D.R. BELAIR - RTMKB

Mi - My

       

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

MI
• Mot invariable, qui ne s'emploie jamais seul, qui se joint à plusieurs autres mots; et qui sert à marquer, soit le partage d'une chose en deux portions égales, soit l'endroit où la chose peut être partagée de la sorte.
• Il sert à marquer le partage d'une chose en deux portions égales, lorsqu'il se joint au mot Parti: Mi-parti, mi-partie. Ainsi on dit: Les avis ont été mi-partis, les opinions ont été mi-parties, Il y en a eu autant d'un côté que de l'autre. Cette robe est mi-partie de blanc et de rouge, Tout un côté de cette robe par dehors est blanc, et tout l'autre côté, aussi par dehors, est rouge.
• Il sert à marquer l'endroit où une chose peut être partagée en deux portions égales, lorsqu'il se joint à des noms substantifs. Mi-chemin. Mi-côte. Mi-corps. Mi-jambe. Mi-sucre. Mi-terme. Mi-carême. Mi-janvier, Mi-février. Etc.
• Quand il se joint aux mots Corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre et côte, on ne l'emploie qu'adverbialement, avec la préposition à, sans article. Ainsi on dit: À mi-corps, à mi-jambes, à mi-terme; ou bien, Jusqu'à mi-corps, jusqu'à mi-jambes, jusqu'à mi-terme. Il n'y a de l'eau qu'à mi-jambes, que jusqu'à mi-jambes. Cette poutre ne porte qu'à mi-mur. Cette femme est accouchée à mi-terme. Je vous conduirai jusqu'à mi-chemin. Une maison située à mi-côte. Des confitures à mi-sucre.
• Lorsque Mi est joint au mot Carême ou aux noms de mois, ces mots reçoivent l'article, et l'article féminin, quoique tous soient masculins. Nous avons passé la mimai. Vers la mi-août. Cela arriva vers la mi-carême. Le mot de Mai se dit cependant sans article, dans ce proverbe, Mi-mai, queue d'hiver.
• La mi-carême, Le jeudi de la troisième semaine du carême, qui est à peu près la moitié du carême. Nous aurons bientôt la mi-carême. Nous serons bientôt à la mi-carême. On vous payera à la mi-carême.

MI .s.m.
• .Musique. La troisième note de la gamme. C'est aussi le nom du signe qui représente cette note. Mi bémol. Ton de mi. Ce mi est effacé.

MIASME .s.m.
• .Médec. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel, et signifie, Émanations contagieuses, morbifiques. Miasmes varioliques, pestilentiels, etc.
• Se dit aussi Des exhalaisons que répandent les matières animales ou végétales en décomposition, les marais, etc. Il s'exhale des miasmes de ce cimetière, de la vase de ces marais.

MIAULEMENT .s.m.
• Cri du chat. Le miaulement d'un chat.

MIAULER . v. n.
• Se dit Du chat, lorsqu'il fait le cri qui est propre à son espèce. J'entends un chat qui miaule.

MICA .s.m.
• .Minéralogie. Pierre composée de feuillets minces, élastiques, flexibles et d'un éclat métallique.

MICACÉ
, ÉE. adj.
• .Minéralogie. Qui est de la nature du mica, qui contient du mica.

MICHE . s. f.
• Pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre, et quelquefois deux.
• Se dit, par extension, Des pains ronds d'un poids plus considérable. Une miche de douze livres, de vingt livres.

MICMAC .s.m.
• Intrigue, manigance, pratique secrète dont le but est blâmable. Il y a eu bien du micmac dans cette affaire. On ne connaît rien à tout ce micmac, à tous ces micmacs. Il est familier.

MICOCOULIER .s.m.
• Arbre qui a du rapport avec l'orme, et dont le bois compacte, presque incorruptible, est employé par les ébénistes. Le fruit du micocoulier ressemble à une petite cerise. Micocoulier de Provence.

MICROCOSME .s.m.
• Petit monde, monde en abrégé. Quelques philosophes anciens ont dit que l'homme était un microcosme. Il est peu usité.

MICROGRAPHIE . s. f.
• Description des objets qui sont si petits, qu'on ne peut les voir sans le secours du microscope.

MICROMÈTRE .s.m.
• Instrument d'astronomie, sorte d'appareil qui s'applique aux lunettes, et qui sert à mesurer, dans les cieux, avec une très-grande précision, de petites distances et de petites grandeurs.

MICROSCOPE .s.m.
• Instrument d'optique dont on se sert pour grossir à la vue les petits objets. Cet objet est si petit, qu'on ne le peut voir qu'avec un microscope. Avec le secours du microscope, on a fait bien des découvertes dans la physique. Microscope simple. Microscope composé.
• Microscope solaire, Sorte de microscope qui fait voir, en grand, dans une chambre obscure, les images de très-petits objets, vivement éclairés par le soleil.
• Fig., Il voit tout avec un microscope, Son imagination lui grossit tous les objets; il s'exagère tout.

MICROSCOPIQUE . adj.des deux genres
• Qui se fait avec le secours du microscope. Observations, expériences microscopiques.
• Il signifie aussi, Qui ne peut être vu qu'avec le microscope. Objet, animal, plante microscopique. Les animaux infusoires sont la plupart microscopiques.

MIDI .s.m.
• Le milieu du jour, le point qui partage le jour également entre le soleil levant et le soleil couchant; et, dans l'usage ordinaire, La douzième heure depuis minuit. À l'heure de midi. À midi sonnant. Il est midi, midi et demi, midi un quart, midi trois quarts. Midi est sonné. Je me rendrai là à midi, sur le midi. Avant midi. Entre onze heures et midi. Entre midi et une heure. Après midi. Le soleil de midi est quelquefois dangereux. Le cadran marque midi. L'aiguille est sur le point de midi.
• Par exagérat., En plein midi, En plein jour, publiquement. Il a été volé dans la rue en plein midi.
• Fam., C'est ne voir pas clair en plein midi, c'est dire qu'il n'est pas jour en plein midi, se dit À une personne qui doute d'une chose certaine, évidente, ou qui la nie.
• Prov. et fig., Chercher midi à quatorze heures, Chercher des difficultés où il n'y en a point; Allonger inutilement ce qu'on peut faire ou dire d'une manière plus courte; Vouloir expliquer d'une manière détournée quelque chose de fort clair.
• Poétiq., Le midi de la vie, L'époque de la vie qui est entre l'enfance et la vieillesse. On dit dans le même sens, Être dans son midi, à son midi.
• MIDI, en termes d'Astronomie, signifie, Le moment où le centre du soleil se trouve dans le méridien, et où commence le jour astronomique.
• Midi vrai, Le temps où le soleil est réellement au méridien.
• Midi moyen, Le temps où il serait midi, si le soleil avait un mouvement uniforme dans l'équateur, et que l'écliptique et l'équateur coïncidassent.
• MIDI, signifie aussi, Un des quatre points cardinaux du monde, qu'on nomme autrement Le sud. Le midi est opposé au nord. Les régions, les contrées du Midi. Se tourner vers le midi. Ce pays est borné au midi par une rivière, par une montagne. Cette colline regarde le midi, est exposée au midi, est à l'exposition du midi. Le vent du midi.
• Se dit, par extension, Des pays méridionaux. Cet homme est du Midi. Les peuples, les productions du Midi. Il a ses biens dans le Midi, dans le midi de la France. Les contagions sont plus fréquentes dans le Midi que dans le Nord. Voyager dans le Midi.
• Se dit encore d'Une exposition qui, étant en face du soleil à midi, reçoit toute la chaleur de ses rayons. Son appartement est au midi. Il faut mettre cette plante au midi. Vous avez dans votre jardin un beau mur d'espalier au midi.

MIE . s. f.
• Toute la partie du pain qui est entre les deux croûtes. De la mie de pain. La mie d'un pain. Il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie. Un morceau de mie.

MIE
• Particule explétive, qui signifie, Pas, point, et qui n'est presque plus usitée, même dans le langage familier. Il n'en tâtera mie. Vous ne l'aurez mie.

MIE . s. f.
• Abréviation d'Amie, souvent employée dans le vieux langage. J'aime mieux ma mie! Sa douce mie. Les enfants donnent quelquefois ce nom à leur gouvernante. Cet enfant est fort attaché à sa mie. Il appelle sa mue. Ils disent plus ordinairement, Ma bonne.

MIEL .s.m.
• Substance liquide et sucrée que les abeilles composent avec ce qu'elles recueillent dans les fleurs et sur les feuilles des plantes. Bon miel. Miel d'été, de printemps. Miel roux, blanc. Un rayon de miel. Mouches à miel. Miel de Narbonne, de Mahon, de Moscovie. Miel sauvage. Miel commun. Des confitures au miel. Le miel du mont Hymette était célèbre chez les anciens.
• Miel violat, rosat, etc., Compositions pharmaceutiques dont le miel est la base.
• Prov. et fig., On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, On réussit mieux dans les affaires, on subjugue plus de personnes par la douceur que par la dureté et la rigueur.
• Prov. et fig., La lune de miel, Le premier mois du mariage. Ils sont encore dans la lune de miel, Ils ne connaissent du mariage que les plaisirs.
• Fig. et fam., Être doux comme miel, être tout sucre et tout miel, Être doucereux, faire le doucereux.
• Fig., Cet orateur a toujours le miel sur les lèvres, le miel découle de ses lèvres, Ses paroles sont douces et flatteuses.

MIELLEUX
, EUSE. adj.
• Qui tient du miel. Se dit ordinairement en mauvaise part, et signifie, Fade, doucereux. Ce vin, cette liqueur a un goût mielleux.
• S'emploie aussi figurément. Un homme mielleux. Des paroles mielleuses. Un ton mielleux.

MIEN
, IENNE. Adj. possessif et relatif
• de la première personne. Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je vous dirai le mien. Ce n'est pas votre avis, c'est le mien. Vous veillerez à votre intérêt, et moi au mien. Songez-y de votre côté, j'y songerai aussi du mien. Ses amis et les miens s'en sont mêlés. C'est son intention et la mienne. Vos affaires sont les miennes. Dans ce sens, Mien et Mienne ne se mettent jamais sans l'article, et ne se joignent à aucun substantif.
• MIEN, dans le style familier, se joint quelquefois avec un, et se met devant un substantif. Un mien frère. Un mien parent. Un mien neveu. Une mienne cousine.
• S'emploie encore, sans être accompagné de l'article ni du mot un; et alors il se met toujours après le substantif avec lequel il se construit. Ce livre que vous tenez est mien. Cette découverte est mienne. Je donne cette raison non comme bonne, mais comme mienne.
• MIEN, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Le bien qui m'appartient. Je ne demande que le mien.
• Il signifie encore, Ce qui vient de moi. Je vous dis la chose comme elle est, je n'y mets rien du mien, je n'y ajoute rien du mien.
• Le tien et le mien, La propriété. Le tien et le mien engendrent beaucoup de guerres et de procès.
• Les miens, au pluriel, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent en quelque façon. Il est plein d'égards pour moi et pour les miens.
• Fam., J'ai bien fait des miennes dans ma jeunesse, J'ai fait bien des folies quand j'étais jeune.

MIETTE . s. f.
• Se dit proprement de Toutes les petites parties qui tombent du pain quand on le coupe, ou qui restent quand on a mangé. Petite miette. Les miettes qui tombent de la table, sous la table. Ramasser les miettes.
• Il signifie aussi, Un très-petit morceau de quelque chose à manger. Vous ne lui en avez donné qu'une miette. En voilà une belle miette. Donnez-m'en une miette. Nous avons mangé ce pâté en entier, il n'en est pas resté une miette, resté miette. Il est familier.

MIEUX . adv.
• Comparatif de Bien. D'une manière plus accomplie, d'une façon plus avantageuse. Personne n'entend mieux les affaires que lui, n'entend mieux la guerre que lui, n'écrit mieux que lui, ne parle mieux que lui. Il chante mieux, beaucoup mieux qu'il ne faisait. Vous ne sauriez mieux faire. Ses affaires vont mieux que jamais. Il a été mieux reçu qu'il ne croyait. Il est bien de prier, mais il est mieux de faire de bonnes oeuvres. Vous seriez mieux sur ce fauteuil que sur cette chaise. Tant mieux: voy. TANT.
• Il signifie quelquefois, Plus. J'aime mieux cette étoffe que l'autre.
• Il est quelquefois superlatif, et alors il prend ordinairement l'article. C'est l'homme du monde le mieux fait. De tous nos grands écrivains, c'est celui que j'aime le mieux.
• Il vaut mieux, mieux vaut, Il est plus à propos, plus expédient. Il vaut mieux attendre un peu. Mieux vaut s'accommoder que de plaider. Il vaudrait mieux qu'il se tût, que de parler mal à propos.
• Absol., Être mieux, Être en meilleure santé, en meilleur état. Il est mieux, un peu mieux, beaucoup mieux. Il n'est guère mieux. Il était mieux hier qu'aujourd'hui.
• Être mieux, signifie aussi, Être d'une figure, d'un extérieur plus agréable. Cette femme est mieux, est beaucoup mieux que sa soeur. Ce jeune homme est mieux que son frère.
• Être mieux, signifie encore, Être d'une meilleure conduite, d'un meilleur caractère. Ce jeune homme est corrigé de ses défauts, il est beaucoup mieux qu'il n'était avant ses voyages.
• Mieux que tout cela, Il y a quelque chose de mieux à dire, à faire, que ce qu'on a proposé. On vous conseille de plaider, de vous désister; mieux que tout cela, offrez à votre partie adverse moitié de ce qu'elle demande.
• MIEUX, s'emploie substantivement, avec ou sans article. Le mieux est de n'en point parler. Il a tout arrangé pour le mieux. Il est changé en mieux. Je m'attendais à mieux que cela. Vous croyez qu'elle n'a que vingt ans, elle a mieux.
• Aller de mieux en mieux, Faire toujours quelque progrès vers le bien, vers un état meilleur. Il faut espérer que cela ira de mieux en mieux. Ses affaires vont de mieux en mieux.
• Fam., À qui mieux mieux, À l'envi l'un de l'autre.
• Faute de mieux, À défaut d'une chose meilleure, plus convenable. Faute de mieux, je m'arrangerai du logement que vous me proposez.
• Prov., Le mieux est l'ennemi du bien, On peut gâter une bonne chose en voulant la rendre meilleure.
• Il y a du mieux dans son état, il y a un mieux sensible, le mieux se soutient, se dit D'un malade qui commence à se mieux porter.
• Fam., Cette personne chante des mieux, Elle chante aussi bien que celles qui chantent le mieux.
• MIEUX, s'emploie quelquefois adjectivement, et signifie, Meilleur, plus convenable, plus propre à la chose dont il s'agit. Il n'y a rien de mieux, rien n'est mieux que ce que vous dites.
• LE MIEUX DU MONDE, AU MIEUX, TOUT AU MIEUX. loc. adverbiales. Très-bien. Il en a usé le mieux du monde. Cela est au mieux. Cela va le mieux du monde, tout au mieux.
• DU MIEUX, LE MIEUX, TOUT DU MIEUX, TOUT LE MIEUX QUE. loc. conjonctives. Aussi bien qu'il est possible dans telle circonstance; aussi bien qu'il est possible à telle personne. Il a fait du mieux qu'il a pu, le mieux qu'il a pu. Il s'en est tiré le mieux qu'il a pu. C'est le mieux que vous puissiez faire. On dit même: Il fera de son mieux. J'ai fait de mon mieux, tout de mon mieux. Etc.

MIÈVRE . adj.des deux genres
• Se dit proprement D'un enfant vif, remuant, et un peu malicieux. Cet enfant est mièvre, est bien mièvre. Il est familier.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un petit mièvre.

MIÈVRERIE . s. f.
• Qualité de la personne qui est mièvre. Cet enfant est d'une mièvrerie amusante, fatigante.
• Il signifie aussi, Une petite malice. Il m'a fait une mièvrerie. Ce n'est qu'une mièvrerie. Il est familier dans les deux acceptions.

MIÈVRETÉ . s. f.
• synonyme de Mièvrerie.

MIGNARD
, ARDE. adj.
• Gracieux, délicat. Une femme mignarde. Un visage mignard. Des traits mignards. Dans ce sens, il a vieilli.
• Se dit plus ordinairement Des choses où l'on remarque un mélange de gentillesse et d'afféterie. Sourire, langage mignard. Manières mignardes.

MIGNARDEMENT . adv.
• Avec délicatesse. Cet enfant a été élevé mignardement. Cet ouvrier travaille fort mignardement. Il est peu usité en ce sens.
• Il signifie plus ordinairement, D'une manière mignarde, avec une gentillesse mêlée d'afféterie. Parler, sourire mignardement. Il est familier.

MIGNARDER . v. a.
• Traiter délicatement. Mignarder un enfant. Il est familier, et se prend en mauvaise part.
• Il signifie aussi, Affecter de la délicatesse, de la grâce. Mignarder son style, son langage.
• S'emploie avec le pronom personnel, dans le premier sens. Cette femme se mignarde trop.
• MIGNARDÉ, ÉE. participe

MIGNARDISE . s. f.
• Délicatesse. La mignardise de son visage, de ses traits. La langue italienne a des mignardises qui ne se trouvent dans aucune autre.
• Il signifie aussi, Affectation de gentillesse, de délicatesse. Avoir, mettre de la mignardise dans ses manières, dans son langage, dans son style.
• Il signifie quelquefois, au pluriel, Manières gracieuses et caressantes. Il s'est laissé prendre aux mignardises de cette femme. Cet enfant obtient tout ce qu'il veut de sa mère par ses mignardises.
• MIGNARDISE, au singulier, se dit d'Une espèce de petits oeillets dont on garnit les plates-bandes des jardins. De la mignardise.

MIGNON
, ONNE. adj.
• Délicat, joli, gentil. Visage mignon. Bouche mignonne. Pied mignon. Une beauté mignonne. Des souliers mignons.
• Fam., Argent mignon, Argent qu'on a mis en réserve, et qu'on peut, sans se gêner, employer en dépenses superflues. Pour faire cette dépense, il faudrait avoir de l'argent mignon.
• Fam., Péché mignon, Péché qu'on se plaît à commettre, et dont on ne veut pas se corriger. La médisance est son péché mignon.
• MIGNON, s'emploie aussi comme substantif; et c'est alors un terme de flatterie dont on se sert en parlant À un enfant. Mon mignon. Mon petit mignon. Ma mignonne. Ma petite mignonne.
• Vous êtes un joli mignon, un plaisant mignon, se dit ironiquement À quelqu'un qui a fait ou dit une sottise.
• MIGNON substantif masculin, signifie encore, familièrement, Favori. De ces deux enfants-là, il y en a un qui est le mignon de sa mère. Elle l'aime fort, c'est son mignon.
• Il se prend quelquefois dans un sens obscène. Les mignons de Henri III.

MIGNONNE . s. f.
• Petit caractère d'imprimerie qui est entre la nonpareille et le petit-texte. Cette dénomination commence à vieillir.
• MIGNONNE, est encore Le nom d'une espèce de poire fort belle et d'un rouge foncé, qu'on appelle aussi Grosse mignonne.

MIGNONNEMENT . adv.
• Avec délicatesse, d'une manière délicate. Cela est mignonnement fait. Il est familier.

MIGNONNETTE . s. f.
• Sorte de petite dentelle. Une robe garnie de mignonnette.
• MIGNONNETTE, se dit aussi d'Une espèce de petits oeillets, appelée autrement Mignardise.
• MIGNONNETTE, se dit encore Du poivre concassé.

MIGNOTER . v. a.
• Traiter délicatement, dorloter, caresser. C'est gâter cet enfant, que de le mignoter comme vous faites. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Cette femme se mignote trop. Il est familier.
• MIGNOTÉ, ÉE. participe

MIGNOTISE . s. f.
• Flatterie, caresse. Il est familier et vieux.

MIGRAINE . s. f.
• Douleur qui occupe la moitié ou une moindre partie de la tête. Il a la migraine. Il est tourmenté d'une migraine. Il est sujet à des migraines périodiques. Les odeurs très-fortes donnent la migraine. La migraine cause ordinairement des maux de coeur.

MIGRATION . s. f.
• Transport, action de passer d'un pays dans un autre pour s'y établir. Il ne se dit qu'en parlant D'une quantité considérable de peuple. Il y eut de grandes migrations dans le quatrième siècle. Les migrations des peuples septentrionaux ont inondé le midi de l'Europe.
• Se dit aussi Des voyages que font certaines espèces d'animaux, soit périodiquement, soit à des époques irrégulières. Les migrations des oiseaux, des poissons, des reptiles.

MIJAURÉE . s. f.
• Fille ou femme qui montre des prétentions, par de petites manières affectées et ridicules. Elle fait la mijaurée. Voyez un peu cette mijaurée. Il est familier.

MIJOTER . v. a.
• .Cuisine. Faire cuire doucement et lentement. Mijoter du boeuf à la mode. Mijoter de la soupe.
• MIJOTER, se prend aussi, familièrement, dans le même sens que Mignoter. Mijoter un enfant. On l'emploie avec le pronom personnel. Il aime à se mijoter. Il est peu usité.
• MIJOTÉ, ÉE. participe

MIL . adj. numéral
• Voyez MILLE.

MIL .s.m.
• (Il faut mouiller l'L.) Plante graminée qui porte une graine fort petite, à laquelle on a donné le même nom. Le mil est une céréale. Semer du mil. Un grain de mil. On dit plus ordinairement, Millet.

MILAN .s.m.
• Oiseau de proie à queue fourchue. Un milan qui plane. Les perdreaux craignent le milan.

MILIAIRE . adj.des deux genres
• T. d'Anat. et de Médec. Qui ressemble à des grains de mil. Glandes miliaires.
• Éruption miliaire, Éruption de très-petits boutons. Fièvre miliaire, Fièvre accompagnée d'une éruption miliaire.

MILICE . s. f.
• L'art et l'exercice de la guerre. Dans ce sens il a vieilli, et ne se dit qu'en parlant Des anciens. Végèce a écrit sur la milice des Romains.
• Fig. et en termes de l'Écriture sainte, La vie de l'homme est une milice continuelle.
• MILICE, est aussi collectif, et signifie, Un corps de troupes, une armée. En ce sens, il ne s'emploie guère que dans le style soutenu. Une si vaillante milice lui promettait la victoire. Ce capitaine perdit, dans telle bataille, la fleur de sa milice.
• Il s'est dit particulièrement Des levées de bourgeois et de paysans, faites par la voie du sort, soit pour recruter l'armée, soit pour former des régiments provinciaux qu'on ne réunissait que dans certaines occasions. En ce sens, il est opposé à Troupes réglées, et s'emploie souvent au pluriel. On réunit les milices pour résister à l'invasion. Cette forteresse n'avait point de troupes réglées, elle fut défendue par la milice. La garde nationale mobile, la landwehr, sont des espèces de milices. Tirer au sort pour la milice, ou simplement, Tirer à la milice. Tomber à la milice. Officier, sergent, soldat de milice.
• Fig. et fam., Soldat de la milice, Homme qui n'a aucun avancement dans sa condition.
• Fig. et poét., Les milices célestes, Les anges.

MILICIEN .s.m.
• Soldat de milice.

MILIEU .s.m.
• Le centre d'un lieu, l'endroit qui est également distant de la circonférence, des extrémités. Voici le milieu de la place. Nous voici justement au milieu, dans le milieu. Couper un fruit par le milieu.
• Le point milieu, Le point du milieu. Dans cette expression, Milieu est employé adjectivement.
• MILIEU, se dit souvent, dans une acception moins rigoureuse, de Tout endroit qui est éloigné de la circonférence, des extrémités. Cette ville est située au milieu de la France, dans le milieu de la France. Le tonnerre tomba au milieu de l'église, au milieu de la cour. Quand ils furent au milieu du chemin, au milieu du bois. Un homme se leva du milieu de l'assemblée. Se trouver au milieu de la foule. La rivière passe au milieu de la ville. Il prit son adversaire par le milieu du corps.
• Fam. et par exagér., Au beau milieu, Tout au milieu. Elle est tombée au beau milieu de la rue.
• Cette langue de terre s'avance au milieu de la mer, Elle entre bien avant dans la mer. Ce bras de mer s'avance au milieu des terres, Il entre bien avant dans les terres. L'aigle s'élève au milieu des airs, Il s'élève à une distance considérable de la terre. Etc.
• Fig., Au milieu des hommes, Dans le monde, dans la société de nos semblables. Nous sommes destinés à vivre au milieu des hommes.
• MILIEU, se dit aussi Du point qui est également éloigné des deux termes d'un espace de temps. Vers le milieu de la nuit. Sur le milieu du jour.
• Être au milieu de l'été, de l'hiver, etc., Être dans un temps à peu près également éloigné du commencement et de la fin de l'été, de l'hiver, etc.
• Poétiq., Le soleil était au milieu de son cours, la nuit était au milieu de sa course, Il était à peu près midi, à peu près minuit.
• MILIEU, se dit aussi en parlant Des ouvrages prononcés ou écrits, par rapport à leur commencement et à leur fin. Ce passage se trouve au milieu, dans le milieu, vers le milieu du livre. Le milieu de son discours est fort beau. Il fut interrompu, il demeura court au milieu, au beau milieu de sa harangue. Il se leva au milieu du sermon.
• Se dit également en parlant Des choses morales; mais alors il ne s'emploie guère qu'avec l'article au, et pour signifier, Dans, parmi. Il a été élevé au milieu des grandeurs. Il vit au milieu des plaisirs. Au milieu des affaires, au milieu des plus grandes affaires, il trouve des moments à donner à ses amis. Il a péri au milieu de ses succès, de ses victoires.
• Fam., Au milieu de tout cela, Parmi tout cela, avec tout cela, nonobstant tout cela. C'est un homme qui, au milieu de tout cela, ne laisse pas d'être à plaindre. Au milieu de tout cela, je voudrais le pouvoir servir.
• MILIEU, en Morale, signifie, Ce qui est également éloigné des extrémités vicieuses. La vertu se trouve dans un juste milieu. La libéralité tient le milieu entre la prodigalité et l'avarice. Il faut savoir en tout garder le milieu, le juste milieu, un juste milieu. Trouver, saisir, prendre le milieu entre les extrêmes, c'est être sage.
• MILIEU, se dit, figurément, d'Un certain tempérament qu'on prend dans les affaires pour accommoder des intérêts différents, pour concilier des esprits opposés. Il faut chercher quelque milieu. Essayez de trouver quelque milieu pour contenter l'un et l'autre.
• Il n'y a point de milieu, ou seulement, Point de milieu, Il faut absolument prendre un des deux partis qui sont proposés, il n'y a point de terme moyen à chercher. Point de milieu, il faut se rendre ou combattre.
• MILIEU, en termes de Physique, se dit de Tout corps, soit solide, soit fluide, qui peut être traversé par la lumière ou par un autre corps. La lumière se rompt différemment en traversant différents milieux. Milieu rare. Milieu dense.
• Se dit aussi Du fluide qui environne les corps. L'air est le milieu dans lequel nous vivons. L'eau est le milieu où vivent les poissons.

MILITAIRE . adj.des deux genres
• Qui concerne la guerre, qui est relatif ou propre à la guerre. L'art militaire. La discipline militaire. Gloire militaire. Exploits militaires. Fonctions, emplois, grades militaires. Récompense, punition militaire. Il a de grands talents militaires. Il parlait avec une éloquence toute militaire.
• Justice militaire, Celle qui s'exerce parmi les troupes, suivant des lois spéciales, suivant le code militaire.
• Exécution militaire, La peine de mort infligée aux soldats pour délit militaire. C'est là que se font les exécutions militaires. Se dit aussi Des violences qu'on exerce militairement dans un pays, pour punir les habitants de leur résistance, ou pour les contraindre à quelque chose. Menacer un pays d'exécution militaire. On a contraint les habitants, par exécution militaire, à payer contribution.
• Architecture militaire, L'art de fortifier les places.
• Testament militaire, Testament fait à l'armée, et dans lequel on est dispensé d'observer la plupart des formalités ordinaires.
• MILITAIRE, s'emploie quelquefois par opposition à Civil. Il s'est montré également propre aux emplois civils et aux emplois militaires. Les autorités civiles et les autorités militaires.
• Les ordres religieux et militaires, Les ordres religieux dont les membres font voeu de combattre les infidèles.
• MILITAIRE, s'emploie souvent comme substantif masculin, et signifie alors, Un homme de guerre. C'est un bon militaire. On a donné des récompenses à tous les vieux militaires.
• Il signifie aussi, quelquefois, La totalité des gens de guerre. L'esprit du militaire est généralement bon dans cette province. Cette ordonnance déplut au militaire.

MILITAIREMENT . adv.
• D'une manière militaire. Agir militairement. Juger militairement. Exécuter militairement un bourg, un village.

MILITANTE . adj. f.
• .Théol. Qui combat. Il ne s'emploie que figurément et dans cette locution, L'Église militante, L'assemblée des fidèles sur la terre; par opposition à L'Église triomphante, L'assemblée des fidèles dans le ciel.

MILITER . v. n.
• Combattre. Il ne s'emploie que figurément, et n'est guère usité que dans les débats judiciaires, où l'on dit, par exemple, Cette raison, cet argument milite pour moi, ne milite point contre moi, Cette raison, cet argument est en ma faveur, n'est pas à mon désavantage.

MILLE . adj. numéral des deux genres
• Il ne prend point la marque du pluriel. (Les deux L ne se mouillent pas dans ce mot, ni dans ses dérivés.) Dix fois cent. Mille hommes. Mille chevaux. Mille navires. Mille écus. Dizaine de mille. Centaine de mille. Dix mille hommes. Les Mille et une Nuits. Dans la date ordinaire des années, quand Mille est suivi d'un ou de plusieurs autres nombres, on met ordinairement Mil. Ainsi on écrit, L'an mil sept cent, pour L'an mille sept cent, etc.
• MILLE, se dit quelquefois pour Un nombre incertain, mais fort grand. Mille personnes l'ont vu. Mille témoignages, mille preuves se réunissent contre lui. Il y en a mille et mille. Il lui a donné mille coups. J'ai mille affaires. Mille chimères lui passent par la tête. Il y a mille et mille choses à dire là-dessus. Je vous en rends mille grâces. Je vous ai dit cela mille fois. On a dit cela mille et mille fois. Mille gens l'ont fait, ou elliptiquement, Mille l'ont fait, mille pourraient le faire.
• Il se prend quelquefois substantivement. Mille multiplié par vingt, par cent, donne tant. On dit aussi quelquefois: Le nombre mille. Numéro mille.

MILLE .s.m.
• Mesure itinéraire, dont l'étendue diffère selon les pays, et dont on se sert principalement en Angleterre et en Italie. Il y a un mille de ce lieu-là à tel autre. Ce cheval fait tant de milles par heure. Il courut dix milles. Mille d'Italie. Mille d'Angleterre. Le mille d'Allemagne équivaut à près de deux lieues de France.

MILLE-FEUILLE . s. f.
• Plante de la famille des Radiées, ainsi nommée parce que ses feuilles sont découpées très-menu. On l'appelle aussi vulgairement Herbe à la coupure, Herbe au charpentier, ou Herbe militaire, parce qu'elle est vulnéraire, et propre à arrêter le sang qui coule d'une blessure.

MILLE-FLEURS . Substantif
• qui ne s'emploie que dans ces locutions: Rossolis de mille-fleurs, Sorte de rossolis, dans la composition duquel il entre quantité de fleurs distillées. Eau de mille-fleurs, Urine de vache reçue dans un vase pour être prise en remède. Eau de mille-fleurs, huile de mille-fleurs, Eau, huile extraite de la bouse de vache, par distillation.

MILLÉNAIRE . adj.des deux genres
• (Les deux L se font sentir, et ne se mouillent pas.) Qui contient mille. Le nombre millénaire.
• S'emploie substantivement, au masculin, en termes de Chronologie, pour signifier, Dix siècles ou mille ans. Dans le premier millénaire. Le premier, le second millénaire.
• MILLÉNAIRE subst. se dit aussi de Sectaires chrétiens qui croyaient qu'après le jugement universel, les élus demeureraient mille ans sur la terre à jouir de toute sorte de plaisirs. La secte des millénaires.

MILLE-PERTUIS .s.m.
• .Bot. Plante ainsi nommée parce que, en la regardant au soleil, on voit sur ses feuilles quantité de petits points transparents qui paraissent autant de trous.

MILLE-PIEDS .s.m.
• T. d'Entomologie. Nom d'une famille d'insectes qui ont un très-grand nombre de pieds. Les scolopendres, les iules, sont de la famille des mille-pieds, sont des mille-pieds.

MILLÉPORE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Genre de polypiers pierreux, dont la surface est creusée d'une multitude de pores.

MILLÉSIME .s.m.
• (On fait sentir les deux L.) L'ensemble des chiffres qui marquent l'année sur les médailles, monnaies et monuments, depuis que les années de l'ère vulgaire sont arrivées au nombre de mille. On ignore en quelle année cette médaille a été frappée, car le millésime n'y est pas, le millésime est tout effacé.
• Se dit, par extension, en parlant Des médailles frappées avant l'an mille. Le millésime de cette médaille fait connaître qu'elle fut frappée l'année du couronnement de Charlemagne.

MILLET .s.m.
• (On mouille les L.) Il est synonyme de Mil. Semer du millet. Un grain de millet. Farine de millet.
• Prov., fig. et pop., C'est un grain de millet dans la gueule d'un âne, se dit Lorsque ce qu'on donne à quelqu'un n'est pas à beaucoup près suffisant pour ses besoins.

MILLIAIRE . adj.des deux genres
• Se dit Des bornes, des pierres, etc., placées de distance en distance, sur les grands chemins, pour indiquer les milles, les lieues, etc. Borne, colonne, pierre milliaire.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le premier, le second milliaire est à tel endroit.
• Milliaire doré, Colonne qu'Auguste fit élever au milieu de Rome, et d'où l'on commençait à compter les milles pour tous les grands chemins de l'empire.

MILLIARD .s.m.
• Mille fois un million, ou dix fois cent millions.
• Se dit très-souvent absolument, en termes de Finances, d'Un milliard de livres ou de francs. La dette de cet État est de plusieurs milliards.

MILLIASSE . s. f.
• Terme de dénigrement, qui signifie, Un fort grand nombre. Il y avait dans les rues de cette ville une milliasse de mendiants. Dans cette vieille maison il y a une milliasse de fourmis, de rats. Sur le bord de cet étang, il y a des milliasses de moucherons. Il est familier.

MILLIÈME . adj.des deux genres
• Nombre ordinal qui complète le nombre de mille. Il est le millième. La millième année après la naissance de JÉSUS-CHRIST.
• Se dit aussi D'une des parties d'un tout que l'on suppose composé de mille parties. En ce sens, il s'emploie souvent par exagération. Si j'avais la millième partie de son bien, je serais assez riche. De tout ce qu'il vous dit là, il n'y a pas la millième partie de vrai.
• Il est quelquefois substantif masculin; et alors il signifie, La millième partie. Il est intéressé dans cette affaire pour un millième. Cinq millièmes.

MILLIER .s.m.
• Nom de nombre collectif contenant mille. Un millier d'épingles, de tuiles, de clous, de fagots, d'échalas, d'arbres à planter, d'écus.
• Un millier de foin, de paille, Un millier de bottes de foin, de paille.
• MILLIER, signifie aussi, Mille livres pesant. Cette cloche pèse dix milliers. Une charrette qui porte deux milliers. Un millier de fer, de cuivre, etc.
• MILLIER, se dit encore pour exprimer Un nombre indéterminé, mais considérable. Je connais un millier de gens qui pensent ainsi. Je pourrais vous en citer un millier d'exemples. Il y a des milliers d'hommes qui ne savent comment vivre. Je vois dans cette affaire des milliers d'inconvénients.
• À MILLIERS, PAR MILLIERS. loc. adverbiales, En très-grand nombre. On en trouve à milliers, par milliers.

MILLIMÈTRE .s.m.
• (On fait sentir les deux L.) Nouvelle mesure de longueur, la millième partie du mètre. Cinq mètres deux cent quarante-sept millimètres. Une épaisseur de douze millimètres.

MILLION .s.m.
• Mille fois mille, ou dix fois cent mille. On compte en France environ trente-deux millions d'habitants. Un million d'écus valait trois millions de livres tournois.
• Se dit très-souvent absolument, en termes de Finances, d'Un million de livres ou de francs. Il a deux millions de bien. On lui a compté un million.
• Fam., Être riche à millions, Être extrêmement riche. On dit de même, Cet homme est si riche, qu'il ne compte que par millions.
• MILLION, signifie aussi, Un nombre indéterminé, mais fort considérable; et alors il se dit ordinairement par exagération. J'ai ouï dire cela un million de fois. Je vous rends un million de grâces.

MILLIONIÈME . adj. numéral des deux genres
• Nombre ordinal qui complète le nombre d'un million.
• Se dit aussi Des parties d'un tout que l'on suppose composé d'un million de parties. La millionième partie.
• Il est quelquefois substantif masculin, dans le même sens. Un millionième. Trois millionièmes.

MILLIONNAIRE . adj.des deux genres
• Qui possède des millions, qui est extrêmement riche. Cet homme est devenu millionnaire.
• S'emploie aussi comme substantif. C'est un millionnaire.

MILORD .s.m.
• Voyez LORD. On dit, figurément et populairement, D'un homme riche, C'est un milord.

MIME .s.m.
• Espèce de comédie, chez les Romains: le sujet et l'action en étaient, le plus souvent, bouffons et libres jusqu'à l'obscénité. Il ne nous reste que des fragments des anciens mimes joués à Rome.
• Se dit également Des acteurs qui représentaient ces sortes de pièces.
• C'est un bon mime, se dit D'un homme qui a le talent d'imiter, de contrefaire d'une manière plaisante, l'air, l'action, le langage d'autres personnes. On dit aussi, adjectivement, Il est mime.

MIMIQUE . adj.des deux genres
• Qui concerne les mimes. Pièce mimique. Poëte mimique. Jeux mimiques. On dit quelquefois substantivement, Un mimique, Un auteur de mimes.
• Il signifie aussi, Qui imite, qui exprime par le geste. Action mimique. Signes mimiques. Langage mimique.

MIMIQUE . s. f.
• Art d'imiter, de peindre par le geste. La mimique est le principal moyen de transmettre des idées aux sourds-muets.

MIMOSA . s. f.
• .Bot. Nom latin de la sensitive. On l'applique à un genre nombreux de plantes légumineuses qui donnent des signes évidents d'irritabilité. Une belle mimosa.

MINAGE .s.m.
• Droit que l'on prenait sur les grains qui se vendaient au marché. Ce seigneur avait droit de minage.

MINARET .s.m.
• Tour élevée auprès d'une mosquée et faite en forme de clocher, du haut de laquelle on appelle le peuple à la prière, et d'où l'on annonce les heures.

MINAUDER . v. n.
• Faire certaines mines, affecter certaines manières pour plaire et paraître plus agréable. Cette femme ne fait que minauder.

MINAUDERIE . s. f.
• Action de minauder, défaut d'une personne qui minaude. Elle fait sa principale occupation de la minauderie. Elle est d'une minauderie insupportable.
• Se dit aussi Des mines et des manières affectées. En ce sens, il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Je n'aime point toutes ces minauderies.

MINAUDIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui est dans l'habitude de faire de petites mines affectées. Se dit principalement Des femmes. C'est une minaudière, un minaudier.
• Il est aussi adjectif. Une femme minaudière. Elle est trop minaudière. Figure minaudière.

MINCE . adj.des deux genres
• Qui a fort peu d'épaisseur. Étoffe mince. Cette doublure est bien mince. Cette lame d'argent est fort mince. Couper des tranches de pain trop minces.
• Prov., Mince comme la langue d'un chat, Extrêmement mince.
• MINCE, signifie figurément, Faible, peu considérable, médiocre. Revenu mince. Mince héritage. Il nous a donné un mince dîner. Mérite, esprit mince. Mince savoir. Noblesse mince. Rien de si mince que sa personne.
• Cet homme a la mine bien mince, Il a l'air d'un homme de peu de considération, de peu de mérite. On dit, dans un sens analogue, C'est un homme bien mince, un homme de mince étoffe.
• En termes de Tactique, L'ordre mince, par opposition à L'ordre profond. Voyez ORDRE.

MINE . s. f.
• L'air qui résulte de la conformation extérieure de la personne, et principalement du visage. Bonne, mauvaise, méchante mine. Grande, petite mine. Mine fière. Mine insolente. Mine basse, ignoble. Il n'a pas de mine. Il a la mine fausse, trompeuse, hypocrite. Cette femme a une jolie mine. Il a la mine guerrière, la mine d'un homme de guerre, la mine patibulaire, toute la mine d'un pendard, d'un vaurien. Il fait triste mine. On se trompe souvent à la mine. Il ne faut pas toujours juger des gens à la mine, par la mine, sur la mine. On connaît, on voit à sa mine que c'est un méchant sujet.
• Homme, femme de bonne mine, Homme, femme d'une figure agréable, d'un extérieur avantageux.
• Homme de mauvaise mine, Homme mal vêtu, dont l'habillement et l'extérieur peuvent exciter des inquiétudes.
• Fam., Payer de mine, Avoir un bel extérieur, mais peu de mérite. Il paye de mine, mais au fond c'est un sot. Se dit quelquefois D'une personne qui est malade, mais qui conserve l'apparence de la santé. Je paye de mine, mais je ne me porte pas bien.
• Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, bonne mine, mauvaise mine, Avoir l'apparence d'une bonne, d'une mauvaise santé.
• Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, signifie quelquefois, Avoir l'apparence d'un bon, d'un mauvais caractère.
• Fam., Avoir la mine d'être riche, d'être un peu fou, etc., en avoir toute la mine, Paraître tel.
• Fam., Avoir la mine d'avoir fait, de vouloir faire une chose, Avoir un air, un maintien qui le fait conjecturer. Vous avez la mine, vous m'avez bien la mine d'avoir passé la nuit au bal. On le dit figurément Lorsque, par la connaissance qu'on a des habitudes, du caractère, de l'esprit d'un homme, on juge qu'il a fait ou qu'il fera telle chose. Il a bien la mine de se peu soucier de ce qui pourra arriver.
• Fam., Porter la mine de, Avoir l'air de. Cela ne se dit guère qu'en mauvaise part. Il porte la mine d'un fripon.
• MINE, signifie aussi, La contenance que l'on prend, l'air qu'on se donne, dans une intention quelconque. Faire bonne mine, mauvaise mine. Il a pris cette mine riante, cette mine sévère que vous lui connaissez. Il a pris sa mine agréable. Affecter une mine grave. Toute sa vertu consiste en mines et en paroles.
• Faire mine de quelque chose, En faire semblant. Il fait mine d'en être content. Il a fait mine de vouloir s'en aller, de vouloir se retirer.
• Faire bonne mine, mauvaise mine à quelqu'un, Lui faire un bon, un mauvais accueil.
• Fam., Faire triste mine, grise mine, froide mine à quelqu'un, Lui faire mauvais visage, le recevoir froidement.
• Fam., Faire la mine à quelqu'un, Lui témoigner qu'on est mécontent de lui. Qu'a-t-il donc à nous faire la mine? Il nous fait la mine.
• Fam., Il fait une laide mine, Il fait une vilaine grimace.
• Fam. et absol., Faire la mine, Faire la grimace.
• Prov. et fig., Faire bonne mine à mauvais jeu, Dissimuler adroitement, et cacher le mécontentement qu'on a, le mauvais état où l'on est.
• MINE, se dit, familièrement, de Certains mouvements du visage, de certains gestes qui ne sont pas naturels; et alors on l'emploie surtout au pluriel. Faut-il tant faire de mines et de façons? À quoi bon toutes ces mines? Cette femme fait bien des mines.
• Faire des mines à quelqu'un, Lui faire des signes pour lui faire entendre une chose qu'on ne peut pas ou qu'on ne veut pas lui dire autrement. J'ai eu beau lui faire des mines, il ne m'a pas compris.
• Faire des mines à quelqu'un, signifie aussi, L'agacer par des regards affectés, par des mouvements de visage particuliers. Cet homme fait des mines à toutes les femmes. Avez-vous vu les mines qu'elle lui a faites?
• MINE, se dit aussi de La bonne ou mauvaise apparence de quelque chose. Un mets qui a bonne mine, qui a mauvaise mine.

MINE . s. f.
• Lieu souterrain où gisent, et d'où l'on peut extraire en grand, des métaux, des minéraux, et certaines pierres précieuses. Une mine d'or, d'argent, de cuivre, d'étain, de charbon de terre, de sel gemme, etc. Une mine de diamants, de rubis. Une mine riche, pauvre. Trouver, découvrir, ouvrir, fouiller, exploiter une mine. La France est riche en mines de fer. École des mines.
• Se dit quelquefois, plus particulièrement, de La cavité souterraine pratiquée pour extraire ce qu'une mine contient. Travailler aux mines, dans les mines. Descendre dans une mine. Les galeries d'une mine. La mine s'éboula sur les ouvriers.
• Se dit aussi Des métaux et des minéraux encore mêlés avec la terre, avec la pierre de la mine. Voilà de la mine d'or, d'argent, de cuivre. De la pierre de mine.
• Mine de plomb, ou Plombagine, La pierre dont on fait les crayons de couleur de plomb. Dessiner à la mine de plomb, ou simplement à la mine.
• MINE, se dit quelquefois figurément, au sens moral. Ce sujet est une mine féconde de beautés poétiques.
• C'est une mine de savoir, d'érudition, C'est un homme très-savant, très-érudit.
• MINE, se dit encore d'Une cavité souterraine pratiquée sous un bastion, sous un rempart, dans un roc, etc., pour le faire sauter par le moyen de la poudre à canon. Charger, faire jouer une mine. Mettre le feu à une mine. Les troupes étaient en bataille, attendant l'effet de la mine. La mine emporta l'angle du bastion et fit une brèche praticable. La mine bouleversa la tête de la sape.
• Le puits de la mine, L'ouverture qu'on fait en terre à la profondeur de l'entrée des galeries de mine qu'on veut pratiquer. La chambre ou le fourneau de la mine, Le lieu destiné à recevoir la charge de la mine. Le saucisson de la mine, Le rouleau de toile rempli de poudre, dont on se sert pour mettre le feu à la charge de la mine. L'entonnoir de la mine, Le trou que forme la mine quand elle saute.
• Éventer la mine, Découvrir le lieu où elle est pratiquée, et en empêcher l'effet. Les assiégés éventèrent la mine. La mine fut éventée.
• Fig. et fam., Éventer la mine, Pénétrer un dessein secret, et empêcher par là qu'il ne réussisse.

MINE . s. f.
• Ancienne mesure contenant la moitié d'un setier. Faire étalonner une mine.
• Il signifie aussi, Ce qui est contenu dans la mine. Mine de froment, de blé, de sel. Ces chevaux ont mangé une mine d'avoine.

MINE . s. f.
• T. d'Antiquité. Monnaie qui valait cent drachmes chez les Athéniens, et deux cent quarante chez les Hébreux. Une mine hébraïque. Une mine attique.

MINER . v. a.
• Faire, pratiquer une mine sous un ouvrage de fortification, dans un roc, etc. Miner un bastion. Les ennemis avaient miné leur demi-lune avant de l'abandonner.
• Il signifie aussi, Creuser, caver lentement. L'eau mine la pierre. Le courant de la rivière a miné les piles de ce pont. La Marne mine peu à peu ses bords.
• Il signifie figurément, Consumer, détruire, ruiner peu à peu. Cette maladie le mine. Le chagrin le mine. Le temps mine tout. Il a des dettes qui le minent.
• MINÉ, ÉE. participe

MINERAI .s.m.
• Il est synonyme de Mine, dans le sens de Métal tel qu'on le retire de la mine. Un minerai rebelle. Un minerai fusible. Laver, écraser, broyer, fondre le minerai. Cependant on ne dit point, Un minerai d'or, un minerai de cuivre; il faut dire, Une mine d'or, une mine de cuivre.
• Se dit plus exactement, en Chimie, Des espèces métalliques qui résultent de la combinaison d'un métal avec un minéralisateur.

MINÉRAL .s.m.
• Se dit Des corps non vivants et non organisés qui se trouvent dans l'intérieur de la terre ou à sa surface, tels que les pierres, les métaux, les substances inflammables, les sels et les pétrifications. Des échantillons de minéraux.

MINÉRAL
, ALE. adj.
• Qui appartient aux minéraux, qui tient des minéraux. Matière, substance minérale. Sel, charbon, cristal minéral.
• Le règne minéral, L'ensemble des objets compris sous le nom de Minéraux.
• Eau minérale, Eau dans laquelle un ou plusieurs minéraux sont en dissolution.

MINÉRALISATEUR .s.m.
• .Chimie et de Minéralogie. Se dit Des substances qui, par leur combinaison avec les matières métalliques, en changent beaucoup les caractères extérieurs. L'oxygène, les acides, le soufre, l'arsenic, sont les minéralisateurs les plus ordinaires.

MINÉRALISATION . s. f.
• .Chimie et de Minéralogie. Action, opération par laquelle les métaux se combinent avec les diverses substances qu'on nomme Minéralisateurs.

MINÉRALISER . v. a.
• .Chimie et de Minéralogie. Se dit Des substances qui, se combinant avec les matières métalliques, en changent beaucoup les caractères extérieurs.
• MINÉRALISÉ, ÉE. participe, Plomb minéralisé par le soufre.

MINÉRALOGIE . s. f.
• Partie de l'histoire naturelle qui traite des minéraux. Traité, ouvrage de minéralogie.

MINÉRALOGIQUE . adj.des deux genres
• Qui concerne la minéralogie. Carte minéralogique.

MINÉRALOGISTE .s.m.
• Celui qui possède la science des minéraux. C'est un savant minéralogiste.

MINERVE . s. f.
• Nom propre devenu nom commun dans le sens de Tête, de cervelle. Il a tiré cela de sa minerve. C'est tout ce que j'ai pu tirer de ma minerve. Il est familier.

MINET
, ETTE. s.
• Petit chat, petite chatte. Le minet joue avec le chien. Voilà une jolie petite minette. Il est familier.

MINEUR .s.m.
• Celui qui fouille la mine pour en tirer la matière minérale.
• In signifie aussi, Celui qui est employé aux travaux des mines pratiquées pour l'attaque ou la défense des places. Attacher le mineur à un bastion. Le trou du mineur. Une compagnie de mineurs. Capitaine de mineurs. On emploie souvent les mineurs aux travaux des fortifications.

MINEUR
, EURE. adj. comparatif
• Moindre, plus petit. On ne l'emploie en ce sens que dans les expressions ou dénominations suivantes:
• En Géographie, L'Asie Mineure, Partie occidentale de l'Asie.
• En Matière ecclésiastique, Les quatre ordres mineurs, ou substantivement, Les quatre mineurs, Les quatre petits ordres, qui sont ceux de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte. Excommunication mineure, Excommunication qui prive de la participation aux sacrements, et du droit de pouvoir être élu ou présenté à quelque bénéfice, à quelque dignité ecclésiastique; par opposition à Excommunication majeure.
• Frères mineurs, Religieux nommés autrement Cordeliers.
• En Musique, Tierce mineure, Tierce composée d'un ton et d'un semi-ton. Ré fa est une tierce mineure. On appelle également Sixte mineure, Un intervalle tel que celui de mi à ut, et Septième mineure, Un intervalle tel que celui de mi à ré. On appelle encore Ton ou mode mineur, Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures. Ton de la, mode mineur. On dit dans le même sens, Un air en mineur; passer du mineur au majeur, du majeur au mineur: alors Mineur est employé substantivement.
• MINEUR, signifie aussi, en Jurisprudence, Qui n'a point atteint l'âge prescrit par les lois pour disposer de sa personne, de son bien. Enfant mineur. Fille mineure. En Normandie, on cessait d'être mineur à vingt ans et un jour. Le roi était alors mineur.
• Il est aussi substantif dans le même sens. Un mineur. Faire le profit d'un mineur. Émanciper une mineure. C'est le droit des mineurs.

MINEURE . s. f.
• .Logique. La seconde proposition d'un syllogisme. Nier, accorder, prouver, distinguer la mineure, une mineure.
• MINEURE, se dit aussi de La thèse que les étudiants en théologie soutenaient durant le cours de la licence, et dans laquelle il ne s'agissait ordinairement que de théologie positive. On appelait cet acte Mineure, parce que c'était le plus court de tous ceux qu'on soutenait pendant la licence. Soutenir une mineure. Faire sa mineure. On le nommait aussi Mineure ordinaire.

