D.R. BELAIR - RTMKB

N

       

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

N . s. f. et m.
• Consonne, la quatorzième lettre de l'alphabet. Lorsqu'on la nomme Enne, suivant la prononciation ancienne et usuelle, le nom de cette lettre est féminin. Une N (enne). Lorsqu'on l'appelle Ne, suivant la méthode moderne, ce nom est masculin. Un N (ne) majuscule.
• Cette lettre, quand elle est à la fin d'une syllabe ou d'un mot, change quelquefois la prononciation de la voyelle qui la précède, et produit un son nasal, comme dans les mots Ban, bon, bien, chacun, encan, indice, ondée, etc. Quelquefois elle se prononce fortement, comme dans les mots Hymen, amen, abdomen, Éden, etc.
• N. majuscule suivie d'un point, se met à la place d'un nom propre qu'on ignore, on qu'on ne veut pas faire connaître; et sert encore à une désignation générale et indéterminée de personne. N. est moins affaibli par l'âge que par la maladie. N. a de l'esprit, mais dix fois moins qu'il ne croit en avoir. N. n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, savoir, de dîner le matin, et de souper le soir.

NABAB .s.m.
• Mot arabe qui signifie, Lieutenant, et qui est le titre des princes de l'Inde musulmane.
• Se dit, par dérision, Des Anglais qui ont rempli de grands emplois ou fait le commerce dans l'Inde, et qui en sont revenus avec des richesses considérables.

NABABIE . s. f.
• Dignité de nabab.
• Il signifie aussi, Le territoire soumis à la puissance d'un nabab. La nababie d'Arcate.

NABOT
, OTE. s.
• .mépris qui signifie, Une personne d'une très-petite taille. C'est un nabot, un petit nabot, une petite nabote. Il est familier.

NACARAT . adj. invariable
• Qui est d'un rouge clair entre le cerise et le rose. Satin, velours, ruban nacarat.
• Il est aussi substantif masculin, et signifie, La couleur nacarat. Le nacarat tire sur le rouge de la nacre de perle. Cette étoffe est d'un beau nacarat.

NACELLE . s. f.
• Petit bateau qui n'a ni mât ni voile. Nacelle de pêcheur. Il passa la rivière dans une nacelle.
• Fig., La nacelle de saint Pierre, L'Église catholique romaine.
• NACELLE, en termes d'Architecture, se dit d'Une moulure en demi-ovale.

NACRE . s. f.
• Matière blanche et brillante qui réfracte la lumière de manière à produire un mélange agréable de couleurs, et qui forme l'intérieur de beaucoup de coquilles. Nacre de perles. Un étui de nacre. Un couteau de nacre, à manche de nacre.

NACRÉ
, ÉE. adj.
• Qui a l'éclat, l'apparence de la nacre. Couleur nacrée.

NADIR .s.m.
• T. d'Astron., emprunté de l'arabe. Le point du ciel qui est directement sous nos pieds, et auquel aboutirait une ligne verticale tirée du point que nous habitons, par le centre de la terre. Le nadir est diamétralement opposé au zénith.

NAFFE . s. f.
• Il n'est usité que dans cette expression, Eau de naffe, Sorte d'eau de senteur, dont la fleur d'orange est la base.

NAGE . s. f.
• Il ne s'emploie que dans les locutions suivantes:
• À la nage, En nageant. Il passa la rivière à la nage. Il s'est sauvé à la nage.
• Se jeter à la nage, Se jeter à l'eau pour nager.
• Fig. et fam., Être en nage, tout en nage, Être tout trempé, tout mouillé de sueur. Où vous êtes-vous si échauffé? vous êtes tout en nage. Vous avez fait trop galoper ce cheval, il est tout en nage.

NAGÉE . s. f.
• Espace qu'on parcourt, en nageant, à chaque impulsion qu'on donne à son corps, par le mouvement simultané de ses bras et de ses jambes. Il a traversé ce bras de rivière en vingt nagées. Il est peu usité.

NAGEOIRE . s. f.
• Organe extérieur des poissons, des animaux marins, qui leur sert à nager. Les nageoires d'un poisson, d'un phoque. Nageoire dorsale. Nageoires pectorales.
• Se dit aussi de Ce qu'on met sous ses bras pour se soutenir sur l'eau, quand on apprend à nager. Se servir de nageoires.

NAGER . v. n.
• Se soutenir et avancer sur l'eau par le mouvement de certaines parties du corps. Se dit De l'homme et des animaux. C'est un homme qui nage bien. Apprendre à nager. Il nage comme un poisson. Nager sur le dos. Nager entre deux eaux. Un chien, un cheval qui nage.
• Fig. et fam., Nager en grande eau, Être dans l'abondance, jouir d'une grande fortune, se trouver dans de grandes occasions d'avancer ses affaires.
• Fig., Nager dans l'opulence, Jouir de grandes richesses. Nager dans la joie, Être rempli de joie. Nager dans les plaisirs, Vivre au milieu des plaisirs, s'y abandonner.
• Fig. et fam., Nager entre deux eaux, se dit D'une personne qui, entre deux factions, entre deux partis, se conduit de manière à les ménager l'un et l'autre.
• NAGER, signifie aussi, Ramer pour voguer sur l'eau. Allons, bateliers, nagez. Il faut nager de toutes les rames pour mener la chaloupe à bord. Ceux qui mènent les gondoles nagent debout. En ce sens, il est quelquefois actif. Ainsi on dit, Nager la chaloupe à bord, La faire avancer vers le bord, l'y conduire.
• NAGER, signifie encore, Flotter sur l'eau, ne point aller à fond. Se dit Des corps légers qui n'enfoncent pas dans l'eau. Le bois, le liége nage sur l'eau. L'huile nage sur l'eau et sur les autres liqueurs.
• NAGER, signifie, par extension, Être dans un liquide quelconque. Pendant neuf mois, le foetus nage dans le fluide qui remplit l'amnios. Ces pois nagent dans la sauce. Il faut que les cornichons, pour se conserver, nagent dans le vinaigre.
• Par exagér., Nager dans son sang, Être tout couvert de son sang.

NAGEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui nage, qui sait nager. Grand nageur. Bonne nageuse.
• Il signifie aussi quelquefois, Un batelier qui rame. Nous avions quatre nageurs.

NAGUÈRE
ou NAGUÈRES. adv.
• Il y a peu de temps, il n'y a pas longtemps. Cette ville, naguère si florissante. Naguère encore vous me disiez... Il est surtout usité dans la poésie et dans le style soutenu.

NAÏADE . s. f.
• Chacune des divinités qui, suivant la Fable, présidaient aux fontaines et aux rivières. La plus belle des naïades.

NAÏF
, ÏVE. adj.
• Naturel, ingénu, sans fard, sans apprêt, sans artifice. Une beauté naïve. Les grâces naïves de l'enfance. Une réponse simple et naïve. Des manières naïves et agréables. Un ton naïf et doux. Il a quelque chose de naïf dans l'humeur, dans l'esprit. Une pensée naïve.
• Il signifie aussi, Qui retrace simplement la vérité, qui imite la nature sans laisser paraître d'artifice, ni d'effort. Faire une description, une relation, une peinture naïve de quelque chose. Expression naïve. Il y a dans ce tableau des airs de tête bien naïfs. Il y a quelque chose de naïf dans tout ce que ce peintre compose. L'attitude, la pose de cette statue est naïve.
• NAÏF, se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui dit sa pensée sans détour, ingénument. C'est l'homme du monde le plus naïf. Une personne franche et naïve.
• Il se prend quelquefois en mauvaise part, et signifie, Qui dit, par un excès de simplicité, ce qu'il aurait intérêt à cacher. C'est un homme naïf dont vous tirerez tout ce que vous voudrez.
• Se dit aussi Des choses, dans un sens analogue. Un amour-propre naïf. Une vanité naïve. Il lui est échappé une réponse bien naïve. Cela est naïf.
• NAÏF, s'emploie substantivement pour signifier, Le genre naïf dans les arts et en littérature. Le naïf, en peinture, distingue les ouvrages de l'école flamande. Le naïf, en littérature, n'est pas le bas et le trivial.

NAIN
, AINE. s.
• Celui, celle qui est d'une taille beaucoup plus petite que la taille ordinaire. Un joli nain. Une jolie naine. Les nains sont d'ordinaire contrefaits. Vous êtes, vous paraissez un nain auprès de lui.
• NAIN, est aussi adjectif, et alors il se dit Des choses. Ainsi on appelle Arbres nains, Des arbres à fruit qui ne croissent, ou qu'on ne laisse croître que jusqu'à une hauteur médiocre, et que l'on élève en buisson; et Buis nain, Une sorte de buis qui ne devient jamais aussi grand que le buis ordinaire.
• OEuf nain, OEuf de poule qui ne contient point de jaune.

NAÏRE .s.m.
• Nom que les Indiens du Malabar donnent à leurs nobles, surtout aux militaires.

NAISSANCE . s. f.
• Sortie de l'enfant hors du ventre de la mère. Heureuse naissance. Naissance désirée, attendue. Depuis la naissance de Notre-Seigneur jusqu'à présent. La naissance d'un prince. À sa naissance. Au jour de sa naissance. Les astres qui ont présidé à sa naissance. Le temps qui s'est écoulé entre sa naissance et sa mort. Le lieu de sa naissance. Le pays où il a reçu la naissance, où il a pris naissance. Il est sourd et muet de naissance, dès sa naissance. Le moment, l'heure, l'époque, l'anniversaire de sa naissance. On a fêté son jour de naissance. L'administration tient registre des décès et des naissances. Acte de naissance.
• Se dit quelquefois en parlant Des animaux. Deux jours avant la naissance de ce poulain, de ce veau, la mère ne voulait plus ni manger ni boire.
• NAISSANCE, signifie aussi, Extraction. Haute naissance. Être de grande, d'illustre naissance. Être d'une naissance obscure. On n'a pu savoir quelle était sa naissance. Naissance illégitime. Il nous a révélé le secret de sa naissance. Ses talents réparèrent le vice, le défaut de sa naissance. S'enorgueillir, rougir de sa naissance. Avoir des sentiments dignes de sa naissance. Sa vertu rehausse l'éclat de sa naissance. Sa naissance est commune.
• Se dit quelquefois, absolument, pour Noblesse. Ils avaient du mérite tous deux, mais l'un avait l'avantage de la naissance. C'est un homme de naissance, qui a de la naissance. C'était un honnête homme, mais il n'avait point de naissance. C'était un homme sans naissance.
• NAISSANCE, se dit aussi quelquefois en parlant Des bonnes et des mauvaises qualités avec lesquelles on est né. La plus heureuse naissance a besoin encore d'une bonne éducation. Dans cette acception, il a vieilli; on dit, Le plus heureux naturel, etc.
• NAISSANCE, signifie figurément, Origine, commencement. La naissance du monde. La naissance d'un État, d'une ville. La naissance de l'hérésie. C'est de là que les désordres, les troubles prirent naissance. Étouffer une sédition dès sa naissance, dans sa naissance, sur le point de sa naissance. Tout dans ce pays favorisa la naissance et les progrès de l'industrie. C'est la politesse, c'est le désir de plaire qui a donné naissance à cet usage. La naissance du printemps. La naissance du jour.
• Naissance de la verdure, des fleurs, Le moment où la verdure, les fleurs commencent à pousser.
• NAISSANCE, signifie encore, Le point, l'endroit où commence, d'où part, d'où s'élève une chose qui se prolonge ensuite dans une certaine direction. Ce fleuve, à sa naissance, reçoit plusieurs ruisseaux qui le grossissent. La naissance d'une tige, d'un rameau. Couper une branche à sa naissance.
• En Architecture, La naissance d'une colonne, Le commencement du fût. La naissance d'une voûte, Le commencement de sa courbure.

NAISSANT
, ANTE. adj.
• Qui naît, qui commence à paraître. Enfant naissant. Jour naissant. Fleurs naissantes. Arbres naissants. Vert naissant. Passion naissante. Amour naissant. État naissant. République, ville, colonie naissante. Une compagnie, une société naissante. Une fortune naissante. Il faut encourager les talents naissants.
• Cheveux naissants, Cheveux qui flottent en liberté comme ceux des enfants, ou qui sont frisés en long, comme l'étaient autrefois ceux des magistrats. Perruque naissante, Perruque qui imite les cheveux naissants. Tête naissante, Tête nouvellement rasée, dont les cheveux commencent à repousser.

NAÎTRE . v. n.
• (Je nais, tu nais, il naît; nous naissons, vous naissez, ils naissent. Je naissais. Je naquis. Je naîtrai. Que je naisse. Je naîtrais. Que je naquisse. Naissant. Né.) Sortir du ventre de la mère, venir au monde. Un enfant qui vient de naître. Ils naquirent le même jour, dans la même année. Le moment où il est né. Il est né dans telle ville. Il était né gentilhomme. Il est né Français. Il est né sous une heureuse étoile. Il est né dans l'abaissement, dans la grandeur. Il est né de parents illustres, obscurs, riches, pauvres. Les enfants qui naîtront de ce mariage. Naître aveugle, boiteux. Il est né avec une excroissance au front. Il est né avec un esprit inquiet, turbulent. L'homme naît sensible. Il lui est né un fils. Tout ce qui naît est sujet à mourir.
• Être né poëte, peintre, musicien, etc., Avoir des dispositions naturelles à être poëte, peintre, etc.
• Être né pour une chose, Avoir un talent naturel, une grande disposition pour une chose. C'est un homme qui est né pour la guerre, pour les armes. Il est né pour les lettres, pour le plaisir, pour l'amour.
• Fam., Être innocent d'une chose comme l'enfant qui est à naître, comme l'enfant qui vient de naître, En être tout à fait innocent, n'y avoir aucune part.
• Fam., Son pareil est à naître, Il n'y a point d'homme semblable à lui, d'homme qui agisse, qui parle comme lui. On dit dans un sens analogue, Il est à naître que, Il n'est jamais arrivé que, Il est à naître qu'un fils en ait jamais si mal usé avec son père. Cette dernière locution vieillit.
• NAÎTRE, se dit, en Théologie, Du fils de Dieu. Le Verbe naît éternellement du Père d'une manière ineffable. Le Verbe est né avant tous les temps.
• NAÎTRE, se dit aussi Des animaux. Un poulain, un agneau qui vient de naître. Le poulet naît d'un oeuf. D'anciens philosophes ont cru faussement que les insectes naissaient de la corruption.
• Se dit également Des végétaux qui sortent de terre, qui commencent à pousser. L'herbe qui commence à naître. Les fleurs naissent au printemps. Les palmiers ne naissent que dans les pays chauds.
• Il signifie encore, figurément, Prendre son origine, être produit. Ce ruisseau naît à deux lieues d'ici. Le tremblement de terre fit naître des îles en des lieux où il n'y en avait jamais eu. Beaucoup de maladies naissent d'intempérance.
• Se dit au sens moral, dans la même acception. Nos plus grands plaisirs naissent de nos besoins. Les affaires naissent les unes des autres. Il est né de là une foule de procès. Cet incident m'en a fait naître la pensée. Cette querelle fit naître une haine irréconciliable entre les deux familles. Cela peut faire naître de grands soupçons, des doutes, des scrupules. L'esprit de parti a fait naître de nouveaux troubles. Les inventions utiles sont nées du besoin. Beaucoup de grandes découvertes sont nées du hasard. Les sciences ne prospèrent pas toujours dans les pays où elles naissent.
• NAÎTRE, signifie aussi, figurément et au sens moral, Commencer. L'empire romain ne faisait alors que de naître. J'ai vu naître cet amour. Les empires naissent, se développent et périssent. Il faut s'opposer aux passions quand elles naissent, et ne pas attendre qu'elles aient pris des forces. Les arts naissent, se perfectionnent et déclinent. J'ai vu naître la fortune de cet homme. On dit aussi absolument, Je l'ai vu naître, J'ai vu le commencement de sa fortune.
• NÉ, ÉE. participe, Un enfant nouvellement né. Aveugle-né. Né coiffé. Voyez COIFFÉ.
• , s'emploie adjectivement, en parlant De certains droits attachés à quelques dignités. Ainsi l'on disait autrefois que L'archevêque de Paris et l'abbé de Cluny étaient conseillers d'honneur nés du parlement de Paris, pour dire que Les archevêques de Paris et les abbés de Cluny avaient droit de séance au parlement. On disait, dans un sens pareil, que L'archevêque de Reims était légat-né du saint-siége; que L'archevêque de Narbonne était président-né des états de Languedoc.
• Fig., Il est l'ennemi-né des talents, Il a pour les gens de talent une aversion si générale et si constante, qu'elle semble lui être naturelle. Il est le protecteur-né des sciences et des arts, Il protége en toute occasion les hommes qui cultivent les sciences, les arts: cela peut signifier aussi que sa place, ses fonctions lui font un devoir de les encourager.
• BIEN NÉ, ÉE. adj. Né d'une famille honnête, honorable. C'est un jeune homme, un homme bien né.
• Il signifie aussi, Qui a de bonnes inclinations. Un enfant bien né. Une fille bien née. On ne peut pas être mieux né que ce jeune homme.
• MAL NÉ, ÉE. adj. Qui a de mauvaises inclinations. Un enfant mal né. Une fille mal née.
• MORT-NÉ, ÉE. adj. Mort avant que de naître. Un enfant mort-né. Un veau, un agneau mort-né. Deux enfants mort-nés. Une brebis mort-née.
• Se dit, figurément, Des ouvrages d'esprit qui n'ont aucun succès. C'est un ouvrage mort-né. Un poëme mort-né. Une tragédie mort-née.
• NOUVEAU-NÉ, ÉE. adj. Qui est né depuis peu de temps, qui vient de naître. Un enfant nouveau-né. Dans cet adjectif composé, Nouveau est pris adverbialement. Des enfants nouveau-nés. Une fille nouveau-née.
• S'emploie quelquefois substantivement, mais seulement au masculin. Je viens de voir le nouveau-né.
• PREMIER-NÉ. adj. m. .l'Écriture sainte. Le premier enfant mâle. Sous la loi de Moïse, on offrait à Dieu les enfants premiers-nés.
• Il est aussi substantif. L'ange extermina les premiers-nés des Égyptiens.
• Se dit quelquefois en parlant Des animaux. Les premiers-nés des animaux étaient offerts à Dieu.

NAÏVEMENT . adv.
• Avec naïveté. Parler naïvement. Avouer naïvement une chose. Exprimer, représenter naïvement quelque chose.

NAÏVETÉ . s. f.
• Ingénuité, simplicité d'une personne qui manifeste naturellement ses opinions et ses sentiments. La naïveté d'un paysan. La naïveté d'un enfant.
• Il signifie aussi, La simplicité naturelle et gracieuse avec laquelle une chose est exprimée ou représentée, selon la vérité ou la vraisemblance. Il y a beaucoup de grâce et de naïveté dans ses expressions, dans son style. Cela est dépeint avec une naïveté et une vérité admirables. Il y a une grande naïveté dans l'expression, dans la pose, dans l'attitude de cette figure. Cet acteur est d'une extrême naïveté dans son jeu. Cet auteur exprime le sentiment avec beaucoup de naïveté. Naïveté de style, de langage. Naïveté de pinceau.
• Il signifie aussi, Simplicité niaise, ou défaut de retenue dans l'expression de sentiments qu'on aurait intérêt à cacher. Admirez la naïveté de ce garçon. Son orgueil est d'une naïveté comique, d'une naïveté risible.
• Se dit encore Des propos, des expressions qui échappent par ignorance. Voilà une grande naïveté. Les jeunes personnes sont sujettes à dire des naïvetés.

NANAN .s.m.
• Mot dont les enfants se servent, et dont on se sert en leur parlant, et qui signifie, Des friandises, des sucreries. Vous aurez du nanan.

NANKIN .s.m.
• Toile de coton qui est ordinairement d'un jaune approchant de la couleur du chamois, qui se fabrique à Nankin, ville de la Chine, et qu'on imite aux Indes et en Europe. Pièce, pantalon, gilet, guêtres de nankin. Nankin des Indes.

NANTIR . v. a.
• Donner des gages pour assurance d'une dette. Cet homme ne prête point si on ne le nantit auparavant. Il faut qu'on le nantisse. Il ne veut rien prêter s'il n'est nanti.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Il ne perdra rien dans cette mauvaise affaire, il s'était nanti de bons effets, il s'était nanti.
• En termes de Palais, Se nantir des effets d'une succession, S'en saisir comme y ayant droit, s'en emparer par précaution, sauf à rapporter.
• NANTIR, avec le pronom personnel, signifie familièrement, Se garnir, se pourvoir de quelque chose par précaution. Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluie, d'un bon déjeuner avant de partir.
• Il signifie encore, absolument, Faire des profits dans un emploi, dans une place, et les mettre en réserve. Cet homme s'est bien nanti avant de sortir de sa place. On dit dans le même sens, Il a perdu sa place, mais il est bien nanti.
• NANTI, IE. participe

NANTISSEMENT .s.m.
• Gage, ce qu'on donne à un créancier pour sûreté de ce qui lui est dû. Il a un bon nantissement. Il a exigé, on lui a donné des pierreries pour son nantissement, en nantissement. Prêt sur nantissement.
• Pays de nantissement, Les lieux où la coutume voulait que pour avoir privilége sur les biens d'un débiteur, on fit inscrire sa créance sur le registre public.

NAPÉE . s. f.
• Chacune des nymphes qui, suivant la Fable, présidaient aux forêts et aux montagnes.

NAPEL .s.m.
• Espèce d'aconit.

NAPHTE .s.m.
• Espèce de bitume transparent, léger, et très-inflammable. L'huile de naphte, purifiée par la distillation, est très-limpide.

NAPOLÉON .s.m.
• (Analogue de Louis.) Pièce de vingt ou de quarante francs à l'effigie de Napoléon. Se dit plus ordinairement Des pièces de vingt francs. Il perdit dans la soirée cinquante napoléons.

NAPPE . s. f.
• Linge dont on couvre la table pour prendre ses repas. Nappe fine, ouvrée, damassée, unie, blanche, sale. Mettre, lever, ôter la nappe. Nappe de cuisine. Nappe de cabaret.
• Fig. et fam., La nappe est toujours mise dans cette maison, On y trouve à boire et à manger à quelque heure qu'on y vienne.
• À l'église, Nappe d'autel, Le linge dont on couvre l'autel. Nappe de communion, Le linge placé devant les communiants.
• Nappe d'eau, Espèce de cascade dont l'eau tombe en forme de nappe. Une belle nappe d'eau. Une nappe d'eau bien garnie. Les nappes d'eau, en tombant de trop haut, se déchirent. On appelle aussi Nappe d'eau, Une grande étendue d'eau tranquille, comme celle d'un lac, d'un étang.
• NAPPE, en termes de Chasse, La peau du cerf qu'on étend par terre, quand on veut donner la curée aux chiens.
• Se dit aussi d'Un filet de bon fil, qui sert à prendre des cailles, des alouettes, des ortolans.

NAPPERON .s.m.
• Petite nappe ou serviette qu'on étend sur la nappe pour la garantir des taches, et qu'on enlève au dessert. Mettez un napperon sur cette nappe.

NARCISSE .s.m.
• Plante bulbeuse, dont les espèces sont nombreuses et presque toutes très-odoriférantes. Narcisse blanc, jaune, simple, double. Narcisse de Constantinople.

NARCISSE .s.m.
• Nom propre devenu appellatif, pour signifier, Un homme amoureux de sa figure. C'est un Narcisse, un beau Narcisse.

NARCOTINE . s. f.
• .Chimie. Nom donné à un principe cristallisable, que l'on tire de l'opium.

NARCOTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui assoupit. Remède narcotique.
• S'emploie quelquefois substantivement. L'effet des narcotiques peut être dangereux.
• Fig. et fam., Ce livre est un bon, un vrai narcotique, Il est assoupissant, ennuyeux.

NARD .s.m.
• Nom que l'on donne à une espèce de lavande très-odoriférante, à un genre de graminées, à la racine de l'asaret, etc.
• NARD, se dit aussi d'Un parfum que les anciens tiraient de certaines racines odoriférantes.

NARGUE
• Substantif qui ne s'emploie guère que dans ces phrases: Dire nargue d'une chose, Exprimer le peu de cas qu'on fait d'une chose. Faire nargue à quelqu'un, Le braver avec mépris. Nos vins font nargue aux vôtres, Nos vins sont très-supérieurs aux vôtres.
• NARGUE, se dit aussi, en forme d'interjection, dans un sens analogue à celui de la première phrase. Nargue de cet homme! Nargue du bon vin! Nargue de l'amour! Nargue du chagrin! Il est familier dans les deux emplois.

NARGUER . v. a.
• Faire nargue, braver avec mépris. Narguer ses ennemis. Il est familier.
• NARGUÉ, ÉE. participe

NARINE . s. f.
• Chacune des deux cavités, des deux ouvertures du nez, par lesquelles l'homme respire et flaire. Les narines externes. Les narines postérieures. Narine droite, gauche. La cloison des narines. Le sang lui coulait par les narines. La colère lui enfle les narines.
• Se dit aussi en parlant D'un grand nombre d'animaux. Les narines d'un cheval, d'un taureau.

NARQUOIS
, OISE. s.
• Homme fin, subtil, rusé, qui se plaît à tromper les autres, ou à s'en moquer. C'est un narquois, un fin, un franc narquois. C'est une narquoise. Ce vieux narquois a voulu me tromper. C'est un narquois, un railleur qui plaisante à vos dépens. Il est familier et peu usité.
• Fam., Parler narquois, Parler un certain jargon, un certain langage qui n'est entendu que de ceux qui sont d'intelligence ensemble pour tromper quelqu'un.

NARRATEUR .s.m.
• (On fait sentir les deux R dans ce mot et dans les suivants.) Celui qui narre, qui raconte quelque chose. C'est un narrateur ennuyeux, fastidieux, amusant, exact, fidèle.

NARRATIF
, IVE. adj.
• Qui appartient à la narration. Style narratif. Poésie narrative.
• S'emploie quelquefois avec la préposition de, et alors il signifie, Qui fait connaître, qui expose en détail. Procès-verbal narratif du fait. Mémoire narratif de ce qui s'est passé à la réception de l'ambassadeur.

NARRATION . s. f.
• Récit historique, oratoire ou poétique. Belle narration. Narration simple, naïve, sans ornement. Narration pompeuse, magnifique, éloquente. Narration obscure, confuse, diffuse, sèche. Narration historique, oratoire, poétique. Le fil de la narration. La narration est la partie du discours où l'orateur déduit le fait. Cicéron, Démosthène, excellent dans la narration. La narration de Tacite est semée de traits fins et profonds.
• Se dit, quelquefois, d'Un simple récit fait en conversation. Abrégez votre narration. Il a interrompu sa narration pour nous faire observer que...

NARRÉ .s.m.
• Discours par lequel on narre, on raconte quelque chose. Long narré. Narré ennuyeux. Faire le narré d'une chose. Il a insinué dans son narré, par son narré, que...

NARRER . v. a.
• Raconter. Une des premières qualités de l'historien est de bien narrer. Il narre bien les faits. Il narre agréablement. Il a mal narré cette histoire.
• NARRÉ, ÉE. participe

NARVAL .s.m.
• T. d'Hist. nat. Cétacé, nommé autrement Licorne de mer, qui porte à l'extrémité de sa mâchoire supérieure une dent en forme de corne, droite, et longue quelquefois de quinze ou seize pieds.

NASAL
, ALE. adj.
• Se dit, en Grammaire, D'un son modifié par le nez, comme celui des premières syllabes d'Embrasser, tinter, tomber; et celui des dernières d'Océan, raison, parfum. --- Son nasal. Voyelles, consonnes nasales. Prononciation nasale.
• Se dit, substantivement, Des voyelles dont la prononciation est nasale. Nos quatre nasales sont an, comme dans la première syllabe du mot Anchois; en, dans la dernière syllabe de Bien, dans la dernière de Frein, dans la première d'Ainsi, dans la première d'Ingrat, etc.; on, dans la première syllabe de Onze; et un, dans la dernière syllabe de Commun, de Parfum.
• NASAL, se dit, en Anatomie, De ce qui appartient au nez. Canal nasal. Os nasaux. Fosses nasales. Artère nasale.

NASALEMENT . adv.
• .Gram. Avec un son nasal. La dernière syllabe, dans Océan, doit être prononcée nasalement.

NASALITÉ . s. f.
• .Gram. Qualité d'une voyelle ou d'une consonne nasale. N, à la fin d'une syllabe, est ordinairement le signe orthographique de la nasalité.

NASARD .s.m.
• Un des jeux de l'orgue, qu'on appelle ainsi parce qu'il imite la voix d'un homme qui chante du nez. Jouer le nasard.

NASARDE . s. f.
• Chiquenaude sur le nez. Donner une nasarde. Recevoir des nasardes.
• Fig. et fam., Donner une nasarde, des nasardes à quelqu'un, Se moquer de lui, le critiquer, le censurer d'une manière mortifiante.
• Fig. et fam., Homme à nasardes, Homme fait pour être méprisé et moqué impunément.

NASARDER . v. a.
• Donner des nasardes.
• Il signifie, figurément et familièrement, Se moquer de quelqu'un avec des marques de mépris.
• NASARDÉ, ÉE. participe

NASEAU .s.m.
• Une des deux ouvertures du nez par lesquelles l'animal respire et flaire. Se dit surtout Des narines du cheval. Ce cheval a les naseaux fort ouverts. Fendre les naseaux à un cheval.
• Prov. et fig., Fendeur de naseaux, Bravache, fanfaron.

NASI .s.m.
• Président du sanhédrin, chez les Juifs.

NASILLARD
, ARDE. adj.
• Se dit Du son de voix de celui qui nasille, qui parle du nez. Parler d'un ton nasillard. Une voix nasillarde.
• Il est aussi substantif, et se dit de La personne qui nasille. C'est un nasillard.

NASILLER . v. n.
• Parler du nez. On ne l'entend pas parler, il ne fait que nasiller.

NASILLEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui parle du nez. C'est un triste nasilleur. Cette nasilleuse est fatigante à entendre.

NASILLONNER . v. n.
• Diminutif de Nasiller.

NASSE . s. f.
• Instrument d'osier servant à prendre du poisson. La nasse d'un pêcheur. Pêcher à la nasse.
• Fig. et fam., Être dans la nasse, Être engagé dans une affaire fâcheuse dont on ne peut se tirer.

NATAL
, ALE. adj.
• dont le masculin n'a point de pluriel. Se dit Du lieu et De l'époque de la naissance. Pays, lieu natal. Ville, terre, maison natale. Respirer l'air natal. Les anciens célébraient leur jour natal. L'usage de fêter le jour natal, de célébrer des fêtes natales, commence à s'établir parmi nous.

NATATION . s. f.
• L'art de nager. On a établi des écoles de natation.
• Il signifie aussi, L'action de nager. La natation est bonne à la santé.

NATIF
, IVE. adj.
• Se dit Des personnes, en parlant De la ville, du lieu où elles ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des parents, l'éducation, etc.; à la différence de Né, qui peut supposer seulement la naissance accidentelle. Il est natif de Paris, de Lyon. Elle est native de Rouen.
• S'emploie aussi substantivement. Les natifs d'un pays, Les naturels, les habitants originaires d'un pays.
• NATIF, en termes de Minéralogie, se dit D'un métal qui se trouve dans la terre sous la forme métallique, sans être minéralisé par sa combinaison avec d'autres substances. Or, argent, cuivre natif.
• S'emploie quelquefois figurément et au sens moral, et il signifie, Naturel. Il n'a pas encore perdu sa candeur native. Il a toute sa simplicité, toute sa pudeur native.

NATION . s. f. coll.
• La totalité des personnes nées ou naturalisées dans un pays, et vivant sous un même gouvernement. Nation puissante, belliqueuse, guerrière, civilisée, policée, barbare, sauvage, riche, pauvre, commerçante, industrieuse, florissante. Nation grave, spirituelle. Deux nations rivales, amies, ennemies, alliées. Chaque nation a ses coutumes, ses moeurs. Il n'a aucun des défauts de sa nation. La nation française, espagnole, anglaise. Les diverses nations de l'Asie, de l'Amérique. L'humeur, l'esprit, le génie d'une nation. Toutes les nations de la terre. Les nations septentrionales, méridionales, orientales, occidentales. Il a visité, fréquenté les nations étrangères. Il a voyagé chez différentes nations. Soutenir l'honneur de sa nation. Les droits, les libertés, les lois, la constitution, le gouvernement d'une nation. Les arts civilisent, polissent une nation. Un prince qui commande à diverses nations. Il est Espagnol de nation, Italien de nation.
• Se dit quelquefois Des habitants d'un même pays, encore qu'ils ne vivent pas sous le même gouvernement. Ainsi, quoique l'Italie et l'Allemagne soient partagées en divers États et en divers gouvernements, on ne laisse pas de dire, La nation italienne, la nation allemande.
• Se dit encore Des personnes d'une même nation qui se trouvent dans un pays étranger. Dans cette occasion, l'ambassadeur assembla la nation. Toute la nation se rendit chez l'ambassadeur.
• NATIONS, au pluriel, signifie, en termes de l'Écriture sainte, Les peuples infidèles et idolâtres.
• NATION, se disait autrefois, dans la faculté des arts de l'université de Paris, pour classer ceux qui la composaient. On distinguait quatre nations: celle de France, celle de Picardie, celle de Normandie, et celle d'Allemagne.

NATIONAL
, ALE. adj.
• Qui concerne toute une nation, qui appartient à une nation. Esprit, caractère, préjugé, honneur national. Prévention, haine nationale. Qualités nationales. Assemblée nationale. Propriété, récompense, fête nationale. Bien, domaine national. Les biens nationaux. Pavillon national. L'église de Saint-Louis est, à Rome, l'église nationale des Français.
• Troupes nationales, Les troupes levées dans l'État même qu'elles servent; par opposition à Troupes étrangères, Celles qu'un État tire d'un pays étranger, et qu'il tient à sa solde.
• Garde nationale, Troupe non soldée, qui est composée de citoyens, et qui sert au maintien du bon ordre, ainsi qu'à la défense intérieure du royaume. Officier de la garde nationale. La garde nationale de Paris, de Lyon. On réorganisa toutes les gardes nationales du royaume. La garde nationale mobile. La garde nationale sédentaire.
• Garde national, Celui qui fait partie de la garde nationale. Deux gardes nationaux sont venus, et se sont emparés de lui.
• Concile national, Assemblée des évêques de toutes les métropoles d'une nation.
• Cardinal national, se dit, à Rome, d'Un cardinal attaché à quelqu'une des couronnes, par sa naissance, ou par un engagement personnel et connu. Dans le dernier conclave, il y avait tant de cardinaux nationaux.
• NATIONAUX, au pluriel, s'emploie substantivement pour désigner La totalité de ceux qui composent une nation; par opposition à Étrangers, Ceux qui appartiennent aux autres nations. Les nationaux et les étrangers s'accordent à reconnaître la supériorité de Molière sur tous les autres poëtes comiques.

NATIONALEMENT . adv.
• D'une manière nationale.

NATIONALITÉ . s. f.
• État, condition d'une réunion d'hommes formant une nation distincte des autres. La nationalité d'un peuple peut survivre longtemps à son indépendance.

NATIVITÉ . s. f.
• Naissance. Il ne s'emploie guère qu'en parlant de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge et de quelques saints. La nativité de Notre-Seigneur, celle de la Vierge, et celle de saint Jean-Baptiste, sont les seules qu'on fête dans l'Église.
• NATIVITÉ, absolument, signifie, La naissance de JÉSUS-CHRIST, ou la fête de Noël.
• NATIVITÉ, en termes d'Astrologie, signifiait, L'état et la disposition du ciel, des astres, au moment de la naissance de quelqu'un. Les astrologues firent le thème de sa nativité. Dresser, juger une nativité.

NATRON
ou NATRUM.s.m.
• (Le second de ces mots se prononce Natrome.) Carbonate de soude, solide et naturel, ordinairement mêlé à du sel marin et à du sulfate de soude. Plusieurs lacs de l'Égypte fournissent beaucoup de natron.

NATTE . s. f.
• Sorte de tissu de paille, de jonc, de roseau, etc., fait de trois brins ou cordons entrelacés, et servant ordinairement à couvrir les planchers et à revêtir les murailles des chambres. Natte de paille, de jonc. Faire de la natte. Brocher de la natte avec de la ficelle. Assembler de la natte. Vendre de la natte à la toise. Clouer de la natte sur un plancher. Rouleau de natte. Coucher sur de la natte.
• NATTE, employé seul, s'entend ordinairement de La natte de paille. Ce voyageur porte toujours avec lui une natte sur laquelle il couche.
• NATTE, se dit aussi de Toute sorte de tresses de fil, de soie, etc., lorsqu'elles sont faites de trois brins ou cordons. Une natte d'or et d'argent.
• Natte de cheveux, Cheveux tressés en natte.

NATTER . v. a.
• Couvrir de natte. Natter les murailles d'une chambre, le plancher d'un cabinet.
• Natter de la paille, du jonc, des cheveux, les crins d'un cheval, etc., Les tresser en natte. On dit dans le même sens, Natter un cheval.
• NATTÉ, ÉE. participe, Une chambre nattée. Des cheveux nattés. Un cheval natté.

NATTIER .s.m.
• Celui qui fait et vend de la natte, des nattes.

NATURALIBUS
(IN)
• Expression purement latine, et qui signifie, Dans l'état de nudité. Il m'a surpris in naturalibus. On dit quelquefois, Puris in naturalibus. Ces locutions sont familières.

