D.R. BELAIR - RTMKB

Pre - Py

       

NOTA : The following texts are copyright free and pertain to public domain ; they are provided without any restrictions. / Les textes qui suivent sont libres de droit et relèvent du domaine public ; ils sont diffusées sans aucune restriction.

 

 

DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

PRÉ .s.m.
• Terre où l'on recueille du foin, ou qui sert au pâturage. Un grand, un bon pré. Bas pré. Haut pré. Pré vert. Pré fleuri. La verdure, les fleurs des prés. Ce pré porte de bon foin. Faucher un pré. Les chevaux, les boeufs paissent dans les prés. Une pièce de pré de vingt arpents. Tous ses prés ont été noyés, remplis de sable, par le débordement de la rivière.
• Aller, se rendre, se trouver sur le pré, Aller, se trouver au lieu assigné pour un combat singulier.

PRÉADAMITES . s. pl. des deux genres
• Sectaires chrétiens qui prétendaient qu'avant Adam il avait existé d'autres hommes.

PRÉALABLE . adj. des deux genres
• Qui doit être dit, être fait, être examiné avant qu'on passe outre. Il est principalement usité dans les discussions d'affaires. Dans les négociations et les traités, la communication des pouvoirs est une chose préalable. Une personne majeure ne peut pas se marier sans le consentement de ses père et mère, ou sans une sommation préalable. Il n'a pas rempli les conditions préalables. C'est un point, c'est une question préalable Pour juger du droit de cet enfant à l'hérédité de son père, il est préalable de savoir son état, et s'il est légitime.
• S'emploie quelquefois substantivement, au masculin. Avant que de procéder au jugement de cette affaire, avant que de décider cette question, avant que de faire telle chose, c'est un préalable que de... C'est un préalable nécessaire. Il y a un préalable.
• Demander, réclamer la question préalable, dans le langage des délibérations publiques, Demander qu'on décide s'il y a ou s'il n'y a pas lieu de délibérer sur une proposition qui vient d'être faite; et, dans l'usage ordinaire, Demander qu'on ne délibère pas sur cette proposition. On dit de même, Cette proposition fut écartée, on a écarté cette proposition par la question préalable.
• AU PRÉALABLE. loc. adv. Auparavant, avant toutes choses. Il faut au préalable voir si...

PRÉALABLEMENT . adv.
• Il signifie la même chose que Au préalable. Avant que de juger le fond, il faut préalablement... Préalablement à toute discussion, il faut s'occuper de...

PRÉAMBULE .s.m.
• Espèce d'exorde, d'avant-propos. Préambule ingénieux, bien tourné. Long, ennuyeux préambule. Faire un préambule. Préambule inutile. Préambule nécessaire.
• Le préambule d'une loi, d'un édit, d'une ordonnance, La partie préliminaire d'une loi, d'un édit, etc., dans laquelle le législateur expose son intention, ses vues, la nécessité ou l'utilité du nouveau règlement.
• PRÉAMBULE, se dit, par extension et familièrement, Des discours vagues, qui n'ont rien de déterminé, de précis, qui ne vont point au fait. Point de préambule, venez au fait. Il m'ennuie avec ses préambules. Il m'a fallu essuyer une heure durant ses ennuyeux préambules. C'est un faiseur de préambules.

PRÉAU .s.m.
• Petit pré. Il ne se dit plus que de Cet espace découvert qui est au milieu du cloître des maisons religieuses, ou de La cour d'une prison. Toute prison devrait avoir son préau. Ce prisonnier se promène au préau, sur le préau. Il a la liberté du préau, d'être sur le préau.

PRÉBENDE . s. f.
• Revenu ecclésiastique, attaché, annexé ordinairement à une chanoinie. Il a obtenu un canonicat en cour de Rome, mais il n'a point de prébende.
• Se dit quelquefois Du canonicat même. La prébende qui lui a été assignée n'est pas des meilleures.

PRÉBENDÉ
, ÉE. adj.
• Qui jouit d'une prébende. Chanoine prébendé.

PRÉBENDIER .s.m.
• Ecclésiastique qui, en certaines fonctions, sert au choeur au-dessous des chanoines. Ce chapitre est composé de vingt-quatre chanoines et d'autant de prébendiers.

PRÉCAIRE . adj. des deux genres
• Qui ne s'exerce que par une tolérance qui peut cesser, par une permission révocable, par emprunt, avec dépendance, avec incertitude. Autorité précaire. Pouvoir précaire. Possession précaire. Son état est précaire. Existence précaire. Vie précaire.
• Il est aussi substantif, en termes de Jurisprudence, et se dit en parlant Des choses dont on ne jouit, dont on n'a l'usage que par une concession toujours révocable au gré de celui qui l'a faite. Il ne jouit de cette terre que par précaire, qu'à titre de précaire.

PRÉCAIREMENT . adv.
• D'une manière précaire. Il en jouit précairement.

PRÉCAUTION . s. f.
• Ce qu'on fait par prévoyance, pour ne pas tomber en quelque inconvénient, pour éviter quelque mal. Précaution nécessaire. Précaution inutile. Prendre ses précautions. Apporter toutes les précautions nécessaires à une chose. User de précaution. Se purger, se faire saigner par précaution. Une médecine, une saignée de précaution.
• Prov., Trop de précaution nuit, Une précaution excessive tourne souvent au désavantage de celui qui la prend.
• Précautions oratoires, Moyens adroits et détournés qu'un orateur emploie pour se concilier la bienveillance de ses auditeurs, ou pour affaiblir des préventions qui seraient contraires à l'objet qu'il se propose.
• PRÉCAUTION, signifie aussi, Circonspection, ménagement, prudence. On ne doit attaquer certains préjugés qu'avec précaution. Se conduire avec précaution.

PRÉCAUTIONNER . v. a.
• Prémunir quelqu'un par ses conseils contre quelque mal dont il est menacé. Précautionner les fidèles contre l'erreur.
• S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel; et alors il signifie, Prendre ses précautions. Se précautionner contre le chaud, contre le froid. Il est bon de se précautionner contre les maux qui nous menacent, contre la malice des hommes.
• PRÉCAUTIONNÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, et signifie, Prudent, avisé. C'est un homme fort précautionné.

PRÉCÉDEMMENT . adv.
• Auparavant, ci-devant. Comme nous avons dit précédemment.

PRÉCÉDENT
, ENTE. adj.
• Qui précède, qui est immédiatement avant. Se dit ordinairement par rapport au temps. Le jour précédent. Je vous ai écrit par le courrier précédent. Sous le règne précédent. Dans l'assemblée précédente. Cette clause était portée dans le bail précédent.
• Se dit aussi, quelquefois, par rapport au rang, à l'ordre. J'ai traité cette matière dans le livre précédent, dans le chapitre précédent. Vous trouverez cette citation à la page précédente.
• PRÉCÉDENT, s'emploie aussi substantivement, dans le langage des assemblées politiques, et signifie, Un fait, un exemple antérieur qu'on invoque comme autorité. Citer un précédent. Les précédents sont en faveur de cette opinion. L'autorité des précédents.

PRÉCÉDER . v. a.
• Aller devant, marcher devant. Les gardes qui précédaient la voiture du roi. Le régiment était précédé de sa musique. Il les précédait d'une lieue. Comme il nous précède, c'est lui qui nous annoncera.
• Se dit aussi par rapport au temps. La musique précéda le souper. Cet accès de fièvre fut précédé d'une grande lassitude. Ils croient que cet événement fut précédé de plusieurs prodiges. Ceux qui nous ont précédés, et ceux qui viendront après nous.
• Se dit quelquefois par rapport au rang, à l'ordre. Dans le chapitre qui précède.
• Il signifie particulièrement, Tenir le premier rang, avoir le pas sur un autre. Précéder en dignité, en honneur.
• PRÉCÉDÉ, ÉE. participe

PRÉCEINTE .s.m.
• .Marine. Se dit Des bordages peu élevés qui règnent tout autour d'un bâtiment, et qui en distinguent les étages. C'est ce que l'on nomme autrement Lisse.

PRÉCEPTE .s.m.
• Règle, leçon, enseignement. Les préceptes de la rhétorique, de la morale. Donner de bons préceptes. Suivre exactement les préceptes qu'on a reçus. Cette pièce de théâtre est conforme aux préceptes de l'art. Les préceptes qu'un régent, qu'un maître donne à son écolier. Les Remarques de Vaugelas contiennent d'excellents préceptes pour la langue.
• PRÉCEPTE, signifie aussi, Commandement; et, en ce sens, il ne se dit guère que Des commandements de Dieu, des commandements de l'Église, de ce qui nous est ordonné dans l'Évangile. Précepte affirmatif. Précepte négatif. Les préceptes de la loi se réduisent à aimer Dieu de tout son coeur et son prochain comme soi-même. Jeûner le carême est un des préceptes de l'Église. Cela est de précepte. Dans l'Évangile, il faut distinguer les préceptes d'avec les conseils. Ce que vous dites là n'est pas un précepte, ce n'est qu'un conseil.

PRÉCEPTEUR .s.m.
• Celui qui est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme. Précepteur habile. Savant précepteur. Cet homme a pris un tel pour précepteur de son fils. Il a donné un précepteur à son fils. Il eut un tel pour précepteur. Il a été précepteur du roi, du prince royal, etc.
• Se dit, par extension, de Tous ceux qui instruisent les autres. Les philosophes sont les précepteurs du genre humain. Dans l'apologue, les animaux sont les précepteurs des hommes.

PRÉCEPTORAL
, ALE. adj.
• Qui appartient au précepteur. Ton préceptoral. Gravité préceptorale. Il est peu usité.

PRÉCEPTORAT .s.m.
• État, fonction de précepteur. Les devoirs du préceptorat. Pendant le temps de son préceptorat.

PRÉCESSION . s. f.
• T. d'Astron. Il n'est usité que dans cette phrase, La précession des équinoxes, Le mouvement rétrograde des points équinoxiaux.

PRÊCHE .s.m.
• Se dit Des sermons que les ministres de la religion protestante font dans leurs temples. Aller, assister au prêche.
• Se dit aussi Du lieu où les protestants s'assemblent pour l'exercice de leur religion. Les seigneurs protestants hauts justiciers avaient droit de prêche dans leurs terres. On abattit tous les prêches en France, lors de la révocation de l'édit de Nantes.
• Fam., Aller au prêche, se rendre au prêche, quitter le prêche, Embrasser la religion protestante, ou la quitter.

PRÊCHER . v. a.
• Annoncer la parole de Dieu, instruire le peuple par des sermons. Prêcher l'Évangile. Prêcher la parole de Dieu. Prêcher les mystères de la religion chrétienne. Prêcher les vérités évangéliques. Prêcher l'Évangile aux infidèles.
• Prêcher l'avent, le carême, une octave, Prêcher dans une même église durant tout l'avent, durant tout le carême, durant toute une octave.
• PRÊCHER, se dit aussi en parlant Des personnes auxquelles on annonce la parole de Dieu. Prêcher les chrétiens. Prêcher les fidèles. Saint Pierre prêchait les gentils.
• Fig. et fam., Vous prêchez un converti, Vous voulez persuader un homme qui est déjà convaincu.
• PRÊCHER, s'emploie aussi absolument. Prêcher bien. Prêcher mal. Il a prêché en apôtre, en missionnaire. Il a prêché sur le danger des mauvaises lectures.
• Fig., Prêcher d'exemple, Pratiquer le premier tout ce que l'on conseille aux autres de faire.
• Fig. et fam., Prêcher dans le désert, N'avoir pas d'auditeurs, ou n'être point écouté.
• Fig. et fam., Cet homme ne fait que prêcher, Il fait des remontrances à tout propos.
• Prov. et fig., Prêcher pour son saint, pour sa paroisse, Louer, vanter une personne, une chose par des motifs d'intérêt personnel.
• PRÊCHER, signifie quelquefois, par extension, Publier, recommander, répandre, soit de vive voix, soit par écrit. Prêcher la vertu. Cet auteur prêche une morale sévère. Vous prêchez là des maximes pernicieuses. Il prêche toujours l'économie.
• Fam., Ne faire que prêcher malheur, que prêcher misère, Ne parler que pour annoncer quelque chose de fâcheux. On dit dans une acception pareille, Prêcher toujours famine.
• Fam., Prêcher toujours la même chose, Répéter sans cesse les mêmes propos.
• PRÊCHER, signifie quelquefois, familièrement, Remontrer, faire des remontrances. On le prêche inutilement là-dessus. On le prêche pour se marier. Après l'avoir long-temps prêché, je n'y ai rien pu gagner.
• Prov., On a beau prêcher qui n'a cure de bien faire (quelques-uns disent coeur au lieu de cure), C'est inutilement qu'on fait des remontrances à un homme qui ne veut pas se porter au bien.
• PRÊCHER, signifie aussi quelquefois familièrement, Louer, vanter quelque action, quelque chose. Il prêche toujours la grandeur de ses ancêtres. Il prêche ses exploits à tout le monde.
• PRÊCHÉ, ÉE. participe

PRÊCHEUR .s.m.
• Prédicateur, celui qui prêche. Il ne se dit que par ironie, par dérision. Voilà un beau prêcheur. Voilà un pauvre prêcheur, un mauvais prêcheur.
• Fam., C'est un prêcheur éternel, se dit D'un homme qui se mêle de faire toujours des réprimandes, des remontrances sur les moindres choses. On dit quelquefois, Prêcheuse au féminin. Vous êtes une jolie prêcheuse.
• Prêcheurs, ou adjectivement, Frères prêcheurs, Les religieux de l'ordre de Saint-Dominique.

PRÉCIEUSE . s. f.
• Femme qui est affectée dans son air, dans ses manières, et principalement dans son langage. C'est une précieuse. Il n'est rien de si incommode qu'une précieuse. Ce mot, dans l'origine, ne se prenait pas en mauvaise part comme aujourd'hui. La comédie des Précieuses ridicules.

PRÉCIEUSEMENT . adv.
• Avec grand soin. S'emploie le plus souvent avec les verbes Garder, conserver, et se dit en parlant Des choses que l'on conserve comme ayant beaucoup de prix, comme étant fort chères à celui qui les possède. Il y a plusieurs siècles que l'on garde précieusement ce manuscrit dans cette bibliothèque. Je conserverai précieusement cette marque de votre amitié. Il a conservé précieusement la mémoire, le souvenir des bienfaits qu'il a reçus.
• En termes de Peinture, Un tableau précieusement fait, Un tableau dont la touche est très-soignée et très-recherchée. Un bas-relief, une statue précieusement exécutés, Exécutés avec le plus grand soin.

PRÉCIEUX
, EUSE. adj.
• Qui est de grand prix. Une étoffe précieuse. Des meubles précieux. Le plus précieux des métaux. La Madeleine versa sur les pieds du Seigneur un onguent précieux. Cet ouvrage, que la matière et le travail rendent également précieux.
• Pierres précieuses, Les diamants, les rubis, les émeraudes, les saphirs, les topazes, etc.
• PRÉCIEUX, se dit figurément D'un avantage considérable, et des choses dont on peut tirer une grande utilité, un grand profit. Il en est résulté pour lui un avantage précieux. Il a fait une découverte précieuse. Il n'y a rien de si précieux que le temps. Votre temps vous est précieux. Je me reproche de vous avoir dérobé des moments précieux, si précieux.
• Communém., Les moments sont précieux, Pour faire réussir l'affaire dont il s'agit, il n'y a point de temps à perdre.
• PRÉCIEUX, se dit généralement De tout ce qui nous est cher, et dont nous faisons un cas particulier. Je garde cette lettre comme un gage précieux de son amitié. Cet enfant est précieux à son père et à sa mère. Sa vie est précieuse à l'État, à sa famille. Conservez cette tête précieuse. L'Écriture dit à peu près dans le même sens, La mort des saints est précieuse devant Dieu.
• Se dit encore, par respect, Du corps et du sang de Notre-Seigneur, et des reliques des saints. Le précieux sang de Notre-Seigneur. Recevoir le précieux corps de Notre-Seigneur, son précieux sang. Une précieuse relique.
• PRÉCIEUX, signifie aussi, Affecté, et se dit principalement Des manières, du langage, du style. Il a des manières précieuses, un air précieux. Il parle un langage précieux. Style précieux.
• En termes de Peinture, Ce tableau est d'un fini précieux, Ce tableau est peint avec un soin extrême. On dit dans un sens analogue, Ce bijou est d'un travail précieux.
• PRÉCIEUX, s'emploie quelquefois substantivement. Le précieux de son style fatigue. Il est d'un précieux insupportable.

PRÉCIOSITÉ . s. f.
• Affectation dans les manières et dans le langage. Il est peu usité.

PRÉCIPICE .s.m.
• Abîme, lieu très-profond, où l'on ne peut tomber sans péril de sa vie. Précipice profond. Précipice affreux. Le fond du précipice. Marcher à travers des précipices. Marcher entre deux précipices. Ce lieu est plein de précipices. Ce chemin est bordé de précipices. Tomber dans un précipice. Jeter, pousser dans le précipice. Tirer quelqu'un du précipice. Être sur le bord du précipice. Se sauver du précipice. Nous étions sur le penchant du précipice.
• Se dit figurément d'Un grand malheur, d'une grande disgrâce, d'un grand danger. Les passions, les mauvais conseils entraînent les hommes dans le précipice. Une vaine ambition l'a poussé jusqu'au bord du précipice. Une seule faute l'a jeté dans le précipice. Ses affaires étaient dans un état désespéré, on l'a tiré du précipice. Il marche sur le bord du précipice; s'il ne change pas de conduite, il est perdu.

PRÉCIPITAMMENT . adv.
• Avec précipitation, à la hâte. Courir précipitamment. Il ne faut rien faire précipitamment.

PRÉCIPITANT .s.m.
• .Chimie. Ce qui opère la précipitation. L'acide sulfurique est le précipitant des sels de baryte et de plomb dissous.

PRÉCIPITATION . s. f.
• Extrême vitesse, grande hâte. Marcher avec précipitation, avec trop de précipitation.
• Se dit figurément Du trop d'empressement, de la trop grande vivacité que l'on met, soit à former quelque dessein, soit à dire ou à faire quelque chose. Faire les choses avec précipitation. La précipitation gâte la plupart des affaires. Il faut penser, parler, agir mûrement et sans précipitation.
• PRÉCIPITATION, en termes de Chimie, Action par laquelle une matière solide est séparée de son dissolvant, et se réunit au fond du vase. La précipitation de l'argent. La précipitation du sulfate de baryte.

PRÉCIPITER . v. a.
• Jeter d'un lieu élevé dans un lieu fort bas, jeter dans un lieu profond. Précipiter un homme du haut des murailles dans le fossé. Les anciens Romains précipitaient certains criminels du haut de la roche Tarpéienne. Jéhu fit précipiter Jézabel par une fenêtre. Dieu précipita les anges rebelles dans les enfers.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Se précipiter d'une fenêtre dans la rue, d'un troisième étage dans la cour. Sapho se précipita dans la mer. Le cheval s'est précipité dans un abîme avec le cavalier qu'il portait. Ce fleuve, ce torrent se précipite avec grand bruit du haut des rochers.
• Se précipiter sur quelqu'un, S'élancer sur lui. Il se précipita sur lui pour le frapper.
• Ils se sont précipités dans les bras l'un de l'autre, Ils se sont embrassés avec empressement. On dit de même, Le peuple, la foule se précipitait au-devant de lui, Se portait au-devant de lui avec empressement, avec ardeur.
• PRÉCIPITER, au figuré, signifie, Faire tomber dans un grand malheur, dans une grande disgrâce, dans un grand danger. Les vices l'ont précipité dans l'infortune. On l'a précipité dans un abîme de maux. La révolution qui le précipita du trône. La guerre a précipité cette nation dans de grands malheurs. On a précipité ce pays dans une guerre funeste.
• S'emploie aussi, en ce sens, avec le pronom personnel. Il s'est précipité dans toutes sortes d'excès, de désordres. Il se précipite aveuglément dans le danger, dans les occasions périlleuses.
• PRÉCIPITER, signifie aussi, figurément, Hâter, accélérer, rendre prompt et rapide. Ce musicien précipite le mouvement de ce morceau. Cet acteur précipite trop son débit. Dans la crainte d'être atteint, il précipitait ses pas. Cette rivière, resserrée entre ses bords, précipite son cours. L'ennemi a précipité sa retraite, sa fuite. Cette démarche a précipité sa perte, sa ruine, sa chute. Il a précipité son retour. Il faut précipiter le jugement de cette affaire. Laissons arriver le moment d'agir, ne le précipitons pas. Cet homme gâte toutes les affaires en les précipitant. Les gens sages ne précipitent rien.
• S'emploie également, dans cette signification, avec le pronom personnel. Il s'est trop précipité dans cette affaire. Ne vous précipitez pas.
• PRÉCIPITER, en termes de Chimie, Séparer, par un réactif, une matière solide d'une liquide où elle était dissoute, et la réunir au fond du vase. Le fer précipite le cuivre de sa dissolution dans les acides. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Du mercure qui se précipite. On dit aussi neutralement, Cette matière précipite en blanc, en noir, en vert, en jaune, etc., par tel réactif.
• PRÉCIPITÉ, ÉE. participe, Précipité du haut en bas. Course précipitée. Marcher à pas précipités. Départ précipité. Mouvement précipité. Mercure précipité.
• PRÉCIPITÉ, est aussi substantif, en termes de Chimie, et signifie, Une matière dissoute, séparée de son dissolvant par le moyen de quelque précipitant, et tombée au fond du vase. Un précipité de mercure. Le nitrate de baryte décèle la plus petite quantité d'acide sulfurique, dans un liquide, en y produisant tout à coup un précipité blanc. Précipité floconneux, cristallin, etc.

PRÉCIPUT .s.m.
• .Jurispr. Avantage que le testateur ou la loi donne à un des cohéritiers par-dessus les autres, avec lesquels néanmoins il partage le reste de l'hérédité. Dans cette acception, il n'est guère d'usage qu'avec la préposition Par. Le père a donné cette terre par préciput à un de ses fils. Son oncle lui avait laissé sa charge par préciput. Entre nobles, l'aîné avait la principale maison avec le vol du chapon par préciput, et avant partage.
• Se dit aussi de L'avantage stipulé, par contrat de mariage, en faveur de l'époux survivant. Cette femme a un bon préciput. Elle a pris pour son préciput telle chose. Elle a pris son préciput en argent, en meubles. Elle a vingt mille francs de préciput. Le mari a pris pour préciput la bibliothèque.

PRÉCIS
, ISE. adj.
• Fixe, déterminé, arrêté. Temps précis. Jour précis. Venir à l'heure précise. À cinq heures précises. Au terme précis. Je ne sais pas la date précise de cet événement.
• Faire des demandes précises, Faire en justice des demandes expresses et formelles.
• Prendre des mesures précises, Justes, allant bien au but.
• Dire quelque chose de précis, De formel.
• PRÉCIS, en parlant Du discours ou du style, signifie, Qui a de la précision, qui dit exactement tout ce qu'il faut, et qui ne dit rien de trop, où il n'y a rien de superflu. Discours précis. Style précis. Langage précis.
• Se dit aussi Des personnes. Un écrivain précis. Cet homme est net et précis dans ses discours. Thucydide est de tous les historiens grecs le plus serré et le plus précis.

PRÉCIS .s.m.
• Le sommaire, l'abrégé de ce qu'il y a de principal, de plus essentiel, de plus important dans une affaire, dans un livre, dans une histoire, etc. Il nous a donné le précis, tout le précis de cette affaire. Voilà le précis de ce livre. Il a écrit un Précis de l'histoire ancienne, de l'histoire d'Angleterre.

PRÉCISÉMENT . adv.
• Exactement, au juste, sans manquer à rien. Dire, écrire précisément ce qu'il faut. Il a fait les choses précisément comme il l'avait promis. Répondez précisément à ce qu'on vous demande. Il est venu précisément à l'heure indiquée. Il est parti précisément à six heures. Voilà précisément le lieu où la chose s'est passée. Voilà précisément la manière dont l'affaire s'est passée.
• S'emploie quelquefois, dans le langage familier, comme réponse affirmative, et signifie, Tout juste, c'est cela même. Quoi! vous allez vendre votre domaine, et acheter des rentes à la place? --- Précisément.

PRÉCISER . v. a.
• Fixer, déterminer. Il faut préciser davantage les faits, les termes de la question. Préciser les époques, les dates, les circonstances.
• PRÉCISÉ, ÉE. participe

PRÉCISION . s. f.
• Exactitude dans le discours, par laquelle on se renferme tellement dans le sujet dont on parle, qu'on ne dit rien de superflu. C'est un homme qui s'exprime, qui écrit avec une grande précision. Cet ouvrage est un modèle de précision.
• Se dit aussi pour Justesse, régularité. Ce cercle mural est divisé avec une parfaite précision. Ces manoeuvres furent exécutées avec une grande précision, avec une précision admirable.
• PRÉCISION, dans le langage didactique, signifie, Distinction exacte et subtile, par laquelle on fait abstraction de tout ce qui paraît étranger au sujet que l'on considère. Précision métaphysique. Précision trop subtile. Cette acception est peu usitée.

PRÉCITÉ
, ÉE. adj.
• Cité précédemment. La loi précitée. La pièce précitée. Il n'est guère d'usage qu'en style de Palais.

PRÉCOCE . adj. des deux genres
• Mûr avant la saison. Se dit De certains fruits, de certains légumes qui viennent avant les autres de la même espèce. Fruit précoce. Des cerises précoces. Des pêches précoces. Des pois, des fèves précoces.
• Se dit aussi Des arbres qui portent des fruits précoces. Un cerisier précoce. Un pêcher précoce. Un abricotier précoce.
• Fig., Un enfant précoce, Un enfant dont l'esprit ou le corps est plus formé que son âge ne le comporte. On dit dans le même sens, Un esprit précoce; et figurément, C'est un fruit précoce.

PRÉCOCITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est précoce. L'exposition au midi, la chaleur, et la légèreté de la terre, contribuent à la précocité des fruits. Cet enfant est d'une grande précocité, a une grande précocité d'esprit, de raison.

PRÉCOMPTER . v. a.
• Compter par avance les sommes qui sont à déduire. Il faut précompter sur cette somme de dix mille francs, les trois mille francs que vous avez reçus.
• PRÉCOMPTÉ, ÉE. participe

PRÉCONISATION . s. f.
• Action par laquelle un cardinal, et quelquefois le pape même, déclare en plein consistoire que tel sujet, nommé à un évêché par son souverain, a toutes les qualités requises. La préconisation de cet évêque a été faite tel jour.

PRÉCONISER . v. a.
• Louer extraordinairement, donner de grands éloges à quelqu'un. Un tel ne cesse de vous préconiser.
• En Médecine, Préconiser un remède, Vanter l'excellence, l'efficacité d'un remède, et en recommander l'emploi.
• PRÉCONISER, se dit particulièrement Quand un cardinal, ou le pape lui-même, déclare en plein consistoire, que tel sujet a été nommé à un évêché, et qu'il a toutes les qualités requises. Le cardinal, protecteur des affaires de France, préconisa tel docteur en théologie pour l'évêché de Tulle. Le pape a préconisé un tel pour l'archevêché de Paris.
• PRÉCONISÉ, ÉE. participe

PRÉCORDIAL
, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui a rapport au diaphragme. Région précordiale.

PRÉCURSEUR .s.m.
• Celui qui vient avant quelqu'un pour en annoncer la venue. Se dit principalement de saint Jean-Baptiste, que l'on appelle Le précurseur de JÉSUS-CHRIST, du Messie.
• Se dit, familièrement, d'Un homme qui en annonce un autre dont il est suivi. Voilà un tel qui va venir, je suis son précurseur.
• Se dit aussi d'Un homme célèbre qui a paru avant un autre, par lequel il a été surpassé. Ramus fut le précurseur de Descartes.
• Se dit également de Certaines choses qui pour l'ordinaire en précèdent d'autres. Ces mouvements, ces troubles, sont les précurseurs de quelque grand événement. Signes précurseurs. Dans cette dernière phrase, il est employé adjectivement.

PRÉDÉCÉDER . v. n.
• .Jurispr. Mourir avant un autre. Celui des deux qui viendra à prédécéder.
• PRÉDÉCÉDÉ, ÉE. participe, La femme étant prédécédée.
• S'emploie aussi substantivement. Le prédécédé n'a point laissé de fortune.

PRÉDÉCÈS .s.m.
• .Jurispr. Mort de quelqu'un avant celle d'un autre. Arrivant le prédécès de l'un d'eux, le survivant aura tel avantage.

PRÉDÉCESSEUR .s.m.
• Celui qui a précédé quelqu'un dans un emploi, dans une charge, dans une dignité, etc. Prédécesseur immédiat. Il marche sur les traces de ses prédécesseurs. Ce prince suivit l'exemple de son prédécesseur. Il continua ce que son prédécesseur avait entrepris.
• Se dit, généralement, de Tous ceux qui ont vécu avant nous dans le même pays; et, en ce sens, il ne s'emploie qu'au pluriel. Nos prédécesseurs nous ont laissé cet exemple à imiter. Il y avait plus de simplicité, moins de luxe parmi nos prédécesseurs.

PRÉDESTINATION . s. f.
• .Théologie. Décret de Dieu, par lequel, suivant l'opinion de certains docteurs, il a réglé d'avance que tels hommes seront sauvés. Le dogme de la prédestination. Prédestination à la grâce. Prédestination à la gloire éternelle, ou simplement à la gloire.
• Se dit aussi d'Un arrangement immuable d'événements, que l'on suppose arriver nécessairement. Les musulmans croient la prédestination, croient à la prédestination.

PRÉDESTINER . v. a.
• Destiner de toute éternité au salut. Dieu a prédestiné les élus. Ceux que Dieu prédestine à la grâce, à la gloire.
• Se dit aussi en parlant Du choix que Dieu, de toute éternité, a fait de quelques personnes pour de grandes choses. Dieu avait prédestiné Moïse pour être le conducteur de son peuple, Cyrus pour être le libérateur du peuple juif, la Vierge Marie pour être la mère du Seigneur. Cet homme semblait être prédestiné à changer la face de la terre.
• Se dit encore, par extension, en parlant De certaines choses extraordinaires, et qu'il semble qu'on ne pouvait éviter. Cet homme était prédestiné au malheur. Il était prédestiné à se noyer.
• PRÉDESTINÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, et signifie, Que Dieu a destiné à la gloire éternelle. Des âmes prédestinées.
• S'emploie aussi substantivement. Être du nombre des prédestinés. La gloire des prédestinés. C'est un vrai prédestiné, une vraie prédestinée.
• Fam., Avoir un visage de prédestiné, une face de prédestiné, Avoir un visage plein, vermeil et serein.

PRÉDÉTERMINANT
, ANTE. adj.
• .Théologie. Qui prédétermine. Décret prédéterminant.

PRÉDÉTERMINATION . s. f.
• .Théologie. Action par laquelle Dieu meut et détermine la volonté humaine. La prédétermination physique.

PRÉDÉTERMINER . v. a.
• .Théologie. Se dit De l'action, du décret par lequel Dieu meut et détermine la volonté humaine.
• PRÉDÉTERMINÉ, ÉE. participe

PRÉDICABLE . adj. des deux genres
• .Logique. Se dit D'une qualité, d'une épithète générale que l'on peut donner à différents sujets. Le terme Animal est prédicable autant de l'homme que de la bête. Il est vieux.

PRÉDICAMENT .s.m.
• .Logique. Catégorie, ordre, rang, classe où les philosophes de l'école ont coutume de ranger tous les êtres, selon leur genre et leur espèce. L'être est le premier de tous les prédicaments. Il est vieux.
• Fam., Être en bon ou en mauvais prédicament, Avoir une bonne ou une mauvaise réputation. Ce jeune homme est en bon prédicament dans le monde. Il est en mauvais prédicament dans son pays.

PRÉDICANT .s.m.
• On appelle ainsi Un ministre de la religion protestante, dont la fonction est de prêcher. Tous les prédicants furent bannis. Il ne s'emploie guère que par dénigrement.

PRÉDICATEUR .s.m.
• Celui qui prêche, qui annonce en chaire la parole de Dieu, les vérités de l'Évangile. Prédicateur évangélique. Prédicateur éloquent. Prédicateur zélé, pathétique. Un excellent prédicateur. Le prédicateur monte en chaire à telle heure. Nommer un prédicateur pour l'avent, pour le carême.
• Se dit quelquefois, par extension, de Celui qui publie de vive voix ou par écrit certaines doctrines bonnes ou mauvaises. Cet homme est un prédicateur de fausses doctrines. Les écrivains qui se sont faits les prédicateurs de la morale.

PRÉDICATION . s. f.
• Action de prêcher. La prédication de l'Évangile est la plus noble fonction de l'épiscopat. Cet homme a un grand talent pour la prédication. S'appliquer, s'attacher à la prédication.
• Il signifie aussi, Sermon, discours pour annoncer la parole de Dieu, et pour exciter à la pratique de la vertu. Assister à la prédication. Entendre la prédication. Il est peu usité en ce sens.

PRÉDICTION . s. f.
• Action de prédire. Faire une prédiction. Se mêler de prédiction. Avoir le don de prédiction. Les astrologues avaient fait un art de la prédiction.
• Il signifie aussi, La chose qui est prédite. Sa prédiction est arrivée, est accomplie. Le peuple croit aux prédictions de l'almanach. Les gens sensés n'ont aucune foi aux prédictions des astrologues. L'événement a justifié ma prédiction.

PRÉDILECTION . s. f.
• Préférence d'amitié, d'affection. Avoir, marquer de la prédilection pour quelqu'un. Ce père a de la prédilection pour sa fille. Prenez garde que vos prédilections ne vous égarent. Prédilection aveugle, insensée. Prédilection juste, méritée.

PRÉDIRE . v. a.
• (Je prédis, tu prédis, il prédit; nous prédisons, vous prédisez. Aux autres temps il se conjugue comme Dire.) Prophétiser, annoncer par inspiration divine ce qui doit arriver. Les prophètes ont prédit la venue de JÉSUS-CHRIST.
• Il signifie aussi, Annoncer par des règles certaines une chose qui doit arriver. Prédire une éclipse. Prédire les grandes marées.
• Il signifie aussi, Annoncer par une prétendue divination qu'une chose doit arriver. Il y a des charlatans qui se mêlent de prédire l'avenir. Il prétend qu'on lui a prédit plusieurs événements qui lui sont arrivés.
• Il signifie encore, Dire ce qu'on prévoit, par raisonnement et par conjecture, devoir arriver. Je lui avais prédit tout ce qui lui est arrivé.
• PRÉDIT, ITE. participe

PRÉDISPOSANTE . adj. f.
• .Médec. Il ne s'emploie que dans cette locution, Cause prédisposante, Tout ce qui dispose par degrés à telle ou telle maladie. Causes prédisposantes générales. Causes prédisposantes individuelles.

PRÉDISPOSER . v. a.
• .Médec. Se dit De ce qui dispose par degrés à quelque maladie. Une mauvaise nourriture prédispose aux affections gastriques.
• PRÉDISPOSÉ, ÉE. participe

PRÉDISPOSITION . s. f.
• .Médec. Disposition de l'économie, qui précède et prépare le développement d'une maladie.

PRÉDOMINANCE . s. f.
• .Médec. Action de ce qui prédomine. La prédominance du système nerveux.

PRÉDOMINANT
, ANTE. adj.
• Qui prédomine. Vice prédominant. Humeur prédominante. Passion prédominante. Vertu prédominante.

PRÉDOMINER . v. n.
• Prévaloir, exceller, s'élever au-dessus. Se dit Des choses morales ou physiques qui prévalent sur les autres, qui se font le plus remarquer ou sentir. L'ambition a toujours prédominé sur ses autres passions. C'est un homme en qui l'intérêt prédomine étrangement. La charité prédomine dans les vrais chrétiens. La prudence prédomine dans toutes ses actions. La justice est la vertu qui doit prédominer dans un prince. C'est la bile qui prédomine dans son tempérament, qui prédomine en lui. L'amertume est la saveur qui prédomine dans cette substance.

PRÉÉMINENCE . s. f.
• Avantage, prérogative, supériorité qu'on a sur les autres, en ce qui regarde la dignité et le rang. La prééminence des évêques sur les prêtres, des archevêques sur les évêques. Avoir la prééminence sur quelqu'un.
• Se dit aussi en parlant Des choses. La prééminence d'un genre de littérature sur un autre.

PRÉÉMINENT
, ENTE. adj.
• Qui est audessus des autres choses du même genre. Il n'est guère usité qu'en parlant De choses morales. Une dignité prééminente. La charité est la vertu prééminente. La justesse et la profondeur des vues sont le mérite prééminent de cet administrateur.

PRÉÉTABLIR . v. a.
• T. didactique. Établir d'abord. C'est ce qu'il faut préétablir. Vous n'avez pas préétabli la question.
• Préétabli, ie. participe. L'ordre ancien et préétabli.
• L'harmonie préétablie, Système par lequel les leibnitziens prétendent expliquer l'influence réciproque du physique et du moral de l'homme.

PRÉEXISTANT
, ANTE. adj.
• .Théol. Qui existe avant un autre. Dieu a créé le monde de rien, et non d'une matière préexistante. On a discuté la question de savoir si l'âme est préexistante au corps.

PRÉEXISTENCE . s. f.
• .Théol. Existence antérieure. La préexistence des âmes.

PRÉEXISTER . v. n.
• .Théol. Exister avant.

PRÉFACE . s. f.
• Avant-propos, discours préliminaire que l'on met ordinairement à la tête d'un livre, pour donner quelques indications nécessaires au lecteur, ou pour le prévenir favorablement. Grande préface. Longue préface. Belle préface. Préface ennuyeuse. Faire une préface. L'auteur a mis une excellente préface à la tête de son ouvrage. Cette préface rend raison du plan de l'ouvrage. La préface de l'Encyclopédie.
• Il signifie quelquefois, familièrement, Préambule, petit discours que l'on fait avant que d'entrer en matière. Laissons là toutes ces préfaces. Sans préface, point de préface, venons au fait.
• Préface, se dit aussi de Cette partie de la messe qui précède immédiatement le canon. Chanter la préface. Le prêtre en était à la préface. La préface de Pâques. La préface de Noël.

PRÉFECTURE . s. f.
• Nom de plusieurs charges principales dans l'empire romain. La préfecture du prétoire. La préfecture de la ville. Durant sa préfecture.
• PRÉFECTURE, signifie aussi, dans l'organisation administrative actuelle de la France, L'emploi de l'administrateur appelé Préfet. Il vient d'être nommé à la préfecture du département du Rhône, à la préfecture du Rhône. Demander, obtenir une préfecture. Il a une des plus belles préfectures de France. Conseil de préfecture.
• Se dit aussi de La durée des fonctions d'un préfet. Ce chemin a été fait pendant sa préfecture.
• Se dit aussi de L'étendue de territoire qu'administre un préfet. Cette préfecture se divise en quatre arrondissements. Cette ville est le chef-lieu de la préfecture.
• Se dit encore de La maison, de l'hôtel où demeure le préfet et où sont placés ses bureaux. Aller à la préfecture.
• Préfecture de police, L'emploi du préfet de police; L'hôtel où sont les bureaux du préfet de police.
• Préfecture maritime, Arrondissement maritime administré par un officier général de la marine militaire. Toulon, Brest, Cherbourg, sont des chefs-lieux de préfectures maritimes.
• Sous-préfecture, Les fonctions de sous-préfet; L'arrondissement administré par un sous-préfet, et La demeure, les bureaux du sous-préfet. Obtenir une sous-préfecture. Chef-lieu de sous-préfecture. Aller à la sous-préfecture.

PRÉFÉRABLE . adj. des deux genres
• Qui mérite d'être préféré. La vertu est préférable à tous les autres biens. Une glorieuse mort est préférable à une vie honteuse. Peu de gens en place savent combien un véritable ami est préférable à la foule des flatteurs.

PRÉFÉRABLEMENT . adv.
• Par préférence. On lui a donné cette place, préférablement à tous ceux qui la demandaient. Il faut aimer Dieu préférablement à toutes choses.

PRÉFÉRENCE . s. f.
• Acte par lequel on préfère une personne, une chose à une autre. Juste préférence. Demander, avoir, obtenir la préférence. Disputer, emporter la préférence. Donner, accorder la préférence. Cicéron mérite la préférence sur tous les orateurs latins. Entre ces deux généraux, il est assez douteux à qui on doit donner la préférence. Cette charge, cet emploi lui a été donné par préférence à tout autre. Des deux emplois qu'on lui offrait, il a pris celui-là de préférence. Si vous ne trouvez pas de votre maison plus que je vous en offre, je vous demande la préférence. Si je ne trouve pas cette marchandise à meilleur marché que chez vous, je vous donnerai la préférence. Ne m'accusez pas de caprice, ma préférence est fondée. Vous avez certaines préférences que je ne puis approuver.
• PRÉFÉRENCES, au pluriel, se dit de Certaines marques d'affection ou d'honneur plus particulières, qu'on accorde à quelqu'un. Vous êtes trop accoutumé aux préférences. Vous ambitionnez toujours les préférences.

PRÉFÉRER . v. a.
• Se déterminer en faveur d'une personne, d'une chose plutôt qu'en faveur d'une autre. Il faut préférer l'honnête à l'utile. Virgile est l'auteur qu'il préfère. Il s'est vu préférer pour cet emploi un homme absolument incapable. Il préféra de se retirer. Je préfère qu'il parte. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. C'est un égoïste qui se préfère à tout.
• PRÉFÉRÉ, ÉE. participe

PRÉFET .s.m.
• Celui qui occupait une préfecture dans l'empire romain. Le préfet du prétoire. Le préfet de Rome. Le préfet des Gaules. Le préfet d'Égypte.
• Il se disait autrefois, dans plusieurs Colléges, Du maître qui avait une inspection particulière sur les études ou sur la conduite des écoliers. Préfet des études. Il était préfet dans tel collége. Le père préfet.
• PRÉFET, dans l'organisation administrative actuelle de la France, Le magistrat chargé de l'administration générale d'un département. Le préfet du département de Saône-et-Loire. Le préfet du Gard. Il a été nommé préfet de tel département.
• Le préfet de police, Le magistrat chargé de la police dans le département de la Seine.
• Préfet maritime, Officier général de la marine militaire, qui est investi du commandement supérieur dans un arrondissement maritime.
• Sous-préfet, Fonctionnaire subordonné au préfet, et qui administre un arrondissement formé de plusieurs communes. Les sous-préfets d'un département.

PRÉFINIR . v. a.
• .Palais. Fixer un terme, un délai dans lequel une chose doit être faite. La loi préfinit les délais des assignations. Il est peu usité.
• PRÉFINI, IE. participe

PRÉFIX
, IXE. adj.
• .Palais. Qui est déterminé. Il ne s'emploie que dans les locutions suivantes: Jour préfix. Terme préfix. Temps préfix. Somme préfixe.
• Douaire préfix, Douaire qui consiste en une certaine somme déterminée par les conventions matrimoniales.

PRÉFIXION . s. f.
• .Palais. Détermination. Il n'est guère usité qu'en parlant D'un temps, d'un délai qu'on accorde. On lui a donné deux mois pour toute préfixion et délai. Il a vieilli.

PRÉJUDICE .s.m.
• Tort, dommage. Notable préjudice. Préjudice fort considérable. Porter préjudice à quelqu'un. Causer, faire un grand préjudice à quelqu'un. Souffrir un grand préjudice. Cela me serait d'un grand préjudice. Il a obtenu cela à mon préjudice.
• Au préjudice de sa parole, de son honneur, de sa réputation, de la vérité, etc., Contre sa parole, contre son honneur, contre sa réputation, etc.
• Sans préjudice de, Sans faire tort à, sans renoncer à. Sans préjudice de mes droits. Sans préjudice d'autre dette. Sans préjudice du courant.

PRÉJUDICIABLE . adj. des deux genres
• Nuisible, qui porte ou qui cause du préjudice, qui fait tort. Cela est préjudiciable à sa réputation, à son honneur, à sa conscience, à sa santé.

PRÉJUDICIAUX . adj. m. pl.
• .Pratique. Il n'est usité que dans cette locution, Frais préjudiciaux, Les frais de procédure qu'on est obligé de rembourser avant que d'être reçu à se pourvoir contre un jugement.

PRÉJUDICIEL
, ELLE. adj.
• .Jurispr. Il n'est usité que dans ces locutions: Question préjudicielle, Question qui doit être jugée avant la contestation principale. Moyens préjudiciels, Les moyens par lesquels on soutient cette question.

PRÉJUDICIER . v. n.
• Nuire, porter préjudice, faire tort, ou faire du tort. L'excès du travail préjudicie beaucoup à la santé. Cela préjudicie beaucoup à mes intérêts, à mes droits, à ma réputation. Sa négligence a toujours préjudicié à ses affaires. On dit, en termes de Procédure, Sans que les qualités puissent nuire ni préjudicier.

PRÉJUGÉ .s.m.
• Ce qui a été jugé auparavant dans un cas semblable ou analogue. Cet arrêt, cette sentence, est un préjugé pour notre cause.
• Se dit, dans le discours ordinaire, Des circonstances, des apparences favorables ou contraires, qui préparent et annoncent d'avance le bon ou le mauvais succès d'une affaire. Sa réputation forme un premier préjugé pour lui, contre lui. Tous les préjugés lui sont contraires, sont en sa faveur. Beaucoup de préjugés militent contre lui. Le bon accueil que le ministre lui a fait, est un préjugé pour le succès de sa demande.
• PRÉJUGÉ, se dit encore d'Une opinion adoptée sans examen. Faux préjugé. Dangereux préjugé. Il faut être sans préjugé, sans préjugés. Un homme exempt de préjugés. C'est un homme plein de préjugés. Il est difficile de se défaire des préjugés de l'enfance. C'est un homme à préjugés. Combattre un préjugé. Répandre un préjugé, des préjugés. Dissiper, détruire les préjugés.

PRÉJUGER . v. a.
• .Palais. Rendre un jugement interlocutoire qui tire à conséquence pour la décision d'une question qui se juge après. La cour a préjugé cela, quand elle a ordonné... Sans préjuger le fond.
• Dans le langage ordinaire, Préjuger une question, La décider avant de l'avoir approfondie, avant d'avoir connaissance de tout ce qui doit servir à la résoudre. Je ne veux point préjuger la question, j'attendrai pour la résoudre les renseignements qui m'ont été promis.
• PRÉJUGER, signifie aussi, Prévoir par conjecture. Cela arrivera ainsi, autant qu'on le peut préjuger, à ce qu'on en peut préjuger, à ce qu'on peut préjuger.
• PRÉJUGÉ, ÉE. participe, Question préjugée. Affaire préjugée.

PRÉLASSER
(SE). v. pron.
• Affecter un air de gravité, de dignité, de morgue.

PRÉLAT .s.m.
• Celui qui a une dignité considérable dans l'Église, avec juridiction spirituelle. Cet évêque est un digne prélat. Tous les prélats du royaume étant assemblés.
• PRÉLAT, en parlant De la cour de Rome, s'applique à Ceux des ecclésiastiques de la cour du pape, qui ont droit de porter le violet. Tous les prélats du palais. Les prélats qui accompagnaient le légat.

PRÉLATION . s. f.
• Droit établi, pour les enfants, d'avoir par préférence les charges que leurs pères avaient possédées.

PRÉLATURE . s. f.
• Dignité de prélat. Grande prélature. Riche prélature. Cet évêque s'acquitte parfaitement de toutes les fonctions de la prélature. Les devoirs, les honneurs, les priviléges de la prélature.
• PRÉLATURE, en parlant De la cour de Rome, se dit d'Un certain nombre de prélats qui ont droit de porter l'habit violet, et qui par leurs charges approchent de plus près la personne du pape, ou qui ont quelque autorité dans les affaires. Entrer dans la prélature, en prélature. Toute la prélature de Rome.

PRÊLE . s. f.
• .Bot. Plante dont les tiges striées et rudes au toucher, servent à plusieurs espèces d'ouvriers pour polir leurs ouvrages.

PRÉLEGS .s.m.
• .Jurispr. Legs particulier qu'un testateur fait à un de ses légataires, et qui doit être pris sur la masse avant le partage.

PRÉLÉGUER . v. a.
• .Jurispr. Faire un ou plusieurs prélegs.
• PRÉLÉGUÉ, ÉE. participe

PRÉLÈVEMENT .s.m.
• Action de prélever. Faire un prélèvement. Faire le prélèvement de telle somme sur la masse d'une succession, sur les bénéfices d'une maison de commerce.

PRÉLEVER . v. a.
• Lever préalablement une certaine portion sur le total. Il faut prélever telle somme sur la succession, pour les frais funéraires. Sur cinquante gerbes, il fallait en prélever cinq pour la dîme.
• PRÉLEVÉ, ÉE. participe

PRÉLIMINAIRE . adj. des deux genres
• Se dit en parlant De sciences et de littérature; et il signifie, Qui précède la matière principale, et qui sert à l'éclaircir. Discours préliminaire. Question préliminaire. Agiter, vider une question préliminaire.
• En matière de Négociation, Articles préliminaires, Articles généraux qui doivent être réglés avant qu'on entre dans la discussion des intérêts particuliers des puissances contractantes. On traite sur les articles préliminaires. Les articles préliminaires sont arrêtés, sont signés.
• PRÉLIMINAIRE, s'emploie quelquefois substantivement. Ces préliminaires une fois réglés, on devra... Les préliminaires de la paix sont signés.
• Le préliminaire de conciliation, L'essai de conciliation que la loi prescrit de faire devant le juge de paix avant de commencer un procès.

PRÉLIMINAIREMENT . adv.
• Préalablement, avant d'entrer en matière.

PRÉLIRE . v. a.
• T. d'Impr. Lire la première épreuve à l'imprimerie, avant de l'envoyer à l'auteur. Il faut prélire cette épreuve. Il est peu usité.
• PRÉLU, UE. participe

PRÉLUDE .s.m.
• .Musique. Ce qu'on chante pour se mettre dans le ton, et pour essayer en même temps la portée de sa voix. Se dit pareillement de Ce qu'on joue sur un instrument, tant pour se mettre dans le ton, que pour juger si l'instrument est d'accord. Un long prélude.
• Se dit aussi de Certaines compositions musicales que l'artiste improvise. Un beau prélude. Ce pianiste excelle dans les préludes.
• PRÉLUDE, signifie figurément, Ce qui précède quelque chose, et qui lui sert comme d'entrée et de préparation. Un apologue, un conte servit de prélude à son discours. Les actions de sa jeunesse étaient les préludes des grandes choses qu'il devait faire un jour. Les fréquents bâillements sont d'ordinaire les préludes de la fièvre. Les séditions qui eurent lieu à cette époque furent les préludes de la guerre civile.

PRÉLUDER . v. n.
• .Musique. Essayer sa voix par une suite de tons différents; Jouer sur un instrument pour se mettre dans le ton, et pour juger si l'instrument est d'accord. Ce chanteur prélude pour prendre le ton.
• Il signifie aussi, Improviser sur le piano, sur l'orgue, etc., en se livrant à des inspirations musicales. Ce pianiste, ce harpiste prélude savamment, prélude agréablement. Préluder de caprice, de fantaisie. Être long-temps à préluder. Il fatigue ceux qui l'écoutent, à force de préluder. Préluder sur tous les tons.
• PRÉLUDER, signifie figurément, Se préparer à faire une chose en faisant une autre chose moins difficile. Dans ce sens, il est toujours suivi de la préposition à. Préluder à une chose par une autre. Il prélude à son grand ouvrage par de petits essais qu'il publie de temps en temps. Il préludait aux batailles par des escarmouches.

PRÉMATURÉ
, ÉE. adj.
• Se dit proprement Des fruits qui mûrissent avant le temps ordinaire. Ces fruits sont prématurés. Les fruits prématurés ne sont pas ordinairement d'aussi bon goût que les autres.
• Se dit, figurément, Des qualités de l'esprit et des passions qui sont plus développées que l'âge de celui dont on parle ne le comporte. Un esprit prématuré. Une sagesse prématurée. Une raison prématurée. Une ambition prématurée.
• Une mort prématurée, Une mort qui vient avant le temps ordinaire, plus tôt qu'on n'aurait dû l'attendre. On dit dans le même sens, Une vieillesse prématurée.
• PRÉMATURÉ, se dit aussi, figurément, Des choses qu'il n'est pas encore temps d'entreprendre, d'exécuter. Cette affaire est prématurée. Cette entreprise est prématurée. Votre démarche paraîtra prématurée.

PRÉMATURÉMENT . adv.
• Avant le temps convenable. Voilà des fruits qu'on a cueillis prématurément. Il a voulu intenter cette action prématurément. Il est mort prématurément.

PRÉMATURITÉ . s. f.
• Maturité avant le temps ordinaire. Il ne s'emploie qu'au figuré. Prématurité d'esprit. Prématurité de jugement.

PRÉMÉDITATION . s. f.
• Délibération, consultation que l'on fait en soi-même sur une chose, avant que de l'exécuter. Il n'a pas fait cela sans préméditation. Il l'a fait avec préméditation.
• PRÉMÉDITATION, en termes de Jurisprudence criminelle, Dessein réfléchi qui a précédé l'exécution d'un crime. L'homicide sans préméditation est qualifié meurtre; avec préméditation, assassinat. On a résolu négativement la question de la préméditation.

PRÉMÉDITER . v. a.
• Méditer quelque temps sur une chose, avant que de l'exécuter. Préméditer une action. Il y a longtemps qu'il préméditait de faire ce mauvais coup.
• PRÉMÉDITÉ, ÉE. participe, Un dessein prémédité. Une action préméditée de longue main. Un coup prémédité. Il l'a insulté de dessein prémédité.

PRÉMICES . s. f. pl.
• Les premiers fruits, les premiers produits de la terre ou du bétail. Abel offrit à Dieu les prémices de ses troupeaux. Offrir à Dieu les prémices de tous les fruits de son champ. Par la loi de Moïse, les prémices qu'on offrait à Dieu appartenaient à la tribu de Lévi.
• PRÉMICES, se dit, figurément, Des premières productions de l'esprit, et des premiers mouvements du coeur. Je vous consacre les prémices de mes études, les prémices de mon travail. Vous avez eu les prémices de son coeur. Les prémices d'une âme innocente et pure.
• Se dit aussi quelquefois Des commencements d'un règne, d'un système de gouvernement, etc. La tyrannie a quelquefois d'heureuses prémices. Il a vu les prémices de ce beau règne. Les prémices de cette révolution avaient fait naître de belles espérances.

PREMIER
, IÈRE. adj.
• Qui précède tous les autres par rapport au temps, au lieu, à l'ordre, à la dignité, etc. Le premier homme. Adam, notre premier père. Nos premiers parents. Les premiers temps du monde. Les premiers siècles du christianisme. Les premiers chrétiens. Le premier apôtre de la foi dans les Gaules. Le premier jour du mois, de la semaine. Le premier point du sermon traitait de telle chose. Tite-Live, dans sa première Décade, rapporte. .. La première chose qu'il faut faire... Il faut détourner à la première rue que vous rencontrerez. Vous vous arrêterez à la première porte cochère. La première pièce d'un appartement. Le premier étage d'une maison, ou par ellipse, Le premier. Il est logé au premier étage, au premier. Les premières loges d'un théâtre, ou simplement, Les premières. Un billet de premières loges, de premières. La première ville qu'on trouve en entrant dans le royaume. Cet ouvrier est toujours le premier au travail. Cet homme de guerre se montre le premier dans les occasions. Il alla le premier à l'assaut. Il est toujours le premier à se moquer des gens. Il est des premiers à rire de lui-même. Nous avons douté de cette nouvelle, et vous tout le premier. Le premier qui s'exposa sur un esquif à la violence des flots, fut un homme intrépide. La première fois que nous nous vîmes. Il faut lui pardonner pour la première fois. Les premières amours sont d'ordinaire les plus vives. Il ne faut pas s'abandonner à ses premiers mouvements. Les premières pensées ne sont pas toujours les meilleures. Je me suis servi du premier mot qui s'est offert à mon esprit. Tout dépend du premier pas qu'on fait dans le monde. On ne saurait prévoir les conséquences d'une première faute. Il était dans le premier âge de la vie. Ses premières années furent les plus heureuses. J'étais dans ma première enfance. J'étais dans mon premier somme. Cet enfant est le premier de sa classe, ou simplement, est le premier. Il occupe le premier rang, il est au premier rang parmi les écrivains de son siècle. C'est un esprit du premier ordre. Vous serez toujours le premier dans mon souvenir. Il regrette sa première femme, la femme qu'il avait épousée en premières noces. Le premier prince du sang. En premier lieu, en première ligne, en première instance. On dit au Jeu, Être premier, et Jouer en premier.
• En Métaphysique, La cause première, Dieu.
• En termes de Physique, La matière première, La matière en général, faisant abstraction de la forme et des autres accidents qui peuvent la modifier.
• En termes de Commerce et de Manufactures, Matières premières, Les productions sur lesquelles s'exerce l'industrie, pour en augmenter l'utilité et la valeur.
• Prov., Il vaut mieux être le premier de sa race que le dernier, Il vaut mieux n'être pas d'une naissance considérable, et se faire distinguer par son mérite, que d'être d'une haute naissance, sans avoir d'autre mérite que celui de ses ancêtres.
• Prov., Il est étourdi comme le premier coup de matines, se dit D'un homme fort étourdi.
• Le premier venu, Celui qui arrive le premier. Prendre le premier venu, se servir du premier venu, Employer la première personne qu'on rencontre.
• Fig., Confier son secret au premier venu, Le confier sans discernement.
• PREMIER, signifie quelquefois, Devant, en avant. Je l'ai fait passer le premier. Cet enfant est venu au monde les pieds les premiers. Il se jeta dans l'eau la tête la première.
• PREMIER, signifie aussi, Le plus excellent, le plus considérable. C'est le premier homme du monde pour les négociations. Cicéron, Démosthène étaient les premiers orateurs de leur temps. C'est un des premiers hommes de la magistrature. Cet avocat est le premier entre ceux que nous avons. Cet homme est le premier de son village, un des premiers du village. L'industrie est la première richesse de ce royaume. L'or est le premier des métaux.
• PREMIER, se dit aussi quelquefois Des choses indispensables, nécessaires avant tout. Il n'a pas de quoi satisfaire aux premiers besoins, aux premières nécessités de la vie. Votre premier soin doit être de vous faire estimer. Le premier devoir d'un soldat est l'obéissance. La première vertu du chrétien est la charité.
• PREMIER, signifie encore, Qui avait été auparavant, qu'on avait déjà eu. Recouvrer sa première santé, sa première splendeur, sa première puissance, son premier lustre. Il a repris sa vertu première. Les choses sont remises, rétablies dans, leur premier état.
• PREMIER, se dit aussi Du commencement, de l'ébauche de certaines choses. Ce n'est là qu'une première idée. J'ai vu le premier trait du tableau que ce peintre fait maintenant. Il n'a pas la première teinture des lettres.
• PREMIER, est aussi Un titre d'honneur attaché à certaines charges, à certaines places. Premier ministre. Premier président. Premier aumônier. Premier gentilhomme de la chambre. Premier écuyer. Premier médecin. Premier maître d'hôtel. Dans ce sens, on disait autrefois, Monsieur le premier, en parlant Du premier écuyer du roi.
• En Arithmétique, Nombre premier, Nombre qui ne peut être divisé juste par aucun nombre que par l'unité ou par lui-même. Trois, cinq, sept, sont des nombres premiers. Et, Nombres premiers entre eux, Deux nombres qui ne peuvent tous deux être divisés juste par un même nombre plus grand que l'unité. Vingt et un et vingt-cinq sont premiers entre eux, quoique chacun d'eux ne soit pas premier.
• PREMIER, est aussi substantif et se dit absolument, dans un Jeu de paume, de La partie de la galerie qui est la plus proche de la corde de chaque côté. Chasse au premier. Au premier la balle la gagne.
• PREMIER-NÉ, Voyez , participe de NAîTRE.
• PREMIER-PRIS, Voyez PRIS, participe de PRENDRE.

PREMIÈREMENT . adv.
• En premier lieu. Il n'est guère d'usage que suivi des termes Secondement, ou en Second lieu, ensuite, etc. Premièrement je traiterai de.... en second lieu, je dirai... Il faut premièrement songer à faire son devoir. Premièrement, on m'a dit telle chose. Premièrement et avant toutes choses.

PRÉMISSES . s. f. pl.
• .Logique. Les deux premières propositions d'un syllogisme, c'est-à-dire, la majeure et la mineure. Quand l'argument est en forme, si vous accordez les prémisses sans distinction, vous ne pouvez plus nier la conséquence.

PRÉMONTRÉS .s.m. pl.
• Nom d'un ordre religieux de chanoines réguliers, dont la principale abbaye était à Prémontré, près de Laon. L'ordre des Prémontrés.

PRÉMOTION . s. f.
• .Théologie et de Philosophie scolastique. Action de Dieu agissant avec la créature, et la déterminant à agir. Prémotion physique.

PRÉMUNIR . v. a.
• Munir par précaution, précautionner. Il fallait le prémunir contre les faux rapports, contre la séduction.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Se prémunir contre les accidents de la fortune. Se prémunir contre les erreurs, contre les mauvaises doctrines. Se prémunir contre le froid. Il s'est prémuni contre le mauvais air.
• PRÉMUNI, IE. participe

PRENABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être pris, qui n'est pas si fort qu'il ne puisse être pris. Se dit proprement Des villes et des places fortifiées. Cette place est prenable. Cette ville n'était prenable que par tel côté. Cette place n'est prenable que par famine.
• Fig., Cet homme n'est prenable ni par or ni par argent, Les plus belles offres ne peuvent le séduire, le corrompre.

PRENANT
, ANTE. adj.
• Qui prend. En termes de Finances, Partie prenante, Celui qui a droit de recevoir d'un comptable une certaine somme. Cette expression signifie aussi, en termes d'Administration militaire, Celui qui a droit à quelque fourniture.
• En termes d'Hist. nat., Queue prenante, Queue de certains animaux qui peut s'enrouler avec force autour des objets, et dont ces animaux se servent pour s'attacher, pour se suspendre. Singe à queue prenante.
• Carême-prenant. Voyez CARÊME.

