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DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
PIACULAIRE
. adj. des deux genres
Qui a rapport à l'expiation. Sacrifice piaculaire. Il est peu
usité; on dit, Expiatoire.
PIAFFE . s. f.
Faste, ostentation, vaine somptuosité en habits, en meubles, en équipage,
etc. Tout ce qu'il fait n'est que piaffe. Il a vieilli.
PIAFFER . v. n.
Faire piaffe. Il piaffait avec ses beaux habits, avec son grand équipage.
Il est vieux.
PIAFFER, en termes de Manége, se dit D'un cheval qui, en marchant,
lève les jambes de devant fort haut, et les replace presque au même
endroit avec précipitation. Un cheval qui piaffe très-bien dans
les piliers. Il ne faut pas confondre l'action de piaffer avec celle de trépigner.
PIAFFEUR . adj. m.
Qui piaffe. Il ne se dit que Des chevaux. Les chevaux d'Espagne sont piaffeurs.
PIAILLER . v. n.
Se dit proprement Des enfants, lorsque par dépit ou par malignité
ils crient continuellement. Des enfants qui piaillent toujours.
Se dit, figurément, De toute personne qui criaille d'un ton aigre et
par mauvaise humeur. Cet homme est insupportable, il ne fait que piailler.
Cette femme piaille continuellement. Il est familier dans les deux acceptions.
PIAILLERIE . s. f.
Criaillerie. Dans cette maison, c'est une piaillerie perpétuelle.
Il est familier.
PIAILLEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui ne fait que piailler. C'est un piailleur perpétuel.
C'est une grande piailleuse. Il est familier.
PIAN .s.m.
Nom donné en Amérique à une maladie que l'on croit vénérienne,
et dont les principaux symptômes sont des tumeurs cutanées qui ressemblent
à des fraises, à des framboises ou à des champignons.
PIANISTE . s. des deux genres
Celui ou celle qui fait profession de jouer du piano, ou qui, n'étant
qu'amateur, joue de cet instrument avec un talent remarquable. Un bon pianiste.
Une excellente pianiste. Un des premiers pianistes de l'Europe.
PIANO
.Musique emprunté de l'italien. Doux. --- Il se met, dans une pièce
de musique, aux endroits où le son doit être adouci.
PIANO-FORTE
ou FORTE-PIANO.s.m.
(On prononce Forté.) .Musiq. Espèce de clavecin dont la
construction est telle, qu'on peut renforcer ou adoucir le son à volonté.
Jouer du piano-forte. On dit par abréviation et plus ordinairement,
Piano. --- Jouer, toucher du piano. Exécuter une pièce sur le
piano. Les pédales, le clavier d'un piano. Une sonate de piano, pour le
piano. Un piano à queue. Un piano organisé. Un piano à ravalement.
Un piano à octaves. Accorder un piano.
Tenir le piano dans un concert, etc., Y exécuter la partie de
piano. Cela se dit surtout quand celui qui touche du piano, dirige en même
temps l'orchestre.
PIASTE .s.m.
T. d'Hist. moderne. Se dit Des descendants des anciennes maisons de Pologne,
et il est opposé à Étranger. La brigue du piaste l'emporta
sur celle de l'étranger, et le premier fut élu roi. Quelques-uns
écrivent, Piast.
PIASTRE . s. f.
Sorte de monnaie d'argent, qui vaut environ cinq francs de notre monnaie, et
qui se fabrique en Espagne et dans certains États d'Amérique. Il
reçut vingt mille piastres. Les piastres ont grand cours dans le Levant.
On l'appelle quelquefois Piastre forte, pour la distinguer de la Demi-piastre,
sa fraction.
PIAULER . v. n.
Se dit Du cri des petits poulets.
Se dit aussi, figurément et populairement, Des enfants et des gens faibles
qui se plaignent en pleurant. Cet enfant ne fait que piauler.
PIC .s.m.
Instrument de fer courbé et pointu vers le bout, qui a un manche de bois,
et dont on se sert pour casser des morceaux de rocher et pour ouvrir la terre.
Il y a beaucoup de cailloux dans cette terre, il faut un pic pour l'entamer,
pour l'ouvrir.
PIC .s.m.
T. du Jeu de piquet. Se dit Lorsque celui qui a la main compte jusqu'à
trente, en jouant les cartes, avant que celui contre qui il joue ait pu rien compter;
et alors le premier compte soixante points au lieu de trente. Faire pic. Faire
pic et capot. Voilà un beau pic.
PIC .s.m.
.Géogr. Se dit de Certaines montagnes très-hautes. Le pic d'Adam.
Le pic du Midi. Le pic de Ténériffe.
A PIC. loc. adv. Perpendiculairement. Cette montagne est coupée
à pic, est à pic.
PIC .s.m.
T. d'Hist. nat. Oiseau grimpeur qui perce l'écorce des arbres avec son
bec, pour y chercher les vers et les insectes dont il fait sa principale nourriture.
PICA .s.m.
.Médec. Appétit dépravé, qui fait désirer
et manger de la chaux, du plâtre, du charbon, etc. Les femmes grosses
et les filles attaquées des pâles couleurs, sont sujettes au pica.
PICHOLINE . s. f.
Olive d'une petite espèce. On le dit aussi adjectivement. Des olives
picholines.
PICORÉE . s. f.
Action de butiner. Il ne se dit proprement qu'en parlant Des soldats qui vont
en maraude, pour enlever des vivres. Ils sont allés à la picorée.
Ils reviennent de la picorée.
Se dit, par extension, en parlant Des écoliers qui dérobent des
fruits dans leurs promenades.
Fig., Aller à la picorée, se dit Des abeilles qui vont
recueillir sur les fleurs le suc dont elles composent leur miel.
PICORER . v. n.
Aller en maraude, pour enlever des vivres. Il est allé picorer. Il
n'aime qu'à picorer. Il vieillit.
Se dit figurément Des abeilles qui sucent les fleurs. Les abeilles
vont picorer. Quand les abeilles ont picoré.
Se dit aussi, figurément et familièrement, Des auteurs qui pillent
dans les ouvrages d'autrui. Il va picorant dans tous les vieux poëtes.
PICOREUR .s.m.
Soldat qui va picorer. C'est un grand picoreur. Il est vieux.
Se dit, figurément et familièrement, d'Un auteur qui pille dans
les ouvrages d'autrui. Cet écrivain est un grand picoreur.
PICOT .s.m.
Petite pointe qui demeure sur le bois qu'on n'a pas coupé net. Je
me suis écorché la main à un picot.
PICOT .s.m.
Petite engrêlure qui règne à l'un des bords des dentelles
et des passements de fil, d'or, de soie, etc. Les picots de cette dentelle
sont rompus. Refaire les picots d'une dentelle.
PICOTEMENT .s.m.
Impression incommode et un peu douloureuse, qui se fait sentir sur la peau,
sur les membranes. Sentir des picotements par toute la peau, par tout le corps.
Éprouver des picotements dans la poitrine, dans la gorge.
PICOTER . v. a.
Causer des picotements. Une pituite qui picote les membranes de la poitrine.
Des sérosités qui picotent la peau.
Se dit aussi Des petites piqûres que les oiseaux font aux fruits en les
becquetant. Les oiseaux ont picoté tous les fruits.
En termes de Manége, Picoter un cheval, Lui faire sentir légèrement
l'éperon à diverses reprises.
PICOTER, signifie, figurément et familièrement, Attaquer
souvent quelqu'un par des paroles dites avec malignité; chercher à
le fâcher, à l'irriter. Il l'a picoté pendant toute la
soirée.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, dans le sens réciproque. Ils
se picotent toujours l'un l'autre. Ils ne font que se picoter.
PICOTÉ, ÉE. participe, Fig., Picoté de petite
vérole, Marqué de petite vérole.
PICOTERIE . s. f.
Paroles dites malignement pour picoter quelqu'un. Il l'impatiente par des
picoteries continuelles. Il est familier.
PICOTIN .s.m.
Petite mesure dont on se sert pour mesurer l'avoine que l'on donne aux chevaux.
Ce cheval n'a pas mange toute son avoine, il en reste dans le picotin.
Se dit aussi de L'avoine que contient le picotin. Ce cheval mange deux picotins
d'avoine par jour.
PIC-VERT .s.m.
Voyez PIVERT.
PIE . s. f.
Oiseau à longue queue, à plumage blanc et noir, de la famille
des Corbeaux. Les pies apprennent à imiter le langage des hommes.
Prov., Larron comme une pie.
Fromage à la pie, Espèce de fromage blanc écrémé.
Manger du fromage à la pie.
Prov., Jaser comme une pie, comme une pie borgne, Parler beaucoup, babiller.
On dit de même, Bavarde comme une pie.
Prov. et fig., Il croit avoir trouvé la pie au nid, se dit par
plaisanterie D'un homme qui s'imagine avoir fait quelque découverte importante.
Prov. et fig., Il donne à manger à la pie, se dit D'un
joueur qui, pendant le jeu, met dans sa poche une partie de son gain, afin que
ce qui en reste devant lui paraisse moins considérable.
Cheval pie, Cheval blanc et noir. Se dit aussi d'Un cheval blanc et alezan,
et en général d'Un cheval de deux couleurs, dont l'une est le blanc.
Dans cette locution, Pie est pris adjectivement. Il montait un cheval
pie, une jument pie.
Pie-grièche, Oiseau de l'ordre des Passereaux, dont le bec a la
pointe recourbée, et armée de chaque côté d'une petite
dent.
Fig. et fam., Pie-grièche, Femme d'humeur aigre et querelleuse.
C'est une pie-grièche que cette femme-là, une vraie pie-grièche.
PIE . adj.
Pieux. Il n'est usité que dans cette locution, OEuvre pie, OEuvre
de charité faite en vue de Dieu.
PIÈCE . s. f.
Partie, portion, morceau d'un tout. Une pièce de viande. Une pièce
de chair. Une pièce de boeuf. Une belle pièce de boucherie. Une
pièce de bois. Un accroc lui a emporté une pièce de son habit.
Les pièces d'une montre, d'une pendule. Les pièces d'un habillement,
d'un harnais, d'une armure. Mettre un vase en pièces, le briser en mille
pièces. Couper par pièces et par morceaux. Un habit fait de pièces
et de morceaux.
Fig., Pièce de bois, signifie quelquefois, Un morceau de bois
d'une grosseur et d'une longueur déterminées, servant à estimer
la quantité de bois employée dans un ouvrage de charpenterie. Le
bois de charpente se mesure à la pièce.
Tomber par pièces, se dit D'une personne attaquée de quelque
maladie qui engendre la pourriture. C'est un homme perdu de débauches,
et qui tombe par pièces.
Fam., C'est une pièce de chair, une grosse pièce de chair,
se dit D'une personne lourde, pesante, et qui a peu d'esprit.
Être armé de toutes pièces, Être armé
de pied en cap. Se dit, figurément, D'un homme qui est prêt sur tous
les points d'une discussion, et en état de repousser toutes les attaques.
Fig. et fam., Accommoder, habiller un homme de toutes pièces,
Lui faire un mauvais parti, le maltraiter; ou En dire beaucoup de mal. Dans
cette compagnie on l'a accommodé, on l'a habillé de toutes pièces.
Tailler une armée en pièces, La défaire entièrement.
Fig., C'est un homme qui met tout le monde en pièces, C'est un
homme dont la médisance n'épargne personne.
Fig., Emporter la pièce, Railler, médire d'une manière
cruelle.
Prov., fig. et pop., C'est la pièce de boeuf, se dit en parlant
De certaines choses dont on fait un usage ordinaire; et quelquefois aussi Du morceau
le plus considérable dans une réunion d'objets du même genre.
Pièces de rapport, Les petits morceaux de bois précieux
ou de pierres dures qu'on emploie pour faire les ouvrages de marqueterie ou de
mosaïque. Un ouvrage de pièces de rapport. Une table de pièces
de rapport. On dit de même qu'Une sculpture est faite de pièces
de rapport, Lorsqu'elle est composée de plusieurs pièces, au
lieu d'être formée d'un seul bloc, ou coulée d'un seul jet.
Fig., Ouvrage de pièces de rapport, Ouvrage d'esprit qui est composé
sans plan, et de morceaux faits à part que l'auteur a rapprochés.
Pièces d'honneur, La couronne, le sceptre, l'épée,
etc., qui sont portés par les grands dignitaires aux obsèques du
roi, et dans d'autres grandes cérémonies. Comme doyen des maréchaux
de France, il portait une des pièces d'honneur.
En termes de Blason, Pièces honorables, Certaines pièces
de l'écu, comme le chef, la bande, le pal, etc.
Être tout d'une pièce, se dit Des choses qui sont d'un seul
morceau. Cette colonne, cette table de marbre est toute d'une pièce.
Le grand obélisque de Rome est tout d'une pièce.
Fig. et fam., Être tout d'une pièce, Se tenir trop droit,
n'avoir rien de libre, de dégagé dans sa taille. Se dit aussi D'une
personne rigide, qui n'a point de souplesse dans l'esprit, ni dans la conduite.
Fig. et fam., Il a dormi cette nuit tout d'une pièce, Il a dormi
toute la nuit sans interruption.
PIÈCE, se dit particulièrement d'Un petit morceau d'étoffe,
de toile, de métal, etc., qu'on met, qu'on attache à des choses
de même nature, pour les raccommoder, lorsqu'elles sont trouées.
Mettre une pièce à un habit, une pièce à une chemise,
une pièce à un chaudron, etc.
Prov., fig. et pop., Il fait comme les chaudronniers, il met la pièce
à côté du trou, se dit D'un homme qui, voulant remédier
à quelque chose, emploie un autre moyen que celui qu'il faudrait.
Pièce d'estomac, Pièce de toile ou de flanelle, etc., dont
on se couvre l'estomac, la poitrine.
PIÈCE, se dit aussi de Certaines choses qui font un tout complet.
Une pièce de drap, de toile, de mousseline, de percale, de ruban, etc.
Cette pièce de drap a tant d'aunes. On a entamé la pièce
pour me lever un habit. Juger de la pièce par l'échantillon. Cela
est bien plus beau à la pièce qu'à l'échantillon.
PIÈCE, se dit aussi de Certaines choses considérées
comme faisant partie d'une collection, d'un ensemble. Ce secrétaire
est la plus belle pièce de son ameublement. Cette médaille est une
des principales pièces de son cabinet. Une pièce de vaisselle.
Pièce de cabinet, Objet rare et curieux, propre à orner
un cabinet.
Pièce d'orfévrerie, Ouvrage d'orfévrerie.
Pièce de tapisserie, Morceau de tapisserie travaillé séparément,
qui, avec plusieurs autres morceaux, forme une tenture entière.
Pièce de charpente, Morceau de bois taillé, qui entre dans
un assemblage de charpente. On appelle les plus grosses Maîtresses pièces.
Pièce de bétail, Chacun des animaux, comme boeuf, vache,
etc., qui composent un bétail. Ce fermier a tant de pièces de
bétail.
Pièce de volaille, Oiseau de basse-cour. Le rôtisseur
m'a fourni tant de pièces de volaille.
Pièce de gibier, Chacun des animaux qui peuvent être mangés,
et qu'on tue à la chasse. Il a tué, il rapporte dix pièces
de gibier.
PIÈCE, se dit particulièrement, dans l'acception qui précède,
Des différentes parties d'un logement. Il y a six pièces de plain-pied
dans cet appartement. Son appartement est composé de tant de pièces.
La première pièce. La seconde pièce. Le salon est la plus
belle pièce de la maison. Dans la maison d'un ambassadeur, on appelle
Pièce d'honneur, pièce du dais, La pièce où
est le dais.
PIÈCE, se dit aussi de Certaines choses considérées
séparément de celles qui sont de même nature. Pièce
de terre, Une certaine étendue de terre toute en un morceau. Pièce
de blé, pièce d'avoine, etc., Une certaine portion continue
de terre, couverte de blé, d'avoine, etc. Voilà une belle pièce
de blé, d'avoine, de luzerne.
Pièce d'eau, Grande quantité d'eau retenue dans un espace
creusé en terre, pour l'embellissement d'un parc, d'un jardin.
Pièce d'écriture, Morceau d'écriture ordinairement
d'une seule page, dans lequel on s'est attaché à former les lettres
avec pureté et avec élégance. Voilà une belle pièce
d'écriture. J'ai plusieurs pièces d'écriture de ce maître.
PIÈCE, se dit quelquefois, absolument, pour désigner Diverses
choses que le sens de la phrase indique particulièrement. Ce chasseur
a tué deux belles pièces. Cette marchande de poisson lui a fourni
une belle pièce. Ce rôtisseur nous a vendu une pièce magnifique.
Il y avait une belle pièce du milieu au second service de ce dîner.
Pièce de résistance, Pièce considérable de
viande, où il y a beaucoup à manger.
PIÈCE, signifie quelquefois, Chacun, chacune. Ces chevaux coûtent
cinq cents francs pièce, cinq cents francs la pièce. Des oranges
à trois francs la douzaine, c'est à vingt-cinq centimes la pièce.
Faire un marché avec le tailleur pour six habits, à tant la pièce.
Cet ouvrier travaille à la pièce, Il est payé, non
pas à la journée, mais à proportion de l'ouvrage qu'il fait.
PIÈCE, se dit encore Des bouches à feu qui appartiennent
à l'artillerie. Une pièce d'artillerie, une pièce de canon,
Un canon. Il battait la place avec trente pièces d'artillerie, avec
trente pièces de canon. Mettre des pièces en batterie. On fit trois
batteries de six pièces chacune. Canonniers, à vos pièces.
Pièces de batterie, et mieux, Pièces de siége,
Le gros canon dont on se sert pour battre une place. Pièces de campagne,
L'artillerie qu'une armée fait marcher avec elle, et qu'on n'emploie pas
pour les siéges.
Des pièces de huit livres de balle, de vingt-quatre livres de balle,
de trente-six livres de balle, etc., ou simplement, de huit, de vingt-quatre,
de trente-six, etc., Des pièces de canon qui portent des boulets de
huit, de vingt-quatre, de trente-six livres, etc.
PIÈCE, se dit aussi Des ouvrages d'esprit en vers ou en prose,
dont chacun fait un tout complet. Une pièce d'éloquence. On a
imprimé les pièces de prose et de vers qui ont remporté les
prix. Un recueil de plusieurs pièces de prose et de vers. Un recueil de
pièces choisies, de pièces fugitives.
Pièce de théâtre, et absolument, Pièce,
Une tragédie, une comédie, un opéra, un opéra-comique,
etc. Donner, jouer, représenter une pièce nouvelle. La pièce
a réussi, est tombée, a été sifflée, applaudie.
Les pièces de Corneille, de Racine, de Molière, etc. L'exposition,
le noeud, le dénoûment, la conduite, la contexture, les incidents,
les personnages d'une pièce de théâtre. Cet auteur a fait
plusieurs pièces de théâtre, a donné plusieurs pièces
au théâtre. Le spectacle se composait de trois pièces. Je
suis sorti entre les deux pièces.
La petite pièce, Pièce comique d'un, de deux ou de trois
actes, qu'on joue après une pièce plus longue, appelée alors,
par opposition, La grande pièce.
Fig. et fam., La petite pièce, se dit d'Une chose divertissante,
et quelquefois d'Une chose ridicule, qui succède à une autre plus
sérieuse et plus digne d'attention. Monsieur un tel parla très-bien;
celui qui vint ensuite nous donna la petite pièce. Nous eûmes la
petite pièce.
Fig. et fam., Jouer une pièce, faire une pièce à quelqu'un;
et, sans article, Faire pièce à quelqu'un, Lui faire une
malice, lui jouer un tour. Jouer une pièce cruelle à quelqu'un,
lui faire une pièce sanglante, Lui causer un grand dommage, un grand
embarras, le commettre d'une manière fâcheuse. La pièce
est plaisante, la pièce est bonne, Le tour qu'on lui a joué
est plaisant.
PIÈCE, se dit également de Certaines compositions musicales
faites pour être exécutées sur des instruments. Pièce
de musique. Pièce de clavecin. Ce musicien a composé plusieurs pièces
pour le piano. Cette pièce commence par un bel andanté.
PIÈCE, se dit quelquefois Des personnes, comme dans ces locutions
familières, Une bonne pièce, une fine pièce, une méchante
pièce, Une personne rusée, dissimulée, malicieuse. Je
ne m'y fie qu'à demi, c'est une bonne pièce.
PIÈCE, en termes de Pratique, Toute sorte d'écriture qui
sert à quelque procès, tout ce qu'on produit pour établir
son droit. Pièces parafées. Pièces inventoriées.
Pièces vues. Pièces mises sur le bureau. Pièces arguées
de faux, arguées de nullité. Il a chargé cet avocat de ses
pièces. Il faut que l'avoué lui communique les pièces. Demander
communication des pièces. Produire une pièce. Toutes les pièces
ont été remises dans le sac. Les pièces qui forment un dossier.
Ce contrat est la meilleure pièce de son sac. On le dit quelquefois,
dans un sens analogue, de Notes diplomatiques. La chambre demanda que toutes
les pièces relatives à cette négociation lui fussent communiquées.
Fig. et fam., C'est la meilleure pièce de son sac, C'est la chose
la plus avantageuse pour lui, celle qui doit lui procurer le plus sûrement
le succès qu'il désire. Il a la protection d'un personnage puissant,
c'est la meilleure pièce de son sac.
Pièce de comparaison, Pièce dont l'écriture et la
signature sont reconnues pour certaines, et que l'on compare à une pièce
arguée de faux, pour voir si l'écriture est la même. Se dit,
par extension, de Ce qui peut servir de modèle pour juger de la qualité,
du mérite d'autres objets de même nature.
Pièces justificatives, Pièces produites à l'appui
des faits allégués dans un procès, ou des articles portés
dans un compte; pièces ajoutées à un écrit pour servir
de preuve à ce qu'on y avance. On dit dans le même sens, Pièces
à l'appui. Il a remis son mémoire, avec les pièces à
l'appui.
PIÈCE, se dit aussi en parlant De la monnaie. Une pièce
de monnaie. Une pièce de cinq sous, de dix sous, de quinze sous, de vingt
sous. Une pièce de cinq francs, de vingt francs. Une pièce d'or,
d'argent. Une pièce fausse. Une pièce bien frappée. Donnez-moi
la monnaie de cette pièce.
Prov. et fig., Rendre, donner à quelqu'un la monnaie de sa pièce,
Se venger de lui, user de représailles à son égard. On dit
de même, Il a eu la monnaie de sa pièce.
Prov., Être près de ses pièces, Être mal dans
ses affaires, avoir peu d'argent.
Absol. et pop., La pièce, Une petite somme d'argent donnée
en gratification, en récompense. Il m'a demandé la pièce
pour sa peine. Il lui a donné la pièce pour lui faire faire telle
chose.
Fam., Pièce de crédit, Pièce d'or ou d'argent n'ayant
pas cours, et que quelques personnes portent habituellement sur elles, afin de
n'être jamais sans argent ou sans gage.
Pièce de mariage, Médaille d'or ou d'argent que le mari
donne à sa femme, pendant la célébration du mariage.
PIÈCE, au Jeu des échecs, se dit de Tout ce qui n'est pas
pion. La dame est la meilleure pièce des échecs. Donner une pièce.
Recevoir une pièce. Il n'est pas fort, on lui donne la pièce, il
reçoit la pièce. Jouer une pièce. Couvrir une pièce.
Prendre une pièce. Faire pièce pour pièce.
PIÈCE À PIÈCE. loc. adv. Une pièce après
l'autre. Il a vendu son mobilier pièce à pièce.
PIED .s.m.
La partie du corps de l'homme, qui est jointe à l'extrémité
de la jambe, et qui lui sert à se soutenir et à marcher. Pied
droit. Pied gauche. Les doigts du pied. Les ongles du pied. Le cou-de-pied. La
cheville du pied. La plante des pieds. Marcher sur la pointe du pied. Se tenir
sur ses pieds. Depuis la tête jusqu'aux pieds. De pied en cap. On passe
souvent cette rivière à pied sec. Marcher pieds nus, nu-pieds. Sauter
un fossé à pieds joints. On l'emmena pieds et poings liés.
Fouler aux pieds. Donner un coup de pied à quelqu'un. Se jeter, tomber
aux pieds de quelqu'un. Frapper du pied.
Valets de pied, chez le roi, chez les princes, et chez les ambassadeurs,
Les gens de livrée qui suivent à pied dans les cérémonies.
Les grands valets de pied. Les petits valets de pied.
Gens de pied, Les fantassins, les soldats qui servent à pied.
Il a vieilli.
PIED, s'emploie dans un grand nombre d'expressions propres, figurées
et proverbiales.
Fam., Aller bien du pied, aller du pied comme un chat maigre, Marcher
bien, marcher agilement.
Fig., Aller de bon pied dans une affaire, S'y comporter avec beaucoup
de zèle et de franchise.
Fig., Aller du même pied, Avoir une marche égale et semblable.
Se dit Des personnes et des choses. Nous allions lui et moi du même pied
dans cette affaire. Il est difficile que deux projets si différents aillent
du même pied.
Pop., Aller de son pied gaillard, de son pied léger, de son pied mignon,
Voyager lestement à pied, et à peu de frais.
Fam., Arriver les pieds poudreux, Arriver de loin en mauvais équipage.
Fig. et fam., Avoir les pieds chauds, Jouir des commodités de
la vie, être dans une situation heureuse et agréable. Il en parle
bien à son aise, il a les pieds chauds, se dit proverbialement D'un
homme qui parle de sang-froid des misères et des douleurs qu'il n'éprouve
pas.
Fig., Avoir le pied à l'étrier, Être prêt à
partir. Il signifie aussi, Commencer une carrière, une profession; Être
à portée d'avancer, de faire fortune. Enfin vous voilà
placé, vous avez le pied à l'étrier. Dans le même
sens, On lui a mis le pied à l'étrier.
Prov., Avoir bon pied, bon oeil, Se porter bien, être dans toute
sa force. Ce vieillard a encore bon pied, bon oeil. Il signifie aussi,
Être vigilant, se tenir sur ses gardes. Il faut avoir bon pied, bon oeil
avec cet homme-là. Par ellipse, Bon pied, bon oeil, Prenez garde
à vous.
Avoir le pied marin, Savoir marcher sans difficulté à bord
d'un vaisseau agité par le mouvement de la mer; et, figurément et
familièrement, Ne pas se déconcerter, conserver son sang-froid dans
une circonstance difficile.
Fig., Avoir un pied dans la fosse, Être décrépit
ou extrêmement malade. Il a déjà un pied dans la fosse.
Fam., Avoir toujours un pied en l'air, Être fort vif, changer sans
cesse de place.
Prov. et fig., Couper l'herbe sous le pied à quelqu'un, Le supplanter
dans quelque affaire.
Fig. et pop., Croire tenir Dieu par les pieds, Éprouver une vive
satisfaction dont on s'exagère le sujet. Quand il reçoit cet
homme chez lui, il croit tenir Dieu par les pieds.
Fam., Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, Aller jusqu'à
cet endroit. Cela ne se dit guère qu'en parlant D'un endroit peu éloigné.
Voulez-vous donner un coup de pied jusque-là?
Fig., Être en pied, être mis en pied, Être dans l'exercice
et jouir du titre d'un emploi, d'une fonction. Il n'était que surnuméraire
dans cette administration; il y est maintenant en pied. Cet officier à
demi-solde vient d'être mis en pied.
Être sur pied, N'être point couché, être levé.
Il a été sur pied toute la nuit pour veiller sa mère.
Il n'est que quatre heures du matin, et vous êtes déjà sur
pied. On dit à peu près dans le même sens, Son médecin
l'a remis sur pied, L'a mis en état de se lever, l'a guéri.
Fig., Être sur le bon pied, sur un bon pied, Être dans un
bon état, dans une situation avantageuse.
Fig., Être sur un bon pied dans le monde, Y être en estime,
en considération. On dit dans le sens contraire, Être dans le
monde sur un mauvais pied, sur un très-mauvais pied.
Fig., Être, se mettre sur tel pied avec quelqu'un, Être à
son égard dans telle disposition, avoir ou prendre relativement à
lui telle conduite, telle manière d'agir. Sur quel pied êtes-vous
ensemble? Je lui dis toutes ses vérités, je suis sur ce pied-là
avec lui. Je me suis mis sur ce pied-là avec lui. Il s'est mis sur le pied
de me réprimander.
Fig., Être sur le pied d'homme de condition, d'un homme de condition,
Passer dans le monde pour homme de condition, en avoir la réputation. Se
mettre sur le pied d'un homme de qualité, S'ériger en homme
de qualité.
Fig. et fam., Être encore sur ses pieds, se dit D'une personne
qui, n'ayant point d'engagement formel dans une affaire, peut encore se dédire
et faire ce qu'il lui plaira. Vous êtes encore sur vos pieds. On
le dit aussi D'un homme dont la fortune a souffert un échec considérable,
mais n'est pas renversée. Il a pensé être ruiné
par cette mauvaise affaire; mais il est encore sur ses pieds.
Examiner quelqu'un de la tête aux pieds, depuis les pieds jusqu'à
la tête, Le considérer attentivement.
Pop., Gagner au pied, S'enfuir.
Prov., Haut le pied, Allons, partons; allez, partez. On dit dans un sens
analogue, Faire haut le pied, Disparaître tout d'un coup, s'enfuir.
Haut-le-pied, s'emploie aussi substantivement, et signifie, Un homme
qui ne tient à rien, qui n'a point d'établissement fixe, et qui
peut disparaître d'un moment à l'autre. Ne lui prêtez point
d'argent, c'est un haut-le-pied. Il est familier.
Renvoyer des chevaux haut-le-pied, Les renvoyer sans être attelés
ni montés. Dans cette phrase, Haut-le-pied est employé adverbialement.
Lâcher le pied, lâcher pied, Reculer, s'enfuir.
Fig., Lâcher pied, Céder, montrer de la faiblesse. N'allez
pas lâcher pied dans cette occasion; tenez ferme.
Prov. et pop., Les petits pieds font mal aux grands, se dit en parlant
D'une femme qui se trouve incommodée durant sa grossesse.
Mettre pied à terre, Descendre de cheval ou de voiture.
Mettre le pied, les pieds dans une maison, Y aller. Il y a longtemps
que je n'ai mis le pied dans cette maison. Il se passera bien du temps avant que
j'y mette les pieds.
Fig., Mettre quelqu'un sur un bon pied, Lui procurer de grands avantages.
Mettre quelqu'un sur le bon pied, a aussi la même signification,
mais plus souvent veut dire, Obliger quelqu'un à faire son devoir, le contraindre
à faire ce qu'on souhaite raisonnablement de lui.
Mettre une armée, des troupes sur pied, Lever une armée,
des troupes.
Fig., Mettre une chose sous ses pieds, La mépriser. Mettez
cette injure sous vos pieds.
Fig., Mettre une injure, une disgrâce, mettre son ressentiment aux
pieds de la croix, du crucifix, Souffrir patiemment une injure, une disgrâce,
en faire le sacrifice à Dieu, pardonner pour l'amour de Dieu à ceux
qui nous ont offensés.
Prov. et fig., Ne pas se moucher du pied, Être habile, intelligent
et ferme. C'est un homme qui ne se mouche pas du pied.
Prov. et fig., Ne savoir sur quel pied danser, Ne savoir quelle contenance
tenir, ne savoir quel parti prendre.
Fam., Ne pouvoir mettre un pied devant l'autre, Être si faible
et si languissant, qu'on ne puisse pas marcher, qu'on ait peine à marcher.
Il ne peut pas mettre, il ne saurait mettre un pied devant l'autre.
Peindre quelqu'un en pied, Faire le portrait de sa personne tout entière,
debout ou assise. On dit dans le même sens, Un portrait en pied.
Perdre pied, Ne plus trouver le fond de l'eau avec les pieds. Il perdit
pied au milieu de la rivière, et pensa se noyer. Dans le même
sens, Il y a pied, On peut se tenir dans l'eau, la tête dehors; Il
n'y a pas pied, On ne le peut pas.
Fig. et fam., Perdre pied, Ne savoir plus où l'on en est. Il
n'y a pas pied, Il n'y a pas moyen de tenter cette affaire.
Fig., Prendre pied, Commencer à s'établir solidement, à
gagner confiance. Ce jeune médecin n'a pas encore eu le temps de prendre
pied dans le pays. Il ne tardera pas à prendre pied.
Prendre quelqu'un au pied levé, Prendre quelqu'un au moment où
il se dispose à partir, à s'éloigner; et, figurément
et familièrement, Prendre avantage contre quelqu'un du moindre mot qui
lui échappe. Vous me prenez bien au pied levé. Il signifie
aussi, Demander une chose à quelqu'un sans lui donner le temps de la réflexion,
ou dans le moment qu'il a autre chose à faire.
Prov., S'enfuir un pied chaussé et l'autre nu, S'enfuir en toute
hâte, sans prendre le temps de s'habiller.
Pop., Sortir de sa maison les pieds devant, Être porté en
terre. Le pauvre homme ne sortira plus de chez lui que les pieds devant.
Fig. et fam., Sur le pied où sont les choses, et absolument, Sur
ce pied-là, Les choses étant ainsi, puisque les choses sont
en cet état, sont comme vous le dites. Sur le pied où sont les
choses, je doute que vous veniez à bout de votre dessein. Je le croyais
coupable, mais vous m'assurez de son innocence; sur ce pied-là, je lui
rends mon estime. --- Voyez plus bas l'expression Sur le pied de.
Fig. et fam., Tenir pied à boule, S'attacher à une chose
avec beaucoup d'application et de persévérance.
Fig., Tenir à quelqu'un le pied sur la gorge, Vouloir le contraindre
à faire quelque chose.
Prov. et fig., Tirer à quelqu'un une épine, une grande épine
du pied, Le délivrer d'un grand embarras, d'une situation pénible,
d'un empêchement. Vous m'avez tiré là une grande épine
du pied, je vous ai bien de l'obligation. Je me suis tiré une fâcheuse
épine du pied. On dit de même, Avoir une épine hors
du pied; et dans un sens analogue, C'est une épine au pied,
C'est un sujet de perplexité, d'embarras; c'est un empêchement fâcheux.
Fig. et fam., Tomber sur ses pieds, Se tirer heureusement d'une occasion
fâcheuse, se trouver dans la même situation qu'auparavant. Il tombe
toujours sur ses pieds. Quelque chose qui arrive, il ne saurait tomber que sur
ses pieds.
Prov. et fig., Trouver chaussure à son pied, Trouver justement
ce qu'il faut, ce qui convient. Se dit aussi D'une personne qui en trouve une
autre capable de lui tenir tête.
Fam., Venir de son pied en quelque endroit, Y venir à pied.
Pied plat, ou Plat pied, Pied large et comme aplati. Cela se dit
surtout en parlant Des chevaux qui ont ce vice de conformation.
Fig., fam. et par mépris, Pied plat, et quelquefois Plat pied,
Homme qui ne mérite aucune espèce de considération. N'ayez
point de commerce avec cet homme, c'est un pied plat, un plat pied.
Pied bot, Pied de forme ronde, qui fait qu'on marche avec peine, qu'on
boite. Il a un pied bot. Se dit aussi de Celui qui a cette difformité.
C'est un pied bot.
Pied poudreux, Soldat qui déserte de régiment en régiment,
en sorte qu'il semble toujours arriver de voyage. Il a vieilli en ce sens.
Pied poudreux, Un vagabond, un homme sans considération, sans
état. Il a voulu me donner pour caution un pied poudreux. On dit
dans le même sens, Un va-nu-pieds.
Pied-à-terre, Logement dans un endroit où l'on ne demeure
pas, où l'on ne vient qu'en passant. Il habite la campagne, et n'a qu'un
pied-à-terre à Paris. Il a pris un pied-à-terre dans ma maison.
Chambres, pièces de plain-pied, Chambres, pièces d'un appartement
qui sont au même étage et de même niveau. Il a dans son
appartement tant de chambres de plain-pied.
De plain-pied, s'emploie aussi adverbialement, et signifie, Sans monter
ni descendre. On va de plain-pied d'un appartement à l'autre. De la
salle à manger on entre de plain-pied dans le jardin.
Fig. et fam., Cela va de plain-pied, Cela va sans dire, sans difficulté.
Plain-pied, s'emploie quelquefois substantivement. Il y a beaucoup
de plain-pied dans cette maison, Il y a, dans cette maison, plusieurs appartements
composés d'un grand nombre de pièces de plain-pied. On dit dans
le même sens, Un plain-pied, un beau plain-pied.
PIED, se dit aussi en parlant D'un grand nombre d'animaux. Bête
à quatre pieds. Les pieds de devant, les pieds de derrière. Le pied
d'un cheval. Pied de cerf, de biche, d'élan. Pied de veau, de mouton, de
cochon. Les boeufs, les cerfs, les daims, les sangliers, etc., ont le pied fourchu.
Il signifie quelquefois, par extension, La trace de la bête qu'on chasse.
Le veneur a reconnu au pied que c'était une biche.
En parlant D'un cheval, Le pied du montoir, Le pied gauche de devant.
Le pied hors du montoir, Le pied droit de devant.
Ce cheval a fait pied neuf, Après qu'il a été dessolé,
il lui est revenu une nouvelle corne.
Ce cheval galope sur le bon pied, En galopant, il lève le pied
droit de devant le premier. Il galope sur le mauvais pied, Il lève
le pied gauche de devant le premier. On dit de même, Mettre un cheval
sur le bon pied.
En termes de Rôtisseur, Petits pieds, se dit Des grives, des cailles,
des ortolans, et autres petits oiseaux d'un goût délicat. Il y
a des personnes qui aiment mieux la grosse viande que les petits pieds.
Pied fourché, Droit d'entrée imposé, dans les villes,
sur les bêtes qui ont le pied fendu, comme boeufs, moutons, cochons, etc.
Fig. et fam., Pieds de mouche, Écriture dont les lettres sont
très-menues, et très-mal formées. Il ne fait que des pieds
de mouche en écrivant. Toute son écriture n'est que des pieds de
mouche, qu'en pieds de mouche.
Prov. et fig., Disputer sur un pied de mouche, Disputer sur des choses
de nulle importance, sur des riens.
Prov., fig. et pop., Il a été déferré des quatre
pieds, se dit D'un homme qui, dans quelque dispute, a été réduit
à ne savoir que répondre.
Prov. et fig., Faire le pied de grue, Demeurer longtemps debout à
la même place.
Prov. et fig., Faire le pied de veau, Faire sa cour à quelqu'un
servilement et bassement.
Prov. et fig., Tirer pied ou aile d'une chose, En tirer quelque profit
de manière ou d'autre.
Pied-d'alouette, Genre de plantes à fleurs éperonnées,
dont une espèce est cultivée, pour l'ornement, dans les jardins.
Pied-de-biche, Instrument de dentiste. Se dit aussi de Divers autres
objets dont l'extrémité ressemble, par sa forme, au pied d'une biche.
Pied de boeuf, Certain jeu d'enfants, où les uns mettent les mains
sur celles des autres, en sorte que celui qui a la sienne au-dessous, en la retirant
et la plaçant au-dessus, compte un, celui d'après compte deux, ainsi
de suite jusqu'à neuf; et celui qui compte ce nombre, dit, en saisissant
la main de quelqu'un des autres, Je retiens mon pied de boeuf. Voyez un
autre sens au mot SEIME.
Pied-de-chat, Petite plante du genre des immortelles, qui croît
sur les collines sèches.
Pied-de-chèvre, Levier de fer, dont une des extrémités
est faite en pied de chèvre. Les imprimeurs montent et démontent
leurs balles avec un pied-de-chèvre.
Pied-de-griffon, Plante, espèce d'ellébore qui porte des
fleurs vertes bordées de pourpre, et qui est regardée comme vermifuge.
Pied-de-lion, ou Alchimille, Plante de la famille des Rosacées,
dont l'espèce commune est un excellent fourrage.
Pied-de-veau, Plante dont les fleurs naissent sur un chaton très-droit
qui sort d'une spathe en forme de cornet. À l'époque de la floraison,
le chaton du pied-de-veau acquiert une chaleur remarquable.
PIED, se dit aussi en parlant D'un arbre, d'une plante, et signifie,
La partie du tronc ou de la tige qui est le plus près de terre. Le pied
d'un arbre. Être assis au pied d'un arbre. Couper un arbre par le pied.
Le pied d'un oranger. Le pied d'une plante. Arroser une plante par le pied, au
pied.
Vendre, acheter une récolte sur pied, Vendre, acheter du blé
avant qu'il soit coupé, du raisin avant qu'il soit cueilli, etc.
Fig., Sécher sur pied, se dit D'une personne que l'impatience,
l'ennui ou l'inquiétude met dans un état violent, dans un état
de souffrance.
PIED, se dit aussi pour Tout l'arbre, pour toute la plante. Il y a
cinq cents pieds d'arbres dans cette avenue. Il a fait abattre deux cents pieds
d'arbres. Un pied d'oeillet. Mettre deux ou trois pieds de tubéreuse dans
un pot. Des pieds de giroflée, de marjolaine, de basilic.
En termes d'Eaux et Forêts, Pied cornier, L'arbre qu'on laisse
à l'extrémité d'un arpentage, d'un héritage, pour
servir de marque et d'enseignement.
Pied cornier, se dit aussi Des longues pièces de bois qui sont
aux encoignures des pans de charpente. Il se disait également, autrefois,
Des quatre montants sur lesquels tout le corps d'un carrosse était assemblé,
et qui portaient l'impériale.
PIED, se dit encore de L'endroit le plus bas d'une montagne, d'un édifice,
d'un mur, d'une tour, etc. Le pied des Alpes, des Pyrénées. Il
sort une source du pied de la montagne. Le pied d'un rocher. Les soldats gagnèrent
le fossé, et se logèrent au pied du bastion. Le pied d'une muraille,
d'une tour.
Au Jeu de paume, Chasse au pied, La chasse est au pied du mur.
Raser une maison rez pied, rez terre, La raser par le pied, la mettre
à niveau de terre.
Prov. et fig., Mettre quelqu'un au pied du mur, Le mettre hors d'état
de répondre, d'user de subterfuge, le réduire à ne pouvoir
se défendre de faire ce qu'on lui propose.
À pied d'oeuvre. Voyez OEUVRE, à la fin.
Au pied de la lettre, Selon le sens littéral, selon le propre
sens des paroles. Il ne faut pas toujours prendre les choses au pied de la
lettre. Cela doit s'expliquer, doit s'entendre au pied de la lettre. Il faut faire
cela au pied de la lettre, obéir au pied de la lettre. Il signifie
aussi, À proprement parler, à parler véritablement, sans
aucune exagération. Il est ruiné; au pied de la lettre, il n'a
pas de pain.
PIED, se dit aussi Du talus, de la pente qu'on donne à certains
ouvrages de maçonnerie ou de terre, pour les rendre plus solides. Ce
rempart, ce mur de terrasse n'a pas assez de pied.
Donner du pied à une échelle, Éloigner de la muraille
le bout d'en bas d'une échelle, afin qu'elle soit plus solidement posée.
PIED, se dit encore en parlant De plusieurs sortes de meubles, d'ustensiles,
et signifie, La partie qui sert à les soutenir. Le pied d'une table.
Les pieds d'une chaise. Les pieds d'un lit. Le pied d'un chandelier, d'un chenet.
Le pied d'un vase. Un verre cassé par le pied. Un pied de marmite.
Une table, un bureau à pied de biche, Une table, un bureau dont
les pieds sont figurés comme les pieds d'une biche.
Le pied du lit, les pieds du lit, L'endroit du lit où l'on a ordinairement
les pieds lorsqu'on est dans le lit, et qui est opposé au chevet. S'asseoir
au pied du lit, sur le pied du lit. Mettre une couverture sur les pieds du lit.
PIED, se dit en outre d'Une mesure de longueur qui contient douze pouces,
et qui équivaut à trois cent vingt-quatre millimètres. Pied
de roi. La toise a six pieds, est de six pieds. Cela a tant de pieds de long.
Cela est d'un pied de large. Cela n'a que demi-pied, qu'un pied et demi. Quatre
pieds de long sur trois de large. Douze pieds en carré.
Se dit aussi de L'instrument en forme de petite règle, qui est de la
longueur de cette mesure, et sur lequel sont gravées les divisions du pied
en pouces et en lignes. Cet ouvrier a perdu son pied, son pied de roi.
Pied carré, Surface carrée qui a un pied de côté.
Pied cube, Cube dont chaque face a un pied carré.
Par exagérat., Elle a un pied de rouge sur le visage, se dit D'une
femme extrêmement fardée.
Par exagérat., Je ne l'assisterais pas, quand je lui verrais tirer
la langue d'un pied de long, Je n'ai pas la moindre compassion pour lui.
Par exagérat., Il voudrait être à cent pieds sous terre,
Il voudrait pouvoir se cacher à tout le monde, tant il est confus, honteux.
Se dit aussi D'un homme qui a quelque grand sujet de chagrin, qui est dégoûté
de la vie.
Par imprécat., Je voudrais que cet homme fût à cent pieds
sous terre, Je voudrais qu'il fût mort.
Prov. et fig., Avoir un pied de nez, en sortir avec un pied de nez, Éprouver
la mortification de ne point réussir dans une affaire qu'on avait entreprise.
Prov. et fig., Avoir d'une chose cent pieds par-dessus la tête,
En être extrêmement dégoûté.
Prov. et fig., Si vous lui donnez un pied, il en prendra quatre, se dit
en parlant D'un homme entreprenant, et qui abuse de l'indulgence, de la facilité
qu'on a pour lui.
Prov. et fig., Prendre pied sur quelque chose, Se régler sur une
chose, en tirer une conséquence pour une autre chose de même nature.
J'ai fait cela pour lui, mais je ne prétends pas qu'un autre prenne
pied là-dessus.
Au petit pied, En raccourci, en petit. Réduire un plan au petit
pied, En faire en petit une copie où l'on conserve les mêmes
proportions. --- Se dit aussi figurément. Les parlements prétendaient
être les états généraux au petit pied. Être réduit
au petit pied, Être réduit à un état de fortune
fort au-dessous de celui où l'on était.
Sur le pied de, À raison, à proportion de, conformément
à. J'ai payé cette étoffe sur le pied d'un louis l'aune.
Sur le pied de paix, sur le pied de guerre, Conformément à
ce qui a été réglé pour le temps de paix, pour le
temps de guerre. Mettre une armée, un régiment sur le pied de
guerre.
PIED, en termes de Poésie métrique, se dit Des parties
ou divisions des différentes espèces de vers, lesquelles sont formées
d'un certain nombre de syllabes de différentes valeurs, suivant la nature
du vers. Le vers hexamètre, en grec et en latin, est composé
de six pieds, dont les quatre premiers sont indifféremment des spondées
ou des dactyles, le cinquième un dactyle, et le sixième un spondée.
Se dit, par extension, de Deux syllabes dans les vers français, qui ne
sont point métriques. Un vers alexandrin français est de six
pieds ou de douze syllabes. Un vers de dix syllabes ou de cinq pieds.
À PIED. loc. adv. Au moyen de ses pieds, pédestrement.
Aller, venir, arriver, retourner à pied. Voyager à pied. Il était
à pied quand je l'ai rencontré.
Fig., Être à pied, N'avoir point de voiture, d'équipage.
Il a vendu ses chevaux et sa voiture, il est maintenant à pied.
Fig. et pop., Chercher quelqu'un à pied et à cheval, Le
chercher partout.
Loger à pied et à cheval, se dit D'un aubergiste qui reçoit
les piétons et les cavaliers. Aux enseignes des hôtelleries, on met
ordinairement, Bon logis à pied et à cheval.
Prov., Aller à beau pied sans lance, Aller à pied.
PIED À PIED. loc. adv. Pas à pas, graduellement. Aller,
avancer pied à pied. Gagner du terrain pied à pied.
Défendre un poste, un passage, etc., pied à pied, En résistant
toujours, en tenant toujours tête à l'ennemi, qui gagne insensiblement
du terrain.
Fig., Aller pied à pied dans une affaire, S'y conduire avec circonspection
et sagesse, en faisant l'une après l'autre chacune des choses qu'on a à
faire, et dans l'ordre convenable pour assurer le succès.
Fig., Avancer pied à pied dans une affaire, S'en occuper toujours
en faisant quelque progrès.
DE PIED FERME. loc. adv. Sans sortir de sa place, sans quitter son poste.
Attendre de pied ferme. Combattre de pied ferme.
Dans les Manoeuvres militaires, Conversion de pied ferme, Celle dont
le pivot est fixe.
D'ARRACHE-PIED. loc. adv. Sans interruption, sans discontinuation. Je
l'ai attendu trois heures d'arrache-pied. Il a travaillé six heures d'arrache-pied.
Il est familier.
PIED-À-TERRE .s.m.
Voyez l'article précédent.
PIED-DROIT .s.m.
T. d'Archit. La partie du jambage d'une porte ou d'une fenêtre, qui comprend
le chambranle, le tableau, la feuillure, l'embrasure et l'écoinçon.
PIÉDESTAL .s.m.
T. d'Archit. et de Sculpture. Support isolé, avec base et corniche, qui
soutient une statue, une colonne, un vase, un candélabre, etc. La base,
la corniche, le dé d'un piédestal. Piédestal toscan, dorique,
ionique, corinthien, composite. Ces deux piédestaux ne sont pas sur la
même ligne. Le piédestal d'une statue, d'un buste, d'un obélisque,
d'un vase. Cela sert de piédestal.
Piédestal continu, Le soubassement d'une file de colonnes avec
base et corniche.
PIED-FORT .s.m.
.Monnaie. Pièce d'or, d'argent, etc., qui est beaucoup plus épaisse
que les pièces de monnaie communes, et que l'on frappe ordinairement pour
servir de modèle. Les pieds-forts gravés par Varin, sous Louis
XIII et sous Louis XIV, sont fort recherchés.
PIÉDOUCHE .s.m.
.Sculpt. et d'Archit. Petit piédestal carré ou circulaire, en
adoucissement avec moulures, qui sert à porter un buste, une petite figure,
un vase, etc. Un buste monté sur piédouche ou en piédouche.
PIÉGE .s.m.
Instrument, machine dont on se sert pour prendre des animaux, comme loups, renards,
etc. Tendre un piége. Dresser un piége. Faire donner un animal
dans le piége. Prendre un loup, un renard au piége.
Il signifie figurément, Embûche, artifice dont on se sert pour
tromper quelqu'un. Ce qu'on vous dit, ce qu'on vous offre est un piége.
C'est un piége qu'on vous tend, prenez-y garde. Il est tombé dans
le piége. Il a évité le piége qu'on lui avait tendu.
Il a donné dans le piége. Se garantir des piéges. Se précautionner
contre les piéges. Se tirer d'un piége. C'est un piége usé,
où cependant on est toujours pris. On l'a conduit, entraîné
dans le piége par la plus odieuse perfidie.
PIE-MÈRE . s. f.
T. d'Anat. La membrane déliée qui enveloppe immédiatement
toutes les parties du cerveau.
PIERRAILLE . s. f.
Amas de petites pierres. Un chemin ferré de pierraille.
PIERRE . s. f.
Corps dur et solide qu'on emploie dans la construction des édifices,
soit qu'on l'ait détaché des montagnes ou des rochers, soit qu'on
l'ait extrait de la terre à une certaine profondeur. Pierre dure. Pierre
tendre. Pierre grise. Pierre de liais. Pierre à bâtir. Pierre de
Saint-Leu. Pierre de taille. Un lit de pierre, de pierres. Pierre aisée
à tailler. Tailleur de pierre. Tirer de la pierre d'une carrière.
Poser une pierre sur son lit. Une assise de pierres. Bâtiment de pierre
de taille. Escalier de pierre. Pont de pierre. Banc de pierre. Fossés revêtus
de pierres de taille. Poser, mettre la première pierre à un bâtiment.
On a tellement ruiné cette ville, qu'il n'y est pas demeuré pierre
sur pierre.
Ouvrage à pierre perdue, à pierres perdues, Construction
qu'on élève dans l'eau, en y jetant de gros quartiers de pierre.
Les fondations de cette digue ont été faites à pierres
perdues.
Pierres sèches, Pierres posées l'une sur l'autre, sans
chaux, sans plâtre, sans mortier. Construire en pierres sèches.
Muraille de pierres sèches. Conduit de pierre sèche. Ouvrage à
pierre sèche.
Pierres d'attente, Les pierres qu'on laisse en saillie au côté
d'un bâtiment pour former liaison, dans la suite, avec quelque autre construction.
Fig., Pierre d'attente, Chose qu'on ne regarde que comme un commencement,
et qui doit avoir une continuation.
Pierre parpaigne. Voyez PARPAING.
Pierre d'évier, Pierre taillée pour servir à l'écoulement
des eaux d'une cuisine, d'une cour.
Pierre à laver, Pierre plate dont le dessus est légèrement
creusé, et sur laquelle on lave la vaisselle, les formes d'imprimerie,
etc.
Pierre angulaire, La première pierre qui se met à l'angle,
à l'encoignure d'un bâtiment. Il n'est guère d'usage au figuré
qu'en parlant de JÉSUS-CHRIST, qui est appelé ainsi dans quelques
endroits de l'Écriture.
Fig., Pierre fondamentale, Ce qu'il y a de principal et de plus important
dans les choses de morale, de politique, etc., et qui en est comme le fondement.
La justice est la pierre fondamentale des États.
Pierre d'autel, La pierre sur laquelle le prêtre consacre, et qui
a été consacrée auparavant par un évêque.
Pierre milliaire, Borne placée dans les grands chemins pour faire
connaître les distances.
Pierre à broyer, Pierre d'un grain très-fin et très-serré,
dont on se sert pour broyer les couleurs.
Pierres levées, Monuments très-anciens, formés de
pierres brutes, de grande dimension, placées debout sur leur plus petit
côté. On trouve des pierres levées en plusieurs endroits
de la Bretagne.
Pierre calcaire, Toute pierre que l'action du feu réduit en chaux.
Pierre à chaux, La pierre dont on fait ordinairement la chaux.
Pierre gypseuse, Toute pierre que l'action du feu réduit en plâtre.
Pierre à plâtre, Celle dont on fait ordinairement le plâtre.
Pierre vitrescible ou vitrifiable, Toute pierre que l'action du
feu réduit en verre.
Pierre de meule, ou Pierre de meulière, ou Pierre meulière,
Sorte de pierre dont on fait des meules de moulin, ou qui sert de moellon pour
certaines constructions.
Pierre lithographique, Pierre sur laquelle on dessine ou l'on écrit,
afin d'obtenir un certain nombre d'exemplaires par l'impression sur le papier.
PIERRE, se dit aussi Des cailloux, et des autres corps solides de même
nature. Se battre à coups de pierres. Un chemin plein de pierres. Jeter
une pierre dans un puits. Se heurter contre une pierre.
Prov. et fig., Trouver des pierres dans son chemin, Trouver des empêchements,
des obstacles à ce qu'on a dessein de faire.
Prov. et fig., Mener quelqu'un par un chemin où il n'y a pas de pierres,
Ne lui donner aucun relâche dans les affaires qu'on a contre lui, le poursuivre
très-vivement.
Prov. et fig., Jeter des pierres dans le jardin de quelqu'un, Faire devant
lui des railleries couvertes, des plaintes détournées, des reproches
indirects, avec l'intention qu'il se les applique. Vous jetez des pierres dans
mon jardin. Ce sont là des pierres dans mon jardin.
Prov. et fig., Jeter la pierre à quelqu'un, Lui adresser un reproche,
élever contre lui une accusation, le condamner, se déchaîner
contre lui. Pourquoi me jetez-vous la pierre? Tout le monde lui jette la pierre.
Vous vous ferez jeter la pierre.
Prov. et fig., Jeter la pierre et cacher le bras, Faire du mal à
quelqu'un si adroitement, si secrètement, qu'on n'en soit pas soupçonné.
Prov. et fig., Faire d'une pierre deux coups, Venir à bout de
deux choses par un seul moyen, profiter de la même occasion pour terminer
deux affaires.
Prov. et fig., Pierre qui roule n'amasse point de mousse, Celui qui change
souvent de condition ou de profession n'acquiert pas de bien.
Prov. et par exagér., Il gèle à pierre fendre, Il
gèle extrêmement fort.
Fig. et fam., Pierre d'achoppement, Toute occasion de faillir; Tout ce
qui fait obstacle au succès d'une affaire. Les moindres occasions sont
autant de pierres d'achoppement pour un homme faible. La restitution de cette
place pensa être une pierre d'achoppement au traité. C'est cette
personne qui est la pierre d'achoppement à leur réconciliation.
Fig., Pierre de scandale, Tout ce qui cause du scandale. Cette discussion
est délicate et pourrait bien devenir une pierre de scandale.
Pierre de touche, Espèce de pierre noire très-dure, dont
on se sert pour éprouver l'or. C'est en frottant les bijoux d'or sur
la pierre de touche, et en touchant avec de l'acide nitrique la couche de métal
adhérente à la pierre, qu'on détermine leur titre ou leur
valeur. Se dit, figurément et au sens moral, de Ce qui sert à
faire connaître d'une manière certaine la nature, la qualité
d'une chose. L'intérêt est la pierre de touche de l'amitié,
de la probité. Le malheur est la pierre de touche de la fidélité
dans les attachements.
Pierre à fusil, Caillou qu'on frappe avec le fusil, avec le briquet,
pour faire du feu; et qu'on met aussi au chien d'une arme à feu.
Pierre à aiguiser, Pierre dure dont on se sert pour rendre les
instruments de fer plus tranchants ou plus pointus.
Pierre à brunir, Caillou taillé en coude, dont on se sert
pour polir l'or.
Pierre ponce, Pierre extrêmement sèche, poreuse et légère,
vitrifiée par le feu des volcans. La pierre ponce nage sur l'eau.
Pierre d'aigle, Pierre rougeâtre, au dedans de laquelle il y a
une autre pierre qui en est détachée, et qui se fait entendre quand
on l'agite.
Pierre d'aimant, Pierre qui attire le fer. Voyez AIMANT.
Pierre de bézoard, Concrétion pierreuse qui se trouve dans
le corps de quelques animaux des Indes orientales, et à laquelle on attribuait
autrefois beaucoup de vertus.
Pierre de jade, Pierre dure et verdâtre, qui se trouve aux Indes
orientales, et à laquelle on attribuait la vertu de guérir la colique
néphrétique. Voyez JADE.
Pierre de mine, La pierre qu'on détache de la mine, qu'on bat,
qu'on lave, et dont on tire le métal.
Pierre noire, Espèce de crayon noir que les maçons, menuisiers
et autres emploient pour tracer leurs ouvrages, et dont on se sert aussi pour
dessiner.
Pierre infernale, ou Pierre à cautère, Nitrate d'argent
fondu, pierre factice qu'on applique sur les chairs pour les brûler. On
lui a appliqué la pierre infernale.
Pierre à détacher, Sorte de composition, dont la base est
de la glaise, et qui sert à enlever les taches des habits.
Pierre philosophale, La prétendue transmutation des métaux
en or. Il s'était ruiné à chercher la pierre philosophale.
Voyez PHILOSOPHALE.
Pierres précieuses, Les diamants, les rubis, les émeraudes,
les saphirs, les topazes, etc. Pierres fines, Les agates, les onyx, les
cornalines, etc. Pierres fausses, Celles qui contrefont les pierres précieuses.
Pierres de couleur, Les rubis, les saphirs, et autres pierres colorées.
Pierre, absolument, se dit quelquefois Du diamant. Voilà une
belle pierre.
Pierres gravées, Pierres fines ou compositions imitant les pierres
fines; sur lesquelles on a gravé des figures en creux ou en relief.
PIERRE, se dit encore de L'amas de sable et de gravier qui se forme en
pierre dans les reins, dans la vessie, ou dans quelque autre partie du corps.
Il a la pierre dans les reins. Cela engendre la pierre, donne la pierre. La
pierre est dans la vessie. La pierre s'est trouvée adhérente. On
lui a tiré la pierre. On lui a fait l'opération de la pierre. Il
a fait, il a rendu une petite pierre. Avoir la pierre. Être malade de la
pierre. Il a été taillé de la pierre. On a broyé la
pierre.
Se dit aussi d'Une dureté ou espèce de gravier qui se trouve dans
quelques fruits. Ces sortes de poires ont beaucoup de pierres.
PIERRÉE . s. f.
Conduit fait à pierres sèches, pour l'écoulement ou pour
la direction des eaux. Faire une pierrée dans un jardin.
PIERRERIES . s. f. pl.
Il ne se dit que Des pierres précieuses. Voilà de belles pierreries.
Trafiquer, négocier en pierreries. Il est riche en pierreries. Une épée
ornée, enrichie de pierreries.
PIERRETTE . s. f.
Diminutif. Petite pierre. Il n'est guère usité que dans cette
phrase, Jouer à la pierrette, qui se dit D'un jeu d'enfants.
PIERREUX , EUSE. adj.
Qui est plein de pierres. Un champ pierreux. Un chemin pierreux. Un terrain,
un sol pierreux. Une terre pierreuse.
Il signifie quelquefois, Qui est de la nature de la pierre. Concrétion
pierreuse.
Se dit aussi Des fruits dont la chair renferme certaines parties dures, semblables
à de petits grains de pierre. Un fruit pierreux. Une poire pierreuse.
Se dit quelquefois, substantivement, de Ceux qui sont malades de la pierre.
Cette eau soulage les pierreux.
PIERRIER .s.m.
Sorte de petit canon dont on se sert principalement sur les vaisseaux pour tirer
à l'abordage, et qu'on charge avec des cartouches remplies de pierres,
de cailloux, de ferraille, etc.
PIERROT .s.m.
Nom vulgaire du moineau franc. Un pierrot. Cet homme est hardi comme un pierrot.
PIERROT, est aussi Le nom d'un personnage de parade, qui porte un habit
blanc à longues manches, et qui joue des rôles de niais.
PIERRURES . s. f. pl.
.Vénerie. Ce qui entoure la meule ou la racine du bois d'une bête
fauve, et qui ressemble à de petites pierres. Les pierrures de la tête
d'un cerf, d'un daim, d'un chevreuil.
PIÉTÉ . s. f.
Dévotion, affection et respect pour les choses de la religion. Grande
piété. Piété exemplaire. Piété solide.
Piété éclairée. Piété véritable.
Fausse piété. Piété apparente. C'est un homme de piété,
qui a beaucoup de piété. Une personne consommée dans la piété,
qui a de grands sentiments de piété, qui est dans des exercices
continuels de piété.
Se dit quelquefois de Certains sentiments humains, tels que l'amour pour ses
parents, le respect pour les morts, etc. Il a donné un grand exemple
de piété filiale. Éponine fut un modèle de piété
conjugale. Ce peuple se distingue par sa piété pour les morts, envers
les morts.
Mont-de-piété. Voyez MONT.
PIÉTER . v. n.
Terme dont on se sert en jouant à la boule ou aux quilles, et qui signifie,
Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué pour cela.
Il faut piéter. Piétez bien.
PIÉTER, s'emploie quelquefois activement, et signifie, Disposer
quelqu'un à la résistance. On avait piété cet homme
contre tous les avis qui lui viendraient. Il est familier et peu usité.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se roidir contre, résister
avec force. Il s'est piété contre toute proposition d'arrangement.
Les stoïciens se piétaient contre la douleur.
PIÉTÉ, ÉE. participe, Je l'ai trouvé piété,
tout piété pour me répondre. Il est piété à
cela. Il est piété contre vous.
PIÉTINEMENT .s.m.
Action de piétiner. Le piétinement continuel de cet enfant
m'importune.
PIÉTINER . v. n.
Remuer fréquemment et vivement les pieds. Cet enfant ne fait que piétiner.
Piétiner de colère, de rage, d'impatience. Il est familier.
PIÉTISTE . s. des deux genres
Membre d'une secte chrétienne qui s'attache à la lettre de l'Évangile.
Un piétiste. Une piétiste.
PIÉTON .s.m.
Homme qui va à pied. Les voitures, les gens à cheval incommodent
les piétons. Les trottoirs sont à l'usage des piétons.
Voyez SAVATE.
Un bon piéton, Un homme qui marche longtemps sans se fatiguer.
On dit dans le sens contraire, Un mauvais piéton. L'un et l'autre
s'emploient aussi au féminin. Une bonne piétonne. Une mauvaise
piétonne.
PIÈTRE . adj. des deux genres
Mesquin, chétif et de nulle valeur dans son genre. Un habit piètre.
Il a un piètre chapeau. Voilà des meubles bien piètres. Avoir
une piètre mine.
Se dit quelquefois Des personnes. C'est un piètre sujet, un piètre
écrivain, un piètre ouvrier. Il est familier dans les deux acceptions.
PIÈTREMENT . adv.
D'une manière piètre. Il est logé, il est vêtu
piètrement, fort piètrement. Il est familier.
PIÈTRERIE . s. f.
Chose vile et méprisable dans son genre. Ce n'est là que de
la piètrerie. C'est un marchand qui n'a que de la piètrerie.
Il est peu usité.
PIETTE . s. f.
Oiseau aquatique, dont le plumage est en partie blanc et en partie noir. On
l'appelle aussi Nonnette blanche.
PIEU .s.m.
Pièce de bois qui est pointue par un des bouts, et qu'on emploie à
divers usages. Ficher un pieu en terre. Planter des pieux en terre. Soutenir
des terres avec des pieux.
PIEUSEMENT . adv.
D'une manière pieuse. Il a vécu très-pieusement, et
il est mort de même.
Croire pieusement une chose, La croire par principe de dévotion,
et sans qu'on y soit obligé par la foi. Il croit pieusement bien des
choses qui ne sont pas de foi.
Fig. et fam., Croire pieusement une chose, Croire, ou faire semblant
de croire une chose invraisemblable, par pure déférence pour le
témoignage de celui qui l'a dite. Ce que vous dites paraît étrange,
mais je le crois pieusement.
Croire pieusement une chose, signifie encore, La croire sans fondement,
sans preuve, sans connaissance. Il croit pieusement tout ce qu'on lui conte.
PIEUX , EUSE. adj.
Qui a de la piété, qui est fort attaché aux devoirs de
la religion. C'est un homme très-pieux. Une femme pieuse. C'est une
âme pieuse.
Se dit aussi Des choses qui partent d'un esprit touché des sentiments
de la religion. Pensée pieuse. Dessein pieux. Entreprise pieuse. Pieuse
méditation. De pieux établissements. De pieuses largesses.
Legs pieux, Legs que l'on fait pour être employé en oeuvres
pies.
Croyance pieuse, Opinion qu'adoptent des personnes pieuses, quoiqu'elle
ne soit pas prescrite par la foi. C'était une croyance pieuse de quelques
Pères, qu'Adam était enterré sous la montagne du Calvaire.
Fam., et par ironie, Pieuse croyance, Opinion peu éclairée.
Je le laissai dans sa pieuse croyance.
PIEUX, se dit, par extension, Des choses qui tiennent à la piété
filiale et à quelques autres sentiments humains. Il rendait à
son père les plus pieux devoirs. Ses soins pieux ont prolongé la
vie de son père. On l'entourait avec un pieux respect. Il fit éclater
de pieux regrets. J'ai conservé un pieux souvenir de ses vertus, une pieuse
reconnaissance de ses bienfaits.
PIFFRE , ESSE. s.
Terme bas et injurieux, qui se dit Des personnes excessivement grosses et replètes.
Un gros piffre. Il est devenu bien piffre. Une grosse piffresse.
Il signifie aussi, Goulu.
PIGEON .s.m.
Oiseau domestique qu'on élève dans les colombiers, dans les basses-cours,
etc. Pigeon de colombier. Pigeon de volière. Pigeon cauchois. Pigeon
privé. Pigeon pattu. Pigeon à la grosse gorge. Pigeon mâle.
Pigeon femelle. Nourrir, élever des pigeons. Des oeufs de pigeons. Gros
comme un oeuf de pigeon. Une volée de pigeons. Des pigeons de la volée
de mars, de la volée d'août.
Pigeon ramier, Espèce de pigeon sauvage, qui perche sur les arbres.
Une paire de pigeons, Deux pigeons vivants et appariés. Une
couple de pigeons, Deux pigeons destinés à être mangés.
Prov. et fig., Il ne faut pas laisser de semer pour la crainte des pigeons,
Il ne faut pas refuser de faire une chose qui doit être avantageuse, quoiqu'il
s'y trouve quelque léger inconvénient, presque inévitable.
Aile de pigeon, se dit d'Une certaine disposition des cheveux, qui figure
une aile à chaque côté de la tête. Frisure en ailes
de pigeon. Coiffé en ailes de pigeon. Le vent a dérangé ses
ailes de pigeon.
Couleur gorge de pigeon, Couleur changeante comme celle de la gorge des
pigeons. Du taffetas gorge de pigeon.
PIGEON, se dit, figurément et familièrement, d'Un homme
qu'on attire par adresse pour le duper. Ces gens-là ne vivent que d'industrie,
ils ont attiré un pigeon qui leur vaut beaucoup. Il aime le jeu et joue
fort mal, c'est pour eux un bon pigeon à plumer.
PIGEONNEAU .s.m.
Jeune pigeon. Prendre des pigeonneaux dans un colombier. Une fricassée,
une tourte de pigeonneaux. Des pigeonneaux sur le gril, en compote.
Se dit, figurément et familièrement, d'Un jeune homme que l'on
dupe. C'est leur pigeonneau. C'est un pigeonneau qu'ils plument à qui
mieux mieux.
PIGEONNIER .s.m.
Habitation préparée pour les pigeons domestiques.
PIGNE . s. f.
.Métallurgie. La masse d'or ou d'argent qui reste après l'évaporation
du mercure qu'on avait amalgamé avec la mine, pour en dégager le
métal qu'elle contenait.
PIGNOCHER . v. n.
Manger négligemment, sans appétit, et en ne prenant que de très-petits
morceaux. Vous ne mangez pas, vous ne faites que pignocher. Il est familier.
PIGNON .s.m.
La partie supérieure d'un mur qui se termine en pointe, et dont le sommet
porte le bout du faîtage d'un comble à deux égouts. Dans
les anciennes maisons, le pignon était sur la face principale. Mur de pignon:
voyez MUR.
Prov., Avoir pignon sur rue, Avoir une maison à soi. Il signifie
aussi, Avoir des biens immeubles, des héritages en propre. C'est une
bonne caution, il a pignon sur rue.
PIGNON .s.m.
Amande de la pomme de pin.
PIGNON .s.m.
.Mécan. Petite roue dentée, dont les ailes ou dents engrènent
dans celles d'une plus grande roue.
PIGNORATIF . adj. m.
(Le G est dur.) .Jurispr. Se dit D'un contrat par lequel on vend un héritage
à faculté de rachat à perpétuité, et par lequel
l'acquéreur loue ce même héritage à son vendeur pour
les intérêts du prix de la vente. Contrat pignoratif.
PIGRIÈCHE . s. f.
Voyez Pie-grièche, à l'article PIE.
PILASTRE .s.m.
Pilier carré, auquel on donne les mêmes proportions et les mêmes
ornements qu'aux colonnes, et qui ordinairement est engagé dans le mur:
quelquefois il est placé derrière les colonnes. Pilastre dorique,
ionique, corinthien, etc. Pilastre cornier. Pilastres accouplés. Pilastre
cannelé. Pilastre de marbre. Pilastre de lambris, de treillage, de vitre.
Boiserie en pilastres, figurant des pilastres.
PILAU .s.m.
Riz cuit avec du beurre, ou de la graisse et de la viande. Le pilau est la
nourriture ordinaire dans le Levant.
PILE . s. f.
Amas de plusieurs corps placés les uns sur les autres. Une pile de
carreaux. Une pile de bois. Une pile de livres. Une pile d'écus. Une pile
de bombes, de boulets. Mettre des livres en pile, en faire une pile.
Pile de cuivre, Plusieurs poids de cuivre en forme de godets, qui se
placent les uns dans les autres, et qui, diminuant par degrés de volume,
donnent toutes les divisions du poids total jusqu'au demi-gros.
Pile voltaïque ou galvanique, ou Pile de Volta, Appareil
de physique composé avec des plaques de métaux hétérogènes,
que l'on alterne, suivant certaines lois, entre elles et avec des substances liquides.
Les principaux phénomènes produits par la pile voltaïque
sont la décomposition de l'eau, des alcalis et des acides, l'oxydation
et la combustion des métaux, l'impression profonde et continue sur le système
nerveux, etc.
Au Trictrac, Pile de malheur ou de misère, se dit Lorsqu'un
des joueurs, ne pouvant passer dans le jeu de son adversaire pour faire le jan
de retour, est obligé d'entasser toutes ses dames en une seule pile dans
le coin de son grand jan.
PILE, se dit aussi Des massifs de forte maçonnerie qui séparent
et soutiennent les arches d'un pont. Les piles d'un pont.
PILE . s. f.
Grosse pierre servant à broyer, à écraser quelque chose.
Il ne se dit guère que dans cette phrase proverbiale et figurée,
Mettre quelqu'un à la pile au verjus, Parler très-mal de
lui, ou Le tourmenter à l'excès.
PILE . s. f.
Celui des deux côtés d'une pièce de monnaie, où sont
empreintes les armes du souverain.
Prov., N'avoir ni croix ni pile, N'avoir point d'argent.
Croix ou pile, ou Croix et pile, Sorte de jeu de hasard, où
l'on jette une pièce de monnaie en l'air: un des joueurs nomme, à
son choix, un des côtés de la pièce; et il gagne si, lorsqu'elle
est tombée, elle présente le côté qu'il a choisi. Jetons,
jouons à croix et à pile à qui l'aura. Que retenez-vous,
croix ou pile? On dit aussi, Jouer à croix-pile.
Fam., Je les jetterais à croix ou à pile, à croix et
à pile, à croix-pile, se dit en parlant De deux choses à
peu près égales, et dont le choix est indifférent.
PILER . v. a.
Broyer, écraser quelque chose avec un pilon. Piler des amandes. Piler
du verjus. Piler des chiffons pour en faire du papier.
PILÉ, ÉE. participe
PILEUR .s.m.
Celui qui pile.
PILIER .s.m.
Sorte de colonne ronde ou carrée, sans proportion et quelquefois sans
ornement, qui sert à soutenir un édifice ou quelque partie d'un
édifice. Piliers des voûtes, des arcades. Pilier gothique. La
voûte de cette église est soutenue par tant de piliers. Des piliers
hauts, déliés, massifs. Les piliers d'un dôme. Les piliers
des halles à Paris. Les piliers de la grand'salle du palais.
Pilier butant, Corps de maçonnerie élevé pour contenir
la poussée d'une voûte.
Pilier de moulin à vent, Massif de maçonnerie, terminé
en cône, sur lequel tourne la cage d'un moulin à vent.
Pilier de carrière, Masse de pierre qu'on laisse d'espace en espace
pour soutenir le ciel d'une carrière.
PILIER, se disait autrefois Des poteaux de justice, et des fourches patibulaires.
Il y avait tant de piliers à cette justice.
Se dit encore Des poteaux qu'on met dans les écuries, pour séparer
les places des chevaux les unes des autres.
Se dit aussi Des poteaux entre lesquels on met un cheval dans un manége,
pour commencer à le dresser. Mettre un cheval entre les piliers, entre
deux piliers, dans les piliers.
Fig. et pop., Se frotter au pilier, Prendre les mauvaises habitudes de
ceux qu'on hante. Ce domestique servait bien d'abord; mais il s'est frotté
au pilier, et ne vaut plus rien. Il a vieilli.
Fig. et fam., C'est un pilier de palais, C'est un homme qui ne bouge
du palais. On dit dans un sens analogue, C'est un pilier de cabaret, de café,
de coulisses, etc.
Fig. et pop., Avoir de bons gros piliers, Avoir de grosses jambes.
PILIER, en termes d'Horlogerie, Espèce de petite colonne qui,
dans les montres et dans les pendules, tient les platines éloignées
l'une de l'autre à une égale distance.
PILLAGE .s.m.
(Dans ce mot, ainsi que dans le verbe Piller et ses dérivés,
on mouille les deux L.) L'action de piller, ou Le dégât qui en est
la suite. Mettre au pillage. Livrer une ville au pillage. La ville fut abandonnée
au pillage. On promit le pillage de la ville aux soldats. La ville se racheta
du pillage, fut préservée du pillage.
Il semble qu'il revienne du pillage, il est fait comme un voleur qui revient
du pillage, se dit D'un homme dont les habits, les cheveux, etc., sont fort
en désordre.
Tout y est au pillage, se dit en parlant D'une grande maison où
il n'y a pas d'ordre, où les domestiques prennent et tirent chacun de leur
côté.
PILLAGE, signifiait autrefois, en termes de Marine, La dépouille
des coffres et hardes de l'ennemi pris, et l'argent qu'il avait sur lui jusqu'à
trente livres; le surplus se nommait Butin.
PILLARD , ARDE. adj.
Qui aime à piller. Cette troupe est bien pillarde. Il est d'humeur
pillarde. Il est familier.
Il est aussi substantif. C'est un grand pillard. Les paysans s'armèrent
pour s'opposer aux pillards.
PILLER . v. a.
Emporter violemment les biens d'une ville, d'une maison, etc. Piller une
ville, un château. Les gens de guerre ont pillé ce village. La ville
fut emportée d'assaut, et pillée.
Se dit aussi De ceux qui commettent des exactions, des concussions, qui font
dans leur charge, dans leur emploi, des gains illicites et scandaleux. Ce gouverneur
abusa de son autorité pour piller la province. Cet intendant a si bien
pillé son maître, qu'il est devenu plus riche que lui.
Piller une collation, un dessert, Se jeter sur une collation, sur un
dessert, pour emporter les fruits, les confitures, etc.
PILLER, signifie, en parlant de Littérature et de Beaux-Arts,
Prendre dans les compositions d'autrui des choses qu'on donne comme siennes. Il
a pillé dans de vieux auteurs la plupart des idées que renferme
son livre. Ce musicien a pillé les motifs de ses plus beaux airs dans des
partitions italiennes. Cet air est pillé dans Mozart, pillé de Mozart.
Ces vers sont pillés de Racine, pillés dans Racine. Cet auteur pille
partout.
PILLER, se dit aussi Des chiens qui se jettent sur les animaux ou sur
les personnes. Son chien a pillé le mien. C'est un chien qui pille tous
les passants. Il l'a fait piller par son chien. Dans ce sens, il est peu usité.
En termes de Chasse, Pille, se dit pour exciter un chien à se
jeter sur le gibier. On le dit aussi pour agacer un chien contre d'autres animaux,
ou contre des personnes.
PILLER, se dit encore à de certains Jeux de triomphe, où
celui qui fait a le droit, lorsqu'il tourne un as, de prendre cet as et toutes
les cartes de la même couleur qui suivent, et de mettre les siennes à
la place.
PILLÉ, ÉE. participe
PILLERIE . s. f.
Volerie, extorsion, action de piller. Il s'est enrichi par ses pilleries.
C'est un brigandage et une pillerie. Il est familier.
PILLEUR .s.m.
Celui qui pille, qui aime à piller. C'est un grand pilleur. Ce sont
de grands pilleurs.
PILON .s.m.
Instrument dont on se sert pour piler quelque chose dans un mortier. Pilon
de fer. Pilon de fonte. Pilon de bois. Pilon de verre.
Se dit aussi Des gros maillets et marteaux qui, dans les moulins à tan,
à papier, etc., servent à piler, à briser, à hacher.
Mettre un livre au pilon, En déchirer tous les feuillets, de sorte
qu'ils ne puissent servir qu'aux cartonniers, qui les pilent pour les réduire
en pâte.
PILORI .s.m.
On appelait ainsi Une machine qui tournait sur un pivot, et qui servait à
la punition des personnes diffamées que la justice exposait à la
risée du public. Mettre un banqueroutier au pilori. Il fut exposé
au pilori pendant trois jours de marché.
PILORIER . v. a.
Mettre au pilori. Pilorier un banqueroutier.
S'emploie figurément, et signifie, Diffamer quelqu'un, manifester son
infamie. Il a été pilorié dans vingt écrits publics.
PILORIÉ, ÉE. participe
PILORIS .s.m.
Rat des Antilles, beaucoup plus grand que nos rats d'Europe, et qui répand
une forte odeur de musc.
PILOSELLE . s. f.
.Bot. Plante à fleurs composées, qui croît dans les lieux
arides et montagneux, et qui est couverte de poils, d'où lui vient son
nom.
PILOTAGE .s.m.
Ouvrage de pilotis. Il en a coûté tant pour le pilotage.
PILOTAGE .s.m.
.Marine. L'art de conduire un vaisseau; les notions de mathématiques
suffisantes pour relever et tracer la marche d'un navire. Il y a des écoles
où l'on enseigne le pilotage. Cours de pilotage.
Il signifie aussi, L'action de conduire un vaisseau à l'entrée
ou à la sortie d'un port, de peur qu'il n'aille donner sur les bancs. Payer
tant pour le pilotage d'un bâtiment. Droit de pilotage.
PILOTE .s.m.
Celui qui gouverne, qui conduit un bâtiment de mer. Un bon pilote.
Un mauvais pilote. Un sage pilote. Un pilote habile. Le maître pilote. Le
premier pilote.
Pilote côtier, Celui qui gouverne à la vue des côtes,
des ports et des rades dont il a la connaissance. On appelait autrefois, par opposition,
Pilote hauturier, Celui qui, dans un voyage de long cours, déterminait
la route du bâtiment par le moyen des instruments à réflexion.
Aujourd'hui, on nomme Capitaine au long cours, Celui qui conduit et qui
en même temps commande un navire dans les voyages de long cours.
PILOTER . v. n.
Enfoncer des pilotis pour bâtir dessus. Dans les lieux où le
fond n'est pas solide, il faut piloter avant de bâtir.
Activem., Piloter un terrain, Y enfoncer des pilotis.
PILOTÉ, ÉE. participe
PILOTER . v. a.
.Marine. Conduire un bâtiment de mer. Piloter un navire hors du port.
PILOTÉ, ÉE. participe
PILOTIN .s.m.
.Marine. Jeune marin qui étudie le pilotage. Il est parti comme pilotin
sur tel navire.
PILOTIS .s.m.
Gros pieu, grosse pièce de bois pointue, et ordinairement ferrée
par le bout, qu'on fait entrer avec force pour asseoir les fondements d'un édifice,
ou de quelque autre ouvrage, lorsqu'on veut bâtir dans l'eau, ou dans quelque
lieu dont le fond n'est pas solide. Bâtir sur pilotis. Enfoncer des pilotis.
Les pilotis ont été enfoncés à refus de mouton.
PILULE . s. f.
Composition médicinale qu'on met en petites boules. Prendre des pilules.
Purger un malade avec des pilules. Pilules purgatives. Pilules mercurielles.
Fig. et fam., Dorer la pilule, Employer des paroles flatteuses pour déterminer
un homme à faire quelque chose qui excite sa répugnance. On lui
a si bien doré la pilule, qu'il s'est résolu à faire ce qu'on
voulait. Il signifie aussi, Consoler d'une disgrâce, d'un refus, en
l'accompagnant de promesses et de paroles bienveillantes. On lui a doré
la pilule, pour lui adoucir le refus de la grâce qu'il demandait. Il sait
dorer la pilule.