NATURALISATION . s. f.
• Action de naturaliser; Effet des lettres de naturalité. Obtenir des lettres de naturalisation. Depuis sa naturalisation, il est admissible aux emplois publics.

NATURALISER . v. a.
• Accorder à un étranger les droits et les priviléges dont jouissent les naturels du pays. Il est étranger, il faut des lettres du prince pour le naturaliser. Il s'est fait naturaliser Français.
• Se dit aussi en parlant Des animaux et des plantes que l'on apporte dans un pays, et qui y réussissent. Le continent de l'Afrique renferme plusieurs espèces d'animaux qu'on ne pourrait naturaliser en Europe. On est parvenu à naturaliser cette plante, cet arbre en France.
• Se dit, au sens moral, en parlant Des sciences, des arts, des inventions, des institutions qu'on apporte dans un pays, et qui y prospèrent. Les colons ont naturalisé dans le nouveau monde toutes les sciences et tous les arts de l'Europe. L'institution du jury a été naturalisée dans ce royaume.
• Se dit, particulièrement, en parlant Des mots et des phrases que l'on transporte d'une langue dans une autre. Déficit est un mot latin, mais nous l'avons naturalisé. L'usage seul peut naturaliser les mots étrangers. C'est une locution italienne, espagnole, qui n'est pas encore naturalisée en France.
• NATURALISÉ, ÉE. participe

NATURALISME .s.m.
• T. didactique. Qualité de ce qui est produit par une cause naturelle. Le naturalisme d'un prétendu prodige.
• Il signifie aussi, Le système de ceux qui attribuent tout à la nature comme premier principe. Le naturalisme de Straton.

NATURALISTE .s.m.
• Celui qui s'applique particulièrement à l'histoire naturelle, qui s'attache à la connaissance des plantes, des minéraux, des animaux, etc. Aristote était un grand naturaliste. Pline le naturaliste. Les ouvrages des naturalistes. Buffon est le plus éloquent des naturalistes.

NATURALITÉ . s. f.
• État de celui qui est naturel d'un pays, ou qui s'y est fait naturaliser. On appelle Droit de naturalité, Le droit dont jouissent les habitants naturels d'un pays, à l'exclusion des étrangers; et Lettres de naturalité, Les lettres par lesquelles le gouvernement accorde le droit de naturalité aux étrangers. Le droit de naturalité s'acquiert par lettres du prince. Obtenir des lettres de naturalité.

NATURE . s. f.
• L'universalité des choses créées. Dieu est l'auteur, le maître de la nature. Toute la nature annonce, révèle, publie qu'il y a un Dieu.
• Par exagérat., Il n'y a rien de meilleur, de plus mauvais, de plus beau, de plus laid dans la nature, dans toute la nature, se dit D'une personne ou D'une chose très-bonne, très-mauvaise, etc.
• NATURE, signifie aussi, L'ordre établi dans l'univers. Pénétrer dans les secrets de la nature. Les lois de la nature. Les mystères de la nature. Les merveilles de la nature. L'étude de la nature. Le spectacle de la nature. Lire dans le grand livre de la nature. Tout périt et se renouvelle dans la nature.
• Il signifie encore, par une sorte de personnification, La puissance, la force active qui a établi cet ordre, et qui le conserve suivant de certaines lois. La nature ne fait rien en vain. La nature agit, opère par les voies les plus simples et les plus courtes. La nature répand ses dons, ses richesses en tous lieux. Prodigue dans certains climats, la nature semble avare dans quelques autres. La nature étale ici toute sa magnificence. La nature est admirable jusque dans ses moindres ouvrages. Les jeux, les caprices de la nature.
• Payer le tribut à la nature, Mourir.
• NATURE, se dit en outre de Ce qui constitue tout être en général, soit incréé, soit créé. La nature divine. La nature angélique. La nature humaine.
• La nature humaine, signifie aussi, Le genre humain. Il veut du mal à toute la nature humaine.
• NATURE, signifie encore, L'essence d'un être, avec les attributs qui lui sont propres. La nature de Dieu est d'être bon. La nature de l'âme est de penser. La nature de la matière consiste dans l'étendue. Il est dans la nature du feu de s'élever. La nature de l'aimant est d'attirer le fer. Il est dans la nature des choses que cela soit ainsi.
• Se dit plus particulièrement, en parlant Des êtres animés, pour désigner L'organisation particulière de chacun d'eux, le mouvement qui le porte vers les choses nécessaires à sa conservation. Chaque animal a sa nature particulière. La nature de l'homme est plus flexible que celle des animaux. La nature du poisson est de vivre dans l'eau. Chaque animal obéit à sa nature, suit l'instinct de la nature. On peut améliorer, corriger sa nature. La nature pâtit à la vue d'un grand danger. Satisfaire aux besoins de la nature. Contenter la nature. Il faut donner quelque chose à la nature.
• Fam., Être ennemi de nature, S'opposer à ce que la nature demande, ou pour les autres, ou pour soi-même. Cette locution a vieilli.
• Forcer nature, Vouloir faire plus qu'on ne peut.
• Prov., Nourriture passe nature, L'éducation a plus de pouvoir sur nous que la nature même. On dit de même, pour marquer le pouvoir de l'habitude, L'habitude est une autre nature, une seconde nature.
• L'état de nature, de pure nature, L'état de l'homme tel qu'on le suppose antérieurement à toute civilisation. Dans l'état de société, les hommes ont des besoins, des plaisirs et des maux qu'ils ne connaissent pas dans l'état de nature.
• Fam., Être dans l'état de pure nature, Être tout nu.
• NATURE, se dit aussi de La constitution du corps humain, du principe de vie qui l'anime et le soutient. La nature commence à s'affaiblir en lui. La nature a manqué en lui. Une nature défaillante. L'art de la médecine consiste à aider, à soulager la nature. Ce médecin a pour système de laisser agir la nature. Il y a des maladies où il faut abandonner la nature à elle-même. Les forces de la nature ont un terme. Vivre selon le cours de la nature.
• Se dit encore de La complexion, du tempérament de chaque individu. Sa nature est sèche, bilieuse, sanguine, flegmatique. Il est de nature bilieuse, cacochyme. Il y a des natures qui sont plus maladives, plus rebelles aux remèdes que les autres. Il est bilieux, mélancolique de nature, de sa nature.
• NATURE, se dit, au sens moral, de La lumière qui est née avec l'homme, et qui le rend capable de discerner le bien et le mal. La nature nous ordonne de ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait à nous-mêmes. La nature nous donne les premières notions du juste et de l'injuste. Il faut se secourir les uns les autres, c'est la loi de la nature. Ce crime fait frémir la nature. Cette action, ce sentiment est conforme, est contraire à la nature, est contre nature. La nature se révolte à ce spectacle.
• Se dit particulièrement Des affections naturelles de l'homme, de celles qui ont pour objet les personnes auxquelles on est uni par les liens du sang. Le cri, la voix, les sentiments de la nature. Brutus, en condamnant ses fils, imposa silence à la nature, étouffa la voix de la nature, sacrifia la nature à l'amour de la patrie.
• Il désigne, également, Une certaine disposition ou inclination de l'âme. Une nature heureuse. Une nature perverse, dépravée. Il est enclin de sa nature à tel vice. Il est triste, il est gai de sa nature.
• Il signifie aussi, La partie morale de l'instinct des animaux. Le singe est malin et imitateur de sa nature. De sa nature, le chien est ami de l'homme.
• NATURE, en Théologie, signifie, L'état naturel de l'homme, par opposition à L'état de grâce. La nature corrompue. La nature déchue et rétablie par JÉSUS-CHRIST. La nature fragile. De l'état de nature, le baptême nous fait passer à l'état de grâce.
• La loi de nature, par opposition à L'ancienne loi, et à La loi de grâce.
• NATURE, se dit souvent Des opérations, des productions de la nature, par opposition à Celles de l'art. L'art perfectionne la nature, ajoute à la nature. La nature imprime à ses ouvrages un caractère de simplicité qui manque souvent aux ouvrages de l'art. Dans ce magnifique jardin, l'art surpasse la nature, l'emporte sur la nature.
• Se dit aussi de La nature, soit physique, soit morale, considérée comme modèle des arts d'imitation. Il faut, dans les arts, prendre la nature pour guide. Il faut prendre la belle nature pour modèle. Cet auteur, ce peintre, ce comédien s'éloigne, s'écarte de la nature. Ce poëte n'a pas assez étudié, consulté la nature. Il ne connaît pas la nature. La Fontaine est le poëte de la nature.
• Se dit particulièrement, en Peinture et en Sculpture, de L'objet naturel que le peintre ou le sculpteur a sous les yeux pour l'imiter. Dessiner, peindre, modeler d'après nature. Un paysage fait d'après nature. Peindre la nature morte. Un tableau de nature morte.
• Figures plus grandes, plus petites que nature, Figures qui ont des proportions plus grandes, plus petites que les proportions naturelles. Figures de demi-nature, Figures qui n'ont que la moitié des proportions naturelles.
• NATURE, se dit quelquefois Des parties qui servent à la génération, surtout dans les femelles des animaux.
• NATURE, se dit encore de Certaines choses considérées telles qu'elles sont matériellement, par opposition à L'argent qu'elles peuvent valoir. On lui a laissé le choix de recevoir sa nourriture en argent ou en nature. On lui a ordonné de me restituer mes meubles en nature, ou de m'en payer le prix.
• Payer en nature, Payer avec les productions naturelles du sol. Il y a des rentes, des fermages qui sont payables en nature.
• NATURE, signifie aussi quelquefois, Sorte, espèce. Je n'ai point vu d'arbres de cette nature. Avant de planter, il faut considérer la nature du terrain. Qui a jamais vu des affaires de cette nature? J'aimerais mieux une autre nature de biens, de rentes. Pour frustrer ses héritiers de son bien, il l'a changé de nature. Cette plante, cette pierre, ce minéral est d'une nature particulière et distincte de toute autre.

NATUREL
, ELLE. adj.
• Qui appartient à la nature, qui est conforme à l'ordre, au cours ordinaire de la nature. La physique a pour objet les corps naturels. Les lois, les forces, les causes, les facultés, les lumières naturelles. Les effets naturels. Les besoins, les sentiments naturels. Le cours, l'ordre, l'état naturel des choses. La défense est de droit naturel.
• Philosophie naturelle, Celle qui a pour objet l'étude des lois et des causes des phénomènes naturels.
• Histoire naturelle, Science qui a pour objet la description et la classification des animaux, des végétaux et des minéraux. Étudier l'histoire naturelle. Professeur d'histoire naturelle. Se dit aussi de Certains ouvrages qui traitent de cette science. L'Histoire naturelle de Buffon.
• Enfant naturel, Enfant qui n'est pas né en légitime mariage. On dit, dans le même sens, Fils naturel, fille naturelle.
• Enfant légitime et naturel, Celui qui est né d'un mariage légitime, par opposition à L'enfant illégitime et à L'enfant adoptif.
• Parties naturelles, Les parties destinées à la génération.
• NATUREL, signifie aussi, Qui est conforme à la nature particulière de chaque espèce, de chaque individu. La raison est un attribut naturel de l'homme. La curiosité est une passion naturelle à l'homme. Par une générosité naturelle à cette nation. La férocité naturelle du tigre, naturelle au tigre. Cette haine lui est devenue naturelle. Il a suivi en cela son penchant naturel, son inclination, sa pente naturelle. On a une affection naturelle pour son pays, pour ses enfants. Son humeur naturelle le porte à la solitude. Nous avons un désir naturel d'être heureux.
• Se dit, dans le même sens, en parlant Des choses. L'Océan est sorti de ses bornes naturelles. La flamme, en s'élevant, suit sa direction naturelle.
• NATUREL, se dit encore De ce qui vient de la nature seule, par opposition À ce qui est artificiel, factice, acquis, cultivé. Il manque de culture, mais il a de l'esprit naturel. Ses qualités acquises l'emportent de beaucoup sur ses qualités naturelles. Sa gaieté n'est pas naturelle, elle est forcée.
• Se dit, dans le même sens, en parlant Des choses. Les eaux minérales naturelles sont souvent remplacées avec avantage par les eaux minérales artificielles. J'aime mieux une chute d'eau naturelle que toutes les cascades produites par l'art. Ce baume est-il naturel ou artificiel? Cet oiseau est peint, ce n'est pas sa couleur naturelle. Cette perruque imite très-bien les cheveux naturels.
• Vin naturel, Vin qui n'a pas été frelaté, où l'on n'a rien mêlé d'étranger.
• NATUREL, se dit aussi De ce qui est conforme aux lois de la nature, par opposition à Surnaturel. La résurrection d'un mort n'est pas un effet naturel. Les miracles sont des effets produits par la volonté de Dieu, et non par des causes naturelles.
• Il signifie encore, Qui est conforme à la raison ou à l'usage commun. Il est naturel de se confier à ses amis. Il est naturel de demander un service à ceux qu'on a obligés soi-même. Il n'est pas naturel de s'attaquer à plus fort que soi. Ce n'est pas une chose naturelle qu'il ait été guéri d'une si grande blessure en si peu de temps.
• Cela n'est pas naturel, ce n'est pas une chose naturelle, se dit aussi D'une chose où l'on soupçonne quelque tromperie. Ce n'est pas une chose naturelle de gagner toujours au jeu. Il faut qu'il y ait quelque supercherie là-dessous, car cela n'est pas naturel.
• Juges naturels, Ceux que la loi assigne aux accusés, aux parties, suivant leur qualité et l'espèce de la cause. Nul ne peut être distrait de ses juges naturels.
• Juges naturels, se dit quelquefois par extension. Les gens de goût sont les juges naturels des productions littéraires.
• NATUREL, se dit aussi De ce que nous faisons en conséquence de nos habitudes. Il était naturel à Ovide d'écrire en vers. Il lui est naturel de marcher très-vite. Il lui est naturel de s'affliger pour peu de chose.
• NATUREL, signifie en outre, Qui s'offre naturellement à l'esprit. Le sens que vous donnez à ce passage n'est pas le sens naturel. Vous n'avez pas pris cette phrase dans son sens naturel. Voilà l'explication la plus naturelle qu'on puisse donner de sa conduite, l'interprétation la plus naturelle qu'on puisse donner à son propos.
• Il signifie aussi, Qui est sans affectation, sans contrainte, sans effort. Elle a des grâces naturelles. Tous ses gestes, tous ses mouvements sont faciles et naturels. Sa démarche est naturelle et gracieuse. Il a un air naturel qui plaît et qui inspire la confiance. Le maintien, le débit, le jeu de ce comédien est naturel.
• Se dit, dans le même sens, De l'esprit et de ses productions. Il a l'esprit naturel. Toutes ses pensées, toutes ses expressions sont naturelles. Son langage, son style n'est pas naturel. Les vers qu'il fait sont naturels.
• NATUREL, s'emploie substantivement, et signifie, Habitant originaire d'un pays. Les naturels du pays.
• Il signifie en outre, Propriété inhérente à la nature de l'être animé ou inanimé dont on parle. C'est le naturel du feu de tendre en haut. Le naturel de l'homme est d'être sociable. C'est le naturel du poisson de vivre dans l'eau, de l'oiseau de s'élever dans l'air. C'est le naturel de la sensitive de replier ses feuilles sous le doigt qui la touche.
• Il signifie aussi, Inclination, humeur naturelle. Bon, mauvais, méchant naturel. Naturel doux, humain, vertueux, compatissant, bienfaisant, reconnaissant, etc. Naturel pervers, féroce, vicieux, malfaisant, ingrat, etc. C'est un plaisir de cultiver, d'orner un beau naturel. Il est jaloux, il est colère de son naturel. Il est d'un naturel jaloux, d'un naturel colère. On ne force guère son naturel. Il y a des naturels que rien ne peut adoucir, ne peut dompter. Le tigre est d'un naturel farouche et cruel, le cerf d'un naturel doux et timide. On a beau chasser le naturel, il revient toujours.
• Se dit encore Des sentiments que la nature inspire aux pères et aux mères pour leurs enfants, et aux enfants pour leurs pères et pour leurs mères. C'est un enfant qui a beaucoup de naturel, qui n'a point de naturel, qui est sans naturel. C'est une méchante mère, elle n'a point de naturel, elle manque de naturel.
• Se dit également Des sentiments d'humanité et de compassion qu'on doit avoir pour tous les hommes. Il faut être sans naturel pour ne pas soulager un malheureux quand on le peut.
• NATUREL substantif, signifie souvent, La facilité, l'aisance naturelle avec laquelle on fait une chose, avec laquelle une chose est faite. Il est l'opposé d'Art, d'affectation. Il y a beaucoup d'art et d'étude dans tout ce qu'il écrit, mais point de naturel. Il n'a pas le moindre naturel dans le langage, dans le geste, dans le maintien. Il a du naturel dans l'esprit. Le débit, le jeu de cet acteur manque de naturel. Cette femme est jolie, spirituelle, bonne; mais elle gâte toutes ses qualités par le défaut de naturel.
• Il signifie quelquefois, La forme naturelle et extérieure de chaque chose. Cela est peint au naturel, pris, tiré sur le naturel.
• Il signifie pareillement, en termes de Peinture et de Sculpture, Le modèle qu'on a sous les yeux pour l'imiter. Dessiner, peindre, modeler d'après le naturel.
• Statue plus grande que le naturel, Statue qui excède les proportions naturelles. Une statue monumentale doit être plus grande que le naturel.
• AU NATUREL loc. adv. D'après nature, selon la nature. Cette figure le représente au naturel.
• Se dit quelquefois au sens moral. Je lui ai représenté, retracé au naturel l'injustice de son procédé. Cette acception vieillit.
• AU NATUREL, se dit aussi De la manière la plus simple d'apprêter certaines viandes. Du boeuf au naturel. De la tête de veau au naturel. Des côtelettes au naturel.

NATURELLEMENT . adv.
• Par un principe naturel, par une impulsion, une propriété naturelle. Tout retourne naturellement à son principe. Tous les animaux désirent naturellement la conservation de leur être. Cet homme est naturellement porté à la douceur, naturellement sensible. Le lion est naturellement courageux. Le lièvre est naturellement timide.
• Il signifie aussi, Par le seul secours, par les seules forces de la nature. Cela ne peut pas se faire naturellement.
• Cela ne se fait pas naturellement, se dit Des choses qui ne sont pas dans l'usage ordinaire, qui n'arrivent pas ordinairement. Se dit aussi Des choses où l'on veut faire entendre qu'on soupçonne quelque supercherie. Il a gagné tant de parties de suite, cela ne se fait pas naturellement. On dit dans le même sens, Cela ne peut pas être arrivé naturellement.
• NATURELLEMENT, signifie aussi, D'une manière naturelle, simple, facile. Cet orateur est entré fort naturellement dans son sujet. Son éloge est venu, a été amené fort naturellement, tout naturellement dans cet endroit du discours. Cela s'explique naturellement, tout naturellement. Voilà le sens qui s'offre naturellement à l'esprit.
• Il signifie encore, D'une manière naïve, propre à imiter exactement la nature. Il nous a dépeint cela très-naturellement. Il contrefait tout le monde fort naturellement.
• Il signifie également, Sans affectation, sans recherche, sans effort. Penser, parler, écrire naturellement. Cet acteur joue naturellement.
• Il signifie en outre, Sans déguisement, avec franchise. Parlez-moi naturellement. Je lui ai répondu naturellement que je ne consentais pas à ce qu'il me demandait. Il n'y va pas naturellement avec moi, il dissimule, il agit avec finesse.
• Naturellement parlant, En parlant sans figure. Cela se dit aussi par opposition à Surnaturellement. Naturellement parlant, un mort ne peut ressusciter.

NAUFRAGE .s.m.
• Perte d'un vaisseau, causée par quelqu'un des accidents qu'on éprouve sur mer. Le vaisseau a fait naufrage, mais l'équipage s'est sauvé. Ils firent naufrage sur tel banc, à telle côte. Le navire s'entr'ouvrit, et l'on ne put rien sauver du naufrage. Après leur naufrage. Les débris, les restes d'un naufrage. Une mer fameuse par plusieurs naufrages.
• Se dit, par extension, en parlant Des autres bâtiments de mer, et même des barques, des bateaux, etc., qui vont sur les fleuves, les rivières et les lacs. La chaloupe, l'esquif, le bateau, la barque a fait naufrage.
• Fig., Faire naufrage au port, Voir tous ses projets ruinés, renversés au moment où l'on était près de réussir.
• NAUFRAGE, se dit figurément de Toute sorte de pertes, de ruines et de malheurs. Le naufrage de son honneur, de sa réputation, de sa fortune. Son honneur a fait naufrage. On dit qu'il est ruiné, mais il lui reste encore des débris de son naufrage. Cette maison, voilà tout ce qu'il a pu sauver du naufrage.

NAUFRAGÉ
, ÉE.. adj.
• Se dit De ce qui a péri, et de ce qui a été submergé, par l'effet d'un naufrage. Vaisseau, bateau naufragé. Effets naufragés. Marchandises naufragées. Des personnes naufragées. En parlant Des personnes, il s'emploie aussi substantivement. Les naufragés. Un malheureux naufragé.

NAULAGE .s.m.
• .Marine, qui n'est guère usité que dans la Méditerranée. Fret, louage d'un navire, d'une barque pour le transport, par mer, de personnes ou de marchandises. Le naulage d'un navire, d'une barque. On dit aussi, Nolis.

NAUMACHIE . s. f.
• Spectacle d'un combat naval qu'on donnait au peuple de l'ancienne Rome. Les Romains faisaient des dépenses prodigieuses pour leurs naumachies.
• Se dit aussi Du lieu même où se donnait ce spectacle. On voit encore les ruines d'une naumachie à la maison de campagne d'Adrien.

NAUSÉABOND
, ONDE. adj.
• Qui cause des nausées. Aliment, remède nauséabond. Odeur, saveur nauséabonde.
• Se dit, figurément, Des ouvrages littéraires qui déplaisent, rebutent, excitent le dégoût. Discours, ouvrage nauséabond.

NAUSÉE . s. f.
• Envie de vomir. Il a eu de grandes nausées. Exciter des nausées.
• Se dit, figurément, Du dégoût qu'inspirent les discours et les ouvrages littéraires qui sont rebutants, fastidieux, insipides. Cet écrit est si insipide, que j'en ai eu des nausées. Quand on l'entend parler, on en a des nausées.

NAUTILE .s.m.
• Mollusque testacé à coquille divisée en plusieurs cellules.
• Nautile papyracé, ou Argonaute, Mollusque de la famille des Seiches, qui conduit sa coquille comme une barque, en s'aidant de ses pieds, dont deux sont élargis et servent de voiles.

NAUTIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la navigation. Art nautique. Astronomie nautique. Cartes nautiques. Observations nautiques.

NAUTONIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui conduit un navire, une barque. Un hardi nautonier. Il est principalement d'usage en poésie. Le nautonier des sombres bords, Caron.

NAVAL
, ALE. adj.
• Qui regarde, qui concerne les vaisseaux de guerre. Combat naval. Armée, victoire navale. Forces navales. Il n'a point de pluriel au masculin.

NAVÉE . s. f.
• Charge d'un bateau. Il est arrivé au port deux navées de tuiles.

NAVET .s.m.
• Plante crucifère que l'on cultive dans les jardins, dans les champs, et dont la racine, qui prend le même nom, sert à la nourriture des hommes et des bestiaux. Manger des navets. Potage aux navets. Canard aux navets.

NAVETTE . s. f.
• Espèce de navet sauvage dont la graine, nommée aussi Navette, donne une huile qui est bonne à brûler et qu'on emploie aussi à d'autres usages. Huile de navette.

NAVETTE . s. f.
• Petit vase de cuivre, d'argent, etc., fait en forme de navire, et où l'on met l'encens qu'on brûle à l'église dans les encensoirs.
• NAVETTE, signifie aussi, Un instrument de tisserand, qui sert à porter et à faire courir le fil, la soie, la laine entre les fils de la chaîne. Faire courir la navette. Les femmes se servaient autrefois de petites navettes d'or, de laque, d'écaille, pour faire des noeuds ou du filet.
• Fig. et fam., Faire la navette, faire faire la navette, Faire beaucoup d'allées et de venues, en faire faire à d'autres. On le dit quelquefois Des choses, dans un sens analogue. Cette somme, envoyée de Paris à Lyon, a été renvoyée de Lyon à Paris; elle a fait la navette.

NAVICULAIRE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui a la forme d'une nacelle. Fosse naviculaire. Os naviculaire.

NAVIGABLE . adj. des deux genres
• Où l'on peut naviguer. Cette mer est pleine d'écueils, elle n'est pas navigable. Ce fleuve est navigable dès sa source. Une rivière navigable. Canaux navigables.

NAVIGATEUR .s.m.
• Celui qui a fait sur mer des voyages de long cours. Grand navigateur. Les découvertes des navigateurs. Les modernes ont été plus hardis navigateurs que les anciens.
• Adjectivem., Peuple navigateur, Peuple adonné particulièrement à la navigation.
• NAVIGATEUR, se dit aussi d'Un marin, d'un homme qui entend la conduite d'un vaisseau. C'est un excellent navigateur.

NAVIGATION . s. f.
• Voyage sur mer ou sur les grandes rivières. Longue navigation. Navigation périlleuse. La navigation est facile et sûre dans ces parages. Cela gêne la navigation de la rivière.
• Il signifie aussi, L'art, le métier du navigateur. Les peuples qui s'adonnent à la navigation. Rétablir le commerce et la navigation. Il entend bien la navigation. Cet auteur a fait un livre sur la navigation, sur l'art de la navigation.
• Canal de navigation, Canal qui porte des bateaux; par opposition à Canal d'irrigation, Canal qui ne sert qu'à distribuer des eaux.

NAVIGUER . v. n.
• Aller sur mer ou sur les grandes rivières. Naviguer le long des côtes. Naviguer en pleine mer. Naviguer sur un fleuve. Après qu'ils eurent longtemps navigué.
• NAVIGUER, se dit aussi en parlant De la manoeuvre qu'un pilote fait faire à un vaisseau, et De la manière dont un vaisseau va sur mer. Une mer où il est malaisé de bien naviguer. Ce pilote navigue bien, entend l'art de naviguer. Ce vaisseau navigue bien.

NAVILLE . s. f.
• Petit canal qui sert à conduire des eaux pour arroser les terres. Se dit principalement Des canaux d'irrigation de la Lombardie.

NAVIRE .s.m.
• Bâtiment pour aller sur mer. Grand, bon, vieux navire. Un navire de cinq cents tonneaux, de douze cents tonneaux de port, du port de cinq cents, de douze cents tonneaux. Navire qui va bien à la voile, qui est bon voilier. Bâtir, construire, mâter un navire. La construction d'un navire. Charger, décharger un navire. Équiper, armer un navire en guerre. Fréter un navire. Un navire à l'ancre. Couler à fond un navire. Un navire marchand. Il y avait beaucoup de navires dans le port. Capitaine de navire. En parlant De vaisseaux de guerre, on dit plus ordinairement Vaisseau que Navire.
• En Astron., Le Navire Argo, Constellation de l'hémisphère austral.

NAVRANT
, ANTE. adj.
• Qui navre, qui cause une vive et profonde affliction. C'est un spectacle navrant. Aventure, histoire navrante.

NAVRER . v. a.
• Blesser, faire une grande plaie. Navrer à mort. Navrer mortellement. Il est vieux dans ce sens.
• Il ne s'emploie guère que figurément, et signifie, Causer une grande peine, une extrême affliction. En m'apprenant cette nouvelle, vous m'avez navré, vous m'avez navré de douleur. J'en suis navré. J'en ai le coeur navré.
• NAVRÉ, ÉE. participe

NE .
• Mot qui rend une proposition négative, et qui précède toujours le verbe. On l'accompagne souvent de Pas ou Point, ce qui donne lieu de placer ici diverses observations.
• On peut indifféremment mettre Pas et Point devant ou après le verbe, s'il est à l'infinitif. Pour ne point souffrir, pour ne souffrir pas. Toutefois la première façon de parler est la plus usitée. Dans les temps simples du verbe, Pas et Point doivent toujours suivre le verbe. Il ne souffre point. Il ne chante pas. Au contraire, dans les temps composés, ils se mettent entre l'auxiliaire et le participe. Il n'a point souffert. Il n'a pas chanté.
• Point nie plus fortement que Pas. On dira également: Il n'a pas d'esprit; il n'a point d'esprit; et on pourra dire, Il n'a pas d'esprit ce qu'il en faudrait pour sortir d'un tel embarras; mais quand on dit, Il n'a point d'esprit, on ne peut rien ajouter. Ainsi, Point, suivi de la particule de, forme une négation absolue; au lieu que Pas laisse la liberté de restreindre, de réserver.
• Par cette raison, Pas vaut mieux que Point, devant Plus, moins, si, autant, et autres termes comparatifs. Cicéron n'est pas moins véhément que Démosthène. Démosthène n'est pas si abondant que Cicéron.
• Par la même raison, Pas est préférable devant les noms de nombre. Il n'en reste pas un seul petit morceau. Il n'y a pas dix ans. Vous n'en trouverez pas deux de votre avis.
• Par la même raison encore, Pas convient mieux à quelque chose de passager et d'accidentel; Point à quelque chose de permanent et d'habituel. Il ne lit pas, Il ne lit pas dans ce moment. Il ne lit point, Il ne lit jamais.
• Point se met au lieu de Non, soit pour terminer une phrase elliptique, Je le croyais mon ami, mais point; soit pour répondre à une interrogation, Lirez-vous ces vers? Point. On ne pourrait employer Pas qu'en disant la phrase entière: Je ne les lirai pas.
• Quand Pas et Point entrent dans l'interrogation, c'est avec des sens différents. Si la question est accompagnée de doute, on dira: N'avez-vous point été là? N'est-ce point vous qui me trahissez? Mais s'il n'y a pas de doute, on dira, par manière de reproche: N'avez-vous pas été là? N'est-ce pas vous qui me trahissez?
• On peut supprimer Pas et Point après les verbes Cesser, oser et pouvoir. Il n'a cessé de gronder. On n'ose l'aborder. Je ne puis me taire. On peut aussi dire, Ne bougez, mais dans la conversation seulement.
• On peut les supprimer avec élégance dans ces sortes d'interrogations: Y a-t-il un homme dont elle ne médise? Avez-vous un ami qui ne soit des miens?
• Après le verbe Douter, précédé d'une négation et suivi de la conjonction que, la phrase amenée par cette conjonction demande ordinairement qu'on répète ne, mais tout seul. Je ne doute pas que cela ne soit.
• Après Prendre garde, quand il signifie, Éviter, on met le subjonctif, et l'on supprime Pas et Point; et au contraire, quand il signifie, Faire réflexion, il faut mettre l'indicatif, et ajouter Pas ou Point. Prenez garde qu'on ne vous séduise. Prenez garde que l'auteur ne dit pas ce que vous pensez.
• Après Savoir, pris dans le sens de Pouvoir, on doit toujours les supprimer. Je ne saurais en venir à bout. Après ce même verbe précédé de la négation, et signifiant, Être incertain, le mieux est de les supprimer. Je ne sais où le prendre. Je ne saurai que devenir. Il ne sait ce qu'il veut. Il ne sait ce qu'il dit. Mais il faut employer Pas ou Point, quand Savoir est pris dans son vrai sens. Je ne sais pas l'anglais. Je ne savais point ce que vous racontez.
• On supprime Pas et Point, quand l'étendue qu'on veut donner à la négation est suffisamment exprimée par d'autres termes qui la restreignent: Je ne soupe guère; je ne sortirai de trois jours; ou par d'autres termes qui excluent toute restriction: Je ne soupe jamais; je ne vis personne hier; je ne dois rien; je n'ai nul souci; ou enfin par des termes qui désignent les moindres parties d'un tout, et qui se mettent sans article: Je n'y vois goutte; je ne dis mot.
• Après toutes ces phrases, si la conjonction que, ou les relatifs qui et dont amènent une autre phrase qui soit négative, on y supprime Pas et Point. Je ne soupe guère, je ne soupe jamais que je ne m'en trouve incommodé. Je ne vois personne qui ne vous loue. Vous ne dites mot qui ne soit applaudi.
• Si un nom de nombre est joint à Mot, il faut employer Pas. Il ne dit pas un mot qui ne soit à propos. Il n'y a pas trois mots à reprendre dans cette pièce de vers.
• On supprime souvent Pas et Point après ne suivi de l'adjectif autre et de que. Je n'ai d'autre but, d'autre désir que celui de vous être utile. Mais on peut dire aussi: Je n'ai pas d'autre but, etc. Quand autre est sous-entendu, Pas et Point se suppriment toujours. Je n'ai de volonté que la tienne. Il ne fait que rire (autre chose que rire). Etc. --- Souvent ne.... que équivaut à Seulement. Je ne veux que la voir.
• On supprime Pas et Point après que, mis à la suite d'un terme comparatif, ou de quelque équivalent. Vous écrivez mieux que vous ne parlez. C'est autre chose que je ne croyais. Peu s'en faut qu'on ne m'ait trompé. Il est moins riche, plus riche qu'on ne croit.
• On les supprime, quand le mot que signifie Pourquoi, au commencement d'une phrase: Que n'êtes-vous arrivé plus tôt? ou quand il sert à exprimer un désir, à former une imprécation: Que ne m'est-il permis.... Que n'est-il à cent lieues de nous!
• Après Depuis que, ou Il y a, suivi d'un mot qui indique une certaine quantité de temps, on supprime Pas et Point, quand le verbe est au prétérit. Depuis que je ne l'ai vu. Il y a six mois que je ne lui ai parlé. Mais il faut l'un ou l'autre, si le verbe est au présent; ce qui forme un sens tout différent. Depuis que nous ne nous voyons pas. Il y a six mois que nous ne nous parlons point.
• Après les conjonctions À moins que, et Si, dans le sens d'À moins que, on les supprime. Je ne sors pas, à moins qu'il ne fasse beau. Je ne sortirai point, si vous ne me venez prendre en voiture.
• On les supprime encore lorsque deux négations sont jointes par ni, comme, Je ne l'estime ni ne l'aime; et quand cette conjonction ni est redoublée, soit dans le sujet, Ni les biens ni les honneurs ne valent la santé, soit dans l'attribut: Il est avantageux de n'être ni trop pauvre ni trop riche. Heureux qui n'a ni dettes ni procès!
• Après le verbe Craindre, suivi de la conjonction que, on supprime Pas et Point, lorsqu'il s'agit d'un effet qu'on ne désire pas. Je crains que vous ne perdiez votre procès. Au contraire, il faut Pas ou Point, lorsqu'il s'agit d'un effet qu'on désire. Je crains que ce fripon ne soit pas puni. La même règle est à observer après ces manières de parler, De crainte que, de peur que. Ainsi lorsqu'on dit, De crainte qu'il ne perde son procès, on souhaite qu'il le gagne; et, De crainte qu'il ne soit pas puni, on souhaite qu'il le soit.
• Après les verbes Nier, disconvenir, on peut indifféremment supprimer le Ne, ou l'employer. Je ne nie pas, je ne disconviens pas que cela ne soit, que cela soit.
• Dans ces phrases, Je crains que mon ami ne meure, vous empêchez qu'on ne chante, et autres semblables, ce mot Ne n'exprime point une négation; c'est le NE ou le QUIN des Latins, qui a passé dans notre langue.
• On dit quelquefois dans le style familier, N'était pour Si ce n'était. Cet ouvrage serait fort bon, n'était la négligence du style.
• L'e de Ne s'élide toujours devant une voyelle ou une H non aspirée. Il n'aime rien. Il n'héritera pas de son parent.

NÉANMOINS . adv.
• Toutefois, pourtant, cependant. Il est encore très-jeune, et néanmoins il est fort sage. Il lui avait promis de l'aller voir, néanmoins il ne l'a pas fait.

NÉANT .s.m.
• Rien, ce qui n'est point, ce qui ne se conçoit que par une négation. Dieu a tiré toutes choses du néant. Il peut les réduire au néant, les faire rentrer dans le néant d'où elles sont sorties. Le néant n'a point de propriété. Le chrétien voit comme un néant tous les honneurs de ce monde.
• En termes de Palais, Mettre une appellation au néant, Déclarer que la partie qui a appelé d'une sentence, est déboutée de son appel. Mettre l'appellation et ce dont est appel au néant, Annuler et l'appel et la sentence dont il a été appelé.
• NÉANT, se dit, par exagération, pour marquer, ou Le peu de valeur d'une chose, ou Le manque de naissance et de mérite dans une personne. Le néant des grandeurs humaines. C'est un homme de néant. On l'a fait rentrer dans son néant, dans le néant d'où on l'avait tiré.
• NÉANT, signifiant, Rien, s'emploie quelquefois sans article, comme dans cette phrase: On n'a pas mis cet homme en prison pour néant. Il est vieux.
• Mettre néant sur une requête, sur un article de compte, Mettre le mot Néant au bas d'une requête, à côté d'un article de compte, pour marquer qu'on rejette cette demande, cet article. La locution et l'usage qu'elle indique ont vieilli.
• Fig. et fam., Mettre néant à la requête de quelqu'un, Refuser ce qu'il demande.
• NÉANT, s'emploie familièrement dans le sens de Non. Je vous accorde votre première demande; mais, quant à l'autre, néant.

NÉBULEUX
, EUSE. adj.
• Obscurci par les nuages. Temps, ciel nébuleux. Horizon nébuleux.
• Fig., L'horizon est nébuleux, On est menacé de troubles, d'événements tristes, funestes.
• Fig., Visage, front nébuleux, Visage, front sur lequel se peint le souci, l'inquiétude. On dit dans le même sens, Avoir l'air nébuleux, tout nébuleux.
• Étoiles nébuleuses, Étoiles qui sont beaucoup moins brillantes que les autres, et dont la lumière est faible, terne. On dit substantivement dans le même sens, Une nébuleuse, les nébuleuses. La nébuleuse d'Orion.