PRENDRE . v. a.
• (Je prends, tu prends, il prend; nous prenons, vous prenez, ils prennent. Je prenais. Je pris. Je prendrai. Je prendrais. Prends. Prenez. Que je prenne. Que je prisse. Pris.) Saisir, mettre en sa main. Prendre un livre. Prendre une épée. Prendre une pierre. Prendre une plume. Prendre un bâton. Prendre la main, le bras, l'oreille, le nez à quelqu'un. Prendre quelqu'un par la main. Prendre un cheval par la bride.
• Prendre les armes, S'armer, soit pour se défendre ou pour attaquer, soit pour faire l'exercice, ou pour rendre des honneurs à quelqu'un. Les soldats ont eu ordre de prendre les armes.
• On ne sait par où le prendre, pour ne pas le faire crier, se dit D'un malade dont tout le corps est douloureux; et, figurément, D'un homme très-susceptible, très-irritable. On dit encore figurément et dans un sens opposé, On ne sait par où le prendre, en parlant D'un homme qui ne paraît sensible à rien, touché de rien.
• Prendre d'une chose à pleine main, En prendre à poignée autant que la main peut en contenir.
• Cette étoffe se prend à pleine main, Elle est moelleuse, bien fournie.
• Fig., Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, se dit Des gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s'enrichir.
• Fig., Prendre une affaire en main, S'en charger pour la diriger, pour la conduire. On dit à peu près de même, dans le style soutenu, Prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc.
• Fig., Prendre en main le droit, les intérêts de quelqu'un, Soutenir ses droits, ses intérêts.
• Prov. et fig., Prendre le tison par où il brûle, Prendre une affaire autrement qu'il ne faut, par l'endroit, par le côté le plus dangereux ou le plus difficile.
• Prov. et ironiq., Il semble qu'il n'y ait qu'à se baisser et en prendre, se dit D'une chose qui paraît aisée, et qui ne l'est point.
• Prov., Ce qui est bon à prendre est bon à rendre. Manière de s'excuser d'avoir pris une chose sur laquelle on croit avoir des droits, en disant que le pis aller sera de la rendre.
• Fig., Il en prendrait sur l'autel, jusque sur l'autel, Il prend hardiment tout ce qu'il peut, et partout où il peut.
• PRENDRE, signifie aussi, Saisir une chose, l'enlever, la tirer à soi autrement qu'avec la main, comme avec les dents, ou avec quelque instrument. N'ayant pas les mains libres, il a pris ce linge avec les dents. Prenez cette ordure avec les pincettes. Prendre du feu sur une pelle. Prendre de l'encre avec une plume. Prendre de l'eau à la rivière.
• Prov., Il est à prendre ou Il n'est pas à prendre avec des pincettes, Il est extrêmement sale.
• Prov. et fig., C'est vouloir prendre la lune avec les dents, C'est vouloir faire une chose impossible.
• PRENDRE, se dit aussi Des animaux qui saisissent les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc. Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu'il veut prendre ensuite avec son bec. Il y a des singes qui se servent de leur queue comme d'une main pour prendre ce qui est à leur portée.
• Prendre le mors aux dents. Voyez MORS.
• PRENDRE, se dit en parlant Des habits, des vêtements, et signifie, Mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un habit bien léger. Il n'a eu que le temps de prendre son caleçon et de se sauver. Il a pris une douillette, une redingote pour le froid. Il a pris des bottes au lieu de souliers. J'ai pris une chemise de nuit, croyant mettre une chemise fine. Il a pris des gants fourrés. Il a pris le gilet de flanelle. Il a pris son habit de cérémonie.
• Prendre le deuil, S'habiller de noir à l'occasion de la mort de quelque personne.
• Prendre l'habit de religieux, de religieuse, ou simplement, Prendre l'habit, Entrer au noviciat, dans un monastère. Prendre le voile, se dit, dans le même sens, Des religieuses. Fam., Prendre le froc, Se faire moine.
• Fam., Prendre le petit collet, Entrer dans l'état ecclésiastique. Prendre la cuirasse, Embrasser la profession des armes. Prendre le bonnet, Se faire recevoir docteur. Prendre la haire, Embrasser une vie pénitente. Prendre la livrée, Se faire laquais.
• Prendre la perruque, ou Prendre perruque, Commencer à porter perruque.
• PRENDRE, signifie aussi, Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne, son épée, son chapeau. Il a oublié de prendre son mouchoir, sa tabatière, sa montre, sa bourse. Prendre des pistolets pour voyager, un fusil pour aller à la chasse, des filets pour aller à la pêche.
• PRENDRE, signifie aussi, Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. Les filous prennent subtilement, et les voleurs de grand chemin prennent de force. On a pris mes gants, mon manteau. On lui a pris sa bourse, sa montre. On m'a pris plusieurs de mes livres. Les voleurs ont pris à mon voisin tout ce qu'il avait d'argent chez lui. Ils lui ont pris jusqu'à sa chemise. Cet homme, à force d'empiéter sur mon champ, en a pris au moins le quart. On m'a pris une vache dans mon pré.
• Se dit aussi Des animaux. Ce chien a pris un poulet sur la table. Ce chat a pris le fromage. Le renard m'a pris trois poules.
• PRENDRE, signifie aussi, S'emparer, se saisir par force d'une chose ou d'une personne. Il a pris le sabre de son ennemi. Il l'a pris au collet, à la gorge, et l'a mené au corps de garde. Il l'a pris par les cheveux, par les oreilles, par le bras. Prendre un animal par la queue. Prendre quelqu'un au corps, par le corps. Il voulait résister, on l'a pris de force.
• Prendre de force, ou par force, une fille, une femme, Attenter par violence à son honneur. Il a été puni pour avoir pris de force telle femme.
• Fig., Prendre l'occasion aux cheveux, Saisir l'occasion, en profiter.
• PRENDRE, signifie aussi, Arrêter quelqu'un pour le conduire en prison. Ce voleur s'est enfin laissé prendre. On l'a pris et conduit à la Conciergerie. La gendarmerie a déjà pris deux de ces brigands.
• Prov., Être pris comme dans un blé, Être attrapé de manière qu'on ne puisse pas se sauver.
• Prov. et fig., Aussitôt pris, aussitôt pendu, se dit en parlant Des personnes ou des choses sur lesquelles on prend une prompte décision, qu'on emploie aussitôt qu'elles se présentent.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant De ceux que l'on fait prisonniers à la guerre. Ce soldat a pris un des généraux ennemis. Il a été pris à telle bataille. On a pris quinze cents hommes à l'ennemi.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant Des places dont on se rend maître par la force des armes ou autrement. Prendre une ville, une forteresse, un château fort. On a pris cette ville d'assaut. Cette citadelle a été prise d'emblée, a été prise par famine. Cette place a été prise de vive force, et les autres par composition.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant De pêche, et de quelques espèces de chasses. Prendre un sanglier. Prendre des cailles. Nous avons chassé tout le jour sans rien prendre. Prendre des oiseaux à la pipée, au trébuchet. Prendre des loups, des renards au piége. Prendre un lièvre au gîte. Cet oiseau s'est laissé prendre à la main. On a pris beaucoup de poisson. Nous avons pris tant de carpes d'un coup de filet. Prendre du poisson à la ligne, à l'hameçon.
• Se dit aussi Des animaux qui en poursuivent d'autres et les saisissent. Mon chien a pris deux lièvres. Ses chiens n'ont rien pris de la journée. L'oiseau a pris une perdrix. Le furet a pris deux lapins. Le chat a pris une souris.
• Fig. et fam., Se laisser prendre au piége, à l'hameçon, Se laisser tromper. On dit dans le même sens, Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur.
• Fig., Cette femme l'a pris dans ses filets, Cette femme l'a séduit, s'est rendue maîtresse de son esprit, de son coeur.
• Fig. et fam., Prendre quelqu'un au trébuchet, L'engager par adresse, par de belles apparences, à faire une chose qui lui est désavantageuse, ou qui est contraire à ce qu'il avait résolu.
• Fig. et fam., Ce fusil, ce pistolet a pris un rat, Il n'a pas pris feu. Prendre un rat, signifie aussi, Manquer son entreprise. Nous n'avons pris qu'un rat.
• PRENDRE, signifie quelquefois, Attaquer. Prendre les ennemis en flanc, en queue. Prendre son ennemi par derrière. Prendre quelqu'un en traître, en trahison.
• Prendre quelqu'un par son faible, Toucher, flatter son inclination favorite.
• PRENDRE, signifie aussi, Surprendre. On vous y prend. Je l'ai pris à voler des fruits dans votre jardin. Prendre quelqu'un au dépourvu.
• Prendre quelqu'un sur le fait, Le surprendre dans le temps même où il fait une action qu'il voulait cacher. On dit dans le même sens, Prendre quelqu'un en flagrant délit.
• Prendre quelqu'un la main dans la poche, la main dans le sac, Le surprendre au moment où il commet un vol, ou quelque infidélité en affaire d'intérêt.
• Prov. et fig., Prendre quelqu'un sans vert, Le prendre au dépourvu. Voyez VERT.
• Prov. et fig., Prendre quelqu'un au pied levé, Vouloir l'obliger à faire quelque chose sur-le-champ, et sans lui donner le temps de se reconnaître. Vous me prenez bien au pied levé.
• Fam., Prendre quelqu'un au saut du lit, L'aller trouver dès le matin, afin de ne pas le manquer.
• Fig., L'orage, la pluie nous prit en chemin, Nous surprit en chemin.
• Fig., La fièvre l'a pris tel jour, Tel jour il a été attaqué de la fièvre, il a commencé d'avoir la fièvre. On dit de même, L'accès le prit à telle heure. On dit aussi, au sens moral, La frayeur, la peur le prit.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant Des aliments, des boissons, des médicaments solides ou liquides, et signifie, Manger, boire, avaler. Prendre deux repas par jour. Prendre des aliments. Prendre un bouillon, un verre de vin. Je n'ai rien pris de la journée. Prendre une bouchée de pain et un doigt de vin. Ne sortez pas sans avoir pris quelque chose. Prendre une médecine. Prendre médecine. Prendre de la tisane, du quinquina, de l'émétique, des pilules, de la rhubarbe, etc. Prendre les eaux. Prendre le petit-lait. Prendre du café, du thé, du chocolat, de l'orgeat, de la limonade, du sorbet, des glaces, de l'eau-de-vie.
• Se dit aussi en parlant De certaines choses autres que les aliments ou les boissons, et dont on fait usage pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un remède, un clystère, un lavement. Prendre un bain.
• Prendre du tabac, Prendre du tabac en poudre par aspiration.
• Prendre l'air, Sortir d'un lieu où l'on était enfermé, pour aller dans un endroit découvert, comme dans une cour, dans un jardin, etc.; et, par extension, Sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne.
• Prendre du repos, Cesser de travailler, d'agir, se reposer. On dit aussi, Prendre du relâche.
• Dans les Maisons religieuses, Prendre la discipline, Se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.
• PRENDRE, se dit quelquefois en parlant Des maladies qui se gagnent, dont on est atteint par communication. Il a pris la fièvre dans cet hôpital. Il a pris la peste, la fièvre jaune, le typhus. C'est d'un tel qu'il a pris la gale.
• Il signifie aussi, Contracter, adopter. Il prend de mauvaises habitudes. Il a pris un ton insupportable, des manières ridicules, des airs impertinents. Il prit un ton sévère, un air sévère pour lui parler.
• Cet homme prend des airs, prend de certains airs, Il affecte des manières, un ton qui ne lui conviennent point.
• Prendre une posture, une attitude, Placer son corps d'une certaine manière. Il prit une attitude imposante. Vous avez pris une posture bien gênante.
• En parlant D'un cheval, Prendre le trot, le galop, Se mettre à trotter, à galoper. Ce cheval a pris le galop tout à coup.
• Cette affaire prend un bon tour, un mauvais tour, À la marche qu'elle prend, il y a lieu de présumer qu'elle réussira, qu'elle ne réussira pas. On dit de même, Cela prend une bonne, une mauvaise tournure.
• Cet habit, cette étoffe a pris son pli, Les plis qui y sont y demeureront toujours.
• Fig., Cet homme a pris son pli, Il a contracté des habitudes difficiles à détruire, il est incorrigible. Ce jeune homme a pris un bon pli, un mauvais pli, Il est déjà tout formé aux habitudes du bien ou du mal.
• Prendre le sel, son sel, se dit en parlant Des viandes qu'on sale, et signifie, Se pénétrer de sel. La viande prend mieux le sel quand elle est fraîche.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant Du prix qu'on exige pour quelque chose que ce soit. Ce marchand prend trente francs de l'aune de ce drap, et cet autre marchand n'en prend que vingt-cinq. On m'a pris mille francs pour cette maçonnerie. Ce maître de danse prend six francs par leçon. Les fiacres prennent tant par course, par heure. Il n'a rien voulu prendre pour sa peine. On prend tant de droit d'entrée sur cette denrée, sur cette boisson. On prend tant sur chaque muid de vin, pour chaque boeuf, etc.
• Il signifie quelquefois, Acheter. Je prendrai cela pour six francs, si vous voulez me le donner. Je prendrai tout à six francs pièce. Vous me le faites trop cher, je ne le prendrai pas. Je lui ai pris en bloc, en gros toute sa marchandise. Si vous voulez me donner ce drap à tel prix, j'en prendrai dix pièces.
• PRENDRE, signifie aussi, Recevoir, accepter. Je n'ai point fait de marché avec lui, mais il a pris ce que je lui ai donné. Prenez ce petit présent. Prenez ce qu'il vous donnera. Prenez ceci à compte de ce qui vous revient.
• Prov., Qui prend s'engage, ou Qui prend se vend, Ceux qui empruntent, ou qui reçoivent des présents, s'assujettissent à ceux qui les obligent. On dit aussi proverbialement, Fille qui prend se vend, et fille qui donne s'abandonne.
• Prendre les choses comme elles viennent, Les recevoir avec indifférence, sans se mettre en peine des suites qu'elles peuvent avoir. Prendre les hommes comme ils sont, S'en accommoder, quelle que soit leur humeur, leur caractère. Prendre le temps comme il vient, Ne s'inquiéter de rien, s'accommoder à tous les événements.
• Prendre l'ordre, Recevoir l'ordre de celui qui doit le donner. On dit dans le même sens, Prendre les ordres de quelqu'un.
• Fam., Prenez que, prenons que, Supposez, supposons que. Prenons que telle chose arrive. Prenez que je n'aie rien dit.
• Prendre congé de quelqu'un, Lui faire, avant de partir, les adieux qu'exige la politesse.
• Prendre des leçons, Recevoir des leçons. Il prend tous les jours une leçon de musique.
• À la Paume, Prendre la balle de volée, à la volée, la prendre au bond, La jouer de volée, la jouer au bond.
• Fig. et fam., Prendre la balle au bond, Saisir vivement et à propos une occasion favorable.
• PRENDRE, signifie aussi, Emprunter, tirer de. Il prit cela dans Cicéron, dans Virgile. Il a pris l'idée de cette tragédie dans un vieux roman. C'est un mot que nous avons pris du latin. Cette ville a pris son nom du fleuve qui la traverse.
• Fam., Où avez-vous pris cela? Qui vous a dit cette nouvelle? qui vous fait avoir cette pensée? On dit de même: Où avez-vous pris que je voulais, que je voulusse vendre ma maison? Où va-t-il prendre tout ce qu'il dit? Etc.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant Des personnes que l'on engage, ou avec lesquelles on s'engage, sous certaines conditions. Prendre un laquais, un domestique, un cocher, une femme de chambre, une cuisinière, etc. Prendre un ouvrier, des ouvriers à la tâche, à la journée. Prendre un garçon de boutique, un commis. Prendre un précepteur, une gouvernante pour ses enfants. Prendre un maître de danse, de dessin, etc. Prendre un apprenti. Prendre un associé.
• Prendre une femme, Choisir une femme et l'épouser. J'ai pris une femme dans une très-honnête famille. Il a pris une jeune femme.
• Prendre femme, Se marier. Il s'est décidé à prendre femme, pour ne plus vivre solitaire. Il à pris femme à quarante ans.
• PRENDRE, se dit quelquefois en parlant Des personnes que l'on va joindre en quelque endroit, pour se rendre ailleurs avec elles. J'irai vous prendre à deux heures précises, soyez prêt. Il est venu me prendre pour aller au spectacle. Je vous prendrai en passant.
• PRENDRE, signifie aussi, Ôter, tirer, retrancher une partie d'un tout. Prendre dix mille francs sur une succession. Prendre cent francs sur un sac de mille francs. On prendra cette somme, cette dépense sur tel fonds. Il a pris mille francs d'avance sur son traitement. J'ai pris six pieds sur cette chambre pour me faire un cabinet. J'ai pris la moitié, le quart de cette somme. Il a pris sa part de la récolte.
• Fam., Il a pris sa bonne part de la fête, du plaisir, etc., Il y a beaucoup participé, il s'est fort amusé.
• Neutralement, Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, sur son nécessaire, etc., Retrancher de sa nourriture, de sa dépense ordinaire, etc., pour subvenir à autre chose. Il prend sur son nécessaire pour donner aux pauvres. On dit de même, Prendre sur son sommeil pour travailler, pour étudier.
• Fam., Je n'y prends ni n'y mets, La chose dont il s'agit m'est indifférente; ou bien, Je ne retranche ni n'ajoute rien à l'histoire que je raconte, mais je n'en garantis pas la vérité.
• PRENDRE, signifie aussi, Se charger d'une chose, entrer en possession, en jouissance d'une chose à certaines conditions. Prendre une somme en dépôt. Prendre des terres à ferme. Prendre un logement, un appartement à loyer, ou simplement, Prendre un logement, un appartement. J'ai pris une chambre, un cabinet, un pied-à-terre dans cette maison.
• Prendre une affaire à ses risques, périls et fortunes, S'en charger pour son compte, sans garantie, et au hasard même d'y perdre.
• Prendre une affaire à forfait, La prendre pour un prix convenu, soit qu'il y ait de la perte, soit qu'il y ait du gain.
• Prendre un ouvrage à la tâche, S'en charger à raison de tant pour telle ou telle mesure, pour telle ou telle quantité.
• Prendre une somme à intérêt, L'emprunter à condition d'en payer les intérêts.
• Prendre un intérêt dans une affaire, dans une entreprise, Contribuer de ses fonds à une affaire, à une entreprise dont on partagera le profit ou la perte.
• Prendre quelqu'un sous sa protection, Le protéger, le défendre.
• Prendre un engagement, Contracter un engagement.
• PRENDRE, signifie aussi, Choisir, préférer, adopter de préférence, se décider pour. Je ne veux point de cette étoffe, je prends celle-ci. Je ne sais quel livre prendre. Vous avez à choisir, que prendrez-vous? Il faut prendre du plus beau bois pour faire ce meuble. Il a pris là un métier fort rude. Vous prenez le bon parti.
• Prendre le haut bout, Choisir la place la plus honorable.
• Prendre un expédient, Choisir un moyen, un expédient pour terminer une affaire. Il faut prendre quelque expédient. C'est le meilleur expédient que nous puissions prendre pour votre affaire.
• Prendre des mesures, prendre ses mesures, Employer des moyens et des expédients pour faire réussir une chose. Cet homme a réussi dans son dessein, il avait bien pris ses mesures. Prendre de bonnes, de justes mesures. Prendre de fausses mesures.
• Prendre ses précautions, ses sûretés, Prendre les moyens nécessaires pour ne pas tomber dans un danger, pour ne pas éprouver un dommage.
• Prendre une résolution, une détermination, Se résoudre, se décider à quelque chose. On dit dans le même sens, Prendre un parti. On dit aussi, Prendre un dessein. Ce dernier vieillit.
• Prendre son parti, Se résoudre, se décider, choisir un moyen, un expédient dans une affaire difficile et douteuse. Il est quelquefois nécessaire de prendre son parti sur-le-champ. Il signifie aussi, Prendre son extrême et dernière résolution. Il est inutile de lui parler davantage de cette affaire, il a pris son parti.
• Prendre son parti, en prendre son parti, Se résigner à ce qui doit arriver. Voyant qu'il ne pouvait pas guérir, il prit son parti, et se disposa à la mort.
• Prendre le parti de la robe, Se décider pour la profession du barreau, pour la magistrature. On dit aussi, Prendre le parti de l'épée, prendre le parti de l'Église.
• Prendre les ordres sacrés, Entrer dans les ordres.
• PRENDRE, se dit particulièrement De ceux qui voyagent, qui cheminent, et signifie, Choisir une route, un chemin, s'y mettre en marche. Prendre la route d'Italie, de Bordeaux. Vous avez pris la route la plus longue, la plus courte. Prendre la voie de terre, au lieu d'aller par eau. Prenez ce chemin, cette rue, ce sentier. Il a pris le chemin de l'église. Prenez la première rue, la seconde rue à droite, à gauche.
• Prendre le plus long ou le plus court, son plus long ou son plus court, Prendre le chemin le plus long ou le plus court.
• Neutralement, Prendre à droite, à gauche, Entrer dans le chemin qui est à main droite ou à main gauche. Prenez par ici, par là, Allez par ce chemin-ci, par ce chemin-là.
• Neutralement, Prendre à travers champs, à travers les terres labourées, Aller directement, sans suivre de chemin frayé.
• Fig. et fam., Prendre à travers les choux, à travers choux, Conduire son affaire, aller à son but tout droit, sans s'embarrasser d'aucune considération.
• Prendre la voie de la messagerie, de la diligence, la voie du coche, Aller par la messagerie, par la diligence, par le coche. On dit de même, Prendre la diligence, prendre la poste, prendre la messagerie, prendre le coche. On dit dans le même sens, Prendre un cheval, un fiacre, un cabriolet, un bateau.
• Fig., Prendre la bonne voie, la mauvaise voie, Se porter au bien, se porter au mal. Il signifie aussi, Se servir de bons ou de mauvais moyens pour faire réussir quelque affaire. Il a pris la bonne voie, la mauvaise voie. Il a pris une bonne voie, une mauvaise voie pour parvenir à son but. On dit dans le même sens: Prendre les voies de la douceur, de la rigueur, etc. La voie que vous prenez n'est pas bonne, n'est pas honnête.
• Fig., Prendre le chemin de se ruiner, de faire fortune, Faire ce qu'il faut pour se ruiner, pour s'enrichir. Il veut faire fortune, il n'en prend pas le chemin.
• Prendre les devants, prendre le devant, Partir avant quelqu'un; et, figurément, Le prévenir, le devancer, le gagner de vitesse dans une affaire.
• Prendre le pas sur quelqu'un, Passer devant lui pour le précéder; et, Prendre sa droite, Se mettre à sa droite.
• Prendre la main, Prendre le pas, prendre la droite. Les princes du sang prennent la main chez eux.
• PRENDRE, se dit quelquefois en parlant Des étoffes, pour marquer La façon dont on les coupe, dont on les emploie. Le tailleur a mal pris cette étoffe. Prendre une étoffe de droit fil, de biais. Prendre une étoffe du bon, du mauvais côté, du bon, du mauvais biais. Prendre du drap à contre-poil. Se dit aussi en parlant De certaines viandes. Vous coupez mal ce boeuf, ce bouilli; vous n'avez pas pris le sens.
• Fig., Prendre une affaire à contre-poil, La prendre dans un sens contraire à celui qui serait convenable.
• Fig., Prendre bien, prendre mal une affaire, Lui donner un bon, un mauvais tour, la conduire bien, la conduire mal. Il a mal pris mon affaire, voici comme il fallait la prendre. L'affaire n'a pas réussi, parce qu'on ne l'a pas bien prise. On dit dans le même sens, Prendre une affaire du bon, du mauvais biais.
• Fig., Prendre une chose du bon, du mauvais côté, La voir, l'entendre, la considérer comme il convient, comme il ne convient pas.
• PRENDRE, signifie figurément, Entendre, comprendre, concevoir, expliquer, interpréter, considérer d'une certaine manière. Prendre bien le sens d'un auteur. Il prend mal ce passage, le sens de ce passage. Les commentateurs prennent ce passage en des sens très-opposés. Prendre une chose à contre-sens. Vous avez mal pris la chose. À bien prendre la chose, vous devez être plus content que fâché de cet arrangement. Il a bien pris ce qu'on lui a dit de votre part. Vous prenez mal mes paroles. Prendre une affaire à rebours, à gauche, de travers.
• Prendre quelque chose en bonne part, en mauvaise part, En être content ou mécontent, recevoir bien ou mal ce qu'on nous dit, ce qu'on nous fait, le trouver bon ou mauvais. On dit de même, Ce mot se peut prendre en bonne part, en mauvaise part, Il est susceptible d'une bonne, d'une mauvaise interprétation.
• Prendre une chose à la lettre, au pied de la lettre, L'expliquer précisément selon le sens littéral, selon le propre sens des paroles. Il ne faut pas toujours prendre les choses au pied de la lettre. Vous prenez trop à la lettre ce qu'on vous a dit. On dit à peu près dans le même sens, Prendre les choses à la rigueur, Trop à la lettre, sans modification.
• Prendre en riant quelque chose, Ne s'en point fâcher, n'en faire que rire. Prendre sérieusement une chose, L'entendre comme si elle avait été dite sérieusement.
• PRENDRE, signifie aussi, figurément, Adopter, soutenir avec chaleur. Prendre la cause de quelqu'un. Il a pris ma défense. Il a pris votre querelle. J'ai pris ses intérêts. J'ai pris son parti. On doit toujours prendre le parti du faible et de l'innocent.
• Prendre parti pour quelqu'un, Se déclarer pour lui; et, dans le sens opposé, Prendre parti contre quelqu'un.
• Prendre parti avec quelqu'un, S'attacher à son service; et, absolument, Prendre parti, S'enrôler dans les troupes. Ce jeune homme a pris parti dans tel régiment.
• En termes de Palais, Prendre le fait et cause de quelqu'un, ou Prendre fait et cause pour quelqu'un, Intervenir en cause pour lui. Se dit figurément dans le discours ordinaire, et alors il signifie, Prendre la défense de quelqu'un.
• PRENDRE, se dit aussi en parlant Des sentiments, des passions, des affections et des répugnances que l'on éprouve. Prendre du plaisir, prendre son plaisir à quelque chose. Prendre du chagrin, de l'humeur, du dépit de quelque chose. Prendre de l'attachement, de l'affection, de l'amitié, du goût pour quelqu'un. Prendre de la haine, de l'aversion, du dédain, de l'horreur pour quelqu'un, pour quelque chose. Prendre de l'intérêt à quelqu'un. Il prend de l'intérêt, quelque intérêt, beaucoup d'intérêt à cet homme. On dit dans le même sens: Prendre quelqu'un en amitié, en affection, en aversion, en haine, en horreur. Prendre quelqu'un, quelque chose en goût, en dégoût. Prendre quelqu'un, quelque chose en gré. Etc.
• Prov., Chacun prend son plaisir où il le trouve.
• Fam., Prendre quelqu'un en guignon, en grippe; prendre quelque chose en grippe, Être prévenu contre quelqu'un, contre quelque chose, sans pouvoir en rendre raison.
• Prendre quelqu'un en pitié, Avoir pour lui de la compassion ou du dédain, suivant la circonstance. Prendre le mal d'autrui en pitié, En être touché.
• Prendre son mal en patience, Le souffrir patiemment.
• PRENDRE, s'emploie encore tant au propre qu'au figuré, et tant au sens physique qu'au sens moral, dans un grand nombre de phrases où sa signification varie, et ne peut se rapporter que difficilement aux acceptions précédemment indiquées.
• Fig., Prendre quelqu'un par ses propres paroles, Le convaincre de quelque chose par ce qu'il a dit lui-même, prendre droit contre lui de ses propres paroles.
• Fig., Prendre quelqu'un au mot, Se hâter d'accepter une offre. Cela se dit surtout Lorsqu'il s'agit du prix d'un achat ou d'une vente.
• Prendre des renseignements, des informations, Se faire donner des renseignements sur un fait et sur ses circonstances, sur une personne, sur sa conduite, sur sa capacité, etc. On dit à peu près dans le même sens, Prendre connaissance d'une chose, d'un fait.
• Prendre du délai, prendre du temps, Retarder l'exécution de quelque chose.
• Prendre du temps, se dit aussi Des choses dont l'exécution exige du temps. Ce travail m'a pris beaucoup de temps.
• Prendre son temps, Faire une chose à loisir, ne pas se presser.
• Prendre son temps, signifie aussi, Se servir du moment favorable pour faire réussir quelque chose. Je prendrai mon temps pour cela.
• Prendre le temps de quelqu'un, Attendre le moment qui convient à quelqu'un dont on a besoin. Je prendrai votre temps.
• Prendre de la peine, Faire des efforts, travailler avec soin.
• Prendre ses avantages, Profiter, tirer avantage des occasions qui se présentent. Il sait bien prendre ses avantages. On dit de même, Cet homme prend avantage de tout.
• Prendre de l'avantage, prendre son avantage pour monter à cheval, se dit De ceux qui, ne pouvant monter facilement à cheval, s'aident pour cela d'une pierre ou d'un lieu élevé.
• Prendre de l'âge, Avancer en âge, vieillir. Cet homme, cette femme prend de l'âge. On dit à peu près dans le même sens, Ce cheval prend quatre ans, cinq ans, etc., Il entre dans sa quatrième, dans sa cinquième année.
• Prendre de l'embonpoint, du corps, Acquérir de l'embonpoint. On dit de même, Prendre du ventre.
• Prendre des inscriptions en médecine, en droit, etc., S'inscrire pour faire ses études en médecine, en droit, etc.
• Prendre ses degrés, ses grades, Obtenir les titres de maître ès arts, de bachelier, de licencié, de docteur, qu'on acquiert dans les universités. On dit de même, Prendre ses licences.
• Prendre un titre, une qualité, Se donner un titre, une qualité, l'employer en parlant de soi. Il prend le titre de prince.
• Prendre le haut ton, le prendre sur le haut ton, le prendre très-haut, Parler avec fierté. On dit de même, Vous le prenez bien haut.
• Prendre le dessus, se dit D'une personne dont la santé, les affaires, etc., commencent à se rétablir. Il a été longtemps malade, mais il commence à prendre le dessus. Ses affaires ont été longtemps dérangées, mais il commence à prendre le dessus.
• Prendre la grande main, la haute main dans une affaire, Y prendre la principale autorité, en prendre la direction.
• Prendre la fuite, S'enfuir. On dit, figurément et familièrement, dans le même sens, Prendre la clef des champs; et populairement, Prendre la poudre d'escampette.
• Prendre l'épouvante, Avoir tout à coup une grande peur.
• Fam., Prendre son élan, Se donner un certain mouvement du corps en courant, pour s'élancer ensuite avec plus de force. Il a pris son élan. Il a sauté le fossé sans prendre son élan. On disait autrefois dans le même sens, Prendre son escousse. On dit, dans un sens analogue, Prendre son vol, son essor, l'essor.
• En termes de Chasse, Prendre le change, se dit Des chiens, lorsqu'ils quittent la bête qui a été lancée, et qu'on appelle la bête de meute, pour en courir une autre.
• Fig., Prendre le change sur un objet, dans une affaire, Se tromper sur un objet, dans une affaire. Faire prendre le change à quelqu'un, Le tromper, l'induire en erreur.
• Prendre la liberté de faire une chose, Prendre sur soi de la faire. S'emploie ordinairement par civilité. J'ai pris la liberté de vous écrire. Je prendrai la liberté de vous représenter.
• Prendre des libertés, Agir trop librement, peu décemment avec quelqu'un. Il a pris avec vous d'étranges libertés. Se dit particulièrement D'actions, de gestes trop libres auprès des femmes. Ne prenez pas, je vous prie, de ces libertés avec moi. On dit de même, Prendre des licences, des privautés.
• Prendre la mesure, les dimensions d'un objet, Voir quelles sont les dimensions d'un objet, le mesurer.
• Prendre les avis, les voix, Recueillir les avis, les voix.
• Prendre la parole, Commencer à parler, à faire un discours dans une assemblée. Le premier qui prit la parole fut... Après la proposition faite, un tel prit la parole.
• Prendre la parole de quelqu'un, Recevoir son engagement, sa promesse. J'ai pris sa parole qu'il ferait telle chose. On dit de même, Prendre parole, Tirer assurance, promesse verbale que telle chose sera faite. J'ai pris parole de lui.
• Prendre sur soi, prendre beaucoup sur soi, Se retenir, se faire violence, se contraindre. J'ai pris sur moi pour ne pas lui répondre. Cet homme était très-colère; il faut qu'il ait beaucoup pris, bien pris sur lui, pour être maintenant d'un commerce aussi doux.
• Prendre trop sur soi, Se surcharger, vouloir faire plus qu'on ne peut.
• Prendre quelque chose sur soi, En répondre, s'en charger; Faire quelque chose de son chef, sans y être autorisé. Cela passe un peu mes pouvoirs, mais je le prends sur moi. Vous n'osez pas assez prendre sur vous. Ne vous inquiétez pas, je prends cela sur moi, je prends tout sur moi. On dit aussi, Prendre quelque chose sur son compte.
• Prendre le plaisir de la chasse, de la pêche, de la promenade, etc., Aller à la chasse, à la pêche, à la promenade, etc. Prendre un divertissement, Se divertir, s'amuser à quelque chose.
• Prendre une chose en considération, Remarquer une chose, la mettre en quelque sorte à part pour la considérer et en tenir compte. On prendra cet article, cette demande en grande considération.
• En parlant D'une narration, Prendre la chose de plus haut, Remonter aux choses qui ont précédé celles qu'on raconte ou qu'on vient de raconter. Vous ne nous avez pas appris l'origine, les causes de cet événement; prenez la chose de plus haut.
• Prov. et fig., Prendre la mouche, prendre la chèvre, Se fâcher, s'irriter tout à coup, pour un léger sujet, mal à propos.
• Ce fleuve, cette rivière prend sa source en tel endroit, Ce fleuve, cette rivière commence à couler de ce lieu-là. On dit aussi, Cette rivière prend son cours vers le nord, Elle coule dans la direction du sud au nord.
• En termes de Marine, Prendre un chargement, prendre du monde, des troupes, des passagers, etc., Les mettre, les recevoir à bord. Prendre le vent sur un bâtiment, Se mettre entre ce bâtiment et le point d'où le vent souffle. Prendre la mer, Commencer un voyage sur mer. Prendre la haute mer, prendre le large, S'éloigner du rivage, gagner la haute mer. Prendre terre, prendre port en quelque terre, Y aborder, y débarquer. On prit terre au cap de Bonne-Espérance. On dit aussi: Prendre la hauteur du soleil, Observer avec un instrument, principalement à l'heure de midi, l'élévation du soleil au-dessus de l'horizon. Absolument, Prendre hauteur, Mesurer la distance d'un astre ou de tout autre objet, à l'horizon. Prendre des ris, Raccourcir les voiles par en haut, au moyen des ris. Etc.
• Fig. et fam., Prendre le large, S'enfuir.
• Au Jeu, Prendre sa revanche, Jouer une seconde partie pour se racquitter de ce qu'on a perdu à la première. Il a perdu la première partie, et a pris sa revanche.
• Fig., Prendre sa revanche, Regagner un avantage qu'on avait perdu, ou l'équivalent. Ce général fut battu l'année dernière, mais cette année il a pris sa revanche.
• Au Jeu de paume, Prendre sa bisque, Compter le quinze qu'on a reçu de celui contre qui l'on joue, et qu'on est en droit de prendre quand on veut.
• Fig. et fam., Bien ou mal prendre sa bisque, Faire usage bien ou mal à propos d'un moyen qu'on a pour réussir dans une affaire, pour obtenir une grâce.
• PRENDRE, se construit avec la préposition À dans plusieurs phrases faites.
• Prendre à témoin, Invoquer le témoignage de quelqu'un, le sommer de déclarer ce qu'il sait. Je les prends à témoin de la violence, de l'insulte que cet homme vient de me faire. On dit aussi, Je prends Dieu à témoin de ce que je dis.
• Prendre à partie, Attaquer en justice un homme qui n'était pas d'abord notre adversaire. Vous vous opposez à l'exécution de l'arrêt que j'ai obtenu contre un tel, je vous prends à partie. On dit, par extension, Prendre quelqu'un à partie, Lui imputer quelque chose, lui reprocher une chose dont on se plaint, l'en rendre responsable.
• Prendre un juge à partie, Se plaindre en justice d'un juge, intenter une action contre lui. Il demande à prendre ce juge à partie.
• Prendre une chose à coeur, S'en affecter, y être vivement sensible. Vous prenez cela trop à coeur.
• Prendre une chose à tâche, Affecter visiblement, saisir chaque occasion, chercher tous les moyens de faire une chose. Il semble avoir pris à tâche de me contrarier.
• PRENDRE, se construit aussi, dans plusieurs phrases faites, avec la préposition Pour.
• Prendre une personne pour une autre, Croire qu'une personne en est une autre. La mère de Darius prit Éphestion pour Alexandre. On dit de même, Prendre une chose pour une autre.
• Fam., Prendre quelqu'un pour un autre, En juger autrement qu'il ne faut. Vous croyez que c'est un habile homme, vous croyez que c'est un sot; vous le prenez pour un autre. Vous voulez me faire votre dupe; vous me prenez pour un autre. En ce sens, on dit, figurément et proverbialement, Prendre martre pour renard.
• Prendre un homme pour une dupe, Le regarder comme un homme facile à tromper.
• Prendre quelqu'un pour dupe, Le tromper, le duper. Il a fait un mauvais marché, on l'a pris pour dupe, il a été pris pour dupe.
• Prendre pour bon, Croire. Se dit ordinairement dans un sens ironique. Il prend pour bon tout ce qu'on lui débite, tous les contes qu'on vient lui faire.
• Fig. et fam., Il a pris ce qu'on lui a dit pour argent comptant, Il a cru trop facilement ce qu'on lui a dit; il a fait trop de fond sur de simples apparences.
• PRENDRE, se construit avec un substantif non précédé de l'article, dans un grand nombre de phrases faites qui équivalent souvent à un seul verbe, et dont la plupart expriment un commencement d'action ou d'état. Prendre racine. Prendre feu. Prendre couleur. Prendre forme. Prendre consistance. Prendre position. Prendre haleine. Prendre pied. Prendre jour et heure. Prendre assignation. Prendre mesure. Prendre note. Prendre acte. Prendre date. Prendre naissance. Prendre fin. Prendre possession. Prendre patience. Prendre courage. Prendre plaisir. Prendre avis, conseil. Prendre pitié. Prendre soin. Prendre garde. Prendre attention. Prendre prétexte. Prendre occasion. Prendre droit. Prendre faveur. Prendre parti. Prendre goût. Prendre querelle. Prendre exemple. Prendre intérêt à quelqu'un, à quelque chose. Je prends intérêt à tout ce qui vous regarde. Prendre part à la joie, à la douleur de quelqu'un. Je prends part à tout ce qui vous touche. Voyez RACINE, FEU, COULEUR, FORME, CONSISTANCE, ETC.
• Fig., Prendre langue. Voyez LANGUE.
• PRENDRE, s'emploie aussi comme neutre, et signifie, Prendre racine. Les arbres qui ont beaucoup de chevelu prennent infailliblement. La vigne ne prend pas d'ordinaire en basse Normandie. Il y a des plantes qui prennent également en toute sorte de pays; il y en a d'autres qui ne prennent qu'en de certaines terres. Cet arbrisseau prend, ne prend pas de bouture.
• Fig., Prendre, ne pas prendre, prendre bien, prendre mal, se dit D'un ouvrage d'esprit, d'une proposition, d'un compliment, etc., qui a réussi, ou qui n'a pas réussi. Ce livre, cette pièce de théâtre n'a pas pris. Votre proposition a pris. Cela prend, cela prend bien, cela ne prend pas, cela prend mal. Cette plaisanterie n'a pas pris. Ces manières-là ne prendront pas avec nous. Se dit aussi en parlant Des personnes. Ce jeune homme a bien pris dans le monde. Cette jeune personne a parfaitement bien pris dans notre société.
• PRENDRE, neutre, signifie aussi, S'attacher, faire son impression, son effet. Cette couleur ne prend point. Il faut un mordant pour faire prendre cette couleur. L'encre ne prend pas sur le papier huilé. Les vésicatoires ont pris, ont bien pris. Le feu a pris à cette maison, à ce magasin. Le feu prendra, s'allumera sans que vous le souffliez. L'amorce n'a pas pris.
• Se dit également De ce qui fait une impression trop forte à la gorge, au nez. Ce ragoût est trop épicé, il prend à la gorge. Cette odeur est trop forte, elle prend au nez.
• Se dit aussi De ce qui se gèle, se glace, se coagule, s'épaissit. La rivière a pris cette nuit. Mettez de la présure dans ce lait, pour qu'il prenne. Vos confitures ont mal pris. Cette gelée ne prendra pas. Ces glaces n'ont pas bien pris.
• Fig. et fam., C'est un homme qui prend à tout, qui ne prend à rien, Que tout intéresse, que rien n'intéresse. On a fait commencer à cet enfant différentes études, il ne prend à rien.
• Au Jeu de quadrille, Jouer sans prendre, se dit De celui qui entreprend de jouer sans appeler une autre carte.
• La fièvre, la goutte lui a pris, Il a été attaqué de la fièvre, de la goutte. On dit impersonnellement dans le même sens, Il lui prit une colique, un mal de dents, une sueur froide, une faiblesse, etc.; et au sens moral, Il lui prit une fantaisie, un dégoût; il lui prend des accès de franchise et de vivacité fort incommodes; etc.
• Il lui a pris en gré de faire telle chose, La fantaisie lui est venue de faire telle chose.
• PRENDRE, neutre, se dit encore De ce qui contribue à un bon ou à un mauvais résultat. Bien lui a pris d'avoir été averti promptement. Il lui prendra mal un jour de songer si peu à ses affaires. Dans cette acception, il s'emploie souvent avec la particule En. S'il ne se corrige, il lui en prendra mal. Après ce qu'il avait fait, bien lui en prit d'avoir des protecteurs.
• PRENDRE, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, S'attacher, s'accrocher. Il s'est pris à un arbre, etc. Un homme qui se noie, se prend à tout ce qu'il peut. Ma robe s'est prise à un clou, à une épine. Il s'est pris à un clou, et son habit a été déchiré.
• Fig., Ne savoir où se prendre, Ne savoir à quoi s'attacher, à quoi recourir.
• Se prendre à quelqu'un, Le provoquer, l'attaquer. Il ne faut pas se prendre à plus fort que soi.
• S'en prendre à quelqu'un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l'en rendre responsable, lui en donner le tort. On s'en prend à moi, comme si j'avais fait la faute, comme si j'avais part à cette affaire. S'il y a du mal, prenez-vous-en à vous-même. Je m'en prendrai à vous de tout ce qui pourra arriver.
• S'y prendre bien, s'y prendre mal, Mettre plus ou moins d'adresse à ce qu'on fait; Employer de bons ou de mauvais moyens pour réussir dans une affaire. On dit de même: S'y prendre comme il faut. S'y prendre adroitement, ou maladroitement, gauchement. Ne savoir comment s'y prendre.
• Fig., Se prendre à, Commencer, se mettre à. Elle se prit à rire. Elle se prit à pleurer.
• Fam., Se prendre de paroles avec quelqu'un, Se quereller, avoir un démêlé avec lui. Ils se sont pris de paroles. On dit dans le même sens, figurément et familièrement, Ils se sont pris de bec.
• Se prendre d'amitié, se prendre d'aversion pour quelqu'un, Concevoir de l'amitié, de l'aversion pour quelqu'un. On dit de même, Se prendre de belle passion pour quelqu'un.
• Se prendre de vin, S'enivrer.
• PRENDRE, avec le pronom personnel, se dit aussi Des liqueurs qui viennent à se figer. L'huile se prend quand on la tient dans un lieu froid. Le sirop se prendra bientôt.
• Se dit encore Des mots, des expressions, et signifie, Être employé. Ce mot se prend dans telle signification. Ce verbe se prend figurément, et signifie... Cet adjectif se prend quelquefois substantivement.
• À TOUT PRENDRE. loc. adv. En considérant, en compensant le bien et le mal. Il est vif, impatient; mais, à tout prendre, c'est un homme estimable. Cette maison a ses défauts; mais, à tout prendre, elle est belle et commode.
• AU FAIT ET AU PRENDRE. loc. adv. Au moment de l'exécution, quand il est question d'agir, de parler, etc. Quand ce fut au fait et au prendre. Quand ce vint au fait et au prendre. On le dirait plein d'intelligence; mais, au fait et au prendre, il n'est bon à rien.
• PRIS, ISE. participe, Une ville prise. Un poisson pris dans les filets. Un homme pris de vin. C'est un parti pris. Prov., À parti pris point de conseil.
• Fam., Pris par les yeux, Séduit par la vue.
• PRIS, signifie quelquefois, Trompé. Cet homme est simple, il y sera pris. Tout le monde y aurait été pris.
• Prov., C'est autant de pris sur l'ennemi, C'est toujours avoir obtenu quelque avantage, avoir tiré quelque parti d'une mauvaise affaire.
• Une personne bien prise dans sa taille, Une personne bien faite, bien proportionnée. Il est petit, mais il est bien pris dans sa taille. On dit dans le même sens, Avoir la taille bien prise, être de taille bien prise. On dit aussi, Ce cheval est bien pris, Il a le corsage bien fait.
• Au Jeu du lansquenet, Il est pris, Sa carte a été faite. Il avait carte double, et il a été pris le premier, il a été le premier pris.
• Fig. et fam., Il a l'air d'un premier pris, se dit D'un homme qui a la contenance triste et embarrassée. Il vieillit.

PRENEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui prend, qui a coutume de prendre. Se dit Des personnes qui sont dans l'habitude de prendre certaines choses par la bouche, par le nez, etc. Preneur de tabac. Preneur de café, de thé, etc.
• Se dit aussi en parlant De quelques chasses. Preneur de taupes. Preneur d'oiseaux à la pipée. Preneur d'alouettes. Il est familier.
• PRENEUR, en style de Notaire, Celui qui prend une maison à loyer, une terre à ferme, etc. Le preneur s'engage à... Le bailleur et le preneur.
• En termes de Marine, Bâtiment preneur, Celui qui fait une prise. Dans cette locution, Preneur est adjectif.

PRÉNOM .s.m.
• Le nom qui, chez les anciens Romains, précédait le nom de famille, et qui distinguait chaque particulier. César portait le prénom de Caïus. Le prénom de Cicéron était Marcus.
• Se dit aussi Des noms de baptême. Louis est son prénom. Quels sont vos prénoms?

PRÉNOTION . s. f.
• T. didactique. Connaissance première et superficielle qu'on a d'une chose, avant de l'avoir bien examinée, bien étudiée. Je n'ai là-dessus que des prénotions légères.

PRÉOCCUPATION . s. f.
• Disposition d'un esprit tellement occupé d'un seul objet, qu'il ne peut faire attention à aucun autre. Il est dans une telle préoccupation d'esprit, que vous lui parleriez en vain d'une autre affaire que de la sienne. S'il vous a répondu de travers, ce n'est pas de sa part simple distraction, c'est préoccupation.
• Il signifie aussi, Prévention d'esprit. Juger sans préoccupation. Quand il y a de la préoccupation, il est difficile de bien juger des choses. L'effet de la préoccupation est d'altérer le jugement. Être libre, exempt de toute préoccupation. Il faut se défendre de toute préoccupation. J'ai vu beaucoup de personnes victimes de leurs préoccupations.

PRÉOCCUPER . v. a.
• Occuper fortement l'esprit, l'absorber tout entier. Cette idée le préoccupe du matin au soir. Cette affaire est assez grave pour le préoccuper.
• Il signifie aussi, Prévenir l'esprit de quelqu'un, en lui donnant quelque impression défavorable qu'il est difficile de lui ôter. Dans ce sens, il se prend toujours en mauvaise part. Je crains qu'il ne lui préoccupe l'esprit, qu'il ne préoccupe son esprit. Il ne faut pas qu'un juge se laisse préoccuper. C'est un homme fort aisé à préoccuper.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Il se préoccupe d'abord. Il s'est préoccupé en faveur d'un faux système. Les esprits faibles se préoccupent aisément.
• PRÉOCCUPÉ, ÉE. participe, Avoir l'esprit préoccupé d'un objet, être préoccupé d'un objet, En avoir l'esprit uniquement occupé. Il est tellement préoccupé de son affaire, qu'il ne peut songer à autre chose. Il a l'air fort préoccupé.

PRÉOPINANT .s.m.
• Celui qui opine avant un autre. Il fut de l'avis du préopinant. Tous les préopinants ont nié ce fait.

PRÉOPINER . v. n.
• Opiner avant quelqu'un. Je suis de l'avis de celui qui a préopiné. Il est peu usité.

PRÉPARANT . adj. m.
• T. d'Anat. Il n'est usité que dans cette expression, Vaisseaux préparants, Vaisseaux qui servent à la préparation de la semence; par opposition à Vaisseaux déférents, Ceux qui la portent vers l'extérieur.

PRÉPARATIF .s.m.
• Apprêt. On fait de grands préparatifs pour l'entrée de ce prince, pour cette fête. On n'a fait encore aucun préparatif. C'est un préparatif nécessaire. Préparatifs de guerre. Les préparatifs d'un siége. Les préparatifs d'un repas. Il ne faut point, il n'y faut point tant de préparatifs. Il y a des opérations de chirurgie qui demandent de grands préparatifs. Presque toujours ce mot s'emploie au pluriel.

PRÉPARATION . s. f.
• Action par laquelle on prépare, on se prépare. Parler, prêcher, plaider sans préparation. Toute la vie d'un chrétien doit être une préparation à la mort. Il est bon d'user de quelque préparation avant que de se purger.
• Préparation à la messe, à la communion, Méditation, prières par lesquelles on se prépare à dire ou à entendre la messe, ou à communier.
• PRÉPARATION, se dit, dans quelques Arts, de L'action, de la manière de préparer certaines choses pour les employer ou les garder. La préparation des peaux, des laines, des soies. La préparation de la pâte. La préparation des mets, des aliments. Ce naturaliste s'occupe de la préparation et de la conservation des in sectes.
• Se dit, particulièrement, de La composition des médicaments. La préparation de ce remède a été mal faite. La préparation de la thériaque.
• Se dit aussi Des médicaments préparés. Les potions, les médecines, les pilules, etc., sont des préparations pharmaceutiques.
• Préparation chimique, Mélange de plusieurs substances préparées pour une expérience ou une opération de chimie.
• Préparation anatomique, Pièce d'anatomie préparée de manière à montrer quelques détails d'organisation.

PRÉPARATOIRE . adj. des deux genres
• Qui prépare. Procédures préparatoires.
• Jugement préparatoire, Celui qui n'est qu'une préparation au jugement définitif, qui tend à l'éclaircissement de quelque point particulier, sans préjuger le fond.
• En Matière criminelle, La question préparatoire, s'est dit de La question que l'on donnait à un accusé avant de le juger. Louis XVI abolit la question préparatoire.
• En Géométrie, Propositions préparatoires, Les propositions qu'on ne démontre que pour arriver à une démonstration principale.
• PRÉPARATOIRE, s'emploie quelquefois comme substantif masculin. Un préparatoire. C'est un préparatoire indispensable. Laissez là tous vos préparatoires, et arrivez au fond de la question.

PRÉPARER . v. a.
• Apprêter, disposer, mettre une chose dans l'état convenable à l'usage auquel on la destine. Préparer une maison. Préparer un dîner. Préparer de la viande, un mets. Préparer des cuirs. L'art de préparer et de conserver les insectes. Préparer un spectacle. On vous prépare un logement dans cette maison. Tout est préparé pour vous recevoir. Préparer une médecine. Préparer des drogues. Préparer un looch, de l'opium, etc.
• Fig., Saint Jean-Baptiste est venu pour préparer les voies du Seigneur, Pour annoncer la venue prochaine du Seigneur, pour disposer les Juifs à le recevoir. Préparer les voies à quelqu'un, Lui donner des facilités pour faire ce qu'il a entrepris, pour arriver a son but.
• PRÉPARER, s'emploie souvent au sens moral. Les causes secrètes qui ont préparé ces événements. Cela nous prépare de grands malheurs, de grands chagrins, de grands regrets. Préparer le bonheur des générations futures. Préparer, se préparer des excuses, des moyens de défense. On lui avait préparé une grande surprise. Les ennemis avaient préparé une grande résistance.
• Préparer un discours, Méditer, disposer dans sa mémoire un discours que l'on doit prononcer.
• PRÉPARER, signifie aussi, Faire précéder une chose de quelques précautions pour en assurer l'effet. Quand on hasarde de certaines hardiesses de style, il faut les préparer. Il faut préparer ce coup de théâtre. Ce musicien prépare bien ses dissonances.
• Se dit également en parlant Des personnes, et signifie, Mettre dans une disposition propre à atteindre un but qu'on se propose. Préparer quelqu'un à soutenir un examen. Préparer des enfants à faire leur première communion. Il avait préparé les esprits au changement qu'il se proposait de faire.
• S'emploie souvent, dans cette signification, avec le pronom personnel. Se préparer pour quelque chose, à quelque chose. Se préparer pour parler en public. Se préparer pour prendre médecine, pour être purgé. Il se prépare à une confession générale. Se préparer pour un voyage. Se préparer au combat, à la guerre. Un prêtre qui se prépare pour aller dire la messe. Il s'est préparé à la mort. Il s'est préparé à tous les événements de la fortune. Préparez-vous à le recevoir. Il s'était préparé pour lui répondre.
• Se dit aussi en parlant Des choses. Le temps se prépare à être beau. Voilà un orage qui se prépare. Une grande révolution se préparait alors dans ce pays.
• PRÉPARÉ, ÉE. participe

PRÉPONDÉRANCE . s. f.
• Supériorité d'autorité, de crédit, de considération, etc. Cet avis a la prépondérance. Ce magistrat a une grande prépondérance dans sa compagnie. Ce ministre a la prépondérance au conseil.

PRÉPONDÉRANT
, ANTE. adj.
• Qui a plus de poids qu'un autre. Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
• Voix prépondérante, Voix qui l'emporte en cas de partage. Dans certaines compagnies, la voix du chef est prépondérante.
• Raison prépondérante, Raison qui doit l'emporter dans une discussion, qui doit agir avec force sur les esprits.

PRÉPOSER . v. a.
• Commettre, établir quelqu'un avec autorité, avec pouvoir de faire quelque chose, d'en prendre soin. On l'a préposé à la conduite de tous les travaux. Ceux que l'on avait préposés pour l'administration de la justice. On le préposa à la régie de telle ferme. Pharaon préposa Joseph sur toute l'Égypte. Les évêques sont préposés sur l'Église de Dieu, à la conduite de l'Église de Dieu, pour gouverner l'Église de Dieu.
• PRÉPOSÉ, ÉE. participe, Commis préposé pour recevoir les droits, préposé à la recette d'un impôt.
• S'emploie aussi substantivement, surtout en parlant de Commis. C'est un des préposés. Les préposés de l'octroi.

PRÉPOSITIF
, IVE. adj. des deux genres
• .Gram. Qui a rapport à la préposition. Particules prépositives, Certaines prépositions latines qui entrent dans la composition de beaucoup de mots français, et qui en sont inséparables, comme ad dans adjoint, pro dans proposer, per dans perforer, etc. --- Locutions prépositives, Façons de parler composées de plusieurs mots, et faisant fonction de prépositions, comme Vis-à-vis de, à l'égard de, au travers de, etc.

PRÉPOSITION . s. f.
• .Gram. Partie d'oraison invariable qui se place entre deux termes, qu'elle lie ensemble en exprimant un rapport de l'un avec l'autre. Préposition de temps, de lieu. Le régime, le complément d'une préposition. Cette préposition grecque régit l'accusatif, le génitif, le datif. Dans ces phrases, Pour un tel, contre un tel, devant les juges, sur une table, dans un coffre, auprès de vous, etc., les mots Pour, contre, devant, sur, dans, auprès, etc., sont des prépositions.
• Préposition inséparable, Celle qu'on ne peut séparer du mot avec lequel elle fait un tout, sans changer la signification de ce mot. Dans les substantifs composés Avant-bras, avant-cour, arrière-corps, les mots Avant, arrière, sont des prépositions inséparables.

PRÉPUCE .s.m.
• La peau qui couvre l'extrémité du membre viril.

PRÉROGATIVE . s. f.
• Privilége, avantage attaché à certaines fonctions, à certaines dignités, etc. Cette charge donne de belles prérogatives. Cette église a de grandes prérogatives, jouit de grandes prérogatives, jouit de beaucoup de prérogatives.
• Dans les Monarchies constitutionnelles, La prérogative royale, ou simplement, La prérogative, Les droits et les honneurs assurés au roi par la constitution de l'État.
• PRÉROGATIVE, se dit quelquefois d'Une faculté, d'un avantage dont certains êtres animés jouissent exclusivement. La raison et la parole sont les plus belles prérogatives de l'homme.

PRÉS . Préposition
• qui marque proximité de lieu ou de temps. Proche. S'asseoir près de quelqu'un. Être logé près de l'église. Il est logé près d'ici, fort près d'ici. Il a approché fort près du but. Il en a approché fort près, tout près. Nous sommes près du temps de la moisson, près des vendanges, près de l'hiver. Il n'est pas près de finir. Quand il se vit près de sa dernière heure, près de mourir, près d'être condamné. Il est. bien près de midi. Nous voilà bien près du moment décisif. Cet événement est encore bien près de nous.
• Fig., Cet ouvrage est bien près de la perfection, Il s'en faut bien peu qu'il ne soit parfait.
• Fig. et fam., Avoir la tête près du bonnet, Être d'une humeur prompte, et se mettre en colère pour peu de chose.
• Prov., Être près de ses pièces, N'avoir guère d'argent.
• Quoique la préposition Près doive régulièrement être suivie de la préposition De, cependant il est d'usage de supprimer celle-ci dans plusieurs phrases. Être logé près le Palais-Royal. Il demeure près la porte Saint-Antoine. Passy près Paris. Ambassadeur de France près le saint-siége.
• PRÈS, s'emploie encore dans la signification de Presque. Il y a près de vingt ans que cela est arrivé. Il a été près de deux heures à étudier, à travailler, à dîner. Il a reçu près de cent écus. Son armée était de près de cinquante mille hommes.
• DE PRÈS. loc. adv. qui a un sens analogue à celui de Près. Mettez-vous là pour voir, pour regarder de près, de plus près. Il entend aussi bien de loin que de près. Vous avez serré le mur de bien près. Combattre de près.
• Se voir de près, Se battre en duel. Il m'a insulté en public, mais nous nous verrons de près.
• Serrer quelqu'un de près, Le poursuivre vivement.
• Tenir quelqu'un de près, Le surveiller avec soin, lui laisser peu de liberté, ne lui point donner de relâche. Il faut tenir de près ce jeune homme, ce domestique. C'est un homme qu'il faut tenir de près, si on en veut avoir quelque chose. Si vous ne le tenez de près, il ne fera rien de ce qu'il vous a promis.
• Je ne connais cette personne ni de près ni de loin, Je ne la connais en aucune manière.
• Prov., Il ne veut en entendre parler ni de près ni de loin, se dit D'un homme qui ne veut entendre parler en aucune façon de quelqu'un ou de quelque chose.
• Fig., Cette chose le touche de près, Elle est pour lui d'un grand intérêt.
• Fig., Ils se touchent de près, ils sont parents de fort près, Ils sont proches parents.
• Fig., Il y regarde de près, Il fait attention aux moindres objets de dépense ou de profit. On dit dans le même sens, Il est bien près regardant.
• PRÈS À PRÈS. loc. adv. Se dit Des choses qui sont près l'une de l'autre. Plantez ces arbustes près à près. Il est peu usité.
• À CELA PRÈS, À TELLE CHOSE PRÈS. loc. adverbiales, Excepté cela. Il est un peu fantasque; mais, à cela près, c'est un aimable homme. À une grande vanité près, c'est un homme fort aimable. Cette femme est belle, à cela près qu'elle est fort pâle. J'ai été payé à cent écus près. Ce capitaine avait sa compagnie complète, à deux hommes près.
• À peu de chose près, Presque, peu s'en faut. On lui a rendu tout son bien, à peu de chose près. Ces deux étoffes sont de même prix, à peu de chose près.
• À beaucoup près, Il s'en faut beaucoup. Je ne suis pas si riche que lui à beaucoup près.
• À CELA PRÈS, signifie aussi, Sans s'arrêter à cela. Ne laissez pas de conclure votre marché, à cela près.
• Dans le même sens, Il n'est pas à cela près, il n'en est pas à cela près, Cela n'empêchera pas qu'il ne fasse ce qu'il a résolu, qu'il ne passe outre. Ces locutions signifient aussi, C'est une dépense peu onéreuse pour lui. Il vous donnera les deux cents francs que vous demandez, il n'est pas à cela près.
• À PEU PRÈS. loc. adverbiale, qu'on emploie indifféremment avant ou après les termes qu'elle sert à modifier. Presque, environ. Cela s'entend à peu près dans le sens que vous dites. C'est la même chose à peu près. Il a à peu près dix mille livres de rente. Il a dix mille livres de rente ou à peu près.
• S'emploie quelquefois substantivement. Dans les choses qui n'exigent pas une grande précision, on se contente de l'à peu près.

PRÉSAGE .s.m.
• Augure, signe par lequel on juge de l'avenir. Bon présage. Heureux présage. Mauvais présage. Un oiseau de sinistre présage. Cela est d'un heureux présage, d'heureux présage. Cela fut regardé comme un très-fâcheux présage. Cet accident fut un présage de ce qui devait arriver dans la suite. Mille fâcheux présages l'avaient intimidé.
• Se dit aussi de La conjecture, de l'augure bon ou mauvais qu'on tire de ce signe. Je tire de là un heureux présage. Le présage qu'on tira de la première action de ce prince, fut que les peuples seraient heureux sous son règne. Mes présages se sont accomplis.

PRÉSAGER . v. a.
• Indiquer, annoncer une chose à venir. Cet accident ne nous présage rien de bon.
• Il signifie aussi, Conjecturer ce qui doit arriver dans l'avenir. Je ne présage rien de mauvais de ce que vous me dites là. Cela ne nous fait rien présager d'avantageux. Il a présagé lui-même sa mort prochaine.
• PRÉSAGÉ, ÉE. participe

PRESBYTE . s. des deux genres
• T. d'Optique. Celui ou celle qui voit mieux de loin que de près, à cause de l'aplatissement du cristallin. Il est opposé à Myope. Les presbytes ne peuvent lire qu'avec un verre convexe.
• S'emploie aussi adjectivement. Les vieillards ont assez souvent la vue presbyte.

PRESBYTÉRAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à l'ordre de prêtrise. Bénéfice presbytéral, prébende presbytérale, Bénéfice, prébende qu'on ne peut tenir sans être prêtre.
• Maison presbytérale, La maison du curé, dans une paroisse.

PRESBYTÉRANISME .s.m.
• Voyez PRESBYTÉRIANISME.

PRESBYTÈRE .s.m.
• Maison presbytérale, maison destinée au curé, dans une paroisse. Bâtir un presbytère. Le presbytère touche à l'église.
• PRESBYTÈRE, en termes de Droit ecclésiastique, L'assemblée, le conseil des prêtres dont l'évêque doit s'assister dans le gouvernement de son église. Le presbytère est soumis à l'évêque, mais l'évêque doit consulter son presbytère. Il a vieilli.