Fig. et fam., Avaler la pilule, Se déterminer à faire une
chose pour laquelle on a beaucoup de répugnance. On lui a fait avaler
la pilule. Il a été contraint d'avaler la pilule, une pilule bien
amère.
PIMBÊCHE . s. f.
Terme de mépris, dont on se sert pour désigner Une femme impertinente,
qui se donne des airs de hauteur. C'est une pimbêche, une vraie pimbêche,
une petite pimbêche. Il est familier.
PIMENT .s.m.
Plante de la famille des Solanées, dont le fruit est extrêmement
chaud et piquant, et s'emploie pour assaisonner les viandes.
PIMPANT , ANTE. adj.
Élégant et recherché dans sa toilette. Vous voilà
bien pimpant aujourd'hui. Elle était extrêmement pimpante. Faire
le pimpant. Il est familier, et ne s'emploie guère que par plaisanterie.
PIMPESOUÉE . s. f.
Femme qui a des manières affectées, ridicules. C'est une vraie
pimpesouée. Ce terme familier a vieilli.
PIMPRENELLE . s. f.
Herbe aromatique de la famille des Rosacées, qui entre quelquefois dans
les salades.
PIN .s.m.
Grand arbre toujours vert, dont on tire la résine, et qui a des feuilles
longues, menues et pointues. Une forêt de pins. Pin maritime. Pin sauvage.
Pomme de pin.
PINACLE .s.m.
La partie la plus élevée d'un édifice. Il n'est d'usage
au propre qu'en parlant de L'endroit du temple où Notre-Seigneur fut transporté,
lorsqu'il fut tenté par le démon.
Fig. et fam., Mettre quelqu'un sur le pinacle, Le louer extrêmement,
le mettre au-dessus de tous les autres par des louanges.
Fig. et fam., Être sur le pinacle, Être dans une grande élévation,
dans une grande faveur.
PINASSE . s. f.
Bâtiment de charge, à poupe carrée, qui va à voiles
et à rames.
PINASTRE .s.m.
Espèce de pin sauvage.
PINÇARD . adj. et s. m.
.Maréchalerie. Se dit D'un cheval qui en marchant appuie sur la pince,
qui use son fer en pince. Ce cheval est pinçard.
PINCE . s. f.
L'extrémité antérieure du pied des animaux ongulés.
Les pinces du cerf, du sanglier. Lorsque les pinces sont usées, c'est
signe que la bête est vieille. Ce cheval a la corne gâtée vers
la pince.
Se dit aussi Du devant d'un fer de cheval. On n'étampe jamais en pince
les fers de derrière.
PINCE, se dit en outre, surtout au pluriel, Des dents antérieures
et centrales de la mâchoire de certains animaux. Ce cheval a mis bas
les pinces, il a trois ans.
Les pinces d'une écrevisse, d'un homard, etc., Cette partie des
grosses pattes de l'écrevisse, du homard, etc., avec laquelle ils pincent
quand on veut les saisir.
PINCE, se dit aussi d'Une sorte de longues tenailles dont on se sert
pour remuer les grosses bûches dans une cheminée. Il faut prendre
cette bûche avec la pince.
Se dit également, dans plusieurs Arts ou Métiers, de Certaines
tenailles, les unes grosses, les autres petites, qui servent à différents
usages. Les taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur
ouvrage quand ils le mettent au feu. Les tapissiers se servent de fortes et lourdes
pinces pour tendre les toiles et les étoffes qu'ils emploient. Les horlogers,
les arquebusiers ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et
autres pièces légères. Pinces à dissection.
PINCE, signifie quelquefois, L'action de pincer, de saisir avec force.
Cet instrument, cet outil n'a pas de pince, Ne saisit pas bien. Fam., Cet
homme à la pince forte, la pince rude, Il tient avec vigueur ce qu'il
a dans la main.
Pop., Craindre la pince, être menacé de la pince, Craindre,
risquer d'être arrêté. On dit dans le même sens, Gare
la pince.
Pop., Être sujet à la pince, se dit D'une personne qui a
l'habitude de chercher à faire des profits injustes.
Cet argent est sujet à la pince, Il est sujet à être
pris. L'argent des communautés est ordinairement sujet à la pince.
PINCE, signifie aussi, Une barre de fer aplatie par un bout, et dont
on se sert comme d'un levier. Lever une grosse pierre avec une pince.
PINCE, en termes de Tailleur et de Couturière, Pli qu'on fait
à du linge ou à de l'étoffe, et qui se termine en pointe.
Cette veste est trop large, il y faut faire une pince.
PINCEAU .s.m.
Instrument dont les peintres se servent pour appliquer et étendre les
couleurs, et qui consiste en un assemblage de poils attaché fortement à
l'extrémité d'une espèce de hampe, ou retenu au bout d'un
tuyau de plume. Gros pinceau. Pinceau fort délié. Pinceau de
poil de blaireau, de poil de cochon. Pinceau pour peindre à l'huile, en
miniature. Les pinceaux d'un peintre. Préparer les pinceaux. Nettoyer un
pinceau. Un trait de pinceau. Ce peintre n'a plus à donner à son
ouvrage que quelques coups de pinceau. Donner un coup de pinceau.
Donner le dernier coup de pinceau à un tableau, Le terminer, l'achever
entièrement.
Fig. et fam., On lui a donné un vilain coup de pinceau, se dit
en parlant D'une personne contre qui il a été fait quelque satire.
PINCEAU, se dit, figurément, de La manière de peindre.
Ce peintre a un beau pinceau, le pinceau hardi, le pinceau agréable,
le pinceau délicat, le pinceau suave, le pinceau dur et sec. On reconnaît
dans ce tableau le pinceau du maître.
Se dit dans une acception plus figurée, en parlant Des poëtes, des
orateurs, des écrivains. Cet auteur est grand coloriste, son pinceau
est brillant. Il y a dans Bossuet, dans Corneille, etc., d'admirables coups de
pinceau.
PINCÉE . s. f.
Ce qu'on peut prendre de certaines choses, en les pinçant entre deux
ou trois doigts. Une pincée de sel. Une pincée de poivre. Une
pincée de tabac.
PINCELIER .s.m.
Petit bassin de fer-blanc, séparé en deux parties, dans l'une
desquelles les peintres prennent l'huile dont ils ont besoin pour mêler
leurs couleurs, et dont l'autre sert à recevoir ce qui sort de leurs pinceaux
quand ils les nettoient.
PINCE-MAILLE .s.m.
Homme fort attaché à ses intérêts, et qui fait paraître
son avarice jusque dans les plus petites choses. C'est un franc pince-maille,
un vrai pince-maille. Il est familier.
PINCER . v. a.
Presser, serrer la superficie de la peau entre les doigts ou autrement. Pincer
quelqu'un fortement. Pincer jusqu'au sang. Meurtrir en pinçant. Ce perroquet
lui a pincé le doigt avec son bec. Cette porte m'a pincé les doigts.
Fig. et fam., Pincer quelqu'un, Le reprendre, le blâmer, lui reprocher
quelque chose avec raillerie. Il l'a pincé rudement, doucement, adroitement.
PINCER, s'emploie aussi absolument, tant au propre qu'au figuré.
Il aime à pincer. C'est un homme qui pince finement. Il pince en riant.
Fam. et substantiv., Un pince-sans-rire, Un homme malin et sournois.
PINCER, signifie aussi, Serrer fortement avec une pince, avec des tenailles
ou autres instruments semblables. Pincez bien cette barre de fer avec vos tenailles.
Vos tenailles sont faussées, elles ne pincent plus. Mettez ce morceau de
bois dans l'étau, et pincez-le fortement.
Fig. et fam., Pincer quelqu'un, Saisir quelqu'un, le surprendre, s'emparer
de lui au moment où il commet quelque faute, où il fait quelque
mal. Si je te pince, tu ne m'échapperas pas. Il y a quelqu'un qui vole
mes fruits, je le pincerai. Quelque jour il se fera pincer.
Fig. et fam., Se faire pincer, être pincé, Être puni
de quelque imprudence qu'on a faite. Il a voulu jouer gros jeu, il s'est fait
pincer, il a été pincé. Il a fait des spéculations
de bourse, et il y a été pincé.
PINCER, signifie quelquefois, Causer de la douleur, faire une sensation
vive et désagréable. Le coup de fouet a pincé ce cheval.
Le froid m'a pincé. Ce remède pince l'estomac.
PINCER, en termes de Musique, Faire vibrer les cordes d'un instrument
en les pinçant avec les doigts. Il a pincé tout ce passage sur
son violon, au lieu de le jouer avec l'archet. Lorsqu'il s'agit d'instruments
dont on ne joue que de cette manière, il est ordinairement neutre. Pincer
de la harpe, de la guitare.
PINCER, en termes d'Agriculture, Couper avec le bout des doigts ou avec
l'ongle les bourgeons ou l'extrémité des jeunes branches d'un arbre
à fruit, pour empêcher qu'il ne pousse trop. Pincer les petits
bourgeons d'un arbre.
PINCER, en termes de Manége, Approcher l'éperon du flanc
du cheval, sans donner de coup ni appuyer. Pincer du droit, du gauche. Pincer
des deux.
En termes de Marine, Pincer le vent, Aller au plus près du vent.
PINCÉ, ÉE. participe, Il est quelquefois adjectif, et signifie,
Qui a un air d'afféterie. Un air pincé. Des manières pincées.
PINCETTE . s. f.
et plus ordinairement PINCETTES, au pluriel. Ustensile de fer à deux
branches égales, dont on se sert pour accommoder le feu. Donnez-moi
la pincette, les pincettes. Une paire de pincettes. Des pincettes garnies d'argent.
Attiser le feu avec des pincettes.
Se dit aussi d'Un instrument de fer dont on se sert pour s'arracher le poil.
Il se fait la barbe avec la pincette. S'arracher le poil avec des pincettes.
Fam., Baiser quelqu'un à la pincette, Le baiser en lui prenant
doucement les deux joues avec le bout des doigts. C'est une des caresses auxquelles
on accoutume les enfants. Baisez-moi à la pincette.
Fam., On ne le toucherait pas avec des pincettes, se dit D'un objet fort
sale, d'un homme fort malpropre.
PINCETTES, se dit également, dans plusieurs Arts ou Métiers,
de Petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre
ou pour placer certains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer facilement
avec les doigts.
PINCHINA .s.m.
Étoffe de laine, espèce de gros drap. Un habit de pinchina.
PINÇON . s m.
La marque qui reste sur la peau, lorsqu'on a été pincé.
Faire un pinçon à quelqu'un. Je me suis fait un pinçon
en fermant cette porte.
PINÇON, en termes de Maréchalerie, Rebord mince, élevé
à la pince d'un fer, surtout à celle des fers de derrière,
pour mieux les assurer, ou pour garantir la corne.
PINDARIQUE . adj. des deux genres
Qui est dans la manière de Pindare. Ode pindarique. Style pindarique.
PINDARISER . v. n.
Parler ou écrire avec affectation, avec emphase, se servir de termes
recherchés, ampoulés. Cet homme ne parle pas naturellement, il
veut toujours pindariser. Il est familier.
PINDARISEUR .s.m.
Celui qui pindarise. Un sot pindariseur. Il est familier et peu usité.
PINDE .s.m.
Montagne de la Thessalie, qui était consacrée à Apollon
et aux Muses. Ce mot est placé ici, non comme un terme de géographie,
mais parce qu'on l'emploie figurément dans plusieurs phrases poétiques.
Les nourrissons, les habitants du Pinde, Les poëtes. Les maîtres,
les héros du Pinde, Les grands poëtes. Les lauriers du Pinde,
La gloire qu'on acquiert en cultivant la poésie. Les déesses
du Pinde, Les Muses.
PINÉALE . adj. f.
T. d'Anat. Il n'est usité que dans cette expression, Glande pinéale,
Petit corps ovale qui se trouve à peu près au milieu du cerveau,
et qui a quelque ressemblance avec une pomme de pin.
PINEAU .s.m.
Espèce de raisin noir qui passe pour faire le meilleur vin de Bourgogne.
PINGOUIN
ou PINGUIN.s.m.
T. d'Hist. nat. Oiseau de mer, qui a les ailes si courtes, qu'il ne lui est
pas possible de voler.
PINNÉE . adj. f.
.Bot. Il n'est usité que dans cette expression, Feuille pinnée,
Feuille composée de plusieurs folioles rangées des deux côtés
d'un pétiole commun. Les feuilles de la plupart des légumineuses
sont pinnées.
PINNE MARINE . s. f.
Grand coquillage dont les deux valves, en forme d'éventail, sont soudées
vers leur sommet, et qui s'attache aux rochers par le moyen d'une touffe de filets
soyeux, dont on peut faire des tissus. Drap de pinne marine.
PINNULE . s. f.
Petite plaque de cuivre, élevée perpendiculairement à chaque
extrémité d'une alidade, et percée d'un petit trou ou d'une
petite fente pour laisser passer les rayons lumineux ou les rayons visuels. Graphomètre
à pinnule.
PINQUE . s. f.
.Marine. Espèce de flûte; bâtiment de charge, qui est rond
à l'arrière.
PINSON .s.m.
Petit oiseau à bec conique, dont le chant est agréable, et dont
le plumage est de diverses couleurs.
Prov., Être gai comme un pinson, comme pinson, Être fort
gai.
PINTADE . s. f.
Oiseau gallinacé dont la tête est munie d'une sorte de casque de
corne, et dont le plumage gris-bleuâtre est semé de taches blanches
plus ou moins arrondies. Il a des pintades dans sa basse-cour.
PINTE . s. f.
Mesure dont on se servait pour mesurer le vin et autres liqueurs en détail,
et qui était de différente grandeur selon les différents
lieux. La pinte de Paris contenait quarante-huit pouces cubes. Une pinte d'étain.
Pinte, mesure de Saint-Denis. Pinte à la grande mesure. Du vin à
douze sous la pinte, à vingt sous la pinte. Vider les pintes. Vendre à
pot et à pinte.
Se dit aussi de La quantité de liqueur contenue dans une pinte. Tirer
pinte. Payer pinte. Boire pinte.
Prov., Je voudrais qu'il m'en eût coûté une pinte de mon
sang, et que cela fût arrivé ou que cela ne fût pas
arrivé, se dit Pour marquer un extrême désir ou un extrême
chagrin de quelque chose.
Prov. et fig., Il n'y a que la première pinte qui coûte,
Dans chaque affaire, il n'y a que le commencement qui donne de la peine.
PINTER . v. n.
Faire débauche de vin. C'est un homme qui ne fait que pinter, qui
n'aime qu'à pinter. Il est populaire.
PIOCHE . s. f.
Outil de fer à manche de bois, dont les terrassiers, les carriers et
les maçons se servent pour remuer la terre, tirer des pierres, démolir,
saper, etc. Travailler avec la pioche. Ouvrir la terre avec la pioche.
PIOCHER . v. a.
Fouir, remuer avec une pioche. Piocher une vigne. Piocher la terre. S'emploie
aussi neutralement. Il faut piocher en cet endroit.
PIOCHER, employé neutralement, signifie quelquefois au figuré,
Travailler avec ardeur, avec assiduité. J'ai bien pioché aujourd'hui.
Il me faudra beaucoup piocher pour faire cet ouvrage en un mois. Dans cette
acception, il est familier.
PIOCHÉ, ÉE. participe
PIOLER . v. n.
Voyez PIAULER.
PION .s.m.
La plus petite pièce du jeu des échecs. Il y a huit pions de
chaque côté au jeu des échecs. Le pion du roi, de la reine,
de la tour, etc. Il joue mieux que moi, il me donne un pion. Mener un pion à
dame. Pion coiffé.
Fig. et fam., Damer le pion à quelqu'un, L'emporter sur lui avec
une supériorité marquée.
PIONNER . v. n.
T. des Échecs. Se dit D'un joueur qui s'attache à prendre beaucoup
de pions, qui prend souvent des pions. Il aime à pionner.
PIONNIER .s.m.
Travailleur dont on se sert dans une armée pour aplanir les chemins,
pour creuser des lignes et des tranchées, et pour remuer la terre dans
différentes occasions. Avoir de bons pionniers.
PIOT .s.m.
Vin. C'est un homme qui aime le piot. Il est populaire.
PIPE . s. f.
Grande futaille pour mettre du vin ou d'autres liqueurs, et qui contient un
muid et demi. Une pipe de vin, de cidre. Pipe vide, pleine. Une demi-pipe.
Une pipe de vin d'Espagne. Une pipe d'eau-de-vie. On dit dans quelques pays,
Une pipe de chaux, une pipe de blé.
PIPE . s. f.
Petit tuyau de terre cuite ou d'autre matière, dont un des bouts est
recourbé et terminé par une espèce de petit vase qu'on appelle
Fourneau, et dans lequel on met du tabac en feuille, ou quelque autre substance,
qu'on allume pour en aspirer la fumée. Remplir sa pipe de tabac. Mettre
du tabac dans sa pipe. Charger une pipe.
Allumer sa pipe, Allumer le tabac qui est dans le fourneau de la pipe.
Fumer une pipe, Prendre en fumée autant de tabac qu'il en peut
tenir dans une pipe. Il fume sa pipe tous les matins. Fumer deux pipes, trois
pipes.
PIPEAU .s.m.
Flûte champêtre, chalumeau. Danser au son du pipeau, des pipeaux.
Il ne s'emploie guère qu'en poésie.
PIPEAU, en termes de Chasse, Petit bâton ayant à l'un de
ses bouts une fente où l'on met une feuille de laurier ou de quelque autre
plante, et qui sert à contrefaire le cri de différents oiseaux.
Se dit aussi Des petites branches, ou brins de paille qu'on enduit de glu pour
prendre les oiseaux. Disposer des pipeaux.
Se dit, figurément et familièrement, Des petits artifices par
lesquels une personne rusée cherche à tromper. J'ai évité
ses pipeaux.
PIPÉE . s. f.
Sorte de chasse dans laquelle on contrefait le cri de la chouette, pour attirer
les oiseaux dans un arbre dont les branches sont remplies de gluaux où
ils se prennent. Aller à la pipée. Prendre des oiseaux à
la pipée. Faire une pipée.
Faire une pipée, signifie aussi, Préparer tout ce qui est
nécessaire pour la chasse dont il s'agit.
PIPER . v. a.
Prendre à la pipée. Piper des oiseaux.
Il signifie, figurément et familièrement, Tromper. On a voulu
me piper. Ils l'ont pipé au jeu, et lui ont gagné tout son argent.
Piper des dés, Préparer des dés afin de tromper
au jeu.
PIPÉ, ÉE. participe, Dés pipés.
PIPERIE . s. f.
Tromperie au jeu. Il faut qu'il y ait de la piperie. Cela n'a pu se faire
sans piperie.
Se dit aussi de Toute sorte de tromperie, de fourberie. Il n'y a que piperie
dans le monde. Il est vieux.
PIPEUR .s.m.
Celui qui pipe au jeu. C'est un grand pipeur. Un pipeur insigne. Un pipeur
fieffé.
PIQUANT , ANTE. adj.
Qui pique. Les branches des rosiers sont piquantes. Les orties sont piquantes.
Il signifie aussi, Qui fait une impression vive sur l'organe du goût.
Du vin piquant. Une sauce piquante. Du vinaigre piquant. De la moutarde piquante.
On dit figurément, Le sel piquant de ses bons mots, de ses reparties,
de ses plaisanteries.
Se dit également De la température, quand elle est très-froide.
Un froid piquant. L'air est vif et piquant. Un vent piquant. Une bise extrêmement
piquante.
PIQUANT, signifie au figuré, Offensant; et il se dit principalement
Des discours. Ils se sont dit des mots piquants, des paroles piquantes. Il
lui fit une réponse très-piquante. Il lui a répondu d'une
manière piquante. Raillerie piquante. Ils se sont lancé des traits
piquants.
Se dit aussi, figurément, dans une acception différente, De tout
ce qui fait une impression vive et agréable sur l'esprit, sur les sens;
et, particulièrement, Des discours, des écrits et des ouvrages d'art
qui plaisent par quelque chose de fin et de vif. Nous eûmes un spectacle
très-piquant. Une danse légère et piquante. La surprise lui
a rendu ce plaisir plus piquant. Sa conversation abonde en traits piquants. Il
a une conversation piquante. Les grâces piquantes de son esprit. Il n'y
a rien de piquant dans ce qu'il écrit. Ce tableau est d'un effet piquant.
Le motif de cet air, de ce duo est piquant.
Se dit, dans une acception analogue, Des personnes qui plaisent par la vivacité
et par l'agrément de leur physionomie plus que par la régularité
de leurs traits. Cette femme est piquante. Elle n'est pas belle, mais elle
a l'air piquant, la physionomie piquante. Cet enfant a une petite mine fort piquante.
S'emploie quelquefois substantivement. Le piquant de l'aventure. Le piquant
de la chose.
PIQUANT .s.m.
Se dit Des pointes qui viennent à certaines plantes, à certains
arbrisseaux. Ces chardons sont pleins de piquants. Les piquants des feuilles
de houx.
PIQUE . s. f.
Sorte d'arme formée d'un long bois, dont le bout est garni d'un fer plat
et pointu. Longue pique. Grosse pique. Pique de bois de frêne. Armé
d'une pique. Saluer de la pique. Présenter la pique. Ils marchèrent
les uns contre les autres les piques baissées. Ils étaient si près
les uns des autres, que leurs piques se croisaient. Les piques ont été
longtemps en usage dans l'infanterie. Les Romains portaient des piques dont le
fer était fort large. Dans cette pompe funèbre, les soldats portaient
les piques renversées et traînantes. Les soldats français
ne se servent plus de piques. Il y a de l'eau dans ce fossé la hauteur
d'une pique, et absolument, Il y a une pique d'eau dans ce fossé.
Demi-pique, Pique plus courte de moitié que les piques ordinaires.
Il n'avait qu'une demi-pique.
Fig. et fam., Vous en êtes à cent piques, se dit À
une personne qui, voulant deviner quelque chose, est très-éloignée
de la vérité.
Fig. et fam., Être à cent piques au-dessus, au-dessous de quelqu'un,
de quelque chose, Lui être fort supérieur, fort inférieur.
Ce poëme est à cent piques au-dessus des autres. Il est à
cent piques au-dessous de ses rivaux. Il est à cent piques au-dessus de
son concurrent.
PIQUE, se disait aussi Des soldats qui portaient la pique dans un régiment.
Faire défiler les piques. Il y avait tant de piques dans ce régiment.
PIQUE .s.m.
.Jeu de cartes. Une des quatre couleurs des cartes. L'as de pique. Le roi
de pique. Il a écarté tout le pique, tout son pique. Il a tout le
pique, tous les piques. Jouer du pique. De quelle couleur tourne-t-il? Il tourne
du pique ou de pique, il tourne pique.
Prov. et fig., Voilà bien rentrer de piques noires, se dit en
parlant D'une personne qui rentre mal à propos dans un sujet, dans une
conversation, par des choses qui n'ont aucun rapport avec celles dont on parle.
Dans cette phrase, qui a vieilli, Pique est féminin.
PIQUE . s. f.
Brouillerie, aigreur entre deux ou plusieurs personnes. Il a fait cela par
pique. Il y a de la pique dans cette affaire-là. Il est familier.
PIQUÉ .s.m.
Espèce d'étoffe de coton formée de deux tissus, l'un fin,
l'autre plus gros, qui sont appliqués l'un sur l'autre et unis par des
points rangés ordinairement en losange. Du piqué de Marseille.
Un gilet de piqué.
PIQUE-NIQUE .s.m.
Repas où chacun paye son écot. Voulez-vous faire un pique-nique?
Nous avons fait plusieurs pique-niques le mois dernier.
À PIQUE-NIQUE, EN PIQUE-NIQUE. loc. adverbiales, Faire un repas
à pique-nique. Dîner à pique-nique, en pique-nique.
PIQUER . v. a.
Percer, entamer légèrement avec quelque chose de fort pointu.
Une épingle l'a piqué. Il y a des épines qui piquent fort.
Piquer quelqu'un jusqu'au sang. Je me suis piqué. Piquer un papier,
Y faire de petits trous.
Se dit aussi Des serpents, de la vermine, des insectes qui mordent, qui entament
la peau. Être piqué par un serpent. Être piqué de
la tarentule. Être piqué par un cousin. Les puces l'ont piqué
toute la nuit. Les mouches piquent les chevaux.
Prov. et fig., Quelle mouche le pique, l'a piqué? se dit D'un
homme qui se fâche, qui s'est fâché sans sujet.
PIQUER, se dit aussi D'un chirurgien qui avec sa lancette entame la peau
pour ouvrir la veine et en tirer du sang. Le chirurgien l'a mal piqué,
l'a piqué deux fois avant de lui tirer du sang, sans pouvoir lui tirer
de sang.
Piquer l'artère, le nerf, etc., Blesser l'artère, le nerf,
etc., en ouvrant ou croyant ouvrir la veine.
En termes de Maréchal, Piquer un cheval, Lui faire entrer la pointe
du clou jusqu'à la chair vive, en le ferrant.
En termes de Manége, Piquer un cheval, et absolument, Piquer,
Donner des éperons à un cheval, et le pousser au galop. Il piqua
son cheval, qui partit au galop.
Ce cavalier pique bien, Il pousse vigoureusement son cheval au galop.
Piquer des deux, Faire sentir les deux éperons à un cheval,
afin d'accélérer sa marche.
Fig. et fam., Piquer des deux, Aller très-vite, faire beaucoup
de diligence. Il faudra piquer des deux, si vous voulez arriver. Pour réussir
dans cette affaire, il faut piquer des deux.
Fam., Piquer la mazette, Monter un mauvais cheval.
En termes de Chasse, Piquer dans le fort, Pousser son cheval au galop
dans le fort du bois.
PIQUER, signifie aussi, Faire avec du fil ou de la soie, sur deux ou
plusieurs étoffes mises l'une sur l'autre, des points qui les traversent
et qui les unissent. Piquer une courte-pointe. Piquer des bonnets.
Piquer un collet d'habit, des poignets de chemise, etc., Y faire des
points et arrière-points symétriques pour les orner.
Piquer du taffetas, du tabis, Y faire de petits trous par compartiments.
Piquer une pierre, un moellon, une meule, etc., Les rendre raboteux,
en y faisant de petits enfoncements avec le côté pointu du marteau.
Piquer de la viande, La larder avec de petits lardons, et près
à près. Piquer des perdreaux. Son cuisinier a mal piqué,
a bien piqué ces lapereaux. On a piqué ce rôti fort proprement.
Piquer de gros lard un morceau de boeuf, un levraut, etc., Les larder
avec de gros lardons.
Au Jeu de billard, Piquer la bille, La toucher presque perpendiculairement
avec la queue.
Fig. et fam., Piquer le coffre, piquer le tabouret, Attendre dans les
antichambres du roi, des princes, etc. Il n'est plus usité.
Fig. et fam., Piquer l'escabelle, se dit Des jeunes gens qui travaillent
dans les études des notaires ou des avoués. Il est peu usité.
Fig. et fam., Piquer les tables, les assiettes, et plus ordinairement,
Piquer l'assiette, Courir après les dîners en ville. On dit
substantivement, Un pique-assiette, Un parasite.
Piquer les absents, dans un chapitre, dans un bureau, dans un atelier,
etc., Marquer ceux qui sont absents, afin qu'ils soient privés de la rétribution
due à ceux qui sont présents. On l'a piqué quatre fois
ce mois-ci. Il ne veut pas se faire piquer, il arrive toujours avant l'heure.
Fig., Piquer des ouvriers, Veiller à ce qu'ils soient présents,
à ce qu'ils ne perdent pas leur temps, et fassent bien leur ouvrage.
PIQUER, se dit aussi Des choses qui affectent le goût de telle
sorte que la langue semble en être piquée. Ce vin pique la langue
agréablement, désagréablement. Ce fromage pique. On dit
que Du poisson pique, lorsqu'il affecte désagréablement la
langue, parce qu'il n'est plus frais. Voilà de l'alose qui commence
à piquer.
PIQUER, se dit, figurément et au sens moral, Des choses qui font
une impression vive et agréable. Il n'y a rien dans cet ouvrage, dans
ce style, qui pique et qui réveille. Il y a dans la physionomie de cette
femme je ne sais quoi qui pique et qui attire.
Piquer la curiosité de quelqu'un, Rendre plus vif le désir
qu'il a de savoir quelque chose.
PIQUER, signifie aussi, Fâcher, irriter, mettre en colère.
Ce discours l'a piqué, l'a piqué au vif, jusqu'au vif. La moindre
chose le pique. Il dit souvent des choses qui piquent.
Piquer quelqu'un d'honneur, Lui persuader qu'il y va de son honneur de
faire ou de ne pas faire quelque chose.
PIQUER, avec le pronom personnel, Se sentir offensé, prendre en
mauvaise part. C'est un homme qui se pique du moindre mot qu'on lui dit.
Il signifie aussi, Se glorifier de quelque chose, en faire vanité, en
tirer avantage, en faire profession. Il se pique de bien écrire, de
bien parler, etc. Il se pique d'être bien fait, d'être brave, de bien
danser, etc. Il se piquait de naissance, de noblesse. Il ne se pique d'autre chose
que d'être honnête homme. Il est savant, du moins il s'en pique.
Se piquer d'honneur, Montrer dans quelque occasion plus de courage, plus
de générosité, etc., qu'on n'a coutume d'en faire paraître.
Se piquer au jeu, ou simplement, Se piquer, S'opiniâtrer
à jouer malgré la perte. Il se pique aisément au jeu.
Quand il se pique, il est capable de hasarder tout son bien.
Fig. et fam., Se piquer au jeu, être piqué au jeu, se dit
D'une personne qui veut venir à bout de quelque chose, malgré les
obstacles qu'elle y trouve.
Ce bois se pique, ces étoffes se piquent, Les vers s'y mettent.
Ce papier imprimé se pique, Il commence à se gâter,
faute d'avoir été étendu et séché. Ce vin,
cette boisson se pique, Ce vin, cette boisson commence à s'aigrir.
PIQUÉ, ÉE. participe, Jupon piqué. Construction
de moellons piqués. Poulet piqué, lardé. Il parle
en homme piqué, fâché, irrité.
En termes de Musique, Notes piquées, se dit d'Une suite de notes
sur chacune desquelles on met un point ou un accent aigu, pour indiquer qu'elles
doivent être rendues d'une manière égale par des coups de
gosier, de langue ou d'archet secs et détachés.
PIQUET .s.m.
Petit pieu qu'on fiche en terre pour tendre et arrêter les cordages des
tentes, des pavillons. Les piquets d'une tente.
En termes de Guerre, Planter le piquet, Camper. Lever le piquet,
Décamper.
Fig. et fam., Aller planter le piquet chez quelqu'un, S'aller établir
chez quelqu'un pour quelque temps.
PIQUET, se dit aussi d'Un pieu plus grand et plus fort, dont on se sert
à la guerre pour mettre des chevaux à l'attache, par le moyen des
cordes qui y tiennent. Mettre, tenir des chevaux au piquet.
Fam., Être droit comme un piquet, Se tenir droit, d'une manière
roide et affectée. Être planté comme un piquet, Se
tenir debout et immobile. Que faites-vous là planté comme un
piquet?
PIQUET, en termes de Guerre, Un certain nombre de cavaliers ou de fantassins
qui se tiennent prêts à marcher au premier ordre. Un piquet de
cavalerie. Un piquet d'infanterie. Cette compagnie est de piquet.
Il s'est dit aussi d'Une sorte de punition militaire qui consistait à
passer deux heures debout, un pied sur un piquet.
PIQUET, se dit encore Des bâtons, des perches qu'on plante en terre
d'espace en espace, pour prendre un alignement. Planter des piquets.
PIQUET .s.m.
Jeu fort connu, qu'on joue avec trente-deux cartes. Jouer au piquet. Jouer
un cent de piquet. Le piquet à écrire. Une partie de piquet. Tous
les soirs il fait son piquet. Il fait chaque jour le piquet de sa grand mère.
Piquet à deux, à trois, à quatre.
Un jeu de piquet, Les cartes qui servent au piquet, par opposition à
Cartes entières. Un sixain de piquet, Un paquet de six jeux de cartes
propres au piquet.
PIQUETTE . s. f.
Boisson que l'on fait avec de l'eau mise dans un tonneau où il y a du
marc de raisin, quelquefois des prunelles, etc.
Se dit, par extension, d'Un mauvais vin, d'un vin sans qualité, sans
force, sans saveur. Il ne nous a donné que de la piquette.
PIQUEUR .s.m.
.Vénerie. Homme de cheval, dont la fonction est de suivre et de diriger
une meute de chiens. Il a une bonne meute et un bon piqueur. Être à
la queue des chiens avec les piqueurs.
PIQUEUR, en termes de Manége, Domestique chargé de monter
les chevaux pour les dresser, pour les exercer, ou pour les mettre sur la montre.
PIQUEUR, se dit aussi d'Un homme qui a soin de tenir le rôle des
maçons, des tailleurs de pierre, manoeuvres et autres ouvriers, de marquer
quand ils sont absents, et de surveiller leurs travaux.
Se dit également, dans les Chapitres, de Celui qui tient note des chanoines
absents.
PIQUEUR, en termes de Cuisine et de rôtisserie, Celui qui larde
les viandes.
Fig. et fam., Un piqueur de tables, un piqueur d'assiettes, Un parasite.
PIQUIER .s.m.
Soldat armé d'une pique. Il y avait autrefois des piquiers dans l'infanterie.
PIQÛRE . s. f.
Petite blessure que fait une chose ou un animal qui pique. Une piqûre
d'épingle. La piqûre d'une abeille. La piqûre d'un scorpion.
En Chirurgie, Piqûre du nerf, de l'artère, de l'aponévrose,
etc., La blessure faite avec la lancette à quelqu'une de ces parties.
PIQÛRE, se dit aussi de La blessure que le maréchal fait
quelquefois, par maladresse, au pied d'un cheval qu'il ferre, en enfonçant
un clou jusqu'au vif.
PIQÛRE, se dit en outre Des trous que font des insectes dans les
fruits, le bois, les étoffes, le papier, etc. Piqûres de vers.
Cette boiserie, cette robe est pleine de piqûres. Ce livre a des piqûres
qui le percent de part en part.
PIQÛRE, se dit encore Des rangs de points et arrière-points
qui se font symétriquement, soit pour unir deux ou plusieurs étoffes
mises l'une sur l'autre, soit pour orner certaines parties d'un vêtement.
La piqûre d'une jupe, d'un corset, d'une couverture, d'une courte-pointe,
d'un couvre-pied, d'un matelas. La piqûre de ce collet d'habit, de ces poignets
de chemise est fort bien faite.
Se dit aussi Des ornements que l'on fait sur du taffetas, sur du tabis, en les
perçant symétriquement avec de petits fers. La piqûre de
ce taffetas est fort belle.
PIRATE .s.m.
Écumeur de mer, celui qui n'a de commission d'aucune puissance, et qui
court les mers pour voler, pour piller. Il tomba entre les mains des pirates.
Nettoyer les mers de pirates. L'expédition de Pompée contre les
pirates. La guerre des pirates.
Se dit aussi Des corsaires de quelques nations barbaresques, qui ont commission
de leur gouvernement pour écumer les mers. Les pirates de Tripoli, de
Salé, de Maroc.
Se dit, par extension, de Tout homme qui s'enrichit avec impudence aux dépens
des autres, qui commet des exactions criantes. C'est un pirate, un vrai pirate.
PIRATER . v. n.
Faire le métier de pirate. Il y a longtemps qu'il pirate sur ces mers.
Il ne fait que pirater.
PIRATERIE . s. f.
Métier de pirate. Exercer la piraterie.
Se dit aussi Des actes de piraterie. Les corsaires infestaient les mers par
des pirateries continuelles.
Se dit, par extension, Des exactions dont on se rend coupable dans quelque place,
dans quelque emploi. Ce gouverneur a fait d'énormes pirateries.
PIRE . adj. comparatif des deux genres
De plus mauvaise, de plus méchante qualité dans son espèce;
plus dommageable, plus nuisible. Ce vin-là est encore pire que le premier.
De deux maux, il faut éviter le pire. Il est pire, bien pire qu'il n'était.
Il est devenu pire. La crainte du mal est quelquefois pire que le mal même.
Prov., Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
La dernière faute sera pire que la première, Elle aura
des suites, des conséquences plus fâcheuses.
Prov., Le remède est pire que le mal, se dit en parlant D'un remède
qui paraît très-désagréable, ou dangereux, ou nuisible.
Se dit aussi figurément.
Prov. et fig., Il n'y a pire eau que l'eau qui dort, Les gens sournois
et taciturnes sont ceux dont il faut le plus se défier.
PIRE, s'emploie quelquefois comme superlatif, et alors il est toujours
précédé de l'article. C'est le pire de tous. De toutes
les espèces, c'est la pire.
PIRE, se prend aussi substantivement, au masculin, et signifie, Ce qui
est de plus mauvais. Souvent qui choisit prend le pire. Dans les arts d'agrément,
il n'y a point de degrés du médiocre au pire.
Avoir du pire dans une affaire, Y avoir du désavantage. Cette
phrase a vieilli.
PIROGUE . s. f.
Bateau fait quelquefois d'un seul arbre creusé, et dont se servent les
sauvages.
PIROLE . s. f.
Plante de la famille des Bruyères, qui pousse cinq ou six feuilles à
peu près semblables à celles du poirier, d'où lui vient son
nom.
PIROUETTE . s. f.
Sorte de jouet composé d'un petit morceau de bois plat et rond, traversé
dans le milieu par un petit pivot sur lequel on le fait tourner avec les doigts.
Jouer à la pirouette. Faire tourner une pirouette.
PIROUETTE, se dit aussi d'Un tour entier qu'on fait de tout le corps,
en se tenant sur la pointe d'un seul pied. Faire une pirouette, des pirouettes.
Faire une double pirouette. Ce danseur fait trop de pirouettes.
Fig. et fam., Il a répondu par des pirouettes, se dit D'un homme
qui, au lieu de profiter d'un discours sérieux, s'est mis à plaisanter.
Il paye ses créanciers en pirouettes, se dit D'un homme qui échappe
à ses créanciers par des subterfuges.
PIROUETTE, dans les Manéges, Espèce de volte que fait le
cheval sur sa longueur, dans une seule et même place. La pirouette n'est
plus en usage.
PIROUETTER . v. n.
Faire une ou plusieurs pirouettes. Pirouetter en cadence. Ce danseur pirouette
bien.
Fig. et fam., On l'a fait pirouetter d'une rude manière, se dit
en parlant D'un homme qu'on a poursuivi, et obligé de courir çà
et là pour s'échapper.
Fig. et fam., Il n'a fait que pirouetter pendant deux heures, se dit
D'un homme qui, en parlant, n'a fait que répéter les mêmes
idées, et tourner sans cesse comme dans un cercle.
PIRRHONIEN , IENNE. adj.
Voyez PYRRHONIEN.
PIRRHONISME .s.m.
Voy. PYRRHONISME.
PIS . adv. comparatif.
Plus mal, plus désavantageusement, d'une manière plus fâcheuse.
Ils sont pis que jamais ensemble. Il se portait un peu mieux, mais il est pis
que jamais. Tant pis: voyez TANT.
Il est aussi adjectif comparatif. Il n'y a rien de pis que cela. C'est bien
pis. Ce que j'y trouve de pis, c'est... Il ne me saurait rien arriver de pis.
Il en a dit pis que pendre. Il ne lui a pas dit pis que son nom. On ne saurait
lui dire pis que son nom.
Qui pis est, Ce qu'il y a de pire, de plus désagréable,
de plus fâcheux. Elle est laide, et qui pis est méchante.
PIS, s'emploie aussi substantivement, et signifie, Ce qu'il y a de pire.
Le pis qui puisse arriver. Le pis que j'y trouve.
Faire du pis qu'on peut, S'appliquer de dessein formé à
faire mal ce que l'on fait. Il semble que vous preniez plaisir à faire
toutes choses du pis que vous pouvez. Il signifie aussi, Faire à quelqu'un
tout le mal qu'on peut, lui nuire en tout ce qu'on peut. Il n'a qu'à
faire du pis qu'il pourra, je ne le crains point.
Mettre quelqu'un au pis, au pis faire, à pis faire, Le défier
de faire tout le mal qu'il a le pouvoir ou l'intention de faire. Mettre quelqu'un
à pis faire, signifie aussi, Le défier de faire plus mal qu'il
n'a déjà fait.
Prendre, mettre les choses au pis, Les envisager dans le pire état
où elles puissent être, et en supposant tout ce qui peut arriver
de plus fâcheux.
AU PIS ALLER. loc. adv. En supposant les choses au pire état où
elles puissent être. Au pis aller, nous y vivrons de ce que nous y trouverons.
Au pis aller, nous reviendrons sur nos pas.
Pis aller, s'emploie aussi substantivement. C'est votre pis aller,
C'est le pis qui vous puisse arriver. Être le pis aller de quelqu'un,
Être la personne à qui il s'adresse pour quelque chose que ce soit,
lorsqu'il n'a pas trouvé une autre personne de qui il pût l'obtenir.
Je ne veux pas être son pis aller. Je serai votre pis aller.
DE MAL EN PIS, DE PIS EN PIS. loc. adverbiales, De mal ou de plus mal
en plus mal. Ses affaires vont de mal en pis, de pis en pis.
PIS .s.m.
La mamelle d'une vache, d'une chèvre, d'une brebis, etc. Le pis d'une
vache. Une vache qui a un gros pis. Le pis d'une chèvre.
PISCINE . s. f.
T. d'Antiq. Vivier, réservoir d'eau où l'on nourrissait du poisson.
On voit encore les restes des piscines de Lucullus.
Piscine probatique, ou simplement, Piscine, Le réservoir
d'eau qui était proche le parvis du temple à Jérusalem, et
où on lavait les animaux destinés aux sacrifices. L'ange descendait
une fois tous les ans dans la piscine, pour en troubler l'eau. C'est dans la piscine
que se fit le miracle du paralytique.
PISCINE, dans les Sacristies, Lieu où l'on jette l'eau qui a servi
à nettoyer les vases sacrés, les linges servant à l'autel,
et autres choses semblables.
PISÉ .s.m.
Espèce de terre qu'on rend dure et compacte pour en faire des constructions.
Bâtir en pisé. Mur, maison de pisé.
PISSASPHALTE .s.m.
Bitume mollasse, de couleur noire, et d'une odeur forte et pénétrante.
PISSAT .s.m.
Urine. Se dit particulièrement en parlant Des animaux. Du pissat de
cheval. Du pissat de vache. Le pissat de chat est très-puant.
Il ne se dit, en parlant De l'homme, que par une espèce de mépris,
et quand l'urine est en quelque sorte corrompue. Cela sent le pissat. On a
jeté du pissat sur lui.
PISSEMENT .s.m.
Il n'est guère usité qu'en Médecine et dans les expressions
suivantes: Pissement involontaire, Écoulement d'urine qui n'est
sollicité par aucune sensation irritante; Pissement de sang, de pus,
Évacuation de sang, de pus par le canal de l'urètre.
PISSENLIT .s.m.
Enfant qui pisse au lit. C'est un pissenlit. Il est familier.
PISSENLIT .s.m.
Plante à fleurs composées, qui croît aux lieux herbeux et
incultes, et dont les feuilles, à peu près semblables à celles
de la chicorée, se mangent en salade, quand elles sont jeunes et tendres.
Une salade de pissenlits. On la nomme aussi Dent-de-lion.
PISSER . v. n.
Uriner, évacuer l'urine. Pisser à plein canal. Avoir envie
de pisser. Il a beaucoup pissé. Il ne pisse qu'avec peine. Pot à
pisser. Un enfant qui pisse au lit.
Fig. et pop., C'est Jocrisse qui mène les poules pisser, se dit
D'un homme qui se mêle des moindres détails du ménage.
PISSER, est quelquefois actif, comme dans ces phrases: Pisser le sang
tout clair. Il pisse du pus.
PISSÉ, ÉE. participe
PISSEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui pisse souvent. C'est un grand pisseur.
Fam., C'est une pisseuse, se dit D'une petite fille, par une espèce
de dénigrement.
PISSOIR .s.m.
Lieu destiné dans quelques endroits publics, pour y aller pisser. Les
pissoirs du palais. Aller au pissoir.
Se dit aussi d'Un baquet que l'on place dans quelques endroits pour le même
usage. Mettre des pissoirs dans un jardin public.
PISSOTER . v. n.
Uriner très-fréquemment et en petite quantité. Il ne
fait que pissoter.
PISSOTIÈRE . s. f.
On appelle ainsi, par dénigrement, Un jet d'eau ou une fontaine qui jette
peu d'eau. Ce n'est qu'une pissotière.
PISTACHE . s. f.
Petite noix de forme oblongue, qui contient une amande verte et d'une saveur
agréable, dont les confiseurs font de petites dragées, et que les
pharmaciens emploient dans la préparation du looch vert.
Pistache de terre, Petite plante légumineuse, dont les gousses,
qui s'enfoncent dans la terre pour y mûrir, contiennent trois ou quatre
graines semblables à des avelines.
PISTACHIER .s.m.
Arbre dioïque, du Levant, qui porte les pistaches.
PISTE . s. f.
Vestige, trace que laisse l'animal aux endroits où il a marché.
Suivre la bête à la piste. On a perdu la piste de la bête.
En parlant Du cerf, on dit, La voie, et en parlant Du sanglier, La trace.
Se dit aussi en parlant De l'homme. Suivre un homme à la piste. On
a suivi ces voleurs à la piste.
PISTE, en termes de Manége, se dit Des lignes que le cheval qui
travaille trace sur le chemin, soit avec son train de devant, soit avec son train
de derrière, soit avec tous les deux à la fois. Piste simple.
Piste double. Travailler un cheval sur deux pistes. Galoper sur deux pistes.
PISTIL .s.m.
.Bot. Organe femelle de la fructification; il est ordinairement placé
au centre de la fleur, et composé de trois parties: l'ovaire, qui contient
les rudiments des semences; le style, qui est un filet surmontant l'ovaire; et
le stigmate, qui est le sommet de ce filet. Quand le pistil manque, la fleur
est stérile.
PISTOLE . s. f.
Monnaie d'or étrangère. Pistole d'or. Pistole d'Espagne. Pistole
d'Italie. Demi-pistole. Double pistole. Pistole de poids. Pistole légère.
Pistole fausse. Pistole douteuse. Pistole rognée.
Prov., La pistole volante, Pistole qu'on suppose toujours revenir à
celui qui l'emploie. Cet homme fait tant de dépense, qu'on dirait qu'il
a la pistole volante.
Prov. et fig., Être cousu de pistoles, Être fort riche.
PISTOLE, signifie ordinairement, La valeur de dix francs, en quelque
monnaie que ce soit. J'ai acheté cela une pistole. Cela m'a coûté
une pistole. Un sac de cent pistoles, Un sac de mille francs. Les deux premières
phrases sont moins usitées que la dernière.
PISTOLET .s.m.
Arme à feu, qui est beaucoup plus courte que toutes les autres, et qu'on
porte ordinairement à l'arçon de la selle, et quelquefois à
la ceinture. Tirer un coup de pistolet. Charger, décharger un pistolet.
Des fourreaux de pistolets. Essuyer un coup de pistolet. Quand ils furent à
la portée du pistolet. Il n'y a d'ici là qu'une portée de
pistolet. Faire le coup de pistolet. Pistolet à double détente.
Pistolet d'arçon. Une paire de pistolets.
Pistolet de poche, Très-petit pistolet, qu'on porte sur soi, dans
sa poche.
Fig. et fam., S'en aller après avoir tiré son coup de pistolet,
Sortir aussitôt après avoir dit quelque chose de vif, de piquant
dans une conversation, dans une dispute.
Prov., Si ses yeux étaient des pistolets, il le tuerait, se dit
en parlant D'un homme qui lance à un autre des regards menaçants.
En Physique, Pistolet de Volta, Petite bouteille de métal, dans
laquelle on introduit un mélange d'air atmosphérique et de gaz hydrogène,
qui, enflammé par l'étincelle électrique, détone et
fait sauter le bouchon.
PISTON .s.m.
Cylindre de bois, de fer ou de cuivre, qui est ordinairement garni de cuir ou
de feutre par le bout, et qui entre dans le corps d'une pompe, pour servir à
élever l'eau, à la comprimer et à la refouler. Piston
usé. La pompe ne va pas, le piston est rompu. Raccommoder un piston. Un
coup de piston. On dit dans un sens analogue: Le piston d'une seringue.
Le piston d'une machine pneumatique.
Fusil à piston, Fusil dont le chien, fait en forme de marteau,
frappe sur un grain de poudre fulminante qui enflamme la charge.
PITANCE . s. f.
La portion de pain, de vin, de viande, etc., qu'on donne à chaque repas,
dans les communautés. Bonne pitance. Forte pitance. Maigre pitance.
Double pitance. Ils ont tant à chaque repas pour leur pitance. Régler
la pitance. Retrancher de la pitance. Doubler la pitance. Il est familier.
Se dit familièrement, par extension, de La subsistance journalière
des personnes qui ne vivent point en communauté. Il a sa pitance assurée.
J'ai ajouté quelque chose à ma pitance. Il vieillit.
Pop., Aller à la pitance, Aller acheter les provisions nécessaires
pour la subsistance d'un ménage.
PITAUD , AUDE. s.
.mépris. Se dit d'Un paysan lourd et grossier. C'est un gros pitaud,
un franc pitaud. C'est une franche pitaude. Il est populaire.
PITE . s. f.
Petite monnaie de cuivre qui valait le quart d'un denier, et qui n'a plus cours
depuis longtemps.
PITE . s. f.
Espèce d'aloès qui croît dans les îles d'Amérique,
où elle tient lieu de chanvre et de lin. Fil de pite.
PITEUSEMENT . adv.
De manière à exciter la pitié. Il se lamentait piteusement.
Il criait piteusement. Il est familier et ne se prend guère sérieusement.
PITEUX , EUSE. adj.
Digne de pitié, de compassion; propre à exciter la pitié,
la compassion. Il est dans un piteux état, dans le plus piteux état
du monde. Parler d'un ton piteux. Il est familier.
Faire piteuse mine, Faire une mine rechignée. Faire piteuse
chère, Faire mauvaise chère.
Faire le piteux, Se plaindre, se lamenter, sans en avoir autant de sujet
qu'on voudrait le faire croire.
PITIÉ . s. f.
Compassion, sentiment de douleur, de commisération pour les souffrances,
pour les peines d'autrui. Avoir pitié de son prochain. Avoir pitié
des pauvres. Être touché de pitié. L'état où
il est fait pitié, excite la pitié. Émouvoir la pitié.
Cela est digne de pitié. La tragédie doit exciter la terreur et
la pitié. C'est un homme dur et sans pitié. Un coeur sans pitié.
Il n'a pitié de personne. Il n'a pas plus pitié d'un homme que d'un
chien. On a pris pitié de sa peine, de sa misère. Regarder quelqu'un
d'un oeil de pitié.
Prov., Il vaut mieux faire envie que pitié.
Prov., Guerre et pitié ne s'accordent pas ensemble, Ordinairement,
à la guerre, on n'est pas fort touché de pitié, et même
il est quelquefois dangereux de l'être.
Prov., C'est grande pitié, c'est grand'pitié que de nous, c'est
une étrange pitié que de nous, La condition humaine est sujette
à beaucoup de misères.
Fam., C'est grande pitié, c'est grand'pitié, C'est une
chose très-digne de pitié. C'est grande pitié que de voir
ce pauvre vieillard chargé d'un si lourd fardeau. Ce serait grand' pitié
s'il ne trouvait pas d'asile.
PITIÉ, s'emploie quelquefois dans un sens qui marque plutôt
du mépris que de la compassion. Il raisonne à faire pitié,
Il raisonne de travers. Il chante à faire pitié, Il chante
mal. Vous me faites pitié de parler ainsi. Vos menaces me font pitié.
Je vous ménage, j'ai pitié de vous. C'est une pitié de voir
comme il danse, comme il monte à cheval. C'est la plus grande pitié
du monde.
Regarder quelqu'un en pitié, avec des yeux de pitié, Ne
faire aucun cas de lui, le mépriser. C'est un homme dédaigneux,
il regarde toujours les autres en pitié, avec des yeux de pitié.
Regarder quelqu'un en pitié, signifie quelquefois, Éprouver
pour quelqu'un des sentiments de compassion. Son créancier l'a regardé
en pitié, et lui a accordé du temps. On dit dans le même
sens, Prendre en pitié. Faire grâce.
Regarder, parler, traiter avec une pitié offensante, insultante,
Avec une apparence de pitié mêlée à des marques de
mépris.
PITON .s.m.
Sorte de clou dont la tête est en forme d'anneau. Mettre des pitons
pour soutenir une tringle.
PITON, en termes de Géographie, se dit quelquefois Du pic, de
la pointe d'une montagne élevée.
PITOYABLE . adj. des deux genres
Qui est naturellement enclin à la pitié. Une âme sensible
et pitoyable envers les pauvres. Vous êtes bien pitoyable. Vous n'êtes
guère pitoyable. Il est peu usité en ce sens.
Il signifie plus communément, Qui excite la pitié. Il est dans
un état pitoyable. Il a une santé pitoyable. L'état où
il se trouve est pitoyable. Aux accents pitoyables de sa voix. Un récit
pitoyable. Il jetait des cris pitoyables. Une voix pitoyable et lamentable. Histoire
pitoyable et lamentable. Ces deux dernières phrases ne se disent guère
qu'en plaisantant.
Il signifie encore, Méprisable, mauvais dans son genre. Il écrit
d'une manière pitoyable. Tout ce qu'il dit est pitoyable. Style pitoyable.
Discours, raisonnement pitoyable. Conduite pitoyable. Excuse pitoyable. C'est
un auteur, un écrivain pitoyable. Un poëte, un peintre pitoyable,
etc.
En style d'anciennes ordonnances, Lieux pitoyables, Les hôpitaux,
maladreries, etc., où l'on exerce l'hospitalité, la charité.
PITOYABLEMENT . adv.
D'une manière pitoyable, d'une manière qui excite la compassion.
Je l'ai trouvé pitoyablement étendu sur la terre. Il se lamentait
pitoyablement. Il est peu usité en ce sens.
Il signifie plus ordinairement, D'une manière qui excite le mépris.
Il écrit pitoyablement. Il se conduit pitoyablement.
PITTORESQUE . adj. des deux genres
Qui concerne la peinture, qui appartient à la peinture. Le génie
pittoresque a des rapports avec le génie poétique. La composition
pittoresque a ses règles particulières.
Il signifie aussi, Qui produit un grand effet en peinture, dans un tableau.
Cette composition est fort pittoresque. Ce paysage est ordonné, est
éclairé de la manière la plus pittoresque. Ce groupe, cette
figure, cette tête est fort pittoresque.
Il signifie encore, Qui est propre à être peint, qui peut fournir
un sujet de tableau. La tête de ce vieillard est tout à fait pittoresque.
Attitude pittoresque. Ce site est pittoresque. Ce sujet est pittoresque.
PITTORESQUE, se dit, par extension, De tout ce qui peint à l'esprit.
Une description pittoresque. Un récit pittoresque. Vers pittoresque.
Style pittoresque. Expression pittoresque.
PITTORESQUEMENT . adv.
D'une manière pittoresque.
PITUITAIRE . adj. des deux genres
T. d'Anat. Qui a rapport à la pituite. Le sinus pituitaire. Glande
pituitaire. La membrane pituitaire est le siége de l'odorat.
PITUITE . s. f.
Flegme, humeur aqueuse et filante que sécrètent divers organes
du corps. Il désigne plus spécialement La mucosité des membranes
du nez et celle des poumons et de l'estomac. La pituite domine dans son tempérament.
Il a de la pituite, beaucoup de pituite. La pituite l'étouffe. Un débordement
de pituite. Une pituite âcre et salée. Une pituite épaisse
et recuite. Une pituite glaireuse.
PITUITEUX , EUSE. adj.
Qui abonde en pituite, en qui la pituite domine. Humeur pituiteuse. Tempérament
pituiteux. Vieillard pituiteux.
Maladies pituiteuses, Celles qui sont accompagnées d'une excrétion
abondante de pituite.
PIVERT .s.m.
Oiseau du genre des Pics, dont le plumage est jaunâtre et vert.
PIVOINE . s. f.
Plante que l'on cultive dans les jardins pour la beauté de ses fleurs,
qui sont blanches, ou rouges, ou panachées.
PIVOINE .s.m.
Petit oiseau qui a la gorge rougeâtre, et dont le chant est fort agréable.
PIVOT .s.m.
Morceau de fer ou d'autre métal, arrondi par le bout, qui soutient un
corps solide, et qui sert à le faire tourner. Une machine qui tourne
sur son pivot.
Il désigne, par analogie, dans les conversions qu'une troupe exécute,
L'aile sur laquelle on tourne, ou Le point autour duquel se fait la conversion.
Les hommes du pivot. Dans les conversions en marchant, l'homme qui est au pivot
fait le pas de six pouces.
Se dit quelquefois figurément, et signifie, Qui sert d'appui, de soutien.
Cet homme est le pivot sur lequel toute l'affaire tourne. Il est le pivot de
cette administration, de cette entreprise.
PIVOT, se dit aussi de La racine principale de certains arbres, de certaines
plantes, qui s'enfonce perpendiculairement en terre.
PIVOTS, en termes de Vénerie, Les deux os saillants qui sont situés
sur l'os frontal du cerf, du daim, du chevreuil, et qui portent le bois de ces
animaux.
PIVOTANT , ANTE. adj.
.Bot. et d'Agricult. Qui pivote, qui s'enfonce perpendiculairement en terre.
Racine pivotante. Plante pivotante. Arbre pivotant.
PIVOTER . v. n.
Tourner sur un pivot, ou comme sur un pivot. Cette machine ne pivote pas
bien. Faire pivoter.
Se dit aussi Des arbres, des plantes dont la principale racine s'enfonce perpendiculairement
en terre. Le chêne, le poirier pivotent.
PIZZICATO .s.m.
.Musique, emprunté de l'italien. Se dit Des passages que l'on exécute
en pinçant un instrument dont on joue ordinairement avec un archet. Les
basses seules feront le pizzicato.
Se dit aussi adverbialement. Les basses joueront pizzicato.
PLACAGE .s.m.
Ouvrage de menuiserie ou d'ébénisterie, fait de bois scié
en feuilles, qui sont appliquées sur d'autre bois de moindre prix. Menuiserie
de placage. Table, commode, armoire de placage. Bureau de placage.
Se dit, figurément et familièrement, Des ouvrages d'esprit composés
de morceaux pris çà et là, ou Des parties d'ouvrages qui
semblent avoir été faites à part et non d'après un
dessein général. Ce poëme n'est qu'un ouvrage de placage.
Ce morceau n'est qu'un placage, n'est que du placage.
PLACARD .s.m.
Assemblage de menuiserie, qui s'élève au-dessus d'une porte, et
va ordinairement jusqu'au plafond. Il faut un placard au-dessus de cette porte.
Porte à placard, Porte ornée de diverses pièces.
PLACARD, se dit aussi Des armoires pratiquées dans les enfoncements
de mur. Il y a des placards des deux côtés de la cheminée.
PLACARD .s.m.
Écrit ou imprimé qu'on affiche dans les places, dans les carrefours,
pour informer le public de quelque chose. Afficher un placard. On a averti
le public par un placard. Une ordonnance imprimée en placard, en forme
de placard.
Se dit aussi d'Un écrit injurieux ou séditieux, qu'on rend public
en l'appliquant au coin des rues, ou en le semant parmi le peuple. Afficher
des placards. Semer des placards. Placards injurieux. Placards séditieux.
En termes d'Imprimerie, Épreuve en placard, ou simplement, Placard,
Épreuve imprimée d'un seul côté de la feuille, et sans
que la composition ait été divisée en pages.
PLACARDER . v. a.
Mettre, afficher un placard. On vient de placarder une ordonnance de police.
Placarder quelqu'un, Afficher contre lui un placard injurieux; et, par
extension, Distribuer contre lui des écrits diffamatoires.
Fig., Ils l'ont placardé de toutes les manières, se dit
en parlant D'un homme que la critique, que la satire a beaucoup attaqué,
et avec une grande publicité.
PLACARDÉ, ÉE. participe, Ce mur est tout placardé,
Tout couvert de placards.
PLACE . s. f.
Lieu, endroit, espace qu'occupe ou que peut occuper une personne, une chose.
La place est remplie, prise, occupée. La place est vide. La place est
trop petite pour deux. Il y a place pour vingt couverts. Mettre, ranger chaque
chose à sa place, en sa place. Laisser la place libre. Changer des livres,
des meubles de place. Il change de place à tout moment. Il ne saurait durer
en place. Demeurer en place. Se tenir en place. Céder, donner sa place
à quelqu'un. Quitter, abandonner, perdre sa place. Ne bouger d'une place.
Sortir de sa place. Se remuer de sa place. Affecter une place. Ce n'est pas là
votre place. Retenir des places à la diligence. Prendre place au banquet.
Prendre place parmi les convives. Il tient bien sa place à table. S'emparer
de la place d'honneur. Il faut tirer les places. La première place. La
seconde place. Voilà une belle place pour bâtir. C'était là
la place de sa maison, la place de son cabinet. Il n'y a pas de place dans son
cabinet pour tous ses livres. Il n'y a pas de place ici pour se retourner. Je
n'ai pas pu trouver de place, trouver place au spectacle. Réservez-moi
une place près de vous. Faites-moi une petite place à côté
de vous. Quel est le prix des places au parterre, aux premières loges?
Garder des places. J'ai payé votre place. La ville donne à loyer
des places dans les marchés. Dans ce combat, je fus blessé à
la main, voici la place.
Place marchande, Place commode pour vendre de la marchandise. Si vous
voulez vendre, mettez-vous en place marchande, choisissez une place marchande.
Fig. et fam., Être, se mettre en place marchande, Être, se
mettre en lieu propre pour être vu et entendu.
Fig. et fam., Nous ne sommes pas en place marchande, Nous ne sommes pas
dans un lieu convenable pour parler, pour traiter d'affaires.
Quitter la place à quelqu'un, Se retirer devant lui, le laisser
à la place qu'on occupait. Je m'aperçois que je vous gêne,
je vous quitte la place.
Faire place nette, Vider le logement qu'on occupait dans une maison,
en ôter tous les meubles.
La place n'est pas tenable, On ne saurait y demeurer sans une extrême
incommodité, sans y souffrir beaucoup. Je me retire de là, car
la place n'est pas tenable.
Se faire place, se faire faire place, Pénétrer, arriver,
se mettre où on veut être.
Faire place à quelqu'un, Se ranger afin qu'il passe, qu'il aille
se mettre à sa place. Il signifie aussi, Lui donner une place auprès
de soi. Venez auprès de nous, nous vous ferons place. Il signifie
encore, Céder sa place à un autre, quitter sa place. Il y a longtemps
que vous êtes là, faites place aux autres.
Fig., L'amour, dans son coeur, a fait place à la haine, La haine
y a remplacé l'amour. On dit de même, Le mépris a pris
la place de l'estime.
Place, place. Façon de parler dont on se sert pour faire ranger
ceux qui empêchent de passer, pour demander, pour ordonner de s'écarter,
de faire place.
Sur la place, au milieu de la place, À terre, par terre. Cela
est tombé au milieu de la place. Du premier coup de poing il l'a étendu
sur la place.
Être tué sur la place, tomber mort sur la place, Être
tué, tomber mort sur-le-champ, tout d'un coup, sur le lieu même.
En parlant D'une bataille, d'un combat, on dit, Il est demeuré mille
hommes, deux mille hommes, etc., sur la place, Mille hommes, deux mille hommes,
etc., ont été tués sur le champ de bataille, sur le lieu
où s'est donné le combat.
Ce mot n'est pas dans sa place, à sa place, Il ne convient pas
à l'endroit où on l'a mis. On dit dans le même sens, Cette
pensée, ce discours, cette réflexion n'est pas en sa place, à
sa place. On dit aussi, C'est une beauté hors de place.
Cela n'est pas tout à fait à sa place, se dit, par adoucissement,
D'une action, d'une parole qui manque de convenance.
Fig., Se tenir à sa place, ne pas se tenir à sa place,
Observer, ne pas observer les bienséances qu'exige sa condition, son état.
Cet homme est, n'est pas à sa place, Il est, il n'est pas dans la
situation, dans l'emploi qui lui convient.
Avoir place dans l'histoire, tenir sa place dans l'histoire, Être
mentionné, être célébré dans l'histoire. Cette
action mérité d'avoir place dans l'histoire, peut fort bien tenir
sa place dans l'histoire. On dit à peu près dans le même
sens, Il tiendra sa place parmi les grands hommes.
Cette réflexion, ce fait, ce trait trouvera place, trouvera sa place,
aura sa place dans l'ouvrage, Il y en sera fait mention.
Avoir, obtenir, conserver une place dans le coeur de quelqu'un, dans son
estime, dans son amitié, dans sa confiance, Être aimé,
estimé de lui. On dit aussi, Donnez-moi, accordez-moi, ne me refusez
pas une place dans votre amitié, dans votre estime, dans votre souvenir.
Fig., Se mettre en la place, et plus ordinairement à la place
de quelqu'un, de supposer dans l'état, dans la situation où
il est. Mettez-vous à ma place. Elliptiquement, À ma place,
que feriez-vous? Supposez que vous soyez à ma place. Si vous étiez
en sa place, vous seriez aussi embarrassé que lui. En termes de Pratique,
Subroger quelqu'un en son lieu et place.
Je ne voudrais pas être à sa place, se dit en parlant D'une
personne qui est dans une situation pénible, embarrassante, ou qui est
menacée de quelque événement fâcheux.
PLACE, se dit, figurément, de La dignité, de la charge,
de l'emploi qu'une personne occupe dans le monde. Place éminente, importante.
Place de confiance. Demander, solliciter, obtenir, accepter, refuser une place.
C'est le ministre qui nomme à cette place. Il a été désigné
pour remplir, pour occuper cette place. Il remplit bien, il fait bien sa place.
Connaître les droits, les devoirs de sa place. Il était dans une
belle place, mais il n'a pas su s'y maintenir. On l'a ôté de sa place,
et on y a mis une autre personne. On n'en voulait pas à sa personne, on
n'en voulait qu'à sa place.
Absolument, Être en place, Être dans un emploi, dans une
charge qui donne de l'autorité, de la considération. Rester en
place, Conserver son emploi. Être sans place, N'avoir point d'emploi.
Être hors de place, Avoir été dépouillé
de son emploi.
Un homme en place, Un homme revêtu d'un emploi honorable. Les
devoirs, les droits d'un homme en place. Les gens en place.
PLACE, dans les Colléges, signifie, Le rang qu'un écolier
obtient par sa composition. On compose demain pour les places. On donne aujourd'hui
les places. Il a eu la première place, une bonne place, une mauvaise place.
PLACE, signifie aussi, Espace, lieu public découvert et environné
de bâtiments, soit pour l'embellissement d'une ville, soit pour la commodité
du commerce. Place publique. La place Vendôme. La place Dauphine. La
place des Victoires. La place Maubert. Etc.
Place de fiacres, de cabriolets, Endroit où doivent stationner
les fiacres et les cabriolets à l'usage du public, quand ils ne sont pas
employés. La tête, la fin de la place. C'est par allusion
à ce sens qu'on dit, Une voiture, un cabriolet de place.
PLACE, s'emploie quelquefois absolument, pour signifier, Le lieu du change,
de la banque; le lieu où les banquiers, les négociants s'assemblent
dans une ville, pour y traiter des affaires de leur commerce, de leur négoce.
Négocier un billet sur la place. Avoir crédit sur la place. Il
n'y a point d'argent sur la place. Négocier un billet de place en place.
Faire des remises de place en place. Faire valoir son argent sur la place. Ces
billets, ces effets gagnent, perdent sur la place.
Jour de place, Un des jours où les négociants d'une ville
ont coutume de s'assembler.
PLACE, se dit quelquefois de Tout le corps des négociants, des
banquiers d'une ville. La place de Lyon est une des meilleures, une des plus
riches de France. Cette place n'est pas sûre, on y est menacé de
beaucoup de faillites.
PLACE, signifie encore, Une ville de guerre, une forteresse. Place
forte. Place imprenable, inexpugnable. Place régulière. Place irrégulière.
Place frontière. Place maritime. Fortifier une place. Reconnaître,
assiéger, attaquer, investir, bloquer une place. Insulter, forcer, prendre
une place. Emporter une place d'assaut. Secourir une place. Raser, démanteler
une place. C'est une place qui n'est pas de défense, qui n'est pas à
l'abri d'un coup de main. Au siége de telle place. La place ne tint que
huit jours de tranchée ouverte. Les dehors d'une place. Le corps de la
place. La garnison d'une place. Le commandant d'une place. La place est commandée,
dominée par une hauteur, par une éminence. Rendre une place. Évacuer
une place. Il fut tué aux approches de la place.
Place d'armes, Lieu spacieux, destiné à des revues, à
des exercices militaires. Dans cette ville il y a une très-belle place
d'armes. La place d'armes du camp était vaste et spacieuse.
Place d'armes, se dit encore de La partie des tranchées dans laquelle
on réunit, pendant un siége, les troupes destinées à
repousser les sorties. On avait fait dans la tranchée des places d'armes
de distance en distance, pour repousser les sorties des ennemis.
Place d'armes, se dit aussi de La ville frontière où est
le dépôt principal des vivres, des munitions de l'armée, et
sous laquelle les troupes peuvent se retirer en cas de besoin.
PLACEMENT .s.m.
Action de placer de l'argent. Se dit aussi de L'argent placé. Il cherche
à faire un placement. Bon placement. Placement sûr. Son placement
lui est rentré.
Bureau de placement, Établissement dans lequel on procure diverses
places d'employés, de domestiques, à ceux qui en ont besoin; et
des employés, des domestiques, aux personnes qui en manquent.
PLACENTA .s.m.
T. d'Anat. Masse charnue et spongieuse, qui est à l'extrémité
du cordon ombilical, et par laquelle le foetus s'attache à la matrice et
reçoit la nourriture que lui fournit le corps de sa mère. Le
placenta, l'amnios, et le chorion, composent l'arrière-faix.
Se dit, par analogie, en Botanique, de Cette partie intérieure du fruit
à laquelle les semences ou graines sont immédiatement attachées.
PLACER . v. a.
Situer, mettre dans un lieu. Il importe de bien placer un bâtiment,
une maison. Il a tant de meubles, qu'il ne sait où les placer. Où
voulez-vous placer vos livres? Où placerez-vous tout ce monde-là?
On les plaça suivant leur rang et leur dignité. On l'emploie
souvent avec le pronom personnel. Placez-vous où vous pourrez.
Se dit quelquefois, absolument, en parlant De celui qui est chargé de
donner, d'indiquer les places, dans une cérémonie, dans une assemblée.
Il fut chargé de placer.
Au Jeu de paume, Placer la balle, La pousser de manière qu'elle
aille frapper où l'on veut. Il place bien la balle. On dit dans
le même sens, Ce joueur de paume place bien son coup. On dit aussi,
en termes d'Escrime, Placer bien son coup.
En termes de Manége, Placer un homme à cheval, Le mettre
à cheval dans la position où il doit être. Placer un cheval,
Le maintenir en équilibre dans tous les mouvements qu'on lui fait exécuter;
ou simplement, Le mettre dans une certaine position pour le faire voir.
Placer un propos, un mot, etc., Le dire en un certain moment, en une
certaine occasion et pour un certain effet. Cet homme place bien, place mal
ce qu'il dit. Placer un mot à propos. Placer bien une citation. Cet auteur
fait beaucoup de réflexions politiques qu'il place tantôt bien, tantôt
mal. Cet homme veut toujours placer quelque chose de sa façon. Il place
à tort et à travers ses anecdotes, ses bons mots. Si vous trouvez
à placer ce que je vous dis, n'y manquez pas.
Placer bien ses charités, ses aumônes, Faire ses charités,
ses aumônes avec choix, avec discernement. On dit de même, Placer
bien ses grâces, ses faveurs, ses bienfaits, ses libéralités,
Choisir des personnes de mérite pour leur faire du bien.
Placer bien, placer en bon lieu son affection, son amitié, sa confiance,
Donner son affection, son amitié, sa confiance à des personnes qui
en sont dignes.
Placer de l'argent, Mettre de l'argent à intérêt,
le faire profiter, soit par contrat de constitution, soit autrement; en acheter
des maisons, un domaine, des actions, etc. Il a beaucoup d'argent, et il ne
trouve point à le placer. Il cherche à placer son argent avec sûreté.
Placer de l'argent à la banque. Placer de l'argent sur l'État, sur
des particuliers. Placer son argent au taux légal, à cinq pour cent,
à gros intérêt. Il a placé son argent en fonds de terre.
Placer son argent dans une entreprise.
Placer une personne, Lui donner, lui procurer un emploi, une condition.
Il avait trois enfants, et il les a tous placés avantageusement. On
l'a placé dans un bon poste. Placer un jeune homme dans un régiment,
dans la cavalerie, dans l'infanterie. Placer un commis. Placer un domestique.
Il est capable de travailler, il faudrait le placer quelque part. Je cherche à
le bien placer. On dit aussi, avec le pronom personnel, Se placer,
Entrer dans une maison pour quelque travail, pour quelque service. Il s'est
place chez un riche marchand. Il cherche à se placer. Il espère
se placer bientôt.
PLACER, s'emploie quelquefois figurément et au sens moral. Son
génie l'a placé au premier rang des écrivains célèbres,
dans les premiers rangs de la littérature. Ses vertus le placent parmi
les hommes les plus estimés de son pays. Les circonstances l'ont placé
dans les situations les plus heureuses, les plus difficiles. On l'emploie
aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Il s'est placé par ses
exploits au rang des plus fameux héros.
PLACÉ, ÉE. participe, Avoir le corps bien placé,
la poitrine, les épaules bien placées, Les avoir dans la position
où il convient.
Fig., Avoir le coeur bien placé, Avoir de l'honneur, de la vertu,
n'avoir que des sentiments d'honnête homme. On dit dans le sens contraire,
Avoir le coeur mal placé.
Cela n'est pas bien placé, se dit D'une chose que l'on improuve
pour quelque manque de convenance.
C'est un homme qui serait placé partout, bien placé partout,
C'est un homme fait pour être bien reçu dans les sociétés
les plus distinguées; c'est un homme qu'on pourrait appeler aux emplois
qui exigent le plus de talent.
PLACET .s.m.
Petit siége, sans bras et sans dossier. Un placet dur. Un placet mollet.
Un placet trop bas, trop haut. Un placet de velours, de damas. Il a vieilli:
on dit aujourd'hui, Tabouret.
PLACET .s.m.
Demande succincte par écrit, pour obtenir justice, grâce, faveur,
etc. Placet au roi. Il a présenté un placet au ministre. Son
placet n'a point encore été répondu. On présente des
placets aux tribunaux pour obtenir audience. Excepté dans cette dernière
phrase, il a vieilli: on dit, Pétition.
PLAFOND .s.m.
T. d'Archit. Surface plane et horizontale qui forme, dans une construction,
la partie supérieure d'un lieu couvert. Le plafond des temples égyptiens
était peint en bleu. Les plafonds des péristyles grecs étaient
ornés de caissons.
Se dit plus ordinairement de La surface, plate ou même cintrée,
de plâtre ou de menuiserie, et quelquefois ornée de peintures, qui
forme le haut d'une salle, d'une chambre, etc. Plafond de plâtre. Riche
plafond. Plafond peint. Plafond peint en compartiments, en perspective. Plafond
doré. Les plafonds sont faits pour cacher les poutres et les solives. Faux
plafond de toile.
Plafond de corniche, Le dessous du larmier.
PLAFONNAGE .s.m.
Action de plafonner, travail de celui qui plafonne. Le plafonnage de cet
appartement a coûté fort cher.
PLAFONNER . v. a.
Couvrir le dessous d'un plancher; garnir de plâtre ou de menuiserie le
haut d'une salle, d'une chambre, etc. Il a fait plafonner son appartement.
En Peinture, Plafonner une figure, Donner à une figure peinte
sur un plafond le raccourci nécessaire pour que, vue de bas en haut, elle
fasse un bon effet. On dit aussi neutralement, Cette figure plafonne, Elle
est bien conforme aux règles de la perspective, en sorte qu'elle paraît
telle qu'on a voulu la représenter.
PLAFONNÉ, ÉE. participe, Une chambre plafonnée.
PLAFONNEUR .s.m.
Celui qui plafonne, qui fait des plafonds de plâtre.
PLAGAL . adj. m.
.Musique. Voyez MODE.
PLAGE . s. f.
Rivage de mer plat et découvert. Les navires étaient à
l'ancre le long de la plage. La plage est bonne. La plage est mauvaise. Le navire
a été jeté, a échoué sur la plage.
PLAGE, signifie poétiquement, Contrée, climat. Il n'y
a point de plage si lointaine où le bruit de ses victoires n'ait pénétré.
PLAGIAIRE . adj. des deux genres
Qui s'approprie ce qu'il a pillé dans les ouvrages d'autrui. Auteur
plagiaire.
S'emploie plus ordinairement comme substantif masculin. C'est un plagiaire.
Les plagiaires sont fort communs. Plagiaire effronté.
PLAGIAT .s.m.
Action du plagiaire. Cet auteur est accusé de plagiat. Adroit plagiat.
Plagiat impudent. On a découvert tous ses plagiats. Il dissimule adroitement
ses plagiats.
PLAID .s.m.
Ce que dit un avocat pour la défense d'une cause. En ce sens, il n'est
guère usité que dans la locution proverbiale, Peu de chose, peu
de plaid, Il ne faut pas de longs discours pour éclaircir, pour vider
une affaire de peu de conséquence; ou bien, La chose dont on parle ne vaut
pas la peine d'être contestée.
Tenir les plaids, Tenir l'audience. Les plaids tenants, À
l'audience. Les plaids sont ouverts, Les juges recommencent à donner
audience. Ces phrases, qui ont vieilli, n'étaient usitées que dans
les provinces et en parlant Des justices inférieures.
Prov., Être sage au retour des plaids, Perdre l'envie de plaider
après avoir soutenu et perdu quelque procès.
PLAID .s.m.
Manteau écossais.
PLAIDANT , ANTE. adj.
Qui plaide. Les parties plaidantes.
Avocat plaidant, Avocat qui fait profession de plaider; par opposition
à Avocat consultant, Celui qui ne fait que donner des consultations.
PLAIDER . v. n.
Contester quelque chose en justice. Il y a dix ans qu'ils plaident l'un contre
l'autre. Ils plaident pour le partage d'une succession. C'est un mauvais métier
que de plaider. Il s'est ruiné à plaider. Il aime à plaider.
Il plaide contre sa signature.
Il signifie aussi, Défendre, soutenir de vive voix la cause, le droit
d'une partie devant les juges. Il plaide pour un tel contre un tel. Votre avocat
a fort bien plaidé. Il plaide avec chaleur, avec action, avec véhémence.
PLAIDER, est aussi actif. Cet avocat a bien plaidé votre cause.
J'ai été obligé de plaider moi-même ma cause.
Plaider une cause, se dit, figurément et en général,
De celui qui prend la défense de quelqu'un, ou qui appuie de raisons l'opinion
qu'il soutient. Il plaide fort bien sa cause. Il a bien plaidé une mauvaise
cause.
Plaider quelqu'un, Lui faire un procès, l'appeler en jugement.
Il a été obligé de plaider son tuteur pour lui faire rendre
compte. Si vous ne me satisfaites pas, je serai contraint de vous plaider.
En termes de Palais, Plaider un fait, un moyen, Avancer, soutenir un
fait, employer, faire valoir un moyen en plaidant. Le fait que cet avocat a
plaidé n'est pas exact.
On a plaidé que, On a avancé en plaidant que.
Prov. et fam., Plaider le faux pour savoir le vrai, Dire à quelqu'un
une chose qu'on sait être fausse, pour tirer de lui le secret de la vérité.
PLAIDÉ, ÉE. participe, Cause bien plaidée, mal
plaidée.
PLAIDEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui plaide, qui est en procès. La condition des plaideurs
est malheureuse.
Il signifie aussi, Celui, celle qui aime à plaider, à chicaner.
C'est un plaideur fieffé. C'est une franche plaideuse. C'est un grand
plaideur. On est malheureux d'avoir affaire à un plaideur.
PLAIDOIRIE . s. f.
L'art de plaider une cause; La profession et l'exercice qu'on en fait. S'exercer
à la plaidoirie. Il excelle dans la plaidoirie. Il a quitté la plaidoirie.
Cet avocat est meilleur pour la consultation que pour la plaidoirie.
Il signifie aussi, L'action de plaider. Cette plaidoirie a tenu six audiences.
Pendant la plaidoirie de cette cause, on a tâché d'accommoder les
parties. Les plaidoiries cessent à la fin d'août, et recommencent
en novembre.
PLAIDOYABLE . adj. m.
.Palais. Se dit Des jours d'audience, des jours où l'on peut plaider.
Il fut assigné au premier jour plaidoyable. Il est vieux.
PLAIDOYER .s.m.
Discours prononcé à l'audience pour défendre le droit d'une
partie. Cet avocat a fait un beau plaidoyer. Tout le monde sortit fort content
de son plaidoyer. Les plaidoyers de Patru, de le Maistre, de Cochin.
PLAIE . s. f.
Solution de continuité, ordinairement sanglante, faite aux parties molles
du corps par quelque accident, par quelque blessure, ou par la corruption des
humeurs. Grande plaie. Plaie dangereuse, profonde, incurable. Plaie envenimée.
Panser une plaie. Mettre le fer dans une plaie. Guérir une plaie. On a
laissé fermer trop tôt cette plaie. Sa plaie saigne encore. Sa plaie
s'est rouverte. Sa plaie s'est promptement cicatrisée. Il est couvert de
plaies. Laver, nettoyer, déterger une plaie. On a sondé, on a cautérisé
la plaie. Les plaies de la tête, de la poitrine, etc. Rapprocher les lèvres
d'une plaie. Tout son corps n'est qu'une plaie. Il est couvert de plaies.
Les plaies de Notre-Seigneur, ou Les cinq plaies, Les blessures
qui furent faites à JÉSUS-CHRIST le jour de sa passion.
Prov., Ne demander que plaie et bosse, Souhaiter qu'il y ait des querelles,
des procès, qu'il arrive des malheurs, dans l'espérance d'en profiter,
ou par pure malignité.
Prov. et fig., Plaie d'argent peut se guérir, ou Plaie d'argent
n'est pas mortelle, se dit en parlant D'une dépense imprévue
et fâcheuse, mais qui ne ruine pas, d'une perte d'argent qui peut se réparer,
qu'on peut supporter.