NÉCESSAIRE . adj. des deux genres
• Dont on ne peut se passer, dont on a absolument besoin pour quelque fin. La respiration est nécessaire à la vie. Avoir les choses nécessaires à la vie. Se servir des moyens nécessaires pour réussir dans son entreprise. L'étude de l'histoire est fort nécessaire.
• Cet homme s'est rendu nécessaire dans cette maison, Il s'y est rendu si utile ou si agréable, qu'il est malaisé qu'on puisse se passer de ses conseils, de ses soins, de sa société. On dit, dans un sens analogue, Cette personne m'est devenue nécessaire, m'est nécessaire.
• Il fait le nécessaire, Il fait l'empressé, il se mêle de tout, comme si l'on ne pouvait se passer de lui. Dans cette phrase, Nécessaire est employé substantivement.
• C'est un mal nécessaire, se dit De certaines choses qui ont de grands inconvénients, mais qui sont ou indispensables ou inévitables. Il y a des personnes qui croient que la guerre est un mal nécessaire.
• En Philosophie, Lois nécessaires, Lois sans lesquelles l'univers ne saurait exister. Causes nécessaires, agents nécessaires, Les causes et les agents qui n'agissent pas librement, et qui produisent infailliblement leur effet. Les agents naturels privés de raison, sont des agents nécessaires, des causes nécessaires à l'égard des effets qui en proviennent. Le soleil est la cause nécessaire du jour.
• Effet nécessaire, L'effet qui suit infailliblement de la cause destinée à le produire. La lumière est un effet nécessaire du soleil. On dit dans le même sens: Tirer une conséquence, une induction nécessaire. C'est la suite nécessaire de ce principe.
• Il est nécessaire, Il faut. Il est nécessaire d'être sage, pour être content de soi-même. Il n'est pas nécessaire d'entrer dans ce détail. Il n'est pas nécessaire que vous sortiez.
• NÉCESSAIRE, s'emploie comme substantif, au masculin, et signifie, Tout ce qui est essentiel pour les besoins de la vie. Il est opposé à Superflu, et ne se dit point au pluriel. Il n'est pas riche, mais il a le nécessaire. Le nécessaire lui manque. Combien de gens manquent du nécessaire, lorsque tant d'autres ont du superflu! Lorsqu'on n'est pas riche, il faut savoir se contenter du nécessaire. Il se prive du nécessaire pour soutenir sa famille. Il ne dépense que pour le nécessaire. Il s'est réduit, borné, restreint au nécessaire, au strict nécessaire, au seul nécessaire.
• Il signifie généralement, Ce qui est essentiel, ce qui est indispensable. Il faut s'occuper du nécessaire avant de songer à l'agréable.
• En termes de l'Écriture, Le salut, l'affaire du salut est l'unique nécessaire.
• NÉCESSAIRE, substantif, se dit aussi d'Une boîte, d'un étui qui renferme différents petits meubles et ustensiles nécessaires ou commodes. Nécessaire de bois de noyer, de bois d'acajou. Nécessaire d'homme, de femme, de toilette, de voyage. Les pièces de ce nécessaire sont d'argent, de vermeil.
• Se dit également Des choses qui sont contenues dans la boîte. Un nécessaire d'argent, de vermeil.

NÉCESSAIREMENT . adv.
• Par un besoin absolu. Il faut nécessairement manger pour vivre. Il faut nécessairement que je m'en aille. J'en ai nécessairement affaire.
• Il signifie aussi, Infailliblement. Lorsque le soleil luit, nécessairement il est jour. Les causes étant ainsi disposées, il faut nécessairement que tel effet ait lieu.

NÉCESSITANTE . adj. f.
• S'emploie seulement dans cette locution familière, De nécessité nécessitante, De nécessité absolue et indispensable; et dans cette expression du langage théologique, Grâce nécessitante, Grâce qui contraint, et qui ôte la liberté. S'il y avait une grâce nécessitante, la créature n'aurait plus de mérite.

NÉCESSITÉ . s. f.
• Se dit proprement de Tout ce qui est absolument nécessaire, et indispensable; et il se prend dans une signification plus ou moins étroite, suivant les choses dont on parle. Ainsi on dit: C'est une nécessité de mourir, La mort est inévitable; Je ne vois pas la nécessité de cette conséquence, Je ne vois pas que cette conséquence soit une suite nécessaire du principe dont on la tire; À Paris, quand on a beaucoup d'affaires, c'est une nécessité de prendre des voitures, Il est très-incommode de n'en point prendre; Si vous voulez qu'on vous pardonne, c'est une nécessité que vous pardonniez, C'est une condition nécessaire; La nécessité d'aimer Dieu, L'obligation indispensable d'aimer Dieu. Nécessité absolue, indispensable, dure, fâcheuse, fatale. Une heureuse nécessité. Faire une chose par nécessité. Multiplier les êtres sans nécessité.
• NÉCESSITÉ, dans un sens général et absolu, Tout ce à quoi il est impossible de se soustraire, de résister. Il faut se soumettre à la nécessité, plier sous le joug de la nécessité. Les dures lois de la nécessité.
• NÉCESSITÉ, dans un sens restreint et particulier, Ce qui contraint dans quelque circonstance déterminée. On lui tenait le poignard à la gorge, ce lui fut une nécessité de signer cet acte. Ne me réduisez pas à la nécessité de vous dire des choses désagréables.
• Il signifie aussi, Besoin pressant. C'est une nécessité que j'y mette ordre de bonne heure. Quelle nécessité y avait-il de faire ce qu'il a fait? Quelle nécessité si pressante de lui en parler? Une urgente nécessité.
• Il signifie encore, Indigence, dénûment. Grande, extrême nécessité. Être réduit à la dernière nécessité. Il est tombé dans la nécessité. Être dans la nécessité, dans la nécessité de toutes choses.
• Une chose de première nécessité, Une chose dont il est impossible ou très-difficile qu'on se passe pour exister. Le pain est une chose de première nécessité. Une denrée de première nécessité. Les arts de première nécessité.
• Prov., Faire de nécessité vertu, Faire de bonne grâce une chose qui déplaît, mais qu'on est obligé de faire.
• Prov., Nécessité n'a point de loi, Un extrême péril, un extrême besoin, peuvent rendre excusables des actions blâmables en elles-mêmes.
• NÉCESSITÉS, au pluriel, signifie, Les besoins de la vie, les choses nécessaires à la vie. Il n'a pas toutes ses nécessités. Il sait bien demander ses nécessités. Les nécessités de la vie.
• Se dit aussi Des besoins d'argent qu'éprouve un pays, un gouvernement, une corporation. Pourvoir par une nouvelle contribution aux urgentes nécessités de l'État. D'abondantes collectes ont pourvu aux nécessités pressantes de cette église.
• Les nécessités de la nature, Les besoins auxquels la nature de l'homme est assujettie, comme, boire, manger, dormir, etc. Satisfaire aux nécessités de la nature.
• Aller à ses nécessités, Aller aux commodités, à la chaise percée.
• DE NÉCESSITÉ. loc. adv. Nécessairement. Il faut de nécessité que cela soit. Il s'ensuit de nécessité, de toute nécessité, d'une nécessité absolue... Il est de nécessité que je reste ici encore quelque temps.
• PAR NÉCESSITÉ. loc. adv. À cause d'un besoin pressant. Il vend ses livres par nécessité. Il s'est fait soldat par nécessité.

NÉCESSITER . v. a.
• Contraindre, réduire à la nécessité de faire quelque chose. Dès que vous l'attaquez, vous le nécessitez à se défendre. Vous l'avez nécessité à faire telle chose. La grâce ne nécessite point la volonté.
• Il signifie plus ordinairement, Rendre une chose nécessaire. Cela nécessite une démarche de votre part.
• NÉCESSITÉ, ÉE. participe

NÉCESSITEUX
, EUSE. adj.
• Indigent, pauvre, qui manque des choses nécessaires à la vie. Je l'ai vu bien riche, il est à présent fort nécessiteux. La classe nécessiteuse. Ce sont des gens nécessiteux.

NEC PLUS ULTRÀ
• Voyez NON PLUS ULTRÀ.

NÉCROLOGE .s.m.
• Livre, registre sur lequel on inscrit les noms des morts. On trouve le nom de cet évêque dans le nécrologe de son église. Les communautés religieuses ont chacune leur nécrologe.
• Se dit aussi de Certains ouvrages consacrés à la mémoire des hommes célèbres morts récemment. Le nécrologe des hommes illustres.

NÉCROLOGIE . s. f.
• Se dit de Certains petits écrits consacrés à la mémoire des personnes considérables mortes depuis peu de temps. Une nécrologie, la nécrologie est toujours un peu suspecte d'exagération.

NÉCROLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la nécrologie. Article, notice nécrologique.

NÉCROMANCE
ou NÉCROMANCIE. s. f.
• L'art prétendu d'évoquer les morts pour avoir connaissance de l'avenir, ou de quelque autre chose de caché. De ces deux mots synonymes, Nécromance a été le premier en usage; on le dit encore quelquefois, quand on parle des temps anciens; mais Nécromancie est plus usité. La nécromance avait quelque vogue autrefois, quoiqu'elle fût défendue par les lois et par les canons. Les progrès de la raison ont fait tomber la nécromancie. Ces deux mots se prennent aussi pour Magie en général.

NÉCROMANCIEN
, NÉGROMANCIEN. s.
• Celui, celle qui se mêle de nécromancie. On l'accuse d'être nécromancien. Le vulgaire croit que cet homme est un grand nécromancien.
• Il se prend aussi pour Magicien.

NÉCROMANT
ou NÉGROMANT.s.m.
• On appelait ainsi autrefois Celui qui exerçait la nécromance.

NÉCROSE . s. f.
• .Médec. Mortification des os. La nécrose est aux os ce que la gangrène est aux parties molles.

NECTAIRE .s.m.
• .Bot. Partie de certaines fleurs qui contient le suc dont les abeilles composent leur miel.

NECTAR .s.m.
• Le breuvage des dieux, suivant la Fable. Hébé et Ganymède versaient, servaient le nectar aux dieux.
• Se dit, figurément, de Toute sorte de vin excellent, ou de liqueur agréable. Il nous a donné d'un vin qui est du nectar.

NEF . s. f.
• (On prononce l'F.) Navire. En ce sens, il n'est plus d'usage qu'en poésie. Sur sa nef vagabonde.
• Moulin à nef, Moulin à eau construit sur un bateau.
• NEF, signifie aussi, La partie d'une église qui est comprise entre les bas côtés, et qui s'étend depuis la porte principale jusqu'au choeur. Une belle nef. La nef de l'église Notre-Dame.
• Nefs latérales, Les bas côtés d'une église. Église à trois nefs, à cinq nefs, Église qui a une nef principale et deux ou quatre nefs latérales.

NÉFASTE . adj. des deux genres
• T. d'Antiq. On distinguait par ce nom, dans le calendrier romain, Les jours consacrés au repos, et où il était défendu par la religion de vaquer aux affaires publiques. Ainsi Jours néfastes est synonyme de Jours défendus.
• Il désignait aussi Les jours de fêtes solennelles qui étaient accompagnées de sacrifices ou de spectacles; et, plus ordinairement, Les jours de deuil et de tristesse destinés à l'inaction et regardés comme funestes, en mémoire de quelque disgrâce éclatante du peuple romain. L'anniversaire de la journée d'Allia et celui de la défaite de Cannes, étaient des jours néfastes.

NÈFLE . s. f.
• Sorte de fruit qui a plusieurs noyaux, dont la peau est de couleur grisâtre, et qui n'est bon à manger que quand il est amolli par le temps. Grosse nèfle. Nèfle molle. On met les nèfles sur un lit de paille pour les amollir.
• Prov. et fig., Avec le temps et la paille les nèfles mûrissent, On vient à bout de bien des choses avec du soin et de la patience.

NÉFLIER .s.m.
• Arbre de la famille des Rosacées, qui porte les nèfles.

NÉGATIF
, IVE. adj.
• T. didactique. Qui exprime une négation. Proposition, particule négative. Terme négatif.
• Argument négatif, preuves négatives, par opposition à Argument positif, à preuves positives.
• Fam., Cet homme est négatif, a l'air négatif, Il refuse toujours, ou Il a l'air d'un homme toujours prêt à refuser ce qu'on lui demande.
• En Algèbre, Grandeurs ou Quantités négatives, Celles qui sont l'opposé des grandeurs ou des quantités positives, et qu'on fait précéder du signe de la soustraction. Ce qu'un homme doit au delà de ce qu'il possède, est un avoir négatif, une quantité négative.
• NÉGATIVE, s'emploie substantivement, et signifie, Proposition qui nie. L'un soutenait l'affirmative, et l'autre la négative. Demeurer, persister dans la négative.
• Il signifie aussi, Refus. Dans ce sens, on dit, Il est fort sur la négative, Il est accoutumé à refuser ce qu'on lui demande.
• Il signifie, en termes de Grammaire, Mot qui sert à nier. Non, ni, ne, sont des négatives. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Négation.

NÉGATION . s. f.
• T. didactique. Action de nier. Il est opposé à Affirmation. Toute proposition contient affirmation ou négation.
• Se dit aussi, en Grammaire, Des mots qui servent à nier, comme Ne, pas, etc. En latin, deux négations valent une affirmation.

NÉGATIVEMENT . adv.
• D'une manière négative. Il répondit négativement.

NÉGLIGEMENT .s.m.
• Action de négliger avec dessein. Ce mot n'est usité que dans les arts. Négligement de pinceau.

NÉGLIGEMMENT . adv.
• (On prononce Néglijaman.) Avec négligence. Agir négligemment. S'habiller négligemment.

NÉGLIGENCE . s. f.
• Défaut de soin, d'exactitude, d'application. Grande, extrême négligence. Négligence coupable, punissable. Quelle négligence! Vit-on jamais telle négligence? Il y a en cela de la négligence de votre part. Ce livre est imprimé avec beaucoup de négligence.
• Négligence de style, ou simplement, Négligence, se dit Des fautes légères que fait un auteur, lorsqu'il n'apporte pas assez de soin à corriger son style. Il y a dans cet ouvrage de grandes négligences de style. Trop de négligences de style déparent ce traité. Ceci est une petite négligence de style. Ce critique est si sévère, qu'il ne pardonne pas la moindre négligence dans un ouvrage.
• NÉGLIGENCES, au pluriel, se dit en bien dans plusieurs acceptions. Il y a quelquefois des négligences qui ont de la grâce. Négligences heureuses. L'Arioste a dit d'Alcine que ses négligences étaient des artifices, et on l'a dit ensuite de lui-même.

NÉGLIGENT
, ENTE. adj.
• Qui n'a pas les soins qu'il devrait avoir. Je ne vis jamais homme plus négligent. Peut-on être si négligent? Il est négligent en tout. Négligent en affaires. Cet écolier est le plus négligent de sa classe.
• Il se prend substantivement. C'est un insupportable négligent. Quelle négligente!

NÉGLIGER . v. a.
• N'avoir pas soin de quelque chose comme on le devrait, ne pas s'en occuper. Négliger son salut, sa fortune, ses affaires, le soin de ses affaires, ses intérêts, ses études. Il ne faut rien négliger. Il a négligé son devoir. Négliger sa charge. Cet auteur néglige son style. Ce n'est pas là une chose à négliger. Négliger sa santé. Négliger une maladie. Négliger de faire valoir son bien. Négliger de voir ses amis. Négliger de faire sa cour.
• Il signifie particulièrement, Ne pas mettre en usage. Il n'a négligé aucun des moyens qui pouvaient assurer la réussite de son affaire. Il a trop négligé les moyens, les ressources de ce genre. Il n'a rien négligé de ce qui pouvait apaiser son ennemi.
• Négliger quelqu'un, N'avoir pas soin de le voir assidûment, ou aussi souvent que l'exigeraient les devoirs de société. Vous négligez fort vos amis. Vous me négligez bien depuis quelque temps.
• Cet homme néglige sa femme, Il n'a pas pour elle les soins, les attentions qu'il devrait avoir; il ne lui donne pas les marques d'affection qu'elle a droit d'attendre de lui.
• Négliger une occasion, La laisser échapper, ne pas en profiter. Il a négligé une occasion de faire fortune. Il a négligé une occasion qui ne reviendra pas.
• NÉGLIGER, se dit aussi en parlant De quantités fort petites qu'on omet dans un calcul, parce qu'elles ne peuvent influer sensiblement sur le résultat, sur le total. Dans les calculs d'approximation, on néglige les quantités extrêmement petites.
• NÉGLIGER, s'emploie souvent avec le pronom personnel, et signifie, N'avoir pas soin de sa personne pour la propreté, pour l'ajustement. Je l'ai vu très-bien vêtu, mais aujourd'hui il se néglige. Il commence à se négliger.
• Il signifie aussi, S'occuper moins exactement qu'à l'ordinaire de son devoir, de sa profession, de son travail, etc. Cet auteur travaillait autrefois avec grand soin, maintenant il se néglige. Cet artiste, cet ouvrier ne travaille plus comme à l'ordinaire, il se néglige.
• NÉGLIGÉ, ÉE. participe, Style négligé. Extérieur négligé. Éducation négligée.
• Il est aussi substantif, au masculin, et signifie, L'état où est une femme quand elle n'est point parée. Elle était dans son négligé. Vous voilà dans un grand négligé. Un négligé élégant. Un négligé plus piquant que la parure. Elle était ce matin dans le plus joli, dans le plus galant des négligés. On dit aussi en Peinture, dans un sens à peu près pareil, Un beau négligé plaît souvent plus qu'une froide correction.

NÉGOCE .s.m.
• Trafic, commerce. Bon, grand négoce. Suivre le négoce. Se mettre dans le négoce. S'adonner au négoce. Entendre bien le négoce. Faire le négoce. Faire négoce de toiles, de draps, d'épicerie, etc. Il fait négoce de tout. La guerre a fait tort au négoce, a fait cesser le négoce. Le négoce ne va plus comme autrefois. Le négoce ne vaut plus rien. Il y a grand négoce, il se fait grand négoce de telle marchandise en tel pays. Ce banquier fait d'énormes profits dans son négoce. Entrer dans le négoce. Quitter le négoce. Il se mêle de plusieurs négoces, de toute sorte de négoces. Il s'est jeté dans le négoce. On dit Commerce, et non pas Négoce, en parlant D'un État, d'une nation, d'un peuple. Le commerce, et non pas Le négoce de la France.
• NÉGOCE, se dit, figurément, de Certaines industries auxquelles il est honteux, messéant, dangereux de se livrer. Cet homme fait un vilain, un étrange négoce. Il se mêle d'un dangereux négoce. Il se mêle de bien des négoces. On ne sait quel négoce font ces gens-là. L'usure est un infâme négoce. La contrebande est un périlleux négoce.

NÉGOCIABLE . adj. des deux genres
• Qui peut se négocier. Il ne se dit guère que Des effets publics, des lettres de change, des billets, etc. Cette action, cette lettre de change, cet effet, ce billet n'est pas négociable. Du papier négociable.

NÉGOCIANT .s.m.
• Celui qui fait le négoce. Gros, bon, riche, habile négociant. Les négociants français. Les négociants de Hollande, d'Angleterre, etc. La guerre a ruiné beaucoup de négociants. Une compagnie de négociants. Le mot Négociant a un sens plus relevé que celui de Marchand: le négociant fait le commerce en grand.

NÉGOCIATEUR .s.m.
• Celui qui négocie quelque affaire considérable auprès d'un prince, d'un État. Sage, grand, bon, habile, fin, adroit négociateur. Mauvais négociateur. Négociateur intelligent. Négociateur malheureux.
• Se dit quelquefois Des personnes qui négocient quelque affaire particulière; et, en ce sens, il prend une terminaison féminine lorsqu'on parle d'une femme. Il s'est servi d'un mauvais négociateur. Elle a été la négociatrice de ce mariage.

NÉGOCIATION . s. f.
• L'art, l'action de négocier les grandes affaires, les affaires publiques. Il entend bien la négociation. Il est habile dans la négociation. Il a été employé dans la négociation de la paix. Il n'a eu nulle part à cette négociation. Sa négociation a été heureuse, a été bien conduite. Il a réussi, il a échoué dans sa négociation. La négociation eut lieu dans telle ville. Mettre une affaire en négociation. Il est employé dans les négociations. Il a passé sa vie dans les négociations. Il a écrit l'histoire de ses négociations.
• Il signifie quelquefois, L'affaire même qu'on traite et qu'on négocie. Il a une négociation difficile, délicate entre les mains. On l'a chargé d'une négociation importante.
• NÉGOCIATION, se dit aussi en parlant Des affaires particulières. Vous voulez que je l'engage à vous donner sa fille en mariage: vous me chargez là d'une négociation difficile. Il est en négociation pour acheter une étude de notaire.
• En termes de Commerce, La négociation d'un billet, d'une lettre de change, etc., Le trafic qui se fait de ces sortes d'effets par les agents de change, les banquiers, les marchands, etc.

NÉGOCIER . v. n.
• Faire négoce, faire trafic. Il s'est mis depuis peu à négocier dans le Levant. Négocier en Espagne. Négocier en épicerie, en draperie, en soie, en pierreries.
• S'emploie activement en parlant Des effets publics, des lettres de change, des billets, etc., et signifie, Les transporter, les céder à un autre qui en donne la valeur, en retenant ordinairement l'intérêt de la somme. Négocier des lettres de change, des billets. J'ai besoin d'argent, voilà un effet que je voudrais négocier. Adressez-vous à ce banquier, il vous négociera votre lettre de change.
• NÉGOCIER, signifie encore, Traiter une affaire avec quelqu'un; et alors il est aussi actif. C'est lui qui a négocié cette affaire, ce mariage, cette réconciliation. Il a négocié cela fort secrètement, fort adroitement. Il a négocié la paix entre ces deux princes. Négocier un traité, une ligue.
• S'emploie absolument, dans le même sens. C'est un homme qui négocie avec beaucoup d'adresse. Il négocie pour l'État dans tel pays, auprès de tel prince.
• NÉGOCIER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans un sens passif. Le papier sur Londres se négocie au pair. On dit qu'il se négocie quelque chose d'important.
• NÉGOCIÉ, ÉE. participe

NÈGRE .s.m.
• Nom qu'on donne en général à la race des noirs, et spécialement aux habitants de certaines contrées de l'Afrique. La traite des nègres est abolie.
• Se dit, particulièrement, Des esclaves noirs employés aux travaux des colonies. Il a cent nègres dans son habitation.
• Fam., Traiter quelqu'un comme un nègre, Le traiter avec beaucoup de dureté et de mépris.
• Fam., Faire travailler quelqu'un comme un nègre, Exiger de lui un travail pénible, le faire travailler sans relâche.

NÉGRERIE . s. f.
• Lieu où l'on renferme les nègres dont on fait commerce.

NÉGRESSE . s.
• C'est le féminin de Nègre. Une jeune négresse. Une négresse maronne.

NÉGRIER . adj. m.
• Il n'est usité que dans les locutions suivantes: Vaisseau ou bâtiment négrier, ou simplement, Négrier, Bâtiment qui sert à la traite des nègres; Capitaine négrier, Capitaine d'un bâtiment qui a cette destination.

NÉGRILLON
, ONNE. s.
• Petit nègre, petite négresse.

NÉGROMANCIEN
, NÉGROMANT.s.m.
• Voyez NÉCROMANCIEN, NÉCROMANT.

NEIGE . s. f.
• Eau, vapeur congelée qui tombe des nues sur la terre, en flocons blancs et légers. Neige menue. De gros flocons de neige. Ce temps couvert nous amènera, nous apportera de la neige. Il tombe de la neige. De la neige fondue. De la neige durcie. La campagne est couverte de neige. Il y avait deux pieds de neige sur la terre. Les premières neiges. Des montagnes couvertes de neige, de neiges, de neiges éternelles. Il s'est perdu dans les neiges. Un torrent formé par la fonte des neiges. Se battre à coups de pelotes de neige, de boules de neige. Boire à la neige. Blanc comme neige. Plus blanc que neige, que la neige.
• Prov. et fig., C'est une pelote de neige qui grossit; cela grossit comme une pelote de neige; cela fait la pelote, la boule de neige, se dit Des séditions qui croissent progressivement, des sommes qui grossissent par l'accumulation des intérêts, etc.
• OEufs à la neige, Blancs d'oeufs battus de manière qu'ils forment une mousse semblable à de la neige.

NEIGER . v. n.
• qui n'est usité qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes du singulier. Se dit De la neige qui tombe. Il neige bien fort. Il y a deux jours qu'il neige. Il neigeait, il a neigé hier. Je voudrais bien qu'il ne neigeât plus. Il neige à gros flocons. Il ne fait que neiger. Il neigera demain.
• Fig. et fam., Il a neigé sur sa tête, Il a les cheveux blancs.

NEIGEUX
, EUSE. adj.
• Chargé, couvert de neige; où il y a beaucoup de neige. Temps neigeux. Saison neigeuse. Les cimes neigeuses, les sommets neigeux de l'Apennin.

NÉMÉENS . adj. m. pl.
• T. d'Antiq. Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Jeux Néméens, Jeux établis par les Argiens, près de Némée.

NÉNIES . s. f. pl.
• T. d'Antiq. Chants funèbres en usage aux funérailles, dans l'ancienne Rome.

NENNI
• Mot dont on se sert pour répondre négativement à une interrogation expresse ou sous-entendue. Il n'est usité que dans la conversation familière. Voulez-vous aller à la chasse? Nenni.
• Il n'y a point de nenni, C'est une chose forcée, nécessaire. Il faut que vous partiez demain, il n'y a point de nenni.
• Un doux nenni, Un refus engageant. Dans cette phrase, Nenni est employé substantivement.

NÉNUFAR .s.m.
• Plante aquatique qui a de larges feuilles rondes, et de grandes fleurs en forme de roses. Les fleurs du nénufar passent pour réfrigérantes. Sirop de nénufar.

NÉOCORE .s.m.
• T. d'Antiq. Officier préposé à la garde et à l'entretien des temples, et de ce qu'ils renfermaient de précieux.
• Se dit aussi Des villes et des provinces qui avaient fait bâtir des temples en l'honneur de Rome et des empereurs. Smyrne, Éphèse, étaient des néocores d'Auguste.

NÉOGRAPHE . adj. des deux genres
• Qui veut introduire ou qui admet une orthographe nouvelle et contraire à l'usage. Écrivain néographe.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif masculin. Les néographes ont quelquefois de bonnes raisons à donner.

NÉOGRAPHISME .s.m.
• Manière d'orthographier, contraire à l'usage. Le néographisme a des inconvénients; mais il peut être approuvé, s'il est raisonné dans ses principes, et circonspect dans ses changements.

NÉOLOGIE . s. f.
• Invention, usage, emploi de termes nouveaux; et, par extension, Emploi des mots usuels, dans un sens nouveau, ou différent de la signification ordinaire. La néologie, ou l'art de faire, d'employer des mots nouveaux, demande beaucoup de jugement et de goût.

NÉOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la néologie ou au néologisme. Langage, style, expression néologique. Il ne se prend guère qu'en mauvaise part.

NÉOLOGISME .s.m.
• Habitude d'employer des termes nouveaux, ou de donner aux mots reçus des significations différentes de celles qui sont en usage. Il ne se prend qu'en mauvaise part. La néologie est un art, le néologisme est un abus. La manie du néologisme.

NÉOLOGUE .s.m.
• Celui qui, soit en parlant, soit en écrivant, fait un usage fréquent de termes nouveaux, ou détournés de leur véritable sens. Il se prend presque toujours en mauvaise part. Cet auteur est un néologue. Les néologues sont nombreux aujourd'hui.

NÉOMÉNIE . s. f.
• T. d'Astron. ancienne. Nouvelle lune.
• NÉOMÉNIE, est aussi Le nom d'une fête qui se célébrait chez les anciens à chaque renouvellement de lune.

NÉOPHYTE . s. des deux genres
• Une personne nouvellement convertie, nouvellement baptisée. Un zèle, une ardeur, une ferveur de néophyte.

NÉPHRÉTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui appartient aux reins. Il ne s'emploie guère que dans cette expression, La colique néphrétique, ou simplement, La néphrétique, Sorte de colique causée par le gravier qui se détache des reins, et qui cause de grandes douleurs en passant par les uretères. Il est sujet à la colique néphrétique. Il est tourmenté de la néphrétique. Il a déjà eu quelques attaques de néphrétique.
• S'emploie aussi comme substantif masculin, et signifie, Celui qui est affligé de la colique néphrétique. Les néphrétiques sont à plaindre.
• NÉPHRÉTIQUE, se dit encore, tant adjectivement que substantivement, Des remèdes propres aux maladies des reins, et en particulier à la colique néphrétique. La graine de lin, la pariétaire, sont des remèdes néphrétiques, sont des néphrétiques.

NÉPOTISME .s.m.
• Autorité que les neveux d'un pape ont eue quelquefois dans l'administration des affaires, durant le pontificat de leur oncle. Les abus du népotisme ont été funestes au pouvoir pontifical.
• Se dit, par extension, de La faiblesse qu'un homme en place a d'avancer ses parents.

NÉRÉIDE . s. f.
• Chacune des nymphes qui, suivant la Fable, habitaient dans la mer.

NERF .s.m.
• (On prononce l'F au singulier. ) Se dit de Petits filaments blanchâtres qui, distribués dans les diverses parties du corps, transmettent au cerveau les sensations occasionnées par les objets extérieurs, et portent aux muscles les ordres de la volonté. Le cerveau est le principe des nerfs. Les conjugaisons des nerfs. C'est un nerf de la première, de la seconde conjugaison, etc. Nerf de la première, de la seconde paire, etc. Le nerf intercostal. Le nerf caverneux. Le nerf optique. Ce chirurgien maladroit, ignorant lui a coupé, lui a piqué le nerf. Le nerf a été offensé. Maladie de nerfs. Attaque de nerfs. Avoir mal aux nerfs. Avoir des maux de nerfs. Avoir les nerfs irritables, les nerfs agacés. Cela fait mal aux nerfs. Cela est bon pour les nerfs. Il a les nerfs en mauvais état. Cela irrite, cela calme les nerfs.
• Se dit improprement, dans le langage vulgaire, Des tendons des muscles. Un nerf foulé. Il s'est foulé le nerf. Un nerf tressailli. La contraction des nerfs. Le nerf du jarret.
• Nerf de boeuf, Le membre génital du boeuf, arraché et desséché. (Dans cette acception, on prononce Nêr.) Donner des coups de nerf de boeuf. --- Nerf, se dit aussi Du membre du cerf.
• NERF, signifie figurément, au sens moral, Force, vigueur. Cet homme a du nerf, on ne le fait pas fléchir aisément. Il n'a pas de nerf, la moindre résistance le fait céder. Ce style manque de nerf. Il n'y a point de nerf dans ses discours. Cet ouvrage est plein de nerf.
• Prov., L'argent est le nerf de la guerre, On ne soutient la guerre qu'avec beaucoup d'argent.
• NERF, en termes de Relieur, se dit Des cordelettes qui sont attachées au dos du livre, et sur lesquelles les cahiers sont cousus.

NERF-FÉRURE . s. f.
• T. d'Art vétérin. Coup, atteinte qu'un cheval a reçu du pied d'un autre cheval, sur le tendon de la partie postérieure d'une jambe de devant ou de derrière.

NÉRITE . s. f.
• Coquillage univalve, operculé et de forme à peu près sphérique, dont il existe plusieurs espèces. La plupart des nérites vivent dans la mer, et quelques-unes dans l'eau douce.

NÉROLI .s.m.
• Essence tirée de la fleur d'orange.

NERPRUN .s.m.
• Arbrisseau qui porte un petit fruit noir, dont on se sert en médecine et dans la teinture. Sirop de nerprun.

NERVER . v. a.
• Garnir et couvrir du bois avec des nerfs que l'on colle dessus, après les avoir battus et comme réduits en filasse. Nerver un battoir, les arçons d'une selle.
• En termes de Relieur, Nerver un livre, Dresser les nerfs ou les cordelettes sur le dos d'un livre, et les fortifier avec de la colle forte et de la toile ou du parchemin.
• NERVÉ, ÉE. participe, Un battoir bien nervé. La pointe de cet arçon n'est pas bien nervée.

NERVEUX
, EUSE. adj.
• Qui appartient aux nerfs. Affection, maladie, fièvre, toux nerveuse.
• Fluide nerveux, Fluide que l'on supposait en circulation dans les nerfs, et que l'on regardait comme l'agent de la sensibilité et du mouvement.
• Être nerveux, Avoir les nerfs irritables. Cette femme est très-nerveuse.
• Le genre nerveux, le système nerveux, Les nerfs du corps humain, pris collectivement.
• NERVEUX, signifie aussi, dans le langage ordinaire, Qui a de bons nerfs, qui a beaucoup de force dans les muscles. Bras, corps nerveux. C'est un petit homme nerveux. Un cheval nerveux.
• Fig., Ce style, ce discours est nerveux, Il a de la fermeté, de la vigueur.
• NERVEUX, signifie encore, Plein de nerfs et de muscles. Le pied est la partie du corps la plus nerveuse.

NERVIN . adj. et s. m.
• .Médec. Se dit Des remèdes propres à fortifier les nerfs. On dit substantivement et plus communément, Les nervins.

NERVURE . s. f.
• .Relieur. La réunion des parties saillantes qui sont formées sur le dos d'un livre par les nerfs ou cordes qui servent à relier. La nervure d'un livre. En général, on se contente maintenant de figurer la nervure.
• NERVURE, en Architecture, se dit Des moulures saillantes et rondes placées sur les arêtes d'une voûte, sur les côtés des cannelures, sur les arêtes des volutes, sur les angles des pierres, etc. Les nervures d'une voûte gothique.
• NERVURE, en Botanique, se dit Des filets saillants qui parcourent la surface des feuilles de certaines plantes et des pétales de certaines fleurs. Feuille à deux, à trois nervures.

NESCIO
VOS
• Formule familière de refus, empruntée du latin. (On prononce Vosse.) Je vous ai accordé votre première demande; mais pour celle-ci, nescio vos.

NESTOR .s.m.
• Nom propre devenu appellatif, par allusion au Nestor d'Homère. Le vieillard le plus âgé ou le plus respectable. C'est le Nestor du conseil. Le Nestor de la littérature.

NESTORIANISME .s.m.
• Hérésie des sectateurs de Nestorius.

NESTORIEN
, IENNE. adj. et s.
• Partisan de la doctrine de Nestorius.

NET
, ETTE. adj.
• Propre, qui est sans ordure, sans souillure. Une chambre nette. De la vaisselle nette. Les rues sont nettes. Avoir les mains nettes, les dents nettes. Il faut tenir les enfants nets. Il a la tête nette. Cette eau n'est pas nette. Des souliers nets.
• Prov., Net comme une perle, Très-net, très-propre. On dit proverbialement et populairement, dans le même sens, Net comme un denier.
• Un enfant net, Un enfant qui ne laisse plus rien aller sous lui. Cet enfant a été net dès l'âge de deux ans.
• Un cheval sain et net, Un cheval qui n'a aucun des défauts, aucune des maladies qu'il est d'usage de garantir. Je vous ai vendu ce cheval sain et net. Je vous garantis ce cheval sain et net.
• NET, signifie aussi, Qui est pur, sans mélange. Ainsi on dit: Ce froment est net, Il n'y a ni seigle, ni orge, ni ivraie, etc. Ce vin est net, On n'y a mêlé ni liqueurs étrangères, ni drogues. Ce riz, ce poivre, ce café est net, On en a ôté tous les corps étrangers qui pouvaient s'y trouver.
• Il signifie aussi quelquefois, Clair, transparent. Ce vin est bien net depuis qu'on l'a soutiré, depuis qu'on l'a laissé reposer.
• Il signifie encore, Uni, poli, sans tache. Cette femme a le teint net. La glace de ce miroir est bien nette. Ce diamant n'est pas net. On trouve difficilement du cristal qui soit bien net. Une perle d'une eau bien nette.
• NET, signifie aussi, Qui n'est point confus, qui est distinct, facile à discerner. Cette écriture, cette impression est bien nette. Ce caractère d'impression est net, fort net.
• Voix nette, Voix qui a le son clair et fort égal. On dit dans le même sens, Cet instrument, cette corde rend un son fort net.
• Avoir la vue nette, Avoir des yeux qui distinguent bien les objets. On dit populairement, dans le même sens, Avoir la visière nette.
• NET, dans certaines façons de parler, signifie, Vide. Les huissiers étant allés pour saisir ses meubles, ils trouvèrent maison nette. Faire place nette.
• Au Jeu, Faire tapis net, Gagner tout l'argent qui est sur le tapis.
• Fig. et fam., Faire maison nette, Chasser tous ses domestiques.
• NET, s'emploie figurément, en parlant Du bien, du revenu, et signifie, Clair, liquide, quitte de dettes, aisé à recevoir. Son bien, son revenu est clair et net. Cet homme ne doit rien, il a dix mille livres de rentes bien nettes. Ses dettes payées, il lui reste de quitte et de net cent mille francs, il lui reste quitte et net cent mille francs.
• Produit net, Ce qu'on retire d'un bien, d'un héritage, tous frais faits et toutes charges déduites. On dit dans un sens analogue, en termes de Commerce, Prix net, bénéfice net. Dans la même acception, on dit en parlant D'un reliquat de compte, Il reste tant de net.
• Poids net, Le poids d'une chose, sans ce qui la contient ou l'enveloppe.
• NET, s'emploie figurément, en parlant Des opérations et des productions de l'esprit, et signifie, Clair, pur, aisé. Une pensée nette. Une expression nette. Un style net et facile. Je n'ai pas, je ne me forme pas une idée bien nette de ce projet. Toutes ses explications sont claires et nettes.
• Avoir la conception nette, l'esprit net, Concevoir clairement les sujets auxquels on s'applique; avoir de la clarté, de la méthode dans l'esprit.
• NET, signifie aussi figurément, Qui est sans difficulté, sans embarras, sans ambiguïté. Il y a bien des embarras dans cette affaire, elle n'est pas nette. Jamais il ne m'a fait une proposition nette, une réponse nette. Cela est clair et net. Rendez-moi un compte net. Cela n'est pas net.
• Il signifie encore figurément, en parlant Des personnes et des choses, Franc, sans supercherie, qui ne donne lieu à aucun doute, à aucun soupçon. Il n'y a rien à lui reprocher, il est net. J'ai fait tout ce que j'ai pu faire, je suis net. Il est sorti net de cette affaire. Le procédé de cet homme est net, n'est pas net, n'est pas bien net. Sa conduite est nette.
• Fam., Son cas n'est pas net, Il n'est pas sans reproche dans cette affaire.
• Il a l'âme nette, la conscience nette, Sa conscience ne lui reproche rien.
• Fig., Avoir les mains nettes, Se conduire avec probité, administrer fidèlement, ne faire aucun profit illégitime. C'est un bon comptable, il a les mains nettes. Ce fonctionnaire a quitté sa place les mains nettes. On dit aussi, Avoir les mains nettes de quelque chose, Ne s'en être pas mêlé, n'y avoir pris aucune part. Cela s'est fait sans moi, j'en ai les mains nettes.
• Prov. et fig., Je veux en avoir le coeur net, Je veux savoir ce qui en est, je veux me délivrer de mes doutes sur ce fait.
• Patente nette, Attestation légale qui constate qu'un bâtiment est sorti d'un pays exempt de maladies contagieuses.
• NET, s'emploie substantivement dans cette phrase, Mettre au net un écrit, un dessin, un plan, etc., En faire une copie correcte sur l'original qui est brouillé, qui a des ratures.
• NET, s'emploie aussi adverbialement, et signifie, Uniment et tout d'un coup. Cela s'est cassé net, s'est cassé net comme un verre.
• Se dit encore, adverbialement, au figuré. Trancher net la difficulté. Il a refusé tout net. Je lui ai parlé net. Je lui ai dit tout net ce que j'en pensais. J'ai oublié tout net ce que vous m'avez recommandé. Entendre net. Voir net.