MINIATURE . s. f.
• (On prononce ordinairement Mignature.) Sorte de peinture délicate qui se fait à petits points ou à petits traits, avec des couleurs très-fines délayées à l'eau gommée. Portrait en miniature. Peintre en miniature. On pointille la miniature.
• Se dit quelquefois, figurément, Des ouvrages de littérature faits dans de petites proportions. C'est une histoire en miniature. Il a donné une description en miniature de toutes les parties du globe.
• MINIATURE, signifie aussi, Un tableau, un portrait peint en miniature. Voilà une jolie miniature.
• Se dit, figurément, d'Un objet d'art de petite dimension, et travaillé avec délicatesse. Cette boîte est une vraie miniature.
• Se dit aussi d'Une personne petite et délicate. C'est une miniature, c'est une jolie petite miniature.

MINIATURISTE .s.m.
• Peintre en miniature. C'est un bon miniaturiste.

MINIÈRE . s. f.
• La terre, le sable ou la pierre dans lesquels on trouve et d'où l'on tire un métal ou un minéral. Minière d'or. Il y a quantité de minières dans ce pays-là. Cela sort de la minière. Il y avait autrefois un surintendant des mines et minières de France.

MINIME . adj.des deux genres
• Très-petit, très-peu considérable. Objet minime, d'un intérêt minime, d'une valeur minime.

MINIME . s. f.
• Il se disait, dans l'ancienne Musique, de La note qu'on appelle aujourd'hui Blanche.

MINIME .s.m.
• Religieux de l'ordre de Saint-François de Paule. Couvent de minimes.

MINIMUM .s.m.
• (On prononce Minimome.) .Math. emprunté du latin. Le plus petit degré auquel une grandeur puisse être réduite.
• Se dit aussi, dans le langage ordinaire, et par opposition à Maximum, de La plus petite somme dans l'ordre des sommes dont il s'agit. Le minimum des pensions de ce grade est de cinq cents francs. Il n'a été condamné qu'au minimum de l'amende.
• Se dit aussi de La moindre des peines que la loi inflige pour un crime, pour un délit. On lui appliqua le minimum de la peine.

MINISTÈRE .s.m.
• L'emploi, la charge qu'on exerce. Satisfaire aux obligations, remplir les devoirs de son ministère. Cela n'est pas de mon ministère. Se bien acquitter de son ministère. Abuser de son ministère. La sainteté de son ministère était encore relevée par l'éclat de ses vertus.
• Le ministère des autels, Le sacerdoce, les fonctions de prêtre. Se vouer au ministère des autels.
• Par extension, Le ministère de la parole, de l'éloquence, Les fonctions qui exigent le talent de l'orateur, telles que celles d'avocat, de prédicateur, etc.
• Ministère public, Magistrature établie près de chaque tribunal, pour y veiller au maintien de l'ordre public, et y requérir l'exécution et l'application des lois. La poursuite des crimes est réservée au ministère public. Le ministère public a soutenu l'accusation.
• MINISTÈRE, signifie aussi, L'entremise de quelqu'un dans une affaire, le service qu'il rend à une autre personne dans quelque emploi, dans quelque fonction. Si vous avez besoin en cela de mon ministère, vous n'avez qu'à parler. Il nous a offert, il nous a prêté son ministère. Vous pouvez compter sur son ministère.
• MINISTÈRE, signifie particulièrement, La fonction d'un ministre ayant un département, et Ce département même. Le ministère des affaires étrangères, des finances, de l'intérieur, de la guerre, de la marine. Les bureaux d'un ministère. Ces deux ministères ont été réunis en un seul.
• Il signifie aussi, Le temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre. Il s'est fait de grandes choses sous son ministère, pendant son ministère. Le ministère du cardinal de Richelieu, du cardinal Mazarin.
• Se dit, par extension, Du lieu où sont établis les bureaux d'un ministère, de l'hôtel destiné à l'habitation d'un ministre. Je vais au ministère des finances, de la marine.
• Se dit, collectivement, Du corps des ministres ayant département. Le ministère était opposé à cette proposition. Le ministère a été changé en totalité. Entrer au ministère.

MINISTÉRIEL
, ELLE. adj.
• Qui appartient, qui a rapport au ministère, qui est propre à un ministre. Politique ministérielle. Lettre, circulaire, opération ministérielle. C'est une tête ministérielle. Il affecte avec moi une réserve ministérielle, des airs ministériels.
• Il signifie aussi, Qui est partisan du ministère, dévoué au ministère. Un député ministériel. Le parti ministériel. Journal ministériel. Dans cette acception, il est quelquefois employé comme substantif. C'est un ministériel.
• Au Palais, Officiers ministériels, Officiers publics ayant qualité pour faire certains actes, tels que les notaires, les avoués, les huissiers, etc.

MINISTÉRIELLEMENT . adv.
• Dans la forme ministérielle. Il m'a répondu ministériellement. Ce commis fait l'important; il répond à tout le monde ministériellement.

MINISTRE .s.m.
• Celui dont on se sert pour l'exécution de quelque chose. Dans cette acception, il n'est guère usité qu'au sens moral. Être le ministre des passions d'autrui, le ministre de ses volontés, de ses vengeances.
• MINISTRE, se dit plus ordinairement de Ceux dont le prince a fait choix pour les charger des principales affaires de l'État, et pour en délibérer avec eux. Le roi l'a fait, l'a nommé ministre. Les ministres furent d'un avis unanime. Le ministre de l'intérieur, de la guerre, de la marine, des finances, des affaires étrangères, de la justice. Le ministre ayant le département de l'intérieur. Le ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur. Ministre à portefeuille. Président du conseil des ministres. Le premier ministre de telle cour.
• Ministres d'État, ministres sans portefeuille, Ministres qui n'ont pas de département, et qui ne sont appelés que pour le conseil.
• MINISTRE, se dit aussi Des ambassadeurs, des hauts agents diplomatiques, envoyés par les princes dans les cours étrangères. Les ministres étrangers jouissent de certains priviléges dans les cours où ils sont.
• Ministre plénipotentiaire, Celui qui a un plein pouvoir pour traiter quelque affaire importante.
• Les ministres de Dieu, de la parole de Dieu, de JÉSUS-CHRIST, de l'Évangile, de la religion; les ministres des autels, Les prêtres en général.
• Parmi les Luthériens et les Calvinistes, Ministre du saint Évangile, ou Ministre de la parole de Dieu, ou simplement Ministre, Celui qui fait le prêche. Les ministres calvinistes, luthériens, protestants, anglicans.

MINIUM .s.m.
• (On prononce Miniome.) .Chimie. Plomb uni à l'oxygène, oxyde rouge de plomb. Le minium s'obtient par la calcination du plomb dans un four.

MINOIS .s.m.
• Visage d'une jeune personne plus jolie que belle. Cette jeune fille a un joli minois, un joli petit minois. Il est familier.

MINON .s.m.
• Nom que les femmes et les enfants donnent quelquefois aux chats, quand ils les appellent.

MINORATIF .s.m.
• .Médec. et de Pharm. Remède qui purge doucement. La casse est un minoratif.
• S'emploie aussi adjectivement. Purgatif, remède minoratif.

MINORITÉ . s. f.
• Le petit nombre, par opposition à Majorité. La minorité des voix, des suffrages, des votants. La minorité des Français.
• Minorité d'une assemblée, La partie la moins nombreuse, qui combat certaines opinions, certaines mesures préférées par la partie la plus nombreuse. Il était de l'avis de la minorité. La minorité a gagné quelques voix. Les ennemis du ministère sont en minorité, en faible minorité dans cette assemblée.
• MINORITÉ, signifie aussi, L'état d'une personne mineure. Le privilége de la minorité est de faire déclarer nuls tous les actes que le mineur a faits à son préjudice.
• Il signifie aussi, Le temps pendant lequel on est mineur. Cela est arrivé pendant sa minorité. Durant la minorité du prince.
• Se dit, absolument, de La minorité des souverains. Durant la dernière minorité. Les minorités sont ordinairement des temps de troubles.

MINOT .s.m.
• Ancienne mesure de capacité, qui contenait la moitié d'une mine. Étalonner un minot. Le minot de Paris contenait un pied cube.
• Il signifie aussi, Ce qui est contenu dans le minot. Un minot de sel, de blé, d'avoine, de charbon, de chaux.
• Prov. et pop., Nous ne mangerons pas un minot de sel ensemble, Nous ne serons pas longtemps unis.

MINUIT .s.m.
• Le milieu de la nuit. Allez vous coucher, il est minuit. Minuit est sonné. En plein minuit. Jusqu'à minuit. Sur le minuit. Vers minuit. La messe de minuit. À minuit et demi. À minuit un quart. À l'heure de minuit. Minuit sonnant.

MINUSCULE . adj.des deux genres
• Il n'est usité que dans ces expressions, Lettre minuscule, caractère minuscule, Petite lettre.
• Il est aussi substantif féminin, et se dit Des petites capitales, par opposition à Majuscules ou Grandes capitales.

MINUTE . s. f.
• Petite portion de temps, qui forme la soixantième partie d'une heure. L'heure est composée de soixante minutes. La minute contient soixante secondes. Une minute et deux secondes. Une minute et demie. Une demi-minute. Un quart de minute. Il a fait ce trajet en cinq minutes. Compter les heures et les minutes. Quand on attend impatiemment des nouvelles, on compte jusqu'aux minutes.
• MINUTE, se prend souvent, dans la conversation, pour Un court espace de temps, qui n'est pas déterminé d'une manière précise. Il n'y a qu'une minute qu'il est parti. Je reviens dans une minute. Je suis à vous dans la minute. Je ne serai absent qu'une minute.
• Fam., C'est un homme à la minute, il est à la minute, Il est d'une grande exactitude.
• Côtelettes à la minute, Côtelettes grillées promptement et servies sur-le-champ.
• MINUTE, en termes d'Astronomie et de Géographie, signifie, La soixantième partie de chaque degré d'un cercle. Le diamètre du soleil se voit sous un angle de trente-deux minutes en hiver, et de trente et une en été. La terre, dans son mouvement diurne, fait quinze minutes de degré en une minute de temps.

MINUTE . s. f.
• Lettre, écriture extrêmement petite. Écrire en minute.
• Il signifie aussi, L'original, le brouillon de ce qu'on écrit d'abord pour en faire ensuite une copie, et le mettre plus au net. Faire la minute d'une lettre. Il ne fait point de minute de ses lettres, il n'en garde point les minutes.
• Se dit plus particulièrement de L'original des actes, qui demeure chez les notaires, et sur lequel s'expédient les copies qu'on appelle Grosses et Expéditions. La minute de ce contrat est chez le notaire un tel. La minute lui en est demeurée. C'est lui qui en garde la minute. Délivrer une grosse en parchemin sur la minute. On prétendait qu'il y avait une omission dans la grosse, il fallut avoir recours à la minute. Toutes les minutes doivent être sur papier timbré.
• Il signifie aussi, L'original des sentences, des arrêts, des procès-verbaux qui demeurent au greffe. La minute d'une sentence, d'un arrêt, d'un rapport d'experts.

MINUTER . v. a.
• Faire la minute d'un écrit qu'on se propose de mettre ensuite au net. Avez-vous minuté cet acte comme on vous a dit? Minuter une dépêche.
• Il signifie, figurément et familièrement, Projeter quelque chose pour l'accomplir bientôt. Il minute son départ, sa retraite. Il minutait de s'en aller. Il minute quelque chose. Il y a longtemps qu'il minutait de faire ce qu'il a fait. Dans ce sens, il est peu usité.
• MINUTÉ, ÉE. participe

MINUTIE . s. f.
• (On prononce Minucie.) Bagatelle, chose frivole, et de peu de conséquence. Il ne faut pas s'arrêter à des minuties. Ce sont des minuties grammaticales qui ne valent pas la peine qu'on y fasse attention. Ce que vous dites là est une minutie, n'est qu'une pure minutie.

MINUTIEUSEMENT . adv.
• D'une manière minutieuse. Observer, relever minutieusement les fautes d'un ouvrage.

MINUTIEUX
, EUSE. adj.
• Qui s'attache aux minuties, qui s'en occupe, et y donne trop d'attention. C'est un homme bien minutieux. Esprit minutieux.
• Se dit aussi Des choses. Recherches minutieuses. Soins minutieux. Attention, exactitude minutieuse.

MI-PARTI
, IE. adj.
• Composé de deux parties égales, mais dissemblables. Robe mi-partie d'écarlate et de velours noir, de blanc et de noir. Les échevins avaient des robes mi-parties. En termes de Blason, Écu mi-parti.
• MI-PARTI, signifie, au sens moral, Partagé en deux moitiés égales ou à peu près égales. Les avis sont mi-partis. L'opinion est mi-partie. Les électeurs étaient mi-partis.
• Chambres mi-parties, Chambres instituées par l'édit de Nantes, et ainsi nommées parce qu'elles étaient composées, par moitié, de juges catholiques et de juges protestants. Louis XIV supprima toutes les chambres mi-parties.

MIQUELET .s.m.
• Il se disait autrefois de Bandits espagnols qui vivaient dans les Pyrénées, principalement sur les frontières de la Catalogne et de l'Aragon. Les miquelets étaient fort à craindre pour les voyageurs. L'Espagne avait un corps de miquelets dans ses troupes.
• Se dit aujourd'hui de Soldats qui forment la garde particulière des capitaines généraux, ou gouverneurs de province, en Espagne.

MIRABELLE . s. f.
• Espèce de petite prune ronde, de couleur jaune. Mirabelle double ou dorée. Mirabelle commune.

MIRACLE .s.m.
• Acte de la puissance divine, contraire aux lois connues de la nature. Vrai, faux miracle. Miracle avéré. Le don des miracles. Opérer des miracles. Il a échappé à la mort comme par miracle.
• Se dit, par exagération, d'Une chose extraordinaire, d'une chose qui devait naturellement arriver, et qui cependant n'est pas arrivée. C'est un miracle qu'il n'ait pas été tué dans cette bataille. C'est un miracle qu'il se soit sauvé d'un si grand péril. C'est un miracle qu'il soit venu si vite, qu'il ait achevé si promptement cet ouvrage.
• Se dit aussi de Tout ce qui fait naître l'étonnement, l'admiration. Cette femme est un miracle de la nature, un miracle de beauté. Cette machine est un miracle de l'art.
• Fam., C'est un miracle de vous voir, se dit A une personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps.
• Fam., Il faut crier miracle, se dit Quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire, qui est opposée à ses habitudes, à son caractère.
• Fam., Voilà un beau miracle, se dit ironiquement À quelqu'un qui se vante d'une chose fort ordinaire; et, Vous avez fait là un beau miracle, À celui qui a fait une action maladroite.
• Fam., Faire des miracles en quelque occasion, Se signaler, se distinguer en quelque occasion.
• Fam., Cela se peut sans miracle, Cela est très-aisé. On dit aussi À une personne qui se vante après avoir fait une chose fort aisée, Il n'y a pas là de quoi crier miracle.
• À MIRACLE. loc. adv. Parfaitement bien. Cela est fait à miracle. La commission était difficile, il s'en est acquitté à miracle. Il est familier.

MIRACULEUSEMENT . adv.
• D'une manière miraculeuse, d'une manière surprenante, d'une manière admirable. Saint Pierre fut délivré miraculeusement de ses liens par un ange. Cet homme échappa miraculeusement du naufrage. Cet ouvrage est travaillé miraculeusement.

MIRACULEUX
, EUSE. adj.
• Qui s'est fait par miracle, qui tient du miracle. Effet, événement, fait miraculeux. Chose miraculeuse. On peut dire que sa guérison est miraculeuse.
• Il signifie aussi, Surprenant, merveilleux, admirable. Ouvrage miraculeux. Action miraculeuse.
• Il s'applique quelquefois Aux personnes, dans les deux sens. L'enfant miraculeux né pour la rédemption du genre humain. On trouve ce médecin miraculeux, mais je le crois un charlatan.

MIRAGE .s.m.
• Phénomène qui est l'effet de la réfraction, et qui fait paraître au-dessus de l'horizon les objets qui n'y sont pas. Dans la basse Égypte, le phénomène du mirage donne souvent à une plaine de sable l'apparence d'une grande étendue d'eau.

MIRE . s. f.
• Espèce de bouton placé vers le bout d'un fusil, d'un canon, et qui sert à mirer. La mire d'un canon, d'un fusil.
• Ce canonnier prend sa mire, Il pointe le canon, et prend sa visée pour faire que le coup porte où il veut.
• Point de mire, L'endroit où l'on veut que le coup porte.
• Fig., Point de mire, But auquel on tend. Cette dignité est le point de mire de beaucoup d'ambitieux.
• Coins de mire, Morceaux de bois qui servent à hausser ou à baisser un canon, un mortier.

MIRÉ . adj. m.
• .Chasse. Il n'est usité que dans cette locution, Sanglier miré, Vieux sanglier dont les défenses sont recourbées en dedans.

MIRER . v. a.
• Viser, regarder avec attention l'endroit où l'on veut que porte le coup d'une arme à feu, d'une arbalète, etc. Mirer le but. Mirer son gibier. S'emploie aussi absolument. Après avoir bien miré, il n'approcha pas seulement du but.
• Mirer des oeufs, Les regarder, en les plaçant entre son oeil et le jour, pour s'assurer qu'ils sont frais.
• Fig. et fam., Mirer une place, un emploi, Y aspirer, y viser.
• MIRER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie alors, Se regarder dans un miroir ou dans quelque autre chose qui renvoie l'image des objets qu'on lui présente. Se mirer dans l'eau. Mirez-vous. Après qu'elle se fut longtemps mirée.
• Par exagérat., On se mirerait dans ce parquet, Il est fort uni et fort luisant. On se mire dans cette vaisselle, Elle est très-nette et très-claire.
• Fig. et fam., Se mirer dans son ouvrage, Regarder son ouvrage avec complaisance.
• Prov. et fig., Se mirer dans ses plumes, Faire paraître une grande complaisance pour sa beauté et pour sa parure.
• MIRÉ, ÉE. participe

MIRLIFLORE .s.m.
• Jeune homme qui fait l'agréable, le merveilleux. Il est familier.

MIRLIROT .s.m.
• Voyez MÉLILOT.

MIRLITON .s.m.
• Espèce de flûte très-simple, formée d'un roseau bouché par les deux bouts, avec une pelure d'ognon ou avec un morceau de baudruche. Les enfants jouent du mirliton.

MIRMIDON .s.m.
• (Quelques-uns, pour se conformer à l'étymologie, écrivent, Myrmidon.) Nom de peuple qui est devenu un nom appellatif, par lequel on désigne avec mépris, avec raillerie, Un jeune homme de très-petite taille. Voilà un plaisant mirmidon.
• Se dit, figurément, de Ceux qui ont des prétentions exagérées et ridicules, qui font de vains efforts pour paraître supérieurs aux autres et à eux-mêmes. Des mirmidons en littérature. Ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils n'entendent pas. Il est familier dans ses deux acceptions.

MIROIR .s.m.
• Glace de verre ou de cristal, qui, étant enduite par derrière avec une feuille d'étain et du mercure, réfléchit l'image des objets qu'on lui présente. Grand miroir. Miroir de toilette, de poche. Miroir de cristal de roche. Bordure de miroir. Glace de miroir. Miroir de Venise. Se regarder dans un miroir. S'ajuster au miroir. Un miroir qui flatte, qui enlaidit, qui n'est pas fidèle. Cette femme est sans cesse devant son miroir. Dès que cette femme arrive quelque part, elle court au miroir.
• Se dit aussi de Tout corps poli qui, ne donnant point passage à la lumière, la réfléchit, et renvoie l'image des objets. Les anciens avaient des miroirs d'airain. Plusieurs des miroirs qui servent aux expériences de catoptrique sont de métal. Ce ruisseau, cette rivière lui offrait le miroir de ses eaux.
• MIROIR, se dit, figurément et au sens moral, de Ce qui représente une chose et la met en quelque sorte devant nos yeux. Cet homme est un miroir de vertu, de patience. Le théâtre, la comédie est un miroir où nous nous voyons souvent sans nous reconnaître. La satire présente son miroir aux hommes pour les faire rougir de leurs vices. Les yeux sont le miroir de l'âme. C'est vainement qu'on offre à des hommes prévenus le miroir de la vérité.
• Miroir ardent, Sorte de miroir, soit de verre, soit de métal, qui, étant exposé au soleil, en rassemble tellement les rayons dans un point appelé le foyer, qu'il brûle, presque en un moment, ce qui lui est présenté.
• En termes de Catoptrique, Miroir convexe, concave, prismatique, pyramidal, parabolique, cylindrique, conique, miroir à facettes, etc., Miroir dont les formes diverses sont indiquées par leurs noms mêmes, et qui altèrent différemment la forme apparente des objets.
• OEufs au miroir, OEufs qu'on fait cuire sur un plat enduit de beurre, sans les brouiller, et qu'on nomme aussi OEufs sur le plat.
• MIROIR, en termes de Chasse, Instrument monté sur un pivot et garni de petits morceaux de miroir, qui tourne au moyen d'un ressort, et qu'on expose au soleil, pour attirer par son éclat des alouettes et d'autres petits oiseaux. Prendre ou tirer des alouettes au miroir.
• MIROIR, en termes de Marine, Le cadre ou cartouche de menuiserie, placé à l'arrière du vaisseau, et chargé des armes du roi, quelquefois aussi de la figure qui donne son nom au vaisseau. Il est vieux en ce sens: on dit aujourd'hui, Tableau.
• MIROIR, en termes d'Eaux et Forêts, se dit Des places entaillées sur le tronc d'un arbre, et marquées avec le marteau.

MIROITÉ
, ÉE. adj.
• Se dit D'un cheval dont le poil véritablement bai présente des marques plus brunes ou plus claires qui rendent sa croupe en quelque façon pommelée, et qui la différencient en partie du fond de la robe. Cheval bai miroité. On dit aussi, Bai à miroir.

MIROITERIE . s. f.
• Commerce de miroirs.

MIROITIER .s.m.
• Marchand qui fait, répare et vend des miroirs.

MIROTON .s.m.
• .Cuisine. Mets composé de tranches de boeuf déjà cuites, qu'on assaisonne de différentes manières.

MISAINE . s. f.
• .Mar. Se dit Du mât d'avant, du mât qui est près du mât de beaupré; il se dit aussi Des objets qui en dépendent. Le mât de misaine. La voile de misaine, ou simplement, La misaine. La vergue de misaine. La hune de misaine.

MISANTHROPE .s.m.
• Celui qui hait les hommes. Timon d'Athènes était un véritable misanthrope.
• Se dit particulièrement d'Un homme bourru, chagrin, ennemi du commerce des autres hommes. C'est un misanthrope, un vrai misanthrope. La comédie du Misanthrope.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Il devient chaque jour plus misanthrope. Esprit misanthrope.

MISANTHROPIE . s. f.
• Haine des hommes, et, plus particulièrement, Caractère d'un homme bourru, chagrin, ennemi du commerce des autres hommes. Sa misanthropie le porte à désapprouver tout ce qui se fait.

MISANTHROPIQUE . adj.des deux genres
• Qui naît de la misanthropie, qui en a le caractère. Réflexion misanthropique. Chagrin misanthropique. Humeur misanthropique.

MISCELLANÉES .s.m. pl.
• Mot formé du latin. Recueil de différents ouvrages de science, de littérature, qui n'ont quelquefois aucun rapport entre eux. Cet auteur a donné d'excellents miscellanées. On dit plus ordinairement, Miscellanea ou Mélanges.

MISCIBILITÉ . s. f.
• T. didact. Qualité de ce qui peut se mêler, s'allier. La miscibilité des métaux.

MISCIBLE . adj.des deux genres
• T. didact. Qui a la propriété de se mêler avec quelque chose. L'huile n'est point miscible avec l'eau.

MISE . s. f.
• Ce qu'on met, soit dans une société de commerce, soit au jeu. Sa mise dans cette affaire est de cent cinquante mille francs. Il a fait à la loterie une mise de deux cents francs. Nous jouons petit jeu, la mise n'est que de cinq francs. Retirer sa mise. Doubler sa mise.
• Se dit également pour Enchère. La dernière mise est à tant. Ma mise a couvert la sienne.
• Il signifie aussi, L'emploi de l'argent qu'on a reçu, qu'on a dépensé, et L'état que l'on en dresse dans un compte. La mise excède la recette. La mise doit tant à la recette. Toute la mise monte à tant. Il est vieux dans cette acception.
• MISE, se dit encore Du débit, du cours de la monnaie. En ce sens, on ne l'emploie guère que dans les locutions suivantes: Monnaie, argent de mise.
• Ces espèces-là ne sont plus de mise, N'ont plus de cours, ne sont plus de débit.
• Fig. et fam., Cet homme est de mise, Il est fait pour la bonne compagnie, on peut le présenter partout.
• Fig. et fam., Cette raison, cette excuse n'est pas de mise, Cette raison n'est pas valable, cette excuse n'est pas recevable. Cette étoffe n'est pas de mise, n'est plus de mise, Elle n'est plus de mode; ou bien, La saison de la porter est passée.
• MISE, signifie aussi, Manière de se mettre, de se vêtir. Avoir une mise décente, négligée, élégante.
• En Jurisprud., Mise en possession, Formalité juridique par laquelle on est mis en possession d'un bien.
• Mise en accusation, en jugement, Décision par laquelle on met un prévenu en accusation, un accusé en jugement.
• Mise en liberté, Décision par laquelle le prévenu ou l'accusé est mis en liberté.
• Mise en scène, Les préparatifs, les soins qu'exige la représentation d'une pièce de théâtre. La mise en scène de cette pièce a coûté beaucoup d'argent.
• Mise en vente, L'action de mettre quelque chose en vente. Depuis la mise en vente de cet ouvrage, on en a déjà débité mille exemplaires.
• En termes de Commerce, Mise hors, Argent déboursé, avancé pour les frais d'une entreprise. Sa mise hors ne sera couverte que lorsque sa manufacture sera en activité.
• Mise en oeuvre, L'action de mettre en oeuvre une matière quelconque. Il était aisé de rassembler les matériaux, c'est la mise en oeuvre qui était difficile.
• En Imprim., Mise en pages, L'action de rassembler les paquets de composition pour en faire des pages et des feuilles. Il est chargé de la mise en pages. On appelle, dans le même Art, Mise en train, L'action de tout disposer pour le tirage d'une forme.

MISÉRABLE . adj.des deux genres
• Malheureux, qui est dans la misère, dans la souffrance. Cet homme, cette famille est bien misérable. Être réduit à un état misérable. C'est une misérable condition que celle de l'homme. Il mène une vie, il a une existence bien misérable. Son sort est misérable.
• Faire une fin misérable, Mourir dans la misère, ou Périr d'une manière très-fâcheuse.
• MISÉRABLE, signifie aussi, Méchant. Il faut être bien misérable pour faire une telle action.
• Il signifie également, Qui est fort mauvais dans son genre. Toutes les raisons qu'il allègue sont misérables. Il a fait un discours, une pièce misérable. Un livre, un auteur misérable. Une santé misérable.
• S'emploie aussi comme un terme de mépris. Se tourmenter pour de misérables honneurs. Il n'a qu'un misérable cheval dans son écurie. Il n'est couvert que d'une misérable redingote.
• MISÉRABLE, est quelquefois substantif, et signifie alors, Celui qui est dans la misère. Assister, secourir les misérables. Avoir pitié des misérables. Sécher les pleurs des misérables.
• Par injure, C'est un misérable, ce n'est qu'un misérable, C'est un homme de néant, ou C'est un très-malhonnête homme. Dans ce dernier sens, on dit quelquefois, C'est un grand misérable. On dit aussi D'un enfant, d'un jeune homme vicieux, C'est un petit misérable; et D'une femme décriée pour sa mauvaise conduite, C'est une misérable.

MISÉRABLEMENT . adv.
• D'une manière misérable. Vivre misérablement. Finir misérablement. Écrire misérablement.

MISÈRE . s. f.
• État malheureux, condition malheureuse, extrême indigence, privation des choses nécessaires à la vie. Grande, profonde misère. Il est tombé, plongé dans la misère. Il est au comble de la misère, dans la dernière misère, dans une extrême misère. Il est mort de faim et de misère, de pure misère. Être sensible aux misères d'autrui. Il y a des misères qui font saigner le coeur. La vie est pleine de misères. Les misères de la vie. Ce monde est une vallée de misères. Quand verrons-nous la fin de nos misères?
• Il sert particulièrement à exprimer La faiblesse et le néant de l'homme. Ce qui nous paraît de plus grand dans le monde n'est que misère et que vanité. On n'est jamais content de son état: rien ne marque davantage la misère de l'homme.
• MISÈRE, signifie aussi, Peine, difficulté, gêne. C'est une grande misère que les procès. C'est une misère que d'avoir affaire à lui.
• Fig. et fam., Collier de misère, Travail pénible, qu'on ne peut interrompre que pour le reprendre bientôt. Le voilà nommé à un emploi bien assujettissant, il va prendre le collier de misère. Les vacances sont finies, il faut reprendre le collier de misère.
• La misère du temps, des temps, Le mauvais état des affaires. Il ne vend rien, c'est la misère du temps qui en est la cause.
• MISÈRE, signifie encore, Bagatelle, chose de peu d'importance et de valeur. Ne vous inquiétez pas de cela, c'est une misère, ce n'est qu'une misère. Il s'est fâché pour une misère. On ne lui reproche que des misères. Je suis un peu souffrant, mais ce ne sont que des misères. Il a l'air de se bien porter, mais il a toujours quelques misères. Il ne nous a dit que des misères.

MISÉRÉRÉ .s.m.
• .Lit. cathol. Le psaume cinquantième, qui commence en latin par ces mots, Miserere mei, Domine (Ayez pitié de moi, Seigneur). Dire un miséréré, le miséréré.
• MISÉRÉRÉ, se dit aussi, vulgairement, d'Une sorte de colique très-violente et très-dangereuse, dans laquelle on rend les excréments par la bouche. Le miséréré emporte un homme en peu de temps. Avoir le miséréré. Une colique de miséréré. Il est mort d'un miséréré.

MISÉRICORDE . s. f.
• Vertu qui porte à avoir compassion des misères d'autrui, et à les soulager. Pratiquer, exercer la miséricorde, les oeuvres de miséricorde. C'est un homme sans miséricorde. Il n'a pas de miséricorde. Il n'a de miséricorde envers personne, pour personne.
• Il signifie aussi, La grâce, le pardon accordé à ceux qu'on pourrait punir. Demander miséricorde. Crier miséricorde. Implorer la miséricorde du prince. Faire miséricorde. Il ne leur a fait aucune miséricorde. Obtenir miséricorde. Il ne mérite point de miséricorde.
• La miséricorde de Dieu, la miséricorde divine, Bonté par laquelle Dieu fait grâce aux hommes, aux pécheurs. On dit de même: C'est une grande miséricorde que Dieu nous a faite. Il faut espérer que Dieu nous fera miséricorde, nous recevra dans sa miséricorde. Chanter les miséricordes de Dieu. Etc.
• Préférant miséricorde à justice. Formule usitée dans les lettres de rémission, et dans celles d'abolition.
• Prov., À tout péché miséricorde, signifie tantôt, Il faut avoir de l'indulgence; tantôt, Espérez votre pardon.
• Être à la miséricorde de quelqu'un, Dépendre absolument de la pitié de quelqu'un, dans une circonstance où l'on a besoin qu'il fasse grâce.
• Se remettre, s'abandonner à la miséricorde de quelqu'un, Se remettre, s'abandonner à sa merci, à sa discrétion.
• MISÉRICORDE, se dit quelquefois, par exclamation, et pour marquer une extrême surprise. Miséricorde! il va se tuer, s'il fait cela. On crie, À l'aide, miséricorde! quand on est battu, outragé, et qu'on demande du secours.
• Fam., Crier miséricorde, se dit De quelqu'un qui souffre de violentes douleurs, et qui pousse de grands cris.
• MISÉRICORDE, signifie aussi, Une petite saillie de bois attachée sous le siége d'une stalle, et sur laquelle on peut être en quelque manière assis, lorsque le siége est levé.

MISÉRICORDIEUSEMENT . adv.
• Avec miséricorde. Dieu reçoit miséricordieusement les pécheurs qui reviennent à lui.

MISÉRICORDIEUX
, EUSE. adj.
• Qui a de la miséricorde, qui est enclin à la miséricorde. Dieu est miséricordieux, est miséricordieux envers les pécheurs. On l'emploie quelquefois substantivement. L'Évangile dit: Bienheureux sont les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

MISSEL .s.m.
• Livre qui contient les prières, le canon et les cérémonies de la messe. Missel romain, parisien. Missel à l'usage du diocèse de Paris.

MISSION . s. f.
• Charge, pouvoir qu'on donne à quelqu'un d'aller faire quelque chose. Il a reçu sa mission. Ce n'est pas de moi que vous devez attendre, que vous devez recevoir votre mission. Où est votre mission? Avez-vous mission pour parler, pour agir ainsi? Qui vous a donné mission pour cela? Vous agissez sans mission. Il a mal rempli sa mission.
• S'emploie particulièrement en parlant Des choses qui regardent la religion, la prédication de l'Évangile, et la discipline ecclésiastique. La mission des apôtres vient de JÉSUS-CHRIST même. Il agit en vertu de la mission apostolique qu'il a reçue. Il a demandé, il a obtenu la mission de son supérieur.
• Prov. et fig., Prêcher sans mission, N'être pas autorisé à dire ou à faire ce qu'on dit ou ce qu'on fait.
• MISSION, se dit collectivement Des prêtres, séculiers ou réguliers, employés dans quelques pays, soit pour la conversion des infidèles, soit pour l'instruction des chrétiens. On envoya une mission dans les Indes. La mission de la Chine. La mission y a fait de grands fruits, a fait de grandes conversions. Il est arrivé une mission dans la ville.
• Il signifie aussi, Une suite de prédications, de catéchismes et de conférences que les missionnaires font en quelque endroit, soit pour la conversion des infidèles, soit pour l'instruction des chrétiens. Faire une mission. Faire la mission. Il a fait longtemps la mission dans telle ville, dans telle paroisse. On l'a envoyé en mission. La mission a duré deux mois.
• Pères de la Mission, Congrégation de prêtres réguliers qui vivent en communauté sous un supérieur général, et dont l'institution a principalement pour objet la prédication dans les campagnes. On les appelle autrement Lazaristes. Le supérieur général de la Mission. Le général de la Mission.
• MISSION, s'est dit aussi de La maison où demeuraient les Pères de la Mission. Il est allé à la Mission. Il est en retraite à la Mission.
• Prêtres des Missions étrangères, Prêtres séculiers qui vivent en communauté sous un supérieur général, et dont l'institution est d'aller prêcher l'Évangile dans les Indes. On appelle, à Paris, Séminaire des Missions étrangères, ou simplement, Missions étrangères, La maison où ces prêtres demeurent. Il loge aux Missions étrangères.

MISSIONNAIRE .s.m.
• Celui qui est employé aux missions pour la conversion ou pour l'instruction des peuples. Les missionnaires ont fait des conversions dans les Indes. Il y a des missionnaires dans cette province, dans cette paroisse. C'est un missionnaire fort zélé. Cet orateur a une éloquence de missionnaire.
• Il se disait plus particulièrement autrefois Des Pères de la Mission. Les missionnaires sont établis en tel endroit. Ce sont les missionnaires qui desservent cette cure.

MISSIVE . adj. f.
• qui signifie, Destinée à être envoyée. Il n'est usité que dans cette locution, Lettre missive.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif. Il m'a écrit une longue missive. Vous recevrez une missive qui vous instruira de tout. Il est familier.

MISTRAL .s.m.
• Nom que, dans les provinces de France voisines de la Méditerranée, on donne au vent de nord-ouest. Quelques-uns disent et écrivent, Maëstral.

MITAINE . s. f.
• Sorte de gant de laine, de soie ou de peau, où la main entre tout entière, sans qu'il y ait de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce. Une paire de mitaines.
• Se dit aussi d'Une sorte de petits gants de femme, qui ne couvrent que le dessus des doigts. Mitaines de soie.
• Se dit, figurément et familièrement, au pluriel, pour Précautions, soins, ménagements. Cela ne se prend pas sans mitaines. On ne peut toucher à cela qu'avec des mitaines. Il faut y aller avec des mitaines. J'ai été obligé de prendre des mitaines pour lui parler, pour l'avertir de son erreur.
• Fig. et pop., Onguent miton mitaine, Remède qui ne fait ni bien ni mal. Ce que vous proposez là pour le guérir n'est que de l'onguent miton mitaine. Il signifie aussi, Expédient inutile que l'on propose dans quelque affaire que ce soit. On dit dans le même sens, Ce sont là des mitaines à quatre pouces.

MITE . s. f.
• Petit insecte sans ailes et à huit pattes, dont une espèce, presque imperceptible, s'engendre dans le fromage. Ce fromage est plein de mites.

MITHRIDATE .s.m.
• Drogue composée, que l'on dit être de l'invention de Mithridate, et à laquelle on attribue des vertus antivénéneuses. Prendre du mithridate.
• Vendeur de mithridate, Charlatan; et, figurément et familièrement, Homme qui parle avec jactance, qui promet beaucoup et ne tient rien.

MITIGATION . s. f.
• Adoucissement. La règle de cet ordre avait besoin de mitigation. Il faudrait apporter à cette loi quelque mitigation. La mitigation des peines.

MITIGER . v. a.
• Adoucir, rendre plus aisé à supporter, à subir, à pratiquer. Mitiger une règle trop austère. Mitiger une loi, un jugement, une peine.
• Mitiger une assertion, une proposition, La rendre moins absolue, y apporter quelque modification. Cette assertion a besoin d'être mitigée, demande à être mitigée.
• MITIGÉ, ÉE. participe, Peine mitigée.
• Morale mitigée, Morale relâchée.
• Ordres mitigés, Ceux qui vivent sous une règle moins austère et moins pénible que celle de leur première institution.

MITON .s.m.
• Sorte de gant sans main ni doigt qui ne sert qu'aux femmes, et ne leur couvre que l'avant-bras. Miton de laine, de soie.
• Onguent miton mitaine. Voyez MITAINE.

MITONNER . v. n.
• Se dit Du pain qu'on laisse tremper longtemps dans le bouillon sur le feu, avant de servir le potage. Le potage mitonne. Il faut le laisser mitonner quelque temps. Faire mitonner la soupe.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le même sens. La soupe se mitonne.
• MITONNER, est aussi actif, et signifie familièrement, Dorloter, prendre un grand soin de tout ce qui regarde la santé et les aises d'une personne. Il a une femme qui a un grand soin de lui, et qui le mitonne extrêmement. Il aime qu'on le mitonne.
• S'emploie également avec le pronom personnel, dans la même acception. C'est un homme qui aime à se mitonner.
• Fig. et fam., Mitonner quelqu'un, Ménager adroitement son esprit, dans des vues intéressées. C'est un homme qui peut leur être utile, ils le mitonnent avec soin. On dit aussi, Je vous ai mitonné cette ressource, ce protecteur, Je vous les ai ménagés par mes soins.
• Fig. et fam., Mitonner une affaire, La disposer et la préparer doucement, pour la faire réussir quand il en sera temps.
• MITONNÉ, ÉE. participe

MITOYEN
, ENNE. adj.
• Qui est au milieu, qui tient le milieu, qui est entre deux choses. Espace mitoyen. S'emploie plus ordinairement dans les locutions suivantes:
• Mur mitoyen, Mur qui appartient aux deux propriétés contiguës dont il forme la séparation. On dit de même, Fossé mitoyen, haie mitoyenne.
• Puits mitoyen, Puits pratiqué sur la limite commune de deux propriétés contiguës, et qui est à l'usage de l'une et de l'autre.
• Cloison mitoyenne, Cloison qui est commune à deux chambres, et qui les sépare.
• Dents mitoyennes d'un cheval, Celles qui sont entre les pinces et les coins.
• MITOYEN, au sens moral, signifie, Qui est placé entre deux choses extrêmes ou opposées, et qui tient un peu de l'une et de l'autre. On a ouvert un avis mitoyen pour tout concilier. Il a pris un parti mitoyen. Quelquefois les partis mitoyens sont les plus mauvais en affaires. La bourgeoisie formait un état mitoyen entre la noblesse et le peuple.

MITOYENNETÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est mitoyen; Droit de copropriété de deux voisins sur le mur, la haie, le fossé qui les sépare. La mitoyenneté d'un mur, d'un puits. Indices, preuves de mitoyenneté.

MITRAILLADE . s. f.
• Décharge de plusieurs canons chargés à mitraille, sur une masse de personnes. La mitraillade a duré une demi-heure, et a tué beaucoup de monde. Il est peu usité.

MITRAILLE . s. f. collectif.
• Toute sorte de vieille quincaillerie, de vieux morceaux de cuivre. Dans ce sens, il a vieilli.
• Se dit aussi, familièrement, de La basse monnaie. Il ne m'a payé qu'en mitraille.
• Il signifie encore, Toute sorte de vieux clous, de vieux fers, etc., dont anciennement on chargeait quelquefois le canon; et, par extension, Les balles de fer ou biscaïens, ordinairement mêlés de ferraille, dont on fait des cartouches pour l'artillerie. Un canon chargé de mitraille, à mitraille. Tirer à mitraille.

MITRAILLER . v. n.
• Tirer le canon à mitraille. On a mitraillé pendant une heure.
• Il est aussi actif. On a mitraillé l'ennemi.
• MITRAILLÉ, ÉE. participe

MITRE . s. f.
• Coiffure que portent les évêques, quand ils officient en habits pontificaux. Officier avec la mitre et la crosse. En quelques églises les chanoines portaient la mitre.
• MITRE, en termes d'Antiquités, se dit d'Une coiffure qui était en usage chez les femmes romaines, et qui venait originairement des Perses.
• MITRE, se dit aussi Des tuiles, des planches de plâtre qu'on dispose en forme de mitre au-dessus d'une cheminée, pour l'empêcher de fumer.

MITRÉ
, ÉE. adj.
• Qui porte la mitre. Il n'est guère usité que dans ces locutions, Abbé crossé et mitré; abbaye crossée et mitrée.

MITRON .s.m.
• Garçon boulanger. Il est populaire.

MIXTE . adj.des deux genres
• Qui est mélangé, qui est composé de plusieurs choses de différente nature, et qui participe de la nature des unes et des autres. Corps mixte.
• S'emploie quelquefois au sens moral. Il s'est fait en politique une opinion mixte. Le drame est une espèce de genre mixte qui tient de la tragédie et de la comédie.
• Commission mixte, Commission composée d'hommes pris dans deux ou plusieurs compagnies, dans deux ou plusieurs nations. On a établi une commission mixte pour la liquidation des créances respectives, pour la détermination des limites.
• En Jurisprud., Causes, actions mixtes, Causes, actions qui sont à la fois personnelles et réelles. Causes personnelles, réelles et mixtes.
• Causes mixtes, s'est dit aussi Des causes qui étaient de la compétence du juge séculier et du juge ecclésiastique en même temps.
• MIXTE, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Un corps mixte. Toutes les parties d'un mixte. Réduire les mixtes à leurs principes.

MIXTILIGNE . adj.des deux genres
• .Géom. Se dit Des figures terminées en partie par des lignes droites, et en partie par des lignes courbes.

MIXTION . s. f.
• .Pharm. Mélange de plusieurs drogues dans un liquide, pour la composition d'un médicament. Ce médicament se fait par la mixtion de telle et de telle drogue.

MIXTIONNER . v. a.
• Mélanger, mêler quelque drogue dans une liqueur, et faire qu'elle s'y incorpore. Mixtionner du vin, un breuvage. Il indique ordinairement un mélange mauvais, dangereux.
• MIXTIONNÉ, ÉE. participe, Vin mixtionné, Vin qui n'est pas naturel, qui est mélangé, frelaté.

MIXTURE . s. f.
• .Pharm. Médicament liquide qui résulte du mélange de substances diverses.

MNÉMONIQUE . s. f.
• Art de faciliter les opérations de la mémoire; Méthode au moyen de laquelle on se forme une mémoire artificielle. Il a appris la mnémonique. Il a écrit sur la mnémonique. La mnémonique était en usage chez les anciens.
• Il est aussi adjectif des deux genres. Art mnémonique. Figures mnémoniques. Opération mnémonique.

MNÉMOTECHNIE . s. f.
• Il est synonyme de Mnémonique.

MOBILE . adj.des deux genres
• Qui se meut, ou qui peut être mû. L'aiguille aimantée est mobile sur son pivot. Cette roue n'est pas assez mobile. La surface mobile des eaux.
• En termes d'Imprim., Caractères mobiles, Caractères séparés qu'on place les uns après les autres pour en former des mots; par opposition aux planches gravées en bois, stéréotypées, etc.
• Fêtes mobiles, Certaines fêtes de l'année, ainsi nommées parce que le jour de leur célébration change tous les ans, selon la différence des lunaisons. Pâques, la Pentecôte, l'Ascension, etc., sont des fêtes mobiles.
• Au sens moral, Caractère mobile, Caractère changeant. Imagination, esprit mobile, Imagination, esprit qui reçoit aisément des impressions différentes.
• En Administration militaire, Troupes mobiles, se dit par opposition à Troupes, à corps sédentaires. Créer une garde nationale mobile.
• MOBILE, est aussi substantif, au masculin, et signifie, Le corps qui est mû. Un mobile imprime une partie de son mouvement à un autre mobile qu'il rencontre.
• Il signifie particulièrement, en Horlogerie, Une roue ou quelque autre pièce du mouvement d'une montre ou d'une pendule, qui tourne sur son pivot.
• MOBILE. subst. signifie aussi, La force mouvante. L'eau est le mobile de cette machine.
• Le premier mobile, Le ciel que les anciens astronomes supposaient envelopper et faire mouvoir tous les autres cieux.
• Fig., Premier mobile, se dit d'Une personne qui donne le mouvement à une affaire, à une association. Un tel est le premier mobile de cette affaire, de cette conjuration.
• MOBILE. subst. se dit figurément de Ce qui porte, de ce qui excite à faire quelque chose. La gloire est le mobile de grandes actions, de grands travaux. L'argent est son unique mobile. L'amour du bien public fut le mobile de toutes ses actions.

MOBILIAIRE . adj. f.
• Qui consiste en meubles, ou qui concerne cette nature de biens. Propriété, richesse mobiliaire. Contribution, imposition mobiliaire.

MOBILIER
, ÈRE. adj.
• .Jurispr. Qui est de la nature du meuble. Les biens mobiliers de cette succession. Les effets mobiliers. D'après le code civil, les rentes constituées, les effets publics, les intérêts dans les entreprises de commerce, etc., sont des biens mobiliers.
• Succession mobilière, Succession ou portion de succession qui consiste en meubles. Héritier mobilier, Celui qui hérite des meubles.
• MOBILIER, s'emploie aussi comme substantif collectif, et se dit Des meubles, de ce qui sert à garnir et à orner une maison, sans en faire partie. Il a hérité d'un gros mobilier. Il a un fort beau mobilier. On a vendu son mobilier par autorité de justice.

MOBILISATION . s. f.
• .Jurispr. et d'Administr. militaire. Action de mobiliser.

MOBILISER . v. a.
• .Jurispr. Faire une convention en vertu de laquelle un immeuble réel ou réputé tel, est considéré comme meuble. Par les contrats de mariage on mobilise quelquefois des immeubles. Dans ce sens, on dit aussi, Ameublir.
• MOBILISER, signifie aussi quelquefois, en termes d'Administration militaire, Envoyer en expédition, mettre en campagne un corps ordinairement sédentaire. On mobilisa une partie de la garde nationale de telle ville.
• MOBILISÉ, ÉE. participe

MOBILITÉ . s. f.
• T. didact. Facilité à être mû. La mobilité des corps sphériques. La mobilité du mercure.
• Au sens moral, Mobilité de caractère, d'esprit, d'imagination, Facilité à passer promptement d'une disposition à une autre, d'un objet à un autre. La mobilité des choses humaines, la mobilité des opinions, Leur incertitude, leur passage continuel d'un état à un autre.

MODALITÉ . s. f.
• .Logique. Mode, qualité, manière d'être. La blancheur est une modalité de la neige.

MODE . s. f.
• Usage passager qui dépend du goût et du caprice. Nouvelle mode. Vieille mode. Ancienne mode. Mode ridicule, extravagante. C'est la mode. C'est la dernière mode. Ce n'est plus la mode. La mode en est passée. Inventer des modes. Se mettre à la mode. Suivre la mode, les modes. Un habit, une étoffe à la mode. C'est un mot qui est fort à la mode. Une opinion de mode. Un système à la mode. Être esclave de la mode. Les caprices, les bizarreries, l'empire de la mode. Cela était autrefois à la mode. On revient aux vieilles modes. Il ne porte que des habits faits à l'ancienne mode. Les fous inventent les modes, et les sages les suivent.
• Fam., Cet homme, cette femme est fort à la mode, Cet homme est fort recherché, cette femme est beaucoup fêtée.
• Boeuf à la mode, Ragoût fait d'une pièce de boeuf piquée de gros lard.
• MODES, au pluriel, signifie, Les ajustements, les parures à la mode; mais, dans cette acception, il ne se dit qu'en parlant De ce qui sert à l'habillement des dames. Marchande de modes. Magasin de modes. Vendre des modes. Cette femme a du goût, elle fait bien les modes.
• MODE, signifie aussi, Manière, fantaisie. Il faut le laisser vivre à sa mode, le laisser faire à sa mode. Il s'est fait une philosophie à sa mode. Chacun vit à sa mode.
• À la mode d'Italie, d'Espagne, etc., Suivant les usages d'Italie, d'Espagne, etc.
• Oncle, tante à la mode de Bretagne, Cousin germain, cousine germaine du père ou de la mère. Mon père et lui étaient cousins germains; par conséquent il est mon oncle à la mode de Bretagne.
• Neveu, nièce à la mode de Bretagne, Fils, fille du cousin germain ou de la cousine germaine.

MODE .s.m.
• .Philosophie. Manière d'être. Les divers arrangements des parties d'un corps en sont les modes.
• Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Forme, méthode. Mode de gouvernement, d'administration, de comptabilité, d'enseignement, d'élection. Le mode que nous avons adopté.
• MODE, en Grammaire, se dit Des inflexions générales du verbe, qui forment la conjugaison, et qui servent à exprimer les différents points de vue sous lesquels on considère l'existence ou l'action. On reconnaît cinq modes dans chaque verbe régulier: l'indicatif, l'impératif, le conditionnel, le subjonctif, et l'infinitif.
• MODE, en Musique, se dit Du caractère affecté au ton. Les Grecs avaient plusieurs modes, l'ionien, le dorien, le phrygien, l'éolien, le lydien, etc.
• Mode majeur, Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont majeures; et, Mode mineur, Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures. Le ton d'ut, mode majeur. Le ton de la, mode mineur.
• Dans le Plain-chant, Mode authentique, Celui où la quinte de la tonique est au grave, et la quarte à l'aigu; et, Mode plagal, Celui où la quinte est à l'aigu, et la quarte au grave.

MODELAGE .s.m.
• .Sculpture. Opération de celui qui modèle.

MODÈLE .s.m.
• Exemplaire, patron. Un modèle d'écriture. Un modèle de broderie. Ce livre vous servira de modèle pour relier les autres de la même façon. Conformez-vous au modèle. Faire, donner un modèle. Suivre, imiter un modèle. Travailler sur un modèle, d'après un modèle. La nature est le modèle des arts. Cette église a été bâtie sur le modèle du Panthéon.
• Se dit particulièrement, en termes de Peinture et de Sculpture, de La personne, homme ou femme, d'après laquelle les artistes dessinent, peignent, modèlent, sculptent, etc. Figure dessinée, peinte d'après le modèle. Faire le métier de modèle.
• Poser le modèle, Mettre le modèle dans l'attitude qu'on veut représenter.
• Être fait comme un modèle, Être très-bien fait, avoir toutes les parties du corps dans des proportions régulières et élégantes.
• MODÈLE, se dit aussi, en Sculpture, de La représentation en terre ou en cire d'un ouvrage qu'on se propose d'exécuter en marbre ou en quelque autre matière. Modèle de terre, de cire. Modèle en grand, en petit. Le modèle d'une statue, d'un groupe.
• Se dit également, dans plusieurs autres Arts, de La représentation en petit d'un objet qu'on se propose d'exécuter en grand. Modèle d'architecture. Le modèle d'un édifice. Modèle de plâtre, de stuc, de bois. Le modèle d'une machine. Modèle de vaisseau, de canon.
• MODÈLE, se dit, figurément, Des ouvrages d'esprit, et Des actions morales. Homère et Virgile sont de beaux modèles. Formez-vous, réglez-vous sur ce modèle. Ayez ce modèle devant les yeux. Cela vous servira de modèle. La vie de cet homme est un modèle de vertu. Je le regarde comme un modèle de patience. Voilà un beau modèle qu'on vous propose à suivre. Se proposer un modèle. Prendre quelqu'un pour modèle. Sa conduite est le modèle de la mienne. Vous avez pris, vous avez choisi, vous imitez un mauvais modèle. Il a été le modèle des rois.
• C'est un modèle, se dit D'une personne qui a de grandes vertus, de grandes qualités.

