie la plus nombreuse. Il était de l'avis de la minorité.
La minorité a gagné quelques voix. Les ennemis du ministère
sont en minorité, en faible minorité dans cette assemblée.
MINORITÉ, signifie aussi, L'état d'une personne mineure.
Le privilége de la minorité est de faire déclarer nuls
tous les actes que le mineur a faits à son préjudice.
Il signifie aussi, Le temps pendant lequel on est mineur. Cela est arrivé
pendant sa minorité. Durant la minorité du prince.
Se dit, absolument, de La minorité des souverains. Durant la dernière
minorité. Les minorités sont ordinairement des temps de troubles.
MINOT .s.m.
Ancienne mesure de capacité, qui contenait la moitié d'une mine.
Étalonner un minot. Le minot de Paris contenait un pied cube.
Il signifie aussi, Ce qui est contenu dans le minot. Un minot de sel, de
blé, d'avoine, de charbon, de chaux.
Prov. et pop., Nous ne mangerons pas un minot de sel ensemble, Nous ne
serons pas longtemps unis.
MINUIT .s.m.
Le milieu de la nuit. Allez vous coucher, il est minuit. Minuit est sonné.
En plein minuit. Jusqu'à minuit. Sur le minuit. Vers minuit. La messe de
minuit. À minuit et demi. À minuit un quart. À l'heure de
minuit. Minuit sonnant.
MINUSCULE . adj.des deux genres
Il n'est usité que dans ces expressions, Lettre minuscule, caractère
minuscule, Petite lettre.
Il est aussi substantif féminin, et se dit Des petites capitales, par
opposition à Majuscules ou Grandes capitales.
MINUTE . s. f.
Petite portion de temps, qui forme la soixantième partie d'une heure.
L'heure est composée de soixante minutes. La minute contient soixante
secondes. Une minute et deux secondes. Une minute et demie. Une demi-minute. Un
quart de minute. Il a fait ce trajet en cinq minutes. Compter les heures et les
minutes. Quand on attend impatiemment des nouvelles, on compte jusqu'aux minutes.
MINUTE, se prend souvent, dans la conversation, pour Un court espace
de temps, qui n'est pas déterminé d'une manière précise.
Il n'y a qu'une minute qu'il est parti. Je reviens dans une minute. Je suis
à vous dans la minute. Je ne serai absent qu'une minute.
Fam., C'est un homme à la minute, il est à la minute, Il
est d'une grande exactitude.
Côtelettes à la minute, Côtelettes grillées
promptement et servies sur-le-champ.
MINUTE, en termes d'Astronomie et de Géographie, signifie, La
soixantième partie de chaque degré d'un cercle. Le diamètre
du soleil se voit sous un angle de trente-deux minutes en hiver, et de trente
et une en été. La terre, dans son mouvement diurne, fait quinze
minutes de degré en une minute de temps.
MINUTE . s. f.
Lettre, écriture extrêmement petite. Écrire en minute.
Il signifie aussi, L'original, le brouillon de ce qu'on écrit d'abord
pour en faire ensuite une copie, et le mettre plus au net. Faire la minute
d'une lettre. Il ne fait point de minute de ses lettres, il n'en garde point les
minutes.
Se dit plus particulièrement de L'original des actes, qui demeure chez
les notaires, et sur lequel s'expédient les copies qu'on appelle Grosses
et Expéditions. La minute de ce contrat est chez le notaire un tel.
La minute lui en est demeurée. C'est lui qui en garde la minute. Délivrer
une grosse en parchemin sur la minute. On prétendait qu'il y avait une
omission dans la grosse, il fallut avoir recours à la minute. Toutes les
minutes doivent être sur papier timbré.
Il signifie aussi, L'original des sentences, des arrêts, des procès-verbaux
qui demeurent au greffe. La minute d'une sentence, d'un arrêt, d'un rapport
d'experts.
MINUTER . v. a.
Faire la minute d'un écrit qu'on se propose de mettre ensuite au net.
Avez-vous minuté cet acte comme on vous a dit? Minuter une dépêche.
Il signifie, figurément et familièrement, Projeter quelque chose
pour l'accomplir bientôt. Il minute son départ, sa retraite. Il
minutait de s'en aller. Il minute quelque chose. Il y a longtemps qu'il minutait
de faire ce qu'il a fait. Dans ce sens, il est peu usité.
MINUTÉ, ÉE. participe
MINUTIE . s. f.
(On prononce Minucie.) Bagatelle, chose frivole, et de peu de conséquence.
Il ne faut pas s'arrêter à des minuties. Ce sont des minuties
grammaticales qui ne valent pas la peine qu'on y fasse attention. Ce que vous
dites là est une minutie, n'est qu'une pure minutie.
MINUTIEUSEMENT . adv.
D'une manière minutieuse. Observer, relever minutieusement les fautes
d'un ouvrage.
MINUTIEUX , EUSE. adj.
Qui s'attache aux minuties, qui s'en occupe, et y donne trop d'attention. C'est
un homme bien minutieux. Esprit minutieux.
Se dit aussi Des choses. Recherches minutieuses. Soins minutieux. Attention,
exactitude minutieuse.
MI-PARTI , IE. adj.
Composé de deux parties égales, mais dissemblables. Robe mi-partie
d'écarlate et de velours noir, de blanc et de noir. Les échevins
avaient des robes mi-parties. En termes de Blason, Écu mi-parti.
MI-PARTI, signifie, au sens moral, Partagé en deux moitiés
égales ou à peu près égales. Les avis sont mi-partis.
L'opinion est mi-partie. Les électeurs étaient mi-partis.
Chambres mi-parties, Chambres instituées par l'édit de
Nantes, et ainsi nommées parce qu'elles étaient composées,
par moitié, de juges catholiques et de juges protestants. Louis XIV
supprima toutes les chambres mi-parties.
MIQUELET .s.m.
Il se disait autrefois de Bandits espagnols qui vivaient dans les Pyrénées,
principalement sur les frontières de la Catalogne et de l'Aragon. Les
miquelets étaient fort à craindre pour les voyageurs. L'Espagne
avait un corps de miquelets dans ses troupes.
Se dit aujourd'hui de Soldats qui forment la garde particulière des capitaines
généraux, ou gouverneurs de province, en Espagne.
MIRABELLE . s. f.
Espèce de petite prune ronde, de couleur jaune. Mirabelle double
ou dorée. Mirabelle commune.
MIRACLE .s.m.
Acte de la puissance divine, contraire aux lois connues de la nature. Vrai,
faux miracle. Miracle avéré. Le don des miracles. Opérer
des miracles. Il a échappé à la mort comme par miracle.
Se dit, par exagération, d'Une chose extraordinaire, d'une chose qui
devait naturellement arriver, et qui cependant n'est pas arrivée. C'est
un miracle qu'il n'ait pas été tué dans cette bataille. C'est
un miracle qu'il se soit sauvé d'un si grand péril. C'est un miracle
qu'il soit venu si vite, qu'il ait achevé si promptement cet ouvrage.
Se dit aussi de Tout ce qui fait naître l'étonnement, l'admiration.
Cette femme est un miracle de la nature, un miracle de beauté. Cette
machine est un miracle de l'art.
Fam., C'est un miracle de vous voir, se dit A une personne qu'on n'avait
pas vue depuis longtemps.
Fam., Il faut crier miracle, se dit Quand quelqu'un fait une chose qu'il
n'a pas coutume de faire, qui est opposée à ses habitudes, à
son caractère.
Fam., Voilà un beau miracle, se dit ironiquement À quelqu'un
qui se vante d'une chose fort ordinaire; et, Vous avez fait là un beau
miracle, À celui qui a fait une action maladroite.
Fam., Faire des miracles en quelque occasion, Se signaler, se distinguer
en quelque occasion.
Fam., Cela se peut sans miracle, Cela est très-aisé. On
dit aussi À une personne qui se vante après avoir fait une chose
fort aisée, Il n'y a pas là de quoi crier miracle.
À MIRACLE. loc. adv. Parfaitement bien. Cela est fait à
miracle. La commission était difficile, il s'en est acquitté à
miracle. Il est familier.
MIRACULEUSEMENT . adv.
D'une manière miraculeuse, d'une manière surprenante, d'une manière
admirable. Saint Pierre fut délivré miraculeusement de ses liens
par un ange. Cet homme échappa miraculeusement du naufrage. Cet ouvrage
est travaillé miraculeusement.
MIRACULEUX , EUSE. adj.
Qui s'est fait par miracle, qui tient du miracle. Effet, événement,
fait miraculeux. Chose miraculeuse. On peut dire que sa guérison est miraculeuse.
Il signifie aussi, Surprenant, merveilleux, admirable. Ouvrage miraculeux.
Action miraculeuse.
Il s'applique quelquefois Aux personnes, dans les deux sens. L'enfant miraculeux
né pour la rédemption du genre humain. On trouve ce médecin
miraculeux, mais je le crois un charlatan.
MIRAGE .s.m.
Phénomène qui est l'effet de la réfraction, et qui fait
paraître au-dessus de l'horizon les objets qui n'y sont pas. Dans la
basse Égypte, le phénomène du mirage donne souvent à
une plaine de sable l'apparence d'une grande étendue d'eau.
MIRE . s. f.
Espèce de bouton placé vers le bout d'un fusil, d'un canon, et
qui sert à mirer. La mire d'un canon, d'un fusil.
Ce canonnier prend sa mire, Il pointe le canon, et prend sa visée
pour faire que le coup porte où il veut.
Point de mire, L'endroit où l'on veut que le coup porte.
Fig., Point de mire, But auquel on tend. Cette dignité est
le point de mire de beaucoup d'ambitieux.
Coins de mire, Morceaux de bois qui servent à hausser ou à
baisser un canon, un mortier.
MIRÉ . adj. m.
.Chasse. Il n'est usité que dans cette locution, Sanglier miré,
Vieux sanglier dont les défenses sont recourbées en dedans.
MIRER . v. a.
Viser, regarder avec attention l'endroit où l'on veut que porte le coup
d'une arme à feu, d'une arbalète, etc. Mirer le but. Mirer son
gibier. S'emploie aussi absolument. Après avoir bien miré,
il n'approcha pas seulement du but.
Mirer des oeufs, Les regarder, en les plaçant entre son oeil et
le jour, pour s'assurer qu'ils sont frais.
Fig. et fam., Mirer une place, un emploi, Y aspirer, y viser.
MIRER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie alors, Se
regarder dans un miroir ou dans quelque autre chose qui renvoie l'image des objets
qu'on lui présente. Se mirer dans l'eau. Mirez-vous. Après qu'elle
se fut longtemps mirée.
Par exagérat., On se mirerait dans ce parquet, Il est fort uni
et fort luisant. On se mire dans cette vaisselle, Elle est très-nette
et très-claire.
Fig. et fam., Se mirer dans son ouvrage, Regarder son ouvrage avec complaisance.
Prov. et fig., Se mirer dans ses plumes, Faire paraître une grande
complaisance pour sa beauté et pour sa parure.
MIRÉ, ÉE. participe
MIRLIFLORE .s.m.
Jeune homme qui fait l'agréable, le merveilleux. Il est familier.
MIRLIROT .s.m.
Voyez MÉLILOT.
MIRLITON .s.m.
Espèce de flûte très-simple, formée d'un roseau bouché
par les deux bouts, avec une pelure d'ognon ou avec un morceau de baudruche. Les
enfants jouent du mirliton.
MIRMIDON .s.m.
(Quelques-uns, pour se conformer à l'étymologie, écrivent,
Myrmidon.) Nom de peuple qui est devenu un nom appellatif, par lequel on
désigne avec mépris, avec raillerie, Un jeune homme de très-petite
taille. Voilà un plaisant mirmidon.
Se dit, figurément, de Ceux qui ont des prétentions exagérées
et ridicules, qui font de vains efforts pour paraître supérieurs
aux autres et à eux-mêmes. Des mirmidons en littérature.
Ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils n'entendent pas. Il est familier dans
ses deux acceptions.
MIROIR .s.m.
Glace de verre ou de cristal, qui, étant enduite par derrière
avec une feuille d'étain et du mercure, réfléchit l'image
des objets qu'on lui présente. Grand miroir. Miroir de toilette, de
poche. Miroir de cristal de roche. Bordure de miroir. Glace de miroir. Miroir
de Venise. Se regarder dans un miroir. S'ajuster au miroir. Un miroir qui flatte,
qui enlaidit, qui n'est pas fidèle. Cette femme est sans cesse devant son
miroir. Dès que cette femme arrive quelque part, elle court au miroir.
Se dit aussi de Tout corps poli qui, ne donnant point passage à la lumière,
la réfléchit, et renvoie l'image des objets. Les anciens avaient
des miroirs d'airain. Plusieurs des miroirs qui servent aux expériences
de catoptrique sont de métal. Ce ruisseau, cette rivière lui offrait
le miroir de ses eaux.
MIROIR, se dit, figurément et au sens moral, de Ce qui représente
une chose et la met en quelque sorte devant nos yeux. Cet homme est un miroir
de vertu, de patience. Le théâtre, la comédie est un miroir
où nous nous voyons souvent sans nous reconnaître. La satire présente
son miroir aux hommes pour les faire rougir de leurs vices. Les yeux sont le miroir
de l'âme. C'est vainement qu'on offre à des hommes prévenus
le miroir de la vérité.
Miroir ardent, Sorte de miroir, soit de verre, soit de métal,
qui, étant exposé au soleil, en rassemble tellement les rayons dans
un point appelé le foyer, qu'il brûle, presque en un moment, ce qui
lui est présenté.
En termes de Catoptrique, Miroir convexe, concave, prismatique, pyramidal,
parabolique, cylindrique, conique, miroir à facettes, etc., Miroir
dont les formes diverses sont indiquées par leurs noms mêmes, et
qui altèrent différemment la forme apparente des objets.
OEufs au miroir, OEufs qu'on fait cuire sur un plat enduit de beurre,
sans les brouiller, et qu'on nomme aussi OEufs sur le plat.
MIROIR, en termes de Chasse, Instrument monté sur un pivot et
garni de petits morceaux de miroir, qui tourne au moyen d'un ressort, et qu'on
expose au soleil, pour attirer par son éclat des alouettes et d'autres
petits oiseaux. Prendre ou tirer des alouettes au miroir.
MIROIR, en termes de Marine, Le cadre ou cartouche de menuiserie, placé
à l'arrière du vaisseau, et chargé des armes du roi, quelquefois
aussi de la figure qui donne son nom au vaisseau. Il est vieux en ce sens: on
dit aujourd'hui, Tableau.
MIROIR, en termes d'Eaux et Forêts, se dit Des places entaillées
sur le tronc d'un arbre, et marquées avec le marteau.
MIROITÉ , ÉE. adj.
Se dit D'un cheval dont le poil véritablement bai présente des
marques plus brunes ou plus claires qui rendent sa croupe en quelque façon
pommelée, et qui la différencient en partie du fond de la robe.
Cheval bai miroité. On dit aussi, Bai à miroir.
MIROITERIE . s. f.
Commerce de miroirs.
MIROITIER .s.m.
Marchand qui fait, répare et vend des miroirs.
MIROTON .s.m.
.Cuisine. Mets composé de tranches de boeuf déjà cuites,
qu'on assaisonne de différentes manières.
MISAINE . s. f.
.Mar. Se dit Du mât d'avant, du mât qui est près du mât
de beaupré; il se dit aussi Des objets qui en dépendent. Le mât
de misaine. La voile de misaine, ou simplement, La misaine. La vergue de
misaine. La hune de misaine.
MISANTHROPE .s.m.
Celui qui hait les hommes. Timon d'Athènes était un véritable
misanthrope.
Se dit particulièrement d'Un homme bourru, chagrin, ennemi du commerce
des autres hommes. C'est un misanthrope, un vrai misanthrope. La comédie
du Misanthrope.
S'emploie quelquefois adjectivement. Il devient chaque jour plus misanthrope.
Esprit misanthrope.
MISANTHROPIE . s. f.
Haine des hommes, et, plus particulièrement, Caractère d'un homme
bourru, chagrin, ennemi du commerce des autres hommes. Sa misanthropie le porte
à désapprouver tout ce qui se fait.
MISANTHROPIQUE . adj.des deux genres
Qui naît de la misanthropie, qui en a le caractère. Réflexion
misanthropique. Chagrin misanthropique. Humeur misanthropique.
MISCELLANÉES .s.m. pl.
Mot formé du latin. Recueil de différents ouvrages de science,
de littérature, qui n'ont quelquefois aucun rapport entre eux. Cet auteur
a donné d'excellents miscellanées. On dit plus ordinairement,
Miscellanea ou Mélanges.
MISCIBILITÉ . s. f.
T. didact. Qualité de ce qui peut se mêler, s'allier. La miscibilité
des métaux.
MISCIBLE . adj.des deux genres
T. didact. Qui a la propriété de se mêler avec quelque chose.
L'huile n'est point miscible avec l'eau.
MISE . s. f.
Ce qu'on met, soit dans une société de commerce, soit au jeu.
Sa mise dans cette affaire est de cent cinquante mille francs. Il a fait à
la loterie une mise de deux cents francs. Nous jouons petit jeu, la mise n'est
que de cinq francs. Retirer sa mise. Doubler sa mise.
Se dit également pour Enchère. La dernière mise est
à tant. Ma mise a couvert la sienne.
Il signifie aussi, L'emploi de l'argent qu'on a reçu, qu'on a dépensé,
et L'état que l'on en dresse dans un compte. La mise excède la
recette. La mise doit tant à la recette. Toute la mise monte à tant.
Il est vieux dans cette acception.
MISE, se dit encore Du débit, du cours de la monnaie. En ce sens,
on ne l'emploie guère que dans les locutions suivantes: Monnaie, argent
de mise.
Ces espèces-là ne sont plus de mise, N'ont plus de cours,
ne sont plus de débit.
Fig. et fam., Cet homme est de mise, Il est fait pour la bonne compagnie,
on peut le présenter partout.
Fig. et fam., Cette raison, cette excuse n'est pas de mise, Cette raison
n'est pas valable, cette excuse n'est pas recevable. Cette étoffe n'est
pas de mise, n'est plus de mise, Elle n'est plus de mode; ou bien, La saison
de la porter est passée.
MISE, signifie aussi, Manière de se mettre, de se vêtir.
Avoir une mise décente, négligée, élégante.
En Jurisprud., Mise en possession, Formalité juridique par laquelle
on est mis en possession d'un bien.
Mise en accusation, en jugement, Décision par laquelle on met
un prévenu en accusation, un accusé en jugement.
Mise en liberté, Décision par laquelle le prévenu
ou l'accusé est mis en liberté.
Mise en scène, Les préparatifs, les soins qu'exige la représentation
d'une pièce de théâtre. La mise en scène de cette
pièce a coûté beaucoup d'argent.
Mise en vente, L'action de mettre quelque chose en vente. Depuis la
mise en vente de cet ouvrage, on en a déjà débité
mille exemplaires.
En termes de Commerce, Mise hors, Argent déboursé, avancé
pour les frais d'une entreprise. Sa mise hors ne sera couverte que lorsque
sa manufacture sera en activité.
Mise en oeuvre, L'action de mettre en oeuvre une matière quelconque.
Il était aisé de rassembler les matériaux, c'est la mise
en oeuvre qui était difficile.
En Imprim., Mise en pages, L'action de rassembler les paquets de composition
pour en faire des pages et des feuilles. Il est chargé de la mise en
pages. On appelle, dans le même Art, Mise en train, L'action
de tout disposer pour le tirage d'une forme.
MISÉRABLE . adj.des deux genres
Malheureux, qui est dans la misère, dans la souffrance. Cet homme,
cette famille est bien misérable. Être réduit à un
état misérable. C'est une misérable condition que celle de
l'homme. Il mène une vie, il a une existence bien misérable. Son
sort est misérable.
Faire une fin misérable, Mourir dans la misère, ou Périr
d'une manière très-fâcheuse.
MISÉRABLE, signifie aussi, Méchant. Il faut être
bien misérable pour faire une telle action.
Il signifie également, Qui est fort mauvais dans son genre. Toutes
les raisons qu'il allègue sont misérables. Il a fait un discours,
une pièce misérable. Un livre, un auteur misérable. Une santé
misérable.
S'emploie aussi comme un terme de mépris. Se tourmenter pour de misérables
honneurs. Il n'a qu'un misérable cheval dans son écurie. Il n'est
couvert que d'une misérable redingote.
MISÉRABLE, est quelquefois substantif, et signifie alors, Celui
qui est dans la misère. Assister, secourir les misérables. Avoir
pitié des misérables. Sécher les pleurs des misérables.
Par injure, C'est un misérable, ce n'est qu'un misérable,
C'est un homme de néant, ou C'est un très-malhonnête homme.
Dans ce dernier sens, on dit quelquefois, C'est un grand misérable.
On dit aussi D'un enfant, d'un jeune homme vicieux, C'est un petit misérable;
et D'une femme décriée pour sa mauvaise conduite, C'est une misérable.
MISÉRABLEMENT . adv.
D'une manière misérable. Vivre misérablement. Finir
misérablement. Écrire misérablement.
MISÈRE . s. f.
État malheureux, condition malheureuse, extrême indigence, privation
des choses nécessaires à la vie. Grande, profonde misère.
Il est tombé, plongé dans la misère. Il est au comble de
la misère, dans la dernière misère, dans une extrême
misère. Il est mort de faim et de misère, de pure misère.
Être sensible aux misères d'autrui. Il y a des misères qui
font saigner le coeur. La vie est pleine de misères. Les misères
de la vie. Ce monde est une vallée de misères. Quand verrons-nous
la fin de nos misères?
Il sert particulièrement à exprimer La faiblesse et le néant
de l'homme. Ce qui nous paraît de plus grand dans le monde n'est que
misère et que vanité. On n'est jamais content de son état:
rien ne marque davantage la misère de l'homme.
MISÈRE, signifie aussi, Peine, difficulté, gêne.
C'est une grande misère que les procès. C'est une misère
que d'avoir affaire à lui.
Fig. et fam., Collier de misère, Travail pénible, qu'on
ne peut interrompre que pour le reprendre bientôt. Le voilà nommé
à un emploi bien assujettissant, il va prendre le collier de misère.
Les vacances sont finies, il faut reprendre le collier de misère.
La misère du temps, des temps, Le mauvais état des affaires.
Il ne vend rien, c'est la misère du temps qui en est la cause.
MISÈRE, signifie encore, Bagatelle, chose de peu d'importance
et de valeur. Ne vous inquiétez pas de cela, c'est une misère,
ce n'est qu'une misère. Il s'est fâché pour une misère.
On ne lui reproche que des misères. Je suis un peu souffrant, mais ce ne
sont que des misères. Il a l'air de se bien porter, mais il a toujours
quelques misères. Il ne nous a dit que des misères.
MISÉRÉRÉ .s.m.
.Lit. cathol. Le psaume cinquantième, qui commence en latin par ces mots,
Miserere mei, Domine (Ayez pitié de moi, Seigneur). Dire un miséréré,
le miséréré.
MISÉRÉRÉ, se dit aussi, vulgairement, d'Une sorte
de colique très-violente et très-dangereuse, dans laquelle on rend
les excréments par la bouche. Le miséréré emporte
un homme en peu de temps. Avoir le miséréré. Une colique
de miséréré. Il est mort d'un miséréré.
MISÉRICORDE . s. f.
Vertu qui porte à avoir compassion des misères d'autrui, et à
les soulager. Pratiquer, exercer la miséricorde, les oeuvres de miséricorde.
C'est un homme sans miséricorde. Il n'a pas de miséricorde. Il n'a
de miséricorde envers personne, pour personne.
Il signifie aussi, La grâce, le pardon accordé à ceux qu'on
pourrait punir. Demander miséricorde. Crier miséricorde. Implorer
la miséricorde du prince. Faire miséricorde. Il ne leur a fait aucune
miséricorde. Obtenir miséricorde. Il ne mérite point de miséricorde.
La miséricorde de Dieu, la miséricorde divine, Bonté
par laquelle Dieu fait grâce aux hommes, aux pécheurs. On dit de
même: C'est une grande miséricorde que Dieu nous a faite. Il faut
espérer que Dieu nous fera miséricorde, nous recevra dans sa miséricorde.
Chanter les miséricordes de Dieu. Etc.
Préférant miséricorde à justice. Formule
usitée dans les lettres de rémission, et dans celles d'abolition.
Prov., À tout péché miséricorde, signifie
tantôt, Il faut avoir de l'indulgence; tantôt, Espérez votre
pardon.
Être à la miséricorde de quelqu'un, Dépendre
absolument de la pitié de quelqu'un, dans une circonstance où l'on
a besoin qu'il fasse grâce.
Se remettre, s'abandonner à la miséricorde de quelqu'un,
Se remettre, s'abandonner à sa merci, à sa discrétion.
MISÉRICORDE, se dit quelquefois, par exclamation, et pour marquer
une extrême surprise. Miséricorde! il va se tuer, s'il fait cela.
On crie, À l'aide, miséricorde! quand on est battu, outragé,
et qu'on demande du secours.
Fam., Crier miséricorde, se dit De quelqu'un qui souffre de violentes
douleurs, et qui pousse de grands cris.
MISÉRICORDE, signifie aussi, Une petite saillie de bois attachée
sous le siége d'une stalle, et sur laquelle on peut être en quelque
manière assis, lorsque le siége est levé.
MISÉRICORDIEUSEMENT . adv.
Avec miséricorde. Dieu reçoit miséricordieusement les
pécheurs qui reviennent à lui.
MISÉRICORDIEUX , EUSE. adj.
Qui a de la miséricorde, qui est enclin à la miséricorde.
Dieu est miséricordieux, est miséricordieux envers les pécheurs.
On l'emploie quelquefois substantivement. L'Évangile dit: Bienheureux
sont les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
MISSEL .s.m.
Livre qui contient les prières, le canon et les cérémonies
de la messe. Missel romain, parisien. Missel à l'usage du diocèse
de Paris.
MISSION . s. f.
Charge, pouvoir qu'on donne à quelqu'un d'aller faire quelque chose.
Il a reçu sa mission. Ce n'est pas de moi que vous devez attendre, que
vous devez recevoir votre mission. Où est votre mission? Avez-vous mission
pour parler, pour agir ainsi? Qui vous a donné mission pour cela? Vous
agissez sans mission. Il a mal rempli sa mission.
S'emploie particulièrement en parlant Des choses qui regardent la religion,
la prédication de l'Évangile, et la discipline ecclésiastique.
La mission des apôtres vient de JÉSUS-CHRIST même.
Il agit en vertu de la mission apostolique qu'il a reçue. Il a demandé,
il a obtenu la mission de son supérieur.
Prov. et fig., Prêcher sans mission, N'être pas autorisé
à dire ou à faire ce qu'on dit ou ce qu'on fait.
MISSION, se dit collectivement Des prêtres, séculiers ou
réguliers, employés dans quelques pays, soit pour la conversion
des infidèles, soit pour l'instruction des chrétiens. On envoya
une mission dans les Indes. La mission de la Chine. La mission y a fait de grands
fruits, a fait de grandes conversions. Il est arrivé une mission dans la
ville.
Il signifie aussi, Une suite de prédications, de catéchismes et
de conférences que les missionnaires font en quelque endroit, soit pour
la conversion des infidèles, soit pour l'instruction des chrétiens.
Faire une mission. Faire la mission. Il a fait longtemps la mission dans telle
ville, dans telle paroisse. On l'a envoyé en mission. La mission a duré
deux mois.
Pères de la Mission, Congrégation de prêtres réguliers
qui vivent en communauté sous un supérieur général,
et dont l'institution a principalement pour objet la prédication dans les
campagnes. On les appelle autrement Lazaristes. Le supérieur général
de la Mission. Le général de la Mission.
MISSION, s'est dit aussi de La maison où demeuraient les Pères
de la Mission. Il est allé à la Mission. Il est en retraite à
la Mission.
Prêtres des Missions étrangères, Prêtres séculiers
qui vivent en communauté sous un supérieur général,
et dont l'institution est d'aller prêcher l'Évangile dans les Indes.
On appelle, à Paris, Séminaire des Missions étrangères,
ou simplement, Missions étrangères, La maison où ces
prêtres demeurent. Il loge aux Missions étrangères.
MISSIONNAIRE .s.m.
Celui qui est employé aux missions pour la conversion ou pour l'instruction
des peuples. Les missionnaires ont fait des conversions dans les Indes. Il
y a des missionnaires dans cette province, dans cette paroisse. C'est un missionnaire
fort zélé. Cet orateur a une éloquence de missionnaire.
Il se disait plus particulièrement autrefois Des Pères de la Mission.
Les missionnaires sont établis en tel endroit. Ce sont les missionnaires
qui desservent cette cure.
MISSIVE . adj. f.
qui signifie, Destinée à être envoyée. Il n'est usité
que dans cette locution, Lettre missive.
S'emploie plus ordinairement comme substantif. Il m'a écrit une longue
missive. Vous recevrez une missive qui vous instruira de tout. Il est familier.
MISTRAL .s.m.
Nom que, dans les provinces de France voisines de la Méditerranée,
on donne au vent de nord-ouest. Quelques-uns disent et écrivent, Maëstral.
MITAINE . s. f.
Sorte de gant de laine, de soie ou de peau, où la main entre tout entière,
sans qu'il y ait de séparation pour les doigts, excepté pour le
pouce. Une paire de mitaines.
Se dit aussi d'Une sorte de petits gants de femme, qui ne couvrent que le dessus
des doigts. Mitaines de soie.
Se dit, figurément et familièrement, au pluriel, pour Précautions,
soins, ménagements. Cela ne se prend pas sans mitaines. On ne peut toucher
à cela qu'avec des mitaines. Il faut y aller avec des mitaines. J'ai été
obligé de prendre des mitaines pour lui parler, pour l'avertir de son erreur.
Fig. et pop., Onguent miton mitaine, Remède qui ne fait ni bien
ni mal. Ce que vous proposez là pour le guérir n'est que de l'onguent
miton mitaine. Il signifie aussi, Expédient inutile que l'on propose
dans quelque affaire que ce soit. On dit dans le même sens, Ce sont là
des mitaines à quatre pouces.
MITE . s. f.
Petit insecte sans ailes et à huit pattes, dont une espèce, presque
imperceptible, s'engendre dans le fromage. Ce fromage est plein de mites.
MITHRIDATE .s.m.
Drogue composée, que l'on dit être de l'invention de Mithridate,
et à laquelle on attribue des vertus antivénéneuses. Prendre
du mithridate.
Vendeur de mithridate, Charlatan; et, figurément et familièrement,
Homme qui parle avec jactance, qui promet beaucoup et ne tient rien.
MITIGATION . s. f.
Adoucissement. La règle de cet ordre avait besoin de mitigation. Il
faudrait apporter à cette loi quelque mitigation. La mitigation des peines.
MITIGER . v. a.
Adoucir, rendre plus aisé à supporter, à subir, à
pratiquer. Mitiger une règle trop austère. Mitiger une loi, un
jugement, une peine.
Mitiger une assertion, une proposition, La rendre moins absolue, y apporter
quelque modification. Cette assertion a besoin d'être mitigée,
demande à être mitigée.
MITIGÉ, ÉE. participe, Peine mitigée.
Morale mitigée, Morale relâchée.
Ordres mitigés, Ceux qui vivent sous une règle moins austère
et moins pénible que celle de leur première institution.
MITON .s.m.
Sorte de gant sans main ni doigt qui ne sert qu'aux femmes, et ne leur couvre
que l'avant-bras. Miton de laine, de soie.
Onguent miton mitaine. Voyez MITAINE.
MITONNER . v. n.
Se dit Du pain qu'on laisse tremper longtemps dans le bouillon sur le feu, avant
de servir le potage. Le potage mitonne. Il faut le laisser mitonner quelque
temps. Faire mitonner la soupe.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le même sens. La
soupe se mitonne.
MITONNER, est aussi actif, et signifie familièrement, Dorloter,
prendre un grand soin de tout ce qui regarde la santé et les aises d'une
personne. Il a une femme qui a un grand soin de lui, et qui le mitonne extrêmement.
Il aime qu'on le mitonne.
S'emploie également avec le pronom personnel, dans la même acception.
C'est un homme qui aime à se mitonner.
Fig. et fam., Mitonner quelqu'un, Ménager adroitement son esprit,
dans des vues intéressées. C'est un homme qui peut leur être
utile, ils le mitonnent avec soin. On dit aussi, Je vous ai mitonné
cette ressource, ce protecteur, Je vous les ai ménagés par mes
soins.
Fig. et fam., Mitonner une affaire, La disposer et la préparer
doucement, pour la faire réussir quand il en sera temps.
MITONNÉ, ÉE. participe
MITOYEN , ENNE. adj.
Qui est au milieu, qui tient le milieu, qui est entre deux choses. Espace
mitoyen. S'emploie plus ordinairement dans les locutions suivantes:
Mur mitoyen, Mur qui appartient aux deux propriétés contiguës
dont il forme la séparation. On dit de même, Fossé mitoyen,
haie mitoyenne.
Puits mitoyen, Puits pratiqué sur la limite commune de deux propriétés
contiguës, et qui est à l'usage de l'une et de l'autre.
Cloison mitoyenne, Cloison qui est commune à deux chambres, et
qui les sépare.
Dents mitoyennes d'un cheval, Celles qui sont entre les pinces et les
coins.
MITOYEN, au sens moral, signifie, Qui est placé entre deux choses
extrêmes ou opposées, et qui tient un peu de l'une et de l'autre.
On a ouvert un avis mitoyen pour tout concilier. Il a pris un parti mitoyen.
Quelquefois les partis mitoyens sont les plus mauvais en affaires. La bourgeoisie
formait un état mitoyen entre la noblesse et le peuple.
MITOYENNETÉ . s. f.
Qualité de ce qui est mitoyen; Droit de copropriété de
deux voisins sur le mur, la haie, le fossé qui les sépare. La
mitoyenneté d'un mur, d'un puits. Indices, preuves de mitoyenneté.
MITRAILLADE . s. f.
Décharge de plusieurs canons chargés à mitraille, sur une
masse de personnes. La mitraillade a duré une demi-heure, et a tué
beaucoup de monde. Il est peu usité.
MITRAILLE . s. f. collectif.
Toute sorte de vieille quincaillerie, de vieux morceaux de cuivre. Dans ce sens,
il a vieilli.
Se dit aussi, familièrement, de La basse monnaie. Il ne m'a payé
qu'en mitraille.
Il signifie encore, Toute sorte de vieux clous, de vieux fers, etc., dont anciennement
on chargeait quelquefois le canon; et, par extension, Les balles de fer ou biscaïens,
ordinairement mêlés de ferraille, dont on fait des cartouches pour
l'artillerie. Un canon chargé de mitraille, à mitraille. Tirer
à mitraille.
MITRAILLER . v. n.
Tirer le canon à mitraille. On a mitraillé pendant une heure.
Il est aussi actif. On a mitraillé l'ennemi.
MITRAILLÉ, ÉE. participe
MITRE . s. f.
Coiffure que portent les évêques, quand ils officient en habits
pontificaux. Officier avec la mitre et la crosse. En quelques églises
les chanoines portaient la mitre.
MITRE, en termes d'Antiquités, se dit d'Une coiffure qui était
en usage chez les femmes romaines, et qui venait originairement des Perses.
MITRE, se dit aussi Des tuiles, des planches de plâtre qu'on dispose
en forme de mitre au-dessus d'une cheminée, pour l'empêcher de fumer.
MITRÉ , ÉE. adj.
Qui porte la mitre. Il n'est guère usité que dans ces locutions,
Abbé crossé et mitré; abbaye crossée et mitrée.
MITRON .s.m.
Garçon boulanger. Il est populaire.
MIXTE . adj.des deux genres
Qui est mélangé, qui est composé de plusieurs choses de
différente nature, et qui participe de la nature des unes et des autres.
Corps mixte.
S'emploie quelquefois au sens moral. Il s'est fait en politique une opinion
mixte. Le drame est une espèce de genre mixte qui tient de la tragédie
et de la comédie.
Commission mixte, Commission composée d'hommes pris dans deux
ou plusieurs compagnies, dans deux ou plusieurs nations. On a établi
une commission mixte pour la liquidation des créances respectives, pour
la détermination des limites.
En Jurisprud., Causes, actions mixtes, Causes, actions qui sont à
la fois personnelles et réelles. Causes personnelles, réelles
et mixtes.
Causes mixtes, s'est dit aussi Des causes qui étaient de la compétence
du juge séculier et du juge ecclésiastique en même temps.
MIXTE, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Un corps mixte.
Toutes les parties d'un mixte. Réduire les mixtes à leurs principes.
MIXTILIGNE . adj.des deux genres
.Géom. Se dit Des figures terminées en partie par des lignes droites,
et en partie par des lignes courbes.
MIXTION . s. f.
.Pharm. Mélange de plusieurs drogues dans un liquide, pour la composition
d'un médicament. Ce médicament se fait par la mixtion de telle
et de telle drogue.
MIXTIONNER . v. a.
Mélanger, mêler quelque drogue dans une liqueur, et faire qu'elle
s'y incorpore. Mixtionner du vin, un breuvage. Il indique ordinairement
un mélange mauvais, dangereux.
MIXTIONNÉ, ÉE. participe, Vin mixtionné,
Vin qui n'est pas naturel, qui est mélangé, frelaté.
MIXTURE . s. f.
.Pharm. Médicament liquide qui résulte du mélange de substances
diverses.
MNÉMONIQUE . s. f.
Art de faciliter les opérations de la mémoire; Méthode
au moyen de laquelle on se forme une mémoire artificielle. Il a appris
la mnémonique. Il a écrit sur la mnémonique. La mnémonique
était en usage chez les anciens.
Il est aussi adjectif des deux genres. Art mnémonique. Figures mnémoniques.
Opération mnémonique.
MNÉMOTECHNIE . s. f.
Il est synonyme de Mnémonique.
MOBILE . adj.des deux genres
Qui se meut, ou qui peut être mû. L'aiguille aimantée
est mobile sur son pivot. Cette roue n'est pas assez mobile. La surface mobile
des eaux.
En termes d'Imprim., Caractères mobiles, Caractères séparés
qu'on place les uns après les autres pour en former des mots; par opposition
aux planches gravées en bois, stéréotypées, etc.
Fêtes mobiles, Certaines fêtes de l'année, ainsi nommées
parce que le jour de leur célébration change tous les ans, selon
la différence des lunaisons. Pâques, la Pentecôte, l'Ascension,
etc., sont des fêtes mobiles.
Au sens moral, Caractère mobile, Caractère changeant. Imagination,
esprit mobile, Imagination, esprit qui reçoit aisément des impressions
différentes.
En Administration militaire, Troupes mobiles, se dit par opposition à
Troupes, à corps sédentaires. Créer une garde nationale
mobile.
MOBILE, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Le corps qui
est mû. Un mobile imprime une partie de son mouvement à un autre
mobile qu'il rencontre.
Il signifie particulièrement, en Horlogerie, Une roue ou quelque autre
pièce du mouvement d'une montre ou d'une pendule, qui tourne sur son pivot.
MOBILE. subst. signifie aussi, La force mouvante. L'eau est le mobile
de cette machine.
Le premier mobile, Le ciel que les anciens astronomes supposaient envelopper
et faire mouvoir tous les autres cieux.
Fig., Premier mobile, se dit d'Une personne qui donne le mouvement à
une affaire, à une association. Un tel est le premier mobile de cette
affaire, de cette conjuration.
MOBILE. subst. se dit figurément de Ce qui porte, de ce qui excite
à faire quelque chose. La gloire est le mobile de grandes actions, de
grands travaux. L'argent est son unique mobile. L'amour du bien public fut le
mobile de toutes ses actions.
MOBILIAIRE . adj. f.
Qui consiste en meubles, ou qui concerne cette nature de biens. Propriété,
richesse mobiliaire. Contribution, imposition mobiliaire.
MOBILIER , ÈRE. adj.
.Jurispr. Qui est de la nature du meuble. Les biens mobiliers de cette succession.
Les effets mobiliers. D'après le code civil, les rentes constituées,
les effets publics, les intérêts dans les entreprises de commerce,
etc., sont des biens mobiliers.
Succession mobilière, Succession ou portion de succession qui
consiste en meubles. Héritier mobilier, Celui qui hérite
des meubles.
MOBILIER, s'emploie aussi comme substantif collectif, et se dit Des meubles,
de ce qui sert à garnir et à orner une maison, sans en faire partie.
Il a hérité d'un gros mobilier. Il a un fort beau mobilier. On
a vendu son mobilier par autorité de justice.
MOBILISATION . s. f.
.Jurispr. et d'Administr. militaire. Action de mobiliser.
MOBILISER . v. a.
.Jurispr. Faire une convention en vertu de laquelle un immeuble réel
ou réputé tel, est considéré comme meuble. Par
les contrats de mariage on mobilise quelquefois des immeubles. Dans ce sens,
on dit aussi, Ameublir.
MOBILISER, signifie aussi quelquefois, en termes d'Administration militaire,
Envoyer en expédition, mettre en campagne un corps ordinairement sédentaire.
On mobilisa une partie de la garde nationale de telle ville.
MOBILISÉ, ÉE. participe
MOBILITÉ . s. f.
T. didact. Facilité à être mû. La mobilité
des corps sphériques. La mobilité du mercure.
Au sens moral, Mobilité de caractère, d'esprit, d'imagination,
Facilité à passer promptement d'une disposition à une autre,
d'un objet à un autre. La mobilité des choses humaines, la mobilité
des opinions, Leur incertitude, leur passage continuel d'un état à
un autre.
MODALITÉ . s. f.
.Logique. Mode, qualité, manière d'être. La blancheur
est une modalité de la neige.
MODE . s. f.
Usage passager qui dépend du goût et du caprice. Nouvelle mode.
Vieille mode. Ancienne mode. Mode ridicule, extravagante. C'est la mode. C'est
la dernière mode. Ce n'est plus la mode. La mode en est passée.
Inventer des modes. Se mettre à la mode. Suivre la mode, les modes. Un
habit, une étoffe à la mode. C'est un mot qui est fort à
la mode. Une opinion de mode. Un système à la mode. Être esclave
de la mode. Les caprices, les bizarreries, l'empire de la mode. Cela était
autrefois à la mode. On revient aux vieilles modes. Il ne porte que des
habits faits à l'ancienne mode. Les fous inventent les modes, et les sages
les suivent.
Fam., Cet homme, cette femme est fort à la mode, Cet homme est
fort recherché, cette femme est beaucoup fêtée.
Boeuf à la mode, Ragoût fait d'une pièce de boeuf
piquée de gros lard.
MODES, au pluriel, signifie, Les ajustements, les parures à la
mode; mais, dans cette acception, il ne se dit qu'en parlant De ce qui sert à
l'habillement des dames. Marchande de modes. Magasin de modes. Vendre des modes.
Cette femme a du goût, elle fait bien les modes.
MODE, signifie aussi, Manière, fantaisie. Il faut le laisser
vivre à sa mode, le laisser faire à sa mode. Il s'est fait une philosophie
à sa mode. Chacun vit à sa mode.
À la mode d'Italie, d'Espagne, etc., Suivant les usages d'Italie,
d'Espagne, etc.
Oncle, tante à la mode de Bretagne, Cousin germain, cousine germaine
du père ou de la mère. Mon père et lui étaient
cousins germains; par conséquent il est mon oncle à la mode de Bretagne.
Neveu, nièce à la mode de Bretagne, Fils, fille du cousin
germain ou de la cousine germaine.
MODE .s.m.
.Philosophie. Manière d'être. Les divers arrangements des parties
d'un corps en sont les modes.
Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Forme, méthode. Mode
de gouvernement, d'administration, de comptabilité, d'enseignement, d'élection.
Le mode que nous avons adopté.
MODE, en Grammaire, se dit Des inflexions générales du
verbe, qui forment la conjugaison, et qui servent à exprimer les différents
points de vue sous lesquels on considère l'existence ou l'action. On
reconnaît cinq modes dans chaque verbe régulier: l'indicatif, l'impératif,
le conditionnel, le subjonctif, et l'infinitif.
MODE, en Musique, se dit Du caractère affecté au ton. Les
Grecs avaient plusieurs modes, l'ionien, le dorien, le phrygien, l'éolien,
le lydien, etc.
Mode majeur, Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique,
sont majeures; et, Mode mineur, Celui où la tierce et la sixte,
au-dessus de la tonique, sont mineures. Le ton d'ut, mode majeur. Le
ton de la, mode mineur.
Dans le Plain-chant, Mode authentique, Celui où la quinte de la
tonique est au grave, et la quarte à l'aigu; et, Mode plagal, Celui
où la quinte est à l'aigu, et la quarte au grave.
MODELAGE .s.m.
.Sculpture. Opération de celui qui modèle.
MODÈLE .s.m.
Exemplaire, patron. Un modèle d'écriture. Un modèle
de broderie. Ce livre vous servira de modèle pour relier les autres de
la même façon. Conformez-vous au modèle. Faire, donner un
modèle. Suivre, imiter un modèle. Travailler sur un modèle,
d'après un modèle. La nature est le modèle des arts. Cette
église a été bâtie sur le modèle du Panthéon.
Se dit particulièrement, en termes de Peinture et de Sculpture, de La
personne, homme ou femme, d'après laquelle les artistes dessinent, peignent,
modèlent, sculptent, etc. Figure dessinée, peinte d'après
le modèle. Faire le métier de modèle.
Poser le modèle, Mettre le modèle dans l'attitude qu'on
veut représenter.
Être fait comme un modèle, Être très-bien fait,
avoir toutes les parties du corps dans des proportions régulières
et élégantes.