NETTEMENT . adv.
• Avec netteté, avec propreté. Se tenir nettement. Il aime à être toujours nettement. Tenir nettement un enfant.
• Il signifie figurément, D'une manière claire, distincte. Cette lunette fait voir nettement les objets. Je ne distingue pas nettement la nuance qui sépare ces deux idées. Je ne conçois pas bien nettement ce que vous voulez dire. Écrire nettement. Exposer nettement un fait. Cela est nettement expliqué dans le contrat.
• Il signifie aussi, Franchement et sans rien déguiser. Je lui ai dit nettement la vérité. Parlez-lui nettement. Pourquoi tant de détours? expliquez-vous nettement.

NETTETÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est net. Se dit au propre et au figuré dans les mêmes acceptions que l'adjectif Net. Il est propre, il aime la netteté. Son appartement, sa chambre est d'une grande netteté. La netteté d'une glace, d'un diamant. La netteté de son écriture flatte l'oeil. Cette lunette fait voir les objets avec une netteté parfaite. Il a beaucoup de netteté dans la voix, dans l'esprit, dans les idées. Son style est d'une netteté admirable. Il conçoit, il s'exprime avec beaucoup de netteté. Cette expression manque de netteté.

NETTOIEMENT
ou NETTOYAGE.s.m.
• Action de nettoyer. Le nettoiement, le nettoyage des rues, des places publiques. Le nettoiement d'un port.

NETTOYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Envoyer.) Rendre net. Nettoyer un habit, des souliers, des bottes. Se nettoyer les dents. Nettoyer des assiettes, des verres. Nettoyer une maison. Nettoyer les rues. Nettoyer les fossés d'un château. Nettoyer un port. Nettoyer un canon, un fusil, une montre. Nettoyer du blé. En ce sens, il s'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Vous êtes couvert de poussière, nettoyez-vous. Quand aurez-vous fini de vous nettoyer?
• Fig. et fam., Nettoyer une maison, une chambre, Prendre et emporter tout ce qui s'y trouve. Les huissiers ont nettoyé cette maison. Les voleurs ont nettoyé sa chambre.
• Fig., Nettoyer la mer de corsaires, les chemins de voleurs, Rendre la mer, les chemins libres; en chasser les corsaires, les voleurs.
• Fig., Nettoyer la tranchée, En chasser les assiégeants.
• Fig., Nettoyer les affaires, le bien d'une personne, d'une famille, En acquitter les dettes, et en terminer les procès.
• Fig., au Jeu, Nettoyer le tapis, Gagner tout l'argent qui est sur le jeu.
• En Peinture, Nettoyer des contours, Les rendre plus purs et plus corrects.
• NETTOYÉ, ÉE. participe

NEUF
• nom de nombre des deux genres. Nombre impair qui suit immédiatement le nombre de huit. Les neuf choeurs des anges. Les neuf Muses. Je vous attendrai jusqu'à neuf heures. Neuf cents. Neuf mille. Neuf cent mille. Dix-neuf. Vingt-neuf. L'an mil sept cent neuf, mil sept cent quatre-vingt-neuf, etc. On dit de même: Le nombre neuf. Numéro neuf. Le chiffre neuf.
• L'F ne se prononce point dans le mot Neuf, quand il est suivi immédiatement d'un mot qui commence par une consonne: Neu cavaliers, neu chevaux. Quand il est suivi d'un substantif qui commence par une voyelle, l'usage ordinaire est de prononcer l'F comme un V, Neuv-écus, neuv-ans, neuv-aunes, neuv-hommes. Mais quand Neuf n'est suivi d'aucun mot, ou qu'il n'est suivi ni d'un adjectif ni d'un substantif, l'F se prononce. De cent qu'ils étaient, ils ne restèrent que neuf. Neuf et demi. Ils étaient neuf en tout. Les neuf arrivèrent à la fois.
• NEUF, est aussi quelquefois employé comme nombre ordinal. Le roi Louis neuf. Page neuf. Chapitre neuf. Verset neuf. En l'an neuf.
• Fam., Cette femme est, entre dans le neuf, dans son neuf, Dans le neuvième mois de sa grossesse. On dit aussi D'un malade qui est, qui entre dans le neuvième jour de sa maladie, Il est, il entré dans le neuf, dans son neuf.
• NEUF, est quelquefois substantif masculin. Le produit de neuf multiplié par trois est vingt-sept. Un neuf de chiffre. Faire un neuf, deux neuf.
• Au Jeu de cartes, Un neuf de coeur, un neuf de carreau, etc., Une carte qui est marquée de neuf points de coeur, de carreau, etc. Il a brelan de neuf. Le neuf de trèfle lui est entré. J'ai tous les neuf dans mon jeu.

NEUF
, EUVE. adj.
• Qui est fait depuis peu. Maison neuve. Habit neuf. Chapeau neuf. Un meuble neuf. Des souliers neufs.
• Il signifie aussi, Qui n'a point encore servi. Voilà un habit neuf que je garde depuis deux ans. Voilà des souliers neufs que j'ai fait faire il y a trois ans.
• Il signifie encore, Qui a peu servi. Cet habit n'est pas usé, il est encore tout neuf.
• Pop., Tout battant neuf, Tout neuf. Cet habit est tout battant neuf.
• Prov. et fig., Faire balai neuf, se dit Des domestiques qui servent bien dans les premiers jours de leur entrée en maison. J'ai été bien servi pendant huit jours, il a fait balai neuf. On dit dans le même sens, C'est un balai neuf, et Il n'est rien tel que balai neuf.
• Prov. et fig., Faire corps neuf, Rétablir sa santé, après avoir pris beaucoup de médicaments qui semblent avoir renouvelé le corps.
• Prov. et fig., Faire maison neuve, Renvoyer tous ses domestiques, et en prendre d'autres. Il a chassé tous ses valets, il a fait maison neuve.
• Terre neuve, Terre qui n'a point encore été défrichée, ou qui était demeurée long-temps inculte, ou qui n'est mise en valeur que depuis peu. On appelle aussi Terre neuve, De la terre rapportée qui n'a point encore servi à la végétation.
• Bois neuf, Bois qui est venu par voiture ou par bateau; par opposition à Bois flotté, Celui qui est venu en train ou à flot perdu.
• NEUF, se dit pareillement Des chevaux qui n'ont point encore servi, ou qui ont peu servi, et principalement des chevaux de carrosse. Acheter des chevaux neufs.
• NEUF, se dit aussi De certaines choses à l'égard d'autres de même espèce qui sont plus anciennes. Dans cette ville-là il y a deux châteaux, le château vieux et le château neuf. La vieille tour et la tour neuve. La vieille ville et la ville neuve.
• NEUF, en parlant Des personnes, signifie, Novice, qui n'a point encore d'expérience en quelque chose. Il est tout neuf dans ce métier-là. Il est neuf aux affaires. Si on lui donne cet emploi, il y sera bien neuf. Ce laquais n'a jamais servi, il est tout neuf. Ce jeune homme est neuf, tout neuf dans la société, dans le monde.
• Avoir un coeur tout neuf, une âme toute neuve, Avoir un coeur, une âme que les passions n'aient pas agitée. On dit dans une acception analogue, Avoir des sens tout neufs.
• NEUF, en parlant Des pensées et des ouvrages d'esprit, signifie, Qui n'a pas encore été dit, traité, produit, employé. Ce qui paraît neuf n'est souvent qu'une redite. Une pensée, une idée, une image, une expression, une tournure neuve. Sujet neuf et traité d'une manière neuve. Ce livre est un ouvrage neuf. Il a fait sur ce sujet des réflexions aussi neuves qu'importantes.
• Fam., Voilà qui est tout neuf pour moi, voilà une chose toute neuve pour moi, Voilà une chose dont je n'avais pas d'idée, dont je n'avais pas encore entendu parler.
• NEUF, est quelquefois employé substantivement. Donnez-nous du neuf. Coudre le neuf avec le vieux. Il y a du neuf dans ce poëme. C'est du vieux qui vaut du neuf.
• À NEUF loc. adv. Se dit en parlant De choses qu'on raccommode, et qu'on renouvelle en quelque sorte. Refaire un bâtiment à neuf, tout à neuf. Remettre un tableau à neuf. Blanchir des dentelles, des bas à neuf. Il a refait sa tragédie à neuf.
• DE NEUF, locution adverbiale, qui s'emploie surtout dans cette phrase, Habiller de neuf, tout de neuf, c'est-à-dire, Avec des habits neufs. Il a fait habiller ses gens tout de neuf.

NEUTRALEMENT . adv.
• .Gram. D'une manière neutre. Le verbe actif s'emploie quelquefois neutralement.

NEUTRALISATION . s. f.
• .Chimie. Action de neutraliser.
• NEUTRALISATION, signifie aussi, L'action de rendre neutre un territoire, une ville, un vaisseau. La neutralisation d'un pays, d'une ville, est le préliminaire des négociations qui doivent y être entamées. Il sollicite la neutralisation de son navire.

NEUTRALISER . v. a.
• .Chimie. Rendre neutre un sel, par une opération chimique. Neutraliser un acide par un alcali, un alcali par un acide.
• NEUTRALISER, s'emploie au sens moral, dans le langage ordinaire, et signifie, Diminuer, réduire à rien, à presque rien. Neutraliser un projet en le modifiant. Je suis parvenu à neutraliser ses efforts, ses mauvais desseins contre moi.
• Il se joint quelquefois avec le pronom personnel, employé dans le sens réciproque. Ces deux causes, ces deux effets se neutralisent mutuellement.
• NEUTRALISÉ, ÉE. participe

NEUTRALITÉ . s. f.
• État d'une puissance qui ne prend point parti entre deux ou plusieurs autres puissances qui sont en guerre. Garder, observer, violer la neutralité. Respecter la neutralité d'une puissance, d'un État, d'une ville, d'un territoire. Demeurer dans la neutralité. Déclarer sa neutralité. Accorder la neutralité.
• Neutralité armée, Neutralité dans laquelle la puissance qui reste neutre tient sur pied des troupes suffisantes pour faire respecter son territoire, son commerce, ses droits.
• NEUTRALITÉ, se dit, par extension, en parlant De ceux qui ne prennent point de parti dans des disputes, dans des différends. Aux époques de dissensions politiques ou religieuses, il est difficile de garder, d'observer la neutralité, une entière neutralité.

NEUTRE . adj. des deux genres
• Qui ne prend point parti entre des puissances belligérantes, entre des personnes qui ont des opinions, des sentiments, des intérêts opposés. Ce prince demeure, reste neutre, et laisse ses voisins s'épuiser par la guerre. Il veut être neutre pour se rendre l'arbitre de tous les différends. Les États, les princes, les villes neutres. C'est un égoïste qui, dans nos dissensions politiques, est toujours resté neutre.
• S'emploie quelquefois substantivement, au pluriel masculin. Il serait temps de proclamer les principes qui doivent protéger la navigation des neutres.
• Droit des neutres, Droit reconnu par les puissances belligérantes, aux États qui ne prennent point de part à la guerre. Cela s'applique surtout au droit maritime. Il est rare que, dans une longue guerre, on respecte toujours le droit des neutres.
• Lieu, territoire neutre, Lieu, territoire appartenant à un État neutre, ou dans lequel les puissances belligérantes conviennent d'établir la neutralité. On a décidé que ce lieu serait neutre, on veut y négocier la paix. L'entrée du territoire neutre est interdite aux troupes des deux puissances qui sont en guerre.
• Pavillon neutre, Pavillon d'une puissance qui ne prend point part à la guerre. Ces marchandises ont été transportées sous pavillon neutre.
• NEUTRE, en Grammaire, se dit Des noms latins et des noms de quelques autres langues, qui ne sont ni du genre masculin, ni du genre féminin. Nom neutre. Substantif, adjectif neutre. On le dit aussi Du genre de ces noms. Le genre neutre. Ce nom est du genre neutre. Il n'y a point de genre neutre dans la langue française.
• S'emploie quelquefois substantivement. Cet adjectif latin est au neutre. Les écoliers confondent quelquefois le neutre avec le masculin.
• Verbe neutre, Verbe qui ne peut point avoir de régime direct, comme Aller, venir, marcher, etc.
• En Chimie, Sel neutre, Sel qui n'est ni acide, ni alcalin.
• En Botan., Fleur neutre, Fleur qui ne contient point d'étamines ni de pistils.

NEUVAINE . s. f.
• L'espace de neuf jours consécutifs, pendant lesquels on fait quelque acte de dévotion, quelque prière en l'honneur d'un saint, pour implorer son secours. Faire une neuvaine à Notre-Dame, à sainte Geneviève. Elle a achevé sa neuvaine.

NEUVIÈME . adj. ordinal des deux genres
• Qui suit immédiatement le huitième. Le neuvième mois de l'année. Le neuvième jour du mois. Le neuvième jour de la lune. C'est la neuvième personne que je vois depuis ce matin. Cette femme est dans le neuvième mois de sa grossesse.
• S'emploie quelquefois substantivement. Cette femme accouchera bientôt, elle est dans son neuvième. Il est arrivé le neuvième du mois. Nous sommes dans le neuvième de la lune. Ce malade est dans le neuvième de sa fièvre. Il est le neuvième, elle est la neuvième de sa classe.
• NEUVIÈME, substantif, signifie aussi, La neuvième partie d'un tout; et alors il est toujours masculin. Il est pour un neuvième, il est intéressé pour un neuvième, il a un neuvième dans cette affaire.

NEUVIÈMEMENT . adv.
• En neuvième lieu. Se dit pour indiquer une neuvième preuve de quelque chose, ou un neuvième article.

NEVEU .s.m.
• Fils du frère ou de la soeur. C'est mon neveu. Faire du bien à ses neveux. L'oncle et le neveu.
• Petit-neveu, Le fils du neveu ou de la nièce.
• Neveu à la mode de Bretagne, Le fils du cousin germain ou de la cousine germaine.
• Cardinal neveu, Cardinal qui est le neveu du pape vivant.
• Dans le style soutenu et en poésie, Nos neveux, nos derniers neveux, nos arrière-neveux, La postérité, ceux qui viendront après nous.

NÉVRALGIE . s. f.
• .Médec. Douleur des nerfs. Névralgie frontale, maxillaire, etc.

NÉVRITIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Des médicaments propres aux maladies des nerfs.

NÉVROGRAPHIE . s. f.
• T. d'Anat. Description des nerfs.

NÉVROLOGIE . s. f.
• Partie de l'anatomie qui traite des nerfs.

NÉVROPTÈRE . adj. et s. m.
• T. d'Hist. nat. Nom générique des insectes dont les ailes sont transparentes, et sont traversées de veines croisées en réseau. Les insectes névroptères. L'ordre des névroptères.

NÉVROSE . s. f.
• .Médec. Affection nerveuse, maladie des nerfs en général.

NÉVROTOMIE . s. f.
• .Chirur. Dissection des nerfs.
• Il signifie aussi, L'opération qui consiste à couper un nerf.

NEWTONIANISME .s.m.
• (Dans ce mot et le suivant, la première syllabe se prononce Neu.) La philosophie naturelle de Newton. Voltaire est un des premiers qui aient fait connaître le newtonianisme en France.

NEWTONIEN
, IENNE. adj.
• Qui a rapport à la doctrine de Newton. La physique, l'astronomie, la philosophie, l'école newtonienne. Les principes newtoniens.
• Il signifie aussi, Qui a adopté cette doctrine. Il n'y a plus aujourd'hui un physicien, un astronome qui ne soit newtonien. En ce sens, il s'emploie plus ordinairement comme substantif. Un newtonien. La lutte des newtoniens et des cartésiens dura longtemps.

NEZ .s.m.
• Cette partie saillante du visage qui est entre le front et la bouche, et qui est l'organe de l'odorat. Grand, petit nez. Nez aquilin, retroussé, épaté, pointu. Nez de perroquet, de furet. Nez camus, camard. Nez enluminé, bourgeonné, boutonné, gravé. Avoir mal au nez. Il est tombé sur le nez. Il a donné du nez en terre. Il s'est cassé le nez. Il saigne du nez.
• Se dit aussi en parlant De quelques animaux. Le nez d'un chien. Les chiens qui se portent bien ont le nez frais et humide. Ce cheval porte le nez au vent.
• Parler, chanter du nez, Parler, chanter d'une manière désagréable, comme si le nez était bouché.
• Les phrases figurées et proverbiales qui suivent sont toutes du style familier.
• Fig., Saigner du nez, Manquer de résolution, de courage dans l'occasion. Il s'était vanté de faire hardiment cette proposition, mais il a saigné du nez. Il n'a point répondu au défi, il à saigné du nez.
• Fig., Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez, Avoir peu de lumières, peu de prévoyance.
• Fig., Tirer les vers du nez à quelqu'un, Tirer de lui un secret en le questionnant adroitement.
• Fig., Jeter à quelqu'un une chose au nez, La lui reprocher. Il me jette toujours mon âge au nez.
• Fig., Mettre son nez, mettre le nez, fourrer son nez où l'on n'a que faire, Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue, Mettre son nez partout.
• Fig., Mettre le nez dans une affaire, Commencer à l'examiner. À peine eut-il mis le nez dans cette affaire, qu'il vit le point de la difficulté.
• Fig., Mettre le nez dans les livres, Commencer à étudier. Il n'a jamais mis le nez dans un livre, Il n'a jamais lu.
• Fig., Avoir toujours le nez sur quelque chose, Y être toujours appliqué. Cette femme a toujours le nez sur son ouvrage. Il a toujours le nez sur ses livres. On dit dans le même sens, Ne pas lever le nez de dessus quelque chose. Cette fille est fort laborieuse, elle ne lève pas le nez de dessus son ouvrage.
• Fig., Mener quelqu'un par le nez, par le bout du nez, Abuser de l'ascendant qu'on a sur quelqu'un pour lui faire faire tout ce qu'on veut.
• Fig., Donner du nez en terre, Échouer dans quelque entreprise. Il espérait faire une grande fortune, mais il a donné du nez en terre. On dit à peu près dans le même sens, Se casser le nez. Il croyait gagner des monts d'or dans cette affaire, il s'y est cassé le nez.
• Fig., Avoir toujours quelqu'un sur le nez, à cheval sur le nez, En être perpétuellement occupé d'une manière désagréable.
• Prov. et fig., Se couper, s'arracher le nez pour faire dépit à son visage, Faire par dépit contre quelqu'un une chose dont on souffre le premier.
• Prov. et fig., Avoir un pied de nez, Avoir la honte de ne pas obtenir un succès dont on s'était flatté. Faire un pied de nez à quelqu'un, Se moquer de lui.
• Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux, que de lui arracher le nez, Il est de la sagesse de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand.
• Prov. et par exagér., Il est si jeune, que, si on lui tordait le nez, il en sortirait encore du lait, se dit D'un très-jeune homme qui se veut mêler de choses au-dessus de son âge.
• Prov., Cela paraît comme le nez au milieu du visage; et, par ironie, Cela ne paraît pas plus que le nez au milieu du visage, se dit D'une chose qui paraît et qu'on s'efforcerait en vain de cacher.
• Prov. et pop., Ce n'est pas pour son nez, La chose dont il s'agit ne lui est pas destinée. On dit ironiquement dans le même sens, C'est pour son nez; vraiment c'est pour son nez.
• NEZ, se dit aussi, familièrement, pour Tout le visage. On voyait autrefois des femmes qui avaient toujours un masque sur le nez. Donner sur le nez à quelqu'un. Mettre le nez à la fenêtre. Il avait bien à faire de venir montrer là son nez. Les ennemis sont resserrés dans leurs lignes, ils n'oseraient montrer le nez. Ils se sont rencontrés nez à nez. Regarder quelqu'un sous le nez. On lui a fermé la porte au nez.
• Fig., Donner sur le nez à quelqu'un, Lui faire éprouver quelque mortification.
• Fam., Au nez de quelqu'un, En sa présence et en le bravant. Il lui a soutenu cela à son nez. Il lui a dit des injures à son nez, à son nez et à sa barbe.
• Fam., Rire au nez de quelqu'un, Se moquer de lui en face. Il dit des choses si hors de propos, qu'on ne saurait s'empêcher de lui rire au nez.
• NEZ, signifie quelquefois, Le sens de l'odorat. Il a bon nez, il sent de loin. Il a le nez fin. Cette odeur est forte, elle prend au nez. Cette moutarde monte au nez. Ce chien a du nez. Les lévriers n'ont point de nez.
• Fig. et fam., Avoir bon nez, Avoir de la sagacité, prévoir les choses de loin. Cette entreprise a fort mal tourné, il a eu bon nez de ne pas s'en mêler. Vous avez eu bon nez de nous venir voir, nous avons une heureuse nouvelle à vous apprendre. On dit de même, Avoir le nez fin, avoir du nez.
• NEZ, signifie figurément, en termes de Marine, L'éperon, l'avant, la proue d'un vaisseau. On ne l'emploie guère que dans cette phrase, Ce vaisseau est trop sur le nez, Il penche trop en avant.

NI . Particule conjonctive et négative
• Il n'est ni bon ni mauvais. Il ne boit ni ne mange. Il n'y en a ni plus ni moins. Ni l'un ni l'autre n'a fait son devoir. Ni vous ni moi ne le pouvons. Elle n'est ni laide ni belle. Elle n'est ni belle ni riche. Vous ne devez ni le dire, ni l'écrire. Je ne crois pas qu'il vienne, ni même qu'il pense à venir.

NIABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être nié. Cette proposition est très-niable.

NIAIS
, AISE. adj.
• Il s'est dit au propre Des oiseaux de fauconnerie que l'on prenait dans le nid, et qui n'en étaient pas encore sortis. Un oiseau niais.
• NIAIS, signifie figurément, Qui est simple, qui n'a encore aucun usage du monde. C'est un garçon bien niais. Il est encore tout niais. Elle est toute niaise. Il n'est pas niais. Il n'est pas trop niais.
• Se dit aussi De l'air, des manières, du ton, etc. Il a l'air niais, la mine niaise, la contenance niaise. Il a quelque chose de niais dans la physionomie. Il m'a dit cela d'un ton niais.
• Se dit également, au sens moral, Des choses qui annoncent la sottise ou l'inexpérience. Il a fait une démarche fort niaise. Des raisonnements niais. Un écrit, un conte niais.
• S'emploie souvent comme substantif, en parlant Des personnes. C'est un niais, un franc niais, un grand niais. Un niais en affaires, en politique. Une grande niaise.
• Faire, contrefaire le niais, se dit D'un homme fin et adroit qui fait semblant d'être simple.
• Prov. et fig., C'est un niais de Sologne, il est de ces niais de Sologne qui ne se trompent qu'à leur profit, se dit D'un homme adroit et alerte sur ce qui regarde son intérêt, et qui contrefait le simple.
• Prov., fig. et pop., C'est de la graine de niais, C'est une chose qui ne peut tromper que les plus simples.

NIAISEMENT . adv.
• D'une façon niaise. Parler niaisement.

NIAISER . v. n.
• Badiner, s'amuser à des choses de rien. Il ne fait que niaiser. Il n'est pas question de niaiser, il s'agit d'une affaire sérieuse. Il est familier.

NIAISERIE . s. f.
• Bagatelle, chose frivole. Ne nous amusons point à des niaiseries. Vous nous débitez cela comme une chose sérieuse, et c'est une niaiserie. Il ne dit que des niaiseries.
• Il signifie aussi quelquefois, Le caractère de celui qui est niais. Il est d'une niaiserie dont on ne soupçonnerait pas un homme de son âge.

NICE . adj des deux genres
• Simple, niais. Il est vieux.

NICHE . s. f.
• Enfoncement pratiqué dans l'épaisseur d'un mur pour y placer une statue, un buste, un vase, un poêle, etc. Niche ronde. Niche carrée. Ces niches sont alternativement rondes et carrées. Mettre une statue dans une niche. Le choeur de cette église est orné de saints placés dans des niches. Cet ancien tombeau a des niches où l'on plaçait les urnes cinéraires. Une niche de poêle. Mettre un poêle dans la niche d'une salle à manger.
• Il signifie aussi, Un petit réduit pratiqué dans un appartement pour y mettre un lit, ou dans un jardin pour s'y retirer en particulier. Lit en niche. Il y a une petite niche au bout de ce jardin.
• Se dit encore d'Un petit meuble portatif dans lequel se retire et couche un chien d'appartement, un chat favori. Elle a toujours auprès d'elle la niche de son chat, de son chien.

NICHE . s. f.
• Malice, espièglerie que l'on fait à quelqu'un. Faire une niche à quelqu'un. Il lui a fait une niche, cent niches. Ces niches-là ne me plaisent point. Je suis las de souffrir toutes ces niches. Il est familier.

NICHÉE . s. f. coll.
• Les petits oiseaux d'une même couvée, qui sont encore dans le nid. Il a pris la mère et toute la nichée. La nichée était de quatre ou cinq petits rossignols. On dit aussi, Une nichée de souris.
• Se dit, familièrement et par mépris, de Plusieurs personnes de mauvaise vie, de mauvaise conduite, rassemblées en un même lieu. On a mis dehors toute la nichée.

NICHER . v. n.
• Se dit D'un oiseau qui fait son nid. Les hirondelles nichent dans les cheminées, aux fenêtres, etc. Les pigeons nichent dans les murailles. Les petits oiseaux nichent dans les arbres, dans les buissons.
• NICHER, s'emploie aussi comme verbe actif, et signifie alors, Placer en quelque endroit. Il ne se dit guère qu'en plaisanterie, et se met quelquefois avec le pronom personnel. Qui vous a niché en cet endroit? Pourquoi s'est-il allé nicher là-haut? Ce chat s'est niché dans l'armoire.
• Fig., Cet homme s'est niché dans une bonne maison, Il a trouvé une bonne retraite, un bon établissement.
• NICHER, employé avec le pronom personnel, s'applique aussi figurément À des idées métaphysiques. Où la vertu va-t-elle se nicher? Où l'orgueil va-t-il se nicher? Ces phrases expriment la surprise de trouver la vertu ou l'orgueil dans telle personne, dans telle condition.
• NICHÉ, ÉE. participe

NICHET .s.m.
• OEuf qu'on met dans les nids préparés pour la ponte des poules.

NICHOIR .s.m.
• Cage propre à mettre couver des serins.

NICKEL .s.m.
• .Chimie. Espèce de métal, qui a, comme le fer, la propriété magnétique, mais à un moindre degré. Il y a du nickel dans les aérolithes. On se sert des oxydes de nickel dans la peinture sur porcelaine et dans la fabrication des émaux.

NICODÈME .s.m.
• Nom propre devenu nom commun pour signifier, Un homme simple et borné, un niais. C'est un nicodème, un grand nicodème. Il est populaire.

NICOTIANE . s. f.
• Voyez TABAC.

NID .s.m.
• (Le D ne se prononce point.) Espèce de berceau, de logement que les oiseaux construisent pour y déposer leurs oeufs et y élever leurs petits. On appelle Aire, Le nid de l'aigle et des autres grands oiseaux de proie. Nid de pie, de corneille, de rossignol, etc. Il y a des oiseaux qui font leur nid sur terre. Chercher, trouver un nid. L'oiseau est dans son nid. Les petits sont hors du nid. Les oiseaux sont envolés, il n'y a plus que le nid.
• Prov. et fig., Il croit avoir trouvé la pie au nid, se dit par plaisanterie D'un homme qui s'imagine avoir fait quelque découverte importante.
• Prov. et fig., Il n'y a plus que le nid, on n'a plus trouvé que le nid, se dit Lorsqu'on est allé chercher quelqu'un chez lui pour l'arrêter, et qu'on ne l'y a pas trouvé.
• Prov. et fig., Petit à petit l'oiseau fait son nid, On fait peu à peu sa fortune, sa maison.
• Prov. et fig., À chaque oiseau son nid est beau, Chacun trouve sa maison, sa propriété belle.
• Fig. et fam., Un bon nid, Un bon établissement où l'on est à son aise. Il a épousé une veuve fort riche, il a trouvé là un bon nid. Il est dans un bon nid, qu'il s'y tienne.
• Fig. et fam., C'est un nid à rats, un vrai nid à rats, se dit D'une méchante petite maison, d'une méchante petite chambre.
• Nid d'oiseau, se dit particulièrement de Nids que certains oiseaux de mer, semblables à des hirondelles, forment avec du frai de poisson, et qui passent pour un mets friand, à la Chine et dans les Indes.

NIDOREUX
, EUSE. adj.
• Qui a une odeur et un goût de pourri, de brûlé, d'oeufs couvis. S'emploie surtout dans le langage médical. Les crudités qui s'engendrent dans les premières voies, sont acides et nidoreuses.

NIÈCE . s. f.
• Fille du frère ou de la soeur. La nièce d'un tel. L'oncle et la nièce. La tante et la nièce.
• Petite-nièce, La fille du neveu ou de la nièce.
• Nièce à la mode de Bretagne, La fille du cousin germain ou de la cousine germaine.

NIELLE . s. f.
• Plante qui croît dans les blés, et dont la semence est noire.
• NIELLE, se dit aussi d'Une maladie des grains, dont l'effet est de convertir la substance farineuse en une poussière noire.

NIELLE .s.m.
• T. d'Orfévrerie. Ornements ou figures que l'on grave en creux sur un ouvrage d'orfévrerie, et dont les traits sont remplis d'une sorte d'émail noir, fait d'un mélange d'argent, de plomb et de soufre liquéfiés. Les nielles de Russie, de Perse. Marquer en nielles de l'argenterie, de la vaisselle plate.

NIELLER . v. a.
• Orner de nielles. Nieller la poignée d'un sabre.
• NIELLÉ, ÉE. participe, Tabatière niellée.

NIELLER . v. a.
• Gâter par la nielle. Le mauvais temps a niellé les blés.
• NIELLÉ, ÉE. participe, Blés niellés.

NIER . v. a.
• Dire qu'une chose n'est pas vraie, soutenir qu'une chose n'est pas. Nier un fait. C'est une vérité qu'on ne peut nier. Nier cette vérité, c'est nier qu'il fait jour en plein midi. Il demeure d'accord du droit, mais il nie le fait, il le nie fort et ferme, il le nie tout à plat. Je ne nie pas qu'il n'ait fait cela, qu'il ait fait cela. Il nie que cela soit.
• Nier une dette, un dépôt, Nier qu'on ait une dette à payer, qu'on ait reçu un dépôt.
• NIER, signifie aussi, en termes d'argumentation, Ne pas demeurer d'accord d'une proposition. Il ne faut point disputer contre ceux qui nient les principes. Nier une proposition, un principe, une conséquence. Il a accordé la majeure et nié la mineure.
• S'emploie quelquefois absolument. Toutes les fois que j'affirme, vous niez.
• NIÉ, ÉE. participe

NIGAUD
, AUDE. adj.
• Sot et niais. Que cet homme est nigaud! Qu'elle est nigaude! Il est familier.
• S'emploie aussi substantivement. Un grand nigaud. Un vrai, un franc nigaud. Une grande nigaude.

NIGAUD .s.m.
• Oiseau, petit cormoran.

NIGAUDER . v. n.
• Faire des actions de nigaud, s'amuser à des choses de rien. Il ne fait que nigauder. Il passe son temps à nigauder.

NIGAUDERIE . s. f.
• Action de nigaud. C'est une nigauderie, une grande nigauderie. Il ne fait que des nigauderies.
• Il signifie aussi, Le caractère du nigaud. Il est d'une nigauderie qu'on n'excuserait pas dans un enfant.

NILOMÈTRE .s.m.
• Nom de certaines colonnes qui sont divisées dans leur longueur en coudées et en parties de coudée, et qui, placées en différents lieux de l'Égypte, servent à mesurer la crue des eaux du Nil dans ses débordements périodiques. Hérodote est le premier qui ait parlé des nilomètres.

NIMBE .s.m.
• T. didactique. Cercle de lumière que les peintres et les sculpteurs mettent autour de la tête des saints.
• Se dit aussi, en Numismatique, Du cercle que, sur certaines médailles, et particulièrement sur des médailles du Bas-Empire, on remarque autour de la tête de quelques empereurs.

NIPPE . s. f.
• Se dit Des vêtements, des meubles, et de tout ce qui sert à l'ajustement et à la parure. Son usage le plus ordinaire est au pluriel. Il a de belles nippes, de bonnes nippes. Il n'a laissé que de vieilles nippes à ses héritiers. Ce marchand vend bien cher ses nippes. Qu'il garde ses nippes.
• Fig. et fam., Il en a eu, il en a tiré de bonnes nippes, se dit D'un homme qui a tiré beaucoup d'utilité, beaucoup d'avantage de quelque liaison, de quelque commerce, de quelque emploi.

NIPPER . v. a.
• Fournir de nippes. Son père l'a nippé, l'a bien nippé en le mariant.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Il s'est fort bien nippé avant de prendre femme.
• NIPPÉ, ÉE. participe

NIQUE . s. f.
• Signe de mépris ou de moquerie. Il n'est usité que dans cette locution, Faire la nique, Se moquer de quelqu'un, de quelque chose, comme ne s'en souciant point. Faire la nique à quelqu'un. Il croit que j'ai grand besoin de lui, mais je lui fais la nique. Un vrai philosophe fait la nique à la fortune et aux richesses. Il est familier.

NITÉE . s. f.
• Voyez NICHÉE.

NITOUCHE . s. f.
• Il n'est usité que dans cette locution familière, Sainte nitouche, par laquelle on désigne Une personne qui contrefait la sagesse ou la dévotion, qui affecte des airs d'innocence, de simplicité. C'est une sainte nitouche. Il fait la sainte nitouche. Voyez-vous cette sainte nitouche, elle est bien maligne.

NITRATE .s.m.
• .Chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide nitrique et des bases salifiables. Nitrate d'argent, de chaux, de fer, de cuivre, de magnésie, de potasse, de soude, etc.

NITRE .s.m.
• .Chimie. Sel formé par la combinaison de l'acide nitrique et de la potasse jusqu'au point de la saturation.

NITREUX
, EUSE. adj.
• .Chimie. Qui tient du nitre. Gaz nitreux. Acide nitreux. Terres, eaux nitreuses.

NITRIÈRE . s. f.
• Lieu où se forme le nitre, et d'où on le tire. Nitrières naturelles. Nitrières artificielles.

NITRIQUE . adj. des deux genres
• .Chimie. Qui a rapport au nitre. Acide nitrique.