MODELER . v. a.
• .Sculpture. Former avec de la terre molle ou de la cire le modèle, la représentation d'un ouvrage qu'on veut exécuter en marbre ou en quelque autre matière. Modeler une statue, un groupe en terre, en cire. On l'emploie aussi absolument. Ce sculpteur a passé toute la nuit à modeler. Il modèle bien.
• MODELER, s'emploie figurément, au sens moral, dans le langage ordinaire, et signifie, Régler, conformer. Il a modelé sa conduite sur celle de ses aïeux.
• Il se joint quelquefois avec le pronom personnel. On doit se modeler sur les gens de bien.
• MODELÉ, ÉE. participe, Figure bien modelée.
• S'emploie quelquefois substantivement, au masculin, en termes de Peinture et de Sculpture, et se dit de La représentation, de l'imitation des formes. Un beau modelé. Un modelé savant.

MODÉNATURE . s. f.
• T. d'Architect. Proportion et galbe des moulures d'une corniche. La modénature détermine le caractère des divers ordres d'architecture. La modénature corinthienne est élégante.

MODÉRATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui modère, qui dirige, qui règle. Il y avait à Lacédémone des modérateurs de la jeunesse. Ce terme n'est guère usité que dans le style soutenu. Le souverain modérateur. L'esprit modérateur du monde. Dieu est le modérateur de l'univers.
• Il signifie quelquefois, Celui qui cherche à tempérer des opinions exaltées, à rapprocher des sentiments extrêmes. Il est le modérateur de son parti. Dans cette grande querelle, il se fit modérateur, il prétendit au rôle de modérateur.

MODÉRATION . s. f.
• Retenue, vertu qui porte à garder une sage mesure en toutes choses. Grande modération. Modération d'esprit. Esprit de modération. Il s'est conduit dans cette affaire avec beaucoup de modération, avec peu de modération. Il y a porté toute la modération possible. User de modération. Il faut garder de la modération dans la bonne fortune, mettre de la modération dans ses désirs. Cet homme est un grand exemple de modération. Il faut user des meilleures choses avec modération. Sortir des bornes de la modération.
• MODÉRATION, signifie aussi, Retranchement, diminution d'un prix ou d'une taxe. La modération d'une contribution. On ne lui a fait aucune modération. On ne lui accorde aucune modération. Rôle de modération.
• Il signifie encore, Adoucissement, mitigation. La modération d'une peine, d'une amende.

MODÉRÉMENT . adv.
• Sans excès, avec modération. Il s'est comporté fort modérément dans cette occasion. Le vin est bon, mais il en faut user modérément. Boire, manger modérément. Il a été imposé modérément.

MODÉRER . v. a.
• Diminuer, adoucir, tempérer, rendre moins violent. Modérer le feu d'un fourneau. Modérer la course d'un cheval. Modérer l'action d'une machine. Vous allez trop vite, modérez vos pas, votre marche. Vous frappez ce cheval trop fort, modérez vos coups. Cette contribution est trop forte, il faut la modérer. Modérer les impôts. Modérer sa dépense.
• S'emploie aussi en parlant De choses morales. Modérer sa colère, ses passions, ses désirs, son ambition, son ardeur. Il a trop de feu, il faut le modérer. Modérer ses prétentions. Modérer le zèle de quelqu'un. Modérer la rigueur, la sévérité d'une loi. Modérez votre douleur.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, comme dans cette phrase, Le temps s'est modéré, le froid, le chaud commence à se modérer, Il y a du relâchement dans le temps, de la diminution dans le froid, dans le chaud.
• Il signifie au sens moral, Se posséder, se contenir. Peu de gens savent se modérer dans la bonne fortune. Il a su se modérer dans les occasions les plus difficiles. Pourquoi vous emporter ainsi? modérez-vous un peu.
• MODÉRÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, et se dit Des choses qui sont éloignées de toute sorte d'excès. Une chaleur modérée. Un feu modéré. Un pouls modéré. Un exercice modéré.
• Il signifie au sens moral, Qui est sage et retenu, qui n'est point emporté. Un esprit modéré. Une passion modérée. Ce jeune homme est bien modéré pour son âge.

MODERNE . adj.des deux genres
• Nouveau, récent, qui est des derniers temps. Il est opposé à Ancien et à Antique. Les auteurs, les philosophes, les peintres modernes. Des ouvrages modernes. Les usages modernes. Cela est moderne. C'est une invention moderne. Médailles modernes.
• Architecture moderne, se dit de Tous les genres d'architecture qui ont été en usage dans l'Europe depuis le commencement du moyen âge, même de l'architecture gothique. Cependant lorsqu'on dit, Un bâtiment, un édifice moderne, on entend ordinairement Un bâtiment, un édifice fait suivant la manière de bâtir la plus récente.
• MODERNE, employé substantivement, au masculin, se dit Des auteurs, des savants, des artistes qui ont paru depuis la renaissance des lettres et des arts. Les anciens et les modernes sont d'accord sur ce point.
• À LA MODERNE. loc. adv. Suivant la manière la plus récente. Bâtir à la moderne. Bâtiment à la moderne.

MODERNER . v. a.
• T. d'Architecture. Restaurer, pour de nouveaux usages et dans un goût moderne, un ancien édifice. Presque toutes les anciennes basiliques de Rome ont été modernées.
• MODERNÉ, ÉE. participe

MODESTE . adj.des deux genres
• Qui a de la modestie. C'est un homme modeste, très-modeste. Il est modeste dans ses discours, mais il n'en a pas moins une haute opinion de lui-même. Il est trop modeste pour souffrir qu'on le loue en sa présence. Avoir un maintien modeste, une contenance modeste, un air modeste, un ton modeste. Garder un silence modeste. Faire une réponse modeste. Se renfermer dans un doute modeste. Avoir des sentiments modestes de soi-même, une opinion modeste de soi-même. Substantivement, Faire le modeste.
• MODESTE, signifie aussi, Qui a de la retenue, de la modération, qui ne donne dans aucun excès. Il est modeste dans sa dépense, dans toute sa conduite. Former des voeux modestes.
• Il signifie, en parlant Des choses, Médiocre, simple, sans éclat. Avoir un train, un équipage modeste, une table modeste. Faire une dépense modeste. Il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères.
• Couleur modeste, Couleur qui n'est pas éclatante. Le gris est une couleur modeste. Cette locution ne s'emploie qu'en parlant Des vêtements.
• MODESTE, signifie encore, Qui a de la pudeur, de la décence. Il faut qu'une fille soit modeste. Ce jeune homme est aussi modeste que la fille la mieux élevée.

MODESTEMENT . adv.
• D'une manière modeste, avec modestie, avec modération. Parler, s'habiller, vivre modestement. Une table modestement servie.

MODESTIE . s. f.
• Retenue dans la manière de penser et de parler de soi. Grande, véritable modestie. Modestie sincère. Parler de soi avec modestie. Il est d'une modestie qui l'empêche de tirer parti de ses talents. On n'ose le louer en sa présence, de peur de blesser, de gêner sa modestie. Il a fallu faire violence à sa modestie pour lui décerner cet honneur. Il y a une fausse modestie qui n'est qu'un raffinement de vanité.
• Il signifie aussi, Modération. Vivre, agir, se comporter avec modestie. Se renfermer, se tenir dans les bornes de la modestie. Il est d'une grande modestie dans sa dépense, dans sa conduite.
• Il se prend aussi quelquefois pour Pudeur, décence. La modestie est le plus bel ornement d'une fille. Ces paroles-là blessent la modestie, choquent la modestie.

MODICITÉ . s. f.
• Petite quantité. Il ne se dit qu'en parlant De bien, d'argent. La modicité de son revenu, la modicité de sa fortune, l'oblige à beaucoup d'économie. La modicité d'une somme. J'ai été tenté par la modicité du prix. On ne saurait concevoir la modicité de sa dépense.

MODIFICATIF
, IVE. adj.
• Qui modifie. Un terme modificatif. Une proposition modificative.
• S'emploie souvent comme substantif, au masculin, surtout en Grammaire, où il se dit Des mots qui déterminent le sens des autres. Les adverbes sont ordinairement des modificatifs.

MODIFICATION . s. f.
• Modération, restriction, adoucissement d'une proposition, d'une convention, etc. Il faut apporter quelque modification à ces articles-là. Votre opinion est susceptible de beaucoup de modifications.
• MODIFICATION, se dit, en style didactique, d'Un changement qui s'opère dans la manière d'être d'une substance. Les corps reçoivent différentes modifications.

MODIFIER . v. a.
• Modérer, adoucir, restreindre. Modifier une peine, une amende, une taxe. Il faut un peu modifier les clauses de ce traité, de ce contrat. Ces propositions-là sont trop absolues, il faut les modifier.
• Il signifie aussi, Corriger, changer une chose dans quelqu'une de ses parties. La nature de l'homme est diversement modifiée par le climat, par l'éducation, par les lois. On a modifié le projet de loi par plusieurs amendements.
• MODIFIER, signifie, en style didactique, Opérer un changement dans la manière d'être d'une substance. Les différents arrangements des parties modifient la matière.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Leur opinion s'est beaucoup modifiée.
• MODIFIÉ, ÉE. participe, Articles modifiés. Propositions modifiées. En termes de Physique, Corps modifié de telle ou de telle manière.

MODILLON .s.m.
• T. d'Architect. Ornement propre aux ordres ionique, corinthien et composite, placé sous le larmier de la corniche, et figurant l'extrémité des chevrons du comble.

MODIQUE . adj.des deux genres
• Qui est peu considérable, de peu de valeur. Une somme, une taxe modique. Son père ne lui donnait qu'une pension modique. Il a une fortune modique, un bien fort modique, un modique revenu.

MODIQUEMENT . adv.
• Avec modicité. Il paye modiquement ses domestiques. Cette place n'est que bien modiquement rétribuée.

MODISTE . s. des deux genres
• Ouvrier, ouvrière en modes; marchand, marchande de modes. Un modiste. Une modiste. Une marchande modiste. Voyez MODE.

MODULATION . s. f.
• .Musiq. Passage d'un ton, d'un mode à un autre, dans le chant ou dans l'harmonie. Une suite de modulations. L'ordre des modulations. Préparer une modulation.
• Se dit aussi de L'action de moduler le chant ou l'harmonie, et de L'effet qui en résulte. Les règles de la modulation. La modulation de cet air est fort agréable.

MODULE .s.m.
• T. d'Architect. Mesure arbitraire servant à établir les rapports de proportion entre toutes les parties d'un ouvrage d'architecture. Le diamètre ou le demi-diamètre du bas de la colonne sert ordinairement de module aux divers ordres. Échelle de module. Le module se divise en douze ou en dix-huit minutes ou parties. La colonne, l'entablement, le stylobate a tant de modules de haut.
• MODULE, se dit quelquefois, par extension, de Tout ce qui sert à mesurer. Le mètre est le module des longueurs. Dans les tableaux, une figure d'homme placée au pied d'un monument est un module qui en fait évaluer la hauteur.
• MODULE, signifie aussi, Le diamètre d'une médaille. Les médailles du petit bronze sont d'un moindre module que celles du grand, du moyen bronze. Les quinaires sont de toutes les médailles antiques celles qui ont le plus petit module.

MODULER . v. n.
• .Musiq. Faire passer le chant ou l'harmonie dans des tons ou des modes différents. Ce musicien module bien. Moduler d'une manière agréable, savante.
• S'emploie quelquefois activement. Il a bien modulé cet air-là.
• MODULÉ, ÉE. participe, Air bien modulé.

MOELLE . s. f.
• Substance molle et grasse qui remplit la cavité des os. Moelle de boeuf. Tourte de moelle ou à la moelle. Sucer la moelle d'un os. Le froid l'a pénétré jusqu'à la moelle des os.
• Moelle épinière, moelle de l'épine, Partie du système nerveux qui se trouve dans la cavité des vertèbres.
• MOELLE, se dit, par analogie, en Botanique, de La substance molle et spongieuse qui se trouve au dedans de certains arbres, de certaines plantes. De la moelle de sureau, de figuier.
• Se dit aussi de La substance que contient un bâton de casse. De la moelle de casse.
• Fig. et fam., Il lui tire jusqu'à la moelle des os, il le suce jusqu'à la moelle des os, se dit D'un homme qui en ruine un autre, en tirant de lui peu à peu tout ce qu'il en peut tirer.
• MOELLE, s'emploie quelquefois, figurément, en parlant Des ouvrages d'esprit, et signifie, Ce qu'il y a de plus essentiel, de plus instructif. Il ne s'agit pas de retenir mot à mot un bon livre, il faut en tirer, en extraire la moelle.

MOELLEUSEMENT . adv.
• D'une manière moelleuse. Il ne s'emploie qu'au figuré. Ce tableau est peint moelleusement.

MOELLEUX
, EUSE. adj.
• Rempli de moelle. Un os moelleux. Un bois moelleux.
• Fig., Vin moelleux, Vin qui joint la douceur à la force, et qui flatte agréablement le goût.
• Fig., Étoffe moelleuse, Étoffe qui a du corps, et qui est souple, douce à la main.
• Fig., Voix moelleuse, Voix pleine, douce, et qui n'a rien d'aigre ni de dur.
• MOELLEUX, s'emploie aussi, figurément, en termes de Peinture, surtout dans ces expressions:
• Pinceau moelleux, Pinceau dont les touches sont larges, grasses et bien fondues. On dit, dans le même sens, Touche moelleuse.
• Contours moelleux, Contours souples et gracieux.
• Substantiv.: Avoir du moelleux dans la touche, dans la couleur. Le moelleux dans le dessin, dans les contours. Le moelleux des contours.

MOELLON .s.m.
• .Maçonnerie. Pierre de petite dimension qui s'emploie dans les massifs de construction, et qu'on recouvre ordinairement de plâtre ou de mortier. Tirer du moellon de la carrière. Un mur construit en moellon.
• Moellon d'appareil, Celui qui est équarri pour être employé en parement.
• Moellon piqué, Moellon travaillé avec la pointe, et servant aux puits, aux voûtes, aux fossés, etc.

MOEUF .s.m.
• .Grammaire, synonyme de Mode. Il est vieux. Voyez MODE.

MOEURS . s. f. pl.
• Habitudes naturelles ou acquises, pour le bien ou pour le mal, dans tout ce qui regarde la conduite de la vie. Bonnes, mauvaises moeurs. Moeurs pures, honnêtes, décentes, réglées. Moeurs corrompues, dépravées, dissolues. La science, la doctrine des moeurs. Former les moeurs de quelqu'un. Régler ses moeurs. Réformer ses moeurs. Changer de moeurs. Rien ne corrompt plus les moeurs que la mauvaise compagnie. L'innocence, la pureté, la dépravation, la corruption, la perversité, le déréglement, la dissolution de ses moeurs. Cette action est contraire aux bonnes moeurs, aux moeurs, porte une grave atteinte aux moeurs. Les moeurs du temps, du siècle, du jour. Ce satirique a violement attaqué les moeurs de son siècle. On dit, suivant une formule reçue: Un certificat de vie et de moeurs, de vie et moeurs. Faire information de vie et de moeurs.
• Avoir des moeurs, Avoir de bonnes moeurs. N'avoir point de moeurs, En avoir de mauvaises. On dit, dans le même sens, Un homme, une femme sans moeurs.
• Prov., Les honneurs changent les moeurs, On s'oublie dans la prospérité.
• MOEURS, signifie aussi, La manière de vivre, les inclinations, les habitudes, les coutumes particulières de chaque nation. Les moeurs d'une nation, d'un peuple, d'un pays. Chaque nation a ses moeurs. Ces peuples ont des moeurs bien différentes des nôtres. Moeurs barbares, civilisées. Ce voyageur a bien observé, a bien décrit les moeurs des nations qu'il a visitées. Ce prince a voulu donner à son peuple les moeurs et les coutumes des nations les plus policées. La culture des lettres adoucit, polit les moeurs. Selon nos moeurs. Autres temps, autres moeurs.
• S'emploie quelquefois, dans le même sens, en parlant D'une personne ou de quelques personnes. Cet homme a des moeurs douces, des moeurs simples, des moeurs faciles, des moeurs sévères. Nous adoptons facilement les moeurs de ceux que nous fréquentons.
• Cela est, n'est pas dans les moeurs de telle nation, Cela est, n'est pas conforme aux usages de telle nation. Cela n'est pas dans nos moeurs.
• Les moeurs des animaux, Les habitudes naturelles des différentes espèces d'animaux, les habitudes qui résultent de leur instinct.
• MOEURS, signifie, en termes de Poétique, Ce qui concerne les habitudes morales du pays et du temps dont il est question dans un poëme, dans une pièce de théâtre, ce qui est conforme au caractère des personnages qui y sont introduits. Les moeurs sont parfaitement observées dans cette tragédie, dans cette comédie, dans cette épopée. Ce poëte observe bien, étudie bien, peint bien les moeurs.
• Il signifie, en Peinture, Le costume, les usages des différents temps, des différents lieux. Les moeurs sont bien observées, ne sont pas bien observées dans ce tableau.
• MOEURS, signifie aussi, en termes de Rhétorique, La partie morale de l'éloquence, celle qui a pour objet de gagner la confiance des auditeurs.

MOFETTE . s. f.
• Exhalaison pernicieuse qui s'élève dans les lieux souterrains, et principalement dans les mines.
• Se dit, en général, de Toute exhalaison dangereuse.

MOHATRA . adj. m.
• Il ne s'emploie que dans cette locution, Contrat mohatra, Contrat ou marché usuraire, par lequel un marchand vend très-cher, à crédit, ce qu'il rachète à très-vil prix, mais argent comptant. Il est vieux.

MOI . Pronom singulier
• de la première personne, qui est des deux genres, et dont Nous est le pluriel. Ce mot est un synonyme réel de Je et de Me; mais non un synonyme grammatical, puisqu'il s'emploie différemment, et que, dans aucun cas, il ne peut être remplacé ni par Je ni par Me.
• MOI, employé seul comme réponse, peut être sujet ou régime direct, et tenir lieu d'une phrase entière. Qui veut aller avec lui? Moi, Je veux bien aller avec lui: dans cet exemple il est sujet. Qui a-t-on voulu désigner? Moi, On a voulu me désigner: dans cet exemple, il est régime direct.
• Il est aussi régime direct après ne que, mis pour seulement. Je ne plains que moi.
• Il est encore régime direct dans les phrases où il est ajouté à d'autres mots qui sont régimes directs. Il a renvoyé son frère et moi. Il a mécontenté ses parents et moi.
• Il entre aussi dans le sujet de la phrase, lorsqu'il est joint à d'autres mots qui forment le sujet. Son père, sa mère et moi, le lui avons défendu. Mon avocat et moi sommes de cet avis.
• MOI, se joint à Je, par apposition et réduplication, pour donner plus d'énergie à la phrase, soit qu'il vienne après le verbe, comme dans ces phrases, Je dis, moi; je prétends, moi; soit qu'il précède Je et le verbe, comme dans ces phrases: Moi, je dis. Moi, je prétends. Moi, dont il déchire la réputation, je ne lui ai jamais rendu que de bons offices. Moi, à qui il fait tant de mal, je cherche toutes les occasions de le servir. Moi, ne songeant à rien, j'allai bonnement lui dire ce qui se passait.
• Par ellipse, Moi, trahir le meilleur de mes amis! faire une lâcheté, moi! etc., Moi, je pourrais trahir le meilleur de mes amis! je pourrais faire une lâcheté, moi!
• MOI, se met de même par apposition devant ou après Me. Voudriez-vous me perdre, moi votre allié? Moi! vous me soupçonneriez de vous avoir trahi!
• Il se met aussi par apposition avec Nous et Vous, lorsqu'il est accompagné d'un nom ou d'un autre pronom. Vous et moi nous sommes contents de notre sort. Nous irons à la campagne lui et moi. Il est venu nous voir mon frère et moi. Dans ces phrases, Moi et le nom ou pronom qui lui est joint, sont tout ensemble l'apposition et l'explication de Nous.
• MOI, joint à un nom ou à un autre pronom, ne doit, d'après les convenances de notre politesse, être placé qu'en second, Vous et moi, un tel et moi; à moins que le nom auquel il est joint ne soit celui d'une personne très-inférieure: ainsi un père dira, Moi et mon fils; un maître, Moi et mon domestique.
• MOI, se construit encore avec les pronoms Ce et Il, dans les phrases suivantes et autres semblables. C'est moi qui vous en réponds. Qui fut bien aise? ce fut moi. Si c'était moi qui eusse fait cela. C'est de moi qu'il s'agit. C'est à moi qu'il faudra vous adresser. Il n'y eut que lui et moi de cet avis. Il n'y a que moi à qui ces choses-là arrivent.
• Après une préposition, il n'y a que le pronom Moi qui puisse exprimer la première personne. Vous servirez-vous de moi? Il a parlé de moi. Il tient cela de moi. Pense-t-on à moi? Ils auront besoin de moi. Ils auront affaire à moi. Cela vient de moi. Cela est à moi. C'est un homme à moi, un habit à moi, de l'argent à moi. Cela est pour moi. Je prends cela pour moi. Selon moi, vous avez raison. Vous serez remboursé par moi. Cela roulera sur moi. Tout est contre moi. Venez avec moi.
• Il en est de même après une conjonction. Mon frère et moi. Mon frère ou moi. Mon frère aussi bien que moi. Ni mon frère ni moi. Personne que moi. Nul autre que moi.
• De moi, après un nom de personne ou un pronom personnel également précédé de la préposition de, se met quelquefois pour Le mien, etc. C'est le sentiment, ce sont les sentiments, c'est l'opinion de mon frère et de moi que je vous exprime.
• Quand le verbe est à l'impératif, et que le pronom qu'il régit n'est point suivi du mot en, c'est Moi qu'il faut employer après le verbe, soit comme régime simple, Louez-moi, récompensez-moi; soit comme régime indirect, où la préposition à est sous-entendue, Rendez-moi compte, dites-moi la vérité; et alors Moi se joint au verbe par un tiret.
• Quelquefois, mais dans le discours familier seulement, il se met par rédondance, et pour donner plus de force à ce qu'on dit. Faites-moi taire ces gens-là. Donnez-leur-moi sur les oreilles.
• Dans le même cas, le pronom Moi se met après l'adverbe de lieu y, soit comme régime direct, soit comme régime indirect. Vous allez à l'Opéra, menez-y-moi. Vous allez dans votre voiture, donnez-y-moi une place. (Voyez ME.) Au contraire, l'adverbe y, dans le même sens, se met après le pronom Nous. Menez-nous-y. Donnez-nous-y une place.
• À moi. Sorte d'exclamation, pour faire venir promptement quelqu'un auprès de soi. À moi, à moi, soldats!
• De vous à moi. Façon de parler dont on se sert pour témoigner à une personne qu'on lui parle avec sincérité, mais qu'on lui demande le secret. de vous à moi, c'est un pauvre homme. De vous à moi, c'est un homme qui ne mérite pas l'opinion qu'on a de lui. De vous à moi, je ne crois pas que la chose réussisse. On dit dans le même sens, Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi.
• Quant à moi, pour moi. Autres façons de parler dont on se sert pour marquer plus particulièrement ce qu'on pense. Vous en direz ce qu'il vous plaira; quant à moi, pour moi, je sais bien ce qui en est.
• Quant-à-moi, s'emploie substantivement et comme un seul mot dans les phrases suivantes et autres semblables, où il signifie, Air fier ou réservé. Se tenir sur son quant-à-moi. On lui a dit telle chose, il s'est mis sur son quant-à-moi. Garder son quant-à-moi. Il est familier.
• MOI, se prend substantivement, pour signifier, L'attachement de quelqu'un à ce qui lui est personnel. Le moi choque toujours l'amour-propre des autres.
• Il se prend aussi, en Philosophie, pour L'individualité métaphysique d'une personne. Malgré le changement continuel de l'individu physique, le même moi subsiste toujours.

MOIGNON .s.m.
• Ce qui reste d'un bras, d'une jambe, d'une cuisse coupés. Cet homme, au lieu de poignets, n'a plus que deux moignons dont il travaille. Il a fallu lui couper le bras fort près de l'épaule, et il ne lui reste plus qu'un moignon. Il n'a plus qu'un moignon.
• Se dit, par analogie, de Ce qui reste d'une grosse branche d'arbre qui a été coupée ou rompue.

MOINAILLE . s. f.
• .mépris dont on se sert pour désigner Les moines en général. Il est familier.

MOINDRE . adj. comparatif des deux genres
• Plus petit en étendue ou en quantité. Cette colonne est moindre que l'autre en hauteur et en grosseur. La distance d'ici là est moindre que vous ne dites. L'épaisseur de ce mur est moindre que celle du mur voisin. Cette somme est moindre que l'autre. Nous sommes en moindre nombre que je ne croyais.
• Il signifie aussi, Plus petit dans son genre, suivant les différents substantifs auxquels il se joint. Votre douleur en sera moindre. Son mal n'est pas moindre que le vôtre. C'est la moindre satisfaction, la moindre récompense qu'on lui doive. C'est le moindre service que je lui voudrais rendre, la moindre chose qu'il mérite.
• Il signifie encore, Moins considérable. Une étoffe de moindre prix, de moindre valeur qu'une autre. Prendre toujours la moindre place. Il tient un moindre rang. Il est revêtu d'une moindre dignité qu'auparavant. De ces deux inconvénients, on doit préférer le moindre.
• Il signifie aussi, Qui n'est pas si bon, ou qui est plus mauvais. Ce vin-là est moindre que l'autre. Cette étoffe-là est moindre, elle est moindre de beaucoup.
• MOINDRE, avec l'article, est une espèce de superlatif qui signifie, Le moins considérable, le moins important, le plus petit, etc. C'est une chose que le moindre ouvrier peut faire. Le moindre mot que vous direz. La moindre quantité, le moindre espace possible. Au moindre bruit il s'éveille. Au moindre signe vous serez obéi. On dit quelquefois, familièrement, par une sorte d'exagération: Au moindre petit bruit. Le moindre petit morceau de pain. Etc.
• MOINDRE, avec l'article, et précédé d'une négation, signifie, Aucun. Je n'en ai pas la moindre appréhension. Il ne lui a pas fait la moindre honnêteté, le moindre compliment. Il ne lui a pas dit le moindre mot. Je n'ai pas le moindre souvenir de ce que vous dites. Sentez-vous là quelque douleur? Pas la moindre.
• Absolum., Les quatre moindres, Les quatre ordres inférieurs ou mineurs. Voyez MINEUR.

MOINE .s.m.
• Religieux faisant partie d'un ordre dont les membres vivent sous une règle commune, et séparés du monde, comme les bénédictins, les bernardins, les chartreux. L'usage a étendu cette dénomination aux religieux mendiants. Les anciens moines. Les moines réformés. Un moine défroqué.
• Prov., Gras comme un moine, Fort gras.
• Prov. et fig., L'habit ne fait pas le moine, On ne doit pas juger des personnes par les apparences, par les dehors.
• Prov., Attendre quelqu'un comme les moines font l'abbé, Ne pas l'attendre pour dîner, quoiqu'il doive venir.
• Prov. et fig., Pour un moine l'abbaye ne faut pas, ou Pour un moine on ne laisse pas de faire un abbé, L'absence d'une personne n'empêche pas, ne doit pas empêcher qu'une affaire ne se conclue, qu'une partie ne se fasse.
• Moine lai, se disait d'Un laïque, ordinairement homme de guerre invalide, que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale, pour y être entretenu.
• Moine bourru, Prétendu fantôme que l'ignorance faisait craindre dans les campagnes. Il signifie aussi, familièrement, Un homme de mauvaise humeur. Cet homme-là est un moine bourru, un vrai moine bourru.
• MOINE, se dit aussi d'Un meuble de bois où l'on suspend une sorte de réchaud plein de braise pour chauffer le lit; et d'Un cylindre de bois creusé, doublé de tôle, dans lequel on introduit un fer chaud pour ce même usage. Il fait mettre le moine dans son lit pendant tout l'hiver.

MOINEAU .s.m.
• Passereau, petit oiseau de plumage gris, qui aime à faire son nid dans des trous de muraille. Moineau franc, à gorge noire. Moineau privé, apprivoisé.
• Pot à moineau, Pot de terre qu'on attache en dehors d'une fenêtre, afin que les moineaux y viennent faire leurs nids.
• Prov. et fig., Tirer sa poudre aux moineaux, Employer pour des bagatelles son crédit, ses amis, son argent, dont on aurait pu se servir plus utilement.
• MOINEAU, en termes de Fortification, Petit bastion obtus, que l'on met au milieu d'une courtine très-longue, pour compléter le flanquement.

MOINERIE . s. f. collectif
• Les moines en général. Il s'est attiré sur les bras toute la moinerie.
• Il signifie aussi, L'esprit et l'humeur des moines. Il y a bien de la moinerie dans son fait. Ce religieux n'a point de moinerie. Dans les deux sens, il ne se dit que par mépris.

MOINESSE . s. f.
• Religieuse. Il ne se dit qu'en plaisanterie, et il est peu usité.

MOINILLON .s.m.
• Petit moine, ou Moine sans considération. Les moines et moinillons. Il ne se dit que par mépris.

MOINS . Adv. de comparaison
• qui est opposé à Plus, et qui sert à marquer l'infériorité d'une personne ou d'une chose comparée à une autre ou à elle-même, sous quelque rapport de qualité, de quantité, d'action, etc. Elle est moins jolie que sa soeur. Elle a six ans de moins que son frère. Il est moins spirituel qu'il n'est instruit. Il a moins de savoir que de vanité. Il est moins bien portant qu'avant son voyage. Cette chambre est moins grande que l'autre, moins grande que je ne l'avais cru. Sa famille est bien moins nombreuse que la vôtre. J'ai bien moins, beaucoup moins d'intérêt à cela que vous. Ce que je vous en dis est moins pour vous faire de la peine que pour vous avertir. Il ne faut pas moins qu'une raison aussi forte pour me déterminer. Plus vous le presserez, moins il en fera. Moins vous en direz, plus il en fera. Cela n'a pas moins de trente pieds. Nous n'étions pas moins de cent personnes. Un peu plus, un peu moins. Je n'en donnerai ni plus ni moins. Il n'en sera ni plus ni moins. Parlez moins. Parlez moins haut. Soyez moins en colère, un peu moins en colère.
• Il ne le menace pas de moins que de lui rompre bras et jambes, Il porte ses menaces jusqu'à dire qu'il lui rompra bras et jambes.
• C'est moins que rien, se dit D'une chose de nulle considération, et aussi D'une personne qu'on méprise. Le présent que je vous fais est moins que rien. Cet homme-là est moins que rien.
• MOINS, s'emploie substantivement dans plusieurs phrases différentes. Ainsi on dit: Le moins que vous puissiez faire, c'est de l'aller trouver, La moindre chose que vous puissiez faire. Ils sont à peu près d'accord, ils en sont sur le plus et sur le moins, il ne s'agit maintenant que du plus ou du moins, Il n'y a plus entre eux de débat que sur la quantité, sur la somme plus ou moins considérable à donner d'un côté et à recevoir de l'autre. La chose ne peut pas être arrivée ainsi, il faut qu'il y ait du plus ou du moins, Il faut qu'on ait supposé des circonstances qui ne sont pas vraies, ou qu'on en ait omis qui le sont.
• Prov., Qui peut le plus, peut le moins.
• MOINS subst. se dit, en termes d'Algèbre, d'Un trait horizontal qui est le signe de la soustraction. Le moins indique qu'il faut retrancher la seconde quantité de la première.
• Se dit, en termes d'Imprimerie, d'Un tiret long qui ordinairement sert à séparer des phrases, ou à remplacer des mots qu'on juge inutile de répéter. Il faut mettre ici un moins.
• SUR ET TANT MOINS. loc. prépositive, En déduction. Sur et tant moins de la somme de mille écus, on lui a donné cinq cents francs. Je vous donnerai cela sur et tant moins de ce que je vous dois. Il est vieux.
• À MOINS DE. loc. prépositive, À un prix au-dessous de. Je ne lui donnerai pas ce cheval à moins de mille francs.
• Il signifie aussi, Sans une certaine condition. Je ne lui pardonnerai pas à moins d'une rétractation publique.
• S'emploie aussi absolument, comme dans ces phrases: Vous avez beau marchander ce livre, vous ne l'aurez pas à moins, Pour une moindre somme. On rirait, on se fâcherait à moins, Pour une moindre cause.
• À MOINS QUE. loc. conjonctive, qui régit le subjonctif avec une négation. Si ce n'est que. Il n'en fera rien, à moins que vous ne lui parliez. À moins que vous ne preniez bien votre temps, vous n'en viendrez pas à bout.
• Il se construit, dans le même sens, avec l'infinitif et la préposition de, sans négation. Je ne pouvais pas lui parler plus fortement, à moins que de le quereller. On peut aussi supprimer le que. À moins d'être fou, il n'est pas possible de raisonner ainsi.
• AU MOINS, DU MOINS. locutions conjonctives, qui servent à marquer quelque restriction dans les choses dont on parle. Si vous ne voulez pas être pour lui, au moins ne soyez pas contre. S'il n'est pas fort riche, du moins il a, du moins a-t-il de quoi vivre honnêtement. On dit à peu près de même, Tout au moins, tout du moins, pour le moins. Donnez-lui tout au moins de quoi vivre.
• AU MOINS, signifie quelquefois, Sur toutes choses, et sert à avertir celui à qui l'on parle de se souvenir particulièrement de ce qu'on lui dit. Au moins prenez-y garde, c'est votre affaire. Au moins je vous en avertis. Au moins je m'en lave les mains. Au moins ne manquez pas de venir. N'y manquez pas au moins.
• DE MOINS. loc. adv. De manque. Il y avait dix écus de moins dans ce sac.
• Il sert aussi à exprimer quelque diminution, quelque rabais. On vous demande cinq francs de ce volume, vous l'aurez pour quelque chose de moins.
• EN MOINS DE, DANS MOINS DE. loc. prépositives, Dans un moindre espace de temps. J'aurai achevé en moins d'un an, d'un mois, d'une heure, d'un jour. Dans moins d'une demi-heure je serai à vous.
• EN MOINS DE RIEN. loc. adv. Très-promptement, en fort peu de temps. J'aurai fini en moins de rien. Il a mangé son bien en moins de rien.
• RIEN MOINS, précédé du verbe Être, et suivi d'un adjectif, a le sens de la négation. Il n'est rien moins que sage, Il n'est point sage. --- Suivi d'un substantif, il peut avoir le sens positif ou négatif, selon la circonstance. Vous lui devez de la reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur, Il est votre bienfaiteur. Vous pouvez vous dispenser de reconnaissance envers lui, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur, Il n'est pas votre bienfaiteur.
• RIEN MOINS, ou plutôt RIEN DE MOINS, employé avec un verbe impersonnel, a aussi un sens négatif. Il n'y a rien de moins vrai que cette nouvelle, Cette nouvelle n'est pas vraie. --- Avec un verbe actif ou neutre, le sens de Rien moins serait équivoque, s'il n'était déterminé par ce qui précède. Vous le croyez votre concurrent; il a d'autres vues, il ne désire rien moins, il ne se propose rien moins que de vous supplanter, il n'aspire à rien moins qu'à vous supplanter, Il n'est point votre concurrent. Vous ne le regardez pas comme votre concurrent; cependant il ne désire rien moins, il ne se propose rien moins que de vous supplanter, il n'aspire à rien moins qu'à vous supplanter, Il est votre concurrent. Dans le premier sens, Il n'aspire à rien moins qu'à vous supplanter, et les phrases semblables, veulent dire, Vous supplanter est la chose à laquelle il aspire le moins; et dans le second sens, Il n'aspire à rien moins qu'à vous supplanter, veut dire, Il n'aspire pas à moins qu'à vous supplanter. --- Au reste, il est bon d'éviter cette façon de parler, à cause de l'équivoque qu'elle entraîne.

MOIRE . s. f.
• Apprêt que reçoivent, à la calandre ou au cylindre, par l'écrasement de leur grain, certaines étoffes de soie, de laine, de coton ou de lin, et qui leur communique un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante. Moire à grands, à riches effets. Moire à petites ondes. Cette popeline a bien pris la moire.
• Se dit aussi d'Une étoffe qui a reçu ce genre d'apprêt. Moire de soie, de laine, de coton, de fil. Moire grise, bleue. Habit, robe de moire.

MOIRER . v. a.
• Donner à une étoffe, par la pression de la calandre ou du cylindre, un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante. Moirer un gros de Naples, des rubans, des popelines.
• MOIRÉ, ÉE. participe, Ruban moiré. Robe de soie moirée. Étoffe de laine moirée.
• Substantiv., Moiré métallique, Fer-blanc auquel on a donné, par le moyen de quelque acide, une apparence cristalline et chatoyante. Des plateaux de moiré métallique.

MOIS .s.m.
• Une des douze parties de l'année, dont chacune contient trente ou trente et un jours, excepté la seconde (février), qui est de vingt-huit jours seulement dans les années ordinaires, et de vingt-neuf dans les années bissextiles. Le mois de janvier, de février, de mars, d'avril, de mai, de juin, de juillet, d'août, de septembre, d'octobre, de novembre, de décembre. Le premier, le second, le troisième jour du mois, ou absolument, Le premier, le second du mois, le deux, le trois du mois. Quel quantième du mois avons-nous? Sa lettre est écrite, est datée du mois dernier. Les plus beaux mois de l'année.
• Se dit, en général, de L'espace de trente jours consécutifs, de quelque jour que l'on commence à compter. Il y a un mois et demi qu'il est parti. On lui a donné deux mois de congé, à compter du quinze janvier. Le mois est expiré. Il en a pour un mois à déménager. Il a gardé le lit deux mois durant. Il lui tarde d'être majeur, il compte les mois et les jours. Payer par mois, mois par mois, au mois. Il gagne tant par mois. Ils servent par mois. Il a servi son mois. Louer une chambre au mois.
• En termes de Palais, Les parties viendront au mois, Il a été ordonné qu'elles viendraient plaider dans un mois.
• MOIS, signifie aussi, Le prix convenu pour un mois d'allaitement, de location, de leçons, de travail, etc. Payer le mois, les mois d'une nourrice, d'un enfant. Payer les mois d'une chambre garnie. Il doit un mois, deux mois au maître à danser, etc. Je lui ai avancé le mois. Je lui ai donné son mois.
• Se dit absolument Des mois de grossesse d'une femme. Cette femme est dans son septième mois. Elle a accouché avant le neuvième mois.
• En Astronom., Mois solaire, L'espace de temps que le soleil met à parcourir un des signes du zodiaque. Mois lunaire, L'espace de temps qui s'écoule d'une nouvelle lune à une autre.
• Fig., Mois romains, L'imposition qu'on levait sur les États de l'Empire dans les besoins extraordinaires.
• Prov., On a tous les ans douze mois, On vieillit malgré qu'on en ait, ou On vieillit sans s'en apercevoir.
• MOIS, au pluriel, se dit absolument de L'écoulement périodique des femmes. Cette femme a ses mois.

MOISE . s. f.
• .Charpent. Se dit de Certaines pièces de bois plates assemblées deux à deux avec des boulons, et servant à maintenir la charpente.

MOISER . v. a.
• .Charpent. Mettre des moises. Moiser les fermes d'un comble.
• MOISÉ, ÉE. participe

MOISIR . v. a.
• Faire qu'une matière se couvre d'une certaine mousse qui marque un commencement de corruption. C'est l'humidité qui a moisi ce pâté.
• S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Des confitures qui se moisissent. Un fromage qui se moisit. Tout se moisit dans les lieux humides.
• S'emploie aussi comme neutre. Ce pâté commence à moisir.
• MOISI, IE. participe, Du pain, du fromage moisi. Confitures moisies. Vieux parchemins moisis.
• S'emploie substantivement, au masculin, et signifie, Ce qui est moisi. Cela est à demi gâté, il en faut ôter le moisi.
• Il signifie aussi, La moisissure. Cela sent le moisi.

MOISISSURE . s. f.
• Espèce de végétation qui naît sur les corps où se trouve une matière végétale unie à une certaine quantité d'eau, et qui se développe surtout quand cette matière commence à entrer en putréfaction. C'est la moisissure qui a gâté tout cela. La moisissure s'y mettra.
• Il signifie aussi, L'endroit moisi, le moisi. Ôtez la moisissure.

MOISSINE . s. f.
• Faisceau de branches de vigne où les grappes sont encore attachées. Les paysans suspendent des moissines au plancher.

MOISSON . s. f.
• Récolte des blés et autres grains. Belle, bonne, riche, grande, ample, abondante moisson. Le temps de la moisson. Faire la moisson. Le temps est bon pour la moisson. Voilà une belle espérance de moisson. La campagne se couvre de riches moissons.
• Il se prend aussi pour Le temps de la moisson. La moisson approche. Pendant la moisson.
• Prov. et fig., Il ne faut pas mettre la faucille dans la moisson d'autrui, Il ne faut point empiéter sur les attributions, sur les droits d'autrui.
• MOISSON, s'emploie au figuré dans plusieurs phrases. Ainsi on dit: Ce savant a fait une riche moisson dans les archives du royaume, Il y a recueilli des matériaux précieux. Ce gouverneur avait fait dans sa province une riche moisson, Il s'y était enrichi par ses concussions. Cette quêteuse a fait une abondante moisson, Sa quête a produit beaucoup d'argent.
• Fig. et poét., Une moisson de lauriers, Beaucoup de succès, un grand nombre de victoires. On dit dans le même sens, Une moisson de gloire.
• MOISSON, dans le langage de l'Écriture, se dit en parlant De la conversion des âmes. Ce missionnaire a fait, dans l'Inde, une grande moisson.

MOISSONNER . v. a.
• Faire la récolte des blés et autres grains. Moissonner les froments, les orges, les avoines.
• Moissonner un champ, Faire la moisson des grains qu'il a produits.
• MOISSONNER, s'emploie quelquefois absolument. On ne moissonne pas encore chez nous. On a moissonné ici.
• Fig. et poét., Moissonner des palmes, des lauriers, Avoir de nombreux succès, remporter beaucoup de victoires.
• Prov., d'après la Bible, Celui qui sème le vent moissonnera la tempête, Celui qui veut exciter des troubles, sera lui-même victime de troubles plus grands encore.
• MOISSONNER, signifie aussi figurément, Détruire, faire périr. La mort a moissonné un grand nombre d'hommes, des milliers d'hommes. La guerre, le fer, la peste a moissonné la plus grande partie des habitants de ce pays. Leur vie a été moissonnée dans sa fleur.
• MOISSONNÉ, ÉE. participe

MOISSONNEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui moissonne, qui coupe les blés et autres grains. Bon moissonneur. Louer, payer des moissonneurs, des moissonneuses. On a mis des moissonneurs dans ce champ.

MOITE . adj.des deux genres
• Qui a quelque humidité, qui est un peu mouillé. Il a le front moite. Avoir les mains moites. Être tout moite de sueur. Ces draps ne sont pas bien séchés, ils sont encore moites. Durant le dégel, les murailles sont moites.

MOITEUR . s. f.
• Légère humidité, qualité de ce qui est moite. Ces draps ne sont pas bien secs, il y a encore de la moiteur. Il faut les chauffer pour en ôter la moiteur. Il a une petite moiteur aux mains. Il n'a plus de sueur, il ne lui reste qu'une légère moiteur. Après l'accès de la fièvre, il reste d'ordinaire un peu de moiteur.

MOITIÉ . s. f.
• L'une des parties d'un tout divisé, partagé également en deux. Les deux moitiés d'un cercle, d'un carré. Il a acheté trop cher de moitié. Il a été trompé de moitié, de plus de la moitié du juste prix. Il y a lésion d'outre moitié. Ce marchand surfait toujours de moitié, de la moitié. L'un est plus grand que l'autre de moitié. Il y a déchet de moitié. Il en faut retrancher la moitié. La majorité absolue des suffrages se compose de la moitié des voix, plus une. La moitié de cette succession lui appartient. Il a moitié dans cette succession. Il a sa moitié dans cette maison, il y a sa moitié. Il a moitié dans tous les meubles, il lui en appartient la moitié. Il a moitié partout.
• Il signifie assez ordinairement, dans une acception moins rigoureuse, Une portion, une part qui est à peu près de la moitié. La moitié d'un pain, d'un poulet. Une moitié d'agneau. Mettre la moitié d'eau, moitié d'eau dans son vin. Faire bouillir de l'eau jusqu'à ce qu'elle soit réduite à la moitié, à moitié. La moitié de la vie se passe à souffrir. Passer la moitié du temps à la campagne. La moitié du temps il est sans argent. La moitié de son discours ne valait rien. Il a mangé la moitié de son bien. Il n'a fait encore que la moitié de son ouvrage. Il est plus beau de moitié. Je l'ai trouvé crû de moitié, rapetissé de moitié. Venez auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place.
• Couper, partager une chose par la moitié, La couper, la partager en deux moitiés. Le diamètre coupe le cercle par la moitié. Scier une pierre par la moitié.
• Partager un différend, le différend par la moitié, se dit en parlant D'un marché, et signifie, Se relâcher des deux côtés sur ce qui empêche de conclure.
• Partager quelque chose par moitié, Prendre chacun la moitié d'une chose qui était à partager. Partager les revenus, les bénéfices par moitié.
• Offrir la moitié de son lit à quelqu'un, Offrir place dans son lit à quelqu'un. On dit, dans un sens analogue, Prendre la moitié du lit de quelqu'un.
• À moitié, se dit en parlant De terres et d'affaires commerciales, pour signifier que le produit doit être partagé par moitié entre le propriétaire et le fermier, ou entre les deux associés. Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à moitié. Il fait ces vignes-là à moitié. Donner à moitié fruits. Prendre un marché avec quelqu'un à moitié de perte et de gain, à moitié perte et gain.
• À moitié chemin, À la moitié du chemin. Il est resté à moitié chemin.
• À moitié prix, Pour la moitié du prix ordinaire.
• Être de moitié, se mettre de moitié avec quelqu'un, Faire avec lui une société dans laquelle la perte et le gain se partagent par moitié. Ils sont de moitié dans cette affaire. Si vous voulez jouer, je serai de moitié avec vous, dans votre jeu. Je me mettrai de moitié avec vous. Ils sont de moitié ensemble.
• Prov. et fig., En rabattre de moitié ou de la moitié, en parlant D'une personne, signifie, L'estimer bien moins qu'on ne faisait. Je le croyais honnête homme; mais s'il a fait ce que vous dites, j'en rabats de moitié. On dit aussi, pour donner à entendre qu'un récit, un éloge, une plainte sont exagérés, Il en faut rabattre la moitié, il faut en rabattre moitié.
• Pour les autres emplois des expressions À moitié et De moitié, voyez à la fin de l'article.
• MOITIÉ, se dit, figurément et familièrement, d'Une femme à l'égard de son mari. Comment se porte votre moitié? Il a perdu sa chère moitié.
• MOITIÉ, s'emploie aussi adverbialement pour signifier, À demi. Du pain moitié seigle, moitié froment. C'est une étoffe moitié soie, moitié laine. Il boit toujours moitié eau, moitié vin. Moitié l'un, moitié l'autre.
• Vaisseau moitié guerre, moitié marchandise, Vaisseau chargé de marchandises, qui est armé et en état de se défendre.
• Prov. et fig., Moitié guerre, moitié marchandise, se dit en parlant D'une conduite, d'un procédé équivoque et douteux. Cet homme a fait sa fortune moitié guerre, moitié marchandise. Il signifie aussi, Moitié de force, moitié de gré. On l'a fait consentir à cet arrangement moitié guerre, moitié marchandise.
• Prov. et fig., Moitié figue, moitié raisin, Partie à contre-coeur, partie de bonne volonté; Partie bien, partie mal; Moitié sérieusement, moitié en plaisantant; etc.
• Fig. et fam., Cet homme est moitié chair, moitié poisson, On a peine à dire de quelles moeurs, de quel naturel il est, ce qu'il aime, ce qu'il hait, ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas.
• À MOITIÉ. loc. adv. En partie, à demi. Cela est à moitié pourri. Le tonneau est à moitié vide. La bouteille n'est qu'à moitié pleine. Il est à moitié ivre. Une maison à moitié ruinée, à moitié découverte. De l'argent plus d'à moitié dépensé. Notre vin est à moitié bu.
• DE MOITIÉ. locution adverbiale, usitée dans certaines phrases, comme, Il a été trop long de moitié dans son discours; cette sauce est trop poivrée de moitié; etc., Il a été beaucoup plus long qu'il ne fallait; cette sauce est beaucoup trop poivrée; etc.

MOKA .s.m.
• Le café qui vient de Moka, ville d'Arabie. Du café de Moka, ou simplement, Du moka. Du bon moka. Du vrai moka.

MOL
, OLLE. adj.
• Voyez MOU.

MOLAIRE . adj. f.
• Se dit Des grosses dents qui servent à broyer les aliments, et qu'on appelle autrement Mâchelières. Les dents molaires.
• S'emploie aussi substantivement. Les petites molaires. Les grosses molaires.

MÔLE . s. f.
• Masse informe et inanimée, dont les femmes accouchent quelquefois, au lieu d'accoucher d'un enfant. Cette femme, que l'on a crue grosse pendant six mois, n'est accouchée que d'une môle.

MÔLE .s.m.
• Jetée de pierres fondée dans la mer, à l'entrée d'un port, pour rompre l'impétuosité des vagues, et pour mettre les vaisseaux plus en sûreté. Il n'est guère usité qu'en parlant De quelques ports de la Méditerranée. Les môles de Gênes. Le môle de Naples, de Barcelone. Les vagues passaient par-dessus le môle.

MOLÉCULAIRE . adj.des deux genres
• Qui appartient, qui a rapport aux molécules.

MOLÉCULE . s. f.
• Petite partie d'un corps. Les molécules de l'air, du sang. Molécules organiques, élémentaires, intégrantes.

MOLÈNE . s. f.
• .Bot. Genre de plantes laineuses dont une espèce, le Bouillon blanc, est employée en médecine comme pectorale.

MOLESTER . v. a.
• Vexer, tourmenter de quelque manière que ce soit, inquiéter par des embarras suscités mal à propos. Molester quelqu'un en lui suscitant des procès. Il les a fort molestés par ses chicanes, par ses propos, par ses sarcasmes.
• MOLESTÉ, ÉE. participe

MOLETTE . s. f.
• Partie de l'éperon qui est ordinairement faite en forme d'étoile, et qui sert à piquer le cheval. Une molette d'éperon.
• MOLETTE, se dit aussi d'Une maladie des chevaux, qui consiste en une tumeur molle à la jambe.
• MOLETTE, se dit encore d'Un morceau de marbre, de verre, etc., taillé ordinairement en cône, dont la base est plane, et sert à broyer des couleurs ou d'autres corps, sur le marbre, le verre, le porphyre, etc.

MOLINISME .s.m.
• Sentiment, opinion de Molina et de ses sectateurs sur la grâce.

MOLINISTE . s. et adj. des deux genres
• Celui, celle qui suit le sentiment, l'opinion de Molina sur la grâce.

MOLLAH .s.m.
• (On fait sentir les deux L.) Docteur, prêtre musulman qui fait, à certaines heures, la prière sur le toit de la mosquée.

MOLLASSE . adj.des deux genres
• Qui est désagréablement mou au toucher. Chair, peau mollasse.
• Se dit aussi D'une étoffe qui n'a pas assez de consistance, assez de corps. Ce drap est mollasse.