PRESBYTÉRIANISME .s.m.
• Doctrine, secte des presbytériens. Le presbytérianisme est la religion dominante en Écosse. Le presbytérianisme s'étend de plus en plus dans cette contrée. On dit aussi, Presbytéranisme.

PRESBYTÉRIEN
, IENNE. adj.
• On appelle ainsi, en Angleterre, Les protestants qui ne reconnaissent point l'autorité épiscopale. Les églises presbytériennes. Le parti presbytérien.
• S'emploie aussi substantivement. Les presbytériens sont opposés aux épiscopaux.

PRESCIENCE . s. f.
• T. dogmatique. Connaissance de ce qui doit arriver. Il ne se dit qu'en parlant de Dieu. Dieu connaît tout par sa prescience. La prescience de Dieu n'ôte pas la liberté à l'homme.

PRESCRIPTIBLE . adj. des deux genres
• .Jurispr. Qui peut être prescrit. Droits prescriptibles.

PRESCRIPTION . s. f.
• .Jurispr. Manière d'acquérir la propriété d'une chose, par la possession non interrompue pendant un temps que la loi détermine, ou de se libérer d'une dette, quand le créancier a laissé passer un certain temps sans en demander le payement. Prescription par dix ans entre présents, par vingt ans entre absents. Prescription trentenaire, centenaire. Acquérir la prescription. Interrompre la prescription. On lui a opposé la prescription. La prescription ne court point entre époux.
• PRESCRIPTION, signifie aussi quelquefois, Ordonnance, précepte. L'ambition foule aux pieds toutes les prescriptions de la loi et de la justice. Il est peu usité.
• Prescriptions médicales, Les ordonnances des médecins. Les prescriptions médicales ne sauraient être trop claires et trop précises.

PRESCRIRE . v. a.
• Ordonner, marquer précisément ce qu'on veut qui soit fait. Prescrivez-moi ce que vous désirez que je fasse. J'ai exécuté tout ce que vous m'avez prescrit. Son médecin lui a prescrit un autre régime. Je n'ai point passé les bornes que vous m'avez prescrites. Il a enfreint lui-même la loi qu'il s'était prescrite.
• PRESCRIRE, en termes de Jurisprudence, Acquérir par prescription. On ne prescrit pas contre les mineurs. Prescrire un héritage, une dette. On ne peut prescrire le domaine des choses qui ne sont point dans le commerce.
• Il est aussi neutre en ce sens. On ne prescrit pas contre son titre. Ceux qui possèdent pour autrui ne prescrivent jamais.
• Fig., L'usage ne saurait prescrire contre la vérité, contre la justice, etc., L'usage ne saurait anéantir les droits de la vérité, de la justice, etc.
• PRESCRIRE, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se perdre par prescription. Les droits des mineurs ne se prescrivent point. Toutes les actions civiles, tant réelles que personnelles, se prescrivent par trente ans.
• PRESCRIT, ITE. participe

PRÉSÉANCE . s. f.
• (On prononce l'S fortement, comme dans Séance.) Droit de prendre place au-dessus de quelqu'un, ou de le précéder. Disputer la préséance. L'ancienneté règle la préséance entre les membres d'un tribunal. Les cours royales ont la préséance sur les tribunaux de première instance.

PRÉSENCE . s. f.
• Existence d'une personne dans un lieu marqué. Votre présence est nécessaire dans ce pays. La présence du maître y était nécessaire. La présence du prince dans une armée est souvent très-utile. Sa présence imposa silence aux factieux. Sa présence inspire la joie. Sa présence a confirmé la bonne opinion que j'avais de lui. Il a honoré cette assemblée de sa présence. L'état de ses affaires exige, demande, réclame sa présence. Il animait ses soldats par sa présence. Fuir, éviter la présence de quelqu'un. Il n'a pas osé soutenir ma présence. Il a fait cette action en ma présence, en présence de tout le monde. Il demeura court en présence du roi. Cela s'est passé en la présence, en présence de plusieurs personnes dignes de foi. Je ferai la même chose en votre présence qu'en votre absence.
• En termes de Palais, Tant en présence qu'absence.
• La présence réelle du corps et du sang de Notre-Seigneur dans l'eucharistie, ou simplement, La présence réelle, Le dogme de foi qui veut que, dans le sacrement de l'eucharistie, le corps, le sang, l'âme et la divinité de JÉSUS-CHRIST, soient réellement présents sous les espèces ou apparences du pain et du vin. Les calvinistes nient la présence réelle.
• Droit de présence, Rétribution qu'on donne aux membres de certaines associations, de certaines compagnies, lorsqu'ils assistent aux assemblées, etc. On dit dans le même sens, Jetons de présence.
• Fig., Présence d'esprit, Vivacité et promptitude de jugement, qui fait faire ou dire sur-le-champ ce qu'il y a de mieux à faire ou à dire. Cet homme a de la présence d'esprit, une grande présence d'esprit. On a toujours remarqué en lui beaucoup de présence d'esprit. Il a répondu avec une présence d'esprit admirable.
• PRÉSENCE, se dit particulièrement, en Jurisprudence, de L'existence d'une personne au lieu de son domicile; et quelquefois, surtout en matière de prescription, de La résidence habituelle d'une personne dans le ressort d'une cour royale.
• PRÉSENCE, se dit aussi en parlant De Dieu, quoiqu'il ne soit contenu dans aucun espace. Dieu remplit l'univers par sa présence. La présence de Dieu devrait retenir ceux qui sont près de se rendre coupables.
• Dans le langage de la Dévotion, Se mettre, se tenir en la présence de Dieu, Considérer Dieu comme présent à ce que l'on va faire.
• PRÉSENCE, se dit encore, surtout en Chimie et en Médecine, lorsqu'on parle D'une substance qui existe, qui se trouve dans une autre. Reconnaître la présence du poison, de l'arsenic dans des aliments.
• EN PRÉSENCE. loc. adv. En face, en vue l'un de l'autre. Les deux armées étaient en présence, restèrent en présence. Les deux rivaux sont en présence.
• Fig., Les factions, les partis sont en présence, Les factions, les partis s'observent l'un l'autre, et se préparent à combattre entre eux.

PRÉSENT
, ENTE. adj.
• Qui est, qui se rencontre dans le lieu dont on parle. En ce sens, il est opposé à Absent. Selon le dogme catholique, JESUS-CHRIST est présent dans l'eucharistie. J'étais présent lorsque la chose arriva. Tous ceux qui s'y trouvèrent présents. Il était présent à l'action. Tels et tels y étaient présents, y étaient présents en personne. Si vous y aviez été présent, cela ne serait pas arrivé. Cela se passa moi présent. Cette femme était présente. Être présent au lieu de son domicile. On l'emploie substantivement, au pluriel. Noter les présents et les absents. Les présents s'égayent quelquefois aux dépens des absents.
• En Jurispr., La prescription immobilière est de dix ans entre présents, et de vingt ans entre absents, c'est-à-dire qu'Elle s'acquiert par dix ans, quand le véritable propriétaire habite le ressort de la cour royale dans lequel l'immeuble est situé; et par vingt ans, quand il n'y réside pas.
• Dieu est présent partout, Il existe dans tous les lieux en même temps.
• Par exagérat., Cet homme est présent à tout, il est présent partout, Il est si actif, qu'il semble être partout en même temps.
• Être tenu présent à une assemblée, à une séance, Ne pas y assister, et cependant participer aux droits de présence.
• Fig. et fam., Cet homme n'est jamais présent, Il est toujours distrait, inattentif.
• À tous présents et à venir, salut; et À tous ceux qui ces présentes lettres, qui ces présentes verront. Formules du style de chancellerie.
• Présents tels et tels. Formule du style de notaire, dans les actes. À ce présents et acceptants, tels et tels.
• Le présent acte, L'acte qu'on dresse, qu'on rédige actuellement.
• La présente lettre, ou substantivement, La présente, La lettre qu'on écrit. Aussitôt la présente lettre reçue, vous viendrez me rejoindre. La présente vous servira de décharge. Celui qui vous rendra la présente. On dit de même, Le présent billet. On dit aussi, Le présent porteur, L'homme qui porte la lettre ou le billet qu'on écrit. Vous donnerez cinquante centimes au présent porteur pour sa commission.
• PRÉSENT, se dit, figurément et au sens moral, Des choses auxquelles on songe, dont on se souvient, que l'on croit voir encore. J'ai toujours ce spectacle présent à l'esprit. Cela m'est toujours présent à l'esprit, est toujours présent à mon esprit, à ma pensée, à ma mémoire, à mon souvenir. Cela est toujours présent à mes yeux. Cette histoire ne m'est pas bien présente. Tout lui est présent à l'esprit, tout lui est présent. Cela m'est présent comme si je le voyais.
• Fig., Avoir l'esprit présent, Avoir l'esprit vif et prompt, et dire ou faire sur-le-champ ce qu'il y a de mieux à dire ou à faire. Comme il a l'esprit présent, il lui fit une repartie vive et juste. Il n'eut pas l'esprit assez présent pour prendre le parti qu'il fallait. S'il avait eu l'esprit plus présent, il se serait mieux tiré d'affaire.
• Fig., Avoir la mémoire présente, Se souvenir à propos et sans peine de ce qu'on a vu ou lu.
• PRÉSENT, signifie aussi, Qui existe actuellement, qui est dans le temps où nous sommes. En ce sens, il est opposé à Passé et à Futur. Le siècle présent. La vie présente. Le présent mois. L'état présent des affaires. Les affaires présentes. Le temps présent. Le gouvernement présent. Le ministère présent. Le mal présent est toujours le plus fâcheux. La douleur présente est la plus sensible.
• Remède présent, Celui qui opère sur-le-champ. Cet élixir est un remède présent pour le mal de dents. On dit aussi, Poison présent, Celui qui produit sur-le-champ son effet. Ces locutions sont peu usitées.
• PRÉSENT, est quelquefois substantif, et signifie, Le temps présent. Le présent, le passé et l'avenir. Cet homme ne songe qu'au présent.
• En termes de Jurispr., Épouser par paroles de présent. Façon de parler dont on se sert lorsque deux personnes déclarent qu'elles se prennent actuellement pour mari et femme. Se dit à la différence d'Épouser par paroles de futur, ce qui s'appelle ordinairement Fiancer.
• PRÉSENT, en termes de Grammaire, Le premier temps de chaque mode d'un verbe, celui qui marque le temps présent. Présent de l'indicatif, du subjonctif, de l'infinitif. Aimer fait au présent de l'indicatif, J'aime. Ce verbe se conjugue de telle manière au présent du subjonctif, au présent de l'indicatif. On dit aussi adjectivement, Participe présent.
• À PRÉSENT. loc. adv. Maintenant, dans le temps présent. Cela n'est plus en usage à présent. Jusqu'à présent tel a été l'usage. Je l'exige dès à présent. Je n'y songe plus à présent. Je n'y pense plus quant à présent. Les hommes, les femmes, les moeurs d'à présent.
• Il est quelquefois locution conjonctive. À présent que je suis en meilleure santé, j'irai vous voir.
• POUR LE PRÉSENT. loc. adv. et fam. À présent, maintenant. Il est à la campagne pour le présent.
• DE PRÉSENT. loc. adv. Formule de notaire. Maintenant, à présent. De présent à Paris. De présent résidant à Paris.

PRÉSENT .s.m.
• Don, tout ce qu'on donne gratuitement et par pure libéralité. Présent magnifique. Il leur a fait de grands présents. Il est défendu aux juges de recevoir aucun présent des parties. Se laisser corrompre par des présents. C'est un homme qui aime les présents. Donner quelque chose en présent à quelqu'un. Faire des présents aux étrennes. Il lui a fait présent de son cheval. Je vous offre ce livre en présent, à titre de présent. Prov., Les petits présents entretiennent l'amitié.
• Présents de noces, Les présents qu'un homme envoie à la personne qu'il doit épouser, et ceux que des parents ou des amis de la future lui envoient à l'occasion de son mariage.
• Présents de ville, ou Présents de la ville, Le vin, les confitures, etc., qu'un corps de ville donne en de certaines occasions à des personnages de distinction, rois, princes, ministres, ambassadeurs.
• Fig., Présent du ciel, se dit d'Une chose ou d'une personne très-précieuse, qui contribue beaucoup au bonheur de celui qui la possède. L'amitié est un présent du ciel. C'est un présent du ciel qu'un véritable ami, qu'une femme sensée et vertueuse. Louis XII fut pour la France un présent du ciel.

PRÉSENTABLE . adj. des deux genres
• Qu'on peut présenter, qui peut se présenter. Cette raison n'est pas présentable. Voilà du vin qui n'est pas présentable. Ce jeune homme est très-présentable. Ce tableau est peu présentable.

PRÉSENTATEUR
, TRICE. s.
• Celui, celle qui avait le droit de présenter à un bénéfice. Le présentateur et le collateur.

PRÉSENTATION . s. f.
• Action de présenter. La présentation d'une lettre de change. Un condamné dont la peine était remise, faisait la présentation de ses lettres et en entendait la lecture à genoux. Un chancelier, un gouverneur de province chargeait un avocat de la présentation de ses lettres, au lieu de les porter lui-même à l'enregistrement du parlement.
• La présentation de la Vierge, Fête que l'Église catholique célèbre en l'honneur de la Vierge, et en mémoire de ce qu'elle fut présentée au temple.
• Présentation à la cour, La cérémonie de présenter au roi et à sa famille les personnes qui ont droit à cet honneur. Il y eut ce jour-là plusieurs présentations.
• PRÉSENTATION, en termes de Pratique, s'est dit de L'acte par lequel un procureur déclarait se présenter pour telle partie. Il y avait un greffe où se faisaient les présentations. Greffe des présentations. On dit aujourd'hui, Constitution d'avoué.
• PRÉSENTATION, se dit aussi Du droit de présenter à une place, à un emploi, à un bénéfice. Cette place est à la nomination du ministre, sur la présentation du préfet. La présentation pour cet emploi appartient au ministre, et c'est le roi qui nomme. Il avait la présentation de tel bénéfice. Cette cure était à la présentation de tel abbé, de tel seigneur.

PRÉSENTEMENT . adv.
• À présent, maintenant. Cela n'est plus présentement en usage. Je viens de le quitter présentement, tout présentement. Maison à louer présentement. Présentement que j'ai résolu de vivre tranquille.

PRÉSENTER . v. a.
• Offrir quelque chose à quelqu'un. Présenter un bouquet, des fruits à une dame. Présenter à boire. Présenter un fauteuil, une chaise, un siége. Dès que vous entrez dans cette maison, on vous présente des cartes.
• Présenter la main à quelqu'un, Lui tendre la main pour l'aider à marcher. Présenter la main, le bras à une femme, Offrir de lui donner la main, le bras pour la mener.
• Présenter des lettres de créance, Les remettre à la personne près de laquelle on est accrédité. Présenter une lettre de change, L'exhiber à celui qui doit la payer.
• Présenter un placet, une requête, une pétition, etc., à quelqu'un, Supplier quelqu'un par un placet, par une requête, etc. Présenter une requête à des juges, une pétition au ministre.
• Présenter des lettres au sceau, Porter des lettres au sceau, afin qu'elles y soient scellées. Présenter des lettres patentes à la cour royale, Porter des lettres patentes à la cour royale, afin qu'elles y soient enregistrées.
• Présenter les armes, Porter le fusil en avant d'une certaine manière, en signe de déférence et d'honneur. Quand un officier supérieur passe devant la sentinelle, elle présente les armes.
• Présenter une personne à une autre, L'introduire en sa présence, et la lui faire connaître par son nom. C'est un tel qui me l'a présenté. Je vous présenterai à lui quand vous voudrez.
• Présenter quelqu'un dans une maison, L'y introduire, lui en procurer l'accès.
• Présenter un enfant au baptême, Le porter à l'église où il doit être baptisé. On dit de même, Présenter un enfant à l'officier de l'état civil.
• Présenter le corps à la paroisse, Porter à la paroisse un mort, avant de le conduire au lieu de la sépulture.
• Présenter à un emploi, à un bénéfice, Désigner celui à qui un emploi, un bénéfice doit ou peut être donné. Il a droit de présenter à ce bénéfice. On dit de même, Présenter quelqu'un pour un emploi, etc. On a présenté trois sujets pour cette place, pour cette chaire. On dit aussi absolument, Pour cette espèce d'emploi, c'est le ministre qui présente, et c'est le roi qui nomme.
• En termes d'ancienne Jurisprudence criminelle, Présenter un accusé à la question, Conduire un accusé dans la chambre de la question, comme s'il devait y être appliqué, afin que la crainte des tourments lui fasse faire des aveux.
• Présenter à quelqu'un ses respects, ses hommages, ses civilités, etc., L'assurer de son respect, etc. C'est une formule de politesse.
• PRÉSENTER, signifie aussi quelquefois, Mettre sous les yeux. Présentez-lui le miroir, qu'il se voie. Présentez-moi ce plan, que je le considère à mon aise. Ce pays présente un aspect agréable. Cette fête présentait un beau spectacle.
• En termes de Manége, Présenter un cheval, Le mettre sur la montre pour le faire voir à l'acheteur ou à celui qui doit le monter.
• PRÉSENTER, s'emploie aussi figurément, et signifie, Exposer. Je lui ai présenté la chose aussi clairement qu'il m'a été possible. Je vous présente les choses telles qu'elles sont. Il faut des ménagements pour présenter la vérité aux grands. Vous ne nous présentez la question que d'un seul côté. Je présente mes idées à mesure qu'elles me viennent.
• Il signifie encore figurément, Être susceptible de fournir, de procurer. Les immenses ressources que le pays nous présentait. Cette affaire présente de grands avantages.
• Cela présente des difficultés, des inconvénients, Des difficultés, des inconvénients s'opposent, paraissent s'opposer à cela.
• Ce mot, ce passage présente un double sens, Il est susceptible de deux interprétations différentes.
• PRÉSENTER, signifie aussi, Tourner vers, diriger vers. Présenter son bras, sa jambe à l'opérateur. Présenter le flanc à l'ennemi. En termes de Marine, Présenter le bout à la lame, à la marée, au courant.
• Il signifie particulièrement, Mettre en avant pour menacer. Il lui présenta la pointe de son épée. Il lui présenta le fusil, le pistolet, et l'arrêta tout court. Ils présentèrent les baïonnettes à la cavalerie, et la repoussèrent. Ce taureau présente ses cornes d'une manière effrayante.
• Fig., Présenter la bataille, Faire les dispositions et les démonstrations nécessaires pour engager l'ennemi à combattre.
• PRÉSENTER, signifie aussi, dans quelques Arts, Approcher une pièce de bois, de fer, etc., de l'endroit où elle doit être placée, pour voir si elle est juste, si elle va bien, avant de la poser à demeure. Présentez cette porte, et voyez si elle a assez de jeu. Présenter une serrure avant de la poser.
• PRÉSENTER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Paraître devant quelqu'un. Il leur a défendu de se présenter devant lui. Il s'est présenté à moi les larmes aux yeux. Il n'ose se présenter devant son père. Se présenter avec assurance devant une assemblée. Les parties se présentèrent devant le juge. On dit qu'un spectre, un fantôme s'est présenté à Brutus.
• Cet homme se présente bien, se présente de bonne grâce, Il n'est point embarrassé de sa personne, il a de l'aisance, de la grâce dans le maintien, dans les manières. On dit dans un sens contraire, Il se présente gauchement, de travers, il ne sait pas se présenter, etc.
• Se présenter chez quelqu'un, à la porte de quelqu'un, et absolument, Se présenter, Aller chez quelqu'un pour lui faire une visite. Je me suis présenté chez vous pour vous rendre mes devoirs. Je me suis présenté pour avoir l'honneur de vous voir.
• Se présenter pour une place, La demander, se proposer pour la remplir.
• Se présenter pour une partie, se dit, au Palais, D'un avoué qui déclare être chargé d'occuper pour telle partie, dans un procès.
• PRÉSENTER, avec le pronom personnel, se dit aussi Des choses, et signifie, Apparaître. La première chose qui s'est présentée devant moi, à mes yeux. Dès que vous avez pris le chemin à gauche, le château se présente à vous, devant vous. Un obstacle imprévu se présenta devant nous.
• Un palais, un jardin qui se présente bien, Un palais, un jardin dont on juge avantageusement au premier aspect.
• Fig., Une affaire qui se présente bien, Une affaire dont le succès est vraisemblable. Cela se présente bien, se présente mal, se dit en général De toutes les choses éventuelles, suivant qu'elles ont l'air de tourner bien ou mal.
• Une chose qui se présente à l'esprit, Une chose qui vient à l'esprit, à la pensée. Toutes ces difficultés se sont déjà présentées à mon esprit. Cela ne se présente pas naturellement à l'esprit.
• Ce nom, cette date, etc., ne se présente pas maintenant à ma mémoire, Je ne puis me souvenir présentement de ce nom, de cette date, etc.
• PRÉSENTER, avec le pronom personnel, se dit encore Des occasions, des affaires, etc., qui surviennent; et, dans cette acception, il s'emploie souvent impersonnellement. Dès que l'occasion s'en présentera. Il s'est présenté diverses occasions. Il se présente beaucoup d'affaires. On délibéra sur les affaires qui se présentèrent. Il se présenta une difficulté, une question difficile à résoudre.
• PRÉSENTÉ, ÉE. participe

PRÉSERVATEUR
, TRICE. adj.
• Qui préserve. Une méthode préservatrice. Un moyen préservateur. La vaccine est préservatrice de la petite vérole.

PRÉSERVATIF
, IVE. adj.
• Qui a la vertu, la faculté de préserver. Il ne se dit guère que Des remèdes. Remède préservatif.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif, au masculin; et alors il signifie, Remède qui a la vertu de préserver. C'est un souverain préservatif, un puissant préservatif contre plusieurs maladies. Un excellent préservatif contre la contagion.
• S'emploie figurément, au sens moral. Le travail est le meilleur préservatif contre l'ennui.

PRÉSERVER . v. a.
• Garantir quelqu'un d'un mal qui pourrait lui arriver. Dieu l'a préservé au milieu des périls. Dieu nous préserve de ce fléau, nous en préserve par sa miséricorde! Dieu me préserve de penser à cela, d'en avoir la pensée! M'en préserve le ciel! C'est ce remède qui l'a préservé de la goutte. Une bonne éducation préserve la jeunesse de quantité de désordres. La sobriété, la tempérance, préservent de beaucoup de maladies.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Se préserver d'une maladie, de la contagion. Se préserver d'une tentation, d'un péril.
• PRÉSERVÉ, ÉE. participe

PRÉSIDENCE . s. f.
• Fonction de président, droit de présider. La présidence de la chambre des pairs. La présidence de la chambre des députés. Présidence alternative. Aspirer à la présidence.
• Il signifie aussi, La place de président. La première présidence de la cour royale de... est vacante.
• Il signifie aussi, Le temps pendant lequel une personne exerce la présidence. Cet arrêt a été rendu sous la présidence d'un tel. Il soutint sa première thèse sous la présidence de tel docteur.

PRÉSIDENT .s.m.
• Celui qui préside une compagnie, une assemblée. On s'adressa au président de l'assemblée. Le président de la chambre des pairs, de la chambre des députés. Président d'âge. Le premier président de la cour royale de Paris. Président de chambre. Président à mortier. Le président de la cour d'assises, du tribunal de police correctionnelle, etc. Le président d'un conseil de guerre. Le président d'un collége électoral. Les présidents du concile répondirent.
• Se dit aussi de Celui qui préside à un acte, à une thèse de philosophie, de théologie, de droit, à un concours, etc. C'était le président de l'acte, du concours.

PRÉSIDENTE . s. f.
• Celle qui préside une assemblée, une réunion. Elle est la présidente de l'assemblée de charité.
• Se dit aussi de La femme d'un président. Madame la présidente. Madame la première présidente.

PRÉSIDER . v. a.
• Occuper la première place dans une assemblée, avoir droit d'y maintenir l'ordre, d'y donner la parole, de recueillir les voix, et de prononcer les décisions qu'elle rend. Présider une compagnie. Celui qui présidait l'assemblée répondit. Présider les assises. C'est un tel qui nous a présidés, qui a présidé la séance.
• Il est souvent verbe neutre dans le même sens. Celui qui présidait à l'assemblée du clergé, à l'assemblée de la noblesse. Présider à une compagnie. Le pape est en possession de présider aux conciles par lui ou par ses légats. Le plus ancien d'âge préside. Il préside bien. Il préside mal. Il n'a pas l'habitude de présider.
• Il signifie aussi, Avoir le soin, la direction, veiller à. La providence qui préside à la conduite de l'univers. L'intelligence qui préside aux choses humaines. C'est lui qui a présidé à la direction de tout l'ouvrage. Il présidait à la cérémonie.
• Dans les Facultés de droit, de théologie, etc., Présider à un acte, En être le modérateur et comme l'arbitre. C'est lui qui préside à l'acte. On dit de même, Présider à un concours, ou activement, Présider un concours.
• PRÉSIDER, se dit, dans le même sens, en parlant Des divinités païennes. Minerve présidait aux sciences, Cérès aux moissons. Mars est le dieu qui préside aux combats. Les Muses ont présidé à la naissance d'Homère, de Virgile, etc.
• PRÉSIDÉ, ÉE. participe

PRÉSIDES . s. f. pl.
• Se dit Des lieux où le gouvernement espagnol envoie ceux qui sont condamnés aux galères, aux travaux forcés. Les présides d'Afrique.

PRÉSIDIAL .s.m.
• .Jurispr. Tribunal qui jugeait en dernier ressort dans certains cas et pour certaines sommes; hors ces cas, il y avait lieu à l'appel de ses sentences devant le parlement. Les juges d'un présidial jugeaient en dernier ressort jusqu'à la somme de... Le présidial de Tours, de Poitiers, d'Orléans, etc. Conseiller au présidial de... Établir un présidial dans une ville. Il y avait tant de présidiaux en France. Ce présidial avait un grand ressort, un ressort de grande étendue.
• PRÉSIDIAL, est aussi adjectif, et signifie, Qui concerne un présidial, qui est de la compétence d'un présidial, qui émane d'un présidial: il fait au féminin, Présidiale. Siége présidial. Juges présidiaux. Cas présidiaux. Jugement présidial. Sentence présidiale.

PRÉSIDIALEMENT . adv.
• .Jurispr. Il n'était guère usité que dans cette locution, Juger présidialement, qui se disait Lorsqu'un présidial jugeait en dernier ressort et sans appel.

PRESLE . s. f.
• Plante. Voyez PRÊLE.

PRÉSOMPTIF
, IVE. adj.
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Héritier présomptif, Le plus proche parent, celui qui est appelé à hériter ab intestat, soit en ligne directe, soit en ligne collatérale. Ses héritiers présomptifs attendent sa mort avec impatience. On ne lui connaît pas de présomptif héritier. L'héritière présomptive.
• Se dit, particulièrement, Du prince destiné à régner par l'ordre de sa naissance. L'héritier présomptif de la couronne.

PRÉSOMPTION . s. f.
• Conjecture, jugement fondé sur des apparences, sur des indices. Légère, faible présomption. Présomption forte. Il y a de grandes présomptions contre lui. La présomption est contre lui, est en sa faveur.
• PRÉSOMPTION, en Jurisprudence, Ce qui est supposé vrai, par provision, tant que le contraire n'est pas prouvé. La présomption d'innocence est pour l'accusé, jusqu'à la preuve du crime. Présomption légale. Présomption de survie.
• PRÉSOMPTION, signifie aussi, Opinion trop avantageuse de soi-même. C'est un homme trop rempli, tout rempli de présomption. Sa présomption est insupportable. La présomption lui gâte l'esprit. Ce jeune homme est d'une grande présomption, d'une présomption extrême.

PRÉSOMPTUEUSEMENT . adv.
• Avec présomption, d'une manière présomptueuse. C'est un homme qui pense présomptueusement de lui-même. Il s'engagea présomptueusement dans une entreprise au-dessus de ses forces.

PRÉSOMPTUEUX
, EUSE. adj.
• Qui a une trop grande opinion de lui-même. Un homme présomptueux. Une femme présomptueuse. Il a été assez présomptueux pour aspirer à cette place.
• Se dit aussi Des choses qui annoncent de la présomption. Désirs présomptueux. Pensée présomptueuse. Projets présomptueux. Confiance présomptueuse.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un présomptueux. Jeune présomptueux.

PRESQUE . adv.
• À peu près, peu s'en faut. Un ouvrage presque achevé. Il est presque nuit. Un habit presque usé. Un homme presque nu. Presque tous les philosophes ont pensé que... Il est presque toujours mal vêtu. Je ne l'ai presque pas vu. On ne voit presque plus d'habits de cette façon.

PRESQU'ÎLE . s. f.
• Partie de terre jointe à une autre par un isthme étroit, et environnée d'eau de tous les autres côtés. La Morée est une presqu'île.
• Se dit aussi, par extension, d'Une partie de terre qui s'avance dans la mer, et qui est jointe au reste du continent par une large étendue de terres. L'Espagne, l'Italie, etc., sont des presqu'îles.

PRESSAMMENT . adv.
• Instamment, d'une manière pressante. Solliciter pressamment. Il est peu usité.

PRESSANT
, ANTE. adj.
• Qui presse vivement, qui insiste sans relâche. C'est un homme bien pressant. C'est l'homme du monde le plus pressant. Vous êtes trop pressant.
• Se dit aussi Des choses. Une recommandation pressante. Des prières, des sollicitations pressantes. Des raisons pressantes. Des arguments pressants. Des remords pressants.
• Une douleur pressante, Une douleur aiguë et violente.
• PRESSANT, signifie aussi, Urgent, qui ne permet pas de différer. L'occasion est pressante. Il s'agit d'une affaire pressante. Je ne partirais pas sans une nécessité pressante. Le cas est pressant et n'admet point de délai. Le danger est trop pressant pour qu'on diffère de s'en garantir. Le mal est pressant et demande de prompts remèdes. La maladie est pressante. Un besoin pressant. Des besoins pressants. Des soins pressants. Un motif pressant. Des intérêts pressants. Un devoir pressant exige que je vous quitte.

PRESSE . s. f.
• Foule, multitude de personnes qui se pressent. Se mettre dans la presse. Craindre la presse. Éviter la presse. N'allez pas là, il y a trop de presse. Il y a presse pour entendre ce prédicateur. Fendre la presse. Se tirer de la presse. Je ne veux pas augmenter la presse. Je n'y ferai pas grande presse. Je n'y ferai pas la presse. Ces deux dernières phrases sont du style familier.
• Fam., Il n'y aura pas grande presse ou grand'presse à faire telle chose, à s'en charger, se dit en parlant D'une chose que l'on n'est pas disposé à faire, et dont on suppose que peu de gens voudront se charger.
• Prov., À la presse vont les fous, La foule attire les sots curieux.
• La presse y est, se dit en parlant D'une étoffe ou d'une autre marchandise qui est à la mode, et qui se débite bien. Se dit aussi en parlant D'un spectacle, d'un cours, etc., qui est extrêmement suivi, qui attire beaucoup de monde.
• Prov. et fig., Il s'est tiré de la presse, se dit D'un homme qui, se trouvant engagé dans quelque mauvaise société, dans quelque parti dangereux, vient à s'en tirer prudemment.
• PRESSE, se dit, en Angleterre, de L'enrôlement forcé des matelots dans la marine militaire. Pour compléter les équipages, on eut recours à la presse.
• PRESSE, signifie aussi, Une machine de bois, de fer, ou de quelque autre matière, qui sert à presser, à tenir quelque chose extrêmement serré. Presse à vis. Presse à coins. Presse hydraulique. Les relieurs se servent de plusieurs espèces de presses. Mettre du linge, des livres, des étoffes en presse.
• Fig. et fam., Cet homme est en presse, Il est dans un état fâcheux, dont il ne sait comment se tirer.
• Fig. et fam., Il s'est tiré de presse, Il s'est tiré d'un grand embarras.
• PRESSE, se dit encore de La machine au moyen de laquelle on imprime, soit les feuilles d'un livre, soit des estampes, etc. Presse d'imprimerie. Faire rouler la presse. Travailler à trois presses sur un même ouvrage. Cet imprimeur fait rouler plus de trente presses, a plus de trente presses roulantes. Presse de bois, de fonte. Une presse mécanique fait autant de travail que huit presses ordinaires. Presse d'imprimerie en taille-douce. Presse lithographique.
• L'ouvrage est sous presse, Il s'imprime actuellement. On dit de même, Mettre un ouvrage sous presse, Le livrer à l'impression, le faire imprimer.
• Fig., Faire gémir la presse, Faire imprimer un ouvrage. Cet auteur est un de ceux qui font le plus gémir la presse. Il se prend ordinairement en mauvaise part.
• Fig., Liberté de la presse, Liberté de mettre au jour, par la voie de l'impression, ses idées, ses opinions sur toutes sortes de matières, sans être obligé de les soumettre à une censure. La liberté de la presse existe en France et en Angleterre. Mettre des restrictions à la liberté de la presse. On dit de même: La presse est libre dans ce pays. Les délits de la presse. Etc.

PRESSE . s. f.
• Sorte de pêche dont la chair adhère au noyau, et qui diffère du pavie en ce qu'elle ne se colore pas.

PRESSENTIMENT .s.m.
• Certain mouvement intérieur, dont la cause n'est pas. distincte, et qui fait craindre ou espérer quelque événement futur. Il avait de secrets pressentiments du malheur qui lui est arrivé. Il avait un pressentiment qu'il n'en reviendrait point. J'avais un pressentiment de cet heureux succès. Ses pressentiments ne le trompent presque jamais.
• Avoir un pressentiment, des pressentiments de fièvre, de goutte, etc., Avoir quelque espèce d'émotion qui fait appréhender la fièvre, la goutte, etc.

PRESSENTIR . v. a.
• Prévoir confusément quelque chose par un mouvement intérieur, dont on ne connaît pas soi-même la raison. Il avait pressenti le malheur qui lui est arrivé. À voir l'ordre qu'il mettait à ses affaires, on eût dit qu'il pressentait sa fin. Je pressens qu'il nous surviendra des obstacles.
• Il signifie aussi, Découvrir, sonder, tâcher de découvrir les dispositions, les sentiments de quelqu'un sur quelque chose. Pressentir un juge sur une affaire. Il faut le pressentir sur ce mariage. Il faut pressentir l'intention du prince, quelle est l'intention du prince, si c'est l'intention du prince. Tâchez de pressentir, si un tel ne sait rien de cette affaire.
• PRESSENTI, IE. participe

PRESSER . v. a.
• Serrer avec plus ou moins de force. Presser un citron, une orange. Presser une éponge. Presser quelqu'un dans ses bras, entre ses bras, sur son sein, contre son coeur. Il m'a pressé la main. De son genou il pressait celui de cette femme.
• Fig., Il ne faut pas trop presser cette comparaison, ce bon mot, Il ne faut pas en examiner trop sévèrement la justesse.
• Fig., Il ne faut pas trop presser cette maxime, Il ne faut pas la pousser trop loin, en tirer des conséquences trop rigoureuses.
• PRESSER, signifie aussi, Approcher une chose ou une personne contre une autre. Il faut presser un peu vos rangs. Je me retire, de peur de vous presser trop. Il veut être à son aise à table, il n'aime point à y être pressé. On l'emploie souvent, dans ce sens, avec le pronom personnel. La foule se pressait autour de lui. Pressez-vous les uns contre les autres. Pressez-vous un peu, il y aura place pour tout le monde.
• Fig., Presser ses raisonnements, ses idées, ses expressions, son style, Raisonner d'une manière serrée, rapprocher ses idées en les exposant, s'exprimer, écrire avec concision.
• PRESSER, s'emploie figurément, et signifie, Poursuivre sans relâche, continuer d'attaquer avec ardeur. On pressa si fort les ennemis, qu'ils furent obligés de lâcher pied. On pressa tellement les assiégés, qu'ils furent contraints de se rendre. Cet avocat presse vivement son adversaire.
• Il signifie aussi, Insister auprès de quelqu'un, pour le porter à quelque chose. On l'a pressé par des raisons si fortes et si convaincantes, qu'il a été obligé de se rendre. Il m'en a conjuré, il m'en a pressé si fort, que je n'ai pu lui refuser ce qu'il me demandait.
• Presser quelqu'un de questions, L'interroger vivement et fréquemment.
• PRESSER, signifie aussi, Hâter, précipiter, obliger à se diligenter, ne donner point de relâche. Presser son départ. Presser sa marche. Vous avez beau me presser, je ne saurais aller plus vite. Ce n'est pas moi, c'est le temps qui vous presse. Les ouvriers ne font rien, si on ne les presse. Il faut presser cette affaire. Il a pressé son mariage. On le presse de partir. Presser le pas des chevaux. Il pressait son cheval de l'éperon et de la voix. On a tellement pressé ces chevaux, qu'ils en sont fourbus. Il n'y a rien qui nous presse. En ce sens, il s'emploie aussi avec le pronom personnel. Si vous ne vous pressez, vous arriverez trop tard. Cet homme-là craint toujours de se presser. Se presser de faire une chose.
• Presser la mesure, en termes de Musique, Accélérer le mouvement; et fig., Se hâter, suivre une affaire de près, la faire marcher.
• Le besoin, la faim le presse, Il éprouve un grand besoin, une grande faim. Bientôt la faim pressa tellement les assiégés, qu'ils furent obligés de capituler. Comme il était pressé par le besoin, par la nécessité, par la faim, il consentit à tout ce qu'on exigeait de lui.
• PRESSER, s'emploie aussi neutralement, et se dit Des choses qui sont urgentes, qui ne souffrent aucun délai. Il n'y a point de temps à perdre, le mal presse. La maladie presse, elle demande un prompt secours. L'occasion presse, il faut la saisir. L'affaire presse, occupez-vous-en sans retard. Je viens pour une affaire qui presse. Le temps presse. Le danger presse. Le besoin presse.
• La douleur presse, Elle est extrêmement aiguë et violente.
• PRESSÉ, ÉE. participe, Il signifie quelquefois, Empressé, désireux. Je suis pressé d'en finir. Ne soyez plus si pressé de parler.
• Être pressé d'argent, En manquer, en avoir besoin. Il est toujours pressé d'argent.
• PRESSÉ, est aussi adjectif, et signifie, Qui a hâte. Vous êtes donc bien pressé? Je suis si pressé, que je n'ai pas le loisir de vous parler.
• Cette lettre est pressée, Il est nécessaire qu'elle soit rendue promptement. Cette affaire est pressée, Il faut s'en occuper sans délai.

PRESSIER .s.m.
• Ouvrier d'imprimerie qui travaille à la presse.

PRESSION . s. f.
• .Physiq. Action de presser. La pression de l'air. La pression que l'air exerce. La pression que ce corps reçoit, éprouve. Ce corps a cédé à la trop grande pression qu'il éprouvait. Machine à vapeur à haute, à moyenne pression.

PRESSIS .s.m.
• Jus que l'on fait sortir de la viande en la pressant. Les malades ont besoin de bons pressis pour se remettre. Se dit aussi Du suc que l'on exprime de quelques herbes. Il est peu usité.

PRESSOIR .s.m.
• Grande machine servant à presser du raisin, des pommes, etc., pour faire du vin, du cidre, etc. Un grand pressoir. Un bon pressoir. L'arbre d'un pressoir. La vis d'un pressoir. Les jumelles d'un pressoir. Pressoir banal. Droit de pressoir. Fouler le raisin, la vendange dans un pressoir.
• Se dit aussi Du lieu où le pressoir est établi. Aller dans le pressoir, au pressoir.

PRESSURAGE .s.m.
• Action de pressurer au pressoir. J'ai fait le pressurage de ma vendange. Droit de pressurage.
• Il signifie aussi, Le vin qu'on fait sortir du marc à force de pressurer. On a mis deux seaux de pressurage sur cette pièce de vin. Le vin de pressurage est d'ordinaire très-mauvais. Ce n'est que du pressurage.

PRESSURER . v. a.
• Presser des raisins ou d'autres fruits, et en tirer la liqueur par le moyen du pressoir. Pressurer la vendange. Pressurer des pommes.
• Il signifie aussi, Presser, serrer fortement des fruits avec la main pour en faire sortir le jus. Pressurer une orange, un citron.
• S'emploie figurément, et signifie, Épuiser par des impôts, par des taxes. On a pressuré cette province.
• Il signifie aussi, familièrement, Tirer de quelqu'un par force ou par adresse, tout ce qu'on en peut tirer en argent, en présents, etc. Il ne songe qu'à vous pressurer.
• PRESSURÉ, ÉE. participe

PRESSUREUR .s.m.
• Ouvrier qui travaille à faire mouvoir un pressoir.

PRESTANCE . s. f.
• Maintien imposant. C'est un homme qui a de la prestance, qui a une belle prestance. C'est un homme de grande prestance, de belle prestance. Il n'a pas assez de prestance pour bien représenter. Il est familier.

PRESTANT .s.m.
• .Musique. Un des principaux jeux de l'orgue, sur lequel s'accordent tous les autres jeux.

PRESTATION . s. f.
• S'emploie dans ces locutions:
• Prestation de serment, L'action de prêter serment. Il a été reçu à la prestation de serment. Après la prestation de serment.
• Prestation de foi et hommage, L'action d'un vassal qui rendait foi et hommage à son seigneur.
• Prestation en nature, en argent, ou simplement, Prestation, Redevance en nature, en argent. Prestation annuelle.

PRESTE . adj. des deux genres
• Prompt, adroit, agile. C'est un homme preste et habile. Il a la main bien preste. Un coup bien preste. Voilà un tour bien preste.
• Se dit quelquefois au figuré, en parlant Des choses qui dépendent de l'esprit. Une réponse preste. Il est preste à la réplique.
• PRESTE, est aussi adverbe, et signifie, Vite, promptement. Allez là, et dépêchez-vous, preste. Il est familier.

PRESTEMENT . adv.
• D'une manière preste, prompte. Il a fait cela prestement, un peu plus prestement qu'il ne fallait.

PRESTESSE . s. f.
• Vitesse, agilité, subtilité. Il a fait cela avec une grande prestesse avec une grande prestesse de main. La prestesse du coup. Ce cheval manie avec une grande prestesse.
• S'emploie quelquefois au figuré, en parlant De l'esprit et des choses qui en dépendent. La prestesse de ses réponses m'a diverti. La prestesse de son esprit m'étonne toujours.

PRESTIGE .s.m.
• Illusion attribuée à la magie, à quelque sortilége; fascination. Tous les changements que semblaient opérer les magiciens d'Égypte, n'étaient que des prestiges, que de purs prestiges. Il y a du prestige à cela.
• Se dit, par extension, Des illusions qu'on sait être produites par des moyens naturels. Les prestiges de la fantasmagorie, de l'optique, de la perspective.
• Se dit figurément Des illusions opérées sur l'âme, sur l'esprit, sur l'imagination, par les productions de la littérature et des arts. Les prestiges de l'éloquence. Les prestiges du théâtre. Les prestiges de l'art.

PRESTIGIEUX
, EUSE. adj.
• Qui opère des prestiges. Un art prestigieux. Une éloquence prestigieuse. Un débit prestigieux.

PRESTIMONIE . s. f.
• .Droit. can. Fonds ou revenu affecté à l'entretien d'un ecclésiastique, sans qu'il y ait érection en titre de bénéfice.

PRESTO . adv.
• .Musique emprunté de l'italien, pour désigner un mouvement vif et prompt. On dit, au superlatif, Prestissimo, Très-vite, très-promptement.

PRESTOLET .s.m.
• Terme de mépris, pour désigner Un ecclésiastique sans considération. Il fait l'important, et ce n'est qu'un prestolet. Cela m'a l'air d'un prestolet.

PRÉSUMABLE . adj. des deux genres
• Qu'on peut conjecturer, présumer. La chose n'est pas certaine, mais elle est présumable. Il est présumable qu'il viendra. Il n'est pas présumable qu'il réussisse.

PRÉSUMER . v. a.
• Conjecturer, juger par induction. Que présumez-vous de cette affaire-là? Je n'en présume rien de bon. Il est à présumer qu'il n'en demeurera pas là. Il n'est pas à présumer qu'il y consente. Il faut toujours bien présumer, présumer le bien de son prochain.
• Il signifie aussi, Avoir bonne opinion. Vous présumez trop de votre ami, de votre fils. C'est un homme qui présume beaucoup de lui-même. Il présume trop de son crédit, de son pouvoir. Je ne présume pas assez de moi pour me charger de ce travail.
• PRÉSUMÉ, ÉE. participe, Ce n'est pas une chose bien assurée, mais elle est présumée vraie.
• Il signifie quelquefois, Censé, réputé. Un accusé est présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit reconnu coupable.

PRÉSUPPOSER . v. a.
• (On prononce fortement la première S, comme dans Supposer.) Supposer préalablement. Pour bien entendre ce système, il faut présupposer que... Ce que vous présupposez là est peu vraisemblable.
• PRÉSUPPOSÉ, ÉE. participe, Absol., Cela présupposé, Cela étant présupposé.

PRÉSUPPOSITION . s. f.
• Supposition préalable. Sa présupposition est absurde.

PRÉSURE . s. f.
• Certain acide animal ou végétal, qui sert à faire prendre, à faire cailler le lait. Plus on garde la présure, meilleure elle est.

PRÊT
, ÊTE. adj.
• Qui est en état de faire, de dire, de recevoir, d'entendre quelque chose; qui est disposé, préparé à quelque chose. Je suis prêt à faire tout ce qu'il vous plaira. Il est prêt à partir. Tenez-vous prêt pour partir dans deux heures. C'est un homme qui est toujours prêt à bien faire, qui est prêt à tout faire. Le dîner est prêt à servir. Le canon était prêt à tirer. Les armées étaient prêtes à en venir aux mains. Il est toujours prêt à parler. Je suis prêt à vous entendre.
• S'emploie aussi absolument. Le dîner est prêt. La voiture est prête.
• C'est un homme qui n'est jamais prêt, C'est un homme qui est toujours en retard, qui n'a jamais fait à temps ses préparatifs.

PRÊT .s.m.
• Action par laquelle on prête de l'argent. Il n'est guère usité qu'en parlant De l'argent qu'on prête par contrat ou par obligation. Ce n'est pas une vente, une aliénation; ce n'est qu'un prêt.
• Se dit plus souvent de La somme prêtée. Prêt considérable. Prêt gratuit. Prêt à intérêt. Prêt qui ne porte point intérêt, point de profit. Prêt usuraire. Prêt sur gages, sur nantissement. Il leur demanda une hypothèque pour sûreté du prêt qu'il leur faisait. On leur a donné tant pour leurs prêts et avances.
• Maison de prêt, Établissement autorisé par le gouvernement, etc., dans lequel on prête de l'argent sur nantissement.
• PRÊT, se dit quelquefois en parlant D'autres choses que de l'argent. Je ne vous donne pas ce livre, songez que ce n'est qu'un prêt.
• PRÊT, en termes d'Administration militaire, Somme donnée d'avance aux sous-officiers et aux soldats pour leurs menus besoins. On fait le prêt tous les cinq jours. Toucher, recevoir le prêt. Il est dû aux soldats quatre prêts.

PRETANTAINE . s. f.
• Il n'est guère usité que dans cette phrase familière, Courir la pretantaine, Aller, venir, courir çà et là, sans sujet, sans dessein.
• Cette femme court la pretantaine, Elle fait des promenades, des sorties, des voyages qu'interdit la bienséance.

PRÉTENDANT
, ANTE. s.
• Celui, celle qui prétend, qui aspire à une chose. Il y a plusieurs prétendants à cette place, à cet emploi. Tant de prétendants se nuisent les uns aux autres.
• PRÉTENDANT, se dit quelquefois d'Un prince qui prétend avoir des droits à un trône occupé par un autre.
• Se dit, particulièrement, de Ceux qui aspirent à la main d'une femme. La fortune de cette veuve lui attire beaucoup de prétendants.

PRÉTENDRE . v. a.
• Demander, réclamer comme un droit. Je prétends un dixième, une moitié dans cette société. Il a prétendu le remboursement de ses avances. Ce corps prétend le pas sur tel autre. Il prétend marcher avant lui. Il prétend donner la loi partout. Que prétendez-vous à cela? Je n'y prétends rien.
• Il signifie aussi simplement, Aspirer à une chose; et alors il est neutre. Il prétend à cette charge, à cette place. Il n'y a rien de si élevé à quoi il ne puisse prétendre. Il prétendait à la main de cette jeune personne.
• PRÉTENDRE, signifie aussi, Soutenir affirmativement, être persuadé. Je prétends que cela n'est pas vrai. Je prétends que mon droit est incontestable.
• Il signifie encore, Avoir intention, avoir dessein. Je prétends faire ce voyage en tel temps. Je n'ai point dit cela sérieusement, j'ai prétendu plaisanter.
• Il signifie aussi, Vouloir, entendre. Si je vous fais ce plaisir, je prétends que vous m'en fassiez un autre. Je prétends bien qu'il me cède. Je ne prétends pas que cet étourdi me manque de respect.
• PRÉTENDU, UE. participe, Il est aussi adjectif, et se dit Des choses dont on ne veut pas convenir, des qualités fausses ou douteuses. Ce prétendu gentilhomme. C'est un prétendu bel esprit. Il a allégué un prétendu droit.
• La religion prétendue réformée, Le calvinisme. Cette phrase n'est plus guère d'usage.
• S'emploie aussi substantivement, dans le langage familier, en parlant de Celui, de celle qui doit se marier. Voilà mon prétendu. Voilà sa prétendue. Au masculin, il a quelquefois un sens plus général. Cette veuve a trois prétendus, Trois hommes la recherchent en mariage.

PRÊTE-NOM .s.m.
• Celui qui prête son nom dans quelque acte où le véritable contractant ne veut point paraître. Le fermier dénommé dans le bail de cette terre n'est qu'un prête-nom. Cet étranger a employé un prête-nom pour acquérir ce domaine. Beaucoup d'entreprises s'adjugent à des prête-noms.

PRETENTAINE . s. f.
• Voyez PRETANTAINE.

PRÉTENTIEUX
, EUSE. adj.
• Où il y a de la prétention, de l'affectation, de la recherche. Il a le ton bien prétentieux. Un style prétentieux.

PRÉTENTION . s. f.
• Droit que l'on a, ou que l'on croit avoir, de prétendre, d'aspirer à une chose; espérance, dessein, vue. Il a réussi dans sa prétention, dans ses prétentions. Venir à bout de ses prétentions. J'ai renoncé à cette prétention. Prétention juste, légitime, téméraire, extravagante. Sa prétention n'est pas fondée. Il ne sait pas borner ses prétentions. Il a de grandes prétentions. Je n'ai pas la prétention de l'emporter sur vous. Se désister, rabattre de ses prétentions.
• Fam., Avoir des prétentions, Prétendre à l'esprit, aux talents, à la naissance, à la considération. Il a des prétentions à l'esprit, à la naissance. Il n'a point de prétentions. Il n'a aucune prétention. On dit de même: Il est rempli de prétentions. C'est un homme à prétentions. C'est un homme sans prétentions.
• Cette femme a encore des prétentions, Elle se croit encore jeune, jolie, elle veut plaire par des qualités qui ne sont plus de son âge.

PRÊTER . v. a.
• Donner une chose sous condition que celui qui la reçoit la rendra. Prêter des meubles. Prêter de l'argent. Prêter un cheval. Prêter sa voiture. Prêtez-moi cette brochure. Il ne rend jamais les livres qu'on lui prête.
• S'emploie quelquefois absolument, et alors c'est toujours d'argent qu'il s'agit. C'est un homme qui n'aime pas à prêter. Prêter à intérêt, à usure, sur gage.
• Prêter à la petite semaine, Prêter pour un temps très-court et à un intérêt très-élevé.
• Prov., On ne prête qu'aux riches, On prête plus volontiers à ceux qui sont en fonds pour rendre; et, figurément et par extension, On attribue volontiers de bonnes ou de mauvaises qualités, des traits d'esprit ou des sottises, à certaines personnes, d'après la réputation qu'elles se sont faite.
• Fig., Prêter secours, aide, faveur, etc., Secourir, aider, favoriser quelqu'un en quelque chose.
• Fig., Prêter main-forte, Appuyer par la force l'exécution des ordres de la justice.
• Fig., Prêter la main à quelque chose, Aider à faire quelque chose, être complice de quelque chose. Il a prêté la main à ce vol, à ce meurtre.
• Fig., Prêter la main à quelqu'un, L'aider à porter quelque chose de pesant, à remuer, à soulever quelque fardeau, ou l'aider à réussir dans une entreprise. Prêtez-moi un peu la main. On dit dans le même sens, Prêtez-moi l'épaule.
• Fig., Prêter l'oreille, prêter attention, prêter silence, Écouter, donner son attention, faire silence.
• Prêter serment, Faire serment devant quelqu'un. Prêter serment de fidélité au roi. Prêter serment devant un tribunal. Il fut admis à prêter serment.
• Prêter foi et hommage, se disait D'un vassal qui rendait foi et hommage au seigneur duquel il relevait.
• Prêter son nom, Laisser faire en son nom un acte où l'on n'a point d'intérêt, dont un autre a les avantages et les charges. Se dit aussi De celui qui en autorise un autre à se servir de son nom en quelque occasion.
• Prêter son crédit, prêter ses amis à quelqu'un, Lui rendre service, soit par son crédit, soit par le moyen de ses amis.
• Prêter sa voix, prêter son ministère à quelqu'un, Parler pour lui, s'employer pour lui.
• Fig., Prêter à quelqu'un des discours, des intentions, une action, un ouvrage, une chanson, une plaisanterie, Les lui attribuer. On dit dans le même sens, Prêter à quelqu'un des torts, un ridicule, un travers, etc.
• Fam., Prêter le collet à quelqu'un, Se présenter pour lutter ou combattre corps à corps avec lui. Il est aussi fort que vous, il vous prêtera le collet quand vous voudrez. Il signifie aussi, figurément et familièrement, Être prêt à résister à quelqu'un, à disputer contre lui. Il est homme à lui prêter le collet.
• Prêter le flanc à l'ennemi, Se poster ou marcher avec si peu de précaution, qu'on puisse être pris en flanc par l'ennemi.
• Fig. et fam., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. On dit à peu près dans le même sens, Prêter à la censure, à la critique, au ridicule, etc.
• Fig., Cette action, cette conduite prête à de fâcheuses interprétations, Cette conduite est de nature à être interprétée d'une manière défavorable. On dit de même, Cette action, ce discours prête à la plaisanterie.
• PRÊTER, s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie, S'adonner, se laisser aller momentanément à quelque chose. On peut se prêter au plaisir, mais il ne faut pas s'y abandonner. Il faut savoir quelquefois se prêter à l'illusion.
• Il signifie aussi, Consentir par complaisance à quelque chose. Je me prêterai à cet accommodement. C'est un homme qui se prête à tout, qui ne se prête à rien. Il se prête à tout ce qui fait plaisir aux autres. Il s'est prêté à de viles manoeuvres.
• Absol., Il faut savoir se prêter, Il faut savoir user de complaisance à propos.
• PRÊTER, est aussi neutre, et il se dit Du cuir, des étoffes, et autres choses de même nature, qui s'étendent aisément quand on les tire. Du cuir qui prête. Un bas qui prête. Une étoffe qui prête.
• Fig., C'est un sujet qui prête, qui prête beaucoup, se dit D'un sujet de discours ou d'ouvrage qui peut fournir beaucoup d'idées.
• PRÊTER, s'emploie substantivement et proverbialement, dans les deux phrases suivantes: Ami au prêter, ennemi au rendre, Quand on veut retirer son argent des mains de celui à qui on l'a prêté, il arrive souvent qu'on s'en fait un ennemi. C'est un prêter à ne jamais rendre, se dit D'un prêt d'argent fait à une personne insolvable.
• PRÊTÉ, ÉE. participe, S'emploie substantivement, dans cette phrase proverbiale, C'est un prêté rendu, C'est une juste représaille.

PRÉTÉRIT .s.m.
• (On prononce un peu le T final.) .Gram. Se dit de L'inflexion du verbe par laquelle on marque un temps passé. Prétérit imparfait (Je lisais). Prétérit défini (Je lus). Prétérit indéfini (J'ai lu). Prétérit antérieur (J'eus lu).

PRÉTÉRITION
ou PRÉTERMISSION. s. f.
• Figure de rhétorique par laquelle on déclare ne vouloir point parler d'une chose dont cependant on parle.
• PRÉTÉRITION, en termes de Droit écrit, L'omission que faisait un testateur, dans son testament, d'un de ses fils ou d'un autre héritier nécessaire. La prétérition annulait le testament.

PRÉTERMISSION . s. f.
• Voyez PRÉTÉRITION.

PRÉTEUR .s.m.
• Chez les Romains, Magistrat qui rendait la justice dans Rome, ou qui gouvernait une province. Un édit du préteur. Le préteur de telle province.

PRÊTEUR
, EUSE. adj.
• Qui prête à un autre de l'argent ou quelque autre chose d'utile. Il n'est pas prêteur de son naturel.
• Prov. et fig., La fourmi n'est pas prêteuse, se dit en parlant D'une personne qui n'aime point à prêter.
• PRÊTEUR, s'emploie plus ordinairement comme substantif. C'est un prêteur sur gages. C'est un prêteur à gros intérêt.

PRÉTEXTE .s.m.
• Cause simulée, supposée; raison apparente dont on se sert pour cacher le véritable motif d'un dessein, d'une action. Prétexte spécieux, plausible. Faux prétexte. Léger prétexte. Servir de prétexte. Chercher un prétexte de querelle. Donner prétexte. Cela lui a fourni un prétexte pour s'en aller. Prendre prétexte de son indisposition. Prendre pour prétexte son indisposition. Opprimer l'innocent sous prétexte de justice. Sous prétexte de zèle et de piété, il cherche à satisfaire sa vengeance, son ambition. Sous le prétexte de venger son ami, il s'est vengé lui-même. Il cherche querelle sur le moindre prétexte. Il savait couvrir ses plus mauvaises actions du prétexte spécieux de l'équité. L'amour du bien public n'est pas le véritable motif de leur conduite, il n'en est que le prétexte. Il ne cherche qu'un prétexte de se plaindre. Il ne demande qu'un prétexte pour rompre. Il a pris là un mauvais prétexte. Ce sont là de mauvais prétextes.
• Il n'y a pas de prétexte à cela, et absolument, Il n'y a pas de prétexte, Il n'y a pas même de raison apparente pour dire ou pour faire la chose dont il s'agit.

PRÉTEXTE . s. f.
• T. d'Antiq. romaine. Robe blanche bordée d'une large bande de pourpre, et qui était une marque de dignité. Les consuls prenaient la prétexte le premier jour qu'ils entraient en charge.
• Se dit aussi d'Une robe longue et blanche, bordée par le bas d'une petite bande de pourpre, et que les enfants de familles distinguées portaient jusqu'à l'âge de puberté. Dans l'un et dans l'autre sens, on dit quelquefois adjectivement, Robe prétexte, toge prétexte.

PRÉTEXTER . v. a.
• Prendre pour prétexte. Il prétexta une maladie, un voyage. Il a prétexté qu'il n'était pas assez riche.
• Il signifie aussi, Couvrir d'un prétexte, cacher sous une apparence spécieuse. Ce magistrat prétexte ses violences de l'amour du bien public. Les peuples prétextèrent leur révolte du zèle de la religion. En ce sens, il a vieilli.
• PRÉTEXTÉ, ÉE. participe

PRETINTAILLE . s. f.
• Ornement en découpure qui se mettait sur les robes des femmes. Robe garnie de pretintailles.
• Il se disait, figurément et familièrement, lorsque ce genre d'ornements était à la mode, Des légers accessoires qui accompagnent une chose, qui en dépendent. Cette charge coûte telle somme, sans compter les pretintailles. Il a gagné son procès avec les pretintailles.

PRETINTAILLER . v. a.
• Mettre des pretintailles. Pretintailler une jupe.
• PRETINTAILLÉ, ÉE. participe

PRÉTOIRE .s.m.
• Chez les Romains, Le lieu où le préteur et quelques autres magistrats rendaient la justice. Ils entrèrent dans le prétoire. Un beau prétoire.
• Préfet du prétoire, Celui qui commandait la garde de l'empereur. Voyez PRÉTORIEN.
• Dans le Bas-Empire, Préfets du prétoire, Les premiers magistrats des quatre grands départements dans lesquels l'empire était divisé. Le préfet du prétoire des Gaules, d'Orient, etc.

PRÉTORIEN
, IENNE. adj.
• Qui est propre ou qui appartient au préteur. La dignité prétorienne.
• Provinces prétoriennes, Les provinces où l'on envoyait des gouverneurs avec le titre de Préteur.
• PRÉTORIEN, se dit aussi Des soldats, des troupes qui formaient la garde des empereurs romains. Soldat prétorien. Cohorte prétorienne. Garde prétorienne. Bandes prétoriennes. Le chef de la garde prétorienne avait le titre de Préfet du prétoire.
• Se dit quelquefois substantivement, L'empire fut mis à l'encan par les prétoriens.

PRÊTRAILLE . s. f.
• Terme d'injure et de mépris, employé pour dénigrer Les ecclésiastiques.

PRÊTRE .s.m.
• Celui qui exerce un ministère sacré, et qui préside aux cérémonies d'un culte religieux. Les prêtres du paganisme. Les prêtres de Baal, de Cybèle, d'Apollon. Les Indous et les Chinois ont des prêtres qu'ils appellent Bramines et Bonzes. Ces peuples ont une grande vénération pour leurs prêtres. Un prêtre arménien. Un prêtre grec. Un prêtre catholique. En parlant Du culte réformé, on dit ordinairement, Ministre ou Pasteur.
• Se dit particulièrement, dans l'Église catholique, de Celui qui a l'ordre du sacerdoce, en vertu duquel il a le pouvoir de dire la messe, et de donner l'absolution des péchés. Il n'y a que les évêques qui aient le pouvoir d'ordonner les prêtres. Consacrer un prêtre. Un prêtre vénérable. Un saint prêtre.
• Il s'est fait prêtre, Il a reçu l'ordre du sacerdoce.
• Prêtre habitué, Prêtre attaché au service d'une paroisse. Un prêtre habitué à Saint-Sulpice, à Saint-Eustache.
• Cardinal-prêtre, Cardinal qui a reçu l'ordre de la prêtrise.
• Prov. et fig., Il faut que le prêtre vive de l'autel, Il faut que chacun trouve des moyens suffisants de subsistance dans la profession qu'il a embrassée.
• PRÊTRE, se dit particulièrement Des ministres qui étaient consacrés au service du tabernacle et du temple, dans l'ancienne loi. Le grand prêtre de la loi. Les prêtres de la loi.
• En termes de Fortification, Bonnet à prêtre, ou Bonnet de prêtre, Ouvrage extérieur dont le front du côté de la campagne est à redans, et qui se rétrécit du côté de la place.