Fig., Les plaies des arbres, Les ouvertures qui se font, qui sont faites
à l'écorce des arbres.
PLAIE, se dit quelquefois, figurément, Des cicatrices. Il montrait
ses plaies pour rappeler les combats où il s'était trouvé.
PLAIE, se dit aussi, figurément, de Ce qui est très-préjudiciable
à un État, à une famille, à un particulier. Le
désordre des finances est la plaie de cet empire. La perte de cette bataille
est une plaie qui saignera longtemps. Quelques années de paix suffiront
pour fermer, pour guérir, pour cicatriser les plaies de l'État.
L'arrêt qu'on a rendu contre lui, fait une plaie à son honneur. Ne
lui parlez point de la mort de son ami, cela rouvrirait sa plaie. Sa plaie saigne
encore.
Prov., Mettre le doigt sur la plaie, Indiquer nettement ce qui met dans
une situation fâcheuse un peuple, une famille, un individu.
Dans le style de l'Écriture, Les plaies d'Égypte, Les fléaux
dont Dieu punit l'endurcissement de Pharaon. Frapper d'une plaie, de plaies,
Accabler d'un ou de plusieurs fléaux.
PLAIGNANT , ANTE. adj.
.Palais et de Police. Qui se plaint en justice de quelque tort qu'on lui a fait.
La partie plaignante.
S'emploie aussi substantivement. Ledit plaignant. Ladite plaignante.
PLAIN , AINE. adj.
Qui est uni, plat, sans inégalités. La Beauce est un pays plain.
La bataille s'est donnée en plaine campagne.
Chambres, pièces de plain-pied, Chambres, pièces d'un appartement
qui sont au même étage et de même niveau. Il y a six chambres,
six pièces de plain-pied dans cet appartement.
Plain-pied, s'emploie quelquefois substantivement. Il y a beaucoup
de plain-pied dans cette maison, Il y a, dans cette maison, plusieurs appartements
composés d'un grand nombre de pièces de plain-pied. On dit dans
le même sens, Un plain-pied, un beau plain-pied.
De plain-pied, s'emploie aussi adverbialement, et signifie, Sans monter
ni descendre. Les deux appartements se communiquent, et l'on va de l'un à
l'autre de plain-pied. De la salle on entre de plain-pied dans le jardin.
Fig. et fam., Cela va de plain-pied, Cela va sans dire, cela va sans
difficulté.
Velours plain, satin plain, Velours, satin uni, et où il n'y a
nulle façon. Linge plain, Le linge uni, à la différence
du Linge ouvré et du Linge damassé, dont on se sert
pour la table. On dit plus ordinairement aujourd'hui, Velours, satin, linge
uni.
Plain-chant, Le chant ordinaire de l'église. Chanter le plain-chant.
Cette musique ressemble à du plain-chant.
En termes de Fauconnerie, Cet oiseau va de plain, Il plane, il se soutient
en l'air sans mouvement apparent des ailes.
PLAINDRE . v. a.
Être touché des maux des autres, ressentir de la pitié;
Témoigner la compassion qu'on éprouve pour les peines d'autrui.
Plaindre les malheureux. Je vous plains extrêmement. Je plains sa famille.
Tout le monde vous plaint. Je plains votre malheur, votre disgrâce. C'est
un homme qui mérite qu'on le plaigne. Il est fort à plaindre, bien
à plaindre. Je vous plains dans le fond du coeur. Il n'est pas trop à
plaindre. Personne ne le plaint. Je vous plains de la perte que vous avez faite.
PLAINDRE, signifie aussi, Employer, donner avec répugnance, à
regret, d'une manière insuffisante. Il ne faut point plaindre sa peine
pour ses amis. Quand il est question de servir ses amis, c'est un homme paresseux
et qui plaint ses pas. Il ne plaint ni son temps ni ses soins, quand il s'agit
d'obliger. Il plaint le pain à ses gens, il plaint le pain que ses gens
mangent. Il plaint l'avoine à ses chevaux. Il plaint jusqu'aux habits qu'il
donne à ses enfants.
Se plaindre une chose, S'en passer par avarice. Cet homme se plaint
toutes choses. Cette femme s'est plaint toute sa vie le boire et le manger. Ils
se sont toujours plaint les choses dont ils avaient le plus de besoin.
Ne point plaindre l'argent, la dépense, Aimer à dépenser,
dépenser volontiers.
PLAINDRE, avec le pronom personnel, signifie, Se lamenter. Il est
malaisé de ne pas se plaindre quand on souffre. Il a souffert de grandes
douleurs sans se plaindre. Il a tout le corps si douloureux, qu'il se plaint dès
qu'on le touche. Il se plaint comme une femme. Il se plaint pour la moindre chose,
pour peu de chose. Il aime à se plaindre et à être plaint.
Il se plaint sans sujet. Il se plaint toujours. Se plaindre de sa misère,
de sa pauvreté.
Il signifie aussi, Témoigner son mécontentement de quelque chose,
du mécontentement contre quelqu'un. Il se plaint fort de vous et de
la mauvaise réception que vous lui avez faite. Il prétendait avoir
sujet de se plaindre de la cour. Quel sujet avez-vous de vous en plaindre? C'est
lui-même qui s'est attiré ce malheur, il ne doit se plaindre de personne.
Tout le monde croit être en droit de se plaindre de la fortune. Elle s'est
plainte de votre conduite. Nous nous sommes plaints de vos procédés.
Je me plains à vous de vous-même. J'ai fort à me plaindre
de vous. Tout le monde se plaint de lui. Il se plaint de ce qu'on le calomnie.
Il se plaint qu'on l'ait calomnié. Il s'est venu plaindre à moi
de vos procédés.
Il signifie, en termes de Palais et de Police, Rendre plainte. Se plaindre
en justice. Il est allé se plaindre au commissaire.
PLAINT, AINTE. participe
PLAINE . s. f.
Plate campagne, grande étendue de terre dans un pays uni. Grande plaine.
Plaine vaste. Plaine d'une grande étendue. Plaines fertiles. Des plaines
arrosées de petits ruisseaux. La plaine est inondée par le débordement
de la rivière. Les plaines de la Beauce. La plaine de Saint-Denis. Les
troupes étaient campées dans la plaine. Cette place domine sur toute
la plaine. La Pologne est un pays de plaines. La plaine s'étend jusqu'à
tel endroit.
Plaine d'eau, Grande étendue d'eau, calme et unie. Le lac formait
une immense plaine d'eau.
Poétiq., La plaine liquide, La mer.
PLAINTE . s. f.
Gémissement, lamentation. S'abandonner aux cris et aux plaintes. Les
plaintes d'un malade, d'un homme qui souffre. La plainte le soulage. La douleur
ne lui arracha pas une seule plainte. Le ciel a entendu ses plaintes.
Il signifie aussi, Ce qu'on dit, ce qu'on écrit pour faire connaître
le sujet qu'on a de se plaindre de quelqu'un. Former des plaintes contre quelqu'un.
Il en porta ses plaintes au ministre. Il en fit ses plaintes à plusieurs
personnes. Il fait de grandes plaintes de vous, contre vous. Il en a fait des
plaintes bien aigres et bien amères. Il s'est répandu en plaintes
à ce sujet. Il m'a adressé les plaintes les plus graves contre vous.
Ses plaintes sont bien fondées, sont mal fondées, sont exagérées.
On n'a pas écouté ses plaintes. On a fermé l'oreille à
ses plaintes. On a étouffé ses plaintes. Ses plaintes ont éclaté
en tous lieux. Ils ont de grands sujets de plainte l'un contre l'autre. Je ne
lui ai donné aucun sujet de plainte. On vous fera justice sur vos plaintes.
Il signifie aussi, L'exposé qu'on fait en justice du sujet qu'on a de
se plaindre. Rendre plainte en justice. Rendre sa plainte au commissaire. Le
magistrat a reçu sa plainte. Porter plainte. Porter sa plainte. J'ai lu
sa plainte. On lui a donné acte de sa plainte.
PLAINTIF , IVE. adj.
Qui a l'accent de la plainte. Voix plaintive. Ton plaintif. Chant plaintif.
Romance plaintive.
Se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui se plaint souvent, à tout
propos, qui fatigue les autres par ses plaintes. C'est un homme plaintif. C'est
le plus plaintif de tous les hommes. Il est toujours chagrin, toujours plaintif.
Poétiq.: Mânes plaintifs. Ombres plaintives. La plaintive tourterelle.
PLAINTIVEMENT . adv.
D'un ton plaintif, d'une voix plaintive. Réciter plaintivement. Chanter
plaintivement. Il chante plaintivement les airs les plus gais.
PLAIRE . v. n.
Agréer, être agréable, causer à quelqu'un un sentiment
ou une sensation qu'il aime à éprouver. Cet homme-là me
plaît beaucoup. Il a tout ce qui peut plaire. Elle n'est pas très-belle,
mais elle plaît, elle plaît à tout le monde. Elle n'a qu'à
se montrer pour plaire. Elle a le don, le secret, l'art de plaire. Elle a une
grande envie de plaire, un grand désir de plaire. Elle a tous les moyens
de plaire. Le but de l'écrivain doit être d'instruire et de plaire.
La vérité plaît aux esprits bien faits. Cet ouvrage plaît
à ma raison. De telles actions plaisaient à son coeur. La chasse,
la musique lui plaît. Ce tableau-là me plaît plus que l'autre.
Ce qui lui a plu une fois, lui plaît toujours. Cela ne me plaît pas.
Cela me plaît fort. Le vert plaît aux yeux.
Cela vous plaît à dire. Locution familière servant
à faire connaître qu'on ne convient pas de ce qui vient d'être
dit, ou à énoncer un refus. Vous prétendez que c'est un
bonhomme; cela vous plaît à dire. Vous voulez que je fasse cette
démarche; cela vous plaît à dire.
PLAIRE, s'emploie aussi avec le pronom personnel régime indirect,
et signifie, Prendre plaisir à quelque chose. Il se plaît à
étudier. Il se plaît à lire. Il se plaît à vous
mettre en colère. Il ne se plaît qu'à faire du mal. Il ne
se plaît à rien. Je me plais au jardinage, à l'agriculture.
Elle s'est plu à vous contredire. Ils se sont plu à me persécuter.
Il signifie aussi, Aimer à être dans un lieu, s'y trouver bien.
Il se plaît à la campagne. C'est un des lieux où je me
plais le plus. Je ne saurais me plaire ici. Il se plaît dans sa famille.
Se dit, en ce sens, Des animaux. Le gibier se plaît dans les taillis.
Les truites se plaisent dans l'eau vive.
Se dit aussi, figurément, Des plantes. La vigne se plaît dans
les terres pierreuses. Le sapin se plaît sur les montagnes.
Se plaire à soi-même, Être satisfait de soi. Il
est trop persuadé qu'il plaît à tout le monde, pour ne pas
se plaire beaucoup à lui-même. Pour un écrivain, le meilleur
moyen de plaire à ses lecteurs, est de ne pas se plaire trop aisément
à lui-même.
PLAIRE, s'emploie aussi impersonnellement, en parlant D'une chose qu'on
veut, qu'on a pour agréable. Il a plu à Dieu de finir ses misères.
Il faut demander à Dieu qu'il lui plaise de calmer le courroux de votre
père, qu'il lui plaise que votre père s'apaise. Il n'en sera que
ce qu'il vous plaira. Je ferai ce qu'il vous plaira. Vous plaît-il d'être
de la partie? Il ne me plaît pas que vous alliez là. Il mène
cet homme-là comme il lui plaît. Il en fait tout ce qu'il lui plaît.
S'il vous plaît de vous en informer. Pour répondre à ce qu'il
vous a plu de m'écrire, je vous dirai que... Que vous plaît-il que
je fasse? Ce qui me plaît, c'est que vous fassiez telle chose.
Nous voulons et nous plaît ce qui suit. Formule qui était
autrefois employée dans les édits et déclarations du roi.
S'il vous plaît, employé absolument, est souvent un simple
terme de civilité. Soyez, s'il vous plaît, persuadé que
je vous servirai en toutes choses. Faites-moi, s'il vous plaît, la grâce
de m'écouter. Donnez-moi cela, s'il vous plaît. Répondez,
s'il vous plaît, à la question que je vais vous faire. C'est
aussi une façon de parler qui ajoute quelque énergie à ce
qu'on dit. Croyez, s'il vous plaît, que je sais bien ce que je dis. N'allez
pas, s'il vous plaît, vous imaginer que vous m'avez convaincu.
Prov., Cela va comme il plaît à Dieu, se dit D'une affaire
dont la conduite est abandonnée, négligée.
Prov., Il est auprès de lui, devant lui, à plaît-il maître,
se dit D'un homme qui a une complaisance servile pour un autre.
Dans le style familier, une personne qu'on appelle répond quelquefois,
Plaît-il? c'est-à-dire, Que vous plaît-il? que demandez-vous
de moi? Quelquefois aussi on emploie cette phrase pour faire répéter
ce qu'on n'a pas bien entendu.
Plaise à Dieu, plût à Dieu que. Façons de
parler dont on se sert pour marquer qu'on souhaite quelque chose. Plaise à
Dieu qu'il revienne sain et sauf! Plût à Dieu que cela fût!
On dit aussi absolument, Plût à Dieu!
À Dieu ne plaise, ce qu'à Dieu ne plaise. Façons
de parler dont on se sert pour témoigner l'éloignement ou l'aversion
que l'on a pour quelque chose. À Dieu ne plaise que j'y consente jamais.
S'il meurt, ce qu'à Dieu ne plaise, je quitterai cette maison.
Plaise. Terme de formule dont on se sert dans quelques écrits
ou mémoires qu'on présente au roi, aux magistrats. Plaise au
roi. Plaise à la cour m'octroyer. Etc. Il a vieilli.
PLAISAMMENT . adv.
D'une manière plaisante, d'une manière agréable. C'est
un homme qui imagine plaisamment les choses. Il a raconté fort plaisamment
cette aventure.
Il se prend souvent en mauvaise part, et signifie, Ridiculement. Vous voilà
plaisamment ajusté. Elle était plaisamment habillée. Il s'était
plaisamment imaginé que je n'oserais pas lui résister.
C'est plaisamment répondre; c'est agir plaisamment; c'est plaisamment
reconnaître vos services, C'est répondre mal; c'est mal agir;
c'est reconnaître mal les services qu'on a reçus de vous.
PLAISANCE . s. f.
Il n'est usité que dans ces locutions, Lieu de plaisance, maison de
plaisance, Maison de campagne destinée à l'agrément,
et qui n'est d'aucun revenu. Il a une maison de plaisance à deux lieues
d'ici. Ce n'était qu'un lieu de plaisance, et il en a fait une ferme.
PLAISANT , ANTE. adj.
Agréable, qui plaît. Je ne trouve pas plaisant que vous me mêliez
dans vos discours. Il n'est pas plaisant d'avoir affaire à des gens de
chicane. Il est peu usité en ce sens, et ne s'emploie que dans des
phrases négatives.
Il signifie plus ordinairement, Qui divertit, qui fait rire. Il nous a fait
un conte plaisant, un très-plaisant récit. C'est la chose du monde
la plus plaisante que de voir les airs qu'il se donne. Il a des manières
tout à fait plaisantes. C'est le plus plaisant homme du monde. Je ne trouve
rien de plaisant dans ce conte, dans cette histoire. Conte plaisant et récréatif.
Histoire plaisante et récréative. Ces deux dernières
phrases se disent par une espèce de raillerie.
PLAISANT, se dit aussi par une sorte de mépris, et pour signifier,
Impertinent, ridicule. En ce sens, il précède toujours le substantif.
C'est un plaisant homme. C'est un plaisant personnage. Un plaisant visage.
Il est bien plaisant de prétendre que... Elle est plaisante de s'imaginer...
Ce sont de plaisantes gens. Il a un plaisant habit. Il vous a fait un plaisant
régal. Je vous trouve bien plaisant de vouloir...
PLAISANT, est aussi substantif, et signifie, Celui qui cherche à
faire rire par ses actions, par ses propos. Il fait le plaisant. C'est un mauvais
plaisant. Les bons plaisants sont rares. Il est dangereux de vouloir faire le
plaisant. C'est le plaisant de son quartier. C'est un caractère peu honorable
que celui de plaisant.
Il signifie quelquefois, Ce qui fait rire. Il ne faut pas confondre le plaisant
avec le bouffon et le burlesque. Il y a souvent une grande différence entre
le plaisant et le comique.
Fam., Le plaisant, La chose plaisante, le côté plaisant.
Le plaisant de l'aventure, le plaisant de l'histoire fut que...
PLAISANTER . v. n.
Railler, badiner, dire ou faire quelque chose pour amuser, pour faire rire les
autres. Parlez-vous sérieusement ou pour plaisanter? Apparemment vous
plaisantez. Ce que je dis n'est que pour plaisanter. Il ne parle jamais qu'en
plaisantant. Il plaisante sur tout, à propos de tout.
S'emploie quelquefois activement. Ils l'ont tant plaisanté, qu'il
n'a pu y tenir.
Fam., C'est un homme qui ne plaisante pas, avec qui il ne faut pas plaisanter,
C'est un homme exact, rigide, sévère, dur, susceptible.
Fam., Il ne plaisante pas là-dessus, Il est sévère
sur ce chapitre, il veut qu'on soit exact. On le dit aussi dans le sens de: Il
prend cette chose, ce discours au sérieux.
PLAISANTERIE . s. f.
Raillerie, badinerie, chose dite ou faite pour réjouir, pour amuser.
Plaisanterie ingénieuse. Plaisanterie froide, mauvaise, fade. Plaisanterie
de bon goût, de mauvais goût. Plaisanterie douce, fine, légère,
piquante. Plaisanterie amère, cruelle, indécente, hasardée.
Il ne faut pas pousser la plaisanterie trop loin. C'est un homme qui tourne tout
en plaisanterie. Il fait des plaisanteries de tout le monde, sur tout le monde.
Il s'est attiré de mauvaises affaires par ses plaisanteries. Il prit la
chose en plaisanterie. Exciter la plaisanterie. S'exposer à la plaisanterie.
Se prêter à la plaisanterie. S'attirer la plaisanterie, des plaisanteries.
Écarter la plaisanterie. Opposer la plaisanterie à la colère.
Faire assaut de plaisanteries avec quelqu'un. La plaisanterie n'est pas de saison.
Cela est dit par plaisanterie, par manière de plaisanterie.
Plaisanterie à part, Sérieusement.
Entendre, entendre bien la plaisanterie, entendre plaisanterie, Prendre
bien les choses dites en plaisantant, ne point s'en offenser. Il n'entend pas
la plaisanterie. Il entend plaisanterie mieux qu'homme du monde. --- Il entend
bien la plaisanterie, signifie quelquefois, Il sait plaisanter finement, sans
offenser. Pour éviter toute équivoque, on dit mieux, Il sait
manier, il manie bien la plaisanterie. --- Il n'entend pas plaisanterie, signifie
quelquefois, Il est susceptible; et plus souvent, Il est sévère,
il veut qu'on soit exact. Il se fait obéir, il n'entend pas plaisanterie.
PLAISANTERIE, signifie quelquefois, Dérision insultante. Ceci
a l'air d'une plaisanterie. Je suis las de cette plaisanterie. Cela dégénère
en plaisanterie.
PLAISIR .s.m.
Joie, contentement, mouvement et sentiment agréable excité dans
l'âme par la présence ou par l'image d'un bien. Les plaisirs de
l'âme, du coeur, de l'esprit, de l'imagination. Les plaisirs des sens. Les
plaisirs du corps. Les plaisirs charnels. Plaisir sensible. Extrême plaisir.
Grand plaisir. Un plaisir bien doux. Éprouver, sentir, goûter un
plaisir bien vif. Prendre plaisir, avoir plaisir à quelque chose. Se laisser
emporter au plaisir. Se livrer au plaisir. Être enivré de plaisir.
Céder à l'attrait du plaisir. L'ivresse du plaisir. Troubler le
plaisir de quelqu'un. Cela fait plaisir à voir, donne du plaisir à
voir. Il ne prend plaisir, il n'a de plaisir à rien. Rien ne lui fait plaisir.
Vous aurez du plaisir à causer avec lui. C'est un plaisir de vous voir
si bien portant. C'est plaisir de l'entendre. Il y a plaisir à travailler
avec lui. Je me fais un grand plaisir de vous aller voir. Vous me faites plaisir
de parler ainsi, en parlant ainsi. Quel plaisir prenez-vous à le fâcher?
Cette idée empoisonne, corrompt mon plaisir. La peine passe le plaisir.
Nul plaisir sans peine.
PLAISIR, signifie aussi, Divertissement. Plaisirs innocents. Plaisirs
délicats. Plaisirs nobles. Plaisirs grossiers. Plaisirs permis, défendus.
Plaisirs criminels. Les plaisirs de la vie. Les plaisirs de la campagne. Les plaisirs
de la ville. Le plaisir de la chasse. Le plaisir de la musique, de la comédie.
Passer d'un plaisir à un autre. Aimer, chercher le plaisir. C'est un homme
adonné à son plaisir, sujet à son plaisir, qui donne tout
à son plaisir. C'est un homme de plaisir, qui aime son plaisir. Sa vie
est un enchaînement de plaisirs. Parcourir un cercle de plaisirs. Se faire
un plaisir de son devoir. Il met tout son plaisir dans l'étude, il en fait
tout son plaisir, son unique plaisir. Son plaisir est d'obliger.
Jouer pour le plaisir, pour son plaisir, Ne point jouer d'argent; jouer
seulement par divertissement et pour voir qui gagnera la partie.
PLAISIRS, au pluriel, se dit absolument de Tous les divertissements de
la vie. C'est un homme qui est continuellement dans les plaisirs. La jeunesse
aime les plaisirs. Il a renoncé aux plaisirs. Poétiq., dans
le même sens, Les jeux, les ris, et les plaisirs.
Les plaisirs du roi, Toute l'étendue de pays qui était
dans une capitainerie royale, où la chasse était réservée
pour le roi. Il ne pouvait chasser dans sa terre sans permission, parce qu'elle
était dans les plaisirs du roi, ou absolument, parce qu'elle était
dans les plaisirs.
Menus plaisirs, Les petites dépenses que l'on fait pour son divertissement.
Il a tant par mois pour ses menus plaisirs.
Menus plaisirs. Nom qu'on donnait à certaines dépenses
du roi, qui sont réglées par une administration particulière,
et qui ont pour objet les cérémonies, les fêtes, les spectacles
de la cour, etc. Intendant, trésorier des menus plaisirs, ou simplement
des menus. On appelait aussi Menus Plaisirs ou Hôtel des
Menus Plaisirs, Le lieu où étaient les bureaux, les magasins
et les ateliers de cette administration. Cette décoration a été
peinte aux Menus Plaisirs.
PLAISIR, signifie aussi quelquefois, Volonté, consentement. Si
c'est votre plaisir, j'irai là. Ce n'est pas mon plaisir que cela soit.
Sous votre bon plaisir, je ferai telle chose.
Arrêter, régler, terminer une affaire sous le bon plaisir de
quelqu'un, La régler de manière qu'il n'y ait rien de fait,
s'il n'y consent.
Car tel est notre plaisir, notre bon plaisir. Formule de lettres de chancellerie,
par laquelle le roi marquait sa volonté dans les déclarations, dans
les édits, etc.
PLAISIR, signifie encore, Grâce, faveur, bon office. Il m'a
fait un plaisir, un grand plaisir, un plaisir insigne, un plaisir singulier, un
extrême plaisir, un plaisir que je n'oublierai jamais. C'est un homme qui
ne cherche, qui ne demande qu'à faire plaisir. Faites-moi un plaisir.
PLAISIR, en termes de Pâtisserie, Espèce d'oublie roulée
en cornet. Marchande de plaisir.
À PLAISIR. loc. adv. Avec plaisir, ou Avec soin, de manière
à faire plaisir. Un meuble fait à plaisir. Cela est travaillé
à plaisir.
Conte fait à plaisir, Conte fait exprès pour divertir,
conte purement d'invention. Ce que vous nous dites là est un conte fait
à plaisir.
S'inquiéter, se tourmenter à plaisir, Sans sujet, comme
si l'on y trouvait une sorte de plaisir.
PAR PLAISIR. loc. adv. Par divertissement. C'est un homme qui ne travaille
à cela que par plaisir.
Il signifie aussi, Pour essayer, pour éprouver, pour voir si. Ce n'est
pas tout de bon, ce n'est que par plaisir. Lisons par plaisir ce discours. Goûtez
par plaisir ce vin. Il est familier.
PLAMÉE . s. f.
Chaux dont les tanneurs se sont servis pour enlever le poil des cuirs, et qu'on
emploie quelquefois au lieu de plâtre pour bâtir en moellons.
PLAN , ANE. adj.
.Mathématiques. Il n'est guère usité que dans ces locutions:
Surface plane, angle plan, figure plane, Surface sur laquelle une ligne
droite peut s'appliquer complétement dans toutes les directions; angle
tracé sur une surface plane; figure plate et unie.
Carte plane, Carte géographique dans laquelle une portion plus
ou moins étendue de la terre est figurée comme si la surface terrestre
était plane. On dit aussi, Carte plate.
En termes d'Optique, Miroir plan, verre plan, Miroir, verre dont la surface
est plane; par opposition à Miroir, verre concave ou convexe.
PLAN, est aussi substantif, et signifie, Surface plane, superficie plate.
En ce sens, il n'est guère usité que dans les mathématiques.
Plan horizontal. Plan vertical. Plan incliné. Tracer un cadran sur un
plan horizontal, sur un plan vertical. Tracer une ligne sur un plan.
Il signifie encore, La délinéation, le dessin d'une ville, d'une
place de guerre, d'un bâtiment, d'un jardin, etc., tracé sur le papier,
et représentant la position et la proportion relative de ses différentes
parties. Faire, composer, dessiner un plan. Tracer un plan. Prendre un plan.
Un plan correct. Le plan d'une ville. Le plan d'un jardin. Le plan d'un siége,
d'une bataille.
Plan géométral, Celui qui donne la position, la proportion
et la forme exacte des différentes parties d'un ouvrage.
Plan perspectif, Celui qui, après avoir été tracé
géométralement, est mis en perspective.
Plan à vue d'oiseau, Plan d'un objet, d'un ouvrage vu de haut
en bas.
Plan en relief, Plan géométral sur lequel on place le modèle,
la représentation en bois ou en plâtre de chaque objet.
Lever un plan, Prendre les mesures de toutes les dimensions d'un objet,
d'un ouvrage, pour en tracer un plan. Lever le plan d'un édifice, d'une
place de guerre, d'un terrain.
Faire l'élévation d'un plan, Après que la représentation
du trait fondamental d'un édifice a été tracée sur
le papier, représenter tous les dehors du même édifice en
élévation.
PLAN, en termes de Peinture, se dit Des divers points plus ou moins enfoncés,
sur lesquels sont placés les objets qui entrent dans la composition d'un
tableau. J'aime cette figure qui est sur le premier plan. Les figures du second,
du troisième, du quatrième plan sont trop grandes par rapport à
celles du premier plan. Cette figure n'est pas à son plan. Les plans sont
bien observés, sont mal observés dans ce paysage, dans ce tableau,
dans cette décoration.
La dégradation des plans, La différente diminution des
objets, selon qu'ils sont représentés, dans un tableau, comme plus
ou moins éloignés.
Les plans de cette figure, de cette tête sont bien sentis, Toutes
les formes, tous les passages d'un détail à l'autre y sont bien
exprimés et bien à leur place.
PLAN, signifie figurément, Le dessein, le projet d'un ouvrage.
Voilà mon plan. J'ai mon plan dans la tête. J'ai jeté mon
plan sur le papier. J'ai arrêté mon plan. J'ai changé mon
plan. J'ai refait mon plan. Il a fait le plan de sa tragédie. Ils traitent
tous deux le même sujet, mais ils y travaillent sur des plans différents.
Méditer son plan. Exécuter son plan. Manquer son plan. Le plan de
son ouvrage est excellent, mais l'exécution n'en vaut rien.
Se dit, par extension, de Tout projet qu'on fait pour quelque chose que ce soit.
Le plan d'une négociation. Le plan de la campagne prochaine. Plan de
campagne. Je partirai tel jour, au moins j'ai fait mon plan là-dessus.
Nous voulons aller à la campagne, et nous avons fait notre plan de vous
y mener. Je ne changerai rien à mon plan de conduite. Ce prince avait conçu
un vaste plan de domination.
PLANCHE . s. f.
Ais, morceau de bois refendu, ayant peu d'épaisseur, et plus long que
large, dont on se sert principalement dans les ouvrages de menuiserie. Une
planche d'un pied de large, de six pieds, de neuf pieds, de douze pieds de long.
Planche de sapin. Planche de chêne. Planche de bois de hêtre, de bois
de noyer. Scier des planches. Passer un ruisseau sur une planche. On ne saurait
entrer dans ce bateau, la planche a été levée, retirée.
Planches de bateau, Planches de chêne ou de sapin, qu'on tire des
débris de bateaux, et dont on fait des cloisons légères.
Fig. et fam., Faire la planche aux autres, Être le premier à
tenter, à faire quelque chose qui présente ou paraît présenter
des difficultés, des dangers. C'est lui qui fait la planche aux autres;
et absolument, C'est lui qui fait la planche.
Fig. et fam., Faire planche, se dit aussi D'une chose qu'on fait pour
la première fois, et qui pourra être imitée à l'avenir.
Cela fera planche pour la suite. Il faut prendre garde que cette trop grande
facilité ne fasse planche pour une autre fois, pour une autre occasion.
En Natation, Faire la planche, Nager étendu sur le dos, sans mouvement
apparent.
Fig. et fam., S'appuyer sur une planche pourrie, Mettre sa confiance
en l'appui d'une personne faible, et dont on ne peut tirer aucun secours. On dit
aussi D'une personne de cette sorte, C'est une planche pourrie.
Fig., C'est une planche dans le naufrage, se dit D'une dernière
ressource que quelqu'un trouve dans son désastre, d'un dernier moyen qu'il
a d'échapper à une ruine totale.
Fig., C'est une planche qu'il a sauvée de son naufrage, C'est
un faible débris qu'il a conservé de sa fortune.
Fig., parmi les Théologiens, C'est une seconde planche, la seconde
planche après le naufrage, se dit Du sacrement de pénitence.
Monter sur les planches, Jouer la comédie sur un théâtre
public. Cet acteur croit toujours être sur les planches, Il croit
toujours jouer la comédie, être en scène.
PLANCHE, se dit aussi d'Une feuille de métal préparée
pour la gravure, et plus ordinairement d'Une plaque de cuivre, ou d'Un morceau
de bois plat, sur lesquels on a exécuté quelque ouvrage de gravure,
pour en tirer des estampes. Une planche de cuivre. Une planche de bois. Une
planche bien gravée, mal gravée. Préparer une planche. Retoucher
une planche. La planche est usée. On n'a tiré qu'une centaine d'estampes,
d'épreuves, et l'on a rompu la planche.
Il signifie également, L'estampe tirée sur une planche gravée.
On ne le dit guère, en ce sens, que Des estampes jointes à un ouvrage
pour en faciliter l'intelligence. Il y a plusieurs planches dans ce livre.
Un atlas composé de vingt planches. Planche cinq, figure trois.
PLANCHE, en termes de Jardinage, Petit espace de terre plus long que
large, que l'on cultive avec soin, pour y faire mieux venir des fleurs, des légumes,
des herbages. Une planche de tulipes, d'anémones. Une planche de pourpier,
de chicorée.
PLANCHE, se dit aussi d'Un fer de forme particulière que l'on
ajuste au pied des mulets.
PLANCHÉIER . v. a.
Garnir de planches le sol, le plancher d'en bas d'un appartement, d'une chambre.
Au lieu de faire parqueter sa chambre, il s'est contenté de la faire
planchéier. J'ai fait planchéier mon cabinet de bois de sapin, de
bois de chêne.
PLANCHÉIÉ, ÉE. participe, Chambre planchéiée.
PLANCHER .s.m.
Ouvrage de charpente fait d'un assemblage de solives, recouvert de planches,
et formant une séparation horizontale entre deux étages d'un bâtiment.
On le dit aussi d'Un ouvrage de charpente semblable établi sur l'aire d'un
rez-de-chaussée. Poser, établir les planchers d'une maison. Les
planchers de cet édifice sont d'une grande solidité. --- Un
appartement étant toujours compris entre deux planchers, la personne qui
parle désigne tantôt Le plancher d'en bas sur lequel on marche, comme
dans ces phrases: Plancher parqueté, Plancher carrelé. Les planchers
de ce grenier ne sont que de plâtre. Plancher bien uni. Frotter un plancher.
Il est tombé sur le plancher. Le plancher s'est affaissé, enfoncé;
tantôt, au contraire, Le plancher supérieur, comme dans les phrases
suivantes: Les planchers de cet appartement sont plafonnés. Ces planchers
sont trop bas. Peindre les solives d'un plancher. Toucher de la tête au
plancher. Sauter jusqu'au plancher. Suspendre quelque chose au plancher.
Pop., Il faut soulager le plancher, décharger le plancher, se
dit Pour faire entendre qu'il y a trop de monde dans une chambre, et qu'il faut
que quelqu'un sorte.
Fig. et pop., Il n'est rien tel que le plancher des vaches, que de marcher
sur le plancher des vaches, Il y a bien moins de danger à voyager par
terre que par mer.
Prov., Vous me feriez sauter au plancher, Vous me poussez à bout,
vous soutenez des choses absurdes.
PLANCHETTE . s. f.
Diminutif. Petite planche.
Se dit aussi d'Un instrument de mathématique propre à lever des
plans, et qui consiste en une planche unie sur laquelle on pose une règle
que l'on dirige successivement vers les objets que l'on veut relever.
PLANÇON
ou PLANTARD.s.m.
T. d'Agricult. Branche de saule, de peuplier, d'osier, etc., qu'on sépare
du tronc pour la planter en terre et en former une bouture. Mettre des plançons
en terre.
PLANE .s.m.
Arbre. Voyez PLATANE.
PLANE . s. f.
Outil tranchant et à deux poignées, dont les charrons, les tonneliers,
etc., se servent pour aplanir, pour rendre unis et lisses les bois qu'ils emploient.
PLANER . v. n.
Se dit proprement D'un oiseau, lorsqu'il se soutient en l'air sur ses ailes
étendues, sans qu'il paraisse les remuer. Un oiseau qui plane en l'air.
Un milan qui plane.
S'emploie figurément pour signifier, Considérer de haut. De
cette hauteur on plane au loin sur la campagne.
S'emploie aussi, figurément et au sens moral, en parlant D'une vue élevée
et générale de l'esprit. Son génie plane sur tous les
siècles, et embrasse d'un regard la suite des événements.
Planer sur les difficultés.
PLANER . v. a.
Unir, polir avec la plane ou avec le marteau. Planer de la vaisselle d'argent,
de la vaisselle d'étain. Planer une cuvette de cuivre, une plaque de métal.
Marteau à planer. Planer une douve. Planer des échalas.
PLANÉ, ÉE. participe
PLANÉTAIRE . adj. des deux genres
T. d'Astron. Qui appartient aux planètes, qui concerne les planètes.
Région planétaire. Système planétaire.
Année planétaire, Le temps qu'une planète emploie
à faire sa révolution autour du soleil.
PLANÉTAIRE, est aussi substantif masculin, et signifie, Une machine
à rouages qui offre la représentation du système des planètes.
PLANÈTE . s. f.
Astre qui ne luit qu'en réfléchissant la lumière du soleil,
autour duquel il se meut dans une orbite presque circulaire. Le cours des planètes.
Le mouvement des planètes. La planète de Mars, de Vénus,
de Jupiter. Observer le cours des planètes. Les astrologues attribuaient
aux planètes une influence sur les destinées humaines.
Prov. et fig., Il est né sous une heureuse planète, se
dit D'un homme extrêmement heureux.
PLANEUR .s.m.
Ouvrier qui plane la vaisselle d'argent.
Planeur en cuivre, Artisan qui plane, dresse et polit les planches de
cuivre destinées à la gravure. Atelier de planeur.
PLANIMÉTRIE . s. f.
.Géom. La science ou l'art de mesurer les surfaces planes terminées
par des lignes droites ou courbes.
PLANISPHÈRE .s.m.
Carte où les deux moitiés du globe céleste sont représentées
sur une surface plane, et où les constellations sont marquées. Se
dit aussi d'Une carte qui représente de même les deux moitiés
du globe terrestre. L'astrolabe est un planisphère céleste, et
la mappemonde un planisphère terrestre.
PLANT .s.m.
T. d'Agricult. Se dit Des jeunes tiges nouvellement plantées ou propres
à l'être. Je voudrais bien avoir du plant de cet arbre. Plant
de vigne. Plant de vigne de Bourgogne. Élever du plant.
Se dit aussi d'Une certaine quantité de jeunes arbres, etc., plantés
dans un même terrain. Un plant d'ormes, d'artichauts.
Jeune plant, nouveau plant, Les vignes qui ne font que commencer à
produire, les arbres fruitiers nouvellement plantés, le bois jusqu'à
l'âge de vingt ou trente ans. Ces jeunes plants viennent bien.
PLANTAGE .s.m.
On appelle ainsi, en Amérique, Les plants de cannes à sucre, de
tabac, etc. Il y a beaucoup de plantages dans les îles. Les plantages
ont été ruinés par les mauvais vents, par les ouragans.
PLANTAIN .s.m.
Plante fort commune, qui croît dans les lieux herbeux, et dont les tiges
portent un épi chargé d'une multitude de petites semences.
Plantain aquatique, Espèce de plante aquatique, autrement nommée
Flûteau.
PLANTARD .s.m.
Voyez PLANÇON.
PLANTATION . s. f.
T. d'Agricult. Action de planter. Ce n'est pas le temps de la plantation.
Il est occupé de la plantation de son jardin.
Se dit aussi d'Une certaine quantité d'arbres plantés dans un
même terrain. Il a fait de belles plantations dans sa propriété.
PLANTATION, en Amérique, se dit Des établissements que
les colons forment dans les terres qu'ils défrichent. Les créoles
vivent sur leurs plantations.
PLANTE . s. f.
Nom général sous lequel on comprend tous les végétaux,
comme les arbres, les arbrisseaux et les herbes. Plante ligneuse ou boiseuse.
Plante fibreuse. Plante herbacée. Les racines, la tige, les feuilles, les
fleurs d'une plante. La graine d'une plante. L'anatomie des plantes. La description
des plantes. L'histoire des plantes. Les amours des plantes. On trouve dans ce
pays-là des plantes qui ne sont point connues dans le nôtre. Il y
vient toutes sortes de plantes. Il y a des philosophes qui attribuent aux plantes
une âme végétative. La circulation de la séve dans
les plantes. Plante exotique. Plante indigène.
Il se prend souvent dans une signification plus restreinte, et se dit Des herbes,
des plantes non ligneuses, par opposition à celles qui le sont. Le tabac
est une belle plante. C'est une bonne plante que la chicorée. Cultiver
une plante. Une plante rare. Élever, cultiver des plantes. Plantes alimentaires.
Plantes céréales. Plantes annuelles, bisannuelles. Plantes vivaces.
Plantes parasites. Plantes marines, aquatiques, fluviatiles. Plantes cryptogames.
Plantes étiolées. Plantes odorantes. Plantes grasses. Plantes sarmenteuses,
grimpantes. Plantes potagères. Plantes tinctoriales. Plantes usuelles.
Plantes vénéneuses. Plantes aromatiques. Plantes médicinales.
S'emploie quelquefois absolument, et signifie, Plante médicinale. Le
jardin des plantes. Il connaît les plantes. La connaissance des plantes
est nécessaire à un médecin.
Jardin des plantes, se dit aussi d'Un jardin où l'on cultive des
végétaux pour l'étude de la botanique. Le jardin des plantes
de Paris, de Bordeaux, de Montpellier.
PLANTE, se dit particulièrement d'Une jeune vigne, d'une vigne
nouvelle. Du vin d'une nouvelle plante.
Fig., C'est une jeune plante qu'il faut cultiver avec soin, se dit en
parlant De l'éducation d'un jeune garçon ou d'une jeune fille.
PLANTE, se dit aussi dans cette locution, La plante du pied, des pieds,
Le dessous des pieds de l'homme, la partie des pieds qui pose à terre,
et sur laquelle tout le corps porte quand on est debout. Il a la plante des
pieds douloureuse. Avoir mal à la plante des pieds. Poser la plante du
pied à terre. On donne en Turquie la bastonnade sur la plante des pieds.
La plante des pieds, signifie, plus particulièrement, L'endroit
du dessous des pieds qui est entre les doigts des pieds et le talon. Chatouiller
la plante des pieds.
PLANTER . v. a.
Mettre une plante en terre pour qu'elle prenne racine et qu'elle croisse. Planter
un arbre. Planter des choux. Planter de la chicorée, de la laitue. Planter
des fleurs. Planter au cordeau. Planter en quinconce.
Planter un bois, une avenue, une allée, Planter des arbres de
manière qu'ils forment un bois, une avenue, une allée.
PLANTER, se dit aussi en parlant Des noyaux, des pepins, des amandes,
des noix, et généralement de toutes les graines qu'on met en terre
l'une après l'autre avec la main, au lieu de les semer confusément.
Planter des noyaux, des pepins. Planter des oignons. Planter des pois, des
fèves, etc.
Prov. et fig., Il est allé planter ses choux chez lui, ou bien,
Il est allé planter ses choux, se dit D'un homme qui se retire à
la campagne après avoir vécu dans le monde, après avoir exercé
des emplois. On l'a envoyé planter ses choux, On lui a ôté
sa place, son emploi, il n'a plus qu'à vivre dans la retraite.
PLANTER, se dit aussi absolument. Il aime beaucoup à planter.
Pop. et fig., Vienne qui plante, sont des choux; et absolument, Vienne
qui plante, arrive qui plante, se dit en parlant De quelque chose qu'on veut
faire, au hasard de tout ce qui peut en arriver.
PLANTER, se dit encore De certains objets qu'on enfonce en terre, et
dont on laisse paraître une partie en dehors. Planter des bornes. Planter
un poteau. Planter un pilier. Planter une croix. Planter un piquet. Planter des
jalons. Un ingénieur qui plante des piquets pour le travail d'une tranchée.
Fig. et fam., Planter le piquet en quelque lieu, en quelque maison, S'y
établir pour y demeurer quelque temps. Au sortir de chez moi, nous irons
planter le piquet chez lui.
Planter un étendard, un drapeau, L'arborer sur les remparts d'une
ville prise d'assaut, au moment où l'on y entre.
Fig., Planter l'étendard de la croix, planter la foi dans un pays,
Y introduire la religion chrétienne. Saint Thomas a planté la
foi dans les Indes.
Planter des échelles à une muraille, Y appliquer des échelles
pour monter à l'assaut.
En Archit., Planter un édifice, Faire les premiers travaux pour
la construction d'un édifice. Avant de planter un édifice, il
faut en avoir arrêté le plan.
Fig. et fam., Être planté quelque part, Être à
poste fixe dans quelque lieu sans en bouger ou s'en éloigner. J'étais
planté là à vous attendre. On dit aussi, Planter une
personne en quelque endroit, L'y aposter, l'y mettre en observation. Il
avait planté son valet sous une porte pour les épier.
Fig. et fam., Planter là quelqu'un, Le quitter, l'abandonner,
se séparer de lui, ne vouloir plus avoir affaire à lui. Son domestique
s'en est allé sans rien dire, et l'a planté là. Si vous ne
voulez pas faire ce que je vous dis, je vous planterai là, et ne me mêlerai
plus de vos affaires. Comme j'ai vu qu'il n'y avait pas moyen de leur faire entendre
raison, je les ai plantés là. On le dit aussi en parlant Des
choses. Il a planté là les vers, la musique, etc.
Prov., fig. et pop., Planter là quelqu'un pour reverdir, Le laisser
en quelque endroit sans le venir reprendre, quoiqu'on le lui ait promis. Il
s'en alla, et me planta là pour reverdir.
Fig. et fam., Se planter devant quelqu'un, Se mettre au devant de lui,
se poster devant lui. Il s'est venu planter devant moi.
Fig. et pop., Planter un soufflet sur la joue, au beau milieu de la joue
de quelqu'un, Lui donner un soufflet.
Fig. et fam., Planter quelque chose au nez de quelqu'un, Lui faire quelque
reproche en face, lui dire quelque chose de désagréable. Il lui
alla planter au nez que son père avait été repris de justice.
Il ne cesse de me planter mon âge au nez.
PLANTÉ, ÉE. participe, Une terre bien plantée,
Une terre où il y a beaucoup de belles avenues d'arbres. C'est la terre
du monde la mieux plantée.
Fig., Une maison bien plantée, Une maison bâtie dans une
situation agréable.
Fig., Des cheveux bien plantés, Des cheveux bien placés
sur le front.
Fig., Être bien planté sur ses pieds, sur ses jambes, se
dit D'une personne qui se tient de bonne grâce.
Fig., Une statue, une figure en pied bien plantée, Une statue,
une figure en pied représentée debout dans une belle attitude.
En termes de Maréchalerie, Poil planté, Poil hérissé
et lavé. Ce cheval dépérit, il a un mauvais poil, un poil
planté.
PLANTEUR .s.m.
Celui qui plante des arbres, etc. C'est un grand planteur.
Fig. et fam., Un planteur de choux, Un homme qui vit retiré à
la campagne.
PLANTEUR, se dit, dans un sens particulier, Des colons d'Amérique
qui possèdent et cultivent des plantations. Le nombre des planteurs
dans cette colonie est de trois cents. Les planteurs ont présenté
une requête.
PLANTOIR .s.m.
Outil de bois, pointu et quelquefois ferré par le bout, dont les jardiniers
se servent pour faire dans la terre les trous où ils veulent mettre des
plantes ou des graines.
PLANTULE . s. f.
.Bot. Rudiment de la tige, qui, lors de la germination, sort des lobes séminaux.
PLANTUREUSEMENT . adv.
Copieusement, abondamment. Avoir plantureusement de quelque chose. On vit
plantureusement chez lui. Il est familier et vieux.
PLANTUREUX , EUSE. adj.
Copieux, abondant. Un dîner plantureux. Une soupe plantureuse. Une
saignée plantureuse. Un pays plantureux. Il est vieux.
PLANURE . s. f.
Bois qu'on retranche des pièces que l'on plane. Se chauffer avec des
planures.
PLAQUE . s. f.
Table, feuille plus ou moins épaisse de quelque métal que ce soit.
Plaque de fonte, de fer, d'argent, de cuivre. Écrire, graver sur une
plaque d'argent, sur une plaque de cuivre. Certaines coiffures militaires sont
ornées par devant d'une plaque de cuivre ou de fer-blanc, qui porte des
ornements en relief. La plaque d'un shako, d'un bonnet de grenadier. La plaque
d'un ceinturon. Les charbonniers, les commissionnaires, etc., portent à
leur veste une plaque de cuivre servant à indiquer leur numéro d'inscription
dans les bureaux de la police. Des plaques indiquent les maisons assurées
contre l'incendie.
Plaque de feu, plaque de cheminée, Grande plaque de fer ou de
fonte qu'on applique au fond d'une cheminée.
PLAQUE, se dit aussi d'Une espèce de chandelier qu'on applique
à une muraille, et qui consiste en une plaque de métal dont la partie
inférieure, courbée à angle droit, porte une bobèche.
PLAQUE, se dit encore de La décoration que les principaux chevaliers
des différents ordres portent sur la partie de leurs habits qui couvre
la partie gauche ou droite de leur poitrine. Il portait la plaque de l'ordre
du Saint-Esprit. La plaque de la Légion d'honneur. Quelque part qu'il aille,
il porte ses plaques et ses cordons.
PLAQUEMINIER .s.m.
On désigne par ce nom Plusieurs espèces d'arbres et d'arbrisseaux
du sud de l'Europe et des deux Indes, dont le fruit sert à faire une boisson.
PLAQUER . v. a.
Appliquer une chose plate sur une autre. Plaquer de l'or et de l'argent sur
du bois. Plaquer du bois scié par feuilles sur d'autre bois de moindre
prix.
Plaquer des bijoux, de la vaisselle, Recouvrir d'or ou d'argent laminé
des bijoux, de la vaisselle de cuivre ou de quelque autre métal peu précieux.
Plaquer du plâtre, du mortier, L'appliquer fortement avec la main
sur le mur qu'on veut enduire, sur la cloison qu'on veut hourder ou gobeter.
Plaquer du gazon, Appliquer des tranches de gazon sur un terrain préparé,
et les y affermir avec la batte.
Pop., Plaquer un soufflet sur la joue, Donner un soufflet.
Fig. et pop., Plaquer quelque chose au nez de quelqu'un, Lui faire en
face quelque reproche piquant. Il lui alla plaquer au nez que son père
avait été laquais.
PLAQUÉ, ÉE. participe, Vaisselle plaquée,
Vaisselle de cuivre recouverte d'argent laminé. On dit aussi substantivement,
Du plaqué. Voilà de beau plaqué. Un huilier, une saucière
en plaqué.
PLAQUETTE . s. f.
Nom d'une monnaie de billon dans plusieurs pays.
Prov., Cela ne vaut pas une plaquette, Cela n'est d'aucune valeur.
PLAQUETTE, se dit aussi quelquefois d'Un petit volume relié, qui
a fort peu d'épaisseur relativement à son format.
PLAQUEUR .s.m.
Artisan qui fait des placages, ou qui plaque des bijoux, de la vaisselle. L'art
du plaqueur.
PLASTIQUE . adj. des deux genres
Se dit, en termes de Philosophie scolastique, De ce qui a la puissance de former.
La vertu plastique des animaux, des végétaux. Pouvoir, force
plastique. Formes plastiques.
Art plastique, L'art de modeler toutes sortes de figures et d'ornements
en plâtre, en terre, en stuc, etc. On dit substantivement dans le même
sens, La plastique.
PLASTRON .s.m.
La pièce de devant de la cuirasse que certains cavaliers portent à
la guerre.
Se dit aussi d'Une pièce de cuir, rembourrée et matelassée,
dont les maîtres d'armes se couvrent l'estomac, lorsqu'ils donnent leçon
à leurs écoliers. Tirer au plastron.
Se dit, figurément et familièrement, d'Un homme qui est en butte
aux railleries ou aux importunités d'un autre. Cet homme est le plastron
des railleries de tout le monde. Il est votre plastron. Cet homme s'adresse toujours
à moi, il m'a choisi, il m'a pris pour son plastron. Je ne veux pas être
son plastron, lui servir de plastron.
PLASTRON, se dit aussi d'Un morceau de bois garni d'une plaque de fer
percée de plusieurs trous à moitié épaisseur, que
certains artisans appliquent sur leur estomac, et où ils fixent la tête
de leur foret, pour le faire tourner par le moyen de l'archet.
PLASTRONNER . v. a.
Garnir d'un plastron ou de quelque chose qui en tient lieu. S'emploie principalement
avec le pronom personnel. Avant de s'aller battre en duel, il s'était
plastronné.
PLASTRONNÉ, ÉE. participe
PLAT , ATE. adj.
Qui a la superficie unie, et dont les parties ne sont pas ou ne sont guère
plus élevées les unes que les autres. Plat comme un ais. Il ne
faut pas une assiette si creuse, il la faut plus plate. Avoir le dos plat. Cette
femme a la poitrine plate. Au sortir de là on trouve un terrain plat.
Pays plat, Pays de plaines; par opposition aux pays de montagnes. Les
habitants des montagnes, et ceux du pays plat.
Plat pays. On l'emploie quelquefois dans le sens de Pays plat;
mais ordinairement il signifie, La campagne, les villages, les bourgades; par
opposition aux villes, aux places fortes. Les habitants du plat pays. Les vignes
du plat pays. Les soldats de la garnison vivaient aux dépens du plat pays.
Vaisseau plat, bâtiment plat, bateau plat, Vaisseau, navire, bateau
dont le fond est plus ou moins plat.
Visage plat, Visage dont la forme est moins relevée qu'il ne faut,
visage un peu écrasé. On dit de même, Nez plat, bouche
plate, joue plate.
Cheveux plats, Cheveux qui ne sont ni frisés ni bouclés.
Pied plat, ou Plat pied. Voyez PIED.
Fam., Avoir le ventre plat, N'avoir pas mangé depuis longtemps.
Fam., Sa bourse est bien plate, se dit en parlant D'un homme qui n'a
guère d'argent.
Fam., Cette armée a été battue à plate couture,
Elle a été complétement défaite.
Plate peinture, Les ouvrages de peinture qui se font sur des superficies
plates; par opposition aux figures de relief. Broderie plate, Broderie
qui n'est point relevée.
Vaisselle plate, Vaisselle qui est d'une seule pièce, sans soudure;
par opposition à Vaisselle montée. Les cuillers, les fourchettes
sont de la vaisselle plate. Se dit particulièrement Des plats et des
assiettes d'argent. On nous servit en vaisselle plate. Je préfère
la porcelaine à la vaisselle plate.
Fig., Vers à rimes plates, Les vers dont les rimes se suivent
deux à deux, sans être entremêlées. Les élégies,
les tragédies, les comédies, les poëmes épiques, sont
ordinairement en vers à rimes plates.
Chevaux plats, Chevaux dont les côtes sont serrées, plates
et avalées. Les chevaux plats n'ont jamais beaucoup d'haleine.
Calme plat, L'état de la mer, lorsqu'il ne souffle pas le moindre
vent, et que rien n'agite sa surface. Se dit figurément en parlant Des
affaires qui ne font aucun progrès, qui n'avancent ni ne reculent. Nous
sommes dans un calme plat. L'état de nos affaires est au calme plat.
PLAT, se dit figurément Des objets de la sensation du goût,
et signifie, Dénué de saveur et de force. Un vin plat. Du vinaigre
plat.
Se dit aussi, figurément et au sens moral, Des pensées, des productions
de l'esprit, et signifie, Qui n'est ni élégant, ni élevé,
ni vif, ni piquant. Un style plat. Tout ce qu'il a dit est fort plat. Tout
ce qu'il écrit est froid et plat. Cette pensée-là est plate.
Il n'y a rien de plus plat que cet ouvrage.
Physionomie plate, Physionomie sans caractère, et qui n'exprime
rien.
C'est un plat personnage, un plat sujet, se dit D'une personne dépourvue
de toute espèce de mérite.
PLAT, s'emploie quelquefois substantivement, et se dit de La partie plate
de certaines choses. Il lui donna des coups de plat d'épée, des
coups de plat de sabre. Il lui a donné un coup du plat de la main.
Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses
qu'on n'a pas dessein d'exécuter. Faire merveille du plat de la langue,
Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases,
par des récits extraordinaires.
Fam., Se mettre, se coucher à plat ventre, Se mettre, se coucher
sur le ventre.
Fig., Être à plat ventre devant quelqu'un, Lui faire bassement
la cour.
À PLAT, TOUT À PLAT. loc. adverbiales, Entièrement,
tout à fait. La pièce est tombée à plat, tout à
plat. Il l'a refusé tout à plat. Il nia tout à plat qu'il
en eût jamais rien dit. Tomber tout plat. Être étendu tout
plat dans son lit. Il s'est assis tout plat par terre. Cela est couché
tout plat dans mon registre.
À PLATE TERRE. loc. adv. À terre, sur le pavé, sur
le plancher. Il est tombé à plate terre. Se coucher à
plate terre. Être étendu à plate terre.
PLAT .s.m.
Sorte de vaisselle plus ou moins creuse, destinée à contenir les
mets qu'on sert sur la table. Plat d'argent. Plat d'étain. Plat de faïence,
de porcelaine. Un grand plat. Un moyen plat. Un petit plat. Un plat creux. Un
plat rond. Un plat ovale. Les bords d'un plat. Le fond d'un plat.
Se dit aussi de Ce qui est contenu dans le plat. Un plat de viande, de légumes,
de poisson, de gibier. Un plat d'asperges, d'artichauts. Un plat de fruits. Il
a mangé un plat de crème. Il n'a mangé que d'un plat. Voulez-vous
de ce plat? Il y avait tant de plats à chaque service. Nous ne voulons
qu'un plat, mais qu'il soit bon. Chaque convive apportera son plat.
Plat d'entrée, plat de rôti, plat d'entremets, Entrée,
rôti, entremets servi dans un plat.
OEufs sur le plat, OEufs qu'on casse sur un plat, et qu'on fait cuire
avec du beurre sans les brouiller.
Servir plat à plat, Ne servir qu'un seul plat à la fois,
afin que les mets soient mangés plus à propos.
Pop., Il ne chasse, il ne pêche qu'au plat, se dit D'un homme qui
aime fort le gibier, le poisson, mais qui ne prend la peine ni de chasser, ni
de pêcher.
Prov. et fig., Donner, servir un plat de son métier, Faire ou
dire quelque chose qui tienne du caractère qu'on a ou de la profession
qu'on exerce. Ce menteur nous a servi un plat de son métier. Ces joueurs
de violon nous donnèrent un plat de leur métier.
Prov. et fig., Mettre les petits plats dans les grands, Faire beaucoup
de frais pour recevoir quelqu'un, mettre tout en l'air, ne rien épargner
pour le bien recevoir.
Prov. et fig., Il n'en saurait faire un bon plat, se dit De quelqu'un
qui tâche inutilement d'excuser une faute, ou qui veut dire quelque chose
qu'on croit ne devoir pas produire un bon effet. Ne parlez point de cela, car
vous n'en sauriez faire un bon plat.
Prov. et fig., Voilà un bon plat, se dit De plusieurs personnes
de méchant caractère ou de mauvaise conduite, qui se trouvent rassemblées
en un même lieu.
Fig. et fam., Nous avons eu cette nuit un bon plat de gelée, Il
a gelé fort cette nuit.
Fig. et fam., Il ne le sert pas à plats couverts, se dit D'un
homme qui nuit ouvertement à un autre.
Plat de verre, Grande pièce de verre, plate et ronde, telle qu'elle
sort des verreries, et que les vitriers coupent en plusieurs morceaux, pour en
faire des carreaux.
Plat de balance, Chacun des deux bassins d'une balance.
PLATANE .s.m.
Grand arbre qui renouvelle partiellement son écorce, dont les branches
s'étendent beaucoup, et dont les feuilles sont fort larges. Platane
d'Orient, d'Occident. On le nomme aussi Plane.
PLATANISTE .s.m.
T. d'Antiq. grecque. Lieu ombragé de platanes, qui servait aux exercices
gymnastiques de la jeunesse de Sparte.
PLAT-BORD .s.m.
.Marine. OEuvre morte des côtés du bâtiment. Se dit plus
spécialement de La tablette horizontale qui termine l'oeuvre morte sur
le pourtour du bâtiment.
PLATEAU .s.m.
Le fond de bois des grosses balances dont on se sert pour peser les lourds fardeaux.
Mettre de la marchandise sur un plateau pour la peser.
Se dit aussi de Certains petits plats de bois, de porcelaine, ou de fer-blanc
vernissé, sur lesquels on sert ordinairement le thé, le café,
le chocolat, les rafraîchissements.
Se dit encore d'Une sorte de table à pieds fort bas, ou d'un grand plat
qu'on met au milieu d'une table à manger, et sur lequel on range différents
ornements.
En Physique, Plateau électrique, Pièce de verre, plate
et circulaire, que l'on rend électrique en la faisant tourner entre deux
coussins, au moyen d'une manivelle fixée à l'extrémité
de l'axe qui la traverse.
PLATEAU, en termes de Stratégie, se dit d'Un terrain élevé,
mais plat et uni, sur lequel on peut placer un corps de troupes ou une batterie
de canons.
Se dit aussi en général de Tout terrain élevé, et
qui s'étend en plaine. Il y a au-dessus de cette montagne un très-beau
plateau. Le grand plateau de la Tartarie.
PLATEAUX, en termes de Chasse, Les fumées des bêtes fauves,
lorsqu'elles sont plates et rondes.
PLATE-BANDE . s. f.
Espace de terre étroit qui borde les compartiments d'un jardin, et qui
est ordinairement garni de fleurs, d'arbustes, etc. Il faut mettre des fleurs
dans ces plates-bandes.
PLATE-BANDE, en termes d'Architecture, Moulure plate et unie qui a plus
de largeur que de saillie.
Se dit aussi d'Une pierre dont chaque extrémité porte sur une
colonne, un pilier ou un pied-droit.
Plate-bande de baie, La pierre qui sert de linteau à une porte,
à une fenêtre; ou L'assemblage de claveaux qui tient lieu d'une seule
pierre.
Plate-bande de fer, Barre de fer placée sous les claveaux d'une
plate-bande de pierre, pour en soulager la portée.
Plate-bande de pavé, Dalle de pierre ou de marbre qui sert d'encadrement
dans un compartiment de pavé.
PLATÉE . s. f.
Plat de nourriture chargé abondamment. On nous servit des platées
de viande. Il est populaire, et se dit en raillant.
PLATÉE . s. f.
T. d'Archit. Massif de fondation, qui comprend toute l'étendue du bâtiment.
Tracer le plan d'un édifice sur la platée.
PLATE-FORME . s. f.
Couverture d'un bâtiment sans comble, faite en terrasse avec des dalles
de pierre, des lames de plomb, etc. Il y a au haut de cette maison une plate-forme
pour prendre l'air. On découvrait fort loin de dessus la plate-forme de
ce château. La plate-forme d'un observatoire. Dans le Levant, le toit des
maisons est ordinairement en plate-forme. Les plates-formes sont communes en Italie.
Prendre l'air sur la plate-forme.
PLATE-FORME, en termes de Charpenterie, Pièce de bois qui reçoit
le pied des chevrons du comble.
Plate-forme de fondation, Assemblage de charpente qu'on place quelquefois
sous des fondations.
PLATE-FORME, en termes de Guerre, Ouvrage de terre élevé
et uni par le haut, sur lequel on met du canon en batterie.
Plate-forme de batterie, Assemblage de solives et de madriers, sur lequel
on met du canon en batterie à l'attaque d'une place.
PLATE-LONGE . s. f.
Longe plate et longue qui sert à maintenir les chevaux difficiles, quand
on les ferre, ou quand on leur fait subir quelque opération.
Se dit aussi d'Une longe faite d'un cuir très-large et d'une seule pièce,
ou refendu en deux, que l'on ajoute au harnais sur la croupe des chevaux de carrosse,
pour les empêcher de ruer.
Se dit encore de La corde ou courroie avec laquelle un écuyer qui est
à pied fait trotter un cheval en rond. Trotter, faire trotter un cheval
à la plate-longe.
PLATEMENT . adv.
D'une manière plate. Ce harangueur a parlé bien platement.
Fam., Tout platement, Sans circonlocution, sans détour. C'est
tout platement un grand hâbleur. Cet homme, qui parle tant de sa bravoure,
est tout platement un poltron.
PLATEURE . s. f.
.Métallurgie. Couche ou filon qui, après s'être enfoncé
en terre perpendiculairement ou obliquement, prend la direction horizontale.
PLATINE . s. f.
Sorte d'ustensile de ménage, consistant en un grand rond de cuivre jaune,
un peu convexe, monté sur des pieds de fer, et dont on se sert pour sécher
et pour repasser du linge. Repasser du linge sur la platine.
PLATINE, se dit aussi de La pièce à laquelle sont attachées
toutes celles qui servent au ressort d'une arme à feu. La platine d'un
fusil, d'un pistolet.
PLATINE, en termes d'Horlogerie, Chacune des deux plaques qui servent
à soutenir toutes les pièces du mouvement d'une montre ou d'une
pendule.
PLATINE, en termes d'Imprimerie, La partie de la presse qui foule sur
le tympan.
PLATINE, en termes de Serrurerie, Plaque de fer qui est attachée
à une porte au devant de la serrure, et qui est percée de manière
à donner passage à la clef. La platine d'une serrure.
Verrou à platine, Verrou monté sur une plaque de fer. On
dit aussi, Platine de loquet.
PLATINE .s.m.
Substance métallique un peu moins blanche que l'argent, inaltérable
à l'air, très-fixe au feu, et plus pesante que l'or. Le platine
a été découvert en Amérique. Un tube, une cornue,
un creuset de platine. Les Russes commencent à faire de la monnaie de platine.
L'eau régale est le seul acide qui attaque et dissolve le platine.
PLATITUDE . s. f.
Qualité de ce qui est plat, soit dans les ouvrages d'esprit, soit dans
la conversation, soit dans les sentiments et dans les procédés.
Ce discours est de la dernière platitude. La platitude de son style
me dégoûte. Dans toute cette affaire, ses opinions et sa conduite
ont été d'une insigne platitude, d'une platitude révoltante.
Se dit aussi de Ce qui est plat. Il y a bien des platitudes dans ce discours.
C'est un homme qui ne dit que des platitudes. Ce qu'il a dit est une platitude.
Il a désavoué ce qu'il avait dit, c'est une platitude.
Se dit quelquefois Des objets de la sensation du goût. Ce vin est d'une
platitude extrême. Il est familier dans les trois acceptions.
PLATONICIEN , IENNE. adj.
Qui suit la philosophie de Platon; Qui a rapport à la philosophie de
Platon. Un philosophe platonicien. La secte, l'école platonicienne.
La doctrine platonicienne.
S'emploie aussi substantivement. Un platonicien. La guerre entre les platoniciens
et les aristotéliciens.
PLATONIQUE . adj. des deux genres
Qui a rapport au système, à la philosophie de Platon. Il n'est
guère usité que dans ces locutions: Amour platonique, Affection
mutuelle, morale, et dégagée des désirs physiques, entre
deux personnes de différent sexe; et, Année platonique, Révolution
à la fin de laquelle on suppose que tous les corps célestes seront
dans le même lieu où ils étaient au commencement de cette
révolution.
PLATONISME .s.m.
Système philosophique de Platon.
PLÂTRAGE .s.m.
Ouvrage fait de plâtre. Ce n'est pas de la maçonnerie, c'est
du plâtrage.
PLÂTRAS .s.m.
Débris d'ouvrages de plâtre. Il tombe de gros plâtras
de cette cloison, de ce plafond, de cette cheminée. On emploie les plâtras,
le plâtras dans les constructions légères. Ce pignon est de
plâtras. C'est une cloison qui n'est faite que de plâtras.
Fam., Cette maison n'est bâtie que de plâtras, Elle est construite
avec de mauvais matériaux.
PLÂTRE .s.m.
Sorte de pierre cuite au fourneau, sulfate de chaux calciné, qu'on réduit
en poudre, et qu'on emploie délayé avec de l'eau pour cimenter les
pierres ou les moellons, pour faire des enduits, pour mouler des statues, des
ornements d'architecture, etc. Pierre de plâtre ou à plâtre.
Carrière de plâtre. Four à plâtre. Faire du plâtre.
Cuire du plâtre. Battre du plâtre. Sceller en plâtre. Gâcher
du plâtre. Muraille crépie de plâtre. Enduit de plâtre.
Sasser du plâtre. Une charge de plâtre. Un sac de plâtre. Une
figure de plâtre. Une statue de plâtre. Un moule de plâtre.
Mouler en plâtre. Jeter une statue en plâtre. On emploie le plâtre
comme engrais.
Plâtre cru, Pierre à plâtre propre à cuire.
Plâtre éventé, Plâtre qui a perdu de sa qualité
par l'air, le soleil ou l'humidité. Plâtre noyé, Plâtre
gâché avec beaucoup d'eau. Plâtre au panier, Plâtre
qui a été criblé au travers d'un panier. Plâtre
au sas, Plâtre qui a été passé au travers d'un
tamis.
Prov., Battre quelqu'un comme plâtre, Le battre excessivement.
Fig., Cette femme a deux doigts de plâtre sur le visage, Elle a
mis beaucoup de blanc.
PLÂTRE, se dit aussi de Tout ouvrage moulé en plâtre.
Ainsi on dit: Les plâtres de la frise, Les ornements de plâtre
de la frise. Le plâtre d'une statue, d'un buste, Le modèle
de plâtre de ce buste, de cette statue. Un plâtre antique,
Une figure, un bas-relief de plâtre, moulé d'après l'antique.
On a tous les plâtres de la colonne Trajane. Il a dans son cabinet des
plâtres fort curieux. Un plâtre de l'Apollon du Belvédère
tiré sur l'antique. Le premier plâtre d'une statue, Celui qui
est sorti le premier du moule. Le plâtre d'une personne, Le masque
de plâtre avec lequel on a pris l'empreinte de son visage. On a tiré
un plâtre sur lui après sa mort. On n'a pas son portrait, mais on
a son plâtre, d'après lequel on le peindra, d' après lequel
on fera son buste.
PLÂTRES, au pluriel et absolument, se dit, en Architecture, Des
légers ouvrages de plâtre, tels que ravalements, corniches, languettes
de cheminées, scellements, etc.
PLÂTRER . v. a.
Couvrir de plâtre, enduire de plâtre. Plâtrer un plafond.
Plâtrer une cloison.
En Agriculture, Plâtrer une prairie artificielle, Y répandre
du plâtre comme engrais.
Fig., Cette femme se plâtre, Elle se farde, elle met du blanc.
PLÂTRER, signifie figurément et familièrement, au
sens moral, Couvrir, cacher quelque chose de mauvais sous des apparences qui ne
peuvent subsister longtemps. On a plâtré cela du mieux qu'on a
pu. Au lieu d'accommoder cette affaire, on n'a fait que la plâtrer.
PLÂTRÉ, ÉE. participe, Visage plâtré.
Fig., Paix plâtrée, réconciliation plâtrée,
Paix, réconciliation qui n'est pas sincère, et qui ne saurait être
durable.
PLÂTREUX , EUSE. adj.
Il ne se dit guère que D'un terrain mêlé d'une espèce
de craie rouge. Un terrain plâtreux. Une terre plâtreuse.
PLÂTRIER .s.m.
Celui qui prépare le plâtre, et Celui qui le vend. Acheter du
plâtre au plâtrier.
PLÂTRIÈRE . s. f.
Lieu, carrière d'où l'on tire de la pierre à plâtre.
Les plâtrières de Montmartre.
Se dit aussi de L'endroit où l'on cuit et où l'on prépare
le plâtre qu'on vend aux maçons. Le fourneau d'une plâtrière.
Le maçon est à la plâtrière.
PLAUSIBILITÉ . s. f.
T. didactique Qualité de ce qui est plausible. Cette proposition a
quelque plausibilité. Il est peu usité.
PLAUSIBLE . adj. des deux genres
Qui a une apparence spécieuse. Il en donne une raison plausible. Il
prit un prétexte plausible. Ce qu'il dit est fort plausible. C'est une
excuse plausible. Un raisonnement plausible. Un système plausible.
PLAUSIBLEMENT . adv.
D'une manière plausible. Il est peu usité.
PLÉBÉIEN , IENNE. s.
Se dit de Ceux qui étaient de l'ordre du people, chez les anciens Romains.
Il n'y avait que les plébéiens qui pussent être tribuns
du peuple. Clodius se fit adopter par un plébéien. Ce patricien
avait épousé une plébéienne.
Se dit, par allusion, de Ceux qui, dans les États modernes, ne font point
partie de la noblesse. Le père de cet homme titré était
un honnête plébéien.
Il est quelquefois adjectif. Magistrat plébéien. Il était
de famille plébéienne, de race plébéienne.
PLÉBISCITE .s.m.
T. d'Antiq. Décret émané du peuple romain convoqué
par tribus.
PLÉIADES . s. f. pl.
T. d'Astron. Groupe de six étoiles qui sont dans la constellation du
Taureau, et qu'on disait autrefois être au nombre de sept. Le lever des
Pléiades. Le coucher des Pléiades. On dit aussi quelquefois
collectivement au singulier, La Pléiade céleste.
Pléiade poétique, s'est dit de Sept illustres poëtes
grecs qui florissaient sous le règne de Ptolémée Philadelphe;
et, par imitation, de Sept poëtes français qui vivaient sous les derniers
rois de France de la branche des Valois. Les poëtes qui composaient la
pléiade poétique imaginée par Ronsard, étaient Daurat,
du Bellay, Baïf, Belleau, Thyard, Jodelle, et Ronsard lui-même.
PLEIGE .s.m.
.Jurispr. Celui qui sert de caution. Il s'est offert pour pleige et caution
dans cette affaire. Il est vieux.
PLEIGER . v. a.
Cautionner en justice. Il est vieux.
PLEIGÉ, ÉE. participe
PLEIN , EINE. adj.
Qui contient tout ce qu'il est capable de contenir. Il est opposé à
Vide. Un tonneau plein de vin. Une bouteille pleine. Un verre plein. Un vase
plein. Cela est si plein, qu'il n'y peut rien tenir de plus. Cela n'est pas plein,
n'est pas tout plein, n'est plein qu'à demi, n'est qu'à demi plein.
Acheter un panier plein de fruits. Un boisseau plein de noix. Un plein pot de
confitures. Une pleine bourse de louis. Lorsque Plein est mis avant
le substantif, comme dans ces deux dernières phrases, il sert à
donner quelque sorte d'énergie à ce qu'on veut dire.
Prov., Quand le vase est trop plein, il faut bien qu'il déborde,
Une extrême douleur, un long ressentiment qu'on s'est efforcé de
contenir, éclate à la fin, malgré qu'on en ait.
Fam., Plein comme un oeuf, Extrêmement plein.
Fig., Un ouvrage plein, Un ouvrage d'esprit où l'on trouve tout
ce qu'il doit contenir. Cet ouvrage n'est pas assez plein, Il y manque
beaucoup de choses. On dit dans le même sens, Un style plein et nourri,
Un style ferme, abondant, et qui fait naître beaucoup d'idées.
PLEIN, s'emploie, par exagération, pour signifier, Qui contient
une grande quantité. Il a ses greniers pleins de blé, et ses
caves pleines de vin. La salle est pleine de monde. L'église était
si pleine, qu'on n'y pouvait entrer. Parler la bouche pleine. C'est un corps qui
est plein d'humeurs.
Cet homme est plein de vin, Il est ivre, il est pris de vin.
Fam., Avoir le ventre plein, Être repu abondamment, être
rassasié. Quand il a le ventre plein, il s'endort. On dit populairement,
dans le même sens, Il est plein, il est bien plein.
Pop., Elle a toujours le ventre plein, se dit D'une femme qui est souvent
grosse.
Bête pleine, Bête qui porte des petits. Une chatte pleine.
Une chienne pleine. Une jument pleine.
PLEIN, signifie aussi, Qui abonde en quelque chose que ce soit. C'est
un pays plein de tout ce qui est nécessaire à la vie. Un jardin
plein de fruits. Une rivière pleine de poisson. Une terre pleine de gibier.
Un parterre plein de fleurs. Un cabinet plein de tableaux. Un habit plein de taches,
plein de boue. Une écriture pleine de ratures. Un champ plein de chardons.
Un grenier plein de rats. Un chien plein de puces.
S'emploie figurément dans la même signification. Un livre plein
d'érudition, plein de bonnes choses, plein de sottises. Un thème
plein de fautes. Un homme plein d'esprit, plein de bonté, plein de courage,
plein de probité, plein d'honneur, plein de politesse, plein de bonnes
intentions, plein de bonne volonté, plein de vanité, plein de vent,
plein d'orgueil, plein de bonne opinion de lui-même. Il a la tête
pleine de visions, de chimères. Il est plein de santé. Il est plein
de vie. Dans l'Écriture sainte, la Vierge est appelée, Pleine de
grâce. Cette femme est pleine de grâce. Ses yeux sont pleins de douceur.
La vie est pleine de misère. Une situation pleine de danger. Un logement
plein d'incommodités. Une affaire pleine de ressources.
Un homme plein de difficultés, Un homme difficultueux. Un homme
plein d'expédients, Un homme qui trouve des expédients pour
tout.
Un homme plein de lui-même, Un homme qui a beaucoup de vanité,
qui a trop bonne opinion de sa personne.
Être plein d'une chose, En avoir l'imagination tout occupée.
Il est si plein de son idée, qu'il en est fatigant. Je viens d'entendre
la plus belle chose du monde, j'en suis encore tout plein. Il venait de voir un
terrible spectacle, il en était encore tout plein.
Avoir le coeur plein, Avoir des sujets de mécontentement ou de
satisfaction, de tristesse ou de joie, qu'on éprouve le besoin de déclarer,
de confier à d'autres. J'ai le coeur trop plein, il faut enfin que je
m'ouvre à vous.
Fam., Être plein de loisir, Être maître de son temps,
n'avoir point d'affaires.
En style de l'Écriture, Mourir plein de jours, Mourir dans un
âge fort avancé.
PLEIN, signifie quelquefois, Entier, complet. Un jour plein, Les
vingt-quatre heures tant du jour que de la nuit. Pleine lune, La lune lorsqu'elle
nous paraît entièrement éclairée, et qu'elle est en
opposition avec le soleil. Nous aurons pleine lune tel jour. --- Pleine lune,
se dit aussi de Tout l'espace qui est depuis le quatorzième jour jusqu'au
vingt et unième de la lune. Nous sommes dans la pleine lune.
Fig. et fam., C'est une pleine lune, se dit D'une personne qui a le visage
large et plein. On dit de même, Avoir un visage de pleine lune.
Pleine vendange, pleine récolte, Une vendange, une récolte
abondante. On a fait cette année une pleine récolte, une pleine
vendange.
Plein rapport, État d'une propriété, d'une terre
qui rapporte autant qu'on peut le désirer. Cette propriété,
cette vigne est maintenant en plein rapport.
En termes de Blason, Armes pleines, Celles qu'on porte telles qu'elles
sont, sans aucune écartelure ni brisure. La branche aînée
de cette maison portait les armes pleines. On dit aussi, Cette maison porte
son écu d'or plein, de gueules plein, etc., Elle ne porte dans l'écu
de ses armes qu'un émail, ou qu'une couleur, comme l'or, le gueules, etc.,
sans aucune pièce ni meuble.
En termes de Marine, Plein bois, La partie du navire qui est au-dessus
de l'eau. Tous les boulets ont porté en plein bois.
En termes de Billard, Prendre une bille pleine, La viser et l'atteindre
avec la sienne de centre à centre.
PLEIN, signifie aussi figurément, Entier, complet, absolu. Il
a une pleine connaissance de l'affaire. Il a pleine autorité d'en dispenser.
Il a pleine puissance d'en disposer comme il jugera à propos. Il a pleine
liberté d'aller où il voudra. J'en ai une pleine et entière
conviction. Remporter une pleine victoire. Il a plein pouvoir de son maître.
Le roi a donné plein pouvoir à son ambassadeur. Les ambassadeurs
se communiquent réciproquement leurs pleins pouvoirs.
De notre certaine science, pleine puissance et autorité royale.
Formule dont le roi se servait dans ses édits et dans ses déclarations.
PLEIN, signifie quelquefois, Gras, replet, rebondi. Cet homme a le
visage plein. Cette femme a la gorge pleine.
En termes de Manége, Jarrets pleins, Jarrets gras. Flancs pleins,
Flancs qui ne sont ni creux, ni retroussés, ni coupés. Les flancs
d'un cheval doivent être pleins à l'égal des côtes.
Bois plein, Bois compacte dont le tissu est serré.
Une voix pleine, Une voix dont le son a de la rondeur, du volume.
PLEIN, se construit souvent avec la préposition en, et
sert à former différentes locutions adverbiales de lieu et de temps,
qui signifient, Au milieu de, mais qui ne servent véritablement qu'à
donner plus de force et d'expression à ce qu'on dit. Il harangua en
plein parlement. Cela fut dit en pleine assemblée. César fut tué
en plein sénat. Il l'insulta en pleine rue, en plein marché. Ils
ont été volés en plein jour, en plein midi. Il a passé
la nuit en plein air. Il boit chaud en plein été. Il se baigne dans
la rivière en plein hiver. Cette hostilité fut faite en pleine paix.
Au mois prochain, nous serons en pleine vendange, en pleine récolte.
Un arbre en plein vent, planté en plein vent, Un arbre exposé
au vent de tous côtés, qui n'est à l'abri d'aucune muraille.
Un arbre en pleine terre, Un arbre qui n'est point renfermé dans
une caisse. On dit dans le même sens, Un arbre de plein vent, un arbre
de pleine terre.
En pleine marée, Quand le flux est le plus haut. En pleine
mer, Loin des côtes. En plein champ, Au milieu des champs. En
pleine campagne, Dans les champs, loin des habitations.
L'armée est en pleine marche, La plus grande partie des troupes
qui la composent est en marche. L'ennemi est en pleine retraite, en pleine
déroute, La retraite de l'ennemi est décidée, sa déroute
est complète. Cette province est en pleine révolte, en pleine
insurrection, Elle est tout à fait révoltée, l'insurrection
y est générale.
Tailler en plein drap, Tailler dans une pièce de drap, y prendre
tout ce qu'il faut pour faire un habit, sans être gêné par
l'aunage; et, figurément et familièrement, Avoir amplement et abondamment
tout ce qu'il faut pour l'exécution d'un dessein.
PLEIN, se construit aussi avec les prépositions à
et de, et sert à former plusieurs locutions adverbiales, qui marquent
l'intensité, l'abondance, le haut degré de la chose dont il s'agit.
Crier à pleine tête, à pleine gorge. Voguer à pleines
voiles. Boire à plein verre. Uriner à plein canal. De l'eau qui
vient à plein tuyau. Un ruisseau qui coule à pleins bords. Une femme
grosse à pleine ceinture. Un cheval gras à pleine peau. Des chevaux
qui tirent à plein collier. Du vin qui sent la framboise à pleine
bouche. Il peut faire cela de plein droit. Il a fait cela de plein gré,
de son plein gré.
Fig., À pleine main, ou À pleines mains, Abondamment,
libéralement. Donner, répandre de l'argent à pleine main,
à pleines mains.
Fam., Cette étoffe est à pleine main, Elle est fort épaisse,
moelleuse, bien fournie.
En termes de Manége, Ce cheval a un appui, une bouche à pleine
main, Il a la bouche bonne.
Franchir un fossé de plein saut, En sautant d'un bord à
l'autre.
Fig., Passer d'un plein saut ou de plein saut d'un emploi subalterne
à une place élevée, En franchissant les degrés
intermédiaires.
PLEIN, sert quelquefois de préposition de quantité; et
alors il signifie, Autant que la chose dont on parle peut en contenir. Avoir
du vin plein sa cave, du blé plein ses greniers. Avoir de l'argent plein
ses poches. Avoir plein ses poches d'argent.
PLEIN, est aussi employé comme substantif. En Philosophie scolastique,
Le plein, L'espace que l'on suppose entièrement rempli de matière;
par opposition au Vide, L'espace où l'on suppose qu'il n'y a aucune
matière, aucun corps, pas même de l'air. Le plein et le vide.
De ces deux philosophes, l'un croit le vide, l'autre soutient le plein.
La lune est dans son plein, Elle nous paraît éclairée
en entier.
Le plein d'un mur, Le massif d'un mur, la partie où il n'y a ni
portes ni fenêtres.
Une étoffe brodée tant plein que vide, Une étoffe
dont une partie est brodée, et dont l'autre ne l'est pas.
Mettre dans le plein, mettre en plein, Mettre sa flèche, sa balle
de fusil ou de pistolet, etc., au milieu du but que l'on vise.