MODÈLE, se dit aussi, en Sculpture, de La représentation
en terre ou en cire d'un ouvrage qu'on se propose d'exécuter en marbre
ou en quelque autre matière. Modèle de terre, de cire. Modèle
en grand, en petit. Le modèle d'une statue, d'un groupe.
Se dit également, dans plusieurs autres Arts, de La représentation
en petit d'un objet qu'on se propose d'exécuter en grand. Modèle
d'architecture. Le modèle d'un édifice. Modèle de plâtre,
de stuc, de bois. Le modèle d'une machine. Modèle de vaisseau, de
canon.
MODÈLE, se dit, figurément, Des ouvrages d'esprit, et Des
actions morales. Homère et Virgile sont de beaux modèles. Formez-vous,
réglez-vous sur ce modèle. Ayez ce modèle devant les yeux.
Cela vous servira de modèle. La vie de cet homme est un modèle de
vertu. Je le regarde comme un modèle de patience. Voilà un beau
modèle qu'on vous propose à suivre. Se proposer un modèle.
Prendre quelqu'un pour modèle. Sa conduite est le modèle de la mienne.
Vous avez pris, vous avez choisi, vous imitez un mauvais modèle. Il a été
le modèle des rois.
C'est un modèle, se dit D'une personne qui a de grandes vertus,
de grandes qualités.
MODELER . v. a.
.Sculpture. Former avec de la terre molle ou de la cire le modèle, la
représentation d'un ouvrage qu'on veut exécuter en marbre ou en
quelque autre matière. Modeler une statue, un groupe en terre, en cire.
On l'emploie aussi absolument. Ce sculpteur a passé toute la nuit à
modeler. Il modèle bien.
MODELER, s'emploie figurément, au sens moral, dans le langage
ordinaire, et signifie, Régler, conformer. Il a modelé sa conduite
sur celle de ses aïeux.
Il se joint quelquefois avec le pronom personnel. On doit se modeler sur
les gens de bien.
MODELÉ, ÉE. participe, Figure bien modelée.
S'emploie quelquefois substantivement, au masculin, en termes de Peinture et
de Sculpture, et se dit de La représentation, de l'imitation des formes.
Un beau modelé. Un modelé savant.
MODÉNATURE . s. f.
T. d'Architect. Proportion et galbe des moulures d'une corniche. La modénature
détermine le caractère des divers ordres d'architecture. La modénature
corinthienne est élégante.
MODÉRATEUR , TRICE. s.
Celui, celle qui modère, qui dirige, qui règle. Il y avait
à Lacédémone des modérateurs de la jeunesse. Ce
terme n'est guère usité que dans le style soutenu. Le souverain
modérateur. L'esprit modérateur du monde. Dieu est le modérateur
de l'univers.
Il signifie quelquefois, Celui qui cherche à tempérer des opinions
exaltées, à rapprocher des sentiments extrêmes. Il est
le modérateur de son parti. Dans cette grande querelle, il se fit modérateur,
il prétendit au rôle de modérateur.
MODÉRATION . s. f.
Retenue, vertu qui porte à garder une sage mesure en toutes choses. Grande
modération. Modération d'esprit. Esprit de modération. Il
s'est conduit dans cette affaire avec beaucoup de modération, avec peu
de modération. Il y a porté toute la modération possible.
User de modération. Il faut garder de la modération dans la bonne
fortune, mettre de la modération dans ses désirs. Cet homme est
un grand exemple de modération. Il faut user des meilleures choses avec
modération. Sortir des bornes de la modération.
MODÉRATION, signifie aussi, Retranchement, diminution d'un prix
ou d'une taxe. La modération d'une contribution. On ne lui a fait aucune
modération. On ne lui accorde aucune modération. Rôle de modération.
Il signifie encore, Adoucissement, mitigation. La modération d'une
peine, d'une amende.
MODÉRÉMENT . adv.
Sans excès, avec modération. Il s'est comporté fort
modérément dans cette occasion. Le vin est bon, mais il en faut
user modérément. Boire, manger modérément. Il a été
imposé modérément.
MODÉRER . v. a.
Diminuer, adoucir, tempérer, rendre moins violent. Modérer
le feu d'un fourneau. Modérer la course d'un cheval. Modérer l'action
d'une machine. Vous allez trop vite, modérez vos pas, votre marche. Vous
frappez ce cheval trop fort, modérez vos coups. Cette contribution est
trop forte, il faut la modérer. Modérer les impôts. Modérer
sa dépense.
S'emploie aussi en parlant De choses morales. Modérer sa colère,
ses passions, ses désirs, son ambition, son ardeur. Il a trop de feu, il
faut le modérer. Modérer ses prétentions. Modérer
le zèle de quelqu'un. Modérer la rigueur, la sévérité
d'une loi. Modérez votre douleur.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, comme dans cette phrase, Le temps
s'est modéré, le froid, le chaud commence à se modérer,
Il y a du relâchement dans le temps, de la diminution dans le froid, dans
le chaud.
Il signifie au sens moral, Se posséder, se contenir. Peu de gens savent
se modérer dans la bonne fortune. Il a su se modérer dans les occasions
les plus difficiles. Pourquoi vous emporter ainsi? modérez-vous un peu.
MODÉRÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, et
se dit Des choses qui sont éloignées de toute sorte d'excès.
Une chaleur modérée. Un feu modéré. Un pouls modéré.
Un exercice modéré.
Il signifie au sens moral, Qui est sage et retenu, qui n'est point emporté.
Un esprit modéré. Une passion modérée. Ce jeune
homme est bien modéré pour son âge.
MODERNE . adj.des deux genres
Nouveau, récent, qui est des derniers temps. Il est opposé à
Ancien et à Antique. Les auteurs, les philosophes, les peintres modernes.
Des ouvrages modernes. Les usages modernes. Cela est moderne. C'est une invention
moderne. Médailles modernes.
Architecture moderne, se dit de Tous les genres d'architecture qui ont
été en usage dans l'Europe depuis le commencement du moyen âge,
même de l'architecture gothique. Cependant lorsqu'on dit, Un bâtiment,
un édifice moderne, on entend ordinairement Un bâtiment, un édifice
fait suivant la manière de bâtir la plus récente.
MODERNE, employé substantivement, au masculin, se dit Des auteurs,
des savants, des artistes qui ont paru depuis la renaissance des lettres et des
arts. Les anciens et les modernes sont d'accord sur ce point.
À LA MODERNE. loc. adv. Suivant la manière la plus récente.
Bâtir à la moderne. Bâtiment à la moderne.
MODERNER . v. a.
T. d'Architecture. Restaurer, pour de nouveaux usages et dans un goût
moderne, un ancien édifice. Presque toutes les anciennes basiliques
de Rome ont été modernées.
MODERNÉ, ÉE. participe
MODESTE . adj.des deux genres
Qui a de la modestie. C'est un homme modeste, très-modeste. Il est
modeste dans ses discours, mais il n'en a pas moins une haute opinion de lui-même.
Il est trop modeste pour souffrir qu'on le loue en sa présence. Avoir un
maintien modeste, une contenance modeste, un air modeste, un ton modeste. Garder
un silence modeste. Faire une réponse modeste. Se renfermer dans un doute
modeste. Avoir des sentiments modestes de soi-même, une opinion modeste
de soi-même. Substantivement, Faire le modeste.
MODESTE, signifie aussi, Qui a de la retenue, de la modération,
qui ne donne dans aucun excès. Il est modeste dans sa dépense,
dans toute sa conduite. Former des voeux modestes.
Il signifie, en parlant Des choses, Médiocre, simple, sans éclat.
Avoir un train, un équipage modeste, une table modeste. Faire une dépense
modeste. Il s'est borné à conserver le modeste héritage de
ses pères.
Couleur modeste, Couleur qui n'est pas éclatante. Le gris est
une couleur modeste. Cette locution ne s'emploie qu'en parlant Des vêtements.
MODESTE, signifie encore, Qui a de la pudeur, de la décence. Il
faut qu'une fille soit modeste. Ce jeune homme est aussi modeste que la fille
la mieux élevée.
MODESTEMENT . adv.
D'une manière modeste, avec modestie, avec modération. Parler,
s'habiller, vivre modestement. Une table modestement servie.
MODESTIE . s. f.
Retenue dans la manière de penser et de parler de soi. Grande, véritable
modestie. Modestie sincère. Parler de soi avec modestie. Il est d'une modestie
qui l'empêche de tirer parti de ses talents. On n'ose le louer en sa présence,
de peur de blesser, de gêner sa modestie. Il a fallu faire violence à
sa modestie pour lui décerner cet honneur. Il y a une fausse modestie qui
n'est qu'un raffinement de vanité.
Il signifie aussi, Modération. Vivre, agir, se comporter avec modestie.
Se renfermer, se tenir dans les bornes de la modestie. Il est d'une grande modestie
dans sa dépense, dans sa conduite.
Il se prend aussi quelquefois pour Pudeur, décence. La modestie est
le plus bel ornement d'une fille. Ces paroles-là blessent la modestie,
choquent la modestie.
MODICITÉ . s. f.
Petite quantité. Il ne se dit qu'en parlant De bien, d'argent. La
modicité de son revenu, la modicité de sa fortune, l'oblige à
beaucoup d'économie. La modicité d'une somme. J'ai été
tenté par la modicité du prix. On ne saurait concevoir la modicité
de sa dépense.
MODIFICATIF , IVE. adj.
Qui modifie. Un terme modificatif. Une proposition modificative.
S'emploie souvent comme substantif, au masculin, surtout en Grammaire, où
il se dit Des mots qui déterminent le sens des autres. Les adverbes
sont ordinairement des modificatifs.
MODIFICATION . s. f.
Modération, restriction, adoucissement d'une proposition, d'une convention,
etc. Il faut apporter quelque modification à ces articles-là.
Votre opinion est susceptible de beaucoup de modifications.
MODIFICATION, se dit, en style didactique, d'Un changement qui s'opère
dans la manière d'être d'une substance. Les corps reçoivent
différentes modifications.
MODIFIER . v. a.
Modérer, adoucir, restreindre. Modifier une peine, une amende, une
taxe. Il faut un peu modifier les clauses de ce traité, de ce contrat.
Ces propositions-là sont trop absolues, il faut les modifier.
Il signifie aussi, Corriger, changer une chose dans quelqu'une de ses parties.
La nature de l'homme est diversement modifiée par le climat, par l'éducation,
par les lois. On a modifié le projet de loi par plusieurs amendements.
MODIFIER, signifie, en style didactique, Opérer un changement
dans la manière d'être d'une substance. Les différents
arrangements des parties modifient la matière.
S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Leur opinion s'est beaucoup
modifiée.
MODIFIÉ, ÉE. participe, Articles modifiés. Propositions
modifiées. En termes de Physique, Corps modifié de telle
ou de telle manière.
MODILLON .s.m.
T. d'Architect. Ornement propre aux ordres ionique, corinthien et composite,
placé sous le larmier de la corniche, et figurant l'extrémité
des chevrons du comble.
MODIQUE . adj.des deux genres
Qui est peu considérable, de peu de valeur. Une somme, une taxe modique.
Son père ne lui donnait qu'une pension modique. Il a une fortune modique,
un bien fort modique, un modique revenu.
MODIQUEMENT . adv.
Avec modicité. Il paye modiquement ses domestiques. Cette place n'est
que bien modiquement rétribuée.
MODISTE . s. des deux genres
Ouvrier, ouvrière en modes; marchand, marchande de modes. Un modiste.
Une modiste. Une marchande modiste. Voyez MODE.
MODULATION . s. f.
.Musiq. Passage d'un ton, d'un mode à un autre, dans le chant ou dans
l'harmonie. Une suite de modulations. L'ordre des modulations. Préparer
une modulation.
Se dit aussi de L'action de moduler le chant ou l'harmonie, et de L'effet qui
en résulte. Les règles de la modulation. La modulation de cet
air est fort agréable.
MODULE .s.m.
T. d'Architect. Mesure arbitraire servant à établir les rapports
de proportion entre toutes les parties d'un ouvrage d'architecture. Le diamètre
ou le demi-diamètre du bas de la colonne sert ordinairement de module aux
divers ordres. Échelle de module. Le module se divise en douze ou en dix-huit
minutes ou parties. La colonne, l'entablement, le stylobate a tant de modules
de haut.
MODULE, se dit quelquefois, par extension, de Tout ce qui sert à
mesurer. Le mètre est le module des longueurs. Dans les tableaux, une
figure d'homme placée au pied d'un monument est un module qui en fait évaluer
la hauteur.
MODULE, signifie aussi, Le diamètre d'une médaille. Les
médailles du petit bronze sont d'un moindre module que celles du grand,
du moyen bronze. Les quinaires sont de toutes les médailles antiques celles
qui ont le plus petit module.
MODULER . v. n.
.Musiq. Faire passer le chant ou l'harmonie dans des tons ou des modes différents.
Ce musicien module bien. Moduler d'une manière agréable, savante.
S'emploie quelquefois activement. Il a bien modulé cet air-là.
MODULÉ, ÉE. participe, Air bien modulé.
MOELLE . s. f.
Substance molle et grasse qui remplit la cavité des os. Moelle de
boeuf. Tourte de moelle ou à la moelle. Sucer la moelle d'un os.
Le froid l'a pénétré jusqu'à la moelle des os.
Moelle épinière, moelle de l'épine, Partie du système
nerveux qui se trouve dans la cavité des vertèbres.
MOELLE, se dit, par analogie, en Botanique, de La substance molle et
spongieuse qui se trouve au dedans de certains arbres, de certaines plantes. De
la moelle de sureau, de figuier.
Se dit aussi de La substance que contient un bâton de casse. De la
moelle de casse.
Fig. et fam., Il lui tire jusqu'à la moelle des os, il le suce jusqu'à
la moelle des os, se dit D'un homme qui en ruine un autre, en tirant de lui
peu à peu tout ce qu'il en peut tirer.
MOELLE, s'emploie quelquefois, figurément, en parlant Des ouvrages
d'esprit, et signifie, Ce qu'il y a de plus essentiel, de plus instructif. Il
ne s'agit pas de retenir mot à mot un bon livre, il faut en tirer, en extraire
la moelle.
MOELLEUSEMENT . adv.
D'une manière moelleuse. Il ne s'emploie qu'au figuré. Ce tableau
est peint moelleusement.
MOELLEUX , EUSE. adj.
Rempli de moelle. Un os moelleux. Un bois moelleux.
Fig., Vin moelleux, Vin qui joint la douceur à la force, et qui
flatte agréablement le goût.
Fig., Étoffe moelleuse, Étoffe qui a du corps, et qui est
souple, douce à la main.
Fig., Voix moelleuse, Voix pleine, douce, et qui n'a rien d'aigre ni
de dur.
MOELLEUX, s'emploie aussi, figurément, en termes de Peinture,
surtout dans ces expressions:
Pinceau moelleux, Pinceau dont les touches sont larges, grasses et bien
fondues. On dit, dans le même sens, Touche moelleuse.
Contours moelleux, Contours souples et gracieux.
Substantiv.: Avoir du moelleux dans la touche, dans la couleur. Le moelleux
dans le dessin, dans les contours. Le moelleux des contours.
MOELLON .s.m.
.Maçonnerie. Pierre de petite dimension qui s'emploie dans les massifs
de construction, et qu'on recouvre ordinairement de plâtre ou de mortier.
Tirer du moellon de la carrière. Un mur construit en moellon.
Moellon d'appareil, Celui qui est équarri pour être employé
en parement.
Moellon piqué, Moellon travaillé avec la pointe, et servant
aux puits, aux voûtes, aux fossés, etc.
MOEUF .s.m.
.Grammaire, synonyme de Mode. Il est vieux. Voyez MODE.
MOEURS . s. f. pl.
Habitudes naturelles ou acquises, pour le bien ou pour le mal, dans tout ce
qui regarde la conduite de la vie. Bonnes, mauvaises moeurs. Moeurs pures,
honnêtes, décentes, réglées. Moeurs corrompues, dépravées,
dissolues. La science, la doctrine des moeurs. Former les moeurs de quelqu'un.
Régler ses moeurs. Réformer ses moeurs. Changer de moeurs. Rien
ne corrompt plus les moeurs que la mauvaise compagnie. L'innocence, la pureté,
la dépravation, la corruption, la perversité, le déréglement,
la dissolution de ses moeurs. Cette action est contraire aux bonnes moeurs, aux
moeurs, porte une grave atteinte aux moeurs. Les moeurs du temps, du siècle,
du jour. Ce satirique a violement attaqué les moeurs de son siècle.
On dit, suivant une formule reçue: Un certificat de vie et de moeurs,
de vie et moeurs. Faire information de vie et de moeurs.
Avoir des moeurs, Avoir de bonnes moeurs. N'avoir point de moeurs,
En avoir de mauvaises. On dit, dans le même sens, Un homme, une femme
sans moeurs.
Prov., Les honneurs changent les moeurs, On s'oublie dans la prospérité.
MOEURS, signifie aussi, La manière de vivre, les inclinations,
les habitudes, les coutumes particulières de chaque nation. Les moeurs
d'une nation, d'un peuple, d'un pays. Chaque nation a ses moeurs. Ces peuples
ont des moeurs bien différentes des nôtres. Moeurs barbares, civilisées.
Ce voyageur a bien observé, a bien décrit les moeurs des nations
qu'il a visitées. Ce prince a voulu donner à son peuple les moeurs
et les coutumes des nations les plus policées. La culture des lettres adoucit,
polit les moeurs. Selon nos moeurs. Autres temps, autres moeurs.
S'emploie quelquefois, dans le même sens, en parlant D'une personne ou
de quelques personnes. Cet homme a des moeurs douces, des moeurs simples, des
moeurs faciles, des moeurs sévères. Nous adoptons facilement les
moeurs de ceux que nous fréquentons.
Cela est, n'est pas dans les moeurs de telle nation, Cela est, n'est
pas conforme aux usages de telle nation. Cela n'est pas dans nos moeurs.
Les moeurs des animaux, Les habitudes naturelles des différentes
espèces d'animaux, les habitudes qui résultent de leur instinct.
MOEURS, signifie, en termes de Poétique, Ce qui concerne les habitudes
morales du pays et du temps dont il est question dans un poëme, dans une
pièce de théâtre, ce qui est conforme au caractère
des personnages qui y sont introduits. Les moeurs sont parfaitement observées
dans cette tragédie, dans cette comédie, dans cette épopée.
Ce poëte observe bien, étudie bien, peint bien les moeurs.
Il signifie, en Peinture, Le costume, les usages des différents temps,
des différents lieux. Les moeurs sont bien observées, ne sont
pas bien observées dans ce tableau.
MOEURS, signifie aussi, en termes de Rhétorique, La partie morale
de l'éloquence, celle qui a pour objet de gagner la confiance des auditeurs.
MOFETTE . s. f.
Exhalaison pernicieuse qui s'élève dans les lieux souterrains,
et principalement dans les mines.
Se dit, en général, de Toute exhalaison dangereuse.
MOHATRA . adj. m.
Il ne s'emploie que dans cette locution, Contrat mohatra, Contrat ou
marché usuraire, par lequel un marchand vend très-cher, à
crédit, ce qu'il rachète à très-vil prix, mais argent
comptant. Il est vieux.
MOI . Pronom singulier
de la première personne, qui est des deux genres, et dont Nous
est le pluriel. Ce mot est un synonyme réel de Je et de Me;
mais non un synonyme grammatical, puisqu'il s'emploie différemment, et
que, dans aucun cas, il ne peut être remplacé ni par Je ni
par Me.
MOI, employé seul comme réponse, peut être sujet
ou régime direct, et tenir lieu d'une phrase entière. Qui veut
aller avec lui? Moi, Je veux bien aller avec lui: dans cet exemple il est
sujet. Qui a-t-on voulu désigner? Moi, On a voulu me désigner:
dans cet exemple, il est régime direct.
Il est aussi régime direct après ne que, mis pour seulement.
Je ne plains que moi.
Il est encore régime direct dans les phrases où il est ajouté
à d'autres mots qui sont régimes directs. Il a renvoyé
son frère et moi. Il a mécontenté ses parents et moi.
Il entre aussi dans le sujet de la phrase, lorsqu'il est joint à d'autres
mots qui forment le sujet. Son père, sa mère et moi, le lui avons
défendu. Mon avocat et moi sommes de cet avis.
MOI, se joint à Je, par apposition et réduplication,
pour donner plus d'énergie à la phrase, soit qu'il vienne après
le verbe, comme dans ces phrases, Je dis, moi; je prétends, moi;
soit qu'il précède Je et le verbe, comme dans ces phrases:
Moi, je dis. Moi, je prétends. Moi, dont il déchire la réputation,
je ne lui ai jamais rendu que de bons offices. Moi, à qui il fait tant
de mal, je cherche toutes les occasions de le servir. Moi, ne songeant à
rien, j'allai bonnement lui dire ce qui se passait.
Par ellipse, Moi, trahir le meilleur de mes amis! faire une lâcheté,
moi! etc., Moi, je pourrais trahir le meilleur de mes amis! je pourrais faire
une lâcheté, moi!
MOI, se met de même par apposition devant ou après Me.
Voudriez-vous me perdre, moi votre allié? Moi! vous me soupçonneriez
de vous avoir trahi!
Il se met aussi par apposition avec Nous et Vous, lorsqu'il est
accompagné d'un nom ou d'un autre pronom. Vous et moi nous sommes contents
de notre sort. Nous irons à la campagne lui et moi. Il est venu nous voir
mon frère et moi. Dans ces phrases, Moi et le nom ou pronom
qui lui est joint, sont tout ensemble l'apposition et l'explication de Nous.
MOI, joint à un nom ou à un autre pronom, ne doit, d'après
les convenances de notre politesse, être placé qu'en second, Vous
et moi, un tel et moi; à moins que le nom auquel il est joint ne soit
celui d'une personne très-inférieure: ainsi un père dira,
Moi et mon fils; un maître, Moi et mon domestique.
MOI, se construit encore avec les pronoms Ce et Il, dans
les phrases suivantes et autres semblables. C'est moi qui vous en réponds.
Qui fut bien aise? ce fut moi. Si c'était moi qui eusse fait cela. C'est
de moi qu'il s'agit. C'est à moi qu'il faudra vous adresser. Il n'y eut
que lui et moi de cet avis. Il n'y a que moi à qui ces choses-là
arrivent.
Après une préposition, il n'y a que le pronom Moi qui puisse
exprimer la première personne. Vous servirez-vous de moi? Il a parlé
de moi. Il tient cela de moi. Pense-t-on à moi? Ils auront besoin de moi.
Ils auront affaire à moi. Cela vient de moi. Cela est à moi. C'est
un homme à moi, un habit à moi, de l'argent à moi. Cela est
pour moi. Je prends cela pour moi. Selon moi, vous avez raison. Vous serez remboursé
par moi. Cela roulera sur moi. Tout est contre moi. Venez avec moi.
Il en est de même après une conjonction. Mon frère et
moi. Mon frère ou moi. Mon frère aussi bien que moi. Ni mon frère
ni moi. Personne que moi. Nul autre que moi.
De moi, après un nom de personne ou un pronom personnel également
précédé de la préposition de, se met quelquefois
pour Le mien, etc. C'est le sentiment, ce sont les sentiments, c'est l'opinion
de mon frère et de moi que je vous exprime.
Quand le verbe est à l'impératif, et que le pronom qu'il régit
n'est point suivi du mot en, c'est Moi qu'il faut employer après
le verbe, soit comme régime simple, Louez-moi, récompensez-moi;
soit comme régime indirect, où la préposition à
est sous-entendue, Rendez-moi compte, dites-moi la vérité;
et alors Moi se joint au verbe par un tiret.
Quelquefois, mais dans le discours familier seulement, il se met par rédondance,
et pour donner plus de force à ce qu'on dit. Faites-moi taire ces gens-là.
Donnez-leur-moi sur les oreilles.
Dans le même cas, le pronom Moi se met après l'adverbe de
lieu y, soit comme régime direct, soit comme régime indirect.
Vous allez à l'Opéra, menez-y-moi. Vous allez dans votre voiture,
donnez-y-moi une place. (Voyez ME.) Au contraire, l'adverbe y,
dans le même sens, se met après le pronom Nous. Menez-nous-y.
Donnez-nous-y une place.
À moi. Sorte d'exclamation, pour faire venir promptement quelqu'un
auprès de soi. À moi, à moi, soldats!
De vous à moi. Façon de parler dont on se sert pour témoigner
à une personne qu'on lui parle avec sincérité, mais qu'on
lui demande le secret. de vous à moi, c'est un pauvre homme. De vous
à moi, c'est un homme qui ne mérite pas l'opinion qu'on a de lui.
De vous à moi, je ne crois pas que la chose réussisse. On dit
dans le même sens, Ceci est de vous à moi, ceci de vous à
moi.
Quant à moi, pour moi. Autres façons de parler dont on
se sert pour marquer plus particulièrement ce qu'on pense. Vous en direz
ce qu'il vous plaira; quant à moi, pour moi, je sais bien ce qui en est.
Quant-à-moi, s'emploie substantivement et comme un seul mot dans
les phrases suivantes et autres semblables, où il signifie, Air fier ou
réservé. Se tenir sur son quant-à-moi. On lui a dit telle
chose, il s'est mis sur son quant-à-moi. Garder son quant-à-moi.
Il est familier.
MOI, se prend substantivement, pour signifier, L'attachement de quelqu'un
à ce qui lui est personnel. Le moi choque toujours l'amour-propre des
autres.
Il se prend aussi, en Philosophie, pour L'individualité métaphysique
d'une personne. Malgré le changement continuel de l'individu physique,
le même moi subsiste toujours.
MOIGNON .s.m.
Ce qui reste d'un bras, d'une jambe, d'une cuisse coupés. Cet homme,
au lieu de poignets, n'a plus que deux moignons dont il travaille. Il a fallu
lui couper le bras fort près de l'épaule, et il ne lui reste plus
qu'un moignon. Il n'a plus qu'un moignon.
Se dit, par analogie, de Ce qui reste d'une grosse branche d'arbre qui a été
coupée ou rompue.
MOINAILLE . s. f.
.mépris dont on se sert pour désigner Les moines en général.
Il est familier.
MOINDRE . adj. comparatif des deux genres
Plus petit en étendue ou en quantité. Cette colonne est moindre
que l'autre en hauteur et en grosseur. La distance d'ici là est moindre
que vous ne dites. L'épaisseur de ce mur est moindre que celle du mur voisin.
Cette somme est moindre que l'autre. Nous sommes en moindre nombre que je ne croyais.
Il signifie aussi, Plus petit dans son genre, suivant les différents
substantifs auxquels il se joint. Votre douleur en sera moindre. Son mal n'est
pas moindre que le vôtre. C'est la moindre satisfaction, la moindre récompense
qu'on lui doive. C'est le moindre service que je lui voudrais rendre, la moindre
chose qu'il mérite.
Il signifie encore, Moins considérable. Une étoffe de moindre
prix, de moindre valeur qu'une autre. Prendre toujours la moindre place. Il tient
un moindre rang. Il est revêtu d'une moindre dignité qu'auparavant.
De ces deux inconvénients, on doit préférer le moindre.
Il signifie aussi, Qui n'est pas si bon, ou qui est plus mauvais. Ce vin-là
est moindre que l'autre. Cette étoffe-là est moindre, elle est moindre
de beaucoup.
MOINDRE, avec l'article, est une espèce de superlatif qui signifie,
Le moins considérable, le moins important, le plus petit, etc. C'est
une chose que le moindre ouvrier peut faire. Le moindre mot que vous direz. La
moindre quantité, le moindre espace possible. Au moindre bruit il s'éveille.
Au moindre signe vous serez obéi. On dit quelquefois, familièrement,
par une sorte d'exagération: Au moindre petit bruit. Le moindre petit
morceau de pain. Etc.
MOINDRE, avec l'article, et précédé d'une négation,
signifie, Aucun. Je n'en ai pas la moindre appréhension. Il ne lui a
pas fait la moindre honnêteté, le moindre compliment. Il ne lui a
pas dit le moindre mot. Je n'ai pas le moindre souvenir de ce que vous dites.
Sentez-vous là quelque douleur? Pas la moindre.
Absolum., Les quatre moindres, Les quatre ordres inférieurs ou
mineurs. Voyez MINEUR.
MOINE .s.m.
Religieux faisant partie d'un ordre dont les membres vivent sous une règle
commune, et séparés du monde, comme les bénédictins,
les bernardins, les chartreux. L'usage a étendu cette dénomination
aux religieux mendiants. Les anciens moines. Les moines réformés.
Un moine défroqué.
Prov., Gras comme un moine, Fort gras.
Prov. et fig., L'habit ne fait pas le moine, On ne doit pas juger des
personnes par les apparences, par les dehors.
Prov., Attendre quelqu'un comme les moines font l'abbé, Ne pas
l'attendre pour dîner, quoiqu'il doive venir.
Prov. et fig., Pour un moine l'abbaye ne faut pas, ou Pour un moine
on ne laisse pas de faire un abbé, L'absence d'une personne n'empêche
pas, ne doit pas empêcher qu'une affaire ne se conclue, qu'une partie ne
se fasse.
Moine lai, se disait d'Un laïque, ordinairement homme de guerre
invalide, que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale, pour
y être entretenu.
Moine bourru, Prétendu fantôme que l'ignorance faisait craindre
dans les campagnes. Il signifie aussi, familièrement, Un homme de mauvaise
humeur. Cet homme-là est un moine bourru, un vrai moine bourru.
MOINE, se dit aussi d'Un meuble de bois où l'on suspend une sorte
de réchaud plein de braise pour chauffer le lit; et d'Un cylindre de bois
creusé, doublé de tôle, dans lequel on introduit un fer chaud
pour ce même usage. Il fait mettre le moine dans son lit pendant tout
l'hiver.
MOINEAU .s.m.
Passereau, petit oiseau de plumage gris, qui aime à faire son nid dans
des trous de muraille. Moineau franc, à gorge noire. Moineau privé,
apprivoisé.
Pot à moineau, Pot de terre qu'on attache en dehors d'une fenêtre,
afin que les moineaux y viennent faire leurs nids.
Prov. et fig., Tirer sa poudre aux moineaux, Employer pour des bagatelles
son crédit, ses amis, son argent, dont on aurait pu se servir plus utilement.
MOINEAU, en termes de Fortification, Petit bastion obtus, que l'on met
au milieu d'une courtine très-longue, pour compléter le flanquement.
MOINERIE . s. f. collectif
Les moines en général. Il s'est attiré sur les bras
toute la moinerie.
Il signifie aussi, L'esprit et l'humeur des moines. Il y a bien de la moinerie
dans son fait. Ce religieux n'a point de moinerie. Dans les deux sens, il
ne se dit que par mépris.
MOINESSE . s. f.
Religieuse. Il ne se dit qu'en plaisanterie, et il est peu usité.
MOINILLON .s.m.
Petit moine, ou Moine sans considération. Les moines et moinillons.
Il ne se dit que par mépris.
MOINS . Adv. de comparaison
qui est opposé à Plus, et qui sert à marquer l'infériorité
d'une personne ou d'une chose comparée à une autre ou à elle-même,
sous quelque rapport de qualité, de quantité, d'action, etc. Elle
est moins jolie que sa soeur. Elle a six ans de moins que son frère. Il
est moins spirituel qu'il n'est instruit. Il a moins de savoir que de vanité.
Il est moins bien portant qu'avant son voyage. Cette chambre est moins grande
que l'autre, moins grande que je ne l'avais cru. Sa famille est bien moins nombreuse
que la vôtre. J'ai bien moins, beaucoup moins d'intérêt à
cela que vous. Ce que je vous en dis est moins pour vous faire de la peine que
pour vous avertir. Il ne faut pas moins qu'une raison aussi forte pour me déterminer.
Plus vous le presserez, moins il en fera. Moins vous en direz, plus il en fera.
Cela n'a pas moins de trente pieds. Nous n'étions pas moins de cent personnes.
Un peu plus, un peu moins. Je n'en donnerai ni plus ni moins. Il n'en sera ni
plus ni moins. Parlez moins. Parlez moins haut. Soyez moins en colère,
un peu moins en colère.
Il ne le menace pas de moins que de lui rompre bras et jambes, Il porte
ses menaces jusqu'à dire qu'il lui rompra bras et jambes.
C'est moins que rien, se dit D'une chose de nulle considération,
et aussi D'une personne qu'on méprise. Le présent que je vous
fais est moins que rien. Cet homme-là est moins que rien.
MOINS, s'emploie substantivement dans plusieurs phrases différentes.
Ainsi on dit: Le moins que vous puissiez faire, c'est de l'aller trouver,
La moindre chose que vous puissiez faire. Ils sont à peu près
d'accord, ils en sont sur le plus et sur le moins, il ne s'agit maintenant que
du plus ou du moins, Il n'y a plus entre eux de débat que sur la quantité,
sur la somme plus ou moins considérable à donner d'un côté
et à recevoir de l'autre. La chose ne peut pas être arrivée
ainsi, il faut qu'il y ait du plus ou du moins, Il faut qu'on ait supposé
des circonstances qui ne sont pas vraies, ou qu'on en ait omis qui le sont.
Prov., Qui peut le plus, peut le moins.
MOINS subst. se dit, en termes d'Algèbre, d'Un trait horizontal
qui est le signe de la soustraction. Le moins indique qu'il faut retrancher
la seconde quantité de la première.
Se dit, en termes d'Imprimerie, d'Un tiret long qui ordinairement sert à
séparer des phrases, ou à remplacer des mots qu'on juge inutile
de répéter. Il faut mettre ici un moins.
SUR ET TANT MOINS. loc. prépositive, En déduction. Sur
et tant moins de la somme de mille écus, on lui a donné cinq cents
francs. Je vous donnerai cela sur et tant moins de ce que je vous dois. Il
est vieux.
À MOINS DE. loc. prépositive, À un prix au-dessous
de. Je ne lui donnerai pas ce cheval à moins de mille francs.
Il signifie aussi, Sans une certaine condition. Je ne lui pardonnerai pas
à moins d'une rétractation publique.
S'emploie aussi absolument, comme dans ces phrases: Vous avez beau marchander
ce livre, vous ne l'aurez pas à moins, Pour une moindre somme. On
rirait, on se fâcherait à moins, Pour une moindre cause.
À MOINS QUE. loc. conjonctive, qui régit le subjonctif
avec une négation. Si ce n'est que. Il n'en fera rien, à moins
que vous ne lui parliez. À moins que vous ne preniez bien votre temps,
vous n'en viendrez pas à bout.
Il se construit, dans le même sens, avec l'infinitif et la préposition
de, sans négation. Je ne pouvais pas lui parler plus fortement,
à moins que de le quereller. On peut aussi supprimer le que. À
moins d'être fou, il n'est pas possible de raisonner ainsi.
AU MOINS, DU MOINS. locutions conjonctives, qui servent à marquer
quelque restriction dans les choses dont on parle. Si vous ne voulez pas être
pour lui, au moins ne soyez pas contre. S'il n'est pas fort riche, du moins il
a, du moins a-t-il de quoi vivre honnêtement. On dit à peu près
de même, Tout au moins, tout du moins, pour le moins. Donnez-lui tout
au moins de quoi vivre.
AU MOINS, signifie quelquefois, Sur toutes choses, et sert à avertir
celui à qui l'on parle de se souvenir particulièrement de ce qu'on
lui dit. Au moins prenez-y garde, c'est votre affaire. Au moins je vous en
avertis. Au moins je m'en lave les mains. Au moins ne manquez pas de venir. N'y
manquez pas au moins.
DE MOINS. loc. adv. De manque. Il y avait dix écus de moins
dans ce sac.
Il sert aussi à exprimer quelque diminution, quelque rabais. On vous
demande cinq francs de ce volume, vous l'aurez pour quelque chose de moins.
EN MOINS DE, DANS MOINS DE. loc. prépositives, Dans un moindre
espace de temps. J'aurai achevé en moins d'un an, d'un mois, d'une heure,
d'un jour. Dans moins d'une demi-heure je serai à vous.
EN MOINS DE RIEN. loc. adv. Très-promptement, en fort peu de temps.
J'aurai fini en moins de rien. Il a mangé son bien en moins de rien.
RIEN MOINS, précédé du verbe Être,
et suivi d'un adjectif, a le sens de la négation. Il n'est rien moins
que sage, Il n'est point sage. --- Suivi d'un substantif, il peut avoir le
sens positif ou négatif, selon la circonstance. Vous lui devez de la
reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur, Il est votre
bienfaiteur. Vous pouvez vous dispenser de reconnaissance envers lui, car il
n'est rien moins que votre bienfaiteur, Il n'est pas votre bienfaiteur.
RIEN MOINS, ou plutôt RIEN DE MOINS, employé avec un verbe
impersonnel, a aussi un sens négatif. Il n'y a rien de moins vrai que
cette nouvelle, Cette nouvelle n'est pas vraie. --- Avec un verbe actif ou
neutre, le sens de Rien moins serait équivoque, s'il n'était
déterminé par ce qui précède. Vous le croyez votre
concurrent; il a d'autres vues, il ne désire rien moins, il ne se propose
rien moins que de vous supplanter, il n'aspire à rien moins qu'à
vous supplanter, Il n'est point votre concurrent. Vous ne le regardez pas
comme votre concurrent; cependant il ne désire rien moins, il ne se propose
rien moins que de vous supplanter, il n'aspire à rien moins qu'à
vous supplanter, Il est votre concurrent. Dans le premier sens, Il n'aspire
à rien moins qu'à vous supplanter, et les phrases semblables,
veulent dire, Vous supplanter est la chose à laquelle il aspire le moins;
et dans le second sens, Il n'aspire à rien moins qu'à vous supplanter,
veut dire, Il n'aspire pas à moins qu'à vous supplanter. --- Au
reste, il est bon d'éviter cette façon de parler, à cause
de l'équivoque qu'elle entraîne.
MOIRE . s. f.
Apprêt que reçoivent, à la calandre ou au cylindre, par
l'écrasement de leur grain, certaines étoffes de soie, de laine,
de coton ou de lin, et qui leur communique un éclat changeant, une apparence
ondée et chatoyante. Moire à grands, à riches effets.
Moire à petites ondes. Cette popeline a bien pris la moire.
Se dit aussi d'Une étoffe qui a reçu ce genre d'apprêt.
Moire de soie, de laine, de coton, de fil. Moire grise, bleue. Habit, robe
de moire.
MOIRER . v. a.
Donner à une étoffe, par la pression de la calandre ou du cylindre,
un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante. Moirer
un gros de Naples, des rubans, des popelines.
MOIRÉ, ÉE. participe, Ruban moiré. Robe de soie
moirée. Étoffe de laine moirée.
Substantiv., Moiré métallique, Fer-blanc auquel on a donné,
par le moyen de quelque acide, une apparence cristalline et chatoyante. Des
plateaux de moiré métallique.
MOIS .s.m.
Une des douze parties de l'année, dont chacune contient trente ou trente
et un jours, excepté la seconde (février), qui est de vingt-huit
jours seulement dans les années ordinaires, et de vingt-neuf dans les années
bissextiles. Le mois de janvier, de février, de mars, d'avril, de mai,
de juin, de juillet, d'août, de septembre, d'octobre, de novembre, de décembre.
Le premier, le second, le troisième jour du mois, ou absolument, Le
premier, le second du mois, le deux, le trois du mois. Quel quantième du
mois avons-nous? Sa lettre est écrite, est datée du mois dernier.
Les plus beaux mois de l'année.
Se dit, en général, de L'espace de trente jours consécutifs,
de quelque jour que l'on commence à compter. Il y a un mois et demi
qu'il est parti. On lui a donné deux mois de congé, à compter
du quinze janvier. Le mois est expiré. Il en a pour un mois à déménager.
Il a gardé le lit deux mois durant. Il lui tarde d'être majeur, il
compte les mois et les jours. Payer par mois, mois par mois, au mois. Il gagne
tant par mois. Ils servent par mois. Il a servi son mois. Louer une chambre au
mois.
En termes de Palais, Les parties viendront au mois, Il a été
ordonné qu'elles viendraient plaider dans un mois.
MOIS, signifie aussi, Le prix convenu pour un mois d'allaitement, de
location, de leçons, de travail, etc. Payer le mois, les mois d'une
nourrice, d'un enfant. Payer les mois d'une chambre garnie. Il doit un mois, deux
mois au maître à danser, etc. Je lui ai avancé le mois. Je
lui ai donné son mois.
Se dit absolument Des mois de grossesse d'une femme. Cette femme est dans
son septième mois. Elle a accouché avant le neuvième mois.
En Astronom., Mois solaire, L'espace de temps que le soleil met à
parcourir un des signes du zodiaque. Mois lunaire, L'espace de temps qui
s'écoule d'une nouvelle lune à une autre.
Fig., Mois romains, L'imposition qu'on levait sur les États de
l'Empire dans les besoins extraordinaires.
Prov., On a tous les ans douze mois, On vieillit malgré qu'on
en ait, ou On vieillit sans s'en apercevoir.
MOIS, au pluriel, se dit absolument de L'écoulement périodique
des femmes. Cette femme a ses mois.
MOISE . s. f.
.Charpent. Se dit de Certaines pièces de bois plates assemblées
deux à deux avec des boulons, et servant à maintenir la charpente.
MOISER . v. a.
.Charpent. Mettre des moises. Moiser les fermes d'un comble.
MOISÉ, ÉE. participe
MOISIR . v. a.
Faire qu'une matière se couvre d'une certaine mousse qui marque un commencement
de corruption. C'est l'humidité qui a moisi ce pâté.
S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Des confitures qui
se moisissent. Un fromage qui se moisit. Tout se moisit dans les lieux humides.
S'emploie aussi comme neutre. Ce pâté commence à moisir.
MOISI, IE. participe, Du pain, du fromage moisi. Confitures moisies.
Vieux parchemins moisis.
S'emploie substantivement, au masculin, et signifie, Ce qui est moisi. Cela
est à demi gâté, il en faut ôter le moisi.
Il signifie aussi, La moisissure. Cela sent le moisi.
MOISISSURE . s. f.
Espèce de végétation qui naît sur les corps où
se trouve une matière végétale unie à une certaine
quantité d'eau, et qui se développe surtout quand cette matière
commence à entrer en putréfaction. C'est la moisissure qui a
gâté tout cela. La moisissure s'y mettra.
Il signifie aussi, L'endroit moisi, le moisi. Ôtez la moisissure.
MOISSINE . s. f.
Faisceau de branches de vigne où les grappes sont encore attachées.
Les paysans suspendent des moissines au plancher.
MOISSON . s. f.
Récolte des blés et autres grains. Belle, bonne, riche, grande,
ample, abondante moisson. Le temps de la moisson. Faire la moisson. Le temps est
bon pour la moisson. Voilà une belle espérance de moisson. La campagne
se couvre de riches moissons.
Il se prend aussi pour Le temps de la moisson. La moisson approche. Pendant
la moisson.
Prov. et fig., Il ne faut pas mettre la faucille dans la moisson d'autrui,
Il ne faut point empiéter sur les attributions, sur les droits d'autrui.
MOISSON, s'emploie au figuré dans plusieurs phrases. Ainsi on
dit: Ce savant a fait une riche moisson dans les archives du royaume, Il
y a recueilli des matériaux précieux. Ce gouverneur avait fait
dans sa province une riche moisson, Il s'y était enrichi par ses concussions.
Cette quêteuse a fait une abondante moisson, Sa quête a produit
beaucoup d'argent.
Fig. et poét., Une moisson de lauriers, Beaucoup de succès,
un grand nombre de victoires. On dit dans le même sens, Une moisson de
gloire.
MOISSON, dans le langage de l'Écriture, se dit en parlant De la
conversion des âmes. Ce missionnaire a fait, dans l'Inde, une grande
moisson.
MOISSONNER . v. a.
Faire la récolte des blés et autres grains. Moissonner les
froments, les orges, les avoines.
Moissonner un champ, Faire la moisson des grains qu'il a produits.
MOISSONNER, s'emploie quelquefois absolument. On ne moissonne pas
encore chez nous. On a moissonné ici.
Fig. et poét., Moissonner des palmes, des lauriers, Avoir de nombreux
succès, remporter beaucoup de victoires.
Prov., d'après la Bible, Celui qui sème le vent moissonnera
la tempête, Celui qui veut exciter des troubles, sera lui-même
victime de troubles plus grands encore.
MOISSONNER, signifie aussi figurément, Détruire, faire
périr. La mort a moissonné un grand nombre d'hommes, des milliers
d'hommes. La guerre, le fer, la peste a moissonné la plus grande partie
des habitants de ce pays. Leur vie a été moissonnée dans
sa fleur.
MOISSONNÉ, ÉE. participe
MOISSONNEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui moissonne, qui coupe les blés et autres grains. Bon
moissonneur. Louer, payer des moissonneurs, des moissonneuses. On a mis des moissonneurs
dans ce champ.
MOITE . adj.des deux genres
Qui a quelque humidité, qui est un peu mouillé. Il a le front
moite. Avoir les mains moites. Être tout moite de sueur. Ces draps ne sont
pas bien séchés, ils sont encore moites. Durant le dégel,
les murailles sont moites.
MOITEUR . s. f.
Légère humidité, qualité de ce qui est moite. Ces
draps ne sont pas bien secs, il y a encore de la moiteur. Il faut les chauffer
pour en ôter la moiteur. Il a une petite moiteur aux mains. Il n'a plus
de sueur, il ne lui reste qu'une légère moiteur. Après l'accès
de la fièvre, il reste d'ordinaire un peu de moiteur.
MOITIÉ . s. f.
L'une des parties d'un tout divisé, partagé également en
deux. Les deux moitiés d'un cercle, d'un carré. Il a acheté
trop cher de moitié. Il a été trompé de moitié,
de plus de la moitié du juste prix. Il y a lésion d'outre moitié.