PRÊTRESSE . s. f.
• Il n'est usité qu'en parlant Des cultes païens, et il signifie, Une femme attachée au service d'une divinité. La prêtresse d'Apollon. La prêtresse de Diane, de Minerve. Une prêtresse de Vesta.

PRÊTRISE . s. f.
• Sacerdoce; ordre sacré par lequel un homme est prêtre. Il a reçu l'ordre de prêtrise. Il a reçu la prêtrise. Il a ses lettres de prêtrise. Il n'est guère usité qu'en parlant Des prêtres de la religion catholique.

PRÉTURE . s. f.
• Magistrature, charge, office de préteur. Un tel demanda la préture, obtint la préture.
• Se dit aussi Du temps pendant lequel un homme exerçait la préture. Pendant la préture d'un tel.

PREUVE . s. f.
• Ce qui établit la vérité d'une proposition, d'un fait. Preuve convaincante. Preuve démonstrative. Preuve authentique. Preuve incontestable. Preuve concluante. Preuve sans réplique. Preuves judiciaires ou juridiques. Preuves testimoniales ou par témoins. Preuves littérales ou par écrit. Preuve matérielle. Preuve morale. À la preuve. Les preuves subsistent encore. Empêcher le dépérissement des preuves. Avoir preuve en main. Justifier de la preuve. Vous avancez ce fait sans preuve. Demander, être admis à faire la preuve d'un fait. Le juge a ordonné la preuve. La preuve est à la charge du demandeur. Acquérir la preuve d'un délit. Il y a preuve acquise contre l'accusé. La preuve de cela est que... La preuve que cela est, c'est que... La preuve en est que... Fam., par ellipse: Preuve de cela, preuve que cela est, c'est que... Pour preuve, je dis que...
• En venir à la preuve, Vérifier. Quand on en viendra à la preuve, on verra qui a dit vrai.
• En Jurispr. criminelle, Preuve muette, Preuve qui n'est ni littérale ni testimoniale, mais qui résulte de quelque circonstance d'où l'on a lieu de juger qu'un homme est véritablement coupable.
• En termes de Procédure, Semi-preuve, ou Demi-preuve, Commencement de preuve qui n'est pas suffisant pour l'éclaircissement entier du fait dont il s'agit, mais dont on tire des indices. Il n'y avait pas de preuves entières contre lui, mais il y avait des semi-preuves. Il ne faut pas ajouter trop de foi aux semi-preuves. Beaucoup de semi-preuves réunies ne font jamais une preuve complète.
• Faire preuve de noblesse, Justifier par titres qu'on est de noble extraction. On dit absolument, dans le même sens, Faire ses preuves.
• Fig., C'est un homme qui a fait ses preuves, se dit D'un homme qui, dans plusieurs occasions, s'est fait reconnaître pour un homme de courage, pour un honnête homme, pour un savant, etc. On dit de même, Faire preuve de courage, de savoir, etc.
• PREUVE, se dit particulièrement Des titres, des extraits, des pièces que l'on met à la fin d'une histoire ou d'un autre ouvrage, pour prouver la vérité des faits qui y sont avancés. Il a ajouté à son histoire un volume de preuves.
• PREUVE, signifie aussi, Marque, témoignage. Donner des preuves de sa capacité, de son savoir, de sa valeur, de son courage, de son amitié, de son affection, etc. J'ai reçu de lui une preuve d'amitié, une preuve de confiance dont je suis fort touché. Recevez cet avis comme une preuve de mon attachement pour vous.
• PREUVE, en termes d'Arithmétique et d'Algèbre, La vérification d'une opération de calcul, qui se fait par l'opération opposée. La preuve de la division se fait par la multiplication. La preuve de la soustraction se fait par l'addition.

PREUX . adj. m.
• Brave, vaillant. Il n'est usité que dans ces phrases: C'est un preux chevalier. C'était un preux et hardi chevalier.
• Il est aussi substantif. Les neuf preux. C'est un preux. Un ancien preux.

PRÉVALOIR . v. n.
• (Il se conjugue comme Valoir, excepté au subjonctif, où il fait, Que je prévale, qu'il prévale, etc.) Avoir l'avantage, remporter l'avantage. Son adversaire a prévalu. Il ne faut pas que la coutume prévale sur la raison, contre la raison. La faveur prévaut souvent sur le mérite. Cette considération a prévalu sur toutes les autres.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Tirer avantage. Se prévaloir de sa naissance, de son autorité, de son crédit. Il s'est prévalu de la faiblesse, de la simplicité de son adversaire.

PRÉVARICATEUR .s.m.
• Celui qui prévarique. Je serais un prévaricateur, si je faisais telle chose. C'est un prévaricateur dans son emploi. Punir les prévaricateurs.
• S'emploie aussi adjectivement. Un juge prévaricateur. Un magistrat prévaricateur.

PRÉVARICATION . s. f.
• Action de trahir la cause, l'intérêt des personnes qu'on est obligé de soutenir; action de manquer par mauvaise foi au devoir de sa charge, aux obligations de son ministère. Il est accusé de prévarication. C'est une prévarication manifeste, une prévarication honteuse.

PRÉVARIQUER . v. n.
• Se rendre coupable de prévarication. Prévariquer dans son emploi. Ce serait prévariquer que d'en user de la sorte. Ce juge, cet avocat, cet avoué a prévariqué.

PRÉVENANCE . s. f.
• Manière obligeante de prévenir. Il n'y a point de prévenance qu'il ne m'ait faite. Il m'a recherché par mille prévenances.

PRÉVENANT
, ANTE. adj.
• Obligeant, qui va au-devant de tout ce qui peut faire plaisir. C'est un homme très-prévenant. La maîtresse de la maison est fort prévenante.
• Il signifie aussi, Agréable, qui dispose en sa faveur. Cet homme a un air prévenant, une physionomie prévenante. Mine prévenante.
• En termes de Théologie, il signifie, Qui prévient. C'est par une grâce prévenante de Dieu. Sans une grâce prévenante du ciel. Les secours prévenants de la grâce.

PRÉVENIR . v. a.
• Devancer, venir le premier. Cette nouvelle a prévenu le courrier. Le courrier de France a prévenu celui d'Espagne. Vous arrivez bien tard au rendez-vous, je vous ai prévenu de plus d'une heure.
• Il signifie aussi, Être le premier à faire ce qu'un autre voulait faire. Il voulait venir me voir, mais j'ai été bien aise de le prévenir. Il vous perdra, si vous ne le prévenez. Les ennemis voulaient s'emparer de tel poste, nous les avons prévenus. J'avais intention de demander cette place, il m'a prévenu, un autre m'a prévenu.
• Prévenir quelqu'un par toutes sortes de bons offices, Lui rendre de soi-même toutes sortes de bons offices, avant d'en avoir reçu de lui.
• PRÉVENIR, en termes de Droit, Se saisir le premier d'une affaire. En certains cas, les baillis et sénéchaux prévenaient les juges subalternes.
• Dans un sens analogue, Le pape prévient l'ordinaire, Quand il confère avant l'ordinaire, sa collation prévaut.
• PRÉVENIR, en parlant Du temps, signifie, Anticiper. Dans les hommes heureusement nés, la sagesse prévient l'âge. Il m'a donné rendez-vous à midi; mais je veux prévenir l'heure, pour ne pas le faire attendre.
• PRÉVENIR, signifie aussi, Aller au-devant de quelque chose de fâcheux pour le détourner, empêcher par ses précautions qu'il n'arrive. Prévenir le mal. Prévenir une maladie. Prévenir un malheur, un accident. Prévenir un danger. Il vaut mieux prévenir les crimes que d'avoir à les punir.
• Prévenir les objections, les difficultés, Aller au-devant des objections, des difficultés, et y répondre, les résoudre par avance.
• Prévenir les besoins, les désirs de quelqu'un, Pourvoir à ses besoins, satisfaire ses désirs avant qu'il les ait fait connaître. On dit de même, Prévenir les ordres, les intentions de quelqu'un.
• PRÉVENIR, signifie aussi, Préoccuper l'esprit de quelqu'un. Il a prévenu ses juges, l'esprit de ses juges. Ils se sont laissé prévenir. Je suis bien aise que quelqu'un le prévienne en ma faveur avant que je lui parle.
• S'emploie aussi quelquefois en ce sens, avec le pronom personnel. Vous vous prévenez aisément. C'est l'homme du monde qui se prévient le moins, qui se prévient le plus.
• PRÉVENIR, signifie aussi, Instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance. Il m'a fait prévenir de son arrivée. Je l'ai prévenu des piéges qu'on voulait lui tendre. Je vous préviens que vous aurez demain une visite qui vous surprendra. On vous en avait prévenu.
• PRÉVENU, UE. participe, C'est un homme prévenu de certaines opinions. Il est prévenu en faveur de cette personne.
• En termes de Palais, Un homme prévenu de délit, de crime, ou simplement, Un prévenu, Celui contre lequel se fait une procédure d'instruction pour qu'il soit mis en accusation, s'il y a lieu. Cette circonstance est favorable au prévenu.

PRÉVENTIF
, IVE. adj.
• Qui prévient. Système préventif. Des mesures préventives.

PRÉVENTION . s. f.
• Préoccupation d'esprit, opinion favorable ou contraire avant examen. Il faut se défaire, se dépouiller de toute prévention. Juger des choses sans prévention. C'est un homme plein de préventions. Il est sujet aux préventions. Il ne peut se défaire de ses préventions. On ne peut le guérir, le désabuser de ses préventions. Inspirer à quelqu'un des préventions. Vaincre, guérir les préventions de quelqu'un. Donner des préventions contre soi. Il a en faveur de cet homme des préventions qui ne sont nullement fondées. Un juge ne doit avoir de préventions ni pour ni contre un accusé.
• PRÉVENTION, en Jurisprudence criminelle, L'état d'un homme prévenu de délit, de crime. Il est en prévention, en état de prévention. La mise en prévention.
• PRÉVENTION, en termes de Droit, L'action par laquelle on devance l'exercice du droit d'un autre; et, particulièrement, Le droit qu'un juge a de connaître d'une affaire, parce qu'il en a été saisi le premier. Le pape a droit de prévention sur l'ordinaire. Les baillis et sénéchaux avaient quelquefois le droit de prévention sur les juges subalternes. Il vieillit en ce sens.
• Prévention en cour de Rome, Action par laquelle on demandait et l'on obtenait à Rome un bénéfice avant la nomination du collateur. Le patronage laïque n'était pas sujet à la prévention. Il obtint ce bénéfice par prévention.

PRÉVISION . s. f.
• T. dogmatique. Vue des choses futures. La prévision de Dieu. On a cru que certaines personnes avaient le don de la prévision, le don de prévision.
• Se dit quelquefois, au pluriel, pour Conjectures. L'événement a justifié toutes mes prévisions.

PRÉVOIR . v. a.
• (Il se conjugue comme Voir, excepté au futur de l'indicatif et au conditionnel, où il fait, Je prévoirai, je prévoirais.) Juger par avance qu'une chose doit arriver. Les hommes sages prévoient les événements. Qui eût jamais pu prévoir cet accident? Je prévis bien dès lors ce qui en arriverait. Peut-on prévoir tous les inconvénients? Je ne prévoyais pas que cela dût arriver ainsi.
• Tout a été prévu, On a pris toutes les précautions, on a fait tous les préparatifs nécessaires. On dit aussi: Il faut tout prévoir. On ne peut tout prévoir.
• PRÉVU, UE. participe

PRÉVÔT .s.m.
• Nom qu'on donnait à certaines personnes qui exerçaient une juridiction, qui étaient préposées pour avoir soin de quelque chose, pour avoir autorité sur quelque chose.
• Prévôt royal, Premier juge royal, dont les appels ressortissaient aux bailliages ou sénéchaussées. Dans quelques provinces, le prévôt royal avait le titre de Châtelain; dans d'autres, celui de Vicomte; et dans d'autres, celui de Viguier.
• Prévôt de l'hôtel, Officier de la maison du roi, lequel connaissait des cas criminels qui arrivaient à la suite de la cour, et de certaines matières civiles où les officiers de la maison du roi étaient intéressés, et qui avait inspection sur le prix des vivres nécessaires pour la subsistance de la cour. On l'appelait aussi Grand prévôt de France, ou simplement Grand prévôt.
• Prévôt de Paris, Officier principal, qui était chef de la juridiction du Châtelet, et qui, en cas de convocation de la noblesse, était à la tête de l'arrière-ban. On appelait également Prévôt, dans plusieurs petites villes, Un juge royal qui connaissait des causes entre les habitants non privilégiés, et des sentences duquel il y avait appel au siége royal; au lieu qu'à Paris les sentences du prévôt allaient directement au parlement.
• Prévôt des marchands, à Paris, à Lyon, et dans quelques autres villes, Celui qui était le chef de l'hôtel de ville, avec une espèce d'autorité sur la bourgeoisie.
• Prévôts des chirurgiens, Officiers qui avaient, dans le corps des chirurgiens, des fonctions analogues à celles des jurés dans les communautés d'arts et métiers.
• Prévôt de la connétablie, Officier qui commandait les gardes de la connétablie.
• Prévôt de l'Île, Officier qui était préposé pour veiller, dans Paris et aux environs, à la sûreté des grands chemins, et connaître des délits qui s'y commettaient.
• Prévôt des monnaies, Officier qui était préposé pour la capture des faux monnayeurs, et pour l'instruction de leur procès.
• Prévôt des maréchaux, Officier qui était préposé pour veiller à la sûreté des grands chemins, prendre connaissance des délits qui arrivaient dans l'étendue d'une généralité, et les juger sans appel. Les voleurs furent arrêtés par le prévôt. On mit le prévôt à leurs trousses. On l'appelait aussi Prévôt de la maréchaussée, et Grand prévôt.
• Prévôt de l'armée, prévôt du régiment, Officier qui était préposé pour avoir l'inspection sur les délits qui se commettaient dans l'armée, dans un régiment, par les soldats. Le premier s'appelait aussi Grand prévôt.
• Prévôt de la marine, Officier supérieur des archers de la marine, qui instruisait le procès des gens de mer accusés de quelque crime, et qui en faisait le rapport au conseil de guerre.
• Prévôt de salle, Celui qui est sous un maître en fait d'armes, et qui donne leçon aux écoliers. Prendre leçon du prévôt de salle. Faire assaut contre le prévôt de salle. On dit dans un sens analogue, Le prévôt d'un maître de danse.
• PRÉVÔT, dans quelques Églises cathédrales et collégiales, Le bénéficier qui était le chef du chapitre. Il se disait aussi d'Un bénéficier pourvu d'un bénéfice appelé Prévôté.
• Prévôt général. Titre du supérieur général, dans quelques ordres religieux, tels que les carmes déchaussés.

PRÉVÔTAL
, ALE. adj.
• Qui concerne la juridiction du prévôt. Un vol commis sur le grand chemin était un cas prévôtal. La fausse monnaie était un des cas prévôtaux. Jugement prévôtal. Sentence prévôtale. Cour, juridiction prévôtale.

PRÉVÔTALEMENT . adv.
• Il n'est usité qu'en parlant Des crimes qui étaient de la compétence du prévôt, et qui étaient jugés par lui sans appel. Ce criminel a été jugé prévôtalement.

PRÉVÔTÉ . s. f.
• Qualité, fonction, juridiction de prévôt; Territoire où s'exerçait cette sorte de juridiction. La prévôté de l'hôtel. La prévôté des marchands. La prévôté de la maréchaussée, de la marine, des monnaies. Juge de la prévôté. Il fut assigné à la prévôté. Dans toute l'étendue de la prévôté. Banni de toute la prévôté et vicomté de Paris. Lieutenant de la prévôté. La prévôté de tel chapitre, de tel lieu fut donnée à un tel. Plusieurs prévôtés dépendaient de ce chapitre.

PRÉVOYANCE . s. f.
• Faculté de prévoir. Rien n'échappe à sa prévoyance. Cet homme est doué d'une grande prévoyance.
• Il signifie aussi, L'action de prévoir, et de prendre des précautions pour l'avenir. Il a détourné le mal par sa prévoyance. Une active prévoyance.

PRÉVOYANT
, ANTE. adj.
• Qui juge bien de ce qui doit arriver, et qui prend des mesures pour l'avenir. Il est bien prévoyant. Il n'est pas assez prévoyant. La sagesse est prévoyante. Avoir l'esprit prévoyant.

PRIAPÉE . s. f.
• Nom que l'on donne à une pièce de poésie obscène, à une peinture licencieuse. Il n'est guère d'usage qu'au pluriel. Des priapées.

PRIAPISME .s.m.
• .Médec. Maladie qui consiste dans une érection continuelle et douloureuse.

PRIE-DIEU .s.m.
• Sorte de pupitre au bas duquel est un marchepied, où l'on s'agenouille pour prier Dieu. On avait mis un prie-Dieu au milieu de l'église. Le prie-Dieu était couvert d'un tapis de velours. On avait préparé trois prie-Dieu.

PRIER . v. a.
• (On écrit au présent de l'indicatif et à l'impératif, Prions, priez; à l'imparfait de l'indicatif et au présent du subjonctif, Nous priions, vous priiez.) Demander par grâce, et avec une sorte de soumission. Prier quelqu'un de quelque chose, de faire quelque chose. C'est un homme que je vous prie de protéger. Je vous prie, je vous prie instamment, je vous prie en grâce de lui rendre ce service. Après cela, je ne vous prierai plus de rien. Priez-le de ma part de venir me parler.
• Fam., Je l'en ai prié comme Dieu, comme pour Dieu; je l'en ai prie à mains jointes, Je l'en ai prié avec toute l'ardeur possible.
• Prier pour quelqu'un, Intercéder pour quelqu'un. J'ai prié pour lui, mais je n'ai pu rien obtenir. Dans cette phrase, Prier est neutre.
• Je vous prie, s'emploie souvent dans le langage ordinaire, absolument et comme formule de civilité. Dites-moi, je vous prie, ce que vous entendez par là. Excusez-moi, je vous prie, je vous en prie, si je ne me rends pas à votre invitation. Faites porter cela chez moi, je vous prie. Remarquez, je vous prie, que... Quelle sera, je vous prie, votre situation? S'emploie aussi dans quelques phrases, par forme de menace. Je vous prie, que je n'entende plus parler de cela. Je vous prie, que cela n'arrive plus. Ne recommencez pas, je vous prie, je vous en prie.
• PRIER, signifie aussi, Inviter, convier. On l'a prié d'assister à la cérémonie. Il est de ceux qu'on a priés. On l'a prié à dîner. On l'a prié de la noce, de la fête.
• Il veut être prié, il aime à se faire prier, se dit D'un homme qui diffère d'accorder une chose facile, qu'on lui demande. Il s'est fait prier pour chanter, tandis qu'il en mourait d'envie.
• PRIER, signifie aussi, Pratiquer cet acte de religion par lequel on s'adresse à Dieu pour lui demander des grâces: alors on dit, Prier Dieu, sans rien ajouter de plus, et quelquefois absolument, Prier. Il passe les nuits à prier Dieu. Il passe les nuits à prier. L'Écriture dit: Priez et veillez, de peur que vous n'entriez en tentation. Prier pour ses ennemis. Prier les uns pour les autres. Prier pour les morts.
• Prier la Vierge, prier les saints, S'adresser à la Vierge, aux saints, afin qu'ils intercèdent pour nous auprès de Dieu.
• Fam., Je prie Dieu que.... se dit par forme de souhait. Je prie Dieu qu'il vous ramène en bonne santé. Je prie Dieu qu'il vous amende.
• Et sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde, ou simplement, pour les personnes d'un rang moins élevé, en sa sainte garde. Formule par laquelle le roi terminait ses lettres.
• PRIÉ, ÉE. participe, Fam., Repas, dîner prié, Repas, dîner auquel on est invité avec quelque cérémonie. Les dîners priés m'ennuient.
• PRIÉ, est quelquefois substantif, et signifie, Celui qu'on a convié. Êtes-vous du nombre des priés?
• Il est né prié, Il n'a pas besoin d'être invité chaque fois, il est toujours censé l'être.

PRIÈRE . s. f.
• Demande faite à titre de grâce et avec une sorte de soumission. Humble prière. Très-humble prière. Instante prière. Faire une prière à quelqu'un. Il a fait cela à ma prière. Employer les prières et les menaces. Accordez cela à ma prière, à mes prières. Ne refusez point cela à mes prières. Exaucez ma prière. Ne repoussez point ma prière. Il n'a point voulu écouter mes prières. Il s'est rendu à mes prières. Je vous réitère ma prière. Il a été sourd à mes prières. Il n'a point eu d'égard à mes prières. Les prières d'un homme puissant sont d'un grand poids. Ses prières sont des ordres. Homère a personnifié les Prières.
• PRIÈRE, signifie aussi, L'acte de religion par lequel on s'adresse à Dieu. Aimer la prière. Se mettre en prière. Être en prière. Prière ardente. Prière fervente. Prière vocale. Prière mentale. Demander quelque chose à Dieu dans ses prières. Dieu a exaucé nos prières. Livre de prières. Les prières de l'Église. Prières ordonnées par l'Église. Les prières pour les agonisants, des agonisants. Les prières des morts, pour les morts. Les prières des quarante heures. Se recommander aux prières de quelqu'un. Je me recommande à vos bonnes prières. La prière de matin. La prière du soir. Prières publiques. Ordonner des prières. Prière à la sainte Vierge. Faire sa prière, ses prières. Assister à la prière. Sonner la prière.
• Dans cette maison on fait la prière tous les soirs, Dans cette maison on fait la prière en commun tous les soirs.
• Fam., Courte prière pénètre les cieux.

PRIEUR .s.m.
• Celui qui a la supériorité et la direction, dans certains monastères de religieux. Prieur claustral. Prieur conventuel. Le père prieur. Prieur régulier.
• Sous-prieur, Celui qui a la supériorité, la direction, dans un monastère de religieux, après le prieur. Le sous-prieur. Le père sous-prieur.
• Prieur commendataire, Bénéficier qui jouissait en tout ou en partie des revenus d'un prieuré, et qui en portait le titre, sans avoir aucune autorité sur les religieux.
• Prieur-curé, Religieux qui possédait une cure, dans l'ordre des chanoines réguliers.
• Prov. et fig., Il faut toujours dire du bien de monsieur le prieur, Il faut toujours ménager dans ses discours les gens en place, les personnes dont on dépend.
• PRIEUR, était aussi Un titre de dignité dans quelques sociétés. Prieur de Sorbonne, de la maison de Sorbonne.
• Dans l'Ordre de Malte, Grand Prieur, Chevalier revêtu d'un bénéfice de l'ordre, appelé Grand prieuré. Grand prieur de France. Grand prieur de Champagne. Grand prieur d'Auvergne.
• Dans quelques Abbayes célèbres, Grand prieur, Religieux qui avait la première dignité après l'abbé.

PRIEURE . s. f.
• Religieuse qui a la supériorité, dans un monastère de filles, ou en chef, ou sous une abbesse. La mère prieure. Madame la prieure.
• Dans quelques Monastères de filles, Grande prieure, La religieuse qui est immédiatement après l'abbesse.
• Sous-prieure, La religieuse qui a la supériorité dans un monastère de filles, sous la prieure.

PRIEURÉ .s.m.
• Communauté religieuse d'hommes, sous la conduite d'un prieur; ou de filles, sous la conduite d'une prieure. Prieuré régulier. Prieuré d'hommes. Prieuré de filles. Prieuré de fondation royale.
• Prieuré-cure, Prieuré auquel une cure était annexée. Prieuré simple, Prieuré dans lequel il n'y avait point de religieux. Prieuré commendataire, Bénéfice qu'un prieur séculier tenait en commende.
• PRIEURÉ, se disait aussi de L'église et de la maison d'une communauté religieuse qui était sous la conduite d'un prieur on d'une prieure. Il était logé au prieuré.
• Il se disait pareillement de La maison du prieur. Aller à la messe au prieuré.

PRIMAGE .s.m.
• T. du Commerce maritime. Bonification de tant pour cent que l'on accorde quelquefois au capitaine, sur le fret du navire qu'il commande.

PRIMAIRE . adj. des deux genres
• Qui est au premier degré en commençant. Il n'est guère usité que dans ces locutions: Assemblée primaire, Assemblée qui forme le premier degré d'un système d'élection, et où les citoyens sont appelés pour choisir des électeurs. École primaire, École où l'on commence l'instruction des enfants: on dit de même, Instruction primaire, enseignement primaire, instituteur primaire.

PRIMAT .s.m.
• Prélat dont la juridiction est au-dessus de celle des archevêques. Le primat des Gaules. L'archevêque de Tolède se dit primat d'Espagne. L'archevêque de Cantorbéry se dit primat d'Angleterre. On dit adjectivement, Le prince primat.
• PRIMAT, en parlant De la Grèce moderne, se dit Des principaux d'une ville, d'un lieu. Les primats de l'île d'Hydra, de Spezzia.

PRIMATIAL
, ALE. adj.
• Qui appartient au primat. Siége primatial. Église primatiale. Juridiction primatiale.

PRIMATIE . s. f.
• (On prononce Primacie.) La dignité de primat. La primatie des Gaules. La primatie d'Aquitaine.
• Il signifie également, L'étendue du ressort de la juridiction ecclésiastique du primat, et Le siége de cette juridiction. La primatie de Lyon s'étendait sur les provinces de Paris, de Sens et de Tours. Du siége métropolitain il y avait appel à la primatie.

PRIMAUTÉ . s. f.
• Prééminence, premier rang. La primauté du saint-siége, du pape. C'est un homme vain qui voudrait avoir partout la primauté.
• PRIMAUTÉ, au Jeu de cartes et à celui de dés, L'avantage qu'on a d'être le premier à jouer. Nous avons tous deux le même point, j'ai gagné par la primauté, de primauté. Tirer à qui aura la primauté. Jouer à trois rafles avec primauté, sans primauté.
• Fig. et fam., Gagner quelqu'un de primauté, Le prévenir, le devancer, faire avant lui ce qu'il avait dessein de faire. Je voulais acheter cette maison, on m'a gagné de primauté.

PRIME . s. f.
• .Liturgie cathol. La première des heures canoniales. Chanter prime. Réciter prime. Dire prime. Assister à prime.

PRIME . s. f.
• Jeu où l'on ne donne que quatre cartes. Il y a deux sortes de prime: la grande prime, la petite prime. Jouer à la prime. Il a perdu son argent à la petite prime.
• Avoir prime, Avoir ses quatre cartes de couleur différente.
• PRIME, signifie aussi, La somme qu'un propriétaire qui veut faire assurer sa propriété, paye à l'assureur pour le prix de l'assurance. Prime d'assurance.
• Se dit également d'Une somme accordée par forme de bénéfice pour encourager quelque opération de finance ou de commerce. Prime d'encouragement. Prime d'importation, d'exportation. Prime de loterie.
• En termes de Bourse, Marché à prime, Négociation à terme d'effets publics, dans laquelle, moyennant une prime payée par l'acquéreur, il est libre de prendre ou de ne pas prendre, au terme convenu, les effets qu'il a achetés.
• PRIME, en termes d'Escrime, La première position, celle que prend d'abord l'escrimeur après qu'il a tiré ou est censé avoir tiré l'épée du fourreau. Garde de prime. Estocade de prime.
• PRIME, en termes de Joaillier, se dit Des pierres demi-transparentes et légèrement colorées, qui sont de la nature du caillou ou du cristal, et qui ressemblent plus ou moins aux différentes pierres précieuses. Prime d'émeraude. Prime d'améthyste. Prime de topaze. Prime de rubis. Etc.
• PRIME, signifie en outre, La laine de première qualité, la laine la plus fine. Prime de Ségovie. Prime de Portugal. Prime de Roussillon.

PRIME
ABORD (DE). loc. adv. et fam.
• Du premier abord, au premier abord. De prime abord, je le pris pour un autre.

PRIMER . v. n.
• Tenir la première place. Il ne se dit, au propre, qu'au Jeu de la paume, en parlant De celui qui reçoit le service, et de celui qui tient la droite de l'autre côté. Il est accoutumé à primer. Il n'est pas bon pour primer. Il prime fort bien.
• S'emploie figurément, et signifie, Devancer, surpasser, se distinguer, avoir de l'avantage sur les autres. Cet homme prime en tout. Il prime dans la conversation, dans le barreau. Il veut toujours primer. Il veut primer partout.
• Aimer à primer, Aimer à paraître plus que les autres, à dominer sur eux.
• PRIMER, est aussi actif dans le même sens. Primer quelqu'un, Le surpasser. Il prime tous ses camarades d'étude.
• En Jurispr., Primer quelqu'un en hypothèque, Avoir une hypothèque antérieure à la sienne.
• PRIMÉ, ÉE. participe

PRIME SAUT
(DE). loc. adv. et fam.
• Subitement, tout d'un coup.

PRIME-SAUTIER
, IÈRE. adj.
• Qui se détermine, qui agit, qui parle ou qui écrit de premier mouvement, sans délibération, sans réflexion préalable. Il est prime-sautier. Un esprit prime-sautier. Une intelligence prime-sautière. Mouvement prime-sautier. Il est peu usité.

PRIMEUR . s. f.
• Première saison des fruits et des légumes. Les fraises, les pois sont chers dans la primeur, dans leur primeur.
• Se dit aussi en parlant Du vin. Certains vins sont bons dans la primeur, Ils sont bons à boire aussitôt après la vendange.
• PRIMEURS, au pluriel, se dit Des fruits et des légumes précoces. On a servi des primeurs.

PRIMEVÈRE . s. f.
• Plante qui fleurit vers la fin du mois de février, et qui est une des premières qu'on voit avant le printemps. Primevère double. Primevère simple. Bouquet de primevère. Bordure de primevères. L'Oreille d'ours est une espèce de primevère.

PRIMEVÈRE .s.m.
• Printemps. Il est vieux.

PRIMICÉRIAT .s.m.
• Dignité, office de primicier.

PRIMICIER .s.m.
• Celui qui a la première dignité dans certaines églises, dans certains chapitres. On dit aussi, Princier.

PRIMIDI .s.m.
• Le premier jour de la décade, dans le calendrier républicain.

PRIMIPILAIRE
ou PRIMIPILE.s.m.
• T. d'Antiq. Nom distinctif du premier centurion, chez les Romains, c'est-à-dire, de celui qui commandait la première compagnie de chaque cohorte.

PRIMITIF
, IVE. adj.
• Qui est le premier, le plus ancien. Titre primitif. Les titres qu'on a produits ne sont pas suffisants, il faut voir le titre primitif. La valeur primitive d'une monnaie.
• L'état primitif d'une chose, Le premier état dans lequel on sait ou l'on conjecture qu'elle était. On dit de même, La forme primitive.
• Le monde primitif, Le monde tel qu'on suppose qu'il était dans les temps les plus anciens.
• Langue primitive, Celle qu'on suppose avoir été parlée la première. Se dit aussi d'Une langue qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre.
• L'innocence primitive, L'état de l'âme, antérieur au péché.
• La primitive Église, L'Église des premiers siècles du christianisme.
• En Matière ecclésiastique, Curé primitif, Celui qui est originairement curé, et qui a un vicaire perpétuel qu'on appelle Curé. L'abbé de Sainte-Geneviève était curé primitif de Saint-Étienne du Mont.
• PRIMITIF, en termes de Grammaire, se dit Du mot radical dont se forment les mots qu'on appelle dérivés ou composés. Mot primitif. Juste est le mot primitif de Justicier, de Justifier, d'Injuste, d'Injustice, etc.
• S'emploie aussi substantivement. Ce primitif a beaucoup de dérivés.
• En Physique, Couleurs primitives, Les sept couleurs principales dans lesquelles la lumière solaire se décompose; savoir: le rouge, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo, et le violet. Les peintres appellent Couleurs primitives, Le rouge, le jaune, le bleu, le blanc et le noir.

PRIMITIVEMENT . adv.
• Originairement. Ce mot a été employé primitivement dans un sens beaucoup plus restreint.

PRIMO . adv.
• Mot emprunté du latin, qui signifie, Premièrement, et qui se dit en français dans le même sens.

PRIMOGÉNITURE . s. f.
• .Jurispr. Aînesse. Ésaü vendit son droit de primogéniture pour un plat de lentilles. Les enfants mâles succèdent, dans ce pays, par ordre de primogéniture.

PRIMORDIAL
, ALE. adj.
• Primitif, qui est le premier, qui est le plus ancien, le premier en ordre. Titre primordial. L'état primordial des choses. Les montagnes, les mines primordiales.
• En Botan., Feuilles primordiales, Petites feuilles qui sont déjà visibles dans la graine, et qui font partie de la plumule.

PRIMORDIALEMENT . adv.
• Primitivement, originairement.

PRINCE .s.m.
• Celui qui possède une souveraineté en titre, ou qui est d'une maison souveraine. Prince souverain. Prince feudataire. Prince étranger. Les princes chrétiens. Les princes d'Allemagne. Les princes d'Italie. Prince du saint-empire. Il s'est mis par ses talents, par ses vertus, au rang des plus grands princes.
• En France, Princes du sang, Ceux qui sont sortis de la maison royale par les mâles; et, Princes étrangers, Ceux qui viennent d'une maison souveraine étrangère, ou qui en ont le rang.
• Très-haut, très-puissant et très-excellent prince. Formule dont on se servait dans les actes publics où l'on parlait des rois. Pour les princes qui n'étaient pas rois, on disait, Très-haut et très-puissant prince.
• Prov., Vivre en prince, tenir état de prince, avoir un équipage de prince, être vêtu en prince, etc., Vivre splendidement, avoir un grand équipage, être magnifiquement vêtu, etc.
• Prov. et fig., Ce sont jeux de prince, qui ne plaisent qu'à ceux qui les font; ou absolument, Ce sont jeux de prince, se dit Des amusements et des jeux dans lesquels on se met peu en peine du mal qui peut en résulter pour autrui.
• Fig. et fam., Il est bon prince, se dit D'un simple particulier qui a un caractère et des manières faciles.
• PRINCE, employé absolument avec l'article défini, se dit ordinairement Du souverain qui commande dans le lieu dont on parle. Le prince veut être obéi. Avoir audience du prince. Avoir l'oreille, la faveur, les bonnes grâces du prince. Les monnaies portent l'effigie du prince.
• Se dit aussi quelquefois Du gouvernement, dans les États républicains.
• Fam. et ironiq., L'ami du prince, L'agent des plaisirs secrets d'un prince ou de quelque personnage puissant.
• PRINCE, se dit aussi de Ceux qui, sans être souverains, ni de maison souveraine, possèdent des terres qui ont le titre de Principautés, ou bien à qui un souverain a conféré ce titre. Monsieur le prince un tel.
• Princes de l'Église, Les cardinaux, les archevêques et les évêques.
• Le prince des apôtres, Saint Pierre. Les princes des apôtres, Saint Pierre et saint Paul.
• Le prince des ténèbres, Le démon.
• PRINCE, signifie aussi, Le premier en ordre de mérite, de talent. Aristote, le prince des philosophes. Homère, le prince des poètes. Démosthène, le prince des orateurs grecs. Etc. Il n'est usité, en ce sens, que dans le style oratoire.
• En termes d'Histoire romaine, Le prince du sénat, Le sénateur que le censeur nommait le premier, en lisant la liste des membres du sénat. Le prince de la jeunesse, Le jeune prince de la famille impériale, que l'empereur mettait à la tête des fils de sénateurs, pour la célébration des jeux troyens.

PRINCEPS
• Mot latin qu'on emploie adjectivement pour désigner La première édition d'un auteur ancien. Édition princeps. L'édition princeps de Virgile. Consulter une édition princeps.

PRINCERIE . s. f.
• Dignité de princier ou de primicier.

PRINCESSE . s. f.
• Fille ou femme de prince. Une jeune princesse. La princesse de...
• Se dit aussi d'Une femme, souveraine de quelque État. Élisabeth, reine d'Angleterre, était une grande princesse.
• Fig. et fam., Elle fait la princesse, se dit D'une femme fière et exigeante. On dit de même, Elle prend des airs de princesse.
• PRINCESSE, est aussi Un terme de familiarité, et quelquefois de mépris, employé avec des femmes d'une classe inférieure et d'une conduite équivoque. Oui, ma princesse. La princesse s'avisa d'avoir des caprices. Ce sont des princesses à qui il ne faut pas se fier.
• Amandes princesses, Les amandes dont le bois est tendre et facile à briser. Dans cette expression, Princesse est pris adjectivement.

PRINCIER
, IÈRE. adj.
• Il n'est usité que dans ces expressions, Maison princière, famille princière, qui se disent de Certaines maisons, de certaines familles d'Allemagne., dont le chef a le titre et les droits de prince; et dans celle-ci, Droits princiers, Les droits appartenant à un prince.
• PRINCIER, est aussi substantif, et signifie la même chose que Primicier: voyez ce mot.

PRINCIPAL
, ALE. adj.
• Qui est le premier, le plus considérable, le plus remarquable en son genre. Principal emploi. Son principal but. Les points et les articles principaux d'un traité, d'un contrat de mariage. C'est là son principal défaut, sa principale vertu. Il en a fait sa principale affaire. Il développa deux ou trois raisons principales. La principale raison est que, c'est que... Il était le principal agent dans cette affaire. La scène principale d'un drame. Le rôle principal. La figure principale d'un tableau. L'idée principale d'un ouvrage. La proposition principale d'une phrase. Les principaux magistrats.
• Substantiv., Les principaux de la ville, de l'assemblée, etc., Les personnes principales de la ville, de l'assemblée.
• Le principal locataire, La personne qui loue du propriétaire une maison, pour la sous-louer en totalité ou par partie.
• Le principal obligé, Le principal débiteur, pour le distinguer de La caution.
• Le sort principal d'une rente, Le fonds, la somme qui a été placée en rente. Il a vieilli.
• Prov. et fig., C'est la principale pièce du sac, C'est ce qu'il y a de plus nécessaire dans l'affaire dont il s'agit.
• PRINCIPAL, est quelquefois substantif, et signifie, Ce qu'il y a de plus important, de plus considérable. Le principal de l'affaire, c'est... Vous oubliez le principal. Le principal doit aller avant l'accessoire. Le principal est que vous ayez soin de votre santé, est d'avoir soin de votre santé.
• Il signifie particulièrement, en termes de Palais, La première demande, le fonds d'une affaire, d'une contestation. La cour a évoqué le principal, et y a fait droit. Rendre un jugement interlocutoire, sans préjudice du droit des parties au principal.
• Il signifie aussi, La somme capitale, le sort principal d'une dette. Il lui est dû, tant en principal qu'en arrérages, la somme de... Les intérêts excèdent le principal. Il a abandonné les intérêts pour être payé du principal. On lui a remboursé intérêts et principal.

PRINCIPAL .s.m.
• Celui qui a la direction d'un collége. Le principal de Navarre. Monsieur le principal. Le père principal. On ne donne aujourd'hui le titre de Principal qu'aux chefs des colléges communaux.

PRINCIPALEMENT . adv.
• Particulièrement, sur toutes choses. Ce qu'il faut lui recommander principalement, c'est de...

PRINCIPALITÉ . s. f.
• Emploi d'un principal de collége. On lui a donné la principalité de tel collége. Il a vieilli.

PRINCIPAUTÉ . s. f.
• Dignité de prince. La principauté donne un rang élevé. On ne lui conteste pas sa principauté.
• Se dit aussi de La terre, de la seigneurie qui donne la qualité de prince. Cette terre, qui n'était qu'un marquisat, devint une principauté. Ériger une terre en principauté. La principauté de Dombes, de Monaco. C'est une des villes de la principauté.
• PRINCIPAUTÉS, au pluriel, est Le nom que l'on donne à un des neuf choeurs des anges.

PRINCIPE .s.m.
• Commencement, origine, source, première cause. Dieu est le principe, le premier principe de toutes choses. Dieu est le principe de tout bien, le souverain principe. Dieu est le principe par lequel tout est produit, par lequel tout se meut. Le principe de nos idées, de nos connaissances. Le principe de nos déterminations. Des philosophes ont fait de l'intérêt personnel le principe de toutes nos actions. Remontons au principe des choses. Voyons, examinons la chose dans son principe. Attaquons cette erreur dans son principe. Le principe du mal est dans la faiblesse des chefs. Les manichéens admettaient deux principes contraires, un principe du bien et un principe du mal.
• Dès le principe, Dès le commencement. Dès le principe, j'ai vu à quoi cette affaire aboutirait.
• PRINCIPE, se dit, en Physique, de Ce qui constitue, de ce qui compose les choses matérielles. Selon quelques philosophes, les atomes sont les principes de tous les corps.
• Se dit, en Chimie, Des corps simples ou indécomposés. On nomme Principes actifs, Certains corps qui agissent sur les autres; et Principes passifs, Les corps qui sont le sujet de cette action.
• Principes immédiats, Substances composées au moins de trois éléments: on les retire des animaux et des végétaux, sans altération, par des procédés simples, et en quelque sorte immédiatement. Les principes immédiats des animaux. Les principes immédiats des végétaux. La réunion de deux ou de plusieurs principes immédiats constitue les parties solides et liquides des animaux, les feuilles, les racines, les fleurs.
• PRINCIPE, se dit aussi de Toutes les causes naturelles, et particulièrement de celles par lesquelles les corps agissent et se meuvent. Le principe de la chaleur. Le principe du mouvement. On dit que les animaux ont le principe du mouvement en eux-mêmes, et que les corps inanimés ne se meuvent que par un principe qui leur est étranger.
• PRINCIPE, se dit encore Des premiers préceptes, des premières règles d'un art, d'une science. Les principes de la géométrie, de la chimie, de la peinture, de l'architecture, etc. Les principes de l'art dramatique. Il faut savoir au moins les principes des beaux-arts. Il veut parler d'un art dont il n'a pas seulement les principes, les premiers principes. C'est un principe en peinture que...
• PRINCIPE, en Philosophie, se dit Des premières et des plus évidentes vérités qui peuvent être connues par la raison. Le premier principe de la philosophie de Descartes, c'est Je pense; d'où l'on tire cette conséquence, Donc je suis. Raisonner sur un principe, d'après un principe. D'un principe vrai, on tire quelquefois de fausses conséquences. Je pose pour principe, je tiens pour principe, en principe que... Un principe fécond. Établir un principe. Partir d'un principe. Poser un principe. Faire une pétition de principe.
• PRINCIPE, signifie aussi, Maxime, motif, règle de conduite, etc. Principe de religion, de morale, de politique. Principe de conscience, d'honneur, de justice, de probité, etc. Agir par principe d'honneur, par un principe de vanité, par un faux principe de dévotion. La plupart des hommes se font des principes au gré de leur intérêt. César avait pour principe de ne rien remettre au lendemain. Il ne se conduit que par de faux principes. Cet homme a de bons principes.
• S'emploie absolument, au pluriel; et alors il signifie, De bons principes de morale, de religion. Cet homme a des principes. Il n'a point de principes. Il n'a aucun principe. Un homme sans principes.

PRINCIPION .s.m.
• .dérision. Un petit prince, le prince d'un petit État. Ce n'est qu'un principion. Un petit principion.

PRINTANIER
, IÈRE. adj.
• Qui est du printemps. La saison printanière. Des fleurs printanières.
• Étoffes printanières, Étoffes légères qu'on porte au printemps.

PRINTEMPS .s.m.
• La première des quatre saisons de l'année, qui commence lorsque le soleil entre dans le signe du Bélier. Dans le printemps. Nous aurons un agréable printemps. Toutes les fleurs du printemps. Un beau jour de printemps. Au printemps, les herbes et les plantes commencent à pousser. Au printemps prochain.
• Dans le style poétique ou soutenu, Elle comptait, elle avait vu quinze printemps, seize printemps, Elle n'avait que quinze ans, que seize ans.
• PRINTEMPS, se dit, figurément, de La jeunesse, depuis environ quatorze ans, jusqu'à vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Dans le printemps de sa vie. Au printemps de son âge. Profitons du printemps de nos jours.

PRIORI
(À)
• Expression latine qui s'emploie en termes de Logique. Démontrer une vérité à priori, D'après un principe antérieur, évident, d'où elle dérive. Voilà qui est prouvé à priori.
• Elle se dit aussi en parlant Des systèmes, des raisonnements créés par l'imagination, avant d'avoir observé et recueilli les faits positifs qui devraient leur servir de bases. Raisonner, décider, prononcer à priori. Les systèmes imaginés à priori soutiennent difficilement l'examen. La législation d'un peuple ne doit pas être faite à priori.

PRIORITÉ . s. f.
• Antériorité, primauté en ordre de temps. Priorité d'hypothèque. Priorité de date. Cette proposition ayant la priorité, elle doit être discutée d'abord.
• Se dit aussi dans quelques phrases de Théologie et de Philosophie scolastique. Priorité de nature. Priorité de temps. Priorité de raison. Priorité d'origine. Priorité de relation.

PRISE . s. f.
• Action de prendre, de s'emparer. Faire une prise. Ce vaisseau a fait plusieurs prises. La prise d'une place de guerre. Les soldats perdirent courage après la prise de leur colonel. Se trouver à la prise du cerf.
• Il signifie aussi, La chose qui a été prise. Une riche prise. Une prise importante. Amener sa prise dans un port. Il est entré tant de prises dans le port de Brest. Conseil des prises: voyez CONSEIL.
• Il signifie encore, Moyen, facilité de prendre, de saisir. Avoir prise. Trouver prise. Les lutteurs se frottaient d'huile, afin de donner moins de prise sur eux. Ce vase est tout rond, il n'y a point de prise.
• S'emploie aussi figurément. Le remords n'a aucune prise sur ce coeur endurci.
• Fig., Avoir prise, trouver prise sur quelqu'un, Avoir sujet, trouver occasion de le critiquer. On dit dans le même sens, Donner prise sur soi, donner prise à la critique, S'exposer a être repris, critiqué.
• Cette chose est en prise, Elle est exposée à être prise. Elle est hors de prise, On ne peut la dérober, ou On ne saurait y atteindre.
• Au Jeu d'échecs, Cette pièce est en prise, est hors de prise, Une autre pièce peut la prendre ou ne peut pas la prendre. Au Jeu de billard, Cette bille est en prise, Il est aisé de la faire, de la blouser.
• Une chose de bonne prise, Une chose qui peut être ou qui a été prise justement. Se dit ordinairement Des bâtiments qui appartiennent à l'ennemi, ou qui sont chargés de marchandises de contrebande. Ce navire est de bonne prise. Ce bâtiment portait des armes aux ennemis, il a été déclaré de bonne prise. On le dit, quelquefois, Des heureux emprunts faits par un écrivain. Il a tiré cette scène d'un auteur oublié, cela était de bonne prise.
• Lâcher prise, Laisser aller ce qu'on tenait avec force. Deux inconnus le saisirent au collet, il leur fit lâcher prise.
• Fig., Lâcher prise, Cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc.; ou Rendre malgré soi ce qu'on a pris. Ils ont disputé longtemps sans vouloir lâcher prise. Certains solliciteurs ont peine à lâcher prise. Il s'était emparé du bien d'autrui, mais on lui a fait lâcher prise.
• Prise d'eau, L'action de détourner d'une rivière, d'un étang, etc., une certaine quantité d'eau, soit pour faire tourner un moulin, soit pour quelque autre usage. Se dit aussi de La concession qui est faite pour détourner ainsi de l'eau, et quelquefois aussi de L'eau même qui est détournée.
• En termes de Guerre, Prise d'armes, L'action de prendre les armes pour quelque service, de se mettre sous les armes. Il y aura ce soir une prise d'armes.
• Prise d'armes, signifie quelquefois, L'action de sujets, de citoyens qui prennent les armes contre leur prince, contre leur gouvernement. Il fut condamné pour prise d'armes.
• Prise d'habit, ou Vêture, La cérémonie qui se pratique quand on donne l'habit de religieux ou de religieuse. J'ai été à la prise d'habit d'un tel, d'une telle.
• En termes de Droit, Prise de possession, L'acte solennel par lequel une personne prend possession d'un bénéfice, d'un emploi, d'un héritage, etc. La prise de possession de ce bénéfice fut faite par procureur. Être témoin à une prise de possession.
• En termes d'ancienne Jurispr. crim., Prise de corps, L'action par laquelle on saisit un homme au corps, en vertu d'un acte du juge. Un décret, une ordonnance de prise de corps. Il y a plusieurs décrets de prise de corps contre lui. Se dit aussi de L'arrêt ou de la sentence qui ordonne la prise de corps. Il y a prise de corps contre lui. On a décerné une prise de corps contre lui.
• En termes de Procéd., Prise à partie, Le recours qu'exercent les parties contre leurs juges, dans les cas prévus par la loi.
• PRISE, signifie quelquefois, Querelle. Ces deux hommes se sont brouillés, et ont eu prise ensemble, ont eu quelque prise, ont eu une prise violente.
• PRISES, au pluriel, se dit de L'action de combattre. On ne l'emploie guère en ce sens que dans les phrases suivantes:
• En venir aux prises, Se prendre des mains, se saisir mutuellement, se jeter l'un sur l'autre. Après avoir brisé leurs épées, ils en vinrent aux prises.
• En être aux prises, Combattre, se battre actuellement. Les deux armées, les deux combattants en sont aux prises, sont aux prises. Deux chiens qui sont aux prises. Se dit aussi De deux ou de plusieurs personnes qui disputent ou qui jouent les unes contre les autres. La dispute s'échauffe, ils en sont aux prises. Nos joueurs en sont aux prises, sont aux prises. On dit de même, Je les ai mis aux prises, je les ai laissés aux prises.
• Fig., Être aux prises avec la mort, Être en grand danger de mourir, être à l'agonie; et, Être aux prises avec la mauvaise fortune, Être dans le malheur, dans l'adversité.
• PRISE, en parlant De médicaments et de drogues, se dit de La dose qu'on prend en une fois. Deux prises de rhubarbe. Une prise de thériaque. Une demi-prise. On dit aussi, Une prise de tabac, Une pincée de tabac. Dans ces deux sens, on dit, Prendre une prise de...

PRISÉE . s. f.
• Le prix que met le commissaire-priseur ou l'huissier aux choses qui doivent être vendues en public, au plus offrant et dernier enchérisseur. Faire la prisée. Le commissaire qui faisait la prisée des meubles. On a eu tous les meubles pour la prisée. Cela a été vendu au-dessous de la prisée. Cela est demeuré pour la prisée, A été vendu au taux de la prisée.

PRISER . v. a.
• Mettre le prix à une chose, en faire l'estimation. Combien prisez-vous cette étoffe? On a choisi deux libraires pour priser les livres de cette bibliothèque.
• Prov. et fig., Il prise trop sa marchandise, se dit D'un homme qui estime trop ce qui lui appartient, et veut trop le faire valoir.
• PRISER, signifie aussi, Estimer. On prise beaucoup ce prédicateur. Ce que le vulgaire prise le plus, n'est pas toujours fort estimable. On l'emploie quelquefois, en ce sens, avec le pronom personnel. C'est un homme qui se prise beaucoup, et qui ne prise guère les autres.
• PRISÉ, ÉE. participe

PRISEUR .s.m.
• Il n'est usité que dans cette dénomination, Huissier-priseur, ou maintenant, Commissaire-priseur, Huissier, commissaire qui met le prix à ce qui se vend en public au plus offrant et dernier enchérisseur. Un huissier-priseur-vendeur. Un commissaire-priseur-vendeur.

PRISMATIQUE . adj. des deux genres
• Il n'est usité que dans ces expressions: Corps, figure prismatique, Corps qui a la figure d'un prisme; et, Couleurs prismatiques, Couleurs qu'on aperçoit en regardant à travers un prisme de verre triangulaire, et parmi lesquelles on distingue spécialement sept nuances, savoir: violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.

PRISME .s.m.
• Polyèdre composé de deux bases égales et parallèles, unies par des parallélogrammes. Prisme triangulaire. Prisme pentagone.
• Se dit, particulièrement, de L'instrument d'optique qui sert à décomposer la lumière, et qui est un prisme triangulaire de verre blanc ou de cristal. Avec un prisme de verre on voit toutes les couleurs qui paraissent dans l'arc-en-ciel. Dans ce sens, on l'emploie quelquefois absolument. Les effets du prisme. Faire passer un faisceau de lumière à travers le prisme.
• Fig., Voir dans un prisme, regarder à travers un prisme, Voir les choses, les considérer suivant ses préjugés et ses passions, qui les colorent à leur gré. On dit de même, Le prisme de l'amour-propre.

PRISON . s. f.
• Lieu où l'on enferme les accusés, les criminels, les débiteurs, etc. Mettre en prison. Tirer de prison. Tenir en prison. Sortir de prison. S'échapper de prison. Garder la prison. Garder prison. Tenir prison. Forcer une prison. Cet homme est dans les prisons publiques. Prison d'État.
• Fig., Le corps est la prison de l'âme.
• Prov., Il n'y a point de laides amours ni de belles prisons.
• Fig. et fam., Cette maison est une prison, Elle est sombre et triste.
• Prov. et pop., Il est gracieux comme la porte d'une prison, se dit D'un homme rude et d'un abord repoussant.
• Prov., fig. et pop., Être dans la prison de saint Crépin, Avoir une chaussure trop étroite, qui fait souffrir.
• PRISON, signifie quelquefois, Emprisonnement. Il a été condamné à deux jours, à deux ans de prison, à une prison perpétuelle, à la prison perpétuelle. La peine de ce délit est la prison. Il a fait son temps de prison. Après une longue prison, il consentit à nommer ses complices.

PRISONNIER
, IÈRE. s.
• Celui, celle qui est arrêté pour être mis en prison, ou qui y est détenu. On l'a mené prisonnier. Il s'est rendu prisonnier. Se constituer prisonnier. Visiter les prisonniers. Délivrer un prisonnier pour dette. Prisonnier pour crime. Plusieurs témoins chargent ce prisonnier. Écrouer, élargir un prisonnier. On la retient prisonnière depuis longtemps.
• Pain des prisonniers, Le pain que l'État fournit tous les jours aux prisonniers.
• Prisonnier d'État, Celui qui est arrêté, qui est renfermé pour quelque action contraire à la sûreté de l'État.
• Prisonnier de guerre, Celui qui a été pris à la guerre. Il a été fait prisonnier de guerre. On fit trois mille prisonniers. On a renvoyé ce prisonnier sur sa parole, on l'a renvoyé sans rançon. On fit l'échange des prisonniers. La garnison est prisonnière de guerre. Il est prisonnier sur sa parole, sur parole. Voyez PAROLE.

PRIVATIF
, IVE. adj.
• .Gram. Qui marque privation. Particule privative. En français, la particule in est privative au commencement de plusieurs mots, comme Incorrigible, insoutenable, inaccessible, indigne, etc. L'a fait souvent le même effet dans la langue grecque, et on l'appelle Alpha privatif.
• PRIVATIF, s'emploie quelquefois substantivement. Un traité des privatifs.

PRIVATION . s. f.
• Perte, absence, manque d'un bien, d'un avantage qu'on avait, ou qu'on devait, qu'on pouvait avoir. La privation de la vue. La privation de l'ouïe. La privation du sentiment. C'est un homme qui est dans la privation de toutes choses. On châtia cette ville par la privation de ses priviléges. La privation des droits civils.
• Il signifie, dans le langage de l'ancienne Philosophie, Absence d'une forme qu'un sujet peut avoir. Aristote reconnaît trois principes des choses naturelles, la matière, la forme, et la privation.
• PRIVATION, signifie aussi, L'action de se priver volontairement, de s'abstenir de quelque chose dont on pourrait jouir. Privation volontaire. S'exercer, s'habituer aux privations. S'imposer des privations. À force de privations, il a amassé un petit pécule.
• Vivre de privations, Manquer de beaucoup de choses nécessaires.

PRIVATIVEMENT . adv.
• Exclusivement, à l'exclusion. Il n'est guère usité que dans cette locution, Privativement à tout autre. Ce qu'il demandait lui a été accordé privativement à tout autre.

PRIVAUTÉ . s. f.
• Familiarité extrême. Il vit dans cette maison avec beaucoup de privauté.
• Prendre, se permettre des privautés, Prendre de grandes libertés: cela se dit surtout Des libertés prises avec les femmes. Il prend avec elle de certaines privautés.

PRIVÉ
, ÉE. adj.
• Qui est simple particulier, qui n'a aucune charge publique. C'est un homme privé. Vivre en homme privé. Une personne publique est obligée à plus de circonspection qu'une personne privée.
• Se dit aussi Des choses, et il est opposé à Public. Il préfère les douceurs de la vie privée aux embarras de la grandeur. Ce prince a des vertus privées. Il faut sacrifier l'intérêt privé à l'intérêt public.
• Autorité privée, se dit par opposition à Autorité publique, ou à Autorité légitime Il a mis cet homme en prison de son autorité privée. Ce jeune homme a fait telle action de son autorité privée, et sans l'aveu de son père.
• Prison privée, ou, dans le style des anciennes ordonnances, Chartre privée, se dit par opposition à Prison publique. Il est défendu par les lois d'avoir des prisons privées. Tenir quelqu'un en chartre privée.
• Acte sous seing privé, Acte fait sans l'intervention de l'officier public.
• En son propre et privé nom, se dit en parlant Des dettes et des obligations personnelles que l'on contracte. Il s'est obligé dans le contrat en son propre et privé nom. Sous peine d'en répondre en son propre et privé nom.
• Parler, agir en son propre et privé nom, Parler, agir de son chef, sans commission de personne.
• Conseil d'État privé, ou Conseil privé, Le conseil où présidait le chancelier, et où se jugeaient les affaires des particuliers dans lesquelles le roi n'avait point d'intérêt. On l'appelait autrement Conseil des parties. --- Se dit aujourd'hui d'Un conseil particulier, qui ne s'assemble que d'après une convocation expresse ordonnée par le roi, et faite par le président du conseil des ministres.
• Vie privée, est Le titre de certains ouvrages où l'on raconte les actions particulières et privées d'un personnage public. La Vie privée de Louis XV.
• PRIVÉ, signifie aussi, Qui est apprivoisé. En ce sens, il est opposé à Farouche, sauvage, etc. Un oiseau privé. Un moineau privé. On se sert d'un canard privé pour attirer les canards sauvages.
• Fig. et fam., C'est un canard privé, se dit D'un homme dont on se sert pour faire tomber dans le piége ceux qui se fient à lui. Défiez-vous de cet homme-là, c'est un canard privé. Cette manière de parler a vieilli.
• PRIVÉ, signifie aussi, Familier. En ce sens, il ne se dit guère que pour marquer un excès de familiarité. Ce domestique se rend un peu trop privé avec ses maîtres. Dans ce sens, il est peu usité.

PRIVÉ .s.m.
• Lieux d'aisances, l'endroit de la maison destiné pour y aller faire ses nécessités.

PRIVÉMENT . adv.
• Familièrement, d'une manière privée, libre et familière. Ils ont toujours vécu privément, fort privément ensemble. Il a vieilli.

PRIVER . v. a.
• Ôter à quelqu'un ce qu'il a, ce qu'il possède, l'empêcher de jouir de quelque avantage qu'il avait ou pouvait avoir, le dépouiller de quelque chose qui lui appartient. L'arrêt qu'on a rendu contre lui, le prive de tous ses biens, le prive de ses droits civils. On l'a privé de tous ses avantages. Sa dernière fluxion l'a entièrement privé de la vue. Priver un homme de la vue de ses enfants, de sa femme, de ses amis.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Par là ils se sont privés de toute sorte de secours. Il s'est privé de sa liberté.
• PRIVER, avec le pronom personnel, signifie aussi, S'abstenir. Se priver du plaisir de la comédie, de la chasse, de la promenade. Il faut savoir se priver des choses qui ne sont pas nécessaires.
• PRIVER, signifie quelquefois, Apprivoiser, rendre privé. Cette espèce d'oiseau est la plus difficile de toutes à priver.
• PRIVÉ, ÉE. participe, Corps privé de sépulture. Corps privé de vie. Homme privé de sa raison, privé de raison. Être privé de l'usage de ses membres. Voyez PRIVÉ, ÉE, adjectif.

PRIVILÉGE .s.m.
• Faculté accordée à un particulier ou à une communauté, de faire quelque chose, ou de jouir de quelque avantage qui n'est pas de droit commun. Privilége temporaire. Privilége perpétuel. Privilége exclusif. Un privilége fort étendu. Privilége nouveau. Privilége d'imprimer, pour imprimer. Privilége pour vingt ans. Privilége pour une manufacture. Demander un privilége. Obtenir, accorder, refuser un privilége. User, abuser de son privilége. Se servir de son privilége. Ôter un privilége. Un livre imprimé avec approbation et privilége. Privilége du roi. La plupart des priviléges sont abolis par nos lois actuelles.
• Il signifie aussi, L'acte qui contient la concession d'un privilége. Un privilége signé en commandement. Un privilége scellé du grand sceau. Dresser un privilége. Enregistrer un privilége. Produire son privilége. Surprendre un privilége. Casser, annuler un privilége. Faire rapporter un privilége.
• PRIVILÉGE, se dit également de Toutes sortes de droits, de prérogatives, d'avantages attachés aux charges, aux emplois, aux conditions, aux états, etc. Les charges de secrétaire du roi avaient certains priviléges. C'est un privilége de sa charge. Privilége de l'âge. Les priviléges de la noblesse. Les priviléges de la pairie. Les princes du sang ont de grands priviléges. Privilége clérical.
• PRIVILÉGE, en termes de Jurisprudence, Titre à la préférence, droit que la qualité de la créance donne à un créancier d'être préféré aux autres créanciers, même hypothécaires. Priviléges sur les meubles. Priviléges sur les immeubles. La femme n'a point de privilége, pour la répétition de sa dot, sur les créanciers qui lui sont antérieurs en hypothèque. Distribuer le prix d'un immeuble suivant l'ordre des priviléges et hypothèques. Être payé par privilége et préférence sur le prix d'un immeuble. En cas de novation, les priviléges et hypothèques de l'ancienne créance ne passent point à celle qui lui est substituée.
• PRIVILÉGE, se dit aussi Des dons naturels, soit du corps, soit de l'esprit. La raison est un privilége qui distingue l'homme des animaux. La beauté est un heureux privilége.
• PRIVILÉGE, signifie quelquefois, Certaines libertés, certaines prérogatives que l'on s'attribue dans la société, ou que les autres vous accordent. Il a le privilége de faire et de dire dans cette maison tout ce qu'il lui plaît. C'est un homme qui a des priviléges que d'autres n'ont pas. La vieillesse donne des priviléges.