Au Jeu de biribi, Mettre en plein, Mettre l'argent qu'on joue au milieu
d'un chiffre: lorsque ce chiffre arrive, on retire soixante-quatre fois autant
qu'on a mis au jeu; et cela s'appelle Gagner un plein.
Au Jeu de trictrac, Faire son plein, Couvrir de deux dames chaque case
d'une des tables ou jans du trictrac. On dit aussi: Conserver son plein. Tenir
son plein. Rompre son plein.
PLEIN substantif, en termes de Calligraphie, Partie d'une lettre, d'un
caractère d'écriture ou d'imprimerie, qui est formée d'un
trait plus gros, plus large que le reste. Il est opposé à Délié.
La lettre O a deux pleins et deux déliés.
EN PLEIN. loc. adv. Pleinement, complétement. Le soleil donnait
en plein sur nous. Il a perdu son procès en plein, tout en plein. Donner
en plein dans un piége.
À PUR ET À PLEIN. loc. adv. Tout à fait, entièrement.
Il n'est guère usité que dans ces locutions: Absous à
pur et à plein. Soldé à pur et à plein.
TOUT PLEIN, sert quelquefois d'adverbe de quantité; et alors il
signifie, Beaucoup. On trouve tout plein de gens qui pensent... Il y a tout
plein de monde dans les rues. J'ai tout plein de livres d'égarés.
Vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y en a tout plein.
Il est très familier.
PLEINEMENT . adv.
Entièrement, absolument, tout à fait. J'en suis pleinement
convaincu. Il s'en est pleinement justifié.
PLÉNIÈRE . adj. f.
Il n'est guère usité que dans ces locutions: Cour plénière,
Assemblée solennelle que nos rois tenaient le jour de quelque grande fête,
ou lorsqu'ils voulaient faire un magnifique tournoi; et, Indulgence plénière,
Rémission pleine et entière de toutes les peines dues aux péchés.
Ce monarque tint cour plénière le jour de Noël. Le pape
a accordé indulgence plénière à l'occasion de telle
solennité. Gagner les indulgences plénières. Il y a indulgence
plénière à telle église.
PLÉNIPOTENTIAIRE .s.m.
Ministre chargé des pleins pouvoirs d'un souverain. Se dit particulièrement
Des agents diplomatiques du second rang. Plénipotentiaire de France.
Plénipotentiaire d'Espagne. Plénipotentiaire au congrès.
S'emploie aussi adjectivement. Ministre plénipotentiaire.
PLÉNITUDE . s. f.
Abondance excessive. Il n'est guère d'usage au propre qu'en parlant Des
humeurs. Cela marque une grande plénitude d'humeurs. Il n'est malade
que de plénitude.
Se dit figurément en parlant De certaines choses, pour signifier qu'elles
sont absolues, entières, complètes. C'est par plénitude
de puissance que les rois accordaient certaines grâces, certaines rémissions
qui n'étaient point fondées en droit. Il a conservé la plénitude
de sa puissance. L'épiscopat est la plénitude des pouvoirs du sacerdoce.
Il a recouvré la plénitude de ses facultés, de ses forces,
de sa santé, de sa raison. Notre-Seigneur vint au monde dans la plénitude
des temps, c'est-à-dire, Au terme marqué pour l'accomplissement
des prophéties qui avaient prédit sa naissance et sa mort.
La plénitude du coeur, L'abondance des sentiments dont le coeur
est rempli. Je vous parle dans la plénitude de mon coeur.
PLÉONASME .s.m.
Figure par laquelle on emploie des mots qui sont inutiles pour le sens, mais
qui peuvent donner à la phrase plus de force ou de grâce. Quand
le pléonasme n'ajoute rien à la force ou à la grâce
du discours, il est vicieux.
Il se prend ordinairement en mauvaise part, et signifie, Une rédondance
vicieuse de paroles.
PLÉTHORE . s. f.
T. Médec. Abondance de sang et d'humeurs.
PLÉTHORIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Abondant en humeurs. État pléthorique. Disposition
pléthorique. Tempérament pléthorique. Un homme pléthorique.
Mangeant beaucoup et ne faisant point d'exercice, il est devenu pléthorique.
PLEURANT , ANTE. adj.
Qui pleure. Elle est toujours pleurante.
PLEURARD .s.m.
Terme familier par lequel on désigne Un enfant qui pleure souvent et
sans sujet. C'est un vilain pleurard.
PLEURE . s. f.
T. d'Anat. Voyez PLÈVRE.
PLEURER . v. n.
Répandre des larmes. Pleurer amèrement. Pleurer à chaudes
larmes. Elle ne fait que pleurer. Elle pleure, elle soupire à tout moment.
Pleurer comme une femme, comme un enfant. Pleurer à volonté, à
commandement. De quoi pleurez-vous? Qu'avez-vous à pleurer? Quel sujet
avez-vous de pleurer? Il se mit à pleurer. Pleurer de tendresse. Pleurer
de colère, de dépit. Pleurer de joie. C'est un soulagement dans
la douleur que de pleurer. Il ne lui répondit qu'en pleurant. Il y a temps
de rire et temps de pleurer. La fumée fait pleurer. L'oignon fait pleurer.
Les cerfs pleurent quand ils sont aux abois.
Pleurer sur quelqu'un, Déplorer ses fautes, ses égarements,
ses malheurs. JÉSUS-CHRIST disait aux femmes de Jérusalem: Ne
pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. Il pleure sur son
fils coupable et malheureux. Il pleure sur sa patrie captive et désolée.
Fam., Pleurer comme un veau, Pleurer immodérément.
Prov. et fig., On dirait qu'il a pleuré pour avoir des manchettes,
pour avoir un habit, un chapeau, etc., se dit D'un homme qui a des manchettes
mesquines, trop petites, qui a un habit écourté, un petit chapeau
quand la mode est d'en avoir un grand, etc.
Prov., Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour pleurer,
Il a tout perdu, on lui a tout pris.
Prov. et fig., Il pleure d'un oeil et rit de l'autre, se dit De quelqu'un
qui rit et pleure tout à la fois, et comme incertain entre deux sentiments
opposes.
Les yeux lui pleurent, ses yeux pleurent, se dit en parlant D'une personne
qui a quelque sérosité qui lui coule des yeux.
La vigne pleure, se dit Lorsqu'il dégoutte de l'eau de son bois,
après qu'elle a été fraîchement taillée.
PLEURER, est aussi actif. Pleurer la perte de ses amis. Pleurer son
malheur, ses malheurs. Pleurer la mort de son père, de sa mère.
Pleurer quelqu'un, Pleurer sa perte, sa mort. Pleurer son père.
Pleurer sa mère. Il ne se passe pas de jour qu'il ne pleure sa femme, son
fils, son ami.
Pleurer ses péchés, pleurer sur ses péchés,
Avoir un grand regret, une grande douleur des péchés qu'on a commis.
Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang, en larmes
de sang, On ne saurait trop le pleurer, ni en avoir une trop vive douleur.
Fig. et fam., On ne l'a pleuré que d'un oeil, Il n'a été
regretté qu'en apparence et pour la forme.
Fam., Il pleure le pain qu'il mange, se dit D'un avare qui a regret à
ce qu'il mange, qui se plaint sa nourriture.
Pop., C'est un pleure-pain, un pleure-misère, C'est un avare qui
se plaint toujours de sa misère.
PLEURÉ, ÉE. participe
PLEURÉSIE . s. f.
.Médec. Douleur de côté fort vive, causée par l'inflammation
de la plèvre, et souvent de la partie externe du poumon. Il s'est tellement
échauffé, qu'il en a gagné une pleurésie. Il est mort
d'une pleurésie. Pleurésie aiguë. Pleurésie chronique.
Fausse pleurésie, Douleur du côté, qui n'est point
causée par une inflammation de la plèvre, mais seulement par une
inflammation légère des muscles intercostaux.
PLEUREUR , EUSE. s.
Celui, celle qui a l'habitude de pleurer. C'est un pleureur. C'est un grand
pleureur, une grande pleureuse.
PLEUREUSE, se dit aussi Des femmes que, chez les anciens Grecs et les
anciens Romains, on louait pour assister aux funérailles du mort, et pour
pleurer sa perte.
Adjectiv., Saule pleureur, frêne pleureur, Espèce de saule,
espèce de frêne, dont les branches frêles et longues pendent
vers la terre.
PLEUREUSES . s. f. pl.
Bandes de batiste, qu'on mettait autrefois sur le revers de la manche d'un habit,
dans les premiers temps d'un grand deuil. Porter des pleureuses. Grandes, petites
pleureuses.
PLEUREUX , EUSE. adj.
Qui annonce une personne affligée et prête à pleurer, ou
une personne qui a pleuré. Avoir l'air pleureux, la mine pleureuse,
le ton pleureux. Avoir les yeux encore tout pleureux. Il est peu usité.
PLEURNICHER . v. n.
Répandre des larmes feintes, faire semblant de pleurer, essayer de pleurer,
comme les enfants qui veulent qu'on s'attendrisse et qu'on leur cède. Vous
aurez beau pleurnicher, vous n'obtiendrez rien. Il est familier.
PLEURNICHEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui pleurniche. C'est un pleurnicheur, une pleurnicheuse.
Il est familier.
PLEURONECTE .s.m.
T. d'Hist. nat. Genre de poissons plats qui, comme les limandes, les plies,
les turbots, les soles, etc., nagent sur un des côtés du corps, et
ont les deux yeux du même côté de la tête.
PLEUROPNEUMONIE . s. f.
.Médec. Pleurésie dans laquelle la plèvre et les poumons
sont enflammés.
PLEURS .s.m. pl.
Larmes. Verser des pleurs. Répandre des pleurs. Avoir le visage tout
baigné, tout mouillé, tout trempé de pleurs. Les yeux tout
baignés de pleurs. Ne pouvoir retenir ses pleurs. Donner des pleurs à
la disgrâce, à la perte, à la mémoire de son ami. S'abandonner
aux pleurs. Des pleurs involontaires s'échappèrent de ses yeux,
tombèrent de ses yeux. Il m'arrache des pleurs. Je sentais couler mes pleurs.
Laissez couler vos pleurs. J'inondai son sein de mes pleurs. Sa perte m'a coûté
bien des pleurs. Chaque jour il arrosait de ses pleurs le tombeau de son père.
Des pleurs touchants.
Se dit quelquefois au singulier, dans le style élevé. C'est
là qu'il y aura un pleur éternel.
Fig., Essuyer ses pleurs, Se consoler. Essuyer les pleurs de quelqu'un,
Calmer son affliction, le consoler.
Par exagérat., Être tout en pleurs; être noyé de
pleurs, être noyé dans les pleurs; fondre en pleurs, Pleurer
abondamment.
Pleurs de terre, Les eaux de pluie qui coulent, qui filtrent entre les
terres. Ce sont les pleurs de terre qui ont fait fondre cette glacière.
Les pleurs de la vigne, L'eau qui s'en échappe quand elle a été
taillée.
Poétiq., Les pleurs de l'aurore, La rosée.
PLEUTRE .s.m.
Terme de mépris, pour désigner Un homme sans courage, un homme
qui ne mérite aucune considération. Cet homme n'est qu'un pleutre.
Il est très-familier.
PLEUVOIR . v. n.
(Il pleut. Il pleuvait. Il plut. Il a plu. Il pleuvra. Il pleuvrait. Qu'il
pleuve. Qu'il plût.) Se dit De l'eau qui tombe du ciel. Il pleut
à verse. Il pleut à seaux. Il pleut bien fort. Il ne pleut guère.
Il commençait à pleuvoir. Il y a longtemps qu'il n'a plu. Il ne
fait que pleuvoir depuis quelque temps. Il pleuvra bientôt.
Fam., Il y pleut comme dans la rue, se dit en parlant D'une maison où
la pluie perce les planchers.
Pop., Je n'en ai non plus qu'il en pleut, se dit Pour donner à
entendre qu'on n'a pas la moindre partie de la chose dont il s'agit.
Prov., fig. et pop., Il a bien plu sur sa friperie, se dit D'un homme
qui est déchu d'une vigoureuse santé, ou d'une fortune éclatante.
Pop., Comme s'il en pleuvait, Beaucoup, en grande quantité. Donnez-nous
du vin comme s'il en pleuvait. Il dépense de l'argent comme s'il en pleuvait.
Prov. et fig., C'est un écoute s'il pleut, se dit D'un homme faible,
qui se laisse arrêter par les moindres obstacles. Se dit aussi D'une promesse
illusoire, d'une mauvaise défaite, d'une espérance très-incertaine.
PLEUVOIR, se dit aussi De plusieurs choses qui tombent ou semblent tomber
du ciel comme la pluie. Le bruit courait qu'il avait plu du sang en tel endroit,
qu'il y avait plu des pierres. Le peuple croit qu'il pleut quelquefois des grenouilles
et des insectes. Dieu fit pleuvoir le feu et le soufre sur Sodome et sur Gomorrhe.
Prov. et par exagérat., Quand il pleuvrait des hallebardes, la pointe
en bas, ou simplement, Quand il pleuvrait des hallebardes, Quelque
mauvais temps qu'il puisse faire. Se dit ordinairement Pour marquer qu'on est
dans une nécessité indispensable de sortir, et qu'il n'y a aucune
considération de mauvais temps qui en puisse empêcher.
PLEUVOIR, se dit, figurément, De plusieurs choses qui tombent
d'en haut en grande quantité. Il pleut des bombes, des obus, des boulets
de canon, des balles de fusil en cet endroit. Les coups de fusil y pleuvent. On
fit pleuvoir sur lui une grêle de coups, une grêle de pierres, une
grêle de dards, de flèches, de traits.
Fig., Il pleut des brochures, de mauvais vers, etc., Il s'en publie chaque
jour une grande quantité. Il pleut des chansons, des épigrammes,
etc., contre un tel, Il court beaucoup de chansons, d'épigrammes, etc.,
contre lui. Les sarcasmes pleuvent sur lui de tous côtés,
Il est l'objet de mille sarcasmes.
Fig. et fam., Il pleut des mauvais plaisants, des ennuyeux, des importuns,
etc., Quelque part qu'on aille, on rencontre beaucoup de mauvais plaisants,
d'ennuyeux, d'importuns, etc.
Fig., Les biens, les dignités, les honneurs pleuvent chez lui, pleuvent
sur lui, Il lui arrive de grands avantages coup sur coup; on lui prodigue
les dignités, les honneurs.
PLÈVRE . s. f.
T. d'Anat. On donne ce nom à La membrane qui tapisse l'intérieur
de la poitrine. L'inflammation de la plèvre.
PLEXUS .s.m.
(On fait sentir l'S.) T. d'Anat. Lacis, réseau formé par plusieurs
filets de nerfs, ou par plusieurs petits vaisseaux entrelacés les uns avec
les autres. Plexus choroïde. Plexus hépatique. Plexus splénique.
Plexus solaire. Etc.
PLEYON .s.m.
Petit brin d'osier qui sert à lier la vigne. Il faut des pleyons pour
cette vigne.
PLI .s.m.
Ce qu'on fait à une étoffe, à du linge, à du papier,
etc., lorsqu'on les met en un ou en plusieurs doubles, avec ou sans arrangement.
Faire un pli à une étoffe. Faire plusieurs plis, plusieurs petits
plis, de gros plis. Des manchettes plissées à petits plis. Vous
avez fait des plis à ce livre en vous asseyant dessus. Les plis de sa robe,
de son manteau, de sa soutane.
Remettre une étoffe dans ses plis, La replier de la même
manière qu'elle avait été pliée par le fabricant.
Cet habit ne fait pas un pli, Il est juste à la taille.
Prov. et fig., C'est une affaire qui ne fera pas un pli, pas un petit pli,
pas le moindre pli, se dit D'une affaire aisée, et qui ne peut pas
souffrir de difficulté.
Sous ce pli, Dans cette lettre. Vous trouverez sous ce pli, je vous
envoie sous ce pli le papier que vous me demandez. J'ai reçu votre lettre
et la sienne sous le même pli, Sous la même enveloppe.
Fig., Fouiller dans tous les plis et replis du coeur, sonder les plis et
replis du coeur, Chercher à découvrir ce qu'il y a de plus secret,
de plus caché dans le coeur.
PLI, signifie aussi, La marque qui reste à une étoffe,
à du linge, à du papier, etc., pour avoir été plié.
Cet habit fait un faux pli, un mauvais pli, a pris un mauvais pli. Il y a eu
des cornes à ce livre, on en voit toujours les plis.
Cet habit a pris son pli, Les plis qui y sont y demeureront toujours.
Prov. et fig., Il ressemble au camelot, il a pris son pli; et absolument,
Il a pris son pli, se dit D'un homme qui n'est pas d'âge ou d'humeur
à se corriger facilement, à changer d'habitude. On dit dans le même
sens, Le pli est pris, vous n'en viendrez pas à bout.
Fig., Ce jeune homme a pris un bon pli, un mauvais pli, Il est déjà
tout formé aux habitudes du bien ou du mal. On dit dans le même sens,
Donner un bon pli à la jeunesse.
Fig., Donner un bon pli à une affaire, La disposer, la présenter
de telle sorte, qu'elle puisse être bien entendue, et favorablement jugée.
En termes de Manége, Mettre un cheval dans un beau pli. Voyez
PLIER.
PLI, se dit quelquefois de Ce qui ressemble à un pli d'une étoffe,
etc. La peau de cet animal a des plis. Les plis de la corolle du liseron. Un
Sybarite se plaignait de ce que le pli d'une des feuilles de roses sur lesquelles
il était couché, l'avait empêché de dormir.
Avoir des plis au front, au visage, Avoir des rides.
Le pli du bras, le pli du jarret, L'endroit où le bras, où
le jarret se plie.
En termes de Manége, Le pli de l'embouchure, L'endroit de la brisure
du mors de bride.
En termes de Marine, Pli de câble, La longueur de la roue du câble
tel qu'il est roué. Mouiller un pli de câble, Ne filer que
très-peu de câble, en mouillant l'ancre.
PLI, en termes de Peinture et de Sculpture, se dit Des sinuosités
d'une draperie. Il faut que le nu se fasse sentir sous les plis. Les plis doivent
être peu nombreux, faciles et coulants.
PLIABLE . adj. des deux genres
Pliant, flexible, aisé à plier. Cette sorte de bois n'est guère
pliable.
S'emploie aussi figurément, et signifie, Docile, disposé à
se laisser conduire, gouverner. Avoir l'esprit pliable, l'humeur pliable.
Il est peu usité.
PLIAGE .s.m.
Action, manière de plier, ou L'effet de cette action. Le pliage des
étoffes doit se faire avec soin. Le pliage des feuilles imprimées
varie suivant les formats.
PLIANT , ANTE. adj.
Souple, flexible, facile à plier. L'osier est extrêmement pliant.
S'emploie aussi figurément, et signifie, Docile, accommodant, disposé
à faire ce que les autres veulent, ou ce que les circonstances demandent.
Il a le caractère pliant, l'humeur pliante. C'est un esprit pliant.
Siége pliant, et substantivement, Pliant, Siége
qui se plie en deux, et qui n'a ni bras ni dossier. Il ne lui fit donner qu'un
pliant.
PLICA .s.m.
.Médec. Voyez PLIQUE.
PLICATILE . adj. des deux genres
.Bot. Qui se plisse. La corolle du liseron est plicatile.
PLIE . s. f.
Poisson plat, du même genre que la limande et le carrelet, et dont la
chair est estimée. On pêche beaucoup de plies dans la Loire.
PLIÉ .s.m.
.Danse. Mouvement des genoux quand on les plie. Faire des pliés.
PLIER . v. a.
Mettre en un ou plusieurs doubles, et avec un certain ordre. En ce sens, il
ne se dit proprement qu'en parlant Du linge, des étoffes et du papier.
Plier du linge. Plier des habits, des hardes, des draps de lit, des serviettes.
Pliez votre serviette. Plier une lettre. Plier des feuilles imprimées.
Plier en quatre, en huit, en seize, etc.
Fig. et fam., Plier la toilette, Voler, emporter toutes les hardes d'une
personne. Se dit principalement D'un valet qui emporte les hardes de son maître.
Plier bagage, se dit D'une armée qui décampe, qui se retire
devant une autre. L'armée a plié bagage. Les ennemis sachant
qu'on marchait à eux, songèrent à plier bagage.
Fig. et fam., Plier bagage, S'en aller furtivement. Cette locution signifie
aussi quelquefois, Mourir. Dans ce dernier sens, on dit aussi, populairement,
Plier son paquet.
PLIER, signifie aussi, Courber, fléchir. Plier de l'osier.
Plier des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire un berceau. Plier
les genoux. Plier le bras. À cela il n'y a qu'à plier les épaules,
et à prendre patience. On l'emploie dans ce sens avec le pronom personnel.
L'endroit où le bras, où la jambe se plie. Il se courbe si fort,
qu'il semble qu'il s'aille plier en deux.
Fig., Plier les genoux devant le veau d'or, Faire servilement la cour
à un homme riche, à une personne puissante; faire des bassesses
pour acquérir des honneurs, de la fortune.
PLIER, s'emploie figurément, et signifie, Assujettir, soumettre,
faire céder, accoutumer. Il faudra plier ce jeune homme à la
règle. Plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs
d'autrui. Il y a des esprits qu'on plie aisément. Plier son caractère
aux circonstances. Plier la loi aux divers cas qui se présentent. Il s'est
fait une philosophie qu'il plie à tous ses goûts, à tous ses
caprices.
S'emploie dans le même sens avec le pronom personnel. Se plier à
la volonté, à l'humeur, aux caprices de quelqu'un. Se plier aux
circonstances. Se plier aux usages des autres. Je ne saurais me plier à
cela.
PLIER, est aussi neutre, et signifie, Devenir courbé. Un roseau,
un bâton, une houssine, une baguette qui plie. La planche pliait sous lui.
Le plancher pliait sous le faix. Cet arbre plie sous le poids de ses fruits. Faire
plier un arc. Une lame d'épée qui plie jusqu'à la garde.
Fig., Plier sous le poids des affaires, sous le poids des années,
Être surchargé d'affaires, être accablé par l'âge.
Prov. et fig., C'est un roseau qui plie à tout vent, se dit D'une
personne qui n'a point de fermeté, qui cède à toutes les
impulsions qu'on veut lui donner.
Prov. et fig., Il vaut mieux plier que rompre, Il vaut mieux céder
que de se perdre en résistant; il est souvent plus avantageux de céder,
que de résister trop opiniâtrément.
PLIER, s'emploie aussi neutralement au figuré, et signifie, Céder,
se soumettre. Plier sous l'autorité, sous les ordres de quelqu'un. Plier
sous les lois de la nécessité. Il fait tout plier sous sa volonté.
Il ne pliera pas. Vous ne le ferez pas plier. Plier sous le joug.
Il signifie encore figurément, Reculer; et, en ce sens, il se dit proprement
Des troupes qui reculent dans un combat. Les ennemis plièrent à
la première charge. L'infanterie plia. L'aile droite fut la première
à plier. D'abord les troupes plièrent, mais ensuite elles retournèrent
à la charge.
En termes de Manége, Plier un cheval, Lui amener la tête
en dedans ou en dehors, afin de lui rendre l'encolure souple, et de lui donner
de la facilité dans les épaules.
PLIÉ, ÉE. participe
PLIEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui plie. Plieur de draps. Plieuse de livres, de brochures,
de journaux. Plieuses de soie.
PLINTHE . s. f.
Membre d'architecture ayant la forme d'une petite table carrée, qui se
nomme aussi Socle dans les bases, et Tailloir dans les chapiteaux
des colonnes. La plinthe de cette base n'a pas de proportion avec la plinthe
du chapiteau. La plinthe d'une statue. Dans cette acception, quelques-uns
le font masculin.
Se dit aussi d'Une bande ou saillie plate qui règne au pied d'un bâtiment,
au bas d'un mur d'appartement, d'un lambris. Cette plinthe est trop étroite,
et n'a pas assez de saillie. La tenture de cette pièce pose sur la plinthe.
La plinthe du lambris.
Plinthe de mur, Espèce de plate-bande qui indique la ligne des
planchers sur la façade d'un bâtiment, ou qui règne au sommet
d'un mur de clôture.
PLIOIR .s.m.
Petit instrument de bois, d'ivoire ou d'autre matière, plat, tranchant
des deux côtés, arrondi par les deux bouts, et dont on se sert pour
plier et pour couper du papier. Servez-vous de votre plioir.
PLIQUE . s. f. ou PLICA.s.m.
.Médec. Maladie dans laquelle les cheveux sont entrelacés et collés
ensemble, de manière qu'on ne peut les démêler, et qu'on ne
peut les couper ou les rompre, sans qu'il en coule du sang. La plique est commune
en Pologne. Le plica est fort rare ailleurs qu'en Pologne.
PLISSEMENT .s.m.
Action de plisser.
PLISSER . v. a.
Faire des plis. Il ne se dit proprement qu'en parlant Des plis que les tailleurs
ou les ouvrières en linge ou les blanchisseuses et repasseuses de linge
font à certaines sortes d'habits ou d'ouvrages. Plisser une jupe. Plisser
une chemise. Plisser une collerette.
Il est aussi neutre. Cette étoffe plisse, Il s'y fait plusieurs
plis. Ces rideaux plissent trop, plissent bien, plissent mal, Il s'y fait
trop de plis, les plis en ont bonne ou mauvaise grâce.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Cette étoffe se plisse bien.
PLISSÉ, ÉE. participe, Un jabot bien plissé.
S'emploie quelquefois adjectivement, surtout en Botanique. Peau plissée.
Feuille plissée.
PLISSURE . s. f.
Manière de faire des plis. Cette blanchisseuse n'entend rien à
la plissure.
Se dit aussi de L'assemblage de plusieurs plis. Cette plissure est bien faite.
PLOC .s.m.
.Marine. Composition de poil de vache et de verre pilé, qu'on met entre
le doublage et le bordage d'un navire.
PLOMB .s.m.
(On prononce Plon.) Métal d'un blanc bleuâtre, très-mou,
et l'un des plus pesants après l'or et le platine. Le plomb est un métal
aisé à fondre. Le plomb, chauffé avec le contact de l'air,
s'oxyde et se convertit d'abord en massicot, puis en minium. Acheter, vendre du
plomb. Plomb laminé. Plomb en table. Une table de plomb. Un saumon de plomb.
Des balles de plomb. Un bassin de plomb. Un cercueil de plomb. Des tuyaux de plomb.
Des gouttières de plomb. Une terrasse couverte de plomb. Revêtement
de plomb.
Les plombs de Venise, La toiture de plomb du palais de Saint-Marc, à
Venise, sous laquelle étaient des prisons où les détenus
souffraient cruellement de la chaleur. Il languissait depuis deux ans sous
les plombs.
Mine de plomb, Sorte de crayon, qu'on nomme aussi Plombagine.
Blanc de plomb, Plomb oxydé par la vapeur du vinaigre, et qui
produit une couleur blanche dont les peintres font usage.
Colique de plomb ou des peintres, Colique violente produite par
l'action du plomb.
Prov., Il est fin comme une dague de plomb, se dit D'un homme simple
et grossier.
Prov. et fig., Il lui faudrait un peu de plomb dans la tête, se
dit en parlant D'un homme qui a la tête légère, d'un étourdi.
Fig. et fam., Cul de plomb, Un homme laborieux et sédentaire.
C'est un cul de plomb et une tête de fer.
En termes d'Imprim., Lire sur le plomb, Lire un passage sur la composition
même.
PLOMB, se dit aussi Des balles, des lingots et des petits grains de plomb
qu'on emploie soit à la guerre, soit à la chasse, pour charger les
fusils et autres armes à feu. Cette ville fut obligée de capituler,
faute de plomb et de poudre. Plomb à giboyer. Charger un fusil de menu
plomb. Il a du plomb dans sa gibecière. Ce chasseur n'a plus ni plomb ni
poudre.
Fig. et fam., Il n'a ni poudre ni plomb, se dit D'un homme dépourvu
de tout ce qui lui est nécessaire pour son travail ou pour sa dépense.
Fam., Mettre du plomb dans la tête de quelqu'un, Lui casser la
tête d'un coup de fusil ou de pistolet.
PLOMB, se dit aussi d'Un petit sceau de plomb que, dans les manufactures,
on attache aux étoffes pour en certifier la qualité ou l'aunage,
et que, dans les douanes, on attache aux ballots, coffres, etc., pour attester
qu'ils ont payé les droits, et pour empêcher qu'ils ne soient ouverts
avant d'être arrivés au lieu de leur destination. Plomb d'aunage.
Mettre le plomb. Changer le plomb. Contrefaire le plomb.
PLOMB, se dit encore d'Un instrument qui consiste en un morceau de plomb,
ou d'autre métal, suspendu à une ficelle, et dont les maçons,
les charpentiers, etc., se servent pour élever leurs ouvrages perpendiculairement
à l'horizon. Voir avec un plomb si une muraille est droite, si elle
est bien verticale.
Mettre à plomb, dresser à plomb une muraille, une menuiserie,
une charpente, La rendre verticale. On dit dans le même sens, Cette
muraille est à plomb. On dit aussi, Tracer une ligne à plomb
sur une muraille, sur un édifice. Voyez plus bas la locution adverbiale
À PLOMB.
PLOMB, se dit aussi Des morceaux de plomb aplatis que les femmes mettaient
autrefois à leurs manchettes pendantes, pour les faire bien tenir.
Plomb de sonde, ou simplement, Plomb, Morceau de plomb fait en
cône, et attaché à une corde nommée Ligne, avec lequel
on sonde la mer, pour savoir combien il y a de brasses d'eau, et de quelle qualité
est le fond.
Prov. et fig., Jeter son plomb sur quelque chose, Avoir des vues sur
quelque chose, former un dessein pour parvenir à quelque chose. Il a
jeté son plomb sur cet emploi.
PLOMB, se dit encore de Ces cuvettes, ordinairement de plomb, qu'on établit
aux différents étages d'une maison, pour y jeter les eaux sales,
qui s'écoulent ensuite par les tuyaux de descente. Poser un plomb.
PLOMB, se dit en outre de L'hydrogène sulfuré qui se dégage
des fosses d'aisances et des puits.
Se dit également de L'espèce d'asphyxie qui saisit quelquefois
les vidangeurs, lorsqu'ils viennent à respirer ce gaz.
À PLOMB. loc. adv. Perpendiculairement. Une ligne qui tombe
à plomb sur une autre fait deux angles droits. Le soleil donne à
plomb, bat, tombe à plomb sur les habitants de la zone torride.
S'emploie aussi figurément. Cette observation tombe à plomb
sur lui.
À PLOMB, s'emploie quelquefois substantivement, et alors il ne
forme qu'un seul mot. Prendre l'aplomb d'une muraille. Prendre les aplombs
d'un bâtiment. Conserver son aplomb, perdre son aplomb. Être bien
d'aplomb, hors d'aplomb. Ce danseur n'est pas tombé d'aplomb.
S'emploie figurément, au sens moral, et signifie, Situation fixe d'esprit
ou de fortune; tenue, suite dans les idées ou dans les actions, assurance
dans les manières. Ce jeune homme a de l'aplomb, manque d'aplomb. Cet
homme ne fait que d'arriver, il n'a pas encore bien pris son aplomb. Ce comédien
a beaucoup d'aplomb. Il a un aplomb et un sang-froid imperturbables.
APLOMB, en termes de Peinture, Pondération des figures. Il
pèche par les aplombs. Ses figures manquent d'aplomb. On dit dans un
sens analogue, en termes d'Équitation, Les aplombs d'un cheval.
PLOMBAGE .s.m.
Action de plomber, de garnir de plomb, de marquer avec un plomb. Le plombage
d'un faîte. Le plombage d'un ballot. Payer tant pour le plombage.
PLOMBAGINE . s. f.
Substance minérale noirâtre, qui est plus connue sous le nom de
Mine de plomb, et dont on fait des crayons.
PLOMBER . v. a.
Mettre, attacher, appliquer du plomb à quelque chose, en quelque lieu.
Plomber des filets pour qu'ils descendent au fond de l'eau. Plomber les faîtes,
les arêtiers d'un toit couvert d'ardoise.
Plomber de la vaisselle de terre, La vernir avec du plomb.
En termes de Dentiste, Plomber une dent, Remplir de plomb en feuille
une dent creuse, afin de la conserver. Il s'est fait plomber une dent.
PLOMBER, en termes de Douanes et de Manufactures, Appliquer un petit
sceau de plomb, soit sur des ballots, coffres, etc., pour marquer qu'ils ont payé
les droits, et pour empêcher qu'ils ne soient ouverts dans les autres bureaux
où ils passent; soit sur des étoffes pour marquer qu'elles viennent
de telle fabrique, ou qu'elles ont tel aunage et telle qualité. Plomber
des ballots, des caisses, des pièces d'étoffe, etc.
PLOMBER, en termes de Terrassier et de Jardinier, Presser, battre, fouler
des terres pour les affermir et afin qu'elles s'affaissent moins. Il faut plomber
les terres rapportées.
PLOMBER, en termes de Maçon, de Charpentier, etc., Juger de la
position verticale d'un ouvrage, à l'aide d'un plomb. Plomber un mur.
PLOMBÉ, ÉE. participe, Vaisselle plombée. Marchandise
plombée. Ballots plombés. Dent plombée.
S'emploie quelquefois adjectivement, et signifie, Livide, couleur de plomb.
Cet homme a le teint plombé, le visage plombé. Couleur plombée.
PLOMBERIE . s. f.
Art de fondre et de travailler le plomb.
Se dit aussi d'Un lieu où l'on coule et où l'on travaille le plomb.
PLOMBEUR .s.m.
Celui qui plombe les marchandises, les étoffes. Les plombeurs de la
douane.
PLOMBIER .s.m.
Ouvrier qui fond le plomb, le façonne, le vend façonné,
ou le met en oeuvre dans les bâtiments, les fontaines, etc.
PLONGEANT , ANTE. adj.
Dont la direction est de haut en bas. Vue plongeante. Le coup d'épée
qu'il a reçu était plongeant. Feu plongeant.
PLONGÉE . s. f.
.Fortificat. Il n'est usité que dans cette locution, La plongée
du parapet, La ligne qui, dans le profil d'un parapet, est comprise entre
le talus intérieur et le talus extérieur.
PLONGEON .s.m.
Oiseau aquatique qui plonge souvent dans l'eau. Plongeon de mer. Plongeon
de rivière.
Faire le plongeon, se dit D'une personne qui plonge.
Fig. et fam., Faire le plongeon, se dit D'un homme qui baisse la tête
quand il entend tirer. Ceux qui n'ont jamais été à la
guerre font ordinairement le plongeon aux premiers coups que l'on tire. Se
dit aussi D'une personne qui tâche de s'échapper, principalement
pour se dérober aux reproches, aux railleries. Il fit tout à
coup le plongeon.
Faire le plongeon, se dit encore, au sens moral, D'une personne qui,
après avoir voulu soutenir quelque chose, se relâche tout d'un coup
par faiblesse, ou n'allègue que faiblement de mauvaises raisons.
PLONGER . v. a.
Enfoncer quelque chose dans l'eau, ou dans quelque autre corps liquide, pour
l'en retirer ensuite. Plonger une cruche dans la rivière. On l'a plongé
dans la rivière jusqu'au cou. Plonger quelqu'un dans la mer.
Fig., Plonger un poignard dans le sein de quelqu'un, Lui enfoncer un
poignard dans le sein; et, au sens moral, Lui causer un chagrin profond, violent.
C'est lui plonger le poignard dans le sein, que de lui annoncer la mort de
son fils.
PLONGER, s'emploie figurément, et se dit De la chose ou de la
personne qu'on regarde comme la cause du malheur, du chagrin, de la disposition
d'âme ou d'esprit dont on parle. Cette mort plongea notre famille dans
un abîme de maux. La perte de son fils le plongea dans la douleur. C'est
lui seul qui vous a plongé dans la misère, dans l'affliction où
vous êtes. Cet accident me plonge dans un embarras d'où j'aurai de
la peine à me tirer. Votre discours m'a plongé dans une cruelle
incertitude, dans une cruelle perplexité. Cette vue m'avait plongé
dans une rêverie profonde, dans de profondes réflexions.
Fig., avec le pronom personnel, Se plonger dans la douleur, se plonger dans
le vice, dans la débauche, dans les plaisirs, etc., S'abandonner entièrement
à la douleur, au vice, à la débauche, aux plaisirs, etc.
Fig., Se plonger dans le sang de quelqu'un, L'égorger.
PLONGER, est souvent neutre; alors il signifie, S'enfoncer entièrement
dans l'eau, en sorte que l'eau passe par-dessus la tête. C'est un homme
qui plonge parfaitement bien. Il plonge comme un canard. Ceux qui pêchent
les perles plongent dans la mer pour en rapporter les huîtres. Machine à
plonger.
Il signifie aussi, Avoir une direction de haut en bas. Du haut de cette montagne,
la vue plonge sur une magnifique vallée. Du haut de cette tour, on plonge
sur tout Paris. Ce coup d'épée va en plongeant. Ce coup de canon,
ce coup de fusil plonge, est tiré en plongeant. Les assiégeants
étant au pied du rempart, le canon de la place ne pouvait plonger assez
pour les incommoder.
PLONGÉ, ÉE. participe, Chandelle plongée,
Celle qui se fait en plongeant la mèche dans le suif; par opposition à
Chandelle moulée.
PLONGEUR .s.m.
Celui qui a coutume de plonger dans la mer pour pêcher des perles ou autres
choses, ou dans les rivières, pour retirer ce qui est tombé dans
l'eau. C'est un excellent plongeur. Cloche de plongeur.
PLOQUER . v. a.
.Marine. Garnir de ploc la carène d'un bâtiment.
PLOQUÉ, ÉE. participe
PLOYER . v. a.
(Il se conjugue comme Employer.) Fléchir, courber. Ployer une
branche d'arbre. Ployer le genou en marchant.
Il signifie quelquefois, Arranger une chose, en la pliant, en la mettant en
rouleau, en paquet, etc. Ployez votre marchandise. Ployez votre serviette.
Ployez vos habits.
PLOYER, s'emploie comme actif, comme neutre, et avec le pronom personnel,
dans presque toutes les acceptions du verbe Plier, mais seulement en poésie
et dans le style élevé. Dans le langage ordinaire, on se sert de
Plier. Voyez PLIER.
PLUCHE . s. f.
Voyez PELUCHE.
PLUIE . s. f.
L'eau qui tombe de l'atmosphère. Grosse pluie. Petite pluie. Pluie
menue. Pluie fine. Pluie chaude. Pluie froide. Pluie douce. Pluie d'orage. Pluie
de printemps. Il tombe de la pluie. Il tombe quelques gouttes de pluie, de grosses
gouttes de pluie. Être exposé à la pluie. Se mettre à
couvert de la pluie. Laisser passer la pluie. Un temps de pluie. Un jour de pluie.
Un vent qui amène la pluie. Un brouillard qui se résout en pluie.
La pluie l'a mouillé, l'a percé jusqu'aux os. Il a eu la pluie sur
le dos, la pluie sur le corps pendant deux heures. Un manteau pour la pluie. Les
prés demandent de la pluie. Ramasser les eaux de pluie dans des citernes.
La saison des pluies. Les pluies continuelles ont gâté les chemins.
Prov. et fig., Parler de la pluie et du beau temps, S'entretenir de choses
indifférentes.
Prov. et fig., Faire la pluie et le beau temps, Disposer de tout, régler
tout, par son crédit, par son influence. Il est le maître dans
cette maison, il y fait la pluie et le beau temps. Ce favori fait la pluie et
le beau temps.
Prov. et fig., Après la pluie, le beau temps, Souvent après
un temps fâcheux, il en vient un meilleur; la joie succède souvent
à la tristesse.
Prov., Petite pluie abat grand vent, Ordinairement le vent s'apaise lorsqu'il
vient à pleuvoir. S'emploie aussi figurément, et signifie, Il faut
quelquefois peu de chose pour faire cesser une grande querelle.
Prov. et fig., Se jeter, se cacher dans l'eau de peur de la pluie, Pour
éviter un inconvénient, se jeter dans un inconvénient encore
plus grand.
PLUIE, se dit aussi De certaines choses qui tombent ou qui semblent tomber
du ciel comme la pluie. Dans le voisinage des volcans, il y a quelquefois des
pluies de cendres et de soufre. Les pluies de pierres ont passé longtemps
pour fabuleuses.
Fig., Une pluie d'or, De grandes libéralités, de grandes
largesses répandues sur quelqu'un. On a fait tomber une pluie d'or sur
cet homme, sur cette famille.
En termes d'Artificier, Pluie de feu, Chute d'un grand nombre d'étincelles
de feu produites par une certaine composition de matières inflammables.
PLUMAGE .s.m. coll.
Toute la plume qui est sur le corps de l'oiseau. Beau plumage. Plumage bigarré.
Plumage duveté. Plumage effilé. Plumage de diverses couleurs. Des
oiseaux de toutes sortes de plumages. Ce sont des oiseaux de même plumage.
Plumage chatoyant.
PLUMASSEAU .s.m.
Se dit de Petits bouts de plumes dont on se sert pour emplumer des clavecins
et des flèches.
Se dit aussi d'Un balai de plumes.
PLUMASSEAU, en termes de Chirurgie, Tampon de charpie aplati qu'on met
sur les plaies et les ulcères, quand on les panse. Faire des plumasseaux.
Mettre un plumasseau sur une plaie. Retirer un plumasseau.
PLUMASSEAU, se dit aussi Des plumes que les maréchaux introduisent
par les barbes dans les naseaux d'un cheval, à l'effet d'exciter un flux
abondant de l'humeur qui est sécrétée par les glandes de
la membrane pituitaire. Mettre des plumasseaux à un cheval.
PLUMASSERIE . s. f.
Métier et commerce de plumassier.
PLUMASSIER .s.m.
Marchand qui prépare et qui vend des plumes d'autruche, des aigrettes,
et autres choses de même nature. Acheter un plumet chez un plumassier.
Marchand plumassier.
PLUME . s. f.
Tuyau garni de barbes et de duvet, qui couvre le corps des oiseaux. Les plumes
de la tête, du corps, des ailes, de la queue. Un oiseau qui n'a point encore
de plumes. Arracher des plumes à un oiseau. Des plumes de coq. Des plumes
d'autruche, de paon, etc. Un tuyau de plume. Des barbes de plume. Un balai de
plumes.
Se dit aussi, collectivement, d'Un assemblage et d'un amas de plumes. La
menue plume des oiseaux s'appelle duvet. Cet oiseau mue, toute sa plume tombe.
Un lit de plume. Mettre de la plume dans un coussin, dans un oreiller, dans un
traversin. Acheter de la volaille en plume.
Prov. et fig., Laisser des plumes, de ses plumes, se dit D'un homme qui
fait quelque perte, et particulièrement une perte d'argent. Il a laissé
de ses plumes au jeu. Il a laissé quelques plumes dans ce procès.
Fig. et fam., Avoir des plumes de quelqu'un, Lui gagner de l'argent au
jeu.
Fig. et fam., Arracher à quelqu'un une plume de l'aile, une belle
plume de l'aile, Lui ôter quelque chose de considérable, le priver
de quelque emploi, etc.
Prov. et fig., Il a perdu la plus belle plume de son aile, se dit D'un
homme qui a perdu quelque grand avantage du côté de la fortune, du
crédit, des honneurs.
Prov. et fig., Passer la plume par le bec à quelqu'un, Le frustrer
des espérances qu'on lui a données. On lui avait fait espérer
cette charge, mais on lui a passé la plume par le bec. C'est un homme qui
ne se laisse pas passer la plume par le bec.
Prov. et fig., La belle plume fait le bel oiseau, La parure, les beaux
habits font valoir la figure, la taille.
Prov. et fig., C'est le geai qui se pare des plumes du paon, se dit D'une
personne qui se fait honneur de ce qui ne lui appartient pas.
Prov. et fig., Jeter la plume au vent, S'en remettre au hasard pour décider
ce qu'on fera, quel parti on prendra. Se dit ordinairement Lorsque les raisons
de se déterminer sont à peu près égales, ou que les
choses dont il s'agit sont indifférentes.
Ce chien est dressé au poil et à la plume, ou simplement,
Ce chien est au poil et à la plume, Il est dressé à
chasser, à arrêter toute sorte de gibier, comme lièvres, perdrix,
etc. En Fauconnerie, cela se disait aussi D'un oiseau qui était dressé
également pour le lièvre et pour la perdrix.
Fig. et fam., Il est au poil et à la plume, se dit D'un homme
qui est également propre à des travaux, à des occupations
de genres très-différents.
PLUME, se dit particulièrement, et absolument, Des plumes préparées
qu'on emploie comme ornement, comme parure. Un bouquet de plumes. Un brin de
plumes. Un tour de plumes. Porter des plumes à son chapeau. Un bonnet garni
de plumes. Les bouquets de plumes d'un lit, d'un dais. Plume blanche. Plume noire.
Teindre des plumes. Friser des plumes.
PLUME, se dit aussi, absolument, Des gros tuyaux de plumes de toute sorte
d'oiseaux, et principalement de Ces gros tuyaux de l'aile des oies ou des cygnes,
dont on se sert pour écrire. Préparer des plumes. Tailler des
plumes. Plume taillée pour écrire en gros, en fin. Un quarteron
de plumes. Un paquet de plumes. Une plume bien nette. Une plume qui crie. Une
plume qui écrit bien, qui écrit mal. Tenir bien sa plume. Un trait
de plume. Portrait, dessin fait à la plume.
Plumes d'or, d'argent, de platine, etc., Certains tuyaux d'or, d'argent,
de platine, etc., taillés comme les plumes, et dont on se sert pour écrire.
Plumes hollandées, Celles dont on a passé le tuyau dans
de la cendre chaude ou dans une lessive, pour en ôter la graisse et l'humidité.
Prendre la plume, mettre la main à la plume, Commencer à
écrire une lettre, un ouvrage. Je prends la plume. Je mets la main à
la plume pour vous informer... Il a mis la main à la plume sans avoir fait
aucun plan, sans avoir étudié son sujet. On dit de même,
Poser la plume, Cesser d'écrire.
Fig. et fam., Ce mot, cette syllabe, cette lettre est restée au bout
de ma plume, J'ai omis, j'ai oublié d'écrire ce mot, cette syllabe,
cette lettre. On dit aussi, Ce mot s'est présenté, s'est trouvé
au bout de ma plume, Il s'est offert naturellement à mon esprit, et
je l'ai écrit sur-le-champ.
C'est lui qui tient la plume, se dit De celui qui est chargé d'écrire
les résolutions, les délibérations qui se prennent dans une
compagnie, dans une assemblée, etc.
Homme de plume, gens de plume, Les gens d'affaires, dont le travail consiste
principalement à faire des écritures.
En termes de Marine, Officiers de plume, ou absolument, La plume,
Tous ceux qui, sur les vaisseaux et dans les ports, sont employés à
l'administration. Il est vieux: on dit aujourd'hui, Officiers d'administration.
PLUME, s'emploie dans plusieurs phrases figurées, en parlant De
la composition des ouvrages d'esprit; et Du génie, du style, de la manière
d'écrire d'un auteur. Les ouvrages qui sortent de sa plume sont admirables.
Tout ce qui part de sa plume est excellent. Cela vient, cela part d'une bonne
plume. Il vit de sa plume. C'est sa plume qui le fait vivre. Ce sujet est digne
de sa plume. Sous sa plume, il n'est pas de matière qui soit stérile.
La vérité conduit sa plume. C'est un homme qui a une excellente
plume, une dangereuse plume.
Guerre de plume, Dispute par écrit entre des écrivains.
Écrire au courant de la plume, se laisser aller au courant de sa plume,
Composer, tracer sa pensée comme elle se présente, sans méditation,
sans recherche, presque sans attention, etc.
PLUME, se dit aussi, figurément, de L'auteur même, mais
plus ordinairement d'un prosateur que d'un poëte. C'est une excellente
plume. C'est une des meilleures plumes de France, de son siècle. Ils avaient
d'excellentes plumes parmi eux. C'est une plume féconde, une plume hardie,
une plume dangereuse, une plume circonspecte, etc.
PLUMEAU .s.m.
Espèce de balai fait avec de fortes plumes de dindon, de coq, etc., qui
sert à ôter la poussière de dessus les meubles.
Se dit aussi d'Un ustensile de bureau, dans lequel on met ses plumes, son canif,
son grattoir, etc.
PLUMÉE . s. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Plumée d'encre,
Ce qu'on peut prendre d'encre avec une plume pour écrire.
PLUMER . v. a.
Arracher les plumes d'un oiseau. Plumer de la volaille. Plumer un pigeon.
Plumer à froid. Plumer dans l'eau chaude.
Prov. et fig., Plumer la poule sans la faire crier, Faire des exactions
si adroitement, qu'il n'y ait point de plaintes.
Fig. et fam., Plumer quelqu'un, se dit De ceux qui tirent de l'argent
de quelqu'un, soit en le faisant jouer à des jeux qu'il ne sait pas bien,
soit en le portant à de folles dépenses qui tournent à leur
profit. C'est un jeune homme qui se laisse plumer. Ils le plumèrent
jusqu'à ne lui pas laisser le sou.
PLUMÉ, ÉE. participe
PLUMET .s.m.
Plume d'autruche, préparée et mise autour du chapeau. Il n'avait
qu'un plumet, qu'un simple plumet sur son chapeau. Porter un plumet. Il avait
le plumet sur l'oreille.
Se dit plus ordinairement Du bouquet de plumes que les militaires portent à
leur chapeau, à leur casque, etc. Cet officier a un beau plumet.
PLUMET, se dit aussi, figurément, d'Un jeune militaire. Cette
femme n'aime que les plumets. Elle préfère les plumets aux robins.
Il se prend quelquefois dans un sens collectif, et signifie, Les gens de guerre.
Chez cette jeune veuve, c'est le plumet qui a la préférence.
Elle aime le plumet. Ces deux acceptions ont vieilli.
En termes de Marine, Plumets de pilote. Voyez PENON.
PLUMETIS .s.m.
Il n'est usité que dans cette locution, Broder au plumetis, qui
se dit D'une certaine manière de broder de la mousseline, de la percale,
etc., avec du coton.
PLUMEUX , EUSE. adj.
.Bot. Garni longitudinalement de deux rangs opposés de poils longs, ou
Composé de parties grêles et garnies de poils semblables aux barbes
des plumes.
PLUMITIF .s.m.
Le papier original et primitif sur lequel on écrit les sommaires des
arrêts et des sentences qui se donnent à l'audience, et des délibérations
d'une compagnie. Écrire sur le plumitif. Faire apporter le plumitif.
Greffier du plumitif.
Tenir le plumitif, Être chargé de prendre note des délibérations
d'une compagnie.
PLUMULE . s. f.
.Bot. Partie du germe qui est destinée à former la tige, et que
l'on nomme ainsi parce qu'elle ressemble ordinairement à une petite plume.
La radicule et la plumule.
PLUPART
(LA)
On écrivait autrefois, La pluspart. Expression qui signifie, La
plus grande partie, le plus grand nombre. La plupart des hommes. La plupart
des choses, C'est l'avis de la plupart des juges. J'ai parlé à la
plupart d'entre eux. J'ai trouvé la plupart de mes livres en désordre.
Lorsque La plupart est suivi d'un verbe, d'un participe, d'un adjectif
ou d'un pronom qui s'y rapporte, ce verbe, ce participe, cet adjectif ou ce pronom
ne s'accorde point en nombre et en genre avec La plupart; il s'accorde
avec le substantif auquel il est joint par la préposition De. La plupart
du monde prétend. La plupart du peuple voulait. La plupart des gens ne
font réflexion sur rien. La plupart de ses amis l'abandonnèrent.
La plupart des troupes se débandèrent. J'ai vu la plupart du monde
infatué de cette chimère. La plupart du monde ignore ses véritables
intérêts. J'ai vu la plupart des femmes curieuses de ce spectacle.
J'ai la plupart de mes livres reliés en veau fauve.
Lorsque La plupart se dit absolument, il veut toujours le verbe au pluriel,
quel que soit le nombre du substantif auquel il se rapporte. Le sénat
fut partagé, la plupart voulaient que... Les membres de l'assemblée
discutèrent longtemps, la plupart furent d'avis. ..
LA PLUPART, s'emploie quelquefois absolument et sans relation à
aucun substantif qui précède; et alors il signifie, Le plus grand
nombre des hommes. La plupart écrivent ce nom de telle manière.
La plupart croient que le bonheur est dans la richesse; ils se trompent.
POUR LA PLUPART. loc. adv. Quant à la plus grande partie. Les
gens de ce pays-là sont pour la plupart fort paresseux. Mes meubles sont
pour la plupart à l'ancienne mode.
S'emploie quelquefois absolument, sans la préposition Pour. Les hommes
sont la plupart intéressés. Ces pièces d'or sont la plupart
fausses.
LA PLUPART DU TEMPS. loc. adv. Le plus souvent, le plus ordinairement.
La plupart du temps il est de mauvaise humeur.
PLURALITÉ . s. f. comparatif
Plus grande quantité, plus grand nombre. La pluralité des suffrages.
Décider quelque chose à la pluralité des voix. La pluralité
des avis, des opinions fut pour lui.
Il signifie absolument, Le plus grand nombre de voix, de suffrages. Avoir
la pluralité. La pluralité est douteuse.
Pluralité absolue, Celle qui se forme de plus de la moitié
de la totalité des suffrages; et, Pluralité relative, Celle
qui ne se forme que de la supériorité du nombre des voix qu'obtient
un concurrent relativement aux autres concurrents.
PLURALITÉ, s'emploie quelquefois au positif, et alors il signifie,
Multiplicité. Le système de la pluralité des mondes. La
pluralité des femmes existe dans l'Orient. La religion de ces peuples admet
la pluralité des dieux.
Pluralité des bénéfices, Possession de plusieurs
bénéfices par une même personne. La pluralité des
bénéfices à charge d'âmes est condamnée par
les canons.
PLURIEL , ELLE. adj.
(Quelques-uns écrivent Plurier, et la plupart prononcent Plurié.)
Terme de Grammaire, qui sert à marquer, dans les noms et dans les verbes,
Pluralité de personnes ou de choses. Nombre pluriel. Cas pluriel. Nominatif
pluriel. Substantif, adjectif pluriel. Terminaison plurielle.
PLURIEL, est aussi substantif: alors il signifie, Nombre pluriel, et
il se dit également des noms et des verbes. Comment ce nom fait-il au
pluriel? Décliner le pluriel d'un nom. Ce verbe est à la première,
à la seconde, à la troisième personne du pluriel de l'indicatif.
Ce substantif n'a point de pluriel. En français, l'S est le signe ordinaire
du pluriel des noms. Pluriel masculin. Pluriel féminin.
Se dit quelquefois d'Un mot qui est au pluriel. La poésie emploie
volontiers les pluriels à la place des singuliers.
PLUS . adv. de comparaison
Davantage. J'ai plus d'intérêt à cela qu'un autre. Personne
n'y a plus d'intérêt que lui. Il est plus content qu'un roi. Il travaille
plus que personne. Il est à qui plus lui donne. Il va où il y a
plus à gagner. Il a fait plus de deux lieues à pied. J'irai plus
loin que vous. Il n'y a rien de plus agréable que de l'entendre. Il en
a autant et plus que vous. Personne ne s'est conduit plus sagement que lui, avec
plus de sagesse que lui. Je ne m'en rapporte pas plus à vous qu'à
lui. Vous ne le connaissez pas; ni moi non plus. Je ne le connais pas plus que
vous ne le connaissez. Vous n'offrez pas assez, donnez quelque chose de plus.
Il s'est trouvé dans le sac un écu de plus. Cela ne vaut pas plus
d'un écu, guère plus d'un écu. Je vous dirai quelque chose
de plus. Je vous dirai plus, bien plus. Ne m'en dites pas plus. Plus d'un témoin
a déposé. Il est plus heureux que vous ne l'êtes. Il n'est
pas plus heureux que vous.
PLUS, s'emploie souvent avec la négation, sans tenir lieu de comparatif;
et alors il sert à marquer cessation de quelque action, de quelque état,
ou absence de quelque chose qu'on avait auparavant. Je n'en veux plus entendre
parler. Je n'y pense plus. Je n'en puis plus. Je ne loge plus au même endroit.
Il n'a plus d'envie d'y retourner. Il n'y a plus rien à dire après
cela. Il n'a plus les mêmes gens auprès de lui. Il est devenu tout
autre, ce n'est plus lui-même, le même. Je ne sais plus que faire.
Je n'ai plus qu'à me taire. Je n'y sais plus aucun remède. Je n'y
retournerai plus. Je n'y songe plus du tout. Il n'a plus d'emploi. Il n'y a plus
d'argent. Il n'est plus, Il a cessé d'exister.
S'emploie quelquefois absolument, et sans que la négation soit exprimée.
Plus de larmes, plus de soupirs, plus de chagrin, etc., Désormais
il ne faut plus verser de larmes, il ne faut plus pousser de soupirs, il ne faut
plus avoir de chagrin; Qu'on ne verse plus de larmes, qu'on ne pousse plus de
soupirs, etc.
PLUS, précédé de l'article Le, devient superlatif
relatif. C'est le plus imbécile de tous les hommes. C'est le plus savant,
le plus ignorant, le plus méchant homme du monde. C'est l'homme du monde
le plus robuste, le plus instruit. C'est celui de tous à qui elle veut
le plus de mal. Celui à qui elle avait fait le plus de bien, est celui
de qui elle a reçu le plus d'outrages. C'est la femme du monde la plus
vertueuse. C'est la femme que j'ai le plus aimée. De ces deux soeurs, la
cadette est celle qui est le plus aimée, la plus aimée. Ce sont
les hommes les plus sages de l'assemblée. Ce sont les livres que j'ai le
plus consultés. C'est celui de tous ses enfants qu'elle aime le plus. C'est
celui à qui je me fie le plus. L'astronomie est une des sciences qui fait
le plus ou qui font le plus d'honneur à l'esprit humain: le
dernier est plus usité.
PLUS, se dit aussi absolument, et signifie, Outre cela; alors c'est une
espèce de formule dont on se sert dans les inventaires, dans les états
de compte, de recette. Plus, une armoire d'acajou. Plus, la somme de cent francs.
PLUS, est quelquefois substantif. Le plus que je puis faire, que je
puisse faire. Le plus que vous en pouvez prétendre, que vous en puissiez
prétendre. Le plus et le moins ne changent pas l'espèce. Cela dépend
du plus ou du moins de travail.
Fam., Il faut qu'il y ait du plus ou du moins à cela, Il n'y a
pas d'apparence que la chose soit précisément comme on le dit.
Il ne s'agit entre eux que du plus ou du moins, la différence ne va
que du plus au moins, se dit Lorsque deux personnes sont d'accord ensemble
d'un marché, d'un traité, et qu'il n'est plus question que d'une
différence en plus ou en moins dans le prix, dans quelqu'une des conditions.
PLUS, précédé de l'article, et joint à un
autre mot, devient avec celui-ci un seul et même substantif. Le plus-payé.
La plus-value. La plus-pétition.
PLUS, en Algèbre, Le signe de l'addition: c'est une croix (+)
qui, placée entre deux grandeurs, signifie qu'il faut les ajouter l'une
à l'autre.
LA PLUSPART, Voyez PLUPART (LA).
DE PLUS EN PLUS. Locution adverbiale, qui marque du progrès en
bien ou en mal. Il se rend habile de plus en plus. Il s'enrichit de plus en
plus. Il s'affaiblit tous les jours de plus en plus. Sa vue diminue de plus en
plus.
AU PLUS, TOUT AU PLUS. Locutions adverbiales, dont on se sert pour marquer
le plus haut point où une chose ait atteint, puisse atteindre. Il n'a
que trente ans au plus. Il a tout au plus trente ans. Cela ne vous coûtera
que cent francs au plus, tout au plus.
TANT ET PLUS. loc. adv. Beaucoup, abondamment. Il y aura peu de vin
cette année; mais, pour le blé, il y en aura tant et plus. Je m'y
suis ennuyé tant et plus.
IL Y A PLUS, BIEN PLUS, QUI PLUS EST, DE PLUS. loc. adverbiales, Outre
ce qui a été déjà dit, allégué, rapporté.
Ces locutions s'emploient surtout quand on va dire quelque chose de plus fort
que ce qu'on vient de dire. Je viens de vous dire que... il y a plus: vous
saurez que... C'est un joueur; il y a plus, c'est un fripon. Il ne m'a pas obligé;
bien plus, qui plus est, il m'a desservi. Qui plus est, vous saurez que... Je
vous dirai de plus... De plus, il faut remarquer...
NON PLUS QUE. loc. comparative, Pas plus que. On n'exige rien de vous,
non plus que de votre camarade. Je ne me fie pas à lui, non plus qu'à
son frère.
NI PLUS NI MOINS QUE. loc. comparative, Tout de même que. Je
ne vous aime ni plus ni moins que si j'étais votre frère. Il
est familier.
S'emploie aussi absolument. Vous avez beau dire, il n'en sera ni plus ni
moins. Il vous laisse parler, et n'en fait ni plus ni moins.
PLUS OU MOINS. loc. adv. À peu près. Cela vous coûtera
quarante francs, plus ou moins.
Il signifie aussi, À différents degrés. Il souffre tous
les jours plus ou moins. Il a fait froid tout le mois plus ou moins. On dit
dans un sens analogue, Plus ou moins grand, plus ou moins gros, etc.
QUI PLUS, QUI MOINS. loc. adv. Les uns plus, les autres moins. Ils
y ont tous contribué, qui plus, qui moins. Il est familier.
SANS PLUS. Locution adverbiale, qui se construit avec le verbe à
l'infinitif: Sans plus différer, sans plus barguigner; ou avec un
nom substantif et la préposition de: Sans plus de façon, sans
plus de formalité.
SANS PLUS, s'emploie aussi absolument, et signifie, Sans rien ajouter.
Je jouerai encore une partie, sans plus. Je tiendrai vingt francs, sans plus.
Je vous donnerai de cela dix francs, sans plus.
D'AUTANT PLUS. Locution adverbiale, qu'on emploie pour établir
une proposition dont les deux membres ont quelque relation entre eux. D'autant
plus qu'on est élevé en dignité, d'autant plus doit-on être
modeste. D'autant plus que vous lui en direz, d'autant moins il en fera. Elle
a vieilli, et l'usage ordinaire, dans ces façons de parler, est de se servir
du mot Plus tout seul. Plus on est élevé en dignité,
plus on doit être modeste. Plus vous lui en direz, moins il en fera.
D'AUTANT PLUS, s'emploie sans répétition, pour relever
l'importance d'un motif de penser ou d'agir. Vous avez d'autant plus sujet
de le craindre, qu'il a beaucoup de crédit.
Il est toujours suivi de que, si ce n'est lorsqu'il est précédé
du pronom relatif en, comme dans cette phrase, Il en est d'autant plus
à craindre.
PLUS TÔT, PLUS TARD, PLUS LOIN, PLUS PRÈS, Locutions adverbiales
de temps et de lieu, qui se construisent tantôt sans article, et tantôt
avec l'article, selon qu'elles jouent le rôle de comparatif, ou celui de
superlatif. Arriver plus tôt, plus tard, un peu plus tard. Arriver plus
tôt que plus tard. Il est arrivé plus tôt que moi, plus tôt
que de coutume. Aller plus loin. Approcher plus près. Il faut voir ces
choses-là de plus près, de plus loin. Il est venu le plus tôt
qu'il a pu. Il viendra dans deux jours au plus tard. Il arrivera au plus tôt
dans un mois. Retirez-vous le plus loin que vous pourrez. C'est le plus loin qu'on
puisse aller. Ce qu'il vous a dit est au plus loin de sa pensée.
Ces diverses locutions s'emploient quelquefois substantivement. Le plus tôt,
le plus tard, le plus près, le plus loin sera le mieux.
Absol., Au plus tôt, Dans le plus court délai. Partez
au plus tôt.
PLUTÔT, en un seul mot, avec retranchement de l'S, marque préférence.
Plutôt mourir que de faire une lâcheté. Plutôt mourir
qu'être esclave. Je mourrai plutôt que de le souffrir. Je choisirai
plutôt celui-ci que celui-là. Plutôt la mort que l'esclavage.
S'emploie aussi absolument. Je ne le souffrirai point, je mourrai plutôt.
Si vous ne voulez pas m'en croire, voyez, examinez plutôt vous-même.
Il n'eut pas plutôt dit, il n'eut pas plutôt fait telle chose,
qu'il s'en repentit, À peine eut-il dit, eut-il fait telle chose, qu'il
s'en repentit.
PLUSIEURS . adj. pl. des deux genres
Il signifie, pour l'ordinaire, Un nombre indéfini, sans rapport à
un autre nombre. Il est arrivé plusieurs bâtiments. Il s'est donné
plusieurs combats. Je crois cela par plusieurs raisons. Avoir plusieurs affaires.
En plusieurs occasions.
PLUSIEURS, se dit souvent d'Un nombre plus ou moins considérable,
faisant partie d'un autre nombre plus grand. Parmi ce grand nombre de gens,
il y en eut plusieurs qui voulurent... De toutes ces choses, il y en a plusieurs
à rejeter. Il avait acheté quantité de chevaux, mais il en
mourut plusieurs en chemin. Plusieurs d'entre eux prétendaient...
PLUSIEURS, employé absolument, sans substantif ni relatif, signifie
toujours, Plusieurs personnes; et alors il est substantif. Il ne faut pas que
plusieurs pâtissent pour un seul. Plusieurs tiennent, prétendent,
s'imaginent. .. Plusieurs ont cru autrefois...
PLUS-PÉTITION . s. f.
.Pratique. Demande qui excède le droit de celui qui la forme. La plus-pétition
ne nuit point, en France.
PLUS-QUE-PARFAIT . adj. et s. m.
Voyez PARFAIT.
PLUS-VALUE . s. f.
Voyez VALUE.
PLUTÔT . adv.
Voyez PLUS, à la fin.
PLUVIAL .s.m.
T. du Rituel catholique. Grande chape que portent, à la messe et aux
vêpres, le chantre, le sous-diacre, et l'officiant, quand il encense.
PLUVIALE . adj. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Eau pluviale, Eau de pluie.
Les citernes sont remplies par les eaux pluviales. L'eau pluviale est plus
douce que l'eau de puits ou de source.
PLUVIER .s.m.
Oiseau de rivage qui n'a que trois doigts, et qui est bon à manger. Pluvier
mâle. Pluvier femelle. Les pluviers ont quelquefois un goût de marécage.
Pluvier doré. Pluvier armé.
PLUVIEUX , EUSE. adj.
Se dit Du temps et de la saison, et signifie, Abondant en pluie. Un jour
pluvieux. Un temps pluvieux. Une saison pluvieuse. Nous avons eu un hiver fort
pluvieux. Un été, un printemps fort pluvieux. Un climat pluvieux.
Il signifie aussi, Qui amène la pluie. Un vent pluvieux. Une constellation
pluvieuse. Un signe pluvieux.
PLUVIÔSE .s.m.
Le cinquième mois du calendrier républicain.
PNEUMATIQUE . s. f.
Science qui a pour objet les propriétés physiques de l'air, c'est-à-dire,
sa matérialité, sa pesanteur, son élasticité, etc.
Il s'applique, par extension, à L'étude des propriétés
analogues que possèdent les autres gaz permanents différents de
l'air.
PNEUMATIQUE . adj. des deux genres
.Physique. Qui est relatif à l'air. S'emploie particulièrement
dans cette expression, Machine pneumatique, Machine avec la quelle on pompe
l'air d'un récipient. La machine pneumatique a été inventée
en 1654 par Otto de Guericke, magistrat de Magdebourg, et perfectionnée
par Boyle. Le récipient d'une machine pneumatique.
Physique, chimie pneumatique, La partie de la physique, de la chimie
qui traite de l'air et des différentes espèces de gaz.
Briquet pneumatique, Petit cylindre de métal ou de verre, dans
lequel on allume de l'amadou, en y comprimant l'air subitement.
PNEUMATOCÈLE . s. f.
.Chirur. Fausse hernie du scrotum, causée par des gaz qui le gonflent.
PNEUMATOLOGIE . s. f.
T. didactique. Traité des substances spirituelles.
PNEUMONIE . s. f.
.Médec. Inflammation du parenchyme des poumons. Pneumonie aiguë.
Pneumonie chronique.
PNEUMONIQUE . adj. des deux genres
.Médec. Se dit Des remèdes propres aux maladies du poumon. Le
tussilage et le lierre terrestre sont des remèdes pneumoniques.
S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le tussilage est un bon pneumonique.
PNYX .s.m.
T. d'Antiq. C'était, dans quelques villes de la Grèce, et principalement
à Athènes, Une place demi-circulaire où se tenait quelquefois
l'assemblée générale du peuple. La colline du pnyx d'Athènes.
La tribune du pnyx.
POCHADE . s. f.
.Peinture. Espèce de croquis; dessin au lavis, exécuté
rapidement, et où l'on se contente d'indiquer les masses. Une jolie
pochade. Ce n'est qu'une pochade.
POCHE . s. f.
Espèce de petit sac de toile, d'étoffe, etc., attaché à
un habit, à une veste, à un gilet, à un tablier, etc., pour
y mettre ce qu'on veut porter ordinairement sur soi. Poche d'habit, de veste,
de gilet. Poche de côté. Attacher des poches. Coudre des poches.
Mettre des poches à un habit. Les poches d'une culotte. Ces poches sont
trop hautes, trop basses, trop étroites, trop larges, trop profondes. Mettre,
serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans ses poches. Emplir ses poches.
Vider ses poches. Avoir les poches pleines d'argent. Avoir de l'argent en poche.
Fouiller dans ses poches, dans la poche de quelqu'un. J'ai surpris le voleur qui
avait la main dans ma poche. Avoir les mains dans ses poches. Tenir les mains
dans ses poches. Un mouchoir de poche. Un pistolet de poche. Un livre à
mettre, à porter dans la poche.
Fig. et fam., Mettre en poche, Mettre en réserve et appliquer
à son profit un argent qu'on a reçu pour une autre destination.
Il met en poche une partie de ce qu'il touche pour ses frais de bureau.
Cette terre produit, vaut dix mille francs dans la poche, Le produit
net est de dix mille francs.
Payer de sa poche, Payer de ses propres deniers. Il n'y avait point
d'argent à la caisse, le trésorier a payé de sa poche.
Il signifie aussi, Payer avec l'argent qu'on destine à ses menues dépenses
personnelles. Cette femme a payé de sa poche plusieurs dépenses
ordonnées par son mari. Dans le même sens, L'argent de la
poche, La somme qu'on destine à ses menus plaisirs, à ses petites
dépenses personnelles. L'argent de la poche va plus vite qu'on ne croit.
Cette dépense regarde le ménage, je ne veux point y employer l'argent
de ma poche. Il signifie aussi, La partie de la solde militaire dont le soldat
a la libre disposition.
Prov. et pop., Jouer de la poche, Débourser de l'argent, donner
de l'argent.
Prov. et fig., Manger son pain dans sa poche, Manger seul ce qu'on a,
sans en faire part à personne.
Prov. et fig., Acheter chat en poche, Conclure un marché sans
connaître l'objet qu'on achète. Vendre chat en poche, Vendre
une chose sans l'avoir montrée. Je ne vous vends pas chat en poche.
Prov. et fig., Avoir ses mains dans ses poches, Ne rien faire.
Prov. et fig., Cet homme n'a pas toujours eu ses mains dans ses poches,
se dit D'un homme qui s'est enrichi du bien d'autrui. Il n'a pas toujours les
mains dans ses poches, Il est sujet à dérober.
POCHE, se dit aussi d'Un grand sac de toile dont on se sert pour mettre
du blé, de l'avoine. Acheter, louer des poches. Une poche de blé.
Une poche de froment. Le meunier fournira des poches.
Se dit encore d'Une espèce de filet dont on se sert pour prendre des
lapins au furet. Tendre une poche.
POCHE, se dit aussi Du jabot des oiseaux, de cette partie dilatée
du gosier, où ils reçoivent d'abord leurs aliments. Des pigeons
qui ont la poche pleine. Tirer la poche d'une volaille.
Se dit également d'Un sac, d'un sinus qui se fait à un abcès,
dans une plaie. En sondant la plaie, on a trouvé qu'il s'était
fait une poche au fond.
Se dit encore Des faux plis que font les habits mal taillés, principalement
lorsque ces faux plis sont très-apparents et forment des espèces
de sacs vides. Cet habit est mal coupé, mal taillé, il fait des
poches en plusieurs endroits. Il y a ici une poche qu'il faut faire disparaître.
POCHE, se dit aussi d'Un petit violon que les maîtres à
danser portent sur eux quand ils vont donner leçon à leurs écoliers,
et que l'on appelle ainsi parce qu'il se met dans la poche. Les chevilles,
la table, les cordes d'une poche. Jouer de la poche. On dit plus ordinairement,
Pochette.
POCHER . v. a.
Faire une meurtrissure avec enflure. Il n'est guère usité que
dans ces phrases, Pocher l'oeil, pocher les yeux à quelqu'un, Les
faire devenir enflés et livides par un coup de poing, ou par quelque autre
coup.
En termes de Cuisine, Pocher des oeufs, Les faire cuire dans l'eau chaude
avec du sel et du vinaigre, ou autrement, sans les mêler, sans les battre
ensemble.
POCHÉ, ÉE. participe, Avoir les yeux pochés.
Des oeufs pochés à l'eau, au jus, au beurre noir. Un plat de chicorée
avec des oeufs pochés dessus.
Fig. et pop., Avoir les yeux pochés au beurre noir, Avoir les
yeux gonflés, meurtris et noirs.
Fig., Une écriture toute pochée, Une écriture où
les lettres sont mal formées et pleines de taches d'encre.
POCHETER . v. a.
Serrer, porter pour quelque temps dans sa poche. Il ne se dit proprement qu'en
parlant De certaines choses bonnes à manger, qu'on croit rendre meilleures
en les portant quelque temps dans la poche. Pocheter des olives, des truffes,
des marrons.
S'emploie aussi neutralement. Laisser pocheter des truffes, des olives, etc.
POCHETÉ, ÉE. participe, Des truffes pochetées.
Des olives pochetées. Des pommes d'api pochetées.
POCHETTE . s. f.
Diminutif. Il signifie la même chose que Poche, dans le premier
sens. Avoir les mains dans ses pochettes. Ses pochettes étaient trouées.
Il vieillit.
Il est aussi un diminutif de Poche, dans le sens de Filet. Tendre
une pochette.
POCHETTE, se dit encore Du petit violon appelé autrement Poche,
que les maîtres à danser et leurs prévôts portent dans
leurs poches, et dont ils se servent pour donner leçon. Jouer de la
pochette.
PODAGRE . s. f.
.Médec. Goutte qui attaque les pieds.
PODAGRE . adj. des deux genres
Qui a la goutte aux pieds. Se dit en général D'un homme goutteux,
en quelque partie du corps qu'il ait la goutte. Le pauvre homme est tout podagre.
Il est familier.
S'emploie aussi substantivement. Un pauvre podagre.
PODESTAT .s.m.
Titre d'un magistrat, dans plusieurs villes d'Italie.
PODIUM .s.m.
(On prononce Podiome.) T. d'Archit. anc. Petit mur formant une espèce
de galerie autour de l'arène, dans les amphithéâtres.
Se dit aussi de L'endroit des amphithéâtres et des cirques, où
se plaçaient les sénateurs et les magistrats.
POECILE .s.m.
T. d'Antiq. grecque. Portique public orné de peintures. Le poecile
d'Athènes avait été peint par Polygnote et par Micon. Le
poecile de Sparte, d'Olympie.
POÊLE .s.m.
Drap mortuaire, grande pièce d'étoffe noire ou blanche dont on
couvre le cercueil pendant les cérémonies funèbres. Un
poêle de velours noir avec des bandes de toile d'argent, avec des croix.
Un poêle de brocart d'or, bordé d'hermine. Pendant la marche du convoi,
les coins du poêle étaient portés, étaient tenus par
messieurs NN.
POÊLE, se dit aussi Du voile qu'on tient sur la tête des
mariés, durant une partie de la messe qui se dit pour la bénédiction
nuptiale. Deux parents du marié et de la mariée tenaient les
deux bouts du poêle. Faire passer sous le poêle.
Mettre un enfant sous le poêle, se dit en parlant D'un enfant né
avant le mariage, qu'on a reconnu et légitimé, et sur lequel on
étend le poêle à la cérémonie du mariage. Il
a été mis sous le poêle.
POÊLE, se dit encore Du dais sous lequel on porte le saint sacrement
aux malades et dans les processions; et de Celui qu'on présente au roi,
aux princes, etc., lorsqu'ils font leur entrée dans une ville. Les pentes
d'un poêle. Les bâtons d'un poêle. Porter le poêle. Le
poêle qu'on présenta au roi était porté par... On porta
le poêle devant lui. On le reçut sous le poêle. On dit
plus ordinairement, Dais.
POÊLE . s. f.
Ustensile de cuisine, fait de tôle ou de fer battu, avec une longue queue
aussi de fer, et dont on se sert pour frire, pour fricasser. Poêle à
frire. Poêle à fricasser. Essuyer, écurer une poêle.
La queue de la poêle. Le dedans de la poêle. Le cul de la poêle.
Prov. et fig., Il n'y en a point de plus empêché ou de
plus embarrassé que celui qui tient la queue de la poêle, La
personne chargée du soin principal d'une affaire, est toujours celle qui
a le plus de peine et d'embarras.
Prov. et fig., Tomber de la poêle dans la braise, ou de la poêle
dans le feu, Tomber d'un fâcheux état dans un pire.
Poêle à confitures, Poêle de cuivre sans queue, avec
deux mains ou anses de fer, qu'on met sur un fourneau pour faire des confitures.
On la nomme autrement Bassine.
POÊLE
ou POILE.s.m.
Sorte de fourneau de terre ou de fonte, par le moyen duquel on échauffe
des chambres, des escaliers, des serres, etc., et d'où la fumée
s'échappe par un tuyau. Un poêle de terre, de faïence. Un
poêle de fonte. La porte d'un poêle. Le tuyau d'un poêle. Mettre
le feu à un poêle. Allumer le poêle. On a trop poussé
ce poêle. Les poêles répandent une chaleur plus égale
que celle des cheminées. L'usage des poêles nous est venu du Nord.
Poêle de construction, Poêle que l'on construit avec des
carreaux de faïence ou de terre non vernissée, sur la place même
qu'il doit occuper.
POÊLE, se dit aussi, surtout en Allemagne, d'Une chambre commune
où est le poêle. Entrer dans le poêle. En Allemagne, on
est presque toujours dans le poêle, toute la famille se tient dans le poêle.
POÊLIER .s.m.
Artisan qui fait les poêles et qui les pose.
POÊLON .s.m.
Espèce de petite poêle, ordinairement de cuivre jaune, et qui est
plus profonde que la poêle. Faire de la bouillie dans un poêlon.
POÊLONNÉE . s. f.
Autant qu'un poêlon peut tenir. Une poêlonnée de bouillie.
POËME .s.m.
(Dans ce mot et ses dérivés, O et Ë, ou É, forment
deux syllabes en vers et dans le discours soutenu.) Ouvrage en vers. Il ne se
dit proprement que Des ouvrages d'une certaine étendue. Poëme épique.
Poëme héroïque. Poëme héroï-comique. Poëme
dramatique, lyrique, didactique. Poëme historique, philosophique. Poëme
pastoral, bucolique. Poëme cyclique. Poëme généthliaque.
Poëme séculaire. Poëme burlesque. Poëme badin.
POÉSIE . s. f.
L'art de faire des ouvrages en vers. La poésie est appelée
le langage des dieux. La grandeur, la beauté, la noblesse de la poésie.
Les charmes, les richesses de la poésie. Avoir du génie pour la
poésie. Exceller dans la poésie. Cultiver la poésie. Renoncer
à la poésie. Aimer la poésie. Se connaître en poésie.
Le feu de la poésie. L'enthousiasme de la poésie. La poésie
vit de fictions.
Se dit dans un sens particulier, déterminé par quelque épithète,
Des différents genres de poëmes. Poésie lyrique. Poésie
dramatique. Poésie épique. Poésie héroïque. Poésie
didactique. Poésie élégiaque, érotique, pastorale,
bucolique, satirique.
Se dit aussi Des différentes matières que l'on traite en vers,
et des différents styles qu'on y emploie. Poésie morale. Poésie
sainte, chrétienne ou sacrée. Poésie profane. Poésie
noble, élevée. Haute poésie. Poésie burlesque. Poésie
marotique. Poésie familière.
Se dit encore, absolument, Des qualités qui caractérisent les
bons vers. Ce sont là des vers, mais il n'y a pas de poésie.
Il y a beaucoup de poésie dans cette ode. Cette tirade manque de poésie.
Se dit quelquefois, dans ce sens, en parlant D'un ouvrage en prose qui tient
de la hardiesse et de l'élévation poétiques. Il y a de
la poésie dans Tacite, dans Bossuet. Platon est plein de poésie.
La poésie du style, Une hardiesse, une liberté, une richesse
particulière aux pensées, aux expressions, aux tours que l'on emploie
dans la poésie. C'est la poésie du style qui distingue et fait
vivre les ouvrages en vers.
POÉSIE, se dit quelquefois seulement de L'art de faire des vers,
de la simple versification. Poésie douce et facile. Poésie nombreuse,
harmonieuse. Il a choisi un genre de poésie convenable à son sujet.
Se dit, dans le même sens, de La manière de faire des vers qui
est particulière à une nation, à un poëte. La poésie
grecque et la poésie latine sont pleines de naturel et d'harmonie. La poésie
anglaise est remplie de mots contractés. La poésie française
est accusée par les étrangers de trop de timidité. Sa poésie
est naturelle. Sa poésie est bizarre, rude, rocailleuse.
POÉSIES, au pluriel, signifie, Ouvrages en vers: il ne se dit
guère que Des ouvrages de peu d'étendue, et s'emploie surtout en
parlant des modernes. Les poésies de Malherbe, de Racan. Recueil de
poésies satiriques, de poésies morales, de poésies fugitives.
POËTE .s.m.
Celui qui s'adonne à la poésie, qui fait des vers. Les anciens
poëtes. Les poëtes modernes. Les poëtes grecs. Poëte latin.
Poëte français. Poëte italien. Poëte espagnol. Homère
et Virgile sont appelés les princes des poëtes. Poëte lyrique.
Poëte dramatique. Poëte tragique. Poëte comique. Poëte élégiaque.
Poëte satirique. Poëte burlesque. Poëte lauréat. Grand poëte.
Bon poëte. Excellent poëte. Mauvais poëte. Méchant poëte.
Être né poëte. Se dit quelquefois en parlant d'Une femme.
Cette femme est poëte. Madame Deshoulières était un poëte
aimable.
Fam., Poëte crotté, Mauvais poëte.