NIVEAU .s.m.
• Instrument par le moyen duquel on connaît si un plan, un terrain est uni et horizontal, et l'on détermine de combien un point de la surface de la terre est plus haut ou plus bas qu'un autre. Dresser au niveau, avec le niveau. Mesurer, ajuster au niveau, avec le niveau. Niveau à bulles d'air. Niveau d'eau. Niveau de charpentier, de paveur, de maçon, de canonnier. Niveau à plomb ou à pendule. Niveau de réflexion. Niveau hydraulique.
• Il signifie aussi, L'état d'un plan horizontal, ou de plusieurs points qui sont dans le même plan horizontal. Prendre le niveau d'un terrain.
• Niveau de pente, Surface d'un terrain qui a une pente réglée par le niveau.
• DE NIVEAU, AU NIVEAU, loc. adverbiales ou prépositives, Selon le niveau. On le dit Des choses dont la surface est unie, égale, horizontale. Mettre de niveau. La cour n'est pas au niveau du jardin. Cette terrasse est de niveau avec le rez-de-chaussée de la maison.
• DE NIVEAU, AU NIVEAU, s'emploient aussi figurément, et signifient, De pair, à la même hauteur. Il est au niveau des grands écrivains, ou de niveau avec les grands écrivains. Son caractère était au niveau de son génie. Cet ouvrage n'est pas au niveau des connaissances actuelles.
• À son niveau, à leur niveau, à votre niveau, etc., De pair avec lui, avec eux, avec vous, etc. Je ne saurais m'élever à son niveau. Il faudrait pouvoir se mettre à leur niveau, se tenir, se soutenir à leur niveau. Il n'est pas à votre niveau pour la fortune.

NIVELER . v. a.
• Mesurer avec le niveau, au niveau. Niveler une avenue, une allée. On nivelle la rivière depuis tel endroit jusqu'à tel autre, pour savoir combien elle a de pente. Niveler les eaux.
• Il signifie aussi, Rendre un plan uni et horizontal. On a bien nivelé le terrain de cette place, le pavé de cette rue.
• S'emploie au sens moral, et signifie, Rendre égal. Cette révolution tendait à niveler les fortunes, les conditions, les rangs.
• NIVELÉ, ÉE. participe

NIVELEUR .s.m.
• Celui qui nivelle, qui fait profession de niveler.

NIVELLEMENT .s.m.
• Action de mesurer avec le niveau. Travailler au nivellement d'un aqueduc. Ce nivellement a été fait avec exactitude. On a fait de grands nivellements pour la construction de ce canal.
• Il signifie aussi, Action de rendre un plan uni et horizontal. On travaille au nivellement de ce terrain, qui est fort inégal.

NIVET .s.m.
• Bénéfice illicite et caché qu'un agent, un mandataire obtient sur un marché qu'il fait pour autrui. Il est populaire.

NIVÔSE .s.m.
• Le quatrième mois du calendrier républicain.

NOBILIAIRE .s.m.
• Catalogue détaillé des familles nobles d'un pays. On trouve la généalogie de cette maison dans le nobiliaire de la province.

NOBILIAIRE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la noblesse. On l'emploie souvent par une sorte de dénigrement. L'ordre nobiliaire. La caste nobiliaire. Être exempt d'orgueil, de vanité, de morgue nobiliaire.

NOBILISSIME
• T. d'Antiq. Pris adjectivement, c'est Le titre d'honneur accordé, dans le Bas-Empire, aux césars et à leurs femmes. Pris substantivement, c'est Le nom d'une dignité créée par Constantin, laquelle donnait le droit de porter la pourpre. Le nobilissime était inférieur au césar, il avait le pas sur le patrice.
• NOBILISSIME, se disait aussi, dans le cours des études théologiques en Sorbonne, de Celui qui était le premier de la licence ou du cours, non par sa science, mais par sa naissance.

NOBLE . adj. des deux genres
• Qui, par droit de naissance ou par lettres du prince, fait partie d'une classe distinguée dans l'État. Il est noble par sa naissance, noble de naissance, noble d'extraction. Être de noble sang, d'un sang noble, de race noble. Être noble de race, noble de père et de mère, noble des deux côtés, noble par lettres du prince. Noble en vertu de certaines charges qu'on achetait, telles que celle de secrétaire du roi.
• Prov., Être noble comme le roi, Être d'une extraction fort noble, que personne ne conteste.
• Prov., Il est fou, ou le roi n'est pas noble, Il est fou incontestablement.
• En Jurispr. féodale, Biens nobles, Les biens qui étaient tenus en fief.
• Noble homme. Qualité que prenaient quelquefois, non-seulement ceux qui étaient nobles, mais aussi quelques bourgeois, dans les actes qu'ils passaient.
• NOBLE, est aussi substantif. Nouveau noble. Faux noble. Petit noble de campagne. Les anciens nobles. Les nobles étaient exempts de taille. Il y avait souvent discorde entre le peuple et les nobles. Nobles vénitiens. Nobles génois. Un noble romain.
• Il signifiait quelquefois, plus particulièrement, Celui qui était noble par lettres, et non de race. Ainsi l'on disait: Tout gentilhomme est noble, mais tout noble n'est pas gentilhomme. Le prince fait des nobles, mais le sang fait des gentilshommes.
• NOBLE, adjectif, signifie figurément, Qui a ou qui annonce de la grandeur, de l'élévation, de la supériorité. Une âme noble et généreuse. Un coeur noble. Il a l'air noble, la taille, le geste noble, la démarche noble. Il a des sentiments nobles. Un style noble. Des pensées nobles. Noble orgueil. Noble simplicité. Noble audace. Politesse noble. Des plaisirs nobles. Il n'y a rien que de noble dans ses discours, dans sa conduite, dans ses manières, dans ses procédés. Toutes les figures de ce tableau sont nobles.
• En Physiologie, Les parties nobles, Le coeur, le foie, le cerveau, etc.
• NOBLE, se dit quelquefois substantivement, au masculin, de Ce qui est grand, élève. Son goût était pour le grand et pour le noble.

NOBLEMENT . adv.
• D'une manière noble, avec noblesse. Il fait les choses noblement, très-noblement. Il s'exprime, il écrit, il pense, il se conduit noblement.
• Vivre noblement, signifiait autrefois, Vivre sur sa terre, ou à la ville, sans exercer aucune profession, ou sans en avoir d'autre que celle des armes. Ses ancêtres n'ont jamais dérogé, ils ont toujours vécu noblement. Il n'est pas noble, mais il vit noblement.
• En Jurispr. féodale, Tenir noblement une terre, La tenir en fief.

NOBLESSE . s. f.
• Qualité par laquelle un homme est noble. Bonne, haute, ancienne, nouvelle noblesse. Noblesse d'épée, de robe. Noblesse personnelle. Noblesse transmissible, héréditaire. On lui conteste sa noblesse. Prouver sa noblesse. Faire preuve de noblesse. Faire ses preuves de noblesse. Il ne se pique point de noblesse. Déroger à noblesse, à sa noblesse. Dégradé de noblesse. Des lettres de noblesse. Il est entêté de sa noblesse.
• Noblesse d'extraction, Celle dont l'origine est inconnue.
• Noblesse de la cloche, Celle qui venait de mairie ou d'échevinage. Voyez CLOCHE.
• Dans un sens particulier, Ancienne noblesse, Celle qui existait avant la révolution de 1789; et, Nouvelle noblesse, Celle qui a été créée depuis.
• Fig., Soutenir noblesse, Faire une dépense convenable à la noblesse de sa naissance. Cette locution a vieilli.
• Prov., Noblesse vient de vertu, Un homme n'est proprement au-dessus d'un autre que par la vertu et par le mérite.
• Prov., Noblesse oblige, Quiconque prétend être noble, doit se conduire noblement.
• NOBLESSE, se dit aussi collectivement de Tout le corps des hommes qualifiés nobles, ou d'Une partie de ce corps. Les trois états du royaume étaient le clergé, la noblesse, et le tiers état. Les cahiers de la noblesse. La chambre de la noblesse. Le corps de la noblesse. Il se tint une assemblée de la noblesse. La noblesse française. Brave, généreuse, vaillante noblesse. Le roi accompagné de sa noblesse. La noblesse monta à cheval. La fleur de la noblesse périt dans cette guerre. La noblesse bretonne. La noblesse de province. La noblesse de cour.
• Haute noblesse, La partie de la noblesse qui a le plus d'ancienneté ou d'illustration; par opposition à Petite noblesse, Celle qui en a le moins. Dans cette ville, la haute et la petite noblesse sont divisées d'opinion, et ne se fréquentent pas.
• Assemblée de noblesse, Assemblée particulière de gentilshommes. Il y eut une grande assemblée de noblesse. Il se fit une assemblée de noblesse.
• NOBLESSE, signifie encore, figurément, Grandeur, élévation, dignité Noblesse de coeur, de sentiments, d'âme. Noblesse d'expression, de style, de langage, de pensées. Il y a beaucoup de noblesse dans sa conduite, dans son action, dans son procédé. La noblesse de sa physionomie, de sa démarche, de ses manières, impose à tous ceux qui le voient.
• Il signifie particulièrement, en Peinture et en Sculpture, Le caractère élevé de la composition, des airs de tête, des formes, et généralement du système d'imitation. Que ce peintre a de noblesse dans ses compositions! Cette figure a de la noblesse, manque de noblesse, est sans noblesse.

NOCE . s. f.
• Mariage. En ce sens, il ne se dit qu'au pluriel. Il épousa une telle en premières noces. Convoler en secondes noces. Elle était veuve d'un tel en premières noces, et elle a épousé un tel en secondes noces. Le jour de ses noces.
• Il signifie aussi, Le festin, la danse et les autres réjouissances qui accompagnent le mariage. En ce sens, il se dit au singulier aussi bien qu'au pluriel. Les noces de tel prince. Une noce de village. Quand il se maria, il ne fit point, il ne voulut point faire de noces. Il vient de la noce. Êtes-vous de noces? Je suis de noces. J'ai été aujourd'hui de la noce, à la noce. Au retour de la noce. Salle à faire noces. Ce traiteur fait noces et festins. Repas de noce. Habit de noces. Présent de noce. C'est un des garçons de la noce. Qui est-ce qui fera la noce? Qui fera la dépense du festin? Dans ces deux dernières phrases, Noce ne se dit qu'au singulier.
• Il signifie encore, Toute l'assemblée, toute la compagnie qui s'est trouvée à la noce. Après le dîner, toute la noce est allée à l'Opéra.
• Prov., fig. et pop., Il ne fut jamais, il n'a jamais été à telles noces, à pareilles noces, Il n'a jamais reçu un pareil traitement (cela ne se dit guère qu'en mauvaise part); ou Il n'a jamais couru un pareil danger.
• Prov., fig. et pop., N'être pas à la noce, Être dans une situation pénible, inquiétante.
• Prov., Il y va comme aux noces, comme à des noces, comme à la noce, se dit D'un homme de guerre qui va gaiement au combat.
• Prov. et pop., Tant qu'à des noces, Abondamment. Ils burent tant qu'à des noces.
• Prov. et pop., Faites cela, je vous servirai le jour de vos noces, se dit Pour demander à une personne quelque petit service, et comme pour lui promettre qu'on lui en rendra quelque autre.

NOCHER .s.m.
• Celui qui gouverne, qui conduit un vaisseau, une barque. Il n'est guère usité qu'en poésie. Un habile nocher. Le nocher du Styx, le vieux nocher des morts, Caron.

NOCTAMBULE . adj. et s. des deux genres
• Celui, celle qui marche la nuit en dormant.

NOCTAMBULISME .s.m.
• État de ceux qui marchent la nuit en dormant.

NOCTURNE . adj. des deux genres
• Qui a lieu, qui arrive durant la nuit. Vision, apparition nocturne. Rendez-vous, visite, assemblée nocturne.
• Se dit, en Histoire naturelle, Des animaux qui veillent la nuit, et des végétaux dont les fleurs ne s'ouvrent que dans l'obscurité. Animaux nocturnes. Oiseau, reptile, insecte, poisson nocturne. Plante nocturne.
• NOCTURNE, s'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit d'Une partie de l'office de la nuit, composée d'un certain nombre de psaumes et de leçons. Le premier, le second, le troisième nocturne.
• Se dit aussi d'Un morceau de musique à plusieurs voix ou à plusieurs instruments, qui est d'un caractère tendre et plaintif. Nocturne à deux voix, à trois voix. Chanter, exécuter des nocturnes.

NODOSITÉ . s. f.
• .Chirur. et de Botan. État de ce qui a des noeuds. Se dit plus ordinairement Des noeuds mêmes. Il a des nodosités à tous les doigts de la main. Le tronc de cet arbre est couvert de nodosités.

NODUS .s.m.
• (On prononce l'S.) .Chirur., emprunté du latin. Tumeur dure et indolente qui vient sur les os, les tendons et les ligaments du corps humain. Il a un nodus au doigt. La goutte fait venir des nodus aux articulations.

NOËL .s.m.
• Fête de la nativité de Notre-Seigneur. À la fête de Noël, ou elliptiquement, À la Noël, à Noël. Les fêtes de Noël. Noël est une des quatre grandes fêtes de l'année. Le terme de Noël. La messe de Noël. Les trois messes de Noël.
• Bûche de Noël, Grosse bûche qu'on met au feu la veille de Noël au soir, afin qu'elle entretienne le feu pendant toute la nuit.
• Prov., fig. et pop., On a tant chanté, tant crié Noël, qu'à la fin il est venu, se dit en parlant D'une chose qui arrive après qu'on l'a fort désirée, et qu'on en a souvent parlé.
• NOËL, se dit aussi d'Un cantique spirituel fait à l'honneur de la nativité de Notre-Seigneur. Un beau noël. Un noël sur tel air. Chanter des noëls. Chanter noël. Les noëls bourguignons de la Monnoye. Un recueil de noëls.
• Se dit encore Des airs sur lesquels ces cantiques ont été faits. Exécuter des noëls sur l'orgue.
• Se dit également de Certaines chansons satiriques qui se font sur ces airs. Il courut un noël contre le ministère. Ce sens vieillit.

NOEUD .s.m.
• (Le D ne se prononce point.) Enlacement fait de quelque chose de flexible, comme ruban, soie, fil, corde, etc., dont on passe les bouts l'un dans l'autre en les serrant. Noeud de ruban. Noeud simple. Double noeud. Gros noeud. Faire, défaire un noeud. Un noeud qui n'est pas serré. Ce noeud est trop lâche. Corde à noeuds. Noeud de tisserand. Noeud de chirurgien. Alexandre coupa le noeud gordien.
• Noeud coulant, Noeud d'une forme particulière qui le rend facile à dénouer.
• Fig., Noeud gordien, Difficulté qu'on ne peut résoudre. Il y a dans cette affaire un noeud gordien qu'il faut trancher.
• Noeud d'épée, Rosette de ruban dont on orne la poignée d'une épée.
• Faire des noeuds, Former, au moyen d'une navette, sur un cordon de fil ou de soie, des noeuds serrés les uns contre les autres. Les dames s'amusaient autrefois à faire des noeuds.
• NOEUD, se dit aussi de Certaines choses qui sont disposées en forme de noeuds de ruban, et qui servent à la parure des femmes. Des noeuds de perle. Des noeuds de diamant. Un gros noeud de rubis.
• NOEUD, signifie figurément, La difficulté, le point essentiel d'une affaire, d'une question. Voilà le noeud de l'affaire. Vous avez trouvé le noeud. Trancher le noeud de la question, de la difficulté.
• Se dit particulièrement, dans les pièces de théâtre, de L'obstacle qui donne lieu à l'intrigue d'une action dramatique. Il n'y a pas de noeud dans cette comédie. Le noeud de cette pièce est mal formé.
• NOEUD, signifie encore, figurément, Attachement, liaison entre des personnes. Noeud de parenté, d'alliance. Le noeud sacré du mariage. Les noeuds les plus forts, les plus étroits, les plus sacrés. Un noeud indissoluble. Les divers noeuds qui les joignent ensemble. Ils sont attachés, liés d'un double noeud. Former un noeud. Former de nouveaux noeuds. Serrer, resserrer les noeuds de l'amitié. Rompre les noeuds de l'amitié. La mort rompit les noeuds de leur union, de leur mariage. La mort rompt les plus beaux noeuds, les noeuds les plus doux.
• NOEUD, se dit en outre de Ces bosses ou saillies qui viennent à l'extérieur d'un arbre, d'un arbrisseau. Le bois d'épine, le bois de cornouiller est tout plein de noeuds. Le tilleul est un bois où il y a peu de noeuds.
• Il signifie encore, Certaine partie, fort serrée et fort dure, qui se trouve quelquefois dans l'intérieur de l'arbre. Ce bois ne saurait se fendre droit, il a trop de noeuds. Cette poutre s'est rompue à cet endroit, parce qu'il y avait un noeud. Noeuds de sapin.
• Se dit aussi Des endroits où la tige des graminées et de quelques autres plantes, telles que la vigne, le fenouil, etc., est renflée et comme articulée. Il faut tailler la vigne au second, au troisième noeud. Des cannes à noeuds, à petits noeuds. Il y a plus de noeuds à la paille de froment qu'à celle d'avoine.
• Il désigne pareillement, L'article, la jointure des doigts de la main; et, par analogie, Cette partie du gosier ou de la gorge qu'on nomme autrement Le larynx. Le noeud du petit doigt, du doigt du milieu. Le noeud de la gorge.
• Fam., Ce ris ne passe pas le noeud de la gorge, Il n'est pas naturel, il est forcé.
• NOEUD, se dit également Des os qui forment la queue du cheval, du chien, du chat, etc. On a coupé à ce cheval deux noeuds de la queue.
• Se dit aussi, en Chirurgie, Des tumeurs dures qu'on nomme autrement Nodus.
• NOEUD, en Astronomie, se dit de Chacun des deux points opposés où l'écliptique est coupée par l'orbite d'un corps céleste. Les noeuds de la lune. Les noeuds de Jupiter.
• NOEUD, se dit particulièrement, en termes de Marine, Des noeuds de la ligne de loch, formés à la distance d'environ cinquante pieds les uns des autres, et par le moyen desquels on estime le nombre des lieues que le navire a parcourues. Le noeud répond à un mille. Ce vaisseau file tant de noeuds à l'heure.

NOIR
, OIRE. adj.
• Qui est de la couleur la plus obscure, et la plus opposée au blanc. Une barbe noire. Des cheveux noirs. Un cheval noir. Du drap noir. Habit noir. Robe noire. Cette encre n'est pas assez noire. Du raisin noir. De la bile noire. Noir comme jais. Noir comme de l'encre. Noir comme du charbon, comme la cheminée. Noir comme un corbeau. Les hommes de race noire, de la race noire.
• Cheval noir mal teint, Cheval dont la couleur noire tire sur le roux.
• En termes de Graveur, Manière noire, Manière de graver en taille-douce, qui consiste à couvrir d'abord entièrement le cuivre de points uniformes, et à rétablir ensuite le poli de la planche plus ou moins, selon qu'on veut avoir des tons plus ou moins clairs. Gravure à la manière noire. Estampe à la manière noire.
• NOIR, se dit aussi De certaines choses qui approchent de la couleur noire. Du pain noir. Cette femme a la peau noire. Des yeux noirs. Des dents noires.
• Bêtes noires, Certaines bêtes, comme le sanglier, à la différence de celles qu'on appelle fauves, comme le cerf, etc.
• Viandes noires, Certains animaux dont la chair tire un peu sur le noir, comme le lièvre, la bécassine, etc., à la différence des autres viandes qui sont blanches, comme le veau, le poulet, etc. Il préfère la viande noire à la viande blanche.
• Blé noir, Sorte de blé qu'on nomme autrement Blé sarrasin.
• NOIR, signifie aussi, Livide, meurtri. On l'a tant battu, qu'il en est tout noir. Elle a la peau toute noire des coups qu'elle a reçus.
• Il signifie aussi, Obscur. Nuit noire. Des cachots, des antres noirs. Une chambre noire. Il y fait noir comme dans un four. Le temps est noir. Une nuée noire.
• Froid noir, Le froid qu'il fait quand le temps est fort couvert.
• Chambre noire ou obscure, Chambre dans laquelle on intercepte toute lumière extérieure, pour y introduire ensuite des rayons solaires, directs ou réfléchis, qu'on soumet à diverses analyses. On donne plus particulièrement ce nom à Des instruments d'optique de formes très-variées, à l'aide desquels on voit, sur un papier blanc ou sur un verre dépoli, une peinture exacte, mobile, et pour ainsi dire animée de tous les objets extérieurs.
• NOIR, signifie encore, Sale, crasseux. Se dit surtout Du linge et des mains. Son linge est toujours noir. Lavez vos mains, elles sont toutes noires.
• NOIR, signifie figurément, Triste, morne, mélancolique. C'est un esprit noir et rêveur. Il a une humeur noire. Il a des vapeurs noires qui lui montent au cerveau. Un noir chagrin. Les noirs soucis. Un noir pressentiment. Des idées noires.
• Il voit tout noir, il voit en noir, il voit noir, il voit bien noir, Il est sujet à prendre les choses du côté fâcheux, à prévoir des événements tristes et funestes. Noir est employé adjectivement dans la première phrase, et adverbialement dans les trois autres.
• NOIR, se dit aussi figurément Des crimes, des mauvaises actions, et Des personnes qui les commettent. Un crime extrêmement noir. Une noire trahison. Une malice noire. Une noire ingratitude. Une noire calomnie. Un noir attentat. Fut-il jamais d'action plus noire, que de livrer son ami? Avoir l'âme noire. On m'a fait cet homme bien noir, on me l'd dépeint bien noir.
• Rendre noir, Diffamer, faire passer quelqu'un pour méchant, pour criminel. On l'a rendu bien noir dans cette affaire.
• Prov., Il n'est pas si diable qu'il est noir, Il n'est pas si méchant qu'il le paraît.
• Prov., Cet homme est ma bête noire, Il est pour moi l'objet d'une aversion particulière.
• Poétiq., L'onde noire, Le Styx. Il a passé l'onde noire, Il est mort.
• NOIR, est aussi substantif, et signifie, La couleur noire, et Ce qui est de couleur noire. Le noir est l'absence de toutes les couleurs. Un beau noir. Noir de jais. Un vilain noir. Noir foncé. Teint en noir. Noir à noircir, ou Noir de fumée. Noir d'ivoire. Noir de cerf. Noir de terre. Noir d'Allemagne, d'Espagne. Noir de teinturier. Chambre tendue de noir. On a barbouillé cette muraille de noir. Il s'habille de noir. Il porte le noir. Il est en noir. Il n'y a pas longtemps qu'elle a pris le noir. Il y a autant de différence de l'un à l'autre, que du blanc au noir.
• Fig. et fam., Passer du blanc au noir, aller du blanc au noir, Passer d'une opinion à l'opinion contraire, passer d'une extrémité à l'autre.
• Prov. et par exagérat., Si vous lui dites blanc, il répondra noir, Il se plaît à contredire.
• Fam., Mettre du noir sur du blanc, Écrire, composer. Depuis qu'il met du noir sur du blanc, il se croit un personnage.
• Fig. et fam., Faire du noir, broyer du noir, Se livrer à des réflexions tristes, à des pensées mélancoliques, sombres. On dit également, S'enfoncer dans le noir, dans son noir.

NOIR .s.m.
• Nègre. Se dit par opposition à Blanc. Il y a vingt noirs et trois blancs dans cette habitation.

NOIRÂTRE . adj. des deux genres
• Qui tire sur le noir, qui approche du noir. Couleur noirâtre. De l'eau noirâtre. Un teint noirâtre.

NOIRAUD
, AUDE. adj.
• Qui a les cheveux noirs et le teint brun. Un homme noiraud. Une femme noiraude. Le plus souvent il s'emploie substantivement. Un gros noiraud. Une petite noiraude. Il est familier.

NOIRCEUR . s. f.
• Qualité qui fait qu'un corps est noir, paraît noir. La noirceur de l'ébène, de l'encre. La noirceur des cheveux, des sourcils.
• Il signifie aussi, Tache noire. Il a des noirceurs au visage, une noirceur à la jambe.
• NOIRCEUR, signifie figurément, Atrocité d'une action, d'un caractère. La noirceur de son crime. La noirceur de son ingratitude, de son infidélité, de sa trahison. La noirceur de cet attentat. Il y a de la noirceur dans cette action. La noirceur de son âme.
• Il signifie aussi, figurément, Une action faite ou une parole dite dans l'intention de nuire. Il m'a fait une noirceur, cent noirceurs. C'est une noirceur. Il a dit des noirceurs contre cette femme.

NOIRCIR . v. a.
• Rendre noir. Noircir une muraille. Se noircir les cheveux, les sourcils. Il s'est tout noirci les mains. Le soleil noircit le teint. Le cachou noircit les dents. La vapeur des boues et le mauvais air noircissent l'or et l'argent.
• Fig., Noircir l'esprit, Y faire naître des pensées tristes, sombres. Cette lecture m'a noirci l'esprit.
• Fig. et fam., Noircir du papier, Écrire. On a bien noirci du papier dans cette affaire.
• NOIRCIR, signifie encore, figurément et au sens moral, Diffamer, faire passer pour méchant, pour infâme. La calomnie peut noircir l'homme le plus innocent, la conduite la plus pure. Cette accusation l'a tellement noirci, qu'il n'en sera jamais bien lavé. Noircir la réputation de quelqu'un.
• NOIRCIR, est aussi neutre, et signifie, Devenir noir. Ses cheveux ont noirci. Le teint noircit au soleil. Ce bois ne brûle point, il ne fait que noircir, il noircit au feu.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le même sens. Cela s'est noirci à la fumée.
• Le temps se noircit, le ciel se noircit, Le temps devient obscur, le ciel se couvre de nuages épais.
• NOIRCIR, avec le pronom personnel, signifie figurément, Se rendre odieux, infâme par quelque mauvaise action. Il s'est noirci par beaucoup de méchancetés. Voudrait-il se noircir d'un tel crime?
• NOIRCI, IE. participe

NOIRCISSURE . s. f.
• Tache de noir. D'où vient cette noircissure?

NOIRE . s. f.
• .Musiq. Note qui vaut pour la durée le double d'une croche, la moitié d'une blanche.

NOISE . s. f.
• Querelle, dispute. Grande noise. Chercher noise. Chercher noise à quelqu'un. Exciter une noise. Il a ému la noise entre eux. Il a commencé la noise. Ils ont eu noise ensemble pour une bagatelle. C'est lui qui est auteur de la noise, cause de la noise. Ce que j'en fais, c'est pour éviter noise. Apaiser la noise. Il est familier.

NOISETIER .s.m.
• Arbre qui porte les noisettes, et qu'on appelle autrement Coudrier.

NOISETTE . s. f.
• Espèce de petite noix ou d'amande que porte le coudrier. Noisettes franches. Cueillir, casser, manger des noisettes. Pain, beurre qui sent la noisette.
• Prov., fig. et pop., Donner des noisettes à ceux qui n'ont plus de dents, Donner à quelqu'un des choses dont il n'est plus en état de se servir.
• Couleur de noisette, ou Couleur noisette, Gris roussâtre qui approche de la couleur de la noisette. Voilà un drap d'un beau couleur de noisette. Un drap noisette. Un habit noisette.

NOIX . s. f.
• Sorte de fruit ayant une coque dure et ligneuse, couverte d'une écale verte. Noix verte, nouvelle, huileuse, angleuse. Un sac, un cent de noix. Abattre, écaler, casser, cerner des noix. Écale, coquille de noix. Le zeste d'une noix. Une cuisse de noix. De l'huile de noix. Il en a pris gros comme une noix. Jouer aux noix. Confire des noix. Noix confite.
• NOIX, se dit aussi d'Autres fruits qui ont quelque ressemblance avec la noix. Noix muscade. Noix d'Inde. Noix vomique. Noix de coco. Noix d'acajou.
• Noix de galle, ou Galle, Excroissance produite, sur le chêne et sur d'autres arbres, par la piqûre de certains insectes. La noix de galle sert à teindre en noir et à faire de l'encre.
• NOIX, se dit encore de Cette petite glande qui se trouve dans une épaule de veau, proche la jointure des deux os. La noix de veau est un morceau délicat.
• Se dit aussi de La rotule, ou de l'os qui est sur l'articulation de la cuisse avec la jambe. La noix du genou.
• NOIX, signifie encore, La partie du ressort d'une arbalète, où la corde est arrêtée quand elle est tendue.
• Il signifie également, La partie du ressort d'un fusil, d'un pistolet, etc., qui est garnie de deux crans, dont l'un sert pour le repos et l'autre pour la détente, et qui s'engrènent dans la mâchoire de la gâchette.
• Se dit aussi de La roue dentelée qui fait partie d'un moulin à café, à poivre, etc., et qui sert à broyer la graine. La noix de ce moulin est usée.

NOLI
ME TANGERE.s.m.
• (On prononce mé tangéré.) Expression latine, qui signifie, Ne me touchez pas, et qui s'emploie dans notre langue pour désigner Certaines plantes que le moindre attouchement flétrit, ou qui sont armées de fortes épines, ou dont les semences, s'élançant avec roideur quand on les touche, causent une espèce de surprise et une légère douleur.
• Se dit aussi d'Une espèce d'ulcère incurable, qu'on aggrave quand on y touche.

NOLIS .s.m.
• .Marine, qui n'est guère usité que dans la Méditerranée. Fret ou louage d'un navire, d'une barque, etc. J'ai payé tant pour le nolis de ce navire. On dit aussi, Naulage.

NOLISER . v. a.
• .Marine, qui n'est guère usité que dans la Méditerranée. Affréter. Noliser un bâtiment.
• NOLISÉ, ÉE. participe

NOLISSEMENT .s.m.
• .Marine. Action de noliser, de faire un nolis. On l'a chargé du nolissement des navires nécessaires au transport des troupes.

NOM .s.m.
• Le terme dont on a coutume de se servir pour désigner une personne ou une chose, une agrégation de personnes ou de choses. Un nom propre. Un nom de baptême. Louis premier du nom. Philippe II du nom. Nom de famille. Nom patronymique. Nom de terre, de seigneurie, de fief. Donner son nom à un enfant au baptême. Un nom de saint. Imposer un nom. L'imposition des noms. Il a un beau nom. Il porte un grand nom. Il porte le même nom que moi. C'est le nom que je tiens de mes ancêtres. Comment a-t-il pu donner sa main et son nom à une telle femme? Hériter du nom et des armes. Ce nom est un nom illustre. Un nom connu. Un nom inconnu. Un nom obscur. Signaler, illustrer, dégrader, déshonorer son nom. Éterniser, immortaliser son nom. Quitter son nom. Changer de nom. Déguiser son nom. Il a pris un faux nom. Je ne le connais que de nom. Est-ce là votre vrai nom? On fait courir sous son nom une plate épigramme. Appeler quelqu'un par son nom. Il est assez connu par son nom. Faire enregistrer, écrire son nom. Usurper, emprunter le nom de quelqu'un. Prêter son nom. Il plaide en son nom. Il a fait cette acquisition sous un nom emprunté. Il ne s'appelle pas ainsi, c'est un nom supposé. Supposition de nom. Je ne sais pas le nom de cette plante. Quel est le nom qu'on a donné à cette rue?
• Il se prend quelquefois pour La personne. Son nom figure souvent dans l'histoire. Son nom restera gravé dans tous les coeurs. Son nom sera béni. Il est fâcheux qu'on ait mêlé son nom dans des contes ridicules.
• Nom de guerre, Nom que chaque soldat prenait autrefois en entrant au service. On le dit encore d'Un nom supposé que l'on prend dans certains états, dans certaines situations où l'on ne veut pas être connu sous son nom de famille. Beaucoup de comédiens ont des noms de guerre. Il a pris un nom de guerre pour vivre chez l'étranger. On le dit aussi quelquefois d'Un sobriquet sous lequel une personne est connue.
• Nom de religion, Nom que des religieux, des religieuses prennent en entrant au couvent, et qui rappelle ordinairement des idées de dévotion. Elle a pris pour nom de religion Marie de l'Incarnation, Élisabeth du Saint-Sacrement.
• Fig. et fam., Décliner son nom, Dire qui l'on est, afin de se faire connaître. Il a été obligé de décliner son nom.
• Prov., Je ne lui ai jamais dit pis que son nom, Je ne lui ai jamais rien dit d'injurieux ni d'offensant.
• Prov., On ne saurait lui dire pis que son nom, Son nom est si décrié, si diffamé, que c'est la plus grande injure qu'on lui saurait dire.
• Prov., C'est un homme à qui il ne faut pas dire plus haut que son nom, C'est un homme qui s'offense aisément.
• Prov., Nommer les choses par leur nom, Donner, sans aucun ménagement, aux choses et aux personnes les noms qu'elles méritent. Il nomme les choses par leur nom, il appelle les voleurs voleurs, les fripons fripons.
• Nommer les choses par leur nom, signifie aussi, Employer dans la conversation des termes que la bienséance en a bannis. Il se donne la liberté de nommer toutes les choses par leur nom.
• Prov., Je réussirai ou j'y perdrai mon nom, Je suis décidé à ne rien ménager, à tout sacrifier pour réussir dans cette affaire.
• NOM, en style de Pratique, signifie, Titre, qualité en vertu de laquelle on agit, en vertu de laquelle on prétend à quelque chose. Il procède au nom et comme tuteur. Ès noms qu'il procède.
• Céder ses droits, noms, raisons et actions, Transporter les droits et titres en vertu desquels on prétend quelque chose.
• Répondre d'une chose en son propre et privé nom, En être personnellement responsable. On dit aussi, Être attaqué, poursuivi en son propre et privé nom, Être attaqué, poursuivi directement et personnellement.
• En termes de Commerce, Nom social, Le nom que des associés doivent signer pour représenter la raison de leur commerce.
• NOM, signifie aussi, Réputation. Il s'est acquis, il a acquis un grand nom. Il s'est fait un grand nom dans les lettres. C'est un homme qui a un grand nom dans la guerre. Il a rempli toute la terre de son nom. Aucun législateur n'a eu un si grand nom parmi les hommes. Il a porté son nom jusqu'aux extrémités du monde. Son nom efface tous les autres noms. Il ne laissera aucun nom. Il a laissé un nom odieux, exécré. Cet auteur a déjà quelque nom.
• La gloire de son nom, Sa gloire, sa renommée. La gloire de son nom était parvenue jusqu'en ces contrées lointaines. Il a porté en tous lieux la gloire de son nom.
• Cet homme est sans nom, c'est un homme sans nom, On ne le connaît point dans le monde, il est sans crédit, sans autorité, sans réputation.
• NOM, signifie encore, Naissance, noblesse. C'est un homme de nom. Il n'est pas riche, il n'a pour lui que son nom.
• C'est un nom qui s'éteint, se dit D'une famille dont le nom ne peut plus se continuer, faute d'héritiers mâles.
• NOM, se dit quelquefois d'Une épithète, d'une qualification morale. Ce prince a mérité le nom de grand. Il est indigne du nom d'ami, de bienfaiteur.
• Le nom chrétien, le nom romain, le nom français, etc., Tous les chrétiens, le christianisme; tous les Romains, l'empire romain; tous les Français, la monarchie française, etc. Ce soudan fut un redoutable ennemi du nom chrétien. Le nom romain s'était répandu par toute la terre.
• Le nom de père, le nom d'époux, etc., Le titre, la qualité de père, d'époux, etc. On avilit le nom d'époux en se prêtant aux déréglements de sa femme.
• NOM, en Grammaire, se dit d'Un mot qui sert à désigner ou à qualifier une personne ou une chose, les personnes ou les choses. Le nom est susceptible de nombre et de genre. Le nom est une des principales parties du discours. On ne peut former une proposition qu'il n'y ait un nom et un verbe exprimés ou sous-entendus. Nom substantif. Nom adjectif. Nom propre. Nom appellatif ou commun. Nom collectif. Nom partitif. Nom diminutif. Nom masculin. Nom féminin. La langue grecque et la langue latine ont des noms neutres.
• AU NOM DE.loc. prépositive, De la part de. Il est allé emprunter de l'argent au nom de son maître. On dit aussi dans le même sens, En mon nom, en son nom, etc.
• AU NOM DE, signifie aussi, En considération de. Je vous demande cela au nom de notre ancienne amitié, au nom de tout ce que vous avez de plus cher. Je vous en conjure au nom de Dieu.
• DE NOM. loc. adverbiale, qui se dit par opposition à Réellement et de fait. Il n'était roi que de nom; le maire du palais gouvernait l'État.

NOMADE . adj. des deux genres
• Errant, qui n'a point d'habitation fixe. Se dit surtout Des nations, des tribus, des peuplades. Nation nomade. Peuple nomade. Tribu nomade. Les Tartares sont des peuples nomades.
• Il se prend aussi substantivement. C'est un peuple de nomades.

NOMARQUE .s.m.
• T. d'Antiq. Gouverneur d'un nome dans l'ancienne Égypte.

NOMBRANT . adj. m.
• Qui nombre. Il n'est usité que dans cette locution, Nombre nombrant. Voyez NOMBRE.