MOLLEMENT . adv.
• D'une manière molle. Il n'est guère usité au propre que dans ces phrases, Être couché mollement, être assis mollement, Être couché dans un bon lit, être assis sur un siége bien mollet.
• MOLLEMENT, au figuré, signifie, Avec un abandon gracieux. Se balancer mollement.
• Il signifie aussi, Faiblement, lâchement, sans vigueur. Agir, travailler mollement. Il s'est conduit mollement dans cette affaire. Ce siége a été conduit mollement.
• Il signifie encore, D'une manière molle et efféminée. Vivre mollement.

MOLLESSE . s. f.
• Qualité de ce qui est mou. Son plus grand usage, au propre, est dans le style didactique. La mollesse et la dureté des corps. La mollesse des chairs est une marque d'une mauvaise constitution, d'une mauvaise disposition.
• Se dit quelquefois en parlant Du climat, et signifie, Température douce et molle. La mollesse de leur climat n'affaiblissait pas leur courage.
• Se dit aussi en parlant De la complexion, du tempérament des personnes. La mollesse de sa complexion l'expose à beaucoup de maladies.
• En termes de Peinture et de Sculpture, La mollesse des chairs, L'imitation vraie de la flexibilité, de la morbidesse des chairs. La mollesse du pinceau, Le défaut de fermeté dans le maniement du pinceau.
• MOLLESSE, signifie figurément, Manque de vigueur et de fermeté dans le caractère, dans la conduite, dans les moeurs. Il agit avec beaucoup de mollesse. Il y a trop de mollesse dans son caractère. La mollesse de nos moeurs. Je crains la mollesse de vos conseils. Cette affaire a été conduite avec mollesse.
• Il signifie aussi, Excès d'indulgence. La mollesse de ce père a perdu ses enfants.
• Il signifie encore, Délicatesse d'une vie efféminée. Vivre dans la mollesse. La mollesse des Sybarites. La mollesse asiatique. Les suites de la mollesse sont à craindre.
• MOLLESSE, en Littérature, se dit d'Un certain abandon gracieux, d'une certaine douceur de pensées et de style. Quinault a dans ses vers beaucoup de douceur et de mollesse.

MOLLET
, ETTE. adj.
• Diminutif de Mou. Qui a une mollesse agréable et douce au toucher. Des coussins bien mollets. Un lit mollet. Une étoffe douce et mollette.
• Pain mollet, Sorte de petit pain blanc qui est léger et délicat.
• OEufs mollets, OEufs à la coque, oeufs cuits de manière que le blanc et le jaune restent liquides.
• Fam., Avoir les pieds mollets, se dit D'une personne qui marche encore avec peine après une attaque de goutte.

MOLLET .s.m.
• Le gras de la jambe. Le mollet de la jambe, ou simplement, Le mollet. Il a de beaux, de gros mollets. Porter de faux mollets.

MOLLETON .s.m.
• Étoffe de laine, de coton ou de soie, tirée à poil, d'un seul côté ou des deux côtés, douce, chaude et mollette, dont on fait des camisoles, des gilets, des couvertures, etc. Molleton de laine, de coton, de soie. Camisole de molleton. Gilet doublé de molleton.

MOLLIFIER . v. a.
• .Médec. Rendre mou et fluide. Cela sert à mollifier les humeurs. Un cataplasme pour mollifier une tumeur.
• MOLLIFIÉ, ÉE. participe

MOLLIR . v. n.
• Devenir mou. La plupart des pommes mollissent cette année.
• Il signifie aussi, Manquer de force, faiblir, fléchir. Ce cheval aura peine à fournir sa course, il commence à mollir. Le vent mollissait contre les voiles. Les troupes mollissaient et commençaient à plier.
• Il signifie au sens moral, Céder trop aisément dans une occasion où il faudrait avoir de la fermeté. Il ne faut pas mollir dans cette affaire. Il se pique de fermeté, mais je l'ai vu mollir dans une occasion importante. Vous mollissez.

MOLLUSQUE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Nom donné aux animaux sans vertèbres, dont le corps est mou, et qui ont un coeur et des vaisseaux. Les mollusques habitent la terre, la mer et les eaux douces. Mollusques acéphales. L'huître est un mollusque testacé.

MOLY .s.m.
• Plante dont parle Homère, et à laquelle il attribue des vertus merveilleuses. On ne sait pas bien quelle est l'espèce du moly.

MOLYBDÈNE .s.m.
• .Chimie. Sorte de métal cassant, d'une couleur semblable à celle du plomb, et très-difficile à fondre.

MOMENT .s.m.
• Instant, petite partie du temps, temps fort court. Le moment de la mort. Le dernier moment. Ses malheurs ont avancé son dernier moment, ses derniers moments. Attendez-moi pendant quelques moments, et par ellipse, Attendez un moment, attendez-moi quelques moments. Je reviens dans un moment. J'aurai fait en un moment. Il n'a plus qu'un moment à vivre. Il est arrivé trop tard d'un moment. Je vous demande un moment d'audience. Je viens vous dérober quelques moments. Prendre quelques moments de repos, de sommeil. Il compte les heures et les moments. On l'attend à tout moment. Il peut venir d'un moment à l'autre, de moment en moment. Il ne faut pas abuser de votre temps, car tous vos moments sont précieux. J'ai passé des moments bien heureux, bien agréables auprès de lui. J'ai eu des moments pénibles dans ma vie. Le moment fatal est arrivé. Le moment est venu de prendre un parti. Voici le moment de se décider. Le moment critique. Le moment présent. Il a des moments de bonté, d'indulgence, de sévérité. Cet acteur a des moments admirables. Il est sage, il est fou par moments, dans certains moments. Le moment est mal choisi pour faire cela. Ce travail a rempli, a occupé, a employé tous les moments de sa vie. Choisir, prendre, saisir un moment favorable, le moment favorable.
• Un bon moment, Un instant favorable pour faire ce qu'on désire. Choisir, prendre un bon moment. Attendre les bons moments. Cet homme est habile et vigilant, il saisit toujours les bons moments. On dit dans le sens contraire, Un mauvais moment. Vous êtes arrivé dans un mauvais moment.
• Avoir de bons moments, se dit D'une personne dont l'esprit est égaré, mais qui a quelques bons intervalles. On le dit aussi D'une personne qui, ayant quelque défaut habituel de caractère ou d'humeur, cesse parfois de le manifester. Il est ordinairement colère, mais il a de bons moments.
• Un bon moment, un mauvais moment, se disent encore d'Une espèce d'inspiration subite et passagère pour faire le bien ou pour faire le mal.
• Fam. et par ellipse, Un moment, Attendez un moment. Un moment, j'ai à vous parler. Un moment, je reviens sur la proposition que j'avais faite.
• MOMENT, en termes de Mécanique, se dit Du produit d'une puissance par le bras du levier, suivant lequel elle agit. Dans un levier, les moments de deux puissances qui se font équilibre, sont égaux.
• AU MOMENT DE. loc. prépositive, Sur le point de. Au moment de partir, je m'aperçus que j'oubliais mon manteau. Au moment de fermer ma lettre, j'apprends que...
• AU MOMENT OÙ, AU MOMENT QUE, DANS LE MOMENT QUE, DANS LE MOMENT OÙ. loc. conjonctives. Lorsque. Au moment où il arrivera, j'irai le voir. Au moment que je le verrai, je lui parlerai de vous. J'arrivai dans le moment même qu'il venait de sortir, dans le moment où il sortait.
• DU MOMENT QUE. loc. conjonctive, Dès que, depuis que. Du moment que je l'ai aperçu, je l'ai salué. Du moment que je l'ai connu, je l'ai aimé. On dit de même, Dès ce moment, de ce moment, Depuis ce moment.
• Il signifie aussi, Puisque. Du moment que votre père y consent, je n'ai plus rien à dire.
• À TOUT MOMENT, À TOUS MOMENTS. loc. adverbiales, Sans cesse, à toute heure. Je crois à tout moment le voir et l'entendre.
• DANS LE MOMENT. loc. adv. Bientôt, dans très-peu de temps. Je reviens dans le moment.
• EN CE MOMENT. loc. adv. Présentement, à l'heure qu'il est. Revenez me voir demain, je suis trop occupé en ce moment pour vous recevoir.

MOMENTANÉ
, ÉE. adj.
• Qui ne dure qu'un moment. Un effort momentané. Une action momentanée. Hasarder sa vie pour un plaisir momentané.

MOMENTANÉMENT . adv.
• Passagèrement, pour un moment, pendant un moment. Je suis ici momentanément. Ce météore n'a paru que momentanément.

MOMERIE . s. f.
• Mascarade. Dans ce sens, il est vieux. Son usage le plus ordinaire est au figuré, où il se prend pour L'affectation ridicule d'un sentiment qu'on n'a pas. Cet héritier se montre fort affligé de la mort de son parent; mais c'est une momerie, une pure momerie, ce n'est que momerie, c'est pure momerie.
• Il signifie aussi, Chose concertée pour faire rire, jeu joué pour tromper quelqu'un par plaisanterie. C'est une plaisante momerie. Dans cette acception, il est vieux.
• Il signifie encore, Cérémonie bizarre, ridicule. Il y a peu de cultes qui ne soient défigurés par quelques momeries.
• Ce mot est familier dans ses diverses acceptions.

MOMIE . s. f.
• Corps embaumé par les anciens Égyptiens. On trouve encore des momies dans les anciens tombeaux d'Égypte.
• Se dit, par extension, Des corps de ceux qui ont été enterrés sous les sables mouvants que les vents élèvent dans les déserts de l'Arabie et de l'Égypte, et qu'on retrouve ensuite desséchés par les ardeurs du soleil. On trouve des momies dans les sables d'Égypte. Il est sec comme une momie.
• Fig. et fam., C'est une momie, une vraie momie, se dit D'une personne sèche et noire.
• MOMIE, se dit aussi de La couleur brune tirée des bitumes dont les momies ont été enduites.

MON . Adj. possessif masculin
• qui répond au pronom personnel Moi, Je. Mon livre. Mon ami. Mon bien. Mon père. Mon frère.
• Il fait au féminin, Ma. Ma mère. Ma soeur. Ma maison. Ma chambre. Ma plus grande envie. Ma principale affaire. Mais lorsque le substantif ou l'adjectif féminin, devant lequel il est placé, commence par une voyelle ou par h sans aspiration, au lieu de Ma, on dit, par euphonie, Mon. Mon âme. Mon épée. Toute mon espérance. Mon unique ressource. Mon affaire principale. Mon heure n'est pas venue. Devant une h aspirée, on dit Ma, au féminin. Ma hallebarde. Ma honte.
• Il fait Mes au pluriel du masculin et du féminin. Mes amis. Mes livres. Mes affaires. Mes pensées.

MONACAL
, ALE. adj.
• Appartenant à l'état de moine. L'habit monacal. L'esprit monacal. Vie, règle monacale. Cela est trop monacal. Un chant monacal.

MONACALEMENT . adv.
• D'une manière monacale. Vivre monacalement.

MONACHISME .s.m.
• Se dit Des institutions monastiques en général, et il marque ordinairement une sorte de mépris. Étudier l'influence du monachisme sur une nation. L'esprit du monachisme.

MONADE . s. f.
• Être simple et sans parties, dont les leibnitziens croient que tous les autres êtres sont composés. Le système des monades.
• MONADE, se dit aussi, en Histoire naturelle, d'Un animal tellement petit, qu'au plus fort microscope il ne paraît que comme un point.

MONADELPHIE . s. f.
• .Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à plusieurs étamines réunies par leurs filets en un seul corps ou faisceau.

MONANDRIE . s. f.
• .Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à une seule étamine.

MONARCHIE . s. f.
• Le gouvernement d'un État régi par un seul chef. Monarchie héréditaire, élective. Monarchie absolue, tempérée, mixte. Ce prince aspirait à la monarchie universelle.
• Monarchie constitutionnelle, Celle où la balance et l'exercice des pouvoirs sont réglés par des lois fondamentales.
• MONARCHIE, signifie aussi, État gouverné par un monarque. Une vaste monarchie. Cette monarchie fut heureuse sous tel prince, s'agrandit dans tel siècle. La monarchie française. Les monarchies de l'Europe.

MONARCHIQUE . adj.des deux genres
• Qui appartient à la monarchie. État, gouvernement, pouvoir monarchique. Principes, idées monarchiques. Esprit monarchique.

MONARCHIQUEMENT . adv.
• D'une manière monarchique.

MONARQUE .s.m.
• Chef d'une monarchie. Grand, puissant, glorieux, faible monarque.

MONASTÈRE .s.m.
• Couvent, lieu habité par des moines ou par des religieuses. Monastère d'hommes, de filles. Les anciens monastères. Bâtir un monastère. Se retirer, s'enfermer dans un monastère. Sortir du monastère.

MONASTIQUE . adj.des deux genres
• Qui appartient aux moines, qui concerne les moines. Vie, discipline, institution monastique. Les voeux monastiques. Ordre monastique.

MONAUT . adj. m.
• Qui n'a qu'une oreille. Un chien, un chat, un cheval monaut.

MONCEAU .s.m.
• Tas, amas fait en forme de petit mont. Un grand, un petit monceau. Monceau de blé, d'avoine, de pierres, d'argent. Mettre plusieurs choses en un monceau. Cela est tout en un monceau.
• Fam., Avoir des monceaux d'une chose, En avoir beaucoup. Cet homme a des monceaux d'or.

MONDAIN
, AINE. adj.
• Qui aime les vanités du monde. C'est une femme extrêmement mondaine.
• Se dit Des choses, et signifie, Qui se ressent des vanités du monde. Air mondain. Plaisirs, honneurs mondains. Spectacle mondain. Habit mondain. Parure, vie mondaine. Dans l'une et l'autre acception, il ne s'emploie guère hors des sermons et des livres de dévotion.
• C'est un sage mondain, se dit D'un homme sage, mais peu dévot. Il a vieilli.
• MONDAIN, s'emploie aussi substantivement, et signifie, Celui qui est attaché aux choses vaines et passagères du monde. Les mondains ne cherchent que la dissipation et la joie.

MONDAINEMENT . adv.
• D'une manière mondaine.

MONDANITÉ . s. f.
• Vanité mondaine. Passer sa vie dans les plaisirs et dans la mondanité. Le mépris des mondanités. Il ne s'emploie qu'en style de dévotion.

MONDE .s.m.
• L'univers, le ciel et la terre, et tout ce qui y est compris. Dieu a créé le monde, a tiré le monde du néant. La création, la fin du monde. Plusieurs philosophes ont cru le monde éternel.
• Fam., Depuis que le monde est monde, De tout temps.
• L'an du monde deux mille, La deux millième année depuis la création du monde.
• Le monde physique, Le monde considéré dans ce qu'il a de sensible; par opposition à Monde moral ou intellectuel, Le monde considéré sous les rapports qui ne peuvent être saisis que par l'intelligence, ou qui appartiennent à la morale.
• Le monde idéal, L'idée archétype du monde qui est en Dieu de toute éternité, suivant la philosophie de Platon.
• MONDE, dans un sens plus particulier, se dit de La terre, du globe terrestre. Les cinq parties du monde. Le monde sublunaire. Le centre, le bout, les extrémités, les confins, les bornes du monde. Aux deux bouts du monde. Alexandre aspirait à se rendre maître du monde. Courir le monde. Faire le tour du monde. Voyage autour du monde. Ce bas monde.
• Venir au monde, Naître; et, Être au monde, cesser d'être au monde, n'être plus au monde, Exister, ne plus exister. Cela ne se dit que Des personnes. Quand cet enfant est venu au monde. Depuis que je suis venu au monde. Depuis qu'il n'est plus au monde, qu'il a cessé d'être au monde. On dit dans un sens analogue, Mettre un enfant au monde, Donner la naissance à un enfant. Les enfants qu'elle a mis au monde.
• Le monde ancien, ou Le monde des anciens, Ce que les anciens connaissaient du globe terrestre.
• Le nouveau monde, Le continent de l'Amérique. L'ancien et le nouveau monde, ou Les deux mondes, Les deux continents.
• Hyperboliq. et fam., Il est allé loger, il est logé au bout du monde, Dans un quartier fort éloigné.
• Fig. et fam., C'est le bout du monde, c'est tout le bout du monde, se dit Lorsqu'on estime quelque chose à son plus haut prix, à sa plus grande valeur. Si vous tirez cent francs de ce cheval, c'est le bout du monde. Si j'ai cent écus chez moi, c'est tout le bout du monde.
• En style de l'Écriture, La figure de ce monde passe, Tout ce qui est dans le monde n'a rien de solide ni de permanent.
• MONDE, se dit aussi Des planètes qu'on suppose habitées; et alors on ne l'emploie guère qu'au pluriel. Dieu a semé les mondes dans l'espace. La Pluralité des Mondes est le titre d'un ouvrage de Fontenelle.
• Se dit hyperboliquement d'Un lieu vaste et très-peuplé. Paris est un monde, un petit monde.
• MONDE, signifie, par extension, La totalité des hommes, le genre humain. JÉSUS-CHRIST est le sauveur du monde. L'opinion est la reine du monde.
• Le monde chrétien, La totalité des hommes qui professent le christianisme.
• MONDE, signifie aussi, Les hommes en général, la plupart des hommes. Le monde ne pardonne point l'ingratitude. Le monde est bien méchant. Tout le monde sait cette nouvelle. Il est connu de tout le monde. Sa vie est utile au monde.
• Il se prend quelquefois indéfiniment pour Gens, personnes. Il ne faut pas accuser le monde légèrement. Est-ce comme cela qu'il faut traiter le monde? Je crois que vous vous moquez du monde. Dans ce sens, il est familier.
• Se dit encore d'Un certain nombre de personnes. Il s'assembla quantité de monde autour de lui. Il a amené beaucoup de monde avec lui. Il y avait bien du monde à l'Opéra. Le monde n'est pas encore arrivé.
• Peu de monde, pas grand monde, Peu de personnes. Il n'y avait pas grand monde à cette fête. Il ne put rassembler que peu de monde.
• Hyperboliq., Un monde, Une grande quantité de personnes. Il a un monde d'ennemis.
• MONDE, se dit quelquefois d'Une seule personne. N'entrez pas dans son cabinet, il y a du monde avec lui, il est avec du monde.
• MONDE, avec l'adjectif possessif, se dit particulièrement Des domestiques de quelqu'un. Il a congédié tout son monde.
• Se dit également Des gens qui sont sous les ordres de quelqu'un. L'architecte a-t-il amené tout son monde? Ce capitaine n'avait que la moitié de son monde.
• Se dit pareillement d'Un certain nombre de personnes que l'on attend. On servira dès que votre monde sera venu.
• MONDE, signifie en outre, La société des hommes, ou Une partie de cette société. Fréquenter, aimer le monde. Le commerce du monde. C'est un homme qui a vu le monde, qui a un grand usage du monde, une grande connaissance des affaires du monde. Observer, étudier le monde. Avoir l'expérience du monde. À son entrée dans le monde. Il n'aime pas le monde. Il ne voit qu'un certain monde. Loin du monde et du bruit. Se retirer du monde, de l'embarras du monde et des affaires. C'est le monde qui lui a formé l'esprit. Le monde est bien corrompu. Dans quel monde vivez-vous? Il s'est fait un monde à part dans lequel il passe sa vie. Il vit dans un monde qui n'a rien de commun avec celui où vous vivez. Faire figure dans le monde. Se faire un nom, de la réputation dans le monde. Faire parler de soi dans le monde.
• Homme du monde, Homme qui vit dans le grand monde. Au pluriel, Les gens du monde.
• Fam., Le grand monde, La société distinguée par les richesses, par les dignités de ceux qui la composent. Aller dans le grand monde. Il signifie aussi, Une société nombreuse. Le grand monde l'étourdit, il préfère un petit cercle d'amis.
• Fam., Le petit monde, Les gens du commun. Cela n'a réussi que dans le petit monde. Le peuple dit, Il ne faut pas tant mépriser le petit monde.
• Fam., Le beau monde, La société la plus brillante. Il va dans le beau monde, il voit le beau monde. On dit par extension, J'ai vu là beaucoup de beau monde, Beaucoup de personnes bien mises, élégantes.
• Le monde savant, le monde lettré, Les hommes qui s'occupent particulièrement des sciences, des lettres.
• Savoir bien le monde, son monde, Savoir bien la manière de vivre dans la société. C'est un homme qui sait bien le monde, qui sait bien son monde. On dit dans le même sens, Il a du monde, il n'a pas de monde; il a la science du monde, l'esprit du monde.
• Connaître le monde, Connaître les hommes. Connaître bien son monde, Savoir bien démêler le caractère des gens à qui l'on a affaire.
• N'être plus du monde, N'être plus dans le commerce du monde. C'est un homme qui n'est plus du monde. Je ne suis plus du monde. Je ne suis plus de ce monde. On dit dans le même sens: Quitter le monde. Renoncer au monde. Se retirer du monde. C'est un solitaire qui ignore les choses de ce monde.
• Prov., Ainsi va le monde, C'est ainsi que les hommes agissent, se conduisent.
• Prov. et fig., C'est le monde renversé, se dit D'une chose qui se fait contre l'usage et l'ordre commun.
• Monde idéal, Monde imaginaire, meilleur que le monde où nous existons. Se former, se créer un monde idéal. Vivre dans un monde idéal. S'égarer dans un monde idéal. Les illusions du monde idéal font oublier le monde réel.
• Prov., Devoir à Dieu et au monde, Être extrêmement endetté.
• MONDE, en langage de dévotion, signifie, Les hommes qui ont les moeurs corrompues du siècle. Renoncer au monde, au monde et à ses pompes. L'esprit, le train du monde. Les vanités du monde. Les maximes du monde sont bien contraires à celles de l'Évangile.
• MONDE, se dit aussi de La vie séculière, par opposition à La vie monastique. Il a quitté le monde pour se mettre dans un cloître. Il est sorti du couvent, et est entré, rentré dans le monde.
• MONDE, est quelquefois un terme augmentatif, soit qu'on affirme, soit qu'on nie. Il a dit de vous tout le bien du monde. Je ne voudrais de cette maison pour rien au monde. Il ne manquerait pas à sa parole pour tous les trésors du monde. Je donnerais tout au monde pour l'avoir. Rien au monde ne lui fait tant de plaisir.
• Cela est, cela va le mieux du monde, Cela est, cela va très-bien. Nous sommes le mieux du monde ensemble, Nous sommes parfaitement d'accord, nous sommes très-bien l'un avec l'autre.
• Par exagérat., Le meilleur homme, le plus méchant homme du monde; la meilleure chose, la plus mauvaise chose du monde, Un homme très-bon, très-méchant; une chose très-bonne, très-mauvaise.
• L'autre monde, La vie future. Dans l'autre monde il faudra rendre compte de ce que nous aurons fait dans celui-ci. La foi nous apprend qu'il y a un autre monde après celui-ci.
• Pop., Il est allé dans l'autre monde, Il est mort.
• Fam., De quel monde venez-vous? se dit À une personne qui paraît ne pas être instruite d'une chose que tout le monde sait.
• Fig. et fam., C'est un homme de l'autre monde, se dit D'un homme dont les moeurs, les façons de vivre paraissent opposées à celles de la société commune des autres hommes.
• Fig. et fam., Dire des choses de l'autre monde, Dire des choses étranges, incroyables.

MONDE . adj.des deux genres
• Pur, net. Il ne se dit qu'en style de l'Écriture sainte, et pour qualifier Les animaux dont la loi des Juifs permettait l'usage, soit pour les sacrifices, soit pour les repas. Il est opposé à Immonde. Les bêtes, les animaux mondes et immondes.

MONDER . v. a.
• Nettoyer. S'emploie surtout dans ces phrases: Monder de l'orge, Le dégager de sa pellicule; et, Monder de la casse, Tirer la casse de son bâton, et la préparer, après en avoir ôté les semences.
• MONDÉ, ÉE. participe, De l'orge mondé. Du séné mondé. De la casse mondée.
• Prendre de l'orge mondé, Boire de l'eau dans laquelle on a fait bouillir de l'orge mondé.

MONDIFIER . v. a.
• .Médec. Nettoyer, déterger. Mondifier un ulcère, une plaie.
• MONDIFIÉ, ÉE. participe

MONÉTAIRE .s.m.
• Se dit Des officiers publics qui présidaient à la fabrication des monnaies et des médailles. Les anciennes monnaies françaises portaient ordinairement le nom des monétaires qui les avaient faites.
• MONÉTAIRE, s'emploie aussi comme adjectif des deux genres, et signifie, Qui a rapport aux monnaies. Art monétaire. Science monétaire. Atelier monétaire. Système monétaire. Lois monétaires.

MONITEUR .s.m.
• Celui qui donne des avis, des conseils. Les jeunes gens ont besoin d'un sage moniteur.
• MONITEUR, dans les Écoles d'enseignement mutuel, se dit de L'élève chargé d'instruire un certain nombre de ses condisciples. L'école de ce régiment a de bons moniteurs.
• MONITEUR, est aussi Le titre de certains journaux. Le Moniteur universel. Le Moniteur des théâtres.

MONITION . s. f.
• .Juridiction ecclés. Avertissement juridique qui se fait en de certains cas par l'autorité de l'évêque, avant de procéder à l'excommunication. On a fait jusqu'à trois monitions. Procéder à la troisième monition. Pour la troisième et péremptoire monition.

MONITOIRE .s.m.
• .Juridiction ecclés. Lettres d'un official pour obliger, sous des peines ecclésiastiques, tous ceux qui ont quelque connaissance d'un crime ou de quelque autre fait dont on cherche l'éclaircissement, à venir révéler ce qu'ils savent. On a publié un monitoire dans toutes les paroisses. Le juge ordonna que l'official décernerait un monitoire. Fulminer, jeter, lancer un monitoire. On dit aussi adjectivement, Des lettres monitoires; et alors Monitoire est féminin.

MONITORIAL
, ALE. adj.
• Il n'est usité que dans cette locution, Lettres monitoriales, Lettres en forme de monitoire.

MONNAIE . s. f.
• Toute sorte de pièces de métal, servant au commerce, frappées par autorité souveraine, et marquées au coin d'un prince ou d'un État souverain. Battre, faire battre monnaie. Avoir droit de battre monnaie. Faire de nouvelle monnaie. Mettre une nouvelle monnaie en circulation. Refondre les monnaies. Monnaie d'or, d'argent. Toute sorte de monnaie ayant cours. Le décri de la monnaie. La monnaie a été instituée pour la facilité des échanges. Fausse monnaie. Il est accusé de fausse monnaie. Monnaie de cuivre, de billon. Petite monnaie. Monnaie forte. Monnaie faible ou légère. Monnaie au-dessous du titre, au-dessous du poids. De la monnaie bien frappée. De la monnaie qui s'empile bien. Altérer les monnaies. Monnaie étrangère. Pièce de monnaie.
• Monnaie de compte, ou Monnaie imaginaire, Monnaie qui n'a jamais existé, ou qui n'existe plus en espèces réelles, mais qui a été inventée ou retenue pour faciliter les comptes, en les établissant toujours sur un pied certain et non variable; par opposition à Monnaie réelle ou effective, Monnaie dont il existe des pièces ayant cours dans le commerce. La livre tournois, la livre sterling, sont des monnaies de compte. Le franc est une monnaie réelle.
• Papier-monnaie, Papier créé par le gouvernement pour faire office de monnaie.
• Monnaie obsidionale, Monnaie frappée dans une ville assiégée, où on lui donne cours pendant le siége, pour une valeur ordinairement beaucoup plus forte que sa valeur intrinsèque.
• Payer en monnaie forte, Payer en espèces évaluées sur un pied avantageux à celui qui reçoit.
• Fig. et fam., Battre monnaie, Se procurer de l'argent. Il a battu monnaie, il a vendu ses livres.
• Fam., Être décrié comme de la fausse monnaie, comme la fausse monnaie, comme fausse monnaie, Avoir une très-mauvaise réputation.
• MONNAIE, dans un sens plus particulier, se dit Des petites espèces d'argent ou de billon. N'avez-vous point de monnaie sur vous? Je n'ai pas un sou de monnaie.
• Il signifie aussi, La valeur d'une pièce monnayée, en plusieurs pièces moindres. N'avez-vous point la monnaie d'un louis, d'un écu, d'une pièce de vingt sous, etc.?
• Donner à quelqu'un de belle monnaie, Lui donner des pièces d'or ou d'argent, au lieu de pièces de cuivre ou de billon.
• Prov. et fig., Rendre, donner à quelqu'un la monnaie de sa pièce, Se venger, user de représailles.
• Prov. et fig., Payer quelqu'un en monnaie de singe, Le payer en gambades, se moquer de lui, au lieu de le satisfaire.
• Prov. et fig., Il l'a payé en même monnaie, se dit D'un homme qui, ayant reçu d'un autre ou quelque service ou quelque déplaisir, lui a rendu ensuite la pareille.
• MONNAIE, se dit, figurément et au sens moral, Des paroles dont il se fait une espèce d'échange dans la société. Les compliments sont une monnaie dont chacun connaît la valeur.
• MONNAIE, signifie aussi, Le lieu où l'on bat monnaie. Porter des lingots à la monnaie, pour qu'ils soient convertis en espèces. Ce lieu s'appelle autrement Hôtel de la monnaie, des monnaies. Hôtel des monnaies de Paris, de Lyon, de Bordeaux, etc.
• La monnaie des médailles, Le lieu où l'on frappe les médailles, les jetons.
• Cour des monnaies, Cour supérieure qui était établie pour juger souverainement tout ce qui concernait les monnaies. Le premier président de la cour des monnaies.

MONNAYAGE .s.m.
• Fabrication de la monnaie. Monnayage au marteau, au balancier. Il entend bien le monnayage. Droit de monnayage.

MONNAYER . v. a.
• Convertir un métal en monnaie. On a monnayé de l'argent pour plus d'un million.
• Il signifie plus particulièrement, Donner l'empreinte à la monnaie. Ce balancier monnaye tous les jours tant de milliers de pièces d'or.
• S'emploie aussi absolument. Avant l'invention du balancier, on monnayait au marteau. L'art de monnayer a fait de grands progrès.
• MONNAYÉ, ÉE. participe, Argent monnayé, se dit par opposition à Argent ouvragé ou brut. Payer en argent monnayé.

MONNAYEUR .s.m.
• Celui qui travaille à la monnaie de l'État.
• Faux monnayeur, Celui qui fait de la fausse monnaie.

MONOCHROME . adj.des deux genres
• Qui est d'une seule couleur. Les camaïeux, les grisailles sont des peintures monochromes.
• S'emploie aussi comme substantif masculin. Un monochrome.

MONOCLE .s.m.
• Petite lunette qui ne sert que pour un oeil. Voyez LORGNON.

MONOCORDE .s.m.
• Instrument de bois, de cuivre, etc., sur lequel il y a une seule corde tendue, et divisée selon certaines proportions pour faire connaître les différents intervalles des sons. La division du monocorde. Diviser un monocorde. La trompette marine était une espèce de monocorde.

MONOCOTYLÉDONE . adj.des deux genres
• .Bot. Se dit Des plantes dont les semences n'ont qu'un seul lobe ou cotylédon. Les plantes monocotylédones. On l'emploie quelquefois substantivement, au féminin. Le lis est une monocotylédone.

MONOECIE . s. f.
• .Bot. Classe du système de Linné, dans laquelle on range les plantes qui portent, sur le même pied, des fleurs mâles et des fleurs femelles. Le maïs appartient à la monoecie.

MONOGRAMME .s.m.
• Chiffre ou caractère composé des principales lettres d'un nom, et quelquefois de toutes. La signature de la plupart de nos anciens rois était un monogramme.

MONOGRAPHIE . s. f.
• T. d'Hist. nat. Description d'un seul genre ou d'une seule espèce d'animaux, de végétaux, etc.

MONOÏQUE . adj.des deux genres
• .Bot. Se dit Des plantes qui portent, sur le même pied, des fleurs mâles et des fleurs femelles. Le maïs est une plante monoïque.

MONOLITHE . adj.des deux genres
• Qui est d'une seule pierre. Statue, monument, pyramide, aiguille, obélisque monolithe.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Beaucoup de monuments, en Égypte, sont des monolithes.

MONOLOGUE .s.m.
• Scène d'une pièce de théâtre où un personnage est seul et se parle à lui-même. Beau monologue. Monologue ennuyeux. Ce monologue est trop long. Les monologues manquent ordinairement de vraisemblance.

MONOMANE . adj. et s. des deux genres
• Qui est atteint de quelque monomanie. Il est monomane. Elle est monomane. C'est une monomane.

MONOMANIE . s. f.
• Espèce d'aliénation mentale, dans laquelle une seule idée semble absorber toutes les facultés de l'intelligence. Monomanie érotique. Le traitement de la monomanie.

MONÔME .s.m.
• T. d'Algèbre. Grandeur qui est exprimée sans que celles qui la composent soient jointes par les signes plus ou moins.

MONOPÉTALE . adj.des deux genres
• .Bot. Se dit Des fleurs dont la corolle est d'un seul pétale, d'une seule pièce. La fleur de la mauve est monopétale. Corolle monopétale.

MONOPHYLLE . adj. m.
• .Bot. Se dit D'un calice formé d'une seule pièce. Calice monophylle, à cinq divisions.

MONOPOLE .s.m.
• Trafic exclusif, fait en vertu d'un privilége. Faire le monopole. Exercer le monopole. Les monopoles nuisent au commerce. C'est une compagnie qui a obtenu le monopole de cette denrée. Le gouvernement s'est réservé le monopole du tabac et de la poudre à canon.
• Se dit, par extension, Du trafic d'un ou de plusieurs marchands réunis, qui achètent quelque marchandise en si grande quantité, que ceux qui veulent s'en procurer sont obligés de s'adresser à eux, et de payer le prix qu'ils exigent. Quelques marchands ayant enlevé tous les draps pour se rendre maîtres des prix, on se plaignit de ce monopole.
• Se dit quelquefois figurément. Cet écrivain semble s'être réservé le monopole de l'injure et de la calomnie.

MONOPOLEUR .s.m.
• Celui qui exerce un monopole.

MONOPTÈRE . adj.des deux genres
• T, d'Architecture. Se dit D'un édifice qui n'a qu'une seule rangée de colonnes; et surtout D'un édifice rond formé d'une simple colonnade, sans mur. Temple monoptère à six, à huit colonnes, surmonté d'une calotte, d'un toit.

MONOSTIQUE .s.m.
• Épigramme, inscription en un seul vers.

MONOSYLLABE .s.m.
• .Gram. Mot d'une seule syllabe. Cette langue abonde en monosyllabes. Vous, moi, toi, sont des monosyllabes.
• S'emploie quelquefois comme adjectif des deux genres. Ce mot est monosyllabe.

MONOSYLLABIQUE . adj.des deux genres
• Se dit particulièrement Des vers dont tous les mots sont des monosyllabes. Vers monosyllabiques.
• Se dit aussi Des vers d'une seule syllabe.

MONOTONE . adj.des deux genres
• Qui est presque toujours sur le même ton, qui n'est pas assez varié dans ses intonations ou dans ses inflexions. Chant, déclamation monotone. On dit dans un sens analogue, Un bruit monotone.
• Par extension, Acteur, orateur monotone, Acteur, orateur dont le débit a de la monotonie.
• MONOTONE, se dit, figurément, Des choses qui sont trop uniformes, qui manquent de variété. Cet homme mène une vie monotone. Les plaisirs de la campagne sont un peu monotones. Le style de cet écrivain est monotone.

MONOTONIE . s. f.
• Uniformité, égalité ennuyeuse de ton dans la conversation; dans les discours prononcés en public; dans la musique, soit vocale, soit instrumentale. Sa manière de réciter est d'une monotonie fatigante. Cette musique est d'une monotonie assoupissante.
• Se dit, figurément, d'Une trop grande uniformité dans le style. Ce poëme a de la monotonie.
• Se dit, par extension, d'Une manière de vivre qui est toujours la même. Sa vie est d'une monotonie ennuyeuse. Il y a bien de la monotonie dans les habitudes de cette famille.

MONS .s.m.
• (On prononce l'S.) Abréviation du mot Monsieur. Entre particuliers, elle est méprisante. Mons un tel.

MONSEIGNEUR .s.m.
• Titre d'honneur que l'on donne en parlant ou en écrivant à certaines personnes distinguées par leur naissance ou par leur dignité. Monseigneur le prince. Monseigneur le chancelier. Donner du monseigneur à quelqu'un. Traiter quelqu'un de monseigneur. On écrit souvent, par abréviation, Mgr.
• MESSEIGNEURS, Pluriel de Monseigneur, dont on se sert, soit en parlant, soit en écrivant collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de Monseigneur.
• NOSSEIGNEURS, Autre pluriel de Monseigneur, dont on se servait principalement dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours de parlement, et autres cours souveraines. Au roi et à nosseigneurs de son conseil. À nosseigneurs de parlement, du parlement, supplie humblement un tel.

MONSEIGNEURISER . v. a.
• Donner le titre de monseigneur. Je l'ai monseigneurisé. Il ne s'emploie que par plaisanterie.
• MONSEIGNEURISÉ, ÉE. participe

MONSIEUR .s.m.
• (On ne fait sentir ni l'N ni l'R.) Qualité, titre que l'on donne par civilité, par bienséance, aux personnes à qui on parle, à qui on écrit. Oui, monsieur. Je vous prie, monsieur, de...
• Il fait au pluriel, Messieurs. Je vous prie, messieurs, d'observer que... Messieurs les membres de la chambre des députés. J'ai dit à ces messieurs ce que je pensais de l'affaire. On écrit souvent, par abréviation, au singulier Mr ou M., et au pluriel Mrs ou MM.
• MESSIEURS, se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. L'avis de messieurs.
• MONSIEUR, se dit, par les domestiques d'une maison, Du chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti.
• Prov., Monsieur vaut bien madame, Le mari vaut bien la femme. Cela se dit le plus souvent par ironie.
• MONSIEUR, sert aussi à désigner Tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur vous demander. Appelez ce monsieur.
• Pop., Il fait le monsieur, il fait bien le monsieur, Il fait l'homme de conséquence. Il est devenu gros monsieur, Il a fait fortune. C'est un beau monsieur, Il est élégamment vêtu.
• Fam., C'est un vilain monsieur, C'est un homme difficile à vivre, d'humeur maussade. Par mépris: Mon petit monsieur. Que veut donc ce petit monsieur?
• MONSIEUR, se joint quelquefois à un terme d'injure. Monsieur le sot, monsieur l'insolent, je vous donnerai sur les oreilles.
• MONSIEUR, employé absolument, s'est dit de L'aîné des frères du roi. La maison de Monsieur.
• Prune de Monsieur, Sorte de prune ronde, d'un beau violet. C'est aussi le nom d'Une nuance de la couleur violette. Une robe prune de Monsieur.

MONSTRE .s.m.
• Animal qui a une conformation contre nature. Monstre horrible, effroyable, affreux, épouvantable, hideux. Un monstre à deux têtes. Cette femme accoucha d'un monstre. Les monstres n'engendrent point.
• Se dit aussi Des végétaux. Les fleurs doubles sont des monstres.
• MONSTRE, se dit, par exagération, de Ce qui est extrêmement laid. Cette femme est horriblement laide, c'est un monstre. On dit dans le même sens, Un monstre de laideur.
• Se dit, figurément, d'Une personne cruelle et dénaturée. Néron était un monstre. C'est un monstre qu'il faudrait étouffer. On dit populairement, dans le même sens, Un monstre de nature.
• C'est un monstre d'ingratitude, un monstre d'avarice, un monstre de cruauté, se dit D'une personne qui montre une noire ingratitude, qui est d'une sordide avarice, etc.
• Poétiq., Les monstres des forêts, Les bêtes féroces qui habitent les forêts.
• Monstres marins, Les grands cétacés.
• On a servi des monstres sur cette table, On y a servi des poissons d'une grandeur extraordinaire.
• Fig., Se faire un monstre de quelque chose, S'imaginer qu'une chose est très-pénible, très-difficile.

MONSTRUEUSEMENT . adv.
• Prodigieusement, excessivement. Il n'est guère usité que dans ces phrases: C'est un homme monstrueusement gros, monstrueusement gras.

MONSTRUEUX
, EUSE. adj.
• Qui a une conformation contre nature. Un enfant monstrueux. Un animal monstrueux. On dit de même, Conformation monstrueuse.
• Il signifie aussi, Qui est contraire aux lois de la nature. Accouplement monstrueux.
• S'emploie, dans la même signification, au sens moral. Union, association monstrueuse d'idées, d'expressions.
• Il signifie encore, Prodigieux, excessif dans son genre. Cet enfant a la tête monstrueuse. C'est une femme d'une laideur monstrueuse. Un homme d'une grandeur, d'une grosseur monstrueuse. Un animal monstrueux. On servit des poissons monstrueux.
• Se dit, dans le même sens, en parlant Des choses morales. Une avarice, une prodigalité, une profusion, une fortune monstrueuse. Un crime, un événement monstrueux. Son action est une chose monstrueuse. Absurdités monstrueuses.

MONSTRUOSITÉ . s. f.
• Caractère, vice de ce qui est monstrueux. Se dit au propre et au figuré, et s'emploie plus ordinairement pour désigner La chose monstrueuse. C'est une monstruosité que la tête, que la main de cet enfant. Son action est une monstruosité.

MONT .s.m.
• Grande masse de terre ou de roche, élevée au-dessus du terrain qui l'environne. Ce mot ne s'emploie guère en prose qu'avec un nom propre. Le mont Etna. Le mont Cenis. Les monts Pyrénées. Le mont Liban. Il n'est jamais suivi de la préposition de, quand il sert à désigner Une certaine montagne; au lieu que le mot Montagne est toujours suivi de cette préposition. Le mont Sinaï, la montagne de Sinaï. Le mont Calvaire, la montagne du Calvaire.
• MONTS, au pluriel et pris absolument, signifie ordinairement, Les Alpes. Passer, repasser les monts. Au delà des monts. Deçà les monts.
• Poétiq., Le double mont, Le Parnasse.
• Fig. et fam., Promettre des monts d'or à quelqu'un, Lui promettre de grandes richesses, de grands avantages. On dit dans le même sens, Promettre monts et merveilles.
• Par exagérat. et fam., Vous me donneriez un mont d'or, des monts d'or, que je n'en ferais rien, Vous me donneriez tous les biens du monde, que, etc. Cela lui coûte des monts d'or, Cela lui coûte excessivement.
• Adverb., Par monts et par vaux, En toute sorte d'endroits, de tous côtés. Aller, courir par monts et par vaux. On le cherche par monts et par vaux.
• Fam., Mont pagnote, Éminence d'où l'on peut, sans aucun péril, regarder un combat. Pendant l'action, il se tint sur le mont pagnote. Cette expression a vieilli.
• Mont-de-piété, Établissement où l'on prête sur nantissement et à intérêt. Mettre des effets au mont-de-piété. Retirer ses hardes du mont-de-piété. Reconnaissance du mont-de-piété.

MONTAGE .s.m.
• Action de transporter quelque chose de bas en haut. Payer le montage du bois, des grains.

MONTAGNARD
, ARDE. adj.
• Qui habite les montagnes. Les peuples montagnards. Animaux montagnards.
• Il est plus ordinairement substantif. Les montagnards d'Écosse. C'est un montagnard.

MONTAGNE . s. f.
• Mont, grande masse de terre ou de roche fort élevée au-dessus du terrain qui l'environne. Grande, haute montagne. Montagne élevée, rude, escarpée. Le sommet, le haut, la cime, le mamelon d'une montagne. Le penchant, la pente, la croupe, les flancs, la descente, le revers, le versant, le pied d'une montagne. Monter, descendre, passer, traverser une montagne. Gagner le haut d'une montagne. Gravir une montagne, sur une montagne. Les brigands se sont retirés dans les montagnes. Les montagnes d'Auvergne. Pays de montagnes. Pays hérissé de montagnes.
• Une chaîne de montagnes, Une suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre.
• Prov. et fig., La montagne a enfanté une souris, se dit Lorsque de grands projets n'aboutissent à rien.
• Prov., Deux montagnes ne se rencontrent point, mais deux hommes se rencontrent, se dit ou Par menace, pour faire entendre à un homme qu'on trouvera occasion de se venger de lui, ou Lorsqu'on rencontre inopinément quelqu'un qu'on ne s'attendait pas à voir.
• Prov., Il n'y a point de montagne sans vallée, Chaque chose existe avec ses conditions naturelles.
• Prov. et fig., Il a sa montagne dans la tête, Il est très-occupé d'un dessein qu'il a conçu.
• Montagnes de glace, Amas considérables de glaces qu'on rencontre principalement dans les mers polaires.

MONTAGNEUX
, EUSE. adj.
• Où il y a beaucoup de montagnes. Pays montagneux. Province, région montagneuse.

MONTANT .s.m.
• Pièce de bois, de pierre ou de fer qui est posée verticalement et à plomb dans certains ouvrages de menuiserie, de serrurerie, etc. Il y a un montant de rompu à cette croisée. Les montants d'une porte cochère, d'une devanture de boutique. Les montants d'une grille, d'une porte de fer.
• Les montants d'une raquette, Les cordes qui vont du haut en bas.
• MONTANT, signifie aussi, Le total d'un compte, d'une recette, d'une dépense, etc. Le montant de ces sommes, de la recette, de la dépense, est de deux cent mille francs.
• MONTANT, se dit en outre d'Un ecclésiastique, d'un magistrat, d'un officier militaire, etc., à qui, par droit d'ancienneté, il appartient de monter à quelque place, à quelque charge, à quelque emploi, en cas de vacance. C'est un tel qui est le premier montant. Le premier montant à la grand'chambre. Ce lieutenant est le premier montant. Dans cette acception, il a vieilli.
• MONTANT, se dit encore Du goût relevé de certaines choses, de la vapeur qui sort de certaines substances. Ce vin a du montant. Donner du montant à une sauce. Ce tabac a beaucoup de montant.

MONTANT
, ANTE. adj.
• Se dit De tout ce qui monte. Un bateau montant. Il y a dans ce puits un seau montant et descendant. Un chemin montant. La marée montante.
• En Maçonnerie, Joint montant, Le joint vertical de deux pierres. On ne voit aucun joint montant à la façade du Louvre.
• En termes de Guerre, Garde montante, Celle qu'on place dans un poste, par opposition à Celle qu'on relève, et qu'on appelle Garde descendante.

MONTE . s. f.
• L'accouplement des chevaux et des cavales. Ce cheval, cet étalon a fait la monte.
• Il signifie aussi, Le temps de cet accouplement. La monte commence en avril, et finit en juin.

MONTÉE . s. f.
• Endroit par où l'on monte à une montagne, à un coteau, à une éminence, etc. La montée de ce coteau est fort roide, est extrêmement roide. La montée en est rude, pénible, douce, aisée.
• Se dit, particulièrement, d'Une rampe douce au devant d'un édifice. La montée du Capitole, à Rome, a beaucoup de majesté.
• Il signifie quelquefois, L'action de monter. Les chevaux ont ordinairement plus de peine à la descente qu'à la montée.
• MONTÉE, se dit encore d'Un petit escalier, dans une maison de pauvres gens. Montée étroite, roide, aisée. Monter, descendre la montée. Nettoyer, balayer une montée.
• Il signifie en outre, populairement, Chacune des marches d'un escalier, d'un degré. Prenez garde, il y a là une montée rompue. Il monte, il descend les montées trois à trois, quatre à quatre.
• Pop., Faire sauter les montées à quelqu'un, Le chasser honteusement de chez soi, et avec violence. S'il lui arrive de venir encore chez moi, je lui ferai sauter les montées.
• MONTÉE, se dit aussi, en Architecture, de La hauteur d'une voûte. Cette voûte surbaissée a pour sa largeur peu de montée.