Cet homme est poëte, Il a du talent pour la poésie. On dit
dans le sens contraire, Cet homme n'est pas poëte.
Il a lu les poëtes, il entend les poëtes, se dit ordinairement
De celui qui a lu, qui entend les anciens poëtes grecs et latins.
POÉTEREAU .s.m.
Terme de mépris, qui se dit d'un fort mauvais poëte. Ce n'est
qu'un poétereau. Il est familier.
POÉTESSE . s. f.
Femme poëte. Sapho était une poétesse illustre. L'Italie
moderne compte plusieurs poétesses célèbres. Il est peu
usité.
POÉTIQUE . adj. des deux genres
Qui concerne la poésie, qui appartient à la poésie, qui
est propre et particulier à la poésie. Ouvrage poétique.
Style poétique. Langage poétique. Phrase, mot, expression poétique.
Terme poétique. Figure poétique. Art poétique. Caractère
poétique. Tour poétique. Fiction poétique. Invention poétique.
Génie poétique. Feu poétique. Fureur poétique. Imagination
poétique. Enthousiasme poétique. Il a la tête poétique.
Licence poétique, se dit de Certaines libertés que les
poëtes se donnent dans leurs vers contre les règles ordinaires de
la langue ou de la versification, et qui ne seraient pas reçues dans la
prose.
Fig. et fam., Licence poétique, Altération de la vérité.
Il y a dans ce récit des licences poétiques.
En termes d'Imprim., Caractère poétique, Espèce
de caractère romain plus étroit et plus allongé que le caractère
ordinaire, qui est particulièrement employée à l'impression
des ouvrages en grands vers.
POÉTIQUE . s. f.
Traité de l'art de la poésie. La Poétique d'Aristote,
de Vida, de Castelvetro, de Scaliger, etc.
Par extension, La poétique des beaux-arts, de la musique, etc.,
L'exposition, l'explication de ce qu'il y a d'élevé, d'idéal
dans les beaux-arts, dans la musique, etc.
POÉTIQUEMENT . adv.
D'une manière poétique. Cela est dit poétiquement. S'énoncer
poétiquement.
POÉTISER . v. n.
Versifier. Au lieu de songer à ses affaires, il ne fait que poétiser.
Il est familier et peu usité.
POIDS .s.m.
Pesanteur, qualité de ce qui est pesant. Le poids d'un fardeau. Un
fardeau de grand poids, d'un poids considérable. Le poids de l'eau, de
l'air, de l'or, etc. Ce métal a perdu de son poids par la fusion. L'eau
dont cette substance est pénétrée a beaucoup ajouté
à son poids. Ce n'est pas d'après le poids et le volume, c'est d'après
la qualité qu'il faut estimer ces denrées, ces fruits.
Se dit aussi de La pesanteur déterminée et fixe de certaines choses.
Le poids de la pièce de cinq francs, de la pièce de vingt francs,
est de tant de décagrammes d'argent, d'or.
Cette monnaie est de poids, Elle a la pesanteur qu'elle doit avoir suivant
la loi.
POIDS, se dit aussi de Certains morceaux de cuivre, et de certaines masses
de fer ou de plomb d'une pesanteur réglée et connue, dont on se
sert pour savoir combien une chose pèse. Des poids et des balances.
Vendre à faux poids et à fausse mesure. Les poids d'une forge. Un
poids de dix livres. Un poids de dix kilogrammes. Des poids qui ne sont pas justes.
Des poids échantillonnés.
Poids de marc, Le marc avec toutes les subdivisions d'onces et de gros
qui y sont comprises. Le poids de marc est de huit onces.
Faire bon poids, Peser ce qu'on vend, de sorte que la marchandise emporte
la balance. Il faut faire bon poids. Faites-moi bon poids. On dit dans
un sens contraire, Le poids n'y est pas.
Fig., Vendre, acheter une chose au poids de l'or, La vendre, l'acheter
excessivement cher.
Fig., Avoir deux poids et deux mesures, Juger différemment d'une
même chose, selon les personnes, les circonstances, les intérêts,
etc. On dit dans le même sens, Changer de poids et de mesure.
Fig. et fam., Faire toutes choses avec poids et mesure, Agir en tout
avec sagesse et circonspection. L'Écriture dit, en parlant de Dieu, Il
a fait toutes choses avec poids, nombre et mesure.
Fig., Peser une chose au poids du sanctuaire, L'examiner avec toute l'exactitude
possible, dans toute la rigueur de la justice, selon les règles de la plus
sévère conscience.
POIDS, se dit encore Des morceaux de cuivre, de plomb, de fer et de pierre,
qu'on attache aux cordes d'une horloge, d'un tournebroche, pour lui donner du
mouvement. Les poids d'une horloge, d'un tournebroche.
POIDS, se dit figurément, au sens moral, de Tout ce qui fatigue,
oppresse, chagrine, embarrasse. Le poids des affaires l'accable. Il succombe,
il gémit sous le poids des années et des chagrins. Vous avez soulagé
mon âme d'un grand poids. Ce peuple est écrasé sous le poids
des impôts. Ce monarque a soutenu seul tout le poids de la guerre. Tout
le poids de la guerre est tombé, a porté sur nous. Le poids du remords,
des remords. Ce souvenir est un poids qui l'oppresse.
Prov. et fig., Porter le poids du jour et de la chaleur, Endurer toute
la peine, faire tout le travail, pendant que les autres se livrent au repos ou
au plaisir.
POIDS, signifie aussi, figurément, Importance, considération,
force, solidité. C'est une affaire de poids. Ce ne sont pas là
des choses de poids. Cela est de si peu de poids, qu'on ne doit pas y faire attention.
Ces raisons-là auront bien plus de poids dans votre bouche que dans la
mienne. Cela donne un grand poids, ajoute un grand poids à vos raisons.
Une autorité, un témoignage, un exemple d'un grand poids.
Un homme de poids, Un homme d'importance, de considération, d'autorité,
de mérite.
POIGNANT , ANTE. adj.
Piquant. Il ne s'emploie que figurément, et ne se dit que D'une douleur
physique ou morale qui est forte, vive, pénétrante. Douleur poignante.
Une douleur vive et poignante. Remords poignant.
POIGNARD .s.m.
Dague, sorte d'arme destinée à frapper de la pointe, et beaucoup
plus courte qu'une épée. Il lui a donne un coup de poignard.
Se battre à l'épée et au poignard. Les Turcs portent d'ordinaire
un poignard à leur ceinture. Il lui enfonça le poignard dans le
sein. Il lui donna un coup de poignard.
Fig., C'est un coup de poignard, se dit De la surprise et de la douleur
que cause un événement extrêmement fâcheux. Ce fut
un coup de poignard pour lui, que la nouvelle de la mort de sa femme. Se dit
aussi, en général, De tout ce qui peut blesser ou offenser vivement
quelqu'un.
Fig., Avoir le poignard dans le coeur, dans le sein, Éprouver
une douleur, un déplaisir extrême de quelque chose. On dit dans un
sens analogue, Mettre, plonger, enfoncer à quelqu'un le poignard dans
le sein, dans le coeur.
Fig., Tourner à quelqu'un le poignard dans le coeur, lui tourner le
poignard dans la plaie, S'appesantir sur quelque objet qui le blesse ou qui
l'afflige vivement.
Fig., Mettre, tenir à quelqu'un le poignard sur la gorge, Vouloir
le contraindre à faire quelque chose.
POIGNARDER . v. a.
Frapper, blesser, tuer avec un poignard. Ils l'ont poignardé dans
sa propre maison. César fut poignardé en plein sénat. Il
le fit poignarder. On le dit quelquefois avec le pronom personnel. Dans
son désespoir, il se poignarda.
S'emploie figurément, et signifie, Causer une extrême douleur,
une extrême affliction. Il ne faut pas lui dire cette nouvelle, lui faire
ce reproche; ce serait le poignarder.
Fig. et fam., La curiosité, la jalousie, l'avarice le poignarde,
se dit D'un homme très-curieux, très-jaloux, très-avare.
POIGNARDÉ, ÉE. participe
POIGNÉE . s. f.
Autant que la main fermée peut contenir de certaines choses dont la quantité
n'est pas continue. Une poignée de blé. Une poignée de
sel, de dragées. Mettre une poignée d'orge dans de la tisane. Une
poignée d'olives. Une poignée de son. Une poignée d'écus,
de louis. Jeter des poignées d'argent.
Il signifie aussi, Ce qu'on empoigne avec la main. Une poignée d'herbes.
Une poignée de cheveux.
Fig., Une poignée de monde, Un petit nombre de personnes. Il
tenta le siége de cette place avec une poignée de monde. On
dit de même, Une poignée de gens, de soldats.
Une poignée de verges, De petits scions de bouleau liés
ensemble.
Une poignée de morues, Deux morues sèches jointes ensemble.
POIGNÉE, se dit aussi de La partie d'un objet par où on
le prend, pour le tenir à la main. La poignée d'un sceptre, la
poignée d'une épée. Il avait à son épée
une poignée d'or, d'argent. La poignée de son épée
est d'acier.
Se dit également de Ce qui sert, dans les cuisines, dans les laboratoires,
etc., à prendre ou à tenir par la queue, par l'anse, par les bords,
un ustensile trop chaud pour qu'on puisse y porter la main nue sans se brûler.
Une poignée pour tenir les fers à repasser.
À POIGNÉE. loc. adv. En abondance, en grande quantité.
Jeter des fleurs à poignée. Jeter de l'argent à poignée.
POIGNET .s.m.
L'endroit où le bras se joint à la main. La force du poignet.
Il a le poignet fort. Il s'est démis le poignet. Pour bien faire des armes,
il faut avoir le poignet ferme.
POIGNET, signifie aussi, Le bord de la manche d'une chemise. Les poignets
de cette chemise sont usés, sont trop étroits. Voilà des
chemises qu'il faut remonter de poignets. Il y avait une dentelle aux poignets.
Il avait des boutons de nacre aux poignets de sa chemise.
POIL .s.m.
Ce qui croît en forme de filets déliés sur la peau des animaux,
et en plusieurs endroits du corps humain. De longs poils. La couleur des poils.
Poil noir. Poil blanc. Poil roux. Poil châtain. Poil blond. Poil gris. Poil
de chèvre. Poil de lièvre. Poil de chameau. Poil de chat. Camelot
de poil de chèvre. Pinceau de poil de blaireau. Cette étoffe est
de poil et de soie. Cet homme a beaucoup de poil aux aisselles, à la poitrine.
S'emploie collectivement pour désigner Tous les poils qui sont sur le
corps d'un animal. Le poil lui est tombé. Il a le poil fin, soyeux,
doux, rude, hérissé. Un chien à long poil, à poil
ras. À contre-poil.
Monter un cheval à poil, Monter un cheval tout nu et sans selle.
Faire le poil à un cheval, Lui arranger la crinière, lui
couper les crins du bas des jambes, lui arracher ou lui brûler les crins
qui sont autour des mâchoires.
Fig. et fam., Un poil ne passe pas l'autre, se dit en parlant D'un homme
fort propre et bien ajusté.
Un lièvre, un lapin en poil, Un lièvre, un lapin auquel
on n'a pas encore ôté la peau.
Ce chien est dressé au poil et à la plume, est au poil et à
la plume, Il est dressé à chasser, à arrêter toute
sorte de gibier, comme lièvres, perdrix, etc.
Fig. et fam., Cet homme est au poil et à la plume, Il est également
propre à des emplois, à des occupations de genres très-différents.
Prov. et fig., Reprendre du poil de la bête, Chercher son remède
dans la chose même qui a causé le mal. Vous êtes fatigué
pour avoir trop joué à la paume, pour avoir trop couru à
la chasse; il faut reprendre du poil de la bête, Il faut recommencer.
Vous venez de perdre votre argent à cette partie de piquet, il faut
reprendre du poil de la bête, Il faut en jouer une autre.
POIL, se dit aussi de La chevelure; mais, dans cette acception, on ne
l'emploie guère qu'en parlant Des cheveux dont la couleur passe pour désagréable,
ou est altérée par l'âge. Le poil commence à lui
blanchir. Son poil grisonne. Il a le poil roux.
Poétiq., Poil hérissé, se dit Des cheveux, lorsqu'ils
se dressent sur la tête.
POIL, se dit quelquefois de La barbe de l'homme. Se faire le poil.
S'arracher le poil. Ce barbier fait fort bien le poil. Il n'a pas encore un poil
de barbe. On lui arracha la moustache poil à poil.
Prov., Il se laisserait arracher la barbe poil à poil, se dit
D'un poltron.
Poil follet, Poil rare et léger qui vient avant la barbe. Ce
jeune homme n'a encore que du poil follet. Le poil follet commence à lui
venir.
POIL, en parlant De certains animaux, et surtout des chevaux, signifie,
Couleur. De quel poil est votre cheval? Poil bai. Poil alezan. Poil rouan.
Poil lavé ou déteint.
POIL, se dit aussi de La partie velue du drap et d'autres étoffes,
comme le velours, la panne, etc. Il faut brosser cet habit de manière
à coucher le poil, et non à le rebrousser. Après que le drap
a été tondu, on fait revenir le poil, on tire le poil avec des chardons.
Ce drap est trop chargé de poil, le poil en est trop long, il faut le tondre
de plus près. Le poil de ce velours est bien fourni. Feutre à long
poil, à poil court. À rebrousse-poil.
Velours à trois poils, à quatre poils, Velours dont la
trame est de trois fils de soie, de quatre fils de soie.
Fig. et par plaisanterie, C'est un brave à trois poils, C'est
un homme qui fait profession de bravoure.
POIL, en Botanique, se dit de Certains filets très-déliés,
ordinairement cylindriques et flexibles, qui naissent sur les diverses parties
des plantes.
POIL, est aussi Le nom d'une maladie assez ordinaire aux nourrices, et
dans laquelle le lait ne sort que difficilement. Cette nourrice a le poil.
POILU , UE. adj.
Velu, couvert de poil. Main poilue.
POINCILLADE . s. f.
Bel arbrisseau de la famille des Légumineuses, dont les feuilles sont
purgatives comme celles du séné.
POINÇON .s.m.
Instrument de fer ou d'autre métal, qui a une pointe pour percer. Un
étui garni de ciseaux et d'un poinçon. Il faut percer cela avec
un poinçon.
POINÇON, se dit aussi d'Un instrument dont on se sert pour marquer
la vaisselle d'or et d'argent. Chaque pièce d'argenterie est marquée
de trois poinçons: celui de l'orfévre qui l'a façonnée;
le poinçon de ville, qui en assure le titre; et le poinçon de l'administration,
qui est la quittance des droits de contrôle. De l'argenterie marquée
au poinçon de Paris.
POINÇON, se dit encore d'Un morceau d'acier gravé en relief,
avec lequel on frappe les coins dont on se sert pour l'empreinte des monnaies
et des médailles. On a fait un nouveau poinçon pour les monnaies.
C'est tel graveur qui a fait le poinçon de cette médaille.
Se dit également, en Typographie, d'Un morceau d'acier où les
lettres sont gravées en relief, et avec lequel on frappe les matrices qui
servent à fondre les caractères d'imprimerie. On a perdu les
matrices de tels caractères, mais on en a les poinçons.
POINÇON, en termes de Manége, Morceau de bois taillé
en pointe, ou armé d'une pointe de fer, dont les académistes se
servaient autrefois pour piquer la croupe des sauteurs qu'ils montaient, et pour
les exciter à détacher la ruade. Les habiles écuyers ont
toujours blâmé l'usage du poinçon.
POINÇON, se dit aussi de L'arbre vertical sur lequel tourne une
machine.
POINÇON, en termes de Charpenterie, Pièce de bois placée
perpendiculairement au milieu d'une ferme, et dans laquelle s'assemblent les jambes
de force.
POINÇON .s.m.
Sorte de tonneau servant à mettre du vin ou d'autres liqueurs, qui tient
à peu près les deux tiers d'un muid. Poinçon de vin. Poinçon
de cidre.
POINDRE . v. a.
Piquer. Il n'est guère usité que dans les deux phrases suivantes:
Prov. et fig., Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra,
Quand on fait du bien à un malhonnête homme, on n'en reçoit
que du déplaisir; et, au contraire, quand on le gourmande, on en tire ce
qu'on veut.
Fam. et fig., Quel taon vous point? Quelle fantaisie vous prend? d'où
vous vient cette humeur? Cette phrase a vieilli; on dit: Quelle mouche vous
pique?
POINDRE, est aussi neutre: il n'est guère usité qu'à
l'infinitif et au futur, et ne se dit proprement que Du jour qui commence à
paraître, et des plantes qui commencent à pousser. Le jour ne
fait que poindre. À peine le jour commençait à poindre. Je
partirai dès que le jour poindra. Dès que les herbes commencent
à poindre.
Fam., Le poil commence à lui poindre au menton, se dit D'un jeune
garçon à qui la barbe commence à venir.
POING .s.m.
Main fermée. Serrer le poing. Il alla à lui l'épée
au poing. Condamner un homme à faire amende honorable la torche au poing.
Donner un coup de poing à quelqu'un. Se battre à coups de poing.
Faire le coup de poing avec quelqu'un.
Fermer le poing, Fermer la main, et la tenir serrée.
Flambeau de poing, Flambeau de cire qu'on porte à la main.
Oiseau de poing, Oiseau de proie, qui, étant réclamé,
revient sans leurre sur le poing du fauconnier. Porter un oiseau de poing.
Chasser avec un oiseau de poing.
Mener une femme sur le poing, La mener par la main. Il est vieux, et
ne se disait guère que par plaisanterie.
Mener quelqu'un pieds et poings liés, Le mener après lui
avoir lié les bras et les pieds.
Fig. et fam., Je vous livre cet homme pieds et poings liés, Je
le mets à votre merci, à votre disposition.
Fam., Il ne vaut pas un coup de poing, se dit De quelqu'un qui n'a ni
force ni santé.
POING, se dit aussi de Toute la main jusqu'à l'endroit où
elle se joint au bras. Il fut condamné à avoir le poing coupé.
POINT .s.m.
Piqûre qui se fait dans de l'étoffe avec une aiguille enfilée
de soie, de laine, de fil, etc. Il n'y a qu'un point ou deux à faire
pour recoudre cela. Faire un point d'aiguille. Faire un point à une chemise
qui est décousue.
Se dit aussi de Certains ouvrages de broderie ou de tapisserie à l'aiguille,
qu'on distingue par des noms différents, selon la manière dont ils
sont faits, selon le pays d'où la mode en a été apportée,
et souvent d'après le caprice des ouvriers et ouvrières. Ouvrage
de point. Point de croix de chevalier. Point de chaînette. Point à
carreaux. Point allongé, riche, brillant, carré, etc. Point à
la turque. Point d'Angleterre, de Hongrie, etc. Des chaises de point d'Angleterre.
Une bergère de point de Hongrie.
Gros point, Sorte de point de tapisserie où l'aiguille prend deux
fils du canevas; à la différence du Petit point, Celui où
elle n'en prend qu'un.
Le point de cette tapisserie est beau, n'est pas beau, Le travail en
est beau, ou ne l'est pas.
POINT, se dit encore d'Une sorte de dentelle de fil, faite à l'aiguille,
qui prend diverses dénominations, selon les lieux où se font les
différentes espèces de cette dentelle, la manière dont elles
sont faites, ou les personnes qui les ont mises en vogue. Point de Gênes.
Point de Venise. Point d'Espagne. Point d'Angleterre. Point de France. Point d'Alençon.
Point d'Argentan. Point coupé. Point à la reine. Travailler en point
de France. Ouvrière en point. Raccommoder des points. Blanchir des points.
Un jabot, des manchettes de point. On porte le point en hiver.
POINT, en Géométrie, signifie, La plus petite portion d'étendue
qu'il soit possible de concevoir, ou plutôt Ce que l'on conçoit comme
n'ayant aucune étendue. Les mathématiciens disent que la ligne
n'est considérée que comme la trace d'un point en mouvement. Le
point mathématique est l'extrémité de la ligne.
POINT, se dit aussi, dans le style didactique, et même dans le
langage ordinaire, d'Un endroit fixe et déterminé. Point milieu.
Point central. Point d'équilibre. Le point d'appui d'une poutre, d'un linteau.
Point fixe. Point de contact. Point de départ. Indiquer à plusieurs
personnes un point de réunion. Tous les efforts de l'ennemi se dirigèrent
vers ce point. On dit aussi: De tous les points de l'horizon. Sur divers
points. Etc.
Point de section ou d'intersection, L'endroit où deux lignes,
deux plans se coupent.
En termes d'Astron., Points équinoxiaux, Les deux points où
le grand cercle de l'écliptique coupe le grand cercle de l'équateur;
Points solsticiaux, Les deux points de l'écliptique les plus distants
du plan de l'équateur; Point de la plus grande et de la plus petite
distance, Les apsides; Point culminant, Le point de l'écliptique
situé dans le méridien; Points cardinaux, Le septentrion,
le midi, l'orient et l'occident; et, Points verticaux, Le point du ciel
appelé zénith, qui est directement au-dessus de notre tête;
et le point appelé nadir, qui est directement au-dessous de nos
pieds.
Point culminant, se dit aussi quelquefois, surtout dans les Sciences
physiques, de La partie la plus élevée de certaines choses. Le
point culminant d'une chaîne de montagnes.
En termes d'Optique, Point de concours, Celui où les rayons convergents
se rencontrent; Point d'incidence, Le point où tombe un rayon sur
la surface d'un miroir ou d'un autre corps; Point de dispersion, Le point
où les rayons commencent à être divergents; Point de réfraction,
Celui où un rayon se rompt sur la surface d'un verre ou sur toute autre
surface réfringente; Point de réflexion, Le point d'où
un rayon est réfléchi par la surface d'un miroir ou de tout autre
corps; et, Point radieux, Celui qui renvoie les rayons, d'où partent
les rayons.
En termes d'Hydraulique, Point de partage, Point, entre deux vallées,
assez haut pour que les eaux qui s'y rendent puissent couler indifféremment
dans l'une ou dans l'autre; et, lorsqu'il s'agit d'un canal ou des branches d'un
canal, Le point où l'on place le réservoir supérieur qui
doit les alimenter.
En termes de Mécanique, Point d'appui, Point fixe sur lequel les
diverses parties d'une machine s'appuient en exécutant leurs mouvements.
Point de vue, Le point sur lequel la vue se dirige et s'arrête
dans un certain éloignement. Se dit également, en termes de Perspective,
Du point que le peintre ou le dessinateur choisit pour mettre les objets en perspective,
et vers lequel il dirige tous les rayons qui sont censés partir de l'oeil
du spectateur. Point de vue bien choisi. Bon point de vue. Déterminer,
placer le point de vue. Se dit aussi Du lieu où il faut se placer pour
bien voir un objet; du lieu où l'objet doit être mis pour être
bien vu. Vous n'êtes pas là dans le point de vue. Ce tableau n'est
pas dans son point de vue. S'emploie quelquefois figurément, surtout
dans la première acception. Il a considéré la question
sous un point de vue nouveau. Il a présenté l'affaire sous un autre
point de vue.
Point de vue, signifie encore, Un objet ou un assemblage d'objets qui
frappe, qui invite à le regarder. Beau point de vue. Point de vue lointain.
Cela coupe le point de vue. De cette hauteur, on découvre un magnifique
point de vue. Dans cette campagne, les points de vue sont très-variés.
Mettre une lunette d'approche à son point de vue, à son point,
Allonger ou raccourcir le tube, de manière qu'il y ait, entre le verre
objectif et l'oculaire, la juste distance pour voir distinctement l'objet vers
lequel on dirige la lunette. On dit aussi, La lunette est à son point.
On dit de même, en parlant Des lunettes à lire, Elles sont, elles
ne sont pas à mon point, La distance à laquelle elles font converger
les rayons lumineux convient ou ne convient pas à ma vue.
En termes d'Anat., Points ciliaires, Petits trous qu'on observe dans
la face interne des paupières, et qui ne sont que les orifices des petits
conduits excrétoires des glandes ciliaires. Points lacrymaux, Les
orifices des petits conduits qui vont aboutir au sac lacrymal.
POINT, se dit aussi d'Une petite marque ronde qui se fait sur le papier
avec la plume et l'encre, avec un crayon, etc., et qu'on emploie à différents
usages dans l'écriture. On termine par un point toute phrase finale,
ainsi que toute proposition dont le sens est entièrement indépendant
de celle qui la suit. Le tréma consiste en deux points placés horizontalement
au-dessus d'une voyelle, comme dans Saül, Isaïe. Plusieurs points après
un mot indiquent suppression, interruption, lacune, etc. L'usage veut que l'on
mette des points sur les i.
Deux points (:), Point et virgule (;), Signes qu'on met à
la fin d'une proposition dont le sens grammatical est complet, mais qui a une
liaison logique et nécessaire avec la suivante. Les deux points s'emploient
surtout à la fin des phrases qui sont immédiatement suivies de ce
qui sert à les éclaircir. En termes d'Imprimerie, on dit plus
ordinairement, Le deux-points, un deux-points.
Point interrogant ou d'interrogation (?), Signe qu'on met après
une interrogation, une demande. Point admiratif ou d'admiration, d'exclamation
(!), Signe qu'on met à la fin des phrases qui expriment l'admiration, ou
qui contiennent une exclamation.
En Imprim., Points conducteurs, ou Points carrés, Points
qui servent à prolonger une ligne, de manière à mettre en
rapport, à faire correspondre des parties qu'une disposition méthodique
ou symétrique oblige à séparer. On fait souvent usage
de points conducteurs dans les tables, dans les index.
Prov. et fig., Il n'est bon qu'à mettre les points sur les i,
se dit D'un homme qui ne s'applique dans les ouvrages d'esprit qu'à des
minuties Se dit aussi De ceux qui n'ont qu'une exactitude minutieuse et inutile.
Prov. et fig., Il faut avec cet homme mettre les points sur les i, Il
faut être avec lui d'une exactitude scrupuleuse; et, dans un autre sens,
Il faut prendre avec lui les plus grandes précautions.
Points voyelles, ou absolument, Points, Certains caractères
qui servent à marquer les voyelles dans quelques langues orientales.
Ne paraître que comme un point, se dit De ce qui est ou de ce qui
paraît extrêmement petit, et que l'on aperçoit à peine.
Le ballon était si haut, qu'il ne paraissait plus que comme un point.
En termes de Marine, Le point d'un bâtiment, La latitude et la
longitude du lieu où il se trouve en mer, à l'heure de midi. Faire
son point, Déterminer le point du bâtiment.
POINT, en termes de Musique, Point que l'on met après une note,
et qui sert à la faire valoir une moitié en sus de sa valeur naturelle.
Une blanche suivie d'un point vaut trois noires.
Point d'orgue, Trait que la partie chantante exécute ad libitum,
et pendant lequel l'accompagnement est suspendu.
POINT, aux Jeux de cartes, se dit Du nombre qu'on attribue à chaque
carte, et qui varie dans différents jeux. L'as, au piquet, vaut onze
points; les figures valent dix points; et les autres cartes valent le nombre de
points qu'elles marquent.
Se dit aussi, au Piquet et à quelques autres Jeux, Du nombre de points
que composent ensemble plusieurs cartes de même couleur. Son point est
meilleur que le vôtre. Accusez votre point. Le point se compte avant toute
chose, excepté cartes blanches. Avoir le point, Avoir en cartes d'une
même couleur un plus grand nombre de points que son adversaire.
Se dit encore, dans la plupart des Jeux, Du nombre que l'on marque à
chaque coup du jeu, et de celui dont on est convenu pour le gain de la partie.
Il ne me faut plus qu'un point pour gagner la partie. Combien avez-vous de
points? Il a dix points sur la partie. Jouer en trente points, en cent points.
Au trictrac, il faut gagner douze points pour marquer un trou. Il a fait dix points
de suite.
Donner tant de points à quelqu'un, Supposer, en commençant
la partie, qu'il a déjà gagné ce nombre de points. Il
n'est pas très-fort au billard: je lui donne six points, et je le gagne.
Prov. et fig., Pour un point, faute d'un point, Martin perdit son âne,
Peu de chose fait quelquefois manquer une affaire. La même phrase se dit
aussi dans les jeux, lorsque, faute d'un point, on perd la partie.
POINT, se dit aussi, dans les Colléges, dans les Écoles,
de Certaines marques qui servent à noter la bonne ou la mauvaise conduite
des écoliers, et à évaluer les fautes qu'ils font dans leurs
devoirs. Il a eu tant de bons points cette semaine. On lui a marqué,
on lui a donné tant de mauvais points pour avoir manqué d'obéissance.
Sa tranquillité en classe lui a valu tant de bons points cette semaine.
On marque tant de points pour un solécisme, tant pour un barbarisme.
POINT, se dit aussi Des petits trous qu'on fait à des étrivières,
à des courroies, à des soupentes de carrosse, etc., pour y passer
l'ardillon. Allonger, raccourcir des étrivières, d'un point,
de deux points.
POINT, se dit encore de Certaines marques faites d'espace en espace sur
une espèce de règle dont les cordonniers se servent pour prendre
la mesure d'un soulier, et les chapeliers celle d'un chapeau. Chausser à
huit points, à dix points. Ils chaussent tous deux à même
point. L'entrée de ce chapeau est de six points.
Fig. et pop., Ces deux personnes ne chaussent pas à même point,
ou, Elles chaussent à même point, Ces deux personnes ne se
conviennent pas, ou se conviennent, par leurs caractères, leurs habitudes,
etc.
Fig. et fam., Faire venir quelqu'un à son point, L'obliger, l'engager
adroitement à faire ce qu'on veut, le faire condescendre à ce qu'on
souhaite.
POINT, se dit aussi de La douzième partie d'une ligne.
Se dit également, en Typographie, d'Une mesure qui vaut deux points ou
un sixième de ligne, et qui sert principalement à régler
ou à déterminer la force de corps des caractères. Point
typographique. La nonpareille a six points typographiques. Ce caractère
est fondu sur un corps de quatre points, de cinq points, etc.
Lettre de deux points, Grande lettre en forme de capitale, qu'on place
au commencement d'un ouvrage ou de chacune de ses principales divisions, et qui
a une force de corps double de celle du caractère qu'elle accompagne. Le
mot commencé par une lettre de deux points se continue en petites capitales.
POINT, se dit, figurément, Des parties qui forment la division
de certains discours, de certains ouvrages, et particulièrement des sermons.
Son sermon était divisé en trois points. Le premier point d'un
sermon, d'un discours, d'une dissertation, d'une méditation. Passer au
second point, au troisième point.
Se dit aussi d'Une question, d'une difficulté particulière en
quelque genre de connaissance que ce soit. Discuter, approfondir un point de
théologie, de morale. Éclaircir un point de chronologie, d'histoire.
Ils sont d'accord sur ce point. J'insiste sur ce point. On l'a réfuté
victorieusement sur tous les points. Point de droit. Point de fait.
Se dit également de Ce qu'il y a de principal, d'important dans une affaire,
dans une question, dans une difficulté. C'est là le point de
l'affaire. Vous ne touchez pas le point de la question. Il faut venir au point.
Le point de la difficulté. Point capital. Un point décisif. Voilà
le point. Vous touchez là un grand point. C'est un grand point que d'avoir
obtenu le sursis. Le point essentiel d'une affaire. Le point important. Un point
délicat.
Point d'honneur, Ce qu'on regarde comme touchant à l'honneur,
comme intéressant l'honneur. Il est trop délicat sur le point
d'honneur. Il s'est fait sur cela un point d'honneur. Il s'en fait un point d'honneur.
Différends, disputes sur le point d'honneur. Les maréchaux de France
étaient juges du point d'honneur.
Prendre tout au point d'honneur, Étendre trop loin sa délicatesse
sur le point d'honneur.
POINT, signifie encore, État, situation. Il est toujours au
même point. Je l'ai retrouvé au même point où je l'avais
laissé. L'affaire en est à ce point. Mon ouvrage en est resté,
en est demeuré au même point. Il n'est pas en bon point. Il est en
mauvais point. Ses affaires sont en mauvais point.
Fam., Mal en point, En mauvais état. Il est mal en point. Ses
affaires sont mal en point. On écrit aussi, Mal-en-point. Il
a vieilli.
POINT, signifie aussi, Degré, période. Le raisin est
à son point de maturité, est au point de maturité convenable.
Sa réputation est arrivée à un tel point, qu'elle ne peut
plus s'accroître. On peut railler, mais jusqu'à un certain point.
Il se chagrine de tout à un point que vous ne sauriez concevoir. Il en
est affligé à un tel point, qu'il en perd la raison. Il est au plus
haut point de sa gloire. Cette science a été portée à
un très-haut point de perfection. Son insolence est arrivée, est
parvenue au dernier point, au plus haut point. Il a poussé les enchères
de cette maison au plus haut point où elles pouvaient aller. Il est malheureux
au point de n'avoir pas de quoi manger. Il m'a excédé au point que
je l'ai renvoyé. J'ignore jusqu'à quel point il est permis d'avoir
confiance en lui.
POINT, signifie aussi, Instant, moment, temps précis dans lequel
on fait quelque chose. J'arrivai sur le point qu'ils allaient partir. Sur le
point de mourir, il déclara...
Point du jour, Le moment où le jour commence à poindre.
Dès le point du jour. Se lever au point du jour, avant le petit point
du jour.
POINT, se dit en outre d'Une douleur piquante qui se fait sentir en divers
endroits du corps, et particulièrement au côté. Il a un
point au côté, un point de côté qui lui ôte la
respiration, la liberté de respirer. Avoir un point au dos, à l'épaule.
DE POINT EN POINT. loc. adv. Exactement, sans rien omettre. Il m'a
tout raconté de point en point. Il a exécuté de point en
point tout ce qu'on lui avait ordonné.
DE TOUT POINT, EN TOUT POINT. loc. adverbiales, Totalement, entièrement,
parfaitement. C'est un homme accompli de tout point. Cet ouvrage est mauvais
de tout point, en tout point. En tout point conforme à...
Équiper un homme de tout point, L'équiper de tout ce qui
lui est nécessaire.
Prov. et fig., Accommoder, équiper quelqu'un de tout point, Le
traiter fort mal, ou de fait, ou de paroles. Il est tombé entre les
mains de gens qui l'ont accommodé de tout point. Envoyez-le-moi, je l'équiperai,
je l'accommoderai de tout point.
AU DERNIER POINT. loc. adv. Extrêmement, excessivement. Il est
brave, insolent, heureux, malheureux au dernier point.
À POINT. loc. adv. À propos. Vous venez à point,
nous avons besoin de vous. Vous arrivez à point, fort à point.
Cela lui vient à point, bien à point, se dit D'un avantage
qui arrive à quelqu'un qui en avait extrêmement besoin. Il était
ruiné, il a recueilli une grande succession; cela lui est venu bien à
point.
Prov., Tout vient à point à qui peut attendre, Avec du
temps et de la patience, on vient à bout de tout.
De la viande cuite à point, De la viande cuite comme il faut,
ni trop, ni trop peu.
À POINT NOMMÉ. loc. adv. Au temps précis, au moment
déterminé. Le secours arriva à point nommé. Venir
à point nommé, Venir très à propos. Nous avions
un très-grand besoin de vous, vous êtes venu à point nommé.
Prov. et pop., À son point et aisément, À sa commodité,
à son aise, à son loisir. Vous ferez cela à votre point
et aisément, prenez autant de temps que vous voudrez.
POINT . adv. de négation
Pas, nullement. En voulez-vous? Je n'en veux point. Je ne doute point que
cela ne soit. Ne voulez-vous point venir? Il n'a point d'argent.
POINT, ne se dit jamais qu'avec la particule négative, ou exprimée,
comme dans les phrases précédentes, ou sous-entendue, comme dans
ces phrases: Les gens peu ou point instruits. Sans la connaissance de soi-même,
point de solide vertu. Je pardonne à mes ennemis, et point à mes
flatteurs. Homme bienveillant, point susceptible, point soupçonneux. Point
d'homme plus méchant que lui. Point de travail qui le rebute. Etc.
Il y a de plus cette différence entre Point et Pas, quant
à l'usage, que lorsqu'on répond à une interrogation, Point
peut être employé tout seul; au lieu que Pas ne s'emploie
jamais de cette manière. En voulez-vous? Point. Êtes-vous fâché?
Point.
Il y a encore une différence entre Point et Pas, quant
à la signification. Lorsqu'on dit, par exemple: N'avez-vous point vu
un tel? N'avez-vous point pris ma montre? l'interrogation n'est qu'une question
simple. Mais lorsqu'on dit: N'avez-vous pas vu un tel? N'avez-vous pas pris
ma montre? on peut marquer par là qu'on croit que la personne qu'on
interroge a vu celui dont on parle, qu'elle a pris la montre qu'on lui demande.
Prov. et fig., Point d'argent, point de Suisse, On n'obtient rien de
certaines gens, s'ils n'ont pas l'espoir d'être récompensés.
Cela se dit aussi Pour marquer qu'on ne fera rien sans être assuré
d'une récompense, du payement.
Prov., Point de nouvelles, se dit Lorsqu'on ne peut obtenir un résultat
qu'on attend, la décision d'une affaire, l'exécution d'une promesse,
etc. Il me dit souvent qu'il me payera; mais pour de l'argent, point de nouvelles.
Voyez NE, et PAS.
POINTAGE .s.m.
T. d'Artillerie. Action le pointer, de diriger une pièce d'artillerie
vers un but donné. On dit aussi, Pointement.
Vis de pointage, Vis au moyen de laquelle on pointe les canons de gros
calibre.
POINTAGE, en termes de Marine, Action de faire son point, de porter des
relèvements sur une carte marine.
POINTAL .s.m.
.Charpent. Pièce de bois posée debout et servant d'étai.
POINTE . s. f.
Bout piquant et aigu de quelque chose que ce soit. Pointe acérée.
La pointe d'une épine, d'une arête. La pointe d'une épée,
d'une aiguille, d'un clou, etc. Les pointes d'un compas. Aiguiser, émousser
la pointe d'un couteau. La pointe pique.
Fig. et fam., Faire des querelles, disputer, raisonner, etc., sur la pointe
d'une aiguille, Faire des querelles, disputer, raisonner sur des riens.
Fig. et fam., Emporter une chose à la pointe de l'épée,
L'emporter avec de grands efforts.
Fig., La pointe de l'esprit, Ce qu'il y a de plus vif, de plus pénétrant,
de plus subtil dans l'esprit. Il faut saisir cela à la pointe de l'esprit.
POINTE, se dit, dans plusieurs Arts et Métiers, de Certains instruments
de fer ou d'acier qui servent à différents usages. Les sculpteurs
se servent d'une pointe pour ébaucher leur ouvrage. On trace des lignes
avec une pointe sur le bois, sur le fer, sur la pierre. Pointe à tracer.
Les imprimeurs ont des pointes avec lesquelles ils enlèvent les lettres
pour faire les corrections nécessaires. Dans la gravure à l'eau-forte,
on se sert d'une pointe d'acier pour dessiner sur le vernis dont la planche est
enduite, et découvrir ainsi les parties où l'acide doit mordre.
Ce graveur manie bien la pointe.
Pointe sèche, Pointe dont les graveurs se servent pour former,
sur le cuivre nu, des traits fins et délicats.
Pointe de diamant, ou simplement, Diamant, Petit morceau de diamant
taillé en pointe, enchâssé dans du plomb et dans un morceau
de bois en forme de rabot, dont les vitriers se servent pour tailler le verre.
POINTE, en termes de Gravure, se dit quelquefois de La manière
d'opérer avec la pointe. Cette gravure est touchée d'une pointe
fort spirituelle. Pointe délicate, légère, etc.
POINTE, se dit aussi de Certains petits clous avec ou sans tête,
minces, et d'une grosseur égale, dont on se sert dans plusieurs métiers.
Les vitriers fixent les morceaux de verre avec des pointes sans tête.
La colle ne suffit pas pour faire tenir ce morceau de bois, il faut y mettre quelques
pointes.
POINTE, se dit encore Du bout, de l'extrémité des choses
qui vont en diminuant. La pointe des herbes. La pointe d'un clocher. La pointe
d'une montagne, d'un rocher, d'un cap. La pointe de l'île. La pointe du
coeur. Il marche sur la pointe du pied. Il porte la pointe du pied en dehors.
Se dresser sur la pointe des pieds.
En termes de Guerre, Avoir, tenir la pointe de l'aile droite, de l'aile gauche,
Être placé à l'extrémité de l'aile droite, de
l'aile gauche.
En termes de Sellerie, Pointe de l'arçon, se dit Des parties qui
forment le bas de l'arçon d'une selle.
En termes de Fortification, La pointe d'un bastion, L'angle le plus avancé
du côté de la campagne. Le canon des assiégeants avait
abattu la pointe du bastion.
La pointe du jour, Le point du jour, la première apparence du
jour. Il partit à la pointe du jour, à la petite pointe du jour.
POINTE, en termes de Blason, La partie basse de l'écu. Pointe
coupée d'or et d'azur. La pointe chargée d'une tour d'argent.
POINTE, se dit aussi, en termes de Couture, d'Un morceau d'étoffe
ou de linge, taillé en pointe, que l'on coud sur les côtés
d'une robe ou d'une chemise de femme, entre le devant et le derrière, pour
donner plus de tour, plus d'ampleur au vêtement.
POINTE, se dit encore en parlant Du vin ou des sauces, et signifie, Une
certaine saveur piquante et agréable. Ce vin n'a pas de pointe, il est
plat. Il nous a donné d'un vin vieux qui a autant de pointe que du vin
nouveau. Cette sauce n'a pas de pointe. Il manque à cette sauce une pointe
de sel, de poivre, d'ail, de vinaigre, etc.
Fig. et fam., Être en pointe de vin; avoir une pointe de vin, une petite
pointe de vin, Être en gaieté, pour avoir bu un peu plus qu'à
l'ordinaire. Il était en pointe de vin, il avait une pointe de vin quand
il a dit cela.
Fig., Une pointe d'ironie, de raillerie, Quelque chose d'ironique, de
moqueur, qui se fait sentir dans un écrit, dans un discours. Il y a,
dans ses paroles, une certaine pointe d'ironie qu'il est difficile de ne pas sentir.
POINTE, signifie aussi, figurément, Trait d'esprit recherché,
subtil; jeu de mots. Cet homme affecte de ne parler que par pointes, de dire
toujours des pointes. Les pointes ne sont plus guère à la mode.
Faire des pointes. Dire des pointes. Mauvaise pointe. Méchante pointe.
Pointe d'épigramme, La fin d'une épigramme terminée
par quelque pensée piquante. La pointe de cette épigramme est
heureuse.
POINTE, en termes de Chasse, Le vol d'un oiseau qui s'élève
vers le ciel. L'oiseau fit la pointe, et fondit tout d'un coup sur la perdrix.
Quand une perdrix est blessée à la tête, elle fait la pointe,
et tombe roide morte.
Fam. et fig., Faire une pointe, Quitter un moment son chemin, pour faire
une course qu'on n'avait pas projetée.
En termes de Guerre, Faire une pointe. S'éloigner momentanément
de sa ligne d'opération.
Fig. et fam., Suivre, poursuivre, pousser sa pointe, Suivre son dessein,
continuer ce qu'on a entrepris, avec la même chaleur, la même vigueur
qu'on l'a commencé. Quand on a bien commencé, il faut suivre
sa pointe. Il n'en voulut jamais démordre, il poursuivit toujours sa pointe.
Il a poussé sa pointe.
EN POINTE. loc. adv. En forme de pointe. Une montagne qui s'élève
en pointe, qui se termine en pointe. Finir en pointe. Tailler en pointe. Des pierres
taillées en pointe de diamant. Cette langue de terre se termine en pointe.
POINTEMENT .s.m.
T. d'Artillerie. Action de pointer le canon. On dit plus ordinairement, Pointage.
POINTER . v. a.
Porter un coup avec la pointe d'une épée, d'un sabre. Pendant
qu'il haussait le bras, son ennemi le pointa.
POINTER, signifie aussi, Diriger quelque chose vers un point en mirant.
Pointer le canon contre un bastion. Pointer juste. Cet artilleur pointe bien.
Pointer une lunette, un télescope, un niveau.
POINTER, se dit encore Des oiseaux qui font la pointe, qui s'élèvent
vers le ciel; et, en ce sens, il est neutre. Il y a des oiseaux qui pointent
si haut, qu'on les perd de vue en un moment.
Se dit aussi, en termes de Manége, D'un cheval qui se cabre en tendant
les extrémités antérieures en avant, et en s'appuyant sur
les extrémités postérieures. Un cheval qui pointe en place.
Il signifie quelquefois, Poindre, et il se dit Des herbes, des bourgeons qui
commencent à paraître, à pousser. Le vert commence à
pointer.
POINTER, signifie aussi, Faire des points avec le pinceau, avec le burin,
avec la plume. Dans ce sens, il est tantôt neutre, tantôt actif. Les
miniatures se font ordinairement en pointant. Un teneur de livres, pour s'assurer
que le journal et le grand livre sont d'accord, pointe les articles à mesure
qu'il les vérifie.
Il signifie particulièrement, Indiquer sur une feuille, au moyen d'un
point ou d'une piqûre d'épingle, les personnes présentes à
une réunion, à une assemblée où il est de devoir d'assister,
les employés qui sont à leur bureau, les ouvriers qui sont à
leur ouvrage, etc.
Il signifie quelquefois, au contraire, Indiquer les personnes absentes. Vous
n'êtes pas venu à l'heure, on vous a pointé. Pointer les absents.
En termes de Marine, Pointer la carte, Porter le point du bâtiment,
porter des relèvements sur une carte marine.
POINTER, en termes d'Imprimerie, Placer sur le tympan les feuilles qui
sont en retiration, de manière que les pointures entrent exactement dans
les trous qu'elles y ont faits, lorsqu'on tirait le premier côté.
POINTÉ, ÉE. participe, En Musique, Note pointée,
Note suivie d'un point qui lui fait valoir moitié en sus de sa valeur naturelle.
Une blanche pointée. Une noire pointée.
POINTEUR . adj. et s. m.
Artilleur qui pointe le canon. Le sous-officier pointeur. Canonnier pointeur.
C'est un habile pointeur.
Chanoine pointeur, Celui qui pique sur une feuille les chanoines présents
à l'office.
POINTILLAGE .s.m.
Petits points qu'on fait dans les ouvrages de miniature. Le pointillage coûte
beaucoup de temps. Un pointillage bien fait.
POINTILLER . v. n.
Faire des points avec la plume, le burin, le pinceau, le crayon, etc. Dans
les ouvrages en miniature, on ne fait ordinairement que pointiller. Ce graveur
ne travaille presque qu'en pointillant. Les graveurs d'armoiries pointillent pour
désigner l'or dans les écussons.
S'emploie figurément, et signifie, Disputer, contrarier, contester sur
les moindres choses. Cet homme ne fait que pointiller. Il pointille sans cesse.
Il est aussi actif, et signifie, Piquer, dire des choses désobligeantes.
Vous le pointillez sur tout ce qu'il dit, sur tout ce qu'il fait.
S'emploie avec le pronom personnel, dans le sens réciproque. Ils ne
font que se pointiller l'un l'autre.
POINTILLÉ, ÉE. participe, S'emploie substantivement, au
masculin, et signifie, Manière de peindre, de dessiner, de graver à
petits points, en pointillant. Dessin au pointillé.
POINTILLERIE . s. f.
Picoterie, contestation sur des bagatelles. Entre cet homme et sa femme,
il y a des pointilleries continuelles. Ce ne sont que pointilleries entre eux.
Il est familier.
POINTILLEUX , EUSE. adj.
Qui aime à pointiller, à reprendre, qui élève des
difficultés sur les moindres choses; qui est susceptible, exigeant dans
la société. Un critique pointilleux. Cet homme est pointilleux.
Elle est si pointilleuse, qu'on ne peut vivre avec elle. Pointilleux sur le cérémonial.
Un caractère pointilleux. Une humeur pointilleuse.
POINTU , UE. adj.
Qui a une pointe aiguë, qui se termine en pointe. Cette épée
est bien pointue. Ce couteau est trop pointu. Un bâton pointu par le bout.
Les feuilles de cette plante sont pointues.
Chapeau pointu, Chapeau haut de forme, qui va en diminuant.
Nez pointu, menton pointu, Nez, menton un peu en pointe.
Fig. et fam., Avoir l'esprit pointu, Chercher à subtiliser sur
tout, ou Dire de mauvaises pointes.
POINTURE . s. f.
T. d'Imprim. Se dit de Deux petites pointes de fer attachées au tympan,
lesquelles, perçant d'abord à deux de ses extrémités
la feuille de papier qu'on veut imprimer d'un côté, la traversent
aux mêmes endroits quand on veut l'imprimer de l'autre côté,
et font que les pages opposées se correspondent exactement.
POIRE . s. f.
Fruit à pepin, bon à manger, ordinairement de figure oblongue,
et qui va en diminuant vers la queue. Grosse poire. Petite poire. Belle poire.
Poires cassantes. Poires fondantes. Poires pierreuses. Poire molle. Poire de bon-chrétien.
Poire de beurré. Poire d'été. Poire d'hiver. Poire à
cidre. Poire à cuire. Une compote de poires. Des poires tapées.
Poire molle, se dit quelquefois d'Une poire qui commence à se
gâter.
Prov. et fig., Il ne lui promet pas poires molles, se dit D'un homme
qui a du ressentiment contre un autre, et qui le menace.
Poire d'angoisse, Sorte de poire fort âpre.
Fig. et fam., Faire avaler des poires d'angoisse, Donner quelque chagrin,
quelque mortification sensible. Il lui a bien fait avaler des poires d'angoisse.
Perle en poire, Perle de figure oblongue comme les poires, et plus grosse
par en bas que par en haut. Elle avait aux oreilles deux belles perles en poire.
Prov. et fig., Garder une poire pour la soif, Ménager, réserver
quelque chose pour les besoins à venir.
Prov. et fig., Entre la poire et le fromage, Sur la fin du repas, lorsque
la gaieté que donne la bonne chère, fait qu'on parle librement.
Il lui dit cela entre la poire et le fromage.
POIRE, se dit aussi Du contre-poids de la balance romaine, parce qu'il
a la forme d'une poire.
Poire à poudre, Sorte de petite bouteille de cuir bouilli ou de
quelque autre matière, dans laquelle on met de la poudre de chasse.
En termes d'Éperonnier, Poires secrètes, Sorte d'embouchure
du mors d'un cheval.
POIRÉ .s.m.
Sorte de boisson faite avec des poires. Bon poiré. Marchand de cidre
et de poiré.
POIREAU
ou PORREAU.s.m.
Plante potagère du genre des oignons. Planter des poireaux. Une soupe
aux poireaux.
POIREAU, signifie aussi, Une excroissance qui vient sur la peau, particulièrement
aux mains. Avoir les mains pleines de poireaux.
Se dit dans le même sens en parlant Des chevaux et des chiens. Un cheval
qui a des poireaux aux jambes. Un petit chien qui a des poireaux aux joues.
POIRÉE . s. f.
Plante potagère dont les feuilles sont larges, et soutenues d'une côte
fort épaisse. Acheter de la poirée. Des feuilles de poirée.
Des cardes de poirée. On la nomme aussi Bette.
POIRIER .s.m.
Arbre qui porte des poires. Poirier de bon-chrétien. Poirier sauvage,
cultivé, greffé, etc. Le bois du poirier est jaune ou rougeâtre.
Une table de bois de poirier.
POIS .s.m.
Légume qui vient dans une gousse, dans une cosse, et qui est ordinairement
de figure ronde. Pois verts. Petits pois. Pois en cosse. Une purée aux
pois verts. Écosser des pois. Pois écossés. Pois au lard.
Une terre semée en pois. Pois gris. Pois carrés. Pois chiches. Pois
de senteur.
Se dit quelquefois de La plante même qui porte ce légume. Ramer
des pois. Pois ramés. La fleur du pois est papilionacée.
Pois sans cosse, ou Pois goulus, Pois dont la cosse est tendre
et se mange.
Prov. et pop., C'est un avaleur de pois gris, se dit D'un homme qui a
bon appétit, et qui mange également de tout. Se dit aussi, figurément
et populairement, D'un homme qui dépense avec profusion.
Prov. et pop., Aller et venir comme pois en pot, Être dans un continuel
mouvement, faire beaucoup d'allées et de venues.
Prov., fig. et pop., Je lui rendrai pois pour fève, Il me fait
de la peine, je lui rendrai la pareille. On dit aussi, S'il me donne des pois,
je lui donnerai des fèves.
Prov. et fig., Donner un pois pour avoir une fève, Donner une
chose pour en obtenir une autre.
Pois à cautère, Petites boules, ordinairement faites avec
de la racine d'iris de Florence, qu'on met dans les cautères pour les empêcher
de se fermer, et pour entretenir la suppuration.
POISON .s.m.
Toute substance qui, prise intérieurement ou appliquée de quelque
manière que ce soit sur un corps vivant, est capable de détruire
ou d'altérer les fonctions vitales. Poison subtil. Poison lent, dangereux,
violent, mortel. Poison minéral, végétal, animal. Il y a
des poisons sans remède. Il n'y a point d'antidote contre ce poison. Donner
du poison. Prendre du poison. Ce poison lui perça les intestins, lui brûla
les entrailles. On découvrit dans son estomac les traces du poison. La
présence du poison fut constatée. Cela prévient, empêche
l'effet du poison. Préparer du poison.
Se dit, figurément, Des maximes pernicieuses, des écrits et des
discours qui corrompent le coeur ou l'esprit. Certaines productions licencieuses
sont un poison mortel pour l'innocence. Il sait apprêter avec art le poison
de la flatterie. L'esprit de parti est un poison qui altère tous les sentiments,
toutes les opinions.
Se dit aussi Des choses qui troublent la raison, qui agitent le coeur, qui nuisent
au bonheur de la vie. L'ennui est le poison de la vie. Souvent l'amour est
un dangereux poison. Il y a des caractères, des complexions pour qui le
chagrin est un poison mortel.
POISSARD , ARDE. adj.
Il n'est usité qu'en parlant De certains ouvrages modernes, dans lesquels
on imite le langage et les moeurs du bas peuple. Le genre poissard. Le style
poissard. Expression poissarde. Chanson poissarde.
POISSARDE . s. f.
Se dit Des femmes de la halle; et, par extension, Des femmes qui ont des manières
hardies et des expressions grossières. Une poissarde. Elle a le ton,
les manières, la voix d'une poissarde. Cette femme est une vraie poissarde.
POISSER . v. a.
Enduire, frotter de poix. Poisser du fil. Poisser un tonneau.
POISSER, signifie aussi, Salir, gâter avec quelque chose de gluant,
quoique ce ne soit pas de la poix. Il a poissé son habit. Ces confitures
lui ont poissé les mains.
POISSÉ, ÉE. participe
POISSON .s.m.
Animal à sang rouge et froid, qui respire par des branchies, et qui naît
et vit dans l'eau, où il se meut à l'aide de nageoires. Gros
poisson. Grand poisson. Poisson de mer. Poisson d'eau douce. Poisson d'étang.
Poisson de rivière. Prendre du poisson. Pêcher du poisson. Arête,
ouïes de poisson. Nageoires de poisson. Écailles de poisson. OEufs
de poisson. Huile de poisson. Colle de poisson. Frai de poisson. Poisson frais.
Poisson salé. Poisson mariné. Poisson sec. Poisson frit. Poisson
grillé. La table fut servie en chair et en poisson.
Poisson volant, Espèce de poisson de mer, qui, au moyen de ses
grandes nageoires, s'élève et se soutient quelque temps hors de
l'eau. L'aronde est un poisson volant.
Par exagérat. et pop., Il avalerait la mer et les poissons, se
dit D'un homme qui a une grande soif, et D'un homme fort gourmand.
Prov., Être comme le poisson dans l'eau, Se trouver bien, être
à son aise dans quelque lieu. Être comme le poisson hors de l'eau,
Être hors du lieu où l'on voudrait être.
Prov. et fig., Être muet, rester muet comme un poisson, se dit
D'un homme qui demeure interdit, et qui ne répond pas aux questions qu'on
lui fait.
Prov. et fig., On ne sait s'il est chair ou poisson, ou Il n'est ni
chair ni poisson, se dit D'un homme sans caractère; et, particulièrement,
D'un homme qui flotte par faiblesse entre deux partis.
Prov. et fig., Les gros poissons mangent les petits, Les puissants oppriment
les faibles.
Prov., Jeune chair et vieux poisson, Ordinairement la chair des jeunes
bêtes et celle des vieux poissons sont les meilleures.
Prov., La sauce fait manger le poisson, se dit en parlant D'une viande
qui n'est pas bonne, mais qui est fort bien apprêtée. Se dit, figurément
et familièrement, en parlant D'une chose qui, en elle-même, a des
désagréments que les circonstances dont elle est accompagnée
font oublier.
Prov., La sauce vaut mieux que le poisson, se dit D'une mauvaise viande
bien apprêtée. Se dit, figurément et familièrement,
dans les cas où l'accessoire vaut mieux que le principal.
Prov. et fig., Il ne sait à quelle sauce manger le poisson, se
dit D'un homme qui est embarrassé d'un discours qu'on lui tient, d'un procédé
qu'on a avec lui.
Prov. et fig., Donner un poisson d'avril à quelqu'un, Faire accroire
à quelqu'un, le premier jour d'avril, une fausse nouvelle, ou l'engager
à faire quelque démarche inutile, pour avoir lieu de se moquer de
lui.
En Astron., Les Poissons, Un des signes du zodiaque mobile, celui dans
lequel le soleil entre à la fin de février. C'est aussi Le nom d'une
constellation du zodiaque fixe.
Poisson austral, Constellation de l'hémisphère méridional,
située sous l'urne du Verseau.
Poisson volant, Constellation de l'hémisphère méridional,
qui n'est point visible dans nos climats.
POISSON .s.m.
Sorte de petite mesure, contenant la moitié d'un demi-setier, ou la huitième
partie d'une pinte. Un poisson de vin, d'eau-de-vie, de lait.
POISSONNAILLE . s. f.
Petit poisson, fretin. Il ne nous a servi que de la poissonnaille. Il
est familier.
POISSONNERIE . s. f.
Le lieu où l'on vend le poisson. Aller à la poissonnerie.
POISSONNEUX , EUSE. adj.
Qui abonde en poisson. Ce lac est fort poissonneux. Cette rivière
est poissonneuse. L'Océan est plus poissonneux que la Méditerranée.
POISSONNIER , ÈRE. s.
Celui, celle qui vend du poisson.
Prov. et fig., Se faire poissonnier la veille de Pâques, Prendre
une profession, faire une entreprise à contre-temps, quand il n'y a plus
rien à y gagner.
POISSONNIÈRE . s. f.
Ustensile de cuisine, qui est de figure oblongue, et qui sert à faire
cuire du poisson. Une grande poissonnière. Cette poissonnière
est trop petite.
POITRAIL .s.m.
La partie de devant du corps du cheval. Ce cheval a un beau poitrail. Un
cheval qui a le poitrail large, qui a le poitrail étroit. Des poitrails.
Se dit aussi de La partie du harnais qui se met sur le poitrail du cheval.
POITRAIL, en termes de Charpenterie, Grosse pièce de bois qui
se pose horizontalement sur des pieds-droits de pierre, pour soutenir un mur de
face, ou un pan de bois.
POITRINAIRE . adj. des deux genres
Qui a la poitrine attaquée; phthisique. Cet homme-là est poitrinaire.
Se dit aussi substantivement. Un poitrinaire.
POITRINE . s. f.
Partie du corps depuis le bas du cou jusqu'au diaphragme, contenant les poumons
et le coeur. Poitrine large, étroite, serrée. La cavité
de la poitrine. Avoir la poitrine découverte. Montrer la poitrine. Se frapper,
se battre la poitrine. Cette femme a une belle poitrine.
Il signifie aussi, en parlant Des animaux qu'on mange, Une partie des côtes,
avec la chair qui y tient. Poitrine de veau, de mouton. Du boeuf de poitrine.
Etc.
POITRINE, désigne aussi Les parties contenues dans la poitrine,
et principalement Les poumons. Bonne poitrine. Poitrine faible, délicate.
Mauvaise poitrine. Il a mal à la poitrine. Il a une fluxion sur la poitrine,
une fluxion de poitrine. Maladie, affection de poitrine. Inflammation de poitrine.
Oppression de poitrine. Hydropisie de poitrine. Il est malade de la poitrine.
Rafraîchir la poitrine. Sa poitrine s'emplit. Il a la poitrine engagée.
Sa poitrine se dégage. La goutte lui est remontée dans la poitrine.
Cet homme n'a point de poitrine, Il n'a presque pas de voix. Il a
bonne poitrine, Il a la voix forte.
POIVRADE . s. f.
Sauce faite avec du poivre, du sel et du vinaigre. Faire une poivrade à
un levraut.
Manger des artichauts à la poivrade, Les manger tout crus, avec
du poivre et du sel.
POIVRE .s.m.
Sorte d'épicerie des Indes orientales, qui est la graine d'un arbrisseau
grimpant. Le poivre vient en grappes par petits grains ronds, et sert à
assaisonner les viandes. Poivre blanc. Poivre noir. Une livre de poivre. Poivre
pulvérisé. Poivre concassé. Un grain de poivre. Mettre du
poivre dans une sauce. Il y faut mettre une pointe de poivre.
Prov. et pop., Cela est cher comme poivre, se dit D'une chose qui est
fort chère.
Poivre long, Sorte de poivre qui croît au Bengale et en plusieurs
autres endroits. Poivre de Guinée, Espèce de poivre qui vient
dans une petite gousse rouge.
Poivre d'Inde. Voyez PIMENT.
POIVRER . v. a.
Assaisonner de poivre. Ce cuisinier poivre trop, ne poivre pas assez ses
sauces.
Il signifie, figurément et bassement, Communiquer une maladie honteuse.
POIVRÉ, ÉE. participe, Votre cuisine est trop poivrée,
On met trop de poivre dans les ragoûts qu'on vous sert.
Fig. et pop., Cette marchandise a été bien poivrée,
Elle a été vendue fort cher.
POIVRIER .s.m.
Arbrisseau sarmenteux qui porte le poivre.
POIVRIER, se dit aussi d'Un petit vase, d'une petite boîte où
l'on met du poivre. Un poivrier d'argent.
POIVRIÈRE . s. f.
Petite boîte à divers compartiments, où l'on met du poivre,
de la muscade, etc.
Se dit, plus ordinairement, d'Un ustensile de table de la forme d'une salière,
dans lequel on met le poivre; et d'Un petit vase en forme de poire, dont l'extrémité
est percée d'un petit trou, et que l'on secoue pour saupoudrer de poivre
divers aliments.
POIX . s. f.
Matière résineuse qui provient des pins ou des sapins.
Poix noire, ou simplement, Poix, Matière gluante et noire
qui s'obtient en brûlant, dans un four d'une forme particulière,
la paille dont on s'est servi pour filtrer la térébenthine. La
poix noire n'est que de la résine en partie brûlée. Poix fondue.
Poix bouillante. Poix grasse. Frotter de poix. Enduire de poix.
Prov., Cela tient comme poix, se dit D'une chose qui tient fortement
à une autre.
Poix-résine, poix de Bourgogne, poix jaune, Résine ordinaire,
ou qui n'a subi qu'une préparation très-simple.
POLACRE
ou POLAQUE. s. f.
Sorte de bâtiment à voile latine, qui va à rames, et qui
est en usage sur la Méditerranée. Une polacre turque.
POLACRE
ou POLAQUE.s.m.
Cavalier polonais. Régiment de polaques.
POLAIRE . adj. des deux genres
Qui est auprès des pôles, qui appartient aux pôles du monde.
Cercle polaire. Étoile polaire. Les glaces polaires.
POLARISATION . s. f.
Terme de Physiq. Sorte de disposition particulière que les rayons lumineux
acquièrent lorsqu'ils sont réfléchis sous certains angles
par des surfaces diaphanes, et lorsqu'ils traversent des corps doués de
la double réfraction. La polarisation de la lumière.
POLARISER . v. a.
.Physiq. Donner, faire prendre aux rayons lumineux la disposition appelée
Polarisation. Polariser un rayon de lumière. On l'emploie aussi
avec le pronom personnel. Un rayon lumineux qui se polarise.
POLARISÉ, ÉE. participe, Lumière polarisée.
POLARITÉ . s. f.
.Physiq. La propriété qu'a l'aimant ou une aiguille aimantée,
de se diriger, en chaque lieu, vers un certain point fixe de l'horizon.
POLDER .s.m.
Se dit de Vastes plaines des Pays-Bas, qui sont protégées par
des digues. Les polders d'Anvers. La digue étant rompue, le polder fut
inondé.
PÔLE .s.m.
Chacune des deux extrémités de l'axe immobile autour duquel la
sphère céleste paraît tourner en vingt-quatre heures. Les
pôles du monde. Ceux qui habitent sous les pôles, ont alternativement
six mois de jour de suite, et six mois de nuit.
Se dit également Des extrémités de l'axe immobile du globe
terrestre, qui correspondent aux pôles célestes. La terre tourne
sur ses deux pôles.
Pôle arctique ou boréal, Celui qui est du côté
du septentrion. Pôle antarctique ou austral, Celui qui lui
est directement opposé.
PÔLE, employé absolument, signifie, Le pôle septentrional.
L'aiguille aimantée regarde le pôle. Faire un voyage au pôle,
vers le pôle.
Hauteur ou élévation du pôle, L'arc du méridien
compris entre le pôle et l'horizon du lieu où l'on est.
Poét., De l'un à l'autre pôle, Par toute la terre.
La renommée de ce héros a volé de l'un à l'autre
pôle.
PÔLE, se dit généralement de Chacune des deux extrémités
de l'axe immobile sur lequel tourne quelque corps sphérique ou quelque
cercle que ce soit. Les pôles de l'équateur. Les pôles du
méridien. Les pôles du zodiaque. Cette machine tourne sur ses pôles.
Un globe qui tourne sur ses pôles.
Pôles de l'aimant, Les points par lesquels l'aimant attire ou repousse
le plus énergiquement le fer et l'acier. Les pôles de l'aimant
se dirigent vers ceux du monde.
POLÉMARQUE .s.m.
T. d'Antiq. Chef de guerre ou de la guerre. C'était, à Athènes,
Le nom distinctif du troisième archonte; et chez les Grecs en général,
Le titre de tout homme chargé du commandement d'une armée.
POLÉMIQUE . adj. des deux genres
Qui appartient à la dispute. Se dit Des disputes ou guerres par écrit,
qui se font en matière de théologie, de politique, de littérature,
etc. Ouvrage polémique. Traité polémique. Style polémique.
Genre polémique. Écrivain polémique.
Il est aussi substantif féminin, et signifie, Dispute, querelle de plume.
Il excelle dans la polémique. La polémique littéraire.
POLI , IE. adj.
Voyez le participe de POLIR.
POLICE . s. f.
Ordre, règlement établi dans un État, dans une ville, pour
tout ce qui regarde la sûreté, la tranquillité et la commodité
des citoyens, des habitants. Bonne police. Mauvaise police. Faire observer
la police. Établir la police. Exercer la police. Règlement, ordonnance
de police. La police est bien faite, est mal faite dans cette ville. Il n'y a
pas de police dans cette ville. En bonne police, telle chose devrait être
défendue. La police des marchés. La police des grains. La police
de la librairie. Police administrative. Police municipale. Police judiciaire.
Police militaire. Police maritime.
Se dit aussi de L'administration qui exerce la police. Il y avait autrefois
un lieutenant général de police à Paris. Préfet de
police de Paris. Commissaire général de police. Commissaire de police.
Inspecteur de police. Agent de police. Espion de police. Les bureaux de la police.
La police ordonna d'éclairer les rue Être mandé à la
police. Il est noté à la police. Être mis sous la surveillance
de la haute police.
Police correctionnelle, Tribunal qui connaît des délits
qui sont plus graves que les contraventions à la police ordinaire, mais
qui ne le sont point assez pour être déférés aux cours
d'assises. Tribunal de police correctionnelle. Il a été traduit,
jugé, puni en police correctionnelle.
Tribunal de police, de simple police, Tribunal qui connaît des
légères infractions aux règlements de police. Cette juridiction
est attribuée au juge de paix et au maire, ou au juge de paix seulement,
selon les cas. On dit de même: Juge de police. Jugement de police. Citation
à la police. Etc.
POLICE, se dit aussi de L'ordre et du règlement établi
dans quelque assemblée, dans quelque société que ce soit.
La police d'un camp. La police d'une armée, d'un régiment. La
police d'une communauté. Chaque société a sa police particulière.
Salle de police ou de discipline, Lieu où l'on fait subir
aux soldats de courtes détentions pour les fautes légères.
Mettre, envoyer un soldat à la salle de police. Il a passé huit
jours à la salle de police.
Bonnet de police, Bonnet de drap, dont les militaires font usage pendant
la nuit, et même le jour, quand ils ne sont pas en tenue.
POLICE, se dit en outre d'Un contrat par lequel on s'engage, moyennant
une somme convenue, appelée Prime, à indemniser quelqu'un de certaines
pertes ou dommages éventuels. On l'emploie surtout en parlant Des assurances
contre les risques de mer et contre les incendies. Police d'assurance.
POLICE, en termes d'Imprimerie, Évaluation de la quantité
relative des lettres dont une fonte doit être composée; ou Ces lettres
mêmes. Faire la police d'un caractère. Le poids d'une police de
caractères.
POLICER . v. a.
Civiliser; adoucir les moeurs; établir dans un pays des lois, des règlements
pour la sûreté, la tranquillité, la commodité des habitants.
Policer une ville, un État, des peuples. Il est le premier qui ait policé
les nations du Nord.
POLICÉ, ÉE. participe, Les peuples policés.
POLICHINELLE .s.m.
Nom d'un personnage des farces napolitaines, représentant un paysan balourd,
qui dit plaisamment de bonnes vérités.
Se dit aussi d'Une marionnette de bois, grotesquement vêtue, bossue par
devant et par derrière, qui parle d'une voix burlesque, et qui joue le
principal rôle sur les théâtres de fantoccini, et dans les
farces dont quelques bateleurs amusent les passants. Polichinelle et son compère.
Cet homme a une voix de polichinelle.
Fig., Le secret de Polichinelle, Ce qui est public, ce que tout le monde
sait.
Fig. et fam., C'est un vrai polichinelle, se dit D'un ridicule bouffon
de société.
POLIMENT .s.m.
Action de polir. Le poliment d'un diamant, d'un rubis, d'une agate. Il faut
bien du temps pour le poliment de cette pierre. Le poliment de l'acier, du marbre,
des glaces.
Il signifie aussi, L'état de ce qui est poli. Donner le poliment à
un saphir, à une glace. Cette émeraude a pris un beau poliment.
Le poliment de ces marbres est parfait. Il est peu usité dans cette
acception.
POLIMENT . adv.
D'une manière polie. Il ne s'emploie qu'au figuré, et se dit en
parlant De la manière d'agir, d'écrire, de s'exprimer. Parler
poliment. Écrire poliment. Il en a usé très-poliment. Il
reçoit très-poliment tout le monde.
POLIR . v. a.
Rendre uni et luisant, à force de frotter. Se dit particulièrement
en parlant Des choses dures. Polir le fer, l'acier, le marbre. Polir de la
vaisselle. Polir du bois d'ébène, de noyer. Polir avec le grès,
l'émeri, etc. Polir à l'émeri, au grès, etc. On
l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Un corps qui se polit par le
frottement.
POLIR, s'emploie figurément, et signifie, Cultiver, orner, adoucir
l'esprit et les moeurs, rendre plus propre au commerce du monde. La fréquentation
des personnes bien élevées polit l'esprit, polit les moeurs. L'étude
des belles-lettres polit les esprits.
Se dit aussi, figurément, De ce qui regarde le style, le discours, les
ouvrages d'esprit; et il signifie, Mettre la dernière main, corriger tout
ce qui peut être contraire à l'exactitude, à la pureté
et à l'élégance. Polir un discours, un écrit. Il
n'a pas assez poli son style dans cet ouvrage.
Polir une langue, Diminuer sa rudesse, lui donner plus d'élégance
et de régularité. Les écrivains qui ont poli et perfectionné
notre langue.
POLI, IE. participe, Du marbre, de l'acier poli. Un discours poli.
Écrire d'une manière polie.
POLI, est aussi adjectif, et signifie, Qui a la superficie unie et luisante.
Les corps polis.
S'emploie aussi figurément, et signifie, Doux, civil, honnête,
complaisant, qui observe avec attention toutes les convenances de la société.
C'est un homme extrêmement poli. C'est l'homme du monde le plus poli.
Il est savant, mais il n'est pas poli. Il a les manières fort polies. Parler
d'un ton poli.
POLI, s'emploie aussi substantivement, et signifie, Le lustre, l'éclat
des choses qui ont été polies. Ces armes, cette vaisselle sont
d'un beau poli. Il faut donner le poli à ce marbre.
POLISSEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui polit certains ouvrages. Polisseur de glaces. Polisseuse
d'argenterie.
POLISSOIR .s.m.
Instrument dont on se sert pour polir certaines choses. Il faut encore passer
là-dessus le polissoir.
POLISSOIRE . s. f.
Sorte de décrottoire douce.
POLISSON .s.m.
T. d'injure. Petit garçon malpropre et vagabond, qui s'amuse à
jouer dans les rues, dans les places publiques. C'est un vrai polisson, un
petit polisson. Cet enfant joue toute la journée avec les polissons du
quartier. Ce substantif a un féminin: Polissonne.
Se dit aussi d'Un enfant trop dissipé et trop espiègle; et même
d'Un homme qui a l'habitude de faire ou de dire des bouffonneries, de se permettre
des jeux d'écolier. Vous serez donc toujours un polisson. On le
dit aussi adjectivement, Il est trop polisson pour son âge.
POLISSON, est aussi un terme de mépris et d'injure par lequel
on désigne Un homme qui n'a de considération, ni par son état,
ni par sa personne. Cet homme n'est qu'un polisson. Il convient bien à
un polisson comme lui de...
POLISSON, signifie encore, Licencieux, libre; il se dit Des personnes
et des choses. En parlant Des choses, il ne s'emploie qu'adjectivement. Une
chanson polissonne.
POLISSONNER . v. n.
Dire ou faire des polissonneries. Il ne fait que polissonner.
POLISSONNERIE . s. f.
Action, parole, tour de polisson; bouffonnerie, plaisanterie basse; action ou
parole indécente, trop libre. Faire des polissonneries. Dire des polissonneries.
POLISSURE . s. f.
Action de polir quelque chose, ou Le résultat de cette action. La
polissure d'une vaisselle.
POLITESSE . s. f.
Certaine manière de vivre, d'agir, de parler, civile et honnête,
acquise par l'usage du monde. Avoir de la politesse. Il est d'une grande politesse.
On remarque une grande politesse dans tout ce qu'il dit, dans tout ce qu'il fait.
Il a du savoir, mais il manque de politesse. Il est d'une politesse fatigante,
incommode.
Se dit aussi Des actions conformes à la politesse. Faire une politesse.
Faire des politesses. J'ai reçu de lui beaucoup de politesses. Il s'est
confondu en politesses.
POLITIQUE . adj. des deux genres
Qui a rapport au gouvernement d'un État, ou aux relations mutuelles des
divers États. Gouvernement politique. Maxime politique. Discours politique.
Ouvrage politique. Réflexions politiques. Délit politique. La conduite
politique de ce ministre a été fort sage. Révolution politique.
Les événements, les affaires, les nouvelles politiques. Cet événement
aura une influence politique qu'on n'avait pas prévue. Un journal politique
et littéraire.
Droit politique, Les lois qui règlent les formes de gouvernement,
qui déterminent les rapports entre l'autorité et les citoyens ou
les sujets.
Droits politiques, Droits en vertu desquels un citoyen participe au gouvernement.
Exercer ses droits politiques. Être déchu, privé de ses
droits politiques. Le droit de concourir à l'élection des députés
est un droit politique.
Domicile politique, Celui où l'on exerce ses droits politiques.
Économie politique, Science qui traite de la formation, de la
distribution et de la consommation des richesses. C'est un homme habile en
économie politique. Traité d'économie politique.
POLITIQUE, est aussi substantif, et signifie, Celui qui s'applique à
la connaissance des affaires publiques, du gouvernement des États. C'est
un grand politique, un habile, un profond politique. C'est un politique consommé.
Les politiques les plus fins étaient d'un autre avis. Tous les politiques
sont d'accord là-dessus.
POLITIQUE, se dit encore, tant adjectivement que substantivement, D'un
homme fin et adroit, qui s'accommode à l'humeur des personnes qu'il a intérêt
de ménager; d'un homme prudent et réservé, qui s'observe
dans ses paroles et dans ses actions. Il est trop politique pour se brouiller
avec un homme en faveur. Il est politique dans tout ce qu'il dit, et dans tout
ce qu'il fait. Il ne nous dira pas ce qu'il pense sur cette affaire; c'est un
rusé politique. En ce sens, il se prend souvent en mauvaise part.
Se dit aussi adjectivement, dans le même sens, en parlant Des choses.
Sa conduite entre les deux partis a été très-politique.
Il a des ménagements politiques pour les gens qui en méritent le
moins.
POLITIQUE . s. f.
L'art de gouverner un État, et de diriger ses relations avec les autres
États. Bonne politique. Mauvaise politique. Fausse politique. Fine,
adroite politique. Dangereuse politique. Politique profonde. Politique tortueuse.
Politique sage et prévoyante. Politique soupçonneuse et dissimulée.
La véritable politique est de punir le crime, et de récompenser
la vertu. En bonne politique, il fallait faire ce qu'il a fait. Cela ne vaut rien
en politique. La politique des Romains différait en plusieurs points de
celle des Grecs. Ce prince joignit la politique à la valeur. Il était
dans sa politique, il était de sa, politique de ménager un si puissant
ennemi.
POLITIQUE, signifie aussi, La connaissance du droit public, des divers
intérêts des princes, de tout ce qui a rapport à l'art de
gouverner un État et de diriger ses relations extérieures. Étudier
la politique. Il s'adonne à la politique. Il écrit sur la politique.
Il ne parle que de politique. Sonder la profondeur de la politique. Pénétrer
les secrets de la politique. Il n'entend rien à la politique, en politique.
Se dit quelquefois Des affaires publiques, des événements politiques.
Parler politique. Politique intérieure. Politique extérieure.
La politique absorbait alors l'attention générale.
POLITIQUE, signifie encore, La manière adroite dont on se conduit
pour parvenir à ses fins. Ce courtisan a de la politique en tout ce
qu'il fait. Il a une politique fine et cachée pour s'avancer. Quelle misérable
politique! Avec toute sa politique, il ne m'a pas trompé.
POLITIQUEMENT . adv.
Selon les règles de la politique. On a cru longtemps que dissimuler
et mentir, c'était agir politiquement. Ce ministre conduit politiquement
cette grande affaire.
Il signifie aussi, D'une manière fine, adroite, cachée, réservée.
Il agit politiquement en toutes choses.
POLITIQUER . v. n.
Raisonner sur les affaires publiques. S'amuser à politiquer. Il
est familier.
POLLEN .s.m.
(Dans ce mot et les trois suivants, on fait sentir les deux L.) .Botanique,
emprunté du latin. La poussière fécondante renfermée
dans la partie de l'étamine des fleurs qui est appelée Anthère.
POLLICITATION . s. f.
.Droit. Engagement contracté par quelqu'un, sans qu'il soit accepté;
à la différence du Pacte, qui est Une convention entre deux
personnes.
POLLUER . v. a.
Profaner. Il n'est guère usité qu'en parlant Des temples, des
églises, et de ce qui sert à l'usage des églises. Polluer
les choses saintes. Polluer un temple. Polluer une église.
POLLUER, avec le pronom personnel, Se souiller d'un certain péché
d'impureté.
POLLUÉ, ÉE. participe, Une église qui a été
polluée.
POLLUTION . s. f.
Profanation; état de ce qui est profane. La pollution d'une église
dure jusqu'à ce qu elle ait été bénite de nouveau.
POLLUTION, se dit aussi d'Un certain péché d'impureté.
POLTRON , ONNE. adj.
Lâche, pusillanime, qui manque de courage. C'est l'homme du monde le
plus poltron. Je suis un peu poltronne.
S'emploie plus ordinairement comme substantif. C'est un grand poltron. Il
passe pour un poltron. Allons donc, ne faites pas le poltron.
En termes de Fauconnerie, Oiseau poltron, Celui auquel on a coupé
les ongles des doigts de derrière, ou Celui qu'on ne peut parvenir à
dresser.
POLTRONNERIE . s. f.
Lâcheté, manque de courage. Il est d'une grande poltronnerie.
Sa poltronnerie le fait mépriser.
Se dit aussi Des actions qui dénotent la lâcheté, le défaut
de courage. C'est un lâche, il a fait mille poltronneries. C'est une
poltronnerie sans exemple.
POLYADELPHIE . s. f.
.Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à
plusieurs étamines réunies par leurs filets en plus de deux corps
ou faisceaux distincts, dans une même fleur hermaphrodite. L'oranger
appartient à la polyadelphie.
POLYANDRIE . s. f.
.Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes pourvues
de vingt à cent étamines. Le pavot, le nénuphar, le tilleul,
sont de la polyandrie.
POLYCHRESTE . adj. des deux genres
.Pharmacie, qui signifie, Servant à plusieurs usages, et qui se dit particulièrement
D'un sel purgatif. Du sel polychreste.
POLYÈDRE .s.m.
.Géom. Corps solide à plusieurs faces. Polyèdre régulier.
POLYGAME . s. des deux genres
Celui qui est marié à plusieurs femmes, ou Celle qui est mariée
à plusieurs hommes en même temps. C'est un polygame. Elle est
polygame.
Se dit adjectivement, en Botanique, Des plantes qui portent, sur le même
pied, des fleurs hermaphrodites et des fleurs les unes mâles, les autres
femelles. Plantes, végétaux polygames.
POLYGAMIE . s. f.
État d'un homme qui est marié à plusieurs femmes, ou d'une
femme qui est mariée à plusieurs hommes en même temps. La
polygamie est défendue dans le christianisme. Le crime de polygamie est
puni par les lois. La polygamie est commune chez les mahométans.
POLYGAMIE, en termes de Botanique, Classe du système de Linné,
qui renferme les plantes polygames. L'érable appartient à la
polygamie.
POLYGLOTTE . adj. des deux genres
Qui est écrit en plusieurs langues. Bible polyglotte. Dictionnaire
polyglotte.
Il est aussi substantif féminin, et se dit d'Une bible polyglotte. La
Polyglotte de Paris. La Polyglotte d'Angleterre.
Fig., Cet homme est une polyglotte, une vraie polyglotte, Il possède
un grand nombre de langues. On le dit plus souvent, avec ironie, De celui qui
affecte ce genre de connaissances.
POLYGONE . adj. des deux genres
.Géom. Qui a plusieurs angles et plusieurs côtés. Une
forteresse de figure polygone.
Il est aussi substantif masculin. Cette figure est un polygone régulier,
un polygone irrégulier. Les côtés, les angles d'un polygone.