NOMBRE .s.m.
• Se dit de L'unité, d'une collection d'unités, des parties de l'unité. Le nombre se considère de deux manières, comme nombre abstrait, ou comme nombre concret.
• NOMBRE ABSTRAIT, Tout nombre considéré en lui-même, sans application à rien de déterminé. On dit aussi, mais plus rarement, Nombre nombrant. --- L'unité est le principe des nombres. Deux font nombre. Multiplier un nombre par un autre. Diviser un nombre par un autre nombre. Les anciens ont prétendu qu'il y avait une grande vertu dans les nombres. Les propriétés des nombres. Nombre pair, impair. Le nombre de dix, de vingt, de cent. La division des nombres.
• Nombre cardinal, Tout nombre qui sert à marquer la quantité, comme, Un, deux, trois, etc. Nombre d'ordre ou ordinal, Tout nombre qui sert à marquer l'ordre, comme, Premier, second, troisième, etc. Nombre collectif, Tout nombre qui exprime l'assemblage de plusieurs nombres, comme, Une dizaine, une vingtaine, une centaine, etc.
• Nombre entier, Celui qui contient l'unité un certain nombre de fois exactement, comme, Un, deux, trois, quatre, cinq, etc.; et, Nombre rompu ou fractionnaire, Celui qui ne contient que des parties de l'unité, comme, Un demi, deux tiers, trois quarts, etc.: on l'appelle autrement Fraction.
• Nombre premier, Tout nombre qui ne peut être divisé exactement et sans reste par aucun autre nombre que par l'unité, comme, Trois, cinq, sept, onze, treize, etc.
• Nombre carré, Tout nombre qui vient de la multiplication d'un nombre par lui-même, comme, Quatre, qui vient de la multiplication de deux par deux; neuf, qui vient de la multiplication de trois par trois; vingt-cinq, qui vient de la multiplication de cinq par cinq, etc.
• Nombre cube ou cubique, Le produit d'un nombre multiplié deux fois par lui-même. Ainsi, Huit est un nombre cube, dans lequel quatre, qui est le nombre carré, est multiplié par sa racine, qui est deux.
• Nombre décimal, Nombre de parties de l'unité divisée en dix.
• Dans la Numération, Nombre, dizaine, centaine, mille, etc., Unité, dizaine, centaine, etc.
• NOMBRE CONCRET, se dit de L'application du nombre abstrait à quelque sujet que ce soit. On dit aussi, mais beaucoup plus rarement, Nombre nombré. --- Un petit nombre. Un grand nombre. Un nombre fixe, déterminé. Les juges n'étaient pas en nombre, en nombre suffisant, en nombre compétent. Ils n'étaient pas alors en assez grand nombre. Le plus grand nombre était d'avis... Ils étaient en nombre égal, en pareil nombre. Nous étions le même nombre que l'autre fois. Nous étions un grand nombre. Ils étaient en assez bon nombre. Vous n'étiez pas de ce nombre-là. Le nombre est complet. Il a fourni le nombre d'exemplaires convenu. Il n'y a place que pour dix, il ne veut pas qu'on passe ce nombre. Compléter, remplir le nombre. Cela fait nombre. Augmenter, accroître, diminuer, excéder, surpasser le nombre. Mettre un nombre déterminé pour un indéterminé.
• N'être là que pour faire nombre, se dit D'une personne qui n'est de nulle considération dans la compagnie dont elle est membre.
• Le livre des Nombres, ou Les Nombres, Le quatrième des livres de Moïse, ainsi appelé, parce qu'il contient le dénombrement du peuple hébreu.
• En Astron. et en Chronol., Nombre d'or, Le nombre dont on se sert pour marquer chaque année du cycle lunaire, qui est une révolution de dix-neuf années, au bout desquelles les nouvelles et les pleines lunes retombent à peu près au même jour et à la même heure.
• NOMBRE, signifie aussi, Quantité, multitude. Un nombre prodigieux. Il y avait un nombre infini de personnes à cette fête. Il a nombre d'amis, il en a un bon nombre. Nous étions nombre de gens. La valeur dut céder au nombre. Nombre d'historiens l'ont ainsi raconté. Je l'ai vu nombre de fois.
• NOMBRE, en termes de Grammaire, se dit Des noms et des verbes, selon qu'ils s'appliquent à une chose ou à plusieurs. Nombre singulier. Nombre pluriel. Dans la plupart des langues, le substantif et l'adjectif doivent s'accorder en genre et en nombre.
• NOMBRE, signifie encore, L'harmonie qui résulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers. Cette période, cette phrase, ce style, cette prose, cette poésie a du nombre, manque de nombre.
• DANS LE NOMBRE. loc. adverbiale, qui signifie, Parmi plusieurs, entre plusieurs; et qui s'emploie relativement à des personnes ou à des choses dont on vient de parler. J'ai vu ces tableaux; dans le nombre, il y en a beaucoup de médiocres, il n'y en a qu'un d'excellent.
• AU NOMBRE, DU NOMBRE. loc. prépositives, Parmi, au rang. On l'a mis au nombre des saints, des martyrs. Il est au nombre des hommes illustres. Ceux qui sont du nombre des élus. Il m'a mis au nombre de ses amis. Je suis du nombre de ceux qui l'estiment. L'ancienne Rome mettait souvent ses empereurs au nombre des dieux après leur mort.
• DU NOMBRE, s'emploie quelquefois adverbialement. J'ai vu la liste des personnes invitées, vous n'êtes pas du nombre. Plusieurs s'y rendaient, je me suis mis du nombre.
• SANS NOMBRE. loc. adverbiale, qui se dit D'une grande multitude, d'une quantité que l'on suppose innombrable. Cet événement a eu des témoins sans nombre. Il a de l'argent sans compte et sans nombre. Les réclamations étaient sans nombre.

NOMBRER . v. a.
• Supputer combien il y a d'unités dans une quantité. Il ne s'emploie presque plus que dans un sens négatif, et relativement à des choses qui ne sont pas de nature à être comptées. On ne saurait nombrer les grains de sable de la mer. Qui pourrait nombrer les désordres et les malheurs que causent les guerres civiles? Cet argent lui a été compté et nombré en présence des notaires. Cette dernière phrase est une ancienne formule de pratique.
• NOMBRÉ, ÉE. participe

NOMBREUX
, EUSE. adj.
• Qui est en grand nombre. Un peuple nombreux. Armée nombreuse. L'assemblée, la compagnie était fort nombreuse.
• Il signifie aussi, en parlant Du style, Harmonieux, qui flatte l'oreille par un heureux choix et une habile disposition des mots. Une période nombreuse. Son style est nombreux. Ses vers sont nombreux.

NOMBRIL .s.m.
• (On prononce Nombri.) Cette partie qui est au milieu du ventre de l'homme et des quadrupèdes, et qui est la cicatrice du cordon ombilical, par lequel le foetus reçoit sa nourriture. Lier le nombril aux enfants nouveau-nés. Il a été blessé au-dessous du nombril.
• NOMBRIL, se dit, en Botanique, de Certaines cavités qu'on aperçoit à la partie des fruits qui est opposée à la queue, et auxquelles les jardiniers donnent le nom d'OEil.

NOME .s.m.
• T. d'Antiq. Mot emprunté du grec, et qui signifie proprement, Loi. Ce mot, lorsqu'on parle de la poésie des anciens, désigne, Une sorte de poëmes qui se chantaient en l'honneur d'Apollon, comme les dithyrambes se chantaient en l'honneur de Bacchus. Lorsqu'on parle de la musique des anciens, ce mot désigne, Un chant ou un air assujetti à une certaine cadence, à laquelle il n'était pas permis de manquer, en changeant à son gré le ton de la voix, ou celui des cordes de l'instrument: les Nomes empruntaient leur dénomination de certains peuples, Nome éolien, nome béotien; ou de la nature du rhythme, Nome orthien, nome trochaïque; ou de leurs inventeurs, Nome hiéracien, nome polymnestan; ou de leur sujet, Nome pythique; ou enfin de leur mode, Nome aigu, nome grave.
• NOME, dans une autre acception, signifie, Préfecture, gouvernement; et il se dit surtout Des différentes parties de l'Égypte, suivant une ancienne division du pays. L'Égypte fut divisée par Sésostris en trente-six nomes.

NOMENCLATEUR .s.m.
• Esclave dont les Romains qui briguaient les magistratures se faisaient accompagner, afin qu'il leur dît le nom des citoyens qu'ils rencontraient, et qu'ils avaient intérêt de saluer.
• NOMENCLATEUR, signifie, parmi nous, Celui qui s'applique à la nomenclature d'une science ou d'un art.

NOMENCLATURE . s. f.
• Collection des mots employés pour désigner les différents objets d'une science ou d'un art. La nomenclature de la géométrie, de la botanique, de la grammaire, etc. La nomenclature chimique a été changée.
• Se dit aussi de L'ensemble des mots qui composent un dictionnaire. La nomenclature de ce dictionnaire n'est pas exacte, n'est pas complète.

NOMINAL
, ALE. adj.
• Qui dénomme, ou Qui est dénommé. Il ne s'emploie guère que dans les locutions suivantes:
• Appel nominal, Action d'appeler successivement par leur nom les membres d'une assemblée. On procéda à l'appel nominal; tous les membres se trouvèrent présents et votèrent.
• Prières nominales, se disait en parlant Du droit honorifique qu'avaient les patrons et hauts justiciers d'être nommés aux prières du prône.
• Valeur nominale, Valeur exprimée sur un papier-monnaie, sur un effet de commerce, etc., et qui est ordinairement au-dessus de la valeur réelle. Il lui avait donné dix mille francs en assignats, en effets publics, valeur nominale. La valeur de ces billets, dans le commerce, est bien au-dessous de leur valeur nominale.

NOMINATAIRE .s.m.
• .Matière bénéficiale. Celui qui était nommé par le roi à un bénéfice.

NOMINATEUR .s.m.
• .Matière bénéficiale. Celui qui nomme, qui a droit de nommer. Le roi était le nominateur des bénéfices consistoriaux, des bénéfices qui vaquaient en régale.

NOMINATIF .s.m.
• .Gram. Le nom tel qu'il est avant d'être décliné, dans les langues qui ont des cas. Le nominatif d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom. Ce mot est au nominatif. Chercher le nominatif de la phrase.
• NOMINATIF, lorsqu'il s'agit de notre langue, signifie, Le mot qui, dans l'ordre direct, précède le verbe, et qu'on appelle en logique Le sujet de la proposition; parce que, dans les langues qui ont des cas, ce mot est toujours au nominatif. Dans cette phrase, Le père aime le fils, c'est le père qui est le nominatif; et dans cette autre, Le fils aime le père, c'est le fils qui est le nominatif.

NOMINATIF
, IVE. adj.
• Qui dénomme, qui contient des noms. L'état nominatif des employés d'un ministère. La liste nominative des jurés.

NOMINATION . s. f.
• Action de nommer à quelque emploi, à quelque charge, à quelque dignité, etc. On a fait la nomination aux places vacantes dans ce tribunal. La nomination aura lieu la semaine prochaine.
• Se dit aussi Du droit de nommer à un emploi, à une charge, à une dignité, etc. Cette place est à la nomination du roi. Adressez-vous au ministre pour cet emploi, la nomination lui en appartient. Les préfets ont la nomination aux emplois de ce genre, sur la présentation des maires.
• Se dit aussi, dans le sens passif, en parlant De celui qui a été nommé à un emploi, à une charge, à une dignité, etc. Je ne l'ai point encore vu depuis sa nomination au ministère, Depuis qu'il a été nommé ministre.

NOMINATIVEMENT . adv.
• Par son nom. Interpellé nominativement de répondre, il a déclaré que...

NOMINAUX .s.m. pl.
• On a donné ce nom à ceux des scolastiques qui étaient opposés aux réalistes.

NOMMÉMENT . adv.
• Avec désignation par le nom. Ce terme est principalement en usage lorsque, après avoir parlé de plusieurs personnes ou de plusieurs choses en général, on vient à en désigner quelques-unes par leur nom. On accuse plusieurs personnes, et nommément tels et tels. Le roi a fait fortifier plusieurs villes, et nommément...

NOMMER . v. a.
• Donner, imposer un nom. Nommer un enfant au baptême. Son parrain l'a nommé François, Jacques. Il fut le premier qui découvrit cette île, qui rapporta en France cette plante, et il la nomma de son nom. Ce fort fut nommé le Fort-Louis, du nom du roi.
• Se dit aussi en parlant De certaines épithètes, de certaines qualifications qu'on joint quelquefois aux noms propres, soit des personnes, soit des villes. Charles V a été nomme le Sage. Louis XII a été nommé le Père du peuple. François Ier a été nommé le Père des lettres. Gênes a été nommée la Superbe, à cause de la beauté de ses édifices.
• NOMMER, signifie aussi, Dire le nom d'une personne, d'une chose; dire comment une personne, une chose s'appelle. Si vous voulez, je vous nommerai mon auteur. Je vous nommerai plusieurs personnes. Je vous les ai nommées par nom et par surnom. Il y a des choses qu'on ne saurait nommer par leur nom. Je ne me souviens pas d'avoir entendu nommer cette plante; comment la nommez-vous? Comment nommez-vous cet homme? On le nomme Pierre, Jean, Jacques, etc.
• Nommer ses complices, Les déclarer, les faire connaître.
• Nommer quelqu'un son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur, L'appeler son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur.
• Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, à une dignité, Choisir, constituer quelqu'un pour posséder un emploi, une charge; l'élever à une dignité. Le roi l'a nommé à l'ambassade de Rome. Le roi l'a nommé à cette place, sur la présentation du ministre de l'intérieur. On dit dans le même sens: Le roi l'a nommé ministre des affaires étrangères, ambassadeur en Angleterre. Il fut nommé maire de sa commune. Il a été nommé pape, cardinal, évêque. On l'a nommé préfet, sous-préfet. On a nommé des députés, des experts, des arbitres. On vient de nommer un président. Les magistrats de cette république étaient nommés tous les ans par le peuple. À Rome, on nomma des décemvirs pour composer les lois, et des questeurs pour faire juger les crimes publics. Il le nomma son successeur à l'empire. Etc.
• Nommer quelqu'un son héritier, L'instituer son héritier.
• Nommer d'office, se dit Du juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc. L'une des parties n'ayant pas nommé d'expert, le tribunal en a nommé pour elle un d'office. Cet avocat a été nommé d'office pour défendre l'accusé.
• NOMMER, s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie alors, Déclarer son nom. Vous êtes obligé de vous nommer.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel dans une signification passive. Comment se nomme-t-il? Comment est-il nommé? quel est son nom? Comment vous nommez-vous? Il se nomme Pierre, Jacques, Paul. Comment se nomme cette place, cette rue?
• NOMMÉ, ÉE. participe, Fam., Être bien nommé, mal nommé, se se dit D'une personne dont le nom propre est un nom significatif qui lui convient ou qui ne lui convient pas.
• Évêque nommé, Évêque qui a été nommé par le roi, mais qui n'a pas encore reçu ses bulles du pape.
• NOMMÉ, s'emploie aussi substantivement. Un nommé Pierre. Le nommé Jacques. Les nommés tels et tels. À qui est cette maison? C'est à un nommé Dubois. Cette manière de parler emporte l'idée d'infériorité dans celui qu'on désigne.
• À POINT NOMMÉ loc. adv. Précisément, au temps qu'il faut, fort à propos. Il arriva à point nommé, comme le combat allait commencer. Vous venez à point nommé, pour juger notre différend.
• À JOUR NOMMÉ loc. adv. Au jour qui avait été marqué, dont on était convenu. Il se trouva au rendez-vous à jour nommé.

NON . Particule négative
• qui est directement opposée à la particule affirmative Oui. Il ne dit jamais non. Cette affaire est aisée à conclure, il n'y a qu'à dire oui ou non. Je gage que non. Il ne répond ni oui, ni non. Avez-vous fait telle chose? Non. Le voulez-vous? Non. Répondez catégoriquement par oui ou par non.
• Il se joint souvent avec la particule Pas. Prendrai-je cela? Non pas, s'il vous plaît. Je lui payerai ce que je lui dois, mais non pas tout à la fois. Il avait des flatteurs, et non pas des amis.
• NON, s'emploie aussi d'une manière simplement négative, sans opposition directe à Oui. Il en est fâché, non sans cause. Il en est en peine, non sans raison. Il vous a fait plaisir, non pas tant pour l'amour de vous, que par vanité. Non toutefois que je prétende à lui plaire. Non qu'il ne soit fâcheux de le mécontenter. Non, que je sache. Non loin de la ville, se trouve le château qu'il habite.
• Il se met, quelquefois, au commencement d'une phrase négative pour en annoncer le caractère, et pour fortifier l'expression de la pensée. Non, je n'en ferai rien. Non, jamais la vertu n'exerça plus d'empire. On le redouble même quelquefois, pour s'exprimer plus énergiquement. Non, non, je n'y consentirai jamais. Non, non, cent fois non.
• Il se joint aussi aux adverbes Certes, certainement, vraiment, etc., qui rendent la négation plus formelle. Non certes, non vraiment, je ne le ferai pas.
• Il se joint quelquefois à des noms adjectifs ou substantifs, et à des verbes. Tous les gens non intéressés, non préoccupés, non solvables, non recevables. Non-prix: voyez PRIX. Fin de non-recevoir: voyez FIN.
• NON, s'emploie aussi substantivement. Ils sont gens à se brouiller pour un oui ou pour un non. Il m'a répondu un non bien sec. Il lui répondit par un non, par un non significatif. Le oui et le non.
• NON-SEULEMENT. loc. adverbiale, qui est ordinairement suivie de la conjonction adversative Mais. Non-seulement il n'est pas savant, mais il est très-ignorant. Non-seulement je l'ai payé, mais encore je lui ai fait un présent. Un chrétien doit aimer non-seulement ses amis, mais même ses ennemis.
• NON PLUS loc. adv. Pas plus. Il n'en fut non plus ému que s'il eût été innocent. On n'en parle non plus que s'il n'eût jamais été. Je n'en sais rien, non plus que vous.
• Il signifie aussi quelquefois, Pareillement; mais il n'a cette acception que dans une phrase négative. Vous ne le voulez pas, ni moi non plus. Ceux-ci n'en sont pas, ni ceux-là non plus.

NONAGÉNAIRE . adj. des deux genres
• Qui a quatre-vingt-dix ans. Il n'est guère usité qu'en parlant De l'espèce humaine. Un homme, une femme nonagénaire.

NONAGÉSIME . adj. m.
• Il n'est usité qu'en Astronomie, dans cette locution, Le nonagésime degré, ou simplement, Le nonagésime, Le point de l'écliptique qui est éloigné de quatre-vingt-dix degrés des points où l'écliptique coupe l'horizon.

NONANTE . adj.
• Nom de nombre cardinal composé de neuf dizaines. Il a vieilli; on dit, Quatre-vingt-dix.

NONANTIÈME . adj. des deux genres
• Nombre ordinal qui répond à l'adjectif numéral Nonante. La nonantième année de son âge. Il a vieilli; on dit, Quatre-vingt-dixième.

NONCE .s.m.
• Prélat que le pape envoie en ambassade. Le nonce du pape en France, en Espagne. Nonce ordinaire, extraordinaire. Le pape a envoyé un nonce. Nonce apostolique.
• NONCE, est aussi Le titre des députés que la noblesse des diétines polonaises envoyait à la grande diète, pour composer la chambre de la noblesse.

NONCHALAMMENT . adv.
• Avec nonchalance. Il agit si nonchalamment, qu'il manque toutes ses affaires.
• Il signifie aussi, Mollement, avec abandon. Il était couché nonchalamment sur un lit de repos. Elle s'appuyait nonchalamment sur le bras de son amie.

NONCHALANCE . s. f.
• Négligence, manque de soin. Grande, extrême nonchalance. Quelle nonchalance! Il laisse ses affaires en désordre par nonchalance. Il s'est fait tort par sa nonchalance. Il fait tout avec nonchalance.
• Il signifie aussi, Mollesse, abandon. Elle marche, elle parle avec nonchalance, avec une certaine nonchalance qui n'est pas sans grâce.

NONCHALANT
, ANTE. adj.
• Qui, par insouciance, par mollesse, par négligence, ne se donne pas les soins qu'il devrait. Vous êtes bien nonchalant. On dit de même: Une humeur nonchalante. Une démarche nonchalante. Une voix, une parole nonchalante.
• S'emploie quelquefois substantivement. Un nonchalant. Une nonchalante.

NONCIATURE . s. f.
• L'emploi, la charge de nonce. Le pape a nommé tel prélat à la nonciature de France. Le tribunal de la nonciature d'Espagne.
• Se dit aussi Du temps pendant lequel on exerce cet emploi. Cela arriva pendant, avant, après sa nonciature.

NON-CONFORMISTE . s. et adj. des deux genres
• Terme générique par lequel on désigne, en Angleterre, Tous ceux qui s'écartent de la religion anglicane.

NONE . s. f.
• .Liturgie cathol. Celle des sept heures canoniales qui se chante ou qui se récite après sexte. Où en êtes-vous de votre bréviaire? J'en suis à none. Après none, on dit vêpres.

NONES . s. f. pl.
• C'était, chez les Romains, Le cinquième jour dans quelques mois, le septième dans d'autres, et toujours le huitième avant les ides.

NONIDI .s.m.
• Le neuvième jour de la décade, dans le calendrier républicain.

NONIUS .s.m.
• (On fait sentir l'S.) Échelle de certains instruments de mathématique, formée de très-petites parties, et qui sert à déterminer avec une grande précision les quantités que l'on mesure.

NON-JOUISSANCE . s. f.
• .Palais. Privation de jouissance. Il lui est dû une indemnité pour la non-jouissance du terrain qui lui était affermé.

NONNE
ou NONNAIN. s. f.
• Religieuse. Une nonne. Une nonnain. Un couvent de nonnains, de nonnes. Une petite, une jeune nonnain. Il ne se dit plus qu'en plaisanterie.

NONNETTE . s. f.
• Jeune nonnain.
• NONNETTE, est aussi Le nom qu'on donne à de petits pains d'épice de forme ronde et d'un goût délicat, que des religieuses ont fabriqués les premières. Une boîte de nonnettes de Reims.

NONOBSTANT . préposition
• Malgré, sans avoir égard à. Il a été obligé de payer, nonobstant l'appel. Il s'est opiniâtré, nonobstant toutes les remontrances de ses amis. Nonobstant ces difficultés, il est venu à bout de son entreprise. Il fut massacré dans le temple, nonobstant la sainteté du lieu. Nonobstant ce, ou Ce nonobstant. Au Palais, Nonobstant opposition ou appellation quelconque.

NON-PAIR
, NON-PAIRE. adj.
• Il signifie la même chose qu'Impair, et il est moins usité.

NONPAREIL
, EILLE. adj.
• Qui excelle par-dessus tous les autres, qui est sans pareil, sans égal. Un mérite nonpareil. Une vertu nonpareille. Sa grâce nonpareille. Il est peu usité.

NONPAREILLE . s. f.
• Il désigne, dans plusieurs Arts, Ce qu'il y a de plus petit.
• Se dit, en Mercerie, d'Une sorte de ruban fort étroit. Un noeud de nonpareille. Acheter de la nonpareille.
• Se dit, chez les Confiseurs, d'Une sorte de dragée fort menue. De la nonpareille de Verdun.
• Se dit, en termes d'Imprimerie, d'Un des plus petits caractères, que l'on fond maintenant sur un corps de six points. La nonpareille est entre le petit-texte et la sédanoise ou parisienne. Nonpareille petit oeil, gros oeil. Belle nonpareille. On appelle par opposition Grosse nonpareille, Le plus gros caractère, celui qui est au-dessus du triple canon.

NON-PAYEMENT .s.m.
• .Finance. Défaut de payement. En cas de non-payement.

NON-PLUS-ULTRÀ
, NEC-PLUS-ULTRÀ. Locutions
• empruntées du latin, qu'on emploie dans le style familier comme substantif masculin, pour signifier, Le terme qu'on ne saurait passer. Metz fut le non-plus-ultrà de Charles-Quint. Sa conduite est le nec-plus ultrà de la fourberie.

NON-PRIX .s.m.
• Voyez PRIX.

NON-RÉSIDENCE . s. f.
• Absence du lieu où l'on devrait résider.

NON-SENS .s.m.
• Défaut de sens, de signification. Cette phrase est un non-sens. Ce discours est plein de non-sens, est un non-sens continuel.

NONUPLE . adj. des deux genres
• Qui contient neuf fois. Il est peu usité.

NONUPLER . v. a.
• Répéter neuf fois. Il est peu usité.
• NONUPLÉ, ÉE. participe

NON-USAGE .s.m.
• Cessation d'usage. L'usufruit, les servitudes se prescrivent, s'éteignent par le non-usage pendant trente ans.

NON-VALEUR . s. f.
• Manque de produit dans une terre, dans une ferme, dans une maison. Cette terre n'est pas bien cultivée, elle est en friche en bien des endroits, elle est en non-valeur. La non-valeur de cette terre vient de ce qu'on la néglige depuis trois ans. Cette terre était affermée trente mille francs, mais elle a fort diminué à cause des non-valeurs. Cette maison n'est jamais louée en totalité, elle est sujette à bien des non-valeurs.
• NON-VALEUR, en termes de Finance et de Commerce, se dit de Certaines parties d'impositions qu'on n'a pu lever, de certaines créances qu'on n'a pu recouvrer. Il y a dans la masse des contributions de ce département pour cent mille francs de non-valeurs. Ce marchand a perdu l'année dernière dix mille francs en non-valeurs.

NON-VUE . s. f.
• .Marine. L'effet de la brume, quand elle est si épaisse, qu'on ne peut avoir connaissance du parage où l'on se trouve. Nous fûmes en risque de périr par non-vue. Il a vieilli.

NOPAL .s.m.
• Nom qu'on donne, en Amérique, à tous les cactiers qui ont les tiges aplaties et articulées, principalement à celui sur lequel se trouve la cochenille. Un beau nopal. Il y a des nopals de plusieurs espèces.

NORD .s.m.
• Septentrion, la partie du monde qui est opposée au midi. Ce pays est borné au nord par telle rivière, a au nord telle province. Les pays, les contrées, les régions du nord. Le vent est au nord, souffle du nord. Le vent du nord. Une maison exposée au nord. Du nord au midi.
• Il signifie particulièrement, Celui des pôles du monde qui répond à l'étoile polaire arctique, et qui est opposé au sud. L'étoile du nord. L'aiguille aimantée se tourne vers le nord. On dit aussi adjectivement, Le pôle nord.
• En Géographie, Degrés de latitude nord, Ceux qui vont de l'équateur au pôle septentrional.
• En termes de Marine, Faire le nord, Faire route au nord.
• NORD, employé absolument, signifie, Le vent du nord. Le nord est le plus froid de tous les vents. Le nord règne ordinairement dans cette saison. Le nord souffle dans votre avenue. On dit plus ordinairement, Le vent du nord. On dit adjectivement, Le vent est nord.
• Se dit aussi Des pays septentrionaux, considérés absolument ou relativement. Cet homme est du Nord, est du nord de la France. Les plus belles fourrures viennent du Nord. Il a voyagé dans le Nord. Les peuples, les rois du Nord.

NORD-EST .s.m.
• La partie du monde qui est entre le nord et l'est. Cette ville est au nord-est de telle autre. Le vent souffle du nord-est.
• Il signifie aussi, Le vent qui souffle entre le nord et l'est. Le nord-est est extrêmement froid dans ce pays. On dit adjectivement, Le vent est nord-est.

NORD-OUEST .s.m.
• La partie du monde qui est entre le nord et l'ouest. Cette ville est au nord-ouest de Paris. Le vent souffle du nord-ouest.
• Il signifie aussi, Le vent qui souffle entre le nord et l'ouest. Le nord-ouest est d'ordinaire froid et pluvieux. On dit adjectivement, Le vent est nord-ouest.

NORMAL
, ALE. adj.
• Qui sert de règle. Se dit principalement Des écoles destinées à former des maîtres pour l'enseignement public. École normale. Les leçons, les cours, les professeurs, les élèves de l'école normale. Les écoles normales.
• Établissement normal, Établissement qui sert de modèle pour en former d'autres du même genre.
• État normal, État d'un être organisé ou d'un organe qui n'a éprouvé aucune altération; état ordinaire et régulier. S'emploie surtout en termes d'Anatomie. À l'état normal, cet organe offre telle apparence.
• NORMALE. féminin, se dit substantivement, en Géométrie et en Physique, de La ligne verticale ou perpendiculaire. Les corps tombent suivant la normale.

NORMAND
, ANDE. adj.
• Ce nom de peuple ne se met ici que parce qu'il est usité dans quelques phrases familières. Répondre en Normand, Ne répondre ni oui, ni non. C'est un fin Normand, C'est un homme adroit, et à qui il ne faut pas se fier. Réponse normande, Réponse ambiguë. Réconciliation normande, Réconciliation simulée.

NOS
• pluriel de l'adjectif possessif Notre. Voyez ce mot.

NOSOGRAPHIE . s. f.
• Classification et description des maladies.

NOSOLOGIE . s. f.
• Partie de la pathologie qui traite des maladies en général.

NOSTALGIE . s. f.
• Maladie causée par un désir violent de retourner dans sa patrie. On dit vulgairement, La maladie du pays, le mal du pays.

NOSTOC .s.m.
• Plante de la famille des Algues, qui ressemble à une espèce de gelée gluante, membraneuse, et d'un vert brun.

NOTA
• Terme emprunté du latin, et qui signifie, Remarquez. On dit aussi quelquefois, Nota benè. --- Il voulait me conter son procès; nota, nota benè qu'il était tard, et que je n'avais pas dîné. Dans cet emploi, il est souvent familier.
• Il est quelquefois substantif masculin, et signifie, Une remarque, une note que l'on met à la marge d'un écrit, d'un livre. Mettez là un nota. Tel article du compte est alloué, mais avec un nota. Il n'a point de pluriel.

NOTABLE . adj. des deux genres
• Remarquable, considérable. Dits, faits notables. Parole, arrêt notable. Un cas notable. Cela est notable. Dommage, préjudice, perte, gain, somme notable. Lésion notable. Une différence notable. Notre armée a remporté un avantage notable sur les ennemis. L'élection des échevins était faite par les notables bourgeois. Les notables commerçants élisent les membres du tribunal de commerce. Il a rassemblé chez lui tous les gens notables, toutes les personnes notables de la ville.
• Il est aussi substantif, et il se dit Des principaux et des plus considérables citoyens d'une ville, d'une province, d'un État. Une assemblée de notables. L'assemblée des notables.

NOTABLEMENT . adv.
• Grandement, considérablement, beaucoup. Il est notablement lésé dans cette affaire.

NOTAIRE .s.m.
• Officier public qui reçoit et qui passe les contrats, les obligations, les transactions, et les autres actes volontaires. Notaire royal. Notaire public. Notaire de ville, de village. Le corps des notaires. Contrat passé, quittance faite par-devant notaires. S'obliger par-devant notaires. Un acte signé de deux notaires. Le notaire y a passé, on ne peut plus s'en dédire. Le notaire qui a reçu son testament. Protester, faire protestation par-devant un notaire, par-devant notaire. Les registres, les minutes d'un notaire. L'étude d'un notaire. Il a acheté la pratique, la clientèle, la charge, l'étude de tel notaire. Clerc, premier clerc de notaire. Il travaille chez le notaire. Chambre de discipline des notaires
• Notaire en second, Celui des deux notaires qui ne retient pas la minute de l'acte qu'ils signent tous deux.
• Prov., C'est comme si le notaire y avait passé, se dit en parlant D'une chose sur laquelle on peut compter, sur laquelle il n'y a pas à revenir. Je vous l'ai promis, vous l'aurez; c'est comme si le notaire y avait passé.
• Notaire apostolique, Officier établi pour les expéditions en cour de Rome, et affaires ecclésiastiques.

NOTAMMENT . adv.
• Spécialement. Il a cité plusieurs lois, et notamment celle-là. Il a accusé plusieurs personnes, et notamment un tel.

NOTARIAT .s.m.
• Charge, fonction de notaire. Il a exercé longtemps le notariat.

NOTARIÉ
, ÉE. adj.
• S'emploie surtout dans cette locution, Acte notarié, Acte passé devant notaire. Quittance notariée.

NOTATION . s. f.
• Action, manière d'indiquer, de représenter par des signes convenus. Notation musicale. Notation prosodique.

NOTE . s. f.
• Marque que l'on fait, avec une plume ou un crayon, en quelque endroit d'un livre, d'un écrit. J'ai mis une note sur mon exemplaire, pour retrouver ce passage. Je veux revoir quelques articles de ce compte, j'ai mis des notes à la marge.
• Il signifie aussi, Remarque, espèce de commentaire sur quelque passage d'un écrit, d'un livre. J'ai fait des notes sur sa lettre, sur ce livre-là. On a imprimé ce poëme avec des notes. Les notes de Jean Bond sur Horace. Notes marginales. Notes au bas des pages. Notes renvoyées à la fin du volume. Les satiriques anciens ont besoin de notes pour être bien compris.
• Se dit encore d'Une observation qu'on fait sur un mot, sur une phrase. Il faut mettre ce mot dans le dictionnaire, avec la note Il est vieux, il est bas, etc.
• NOTE, signifie aussi, Extrait sommaire, exposé succinct. J'ai pris note de ce que j'ai à payer et à recevoir à la fin du mois. Je prendrai note de ce que vous me dites. J'ai gardé note de ce qu'il m'a demandé. Remettez-moi une note de votre affaire, afin que je ne l'oublie pas.
• Il signifie quelquefois, Mémoire. J'ai dit au marchand de me remettre la note de ce que je lui dois.
• NOTE, en Diplomatie, se dit d'Une communication entre des agents diplomatiques. Note officielle, confidentielle, secrète.
• NOTE, se dit aussi quelquefois Du déshonneur qui résulte d'une action blâmable ou de l'exercice d'une profession honteuse. Les mauvais traitements qu'il a fait éprouver à sa femme sont une note, une mauvaise note dans sa vie. Il a été espion de police; c'est une note qu'il portera toujours, qu'il n'effacera jamais.
• Note d'infamie, ou Note infamante, Note imprimée juridiquement pour quelque cause grave. Le blâme en justice était une note infamante.
• NOTE, se dit en outre Des caractères dont on se sert pour écrire la musique. Ce copiste n'emploie pas de l'encre assez noire pour faire ses notes. On a cherché à remplacer les notes par des chiffres. Chanter sur la note.
• Se dit aussi Des noms qu'on donne à ces différents caractères. Ut est la première note de la gamme,la seconde, etc. Quelle est cette note? C'est un sol. Cet enfant connaît déjà, nomme déjà toutes ses notes.
• Se dit encore Des sons représentés par ces caractères, selon leurs divers degrés du grave à l'aigu, et selon leurs différentes durées. Les sept notes de la gamme, par leurs combinaisons, forment tous les chants possibles. Il ne connaît pas, il ne sait pas, il n'observe pas la valeur des notes.
• Note tonique, La note principale ou fondamentale d'un ton ou d'un mode.
• Note sensible, La note qui est d'un demi-ton au-dessous de la tonique.
• Notes de goût, Celles qui, appartenant à la mélodie et non à l'harmonie, entrent dans la mesure et n'entrent pas dans l'accord. Se dit aussi de Certaines petites notes qui n'entrent ni dans la mélodie ni dans l'harmonie, et dont la durée très-rapide se prend sur la note qui précède ou sur celle qui suit.
• Chanter la note, Solfier. On dit aussi, Ce musicien chante la note, Il chante juste, mais sans expression.
• Bien attaquer la note, Faire une intonation juste et nette.
• Prov. et fig., Ne savoir qu'une note, chanter toujours sur la même note, Dire toujours la même chose, proposer toujours le même expédient.
• Prov. et fig., Changer de note, chanter sur une autre note, Changer de façon d'agir ou de parler. Je vous ferai bien changer de note.
• Prov. et fig., Cela change la note, Cela change l'état des choses.

NOTER . v. a.
• Faire une note sur quelque chose. J'ai noté deux passages dans le premier volume. J'ai noté ces vers sur mes tablettes.
• Il signifie figurément, Remarquer. Notez bien cela. Notez bien ce point-ci, ces deux points. Notez qu'il était son ennemi. Cela est à noter. Il est à noter que je ne l'ai pas vu une seule fois depuis le service que je lui ai rendu.
• NOTER, signifie aussi figurément, Marquer d'une manière défavorable. Ce dernier trait le note bien mal dans mon esprit. Voilà qui le notera aux yeux du public.
• Noter d'infamie, Couvrir de honte, d'opprobre.
• NOTER, signifie en outre, Écrire de la musique avec les caractères destinés à cet usage. Noter un chant, un air. L'art de bien noter consiste à placer convenablement tous les signes de la musique.
• NOTÉ, ÉE. participe, De la musique bien notée. Des airs notés.
• Homme noté, Homme qui a une mauvaise réputation, méritée par quelques fautes qui ont fait de l'éclat.

NOTEUR .s.m.
• Copiste de musique. Le noteur de l'Opéra.

NOTICE . s. f.
• Livre, traité où l'on donne une connaissance particulière des dignités, des charges, des lieux, des chemins d'un royaume, d'une province, d'un pays. La notice de l'Empire. La notice des Gaules.
• Il signifie aussi, Indication ou extrait raisonné qui se met à la tête d'un manuscrit, pour faire connaître l'auteur, le temps où il a vécu, et pour donner une idée générale de l'ouvrage. On travaille depuis longtemps à faire les notices des manuscrits de la bibliothèque du roi.
• Se dit, par extension, Du compte succinct que l'on rend d'un ouvrage quelconque. Ce journal contient de bons extraits et des notices exactes.
• Notice historique, biographique, Écrit de peu d'étendue contenant les principales circonstances de la vie d'un écrivain, d'un savant, d'un artiste, etc. Notice nécrologique, Celle qui a pour sujet un personnage mort depuis peu de temps.
• NOTICE, en Librairie, se dit de La liste imprimée des livres d'un cabinet, quand elle n'est pas assez étendue pour s'appeler Catalogue. On vient de distribuer la notice des livres du cabinet de monsieur un tel.

NOTIFICATION . s. f.
• Action de notifier, Acte par lequel on notifie. Ils ne peuvent plus en douter, la notification leur en a été faite.

NOTIFIER . v. a.
• Faire savoir dans les formes légales, dans les formes usitées. Cet acte ne sera point valable, si on ne le fait notifier. Cet acte ne m'a point été notifié. On fit notifier le traité aux ambassadeurs. On fit notifier aux ambassadeurs que la paix était conclue. On lui notifia qu'il eût à se retirer dans les vingt-quatre heures. Après que l'ambassadeur eut notifié son arrivée. L'ambassadeur a notifié les ordres dont il était chargé.
• NOTIFIÉ, ÉE. participe

NOTION . s. f.
• Connaissance, idée qu'on a d'une chose. Notion claire, précise, exacte, distincte, certaine, vague, confuse, imparfaite. Faible notion. Je n'ai pas une connaissance parfaite de cela, je n'en ai qu'une simple notion, qu'une faible notion. Il n'en a pas les premières notions. Sur une même chose on peut se former diverses notions. Il vous donnera des notions sur cette matière. Selon la notion que j'en ai, selon la notion commune. Je n'en ai pas la moindre notion. Je n'en ai aucune notion, nulle notion. Il manque des notions les plus familières au commun des hommes. Il y a des notions communes qui composent la raison universelle.