Ce marchand surfait toujours de moitié, de la moitié. L'un est plus
grand que l'autre de moitié. Il y a déchet de moitié. Il
en faut retrancher la moitié. La majorité absolue des suffrages
se compose de la moitié des voix, plus une. La moitié de cette succession
lui appartient. Il a moitié dans cette succession. Il a sa moitié
dans cette maison, il y a sa moitié. Il a moitié dans tous les meubles,
il lui en appartient la moitié. Il a moitié partout.
Il signifie assez ordinairement, dans une acception moins rigoureuse, Une portion,
une part qui est à peu près de la moitié. La moitié
d'un pain, d'un poulet. Une moitié d'agneau. Mettre la moitié d'eau,
moitié d'eau dans son vin. Faire bouillir de l'eau jusqu'à ce qu'elle
soit réduite à la moitié, à moitié. La moitié
de la vie se passe à souffrir. Passer la moitié du temps à
la campagne. La moitié du temps il est sans argent. La moitié de
son discours ne valait rien. Il a mangé la moitié de son bien. Il
n'a fait encore que la moitié de son ouvrage. Il est plus beau de moitié.
Je l'ai trouvé crû de moitié, rapetissé de moitié.
Venez auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place.
Couper, partager une chose par la moitié, La couper, la partager
en deux moitiés. Le diamètre coupe le cercle par la moitié.
Scier une pierre par la moitié.
Partager un différend, le différend par la moitié,
se dit en parlant D'un marché, et signifie, Se relâcher des deux
côtés sur ce qui empêche de conclure.
Partager quelque chose par moitié, Prendre chacun la moitié
d'une chose qui était à partager. Partager les revenus, les bénéfices
par moitié.
Offrir la moitié de son lit à quelqu'un, Offrir place dans
son lit à quelqu'un. On dit, dans un sens analogue, Prendre la moitié
du lit de quelqu'un.
À moitié, se dit en parlant De terres et d'affaires commerciales,
pour signifier que le produit doit être partagé par moitié
entre le propriétaire et le fermier, ou entre les deux associés.
Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à
moitié. Il fait ces vignes-là à moitié. Donner à
moitié fruits. Prendre un marché avec quelqu'un à moitié
de perte et de gain, à moitié perte et gain.
À moitié chemin, À la moitié du chemin. Il
est resté à moitié chemin.
À moitié prix, Pour la moitié du prix ordinaire.
Être de moitié, se mettre de moitié avec quelqu'un,
Faire avec lui une société dans laquelle la perte et le gain se
partagent par moitié. Ils sont de moitié dans cette affaire.
Si vous voulez jouer, je serai de moitié avec vous, dans votre jeu. Je
me mettrai de moitié avec vous. Ils sont de moitié ensemble.
Prov. et fig., En rabattre de moitié ou de la moitié,
en parlant D'une personne, signifie, L'estimer bien moins qu'on ne faisait. Je
le croyais honnête homme; mais s'il a fait ce que vous dites, j'en rabats
de moitié. On dit aussi, pour donner à entendre qu'un récit,
un éloge, une plainte sont exagérés, Il en faut rabattre
la moitié, il faut en rabattre moitié.
Pour les autres emplois des expressions À moitié et De
moitié, voyez à la fin de l'article.
MOITIÉ, se dit, figurément et familièrement, d'Une
femme à l'égard de son mari. Comment se porte votre moitié?
Il a perdu sa chère moitié.
MOITIÉ, s'emploie aussi adverbialement pour signifier, À
demi. Du pain moitié seigle, moitié froment. C'est une étoffe
moitié soie, moitié laine. Il boit toujours moitié eau, moitié
vin. Moitié l'un, moitié l'autre.
Vaisseau moitié guerre, moitié marchandise, Vaisseau chargé
de marchandises, qui est armé et en état de se défendre.
Prov. et fig., Moitié guerre, moitié marchandise, se dit en
parlant D'une conduite, d'un procédé équivoque et douteux.
Cet homme a fait sa fortune moitié guerre, moitié marchandise.
Il signifie aussi, Moitié de force, moitié de gré. On
l'a fait consentir à cet arrangement moitié guerre, moitié
marchandise.
Prov. et fig., Moitié figue, moitié raisin, Partie à
contre-coeur, partie de bonne volonté; Partie bien, partie mal; Moitié
sérieusement, moitié en plaisantant; etc.
Fig. et fam., Cet homme est moitié chair, moitié poisson,
On a peine à dire de quelles moeurs, de quel naturel il est, ce qu'il aime,
ce qu'il hait, ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas.
À MOITIÉ. loc. adv. En partie, à demi. Cela est
à moitié pourri. Le tonneau est à moitié vide. La
bouteille n'est qu'à moitié pleine. Il est à moitié
ivre. Une maison à moitié ruinée, à moitié
découverte. De l'argent plus d'à moitié dépensé.
Notre vin est à moitié bu.
DE MOITIÉ. locution adverbiale, usitée dans certaines phrases,
comme, Il a été trop long de moitié dans son discours;
cette sauce est trop poivrée de moitié; etc., Il a été
beaucoup plus long qu'il ne fallait; cette sauce est beaucoup trop poivrée;
etc.
MOKA .s.m.
Le café qui vient de Moka, ville d'Arabie. Du café de Moka,
ou simplement, Du moka. Du bon moka. Du vrai moka.
MOL , OLLE. adj.
Voyez MOU.
MOLAIRE . adj. f.
Se dit Des grosses dents qui servent à broyer les aliments, et qu'on
appelle autrement Mâchelières. Les dents molaires.
S'emploie aussi substantivement. Les petites molaires. Les grosses molaires.
MÔLE . s. f.
Masse informe et inanimée, dont les femmes accouchent quelquefois, au
lieu d'accoucher d'un enfant. Cette femme, que l'on a crue grosse pendant six
mois, n'est accouchée que d'une môle.
MÔLE .s.m.
Jetée de pierres fondée dans la mer, à l'entrée
d'un port, pour rompre l'impétuosité des vagues, et pour mettre
les vaisseaux plus en sûreté. Il n'est guère usité
qu'en parlant De quelques ports de la Méditerranée. Les môles
de Gênes. Le môle de Naples, de Barcelone. Les vagues passaient par-dessus
le môle.
MOLÉCULAIRE . adj.des deux genres
Qui appartient, qui a rapport aux molécules.
MOLÉCULE . s. f.
Petite partie d'un corps. Les molécules de l'air, du sang. Molécules
organiques, élémentaires, intégrantes.
MOLÈNE . s. f.
.Bot. Genre de plantes laineuses dont une espèce, le Bouillon blanc,
est employée en médecine comme pectorale.
MOLESTER . v. a.
Vexer, tourmenter de quelque manière que ce soit, inquiéter par
des embarras suscités mal à propos. Molester quelqu'un en lui
suscitant des procès. Il les a fort molestés par ses chicanes, par
ses propos, par ses sarcasmes.
MOLESTÉ, ÉE. participe
MOLETTE . s. f.
Partie de l'éperon qui est ordinairement faite en forme d'étoile,
et qui sert à piquer le cheval. Une molette d'éperon.
MOLETTE, se dit aussi d'Une maladie des chevaux, qui consiste en une
tumeur molle à la jambe.
MOLETTE, se dit encore d'Un morceau de marbre, de verre, etc., taillé
ordinairement en cône, dont la base est plane, et sert à broyer des
couleurs ou d'autres corps, sur le marbre, le verre, le porphyre, etc.
MOLINISME .s.m.
Sentiment, opinion de Molina et de ses sectateurs sur la grâce.
MOLINISTE . s. et adj. des deux genres
Celui, celle qui suit le sentiment, l'opinion de Molina sur la grâce.
MOLLAH .s.m.
(On fait sentir les deux L.) Docteur, prêtre musulman qui fait, à
certaines heures, la prière sur le toit de la mosquée.
MOLLASSE . adj.des deux genres
Qui est désagréablement mou au toucher. Chair, peau mollasse.
Se dit aussi D'une étoffe qui n'a pas assez de consistance, assez de
corps. Ce drap est mollasse.
MOLLEMENT . adv.
D'une manière molle. Il n'est guère usité au propre que
dans ces phrases, Être couché mollement, être assis mollement,
Être couché dans un bon lit, être assis sur un siége
bien mollet.
MOLLEMENT, au figuré, signifie, Avec un abandon gracieux. Se
balancer mollement.
Il signifie aussi, Faiblement, lâchement, sans vigueur. Agir, travailler
mollement. Il s'est conduit mollement dans cette affaire. Ce siége a été
conduit mollement.
Il signifie encore, D'une manière molle et efféminée. Vivre
mollement.
MOLLESSE . s. f.
Qualité de ce qui est mou. Son plus grand usage, au propre, est dans
le style didactique. La mollesse et la dureté des corps. La mollesse
des chairs est une marque d'une mauvaise constitution, d'une mauvaise disposition.
Se dit quelquefois en parlant Du climat, et signifie, Température douce
et molle. La mollesse de leur climat n'affaiblissait pas leur courage.
Se dit aussi en parlant De la complexion, du tempérament des personnes.
La mollesse de sa complexion l'expose à beaucoup de maladies.
En termes de Peinture et de Sculpture, La mollesse des chairs, L'imitation
vraie de la flexibilité, de la morbidesse des chairs. La mollesse du
pinceau, Le défaut de fermeté dans le maniement du pinceau.
MOLLESSE, signifie figurément, Manque de vigueur et de fermeté
dans le caractère, dans la conduite, dans les moeurs. Il agit avec beaucoup
de mollesse. Il y a trop de mollesse dans son caractère. La mollesse de
nos moeurs. Je crains la mollesse de vos conseils. Cette affaire a été
conduite avec mollesse.
Il signifie aussi, Excès d'indulgence. La mollesse de ce père
a perdu ses enfants.
Il signifie encore, Délicatesse d'une vie efféminée. Vivre
dans la mollesse. La mollesse des Sybarites. La mollesse asiatique. Les suites
de la mollesse sont à craindre.
MOLLESSE, en Littérature, se dit d'Un certain abandon gracieux,
d'une certaine douceur de pensées et de style. Quinault a dans ses vers
beaucoup de douceur et de mollesse.
MOLLET , ETTE. adj.
Diminutif de Mou. Qui a une mollesse agréable et douce au toucher. Des
coussins bien mollets. Un lit mollet. Une étoffe douce et mollette.
Pain mollet, Sorte de petit pain blanc qui est léger et délicat.
OEufs mollets, OEufs à la coque, oeufs cuits de manière
que le blanc et le jaune restent liquides.
Fam., Avoir les pieds mollets, se dit D'une personne qui marche encore
avec peine après une attaque de goutte.
MOLLET .s.m.
Le gras de la jambe. Le mollet de la jambe, ou simplement, Le mollet.
Il a de beaux, de gros mollets. Porter de faux mollets.
MOLLETON .s.m.
Étoffe de laine, de coton ou de soie, tirée à poil, d'un
seul côté ou des deux côtés, douce, chaude et mollette,
dont on fait des camisoles, des gilets, des couvertures, etc. Molleton de laine,
de coton, de soie. Camisole de molleton. Gilet doublé de molleton.
MOLLIFIER . v. a.
.Médec. Rendre mou et fluide. Cela sert à mollifier les humeurs.
Un cataplasme pour mollifier une tumeur.
MOLLIFIÉ, ÉE. participe
MOLLIR . v. n.
Devenir mou. La plupart des pommes mollissent cette année.
Il signifie aussi, Manquer de force, faiblir, fléchir. Ce cheval aura
peine à fournir sa course, il commence à mollir. Le vent mollissait
contre les voiles. Les troupes mollissaient et commençaient à plier.
Il signifie au sens moral, Céder trop aisément dans une occasion
où il faudrait avoir de la fermeté. Il ne faut pas mollir dans
cette affaire. Il se pique de fermeté, mais je l'ai vu mollir dans une
occasion importante. Vous mollissez.
MOLLUSQUE .s.m.
T. d'Hist. nat. Nom donné aux animaux sans vertèbres, dont le
corps est mou, et qui ont un coeur et des vaisseaux. Les mollusques habitent
la terre, la mer et les eaux douces. Mollusques acéphales. L'huître
est un mollusque testacé.
MOLY .s.m.
Plante dont parle Homère, et à laquelle il attribue des vertus
merveilleuses. On ne sait pas bien quelle est l'espèce du moly.
MOLYBDÈNE .s.m.
.Chimie. Sorte de métal cassant, d'une couleur semblable à celle
du plomb, et très-difficile à fondre.
MOMENT .s.m.
Instant, petite partie du temps, temps fort court. Le moment de la mort.
Le dernier moment. Ses malheurs ont avancé son dernier moment, ses derniers
moments. Attendez-moi pendant quelques moments, et par ellipse, Attendez
un moment, attendez-moi quelques moments. Je reviens dans un moment. J'aurai fait
en un moment. Il n'a plus qu'un moment à vivre. Il est arrivé trop
tard d'un moment. Je vous demande un moment d'audience. Je viens vous dérober
quelques moments. Prendre quelques moments de repos, de sommeil. Il compte les
heures et les moments. On l'attend à tout moment. Il peut venir d'un moment
à l'autre, de moment en moment. Il ne faut pas abuser de votre temps, car
tous vos moments sont précieux. J'ai passé des moments bien heureux,
bien agréables auprès de lui. J'ai eu des moments pénibles
dans ma vie. Le moment fatal est arrivé. Le moment est venu de prendre
un parti. Voici le moment de se décider. Le moment critique. Le moment
présent. Il a des moments de bonté, d'indulgence, de sévérité.
Cet acteur a des moments admirables. Il est sage, il est fou par moments, dans
certains moments. Le moment est mal choisi pour faire cela. Ce travail a rempli,
a occupé, a employé tous les moments de sa vie. Choisir, prendre,
saisir un moment favorable, le moment favorable.
Un bon moment, Un instant favorable pour faire ce qu'on désire.
Choisir, prendre un bon moment. Attendre les bons moments. Cet homme est habile
et vigilant, il saisit toujours les bons moments. On dit dans le sens contraire,
Un mauvais moment. Vous êtes arrivé dans un mauvais moment.
Avoir de bons moments, se dit D'une personne dont l'esprit est égaré,
mais qui a quelques bons intervalles. On le dit aussi D'une personne qui, ayant
quelque défaut habituel de caractère ou d'humeur, cesse parfois
de le manifester. Il est ordinairement colère, mais il a de bons moments.
Un bon moment, un mauvais moment, se disent encore d'Une espèce
d'inspiration subite et passagère pour faire le bien ou pour faire le mal.
Fam. et par ellipse, Un moment, Attendez un moment. Un moment, j'ai
à vous parler. Un moment, je reviens sur la proposition que j'avais faite.
MOMENT, en termes de Mécanique, se dit Du produit d'une puissance
par le bras du levier, suivant lequel elle agit. Dans un levier, les moments
de deux puissances qui se font équilibre, sont égaux.
AU MOMENT DE. loc. prépositive, Sur le point de. Au moment
de partir, je m'aperçus que j'oubliais mon manteau. Au moment de fermer
ma lettre, j'apprends que...
AU MOMENT OÙ, AU MOMENT QUE, DANS LE MOMENT QUE, DANS LE MOMENT OÙ.
loc. conjonctives. Lorsque. Au moment où il arrivera, j'irai le voir.
Au moment que je le verrai, je lui parlerai de vous. J'arrivai dans le moment
même qu'il venait de sortir, dans le moment où il sortait.
DU MOMENT QUE. loc. conjonctive, Dès que, depuis que. Du moment
que je l'ai aperçu, je l'ai salué. Du moment que je l'ai connu,
je l'ai aimé. On dit de même, Dès ce moment, de ce
moment, Depuis ce moment.
Il signifie aussi, Puisque. Du moment que votre père y consent, je
n'ai plus rien à dire.
À TOUT MOMENT, À TOUS MOMENTS. loc. adverbiales, Sans cesse,
à toute heure. Je crois à tout moment le voir et l'entendre.
DANS LE MOMENT. loc. adv. Bientôt, dans très-peu de temps.
Je reviens dans le moment.
EN CE MOMENT. loc. adv. Présentement, à l'heure qu'il est.
Revenez me voir demain, je suis trop occupé en ce moment pour vous recevoir.
MOMENTANÉ , ÉE. adj.
Qui ne dure qu'un moment. Un effort momentané. Une action momentanée.
Hasarder sa vie pour un plaisir momentané.
MOMENTANÉMENT . adv.
Passagèrement, pour un moment, pendant un moment. Je suis ici momentanément.
Ce météore n'a paru que momentanément.
MOMERIE . s. f.
Mascarade. Dans ce sens, il est vieux. Son usage le plus ordinaire est au figuré,
où il se prend pour L'affectation ridicule d'un sentiment qu'on n'a pas.
Cet héritier se montre fort affligé de la mort de son parent;
mais c'est une momerie, une pure momerie, ce n'est que momerie, c'est pure momerie.
Il signifie aussi, Chose concertée pour faire rire, jeu joué pour
tromper quelqu'un par plaisanterie. C'est une plaisante momerie. Dans cette
acception, il est vieux.
Il signifie encore, Cérémonie bizarre, ridicule. Il y a peu
de cultes qui ne soient défigurés par quelques momeries.
Ce mot est familier dans ses diverses acceptions.
MOMIE . s. f.
Corps embaumé par les anciens Égyptiens. On trouve encore des
momies dans les anciens tombeaux d'Égypte.
Se dit, par extension, Des corps de ceux qui ont été enterrés
sous les sables mouvants que les vents élèvent dans les déserts
de l'Arabie et de l'Égypte, et qu'on retrouve ensuite desséchés
par les ardeurs du soleil. On trouve des momies dans les sables d'Égypte.
Il est sec comme une momie.
Fig. et fam., C'est une momie, une vraie momie, se dit D'une personne
sèche et noire.
MOMIE, se dit aussi de La couleur brune tirée des bitumes dont
les momies ont été enduites.
MON . Adj. possessif masculin
qui répond au pronom personnel Moi, Je. Mon livre. Mon ami. Mon bien.
Mon père. Mon frère.
Il fait au féminin, Ma. Ma mère. Ma soeur. Ma maison. Ma chambre.
Ma plus grande envie. Ma principale affaire. Mais lorsque le substantif ou
l'adjectif féminin, devant lequel il est placé, commence par une
voyelle ou par h sans aspiration, au lieu de Ma, on dit, par euphonie,
Mon. Mon âme. Mon épée. Toute mon espérance. Mon
unique ressource. Mon affaire principale. Mon heure n'est pas venue. Devant
une h aspirée, on dit Ma, au féminin. Ma hallebarde.
Ma honte.
Il fait Mes au pluriel du masculin et du féminin. Mes amis.
Mes livres. Mes affaires. Mes pensées.
MONACAL , ALE. adj.
Appartenant à l'état de moine. L'habit monacal. L'esprit monacal.
Vie, règle monacale. Cela est trop monacal. Un chant monacal.
MONACALEMENT . adv.
D'une manière monacale. Vivre monacalement.
MONACHISME .s.m.
Se dit Des institutions monastiques en général, et il marque ordinairement
une sorte de mépris. Étudier l'influence du monachisme sur une
nation. L'esprit du monachisme.
MONADE . s. f.
Être simple et sans parties, dont les leibnitziens croient que tous les
autres êtres sont composés. Le système des monades.
MONADE, se dit aussi, en Histoire naturelle, d'Un animal tellement petit,
qu'au plus fort microscope il ne paraît que comme un point.
MONADELPHIE . s. f.
.Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à
plusieurs étamines réunies par leurs filets en un seul corps ou
faisceau.
MONANDRIE . s. f.
.Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à
une seule étamine.
MONARCHIE . s. f.
Le gouvernement d'un État régi par un seul chef. Monarchie
héréditaire, élective. Monarchie absolue, tempérée,
mixte. Ce prince aspirait à la monarchie universelle.
Monarchie constitutionnelle, Celle où la balance et l'exercice
des pouvoirs sont réglés par des lois fondamentales.
MONARCHIE, signifie aussi, État gouverné par un monarque.
Une vaste monarchie. Cette monarchie fut heureuse sous tel prince, s'agrandit
dans tel siècle. La monarchie française. Les monarchies de l'Europe.
MONARCHIQUE . adj.des deux genres
Qui appartient à la monarchie. État, gouvernement, pouvoir
monarchique. Principes, idées monarchiques. Esprit monarchique.
MONARCHIQUEMENT . adv.
D'une manière monarchique.
MONARQUE .s.m.
Chef d'une monarchie. Grand, puissant, glorieux, faible monarque.
MONASTÈRE .s.m.
Couvent, lieu habité par des moines ou par des religieuses. Monastère
d'hommes, de filles. Les anciens monastères. Bâtir un monastère.
Se retirer, s'enfermer dans un monastère. Sortir du monastère.
MONASTIQUE . adj.des deux genres
Qui appartient aux moines, qui concerne les moines. Vie, discipline, institution
monastique. Les voeux monastiques. Ordre monastique.
MONAUT . adj. m.
Qui n'a qu'une oreille. Un chien, un chat, un cheval monaut.
MONCEAU .s.m.
Tas, amas fait en forme de petit mont. Un grand, un petit monceau. Monceau
de blé, d'avoine, de pierres, d'argent. Mettre plusieurs choses en un monceau.
Cela est tout en un monceau.
Fam., Avoir des monceaux d'une chose, En avoir beaucoup. Cet homme
a des monceaux d'or.
MONDAIN , AINE. adj.
Qui aime les vanités du monde. C'est une femme extrêmement mondaine.
Se dit Des choses, et signifie, Qui se ressent des vanités du monde.
Air mondain. Plaisirs, honneurs mondains. Spectacle mondain. Habit mondain.
Parure, vie mondaine. Dans l'une et l'autre acception, il ne s'emploie guère
hors des sermons et des livres de dévotion.
C'est un sage mondain, se dit D'un homme sage, mais peu dévot.
Il a vieilli.
MONDAIN, s'emploie aussi substantivement, et signifie, Celui qui est
attaché aux choses vaines et passagères du monde. Les mondains
ne cherchent que la dissipation et la joie.
MONDAINEMENT . adv.
D'une manière mondaine.
MONDANITÉ . s. f.
Vanité mondaine. Passer sa vie dans les plaisirs et dans la mondanité.
Le mépris des mondanités. Il ne s'emploie qu'en style de dévotion.
MONDE .s.m.
L'univers, le ciel et la terre, et tout ce qui y est compris. Dieu a créé
le monde, a tiré le monde du néant. La création, la fin du
monde. Plusieurs philosophes ont cru le monde éternel.
Fam., Depuis que le monde est monde, De tout temps.
L'an du monde deux mille, La deux millième année depuis
la création du monde.
Le monde physique, Le monde considéré dans ce qu'il a de
sensible; par opposition à Monde moral ou intellectuel, Le
monde considéré sous les rapports qui ne peuvent être saisis
que par l'intelligence, ou qui appartiennent à la morale.
Le monde idéal, L'idée archétype du monde qui est
en Dieu de toute éternité, suivant la philosophie de Platon.
MONDE, dans un sens plus particulier, se dit de La terre, du globe terrestre.
Les cinq parties du monde. Le monde sublunaire. Le centre, le bout, les extrémités,
les confins, les bornes du monde. Aux deux bouts du monde. Alexandre aspirait
à se rendre maître du monde. Courir le monde. Faire le tour du monde.
Voyage autour du monde. Ce bas monde.
Venir au monde, Naître; et, Être au monde, cesser d'être
au monde, n'être plus au monde, Exister, ne plus exister. Cela ne se
dit que Des personnes. Quand cet enfant est venu au monde. Depuis que je suis
venu au monde. Depuis qu'il n'est plus au monde, qu'il a cessé d'être
au monde. On dit dans un sens analogue, Mettre un enfant au monde,
Donner la naissance à un enfant. Les enfants qu'elle a mis au monde.
Le monde ancien, ou Le monde des anciens, Ce que les anciens connaissaient
du globe terrestre.
Le nouveau monde, Le continent de l'Amérique. L'ancien et le
nouveau monde, ou Les deux mondes, Les deux continents.
Hyperboliq. et fam., Il est allé loger, il est logé au bout
du monde, Dans un quartier fort éloigné.
Fig. et fam., C'est le bout du monde, c'est tout le bout du monde, se
dit Lorsqu'on estime quelque chose à son plus haut prix, à sa plus
grande valeur. Si vous tirez cent francs de ce cheval, c'est le bout du monde.
Si j'ai cent écus chez moi, c'est tout le bout du monde.
En style de l'Écriture, La figure de ce monde passe, Tout ce qui
est dans le monde n'a rien de solide ni de permanent.
MONDE, se dit aussi Des planètes qu'on suppose habitées;
et alors on ne l'emploie guère qu'au pluriel. Dieu a semé les
mondes dans l'espace. La Pluralité des Mondes est le titre d'un ouvrage
de Fontenelle.
Se dit hyperboliquement d'Un lieu vaste et très-peuplé. Paris
est un monde, un petit monde.
MONDE, signifie, par extension, La totalité des hommes, le genre
humain. JÉSUS-CHRIST est le sauveur du monde. L'opinion est la reine
du monde.
Le monde chrétien, La totalité des hommes qui professent
le christianisme.
MONDE, signifie aussi, Les hommes en général, la plupart
des hommes. Le monde ne pardonne point l'ingratitude. Le monde est bien méchant.
Tout le monde sait cette nouvelle. Il est connu de tout le monde. Sa vie est utile
au monde.
Il se prend quelquefois indéfiniment pour Gens, personnes. Il ne faut
pas accuser le monde légèrement. Est-ce comme cela qu'il faut traiter
le monde? Je crois que vous vous moquez du monde. Dans ce sens, il est familier.
Se dit encore d'Un certain nombre de personnes. Il s'assembla quantité
de monde autour de lui. Il a amené beaucoup de monde avec lui. Il y avait
bien du monde à l'Opéra. Le monde n'est pas encore arrivé.
Peu de monde, pas grand monde, Peu de personnes. Il n'y avait pas
grand monde à cette fête. Il ne put rassembler que peu de monde.
Hyperboliq., Un monde, Une grande quantité de personnes. Il
a un monde d'ennemis.
MONDE, se dit quelquefois d'Une seule personne. N'entrez pas dans
son cabinet, il y a du monde avec lui, il est avec du monde.
MONDE, avec l'adjectif possessif, se dit particulièrement Des
domestiques de quelqu'un. Il a congédié tout son monde.
Se dit également Des gens qui sont sous les ordres de quelqu'un. L'architecte
a-t-il amené tout son monde? Ce capitaine n'avait que la moitié
de son monde.
Se dit pareillement d'Un certain nombre de personnes que l'on attend. On
servira dès que votre monde sera venu.
MONDE, signifie en outre, La société des hommes, ou Une
partie de cette société. Fréquenter, aimer le monde. Le
commerce du monde. C'est un homme qui a vu le monde, qui a un grand usage du monde,
une grande connaissance des affaires du monde. Observer, étudier le monde.
Avoir l'expérience du monde. À son entrée dans le monde.
Il n'aime pas le monde. Il ne voit qu'un certain monde. Loin du monde et du bruit.
Se retirer du monde, de l'embarras du monde et des affaires. C'est le monde qui
lui a formé l'esprit. Le monde est bien corrompu. Dans quel monde vivez-vous?
Il s'est fait un monde à part dans lequel il passe sa vie. Il vit dans
un monde qui n'a rien de commun avec celui où vous vivez. Faire figure
dans le monde. Se faire un nom, de la réputation dans le monde. Faire parler
de soi dans le monde.
Homme du monde, Homme qui vit dans le grand monde. Au pluriel, Les
gens du monde.
Fam., Le grand monde, La société distinguée par
les richesses, par les dignités de ceux qui la composent. Aller dans
le grand monde. Il signifie aussi, Une société nombreuse. Le
grand monde l'étourdit, il préfère un petit cercle d'amis.
Fam., Le petit monde, Les gens du commun. Cela n'a réussi que
dans le petit monde. Le peuple dit, Il ne faut pas tant mépriser
le petit monde.
Fam., Le beau monde, La société la plus brillante. Il
va dans le beau monde, il voit le beau monde. On dit par extension, J'ai
vu là beaucoup de beau monde, Beaucoup de personnes bien mises, élégantes.
Le monde savant, le monde lettré, Les hommes qui s'occupent particulièrement
des sciences, des lettres.
Savoir bien le monde, son monde, Savoir bien la manière de vivre
dans la société. C'est un homme qui sait bien le monde, qui sait
bien son monde. On dit dans le même sens, Il a du monde, il n'a pas
de monde; il a la science du monde, l'esprit du monde.
Connaître le monde, Connaître les hommes. Connaître
bien son monde, Savoir bien démêler le caractère des gens
à qui l'on a affaire.
N'être plus du monde, N'être plus dans le commerce du monde.
C'est un homme qui n'est plus du monde. Je ne suis plus du monde. Je ne suis
plus de ce monde. On dit dans le même sens: Quitter le monde. Renoncer
au monde. Se retirer du monde. C'est un solitaire qui ignore les choses de ce
monde.
Prov., Ainsi va le monde, C'est ainsi que les hommes agissent, se conduisent.
Prov. et fig., C'est le monde renversé, se dit D'une chose qui
se fait contre l'usage et l'ordre commun.
Monde idéal, Monde imaginaire, meilleur que le monde où
nous existons. Se former, se créer un monde idéal. Vivre dans
un monde idéal. S'égarer dans un monde idéal. Les illusions
du monde idéal font oublier le monde réel.
Prov., Devoir à Dieu et au monde, Être extrêmement
endetté.
MONDE, en langage de dévotion, signifie, Les hommes qui ont les
moeurs corrompues du siècle. Renoncer au monde, au monde et à
ses pompes. L'esprit, le train du monde. Les vanités du monde. Les maximes
du monde sont bien contraires à celles de l'Évangile.
MONDE, se dit aussi de La vie séculière, par opposition
à La vie monastique. Il a quitté le monde pour se mettre dans
un cloître. Il est sorti du couvent, et est entré, rentré
dans le monde.
MONDE, est quelquefois un terme augmentatif, soit qu'on affirme, soit
qu'on nie. Il a dit de vous tout le bien du monde. Je ne voudrais de cette
maison pour rien au monde. Il ne manquerait pas à sa parole pour tous les
trésors du monde. Je donnerais tout au monde pour l'avoir. Rien au monde
ne lui fait tant de plaisir.
Cela est, cela va le mieux du monde, Cela est, cela va très-bien.
Nous sommes le mieux du monde ensemble, Nous sommes parfaitement d'accord,
nous sommes très-bien l'un avec l'autre.
Par exagérat., Le meilleur homme, le plus méchant homme du
monde; la meilleure chose, la plus mauvaise chose du monde, Un homme très-bon,
très-méchant; une chose très-bonne, très-mauvaise.
L'autre monde, La vie future. Dans l'autre monde il faudra rendre
compte de ce que nous aurons fait dans celui-ci. La foi nous apprend qu'il y a
un autre monde après celui-ci.
Pop., Il est allé dans l'autre monde, Il est mort.
Fam., De quel monde venez-vous? se dit À une personne qui paraît
ne pas être instruite d'une chose que tout le monde sait.
Fig. et fam., C'est un homme de l'autre monde, se dit D'un homme dont
les moeurs, les façons de vivre paraissent opposées à celles
de la société commune des autres hommes.
Fig. et fam., Dire des choses de l'autre monde, Dire des choses étranges,
incroyables.
MONDE . adj.des deux genres
Pur, net. Il ne se dit qu'en style de l'Écriture sainte, et pour qualifier
Les animaux dont la loi des Juifs permettait l'usage, soit pour les sacrifices,
soit pour les repas. Il est opposé à Immonde. Les bêtes,
les animaux mondes et immondes.
MONDER . v. a.
Nettoyer. S'emploie surtout dans ces phrases: Monder de l'orge, Le dégager
de sa pellicule; et, Monder de la casse, Tirer la casse de son bâton,
et la préparer, après en avoir ôté les semences.
MONDÉ, ÉE. participe, De l'orge mondé. Du séné
mondé. De la casse mondée.
Prendre de l'orge mondé, Boire de l'eau dans laquelle on a fait
bouillir de l'orge mondé.
MONDIFIER . v. a.
.Médec. Nettoyer, déterger. Mondifier un ulcère, une
plaie.
MONDIFIÉ, ÉE. participe
MONÉTAIRE .s.m.
Se dit Des officiers publics qui présidaient à la fabrication
des monnaies et des médailles. Les anciennes monnaies françaises
portaient ordinairement le nom des monétaires qui les avaient faites.
MONÉTAIRE, s'emploie aussi comme adjectif des deux genres, et
signifie, Qui a rapport aux monnaies. Art monétaire. Science monétaire.
Atelier monétaire. Système monétaire. Lois monétaires.
MONITEUR .s.m.
Celui qui donne des avis, des conseils. Les jeunes gens ont besoin d'un sage
moniteur.
MONITEUR, dans les Écoles d'enseignement mutuel, se dit de L'élève
chargé d'instruire un certain nombre de ses condisciples. L'école
de ce régiment a de bons moniteurs.
MONITEUR, est aussi Le titre de certains journaux. Le Moniteur universel.
Le Moniteur des théâtres.
MONITION . s. f.
.Juridiction ecclés. Avertissement juridique qui se fait en de certains
cas par l'autorité de l'évêque, avant de procéder à
l'excommunication. On a fait jusqu'à trois monitions. Procéder
à la troisième monition. Pour la troisième et péremptoire
monition.
MONITOIRE .s.m.
.Juridiction ecclés. Lettres d'un official pour obliger, sous des peines
ecclésiastiques, tous ceux qui ont quelque connaissance d'un crime ou de
quelque autre fait dont on cherche l'éclaircissement, à venir révéler
ce qu'ils savent. On a publié un monitoire dans toutes les paroisses.
Le juge ordonna que l'official décernerait un monitoire. Fulminer, jeter,
lancer un monitoire. On dit aussi adjectivement, Des lettres monitoires;
et alors Monitoire est féminin.
MONITORIAL , ALE. adj.
Il n'est usité que dans cette locution, Lettres monitoriales,
Lettres en forme de monitoire.
MONNAIE . s. f.
Toute sorte de pièces de métal, servant au commerce, frappées
par autorité souveraine, et marquées au coin d'un prince ou d'un
État souverain. Battre, faire battre monnaie. Avoir droit de battre
monnaie. Faire de nouvelle monnaie. Mettre une nouvelle monnaie en circulation.
Refondre les monnaies. Monnaie d'or, d'argent. Toute sorte de monnaie ayant cours.
Le décri de la monnaie. La monnaie a été instituée
pour la facilité des échanges. Fausse monnaie. Il est accusé
de fausse monnaie. Monnaie de cuivre, de billon. Petite monnaie. Monnaie forte.
Monnaie faible ou légère. Monnaie au-dessous du titre, au-dessous
du poids. De la monnaie bien frappée. De la monnaie qui s'empile bien.
Altérer les monnaies. Monnaie étrangère. Pièce de
monnaie.
Monnaie de compte, ou Monnaie imaginaire, Monnaie qui n'a jamais
existé, ou qui n'existe plus en espèces réelles, mais qui
a été inventée ou retenue pour faciliter les comptes, en
les établissant toujours sur un pied certain et non variable; par opposition
à Monnaie réelle ou effective, Monnaie dont il existe
des pièces ayant cours dans le commerce. La livre tournois, la livre
sterling, sont des monnaies de compte. Le franc est une monnaie réelle.
Papier-monnaie, Papier créé par le gouvernement pour faire
office de monnaie.
Monnaie obsidionale, Monnaie frappée dans une ville assiégée,
où on lui donne cours pendant le siége, pour une valeur ordinairement
beaucoup plus forte que sa valeur intrinsèque.
Payer en monnaie forte, Payer en espèces évaluées
sur un pied avantageux à celui qui reçoit.
Fig. et fam., Battre monnaie, Se procurer de l'argent. Il a battu
monnaie, il a vendu ses livres.
Fam., Être décrié comme de la fausse monnaie, comme la
fausse monnaie, comme fausse monnaie, Avoir une très-mauvaise réputation.
MONNAIE, dans un sens plus particulier, se dit Des petites espèces
d'argent ou de billon. N'avez-vous point de monnaie sur vous? Je n'ai pas un
sou de monnaie.
Il signifie aussi, La valeur d'une pièce monnayée, en plusieurs
pièces moindres. N'avez-vous point la monnaie d'un louis, d'un écu,
d'une pièce de vingt sous, etc.?
Donner à quelqu'un de belle monnaie, Lui donner des pièces
d'or ou d'argent, au lieu de pièces de cuivre ou de billon.
Prov. et fig., Rendre, donner à quelqu'un la monnaie de sa pièce,
Se venger, user de représailles.
Prov. et fig., Payer quelqu'un en monnaie de singe, Le payer en gambades,
se moquer de lui, au lieu de le satisfaire.
Prov. et fig., Il l'a payé en même monnaie, se dit D'un
homme qui, ayant reçu d'un autre ou quelque service ou quelque déplaisir,
lui a rendu ensuite la pareille.
MONNAIE, se dit, figurément et au sens moral, Des paroles dont
il se fait une espèce d'échange dans la société. Les
compliments sont une monnaie dont chacun connaît la valeur.
MONNAIE, signifie aussi, Le lieu où l'on bat monnaie. Porter
des lingots à la monnaie, pour qu'ils soient convertis en espèces.
Ce lieu s'appelle autrement Hôtel de la monnaie, des monnaies. Hôtel
des monnaies de Paris, de Lyon, de Bordeaux, etc.
La monnaie des médailles, Le lieu où l'on frappe les médailles,
les jetons.
Cour des monnaies, Cour supérieure qui était établie
pour juger souverainement tout ce qui concernait les monnaies. Le premier président
de la cour des monnaies.
MONNAYAGE .s.m.
Fabrication de la monnaie. Monnayage au marteau, au balancier. Il entend
bien le monnayage. Droit de monnayage.
MONNAYER . v. a.
Convertir un métal en monnaie. On a monnayé de l'argent pour
plus d'un million.
Il signifie plus particulièrement, Donner l'empreinte à la monnaie.
Ce balancier monnaye tous les jours tant de milliers de pièces d'or.
S'emploie aussi absolument. Avant l'invention du balancier, on monnayait
au marteau. L'art de monnayer a fait de grands progrès.
MONNAYÉ, ÉE. participe, Argent monnayé, se
dit par opposition à Argent ouvragé ou brut. Payer en argent
monnayé.
MONNAYEUR .s.m.
Celui qui travaille à la monnaie de l'État.
Faux monnayeur, Celui qui fait de la fausse monnaie.
MONOCHROME . adj.des deux genres
Qui est d'une seule couleur. Les camaïeux, les grisailles sont des peintures
monochromes.
S'emploie aussi comme substantif masculin. Un monochrome.
MONOCLE .s.m.
Petite lunette qui ne sert que pour un oeil. Voyez LORGNON.
MONOCORDE .s.m.
Instrument de bois, de cuivre, etc., sur lequel il y a une seule corde tendue,
et divisée selon certaines proportions pour faire connaître les différents
intervalles des sons. La division du monocorde. Diviser un monocorde. La trompette
marine était une espèce de monocorde.
MONOCOTYLÉDONE . adj.des deux genres
.Bot. Se dit Des plantes dont les semences n'ont qu'un seul lobe ou cotylédon.
Les plantes monocotylédones. On l'emploie quelquefois substantivement,
au féminin. Le lis est une monocotylédone.
MONOECIE . s. f.
.Bot. Classe du système de Linné, dans laquelle on range les plantes
qui portent, sur le même pied, des fleurs mâles et des fleurs femelles.
Le maïs appartient à la monoecie.
MONOGRAMME .s.m.
Chiffre ou caractère composé des principales lettres d'un nom,
et quelquefois de toutes. La signature de la plupart de nos anciens rois était
un monogramme.
MONOGRAPHIE . s. f.
T. d'Hist. nat. Description d'un seul genre ou d'une seule espèce d'animaux,
de végétaux, etc.
MONOÏQUE . adj.des deux genres
.Bot. Se dit Des plantes qui portent, sur le même pied, des fleurs mâles
et des fleurs femelles. Le maïs est une plante monoïque.
MONOLITHE . adj.des deux genres
Qui est d'une seule pierre. Statue, monument, pyramide, aiguille, obélisque
monolithe.
S'emploie aussi substantivement, au masculin. Beaucoup de monuments, en Égypte,
sont des monolithes.
MONOLOGUE .s.m.
Scène d'une pièce de théâtre où un personnage
est seul et se parle à lui-même. Beau monologue. Monologue ennuyeux.
Ce monologue est trop long. Les monologues manquent ordinairement de vraisemblance.
MONOMANE . adj. et s. des deux genres
Qui est atteint de quelque monomanie. Il est monomane. Elle est monomane.
C'est une monomane.
MONOMANIE . s. f.
Espèce d'aliénation mentale, dans laquelle une seule idée
semble absorber toutes les facultés de l'intelligence. Monomanie érotique.
Le traitement de la monomanie.
MONÔME .s.m.
T. d'Algèbre. Grandeur qui est exprimée sans que celles qui la
composent soient jointes par les signes plus ou moins.
MONOPÉTALE . adj.des deux genres
.Bot. Se dit Des fleurs dont la corolle est d'un seul pétale, d'une seule
pièce. La fleur de la mauve est monopétale. Corolle monopétale.
MONOPHYLLE . adj. m.
.Bot. Se dit D'un calice formé d'une seule pièce. Calice monophylle,
à cinq divisions.
MONOPOLE .s.m.
Trafic exclusif, fait en vertu d'un privilége. Faire le monopole.
Exercer le monopole. Les monopoles nuisent au commerce. C'est une compagnie qui
a obtenu le monopole de cette denrée. Le gouvernement s'est réservé
le monopole du tabac et de la poudre à canon.
Se dit, par extension, Du trafic d'un ou de plusieurs marchands réunis,
qui achètent quelque marchandise en si grande quantité, que ceux
qui veulent s'en procurer sont obligés de s'adresser à eux, et de
payer le prix qu'ils exigent. Quelques marchands ayant enlevé tous les
draps pour se rendre maîtres des prix, on se plaignit de ce monopole.
Se dit quelquefois figurément. Cet écrivain semble s'être
réservé le monopole de l'injure et de la calomnie.
MONOPOLEUR .s.m.
Celui qui exerce un monopole.
MONOPTÈRE . adj.des deux genres
T, d'Architecture. Se dit D'un édifice qui n'a qu'une seule rangée
de colonnes; et surtout D'un édifice rond formé d'une simple colonnade,
sans mur. Temple monoptère à six, à huit colonnes, surmonté
d'une calotte, d'un toit.
MONOSTIQUE .s.m.
Épigramme, inscription en un seul vers.
MONOSYLLABE .s.m.
.Gram. Mot d'une seule syllabe. Cette langue abonde en monosyllabes. Vous,
moi, toi, sont des monosyllabes.
S'emploie quelquefois comme adjectif des deux genres. Ce mot est monosyllabe.
MONOSYLLABIQUE . adj.des deux genres
Se dit particulièrement Des vers dont tous les mots sont des monosyllabes.
Vers monosyllabiques.
Se dit aussi Des vers d'une seule syllabe.
MONOTONE . adj.des deux genres
Qui est presque toujours sur le même ton, qui n'est pas assez varié
dans ses intonations ou dans ses inflexions. Chant, déclamation monotone.
On dit dans un sens analogue, Un bruit monotone.
Par extension, Acteur, orateur monotone, Acteur, orateur dont le débit
a de la monotonie.
MONOTONE, se dit, figurément, Des choses qui sont trop uniformes,
qui manquent de variété. Cet homme mène une vie monotone.
Les plaisirs de la campagne sont un peu monotones. Le style de cet écrivain
est monotone.
MONOTONIE . s. f.
Uniformité, égalité ennuyeuse de ton dans la conversation;
dans les discours prononcés en public; dans la musique, soit vocale, soit
instrumentale. Sa manière de réciter est d'une monotonie fatigante.
Cette musique est d'une monotonie assoupissante.
Se dit, figurément, d'Une trop grande uniformité dans le style.
Ce poëme a de la monotonie.
Se dit, par extension, d'Une manière de vivre qui est toujours la même.
Sa vie est d'une monotonie ennuyeuse. Il y a bien de la monotonie dans les
habitudes de cette famille.
MONS .s.m.
(On prononce l'S.) Abréviation du mot Monsieur. Entre particuliers, elle
est méprisante. Mons un tel.
MONSEIGNEUR .s.m.
Titre d'honneur que l'on donne en parlant ou en écrivant à certaines
personnes distinguées par leur naissance ou par leur dignité. Monseigneur
le prince. Monseigneur le chancelier. Donner du monseigneur à quelqu'un.
Traiter quelqu'un de monseigneur. On écrit souvent, par abréviation,
Mgr.
MESSEIGNEURS, Pluriel de Monseigneur, dont on se sert, soit en parlant,
soit en écrivant collectivement à plusieurs des personnes qui ont
droit au titre de Monseigneur.
NOSSEIGNEURS, Autre pluriel de Monseigneur, dont on se servait principalement
dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours
de parlement, et autres cours souveraines. Au roi et à nosseigneurs
de son conseil. À nosseigneurs de parlement, du parlement, supplie humblement
un tel.
MONSEIGNEURISER . v. a.
Donner le titre de monseigneur. Je l'ai monseigneurisé. Il ne
s'emploie que par plaisanterie.
MONSEIGNEURISÉ, ÉE. participe
MONSIEUR .s.m.
(On ne fait sentir ni l'N ni l'R.) Qualité, titre que l'on donne par
civilité, par bienséance, aux personnes à qui on parle, à
qui on écrit. Oui, monsieur. Je vous prie, monsieur, de...