MONTER . v. n.
• Se transporter dans un lieu plus haut que celui où l'on était. En ce sens, il se dit Des hommes et des animaux. Monter vite, facilement. Monter avec peine. Monter lentement. Monter plus haut, bien haut. C'est un pays inégal, on ne fait que monter et descendre. Monter sur un arbre, à un arbre, au haut d'un arbre. Monter à une tour, au haut d'une tour, au haut d'une maison. Monter à une échelle. Notre-Seigneur est monté au ciel. Il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée. Il est monté dans sa chambre, et il y est resté. Monter dans une voiture, en voiture. Monter à l'autel. Monter sur une hauteur, sur une montagne. Monter sur un escabeau, sur une chaise. Les écureuils montent au haut des arbres. Les chamois montent au haut des rochers. Monter à cheval, sur un cheval.
• Fig., Monter à cheval, signifie aussi, Manier un cheval, lui faire faire le manége. Ce jeune homme apprend à monter à cheval. Cet écuyer montre bien à monter à cheval.
• Monter en croupe, Se placer à cheval derrière quelqu'un. (Voyez vers la fin de la colonne suivante, Monter un cheval.)
• Monter à l'assaut, Attaquer une place afin de l'emporter de vive force. Monter à la brèche, Faire tous ses efforts pour entrer par la brèche dans une place assiégée.
• Monter sur un vaisseau, monter sur mer, S'embarquer sur un vaisseau. Nous montâmes sur tel vaisseau pour faire le trajet.
• Monter en chaire, Prêcher. C'est une chose très-pénible que de monter tous les jours en chaire.
• Monter sur le théâtre, sur les planches, Se faire comédien; et, Monter sur les tréteaux, Se faire bateleur.
• Monter dans les carrosses du roi, ou simplement, Monter dans les carrosses, Être admis à l'honneur de monter dans les carrosses du roi.
• Fig., Monter au faîte des honneurs, Parvenir aux plus grandes dignités. Monter au trône, sur le trône, Devenir roi ou reine.
• Fig., Monter sur le Parnasse, Composer des vers, se livrer à la poésie.
• Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec hauteur, montrer de la fierté, de la sévérité dans ses paroles.
• Prov., fig. et pop., Monter sur ses ergots, Élever sa voix et son geste avec chaleur et audace.
• Prov. et fig., Monter aux nues, Se mettre en colère. Quand on lui parle de cela, il monte aux nues. Vous me feriez monter aux nues.
• MONTER, signifie aussi, figurément, Passer à un poste, à un degré au-dessus de celui qu'on occupait. Il était sergent, et il est monté à la sous-lieutenance. Il était lieutenant, et il est monté au grade de capitaine, ou, par ellipse, quand l'avancement a lieu dans le même corps, Il est monté capitaine. On dit dans le même sens: Cet officier est monté en grade. Cet écolier était en troisième, il est monté en seconde.
• MONTER, signifie encore, S'élever. Il n'y a point d'oiseau qui monte plus haut que l'aigle. En ce sens, il se dit plus ordinairement De certains corps, tels que l'eau, le feu, les vapeurs, le son, etc. L'eau monte jusqu'au niveau de sa source. La flamme montait au-dessus des plus hautes maisons. Les vapeurs, les fumées du vin montent au cerveau. Ce vin monte à la tête. Il lui monte des chaleurs à la tête. Le feu, le sang, la rougeur, me montent au visage. La séve monte aux arbres. Le brouillard monte. La voix monte par tons et par demi-tons.
• S'emploie figurément, dans le même sens. Les prières du juste, les cris des innocents qu'on persécute, montent au ciel. Le cri de son peuple est monté jusqu'à lui.
• Le soleil, les astres montent sur l'horizon, Ils s'élèvent ou paraissent s'élever sur l'horizon.
• Le soleil monte tous les jours, se dit Lorsque le soleil s'approche tous les jours de plus en plus de notre zénith.
• Le baromètre monte, Le mercure qui est dans le tube du baromètre, monte. On dit de même, Le thermomètre monte.
• Cette plante monte en graine, Elle n'est plus bonne à manger, et dans peu elle produira de la graine.
• Fig. et fam., Cette fille monte en graine, Elle avance en âge, et ne trouvera bientôt plus à se marier.
• Cet arbre monte trop haut, On le laisse trop croître. Ce mur monte trop haut, Il a trop d'élévation. Ce collet d'habit, cette robe, montent trop haut, Ils ont trop de hauteur. On dit dans le sens contraire, Cet arbre, ce mur, ce collet, etc., ne montent pas assez haut.
• MONTER, signifie aussi, Croître, s'accroître. Tout à coup la rivière monta de plusieurs pouces.
• Il est plus usité au sens moral. Le luxe est monté au plus haut degré. Sa dépravation, sa cruauté, montèrent au comble. Sa vanité, depuis ce petit succès, monte à un tel point, qu'il en est ridicule. Son orgueil, son insolence, montèrent à un tel excès, que ses meilleurs amis furent forcés de l'abandonner.
• MONTER, signifie, en outre, Hausser de prix, croître en valeur. Le blé est monté jusqu'à trente francs l'hectolitre. Faire monter bien haut des meubles, des livres, en les enchérissant. Les actions ont monté beaucoup. Les effets publics monteront, à la paix.
• MONTER, se dit aussi D'un total composé de plusieurs sommes, de plusieurs nombres. Toutes ces sommes montent à cent mille francs. Les mémoires de ces ouvriers montent à tant. Son armée monte à vingt mille hommes. Les frais de son procès monteront bien haut. Dans la supputation d'un compte: Le tout montant à tant. Toutes les sommes montant à celle de tant.
• S'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Toutes ces sommes se montent à cent mille francs. Son armée se montait à vingt mille hommes. Etc.
• Ce mémoire monte bien haut, Il en coûtera beaucoup pour l'acquitter. Cette dépense n'a pas monté haut, Elle a peu coûté.
• MONTER, se prend activement dans plusieurs acceptions; par exemple, dans le sens de Se transporter en un lieu plus haut que celui où l'on était. Monter une montagne. Monter les degrés. Il a monté l'escalier. Etc.
• Monter un cheval, Être monté sur un cheval. Il monte un cheval blanc. Ce cheval ne se laisse pas monter facilement.
• Monter un cheval, signifie aussi, S'en servir habituellement. Voilà le cheval que je monte. Il signifie encore, Instruire, dresser un cheval. C'est ce piqueur qui a monté mon cheval. Je monte moi-même mes chevaux.
• Monter un vaisseau, Le commander. Le contre-amiral montait le vaisseau le Formidable.
• MONTER, employé activement, signifie aussi, Fournir un établissement ou une personne de tout ce qui lui est nécessaire. Monter une maison, son ménage. Votre maison est montée sur un pied trop coûteux; la sienne est montée sur un pied trop mesquin. Monter un théâtre, un spectacle. Monter une imprimerie de ses presses. Monter une personne en linge. Dans ce sens, il s'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Je me suis monté en linge. Cette dame s'est bien montée en dentelles. Se monter en argenterie, en livres.
• Monter un cavalier, Lui fournir le cheval et l'équipement. Il lui en a coûté tant pour monter chaque cavalier. Il a monté toute une compagnie à ses dépens.
• Monter un ouvrage d'orfévrerie, de serrurerie, de menuiserie, etc., En assembler les pièces les unes avec les autres. Monter une croix de diamants, des pendants d'oreilles. Monter une armoire, un buffet. Monter une porte de fer, une balustrade. Monter un fusil. Monter une charpente. Monter un lit. Monter un habit, une chemise, etc.
• Fig., Monter une cabale, Préparer une cabale. Ils ont monté une cabale contre lui.
• Monter un diamant, Le mettre en oeuvre. Ce diamant est bien monté, mal monté.
• Monter une estampe, La mettre sous verre, dans un cadre.
• Monter un métier, Accommoder et tendre sur le métier l'étoffe, la toile, le canevas, la chaîne, le fil, la soie, etc., pour travailler.
• Monter un violon, une harpe, une guitare, un piano, Y mettre des cordes, y remettre de nouvelles cordes. Il m'en a coûté tant pour monter ma harpe. On dit en ce sens, Ce violon est bien, est mal monté, Les cordes en sont bonnes, en sont mauvaises.
• Poétiq., Monter sa lyre, Se disposer à faire des vers.
• Monter une horloge, une montre, un réveille-matin, un tournebroche, etc., En bander les ressorts, on en rehausser les contre-poids.
• Monter la garde, se dit D'une troupe de gens de guerre qui vont faire la garde en quelque endroit. C'est à telle compagnie, à tel capitaine à monter la garde chez le général. Se dit aussi De chaque soldat qui est de service dans un poste pour un temps déterminé. J'ai monté ma garde hier.
• Fig. et fam., Monter une garde à quelqu'un, Lui faire une vive réprimande.
• Monter la tranchée, Monter la garde dans la tranchée.
• MONTER, employé activement, signifie aussi, Élever, accroître. Monter son train et sa dépense.
• Monter un instrument de musique, En hausser le ton. On a monté ce violon trop haut. Monter un instrument au ton d'un autre. On dit dans le même sens, Monter une corde de violon, de harpe, etc.
• En Peinture, Monter sa couleur, Rendre la couleur de son tableau plus vigoureuse qu'on n'avait fait d'abord.
• Fig. et fam., Monter la tête à quelqu'un, Lui inspirer quelque idée qui s'empare de lui jusqu'à l'exalter. On lui a monté la tête sur cet objet.
• MONTER, pris activement, signifie encore, Porter, transporter quelque chose en haut, ou l'y élever. Il faut monter tous ces meubles dans une chambre. Monter du foin au grenier. On monte les grosses pierres sur les édifices avec des grues.
• S'emploie quelquefois, avec le pronom personnel, dans un sens figuré analogue au sens précédent. Il s'est monté au ton de la plus haute éloquence. Il s'est monté à un ton qu'il ne pourra soutenir.
• Il signifie absolument, S'exalter, s'échauffer, s'irriter. Quand son imagination se monte, il devient intraitable. Sa tête s'est montée, et il nous a injuriés. Cet homme se monte aisément.
• MONTÉ, ÉE. participe, Être bien monté, mai monté, Être monté sur un bon, sur un mauvais cheval. Il signifie aussi, Être bien, être mal monté en chevaux. J'ai vu ses chevaux, il est bien monté, il est fort mal monté.
• Prov., Être monté comme un saint George, Être monté sur un cheval fort beau ou fort bon.
• Ce vaisseau est percé pour cinquante canons, et monté de trente, Il peut porter cinquante canons, mais il n'en a que trente effectifs.
• Monté sur le ton de, En usage de. Cette société n'est pas montée sur le ton de médire.
• Fig. et fam., Il est monté sur un ton plaisant, sur un ton singulier, se dit D'un homme qui plaisante ou qui affecte de dire des choses extraordinaires.
• Fam., Vous êtes aujourd'hui bien monté, mal monté, singulièrement monté, Vous êtes bien, mal, singulièrement disposé.
• Cheval monté haut ou haut monté, Cheval dont les jambes sont trop hautes, et ne sont point proportionnées.

MONTEUR .s.m.
• Ouvrier qui monte des pierres fines, des pièces d'orfévrerie, etc.

MONTGOLFIÈRE . s. f.
• Sorte d'aérostat inventé par Montgolfier, et qui s'élève au moyen de la raréfaction opérée, par le feu, dans l'air que contient son enveloppe. Les montgolfières ont été les premiers aérostats.

MONTICULE .s.m.
• Diminutif de Mont. Petite montagne, simple élévation de terrain. Un monticule couvert de gazon.

MONT-JOIE . s. f.
• On appelait ainsi autrefois Un monceau de pierres jetées confusément les unes sur les autres, soit pour marquer les chemins, soit en signe de quelque victoire ou de quelque autre événement important.
• MONT-JOIE, était aussi Un cri de guerre usité autrefois parmi les Français dans les batailles. Mont-joie Saint-Denis!
• MONT-JOIE, était encore Le titre affecté au premier roi d'armes de France. Le roi d'armes Mont-joie, du titre de Mont-joie.

MONTOIR .s.m.
• Grosse pierre ou gros billot de bois, dont on se sert pour monter plus aisément à cheval. Il y a ordinairement un montoir aux portes des hôtelleries de campagne. Il n'a pas assez de force, il n'est pas assez grand pour monter à cheval sans montoir.
• Le côté du montoir, Le côté gauche du cheval, ainsi appelé parce que c'est de ce côté-là qu'on monte d'ordinaire à cheval. Ce cheval est déferré du pied de devant du côté du montoir. On nomme L'autre côté, Le côté hors du montoir, hors le montoir, hors montoir.
• Ce cheval est difficile, est rude au montoir, Il se tourmente, il est inquiet quand on veut monter dessus. Dans un sens opposé, Ce cheval est aisé, doux au montoir.

MONTRE . s. f.
• Échantillon, portion, partie, morceau de quelque chose qui est à vendre, et dont on veut faire voir la qualité. Voilà une montre de blé, d'avoine. Une montre de pruneaux, de confitures.
• Acheter du blé, de l'orge, de l'avoine sur montre, D'après l'échantillon que le vendeur a apporté au marché.
• Ne point faire de montre, Faire voir d'abord ce qu'on a de plus beau, de meilleur, sans commencer par étaler les marchandises de moindre qualité. Donnez-nous du beau, ne nous faites point de montre.
• MONTRE, signifie aussi, Ce que les marchands exposent au devant de leur boutique, pour montrer quelles sortes de marchandises ils ont à vendre. Tout cela n'est mis, n'est pendu là que pour la montre, que pour servir de montre.
• MONTRE, se dit également d'Une boîte dans laquelle les orfévres, bijoutiers, tabletiers, etc., mettent leurs marchandises, afin qu'on les voie, sans pouvoir y toucher.
• Montre d'orgues, Les tuyaux d'orgues qui paraissent au dehors. La montre de cet orgue est pur étain, est d'étain sonnant.
• MONTRE, signifie en outre, Le lieu que les marchands de chevaux ont choisi pour y faire voir aux acheteurs les chevaux qu'ils ont à vendre.
• Il signifie encore, La manière dont ils essayent et conduisent ces mêmes chevaux. Prenez-y garde, la montre est trompeuse.
• MONTRE, se dit, figurément et au sens moral, pour Parade, étalage. Faire montre de son esprit. Faire montre d'érudition. Je ne veux point ici faire une vaine montre de sensibilité.
• MONTRE, signifie aussi quelquefois, Apparence, comme dans cette phrase, La montre des blés est belle, Ils annoncent une abondante moisson.
• Fam., N'être que pour la montre, se dit De certaines choses qui ne sont que pour l'apparence et dont on ne se sert point. Il a un lit magnifique qui n'est que pour la montre; son lit ordinaire est un grabat.
• Prov. et fig., Belle montre, peu de rapport, signifie que la personne ou la chose dont on parle, a de belles apparences aux quelles ne répond nullement la réalité. On dit qu'il est sage, riche; n'en croyez rien: c'est belle montre et peu de rapport.
• MONTRE, signifiait autrefois, La revue d'une armée, d'un régiment, d'un corps de troupes. Les officiers mirent leurs valets dans les rangs, et les firent passer à la montre.
• Fam., Cela peut passer à la montre, se dit D'une chose qui, sans être tout à fait de la qualité de celles auxquelles on la joint, peut cependant être reçue sur le même pied, et passer dans la quantité.

MONTRE . s. f.
• Petite horloge qui se porte ordinairement dans une poche destinée à cet usage. Montre ronde, plate. Montre d'or, d'argent. Montre à boîte d'or, à boîte d'argent. Montre à double boîte. Montre de cuivre. Montre émaillée, guillochée. Montre à sonnerie, à réveil, à répétition. Montre à secondes, à quantièmes. Montre à échappement. Montre à recul, à repos. Montre qui va bien, qui va mal, qui avance, qui retarde, qui va trente heures, plusieurs jours. La sonnerie, le mouvement, la chaîne, le ressort, les rouages, le cadran, les aiguilles d'une montre. J'ai oublié de monter ma montre. Régler sa montre. Mettre sa montre à l'heure. Cette montre est détraquée, est dérangée. J'ai donné ma montre à raccommoder, à réparer, à nettoyer.
• Montre marine, Montre faite avec une extrême précision, pour donner les longitudes en mer.

MONTRER . v. a.
• Faire voir, exposer aux regards. Il m'a montré sa maison, son appartement, sa bibliothèque, ses tableaux. Montrez-moi ce que vous avez acheté, ce que vous avez écrit. Montrer des animaux à la foire.
• Fig. et pop., Montrer son nez quelque part, Se faire voir en quelque endroit: cela ne se dit guère que lorsqu'on y paraît pour peu de temps. Il est venu montrer là son nez un moment, et s'en est retourné. Je n'ai garde d'aller là montrer mon nez. On le dit aussi De ceux qui vont mal à propos en quelque endroit. Qu'avait-il à faire d'aller montrer là son nez?
• Fig. et pop., Montrer les dents à quelqu'un, Lui faire voir qu'on ne le craint point, et qu'on est en état de se bien défendre. Ils voulaient l'attaquer, mais il leur a montré les dents.
• Fig. et pop., Montrer les talons, S'enfuir, se retirer de quelque lieu. Hors d'ici, montrez-nous les talons.
• Fam., Cet habit montre la corde, Il est si usé, qu'on en voit la trame.
• Fig. et fam., Cet homme montre la corde, Il fait voir qu'il en est aux expédients, à ses dernières ressources.
• Fig. et fam., Cela montre la corde, C'est une finesse grossière et facile à découvrir.
• Fig. et fam., Montrer à quelqu'un son béjaune, Lui faire voir sa sottise, son ineptie. Il faisait l'habile homme, je lui ai montré son béjaune.
• MONTRER, signifie aussi, Indiquer. Montrez-moi l'homme dont vous parlez. Montrer quelque chose du doigt. Montrer le chemin à quelqu'un. Je lui ai montré ce qu'il cherchait. Un cadran qui montre l'heure.
• Fig., Montrer le chemin aux autres, Faire quelque chose que les autres font ensuite, ou Faire quelque chose à dessein que d'autres le fassent.
• Fig., Montrer quelqu'un au doigt, S'en moquer publiquement, s'en moquer comme d'une personne décriée ou ridicule. Partout on le montre au doigt. Il se fait montrer au doigt.
• Fam., Montrer la porte à quelqu'un, Faire signe à quelqu'un dont on est mécontent, qu'il ait à sortir de la chambre, de la maison.
• MONTRER, signifie quelquefois, Faire voir une affection, un sentiment réel ou simulé. Montrer de la douleur, de la joie, de la tristesse, de la crainte, etc. On dit dans un sens analogue, Montrer un visage gai, un visage triste.
• Il signifie aussi, Donner des marques, des preuves de quelque qualité bonne ou mauvaise. Montrer du courage, de la faiblesse, de la sagesse, de la retenue, etc. Montrer son courage, sa piété, etc. Montrer un bon, un mauvais coeur.
• MONTRER, signifie encore, Faire connaître, prouver. Je lui montrerai qu'il a tort, qu'il ne devait pas en user ainsi. Je lui montrerai à qui il a affaire. Je lui ai montré que sa proposition est fausse. Je vous ai montré par bonnes raisons que nous devons faire telle chose.
• MONTRER, signifie aussi, Enseigner. Montrer la grammaire. Montrer une langue. Montrer le latin, le grec, l'italien, la philosophie, les mathématiques, la musique, le dessin, etc. Montrer à lire, à écrire, à danser, à monter à cheval. Montrer à quelqu'un ce qu'il faut qu'il fasse; lui montrer son devoir, ses obligations; lui montrer à vivre. Ce dernier est familier, surtout quand on dit par menace, Je lui montrerai bien à vivre.
• Il se prend, absolument, dans le même sens. Ce maître montre fort bien. Il montre à vingt écoliers. Il montre en ville.
• MONTRER, joint avec le pronom personnel, signifie, Paraître, se faire voir. Il n'a fait que se montrer dans cette compagnie. Le soleil ne s'est point montré d'aujourd'hui. Cet ouvrage serait meilleur, si l'art s'y montrait un peu moins.
• Il n'oserait se montrer, se dit De celui que la crainte d'être maltraité, ou la honte, soit de quelque affront qu'il a reçu, soit de quelque mauvaise action qu'il a faite, oblige à se tenir caché. Depuis la sottise qu'il a faite, depuis le malheur qui lui est arrivé, il n'oserait se montrer. On dit dans un sens analogue: Il est bien hardi de se montrer après cela. Comment ose-t-il se montrer?
• Fig., Se montrer homme de courage, se montrer humain, libéral, bon ami, etc., Faire voir par les effets qu'on est tel. Dans le même sens, Se montrer digne de sa fortune, de sa réputation, etc.
• Se montrer tel qu'on est, Ne rien affecter, ne rien dissimuler.
• Fig., Se bien montrer, se montrer mal, Faire bonne, mauvaise contenance dans les occasions qui exigent de la résolution et de la fermeté. Il s'est bien montré, il s'est mal montré dans cette circonstance. C'est un homme qui, à la guerre, se montre bien dans toutes les occasions. Voici le moment de se montrer.
• MONTRÉ, ÉE participe, Avoir été bien montré, mal montré, Avoir eu un bon ou un mauvais maître, en quelque genre de science, d'art ou d'exercice que ce soit. Il avait des dispositions, mais il a été mal montré.

MONTUEUX
, EUSE. adj.
• Se dit D'un terrain extrêmement inégal, et coupé d'espace en espace par des montagnes, des collines, etc. Pays montueux. Terrain montueux. Sol montueux. Contrée, province montueuse.

MONTURE . s. f.
• Bête de charge qui sert à porter l'homme. Bonne, méchante monture. Il cherche une monture. Il est sans monture. Monture douce. Il faut avoir soin de sa monture. Le cheval est la meilleure de toutes les montures. Les mules sont la monture ordinaire en Espagne. Dans les Indes, on se sert assez ordinairement de boeufs pour monture. Les éléphants sont la monture ordinaire des princes orientaux.
• Prov. et fig., Qui veut aller loin ménage sa monture, Il faut éviter les excès, si l'on veut prolonger ses jours; il faut user avec ménagement de toutes les choses dont on veut se servir longtemps.
• MONTURE, en termes d'Arts et Métiers, se dit de Ce qui sert à assembler, à supporter, à fixer la partie ou les parties principales d'un objet, d'un outil. La monture d'une scie.
• La monture d'un fusil, d'un pistolet, Le bois sur lequel le canon et la platine sont montés.
• La monture d'un éventail, L'assemblage des morceaux de bois ou d'autre matière, qui servent à soutenir le papier ou l'étoffe d'un éventail.
• Monture de bride, Ce qui porte et soutient la partie du mors qui entre dans la bouche du cheval. Avez-vous bien examiné votre monture de bride?
• MONTURE, se dit particulièrement Du métal employé pour assembler, réunir, encadrer les différentes pièces dont se forment une tabatière, un étui, un vase, un bijou quelconque. Cette monture est de vermeil, de similor, d'or, d'argent. Cette monture pèse tant d'hectogrammes d'or.
• Se dit aussi Du travail de l'ouvrier qui a monté un ouvrage. Cette monture est fort belle, fort délicate. Il en a coûté tant pour la monture.

MONUMENT .s.m.
• Ouvrage d'architecture ou de sculpture, fait pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre, ou de quelque événement important. Monument glorieux, superbe, magnifique, durable, éternel. C'est un monument pour la postérité. Dresser, ériger, élever, consacrer un monument à la gloire d'un grand homme.
• Se dit aussi de Certains édifices publics ou particuliers, qui imposent par leur grandeur ou par leur ancienneté. Les monuments d'une ville. Les monuments publics. Les anciens monuments. Les monuments de l'antiquité, du moyen âge. La ville de Rome est remplie de monuments anciens et modernes. La Bourse de Paris est un beau monument.
• Il signifie quelquefois, Tombeau; mais, en ce sens, il n'est guère usité que dans le discours soutenu. Elle a fait élever un magnifique monument à son époux. Descendre au monument. On dit aussi, Monument-funéraire; et cette expression peut être employée dans le langage ordinaire.
• Se dit, figurément, de Certains grands objets de la nature. Les cavernes, les basaltes, les précipices, sont autant de monuments des révolutions du globe.
• Se dit aussi Des ouvrages durables de littérature, de sciences et d'arts. Ce poëme, cette histoire est un beau monument élevé à la gloire de la nation, du héros. Cet ouvrage est un des plus beaux monuments du génie, de l'esprit humain, de la philosophie. Cette statue, ce tableau est un des plus beaux monuments de l'art. Cette médaille est un monument précieux.

MONUMENTAL
, ALE. adj.
• Qui a rapport, qui est propre aux monuments, qui est de la nature des monuments. Architecture, sculpture monumentale. Style, caractère monumental. Fontaine monumentale. Statue monumentale. On n'emploie guère le pluriel masculin Monumentaux.

MOQUER
(SE). v. pron.
• Se railler de quelqu'un ou de quelque chose, en rire, en faire un sujet de plaisanterie ou de dérision. On s'est moqué de lui. On s'est moqué de son habit, de sa danse. Cette femme s'est moquée de vous.
• Il signifie aussi, Mépriser, braver, témoigner par ses actions, par ses paroles, qu'on ne fait nul cas de quelqu'un ou de quelque chose, qu'on ne s'en inquiète point. C'est un homme qui se moque du blâme, qui se moque de l'opinion publique, qui se moque de tout. Il s'est moqué des remontrances qu'on lui a faites, de tous les avis qu'on lui a donnés. C'est se moquer du monde, c'est se moquer des gens que d'agir ainsi, de parler de la sorte. Je me moque de lui, je ne le crains point. Je me moque de cela, je ne crains rien. Je m'en moque.
• Il se prend quelquefois absolument, et signifie alors, Ne pas parler, ne pas agir sérieusement. Quand je dis cela, vous voyez bien que je me moque. C'est se moquer que de surfaire comme vous faites. C'est se moquer que de prétendre telle chose, de soutenir une telle proposition. Vous vous moquez, je pense.
• Par civilité, Vous vous moquez de moi, vous vous moquez, Vous me traitez avec trop de cérémonie, vous poussez trop loin la politesse. Vous vous moquez, je ne passerai pas avant vous. Vous vous moquez de vouloir me reconduire.
• Prov. et fig., La pelle se moque du fourgon, se dit Lorsqu'une personne se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle.
• Prov. et fig., Il ne faut pas se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, Il faut se mettre à l'abri du danger avant de se vanter qu'on le méprise.
• MOQUER, s'emploie quelquefois avec le verbe Faire. Si vous en usez comme cela, vous vous ferez moquer de vous, et absolument, vous vous ferez moquer.
• S'emploie aussi au participe avec le verbe Être. Il fut moqué de tout le monde.
• Ce verbe est familier dans toutes ses acceptions.
• MOQUÉ, ÉE. participe

MOQUERIE . s. f.
• Paroles ou actions par lesquelles on se moque. Moquerie maligne, outrageuse. Il fut exposé aux insultes et aux moqueries de la multitude.
• Il signifie plus ordinairement, Chose absurde, chose impertinente. C'est une moquerie que de vouloir soutenir une telle proposition, de prétendre réussir dans un pareil projet.

MOQUETTE . s. f.
• Étoffe à chaîne et à trame de fil, veloutée en laine, dont on fait des tapis ou dont on couvre des siéges. Moquette unie, à dessins. Moquette rouge. Fauteuils garnis de moquette. Fauteuil de moquette. Tapis de moquette.

MOQUEUR
, EUSE. adj.
• Qui se moque, qui raille, qui a l'habitude de se moquer, de railler. Il est naturellement moqueur. Il a l'humeur moqueuse. Ris, discours, air moqueur.
• S'emploie aussi substantivement, et se dit d'Une personne qui ne parle pas sérieusement. Ne le croyez pas, c'est un moqueur. Cela ne peut pas être comme elle le dit, c'est une moqueuse. Il est familier.

MORAILLES . s. f. pl.
• Instrument de maréchal, espèce de tenailles, avec lesquelles on pince le nez d'un cheval impatient, vicieux, pour le ferrer ou lui faire subir quelque opération. Mettez-lui les morailles.

MORAILLON .s.m.
• Pièce de fer attachée au couvercle d'un coffre, garnie d'un anneau qui entre dans la serrure, et dans lequel passe le pêne.

MORAL
, ALE. adj.
• Qui concerne les moeurs. Un discours moral. Doctrine, philosophie, théologie morale. Les oeuvres morales de Plutarque. Sens, instinct moral. Préceptes moraux. Réflexions morales. Contes moraux.
• Vertus morales, Celles qui ont pour principe les seules lumières de la raison. S'il n'eut pas les vertus chrétiennes, il eut les vertus morales.
• Ce livre, ce discours est fort moral, Il renferme une morale fort saine.
• MORAL, signifie aussi, Qui a des moeurs, qui a des principes et une conduite conformes à la morale. Cet homme, qui passait pour fort moral, n'était qu'un franc hypocrite.
• MORAL, se dit encore De ce qui ne tombe point sous les sens, de ce qui est uniquement du ressort de l'intelligence. Dans cette acception, il est opposé à Physique. Le monde moral. Causes morales. Preuves morales. Qualités morales. Il y a des démonstrations morales aussi convaincantes que les démonstrations matérielles, physiques, sensibles. Malgré l'affaiblissement de ses forces physiques, ses forces morales, ses facultés morales, n'ont rien perdu de leur énergie. Souvent on supporte plus facilement le mal physique que le mal moral. Ce mot s'emploie au sens moral dans beaucoup d'acceptions.
• Certitude morale, Certitude fondée sur de fortes probabilités, telle qu'on peut l'avoir dans les choses ordinaires de la vie. Il est opposé à Certitude physique. Nous n'en avons point de démonstration rigoureuse, mais nous en avons une certitude morale.
• MORAL, s'emploie substantivement, au masculin, et signifie, L'ensemble de nos facultés morales. Le physique influe beaucoup sur le moral, et le moral sur le physique. Il est mieux partagé au physique qu'au moral. Cet homme est bien malade, le moral même est affecté.

MORALE . s. f.
• Doctrine relative aux moeurs. Bonne, mauvaise morale. Morale dépravée, dangereuse, relâchée. Morale pure, austère, exagérée, aisée, commode, indulgente. La morale des païens. La morale chrétienne. La morale de JÉSUS-CHRIST. La morale de l'Évangile. Ce système renverse toute la morale. Traité, cours de morale. Leçon de morale. Il s'est fait un étrange système de morale. Les règles, les principes de la saine morale. Sa morale est en paroles et non pas en actions. Il prêche la morale plus qu'il ne la pratique. Il a fait de la morale en pure perte. Il n'y a pas deux morales. Il ne faut pas changer de morale suivant les circonstances.
• Il signifie quelquefois, Traité de morale. La Morale d'Aristote. On dit aussi, Les Morales d'Aristote, parce que ce philosophe a fait plusieurs traités sous ce titre.
• Il signifie encore, Réprimande. Son père lui a fait une morale, une bonne morale.
• La morale d'un ouvrage, La leçon de morale qui en résulte.

MORALEMENT . adv.
• Suivant les règles de la morale. Comme il est privé de sa raison, il ne peut rien faire qui soit moralement mal. Action moralement bonne, moralement mauvaise.
• Moralement parlant, Vraisemblablement, et selon les règles de la certitude morale. Cela est vrai moralement parlant. On dit dans le même sens, Cela est moralement impossible.

MORALISER . v. n.
• Faire des réflexions, des dissertations, des leçons morales. On peut longtemps moraliser sur les vicissitudes de la fortune. Il se rend importun à force de moraliser.
• Activ. et fam., Moraliser quelqu'un, Lui faire de la morale, ou une morale. On a beau le moraliser, il n'en continue pas moins son train de vie.
• MORALISÉ, ÉE. participe

MORALISEUR .s.m.
• Celui qui affecte de parler morale. Il ne se dit qu'en plaisanterie. C'est un grand moraliseur, un moraliseur éternel.

MORALISTE .s.m.
• Écrivain qui traite des moeurs. Un bon moraliste. Les moralistes ne s'accordent pas sur ce point.

MORALITÉ . s. f.
• Réflexion morale. Il y a de belles moralités à tirer de cette histoire. Cet ouvrage est rempli de moralités instructives. Un recueil de moralités.
• Moralités chrétiennes, Réflexions conformes aux principes et à l'esprit de la religion chrétienne.
• MORALITÉ, signifie aussi, Le sens moral que renferme un discours fabuleux ou allégorique. Il y a une belle moralité cachée sous cette fable. La moralité d'un apologue n'est pas toujours exprimée. Dans la plupart des fabulistes, la moralité est indifféremment placée avant ou après le récit de l'action.
• Il s'est dit anciennement de Certaines pièces de théâtre que représentaient les clercs de la basoche.
• MORALITÉ, se dit encore pour Conscience, discernement moral. Les actions des insensés sont privées de moralité.
• La moralité des actions humaines, Le rapport de ces actions avec les principes de la morale. La moralité d'une action suppose la liberté.
• MORALITÉ, signifie aussi quelquefois, Le caractère moral, les principes, les moeurs d'une personne. Il est d'une moralité reconnue, d'une moralité irréprochable.

MORBIDE . adj.des deux genres
• .Peint. et de Sculpt. Se dit Des chairs mollement et délicatement exprimées.
• MORBIDE, est aussi un terme de Médecine, et signifie, Qui a rapport à la maladie. Phénomènes morbides.

MORBIDESSE . s. f.
• .Peint. et de Sculpt., emprunté de l'italien Morbidezza. Mollesse et délicatesse des chairs dans une figure.

MORBIFIQUE . adj.des deux genres
• .Médec. Qui cause la maladie. Humeur, matière morbifique.

MORCEAU .s.m.
• Partie séparée d'un corps solide et continu. Un morceau d'étoffe, de bois, de pain, de viande, etc. Couper un aloyau par morceaux. Mettre en morceaux. Cet habit n'est fait que de pièces et de morceaux.
• Se dit, absolument, d'Une portion séparée d'une chose solide qui peut être mangée. Gros, petit, bon morceau. Morceau délicat, friand. Manger, mâcher, avaler un morceau. Couper un morceau. Vous faites les morceaux trop gros.
• Fam., Manger un morceau, Faire un repas fort léger. J'ai mangé un morceau avant de partir.
• Aimer les bons morceaux, Aimer la bonne chère.
• Fig. et fam., Doubler les morceaux, doubler ses morceaux, mettre les morceaux doubles, en double, Se hâter de manger.
• Fam., Le morceau honteux, Le morceau qui reste le dernier sur le plat.
• Fig. et fam., S'ôter le morceau, les morceaux de la bouche, Se priver du nécessaire pour secourir ou obliger quelqu'un.
• Fig. et fam., Tailler les morceaux à quelqu'un, Régler, prescrire la dépense qu'il doit faire.
• Fig. et fam., Tailler les morceaux bien courts à quelqu'un, Lui faire sa part bien petite.
• Fig. et fam., Il a ses morceaux taillés, ses morceaux sont taillés, Il vit de son revenu, et n'a précisément que ce qu'il lui faut.
• Fig. et fam., Il a ses morceaux taillés, On lui a prescrit tout ce qu'il doit faire, et il ne peut s'écarter en rien de ses instructions. Vous voulez qu'il vous accorde telle chose; il ne le peut pas, ses morceaux sont taillés.
• Fig. et fam., Rogner les morceaux à quelqu'un, Diminuer ses profits, ses revenus; et, Compter les morceaux à quelqu'un, Ne lui donner que le juste nécessaire.
• Prov. et fig., Morceau avalé n'a plus de goût, On fait peu de cas des plaisirs passés.
• MORCEAU, signifie aussi, Une portion, une partie non séparée, mais distincte et considérée à part, d'un corps solide et continu. Morceau de terre. Voilà un beau morceau d'héritage. Tout son bien est en petits morceaux.
• Fam., Il a attrapé un bon morceau de cette succession, Il en a eu une bonne partie.
• Se dit, dans le même sens, Des parties, des fragments d'un ouvrage d'esprit. Il y a de beaux morceaux dans ce panégyrique, dans ce poëme. Il a traduit plusieurs morceaux de Virgile. Il ne nous reste que quelques morceaux des ouvrages de cet auteur. Il n'a encore fait que quelques morceaux de son poëme.
• MORCEAU, se dit quelquefois d'Un objet entier, d'un tout. Le Panthéon est un beau morceau d'architecture. La colonnade du Louvre est un beau morceau. Voilà un beau morceau de sculpture, d'orfévrerie, etc. Ce discours est un morceau achevé. Cette élégie, cette églogue, sont de beaux morceaux de poésie. Cette ouverture est un beau morceau de musique. Ce concerto est un morceau bien difficile. J'ai vu dans son cabinet d'histoire naturelle, des morceaux très-rares. Cette maison est un morceau trop considérable, trop cher pour moi. Un faisan est un morceau délicat. Il aime les morceaux friands.
• Fig. et fam., C'est un morceau trop cher, ou C'est un morceau de prince, se dit D'une chose qui est d'un prix trop élevé, d'une acquisition trop difficile à faire. On dit dans le même sens, Il ne tâtera pas, vous ne tâterez pas de ce morceau-là.
• Fig. et fam., C'est un friand morceau, un morceau de roi, se dit D'une jolie personne.
• En Musiq., Morceau d'ensemble, Morceau à diverses parties, chanté par plusieurs voix.

MORCELER . v. a.
• Diviser par morceaux. Morceler une terre, un héritage, un pays. Cet auteur a morcelé son sujet, au lieu d'en faire un tout dont les parties eussent de la suite et de la liaison.
• MORCELÉ, ÉE. participe

MORCELLEMENT .s.m.
• L'action de morceler. Le morcellement des héritages.

MORDACITÉ . s. f.
• T. didact. Qualité corrosive, par laquelle un corps agit sur un autre, et le dissout en tout ou en partie. La mordacité de l'eau-forte.
• Il signifie au figuré, Médisance aigre et piquante. Dans ses épigrammes, dans ses écrits, il y a une grande mordacité, une mordacité révoltante.

MORDANT
, ANTE. adj.
• Qui mord. En termes de Chasse, Bêtes mordantes, Le blaireau, le renard, l'ours, le loup, la loutre, etc.
• Il signifie figurément, Qui a une qualité corrosive. Un acide mordant.
• Il signifie aussi, au sens moral, Qui censure, qui critique avec malignité. C'est un esprit mordant. Il a l'humeur mordante. Style mordant.

MORDANT .s.m.
• Vernis qui sert à fixer l'or en feuilles que l'on applique sur du cuivre, du bronze, etc.
• MORDANT, en Teinture, se dit Des substances au moyen desquelles on parvient à fixer les couleurs sur la laine, la soie, le coton, etc. L'alun est le mordant le plus employé.
• Fig., Cette voix a du mordant, Le timbre en est sonore et pénétrant.
• Fig., Avoir du mordant dans l'esprit, Avoir de la force, du piquant, de l'originalité dans l'esprit.

MORDICANT
, ANTE. adj.
• T. didact. Âcre, picotant, corrosif. Sel, suc mordicant. Humeurs mordicantes. Cette liqueur a quelque chose d âcre et de mordicant.
• Il signifie aussi, figurément et familièrement, Qui aime à médire, à railler amèrement, à critiquer. Il est un peu mordicant. Il a l'humeur mordicante.

MORDICUS . adv.
• emprunté du latin. (On fait sentir l'S.) Avec ténacité. Il ne se dit qu'au figuré, et dans cette phrase familière, Soutenir son opinion mordicus, La soutenir avec obstination.

MORDIENNE . s. f.
• Il ne s'emploie que dans cette locution adverbiale et populaire, À la grosse mordienne, Sans façon, sans finesse, avec sincérité. On disait autrefois familièrement, Mordienne de vous! La peste soit de vous!

MORDILLER . v. a.
• (Les L sont mouillées. ) Mordre légèrement et à plusieurs reprises. Cet enfant mordille tout ce qu'il a dans les mains. S'emploie aussi absolument. Les jeunes chiens aiment à mordiller.
• MORDILLÉ, ÉE. participe

MORDORÉ
, ÉE. adj.
• Qui est d'une couleur brune mêlée de rouge. Drap mordoré. Couleur mordorée. Souliers mordorés.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le mordoré est une couleur sérieuse.

MORDRE . v. a.
• (Je mords, tu mords, il mord; nous mordons. Je mordais. Je mordis. Je mordrai. Mords. Que je morde. Que je mordisse. Mordant. Mordu.) Serrer avec les dents. Un chien l'a mordu, l'a mordu au bras. Ce chien mord les passants, leur mord les jambes. Être mordu d'un chien enragé. Il s'est mordu la langue.
• S'emploie aussi absolument. Ce chien mord, mord bien serré. Les poissons mordent à l'hameçon. Mordre dans un morceau de pain.
• Prov. et fig., Se mordre la langue, S'arrêter au moment de dire ce qu'on ne doit ou qu'on ne veut pas exprimer. J'allais lui dire quelque chose de mortifiant, je me suis à propos mordu la langue. On dit aussi, Se mordre la langue d'avoir parlé, S'en repentir.
• Prov. et fig., S'en mordre les doigts, s'en mordre les pouces, Se repentir d'une chose qu'on a faite. J'ai eu trop de confiance en lui, je m'en mords les doigts.
• Prov. et fig., Chien qui aboie ne mord pas, Ceux qui font beaucoup de bruit ne sont pas les plus à craindre.
• Prov. et fig., Mordre à l'hameçon, se dit D'une personne qui se laisse séduire par une proposition qu'on lui a faite pour la surprendre.
• Fig. et fam., Mordre à la grappe, Saisir avidement une proposition, croire aveuglément à une promesse.
• Poétiq., Mordre la poussière, Être tué dans un combat.
• Fig. et fam., Il n'y saurait mordre, se dit D'un homme qui aspire à une chose à laquelle il ne saurait parvenir. Se dit encore De celui qui ne peut comprendre une chose, ou qui n'a pas de goût pour l'étudier. On dit dans le sens contraire, Cet enfant commence à mordre au latin.
• MORDRE, se dit aussi Des oiseaux, de quelques insectes, et de la vermine. Le perroquet mord. Cet enfant est tout mordu de puces.
• Se dit figurément De plusieurs choses inanimées qui rongent, qui creusent ou qui percent. L'eau-forte mord sur les métaux. L'eau-forte n'a pas assez mordu sur cette planche. La lime ne mord point dans l'acier bien trempé. Le burin a trop mordu en cet endroit. L'ancre n'a pu mordre sur ce fond de rocher.
• En termes de Gravure, Mordre une planche, ou Faire mordre une planche, Lui faire éprouver l'effet de l'eau-forte, après avoir découvert en différents endroits, à l'aide d'une pointe à graver, le vernis dont elle est enduite.
• En termes d'Imprimerie, La frisquette mord, se dit Lorsqu'un ou plusieurs des bords de la frisquette couvrent quelques portions de page, et les empêchent de recevoir l'impression. La vignette mord sur les lettres, Elle avance sur les lettres.
• En termes de Couturière et de Tailleur, Il faut mordre plus avant dans l'étoffe, Il faut faire la couture un peu plus loin du bord de l'étoffe, pour qu'elle ne se défasse pas.
• Les dents de cette roue ne mordent pas assez sur les ailes du pignon, Elles n'engrènent pas assez.
• MORDRE, signifie figurément, Médire, reprendre, critiquer, censurer avec malignité. Il cherche à mordre sur tout. Il n'y a point à mordre sur sa conduite. Il ne donne point à mordre sur lui.
• MORDU, UE. participe

MORE .s.m.
• Nom de peuple, qu'on ne met ici que parce qu'il entre dans diverses phrases de la langue.
• Prov. et fig., Traiter quelqu'un de Turc à More, en user avec lui de Turc à More, Le traiter avec une extrême dureté.
• Prov. et fig., À laver la tête d'un More on perd sa lessive, Inutilement on se donne beaucoup de soin et de peine pour faire comprendre à un homme quelque chose qui passe sa portée, ou pour corriger un homme incorrigible.
• Cheval cap de more ou cavecé de more, Cheval d'un poil rouan, dont la tête et les extrémités sont noires.
• Gris de more, Couleur grise tirant sur le noir. Des bas gris de more.

MOREAU . adj. m.
• Se dit D'un cheval qui est extrêmement noir. Un cheval moreau, de poil moreau. Il est vieux.

MORELLE . s. f.
• Plante vénéneuse de la famille des Solanées.

MORESQUE . adj.des deux genres
• Qui a rapport aux coutumes, aux usages, au goût des Mores. Les galanteries moresques. Danse moresque. Fête moresque. Architecture moresque. Le genre moresque. Édifice moresque. Palais, église dans le goût moresque.
• Il est aussi substantif, au féminin, et alors il signifie, Une espèce de danse à la manière des Mores. Danser la moresque. La moresque ressemble à la sarabande espagnole.
• Peinture moresque, à la moresque, ou absolument, Moresque, Sorte de peinture faite de caprice, et représentant pour l'ordinaire des branchages, des feuillages qui n'ont rien de naturel. Cette galerie est toute peinte à la moresque. Les Turcs ne souffrent point de figures dans leurs peintures, et n'ont que des moresques et des arabesques.

MORFIL .s.m.
• Certaines petites parties d'acier presque imperceptibles, qui restent au tranchant d'un couteau, d'un rasoir, etc., lorsqu'on les a passés sur la meule, et qu'il faut achever d'emporter pour se servir utilement ou du couteau ou du rasoir. Ôter, faire tomber le morfil d'un rasoir, d'un couteau. Un rasoir va mieux la seconde fois qu'on s'en sert, parce que la première fois le morfil n'est pas encore tombé.
• MORFIL, se dit aussi Des dents d'éléphant séparées du corps de l'animal, et avant qu'elles soient travaillées. Ce navire était chargé de morfil et de poudre d'or. On tire beaucoup de morfil des côtes de Guinée.

MORFONDRE . v. a.
• Refroidir, causer un froid qui incommode, qui pénètre. Ce vent vous morfondra. Ne dessellez pas sitôt ce cheval, de peur de le morfondre.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Vous vous morfondez dans ce jardin.
• Il signifie, figurément et familièrement, avec le pronom personnel, Perdre bien du temps à la poursuite d'une affaire, d'une entreprise qui ne réussit pas, dans l'attente d'une personne qui n'arrive pas, d'un succès qu'on n'obtient point. Ce général s'est morfondu devant cette place. Cet homme est à la cour assidûment, mais il ne fait que s'y morfondre. Je me suis morfondu à vous attendre.
• Fig., en termes de Boulangerie, La pâte se morfond, Elle perd la force de fermentation qu'elle doit avoir pour faire de bon pain.
• MORFONDU, UE. participe

MORFONDURE . s. f.
• T. d'Art vétérinaire. Sorte de maladie qui vient aux chevaux lorsqu'ils ont été saisis de froid après avoir eu chaud. Ce cheval jette des naseaux, mais ce n'est qu'une morfondure.

MORGELINE . s. f.
• Genre de plantes à petites fleurs et à feuilles pointues, que l'on nomme autrement Alsine. Le mouron des oiseaux est une espèce de morgeline.

MORGUE . s. f.
• Mine, contenance grave et sérieuse, où il paraît quelque fierté, quelque orgueil. Avoir de la morgue.
• Il signifie, par extension, Excès de suffisance, orgueil. Affecter de la morgue. Les pédants sont pleins de morgue. Il a bien de la morgue dans son langage, dans ses discours. Sa morgue le rend insupportable, le rend ridicule.

MORGUE . s. f.
• Endroit à l'entrée d'une prison, où l'on tient quelque temps ceux que l'on écroue, afin que les guichetiers puissent les regarder, les examiner, pour les reconnaître ensuite. On l'a tenu longtemps à la morgue.
• Se dit aussi d'Un endroit où l'on expose les corps des personnes trouvées mortes hors de leur domicile, afin qu'elles puissent être reconnues. On a porté ce corps à la morgue.

MORGUER . v. a.
• Braver quelqu'un en le regardant d'un air fier et menaçant. Il le morgue partout. Est-ce pour me morguer que vous faites cela? Il a vieilli.
• MORGUÉ, ÉE. participe

MORIBOND
, ONDE. adj.
• Qui va mourir. Il était moribond. Elle est moribonde. On le prend quelquefois substantivement. Un moribond.
• Être tout moribond, Être dans un état de langueur, comme si l'on allait mourir.

MORICAUD
, AUDE. adj.
• Qui a le visage de couleur brune. Il est moricaud. On l'emploie plus ordinairement comme substantif. C'est un moricaud, un gros moricaud. Une petite moricaude. Il est familier.

MORIGÉNER . v. a.
• Former les moeurs de quelqu'un, l'instruire aux bonnes moeurs. Un père est bien condamnable quand il n'a pas soin de morigéner ses enfants. Dans ce sens, il a vieilli.
• Il signifie plus ordinairement, Corriger, remettre dans l'ordre et dans le devoir. Si vous manquez à votre devoir, je saurai bien vous morigéner. Il est familier.
• MORIGÉNÉ, ÉE. participe

MORILLE . s. f.
• (On mouille les L.) Sorte de champignon qui vient au printemps, et dont le chapeau a de petites cavités comme une éponge ou comme un rayon de miel. Morille jaune. Morille fraîche. Un ragoût de morilles.

MORILLON .s.m.
• Sorte de raisin noir.

MORILLONS .s.m. pl.
• .Joaillerie. Émeraudes brutes qui se vendent à l'once.

MORION .s.m.
• Sorte d'armure de tête plus légère que le casque. Il n'avait qu'un simple morion. Ce mot n'est usité qu'en parlant De l'armure des anciens chevaliers.
• MORION, s'est dit aussi d'Une espèce de punition qu'on infligeait autrefois aux soldats, et qui consistait à les frapper sur le derrière avec la hampe d'une hallebarde, ou avec la crosse d'un mousquet. Donner le morion.

MORNE . adj.des deux genres
• Triste, sombre et abattu. Vous êtes bien morne aujourd'hui. Il était morne et silencieux, morne et pensif. Visage, air, oeil morne. Un morne silence.
• Fig., Temps morne, Temps obscur et couvert.
• Fig., Couleur morne, Couleur sombre, obscure, qui n'a ni vivacité ni éclat.

MORNE .s.m.
• On donne ce nom, en Amérique, Aux petites montagnes. Le morne au Boeuf. Le morne de la Calebasse. Les mornes de Saint-Domingue.

MORNÉ
, ÉE. adj.
• Il s'est dit, dans les Tournois, Des armes dont le fer était émoussé, et qu'on appelait aussi Armes courtoises. Lance mornée.

MORNIFLE . s. f.
• Coup de la main sur le visage. Il lui a donné une mornifle. Il est populaire.

MOROSE . adj.des deux genres
• Chagrin, difficile, bizarre. C'est un homme très-morose. Caractère, humeur morose.

MOROSITÉ . s. f.
• Caractère morose. C'est un homme d'une morosité insupportable.

MORPHINE . s. f.
• .Chimie et de Pharmacie. Alcali végétal qui donne à l'opium sa vertu soporifique et calmante. Acétate de morphine. Sirop de morphine.

MORPION .s.m.
• Espèce de pou qui s'attache d'ordinaire aux endroits du corps où l'on a du poil, et qui adhère à la peau avec tant de force, qu'on a de la peine à l'en séparer. On fait périr les morpions avec de l'onguent mercuriel. On doit éviter de se servir de ce mot.

MORS .s.m.
• Assortiment de toutes les pièces de fer qui servent à brider un cheval, comme les branches, la gourmette, etc.
• Se dit, en particulier, de La pièce qui se place dans la bouche du cheval pour le gouverner. Mors rude, doux. Mors à bossettes. Les branches, les bossettes d'un mors. Ce mors blesse la bouche de votre cheval. Il faut à ce cheval un mors plus doux, plus fort, plus rude. Un cheval qui joue, qui se joue, qui badine avec son mors, qui mâche son mors.
• Prendre le mors aux dents, se dit D'un cheval dont la bouche est tellement échauffée, qu'elle devient absolument insensible, et qu'il s'emporte, sans que le cavalier ou le cocher puisse le retenir, le mors n'opérant pas plus d'effet sur les barres, que si le cheval le tenait serré entre les dents. Les chevaux prirent le mors aux dents, et entraînèrent la voiture.
• Fig. et fam., Prendre le mors aux dents, se dit D'un homme qui, n'écoutant plus les avis ni les remontrances de ceux qui dirigeaient sa conduite, se livre tout entier à ses passions. Si vous n'avez la main ferme, ce jeune homme prendra le mors aux dents et vous échappera. Se dit aussi D'une personne qui se met en colère, qui s'emporte subitement. On lui a fait un léger reproche, il a pris le mors aux dents. Se dit encore D'une personne qui, ayant été quelque temps dans l'indolence, dans l'inaction, change tout à coup, et se livre au travail avec ardeur. Ce jeune homme était paresseux, il a pris le mors aux dents, et maintenant il travaille avec une ardeur extraordinaire.

MORSURE . s. f.
• Action de mordre; Plaie, meurtrissure, marque faite en mordant. Morsure dangereuse, envenimée, mortelle. Grande morsure. Faire une profonde morsure. La morsure d'un chien enragé. Guérir une morsure. Guérir d'une morsure. Morsure de cheval. Morsure de puce.
• MORSURE, se dit, figurément et au sens moral, Des effets de la médisance, de la calomnie. Les morsures de la calomnie laissent toujours des cicatrices.

MORT . s. f.
• Fin, cessation de la vie. Mort naturelle, douce, violente, prompte, lente, douloureuse, tragique, funeste, déplorable. Mort subite, soudaine, imprévue, précipitée, prématurée. Mort glorieuse, sainte. Une belle mort. Une mort honteuse, infâme, ignominieuse. Il est menacé d'une mort prochaine. L'instant de sa naissance a été celui de sa mort. Souhaiter, désirer, affronter, braver la mort. Courir à la mort. Attendre la mort. Avoir toujours la mort devant les yeux. Avoir peur de la mort. Envisager la mort avec fermeté. Il a vu la mort de près. Le jour de sa mort. À l'heure de la mort. Les approches, les transes, les frayeurs, les affres de la mort. Le hoquet de la mort. Ce malade, cette maladie tourne à la mort. Donner, recevoir la mort. Se donner la mort. Il est allé chercher la mort dans les combats, et l'y a trouvée. Il n'y a point eu mort d'homme. Pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive. En poésie et dans le style soutenu, la mort est souvent personnifiée. On représente la Mort sous la forme d'un squelette armé d'une faux. Il a longtemps combattu, lutté contre la mort. La mort l'a frappé, l'a enlevé à la fleur de son âge. La mort a moissonné presque tous les habitants de cette contrée. La mort est sourde à nos voeux, à nos cris. L'impitoyable mort. La faux de la mort n'épargne personne. Il passa des bras du sommeil dans ceux de la mort. Ce malheureux appelait la mort à son aide.
• Fam., Mourir de sa belle mort, Mourir de mort naturelle.
• Être à l'article de la mort, Être à l'agonie.
• Être entre la vie et la mort, Être dans un fort grand péril, par maladie ou par accident. Pendant cette tempête, nous fûmes deux jours entre la vie et la mort.
• Être malade à la mort, ou simplement, Être à la mort, Être fort malade et près de mourir.
• Fig., Être au lit de la mort, au lit de mort, Être à l'extrémité. À son lit de mort, Avant de mourir, en mourant. À son lit de mort, il a fait restitution de ce qu'il s'était approprié injustement.
• Prov. et fig., Avoir la mort entre les dents, Être fort vieux ou fort malade, n'avoir pas longtemps à vivre. Il a la mort entre les dents, et il songe encore à bâtir.
• Fig., Avoir la mort sur les lèvres, Être près de mourir, ou Avoir la figure d'un mourant.
• Prov. et fig., Après la mort le médecin, se dit en parlant D'un remède, d'un secours tardif.
• Prov., Dieu ne veut pas la mort du pécheur, Il faut être indulgent pour la faiblesse humaine.
• Par la mort! s'emploie par forme de serment et de menace.
• Pop., Il serait bon à aller querir, à aller chercher la mort, se dit D'une personne qui est lente à revenir des endroits où on l'envoie.
• MORT, se dit particulièrement de La peine capitale, de la peine qui consiste dans la perte de la vie. Abolir la peine de mort. Condamner un homme à la mort, à la peine de mort. Toutes les voix allaient à la mort, ont été à la mort. Le procureur général a conclu à la mort. L'affaire est grave, il y va de la vie ou de la mort. Ce coupable a reçu, a subi, a souffert la mort avec courage. Il a marché à la mort avec courage.
• Cette affaire va à la mort, Elle doit finir par un arrêt de mort.
• Sentence, arrêt de mort, Condamnation qui porte la peine de mort. Il était appelant d'une sentence de mort.
• Testament de mort, Déclaration dernière que fait un condamné avant son supplice.
• Fig. et par extens., Testament de mort, Écrit qui atteste les derniers sentiments d'une personne. Cette lettre touchante fut son testament de mort.
• Mort civile, Cessation de toute participation aux droits civils. La condamnation à mort, la peine des travaux forcés à perpétuité, et celle de la déportation, emportent la mort civile. La profession en religion avait les effets de la mort civile.
• La mort éternelle, La condamnation des pécheurs aux peines de l'enfer.
• MORT, se dit, par exagération, Des grandes douleurs. La goutte lui fait souffrir mille morts. Il souffre mort et passion.
• Se dit aussi Des grands chagrins. Ce fils dénaturé lui donne la mort. La disgrâce de son ami lui a mis la mort dans le coeur. La conduite de son fils lui a mis la mort dans l'âme.
• Fam., Souffrir mort et passion, Être contrarié, embarrassé, tourmenté. Ce prédicateur faisait souffrir mort et passion à ceux qui l'entendaient, tant il y avait d'hésitation dans son débit.
• Fam., C'est une mort que d'avoir affaire à un pareil homme, que de poursuivre une telle affaire, C'est une grande peine, une grande misère.
• Fig. et fam., C'est ma mort, C'est la chose la plus désagréable pour moi. C'est ma mort que d'être obligé de le voir, de lui parler.
• MORT, signifie encore, figurément, Cause de destruction. Les réquisitions forcées sont la mort du commerce. Le monopole est la mort de l'industrie.
• Fam., Mort aux rats, Drogue dont on se sert pour faire mourir les rats. Acheter de la mort aux rats.
• Fam., en termes de Jeu, Jouer à la mort de telle somme, Jouer jusqu'à ce que telle somme soit perdue.
• À MORT. loc. adv. De manière qu'on en meure. Blesser à mort. Il fut frappé à mort.
• Fig., Être frappé à mort, Être attaqué d'une maladie dont les symptômes annoncent une mort certaine.
• Condamner, juger à mort, Condamner quelqu'un à la peine de mort. Mettre à mort, Faire mourir.
• Combat à mort, Combat qui ne doit se terminer que par la mort d'un des combattants.
• À LA MORT. loc. adv. Extrêmement, excessivement. Haïr quelqu'un à la mort. Je me suis ennuyé à la mort. Cela me déplaît à la mort. Il m'en veut à la mort. On dit aussi dans le même sens, Il me veut mal de mort, un mal de mort.
• À LA VIE ET À LA MORT. loc. adv. Pour toujours. Je suis votre ami à la vie et à la mort. Je suis à vous à la vie et à la mort.
• Entre nous, c'est à la vie et à la mort, Notre amitié durera toujours. Il ne me pardonnera ni à la vie ni à la mort, Il ne me pardonnera jamais.