PRIVILÉGIÉ
, ÉE. adj.
• Qui a un privilége, qui jouit d'un privilége. Il y avait autrefois des marchands privilégiés. Toutes les personnes privilégiées.
• En Jurispr., Créancier privilégié, Celui qui a droit d'être payé préférablement aux autres. On dit de même, Créance privilégiée.
• En Jurispr. can., Cas privilégié, Cas dans lequel le juge séculier prenait connaissance des crimes d'un ecclésiastique, et le jugeait conjointement avec le juge ecclésiastique, nonobstant le privilége clérical.
• Autel privilégié, Autel où l'on peut dire la messe des morts, le jour qu'on ne peut la dire à d'autres autels.
• Lieu privilégié, Lieu qui n'était pas soumis à la police générale. À Paris le Temple était un lieu privilégié. Les débiteurs ne pouvaient être arrêtés dans certains lieux privilégiés. Les artisans non-maîtres pouvaient travailler librement dans les lieux privilégiés.
• Jour privilégié, Celui où l'on ne peut arrêter pour dette. Le dimanche est un jour privilégié.
• PRIVILÉGIÉ, signifie quelquefois figurément, Qui a reçu de la nature quelque don particulier. L'homme est une créature privilégiée. C'est un être privilégié, une espèce privilégiée. Un génie privilégié, un talent privilégié.
• Il signifie encore, familièrement, Qui s'attribue ou à qui l'on accorde certaines libertés, certaines prérogatives dans la société. Il peut tout dire, il est privilégié. Il peut entrer à toute heure, il est privilégié dans cette maison.
• PRIVILÉGIÉ, est aussi substantif, et signifie, Celui qui jouit d'un privilége. Il y avait beaucoup de privilégiés dans le royaume. Dans un État bien policé, on ne saurait trop réduire le nombre des privilégiés.

PRIX .s.m.
• Estimation d'une chose, ce qu'elle se vend, ce qu'on l'achète, ce qu'on en paye. Prix raisonnable. Prix modique. Prix excessif, énorme, exorbitant. Prix convenu. Prix réglé. Bas prix. Haut prix. Prix moyen. Au plus haut prix. Au plus bas prix. À quel prix? À ce prix. Chaque chose a son prix. C'est le prix. C'en est le prix. Un diamant d'un grand prix. Des meubles de prix. Il y a dans cette pierre précieuse des taches qui en diminuent beaucoup le prix. Mettre le prix. Régler, fixer, déterminer, taxer le prix. Modérer le prix. Hausser, baisser, augmenter, diminuer le prix. Le prix du blé est augmenté. Le blé est augmenté de prix. Convenir du prix, de prix. Se débattre du prix, sur le prix. Vendre à vil prix, à haut prix, à bas prix, à prix coûtant, au prix coûtant, au prix de fabrique, au prix du marché, au prix ordinaire, au prix courant, à prix débattu. Je ne regarde point au prix. Je ne rabattrai rien de mon prix. Quel est votre prix? Est-ce bien là votre dernier prix? À quelque prix que ce soit. Il y a des marchandises, de la marchandise à tout prix. À prix d'argent. Il n'a pas encore payé le prix de ce domaine. Il vient de consigner le prix de la maison qu'il a achetée. À la dernière foire, les prix ont été fort élevés.
• Juste prix, Prix convenable, prix modéré. Vendre à juste prix. Repas à juste prix.
• Prix fait, Le prix commun ou le prix convenu d'une chose. Vous n'obtiendrez aucun rabais, c'est un prix fait. On dit proverbialement dans le même sens, C'est un prix fait comme celui des petits pâtés.
• Marché à prix fait, ou simplement, Prix fait, Marché à forfait. Un édifice construit à prix fait.
• Prix fixe, Prix fixé d'avance par le marchand, et dont il n'y a rien à rabattre. Vendre à prix fixe. Se dit aussi d'Une maison de commerce où l'on vend les marchandises à un prix déterminé, qui est écrit sur les objets mis en vente. Les prix-fixes se sont fort multipliés à Paris. On dit aussi, Boutique, magasin à prix fixe.
• En termes de Commerce, Vendre à nonprix, Vendre moins que la chose ne coûte, beaucoup moins qu'elle ne se vend. Vendre à tout prix, Vendre une chose à quelque prix qui soit offert.
• Acheter à bon prix, Acheter à bon marché.
• Une chose hors de prix, Une chose excessivement chère. La marée a été cette semaine hors de prix. Tout est hors de prix dans cette ville.
• Une chose qui n'a point de prix, qui est sans prix, Une chose qui est d'une très-grande valeur, et dont le prix n'est point réglé. Un diamant de cette beauté et de cette grosseur est sans prix. Ce tableau n'a point de prix.
• Les effets publics sont sans prix, Personne ne demande à en acheter.
• Fig., Cet homme est sans prix, Il est d'un mérite rare, extraordinaire dans son genre.
• Mettre la tête d'un homme à prix, Promettre une somme à qui le tuera.
• Prov., Chacun vaut son prix, Il ne faut pas élever si haut le mérite d'une personne, que celui des autres en soit ravalé.
• Cela vaut toujours son prix, se dit D'une chose qui conserve sa valeur, dont le prix ne peut baisser. Les bons livres valent toujours leur prix.
• PRIX, se dit figurément de Tout ce qu'il en coûte pour obtenir quelque avantage. Il a acheté la victoire au prix de son sang, au prix de sa vie. Il a résolu d'en venir à bout, à quelque prix que ce soit, n'importe à quel prix. Pourvu que j'obtienne ce que je demande, qu'importe à quel prix? Je ne veux pas de vos services à ce prix. Vous mettez vos bons offices à trop haut prix.
• Il signifie aussi, figurément, Le mérite d'une personne, l'excellence d'une chose. C'est un homme dont on ne connaît pas le prix. Je connais tout le prix de votre amitié. J'attache beaucoup de prix à son amitié. Cette circonstance augmente, double, relève le prix de son action, donne un grand prix, un nouveau prix à son action. La grandeur n'est pas d'un tel prix, qu'il faille l'acheter si cher. Il connaît le prix du temps. Les productions des arts n'ont aucun prix pour lui, aucun prix à ses yeux. C'est la manière dont ce service est rendu qui en fait tout le prix.
• PRIX, signifie encore figurément, Récompense. Vous recevrez le prix de vos soins. Je n'exige aucun prix de mes peines. Est-ce là le prix de mes services? Pour prix de ses services il ne reçut que des outrages. La vertu trouve son prix en elle-même. On doit faire de bonnes actions sans en attendre aucun prix.
• Il signifie aussi quelquefois, Châtiment, expiation. Il a reçu le prix de ses forfaits. L'opprobre est le prix, est le juste prix d'une conduite si infâme.
• La mort fut le prix de sa sincérité, Il fut puni de mort pour avoir été sincère.
• PRIX, signifie en outre, Ce qui est proposé pour être donné à celui qui réussira le mieux dans quelque exercice, dans quelque ouvrage. Le prix de la course. Le prix, le grand prix de peinture, de sculpture, d'architecture, etc. Le prix d'éloquence. Le prix de poésie. Proposer un prix. Disputer un prix, le prix. Remporter, mériter le prix. Donner, décerner, adjuger le prix. La distribution des prix. Composer pour les prix. Concourir pour le prix. Il a remporté tous les prix de sa classe.
• Il a manqué le prix de peu de voix, Il s'en est fallu peu de voix qu'il ne l'obtînt.
• Partager le prix, Donner le prix aux deux concurrents qui ont le mieux réussi, et dont le succès a été jugé égal. On a partagé le prix entre ces deux jeunes auteurs. On dit dans un sens analogue, Ces deux auteurs ont partagé le prix.
• Fig., Remporter le prix, Surpasser les autres en quelque chose. Il remporta le prix de la danse. Dans toutes les assemblées où elle se trouve, elle remporte le prix de la beauté.
• PRIX POUR PRIX. Locution adverbiale, qui marque une certaine proportion entre deux choses, d'ailleurs fort différentes l'une de l'autre. Prix pour prix, votre drap est plus cher que mon velours.
• S'emploie figurément, en parlant Des personnes. Considérez bien les qualités de ces deux hommes, et vous verrez que, prix pour prix, l'un vaut l'autre.
• AU PRIX DE. loc. prépositive, En comparaison. Ce service n'est rien au prix de celui qu'il m'avait rendu.

PROBABILISME .s.m.
• .Théologie. La doctrine de la probabilité ou des opinions probables. Voyez PROBABILITÉ.

PROBABILITÉ . s. f.
• Vraisemblance, apparence de vérité. Il n'y a pas de probabilité à ce que vous dites. Je n'y vois pas de probabilité. Ce que vous avancez n'a pas de probabilité, manque de probabilité, est sans probabilité. La fuite de l'accusé donne un nouveau degré de probabilité à l'accusation. Examiner, évaluer, estimer, peser, calculer, balancer des probabilités. Je vois, dans cette affaire, des probabilités pour et contre. Il est de la plus grande probabilité que cette allégation est fausse.
• En Théologie, La doctrine ou L'opinion de la probabilité, Celle qui enseigne qu'en matière de morale, on peut, en sûreté de conscience, suivre une opinion, pourvu qu'elle soit probable, quoiqu'il y en ait d'autres qui soient plus probables. Il y a quelques docteurs qui suivent la doctrine de la probabilité. La doctrine de la probabilité est fort relâchée.
• En Mathémat., Doctrine, théorie, analyse, calcul des probabilités, L'ensemble des règles d'après lesquelles on peut calculer les chances relatives des événements futurs; par exemple, les chances de gain ou de perte dans les jeux de hasard, dans les loteries, dans la constitution des rentes viagères, etc.

PROBABLE . adj. des deux genres
• Qui a une apparence de vérité, qui paraît fondé en raison. Cette opinion est beaucoup plus probable que l'autre. Ce ne sont pas là des raisonnements démonstratifs, ce ne sont que des arguments probables. Il n'est pas probable, il est peu probable qu'il ait dit cela, qu'il ait fait cela.
• Il signifie aussi, Qu'il est raisonnable de supposer, de conjecturer. Les chances probables. Il est probable, fort probable qu'il renoncera à ce dessein. Il n'est pas probable que cela arrive. Cela est bien peu probable. Cela est plus que probable.
• En Théologie, Opinion probable, Celle qui est fondée sur des raisons de quelque considération, soutenues par un auteur grave. Pascal, dans ses Provinciales, a foudroyé la doctrine des opinions probables.

PROBABLEMENT . adv.
• Vraisemblablement. Je l'engageais à ne pas intenter ce procès, probablement il le perdra. Il réussira probablement dans son entreprise.

PROBANTE . adj. f.
• Qui prouve. Il n'est guère usité que dans ces locutions: Pièce probante, Pièce qui sert de preuve; Raison probante, Raison démonstrative, convaincante; En forme probante, En forme authentique.

PROBATION . s. f.
• Épreuve. On appelle ainsi, dans quelques Ordres religieux, Le temps du noviciat, parce qu'on y éprouve les novices avant que de les recevoir à faire profession. Pendant son année de probation.
• Il signifie aussi, Le temps d'épreuve qui précède le noviciat. Il a fait, elle a fait trois mois de probation, avant que de prendre l'habit.

PROBATIQUE . adj. f.
• Il n'est usité que dans cette locution de l'Évangile, Piscine probatique, La piscine où on lavait les victimes qui devaient être offertes dans le temple de Jérusalem.

PROBATOIRE . adj. des deux genres
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Acte probatoire, Acte propre à constater la capacité d'un aspirant à un grade, dans les facultés de l'université. Il a vieilli.

PROBE . adj. des deux genres
• Qui a de la probité. C'est un homme probe.

PROBITÉ . s. f.
• Droiture de coeur qui porte à l'observation stricte et constante des devoirs de la justice, de la morale. Probité éprouvée, incorruptible. Probité sévère, rigide, scrupuleuse. Homme de probité, de grande probité. Les lois, les règles, les devoirs de la probité. Il est d'une grande probité, d'une probité à toute épreuve. C'est un homme sans foi, sans probité, d'une probité suspecte. Un homme d'une probité reconnue. Cela est contre la probité.

PROBLÉMATIQUE . adj. des deux genres
• Dont on peut soutenir l'affirmative ou la négative. Cette proposition, cette doctrine est problématique.
• Il signifie aussi, simplement, Douteux, dont on peut douter. Ce fait, cette nouvelle est fort problématique.
• Conduite problématique, Conduite équivoque. Cet homme a eu dans telle circonstance une conduite fort problématique.

PROBLÉMATIQUEMENT . adv.
• D'une manière problématique. On peut traiter cette question problématiquement.

PROBLÈME .s.m.
• .Mathémat. Question à résoudre, suivant les règles de la science. Problème de géométrie. Problème d'algèbre. Proposer un problème. Résoudre un problème. La solution d'un problème. Un problème insoluble, difficile à résoudre.
• PROBLÈME, se dit aussi d'Une proposition, d'une question dont le pour et le contre peuvent également se soutenir. Problème historique. Problème de morale, de métaphysique. Ce fait est encore un problème. Cette question est un vrai problème, un véritable problème.
• PROBLÈME, se dit, en général, de Tout ce qui est difficile à concevoir. L'homme est pour lui-même un grand problème.
• Cet homme est un problème, sa conduite est un vrai problème, se dit D'un homme dont il est difficile de définir le caractère ou d'expliquer la conduite. On dit de même, D'une affaire embrouillée, Cette affaire est un vrai problème.

PROBOSCIDE . s. f.
• La trompe d'un éléphant, d'un insecte, etc. Il n'est guère employé que dans les anciens traités d'histoire naturelle, et dans le blason.

PROCÉDÉ .s.m.
• Conduite, manière d'agir d'une personne envers une autre. Son procédé est fort honnête. Il a un bon procédé, de bons procédés. Le procédé de cet homme n'est pas net. Avoir un procédé désintéressé. Quel procédé! C'est un étrange procédé. C'est le procédé d'un homme délicat. Voilà le procédé ordinaire des gens de cour. J'ai éprouvé de sa part d'étranges procédés. Il a eu pour moi les meilleurs procédés.
• Se dit absolument, au pluriel, Des bons procédés. Avoir des procédés. C'est un homme à procédés. Il se pique de procédés. La règle des procédés veut que... Cet homme ne connaît pas les procédés. Manquer aux procédés.
• PROCÉDÉ, dans les Arts, dans les Sciences, signifie, La méthode qu'il faut suivre pour faire quelque opération. Procédé chimique. Procédé pour faire le phosphore. Employer un procédé, divers procédés. Je ne connaissais pas ce procédé-là. C'est un procédé nouveau.

PROCÉDER . v. n.
• Provenir, tirer son origine. Cette maladie ne procède que de l'âcreté des humeurs. D'où procèdent tous ces troubles? Tout son mal ne procède que de chagrin. Leur amitié, leur mésintelligence procède de ce que... On dit, dans le langage théologique, en parlant Des personnes divines, Le Fils est engendré par le Père, et le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.
• PROCÉDER, en termes de Palais, Agir judiciairement, faire des actes, des poursuites, des instructions dans un procès. Procéder en justice. Procéder juridiquement, par voies juridiques. Procéder à l'inventaire des papiers, à la vente des meubles. Procéder à un partage. Procéder à l'audition des témoins. Procéder à l'instruction, au jugement d'un procès. Procéder à une adjudication.
• Procéder criminellement contre quelqu'un, Poursuivre quelqu'un en justice comme criminel.
• Procéder militairement, Procéder contre quelqu'un sans observer les formes ordinaires de la justice.
• PROCÉDER, signifie aussi, Agir en quelque affaire, en quelque chose que ce soit. Il faut procéder à l'examen, à la vérification de ces titres. C'est une question qui demande un long examen, il faut y procéder avec ordre. Procédons par ordre. Pour y procéder méthodiquement. Finissons ceci, et puis nous procéderons au reste. Ce n'est pas ainsi qu'il faut procéder.
• Fam., Tant fut procédé, tant a été procédé, que, On fit si bien, on se donna tant de peine, que; Les choses en vinrent à un tel point, que.
• PROCÉDER, signifie encore, Agir, se comporter d'une certaine manière envers les autres. Sa manière de procéder est étrange. Il a procédé avec moi en homme d'honneur.
• Cela procède bien, se dit D'un ouvrage en prose ou en vers, qu'on lit, et dont on approuve le dessein, l'ordre, la marche. Il est peu usité.
• Cet orateur procède par périodes, Toutes ses phrases sont périodiques, nombreuses. Ce poëte procède par distiques, Ses vers marchent deux à deux.
• PROCÉDÉ, ÉE. participe, Il n'est guère usité que dans cette phrase de Palais, Bien jugé et mal procédé, L'affaire a été bien jugée au fond, mais on n'y a pas gardé toutes les formalités requises.

PROCÉDURE . s. f.
• Forme, manière de procéder en justice. Il entend la procédure. Procédure civile. Procédure commerciale. Procédure criminelle: on a dit aussi, Procédure extraordinaire.
• Se dit encore de L'instruction judiciaire d'un procès. La procédure est régulière, irrégulière. La procédure n'est pas bonne. Il a fallu rectifier, recommencer la procédure.
• Se dit également Des actes qui ont été faits dans une instance civile ou criminelle. Toute la procédure est entre les mains d'un tel. On a brûlé, supprimé toutes les procédures.

PROCÈS .s.m.
• Instance devant un juge, sur un différend entre deux ou plusieurs parties. Procès civil. Procès criminel. Procès de grande discussion. Procès injuste. Procès douteux, mal fondé. Avoir un procès. Intenter un procès. Être en procès avec quelqu'un. Instruire un procès. Poursuivre un procès. Juger un procès. Faire un procès à quelqu'un. Entrer en procès. Entreprendre un procès. Gagner un procès. Perdre un procès. Gagner son procès. Perdre son procès. Un grand procès. Vider un procès à l'audience. Intervenir dans un procès. Il n'y a pas matière à procès. Il y a procès entre eux. Ils sont en procès. C'est un procès sans fin.
• Mettre les parties hors de cour et de procès, Faire cesser le procès, renvoyer les parties, parce que le juge trouve qu'il n'y a pas lieu de prononcer juridiquement sur leurs demandes respectives.
• Le procès est pendant à tel tribunal, Le procès y est commencé.
• Procès par écrit, Procès dans lequel les parties étaient appointées à écrire, à produire et contredire, et qui était jugé, non à l'audience, mais en la chambre du conseil, sur le rapport d'un des magistrats commis à cet effet.
• Faire le procès à quelqu'un, Le poursuivre comme criminel. Son procès lui fut fait et parfait. On dit aussi, Faire le procès à la mémoire de quelqu'un, Agir en justice, afin de le faire condamner après sa mort. Nos lois n'autorisent plus à faire le procès à la mémoire d'un homme.
• Fig. et fam., Faire le procès à quelqu'un, L'accuser, le condamner sur quelque chose qu'il aura dit ou fait. Vous arrivez à propos, nous faisions votre procès, nous vous faisions votre procès. On dit de même, en parlant D'un homme caustique, toujours mécontent des autres, C'est un misanthrope qui fait le procès au genre humain.
• Fig., Faire le procès à une chose, La condamner, soutenir qu'elle est mauvaise. On faisait le procès à votre livre, quand vous avez paru. Ce critique impitoyable fait le procès à chaque mot, à chaque phrase.
• Prov. et fig., Faire un procès, bâtir un procès sur la pointe d'une aiguille, Élever une contestation sur un très-léger motif.
• Fig., Laisser dormir un procès, réveiller un procès, Suspendre les poursuites, les reprendre.
• Fig. et fam., Pendre un procès au croc, Cesser de le poursuivre.
• Fig., Il a gagné, il a perdu son procès, Il a bien ou mal réussi dans telle affaire, dans telle entreprise.
• Ce maraudeur, cet espion fut pendu sans forme de procès, Il fut pendu sans être mis en jugement, et seulement par l'ordre du chef militaire.
• Prov. et fig., Sans autre forme de procès, Sans autre façon. On lui a retiré son emploi sans autre forme de procès.
• PROCÈS, se dit aussi de Toutes les pièces produites par l'une et l'autre partie, pour servir à l'instruction et au jugement d'un procès. Mettre, remettre le procès au greffe. Le procureur général a demandé la communication du procès. Voir, revoir un procès. Le procès est sur le bureau. On dit plus ordinairement, Les pièces.
• Distribuer un procès, Commettre un juge pour examiner les pièces, les écritures d'un procès, et en faire ensuite son rapport. Le président de la chambre a distribué ce procès à tel conseiller.
• Procès-verbal, Narré par écrit, dans lequel un officier de justice, ou autre ayant droit ou qualité, rend témoignage de ce qu'il a fait, vu ou entendu, etc. Dresser un procès-verbal. Procès-verbal exact. Un procès-verbal d'apposition, de levée de scellés. Il en fit son procès-verbal. Il a consigné, relaté cela dans son procès-verbal. Les procès-verbaux de la chambre des députés. Procès-verbal de la séance. Il en sera fait mention au procès-verbal. La lecture du procès-verbal. Le procès-verbal est approuvé. Procès-verbal de la cérémonie.

PROCESSIF
, IVE. adj.
• Qui aime à intenter, à prolonger des procès. Cet homme est fort processif. C'est un mauvais voisin, il est processif, il a l'esprit processif, l'humeur processive. Cette femme est très-processive.

PROCESSION . s. f.
• Cérémonie religieuse, conduite par des ecclésiastiques, des religieux, etc., qui marchent en ordre, récitant des prières, ou chantant les louanges de Dieu. Grande, belle procession. La procession ordinaire. Aller à la procession. Suivre la procession. Il y eut un grand concours à cette procession. La procession du saint sacrement, de la Fête-Dieu. Avez-vous vu passer la procession? Faire, ordonner une procession. Faire une procession dans l'église, dans les rues, autour des terres. La procession des chevaliers du Saint-Esprit.
• Prov. et fig., On ne peut pas sonner et aller à la procession, On ne peut être en même temps dans deux endroits différents, on ne saurait faire à la fois deux choses incompatibles.
• Fig. et fam., C'est une procession, une procession continuelle, se dit D'une longue suite de personnes qui marchent comme à la file l'une de l'autre dans une rue, dans un chemin, etc. On dit dans un sens analogue, Marcher, aller en procession.
• PROCESSION, se dit aussi quelquefois Des marches religieuses des anciens païens. À Lacédémone, il y avait une procession solennelle où une des femmes les plus considérables de la ville portait la statue de Diane. Dans la procession solennelle des Égyptiens, on portait en cérémonie les livres de Trismégiste.
• PROCESSION, dans le sens de Procéder, se dit en termes de Théologie, dans cette phrase, La procession du Saint-Esprit, La production éternelle du Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils.

PROCESSIONNAL .s.m.
• (Quelques-uns disent, Processionnel.) Livre d'église où sont écrites et notées les prières qu'on chante aux processions. On a imprimé un nouveau processionnal.

PROCESSIONNELLEMENT . adv.
• En procession. Toutes les paroisses allèrent processionnellement à Notre-Dame.

PROCÈS-VERBAL .s.m.
• Voyez PROCÈS.

PROCHAIN
, AINE. adj.
• Qui est proche. Au prochain village. Dans la ville prochaine. Nous relâcherons au port le plus prochain.
• Se dit aussi Des époques et des choses qui sont près d'arriver. Le mois prochain. L'année prochaine. Au terme prochain. Je vois sa perte prochaine. On résoudra cela dans la prochaine assemblée, dans la prochaine séance. Son départ est prochain. Son arrivée est prochaine. Je le lui dirai à la prochaine occasion.
• En termes de Dévotion, Occasion prochaine, Occasion qui peut porter facilement au péché, ou Occasion de pécher qui est présente. Éviter les occasions prochaines. Fuir l'occasion prochaine.
• PROCHAIN, est aussi substantif masculin: il se dit de Chaque homme en particulier, et de Tous les hommes ensemble. Il faut aimer son prochain comme soi-même. L'amour du prochain. Le salut du prochain. On ne doit pas médire du prochain, de son prochain. S'enrichir aux dépens du prochain. Songez que le pauvre qui vous demande l'aumône, est votre prochain et votre frère. Dans cette acception, il ne s'emploie qu'au singulier, et dans le langage de la morale chrétienne.

PROCHAINEMENT . adv. de temps
• Bientôt, dans un temps fort peu éloigné. Cela se fera prochainement. Je viendrai très-prochainement.

PROCHE . adj. des deux genres
• Voisin, qui est près de quelqu'un, de quelque chose. Les maisons proches de la rivière sont sujettes aux inondations. La ville la plus proche. Ces maisons sont proches l'une de l'autre. Ces deux maisons sont fort proches. Il est son plus proche voisin.
• Se dit aussi en parlant Du temps, et signifie, Qui est près d'arriver. Le temps est proche où nous serons réunis pour ne plus nous quitter. Il sentit que sa dernière heure était proche.
• Se dit encore en parlant De parenté. Proche parent. Proche parente. Parenté proche. Ils ne sauraient être plus proches parents, parents dans un degré plus proche.
• PROCHE, est quelquefois substantif masculin, et signifie, Parent; alors il n'est d'usage qu'au pluriel. C'est un de mes proches. Ce fut le sentiment de tous ses proches.
• PROCHE, est encore préposition, et signifie, Près, auprès. Proche de la ville. Proche de chez moi. Il est plus proche de ce village que... Les maisons qui sont proche de la ville. Il s'est allé loger proche le palais, proche du palais.
• Il est aussi quelquefois adverbe. C'est ici proche. Il demeure ici proche. Il est tout proche.
• DE PROCHE EN PROCHE. loc. adv. Se dit en parlant De plusieurs lieux qui sont peu séparés, et auxquels on va de l'un à l'autre. Couper les bois de proche en proche. Faire des conquêtes de proche en proche. La contagion s'étendit de proche en proche.
• Il signifie aussi, figurément, Peu à peu et par degrés. De proche en proche, il est parvenu à une grande fortune. De proche en proche, il s'emparera de tout votre bien.

PROCHRONISME .s.m.
• Erreur de chronologie, qui consiste à placer un fait dans un temps antérieur à celui où il est réellement arrivé. Il est opposé à Parachronisme.

PROCLAMATION . s. f.
• Publication solennelle, action par laquelle on proclame. La proclamation de l'empereur. À la proclamation de tel prince. Faire une proclamation. Faire des proclamations. La proclamation d'une loi, d'un édit.
• Se dit aussi de L'écrit qui contient ce que l'on veut publier, faire connaître au public. Rédiger, afficher une proclamation. Le général adressa une proclamation à ses soldats. Lire une proclamation. On a trouvé sur lui des proclamations incendiaires. On répandit dans l'armée des proclamations qui invitaient à la défection.

PROCLAMER . v. a.
• Publier à haute voix et avec solennité. Proclamer un roi, un empereur. L'armée le proclama empereur. Il fut proclamé vainqueur aux jeux Olympiques. Proclamer une ordonnance à son de trompe.
• S'emploie figurément, et signifie, Publier, divulguer. La Renommée a proclamé les grandes actions de ce prince, de ce général. Proclamer ce qu'on devrait taire. Il proclama sa honte. On le dit quelquefois avec le pronom personnel. Ils se proclamaient les réformateurs du goût.
• PROCLAMÉ, ÉE. participe

PROCONSUL .s.m.
• Celui qui, chez les Romains, gouvernait certaines grandes provinces, avec l'autorité de consul. Proconsul d'Asie. Proconsul d'Afrique. Cicéron, quelque temps après son consulat, fut envoyé proconsul, comme proconsul en Cilicie. Le proconsul de telle province.

PROCONSULAIRE . adj. des deux genres
• Propre ou appartenant au proconsul. Autorité proconsulaire. Gouvernement proconsulaire.
• Province proconsulaire, Province gouvernée par un proconsul.

PROCONSULAT .s.m.
• Dignité de proconsul; Durée des fonctions d'un proconsul.

PROCRÉATION . s. f.
• Génération. La procréation des enfants.

PROCRÉER . v. a.
• Engendrer. La fin du mariage est de procréer des enfants.
• PROCRÉÉ, ÉE. participe, Les enfants procréés en légitime mariage. Les hoirs procréés de son corps. Il ne se dit guère qu'en style de Palais ou de Chancellerie.

PROCURATEUR .s.m.
• Titre d'une des principales dignités de la république de Venise et de celle de Gênes. Procurateur de Saint-Marc. Tous les deux ans on élisait à Gênes deux procurateurs.

PROCURATION . s. f.
• Pouvoir donné par quelqu'un à un autre, d'agir en son nom, comme il pourrait faire lui-même. Il agit en vertu de procuration, par procuration. Procuration générale et spéciale. Il a une ample procuration. Sa procuration est limitée, est expirée. Donner procuration, sa procuration. Révoquer une procuration. Il est chargé de procuration, fondé de procuration. Sa procuration est surannée. Il fut chargé de la procuration de tel prince pour épouser cette princesse.
• Se dit aussi de L'acte qui fait foi de cette délégation. La formule d'une procuration. Rédiger une procuration. C'est ce notaire qui a fait la procuration. Délivrer une procuration en brevet. Signer une procuration. Procuration en blanc. Enregistrer une procuration.

PROCURER . v. a.
• Faire en sorte par son crédit, par ses bons offices, etc., qu'une personne obtienne quelque grâce, quelque avantage. C'est vous qui lui avez procuré son emploi. Il lui a procuré l'avantage de connaître ce savant. Procurer une charge, un établissement à quelqu'un. Procurer une audience favorable.
• Il signifie quelquefois simplement, Faire en sorte qu'une personne ait ce dont elle a besoin, ou ce qui lui est agréable. C'est moi qui lui ai procuré ce domestique. Il leur a procuré des munitions et des vivres. J'aime à leur procurer des divertissements, des plaisirs. Se procurer de l'argent, des ressources. Se procurer de quoi vivre.
• Se dit aussi Des choses, et signifie, Être la cause de. Cela peut nous procurer quelque profit. Cette victoire a procuré la paix. Cette potion lui a procuré du sommeil.
• PROCURÉ, ÉE. participe

PROCUREUR
, PROCURATRICE. s.
• Celui, celle qui a pouvoir d'agir pour autrui. Procureur fondé. Habile, fidèle procureur. Procureur diligent. Agir par procureur. Le roi seul plaide par procureur. Les princes se marient ordinairement par procureur. Le moins qu'on peut faire par procureur, c'est le mieux. Il l'a nommé son procureur général et spécial. Ma fermière est ma procuratrice dans cette affaire.
• Il se disait plus particulièrement d'Un officier établi pour agir en justice au nom de ceux qui plaident. Un office de procureur au parlement, au Châtelet. Un procureur au parlement. Un procureur au Châtelet. Constituer un procureur. Constituer procureur. Établir, nommer, désavouer, révoquer un procureur. Clerc de procureur. Étude de procureur. La pratique d'un procureur. Ce procureur a vendu sa pratique à un autre. La qualification de Procureur a été remplacée par celle d'Avoué. On disait quelquefois, Procureur ad lites (pour les procès), ou Procureur postulant, par opposition à Procureur ad negotia (pour les affaires), ou Procureur fondé.
• Procureur général du roi, Magistrat chargé du ministère public près d'une cour supérieure. Les substituts du procureur général. Les conclusions du procureur général. On appelle simplement Procureur du roi, Un magistrat qui remplit les mêmes fonctions auprès d'un tribunal inférieur. Les procureurs du roi ne sont proprement que les substituts du procureur général.
• Procureuse générale, La femme d'un procureur général. Procureuse du roi, La femme d'un procureur du roi. Familièrement et par plaisanterie, on nommait Procureuse, La femme d'un procureur.
• Procureur fiscal, Officier qui exerçait le ministère public auprès des justices seigneuriales, veillait aux droits du seigneur, et aux objets d'intérêt commun. On disait aussi par abréviation, Le fiscal.
• Dans les Ordres religieux, Procureur général, Le religieux chargé des intérêts de tout l'ordre. Le procureur général des bénédictins, etc. On appelle aussi Procureur, dans chaque maison religieuse, Le religieux chargé des intérêts temporels de la maison. Le procureur, le père procureur des chartreux.

PROCUREUSE . s. f.
• Voyez PROCUREUR.

PRODIGALITÉ . s. f.
• Caractère, habitude de celui ou de celle qui est prodigue. La prodigalité est moins honteuse que l'avarice. Donner avec prodigalité.
• Se dit aussi de L'action d'une personne prodigue; et alors il s'emploie ordinairement au pluriel. Ses prodigalités l'ont ruiné en peu de temps. Il s'est ruiné en folles prodigalités. Cet homme charitable a réduit sa fortune par de louables, par de saintes prodigalités.

PRODIGE .s.m.
• Effet surprenant qui arrive contre le cours ordinaire des choses. Grand prodige. Prodige étonnant. Cela tient du prodige. Les anciens croyaient que les grands événements sont quelquefois précédés par des prodiges. Ce prodige leur sembla présager quelque grand malheur. Quel prodige!
• Se dit, par exagération, en parlant Des personnes et des choses qui excellent dans leur genre. Cet homme est un prodige de savoir, de science, de valeur, d'esprit, de mémoire. Cette femme est un prodige de beauté. C'est un prodige que cet enfant-là. Cette machine, cet ouvrage, cette statue, sont des prodiges de l'art.
• Se dit quelquefois en mauvaise part. Ce prince fut un prodige de cruauté.

PRODIGIEUSEMENT . adv.
• D'une manière excessive, étonnante. Il est prodigieusement riche. Il a prodigieusement grossi. Maison prodigieusement grande.

PRODIGIEUX
, EUSE. adj.
• Qui tient du prodige, extraordinaire. Se dit en bien et en mal. L'effet de ce remède fut prodigieux. Il a une mémoire prodigieuse. Il est d'une grandeur prodigieuse. Excès prodigieux de débauche. Cela coûte une quantité prodigieuse d'argent. Il fait une dépense prodigieuse. Il y a une prodigieuse différence entre ces deux choses.

PRODIGUE . adj. des deux genres
• Qui dissipe son bien en excessives et folles dépenses. Il n'est pas libéral, il est prodigue. Cette femme est trop prodigue. Prodigue de son bien et du bien des autres. La parabole de l'enfant prodigue.
• Fig., Enfant prodigue, Jeune homme de famille qui, après des absences et de l'inconduite, retourne dans la maison paternelle.
• PRODIGUE, s'emploie quelquefois figurément, au sens moral. Cet homme est prodigue de paroles, de promesses, de serments. Il n'est pas prodigue de louanges.
• Se dit, en bonne part, De celui qui fait de grands sacrifices pour l'utilité d'autrui. Cet homme est prodigue de son bien pour soulager les malheureux. Il est prodigue de son sang, de sa vie pour l'État.
• PRODIGUE, est quelquefois substantif. C'est un prodigue. Il peut être défendu aux prodigues de plaider, de transiger, d'emprunter, etc., sans l'assistance d'un conseil.

PRODIGUER . v. a.
• Donner avec profusion. Prodiguer son bien, ses trésors. Il a prodigué toutes les richesses que son père avait amassées. Il ne faut pas prodiguer les choses précieuses. Prodiguer son bien, ses trésors pour le soulagement des malheureux, c'est en faire un bon emploi.
• S'emploie aussi figurément, tant en bonne qu'en mauvaise part. Prodiguer ses caresses, ses louanges, ses faveurs, ses bontés. Il prodigue la louange au premier venu. C'est prodiguer ses talents que de les employer ainsi. La nature lui a prodigué ses dons. Il ne faut pas prodiguer légèrement sa vie ni sa santé. Prodiguer son sang, prodiguer sa vie pour sa patrie. Il m'a prodigué ses soins. Il prodigua les serments et les artifices.
• PRODIGUÉ, ÉE. participe

PRODITOIREMENT . adv.
• En trahison. Il était d'usage autrefois en style de Palais, dans les matières criminelles où il s'agissait d'assassinat. Il l'a tué proditoirement.

PRODROME .s.m.
• Sorte de préface: titre de certains ouvrages qui servent comme d'introduction à quelque étude. On l'emploie surtout en parlant De certains traités d'histoire naturelle.
• Se dit aussi, en Médecine, pour désigner L'état d'indisposition, de malaise qui est l'avant-coureur d'une maladie.

PRODUCTEUR .s.m.
• .Économie politique. Se dit de Ceux qui créent, par leur travail, les produits agricoles ou industriels; par opposition à Ceux qui s'en servent, qui consomment. Les producteurs et les consommateurs. Les producteurs sont aussi consommateurs.

PRODUCTEUR
, TRICE. adj.
• Qui est cause de production. Les causes productrices de nos idées.

PRODUCTIF
, IVE. adj.
• Qui produit, qui rapporte. Un bien productif. Cette espèce de terre est la plus productive de toutes.

PRODUCTION . s. f.
• Action de produire, de donner naissance. La nature n'est pas moins admirable dans la production d'un ciron que dans celle d'un éléphant. La production des êtres est généralement proportionnée à leur destruction.
• Il signifie plus ordinairement, Ouvrage, ce qui est produit; et il se dit également Des ouvrages de la nature et de ceux de l'art et de l'esprit. Toutes les productions de la nature sont admirables. Les productions variées du sol de la France. Les productions des différents pays. C'est une des plus belles productions de l'art. Les productions de son esprit, de son génie.
• S'emploie absolument, en termes d'Économie politique, et se dit de Ce que produisent le sol et l'industrie d'un pays. C'est sur la production que toute terre doit être évaluée. La production a excédé la consommation.
• PRODUCTION, en termes de Procédure, se dit de L'action de produire des titres et des écritures, dans un procès. Production de pièces. Faire une production, sa production. Production principale. Production nouvelle. Inventaire de production.
• Se dit aussi Des titres et des écritures qu'on produit. Il a mis sa production au greffe. Sa production est en état.
• PRODUCTION, en termes d'Anatomie, Prolongement, allongement. Le mésentère est une production du péritoine. Le médiastin est une production de la plèvre. Production membraneuse, cornée, etc.

PRODUIRE . v. a.
• Engendrer, donner naissance. Chaque animal produit son semblable.
• Se dit plus ordinairement De la terre, d'un pays, d'un arbre, et signifie, Porter. Tout ce que la terre produit. C'est une terre qui ne produit que des ronces. Cette terre ne produit plus. Ces arbres produisent de beaux fruits. Ce pays produit de l'or.
• Fig., Ce pays, ce siècle a produit beaucoup de grands hommes, Beaucoup de grands hommes sont nés dans ce pays, dans ce siècle.
• PRODUIRE, se dit aussi D'une charge, d'un emploi, d'une somme d'argent, etc., et signifie, Rapporter, donner du profit. Sa charge lui produit tant par an. Un argent qui ne produit point d'intérêt. Quand vous vous serez beaucoup tourmenté, qu'est-ce que cela vous produira?
• Se dit encore en parlant Des ouvrages de l'esprit et de l'art, et signifie, Faire, composer, créer. C'est un homme qui a l'esprit fécond, il a produit quantité d'ouvrages. Il a beaucoup produit. L'art n'a jamais rien produit de plus beau.
• Se dit de même en parlant D'agriculture et d'industrie. Tout ce que l'industrie et l'agriculture produisent. Ce genre d'industrie, cette manufacture produit des objets d'une grande utilité.
• PRODUIRE, signifie aussi, Causer, être cause, procurer. La guerre produit de grands maux. Les exhalaisons de ce marais ont produit beaucoup de maladies. Un testament qui a produit de grands procès. L'intérêt, qui a produit tant de crimes. Cela produisit un bien. Cela pourra produire un bon effet, un mauvais effet.
• PRODUIRE, signifie encore, Exposer à la vue, soumettre à la connaissance, à l'examen. Produire des titres, des pièces justificatives. Produire une pièce dans un procès.
• Produire des témoins, Faire entendre des témoins en justice.
• Fig., Produire des autorités, des raisons, Alléguer des autorités, mettre en avant des raisons.
• PRODUIRE, s'emploie absolument, en termes de Procédure, et signifie, Donner par écrit les moyens qu'on a pour soutenir sa cause, avec les pièces justificatives. Produire au greffe. Le délai pour produire. Les parties ont produit.
• Les parties ont été appointées à écrire, produire et contredire, L'affaire n'ayant pu être jugée à l'audience, on a ordonné aux parties de fournir leurs raisons par écrit, et de produire leurs pièces.
• PRODUIRE, signifie encore, Introduire, faire connaître. Produire un homme dans le monde, à la cour. C'est lui qui l'a produit dans le monde. Un de ses amis l'a produit à la cour.
• S'emploie, en ce sens, avec le pronom personnel. Il s'est produit dans cette société. Son talent s'est produit avec éclat. Il s'est produit de lui-même.
• PRODUIT, ITE. participe
• PRODUIT, est aussi substantif masculin, et signifie, Ce que rapporte une charge, une terre, une ferme, une maison, etc., en argent, en denrées, en droits, etc. Le produit de cette charge, de cette ferme, de cette terre, etc., est de tant. Il vit du produit de sa terre, du produit de son travail, du produit de sa plume. Il abandonne à ses enfants le produit de sa maison. Il a augmenté le produit de son bien par des améliorations.
• Produit net, Ce que rapporte un bien, tous frais faits et toutes charges déduites.
• PRODUIT, se dit aussi, surtout en Économie politique, Des productions de l'agriculture et de l'industrie. En ce sens, on ne l'emploie guère qu'au pluriel. Les produits agricoles. Les produits de l'industrie. Cette province n'a point de débouchés pour l'écoulement de ses produits.
• PRODUIT, en Chimie, Ce qui résulte d'une opération artificielle ou naturelle. Produit chimique. Le produit d'une cristallisation. Produits volcaniques.
• PRODUIT, en Arithmétique, Le nombre qui résulte de deux nombres multipliés l'un par l'autre. Huit est le produit de deux et de quatre.
• En termes de Procédure, Acte de produit, Acte qu'on fait signifier pour déclarer qu'on a mis sa production au greffe.

PROÉMINENCE . s. f.
• État de ce qui est proéminent. La proéminence du globe de l'oeil, du nez, etc.

PROÉMINENT
, ENTE. adj.
• Qui est plus en relief que ce qui l'environne. Le nez est proéminent dans le visage de l'homme.

PROFANATEUR .s.m.
• Celui qui profane les choses saintes. JÉSUS-CHRIST chassa du temple tous les profanateurs. Les profanateurs des choses saintes.

PROFANATION . s. f.
• Action de profaner les choses saintes; irrévérence commise contre les choses de la religion. Profanation horrible. La profanation des églises, des vases sacrés. L'usage des paroles de l'Écriture pour des pratiques superstitieuses, est une profanation.
• Se dit, par extension, Du simple abus qu'on fait des choses rares et précieuses. C'est une espèce de profanation que d'employer l'or et l'argent à ces sortes d'usages. Employer un si beau talent à un si indigne usage, c'est une profanation, une vraie profanation.

PROFANE . adj. des deux genres
• Qui est contre le respect qu'on doit aux choses sacrées. C'est une action profane et impie. Discours profane.
• Se dit, plus ordinairement, Des choses qui n'appartiennent pas à la religion, par opposition À celles qui la concernent. Les auteurs profanes. Les histoires profanes. Faire servir les choses sacrées à des usages profanes.
• PROFANE, est aussi substantif, et signifie, Celui qui manque de respect pour les choses de la religion. Il parle des choses les plus sacrées comme un profane. Il n'y a qu'un profane qui puisse parler de la sorte.
• Il se disait particulièrement, chez les Anciens, de Celui qui n'était pas initié à des mystères. Éloigner les profanes.
• Se dit, figurément et par manière de plaisanterie, Des ignorants et des gens grossiers, par opposition Aux savants et aux personnes polies. Il n'appartient pas à un profane de parler sur ce sujet. Il n'admire pas ces monuments, c'est un profane. Le profane vulgaire. Dans ce dernier exemple, Profane est employé adjectivement.
• Se dit aussi, figurément et par plaisanterie, d'Une personne qu'on ne veut point admettre dans une société. Nous ne voulons point de lui, c'est un profane.
• PROFANE, se dit encore, substantivement et absolument, Des choses profanes. Mêler le profane au sacré.

PROFANER . v. a.
• Abuser des choses de la religion, les traiter avec irrévérence, avec mépris, les employer à des usages profanes. Profaner les vases sacrés. Profaner les temples, les églises. Il profane les choses les plus saintes. Profaner la parole de Dieu.
• Cette église a été profanée, Il s'y est commis un meurtre, un assassinat, une action criminelle.
• PROFANER, signifie quelquefois simplement, Rendre une chose sacrée à un usage profane. Pour pouvoir réparer les vases sacrés, il faut d'abord les profaner. Le premier coup de marteau profane un calice.
• PROFANER, signifie encore, Faire un mauvais usage de ce qui est rare et précieux, le dégrader, le traiter avec trop peu de respect. Lire de si belles choses devant un homme qui n'y entend rien, c'est les profaner. C'est profaner son talent que de l'employer à des productions d'un genre si bas. Profaner un monument des arts. Profaner la beauté, l'innocence.
• PROFANÉ, ÉE. participe

PROFECTIF
, IVE. adj.
• .Jurispr. Se dit Des biens qui viennent à quelqu'un des successions de ses père, mère, ou autres ascendants. Biens profectifs. Il est peu usité.

PROFÉRER . v. a.
• Prononcer, articuler, dire. Proférer nettement, distinctement. Il n'a pas proféré une parole, un mot de tout le jour. Ce furent les dernières paroles qu'il proféra en mourant. On ne doit pas proférer le nom de Dieu en vain.
• PROFÉRÉ, ÉE. participe

PROFÈS
, ESSE. adj.
• Se dit De celui ou de celle qui a fait les voeux par lesquels on s'engage dans un ordre religieux, après que le temps du noviciat est expiré. Religieux profès. Religieuse professe.
• Il est aussi substantif. Un jeune profès. Une jeune professe.

PROFESSER . v. a.
• Avouer publiquement, reconnaître hautement quelque chose. Professer une religion. Professer la religion chrétienne, la religion juive, la religion mahométane. Professer le luthéranisme. Professer une doctrine. Socrate professa l'unité de Dieu. Il professe le plus grand respect pour vous. Sa conduite n'est pas d'accord avec les sentiments, les opinions qu'il professe.
• Il signifie aussi, Exercer. Professer un art, un métier. Il professe la médecine.
• Il signifie encore, Enseigner publiquement. Il professe la rhétorique. Il a professé les mathématiques. Il professe la philosophie. On l'emploie quelquefois absolument. Il professe dans l'université. Il professe au collége de France. Il professe bien.
• PROFESSÉ, ÉE. participe

PROFESSEUR .s.m.
• Celui qui enseigne quelque science, quelque art dans une école publique ou particulière. Professeur de philosophie, en philosophie. Professeur de mathématique. Professeur en théologie, en droit, en médecine. Professeur de rhétorique, de seconde, de troisième, etc. Professeur de littérature, de grec, de langue grecque. C'est un bon professeur, un habile professeur, un savant professeur. Professeur de déclamation, de chant. Le cours de ce professeur est fort suivi. Chaire de professeur. Les professeurs d'un collége. Il est professeur au collége de Louis le Grand.
• Se dit figurément d'Un auteur, en parlant de sa doctrine; et il se prend ordinairement en mauvaise part. Cet écrivain est un professeur d'athéisme, d'impiété, etc.
• PROFESSEUR, se dit quelquefois de Celui qui exerce un art et en fait profession; par opposition au simple amateur qui le cultive. Cet homme n'est pas un simple amateur en musique, c'est un professeur.

PROFESSION . s. f.
• Déclaration publique d'un sentiment habituel. Je fais profession d'être votre obligé, j'en fais une profession publique, une profession solennelle. Les sentiments dont il fait profession. Il fait profession de principes fort sévères, fort relâchés. Il fait profession publique de déisme. Il fait hautement profession de vous être attaché.
• Fam., Faire profession d'une chose, Y mettre de la prétention, s'en piquer particulièrement. Il fait profession d'être sincère, de tenir sa parole. Il fait profession de haine et de mépris pour le genre humain. Il fait profession de bel esprit. Il fait profession d'injurier tout le monde.
• Profession de foi, Déclaration publique de sa foi et des sentiments qu'on tient pour orthodoxes. Se dit aussi, par extension, en parlant Des sentiments politiques ou autres. Faire une profession de foi. Faire sa profession de foi politique.
• Faire profession d'une religion, Être d'une religion, l'exercer, la pratiquer ouvertement. On dit aussi, Faire profession d'une doctrine.
• PROFESSION, se dit aussi de Tous les différents états et de tous les différents emplois de la vie civile. De quelle profession est-il? Quelle est sa profession? Embrasser une profession. Choisir une profession. Vivre selon sa profession. La profession d'avocat, de médecin. La profession des armes. Exercer une profession. C'est une profession pénible et d'une grande sujétion. Il est d'une profession fort honnête, fort honorable. Il est habile dans sa profession. Il est comme tous les gens de sa profession. Il s'y trouva des gens de toutes sortes de professions. Il est tailleur de profession, de sa profession.
• Un dévot de profession, Un homme qui affecte de passer pour dévot; et, Un athée de profession, Un homme qui se dit athée, qui affiche l'athéisme.
• Un joueur, un ivrogne, un libertin de profession, Un homme qui est dans l'habitude de se livrer au jeu, à l'ivrognerie, au libertinage.
• Un savant de profession, un érudit de profession, Un homme qui se consacre à l'étude des sciences, à l'érudition.
• PROFESSION, signifie encore, L'acte par lequel un religieux ou une religieuse fait les voeux de religion, après que le temps de son noviciat est expiré. Assister à la profession d'un religieux, d'une religieuse. Il a fait profession dans tel ordre. Un religieux, une religieuse ne peuvent faire profession qu'à un certain âge. Depuis sa profession. Il a trente années de profession.

PROFESSO
(EX) Locution
• empruntée du latin. Avec soin, en homme instruit, en homme qui a étudié son sujet. Il en parle ex professo. Il a traité cette matière ex professo.

PROFESSORAL
, ALE. adj.
• Qui appartient, qui a rapport à la qualité, à la condition de professeur. Un ton professoral. Il est dégoûté de la vie professorale.

PROFESSORAT .s.m.
• L'emploi, l'état, la condition d'un homme qui professe quelque science. Le professorat est un des états qui méritent le plus d'être honorés. Il a vingt années de professorat. Durant son professorat.

PROFIL .s.m.
• (On prononce l'L, mais elle n'est pas mouillée.) .Peinture. Se dit proprement Du trait et de la délinéation du visage d'une personne, vu par un de ses côtés, soit en réalité, soit en peinture. En ce sens, il est opposé à Face. Il est plus aisé de peindre de profil que de peindre de face. Une tête de profil. Un visage de profil. Elle est plus belle de face que de profil. Cette femme a un beau profil. Je ne l'ai aperçu, je ne l'ai vu que de profil.
• Se dit aussi de L'aspect, de la représentation d'une ville, ou de quelque autre objet vu d'un de ses côtés seulement; et en ce sens il est opposé à Plan. Une carte de Paris en profil. Le profil de la ville de Paris.
• Se dit aussi de La délinéation d'un bâtiment et généralement de toutes sortes d'ouvrages de maçonnerie et d'architecture, représentés dans leur élévation comme coupés par un plan perpendiculaire. Le profil d'un bâtiment fait connaître les dimensions intérieures. Le profil d'une forteresse, d'un bastion.
• Il signifie particulièrement, Le contour d'un membre d'architecture. Le profil d'une corniche donne exactement la forme de toutes les moulures. Les cinq ordres diffèrent beaucoup dans leurs profils.

PROFILER . v. a.
• .Dessin. Représenter en profil. Il ne s'emploie guère qu'en Architecture. Profiler une corniche, un entablement, etc., Dessiner la coupe d'une corniche, d'un entablement, etc.
• Il signifie particulièrement, Donner aux contours d'un ouvrage d'architecture le caractère qui leur convient. La façade de cet édifice est profilée avec goût.
• PROFILÉ, ÉE. participe

PROFIT .s.m.
• Gain, bénéfice, émolument, avantage, utilité. Grand profit. Profit médiocre. Profit légitime. Profit clair et net. Tirer du profit d'une affaire. Ils ont partagé le profit ensemble. C'est un homme qui ne songe qu'à son profit. Il a fait un grand profit dans le commerce, dans cette entreprise. Il fait profit de tout. Une amende applicable au profit des pauvres, des prisonniers. Cette obligation est passée au profit d'un tel. Cette affaire, dont vous n'attendiez rien, doit tourner à votre profit. Il y a un grand profit à cela, un grand profit à faire en cela. Il n'y a ni honneur ni profit à ce métier. Vous en aurez tout le profit. Il ne faut pas négliger les petits profits. Ce sont les profits de sa charge.
• Mettre une chose à profit, L'employer utilement: on le dit au propre et au figuré. C'est un homme qui met tout à profit. Mettre son argent, son temps, ses moments, son loisir à profit. Mettre à profit de sages conseils.
• Fam., C'est un profit tout clair, C'est un profit évident, manifeste. Se dit quelquefois au figuré. Je ne suis point allé au spectacle, et j'ai employé ma soirée à travailler; c'est un profit tout clair. On dit aussi quelquefois, C'est tout profit.
• Faites-en votre profit, se dit en parlant D'une chose qu'on abandonne à quelqu'un. Se dit aussi en parlant D'un avis qu'on donne. Je vous donne un avis sage, faites en votre profit.
• Une chose faite à profit, à profit de ménage, Une chose faite de manière à pouvoir long-temps servir, à durer longtemps. Voilà un habit, un meuble fait à profit. Voilà de la besogne faite à profit de ménage.
• Faire du profit, se dit, dans le ménage, Des choses qui ne se consomment pas trop promptement, et qui sont d'un usage économique. Cette espèce de bois à brûler fait beaucoup de profit. Dans les familles nombreuses, le pain tendre ne fait point de profit.
• PROFITS, au pluriel et employé absolument, Les petites gratifications que les domestiques reçoivent, les petits avantages qu'ils se procurent. Il y a beaucoup de profits dans cette maison. Ce domestique se fait tant par ses profits. Il a tant, sans compter les profits.
• En Jurispr. féod., Profits de fiefs, Les droits de quint, requint, relief, lods, ventes, qui revenaient au seigneur à raison des mutations de vassaux ou de censitaires.
• PROFIT, se dit, au sens moral, Du progrès qu'on fait dans les études. Il a fait beaucoup de profit depuis qu'il est sous tel maître. Il est peu usité. On dit plus ordinairement, Il a fait beaucoup de progrès, ou Il a beaucoup profité, etc.
• Se dit aussi de L'instruction qu'on acquiert par ses lectures, par ses études, etc., du fruit qu'on en tire. Pour lire avec profit, il faut... Il a tiré beaucoup de profit de ses lectures, de ses études. Il a beaucoup étudié; quel profit en a-t-il tiré? Il n'a tiré aucun profit du sermon qu'il vient d'entendre. On dit plus ordinairement, Pour lire avec fruit, etc.

PROFITABLE . adj. des deux genres
• Utile, avantageux. Cela ne vous sera guère profitable. Un emploi profitable. On lui avait donné des avis profitables, s'il eût voulu les suivre. Cette conquête fut plus glorieuse que profitable.

PROFITER . v. n.
• Tirer un émolument, faire un gain. Il a beaucoup profité sur les marchandises qu'il a vendues. Il profite à ce marché. Il s'est associé à des gens avec lesquels il a beaucoup profité.
• Il signifie aussi, Tirer de l'avantage, de l'utilité de quelque chose que ce soit. Profiter du temps. Profiter de l'occasion. Profiter des conjonctures. Profiter des bons avis, des exemples, des instructions. Il n'a pas su profiter de ses avantages. Il a mal profité des avertissements qu'on lui avait donnés. Profiter des fautes d'autrui. Il a fait destituer son ennemi, et il a profité de sa dépouille.
• PROFITER, se dit souvent Des choses, et signifie, Rapporter du profit, procurer du gain. Ce commerce lui a bien profité, lui a peu profité. Il a mis son argent dans le commerce pour le faire profiter. Son argent ne lui profite point, il aime mieux le garder chez lui que de le placer.
• Il signifie aussi, Être utile, servir. Tous les avis qu'on lui a donnés ne lui ont profité de rien. Tout ce qu'il a fait n'a profité de rien à sa famille. Cela n'a profité ni à lui ni aux siens. Il ne lui a de rien profité d'avoir été si attaché à ses intérêts. Rien ne lui profite. De quoi, en quoi cela vous profitera-t-il? Les biens mal acquis ne profitent jamais.
• PROFITER, signifie aussi, Faire du progrès en quelque chose. Profiter en vertu, en sagesse, en science. Il a beaucoup profité avec ce précepteur-là. Il a profité dans le commerce des gens instruits, dans la fréquentation des honnêtes gens.
• Se dit aussi Des personnes et des animaux qui prennent de l'accroissement, qui se fortifient. Cet enfant profitait à vue d'oeil. Il ne profite point depuis qu'on l'a tiré de nourrice. Voilà un jeune garçon qui a beaucoup profité en peu de temps. Ce pâturage est mauvais, les bestiaux n'y profitent point.
• Se dit encore Des arbres, des plantes qui viennent bien. Les arbres profitent dans une terre nouvellement défoncée. C'est un terrain où les arbres ne profitent point.

PROFOND
, ONDE. adj.
• Qui a une cavité considérable, dont le fond est éloigné de la superficie, de l'ouverture, du bord, etc. Se dit plus généralement Des choses qui vont de haut en bas. Puits profond. Précipice profond. Rivière profonde. Vase profond. Antre profond. Grotte profonde.
• Racines profondes, Racines qui plongent très-avant dans la terre. Cet arbre a jeté de profondes racines.
• Blessure, plaie profonde, Blessure, plaie qui pénètre fort avant dans les chairs.
• Profonde révérence, profonde inclination, Révérence, inclination faite en se courbant extrêmement bas.
• Solitude profonde, retraite profonde, Solitude, retraite fort éloignée de la fréquentation, du commerce des hommes.
• En termes de Tactique, L'ordre profond, par opposition à L'ordre mince. Voy. ORDRE.
• PROFOND, s'emploie figurément, au sens moral, et signifie, Qui est difficile à pénétrer, à connaître. Ces sciences sont trop profondes pour lui. Ce que vous dites là est trop profond pour moi. Ce sont des choses si profondes, que les hommes n'y connaissent rien. Les jugements de Dieu sont si profonds, qu'on ne les peut sonder ni pénétrer. Une politique profonde. Une dissimulation profonde. Je vous demande là-dessus le plus profond secret. Le plus profond mystère couvre, cache toutes ses opérations.
• Il signifie aussi, Qui pénètre fort avant dans la connaissance des choses. Un profond savoir. Une profonde érudition. Une science profonde. Cela demande une profonde méditation. Il a de profondes connaissances en histoire. Il a l'esprit profond. C'est un homme d'un esprit profond. Une idée juste et profonde. Un écrit profond.
• Se dit en ce sens Des personnes. C'est un homme profond. Un savant profond. Un profond mathématicien. Un profond politique. Un profond penseur. Il est profond dans les mathématiques, dans la jurisprudence.
• Un profond scélérat, Un scélérat consommé, qui met beaucoup de réflexion et de calcul dans ses desseins criminels.
• PROFOND, signifie aussi simplement, Grand, extrême dans son genre; et, dans cette acception, il se dit tant Des choses physiques que des choses morales. Obscurité profonde. Nuit profonde. Profond silence. Profond sommeil. Profond respect. Profonde mélancolie. Profonde humiliation. Profonde sécurité. Profonde ignorance. Profond chagrin. Douleur profonde. Profonde affliction. Profonde tristesse. C'est un homme d'une profonde sagesse.
• PROFOND, s'emploie quelquefois substantivement. Du profond des enfers. Il est tombé au plus profond du gouffre.

PROFONDÉMENT . adv.
• Bien avant, d'une manière profonde. Se dit au propre et au figuré. Creuser la terre trop profondément. Un arbre profondément enraciné. Saluer profondément quelqu'un. Dormir profondément. Il a cela gravé profondément dans le coeur. Méditer profondément sur quelque chose. Sentir profondément une injure. Il est profondément versé dans cette science, dans ces matières. Il est profondément affligé.

PROFONDEUR . s. f.
• L'étendue d'une chose considérée depuis la superficie ou l'entrée jusqu'au fond. La profondeur d'un précipice. La profondeur d'une rivière. La profondeur d'un abîme. La profondeur d'un puits.
• PROFONDEUR, en Géométrie, La dimension d'un corps considérée de haut en bas. Il y a trois dimensions, longueur, largeur et profondeur.
• PROFONDEUR, en termes de Tactique, a le même sens qu'Épaisseur ou Hauteur. Une troupe rangée sur tant d'hommes de profondeur, sur une grande profondeur.
• PROFONDEUR, signifie aussi, dans le langage ordinaire, Étendue en longueur. Cette cour a tant de profondeur. Ce bâtiment a plus de profondeur que de largeur. Vingt toises de profondeur. Cette cour a tant de mètres de large, et tant de mètres de profondeur.
• PROFONDEUR, s'emploie figurément en parlant Des choses difficiles à pénétrer, à comprendre. La profondeur des Jugements de Dieu. La profondeur des mystères. Les hommes vulgaires ne peuvent sonder la profondeur de pareils desseins. L'esprit humain s'abîme dans les profondeurs de la foi.
• Il signifie aussi, figurément, Grande étendue, grande pénétration. La profondeur de son savoir, de son érudition, de son esprit. Il a de la profondeur dans l'esprit, dans les idées.

PROFUSÉMENT . adv.
• Avec profusion. Il donne profusément.

PROFUSION . s. f.
• Excès de libéralité ou de dépense. Donner avec profusion. Ce prince fait de grandes profusions. Dans ce festin, il y avait une profusion extraordinaire. Il y avait profusion de toutes sortes de gibiers. Tout y était en profusion. Cela allait jusqu'à la profusion. Ses profusions l'ont ruiné.
• Fig., Donner des louanges avec profusion, à profusion, Les prodiguer, en donner plus qu'il ne convient.

PROGÉNITURE . s. f.
• Ce qu'un homme, ce qu'un animal a engendré. Tout père aime sa progéniture. Il est vieux, et ne se dit guère qu'en plaisantant.

PROGNOSTIC .s.m.
• .Médec. Voyez PRONOSTIC.

PROGNOSTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui fournit le pronostic. Signes prognostiques.

PROGRAMME .s.m.
• Placard, écrit qu'on affiche ou qu'on distribue pour annoncer quelque exercice, pour proposer quelque prix, etc. Distribuer des programmes. Le programme des prix de l'Académie. Faire la lecture du programme. Le programme d'un concert. Ce morceau n'était pas porté sur le programme. Le programme d'un spectacle, d'une fête.