Il fait au pluriel, Messieurs. Je vous prie, messieurs, d'observer que...
Messieurs les membres de la chambre des députés. J'ai dit à
ces messieurs ce que je pensais de l'affaire. On écrit souvent, par
abréviation, au singulier Mr ou M., et
au pluriel Mrs ou MM.
MESSIEURS, se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres
cours souveraines. Un de messieurs. L'avis de messieurs.
MONSIEUR, se dit, par les domestiques d'une maison, Du chef, du maître
de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti.
Prov., Monsieur vaut bien madame, Le mari vaut bien la femme. Cela se
dit le plus souvent par ironie.
MONSIEUR, sert aussi à désigner Tout homme dont le langage
et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur
vous demander. Appelez ce monsieur.
Pop., Il fait le monsieur, il fait bien le monsieur, Il fait l'homme
de conséquence. Il est devenu gros monsieur, Il a fait fortune.
C'est un beau monsieur, Il est élégamment vêtu.
Fam., C'est un vilain monsieur, C'est un homme difficile à vivre,
d'humeur maussade. Par mépris: Mon petit monsieur. Que veut donc ce
petit monsieur?
MONSIEUR, se joint quelquefois à un terme d'injure. Monsieur
le sot, monsieur l'insolent, je vous donnerai sur les oreilles.
MONSIEUR, employé absolument, s'est dit de L'aîné
des frères du roi. La maison de Monsieur.
Prune de Monsieur, Sorte de prune ronde, d'un beau violet. C'est aussi
le nom d'Une nuance de la couleur violette. Une robe prune de Monsieur.
MONSTRE .s.m.
Animal qui a une conformation contre nature. Monstre horrible, effroyable,
affreux, épouvantable, hideux. Un monstre à deux têtes. Cette
femme accoucha d'un monstre. Les monstres n'engendrent point.
Se dit aussi Des végétaux. Les fleurs doubles sont des monstres.
MONSTRE, se dit, par exagération, de Ce qui est extrêmement
laid. Cette femme est horriblement laide, c'est un monstre. On dit dans
le même sens, Un monstre de laideur.
Se dit, figurément, d'Une personne cruelle et dénaturée.
Néron était un monstre. C'est un monstre qu'il faudrait étouffer.
On dit populairement, dans le même sens, Un monstre de nature.
C'est un monstre d'ingratitude, un monstre d'avarice, un monstre de cruauté,
se dit D'une personne qui montre une noire ingratitude, qui est d'une sordide
avarice, etc.
Poétiq., Les monstres des forêts, Les bêtes féroces
qui habitent les forêts.
Monstres marins, Les grands cétacés.
On a servi des monstres sur cette table, On y a servi des poissons d'une
grandeur extraordinaire.
Fig., Se faire un monstre de quelque chose, S'imaginer qu'une chose est
très-pénible, très-difficile.
MONSTRUEUSEMENT . adv.
Prodigieusement, excessivement. Il n'est guère usité que dans
ces phrases: C'est un homme monstrueusement gros, monstrueusement gras.
MONSTRUEUX , EUSE. adj.
Qui a une conformation contre nature. Un enfant monstrueux. Un animal monstrueux.
On dit de même, Conformation monstrueuse.
Il signifie aussi, Qui est contraire aux lois de la nature. Accouplement
monstrueux.
S'emploie, dans la même signification, au sens moral. Union, association
monstrueuse d'idées, d'expressions.
Il signifie encore, Prodigieux, excessif dans son genre. Cet enfant a la
tête monstrueuse. C'est une femme d'une laideur monstrueuse. Un homme d'une
grandeur, d'une grosseur monstrueuse. Un animal monstrueux. On servit des poissons
monstrueux.
Se dit, dans le même sens, en parlant Des choses morales. Une avarice,
une prodigalité, une profusion, une fortune monstrueuse. Un crime, un événement
monstrueux. Son action est une chose monstrueuse. Absurdités monstrueuses.
MONSTRUOSITÉ . s. f.
Caractère, vice de ce qui est monstrueux. Se dit au propre et au figuré,
et s'emploie plus ordinairement pour désigner La chose monstrueuse. C'est
une monstruosité que la tête, que la main de cet enfant. Son action
est une monstruosité.
MONT .s.m.
Grande masse de terre ou de roche, élevée au-dessus du terrain
qui l'environne. Ce mot ne s'emploie guère en prose qu'avec un nom propre.
Le mont Etna. Le mont Cenis. Les monts Pyrénées. Le mont Liban.
Il n'est jamais suivi de la préposition de, quand il sert à
désigner Une certaine montagne; au lieu que le mot Montagne est
toujours suivi de cette préposition. Le mont Sinaï, la montagne
de Sinaï. Le mont Calvaire, la montagne du Calvaire.
MONTS, au pluriel et pris absolument, signifie ordinairement, Les Alpes.
Passer, repasser les monts. Au delà des monts. Deçà les
monts.
Poétiq., Le double mont, Le Parnasse.
Fig. et fam., Promettre des monts d'or à quelqu'un, Lui promettre
de grandes richesses, de grands avantages. On dit dans le même sens, Promettre
monts et merveilles.
Par exagérat. et fam., Vous me donneriez un mont d'or, des monts d'or,
que je n'en ferais rien, Vous me donneriez tous les biens du monde, que, etc.
Cela lui coûte des monts d'or, Cela lui coûte excessivement.
Adverb., Par monts et par vaux, En toute sorte d'endroits, de tous côtés.
Aller, courir par monts et par vaux. On le cherche par monts et par vaux.
Fam., Mont pagnote, Éminence d'où l'on peut, sans aucun
péril, regarder un combat. Pendant l'action, il se tint sur le mont
pagnote. Cette expression a vieilli.
Mont-de-piété, Établissement où l'on prête
sur nantissement et à intérêt. Mettre des effets au mont-de-piété.
Retirer ses hardes du mont-de-piété. Reconnaissance du mont-de-piété.
MONTAGE .s.m.
Action de transporter quelque chose de bas en haut. Payer le montage du bois,
des grains.
MONTAGNARD , ARDE. adj.
Qui habite les montagnes. Les peuples montagnards. Animaux montagnards.
Il est plus ordinairement substantif. Les montagnards d'Écosse. C'est
un montagnard.
MONTAGNE . s. f.
Mont, grande masse de terre ou de roche fort élevée au-dessus
du terrain qui l'environne. Grande, haute montagne. Montagne élevée,
rude, escarpée. Le sommet, le haut, la cime, le mamelon d'une montagne.
Le penchant, la pente, la croupe, les flancs, la descente, le revers, le versant,
le pied d'une montagne. Monter, descendre, passer, traverser une montagne. Gagner
le haut d'une montagne. Gravir une montagne, sur une montagne. Les brigands se
sont retirés dans les montagnes. Les montagnes d'Auvergne. Pays de montagnes.
Pays hérissé de montagnes.
Une chaîne de montagnes, Une suite de montagnes qui tiennent l'une
à l'autre.
Prov. et fig., La montagne a enfanté une souris, se dit Lorsque
de grands projets n'aboutissent à rien.
Prov., Deux montagnes ne se rencontrent point, mais deux hommes se rencontrent,
se dit ou Par menace, pour faire entendre à un homme qu'on trouvera occasion
de se venger de lui, ou Lorsqu'on rencontre inopinément quelqu'un qu'on
ne s'attendait pas à voir.
Prov., Il n'y a point de montagne sans vallée, Chaque chose existe
avec ses conditions naturelles.
Prov. et fig., Il a sa montagne dans la tête, Il est très-occupé
d'un dessein qu'il a conçu.
Montagnes de glace, Amas considérables de glaces qu'on rencontre
principalement dans les mers polaires.
MONTAGNEUX , EUSE. adj.
Où il y a beaucoup de montagnes. Pays montagneux. Province, région
montagneuse.
MONTANT .s.m.
Pièce de bois, de pierre ou de fer qui est posée verticalement
et à plomb dans certains ouvrages de menuiserie, de serrurerie, etc. Il
y a un montant de rompu à cette croisée. Les montants d'une porte
cochère, d'une devanture de boutique. Les montants d'une grille, d'une
porte de fer.
Les montants d'une raquette, Les cordes qui vont du haut en bas.
MONTANT, signifie aussi, Le total d'un compte, d'une recette, d'une dépense,
etc. Le montant de ces sommes, de la recette, de la dépense, est de
deux cent mille francs.
MONTANT, se dit en outre d'Un ecclésiastique, d'un magistrat,
d'un officier militaire, etc., à qui, par droit d'ancienneté, il
appartient de monter à quelque place, à quelque charge, à
quelque emploi, en cas de vacance. C'est un tel qui est le premier montant.
Le premier montant à la grand'chambre. Ce lieutenant est le premier montant.
Dans cette acception, il a vieilli.
MONTANT, se dit encore Du goût relevé de certaines choses,
de la vapeur qui sort de certaines substances. Ce vin a du montant. Donner
du montant à une sauce. Ce tabac a beaucoup de montant.
MONTANT , ANTE. adj.
Se dit De tout ce qui monte. Un bateau montant. Il y a dans ce puits un seau
montant et descendant. Un chemin montant. La marée montante.
En Maçonnerie, Joint montant, Le joint vertical de deux pierres.
On ne voit aucun joint montant à la façade du Louvre.
En termes de Guerre, Garde montante, Celle qu'on place dans un poste,
par opposition à Celle qu'on relève, et qu'on appelle Garde descendante.
MONTE . s. f.
L'accouplement des chevaux et des cavales. Ce cheval, cet étalon a
fait la monte.
Il signifie aussi, Le temps de cet accouplement. La monte commence en avril,
et finit en juin.
MONTÉE . s. f.
Endroit par où l'on monte à une montagne, à un coteau,
à une éminence, etc. La montée de ce coteau est fort roide,
est extrêmement roide. La montée en est rude, pénible, douce,
aisée.
Se dit, particulièrement, d'Une rampe douce au devant d'un édifice.
La montée du Capitole, à Rome, a beaucoup de majesté.
Il signifie quelquefois, L'action de monter. Les chevaux ont ordinairement
plus de peine à la descente qu'à la montée.
MONTÉE, se dit encore d'Un petit escalier, dans une maison de
pauvres gens. Montée étroite, roide, aisée. Monter, descendre
la montée. Nettoyer, balayer une montée.
Il signifie en outre, populairement, Chacune des marches d'un escalier, d'un
degré. Prenez garde, il y a là une montée rompue. Il monte,
il descend les montées trois à trois, quatre à quatre.
Pop., Faire sauter les montées à quelqu'un, Le chasser
honteusement de chez soi, et avec violence. S'il lui arrive de venir encore
chez moi, je lui ferai sauter les montées.
MONTÉE, se dit aussi, en Architecture, de La hauteur d'une voûte.
Cette voûte surbaissée a pour sa largeur peu de montée.
MONTER . v. n.
Se transporter dans un lieu plus haut que celui où l'on était.
En ce sens, il se dit Des hommes et des animaux. Monter vite, facilement. Monter
avec peine. Monter lentement. Monter plus haut, bien haut. C'est un pays inégal,
on ne fait que monter et descendre. Monter sur un arbre, à un arbre, au
haut d'un arbre. Monter à une tour, au haut d'une tour, au haut d'une maison.
Monter à une échelle. Notre-Seigneur est monté au ciel. Il
a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée. Il est
monté dans sa chambre, et il y est resté. Monter dans une voiture,
en voiture. Monter à l'autel. Monter sur une hauteur, sur une montagne.
Monter sur un escabeau, sur une chaise. Les écureuils montent au haut des
arbres. Les chamois montent au haut des rochers. Monter à cheval, sur un
cheval.
Fig., Monter à cheval, signifie aussi, Manier un cheval, lui faire
faire le manége. Ce jeune homme apprend à monter à cheval.
Cet écuyer montre bien à monter à cheval.
Monter en croupe, Se placer à cheval derrière quelqu'un.
(Voyez vers la fin de la colonne suivante, Monter un cheval.)
Monter à l'assaut, Attaquer une place afin de l'emporter de vive
force. Monter à la brèche, Faire tous ses efforts pour entrer
par la brèche dans une place assiégée.
Monter sur un vaisseau, monter sur mer, S'embarquer sur un vaisseau.
Nous montâmes sur tel vaisseau pour faire le trajet.
Monter en chaire, Prêcher. C'est une chose très-pénible
que de monter tous les jours en chaire.
Monter sur le théâtre, sur les planches, Se faire comédien;
et, Monter sur les tréteaux, Se faire bateleur.
Monter dans les carrosses du roi, ou simplement, Monter dans les carrosses,
Être admis à l'honneur de monter dans les carrosses du roi.
Fig., Monter au faîte des honneurs, Parvenir aux plus grandes dignités.
Monter au trône, sur le trône, Devenir roi ou reine.
Fig., Monter sur le Parnasse, Composer des vers, se livrer à la
poésie.
Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec
hauteur, montrer de la fierté, de la sévérité dans
ses paroles.
Prov., fig. et pop., Monter sur ses ergots, Élever sa voix et
son geste avec chaleur et audace.
Prov. et fig., Monter aux nues, Se mettre en colère. Quand
on lui parle de cela, il monte aux nues. Vous me feriez monter aux nues.
MONTER, signifie aussi, figurément, Passer à un poste,
à un degré au-dessus de celui qu'on occupait. Il était
sergent, et il est monté à la sous-lieutenance. Il était
lieutenant, et il est monté au grade de capitaine, ou, par ellipse,
quand l'avancement a lieu dans le même corps, Il est monté capitaine.
On dit dans le même sens: Cet officier est monté en grade. Cet
écolier était en troisième, il est monté en seconde.
MONTER, signifie encore, S'élever. Il n'y a point d'oiseau
qui monte plus haut que l'aigle. En ce sens, il se dit plus ordinairement
De certains corps, tels que l'eau, le feu, les vapeurs, le son, etc. L'eau
monte jusqu'au niveau de sa source. La flamme montait au-dessus des plus hautes
maisons. Les vapeurs, les fumées du vin montent au cerveau. Ce vin monte
à la tête. Il lui monte des chaleurs à la tête. Le feu,
le sang, la rougeur, me montent au visage. La séve monte aux arbres. Le
brouillard monte. La voix monte par tons et par demi-tons.
S'emploie figurément, dans le même sens. Les prières
du juste, les cris des innocents qu'on persécute, montent au ciel. Le cri
de son peuple est monté jusqu'à lui.
Le soleil, les astres montent sur l'horizon, Ils s'élèvent
ou paraissent s'élever sur l'horizon.
Le soleil monte tous les jours, se dit Lorsque le soleil s'approche tous
les jours de plus en plus de notre zénith.
Le baromètre monte, Le mercure qui est dans le tube du baromètre,
monte. On dit de même, Le thermomètre monte.
Cette plante monte en graine, Elle n'est plus bonne à manger,
et dans peu elle produira de la graine.
Fig. et fam., Cette fille monte en graine, Elle avance en âge,
et ne trouvera bientôt plus à se marier.
Cet arbre monte trop haut, On le laisse trop croître. Ce mur
monte trop haut, Il a trop d'élévation. Ce collet d'habit,
cette robe, montent trop haut, Ils ont trop de hauteur. On dit dans le sens
contraire, Cet arbre, ce mur, ce collet, etc., ne montent pas assez haut.
MONTER, signifie aussi, Croître, s'accroître. Tout à
coup la rivière monta de plusieurs pouces.
Il est plus usité au sens moral. Le luxe est monté au plus
haut degré. Sa dépravation, sa cruauté, montèrent
au comble. Sa vanité, depuis ce petit succès, monte à un
tel point, qu'il en est ridicule. Son orgueil, son insolence, montèrent
à un tel excès, que ses meilleurs amis furent forcés de l'abandonner.
MONTER, signifie, en outre, Hausser de prix, croître en valeur.
Le blé est monté jusqu'à trente francs l'hectolitre. Faire
monter bien haut des meubles, des livres, en les enchérissant. Les actions
ont monté beaucoup. Les effets publics monteront, à la paix.
MONTER, se dit aussi D'un total composé de plusieurs sommes, de
plusieurs nombres. Toutes ces sommes montent à cent mille francs. Les
mémoires de ces ouvriers montent à tant. Son armée monte
à vingt mille hommes. Les frais de son procès monteront bien haut.
Dans la supputation d'un compte: Le tout montant à tant. Toutes les
sommes montant à celle de tant.
S'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Toutes ces
sommes se montent à cent mille francs. Son armée se montait à
vingt mille hommes. Etc.
Ce mémoire monte bien haut, Il en coûtera beaucoup pour
l'acquitter. Cette dépense n'a pas monté haut, Elle a peu
coûté.
MONTER, se prend activement dans plusieurs acceptions; par exemple, dans
le sens de Se transporter en un lieu plus haut que celui où l'on était.
Monter une montagne. Monter les degrés. Il a monté l'escalier.
Etc.
Monter un cheval, Être monté sur un cheval. Il monte
un cheval blanc. Ce cheval ne se laisse pas monter facilement.
Monter un cheval, signifie aussi, S'en servir habituellement. Voilà
le cheval que je monte. Il signifie encore, Instruire, dresser un cheval.
C'est ce piqueur qui a monté mon cheval. Je monte moi-même mes
chevaux.
Monter un vaisseau, Le commander. Le contre-amiral montait le vaisseau
le Formidable.
MONTER, employé activement, signifie aussi, Fournir un établissement
ou une personne de tout ce qui lui est nécessaire. Monter une maison,
son ménage. Votre maison est montée sur un pied trop coûteux;
la sienne est montée sur un pied trop mesquin. Monter un théâtre,
un spectacle. Monter une imprimerie de ses presses. Monter une personne en linge.
Dans ce sens, il s'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Je me suis
monté en linge. Cette dame s'est bien montée en dentelles. Se monter
en argenterie, en livres.
Monter un cavalier, Lui fournir le cheval et l'équipement. Il
lui en a coûté tant pour monter chaque cavalier. Il a monté
toute une compagnie à ses dépens.
Monter un ouvrage d'orfévrerie, de serrurerie, de menuiserie, etc.,
En assembler les pièces les unes avec les autres. Monter une croix de
diamants, des pendants d'oreilles. Monter une armoire, un buffet. Monter une porte
de fer, une balustrade. Monter un fusil. Monter une charpente. Monter un lit.
Monter un habit, une chemise, etc.
Fig., Monter une cabale, Préparer une cabale. Ils ont monté
une cabale contre lui.
Monter un diamant, Le mettre en oeuvre. Ce diamant est bien monté,
mal monté.
Monter une estampe, La mettre sous verre, dans un cadre.
Monter un métier, Accommoder et tendre sur le métier l'étoffe,
la toile, le canevas, la chaîne, le fil, la soie, etc., pour travailler.
Monter un violon, une harpe, une guitare, un piano, Y mettre des cordes,
y remettre de nouvelles cordes. Il m'en a coûté tant pour monter
ma harpe. On dit en ce sens, Ce violon est bien, est mal monté,
Les cordes en sont bonnes, en sont mauvaises.
Poétiq., Monter sa lyre, Se disposer à faire des vers.
Monter une horloge, une montre, un réveille-matin, un tournebroche,
etc., En bander les ressorts, on en rehausser les contre-poids.
Monter la garde, se dit D'une troupe de gens de guerre qui vont faire
la garde en quelque endroit. C'est à telle compagnie, à tel capitaine
à monter la garde chez le général. Se dit aussi De chaque
soldat qui est de service dans un poste pour un temps déterminé.
J'ai monté ma garde hier.
Fig. et fam., Monter une garde à quelqu'un, Lui faire une vive
réprimande.
Monter la tranchée, Monter la garde dans la tranchée.
MONTER, employé activement, signifie aussi, Élever, accroître.
Monter son train et sa dépense.
Monter un instrument de musique, En hausser le ton. On a monté
ce violon trop haut. Monter un instrument au ton d'un autre. On dit dans le
même sens, Monter une corde de violon, de harpe, etc.
En Peinture, Monter sa couleur, Rendre la couleur de son tableau plus
vigoureuse qu'on n'avait fait d'abord.
Fig. et fam., Monter la tête à quelqu'un, Lui inspirer quelque
idée qui s'empare de lui jusqu'à l'exalter. On lui a monté
la tête sur cet objet.
MONTER, pris activement, signifie encore, Porter, transporter quelque
chose en haut, ou l'y élever. Il faut monter tous ces meubles dans une
chambre. Monter du foin au grenier. On monte les grosses pierres sur les édifices
avec des grues.
S'emploie quelquefois, avec le pronom personnel, dans un sens figuré
analogue au sens précédent. Il s'est monté au ton de la
plus haute éloquence. Il s'est monté à un ton qu'il ne pourra
soutenir.
Il signifie absolument, S'exalter, s'échauffer, s'irriter. Quand son
imagination se monte, il devient intraitable. Sa tête s'est montée,
et il nous a injuriés. Cet homme se monte aisément.
MONTÉ, ÉE. participe, Être bien monté,
mai monté, Être monté sur un bon, sur un mauvais cheval.
Il signifie aussi, Être bien, être mal monté en chevaux. J'ai
vu ses chevaux, il est bien monté, il est fort mal monté.
Prov., Être monté comme un saint George, Être monté
sur un cheval fort beau ou fort bon.
Ce vaisseau est percé pour cinquante canons, et monté de trente,
Il peut porter cinquante canons, mais il n'en a que trente effectifs.
Monté sur le ton de, En usage de. Cette société
n'est pas montée sur le ton de médire.
Fig. et fam., Il est monté sur un ton plaisant, sur un ton singulier,
se dit D'un homme qui plaisante ou qui affecte de dire des choses extraordinaires.
Fam., Vous êtes aujourd'hui bien monté, mal monté, singulièrement
monté, Vous êtes bien, mal, singulièrement disposé.
Cheval monté haut ou haut monté, Cheval dont les
jambes sont trop hautes, et ne sont point proportionnées.
MONTEUR .s.m.
Ouvrier qui monte des pierres fines, des pièces d'orfévrerie,
etc.
MONTGOLFIÈRE . s. f.
Sorte d'aérostat inventé par Montgolfier, et qui s'élève
au moyen de la raréfaction opérée, par le feu, dans l'air
que contient son enveloppe. Les montgolfières ont été
les premiers aérostats.
MONTICULE .s.m.
Diminutif de Mont. Petite montagne, simple élévation de terrain.
Un monticule couvert de gazon.
MONT-JOIE . s. f.
On appelait ainsi autrefois Un monceau de pierres jetées confusément
les unes sur les autres, soit pour marquer les chemins, soit en signe de quelque
victoire ou de quelque autre événement important.
MONT-JOIE, était aussi Un cri de guerre usité autrefois
parmi les Français dans les batailles. Mont-joie Saint-Denis!
MONT-JOIE, était encore Le titre affecté au premier roi
d'armes de France. Le roi d'armes Mont-joie, du titre de Mont-joie.
MONTOIR .s.m.
Grosse pierre ou gros billot de bois, dont on se sert pour monter plus aisément
à cheval. Il y a ordinairement un montoir aux portes des hôtelleries
de campagne. Il n'a pas assez de force, il n'est pas assez grand pour monter à
cheval sans montoir.
Le côté du montoir, Le côté gauche du cheval,
ainsi appelé parce que c'est de ce côté-là qu'on monte
d'ordinaire à cheval. Ce cheval est déferré du pied de
devant du côté du montoir. On nomme L'autre côté,
Le côté hors du montoir, hors le montoir, hors montoir.
Ce cheval est difficile, est rude au montoir, Il se tourmente, il est
inquiet quand on veut monter dessus. Dans un sens opposé, Ce cheval
est aisé, doux au montoir.
MONTRE . s. f.
Échantillon, portion, partie, morceau de quelque chose qui est à
vendre, et dont on veut faire voir la qualité. Voilà une montre
de blé, d'avoine. Une montre de pruneaux, de confitures.
Acheter du blé, de l'orge, de l'avoine sur montre, D'après
l'échantillon que le vendeur a apporté au marché.
Ne point faire de montre, Faire voir d'abord ce qu'on a de plus beau,
de meilleur, sans commencer par étaler les marchandises de moindre qualité.
Donnez-nous du beau, ne nous faites point de montre.
MONTRE, signifie aussi, Ce que les marchands exposent au devant de leur
boutique, pour montrer quelles sortes de marchandises ils ont à vendre.
Tout cela n'est mis, n'est pendu là que pour la montre, que pour servir
de montre.
MONTRE, se dit également d'Une boîte dans laquelle les orfévres,
bijoutiers, tabletiers, etc., mettent leurs marchandises, afin qu'on les voie,
sans pouvoir y toucher.
Montre d'orgues, Les tuyaux d'orgues qui paraissent au dehors. La
montre de cet orgue est pur étain, est d'étain sonnant.
MONTRE, signifie en outre, Le lieu que les marchands de chevaux ont choisi
pour y faire voir aux acheteurs les chevaux qu'ils ont à vendre.
Il signifie encore, La manière dont ils essayent et conduisent ces mêmes
chevaux. Prenez-y garde, la montre est trompeuse.
MONTRE, se dit, figurément et au sens moral, pour Parade, étalage.
Faire montre de son esprit. Faire montre d'érudition. Je ne veux point
ici faire une vaine montre de sensibilité.
MONTRE, signifie aussi quelquefois, Apparence, comme dans cette phrase,
La montre des blés est belle, Ils annoncent une abondante moisson.
Fam., N'être que pour la montre, se dit De certaines choses qui
ne sont que pour l'apparence et dont on ne se sert point. Il a un lit magnifique
qui n'est que pour la montre; son lit ordinaire est un grabat.
Prov. et fig., Belle montre, peu de rapport, signifie que la personne
ou la chose dont on parle, a de belles apparences aux quelles ne répond
nullement la réalité. On dit qu'il est sage, riche; n'en croyez
rien: c'est belle montre et peu de rapport.
MONTRE, signifiait autrefois, La revue d'une armée, d'un régiment,
d'un corps de troupes. Les officiers mirent leurs valets dans les rangs, et
les firent passer à la montre.
Fam., Cela peut passer à la montre, se dit D'une chose qui, sans
être tout à fait de la qualité de celles auxquelles on la
joint, peut cependant être reçue sur le même pied, et passer
dans la quantité.
MONTRE . s. f.
Petite horloge qui se porte ordinairement dans une poche destinée à
cet usage. Montre ronde, plate. Montre d'or, d'argent. Montre à boîte
d'or, à boîte d'argent. Montre à double boîte. Montre
de cuivre. Montre émaillée, guillochée. Montre à sonnerie,
à réveil, à répétition. Montre à secondes,
à quantièmes. Montre à échappement. Montre à
recul, à repos. Montre qui va bien, qui va mal, qui avance, qui retarde,
qui va trente heures, plusieurs jours. La sonnerie, le mouvement, la chaîne,
le ressort, les rouages, le cadran, les aiguilles d'une montre. J'ai oublié
de monter ma montre. Régler sa montre. Mettre sa montre à l'heure.
Cette montre est détraquée, est dérangée. J'ai donné
ma montre à raccommoder, à réparer, à nettoyer.
Montre marine, Montre faite avec une extrême précision,
pour donner les longitudes en mer.
MONTRER . v. a.
Faire voir, exposer aux regards. Il m'a montré sa maison, son appartement,
sa bibliothèque, ses tableaux. Montrez-moi ce que vous avez acheté,
ce que vous avez écrit. Montrer des animaux à la foire.
Fig. et pop., Montrer son nez quelque part, Se faire voir en quelque
endroit: cela ne se dit guère que lorsqu'on y paraît pour peu de
temps. Il est venu montrer là son nez un moment, et s'en est retourné.
Je n'ai garde d'aller là montrer mon nez. On le dit aussi De ceux qui
vont mal à propos en quelque endroit. Qu'avait-il à faire d'aller
montrer là son nez?
Fig. et pop., Montrer les dents à quelqu'un, Lui faire voir qu'on
ne le craint point, et qu'on est en état de se bien défendre. Ils
voulaient l'attaquer, mais il leur a montré les dents.
Fig. et pop., Montrer les talons, S'enfuir, se retirer de quelque lieu.
Hors d'ici, montrez-nous les talons.
Fam., Cet habit montre la corde, Il est si usé, qu'on en voit
la trame.
Fig. et fam., Cet homme montre la corde, Il fait voir qu'il en est aux
expédients, à ses dernières ressources.
Fig. et fam., Cela montre la corde, C'est une finesse grossière
et facile à découvrir.
Fig. et fam., Montrer à quelqu'un son béjaune, Lui faire
voir sa sottise, son ineptie. Il faisait l'habile homme, je lui ai montré
son béjaune.
MONTRER, signifie aussi, Indiquer. Montrez-moi l'homme dont vous parlez.
Montrer quelque chose du doigt. Montrer le chemin à quelqu'un. Je lui ai
montré ce qu'il cherchait. Un cadran qui montre l'heure.
Fig., Montrer le chemin aux autres, Faire quelque chose que les autres
font ensuite, ou Faire quelque chose à dessein que d'autres le fassent.
Fig., Montrer quelqu'un au doigt, S'en moquer publiquement, s'en moquer
comme d'une personne décriée ou ridicule. Partout on le montre
au doigt. Il se fait montrer au doigt.
Fam., Montrer la porte à quelqu'un, Faire signe à quelqu'un
dont on est mécontent, qu'il ait à sortir de la chambre, de la maison.
MONTRER, signifie quelquefois, Faire voir une affection, un sentiment
réel ou simulé. Montrer de la douleur, de la joie, de la tristesse,
de la crainte, etc. On dit dans un sens analogue, Montrer un visage gai,
un visage triste.
Il signifie aussi, Donner des marques, des preuves de quelque qualité
bonne ou mauvaise. Montrer du courage, de la faiblesse, de la sagesse, de la
retenue, etc. Montrer son courage, sa piété, etc. Montrer un bon,
un mauvais coeur.
MONTRER, signifie encore, Faire connaître, prouver. Je lui montrerai
qu'il a tort, qu'il ne devait pas en user ainsi. Je lui montrerai à qui
il a affaire. Je lui ai montré que sa proposition est fausse. Je vous ai
montré par bonnes raisons que nous devons faire telle chose.
MONTRER, signifie aussi, Enseigner. Montrer la grammaire. Montrer
une langue. Montrer le latin, le grec, l'italien, la philosophie, les mathématiques,
la musique, le dessin, etc. Montrer à lire, à écrire, à
danser, à monter à cheval. Montrer à quelqu'un ce qu'il faut
qu'il fasse; lui montrer son devoir, ses obligations; lui montrer à vivre.
Ce dernier est familier, surtout quand on dit par menace, Je lui montrerai
bien à vivre.
Il se prend, absolument, dans le même sens. Ce maître montre
fort bien. Il montre à vingt écoliers. Il montre en ville.
MONTRER, joint avec le pronom personnel, signifie, Paraître, se
faire voir. Il n'a fait que se montrer dans cette compagnie. Le soleil ne s'est
point montré d'aujourd'hui. Cet ouvrage serait meilleur, si l'art s'y montrait
un peu moins.
Il n'oserait se montrer, se dit De celui que la crainte d'être
maltraité, ou la honte, soit de quelque affront qu'il a reçu, soit
de quelque mauvaise action qu'il a faite, oblige à se tenir caché.
Depuis la sottise qu'il a faite, depuis le malheur qui lui est arrivé,
il n'oserait se montrer. On dit dans un sens analogue: Il est bien hardi
de se montrer après cela. Comment ose-t-il se montrer?
Fig., Se montrer homme de courage, se montrer humain, libéral, bon
ami, etc., Faire voir par les effets qu'on est tel. Dans le même sens,
Se montrer digne de sa fortune, de sa réputation, etc.
Se montrer tel qu'on est, Ne rien affecter, ne rien dissimuler.
Fig., Se bien montrer, se montrer mal, Faire bonne, mauvaise contenance
dans les occasions qui exigent de la résolution et de la fermeté.
Il s'est bien montré, il s'est mal montré dans cette circonstance.
C'est un homme qui, à la guerre, se montre bien dans toutes les occasions.
Voici le moment de se montrer.
MONTRÉ, ÉE participe, Avoir été bien montré,
mal montré, Avoir eu un bon ou un mauvais maître, en quelque
genre de science, d'art ou d'exercice que ce soit. Il avait des dispositions,
mais il a été mal montré.
MONTUEUX , EUSE. adj.
Se dit D'un terrain extrêmement inégal, et coupé d'espace
en espace par des montagnes, des collines, etc. Pays montueux. Terrain montueux.
Sol montueux. Contrée, province montueuse.
MONTURE . s. f.
Bête de charge qui sert à porter l'homme. Bonne, méchante
monture. Il cherche une monture. Il est sans monture. Monture douce. Il faut avoir
soin de sa monture. Le cheval est la meilleure de toutes les montures. Les mules
sont la monture ordinaire en Espagne. Dans les Indes, on se sert assez ordinairement
de boeufs pour monture. Les éléphants sont la monture ordinaire
des princes orientaux.
Prov. et fig., Qui veut aller loin ménage sa monture, Il faut
éviter les excès, si l'on veut prolonger ses jours; il faut user
avec ménagement de toutes les choses dont on veut se servir longtemps.
MONTURE, en termes d'Arts et Métiers, se dit de Ce qui sert à
assembler, à supporter, à fixer la partie ou les parties principales
d'un objet, d'un outil. La monture d'une scie.
La monture d'un fusil, d'un pistolet, Le bois sur lequel le canon et
la platine sont montés.
La monture d'un éventail, L'assemblage des morceaux de bois ou
d'autre matière, qui servent à soutenir le papier ou l'étoffe
d'un éventail.
Monture de bride, Ce qui porte et soutient la partie du mors qui entre
dans la bouche du cheval. Avez-vous bien examiné votre monture de bride?
MONTURE, se dit particulièrement Du métal employé
pour assembler, réunir, encadrer les différentes pièces dont
se forment une tabatière, un étui, un vase, un bijou quelconque.
Cette monture est de vermeil, de similor, d'or, d'argent. Cette monture pèse
tant d'hectogrammes d'or.
Se dit aussi Du travail de l'ouvrier qui a monté un ouvrage. Cette
monture est fort belle, fort délicate. Il en a coûté tant
pour la monture.
MONUMENT .s.m.
Ouvrage d'architecture ou de sculpture, fait pour transmettre à la postérité
la mémoire de quelque personne illustre, ou de quelque événement
important. Monument glorieux, superbe, magnifique, durable, éternel.
C'est un monument pour la postérité. Dresser, ériger, élever,
consacrer un monument à la gloire d'un grand homme.
Se dit aussi de Certains édifices publics ou particuliers, qui imposent
par leur grandeur ou par leur ancienneté. Les monuments d'une ville.
Les monuments publics. Les anciens monuments. Les monuments de l'antiquité,
du moyen âge. La ville de Rome est remplie de monuments anciens et modernes.
La Bourse de Paris est un beau monument.
Il signifie quelquefois, Tombeau; mais, en ce sens, il n'est guère usité
que dans le discours soutenu. Elle a fait élever un magnifique monument
à son époux. Descendre au monument. On dit aussi, Monument-funéraire;
et cette expression peut être employée dans le langage ordinaire.
Se dit, figurément, de Certains grands objets de la nature. Les cavernes,
les basaltes, les précipices, sont autant de monuments des révolutions
du globe.
Se dit aussi Des ouvrages durables de littérature, de sciences et d'arts.
Ce poëme, cette histoire est un beau monument élevé à
la gloire de la nation, du héros. Cet ouvrage est un des plus beaux monuments
du génie, de l'esprit humain, de la philosophie. Cette statue, ce tableau
est un des plus beaux monuments de l'art. Cette médaille est un monument
précieux.
MONUMENTAL , ALE. adj.
Qui a rapport, qui est propre aux monuments, qui est de la nature des monuments.
Architecture, sculpture monumentale. Style, caractère monumental. Fontaine
monumentale. Statue monumentale. On n'emploie guère le pluriel masculin
Monumentaux.
MOQUER
(SE). v. pron.
Se railler de quelqu'un ou de quelque chose, en rire, en faire un sujet de plaisanterie
ou de dérision. On s'est moqué de lui. On s'est moqué
de son habit, de sa danse. Cette femme s'est moquée de vous.
Il signifie aussi, Mépriser, braver, témoigner par ses actions,
par ses paroles, qu'on ne fait nul cas de quelqu'un ou de quelque chose, qu'on
ne s'en inquiète point. C'est un homme qui se moque du blâme,
qui se moque de l'opinion publique, qui se moque de tout. Il s'est moqué
des remontrances qu'on lui a faites, de tous les avis qu'on lui a donnés.
C'est se moquer du monde, c'est se moquer des gens que d'agir ainsi, de parler
de la sorte. Je me moque de lui, je ne le crains point. Je me moque de cela, je
ne crains rien. Je m'en moque.
Il se prend quelquefois absolument, et signifie alors, Ne pas parler, ne pas
agir sérieusement. Quand je dis cela, vous voyez bien que je me moque.
C'est se moquer que de surfaire comme vous faites. C'est se moquer que de prétendre
telle chose, de soutenir une telle proposition. Vous vous moquez, je pense.
Par civilité, Vous vous moquez de moi, vous vous moquez, Vous
me traitez avec trop de cérémonie, vous poussez trop loin la politesse.
Vous vous moquez, je ne passerai pas avant vous. Vous vous moquez de vouloir
me reconduire.
Prov. et fig., La pelle se moque du fourgon, se dit Lorsqu'une personne
se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle.
Prov. et fig., Il ne faut pas se moquer des chiens qu'on ne soit hors du
village, Il faut se mettre à l'abri du danger avant de se vanter qu'on
le méprise.
MOQUER, s'emploie quelquefois avec le verbe Faire. Si vous en usez
comme cela, vous vous ferez moquer de vous, et absolument, vous vous ferez
moquer.
S'emploie aussi au participe avec le verbe Être. Il fut moqué
de tout le monde.
Ce verbe est familier dans toutes ses acceptions.
MOQUÉ, ÉE. participe
MOQUERIE . s. f.
Paroles ou actions par lesquelles on se moque. Moquerie maligne, outrageuse.
Il fut exposé aux insultes et aux moqueries de la multitude.
Il signifie plus ordinairement, Chose absurde, chose impertinente. C'est
une moquerie que de vouloir soutenir une telle proposition, de prétendre
réussir dans un pareil projet.
MOQUETTE . s. f.
Étoffe à chaîne et à trame de fil, veloutée
en laine, dont on fait des tapis ou dont on couvre des siéges. Moquette
unie, à dessins. Moquette rouge. Fauteuils garnis de moquette. Fauteuil
de moquette. Tapis de moquette.
MOQUEUR , EUSE. adj.
Qui se moque, qui raille, qui a l'habitude de se moquer, de railler. Il est
naturellement moqueur. Il a l'humeur moqueuse. Ris, discours, air moqueur.
S'emploie aussi substantivement, et se dit d'Une personne qui ne parle pas sérieusement.
Ne le croyez pas, c'est un moqueur. Cela ne peut pas être comme elle
le dit, c'est une moqueuse. Il est familier.
MORAILLES . s. f. pl.
Instrument de maréchal, espèce de tenailles, avec lesquelles on
pince le nez d'un cheval impatient, vicieux, pour le ferrer ou lui faire subir
quelque opération. Mettez-lui les morailles.
MORAILLON .s.m.
Pièce de fer attachée au couvercle d'un coffre, garnie d'un anneau
qui entre dans la serrure, et dans lequel passe le pêne.
MORAL , ALE. adj.
Qui concerne les moeurs. Un discours moral. Doctrine, philosophie, théologie
morale. Les oeuvres morales de Plutarque. Sens, instinct moral. Préceptes
moraux. Réflexions morales. Contes moraux.
Vertus morales, Celles qui ont pour principe les seules lumières
de la raison. S'il n'eut pas les vertus chrétiennes, il eut les vertus
morales.
Ce livre, ce discours est fort moral, Il renferme une morale fort saine.
MORAL, signifie aussi, Qui a des moeurs, qui a des principes et une conduite
conformes à la morale. Cet homme, qui passait pour fort moral, n'était
qu'un franc hypocrite.
MORAL, se dit encore De ce qui ne tombe point sous les sens, de ce qui
est uniquement du ressort de l'intelligence. Dans cette acception, il est opposé
à Physique. Le monde moral. Causes morales. Preuves morales. Qualités
morales. Il y a des démonstrations morales aussi convaincantes que les
démonstrations matérielles, physiques, sensibles. Malgré
l'affaiblissement de ses forces physiques, ses forces morales, ses facultés
morales, n'ont rien perdu de leur énergie. Souvent on supporte plus facilement
le mal physique que le mal moral. Ce mot s'emploie au sens moral dans beaucoup
d'acceptions.
Certitude morale, Certitude fondée sur de fortes probabilités,
telle qu'on peut l'avoir dans les choses ordinaires de la vie. Il est opposé
à Certitude physique. Nous n'en avons point de démonstration
rigoureuse, mais nous en avons une certitude morale.
MORAL, s'emploie substantivement, au masculin, et signifie, L'ensemble
de nos facultés morales. Le physique influe beaucoup sur le moral, et
le moral sur le physique. Il est mieux partagé au physique qu'au moral.
Cet homme est bien malade, le moral même est affecté.
MORALE . s. f.
Doctrine relative aux moeurs. Bonne, mauvaise morale. Morale dépravée,
dangereuse, relâchée. Morale pure, austère, exagérée,
aisée, commode, indulgente. La morale des païens. La morale chrétienne.
La morale de JÉSUS-CHRIST. La morale de l'Évangile. Ce système
renverse toute la morale. Traité, cours de morale. Leçon de morale.
Il s'est fait un étrange système de morale. Les règles, les
principes de la saine morale. Sa morale est en paroles et non pas en actions.
Il prêche la morale plus qu'il ne la pratique. Il a fait de la morale en
pure perte. Il n'y a pas deux morales. Il ne faut pas changer de morale suivant
les circonstances.
Il signifie quelquefois, Traité de morale. La Morale d'Aristote.
On dit aussi, Les Morales d'Aristote, parce que ce philosophe a fait plusieurs
traités sous ce titre.
Il signifie encore, Réprimande. Son père lui a fait une morale,
une bonne morale.
La morale d'un ouvrage, La leçon de morale qui en résulte.
MORALEMENT . adv.
Suivant les règles de la morale. Comme il est privé de sa raison,
il ne peut rien faire qui soit moralement mal. Action moralement bonne, moralement
mauvaise.
Moralement parlant, Vraisemblablement, et selon les règles de
la certitude morale. Cela est vrai moralement parlant. On dit dans le même
sens, Cela est moralement impossible.
MORALISER . v. n.
Faire des réflexions, des dissertations, des leçons morales. On
peut longtemps moraliser sur les vicissitudes de la fortune. Il se rend importun
à force de moraliser.
Activ. et fam., Moraliser quelqu'un, Lui faire de la morale, ou une morale.
On a beau le moraliser, il n'en continue pas moins son train de vie.
MORALISÉ, ÉE. participe
MORALISEUR .s.m.
Celui qui affecte de parler morale. Il ne se dit qu'en plaisanterie. C'est
un grand moraliseur, un moraliseur éternel.
MORALISTE .s.m.
Écrivain qui traite des moeurs. Un bon moraliste. Les moralistes ne
s'accordent pas sur ce point.
MORALITÉ . s. f.
Réflexion morale. Il y a de belles moralités à tirer
de cette histoire. Cet ouvrage est rempli de moralités instructives. Un
recueil de moralités.
Moralités chrétiennes, Réflexions conformes aux
principes et à l'esprit de la religion chrétienne.
MORALITÉ, signifie aussi, Le sens moral que renferme un discours
fabuleux ou allégorique. Il y a une belle moralité cachée
sous cette fable. La moralité d'un apologue n'est pas toujours exprimée.
Dans la plupart des fabulistes, la moralité est indifféremment placée
avant ou après le récit de l'action.
Il s'est dit anciennement de Certaines pièces de théâtre
que représentaient les clercs de la basoche.
MORALITÉ, se dit encore pour Conscience, discernement moral. Les
actions des insensés sont privées de moralité.
La moralité des actions humaines, Le rapport de ces actions avec
les principes de la morale. La moralité d'une action suppose la liberté.
MORALITÉ, signifie aussi quelquefois, Le caractère moral,
les principes, les moeurs d'une personne. Il est d'une moralité reconnue,
d'une moralité irréprochable.
MORBIDE . adj.des deux genres
.Peint. et de Sculpt. Se dit Des chairs mollement et délicatement exprimées.
MORBIDE, est aussi un terme de Médecine, et signifie, Qui a rapport
à la maladie. Phénomènes morbides.
MORBIDESSE . s. f.
.Peint. et de Sculpt., emprunté de l'italien Morbidezza. Mollesse
et délicatesse des chairs dans une figure.
MORBIFIQUE . adj.des deux genres
.Médec. Qui cause la maladie. Humeur, matière morbifique.
MORCEAU .s.m.
Partie séparée d'un corps solide et continu. Un morceau d'étoffe,
de bois, de pain, de viande, etc. Couper un aloyau par morceaux. Mettre en morceaux.
Cet habit n'est fait que de pièces et de morceaux.
Se dit, absolument, d'Une portion séparée d'une chose solide qui
peut être mangée. Gros, petit, bon morceau. Morceau délicat,
friand. Manger, mâcher, avaler un morceau. Couper un morceau. Vous faites
les morceaux trop gros.
Fam., Manger un morceau, Faire un repas fort léger. J'ai mangé
un morceau avant de partir.
Aimer les bons morceaux, Aimer la bonne chère.
Fig. et fam., Doubler les morceaux, doubler ses morceaux, mettre les morceaux
doubles, en double, Se hâter de manger.