NOTOIRE . adj. des deux genres
• Connu généralement. Le fait est notoire. C'est une vérité notoire. Cela n'est que trop notoire. Voilà une preuve notoire et convaincante. Cette ordonnance est notoire. Rendre notoire. On disait autrefois, en style d'Ordonnance et de Palais, Soit notoire à tous que...

NOTOIREMENT . adv.
• Évidemment, manifestement. Cela est notoirement vrai, notoirement faux. Il est notoirement coupable de tel crime.

NOTORIÉTÉ . s. f.
• Connaissance générale, publique, d'une chose de fait. Cela est de toute notoriété. Il est de notoriété que... On l'a constitué prisonnier sur la notoriété du fait. Ceci est de notoriété publique.
• Acte de notoriété, Acte par lequel les officiers d'un tribunal attestaient un usage établi dans ce tribunal, et faisant jurisprudence. On appelle aussi Actes de notoriété, Certains actes passés devant notaires, par lesquels des témoins suppléent à des preuves par écrit.

NOTRE . adj. possessif des deux genres
• Qui est à nous, qui nous appartient, qui est relatif à nous. Il précède toujours le substantif, et il fait Nos au pluriel. Notre père. Notre patrie. Notre religion. Notre bien. Notre vie. Nos aïeux. Nos ancêtres. Nos amis. Nos biens. Un de nos rois. Un de nos plus grands rois. Avez-vous vu notre poëte?
• NOTRE, parmi le peuple, est quelquefois synonyme de Mon. Ainsi un artisan dit: Notre femme, notre ménagère; une servante, Notre maître; etc.
• Il est également employé au lieu de Mon, par le roi, par les évêques, etc., dans les mêmes cas où ils emploient Nous pour Je ou Moi. Notre conseil d'État entendu, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit. Voyez NOUS.

NÔTRE . Pronom possessif des deux genres
• qui a un sens analogue à celui de Notre adjectif, et qui se dit par rapport à une personne ou à une chose dont on a déjà parlé. Il est ordinairement précédé de l'article, et fait au pluriel Les nôtres. C'est votre avis, mais ce n'est pas le nôtre. Leur famille est alliée de la nôtre. Vos intérêts sont les nôtres. Vous avez vos raisons, et nous les nôtres. On supprime quelquefois l'article dans le langage familier. Nous pouvons compter sur lui, il est nôtre, Il est de notre parti, il nous est dévoué. Ces effets sont nôtres, Ils nous appartiennent.
• NÔTRE, s'emploie quelquefois comme substantif masculin, et signifie, Ce qui est à nous, ce qui nous appartient, soit bien, soit réputation, etc. Nous défendons le nôtre. Il y va trop du nôtre. Il n'y a rien du nôtre. Le vôtre et le nôtre, chacun le sien.
• Il signifie aussi, Ce qui vient de nous. Ne mettons rien, n'ajoutons rien du nôtre dans le compte que nous avons à rendre.
• NÔTRES, au pluriel, s'emploie de même substantivement, et signifie, Ceux qui sont de notre famille, nos parents. Nous et les nôtres. C'est un devoir pour nous d'avoir soin des nôtres, de les aider dans leur établissement, de les secourir dans leur détresse.
• Il signifie aussi, Ceux qui sont de notre pays, de notre parti, de notre compagnie. Celui-là est-il des nôtres? Il n'est pas des nôtres, il s'entend avec nos ennemis. Les nôtres se sont bien comportés dans le combat. Ne serez-vous pas des nôtres?
• Fam., Nous avons bien fait des nôtres, Nous avons fait beaucoup de folies, de bons tours, nous nous sommes bien divertis.

NOTRE-DAME . s. f.
• Fête de la sainte Vierge. La Notre-Dame d'août, de septembre.
• Se dit aussi quelquefois Des églises consacrées à la sainte Vierge. Notre-Dame de Paris. Notre-Dame d'Amiens.
• Se dit aussi de Certaines images de la Vierge qui sont l'objet d'une vénération particulière. La Notre-Dame de Lorette.

NOUE . s. f.
• Endroit où se rencontrent les surfaces inclinées de deux combles.
• Se dit aussi d'Une lame de plomb ou de cuivre placée dans la noue.
• Se dit également d'Une tuile creuse servant à l'écoulement des eaux. Les noues d'une lucarne.
• NOUE, se dit encore d'Une terre grasse et humide, qui est une espèce de pré servant à la pâture des bestiaux.

NOUEMENT .s.m.
• Action de nouer. Il n'est usité que dans cette locution populaire, Nouement de l'aiguillette.

NOUER . v. a.
• Lier en faisant un noeud, faire un noeud à quelque chose. Nouer un ruban, des jarretières.
• Pop. et fig., Nouer l'aiguillette, Faire un prétendu maléfice pour empêcher la consommation du mariage.
• Fig., en termes de Manége, Ce cheval noue l'aiguillette, Il détache vivement la ruade. Cette locution a vieilli.
• Fig., Nouer une partie, Faire une partie, lier une partie. Nouer une intrigue, Former une intrigue. Nouer amitié, Lier amitié. Cette dernière locution vieillit.
• NOUER, se dit figurément, en parlant Des pièces de théâtre, et signifie, Former le noeud, l'obstacle qui donne lieu à l'intrigue. Il a bien noué, mal noué sa tragédie, sa comédie. Il a noué fortement l'action, l'intrigue de sa pièce.
• NOUER, signifie aussi, Envelopper dans quelque chose, en faisant un noeud. Nouer de l'argent dans le coin d'un mouchoir. Nouez ces drogues dans un linge, et faites-les bouillir dans l'eau.
• NOUER, s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, en parlant Des arbres à fruit, et signifie, Passer de l'état de fleur à celui de fruit. Les pommes, les citrons, les poires commencent à se nouer. Dans le temps où les fruits se nouent.
• S'emploie aussi comme neutre, dans la même acception. Les fruits commencent déjà à nouer. Les abricots ne nouent pas encore.
• Cet enfant se noue, Il devient rachitique.
• La goutte se noue, elle est nouée, se dit Lorsque l'humeur qui cause la goutte s'épaissit, se durcit dans les jointures.
• Les intestins se nouent dans la colique de miséréré, Ils rentrent en eux-mêmes.
• NOUÉ, ÉE. participe, Cet enfant est noué, Les noeuds qui se sont formés dans ses articulations, l'empêchent de croître. Voyez RACHITIS.
• Cet homme est noue de goutte, L'humeur de la goutte s'est arrêtée, s'est fixée dans les jointures de ses membres.

NOUET .s.m.
• Linge noué, dans lequel on a mis quelque substance pour la faire infuser ou bouillir. Mettez un nouet de telle drogue dans votre bouillon. Un nouet de rhubarbe. Mettez un nouet de fines herbes dans cette sauce.

NOUEUX
, EUSE. adj.
• Qui a beaucoup de noeuds. Il ne se dit guère que Du bois. C'est un bois fort noueux. Le hêtre n'est pas si noueux que le chêne. Un bâton noueux. L'épine est fort noueuse.

NOUGAT .s.m.
• Espèce de gâteau fait d'amandes ou de noix au caramel. On a servi du nougat, un nougat.

NOUILLES . s. f. pl.
• Espèce de pâte d'Allemagne, faite avec de la farine et des oeufs, et qui, par la manière dont elle est coupée, ressemble au vermicelle. Un potage aux nouilles. Les nouilles sont un mets fort nourrissant. Dans les livres de cuisine, on écrit ordinairement, Noules.

NOULET .s.m.
• Canal pour l'écoulement des eaux, fait avec des noues, c'est-à-dire avec des tuiles creuses, des lames de cuivre ou de plomb courbées, etc.
• Se dit aussi Des petits chevrons qui forment le fond de la noue entre deux combles.

NOURRAIN .s.m.
• Le fretin, le petit poisson qu'on met dans un étang pour le repeupler. Il est synonyme d'Alevin.

NOURRICE . s. f.
• Femme qui allaite l'enfant d'une autre. Bonne nourrice. La nourrice du prince. Sa mère nourrice. Des contes de nourrice.
• Se dit aussi d'Une mère qui allaite son propre enfant. Elle a voulu être la nourrice de son dernier-né. Elle a été la nourrice de tous ses enfants.
• Mettre un enfant en nourrice, Le donner à une nourrice hors de chez soi. Retirer un enfant de nourrice, Le retirer de chez la nourrice.
• Cet enfant a été changé en nourrice, La nourrice l'a substitué à celui qu'elle avait reçu des parents. On le dit aussi De l'enfant qui a été remplacé. Cette mère est désolée, elle croit que son enfant a été changé en nourrice.
• Prov., Il faut qu'il ait été changé en nourrice, se dit D'un enfant qui ne ressemble point à ses parents, pour les traits, pour le caractère. On dit, dans le sens opposé, Il n'a pas été changé en nourrice.
• Prov. et fig., Battre sa nourrice, Attaquer les choses ou les personnes auxquelles on est redevable de son éducation, de sa fortune. Les écrivains modernes qui attaquent les anciens, sont des enfants qui battent leur nourrice.
• NOURRICE, se dit figurément d'Une province qui fournit à une ville, à un pays de quoi subsister. La Sicile était la nourrice de Rome.
• Se dit aussi, figurément et familièrement, Des choses qui, dans certaines professions, procurent le plus de gain. Les maladies chroniques sont les nourrices du médecin. Il y a certaines questions de droit qui sont les nourrices des gens de palais. Il est vieux dans ce sens.

NOURRICIER .s.m.
• qui s'emploie aussi adjectivement. Le mari d'une nourrice. Le nourricier d'un enfant. Son père nourricier.
• Fig. et fam., C'est son père nourricier, se dit D'un homme qui en fait subsister un autre. Cet homme est le père nourricier des pauvres.

NOURRICIER, IÈRE. adj.
• Qui opère la nutrition, qui sert à la nutrition, qui se répand dans un corps pour en augmenter la substance. Le suc nourricier. La séve nourricière. Cet aliment renferme beaucoup de substance nourricière. On a cru de certaines plantes qu'elles attiraient les sucs nourriciers du sol qui les produit.

NOURRIR . v. a.
• Sustenter, servir d'aliment. Les aliments les plus propres à nourrir l'homme. Dieu a créé les fruits de la terre pour nourrir l'homme et les animaux.
• S'emploie souvent absolument. Il y a des aliments qui nourrissent trop. Le pain nourrit beaucoup. Les fruits, les légumes ne nourrissent pas autant que la viande. Certaines viandes nourrissent plus que d'autres. Cela est fort succulent et nourrit beaucoup. Le vin nourrit.
• Se dit quelquefois figurément, au sens moral. Nourrir son imagination de chimères. Nourrir son esprit des plus saines maximes.
• NOURRIR, se dit aussi D'une femme qui donne à téter à un enfant. C'est elle qui l'a nourri. Elle lui a nourri trois enfants. Une mère qui nourrit son enfant, est doublement sa mère. Elle a nourri entièrement cet enfant. Elle ne l'a nourri qu'à moitié. La nourrice qui a achevé de le nourrir.
• Cette femme ne saurait nourrir d'enfants, Elle a le malheur de perdre tous ses enfants, dès leur bas âge.
• NOURRIR, signifie encore, Entretenir d'aliments. Je l'ai vêtu et nourri pendant dix ans. Les enfants sont obligés de nourrir leur père et leur mère dans le besoin. Il nourrit tant de valets. Il ne nourrit pas ses domestiques, il leur donne leurs vivres en argent. Je lui donne tant par an pour me loger et pour me nourrir. On est bien nourri, on est mal nourri dans cette pension, dans cette auberge. Si les guerriers défendent la patrie, les laboureurs la nourrissent. Il nourrit tant de chiens, tant de chevaux. Si on veut que des chevaux travaillent bien, il faut les bien nourrir. Nourrir des bestiaux, des poulets, des pigeons, des vers à soie.
• Fig., N'être pas nourri, N'être pas suffisamment nourri, être mal nourri. Les enfants ne sont pas nourris dans cette pension, dans ce collége. Les domestiques ne sont pas nourris dans cette maison.
• NOURRIR, signifie figurément, Instruire, élever. Il faut avoir soin de nourrir les enfants dans les sentiments de piété et d'honneur. Il a été nourri dans l'amour de la vertu, dans la haine du vice, dans la mollesse, dans les délices, dans les fatigues de la guerre, etc.
• Prov. et fig., Il nourrit un serpent dans son sein, Il élève, il protége, il assiste un ingrat, un méchant qui le perdra, qui le ruinera quelque jour.
• NOURRIR, se dit aussi D'un pays qui ordinairement en fournit un autre de vivres; d'une terre, d'un héritage qui donne au propriétaire de quoi le faire subsister; d'une profession qui procure de quoi vivre à celui qui l'exerce. La Sicile nourrissait Rome. Ces provinces nourrissent la capitale. Cette terre le nourrit, lui et toute sa famille. Le métier qu'il fait ne suffit pas pour le nourrir. Je veux un métier qui me nourrisse, moi et mes enfants.
• Prov., Il n'y a si petit métier qui ne nourrisse son maître, On peut, en travaillant, gagner de quoi vivre, quelque peu lucrative que soit l'industrie qu'on exerce.
• NOURRIR, signifie quelquefois, Produire, porter, renfermer. L'Afrique nourrit beaucoup d'animaux féroces. Cette terre nourrit une race d'hommes forts et courageux. Cette mer nourrit des poissons voraces et destructeurs.
• NOURRIR, signifie aussi figurément, Entretenir, faire subsister, faire durer. Nourrir l'espoir, le mécontentement, l'orgueil de quelqu'un. Nourrir la discorde, les troubles. Nourrir la haine, la défiance dans son coeur, dans le coeur de quelqu'un. Nourrir dans son âme une passion malheureuse, un amour sans espérance, des souvenirs pleins de charmes.
• Nourrir une action, Fournir un supplément de finance au capital d'une action.
• Nourrir un numéro à la loterie, Mettre sur le même numéro à chaque tirage, en augmentant toujours la mise.
• NOURRIR, se dit également De certaines choses qui en entretiennent d'autres, qui les font profiter. La bonne terre nourrit les plantes, les arbres. Mettre du fumier au pied d'un arbre pour le nourrir. Le bois nourrit le feu. La pommade nourrit les cheveux. On a amené plusieurs ruisseaux pour nourrir ce canal. Cette année les melons ont été trop nourris d'eau.
• Se dit de même au sens moral. L'espérance nourrit l'amour. Les services mutuels nourrissent l'amitié. L'étude, la lecture, la conversation des hommes éclairés nourrit l'esprit.
• En Peinture, Nourrir un tableau de couleurs, Mettre les couleurs avec une certaine abondance qui donne le moyen de les mêler aisément, de les empâter. Nourrir le trait, Éviter la maigreur et la sécheresse.
• En Musique, Nourrir les sons, Faire qu'ils soient pleins et retentissants, et les soutenir exactement pendant leur durée.
• NOURRIR, s'emploie avec le pronom personnel dans plusieurs de ses acceptions, tant propres que figurées. L'homme se nourrit de pain, de viandes, de légumes, etc. Cet anachorète ne se nourrissait que de racines sauvages. Les oiseaux de proie se nourrissent de chair. Cet homme se nourrit bien. Au sens moral: Se nourrir de la lecture des bons livres. Se nourrir de saines doctrines. Se nourrir de la parole de Dieu. Se nourrir d'idées tristes.
• Cet enfant, cet animal se nourrit bien, se nourrit mal, Les aliments lui profitent bien, ne lui profitent pas.
• Cet arbre n'a pas de quoi se nourrir, Il est planté dans une mauvaise terre, où il ne trouve pas un suc convenable et suffisant.
• NOURRI, IE. participe, Par plaisanterie, Cet homme est bien nourri, Il a beaucoup d'embonpoint.
• Ce blé, ce grain est bien nourri, Il est bien plein, bien rempli.
• Fig., Un style nourri, Un style riche, plein, abondant. Un ouvrage nourri de pensées, de réflexions, Un ouvrage où les pensées justes, où les réflexions judicieuses abondent. On dit aussi, Un écrivain nourri des bons auteurs, Un écrivain qui fait preuve d'une grande connaissance des bons auteurs.
• En Calligraphie, Cette lettre est bien nourrie, Les traits qui la forment ont beaucoup de corps; et, Elle n'est pas bien nourrie, Elle est plus déliée qu'il ne faut.
• En Peinture, Une couleur nourrie, Une couleur bien empâtée. Un trait nourri, Un trait qui n'est pas trop fin.

NOURRISSAGE .s.m.
• .Économie rurale. Il n'est usité que dans cette locution, Le nourrissage des bestiaux, Le soin et la manière de nourrir et d'élever les bestiaux.

NOURRISSANT, ANTE. adj.
• Qui sustente, qui nourrit beaucoup. Une viande bien nourrissante. Cette viande contient des sucs bien nourrissants. Ce consommé est fort nourrissant. Cela n'est pas assez nourrissant.

NOURRISSEUR .s.m.
• On appelle ainsi, à Paris et dans les autres grandes villes, Celui qui nourrit des vaches dans l'étable, pour faire commerce de leur lait.

NOURRISSON .s.m.
• Enfant qui est en nourrice. C'est une bonne nourrice, elle ne manquera pas de nourrissons. Elle a rendu son nourrisson.
• Se dit quelquefois figurément, pour Élève, dans le style soutenu. Télémaque fut le nourrisson de Mentor. Les nourrissons des Muses, Les poëtes.

NOURRITURE . s. f.
• Aliment; subsistance des hommes et des animaux au moyen des aliments. Bonne, mauvaise nourriture. Nourriture succulente. Cette racine fournit une nourriture facile à digérer. Il refuse toute nourriture. La moindre nourriture lui suffit. Son travail lui procure, lui donne la nourriture. Faire des excès de nourriture. La nourriture est bonne, est mauvaise dans cette pension, dans ce collége. Prendre de la nourriture. Il est bien malade, il ne prend plus de nourriture. Il meurt faute de nourriture. Cet homme dépense tant pour sa nourriture. On ne donne point de gages à ce domestique, on ne donne point de salaire à cet ouvrier, on l'a pris pour sa nourriture. Il lui en coûte cher pour la nourriture de ses poulets, de ses pigeons.
• Stipuler par contrat de mariage tant d'années de nourriture, Faire insérer dans le contrat que les conjoints seront nourris durant tant d'années par les parents de l'un d'eux.
• NOURRITURE, se dit aussi de Certaines humeurs, de certains sucs qui servent au développement et à l'entretien des corps animés et des végétaux. Son bras était amaigri, mais il recommence à prendre nourriture. Sa main ne prend plus de nourriture. Cet arbre prend nourriture, ne prend point de nourriture.
• NOURRITURE, se dit quelquefois figurément et au sens moral. L'esprit a besoin de nourriture aussi bien que le corps. La science est la nourriture de l'âme.
• NOURRITURE, se dit encore de L'allaitement, de l'action de nourrir un enfant de son lait. Cette femme a déjà fait plusieurs nourritures, en est à sa deuxième, à sa troisième nourriture, a fait deux nourritures du même lait. La première nourriture de cette femme n'a pas réussi, elle avait trop peu de lait. Cette femme a fait une belle nourriture.
• Se dit aussi, figurément, de Celui qu'on a élevé, du disciple qu'on a formé. Sa chère nourriture. Ironiquement, Vous avez fait là une belle nourriture. Il a vieilli dans cette acception.
• Prov., Nourriture passe nature, La bonne éducation peut corriger les défauts d'un mauvais naturel.
• Faire des nourritures, Nourrir, élever du bétail, de la volaille dans une terre, dans une maison de campagne. C'est une terre propre à y faire des nourritures.

NOUS . Pronom
• de la première personne, qui est le pluriel de Je ou Moi, et qui est des deux genres.
• Il peut être ou sujet, ou régime direct, ou régime indirect. Nous partons. On nous observe. On nous parle. Nous nous voyons souvent. Nous nous parlons tout bas. Il est sujet dans la première phrase, régime direct dans la seconde, régime indirect dans la troisième, sujet et régime direct dans la quatrième, sujet et régime indirect dans la cinquième.
• NOUS, sujet, se place avant le verbe. Nous partons. Il faut excepter les phrases interrogatives, dans lesquelles il se place après le verbe. Partons-nous?
• Quelquefois, par une répétition qui donne de l'énergie à la phrase, on place Nous, sujet, avant et après le verbe. Nous voulons, nous, que telle chose se fasse. Nous pensons, nous, que telle chose doit être.
• NOUS, régime direct ou indirect, se place avant le verbe. Il nous regarde. Il nous parle. Nous regarde-t-il? Nous parle-t-il? Ne nous regardez pas. Ne nous parlez pas. Il faut excepter les phrases impératives sans négation, dans lesquelles il se place après le verbe. Regardez-nous. Parlez-nous.
• NOUS, régime, quand il est précédé d'une préposition, se met toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe dont il est le complément. Il parle de nous. Il s'en rapporte à nous. Il est pour nous, contre nous. On est content de nous, injuste envers nous. Il n'a rien dit relativement à nous. Je vous l'avouerai entre nous. Mais on dit familièrement, dans le sens de cette dernière phrase, Entre nous soit dit.
• Fam., Nous autres, Ce que nous sommes de personnes du même côté, du même avis, du même rang. Vous allez jouer, nous autres nous allons à la promenade. Vous désirez une grande opulence, nous autres nous sommes contents du pur nécessaire.
• NOUS, s'emploie au lieu du singulier Je ou Moi, par le roi dans les lois, dans les ordonnances, etc.: Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit; par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité: Nous N., certifions. Nous N., déclarons. Un auteur, un orateur, le dit quelquefois en parlant De lui-même.
• S'emploie aussi quelquefois, dans le style familier, au lieu du pronom personnel Il ou Elle. On l'a fait apercevoir plusieurs fois de sa faute, mais nous sommes opiniâtre, nous ne voulons pas nous corriger.

NOUURE . s. f.
• État d'un enfant noué, rachitisme.
• Se dit aussi Des fruits, lorsqu'ils commencent à se former, après que les fleurs sont tombées. Le temps de la nouure. Voyez NOUER.

NOUVEAU
ou NOUVEL, NOUVELLE. adj.
• Qui commence d'être ou de paraître, qui n'existe ou qui n'est connu que depuis peu de temps. Nouveau se met devant un nom masculin qui commence par une consonne ou une h aspirée, et Nouvel devant un nom masculin qui commence par une voyelle ou une h muette. Un nouveau livre. Un nouvel ouvrage. Un ouvrage nouveau. Vin, blé, fruit nouveau. Un nouveau harnais. De nouveaux hasards. Nouvel instrument. Nouveau dessein. Nouvel armement. Nouvel accident. Nouvel hommage. Nouvelle invention. Nouvelle relation. Mode, pièce nouvelle. Nouvelle manière. Nouvelle édition. Nouvelle découverte. Les auteurs anciens et les nouveaux. Nouvelle religion. Nouvelle doctrine. Nouveau culte. Opinion nouvelle. Un objet nouveau. N'avez-vous rien, ne savez-vous rien, ne nous direz-vous rien de nouveau? Qu'y a-t-il de nouveau? Quoi de nouveau? Il s'est ouvert une nouvelle carrière. Il a formé de nouveaux noeuds. La chose a pris une face nouvelle. Mener une nouvelle vie. Recommencer sur nouveaux frais. Cela est nouveau pour moi. Cela m'est nouveau. C'est pour moi une chose nouvelle. Sa franchise parut à la cour une vertu nouvelle, toute nouvelle. Il a trouvé de nouveaux défenseurs. Prov., Tout ce qui est nouveau paraît beau.
• Mots nouveaux, Mots qui commencent à se répandre, mais que l'usage n'a pas encore autorisés.
• Un habit nouveau, Un habit d'une nouvelle mode. Un nouvel habit, Un habit différent de celui qu'on avait auparavant. L'habit que vous avez est nouveau. Il met tous les jours un nouvel habit.
• Le nouvel an, et L'an nouveau, Le commencement de l'année. La saison nouvelle, Le printemps. La nouvelle lune, La lune qui commence. Le nouveau monde, Cette partie du monde qui a été découverte à la fin du quinzième siècle, et à laquelle on a donné le nom d'Amérique. Le nouveau style, La manière de compter dans le calendrier, depuis qu'il a été réformé par Grégoire XIII.
• Nouveau Testament, Le livre des Évangiles, avec les Actes des apôtres, les Épîtres de saint Paul, les autres Épîtres canoniques, et l'Apocalypse; par opposition à l'Ancien Testament, Les livres saints qui ont précédé la naissance de JÉSUS-CHRIST.
• En termes de Pratique, Passer titre nouvel. Nouvel ne s'emploie après le substantif que dans ce seul exemple. On dit aussi, dans le même style, Articuler faits nouveaux.
• Prov. et fig., C'est du fruit nouveau que de le voir, se dit À l'arrivée d'un homme qu'on n'a pas vu depuis longtemps.
• NOUVEAU, en parlant Des personnes, signifie, Novice, inexpérimenté. Cet homme est bien nouveau dans son métier, dans son emploi. Cet homme est bien nouveau dans le monde, est bien nouveau, est tout nouveau dans les affaires.
• Un homme nouveau, Celui qui a fait fortune, qui n'a pas de naissance; le premier de sa race qui se fasse remarquer. Cicéron était un homme nouveau.
• Nouvel homme, et Homme nouveau, Le chrétien régénéré par la grâce.
• Un nouveau visage, Une personne qu'on n'a pas encore vue. Je change de domestiques le moins que je peux, je n'aime pas les nouveaux visages. Il ne se plaît pas dans cette société, parce qu'on y voit toujours de nouveaux visages.
• NOUVEAU, se dit quelquefois D'une personne ou d'une chose qui a de la ressemblance, de la conformité avec une autre personne ou avec une autre chose. C'est un nouveau César, un nouvel Alexandre, un nouvel Attila. La terre semblait être menacée d'un nouveau déluge.
• NOUVEAU, s'emploie aussi substantivement. Voici du nouveau. Vous aimez le nouveau. Il me faut du nouveau. Souvent on préfère le nouveau à l'excellent.
• S'emploie quelquefois adverbialement, et signifie, Nouvellement. Du beurre nouveau battu. Du vin tout nouveau percé. On ne l'emploie pas en ce sens avec un substantif féminin, excepté dans la locution Une fille nouveau-née: voyez le participe de NAÎTRE.
• S'emploie encore, dans le sens de Nouvellement, avec quelques autres participes qui deviennent des substantifs; et alors il est adjectif variable. Un nouveau marié. De nouveaux mariés. Une nouvelle mariée. Les nouveaux convertis. Les nouvelles converties. Les nouveaux venus. Il faut fêter la nouvelle venue.
• DE NOUVEAU loc. adv. Derechef, encore une fois. Il a été accusé de nouveau. On l'a emprisonné tout de nouveau.
• À NOUVEAU loc. adv. à l'usage de la Banque, du Commerce. Sur un nouveau compte. Créditer, débiter, porter à nouveau.

NOUVEAUTÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est nouveau, ce qu'il y a de nouveau dans une chose. La nouveauté plaît à la plupart des hommes. Cet air, que j'ai entendu si souvent, a toujours pour moi le charme de la nouveauté. La nouveauté d'une opinion, d'une doctrine, d'un sentiment, d'une découverte. Souvent la nouveauté d'une mode en fait tout l'agrément. La nouveauté du fait me surprend.
• Il signifie aussi, Chose nouvelle. Je n'avais jamais entendu parler de cela, c'est une nouveauté pour moi.
• Fam., C'est nouveauté, c'est une nouveauté que de vous voir, se dit À une personne qu'on avait coutume de voir souvent, et qu'il y a longtemps qu'on n'a vue.
• NOUVEAUTÉ, en parlant De religion, de politique, signifie, Innovation, introduction de quelque doctrine, de quelque pratique nouvelle. Toute nouveauté trouve des partisans. Il ne faut introduire qu'avec prudence des nouveautés dans un État. Le peuple est amateur de nouveautés, court après les nouveautés.
• NOUVEAUTÉ, se dit aussi Des étoffes les plus nouvelles et les plus à la mode. On trouve toujours quelque nouveauté chez ce marchand. Ce marchand est toujours fourni de nouveautés. Cette femme se ruine en nouveautés, à acheter des nouveautés.
• Se dit également Des livres qui viennent de paraître. Ce libraire a toujours quelque nouveauté. Cet homme aime à lire toutes les nouveautés qui paraissent.
• Marchand de nouveautés, Celui qui fait particulièrement métier de vendre des étoffes nouvelles, ou des livres nouveaux. Vous trouverez de cette étoffe chez les marchands de nouveautés. Cette brochure se trouve chez tous les marchands de nouveautés.
• Magasin de nouveautés, Magasin où l'on vend toute sorte d'objets de fantaisie, en mercerie, bijouterie, tabletterie, etc.
• NOUVEAUTÉ, se dit aussi d'Un spectacle, d'une pièce nouvelle qui a une certaine vogue. Avez-vous vu la nouveauté? Je n'ai pas encore vu la nouveauté.
• Se dit aussi Des légumes, des fruits qui sont dans leur primeur. Des pois au commencement d'avril, c'est de la nouveauté, c'est une nouveauté.
• NOUVEAUTÉ, se dit encore Du temps pendant lequel une chose est nouvelle. Cette mode est encore dans sa nouveauté. J'ai vu cette tragédie dans sa nouveauté. Les cerises sont encore dans leur nouveauté.

NOUVEL . adj. - Voyez NOUVEAU.

NOUVELLE . s. f.
• Le premier avis qu'on reçoit d'une chose arrivée récemment. Bonne, mauvaise, fâcheuse nouvelle. Vieille nouvelle. Nouvelle importante. C'est une nouvelle toute fraîche. Ce que vous nous dites est une vieille nouvelle. D'où avez-vous appris cette nouvelle? La confirmation d'une nouvelle. Cette nouvelle ne s'est point confirmée. Cette nouvelle n'a aucun fondement. Cette nouvelle est vraie, est fausse, est sûre, est douteuse, est invraisemblable, est inexacte, est apocryphe. Nouvelle agréable, fâcheuse, triste, alarmante. Une époque fertile en nouvelles. Quelle nouvelle? Savez-vous quelques nouvelles? Je ne sais point de nouvelles. Je ne sais pas la moindre nouvelle. Il m'a donné des nouvelles de son voyage, de son expédition, de sa santé. Être curieux de nouvelles. Écrire, porter des nouvelles. J'ai des nouvelles certaines. Il court certaines nouvelles. Il est venu des nouvelles. Faire courir, semer, répandre une nouvelle. De qui tenez-vous cette nouvelle? Je ne savais point cela, c'est une nouvelle pour moi. Aimer à débiter des nouvelles. Se plaire à inventer, à fabriquer, à forger des nouvelles. On a eu nouvelle de l'arrivée de la flotte. On a eu nouvelle que les ennemis ont été battus. Il n'est resté personne pour venir en dire des nouvelles.
• Être à la source des nouvelles, Être au lieu où se passent les choses les plus importantes, et où l'on est le plus tôt instruit des événements.
• Fig. et fam., Nouvelles d'antichambre, de basse-cour, nouvelles de l'arbre de Cracovie, Nouvelles fausses, ridicules.
• Nouvelles à la main, Espèce de journal manuscrit qu'on distribuait à des abonnés.
• Ne faites rien que vous n'ayez de mes nouvelles, que je ne vous aie donné, que vous n'ayez reçu de mes nouvelles, Que je ne vous aie fait savoir quelque chose de nouveau sur l'affaire dont il s'agit.
• Par menace, Vous aurez, vous entendrez de mes nouvelles, Je me vengerai de vous.
• En plaisantant, Je sais de vos nouvelles, Je sais de vos aventures secrètes, je sais des particularités que vous m'aviez cachées.
• Fam., Vous en pouvez dire des nouvelles, Vous êtes mieux instruit de cela que personne. Je puis en dire des nouvelles, Je le sais pertinemment.
• Envoyer savoir des nouvelles de quelqu'un, Envoyer demander quel est l'état de sa santé. Mandez-moi de vos nouvelles, Écrivez-moi, faites-moi savoir l'état où vous vous trouverez, ce que vous ferez. Recevoir des nouvelles de quelqu'un, Recevoir de ses lettres. Il y a longtemps que je n'ai reçu de ses nouvelles.
• En termes de Guerre, Envoyer aux nouvelles, Envoyer quelqu'un pour s'instruire de la position, de la force des ennemis.
• On ne sait point de nouvelles, on est sans nouvelles de ce pays, de cette armée, On n'en a point reçu de lettres, on ignore ce qui s'y passe.
• Fam., N'avoir ni vent ni nouvelles d'une personne, N'en point entendre parler, et ne savoir ce qu'elle est devenue.
• Il y a bien des nouvelles, voici bien des nouvelles, on dit de grandes nouvelles, Il est arrivé quelque chose de fort surprenant, de fort extraordinaire, de fort important.
• Prov. et absol., Point de nouvelles, se dit Lorsqu'on ne peut obtenir un résultat qu'on attend, la décision d'une affaire, l'exécution d'une promesse, etc. Il me dit souvent qu'il me payera; mais pour de l'argent, point de nouvelles. On a beau heurter à sa porte, point de nouvelles, Personne n'ouvre.
• Prov., Point de nouvelles, bonnes nouvelles, Quand on ne reçoit pas de nouvelles d'une personne, on doit présumer qu'il ne lui est point arrivé de mal.
• NOUVELLE, se dit aussi de Certains romans très-courts, de certains récits d'aventures intéressantes ou amusantes. Une jolie nouvelle. Nouvelle italienne, espagnole. Nouvelle historique, tragi-comique. Les Nouvelles de Boccace. Les Nouvelles de la reine Marguerite. Les Nouvelles de Cervantes. Les Nouvelles de Scarron. Les cent Nouvelles nouvelles.

NOUVELLEMENT . adv.
• Depuis peu. Maison nouvellement bâtie. Livre nouvellement imprimé. Ouvrage nouvellement fait. Pays nouvellement découvert. Terre nouvellement défrichée. Des arbres nouvellement plantés. Cela est arrivé nouvellement, tout nouvellement.

NOUVELLETÉ . s. f.
• .Jurispr. Entreprise faite sur le possesseur d'un héritage, trouble dans la possession. Le possesseur peut former complainte en cas de saisine et nouvelleté.

NOUVELLISTE .s.m.
• Celui qui est curieux de savoir des nouvelles, et qui aime à en débiter. C'est un nouvelliste. Les nouvellistes sont crédules.
• Nouvelliste à la main, Rédacteur de nouvelles à la main.

NOVALE . s. f.
• Terre nouvellement défrichée et mise en valeur. Il a défriché cette terre et l'a mise en novale. Les curés avaient droit de dîme sur les novales.
• NOVALES, au pluriel, signifie aussi, La dîme que les curés levaient sur les novales. Les novales et les vertes dîmes.
• S'emploie adjectivement dans les deux sens. Terre novale. Dîmes novales.

NOVATEUR .s.m.
• Celui qui fait ou qui tente de faire des innovations. Un hardi novateur. Un novateur dangereux, imprudent. Il y a des novateurs en religion, en politique, en philosophie, en littérature, en grammaire, en orthographe, etc. Les néologues, les néographes sont des novateurs.

NOVATION . s. f.
• .Jurispr. Changement d'une obligation en une autre. Ils ont stipulé dans la transaction qu'il n'y aurait point de novation au premier contrat. Sans novation d'hypothèque.

NOVELLES . s. f. pl.
• .Jurispr. Constitutions de l'empereur Justinien, qui forment la quatrième et dernière partie du corps du droit romain. Quand on cite une de ces constitutions, on dit au singulier, La novelle X, la novelle XII, etc.

NOVEMBRE .s.m.
• Le neuvième mois de l'année, lorsque l'année commençait en mars, et le onzième mois selon notre manière actuelle de compter. C'était au mois de novembre. Il est né en novembre. Les pluies froides de novembre.

NOVICE . s. des deux genres
• Se dit d'Un homme, d'une femme qui a pris nouvellement l'habit de religion dans un couvent, pour y passer un temps d'épreuve avant de faire profession. Un jeune novice. Une jeune novice. Le directeur, le père maître des novices. La maîtresse des novices. Prendre l'habit de novice. Ferveur de novice.
• Fig. et fam., Ferveur de novice, L'empressement, l'ardeur qu'on met à remplir les obligations d'un nouvel état. Il n'est que depuis deux mois en place, aussi il a une ferveur de novice.
• NOVICE, est aussi adjectif, et signifie, Qui est nouveau et peu exercé, peu habile en quelque métier, en quelque profession. Un orateur novice. Une chanteuse novice. Il est encore bien novice dans son métier, dans sa profession. C'est être bien novice à la guerre, au métier de la guerre, que de se laisser battre ainsi.
• Se dit aussi D'une personne qui n'a point encore la connaissance du monde. Une jeune personne, un jeune homme encore novice.
• N'être pas novice, Avoir une habileté, une finesse, une expérience portées trop loin. Défiez-vous de lui, il n'est pas novice en affaires. La femme qu'il a épousée n'est pas novice.
• NOVICE, se dit quelquefois, par extension, Des choses prises pour la personne. Une main, une plume novice.