POLYGONE, en termes de Fortification, Figure qui détermine la
forme générale du tracé d'une place de guerre. Polygone
extérieur, Celui qui est formé de lignes unissant deux à
deux les angles saillants des bastions. Polygone intérieur, Celui
qui est formé par les courtines de l'enceinte prolongées jusqu'à
ce qu'elles se rencontrent dans l'intérieur des bastions.
POLYGONE, se dit aussi, dans les Écoles d'artillerie, d'Un endroit
où l'on exerce les artilleurs aux manoeuvres du canon et des autres armes
à feu de grande portée. Aller au polygone. L'exercice du polygone.
POLYGRAPHE .s.m.
Auteur qui a écrit sur plusieurs matières. Les polygraphes
forment une classe particulière dans les catalogues des bibliothèques.
POLYGRAPHIE . s. f.
Nom donné par les bibliographes à la partie d'une bibliothèque
qui comprend les polygraphes. Les oeuvres de cet auteur doivent être
rangées dans la polygraphie.
POLYNÔME .s.m.
T. d'Algèbre. Se dit de Toute quantité algébrique, composée
de plusieurs termes distingués par les signes plus (+) ou moins
(-).
POLYPE .s.m.
Espèce d'animal aquatique de la classe des Zoophytes, dont le corps gélatineux
est de forme conique, et qui a autour de la bouche plusieurs filets mobiles appelés
Tentacules. Polype nu. Polype du corail. Le polype d'eau douce, coupé
en plusieurs parties, se reproduit tout entier dans chacune. Les coraux sont des
productions de polypes.
POLYPE, en termes de Médecine, Excroissance ou tumeur de diverse
nature, qui vient en certaines parties du corps et particulièrement sur
les membranes muqueuses. Polype mou. Polype dur. Polype charnu. Polype cancéreux.
Polype du nez, de la matrice. Il a un polype. Il s'est fait arracher, extirper
un polype.
POLYPÉTALE . adj. des deux genres
.Bot. Se dit Des fleurs qui ont plusieurs pétales. La corolle des
roses, des oeillets est polypétale.
POLYPEUX , EUSE. adj.
.Médec. Qui a rapport au polype, qui est de la nature du polype. Tumeur
polypeuse.
POLYPIER .s.m.
T. d'Hist. nat. Habitation commune des polypes.
POLYPODE .s.m.
.Bot. Plante de la famille des Fougères, dont les racines s'attachent
par une multitude de fibres sur les pierres et les troncs d'arbres, et particulièrement
au pied des vieux chênes.
POLYSTYLE . adj. des deux genres
T. d'Architect. Se dit D'un édifice où il y a beaucoup de colonnes.
Temple polystyle.
Salle polystyle, Salle dont le plafond est soutenu par beaucoup de colonnes.
POLYSYLLABE . adj. des deux genres
(L'S se prononce fortement, comme dans Syllabe.) .Gram. Qui est de plusieurs
syllabes. Ce mot est polysyllabe. On l'emploie aussi substantivement, au
masculin. C'est un polysyllabe.
POLYSYNODIE . s. f.
(L'S se prononce fortement, comme dans Synode.) Système d'administration
qui consiste à remplacer chaque ministre par un conseil. Après
la mort de Louis XIV, le régent voulut établir la polysynodie en
France, et abolir les ministères.
POLYTECHNIQUE . adj.
Qui concerne, qui embrasse plusieurs arts ou sciences. Il n'est usité
que dans cette dénomination, École polytechnique, École
où l'on forme des élèves destinés à entrer
dans les écoles spéciales d'artillerie, du génie, des mines,
des constructions navales, des ponts et chaussées, etc. Élève
de l'école polytechnique. Professeur à l'école polytechnique.
POLYTHÉISME .s.m.
Système de religion qui admet la pluralité des dieux.
POLYTHÉISTE . s. des deux genres
Celui, celle qui professe le polythéisme.
POMMADE . s. f.
Composition molle et onctueuse, faite avec de la cire, ou avec de la graisse
de certains animaux, à laquelle on mêle différents ingrédients,
suivant les divers usages qu'on en veut faire. Pommade jaune, rouge, blanche.
Pommade au jasmin, de jasmin, à la jonquille, de jonquille, à la
fleur d'orange, de fleur d'orange, etc. Pommade de concombre. Pommade de moelle
de boeuf. Pommade pour les cheveux, pour les lèvres, pour guérir
les gerçures. Pot de pommade.
Bâton de pommade, Espèce de petit rouleau fait avec de la
pommade plus consistante que la pommade ordinaire.
Pommade mercurielle, Onguent composé d'axonge et de mercure.
POMMADE . s. f.
.Manége. Tour qu'on fait en voltigeant et se soutenant d'une main sur
le pommeau de la selle d'un cheval. Pommade simple, double, triple.
POMMADER . v. a.
Enduire de pommade. Pommader une perruque, des cheveux. Cette femme, avant
de se coucher, se pommade les mains et le visage.
POMMADÉ, ÉE. participe
POMME . s. f.
Sorte de fruit à pepin, de forme ronde, bon à manger. Pomme
de reinette, de capendu, de rambour, d'api, de calville. Pomme-poire. Pomme pourrie.
Pomme ridée. Pomme tapée. Pomme sauvage. Mordre dans une pomme.
Compote de pommes. Sirop de pommes. Gelée de pommes. Sucre de pommes. Pelure
de pomme. Faire cuire des pommes. Des pommes cuites au four.
Pomme à cidre, Pomme qu'on ne mange point, et dont on fait du
cidre.
Prov. et fig., On jetterait cette muraille à bas avec des pommes cuites,
Elle est très-peu solide.
Fig. et pop., La pomme d'Adam, La grosseur qui paraît au noeud
de la gorge.
Fig., Pomme de discorde, Sujet de division entre des personnes qui étaient
bien ensemble. Cette succession a été la pomme de discorde, une
pomme de discorde entre eux.
Fig., Donner la pomme à une femme, Juger qu'elle l'emporte en
beauté sur les autres femmes de la même assemblée, de la même
société. Dans cette assemblée, c'est à elle que
j'aurais donné la pomme. On dit dans le même sens, Elle mérite
la pomme, elle obtiendrait la pomme.
Pomme de pin, Le fruit que produit le pin, le sapin (voyez plus bas un
autre sens). Pomme de chêne, ou Noix de galle, Excroissance
en forme de boule, produite ordinairement sur les feuilles du chêne par
la piqûre d'un insecte. Pomme d'églantier, Excroissance velue
produite aussi, sur les branches du rosier sauvage, par la piqûre d'un insecte.
Pomme épineuse: voy. STRAMONIUM.
Pomme de terre, Plante du genre des Solanums, dont les racines sont garnies
d'une multitude de tubercules bons à manger, auxquels on donne le même
nom. Pomme de terre rouge, jaune. Fécule de pommes de terre. Pain de
pommes de terre. Pommes de terre bouillies, frites.
Pomme d'amour. Voyez TOMATE.
POMME, se dit aussi Des feuilles des choux et des laitues, lorsqu'elles
sont encore compactes et ramassées. Une pomme de chou. Une pomme de
laitue.
POMME, se dit encore Des divers ornements de bois, de métal, etc.,
faits en forme de pomme ou de boule. Des pommes de lit. La pomme d'un chenet.
La pomme d'une canne. Une canne à pomme d'or, à pomme d'ivoire.
Pomme de pin, Ornement de sculpture qu'on place dans les angles des plafonds
de corniche, ou au sommet des coupoles, etc. La pomme de pin du tombeau d'Adrien
se voit encore au jardin du Belvédère, à Rome.
En termes de Marine, La pomme d'un mât, Boule de bois, de forme
aplatie, qui surmonte chaque mât d'un bâtiment.
POMMEAU .s.m.
Espèce de petite boule qui est au bout de la poignée d'une épée.
Ce pommeau est bien travaillé. Coup de pommeau d'épée.
Mettre la main sur le pommeau de son épée.
POMMEAU, se dit aussi d'Une éminence qui est au milieu de l'arçon
de devant d'une selle, et qui est de forme arrondie. Pommeau de cuivre. Il
serait tombé, s'il ne s'était tenu au pommeau de la selle.
POMMELER
(SE). v. pron.
Il ne se dit guère qu'en parlant De certains petits nuages blancs et
grisâtres, ordinairement arrondis, qui paraissent quelquefois au ciel; et
Des marques mêlées de gris et de blanc qui se forment par rouelles
sur certains chevaux. Le ciel s'est pommelé en un moment. Ce cheval
commence à se pommeler.
POMMELÉ, ÉE. participe, Un cheval gris pommelé.
Temps pommelé. Le ciel est fort pommelé.
Prov., Temps pommelé et femme fardée ne sont pas de longue
durée.
POMMELLE . s. f.
Table de plomb battue en rond et percée de petits trous, qu'on met à
l'ouverture d'un tuyau, pour empêcher les ordures de passer.
POMMER . v. n.
Se former en pomme. Il ne se dit guère que Des choux et de certaines
laitues. Ces choux commencent à pommer. Ces laitues ne pommeront point.
POMMÉ, ÉE. participe, Chou pommé. Laitue pommée.
Fig. et fam., Un fou pommé, Un fou achevé. Une sottise
pommée, Une sottise complète.
POMMERAIE . s. f.
Lieu planté de pommiers. Une grande pommeraie.
POMMETTE . s. f.
Ornement de bois ou de métal, fait en forme de petites pommes ou boules.
Pommette de bois, de cuivre, d'argent. Ces chenets sont ornés de vases
terminés par des pommettes, par de petites pommettes.
POMMETTE, en termes d'Anatomie, La partie la plus saillante de la joue
au-dessous de l'oeil, en tirant vers l'angle extérieur. L'os de la pommette.
POMMIER .s.m.
Arbre qui porte les pommes. Pommier sauvage. Pommier franc. Planter, greffer
un pommier. Le bois de pommier. Un verger planté de pommiers. Une allée
de pommiers. Pommier nain. Pommier à fleur double. Pommier greffé
sur franc. Pommier greffé sur paradis, ou simplement, Pommier paradis.
Chêne-pommier, Chêne qui, au lieu de s'élever, affecte
la forme du pommier.
POMMIER, se dit aussi d'Un ustensile de terre ou de métal, dont
on se sert pour faire cuire des pommes devant le feu. Pommier de terre. Pommier
de fer-blanc. Pommier à deux, à trois étages. Des pommes
cuites au pommier, dans un pommier.
POMPE . s. f.
Appareil magnifique, somptueux. La pompe d'un triomphe, d'une entrée
solennelle, d'un tournoi. La pompe d'une cour. Pompe royale, superbe, magnifique,
extraordinaire. Il fait tout avec pompe. Ce prince marche ordinairement sans pompe.
Il aime l'éclat et la pompe. Il fuit la pompe. Marcher en grande pompe.
Les pompes triomphales.
Pompe funèbre, Tout l'appareil d'un convoi pour porter un mort
en terre, et tout ce qui concerne la cérémonie d'un service solennel.
L'entreprise des pompes funèbres.
En langage religieux, Renoncer au monde et à ses pompes, Renoncer
au monde et à ses vanités, à ses plaisirs faux ou frivoles.
On dit de même, Renoncer à Satan, à ses pompes et à
ses oeuvres.
POMPE, se dit figurément, en parlant Du discours, du style, et
signifie, Manière de s'exprimer en termes élevés, nobles,
magnifiques, et qui sonnent bien à l'oreille. La pompe de ses expressions
impose à ceux qui l'écoutent. Il y a dans son discours beaucoup
de noblesse et de pompe. La pompe de son style. Une vaine pompe. Pompe affectée.
POMPE . s. f.
Machine pour élever de l'eau, ou un liquide quelconque. Il n'a d'eau
dans ses jardins que par le moyen d'une pompe. Éteindre un incendie par
le secours des pompes. Pompe à incendie. Arroser des arbres par le moyen
d'une pompe. Le corps d'une pompe. Un corps de pompe. Le piston d'une pompe. La
soupape d'une pompe. Pompe aspirante. Pompe foulante. Pompe foulante et aspirante.
Pompe à feu.
En Physique, Pompe pneumatique, Machine qui sert à faire le vide
sous un récipient, à l'aide d'un piston. On la nomme plus ordinairement,
Machine pneumatique.
POMPER . v. a.
Élever, attirer, puiser l'eau ou l'air avec une pompe. Pomper l'eau
d'un vaisseau. Pomper l'air du récipient de la machine pneumatique.
Il est aussi neutre, et alors il signifie simplement, Faire agir la pompe. Quand
le navire fait eau, il faut pomper à tour de bras. Il faut pomper pour
remplir d'eau ce réservoir. On a pompé toute la nuit pour vider
les caves.
Pomper l'humidité, se dit De certaines matières, de certains
corps qui attirent à eux l'humidité, et qui s'en imprègnent.
Vous êtes allé au serein, votre habit a pompé l'humidité.
On dit dans le même sens, Le soleil pompe les eaux de la mer.
POMPÉ, ÉE. participe
POMPEUSEMENT . adv.
Avec pompe. Ce prince marche toujours pompeusement et avec une grande suite.
Fig., S'exprimer pompeusement, Employer des expressions nobles, élevées,
magnifiques; ou, dans un sens défavorable, S'exprimer en termes ampoulés,
employer de grands mots.
POMPEUX , EUSE. adj.
Qui a de la pompe, où il y a de la pompe. Appareil pompeux. Entrée
pompeuse. Suite pompeuse. Cour pompeuse. Équipage pompeux.
Fig., Style, discours pompeux, Style, discours remarquable par l'emploi
des termes nobles, élevés, magnifiques et harmonieux. On dit de
même, Des termes pompeux, des paroles pompeuses. Ces expressions
se prennent quelquefois en mauvaise part.
Des éloges pompeux, De très-grands éloges.
Fam., Pompeux galimatias, Amas de grands mots, de belles paroles qui
ne signifient rien. Pompeux solécisme, Expression, locution, qui
paraît brillante, mais qui est incorrecte et fautive.
POMPIER .s.m.
Celui qui fait des pompes.
Se dit aussi de Ceux qui sont chargés de porter des secours dans les
incendies, et particulièrement d'y faire agir des pompes. À Paris,
les pompiers forment un corps organisé militairement. Le corps des pompiers,
des sapeurs-pompiers. Le commandant des pompiers. Un corps de garde de pompiers.
Les pompiers se sont rendus maîtres du feu.
POMPON .s.m.
Terme générique qui se dit Des ornements de peu de valeur que
les femmes ajoutent à leurs coiffures, et en général à
leurs ajustements.
POMPON, se dit aussi d'Une houppe de laine que les militaires portent
à leurs coiffures. Pompon rouge, jaune. Le pompon d'un shako.
POMPONNER . v. a.
Orner de pompons; et, dans un sens plus étendu, Parer une personne, lui
faire sa toilette. Pomponner une coiffure. Pomponner une mariée.
On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Cette femme aime à se pomponner.
Il est familier.
Fig., Pomponner son style, Y mettre de la recherche et des ornements
affectés.
POMPONNÉ, ÉE. participe, Femme pomponnée. Style
pomponné.
PONANT .s.m.
Occident, la partie du monde qui est au couchant du soleil. Depuis le levant
jusqu'au ponant. Il se leva un vent du ponant.
Il signifie aussi, L'Océan, par opposition à la Méditerranée.
L'armée du Ponant. Vice-amiral du Ponant. L'escadre du Ponant. Commercer
dans le Ponant. On dit aussi, La mer du Ponant, La mer océane.
Dans l'une et l'autre acception, il a vieilli.
PONCE . s. f.
Sorte de pierre extrêmement sèche, poreuse et légère,
qui est un produit des volcans. Ponce vitreuse. Ponce commune. Cette dernière
s'appelle ordinairement Pierre ponce.
PONCE . s. f.
Petit sachet qui sert à poncer, et qui consiste en un morceau de toile
claire qu'on emplit de charbon pilé, si l'on veut poncer sur une surface
blanche, ou de craie en poudre, de plâtre fin, si l'on veut poncer sur une
surface noire. Calquer un dessin avec la ponce.
PONCEAU .s.m.
Petit pont d'une arche, pour passer un ruisseau.
PONCEAU .s.m.
Espèce de pavot sauvage d'un rouge fort vif, qui croît parmi les
blés, et qu'on appelle plus ordinairement Coquelicot. Du sirop de ponceau.
Se dit aussi d'Un rouge très-vif et très-foncé. Un ruban
couleur de ponceau. Un fort beau ponceau. Un ruban, une robe ponceau. Dans
cette dernière phrase, il est adjectif.
PONCER . v. a.
Polir, rendre uni, rendre ras avec la pierre ponce. Poncer du parchemin.
Poncer du cuir. Poncer un chapeau.
Poncer de la vaisselle, La rendre mate avec de la pierre ponce.
PONCÉ, ÉE. participe
PONCER . v. a.
Passer sur un dessin dont on a piqué le trait avec une aiguille, un petit
sachet rempli de charbon pilé ou de craie en poudre, de plâtre fin,
pour contre-tirer ce dessin sur du papier, sur de la toile, du bois, du vélin,
etc. Il faut poncer ce dessin, le poncer sur la toile. Poncer sur un enduit
de plâtre le dessin de la fresque qu'on y veut peindre.
PONCÉ, ÉE. participe
PONCIRE .s.m.
Sorte de citron, de limon fort gros et fort odorant, dont on fait ordinairement
cette confiture sèche qu'on appelle Écorce de citron. Les poncires
ne sont bons qu'à confire. Une caisse de poncires.
PONCIS .s.m.
Le dessin qui a été piqué, et sur lequel on passe le petit
sachet appelé Ponce. Il faut garder ce poncis, il pourra encore servir.
Les poncis sont commodes pour tirer plusieurs copies d'un même dessin.
PONCTION . s. f.
.Chirur. Opération par laquelle on évacue les eaux épanchées
dans quelque partie du corps, en y faisant une ouverture. Se dit communément
de Celle qui se fait au bas-ventre d'un hydropique. On lui a fait la ponction.
Il a été guéri à la première ponction.
Se dit aussi de L'ouverture qu'on fait au périnée, pour tirer
l'urine hors de la vessie, quand on ne peut pas introduire la sonde dans cet organe.
PONCTUALITÉ . s. f.
Exactitude à faire certaines choses dans de certains temps, comme on
se l'est proposé, ou comme on l'a promis. Il est d'une grande ponctualité.
Ponctualité scrupuleuse. Extrême ponctualité. Sa ponctualité
s'étend à tout. Il a de la ponctualité en tout, jusque dans
les moindres choses. Il remplit ses engagements avec ponctualité. Il met
beaucoup de ponctualité à payer ce qu'il doit.
PONCTUATION . s. f.
L'art de ponctuer. Il entend bien la ponctuation. Les règles de la
ponctuation. Il y a ici une faute de ponctuation. Les divers signes de ponctuation.
Se dit aussi de La manière de ponctuer. Cet écrivain a une
ponctuation singulière. Ponctuation vicieuse. Les derniers éditeurs
ont rectifié la ponctuation de ce passage.
PONCTUATION, en parlant De la langue hébraïque, et de quelques
autres langues orientales, se dit principalement Des points dont on se sert pour
suppléer les voyelles. On prétend que les Massorètes sont
les auteurs de la ponctuation hébraïque.
PONCTUEL , ELLE. adj.
Exact, régulier, qui fait à point nommé ce qu'il doit faire,
ce qu'il a promis. Il est fort ponctuel. Il n'y a point d'homme plus ponctuel.
Il est ponctuel à s'acquitter, à servir ses amis. Il est ponctuel
en tout.
PONCTUELLEMENT . adv.
Avec ponctualité. Se rendre ponctuellement à l'heure. Il s'acquitte
ponctuellement de tous ses devoirs.
PONCTUER . v. a.
Mettre des points et des virgules dans un discours écrit, pour distinguer
les phrases et les différents membres dont elles sont composées.
Tous les éditeurs ne ponctuent pas ce passage de la même manière.
Ce livre est généralement mal ponctué. Quand une période
n'est pas bien ponctuée, le sens en est quelquefois douteux, amphibologique.
S'emploie aussi absolument. Il ne sait pas ponctuer.
PONCTUÉ, ÉE. participe, La plupart des anciens manuscrits
ne sont pas ponctués.
Se dit adjectivement, en termes d'Histoire naturelle, Des animaux et des végétaux
qui sont parsemés de taches en forme de points. Lézard ponctué.
Plante ponctuée.
Ligne ponctuée, trait ponctué, Ligne, trait formés
d'une suite de points. Dans les cartes géographiques, on indique ordinairement
les limites par des lignes ponctuées.
PONDAGE .s.m.
Droit qu'on lève en Angleterre sur toutes les marchandises à l'entrée
et à la sortie, et qui est réglé d'après le poids.
PONDÉRABLE . adj. des deux genres
T. didactique. Qui a un poids appréciable, qui est susceptible d'être
pesé.
PONDÉRATION . s. f.
.Physiq. Relation entre des poids ou des puissances qui s'équilibrent
mutuellement.
Se dit, en Peinture et en Sculpture, Du balancement des masses, de l'équilibre
des figures.
S'emploie figurément, dans le langage ordinaire. La pondération
des pouvoirs.
PONDÉRER . v. a.
Équilibrer. Il ne s'emploie que figurément et en parlant De pouvoirs
politiques. Pondérer les pouvoirs de l'État.
PONDÉRÉ, ÉE, Un gouvernement bien pondéré.
PONDEUSE . s. f.
Se dit d'Une femelle d'oiseau qui donne des oeufs. Cette poule est bonne
pondeuse.
Fig. et pop., Bonne pondeuse, Femme qui fait beaucoup d'enfants.
PONDRE . v. a.
(Je ponds, tu ponds, il pond; nous pondons, etc. Je pondais. Je pondis. Je
pondrai. Je pondrais. Ponds, pondez. Que je ponde. Que je pondisse, etc.)
Se dit D'une femelle d'oiseau qui se délivre de ses oeufs. Les perdrix
pondent ordinairement quinze ou seize oeufs.
Se dit aussi De quelques autres animaux, comme la tortue et la couleuvre. La
tortue pond ses oeufs dans le sable.
S'emploie souvent absolument. Cette poule pond tous les jours.
Prov. et fig., Pondre sur ses oeufs, Être riche ou fort à
son aise, et jouir tranquillement de son bien.
PONDU, UE. participe, Un oeuf frais pondu.
PONGO .s.m.
T. d'Hist. nat. Nom donné à de grands singes.
PONT .s.m.
Construction de pierre, de fer ou de charpente, élevée d'un bord
à l'autre sur une rivière, un ruisseau, un fossé, etc., pour
les traverser. Pont de pierre. Pont de bois. Pont de fer. Beau pont. Grand
pont. Petit pont. Pont étroit. Pont d'une seule arche. Les arches d'un
pont. La culée d'un pont. Les piles d'un pont. Le trottoir, le parapet
d'un pont. Un pont bien bâti. Construire un pont. Jeter un pont. Les ennemis,
en se retirant, ont rompu, ont coupé les ponts.
En termes de Guerre, Équipage de pont, L'ensemble de toutes les
choses nécessaires pour établir des ponts sur les rivières
que l'armée peut être obligée de traverser.
Pont de bateaux, Pont fait de plusieurs bateaux attachés ensemble,
et recouverts de grosses planches. Les troupes passèrent la rivière
sur un pont de bateaux.
Pont volant, Sorte de pont composé de deux petits ponts placés
l'un sur l'autre, et tellement disposés, que celui de dessus s'avance par
des cordages et des poulies attachées à celui de dessous. Se dit
aussi de Deux ou trois bateaux liés ensemble, et recouverts de madriers,
qui, étant attachés par une longue corde à un point solide
établi au milieu du fleuve, passent d'un bord à l'autre par la seule
force du courant, en décrivant une portion de cercle dont la corde est
le rayon. (Voyez plus bas un autre sens de Pont volant.)
Pont tournant, Pont construit de manière qu'on peut le retirer
à l'un des bords, en le faisant tourner sur un pivot.
Pont suspendu, Pont qui ne repose pas sur des piles, et dont le plancher
est suspendu au-dessus de l'eau par le moyen de chaînes ou de fils de fer
tendus de l'une à l'autre rive.
Pont de corde, Tissu de cordes entrelacées, dont on se sert quelquefois
dans les armées pour traverser des rivières, ou pour passer par-dessus
des ravines profondes. Pont de jonc, Pont fait avec de grosses bottes de
jonc couvertes de planches, et dont on se sert pour traverser les lieux marécageux.
Pont-levis, Sorte de petit pont qui se lève et qui s'abaisse sur
un fossé. Pont dormant, Celui qui est fixé, et qui ne se
hausse point.
En termes de Manége, Ponts-levis, Sauts du cheval, lorsqu'il se
cabre plusieurs fois de suite en se dressant très-haut. Ce cheval m'a
fait cent ponts-levis.
En termes de Tailleur, Pont-levis, ou simplement, Pont, Partie
du devant de la culotte ou du pantalon, que l'on baisse et relève à
volonté. Culotte à pont-levis. Pantalon à petit pont,
à grand pont.
Prov. et fig., Laisser passer l'eau sous les ponts, Ne pas se mettre
en peine de ce qui ne dépend pas de nous.
Prov., Il passera bien de l'eau sous les ponts entre ci et là,
ou d'ici à ce temps-là, se dit D'une chose qu'on croit ne
devoir pas arriver sitôt.
Prov. et fig., La foire n'est pas sur le pont, Rien ne presse.
Prov. et fig., Faire un pont d'or à l'ennemi, Lui faciliter la
retraite, afin de ne pas le réduire au désespoir.
Faire un pont d'or à quelqu'un, Lui faire de grands avantages
pour le déterminer à se désister de quelques prétentions,
à quitter une place, un emploi. Il voulait plaider, sa partie adverse
lui a fait un pont d'or pour qu'il se désistât. Il ne voulait pas
abandonner sa place, on lui a fait un pont d'or pour le décider à
se retirer.
Fig. et fam., C'est le pont aux ânes, se dit Des réponses
triviales dont les plus ignorants ont coutume de se servir, lorsqu'on leur propose
quelque difficulté à résoudre. N'avez-vous rien de mieux
à répondre à mon objection? ce que vous dites là,
c'est le pont aux ânes. Se dit aussi Des choses si communes, que tout
le monde les sait; des choses si faciles, que tout le monde peut les faire. Écrire
sur un pareil sujet, c'est le pont aux ânes.
Fig., aux Jeux de cartes, Faire un pont, faire le pont, Courber quelques-unes
des cartes, et les arranger de telle sorte, que celui contre qui on joue ne pourra
guère couper qu'à l'endroit qu'on veut. Cet escroc le gagna en
faisant le pont.
Ponts et chaussées. Dénomination sous laquelle on comprend
tout ce qui concerne l'administration publique dans la confection et l'entretien
des routes, des ponts, des canaux, etc. Directeur général, inspecteur,
ingénieur des ponts et chaussées. Faire un fonds pour l'entretien
des ponts et chaussées. Il y a trente ans qu'il est dans les ponts et chaussées.
École des ponts et chaussées, Institution spécialement
destinée à former des sujets pour les travaux de cette partie. Il
est entré à l'école des ponts et chaussées.
PONT, en termes de Marine, se dit Du tillac et des différents
étages d'un bâtiment. Les plus grands vaisseaux de guerre n'ont
que trois ponts élevés de six pieds l'un sur l'autre. Les frégates
ordinaires n'ont que deux ponts. Quand on dit absolument, Le pont,
on entend ordinairement Le tillac, le pont supérieur. Ils étaient
réunis sur le pont. Monter sur le pont.
Pont volant, Pont d'un petit bâtiment marchand, qu'on enlève
par panneaux pour découvrir la cale au besoin.
Faux pont, Pont inférieur d'un vaisseau; plancher en partie volant,
non calfaté, sur lequel on établit les cadres des malades et des
blessés, entre les deux grandes écoutilles.
PONTE . s. f.
L'action de pondre. S'emploie principalement en parlant De quelques oiseaux,
comme perdrix, faisans, etc., qui ne pondent qu'en certains temps de l'année.
Pendant que les perdrix font leur ponte. Les faisans n'ont pas encore achevé
leur ponte. Voici le temps de la ponte.
PONTE .s.m.
T. du Jeu de l'hombre. L'as de coeur, quand on fait jouer en coeur, et L'as
de carreau, quand on fait jouer en carreau. Il jouait à vilain jeu,
mais le baste et le ponte lui sont entrés.
PONTE, au Jeu du pharaon, du trente et quarante, etc., Celui ou celle
qui joue contre le banquier. Les pontes ont beaucoup perdu.
PONTÉ , ÉE. adj.
Se dit D'un bâtiment de mer qui a un pont. Navire ponté, non
ponté. Il a fait le trajet sur un bâtiment qui n'était pas
ponté.
PONTER . v. n.
Être ponte, jouer contre le banquier, au pharaon, au trente et quarante,
etc. Voulez-vous ponter? Il y a un grand désavantage à ponter.
PONTET .s.m.
T. d'Arquebusier. Demi-cercle de fer qui forme la sous-garde d'un fusil, d'un
pistolet.
PONTET, en termes de Sellier, Partie d'une selle, en forme d'arcade.
PONTIFE .s.m.
Personne revêtue d'un saint ministère, et qui a juridiction et
autorité dans les choses de la religion. Aaron était le grand
pontife des Hébreux. Il y avait à Rome un collége de pontifes.
César était grand pontife. Tous les empereurs, jusqu'au temps de
Gratien, ont pris le titre de Souverain pontife.
Parmi les Catholiques, Le souverain pontife, Le pape.
PONTIFE, dans la Liturgie catholique, se dit Des évêques,
des prélats en général. Dire l'office du commun des pontifes.
Tel saint, pontife et martyr.
Il a aussi la même acception dans le style élevé. Et
vous, pontife du Dieu vivant, achevez d'offrir pour nous le sacrifice de réconciliation.
PONTIFICAL , ALE. adj.
Qui appartient à la dignité de pontife, d'évêque.
Autorité pontificale. Dignité pontificale. Habits, ornements
pontificaux. Quelques abbés avaient le privilége d'officier en habits
pontificaux.
Se dit aussi De la dignité du souverain pontife. Il est parvenu à
la dignité pontificale. Le trône pontifical.
PONTIFICAL .s.m.
Livre qui contient les différentes prières et l'ordre des cérémonies
que l'évêque doit observer particulièrement dans l'ordination,
la confirmation, les sacres, et autres fonctions réservées aux évêques.
Le pontifical romain. Cela est marqué dans le pontifical.
PONTIFICALEMENT . adv.
Avec les cérémonies et les habits pontificaux. Officier pontificalement.
Célébrer pontificalement.
PONTIFICAT .s.m.
Dignité de grand pontife. César brigua, obtint le pontificat.
Se dit ordinairement, parmi les Catholiques, de La dignité de pape. Il
fut élevé au pontificat. Aspirer au pontificat. Parvenir au souverain
pontificat.
Se dit aussi Du temps pendant lequel un pontife, un pape a exercé son
autorité. César réforma le calendrier pendant son pontificat.
Sous le pontificat de Grégoire le Grand. Pendant le pontificat de saint
Léon. Son pontificat ne dura guère.
PONT-NEUF .s.m.
Chanson populaire sur un air fort connu. Chanter un pont-neuf. Il sait tous
les ponts-neufs qui courent les rues.
PONTON .s.m.
Pont flottant, machine composée de deux bateaux joints par des poutres,
et couverts de planches, dont on se sert pour faire passer une rivière,
un ruisseau à de la cavalerie, à de l'infanterie, à de l'artillerie.
Il faut des pontons pour faire passer l'artillerie sur cette rivière.
Se dit principalement de Certains bateaux de cuivre, qu'on porte dans une armée
sur des espèces de chariots, et qui servent à jeter des ponts sur
les rivières. Mettre les pontons à l'eau.
PONTON, en termes de Marine, Grand bateau plat qui a trois ou quatre
pieds de bord, qui porte un seul mât, et qui sert de point d'appui pour
le radoub des vaisseaux, pour le chargement et le déchargement des gros
fardeaux, et pour le nettoiement des ports.
Se dit aussi de Vieux vaisseaux rasés, qui servent à plusieurs
usages dans les ports. On renferma les prisonniers dans un ponton.
PONTONAGE .s.m.
Droit qui se perçoit en quelques lieux sur les personnes, voitures ou
marchandises qui traversent une rivière, soit sur un pont, soit dans un
bac.
PONTONNIER .s.m.
Celui qui reçoit le droit de pontonage.
Se dit aussi, en termes de Guerre, Des soldats d'artillerie qui sont chargés
du service des pontons. Un bataillon de pontonniers.
PONTUSEAU .s.m.
.Papeterie. Verge de métal qui traverse les vergeures dans les formes
sur lesquelles on coule le papier.
Se dit aussi Des raies que ces verges laissent sur le papier. Le papier vélin
est sans vergeures ni pontuseaux.
POPE .s.m.
Nom que les Russes donnent à leurs prêtres du rite grec.
POPELINE . s. f.
Étoffe dont la chaîne est de soie, et la trame de laine lustrée.
Popeline noire, grise. Popeline unie, façonnée. Une robe de popeline.
On dit aussi, Papeline.
POPLITÉ , ÉE. adj.
T. d'Anat. Qui a rapport, qui appartient au jarret. Le muscle poplité.
L'artère poplitée.
POPULACE . s. f. coll.
Le bas peuple, le menu peuple. Ils essayèrent de soulever la populace.
Apaiser la populace. Faire courir quelque bruit parmi la populace. La plus vile
populace. Un homme de la populace.
POPULACIER , ÈRE. adj.
Qui appartient, qui est propre à la populace. Style populacier. Propos
populacier. Harangue populacière.
POPULAIRE . adj. des deux genres
Qui est du peuple, qui concerne le peuple, qui appartient au peuple. Opinion
populaire. Bruit populaire. Erreur populaire. Émeute populaire. Façon
de parler, expression, terme populaire. Préjugés populaires.
Gouvernement populaire, État populaire, Forme de gouvernement,
État où l'autorité est entre les mains du peuple.
Éloquence populaire, Éloquence propre à faire impression
sur le peuple, sur la multitude.
Maladies populaires, Certaines maladies contagieuses qui courent parmi
le peuple.
Cette vérité est devenue populaire, Elle est répandue
jusque dans le peuple. On dit dans le même sens, Rendre une science populaire,
La répandre en tous lieux, la rendre accessible à tous les esprits.
POPULAIRE, signifie aussi, Qui recherche, qui se concilie l'affection
du peuple. Henri IV était un roi populaire. Ce prince sentit le besoin
de se rendre populaire, de se montrer populaire.
Se dit aussi Des manières, du langage, etc. Des manières affables
et populaires. Sous son air populaire il cachait beaucoup de hauteur.
POPULAIREMENT . adv.
D'une manière populaire, à la manière du peuple. C'est
parler populairement que de se servir de telle expression. On dit populairement,
Jouer de la mâchoire, pour dire, Manger.
POPULARISER . v. a.
Rendre populaire ou vulgaire. Il a popularisé la science par ses ouvrages.
Il signifie aussi, Attirer, mériter à quelqu'un la faveur et l'affection
du peuple. Rien ne popularise plus un roi que d'être d'un accès
facile.
S'emploie plus ordinairement, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel.
Il fait tout ce qu'il peut pour se populariser.
POPULARISÉ, ÉE. participe
POPULARITÉ . s. f.
Caractère d'un homme populaire; conduite propre à gagner la faveur
du peuple. Affecter beaucoup de popularité. Il a un air de popularité
qui lui gagne tous les coeurs. Sa popularité n'est qu'un masque.
Se dit aussi de La faveur publique, du crédit parmi le peuple. Il
a acquis beaucoup de popularité. Il jouit d'une grande popularité.
Il a perdu presque toute sa popularité.
POPULATION . s. f. coll.
Se dit Du nombre des habitants d'un pays, d'un lieu, relativement à l'étendue
de ce pays, de ce lieu. La population de l'Angleterre est considérable.
Il y a dans ce pays un excès de population. La population de ce pays s'est
accrue beaucoup, a doublé depuis deux ans. La population de cette ville
s'élève à tant de mille âmes. Tables de population.
Le mouvement annuel de la population. Toute la population vint au-devant de lui.
Favoriser la population, Favoriser les moyens d'augmenter le nombre des
habitants d'un pays.
POPULÉUM . adj. m.
(On prononce Populéome.) .Pharmacie. Onguent populéum,
Onguent calmant fait avec des germes de peuplier noir, de la graisse de porc et
des feuilles de pavot, de belladone, etc.
POPULEUX , EUSE. adj.
Où la population est considérable. Un pays populeux. Une ville
populeuse. Un quartier populeux. Il y a des pays qui, par leur nature, sont plus
populeux que d'autres.
POPULO .s.m.
Terme populaire et badin, qui se dit d'Un petit enfant gras et potelé.
Un joli petit populo. Une bande de petits populos.
PORACÉ , ÉE. adj.
.Médec. Se dit Des humeurs dont la couleur verdâtre tire sur celle
du poireau. Pus poracé. Bile poracée.
PORC .s.m.
(Le C final ne se prononce point devant les consonnes.) Cochon, animal domestique
qu'on engraisse pour le manger, et qui a entre la chair et la peau une graisse
qu'on appelle Lard. Grand porc. Gros porc. Porc gras. Porc maigre. Le porc
était un animal immonde parmi les Juifs. Les mahométans ne mangent
point de chair de porc. Le lard d'un porc nourri de gland est le plus ferme. Langue
de porc. Pied de porc. Tuer un porc. Saler un porc. Langueyer des porcs.
Soie de porc, Le grand poil qui vient aux porcs sur le haut du cou et
sur le dos.
Fig. et fam., C'est un vrai porc, se dit D'un homme sale et gourmand.
Porc marin. Nom que l'on donne quelquefois au marsouin et au dauphin.
Il y a beaucoup de porcs marins dans la Méditerranée.
PORC, se dit aussi de La chair du porc. Manger du porc. Le porc est
une viande lourde.
Porc frais, Chair de cochon qui n'est pas salée. Manger du
porc frais. Filet, côtelettes de porc frais.
PORC-ÉPIC.s.m. Quadrupède de l'ordre des Rongeurs, dont
le corps est armé de piquants, qu'il dresse pour se défendre.
PORCELAINE . s. f.
Sorte de terre très-fine dont on fait des vases et des ustensiles de
toutes formes, à demi vitrifiés par l'action du feu, et le plus
souvent ornés de peintures et de dorures. Porcelaine fine. Ancienne
porcelaine. Nouvelle porcelaine. Belle porcelaine. Porcelaine transparente. Cette
porcelaine est d'un bel émail. Vase de porcelaine. Tasse de porcelaine.
Plat de porcelaine. Assiette de porcelaine. Service de porcelaine. Porcelaine
de la Chine, du Japon. Porcelaine de Saxe. Porcelaine de Sèvres. Peindre,
dorer sur porcelaine. Peinture sur porcelaine. Fabrique de porcelaine.
Se dit aussi Des vases faits de porcelaine. Il a beaucoup de porcelaines,
de très-belles porcelaines.
Adjectiv., Cheval porcelaine, Celui dont la robe est grise, luisante,
et tachée de poils bleuâtres et couleur d'ardoise.
PORCELAINE, en termes d'Histoire naturelle, Espèce de coquillage
univalve, très-poli et tacheté, dont les bords s'arrondissent en
dedans, et forment une ouverture longitudinale, étroite, dentelée
des deux côtés.
PORCHAISON . s. f.
.Chasse. État du sanglier dans la saison où il est le plus gras
et le meilleur à manger. À la fin de septembre, les sangliers
sont en porchaison.
PORCHE .s.m.
Portique, lieu couvert à l'entrée d'un temple, d'une église,
ou même d'un palais. Le porche du temple de Jérusalem. Le porche
d'une église de village.
Porche en tambour, Espèce de vestibule de menuiserie placé
du côté intérieur de la porte d'une église.
PORCHER , ÈRE. s.
Celui, celle qui garde les pourceaux. Le porcher du village.
Fig. et fam., C'est un porcher, un vrai porcher, se dit D'un homme grossier
et malpropre.
PORE .s.m.
Ouverture imperceptible dans la peau de l'animal, par où se fait la transpiration,
par où sortent les sueurs. Il n'est guère d'usage qu'au pluriel.
En été les pores sont plus ouverts. Le froid resserre les pores.
Pores exhalants. Pores absorbants. Le sang lui sortait par tous les pores.
Se dit aussi de Petits orifices, de petites ouvertures imperceptibles dont les
végétaux sont criblés, et qui font à peu près
les mêmes fonctions que les pores des animaux.
Se dit encore Des vides, des intervalles qui se trouvent entre les particules
dont les différents corps sont composés. Tous les corps ont des
pores, sont criblés de pores. Le bois, les métaux, etc., ont des
pores. La lumière passe au travers des pores du verre.
POREUX , EUSE. adj.
Qui a des pores. Le verre est poreux. Il n'y a point de corps qui ne soit
poreux.
POROSITÉ . s. f.
T. didactique. Qualité d'un corps considéré comme poreux.
La porosité du verre.
PORPHYRE .s.m.
Sorte de roche extrêmement dure, dont le fond est communément rouge,
et quelquefois vert, marqué de petites taches blanches. Table de porphyre.
Colonne de porphyre. Figure, buste de porphyre.
PORPHYRISATION . s. f.
Action de porphyriser; État de ce qui est porphyrisé.
PORPHYRISER . v. a.
Broyer une substance avec la molette sur une table très-dure et bien
unie, ordinairement de porphyre, pour la réduire en une poudre très-fine.
PORPHYRISÉ, ÉE. participe, Limaille de fer porphyrisée.
Papier porphyrisé, Papier dont on a rendu la surface unie et luisante,
en le glaçant avec de la poudre de sandaraque très-fine.
PORPHYROGÉNÈTE .s.m.
T. d'Antiq. Nom qu'on donnait aux enfants des empereurs d'Orient, lorsqu'ils
étaient nés dans la pourpre, c'est-à-dire pendant le règne
de leur père.
PORRACÉ , ÉE. adj.
Voyez PORACÉ.
PORREAU .s.m.
Voyez POIREAU.
PORRECTION . s. f.
(On fait sentir les deux R.) T. du Rituel catholiq. Action de tendre, de présenter
une chose. Il ne se dit que De la manière dont on confère les ordres
mineurs, et qui consiste à mettre dans la main des ordinands, ou simplement
à leur faire toucher les instruments relatifs à leur ministère.
Les ordres majeurs se confèrent par l'imposition des mains, et les mineurs
par la porrection des objets qui en désignent les fonctions.
PORT .s.m.
Lieu sur une côte, où la mer, s'enfonçant dans les terres,
offre aux bâtiments un abri contre les vents et les tempêtes. Port
de mer. Petit port. Grand port. Bon port. Il y a des ports naturels et des ports
artificiels. Il y a deux forts qui défendent l'entrée du port. Entrer
dans le port. Sortir du port. Ce port a dix brasses d'eau. Le fond de ce port
est bon. Ce port a un fond de vase. Un port fermé d'une chaîne. Ce
n'est qu'un bassin, ce n'est pas un port. Un port qui se remplit aisément.
Nettoyer, creuser un port. Cette ville a un beau port. Le port de cette ville
est sûr et commode. Ce port n'a pas assez de fond, il n'y a que des barques
qui puissent y tenir.
Port de toute marée, Celui où les bâtiments peuvent
entrer en tout temps, parce qu'il y a toujours assez de fond.
Port de barre, Celui dont l'entrée est fermée par un banc
de roche ou de sable, et où les bâtiments ne peuvent entrer qu'avec
la marée.
Port franc, Celui où les marchandises ne payent point de droits,
tant qu'elles n'entrent pas dans l'intérieur du pays. L'institution
des ports francs est très-avantageuse au commerce. Se dit aussi d'Un
édifice situé près d'un port, et dans lequel on entrepose
en franchise les marchandises étrangères destinées à
être exportées.
Faire naufrage au port, Faire naufrage dans le port en y entrant.
Fig., Faire naufrage au port, Échouer dans une entreprise au moment
où elle semblait près de réussir.
Prendre port, surgir au port, Aborder à terre, soit dans un port,
soit ailleurs. Il signifie aussi, figurément, Atteindre au but de ses voeux,
réussir dans quelque chose qu'on avait entrepris.
Fermer un port, fermer les ports, Empêcher qu'il n'en sorte aucun
bâtiment. À cette nouvelle on ferma tous les ports.
Le navire est arrivé à bon port, Il est arrivé heureusement.
On dit de même, Ces marchandises sont arrivées à bon port.
Fig. et fam., Arriver à bon port, Arriver heureusement et en bonne
santé, au lieu où l'on voulait aller.
PORT, se dit aussi Des lieux sur les rivières où les navires,
les bateaux abordent, où les bâtiments chargent et déchargent
les marchandises. Le port de Londres. Le port de Bordeaux. Le port Saint-Paul,
le port au blé, aux tuiles, le port Saint-Nicolas à Paris.
Se dit également Des villes bâties auprès d'un port, autour
d'un port. J'ai habité deux ans un port de mer. Brest est un beau port.
PORT, se dit figurément d'Un lieu de repos, d'une situation tranquille.
Il s'est retiré du monde et de l'embarras des affaires; il est dans
le port. Il voit du port toutes les tempêtes de la cour. Il s'est assuré
un port dans la tempête.
Il est arrivé au port, il est dans le port, se dit D'un homme
de bien qui est mort, et que l'on croit jouir du bonheur éternel.
Fig., Port de salut, Lieu où l'on se retire à l'abri d'une
tempête. Cette île, cette rade, ont été pour lui
un port de salut. Se dit aussi, généralement, de Tout lieu où
l'on se retire loin des embarras du monde, où l'on cherche à se
mettre à couvert de quelque danger. La maison de l'ambassadeur a été
un port de salut pour lui.
PORT .s.m.
La charge d'un bâtiment, le poids qu'il peut porter. Ce navire est
du port de cent tonneaux. Un bâtiment du port de six cents tonneaux, de
mille tonneaux, etc.
Se dit aussi Du prix qu'on paye pour le transport des effets que voiturent les
rouliers et les messagers, et pour celui des lettres qu'on reçoit par la
voie de la poste. Il a donné tant par kilogramme à la messagerie,
pour le port de ses effets. Je me ruine en ports de lettres. Cela a coûté
tant de frais de port, tant de port, tant pour le port. Port franc. Port payé.
Une lettre franche de port. Envoyez ce paquet, franc de port.
Avoir ses ports francs, Recevoir ses lettres franches de port.
Port permis, se dit, dans la Marine marchande, de Ce qu'un capitaine
de navire ou un passager peut charger pour son compte, sans avoir de fret à
payer.
Port d'armes, L'action ou le droit de porter des armes. Permis de
port d'armes. Le port d'armes est défendu dans cette assemblée.
Il a le port d'armes dans toute l'étendue du département.
Port d'armes, se dit aussi de L'attitude du soldat qui porte les armes.
Il est au port d'armes. Se mettre au port d'armes. Les principes du port d'armes.
PORT, à certains Jeux de cartes, se dit Des cartes qu'on réserve
pour les joindre à celles qui doivent rentrer du talon. Mon port était
beau, mais il m'est rentré vilain jeu.
PORT, signifie aussi, Le maintien d'une personne, la manière dont
une personne qui est debout, marche, se présente, etc. Un port noble
et majestueux. Il l'a reconnu à son port et à sa démarche.
Fam., Elle a le port d'une reine, un port de reine, se dit D'une femme
qui a la taille belle et l'air noble.
Cette personne a un beau port de tête, Sa tête est bien placée,
elle la porte bien.
En Botanique, Le port d'une plante, L'aspect, l'ensemble d'une plante,
sa forme distinctive. Cette plante a le port de la ciguë.
En Musique, Port de voix, Agrément du chant, qui se marque par
une petite note, et qui se pratique en montant diatoniquement, par un coup de
gosier, d'une note à celle qui la suit.
PORTABLE . adj. des deux genres
Qu'on peut porter. Cet habit n'est plus portable, est encore portable.
En Jurispr., Rente ou redevance portable, Celle qui doit être
acquittée dans un lieu désigné par la convention; par opposition
à Rente ou redevance requérable, Celle que le créancier
doit aller chercher lui-même.
PORTAGE .s.m.
Action de porter, de transporter. Il faut tant de chevaux, tant de voitures
pour le portage de ces marchandises. Frais de portage.
Droit de portage, Droit que chaque officier de marine et chaque matelot
ont d'embarquer pour leur compte jusqu'à tant pesant. Cet officier a
droit de portage pour tant de quintaux. Cette expression est maintenant peu
usitée. Voyez Port permis.
Faire portage, se dit en parlant De certains fleuves, comme celui de
Saint-Laurent, où il y a des sauts qu'on ne peut remonter ni descendre
en canot; et signifie, Porter par terre le canot, et tout ce qui est dedans, au
delà de la chute d'eau.
PORTAGE, se dit aussi Des endroits d'un fleuve où sont des chutes
d'eau, qui obligent à faire portage. Depuis Québec jusqu'à
Mont-Réal, il y a tant de portages.
PORTAIL .s.m.
Le frontispice, la façade d'une église où est sa porte
principale. Portail magnifique, superbe, de bon goût. Le dedans de cette
église ne répond pas au portail. Ce portail est du dessin de Michel-Ange.
Le portail de Saint-Pierre de Rome. Le portail de Saint-Gervais de Paris. Il y
a dans Paris plusieurs portails fort estimés.
PORTANT , ANTE. adj.
Il ne s'emploie qu'avec les adverbes Bien et Mal. Il est bien portant,
Il est en bonne santé. Elle est toujours mal portante, Elle est
toujours dans un état de souffrance.
PORTATIF , IVE. adj.
Qu'on peut aisément porter. Les petits livres sont commodes en ce
qu'ils sont portatifs. Cette lunette n'est pas portative. On a dans les armées
des fours, des moulins portatifs. On l'ajoute au titre de quelques livres,
pour signifier qu'Ils sont d'un petit volume, et faciles à porter. Dictionnaire
portatif de géographie.
PORTE . s. f.
Ouverture faite pour entrer dans un lieu fermé, et pour en sortir. Petite
porte. Grande porte. Porte carrée. Porte ronde. Porte bâtarde. Porte
cochère. Porte charretière. Fausse porte. Porte de devant. Porte
de derrière. Porte secrète. Porte dérobée. Cette porte
est trop basse. Le seuil d'une porte. La baie d'une porte. Il était sur
le pas de sa porte. La porte d'un jardin, d'une maison, d'une chambre. La porte
principale. La porte d'une église. La porte d'un théâtre.
Les portes d'une ville, d'une forteresse. Porte de dégagement. Portes d'enfilade.
Toutes les portes de cet appartement sont en enfilade. Percer une porte dans un
mur. Murer une porte. Passer, entrer par la porte.
Se dit, par extension, Des endroits d'une ville où étaient anciennement
les portes de l'enceinte extérieure. La porte Saint-Denis. La porte
Saint-Martin. La porte Saint-Antoine. La porte Saint-Jacques.
PORTE, se dit aussi d'Un assemblage de bois, et quelquefois de métal,
qui tourne sur des gonds, et qui sert à fermer l'entrée d'une maison,
d'une chambre, d'un enclos, d'une ville, etc. Porte de bois, de fer, de bronze.
Une porte garnie de gros clous. Porte à deux battants, à deux vantaux.
Ouvrir, fermer une porte. Enfoncer une porte. Heurter, frapper, gratter à
la porte. Entr'ouvrir une porte. Porte entr'ouverte, entre-baîllée.
Tirer la porte après soi. Fermer la porte au verrou, à la clef.
La porte n'est fermée qu'au pêne, qu'au loquet. Fermer une porte
en dedans. Pousser une porte. Se mettre derrière une porte. Les gonds d'une
porte. La ferrure d'une porte. Le marteau d'une porte. Attacher le pétard
à la porte d'une ville. Faire sauter une porte. Enfermer quelqu'un entre
deux portes.
Porte vitrée, Porte qui est partagée dans toute sa hauteur
ou seulement à moitié par des croisillons de petit bois, dont les
vides sont remplis par des carreaux de verre ou de glace.
Porte de glace, Porte vitrée avec des morceaux de glace étamée,
au lieu de l'être avec du verre transparent.
Porte coupée, Porte à deux ou à quatre vantaux coupés
à hauteur d'appui.
Porte brisée, Porte dont une moitié se brise et se replie
sur l'autre, dans le sens de la hauteur.
Porte-croisée, Fenêtre sans appui, qui sert de passage pour
aller sur un balcon, sur une terrasse, dans un jardin.
Porte battante, Châssis couvert d'étoffe, qu'on met devant
les portes des chambres, pour empêcher le vent d'y entrer; et qui se referme
de lui-même après qu'on l'a ouvert.
Porte feinte, Imitation de porte qui sert à faire symétrie
avec une ou plusieurs portes véritables.
Porte perdue, Porte à laquelle on a donné le même
arasement et la même décoration qu'au lambris où elle est
pratiquée, afin de ne pas déranger la symétrie de l'appartement.
Refuser la porte à quelqu'un, Ne vouloir pas le laisser entrer
en quelque endroit. Il se présenta pour entrer au bal, et on lui refusa
la porte.
Faire refuser sa porte à quelqu'un, Ne vouloir pas recevoir sa
visite. Fermer sa porte à quelqu'un, Ne plus vouloir l'admettre
chez soi.
Absol., Fermer sa porte, Ne plus recevoir de visites; et, Ouvrir,
rouvrir sa porte, Commencer, recommencer à recevoir.
Faire défendre sa porte, Défendre de laisser entrer personne
chez soi. Je n'ai pu le voir, il avait fait défendre sa porte. On
dit dans le même sens, Sa porte était défendue.
Fig., Forcer la porte de quelqu'un, Entrer chez lui, quoique sa porte
soit défendue.
La porte de cette maison est ouverte à tous les honnêtes gens,
Tous les honnêtes gens sont bien reçus dans cette maison.
Être logé à la porte de quelqu'un, Avoir une maison,
une habitation tout auprès de la sienne. On dit dans le même sens,
Ils sont logés porte à porte, Ils habitent des maisons fort
voisines l'une de l'autre; et dans un sens analogue, Il a une maison à
la porte, aux portes de la ville, Il a une maison qui est fort près
de la ville.
L'ennemi est à nos portes, L'ennemi est tout près de notre
ville.
Mettre quelqu'un à la porte, Le chasser de chez soi. Mettre
un domestique à la porte, Le congédier avec mécontentement.
Fam., Fermer à quelqu'un la porte au nez, sur le nez, Fermer une
porte avec quelque vivacité, pour empêcher quelqu'un d'entrer. On
dit aussi, Pousser la porte au nez.
Fig. et fam., Prendre la porte, Se retirer, s'échapper, s'évader
à propos d'un lieu où l'on est, et où l'on a quelque chose
à craindre. Il fit bien de prendre la porte, sans quoi il aurait été
mal traité. Prenez-moi la porte, et bien vite. On dit dans le même
sens, Passez la porte, passez-moi la porte, enfilez-moi la porte bien vite.
Fig. et fam., Mettre la clef sous la porte, Quitter furtivement sa maison,
parce qu'on a de mauvaises affaires.
Fig., Heurter, frapper à toutes les portes, S'adresser à
toutes sortes de personnes, et chercher toutes sortes de moyens pour réussir
dans une affaire. On dit dans un sens analogue, Il a frappé à
la bonne porte, Il s'est adressé où il fallait.
Prov. et fig., Il est entré, il est sorti par une belle porte,
Il a obtenu, il a perdu ou quitté son emploi d'une manière honorable.
On dit dans des sens analogues, Entrer, sortir par une bonne porte, par une
mauvaise, par une vilaine porte.
Fig., Se morfondre à la porte d'un ministre, Le solliciter longtemps
sans rien obtenir.
Se présenter à la porte de quelqu'un, Se présenter
à sa demeure pour lui rendre visite. Je me suis présenté
à votre porte, on m'a dit que vous étiez sorti.
Se faire écrire à la porte de quelqu'un, Se faire écrire
sur la liste du portier, afin que le maître sache qu'on s'est présenté
chez lui. On dit dans un sens à peu près semblable, Passer à
la porte de quelqu'un.
Trouver porte close, Ne trouver personne, ou n'être pas reçu
dans la maison où l'on va.
Fig., Toutes les portes lui sont ouvertes, Son crédit, la considération
dont il jouit dans le monde, lui rendent toutes les entrées faciles.
Prov. et fig., Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, Il
faut prendre un parti, il faut se déterminer d'une manière ou d'une
autre.
Ouvrir ses portes au vainqueur, se dit D'une ville qui met quelque empressement
à capituler, à recevoir le vainqueur. On dit quelquefois dans le
sens contraire, Fermer ses portes.
Fig., Porte de derrière, Faux-fuyant, défaite, échappatoire.
Ne vous fiez pas à cet homme-là, il a toujours une porte de derrière.
Porte de secours, Porte d'une citadelle, donnant sur la campagne, et
par laquelle on peut introduire du secours.
Fam., Écouter aux portes, Être aux aguets pour surprendre
le secret de quelqu'un. On dit de même, C'est un écouteur aux
portes.
Fig. et fam., Cela vous apprendra à écouter aux portes,
se dit À une personne qui est punie d'une curiosité indiscrète.
Fig., Il a écouté aux portes, se dit De quelqu'un qui paraît
avoir deviné un secret. Se dit aussi, dans un sens ironique, D'un homme
qui répète mal quelque chose qu'il n'a entendu qu'à moitié,
ou qu'il a mal compris.
Fig. et fam., Enfoncer une porte ouverte, Faire un effort pour vaincre
un obstacle qui n'existe pas. On dit de même, C'est un enfonceur de portes
ouvertes.
Fig. et fam., Chassez-le par la porte, il rentrera par la fenêtre,
se dit D'un importun dont on ne peut se débarrasser.
Fig., Cette place est la porte de tel pays, Sa possession donne le moyen
d'entrer facilement dans ce pays.
Fermer la porte, les portes d'un pays à une nation, Ne pas lui
en permettre l'entrée. Les Chinois ont fermé la porte de leur
empire aux Européens.
Fig., Être aux portes de la mort, Être à l'extrémité.
Dans le style de l'Écriture, Les portes de l'enfer, Les puissances
de l'enfer. Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église.
Poétiq., Fermer les portes de la guerre, les portes du temple de Janus,
Faire la paix.
PORTE, s'emploie figurément, pour Entrée, introduction.
La géométrie est la porte des sciences mathématiques.
Cet emploi est la porte qui mène aux dignités.
La porte des emplois, des honneurs, des grandeurs lui est fermée,
se dit en parlant D'un homme qui n'a pas ou qui n'a plus les moyens d'obtenir
des places, des dignités.
Ouvrir la porte aux abus, aux scandales, aux désordres, etc.,
Donner occasion ou facilité d'en commettre.
PORTE, se dit aussi de Ce qui ferme certains meubles ou certaines constructions
servant à divers usages. Les portes d'une armoire, d'un buffet, d'un
placard, d'une bibliothèque, d'une alcôve. La porte d'une cage. La
porte d'un four, d'un fourneau. La porte d'une écluse. Les portes d'un
bassin à construire et à radouber les vaisseaux.
Bateau-porte, Bateau que l'on coule à fond à la porte d'un
bassin pour la fermer.
La porte d'une agrafe, Espèce de petit anneau où l'on fait
entrer le crochet d'une agrafe, et qui sert à la retenir.
PORTE, se dit, dans une acception particulière, pour désigner
La cour de l'empereur des Turcs. La Porte Ottomane. La Sublime Porte. Ambassadeur
à la Porte. Un ambassadeur, un envoyé de la Porte.
PORTES, au pluriel, signifie quelquefois, Pas, gorge, défilé.
Les portes du Caucase, de la Cilicie.
DE PORTE EN PORTE. loc. adv. De maison en maison. Aller de porte en
porte. Solliciter de porte en porte. Mendier de porte en porte.
À PORTE CLOSE. loc. adv. En secret, sans témoin. Cela
s'est fait à porte close. Nous raisonnerons de cela, quand nous serons
à porte close.
À PORTE OUVRANTE, À PORTES OUVRANTES et À PORTE FERMANTE,
À PORTES FERMANTES. Locutions adverbiales, dont on se sert en parlant
Des places de guerre et autres villes où l'on ouvre et où l'on ferme
les portes à certaines heures précises. J'en suis sorti à
portes ouvrantes. J'y suis rentré à portes fermantes.
PORTE . adj. f.
T. d'Anat. Il n'est usité que dans cette locution, Veine porte,
Tronc de veine assez considérable qui reçoit le sang de l'estomac,
de la rate, du pancréas, et des intestins, et qui le distribue dans le
foie.
PORTE-AIGUILLE
Pour ce mot et tous les autres mots semblables, formés du verbe Porter,
voyez après PORTER.
PORTÉE . s. f.
Ventrée, totalité des petits que les femelles des animaux quadrupèdes
portent et mettent bas en une fois. Première, seconde portée.
Il y a des chiennes qui font jusqu'à neuf et dix chiens d'une portée,
en une portée. Ces deux chiens sont de la même portée.
PORTÉE, se dit aussi de La distance à laquelle un canon,
un fusil, un pistolet, un arc, etc., peut lancer un boulet, une balle, une flèche.
Camper hors de la portée du canon. S'avancer à demi-portée
du canon. S'avancer à la portée du fusil. S'avancer à une
portée de pistolet. Nous sommes hors de la portée des balles. Tirer
une perdrix hors de portée.
Une portée de fusil, se dit d'Une distance peu considérable.
Il n'y a qu'une portée de fusil d'ici à ce château. Je
vais à une portée de fusil de la ville.
Être à la portée de la main, se dit D'une chose qui
est assez près de quelqu'un, pour qu'il y puisse atteindre avec la main.
Cela est, cela n'est pas à la portée de ma main. On dit dans
le même sens, Cela est à ma portée, n'est pas à
ma portée.
Fig., Être à portée de quelque chose, Être
dans une situation convenable pour demander, pour obtenir quelque chose. Il
est bien à la cour, il est à portée de demander, d'obtenir
des grâces.
PORTÉE, se dit également en parlant De la voix, de la vue,
de l'ouïe. Être à la portée de la voix de quelqu'un.
Mettez-vous à la portée de ma voix. Cela n'est pas à la portée
de ma vue. Je n'ai pu entendre ce qu'ils disaient, ils n'étaient pas à
la portée de mon oreille.
PORTÉE, signifie figurément, au sens moral, L'étendue,
la capacité de l'esprit, ce que peut faire, ce que peut concevoir, produire,
exécuter l'esprit d'une personne. La portée de l'esprit de cet
homme est bien bornée. On ne doit rien entreprendre au delà de sa
portée, au delà de la portée de son esprit, de son intelligence.
Cela passe, excède ma portée. S'accommoder à la portée
de quelqu'un. Se mettre à la portée des auditeurs. Je connais sa
portée. Il ne saurait venir à bout de son entreprise, elle est au-dessus
de sa portée, au-dessus de la portée de ses forces. Cela est au-dessus
de la portée de l'esprit humain. Esprit d'une grande, d'une haute portée.
Il signifie aussi, Ce que peut faire une personne par rapport à sa naissance,
à sa fortune, à sa position. Il aspire à un emploi qui
est au-dessus de sa portée. Cette place est à sa portée.
Il fait une dépense fort au-dessus de sa portée.
Se dit encore de La force, de la valeur, de l'importance d'un raisonnement,
d'une expression, etc. La portée d'un raisonnement. La portée
d'une expression. Il n'a pas senti la portée de ce qu'il disait.
PORTÉE, en termes de Chasse, La partie d'un taillis la plus haute
où le bois du cerf laisse des traces, en faisant plier les branches. Les
portées nous ont donné connaissance du cerf.
PORTÉE, en termes d'Architecture, L'étendue libre, le dessous
d'une pierre, d'une pièce de bois, etc., placée horizontalement
dans une construction, et soutenue en l'air par un ou plusieurs points d'appui.
Les colonnes étant fort espacées, la pierre de l'architrave a
une grande portée. Ce plancher a une grande portée. Cette poutre
a cinq toises de portée. Cette poutre plie dans le milieu, parce qu'elle
a trop de portée.
Se dit aussi de La partie d'une pierre ou d'une pièce de charpente ainsi
placée, qui porte sur le mur, sur un pilier, etc. Ce poitrail n'a pas
la portée suffisante pour le poids du mur. Cette poutre n'a pas assez de
portée dans le mur. Il faut qu'une poutre ait au moins un pied de portée,
que les solives aient six pouces de portée. Les portées de cette
poutre sont pourries.
PORTÉE, en termes de Musique, Les cinq lignes parallèles
sur lesquelles ou entre lesquelles on pose les notes. Il faut régler
ce papier à douze portées par page.
PORTEFAIX .s.m.
Crocheteur, celui dont le métier est de porter des fardeaux.
PORTEFEUILLE .s.m.
Carton plié en deux, couvert de peau ou de quelque étoffe, et
servant à renfermer des papiers, des dessins, etc. Il se fait aussi des
portefeuilles sans carton, de maroquin, d'étoffe, etc. Ce mot prend le
signe du pluriel. Le portefeuille d'un négociant, d'un ministre. Mettre
des estampes dans un portefeuille. J'ai dans ma poche un petit portefeuille où
je vais mettre votre note.
PORTEFEUILLE, se dit, figurément, Du titre, des fonctions de ministre.
Le portefeuille des affaires étrangères, de la marine, etc. Recevoir,
conserver, remettre le portefeuille. Refuser un portefeuille.
Ministre à portefeuille, Celui qui a un département. Ministre
sans portefeuille, Celui qui n'a pas de département.
PORTEFEUILLE, se dit, en parlant Des effets publics ou commerciaux, par
opposition aux biens-fonds. Tout son bien est en portefeuille.
Se dit aussi en parlant Des ouvrages manuscrits, à la différence
de ceux qui sont publiés. Cet auteur a plusieurs ouvrages en portefeuille.
S'emploie encore pour désigner Une collection de dessins ou d'estampes
renfermée dans un ou plusieurs portefeuilles. Le portefeuille d'un peintre.
Le portefeuille d'un amateur. De précieux portefeuilles.
PORTEMANTEAU .s.m.
Officier dont la charge était de porter le manteau du roi, ou des princes
de la famille royale, quand ils sortaient. Il y avait autrefois douze portemanteaux
servant par quartier.
PORTEMANTEAU, se dit souvent encore d'Une sorte de valise qui est de
cuir ou d'étoffe.
Se dit aussi d'Un morceau de bois attaché à la muraille, et où
l'on suspend des habits. Il faudra mettre deux portemanteaux dans cette chambre.
PORTEMENT .s.m.
Action de porter. Il n'est d'usage qu'en parlant Des tableaux où JÉSUS-CHRIST
est représenté portant sa croix. Ce peintre a fait un portement
de croix fort estimé.
PORTER . v. a.
Soutenir quelque chose, être chargé de quelque poids. Porter
un sac de blé. Porter un ballot de livres. Porter du bois. Porter de l'eau.
Porter un fardeau. Porter deux cents pesant. Porter sur la tête. Porter
sur le dos. Porter sur les épaules. Porter une hotte. Porter à bras.
Il fallut le porter à bras. Porter dans ses bras. On le portait dans une
chaise. Se faire porter en chaise. Vous ne sauriez porter cela d'une main. Porter
un étendard, un drapeau. Porter le dais du saint sacrement. Porter une
châsse. Porter une bière.
Fig., Avoir plus de travail, plus d'affaires qu'on n'en peut porter,
Être chargé de tant de travail, d'une si grande quantité d'affaires,
qu'on n'y saurait suffire. Porter tout le poids des affaires, En être
chargé seul, en avoir seul tout le travail.
Prov. et fig., Porter le poids du jour et de la chaleur, Faire tout le
travail, endurer toute la peine, tandis que les autres se reposent.
Prov. et pop., Il a été le plus fort, il a porté les
coups, se dit D'un homme qui a été battu par un autre.
Fig., Il en portera l'iniquité, la peine, Il en sera responsable,
il en sera puni. On dit, familièrement, dans le même sens, Il
en portera la folle enchère.
Fig. et fam., Porter les iniquités d'autrui, Payer les sottises
que d'autres ont faites. Vous me faites porter vos iniquités. Les enfants
portent souvent les iniquités de leur père.
Prov. et fig., Chacun porte sa croix en ce monde, Il n'y a personne qui
n'ait ses afflictions particulières.
Fig., Porter le joug, Être dominé par quelqu'un. Cette
femme le mène; mais il porte le joug impatiemment.
Fig. et fam., Il ne le portera pas loin, se dit D'un homme par qui on
a été offensé, et signifie qu'on se vengera de lui dans peu.
On dit dans le même sens, Il ne le portera pas en paradis, en l'autre
monde.
Fig. et fam., Porter quelqu'un sur les épaules, En être
importuné, ennuyé, excédé. C'est un homme qu'on
porte sur les épaules. Je le porte sur les épaules.
Fig., Porter quelqu'un dans son coeur, Le chérir extrêmement.
Porter la robe, la queue de quelqu'un, Soutenir la queue de sa robe,
afin qu'elle ne traîne point par terre. Son laquais lui portait la robe,
lui portait la queue.
En termes de Manége, Porter son cheval, Le soutenir, en marchant,
de la main, des jarrets et des cuisses. Portez votre cheval en avant.
Fig., L'un portant l'autre, ou Le fort portant le faible, En compensant
l'un avec l'autre, de manière à former une quantité moyenne.
Cette vigne, cette terre rapporte tant tous les ans, l'un portant l'autre,
le fort portant le faible.
Fig., Porter quelqu'un, L'aider de sa faveur, de son crédit, le
favoriser. Celui qui le portait le plus, et de la protection duquel il espérait
sa fortune, vint à mourir. Il y a des personnes puissantes qui le portent.
Il est porté par des personnes puissantes; et absolument, Il est
fort porté. L'opinion publique le porte au ministère, à la
présidence.
Fig., Porter quelqu'un, Lui donner sa voix dans une élection.
Qui portez-vous? Je porte un tel. Il sera porté par la majorité
de l'assemblée.
PORTER, signifie encore, Transporter une chose d'un lieu dans un autre.
Il prit deux tableaux qui étaient dans un corridor, et les porta dans
sa chambre. Portez ces papiers dans mon cabinet. Portez cette lettre à
la poste. Portez-lui cela de ma part. Faire porter des marchandises par eau, par
terre.
S'emploie aussi figurément, au sens moral. Il a porté dans
ces contrées quelques-uns des arts de l'Europe. Il porta la guerre dans
l'Asie. Il a porté le fer et la flamme dans cette province. Il a porté
la terreur, la désolation dans ce pays. Il a porté le trouble, la
confusion dans cette famille. Porter un procès devant le juge. La cause
sera portée à l'audience. Porter ses plaintes, porter sa plainte
au roi, au magistrat.
Porter quelqu'un en terre, Le porter pour l'enterrer. Porter quelqu'un
par terre, Le renverser par terre.
Fig., Porter une personne, une chose aux nues, La louer excessivement.
Porter un article sur un registre, sur un livre de compte, L'y inscrire.
On dit dans le même sens: Porter à compte, en recette, en dépense.
Porter en débet. Porter au crédit. Porter au débit. Porter
quelqu'un sur une liste.
PORTER, se dit aussi Des chevaux, des bêtes de charge et de voiture,
et des objets inanimés qui soutiennent quelque chose de pesant. Le cheval
qui le portait. Un mulet qui porte cinq cents pesant. Un vaisseau qui porte cinq
cents hommes d'équipage, et des vivres pour six mois. Une rivière
qui porte de grands bateaux. Des colonnes qui portent une galerie.
Cette rivière porte bateau, Elle est navigable.
Ce vin porte bien l'eau, Quoiqu'on y mette de l'eau, on ne laisse pas
d'en sentir la force. On dit dans le sens contraire, Ce vin ne porte pas l'eau.
Porter bien le vin, Boire beaucoup de vin sans s'enivrer.
En termes de Marine, Ce bâtiment porte bien la voile, se dit D'un
bâtiment qui penche peu, quoiqu'il ait beaucoup de voiles et que le vent
souffle avec quelque violence.
PORTER, signifie aussi simplement, Avoir sur soi ou tenir à la
main, sans égard à la pesanteur de la chose. Il ne porte jamais
d'argent sur lui. Il porte toujours quelque livre dans sa poche. Porter un bouquet
à la main. Porter un cierge à la procession.
Aux Jeux de cartes où l'on a coutume d'écarter, Porter beau
jeu, porter vilain jeu, Avoir beau jeu, vilain jeu aux premières cartes.
Bien porter, mal porter, Garder ou écarter les cartes que la rentrée
favorise.
Porter une couleur, se dit en parlant De la couleur dont on a le plus
de cartes en main, et dans laquelle on a son jeu fait, ou presque fait. Il
portait une quinte de coeur toute faite. Il portait pique, mais il ne lui est
rien rentré.
Porter à une couleur, se dit en parlant De la couleur dans laquelle
on cherche à faire son jeu. Il porte à la quinte majeure de carreau.
PORTER, se dit particulièrement, dans l'acception qui précède,
en parlant De tout ce qu'on met sur soi, pour servir à l'habillement, à
la parure, à la défense, ou pour marquer la profession, l'état,
la dignité. Porter des habits brodés. Porter un habit tout uni.
C'est un habit qui n'a jamais été porté. Porter du velours,
du satin. Porter du drap. Porter des dentelles. Porter des chemises fines. Porter
des gilets de laine sur la peau. Porter des souliers plats, des souliers de couleur.
Porter le deuil. Porter la haire. Porter la perruque. Porter perruque. Porter
ses cheveux. Porter une longue chevelure. Les Orientaux portent la barbe. Porter
un collier de perles. Porter une bague au doigt. Porter des pistolets. Porter
une épée. Porter une soutane. Porter une écharpe. Porter
des plumes à son chapeau. Porter la décoration de la Légion
d'honneur, la croix de Saint-Louis.
Porter l'épée, la robe, la soutane, le petit collet, le froc,
Être officier, magistrat, ecclésiastique, abbé, moine.
Porter le mousquet, Servir comme soldat. Porter les armes, Servir
dans une armée, faire la guerre. Il a porté les armes sous tel
prince, au service de tel prince, sous tel général. Il porta les
armes contre son pays.
Porter l'arme, les armes, Faire le mouvement de l'arme, qui consiste,
pour les simples soldats, à la placer perpendiculairement contre l'épaule
gauche, et à la saisir de la main gauche par-dessous la crosse. Faire
porter les armes à une troupe.
Porter les armes à quelqu'un, Lui faire le salut militaire qui
consiste à porter l'arme.
Il a porté les chausses, Il a été page. Il a
porté les couleurs, les livrées, la livrée, Il a été
laquais.
Fig. et pop., Cette femme porte le haut de chausses, porte les chausses,
porte la culotte, Elle est plus maîtresse dans sa maison que son mari.
Porter le deuil d'une personne, Être en deuil d'une personne. Elle
porte le deuil de son mari.
Porter les couleurs d'une dame, Porter dans son ajustement des couleurs
semblables à celle qu'elle affectionne le plus; et, au figuré, Se
mettre au rang de ses adorateurs.
Fam., Un homme portant barbe, Un homme qui a de la barbe, un homme fait.
PORTER, se dit aussi Des différentes manières de tenir
son corps, sa tête, ses bras, etc., et de tout ce qui regarde la contenance
et le geste. Porter la tête haute. Porter les pieds en dehors. Porter
bien ses bras en dansant. Porter le bras en écharpe.
Se dit en ce sens Des animaux, et principalement Des chevaux et des chiens.
Ce cheval porte bien sa tête; il porte beau. Ordinairement les chevaux
tartares portent le nez au vent, portent au vent. Ce cheval porte bas. Ce chien
porte bien ses oreilles. Ce chien porte bas l'oreille.
Fig. et fam., Cet homme porte le nez au vent, Il porte la tête
fort haute, il a l'air hautain, orgueilleux.
Fig. et fam., Cet homme le porte haut, Il se prétend de grande
qualité; ou Il se prévaut de l'avantage que son rang, sa dignité,
ses richesses, sa capacité, lui donnent.
Fig. et fam., Cet homme porte la mine d'avoir fait telle chose, On juge
à sa mine, à son air, qu'il a fait telle chose. On dit de même:
Il porte tout l'air d'un franc maraud. Il porte la mine d'un fripon.
PORTER, signifie encore, Pousser, étendre, élever, faire
aller, conduire. Il faut porter ce mur plus loin, Il faut le démolir
et le reconstruire plus loin; ou bien, Il faut le prolonger. Il faut porter
cette haie encore plus loin. Un arbre qui porte sa tête jusque dans les
nues. La tempête porta le vaisseau contre un écueil. Porter le pied
en avant. Porter sa main à sa bouche, à sa tête. Ce prince
a porté ses armes jusque dans le coeur du pays ennemi. Des tuyaux qui portent
l'eau dans un jardin, dans une cour, dans une cuisine, dans un réservoir.
S'emploie aussi figurément, dans la même acception. Porter au
loin la terreur de ses armes. Porter au loin son nom et sa gloire. Porter son
ambition, ses espérances, ses désirs jusqu'aux plus grandes choses.
C'est porter la vengeance à l'excès. C'est porter le ressentiment
trop loin. On ne saurait porter le scrupule plus loin. Ses exploits ont porté
sa gloire jusqu'aux extrémités du monde. Il porte tout à
l'extrême. Il porte loin l'esprit d'économie. Porter son attention
sur un objet. Il a porté ses soupçons jusque sur son frère.
Il a porté la dignité, l'autorité de la magistrature à
un haut degré. Il porte ses prétentions trop haut.
Porter la main à l'épée, porter la main au chapeau,
Étendre sa main pour tirer l'épée, ou pour ôter son
chapeau.
Porter la main sur quelqu'un, Le frapper.
Porter un coup à quelqu'un, Donner, ou tenter de donner un coup
à quelqu'un. Ils lui portèrent plusieurs coups, mais il les para
tous. Porter un coup d'épée. Porter une botte.
Fig., Cette affaire a porté un coup mortel à son crédit,
à sa réputation, Elle a ruiné son crédit, sa réputation.
On dit dans le même sens, Ce malheur a porté un coup mortel à
sa santé.
Fig., Porter coup, se dit De certaines choses qui font une grande impression
ou qui tirent à conséquence. Telle est la considération
dont il jouit, que tout ce qu'il dit porte coup. Comme il ne dit rien qui ne soit
à propos, toutes ses paroles portent coup. Cette démarche a porté
coup.
Porter coup, se dit aussi De certaines choses qui nuisent. Ses plaisanteries
portent coup. Cette entreprise a porté coup à sa fortune. Ce chagrin
porta coup à sa santé.
Ce fusil porte bien son plomb, Quand on le tire, le menu plomb qu'il
lance ne s'écarte pas trop, et va droit au but. On dit de même, Ce
fusil porte bien la balle.
Porter ses regards, sa vue vers quelque endroit, Regarder, diriger ses
regards, les fixer, les arrêter en quelque endroit. Quelque part que
je porte la vue, je n'aperçois point de soldats.
Fig., Porter sa vue bien loin, Prévoir de loin les choses à
venir. Porter ses vues bien haut, Former de grands desseins.
Porter ses pas en quelque lieu, S'y transporter. Où portez-vous
vos pas?
Porter la santé de quelqu'un, porter une santé, Boire à
la santé de quelqu'un, en s'adressant à un autre pour l'inviter
à en faire autant. À la fin du repas, on porta les santés.
Porter amitié, porter affection à quelqu'un; et, Être
porté d'amitié pour quelqu'un, Avoir de l'amitié, de
l'affection pour quelqu'un. Porter honneur, porter respect, Honorer, respecter.
Porter envie, Envier. Il ne faut pas porter envie aux succès
d'autrui. Il signifie aussi, Souhaiter, sans malveillance, un bonheur qu'on
voit arriver à une autre personne. Je porte envie à mon ami de
ce qu'il a le plaisir d'être avec vous.
Fam., Porter bonheur, porter malheur, porter guignon à quelqu'un,
se dit D'une personne qui influe ou qui est censée influer sur le bonheur,
sur le malheur de quelque autre. On le dit aussi Des choses. Le service que
je lui ai rendu semble m'avoir porté bonheur.
Porter préjudice, un préjudice, Nuire. Je serais désolé
de vous porter préjudice. Sa négligence m'a porté un grand
préjudice.
Porter la parole, Parler au nom d'une autorité, d'une compagnie,
d'un corps. L'avocat général a porté la parole dans cette
affaire. Il portait la parole pour sa compagnie.
Porter parole, Donner assurance, promettre verbalement au nom de quelqu'un.
Je lui ai porté parole de dix mille francs, pour dix mille francs. J'ai
porté parole de cent mille francs pour l'achat de cette propriété.
J'ai porté parole pour un tel.
Porter à quelqu'un des paroles de paix, de conciliation, Lui faire
de la part d'un autre des propositions pacifiques, conciliantes.
Porter témoignage, Témoigner qu'une chose est ou n'est
pas. Il est odieux de porter témoignage contre la vérité.
Je puis porter témoignage qu'il n'en a jamais dit un mot.
Porter un jugement, son jugement de quelque chose, sur quelque chose,
Juger de quelque chose. Je n'ai point encore porté de jugement là-dessus.
PORTER, signifie encore, Avoir telle dimension. Cette poutre porte
vingt pieds de long. Cela porte tant de long sur tant de haut, de large. Cette
pièce de drap doit porter vingt aunes. Cette tenture porte dix-huit aunes
de cours.
PORTER, signifie aussi, Produire; et il se dit De la terre, des arbres,
etc. Des terres qui portent du froment. Un arbre qui porte de beaux fruits.
L'arbre qui porte la noix muscade.
Cette somme porte intérêt, Elle produit intérêt.
Absol., Ce billet a porté ou n'a pas porté, Il a
gagné ou n'a pas gagné.
PORTER, se dit aussi Des femmes et des femelles des animaux. Les femmes
portent ordinairement leurs enfants neuf mois. Porter un enfant à terme.
L'enfant qu'elle porte. Les cavales portent onze mois.
PORTER, signifie encore, Supporter, souffrir, endurer. Il porte impatiemment
sa disgrâce. Il a porté son malheur en homme de courage.
PORTER, signifie aussi, Induire, exciter à quelque chose. Son
inclination le porte à ce genre d'études. Ce sont eux qui l'ont
porté à cela. Les mauvaises compagnies l'ont porté à
la débauche. Les bons exemples portent à la vertu. C'est l'avarice
qui l'a porté à cette bassesse. Son caractère le porte à
la modération. Ses amis l'ont porté à faire cette démarche.
PORTER, se dit en parlant De l'esprit, du caractère, et signifie,
Manifester, montrer. On porte partout son caractère. Il a porté
dans cette affaire un esprit de chicane, un esprit de vétille. Il porte
un grand esprit d'attention, de recherche dans tout ce qu'il veut traiter. Il
porte en toutes choses un grand esprit de justice. Il porte dans la société
une humeur douce et facile.