Fam., Le morceau honteux, Le morceau qui reste le dernier sur le plat.
Fig. et fam., S'ôter le morceau, les morceaux de la bouche, Se
priver du nécessaire pour secourir ou obliger quelqu'un.
Fig. et fam., Tailler les morceaux à quelqu'un, Régler,
prescrire la dépense qu'il doit faire.
Fig. et fam., Tailler les morceaux bien courts à quelqu'un, Lui
faire sa part bien petite.
Fig. et fam., Il a ses morceaux taillés, ses morceaux sont taillés,
Il vit de son revenu, et n'a précisément que ce qu'il lui faut.
Fig. et fam., Il a ses morceaux taillés, On lui a prescrit tout
ce qu'il doit faire, et il ne peut s'écarter en rien de ses instructions.
Vous voulez qu'il vous accorde telle chose; il ne le peut pas, ses morceaux
sont taillés.
Fig. et fam., Rogner les morceaux à quelqu'un, Diminuer ses profits,
ses revenus; et, Compter les morceaux à quelqu'un, Ne lui donner
que le juste nécessaire.
Prov. et fig., Morceau avalé n'a plus de goût, On fait peu
de cas des plaisirs passés.
MORCEAU, signifie aussi, Une portion, une partie non séparée,
mais distincte et considérée à part, d'un corps solide et
continu. Morceau de terre. Voilà un beau morceau d'héritage.
Tout son bien est en petits morceaux.
Fam., Il a attrapé un bon morceau de cette succession, Il en a
eu une bonne partie.
Se dit, dans le même sens, Des parties, des fragments d'un ouvrage d'esprit.
Il y a de beaux morceaux dans ce panégyrique, dans ce poëme. Il
a traduit plusieurs morceaux de Virgile. Il ne nous reste que quelques morceaux
des ouvrages de cet auteur. Il n'a encore fait que quelques morceaux de son poëme.
MORCEAU, se dit quelquefois d'Un objet entier, d'un tout. Le Panthéon
est un beau morceau d'architecture. La colonnade du Louvre est un beau morceau.
Voilà un beau morceau de sculpture, d'orfévrerie, etc. Ce discours
est un morceau achevé. Cette élégie, cette églogue,
sont de beaux morceaux de poésie. Cette ouverture est un beau morceau de
musique. Ce concerto est un morceau bien difficile. J'ai vu dans son cabinet d'histoire
naturelle, des morceaux très-rares. Cette maison est un morceau trop considérable,
trop cher pour moi. Un faisan est un morceau délicat. Il aime les morceaux
friands.
Fig. et fam., C'est un morceau trop cher, ou C'est un morceau de prince,
se dit D'une chose qui est d'un prix trop élevé, d'une acquisition
trop difficile à faire. On dit dans le même sens, Il ne tâtera
pas, vous ne tâterez pas de ce morceau-là.
Fig. et fam., C'est un friand morceau, un morceau de roi, se dit D'une
jolie personne.
En Musiq., Morceau d'ensemble, Morceau à diverses parties, chanté
par plusieurs voix.
MORCELER . v. a.
Diviser par morceaux. Morceler une terre, un héritage, un pays. Cet
auteur a morcelé son sujet, au lieu d'en faire un tout dont les parties
eussent de la suite et de la liaison.
MORCELÉ, ÉE. participe
MORCELLEMENT .s.m.
L'action de morceler. Le morcellement des héritages.
MORDACITÉ . s. f.
T. didact. Qualité corrosive, par laquelle un corps agit sur un autre,
et le dissout en tout ou en partie. La mordacité de l'eau-forte.
Il signifie au figuré, Médisance aigre et piquante. Dans ses
épigrammes, dans ses écrits, il y a une grande mordacité,
une mordacité révoltante.
MORDANT , ANTE. adj.
Qui mord. En termes de Chasse, Bêtes mordantes, Le blaireau, le
renard, l'ours, le loup, la loutre, etc.
Il signifie figurément, Qui a une qualité corrosive. Un acide
mordant.
Il signifie aussi, au sens moral, Qui censure, qui critique avec malignité.
C'est un esprit mordant. Il a l'humeur mordante. Style mordant.
MORDANT .s.m.
Vernis qui sert à fixer l'or en feuilles que l'on applique sur du cuivre,
du bronze, etc.
MORDANT, en Teinture, se dit Des substances au moyen desquelles on parvient
à fixer les couleurs sur la laine, la soie, le coton, etc. L'alun est
le mordant le plus employé.
Fig., Cette voix a du mordant, Le timbre en est sonore et pénétrant.
Fig., Avoir du mordant dans l'esprit, Avoir de la force, du piquant,
de l'originalité dans l'esprit.
MORDICANT , ANTE. adj.
T. didact. Âcre, picotant, corrosif. Sel, suc mordicant. Humeurs mordicantes.
Cette liqueur a quelque chose d âcre et de mordicant.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Qui aime à
médire, à railler amèrement, à critiquer. Il est
un peu mordicant. Il a l'humeur mordicante.
MORDICUS . adv.
emprunté du latin. (On fait sentir l'S.) Avec ténacité.
Il ne se dit qu'au figuré, et dans cette phrase familière, Soutenir
son opinion mordicus, La soutenir avec obstination.
MORDIENNE . s. f.
Il ne s'emploie que dans cette locution adverbiale et populaire, À
la grosse mordienne, Sans façon, sans finesse, avec sincérité.
On disait autrefois familièrement, Mordienne de vous! La peste soit
de vous!
MORDILLER . v. a.
(Les L sont mouillées. ) Mordre légèrement et à
plusieurs reprises. Cet enfant mordille tout ce qu'il a dans les mains.
S'emploie aussi absolument. Les jeunes chiens aiment à mordiller.
MORDILLÉ, ÉE. participe
MORDORÉ , ÉE. adj.
Qui est d'une couleur brune mêlée de rouge. Drap mordoré.
Couleur mordorée. Souliers mordorés.
S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le mordoré est une couleur
sérieuse.
MORDRE . v. a.
(Je mords, tu mords, il mord; nous mordons. Je mordais. Je mordis. Je mordrai.
Mords. Que je morde. Que je mordisse. Mordant. Mordu.) Serrer avec les dents.
Un chien l'a mordu, l'a mordu au bras. Ce chien mord les passants, leur mord
les jambes. Être mordu d'un chien enragé. Il s'est mordu la langue.
S'emploie aussi absolument. Ce chien mord, mord bien serré. Les poissons
mordent à l'hameçon. Mordre dans un morceau de pain.
Prov. et fig., Se mordre la langue, S'arrêter au moment de dire
ce qu'on ne doit ou qu'on ne veut pas exprimer. J'allais lui dire quelque chose
de mortifiant, je me suis à propos mordu la langue. On dit aussi, Se
mordre la langue d'avoir parlé, S'en repentir.
Prov. et fig., S'en mordre les doigts, s'en mordre les pouces, Se repentir
d'une chose qu'on a faite. J'ai eu trop de confiance en lui, je m'en mords
les doigts.
Prov. et fig., Chien qui aboie ne mord pas, Ceux qui font beaucoup de
bruit ne sont pas les plus à craindre.
Prov. et fig., Mordre à l'hameçon, se dit D'une personne
qui se laisse séduire par une proposition qu'on lui a faite pour la surprendre.
Fig. et fam., Mordre à la grappe, Saisir avidement une proposition,
croire aveuglément à une promesse.
Poétiq., Mordre la poussière, Être tué dans
un combat.
Fig. et fam., Il n'y saurait mordre, se dit D'un homme qui aspire à
une chose à laquelle il ne saurait parvenir. Se dit encore De celui qui
ne peut comprendre une chose, ou qui n'a pas de goût pour l'étudier.
On dit dans le sens contraire, Cet enfant commence à mordre au latin.
MORDRE, se dit aussi Des oiseaux, de quelques insectes, et de la vermine.
Le perroquet mord. Cet enfant est tout mordu de puces.
Se dit figurément De plusieurs choses inanimées qui rongent, qui
creusent ou qui percent. L'eau-forte mord sur les métaux. L'eau-forte
n'a pas assez mordu sur cette planche. La lime ne mord point dans l'acier bien
trempé. Le burin a trop mordu en cet endroit. L'ancre n'a pu mordre sur
ce fond de rocher.
En termes de Gravure, Mordre une planche, ou Faire mordre une planche,
Lui faire éprouver l'effet de l'eau-forte, après avoir découvert
en différents endroits, à l'aide d'une pointe à graver, le
vernis dont elle est enduite.
En termes d'Imprimerie, La frisquette mord, se dit Lorsqu'un ou plusieurs
des bords de la frisquette couvrent quelques portions de page, et les empêchent
de recevoir l'impression. La vignette mord sur les lettres, Elle avance
sur les lettres.
En termes de Couturière et de Tailleur, Il faut mordre plus avant
dans l'étoffe, Il faut faire la couture un peu plus loin du bord de
l'étoffe, pour qu'elle ne se défasse pas.
Les dents de cette roue ne mordent pas assez sur les ailes du pignon,
Elles n'engrènent pas assez.
MORDRE, signifie figurément, Médire, reprendre, critiquer,
censurer avec malignité. Il cherche à mordre sur tout. Il n'y
a point à mordre sur sa conduite. Il ne donne point à mordre sur
lui.
MORDU, UE. participe
MORE .s.m.
Nom de peuple, qu'on ne met ici que parce qu'il entre dans diverses phrases
de la langue.
Prov. et fig., Traiter quelqu'un de Turc à More, en user avec lui
de Turc à More, Le traiter avec une extrême dureté.
Prov. et fig., À laver la tête d'un More on perd sa lessive,
Inutilement on se donne beaucoup de soin et de peine pour faire comprendre à
un homme quelque chose qui passe sa portée, ou pour corriger un homme incorrigible.
Cheval cap de more ou cavecé de more, Cheval d'un poil
rouan, dont la tête et les extrémités sont noires.
Gris de more, Couleur grise tirant sur le noir. Des bas gris de more.
MOREAU . adj. m.
Se dit D'un cheval qui est extrêmement noir. Un cheval moreau, de poil
moreau. Il est vieux.
MORELLE . s. f.
Plante vénéneuse de la famille des Solanées.
MORESQUE . adj.des deux genres
Qui a rapport aux coutumes, aux usages, au goût des Mores. Les galanteries
moresques. Danse moresque. Fête moresque. Architecture moresque. Le genre
moresque. Édifice moresque. Palais, église dans le goût moresque.
Il est aussi substantif, au féminin, et alors il signifie, Une espèce
de danse à la manière des Mores. Danser la moresque. La moresque
ressemble à la sarabande espagnole.
Peinture moresque, à la moresque, ou absolument, Moresque,
Sorte de peinture faite de caprice, et représentant pour l'ordinaire des
branchages, des feuillages qui n'ont rien de naturel. Cette galerie est toute
peinte à la moresque. Les Turcs ne souffrent point de figures dans leurs
peintures, et n'ont que des moresques et des arabesques.
MORFIL .s.m.
Certaines petites parties d'acier presque imperceptibles, qui restent au tranchant
d'un couteau, d'un rasoir, etc., lorsqu'on les a passés sur la meule, et
qu'il faut achever d'emporter pour se servir utilement ou du couteau ou du rasoir.
Ôter, faire tomber le morfil d'un rasoir, d'un couteau. Un rasoir va
mieux la seconde fois qu'on s'en sert, parce que la première fois le morfil
n'est pas encore tombé.
MORFIL, se dit aussi Des dents d'éléphant séparées
du corps de l'animal, et avant qu'elles soient travaillées. Ce navire
était chargé de morfil et de poudre d'or. On tire beaucoup de morfil
des côtes de Guinée.
MORFONDRE . v. a.
Refroidir, causer un froid qui incommode, qui pénètre. Ce vent
vous morfondra. Ne dessellez pas sitôt ce cheval, de peur de le morfondre.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Vous vous morfondez dans ce jardin.
Il signifie, figurément et familièrement, avec le pronom personnel,
Perdre bien du temps à la poursuite d'une affaire, d'une entreprise qui
ne réussit pas, dans l'attente d'une personne qui n'arrive pas, d'un succès
qu'on n'obtient point. Ce général s'est morfondu devant cette
place. Cet homme est à la cour assidûment, mais il ne fait que s'y
morfondre. Je me suis morfondu à vous attendre.
Fig., en termes de Boulangerie, La pâte se morfond, Elle perd la
force de fermentation qu'elle doit avoir pour faire de bon pain.
MORFONDU, UE. participe
MORFONDURE . s. f.
T. d'Art vétérinaire. Sorte de maladie qui vient aux chevaux lorsqu'ils
ont été saisis de froid après avoir eu chaud. Ce cheval
jette des naseaux, mais ce n'est qu'une morfondure.
MORGELINE . s. f.
Genre de plantes à petites fleurs et à feuilles pointues, que
l'on nomme autrement Alsine. Le mouron des oiseaux est une espèce de
morgeline.
MORGUE . s. f.
Mine, contenance grave et sérieuse, où il paraît quelque
fierté, quelque orgueil. Avoir de la morgue.
Il signifie, par extension, Excès de suffisance, orgueil. Affecter
de la morgue. Les pédants sont pleins de morgue. Il a bien de la morgue
dans son langage, dans ses discours. Sa morgue le rend insupportable, le rend
ridicule.
MORGUE . s. f.
Endroit à l'entrée d'une prison, où l'on tient quelque
temps ceux que l'on écroue, afin que les guichetiers puissent les regarder,
les examiner, pour les reconnaître ensuite. On l'a tenu longtemps à
la morgue.
Se dit aussi d'Un endroit où l'on expose les corps des personnes trouvées
mortes hors de leur domicile, afin qu'elles puissent être reconnues. On
a porté ce corps à la morgue.
MORGUER . v. a.
Braver quelqu'un en le regardant d'un air fier et menaçant. Il le
morgue partout. Est-ce pour me morguer que vous faites cela? Il a vieilli.
MORGUÉ, ÉE. participe
MORIBOND , ONDE. adj.
Qui va mourir. Il était moribond. Elle est moribonde. On le prend
quelquefois substantivement. Un moribond.
Être tout moribond, Être dans un état de langueur,
comme si l'on allait mourir.
MORICAUD , AUDE. adj.
Qui a le visage de couleur brune. Il est moricaud. On l'emploie plus
ordinairement comme substantif. C'est un moricaud, un gros moricaud. Une petite
moricaude. Il est familier.
MORIGÉNER . v. a.
Former les moeurs de quelqu'un, l'instruire aux bonnes moeurs. Un père
est bien condamnable quand il n'a pas soin de morigéner ses enfants.
Dans ce sens, il a vieilli.
Il signifie plus ordinairement, Corriger, remettre dans l'ordre et dans le devoir.
Si vous manquez à votre devoir, je saurai bien vous morigéner.
Il est familier.
MORIGÉNÉ, ÉE. participe
MORILLE . s. f.
(On mouille les L.) Sorte de champignon qui vient au printemps, et dont le chapeau
a de petites cavités comme une éponge ou comme un rayon de miel.
Morille jaune. Morille fraîche. Un ragoût de morilles.
MORILLON .s.m.
Sorte de raisin noir.
MORILLONS .s.m. pl.
.Joaillerie. Émeraudes brutes qui se vendent à l'once.
MORION .s.m.
Sorte d'armure de tête plus légère que le casque. Il
n'avait qu'un simple morion. Ce mot n'est usité qu'en parlant De l'armure
des anciens chevaliers.
MORION, s'est dit aussi d'Une espèce de punition qu'on infligeait
autrefois aux soldats, et qui consistait à les frapper sur le derrière
avec la hampe d'une hallebarde, ou avec la crosse d'un mousquet. Donner le
morion.
MORNE . adj.des deux genres
Triste, sombre et abattu. Vous êtes bien morne aujourd'hui. Il était
morne et silencieux, morne et pensif. Visage, air, oeil morne. Un morne silence.
Fig., Temps morne, Temps obscur et couvert.
Fig., Couleur morne, Couleur sombre, obscure, qui n'a ni vivacité
ni éclat.
MORNE .s.m.
On donne ce nom, en Amérique, Aux petites montagnes. Le morne au Boeuf.
Le morne de la Calebasse. Les mornes de Saint-Domingue.
MORNÉ , ÉE. adj.
Il s'est dit, dans les Tournois, Des armes dont le fer était émoussé,
et qu'on appelait aussi Armes courtoises. Lance mornée.
MORNIFLE . s. f.
Coup de la main sur le visage. Il lui a donné une mornifle. Il
est populaire.
MOROSE . adj.des deux genres
Chagrin, difficile, bizarre. C'est un homme très-morose. Caractère,
humeur morose.
MOROSITÉ . s. f.
Caractère morose. C'est un homme d'une morosité insupportable.
MORPHINE . s. f.
.Chimie et de Pharmacie. Alcali végétal qui donne à l'opium
sa vertu soporifique et calmante. Acétate de morphine. Sirop de morphine.
MORPION .s.m.
Espèce de pou qui s'attache d'ordinaire aux endroits du corps où
l'on a du poil, et qui adhère à la peau avec tant de force, qu'on
a de la peine à l'en séparer. On fait périr les morpions
avec de l'onguent mercuriel. On doit éviter de se servir de ce mot.
MORS .s.m.
Assortiment de toutes les pièces de fer qui servent à brider un
cheval, comme les branches, la gourmette, etc.
Se dit, en particulier, de La pièce qui se place dans la bouche du cheval
pour le gouverner. Mors rude, doux. Mors à bossettes. Les branches,
les bossettes d'un mors. Ce mors blesse la bouche de votre cheval. Il faut à
ce cheval un mors plus doux, plus fort, plus rude. Un cheval qui joue, qui se
joue, qui badine avec son mors, qui mâche son mors.
Prendre le mors aux dents, se dit D'un cheval dont la bouche est tellement
échauffée, qu'elle devient absolument insensible, et qu'il s'emporte,
sans que le cavalier ou le cocher puisse le retenir, le mors n'opérant
pas plus d'effet sur les barres, que si le cheval le tenait serré entre
les dents. Les chevaux prirent le mors aux dents, et entraînèrent
la voiture.
Fig. et fam., Prendre le mors aux dents, se dit D'un homme qui, n'écoutant
plus les avis ni les remontrances de ceux qui dirigeaient sa conduite, se livre
tout entier à ses passions. Si vous n'avez la main ferme, ce jeune homme
prendra le mors aux dents et vous échappera. Se dit aussi D'une personne
qui se met en colère, qui s'emporte subitement. On lui a fait un léger
reproche, il a pris le mors aux dents. Se dit encore D'une personne qui, ayant
été quelque temps dans l'indolence, dans l'inaction, change tout
à coup, et se livre au travail avec ardeur. Ce jeune homme était
paresseux, il a pris le mors aux dents, et maintenant il travaille avec une ardeur
extraordinaire.
MORSURE . s. f.
Action de mordre; Plaie, meurtrissure, marque faite en mordant. Morsure dangereuse,
envenimée, mortelle. Grande morsure. Faire une profonde morsure. La morsure
d'un chien enragé. Guérir une morsure. Guérir d'une morsure.
Morsure de cheval. Morsure de puce.
MORSURE, se dit, figurément et au sens moral, Des effets de la
médisance, de la calomnie. Les morsures de la calomnie laissent toujours
des cicatrices.
MORT . s. f.
Fin, cessation de la vie. Mort naturelle, douce, violente, prompte, lente,
douloureuse, tragique, funeste, déplorable. Mort subite, soudaine, imprévue,
précipitée, prématurée. Mort glorieuse, sainte. Une
belle mort. Une mort honteuse, infâme, ignominieuse. Il est menacé
d'une mort prochaine. L'instant de sa naissance a été celui de sa
mort. Souhaiter, désirer, affronter, braver la mort. Courir à la
mort. Attendre la mort. Avoir toujours la mort devant les yeux. Avoir peur de
la mort. Envisager la mort avec fermeté. Il a vu la mort de près.
Le jour de sa mort. À l'heure de la mort. Les approches, les transes, les
frayeurs, les affres de la mort. Le hoquet de la mort. Ce malade, cette maladie
tourne à la mort. Donner, recevoir la mort. Se donner la mort. Il est allé
chercher la mort dans les combats, et l'y a trouvée. Il n'y a point eu
mort d'homme. Pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive. En poésie
et dans le style soutenu, la mort est souvent personnifiée. On
représente la Mort sous la forme d'un squelette armé d'une faux.
Il a longtemps combattu, lutté contre la mort. La mort l'a frappé,
l'a enlevé à la fleur de son âge. La mort a moissonné
presque tous les habitants de cette contrée. La mort est sourde à
nos voeux, à nos cris. L'impitoyable mort. La faux de la mort n'épargne
personne. Il passa des bras du sommeil dans ceux de la mort. Ce malheureux appelait
la mort à son aide.
Fam., Mourir de sa belle mort, Mourir de mort naturelle.
Être à l'article de la mort, Être à l'agonie.
Être entre la vie et la mort, Être dans un fort grand péril,
par maladie ou par accident. Pendant cette tempête, nous fûmes
deux jours entre la vie et la mort.
Être malade à la mort, ou simplement, Être à
la mort, Être fort malade et près de mourir.
Fig., Être au lit de la mort, au lit de mort, Être à
l'extrémité. À son lit de mort, Avant de mourir, en
mourant. À son lit de mort, il a fait restitution de ce qu'il s'était
approprié injustement.
Prov. et fig., Avoir la mort entre les dents, Être fort vieux ou
fort malade, n'avoir pas longtemps à vivre. Il a la mort entre les dents,
et il songe encore à bâtir.
Fig., Avoir la mort sur les lèvres, Être près de
mourir, ou Avoir la figure d'un mourant.
Prov. et fig., Après la mort le médecin, se dit en parlant
D'un remède, d'un secours tardif.
Prov., Dieu ne veut pas la mort du pécheur, Il faut être indulgent
pour la faiblesse humaine.
Par la mort! s'emploie par forme de serment et de menace.
Pop., Il serait bon à aller querir, à aller chercher la mort,
se dit D'une personne qui est lente à revenir des endroits où on
l'envoie.
MORT, se dit particulièrement de La peine capitale, de la peine
qui consiste dans la perte de la vie. Abolir la peine de mort. Condamner un
homme à la mort, à la peine de mort. Toutes les voix allaient à
la mort, ont été à la mort. Le procureur général
a conclu à la mort. L'affaire est grave, il y va de la vie ou de la mort.
Ce coupable a reçu, a subi, a souffert la mort avec courage. Il a marché
à la mort avec courage.
Cette affaire va à la mort, Elle doit finir par un arrêt
de mort.
Sentence, arrêt de mort, Condamnation qui porte la peine de mort.
Il était appelant d'une sentence de mort.
Testament de mort, Déclaration dernière que fait un condamné
avant son supplice.
Fig. et par extens., Testament de mort, Écrit qui atteste les
derniers sentiments d'une personne. Cette lettre touchante fut son testament
de mort.
Mort civile, Cessation de toute participation aux droits civils. La
condamnation à mort, la peine des travaux forcés à perpétuité,
et celle de la déportation, emportent la mort civile. La profession en
religion avait les effets de la mort civile.
La mort éternelle, La condamnation des pécheurs aux peines
de l'enfer.
MORT, se dit, par exagération, Des grandes douleurs. La goutte
lui fait souffrir mille morts. Il souffre mort et passion.
Se dit aussi Des grands chagrins. Ce fils dénaturé lui donne
la mort. La disgrâce de son ami lui a mis la mort dans le coeur. La conduite
de son fils lui a mis la mort dans l'âme.
Fam., Souffrir mort et passion, Être contrarié, embarrassé,
tourmenté. Ce prédicateur faisait souffrir mort et passion à
ceux qui l'entendaient, tant il y avait d'hésitation dans son débit.
Fam., C'est une mort que d'avoir affaire à un pareil homme, que de
poursuivre une telle affaire, C'est une grande peine, une grande misère.
Fig. et fam., C'est ma mort, C'est la chose la plus désagréable
pour moi. C'est ma mort que d'être obligé de le voir, de lui parler.
MORT, signifie encore, figurément, Cause de destruction. Les
réquisitions forcées sont la mort du commerce. Le monopole est la
mort de l'industrie.
Fam., Mort aux rats, Drogue dont on se sert pour faire mourir les rats.
Acheter de la mort aux rats.
Fam., en termes de Jeu, Jouer à la mort de telle somme, Jouer
jusqu'à ce que telle somme soit perdue.
À MORT. loc. adv. De manière qu'on en meure. Blesser
à mort. Il fut frappé à mort.
Fig., Être frappé à mort, Être attaqué
d'une maladie dont les symptômes annoncent une mort certaine.
Condamner, juger à mort, Condamner quelqu'un à la peine
de mort. Mettre à mort, Faire mourir.
Combat à mort, Combat qui ne doit se terminer que par la mort
d'un des combattants.
À LA MORT. loc. adv. Extrêmement, excessivement. Haïr
quelqu'un à la mort. Je me suis ennuyé à la mort. Cela me
déplaît à la mort. Il m'en veut à la mort. On dit
aussi dans le même sens, Il me veut mal de mort, un mal de mort.
À LA VIE ET À LA MORT. loc. adv. Pour toujours. Je suis
votre ami à la vie et à la mort. Je suis à vous à
la vie et à la mort.
Entre nous, c'est à la vie et à la mort, Notre amitié
durera toujours. Il ne me pardonnera ni à la vie ni à la mort,
Il ne me pardonnera jamais.
MORTADELLE . s. f.
Espèce de gros saucisson qui vient d'Italie. Mortadelle de Bologne,
de Florence.
MORTAILLABLE . adj.des deux genres
.Jurispr. féod. Il se disait De ceux qui étaient serfs de leur
seigneur, et dont celui-ci héritait.
MORTAISE . s. f.
T. d'Arts. Trou, entaillure faite dans une pièce de bois ou de métal,
pour y recevoir le tenon d'une autre pièce, quand on veut les assembler.
Petite, grande mortaise. Faire une mortaise. Ouvrage assemblé à
tenons et à mortaises.
MORTALITÉ . s. f.
Condition de ce qui est sujet à la mort. Épicure croyait la
mortalité de l'âme. Le fils de Dieu s'est revêtu de notre mortalité.
Il signifie aussi, La mort d'une quantité plus ou moins considérable
d'hommes ou d'animaux qui sont emportés en peu de temps par la même
maladie. La mortalité se mit dans les troupes. La mortalité a
été grande dans ce pays-là. La mortalité est sur le
bétail, s'est mise sur le bétail, dans le bétail, sur les
bestiaux. Il y a dans cette ville une grande mortalité.
Se dit encore de La quantité d'individus de l'espèce humaine qui
meurent annuellement sur un certain nombre de vivants. À Paris, la mortalité,
si l'on en croit la plupart des calculs, est d'un individu sur trente.
Tables de mortalité, Listes qui, sur un nombre donné de
naissances, indiquent le nombre des survivants à la fin de chaque année.
MORT-BOIS .s.m.
Voyez BOIS.
MORTE-EAU . s. f.
.Mar. Se dit Des marées les plus faibles, qui ont lieu entre la nouvelle
et la pleine lune; et de L'époque de ces marées. Nous sommes
en morte-eau.
MORTEL , ELLE. adj.
Qui cause la mort, ou qui paraît devoir la causer. Maladie, plaie,
blessure mortelle. Coup, poison mortel. La coque du Levant est mortelle aux poissons,
pour les poissons.
Péché mortel, Péché qui fait perdre la grâce
de Dieu, et qui donne une espèce de mort à l'âme.
MORTEL, signifie quelquefois, Extrême, excessif dans son genre;
et il ne se dit jamais qu'en mal. Haine, inimitié mortelle. Déplaisir
mortel. Douleur, inquiétude, crainte, tristesse, offense mortelle. Effroi
mortel. Ennui mortel. Je suis dans des transes mortelles. Il fait un froid mortel.
Il y a dix mortelles lieues de cette ville à telle autre, Dix
lieues longues et ennuyeuses. On dit en des sens analogues: J'ai attendu deux
mortelles heures dans une antichambre. Fallait-il faire deux mortels volumes pour
traiter un pareil sujet? Etc.
Être l'ennemi mortel de quelqu'un, Le haïr profondément.
MORTEL, signifie aussi, Qui est sujet à la mort. Tous les hommes
sont mortels. Le corps est mortel. Cette vie mortelle est pleine de misères.
D'anciens philosophes ont cru l'âme mortelle.
Dans le style soutenu, Quitter sa dépouille mortelle, Mourir.
MORTEL, est aussi substantif, et signifie, Homme. C'est un heureux
mortel, un infortuné mortel. Il serait le plus vil des mortels, s'il avait
fait cette perfidie.
Absol., Les mortels, L'espèce humaine. Les pauvres mortels.
Les misérables mortels.
MORTELLE sustantif féminin, est moins usité. Une simple
mortelle.
MORTELLEMENT . adv.
À mort. Il est blessé mortellement, malade mortellement.
Pécher mortellement, Commettre un péché mortel.
Il signifie aussi, Excessivement. Haïr mortellement. Cet homme est mortellement
ennuyeux. Outrager quelqu'un mortellement.
MORTE-PAYE . s. f.
Voyez PAYE.
MORTE-SAISON . s. f.
Temps où, dans certaines professions, on a moins de travail, moins de
débit qu'à l'ordinaire. L'été est la morte-saison
des marchands fourreurs. Les mortes-saisons ruinent les pauvres ouvriers.
MORT-GAGE .s.m.
.Jurispr. Gage dont on laisse jouir le créancier, sans que les fruits
dont il profite soient imputés sur la dette.
MORTIER .s.m.
Mélange de chaux et de sable, de ciment ou de pouzzolane, détrempé
avec de l'eau, et servant à lier les pierres ou les moellons d'une construction.
Faire du mortier. Mortier à chaux et à sable, à chaux
et à ciment. Mortier de ciment.
Fig. et fam., Cette soupe est du mortier, n'est que du mortier, Elle
est trop épaisse.
MORTIER, se dit aussi d'Une sorte de vase qui est fait de métal,
de pierre, de bois, etc., et dont on se sert pour y piler certaines choses. Un
mortier de fonte, de marbre, de verre, de bois. Le pilon d'un mortier.
MORTIER, en termes d'Artillerie, se dit d'Une bouche à feu, qui
est faite à peu près comme un mortier à piler, et dont on
se sert pour lancer des bombes, pour jeter des carcasses pleines de pierres ou
de matières inflammables. Mettre la bombe dans le mortier. Charger le
mortier. Mettre le feu au mortier. Une batterie de mortiers.
MORTIER, se dit en outre d'Une espèce de bonnet rond de velours
noir, bordé de galon d'or, que les présidents de parlement portaient
dans l'exercice de leurs fonctions, et qui est encore aujourd'hui la coiffure
des présidents des cours de justice. Président à mortier.
Le mortier du premier président était bordé de deux galons
d'or, l'un en haut, l'autre en bas. Une charge de président à mortier.
Le chancelier de France avait un mortier qui était d'étoffe d'or
avec un bord d'hermine.
MORTIFÈRE . adj.des deux genres
Qui cause la mort. Un poison, un suc mortifère. Une plante mortifère.
Il ne s'emploie guère que dans le langage médical.
MORTIFIANT , ANTE. adj.
Qui mortifie, qui humilie l'amour-propre, et cause de la confusion. C'est
une chose bien mortifiante. Il est bien mortifiant d'essuyer publiquement des
reproches mérités. Y a-t-il rien de plus mortifiant? Des humiliations
mortifiantes. Un refus mortifiant.
MORTIFICATION . s. f.
.Médec. et de Chirur. État du corps ou d'une partie du corps,
dans lequel les fluides naturels, dont la circulation est arrêtée,
s'altèrent et se corrompent de manière à détruire
le tissu des chairs. Mortification des chairs. Dans la gangrène, il
y a mortification imparfaite; dans le sphacèle, il y a mortification entière.
MORTIFICATION, se dit, par extension, dans le style ascétique,
de L'action par laquelle on mortifie son corps, ses passions. La mortification
de la chair, des sens, des passions.
Il signifie figurément, Chagrin, affliction qu'on donne à une
personne par quelque réprimande ou par quelque procédé dur
et fâcheux. Il a reçu, il a essuyé, il s'est attiré
une grande, une cruelle mortification. On lui a donné de grandes mortifications.
Se dit également, dans le style de la Chaire, Des accidents fâcheux
qui arrivent dans la vie. Ce sont des mortifications que Dieu nous envoie.
MORTIFIER . v. a.
Faire que de la viande devienne plus tendre. Mettre de la viande à
l'air, la battre pour la mortifier. Le grand air mortifie la viande. Ce faisan
n'est pas encore assez mortifié.
MORTIFIER, signifie figurément, Affliger son corps par des macérations,
des jeûnes, des austérités. Mortifier sa chair.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans l'un et dans l'autre sens. La
viande se mortifie lentement dans un temps froid. Se mortifier pour l'amour de
Dieu.
Mortifier ses sens, ses passions, Les réprimer dans la vue de
plaire à Dieu.
MORTIFIER, signifie encore, figurément, Humilier quelqu'un, lui
faire de la peine par quelque réprimande ou par quelque procédé
dur et fâcheux. Ce refus me mortifierait beaucoup. La disgrâce
qui lui est arrivée l'a extrêmement mortifié.
MORTIFIÉ, ÉE. participe, De la viande bien mortifiée.
Fig., Être mortifié d'une chose, En éprouver du chagrin.
Je suis bien mortifié de vous dire que votre procès est perdu.
Il avait l'air bien mortifié.
MORT-NÉ . adj.
Voyez NÉ, au mot NAÎTRE.
MORTUAIRE . adj.des deux genres
Appartenant au service, à la pompe funèbre. Un drap mortuaire.
Registre mortuaire, Registre où l'on inscrit les noms des personnes
décédées.
Extrait mortuaire, Extrait qu'on tire de ce registre.
Droits mortuaires, Droits perçus pour les cérémonies
funèbres.
MORUE . s. f.
Poisson de mer du genre des Gades, dont la plus grande pêche se fait au
banc de Terre-Neuve. Morue fraîche, ou Morue verte. Morue nouvelle.
Vieille morue. Morue sèche, salée. Morue de Terre-Neuve. Morue jaune.
Pêcher de la morue. Une queue de morue. Aller à la pêche des
morues. Un navire chargé de morues.
Une poignée de morues, Deux morues jointes ensemble.
MORVE . s. f.
Humeur visqueuse qui découle des narines. Il a toujours la morve au
nez.
MORVE, en termes d'Art vétérinaire, Maladie à laquelle
les chevaux sont sujets, et qui est regardée par certains vétérinaires
comme contagieuse. Quand on vend un cheval, on garantit la morve. Ce cheval
a la morve.
MORVEAU .s.m.
Morve épaisse et recuite. Jeter un gros morveau. C'est un mot
désagréable dont on évite de se servir.
MORVEUX , EUSE. adj.
Qui a la morve au bout du nez. Enfant morveux. Nez morveux. Il est toujours
morveux.
En termes d'Art vétérinaire, Cheval morveux, Cheval qui
a la maladie appelée Morve.
Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher
le nez, Il est de la sagesse de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque,
en voulant y remédier, d'en causer un plus grand.
Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche, Que ceux qui reconnaissent
en eux le défaut, le tort contre lequel on parle, s'appliquent ce qu'on
en dit, si bon leur semble.
MORVEUX, est quelquefois substantif, et se dit alors, familièrement
et par mépris, d'Un enfant, garçon ou fille. C'est un petit morveux,
une petite morveuse. C'est un jeune morveux. Voilà un beau morveux, un
plaisant morveux pour faire l'entendu.
Traiter quelqu'un comme un morveux, Le traiter avec un mépris
humiliant.
MOSAÏQUE . adj.des deux genres
Qui vient de Moïse. La loi mosaïque.
MOSAÏQUE . s. f.
Ouvrage de rapport composé de petites pierres dures, ou de petits morceaux
d'émail de différentes couleurs, liés par un mastic et assemblés
de manière à former des figures, des arabesques, etc. Faire de
la mosaïque. Voilà une belle mosaïque. Mosaïque tracée
sur le sol d'un appartement, d'une salle. Les mosaïques les plus précieuses
sont en pierres naturellement colorées. Pavé de mosaïque. Table
de mosaïque. Tableau, peinture en mosaïque. Les plus beaux tableaux
de Raphaël ont été exécutés en mosaïque
pour orner l'église de Saint-Pierre.
Se dit aussi de L'art dont ces ouvrages sont le produit. Il y a deux espèces
de mosaïque, celle de Rome et celle de Florence. Il a été à
Rome pour apprendre la mosaïque.
Fig., C'est un ouvrage en mosaïque, c'est une mosaïque, se
dit D'un ouvrage d'esprit composé de morceaux séparés, dont
les sujets sont différents.
MOSARABE . adj.
Voyez MOZARABE.
MOSCOUADE . s. f.
Nom qu'on donne au sucre brut.
MOSQUÉE . s. f.
Temple du culte mahométan, édifice où les mahométans
s'assemblent pour faire leurs prières. Les mosquées de Constantinople,
du Caire, etc., sont de vastes et beaux édifices. Cette mosquée
a six minarets. Les Turcs ont changé plusieurs églises en mosquées.
Il y a, dans l'enceinte de cette mosquée, des écoles, des plantations,
etc.
MOT .s.m.
Une ou plusieurs syllabes réunies, qui expriment une idée. Mot
français, latin, grec, etc. Mot barbare. Vieux mot. Mot suranné.
Mot qui n'est plus en usage, qui est tombé en désuétude,
qui a vieilli. Mot nouveau. Mot usité, inusité. Un mot qui commence
à s'introduire. Mot rude, harmonieux. Mot de deux syllabes, de trois syllabes.
Ces deux mots sont synonymes. Choisir ses mots. Effacer, rayer, ajouter un mot.
Bien prononcer, bien articuler les mots. Ce mot est fort expressif, fort significatif.
Ce mot n'est pas de la langue. L'emploi, l'arrangement, le choix des mots. Ce
mot a plusieurs significations, plusieurs acceptions différentes. Ce mot
est du style familier, est familier. Ce mot est dérivé du grec,
est emprunté du latin. Mot simple, composé. Dire, expliquer une
chose en peu de mots. Il lui a dit quelques mots obligeants, quelques mots de
consolation, d'amitié. Il n'y a pas un mot de cela dans le contrat. Il
n'en a pas mis un mot. Mauvais mot.
Mot propre, Mot qui exprime avec plus de justesse et d'exactitude que
tout autre, l'idée qu'on veut faire entendre. Il faut, pour bien écrire,
employer le mot propre. On dit par opposition, Mot impropre.
Mot faible, Celui qui n'exprime qu'imparfaitement l'idée.
Mot à deux ententes, à double entente, Mot qui a deux sens,
qui est susceptible de deux interprétations. On dit aussi, Mot équivoque
ou ambigu.
Jeu de mots, Allusion tirée de la ressemblance des mots.
Mot factice, Mot qui est dérivé d'un autre mot suivant
l'analogie ordinaire, mais dont l'usage n'est pas établi.
Mot forgé, Mot créé par plaisanterie, et formé
d'une manière bizarre. Dans Molière, Désamphitryonner,
Dessosier, et Tartufiée, sont des mots forgés.
Mot hybride, Mot composé d'autres mots qui appartiennent à
des langues différentes. Choléra-morbus est un mot hybride.
Mot artificiel, Mot dont on se sert pour aider la mémoire par
l'arrangement des lettres. Ainsi les termes de logique, Barbara, Celarent,
etc., sont des mots artificiels dont on se servait pour graver plus aisément
dans la mémoire les différentes espèces de syllogismes.
Mots consacrés, Mots qui sont tellement propres et usités
pour signifier certaines choses, qu'on ne peut pas se servir d'un autre mot sans
parler improprement. Ainsi, en théologie, les mots Consubstantiel
et Transsubstantiation, sont des mots consacrés; de même qu'en
physique les mots Gravitation, Raréfaction, Condensation, etc.
Mots sacramentels ou sacramentaux, Mots qui appartiennent à
un sacrement; et, par extension, Ceux qui sont essentiels à la validité
d'un acte, d'une convention.
Fig. et fam., Gros mots, Jurements. Il a dit de gros mots, des gros
mots. Il signifie aussi, Menaces, paroles offensantes. De la raillerie
ils ont passé, ils en sont venus aux gros mots.
Fig., Grands mots, Expressions exagérées.
Le mot d'une énigme, d'un logogriphe, d'une charade, Le nom qu'on
propose à deviner dans une énigme, dans un logogriphe, dans une
charade.
Fig. et fam., Traîner ses mots, Parler très-lentement. Compter
ses mots, Parler avec lenteur et avec affectation. Manger ses mots, la
moitie de ses mots, Ne pas prononcer nettement toutes les lettres ou toutes
les syllabes des mots.
Prov., Dire les mots et les paroles, Dire crûment une chose qui
aurait besoin d'être adoucie par l'expression. Il n'a pas ménagé
les oreilles de ceux qui étaient présents; il a dit les mots et
les paroles.
Prov., Il n'y a qu'un mot qui serve, signifie tantôt, Décidez-vous,
dites-moi votre mot; tantôt, Ce que je vous dis est mon dernier mot.
Fam., Ce sont des mots, ce ne sont que des mots, Ces paroles sont vides
de sens. Les mêmes locutions signifient aussi, Ces paroles ne seront suivies
d'aucun effet. Ne vous inquiétez pas de ses menaces, ne croyez pas à
ses promesses, ce sont des mots, ce ne sont que des mots.
MOT, se prend aussi pour Ce qu'on dit ou ce qu'on écrit brièvement
à quelqu'un. Si vous le voyez, je vous supplie de lui dire un mot de
ma part, un mot en mon nom, un mot en ma faveur. Il ne m'en a pas dit un mot,
le traître mot. Il lui a dit un mot à l'oreille. Je n'ai pas pu placer
un mot dans la conversation. Je lui ai glissé un mot de votre affaire.
Ce mot, jeté à propos dans la discussion, a concilié tous
les avis. Dites-lui un mot pour moi dans la lettre que vous lui écrivez.
Vous avez lâché là un mot bien léger, bien indiscret,
bien irréfléchi. Je lui en écrirai un mot. Je vous écris
un mot pour vous apprendre... Faites-moi un mot de réponse. Je n'ai qu'un
mot à vous dire. Je n'ai que deux ou trois mots à lui dire. Nous
en dirons demain deux mots. Nous en dirons deux mots quand vous voudrez. Je vous
expliquerai cela en un mot, en deux mots, en trois mots, en quatre mots: l'usage
ne va pas plus loin; on ne dit pas, en cinq mots.
Entendre à demi-mot, Comprendre facilement ce qu'un autre veut
dire, sans qu'il se soit entièrement expliqué.
Ne dire mot, ne répondre mot, Ne point parler, ne point répondre.
Il demeura confus et ne dit mot. Il est parti sans dire mot, sans mot dire.
Il n'eut pas le mot à dire, pas le petit mot, pas le moindre mot, pas le
moindre petit mot. On eut beau l'interroger, il ne répondit jamais mot,
pas un mot.
Fam., S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins, se dit D'un homme qui
parle peu, et signifie, Il a plus d'esprit, plus de sentiment qu'il ne paraît
en avoir.
Prov., Qui ne dit mot consent, En certains cas, se taire, c'est consentir.
Fam., Ne sonner mot, Ne rien dire. On dit dans le même sens, Ne
pas souffler mot, le mot.
Un mot, deux mots, s'il vous plaît. Façons de parler familières,
dont on se sert lorsqu'on appelle quelqu'un pour lui parler.
Par forme de menace, Nous en dirons deux mots quand vous voudrez, Nous
viderons notre querelle quand il vous plaira. On dit dans le même sens,
J'ai à me plaindre de lui, je lui en dirai deux mots.
Bon mot, Trait ingénieux, vif et plaisant. Diseur de bons mots.
Dire des bons mots. Ce que vous dites là est un des bons mots d'un tel.
Il aimerait mieux perdre un ami qu'un bon mot. Il est rare de bien répliquer
à un bon mot.
Mot fin, Expression d'une simplicité apparente, dont la force
ne paraît qu'après qu'on y a réfléchi, et qui fait
penser plus qu'elle ne semble dire. Il y a dans ce compliment un mot très-fin.
Fig. et fam., Je n'entends pas le fin mot de tout cela, Je ne comprends
pas ce qu'on veut, à quoi tendent tous ces discours et cette conduite singulière.
Fig. et fam., Dire le fin mot, Manifester entièrement son projet,
ses vues. Il n'a pas encore dit le fin mot. Ne nous faites plus attendre, dites-nous
le fin mot.
Trancher le mot, Donner une réponse décisive. Tranchez
le mot, c'est trop me faire attendre votre réponse. Il signifie aussi,
Parler net, dire sa pensée sans ménagement. C'est un homme sans
délicatesse; tranchons le mot, c'est un fripon.
Fam., Le grand mot est lâché, Le mot qu'on retenait est
enfin échappé.
Fam., Mot pour rire, Ce que l'on dit en plaisantant pour amuser les autres.
Il a toujours le mot pour rire, le petit mot pour rire.
Il n'y a pas là le mot pour rire, se dit Lorsque la chose dont
on parle est trop sérieuse ou trop piquante pour être tournée
en plaisanterie. On dit aussi Lorsqu'un homme veut être plaisant et qu'il
manque son but: Il n'y a pas le mot pour rire à ce qu'il dit. Où
est là le mot pour rire?
Vous dites là le mot, Ce que vous dites éclaircit la difficulté,
est décisif.
MOT, signifie encore, Sentence, apophthegme, dit notable, parole mémorable.
C'est un mot de Socrate. Ce philosophe dit un beau mot, un grand mot, un excellent
mot, un mot bien remarquable.