PROGRÈS .s.m.
• Avancement, mouvement en avant. Le progrès du soleil dans l'écliptique. Le progrès journalier du soleil. Arrêter le progrès, les progrès du feu, de l'incendie. Le feu avait fait de grands progrès avant l'arrivée des pompiers. L'inondation fait à chaque instant de nouveaux progrès.
• Se dit, particulièrement, d'Une suite d'avantages remportés à la guerre. Ce général a fait de grands progrès en peu de temps, et avec peu de troupes. Arrêter les progrès des ennemis.
• PROGRÈS, se dit figurément de Toute sorte d'avancement, d'augmentation en bien ou en mal. Le commencement, le progrès et la fin d'une maladie. Empêcher les progrès d'une maladie. Les maux ont leur progrès. Faire du progrès, des progrès dans les études, dans les sciences, dans les bonnes grâces de quelqu'un, dans la vertu, dans la piété. La religion catholique fit de grands progrès dans ces contrées. Les sciences ont fait de grands progrès dans ce siècle. Cette circonstance a suspendu, ralenti, arrêté le progrès de la civilisation, le progrès des lumières. Je remarque un grand progrès dans l'intelligence, dans l'instruction de cet enfant. Je m'intéresse aux progrès de cet écolier.

PROGRESSIF
, IVE. adj.
• Il est particulièrement usité en style didactique et dans cette locution, Mouvement progressif. Marche, mouvement en avant. Le mouvement progressif des animaux. L'huître est privée du mouvement progressif. Le mouvement progressif de la lune. Le mouvement progressif de Jupiter.
• S'emploie quelquefois figurément, et signifie, Qui avance, qui fait des progrès. La marche progressive des idées, de l'esprit humain, de la civilisation.

PROGRESSION . s. f.
• Il est principalement usité en style didactique et dans cette locution, Mouvement de progression, Marche, mouvement en avant. La plupart des animaux sont doués du mouvement de progression.
• PROGRESSION, s'emploie aussi figurément, et signifie, Marche, suite non interrompue. La progression des causes, des effets. Il n'y a point de progression de causes à l'infini. La progression naturelle de l'esprit humain devait amener ce changement. L'ordre de ces expressions n'est pas conforme à la progression logique des idées. Il y a dans cet ouvrage une progression d'intérêt bien soutenue.
• PROGRESSION, en Mathématique, Suite de nombres ou de quantités qui dérivent successivement les unes des autres, suivant une même loi. Progression arithmétique, Celle où la différence de chaque terme au terme précédent est constante. Progression géométrique, Celle où le rapport de chaque terme au terme précédent est constant. Progression indéfinie, Celle qui est indéfiniment continuée. Un, trois, cinq, sept, neuf, onze, etc., sont des grandeurs en progression arithmétique. Deux, quatre, huit, seize, trente-deux, etc., forment une progression géométrique. La progression est dite croissante ou décroissante, selon que les termes vont en augmentant ou en diminuant.

PROGRESSIVEMENT . adv.
• D'une manière progressive.

PROHIBER . v. a.
• Défendre, faire défense. Il n'est guère d'usage qu'en style de Législation et de Palais. On a prohibé l'exportation, l'importation, la vente de telle marchandise. Cela est prohibé par les ordonnances. Prohiber le port d'armes. Les lois prohibent le mariage entre parents en ligne directe.
• PROHIBÉ, ÉE. participe, Marchandises prohibées. Commerce prohibé. Livres prohibés.
• Armes prohibées, Armes dont la police interdit le port et l'usage.
• Degré prohibé, Le degré de parenté où la loi défend de se marier.

PROHIBITIF
, IVE. adj.
• Qui défend, qui interdit, qui restreint. Lois prohibitives. Régime prohibitif.

PROHIBITION . s. f.
• Inhibition, défense. Les prohibitions sont en général défavorables au commerce et à l'industrie. La prohibition du port d'armes.

PROIE . s. f.
• Ce que les animaux carnassiers ravissent pour le manger. Le lion se jeta sur sa proie. Le loup emporta sa proie dans le bois. Les vautours vivent de proie. Deux animaux qui se disputent une proie. La plupart des animaux sont la proie les uns des autres. On força ce loup à lâcher sa proie. Suivre sa proie. S'acharner sur sa proie.
• Oiseau de proie, Oiseau qui donne la chasse au gibier, et qui s'en nourrit.
• PROIE, se dit figurément d'Un butin fait à la guerre, et en général de Toute chose dont on s'empare avec violence, avec une sorte de rapacité, etc. Être ardent à la proie. Partager la proie. Toutes ces richesses furent la proie du vainqueur. Sa fortune devint la proie d'avides héritiers. Plusieurs fois les monuments des arts de l'antiquité devinrent la proie des barbares. Ce royaume, attaqué par plusieurs ennemis, devint la proie du plus fort.
• Se dit aussi, figurément, en parlant Des personnes qui ont beaucoup à souffrir des vices, des passions des autres, ou de leurs propres passions. Être en proie à l'avidité, à la cupidité des usuriers. Il est en proie à la rapacité de ses valets, de ses domestiques. Il est en proie à la calomnie, à la médisance. Une femme inconsidérée devient la proie des médisants. Dénué de tous ses appuis, il demeura, il resta en proie à la vengeance. Il est en proie à ses passions, à sa douleur, à la tristesse. Se livrer en proie à ses passions, à sa douleur. Être la proie de ses passions.
• Se dit aussi en parlant Des choses qui détruisent ou ravagent. Plus de vingt maisons ont été la proie des flammes. Ce pays est en proie à toutes les calamités, aux plus horribles fléaux. La ville était en proie aux horreurs de la famine.

PROJECTILE .s.m.
• .Mécanique. Tout corps lancé par une force quelconque. Les projectiles, abstraction faite de la résistance de l'air, doivent décrire une parabole, quand ils sont jetés obliquement.
• Se dit particulièrement, en termes d'Art militaire, Des bombes, des boulets, des obus, etc. Un amas de projectiles.
• S'emploie quelquefois comme adjectif des deux genres. Mouvement projectile, force projectile, Mouvement de projection, force de projection.

PROJECTION . s. f.
• .Mécanique. Action de jeter, de lancer un corps pesant. Projection perpendiculaire, horizontale, oblique. La théorie du mouvement de projection a perfectionné l'art de jeter les bombes.
• PROJECTION, en termes de Chimie, Opération qui consiste à jeter par cuillerée dans un creuset, mis entre des charbons ardents, quelque matière en poudre qu'on veut calciner.
• Poudre de projection, Poudre avec laquelle les alchimistes prétendaient changer les métaux en or.
• PROJECTION, en termes de Géographie et de Perspective, Représentation de la sphère ou de tel autre corps, faite sur un plan, d'après certaines règles géométriques. Projection de la sphère. Toutes les lignes d'heures tracées sur les cadrans solaires, sont les projections des méridiens célestes sur la surface du cadran. Projection orthographique, stéréographique, gnomonique. On nomme Plan, la projection d'un édifice sur une surface horizontale, et Élévation la projection d'un édifice sur une surface verticale.

PROJECTURE . s. f.
• T. d'Archit. Saillie ou avance horizontale des divers membres d'architecture.

PROJET .s.m.
• Dessein, entreprise; arrangement des moyens qu'on croit utiles pour exécuter ce qu'on médite. Un grand projet. Un beau, un sage projet. Un projet magnifique. De vains projets. Des projets inutiles, illusoires, romanesques. Former un projet. Concevoir un projet. Faire des projets. Exécuter un projet. Si mes projets réussissent, s'accomplissent. Je seconderai votre projet. Je me prête à votre projet. Je m'oppose à votre projet. Cela dérange, déconcerte mon projet. J'abandonne mon projet. Il suit son projet avec ardeur. Confondre, détruire les projets des ennemis. Il a vu avorter, échouer tous ses projets. Faire de grands projets de divertissements pour l'hiver. J'ai un projet d'établissement. Je forme des projets de retraite, que j'effectuerai bientôt. Ce projet n'est qu'une menace. Il y a loin du projet à l'exécution. Ceci n'est encore qu'en projet. Ce projet dort. Un homme à projets.
• PROJET, se dit aussi de La première pensée, de la première rédaction de quelque acte, de quelque écrit. Faire un projet d'articles pour un mariage. Dresser un projet de ligue offensive, défensive. Dresser un projet d'acte. Rédiger, présenter, discuter un projet de loi. Il m'a fait voir le projet de l'ouvrage qu'il veut donner au public. Ce n'est encore qu'un simple projet. C'est un projet à peine ébauché.

PROJETER . v. a.
• Former le dessein de. Projeter une entreprise. On n'exécute pas tout ce qu'on projette. Dès qu'il a projeté une chose. il l'exécute. Il vient à bout de tout ce qu'il projette. Il avait projeté dans son esprit de faire telle et telle chose. Il projette un grand voyage. Il projette d'aller en Italie. Il projette un grand ouvrage. Il projette de grandes choses, de faire de grandes choses.
• S'emploie quelquefois absolument. Perdre son temps à projeter, à projeter en l'air. Cet homme projette sans cesse, et ne fait rien.
• PROJETER, signifie aussi, Tracer sur un plan ou sur une surface quelconque la sphère ou tel autre corps, suivant certaines règles géométriques. Projeter les cercles horaires avec l'équinoxial et les tropiques sur un cadran.
• Il signifie encore, Jeter, diriger en avant. Projeter un corps obliquement. Un corps qui projette son ombre sur un autre.
• PROJETER, avec le pronom personnel, signifie, Paraître en avant. Cette figure se projette dans le tableau. Ce corps de logis se projette trop sur la façade de l'édifice. Quand le soleil est à son levant ou à son couchant, l'ombre se projette au loin.
• PROJETÉ, ÉE. participe

PROLÉGOMÈNES .s.m. pl.
• T. didactique. Longue et ample préface qu'on met à la tête d'un livre, pour donner les notions les plus nécessaires à l'intelligence des matières qui y sont traitées. Les prolégomènes de la Bible. Les prolégomènes de la philosophie.

PROLEPSE . s. f.
• Figure de rhétorique par laquelle on va au-devant des objections de l'adversaire.

PROLEPTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit D'une fièvre dont chaque accès anticipe sur le précédent.

PROLÉTAIRE .s.m.
• T. d'Antiq. romaine. Se dit de Ceux qui formaient la sixième et dernière classe du peuple, et qui, étant fort pauvres et exempts d'impôts, n'étaient utiles à la république que par les enfants qu'ils engendraient. Les prolétaires étaient exempts d'aller à la guerre.
• Se dit, par extension, dans les États modernes, de Ceux qui n'ont ni fortune ni profession suffisamment lucrative.

PROLIFÈRE . adj. des deux genres
• .Bot. Se dit De certaines fleurs du centre desquelles naissent d'autres fleurs. Rose prolifère.

PROLIFIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui a la vertu d'engendrer. Vertu prolifique. Semence, liqueur prolifique.
• Remèdes prolifiques, Remèdes auxquels on attribuait la propriété d'accroître les forces génératrices.

PROLIXE . adj. des deux genres
• Trop étendu, trop long, diffus. Il ne se dit proprement que Des discours, et Des personnes par rapport aux discours. Un discours devient froid et languissant, quand il est prolixe. Style prolixe. C'est un homme prolixe dans ses discours. Il écrit purement, mais il est prolixe.

PROLIXEMENT . adv.
• D'une manière prolixe. Il écrit bien prolixement. Il est peu usité.

PROLIXITÉ . s. f.
• Diffusion, longueur inutile et fatigante dans le discours. Il faut éviter la prolixité. Il écrit avec une prolixité ennuyeuse, fatigante.

PROLOGUE .s.m.
• Préface, avant-propos. Saint Jérôme dans ses prologues sur les livres de la Bible. Le prologue de la loi salique.
• Se dit plus ordinairement d'Un ouvrage qui sert de prélude à une pièce dramatique. Les anciens ne faisaient guère de pièces de théâtre sans prologue. En France, on a longtemps mis des prologues au commencement des opéras.

PROLONGATION . s. f.
• Le temps qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose. Après la prolongation de la trêve. Il a obtenu une prolongation de six mois. Prolongation de congé. Prolongation de terme.

PROLONGE . s. f.
• T. d'Artillerie. Cordage qui sert pour la manoeuvre des bouches à feu. Traîner un canon à la prolonge.
• Se dit aussi d'Une voiture d'artillerie que l'on nomme plus exactement Chariot à munitions.

PROLONGEMENT .s.m.
• Extension, continuation de quelque portion d'étendue. Prolongement d'une ligne, d'un chemin, d'un mur. Prolongement de certaines parties du corps. La queue, dans les animaux, est un prolongement de l'épine dorsale.

PROLONGER . v. a.
• Faire durer plus longtemps, rendre de plus longue durée. Prolonger une affaire. Prolonger une trêve. Prolonger les maux, les misères, les souffrances de quelqu'un. Prolonger la guerre. Prolonger le terme d'un payement. Prolonger les jours de quelqu'un. Ce régime a prolongé ses jours, a prolongé sa vie. Ne prolongez pas son erreur.
• Il signifie aussi, Étendre, continuer. Prolonger une ligne. Prolonger une avenue, une galerie. Il faudrait abattre ces arbres, pour prolonger la vue.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Les débats se sont prolongés bien avant dans la nuit. Leur vie ne se prolonge guère au delà de ce terme. D'ici la vue se prolonge à l'infini. Le son se prolonge dans les profondeurs de cette caverne. Cette île se prolonge du midi au nord.
• En termes de Marine, Prolonger un vaisseau, Se porter parallèlement à ce vaisseau et fort près, se mettre par son travers de long en long et vergue à vergue avec lui.
• PROLONGÉ, ÉE. participe

PROMENADE . s. f.
• Action de se promener. La promenade lui est salutaire. Faire un tour de promenade. Je m'en vais faire une longue promenade. Il est allé à la promenade. Il est revenu de la promenade. Je suis fatigué de ma promenade. Ses promenades sont courtes. Promenade à pied, à cheval, en voiture, en bateau. Promenade sur l'eau.
• Il signifie aussi, Le lieu où l'on se promène. Il y a de belles promenades autour de sa maison. Le jardin des Tuileries est une magnifique promenade. La promenade de cette ville est fort belle.
• La promenade est belle aujourd'hui, Le temps est favorable pour se promener aujourd'hui.
• Fam., Ce n'est qu'une promenade, se dit en parlant D'un lieu, d'un pays où l'on se rend en peu de temps, qui est ou que l'on trouve peu éloigné. De Paris à Versailles, ce n'est qu'une promenade. Il va en Italie tous les ans; ce qui est un voyage pour les autres, n'est pour lui qu'une promenade.

PROMENER . v. a.
• Mener, conduire, faire aller quelqu'un d'un endroit à un autre, de côté et d'autre, soit pour l'amuser, soit pour qu'il fasse de l'exercice. Promener un enfant, un vieillard, un malade. Il m'a promené dans sa calèche.
• Promener des étrangers par la ville, dans la ville, La leur faire parcourir, la leur faire voir. Il m'est venu de province des parents que j'ai promenés par tout Paris, dans tout Paris.
• Promener un cheval, Le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit en le montant. Promener un cheval échauffé, avant que de le mettre à l'écurie. Promener un cheval qui a les avives. On dit aussi, Promener un chien.
• PROMENER, s'emploie aussi figurément. Promener sa vue, ses yeux, ses regards sur une assemblée. Promener son esprit, son imagination sur divers objets. Il promène ses pensées sur mille objets divers. Ce romancier promène ses lecteurs dans toutes les parties du monde. Promener ses rêveries. Il promène partout ses ridicules. Il promène en tous lieux son inquiétude, son chagrin, son ennui, son oisiveté.
• Fig. et fam., Promener quelqu'un, L'abuser, le lasser par des délais, par des promesses vaines. Au lieu de me payer ce qu'il me doit, voilà six mois qu'il me promène.
• PROMENER, avec le pronom personnel, signifie, Marcher, aller, soit à pied, soit à cheval, soit en voiture, etc., pour faire de l'exercice, ou pour se divertir. Il se promène dans son jardin. Je me suis promené deux heures. Allons nous promener au boulevard. J'ai été me promener ce matin. Se promener à pied, à cheval, en voiture, en bateau. Se promener sur l'eau. Se promener de long en large dans sa chambre.
• S'emploie aussi figurément, en parlant Des choses. Un ruisseau qui se promène lentement dans la prairie. Mes regards se promenaient sur ces riches campagnes.
• Son esprit, son imagination se promène d'un objet à l'autre, Change à tout moment d'objet.
• Prov. et par impatience, par humeur, Allez vous promener, se dit À une personne dont on est mécontent, dont on veut se débarrasser. Allez vous promener, vous m'ennuyez. On dit de même: C'est un sot, un importun, qu'il aille se promener. Je l'ai envoyé promener. Dans cette dernière phrase, on sous-entend le pronom. Ces expressions sont malhonnêtes et injurieuses.
• PROMENÉ, ÉE. participe

PROMENEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui promène quelqu'un. Elle est la promeneuse de cet enfant, de ce vieillard.
• Il signifie aussi, Celui, celle qui se promène. Dans cette acception, on l'emploie surtout au pluriel et par rapport aux lieux publics destinés à la promenade. Il y a beaucoup de promeneurs dans cette allée. La pluie a chassé les promeneurs.
• Il signifie encore, Celui, celle qui aime à se promener. Je ne suis pas promeneur. C'est un grand promeneur.

PROMENOIR .s.m.
• Lieu particulièrement destiné à la promenade. Vous avez un beau promenoir dans votre jardin. Cette galerie sert de promenoir en temps de pluie. Il faut des promenoirs dans les hospices, dans les prisons.

PROMESSE . s. f.
• Assurance qu'on donne de bouche ou par écrit, de faire ou de dire quelque chose. Promesse verbale. Promesse par écrit. Faire de grandes promesses, de magnifiques promesses. Fausser sa promesse. N'ajoutez nulle foi à ses promesses. Ce sont des promesses vaines, trompeuses, illusoires. C'est un homme prodigue de promesses, libéral en promesses. Sur la foi de vos promesses, j'ai tenté cette entreprise, qui ne m'a point réussi. Il faut tenir sa promesse. Garder sa promesse. Satisfaire à sa promesse. Remplir sa promesse, ses promesses. Être fidèle dans ses promesses. Fidèle à sa promesse, en ses promesses. C'est aller contre votre promesse. Je vous ferai souvenir de votre promesse. Je vous somme de votre promesse, de tenir votre promesse. Violer sa promesse. Manquer à sa promesse. S'acquitter de sa promesse, acquitter sa promesse. Me voilà quitte de ma promesse. Accomplir sa promesse. Revenir sur ses promesses. Rétracter une promesse. Il nous a quittés avec promesse de nous rejoindre bientôt. J'ai votre promesse. Je compte sur votre promesse. Il lui a donné une reconnaissance portant promesse. J'ai promesse de lui, j'ai tiré promesse de lui qu'il s'occupera de votre affaire.
• Fig. et fam., Se ruiner en promesses, Faire beaucoup de promesses qu'on ne tient pas.
• Une promesse de mariage, Un écrit par lequel on s'engage à épouser une personne. Il lui a fait une promesse de mariage.
• PROMESSE, se dit aussi, absolument, d'Un billet sous seing privé, par lequel on promet de payer quelque somme d'argent. Promesse payable à volonté, payable en certain temps. Une promesse de mille francs. Il a de lui une promesse. Il est fondé en promesse. Faire reconnaître une promesse. Donner sa promesse. Je vous en ferai ma promesse quand vous voudrez. Déchirer, lacérer une promesse. Retirer sa promesse. Quand vous me rapporterez ma promesse, je vous payerai.

PROMETTEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui promet légèrement, ou sans intention de tenir sa promesse. C'est un grand prometteur. Vous êtes une belle prometteuse. Vous êtes un beau prometteur. Il est familier.

PROMETTRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Mettre.) Donner parole de quelque chose, s'engager verbalement ou par écrit à faire, à dire, à donner, etc. Il faut prendre garde à ce qu'on promet. Être exact à tenir ce qu'on a promis. Vous m'aviez promis de l'argent à Pâques. Je vous promets bien que j'y ferai tout mon possible, mais je ne vous promets pas d'y réussir. Il m'a promis de venir me voir. C'est un homme qui promet toujours, qui promet tout, et qui ne tient rien. Promettre une fille en mariage. Ses parents l'ont promise en mariage à un tel. Il lui a promis obéissance. Il lui a promis fidélité. Ils se sont promis fidélité l'un à l'autre. Il a promis à son père d'être plus studieux, de changer de conduite.
• Prov., Promettre et tenir sont deux, ou, Il y a grande différence entre promettre et tenir, Il y a beaucoup de gens qui ne font pas ce qu'ils ont promis. On dit aussi proverbialement, Ce n'est pas tout de promettre, il faut tenir.
• Prov., Promettre monts et merveilles, Promettre toutes sortes de choses avantageuses. Cela se dit ordinairement De ceux qui, pour engager quelqu'un à faire ce qu'ils désirent, lui promettent beaucoup plus qu'ils ne veulent ou ne peuvent tenir.
• Prov., fig. et pop., Promettre plus de beurre que de pain, Promettre plus qu'on ne veut ou qu'on ne peut tenir.
• Prov. et fig., Il se ruine à promettre, et s'enrichit à ne rien tenir, Il fait beaucoup de promesses et ne les tient pas.
• Promettant, etc., obligeant, etc., renonçant, etc. Formule que les notaires emploient par abréviation à la fin de quelques actes.
• PROMETTRE, s'emploie figurément, et signifie, Annoncer, prédire. Se dit Des personnes et Des choses. Je vous promets du beau temps pour demain. Voilà un ciel qui nous promet du beau temps. Voilà un temps qui promet du chaud, du froid, de la pluie, etc. L'almanach nous promet de la pluie, du beau temps. Cette campagne promet une riche moisson. Le caractère de ce jeune prince leur promettait un règne paisible. Son regard, son accueil nous promettait plus de calme et de douceur qu'il n'en a mis dans cet entretien.
• PROMETTRE, s'emploie aussi figurément comme verbe neutre; et alors il signifie, Faire espérer, donner des espérances. Se dit Des personnes et Des choses. Ce jeune homme promet beaucoup. Cet enfant promet. Il promettait beaucoup dans sa jeunesse. Les blés promettent beaucoup cette année. La vigne promet peu. Voici un commencement d'année qui promet beaucoup. Cette entreprise promet beaucoup, ou simplement, promet.
• PROMETTRE, signifie aussi quelquefois, Assurer qu'une chose sera. Je vous promets que je ne le ménagerai pas. Je vous promets qu'il s'en repentira. Il est familier en ce sens.
• PROMETTRE, s'emploie aussi avec le pronom personnel régime indirect, et signifie, Espérer. Il se promet cela de votre bonté. Je m'étais promis qu'à ma considération, vous consentiriez à le faire. Il se promet d'y être bientôt. Je n'oserais me promettre que vous me ferez cet honneur. Je m'étais promis plus de plaisir que je n'en ai eu. Qui peut se promettre d'éviter un tel malheur? Je ne me promets aucun fruit de cette démarche.
• Il signifie aussi, Prendre une ferme résolution. Elles se sont bien promis de ne plus remettre les pieds dans cette maison. Je me promets bien de profiter de vos conseils. Je me suis promis de ne jamais le revoir.
• PROMIS, ISE. participe, La terre promise, La terre de Chanaan, que Dieu avait promise au peuple hébreu.
• Fig., C'est la terre promise, se dit D'un pays riche et fertile.
• Prov., Chose promise, chose due, On est obligé de faire ce qu'on a promis.

PROMINENCE . s. f.
• État de ce qui est prominent. Il a vieilli.

PROMINENT
, ENTE. adj.
• Qui s'élève au-dessus de ce qui l'environne. Rocher prominent, colline prominente au-dessus des autres. Il a vieilli.

PROMINER . v. n.
• S'élever au-dessus de quelque chose. Ce rocher promine sur les autres. Il a vieilli.

PROMISCUITÉ . s. f.
• Mélange confus et désordonné. Il ne se dit guère qu'en parlant Des personnes. La promiscuité des sexes causait de grands désordres dans cet établissement.

PROMISSION . s. f.
• Il n'est guère usité que dans cette phrase de l'Écriture, La terre de promission, autrement appelée La terre promise, La terre de Chanaan, que Dieu avait promise au peuple hébreu.
• Fig., C'est une terre de promission, se dit D'un pays fort abondant, très-fertile.

PROMONTOIRE .s.m.
• Cap, pointe de terre élevée et avancée dans la mer. Les trois promontoires de Sicile. Le promontoire de Malée. Doubler un promontoire. Ce mot n'est guère usité qu'en parlant de la géographie ancienne: dans la géographie moderne, on dit Cap.

PROMOTEUR .s.m.
• Celui qui prend le soin principal d'une affaire. Il n'est pas le fondateur de cet établissement, l'auteur de cette entreprise, il n'en est que le promoteur.
• Se dit aussi de Celui qui donne la première impulsion pour quelque chose. Ce prince fut le promoteur de la guerre. Il fut le promoteur de cette querelle. Il fut un des plus ardents promoteurs de la réforme.
• PROMOTEUR, est aussi Le titre du procureur d'office, faisant fonction de partie publique dans une juridiction ecclésiastique, dans une assemblée du clergé, dans un concile, dans un chapitre, etc. À la requête du promoteur.

PROMOTION . s. f.
• Action par laquelle on élève à la fois plusieurs personnes à un même grade, à une même dignité. Le pape fit une promotion de quatre cardinaux. Le pape ne fit point de promotion ce jour-là, il ne donna qu'un chapeau. Le roi fit une promotion de pairs, d'officiers généraux. Faire des promotions dans l'armée. Il est maréchal de camp, de la dernière promotion. Nous sommes de la même promotion, lui et moi.
• Se dit, dans le sens passif, de La nomination, de l'élévation d'une ou de plusieurs personnes à une dignité, à un emploi supérieur. Ces pairs, ces officiers, depuis leur promotion... Cet évêque, depuis sa promotion au cardinalat...

PROMOUVOIR . v. a.
• (On ne l'emploie guère qu'à l'infinitif et aux temps composés. ) Avancer, élever à quelque dignité. Ce prince fut promu à l'empire. Il a été promu à la dignité de président de la chambre des pairs. Cet officier général sera incessamment promu à la dignité de maréchal de France. Se faire promouvoir aux ordres sacrés, aux ordres. Il a été promu aux ordres sacrés. Cet ecclésiastique méritait que le pape le promût à la dignité de cardinal. On l'a promu à l'épiscopat.
• PROMU, UE. participe

PROMPT
, OMPTE. adj.
• (On ne prononce pas le second P dans ce mot ni dans ses dérivés.) Soudain, qui ne tarde pas. Je vous souhaite un heureux voyage et un prompt retour. Rendre une prompte réponse. Il a obtenu un prompt succès. Jamais conquête, jamais déroute ne fut plus prompte. Il faut apporter un prompt remède à ce mal. Le succès de l'entreprise dépend d'une prompte exécution. Cet homme a la repartie prompte.
• Il signifie encore, Qui se passe vite, en un moment. Sa joie fut prompte. Son mouvement fut si prompt, qu'on n'eut pas le temps de l'apercevoir. Cela fut prompt comme un éclair, comme l'éclair, comme la foudre.
• Vin prompt à boire, Vin qui se boit dans la primeur, qui demande à être bu promptement.
• PROMPT, se dit aussi Des personnes, et signifie, Vif, actif, diligent, qui ne perd point de temps à ce qu'il fait. C'est un homme prompt dans tout ce qu'il fait. Il est prompt à servir ses amis. Être prompt à juger, à se décider.
• Avoir l'esprit prompt, la conception vive et prompte, Avoir un esprit qui conçoit, qui comprend aisément.
• PROMPT, signifie aussi, Colère, qui s'emporte aisément. Il a l'humeur prompte. Il est d'humeur prompte. Il est si prompt, que le moindre obstacle, la moindre contradiction le met en colère. Une autre fois ne soyez pas si prompt.
• Avoir la main prompte, Être vif, emporté, au point de frapper pour le moindre sujet.

PROMPTEMENT . adv.
• Avec diligence, en peu de temps. Allez là promptement. Ne vous faites pas attendre, revenez promptement.

PROMPTITUDE . s. f.
• Diligence. Agir avec promptitude, avec une grande promptitude, avec une étonnante promptitude. Il vous servira avec promptitude. Il exécute avec promptitude les choses qu'il promet. C'est une affaire qui demande de la promptitude.
• La promptitude de l'esprit, La facilité de l'esprit à concevoir, à entendre.
• La promptitude à croire une chose, La facilité avec laquelle on la croit.
• PROMPTITUDE, signifie aussi, Trop grande vivacité d'humeur, disposition à se mettre en colère. On ne peut le corriger de sa promptitude. Sa promptitude lui nuira.
• Il signifie encore, Mouvement de colère subit et passager; et, dans cette acception, on l'emploie ordinairement au pluriel. Ses promptitudes sont insupportables. Quand sa promptitude est passée. Il est peu usité dans ce sens.

PROMULGATION . s. f.
• Publication des lois, faite avec les formes requises. Les lois sont exécutoires à dater de leur promulgation.

PROMULGUER . v. a.
• Publier une loi avec les formes requises, pour la rendre exécutoire. On ne peut prétendre cause d'ignorance d'une loi qui a été promulguée.
• PROMULGUÉ, ÉE. participe

PRONAOS .s.m.
• (On fait sentir l'S.) T. d'Archit. Partie antérieure des temples anciens.

PRONATEUR . adj. m.
• T. d'Anat. Se dit De deux muscles de l'avant-bras, qui servent au mouvement de pronation. Muscles pronateurs.

PRONATION . s. f.
• T. d'Anat. Il n'est usité que dans cette expression, Mouvement de pronation, Celui par lequel on tourne la main, de manière que la paume regarde la terre. Il est opposé à Supination.

PRÔNE .s.m.
• Instruction chrétienne que le curé ou le vicaire fait tous les dimanches dans la chaire, à la messe paroissiale. Faire le prône. Faire un beau prône. Assister au prône. Le curé ayant achevé son prône. Les bans furent publiés au prône. Les prières du prône.
• Recommander quelqu'un au prône, Le recommander aux prières ou aux charités des fidèles, lorsqu'on est en chaire pour faire le prône.
• Prov. et fig., Recommander quelqu'un au prône, Faire des plaintes de lui à ses supérieurs, dans le dessein de lui attirer quelque réprimande, quelque châtiment.
• PRÔNE, se dit, figurément et familièrement, d'Une remontrance importune qu'une personne fait à une autre. Il lui a fait un beau prône. Je me moque de son prône. Quand donc finira-t-il son prône?

PRÔNER . v. a.
• Faire le prône. Le vicaire nous a prônés ce matin en l'absence du curé. Il est peu usité.
• PRÔNER, signifie figurément, Vanter, louer avec exagération. Il prône cette action partout comme un trait héroïque. Il le prône comme un homme extraordinaire. Il a des amis qui le prônent sans cesse.
• Il signifie aussi quelquefois, Faire de longues et ennuyeuses remontrances; et, en ce sens, il est ordinairement neutre. Il y a deux heures qu'il ne fait que prôner. Que nous prônez-vous là? Dans cette dernière phrase, il est actif.
• PRÔNÉ, ÉE. participe

PRÔNEUR .s.m.
• Celui qui fait un prône. Notre curé est un excellent prôneur. Il est peu usité.
• PRÔNEUR, signifie figurément, Celui, celle qui loue avec excès; et, dans cette acception, il a un féminin: Prôneuse. Cet écrivain a ses prôneurs et prôneuses qui le font valoir.
• Il signifie aussi, Un grand parleur qui aime à faire des remontrances. C'est un prôneur éternel. Il est familier dans les deux dernières acceptions.

PRONOM .s.m.
• .Gram. Celle des parties d'oraison qui tient ou qui est censée tenir la place du nom substantif. Pronom personnel. Pronom personnel indéfini. Pronom possessif. Pronom démonstratif. Pronom relatif. Moi, toi, il, lui, eux, etc., sont des pronoms personnels. (On a plus particulièrement qualifié de Pronoms personnels, dans ce Dictionnaire, le pronom Se et ses analogues Me, te, etc., qui servent à conjuguer les verbes appelés pronominaux.)

PRONOMINAL
, ALE. adj.
• .Gram. Qui appartient au pronom.
• Verbe pronominal, Verbe qui se conjugue avec le pronom personnel de la même personne que le sujet, comme dans ces phrases: Il se loue. Il se donne des louanges. Ces deux femmes se disent des injures. Votre bien s'augmente. Vous vous ennuyez d'attendre. On n'appelle proprement Verbes pronominaux, que les verbes toujours employés avec le pronom personnel, comme Se repentir, s'emparer, s'arroger, etc. --- Verbe pronominal réfléchi. Verbe pronominal réciproque. Voyez RÉFLÉCHI, RÉCIPROQUE.

PRONOMINALEMENT . adv.
• .Gram. Comme verbe pronominal. Le verbe Rire s'emploie quelquefois pronominalement: Se rire de quelqu'un.

PRONONCER . v. a.
• Proférer, articuler les lettres, les syllabes, les mots, en exprimer les sons. Il ne saurait prononcer les R. Il y a des lettres, des syllabes plus difficiles à prononcer les unes que les autres. On ne prononce pas toutes les lettres de certains mots. Il y a beaucoup de mots qu'on prononce autrement qu'on ne les écrit. Les Anglais, les Italiens, etc., prononcent le latin autrement que nous. Dès que le prêtre eut prononcé les paroles sacramentales.
• Il signifie aussi, Réciter, débiter. Prononcer un discours, un sermon, une harangue. Prononcer avec feu, avec grâce. Prononcer lentement, distinctement.
• PRONONCER, signifie encore, Déclarer avec autorité, en vertu de son autorité. Le concile prononça anathème contre Arius. Prononcer une décision, un arrêt, une sentence, un jugement. Fig., L'arrêt que le destin, que le sort a prononcé.
• Se dit, particulièrement, Lorsque celui qui préside une juridiction, une assemblée, déclare ce qui a été décidé à la pluralité des voix. Le président ayant prononcé l'arrêt. L'arrêt fut prononcé en robes rouges.
• Absol., Ce président prononce bien, En prononçant, il a de la dignité, et il fait entendre avec beaucoup d'ordre et de netteté les différents chefs d'un jugement.
• Le greffier a prononcé au criminel son arrêt, sa sentence, Il lui a lu le jugement rendu contre lui.
• Fig., Cet homme a prononcé lui-même sa condamnation, sa sentence, Il s'est condamné par ses propres paroles, par son propre témoignage.
• PRONONCER, est souvent employé comme verbe neutre, dans les deux sens qui précèdent. Il se soumettait sans murmure, quand l'Église avait prononcé. Le législateur a prononcé. La loi a prononcé. Le sort, le ciel a prononcé.
• S'emploie aussi dans le langage ordinaire, et signifie, Déclarer son sentiment sur quelque chose, décider, ordonner. J'attends que vous ayez prononcé. Vous n'avez qu'à prononcer. Dès que vous aurez prononcé, on obéira. On n'a pas encore prononcé sur cette question. Je ne me hâte pas de prononcer en pareille matière. Je ne prononce pas en votre faveur. Je n'ose prononcer entre vous et lui. Je suis hors d'état de prononcer s'il a tort ou raison.
• PRONONCER, avec le pronom personnel, signifie, Faire voir, manifester son intention, son caractère en quelque affaire, en quelque occasion. Il s'est bien prononcé dans cette occasion. Il s'est trop prononcé, pour qu'on puisse douter de son intention. L'opinion publique s'est prononcée sur cette affaire. Prononcez-vous. Il n'ose pas se prononcer. Il faut enfin se prononcer.
• PRONONCER, en termes de Peinture et de Sculpture, Bien marquer, rendre très-sensible quelque partie d'une figure. Prononcer un bras, une main, une jambe, un pied, etc. Ce peintre a le défaut de trop prononcer les muscles de ses figures.
• PRONONCÉ, ÉE. participe, En termes de Peinture, Les muscles de ce bras, de cette jambe sont trop prononcés, Ils sont trop fortement, trop durement marqués.
• Des traits prononcés, Des traits bien décidés, fortement marqués.
• Fig., Un caractère prononcé, Un caractère qui n'a rien d'indécis. Cet enfant a déjà un caractère prononcé.
• PRONONCÉ, s'emploie aussi comme substantif dans cette phrase, Le prononcé de l'arrêt, de la sentence, du jugement, La décision du tribunal telle qu'elle a été prononcée à l'audience.

PRONONCIATION . s. f.
• Articulation, expression des lettres, des syllabes, des mots. La prononciation des lettres. Prononciation nette, distincte. Vice de prononciation. Cet enfant bégaye, il n'a pas la prononciation libre. Il a la prononciation embarrassée. Il manque dans la prononciation de certains mots. La prononciation de ces lettres-là est difficile. Ces mots s'écrivent de même, mais la prononciation diffère.
• PRONONCIATION, signifie aussi, La manière de prononcer, par rapport à l'accentuation, à la prosodie. Prononciation vicieuse. Prononciation locale. La prononciation des Normands diffère beaucoup de celle des Picards. La prononciation des gens du Midi est fortement accentuée.
• Il signifie encore, La manière de réciter, de débiter. Il a la prononciation belle. La prononciation ajoute quelquefois une grande force au discours. La prononciation est une des principales parties de l'art oratoire.
• Il signifie aussi, L'action de prononcer un jugement. Après la prononciation de la sentence, du jugement, etc.

PRONOSTIC .s.m.
• Jugement, conjecture sur ce qui doit arriver. Ce médecin fait ordinairement des pronostics fort justes. Il y a peu de médecins qui aient le pronostic sûr. Ce médecin a le pronostic presque infaillible. Son pronostic n'a pas été véritable. Il n'a pas réussi dans son pronostic. Les politiques se trompent souvent dans leurs pronostics. Vous faites là de malheureux pronostics. Les médecins disent plus ordinairement, Prognostic.
• Se dit aussi Des prétendus jugements que les astrologues tiraient de l'inspection des signes célestes. Les astrologues firent de grands pronostics là-dessus.
• Se dit quelquefois Des signes par lesquels on conjecture ce qui doit arriver. Ce fut un pronostic de ce qu'il devait être un jour. Ce revers fut le pronostic de sa chute. Cela me paraît être d'un heureux pronostic. Je regarde ce petit événement comme un pronostic favorable.

PRONOSTIQUER . v. a.
• Faire un pronostic. Il a pronostiqué tout ce que nous voyons. Dès que le médecin le vit, il pronostiqua ce qui est arrivé. Rien de ce que les astrologues avaient pronostiqué n'arriva. Les sages pronostiquent les événements par la connaissance qu'ils ont de l'état des choses.
• PRONOSTIQUÉ, ÉE. participe

PRONOSTIQUEUR .s.m.
• Celui qui pronostique. Il est familier, et le plus souvent ironique.

PROPAGANDE . s. f.
• La congrégation De propagandâ fide, établie à Rome pour les affaires qui regardent la propagation de la foi. La propagande envoya six missionnaires à la Chine.
• Se dit, par extension, de Toute association qui a pour but de propager certaines opinions politiques, et d'opérer des révolutions. La propagande avait envoyé des émissaires dans ce pays.

PROPAGATEUR .s.m.
• Celui qui propage. Il ne se dit qu'au figuré. Ce missionnaire fut un des plus zélés propagateurs de la foi. Il fut le propagateur de la vaccine dans le département qu'il habitait. Un ardent propagateur des idées nouvelles.

PROPAGATION . s. f.
• Multiplication par voie de génération, de reproduction. La propagation du genre humain. La propagation de l'espèce. On mit dans cette île déserte des animaux dont la propagation fut prodigieuse.
• S'emploie figurément, et signifie, Extension, progrès, accroissement, augmentation. La propagation de la vaccine doit beaucoup au zèle de ce médecin. La propagation de cette épidémie fut d'une effrayante rapidité. Il a travaillé vingt ans à la propagation de la foi. La propagation des connaissances, des lumières, de la philosophie. La propagation des vérités est plus lente que celle des erreurs. Favoriser la propagation des idées, des découvertes utiles.
• PROPAGATION, en termes de Physique, La manière dont la lumière et le son se répandent, dont certains mouvements naissent les uns des autres. La propagation du son est beaucoup plus lente que celle de la lumière. La propagation des ondes, des vibrations des corps.

PROPAGER . v. a.
• Multiplier par voie de génération, de reproduction. On est parvenu à propager cette espèce dans nos climats.
• S'emploie figurément, et signifie, Répandre, étendre, augmenter, faire croître. Des circonstances locales ont contribué à propager l'épidémie. La forme de cet instrument a été calculée de manière à propager le son. Il a tout fait pour propager cette découverte. Propager la foi, l'erreur, la vérité, les lumières, les connaissances, etc.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Cette espèce d'animaux s'est propagée au point de couvrir le pays. Cette maladie s'est propagée à vingt lieues à la ronde. La lumière se propage en ligne droite. Le son se propage en tous sens. Cette mode se propage. Les lumières se propagent. Les vérités se propagent plus lentement que les erreurs.
• PROPAGÉ, ÉE. participe

PROPENSION . s. f.
• Pente, tendance naturelle d'un corps vers un autre corps, vers un point. Tous les corps pesants ont une propension naturelle à descendre.
• Il signifie aussi, figurément, Penchant, inclination. Propension au bien. Propension au mal. Il a de la propension à croire le mal. On le destinait à l'état ecclésiastique, mais il n'y avait aucune propension.

PROPHÈTE .s.m.
• Celui qui prédit l'avenir. En parlant des Hébreux, il se dit de Ceux qui, par inspiration divine, prédisaient l'avenir, ou révélaient quelque vérité cachée aux hommes. Les prophètes ont annoncé le Messie. Dieu a parlé par la bouche des prophètes. Imiter le style des prophètes. Cet homme a le ton d'un prophète, parle d'un ton de prophète.
• Le prophète-roi, le prophète royal, David. Les quatre grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et Daniel. Les douze petits prophètes, Les autres douze prophètes dont on a les prophéties dans l'Ancien Testament.
• PROPHÈTE, en parlant Des gentils, se dit de Certains devins adonnés au culte des faux dieux. Le prophète Balaam avait été appelé pour maudire le peuple d'Israël, mais Dieu lui commanda de le bénir. Élie fit mourir les prophètes de Baal. Les faux prophètes.
• PROPHÈTE, est aussi Le titre que les musulmans donnent à Mahomet. Déployer l'étendard du prophète. Faire un pèlerinage au tombeau du prophète. Les mahométans disent: Il n'y a qu'un Dieu, et Mahomet est son prophète.
• Fig. et fam., Un faux prophète, Un homme qui se trompe dans les prédictions qu'il fait.
• Prov. et fig., Nul n'est prophète en son pays, On a ordinairement moins de succès dans son pays qu'ailleurs.
• Prov. et fig., Voici la loi et les prophètes, se dit en parlant Des livres, des écrits qui font autorité dans la question dont il s'agit. On dit de même, Ce que je vous dis, c'est la loi et les prophètes.
• PROPHÈTE, se dit, figurément et familièrement, de Celui qui, par conjecture ou par hasard, annonce ce qui doit arriver. Vous avez été bon prophète. Je regrette d'avoir été si bon prophète. N'ai-je pas été prophète? J'ai été prophète sans m'en douter. Il fait le prophète.
• Un prophète de malheur, Un homme qui prédit des choses désagréables.

PROPHÉTESSE . s. f.
• Celle qui prédit l'avenir par inspiration divine. Débora est appelée Prophétesse dans l'Ancien Testament. Anne la prophétesse fut une des premières à reconnaître JÉSUS-CHRIST pour le Messie.

PROPHÉTIE . s. f.
• (On prononce Prophécie.) Prédiction des choses futures par inspiration divine. Le don de prophétie. L'accomplissement des prophéties. Expliquer les prophéties. Le sens d'une prophétie. Les prophéties d'Isaïe. Les prophéties d'Ézéchiel. La prophétie a été accomplie.
• Prophétie d'Isaïe, prophétie d'Ézéchiel, etc., Le recueil des prophéties faites par Isaïe, par Ézéchiel, etc.
• PROPHÉTIE, se dit, par extension, de Toute prédiction faite par de prétendus savants, par des gens qui abusent de la crédulité des ignorants. Les prophéties de Nostradamus. Les prophéties de l'almanach de Liége.
• Se dit aussi, figurément, de L'annonce d'un événement futur, faite par conjecture ou par hasard. Ma prophétie s'est malheureusement accomplie. Les prophéties qu'on avait faites de cet événement, furent bientôt démenties.

PROPHÉTIQUE . adj. des deux genres
• Qui est de prophète, qui tient du prophète. Discours prophétique. Esprit prophétique. Style prophétique.

PROPHÉTIQUEMENT . adv.
• En prophète. Il a parlé prophétiquement.

PROPHÉTISER . v. a.
• Prédire l'avenir par inspiration divine. Les patriarches ont prophétisé la venue de JÉSUS-CHRIST.
• Il signifie aussi, figurément et familièrement, Prévoir et dire d'avance ce qui doit arriver. Je vous avais bien prophétisé que cela arriverait.
• PROPHÉTISÉ, ÉE. participe

PROPHYLACTIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Du régime et des remèdes qui entretiennent la santé, et la préservant de tout ce qui peut lui être nuisible. Méthode, traitement prophylactique. Remède prophylactique.

PROPICE . adj. des deux genres
• Favorable. Se dit en parlant De la Divinité, et de toute puissance ou autorité de laquelle dépend notre bonheur ou notre malheur. Dieu nous soit propice! Dieu soit propice à nos voeux! Se rendre le ciel propice. Le destin nous fut propice. Si le sort m'était propice. Je le suppliai de leur être propice. L'accusé, par sa bonne foi, s'est rendu ses juges plus propices. Soyez-moi propice. Jetez sur moi un regard propice, un oeil propice.
• Se dit, par extension, pour Favorable, en parlant Du temps, de l'occasion, de la température, du vent, etc. Avoir l'occasion propice. Avoir le temps propice. C'est l'heure, le moment propice. Avoir la saison propice. Toutes choses lui ont été propices dans son entreprise. Les circonstances lui furent propices. Un vent propice nous conduisit dans le port.

PROPITIATION . s. f.
• (On prononce Propiciation.) Il n'est guère usité que dans ces phrases, Sacrifice de propitiation, victime de propitiation, Sacrifice, victime offerte à Dieu pour le rendre propice, et pour apaiser sa colère. Le sacrifice de la messe est un sacrifice de propitiation.

PROPITIATOIRE . adj. des deux genres
• Qui a la vertu de rendre propice. Il n'est guère usité que dans ces expressions, Sacrifice propitiatoire; offrande, victime propitiatoire.
• PROPITIATOIRE, est aussi substantif masculin, et signifie, Une table d'or très-pur, qui était posée au-dessus de l'arche, et couverte en partie des ailes des deux chérubins placés aux deux côtés de l'arche. Les oracles que Dieu rendait du propitiatoire.

PROPOLIS . s. f.
• Matière résineuse, d'un brun rougeâtre, dont les mouches à miel se servent pour boucher les fentes et les trous de leurs ruches.

PROPORTION . s. f.
• (On prononce Proporcion.) Convenance et rapport des parties entre elles et avec leur tout. Juste proportion. La proportion de tous les membres avec la tête. Les différentes proportions des ordres d'architecture. Une colonne d'une belle proportion. Les proportions sont bien gardées dans ce bâtiment. Observer les proportions. Ce peintre, ce sculpteur entend bien les proportions.
• Cette colonne et son piédestal ne sont pas en proportion, ou Cette colonne n'est pas en proportion avec son piédestal, La grandeur de l'une ne répond pas à celle de l'autre, d'après les règles établies.
• PROPORTIONS, au pluriel, signifie quelquefois, Dimensions. Cela sort des proportions ordinaires. Réduire à de petites proportions. Un ouvrage fait dans de grandes proportions, dans de petites proportions.
• PROPORTION, se dit, au sens moral, de La convenance que toutes sortes de choses ont les unes avec les autres. Quelle proportion y a-t-il de sa dépense avec son revenu? Il n'y a nulle proportion entre les uns et les autres. Du fini à l'infini, il n'y a point de proportion. Il faut mettre le plus de proportion qu'il est possible entre le délit et la peine. Sa fortune et son talent ne sont pas en proportion. Sa place n'est pas en proportion avec son mérite.
• PROPORTION, en termes de Mathématique, L'égalité de deux ou de plusieurs rapports, par différence ou par quotient. Proportion arithmétique. Proportion géométrique. Proportion harmonique. Proportion continue.
• En Arithmétique, Règle de proportion, ou Règle de trois, Celle par laquelle on cherche un nombre qui soit en proportion géométrique continue avec trois nombres donnés.
• Compas de proportion, Instrument composé de deux règles plates qui s'ouvrent et se ferment comme un compas, et qui sert à diverses opérations de géométrie dépendantes des proportions.
• À PROPORTION, EN PROPORTION, PAR PROPORTION. loc. prépositives, Par rapport, eu égard à. Il ne dépense pas à proportion de son revenu. On le payera à proportion de ce qu'il aura fait. Il sera récompensé en proportion de ses services. À proportion que les hommes s'éclaireront, ils seront plus heureux. On dit aussi absolument: Il n'est pas aussi bien payé que l'autre à proportion, en proportion, par proportion. Il a des chevaux, des voitures et de tout à proportion, en proportion. Etc.
• PROPORTION GARDÉE, TOUTE PROPORTION GARDÉE. loc. adverbiales. En tenant compte de l'inégalité, de la différence relative des deux personnes, des deux choses dont il s'agit. Proportion gardée, toute proportion gardée, cette petite fille a plus d'intelligence que sa soeur aînée. Proportion gardée, ce petit jardin vaut mieux, vaut plus que ce grand parc.

PROPORTIONNALITÉ . s. f.
• T. didactique. Condition des quantités qui sont proportionnelles entre elles.

PROPORTIONNEL
, ELLE. adj.
• .Math. Qui a rapport à une proportion, qui est en proportion avec des quantités de même genre. Parties proportionnelles. Lignes proportionnelles. Quantités proportionnelles. Nombres proportionnels. Échelle proportionnelle.
• S'emploie aussi substantivement dans ces phrases: Les deux proportionnelles. Une troisième, une quatrième proportionnelle.
• Moyenne proportionnelle, Quantité moyenne entre deux autres. Moyenne proportionnelle arithmétique, Moitié de la somme de deux quantités inégales. Moyenne proportionnelle géométrique, La racine carrée du produit de deux nombres.

PROPORTIONNELLEMENT . adv.
• .Math. Avec proportion. Réduire proportionnellement un grand plan, un grand dessin, à un petit.

PROPORTIONNÉMENT . adv.
• En proportion, à proportion. Il n'a pas été récompensé proportionnément à son mérite. Il leur a parlé proportionnément à leur capacité. Il est peu usité.

PROPORTIONNER . v. a.
• Garder la proportion et la convenance nécessaire, établir un juste rapport entre une chose et une autre. Il faut proportionner les peines aux délits, les délits et les peines. Proportionner sa dépense à son revenu. Proportionner ses desseins et ses entreprises à ses forces. Proportionner son discours à l'intelligence et à la capacité de son auditoire. La récompense fut proportionnée au service.
• S'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Se proportionner à l'intelligence de ses auditeurs. Cet homme a le bon esprit de se proportionner à tous, c'est-à-dire, De se mettre à la portée des autres, de ne pas affecter plus d'esprit et de capacité qu'eux. Se proportionner à son sujet, Donner à son style le degré d'élévation ou de simplicité que comporte le sujet.
• PROPORTIONNÉ, ÉE. participe, Un corps bien proportionné, une figure bien proportionnée, Un corps, une figure dont toutes les parties ont entre elles le rapport qu'elles doivent avoir. On dit de même: Cet homme, ce cheval est petit, mais il est bien proportionné. Des membres bien proportionnés.

PROPOS .s.m.
• Discours qu'on tient dans la conversation. Propos agréable. Propos fâcheux. Ils ont tenu d'étranges propos. Propos de table. Un propos de fou. Un propos d'homme sensé. Mettre certains propos sur le tapis. Sur quel propos en étiez-vous? Vous tenez là des propos un peu trop libres, un peu gaillards. Ce vieillard a le propos galant. Tenir des propos joyeux. Changeons de propos. Revenons à notre propos. De propos en propos nous sommes tombés sur ce sujet, sur ce chapitre. Il lui est échappé un propos indiscret, hasardé.
• Propos interrompu, Discours, conversation sans suite, sans liaison.
• PROPOS, employé absolument, signifie souvent, Vain discours, discours médisant. Je me moque des propos. Les choses que vous dites là sont des propos, ne sont que des propos. Quoi! vous vous arrêtez à ces propos? Tenir des propos. Se permettre des propos, de mauvais propos. On a tenu des propos sur son compte. Ne faites pas attention aux propos. Mettez-vous au-dessus des propos.
• PROPOS, signifie aussi, quelquefois, Insinuation faite sur quelque matière. Jeter des propos d'accommodement. Il est peu usité en ce sens.
• PROPOS, signifie encore, Résolution formée. Il vint là avec un ferme propos, avec un propos déterminé, de contredire tous ceux qui parleraient. Faire un ferme propos de s'amender. Se confesser de ses péchés avec un ferme propos de n'y plus retomber.
• A PROPOS. loc. adv. Convenablement au sujet, au lieu, au temps, aux personnes, etc. Parler à propos. Cela est dit fort à propos. Vous venez à propos. Il arriva à propos. Nous avions besoin de vous, vous venez tout à propos, extrêmement à propos, bien à propos.
• Mal à propos, se dit dans le sens contraire. Il parle toujours mal à propos. Vous venez bien mal à propos.
• Mal à propos, signifie aussi, Sans raison, sans sujet. C'est mal à propos qu'on vous a dit cela. Voyez HORS DE PROPOS.
• À PROPOS, tient quelquefois lieu d'adjectif, et signifie, Convenable. On n'a pas jugé qu'il fût à propos, on n'a pas jugé à propos de faire telle chose. J'ai jugé à propos que vous y allassiez ensemble. C'est un homme qui ne dit jamais rien de raisonnable, rien d'à propos. Il est à propos de faire cela. Il n'est pas à propos d'aller si vite.
• À PROPOS, en ce sens, s'emploie aussi substantivement; et alors on l'écrit avec un tiret. L'à-propos fait le mérite de tout, donne du prix à tout. Je ne vois pas l'à-propos de cette plaisanterie. Le grand mérite de ce qu'il dit tient à l'à-propos. Voilà un fort joli à-propos. Un poëte a personnifié l'A-propos.
• À PROPOS, est aussi Une manière de parler dont on se sert dans le discours familier, lorsqu'on vient à parler de quelque chose dont on se souvient subitement. À propos, pendant qu'il m'en souvient... À propos, j'oubliai de vous dire l'autre jour...
• À PROPOS, est encore Une façon de parler dont on se sert, lorsque, à l'occasion de quelque chose dont il a été parlé, on vient à dire quelque autre chose qui y a rapport. À propos de ce que vous disiez. À propos de nouvelles. À propos d'un tel.
• S'emploie aussi absolument. À propos, vous parliez de nouvelles, il en est arrivé depuis peu.
• HORS DE PROPOS. loc. adv. Mal à propos, sans raison, sans sujet. Il a parlé de cela hors de propos. Cela est hors de propos. À propos, hors de propos, il faut toujours qu'il parle. Il ne faut pas s'échauffer hors de propos.
• À PROPOS DE RIEN. loc. adv. Hors de propos, sans motif raisonnable. Il est venu nous dire cela à propos de rien. Il s'est fâché à propos de rien.
• Prov., fig. et pop., À propos de bottes, a le même sens. Il est venu me quereller à propos de bottes.
• À quel propos? À propos de quoi? Pour quel sujet? Pour quelle cause?
• À TOUT PROPOS. loc. adv. En toute occasion, à chaque instant. Il parle de sa noblesse à tout propos. Il se met en colère à tout propos.
• DE PROPOS DÉLIBÉRÉ. loc. adv. Avec dessein, de dessein formé. Il a fait cela de propos délibéré.

PROPOSABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être proposé. Cette affaire, cette question n'est pas proposable. Cet arrangement est proposable.

PROPOSANT .s.m.
• Jeune théologien de la religion protestante, qui étudie pour être pasteur.

PROPOSANT . adj. m.
• Il n'est usité que dans cette expression, Cardinal proposant, Cardinal établi à la cour de Rome, pour recevoir la profession de foi de ceux qui sont nommés à des évêchés dans des pays d'obédience, et pour les proposer aux autres cardinaux.

PROPOSER . v. a.
• Mettre quelque chose en avant de vive voix ou par écrit, pour qu'on l'examine, pour qu'on en délibère. Proposer son sentiment, son avis, son opinion. Proposer un plan. Proposer une difficulté. Il se propose à lui-même des difficultés pour avoir le plaisir de les résoudre. Proposer une question. Proposer un problème. Proposer une loi. Proposer un amendement. Proposer des conditions. Proposer un arrangement. Proposer une affaire. Proposer un moyen. Proposer un mariage. On lui a proposé un parti pour sa fille. Proposer des termes d'accommodement.
• Proposer un sujet, Mettre un sujet au concours, donner une matière à traiter. L'Académie a proposé ce sujet pour le prix d'éloquence.
• PROPOSER, signifie aussi, Offrir; et il se dit en parlant Des personnes et des choses. On lui a proposé vingt mille francs pour sa maison, de sa maison. Il lui a proposé sa fille en mariage. Il m'a proposé de faire ce voyage avec lui.
• Proposer un prix, une récompense, Offrir, promettre un prix, une récompense. On a proposé aux mathématiciens un prix pour celui qui résoudra tel problème. On proposait telle récompense à celui qui monterait le premier à la brèche.
• Proposer une personne pour un emploi, pour une dignité, Indiquer une personne comme capable de remplir cet emploi, comme méritant cette dignité. On proposa plusieurs personnes pour cette charge, cet emploi, cette place. On vient de le proposer pour une sous-préfecture. Ne proposez jamais quelqu'un dont vous ne puissiez répondre. Plusieurs personnes se sont proposées pour cet emploi.
• Proposer quelqu'un pour modèle, pour exemple, Donner quelqu'un pour exemple, pour modèle. On peut proposer ce prince pour exemple à tous les rois. Tous les chrétiens doivent se proposer JÉSUS-CHRIST pour modèle.
• Se proposer de faire quelque chose, Avoir dessein, former le dessein de faire quelque chose. Il se propose de partir dans peu de jours. Il se propose de vivre désormais dans la retraite.
• Se proposer une fin, un but, un objet, Avoir en vue une fin à laquelle on tende, un objet qu'on veuille remplir. Il se propose une fin plus noble, un plus noble but. Ce n'est pas là le seul objet que je me propose.
• Prov., L'homme propose et Dieu dispose, Les desseins des hommes ne réussissent qu'autant qu'il plaît à Dieu; souvent nos entreprises tournent d'une manière opposée à nos vues et à nos espérances.
• PROPOSÉ, ÉE. participe

PROPOSITION . s. f.
• Discours qui affirme ou qui nie quelque chose. Proposition universelle, générale, particulière. Proposition affirmative. Proposition négative. Proposition simple, composée. Proposition complexe, incomplexe. Dans la plupart des phrases, il y a une proposition principale, à laquelle se rattachent diverses propositions accessoires, subordonnées, incidentes. Proposition établie sur de faux principes. Proposition universellement reçue. Proposition fausse, erronée. Proposition hasardée. Proposition insoutenable. Soutenir une proposition. Condamner une proposition. Censurer une proposition. Proposition en matière de foi. Proposition de foi. Cette proposition est vraie en un sens, et fausse en un autre. Avancer une proposition. Cette proposition-là est bien hardie. Cette proposition est contenue dans son livre en termes exprès. Altérer, affaiblir, dénaturer, défigurer une proposition.
• En termes de Théologie, Proposition malsonnante, Proposition qui paraît contraire à la bonne doctrine.
• PROPOSITION, signifie aussi, Une chose proposée, afin qu'on l'examine, qu'on en délibère. Il fit la proposition d'attaquer sur-le-champ. Proposition de loi. La proposition de ce député a été prise en considération. Développer sa proposition. Débattre, discuter, appuyer une proposition. Délibérer sur une proposition. Retirer sa proposition. Cette proposition ne fut pas goûtée.
• Se dit particulièrement d'Une chose proposée pour arriver à la conclusion d'une affaire, à un arrangement, etc. Proposition raisonnable, satisfaisante. Proposition absurde, ridicule. Faire des propositions à quelqu'un. Proposition de paix, d'accommodement, de conciliation. Proposition de mariage. Il se chargea de cette proposition, d'en faire la proposition. On n'a pas voulu entendre à mes propositions. La proposition que vous me faites me plaît fort. Je ne saurais accepter votre proposition, vos propositions. Rejeter une proposition. Écouter une proposition. Accueillir une proposition. Sa proposition fut reçue comme elle le méritait.
• PROPOSITION, en termes de Mathématique, Théorème ou problème; discours par lequel on énonce une vérité à démontrer, ou une question à résoudre. Démontrer une proposition.
• Dans la Loi mosaïque, Pains de proposition, Les pains que l'on mettait toutes les semaines sur la table, dans le sanctuaire.