PORTER, signifie encore simplement, Avoir. Il porte la tristesse peinte
sur son visage. Il porte un coeur sensible. Il porte en lui le germe des plus
heureuses qualités. Ce monument porte telle inscription. Cet acte ne porte
point de date. Cette vaisselle porte les armes de telle personne. Tous les ouvrages
de cet auteur portent le cachet de son talent. Porter les marques d'un coup, d'une
blessure. Certaines pierres portent des empreintes de poissons, de feuilles, etc.
Les monuments de ce peuple portent un caractère de force et de grandeur
qui étonne. Cette conduite porte le caractère de l'hypocrisie et
de la fraude.
S'emploie neutralement dans le même sens, en termes de Blason. Il porte
d'azur au lion d'argent. Il porte de gueules aux trois besants d'or.
Cela porte son excuse avec soi, se dit D'un empêchement légitime
qu'on allègue, pour s'excuser de n'avoir pas fait quelque chose.
Il porte sa recommandation sur sa figure, Sa physionomie prévient
en sa faveur.
Cette viande porte sa sauce, ce fruit porte son sucre, Cette viande est
si bonne, qu'elle n'a pas besoin de sauce; ce fruit est si doux, qu'il n'a pas
besoin de sucre.
PORTER, en parlant D'actes publics, de lettres et d'autres écrits,
signifie, Déclarer, dire, exprimer. L'ordonnance porte que... L'arrêt
porte condamnation. Il est porté par la loi, par le contrat, que... La
flotte est arrivée, les dernières lettres qu'on a reçues
le portent expressément. Les lettres d'aujourd'hui portent que tout est
dans le même état. Cet article n'est point porté dans le contrat.
Comme le portent vos ordres. Votre traduction, dans cet endroit, n'est pas exacte;
ce n'est pas là ce que porte le texte.
PORTER, est aussi verbe neutre, et signifie, Poser, être soutenu.
Une poutre qui porte sur la muraille. Tout l'édifice porte sur ces colonnes.
Porter à fond, se dit D'une construction élevée
à plomb sur son fondement. Porter à cru, Porter directement
sur le sol.
Porter à faux, se dit D'une partie de construction qui est mal
posée sur ce qui doit la soutenir, ou qui ne porte pas directement sur
sa base, sur son point d'appui. Cette poutre, cette pierre porte à faux.
On dit de même substantivement: Ce mur est hors d'aplomb, il est en porte
à faux. Ce balcon est en porte à faux au-dessus de la porte d'entrée.
Les loges de ce théâtre sont en porte à faux.
Fig., Ce raisonnement porte à faux, se dit D'un raisonnement qui
n'est pas concluant, soit que le défaut vienne du principe, soit qu'on
fasse du principe une mauvaise application.
Ce carrosse porte sur la flèche, Il touche, il bat sur la flèche
quand il est en mouvement. La selle de ce cheval porte sur le garrot, Elle
touche le cheval sur le garrot.
En parlant D'armes à feu, Tirer à bout portant, En appuyant
le bout de l'arme sur le corps de quelqu'un, ou au moins de fort près.
Fig. et fam., Dire quelque chose à bout portant, Dire en face
à une personne quelque chose de très-fâcheux et de très-direct.
En parlant D'un combat, La perte a porté principalement sur ce corps,
Ce corps a principalement souffert, a perdu le plus de monde.
Fig., Cette observation, cette critique, cette objection porte sur telle
chose, etc., Elle a telle chose pour objet.
En termes de Marine, Porter au sud, au nord, etc., Gouverner, faire route
au sud, au nord, etc. On dit de même, Porter au large, porter à
terre.
PORTER, neutre, signifie aussi, Atteindre; et, en ce sens, il se dit
principalement Des armes de jet, et De ce qu'elles servent à lancer. Le
canon de la place ne saurait porter jusqu'ici. Ce fusil porte à plus de
cent pas. Ce canon, ce fusil, cette arbalète porte loin. Le boulet ne porta
que jusqu'au pied de la muraille. Une coulevrine qui porte à une demi-lieue.
Les flèches ne sauraient porter jusque-là. Tous les traits ont porté.
Se dit également Des coups d'armes à feu et autres. Tous les
coups que l'on tire ne portent pas. La blessure est dangereuse, car le coup a
porté sur l'os.
Il signifie quelquefois, Toucher au but, l'atteindre. Le coup a porté
juste.
Fig., Je ne vois pas où porte ce discours, Je n'en devine pas
l'intention, le but. On dit plus ordinairement, Je ne vois pas où tend
ce discours.
Sa vue porte loin, Il voit de très-loin.
La tête a porté, se dit en parlant D'un coup que l'on s'est
donné à la tête en tombant.
Au Jeu de la paume, La balle a porté sur le toit, sur les deux toits,
Elle y a touché. On dit aussi, La balle porte au mur, ou absolument,
La balle porte, lorsque, de son premier bond, elle touche au mur, de façon
que le mur la renvoie.
Fig., Porter à la tête, se dit D'une boisson ou d'une vapeur
qui étourdit, qui entête. Ce vin porte à la tête.
Cette odeur lui porte à la tête. On dit aussi, Porter sur
les nerfs, en parlant De certaines choses qui irritent, qui agacent les nerfs.
PORTER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Aller,
se transporter. Le roi, le général se porta, se porta de sa personne
au fort de la mêlée. Ce corps d'armée se porta sur tel point.
Se porter sur la ligne de bataille. La foule se porte à tel endroit. Cette
pièce réussit, la foule s'y porte.
Fam., On s'y porte, se dit en parlant D'un lieu où il y a une
grande foule, où l'on est très-serré.
PORTER, avec le pronom personnel, se dit, dans une acception analogue
à la précédente, en parlant De certaines choses. Le sang
s'est porté à la tête. Tout le poids se porte de ce côté.
La curiosité, l'intérêt se portait principalement sur lui.
Se dit aussi en parlant Des différentes manières d'agir et de
se conduire dans certaines occasions. Il s'y est porté en homme de coeur.
Il s'y est porté un peu mollement.
Se dit encore en parlant De la disposition de l'esprit, de l'inclination, de
la pente qu'on a à faire quelque chose. C'est un jeune homme qui se
porte au bien. Il s'est porté à cela de lui-même. Il se porte
avec ardeur à tout ce qu'il fait. Il se porte au mal. Se porter à
la débauche.
Se porter à la dernière extrémité, à des
extrémités contre quelqu'un, Le traiter avec la dernière
sévérité, exercer sur lui des actes de violence, d'emportement.
On dit de même, Se porter à des excès.
PORTER, avec le pronom personnel, se dit aussi en parlant De la santé.
Se porter bien. Se porter mal. Comment vous portez-vous? Il ne se porte pas
trop bien depuis quelques jours. Il se porte mieux. Il veille, et ne s'en porte
pas mieux. Quoiqu'il travaille beaucoup, il ne s'en porte pas plus mal.
En termes de Procédure, Se porter partie contre quelqu'un, Se
rendre partie contre quelqu'un, intervenir contre lui dans un procès. Se
porter pour appelant, Interjeter appel d'une sentence. Se porter héritier
ou pour héritier, Prendre la qualité d'héritier, se
déclarer héritier, et agir en cette qualité.
Se porter fort pour quelqu'un, Répondre de son consentement.
PORTÉ, ÉE. participe, Prov. et fig., Autant vaut traîné
que porté, se dit en parlant De certaines choses qu'il n'importe guère
de faire d'une manière plutôt que d'une autre, ou qui ne sont guère
plus difficiles à faire d'une façon que d'une autre.
Fam., Vous voilà tout porté, se dit À quelqu'un
qui n'a point à se déplacer pour faire ce qu'on lui demande. Demeurez
ici à dîner, vous voilà tout porté.
Être porté à, Avoir de l'inclination, de la disposition
à. Il est porté à médire.
Être plus porté pour une chose que pour une autre, Avoir
plus de dispositions, plus de goût pour une chose que pour une autre.
En Peinture, Ombre portée, Toute ombre qu'un corps projette sur
une surface.
PORTER.s.m.(On prononce Portèr.) Mot emprunté de
l'anglais. Espèce de bière forte. Boire du porter. Une bouteille
de porter.
PORTE-AIGUILLE, s. m. Instrument dont les chirurgiens se servent pour
donner plus de longueur aux aiguilles, et pour les tenir d'une manière
plus fixe. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-ARQUEBUSE, s. m. Officier qui portait le fusil du roi ou des princes
de la famille royale, quand ils allaient à la chasse. Il ne prend point
le signe du pluriel.
PORTE-BAGUETTE, s. m. Anneau placé le long du fût d'un fusil,
d'un pistolet, pour recevoir et contenir la baguette. Il ne prend point le signe
du pluriel.
PORTEBALLE, s. m. Petit mercier qui porte sur son dos une balle où
sont ses marchandises. Il prend le signe du pluriel.
PORTE-BARRES, s. m. pl. Anneaux de cordes passés dans l'anneau
du licou, et qui supportent les barres des chevaux que l'on mène accouplés.
PORTE-BOUGIE, s. m. .Chirur. Canule, ou instrument à l'aide duquel
on dirige et l'on conduit des bougies dans l'urètre, afin de le dilater.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-CARABINE, s. m. Voyez PORTE-MOUSQUETON.
PORTECHAPE, s. m. Celui qui porte ordinairement la chape dans une église.
Il est portechape dans telle paroisse. Il prend le signe du pluriel.
PORTECHOUX, s. m. Petit cheval convenable à un jardinier pour
porter ses légumes au marché. Ce cheval est trop bas, on n'en
peut faire qu'un portechoux.
PORTE-CLEFS, s. m. Valet de prison qui porte les clefs. Se dit aussi
pour Clavier. Un porte-clefs d'acier, d'argent.
PORTECOLLET, s. m. Pièce de carton ou de baleine, couverte d'étoffe,
qui sert à porter le collet ou le rabat. Il prend le signe du pluriel.
PORTECRAYON, s. m. Instrument d'or, d'argent, de cuivre, etc., dans lequel
on met un crayon, pour s'en servir plus commodément. Il prend le signe
du pluriel.
PORTE-CROIX, s. m. Celui qui porte la croix devant le pape, devant un
légat, devant un archevêque. Se dit aussi de Ceux qui portent la
croix aux processions.
PORTE-CROSSE, s. m. Celui qui porte la crosse devant un évêque.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-CROSSE, se dit aussi de Cette espèce de petit fourreau de
cuir qui est attaché par une courroie aux selles de cavalerie, vers le
flanc droit du cheval, et dans lequel entre le bout de la carabine ou du mousqueton.
PORTE-DIEU, s. m. Le prêtre qui, dans une paroisse, est chargé
spécialement de porter le viatique aux malades. Il ne prend point le signe
du pluriel.
PORTE-DRAPEAU, s. m. Celui qui porte le drapeau dans un corps d'infanterie.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-ENSEIGNE, s. m. C'est ainsi qu'on appelait autrefois Celui qu'on
appelle présentement Porte-drapeau. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-ÉPÉE, s. m. Morceau de cuir ou d'étoffe qu'on
attache à la ceinture de la culotte, pour porter l'épée.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-ÉTENDARD, s. m. Celui qui porte l'étendard dans un
corps de cavalerie. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-ÉTENDARD, Il signifie aussi, Une pièce de cuir attachée
à la selle, pour appuyer le bout d'en bas de l'étendard.
PORTE-ÉTRIERS, s. m. pl. Courroies attachées sur le derrière
des panneaux de la selle, et servant à trousser ou relever les étriers
quand on a mis pied à terre, pour que le cheval ne se prenne pas les pieds
dedans en chassant les mouches. On dit aussi, Trousse-étriers.
PORTE-ÉTRIVIÈRES, s. m. pl. Anneaux de fer carrés,
placés aux deux côtés de la selle, le plus près de
la pointe de l'arçon qu'il est possible, et dans lesquels passent les étrivières.
PORTE-FER, s. m. Espèce d'étui placé sur le côté
des selles de cavalerie, et destiné à contenir un fer de cheval
tout préparé. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-HACHE, s. m. L'étui d'une hache de sapeur ou de cavalier.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-MALHEUR, s. m. Ce à quoi une crainte superstitieuse fait
attacher des idées funestes, et qu'elle fait regarder comme un présage
de revers, d'accident. Il y a telle circonstance fortuite que les joueurs regardent
comme un porte-malheur. On dit quelquefois par exagération et en badinant,
Cet homme est un porte-malheur, un vrai porte-malheur, Sa présence,
sa rencontre est d'un mauvais présage. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-MONTRE, s. m. Coussinet plat et enjolivé, contre lequel
on suspend une montre. Attacher un porte-montre à la cheminée.
PORTE-MONTRE, Se dit aussi d'Un petit meuble de bois ou de métal,
en forme de pendule, où l'on peut placer une montre de manière que
le cadran seul paraisse. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-MONTRES, avec une s, se dit, chez les Horlogers, d'Une petite
armoire vitrée où ils exposent des montres. Un porte-montres
bien garni.
PORTE-MORS, s. m. Se dit Des parties latérales de la bride qui
s'étendent de la têtière au mors, qu'elles soutiennent. Chaque
porte-mors a une boucle par le moyen de laquelle il peut être haussé
ou baissé.
PORTE-MOUCHETTES, s. m. Plateau de métal où l'on met les
mouchettes.
PORTE-MOUSQUETON, s. m. Espèce de crochet ou d'agrafe qui est
au bas de la bandoulière d'un cavalier, et qui l'aide à porter son
mousqueton. Il ne prend point le signe du pluriel. On dit dans un sens analogue,
Un porte-carabine.
PORTE-MOUSQUETON, Se dit aussi de Petites agrafes faites de la même
manière, qui sont aux chaînes et aux cordons de montre, et où
sont suspendues la clef et les breloques.
PORTE-PAGE, s. m. T. d'Impr. Papier plié en plusieurs doubles,
sur lequel on met une page de composition, après l'avoir liée avec
un double tour de ficelle. Ce papier n'est bon qu'à faire des porte-page.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-PIERRE, s. m. Instrument de chirurgie fait en forme de porte-crayon,
qui sert à porter la pierre infernale. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-RESPECT, s. m. Se dit d'Une arme qu'on porte pour sa défense,
et qui impose. Se dit aussi quelquefois d'Une marque extérieure de dignité.
On le dit encore d'Une personne grave et sérieuse dont la présence
impose, et oblige à une certaine retenue. Il est familier, et ne prend
point le signe du pluriel.
PORTE-TAPISSERIE, s. m. Châssis de bois qu'on élève
au haut d'une porte, et sur lequel la tapisserie s'étend pour tenir lieu
de portière. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-TRAIT, s. m. Courroie pliée en deux, qui sert à soutenir
les traits des chevaux attelés.
PORTE-VENT, s. m. .Musiq. Tuyau de bois qui porte le vent des soufflets
dans le sommier de l'orgue. Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-VERGE, s. m. Bedeau qui porte une baguette ou une verge devant
le curé, devant les marguilliers, dans une paroisse, dans une église.
Il ne prend point le signe du pluriel.
PORTE-VIS, s. m. T. d'Arquebusier Pièce de métal sur laquelle
porte la tête des vis qui servent à fixer la platine d'un fusil,
d'un pistolet, etc. C'est ce que l'on nomme autrement Contre-platine.
PORTE-VOIX, s. m. Sorte d'instrument en forme de trompette, pour porter
la voix au loin. Les porte-voix sont d'un grand usage dans la marine. Porte-voix
de fer-blanc, de cuivre.
PORTEUR , EUSE. s.
Celui, celle dont le métier ordinaire est de porter quelque fardeau.
Il y a des porteurs, des porteuses dans les marchés pour porter ce qu'on
achète. Les banquiers, les trésoriers ont des porteurs d'argent.
Il y avail autrefois des charges de porteurs de charbon, de porteurs de blé,
de porteurs de sel.
Porteur de chaise, et simplement, Porteur, Un de ces hommes par
qui l'on se fait porter dans une chaise. Prendre des porteurs sur la place.
Avoir de bons porteurs de chaise, de bons porteurs. Chaise à porteurs.
Porteur, porteuse d'eau, Celui, celle qui porte de l'eau dans les rues,
dans les maisons.
PORTEUR, se dit aussi d'Un homme chargé de rendre une lettre.
Le porteur de ma lettre est un homme en qui l'on peut prendre confiance. Vous
pouvez donner la réponse au porteur.
Porteur d'une lettre de change, d'un billet, Celui qui est chargé
d'une lettre de change, d'un billet, pour en recevoir l'argent; et, plus ordinairement,
Celui en faveur de qui la lettre de change, le billet a été souscrit
ou endossé. Cet homme est porteur de billet, est porteur de mon billet.
Un billet payable au porteur, ou simplement, Un billet au porteur,
Un billet sur lequel, sans désigner personne en particulier, on promet
de payer à celui qui en sera le porteur. On dit de même, Des effets,
des actions au porteur.
Porteur de contraintes, Celui qui notifie aux contribuables en retard,
les contraintes décernées par le percepteur ou le receveur des contributions.
Porteur de paroles, Celui qui est chargé de faire une proposition
de la part d'un autre. Je suis le porteur de paroles.
Porteur de bonnes nouvelles, de mauvaises nouvelles, Celui qui annonce
une bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle. Il est fort désagréable
d'être porteur de mauvaises nouvelles.
PORTEUR, signifie aussi, Le cheval sur lequel est monté le postillon
qui conduit une voiture à plusieurs chevaux. Atteler le porteur.
PORTIER , ÈRE. s.
Celui, celle qui a le soin d'ouvrir, de fermer et de garder la principale porte
d'une maison. C'est un bon portier. Ce portier est exact. Ce portier est fidèle.
La loge d'un portier. J'ai dit mon nom, j'ai remis ma carte à la portière.
Le portier, la portière d'un hospice.
Dans les Couvents, Le frère portier, la soeur ou la mère
portière, Le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir
et de fermer la porte. Dans ces dénominations, Portier est employé
adjectivement.
Dans l'Église catholique, L'ordre de portier, Le moindre des quatre
ordres mineurs.
PORTIÈRE . s. f.
Ouverture du carrosse, de la voiture, par où l'on monte et l'on descend.
La portière est trop large, trop étroite. Mettre la tête
à la portière.
Se dit aussi de L'espèce de porte qui sert à fermer cette ouverture.
Ouvrir la portière. Fermer la portière. La portière du
carrosse s'est rompue. Abaisser les glaces des portières.
Être assis à la portière, être à la portière,
Être assis, dans un carrosse, contre une portière.
PORTIÈRE, se dit, en outre, d'Une espèce de rideau qu'on
met devant une porte, pour empêcher le vent, ou par ornement. Des portières
de velours. Des portières de damas, de tapisserie.
PORTIÈRE . adj. f.
Il n'est usité que dans ces locutions, Vache portière, brebis
portière, Vache, brebis qui est en âge de porter des petits,
ou qui en a déjà porté.
PORTION . s. f.
(On prononce Porcion.) Partie d'un tout divisé, ou considéré
comme tel. Portion de maison à vendre. Portion de maison à louer.
Les héritiers ont partagé tout le bien du défunt en quatre
portions. Portions égales. Portions inégales. La moindre portion.
La meilleure portion. Portion de cercle. Il ne retint pour lui qu'une faible portion
de l'autorité.
En Jurispr.: Pour sa part et portion. Portion disponible. ---, Portion virile,
Celle qui revient à chaque héritier dans une succession également
partagée.
PORTION, signifie aussi, Une certaine quantité de pain, de viande,
etc., qu'on donne, dans les repas, à chacun en particulier. Se dit surtout
en parlant Des communautés religieuses et autres. Bonne portion. Petite
portion. Chacun a sa portion. Grossir la portion. Diminuer la portion.
Portion congrue, La somme que les gros décimateurs étaient
obligés de fournir aux curés pour leur subsistance. On régla
les portions congrues des curés à la somme de cinq cents livres.
Donner, payer à un curé la portion congrue. Cure à portion
congrue.
Portion congrue, se dit, familièrement et par extension, d'Un
traitement, d'une pension, d'une rente peu considérable. On a mis tous
ces employés à la portion congrue.
PORTIONCULE . s. f.
Petite portion. Il est peu usité.
PORTIQUE .s.m.
T. d'Archit. Galerie ouverte, dont la voûte ou le plafond est soutenu
par des colonnes, par des arcades. Grand, magnifique, superbe portique. Le
portique d'un temple. La bourse de Paris a un portique avec des colonnes à
l'extérieur, et un portique avec des arcades à l'intérieur.
La place est entourée de portiques. Une cour à deux rangs de portiques.
Portiques l'un sur l'autre.
Le Portique, la doctrine du Portique, L'école, la doctrine du
philosophe Zénon, qui donnait ses leçons sous un portique d'Athènes.
Les disciples du Portique, Les disciples de Zénon, autrement appelés
Stoïciens.
PORTOR .s.m.
Sorte de marbre noir, marqué de grandes veines jaunes qui imitent l'or.
Une table, une cheminée de portor.
PORTRAIRE . v. a.
Tirer la ressemblance, la figure, la représentation d'une personne au
naturel, avec le pinceau, le crayon, etc. Portraire au vif, au naturel. Il
s'est fait portraire.
S'emploie aussi figurément. Vous ne le connaissez pas, je vais vous
le portraire au naturel. Dans l'un et l'autre sens, il est vieux.
PORTRAIT, AITE. participe, Il n'est plus usité.
PORTRAIT .s.m.
Image, ressemblance d'une personne, faite avec le pinceau, le burin, le crayon,
le ciseau, etc. Beau portrait. Portrait au naturel. Portrait en grand, en petit.
Faire un portrait. Portrait à l'huile. Portrait en pastel, au pastel. Portrait
en miniature. Portrait en émail. Portrait en bas-relief. Portrait en médaillon.
Boîte de portrait. Boîte à portrait. Ce peintre ne travaille
qu'en portrait, en portraits. Peintre de portrait, de portraits. Ce peintre réussit
mieux dans le portrait que dans l'histoire. Le portrait de votre père est
très-ressemblant. Les portraits de Van-Dick sont admirables.
Portrait en pied, Portrait qui représente une personne entière,
debout ou assise.
Portrait flatté, Portrait qui diminue les défauts du modèle.
Portrait chargé, Portrait qui les exagère en gardant pourtant
la ressemblance. Portrait parlant, Portrait si ressemblant et si expressif,
qu'il semble parler ou prêt à parler.
Fig., C'est son portrait, tout son portrait, son vrai portrait, se dit
D'un fils, d'une fille qui ressemble à son père ou à sa mère,
et de toute personne qui ressemble beaucoup à une autre. Se dit en parlant
soit De la ressemblance physique, soit de la ressemblance morale.
PORTRAIT, signifie aussi, La description qu'on fait de l'extérieur
ou du caractère d'une personne. Portrait en prose. Portrait en vers.
Cet historien réussit dans les portraits. Il y a dans cet historien des
portraits bien tracés, habilement touchés. Vous ne le connaissez
pas, je vais vous faire son portrait, vous tracer son portrait. Vous faites de
lui un portrait fidèle, un portrait flatté, un portrait chargé.
Se dit encore de La description de toute sorte d'objets. Il fit un portrait
fort animé des derniers troubles. Il a tracé un portrait fidèle
des moeurs de son siècle. Une bonne comédie est un portrait de la
vie humaine.
PORTRAITURE . s. f.
Portrait. Il est vieux.
En termes de Peinture, Livre de portraiture, Livre qui enseigne à
dessiner toutes les parties du corps humain.
PORTULAN .s.m.
.Marine. Ancien livre qui contient le gisement et la description des ports de
mer et des côtes, qui indique la direction des courants et des marées,
les heures de pleine mer, les jours de nouvelle et de pleine lune, etc. Le
portulan de la Manche, de la Méditerranée.
POSAGE .s.m.
Le travail et la dépense qu'il faut faire pour poser, pour mettre en
place certains ouvrages. Il faut tant pour le posage de ces tuyaux. On a payé
tant pour le posage de cette menuiserie.
POSE . s. f.
T. d'Archit. Action de poser une pierre, de la mettre en place dans une construction.
La pose des grandes pierres est difficile. On paye tant pour la taille d'une
pierre, et tant pour la pose.
La pose de la première pierre d'un monument, se dit de La cérémonie
qui a lieu quand on pose la première pierre d'un monument public. Le
roi, le préfet a fait la pose de la première pierre de cet édifice.
POSE, en termes de Guerre, se dit d'Un certain nombre de soldats qu'on
va mettre en faction. Il était de la première, de la seconde
pose.
Caporal de pose, Celui qui est chargé de poser et de relever les
sentinelles.
POSE, se dit aussi pour Attitude, en parlant Des pantomimes, des danseurs,
et des personnes d'après lesquelles on peint, on sculpte, etc. Ce pantomime,
ce danseur a des poses élégantes, gracieuses, naturelles, outrées,
forcées. Pour se faire peindre, il faut choisir, prendre les poses les
plus simples, les plus naturelles. J'aime la pose de cette figure, de ce portrait.
POSÉ , ÉE. adj.
Rassis, grave. Un enfant posé, bien posé. Une personne posée.
Il parle d'un ton posé.
POSÉMENT . adv.
Doucement, modérément, sans se presser. Il parle posément.
Elle marche posément. Lisez plus posément.
POSER . v. a.
Placer, mettre sur quelque chose. Poser un vase sur un buffet. Posez cela
doucement sur la table. Prendre garde où l'on pose quelque chose. Dans
un lieu glissant, il faut prendre garde où l'on pose le pied. Poser le
pied à faux. Ce voyageur a posé son paquet à terre, et s'est
couché dessus.
Dans les Exercices militaires à pied, Peser l'arme à terre,
Mettre son arme à terre devant soi, le bout du canon en avant.
Poser les armes, Mettre les armes bas, se rendre. Dès que ce
corps fut défait, tous les autres posèrent les armes.
Fig., Poser les armes, Faire la paix ou une trêve. Les deux
partis ont posé les armes.
POSER, signifie aussi, Mettre dans le lieu, dans la situation convenable.
Ainsi, les peintres disent, Poser une figure, poser un modèle, poser
le modèle, Placer une figure, un modèle dans l'attitude la plus
convenable pour l'imitation.
Il signifie particulièrement, en termes d'Architecture, Mettre, fixer
une pierre, une poutre, une colonne, une statue, etc., à la place qu'elle
doit occuper. Poser une pierre. Poser la première pierre d'une église.
Poser une colonne, une figure sur un piédestal. Poser une pièce
de charpente. Poser les fondements d'un édifice.
Poser à sec, Construire sans mortier. Poser à cru,
Élever sans fondation une charpente, un pilier, un étai. Poser
de champ, Placer sur la face la plus étroite une pierre, une brique,
une pièce de bois, etc.; et dans le sens contraire, Poser de plat.
Poser une sonnette, des sonnettes, Les attacher, les fixer à un
mur, et établir les fils d'archal qui doivent servir à les mettre
en mouvement.
En termes de Guerre, Poser un corps de garde, poser des gardes, des sentinelles,
Les placer en quelque endroit.
POSER, s'emploie figurément, et signifie, Établir. Poser
un principe. Poser pour principe. Poser comme un principe. Poser pour maxime.
Poser comme une vérité incontestable que... Je pose cela comme un
fait certain, comme une chose de fait. On dit aussi, Poser en fait. Je
vous pose en fait que...
Poser une question, La fixer, la préciser. Il faut d'abord
bien poser la question.
POSER, se dit quelquefois en parlant De certaines choses dont on ne demeure
pas d'accord, mais que l'on veut bien supposer, afin de pouvoir procéder
à la discussion du reste. Posons la chose comme vous la dites. Vous
prétendez que cela est, je n'en demeure pas d'accord; mais posons que cela
soit. Posons le cas que cela soit.
POSER, en Arithmétique, se dit vulgairement en parlant Des chiffres
qu'on met au-dessous de chaque colonne d'unités, de dizaines, de centaines,
etc., dans l'opération de l'addition. 8 et 9 font 17; je
pose 7, et retiens 1.
POSER, en termes de Musique, Attaquer un son avec fermeté et sûreté.
Il sait bien poser un son. Il pose bien, il pose mal sa voix.
POSER, est aussi neutre, et signifie, Être posé, appuyé
sur quelque chose, porter sur quelque chose. Une poutre qui ne pose pas assez
sur le mur. Poser à faux.
Il signifie aussi, Prendre une certaine attitude pour se faire dessiner, pour
se faire peindre. Il pose bien. Il pose mal. J'ai posé aujourd'hui deux
heures chez mon peintre. Cet homme, cette femme pose dans les ateliers de peinture.
Fig., Cette femme pose toujours, croit toujours poser, Elle étudie
ses attitudes, ses gestes, ses regards, pour produire de l'effet.
POSER, s'emploie aussi quelquefois avec le pronom personnel. L'oiseau
est venu se poser sur le sommet de l'arbre, sur le faîte du toit.
POSÉ, ÉE. participe, Écrire à main posée,
Écrire lentement, pour mieux former ses lettres.
Cela posé, il s'ensuit, Cela étant accordé, étant
supposé, il s'ensuit. Posé que cela fût, posé le
cas que cela fût, et par ellipse, le cas posé, que feriez-vous?
Si cela était, que feriez-vous?
POSEUR .s.m.
Celui qui, dans un bâtiment, pose les pierres ou en dirige la pose. Aide-poseur.
Poseur de sonnettes, Celui qui pose des sonnettes.
POSITIF , IVE. adj.
Certain, constant, assuré. Cela est positif. Ce fait est positif.
Je vous donne cela pour une chose positive. C'est une nouvelle positive. On en
a des preuves positives. Il lui en a donné une promesse, une parole positive.
Il n'y a rien de positif dans tout ce qu'on vous a dit.
Un esprit positif, Un esprit qui aime l'exactitude, qui recherche en
tout la certitude et la justesse. On dit aussi, C'est un homme positif,
C'est un homme dont les idées sont positives.
POSITIF, se dit aussi par opposition à Négatif. Dans
les commandements de Dieu, il y en a de positifs et de négatifs. Vous louez
cet homme en disant qu'il ne fait point de mal; mais ce n'est pas une louange
positive, ce n'est qu'une louange négative.
En Algèbre, Quantités positives, par opposition à
Quantités négatives, Celles qui sont ou qu'on suppose être
précédées du signe de l'addition.
Les lois positives, par opposition à La loi naturelle. Le droit
positif, par opposition Au droit naturel. Le droit positif divin, Tout
ce que Dieu a ordonné, et qui ne fait pas partie du droit naturel. Le
droit positif humain, Ce qui est établi par les lois et par les coutumes
des hommes.
En matière de Religion, Cela est de droit positif, Cela est fondé
sur la discipline de l'Église, sur une loi purement ecclésiastique,
et non pas sur l'institution divine. L'Église peut dispenser de ce qui
est de droit positif, mais non de ce qui est de droit divin.
Théologie positive, Cette partie de la théologie qui comprend
l'Écriture sainte, l'histoire ecclésiastique, la doctrine des Pères,
les décisions des conciles sur les dogmes de la foi et sur la pratique
de l'Église. Il est savant dans la théologie positive. Il a fait
un traité de théologie positive. On dit plus ordinairement dans
le même sens, La positive. Il est savant dans la positive. Il s'est plus
attaché à la positive qu'à la scolastique.
POSITIF .s.m.
.Gram. Le premier degré dans les adjectifs et dans les adverbes qui admettent
comparaison. Le positif, le comparatif, le superlatif. Beau est le positif,
plus beau est le comparatif, très-beau est le superlatif.
On dit quelquefois, Le degré positif; et alors Positif est
pris adjectivement.
POSITIF .s.m.
.Musiq. Petit buffet d'orgues qui est au devant du grand orgue, et qui en est
séparé. L'organiste a joué ce couplet sur le positif.
Il y a des orgues qui n'ont point de positif.
POSITION . s. f.
Lieu, point où une chose est placée; manière dont elle
est placée, situation. La position des lieux n'est pas juste, n'est
pas bien indiquée dans cette carte. La position d'une ville. La position
en est riante. Je n'aime pas la position de ce bâtiment. L'élévation
du pôle dépend de la position de la sphère. On le dit
aussi Des personnes. La position du soldat sans armes, du soldat sous les armes.
Prendre la position prescrite. La position du corps, de la tête. Vous êtes
dans une mauvaise position. Position naturelle. Position fatigante. Être
gêné dans sa position.
En Arithmétique, Règle de fausse position, Règle
par laquelle une opération faite sur des nombres supposés, conduit,
avec le secours des proportions, à la connaissance du nombre qu'on cherche.
C'est un nombre qu'il faut chercher par la règle de fausse position.
Dans la Versification grecque ou latine, Syllabe longue par position,
Celle qui, étant brève ordinairement, devient longue parce que la
dernière lettre de cette syllabe est une consonne, et que la première
lettre de la syllabe suivante est aussi une consonne.
POSITION, se dit aussi Des points de doctrine contenus dans les thèses.
Cette thèse contenait tant de positions. Il y avait une erreur dans
une des positions de sa thèse, dans une de ses positions.
POSITION, en termes de Manége, se dit de L'assiette du cavalier,
de la manière dont il est placé à cheval. Ce cavalier
a une belle assiette, une belle position à cheval.
POSITION, en termes de Danse, se dit Des différentes manières
de poser ses pieds, l'un par rapport à l'autre. Première, seconde,
troisième, quatrième et cinquième positions. Portez le pied
droit à la quatrième position.
POSITION, en termes de Guerre, se dit d'Un terrain choisi pour y placer
un corps de troupes destiné à quelque opération militaire.
Prendre position. Prendre une position, une bonne, une mauvaise position. Position
favorable, avantageuse, forte, respectable. Position mal prise. L'armée,
par cette position, couvrait telle place et menaçait telle autre. Changer
de position. Changer sa position.
POSITION, se dit au moral dans le même sens que Situation, pour
désigner Les circonstances où l'on se trouve. Sa position est
embarrassante, est critique, est hasardeuse. Il est dans une belle position. Votre
position est agréable. Vous connaissez ma position. Je ne suis pas en position
de faire ce que vous me demandez.
POSITIVEMENT . adv.
D'une manière sûre, certaine. Je l'ai ouï dire, mais je
ne le sais pas positivement.
Il signifie aussi, Précisément. Voilà positivement ce
qu'il m'a dit.
POSPOLITE . s. f.
Nom donné à la noblesse de Pologne, assemblée en corps
d'armée.
POSSÉDER . v. a.
Avoir entre ses mains, en son pouvoir. Posséder justement. Posséder
injustement. Posséder à bon titre, à juste titre. Posséder
de bonne foi. Posséder légitimement. Posséder de grands biens.
Posséder une terre, une maison, un héritage.
Se dit, par extension, Des emplois, des honneurs, des bonnes qualités.
Posséder un emploi, une charge. Posséder des honneurs, des dignités.
Les vertus, les qualités, les talents qu'il possède.
En langage religieux, Les bienheureux possèdent la gloire éternelle,
possèdent Dieu, Ils jouissent de la gloire éternelle, ils jouissent
de la vue de Dieu.
Fam., Posséder quelqu'un, L'avoir chez soi, dans sa maison, jouir
de sa présence. Nous serions charmés de vous posséder
pendant quelques jours. Nous ne l'avons possédé que peu d'instants.
Fig., Posséder l'esprit de quelqu'un, En être maître,
le gouverner à son gré. Cette femme possède entièrement
l'esprit de son mari.
Posséder les bonnes grâces d'une personne, En être
favorisé, en être aimé. Posséder le coeur d'une
personne, En être fort aimé. Posséder une femme,
Jouir de ses faveurs.
Posséder son âme en paix, Avoir constamment une tranquillité
d'esprit due à une bonne conscience.
POSSÉDER, s'emploie figurément, et signifie, Savoir bien
une chose, en avoir une parfaite connaissance. Posséder les sciences,
les belles-lettres, les arts libéraux. Posséder la philosophie,
les mathématiques. Posséder la musique. Posséder le grec,
le latin. Posséder les langues étrangères. C'est un homme
qui possède bien sa langue. Cet homme possède bien ce qu'il sait.
Cet avocat possède bien votre affaire. Il possède bien les poëtes.
Il possède bien Horace. Il possède parfaitement bien Virgile. Il
possède bien son Homère.
Posséder son sujet, Le connaître à fond et de manière
à le traiter dans toute son étendue. Pour bien écrire,
il faut posséder pleinement son sujet.
POSSÉDER, se dit aussi Des passions, des sentiments qui maîtrisent
l'âme, qui l'agitent et l'égarent. L'ambition, l'avarice, la colère,
etc., possèdent cet homme. Quand la passion le possède, il n'est
pas traitable. Il est incapable de rien écouter, dans la douleur qui le
possède. La rage le possède. Quelle rage, quelle fureur vous possède?
L'esprit de discorde et de faction possédait ce malheureux peuple.
En termes de Liturgie cathol., Le démon le possède, Le
démon s'est emparé de son corps.
Prov., fig. et pop., Le diable le possède, il est possédé
du diable, se dit D'un homme emporté, et qui ne veut point entendre
raison.
POSSÉDER, avec le pronom personnel, signifie, Être maître
de son esprit, de ses passions, de ses mouvements, ne point se laisser troubler
par les circonstances fâcheuses. C'est un homme froid et sage qui se
possède toujours. Il ne se possède point, il est toujours hors de
lui-même. Possédez-vous. Ce général, cet homme de guerre
se possède dans le combat, dans l'action. C'est un orateur qui se possède
et ne se trouble point. C'est un joueur qui se possède également
dans la perte et dans le gain.
Fam., Il ne se possède pas de joie, Il est transporté de
joie, une joie excessive le met hors de lui-même.
POSSÉDÉ, ÉE. participe, Un homme possédé
du démon.
Fig., Être possédé du démon de l'orgueil, de l'avarice,
du jeu, Porter à l'excès l'orgueil, l'avarice, la passion du
jeu.
POSSÉDÉ, est aussi substantif, et signifie, Démoniaque,
homme dont le démon s'est emparé. Exorciser les possédés.
Prov., Il se démène comme un possédé, se
dit D'un homme inquiet, qui se tourmente, qui s'agite beaucoup.
POSSESSEUR .s.m.
Celui qui possède quelque bien, quelque héritage, etc. Légitime
possesseur. Paisible possesseur. Possesseur de bonne foi. Possesseur de fait.
Possesseur à long terme, à titre héréditaire, précaire,
etc. Il est possesseur de tel bien. Il en est possesseur de longue main. Depuis
la mort du dernier possesseur.
POSSESSIF . adj. m.
.Gram. Il n'est usité que dans ces expressions, Pronom possessif,
adjectif possessif, Pronom, adjectif qui sert à marquer la possession
de la chose dont on parle. Mon, ton, son, nos, vos, leurs, sont des adjectifs
possessifs.
POSSESSION . s. f.
Jouissance, liberté, faculté actuelle de disposer ou de jouir
d'un bien. Possession légitime. Possession injuste. Possession paisible.
Être en paisible possession. Possession immémoriale et non interrompue.
Possession annale. Possession d'an et jour. Possession triennale. Possession bien
fondée. Possession de fait. Être en possession. Entrer en possession.
Se mettre en possession. Se faire remettre en possession. Prendre possession d'une
terre, d'un héritage, d'une charge. On lui conteste la possession. Alléguer
la possession. Prise de possession. Être troublé, être inquiété
dans la possession d'un bien. Il s'est mis en possession des meubles et de toute
l'argenterie.
En termes de Jurispr., Possession d'état, Notoriété
qui résulte d'une suite non interrompue d'actes faits par la même
personne en une même qualité. Cette femme a pour elle la possession
d'état.
POSSESSION, se dit aussi Des terres possédées par un État
ou par un particulier. Les possessions de la France dans les Antilles. L'Espagne,
dans ses possessions d'Europe, et dans ses possessions de l'autre hémisphère,
comptait alors tant d'habitants. Il a de grandes possessions dans telle province,
dans tel département. Vous avez là une belle possession.
POSSESSION, se dit quelquefois, absolument et dans un sens particulier,
de La jouissance de certains plaisirs, de certaines choses qu'on a recherchées
avec ardeur. La possession diminue ordinairement le prix des choses qu'on a
le plus désirées. Souvent l'amour s'affaiblit par la possession.
La possession n'a fait qu'augmenter son amour.
Être en possession de faire quelque chose, En avoir la liberté,
en avoir l'habitude. Il est en possession de leur dire les vérités
les plus dures. Il est en possession de plaire dans cette société.
Être en possession de l'estime publique, La posséder, en
jouir.
POSSESSION, en termes de Liturgie, L'état d'un homme qu'on dit
possédé par le démon. La possession diffère de
l'obsession, en ce que, dans la possession, le diable est censé agir au
dedans, et que, dans l'obsession, il est censé agir au dehors.
POSSESSOIRE .s.m.
.Jurisprudence. Il n'est en usage que dans les matières où il
s'agit de La possession d'un bien immobilier. Contester le possessoire d'un
bien. Plaider, juger le possessoire. Se pourvoir au possessoire. Il a gagné
au possessoire. Il a gagné le possessoire, et il poursuit pour faire juger
le pétitoire.
Adjuger le plein possessoire, Adjuger la pleine et entière possession
d'un bien.
POSSESSOIRE, est aussi adjectif féminin dans cette locution, Action
possessoire, Celle par laquelle on tend à être maintenu ou réintégré
dans la possession. Intenter une action possessoire. Se pourvoir par l'action
possessoire.
POSSIBILITÉ . s. f.
Qualité de ce qui est possible. Je trouve de la possibilité
à ce qu'il vous propose. Je ne nie pas la possibilité du fait, mais
je soutiens qu'il n'a pas eu lieu. Il n'y a pas possibilité.
POSSIBLE . adj. des deux genres
Qui peut être, ou qui peut se faire. Ce que vous dites est possible.
Cela est difficile, mais cependant possible. Les êtres possibles. Il a éprouve
tous les malheurs possibles. Cela est dans les choses possibles. Est-il possible
que cela soit? Cela n'est pas possible. Cela ne m'est pas possible. Il n'est pas
possible de rester ici. Faites cela aussi bien qu'il est possible, le mieux qu'il
est possible. Venez le plus tôt qu'il vous sera possible, aussitôt
qu'il vous sera possible. On dit par ellipse, dans le langage familier: Venez
le plus tôt possible, le moins tard possible, le plus promptement possible.
Le moins d'erreurs, de fautes possible. Etc.
S'emploie quelquefois substantivement, au masculin. Les bornes du possible.
Faire le possible, son possible, tout son possible pour qu'une chose soit.
Ces phrases sont familières.
POSTCOMMUNION . s. f.
Oraison que le prêtre dit à la messe, immédiatement après
la prière appelée Communion. Le prêtre en était
à la postcommunion.
POSTDATE . s. f.
Date fausse et postérieure à la vraie date d'un acte, d'une lettre,
etc. Il est peu usité.
POSTDATER . v. a.
Dater une lettre, un acte, d'un temps postérieur à celui où
la lettre a été écrite, où l'acte a été
fait. Postdater une lettre.
POSTDATÉ, ÉE. participe
POSTE . s. f.
Établissement de chevaux, placé de distance en distance, pour
le service des personnes qui veulent voyager avec célérité.
Chevaux de poste. Chaise de poste. On a établi des postes sur telles
et telles routes. Maître de poste. Maître de la poste de tel endroit.
La poste aux chevaux.
Se dit aussi de La manière de voyager avec des chevaux de poste. Prendre
la poste. Aller en poste. Voyager en poste. On dit de même, Courir
la poste, Courir sur des chevaux de poste, ou en chaise avec des chevaux de
poste.
Fig. et fam., Courir la poste, aller un train de poste, Marcher trop
précipitamment, lire ou écrire trop vite, etc. On dit aussi, Faire
tout en courant la poste, faire tout en poste, Faire tout à la hâte.
Ce n'est pas une chose qui se fasse en courant la poste, C'est une chose
qui demande du temps et du soin.
POSTE, se dit aussi de La maison où sont les chevaux qu'on va
prendre pour courir la poste. C'est une poste où il y a de bons chevaux.
Vous serez retardé à la première poste.
POSTE, signifie aussi, en France, Une mesure de chemin fixée communément
à deux lieues. Il y a six postes, poste et demie, double poste, tant
de postes de telle ville à telle autre. Courir trois postes, quatre postes
sur le même cheval.
Poste royale, Poste qui se paye double à l'entrée et à
la sortie de certaines villes principales, et des lieux où est la cour.
POSTE, se dit aussi de L'exercice qu'on fait en courant la poste à
cheval. La poste fatigue beaucoup. La poste l'a mis en tel état, qu'il
ne peut presque se remuer.
POSTE, se dit encore d'Un établissement formé et dirigé
par le gouvernement pour le transport des lettres d'un pays, d'un lieu à
un autre. La poste est une invention des temps modernes. La poste est une branche
des revenus de l'État. Le service de la poste est maintenant journalier
dans toute la France.
Se dit aussi Du courrier qui porte les lettres. La poste va partir. Portez
cette lettre avant que la poste soit partie. La poste vient d'arriver, ne fait
que d'arriver. C'est aujourd'hui jour de poste pour l'Italie.
Grande poste, Celle qui porte les lettres dans les provinces et dans
les pays étrangers. Petite poste, Celle qui porte les lettres dans
la ville et dans la banlieue.
Poste restante. Mots qu'on écrit sur l'adresse d'une lettre, pour
avertir qu'elle doit rester au bureau de l'endroit où on l'envoie, jusqu'à
ce que la personne à qui elle est adressée la réclame.
Malle-poste. Voyez MALLE.
POSTE, se dit aussi de La maison, du bureau où l'on porte les
lettres qui doivent être envoyées, et où sont distribuées
celles qui arrivent. La poste aux lettres. Directeur de la poste aux lettres.
Les commis, les employés de la poste. L'administration des postes. La poste
est dans telle rue. Porter ses lettres à la poste. On dit, dans le
même sens, Le bureau de la poste, un bureau de poste.
À POSTE. loc. adv. À certains termes différents
dont on est convenu. Acheter, vendre, payer à poste. Il est vieux.
À SA POSTE. loc. adv. À sa disposition, à sa convenance.
Mettre des gens à sa poste en quelque endroit. Avoir un médecin
à sa poste. C'est un emploi tout fait à sa poste, Qui lui convient
bien. Il est vieux.
POSTE . s. f.
Se dit de Certaines petites balles de plomb dont on charge un fusil, un pistolet,
etc. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. Son fusil était chargé
de douze ou quinze postes.
POSTE . s. f.
T. d'Archit. Voyez POSTES.
POSTE .s.m.
.Guerre. Lieu où un soldat, un officier est placé par son chef;
lieu où l'on a placé des troupes, ou qui est propre à en
recevoir, pour une opération militaire. Poste avancé. Poste avantageux.
Poste dangereux, périlleux. Mauvais poste. Quitter un poste. Garder son
poste. Défendre son poste. Emporter un poste. On les a chassés du
poste où ils étaient. On força les ennemis dans leur poste.
Ce ne fut qu'une affaire de poste. Faire la guerre de postes.
Se dit quelquefois particulièrement d'Un corps de garde. Le poste
de la mairie. Le poste de telle rue, de l'état-major. Se rendre au poste.
Entrer au poste. La garde sortit du poste. Les grands postes. Les petits postes.
Visiter les postes de la ville.
Poste d'honneur, Celui qui est regardé comme le plus périlleux.
On appelle aussi Poste d'honneur, Celui qui est établi pour garder
un personnage éminent, un corps constitué, etc., et lui rendre des
honneurs.
POSTE, se dit aussi Des soldats placés ou destinés à
être placés dans un poste. Enlever un poste. Retirer un poste.
Relever un poste. Replier un poste. Former les postes au quartier. Tirer les postes.
Un poste de garde nationale, de la ligne, de garde municipale, etc. Doubler les
postes. Chef de poste.
POSTE, se dit aussi de Toute sorte d'emplois et de fonctions. Être
dans un poste élevé, dans un poste considérable. Il est dans
un joli poste. Il occupe un poste envié par bien des gens. Il ne se plaît
guère dans le poste où on l'a mis. Il est dans un poste désagréable.
Il mériterait un meilleur poste.
Être à poste fixe dans un lieu, Y être à demeure,
y être sédentaire.
Être à son poste, Être où le devoir exige que
l'on soit. Ce commis est toujours à son poste. On dit dans le même
sens, Aller, se rendre, retourner à son poste; mourir à son poste.
POSTER . v. a.
Placer quelqu'un en quelque endroit. Poster des tireurs pour le loup, pour
le sanglier. On l'avait posté au coin du bois.
Il signifie particulièrement, en termes de Guerre, Placer quelqu'un ou
quelque corps dans un lieu, afin qu'il garde le poste où on l'a mis, ou
qu'il observe ce qui se passe, ou qu'il puisse combattre avantageusement, etc.
Poster avantageusement des troupes; les poster sur une éminence. On
les a postés sur les bords de cette rivière, pour en défendre
le passage aux ennemis. On l'a posté en cet endroit, pour avoir l'oeil
à tout ce qui s'y passe.
S'emploie aussi avec le pronom personnel. Il s'était posté
au coin du bois pour attendre la bête. Se poster sur un arbre. Ce détachement
ennemi s'était posté sur une éminence.
POSTÉ, ÉE. participe, Nous sommes ici mal postés
pour voir.
Il est bien posté, se dit D'un homme à qui l'on a donné
une place avantageuse.
Fam. et ironiq., Nous voilà lien postés, Nous sommes dans
un fâcheux embarras.
POSTÉRIEUR , EURE. adj.
Qui suit, qui est après dans l'ordre des temps. Votre hypothèque
est postérieure à la sienne. Son droit est postérieur au
mien. Ce testament a été annulé par un testament postérieur.
Date postérieure. À une époque postérieure. Cet ouvrage,
cet auteur est postérieur à tel autre.
Se dit aussi par rapport à la situation, et signifie, Qui est derrière.
La partie antérieure, la partie postérieure de la tête.
POSTÉRIEUR, s'emploie quelquefois substantivement, et signifie,
Le derrière, les fesses. Il est familier.
POSTÉRIEUREMENT . adv. de temps
Après. Cet acte fut fait postérieurement à l'autre.
Cela est arrivé postérieurement à ce que vous dites, n'est
arrivé que postérieurement.
POSTERIORI
(À).
.Logique, emprunté du latin. Il signifie, De ce qui suit, de ce qui est
postérieur. Raisonner à posteriori, Prouver la vérité
ou la fausseté d'une proposition d'après les conséquences
vraies ou fausses qui en sortiraient nécessairement.
POSTÉRIORITÉ . s. f.
État d'une chose postérieure à une autre. Postériorité
de date. Postériorité de temps. Postériorité d'hypothèque.
Il n'est guère usité que dans ces sortes de phrases.
POSTÉRITÉ . s. f. coll.
Suite de ceux qui descendent d'une même origine. Toute la postérité
d'Adam. La postérité d'Abraham. Il a laissé une nombreuse
postérité. Il est mort sans laisser aucune postérité,
sans laisser de postérité, sans postérité. Il fut
dégradé de noblesse, lui et toute sa postérité. La
postérité féminine. La postérité masculine
de François Ier a fini à Henri III.
POSTÉRITÉ, se dit aussi, généralement, de
Tous ceux qui viendront ou qui sont venus après une certaine époque.
Écrire, travailler pour la postérité. Transmettre son
nom à la postérité la plus reculée, jusqu'à
la dernière postérité. Le jugement de la postérité
est ordinairement plus favorable au mérite des grands hommes, que celui
de leur siècle. La postérité en jugera. La postérité
a jugé du mérite de tel auteur. En appeler à la postérité.
POSTES . s. f. pl.
Ornement d'architecture, de peu de relief, qu'on place ordinairement sur les
plinthes, et qui est une sorte d'enroulements courants.
POSTFACE . s. f.
Avertissement placé à la fin d'un livre. Quelques auteurs,
par bizarrerie, font des postfaces. La préface et la postface de son livre.
POSTHUME . adj. des deux genres
Qui est né après la mort de son père. Un enfant posthume.
Un fils posthume. Une fille posthume. S'emploie aussi substantivement. C'est
un posthume.
POSTHUME, se dit encore D'un ouvrage qui paraît, pour la première
fois, après la mort de l'auteur. Ouvrage posthume. OEuvres posthumes.
Il a laissé des oeuvres posthumes.
POSTICHE . adj. des deux genres
Fait et ajouté après coup. Les ornements de ce portail sont
postiches.
Des dents postiches, De fausses dents. Des cheveux postiches,
De faux cheveux.
POSTICHE, signifie aussi, Qui ne convient point au lieu où il
est placé. Cet épisode est postiche. Tous ces embellissements
sont postiches et mal assortis.
POSTICHE, en termes de Guerre, se dit D'un homme qui tient momentanément
la place d'un autre. Ainsi on appelle Grenadier postiche, caporal postiche,
Un fusilier qui ne sert que provisoirement dans les grenadiers, un simple soldat
qui fait les fonctions de caporal.
POSTILLON .s.m.
Homme attaché au service de la poste aux chevaux, pour conduire les voyageurs.
Suivre le postillon. Payer un postillon. Démonter son postillon pour
changer de cheval.
Se dit aussi de Celui qui monte sur un des chevaux de devant d'un attelage,
qui mène les chevaux attelés à une voiture. Le postillon
d'une diligence. Le postillon qui menait la chaise, la malle-poste, la voiture.
Un bon postillon. Un jeune postillon.
POSTILLON, au Trictrac, au Piquet à écrire, Chacun des
marqués qu'un joueur fait par delà la moitié du nombre de
marqués convenu pour la partie. Donner, avoir un postillon, deux postillons,
etc. Vous avez le postillon.
POSTSCÉNIUM .s.m.
(On prononce Postcéniome.) T. d'Antiq. La partie du théâtre
des anciens qui était située derrière la scène, et
où les acteurs attendaient l'instant de paraître.
POST-SCRIPTUM .s.m.
(On prononce Scriptome.) Mot pris du latin. Se dit de Ce qu'on ajoute
à une lettre après la signature, et qu'on marque ordinairement par
ces deux lettres, P. S. Lisez le post-scriptum. Il met des post-scriptum à
toutes ses lettres.
POSTULANT , ANTE. s.
Celui, celle qui demande, qui recherche avec beaucoup d'instance. Il y avait
plusieurs postulants pour cette place, pour cet emploi.
Se dit, particulièrement, de Celui ou de celle qui demande à être
admis dans une maison religieuse. Il est postulant, elle est postulante depuis
six mois pour entrer au noviciat de tel couvent.
Il se disait autrefois, en termes de Pratique, Des avocats et des procureurs
qui s'adonnaient à l'exercice de leur état, par opposition à
ceux qui en avaient quitté les fonctions. On le disait également
Des procureurs, des avocats, et même des praticiens sans titre, qui plaidaient
dans les justices inférieures. Dans ces deux acceptions, il s'employait
surtout comme adjectif. Avocat postulant. Procureur postulant.
POSTULATION . s. f.
.Palais. Action de postuler, d'occuper pour une partie, devant un tribunal.
POSTULATION, en Matière ecclésiastique, se dit, principalement
en parlant Des bénéfices d'Allemagne, lorsqu'un chapitre voulant
promouvoir à quelque dignité un prélat à l'élection
duquel il y a un empêchement canonique, ceux qui ont droit d'élire
s'adressent au supérieur ecclésiastique, afin qu'il accorde une
dispense. Il a été élu par voie de postulation.
POSTULER . v. a.
Demander avec instance, insister pour obtenir quelque chose. Postuler un
emploi, une place. Postuler l'admission dans une maison religieuse. On l'a fait
longtemps postuler. Postuler sa réception dans une compagnie.
POSTULER, en termes de Palais, se dit D'un avoué qui occupe pour
une partie, et qui fait tous les actes de procédure nécessaires
à l'instruction de l'affaire. En ce sens, il est neutre. Cet avoué
a été interdit, il lui est défendu de postuler pour personne.
POSTULER, se dit aussi en Matière ecclésiastique. Ce
chapitre postule un tel pour évêque. Tel évêque a été
postulé pour tel archevêché. Voyez POSTULATION.
POSTULÉ, ÉE. participe
POSTURE . s. f.
État, situation où se tient le corps; manière dont on tient
son corps, sa tête, ses bras, ses jambes, etc. Posture commode, incommode,
libre, naturelle, forcée, gênée, contrainte, indécente,
ridicule. Voilà un homme qui est dans une plaisante posture. Se tenir dans
une posture modeste, respectueuse. Vous êtes là dans une posture
peu convenable. Il le menaça, et se mit en posture de le frapper. Il s'est
présenté au prince en posture de suppliant. Il ne sait dans quelle
posture se mettre. Posture grotesque, bizarre, extravagante. Faire des postures
de bateleur, de baladin.
Danses de postures, Celles où les danseurs affectent certaines
postures bizarres.
POSTURE, se dit figurément de L'état où est quelqu'un
par rapport à sa fortune. Il est en bonne posture auprès de ce
prince. Il était en bonne posture à la cour. Il y est en mauvaise
posture.
POT .s.m.
Vase de terre ou de métal servant à divers usages. Pot de terre.
Pot de fer. Pot de cuivre. Pot de faïence. Pot d'argent. Pot d'étain.
Pot de grès. Pot de porcelaine. Pot sans anse. Pot à deux anses.
Fam., Sourd comme un pot, bête comme un pot, Extrêmement
sourd, extrêmement bête.
POT, suivi de la préposition à, exprime la destination
du vase; et suivi de la préposition de, il en exprime l'usage actuel.
Pot à l'eau, pot au lait, pot à beurre, pot à confitures,
pot à fleurs, etc., Pot à mettre de l'eau, du lait, du beurre,
des confitures, des fleurs, etc. Pot d'eau, pot de lait, pot de beurre, pot
de confitures, pot de fleurs, etc., Pot rempli d'eau, de lait, pot où
il y a du beurre, des confitures, des fleurs, etc.
Pot à oille, Pot à faire une espèce de potage où
il entre différentes sortes de viandes et de racines.
Pot de chambre, Vase dont on se sert pour les besoins naturels.
POT, signifie aussi, Une mesure qui contient deux pintes. Un pot de
vin. Un pot de bière. Le pot de vin coûte tant dans ce pays-là.
Vendre à pot et à pinte.
POT, se dit absolument Du pot, de la marmite où l'on met bouillir
la viande. Mettre le pot au feu. Faire bouillir le pot. Saler, écumer
le pot. Le couvercle du pot. Henri IV voulait que tous les paysans de son royaume
pussent mettre la poule au pot le dimanche.
Cuiller à pot, Grande cuiller de bois ou de métal qui sert
à prendre du bouillon dans le pot.
Croûte au pot, Croûte que l'on fait tremper dans le pot avant
de le retirer du feu.
Pot-au-feu, La quantité de viande destinée à être
mise dans le pot. Mettre un pot-au-feu, trois pot-au-feu. Un pot-au-feu de
trois livres de viande, de trois livres.
Fig. et fam., On n'en mettra pas plus grand pot-au-feu, On n'en fera
pas plus de dépense, on n'y fera pas plus de cérémonie, on
ne s'en mettra pas plus en peine.
Fam., Courir la fortune du pot, S'exposer à faire mauvaise chère
en allant dîner dans une maison où l'on n'est point attendu.
Prov. et fig., Ils sont ensemble à pot et à rôt,
se dit De deux personnes qui vivent ensemble très-familièrement.
Il est à pot et à rôt dans cette maison, se dit D'un
homme qui mange souvent dans une maison, et qui y vit familièrement.
Pot pourri, Différentes sortes de viandes assaisonnées
et cuites ensemble avec diverses sortes de légumes.
Fig., Pot pourri, Diverses sortes de fleurs et d'herbes odoriférantes
mêlées ensemble dans un vase, pour parfumer une chambre.
Fig., Pot pourri, Morceau de musique, composé de différents
airs connus. Se dit aussi d'Une chanson dont les couplets sont sur différents
airs.
Fig. et fam., Pot pourri, Livre ou autre ouvrage d'esprit, composé
de divers morceaux assemblés sans ordre, sans liaison, et le plus souvent
sans choix. L'ouvrage qu'il a donné depuis peu n'est qu'un pot pourri.
C'est un pot pourri de tout ce qu'il a jamais lu dans toutes sortes d'auteurs.
Fig. et fam., Il en a fait un pot pourri, se dit D'un homme qui, parlant
sur quelque matière, a tellement confondu les faits et les circonstances,
qu'on n'y a pu rien comprendre. Il a fait un pot pourri de tout cela, on n'y
a rien compris.
Prov. et fig., C'est le pot de terre contre le pot de fer, se dit D'un
homme sans appui, qui a un démêlé avec un homme puissant.
Prov. et fig., Un pot fêlé dure longtemps, Une personne,
quoique infirme et valétudinaire, ne laisse pas quelquefois de vivre longtemps.
Prov. et fig., On fait de bonne soupe dans un vieux pot, Les vieilles
choses ne laissent pas de servir.
Prov. et fig., Il parle comme un pot cassé, il a une voix de pot cassé,
se dit D'un homme qui a la voix cassée.
Prov. et fig., Il en payera les pots cassés, se dit D'un homme
sur qui l'on croit que les frais, la perte, le dommage d'une affaire doivent retomber.
Prov. et fig., Tourner autour du pot, User de détours inutiles,
au lieu d'aller au fait. Expliquez-vous clairement, sans tant tourner autour
du pot.
Prov. et fig., Découvrir le pot aux roses, Découvrir le
fin, le mystère de quelque affaire secrète, de quelque intrigue.
Il croyait qu'on ne saurait rien de ses intrigues, mais on a découvert
le pot aux roses. Il avait tout le secret de l'intrigue, il est allé découvrir
le pot aux roses.
Prov. et fig., Ce n'est pas par là que le pot s'enfuit, Ce n'est
pas là le défaut qu'on peut reprendre dans cette personne; Ce n'est
pas par là que cette affaire peut manquer.
Fig., Gare le pot au noir, se dit, au Jeu de colin-maillard, Pour avertir
celui qui a les yeux bandés, qu'il court risque de se heurter contre quelque
chose.
Prov. et fig., Gare le pot au noir, se dit Pour annoncer qu'il y a, dans
une affaire, quelque inconvénient, quelque danger à prévoir.
On dit dans un sens analogue: Il a donné dans le pot au noir. J'ai craint
le pot au noir.
Soeurs du pot, Filles qui vivent en communauté, et qui soignent
les malades.
Pot-de-vin, Ce qui se donne par manière de présent au delà
du prix qui a été convenu pour un marché. On lui donne
tant pour le pot-de-vin. Il a eu tant de pot-de-vin. Il a stipulé qu'il
aurait mille francs de pot-de-vin. Cet intendant s'est enrichi par les pots-de-vin.
Pot à feu, Pièce de feu d'artifice, faite en forme de pot,
de vase, et remplie de fusées et d'autres artifices semblables.
Pot à feu, Pot de fer rempli d'artifices, et dont on se sert dans
les siéges. Se dit aussi d'Un gros lampion, d'un falot.
POT, signifie aussi, Casque, habillement de tête d'un homme de
guerre. Tous les cavaliers avaient le pot en tête. Mettre le pot en tête.
En ce sens, il est vieux.
POTABLE . adj. des deux genres
Qui se peut boire, qu'on peut boire sans répugnance. Du vin qui n'est
pas potable. Une liqueur potable. Ce vin n'est pas excellent, mais il est potable.
Or potable, De l'or rendu liquide et qu'on peut boire. Il prétendait
avoir trouvé le secret de l'or potable.
POTAGE .s.m.
Aliment fait de bouillon et de tranches de pain, ou de quelque autre substance
alimentaire. Potage gras. Potage maigre. Potage de santé. Potage aux
herbes. Potage aux choux. Potage aux oignons. Potage aux pois. Potage au riz.
Potage au vermicelle. Potage à la purée. Potage à l'eau.
Potage au lait. Potage aux moules. Potage à la julienne. Faire mitonner
un potage. Manger du potage. Dresser le potage. Servir le potage.
POUR TOUT POTAGE. loc. adv. et fig. Pour toute chose. Nous nous attendions
à bien dîner, nous n'avons eu que deux mauvais poulets pour tout
potage. Il croyait tirer une grosse somme de cette affaire, mais il n'en a eu
que cent francs pour tout potage. Il est familier.
POTAGER .s.m.
Jardin destiné pour y semer, planter, cultiver toutes sortes d'herbages,
de légumes et de fruits. Un beau potager. Un excellent potager. Un potager
qui est dans une belle exposition. Les carrés d'un potager. Les arbres
nains d'un potager.
Se dit aussi d'Une sorte de foyer élevé, qui est pratiqué
dans une cuisine pour y dresser les potages, pour les y faire mitonner, et pour
faire les ragoûts. Faire un potager. Les réchauds d'un potager.
Se dit encore d'Un pot de terre ou d'étain dans lequel on porte à
dîner à certains ouvriers.
POTAGER , ÈRE. adj.
Il n'est usité que dans ces locutions: Jardin potager, Jardin
destiné à la culture des légumes; Herbes, plantes, racines
potagères, Herbes, etc., dont on se sert pour le potage, et généralement
toutes celles que l'on cultive dans un potager.
POTASSE . s. f.
.Chimie. Matière solide, blanche, très-caustique, qui n'est que
l'oxyde de potassium ordinairement uni à l'eau, et que les chimistes emploient
comme réactif. La pierre à cautère n'a de vertu que par
la grande quantité de potasse qu'elle contient. La potasse est l'une des
bases salifiables les plus puissantes. La potasse dissout toutes les matières
animales; elle attaque et détruit par la chaleur le rubis, l'émeraude
et les autres pierres précieuses.
Potasse du commerce, ou simplement, Potasse, Substance alcaline
qui résulte d'un mélange de carbonate de potasse, de sulfate de
potasse, et de chlorure de potassium, et que l'on extrait, par lixiviation et
évaporation, des cendres de bois ou de plantes non marines. Potasse
de Russie, de Dantzig, de Trèves, d'Amérique. La potasse de Russie
et celle d'Amérique sont les plus estimées dans le commerce. La
potasse sert à la préparation du nitre, de l'alun, du bleu de Prusse,
du savon mou, du verre.
POTASSIUM .s.m.
(On prononce Potassiome.) .Chimie. Substance métallique qui est
la base de la potasse pure. Le potassium est une découverte de la chimie
moderne.
POTE . adj. f.
Il n'est usité que dans cette locution familière, Main pote,
Main grosse ou enflée, et dont on ne saurait s'aider que malaisément.
Il a la main pote. Il a une main pote. Il n'a pas les mains potes quand il
faut recevoir de l'argent.
POTEAU .s.m.
Pièce de bois de charpente, posée debout. Les poteaux sont
ordinairement de la grosseur d'une solive. Les poteaux d'une cloison. Il manque
un poteau à cette cloison. Cloison à poteaux apparents, à
poteaux recouverts. Poteau d'huisserie, de croisée, de lucarne, de membrure.
Poteau cornier, Celui qui est à l'encoignure de deux pans de bois.
Dans les anciens édifices, les poteaux corniers restaient à découvert,
et étaient ornés de sculptures peintes.
Poteau de décharge, Pièce de bois inclinée dans
l'intérieur d'une cloison ou d'un pan de bois, pour soulager la charge.
POTEAU, se dit aussi d'Une grosse et longue pièce de bois posée
droit en terre, et servant à divers usages. Planter un poteau. Arracher
un poteau. Il n'y avait que les seigneurs hauts justiciers qui eussent droit de
poteau, qui eussent droit de faire placer des poteaux dans leurs terres avec leurs
armes. Il avait fait mettre des poteaux dans toutes ses terres. Attacher un criminel
à un poteau. Des poteaux pour marquer les chemins. Mettre des poteaux dans
une rue, pour empêcher les voitures de passer.
POTÉE . s. f.
Ce qui est contenu dans un pot. On lui a jeté une potée d'eau.
Fig. et pop., Une potée d'enfants, Un grand nombre d'enfants.
Prov., Il est éveillé comme une potée de souris,
se dit D'un enfant fort vif, fort remuant et fort gai.
POTÉE . s. f.
Oxyde d'étain; étain calciné qui sert à polir. Potée
d'étain.
Potée d'émeri, La poudre qui se trouve sur les meules qui
ont servi pour tailler les pierreries.
POTÉE, en termes de Fondeur, Composition préparée
avec de l'argile, de la fiente de cheval et de la bourre, qui sert à former
un moule. Moule de potée.
POTELÉ , ÉE. adj.
Gras et plein. Il n'est guère usité qu'en parlant De la charnure
des enfants et des jeunes personnes. Un enfant potelé. Des joues potelées.
Des bras potelés. Des mains potelées.
POTELET .s.m.
.Charpent. Se dit de Petits poteaux qui servent principalement à garnir
des pans de bois.
POTENCE . s. f.
Assemblage de trois pièces de bois ou de fer, dont une est posée
verticalement, une autre est mise dessus en travers, et la troisième est
entée dans celle qui est verticale, et soutient l'extrémité
de celle qui est en travers. Mettre une potence pour soutenir, pour étayer
une poutre. Il faut mettre une double potence pour mieux soutenir cette poutre.
Les potences de fer servent principalement à porter des balcons, des poulies,
des lanternes, etc. Les enseignes des aubergistes sont ordinairement soutenues
par des potences de fer ou de bois.
Se dit particulièrement d'Un gibet, de l'instrument servant au supplice
de ceux que l'on pend. Planter, dresser une potence. Mener à la potence.
Mettre, attacher à la potence.
Se dit aussi Du supplice même. On l'a condamné à la potence.
Il mérite la potence.
Fig. et pop., Gibier de potence, se dit d'Un ou de plusieurs hommes dont
les actions semblent mériter d'être punies en justice. Cet homme
est un gibier de potence. Ces gens-là sont du gibier de potence.
Traîne-potence. Voyez TRAÎNER.
POTENCE, en termes de Manége, Le morceau de bois où pend
la bague.
Brider la potence, Donner contre ce morceau de bois, au lieu d'emporter
la bague, ou de la toucher.
POTENCE, se dit aussi d'Une mesure qui sert à juger de la hauteur,
de la taille des hommes et des chevaux. La potence est, à l'égard
des chevaux, une mesure beaucoup plus juste que la chaîne. Ce cheval a quatre
pieds huit pouces sous potence.
POTENCE, se dit encore d'Une sorte de béquille ou de bâton
en forme de T, dont un homme faible ou estropié se sert pour marcher, en
le mettant sous son aisselle, et s'appuyant dessus. Marcher avec des potences.
Il ne va plus qu'avec des potences.
En termes de Tactique, L'armée est campée, est rangée
en potence, Son front ne fait pas une seule ligne droite, et la direction
d'une des ailes fait un angle avec celle du centre.
Table en potence, Table longue, vers l'un des bouts de laquelle il y
en a une autre qui est en travers.
POTENTAT .s.m.
Celui qui a la puissance souveraine dans un grand État. C'est un des
plus grands potentats du monde. Tous les potentats de l'Europe. Il est du
style soutenu.
Fam., C'est un petit potentat; il se croit un potentat; il tranche du potentat,
Il affecte une importance qui ne lui appartient pas.
POTENTIEL , ELLE. adj.
.Médec. Se dit Des remèdes qui, quoique très-énergiques,
n'agissent que quelque temps après leur application; à la différence
Des remèdes actuels, qui produisent leur effet sur-le-champ. La pierre
infernale est un cautère potentiel, et le bouton de fer rouge est un cautère
actuel.
En termes de Grammaire grecque, Particule potentielle. Nom que l'on donne
à la particule [grec], parce qu'elle sert ordinairement à indiquer
que l'action du verbe auquel on la joint est considérée comme possible,
douteuse, hypothétique.
POTERIE . s. f.
Toute sorte de vaisselle de terre ou d'étain. Vendre, acheter, fabriquer
de la poterie. Poterie de terre. Poterie d'étain.
POTERIE, en Architecture, se dit de Ces espèces de pots qu'on
emploie quelquefois dans la construction des voûtes et des planchers, etc.
Une voûte de poterie.
Se dit aussi quelquefois d'Une chausse d'aisance ou d'une descente faite avec
des tuyaux de terre cuite ajustés bout à bout.
POTERNE . s. f.
.Fortification. Fausse porte, galerie souterraine, ménagée pour
faire des sorties secrètes, et qui communique de l'intérieur d'une
place ou d'un ouvrage, dans le fossé de cette place ou de cet ouvrage.
Le gouverneur fit descendre cinquante grenadiers par la poterne.
POTIER .s.m.
Celui qui fait, qui vend des pots et de la vaisselle de terre.
Potier d'étain, Celui qui fait, qui vend toute sorte de vaisselle
d'étain.
POTIN .s.m.
Mélange de cuivre jaune et de quelques parties de cuivre rouge. Se dit
aussi d'Une sorte de cuivre formé des lavures que donne la fabrication
du laiton, et auxquelles on mêle du plomb ou de l'étain. Le premier
se nomme ordinairement Potin jaune, et le second Potin gris.
POTION . s. f.
(On prononce Pocion.) .Médec. Remède qui s'administre sous
forme liquide, et qu'on ne boit ordinairement qu'à petite dose. Potion
cordiale, pectorale, céphalique, stomachique, hystérique, antispasmodique,
vulnéraire, carminative, etc. Potion calmante, adoucissante, anodine, stimulante,
etc. Prendre d'heure en heure une cuillerée de sa potion.
POTIRON .s.m.
Espèce de citrouille ronde. Manger du potiron. Soupe de potiron, au
potiron.
POTRON-JAQUET
ou POTRON-MINET.s.m.
Mots populaires qui ne sont usités que dans ces locutions, Dès
le potron-jaquet, dès le potron-minet, Dès la pointe du jour.
POU .s.m.
Insecte parasite qui s'attache à plusieurs espèces d'animaux.
Les cochons, les sangliers, et la plupart des oiseaux, sont sujets aux poux.
Se dit, particulièrement, Des insectes de ce genre qui s'attachent au
corps de l'homme, et qui se tiennent dans les cheveux, dans les vêtements,
etc. La malpropreté engendre des poux. Avoir des poux. Tuer des poux.
Chercher ses poux. Gagner des poux; et, dans le même sens, Prendre
des poux. Cet enfant est plein de poux, il est mangé de poux, les poux
le mangent, Il est fort incommodé des poux. Il y a des poux de tête
et des poux de corps. Hérode mourut mangé des poux.
Fig. et pop., C'est un pou affamé, se dit D'un homme gueux et
avide de gain, qui entre dans quelque emploi lucratif.
Prov., Il est laid comme un pou, se dit D'un homme fort laid.
Prov., fig. et pop., Chercher à quelqu'un des poux à la tête,
Lui faire une mauvaise querelle, lui chercher chicane à propos de rien
et dans le dessein de s'en débarrasser.
Prov. et fig., Il écorcherait un pou pour en avoir la peau, se
dit D'un homme avare, excessivement parcimonieux.
POUACRE . adj. des deux genres
T. d'injure. Salope, vilain. Il faut être bien pouacre pour faire de
ces saletés-là. Il est populaire.
Il est aussi substantif. C'est un pouacre, c'est un vilain pouacre.
POUAH . Interjection familière
qui exprime le dégoût. Pouah, quelle infection!
POUCE .s.m.
Le plus gros et le plus court des doigts de la main. Avoir mal au pouce.
Fig. et fam., Serrer les pouces à quelqu'un, Le contraindre par
des menaces à dire ce qu'on veut savoir de lui.
Fig. et fam., Se mordre les pouces d'une chose, S'en repentir. Il
a fait un sot mariage, il s'en mordra les pouces. J'ai prêté de l'argent
à ce joueur, je m'en suis bien mordu les pouces.
Fig. et pop., Jouer du pouce, Compter de l'argent pour faire un payement.
Il lui a fallu jouer du pouce pour sortir d'affaire.
Fam., Il y met les quatre doigts et le pouce, se dit D'un homme qui prend
avidement et malproprement dans un plat ce qui est à sa portée.
Cela se dit, par extension, en parlant De tout ce qu'une personne fait sans ménagement
et sans délicatesse.
Prov. et fig., Mettre les pouces, Se rendre, céder après
une résistance plus ou moins longue. Je l'ai forcé à mettre
les pouces. Il a fallu qu'il mît les pouces.
Fam., J'aimerais autant baiser mon pouce, se dit en parlant D'une chose
qui fait peu de plaisir.
Fam., Manger, déjeuner sur le pouce, À la hâte, sans
prendre le temps de s'asseoir.
POUCE, se dit aussi d'Une mesure qui fait la douzième partie d'un
pied de roi, et qui se divise en douze lignes. Il y a douze pouces au pied.
Cela a dix pouces de long, deux pouces et demi de large, deux pouces trois lignes
de haut.
Fig., N'avoir pas un pouce de terre, N'avoir aucun bien en fonds.
Prov. et fig., Si on lui en donne un pouce, il en prendra long comme le bras,
se dit D'un inférieur disposé à abuser de la liberté
qu'on lui donne.
Pouce d'eau, La quantité d'eau qui s'écoule par une ouverture
circulaire et verticale, d'un pouce de diamètre, faite à l'un des
côtés d'un réservoir, un pouce au-dessous du niveau de l'eau;
ce qui produit environ quatorze pintes par minute. Il y a tant de pouces d'eau
dans son jardin.
POUCIER .s.m.
Morceau de fer-blanc, de corne, de cuivre ou d'autre matière, dont certains
ouvriers se couvrent le pouce pour travailler.
POU-DE-SOIE .s.m.
Étoffe de soie, unie et sans lustre, dont le grain est gros comme celui
du gros de Naples, et moins serré que celui du gros de Tours. Quelques-uns
écrivent, Pout-de-soie.
POUDING .s.m.
(On prononce Poudingue.) Mets composé ordinairement de mie de
pain, de moelle de boeuf, de raisin de Corinthe et autres ingrédients.
Le pouding est un mets anglais. Il y a des poudings de plusieurs sortes.
POUDINGUE .s.m.
.Minéralogie. Concrétion formée d'un mélange de
petits cailloux, réunis ensemble par un ciment pierreux aussi dur que les
cailloux mêmes. Le poudingue prend le plus beau poli. On fait avec le
poudingue des vases et des bijoux.
POUDRE . s. f.
Poussière, petites particules de terre desséchée, qui s'élèvent
en l'air à la moindre agitation, au moindre vent. Poudre légère,
menue, épaisse. Il y a beaucoup de poudre dans la campagne. Il serait nécessaire
qu'il plût pour abattre la poudre. Il fait aujourd'hui beaucoup de poudre.
La poudre vole. On ne se voit point à cause de la poudre. Un tourbillon
de poudre. Faire tomber la poudre. Secouer la poudre de dessus ses habits. Des
souliers tout blancs de poudre, tout couverts de poudre. Dieu a dit au premier
homme: Tu es poudre, et tu retourneras en poudre.
Ce pain sent la poudre, se dit Du pain fait avec du blé qui a
contracté un goût de poudre.
Fig. et fam., Jeter de la poudre aux yeux, Imposer, éblouir par
ses discours et par ses manières.
Par exagérat., Mettre en poudre, réduire en poudre une ville,
un château, des fortifications, Les ruiner, les abattre, les détruire.
Le canon a réduit ces murailles, cette place en poudre.
Fig., Mettre en poudre un ouvrage, un raisonnement, Critiquer un ouvrage,
réfuter un raisonnement, de manière à n'en laisser rien subsister.
Fig. et poétiq., Faire mordre la poudre à ses ennemis,
Les tuer dans un combat.
POUDRE, se dit aussi en parlant Des différents corps, des différentes
substances solides qu'on a broyées ou pilées, et réduites
en molécules très-petites. De la poudre d'iris. De la poudre
de corail pour les dents. De la poudre de violette. Poudres de senteur. Du sucre
en poudre. Du tabac en poudre. Du café en poudre. Mettez, réduisez
cette substance en poudre.
Poudre impalpable, Poudre si déliée, qu'on ne la sent presque
pas sous le doigt.
Poudre de diamants, Poudre faite de diamants broyés, et dont on
se sert pour tailler les diamants. Se dit, par extension, Des diamants qui sont
si petits, qu'à peine les peut-on mettre en oeuvre. Ce n'est là
que de la poudre de diamants.
Poudre d'or, L'or qui est en petites parcelles. De la poudre d'or
de Guinée.
Poudre de projection, Celle à laquelle les alchimistes attribuaient
la puissance de convertir en or les autres métaux.
POUDRE, se dit aussi de Divers médicaments, simples ou composés,
qui sont sous la forme de poudre. Poudre médicinale. Poudre purgative.
Poudre vermifuge, pectorale, sternutatoire, dentifrice, antispasmodique, etc.
Poudre d'ipécacuana. Poudre de magnésie. Une poudre d'une grande
vertu. Prendre des poudres.
Fig. et pop., Prendre la poudre d'escampette, S'évader, s'enfuir.
Fig. et pop., Poudre de perlimpinpin, Poudre sans efficacité que
les charlatans débitent comme guérissant toute sorte de maux.
POUDRE, se dit aussi de Ce qu'on met sur l'écriture pour la sécher,
et pour empêcher qu'elle ne s'efface. De la poudre de buis. De la poudre
de bois de Brésil. Mettre de la poudre sur une lettre.
POUDRE, se dit encore de L'amidon pulvérisé dont on se
sert pour les cheveux. On l'appelle plus particulièrement Poudre à
poudrer. Poudre purgée à l'esprit-de-vin. Poudre rousse. Poudre
de senteur, de fleur d'orange, de jasmin, etc. Mettre de la poudre. Sac à
poudre. Boîte à poudre. Bien peu de gens aujourd'hui portent de la
poudre.
Un oeil de poudre, un petit oeil de poudre, Une teinte légère
de poudre. Ses cheveux n'avaient qu'un oeil de poudre. Son perruquier ne lui
a mis qu'un oeil de poudre.
POUDRE, se dit en outre d'Un mélange de salpêtre, de soufre
et de charbon, qui s'enflamme aisément, et sert à charger les canons,
les fusils, et autres armes à feu. On l'appelle plus particulièrement
Poudre à canon. Bonne poudre. Grosse poudre. Poudre fine. Une livre
de poudre. Baril de poudre. Moulin à poudre. Magasin à poudre. On
ne trouva pas un grain de poudre dans le magasin. La soute aux poudres. Le feu
prit aux poudres. On fit sauter le vaisseau en mettant le feu aux poudres. Le
fusil ne prit pas feu, parce que la poudre était mouillée. Poire
à poudre.
Poudre à giboyer, et plus ordinairement, Poudre à tirer,
La poudre la plus fine, qui sert à la chasse.
Poudre de mine, La poudre la plus commune, la moins parfaite, qu'on n'emploie
que pour charger les mines. Poudre de traite, Poudre fabriquée pour
être vendue ou échangée dans les pays où se faisait
la traite des nègres.
Poudre fulminante. On appelle ainsi Les poudres, autres que la poudre
à canon, qui détonent par le frottement, par le choc ou par la chaleur.
Il y a des poudres fulminantes qui détonent pur le seul attouchement
d'une barbe de plume. Le chlorate de potasse forme avec le soufre une poudre qui
produit une détonation violente par un léger choc.