Se dit aussi de Pensées moins importantes. Il lui échappe des
mots fort heureux, fort spirituels.
MOT, se dit en outre Du prix que l'on demande ou que l'on offre de quelque
chose. Vous voulez vendre cela cinq cents francs? est-ce votre mot? ce n'est
que votre premier mot? Non, c'est mon dernier mot. Je n'en rabattrai rien, je
n'ai point deux mots. Je ne suis point homme à deux mots. Au dernier mot,
qu'en voulez-vous? Si vous voulez acheter, dites le bon mot. Il veut être
payé à son mot. Je l'ai fait venir à mon mot. Il n'a qu'un
mot.
Lâcher le mot. Voyez LÂCHER.
Prendre quelqu'un au mot, Se hâter d'accepter une offre. Cela se
dit surtout quand il s'agit Du prix d'un achat ou d'une vente. Il ne m'a fait
ce cheval que six cents francs, je l'ai pris au mot. Je lui ai offert cinq francs
de ce volume, il m'a pris au mot. N'ayez pas peur, vous ne serez pas pris au mot.
Vous m'avez offert une chambre dans votre maison, je vous prends au mot. Je lui
ai offert ma bourse, il m'a pris au mot.
MOT, dans un sens encore plus particulier, signifie, Un billet portant
assurance ou déclaration de quelque chose. Je vous prêterai mille
francs, mais donnez-moi un mot de votre main, donnez-moi un mot d'écrit,
deux mots de votre main.
MOT, parmi les gens de guerre, se dit Du mot ou plutôt des deux
mots qu'un chef donne à ceux qui sont sous ses ordres, pour qu'ils puissent
se reconnaître entre eux. Quand le chef donne deux mots, ce qui a presque
toujours lieu, le premier s'appelle Mot d'ordre, et le second Mot de
ralliement. Cependant on comprend aussi quelquefois sous la dénomination
de Mot d'ordre, l'un et l'autre de ces deux mots. Donner le mot. Aller
prendre le mot. On l'envoya porter le mot. Le mot d'ordre, le mot qu'on avait
donné, le jour du combat, était Saint-Louis et Paris. Quand un poste
reconnaît une patrouille, il en reçoit le mot d'ordre et lui donne
celui de ralliement. Les sentinelles avancées doivent avoir le mot de ralliement.
Quand une patrouille rencontre une ronde, elle lui donne les deux mots d'ordre.
On disait autrefois dans le même sens, Le mot du guet.
Prov. et fig., Avoir le mot, Être averti de ce qu'il convient de
dire ou de faire dans une certaine circonstance. Vous pouvez compter sur lui,
il a le mot.
Prov. et fig., Ces gens-là se sont donné le mot, le mot du
guet, Ils sont de concert et d'intelligence ensemble.
MOT, dans une devise, signifie, Les paroles de la devise. Dans la
devise de Louis XII, le corps était un porc-épic, et le mot,
Cominùs et eminùs; dans celle de Louis XIV, le corps était
un soleil, et le mot, Nec pluribus impar.
Se dit également d'Un mot ou d'une phrase courte que quelques maisons
illustres placent dans leurs armoiries. La maison de Montmorency a pour mot,
Aplanôs, qui en grec signifie, Sans dévier.
EN UN MOT. loc. adv. Bref, enfin, en peu de mots. Il est vertueux,
généreux; en un mot, c'est un homme accompli.
En un mot, je n'en ferai rien, Pour répondre en un mot à
toutes vos raisons, je dis que je n'en ferai rien.
Autant en un mot qu'en cent, qu'en mille; en un mot comme en cent, en un
mot comme en mille. Façons de parler familières, par lesquelles
on marque sa dernière résolution. En un mot comme en mille, je
suis décidé à n'en rien faire.
MOT À MOT, MOT POUR MOT. loc. adverbiales, Sans aucun changement
ni dans les mots, ni dans leur ordre. Apprendre quelque chose mot à
mot comme un perroquet. Transcrire, traduire, rendre mot à mot. Rapporter
mot à mot, ou mot pour mot, tout ce qu'on a ouï dire.
Cette phrase est mot pour mot dans Montaigne, dans Voltaire, etc., Elle
s'y trouve entièrement et dans les mêmes termes.
Dicter mot à mot, Dicter un mot après l'autre, ne dicter
qu'un mot à la fois.
MOT À MOT, s'emploie quelquefois substantivement, et signifie,
Traduction littérale. Cette version n'est qu'un mot à mot. Voilà
le mot à mot de la phrase, maintenant traduisez avec élégance.
À CES MOTS. loc. adv. usitée dans la narration. Après
avoir ainsi parlé. À ces mots, il monte à cheval, et s'élance
dans la plaine.
MOTET .s.m.
Psaume ou autres paroles latines mises en musique pour être chantées
à l'église, et qui ne font point partie de l'office divin. Faire,
composer, chanter, exécuter un motet. Un beau motet.
MOTEUR .s.m.
Celui qui donne le mouvement. Dieu est le premier moteur, le souverain moteur
de toutes choses.
Se dit aussi au sens moral. Il fut le principal moteur de cette entreprise,
de cette conjuration, le moteur secret de ces intrigues.
MOTEUR, en termes de Mécanique, signifie, Mobile, ce qui imprime
le mouvement. L'eau, le feu est le premier moteur de cette machine. Le moteur
doit être proportionné à l'effet qu'on veut produire.
MOTEUR, en termes d'Anatomie, se dit Des muscles qui font mouvoir un
membre. Les moteurs internes, externes.
MOTEUR , TRICE. adj.
Qui fait mouvoir, qui donne le mouvement. Muscles moteurs. Force, puissance,
faculté, vertu motrice.
MOTIF .s.m.
Ce qui meut et porte à faire quelque chose, à adopter un avis.
Bon, mauvais, puissant, faible motif. Motif secret, apparent. Motif louable,
honnête. Exposer ses motifs. Quel a été son motif? Par quel
motif a-t-il fait cela? Je devine ses motifs. Agir par un pur motif de zèle,
de conscience. Il n'a point eu d'autre motif que celui de la gloire de Dieu. L'intérêt
est le seul motif qui le fait agir. Tel a été son motif pour agir
de la sorte. Il imagine des prétextes pour cacher son véritable
motif.
Motif de crédibilité, Ce qui peut raisonnablement porter
à croire une chose, indépendamment des preuves démonstratives.
Se dit surtout en parlant Des preuves qui établissent la vérité
de la religion. Si ce n'est pas une preuve convaincante, c'est au moins un
motif de crédibilité.
MOTIF, en Musique, signifie, La phrase de chant, l'idée primitive
qui domine dans tout le morceau. Le motif de cet air est heureux.
MOTION . s. f.
T. didactique. Mouvement, action de mouvoir.
MOTION, se dit aussi d'Une proposition faite dans une assemblée
délibérante, par un de ses membres. On a fait une motion pour
tel objet, sur tel objet, relativement à tel objet. Il a fait la motion
d'ajourner la délibération. Il y eut des motions très-diverses,
et même il y en eut de contradictoires. Appuyer la motion. Délibérer
sur la motion. Amender la motion. Retirer sa motion. Rejeter la motion.
Motion d'ordre, Motion qui a pour objet particulier l'ordre de la discussion.
MOTIVER . v. a.
Alléguer, rapporter les motifs d'un avis, d'un arrêt, d'une déclaration
quelconque. Motiver un arrêt. Il ne motive jamais son avis. Motiver son
refus.
Il signifie aussi quelquefois, Servir de motif à. Voilà ce
qui a motivé cette mesure.
Motiver les entrées et les sorties dans une pièce de théâtre,
Faire que les entrées et les sorties des personnages paraissent naturelles
et raisonnables. Les entrées et les sorties ne sont pas motivées
dans cette pièce.
MOTIVÉ, ÉE. participe
MOTTE . s. f.
Petit morceau de terre détaché avec la charrue, avec la bêche,
ou autrement. Un champ plein de mottes. Rompre, casser, briser les mottes d'un
champ. Se battre à coups de mottes. Une motte de gazon.
Se dit aussi d'Une butte, d'une éminence isolée, faite de main
d'homme ou par la nature. Il faut raser cette motte. Aplanir une motte.
Il signifie encore, La portion de terre qui tient aux racines des plantes, quand
on les lève ou qu'on les arrache. Lever un arbre en motte, avec sa motte.
Replanter un arbre avec sa motte.
Motte à brûler, Petite masse plate et ronde, qui est faite
ordinairement avec le tan qu'on ne peut plus employer à préparer
les cuirs, et qui sert à faire du feu. Brûler des mottes. Motte
de tourbe.
MOTTER
(SE). v. pron.
.Chasse. Se dit Des perdrix, lorsqu'elles se cachent derrière des mottes
de terre.
MOTUS
(On prononce l'S.) Expression familière par laquelle on avertit quelqu'un
de ne rien dire. Motus, ne parlez pas de cela.
MOU , MOLLE. adj.
Qui cède facilement au toucher, qui reçoit facilement l'impression
des autres corps. Il est opposé à Dur. Ce lit est mou, n'est
guère mou. De la cire molle. Avoir les chairs molles. Du fromage mou. Poires
molles.
On dit quelquefois Mol, au masculin, en poésie et dans le style
soutenu, quand le mot qui suit commence par une voyelle. Un mol abandon. Le
marcher mol et doux de la pelouse.
En Physique, Corps mous, Ceux qui ne tendent pas à reprendre la
figure que le choc ou la compression leur a fait perdre.
Par extension, Le temps, le vent est mou, Le temps est relâché,
le vent est chaud et humide.
MOU, signifie, figurément, Qui a peu de vigueur. Ce cheval
est mou et n'a point de force. Cet homme paraît fort et robuste, mais il
est mou au travail.
Il signifie aussi, Indolent, inactif, qui manque de résolution, d'application.
C'est un homme mou pour ses amis. C'est un homme mou. Un caractère mou.
Un esprit mou.
Il signifie encore, Affaibli, énervé par les plaisirs. Un homme
mou et efféminé. Une âme molle.
MOU, se dit, au sens moral, Des choses qui annoncent ou qui causent la
mollesse de l'âme. Une molle complaisance. Une molle indulgence. Une
résolution molle. Une conduite molle. Une molle oisiveté. Une éducation
molle.
Style mou, Style qui manque de vigueur.
En termes de Peinture, Touche molle, manière molle, Faiblesse
d'expression dans le mécanisme de l'art. On dit dans le même sens,
Un pinceau mou.
MOU .s.m.
Nom vulgaire du poumon de certains animaux. Bouillon de mou de veau. Fricassée
de mou d'agneau.
MOUCHARD .s.m.
Espion de police. C'est un fin mouchard.
MOUCHE . s. f.
Insecte à deux ailes, dont une espèce est fort commune. On appelle
de même Tous les insectes dont les ailes sont transparentes. Mouche commune.
Mouche à deux ailes, à quatre ailes. Mouche à miel. Mouche-guêpe.
Grosse, petite mouche. Le bourdonnement d'une mouche. Le taon, le frelon, sont
des espèces de mouches. En automne tout est plein de mouches. Les mouches
sont importunes en automne. Un cheval tendre aux mouches.
Se dit également de Quelques insectes coléoptères, c'est-à-dire,
dont les ailes extérieures ne sont pas transparentes. Mouche cantharide.
Prov. et fig., Être tendre aux mouches, Être sensible aux
moindres incommodités, ou S'offenser de peu de chose.
Prov., fig. et pop., Gober des mouches, Perdre le temps à attendre,
à ne rien faire. Que fait-il là à gober des mouches?
Prov. et fig., Prendre la mouche, Se piquer, se fâcher mal à
propos.
Prov. et fig., Quelle mouche le pique? quelle mouche l'a piqué?
se dit en parlant D'un homme qui s'emporte, sans qu'on sache qu'il en ait aucun
sujet.
Prov., On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, On
réussit mieux dans les affaires, on subjugue plus de personnes par la douceur
que par la dureté et la rigueur.
Prov. et fig., Faire la mouche du coche, Faire l'empressé, le
nécessaire, et s'attribuer le succès des choses auxquelles on a
le moins contribué.
Prov. et fig., Faire d'une mouche un éléphant, Exagérer
extrêmement une petite chose.
Fig. et fam., Pieds de mouches, Mauvaise écriture dont le caractère
est menu, mal formé, et n'est point lié. Son écriture
est bien mauvaise, ce sont des pieds de mouches que je ne saurais lire.
Adverb. et fam., Dru comme mouches, En grande quantité, en abondance.
Les balles, les boulets pleuvaient sur nous dru comme mouches. À cette
bataille, on voyait tomber les hommes dru comme mouches.
MOUCHE, se dit aussi d'Un petit morceau de taffetas noir préparé,
que les femmes se mettaient autrefois sur le visage, ou pour cacher quelques élevures,
ou pour faire paraître leur teint plus blanc. Elle a le visage couvert
de mouches. Les mouches ne lui siéent pas bien. Une boîte à
mouches.
MOUCHES, au pluriel, se dit quelquefois Des premières et des plus
légères douleurs de l'enfantement. Cette femme commence à
sentir des mouches, les mouches.
MOUCHE, signifie encore, figurément et familièrement, Celui
ou celle que la police met à la suite de quelqu'un pour épier ses
démarches et en rendre compte.
Fam., C'est une fine mouche, C'est une personne très fine et très-rusée.
MOUCHE, se dit aussi d'Une espèce de jeu de cartes qui se joue
à plusieurs personnes, depuis trois jusqu'à six. Jouer à
la mouche.
En Astronomie, La Mouche, Constellation de l'hémisphère
austral, qui n'est point visible dans nos climats.
MOUCHER . v. a.
Presser les narines pour en faire sortir la surabondance des humeurs qui tombent
dans le nez. Mouchez cet enfant.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Mouchez-vous. Cet enfant ne se
mouche jamais.
S'emploie quelquefois absolument, dans le même sens que s'il était
accompagné du pronom. Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé.
Il ne mouche presque point. Le tabac fait moucher.
Moucher du sang, Rendre du sang par le nez, en se mouchant.
Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche, Que ceux qui se reconnaissent
le défaut, le tort contre lequel on parle, s'appliquent ce qu'on en dit,
si bon leur semble.
Prov. et pop., C'est un homme qui ne se mouche pas du pied, ce n'est pas
un homme qui se mouche du pied, C'est un homme habile, intelligent, ferme.
Prov. et pop., Du temps qu'on se mouchait sur la manche, Au temps passé,
au temps où l'on était fort simple.
MOUCHER, en parlant D'une chandelle, d'une bougie, d'une lampe, d'un
flambeau, signifie, Ôter le bout du lumignon, lorsqu'il empêche la
chandelle, la bougie, la lampe, le flambeau de bien éclairer. Mouchez
cette bougie, cette chandelle. Vous avez mouché cette chandelle trop court,
trop près.
MOUCHÉ, ÉE. participe
MOUCHER . v. a.
Espionner. La police a fait moucher cet homme. Il est familier.
MOUCHÉ, ÉE. participe
MOUCHEROLLE .s.m.
T. d'Hist. nat. Oiseau à bec très-aplati, qui se nourrit de mouches.
MOUCHERON .s.m.
Se dit de Toute espèce de petite mouche. Il lui est entré un
moucheron dans l'oeil.
MOUCHERON .s.m.
Le bout de la mèche d'une chandelle, d'une bougie qui brûle.
MOUCHETER . v. a.
Marquer une étoffe de petites taches rondes placées symétriquement.
Moucheter du satin, du taffetas.
Moucheter de l'hermine, Y coudre de distance en distance de petits morceaux
de fourrure noire.
MOUCHETÉ, ÉE. participe, Satin moucheté. Hermine
mouchetée.
Il est quelquefois adjectif, et signifie la même chose que Tacheté,
en parlant De certains animaux. Tigre, chat, papillon moucheté.
Blé moucheté, Blé malade qui a une poussière
noire dans les poils placés à l'une des extrémités
du grain.
En termes d'Escrime, Sabre moucheté, épée mouchetée,
Sabre, épée dont on a garni la pointe de manière à
pouvoir les employer sans danger pour s'exercer à l'escrime.
MOUCHETTES . s. f. pl.
Instrument à deux branches, avec lequel on mouche les chandelles, les
bougies. Mouchettes de cuivre, d'argent, d'acier. Apportez les mouchettes.
Une paire de mouchettes.
MOUCHETURE . s. f.
Se dit Des taches naturelles qui se trouvent sur la peau de certains quadrupèdes,
sur le plumage de plusieurs espèces d'oiseaux, sur les ailes de divers
papillons, etc. Les mouchetures d'une peau de panthère, de léopard.
Les ailes de ce papillon ont des mouchetures jaunes, rouges.
MOUCHETURE, se dit, par analogie, d'Un ornement qu'on donne à
une étoffe en la mouchetant. La moucheture de cette étoffe est
agréable.
Moucheture d'hermine, Les petits morceaux de fourrure noire qu'on met
çà et là sur de l'hermine.
MOUCHETURE, en termes de Chirurgie, se dit d'Une scarification superficielle.
MOUCHEUR .s.m.
Celui qui, dans un théâtre, était chargé de moucher
les chandelles. Le moucheur de chandelles, le moucheur de la comédie.
MOUCHOIR .s.m.
Morceau carré de toile de fil ou de coton, et quelquefois de tissu de
soie, dont on se sert pour se moucher. Mouchoir de toile, de batiste. Mouchoir
de soie. Mouchoir blanc. Mouchoir de couleur. Mouchoir des Indes. Mouchoir de
poche. Une douzaine, une demi-douzaine de mouchoirs.
Mouchoir à tabac, Mouchoir d'une couleur ordinairement rembrunie,
où le tabac paraît moins.
Mouchoir de cou, Morceau de toile de fil ou de coton, ou d'étoffe
de soie, de la forme d'un mouchoir, dont les femmes se couvrent le cou et la gorge.
Prov. et fig., Jeter le mouchoir, Choisir à son gré, entre
plusieurs femmes, celle qu'on préfère; par allusion à la
manière dont on prétend qu'en use, chez les Turcs, le maître
d'un harem, qui déclare la favorite en lui jetant un mouchoir. On eût
dit, en le voyant parmi ces femmes, qu'il n'avait qu'à jeter le mouchoir.
On dit, dans un sens analogue, Briguer, refuser le mouchoir.
MOUCHURE . s. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Mouchure de chandelle,
Bout du lumignon d'une chandelle, lorsqu'on l'a mouchée.
MOUÇON . s. f.
Voyez MOUSSON.
MOUDRE . v. a.
(Je mouds, tu mouds, il moud; nous moulons. Je moulais. Je moulus. Je moudrai.
Que je moule. Que je moulusse. Moulant. Moulu.) Broyer, mettre en poudre par
le moyen du moulin. Moudre du blé, du froment, du riz, des fèves,
etc. Moudre du café. Faire moudre un setier de blé.
S'emploie quelquefois absolument. Le moulin n'a pas assez d'eau, il ne peut
moudre que six mois de l'année. Ce moulin moud trop gros, ne moud pas assez
fin.
Fig., Moudre un homme de coups, Le battre violemment. On l'a moulu
de coups, tout moulu de coups.
Prov. et fig., Il n'est que d'être à son blé moudre,
Il n'y a rien de tel, pour qu'une affaire réussisse, que de la suivre,
de la surveiller soi-même.
MOULU, UE. participe, Or moulu, Or réduit en très-petites
parties, et dont on se sert quelquefois pour dorer des métaux.
Fig., Avoir le corps tout moulu, être tout moulu, Sentir des douleurs
par tout le corps, pour avoir couru la poste, ou pour avoir couché sur
la dure, ou pour avoir enduré quelque autre fatigue.
MOUE . s. f.
Grimace que l'on fait, en rapprochant et en allongeant les lèvres, en
signe de dérision ou de mécontentement. Faire la moue. Faire
la moue à quelqu'un. Une grosse, une vilaine moue.
Fig. et fam., Faire la moue, Bouder, témoigner de la mauvaise
humeur par son silence et par son air.
MOUÉE . s. f.
.Vénerie. Mélange de sang de cerf, de lait et de pain coupé,
qu'on donne aux chiens à la curée.
MOUETTE . s. f.
Oiseau de mer de l'ordre des Palmipèdes, et à longues ailes.
MOUFETTE . s. f.
Voyez MOFETTE.
MOUFLARD , ARDE. s.
Celui, celle qui a le visage gros et rebondi. Voyez ce gros mouflard, cette
mouflarde. Il est populaire.
MOUFLE . s. f.
Machine, formée d'un assemblage de plusieurs poulies, qui sert à
élever et à descendre des poids considérables. Lever un
fardeau avec une moufle, avec des moufles.
MOUFLE, se dit aussi d'Une mitaine, d'un gros gant de cuir ou de laine,
où il n'y a pas de séparation pour les doigts, excepté pour
le pouce.
MOUFLE .s.m.
.Chimie. Vaisseau de terre, dont on se sert pour exposer des corps à
l'action du feu, sans que la flamme y touche immédiatement.
MOUFLÉ , ÉE. adj.
Il n'est usité que dans cette locution, Poulie mouflée,
Poulie qui agit concurremment avec une ou plusieurs autres.
MOUFLON .s.m.
Quadrupède ruminant, espèce de bélier sauvage, que quelques-uns
croient être la souche des nombreuses variétés du mouton domestique.
MOUILLAGE .s.m.
Lieu de la mer propre à y jeter l'ancre. Il y a un beau mouillage
dans cette rade. Cette rade est un bon mouillage, est un mauvais mouillage. Ce
mouillage n'est pas sûr. Aller au mouillage. Être au mouillage. Vaisseau
au mouillage.
MOUILLE-BOUCHE . s. f.
Espèce de poire fondante qui mûrit dans les mois de juillet et
d'août.
MOUILLER . v. a.
Tremper, humecter, rendre moite et humide. Mouiller un linge dans l'eau,
une compresse dans du vin. La plaie a mouillé les près, les chemins.
Il craint de se mouiller les pieds. Il n'a fait que s'en mouiller les lèvres,
le bord des lèvres. Elle m'a mouillé de ses larmes. Des larmes mouillaient
son visage. Je suis tout mouillé, mouillé comme un canard. On
l'emploie quelquefois absolument. Il tombe une petite pluie qui mouille fort.
Ce brouillard mouille comme de la pluie. On l'emploie aussi avec le pronom
personnel. Il a peur de se mouiller.
En termes de Grammaire, Mouiller les L, les deux L, Les prononcer, non
tout à fait selon leur valeur ordinaire, comme dans les mots Ville,
Achille, etc., mais avec une sorte de mollesse, comme dans Fille, grille,
bataille, etc. La double LL est presque toujours précédée
d'un I; quand cette voyelle est seule, elle se prononce à l'ordinaire:
Fille, grille. Mais quand l'I se trouve précédé de
quelque autre voyelle ou de quelque diphthongue, il se fait peu sentir, n'étant
mis là que pour faire mouiller la double LL: Bataille, bouteille, mouille,
cueille, etc.
Mouiller l'ancre, ou simplement Mouiller, Jeter l'ancre en quelque
endroit de la mer, pour arrêter le bâtiment. Ils mouillèrent
l'ancre en tel endroit. Le vent étant devenu contraire, on fut obligé
de mouiller. Nous étions mouillés dans la rade.
MOUILLÉ, ÉE. participe, Des yeux mouillés de
larmes.
Fig. et fam., Poule mouillée, se dit d'Une personne qui manque
de résolution et de courage.
Jouer au doigt mouillé, Jouer au jeu qui consiste à mouiller
un de ses doigts secrètement, et à donner ensuite à deviner
lequel est mouillé.
Tirer au doigt mouillé à qui fera telle chose, Le décider
par le doigt mouillé, comme par une espèce de sort.
MOUILLETTE . s. f.
Petit morceau de pain long et mince, qu'on trempe dans les oeufs à la
coque. Faire des mouillettes.
MOUILLOIR .s.m.
Petit vase dont les fileuses se servent pour y mouiller le bout de leurs doigts.
Mouilloir d'argent. Son mouilloir était attaché à sa ceinture.
MOUILLURE . s. f.
Action de mouiller; État de ce qui est mouillé. La mouillure
du papier avant l'impression. La mouillure du papier devient quelquefois de la
moisissure. Les voituriers sont responsables de la mouillure.
MOULAGE .s.m.
Action de mouler des ouvrages de sculpture. Atelier de moulage. Les travaux
du moulage.
MOULAGE, s'est dit aussi de L'action de mesurer du bois.
MOULE . s. f.
Mollusque bivalve, dont la coquille est de forme oblongue. Moule de rivière,
de mer. Voilà de bonnes moules, des moules bien fraîches.
MOULE .s.m.
Se dit de Tout objet qui a un vide, un creux taillé ou façonné
de telle sorte, que la matière en fusion, liquéfiée, molle
ou détrempée, qu'on y introduit, reçoit une forme déterminée.
Faire un moule. Faire le moule d'une statue qu'on doit jeter en bronze. Beau
moule. Jeter en moule. Cela est fait au moule. Rompre le moule. Les statues de
bronze, les canons, les cloches, etc., se jettent en moule. Moule d'une seule
pièce. Moule de plusieurs pièces. Un moule à fondre des caractères
d'imprimerie. Un moule à faire des balles de plomb, ou simplement,
Un moule à balles. Un moule à faire des chandelles. Moule à
faire des mottes. Moule à faire des biscuits de Savoie.
Prov. et fig., Cela ne se jette pas en moule, Cet ouvrage ne se peut
faire qu'avec beaucoup de soin et de temps.
Fig., Le moule en est rompu, en est perdu, se dit en parlant De quelques
personnes rares et uniques en leur genre.
Fig. et fam., Ces deux personnes ont été jetées dans
le même moule, Elles ont des rapports surprenants de figure, de taille,
de caractère, d'humeur, etc.
Moule de bouton, Petit morceau de bois ou d'os, plat, rond, et percé
au centre qu'on recouvre d'étoffe pour en faire un bouton d'habit.
MOULE, se dit aussi d'Une ancienne mesure de bois ... brûler, qui
n'est plus en usage, mais dont on a conservé le nom pour désigner
Du bois choisi et de la meilleure qualité. Bois de moule.
MOULER . v. a.
Jeter en moule, faire au moule. Mouler une figure, des médailles.
Mouler des ornements, des bas-reliefs en plâtre, en terre, pour les frises.
Mouler des chandelles. Quand il s'agit De métaux, on dit mieux, Fondre
ou Couler.
Mouler un bas-relief, une statue, etc., Y appliquer une matière
propre à en recevoir l'empreinte en creux et à servir de moule pour
les reproduire exactement. On dit aussi, Mouler une chose sur une autre,
La former sur une autre, faire qu'elle en reçoive l'empreinte en creux.
Son buste a été fait d'après le masque qu'on avait moulé
sur son visage.
Fig. et fam., Se mouler sur quelqu'un, Se former sur lui, le prendre
pour modèle.
Mouler du bois, Mesurer une certaine quantité de bois, en la rangeant
entre deux traverses qui doivent la contenir. On dit plus ordinairement, Corder
du bois.
MOULÉ, ÉE. participe, Figure, médaille moulée.
Chandelle moulée. Bois moulé.
Lettre moulée, Lettre imprimée. Il signifie aussi, Écriture
à la main, dont les caractères sont de la même forme que ceux
des livres imprimés. Cet écrivain fait très-bien la lettre
moulée.
Prov., Croire tout ce qui est moulé, Déférer à
l'autorité de quelque livre que ce soit. Il croit tout ce qui est moulé.
On dit en plaisantant, Il faut lien que cela soit, puisque cela est moulé.
MOULÉ, se dit quelquefois, substantivement et absolument, Des
caractères imprimés. Lire le moulé, dans le moulé.
Il est populaire.
MOULEUR .s.m.
Ouvrier qui moule des ouvrages de sculpture.
Mouleur de bois, Officier de police dont la charge était de visiter
le bois qui se vendait, et de le mouler.
MOULIN .s.m.
Machine à moudre du grain, etc. Moulin à vent, à eau,
à vapeur. Moulin à bras. Un moulin qui va bien. Un moulin bien achalandé.
Un moulin banal.
Se dit aussi de Plusieurs autres machines du même genre, qui servent à
divers usages. Moulin à foulon, à huile, à papier, à
poudre, à tabac, à sucre, à tan. Moulin à filer la
soie. De la monnaie faite au moulin.
Moulin à café, Petit moulin à moudre du café.
Prov. et fig., Faire venir l'eau au moulin, Procurer du profit par son
industrie, ou à soi, ou aux siens.
Prov., fig. et pop., Laissez-le faire, il viendra moudre à notre moulin,
se dit en parlant D'un homme dont on n'est pas content, et signifie, Il aura besoin
de nous à son tour.
Fig. et pop., Je jetai mon bonnet par-dessus les moulins. Phrase par
laquelle on terminait les contes qu'on faisait aux enfants, et qui signifie, Je
ne sais ce que tout cela devint, je ne sais comment finit le conte, l'histoire.
Prov. et fig., Jeter son bonnet par-dessus les moulins, Braver les bienséances,
l'opinion publique. Cette femme a jeté son bonnet par-dessus les moulins.
Prov., Cette personne, cette chose ressemble à telle autre comme à
un moulin à vent, se dit Lorsqu'on veut se moquer de la ressemblance
que quelqu'un trouve entre deux personnes qui ne se ressemblent point, entre deux
choses qui n'ont point de rapport.
Prov. et fig., Se battre contre des moulins à vent, Se forger
des chimères, se créer des fantômes pour les combattre.
Prov. et fig., C'est un moulin à paroles, se dit D'une personne
fort babillarde.
MOULINAGE .s.m.
Action de tordre ou de filer la soie avec une espèce de moulin garni
de bobines et de fuseaux. Le moulinage de cette fabrique est parfait.
MOULINER . v. a.
Faire subir à la soie les opérations du moulinage.
MOULINER, se dit aussi Des vers qui rongent le bois et le mettent, par
places, en menue poussière.
MOULINÉ, ÉE. participe, Soie moulinée. Bois mouliné.
MOULINET .s.m.
Espèce de tourniquet dont on se sert pour enlever ou pour tirer des fardeaux.
Il signifie aussi, Une certaine machine dont on se servait pour travailler à
la monnaie. Écu d'or ou moulinet.
Faire le moulinet avec une épée, avec un bâton à
deux bouts, etc., Se servir d'une épée, d'un bâton à
deux bouts, ou d'une autre arme de même sorte, en les maniant en rond autour
de soi avec tant de vitesse, qu'on puisse parer les coups qui seraient portés
en même temps par plusieurs personnes.
MOULINEUR
ou MOULINIER.s.m.
Ouvrier employé au moulinage de la soie.
MOULT . adv.
Vieux mot qui signifie, Beaucoup. Il était moult vaillant. Il avait
moult d'argent.
MOULURE . s. f.
Nom générique des diverses parties d'un profil d'architecture,
c'est-à-dire, des parties plus ou moins saillantes, carrées ou rondes,
droites ou courbes, qui servent d'ornement dans un ouvrage d'architecture. Cette
corniche est composée de trois principales moulures: la cymaise, le larmier
et l'ove. Moulure saillante, plate, ornée, lisse, inclinée, etc.
Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des ouvrages de menuiserie et autres
semblables. Ce cadre a plusieurs moulures. Un lambris orné de moulures.
MOURANT , ANTE. adj.
Qui se meurt. Il a les yeux d'un homme mourant, d'une personne mourante.
Il a les yeux mourants, la voix mourante.
Fig., Des yeux mourants, Des veux languissants et pleins de passion.
Voix mourante, Voix langoureuse et traînante.
En Jurispr. féodale, Homme vivant et mourant, Homme que les gens
de mainmorte étaient obligés de désigner au seigneur du fief,
et à la mort duquel ils devaient certains droits seigneuriaux.
MOURANT, est aussi quelquefois substantif. Le champ de bataille était
couvert de morts et de mourants. Les plaintes des blessés et des mourants.
MOURIR . v. n.
(Je meurs, tu meurs, il meurt; nous mourons, vous mourez, ils meurent. Je
mourais. Je mourus. Je mourrai. Meurs. Que je meure. Je mourrais. Que je mourusse.
Mourant. Mort.) Cesser de vivre. Se dit Des hommes et Des animaux. Mourir
d'une mort naturelle, de mort violente, de vieillesse, de maladie, d'un coup d'épée.
Mourir subitement. Mourir vieux, jeune. Mourir à la fleur de l'âge.
De quoi est-il mort? Il est mort d'apoplexie, d'une fluxion de poitrine. Il est
mort de faim. Il est mort empoisonné. Il est mort content. Il est mort
pauvre. Le chagrin l'a fait mourir. Il va mourir, il s'en va mourir, il s'en va
mourant. Il est malade à en mourir. Il s'est laissé mourir de faim.
Mourir avec fermeté, avec courage, avec résignation. Mourir en homme
de coeur, en philosophe, en homme de bien, en bon chrétien. Mourir chrétiennement,
comme un saint, dans la grâce de Dieu, de la mort des justes. Il faut bien
vivre pour bien mourir. JÉSUS-CHRIST est mort pour tous les hommes.
Mourir pour son roi, pour son pays, pour sa patrie, pour sa religion. Ses brebis
sont mortes de la clavelée. Son chien est mort enragé. Son cheval
vient de mourir.
Fam., Mourir de sa belle mort, Mourir de mort naturelle.
Mourir au champ d'honneur, au lit d'honneur, Être tué à
la guerre en faisant son devoir. Voyez LIT.
Ironiq. et fam., Mourir dans les formes, Mourir en se faisant traiter
suivant les règles de la médecine.
Faire mourir quelqu'un, Le mettre à mort en exécution d'une
condamnation. On le fit mourir en place de Grève.
Mourir tout en vie, Mourir d'une maladie vive et prompte; être
emporté par la violence du mal, lorsqu'on a encore toute la vigueur que
l'on avait en santé.
Mourir martyr, Mourir en souffrant de grandes douleurs. Il est mort
martyr.
Pop., Mourir comme un chien, Mourir sans vouloir témoigner le
moindre repentir de ses fautes. Il est mort comme un chien.
Fam., Cet homme mourra dans sa peau, Il ne changera jamais ses mauvaises
habitudes. On dit dans le même sens, Il mourra dans la peau d'un insolent,
d'un impertinent, d'un fat, etc.
Par menace, Il ne mourra que de ma main, Je le tuerai.
Par forme de serment, Je veux mourir, que je meure à l'instant, si
ce que je vous dis n'est pas vrai.
Je viendrai à bout de mon dessein, ou je mourrai à la peine,
Je ne veux point démordre de ce que j'ai entrepris, rien ne m'y fera renoncer.
Prov., On ne sait qui meurt, ni qui vit, se dit, dans certaines occasions,
Pour marquer l'incertitude de la vie. Il faut lui donner une reconnaissance
de l'argent qu'il a prêté, car on ne sait qui meurt, ni qui vit.
Prov., Les envieux mourront, mais non jamais l'envie.
Nous mourons tous les jours, Chaque jour nous avançons en âge,
nous faisons un pas vers la mort.
Prov. et fig., Un lièvre va toujours mourir au gîte, Après
avoir beaucoup voyagé, on est bien aise de retourner dans son pays.
Fig., Les communautés ne meurent point, Elles se renouvellent
sans cesse.
En France, le roi ne meurt pas, D'après le principe de successibilité
établi, un roi de France qui meurt a immédiatement pour successeur
son héritier présomptif.
Être mort civilement, se dit Des religieux et des religieuses,
qui, en cette qualité, ont renoncé pour toujours à certains
droits, à certains avantages de la société.
Être mort civilement, se dit aussi D'un homme condamné au
bannissement perpétuel ou aux travaux forcés à perpétuité,
et qui par là est privé à jamais des droits et des avantages
de la société.
Être mort au monde, se dit D'une personne qui a quitté le
monde pour vivre dans la retraite et dans les exercices de piété.
On dit à peu près dans le même sens, Mourir au péché,
au vice, à ses passions.
Être mort pour quelqu'un, Ne pouvoir plus lui être d'aucune
utilité, ne conserver aucune relation avec lui. Ce jeune homme s'est
expatrié, il est mort pour sa famille. On dit aussi, Être
mort pour quelque chose, Ne pouvoir plus y être sensible, en être
privé pour toujours. Il est mort pour les plaisirs.
MOURIR, se dit souvent par exagération. Mourir de chaud, de
froid, d'impatience, de chagrin, d'inquiétude. Je meurs de faim, de soif.
Vous devriez mourir de honte. Mourir de douleur, de regret. Il meurt mille fois
le jour. Cela le ferait mourir de joie. Il pensa mourir de rire. Il meurt d'amour
pour cette femme-là. Il meurt d'envie de le voir. Mourir d'ennui. S'ennuyer
à mourir.
Fig., Mourir de faim, N'avoir pas les moyens d'exister. Cet homme,
cette famille meurt de faim. On dit substantivement dans le même sens,
et par dénigrement, Un meurt-de-faim, Un homme qui n'a pas de quoi
vivre.
Prov., Vous me faites mourir, Vous m'affligez beaucoup; Vous m'impatientez
extrêmement.
Fig., Faire mourir quelqu'un à petit feu, Le faire languir en
prolongeant des peines d'esprit, des inquiétudes, des chagrins qu'on pourrait
lui épargner ou lui abréger.
MOURIR, se dit également Des arbres et des plantes. Ces arbres
ne viennent pas bien dans les sables, ils y meurent tous. J'avais planté
des poiriers, des pommiers, qui sont morts. Le froid a fait mourir ces fleurs.
Se dit aussi Des États, des institutions, des établissements.
Les États, les empires meurent comme les hommes. Cette entreprise, cette
manufacture meurt faute de capitaux, de fonds.
MOURIR, se dit aussi Des choses morales, des passions, des productions
de l'esprit, des ouvrages de l'art. Sa gloire, sa mémoire, son nom ne
mourra jamais. Vos bienfaits ne mourront jamais dans ma mémoire. Les ouvrages
de cet auteur, de ce peintre, de ce sculpteur, ne mourront jamais. Ses passions
ne durent guère, elles meurent bientôt. Faire mourir le péché
en soi. Faire mourir ses passions.
Se dit encore figurément De certaines choses dont l'activité,
le mouvement finit peu à peu. Ce feu mourra, si l'on n'y met du bois.
Laisser mourir le feu. Laisser mourir un sabot. Le boulet de canon vint mourir
là. La boule est allée mourir au but.
Se dit pareillement De choses qui finissent par une dégradation insensible,
comme les sons, les couleurs, etc. Dans ce tableau, les couleurs se perdent
en mourant les unes dans les autres. Les sons arrivent, en mourant, jusqu'à
mon oreille. Sa voix meurt à la fin de chaque phrase.
Les paroles lui meurent dans la bouche, Il laisse tomber sa voix, et
traîne ses paroles.
MOURIR, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et alors il signifie,
Être sur le point de mourir; mais, en ce sens, il ne se dit guère
qu'au présent et à l'imparfait de l'indicatif. Il se meurt. Il
se mourait. Votre feu, votre chandelle, votre lampe se meurt.
Par exagérat., Il se meurt d'amour, de peur, d'impatience, d'envie
de dormir, etc.
MORT, ORTE. participe, Il est mort. Il est tombé mort sous
nos yeux. On l'a laissé pour mort. Il y avait ordre de le prendre mort
ou vif. Mort-né: voyez le participe du verbe NAÎTRE.
Il est aussi adjectif. Un homme mort. Une femme morte.
C'est un homme mort, se dit D'un homme qui est ou qui paraît être
dans un grand danger. Il s'est mis entre les mains de ce charlatan, c'est un
homme mort. Le vésicatoire n'a pas pris, c'est un homme mort. S'il se bat
avec ce spadassin, c'est un homme mort.
Avoir le teint mort, les yeux morts, les lèvres mortes, Avoir
le teint décoloré, les lèvres pâles, les yeux éteints.
Chair morte, Chair insensible, qui est dans les escarres des plaies.
Fig. et pop., Il a la gueule morte, se dit D'un médisant, d'un
fanfaron, d'un grand parleur qui se trouve réduit au silence.
Fam., Frapper sur quelqu'un comme sur bête morte, Le frapper violemment.
Fam., N'y pas aller de main morte, Frapper rudement. Il signifie aussi,
figurément, Mettre de la rudesse, de la violence dans une discussion verbale
ou par écrit.
En Jurispr., Main-morte. Voyez MAINMORTE.
Prov. et fig., Morte la bête, mort le venin, Un ennemi, un méchant
qui est mort, ne peut plus nuire.
Balle morte, Balle qui a perdu la plus grande partie de l'impulsion qu'elle
avait reçue. Il a été atteint par une balle morte qui
lui a fait une contusion.
Cotte morte, Les meubles qu'un religieux laissait en mourant, ainsi que
tout ce qui était provenu de ses épargnes.
Eau morte, Eau qui ne coule point, telle que celle des étangs.
Morte eau, Les marées les plus faibles, et L'époque de
ces marées, par opposition au Vif de l'eau, qui se dit Des plus
fortes marées, et Du temps où elles ont lieu. Nous sommes en
morte eau.
Langue morte, Celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus
que dans les livres.
Argent mort, Argent qu'on ne fait pas valoir.
Papier mort, se dit par opposition à Papier timbré.
Pays mort, Pays où il n'y a ni commerce, ni industrie. Depuis
la guerre, cette province est un pays mort.
Saison morte, Certain temps de l'année où le commerce,
les affaires, n'ont pas la même activité que dans un autre temps.
Le temps des vacations est une saison morte pour les affaires du palais.
On dit plus communément, dans ce sens, Morte saison.
En Peinture, Nature morte, se dit Des animaux morts, des objets inanimés,
dont l'imitation exclusive forme un genre particulier. Ce peintre rend bien
la nature morte, ne peint que la nature morte. Des ustensiles, des instruments,
des vases, des meubles, etc., sont de la nature morte. Tableau de nature morte.
En termes d'Eaux et Forêts, Mort-bois, Les épines, les ronces
et le bois blanc, qui ne peuvent servir à aucun ouvrage. Bois mort,
Tout le bois qui est effectivement séché sur pied, et qui ne tire
plus aucune nourriture de la terre.
MORT, est souvent employé comme substantif. Un mort. Une morte.
Il est pâle comme un mort. Enterrer, ensevelir les morts. Porter un mort
en terre. Il a eu la charge du mort. Prier Dieu pour les morts. Le service des
morts. Oraison pour les morts. Quand Dieu viendra juger les vivants et les morts.
Le jour des morts. L'office des morts. Il ne faut point insulter aux morts. Après
le combat, il fut trouvé parmi les morts. Les ennemis envoyèrent
un trompette pour demander à enterrer leurs morts.
Tête de mort, Tête dont il ne reste que la partie osseuse.
Faire le mort, Retenir ses mouvements et sa respiration de manière
à faire croire qu'on est privé de la vie. Figurément, Ne
pas répondre aux personnes par lesquelles on est questionné, interpellé
par écrit. Il n'a rien répondu à plusieurs de mes lettres,
il fait le mort.
Prov., Les morts ont toujours tort, Les morts ne pouvant se défendre,
on excuse souvent les vivants à leurs dépens.
En Jurispr., Le mort saisit le vif, Une personne en mourant transmet
son bien à son héritier, sans qu'il soit besoin d'un acte de mise
en possession.
MOURON .s.m.
Petite plante à fleurs bleues ou rouges, de la famille des Primevères,
que l'on nomme autrement Anagallis. Mouron bleu. Mouron rouge.
Mouron des oiseaux, Petite plante à fleurs blanches, du genre
Morgeline, qui sert principalement à la nourriture des petits oiseaux.
MOURRE . s. f.
Jeu que deux personnes jouent ensemble en se montrant rapidement les doigts,
les uns élevés et les autres fermés, afin de donner à
deviner le nombre des premiers. Les Italiens jouent beaucoup à la mourre.
MOUSQUET .s.m.
Arme à feu qui était en usage avant le fusil, et qu'on faisait
partir au moyen d'une mèche allumée.
Porter le mousquet, signifie encore aujourd'hui, Être soldat dans
l'infanterie. Il a longtemps porté le mousquet.
Prov., Crever comme un vieux mousquet, Mourir de trop boire, de trop
manger, ou en général d'excès et de débauche. Cet
homme crèvera comme un vieux mousquet.
MOUSQUETADE . s. f.
Coup de mousquet. Il fut blessé d'une mousquetade. Il essuya quelques
mousquetades.
Il se disait aussi de Plusieurs coups de mousquet tirés à la fois
ou continûment par un corps de gens armés. On a entendu une vive
mousquetade. Nous avons essuyé une mousquetade de quelques braconniers.
Il est vieux dans les deux sens.
MOUSQUETAIRE .s.m.
On appelait ainsi, originairement, Un soldat à pied armé du mousquet.
On dit aujourd'hui, Fusilier.
Il s'est dit ensuite exclusivement de Certains cavaliers qui formaient, dans
la maison du roi, deux compagnies distinguées l'une de l'autre par la couleur
de leurs chevaux. Les mousquetaires gris. Les mousquetaires noirs. Entrer dans
les mousquetaires. Il sortait des mousquetaires.
MOUSQUETERIE . s. f. coll.
Décharge de plusieurs mousquets, de plusieurs fusils tirés en
même temps. C'était une affaire de mousqueterie, il n'a pas été
tiré un seul coup de canon. Il a essuyé toute la mousqueterie de
l'ennemi, tout le feu de la mousqueterie. On dit aussi, Une décharge
de mousqueterie.
MOUSQUETON .s.m.
Espèce de fusil dont le canon est plus court que celui du fusil ordinaire,
et dont le calibre est égal à celui du mousquet. C'était
autrefois le nom qu'on donnait au fusil court des cavaliers. Charger, tirer
un mousqueton. Il a reçu un coup de mousqueton.