PROPRE . adj. des deux genres
• Qui appartient à quelqu'un, exclusivement à tout autre. C'est son propre fils. C'est sa propre substance. Il y a mis, il y a mangé son propre bien. Ses propres amis étaient contre lui. Il n'entend pas ses propres affaires, ses propres intérêts. Je l'ai vu de mes propres yeux. Je l'ai entendu de mes propres oreilles. Je le sais par ma propre expérience. Je l'aime comme mon propre frère. Écrire de sa propre main. Donner quelque chose à quelqu'un en main propre. Être abandonné à sa propre conduite. Il y est allé en propre personne. C'est l'offenser dans sa propre personne. Il a fait cela de son propre mouvement. Il en est tenu en son propre et privé nom. On ne peut être juge dans sa propre cause. Soyez tranquille sur le succès de votre demande, j'en fais mon affaire propre. On dit aussi, Le caractère propre, la valeur propre, les qualités propres, le mérite propre, etc., d'une chose. Dans toutes ces phrases, Propre est employé par une espèce de rédondance, et pour donner plus d'énergie à la phrase.
• Nom propre, Nom qui ne convient qu'à une seule personne ou à une seule chose: il est opposé à Nom commun. Les noms de famille, de pays, de fleuves, de montagnes, etc., comme Buffon, Paris, la Seine, les Alpes, etc., sont des noms propres.
• Le sens, la signification propre d'un mot, Le sens naturel et primitif d'un mot; à la différence du Sens figuré, Celui qu'un mot ne reçoit que par métaphore. Ce mot, dans sa signification propre, veut dire telle chose. Dans le sens propre, ce mot signifie telle chose, et dans le sens figuré telle autre. On dit, absolument et substantivement, Le propre, dans le même sens. Le propre et le figuré. Prendre un mot au propre. Au propre, ce mot signifie telle chose.
• Le mot propre. Voyez plus bas.
• En Astron., Le mouvement propre d'un astre, Le mouvement réel d'un astre, par opposition à son mouvement apparent.
• En termes de Géogr. ancienne, La Grèce propre, Cette partie de la Grèce proprement dite, que les Romains nommèrent Achaïe, et qui comprenait l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Locride, l'Étolie et l'Acarnanie. L'Afrique propre était la même chose que l'Afrique proprement dite.
• Amour-propre, L'amour qu'on a pour soi-même. L'amour-propre bien réglé, renfermé dans de justes bornes, n'est point un défaut. Il se prend ordinairement en mauvaise part, et signifie alors, Un amour déréglé de sa propre personne, une opinion trop avantageuse de soi-même. C'est un homme plein, rempli d'amour-propre. Il est pétri d'amour-propre. Flatter, caresser, offenser, blesser l'amour-propre de quelqu'un. Ce jeune homme a trop d'amour-propre. C'est par amour-propre qu'il a fait cette sottise.
• PROPRE, signifie quelquefois, Même, exactement semblable. Il a dit cela en ces propres termes. C'est, en propres termes, ce qu'il a répondu. Je vous rapporte ses propres paroles, les propres paroles dont il s'est servi. Vous demeurez dans la propre maison où il logeait. Le propre jour de sa naissance. Sa maladie commença le propre jour que la mienne finit. Se dit par rédondance, et pour exprimer l'identité avec plus d'énergie.
• PROPRE, signifie aussi, Convenable à quelqu'un ou à quelque chose. Cela lui serait extrêmement propre. Cela est propre à toutes sortes de gens. Rien n'est plus propre à les réunir que votre présence. Il n'a aucune des qualités propres au commandement.
• Se dit souvent Des personnes, et signifie, Qui a l'aptitude, les qualités, les talents nécessaires pour réussir en quelque chose. Cet homme est propre à l'étude. Il a un coup d'oeil, un sang-froid et un courage qui le rendent propre pour la guerre. Quand on est si faible de corps, on n'est pas propre à la guerre. Il n'est pas propre aux affaires. Il est propre à tout. Il n'est propre à rien.
• Prov., Qui est propre à tout, n'est propre à rien, ou simplement, Propre à tout, propre à rien.
• PROPRE, signifie encore, Qui peut servir, qui est d'usage à certaines choses. Ce bois est propre à bâtir. Ce moellon est propre à faire des fondements. Cette herbe est propre à faire tel médicament. Ce remède est propre à telle maladie, à guérir telle maladie. Le calme de la campagne est plus propre pour le recueillement d'esprit, que le tumulte de la ville.
• PROPRE, s'emploie quelquefois en parlant De ce qui peut produire un effet fâcheux, nuisible. Rien n'est plus propre à les désunir que cette rivalité. Ce remède est propre à augmenter la maladie.
• PROPRE, suivi de la préposition de, signifie non-seulement, Convenable, mais encore, Seul convenable, réservé à. Le sable est le terrain propre de cette plante. Le pic et la houe sont la culture propre de ce sol, la charrue n'y vaudrait rien. Le midi est l'exposition propre de cet arbuste.
• Le mot, l'expression, le terme propre, Le mot, le terme qui seul rend exactement l'idée. Il s'est servi du mot propre. Il est souvent fort difficile de trouver l'expression propre, le terme propre.
• Cette langue n'a point de mot propre, de terme propre pour désigner telle chose, Elle n'a point de mot qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.
• PROPRE, signifie aussi, Net; et en ce sens il est opposé à Sale. Cet homme, cette femme est très-propre, n'est pas propre. Avoir les mains propres. Cette chemise est encore propre, ne la mettez pas au linge sale. Cette chambre, cet escalier n'est pas propre.
• Il signifie aussi, Bienséant, bien arrangé. Ses habits sont toujours fort propres. Il est toujours fort propre dans ses habits, dans ses meubles. Il est toujours propre et bien mis. Il est propre jusqu'à l'excès. Être propre sur soi. Il est toujours très-propre sur lui. Il est propre sans affectation. Un ameublement fort propre. Une garniture très-propre. On dit de même, Son écriture est propre et bien rangée.
• PROPRE, est quelquefois substantif masculin, et signifie, La qualité particulière qui désigne un sujet, et qui le distingue de tous les autres. C'est le propre de l'homme de penser et de parler. Le propre des oiseaux, c'est de voler. Le propre du chien est d'aimer l'homme. Le propre du singe est de contrefaire.
• Se dit aussi de Ce qui convient particulièrement à chaque profession, à chaque caractère, à chaque âge, etc. Le propre des esprits faibles est d'être lâches et vindicatifs. C'est le propre des jeunes gens d'être légers et présomptueux. Le propre du courtisan est d'être souple et perfide.
• PROPRE, s'est dit, en Jurisprudence, Des biens immeubles qui appartiennent à une personne par succession. La coutume de Paris ne permettait de disposer par testament que du quint de ses propres. Ce bien était un propre. Cela lui tint lieu de propre. Les propres paternels et maternels. Les propres du côté du père, du côté de la mère.
• Propres anciens, Les biens immeubles qui étaient déjà des propres dans la main de celui à qui on succède. Propre naissant, Bien immeuble qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite.
• PROPRE, s'est dit également, par rapport à la communauté conjugale, Des biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté. Propre fictif. Cette femme demande le remplacement de ses propres, que son mari a aliénés.
• Avoir en propre, posséder en propre, Avoir, posséder quelque chose en propriété. Il avait cette maison à loyer, il l'a maintenant en propre. On dit de même, Les religieux n'ont rien en propre, Ils ne possèdent rien en particulier, et dont ils puissent disposer.
• En termes de Liturgie cathol., Propre du temps, Ce qui ne se dit qu'en certains temps de l'année. Propre des saints, Ce qui ne se dit qu'en certaines fêtes. Propre de certaines églises, Ce qui ne se dit qu'en certains lieux.

PROPREMENT . adv.
• Précisément, exactement. C'est proprement ce que cela veut dire. Ce mot signifie proprement telle chose.
• Il signifie, en Grammaire, Au propre, dans le sens propre, par opposition à Figurément. Ce mot s'emploie proprement et figurément. Dans cette acception, il est peu usité: on dit plus ordinairement, Ce mot s'emploie au propre et au figuré.
• Parler proprement, Parler avec correction, avec pureté, en bons termes. Il y a des puristes qui parlent proprement et ennuyeusement.
• Proprement dit, se dit De certains termes pris dans leur signification expresse et particulière. L'honneur proprement dit n'est point intéressé dans cette dispute. Cette pièce appartient au genre du drame, et non à celui de la comédie proprement dite.
• La Grèce proprement dite, L'Achaïe, le Péloponèse, etc., à la différence des autres pays que l'on comprend aussi sous le nom de Grèce, quand on le prend dans une signification plus étendue. L'Asie proprement dite, l'Afrique proprement dite, Les deux provinces d'Asie et d'Afrique, qui furent sous la domination des Romains, et qu'on désigne ainsi pour les distinguer de toute l'Asie et de toute l'Afrique en général.
• PROPREMENT, signifie aussi, Avec propreté. Ce cuisinier accommode fort proprement à manger. On mange proprement chez ce traiteur.
• Il signifie aussi, D'une manière bienséante, convenable. S'habiller proprement. Être proprement meublé. Être mis proprement.
• Il signifie encore, Avec adresse, avec régularité et netteté, avec grâce. Travailler proprement. Écrire proprement. Il chante proprement. Elle danse proprement. Ces deux dernières phrases ont vieilli.
• En termes d'Arts, Cela est fait proprement, se dit D'un ouvrage exécuté avec une certaine justesse et une certaine élégance.
• À PROPREMENT PARLER, PROPREMENT PARLANT. loc. adverbiales. Pour parler en termes précis et exacts. À proprement parler, ou proprement parlant, c'est une friponnerie.

PROPRET
, ETTE. adj.
• Qui se met proprement et avec une sorte de recherche. Une personne proprette. Un petit vieillard propret. Il est familier.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un propret.

PROPRETÉ . s. f.
• Netteté, qualité de ce qui est exempt de saleté et d'ordure. Tenir un appartement avec propreté, dans une grande propreté. La propreté du corps contribue à la santé.
• Se dit aussi de La manière convenable, bienséante de s'habiller, d'être meublé. Il est d'une grande propreté sur sa personne. C'est la propreté même. La propreté dans les meubles. La propreté dans les habits.
• Cette personne est d'une grande propreté, Elle a grand soin que tout ce qui lui appartient soit propre.
• Ce peintre a une grande propreté de pinceau, se dit D'un peintre dont les ouvrages sont terminés, la couleur bien fondue; par opposition À celui dont les couleurs sont sales et heurtées.

PROPRÉTEUR .s.m.
• Nom que les Romains donnèrent d'abord à ceux qui pendant un an avaient exercé la charge de préteur, et dans la suite à ceux qui commandaient dans les provinces avec l'autorité de préteur.

PROPRIÉTAIRE . s. des deux genres
• Celui ou celle à qui une chose appartient en propriété. Les propriétaires des maisons sont obligés aux grosses réparations. Cette maison appartient à plusieurs propriétaires. Cette terre rapporte tant au propriétaire, à son propriétaire. Le propriétaire et le locataire. Le propriétaire et l'usufruitier. La propriétaire est absente.

PROPRIÉTÉ . s. f.
• Le droit par lequel une chose appartient en propre à quelqu'un. Il jouit du revenu de cette maison, mais un autre en a la propriété. L'usufruit se réunit à la propriété par le décès de l'usufruitier. J'ai la possession, la jouissance de cette terre, de cette maison, mais non la propriété. Propriété foncière, mobiliaire. Contester la propriété d'un héritage. Procès pour la propriété d'une terre, d'un fonds. Toute propriété est défendue à un religieux. Il a la manie, l'amour de la propriété.
• Nue propriété, Propriété d'un fonds dont un autre a l'usufruit.
• PROPRIÉTÉ, se dit aussi de La chose qui appartient en propre à quelqu'un. Cette maison, ce champ est ma propriété. Ce bien, qu'il n'avait qu'en usufruit, est devenu sa propriété. Ce cheval, ce livre est ma propriété. Il faut respecter la propriété d'autrui.
• S'emploie aussi absolument, et se dit Des biens-fonds, comme terres, maisons. Cet homme a des propriétés considérables dans tel département. Agrandir, embellir sa propriété. Voilà une belle propriété. Il a vendu sa propriété.
• PROPRIÉTÉ, se dit aussi de Ce qui appartient essentiellement à une chose. L'impénétrabilité est une propriété de la matière. Les propriétés vitales. Les propriétés chimiques. Les propriétés physiques.
• Se dit aussi de La vertu particulière des plantes, des minéraux, et des autres objets naturels. Les propriétés naturelles des plantes. La propriété de l'aimant. La propriété de chaque simple.
• Se dit encore de Ce qui distingue particulièrement une chose d'avec une autre du même genre. La propriété de cette machine est de produire tel effet, d'une manière plus simple que les autres machines du même genre.
• PROPRIÉTÉ, signifie aussi, L'emploi du mot propre, du terme propre. La propriété des termes est exactement observée dans tout ce qu'il écrit. Parler, s'exprimer avec propriété.

PROPYLÉES .s.m. pl.
• T. d'Archit. ancienne. Édifice à plusieurs portes qui était orné de colonnes et de sculptures, et qui formait l'entrée principale de l'enceinte d'une citadelle, d'un temple. De superbes propylées conduisaient à la citadelle d'Athènes.

PRORATA .s.m.
• Terme emprunté du latin, dont on ne se sert que dans cette locution adverbiale, Au prorata, À proportion. Les héritiers contribuent à cette dépense au prorata de leurs parts et portions.

PROROGATIF
, IVE. adj.
• Qui proroge. Acte prorogatif. Mesures prorogatives.

PROROGATION . s. f.
• Délai, prolongation de temps. On leur a accordé une nouvelle prorogation de tant de jours, de tant de mois.
• Il signifie, en termes de Législation politique, Acte de l'autorité royale qui suspend les séances des chambres, et en remet la continuation à un certain jour.
• En termes de Jurispr., Prorogation de juridiction, Action de se soumettre, pour le jugement d'une affaire, à la juridiction d'un tribunal dont on n'est pas justiciable.

PROROGER . v. a.
• Prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose. On a prorogé le délai qu'on lui avait donné. Proroger le terme accordé pour l'exécution d'un traité. Proroger une dispense. On a prorogé pour une année encore cette loi, qui n'était exécutoire que pour un an.
• Il signifie, en termes de Législation politique, Suspendre les séances des chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour.
• PROROGÉ, ÉE. participe

PROSAÏQUE . adj. des deux genres
• Qui tient de la prose, qui appartient à la prose. S'emploie ordinairement pour condamner, dans la poésie, des expressions et un style qui tiennent trop de la prose. Terme prosaïque. Façon de parler, expression prosaïque. Style prosaïque. Tour prosaïque. Vers prosaïques. Ces façons de parler prosaïques ne sauraient convenir à la poésie. Cela est trop prosaïque.

PROSAÏSER . v. n.
• Écrire en prose. Il est peu usité.

PROSAÏSME .s.m.
• Défaut des vers qui manquent de poésie, qui contiennent un trop grand nombre de tours et d'expressions appartenant à la prose. Le prosaïsme est le moindre défaut de ses vers. Il n'a pas assez évité le prosaïsme. Ses vers sont remplis de prosaïsmes.

PROSATEUR .s.m.
• Auteur qui écrit principalement en prose. Un bon prosateur. Il est un de nos meilleurs prosateurs. Il est également bon poëte et bon prosateur. Les prosateurs français.

PROSCENIUM .s.m.
• (On prononce Proscéniome.) T. d'Antiq. La partie des théâtres des anciens où les acteurs venaient jouer la pièce, et que nous appelons aujourd'hui Avant-scène.

PROSCRIPTEUR .s.m.
• Celui qui proscrit. De proscrits qu'ils étaient, ils devinrent proscripteurs.

PROSCRIPTION . s. f.
• Condamnation à mort sans forme judiciaire, et qui peut être mise à exécution par quelque particulier que ce soit. Les proscriptions du temps de Sylla et de Marius. Les proscriptions du triumvirat. Tables de proscription.
• Se dit, par extension, de Mesures violentes prises contre les personnes dans les temps de troubles civils.
• S'emploie au figuré, et signifie, Abolition, destruction. La proscription de ce mot est un caprice de l'usage. La proscription de cet usage est un caprice de la mode.

PROSCRIRE . v. a.
• Condamner à mort sans forme judiciaire, et en publiant simplement par une affiche le nom de ceux qui sont condamnés. Sylla proscrivit trois ou quatre mille citoyens romains. Les triumvirs proscrivirent tous leurs ennemis. Son plus grand usage est en parlant D'histoire romaine.
• Se dit, par extension, en parlant De certaines mesures violentes prises contre les personnes dans les temps de troubles civils.
• PROSCRIRE, signifie aussi, Éloigner, chasser, bannir. Cet homme est dangereux, méchant; il faut le proscrire de notre société.
• S'emploie aussi figurément, et signifie, Rejeter, abolir, détruire. Ce mot n'est pas français, il faut le proscrire. On a proscrit cet usage.
• PROSCRIT, ITE. participe, S'emploie quelquefois substantivement. Être du nombre des proscrits.
• Se dit, par extension, de Ceux qui n'osent retourner dans leur pays, à cause de quelque fâcheuse affaire. Ce sont de malheureux proscrits.
• Prov. et fig., Avoir un jeu de proscrit, des dés de proscrit, Avoir vilain jeu, avoir de mauvais dés.
• Fam., Cet homme a une figure de proscrit, Il a une figure qui déplaît à tout le monde. On dit dans le même sens, Il a une figure proscrite.
• PROSCRIT, signifie aussi, figurément et au sens moral, Banni, écarté de l'usage. Ce mot est proscrit. Cette façon d'agir est proscrite.

PROSE . s. f.
• Discours qui n'est point assujetti à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syllabes. Prose grecque. Prose latine. Prose française. Le langage de la prose est plus simple et moins figuré que celui des vers. Écrire en prose. Il a traité le même sujet en vers et en prose. Mélanges de vers et de prose. Épîtres en prose mêlée de vers. Pièces mêlées de vers et de prose. Comédie en cinq actes et en prose. Il n'y a pas là de poésie, ce n'est que de la prose rimée. Les meilleurs critiques ne reconnaissent pas de poëmes en prose.
• Prov. et fig., Faire de la prose sans le savoir, Réussir par hasard et sans dessein.
• PROSE, se dit aussi d'Une sorte d'hymnes latines, où la rime et le nombre des syllabes remplacent la quantité, et que l'on chante à la messe immédiatement avant l'évangile, dans les grandes solennités. La prose du saint sacrement. La prose des morts.

PROSECTEUR .s.m.
• (On prononce fortement l'S.) T. d'Anat. Celui qui prépare ou fait les dissections pour un professeur.

PROSÉLYTE . s. des deux genres
• Terme emprunté du grec, qui signifie proprement, Étranger, nouveau venu dans un pays; mais que l'Écriture et les écrivains ecclésiastiques emploient pour désigner Une personne qui a passé du paganisme à la religion judaïque. Un nouveau prosélyte. Les Juifs et les prosélytes.
• Se dit aussi d'Une personne nouvellement convertie à la foi catholique. Ce missionnaire fit beaucoup de prosélytes parmi les musulmans.
• Se dit, par extension, Des partisans qu'on gagne à une secte, à une opinion. Cette opinion a beaucoup de prosélytes, a fait beaucoup de prosélytes. Il s'est acquis beaucoup de prosélytes. Ses prosélytes sont nombreux. La persécution multiplie les prosélytes.

PROSÉLYTISME .s.m.
• Zèle de faire des prosélytes. Il se prend ordinairement en mauvaise part. La manie du prosélytisme. Cet ouvrage a été conçu dans un esprit de prosélytisme. L'ardeur du prosélytisme l'entraîne.

PROSODIE . s. f.
• .Gram. Prononciation régulière des mots conformément à l'accent et à la quantité. Traité de prosodie. Les règles de la prosodie. Observer la prosodie. Manquer à la prosodie. Faire une faute contre la prosodie, une faute de prosodie. Il entend bien la prosodie. La prosodie française est moins déterminée, moins marquée que celle de plusieurs autres langues.

PROSODIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la prosodie. Accent prosodique.
• Langue prosodique, Langue dont la prosodie est bien marquée, où l'accent et la quantité des syllabes sont bien déterminés.

PROSOPOPÉE . s. f.
• Figure de rhétorique par laquelle l'orateur introduit dans son discours soit une personne morte, absente ou feinte, soit une chose inanimée, qu'il fait parler ou agir. Prosopopée directe. Prosopopée indirecte. Une belle prosopopée.

PROSPECTUS .s.m.
• (On prononce l'S finale.) Mot emprunté du latin. Espèce de programme qui se publie avant qu'un ouvrage paraisse, et dans lequel on donne une idée de cet ouvrage, on annonce le format, le caractère, la quantité de volumes, et les conditions de la souscription, si l'on en propose une. Faire imprimer un prospectus. Publier, distribuer un prospectus. On n'a pas beaucoup de confiance aux promesses des prospectus. On dit de même, Le prospectus d'un journal.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant D'un établissement. Prospectus d'un nouvel établissement.

PROSPÈRE . adj. des deux genres
• Favorable au succès d'un dessein, d'une entreprise. Le ciel vous soit prospère! Il a eu les vents prospères. Les destins lui ont été prospères. Avoir la fortune prospère. Toutes choses lui ont été prospères. Dans un temps plus prospère. Ô jour prospère! Il n'est guère usité que dans le style soutenu.
• Il signifie quelquefois, Heureux. Être dans un état prospère. Ses affaires sont dans un état prospère.

PROSPÉRER . v. n.
• Être heureux, avoir la fortune favorable. Dieu permet quelquefois que les méchants prospèrent. Il y a long-temps qu'il prospère. Il a fait une mauvaise action, il ne prospérera pas.
• Se dit aussi Des choses, et signifie, Réussir, avoir un heureux succès. Toutes choses lui ont prospéré. Les affaires prospèrent entre ses mains. Cette entreprise n'a pas prospéré longtemps. Faire prospérer les sciences et les arts. Le commerce prospère dans ce pays. Rien ne prospérait dans ce royaume agité par les dissensions politiques. Son établissement prospère.

PROSPÉRITÉ . s. f.
• Heureux état, heureuse situation, soit des affaires générales, soit des affaires particulières. Grande prospérité. Longue prospérité. Prospérité continuelle. Prospérité de peu de durée. Il est maintenant dans une grande prospérité. Je vous souhaite toute sorte de prospérité. Il a eu un rayon de prospérité, une lueur, un moment de prospérité. On ne manque point d'amis dans la prospérité. Ne se laisser ni enfler par la prospérité, ni abattre par l'adversité. La prospérité de l'État. La prospérité des affaires. La prospérité du commerce, de l'agriculture. La prospérité des armes. Prier Dieu pour la prospérité de ses proches, de son pays.
• S'emploie aussi au pluriel, et signifie, Événements heureux. Tant de prospérités qui lui sont arrivées. Que d'infortunes succédèrent à ses prospérités! Rien n'a interrompu le cours de ses prospérités.
• Fam., Avoir un visage de prospérité, Avoir l'air gai, content, le teint frais et fleuri.

PROSTATE . s. f.
• T. d'Anat. Corps glanduleux situé à la jonction de la vessie et de l'urètre, chez l'homme. On appelle Prostates inférieures ou Petites prostates, Deux petits groupes de follicules muqueux, situés au devant de la prostate, et que l'on nomme autrement Glandes de Cowper.

PROSTERNATION . s. f.
• Action, état de celui qui se prosterne, qui est prosterné. Les Chinois font plusieurs prosternations quand ils se présentent devant l'empereur. Les continuelles prosternations des courtisans doivent fatiguer les princes. Il est peu usité.

PROSTERNEMENT .s.m.
• Action de se prosterner. Les Orientaux témoignent leur respect par de fréquents prosternements. Il est peu usité.

PROSTERNER
(SE). v. pron.
• S'abaisser en posture de suppliant, se jeter à genoux aux pieds de quelqu'un, se baisser jusqu'à terre. Il se prosterna devant lui. Se prosterner la face contre terre. Se prosterner au pied des autels. Se prosterner devant Dieu.
• Fig. et fam., Se prosterner devant quelqu'un, Reconnaître, avouer sa supériorité en quelque genre que ce soit. Je me prosterne devant vous.
• PROSTERNÉ, ÉE. participe

PROSTHÈSE . s. f.
• Figure de grammaire, qui consiste dans l'addition d'une lettre au commencement d'un mot, sans changer le sens. Exemple: Gnatus pour Natus, en latin.
• PROSTHÈSE, en termes de Chirurgie, Addition artificielle d'une partie sur le corps humain, à la place de celle qui manque. Dans ce sens, on dit aussi, Prothèse.

PROSTITUER . v. a.
• Livrer à l'impudicité d'autrui. Se dit D'une personne qui, par autorité ou par persuasion, oblige ou engage une femme ou une fille à s'abandonner à l'impudicité. Elle a prostitué elle-même sa fille. Elle l'a prostituée pour de l'argent à un vieillard dépravé.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Elle s'est prostituée dès son plus jeune âge. Elle s'est prostituée à ce misérable.
• Fig., Cet homme se prostitue à la faveur, à la fortune, Il se déshonore par un lâche dévouement aux volontés des hommes puissants ou riches. Cet écrivain se prostitue, Il ment à sa conscience, il écrit non ce qu'il sait être vrai, mais ce qui convient aux gens dont il sert les intérêts, les passions.
• PROSTITUER, s'emploie figurément, en parlant Des choses qu'on ravale, que l'on déshonore par l'usage indigne qu'on en fait. C'est prostituer son honneur que d'agir aussi bassement. Cet écrivain prostitue sa plume, son talent, en insultant les gens de bien, en flattant les hommes puissants et corrompus. Un juge accessible à la corruption prostitue la justice, la magistrature, prostitue sa dignité.
• Cette femme, cette fille a prostitué son honneur, Elle s'est livrée elle-même à l'impudicité.
• PROSTITUÉ, ÉE. participe, Une femme, une fille prostituée. S'emploie plus ordinairement comme substantif. Une prostituée. Une vile, une infâme prostituée.
• Dans l'Apocalypse, Babylone la grande prostituée, Rome païenne.
• Fig., C'est un homme prostitué à la faveur, se dit D'un homme dévoué aux volontés des gens puissants, des gens en crédit. C'est une plume prostituée, se dit D'un auteur dévoué aux passions de ceux qui le font écrire.

PROSTITUTION . s. f.
• Abandonnement à l'impudicité. En ce sens, il ne se dit que Des femmes et des filles qui vivent dans cet état de dégradation. Elle a vécu dans une prostitution honteuse.
• Lieu de prostitution, Maison de débauche.
• Fig., La prostitution de la justice, la prostitution des lois, Le mauvais usage qu'un juge corrompu fait des lois et de la justice, en les faisant servir à ses intérêts.
• PROSTITUTION, signifie quelquefois, dans le langage de l'Écriture, Abandonnement à l'idolâtrie.

PROSTRATION . s. f.
• Il signifie la même chose que Prosternation. Voyez ce mot.
• PROSTRATION, en termes de Médecine, Affaiblissement extrême, abattement. Cet accès fut suivi d'une grande prostration de forces.

PROSTYLE .s.m.
• T. d'Archit. Édifice qui n'a de colonnes qu'à sa façade antérieure. On l'emploie aussi comme adjectif. Temple prostyle.

PROTAGONISTE .s.m.
• T. didactique. Le principal personnage d'une pièce de théâtre, celui qui y joue le premier rôle. Le protagoniste ne paraît dans cette pièce qu'au troisième acte.

PROTASE . s. f.
• T. didactique. La partie d'un poëme dramatique, qui contient l'exposition du sujet de la pièce.

PROTATIQUE . adj. des deux genres
• T. didactique. Il n'est guère usité que dans cette locution, Personnage protatique, Personnage qui ne paraît qu'au commencement d'une pièce de théâtre, pour en faire l'exposition.

PROTE .s.m.
• T. d'Impr. Celui qui, sous les ordres de l'imprimeur, est chargé de diriger et de conduire tous les travaux, de maintenir l'ordre dans l'établissement, et de payer les ouvriers. Un prote intelligent, attentif. Un prote négligent. Cet imprimeur a un prote vigilant.
• Se dit aussi de Ceux qui lisent et corrigent les épreuves. Un prote ne saurait être trop instruit.

PROTECTEUR
, TRICE. s.
• Défenseur; celui, celle qui protége, qui défend les faibles et les affligés, qui les préserve de mal. Dieu sera notre protecteur. Avec un tel protecteur, qu'avons-nous à craindre? Nous avons un puissant protecteur. Il est le protecteur des pauvres, le protecteur des affligés, des opprimés, le protecteur de la veuve et de l'orphelin, le protecteur de l'innocence.
• Il signifie aussi, Patron, patronne, celui, celle qui prend soin des intérêts d'une personne, qui favorise l'accroissement, le progrès d'une chose. Ce ministre est son protecteur. Cette princesse est sa protectrice. Ce prince est le protecteur des lettres, des sciences, des arts, du commerce, etc. Minerve était la protectrice des beaux-arts. Il se donne, il prend des airs de protecteur.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Il prend un ton protecteur, des airs protecteurs.
• PROTECTEUR, est aussi Un titre, une dignité, une fonction. Le roi est le protecteur de l'Académie française. Cromwell a gouverné l'Angleterre sous le titre de Protecteur. Cette communauté religieuse avait tel évêque, tel magistrat pour protecteur.
• Se dit particulièrement Du cardinal qui est chargé, à Rome, du soin des affaires consistoriales de certains royaumes, ou des intérêts de certains ordres religieux. Ce cardinal est protecteur des affaires de France, protecteur des affaires d'Espagne, protecteur des affaires de Portugal, et par ellipse, protecteur de France, d'Espagne, etc. Ce cardinal est le protecteur des dominicains.

PROTECTION . s. f.
• Action de protéger, de défendre quelqu'un, de veiller à ce qu'il ne lui arrive point de mal. La protection de Dieu. La protection du ciel. C'est une puissante protection que la sienne. Prendre la protection des opprimés, de l'innocence, etc. Il ne faut point accorder, donner de protection au crime. Prendre quelqu'un sous sa protection, en sa protection. Avoir recours à la protection d'un homme puissant. Étendre sa protection sur tous les malheureux. Je le mets sous votre protection.
• Il signifie aussi, Action de prendre soin de la fortune, des intérêts de quelqu'un, de favoriser l'accroissement, le progrès de quelque chose. Rechercher la protection d'un grand prince. Sa protection ne vous manquera pas. Faute de protection, il n'a pu avoir cette place. Accordez-lui votre protection. C'est un homme qui mérite protection, qui mérite votre protection, qui demande votre protection. Ce prince accorde sa protection à tous les genres de mérite et de talent. Il prend particulièrement sous sa protection le commerce, l'agriculture.
• PROTECTION, se dit aussi Des personnes qui en protégent, qui en favorisent d'autres. Vous avez en lui une puissante protection. Cet homme a de belles protections. Il n'a aucune protection. Il ne trouve aucune protection. Nous avons réussi malgré les protections de notre adversaire. J'ai lutté contre les protections de mon concurrent.
• PROTECTION, se dit quelquefois de L'emploi de protecteur à Rome. Le roi donna la protection de France à tel cardinal. Le pape donna la protection des jacobins à tel cardinal.

PROTECTORAT .s.m.
• Dignité de protecteur. C'est le titre sous lequel Cromwell gouverna l'Angleterre après la mort de Charles Ier.

PROTÉE .s.m.
• Ce nom, qui est celui d'un personnage mythologique, sert quelquefois à désigner Un homme qui change continuellement de manières, d'opinions, qui joue toutes sortes de rôles. Cet homme est un vrai protée.

PROTÉGER . v. a.
• Prendre la défense de quelqu'un, de quelque chose; prêter secours et appui. Si Dieu nous protége, qu'avons-nous à craindre? Protéger les gens de bien contre les entreprises des méchants. Protéger la veuve et l'orphelin. Protéger les faibles. Protéger les opprimés. Il lui a promis de le protéger contre ses ennemis, de le protéger envers et contre tous. Protéger la bonne cause. Protéger l'innocence.
• Il signifie aussi, S'intéresser, contribuer à la fortune d'une personne, veiller au maintien, au progrès d'une chose. Qui est-ce qui vous protége? Un ami du ministre le protége. Protéger la religion. Protéger les autels. Protéger les arts, le commerce, l'agriculture, les lettres, les sciences, etc.
• Il signifie quelquefois, Garantir, mettre à l'abri d'une incommodité, d'un danger. Ce mur nous protége contre le froid. Ces arbres nous protégent de leur ombre. Ce fort, cette citadelle protége la ville.
• PROTÉGÉ, ÉE. participe, S'emploie quelquefois substantivement. Cet homme est un des protégés du ministre. C'est son protégé, sa protégée.

PROTESTANT
, ANTE. s.
• Nom qui a été donné d'abord aux luthériens, et qu'on a étendu depuis aux calvinistes et à ceux qui suivent la religion anglicane. Les protestants d'Allemagne. Les opinions des protestants. Il a épousé une protestante.
• Il est aussi adjectif. Religion protestante. Les princes protestants. Les États protestants. C'est une ville protestante. Cet homme est protestant. Cette femme est protestante.

PROTESTANTISME .s.m.
• La croyance des Églises protestantes dans tous les points où elle diffère de la foi de l'Église catholique.

PROTESTATION . s. f.
• Témoignage public, déclaration publique que l'on fait de ses dispositions, de sa volonté. Il fit une protestation de sa fidélité au service du roi.
• Il signifie aussi, Promesse, assurance positive. Il lui a fait mille protestations d'amitié, de service, de fidélité, d'attachement inviolable.
• Il signifie aussi, Déclaration en forme, par laquelle on proteste contre quelque chose. Protestation verbale. Protestation par écrit. Faire sa protestation par-devant notaire. Faire sa protestation contre une résolution, contre un arrêt, contre un acte. Rédiger, signer une protestation. Donner acte d'une protestation. Nonobstant toutes protestations à ce contraires. Il a fait ses protestations.

PROTESTER . v. a.
• Promettre fortement, assurer positivement, publiquement. Il lui protesta qu'il le servirait en toutes rencontres. Il lui protesta de ne l'abandonner jamais. Il proteste, dans sa préface, qu'il n'a jamais eu de tels sentiments. Je vous proteste qu'il ne m'en a rien dit. Je le proteste hautement. Je vous le proteste publiquement. Je vous le proteste sur mon honneur.
• PROTESTER, est aussi verbe neutre; et alors il signifie, Déclarer en forme qu'on tient pour nul, pour illégal, etc., ce qui a été résolu, délibéré, ou fait, et que l'on se pourvoira contre. Protester contre une résolution, contre une délibération, contre une élection, contre une mesure arbitraire, contre une arrestation, etc. Il protesta contre.
• En termes de Palais, Protester de violence, Déclarer que c'est par violence, par force, que l'on condescend à quelque chose. Il leur remit les papiers qu'ils demandaient, mais en même temps il protesta de violence. On dit de même, Protester de nullité, protester d'incompétence, Déclarer que l'on regarde une procédure comme nulle, un juge comme incompétent.
• PROTESTER, en termes de Banque et de Commerce, Faire un protêt. Dans ce sens, il est actif. Protester une lettre de change. Quand un banquier manque à payer une lettre de change dans le terme prescrit, il faut la protester, on peut la protester, la faire protester. Protester un billet.
• Se dit, quelquefois, en parlant Des personnes. Ce négociant est mal dans ses affaires, il a déjà été protesté deux fois, on l'a protesté hier.
• PROTESTÉ, ÉE. participe, Billet protesté. Lettre protestée.

PROTÊT .s.m.
• .Banque et de Commerce. Acte par lequel, faute d'acceptation ou de payement d'une lettre de change à l'époque déterminée, on déclare que celui sur qui elle est tirée et son correspondant, seront tenus de tous les préjudices qu'on en recevra. Faire un protêt par-devant notaire. Faire signifier un protêt. Protêt faute d'acceptation, faute de payement.
• Se dit aussi d'Un acte semblable par lequel on fait constater le non-payement de tout autre effet de commerce.

PROTHÈSE . s. f.
• .Chirur. Voyez PROSTHÈSE.

PROTOCANONIQUE . adj. des deux genres
• Se dit Des livres sacrés qui étaient reconnus pour tels avant même qu'on eût fait des canons. Voyez DEUTÉROCANONIQUE.

PROTOCOLE .s.m.
• Formulaire pour dresser des actes publics. Le protocole des notaires, des greffiers, des huissiers.
• Se dit aussi, chez les secrétaires d'État, chez les secrétaires des grands princes, et dans les administrations publiques, d'Un formulaire contenant la manière dont les rois, les grands princes et les chefs d'administration traitent dans leurs lettres ceux à qui ils écrivent. Pour écrire à tel prince, il a consulté son protocole.
• PROTOCOLE, en Diplomatie, se dit Du registre où l'on inscrit les délibérations, les actes d'un congrès, d'une diète, etc.; et souvent de Ces délibérations, de ces actes mêmes. Un protocole signé par les ministres de plusieurs puissances. Les limites de ce pays ont été fixées par le protocole de tel jour. Premier, second, troisième protocole.

PROTONOTAIRE .s.m.
• Nom donné à des officiers de la cour de Rome, qui ont un degré de prééminence sur tous les notaires de la même cour, et qui reçoivent les actes des consistoires publics, et les expédient en forme. Le collége des douze protonotaires participants est le premier des colléges des prélats qui ne sont pas évêques.

PROTOSYNCELLE .s.m.
• Vicaire d'un patriarche ou d'un évêque de l'Église grecque.

PROTOTYPE .s.m.
• Original, modèle, premier type, premier exemplaire. Se dit proprement Des choses qui se moulent ou qui se gravent. On a moulé ces figures sur les prototypes qui sont à Rome. Cette médaille est le prototype sur lequel on a moulé toutes les autres.
• S'emploie quelquefois figurément et par plaisanterie. Cet homme est un prototype de sagesse, un prototype d'éloquence.

PROTOXYDE .s.m.
• .Chimie. L'oxyde le moins oxydé de tous ceux que peut former une substance quelconque, en se combinant avec l'oxygène.

PROTUBÉRANCE . s. f.
• T. d'Anat. Avance, éminence, saillie. Les protubérances du crâne, du cerveau.

PROTUTEUR .s.m.
• Celui qui est nommé pour gérer les affaires d'un mineur domicilié en France et ayant des biens dans les colonies; et Celui qui, sans avoir été nommé tuteur, est néanmoins fondé à gérer et administrer les affaires d'un mineur. Celui qui épouse une tutrice, devient protuteur.

PROU . adv.
• Assez, beaucoup. Il est vieux, et ne s'emploie que dans ces locutions familières: Peu ou prou. Ni peu ni prou.

PROUE . s. f.
• La partie de l'avant d'un navire. Aller de poupe à proue, de la poupe à la proue. La proue d'un vaisseau. La proue d'une galère, d'un brick. Un bâtiment qui a tant de pieds de poupe à proue, entre poupe et proue.

PROUESSE . s. f.
• Action de preux, acte de valeur. En ce sens, il est vieux, et ne se dit que par plaisanterie. Il conte volontiers ses prouesses.
• Se dit, figurément et par plaisanterie, de Certains excès, surtout d'un excès de débauche. On vante vos prouesses. On parle fort de ses prouesses. Il a fait de grandes prouesses.
• Ironiq., Voilà une belle prouesse, se dit en parlant De quelque action ridicule, ou blâmable.

PROUVER . v. a.
• Établir la vérité de quelque chose par un raisonnement convaincant, ou par un témoignage incontestable, ou par des pièces justificatives. Prouver une proposition. Les premiers principes ne se prouvent pas, ils se supposent. Prouver une majeure. Prouver une mineure. Prouver un fait. Prouver la vérité d'un fait. Prouver une chose en justice, la prouver par témoins irréprochables. Prouver jusqu'à la démonstration. On prouva par bons témoins qu'il était alors chez lui. Le crime a été suffisamment prouvé. Il prouvait cela par beaucoup de raisons. On prouva par ses lettres et par sa propre signature, qu'il était d'intelligence avec les ennemis. Ce que vous dites là prouve qu'il est riche, mais ne prouve pas qu'il soit honnête homme. Ce n'est pas tout que d'alléguer des faits, il faut les prouver. Reste à prouver. Condamné faute d'avoir pu prouver l'alibi. Qu'est-ce que cela prouve?
• PROUVER, signifie quelquefois, par extension, Montrer, marquer, donner lieu de connaître. Cette action prouve beaucoup de bonté, beaucoup de dureté de coeur, beaucoup d'égoïsme. Cette réponse prouve beaucoup de présence d'esprit. Cet événement prouve que je ne m'étais pas trompé dans mes conjectures. Cela prouve la nécessité d'en finir.
• PROUVÉ, ÉE. participe

PROVÉDITEUR .s.m.
• Nom que les Vénitiens donnaient à certains officiers publics qui avaient le commandement d'une flotte, ou d'une province, ou d'une place de guerre, ou qui étaient chargés de quelque inspection particulière. Provéditeur de la santé.

PROVENANCE . s. f.
• .Commerce et de Douanes. Se dit de Tout ce qui provient d'un pays, de tout ce qui est transporté d'un pays dans un autre; et il s'emploie surtout au pluriel. Les provenances de ce pays ne sont pas soumises aux mêmes droits que celles de tel autre. On dit de même, Des marchandises de provenance étrangère.

PROVENANT
, ANTE. adj.
• Qui provient. Tous les deniers provenants de la vente des meubles ont été employés à cela. Les sommes provenantes de la vente des différents effets s'élevaient à tant. Les biens provenants de la succession.

PROVENDE . s. f.
• Provision de vivres. Bonne provende. Songeons à la provende. Il faut aller à la provende. Il est familier et peu usité.
• Se dit, en Économie rurale, d'Un mélange de pois, d'avoine, de vesce, etc., qu'on donne aux brebis et aux moutons.

PROVENIR . v. n.
• Procéder, venir, dériver, résulter. Sa disgrâce provenait de sa franchise. D'où croyez-vous que proviennent tant d'abus? Cela provient de ce qu'il n'y a pas de surveillance. De là sont provenus tous les désordres. Cette maladie provenait d'un amas d'humeurs. Les enfants qui proviendront de ce mariage. Les biens qui proviennent de la succession.
• PROVENU, UE. participe

PROVERBE .s.m.
• Espèce de sentence, de maxime exprimée en peu de mots, et devenue commune et vulgaire. La plupart des proverbes sont figurés. Les proverbes renferment beaucoup d'instructions utiles. Il y a des mots qui deviennent proverbes en naissant. Cela a fait proverbe dans l'instant. Cela a passé en proverbe. Il ne parle que par proverbes. Les sentences sont les proverbes des gens bien élevés, et les proverbes sont les sentences du peuple.
• Proverbes de Salomon, Les sentences, les paraboles, les maximes de Salomon, contenues dans le livre qui porte le titre de Proverbes.
• PROVERBE, se dit aussi d'Une espèce de petite comédie qui se joue en société, et qui renferme le sens d'un proverbe qu'on donne à deviner. Ils ont joué des proverbes. Il a fait, il a composé un joli proverbe. On vient de publier un recueil de nouveaux proverbes.

PROVERBIAL
, ALE. adj.
• Qui tient du proverbe. La conversation familière souffre les façons de parler proverbiales, les expressions proverbiales.

PROVERBIALEMENT . adv.
• D'une manière proverbiale. Parler proverbialement. On dit proverbialement, La pelle se moque du fourgon.

PROVIDENCE . s. f.
• La suprême sagesse par laquelle Dieu conduit toutes choses. L'univers est réglé par la providence de Dieu. C'est un secret de la providence divine. La divine providence. Se reposer sur la Providence. C'est un coup de la Providence. Il faut s'abandonner à la Providence. Il ne faut pas compter sur la Providence de manière qu'on ne fasse rien pour se tirer de peine. Les soins de la Providence. Les dons de la Providence. Les décrets, les conseils, les desseins, les vues, les ordres de la Providence. Sans doute ces événements entrent dans l'ordre de la Providence. La conduite de la Providence est au-dessus de notre jugement.
• Fig. et fam., Être la providence de quelqu'un, Contribuer beaucoup à sa fortune ou à son bonheur, songer pour lui à tout ce qui peut lui être utile ou agréable. Cet auteur est la providence des libraires. Vous êtes ma providence, ma seconde providence.

PROVIGNEMENT .s.m.
• T. d'Agricult. Action de provigner.

PROVIGNER . v. a.
• T. d'Agricult. Coucher en terre les jeunes pousses d'un cep de vigne, après y avoir fait une entaille, afin qu'elles prennent racine, et qu'il s'en forme d'autres ceps. Provigner une vigne pour la regarnir.
• Se dit, par extension, en parlant De plusieurs autres genres de plantes.
• Il est quelquefois neutre, et signifie, Multiplier. Ce plant a beaucoup provigné cette année.
• Se dit aussi figurément, dans le même sens. Cette famille provigne beaucoup. L'hérésie a beaucoup provigné. Dans cette acception, il a vieilli.
• PROVIGNÉ, ÉE. participe

PROVIN .s.m.
• T. d'Agricult. Rejeton d'un cep de vigne provigné. Voilà des provins qui viennent bien. Les provins ne rapportent pas la première année.

PROVINCE . s. f.
• Étendue de pays qui fait partie d'un État, et qui comprend plusieurs villes, bourgs, villages, etc., pour l'ordinaire sous un même gouvernement. La France était divisée en provinces. La province de Guienne, de Normandie, etc. Les provinces d'un royaume. Ce prince voyait la plupart de ses provinces au pouvoir de l'ennemi. Les gouverneurs des provinces. Les États, les députés de telle province.
• Se dit, par extension, Des habitants mêmes d'une province. Cette province était surchargée d'impôts. Plusieurs provinces se soulevèrent.
• Les Provinces-Unies, Les sept provinces qui composaient la république de Hollande.
• PROVINCE, en parlant De la France, se dit, au singulier, Des provinces, des départements en général ou dans un sens indéterminé, et presque toujours par opposition à La capitale ou à La cour. Homme de province. Gens de province. Une dame de province. Noble de province. Noblesse de province. Aller en province. Partir pour la province. Se fixer en province. Demeurer en province. Il n'aime pas la vie de province.
• Se dit aussi Des habitants des provinces en général. Toute la province en parle. Cet ouvrage a charmé la cour, la ville et la province.
• Il a encore un air de province, se dit D'un homme venu depuis peu de sa province, et qui n'a pas encore pris l'air, les manières, le langage des habitants de la capitale. On dit dans le même sens: Langage de province. Accent de province. Mot de province. Manières de province. Cela sent la province.
• Dans l'ancienne circonscription ecclésiastique de la France, Province ecclésiastique, L'étendue de la juridiction d'une métropole. Il y avait dix-huit provinces ecclésiastiques dans le royaume. En ce sens, on disait plus ordinairement, Province, absolument. La province de Lyon. La province de Sens. La province de Reims. La province de Paris; etc. Toute la Bourgogne était de la province de Lyon. Toute la Bretagne était de la province de Tours.
• PROVINCE, parmi les Religieux, se dit d'Un certain nombre de monastères soumis à la direction d'un même supérieur, appelé Provincial. Les cordeliers de la province de France. Les augustins de la province d'Aquitaine.
• PROVINCE, en termes d'Histoire romaine Pays conquis hors de l'Italie, assujetti aux lois romaines et administré par un gouverneur romain. Après la défaite de Persée, la Macédoine fut réduite en province romaine.

PROVINCIAL
, ALE. adj.
• Qui appartient à une province, qui concerne une province. Administration provinciale. Assemblée provinciale. Synode provincial. Concile provincial. Chapitre provincial. Commissaire provincial. Baillis, juges provinciaux. États provinciaux.
• Se dit souvent De l'air, des manières, du langage, etc., des personnes de province, par opposition À l'air, aux manières, etc., des habitants de la capitale. Air provincial. Manières provinciales. Langage, accent, style provincial.
• Il est aussi substantif, en parlant Des personnes; et alors il se dit presque toujours par une espèce de dénigrement, par moquerie. C'est un provincial, une provinciale. Il nous amena une bande de provinciaux.
• PROVINCIAL, parmi les Religieux, Le supérieur général qui a inspection sur toutes les maisons d'une province de son ordre. Le provincial, le père provincial des cordeliers de France, des augustins d'Aquitaine.

PROVINCIALAT .s.m.
• Dignité du provincial d'un ordre religieux. Ce religieux a joui longtemps du provincialat.
• Il signifie aussi, Le temps durant lequel un religieux a été revêtu de cette dignité. Il a fait telle chose pendant son provincialat.

PROVISEUR .s.m.
• Chef d'un collége royal. Proviseur du collége de Louis le Grand, de Henri IV, etc.
• Il se disait autrefois Du chef de certaine corporations, de certaines maisons. Proviseur de Sorbonne.

PROVISION . s. f.
• Amas de choses nécessaires ou utiles, soit pour la subsistance d'une maison, d'une ville, d'une province, soit pour la défense d'une place de guerre. Grande provision. Bonne provision. Provision de vin, de blé, de sel. Aller à la provision. Il n'a besoin ni de vin ni de bois pour cette année, il en a sa provision. Dans les maisons bien réglées, on fait de bonne heure sa provision de bois, de vin. La place est munie de toutes sortes de provisions de guerre et de bouche. Par extension, Faire provision de livres, faire bonne provision de livres pour la campagne.
• Prov., Provision, destruction, ou Provision, profusion, Quand on a dans un ménage une provision faite des choses nécessaires à la vie, on en consomme plus que s'il fallait se les procurer à mesure.
• Faire ses provisions, Se pourvoir des choses nécessaires. Il ne sera pas surpris, il a fait ses provisions.
• Provisions de carême, Le beurre, l'huile, le poisson salé, les légumes, les fruits secs, et tout ce que les catholiques mangent ordinairement pendant le carême.
• En termes de Commerce et de Banque, Provision de lettre de change, La somme qui, dans les mains de celui sur lequel une lettre de change est tirée, doit servir au payement de cet effet. Faire la provision d'une lettre de change.
• PROVISION, se dit figurément en parlant Des choses morales, et il signifie, Nombre, quantité, dose. Ne cherchez pas à lui donner des ridicules, il en a déjà sa bonne provision. Cet homme, qui a beaucoup lu, a bonne provision de lieux communs sur toutes sortes de sujets. Il faut avoir une grande provision de patience.
• PROVISION, en termes de Palais, Ce qui est adjugé préalablement à une partie, en attendant le jugement définitif, et sans préjudice des droits réciproques au principal. On lui a adjugé une provision de six mille francs. Provision alimentaire. Sentence de provision. Cet homme ayant été battu, outragé, a obtenu une provision de trois mille francs. Gagner la provision.
• PROVISION, en Matière ecclésiastique, se dit Du droit de pourvoir à un bénéfice. La nomination de ce bénéfice appartenait à tel patron, et la provision appartenait à l'ordinaire.
• PROVISIONS, au pluriel, signifie, Les lettres par lesquelles un bénéfice ou un office est conféré à quelqu'un. Obtenir des provisions. Prendre des provisions. Il n'avait pas encore ses provisions. Il attendait ses provisions. Les provisions d'un office expédiées, scellées à la grande chancellerie. On lui fit rapporter ses provisions. Faire insinuer, faire enregistrer ses provisions. Dans la même acception, l'on dit, Des lettres de provision, au singulier. Présenter ses lettres de provision.
• S'emploie aussi au singulier, en parlant Des bénéfices, et signifie, L'acte du supérieur qui a donné le titre. La provision est nulle et vicieuse. Un faux expose rend la provision nulle.
• PAR PROVISION. loc. adv. Provisoirement, en attendant et préalablement. Il a été ordonné par provision qu'il jouirait de la terre, qu'il toucherait la somme en donnant caution.
• S'emploie aussi dans le langage familier et par plaisanterie. Comme nous ne dînerons qu'à six heures, je vais par provision déjeuner un peu.

PROVISIONNEL
, ELLE. adj.
• Qui se fait par provision, en attendant ce qui sera réglé définitivement. Traité provisionnel. Partage provisionnel.

PROVISIONNELLEMENT . adv.
• Par provision. Cela a été ordonné provisionnellement.

PROVISOIRE . adj. des deux genres
• .Procéd. Se dit D'un jugement rendu par provision. Jugement provisoire. Sentence provisoire. Arrêt provisoire.
• Mainlevée provisoire, Mainlevée qui a été ordonnée en jugement par provision.
• Matière provisoire, Ce qui requiert célérité. Les aliments, les réparations, etc., sont matière provisoire. On dit dans un sens analogue, Demande provisoire.
• Exécution provisoire, Celle qui a lieu nonobstant l'appel du jugement. Ordonner, prononcer l'exécution provisoire, avec ou sans caution.
• PROVISOIRE, s'emploie quelquefois dans le langage ordinaire, et signifie, Qui se fait en attendant une autre chose, préalablement à une autre chose. Nous avons fait un arrangement provisoire. Ce n'est là qu'un établissement provisoire.
• S'emploie aussi quelquefois substantivement dans ses deux acceptions. Il a gagné le provisoire. Introduire un provisoire. Ce n'est là qu'un provisoire. Faire cesser le provisoire.

PROVISOIREMENT . adv.
• Par provision. Il est particulièrement d'usage en termes de Palais. Cela n'a été jugé que provisoirement.
• S'emploie quelquefois dans le langage familier, et signifie, En attendant. On arrange mon appartement, et provisoirement je loge dans ce cabinet.

PROVISORAT .s.m.
• Dignité, qualité de proviseur.
• Se dit aussi de La durée des fonctions d'un proviseur.

PROVISORERIE . s. f.
• Office, emploi de proviseur. La provisorerie de Sorbonne. La provisorerie du collége de Navarre. En parlant Des proviseurs actuels, on dit, Provisorat.

PROVOCATEUR
, TRICE. adj.
• Qui provoque. Agent provocateur.
• S'emploie aussi comme substantif. C'est lui qui a été le provocateur.

PROVOCATION . s. f.
• Action de provoquer. Provocation à la révolte. Crime de provocation. Coupable de provocations. Ces continuelles provocations finirent par le lasser. Provocation à l'incontinence. Provocation au sommeil. Il a vomi sans aucune provocation.

PROVOQUER . v. a.
• Inciter, exciter. Provoquer quelqu'un au combat. Il l'a frappé, mais il avait été provoqué par beaucoup d'injures. On l'avait provoqué à se battre. Si on ne l'avait provoqué à boire, il ne se serait pas enivré. Il y a de froides plaisanteries qui provoquent plus à la colère que de grosses injures. Cela provoque au sommeil.
• Provoquer le sommeil, Causer, faciliter le sommeil, faire dormir; et, Provoquer le vomissement, Exciter à vomir. L'opium provoque le sommeil. L'émétique provoque le vomissement.
• PROVOQUÉ, ÉE. participe

PROXÉNÈTE .s.m.
• Courtier, celui qui négocie un marché. Il ne s'emploie guère aujourd'hui qu'en mauvaise part, et s'applique Aux entremetteurs de marchés honteux entre les deux sexes. Il n'est point usité dans le langage commercial.

PROXIMITÉ . s. f.
• Voisinage d'une chose à l'égard d'une autre. La proximité des lieux où l'on a souvent affaire, épargne bien du temps. La proximité de leurs maisons leur donne la facilité de se voir à toute heure. Le théâtre est à sa proximité. Avoir une chose à sa proximité, à proximité.
• PROXIMITÉ, se dit aussi de La parenté qui est entre deux personnes. C'est la proximité du sang, plutôt que l'amitié, qui les a unis dans un même intérêt. Il y a proximité de sang entre eux. La proximité qui est entre nous. La proximité du degré.

PRUDE . adj. des deux genres
• Qui affecte un air de sagesse, une circonspection excessive dans tout ce qui touche à la pudeur et à la bienséance. C'est une femme qui a toujours été prude. Elle a toujours passé pour prude. On dit, dans un sens analogue, Un air, une mine, un extérieur prude. Ce jeune homme a un air prude, un petit air prude, dont on serait la dupe. Se dit plus ordinairement Des femmes.
• Il est aussi substantif; mais alors on ne le dit jamais que Des femmes. C'est une prude. Les prudes et les coquettes.

PRUDEMMENT . adv.
• Avec prudence. Agir prudemment. Se conduire prudemment.

PRUDENCE . s. f.
• Vertu qui fait apercevoir et éviter les dangers et les fautes, qui fait connaître et pratiquer ce qui est convenable dans la conduite de la vie. Agir, se conduire avec prudence. La prudence doit être la règle de toutes les actions. Il n'y a pas de prudence à en user de la sorte. Il a bien manqué de prudence dans cette occasion. Se conduire selon les règles de la prudence humaine. Une prudence consommée. Ce magistrat s'est conduit avec beaucoup de prudence. Ce général a donné des marques d'une grande prudence dans toutes ses campagnes. Sa valeur est réglée par la prudence. Il y a eu de la prudence à lui de s'être comporté comme il a fait. Je m'en remets, je m'en rapporte à votre prudence. Je me repose sur votre prudence. J'admire la prudence de votre conduite, de vos discours. La prudence est une des quatre vertus cardinales.
• Dans le style de l'Écriture sainte, Prudence mondaine, prudence de la chair, prudence du siècle, L'habileté dans la conduite, lorsqu'elle ne regarde que les choses du monde, et qu'elle n'a point de rapport à celles du ciel; par opposition à Prudence chrétienne, Celle qui nous apprend à discerner ce qui conduit à Dieu de ce qui en éloigne, et nous fait préférer l'un à l'autre.
• Prov., Avoir la prudence du serpent, Être fort prudent.

PRUDENT
, ENTE. adj.
• Qui a de la prudence, qui est doué de prudence. C'est un homme très-prudent, une femme très-prudente.
• Se dit aussi De la conduite dans les affaires du monde, et des choses qui y ont rapport. Il a tenu une conduite prudente dans cette affaire. Il fit une réponse très-prudente. Ce fut une action prudente que la sienne. Il fit une retraite fort prudente. Il a gardé un silence prudent. Vos avis prudents m'ont empêché de faire cette faute.

PRUDERIE . s. f.
• Affectation de paraître sage, circonspection excessive sur des choses frivoles qui semblent regarder la pudeur et la bienséance. Il ne se dit qu'en parlant Des femmes. Elle affecte une certaine pruderie. Elle se pique de pruderie. C'est une pruderie hors de saison. Elle est d'une pruderie insupportable. Elle a un air de pruderie.

PRUD'HOMIE . s. f.
• Probité, sagesse dans la conduite. C'est un homme d'une grande prud'homie. J'ai toujours eu bonne opinion de sa prud'homie. Il est vieux.

PRUD'HOMME .s.m.
• Vieux mot qui signifiait autrefois, Un homme sage, un homme d'honneur et de probité. On ne s'en sert plus que pour désigner Un homme expert et versé dans la connaissance de certaines choses. L'arrêt portait qu'on s'en remettrait au dire de prud'hommes et gens à ce connaissants. Il y a des conseils de prud'hommes qui jugent les différends en matière d'arts et de métiers, entre les ouvriers et les maîtres.
• Se dit particulièrement, dans les ports et les villes de la Méditerranée, de Pêcheurs élus par les gens de leur profession, pour connaître des contraventions et des contestations relatives à la pêche maritime.

PRUNE . s. f.
• Fruit à noyau dont la chair est couverte d'une peau lisse et fleurie, et dont il y a diverses espèces. Grosse prune. Bonne prune. Prune qui quitte le noyau. Prune impériale. Prune de damas. Prune dauphine. Prune de perdrigon. Prune diaprée. Prune de Sainte-Catherine. Prune de damas violet. Prune de damas blanc. Prune de damas noir. Prune de damas rouge. Prune de Brignolles. Prune de reine-Claude. Prunes de Monsieur. Prunes de mirabelle. Prunes sèches. Prunes confites. Prunes à l'eau-de-vie.
• POUR DES PRUNES. loc. adv. et prov. Pour peu de chose, pour rien. On ne l'emploie guère qu'avec la négative ou dans une interrogation qui vaut une négative. Ce n'est pas pour des prunes qu'ils se sont rassemblés. Ils ne sont pas là pour des prunes. Suis-je donc venu pour des prunes? Cette locution est populaire.

PRUNEAU .s.m.
• Prune séchée au four ou au soleil. Des pruneaux de Tours. Une boîte de pruneaux. Manger des pruneaux. Faire cuire des pruneaux.
• Fig. et fam., C'est un petit pruneau, ou C'est un pruneau relavé, se dit, par plaisanterie, D'une fille ou d'une femme qui a le teint extrêmement brun.

PRUNELAIE . s. f.
• Lieu planté de pruniers.

PRUNELLE . s. f.
• Sorte de petite prune sauvage, dont le suc desséché entre dans quelques préparations pharmaceutiques.
• Fig. et fam., Du jus de prunelle, Du vin fort mauvais et fort âpre.

PRUNELLE . s. f.
• L'ouverture qui paraît noire dans le milieu de l'oeil, et par laquelle les rayons passent pour peindre les objets sur la rétine. La prunelle de l'oeil. Une taie qui couvre la prunelle de l'oeil. La dilatation de la prunelle.
• Prov., Jouer de la prunelle, Jeter des oeillades, faire quelques signes des yeux. Se dit ordinairement en parlant Des signes qu'un homme et une femme se font l'un à l'autre, quand ils sont d'intelligence.
• Prov., Conserver quelque chose comme la prunelle de ses yeux, La conserver soigneusement, précieusement.

PRUNELLE . s. f.
• Espèce d'étoffe de laine. Culotte de prunelle. Souliers de prunelle pour des femmes.

PRUNELLIER .s.m.
• Prunier sauvage, arbrisseau épineux qui porte les prunelles.

PRUNIER .s.m.
• Arbre qui porte des prunes. Prunier en plein vent. Prunier en espalier. Planter des pruniers. Secouer le prunier. Cueillir le prunier.

PRURIGINEUX
, EUSE. adj.
• .Médec. Qui cause de la démangeaison. Douleur prurigineuse.

PRURIT .s.m.
• .Médec. Démangeaison vive. Il a une grattelle qui lui cause un prurit continuel. La transpiration supprimée ou retenue par les pièces d'appareil, dans les fractures, occasionne le prurit. Les vieillards sont sujets au prurit.
• Se dit quelquefois, particulièrement, d'Une démangeaison ou d'un chatouillement agréable.

PRUSSIQUE . adj. m.
• .Chimie. Se dit D'un acide qu'on obtient de différentes substances animales ou végétales, et qui, combiné avec le fer, donne le bleu de Prusse. L'acide prussique est un des poisons les plus violents.

PRYTANE .s.m.
• T. d'Antiq. grecque. Nom qu'on donnait à l'un des premiers magistrats, dans certaines républiques. À Athènes, ce nom était commun aux cinquante sénateurs de la tribu qui avait à son tour la préséance dans le sénat. Le prytane de Corinthe. Le sénat d'Athènes était présidé par le chef des prytanes, dont les fonctions ne duraient qu'un jour. Les prytanes participaient au gouvernement de la république, et rendaient la justice.

PRYTANÉE .s.m.
• T. d'Antiq. grecque. Édifice qui était destiné à l'habitation des prytanes, et qui servait encore à d'autres usages civils et religieux. La plupart des villes considérables de la Grèce avaient leur prytanée. Chez les Athéniens, on entretenait dans le prytanée les citoyens qui avaient rendu des services importants ou qui avaient remporté des prix aux jeux Olympiques.

PSALLETTE . s. f.
• Lieu où l'on élève et exerce des enfants de choeur.

PSALMISTE .s.m.
• Nom donné particulièrement et par excellence à David, comme auteur des psaumes. Le Psalmiste est plein de ces sortes d'expressions.

PSALMODIE . s. f.
• Manière de chanter ou de réciter, à l'église, les psaumes et le reste de l'office. Voyez PSALMODIER.
• Se dit figurément d'Une manière monotone de déclamer, de débiter des vers ou de la prose. Sa déclamation est une ennuyeuse psalmodie, une psalmodie continuelle.

PSALMODIER . v. n.
• Réciter des psaumes, dans l'église, sans inflexion de voix, et toujours sur une même note. Dans tel ordre, les religieux ne chantent point, ils ne font que psalmodier.
• S'emploie figurément, et signifie, Déclamer des vers ou de la prose d'une manière monotone. Cet acteur, cet orateur ne fait que psalmodier. Il endort son auditoire à force de psalmodier.

PSALTÉRION .s.m.
• Sorte d'instrument de musique à plusieurs cordes de fil de fer ou de laiton, que l'on touche avec une petite verge de fer ou avec un petit bâton recourbé. Jouer du psaltérion.