NOVICIAT .s.m.
• L'état des novices avant qu'ils fassent profession; Le temps pendant lequel ils sont dans cet état. Un long, un rude noviciat. Les épreuves du noviciat. Il est entré dans son noviciat. Il est encore dans son année de noviciat. Faire, achever son noviciat. Sortir de noviciat.
• NOVICIAT, signifie aussi, Maison ou partie d'une maison religieuse que les novices habitent, et où ils font leurs exercices pendant leur année de probation. Il demeure au noviciat. Il est au noviciat.
• NOVICIAT, signifie, figurément, Apprentissage qu'on fait de quelque art, de quelque profession. Il a fait son noviciat à la guerre sous un excellent général. Il a fait un rude noviciat dans sa première campagne.

NOVISSIMÉ . adv.
• Mot emprunté du latin. Tout récemment. Ce fait est arrivé novissimé, tout novissimé. Il est familier.

NOYALE . s. f.
• (Quelques-uns écrivent, Noyalle.) Toile de chanvre écru, très-forte et très-serrée, dont on fait des voiles. Noyales rondelettes. Noyales à quatre, à six fils.

NOYAU .s.m.
• Cette substance dure et ligneuse qui est enfermée au milieu de certains fruits, comme la prune, l'abricot, la pêche, etc., et qui contient une amande. Casser un noyau pour en avoir l'amande. Il y a des fruits à pepins, et des fruits à noyau. Une pêche, une prune qui quitte le noyau. Les pavies ne quittent pas le noyau. Planter des noyaux. Ce pêcher est venu de noyau.
• Eau de noyau, Liqueur dans la préparation de laquelle entrent des noyaux.
• Prov. et fig., Il faut casser le noyau pour en avoir l'amande, Il faut prendre de la peine avant de retirer de l'utilité, du profit de quelque chose.
• Prov., fig. et pop., Il a amassé des noyaux, Il a gagné bien des écus.
• NOYAU, se dit, en Architecture, de Toute partie plus ou moins brute et massive, qui est enveloppée d'un revêtement. Ce piédestal de marbre a un noyau de maçonnerie. Le noyau de cette colonne de stuc, de plâtre, est de bois.
• Noyau d'escalier, La partie d'un escalier à vis qui est au centre, et sur laquelle porte l'extrémité des marches.
• NOYAU, signifie, en termes de Fonderie, La masse de terre à potier, de plâtre, de brique, ou autre matière, qui remplit l'intérieur d'un moule, et qui est destinée à soutenir la cire que doit remplacer le métal en fusion. Le noyau d'une statue, d'une cloche, d'un canon, d'un mortier, etc.
• Se dit, en Minéralogie, de La substance qui s'est moulée et durcie dans l'intérieur d'une coquille pétrifiée.
• Se dit encore de La partie la plus dure qui se trouve au centre de certains cailloux.
• Se dit pareillement de La partie centrale d'un cristal, dont la forme diffère souvent beaucoup de celle du cristal lui-même.
• En Astronomie, Le noyau d'une comète, La. partie la plus lumineuse de la comète.
• NOYAU, signifie, figurément, L'origine, le fonds, le commencement d'une société politique ou civile, d'une compagnie littéraire ou scientifique, d'un corps militaire, ou d'un rassemblement d'hommes. Dix magistrats désignés par le sort ont formé le noyau de cette compagnie. Quelques hommes s'étant réunis, ce noyau grossit insensiblement, et devint un rassemblement considérable.

NOYER .s.m.
• Arbre qui porte les noix. Grand, vieux noyer. Planter des noyers. Une allée de noyers. Battre un noyer pour en faire tomber les noix. Bois, racine de noyer. Une commode de bois de noyer.
• Par abréviation, Une table de noyer, un lit de noyer, De bois de noyer.

NOYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Employer.) Faire périr, causer une suffocation dans l'eau ou dans quelque autre liquide. Noyer un homme, un chien. Il le jeta dans l'eau et le noya.
• Prov. et fig., Qui veut noyer son chien, dit qu'il a la gale, ou l'accuse de la rage, On ne manque point de prétexte quand on veut quereller ou perdre quelqu'un.
• Fig., Noyer sa pensée dans un déluge de mots, de paroles, L'exprimer avec diffusion, l'affaiblir en prodiguant inutilement les mots. On dit à peu près dans le même sens, Il y a dans cet ouvrage des traits ingénieux, des idées neuves et profondes; mais tout cela est noyé dans une mer, dans un déluge de phrases.
• Fig. et fam., Noyer son chagrin dans le vin, Perdre le souvenir de son chagrin en buvant. Noyer sa raison dans le vin, Perdre la raison à force de boire.
• NOYER, signifie aussi, Inonder. Les pluies ont noyé la campagne. Le déluge noya toute la terre. Les écluses qu'on lâcha noyèrent deux lieues de pays.
• Noyer son vin d'eau, Mettre trop d'eau dans son vin.
• Au Jeu de boule, Noyer une boule, La pousser ou la chasser de manière qu'elle passe une certaine ligne qui est au delà du but. Noyer sa boule. Il a noyé la boule de celui qui a joué avant lui.
• En Peinture, Noyer les couleurs, En mêler les extrémités avec celles des couleurs voisines, de manière qu'elles se fondent insensiblement les unes dans les autres.
• NOYER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Mourir, suffoquer dans l'eau ou dans quelque autre liquide. Il s'est noyé dans la rivière. Il tomba dans une cuve de vin où il se noya. Les mouches se noient dans le lait, dans l'huile.
• Fig., Se noyer dans la débauche, dans les plaisirs, dans le vin, Faire excès de débauche, de plaisirs, de vin. Se noyer dans les larmes, Pleurer excessivement. Se noyer dans le sang, Commettre d'horribles cruautés.
• Prov. et par exagér., Il se noierait dans son crachat, dans un crachat, se dit D'un homme malheureux et malhabile.
• Prov., Il se prend à tout comme un homme qui se noie, se dit D'un homme qui se sert de toute sorte de moyens pour sortir d'une mauvaise affaire.
• Prov. et fig., C'est un homme qui se noie, se dit D'un homme qui se ruine, qui se perd.
• NOYER, avec le pronom personnel, signifie, au Jeu de boule, Pousser sa boule plus loin que la ligne qui est marquée au delà du but. Il a trop poussé sa boule et s'est noyé.
• NOYÉ, ÉE. participe, Des yeux noyés de larmes, Des yeux pleins de larmes.
• Fig., Un homme noyé de dettes, Un homme qui doit plus qu'il n'a de bien. Fam., Un homme noyé, Un homme dont les affaires sont en mauvais état, qui n'a plus de ressources, ou qui a perdu toute espérance de s'avancer.
• NOYÉ, s'emploie quelquefois substantivement, en parlant Des personnes. On a perfectionné les moyens de rappeler les noyés à la vie. Un noyé qu'on vient de retirer de l'eau. Secours pour les noyés et les asphyxiés.

NOYON .s.m.
• (On prononce populairement Néyon.) T. du Jeu de boule. Ligne qui borne le jeu, et au delà de laquelle la boule est noyée.

NU
, NUE. adj.
• Qui n'est point vêtu, qui n'est couvert d'aucun vêtement. Il ne se dit proprement que De l'espèce humaine. Un homme nu. Une femme nue. Tout nu, toute nue. Il s'était déshabillé, il était nu. Il l'a dépouillé et l'a mis tout nu. Il l'a mis nu comme la main, nu comme un ver, aussi nu qu'il est sorti du ventre de sa mère. Ces sauvages vont tout nus. Il avait la tête nue. Il lui parle tête nue. Il allait pieds nus. Les bras nus. Les jambes nues.
• NU, est invariable, lorsqu'il précède le substantif. Il était nu-tête, nu-jambes. Il lui parle nu-tête. Aller nu-pieds, nu-jambes, nu-tête.
• Fig. et fam., Un va-nu-pieds, Un gueux, un misérable.
• Être nu en chemise, N'avoir sur soi que sa chemise.
• Par exagér., Être tout nu, Avoir de méchants habits tout déchirés, ou N'être pas vêtu comme l'exigerait la saison ou la bienséance.
• Fig., Il est arrivé tout nu, je l'ai pris tout nu, se dit en parlant D'un homme qui était dans le dénûment, et à qui l'on a prodigué les bienfaits.
• Prov., S'enfuir un pied chaussé, l'autre nu, S'enfuir en toute hâte, sans avoir le temps de s'habiller.
• En Astron., en Physiq., Observer quelque chose à l'oeil nu, L'examiner, l'observer sans lunette, sans microscope.
• En Chimie, Feu nu, Celui dont l'action est dirigée immédiatement vers le corps sur lequel on travaille.
• NU, se dit aussi D'un cheval, lorsqu'on le vend ou qu'on l'achète sans selle ni bride. Ce cheval-là tout nu me coûte mille francs. La selle et la bride n'en sont pas, je vous le vends tout nu.
• NU, s'applique par extension À certaines choses qui n'ont pas l'enveloppe, la couverture, l'ornement qu'elles ont d'ordinaire. Ainsi on dit: Une épée nue, Une épée hors de son fourreau. Une muraille nue, Une muraille sans boiserie, ni tenture. Une maison nue, Une maison dégarnie de meubles. Les arbres sont nus en hiver, Ils sont dépouillés de leur feuillage.
• Il signifie aussi, Qui manque des ornements convenables. Vous ne voulez ni dentelles, ni rubans, ni ganses sur votre robe, cela sera bien nu. Il n'y a nul ornement à la bordure de ce tableau, elle est trop nue. Il faudrait quelque enrichissement à cette reliure, elle est trop nue. La façade de cet édifice est trop nue.
• Pays nu, Pays qui est sans arbres, sans verdure.
• NU, se dit encore figurément et au sens moral. Une morale nue cause de l'ennui. La vérité a besoin d'ornements; toute nue, elle risque de déplaire. Cette composition est bien nue, il faudrait l'enrichir de quelques détails. Ce style est trop nu, il y a trop peu d'ornements.
• Il signifie particulièrement, Qui est sans fard, sans déguisement. C'est la vérité toute nue. Il lui a montré son âme toute nue.
• En Jurispr., Nue propriété, Propriété d'un fonds dont un autre a l'usufruit.
• NU, est quelquefois employé substantivement, et signifie, en termes de Peinture et de Sculpture, Les figures non drapées, les parties des figures qui ne sont pas drapées. Le nu de cette figure n'est pas correct. Ce sculpteur a l'art de draper, mais il est faible quand il traite le nu. De beaux nus. On dit en parlant Des parties des figures que les draperies recouvrent, mais sans empêcher de voir les formes: Ces figures sont bien dessinées, la draperie suit bien le nu. Cette draperie accuse bien le nu, fait bien sentir le nu, laisse apercevoir le nu. Etc.
• Se dit, en Architecture, de L'absence d'ornements. Il y a trop de nu dans cette décoration.
• Le nu du mur, La partie du mur qui est plane, où il n'y a point de ressaut, d'ornements qui excèdent. Voilà le nu du mur, c'est là qu'il faut en mesurer l'épaisseur. Les pilastres ont une grande saillie sur le nu du mur.
• NUS, au pluriel, en langage de Dévotion, s'emploie substantivement dans cette phrase, Vêtir les nus, Donner des habits aux pauvres. C'est une des oeuvres de miséricorde que de vêtir les nus.
• À NU. loc. adv. À découvert. Toucher un bras à nu. Toucher le corps à nu.
• Monter un cheval à nu ou à dos nu, Monter dessus sans selle.
• Fig., Découvrir, faire voir son coeur à nu, Ne rien cacher de ce qu'on a dans le coeur.

NUAGE .s.m.
• Amas de vapeurs élevées dans l'air, et qui se résolvent ordinairement en pluie. Nuage épais. Le ciel est couvert de nuages. Le vent chasse les nuages. Le soleil dissipe les nuages. Le nuage creva. La lune sort d'un nuage.
• Fig., Se perdre dans les nuages, Rendre avec emphase des idées vagues, obscures, inintelligibles.
• NUAGE, se dit figurément de Tout ce qui offusque la vue, et qui empêche de voir distinctement les objets. Il a un nuage devant les yeux. Avoir les yeux couverts d'un nuage. Un nuage de poussière, de fumée. La poussière formait un nuage qui enveloppait les combattants.
• Se dit aussi, figurément et au sens moral, Des difficultés qui répandent le doute, l'incertitude dans notre esprit, et qui obscurcissent pour nous la vérité. Les nuages qui offusquent l'entendement. La vérité dissipe les nuages de l'erreur. La vérité a percé le nuage qui la couvrait. En ce monde, nous ne voyons la plupart des choses qu'au travers d'un nuage. Les passions et les préjugés élèvent sans cesse des nuages dans notre esprit.
• Se dit également en parlant Du chagrin, de la tristesse, de la mauvaise humeur. Aucun nuage ne trouble la sérénité de son âme. Un nuage de tristesse s'est répandu sur son front. Ne boudez plus, chassez ce nuage.
• Se dit aussi Des soupçons qui s'élèvent sur la conduite de quelqu'un, des incertitudes répandues sur sa réputation, sur son amitié, etc., d'un commencement ou d'un reste de brouillerie. Il a dissipé par des explications franches les nuages qui s'étaient élevés, qui s'étaient répandus sur sa conduite. Leur querelle n'a point duré, ce n'était qu'un nuage. Tous les jours de leur union ont été des jours sans nuagé. Il s'est élevé entre eux des nuages qui ont été promptement dissipés. Nous les verrons se réconcilier; il ne reste plus entre eux que de légers nuages.
• NUAGE, en Médecine, se dit d'Une substance légère et blanchâtre qui nage quelquefois dans l'urine.

NUAGEUX, EUSE. adj.
• Où il y a des nuages. Un ciel nuageux.
• En termes de Joaillerie, Pierre nuageuse, Pierre précieuse dont la transparence est terne en quelques endroits.

NUAISON . s. f.
• .Marine. Tout le temps que dure un vent fait et soutenu.

NUANCE . s. f.
• Se dit Des degrés différents par lesquels peut passer une couleur, en conservant le nom qui la distingue des autres. La dégradation d'une seule couleur produit un nombre infini de nuances. Le mélange de plusieurs couleurs produit des nuances variées à l'infini. Les nuances par lesquelles se dégradent l'ombre et la lumière, sont insensibles.
• Se dit aussi Du mélange et de l'assortiment de plusieurs couleurs qui vont bien ou mal ensemble. Nuance douce, rude. Les nuances de cette garniture ne sont pas bien entendues.
• Se dit quelquefois, figurément, de La différence délicate et presque insensible qui se trouve entre deux choses de même genre. Les nuances qui distinguent l'astuce de la finesse. Les nuances qui distinguent les synonymes entre eux. Il y a entre ces deux idées une nuance qu'il est difficile d'apercevoir, de distinguer, de discerner, de saisir. La nuance qui sépare ces deux opinions est légère, est fine, est peu sensible, est imperceptible.

NUANCER . v. a.
• Assortir, disposer des couleurs de manière qu'il se fasse une diminution insensible d'une couleur à l'autre, ou d'une même couleur, en allant soit du clair à l'obscur, soit de l'obscur au clair. Nuancer les couleurs.
• S'emploie quelquefois figurément. Cet auteur sait bien nuancer les caractères de ses personnages.
• NUANCÉ, ÉE. participe

NUBÉCULE . s. f.
• .Médec. Maladie de l'oeil qui fait voir les objets comme à travers un nuage ou un brouillard.

NUBILE . adj. des deux genres
• Qui est en âge d'être marié. Se dit principalement Des jeunes filles, ainsi que le mot suivant. D'après le code civil, les filles sont nubiles à seize ans, et les garçons à dix-huit.
• Âge nubile, L'âge auquel on est en état de se marier.

NUBILITÉ . s. f.
• État d'une personne nubile; Âge nubile.

NUDITÉ . s. f.
• État d'une personne qui est nue. La charité ordonne de couvrir, de revêtir la nudité du pauvre. Ils le laissèrent dans la plus complète nudité.
• Se dit aussi Des parties que la pudeur oblige de cacher. Couvrir, cacher sa nudité. Les sauvages n'ont pas honte de leur nudité.
• NUDITÉ, en termes de Peinture, se dit d'Une figure nue, et s'emploie communément au pluriel. Ce peintre se plaît à faire des nudités. C'est l'intention du peintre qui fait l'indécence d'un tableau, ce ne sont pas les nudités.

NUE . s. f.
• Nuage. Nue lumineuse, épaisse. L'éclair qui sort de la nue. Le soleil perce la nue. Le tonnerre gronde dans la nue. Cet oiseau fend les nues, se perd dans les nues. Cette montagne a son sommet au-dessus des nues.
• Fig., Porter, élever une personne, une action aux nues, jusqu'aux nues, La louer excessivement.
• Fig., Cette pièce a été aux nues, Cette pièce de théâtre a obtenu un très-grand succès.
• Prov. et fig., Faire sauter quelqu'un aux nues, L'impatienter, le mettre en colère. Quand on lui parle de son procès, on le fait sauter aux nues. Ne me dites pas cela, vous me feriez sauter aux nues.
• Prov. et fig., Tomber des nues, Être extrêmement surpris. Quand je vois, quand j'entends de pareilles choses, je tombe des nues, ou il me semble que je tombe des nues.
• Fig. et fam., Il semble tomber des nues, se dit D'un homme qui est embarrassé, décontenancé, qui ne sait à qui s'adresser dans la compagnie où il se trouve.
• Fig. et fam., Il est tombé des nues, Il n'est connu ni avoué de personne.
• Fig., en parlant D'une pièce de théâtre, Ce dénoûment tombe des nues, Il n'est point amené, point préparé, il ne sort point du sujet. On dit dans le même sens, Ce personnage, cet incident tombe des nues.
• Fig., Se perdre dans les nues, S'élever dans ses discours, dans ses raisonnements, de manière à faire perdre aux autres et à perdre soi-même de vue le sujet qu'on traite, ou la chose qu'on a entrepris de prouver. À force de vouloir s'élever, il se perd dans les nues.

NUÉE . s. f.
• Nuage étendu, épais, sombre. Grosse nuée. Nuée épaisse. Il pleuvra furieusement à l'endroit où cette nuée crèvera. Il faut laisser passer la nuée. Le vent chasse la nuée. La nuée passe.
• Se dit, figurément, d'Une entreprise, d'un complot, d'une conspiration, d'une punition, d'une vengeance, etc., qui se prépare et qui est près d'éclater. La nuée se forme. On ne sait où la nuée crèvera. L'ennemi menaçait plusieurs provinces; la nuée a crevé sur le point où l'on était le moins en défense.
• NUÉE, se dit aussi, figurément, d'Une multitude de personnes, d'oiseaux, d'animaux venus par troupes. Il vint une nuée de barbares qui désolèrent tout le pays. On vit une nuée de corbeaux, de cailles, de sauterelles, etc. On dit par exagération: Il est tombé chez lui une nuée de parents qui le grugent. Il s'est fait une nuée d'ennemis. Etc.

NUEMENT . adv. - Voyez NÛMENT.

NUER . v. a.
• Assortir, disposer des couleurs, dans des ouvrages de laine ou de soie, etc., de manière qu'il se fasse une diminution insensible d'une couleur à l'autre, ou d'une même couleur, en allant du clair à l'obscur, ou de l'obscur au clair. Nuer les couleurs. Cela est parfaitement bien nué.
• S'emploie aussi absolument. Cet ouvrier sait bien nuer, s'entend à nuer.
• NUÉ, ÉE. participe

NUIRE . v. n.
• (UI forme une diphthongue dans ce mot et les suivants. Cette diphthongue ne compte, dans les vers, que pour une syllabe.) Je nuis, tu nuis, il nuit; nous nuisons, vous nuisez, ils nuisent. Je nuisais. Je nuirai. Nuis. Que je nuise. Que je nuisisse. Nuisant. Nui. Faire tort, porter dommage, faire obstacle, empêcher, incommoder. Il cherche à me nuire. Accommodez-vous avec cet homme, il peut vous nuire dans vos affaires. Il vous nuira. Il n'a pas l'intention, le dessein, l'envie, les moyens, le pouvoir de vous nuire. Il ne peut pas vous nuire. Cette boisson, cet aliment nuit à la santé. Cette affaire a nui à sa réputation, à sa fortune. Personne ne m'aide, et tout le monde me nuit. Cela m'a bien nui. Je veux abattre cette muraille, elle me nuit. Ôtez-vous de là, vous me nuisez. Cela ne nuit en rien, ne nuit à rien. Trop parler nuit.
• Ne pas nuire, signifie quelquefois, Aider, servir, être utile. Je ne lui ai pas nui. Je ne lui nuirai pas à obtenir ce qu'il sollicite. Cela ne nuira pas dans notre affaire. Impersonnellement, Il ne nuit pas d'avoir étudié, d'avoir voyagé.
• Prov.: Abondance de bien ou de biens ne nuit pas. Surabondance de droit ne nuit pas.
• NUIRE, s'emploie avec le pronom personnel, régime indirect, dans le sens réfléchi et dans le sens réciproque. Il s'est nui dans mon esprit par son ton louangeur. Ils ont tenté tous les moyens de se nuire l'un à l'autre.

NUISIBLE . adj. des deux genres
• Dommageable, qui nuit. Cela est nuisible à vos affaires. Nuisible à la santé, à la vue. Tout excès est nuisible. Détruire les animaux nuisibles.

NUIT . s. f.
• L'espace de temps pendant lequel le soleil est sous notre horizon. Nuit obscure, claire, calme, profonde. Nuit close. Nuit fermée. À nuit tombante. En hiver, la nuit vient presque tout d'un coup. Il est nuit noire. Il fait nuit. Il se fait nuit. La nuit nous a pris, nous a surpris à une lieue de la couchée. La nuit de Noël, de la Saint-Jean. La nuit du dimanche au lundi, du lundi au mardi, etc. Au commencement, à l'entrée, au milieu, à la fin de la nuit. À deux heures de nuit. Une partie de la nuit. Bien avant dans la nuit. Pendant, durant la nuit. Les ténèbres, l'obscurité, les ombres, la solitude, le calme, le repos, le silence de la nuit. Une belle nuit d'été. Une longue nuit d'hiver. Sous les pôles, la nuit dure six mois. Les nuits sont courtes en été. À la faveur de la nuit. La première nuit de ses noces. Avez-vous bien dormi cette nuit? Veiller toutes les nuits. Voyager nuit et jour. La nuit est faite pour dormir. Faire de la nuit le jour, et du jour la nuit. Voleur de nuit. Le hibou, les orfraies, etc., sont des oiseaux de nuit. La nuit est bien longue à qui ne dort point. Cette nuit m'a bien duré.
• Bonnet de nuit, Bonnet dont on se couvre la tête pour dormir. Chemise de nuit, Chemise que l'on met le soir en se couchant, et que l'on quitte le jour, pour en prendre une autre. Table de nuit, Table que l'on place la nuit à côté de son lit pour divers besoins. Sac de nuit, Sac dans lequel on emporte ce qui est nécessaire dans un voyage, surtout pour la nuit.
• Nuit blanche, Nuit qu'on passe sans dormir.
• Bon soir et bonne nuit, ou Je vous souhaite une bonne nuit, se dit en prenant congé, le soir, des personnes avec qui l'on vit en familiarité.
• Se mettre à la nuit, Se mettre au hasard d'être surpris par la nuit, avant qu'on soit arrivé au lieu où l'on veut aller. Il est tard, ne vous mettez pas à la nuit. Je ne veux pas me mettre à la nuit.
• Passer la nuit à étudier, à jouer, à danser, à boire, etc., Étudier, jouer, etc., pendant toute la nuit.
• Passer une bonne nuit, Bien dormir dans son lit; et, Passer une mauvaise nuit, Être agité ou souffrant dans son lit, et ne point dormir ou peu dormir. On dit de même, Bien passer, mal passer la nuit. On dit aussi D'un malade: Comment a-t-il passé la nuit? Il a eu une bonne, une mauvaise nuit.
• Passer la nuit, absolument, Veiller hors de son lit. Il a passé la nuit auprès de ce malade. Voilà cinq nuits que je passe.
• Ce malade ne passera pas la nuit, Il mourra dans la nuit.
• Prov., La nuit porte conseil, Il faut se donner le temps de réfléchir, il est bon de remettre au lendemain pour prendre un parti dans une affaire grave.
• Prov. et fig., La nuit tous chats sont gris, La nuit, il est aisé de se méprendre, de ne pas reconnaître ceux à qui on parle. Il signifie aussi que, Dans l'obscurité, il n'y a nulle différence, pour la vue, entre une personne laide et une belle personne.
• Poétiq., Les feux de la nuit, Les étoiles. L'astre des nuits, La lune. Les voiles de la nuit, L'obscurité de la nuit. La nuit a déployé, a replié ses voiles.
• Poétiq. et fig., La nuit du tombeau, l'éternelle nuit, La mort.
• Fig., La nuit des temps, Les temps reculés dont les traditions sont effacées. L'origine de cet usage se perd dans la nuit des temps.
• Fig., La nuit de l'ignorance, se dit en parlant Des époques et des pays où l'on était privé de connaissances, de lumières. La nuit de l'ignorance couvrait alors tout l'Occident. Le flambeau des lettres a dissipé la nuit de l'ignorance.
• En Peinture, Effet de nuit, Tableau représentant une scène de nuit, éclairée par une lumière artificielle ou seulement par la faible lueur que l'atmosphère conserve durant la nuit.
• DE NUIT loc. adv. Pendant la nuit. Aller, marcher, partir, courir de nuit.
• NUIT ET JOUR ou JOUR ET NUIT. loc. adverbiales, Sans cesse. Il travaille nuit et jour. Cette fontaine coule jour et nuit. Cette lampe brûle jour et nuit.
• NI JOUR NI NUIT loc. adv. Jamais. Il n'a de repos ni jour ni nuit.

NUITAMMENT . adv.
• De nuit. Il ne se dit guère qu'en parlant D'un vol, ou de quelque autre mauvaise action faite de nuit, et il est particulièrement d'usage en style de Palais. Un assassinat, un vol commis nuitamment. Après l'avoir tué, ils l'enterrèrent nuitamment. Il s'en alla nuitamment.

NUITÉE . s. f.
• L'espace d'une nuit. Il ne se dit guère qu'en parlant De l'ouvrage, du travail fait pendant une nuit; et De ce qu'on paye par nuit en certains endroits pour le gîte et pour la dépense. On fait payer tant dans cette hôtellerie par nuitée. On a fait travailler les maçons trois nuits durant, et on leur a payé tant par nuitée. Il est populaire.

NUL
, NULLE. adj.
• Aucun, pas un. Nul homme. Nul homme vivant. Nulles gens. Nulles troupes. Nuls frais. Il n'y a nulle justice à cela. Il n'a nulle raison. Il n'a nulle exactitude. Je n'en ai nulle connaissance. Cela n'est de nul usage, de nul service, de nul secours. Cela est frivole et de nulle conséquence. En nulle manière. En nulle façon. Je ne l'ai envoyé nulle part.
• NUL, au masculin, employé absolument et comme sujet de la phrase, signifie, Nul homme, personne. Nul n'est exempt de mourir. Nul n'en sera excepté. De tous ceux qui y sont allés, nul n'en est revenu.
• NUL, signifie aussi, Qui est sans valeur, sans effet, qui se réduit à rien. Votre observation est nulle. Le résultat de ses négociations a été complétement nul. Si vous manquez à nos conventions, marché nul.
• Se dit particulièrement Des actes qui, étant contraires aux lois, pour le fond ou dans la forme, sont comme s'ils n'étaient pas, et ne peuvent avoir leur effet. Ce testament est nul dans le fond et dans la forme. Je le ferai déclarer nul. Cette clause le rend nul. L'arrêt le déclare nul, de nul effet, de nulle valeur. Toutes ces procédures ont été déclarées nulles. Leur mariage a été déclaré nul. Cela est nul, de toute nullité.
• Son crédit est nul, son talent est nul, Il n'a point de crédit, point de talent.
• Fig., C'est un homme nul, C'est un homme sans mérite, qui n'est propre à rien. Cela se dit quelquefois dans un sens restreint: C'est un homme nul dans sa compagnie, C'est un homme qui n'a, dans sa compagnie, ni autorité, ni considération.

NULLE . s. f.
• Caractère qui ne signifie rien, et qu'on emploie dans les lettres en chiffre pour les rendre plus difficiles à déchiffrer. Les nulles d'un chiffre. Cette lettre a donné bien de la peine à déchiffrer à cause des nulles. Ne vous arrêtez pas à ce caractère-là, c'est une nulle.

NULLEMENT . adv.
• En aucune manière. Je ne le souffrirai nullement. Je ne le veux nullement. Je ne suis nullement instruit de cette affaire. Il n'est nullement capable de ce dont on l'a chargé. Voulez-vous telle chose? Nullement. Lui céderez-vous vos droits? Nullement. Il n'est nullement question de cela. Je ne lui en veux nullement. J'en veux à lui, et nullement à vous.

NULLITÉ . s. f.
• .Jurispr. Vice, défaut qui rend un acte nul, de nul effet, de nulle valeur. Je proteste de nullité contre tout ce que vous ferez. Je vous prouverai la nullité de cet acte. Moyens de nullité. Nullité essentielle. Nullité dans la forme. Nullité au fond. Nullité de droit. Il y a plusieurs nullités dans ce testament. À peine de nullité. Nul de toute nullité.
• Fig., Cet homme est d'une parfaite nullité, Il est absolument nul, il est sans aucun mérite.

NÛMENT . adv.
• Sans déguisement. Je vous dirai nûment la vérité. Je vous conterai nûment le fait.
• En Jurispr. féodale, on disait, Ce fief relève nûment de la couronne, ou de telle seigneurie, Il est mouvant immédiatement du roi, ou de telle seigneurie.

NUMÉRAIRE . adj. des deux genres
• Il ne se dit que De la valeur légale des espèces qui ont cours. La pièce d'or nouvelle est de vingt francs, valeur numéraire.
• Se dit substantivement et absolument, au masculin, de L'argent monnayé. Le numéraire est fort augmenté en France depuis un siècle. Il m'a payé moitié en numéraire, moitié en billets de banque.

NUMÉRAL, ALE. adj.
• Qui désigne un nombre. Nom numéral. Adjectif numéral. Lettre numérale. I, V, X, L, C, D, M, sont des lettres numérales dans le chiffre romain.
• Vers numéraux ou chronologiques, Vers dont toutes les lettres numérales marquent le millésime de quelque événement.

NUMÉRATEUR .s.m.
• T. d'Arithmétique. Le nombre qui indique, dans une fraction, combien elle contient de parties de l'unité. Dans la fraction 7/10, 7 est le numérateur.

NUMÉRATION . s. f.
• Art de nombrer, de compter. Les principes de la numération. Numération décimale. Il y a des peuples sauvages qui n'ont presque aucune idée de la numération.
• Il signifie aussi, en style de Notaire, Action de compter. Il n'y a pas eu numération de deniers. La numération a eu lieu en présence des notaires.

NUMÉRIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient aux nombres. Opération numérique. Rapport numérique. L'unité numérique.
• Calcul numérique, Calcul qui se fait avec des nombres, et qu'on appelle Arithmétique; à la différence du Calcul littéral, qui se fait avec des lettres, et qu'on appelle Algèbre.

NUMÉRIQUEMENT . adv.
• En nombre exact. Trente témoins qui se répètent, n'en font souvent qu'un ou deux numériquement.

NUMÉRO .s.m.
• Le nombre, la cote qu'on met sur quelque chose, et qui sert à la reconnaître. Dites-moi le numéro de la page. Donnez-moi le numéro de sa maison. Il demeure dans telle rue, à tel numéro. Le numéro d'une voiture de place. Les numéros d'un billet de loterie. Ce contrat est inventorié sous le numéro dix-sept. J'ai pris le numéro de ce conducteur de cabriolet, pour porter plainte contre lui à la police. Il sait tous les numéros de ses balles, de ses ballots.
• Se dit aussi de La marque particulière qu'un marchand met sur ses étoffes ou autres marchandises, marque qui n'est connue que de lui, et qui est destinée à le faire souvenir du prix auquel il a acheté et de celui auquel il peut vendre. Donnez à monsieur de tel numéro.
• Prov., fig. et pop., Cet homme entend le numéro, Il est habile dans le commerce dont il se mêle, et son habileté lui est profitable.
• NUMÉRO, signifie encore, dans le Commerce, La grosseur, la longueur, la largeur, la qualité de certaines marchandises. Les épingles des numéros trois, quatre et cinq sont les plus petites de toutes. Donnez-moi du ruban, du fil, du coton, de la laine, de la soie de tel numéro. Si vous voulez des lunettes qui aillent à votre vue, ne prenez pas ce numéro, on va vous donner du seize. Acheté cent rames de papier du numéro un, du numéro deux des Vosges.
• Fig. et fam., Cette marchandise, cette denrée est du bon numéro, Elle est de bonne qualité.
• NUMÉRO, se dit aussi Des parties d'un ouvrage publié par cahiers ou par feuilles numérotées. Un numéro du Spectateur. Il me manque des numéros de ce journal.

NUMÉROTAGE .s.m.
• Action de numéroter. On a renouvelé le numérotage des maisons, des voitures de place.

NUMÉROTER . v. a.
• Mettre un numéro, une cote, distinguer par des numéros. On n'a pas numéroté ces pièces. On vient de numéroter les maisons de cette nouvelle rue.
• NUMÉROTÉ, ÉE. participe

NUMISMATE .s.m.
• Celui qui étudie les médailles, qui est versé dans la numismatique. Un savant numismate.

NUMISMATIQUE . adj. des deux genres
• Qui a rapport aux médailles antiques. Art, science numismatique.
• S'emploie aussi substantivement, au féminin, et signifie, La science des médailles. Il a étudié la numismatique. Il est savant en numismatique, dans la numismatique.

NUMISMATOGRAPHIE . s. f.
• Description des médailles antiques.

NUMMULAIRE . s. f.
• Plante ainsi nommée, parce que ses feuilles ont la forme ronde d'une pièce de monnaie.
• NUMMULAIRE, se dit aussi d'Une petite coquille pétrifiée, en forme de lentille, qui compose souvent des roches entières.

NUNCUPATIF . adj. m.
• .Jurispr. Se dit D'un testament dicté par le testateur avec les formalités prescrites par la loi. Les testaments solennels sont nuncupatifs, ou mystiques.

NUNDINALES . adj. f. pl.
• T. d'Antiq. Il se disait, chez les Romains, Des huit premières lettres de l'alphabet, qui s'appliquaient de suite à tous les jours de l'année, de même que nos lettres dominicales; en sorte qu'il y en avait tous les ans une qui indiquait les jours de marché, lesquels revenaient de neuf en neuf jours. Lettres nundinales.
• Jour nundinal, Jour de marché indiqué par une de ces lettres.

NUPTIAL, ALE. adj.
• Qui concerne la cérémonie des noces, qui appartient au mariage. Bénédiction nuptiale. Anneau nuptial. Les habits nuptiaux. Robe nuptiale. Chambre nuptiale. Le lit nuptial. Souiller la couche nuptiale. Il ne s'emploie guère que dans le style soutenu.
• En Jurispr., Gains nuptiaux ou de survie. Voyez GAIN.

NUQUE . s. f.
• Le derrière du cou, et surtout sa partie creuse, immédiatement sous l'occiput. La nuque du cou. Il lui donna un coup sur la nuque. Appliquer un vésicatoire sur la nuque.

NUTATION . s. f.
• T. d'Astron. Balancement. Il est principalement usité dans cette phrase, Nutation de l'axe de la terre, Balancement de cet axe pour s'approcher et s'éloigner alternativement de quelques secondes du plan de l'écliptique.
• En Botanique, Nutation des plantes, L'habitude qu'elles ont de pencher leurs fleurs, leurs feuilles, ou de les redresser, dans certains moments de la journée.

NUTRITIF, IVE. adj.
• Qui nourrit, qui sert d'aliment. Ce remède est nutritif et purgatif. Il y a dans cet aliment beaucoup de parties nutritives. Cette substance est fort nutritive.
• Faculté nutritive, Propriété par laquelle l'aliment se convertit en la substance de l'animal.

NUTRITION . s. f.
• Fonction naturelle par laquelle le chyle est converti en la substance de l'animal; ou L'effet qui en résulte. Les parties de l'aliment qui servent à la nutrition.
• Se dit dans un sens analogue en parlant Des végétaux.

NYCTALOPE . s. des deux genres
• Celui ou celle qui voit mieux de nuit que de jour.

NYCTALOPIE . s. f.
• Maladie des yeux, qui fait qu'on n'y voit pas si bien le jour que la nuit.

NYMPHE . s. f.
• Chacune des divinités subalternes de la Fable, qui, selon les païens, habitaient les fleuves, les fontaines, les bois, les montagnes et les prairies. Les nymphes des bois, des eaux.
• Se dit quelquefois, en poésie, d'Une jeune fille belle et bien faite.
• Elle a une taille de nymphe, se dit D'une jeune personne dont la taille est élégante et légère.
• NYMPHE, en Histoire naturelle, L'insecte au premier degré de ses métamorphoses. Le ver devient nymphe ou chrysalide, et mouche.
• NYMPHES, en Anatomie, Les deux productions membraneuses des parties génitales de la femme, placées en dedans des grandes lèvres.

NYMPHÉE . s. f.
• T. d'Archit. Lieu où il y a de l'eau, et qui est orné de statues, de vases, de bassins et de fontaines. Dans presque toutes les maisons de plaisance des anciens, il y avait des nymphées, qui servaient ordinairement de bains.

NYMPHOMANIE . s. f.
• .Médec. Fureur utérine.

 


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