MOUSSE . adj.des deux genres
Se dit Des instruments de fer dont la pointe ou le tranchant est usé.
Cette cognée est mousse. Pointe mousse. Il vieillit.
MOUSSE .s.m.
Jeune apprenti matelot. On l'a vu mousse de vaisseau. Mousse de proue, de
poupe.
MOUSSE . s. f.
Se dit de Certaines plantes cryptogames menues, herbacées, dont le fruit,
en forme d'urne, est porté par un filet, et qui naissent sur les pierres,
sur les troncs d'arbres, à la surface des marais, etc., où elles
forment d'ordinaire une sorte de gazon ou de duvet serré. La famille
des mousses. Se coucher sur la mousse. Un lit de mousse. Mousse de chêne.
Se dit aussi de L'espèce de moisissure qui vient sur la tête des
vieilles carpes. On pêcha une carpe qui avait un doigt de mousse sur
la tête.
Mousse de Corse, Fucus menu et rougeâtre qu'on emploie en médecine
comme vermifuge.
Prov. et fig., Pierre qui roule n'amasse pas de mousse, Un homme qui
change souvent d'état, de profession, ne s'enrichit pas.
MOUSSE, se dit, par analogie, de Certaine écume qui se forme sur
l'eau et sur quelques liqueurs, comme la bière, les sirops, le chocolat,
l'eau de savon, le vin, etc., quand on les bat ou qu'on les verse de haut. La
mousse de la bière, du savon. La mousse pétillante du vin de Champagne.
Versez de haut, remplissez le verre de mousse.
Se dit, chez les Pâtissiers, d'Une espèce de crème fouettée
dans laquelle on mêle du chocolat, de la vanille, etc. Mousse au chocolat,
à la vanille.
MOUSSELINE . s. f.
Toile de coton très-claire, et ordinairement très-fine. Belle
mousseline. Mousseline unie, brodée, brochée, rayée. Mousseline
des Indes. Cravate, robe de mousseline.
MOUSSER . v. n.
Se dit Des liquides sur lesquels il se fait de la mousse. Verser une liqueur
de haut pour la faire mousser. Le vin de Champagne mousse plus que les autres
vins. Faire mousser le chocolat.
Fig. et fam., Faire mousser un succès, un petit avantage, Le présenter,
le raconter de manière à le faire croire plus considérable,
plus glorieux qu'il n'est en effet.
MOUSSÉ, ÉE. participe, Chocolat moussé, c'est-à-dire,
qu'on a fait mousser.
MOUSSERON .s.m.
Nom vulgaire de plusieurs agarics d'une odeur et d'une saveur agréables,
qui naissent ordinairement sous la mousse. Manger des mousserons. Un pain aux
mousserons.
MOUSSEUX , EUSE. adj.
Qui mousse, qui fait beaucoup de mousse. Vin de Champagne mousseux. Cette
bière est bien mousseuse.
Rose mousseuse, se dit abusivement, pour Rose moussue, d'Une rose
dont le calice et la tige sont garnis d'une espèce de mousse.
MOUSSOIR .s.m.
Ustensile pour faire mousser le chocolat.
MOUSSON . s. f.
Se dit de Certains vents réglés et périodiques de la mer
des Indes, qui soufflent six mois du même côté, et les autres
six mois du côté opposé. La mousson du sud-ouest. La mousson
du nord-est. Les variations de la mousson. Les moussons ne se font pas sentir
au delà de tel degré de latitude.
Se dit aussi de La saison de ces vents. Attendre la mousson d'été,
la mousson d'hiver. Naviguer dans une mousson contraire, dans la mousson pluvieuse.
MOUSSU , UE. adj.
Qui est couvert de mousse. Un arbre moussu. Une pierre moussue. Cette carpe
était si vieille, qu'elle avait la tête toute moussue.
MOUSTACHE . s. f.
Partie de barbe qu'on laisse au-dessus de la lèvre d'en haut. Grande,
belle moustache. Moustache retroussée. Relever sa moustache.
Fig. et fam., Vieille moustache, Soldat qui a vieilli dans le service,
qui a long-temps fait la guerre.
Fam., Brûler la moustache à quelqu'un, Lui tirer un coup
de pistolet à bout portant.
Fig. et fam., Enlever quelque chose à quelqu'un sur la moustache,
jusque sur la moustache, Enlever quelque chose à quelqu'un en sa présence
et malgré lui. Les ennemis sont venus pour défendre cette place,
on la leur a enlevée sur la moustache.
Fig. et pop., Donner sur la moustache à quelqu'un, Frapper quelqu'un
au visage.
MOUSTACHE, se dit, par analogie, Des longs poils que les chats, les lions,
et d'autres animaux, ont autour de la gueule.
MOUSTIQUAIRE . s. f.
Rideau de gaze ou de mousseline très-claire, dont on entoure les lits
dans les pays où l'on a besoin de se préserver de la piqûre
des moustiques, des maringouins, etc. Quelques-uns le nomment Moustillier.
MOUSTIQUE .s.m.
Petit insecte d'Afrique et d'Amérique, dont la piqûre est très-douloureuse,
et laisse sur la peau une tache semblable à celles du pourpre.
MOÛT .s.m.
Vin qui vient d'être fait, et qui n'a point encore fermenté. Boire
du moût.
MOUTARDE . s. f.
Composition faite de graine de sénevé broyée avec du moût,
du vinaigre, ou quelque autre liquide. Moutarde douce. Moutarde commune, grise.
De la moutarde fort piquante. De la moutarde qui monte au nez.
Se dit aussi de La graine de sénevé, et quelquefois de Cette plante
même. Semer de la moutarde. Un grain de moutarde. De la graine de moutarde.
La moutarde est une plante de la famille des crucifères.
Prov. et fig., S'amuser à la moutarde, S'arrêter à
des bagatelles, à des choses inutiles. Vous vous êtes amusé
à la moutarde, tandis que les autres faisaient leurs affaires.
Prov. et fig., La moutarde lui monte au nez, Il commence à s'impatienter
de ce qu'on lui dit ou de ce qu'on lui fait.
Prov. et fig., C'est de la moutarde après dîner, Cela vient
lorsqu'on n'en a plus besoin.
MOUTARDIER .s.m.
Petit vase servant à mettre la moutarde. Moutardier d'étain,
d'argent, de porcelaine.
MOUTARDIER, se dit aussi de Celui qui fait et vend de la moutarde.
Fig. et fam., Il se croit le premier moutardier du pape, se dit D'un
homme médiocre qui a une grande opinion de lui-même, qui affecte
de l'importance.
MOUTIER .s.m.
Vieux mot qui signifie, Monastère.
Prov. et fig., Il faut laisser le moutier où il est, Il ne faut
rien changer aux usages reçus.
MOUTON .s.m.
Bélier châtré que l'on engraisse. Gros mouton. Mouton
gras. Mouton de Berry, de Beauvais. Ce boucher tue tant de moutons par an. Langue,
pieds,gigot ou éclanche, épaule, collet, côtelettes,
quartier, graisse, suif de mouton. Peau de mouton. Tondre des moutons.
Il signifie particulièrement, La viande de mouton. Du mouton bien
tendre. Du mouton qui sent le serpolet. Le mouton est une viande noire.
MOUTON, se dit quelquefois, dans un sens plus général,
Des béliers, des brebis et des agneaux, quand ils sont en troupes. Un
troupeau de moutons. Garder les moutons.
Fig. et fam., C'est un mouton, il est doux comme un mouton, Il est d'une
humeur fort douce, fort traitable.
Prov. et pop., Il ressemble aux moutons de Berry, il est marqué sur
le nez, se dit D'un homme qui a quelque marque sur le visage.
Prov., Le peuple fait comme les moutons, Il fait ce qu'il voit faire
au premier venu, de même que les moutons passent tous où ils voient
qu'un autre mouton a passé.
Prov. et fig., Revenons à nos moutons, Reprenons le discours que
nous avons quitté, ou qui a été interrompu; Revenons à
notre sujet.
MOUTON, se dit aussi de La peau de mouton préparée. La
reliure de ce livre n'est que de mouton.
MOUTON, se dit, figurément et familièrement, dans les prisons,
d'Un homme aposté pour gagner la confiance d'un prisonnier, découvrir
son secret et le révéler. On mit près de lui un mouton
pour le faire jaser.
MOUTON, se dit en outre d'Une masse de fer, ou d'une grosse pièce
de bois armée de fer, qu'on élève, et qu'on laisse retomber
sur des pieux pour les enfoncer en terre. On a enfoncé ces pieux jusqu'à
refus de mouton.
MOUTON, se dit aussi de La grosse pièce de bois dans laquelle
sont engagées les anses d'une cloche, pour la tenir suspendue.
MOUTONS, au pluriel, se dit, familièrement et par analogie, Des
vagues blanchissantes qui s'élèvent sur la mer et sur les grandes
rivières, lorsqu'elles commencent à être agitées.
MOUTONNER . v. a.
Rendre frisé et annelé comme la laine d'un mouton. Il n'est guère
d'usage qu'au participe. Tête, coiffure, perruque moutonnée.
MOUTONNER, s'emploie aussi comme verbe neutre, et se dit alors, familièrement,
De la mer, d'un lac, d'une rivière dont les eaux commencent à s'agiter
et à blanchir. La mer commence à moutonner. Voilà la rivière
qui moutonne.
MOUTONNÉ, ÉE. participe
MOUTONNIER , IÈRE. adj.
Se dit Des personnes qui, à la manière des moutons, font ce qu'elles
voient faire, suivent aveuglément l'exemple des autres. Nation moutonnière.
Engeance moutonnière. Peuple moutonnier. La multitude est moutonnière.
Il est familier.
MOUTURE . s. f.
Action de moudre du blé. Ce meunier prend tant pour sa mouture. Il
y a des moulins qui font une meilleure mouture que les autres. Droit sur les moutures.
Mouture économique.
Il signifie aussi, Le salaire du meunier. Ce meunier a pris double mouture.
Prov. et fig., Tirer d'un sac deux moutures, Prendre double profit dans
une même affaire.
MOUTURE, signifie encore, Le mélange du froment, du seigle et
de l'orge, par tiers. Un setier de mouture. La bonne mouture vaut seigle. Du
blé-mouture.
MOUVANCE . s. f.
.Jurispr. féodale. La supériorité d'un fief à l'égard
d'un domaine qui en relevait, et la dépendance de ce domaine à l'égard
du fief: il exprimait plus ordinairement La relation de dépendance. Mouvance
active, passive, médiate, immédiate. Ces fiefs n'étaient
pas de la mouvance de ce comté. Tout ce qui était dans la mouvance
de cette terre, de ce seigneur.
MOUVANT , ANTE. adj.
Qui a la puissance de mouvoir. En ce sens, il n'est guère usité
que dans cette locution, Force mouvante, Force qui produit un mouvement
actuel. Ce savant a fait un traité de forces mouvantes.
MOUVANT, se dit aussi D'un sol où l'on enfonce aisément,
des sables et des terres dont le fond n'est pas stable, solide. Ce sont des
terres mouvantes. Il y a dans cette rivière des sables mouvants. Le fond
en est mouvant. Sol mouvant. Terrain mouvant.
Fig., La cour est un terrain mouvant, Il est difficile de s'y tenir longtemps
dans une même situation.
Tableau mouvant, Tableau où il y a des figures qui se meuvent
par une mécanique cachée. Se dit, figurément, d'Un point
de vue animé par un passage fréquent d'hommes, de chevaux, de voitures.
On a de cet appartement une vue charmante, c'est un tableau mouvant.
MOUVANT, en termes de Jurisprudence féodale, se disait Des fiefs,
des terres qui relevaient d'un autre fief. Fief mouvant d'un autre. Ces terres
étaient mouvantes de telle autre. La Flandre était autrefois mouvante
de la couronne.
MOUVEMENT .s.m.
Transport d'un corps ou de quelqu'une de ses parties, d'un lieu, d'une place
dans une autre. Mouvement lent, rapide, doux, violent, égal, inégal,
continu, progressif, périodique. Mettre une chose en mouvement. Donner,
imprimer le mouvement à quelque chose. Accélérer, ralentir,
suspendre, arrêter un mouvement. Les mouvements du corps. La paralysie lui
ôte le mouvement du bras droit. Il fit un léger mouvement de tête.
Le mouvement des doigts. Cet homme est brusque dans tous ses mouvements. Ce cheval
a les mouvements beaux, des mouvements doux, gracieux. Ce navire exécute
bien ses mouvements. Pour se bien porter, il faut se donner du mouvement.
Au propre et au figuré, Se donner bien du mouvement, bien des mouvements
dans une affaire, Agir avec beaucoup d'empressement et d'ardeur pour la faire
réussir. On dit aussi D'un homme actif et intrigant, C'est un homme
qui se donne bien du mouvement.
Mouvement de terres, Transport de terres végétales d'un
lieu dans un autre. Le propriétaire de ce parc a dépensé
beaucoup d'argent, en mouvements de terres. Voyez plus bas Mouvement du
terrain.
MOUVEMENT, se dit, dans un sens plus didactique, Du changement par lequel
un corps est successivement présent en différentes parties de l'espace.
Mouvement local, absolu, relatif, propre, impropre ou externe, simple,
composé, uniforme, varié, accéléré, retardé,
réfléchi, réfracté. Mouvement rectiligne, curviligne,
circulaire, droit, oblique, perpendiculaire. Mouvement d'oscillation, d'ondulation,
de vibration, de libration, de trépidation, de rotation. Mouvement intestin.
Les lois du mouvement. Mouvement perpétuel.
Fig. et fam., Mouvement perpétuel, se dit d'Une personne qui a
une excessive activité de corps. Il ne saurait rester en place, c'est
le mouvement perpétuel, c'est un mouvement perpétuel.
Fig., Chercher le mouvement perpétuel, Chercher la solution d'une
question insoluble.
MOUVEMENT, se dit particulièrement, en Astronomie, de La révolution,
de la marche, réelle ou apparente, des corps célestes. Mouvement
des astres. Mouvement d'un globe autour de son centre. Mouvement d'orient en occident,
d'occident en orient. Mouvement diurne ou commun. Mouvement propre. Mouvement
angulaire. Mouvement apparent. Mouvement géocentrique, héliocentrique.
MOUVEMENT, en termes de Médecine, se dit de Toute fonction animale
qui change la situation, la figure, la grandeur de quelque partie intérieure
ou extérieure du corps. La respiration, la circulation du sang, l'excrétion,
l'action de marcher, etc., sont des mouvements animaux. Mouvement spontané
ou musculaire, naturel ou involontaire. Mouvement du coeur, des artères.
Mouvement péristaltique des intestins. Mouvements vitaux. Le mouvement
des humeurs. Cela met les humeurs en mouvement. Avoir un mouvement de fièvre.
Il demeura sans pouls et sans mouvement.
MOUVEMENT, se dit aussi Des marches, des évolutions, des différentes
manoeuvres d'une armée, d'une troupe. La science du mouvement des troupes.
Mouvement savant, judicieux. Ce mouvement a été bien exécuté.
On fit faire divers mouvements à l'armée pour attirer l'ennemi au
combat. Le mouvement que le général fit faire à une partie
de l'aile gauche, décida le gain de la bataille. Surveiller tous les mouvements
de l'ennemi.
Mouvement en avant, en arrière, Celui qu'on fait en avant ou en
arrière de la première ligne de bataille. Mouvement en avant,
signifie aussi, Le mouvement qu'on fait pour s'approcher de l'ennemi; par opposition
à Mouvement rétrograde, Celui qu'on fait pour s'en éloigner.
MOUVEMENT, se dit encore Des variations qui arrivent dans certains établissements
publics, dans certains corps, par les changements de situation des personnes qui
en font partie. Le mouvement de cette prison, de cet hôpital est considérable.
On fait chaque jour la feuille de mouvement d'une prison, d'un hôpital,
d'un régiment. On dit de même, Le mouvement de la population
d'une ville; et dans un sens analogue, Le mouvement d'un port, en parlant
Des navires qui entrent, qui partent, etc.
Se dit particulièrement Des changements qui arrivent dans un corps militaire
ou civil, et qui y donnent lieu à des promotions. Il y a du mouvement
dans ce régiment. Il y a eu un mouvement dans cette administration.
MOUVEMENT, se dit aussi Des variations de prix qui ont lieu dans le commerce.
Il y a eu cette semaine de grands mouvements, beaucoup de mouvement dans le
prix des denrées, dans le cours de la bourse.
MOUVEMENT, en Musique, signifie, Le degré de vitesse ou de lenteur
que le caractère de l'air doit donner à la mesure. Cette pièce
est d'un mouvement lent, d'un mouvement animé. Il a dénaturé
le caractère de cet air, de ce morceau, de cette pièce, en n'y donnant
point le mouvement convenable.
Presser, ralentir le mouvement, Battre la mesure plus ou moins vite,
sans toutefois la changer ni l'altérer.
Air de mouvement, Air dont la mesure est très-marquée.
Les contredanses, les valses sont des airs de mouvement.
Chanter, jouer de mouvement, Bien observer, bien marquer la mesure en
chantant, ou en jouant de quelque instrument.
MOUVEMENT, en Musique, signifie aussi, La marche ou le progrès
des sons du grave à l'aigu et de l'aigu au grave, entre des parties qui
concertent ensemble. Mouvement direct, contraire, oblique.
MOUVEMENT, en Peinture, signifie, L'expression des mouvements du corps
et des affections de l'âme. Cette figure n'a pas de mouvement, est sans
mouvement. Ce peintre prodigue le mouvement sans nécessité.
Il signifie aussi, dans le même Art, lorsqu'il s'agit De paysages, Variété,
diversité agréable. Ce peintre met du mouvement dans ses paysages.
Le mouvement, les mouvements du terrain, La succession et la diversité
des plans d'un terrain. Les mouvements du terrain sont bien sentis dans ce
paysage. On emploie aussi cette expression dans le langage ordinaire. Ce
jardinier a tiré un grand parti des mouvements du terrain.
MOUVEMENT, en Littérature, se dit de Ce qui anime le style, de
ce qui rend le discours propre à émouvoir les auditeurs. Le mouvement
du style. Il y a beaucoup de mouvement dans son style. Son style est sans mouvement,
est privé de mouvement. Ces vers ont du mouvement, n'ont point de mouvement.
Il y a de beaux, de grands mouvements dans ce discours. Il s'est servi de tous
les mouvements de l'éloquence. Les mouvements oratoires.
MOUVEMENT, se dit en outre Des différentes impulsions, passions
et affections de l'âme. Mouvement naturel, volontaire, involontaire,
impétueux. On n'est pas maître d'un premier mouvement. Les mouvements
de l'âme. La volonté donne le mouvement aux autres facultés.
Il a fait cela par un bon mouvement, par un mouvement d'équité,
de pitié. Mouvement de colère, d'orgueil, de vanité. Il n'a
pas fait cela de son propre mouvement. Le roi l'a nommé de son propre mouvement.
Il n'a fait que suivre le mouvement d'autrui.
Arrêts du propre mouvement, se disait de Certains arrêts
du conseil, qui étaient rendus sans que les parties eussent été
entendues.
MOUVEMENT, signifie encore, Agitation, fermentation dans les esprits,
petite émeute qui annonce une disposition au trouble, à la révolte.
Il y a des mouvements dans cette province. On annonce un mouvement dans Paris,
des mouvements populaires dans cette ville.
Il désigne quelquefois Une sorte d'agitation naturelle des corps et des
esprits. Il y a dans Paris un mouvement qui étonne, qui étourdit
les étrangers.
MOUVEMENT, en termes d'Horlogerie, signifie, L'assemblage des parties
qui font aller une horloge, une pendule, une montre. Le mouvement de cette
montre, de cette pendule est excellent.
Mouvement en blanc, Le mouvement d'une montre, lorsqu'il n'est qu'ébauché.
MOUVER . v. a.
.Jardinage. Remuer la terre d'un pot, d'une caisse, à la surface, y donner
une espèce de labour.
MOUVÉ, ÉE. participe
MOUVOIR . v. a.
(Je meus, tu meus, il meut; nous mouvons, vous mouvez, ils meuvent. Je mouvais.
Je mus. Je mouvrai. Meus. Que je meuve. Que nous mouvions. Je mouvrais. Que je
musse. Mouvant. Mû. Plusieurs de ces temps ne sont en usage que dans
le style didactique.) Remuer, faire aller d'un lieu à un autre, faire changer
de place. Mouvoir une chose de sa place. Cent hommes ne sauraient mouvoir cette
pierre. Le ressort qui meut toute la machine. On ne saurait expliquer comment
l'âme, étant purement spirituelle, peut mouvoir le corps.
Se dit aussi Des facultés de l'âme et des choses morales, et signifie,
Exciter, donner quelque impulsion, faire agir. C'est la passion qui le meut.
C'est la colère qui l'a mû à cette action.
Prov., L'objet meut la puissance, La présence de l'objet détermine
à l'action.
Mouvoir une querelle, Susciter, faire une querelle. On dit aussi quelquefois,
Émouvoir. L'un et l'autre sont peu usités.
En termes de Palais, Tous procès mus et à mouvoir, Tous
procès présents et futurs. Pour terminer tous procès mus
et à mouvoir.
À ces causes et autres considérations à ce nous mouvant,
c'est-à-dire, Nous portant, nous excitant: formule qui s'employait dans
les édits du roi.
MOUVOIR, s'emploie aussi avec le pronom personnel. Le pauvre homme
ne saurait se mouvoir. Un corps qui se meut en ligne droite.
Elliptiq., Faire mouvoir, Mettre une chose en mouvement, faire qu'elle
se meuve. S'emploie au sens physique et au sens moral. Voilà le ressort
qui fait mouvoir toute la machine. La volonté fait mouvoir les autres facultés.
MÛ, UE. participe
MOXA .s.m.
.Chirurgie. Espèce de cautérisation qui consiste à appliquer
sur quelque partie du corps un cône de coton, d'étoupe, etc., auquel
on met le feu. Appliquer le moxa. On lui a appliqué deux ou trois moxas.
MOYE . s. f.
.Maçonnerie. Couche tendre qui se trouve dans la pierre, et qui la fait
déliter; surface tendre d'une pierre dure.
MOYEN , ENNE. adj.
Qui tient le milieu entre deux extrémités. Il n'est ni grand
ni petit, il est de moyenne grandeur, de moyenne taille. Il n'a ni trop ni trop
peu d'embonpoint, il est de moyenne grosseur.
Des médailles de moyen bronze, ou absolument, Du moyen bronze,
Des médailles de bronze d'une médiocre grandeur.
Être de moyen âge, Être entre deux âges, n'être
ni jeune ni vieux.
Moyen âge, Le temps qui s'est écoulé depuis la chute
de l'empire romain, en 475, jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet
II, en 1453. Les auteurs, l'histoire du moyen âge.
Auteurs de la moyenne latinité, Auteurs qui ont écrit depuis
le temps de Sévère, ou environ, jusqu'à la décadence
de l'empire.
Fam., Femme de moyenne vertu, Femme d'une conduite suspecte, d'une réputation
équivoque.
Moyenne justice. Voyez JUSTICE.
La moyenne région de l'air, La région de l'air qui est
entre la haute et la basse. Les météores se forment dans la moyenne
région de l'air.
En Logique, Moyen terme, La partie d'un syllogisme qui sert à
unir les deux autres, à en prouver la convenance ou la disconvenance. On
dit aussi, Moyen, substantivement. On appelle de même Termes moyens,
ou Moyens, dans une proportion, Les deux termes du milieu. Dans toute
proportion arithmétique, la somme des extrêmes est égale à
celle des moyens.
Fig. et fam., Moyen terme, Parti moyen qu'on prend pour terminer une
affaire embarrassante, pour concilier des prétentions opposées.
Proposer, prendre un moyen terme.
Temps moyen, Le temps calculé dans la supposition qu'au bout de
toutes les vingt-quatre heures le soleil se retrouve exactement au méridien
où il était le jour précédent; par opposition à
Temps vrai, Le temps calculé suivant l'heure où le soleil
doit se trouver réellement au méridien, un peu plus de vingt-quatre
heures avant, ou un peu plus de vingt-quatre heures après l'instant où
il y était la veille. Il y a quelques jours dans l'année où
le temps moyen s'accorde avec le temps vrai. Régler une horloge sur le
temps vrai, sur le temps moyen.
En Mathémat., Moyenne proportionnelle géométrique,
se dit d'Une quantité moyenne entre deux autres, en ce sens qu'elle a avec
la première le même rapport géométrique que la seconde
a avec elle. Quatre est moyenne proportionnelle entre deux et huit. --- Moyenne
proportionnelle arithmétique, Quantité moyenne entre deux autres,
qui excède autant la plus petite qu'elle est surpassée par la plus
grande. Dans les deux cas, on peut dire simplement, Moyenne proportionnelle,
ou même Moyenne.
Verbe moyen, Verbe qui, dans quelques langues, participe de l'actif et
du passif, soit pour le sens, soit pour les terminaisons. Les Grecs avaient
des verbes moyens. On dit de même, Voix moyenne, et Aoriste
moyen, parfait moyen.
Écrire en moyen, Employer une écriture qui n'est ni grosse
ni fine, qui est entre les deux.
MOYEN .s.m.
Ce qui sert pour parvenir à quelque fin. Bon, mauvais moyen. Moyen
juste, légitime, permis, aisé, difficile, infaillible, naturel,
surnaturel. Chercher, trouver, imaginer, employer un moyen. Proposer, suggérer,
fournir un moyen à quelqu'un. S'avancer, parvenir par de mauvais moyens.
De quel moyen s'est-il servi? J'en sais bien le moyen, les moyens. J'en sais un
moyen admirable. C'est le moyen de faire fortune. Il n'a pas le moyen, les moyens
de subsister. Il faut assurer à cette famille des moyens de subsistance.
Il trouvera moyen de s'évader. C'est un excellent moyen pour réussir.
Il a réussi par tel moyen. Il ne suffit pas que la fin soit bonne, il faut
aussi que les moyens soient justes. Je lui en ai facilité les moyens. Par
divers moyens on arrive à même fin. Qui veut la fin, veut les moyens.
Il signifie quelquefois, Le pouvoir, la faculté de faire quelque chose.
Je vous prie de faire cela, si vous en avez le moyen. Je ne puis lui rien donner,
je n'en ai pas le moyen.
Il n'y a pas moyen de faire cela, il n'y a pas moyen, La chose dont il
s'agit ne se peut faire. On dit dans ce sens, et par manière d'interrogation,
Le moyen? ou Quel moyen? Vous voulez que je fasse telle chose, le moyen?
quel moyen? Le moyen que j'y parvienne? Le moyen d'y réussir?
MOYEN, signifie aussi, Entremise, aide, assistance, secours. Il a
obtenu cet emploi par le moyen d'un tel, par le moyen de ses amis. C'est par votre
moyen que j'ai été admis dans cette maison. Il s'est avancé
par le moyen de l'intrigue, de la flatterie.
MOYENS, au pluriel, signifie quelquefois, Richesses, facultés
pécuniaires. Je ne connais pas ses moyens. Ses moyens ne sont pas considérables.
Ce petit emploi ajoute à ses moyens. Contribuer chacun selon ses moyens.
Se dit quelquefois aussi Des facultés naturelles, morales ou physiques.
Cet enfant a peu de moyens. Cet orateur aurait un débit plus heureux,
s'il savait ménager ses moyens.
MOYEN, en termes de Palais, se dit Des raisons qu'on apporte pour établir
les conclusions que l'on a prises. Présenter, produire ses moyens dans
une requête. Les causes et moyens d'appel, d'intervention. Moyens de faux.
Moyens de nullité. J'ai trois moyens de cassation contre cet arrêt.
Voilà un bon moyen de requête civile. Déduire ses moyens.
Faire valoir ses moyens. Réfuter les moyens. L'avocat n'a pas plaidé
ses moyens.
En style de Législation et de Finance, Voies et moyens, Les revenus
de tout genre que l'État applique à ses dépenses. On va
discuter le budget des voies et moyens.
AU MOYEN DE. loc. prépositive, En conséquence de, avec,
par. On lui a donné mille francs, au moyen de quoi il s'est obligé.
Au moyen du payement qui lui a été fait, il promet de s'acquitter.
Au moyen de la démarche que je ferai pour vous, au moyen de la lettre que
vous écrirez, nous réussirons.
MOYENNANT . prép.
Au moyen de. Il a acheté telle chose moyennant la somme de tant. Je
lui remettrai mille francs, moyennant quoi nous serons quittes. J'en viendrai
à bout moyennant la grâce de Dieu.
MOYENNEMENT . adv.
Médiocrement. Est-il riche? Moyennement. Cela est moyennement bien.
Il vieillit.
MOYENNER . v. a.
Procurer quelque chose par son entremise. Moyenner un accommodement, une
entrevue, une réconciliation entre deux personnes. Il est vieux.
MOYENNÉ, ÉE. participe
MOYEU .s.m.
Milieu de la roue d'une voiture; gros morceau de bois tourné, où
s'emboîtent les rais, et dans le creux duquel entre l'essieu. Moyeu de
roue. Les moyeux de deux voitures ont cassé. L'essieu est hors du moyeu.
L'emboîture du moyeu.
MOYEU .s.m.
Le jaune d'un oeuf. Il y a des oeufs qui ont deux moyeux. Il a vieilli;
on dit, Jaune d'oeuf.
MOYEU .s.m.
Espèce de prune confite. Un pot de moyeux.
MOZARABE .s.m.
Nom qu'on donne aux chrétiens d'Espagne venus des Mores et des Sarrasins.
Se dit adjectivement De ce qui appartient à leur culte. Missel mozarabe.
Dans cette acception, on dit aussi, Mozarabique.
MUABLE . adj.des deux genres
Inconstant, sujet au changement. Le vent est bien muable aujourd'hui. La
volonté est muable. Il n'y a rien de certain en ce monde, tout est muable.
Il est peu usité.
MUANCE . s. f.
.Musiq. Le changement d'une note en une autre, pour aller au delà des
six anciennes notes de musique, soit en montant, soit en descendant. Depuis
l'adoption de la note si, qui complète la gamme, on ne se sert plus
de muances.
MUCHE-POT
(À)
Voyez MUSSER.
MUCILAGE .s.m.
Substance de nature visqueuse et nourrissante, qui est répandue dans
presque tous les végétaux, et qui se trouve en plus grande quantité
dans les racines et dans les semences que dans les autres parties.
MUCILAGINEUX , EUSE. adj.
Qui contient du mucilage. Racine, plante mucilagineuse.
En Anat., Glandes mucilagineuses, Glandes destinées à filtrer
des humeurs visqueuses.
MUCOSITÉ . s. f.
Fluide visqueux que les membranes muqueuses sécrètent, en plus
ou moins grande quantité, dans leur état naturel et dans leur état
d'irritation. La mucosité des narines, de l'estomac, des intestins.
Se dit aussi d'Un suc qui n'est ni tout à fait fluide, ni tout à
fait visqueux, que contiennent certaines plantes. Cette plante abonde en mucosité.
MUE . s. f.
Changement de poil, de plumes, de peau, de cornes, etc., qui arrive aux animaux,
ou tous les ans, ou à certaines époques de leur vie. La mue du
cerf, du serpent, des oiseaux, des vers à soie. Les oiseaux sont malades
pendant leur mue, quand ils sont en mue. Cet oiseau est à la première,
à la seconde, à la troisième mue.
Se dit aussi Du temps où ces changements se font. La mue arrive. Voici
la mue. La mue est passée.
Autour de trois mues, Autour qui a mué trois fois, qui a trois
ans.
MUE, signifie aussi, La dépouille d'un animal qui a mué.
Ainsi on appelle Mue du cerf, Le bois que le cerf a mis bas; et Mue
du serpent, La peau que le serpent a laissée.
MUE, se dit encore, surtout en Fauconnerie, d'Une sorte de grande cage
où l'on met un oiseau quand il mue. Une mue de faucon. Il ne faut pas
laisser voler ces oiseaux, il faut les tenir dans la mue.
Il signifie aussi, Un lieu étroit et obscur où l'on tient la volaille
pour l'engraisser. Mettre des chapons, des oisons en mue.
MUER . v. n.
Changer. Se dit Des animaux quand ils changent de poil, de plumes, de peau,
etc. Ce chien, ce chat mue, commence à muer. Cet oiseau muera bientôt.
C'est ordinairement vers la fin de l'été et en automne que les oiseaux
muent.
Se dit aussi en parlant Des jeunes gens parvenus à l'âge où
la voix change et devient plus grave. Sa voix commence à muer. Sa voix
mue. La voix lui a mué.
MUÉ, ÉE. adj. Qui a mué. Oiseau mué. Voix
muée.
MUET , ETTE. adj.
Qui est privé de l'usage de la parole, naturellement ou par accident.
Ceux qui sont sourds de naissance sont muets. Il est sourd et muet. Il est
sourd-muet. Il est muet comme un poisson.
Fam., N'être pas muet, se dit D'une personne qui parle hardiment,
ou qui parle beaucoup. Je vous assure qu'il n'est pas muet. Si vous lui dites
quelque chose qui le blesse, il ne sera pas muet.
MUET, se dit également Des personnes que la peur, la honte, l'étonnement,
ou d'autres causes morales, empêchent momentanément de parler. Il
demeura muet d'étonnement. Il fut si honteux qu'il resta muet. La frayeur
le rendit muet. Les oracles furent muets. On dit de même, Sa bouche
resta muette.
MUET, se dit aussi Des choses morales, et signifie, Qui se tait. Les
grandes joies sont muettes aussi bien que les grandes afflictions. Sa douleur
était muette. Les lois sont muettes sur ce point.
Se dit encore Des choses inanimées qui ont un genre d'expression, de
signification. La peinture est un langage muet. Cette épée, trouvée
dans ses mains, était un témoin muet de son crime. La loi est un
juge muet. Ses regards, ses présents étaient de muets interprètes
de son amour.
Au Théâtre, Jeu muet, La partie du jeu d'un acteur, par
laquelle il exprime, sans parler, les sentiments dont il doit paraître affecté.
Scène muette, Action d'un ou de plusieurs personnages qui ne parlent
pas, mais qui expriment leurs sentiments par le geste, le maintien, l'air du visage,
etc.
En Grammaire, H muette, Celle qui n'est point aspirée, comme dans
ce mot, Honneur; et, E muet, L'E féminin, tel qu'il se prononce
dans les mots Boire, flamme, crime, etc...
MUET, est aussi substantif. Un muet. Une muette. L'institution royale
des sourds et muets, des sourds-muets. On lui a fait son procès comme à
un muet volontaire. Il a fait le muet.
MUETS, au pluriel, se dit particulièrement de Gens attachés
au service des sultans, et qui, sans être privés de l'usage de la
parole, ne s'expriment jamais que par signes. Le sultan lui envoya les muets,
qui l'étranglèrent.
MUETTE . s. f.
Il ne s'est dit primitivement que d'Une petite maison bâtie, soit pour
y garder les mues de cerfs, soit pour y mettre les oiseaux de fauconnerie, au
temps de la mue. Depuis on a donné ce nom à Des pavillons, et même
à des édifices considérables, servant de rendez-vous de chasse.
La muette du bois de Boulogne. La muette de la forêt de Saint-Germain.
MUFLE .s.m.
Extrémité du museau de certains animaux, comme le boeuf, le taureau,
et de certaines bêtes féroces, comme le lion, le tigre. Mufle
de taureau, de lion, de léopard, de tigre.
Se dit aussi Des ornements de sculpture qui représentent des mufles d'animaux.
Se dit encore, par dérision, Du visage d'un homme qu'on veut injurier.
Ce mufle effronté.
Mufle de veau. Voyez l'article suivant.
MUFLIER .s.m.
Genre de plantes de la famille des Personnées. Le muflier des jardins
s'appelle vulgairement Mufle de veau.
MUFTI .s.m.
Le chef de la religion mahométane. Le mufti est le souverain interprète
de la loi.
MUGE .s.m.
Poisson de mer à tête obtuse et à deux petites nageoires
sur le dos. On le nomme aussi Mulet.
Muge volant, ou Exocet, Poisson approchant de la forme d'un muge,
mais à très-longues nageoires pectorales qui le soutiennent en l'air
comme des ailes.
MUGIR . v. n.
Se dit proprement Du cri du taureau, des boeufs et des vaches. On entendait
mugir les taureaux. Cette vache mugit après son veau.
Se dit, figurément, De la voix humaine, quand on la force, et qu'elle
approche du mugissement. Cet homme mugissait de colère, de fureur, de
rage, de douleur. Cet acteur ne parle pas, il mugit.
Se dit aussi, figurément, Du bruit que font les flots de la mer, les
vents, les torrents, etc., quand ils sont violemment agités. On entendait
mugir les flots. Le vent mugit dans les voiles. Ce torrent s'élance en
mugissant à travers les précipices. Le Vésuve mugit.
MUGISSANT , ANTE. adj.
Qui mugit. Se dit au propre et au figuré. Un taureau mugissant. Les
ondes mugissantes. Les aquilons mugissants. Cet homme a la voix mugissante.
MUGISSEMENT .s.m.
Cri que font les boeufs, les taureaux et les vaches. Le mugissement des taureaux.
Se dit, figurément, Des sons et des bruits analogues à ce cri.
Le mugissement de la mer, des vagues, des flots, des vents, d'un volcan. Quand
cet homme est en colère, ce sont des mugissements qu'il fait entendre.
MUGUET .s.m.
Plante qui fleurit au printemps, et qui porte de petites fleurs blanches d'une
odeur agréable, qu'on appelle du même nom. Cueillir du muguet.
De la fleur de muguet. Cela sent le muguet.
MUGUET .s.m.
Celui qui affecte de se parer avec soin, et d'être galant auprès
des dames. C'est un muguet, un jeune muguet. Il fait le muguet. Il est
familier et peu usité.
MUGUETER . v. a.
Faire le galant auprès des dames. Il muguette toutes les femmes de
son quartier. On l'emploie aussi neutralement. Il ne fait que mugueter.
Il est familier et peu usité.
MUGUETÉ, ÉE. participe
MUID .s.m.
(Le D ne se prononce point.) Certaine mesure dont on se servait autrefois pour
les liquides, pour les grains, et pour plusieurs autres matières, comme
sel, charbon, plâtre, chaux, etc., et qui était de différente
grandeur, selon les différents pays. Un muid de blé, mesure de
Paris, tenait douze setiers. Un muid de vin tenait deux cent quatre-vingt-huit
pintes. Un muid de charbon, de sel, de chaux, de plâtre.
Se dit plus particulièrement Du vaisseau, de la futaille qui contient
la mesure d'un muid de vin ou de quelque autre liqueur. Percer, défoncer
un muid. Ce muid n'est pas de jauge.
Fam., Cet homme est gros comme un muid, Il est fort gros.
MULÂTRE . adj.des deux genres
Qui est né d'un nègre et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une
négresse. Un valet mulâtre. Une servante mulâtre. Il
se prend aussi substantivement. Un mulâtre. Une mulâtre. Quelques-uns
disent au féminin, Mulâtresse.
MULCTER . v. a.
.Jurispr. Condamner à quelque peine, punir. On l'a mulcté.
Il a été mulcté.
Il signifie, par extension, Maltraiter, vexer. Il a été horriblement
mulcté dans cet écrit. Je suis las d'être mulcté par
de prétendus amis qui m'outragent sous prétexte de me dire mes vérités.
MULCTÉ, ÉE. participe
MULE . s. f.
Nom qu'on donnait autrefois aux pantoufles des hommes, et à une chaussure
sans quartier dont les femmes se servaient. Il n'est plus guère usité
que lorsqu'il s'agit de La pantoufle du pape, sur laquelle il y a une croix. Baiser
la mule du pape.
MULE . s. f.
Femelle de même nature que le mulet. Mule noire. Mule fantasque, quinteuse,
opiniâtre, ombrageuse. Les magistrats et les médecins allaient autrefois
sur des mules. Carrosse tiré par des mules.
Fam., Être fantasque, être têtu comme une mule, Avoir
beaucoup de caprices, beaucoup d'entêtement, d'obstination.
Prov., À vieille mule, frein doré, On pare une vieille
bête pour la mieux vendre. Cela se dit aussi, figurément et familièrement,
D'une vieille femme qui aime à se parer.
Prov. et fig., Ferrer la mule, Profiter sur un achat qu'on fait pour
autrui.
MULES . s. f. pl.
Sorte d'engelures qui viennent aux talons dans les grands froids. Avoir les
mules aux talons.
En termes d'Art vétérinaire, Mules traversières
ou traversines, Fentes ou crevasses qui se montrent sur le derrière
du boulet du cheval, et d'où suinte une sérosité fétide.
Ce cheval a des mules dans le paturon.
MULET .s.m.
Quadrupède engendré d'un âne et d'une jument, ou d'un cheval
et d'une ânesse, et qui n'engendre point. Petit, grand mulet. Mulet de
pays. Mulet d'Auvergne. Mulet de bagage. Des oreilles de mulet. Croupe de mulet.
Charge de mulet. Bât de mulet. Panache de mulet. Le mulet qui provient d'un
âne et d'une jument, brait. Le mulet qui est né d'un cheval et d'une
ânesse, hennit.
Fam., Être chargé comme un mulet, Être chargé
d'un fardeau très-lourd.
Fam., Être têtu comme un mulet, Être fort opiniâtre.
Prov. et fig., Garder le mulet, Attendre longtemps quelqu'un avec ennui
et impatience. J'ai gardé le mulet durant quatre heures dans son antichambre.
Faire garder le mulet à quelqu'un.
MULET, se dit en général de Tout animal provenu de deux
animaux de différente espèce, et qui n'engendre point.
Se dit, par extension, en Botanique, de Toute plante qui est le produit d'une
semence fécondée par la poussière d'une plante d'une autre
espèce.
MULET .s.m.
Sorte de poisson de mer, autrement nommé Muge.
MULETIER .s.m.
Conducteur de mulets; valet qui panse les mulets, et qui a soin de les charger
et de les conduire. Les muletiers espagnols.
MULOT .s.m.
Espèce de souris des champs, de couleur rousse. On donne aussi ce nom
au Campagnol, autre souris des champs, brune et à queue courte. Trou
de mulot. Les mulots coupent la racine des blés. Un champ ravagé
par les mulots.
MULTIFLORE . adj.des deux genres
.Bot. Qui a plusieurs fleurs.
MULTIFORME . adj.des deux genres
Qui a plusieurs formes ou figures. Il est peu usité.
MULTINÔME .s.m.
T. d'Algèbre. Grandeur exprimée par plusieurs termes que joignent
les signes plus ou moins. Il est peu usité: on dit plus ordinairement
et mieux, Polynôme.
MULTIPLE . adj.des deux genres
T. d'Arithmétique. Se dit D'un nombre qui en contient un autre un certain
nombre de fois exactement. Neuf est multiple de trois.
S'emploie quelquefois, dans le langage de la conversation, par opposition à
Simple, à Unique. La question est multiple, elle a beaucoup de faces
différentes. Il y a des poëmes dont on peut dire que le sujet est
multiple.
Il est aussi substantif masculin, dans le premier sens. Neuf est un des multiples
de trois.
MULTIPLIABLE . adj.des deux genres
Qui peut être multiplié. Tout nombre est multipliable.
MULTIPLICANDE .s.m.
T. d'Arithmétique. Nombre à multiplier par un autre. Dans la
multiplication de quatre par trois, quatre est le multiplicande.
MULTIPLICATEUR .s.m.
T. d'Arithmétique. Nombre par lequel on en multiplie un autre. Dans
la multiplication de quatre par trois, trois est le multiplicateur.
MULTIPLICATION . s. f.
Augmentation en nombre. Multiplication des êtres, des espèces,
des hommes. La multiplication des cinq pains. La multiplication apparente des
objets par les verres à facettes.
Se dit, particulièrement, de L'opération d'arithmétique
par laquelle on répète un nombre autant de fois qu'il y a d'unités
dans un autre nombre donné. Le produit de la multiplication de trois
par quatre est douze. Faire une multiplication, la preuve d'une multiplication.
MULTIPLICITÉ . s. f.
Nombre considérable et indéfini. La multiplicité des
lois est une des causes de la multiplicité des procès. La multiplicité
des noms rend l'étude de l'histoire naturelle fort difficile. La multiplicité
des objets dont se compose cette science a rendu les divisions nécessaires.
MULTIPLIER . v. a.
Augmenter le nombre, la quantité d'une chose. C'est une maxime de
la philosophie, qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité.
Miroirs qui multiplient les objets. JÉSUS-CHRIST multiplia les cinq
pains. Cet homme se plaît à multiplier les difficultés. Il
a l'art de multiplier chez lui les amusements, les plaisirs.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Les plantes se multiplient par
les semences, les marcottes et les boutures. Les obstacles se multipliaient à
mesure qu'il avançait dans son entreprise.
Par exagérat., Il se multiplie, il a le don de se multiplier,
se dit D'un homme fort actif, qui semble être en plusieurs lieux à
la fois.
MULTIPLIER, en termes d'Arithmétique, signifie, Répéter
un nombre autant de fois qu'il y a d'unités dans un autre nombre donné.
Multiplier dix par quatre.
MULTIPLIER, est aussi neutre, et signifie, Augmenter en nombre par voie
de génération. Dieu dit: Croissez et multipliez. Les enfants
d'Israël multiplièrent en Égypte. Les lapins multiplient beaucoup.
Son troupeau a fort multiplié.
MULTIPLIÉ, ÉE. participe
MULTITUDE . s. f.
Grand nombre. Multitude innombrable d'hommes, d'animaux, de livres. Multitude
d'objets, de paroles, de choses. Une grande multitude de peuple. Une multitude
de spectateurs.