MORTADELLE . s. f.
• Espèce de gros saucisson qui vient d'Italie. Mortadelle de Bologne, de Florence.

MORTAILLABLE . adj.des deux genres
• .Jurispr. féod. Il se disait De ceux qui étaient serfs de leur seigneur, et dont celui-ci héritait.

MORTAISE . s. f.
• T. d'Arts. Trou, entaillure faite dans une pièce de bois ou de métal, pour y recevoir le tenon d'une autre pièce, quand on veut les assembler. Petite, grande mortaise. Faire une mortaise. Ouvrage assemblé à tenons et à mortaises.

MORTALITÉ . s. f.
• Condition de ce qui est sujet à la mort. Épicure croyait la mortalité de l'âme. Le fils de Dieu s'est revêtu de notre mortalité.
• Il signifie aussi, La mort d'une quantité plus ou moins considérable d'hommes ou d'animaux qui sont emportés en peu de temps par la même maladie. La mortalité se mit dans les troupes. La mortalité a été grande dans ce pays-là. La mortalité est sur le bétail, s'est mise sur le bétail, dans le bétail, sur les bestiaux. Il y a dans cette ville une grande mortalité.
• Se dit encore de La quantité d'individus de l'espèce humaine qui meurent annuellement sur un certain nombre de vivants. À Paris, la mortalité, si l'on en croit la plupart des calculs, est d'un individu sur trente.
• Tables de mortalité, Listes qui, sur un nombre donné de naissances, indiquent le nombre des survivants à la fin de chaque année.

MORT-BOIS .s.m.
• Voyez BOIS.

MORTE-EAU . s. f.
• .Mar. Se dit Des marées les plus faibles, qui ont lieu entre la nouvelle et la pleine lune; et de L'époque de ces marées. Nous sommes en morte-eau.

MORTEL
, ELLE. adj.
• Qui cause la mort, ou qui paraît devoir la causer. Maladie, plaie, blessure mortelle. Coup, poison mortel. La coque du Levant est mortelle aux poissons, pour les poissons.
• Péché mortel, Péché qui fait perdre la grâce de Dieu, et qui donne une espèce de mort à l'âme.
• MORTEL, signifie quelquefois, Extrême, excessif dans son genre; et il ne se dit jamais qu'en mal. Haine, inimitié mortelle. Déplaisir mortel. Douleur, inquiétude, crainte, tristesse, offense mortelle. Effroi mortel. Ennui mortel. Je suis dans des transes mortelles. Il fait un froid mortel.
• Il y a dix mortelles lieues de cette ville à telle autre, Dix lieues longues et ennuyeuses. On dit en des sens analogues: J'ai attendu deux mortelles heures dans une antichambre. Fallait-il faire deux mortels volumes pour traiter un pareil sujet? Etc.
• Être l'ennemi mortel de quelqu'un, Le haïr profondément.
• MORTEL, signifie aussi, Qui est sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. Le corps est mortel. Cette vie mortelle est pleine de misères. D'anciens philosophes ont cru l'âme mortelle.
• Dans le style soutenu, Quitter sa dépouille mortelle, Mourir.
• MORTEL, est aussi substantif, et signifie, Homme. C'est un heureux mortel, un infortuné mortel. Il serait le plus vil des mortels, s'il avait fait cette perfidie.
• Absol., Les mortels, L'espèce humaine. Les pauvres mortels. Les misérables mortels.
• MORTELLE sustantif féminin, est moins usité. Une simple mortelle.

MORTELLEMENT . adv.
• À mort. Il est blessé mortellement, malade mortellement.
• Pécher mortellement, Commettre un péché mortel.
• Il signifie aussi, Excessivement. Haïr mortellement. Cet homme est mortellement ennuyeux. Outrager quelqu'un mortellement.

MORTE-PAYE . s. f.
• Voyez PAYE.

MORTE-SAISON . s. f.
• Temps où, dans certaines professions, on a moins de travail, moins de débit qu'à l'ordinaire. L'été est la morte-saison des marchands fourreurs. Les mortes-saisons ruinent les pauvres ouvriers.

MORT-GAGE .s.m.
• .Jurispr. Gage dont on laisse jouir le créancier, sans que les fruits dont il profite soient imputés sur la dette.

MORTIER .s.m.
• Mélange de chaux et de sable, de ciment ou de pouzzolane, détrempé avec de l'eau, et servant à lier les pierres ou les moellons d'une construction. Faire du mortier. Mortier à chaux et à sable, à chaux et à ciment. Mortier de ciment.
• Fig. et fam., Cette soupe est du mortier, n'est que du mortier, Elle est trop épaisse.
• MORTIER, se dit aussi d'Une sorte de vase qui est fait de métal, de pierre, de bois, etc., et dont on se sert pour y piler certaines choses. Un mortier de fonte, de marbre, de verre, de bois. Le pilon d'un mortier.
• MORTIER, en termes d'Artillerie, se dit d'Une bouche à feu, qui est faite à peu près comme un mortier à piler, et dont on se sert pour lancer des bombes, pour jeter des carcasses pleines de pierres ou de matières inflammables. Mettre la bombe dans le mortier. Charger le mortier. Mettre le feu au mortier. Une batterie de mortiers.
• MORTIER, se dit en outre d'Une espèce de bonnet rond de velours noir, bordé de galon d'or, que les présidents de parlement portaient dans l'exercice de leurs fonctions, et qui est encore aujourd'hui la coiffure des présidents des cours de justice. Président à mortier. Le mortier du premier président était bordé de deux galons d'or, l'un en haut, l'autre en bas. Une charge de président à mortier. Le chancelier de France avait un mortier qui était d'étoffe d'or avec un bord d'hermine.

MORTIFÈRE . adj.des deux genres
• Qui cause la mort. Un poison, un suc mortifère. Une plante mortifère. Il ne s'emploie guère que dans le langage médical.

MORTIFIANT
, ANTE. adj.
• Qui mortifie, qui humilie l'amour-propre, et cause de la confusion. C'est une chose bien mortifiante. Il est bien mortifiant d'essuyer publiquement des reproches mérités. Y a-t-il rien de plus mortifiant? Des humiliations mortifiantes. Un refus mortifiant.

MORTIFICATION . s. f.
• .Médec. et de Chirur. État du corps ou d'une partie du corps, dans lequel les fluides naturels, dont la circulation est arrêtée, s'altèrent et se corrompent de manière à détruire le tissu des chairs. Mortification des chairs. Dans la gangrène, il y a mortification imparfaite; dans le sphacèle, il y a mortification entière.
• MORTIFICATION, se dit, par extension, dans le style ascétique, de L'action par laquelle on mortifie son corps, ses passions. La mortification de la chair, des sens, des passions.
• Il signifie figurément, Chagrin, affliction qu'on donne à une personne par quelque réprimande ou par quelque procédé dur et fâcheux. Il a reçu, il a essuyé, il s'est attiré une grande, une cruelle mortification. On lui a donné de grandes mortifications.
• Se dit également, dans le style de la Chaire, Des accidents fâcheux qui arrivent dans la vie. Ce sont des mortifications que Dieu nous envoie.

MORTIFIER . v. a.
• Faire que de la viande devienne plus tendre. Mettre de la viande à l'air, la battre pour la mortifier. Le grand air mortifie la viande. Ce faisan n'est pas encore assez mortifié.
• MORTIFIER, signifie figurément, Affliger son corps par des macérations, des jeûnes, des austérités. Mortifier sa chair.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans l'un et dans l'autre sens. La viande se mortifie lentement dans un temps froid. Se mortifier pour l'amour de Dieu.
• Mortifier ses sens, ses passions, Les réprimer dans la vue de plaire à Dieu.
• MORTIFIER, signifie encore, figurément, Humilier quelqu'un, lui faire de la peine par quelque réprimande ou par quelque procédé dur et fâcheux. Ce refus me mortifierait beaucoup. La disgrâce qui lui est arrivée l'a extrêmement mortifié.
• MORTIFIÉ, ÉE. participe, De la viande bien mortifiée.
• Fig., Être mortifié d'une chose, En éprouver du chagrin. Je suis bien mortifié de vous dire que votre procès est perdu. Il avait l'air bien mortifié.

MORT-NÉ . adj.
• Voyez , au mot NAÎTRE.

MORTUAIRE . adj.des deux genres
• Appartenant au service, à la pompe funèbre. Un drap mortuaire.
• Registre mortuaire, Registre où l'on inscrit les noms des personnes décédées.
• Extrait mortuaire, Extrait qu'on tire de ce registre.
• Droits mortuaires, Droits perçus pour les cérémonies funèbres.

MORUE . s. f.
• Poisson de mer du genre des Gades, dont la plus grande pêche se fait au banc de Terre-Neuve. Morue fraîche, ou Morue verte. Morue nouvelle. Vieille morue. Morue sèche, salée. Morue de Terre-Neuve. Morue jaune. Pêcher de la morue. Une queue de morue. Aller à la pêche des morues. Un navire chargé de morues.
• Une poignée de morues, Deux morues jointes ensemble.

MORVE . s. f.
• Humeur visqueuse qui découle des narines. Il a toujours la morve au nez.
• MORVE, en termes d'Art vétérinaire, Maladie à laquelle les chevaux sont sujets, et qui est regardée par certains vétérinaires comme contagieuse. Quand on vend un cheval, on garantit la morve. Ce cheval a la morve.

MORVEAU .s.m.
• Morve épaisse et recuite. Jeter un gros morveau. C'est un mot désagréable dont on évite de se servir.

MORVEUX
, EUSE. adj.
• Qui a la morve au bout du nez. Enfant morveux. Nez morveux. Il est toujours morveux.
• En termes d'Art vétérinaire, Cheval morveux, Cheval qui a la maladie appelée Morve.
• Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, Il est de la sagesse de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand.
• Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche, Que ceux qui reconnaissent en eux le défaut, le tort contre lequel on parle, s'appliquent ce qu'on en dit, si bon leur semble.
• MORVEUX, est quelquefois substantif, et se dit alors, familièrement et par mépris, d'Un enfant, garçon ou fille. C'est un petit morveux, une petite morveuse. C'est un jeune morveux. Voilà un beau morveux, un plaisant morveux pour faire l'entendu.
• Traiter quelqu'un comme un morveux, Le traiter avec un mépris humiliant.

MOSAÏQUE . adj.des deux genres
• Qui vient de Moïse. La loi mosaïque.

MOSAÏQUE . s. f.
• Ouvrage de rapport composé de petites pierres dures, ou de petits morceaux d'émail de différentes couleurs, liés par un mastic et assemblés de manière à former des figures, des arabesques, etc. Faire de la mosaïque. Voilà une belle mosaïque. Mosaïque tracée sur le sol d'un appartement, d'une salle. Les mosaïques les plus précieuses sont en pierres naturellement colorées. Pavé de mosaïque. Table de mosaïque. Tableau, peinture en mosaïque. Les plus beaux tableaux de Raphaël ont été exécutés en mosaïque pour orner l'église de Saint-Pierre.
• Se dit aussi de L'art dont ces ouvrages sont le produit. Il y a deux espèces de mosaïque, celle de Rome et celle de Florence. Il a été à Rome pour apprendre la mosaïque.
• Fig., C'est un ouvrage en mosaïque, c'est une mosaïque, se dit D'un ouvrage d'esprit composé de morceaux séparés, dont les sujets sont différents.

MOSARABE . adj.
• Voyez MOZARABE.

MOSCOUADE . s. f.
• Nom qu'on donne au sucre brut.

MOSQUÉE . s. f.
• Temple du culte mahométan, édifice où les mahométans s'assemblent pour faire leurs prières. Les mosquées de Constantinople, du Caire, etc., sont de vastes et beaux édifices. Cette mosquée a six minarets. Les Turcs ont changé plusieurs églises en mosquées. Il y a, dans l'enceinte de cette mosquée, des écoles, des plantations, etc.

MOT .s.m.
• Une ou plusieurs syllabes réunies, qui expriment une idée. Mot français, latin, grec, etc. Mot barbare. Vieux mot. Mot suranné. Mot qui n'est plus en usage, qui est tombé en désuétude, qui a vieilli. Mot nouveau. Mot usité, inusité. Un mot qui commence à s'introduire. Mot rude, harmonieux. Mot de deux syllabes, de trois syllabes. Ces deux mots sont synonymes. Choisir ses mots. Effacer, rayer, ajouter un mot. Bien prononcer, bien articuler les mots. Ce mot est fort expressif, fort significatif. Ce mot n'est pas de la langue. L'emploi, l'arrangement, le choix des mots. Ce mot a plusieurs significations, plusieurs acceptions différentes. Ce mot est du style familier, est familier. Ce mot est dérivé du grec, est emprunté du latin. Mot simple, composé. Dire, expliquer une chose en peu de mots. Il lui a dit quelques mots obligeants, quelques mots de consolation, d'amitié. Il n'y a pas un mot de cela dans le contrat. Il n'en a pas mis un mot. Mauvais mot.
• Mot propre, Mot qui exprime avec plus de justesse et d'exactitude que tout autre, l'idée qu'on veut faire entendre. Il faut, pour bien écrire, employer le mot propre. On dit par opposition, Mot impropre.
• Mot faible, Celui qui n'exprime qu'imparfaitement l'idée.
• Mot à deux ententes, à double entente, Mot qui a deux sens, qui est susceptible de deux interprétations. On dit aussi, Mot équivoque ou ambigu.
• Jeu de mots, Allusion tirée de la ressemblance des mots.
• Mot factice, Mot qui est dérivé d'un autre mot suivant l'analogie ordinaire, mais dont l'usage n'est pas établi.
• Mot forgé, Mot créé par plaisanterie, et formé d'une manière bizarre. Dans Molière, Désamphitryonner, Dessosier, et Tartufiée, sont des mots forgés.
• Mot hybride, Mot composé d'autres mots qui appartiennent à des langues différentes. Choléra-morbus est un mot hybride.
• Mot artificiel, Mot dont on se sert pour aider la mémoire par l'arrangement des lettres. Ainsi les termes de logique, Barbara, Celarent, etc., sont des mots artificiels dont on se servait pour graver plus aisément dans la mémoire les différentes espèces de syllogismes.
• Mots consacrés, Mots qui sont tellement propres et usités pour signifier certaines choses, qu'on ne peut pas se servir d'un autre mot sans parler improprement. Ainsi, en théologie, les mots Consubstantiel et Transsubstantiation, sont des mots consacrés; de même qu'en physique les mots Gravitation, Raréfaction, Condensation, etc.
• Mots sacramentels ou sacramentaux, Mots qui appartiennent à un sacrement; et, par extension, Ceux qui sont essentiels à la validité d'un acte, d'une convention.
• Fig. et fam., Gros mots, Jurements. Il a dit de gros mots, des gros mots. Il signifie aussi, Menaces, paroles offensantes. De la raillerie ils ont passé, ils en sont venus aux gros mots.
• Fig., Grands mots, Expressions exagérées.
• Le mot d'une énigme, d'un logogriphe, d'une charade, Le nom qu'on propose à deviner dans une énigme, dans un logogriphe, dans une charade.
• Fig. et fam., Traîner ses mots, Parler très-lentement. Compter ses mots, Parler avec lenteur et avec affectation. Manger ses mots, la moitie de ses mots, Ne pas prononcer nettement toutes les lettres ou toutes les syllabes des mots.
• Prov., Dire les mots et les paroles, Dire crûment une chose qui aurait besoin d'être adoucie par l'expression. Il n'a pas ménagé les oreilles de ceux qui étaient présents; il a dit les mots et les paroles.
• Prov., Il n'y a qu'un mot qui serve, signifie tantôt, Décidez-vous, dites-moi votre mot; tantôt, Ce que je vous dis est mon dernier mot.
• Fam., Ce sont des mots, ce ne sont que des mots, Ces paroles sont vides de sens. Les mêmes locutions signifient aussi, Ces paroles ne seront suivies d'aucun effet. Ne vous inquiétez pas de ses menaces, ne croyez pas à ses promesses, ce sont des mots, ce ne sont que des mots.
• MOT, se prend aussi pour Ce qu'on dit ou ce qu'on écrit brièvement à quelqu'un. Si vous le voyez, je vous supplie de lui dire un mot de ma part, un mot en mon nom, un mot en ma faveur. Il ne m'en a pas dit un mot, le traître mot. Il lui a dit un mot à l'oreille. Je n'ai pas pu placer un mot dans la conversation. Je lui ai glissé un mot de votre affaire. Ce mot, jeté à propos dans la discussion, a concilié tous les avis. Dites-lui un mot pour moi dans la lettre que vous lui écrivez. Vous avez lâché là un mot bien léger, bien indiscret, bien irréfléchi. Je lui en écrirai un mot. Je vous écris un mot pour vous apprendre... Faites-moi un mot de réponse. Je n'ai qu'un mot à vous dire. Je n'ai que deux ou trois mots à lui dire. Nous en dirons demain deux mots. Nous en dirons deux mots quand vous voudrez. Je vous expliquerai cela en un mot, en deux mots, en trois mots, en quatre mots: l'usage ne va pas plus loin; on ne dit pas, en cinq mots.
• Entendre à demi-mot, Comprendre facilement ce qu'un autre veut dire, sans qu'il se soit entièrement expliqué.
• Ne dire mot, ne répondre mot, Ne point parler, ne point répondre. Il demeura confus et ne dit mot. Il est parti sans dire mot, sans mot dire. Il n'eut pas le mot à dire, pas le petit mot, pas le moindre mot, pas le moindre petit mot. On eut beau l'interroger, il ne répondit jamais mot, pas un mot.
• Fam., S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins, se dit D'un homme qui parle peu, et signifie, Il a plus d'esprit, plus de sentiment qu'il ne paraît en avoir.
• Prov., Qui ne dit mot consent, En certains cas, se taire, c'est consentir.
• Fam., Ne sonner mot, Ne rien dire. On dit dans le même sens, Ne pas souffler mot, le mot.
• Un mot, deux mots, s'il vous plaît. Façons de parler familières, dont on se sert lorsqu'on appelle quelqu'un pour lui parler.
• Par forme de menace, Nous en dirons deux mots quand vous voudrez, Nous viderons notre querelle quand il vous plaira. On dit dans le même sens, J'ai à me plaindre de lui, je lui en dirai deux mots.
• Bon mot, Trait ingénieux, vif et plaisant. Diseur de bons mots. Dire des bons mots. Ce que vous dites là est un des bons mots d'un tel. Il aimerait mieux perdre un ami qu'un bon mot. Il est rare de bien répliquer à un bon mot.
• Mot fin, Expression d'une simplicité apparente, dont la force ne paraît qu'après qu'on y a réfléchi, et qui fait penser plus qu'elle ne semble dire. Il y a dans ce compliment un mot très-fin.
• Fig. et fam., Je n'entends pas le fin mot de tout cela, Je ne comprends pas ce qu'on veut, à quoi tendent tous ces discours et cette conduite singulière.
• Fig. et fam., Dire le fin mot, Manifester entièrement son projet, ses vues. Il n'a pas encore dit le fin mot. Ne nous faites plus attendre, dites-nous le fin mot.
• Trancher le mot, Donner une réponse décisive. Tranchez le mot, c'est trop me faire attendre votre réponse. Il signifie aussi, Parler net, dire sa pensée sans ménagement. C'est un homme sans délicatesse; tranchons le mot, c'est un fripon.
• Fam., Le grand mot est lâché, Le mot qu'on retenait est enfin échappé.
• Fam., Mot pour rire, Ce que l'on dit en plaisantant pour amuser les autres. Il a toujours le mot pour rire, le petit mot pour rire.
• Il n'y a pas là le mot pour rire, se dit Lorsque la chose dont on parle est trop sérieuse ou trop piquante pour être tournée en plaisanterie. On dit aussi Lorsqu'un homme veut être plaisant et qu'il manque son but: Il n'y a pas le mot pour rire à ce qu'il dit. Où est là le mot pour rire?
• Vous dites là le mot, Ce que vous dites éclaircit la difficulté, est décisif.
• MOT, signifie encore, Sentence, apophthegme, dit notable, parole mémorable. C'est un mot de Socrate. Ce philosophe dit un beau mot, un grand mot, un excellent mot, un mot bien remarquable.
• Se dit aussi de Pensées moins importantes. Il lui échappe des mots fort heureux, fort spirituels.
• MOT, se dit en outre Du prix que l'on demande ou que l'on offre de quelque chose. Vous voulez vendre cela cinq cents francs? est-ce votre mot? ce n'est que votre premier mot? Non, c'est mon dernier mot. Je n'en rabattrai rien, je n'ai point deux mots. Je ne suis point homme à deux mots. Au dernier mot, qu'en voulez-vous? Si vous voulez acheter, dites le bon mot. Il veut être payé à son mot. Je l'ai fait venir à mon mot. Il n'a qu'un mot.
• Lâcher le mot. Voyez LÂCHER.
• Prendre quelqu'un au mot, Se hâter d'accepter une offre. Cela se dit surtout quand il s'agit Du prix d'un achat ou d'une vente. Il ne m'a fait ce cheval que six cents francs, je l'ai pris au mot. Je lui ai offert cinq francs de ce volume, il m'a pris au mot. N'ayez pas peur, vous ne serez pas pris au mot. Vous m'avez offert une chambre dans votre maison, je vous prends au mot. Je lui ai offert ma bourse, il m'a pris au mot.
• MOT, dans un sens encore plus particulier, signifie, Un billet portant assurance ou déclaration de quelque chose. Je vous prêterai mille francs, mais donnez-moi un mot de votre main, donnez-moi un mot d'écrit, deux mots de votre main.
• MOT, parmi les gens de guerre, se dit Du mot ou plutôt des deux mots qu'un chef donne à ceux qui sont sous ses ordres, pour qu'ils puissent se reconnaître entre eux. Quand le chef donne deux mots, ce qui a presque toujours lieu, le premier s'appelle Mot d'ordre, et le second Mot de ralliement. Cependant on comprend aussi quelquefois sous la dénomination de Mot d'ordre, l'un et l'autre de ces deux mots. Donner le mot. Aller prendre le mot. On l'envoya porter le mot. Le mot d'ordre, le mot qu'on avait donné, le jour du combat, était Saint-Louis et Paris. Quand un poste reconnaît une patrouille, il en reçoit le mot d'ordre et lui donne celui de ralliement. Les sentinelles avancées doivent avoir le mot de ralliement. Quand une patrouille rencontre une ronde, elle lui donne les deux mots d'ordre. On disait autrefois dans le même sens, Le mot du guet.
• Prov. et fig., Avoir le mot, Être averti de ce qu'il convient de dire ou de faire dans une certaine circonstance. Vous pouvez compter sur lui, il a le mot.
• Prov. et fig., Ces gens-là se sont donné le mot, le mot du guet, Ils sont de concert et d'intelligence ensemble.
• MOT, dans une devise, signifie, Les paroles de la devise. Dans la devise de Louis XII, le corps était un porc-épic, et le mot, Cominùs et eminùs; dans celle de Louis XIV, le corps était un soleil, et le mot, Nec pluribus impar.
• Se dit également d'Un mot ou d'une phrase courte que quelques maisons illustres placent dans leurs armoiries. La maison de Montmorency a pour mot, Aplanôs, qui en grec signifie, Sans dévier.
• EN UN MOT. loc. adv. Bref, enfin, en peu de mots. Il est vertueux, généreux; en un mot, c'est un homme accompli.
• En un mot, je n'en ferai rien, Pour répondre en un mot à toutes vos raisons, je dis que je n'en ferai rien.
• Autant en un mot qu'en cent, qu'en mille; en un mot comme en cent, en un mot comme en mille. Façons de parler familières, par lesquelles on marque sa dernière résolution. En un mot comme en mille, je suis décidé à n'en rien faire.
• MOT À MOT, MOT POUR MOT. loc. adverbiales, Sans aucun changement ni dans les mots, ni dans leur ordre. Apprendre quelque chose mot à mot comme un perroquet. Transcrire, traduire, rendre mot à mot. Rapporter mot à mot, ou mot pour mot, tout ce qu'on a ouï dire.
• Cette phrase est mot pour mot dans Montaigne, dans Voltaire, etc., Elle s'y trouve entièrement et dans les mêmes termes.
• Dicter mot à mot, Dicter un mot après l'autre, ne dicter qu'un mot à la fois.
• MOT À MOT, s'emploie quelquefois substantivement, et signifie, Traduction littérale. Cette version n'est qu'un mot à mot. Voilà le mot à mot de la phrase, maintenant traduisez avec élégance.
• À CES MOTS. loc. adv. usitée dans la narration. Après avoir ainsi parlé. À ces mots, il monte à cheval, et s'élance dans la plaine.

MOTET .s.m.
• Psaume ou autres paroles latines mises en musique pour être chantées à l'église, et qui ne font point partie de l'office divin. Faire, composer, chanter, exécuter un motet. Un beau motet.

MOTEUR .s.m.
• Celui qui donne le mouvement. Dieu est le premier moteur, le souverain moteur de toutes choses.
• Se dit aussi au sens moral. Il fut le principal moteur de cette entreprise, de cette conjuration, le moteur secret de ces intrigues.
• MOTEUR, en termes de Mécanique, signifie, Mobile, ce qui imprime le mouvement. L'eau, le feu est le premier moteur de cette machine. Le moteur doit être proportionné à l'effet qu'on veut produire.
• MOTEUR, en termes d'Anatomie, se dit Des muscles qui font mouvoir un membre. Les moteurs internes, externes.

MOTEUR
, TRICE. adj.
• Qui fait mouvoir, qui donne le mouvement. Muscles moteurs. Force, puissance, faculté, vertu motrice.

MOTIF .s.m.
• Ce qui meut et porte à faire quelque chose, à adopter un avis. Bon, mauvais, puissant, faible motif. Motif secret, apparent. Motif louable, honnête. Exposer ses motifs. Quel a été son motif? Par quel motif a-t-il fait cela? Je devine ses motifs. Agir par un pur motif de zèle, de conscience. Il n'a point eu d'autre motif que celui de la gloire de Dieu. L'intérêt est le seul motif qui le fait agir. Tel a été son motif pour agir de la sorte. Il imagine des prétextes pour cacher son véritable motif.
• Motif de crédibilité, Ce qui peut raisonnablement porter à croire une chose, indépendamment des preuves démonstratives. Se dit surtout en parlant Des preuves qui établissent la vérité de la religion. Si ce n'est pas une preuve convaincante, c'est au moins un motif de crédibilité.
• MOTIF, en Musique, signifie, La phrase de chant, l'idée primitive qui domine dans tout le morceau. Le motif de cet air est heureux.

MOTION . s. f.
• T. didactique. Mouvement, action de mouvoir.
• MOTION, se dit aussi d'Une proposition faite dans une assemblée délibérante, par un de ses membres. On a fait une motion pour tel objet, sur tel objet, relativement à tel objet. Il a fait la motion d'ajourner la délibération. Il y eut des motions très-diverses, et même il y en eut de contradictoires. Appuyer la motion. Délibérer sur la motion. Amender la motion. Retirer sa motion. Rejeter la motion.
• Motion d'ordre, Motion qui a pour objet particulier l'ordre de la discussion.

MOTIVER . v. a.
• Alléguer, rapporter les motifs d'un avis, d'un arrêt, d'une déclaration quelconque. Motiver un arrêt. Il ne motive jamais son avis. Motiver son refus.
• Il signifie aussi quelquefois, Servir de motif à. Voilà ce qui a motivé cette mesure.
• Motiver les entrées et les sorties dans une pièce de théâtre, Faire que les entrées et les sorties des personnages paraissent naturelles et raisonnables. Les entrées et les sorties ne sont pas motivées dans cette pièce.
• MOTIVÉ, ÉE. participe

MOTTE . s. f.
• Petit morceau de terre détaché avec la charrue, avec la bêche, ou autrement. Un champ plein de mottes. Rompre, casser, briser les mottes d'un champ. Se battre à coups de mottes. Une motte de gazon.
• Se dit aussi d'Une butte, d'une éminence isolée, faite de main d'homme ou par la nature. Il faut raser cette motte. Aplanir une motte.
• Il signifie encore, La portion de terre qui tient aux racines des plantes, quand on les lève ou qu'on les arrache. Lever un arbre en motte, avec sa motte. Replanter un arbre avec sa motte.
• Motte à brûler, Petite masse plate et ronde, qui est faite ordinairement avec le tan qu'on ne peut plus employer à préparer les cuirs, et qui sert à faire du feu. Brûler des mottes. Motte de tourbe.

MOTTER
(SE). v. pron.
• .Chasse. Se dit Des perdrix, lorsqu'elles se cachent derrière des mottes de terre.

MOTUS
• (On prononce l'S.) Expression familière par laquelle on avertit quelqu'un de ne rien dire. Motus, ne parlez pas de cela.

MOU
, MOLLE. adj.
• Qui cède facilement au toucher, qui reçoit facilement l'impression des autres corps. Il est opposé à Dur. Ce lit est mou, n'est guère mou. De la cire molle. Avoir les chairs molles. Du fromage mou. Poires molles.
• On dit quelquefois Mol, au masculin, en poésie et dans le style soutenu, quand le mot qui suit commence par une voyelle. Un mol abandon. Le marcher mol et doux de la pelouse.
• En Physique, Corps mous, Ceux qui ne tendent pas à reprendre la figure que le choc ou la compression leur a fait perdre.
• Par extension, Le temps, le vent est mou, Le temps est relâché, le vent est chaud et humide.
• MOU, signifie, figurément, Qui a peu de vigueur. Ce cheval est mou et n'a point de force. Cet homme paraît fort et robuste, mais il est mou au travail.
• Il signifie aussi, Indolent, inactif, qui manque de résolution, d'application. C'est un homme mou pour ses amis. C'est un homme mou. Un caractère mou. Un esprit mou.
• Il signifie encore, Affaibli, énervé par les plaisirs. Un homme mou et efféminé. Une âme molle.
• MOU, se dit, au sens moral, Des choses qui annoncent ou qui causent la mollesse de l'âme. Une molle complaisance. Une molle indulgence. Une résolution molle. Une conduite molle. Une molle oisiveté. Une éducation molle.
• Style mou, Style qui manque de vigueur.
• En termes de Peinture, Touche molle, manière molle, Faiblesse d'expression dans le mécanisme de l'art. On dit dans le même sens, Un pinceau mou.

MOU .s.m.
• Nom vulgaire du poumon de certains animaux. Bouillon de mou de veau. Fricassée de mou d'agneau.

MOUCHARD .s.m.
• Espion de police. C'est un fin mouchard.

MOUCHE . s. f.
• Insecte à deux ailes, dont une espèce est fort commune. On appelle de même Tous les insectes dont les ailes sont transparentes. Mouche commune. Mouche à deux ailes, à quatre ailes. Mouche à miel. Mouche-guêpe. Grosse, petite mouche. Le bourdonnement d'une mouche. Le taon, le frelon, sont des espèces de mouches. En automne tout est plein de mouches. Les mouches sont importunes en automne. Un cheval tendre aux mouches.
• Se dit également de Quelques insectes coléoptères, c'est-à-dire, dont les ailes extérieures ne sont pas transparentes. Mouche cantharide.
• Prov. et fig., Être tendre aux mouches, Être sensible aux moindres incommodités, ou S'offenser de peu de chose.
• Prov., fig. et pop., Gober des mouches, Perdre le temps à attendre, à ne rien faire. Que fait-il là à gober des mouches?
• Prov. et fig., Prendre la mouche, Se piquer, se fâcher mal à propos.
• Prov. et fig., Quelle mouche le pique? quelle mouche l'a piqué? se dit en parlant D'un homme qui s'emporte, sans qu'on sache qu'il en ait aucun sujet.
• Prov., On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, On réussit mieux dans les affaires, on subjugue plus de personnes par la douceur que par la dureté et la rigueur.
• Prov. et fig., Faire la mouche du coche, Faire l'empressé, le nécessaire, et s'attribuer le succès des choses auxquelles on a le moins contribué.
• Prov. et fig., Faire d'une mouche un éléphant, Exagérer extrêmement une petite chose.
• Fig. et fam., Pieds de mouches, Mauvaise écriture dont le caractère est menu, mal formé, et n'est point lié. Son écriture est bien mauvaise, ce sont des pieds de mouches que je ne saurais lire.
• Adverb. et fam., Dru comme mouches, En grande quantité, en abondance. Les balles, les boulets pleuvaient sur nous dru comme mouches. À cette bataille, on voyait tomber les hommes dru comme mouches.
• MOUCHE, se dit aussi d'Un petit morceau de taffetas noir préparé, que les femmes se mettaient autrefois sur le visage, ou pour cacher quelques élevures, ou pour faire paraître leur teint plus blanc. Elle a le visage couvert de mouches. Les mouches ne lui siéent pas bien. Une boîte à mouches.
• MOUCHES, au pluriel, se dit quelquefois Des premières et des plus légères douleurs de l'enfantement. Cette femme commence à sentir des mouches, les mouches.
• MOUCHE, signifie encore, figurément et familièrement, Celui ou celle que la police met à la suite de quelqu'un pour épier ses démarches et en rendre compte.
• Fam., C'est une fine mouche, C'est une personne très fine et très-rusée.
• MOUCHE, se dit aussi d'Une espèce de jeu de cartes qui se joue à plusieurs personnes, depuis trois jusqu'à six. Jouer à la mouche.
• En Astronomie, La Mouche, Constellation de l'hémisphère austral, qui n'est point visible dans nos climats.

MOUCHER . v. a.
• Presser les narines pour en faire sortir la surabondance des humeurs qui tombent dans le nez. Mouchez cet enfant.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Mouchez-vous. Cet enfant ne se mouche jamais.
• S'emploie quelquefois absolument, dans le même sens que s'il était accompagné du pronom. Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Il ne mouche presque point. Le tabac fait moucher.
• Moucher du sang, Rendre du sang par le nez, en se mouchant.
• Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche, Que ceux qui se reconnaissent le défaut, le tort contre lequel on parle, s'appliquent ce qu'on en dit, si bon leur semble.
• Prov. et pop., C'est un homme qui ne se mouche pas du pied, ce n'est pas un homme qui se mouche du pied, C'est un homme habile, intelligent, ferme.
• Prov. et pop., Du temps qu'on se mouchait sur la manche, Au temps passé, au temps où l'on était fort simple.
• MOUCHER, en parlant D'une chandelle, d'une bougie, d'une lampe, d'un flambeau, signifie, Ôter le bout du lumignon, lorsqu'il empêche la chandelle, la bougie, la lampe, le flambeau de bien éclairer. Mouchez cette bougie, cette chandelle. Vous avez mouché cette chandelle trop court, trop près.
• MOUCHÉ, ÉE. participe

MOUCHER . v. a.
• Espionner. La police a fait moucher cet homme. Il est familier.
• MOUCHÉ, ÉE. participe

MOUCHEROLLE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Oiseau à bec très-aplati, qui se nourrit de mouches.

MOUCHERON .s.m.
• Se dit de Toute espèce de petite mouche. Il lui est entré un moucheron dans l'oeil.

MOUCHERON .s.m.
• Le bout de la mèche d'une chandelle, d'une bougie qui brûle.

MOUCHETER . v. a.
• Marquer une étoffe de petites taches rondes placées symétriquement. Moucheter du satin, du taffetas.
• Moucheter de l'hermine, Y coudre de distance en distance de petits morceaux de fourrure noire.
• MOUCHETÉ, ÉE. participe, Satin moucheté. Hermine mouchetée.
• Il est quelquefois adjectif, et signifie la même chose que Tacheté, en parlant De certains animaux. Tigre, chat, papillon moucheté.
• Blé moucheté, Blé malade qui a une poussière noire dans les poils placés à l'une des extrémités du grain.
• En termes d'Escrime, Sabre moucheté, épée mouchetée, Sabre, épée dont on a garni la pointe de manière à pouvoir les employer sans danger pour s'exercer à l'escrime.

MOUCHETTES . s. f. pl.
• Instrument à deux branches, avec lequel on mouche les chandelles, les bougies. Mouchettes de cuivre, d'argent, d'acier. Apportez les mouchettes. Une paire de mouchettes.

MOUCHETURE . s. f.
• Se dit Des taches naturelles qui se trouvent sur la peau de certains quadrupèdes, sur le plumage de plusieurs espèces d'oiseaux, sur les ailes de divers papillons, etc. Les mouchetures d'une peau de panthère, de léopard. Les ailes de ce papillon ont des mouchetures jaunes, rouges.
• MOUCHETURE, se dit, par analogie, d'Un ornement qu'on donne à une étoffe en la mouchetant. La moucheture de cette étoffe est agréable.
• Moucheture d'hermine, Les petits morceaux de fourrure noire qu'on met çà et là sur de l'hermine.
• MOUCHETURE, en termes de Chirurgie, se dit d'Une scarification superficielle.

MOUCHEUR .s.m.
• Celui qui, dans un théâtre, était chargé de moucher les chandelles. Le moucheur de chandelles, le moucheur de la comédie.

MOUCHOIR .s.m.
• Morceau carré de toile de fil ou de coton, et quelquefois de tissu de soie, dont on se sert pour se moucher. Mouchoir de toile, de batiste. Mouchoir de soie. Mouchoir blanc. Mouchoir de couleur. Mouchoir des Indes. Mouchoir de poche. Une douzaine, une demi-douzaine de mouchoirs.
• Mouchoir à tabac, Mouchoir d'une couleur ordinairement rembrunie, où le tabac paraît moins.
• Mouchoir de cou, Morceau de toile de fil ou de coton, ou d'étoffe de soie, de la forme d'un mouchoir, dont les femmes se couvrent le cou et la gorge.
• Prov. et fig., Jeter le mouchoir, Choisir à son gré, entre plusieurs femmes, celle qu'on préfère; par allusion à la manière dont on prétend qu'en use, chez les Turcs, le maître d'un harem, qui déclare la favorite en lui jetant un mouchoir. On eût dit, en le voyant parmi ces femmes, qu'il n'avait qu'à jeter le mouchoir. On dit, dans un sens analogue, Briguer, refuser le mouchoir.

MOUCHURE . s. f.
• Il n'est usité que dans cette locution, Mouchure de chandelle, Bout du lumignon d'une chandelle, lorsqu'on l'a mouchée.

MOUÇON . s. f.
• Voyez MOUSSON.

MOUDRE . v. a.
• (Je mouds, tu mouds, il moud; nous moulons. Je moulais. Je moulus. Je moudrai. Que je moule. Que je moulusse. Moulant. Moulu.) Broyer, mettre en poudre par le moyen du moulin. Moudre du blé, du froment, du riz, des fèves, etc. Moudre du café. Faire moudre un setier de blé.
• S'emploie quelquefois absolument. Le moulin n'a pas assez d'eau, il ne peut moudre que six mois de l'année. Ce moulin moud trop gros, ne moud pas assez fin.
• Fig., Moudre un homme de coups, Le battre violemment. On l'a moulu de coups, tout moulu de coups.
• Prov. et fig., Il n'est que d'être à son blé moudre, Il n'y a rien de tel, pour qu'une affaire réussisse, que de la suivre, de la surveiller soi-même.
• MOULU, UE. participe, Or moulu, Or réduit en très-petites parties, et dont on se sert quelquefois pour dorer des métaux.
• Fig., Avoir le corps tout moulu, être tout moulu, Sentir des douleurs par tout le corps, pour avoir couru la poste, ou pour avoir couché sur la dure, ou pour avoir enduré quelque autre fatigue.

MOUE . s. f.
• Grimace que l'on fait, en rapprochant et en allongeant les lèvres, en signe de dérision ou de mécontentement. Faire la moue. Faire la moue à quelqu'un. Une grosse, une vilaine moue.
• Fig. et fam., Faire la moue, Bouder, témoigner de la mauvaise humeur par son silence et par son air.

MOUÉE . s. f.
• .Vénerie. Mélange de sang de cerf, de lait et de pain coupé, qu'on donne aux chiens à la curée.

MOUETTE . s. f.
• Oiseau de mer de l'ordre des Palmipèdes, et à longues ailes.

MOUFETTE . s. f.
• Voyez MOFETTE.

MOUFLARD
, ARDE. s.
• Celui, celle qui a le visage gros et rebondi. Voyez ce gros mouflard, cette mouflarde. Il est populaire.

MOUFLE . s. f.
• Machine, formée d'un assemblage de plusieurs poulies, qui sert à élever et à descendre des poids considérables. Lever un fardeau avec une moufle, avec des moufles.
• MOUFLE, se dit aussi d'Une mitaine, d'un gros gant de cuir ou de laine, où il n'y a pas de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce.

MOUFLE .s.m.
• .Chimie. Vaisseau de terre, dont on se sert pour exposer des corps à l'action du feu, sans que la flamme y touche immédiatement.

MOUFLÉ
, ÉE. adj.
• Il n'est usité que dans cette locution, Poulie mouflée, Poulie qui agit concurremment avec une ou plusieurs autres.

MOUFLON .s.m.
• Quadrupède ruminant, espèce de bélier sauvage, que quelques-uns croient être la souche des nombreuses variétés du mouton domestique.

MOUILLAGE .s.m.
• Lieu de la mer propre à y jeter l'ancre. Il y a un beau mouillage dans cette rade. Cette rade est un bon mouillage, est un mauvais mouillage. Ce mouillage n'est pas sûr. Aller au mouillage. Être au mouillage. Vaisseau au mouillage.

MOUILLE-BOUCHE . s. f.
• Espèce de poire fondante qui mûrit dans les mois de juillet et d'août.

MOUILLER . v. a.
• Tremper, humecter, rendre moite et humide. Mouiller un linge dans l'eau, une compresse dans du vin. La plaie a mouillé les près, les chemins. Il craint de se mouiller les pieds. Il n'a fait que s'en mouiller les lèvres, le bord des lèvres. Elle m'a mouillé de ses larmes. Des larmes mouillaient son visage. Je suis tout mouillé, mouillé comme un canard. On l'emploie quelquefois absolument. Il tombe une petite pluie qui mouille fort. Ce brouillard mouille comme de la pluie. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Il a peur de se mouiller.
• En termes de Grammaire, Mouiller les L, les deux L, Les prononcer, non tout à fait selon leur valeur ordinaire, comme dans les mots Ville, Achille, etc., mais avec une sorte de mollesse, comme dans Fille, grille, bataille, etc. La double LL est presque toujours précédée d'un I; quand cette voyelle est seule, elle se prononce à l'ordinaire: Fille, grille. Mais quand l'I se trouve précédé de quelque autre voyelle ou de quelque diphthongue, il se fait peu sentir, n'étant mis là que pour faire mouiller la double LL: Bataille, bouteille, mouille, cueille, etc.
• Mouiller l'ancre, ou simplement Mouiller, Jeter l'ancre en quelque endroit de la mer, pour arrêter le bâtiment. Ils mouillèrent l'ancre en tel endroit. Le vent étant devenu contraire, on fut obligé de mouiller. Nous étions mouillés dans la rade.
• MOUILLÉ, ÉE. participe, Des yeux mouillés de larmes.
• Fig. et fam., Poule mouillée, se dit d'Une personne qui manque de résolution et de courage.
• Jouer au doigt mouillé, Jouer au jeu qui consiste à mouiller un de ses doigts secrètement, et à donner ensuite à deviner lequel est mouillé.
• Tirer au doigt mouillé à qui fera telle chose, Le décider par le doigt mouillé, comme par une espèce de sort.

MOUILLETTE . s. f.
• Petit morceau de pain long et mince, qu'on trempe dans les oeufs à la coque. Faire des mouillettes.

MOUILLOIR .s.m.
• Petit vase dont les fileuses se servent pour y mouiller le bout de leurs doigts. Mouilloir d'argent. Son mouilloir était attaché à sa ceinture.

MOUILLURE . s. f.
• Action de mouiller; État de ce qui est mouillé. La mouillure du papier avant l'impression. La mouillure du papier devient quelquefois de la moisissure. Les voituriers sont responsables de la mouillure.

MOULAGE .s.m.
• Action de mouler des ouvrages de sculpture. Atelier de moulage. Les travaux du moulage.
• MOULAGE, s'est dit aussi de L'action de mesurer du bois.

MOULE . s. f.
• Mollusque bivalve, dont la coquille est de forme oblongue. Moule de rivière, de mer. Voilà de bonnes moules, des moules bien fraîches.

MOULE .s.m.
• Se dit de Tout objet qui a un vide, un creux taillé ou façonné de telle sorte, que la matière en fusion, liquéfiée, molle ou détrempée, qu'on y introduit, reçoit une forme déterminée. Faire un moule. Faire le moule d'une statue qu'on doit jeter en bronze. Beau moule. Jeter en moule. Cela est fait au moule. Rompre le moule. Les statues de bronze, les canons, les cloches, etc., se jettent en moule. Moule d'une seule pièce. Moule de plusieurs pièces. Un moule à fondre des caractères d'imprimerie. Un moule à faire des balles de plomb, ou simplement, Un moule à balles. Un moule à faire des chandelles. Moule à faire des mottes. Moule à faire des biscuits de Savoie.
• Prov. et fig., Cela ne se jette pas en moule, Cet ouvrage ne se peut faire qu'avec beaucoup de soin et de temps.
• Fig., Le moule en est rompu, en est perdu, se dit en parlant De quelques personnes rares et uniques en leur genre.
• Fig. et fam., Ces deux personnes ont été jetées dans le même moule, Elles ont des rapports surprenants de figure, de taille, de caractère, d'humeur, etc.
• Moule de bouton, Petit morceau de bois ou d'os, plat, rond, et percé au centre qu'on recouvre d'étoffe pour en faire un bouton d'habit.
• MOULE, se dit aussi d'Une ancienne mesure de bois ... brûler, qui n'est plus en usage, mais dont on a conservé le nom pour désigner Du bois choisi et de la meilleure qualité. Bois de moule.

MOULER . v. a.
• Jeter en moule, faire au moule. Mouler une figure, des médailles. Mouler des ornements, des bas-reliefs en plâtre, en terre, pour les frises. Mouler des chandelles. Quand il s'agit De métaux, on dit mieux, Fondre ou Couler.
• Mouler un bas-relief, une statue, etc., Y appliquer une matière propre à en recevoir l'empreinte en creux et à servir de moule pour les reproduire exactement. On dit aussi, Mouler une chose sur une autre, La former sur une autre, faire qu'elle en reçoive l'empreinte en creux. Son buste a été fait d'après le masque qu'on avait moulé sur son visage.
• Fig. et fam., Se mouler sur quelqu'un, Se former sur lui, le prendre pour modèle.
• Mouler du bois, Mesurer une certaine quantité de bois, en la rangeant entre deux traverses qui doivent la contenir. On dit plus ordinairement, Corder du bois.
• MOULÉ, ÉE. participe, Figure, médaille moulée. Chandelle moulée. Bois moulé.
• Lettre moulée, Lettre imprimée. Il signifie aussi, Écriture à la main, dont les caractères sont de la même forme que ceux des livres imprimés. Cet écrivain fait très-bien la lettre moulée.
• Prov., Croire tout ce qui est moulé, Déférer à l'autorité de quelque livre que ce soit. Il croit tout ce qui est moulé. On dit en plaisantant, Il faut lien que cela soit, puisque cela est moulé.
• MOULÉ, se dit quelquefois, substantivement et absolument, Des caractères imprimés. Lire le moulé, dans le moulé. Il est populaire.

MOULEUR .s.m.
• Ouvrier qui moule des ouvrages de sculpture.
• Mouleur de bois, Officier de police dont la charge était de visiter le bois qui se vendait, et de le mouler.

MOULIN .s.m.
• Machine à moudre du grain, etc. Moulin à vent, à eau, à vapeur. Moulin à bras. Un moulin qui va bien. Un moulin bien achalandé. Un moulin banal.
• Se dit aussi de Plusieurs autres machines du même genre, qui servent à divers usages. Moulin à foulon, à huile, à papier, à poudre, à tabac, à sucre, à tan. Moulin à filer la soie. De la monnaie faite au moulin.
• Moulin à café, Petit moulin à moudre du café.
• Prov. et fig., Faire venir l'eau au moulin, Procurer du profit par son industrie, ou à soi, ou aux siens.
• Prov., fig. et pop., Laissez-le faire, il viendra moudre à notre moulin, se dit en parlant D'un homme dont on n'est pas content, et signifie, Il aura besoin de nous à son tour.
• Fig. et pop., Je jetai mon bonnet par-dessus les moulins. Phrase par laquelle on terminait les contes qu'on faisait aux enfants, et qui signifie, Je ne sais ce que tout cela devint, je ne sais comment finit le conte, l'histoire.
• Prov. et fig., Jeter son bonnet par-dessus les moulins, Braver les bienséances, l'opinion publique. Cette femme a jeté son bonnet par-dessus les moulins.
• Prov., Cette personne, cette chose ressemble à telle autre comme à un moulin à vent, se dit Lorsqu'on veut se moquer de la ressemblance que quelqu'un trouve entre deux personnes qui ne se ressemblent point, entre deux choses qui n'ont point de rapport.
• Prov. et fig., Se battre contre des moulins à vent, Se forger des chimères, se créer des fantômes pour les combattre.
• Prov. et fig., C'est un moulin à paroles, se dit D'une personne fort babillarde.

MOULINAGE .s.m.
• Action de tordre ou de filer la soie avec une espèce de moulin garni de bobines et de fuseaux. Le moulinage de cette fabrique est parfait.

MOULINER . v. a.
• Faire subir à la soie les opérations du moulinage.
• MOULINER, se dit aussi Des vers qui rongent le bois et le mettent, par places, en menue poussière.
• MOULINÉ, ÉE. participe, Soie moulinée. Bois mouliné.

MOULINET .s.m.
• Espèce de tourniquet dont on se sert pour enlever ou pour tirer des fardeaux.
• Il signifie aussi, Une certaine machine dont on se servait pour travailler à la monnaie. Écu d'or ou moulinet.
• Faire le moulinet avec une épée, avec un bâton à deux bouts, etc., Se servir d'une épée, d'un bâton à deux bouts, ou d'une autre arme de même sorte, en les maniant en rond autour de soi avec tant de vitesse, qu'on puisse parer les coups qui seraient portés en même temps par plusieurs personnes.

MOULINEUR
ou MOULINIER.s.m.
• Ouvrier employé au moulinage de la soie.

MOULT . adv.
• Vieux mot qui signifie, Beaucoup. Il était moult vaillant. Il avait moult d'argent.