Fig. et fam., Ce pays sent la poudre à canon, Il est voisin, il
est limitrophe de l'ennemi.
Prov. et fig., Tirer sa poudre aux moineaux, Se mettre en frais, prendre
beaucoup de peine pour une chose qui ne le mérite pas.
Prov., Il n'a pas inventé la poudre, se dit D'un homme sans esprit.
Fig. et fam., Le feu prend aux poudres, se dit en parlant De quelqu'un
qui s'échauffe, s'enflamme tout d'un coup, qui entre tout à coup
en colère. À peine lui eut-on dit ce mot, que le feu prit aux
poudres.
Fig., Mettre le feu aux poudres, Exciter la haine, la discorde, la sédition,
par ses discours, par ses conseils.
Prov., Il est vif comme la poudre, il est comme la poudre, se dit D'un
homme excessivement vif, qui prend feu tout de suite.
POUDRER . v. a.
Couvrir légèrement de poudre. Il ne se dit guère qu'en
parlant Des cheveux sur lesquels on met de la poudre. Poudrer ses cheveux.
Poudrer sa perruque. Avec le pronom personnel, Se poudrer.
POUDRÉ, ÉE. participe, Poudré à blanc,
Extrêmement poudré.
POUDRETTE . s. f.
Matière fécale desséchée et mise en poudre, dont
on se sert pour amender les terres.
POUDREUX , EUSE. adj.
Couvert de poudre, de poussière. Un habit poudreux. Un chapeau tout
poudreux. Une tapisserie toute poudreuse.
C'est un pied poudreux, se dit, par mépris, D'un vagabond, d'un
homme de rien. Se dit aussi, figurément, D'un soldat qui déserte
de régiment en régiment.
POUDRIER .s.m.
Celui qui fait de la poudre à canon. C'est un métier bien dangereux
que celui de poudrier. Il est peu usité.
POUDRIER .s.m.
Petite boîte de métal ou d'autre matière, percée
en dessus de plusieurs petits trous, et qu'on emplit de poudre pour mettre sur
l'écriture fraîche, de peur qu'elle ne s'efface. Un poudrier d'argent.
Un poudrier de cuivre.
POUDRIÈRE . s. f.
Lieu où l'on fabrique de la poudre à canon. La poudrière
d'Essone a sauté.
Il signifie aussi, Magasin où l'on conserve de la poudre à canon.
POUDRIÈRE, se dit aussi de L'ustensile où l'on met de la
poudre à sécher l'écriture.
POUF
Mot dont on se sert pour exprimer Le bruit sourd que fait un corps en tombant.
POUF . adj. invar. des deux genres
Se dit Des pierres qui, quand on les travaille, s'égrènent et
tombent en poussière. Ce grès est pouf. Ce marbre, cette pierre
est pouf.
POUFFER . v. n.
Il ne s'emploie que dans cette phrase familière, Pouffer de rire,
Éclater de rire involontairement. J'ai pouffé de rire en le voyant.
C'est à faire pouffer de rire.
POUILLÉ .s.m.
L'état et le dénombrement de tous les bénéfices
qui sont dans une étendue de pays déterminée. Le pouillé
général de tous les bénéfices du royaume. Le pouillé
particulier des bénéfices dépendants d'une abbaye. Le pouillé
des bénéfices dépendants d'un diocèse. Tel bénéfice
fut omis par erreur dans le pouillé.
POUILLER . v. a.
Dire des pouilles à quelqu'un. Il l'a étrangement pouillé.
Il est populaire.
S'emploie aussi avec le pronom personnel, et comme verbe réciproque.
Ils se sont pouillés l'un l'autre.
POUILLÉ, ÉE. participe
POUILLES . s. f. pl.
Reproches vifs et éclatants, mêlés d'injures. Il lui
a chanté pouilles. Il lui a dit mille pouilles. Il lui a dit toutes les
pouilles imaginables. Il est familier.
POUILLEUX , EUSE. adj.
Qui a des poux, qui est sujet aux poux. Un enfant pouilleux. Une tête
pouilleuse.
S'emploie aussi substantivement. C'est un pouilleux.
Se dit figurément et par injure d'Un homme de condition basse et misérable.
Ce n'est qu'un pouilleux.
POULAILLER .s.m.
Abri construit pour les poules, lieu où les poules se retirent la nuit,
où elles pondent, où on les fait couver.
POULAILLER .s.m.
Celui qui fait métier de vendre de la volaille. Le poulailler doit
fournir tant de volailles par semaine. Marchand poulailler.
POULAILLER, se dit aussi d'Une petite messagerie conduite par les coquetiers
ou marchands d'oeufs.
Fig., C'est un poulailler, se dit par dérision D'une mauvaise
et vieille voiture.
POULAIN .s.m.
Nom qu'on donne au cheval depuis sa naissance jusqu'à trois ans. Une
cavale qui a mis bas un beau poulain. Un jeune poulain. Ce cheval a encore ses
dents de lait, ce n'est qu'un poulain. Voyez POULICHE.
POULAIN .s.m.
Nom vulgaire d'une tumeur des glandes inguinales, qui est ordinairement causée
par le virus vénérien, et qui s'appelle, en termes de Médecine,
Bubon.
POULAINE . s. f.
.Marine. Assemblage de plusieurs pièces de bois formant une portion de
cercle terminée en pointe, et faisant partie de l'avant d'un vaisseau.
Souliers à la poulaine, Chaussure à longue pointe recourbée,
qui a été fort à la mode en France.
POULAN .s.m.
T. des Jeux d'hombre, de quadrille, de tri, etc. Ce que celui qui donne les
cartes met au jeu de plus que les autres. C'est vous qui avez fait, vous devez
votre poulan.
POULARDE . s. f.
Jeune poule engraissée. Poularde rôtie. Poularde bouillie. Poularde
en ragoût. Poularde du Mans.
POULE . s. f.
Oiseau domestique, la femelle du coq. Poule blanche. Poule noire. Poule huppée.
Poule frisée. Poule pattue. Poule anglaise. Poule de la grosse espèce.
Poule grasse. Vieille poule. Une poule qui pond. Une poule qui couve. Mettre les
poules couver. Une poule qui glousse, qui appelle ses petits. La poule et les
poussins. OEufs de poule. Mettre une poule au pot. Une poule bouillie. Une poule
de Caux.
Se dit, par extension, Des femelles de plusieurs espèces de volatiles.
Poule faisane ou faisande. Poule perdrix. Poule pintade.
Poule de Barbarie, Espèce de poule qui nous est venue de Barbarie.
Poule d'Inde, La femelle d'un coq d'Inde, appelée autrement Dinde.
Voyez DINDE.
Poule d'eau, Espèce d'oiseau aquatique. Il y a beaucoup de
poules d'eau sur cet étang. Tuer des poules d'eau.
Fig. et fam., C'est une poule mouillée, se dit D'un homme qui
manque de résolution et de courage. On dit de même, C'est une
poule laitée, C'est un homme faible et sans vigueur.
Fig. et fam., Il est empêché comme une poule qui n'a qu'un poussin,
se dit D'un homme qui est trop embarrassé de peu de chose.
Prov. et fig., C'est le fils de la poule blanche, se dit D'un homme extrêmement
heureux en toutes choses. Il est vieux.
Fig., Peau de poule, Peau qui n'est pas lisse, et qui a des élevures
pareilles à celles qui sont sur la peau d'une poule plumée.
Fig. et fam., Cela fait venir la peau de poule, la chair de poule, Cela
fait frissonner. On dit de même, J'en ai la chair de poule.
Prov., Plumer la poule, se dit Des soldats qui vont à la maraude
chez le paysan.
Fig. et fam., Tuer, plumer la poule sans la faire crier, Faire des exactions
si adroitement, qu'il n'y ait point de plaintes.
Prov. et fig., Un bon renard ne mange jamais les poules de son voisin,
Quand on veut faire quelque mal, il ne faut pas que ce soit en lieu où
l'on est connu.
Fig. et fam., Faire le cul de poule, Faire une espèce de moue,
en avançant et pressant les lèvres.
Fig. et fam., Tuer la poule pour avoir l'oeuf, Se priver de ressources
à venir pour un petit intérêt présent. On dit, dans
le même sens, Il en fait comme de la poule aux oeufs d'or.
Prov. et fig., Ce n'est pas à la poule à chanter devant le
coq, Une femme doit se tenir dans l'infériorité à l'égard
de son mari.
Lait de poule, Espèce de potion faite avec un jaune d'oeuf et
du sucre délayés dans de l'eau chaude.
POULE, au Jeu du renard, Chacune des pièces du jeu qui servent
à enfermer le renard.
POULE, se dit, à certains Jeux, de La quantité d'argent
ou de jetons, qui résulte de la mise de chacun des joueurs, et qui appartient
à celui qui gagne le coup. La poule est grosse. Mettre à la poule.
Gagner la poule.
Au Billard, au Trictrac, et à quelques autres Jeux, Faire une poule,
Faire une partie où tous les joueurs mettent une certaine somme, soit en
commençant le jeu, soit en y rentrant, et où la mise totale appartient
à celui qui a gagné successivement tous les autres.
POULET .s.m.
Le petit d'une poule. Cette poule a tant de poulets. Un poulet gras. Des
poulets engraissés. Poulet piqué, bardé. Une fricassée
de poulets. Poulets à la marinade, en marinade. Une marinade de poulets.
Boire de l'eau de poulet.
Poulet de grain, Petit poulet qui est nourri avec du grain.
POULET, est encore Un terme de caresse qu'on emploie en parlant à
des enfants. Dans ce sens, il a un féminin: Poulette. Viens, mon poulet.
Viens ici, ma poulette.
POULET, se dit aussi d'Un billet de galanterie. Écrire un poulet,
des poulets. Recevoir des poulets. Du papier à poulet.
POULETTE . s. f.
Jeune poule. Poulette grasse. Poulette engraissée. Une jeune poulette.
Un oeuf de poulette. Une poulette prête à pondre. Les poulettes sont
ordinairement plus tendres que les poulets.
Se dit aussi, figurément et familièrement, d'Une jeune fille.
Une jolie poulette.
POULEVRIN .s.m.
Poudre fine pour amorcer le canon.
Se dit aussi de La poire qui contient cette poudre. Voyez PULVERIN.
POULICHE . s. f.
Se dit Des jeunes cavales jusqu'à trois ans. Autrefois on disait, Poulaine
ou Pouline.
POULIE . s. f.
Machine en forme de roue, dont la circonférence est creusée en
demi-cercle, et sur laquelle passe une corde pour élever ou pour descendre
des fardeaux. Poulie de bois. Poulie de cuivre. Poulie de fer. La poulie d'un
puits. Poulie simple, fixe, mobile, mouflée. La poulie d'un grenier. Mettre
une corde à une poulie. Graisser une poulie.
POULIN , INE. s.
Voyez POULAIN et POULICHE.
POULINER . v. n.
Se dit D'une cavale qui met bas. Une cavale qui a pouliné, qui a fraîchement
pouliné.
POULINIÈRE . adj. f.
Il n'est guère usité que dans l'expression, Jument poulinière,
Cavale particulièrement destinée à produire des poulains.
POULIOT .s.m.
.Bot. Plante aromatique du genre des Menthes.
POULPE . s. f.
T. didactique. Voy. PULPE.
POULPE .s.m.
T. d'Hist. nat. Animal marin de la classe des Mollusques.
POULS .s.m.
(On ne prononce point l'L ni l'S.) Mouvement des artères qui se fait
sentir en plusieurs endroits du corps, et particulièrement vers le poignet.
Avoir le pouls fort, le pouls faible, le pouls réglé, le pouls
déréglé, le pouls égal, le pouls inégal. Avoir
le pouls sec, le pouls mou, le pouls dur, le pouls vite, le pouls tremblant. Pouls
intermittent. Pouls fréquent. Pouls convulsif. Pouls fiévreux. Pouls
élevé. Son pouls est fort concentré. Son pouls bat quatre-vingts
fois par minute. Tâter, consulter, interroger, observer le pouls. Juger
de la maladie à l'état du pouls. Voilà un pouls bien extraordinaire,
un pouls auquel on n'entend rien. On ne lui trouve plus de pouls.
Fig. et fam., Le pouls lui bat, se dit en parlant D'un homme qui a peur.
Fig. et fam., Tâter le pouls à quelqu'un, Le pressentir
sur quelque chose, sonder ses dispositions; et, Se tâter le pouls,
Consulter ses forces, ses ressources, avant de faire une entreprise, une démarche.
POUMON .s.m.
Viscère renfermé dans l'intérieur de la poitrine, et qui
est le principal organe de la respiration. On le dit aussi très-souvent,
surtout en Médecine, de Chacune des deux parties qui forment cet organe,
et qui sont séparées l'une de l'autre par le médiastin et
par le coeur. Les lobes du poumon. Maladie du poumon. Inflammation du poumon,
des poumons. Il est malade du poumon. Ulcère au poumon. Il reçut
un coup d'épée dans le poumon. Hydropisie de poumon. Le poumon droit.
Le poumon gauche. Le sang ne devient rouge qu'après avoir passé
par les poumons. Avoir les poumons desséchés. Avoir les poumons
adhérents aux côtes, les poumons adhérents. Cracher son poumon,
ses poumons. User son poumon, s'user le poumon à force de parler, à
force de crier.
Il a de bons poumons, d'excellents poumons, se dit D'un homme qui a la
voix forte. On dit dans le même sens, en parlant D'une dispute, Cet homme
l'a emporté par la force de ses poumons, plutôt que par la force
de ses raisons.
POUPARD .s.m.
Enfant au maillot. Il n'est d'usage que parmi les enfants et les nourrices,
et en parlant le langage ordinaire des nourrices. Voilà un joli poupard,
un beau poupard, un gros poupard.
Se dit aussi d'Une espèce de poupée qui représente un enfant.
POUPART .s.m.
Crustacé du genre des Crabes, dont la chair est estimée.
POUPE . s. f.
La partie de l'arrière d'un navire. Poupe carrée. Poupe sculptée.
La poupe d'un vaisseau. La poupe d'un brick. Avoir le vent en poupe. Aller de
poupe à proue.
Fig. et fam., Avoir le vent en poupe, Être secondé, favorisé
par les circonstances.
POUPÉE . s. f.
Petite figure humaine faite de bois, de carton, de cire, etc., pour servir de
jouet aux enfants. Acheter une poupée. Poupée de Flandre. Poupée
de carton. Poupée de bois. Poupée de cire. Un enfant qui se joue
avec sa poupée, qui habille sa poupée, qui coiffe sa poupée.
Cette fille n'est pas en âge d'être mariée, elle joue encore
à la poupée.
Fig. et fam., C'est une vraie poupée, se dit D'une petite personne
fort parée, fort ajustée. C'est une vieille poupée,
se dit D'une personne âgée qui n'a point la maturité, la gravité
convenable à son âge ou à son état. C'est un visage
de poupée, se dit D'une jeune personne qui a le visage mignon et coloré,
ou dont le visage manque d'expression.
Fig. et fam., Il en fait sa poupée, se dit D'un homme qui fait
son amusement d'orner, d'embellir une petite maison, un cabinet ou autre chose
semblable.
POUPÉE, se dit aussi de La petite figure qui sert de but, dans
les lieux où l'on s'exerce à tirer au pistolet. Abattre la poupée.
POUPÉE, en termes de Fileuse, Le paquet d'étoupe ou de
filasse dont on garnit le fuseau.
POUPÉE, en termes d'Agriculture, se dit d'Une certaine manière
d'enter. Enter en poupée.
POUPIN , INE. adj.
Qui a une toilette affectée. Un abbé poupin. Une veuve poupine.
S'emploie aussi substantivement. Faire le poupin. Elle fait la poupine.
Il est familier.
POUPON .s.m.
Jeune enfant qui a le visage plein et potelé. Voilà un beau
poupon, un joli petit poupon.
POUPONNE . s. f.
Jeune fille qui a le visage plein et potelé. C'est une jolie pouponne.
Se dit aussi familièrement en signe d'amitié, et par forme de
caresse. Ma pouponne.
POUR . Préposition
qui sert à marquer Le motif, ou la cause finale, ou la destination. Dieu
donne à l'homme pour soutiens l'espérance et la résignation.
Cet homme fait de l'exercice pour sa santé. Il est arrivé du vin
pour votre provision. Ces chevaux sont pour l'écurie du roi. Tronc pour
l'église, pour les malades. Cette lettre n'est pas pour lui. Ces gens-là
semblent faits, sont faits l'un pour l'autre. Cet homme n'est pas fait pour le
métier de la guerre. Un cheval bon pour le cabriolet.
POUR, signifie aussi, En considération de, à cause de.
Il fera cela pour vous. Faites cela pour Dieu, pour l'amour de Dieu. Il ne
fera cela ni pour or, ni pour argent. Je ne ferais pas cela pour un empire. Il
se fâche pour rien. Ce n'est pas pour cela que je pleure. Il a été
puni pour une légère faute. Il a fait cela pour raison, pour de
bonnes raisons. Il est estimé pour ses bonnes qualités.
Fam., Et pour cause, se dit, sans rien ajouter, Quand on ne veut pas
exprimer la raison qu'on a de dire ou de ne pas dire, de faire ou de ne pas faire
quelque chose. Je n'en dis pas davantage, et pour cause.
Fam. et par manière de prière, Pour Dieu, Pour l'amour
de Dieu, au nom de Dieu. Pour Dieu, laissez-nous en paix.
POUR, signifie aussi, Moyennant un certain prix, en échange de.
J'ai donné mon argenterie pour un diamant. Il a donné son cheval
pour mille francs. Je laisserai ce meuble pour tel prix. Faire troc pour troc.
Les meubles se donnaient pour rien à cette vente.
POUR, signifie aussi, Eu égard à, par rapport à.
Cet habit est bien chaud pour la saison. Ces melons, ces muscats sont bons
pour ce pays-ci, pour des melons, pour des muscats de ce pays-ci. La porte est
bien étroite pour une pareille maison. Sa dépense est peu considérable
pour son revenu. Son train est mesquin pour un ambassadeur. Vous êtes bien
savant pour moi. Il est bien grand pour son âge. Voilà une grande
faiblesse pour un philosophe. Ce qui est bon pour vous ne serait pas bon pour
moi. Cela ne vaut rien pour votre estomac. Voilà une mauvaise affaire pour
un homme accoutumé à en faire de si bonnes. Ce cheval a peu de corps
pour un cheval de carrosse.
POUR, précédé des mots Assez et Trop,
s'emploie dans les phrases qui expriment la suffisance ou l'excès. Y
en a-t-il assez pour tout le monde? Cela est assez bon pour lui. C'est assez pour
aujourd'hui. Ce couvercle est assez grand pour le vase. Cet habit est trop petit
pour ma taille. Il a trop vécu pour sa gloire. Quelquefois on peut
supprimer l'adverbe Assez. Il y en aura pour tout le monde.
S'emploie aussi dans les mêmes phrases, suivi d'un verbe à l'infinitif.
Il est assez jeune pour s'instruire. Je suis assez votre ami pour ne pas vous
flatter. Il est trop franc pour vous tromper. Vous êtes trop faible pour
monter à cheval. Ce lièvre est trop dur pour être rôti.
Voyez plus bas un emploi semblable, avec le subjonctif.
POUR, signifie aussi, En la place de, au lieu de. Il répondit
pour un tel à la sommation. Il monte la garde pour son frère. Il
a pour lit une planche. Jouez pour moi. J'irai là pour vous. Je lirai pour
vous. Ce mot s'emploie souvent pour tel autre.
POUR, signifie aussi, Comme, de même que, en qualité de.
Ils l'ont laissé pour mort sur la place. Tenez-moi pour un méchant
homme, si... Pour qui me prenez-vous? Prendre quelqu'un pour commis, pour domestique.
Il l'a prise pour femme. On m'a pris pour dupe. Je tiens pour certain. J'ai pour
principe. Tenez-moi pour présent. Tenez cela pour assuré. Je me
le tiens pour dit. Comptez cela pour fait. Je le tiens pour bon. Je l'ai payé
pour bon. Je compte son témoignage pour dix autres. Compter une chose pour
beaucoup, pour peu, pour rien.
Être pour beaucoup, pour peu dans quelque chose, n'y être pour
rien, Y avoir beaucoup de part, peu de part, n'y en avoir point du tout. Il
n'est pas pour peu dans cette affaire. Je suis pour beaucoup dans la résolution
qu'il a prise. Qu'on dise de sa conduite ce qu'on voudra, je n'y suis pour rien.
POUR, signifie aussi, Au nom de, en faveur de, pour la défense
de. Commandant pour le roi dans telle province. Travailler pour l'intérêt
de ses clients. Ce que je dis est autant pour vous que pour moi. Je lui parlerai
pour vous. Je tiens pour vous contre lui. Ce prince s'est déclaré
pour l'Autriche. Tel juge est pour vous. Tous les honnêtes gens sont pour
vous. Plaidoyer pour un tel. Plaider pour un tel contre un tel. Combattre, mourir
pour la patrie.
POUR, signifie aussi, Envers, à l'égard de. La tendresse
d'une mère pour ses enfants. Son amour pour la patrie. Mon affection, mon
attachement pour vous. Il est un peu refroidi pour moi. J'ai du respect pour sa
mémoire. Mes sentiments pour vous ne sont pas douteux.
Il signifie quelquefois, Contre. La haine, l'aversion qu'il a pour lui. Ce
remède est bon pour la fièvre.
POUR, sert aussi à marquer Le rapport entre une chose qui affecte
en bien ou en mal, et la personne qui en est ou qui en doit être affectée.
C'est une grande perte pour vous. C'est un grand bonheur pour moi. C'est une
nouvelle agréable pour lui. C'est pour eux une grande consolation, un grand
avantage. Cela est heureux, malheureux pour votre ami. Il y aurait du déshonneur
pour vous. Il y aura beaucoup de gloire pour lui.
POUR, précédé et suivi du même mot, marque:
1° Comparaison. Mourir pour mourir, il vaut mieux que ce soit en faisant
son devoir. Ennui pour ennui, je préfère celui qui me profite. Danger
pour danger, il faut choisir celui qui promet de la gloire.
2° Action réciproque. Rendre amour pour amour. La loi du talion,
chez les Juifs, consistait à recevoir fracture pour fracture, à
perdre oeil pour oeil, dent pour dent, etc.
3° Correspondance exacte entre deux choses. Traduire mot pour mot. Il
mourut deux ans après, jour pour jour.
POUR, joint à une expression qui marque le temps, signifie, Pendant.
L'histoire est longue, il y en aurait pour deux heures. Il a du linge et des
habits pour cent ans. Il y en a pour un siècle avant que ce monument soit
achevé. Il en tient pour la vie. Je suis votre ami pour la vie. Je n'en
ai que pour un moment.
Il sert aussi quelquefois à indiquer L'époque à laquelle
une chose s'est faite ou se fera. Son bal était pour hier, est pour
aujourd'hui. Ce sera pour demain, pour après-demain.
POUR, au commencement d'une phrase, signifie quelquefois, Quant à.
Pour moi, je n'en ferai jamais rien. Pour lui, je n'en réponds pas.
Pour ce qui est de moi, soyez sans inquiétude. Pour ce qui est de vous,
je suis certain que vous réussirez. Pour cela, pour ce qui est de cela,
je le veux bien. Pour son affaire, pour ce qui est de son affaire, j'en aurai
soin.
POUR, joint avec l'infinitif des verbes, signifie souvent, Afin de, en
vue de, dans le dessein de. J'ai fait tout mon possible pour gagner son amitié.
Je manque de termes pour exprimer ce que je sens. J'avais dit cela pour rire,
et non pour vous fâcher. Les notaires ont délivré cet acte
pour lui valoir ce que de raison. Pour ne vous rien déguiser. Pour ainsi
dire. Pour vous parler net. Pour vous parler franc. Pour dire le vrai. Semer pour
recueillir. Je suis venu pour le complimenter. On l'a envoyé pour traiter
de l'échange des prisonniers. On le cherche pour le mettre en prison. Je
me tais pour ne pas vous fatiguer.
Il signifie aussi, Quoique, bien que. Il est bien ignorant pour avoir étudié
si longtemps. Il est bien grand pour être si jeune. Pour être fêté
partout, il n'en est pas plus fier.
Il signifie encore, De quoi. Il y a ici pour contenter tous les goûts.
Faire une si longue traite, c'est pour en mourir. Qu'allez-vous faire là?
il y en a pour périr d'ennui.
POUR, joint avec le passé de l'infinitif des verbes, signifie
quelquefois, À cause que. Il a été chassé pour
avoir trop parlé. Il est malade pour avoir trop mangé, pour s'être
livré à des excès.
POUR, suivi de Que, se construit avec le subjonctif, et signifie,
Afin que. Je suis venu vous voir pour que nous parlions de nos affaires. Je
désire que vous partiez promptement, pour que vous reveniez plus tôt.
Pour que cet homme devînt sage, il faudrait...
POUR, suivi de Que, s'emploie dans certaines phrases avec les
adverbes Assez et Trop. Vous m'avez rendu trop de services, pour que
je puisse jamais douter de votre amitié. Il m'a négligé trop
longtemps, pour que j'espère rien de lui. Il est assez de mes amis, pour
que je puisse compter sur lui en cette occasion.
POUR, suivi de Que, a aussi le sens de Quelque, adverbe. Pour
grands que vous soyez. Il faut éviter de se faire un ennemi, pour petit
qu'il soit. Pour bon que soit ce remède, il ne faut pas en abuser.
Dans ce sens, il a vieilli.
POUR, est quelquefois substantif. Il y a du pour et du contre dans
cette affaire. Soutenir le pour et le contre.
POUR, s'emploie avec beaucoup de verbes, et leur fait prendre des significations
très-variées, qui sont des idiotismes. Prendre un homme pour
un autre. Passer pour honnête homme. Etc. Voyez PRENDRE, PASSER,
ETC.
POUR PEU QUE. loc. conjonctive, Si peu que. Pour peu que vous lui
en parliez, pour peu que vous en preniez soin, l'affaire réussira. Pour
peu qu'on me fasse de difficultés, j'abandonnerai l'entreprise.
POUR LORS. loc. adv. Alors. Vous dites que cela arrivera; pour lors
nous verrons ce qu'il y aura à faire.
POURBOIRE .s.m.
Petite libéralité en signe de satisfaction. Il a eu tant, sans
compter le pourboire. Un bon pourboire. Un commissionnaire, un cocher qui demande
le pourboire, son pourboire. Il est familier.
POURCEAU .s.m.
Porc, cochon. Pourceau gras, maigre. Un pourceau ladre. Engraisser, tuer
des pourceaux. Étable à pourceaux. Marchand de pourceaux. Langueyer
des pourceaux.
Fig. et fam., C'est une vraie étable à pourceaux, se dit
D'une maison malpropre. C'est un vrai pourceau, se dit D'un homme qui met
son unique plaisir à manger.
Prov. et fig., Un pourceau d'Épicure, Un voluptueux, un homme
plongé dans les plaisirs des sens.
Prov. et fig., Semer des perles devant les pourceaux, Montrer, présenter
à quelqu'un des choses dont il ne connaît pas le prix, ou Lui dire
quelque chose dont il ne sent pas la délicatesse, la finesse.
Pourceau de mer. Nom vulgaire d'une espèce de dauphin appelé
Marsouin.
POURCHASSER . v. a.
Poursuivre, rechercher avec obstination, avec ardeur. Ils ont pourchassé
un cerf pendant quatre jours. Il pourchasse cet emploi. Cet homme me pourchasse
sans cesse. Il est familier.
POURCHASSÉ, ÉE. participe
POURFENDEUR .s.m.
Celui qui pourfend. Il n'est guère usité que dans cette locution
ironique et familière, Un grand pourfendeur de géants, Un
fanfaron, un faux brave.
POURFENDRE . v. a.
Fendre un homme de haut en bas d'un coup de sabre, de cimeterre. Pourfendre
un géant. Il le pourfendit jusqu'aux dents. Il est familier.
POURFENDU, UE. participe
POURIR . v. n. et a. - Voyez POURRIR.
POURISSAGE .s.m. - Voyez POURRISSAGE.
POURISSOIR .s.m. - Voyez POURRISSOIR.
POURITURE . s. f. - Voyez POURRITURE.
POURPARLER .s.m.
Conférence, abouchement entre deux ou plusieurs personnes, pour parler
d'accommodement, pour traiter d'affaires. Dans un pourparler de paix. Il y
a eu plusieurs pourparlers entre les ministres de ces deux cours. L'affaire s'accommodera,
nous sommes en pourparler.
POURPIER .s.m.
Plante potagère à feuilles épaisses et à tige couchée.
Feuille de pourpier. Une couche de pourpier. Une salade de pourpier. Eau de
pourpier.
Pourpier doré, Pourpier naissant qui se mange en salade.
Pourpier sauvage, Sorte de pourpier dont les feuilles sont plus petites
que celles du pourpier ordinaire, et auquel on attribue des vertus médicinales.
Pourpier de mer. Nom vulgaire d'une espèce d'arroche, qui croît
sur les bords de la mer, et dont les feuilles, charnues et remplies de suc, comme
celles du pourpier, ont un goût salé.
POURPOINT .s.m.
La partie de l'ancien habillement français qui couvrait le corps depuis
le cou jusque vers la ceinture. Collet, manches, basques de pourpoint. Pourpoint
de satin. Boutonner un pourpoint. Aller en pourpoint. Se mettre en pourpoint.
Pourpoint tailladé. On ne porte plus de pourpoint.
Prov., Tirer un coup à brûle-pourpoint, Le tirer à
bout portant ou de très-près.
Fig. et fam., Tirer sur quelqu'un à brûle-pourpoint, lui dire
quelque chose à brûle-pourpoint, Lui dire en face quelque chose
de dur, de désobligeant. On dit de même, Ce qu'il vous dit là
est à brûle-pourpoint, Est trop dur, trop grossier, pour être
dit en face. On dit encore, Il y va à brûle-pourpoint, Il
parle ou il agit sans détours, sans ménagement.
Fig. et fam., Il y a laissé le moule du pourpoint, de son pourpoint,
se dit D'un homme qui a été tué en quelque occasion. On dit
aussi, Il faut sauver le moule du pourpoint, Il faut sauver son corps,
sa personne.
POURPRE .s.m.
Rouge foncé qui tire sur le violet. Cette étoffe est d'un beau
pourpre. Des tulipes panachées de pourpre et de blanc. Des oeillets tachetés
de pourpre.
Le pourpre est une des couleurs du Blason; il se marque, en gravure,
par des traits diagonaux, allant de l'angle gauche du chef à l'angle droit
de la base.
POURPRE, est aussi féminin, et se dit de Cette teinture précieuse
qui se tirait autrefois d'un certain coquillage testacé, nommé Pourpre,
dont elle a pris le nom. La pourpre de Tyr était la plus estimée.
De la laine teinte en pourpre. Les anciens rois, les empereurs, les magistrats
souverains s'habillaient autrefois d'étoffes teintes en pourpre.
Se dit plus particulièrement de L'étoffe teinte en pourpre qui
était en usage parmi les anciens. La pourpre était l'habillement
des anciens rois. Porter la pourpre. Être vêtu de pourpre. Manteau
de pourpre. Habit de pourpre.
Se dit figurément de La dignité souveraine, dont elle était
autrefois la marque. Respecter la pourpre des rois, la pourpre des empereurs.
Être né dans la pourpre.
Se dit aussi Des premières magistratures de l'ancienne Rome, et de La
dignité des cardinaux. La pourpre romaine.
POURPRE .s.m.
Maladie grave, qui se manifeste au dehors par de petites taches rouges qui viennent
sur la peau. Il est malade du pourpre. Il a le pourpre. Il a une grosse fièvre,
et l'on craint le pourpre. Le pourpre a paru. Le pourpre est rentré. Il
est mort du pourpre. Il a le corps tout couvert de pourpre.
POURPRÉ, ÉE. adj.
De couleur de pourpre. Du rouge pourpré. Des tulipes d'un rouge pourpré.
Fièvre pourprée, Fièvre qui est accompagnée
de pourpre.
POURPRIS .s.m.
Enceinte, enclos; ce qui enferme un lieu, un espace. Le pourpris d'un temple.
Le pourpris d'un champ. Il est vieux.
Poétiq., Le céleste pourpris, les célestes pourpris,
Les cieux. Les habitants des célestes pourpris.
POURQUOI . conjonction
Pour quelle chose, pour laquelle chose. Vous étiez absent, voilà
pourquoi l'on vous a oublié. Dites-moi pourquoi. Je ne sais pourquoi vous
n'avez pas réussi dans telle affaire. C'est pourquoi. C'est donc pourquoi.
Il s'en est allé sans dire pourquoi, sans qu'on sache pourquoi. On
dit quelquefois, La raison pourquoi, La raison pour laquelle.
Fam., Vous ferez telle chose ou vous direz pourquoi, se dit, par manière
de commandement et de menace, Pour faire entendre à quelqu'un qu'il ne
peut se dispenser de faire la chose dont il s'agit. On dit de même, Il
faut qu'il vienne, ou qu'il dise pourquoi.
Fam., Demandez-moi pourquoi, Je ne sais pas pourquoi. Demandez-moi
pourquoi il s'est mis en colère. Il nous a quittés sans mot dire;
demandez-moi pourquoi.
POURQUOI, est aussi adverbe d'interrogation, et signifie, Par quelle
raison? Vous voulez que j'aille voir cet homme; pourquoi? Pourquoi cela? Pourquoi
exige-t-il cela? Pourquoi ne le ferais-je pas? Pourquoi non? Pourquoi pas?
S'emploie aussi quelquefois substantivement; et alors il est familier. Je
voudrais bien savoir le pourquoi de cette affaire. Le pourquoi et le comment.
J'ignore absolument le pourquoi de tous ses refus. Le pourquoi de cela, s'il vous
plaît?
Fam., Vos pourquoi ne finissent pas, se dit À une personne qui
demande coup sur coup la raison, le motif des choses.
POURRIR . v. n.
S'altérer, se gâter, se corrompre. Les fruits pourrissent quand
on les garde trop longtemps. Il y a eu tant de pluies, que le raisin pourrissait
sur le cep au lieu de mûrir. Le bois de chêne ne pourrit pas dans
l'eau aussi promptement que les autres.
Fam., Pourrir dans l'ordure, dans la misère, Croupir dans l'ordure,
dans la misère.
Fig. et fam., Pourrir dans le vice, dans son ordure, Persister dans son
péché, dans ses habitudes vicieuses.
Fig. et fam., Il ne pourrira pas dans cet emploi, se dit D'un homme qui
a pris un emploi où l'on croit qu'il ne restera pas longtemps.
Vulgair., Ce remède fait pourrir le rhume, Il le mûrit,
et fait que l'on en guérit plus aisément. On dit aussi, Ce remède
pourrit le rhume, et alors Pourrir est actif.
Fig., Faire pourrir un homme en prison, L'y tenir longtemps. On dit de
même, Si une fois il est en prison, il y pourrira, Il n'en sortira
jamais.
POURRIR, est aussi actif, et signifie, Altérer, gâter, corrompre.
L'eau pourrit le bois. La sueur pourrit le linge à la longue. Les pluies
excessives pourrissent les biens de la terre. On l'emploie souvent avec le
pronom personnel. Cette pièce de bois s'est pourrie. Le fruit se pourrit
promptement cette année. Ce melon commence à se pourrir.
POURRI, IE. participe, Pomme pourrie. Pot pourri: voyez POT.
Un homme pourri d'ulcères, de chancres, etc., Un homme rongé
d'ulcères, de chancres, etc. Un homme pourri, tout pourri, Un homme
atteint profondément de maux secrets et honteux.
Fig., C'est un membre pourri, se dit D'une personne dangereuse pour la
société, ou qui déshonore la compagnie, le corps dont elle
fait partie. C'est un membre pourri qu'il faut retrancher.
Fig., C'est un coeur pourri, se dit D'un homme bas et corrompu.
Fig. et fam., C'est une planche pourrie, se dit D'une personne sur laquelle
on ne peut pas compter.
Fam., Un temps pourri, Un temps humide et malsain.
POURRI, est aussi quelquefois substantif. Cela sent le pourri. Il
faut ôter le pourri de cette poire. Une odeur de pourri.
POURRISSAGE .s.m.
.Papeterie. Opération qui consiste à faire macérer les
chiffons dans l'eau, pour faciliter leur trituration.
POURRISSOIR .s.m.
.Papeterie. Le lieu où l'on fait pourrir et fermenter les chiffons.
POURRITURE . s. f.
Corruption, état de ce qui est pourri. Sa jambe est si gangrenée,
qu'elle tombe en pourriture. La viande trop longtemps gardée est sujette
à la pourriture.
En Médec., Pourriture d'hôpital, Espèce de gangrène
qui survient quelquefois aux plaies et aux ulcères des malades qu'on traite
dans les hôpitaux.
POURSUITE . s. f.
Action de celui qui poursuit quelqu'un, qui court après quelqu'un pour
l'atteindre, pour le prendre. Vigoureuse, vive poursuite. Il était à
la poursuite des ennemis. Il revient de la poursuite des voleurs. Le meurtrier
a échappé, s'est dérobe aux poursuites de la gendarmerie.
On s'est mis aussitôt à la poursuite des brigands. Ce chien est ardent
à la poursuite du lièvre. La rivière, la nuit arrêta
leur poursuite, mit fin à leur poursuite. Nous l'avons manqué aujourd'hui,
nous reprendrons demain notre poursuite.
POURSUITE, signifie, figurément, Les soins qu'on prend, les diligences
qu'on fait pour obtenir quelque chose. Une poursuite très-vive, très-chaude.
Une poursuite importune. Deux années de poursuites continuelles. Il n'a
obtenu cette place qu'après de longues poursuites. Cette veuve vient de
l'épouser, après s'être longtemps défendue de ses poursuites.
Il était acharné à la poursuite de cette place. Il l'a chargé
de la poursuite de ses affaires. Il a été longtemps à la
poursuite de cette découverte. On a employé beaucoup de temps et
d'argent à la poursuite de cette chimère. Les vaines poursuites
des gens qui cherchaient la pierre philosophale, n'ont pas été sans
utilité pour la science.
POURSUITE, en termes de Procédure, se dit Des démarches,
des diligences, des procédures qu'on fait pour obtenir le payement d'une
créance, le redressement d'un grief, etc. Une poursuite civile. Une
poursuite criminelle. Poursuite de saisie réelle, de distribution de deniers.
Faire, diriger, exercer des poursuites contre un débiteur. Actes de poursuites.
Tous ces papiers contiennent les poursuites qu'on a faites. Faites vos poursuites.
Cesser les poursuites. Une reprise d'instance est un renouvellement de poursuites.
À la poursuite et à la diligence d'un tel. Cette femme est autorisée
en justice à la poursuite de ses droits. Frais de poursuite.
POURSUIVANT .s.m.
Celui qui brigue pour obtenir quelque chose. Ils sont deux ou trois poursuivants
qui demandent cette charge, cet emploi.
Poursuivant d'armes, se disait anciennement d'Un gentilhomme qui s'attachait
aux hérauts d'armes, et qui aspirait à leur charge.
POURSUIVANT, en termes de Procédure, Celui qui exerce des poursuites.
Se dit particulièrement en matière de saisies, d'expropriations
forcées, de ventes judiciaires, de distributions et d'ordres. À
défaut par le poursuivant d'agir utilement, le second saisissant peut se
faire subroger dans la poursuite. Le poursuivant la vente sur folle enchère.
On dit adjectivement, Créancier poursuivant, avoué poursuivant.
POURSUIVANT, se dit quelquefois de Celui qui recherche une femme en mariage,
qui prétend à sa main. Cette veuve avait beaucoup de poursuivants.
Les poursuivants de Pénélope.
POURSUIVRE . v. a.
Suivre quelqu'un avec vitesse, courir après quelqu'un dans le dessein
de l'atteindre, de le prendre. Poursuivre vivement, chaudement. Poursuivre
l'épée dans les reins. Poursuivre à coups de pierres. Il
poursuivit les ennemis deux jours durant. La gendarmerie poursuit les voleurs.
On le dit aussi en parlant Des animaux. Le chien poursuit le gibier.
S'emploie figurément, et signifie, Persécuter, tourmenter, obséder,
troubler. Il y a une foule de gens qui le poursuivent sans motif. La calomnie
le poursuit. La critique poursuit sans cesse, sans relâche cet écrivain.
Le sort, le malheur qui le poursuit. Le remords qui le poursuit. Cette idée
désespérante me poursuit nuit et jour.
Il signifie aussi, Employer ses soins, faire ses diligences pour obtenir quelque
chose. Poursuivre une charge, une dignité, un emploi, etc. Poursuivre
une pension, le payement d'une pension. Poursuivre une audience. Poursuivre la
vengeance de la mort, du déshonneur de son père.
Poursuivre une fille en mariage, La rechercher en mariage. Il vieillit.
POURSUIVRE, signifie encore, Continuer ce qu'on a commencé. Poursuivre
un ouvrage qu'on a entrepris. Poursuivre l'exécution d'un projet, d'un
dessein, d'une entreprise. Poursuivre une entreprise, un dessein, un projet. Après
nous être arrêtés un moment, nous poursuivîmes notre
chemin. Après quelque interruption, il poursuivit son discours, son récit.
Ce prince poursuivit le cours de ses conquêtes, de ses exploits. Ce n'est
pas assez de réussir, il faut poursuivre ses succès. Cet enfant
n'a pas poursuivi ses études, il est sorti du collége en troisième.
S'emploie aussi absolument, dans la même acception. Vous avez bien
commencé, poursuivez. Pour réussir, vous n'avez qu'à poursuivre.
Pardon si j'ai interrompu votre discours, poursuivez. Mais c'est assez nous arrêter
sur ce point, poursuivons. L'orateur poursuivit, poursuivit en ces termes. De
plus, poursuivit-il, nous avons une question fort grave à traiter.
Fig. et fam., Poursuivre sa pointe, Continuer son dessein, l'entreprise
qu'on a faite, avec la même chaleur, la même vigueur qu'on l'a commencée.
POURSUIVRE, en termes de Procédure, Agir contre quelqu'un par
les voies de la justice. Je le poursuis à la cour royale de Paris, au
conseil d'État. On l'accuse de vol, et on le poursuit criminellement. Poursuivre
au criminel. Poursuivre civilement, au civil. Poursuivre quelqu'un devant les
tribunaux, devant tel tribunal. Il faut le poursuivre sans relâche.
Poursuivre un procès, une affaire, une expropriation, un arrêt,
etc., Faire toutes les procédures, toutes les diligences nécessaires
pour faire juger un procès, une affaire, pour obtenir une expropriation,
un arrêt, etc. On dit quelquefois absolument, Poursuivre, dans le
même sens. Ne voulez-vous pas poursuivre? On dit aussi, avec le pronom
personnel, Cette affaire se poursuit.
POURSUIVRE, se construit aussi avec le pronom personnel, dans ces phrases
du style des notaires, Acheter, vendre, louer une maison, une terre, une ferme,
ainsi qu'elle se poursuit et comporte, Sans en faire un plus long détail,
une plus longue description.
POURSUIVI, IE. participe
POURTANT . adv.
Néanmoins, cependant. Il est habile, et pourtant il a fait une grande
faute. Voilà pourtant qui est fini. Ce n'est pourtant pas qu'il faille
désespérer.
POURTOUR .s.m.
Le tour, le circuit de certains objets. Ce pavillon, cette colonne a tant
de pourtour. Pourtour extérieur, intérieur.
POURVOI .s.m.
.Jurispr. Action par laquelle on attaque devant la cour de cassation un jugement
rendu en dernier ressort, pour défaut de forme ou pour infraction à
la loi. Le pourvoi a été admis, a été rejeté.
Se dit aussi Du recours à d'autres tribunaux, à d'autres autorités.
Pourvoi devant le conseil d'État. Pourvoi en grâce.
POURVOIR . v. n.
(Il se conjugue comme Voir, excepté au prétérit
défini de l'indicatif, Je pourvus, tu pourvus, il pourvut, nous pourvûmes,
vous pourvûtes, ils pourvurent; au futur, Je pourvoirai; au conditionnel
présent, Je pourvoirais; à l'imparfait du subjonctif, Que
je pourvusse.) Donner ordre à quelque chose; fournir ce qui est nécessaire,
suppléer à ce qui manque. Voilà bien du désordre,
il faut y pourvoir. On y a pourvu. On a pourvu à tout. On n'a pourvu à
rien. Pourvoyez à cette affaire. Dieu y pourvoira. Il a pourvu à
tous nos besoins. Pourvoir à sa subsistance et à celle de sa famille.
On a pourvu par ce moyen à l'insuffisance de la loi. Pourvoir à
la sûreté publique.
Pourvoir à un bénéfice, à un office, à
un emploi, Le conférer, y nommer. Le pape, l'évêque
pourvoyait à cette espèce de bénéfices. Le roi pourvoit
à toutes ces charges, à toutes ces magistratures. On n'a pas encore
pourvu à cet emploi.
POURVOIR, est souvent actif, en parlant De bénéfices, d'offices,
d'emplois; et alors il a pour régime la personne à qui le bénéfice,
l'office, l'emploi est conféré. Le roi l'a pourvu de cette charge,
de cette magistrature. Il possède tel bénéfice, le pape,
l'évêque l'en a pourvu. Il en a été pourvu, il s'en
est fait pourvoir en cour de Rome. Il en est pourvu par résignation d'un
tel, et par collation de...
Il signifie aussi, Munir, garnir. Pourvoir une place de vivres, de munitions.
Pourvoir une maison des choses nécessaires. Il est pourvu de tout ce qu'il
lui faut.
S'emploie, en ce sens, avec le pronom personnel. Se pourvoir l'été
pour l'hiver. Il s'est pourvu de livres pour sa traversée.
POURVOIR, signifie quelquefois, Orner, douer. Le ciel, la nature l'a
pourvu de bonnes qualités. Les grâces, les attraits dont elle est
pourvue.
Il signifie encore, figurément, Établir par un mariage, par quelque
emploi, par quelque charge. Ce père a bien pourvu tous ses enfants.
Cette fille a rencontré un bon parti, elle est bien pourvue. Ces enfants
n'ont plus de père qui puisse prendre soin de les pourvoir.
POURVOIR, avec le pronom personnel, signifie, en termes de Procédure,
Intenter action devant un juge, recourir à un tribunal, à une autorité.
Si vous ne me faites raison, je me pourvoirai en justice. Il s'est pourvu par-devant
tel juge. Se pourvoir par appel, par requête civile. Se pourvoir au conseil
d'État. Il s'est pourvu contre la sentence. Il a été ordonné
que les parties se pourvoiraient. Se pourvoir en cassation. Se pourvoir en grâce.
Se pourvoir en cour de Rome, Demander au pape quelque grâce, quelque
bénéfice, quelque dispense, etc.
POURVU, UE. participe
POURVOIRIE . s. f.
Lieu où se gardent les provisions que les pourvoyeurs sont chargés
de fournir. La pourvoirie du roi, de la reine.
POURVOYEUR .s.m.
Celui qui est chargé de fournir à quelqu'un, à quelque
maison, la viande, la volaille, le gibier et le poisson. Le pourvoyeur de telle
maison, de tel prince. Les pourvoyeurs se sont obligés de fournir les pièces
à tel prix. Les pourvoyeurs de la maison du roi.
POURVU . Conjonction conditionnelle
qui est toujours suivie médiatement ou immédiatement de Que.
En cas, à condition. Il vous accordera votre demande, pourvu que vous
fassiez... Pourvu cependant que... Pourvu que vous lui donniez... Pourvu qu'il
n'arrive rien de contraire.
POUSSE . s. f.
Les jets, les petites branches que les arbres, les arbrisseaux poussent au printemps
et au mois d'août. La première pousse, Les jets qui viennent
au mois de mars et d'avril; et, La seconde pousse, Ceux qui viennent au
mois d'août.
POUSSE . s. f.
Maladie des chevaux, qui se manifeste par la gêne de la respiration et
par l'irrégularité du mouvement des flancs. Ce cheval a la pousse.
La pousse est un cas rédhibitoire.
POUSSE . s. f.
Terme populaire, par lequel on désigne collectivement Ceux qui sont ordinairement
employés à mettre à exécution les contraintes par
corps. La pousse l'arrêta. Il est vieux.
POUSSE-CUL .s.m.
Terme populaire, dont on se sert en parlant de certains agents subalternes qui
aident à mener les gens en prison. On a mis vingt pousse-culs à
ses trousses. Il est vieux.
POUSSÉE . s. f.
Action de pousser, effet de ce qui pousse. Se dit particulièrement en
Architecture. Il faut que ces arcs-boutants soient bien forts et bien construits
pour soutenir la poussée, pour retenir la poussée de cette voûte,
de cette arcade, de cette terrasse. Cette voûte a beaucoup de poussée.
On a mis des éperons à ce mur pour résister à la poussée
des terres.
Fig. et pop., Donner la poussée à quelqu'un, Poursuivre
vivement quelqu'un, lui faire grand'peur, le tourmenter. Les recors lui ont
donné la poussée.
Fam. et ironiq., Vous avez fait là une belle poussée, se
dit À un homme qui a fait une entreprise malheureuse ou ridicule.
POUSSE-PIEDS .s.m.
Nom vulgaire d'un genre de coquillage multivalve, nommé autrement Anatife,
parce qu'on a cru long-temps qu'il en pouvait naître des canards.
POUSSER . v. a.
Faire effort contre quelqu'un ou contre quelque chose, pour l'ôter de
sa place. Pousser un homme hors de sa place. Ne me poussez pas tant. Vous poussez
bien rudement. Pousser quelque chose avec la main, avec le pied. Poussez un peu
cela vers moi. Pousser un fauteuil, une chaise, un lit. Pousser quelqu'un dans
un précipice. Pousser quelqu'un dehors.
Pousser quelqu'un du coude, du genou, Le toucher doucement avec le coude,
avec le genou, pour l'avertir de quelque chose, pour lui faire prendre garde à
quelque chose.
Pousser les ennemis, Les faire reculer.
POUSSER, signifie, figurément, Faire avancer quelqu'un dans le
monde, le faire monter en grade, lui faciliter les moyens de faire sa fortune.
C'est un tel qui l'a poussé. Pour réussir dans cette carrière,
il faut être poussé par des gens en crédit.
S'emploie quelquefois, en ce sens, avec le pronom personnel. Il s'est poussé
dans le monde, dans le service, à la cour, dans les finances.
Fig., Pousser un écolier, un élève, Lui faire faire
des progrès. Ce maître ne pousse pas assez ses élèves.
Il l'a poussé assez loin dans les mathématiques.
Pousser un cheval, Le faire galoper à toute bride.
Fig. et pop., Pousser son bidet, Marcher rapidement vers la fortune.
Il a bien poussé son bidet.
Prov. et fig., Pousser le temps avec l'épaule, Temporiser, tâcher
de gagner du temps. Il signifie aussi, Se désennuyer comme on peut, en
attendant le moment que l'on désire.
POUSSER, signifie aussi, Imprimer quelque mouvement à un corps,
soit en le jetant, soit en le frappant. Il pousse bien une balle. Il pousse
du premier coup jusqu'au tournant du mail. Vous avez poussé votre boule
trop fort. Pousser un ballon avec le poing, avec le bras, avec le pied. Pousser
le dé. Les vents ont poussé le navire dans le port, contre des récifs.
Pousser la porte.
Pousser la porte au nez de quelqu'un, Empêcher quelqu'un d'entrer,
en fermant la porte brusquement. Il voulait entrer dans la chambre, mais on
lui poussa la porte au nez.
Pousser un clou dans une muraille, dans du bois, L'y faire entrer à
force, en le frappant avec le marteau.
En termes d'Escrime, Pousser un coup de fleuret, un coup d'épée,
une botte à quelqu'un, Lui porter un coup de fleuret, un coup d'épée,
une botte.
Fig. et fam., Pousser une botte à quelqu'un, L'attaquer de paroles
et le presser vivement.
Fig. et fam., Pousser sa pointe, Continuer ce qu'on a entrepris avec
la même chaleur qu'on l'a commencé.
Pousser la voix, la pousser davantage, Parler plus haut. Il vieillit.
Pousser des cris, Crier. Pousser des soupirs, Soupirer.
En termes de Menuiserie et de Maçonnerie, Pousser des moulures,
Former des moulures sur le bois, sur le plâtre, dans la pierre, avec les
instruments convenables. Pousser une moulure à la main, au rabot.
En termes de Doreur sur cuir et de Relieur, Pousser des filets, des nervures,
etc., Former sur le cuir ces sortes d'ornements, en y appliquant de l'or en
feuilles par le moyen de roulettes ou de fers à dorer.
POUSSER, signifie aussi, Porter plus loin, reculer. Le morceau de
terre qu'il vient d'acheter le force à pousser son mur de clôture
plus loin. L'ordonnance sur l'alignement des rues l'oblige à pousser deux
pieds plus loin la façade de sa maison. Ce prince a pousse jusqu'à
tel fleuve les limites de son royaume.
Il signifie encore, Prolonger, étendre. Ce mur de clôture n'a
pas assez d'étendue, il faut le pousser trois mètres plus loin.
Il faudrait pousser ce parterre plus loin. Il faut pousser cette allée
jusqu'à tel endroit. On a poussé la tranchée, la sape jusqu'à
cent pas de la contrescarpe. Ce prince a poussé ses conquêtes bien
loin.
S'emploie, figurément et au sens moral, dans la signification de Porter,
étendre. Pousser la raillerie trop loin. Pousser l'impudence, l'effronterie,
la fourberie jusqu'au bout. Pousser bien loin la magnificence, le courage, la
constance, la patience. Pousser un raisonnement trop loin. Pousser trop loin ses
pensées, son ambition, ses espérances, sa vengeance, sa haine. Il
pousse la valeur jusqu'à la témérité, la libéralité
jusqu'à la profusion. Il a bien poussé sa fortune. Il a poussé
loin sa fortune.
Pousser ses succès, Les augmenter, les continuer.
Pousser son travail, S'en occuper avec ardeur, avec continuité,
et de manière à le faire avancer vers sa fin. On dit de même,
Pousser des travaux, les pousser avec activité.
Pousser jusqu'au bout l'aventure, Suivre jusqu'à son dénoûment,
jusqu'à sa conclusion une aventure dans laquelle on s'est engagé.
Absol. et fam., Poussez, Allez toujours, continuez.
POUSSER, signifie aussi, figurément, Attaquer, offenser, choquer,
presser. Vous me poussez trop. Si vous le poussez davantage, il sera obligé
de se défendre. Il l'a poussé vivement dans la dispute.
Fig., Pousser quelqu'un à bout, Le mettre en colère, à
force d'abuser de sa patience. Vous me poussez à bout. On dit de
même, Pousser à bout la patience de quelqu'un.
En parlant D'une discussion, Pousser à bout quelqu'un, Le réduire
à ne pouvoir répondre.
Fig., Pousser quelqu'un de questions, de plaisanteries, Le questionner
beaucoup, le plaisanter beaucoup.
Fig. et fam., Pousser quelqu'un de nourriture, de bonne chère,
Le faire trop manger. Il faut éviter de pousser les enfants de nourriture,
de bonne chère. Il est poussé de nourriture, Il a beaucoup mangé.
Avec le pronom personnel, Se pousser de nourriture.
POUSSER, signifie aussi, figurément, Engager fortement, induire,
inciter. On l'a poussé à se fâcher, à se battre,
à déshériter son fils. Je ne voulais pas faire cette acquisition,
c'est lui qui m'y a poussé.
POUSSER, se dit en outre Des arbres et des plantes, dont les racines,
les branches, les fleurs, etc., croissent, se développent. Les arbres
commencent à pousser des boutons, des feuilles. Cet arbre pousse ses racines
entre deux terres. Les petites branches que les arbres poussent au printemps sont
ordinairement rougeâtres. La vigne pousse beaucoup de bois. Cet arbre pousse
bien du bois, ne pousse que du bois.
POUSSER, est aussi verbe neutre. Se dit De tout accroissement qui a lieu
dans les arbres et dans les plantes. Les arbres commencent à pousser.
Ces fleurs poussent déjà. Les blés ont déjà
poussé.
Se dit aussi De la barbe, des cheveux, du poil, des ongles, etc. Sa barbe,
ses cheveux, ses ongles, ont beaucoup poussé pendant sa maladie. Le poil
des chevaux pousse pendant l'hiver.
Se dit, en Architecture, Des terres, des voûtes, etc., qui font effort,
par leur poids, contre les constructions destinées à les soutenir.
Les terres ont poussé contre le mur du quai, de la terrasse. L'arche
a poussé contre les culées du pont. La voûte, l'arcade a poussé
sur les murs.
Ce mur pousse en dehors, Il se jette en dehors, il fait un ventre, et
menace ruine.
Fig. et fam., Pousser à la roue, Aider. Il aurait obtenu cette
grâce, si quelqu'un avait poussé à la roue.
Pousser aux ennemis, Aller aux ennemis pour les charger. Il est vieux
et ne se disait que De la cavalerie.
Fam., Pousser jusqu'à tel endroit, Continuer sa route, sa marche
jusqu'à tel endroit. Nous poussâmes jusqu'à la ville. Poussons
jusqu'à ce village, et là nous ferons une halte.
Ce tableau pousse au noir, Ses couleurs noircissent.
POUSSER, neutre, se dit aussi Des chevaux qui battent des flancs, lorsqu'ils
ont la respiration difficile. Un cheval qui pousse. Ce cheval pousse beaucoup.
POUSSÉ, ÉE. participe, Vin poussé, Vin gâté
par une chaleur qui le fait fermenter hors de saison.
POUSSETTE . s. f.
Jeu d'enfants, qui consiste à mettre deux épingles en croix l'une
sur l'autre, chacun poussant la sienne à son tour; celle qui se trouve
dessus gagne l'autre. Jouer à la poussette.
POUSSIER .s.m.
Le menu charbon, la poussière de charbon qui demeure au fond d'un bateau
ou d'un sac de charbon. Ce n'est point du charbon, ce n'est que du poussier.
On dit, dans un sens analogue, Du poussier de mottes à brûler.
Se dit aussi de La poussière de poudre à canon.
Se dit encore, en termes de Maçonnerie, Des recoupes de pierre passées
à la claie, qu'on mêle au plâtre pour carreler, afin d'empêcher
que le plâtre ne bouffe.
POUSSIÈRE . s. f.
Terre réduite en poudre très-fine. Faire élever la poussière
en marchant. La poussière vole partout, pénètre partout.
Il fait beaucoup de poussière. Il s'éleva des tourbillons de poussière.
Un nuage de poussière leur dérobait la vue des ennemis. La poussière
entre dans les yeux. Des meubles tout perdus de poussière. La poussière
d'une bibliothèque. Des livres pleins de poussière. Secouer la poussière
d'un habit, la poussière de ses souliers. La pluie a abattu la poussière.
Réduire en poussière. Mettre en poussière. L'homme n'est
que cendre et que poussière devant Dieu.
Poétiq., Mordre la poussière, Être tué dans
un combat. Il fit mordre la poussière à son ennemi.
Poétiq., Il s'est couvert, il est couvert d'une noble poussière,
se dit D'un homme de guerre qui s'est trouvé dans plusieurs combats.
Fig., Tirer quelqu'un de la poussière, Le tirer d'un état
bas et misérable.
Fig. et par une sorte de mépris, La poussière du greffe, la
poussière de l'école, la poussière du collége, etc.,
Le greffe, l'école, le collége, etc. Il est enseveli dans la
poussière du greffe. Un pédant tout couvert de la poussière
de l'école. On l'a tiré de la poussière du collége
pour l'élever à ce haut emploi.
En Botanique, Poussière fécondante, ou Pollen, Corpuscules
qui sont réunis comme une poussière dans les anthères des
étamines, et qui sont le principe de la fécondation.
POUSSIF, IVE. adj.
Qui a la pousse. Il ne se dit proprement que Des chevaux. Un cheval poussif.
Par extens. et pop., C'est un gros poussif, se dit D'un gros homme qui
a quelque peine à respirer. Dans cette phrase, Poussif est employé
substantivement.
POUSSIN .s.m.
Petit poulet nouvellement éclos. La poule et les poussins. Une poule
qui appelle ses poussins, qui rassemble ses poussins.
Fig. et fam., Il est empêché comme une poule qui n'a qu'un poussin,
se dit D'un homme trop embarrassé de peu de chose.
POUSSINIÈRE . s. f.
Nom vulgaire de la constellation des Pléiades.
POUSSOIR .s.m.
T. d'Horlogerie. Cylindre terminé par un bouton qu'on pousse pour faire
sonner une montre à répétition.
POUSSOLANE . s. f. - Voyez POUZZOLANE.
POUT-DE-SOIE .s.m. - Voyez POU-DE-SOIE.
POUTRE . s. f.
Grosse pièce de bois équarri, qui sert à soutenir les solives
ou les planches d'un plancher, et qu'on emploie aussi dans la construction des
ponts, des navires, etc. Poutre de chêne. Poutre de sapin. Équarrir
une poutre. Une poutre à vive arête. Mettre une poutre en place.
Fig., dans le style de l'Écriture, Voir une paille dans l'oeil de
son prochain, et ne pas voir une poutre dans le sien, Remarquer jusqu'aux
moindres défauts d'autrui, et ne pas voir les siens, quelque grands qu'ils
soient.
POUTRELLE . s. f.
Petite poutre. Dans ce bâtiment il ne faut que des poutrelles.
POUVOIR . v. n.
(Je puis ou je peux, tu peux, il peut; nous pouvons, vous pouvez,
ils peuvent. Je pouvais. Je pus, tu pus, il put; nous pûmes, vous pûtes,
ils purent. J'ai pu. Je pourrai. Je pourrais. Que je puisse. Que je pusse. Que
j'eusse pu. Pouvant.) Avoir la faculté, être en état de.
Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je puis dépenser. Je ne puis vous
répondre. Je ne peux pas dormir. Il n'a pu réussir dans cette affaire.
Quand le pronom je doit suivre le verbe, on préfère puis
à peux: on dit mieux, Puis-je vous être utile? que
Peux-je vous être utile?
Sauve qui peut, Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra.
Le cri de sauve qui peut se fit entendre.
Au Trictrac, Jan qui ne peut, se dit Lorsqu'on bat une dame ou le coin
à faux. Cela se dit aussi Lorsqu'une dame ne peut pas être jouée.
N'en pouvoir plus, Être dans un accablement causé, soit
par la vieillesse, soit par la maladie, soit par la fatigue, le travail, la faim,
la soif, etc. Je n'en puis plus. Il est fatigué à n'en pouvoir
plus. Il est accablé de travail, il n'en peut plus. Je n'en puis plus de
soif, de chaud, de lassitude. Quand il est arrivé chez lui, il n'en pouvait
plus. Cet homme n'a plus guère à vivre, il n'en peut plus. Ce cheval
n'en peut plus.
Fam., Ne pouvoir mais d'une chose, N'avoir contribué en aucune
manière à quelque chose de fâcheux, à un malheur, n'en
être pas cause. Je ne puis mais de cela. Je n'en puis mais. On l'accuse
fort injustement de telle chose, il n'en peut mais. On emploie cette façon
de parler à l'affirmative avec interrogation. Si cela est arrivé,
en puis-je mais? Pouvait-il mais de cela? Puis-je mais de ce qui vous est arrivé?
Prov., Tel en pâtit qui n'en peut mais, se dit en parlant D'une
personne qui porte la peine d'une faute à laquelle elle n'a point de part.
Prov., Si jeunesse savait et vieillesse pouvait! Si la jeunesse avait
de l'expérience, et que la vieillesse eût de la force!
POUVOIR, s'emploie au subjonctif par une manière de voeu, de souhait.
Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans
vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!
POUVOIR, se dit souvent pour marquer la possibilité de quelque
événement, de quelque dessein. Cela pourra arriver. Cela se peut
faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait
bien en mourir.
S'emploie impersonnellement, dans cette signification. Il se peut que votre
projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait
arriver que... Il se pourra faire que... Il se pourrait que... Il peut se faire
qu'il ne vienne pas.
Peut-être. Voyez cette expression à son rang alphabétique.
POUVOIR, s'emploie aussi activement, et signifie, Avoir l'autorité,
le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. Vous pouvez
tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je
m'y emploierai avec joie. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont
il s'agit. Je ne puis rien en cela. Il peut beaucoup auprès de vos chefs.
Il peut tout ce qu'il veut. Je ne crois pas le pouvoir.
Fam., Je ne puis qu'y faire, Je n'ai aucun moyen d'empêcher la
chose dont il s'agit.
POUVOIR .s.m.
Faculté de faire. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. Je n'ai
ni le pouvoir ni la volonté de vous nuire. Je n'en ai pas le pouvoir. Il
est en pouvoir d'obliger. Il n'est pas au pouvoir de l'esprit humain de concevoir
de telles choses. Je m'emploierai pour vous de tout mon pouvoir. Ce que vous souhaitez
de moi n'est pas en mon pouvoir. Cela passe mon pouvoir. On le dit aussi Des
choses. Le feu a le pouvoir de calciner, de dissoudre tous les corps.
Avoir une personne ou une chose en son pouvoir, L'avoir en sa
disposition, pouvoir en disposer à son gré. Il a tous ces papiers
en son pouvoir. On dit de même, Être, tomber au pouvoir de
quelqu'un, en son pouvoir.
Avoir une chose en son pouvoir, signifie aussi, La posséder, en
avoir la possession. La plupart des choses que nous avons en notre pouvoir
cessent de nous plaire.
POUVOIR, signifie encore, Droit, faculté d'agir pour un autre,
en vertu de l'ordre, du mandement qu'on en a reçu, soit de bouche, soit
par écrit. J'ai pouvoir de lui. Agir en vertu de pouvoir. Donner un
pouvoir limité. Il lui a donné pouvoir d'acheter une maison, un
domaine. Il fit cet achat de tableaux pour un tel, suivant le pouvoir qu'il en
avait. Il lui a donné un pouvoir fort ample.
Être fondé de pouvoir, de pouvoirs, Avoir reçu d'une
personne l'autorisation de suivre une affaire à sa place. On dit aussi
substantivement, Un fondé de pouvoirs.
POUVOIR, signifie en outre, L'acte par lequel on donne pouvoir d'agir,
de faire, etc.; et, en ce sens, il se met souvent au pluriel. Il a donné
un pouvoir à son frère de transiger pour lui. Il a donné
un pouvoir à son homme d'affaires. J'ai un pouvoir, un bon pouvoir par-devant
notaires. J'ai montré, j'ai communiqué mon pouvoir. Le notaire étant
chargé des pouvoirs de toutes les parties. Les ambassadeurs se sont communiqué
leurs pouvoirs, ont exhibé leurs pleins pouvoirs, ont fait apparaître
de leurs pouvoirs. Il a reçu des pleins pouvoirs. Ce ministre a un plein
pouvoir pour traiter de la paix. Votre pouvoir n'est pas en bonne forme. Cela
excède vos pouvoirs. Il a outre-passé ses pouvoirs. Procéder
à la vérification des pouvoirs. Ses pouvoirs ont été
vérifiés et ont été trouvés en règle.
POUVOIR, signifie, dans une acception particulière, Puissance,
autorité, droit de commander. Pouvoir absolu, arbitraire, tyrannique,
illimité. Pouvoir sans bornes. Abuser de son pouvoir. Commettre un abus
de pouvoir. Ces deux princes se sont partagé le pouvoir. Parvenir au pouvoir.
Aimer le pouvoir. Affermir son pouvoir. Limiter son pouvoir. Ambitionner le pouvoir.
Les dépositaires du pouvoir. Usurper le pouvoir suprême. Faire sentir
son pouvoir. Exercer le pouvoir. Pouvoir royal. Pouvoir législatif, exécutif,
judiciaire. La division des pouvoirs. La lutte des pouvoirs. La balance des pouvoirs.
Des pouvoirs balancés. Le pouvoir paternel.
Se dit quelquefois Des personnes mêmes qui sont investies du pouvoir,
de l'autorité politique. Flatter, encenser le pouvoir.
Il signifie aussi, Crédit, empire, ascendant. En ce sens, il ne se dit
qu'au singulier. Il a beaucoup de pouvoir dans cette maison. Il a beaucoup
de pouvoir auprès du ministre, sur l'esprit du ministre. Il n'a pas de
pouvoir sur lui-même, sur ses passions. Cette vertu a un grand pouvoir sur
les âmes. Il exerce un grand pouvoir sur les esprits.
POUVOIR, en termes de Jurisprudence, Capacité de faire une chose.
Un furieux, un mineur n'ont pas pouvoir de faire testament. Une femme n'a pas
pouvoir d'agir en justice sans l'autorisation de son mari.
POUVOIRS, au pluriel, et en termes de Discipline ecclésiastique,
Le pouvoir de confesser donné à un prêtre par son évêque.
Ce prêtre a des pouvoirs. Il n'a pas pris de pouvoirs. On lui a refusé
les pouvoirs. On lui a retiré ses pouvoirs.
POUZZOLANE . s. f.
(Quelques-uns disent, Pozzolane.) Terre volcanique rougeâtre, qu'on
mêle avec de la chaux pour en faire un mortier qui se durcit dans l'eau.
La pouzzolane des environs de Naples, près Pouzzoles, est la plus estimée.
L'Auvergne et le Vivarais renferment d'excellente pouzzolane.
PRAGMATIQUE . adj. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Pragmatique sanction,
qui se dit particulièrement d'Un règlement fait en matière
ecclésiastique. La pragmatique sanction de saint Louis.
Absolument, La pragmatique sanction, L'ordonnance faite à l'assemblée
de Bourges en 1438, par le roi Charles VII, pour recevoir ou modifier quelques
décrets du concile de Bâle. Dans cette dernière acception,
Pragmatique s'emploie aussi substantivement. La pragmatique ordonne,
porte telle chose. Le concordat a révoqué la pragmatique.
PRAGMATIQUE, se dit en outre substantivement, dans quelques pays, Des
actes qui contiennent la disposition que fait le souverain concernant ses États
et sa famille. La pragmatique de l'empereur Charles VI.
PRAIRIAL .s.m.
Le neuvième mois du calendrier républicain.
PRAIRIE . s. f.
Étendue de terre qui produit de l'herbe, du foin. Une grande, une
petite prairie. Vaste prairie qui sert au pâturage. Il y a en cet endroit
une prairie de deux lieues le long de la rivière. Aller à la prairie.
Se promener dans la prairie, dans les prairies. Faucher l'herbe d'une prairie.
Mettre des bestiaux dans une prairie, lorsqu'elle est fauchée. Une prairie
pleine de meules de foin. Des canaux pour l'arrosement, pour l'irrigation des
prairies.
Prairies artificielles, Terres labourables où l'on a semé,
pour quelques années, différents genres d'herbes propres à
la nourriture des animaux, comme trèfle, sainfoin, luzerne, etc.; par opposition
à Prairies naturelles, Celles qui ne produisent, pendant longues
années, que du foin, ou semé, ou venu en quelque sorte de lui-même.
Poét. et fig., L'émail des prairies, Les diverses fleurs
qui y croissent.
PRALINE . s. f.
Amande qu'on fait rissoler dans du sucre. Manger des pralines. Servir des
pralines. Pralines grises. Pralines rouges.
PRALINER . v. a.
Faire rissoler dans le sucre, à la manière des pralines. Praliner
de la fleur d'orange.
PRALINÉ, ÉE. participe
PRAME . s. f.
Sorte de navire de guerre à un seul pont, qui tire peu d'eau, et qui
va à rames et à voiles.
PRATICABLE . adj. des deux genres
Qui peut être pratiqué, qui peut être employé, dont
on peut se servir. Il a employé tous les moyens praticables pour venir
à bout de cette affaire. Si la chose est praticable, on s'en occupera.
Votre idée n'est pas praticable. Cela n'est pas praticable. Ce moyen, cette
voie ne me semble nullement praticable.
Ces chemins ne sont pas praticables, Ils sont très-mauvais, on
n'y passe qu'avec peine. Ce marais n'est pas praticable, On ne saurait
le traverser. On dit de même, Ce gué n'est pas praticable dans
ce moment-ci.
En termes de Décoration de théâtre, Porte, fenêtre
praticable, Porte, fenêtre qui n'est pas seulement figurée, et
par laquelle on peut réellement passer. On appelle, dans un sens plus général,
et substantivement, Praticables, Les objets, tels que maisons, chemins,
ponts, bancs, etc., qui, au lieu d'être peints sur une surface plane, sont
figurés en bois, en toile et autres matières.
PRATICABLE, s'emploie figurément et au sens moral. Cet homme
n'est pas praticable dans le commerce de la vie, Il n'est pas facile de vivre
avec lui. On dit de même, Son humeur quelquefois n'est pas praticable.
Ce sens est familier et peu usité.
PRATICIEN .s.m.
Celui qui entend l'ordre et la manière de procéder en justice.
Grand praticien. Bon praticien. Cet avoué est habile praticien.
PRATICIEN, se dit aussi, dans plusieurs Arts, de Celui qui a beaucoup
d'expérience, qui s'est plus livré à la pratique de son art
qu'à la théorie. Il entend parfaitement la théorie de
la mécanique, mais ce n'est pas un praticien. Dans beaucoup d'arts, les
bons praticiens sont préférables aux plus grands théoriciens.
Ce médecin est un bon praticien, un grand praticien.
S'emploie aussi adjectivement. Un médecin praticien. Il est plus praticien
que théoricien.
PRATICIEN, dans l'Art statuaire, L'ouvrier qui, d'après un modèle,
travaille le marbre, et met à point la statue que le maître achève
ensuite.
PRATIQUE . s. f.
T. didactique. Il signifie, en parlant D'art ou de science, L'application, l'usage
des règles et des principes; par opposition à Théorie, qui
en est la connaissance raisonnée. La pratique ne répond pas toujours
à la théorie. Cet artiste joint la pratique à la théorie.
Il a de la pratique, mais il n'a pas de théorie.
Une pratique éclairée, Une exécution dirigée
par les principes. Une pratique aveugle, Celle qui n'est pas éclairée,
qui n'est qu'une routine.
PRATIQUE, signifie aussi, simplement, Exécution de ce que l'on
a conçu, projeté, imaginé. Ce projet est beau, mais il
sera difficile dans la pratique. Il a eu de grandes idées, mais il n'était
pas facile d'en venir à la pratique.
PRATIQUE, en parlant De vertus, de devoirs, signifie, Exercice, accomplissement.
Cette vertu est d'une pratique difficile. Fort exact dans la pratique de certains
devoirs extérieurs, il néglige celle des vertus essentielles.
Mettre en pratique, Mettre en exécution des préceptes,
des projets, des idées, etc. Il connaît les règles, mais
il ne les met point en pratique. Il y a des choses fort belles en théorie,
qu'il est impossible de mettre en pratique. Ce n'est pas assez de connaître
les préceptes de la morale, il faut les mettre en pratique.
PRATIQUE, signifie quelquefois, Méthode, procédé,
manière de faire certaines choses. Les médecins de ce pays ont
une pratique assez heureuse, qui consiste à... Cette pratique n'est pas
sans danger. Pratique ingénieuse, utile. Il a des pratiques particulières
pour niveler, jauger, conduire, distribuer les eaux. On a trouvé, pour
certaines opérations de géométrie, des pratiques mécaniques
aussi certaines que les procédés les plus rationnels.
Il signifie aussi, Usage, coutume, manière, façon d'agir reçue
dans un pays, dans une classe particulière de personnes. La pratique
de ce pays est, à cet égard, telle que je vous le dis. C'est la
pratique ordinaire des bons princes. C'est la pratique des courtisans. Dans
ce sens, il est peu usité.
PRATIQUE, signifie encore, Expérience, habitude des choses. C'est
un homme qui a la pratique des affaires. Cet emploi ne me convient pas, je n'ai
aucune pratique de ces sertes d'affaires. Ce comédien, ce poëte a
la pratique du théâtre.
Il signifie quelquefois, Routine. Il n'a jamais étudié, il
ne sait sa langue que par pratique. Il n'a jamais appris les règles de
l'arithmétique, c'est par pratique qu'il fait ses calculs.
En Peinture, Peindre de pratique, Peindre de mémoire, de routine,
sans consulter la nature. On dit dans le même sens, Cette figure est
faite de pratique.
PRATIQUES, au pluriel, se dit, dans un sens particulier, de Certains
exercices, de certains actes extérieurs relatifs au culte. Pratiques
de dévotion, de piété. Pratiques religieuses. Pratiques superstitieuses.
Une religion chargée de pratiques. Cette femme est fort exacte à
toutes ses pratiques de dévotion. Un dévot à petites pratiques.
Se dit aussi de Menées et d'intelligences secrètes avec des personnes
d'un parti contraire. Faire de sourdes pratiques. Entretenir des pratiques
avec le commandant d'une place.
PRATIQUE, se dit encore de La chalandise que toutes sortes de marchands,
d'artisans et d'ouvriers, ont pour le débit de leurs marchandises, pour
ce qui concerne leur profession. Ce marchand a bien de la pratique. Ce tailleur
est celui qui a le plus de pratique. Vous me servez mal, vous n'aurez plus ma
pratique. Si vous voulez conserver ma pratique, il faut me servir mieux.
Se dit également de L'exercice et de l'emploi que les avoués et
les médecins ont dans leur profession. Cet avoué a plus de pratique
que tous ses confrères. Ce médecin a beaucoup de pratique.
Fig. et fam., Cet homme a bien de la pratique, on lui donne bien de la pratique,
Il a beaucoup d'ouvrage, beaucoup de besogne à faire, on lui donne beaucoup
de choses à faire. Par menace, Je lui donnerai bien de la pratique,
Je lui donnerai bien de l'exercice, bien de l'embarras. Ces phrases ont vieilli.
PRATIQUE, se dit, par extension, Des personnes mêmes qui achètent
habituellement chez un marchand, qui emploient habituellement un artisan, un ouvrier,
un avoué, un médecin, etc. Cet épicier a d'excellentes
pratiques. Ce boucher a presque toutes les pratiques du quartier. Ce tailleur
ne sait pas garder, conserver, contenter ses pratiques. Depuis le temps que vous
êtes ma pratique, vous n'avez point eu à vous plaindre de moi. Ce
marchand a perdu depuis peu une de ses meilleures pratiques. Il vient tous les
jours de nouvelles pratiques à ce marchand, à cet avoué,
à ce médecin.
C'est une bonne pratique, Il y a à gagner avec cette personne,
elle achète beaucoup, elle paye bien. On dit, dans le sens contraire, C'est
une mauvaise pratique.
PRATIQUE, se dit encore de Toute la clientèle de l'étude
d'un avoué, de l'étude d'un notaire. Cet avoué, ce notaire
vendra bien sa pratique, quand il se défera de sa charge. Sa pratique vaut
mieux que sa charge. On dit plus ordinairement, Étude.
PRATIQUE, se dit aussi de La manière de procéder devant
les tribunaux, et en général de Tout ce qui est relatif aux actes
que font les officiers de justice, notamment les avoués et les huissiers.
Ce n'est pas assez qu'un avocat connaisse les lois et les ordonnances, il faut
encore qu'il entende bien la pratique. Cet avoué entend fort bien la pratique.
Cela est contre toutes les règles de la pratique. Forclusion, Référé,
Licitation, etc., sont des termes de pratique. Style de pratique.
PRATIQUE, en termes de Marine, Liberté d'aborder et de débarquer.
On a refusé pratique à ce bâtiment, parce qu'il venait
d'un lieu soupçonné d'infection contagieuse. Recevoir, obtenir pratique.
On donna pratique à ce navire après qu'il eut fait la quarantaine.
Nous ne pûmes jamais avoir pratique avec les habitants de cette île.
On dit de même, Entrer en libre pratique, être admis à la
libre pratique, après avoir fait quarantaine.
PRATIQUE, se dit en outre d'Un instrument d'acier ou de fer-blanc, que
les joueurs de marionnettes mettent dans leur bouche, pour changer le son de leur
voix, quand ils font parler Polichinelle.
Prov., fig. et pop., Il a avalé la pratique de Polichinelle, se
dit D'un homme qui a la voix très-enrouée.
PRATIQUE . adj. des deux genres
Qui ne s'arrête pas à la simple spéculation, qui tend, qui
conduit à l'action, qui agit. Cette science se divise en spéculative
et en pratique. Il y a la géométrie spéculative et la géométrie
pratique. Cours théorique et pratique. Instruction pratique. Morale pratique.
Vertu pratique.
Un philosophe pratique, Un homme qui, sans s'occuper particulièrement
de philosophie, règle sa vie d'après les principes de la morale
et de la raison.
En termes de Marine, Un pilote, un marin pratique de quelque parage,
ou simplement, Un pratique, Un pilote, un marin qui a appris à connaître
un parage pour y avoir plusieurs fois navigué.
PRATIQUEMENT . adv.
Dans la pratique. Vous avez raison théoriquement, mais pratiquement
vous auriez tort.
PRATIQUER . v. a.
Mettre en pratique. Il ne suffit pas de savoir les règles de cet art,
les principes de cette science, il faut aussi les pratiquer. Pratiquer la vertu,
les bonnes oeuvres. Pratiquer des austérités. Pratiquer les commandements
de Dieu. Les habiles gens le pratiquent ainsi. Cela ne se pratique point en France.
Cela se pratique ainsi.
S'emploie aussi absolument. La théorie ne suffit pas, il faut pratiquer.
On ne peut acquérir d'habileté qu à force de pratiquer.
PRATIQUER, en parlant De certaines professions, signifie, Exercer. Pratiquer
la médecine, la chirurgie. Cet homme de loi a long-temps pratiqué
dans différentes juridictions. Dans cette dernière phrase, Pratiquer
se prend absolument.
PRATIQUER, signifie aussi, Fréquenter, hanter. J'ai assez pratiqué
cet homme-là, pour savoir de quoi il est capable. Il ne pratique que des
gens de bien.
Il signifie encore, Solliciter, tâcher d'attirer et de gagner à
son parti, suborner. Il avait pratiqué les principaux habitants de la
ville, les principaux officiers de l'armée. Les domestiques qu'il avait
pratiqués, lui donnèrent entrée dans la maison.
En Matière criminelle, Pratiquer des témoins, Les suborner.
Pratiquer des intelligences, Se les ménager. Il avait pratiqué
dans cette place des intelligences qui lui ont donné le moyen de la surprendre.
PRATIQUER, en termes d'Architecture, Trouver, procurer adroitement certaines
petites commodités dans un bâtiment, en ménageant le terrain,
la place. On a pratiqué un petit escalier dans l'épaisseur du
mur. Il n'y avait point de garde-robes dans cet appartement on a trouvé
le moyen d'y en pratiquer.
Pratiquer un trou, une ouverture, Percer, faire un trou, une ouverture.
Pratiquer un chemin, un sentier, Frayer un chemin, un sentier.
PRATIQUÉ, ÉE. participe, Cet homme était pratiqué
d'avance, Il était aposté, instruit, suborné par quelqu'un.
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