MULTITUDE, absolument, se dit d'Un grand nombre d'hommes. Tout Paris
était à cette fête, je n'ai jamais vu une si grande multitude.
Les flots de la multitude.
Il signifie aussi, Le peuple, le vulgaire. Les opinions, les caprices de
la multitude. Flatter l'esprit, respecter les préjugés de la multitude.
Son système éblouit la multitude, mais révolte les esprits
sages.
MULTIVALVE . adj.des deux genres
T. d'Hist. nat. Se dit Des coquilles composées de plusieurs pièces
ou valves. Les coquilles multivalves. On l'emploie aussi comme substantif
féminin. Les multivalves.
MUNICIPAL , ALE. adj.
Qui appartient, qui a rapport à une communauté d'habitants formant
une municipalité. Droit municipal. Lois municipales. Garde municipal.
Se dit aussi Des magistrats, des fonctionnaires qui administrent une commune,
une ville ou une portion de ville. Les officiers municipaux. Le corps municipal.
Le conseil municipal. On l'emploie quelquefois substantivement. Les municipaux.
MUNICIPALITÉ . s. f.
Le corps des officiers municipaux. On fit assembler la municipalité.
La municipalité prononça, déclara.
Il signifie aussi quelquefois, La commune, le territoire administré par
des magistrats municipaux. Il est de telle municipalité.
Il signifie encore, La maison où les officiers municipaux tiennent leurs
séances et ont leurs bureaux. Aller à la municipalité
pour faire viser son passe-port. Il est allé chercher à la municipalité
l'acte de naissance de son fils.
MUNICIPE .s.m.
Titre que portaient les villes du Latium et de l'Italie, dont les habitants
participaient au droit de bourgeoisie romaine, sans qu'elles cessassent de former
des cités à part.
MUNIFICENCE . s. f.
Vertu qui porte à faire de grandes libéralités. Munificence
royale. Le prince leur a laissé en partant des marques de sa munificence.
On doit cet hospice à la munificence d'un simple particulier.
MUNIR . v. a.
Garnir, pourvoir des choses nécessaires pour la défense ou pour
la nourriture. Munir une place. Munir une ville de vivres ou de provisions
de bouche, d'armes, etc.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se pourvoir des choses
nécessaires. Se munir de bonnes pièces pour la défense
d'un procès. Se munir d'un bon manteau contre le froid. Se munir d'armes,
de chevaux pour un voyage, etc. Se munir d'argent.
Fig., Se munir de patience, de résolution, de courage, Se préparer
à soutenir avec patience, avec courage, tout ce qui peut arriver.
MUNI, IE. participe
MUNITION . s. f.
Provision des choses nécessaires dans une armée ou dans une place
de guerre. S'emploie surtout au pluriel. Munitions de guerre. La place était
pourvue de munitions de guerre et de bouche. On manquait de munitions, de toute
sorte de munitions.
Pain de munition, Le pain que l'on distribue aux soldats pour leur nourriture.
Les soldats eurent ordre de prendre du pain de munition pour trois jours.
Fusil de munition, Fusil de gros calibre, qui est l'arme ordinaire des
soldats d'infanterie, et auquel s'adapte une baïonnette.
MUNITIONNAIRE .s.m.
Celui qui est chargé de fournir les munitions nécessaires à
la subsistance des troupes. Munitionnaire général.
MUPHTI .s.m.
Voyez MUFTI.
MUQUEUX , EUSE. adj.
T. d'Anat., de Médec., etc. Qui a ou qui produit de la mucosité.
Sinus, ligaments muqueux. Glandes muqueuses. Cette plante est très-muqueuse.
Membrane muqueuse. Nom des membranes qui tapissent certaines cavités
du corps humain. On dit par abréviation, La muqueuse de l'estomac, des
intestins, etc.
Fièvre muqueuse, Celle dont la cause est l'irritation des membranes
muqueuses, qui sécrètent en abondance un fluide visqueux.
MUR .s.m.
Ouvrage de maçonnerie, qui sert à enclore quelque espace, à
le séparer d'un autre, ou à le diviser. Bon mur. Mur épais
de deux pieds et haut de trente. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique,
de terre, de pisé. L'épaisseur, la hauteur, la longueur d'un mur.
Le pied, le chaperon d'un mur. Bâtir, élever un mur. Mur à
hauteur d'appui. Mur mitoyen. Cela est scellé dans le mur. Prendre l'alignement
d'un mur. Crépir un mur. Reprendre un mur, le reprendre sous oeuvre. Enclore
d'un mur un terrain, un jardin, etc. Fermer un passage par un mur. Les murs d'une
chambre, d'un cachot. Percer un mur. Les voleurs ont tout emporté, ils
n'ont laissé que les quatre murs. Il tomba et donna de la tête contre
le mur.
Les gros murs d'un bâtiment, Ceux qui en forment l'enceinte, et
qui portent les combles, les voûtes, etc.
Mur de face, Gros mur qui forme l'une des principales faces d'un bâtiment.
On appelle par opposition Mur latéral, Celui qui forme l'un des
côtés.
Mur de pignon, Mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit,
le supporte, et en a la forme.
Mur de refend, Celui qu'on élève entre les gros murs, pour
diviser l'intérieur du bâtiment. Mur à refends: voyez
REFEND.
Mur de parpaing, Mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur.
Mur de clôture, Mur qui enferme extérieurement une cour,
un jardin, un parc, etc. Franchir un mur de clôture.
Mur d'appui, Mur qui n'est qu'à hauteur d'appui, qui n'est élevé
que d'un mètre environ.
Murs d'un jardin, d'un parc, Les murs qui enferment un jardin, un parc.
Mur de terrasse, Mur qui retient les terres d'une plate-forme, d'une
terrasse, d'un jardin, d'un boulevard, etc.
Murs d'une ville, Les murs qui entourent une ville. Les murs de cette
ville sont flanqués de grosses tours. Dans ce sens, on dit quelquefois
Murs, absolument. Cette église est hors des murs. J'ai été
me promener hors des murs. Il se prend quelquefois pour Ville. Depuis quand
êtes-vous dans nos murs?
Prov. et fig., C'est se donner la tête, c'est donner de la tête
contre un mur, C'est tenter une entreprise dans laquelle il n'est pas possible
de réussir.
Prov. et par exagér., On tirerait plutôt de l'huile d'un mur,
se dit en parlant D'un homme dur, dont on ne peut rien obtenir.
Prov. et fig., Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, Par son adresse
et son industrie, il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres
n'en pourraient jamais tirer.
Prov. et fig., Les murs ont des oreilles, Quand on s'entretient de quelque
chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être
écouté. Parlons bas, les murs ont des oreilles.
Fig. et fam., Mettre quelqu'un au pied du mur, Le mettre hors d'état
de reculer, et le forcer à prendre un parti; Le mettre dans l'impossibilité
de répliquer.
Fig., Mur de séparation, mur d'airain, se dit Des causes qui divisent
deux personnes, et empêchent qu'elles ne puissent se rapprocher, se réunir.
Il y a un mur de séparation, un mur d'airain entre ces deux hommes.
J'ai abattu le mur de séparation qui s'était élevé
entre eux, c'est-à-dire, Je les ai rapprochés, réunis.
MUR, dans les Mines, se dit de La partie inférieure, par opposition
à La partie supérieure, qui se nomme Le toit.
MÛR , ÛRE. adj.
Se dit Des fruits de la terre, et signifie, Qui est arrivé à un
certain point de développement, qui le rend propre à être
cueilli ou mangé. Blés, épis, raisins mûrs. Pommes
mûres. Cerises mûres. Fruit mûr pour être cueilli. Fruit
mûr pour être mangé. Ce melon n'est pas mûr, est trop
mûr. Du fruit qui devient mûr. Du fruit mûr avant la saison.
À demi mûr.
Se dit aussi Du vin, quand il n'a plus de verdeur, et qu'il est bon à
boire. Ce vin sera bientôt mûr, n'est pas encore mûr.
Fig., Cet abcès est mûr, Il est près de crever, de
percer; ou Il est temps de l'ouvrir.
Fig. et fam., Cet habit est mûr, est bien mûr, Il est vieux,
usé, facile à déchirer.
Fig., Cette affaire est mûre, n'est pas encore mûre, Il est
temps, il n'est pas encore temps d'y travailler, de s'en occuper, ou de la terminer.
Fig. et par plaisanterie, Cette fille est mûre, Il y a longtemps
qu'elle est en âge d'être mariée.
Fig., C'était un fruit mûr pour le ciel, se dit, dans le
langage mystique, D'une personne pieuse qui est morte jeune. On dit de même,
Être mûr pour l'éternité.
Fig., Âge mur, Âge qui suit la jeunesse. Homme mûr,
esprit mûr, Homme, esprit sage, posé, réfléchi.
Mûre délibération, Délibération où
tout a été examiné avec beaucoup d'attention. Après
une mûre délibération, après mûre délibération,
la chose a été décidée ainsi.
Prov. et fig., Entre deux vertes, une mûre, Entre deux choses mauvaises,
une bonne. Il allègue plusieurs excuses, entre deux vertes, une mûre.
Il nous a montré plusieurs épigrammes, les unes bonnes, les autres
mauvaises, entre deux vertes, une mûre.
Prov. et fig., Il faut attendre à cueillir la poire qu'elle soit mûre,
Il ne faut point précipiter une affaire, et l'on doit attendre qu'elle
soit en état d'être faite, d'être conclue, etc.
Prov. et fig., La poire est mûre, la poire n'est pas mûre,
L'affaire dont il s'agit est arrivée, n'est pas arrivée au moment
précis où il convient qu'on s'en occupe, qu'on songe à la
terminer.
MURAILLE . s. f.
Mur. Se dit surtout Des murs épais et d'une certaine élévation.
Bonne, haute muraille. Muraille fort épaisse. Muraille de pierre, de
brique. Muraille sèche, à pierre sèche. Couvrir la muraille
d'une tapisserie. Écrire sur la muraille d'une prison. Un pan de muraille.
Le long de la muraille. Une muraille couverte d'affiches. Étayer une muraille.
Abattre une muraille. Il fut écrasé par la chute d'une muraille.
Il passa par-dessus la muraille. Le temple saccagé n'offrait plus que des
murailles.
Se dit particulièrement Des constructions de ce genre qui servent de
clôture, de défense, de rempart à une ville, à un château,
ou même à un pays. Les murailles d'une ville, d'une forteresse.
Une muraille flanquée de grosses tours. Le canon avait mis par terre trente
toises de muraille. Défendre, forcer la muraille. Le mineur était
au pied de la muraille. Saper une muraille. Escalader les murailles. La grande
muraille de la Chine.
Cette muraille pousse, Elle bombe et menace ruine.
En termes d'Escrime, Tirer à la muraille, Pousser de tierce et
de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer.
Fam., Enfermer quelqu'un entre quatre murailles, Le mettre en prison.
Il n'y a que les quatre murailles, se dit D'une maison, d'un appartement,
où il n'y a point de meubles.
Fig., Être comme une muraille devant l'ennemi, se dit D'une troupe
en bataille que l'ennemi ne peut ni entamer, ni faire reculer.
MURAILLES, au pluriel, se dit quelquefois, dans le style soutenu, pour
Ville. Ce fleuve serpente autour de nos murailles. Dès qu'ils se virent
assiégés dans leurs murailles, ils se livrèrent au désespoir.
MURAL , ALE. adj.
Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
Couronne murale, Couronne qu'on donnait, chez les Romains, à ceux
qui dans un assaut avaient monté les premiers sur les murs de la ville
assiégée.
Cercle mural, Instrument astronomique qui est fixé à un
mur.
Plantes murales, Plantes qui croissent sur les murs.
MÛRE . s. f.
Le fruit du mûrier. Mûres noires. Mûres blanches. Manger
des mûres. Du sirop de mûres. Un panier de mûres.
Mûre sauvage, Le fruit de la ronce, qui ressemble à celui
du mûrier.
MÛREMENT . adv.
Il n'est en usage qu'au figuré, et signifie, Avec beaucoup de réflexion,
d'attention. Après avoir mûrement délibéré,
considéré, examiné. J'y ai mûrement réfléchi,
mûrement pensé.
MURÈNE . s. f.
Poisson de mer visqueux, qui ressemble beaucoup à l'anguille, mais qui
n'a point de nageoires pectorales.
MURER . v. a.
Entourer de murailles. Cette ville n'était autrefois qu'un village,
on l'a murée depuis peu de temps.
Il signifie plus ordinairement, Boucher une porte ou une fenêtre avec
de la maçonnerie. Murer une porte, une fenêtre.
MURÉ, ÉE. participe, Ville murée. Fenêtre
murée.
MUREX .s.m.
Mot emprunté du latin, dont on se sert pour désigner Différentes
espèces de coquilles univalves, hérissées de pointes. On
ne connaît plus l'espèce de murex d'où les anciens tiraient
la pourpre.
MURIATE .s.m.
.Chimie. Nom générique des sels neutres formés par la combinaison
de l'acide muriatique avec une base alcaline, terreuse ou métallique. Muriate
d'antimoine, de baryte, de chaux, de cuivre, d'étain, de fer, de mercure,
de potasse.
Muriate de soude, Le sel commun.
MURIATIQUE . adj. m.
.Chimie. Se dit D'un acide connu autrefois sous le nom d'Acide marin,
et qui entre dans la composition du sel commun. Acide muriatique.
MÛRIER .s.m.
Arbre dont le fruit, appelé Mûre, est la réunion
d'un assez grand nombre de petites baies charnues. On appelle Mûriers
noirs, Les mûriers qui portent des mûres noires; et Mûriers
blancs, Ceux qui portent des mûres blanches. On nourrit ordinairement
les vers à soie avec des feuilles de mûrier blanc.
MÛRIR . v. n.
Devenir mûr. Les raisins mûrissent en automne. Le soleil fait
tout mûrir. Chaque chose mûrit en sa saison. Il a cueilli ses fruits
trop tôt, il ne leur a pas donné le temps de mûrir. Les nèfles
mûrissent sur la paille.
Il est quelquefois actif, et signifie, Rendre mûr. Le soleil du midi
mûrit les fruits. Cet emplâtre mûrira l'abcès.
Se dit figurément Des choses et des personnes, tant au neutre qu'à
l'actif. Il faut laisser mûrir cette affaire. C'est un esprit qui mûrira
avec le temps. L'âge et l'expérience lui ont mûri la tête,
l'esprit. La lecture des bons écrits mûrit le style. Cet homme ne
mûrira jamais. Cet emplâtre fera mûrir l'abcès.
MÛRI, IE. participe
MURMURE .s.m.
Bruit sourd et confus de plusieurs personnes qui parlent en même temps,
ou qui font entendre des sons inarticulés en signe d'improbation ou d'approbation.
Quel murmure est-ce que j'entends? Il s'éleva dans l'auditoire un murmure
flatteur. Murmure d'approbation, d'improbation.
Il signifie aussi, Le bruit et les plaintes que font des personnes mécontentes.
Dans ce sens, il s'emploie surtout au pluriel. Le nouvel impôt a excité
de grands murmures. Il s'est élevé beaucoup de murmures contre cette
disposition. Il faut tâcher d'apaiser les murmures du peuple, sans vouloir
les étouffer. Tous ces murmures aboutiront à quelque chose de fâcheux.
Se dit quelquefois de La plainte sourde d'une seule personne. Il apprit sa
disgrâce sans se permettre la moindre plainte, le moindre murmure.
Fig., Le murmure du coeur, le murmure des passions, Le mouvement secret
des passions contraintes ou contrariées. Il eut bien de la peine à
étouffer les murmures de son coeur. La voix de la raison étouffa
en lui les murmures de l'amour. On dit dans le même sens, Les murmures
du sang, les murmures de la vanité. Ces expressions appartiennent au
style soutenu.
MURMURE, se dit aussi Du bruit que font les eaux en coulant, ou les vents
quand ils agitent doucement les feuilles des arbres, etc. Le murmure des eaux.
Le doux murmure des fontaines, des ruisseaux. Le murmure des zéphyrs.
MURMURER . v. n.
Faire du bruit en se plaignant sourdement, sans éclater. Il murmure
entre ses dents. Il se soumit sans murmurer. On murmure fort de cela. Tout le
monde murmure de sa conduite. Il murmure contre ses supérieurs, contre
ses parents. En ce sens, il est quelquefois actif. Que murmurez-vous là?
Je ne sais ce qu'il murmure entre ses dents.
Se dit aussi Du bruit sourd qui court de quelque affaire, de quelque nouvelle.
Cela n'est pas bien assuré, mais on en murmure. On commence à
en murmurer, dans deux jours on en parlera tout haut. Dans ce sens, il est
familier.
Cette nouvelle se murmure, se murmure à l'oreille, On commence
à se la communiquer en secret.
MURMURER, se dit aussi Des eaux, des vents, etc. Un ruisseau qui murmure
sur les cailloux. Le vent murmure dans le feuillage.
MURMURÉ, ÉE. participe
MURRHIN , INE. adj.
T. d'Antiquités. Il ne se dit qu'en parlant De certains vases fort estimés
des anciens, et dont la matière est encore pour les savants un objet de
discussion. On a fait plusieurs dissertations sur les vases murrhins. Matière
murrhine.
MUSAGÈTE . adj. m.
.Mythologie. Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Apollon
musagète, c'est-à-dire, Qui conduit les Muses.
MUSARAIGNE . s. f.
Petit animal sauvage, à peu près de la grosseur d'une souris,
et dont le museau est fort pointu.
MUSARD , ARDE. adj.
Qui perd son temps à s'occuper, à s'amuser de petites choses.
Il est musard. Il est familier.
Il se prend aussi substantivement. C'est un musard, un vrai musard.
MUSC .s.m.
Quadrupède ruminant, de la taille d'un chevreuil, et qui a près
du nombril une poche pleine d'une matière dont l'odeur est fort pénétrante.
Un rognon de musc.
Se dit aussi de La matière odorante qui sort de cet animal. Bon musc.
Musc falsifié. Cela sent le musc. Un grain de musc. Odeur de musc.
Couleur de musc, Espèce de couleur brune. Gants, drap couleur
de musc.
Peau de musc, Peau parfumée de musc.
MUSCADE . s. f.
Graine très-odorante, de la forme d'une noisette, et qu'on met au nombre
des épices. On l'appelle aussi Noix muscade; et alors Muscade
est pris adjectivement. Aimez-vous la muscade?
Rose muscade, Espèce de rose, ainsi nommée à cause
de son odeur particulière. Muscade est aussi adjectif dans cette
expression.
MUSCADE, est encore Le nom que les escamoteurs donnent aux petites boules
de la grosseur d'une muscade, dont ils se servent dans leurs tours de gibecière.
Passez, partez, muscade.
MUSCADET .s.m.
Sorte de vin qui a quelque goût de vin muscat.
MUSCADIER .s.m.
Arbre de la famille des Lauriers, qui porte la muscade. Le muscadier aromatique.
Le muscadier porte-suif.
MUSCADIN .s.m.
Petite pastille à manger, où il entre du musc. Une livre de
muscadins.
MUSCAT . adj. m.
Se dit De certains raisins parfumés, et des vins qu'on en tire. Raisin
muscat. Vin muscat.
S'emploie aussi substantivement. Les muscats de ce pays sont fort gros. Manger
du muscat. Une grappe de muscat. Boire du muscat blanc, du muscat rouge. Muscat
de Frontignan.
MUSCAT, pris substantivement, est aussi Le nom de plusieurs espèces
de poires. Muscat fleuri. Muscat vert. Muscat royal. Petit muscat.
MUSCLE .s.m.
T. d'Anat. Organe charnu, fibreux, irritable, dont les contractions produisent
tous les mouvements des animaux. La plupart des muscles ont leurs extrémités
attachées aux os, qu'ils font mouvoir en divers sens. La tête, la
queue, le ventre d'un muscle. Muscle fléchisseur, extenseur, abaisseur,
éleveur, adducteur, abducteur, rotateur. Gros muscle. Muscle large. Les
muscles du visage. Les muscles des bras, des jambes, etc. Le tendon d'un muscle.
Les fibres des muscles. Ce peintre, ce sculpteur rend bien les muscles.
MUSCLÉ , ÉE. adj.
Qui a des muscles bien marqués. Se dit principalement en termes de Peinture
et de Sculpture. Cette figure, cette statue est bien musclée, trop musclée.
MUSCULAIRE . adj.des deux genres
T. d'Anat. Qui a rapport aux muscles, ou qui est propre aux muscles. Chair
musculaire. Veine, artère musculaire. Fibres musculaires. Irritabilité
musculaire. Mouvement, action, force musculaire.
MUSCULE .s.m.
T. d'Antiq. Nom d'une machine de guerre des anciens, qui servait à couvrir
les assiégeants. César, dans ses Commentaires, distingue souvent
la tortue du muscule.
MUSCULEUX , EUSE. adj.
Où il y a beaucoup de muscles. Partie musculeuse.
Il signifie aussi, Qui a les muscles très-apparents et très-forts.
C'est un homme musculeux.
MUSE . s. f.
Chacune des neuf déesses qui, suivant les anciens, présidaient
aux arts libéraux, et principalement à l'éloquence et à
la poésie. Les neuf Muses. Le séjour des Muses. Invoquer les
Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des
Muses. La Muse de l'histoire, de l'épopée, de la tragédie,
de la comédie, de la poésie champêtre, de la danse, etc.
Fig., Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, Les poëtes.
MUSES, au pluriel, désigne aussi, figurément, Les belles-lettres,
et principalement La poésie. Cultiver les muses. Les muses l'ont consolé
de ses disgrâces.
Fig., Les muses grecques, les muses latines, les muses françaises,
etc., La poésie grecque, latine, française, etc. Dans ce sens,
Muse se dit quelquefois au singulier. La muse latine. La muse française.
MUSE, se dit aussi absolument, dans certaines phrases figurées,
en parlant De l'inspiration poétique. Il est de ceux à qui la
muse accorde aisément ses faveurs.
Se dit encore, figurément, Du génie de chaque poëte, du caractère
de sa poésie. La muse de Racine était tendre et passionnée.
Il vient d'offrir au public les fruits de sa muse. Une muse enjouée, badine,
sévère, déréglée.
Se dit aussi de La personne ou du sentiment qui inspire un poëte. La
vérité a été sa muse. Cette femme est sa muse.
MUSE . s. f.
.Vénerie. Le commencement du rut des cerfs. La muse dure cinq ou six
jours.
MUSEAU .s.m.
La partie de la tête du chien et de quelques autres animaux, qui comprend
la gueule et le nez. Se dit surtout lorsque cette partie est pointue. Le museau
d'un chien. Le museau d'un renard, d'une belette, d'un blaireau.
Se dit quelquefois, populairement, en parlant Des personnes, mais seulement
par mépris ou par plaisanterie. Qu'avait-elle à faire d'aller
montrer là son museau? On lui a donné sur son museau, sur le museau.
Ironiq. et pop., Voilà encore un beau museau, un plaisant museau,
se dit D'un homme qui fait l'agréable.
MUSÉE .s.m.
Lieu destiné, soit à l'étude des lettres, des sciences
et des beaux-arts, soit à rassembler les productions, les monuments qui
y sont relatifs. Le musée des antiques. Le musée Clémentin.
Le musée britannique. Le musée d'histoire naturelle.
MUSELER . v. a.
Mettre une muselière à un animal. Museler un chien, un cheval,
un ours.
Il signifie figurément, Empêcher de parler. Il faudrait pouvoir
museler ce calomniateur.
MUSELÉ, ÉE. participe
MUSELIÈRE . s. f.
Ce qu'on met à la gueule, à la bouche de quelques animaux pour
les empêcher de mordre ou de paître, etc. Mettre une muselière
à un cheval, à un mulet, à un chien. Mettre une muselière
de fer à un cheval. Mettre une muselière à un veau, pour
l'empêcher de téter.
MUSER . v. n.
S'amuser et perdre son temps à des riens. Cet homme ne fait que muser.
Il est familier.
Prov., Qui refuse, muse, Souvent celui qui refuse une offre, perd une
occasion qu'il ne retrouvera plus.
MUSER, en termes de Vénerie, se dit Du cerf qui est près
d'entrer en rut. Les cerfs commencent à muser.
MUSEROLLE . s. f.
La partie de la bride d'un cheval, qui se place au-dessus du nez.
MUSETTE . s. f.
Instrument de musique champêtre, auquel on donne le vent avec un soufflet
qui se hausse et se baisse par le mouvement du bras. Jouer de la musette. Danser
au son de la musette.
Il signifie aussi, Un air fait pour la musette, ou dont le caractère
convient à cet instrument. Jouer, chanter, composer, danser une musette.
MUSÉUM .s.m.
(On prononce Muséome.) Il a le même sens que le mot Musée;
cependant on l'emploie plus particulièrement pour certains pays. Le
muséum de Florence. Le muséum britannique. L'histoire vante le muséum
d'Alexandrie.
MUSICAL , ALE. adj.
Qui appartient, qui a rapport à la musique. Art musical. Phrase musicale.
Caractères musicaux. Composition musicale. Soirée musicale.
MUSICALEMENT . adv.
Relativement, conformément aux règles de la musique.
MUSICIEN , IENNE. s.
Celui, celle qui sait l'art de la musique. C'est un excellent musicien, une
grande musicienne. On l'emploie quelquefois adjectivement. Ce jeune homme
est bon musicien, n'est pas musicien.
Il signifie plus spécialement, Celui, celle qui fait profession de composer
ou d'exécuter de la musique. L'Italie, l'Allemagne et la France, sont
les pays qui comptent le plus de musiciens. Mozart, Haydn, Gluck, Grétry,
Sacchini, etc., sont de grands musiciens, des musiciens célèbres.
Les musiciens du roi. Les musiciens de la chapelle. Un musicien de l'Opéra.
Une musicienne de concert. Des musiciens ambulants.
MUSICO .s.m.
C'est, dans les Pays-Bas, et surtout en Hollande, Un lieu où le bas peuple
et les matelots vont boire, fumer, entendre de la musique, etc. Pendant son
séjour en Hollande, il a beaucoup hanté les musicos. Il vieillit.
MUSIQUE . s. f.
L'art de combiner les sons d'une manière agréable à l'oreille;
La théorie de cet art, ou la science des sons considérés
sous le rapport de la mélodie, du rhythme et de l'harmonie. La musique
est un des beaux-arts. La musique des anciens différait de la nôtre.
Il sait, il entend, il possède parfaitement bien la théorie de la
musique, la musique. Des mathématiciens, sans savoir solfier, ni jouer
d'aucun instrument, ont fait sur la musique des traités fort estimés.
Se dit aussi Des productions de cet art. Composer de la musique. Mettre des
vers en musique. Il fait de belle, d'excellente musique. Sa musique est savante,
agréable, faible, bien écrite, mal écrite, correcte. C'est
lui qui a fait, qui a composé la musique de cet opéra, de cette
cantate. Messe, Te Deum en musique. Musique vocale, instrumentale. Musique
pour le piano, pour la harpe, etc. Musique de piano, de flûte, de violon,
etc. Musique de scène, ou Musique dramatique. Musique d'église.
Musique de bal. Musique militaire. Exécuter de la musique. Musique d'une
exécution difficile. Musique gravée. Musique copiée. Écrire,
copier de la musique. Lire de la musique. Marchand, éditeur de musique.
Copiste de musique. Acheter de la musique. Musique italienne. Musique française.
Instrument de musique, Instrument avec lequel on exécute de la
musique.
Notes de musique, Les signes ou caractères dont on se sert pour
indiquer les divers tons de la musique; et, Livre, cahier, papier de musique,
Livre, cahier, papier où il y a des airs de musique écrits avec
ces sortes de notes.
Prov., Être réglé comme un papier de musique, Être
exact et ponctuel dans tout ce qu'on fait.
Apprendre la musique, Apprendre, soit à composer, soit à
exécuter de la musique, ou l'un et l'autre à la fois. On dit dans
la même signification: Savoir la musique. Enseigner, montrer la musique.
Maître de musique. Classe de musique. Avoir du goût pour la musique.
Etc.
MUSIQUE, signifie aussi, L'exécution de la musique, soit avec
la voix, soit avec les instruments. Nous avons eu, nous avons entendu ce soir
beaucoup de musique. Nous ferons de la musique. Il nous a donné de la musique,
de fort bonne musique. Une musique de voix et d'instruments.
Prov. et fig., Musique enragée, musique de chiens et de chats,
Musique discordante, qui déchire l'oreille. Se dit aussi, populairement,
Du bruit confus de plusieurs personnes qui se querellent.
MUSIQUE, signifie encore, Une compagnie de musiciens de profession qui
ont coutume d'exécuter de la musique ensemble. La musique du roi. La
musique de la chapelle. Maître de musique de la chapelle. Il était
de la musique du roi. La musique de cette église est très-bonne.
Il est attaché à la musique de l'Opéra. La musique du régiment.
MUSIQUE, se dit figurément de Certains sons agréables ou
désagréables. La voix de cette femme est une musique délicieuse.
Ironiq. et fam., Cet enfant ne cesse de crier; il nous fait là une belle
musique.
MUSQUER . v. a.
Parfumer avec du musc. Musquer une peau, des gants. Avec le pronom personnel,
Se musquer.
MUSQUÉ, ÉE. participe, Gants musqués. Cet homme
est toujours musqué.
Se dit aussi De certaines choses dont l'odeur a quelque rapport avec celle du
musc. Poire musquée. Cette poire a une eau musquée.
Fig. et fam., Écrivain, orateur, poëte musqué, Écrivain,
orateur, poëte qui a trop d'apprêt, de recherche, qui affecte les ornements
futiles. On dit, dans le même sens, Style musqué, phrases musquées.
On dit aussi, Comédie musquée, Comédie dont le dialogue
manque de naturel, tombe dans l'affectation, est semé de petits traits
d'un esprit maniéré.
Fig. et fam., Paroles musquées, Paroles obligeantes et flatteuses.
Tout ce qu'il dit, ce sont des paroles musquées; mais cela n'a guère
de suite.
Fig. et fam., Fantaisies musquées. Fantaisies singulières,
bizarres. Cet homme a des fantaisies musquées. Il est peu usité.
Fig. et fam., Messe musquée, La dernière messe, où
assistent ordinairement les gens du grand monde.
MUSSER
(SE) . v. pron.
Se cacher. Il est vieux.
Fam., À musse-pot, et, par corruption, À muche-pot,
En cachette.
MUSSÉ, ÉE. participe
MUSULMAN , ANE. s.
Titre par lequel les mahométans se distinguent des autres hommes, et
qui signifie dans leur langue, Vrai fidèle, vrai croyant. Un musulman.
Un bon musulman. Se faire musulman. La religion des musulmans. Une musulmane.
Il est aussi adjectif, et se dit surtout De ce qui concerne la religion des
mahométans. Les rites musulmans. La religion musulmane.
MUSURGIE . s. f.
.Musique. Art d'employer à propos les consonnances et les dissonances.
MUTABILITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est muable, de ce qui est sujet à changer. La
mutabilité des choses du monde.
MUTATION . s. f.
Changement, remplacement d'une personne par une autre. Il y a eu de nombreuses
mutations dans ce régiment, dans cette administration. À chaque
mutation de propriétaire foncier, il est dû un droit d'enregistrement.
Il signifie aussi, Révolution. En ce sens, il ne s'emploie guère
qu'au pluriel. Les grandes mutations dans les États ont été
causées par la faiblesse ou par la violence des princes. Les fréquentes
mutations qui arrivent dans l'atmosphère causent des maladies.
MUTILATION . s. f.
Retranchement d'un membre ou de quelque autre partie extérieure du corps.
L'amputation de la cuisse est une cruelle mutilation. Un coup de sabre lui
a abattu le nez; cette mutilation le défigure horriblement.
Se dit aussi en parlant Des statues, des tableaux, des édifices, et même
des productions littéraires. Réparer les mutilations d'une statue,
d'un tableau, d'un arc de triomphe. Les censeurs avaient fait subir à cet
ouvrage de grandes mutilations.
MUTILER . v. a.
Retrancher, couper. Il est principalement d'usage Lorsqu'on parle du retranchement
d'un membre ou de quelque autre partie extérieure du corps humain, ou de
quelque partie d'une statue. Mutiler quelqu'un d'un bras, d'un pied. Qui l'a
ainsi mutilé? Mutiler une statue.
MUTILER, signifie quelquefois, absolument, Châtrer. La jalousie
des Orientaux les porte à mutiler les esclaves auxquels ils confient la
garde de leurs femmes. En ce sens, il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Origène se mutila dans un accès de pieuse frénésie.
MUTILER, par extension, se dit en parlant De tableaux, d'édifices,
etc., et signifie, Défigurer, briser. On a mutilé le chapiteau
de cette colonne. Ce tableau a été mutilé à coups
de couteau.
Se dit figurément en parlant Des ouvrages d'esprit. La censure à
cruellement mutilé cet ouvrage. En voulant abréger son poëme,
il l'a mutilé.
MUTILÉ, ÉE. participe
MUTIN , INE. adj.
Obstiné, têtu, querelleur. Il est mutin. Elle est mutine. Enfant
mutin. Esprit, caractère mutin.
Il signifie aussi, Séditieux. Ces peuples sont légers et mutins.
S'emploie substantivement, dans les deux sens. C'est un mutin. Il fait le
mutin. Voyez le petit mutin! Les mutins se rendirent les maîtres. On punit
le chef des mutins.
Un visage, un air mutin, Un visage, un air vif, éveillé,
piquant. On dit dans le même sens, Des yeux mutins.
MUTINER
(SE). v. pron.
Se porter à la sédition, à la révolte. Les troupes
se mutinèrent. Le peuple se mutinait. Cet ordre rigoureux fit mutiner les
soldats. Dans cette dernière phrase, il y a ellipse du pronom.
Se dit aussi D'un enfant qui se dépite. Il se mutine à chaque
instant. Il est sujet à se mutiner.
MUTINÉ, ÉE. participe, Troupes mutinées. Peuple
mutiné.
Poét. et fig., Les flots, les vents mutinés, Les flots
agités, les vents impétueux.
MUTINERIE . s. f.
Tumulte de gens mécontents, sédition. La mutinerie des troupes,
du peuple. Apaiser la mutinerie.
Il signifie aussi, L'obstination d'un enfant qui se dépite. Il faut
punir les enfants de leur mutinerie. Les mutineries de cet écolier, de
cet apprenti, sont insupportables.
MUTISME .s.m.
État de celui qui est muet. Le mutisme de naissance est presque toujours
incurable. Le mutisme est ordinairement une suite de la surdité de naissance.
Son mutisme provient d'accident.
MUTUEL , ELLE. adj.
Réciproque entre deux ou plusieurs personnes, entre deux ou plusieurs
choses. Amour mutuel. Haine mutuelle. Ils s'aiment d'une affection mutuelle.
Obligation mutuelle entre le mari et la femme, entre le souverain et les sujets.
Devoirs mutuels d'un père et d'un fils. Le mari et la femme se sont fait
un don mutuel de leurs biens, ou simplement un don mutuel. Ces deux amis
se sont fait une donation mutuelle. L'attraction mutuelle de deux corps. Société
de secours mutuels. Enseignement mutuel.
MUTUELLEMENT . adv.
Réciproquement. Ils s'aident mutuellement. Ils se sont assuré
leur bien mutuellement.
MUTULE . s. f.
T. d'Archit. Ornement propre à la corniche de l'ordre dorique, et qui
représente, au-dessous du larmier, l'extrémité des chevrons.
C'est ce qu'on appelle Modillon, dans les autres ordres. Les mutules
sont placées au-dessus des triglyphes et des métopes, et ont des
gouttes pendantes à leur surface saillante et inclinée.
MYOGRAPHIE . s. f.
Représentation des muscles. S'emploie quelquefois pour Myologie.
MYOLOGIE . s. f.
Partie de l'anatomie, qui traite des muscles.
MYOPE . s.
Celui, celle qui a la vue fort courte, et qui ne peut voir les objets éloignés
sans le secours d'un verre concave. Un myope. Une myope.
S'emploie aussi adjectivement. Il est myope. Un enfant myope. La vue myope
est l'opposé de la vue presbyte.
MYOPE .s.m.
T. d'Entomologie. Genre d'insectes à deux ailes, qui vivent sur les fleurs,
et qui sont très-communs en Europe.
MYOPIE . s. f.
État de ceux qui ont la vue courte. La cause de la myopie est la trop
grande convexité du globe de l'oeil.
MYOSOTIS .s.m.
(On fait sentir l'S finale. ) Plante que l'on nomme aussi Oreille de souris.
Voyez OREILLE.
MYOTOMIE . s. f.
Partie de l'anatomie, qui a pour objet la dissection des muscles.
MYRIADE . s. f.
T. d'Antiq. Nombre de dix mille.
Se dit, dans le langage ordinaire, d'Une quantité indéfinie et
innombrable. Il y a des myriades d'étoiles qu'on ne peut apercevoir
à l'oeil nu. Des myriades de sauterelles, de cousins.
MYRIAMÈTRE .s.m.
Mesure itinéraire, qui vaut dix mille mètres, ou environ deux
lieues de poste. Une distance de cinq myriamètres.
MYRIAPODE .s.m.
T. d'Entomologie. Voyez MILLE-PIEDS.
MYRMIDON .s.m. - Voyez MIRMIDON.
MYROBOLAN .s.m.
On donne ce nom à plusieurs espèces de fruits desséchés
qui sont apportés de l'Amérique et de l'Inde, et qui entrent dans
quelques compositions pharmaceutiques. Autrefois on administrait les myrobolans
comme laxatifs.
MYRRHE . s. f.
Sorte de gomme odorante, médicinale, qui vient de l'Arabie Heureuse.
La myrrhe transparente passe pour la meilleure de toutes. La myrrhe est fort
amère. On se servait de myrrhe pour embaumer les corps.
MYRRHIS .s.m.
(On fait sentir les deux R et l'S.) Plante ombellifère et médicinale,
dont les feuilles sont assez semblables à celles de la ciguë. On la
nomme aussi Cerfeuil musqué, et Cicutaire odorante.
MYRTE .s.m.
Arbrisseau toujours vert, dont les feuilles sont menues, et qui porte de petites
fleurs blanches d'une odeur agréable. Myrte mâle, femelle, commun,
double. La feuille et la fleur du myrte sont odoriférantes. Encaisser un
myrte. Chez les anciens, le myrte était consacré à Vénus.
MYRTIFORME . adj. des deux genres
T. d'Anat. Qui a la forme d'une feuille de myrte. Les caroncules myrtiformes.
MYSTAGOGUE .s.m.
T. d'Antiq. grecque. Prêtre qui initiait aux mystères de la religion.
MYSTÈRE .s.m.
Secret Se dit proprement en matière de religion, et signifie, Ce qu'une
religion a de plus caché. Toutes les religions ont leurs mystères.
Les mystères de Cérès, d'Éleusis, de la bonne déesse,
d'Isis et d'Osiris. Être initié aux mystères. Les anciens
punissaient sévèrement ceux qui avaient violé, révélé
les mystères. Les profanes étaient écartés des mystères.
Il signifie plus particulièrement, dans la religion chrétienne,
Tout ce qui est proposé pour être l'objet de la foi des fidèles.
Mystère sacré, adorable, ineffable, incompréhensible.
Le mystère de la Trinité, de l'Incarnation. Il faut adorer les mystères
sans vouloir les approfondir. Les mystères que Dieu a révélés.
Pénétrer dans les mystères. Le mystère du corps et
du sang de JÉSUS-CHRIST. La profanation des mystères. Les
principaux mystères de la foi. Les lieux où Dieu a opéré
le mystère de notre salut.
Les saints mystères, Le sacrifice de la messe. Célébrer
les saints mystères. Participer aux saints mystères.
MYSTÈRE, se dit figurément Des opérations secrètes
de la nature, des mouvements cachés du coeur humain, et des moyens les
moins vulgaires employés par les beaux-arts. Étudier, approfondir,
pénétrer, révéler les mystères de la nature,
les mystères du coeur humain. Les mystères de la poésie,
de l'éloquence, etc. Tous les arts ont leurs mystères.
MYSTÈRE, signifie aussi, figurément, Ce qu'il y a de caché,
de secret dans les affaires humaines. Les mystères de la politique.
Mystère d'État. Il y a quelque mystère caché là-dessous.
C'est un mystère qu'on ne saurait pénétrer, qu'on ne peut
développer. On découvrira bientôt ce mystère d'iniquité.
Ses crimes sont ensevelis dans l'ombre du mystère. C'est un mystère
que le temps révélera. Le plus profond mystère enveloppe
toute cette aventure.
Se dit aussi de Certains soins, de certaines précautions que l'on prend
pour n'être point entendu, pour n'être point observé. Il
m'a entretenu, avec beaucoup de mystère, de tous ses chagrins. Ils sont
sortis tous deux, en grand mystère.
Il signifie également, Difficulté que l'on fait touchant quelque
chose, importance qu'on y attache. Il se prend ordinairement en mauvaise part.
Pourquoi faire tant de mystère pour nous dire ce que tout le monde sait?
Faut-il faire tant de mystère pour si peu de chose? Voilà bien des
mystères, bien du mystère. Je n'entends pas tous ces mystères.
Il n'y a pas grand mystère à cela. Y a-t-il tant de mystère
à cela? Voilà un beau mystère. C'est donc là que gît
le mystère.
Faire mystère, un mystère d'une chose, La tenir secrète,
la cacher avec soin. Il nous a fait mystère de sa naissance, de sa profession.
Il fait un mystère de sa méthode. C'est un homme qui fait mystère
de tout. Il fait mystère des moindres choses. Il n'en fait pas mystère.
On dit dans le même sens, Mettre du mystère à quelque chose.
On dit proverbialement, dans le même sens, Il est tout cousu de petits
mystères, il est tout mystère de la tête aux pieds.
MYSTÈRE, est aussi Le nom que nos pères donnaient à
certaines pièces de théâtre dont le sujet était tiré
de la Bible, et où ils faisaient intervenir Dieu, les anges, les diables,
etc. Le mystère fut beau et fort dévot. Les diables jouèrent
plaisamment le mystère.
MYSTÉRIEUSEMENT . adv.
D'une façon mystérieuse. Les prophètes ont parlé
mystérieusement.
Il signifie aussi, D'une manière cachée, secrète. C'est
un homme qui se conduit mystérieusement en tout, qui parle de tout mystérieusement.
MYSTÉRIEUX , EUSE. adj.
Qui contient quelque mystère, quelque secret, quelque sens caché.
Se dit proprement en matière de religion. Les anciens Égyptiens
ont caché les secrets de leur religion sous des caractères mystérieux.
Les paroles mystérieuses de l'Écriture. Les sens mystérieux
de la Bible. Cela doit s'entendre dans un sens mystérieux, d'une façon
mystérieuse.
Se dit aussi en parlant Des affaires humaines, et pour l'ordinaire en mauvaise
part. Il y a quelque chose de mystérieux dans cette affaire. C'est un
homme qui a une conduite mystérieuse. Ils ont eu ensemble un entretien
mystérieux. Cette affaire est toute mystérieuse.
Se dit encore Des personnes, et signifie, Qui fait mystère de beaucoup
de choses qui n'en valent pas la peine. C'est un homme fort mystérieux,
tout mystérieux. Il est mystérieux en toutes choses.
MYSTICITÉ . s. f.
Recherche profonde en fait de spiritualité, raffinement de dévotion.
Cet ouvrage respire une douce, une tendre mysticité. De telles opinions
conduisent à une extravagante mysticité. Donner dans la mysticité.
MYSTIFICATEUR .s.m.
Celui qui a le goût, l'habitude de mystifier; celui qui en fait métier.
MYSTIFICATION . s. f.
Action de mystifier.
MYSTIFIER . v. a.
Abuser de la crédulité de quelqu'un, pour s'amuser à ses
dépens. Il a été mystifié de la manière
la plus plaisante.
MYSTIFIÉ, ÉE. participe
MYSTIQUE . adj. des deux genres
Figure allégorique. Il ne se dit que Des choses de la religion. Le
sens mystique de l'Écriture sainte. Il ne faut pas entendre ce passage
à la lettre, cela est mystique. L'Église est le corps mystique de
JÉSUS-CHRIST.
Il signifie aussi, Qui raffine sur les matières de dévotion, et
sur la spiritualité. Auteur, livre mystique.
S'emploie quelquefois substantivement, dans ce dernier sens. C'est un grand
mystique. Les vrais, les faux mystiques.
MYSTIQUEMENT . adv.
Selon le sens mystique. Ce passage doit être expliqué, doit
s'entendre mystiquement.
MYSTRE .s.m.
T. d'Antiq. Une des mesures dont les Grecs se servaient pour les liqueurs. Il
y avait le grand et le petit mystre.
MYTHE .s.m.
Trait, particularité de la fable, de l'histoire héroïque
ou des temps fabuleux. C'est un mythe commun à toutes les religions
de l'Orient. Plusieurs des mythes de l'ancien paganisme se retrouvent dans la
religion des Indous.
MYTHOLOGIE . s. f.
Histoire fabuleuse des dieux, des demi-dieux et des héros de l'antiquité.
Les fictions de la mythologie. Les dieux de la mythologie. La mythologie des
Grecs, des Romains. L'étude de la mythologie est indispensable aux peintres
et aux poëtes.
Il signifie aussi, La science, l'explication des mystères et des fables
du paganisme. Il est savant en mythologie. Il a bien traité de la mythologie.
MYTHOLOGIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la mythologie. Discours, livre mythologique.
MYTHOLOGUE .s.m.
Celui qui traite de la science appelée Mythologie. Telle est l'opinion
des mythologues. Quelques-uns disent aussi, Mythologiste.
MYURE . adj. m.
.Médec. Il ne s'emploie que dans cette expression, Pouls myure,
Pouls dont les pulsations s'affaiblissent peu à peu.
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