MOULURE . s. f.
• Nom générique des diverses parties d'un profil d'architecture, c'est-à-dire, des parties plus ou moins saillantes, carrées ou rondes, droites ou courbes, qui servent d'ornement dans un ouvrage d'architecture. Cette corniche est composée de trois principales moulures: la cymaise, le larmier et l'ove. Moulure saillante, plate, ornée, lisse, inclinée, etc.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des ouvrages de menuiserie et autres semblables. Ce cadre a plusieurs moulures. Un lambris orné de moulures.

MOURANT
, ANTE. adj.
• Qui se meurt. Il a les yeux d'un homme mourant, d'une personne mourante. Il a les yeux mourants, la voix mourante.
• Fig., Des yeux mourants, Des veux languissants et pleins de passion. Voix mourante, Voix langoureuse et traînante.
• En Jurispr. féodale, Homme vivant et mourant, Homme que les gens de mainmorte étaient obligés de désigner au seigneur du fief, et à la mort duquel ils devaient certains droits seigneuriaux.
• MOURANT, est aussi quelquefois substantif. Le champ de bataille était couvert de morts et de mourants. Les plaintes des blessés et des mourants.

MOURIR . v. n.
• (Je meurs, tu meurs, il meurt; nous mourons, vous mourez, ils meurent. Je mourais. Je mourus. Je mourrai. Meurs. Que je meure. Je mourrais. Que je mourusse. Mourant. Mort.) Cesser de vivre. Se dit Des hommes et Des animaux. Mourir d'une mort naturelle, de mort violente, de vieillesse, de maladie, d'un coup d'épée. Mourir subitement. Mourir vieux, jeune. Mourir à la fleur de l'âge. De quoi est-il mort? Il est mort d'apoplexie, d'une fluxion de poitrine. Il est mort de faim. Il est mort empoisonné. Il est mort content. Il est mort pauvre. Le chagrin l'a fait mourir. Il va mourir, il s'en va mourir, il s'en va mourant. Il est malade à en mourir. Il s'est laissé mourir de faim. Mourir avec fermeté, avec courage, avec résignation. Mourir en homme de coeur, en philosophe, en homme de bien, en bon chrétien. Mourir chrétiennement, comme un saint, dans la grâce de Dieu, de la mort des justes. Il faut bien vivre pour bien mourir. JÉSUS-CHRIST est mort pour tous les hommes. Mourir pour son roi, pour son pays, pour sa patrie, pour sa religion. Ses brebis sont mortes de la clavelée. Son chien est mort enragé. Son cheval vient de mourir.
• Fam., Mourir de sa belle mort, Mourir de mort naturelle.
• Mourir au champ d'honneur, au lit d'honneur, Être tué à la guerre en faisant son devoir. Voyez LIT.
• Ironiq. et fam., Mourir dans les formes, Mourir en se faisant traiter suivant les règles de la médecine.
• Faire mourir quelqu'un, Le mettre à mort en exécution d'une condamnation. On le fit mourir en place de Grève.
• Mourir tout en vie, Mourir d'une maladie vive et prompte; être emporté par la violence du mal, lorsqu'on a encore toute la vigueur que l'on avait en santé.
• Mourir martyr, Mourir en souffrant de grandes douleurs. Il est mort martyr.
• Pop., Mourir comme un chien, Mourir sans vouloir témoigner le moindre repentir de ses fautes. Il est mort comme un chien.
• Fam., Cet homme mourra dans sa peau, Il ne changera jamais ses mauvaises habitudes. On dit dans le même sens, Il mourra dans la peau d'un insolent, d'un impertinent, d'un fat, etc.
• Par menace, Il ne mourra que de ma main, Je le tuerai.
• Par forme de serment, Je veux mourir, que je meure à l'instant, si ce que je vous dis n'est pas vrai.
• Je viendrai à bout de mon dessein, ou je mourrai à la peine, Je ne veux point démordre de ce que j'ai entrepris, rien ne m'y fera renoncer.
• Prov., On ne sait qui meurt, ni qui vit, se dit, dans certaines occasions, Pour marquer l'incertitude de la vie. Il faut lui donner une reconnaissance de l'argent qu'il a prêté, car on ne sait qui meurt, ni qui vit.
• Prov., Les envieux mourront, mais non jamais l'envie.
• Nous mourons tous les jours, Chaque jour nous avançons en âge, nous faisons un pas vers la mort.
• Prov. et fig., Un lièvre va toujours mourir au gîte, Après avoir beaucoup voyagé, on est bien aise de retourner dans son pays.
• Fig., Les communautés ne meurent point, Elles se renouvellent sans cesse.
• En France, le roi ne meurt pas, D'après le principe de successibilité établi, un roi de France qui meurt a immédiatement pour successeur son héritier présomptif.
• Être mort civilement, se dit Des religieux et des religieuses, qui, en cette qualité, ont renoncé pour toujours à certains droits, à certains avantages de la société.
• Être mort civilement, se dit aussi D'un homme condamné au bannissement perpétuel ou aux travaux forcés à perpétuité, et qui par là est privé à jamais des droits et des avantages de la société.
• Être mort au monde, se dit D'une personne qui a quitté le monde pour vivre dans la retraite et dans les exercices de piété. On dit à peu près dans le même sens, Mourir au péché, au vice, à ses passions.
• Être mort pour quelqu'un, Ne pouvoir plus lui être d'aucune utilité, ne conserver aucune relation avec lui. Ce jeune homme s'est expatrié, il est mort pour sa famille. On dit aussi, Être mort pour quelque chose, Ne pouvoir plus y être sensible, en être privé pour toujours. Il est mort pour les plaisirs.
• MOURIR, se dit souvent par exagération. Mourir de chaud, de froid, d'impatience, de chagrin, d'inquiétude. Je meurs de faim, de soif. Vous devriez mourir de honte. Mourir de douleur, de regret. Il meurt mille fois le jour. Cela le ferait mourir de joie. Il pensa mourir de rire. Il meurt d'amour pour cette femme-là. Il meurt d'envie de le voir. Mourir d'ennui. S'ennuyer à mourir.
• Fig., Mourir de faim, N'avoir pas les moyens d'exister. Cet homme, cette famille meurt de faim. On dit substantivement dans le même sens, et par dénigrement, Un meurt-de-faim, Un homme qui n'a pas de quoi vivre.
• Prov., Vous me faites mourir, Vous m'affligez beaucoup; Vous m'impatientez extrêmement.
• Fig., Faire mourir quelqu'un à petit feu, Le faire languir en prolongeant des peines d'esprit, des inquiétudes, des chagrins qu'on pourrait lui épargner ou lui abréger.
• MOURIR, se dit également Des arbres et des plantes. Ces arbres ne viennent pas bien dans les sables, ils y meurent tous. J'avais planté des poiriers, des pommiers, qui sont morts. Le froid a fait mourir ces fleurs.
• Se dit aussi Des États, des institutions, des établissements. Les États, les empires meurent comme les hommes. Cette entreprise, cette manufacture meurt faute de capitaux, de fonds.
• MOURIR, se dit aussi Des choses morales, des passions, des productions de l'esprit, des ouvrages de l'art. Sa gloire, sa mémoire, son nom ne mourra jamais. Vos bienfaits ne mourront jamais dans ma mémoire. Les ouvrages de cet auteur, de ce peintre, de ce sculpteur, ne mourront jamais. Ses passions ne durent guère, elles meurent bientôt. Faire mourir le péché en soi. Faire mourir ses passions.
• Se dit encore figurément De certaines choses dont l'activité, le mouvement finit peu à peu. Ce feu mourra, si l'on n'y met du bois. Laisser mourir le feu. Laisser mourir un sabot. Le boulet de canon vint mourir là. La boule est allée mourir au but.
• Se dit pareillement De choses qui finissent par une dégradation insensible, comme les sons, les couleurs, etc. Dans ce tableau, les couleurs se perdent en mourant les unes dans les autres. Les sons arrivent, en mourant, jusqu'à mon oreille. Sa voix meurt à la fin de chaque phrase.
• Les paroles lui meurent dans la bouche, Il laisse tomber sa voix, et traîne ses paroles.
• MOURIR, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et alors il signifie, Être sur le point de mourir; mais, en ce sens, il ne se dit guère qu'au présent et à l'imparfait de l'indicatif. Il se meurt. Il se mourait. Votre feu, votre chandelle, votre lampe se meurt.
• Par exagérat., Il se meurt d'amour, de peur, d'impatience, d'envie de dormir, etc.
• MORT, ORTE. participe, Il est mort. Il est tombé mort sous nos yeux. On l'a laissé pour mort. Il y avait ordre de le prendre mort ou vif. Mort-né: voyez le participe du verbe NAÎTRE.
• Il est aussi adjectif. Un homme mort. Une femme morte.
• C'est un homme mort, se dit D'un homme qui est ou qui paraît être dans un grand danger. Il s'est mis entre les mains de ce charlatan, c'est un homme mort. Le vésicatoire n'a pas pris, c'est un homme mort. S'il se bat avec ce spadassin, c'est un homme mort.
• Avoir le teint mort, les yeux morts, les lèvres mortes, Avoir le teint décoloré, les lèvres pâles, les yeux éteints.
• Chair morte, Chair insensible, qui est dans les escarres des plaies.
• Fig. et pop., Il a la gueule morte, se dit D'un médisant, d'un fanfaron, d'un grand parleur qui se trouve réduit au silence.
• Fam., Frapper sur quelqu'un comme sur bête morte, Le frapper violemment.
• Fam., N'y pas aller de main morte, Frapper rudement. Il signifie aussi, figurément, Mettre de la rudesse, de la violence dans une discussion verbale ou par écrit.
• En Jurispr., Main-morte. Voyez MAINMORTE.
• Prov. et fig., Morte la bête, mort le venin, Un ennemi, un méchant qui est mort, ne peut plus nuire.
• Balle morte, Balle qui a perdu la plus grande partie de l'impulsion qu'elle avait reçue. Il a été atteint par une balle morte qui lui a fait une contusion.
• Cotte morte, Les meubles qu'un religieux laissait en mourant, ainsi que tout ce qui était provenu de ses épargnes.
• Eau morte, Eau qui ne coule point, telle que celle des étangs.
• Morte eau, Les marées les plus faibles, et L'époque de ces marées, par opposition au Vif de l'eau, qui se dit Des plus fortes marées, et Du temps où elles ont lieu. Nous sommes en morte eau.
• Langue morte, Celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres.
• Argent mort, Argent qu'on ne fait pas valoir.
• Papier mort, se dit par opposition à Papier timbré.
• Pays mort, Pays où il n'y a ni commerce, ni industrie. Depuis la guerre, cette province est un pays mort.
• Saison morte, Certain temps de l'année où le commerce, les affaires, n'ont pas la même activité que dans un autre temps. Le temps des vacations est une saison morte pour les affaires du palais. On dit plus communément, dans ce sens, Morte saison.
• En Peinture, Nature morte, se dit Des animaux morts, des objets inanimés, dont l'imitation exclusive forme un genre particulier. Ce peintre rend bien la nature morte, ne peint que la nature morte. Des ustensiles, des instruments, des vases, des meubles, etc., sont de la nature morte. Tableau de nature morte.
• En termes d'Eaux et Forêts, Mort-bois, Les épines, les ronces et le bois blanc, qui ne peuvent servir à aucun ouvrage. Bois mort, Tout le bois qui est effectivement séché sur pied, et qui ne tire plus aucune nourriture de la terre.
• MORT, est souvent employé comme substantif. Un mort. Une morte. Il est pâle comme un mort. Enterrer, ensevelir les morts. Porter un mort en terre. Il a eu la charge du mort. Prier Dieu pour les morts. Le service des morts. Oraison pour les morts. Quand Dieu viendra juger les vivants et les morts. Le jour des morts. L'office des morts. Il ne faut point insulter aux morts. Après le combat, il fut trouvé parmi les morts. Les ennemis envoyèrent un trompette pour demander à enterrer leurs morts.
• Tête de mort, Tête dont il ne reste que la partie osseuse.
• Faire le mort, Retenir ses mouvements et sa respiration de manière à faire croire qu'on est privé de la vie. Figurément, Ne pas répondre aux personnes par lesquelles on est questionné, interpellé par écrit. Il n'a rien répondu à plusieurs de mes lettres, il fait le mort.
• Prov., Les morts ont toujours tort, Les morts ne pouvant se défendre, on excuse souvent les vivants à leurs dépens.
• En Jurispr., Le mort saisit le vif, Une personne en mourant transmet son bien à son héritier, sans qu'il soit besoin d'un acte de mise en possession.

MOURON .s.m.
• Petite plante à fleurs bleues ou rouges, de la famille des Primevères, que l'on nomme autrement Anagallis. Mouron bleu. Mouron rouge.
• Mouron des oiseaux, Petite plante à fleurs blanches, du genre Morgeline, qui sert principalement à la nourriture des petits oiseaux.

MOURRE . s. f.
• Jeu que deux personnes jouent ensemble en se montrant rapidement les doigts, les uns élevés et les autres fermés, afin de donner à deviner le nombre des premiers. Les Italiens jouent beaucoup à la mourre.

MOUSQUET .s.m.
• Arme à feu qui était en usage avant le fusil, et qu'on faisait partir au moyen d'une mèche allumée.
• Porter le mousquet, signifie encore aujourd'hui, Être soldat dans l'infanterie. Il a longtemps porté le mousquet.
• Prov., Crever comme un vieux mousquet, Mourir de trop boire, de trop manger, ou en général d'excès et de débauche. Cet homme crèvera comme un vieux mousquet.

MOUSQUETADE . s. f.
• Coup de mousquet. Il fut blessé d'une mousquetade. Il essuya quelques mousquetades.
• Il se disait aussi de Plusieurs coups de mousquet tirés à la fois ou continûment par un corps de gens armés. On a entendu une vive mousquetade. Nous avons essuyé une mousquetade de quelques braconniers. Il est vieux dans les deux sens.

MOUSQUETAIRE .s.m.
• On appelait ainsi, originairement, Un soldat à pied armé du mousquet. On dit aujourd'hui, Fusilier.
• Il s'est dit ensuite exclusivement de Certains cavaliers qui formaient, dans la maison du roi, deux compagnies distinguées l'une de l'autre par la couleur de leurs chevaux. Les mousquetaires gris. Les mousquetaires noirs. Entrer dans les mousquetaires. Il sortait des mousquetaires.

MOUSQUETERIE . s. f. coll.
• Décharge de plusieurs mousquets, de plusieurs fusils tirés en même temps. C'était une affaire de mousqueterie, il n'a pas été tiré un seul coup de canon. Il a essuyé toute la mousqueterie de l'ennemi, tout le feu de la mousqueterie. On dit aussi, Une décharge de mousqueterie.

MOUSQUETON .s.m.
• Espèce de fusil dont le canon est plus court que celui du fusil ordinaire, et dont le calibre est égal à celui du mousquet. C'était autrefois le nom qu'on donnait au fusil court des cavaliers. Charger, tirer un mousqueton. Il a reçu un coup de mousqueton.

MOUSSE . adj.des deux genres
• Se dit Des instruments de fer dont la pointe ou le tranchant est usé. Cette cognée est mousse. Pointe mousse. Il vieillit.

MOUSSE .s.m.
• Jeune apprenti matelot. On l'a vu mousse de vaisseau. Mousse de proue, de poupe.

MOUSSE . s. f.
• Se dit de Certaines plantes cryptogames menues, herbacées, dont le fruit, en forme d'urne, est porté par un filet, et qui naissent sur les pierres, sur les troncs d'arbres, à la surface des marais, etc., où elles forment d'ordinaire une sorte de gazon ou de duvet serré. La famille des mousses. Se coucher sur la mousse. Un lit de mousse. Mousse de chêne.
• Se dit aussi de L'espèce de moisissure qui vient sur la tête des vieilles carpes. On pêcha une carpe qui avait un doigt de mousse sur la tête.
• Mousse de Corse, Fucus menu et rougeâtre qu'on emploie en médecine comme vermifuge.
• Prov. et fig., Pierre qui roule n'amasse pas de mousse, Un homme qui change souvent d'état, de profession, ne s'enrichit pas.
• MOUSSE, se dit, par analogie, de Certaine écume qui se forme sur l'eau et sur quelques liqueurs, comme la bière, les sirops, le chocolat, l'eau de savon, le vin, etc., quand on les bat ou qu'on les verse de haut. La mousse de la bière, du savon. La mousse pétillante du vin de Champagne. Versez de haut, remplissez le verre de mousse.
• Se dit, chez les Pâtissiers, d'Une espèce de crème fouettée dans laquelle on mêle du chocolat, de la vanille, etc. Mousse au chocolat, à la vanille.

MOUSSELINE . s. f.
• Toile de coton très-claire, et ordinairement très-fine. Belle mousseline. Mousseline unie, brodée, brochée, rayée. Mousseline des Indes. Cravate, robe de mousseline.

MOUSSER . v. n.
• Se dit Des liquides sur lesquels il se fait de la mousse. Verser une liqueur de haut pour la faire mousser. Le vin de Champagne mousse plus que les autres vins. Faire mousser le chocolat.
• Fig. et fam., Faire mousser un succès, un petit avantage, Le présenter, le raconter de manière à le faire croire plus considérable, plus glorieux qu'il n'est en effet.
• MOUSSÉ, ÉE. participe, Chocolat moussé, c'est-à-dire, qu'on a fait mousser.

MOUSSERON .s.m.
• Nom vulgaire de plusieurs agarics d'une odeur et d'une saveur agréables, qui naissent ordinairement sous la mousse. Manger des mousserons. Un pain aux mousserons.

MOUSSEUX
, EUSE. adj.
• Qui mousse, qui fait beaucoup de mousse. Vin de Champagne mousseux. Cette bière est bien mousseuse.
• Rose mousseuse, se dit abusivement, pour Rose moussue, d'Une rose dont le calice et la tige sont garnis d'une espèce de mousse.

MOUSSOIR .s.m.
• Ustensile pour faire mousser le chocolat.

MOUSSON . s. f.
• Se dit de Certains vents réglés et périodiques de la mer des Indes, qui soufflent six mois du même côté, et les autres six mois du côté opposé. La mousson du sud-ouest. La mousson du nord-est. Les variations de la mousson. Les moussons ne se font pas sentir au delà de tel degré de latitude.
• Se dit aussi de La saison de ces vents. Attendre la mousson d'été, la mousson d'hiver. Naviguer dans une mousson contraire, dans la mousson pluvieuse.

MOUSSU
, UE. adj.
• Qui est couvert de mousse. Un arbre moussu. Une pierre moussue. Cette carpe était si vieille, qu'elle avait la tête toute moussue.

MOUSTACHE . s. f.
• Partie de barbe qu'on laisse au-dessus de la lèvre d'en haut. Grande, belle moustache. Moustache retroussée. Relever sa moustache.
• Fig. et fam., Vieille moustache, Soldat qui a vieilli dans le service, qui a long-temps fait la guerre.
• Fam., Brûler la moustache à quelqu'un, Lui tirer un coup de pistolet à bout portant.
• Fig. et fam., Enlever quelque chose à quelqu'un sur la moustache, jusque sur la moustache, Enlever quelque chose à quelqu'un en sa présence et malgré lui. Les ennemis sont venus pour défendre cette place, on la leur a enlevée sur la moustache.
• Fig. et pop., Donner sur la moustache à quelqu'un, Frapper quelqu'un au visage.
• MOUSTACHE, se dit, par analogie, Des longs poils que les chats, les lions, et d'autres animaux, ont autour de la gueule.

MOUSTIQUAIRE . s. f.
• Rideau de gaze ou de mousseline très-claire, dont on entoure les lits dans les pays où l'on a besoin de se préserver de la piqûre des moustiques, des maringouins, etc. Quelques-uns le nomment Moustillier.

MOUSTIQUE .s.m.
• Petit insecte d'Afrique et d'Amérique, dont la piqûre est très-douloureuse, et laisse sur la peau une tache semblable à celles du pourpre.

MOÛT .s.m.
• Vin qui vient d'être fait, et qui n'a point encore fermenté. Boire du moût.

MOUTARDE . s. f.
• Composition faite de graine de sénevé broyée avec du moût, du vinaigre, ou quelque autre liquide. Moutarde douce. Moutarde commune, grise. De la moutarde fort piquante. De la moutarde qui monte au nez.
• Se dit aussi de La graine de sénevé, et quelquefois de Cette plante même. Semer de la moutarde. Un grain de moutarde. De la graine de moutarde. La moutarde est une plante de la famille des crucifères.
• Prov. et fig., S'amuser à la moutarde, S'arrêter à des bagatelles, à des choses inutiles. Vous vous êtes amusé à la moutarde, tandis que les autres faisaient leurs affaires.
• Prov. et fig., La moutarde lui monte au nez, Il commence à s'impatienter de ce qu'on lui dit ou de ce qu'on lui fait.
• Prov. et fig., C'est de la moutarde après dîner, Cela vient lorsqu'on n'en a plus besoin.

MOUTARDIER .s.m.
• Petit vase servant à mettre la moutarde. Moutardier d'étain, d'argent, de porcelaine.
• MOUTARDIER, se dit aussi de Celui qui fait et vend de la moutarde.
• Fig. et fam., Il se croit le premier moutardier du pape, se dit D'un homme médiocre qui a une grande opinion de lui-même, qui affecte de l'importance.

MOUTIER .s.m.
• Vieux mot qui signifie, Monastère.
• Prov. et fig., Il faut laisser le moutier où il est, Il ne faut rien changer aux usages reçus.

MOUTON .s.m.
• Bélier châtré que l'on engraisse. Gros mouton. Mouton gras. Mouton de Berry, de Beauvais. Ce boucher tue tant de moutons par an. Langue, pieds,gigot ou éclanche, épaule, collet, côtelettes, quartier, graisse, suif de mouton. Peau de mouton. Tondre des moutons.
• Il signifie particulièrement, La viande de mouton. Du mouton bien tendre. Du mouton qui sent le serpolet. Le mouton est une viande noire.
• MOUTON, se dit quelquefois, dans un sens plus général, Des béliers, des brebis et des agneaux, quand ils sont en troupes. Un troupeau de moutons. Garder les moutons.
• Fig. et fam., C'est un mouton, il est doux comme un mouton, Il est d'une humeur fort douce, fort traitable.
• Prov. et pop., Il ressemble aux moutons de Berry, il est marqué sur le nez, se dit D'un homme qui a quelque marque sur le visage.
• Prov., Le peuple fait comme les moutons, Il fait ce qu'il voit faire au premier venu, de même que les moutons passent tous où ils voient qu'un autre mouton a passé.
• Prov. et fig., Revenons à nos moutons, Reprenons le discours que nous avons quitté, ou qui a été interrompu; Revenons à notre sujet.
• MOUTON, se dit aussi de La peau de mouton préparée. La reliure de ce livre n'est que de mouton.
• MOUTON, se dit, figurément et familièrement, dans les prisons, d'Un homme aposté pour gagner la confiance d'un prisonnier, découvrir son secret et le révéler. On mit près de lui un mouton pour le faire jaser.
• MOUTON, se dit en outre d'Une masse de fer, ou d'une grosse pièce de bois armée de fer, qu'on élève, et qu'on laisse retomber sur des pieux pour les enfoncer en terre. On a enfoncé ces pieux jusqu'à refus de mouton.
• MOUTON, se dit aussi de La grosse pièce de bois dans laquelle sont engagées les anses d'une cloche, pour la tenir suspendue.
• MOUTONS, au pluriel, se dit, familièrement et par analogie, Des vagues blanchissantes qui s'élèvent sur la mer et sur les grandes rivières, lorsqu'elles commencent à être agitées.

MOUTONNER . v. a.
• Rendre frisé et annelé comme la laine d'un mouton. Il n'est guère d'usage qu'au participe. Tête, coiffure, perruque moutonnée.
• MOUTONNER, s'emploie aussi comme verbe neutre, et se dit alors, familièrement, De la mer, d'un lac, d'une rivière dont les eaux commencent à s'agiter et à blanchir. La mer commence à moutonner. Voilà la rivière qui moutonne.
• MOUTONNÉ, ÉE. participe

MOUTONNIER
, IÈRE. adj.
• Se dit Des personnes qui, à la manière des moutons, font ce qu'elles voient faire, suivent aveuglément l'exemple des autres. Nation moutonnière. Engeance moutonnière. Peuple moutonnier. La multitude est moutonnière. Il est familier.

MOUTURE . s. f.
• Action de moudre du blé. Ce meunier prend tant pour sa mouture. Il y a des moulins qui font une meilleure mouture que les autres. Droit sur les moutures. Mouture économique.
• Il signifie aussi, Le salaire du meunier. Ce meunier a pris double mouture.
• Prov. et fig., Tirer d'un sac deux moutures, Prendre double profit dans une même affaire.
• MOUTURE, signifie encore, Le mélange du froment, du seigle et de l'orge, par tiers. Un setier de mouture. La bonne mouture vaut seigle. Du blé-mouture.

MOUVANCE . s. f.
• .Jurispr. féodale. La supériorité d'un fief à l'égard d'un domaine qui en relevait, et la dépendance de ce domaine à l'égard du fief: il exprimait plus ordinairement La relation de dépendance. Mouvance active, passive, médiate, immédiate. Ces fiefs n'étaient pas de la mouvance de ce comté. Tout ce qui était dans la mouvance de cette terre, de ce seigneur.

MOUVANT
, ANTE. adj.
• Qui a la puissance de mouvoir. En ce sens, il n'est guère usité que dans cette locution, Force mouvante, Force qui produit un mouvement actuel. Ce savant a fait un traité de forces mouvantes.
• MOUVANT, se dit aussi D'un sol où l'on enfonce aisément, des sables et des terres dont le fond n'est pas stable, solide. Ce sont des terres mouvantes. Il y a dans cette rivière des sables mouvants. Le fond en est mouvant. Sol mouvant. Terrain mouvant.
• Fig., La cour est un terrain mouvant, Il est difficile de s'y tenir longtemps dans une même situation.
• Tableau mouvant, Tableau où il y a des figures qui se meuvent par une mécanique cachée. Se dit, figurément, d'Un point de vue animé par un passage fréquent d'hommes, de chevaux, de voitures. On a de cet appartement une vue charmante, c'est un tableau mouvant.
• MOUVANT, en termes de Jurisprudence féodale, se disait Des fiefs, des terres qui relevaient d'un autre fief. Fief mouvant d'un autre. Ces terres étaient mouvantes de telle autre. La Flandre était autrefois mouvante de la couronne.

MOUVEMENT .s.m.
• Transport d'un corps ou de quelqu'une de ses parties, d'un lieu, d'une place dans une autre. Mouvement lent, rapide, doux, violent, égal, inégal, continu, progressif, périodique. Mettre une chose en mouvement. Donner, imprimer le mouvement à quelque chose. Accélérer, ralentir, suspendre, arrêter un mouvement. Les mouvements du corps. La paralysie lui ôte le mouvement du bras droit. Il fit un léger mouvement de tête. Le mouvement des doigts. Cet homme est brusque dans tous ses mouvements. Ce cheval a les mouvements beaux, des mouvements doux, gracieux. Ce navire exécute bien ses mouvements. Pour se bien porter, il faut se donner du mouvement.
• Au propre et au figuré, Se donner bien du mouvement, bien des mouvements dans une affaire, Agir avec beaucoup d'empressement et d'ardeur pour la faire réussir. On dit aussi D'un homme actif et intrigant, C'est un homme qui se donne bien du mouvement.
• Mouvement de terres, Transport de terres végétales d'un lieu dans un autre. Le propriétaire de ce parc a dépensé beaucoup d'argent, en mouvements de terres. Voyez plus bas Mouvement du terrain.
• MOUVEMENT, se dit, dans un sens plus didactique, Du changement par lequel un corps est successivement présent en différentes parties de l'espace. Mouvement local, absolu, relatif, propre, impropre ou externe, simple, composé, uniforme, varié, accéléré, retardé, réfléchi, réfracté. Mouvement rectiligne, curviligne, circulaire, droit, oblique, perpendiculaire. Mouvement d'oscillation, d'ondulation, de vibration, de libration, de trépidation, de rotation. Mouvement intestin. Les lois du mouvement. Mouvement perpétuel.
• Fig. et fam., Mouvement perpétuel, se dit d'Une personne qui a une excessive activité de corps. Il ne saurait rester en place, c'est le mouvement perpétuel, c'est un mouvement perpétuel.
• Fig., Chercher le mouvement perpétuel, Chercher la solution d'une question insoluble.
• MOUVEMENT, se dit particulièrement, en Astronomie, de La révolution, de la marche, réelle ou apparente, des corps célestes. Mouvement des astres. Mouvement d'un globe autour de son centre. Mouvement d'orient en occident, d'occident en orient. Mouvement diurne ou commun. Mouvement propre. Mouvement angulaire. Mouvement apparent. Mouvement géocentrique, héliocentrique.
• MOUVEMENT, en termes de Médecine, se dit de Toute fonction animale qui change la situation, la figure, la grandeur de quelque partie intérieure ou extérieure du corps. La respiration, la circulation du sang, l'excrétion, l'action de marcher, etc., sont des mouvements animaux. Mouvement spontané ou musculaire, naturel ou involontaire. Mouvement du coeur, des artères. Mouvement péristaltique des intestins. Mouvements vitaux. Le mouvement des humeurs. Cela met les humeurs en mouvement. Avoir un mouvement de fièvre. Il demeura sans pouls et sans mouvement.
• MOUVEMENT, se dit aussi Des marches, des évolutions, des différentes manoeuvres d'une armée, d'une troupe. La science du mouvement des troupes. Mouvement savant, judicieux. Ce mouvement a été bien exécuté. On fit faire divers mouvements à l'armée pour attirer l'ennemi au combat. Le mouvement que le général fit faire à une partie de l'aile gauche, décida le gain de la bataille. Surveiller tous les mouvements de l'ennemi.
• Mouvement en avant, en arrière, Celui qu'on fait en avant ou en arrière de la première ligne de bataille. Mouvement en avant, signifie aussi, Le mouvement qu'on fait pour s'approcher de l'ennemi; par opposition à Mouvement rétrograde, Celui qu'on fait pour s'en éloigner.
• MOUVEMENT, se dit encore Des variations qui arrivent dans certains établissements publics, dans certains corps, par les changements de situation des personnes qui en font partie. Le mouvement de cette prison, de cet hôpital est considérable. On fait chaque jour la feuille de mouvement d'une prison, d'un hôpital, d'un régiment. On dit de même, Le mouvement de la population d'une ville; et dans un sens analogue, Le mouvement d'un port, en parlant Des navires qui entrent, qui partent, etc.
• Se dit particulièrement Des changements qui arrivent dans un corps militaire ou civil, et qui y donnent lieu à des promotions. Il y a du mouvement dans ce régiment. Il y a eu un mouvement dans cette administration.
• MOUVEMENT, se dit aussi Des variations de prix qui ont lieu dans le commerce. Il y a eu cette semaine de grands mouvements, beaucoup de mouvement dans le prix des denrées, dans le cours de la bourse.
• MOUVEMENT, en Musique, signifie, Le degré de vitesse ou de lenteur que le caractère de l'air doit donner à la mesure. Cette pièce est d'un mouvement lent, d'un mouvement animé. Il a dénaturé le caractère de cet air, de ce morceau, de cette pièce, en n'y donnant point le mouvement convenable.
• Presser, ralentir le mouvement, Battre la mesure plus ou moins vite, sans toutefois la changer ni l'altérer.
• Air de mouvement, Air dont la mesure est très-marquée. Les contredanses, les valses sont des airs de mouvement.
• Chanter, jouer de mouvement, Bien observer, bien marquer la mesure en chantant, ou en jouant de quelque instrument.
• MOUVEMENT, en Musique, signifie aussi, La marche ou le progrès des sons du grave à l'aigu et de l'aigu au grave, entre des parties qui concertent ensemble. Mouvement direct, contraire, oblique.
• MOUVEMENT, en Peinture, signifie, L'expression des mouvements du corps et des affections de l'âme. Cette figure n'a pas de mouvement, est sans mouvement. Ce peintre prodigue le mouvement sans nécessité.
• Il signifie aussi, dans le même Art, lorsqu'il s'agit De paysages, Variété, diversité agréable. Ce peintre met du mouvement dans ses paysages.
• Le mouvement, les mouvements du terrain, La succession et la diversité des plans d'un terrain. Les mouvements du terrain sont bien sentis dans ce paysage. On emploie aussi cette expression dans le langage ordinaire. Ce jardinier a tiré un grand parti des mouvements du terrain.
• MOUVEMENT, en Littérature, se dit de Ce qui anime le style, de ce qui rend le discours propre à émouvoir les auditeurs. Le mouvement du style. Il y a beaucoup de mouvement dans son style. Son style est sans mouvement, est privé de mouvement. Ces vers ont du mouvement, n'ont point de mouvement. Il y a de beaux, de grands mouvements dans ce discours. Il s'est servi de tous les mouvements de l'éloquence. Les mouvements oratoires.
• MOUVEMENT, se dit en outre Des différentes impulsions, passions et affections de l'âme. Mouvement naturel, volontaire, involontaire, impétueux. On n'est pas maître d'un premier mouvement. Les mouvements de l'âme. La volonté donne le mouvement aux autres facultés. Il a fait cela par un bon mouvement, par un mouvement d'équité, de pitié. Mouvement de colère, d'orgueil, de vanité. Il n'a pas fait cela de son propre mouvement. Le roi l'a nommé de son propre mouvement. Il n'a fait que suivre le mouvement d'autrui.
• Arrêts du propre mouvement, se disait de Certains arrêts du conseil, qui étaient rendus sans que les parties eussent été entendues.
• MOUVEMENT, signifie encore, Agitation, fermentation dans les esprits, petite émeute qui annonce une disposition au trouble, à la révolte. Il y a des mouvements dans cette province. On annonce un mouvement dans Paris, des mouvements populaires dans cette ville.
• Il désigne quelquefois Une sorte d'agitation naturelle des corps et des esprits. Il y a dans Paris un mouvement qui étonne, qui étourdit les étrangers.
• MOUVEMENT, en termes d'Horlogerie, signifie, L'assemblage des parties qui font aller une horloge, une pendule, une montre. Le mouvement de cette montre, de cette pendule est excellent.
• Mouvement en blanc, Le mouvement d'une montre, lorsqu'il n'est qu'ébauché.

MOUVER . v. a.
• .Jardinage. Remuer la terre d'un pot, d'une caisse, à la surface, y donner une espèce de labour.
• MOUVÉ, ÉE. participe

MOUVOIR . v. a.
• (Je meus, tu meus, il meut; nous mouvons, vous mouvez, ils meuvent. Je mouvais. Je mus. Je mouvrai. Meus. Que je meuve. Que nous mouvions. Je mouvrais. Que je musse. Mouvant. Mû. Plusieurs de ces temps ne sont en usage que dans le style didactique.) Remuer, faire aller d'un lieu à un autre, faire changer de place. Mouvoir une chose de sa place. Cent hommes ne sauraient mouvoir cette pierre. Le ressort qui meut toute la machine. On ne saurait expliquer comment l'âme, étant purement spirituelle, peut mouvoir le corps.
• Se dit aussi Des facultés de l'âme et des choses morales, et signifie, Exciter, donner quelque impulsion, faire agir. C'est la passion qui le meut. C'est la colère qui l'a mû à cette action.
• Prov., L'objet meut la puissance, La présence de l'objet détermine à l'action.
• Mouvoir une querelle, Susciter, faire une querelle. On dit aussi quelquefois, Émouvoir. L'un et l'autre sont peu usités.
• En termes de Palais, Tous procès mus et à mouvoir, Tous procès présents et futurs. Pour terminer tous procès mus et à mouvoir.
• À ces causes et autres considérations à ce nous mouvant, c'est-à-dire, Nous portant, nous excitant: formule qui s'employait dans les édits du roi.
• MOUVOIR, s'emploie aussi avec le pronom personnel. Le pauvre homme ne saurait se mouvoir. Un corps qui se meut en ligne droite.
• Elliptiq., Faire mouvoir, Mettre une chose en mouvement, faire qu'elle se meuve. S'emploie au sens physique et au sens moral. Voilà le ressort qui fait mouvoir toute la machine. La volonté fait mouvoir les autres facultés.
• MÛ, UE. participe

MOXA .s.m.
• .Chirurgie. Espèce de cautérisation qui consiste à appliquer sur quelque partie du corps un cône de coton, d'étoupe, etc., auquel on met le feu. Appliquer le moxa. On lui a appliqué deux ou trois moxas.

MOYE . s. f.
• .Maçonnerie. Couche tendre qui se trouve dans la pierre, et qui la fait déliter; surface tendre d'une pierre dure.

MOYEN
, ENNE. adj.
• Qui tient le milieu entre deux extrémités. Il n'est ni grand ni petit, il est de moyenne grandeur, de moyenne taille. Il n'a ni trop ni trop peu d'embonpoint, il est de moyenne grosseur.
• Des médailles de moyen bronze, ou absolument, Du moyen bronze, Des médailles de bronze d'une médiocre grandeur.
• Être de moyen âge, Être entre deux âges, n'être ni jeune ni vieux.
• Moyen âge, Le temps qui s'est écoulé depuis la chute de l'empire romain, en 475, jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II, en 1453. Les auteurs, l'histoire du moyen âge.
• Auteurs de la moyenne latinité, Auteurs qui ont écrit depuis le temps de Sévère, ou environ, jusqu'à la décadence de l'empire.
• Fam., Femme de moyenne vertu, Femme d'une conduite suspecte, d'une réputation équivoque.
• Moyenne justice. Voyez JUSTICE.
• La moyenne région de l'air, La région de l'air qui est entre la haute et la basse. Les météores se forment dans la moyenne région de l'air.
• En Logique, Moyen terme, La partie d'un syllogisme qui sert à unir les deux autres, à en prouver la convenance ou la disconvenance. On dit aussi, Moyen, substantivement. On appelle de même Termes moyens, ou Moyens, dans une proportion, Les deux termes du milieu. Dans toute proportion arithmétique, la somme des extrêmes est égale à celle des moyens.
• Fig. et fam., Moyen terme, Parti moyen qu'on prend pour terminer une affaire embarrassante, pour concilier des prétentions opposées. Proposer, prendre un moyen terme.
• Temps moyen, Le temps calculé dans la supposition qu'au bout de toutes les vingt-quatre heures le soleil se retrouve exactement au méridien où il était le jour précédent; par opposition à Temps vrai, Le temps calculé suivant l'heure où le soleil doit se trouver réellement au méridien, un peu plus de vingt-quatre heures avant, ou un peu plus de vingt-quatre heures après l'instant où il y était la veille. Il y a quelques jours dans l'année où le temps moyen s'accorde avec le temps vrai. Régler une horloge sur le temps vrai, sur le temps moyen.
• En Mathémat., Moyenne proportionnelle géométrique, se dit d'Une quantité moyenne entre deux autres, en ce sens qu'elle a avec la première le même rapport géométrique que la seconde a avec elle. Quatre est moyenne proportionnelle entre deux et huit. --- Moyenne proportionnelle arithmétique, Quantité moyenne entre deux autres, qui excède autant la plus petite qu'elle est surpassée par la plus grande. Dans les deux cas, on peut dire simplement, Moyenne proportionnelle, ou même Moyenne.
• Verbe moyen, Verbe qui, dans quelques langues, participe de l'actif et du passif, soit pour le sens, soit pour les terminaisons. Les Grecs avaient des verbes moyens. On dit de même, Voix moyenne, et Aoriste moyen, parfait moyen.
• Écrire en moyen, Employer une écriture qui n'est ni grosse ni fine, qui est entre les deux.

MOYEN .s.m.
• Ce qui sert pour parvenir à quelque fin. Bon, mauvais moyen. Moyen juste, légitime, permis, aisé, difficile, infaillible, naturel, surnaturel. Chercher, trouver, imaginer, employer un moyen. Proposer, suggérer, fournir un moyen à quelqu'un. S'avancer, parvenir par de mauvais moyens. De quel moyen s'est-il servi? J'en sais bien le moyen, les moyens. J'en sais un moyen admirable. C'est le moyen de faire fortune. Il n'a pas le moyen, les moyens de subsister. Il faut assurer à cette famille des moyens de subsistance. Il trouvera moyen de s'évader. C'est un excellent moyen pour réussir. Il a réussi par tel moyen. Il ne suffit pas que la fin soit bonne, il faut aussi que les moyens soient justes. Je lui en ai facilité les moyens. Par divers moyens on arrive à même fin. Qui veut la fin, veut les moyens.
• Il signifie quelquefois, Le pouvoir, la faculté de faire quelque chose. Je vous prie de faire cela, si vous en avez le moyen. Je ne puis lui rien donner, je n'en ai pas le moyen.
• Il n'y a pas moyen de faire cela, il n'y a pas moyen, La chose dont il s'agit ne se peut faire. On dit dans ce sens, et par manière d'interrogation, Le moyen? ou Quel moyen? Vous voulez que je fasse telle chose, le moyen? quel moyen? Le moyen que j'y parvienne? Le moyen d'y réussir?
• MOYEN, signifie aussi, Entremise, aide, assistance, secours. Il a obtenu cet emploi par le moyen d'un tel, par le moyen de ses amis. C'est par votre moyen que j'ai été admis dans cette maison. Il s'est avancé par le moyen de l'intrigue, de la flatterie.
• MOYENS, au pluriel, signifie quelquefois, Richesses, facultés pécuniaires. Je ne connais pas ses moyens. Ses moyens ne sont pas considérables. Ce petit emploi ajoute à ses moyens. Contribuer chacun selon ses moyens.
• Se dit quelquefois aussi Des facultés naturelles, morales ou physiques. Cet enfant a peu de moyens. Cet orateur aurait un débit plus heureux, s'il savait ménager ses moyens.
• MOYEN, en termes de Palais, se dit Des raisons qu'on apporte pour établir les conclusions que l'on a prises. Présenter, produire ses moyens dans une requête. Les causes et moyens d'appel, d'intervention. Moyens de faux. Moyens de nullité. J'ai trois moyens de cassation contre cet arrêt. Voilà un bon moyen de requête civile. Déduire ses moyens. Faire valoir ses moyens. Réfuter les moyens. L'avocat n'a pas plaidé ses moyens.
• En style de Législation et de Finance, Voies et moyens, Les revenus de tout genre que l'État applique à ses dépenses. On va discuter le budget des voies et moyens.
• AU MOYEN DE. loc. prépositive, En conséquence de, avec, par. On lui a donné mille francs, au moyen de quoi il s'est obligé. Au moyen du payement qui lui a été fait, il promet de s'acquitter. Au moyen de la démarche que je ferai pour vous, au moyen de la lettre que vous écrirez, nous réussirons.

MOYENNANT . prép.
• Au moyen de. Il a acheté telle chose moyennant la somme de tant. Je lui remettrai mille francs, moyennant quoi nous serons quittes. J'en viendrai à bout moyennant la grâce de Dieu.

MOYENNEMENT . adv.
• Médiocrement. Est-il riche? Moyennement. Cela est moyennement bien. Il vieillit.

MOYENNER . v. a.
• Procurer quelque chose par son entremise. Moyenner un accommodement, une entrevue, une réconciliation entre deux personnes. Il est vieux.
• MOYENNÉ, ÉE. participe

MOYEU .s.m.
• Milieu de la roue d'une voiture; gros morceau de bois tourné, où s'emboîtent les rais, et dans le creux duquel entre l'essieu. Moyeu de roue. Les moyeux de deux voitures ont cassé. L'essieu est hors du moyeu. L'emboîture du moyeu.

MOYEU .s.m.
• Le jaune d'un oeuf. Il y a des oeufs qui ont deux moyeux. Il a vieilli; on dit, Jaune d'oeuf.

MOYEU .s.m.
• Espèce de prune confite. Un pot de moyeux.

MOZARABE .s.m.
• Nom qu'on donne aux chrétiens d'Espagne venus des Mores et des Sarrasins.
• Se dit adjectivement De ce qui appartient à leur culte. Missel mozarabe. Dans cette acception, on dit aussi, Mozarabique.

MUABLE . adj.des deux genres
• Inconstant, sujet au changement. Le vent est bien muable aujourd'hui. La volonté est muable. Il n'y a rien de certain en ce monde, tout est muable. Il est peu usité.

MUANCE . s. f.
• .Musiq. Le changement d'une note en une autre, pour aller au delà des six anciennes notes de musique, soit en montant, soit en descendant. Depuis l'adoption de la note si, qui complète la gamme, on ne se sert plus de muances.

MUCHE-POT
(À)
• Voyez MUSSER.

MUCILAGE .s.m.
• Substance de nature visqueuse et nourrissante, qui est répandue dans presque tous les végétaux, et qui se trouve en plus grande quantité dans les racines et dans les semences que dans les autres parties.

MUCILAGINEUX
, EUSE. adj.
• Qui contient du mucilage. Racine, plante mucilagineuse.
• En Anat., Glandes mucilagineuses, Glandes destinées à filtrer des humeurs visqueuses.

MUCOSITÉ . s. f.
• Fluide visqueux que les membranes muqueuses sécrètent, en plus ou moins grande quantité, dans leur état naturel et dans leur état d'irritation. La mucosité des narines, de l'estomac, des intestins.
• Se dit aussi d'Un suc qui n'est ni tout à fait fluide, ni tout à fait visqueux, que contiennent certaines plantes. Cette plante abonde en mucosité.

MUE . s. f.
• Changement de poil, de plumes, de peau, de cornes, etc., qui arrive aux animaux, ou tous les ans, ou à certaines époques de leur vie. La mue du cerf, du serpent, des oiseaux, des vers à soie. Les oiseaux sont malades pendant leur mue, quand ils sont en mue. Cet oiseau est à la première, à la seconde, à la troisième mue.
• Se dit aussi Du temps où ces changements se font. La mue arrive. Voici la mue. La mue est passée.
• Autour de trois mues, Autour qui a mué trois fois, qui a trois ans.
• MUE, signifie aussi, La dépouille d'un animal qui a mué. Ainsi on appelle Mue du cerf, Le bois que le cerf a mis bas; et Mue du serpent, La peau que le serpent a laissée.
• MUE, se dit encore, surtout en Fauconnerie, d'Une sorte de grande cage où l'on met un oiseau quand il mue. Une mue de faucon. Il ne faut pas laisser voler ces oiseaux, il faut les tenir dans la mue.
• Il signifie aussi, Un lieu étroit et obscur où l'on tient la volaille pour l'engraisser. Mettre des chapons, des oisons en mue.

MUER . v. n.
• Changer. Se dit Des animaux quand ils changent de poil, de plumes, de peau, etc. Ce chien, ce chat mue, commence à muer. Cet oiseau muera bientôt. C'est ordinairement vers la fin de l'été et en automne que les oiseaux muent.
• Se dit aussi en parlant Des jeunes gens parvenus à l'âge où la voix change et devient plus grave. Sa voix commence à muer. Sa voix mue. La voix lui a mué.
• MUÉ, ÉE. adj. Qui a mué. Oiseau mué. Voix muée.

MUET
, ETTE. adj.
• Qui est privé de l'usage de la parole, naturellement ou par accident. Ceux qui sont sourds de naissance sont muets. Il est sourd et muet. Il est sourd-muet. Il est muet comme un poisson.
• Fam., N'être pas muet, se dit D'une personne qui parle hardiment, ou qui parle beaucoup. Je vous assure qu'il n'est pas muet. Si vous lui dites quelque chose qui le blesse, il ne sera pas muet.
• MUET, se dit également Des personnes que la peur, la honte, l'étonnement, ou d'autres causes morales, empêchent momentanément de parler. Il demeura muet d'étonnement. Il fut si honteux qu'il resta muet. La frayeur le rendit muet. Les oracles furent muets. On dit de même, Sa bouche resta muette.
• MUET, se dit aussi Des choses morales, et signifie, Qui se tait. Les grandes joies sont muettes aussi bien que les grandes afflictions. Sa douleur était muette. Les lois sont muettes sur ce point.
• Se dit encore Des choses inanimées qui ont un genre d'expression, de signification. La peinture est un langage muet. Cette épée, trouvée dans ses mains, était un témoin muet de son crime. La loi est un juge muet. Ses regards, ses présents étaient de muets interprètes de son amour.
• Au Théâtre, Jeu muet, La partie du jeu d'un acteur, par laquelle il exprime, sans parler, les sentiments dont il doit paraître affecté. Scène muette, Action d'un ou de plusieurs personnages qui ne parlent pas, mais qui expriment leurs sentiments par le geste, le maintien, l'air du visage, etc.
• En Grammaire, H muette, Celle qui n'est point aspirée, comme dans ce mot, Honneur; et, E muet, L'E féminin, tel qu'il se prononce dans les mots Boire, flamme, crime, etc...
• MUET, est aussi substantif. Un muet. Une muette. L'institution royale des sourds et muets, des sourds-muets. On lui a fait son procès comme à un muet volontaire. Il a fait le muet.
• MUETS, au pluriel, se dit particulièrement de Gens attachés au service des sultans, et qui, sans être privés de l'usage de la parole, ne s'expriment jamais que par signes. Le sultan lui envoya les muets, qui l'étranglèrent.

MUETTE . s. f.
• Il ne s'est dit primitivement que d'Une petite maison bâtie, soit pour y garder les mues de cerfs, soit pour y mettre les oiseaux de fauconnerie, au temps de la mue. Depuis on a donné ce nom à Des pavillons, et même à des édifices considérables, servant de rendez-vous de chasse. La muette du bois de Boulogne. La muette de la forêt de Saint-Germain.

MUFLE .s.m.
• Extrémité du museau de certains animaux, comme le boeuf, le taureau, et de certaines bêtes féroces, comme le lion, le tigre. Mufle de taureau, de lion, de léopard, de tigre.
• Se dit aussi Des ornements de sculpture qui représentent des mufles d'animaux.
• Se dit encore, par dérision, Du visage d'un homme qu'on veut injurier. Ce mufle effronté.
• Mufle de veau. Voyez l'article suivant.

MUFLIER .s.m.
• Genre de plantes de la famille des Personnées. Le muflier des jardins s'appelle vulgairement Mufle de veau.

MUFTI .s.m.
• Le chef de la religion mahométane. Le mufti est le souverain interprète de la loi.

MUGE .s.m.
• Poisson de mer à tête obtuse et à deux petites nageoires sur le dos. On le nomme aussi Mulet.
• Muge volant, ou Exocet, Poisson approchant de la forme d'un muge, mais à très-longues nageoires pectorales qui le soutiennent en l'air comme des ailes.

MUGIR . v. n.
• Se dit proprement Du cri du taureau, des boeufs et des vaches. On entendait mugir les taureaux. Cette vache mugit après son veau.
• Se dit, figurément, De la voix humaine, quand on la force, et qu'elle approche du mugissement. Cet homme mugissait de colère, de fureur, de rage, de douleur. Cet acteur ne parle pas, il mugit.
• Se dit aussi, figurément, Du bruit que font les flots de la mer, les vents, les torrents, etc., quand ils sont violemment agités. On entendait mugir les flots. Le vent mugit dans les voiles. Ce torrent s'élance en mugissant à travers les précipices. Le Vésuve mugit.

MUGISSANT
, ANTE. adj.
• Qui mugit. Se dit au propre et au figuré. Un taureau mugissant. Les ondes mugissantes. Les aquilons mugissants. Cet homme a la voix mugissante.

MUGISSEMENT .s.m.
• Cri que font les boeufs, les taureaux et les vaches. Le mugissement des taureaux.
• Se dit, figurément, Des sons et des bruits analogues à ce cri. Le mugissement de la mer, des vagues, des flots, des vents, d'un volcan. Quand cet homme est en colère, ce sont des mugissements qu'il fait entendre.

MUGUET .s.m.
• Plante qui fleurit au printemps, et qui porte de petites fleurs blanches d'une odeur agréable, qu'on appelle du même nom. Cueillir du muguet. De la fleur de muguet. Cela sent le muguet.

MUGUET .s.m.
• Celui qui affecte de se parer avec soin, et d'être galant auprès des dames. C'est un muguet, un jeune muguet. Il fait le muguet. Il est familier et peu usité.

MUGUETER . v. a.
• Faire le galant auprès des dames. Il muguette toutes les femmes de son quartier. On l'emploie aussi neutralement. Il ne fait que mugueter. Il est familier et peu usité.
• MUGUETÉ, ÉE. participe

MUID .s.m.
• (Le D ne se prononce point.) Certaine mesure dont on se servait autrefois pour les liquides, pour les grains, et pour plusieurs autres matières, comme sel, charbon, plâtre, chaux, etc., et qui était de différente grandeur, selon les différents pays. Un muid de blé, mesure de Paris, tenait douze setiers. Un muid de vin tenait deux cent quatre-vingt-huit pintes. Un muid de charbon, de sel, de chaux, de plâtre.
• Se dit plus particulièrement Du vaisseau, de la futaille qui contient la mesure d'un muid de vin ou de quelque autre liqueur. Percer, défoncer un muid. Ce muid n'est pas de jauge.
• Fam., Cet homme est gros comme un muid, Il est fort gros.

MULÂTRE . adj.des deux genres
• Qui est né d'un nègre et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une négresse. Un valet mulâtre. Une servante mulâtre. Il se prend aussi substantivement. Un mulâtre. Une mulâtre. Quelques-uns disent au féminin, Mulâtresse.

MULCTER . v. a.
• .Jurispr. Condamner à quelque peine, punir. On l'a mulcté. Il a été mulcté.
• Il signifie, par extension, Maltraiter, vexer. Il a été horriblement mulcté dans cet écrit. Je suis las d'être mulcté par de prétendus amis qui m'outragent sous prétexte de me dire mes vérités.
• MULCTÉ, ÉE. participe

MULE . s. f.
• Nom qu'on donnait autrefois aux pantoufles des hommes, et à une chaussure sans quartier dont les femmes se servaient. Il n'est plus guère usité que lorsqu'il s'agit de La pantoufle du pape, sur laquelle il y a une croix. Baiser la mule du pape.

MULE . s. f.
• Femelle de même nature que le mulet. Mule noire. Mule fantasque, quinteuse, opiniâtre, ombrageuse. Les magistrats et les médecins allaient autrefois sur des mules. Carrosse tiré par des mules.
• Fam., Être fantasque, être têtu comme une mule, Avoir beaucoup de caprices, beaucoup d'entêtement, d'obstination.
• Prov., À vieille mule, frein doré, On pare une vieille bête pour la mieux vendre. Cela se dit aussi, figurément et familièrement, D'une vieille femme qui aime à se parer.
• Prov. et fig., Ferrer la mule, Profiter sur un achat qu'on fait pour autrui.

MULES . s. f. pl.
• Sorte d'engelures qui viennent aux talons dans les grands froids. Avoir les mules aux talons.
• En termes d'Art vétérinaire, Mules traversières ou traversines, Fentes ou crevasses qui se montrent sur le derrière du boulet du cheval, et d'où suinte une sérosité fétide. Ce cheval a des mules dans le paturon.

MULET .s.m.
• Quadrupède engendré d'un âne et d'une jument, ou d'un cheval et d'une ânesse, et qui n'engendre point. Petit, grand mulet. Mulet de pays. Mulet d'Auvergne. Mulet de bagage. Des oreilles de mulet. Croupe de mulet. Charge de mulet. Bât de mulet. Panache de mulet. Le mulet qui provient d'un âne et d'une jument, brait. Le mulet qui est né d'un cheval et d'une ânesse, hennit.
• Fam., Être chargé comme un mulet, Être chargé d'un fardeau très-lourd.
• Fam., Être têtu comme un mulet, Être fort opiniâtre.
• Prov. et fig., Garder le mulet, Attendre longtemps quelqu'un avec ennui et impatience. J'ai gardé le mulet durant quatre heures dans son antichambre. Faire garder le mulet à quelqu'un.
• MULET, se dit en général de Tout animal provenu de deux animaux de différente espèce, et qui n'engendre point.
• Se dit, par extension, en Botanique, de Toute plante qui est le produit d'une semence fécondée par la poussière d'une plante d'une autre espèce.

MULET .s.m.
• Sorte de poisson de mer, autrement nommé Muge.

MULETIER .s.m.
• Conducteur de mulets; valet qui panse les mulets, et qui a soin de les charger et de les conduire. Les muletiers espagnols.

MULOT .s.m.
• Espèce de souris des champs, de couleur rousse. On donne aussi ce nom au Campagnol, autre souris des champs, brune et à queue courte. Trou de mulot. Les mulots coupent la racine des blés. Un champ ravagé par les mulots.

MULTIFLORE . adj.des deux genres
• .Bot. Qui a plusieurs fleurs.

MULTIFORME . adj.des deux genres
• Qui a plusieurs formes ou figures. Il est peu usité.

MULTINÔME .s.m.
• T. d'Algèbre. Grandeur exprimée par plusieurs termes que joignent les signes plus ou moins. Il est peu usité: on dit plus ordinairement et mieux, Polynôme.

MULTIPLE . adj.des deux genres
• T. d'Arithmétique. Se dit D'un nombre qui en contient un autre un certain nombre de fois exactement. Neuf est multiple de trois.
• S'emploie quelquefois, dans le langage de la conversation, par opposition à Simple, à Unique. La question est multiple, elle a beaucoup de faces différentes. Il y a des poëmes dont on peut dire que le sujet est multiple.
• Il est aussi substantif masculin, dans le premier sens. Neuf est un des multiples de trois.

MULTIPLIABLE . adj.des deux genres
• Qui peut être multiplié. Tout nombre est multipliable.

MULTIPLICANDE .s.m.
• T. d'Arithmétique. Nombre à multiplier par un autre. Dans la multiplication de quatre par trois, quatre est le multiplicande.

MULTIPLICATEUR .s.m.
• T. d'Arithmétique. Nombre par lequel on en multiplie un autre. Dans la multiplication de quatre par trois, trois est le multiplicateur.

MULTIPLICATION . s. f.
• Augmentation en nombre. Multiplication des êtres, des espèces, des hommes. La multiplication des cinq pains. La multiplication apparente des objets par les verres à facettes.
• Se dit, particulièrement, de L'opération d'arithmétique par laquelle on répète un nombre autant de fois qu'il y a d'unités dans un autre nombre donné. Le produit de la multiplication de trois par quatre est douze. Faire une multiplication, la preuve d'une multiplication.

MULTIPLICITÉ . s. f.
• Nombre considérable et indéfini. La multiplicité des lois est une des causes de la multiplicité des procès. La multiplicité des noms rend l'étude de l'histoire naturelle fort difficile. La multiplicité des objets dont se compose cette science a rendu les divisions nécessaires.

MULTIPLIER . v. a.
• Augmenter le nombre, la quantité d'une chose. C'est une maxime de la philosophie, qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité. Miroirs qui multiplient les objets. JÉSUS-CHRIST multiplia les cinq pains. Cet homme se plaît à multiplier les difficultés. Il a l'art de multiplier chez lui les amusements, les plaisirs.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Les plantes se multiplient par les semences, les marcottes et les boutures. Les obstacles se multipliaient à mesure qu'il avançait dans son entreprise.
• Par exagérat., Il se multiplie, il a le don de se multiplier, se dit D'un homme fort actif, qui semble être en plusieurs lieux à la fois.
• MULTIPLIER, en termes d'Arithmétique, signifie, Répéter un nombre autant de fois qu'il y a d'unités dans un autre nombre donné. Multiplier dix par quatre.
• MULTIPLIER, est aussi neutre, et signifie, Augmenter en nombre par voie de génération. Dieu dit: Croissez et multipliez. Les enfants d'Israël multiplièrent en Égypte. Les lapins multiplient beaucoup. Son troupeau a fort multiplié.
• MULTIPLIÉ, ÉE. participe

MULTITUDE . s. f.
• Grand nombre. Multitude innombrable d'hommes, d'animaux, de livres. Multitude d'objets, de paroles, de choses. Une grande multitude de peuple. Une multitude de spectateurs.
• MULTITUDE, absolument, se dit d'Un grand nombre d'hommes. Tout Paris était à cette fête, je n'ai jamais vu une si grande multitude. Les flots de la multitude.
• Il signifie aussi, Le peuple, le vulgaire. Les opinions, les caprices de la multitude. Flatter l'esprit, respecter les préjugés de la multitude. Son système éblouit la multitude, mais révolte les esprits sages.

MULTIVALVE . adj.des deux genres
• T. d'Hist. nat. Se dit Des coquilles composées de plusieurs pièces ou valves. Les coquilles multivalves. On l'emploie aussi comme substantif féminin. Les multivalves.

MUNICIPAL
, ALE. adj.
• Qui appartient, qui a rapport à une communauté d'habitants formant une municipalité. Droit municipal. Lois municipales. Garde municipal.
• Se dit aussi Des magistrats, des fonctionnaires qui administrent une commune, une ville ou une portion de ville. Les officiers municipaux. Le corps municipal. Le conseil municipal. On l'emploie quelquefois substantivement. Les municipaux.

MUNICIPALITÉ . s. f.
• Le corps des officiers municipaux. On fit assembler la municipalité. La municipalité prononça, déclara.
• Il signifie aussi quelquefois, La commune, le territoire administré par des magistrats municipaux. Il est de telle municipalité.
• Il signifie encore, La maison où les officiers municipaux tiennent leurs séances et ont leurs bureaux. Aller à la municipalité pour faire viser son passe-port. Il est allé chercher à la municipalité l'acte de naissance de son fils.

MUNICIPE .s.m.
• Titre que portaient les villes du Latium et de l'Italie, dont les habitants participaient au droit de bourgeoisie romaine, sans qu'elles cessassent de former des cités à part.

MUNIFICENCE . s. f.
• Vertu qui porte à faire de grandes libéralités. Munificence royale. Le prince leur a laissé en partant des marques de sa munificence. On doit cet hospice à la munificence d'un simple particulier.

MUNIR . v. a.
• Garnir, pourvoir des choses nécessaires pour la défense ou pour la nourriture. Munir une place. Munir une ville de vivres ou de provisions de bouche, d'armes, etc.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se pourvoir des choses nécessaires. Se munir de bonnes pièces pour la défense d'un procès. Se munir d'un bon manteau contre le froid. Se munir d'armes, de chevaux pour un voyage, etc. Se munir d'argent.
• Fig., Se munir de patience, de résolution, de courage, Se préparer à soutenir avec patience, avec courage, tout ce qui peut arriver.
• MUNI, IE. participe

MUNITION . s. f.
• Provision des choses nécessaires dans une armée ou dans une place de guerre. S'emploie surtout au pluriel. Munitions de guerre. La place était pourvue de munitions de guerre et de bouche. On manquait de munitions, de toute sorte de munitions.
• Pain de munition, Le pain que l'on distribue aux soldats pour leur nourriture. Les soldats eurent ordre de prendre du pain de munition pour trois jours.
• Fusil de munition, Fusil de gros calibre, qui est l'arme ordinaire des soldats d'infanterie, et auquel s'adapte une baïonnette.

MUNITIONNAIRE .s.m.
• Celui qui est chargé de fournir les munitions nécessaires à la subsistance des troupes. Munitionnaire général.

MUPHTI .s.m.
• Voyez MUFTI.

MUQUEUX
, EUSE. adj.
• T. d'Anat., de Médec., etc. Qui a ou qui produit de la mucosité. Sinus, ligaments muqueux. Glandes muqueuses. Cette plante est très-muqueuse.
• Membrane muqueuse. Nom des membranes qui tapissent certaines cavités du corps humain. On dit par abréviation, La muqueuse de l'estomac, des intestins, etc.
• Fièvre muqueuse, Celle dont la cause est l'irritation des membranes muqueuses, qui sécrètent en abondance un fluide visqueux.

MUR .s.m.
• Ouvrage de maçonnerie, qui sert à enclore quelque espace, à le séparer d'un autre, ou à le diviser. Bon mur. Mur épais de deux pieds et haut de trente. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique, de terre, de pisé. L'épaisseur, la hauteur, la longueur d'un mur. Le pied, le chaperon d'un mur. Bâtir, élever un mur. Mur à hauteur d'appui. Mur mitoyen. Cela est scellé dans le mur. Prendre l'alignement d'un mur. Crépir un mur. Reprendre un mur, le reprendre sous oeuvre. Enclore d'un mur un terrain, un jardin, etc. Fermer un passage par un mur. Les murs d'une chambre, d'un cachot. Percer un mur. Les voleurs ont tout emporté, ils n'ont laissé que les quatre murs. Il tomba et donna de la tête contre le mur.
• Les gros murs d'un bâtiment, Ceux qui en forment l'enceinte, et qui portent les combles, les voûtes, etc.
• Mur de face, Gros mur qui forme l'une des principales faces d'un bâtiment. On appelle par opposition Mur latéral, Celui qui forme l'un des côtés.
• Mur de pignon, Mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte, et en a la forme.
• Mur de refend, Celui qu'on élève entre les gros murs, pour diviser l'intérieur du bâtiment. Mur à refends: voyez REFEND.
• Mur de parpaing, Mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur.
• Mur de clôture, Mur qui enferme extérieurement une cour, un jardin, un parc, etc. Franchir un mur de clôture.
• Mur d'appui, Mur qui n'est qu'à hauteur d'appui, qui n'est élevé que d'un mètre environ.
• Murs d'un jardin, d'un parc, Les murs qui enferment un jardin, un parc.
• Mur de terrasse, Mur qui retient les terres d'une plate-forme, d'une terrasse, d'un jardin, d'un boulevard, etc.
• Murs d'une ville, Les murs qui entourent une ville. Les murs de cette ville sont flanqués de grosses tours. Dans ce sens, on dit quelquefois Murs, absolument. Cette église est hors des murs. J'ai été me promener hors des murs. Il se prend quelquefois pour Ville. Depuis quand êtes-vous dans nos murs?
• Prov. et fig., C'est se donner la tête, c'est donner de la tête contre un mur, C'est tenter une entreprise dans laquelle il n'est pas possible de réussir.
• Prov. et par exagér., On tirerait plutôt de l'huile d'un mur, se dit en parlant D'un homme dur, dont on ne peut rien obtenir.
• Prov. et fig., Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, Par son adresse et son industrie, il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer.
• Prov. et fig., Les murs ont des oreilles, Quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté. Parlons bas, les murs ont des oreilles.
• Fig. et fam., Mettre quelqu'un au pied du mur, Le mettre hors d'état de reculer, et le forcer à prendre un parti; Le mettre dans l'impossibilité de répliquer.
• Fig., Mur de séparation, mur d'airain, se dit Des causes qui divisent deux personnes, et empêchent qu'elles ne puissent se rapprocher, se réunir. Il y a un mur de séparation, un mur d'airain entre ces deux hommes. J'ai abattu le mur de séparation qui s'était élevé entre eux, c'est-à-dire, Je les ai rapprochés, réunis.
• MUR, dans les Mines, se dit de La partie inférieure, par opposition à La partie supérieure, qui se nomme Le toit.

MÛR
, ÛRE. adj.
• Se dit Des fruits de la terre, et signifie, Qui est arrivé à un certain point de développement, qui le rend propre à être cueilli ou mangé. Blés, épis, raisins mûrs. Pommes mûres. Cerises mûres. Fruit mûr pour être cueilli. Fruit mûr pour être mangé. Ce melon n'est pas mûr, est trop mûr. Du fruit qui devient mûr. Du fruit mûr avant la saison. À demi mûr.
• Se dit aussi Du vin, quand il n'a plus de verdeur, et qu'il est bon à boire. Ce vin sera bientôt mûr, n'est pas encore mûr.
• Fig., Cet abcès est mûr, Il est près de crever, de percer; ou Il est temps de l'ouvrir.
• Fig. et fam., Cet habit est mûr, est bien mûr, Il est vieux, usé, facile à déchirer.
• Fig., Cette affaire est mûre, n'est pas encore mûre, Il est temps, il n'est pas encore temps d'y travailler, de s'en occuper, ou de la terminer.
• Fig. et par plaisanterie, Cette fille est mûre, Il y a longtemps qu'elle est en âge d'être mariée.
• Fig., C'était un fruit mûr pour le ciel, se dit, dans le langage mystique, D'une personne pieuse qui est morte jeune. On dit de même, Être mûr pour l'éternité.
• Fig., Âge mur, Âge qui suit la jeunesse. Homme mûr, esprit mûr, Homme, esprit sage, posé, réfléchi. Mûre délibération, Délibération où tout a été examiné avec beaucoup d'attention. Après une mûre délibération, après mûre délibération, la chose a été décidée ainsi.
• Prov. et fig., Entre deux vertes, une mûre, Entre deux choses mauvaises, une bonne. Il allègue plusieurs excuses, entre deux vertes, une mûre. Il nous a montré plusieurs épigrammes, les unes bonnes, les autres mauvaises, entre deux vertes, une mûre.
• Prov. et fig., Il faut attendre à cueillir la poire qu'elle soit mûre, Il ne faut point précipiter une affaire, et l'on doit attendre qu'elle soit en état d'être faite, d'être conclue, etc.
• Prov. et fig., La poire est mûre, la poire n'est pas mûre, L'affaire dont il s'agit est arrivée, n'est pas arrivée au moment précis où il convient qu'on s'en occupe, qu'on songe à la terminer.

MURAILLE . s. f.
• Mur. Se dit surtout Des murs épais et d'une certaine élévation. Bonne, haute muraille. Muraille fort épaisse. Muraille de pierre, de brique. Muraille sèche, à pierre sèche. Couvrir la muraille d'une tapisserie. Écrire sur la muraille d'une prison. Un pan de muraille. Le long de la muraille. Une muraille couverte d'affiches. Étayer une muraille. Abattre une muraille. Il fut écrasé par la chute d'une muraille. Il passa par-dessus la muraille. Le temple saccagé n'offrait plus que des murailles.
• Se dit particulièrement Des constructions de ce genre qui servent de clôture, de défense, de rempart à une ville, à un château, ou même à un pays. Les murailles d'une ville, d'une forteresse. Une muraille flanquée de grosses tours. Le canon avait mis par terre trente toises de muraille. Défendre, forcer la muraille. Le mineur était au pied de la muraille. Saper une muraille. Escalader les murailles. La grande muraille de la Chine.
• Cette muraille pousse, Elle bombe et menace ruine.
• En termes d'Escrime, Tirer à la muraille, Pousser de tierce et de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer.
• Fam., Enfermer quelqu'un entre quatre murailles, Le mettre en prison.
• Il n'y a que les quatre murailles, se dit D'une maison, d'un appartement, où il n'y a point de meubles.
• Fig., Être comme une muraille devant l'ennemi, se dit D'une troupe en bataille que l'ennemi ne peut ni entamer, ni faire reculer.
• MURAILLES, au pluriel, se dit quelquefois, dans le style soutenu, pour Ville. Ce fleuve serpente autour de nos murailles. Dès qu'ils se virent assiégés dans leurs murailles, ils se livrèrent au désespoir.

MURAL
, ALE. adj.
• Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
• Couronne murale, Couronne qu'on donnait, chez les Romains, à ceux qui dans un assaut avaient monté les premiers sur les murs de la ville assiégée.
• Cercle mural, Instrument astronomique qui est fixé à un mur.
• Plantes murales, Plantes qui croissent sur les murs.

MÛRE . s. f.
• Le fruit du mûrier. Mûres noires. Mûres blanches. Manger des mûres. Du sirop de mûres. Un panier de mûres.
• Mûre sauvage, Le fruit de la ronce, qui ressemble à celui du mûrier.

MÛREMENT . adv.
• Il n'est en usage qu'au figuré, et signifie, Avec beaucoup de réflexion, d'attention. Après avoir mûrement délibéré, considéré, examiné. J'y ai mûrement réfléchi, mûrement pensé.

MURÈNE . s. f.
• Poisson de mer visqueux, qui ressemble beaucoup à l'anguille, mais qui n'a point de nageoires pectorales.

MURER . v. a.
• Entourer de murailles. Cette ville n'était autrefois qu'un village, on l'a murée depuis peu de temps.
• Il signifie plus ordinairement, Boucher une porte ou une fenêtre avec de la maçonnerie. Murer une porte, une fenêtre.
• MURÉ, ÉE. participe, Ville murée. Fenêtre murée.

MUREX .s.m.
• Mot emprunté du latin, dont on se sert pour désigner Différentes espèces de coquilles univalves, hérissées de pointes. On ne connaît plus l'espèce de murex d'où les anciens tiraient la pourpre.

MURIATE .s.m.
• .Chimie. Nom générique des sels neutres formés par la combinaison de l'acide muriatique avec une base alcaline, terreuse ou métallique. Muriate d'antimoine, de baryte, de chaux, de cuivre, d'étain, de fer, de mercure, de potasse.
• Muriate de soude, Le sel commun.

MURIATIQUE . adj. m.
• .Chimie. Se dit D'un acide connu autrefois sous le nom d'Acide marin, et qui entre dans la composition du sel commun. Acide muriatique.

MÛRIER .s.m.
• Arbre dont le fruit, appelé Mûre, est la réunion d'un assez grand nombre de petites baies charnues. On appelle Mûriers noirs, Les mûriers qui portent des mûres noires; et Mûriers blancs, Ceux qui portent des mûres blanches. On nourrit ordinairement les vers à soie avec des feuilles de mûrier blanc.

MÛRIR . v. n.
• Devenir mûr. Les raisins mûrissent en automne. Le soleil fait tout mûrir. Chaque chose mûrit en sa saison. Il a cueilli ses fruits trop tôt, il ne leur a pas donné le temps de mûrir. Les nèfles mûrissent sur la paille.
• Il est quelquefois actif, et signifie, Rendre mûr. Le soleil du midi mûrit les fruits. Cet emplâtre mûrira l'abcès.
• Se dit figurément Des choses et des personnes, tant au neutre qu'à l'actif. Il faut laisser mûrir cette affaire. C'est un esprit qui mûrira avec le temps. L'âge et l'expérience lui ont mûri la tête, l'esprit. La lecture des bons écrits mûrit le style. Cet homme ne mûrira jamais. Cet emplâtre fera mûrir l'abcès.
• MÛRI, IE. participe

MURMURE .s.m.
• Bruit sourd et confus de plusieurs personnes qui parlent en même temps, ou qui font entendre des sons inarticulés en signe d'improbation ou d'approbation. Quel murmure est-ce que j'entends? Il s'éleva dans l'auditoire un murmure flatteur. Murmure d'approbation, d'improbation.
• Il signifie aussi, Le bruit et les plaintes que font des personnes mécontentes. Dans ce sens, il s'emploie surtout au pluriel. Le nouvel impôt a excité de grands murmures. Il s'est élevé beaucoup de murmures contre cette disposition. Il faut tâcher d'apaiser les murmures du peuple, sans vouloir les étouffer. Tous ces murmures aboutiront à quelque chose de fâcheux.
• Se dit quelquefois de La plainte sourde d'une seule personne. Il apprit sa disgrâce sans se permettre la moindre plainte, le moindre murmure.
• Fig., Le murmure du coeur, le murmure des passions, Le mouvement secret des passions contraintes ou contrariées. Il eut bien de la peine à étouffer les murmures de son coeur. La voix de la raison étouffa en lui les murmures de l'amour. On dit dans le même sens, Les murmures du sang, les murmures de la vanité. Ces expressions appartiennent au style soutenu.
• MURMURE, se dit aussi Du bruit que font les eaux en coulant, ou les vents quand ils agitent doucement les feuilles des arbres, etc. Le murmure des eaux. Le doux murmure des fontaines, des ruisseaux. Le murmure des zéphyrs.

MURMURER . v. n.
• Faire du bruit en se plaignant sourdement, sans éclater. Il murmure entre ses dents. Il se soumit sans murmurer. On murmure fort de cela. Tout le monde murmure de sa conduite. Il murmure contre ses supérieurs, contre ses parents. En ce sens, il est quelquefois actif. Que murmurez-vous là? Je ne sais ce qu'il murmure entre ses dents.
• Se dit aussi Du bruit sourd qui court de quelque affaire, de quelque nouvelle. Cela n'est pas bien assuré, mais on en murmure. On commence à en murmurer, dans deux jours on en parlera tout haut. Dans ce sens, il est familier.
• Cette nouvelle se murmure, se murmure à l'oreille, On commence à se la communiquer en secret.
• MURMURER, se dit aussi Des eaux, des vents, etc. Un ruisseau qui murmure sur les cailloux. Le vent murmure dans le feuillage.
• MURMURÉ, ÉE. participe

MURRHIN
, INE. adj.
• T. d'Antiquités. Il ne se dit qu'en parlant De certains vases fort estimés des anciens, et dont la matière est encore pour les savants un objet de discussion. On a fait plusieurs dissertations sur les vases murrhins. Matière murrhine.

MUSAGÈTE . adj. m.
• .Mythologie. Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Apollon musagète, c'est-à-dire, Qui conduit les Muses.

MUSARAIGNE . s. f.
• Petit animal sauvage, à peu près de la grosseur d'une souris, et dont le museau est fort pointu.

MUSARD
, ARDE. adj.
• Qui perd son temps à s'occuper, à s'amuser de petites choses. Il est musard. Il est familier.
• Il se prend aussi substantivement. C'est un musard, un vrai musard.

MUSC .s.m.
• Quadrupède ruminant, de la taille d'un chevreuil, et qui a près du nombril une poche pleine d'une matière dont l'odeur est fort pénétrante. Un rognon de musc.
• Se dit aussi de La matière odorante qui sort de cet animal. Bon musc. Musc falsifié. Cela sent le musc. Un grain de musc. Odeur de musc.
• Couleur de musc, Espèce de couleur brune. Gants, drap couleur de musc.
• Peau de musc, Peau parfumée de musc.

MUSCADE . s. f.
• Graine très-odorante, de la forme d'une noisette, et qu'on met au nombre des épices. On l'appelle aussi Noix muscade; et alors Muscade est pris adjectivement. Aimez-vous la muscade?
• Rose muscade, Espèce de rose, ainsi nommée à cause de son odeur particulière. Muscade est aussi adjectif dans cette expression.
• MUSCADE, est encore Le nom que les escamoteurs donnent aux petites boules de la grosseur d'une muscade, dont ils se servent dans leurs tours de gibecière. Passez, partez, muscade.

MUSCADET .s.m.
• Sorte de vin qui a quelque goût de vin muscat.

MUSCADIER .s.m.
• Arbre de la famille des Lauriers, qui porte la muscade. Le muscadier aromatique. Le muscadier porte-suif.

MUSCADIN .s.m.
• Petite pastille à manger, où il entre du musc. Une livre de muscadins.

MUSCAT . adj. m.
• Se dit De certains raisins parfumés, et des vins qu'on en tire. Raisin muscat. Vin muscat.
• S'emploie aussi substantivement. Les muscats de ce pays sont fort gros. Manger du muscat. Une grappe de muscat. Boire du muscat blanc, du muscat rouge. Muscat de Frontignan.
• MUSCAT, pris substantivement, est aussi Le nom de plusieurs espèces de poires. Muscat fleuri. Muscat vert. Muscat royal. Petit muscat.

MUSCLE .s.m.
• T. d'Anat. Organe charnu, fibreux, irritable, dont les contractions produisent tous les mouvements des animaux. La plupart des muscles ont leurs extrémités attachées aux os, qu'ils font mouvoir en divers sens. La tête, la queue, le ventre d'un muscle. Muscle fléchisseur, extenseur, abaisseur, éleveur, adducteur, abducteur, rotateur. Gros muscle. Muscle large. Les muscles du visage. Les muscles des bras, des jambes, etc. Le tendon d'un muscle. Les fibres des muscles. Ce peintre, ce sculpteur rend bien les muscles.

MUSCLÉ
, ÉE. adj.
• Qui a des muscles bien marqués. Se dit principalement en termes de Peinture et de Sculpture. Cette figure, cette statue est bien musclée, trop musclée.

MUSCULAIRE . adj.des deux genres
• T. d'Anat. Qui a rapport aux muscles, ou qui est propre aux muscles. Chair musculaire. Veine, artère musculaire. Fibres musculaires. Irritabilité musculaire. Mouvement, action, force musculaire.

MUSCULE .s.m.
• T. d'Antiq. Nom d'une machine de guerre des anciens, qui servait à couvrir les assiégeants. César, dans ses Commentaires, distingue souvent la tortue du muscule.

MUSCULEUX
, EUSE. adj.
• Où il y a beaucoup de muscles. Partie musculeuse.
• Il signifie aussi, Qui a les muscles très-apparents et très-forts. C'est un homme musculeux.

MUSE . s. f.
• Chacune des neuf déesses qui, suivant les anciens, présidaient aux arts libéraux, et principalement à l'éloquence et à la poésie. Les neuf Muses. Le séjour des Muses. Invoquer les Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des Muses. La Muse de l'histoire, de l'épopée, de la tragédie, de la comédie, de la poésie champêtre, de la danse, etc.
• Fig., Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, Les poëtes.
• MUSES, au pluriel, désigne aussi, figurément, Les belles-lettres, et principalement La poésie. Cultiver les muses. Les muses l'ont consolé de ses disgrâces.
• Fig., Les muses grecques, les muses latines, les muses françaises, etc., La poésie grecque, latine, française, etc. Dans ce sens, Muse se dit quelquefois au singulier. La muse latine. La muse française.
• MUSE, se dit aussi absolument, dans certaines phrases figurées, en parlant De l'inspiration poétique. Il est de ceux à qui la muse accorde aisément ses faveurs.
• Se dit encore, figurément, Du génie de chaque poëte, du caractère de sa poésie. La muse de Racine était tendre et passionnée. Il vient d'offrir au public les fruits de sa muse. Une muse enjouée, badine, sévère, déréglée.
• Se dit aussi de La personne ou du sentiment qui inspire un poëte. La vérité a été sa muse. Cette femme est sa muse.

MUSE . s. f.
• .Vénerie. Le commencement du rut des cerfs. La muse dure cinq ou six jours.

MUSEAU .s.m.
• La partie de la tête du chien et de quelques autres animaux, qui comprend la gueule et le nez. Se dit surtout lorsque cette partie est pointue. Le museau d'un chien. Le museau d'un renard, d'une belette, d'un blaireau.
• Se dit quelquefois, populairement, en parlant Des personnes, mais seulement par mépris ou par plaisanterie. Qu'avait-elle à faire d'aller montrer là son museau? On lui a donné sur son museau, sur le museau.
• Ironiq. et pop., Voilà encore un beau museau, un plaisant museau, se dit D'un homme qui fait l'agréable.

MUSÉE .s.m.
• Lieu destiné, soit à l'étude des lettres, des sciences et des beaux-arts, soit à rassembler les productions, les monuments qui y sont relatifs. Le musée des antiques. Le musée Clémentin. Le musée britannique. Le musée d'histoire naturelle.

MUSELER . v. a.
• Mettre une muselière à un animal. Museler un chien, un cheval, un ours.
• Il signifie figurément, Empêcher de parler. Il faudrait pouvoir museler ce calomniateur.
• MUSELÉ, ÉE. participe

MUSELIÈRE . s. f.
• Ce qu'on met à la gueule, à la bouche de quelques animaux pour les empêcher de mordre ou de paître, etc. Mettre une muselière à un cheval, à un mulet, à un chien. Mettre une muselière de fer à un cheval. Mettre une muselière à un veau, pour l'empêcher de téter.

MUSER . v. n.
• S'amuser et perdre son temps à des riens. Cet homme ne fait que muser. Il est familier.
• Prov., Qui refuse, muse, Souvent celui qui refuse une offre, perd une occasion qu'il ne retrouvera plus.
• MUSER, en termes de Vénerie, se dit Du cerf qui est près d'entrer en rut. Les cerfs commencent à muser.

MUSEROLLE . s. f.
• La partie de la bride d'un cheval, qui se place au-dessus du nez.

MUSETTE . s. f.
• Instrument de musique champêtre, auquel on donne le vent avec un soufflet qui se hausse et se baisse par le mouvement du bras. Jouer de la musette. Danser au son de la musette.
• Il signifie aussi, Un air fait pour la musette, ou dont le caractère convient à cet instrument. Jouer, chanter, composer, danser une musette.

MUSÉUM .s.m.
• (On prononce Muséome.) Il a le même sens que le mot Musée; cependant on l'emploie plus particulièrement pour certains pays. Le muséum de Florence. Le muséum britannique. L'histoire vante le muséum d'Alexandrie.

MUSICAL
, ALE. adj.
• Qui appartient, qui a rapport à la musique. Art musical. Phrase musicale. Caractères musicaux. Composition musicale. Soirée musicale.

MUSICALEMENT . adv.
• Relativement, conformément aux règles de la musique.

MUSICIEN
, IENNE. s.
• Celui, celle qui sait l'art de la musique. C'est un excellent musicien, une grande musicienne. On l'emploie quelquefois adjectivement. Ce jeune homme est bon musicien, n'est pas musicien.
• Il signifie plus spécialement, Celui, celle qui fait profession de composer ou d'exécuter de la musique. L'Italie, l'Allemagne et la France, sont les pays qui comptent le plus de musiciens. Mozart, Haydn, Gluck, Grétry, Sacchini, etc., sont de grands musiciens, des musiciens célèbres. Les musiciens du roi. Les musiciens de la chapelle. Un musicien de l'Opéra. Une musicienne de concert. Des musiciens ambulants.

MUSICO .s.m.
• C'est, dans les Pays-Bas, et surtout en Hollande, Un lieu où le bas peuple et les matelots vont boire, fumer, entendre de la musique, etc. Pendant son séjour en Hollande, il a beaucoup hanté les musicos. Il vieillit.

MUSIQUE . s. f.
• L'art de combiner les sons d'une manière agréable à l'oreille; La théorie de cet art, ou la science des sons considérés sous le rapport de la mélodie, du rhythme et de l'harmonie. La musique est un des beaux-arts. La musique des anciens différait de la nôtre. Il sait, il entend, il possède parfaitement bien la théorie de la musique, la musique. Des mathématiciens, sans savoir solfier, ni jouer d'aucun instrument, ont fait sur la musique des traités fort estimés.
• Se dit aussi Des productions de cet art. Composer de la musique. Mettre des vers en musique. Il fait de belle, d'excellente musique. Sa musique est savante, agréable, faible, bien écrite, mal écrite, correcte. C'est lui qui a fait, qui a composé la musique de cet opéra, de cette cantate. Messe, Te Deum en musique. Musique vocale, instrumentale. Musique pour le piano, pour la harpe, etc. Musique de piano, de flûte, de violon, etc. Musique de scène, ou Musique dramatique. Musique d'église. Musique de bal. Musique militaire. Exécuter de la musique. Musique d'une exécution difficile. Musique gravée. Musique copiée. Écrire, copier de la musique. Lire de la musique. Marchand, éditeur de musique. Copiste de musique. Acheter de la musique. Musique italienne. Musique française.
• Instrument de musique, Instrument avec lequel on exécute de la musique.
• Notes de musique, Les signes ou caractères dont on se sert pour indiquer les divers tons de la musique; et, Livre, cahier, papier de musique, Livre, cahier, papier où il y a des airs de musique écrits avec ces sortes de notes.
• Prov., Être réglé comme un papier de musique, Être exact et ponctuel dans tout ce qu'on fait.
• Apprendre la musique, Apprendre, soit à composer, soit à exécuter de la musique, ou l'un et l'autre à la fois. On dit dans la même signification: Savoir la musique. Enseigner, montrer la musique. Maître de musique. Classe de musique. Avoir du goût pour la musique. Etc.
• MUSIQUE, signifie aussi, L'exécution de la musique, soit avec la voix, soit avec les instruments. Nous avons eu, nous avons entendu ce soir beaucoup de musique. Nous ferons de la musique. Il nous a donné de la musique, de fort bonne musique. Une musique de voix et d'instruments.
• Prov. et fig., Musique enragée, musique de chiens et de chats, Musique discordante, qui déchire l'oreille. Se dit aussi, populairement, Du bruit confus de plusieurs personnes qui se querellent.
• MUSIQUE, signifie encore, Une compagnie de musiciens de profession qui ont coutume d'exécuter de la musique ensemble. La musique du roi. La musique de la chapelle. Maître de musique de la chapelle. Il était de la musique du roi. La musique de cette église est très-bonne. Il est attaché à la musique de l'Opéra. La musique du régiment.
• MUSIQUE, se dit figurément de Certains sons agréables ou désagréables. La voix de cette femme est une musique délicieuse. Ironiq. et fam., Cet enfant ne cesse de crier; il nous fait là une belle musique.

MUSQUER . v. a.
• Parfumer avec du musc. Musquer une peau, des gants. Avec le pronom personnel, Se musquer.
• MUSQUÉ, ÉE. participe, Gants musqués. Cet homme est toujours musqué.
• Se dit aussi De certaines choses dont l'odeur a quelque rapport avec celle du musc. Poire musquée. Cette poire a une eau musquée.
• Fig. et fam., Écrivain, orateur, poëte musqué, Écrivain, orateur, poëte qui a trop d'apprêt, de recherche, qui affecte les ornements futiles. On dit, dans le même sens, Style musqué, phrases musquées. On dit aussi, Comédie musquée, Comédie dont le dialogue manque de naturel, tombe dans l'affectation, est semé de petits traits d'un esprit maniéré.
• Fig. et fam., Paroles musquées, Paroles obligeantes et flatteuses. Tout ce qu'il dit, ce sont des paroles musquées; mais cela n'a guère de suite.
• Fig. et fam., Fantaisies musquées. Fantaisies singulières, bizarres. Cet homme a des fantaisies musquées. Il est peu usité.
• Fig. et fam., Messe musquée, La dernière messe, où assistent ordinairement les gens du grand monde.

MUSSER
(SE) . v. pron.
• Se cacher. Il est vieux.
• Fam., À musse-pot, et, par corruption, À muche-pot, En cachette.
• MUSSÉ, ÉE. participe

MUSULMAN
, ANE. s.
• Titre par lequel les mahométans se distinguent des autres hommes, et qui signifie dans leur langue, Vrai fidèle, vrai croyant. Un musulman. Un bon musulman. Se faire musulman. La religion des musulmans. Une musulmane.
• Il est aussi adjectif, et se dit surtout De ce qui concerne la religion des mahométans. Les rites musulmans. La religion musulmane.

MUSURGIE . s. f.
• .Musique. Art d'employer à propos les consonnances et les dissonances.

MUTABILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est muable, de ce qui est sujet à changer. La mutabilité des choses du monde.

MUTATION . s. f.
• Changement, remplacement d'une personne par une autre. Il y a eu de nombreuses mutations dans ce régiment, dans cette administration. À chaque mutation de propriétaire foncier, il est dû un droit d'enregistrement.
• Il signifie aussi, Révolution. En ce sens, il ne s'emploie guère qu'au pluriel. Les grandes mutations dans les États ont été causées par la faiblesse ou par la violence des princes. Les fréquentes mutations qui arrivent dans l'atmosphère causent des maladies.

MUTILATION . s. f.
• Retranchement d'un membre ou de quelque autre partie extérieure du corps. L'amputation de la cuisse est une cruelle mutilation. Un coup de sabre lui a abattu le nez; cette mutilation le défigure horriblement.
• Se dit aussi en parlant Des statues, des tableaux, des édifices, et même des productions littéraires. Réparer les mutilations d'une statue, d'un tableau, d'un arc de triomphe. Les censeurs avaient fait subir à cet ouvrage de grandes mutilations.

MUTILER . v. a.
• Retrancher, couper. Il est principalement d'usage Lorsqu'on parle du retranchement d'un membre ou de quelque autre partie extérieure du corps humain, ou de quelque partie d'une statue. Mutiler quelqu'un d'un bras, d'un pied. Qui l'a ainsi mutilé? Mutiler une statue.
• MUTILER, signifie quelquefois, absolument, Châtrer. La jalousie des Orientaux les porte à mutiler les esclaves auxquels ils confient la garde de leurs femmes. En ce sens, il s'emploie aussi avec le pronom personnel. Origène se mutila dans un accès de pieuse frénésie.
• MUTILER, par extension, se dit en parlant De tableaux, d'édifices, etc., et signifie, Défigurer, briser. On a mutilé le chapiteau de cette colonne. Ce tableau a été mutilé à coups de couteau.
• Se dit figurément en parlant Des ouvrages d'esprit. La censure à cruellement mutilé cet ouvrage. En voulant abréger son poëme, il l'a mutilé.
• MUTILÉ, ÉE. participe

MUTIN
, INE. adj.
• Obstiné, têtu, querelleur. Il est mutin. Elle est mutine. Enfant mutin. Esprit, caractère mutin.
• Il signifie aussi, Séditieux. Ces peuples sont légers et mutins.
• S'emploie substantivement, dans les deux sens. C'est un mutin. Il fait le mutin. Voyez le petit mutin! Les mutins se rendirent les maîtres. On punit le chef des mutins.
• Un visage, un air mutin, Un visage, un air vif, éveillé, piquant. On dit dans le même sens, Des yeux mutins.

MUTINER
(SE). v. pron.
• Se porter à la sédition, à la révolte. Les troupes se mutinèrent. Le peuple se mutinait. Cet ordre rigoureux fit mutiner les soldats. Dans cette dernière phrase, il y a ellipse du pronom.
• Se dit aussi D'un enfant qui se dépite. Il se mutine à chaque instant. Il est sujet à se mutiner.
• MUTINÉ, ÉE. participe, Troupes mutinées. Peuple mutiné.
• Poét. et fig., Les flots, les vents mutinés, Les flots agités, les vents impétueux.

MUTINERIE . s. f.
• Tumulte de gens mécontents, sédition. La mutinerie des troupes, du peuple. Apaiser la mutinerie.
• Il signifie aussi, L'obstination d'un enfant qui se dépite. Il faut punir les enfants de leur mutinerie. Les mutineries de cet écolier, de cet apprenti, sont insupportables.

MUTISME .s.m.
• État de celui qui est muet. Le mutisme de naissance est presque toujours incurable. Le mutisme est ordinairement une suite de la surdité de naissance. Son mutisme provient d'accident.

MUTUEL
, ELLE. adj.
• Réciproque entre deux ou plusieurs personnes, entre deux ou plusieurs choses. Amour mutuel. Haine mutuelle. Ils s'aiment d'une affection mutuelle. Obligation mutuelle entre le mari et la femme, entre le souverain et les sujets. Devoirs mutuels d'un père et d'un fils. Le mari et la femme se sont fait un don mutuel de leurs biens, ou simplement un don mutuel. Ces deux amis se sont fait une donation mutuelle. L'attraction mutuelle de deux corps. Société de secours mutuels. Enseignement mutuel.

MUTUELLEMENT . adv.
• Réciproquement. Ils s'aident mutuellement. Ils se sont assuré leur bien mutuellement.

MUTULE . s. f.
• T. d'Archit. Ornement propre à la corniche de l'ordre dorique, et qui représente, au-dessous du larmier, l'extrémité des chevrons. C'est ce qu'on appelle Modillon, dans les autres ordres. Les mutules sont placées au-dessus des triglyphes et des métopes, et ont des gouttes pendantes à leur surface saillante et inclinée.

MYOGRAPHIE . s. f.
• Représentation des muscles. S'emploie quelquefois pour Myologie.

MYOLOGIE . s. f.
• Partie de l'anatomie, qui traite des muscles.

MYOPE . s.
• Celui, celle qui a la vue fort courte, et qui ne peut voir les objets éloignés sans le secours d'un verre concave. Un myope. Une myope.
• S'emploie aussi adjectivement. Il est myope. Un enfant myope. La vue myope est l'opposé de la vue presbyte.

MYOPE .s.m.
• T. d'Entomologie. Genre d'insectes à deux ailes, qui vivent sur les fleurs, et qui sont très-communs en Europe.

MYOPIE . s. f.
• État de ceux qui ont la vue courte. La cause de la myopie est la trop grande convexité du globe de l'oeil.

MYOSOTIS .s.m.
• (On fait sentir l'S finale. ) Plante que l'on nomme aussi Oreille de souris. Voyez OREILLE.

MYOTOMIE . s. f.
• Partie de l'anatomie, qui a pour objet la dissection des muscles.

MYRIADE . s. f.
• T. d'Antiq. Nombre de dix mille.
• Se dit, dans le langage ordinaire, d'Une quantité indéfinie et innombrable. Il y a des myriades d'étoiles qu'on ne peut apercevoir à l'oeil nu. Des myriades de sauterelles, de cousins.

MYRIAMÈTRE .s.m.
• Mesure itinéraire, qui vaut dix mille mètres, ou environ deux lieues de poste. Une distance de cinq myriamètres.

MYRIAPODE .s.m.
• T. d'Entomologie. Voyez MILLE-PIEDS.

MYRMIDON .s.m. - Voyez MIRMIDON.

MYROBOLAN .s.m.
• On donne ce nom à plusieurs espèces de fruits desséchés qui sont apportés de l'Amérique et de l'Inde, et qui entrent dans quelques compositions pharmaceutiques. Autrefois on administrait les myrobolans comme laxatifs.

MYRRHE . s. f.
• Sorte de gomme odorante, médicinale, qui vient de l'Arabie Heureuse. La myrrhe transparente passe pour la meilleure de toutes. La myrrhe est fort amère. On se servait de myrrhe pour embaumer les corps.

MYRRHIS .s.m.
• (On fait sentir les deux R et l'S.) Plante ombellifère et médicinale, dont les feuilles sont assez semblables à celles de la ciguë. On la nomme aussi Cerfeuil musqué, et Cicutaire odorante.

MYRTE .s.m.
• Arbrisseau toujours vert, dont les feuilles sont menues, et qui porte de petites fleurs blanches d'une odeur agréable. Myrte mâle, femelle, commun, double. La feuille et la fleur du myrte sont odoriférantes. Encaisser un myrte. Chez les anciens, le myrte était consacré à Vénus.

MYRTIFORME . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui a la forme d'une feuille de myrte. Les caroncules myrtiformes.

MYSTAGOGUE .s.m.
• T. d'Antiq. grecque. Prêtre qui initiait aux mystères de la religion.

MYSTÈRE .s.m.
• Secret Se dit proprement en matière de religion, et signifie, Ce qu'une religion a de plus caché. Toutes les religions ont leurs mystères. Les mystères de Cérès, d'Éleusis, de la bonne déesse, d'Isis et d'Osiris. Être initié aux mystères. Les anciens punissaient sévèrement ceux qui avaient violé, révélé les mystères. Les profanes étaient écartés des mystères.
• Il signifie plus particulièrement, dans la religion chrétienne, Tout ce qui est proposé pour être l'objet de la foi des fidèles. Mystère sacré, adorable, ineffable, incompréhensible. Le mystère de la Trinité, de l'Incarnation. Il faut adorer les mystères sans vouloir les approfondir. Les mystères que Dieu a révélés. Pénétrer dans les mystères. Le mystère du corps et du sang de JÉSUS-CHRIST. La profanation des mystères. Les principaux mystères de la foi. Les lieux où Dieu a opéré le mystère de notre salut.
• Les saints mystères, Le sacrifice de la messe. Célébrer les saints mystères. Participer aux saints mystères.
• MYSTÈRE, se dit figurément Des opérations secrètes de la nature, des mouvements cachés du coeur humain, et des moyens les moins vulgaires employés par les beaux-arts. Étudier, approfondir, pénétrer, révéler les mystères de la nature, les mystères du coeur humain. Les mystères de la poésie, de l'éloquence, etc. Tous les arts ont leurs mystères.
• MYSTÈRE, signifie aussi, figurément, Ce qu'il y a de caché, de secret dans les affaires humaines. Les mystères de la politique. Mystère d'État. Il y a quelque mystère caché là-dessous. C'est un mystère qu'on ne saurait pénétrer, qu'on ne peut développer. On découvrira bientôt ce mystère d'iniquité. Ses crimes sont ensevelis dans l'ombre du mystère. C'est un mystère que le temps révélera. Le plus profond mystère enveloppe toute cette aventure.
• Se dit aussi de Certains soins, de certaines précautions que l'on prend pour n'être point entendu, pour n'être point observé. Il m'a entretenu, avec beaucoup de mystère, de tous ses chagrins. Ils sont sortis tous deux, en grand mystère.
• Il signifie également, Difficulté que l'on fait touchant quelque chose, importance qu'on y attache. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Pourquoi faire tant de mystère pour nous dire ce que tout le monde sait? Faut-il faire tant de mystère pour si peu de chose? Voilà bien des mystères, bien du mystère. Je n'entends pas tous ces mystères. Il n'y a pas grand mystère à cela. Y a-t-il tant de mystère à cela? Voilà un beau mystère. C'est donc là que gît le mystère.
• Faire mystère, un mystère d'une chose, La tenir secrète, la cacher avec soin. Il nous a fait mystère de sa naissance, de sa profession. Il fait un mystère de sa méthode. C'est un homme qui fait mystère de tout. Il fait mystère des moindres choses. Il n'en fait pas mystère. On dit dans le même sens, Mettre du mystère à quelque chose. On dit proverbialement, dans le même sens, Il est tout cousu de petits mystères, il est tout mystère de la tête aux pieds.
• MYSTÈRE, est aussi Le nom que nos pères donnaient à certaines pièces de théâtre dont le sujet était tiré de la Bible, et où ils faisaient intervenir Dieu, les anges, les diables, etc. Le mystère fut beau et fort dévot. Les diables jouèrent plaisamment le mystère.

MYSTÉRIEUSEMENT . adv.
• D'une façon mystérieuse. Les prophètes ont parlé mystérieusement.
• Il signifie aussi, D'une manière cachée, secrète. C'est un homme qui se conduit mystérieusement en tout, qui parle de tout mystérieusement.

MYSTÉRIEUX
, EUSE. adj.
• Qui contient quelque mystère, quelque secret, quelque sens caché. Se dit proprement en matière de religion. Les anciens Égyptiens ont caché les secrets de leur religion sous des caractères mystérieux. Les paroles mystérieuses de l'Écriture. Les sens mystérieux de la Bible. Cela doit s'entendre dans un sens mystérieux, d'une façon mystérieuse.
• Se dit aussi en parlant Des affaires humaines, et pour l'ordinaire en mauvaise part. Il y a quelque chose de mystérieux dans cette affaire. C'est un homme qui a une conduite mystérieuse. Ils ont eu ensemble un entretien mystérieux. Cette affaire est toute mystérieuse.
• Se dit encore Des personnes, et signifie, Qui fait mystère de beaucoup de choses qui n'en valent pas la peine. C'est un homme fort mystérieux, tout mystérieux. Il est mystérieux en toutes choses.

MYSTICITÉ . s. f.
• Recherche profonde en fait de spiritualité, raffinement de dévotion. Cet ouvrage respire une douce, une tendre mysticité. De telles opinions conduisent à une extravagante mysticité. Donner dans la mysticité.

MYSTIFICATEUR .s.m.
• Celui qui a le goût, l'habitude de mystifier; celui qui en fait métier.

MYSTIFICATION . s. f.
• Action de mystifier.

MYSTIFIER . v. a.
• Abuser de la crédulité de quelqu'un, pour s'amuser à ses dépens. Il a été mystifié de la manière la plus plaisante.
• MYSTIFIÉ, ÉE. participe

MYSTIQUE . adj. des deux genres
• Figure allégorique. Il ne se dit que Des choses de la religion. Le sens mystique de l'Écriture sainte. Il ne faut pas entendre ce passage à la lettre, cela est mystique. L'Église est le corps mystique de JÉSUS-CHRIST.
• Il signifie aussi, Qui raffine sur les matières de dévotion, et sur la spiritualité. Auteur, livre mystique.
• S'emploie quelquefois substantivement, dans ce dernier sens. C'est un grand mystique. Les vrais, les faux mystiques.

MYSTIQUEMENT . adv.
• Selon le sens mystique. Ce passage doit être expliqué, doit s'entendre mystiquement.

MYSTRE .s.m.
• T. d'Antiq. Une des mesures dont les Grecs se servaient pour les liqueurs. Il y avait le grand et le petit mystre.

MYTHE .s.m.
• Trait, particularité de la fable, de l'histoire héroïque ou des temps fabuleux. C'est un mythe commun à toutes les religions de l'Orient. Plusieurs des mythes de l'ancien paganisme se retrouvent dans la religion des Indous.

MYTHOLOGIE . s. f.
• Histoire fabuleuse des dieux, des demi-dieux et des héros de l'antiquité. Les fictions de la mythologie. Les dieux de la mythologie. La mythologie des Grecs, des Romains. L'étude de la mythologie est indispensable aux peintres et aux poëtes.
• Il signifie aussi, La science, l'explication des mystères et des fables du paganisme. Il est savant en mythologie. Il a bien traité de la mythologie.

MYTHOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la mythologie. Discours, livre mythologique.

MYTHOLOGUE .s.m.
• Celui qui traite de la science appelée Mythologie. Telle est l'opinion des mythologues. Quelques-uns disent aussi, Mythologiste.

MYURE . adj. m.
• .Médec. Il ne s'emploie que dans cette expression, Pouls myure, Pouls dont les pulsations s'affaiblissent peu à peu.

 


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