PSAUME .s.m.
• Se dit Des cantiques sacrés composés par David, ou qui lui sont communément attribués. Les psaumes sont au nombre de cent cinquante. Le psaume trentième. Le psaume cinquante. L'Église chante les psaumes. Un commentaire sur les psaumes. Traduire les psaumes. Paraphrase sur les psaumes. Psaumes graduels: voyez GRADUEL.
• Les Psaumes de la pénitence, ou Les Psaumes pénitentiaux, et vulgairement, Les sept Psaumes, Sept psaumes que l'Église a choisis pour servir de prière à ceux qui demandent pardon à Dieu de leurs péchés. Dire les sept Psaumes. On lui a donné les sept Psaumes pour pénitence.

PSAUTIER .s.m.
• Recueil des psaumes composés par David, ou qui lui sont communément attribués. Savoir le psautier par coeur.

PSEUDO
• Mot tiré du grec qui s'unit à certains noms pour marquer que la qualité qu'ils expriment est fausse, ou qu'elle ne convient pas exactement à la chose ou à la personne. Pseudo-prophète. Pseudo-acacia. Pseudo-diptère.

PSEUDONYME . adj. des deux genres
• Se dit Des auteurs qui publient des livres, des écrits sous un nom supposé. Il y a eu beaucoup d'auteurs pseudonymes parmi les écrivains de Port-Royal.
• Se dit aussi Des ouvrages mêmes. Ouvrage pseudonyme. Écrit pseudonyme. Poëme pseudonyme.

PSORA
ou PSORE.s.m.
• .Médec., emprunté du grec, synonyme de Gale.

PSORIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui est de la nature de la gale. Virus psorique. Pustules psoriques.
• Se dit aussi Des remèdes qu'on emploie contre la gale. Remèdes psoriques.

PSYCHÉ . s. f.
• Grand miroir mobile que l'on peut incliner à volonté, au moyen de deux axes qui l'attachent par le milieu aux deux montants d'un châssis. Une psyché est très-commode aux femmes pour s'habiller.

PSYCHOLOGIE . s. f.
• (Dans ce mot et les deux suivants, CH se prononce K.) Partie de la philosophie qui traite de l'âme, de ses facultés et de ses opérations.

PSYCHOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient, qui a rapport à la psychologie.

PSYCHOLOGISTE
ou PSYCHOLOGUE.s.m.
• Celui qui s'occupe de psychologie, ou qui en traite.

PSYLLE .s.m.
• Charlatan qui apprivoise des serpents, qui joue avec des serpents. Il n'est guère employé qu'en parlant Des anciens, et dans les Relations de voyages. Les psylles égyptiens. Les psylles chinois.

PTYALISME .s.m.
• .Médec. Salivation, crachement fréquent et presque continuel.

PUAMMENT . adv.
• Avec puanteur. Il est peu usité.
• Fig. et fam., Mentir puamment, Mentir grossièrement et impudemment.

PUANT
, PUANTE. adj.
• Qui sent mauvais, qui a une mauvaise odeur. Pieds puants. Chair puante. Haleine puante.
• En termes de Chasse, Bêtes puantes, Certaines bêtes, comme les renards, les blaireaux, etc.
• Fam. et fig., Mensonge puant, Mensonge grossier et impudent; et, Puant menteur, Celui qui fait des mensonges de cette espèce.
• PUANT, est quelquefois substantif. C'est un puant, un vilain puant. Dans cet emploi, il est populaire.

PUANTEUR . s. f.
• Mauvaise odeur. D'où vient cette puanteur? Quelle puanteur! On n'y saurait habiter à cause de la puanteur. La puanteur de l'haleine. La puanteur d'un égout.

PUBÈRE . adj. et s. des deux genres
• .Physiologie. Qui a atteint l'âge de puberté. Sous ce climat, les garçons et les filles sont pubères beaucoup plus tôt que dans nos contrées.
• Il signifie, en termes de Jurisprudence, Qui a atteint l'âge où la loi permet qu'on se marie. Suivant la loi romaine, un garçon était pubère à quatorze ans, et une fille à douze.

PUBERTÉ . s. f.
• L'état des garçons et des filles qui sont nubiles. Les signes de la puberté. Le passage de l'enfance à la puberté. L'époque de la puberté. Elle n'est pas encore dans l'âge de puberté. Quand il aura atteint l'âge de puberté. Les femmes arrivent plus tôt que les hommes à l'âge de puberté.
• Âge de puberté, signifie aussi, L'âge auquel la loi permet qu'on se marie. Suivant nos lois, l'âge de puberté est de dix-huit ans pour les garçons, et de quinze ans pour les filles.

PUBESCENT
, ENTE. adj.
• .Bot. Qui est garni de poils fins, courts et mous, plus ou moins rapprochés, mais distincts. Tige pubescente. Feuilles pubescentes.

PUBIEN
, ENNE. adj.
• T. d'Anat. Qui appartient ou qui a rapport au pubis. Articulation pubienne. Ligaments pubiens.

PUBIS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Anat. Os situé à la partie antérieure et supérieure du bassin. On dit aussi adjectivement, L'os pubis.
• PUBIS, se dit encore de L'espèce d'éminence qui termine le bas-ventre, et qui se garnit de poil à l'époque de la puberté.

PUBLIC
, IQUE. adj.
• Qui appartient à tout un peuple, qui concerne tout un peuple. L'intérêt public. L'autorité publique. L'utilité publique. Le trésor public. Les revenus publics. La dette publique. Les effets, les fonds publics. Il est de l'avantage public, du bien public que cela soit. Toutes les révoltes ont ordinairement pour prétexte le bien public. Une des guerres civiles sous Louis XI fut appelée la Guerre du bien public. Le service public. Les services publics. La voix publique est pour lui. L'opinion publique s'est déclarée en sa faveur. Il jouit de l'estime publique. Il a encouru le blâme public. Il brave la clameur publique. Le bonheur public est son ouvrage. Soulager la misère publique. Cet événement causa une douleur publique. Ceux qui ont été dans les emplois publics, dans les charges publiques. Exercer des fonctions publiques.
• Personnes publiques, Les personnes qui sont revêtues de l'autorité publique, qui exercent quelque emploi, quelque magistrature.
• Vie publique, Les actions d'un homme revêtu de quelque dignité, ou chargé de quelque emploi, en tant qu'elles ont rapport à cette dignité, à cet emploi; par opposition à Vie privée, La vie particulière et domestique. Il cherche, dans les douceurs de la vie privée, un dédommagement aux soucis de la vie publique. Sa vie publique est irréprochable, il n'en est pas de même de sa vie privée.
• Ministère public, Magistrature établie près de chaque tribunal, pour y veiller aux intérêts publics, et y requérir l'exécution et l'application des lois.
• La partie publique, Le magistrat qui, dans les causes civiles ou criminelles, porte la parole au nom de la société.
• Officier public, fonctionnaire public, Celui qui exerce quelque charge ou fonction publique.
• Charges publiques, Les impositions que tout le monde est obligé de payer pour subvenir aux dépenses et aux besoins de l'État.
• Droit public, Science qui fait connaître la constitution des États, leurs droits, leurs intérêts, etc.
• PUBLIC, signifie aussi, Commun, à l'usage de tous. La voie publique. Une place publique. Un chemin public. Une promenade publique. Les lieux publics. Les écoles publiques. Les tribunes publiques de la chambre des députés.
• Édifices publics, Édifices employés aux différents services publics.
• Femmes publiques, filles publiques, Les prostituées.
• PUBLIC, signifie aussi, Qui est manifeste, qui est connu de tout le monde, qui est répandu parmi le peuple. C'est une nouvelle qui est déjà publique. C'est un bruit public. Rendre une chose publique. On a fait des défenses publiques. Le cri public s'élève contre lui. La chose n'est pas secrète, elle est publique, tout le monde la sait. Il fait profession publique de vous être dévoué. Cela est de notoriété publique. Cela est public.
• Se dit particulièrement De ce qui a lieu en présence de tout le monde. Audience publique. Séance publique. Cours public. Discussion publique. Débats publics. Affront public.
• PUBLIC, s'emploie aussi substantivement, et se dit Du peuple en général. Travailler pour le public. Servir le public. Se sacrifier pour le public. L'intérêt du public doit être préféré à celui des particuliers. Il s'agit de l'intérêt du public. Il fut défrayé aux dépens du public. Il s'est répandu dans le public que... Que dit-on dans le public? Avis au public. Donner un ouvrage au public.
• Se dit, particulièrement, d'Un nombre plus ou moins considérable de personnes, réunies pour assister à un spectacle, pour voir une exposition d'objets d'arts, etc. Le public a mal accueilli cette tragédie. Satisfaire le goût du public. Les suffrages d'un public éclairé. Un public sévère. Un public indulgent. Votre public était difficile à émouvoir.
• EN PUBLIC. loc. adv. En présence de tout le monde, à la vue de tout le monde. Paraître en public. Se montrer en public. Parler en public.

PUBLICAIN .s.m.
• Parmi les Romains, on appelait ainsi Les fermiers des deniers publics. L'ordre des publicains. Les gens de cette profession étaient odieux parmi les Juifs; c'est pourquoi l'Évangile dit, Il faut le traiter comme un païen et comme un publicain.
• Il est quelquefois appliqué, chez les modernes, Aux traitants, aux financiers, à ceux qui se chargent de percevoir les revenus publics; et alors on le prend toujours en mauvaise part. D'avides publicains.

PUBLICATION . s. f.
• Action par laquelle on rend une chose publique et notoire. La publication de la guerre. La publication de la paix. Depuis la publication de telle ordonnance. La publication des bans d'un mariage. La publication de l'Évangile.
• La publication d'un livre, L'action de le mettre en vente, de le faire paraître. Je ne sais quelle cause a retardé la publication de son livre. On dit dans un sens analogue, La publication d'un journal, d'un écrit périodique.

PUBLICISTE .s.m.
• Celui qui écrit sur le droit public, celui qui a fait de profondes études sur cette science. Un grand publiciste. C'est un jurisconsulte, mais non un publiciste.

PUBLICITÉ . s. f.
• Notoriété publique. La publicité du crime en rend la punition plus nécessaire.
• Il signifie plus ordinairement, Qualité de ce qui est rendu public. La publicité des débats judiciaires en matière criminelle est consacrée par la charte. Leurs démêlés ont eu, ont reçu la plus grande publicité. Il a donné toute la publicité possible à ses réclamations.

PUBLIER . v. a.
• Rendre public et notoire. Publier une loi, un édit. Publier une ordonnance à son de trompe. Publier un manifeste. Publier des défenses. Publier la guerre. Publier la paix. L'Évangile a été publié par toute la terre. La renommée eut bientôt publié un événement si extraordinaire. Publier les miséricordes de Dieu. C'est une chose que je lui avais dite en secret, et il est allé la publier partout. Il ne se lasse point de publier partout les obligations qu'il vous a. Publier une nouvelle. Publier des bans.
• Publier un livre, un journal, Le mettre en vente, le faire paraître.
• Fam., Publier quelque chose sur les toits, Le divulguer avec éclat. Je lui avais dit sous le secret cette nouvelle, et il est allé la publier sur les toits.
• PUBLIÉ, ÉE. participe

PUBLIQUEMENT . adv.
• En public, devant tout le monde. C'est une chose qu'il a faite publiquement, il ne s'en est point caché. Je le lui ai dit, je le lui ai déclaré publiquement. Professer publiquement une doctrine dangereuse.

PUCE . s. f.
• Petit insecte sans ailes, qui a six pattes, qui saute, qui se nourrit du sang de l'homme et de divers animaux. Un enfant tout mangé de puces. Un chien tout plein de puces, tout couvert de puces. Le saut d'une puce. Piqûre de puce. Morsures de puces. Chercher ses puces. Tuer une puce.
• Prov. et fig., Avoir la puce à l'oreille, Être inquiet touchant le succès de quelque affaire; et, Mettre à quelqu'un la puce à l'oreille, Lui inspirer des inquiétudes.
• PUCE, est aussi adjectif des deux genres, et signifie, Qui est d'un brun semblable à celui de la puce. Couleur puce. Habit puce. Étoffe puce. Ruban puce.

PUCEAU . s. et adj. m.
• Garçon qui n'a point connu de femme. Il est peu usité.

PUCELAGE .s.m.
• État d'un homme qui n'a point connu de femme, et d'une femme qui n'a point connu d'homme. Avoir son pucelage. Perdre son pucelage. Il est familier et libre.
• PUCELAGE, en Histoire naturelle, Espèce de petit coquillage univalve du genre des Porcelaines.

PUCELLE . s. f.
• Fille qui n'a point connu d'homme. Une jeune pucelle. Il est familier, excepté dans cette dénomination, La Pucelle d'Orléans, Jeanne d'Arc, qui, sous le règne de Charles VII, délivra la ville d'Orléans, assiégée par les Anglais.
• Dans la poésie badine, Les doctes pucelles, Les Muses.

PUCELLE . s. f.
• Poisson qui ressemble à l'alose, mais qui est moins estimé.

PUCERON .s.m.
• Petit insecte qui s'attache aux feuilles et aux rameaux des plantes, et qui les suce. Les tilleuls, les rosiers sont sujets aux pucerons.

PUDEUR . s. f.
• Honte honnête, mouvement excité par l'appréhension de ce qui blesse ou peut blesser la décence, la modestie, l'honnêteté. Pudeur virginale. C'est un reste de pudeur qui l'a retenu. C'est avoir perdu toute pudeur, c'est n'avoir aucune pudeur, c'est franchir toutes les bornes de la pudeur, que d'oser agir ainsi. Il n'a aucune pudeur. Épargnez, ménagez, respectez la pudeur de cette jeune fille. Rougir de pudeur. La pudeur paraît sur son visage. Des discours qui offensent, qui blessent la pudeur.
• Se dit encore d'Une sorte de discrétion, de retenue ou de modestie qui empêche de dire ou d'entendre ou de faire de certaines choses sans embarras. Lorsque ce jeune homme a paru devant l'assemblée, son front a rougi de pudeur. Il a eu la pudeur de ne point me parler de son aventure. Il a eu assez peu de pudeur pour s'adjuger lui-même la meilleure part. C'est un homme qui loue tout le monde sans pudeur. Ne lui donnez pas tant de louanges en face, ménagez, épargnez sa pudeur.
• C'est un homme sans pudeur, C'est un homme qui ne rougit de rien.

PUDIBOND
, ONDE. adj.
• Qui a une certaine pudeur naturelle. Il n'est guère usité que dans des phrases familières, et ne se dit que par plaisanterie. Un jeune homme pudibond. Avoir l'air pudibond.
• Rougeur pudibonde, Rougeur du visage produite par la timidité, par la pudeur.

PUDICITÉ . s. f.
• Chasteté. La pudicité est le principal ornement d'une femme.

PUDIQUE . adj. des deux genres
• Chaste et modeste dans les moeurs, dans les actions et dans les discours. Le pudique Joseph. La pudique Lucrèce. On le dit aussi Des moeurs, des discours, etc. Avoir les moeurs pudiques. Discours pudiques. Regard pudique. Oreilles pudiques. Un amour pudique. Il n'est guère usité que dans la poésie et dans le style soutenu.

PUDIQUEMENT . adv.
• D'une manière pudique. Les chrétiens doivent vivre pudiquement, même dans le mariage. En parlant contre l'impudicité, on doit s'exprimer pudiquement.

PUER . v. n.
• (Ce verbe n'est usité qu'à l'infinitif, au présent, à l'imparfait, au futur de l'indicatif et au conditionnel présent. Je pue, tu pues, il pue; nous puons, vous puez, ils puent. Je puais. Je puerai. Je puerais.) Sentir mauvais. Cette viande commence à puer. Ces perdrix puent. Cet homme pue beaucoup. Son haleine pue. Il puait. Cela puera bientôt. Si vous gardiez ces fleurs plus longtemps dans la même eau, elles pueraient.
• Prov. et fig., Il pue comme un rat mort, comme un bouc, comme une charogne, comme la peste, se dit L'un homme qui sent fort mauvais.
• Prov. et pop., Paroles ne puent point, ou au singulier, Parole ne pue point, se dit, par manière d'excuse, Quand on se trouve obligé de nommer quelque chose de puant ou de sale.
• Fig. et pop., Cela lui pue, lui pue au nez, Il en est rebuté, dégoûté.
• PUER, s'emploie quelquefois activement. Cet homme pue le vin, pue l'ail. Ses habits puent la vieille graisse.
• Cela pue le musc, l'ambre, la civette, se dit D'une chose qui a une odeur de musc, d'ambre ou de civette, excessive et incommode.

PUÉRIL
, ILE. adj.
• Qui appartient à l'enfance. Âge puéril. L'instruction puérile.
• La Civilité puérile. Titre d'un vieux livre fait pour apprendre la civilité aux enfants.
• Fam. et par plaisanterie, Il n'a pas lu la Civilité puérile, se dit D'un homme qui manque aux devoirs ordinaires de la civilité.
• PUÉRIL, se dit, par extension, De ce qui est frivole, et qui tient de l'enfance, soit dans le raisonnement, soit dans les actions. Ce qu'il dit là est puéril. C'est un discours puéril. Sentiment puéril. Raisonnement puéril. Excuse puérile. Frayeur puérile. Joie puérile. Cette discussion serait puérile. Conduite puérile. Occupation puérile. Amusement puéril.

PUÉRILEMENT . adv.
• D'une manière puérile. C'est raisonner bien puérilement.

PUÉRILITÉ . s. f.
• Ce qui tient de l'enfant, soit dans le raisonnement, soit dans les actions; discours, action d'enfant. Il ne se dit qu'en parlant De personnes qui ont passé l'âge de l'enfance. Il y a de la puérilité dans ce raisonnement, dans ce discours. Il ne dit que des puérilités. Il ne fait que des puérilités. Ce que vous dites là, ce que vous faites là est une puérilité.

PUERPÉRALE . adj. f.
• .Médec. Il n'est usité que dans cette expression, Fièvre puerpérale, Fièvre qui attaque les femmes en couche.

PUGILAT .s.m.
• Combat à coups de poing qui était en usage dans les gymnases des anciens. Les bras des athlètes étaient armés de cestes dans l'exercice du pugilat.

PUINE .s.m.
• .Gruerie. Se dit Des arbrisseaux qui sont censés mort-bois. Voyez Mort-bois, à l'article BOIS.

PUÎNÉ, PUÎNÉE. adj.
• Qui est né depuis un de ses frères ou une de ses soeurs. C'est mon frère puîné. C'est ma soeur puînée.
• S'emploie substantivement pour distinguer de l'aîné Ses frères et soeurs. C'est mon puîné. Dans la conversation, l'on se sert plus ordinairement du nom de Cadet.

PUIS . adv. de temps
• Ensuite, après. Ils se proposent d'aller à Orléans, à Blois, puis à Tours. Il leur dit quelques mots, puis il sortit.
• Il est quelquefois adverbe de lieu. Derrière lui était assis un tel, puis un tel.
• Et puis, D'ailleurs, au reste. Vous ne l'y détermineriez que difficilement; et puis, à quoi cela servirait-il?
• Fam. et par forme d'interrogation, Et puis? Eh bien, qu'en arrivera-t-il, que s'ensuivra-t-il, que fera-t-on après? ou Qu'en arriva-t-il, que s'ensuivit-il?

PUISAGE .s.m.
• Action de puiser. Il a droit de puisage dans cette fontaine.

PUISARD .s.m.
• Espèce de puits pratiqué pour recevoir des eaux inutiles et les absorber. Puisard qui reçoit les eaux du comble. Bâtir un puisard à pierres sèches. Pratiquer des puisards dans une cour. Le puisard d'une glacière. Le puisard d'une citerne. Puisards d'aqueduc.

PUISER . v. a.
• Prendre de l'eau avec un vaisseau qu'on plonge dans une rivière, dans une fontaine, etc. Puiser de l'eau à la rivière, dans la fontaine.
• S'emploie ordinairement au neutre. Puiser à la rivière. Puiser au bassin de la fontaine, au courant de l'eau. Puiser à la source.
• Se dit aussi en parlant D'un liquide quelconque contenu dans un grand vaisseau. Puiser du vin dans la cuve.
• Prov. et fig., Il ne faut point puiser aux ruisseaux, quand on peut puiser à la source, ou, Il n'est rien de tel que de puiser à la source, Autant qu'on le peut, il faut essayer de remonter jusqu'à l'origine des choses, pour en être bien instruit.
• Fig., Puiser dans la source, dans les sources, à la source, aux sources, Lire, consulter les auteurs originaux sur les matières dont on traite.
• Fig., Puiser dans la bourse de quelqu'un, Lui emprunter librement de l'argent, quand on en a besoin. Cet homme puise dans la bourse de ses amis.
• PUISER, s'emploie figurément et au sens moral. Cet auteur a puisé dans les anciens, chez les anciens, les plus grandes beautés de son ouvrage. Ce principe a été puisé dans la nature. Il puisait dans la religion le courage extraordinaire qu'il déployait. J'ai puisé dans vos discours tout le courage dont j'avais besoin. J'ai puisé de grandes consolations, de grandes lumières dans son entretien. Il avait puisé dans le cloître cette humeur sombre et sévère. S'emploie quelquefois absolument. C'est un auteur qui puise partout.
• PUISÉ, ÉE. participe

PUISQUE
• Conjonction servant à marquer une cause, un motif, une raison. (L'E s'élide ordinairement devant les pronoms Il, elle, on, et devant Un, une.) Il ne sert de rien de consulter, puisque c'est une chose résolue. Je le veux bien, puisque vous le voulez. Puisqu'on vous en prie, et que rien ne s'y oppose, n'hésitez point à le faire. Puisqu'ainsi est, je ne conteste plus. Quelquefois on sépare le que de Puis. Puis donc que vous le voulez.

PUISSAMMENT . adv.
• Avec force, d'une manière puissante. Ce prince est en état de secourir puissamment ses alliés. Solliciter puissamment pour quelqu'un. Agir puissamment dans une affaire.
• Il signifie quelquefois, Beaucoup, extrêmement. Il est puissamment riche.
• Ironiq., C'est puissamment raisonner, se dit en parlant D'un raisonnement ridicule.

PUISSANCE . s. f.
• Pouvoir, autorité. Puissance absolue, tyrannique. Pisistrate usurpa sur les Athéniens la puissance souveraine. Puissance légitime, usurpée, indépendante, limitée, bornée, sans bornes. Puissance odieuse. Conserver, augmenter, accroître, fortifier sa puissance. Perdre sa puissance. Sa puissance s'affaiblit, diminue, décline. Sa puissance est détruite, anéantie. La puissance d'un État, d'un empire. La puissance d'un prince. La puissance d'un ministre. C'est un homme qui s'est élevé à une grande puissance. Il a fondé sa puissance sur la crainte. L'édifice de sa puissance s'est écroulé. Il n'avait qu'une puissance précaire, momentanée. La puissance publique. La puissance paternelle. La puissance maritale. Puissance temporelle, spirituelle. Puissance civile, ecclésiastique. Puissance législative, exécutive. User avec sagesse de la puissance. Abuser de la puissance.
• Toute-puissance, Puissance sans bornes. Il ne se dit proprement que De Dieu. Dieu a créé le monde par sa toute-puissance.
• Avoir une personne, une chose en sa puissance, En être le maître, le possesseur, en pouvoir disposer à son gré.
• Ce jeune homme est en puissance de père et de mère, Il ne peut disposer de rien sans le consentement de son père, de sa mère. Cette femme est en puissance de mari, Elle ne peut contracter ni disposer de rien sans être autorisée de son mari.
• Puissance du glaive, L'autorité de condamner à mort, qui réside dans la personne du souverain, et qu'il fait exercer suivant les lois.
• Puissance des clefs, Le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés, donné par JÉSUS-CHRIST à son Église, en la personne de saint Pierre et en celle de ses apôtres.
• Puissance de fief, Les différents droits qu'un seigneur suzerain pouvait exercer sur ses vassaux en vertu de son fief. Il avait réuni cette terre à sa seigneurie par puissance de fief.
• De notre pleine puissance. Formule dont le roi se servait en certaines lettres patentes. De notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, avons ordonné...
• PUISSANCE, signifie aussi, Domination, empire. Cyrus soumit à sa puissance la plus grande partie de l'Asie. La puissance de ce prince s'étend fort loin. Les Grecs furent soumis à la puissance des Romains. La puissance des anciens Romains était formidable.
• PUISSANCE, signifie encore, Etat souverain. Puissance continentale. Puissance maritime. Deux puissances rivales. Les puissances alliées. Les puissances belligérantes. Toutes les puissances de l'Europe entrèrent dans ce traité. Les hautes puissances contractantes.
• Hautes Puissances, est Le titre que prenaient les états généraux des Provinces-Unies; et, Nobles Puissances, Celui que prenaient les états particuliers de chacune des sept provinces.
• Traiter de puissance à puissance, D'égal à égal.
• PUISSANCE, se dit aussi, familièrement, de Ceux qui possèdent les premières dignités de l'État. Avoir accès auprès des puissances. Il ne faut pas se brouiller avec les puissances. Il est bien avec toutes les puissances du jour.
• Fam., Il devient une puissance, se dit D'un homme qui acquiert du crédit et du pouvoir; et, Il croit, il se figure être une puissance, se dit D'un homme qui croit mal à propos avoir de l'autorité, du crédit.
• PUISSANCES, au pluriel, est aussi Le nom d'une des hiérarchies des anges. Les Trônes, les Puissances, les Dominations.
• PUISSANCE, signifie quelquefois simplement, Pouvoir de faire une chose. Il a envie de vous obliger, mais il n'en a pas la puissance. Il n'est pas en sa puissance de me faire céder. Il n'y a pas de puissance humaine qui vienne à bout de sa résistance. La jeunesse manque de sagesse pour délibérer, et la vieillesse de puissance pour exécuter.
• PUISSANCE, se dit aussi, au sens moral, en parlant Des choses qui exercent beaucoup d'empire sur l'âme ou sur l'esprit. Telle est la puissance de la vertu. Je n'ai pu résister à la puissance de ses paroles. La puissance de ses charmes. La puissance de l'habitude est telle, que... La puissance de l'imagination.
• PUISSANCE, signifie aussi, Faculté. La mémoire, l'entendement, la volonté, sont appelées, dans l'école les puissances de l'âme. L'objet meut, émeut la puissance.
• PUISSANCE, en parlant De certains remèdes, de certaines substances, se dit de L'efficacité qu'on leur attribue. Le quinquina a la puissance de guérir la fièvre. L'aimant a la puissance d'attirer le fer. On dit plus ordinairement, La vertu, la propriété.
• PUISSANCE, en termes de Philosophie scolastique, Ce qui est opposé à Acte, et qui peut se réduire en acte. Réduire la puissance en acte. Puissance réduite à l'acte. Un gland est un chêne en puissance, parce qu'un gland peut devenir un chêne.
• PUISSANCE, en termes de Mécanique, se dit Des forces mouvantes, de tout ce qui imprime ou peut imprimer du mouvement. La puissance et la résistance. Dans un moulin à eau, l'eau est la puissance. La main de l'homme qui élève le poids par le moyen d'un levier, est la puissance. Toutes les puissances mécaniques se réduisent au levier et au coin. Dans une pompe à feu, la vapeur est la puissance. Puissance motrice.
• PUISSANCE, en Mathématique, signifie, Les différents degrés auxquels on élève une grandeur, une quantité en la multipliant toujours par elle-même. Quatre est la seconde puissance de deux, huit est la troisième, seize est la quatrième, etc. Élever un nombre à la seconde, à la troisième puissance.
• Au Trictrac, Prendre son coin par puissance, Diminuer un point sur chacun des deux dés que l'on a amenés, et par ce moyen prendre son coin. On ne prend son coin par puissance que lorsqu'on le prend le premier.

PUISSANT, ANTE. adj.
• Qui a beaucoup de pouvoir. Un puissant prince. Avoir de puissants amis, de puissants protecteurs. Il a des ennemis puissants. C'est un puissant État. Un puissant empire. Une puissante ville. C'est une famille qui est puissante dans la province, puissante dans la robe.
• Tout-puissant, toute-puissante, Qui peut tout. Dieu seul est tout-puissant. Il signifie aussi, par exagération, Qui a un très-grand pouvoir, un très-grand crédit. Il était tout-puissant à la cour. Il était tout-puissant auprès du prince. Vous êtes tout-puissant sur l'esprit d'un tel. Ils sont tout-puissants.
• Tout-Puissant, s'emploie quelquefois comme substantif; mais il ne se dit que de Dieu seul. Le Tout-Puissant. Le bras du Tout-Puissant.
• Haut et puissant seigneur, haute et puissante dame; très-haut et très-puissant seigneur; très-haute et très-puissante dame. Titres donnés, dans les actes et dans les monuments publics, aux grands seigneurs, aux personnes d'une qualité relevée.
• Très-haut et très-puissant prince, très-haute et très-puissante princesse. Titres donnés, dans les actes et dans les monuments publics, aux princes et aux princesses.
• PUISSANT, signifie aussi, Qui est capable de produire un effet considérable. Cela lui a été d'un puissant secours. Il s'est servi d'un puissant remède. Il a allégué de puissantes raisons. Cette considération sera très-puissante sur son esprit. La nécessité est un puissant aiguillon. Ses discours ont un charme puissant. Lever une puissante armée. Avoir une puissante flotte. Il est puissant en raisonnements. L'Écriture sainte, en parlant de JÉSUS-CHRIST, dit qu'il était puissant en oeuvres et en paroles.
• Puissant calculateur, puissant logicien, puissant raisonneur, Habile et profond calculateur, logicien exact et serré, homme qui raisonne avec force. Ces expressions s'emploient souvent dans un sens ironique.
• PUISSANT, signifie quelquefois, Riche, extrêmement riche. Être puissant en fonds de terre. Puissant terrien. Puissant capitaliste.
• Il signifie encore, Qui a beaucoup d'embonpoint. C'est un jeune homme fort et puissant. Cet homme est devenu très-puissant, faute de faire de l'exercice. Cette femme est devenue puissante, trop puissante. Il est familier et presque populaire.
• PUISSANT, s'emploie aussi comme substantif; mais il n'est guère usité que dans cette phrase du style de la Chaire, Les puissants du siècle, les puissants de la terre, Les grands.

PUITS .s.m.
• Trou profond, creusé de main d'homme, ordinairement revêtu de pierre en dedans, et que l'on a fait exprès pour en tirer de l'eau. Un puits très-profond, très-creux. Puits commun. Puits mitoyen. Le puits d'une basse-cour, d'un jardin. Le bord d'un puits. Le rebord d'un puits. La mardelle ou la margelle d'un puits. Une corde à puits. La corde, la chaîne du puits. De l'eau de puits. Curer un puits. Cureur de puits. Le seau est tombé dans le puits. Puits à roue. Puits à poulie. Puits à bras. Un puits creusé dans le roc.
• Puits artésien, Trou pratiqué en terre à l'aide de la sonde, souvent à une très-grande profondeur, et d'où l'eau jaillit d'elle-même. Les puits artésiens de la gare de Saint-Ouen.
• Puits perdu, Puits dont le fond est de sable, et où les eaux se perdent. Les puisards sont des espèces de puits perdus.
• Prov. et fig., Il faut puiser tandis que la corde est au puits, Il faut profiter de l'occasion.
• Prov. et fig., La vérité est au fond d'un puits, Elle est cachée, il faut des recherches profondes pour la découvrir.
• Prov. et fig., Ce qu'on lui dit tombe dans un puits, se dit en parlant D'un homme fort secret. C'est un puits, se dit, dans le même sens, D'un homme qu'il est impossible de faire parler sur les choses qu'il doit taire.
• Prov. et fig., Cela ne tombera pas dans le puits, On s'en souviendra en temps et lieu. Cela est tombé dans le puits, se dit D'une chose dont il a d'abord été question et qui est absolument oubliée.
• Fig. et fam., C'est un puits de science, C'est un homme extrêmement savant. C'est un puits d'or, C'est un homme extrêmement riche.
• PUITS, en termes de Guerre, se dit de Trous creusés au devant d'une circonvallation ou d'un autre retranchement, et que l'on recouvre ordinairement de branchages et de terre, pour y faire tomber la cavalerie. Ils avaient fait des puits tout autour de leurs lignes.
• Se dit aussi d'Un creux très-profond en terre, qu'on fait, dans un siége, pour découvrir et pour éventer les mines des assiégeants.
• PUITS, se dit encore des Trous creusés perpendiculairement pour extraire de la terre différentes matières qui y sont renfermées. Puits de carrière. Puits de mine. Puits d'épreuve.

PULLULER . v. n.
• Multiplier en abondance, en peu de temps. Les chenilles ont beaucoup pullulé cette année. Le chiendent pullule beaucoup. La fougère pullule extrêmement.
• Se dit quelquefois, figurément, Des erreurs, des opinions et des écrits dangereux ou méprisables, qui se répandent facilement. Cette opinion, cette hérésie avait pullulé en peu de temps. Cet hiver, les mauvais romans pullulent.

PULMONAIRE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. et de Médec. Qui appartient au poumon. Artère pulmonaire. Veine pulmonaire. Catarrhe pulmonaire.
• Phthisie pulmonaire, Maladie de consomption et d'amaigrissement, qui est occasionnée par quelque vice organique du poumon.
• PULMONAIRE, s'emploie aussi comme substantif féminin, et se dit de Certaines plantes dont les feuilles sont ordinairement parsemées de taches brunes semblables à celles qu'on remarque parfois sur le poumon. Pulmonaire officinale. Pulmonaire des Français.
• Pulmonaire de chêne, Espèce de lichen qui s'attache sur le tronc des chênes ou des hêtres, et quelquefois sur les pierres. La pulmonaire de chêne est employée en médecine comme pectorale.

PULMONIE . s. f.
• Maladie du poumon. Il est attaqué de pulmonie.

PULMONIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui est malade du poumon, qui a les poumons affectés. Il est pulmonique. Un jeune homme pulmonique. Une fille pulmonique. On dit aussi, Poumonique.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un pulmonique. Les pulmoniques guérissent difficilement.

PULPATION . s. f.
• .Pharmacie. Action de réduire en pulpe.

PULPE . s. f.
• .Bot. Substance charnue ou molle des fruits et des légumes.
• Se dit particulièrement, en Pharmacie, de La pulpe des végétaux réduite en une espèce de pâte ou de bouillie. Pulpe de prune, de casse, de tamarin.
• En termes d'Anat., La pulpe cérébrale, La partie molle du cerveau.

PULPER . v. a.
• .Pharmacie. Réduire en pulpe.
• PULPÉ, ÉE. participe

PULPEUX, EUSE. adj.
• .Bot. Qui est de la pulpe, qui est formé d'une pulpe plus ou moins épaisse. Fruit pulpeux. Matière pulpeuse.

PULSATIF, IVE. adj.
• .Médec. Se dit D'un battement douloureux qui accompagne ordinairement les inflammations. Douleur pulsative.

PULSATION . s. f.
• T. didactique. Battement. Se dit particulièrement en parlant Du pouls. Pulsation fréquente. Pulsation inégale. Pulsation de l'artère. Son pouls fait tant de pulsations par minute.
• Se dit aussi, en Physique, Des mouvements de vibration de tous les fluides élastiques. La pulsation du son.

PULVÉRIN .s.m.
• Poudre à canon écrasée et passée au tamis, dont on se sert pour amorcer, pour faire des traînées, et pour la composition des artifices.
• Se dit aussi d'Une espèce de poire où l'on met cette sorte de poudre.

PULVÉRISATION . s. f.
• Action de pulvériser, ou Le résultat de cette action.

PULVÉRISER . v. a.
• Réduire en poudre. Il a trouvé le secret de pulvériser les corps les plus solides et les plus compactes.
• S'emploie aussi figurément, et signifie, Détruire, réfuter complétement. Il a pulvérisé cet argument. Cette objection a été pulvérisée.
• PULVÉRISÉ, ÉE. participe

PULVÉRULENT, ENTE. adj.
• T. didactique. Qui se réduit facilement en poudre. La craie est souvent dans un état pulvérulent.
• Se dit, en Botanique, Des parties de certaines plantes qui sont couvertes d'un duvet d'une telle ténuité, qu'il ressemble à de la poussière.

PUMICIN .s.m.
• Huile de palme.

PUNAIS, AISE. adj.
• Qui rend par le nez une odeur infecte, et qui est presque privé du sentiment de l'odorat par le défaut de l'organe. On ne saurait durer auprès de lui, il est punais. Il avait épousé une femme punaise. Il ne sent point les odeurs, il faut qu'il soit punais.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. C'est un punais.

PUNAISE . s. f.
• Insecte de forme plate, et qui sent très-mauvais: l'espèce commune n'a point d'ailes, suce le sang de l'homme, et se tient surtout dans les bois de lit. Un lit plein de punaises. Être mangé de punaises. Une drogue pour faire mourir les punaises. Rien n'est plus puant qu'une punaise écrasée. Punaise des bois, ou Punaise de bois. Punaise d'oranger. Punaise de jardin. Punaise aquatique.
• Prov. et pop., Avoir le ventre plat comme une punaise, Avoir le ventre vide. Se dit communément en parlant D'une personne qui a été longtemps sans manger.

PUNAISIE . s. f.
• Maladie du punais.

PUNCH .s.m.
• (On prononce Ponche.) Sorte de liqueur ordinairement composée de rum ou de rack ou d'eau-de-vie, d'infusion de thé, de jus de citron, et de sucre. Punch au rum. Punch au rack. Punch à l'eau-de-vie. Punch à la romaine, à la glace. Un bol de punch. Un verre de punch. Boire, prendre du punch. Punch au vin. Punch au lait.

PUNIQUE . adj.
• Il ne s'emploie guère que dans ces locutions: Les guerres puniques, Les trois guerres des Romains contre Carthage; Foi punique, Mauvaise foi insigne, par allusion à la perfidie dont les Romains accusaient les Carthaginois.

PUNIR . v. a.
• Infliger, faire subir à quelqu'un la peine de son crime, de sa faute. Dieu l'en a bien puni. On l'a puni comme il le méritait. Après ce qu'il a fait, on ne saurait trop le punir. Punir rigoureusement. Punir sévèrement. Punir un enfant pour une faute légère. Il faut punir les traîtres. On l'a puni de ses malversations. Il a été puni de ses crimes. Il a été puni pour cette faute. Punir un criminel du dernier supplice. On l'a puni de mort. Punir les méchants, et récompenser les bons.
• Prov., Dieu le punira, Son crime ne demeurera pas impuni.
• PUNIR, se dit aussi en parlant Du crime, de la faute. C'est un crime qu'on ne saurait punir trop sévèrement. Punir les moindres fautes, jusqu'aux moindres fautes. Punir le vice et récompenser la vertu.
• Il signifie quelquefois, Mal reconnaître ce qu'on a fait pour nous, rendre le mal pour le bien. Vous êtes un ingrat, vous me punissez bien de ce que j'ai fait pour vous, des services que je vous ai rendus. Il a été bien puni de sa folle amitié, de son excessive indulgence pour ses enfants. Je suis puni de ma trop grande confiance dans cet homme-là.
• PUNI, IE. participe, Fig. et fam., Le voilà bien puni, se dit D'un homme fort mortifié de n'avoir pas obtenu ce qu'il demandait.
• Fig. et fam., Être puni par où l'on a péché, Éprouver du dommage, de la peine par suite des choses mêmes où l'on a cherché et trouvé de l'avantage, du plaisir, etc. C'est un gourmand qui a de fréquentes indigestions; il est puni par où il a péché.

PUNISSABLE . adj. des deux genres
• Qui mérite punition. C'est un homme très-punissable. Rien n'est plus punissable qu'une pareille trahison. Crime punissable de mort.

PUNISSEUR . adj. et s. m.
• Qui punit. Le foudre punisseur. Il a vieilli.

PUNITION . s. f.
• Action de punir. La punition des crimes et des délits appartient aux juges criminels. Il est peu usité en ce sens.
• Il signifie plus ordinairement, Châtiment, peine qu'on fait souffrir pour quelque faute, pour quelque crime. Une faute si légère ne méritait pas une si grande punition. On doit proportionner la punition aux fautes, aux crimes. On en a fait une punition exemplaire. Cela mérite une punition corporelle. À ce petit jeu, on lui ordonna pour punition...
• Ce malheur, cet accident lui est arrivé par punition de Dieu, par punition divine, C'est Dieu qui lui a envoyé cette disgrâce pour le châtier, pour le corriger. On dit, absolument, dans le même sens, C'est une punition de Dieu, une punition du ciel.

PUPILLAIRE . adj. des deux genres
• (On prononce les L dans ce mot et les suivants, mais sans les mouiller.) .Jurispr. Qui appartient au pupille. Deniers pupillaires. Intérêts pupillaires.
• En termes de Droit romain, Substitution pupillaire, La substitution testamentaire, faite d'une autre personne à un pupille institué héritier, par celui en la puissance de qui il est, au cas que le pupille décède avant que d'être parvenu à la puberté.
• En termes d'Anat., Membrane pupillaire, Membrane qui ferme la pupille, dans le foetus.

PUPILLARITÉ . s. f.
• .Droit. Le temps qu'un enfant est pupille. Il est peu usité.

PUPILLE . s. des deux genres
• Personne mineure qui a perdu son père et sa mère, ou l'un des deux, et qui est sous la conduite d'un tuteur. Il faut qu'un tuteur ait soin de la personne et des biens de son pupille. Il a grand soin de sa pupille.
• Se dit quelquefois, figurément, d'Un jeune enfant par rapport à son gouverneur. Il s'est fait beaucoup d'honneur par l'éducation de son pupille.

PUPILLE . s. f.
• T. d'Anat. L'ouverture de l'iris de l'oeil, la prunelle. Avoir la pupille très-dilatée.

PUPITRE .s.m.
• Meuble dont on se sert soit pour écrire, soit pour poser des livres ou des cahiers de musique, de manière qu'on puisse les lire commodément. Pupitre de table. Pupitre de bibliothèque. Pupitre d'église. Pupitre d'orchestre. Pupitre à faire de la musique. Pupitre tournant. Pupitre à mettre plusieurs livres.

PUR
, URE. adj.
• Qui est sans mélange. De l'or pur. Boire de l'eau pure, du vin pur. Il rend le sang tout pur. Ce pain est fait de pur froment.
• Il signifie aussi, Qui n'est point altéré, vicié, corrompu, souillé. On respire ici un air pur. Son sang est très-pur. Une source d'eau pure. Les eaux sont très-pures dans ce pays. On ne devait offrir aux dieux que des victimes pures.
• Une lumière pure, une clarté pure, un jour pur, Une lumière, une clarté nette et vive, que rien n'altère, n'obscurcit. Un ciel pur, Un ciel sans nuage.
• En Théologie, L'état de pure nature, L'état où était Adam avant le péché.
• L'état de pure nature, L'état de l'homme tel qu'on le suppose antérieurement à toute civilisation.
• Fam., Être en état de pure nature, Être tout nu, sans aucun vêtement.
• En Métaphysique, L'esprit pur, L'esprit considéré sans égard à son union avec la matière.
• Mathématiques pures, Celles qui considèrent la grandeur d'une manière abstraite, comme purement susceptible d'accroissement et de diminution.
• En Jurispr., Obligation pure et simple, promesse pure et simple, mainlevée pure et simple, démission pure et simple, Obligation, promesse, mainlevée, démission sans aucune condition, sans aucune restriction ni réserve.
• PUR, au sens physique et au sens moral, se joint avec divers substantifs, Pour mieux marquer l'essence, la vraie nature des choses, ou pour donner plus de force à la signification des mots auxquels on l'associe. Alors il précède ordinairement le substantif; mais il le suit, quand il est précédé lui-même du mot Tout, qui ajoute encore à son énergie. Suivant Descartes, les bêtes sont de pures machines. Les anges sont de purs esprits. C'est la pure vérité. Il a agi en cela par pure bonté, par bonté pure, par bonté toute pure. C'est un pur motif de générosité qui le fait parler. Pure libéralité. Pur entêtement. Pure malice. Pure trahison. Pure sottise. Ce que vous dites là est une pure calomnie, une calomnie toute pure. C'est le pur texte, le texte pur, le texte tout pur. Ce latin est du Cicéron tout pur. Cette expression est de l'italien tout pur. Ce fruit est du poison tout pur. Ce vin est de la drogue toute pure.
• PUR, s'emploie figurément, au sens moral, et signifie, Sans mélange. Goûter une félicité pure. Jouir d'un bonheur pur. Éprouver une joie pure. Un zèle pur et désintéressé. Aimer Dieu d'un amour pur.
• Il signifie aussi, Sans altération, sans corruption, sans tache, sans souillure. Un coeur pur. Une âme pure. Une conscience pure. Une réputation pure. Des plaisirs purs. Une gloire pure. Une doctrine pure. Une foi vive et pure. C'est une vertu bien pure que la sienne. Tous ses sentiments sont purs. Ses intentions sont droites et pures. Il s'est conservé pur au milieu de la corruption du siècle. Dans cette place, il a manié des millions, et ses mains sont restées pures. Il lève au ciel des mains pures.
• Il signifie particulièrement, Chaste. Vierge très-pure. Elle s'est toujours conservée pure.
• PUR, est quelquefois suivi de la particule de, tant au sens physique qu'au sens moral. Une liqueur pure de tout mélange. Elle a rendu à Dieu une âme pure de toute souillure.
• PUR, lorsqu'il s'agit de style et de discours, marque La propriété des termes et la régularité de la construction. Style pur. Langage pur. Élocution pure. Diction pure. Une latinité bien pure. C'est un écrivain très-pur.
• Se dit, dans les Arts du dessin, pour désigner La netteté, l'exactitude, la correction du trait. Un trait pur. Un dessin pur. Des formes pures. Des contours purs.
• PUR, en termes de Blason, se dit Des armoiries qui ne consistent que dans le seul émail du champ de l'écu, sans aucune pièce héraldique. Il porte d'argent pur, de gueules pur. On dit aussi Plein, dans le même sens.
• EN PURE PERTE. loc. adv. Inutilement, vainement. Vous vous tourmentez en pure perte. C'est en pure perte que vous l'exhortez, que vous lui donnez des conseils, il n'en profitera pas. Il a fait beaucoup de frais en pure perte. On le dit aussi en parlant D'une perte qui n'est compensée par aucune utilité. Cela tombe en pure perte pour lui.
• EN PUR DON. loc. adv. On l'emploie en parlant D'un don fait sans aucune condition.
• À PUR ET À PLEIN. loc. adv. Entièrement, tout à fait, sans aucune réserve. Il n'est guère usité que dans ces phrases: Être absous à pur et à plein. Un compte soldé à pur et à plein.

PUREAU .s.m.
• .Couvreur. La partie d'une tuile ou d'une ardoise, qui n'est pas recouverte par la tuile ou l'ardoise supérieure. La tuile a ordinairement trois à quatre pouces de pureau.

PURÉE . s. f.
• Sorte de bouillie tirée des pois ou autres légumes de cette espèce, cuits dans l'eau Purée claire. Purée épaisse. Purée de pois. Purée de lentilles. Potage à la purée, ou simplement Purée. On dit aussi, Purée de navets, d'oignons, etc.
• Purée de gibier, Gibier pilé et cuit de manière à être réduit en bouillie.

PUREMENT . adv.
• Il prend différentes significations, selon les différentes phrases où il est employé. Vivre purement, Vivre d'une manière pure et innocente. Parler, écrire purement, Parler, écrire avec une grande propriété d'expressions, n'employer que des tours conformes à l'usage et au génie de la langue. Dessiner purement, Dessiner d'une manière exacte, correcte. Il a fait telle chose purement par plaisir, Il l'a faite uniquement par plaisir et sans autre vue que de se divertir; on dit de même: Le motif de sa vocation était purement humain. On peut raisonner tant qu'on vent sur les choses purement naturelles. Etc.
• Purement et simplement, Sans réserve et sans condition. Il a résigné cette charge purement et simplement.

PURETÉ . s. f.
• Qualité par laquelle une chose est pure et sans mélange. Par le moyen du feu, on porte les métaux au plus haut degré de pureté dont ils soient susceptibles. La pureté de l'air. La pureté des eaux contribue beaucoup à la santé.
• PURETÉ, s'emploie figurément, au sens moral, et signifie, Intégrité, droiture, innocence, exemption d'altération, de corruption, de souillure. La pureté de ses intentions, de ses sentiments n'est point douteuse. La pureté de ses moeurs a résisté à toutes les séductions. Conserver le dépôt de la foi dans toute sa pureté. Les erreurs de ses disciples portèrent atteinte à la pureté de sa doctrine. La morale qu'il enseigne est d'une grande pureté.
• Il signifie particulièrement, Chasteté; et, en ce sens, il s'emploie presque toujours absolument. Les péchés contre la pureté. Pureté angélique. Pureté virginale. Ne rien souffrir qui blesse la pureté, qui soit contre la pureté. Conserver la pureté, sa pureté. La pureté de la sainte Vierge. La pureté du coeur et de l'esprit. La pureté de l'âme.
• PURETÉ, lorsqu'il s'agit de style et de discours, signifie, Exactitude dans le choix, l'emploi et l'arrangement des termes et des phrases. Pureté de style, de langage, de diction, d'élocution. Pureté d'expression. Cet écrivain est d'une grande pureté. Cette façon de parler est contre la pureté de la langue, du langage.
• Se dit aussi, en termes d'Arts, de La correction, de l'exactitude du trait. Ce trait, ce dessin est d'une grande pureté. La pureté de ces formes, de ces contours est ravissante. Son dessin manque de pureté.
• La pureté du goût, La justesse et la délicatesse du goût, dans la littérature, dans les arts.

PURGATIF, IVE. adj.
• Qui a la faculté de purger. Remède purgatif. Tisane, poudre purgative. Cette plante a une vertu purgative. Drogue purgative. Médicaments purgatifs.
• PURGATIF, est aussi substantif. L'antimoine est un violent purgatif. Servez-vous de tel purgatif. Donner un purgatif fort doux. On faisait autrefois un grand usage des purgatifs.

PURGATION . s. f.
• Évacuation par le moyen d'un remède qui purge. Il se porte beaucoup mieux depuis sa purgation. La purgation est nécessaire aux personnes replètes.
• Il signifie plus ordinairement, Le remède que l'on prend pour se purger. On lui a donné une purgation fort douce. Il prendra demain une petite purgation. Cette purgation a produit un grand effet.
• Purgations menstruelles, L'évacuation de sang que les femmes ont ordinairement tous les mois jusqu'à un certain âge. Dans le même sens, on dit simplement, Purgations, quand la phrase indique de quelles purgations on veut parler.
• En Jurispr. canonique, Purgation canonique, Action par laquelle un accusé se justifie devant le juge ecclésiastique, selon les formes prescrites par les canons, à la différence de la Purgation vulgaire, qui se faisait par les épreuves du combat, de l'eau, du feu, etc.

PURGATOIRE .s.m.
• Lieu où, selon la doctrine de l'Église catholique, les âmes de ceux qui meurent en état de grâce, vont expier les péchés dont ils n'ont pas fait une pénitence suffisante en ce monde. Prier pour les âmes du purgatoire. Délivrer une âme du purgatoire. Le feu du purgatoire.
• Fig. et fam., Faire son purgatoire en ce monde, Y avoir beaucoup à souffrir.

PURGER . v. a.
• Purifier, nettoyer. Il signifie particulièrement, en Médecine, Ôter, faire sortir ce qu'il y a dans le corps d'impur, de grossier, de superflu, de malfaisant, avec des remèdes pris ordinairement par la bouche. Purger un malade. Cette drogue purge le bas-ventre. Purger quelqu'un avec du séné, de la casse, de la manne, etc. Ce médicament purge trop, purge violemment, purge doucement. Ce malade a été saigné et purgé. On l'a purgé deux jours de suite. On dit dans un sens analogue, Purger le cerveau, Dégager le cerveau.
• Cette drogue purge la bile, Elle chasse la bile.
• Son médecin l'a purgé, Il lui a fait prendre une médecine, une purgation.
• Purger les métaux, Les dégager de tout ce qu'ils ont d'impur et d'étranger. On dit de même, Purger le sucre.
• Purger l'État, la contrée de voleurs, de vagabonds, etc., Faire disparaître les voleurs, les vagabonds d'un État, d'un pays. Purger sa maison de fripons, Chasser de sa maison les valets fripons. Purger la mer de pirates, Délivrer la mer des pirates qui l'infestent. On dit de même: Hercule purgea la terre des monstres qui la désolaient. De tels hommes sont dangereux, on doit en purger la société. Etc.
• Fig., Purger sa conscience, Ne rien souffrir sur sa conscience qu'on se puisse reprocher. Il signifie aussi, Se confesser.
• Fig., Purger son esprit d'erreurs, de préjugés, Se défaire de ses erreurs, de ses préjugés.
• Fig., Purger une langue, En retrancher les expressions barbares, triviales ou incorrectes.
• En termes de Poétique, Purger les passions, Détruire, modérer, épurer ou diriger les passions. Aristote enseigne que l'effet du poëme dramatique doit être de purger les passions.
• Fig., Purger son bien de dettes, Acquitter toutes ses dettes, en sorte que ce qui reste du bien soit net et liquide.
• En termes de Jurispr., Purger les hypothèques, Remplir les formalités nécessaires pour qu'un bien cesse d'être grevé d'hypothèques.
• En Matière criminelle, Purger la contumace, Se constituer prisonnier pour se justifier du crime à raison duquel on a été condamné par contumace.
• Purger la mémoire d'un mort, Le déclarer juridiquement innocent du crime pour lequel il avait été condamné.
• PURGER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, tant au propre qu'au figuré. Le corps se purge naturellement des humeurs superflues. Cet homme a besoin de se purger, de prendre médecine. Il s'est purgé hier. La langue tendait à se purger de ces restes de la barbarie. La société doit se purger de ces hommes dangereux.
• Se purger d'une accusation, se purger d'un crime, S'en justifier, faire connaître qu'on est innocent. Se purger par serment, Se justifier devant les juges, en jurant qu'on est innocent.
• PURGÉ, ÉE. participe

PURIFICATION . s. f.
• Action de purifier, d'ôter d'une substance ce qui s'y trouve d'impur et d'étranger. Cela sert à la purification des métaux. La purification du sang, des humeurs.
• PURIFICATION, est aussi L'action que le prêtre fait à la messe, lorsque, après avoir pris le sang de Notre-Seigneur, immédiatement avant l'ablution, il prend du vin dans le calice. La messe était presque dite, le prêtre en était à la purification.
• Purifications légales, Les cérémonies par lesquelles on se purifiait dans la loi de Moïse.
• PURIFICATION, se dit particulièrement d'Une fête que l'Église célèbre en l'honneur de la sainte Vierge, et en mémoire de ce qu'elle se soumit comme les autres femmes à la cérémonie légale de la purification, après ses couches. La purification de la sainte Vierge. La fête de la Purification. Après la Purification.

PURIFICATOIRE .s.m.
• Linge dont les prêtres se servent à l'autel pour essuyer le calice après la communion.

PURIFIER . v. a.
• Rendre pur, ôter ce qu'il y a d'impur, de grossier, d'étranger. Purifier l'air. Purifier l'eau. Purifier les métaux. Purifier un métal de tout mélange. Purifier la cire. Cela purifie le sang, les humeurs. Le feu purifie l'air.
• Les orateurs chrétiens disent quelquefois, en s'adressant à Dieu: Seigneur, daignez purifier mes lèvres, Faites en sorte que mes discours soient purs et salutaires.
• Fig., Purifier son coeur, son âme, ses intentions, En retrancher tout ce qu'il peut y avoir de contraire à la vertu, à la droiture, à l'innocence. On dit de même, Purifier les moeurs, Les rendre plus honnêtes, plus conformes à la vertu.
• PURIFIER, s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, tant au propre qu'au figuré, Devenir pur, plus pur. L'air se purifie par le feu. Le sang se purifie par un bon régime. Dans ces contemplations religieuses, le coeur, l'âme se purifie. Les moeurs et le langage commençaient à se purifier.
• Il signifie particulièrement, lorsque l'on parle Des cérémonies de la loi judaïque, Faire ce qui était ordonné pour les purifications légales. Les femmes étaient obligées d'aller se purifier au temple après leurs couches.
• PURIFIÉ, ÉE. participe

PURIFORME . adj. des deux genres
• .Médec. Qui ressemble à du pus. Crachats puriformes.

PURISME .s.m.
• Défaut de celui qui affecte la pureté du langage. Cet homme est d'un purisme si rigoureux, qu'il en est fatigant. Cette femme donne dans le purisme.

PURISTE . s.
• Celui ou celle qui affecte la pureté du langage, et qui s'y attache trop scrupuleusement. Le puriste est voisin du pédant. C'est une puriste sévère.

PURITAIN
, TAINE. s.
• Nom donné aux presbytériens rigides d'Angleterre, qui se piquaient de suivre la religion la plus pure. Les puritains d'Angleterre. Les puritains d'Écosse. Il était puritain. Une jeune puritaine. Les puritains se distinguaient par un langage austère et par une grande simplicité de vêtements. Il a l'air d'un puritain. On dit aussi adjectivement: Un ministre puritain. La secte puritaine.

PURITANISME .s.m.
• La doctrine des puritains.

PURPURIN
, INE. adj.
• Qui approche de la couleur de pourpre. Des fleurs purpurines. Des joues purpurines.

PURPURINE . s. f.
• Le bronze moulu qui s'applique à l'huile et au vernis.

PURULENCE . s. f.
• .Médec. Qualité de ce qui est purulent.

PURULENT, ENTE. adj.
• .Médec. Qui est mêlé de pus. Crachats purulents. Urines purulentes. Déjections purulentes.
• Foyer purulent. Voyez FOYER.

PUS .s.m.
• Matière liquide, épaisse, blanchâtre, qui se forme dans les abcès, qui sort des plaies et des ulcères. Le pus commence à se former. Dès qu'on lui eut donné un coup de lancette, le pus sortit en abondance. On lui a tiré du sang qui est comme du pus.
• En Médec. et en Chirur., Pus louable, Pus de bonne qualité, qui est de couleur uniforme, et qui n'a point de mauvaise odeur.

PUSILLANIME . adj. des deux genres
• (Dans ce mot et le suivant, on prononce les L, mais sans les mouiller.) Qui manque de coeur, qui a l'âme faible, lâche. Un homme pusillanime. On dit aussi: Une âme, un caractère pusillanime. Une conduite pusillanime. Des craintes pusillanimes. Etc.

PUSILLANIMITÉ . s. f.
• Excessive timidité, manque de courage, lâcheté. On ne vit jamais tant de pusillanimité.

PUSTULE . s. f.
• Petite tumeur inflammatoire qui s'élève sur la peau, et qui se termine par suppuration. Dans la petite vérole, le corps est couvert de pustules. Les pustules de la petite vérole, de la rougeole, de la gale, du pourpre, etc. Avoir des pustules sèches. Il lui est venu des pustules.

PUSTULEUX, EUSE. adj.
• .Médec. Qui est accompagné de pustules, ou Qui en a l'apparence. Érésipèle pustuleux. Dartre pustuleuse.

PUTAIN . s. f.
• Terme injurieux et malhonnête, qui signifie, Prostituée.

PUTANISME .s.m.
• T. malhonnête. Désordre dans lequel vivent les prostituées.
• Se dit aussi Du commerce avec les femmes prostituées. Cet homme a longtemps donné dans le putanisme.

PUTASSERIE . s. f.
• T. malhonnête. La fréquentation habituelle des femmes de mauvaise vie.

PUTASSIER .s.m.
• T. malhonnête. Celui qui est adonné aux femmes de mauvaise vie. C'est un grand putassier.

PUTATIF, IVE. adj.
• Qui est réputé être ce qu'il n'est pas. On ne l'emploie guère que dans cette expression, Père putatif, Celui qu'on croit être le père d'un enfant, quoiqu'il ne le soit pas en effet.

PUTOIS .s.m.
• Animal sauvage assez semblable à la fouine, mais qui répand une odeur beaucoup plus fétide, et dont la peau sert à faire des fourrures. Un manchon de putois.

PUTRÉFACTION . s. f.
• Action par laquelle un corps se pourrit; État de ce qui est putréfié. La putréfaction est le dernier degré de la fermentation animale ou végétale. Un air humide et chaud favorise le progrès de la putréfaction. La putréfaction d'un cadavre. Tomber en putréfaction.

PUTRÉFAIT, AITE. adj.
• Corrompu, infect, puant. Un corps tout putréfait. Il est peu usité: on dit, Putréfié.

PUTRÉFIER . v. a.
• Corrompre, faire pourrir. La gangrène putréfie les parties voisines.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se corrompre, se pourrir. Le fumier se putréfie dans les fosses où on le met.
• PUTRÉFIÉ, ÉE. participe, Des matières putréfiées.

PUTRIDE . adj. des deux genres
• .Chirur. et de Médec. Se dit Des humeurs corrompues et fétides. Suppuration putride. Humeurs putrides.
• Fièvre putride, Fièvre qu'on attribue à la corruption des humeurs, parce que l'haleine et les excréments du malade exhalent une odeur fétide.

PUTRIDITÉ . s. f.
• État de ce qui est putride.

PYGMÉE .s.m.
• Nom que l'antiquité donnait à de petits hommes qu'elle supposait n'avoir qu'une coudée de hauteur. Les anciens ont dit que les Pygmées combattaient contre les grues.
• Fam., C'est un pygmée, se dit D'un nain, d'un fort petit homme.
• PYGMÉE, se dit aussi, figurément et par mépris, de Tout homme sans talent, sans mérite ou sans crédit, qui s'efforce vainement de nuire à quelqu'un d'illustre ou de puissant. Il méprisa les attaques de ces pygmées littéraires.

PYLÔNE .s.m.
• T. d'Archit. Se dit de Ces grands portails, surmontés d'une tour carrée, qui décorent la façade des temples égyptiens.

PYLORE .s.m.
• T. d'Anat. Orifice inférieur de l'estomac, par lequel les aliments entrent dans les intestins. Obstruction au pylore.

PYLORIQUE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui appartient ou qui a rapport au pylore. Orifice pylorique. Muscle pylorique. Artère, veine pylorique.

PYRACANTHE . s. f.
• Plante qu'on nomme aussi Buisson ardent. Voyez BUISSON.

PYRAMIDAL
, ALE. adj.
• Qui est en forme de pyramide. Figure pyramidale. Forme pyramidale. En termes d'Anat.: Muscles pyramidaux. Corps pyramidaux.

PYRAMIDALE . s. f.
• .Bot. Espèce de campanule qui s'élève en pyramide, et qui porte des fleurs bleues depuis sa base jusqu'à son sommet.

PYRAMIDE . s. f.
• Solide composé de triangles, ayant un même plan pour base, et dont les sommets se réunissent en un même point. Dans le langage ordinaire, il s'entend presque toujours Des ouvrages d'architecture à quatre faces, qui sont faits dans la forme qu'on vient de décrire. La base, le sommet, les côtés d'une pyramide. Les pyramides d'Égypte sont renommées pour leur grandeur et pour leur antiquité. Dresser, élever une pyramide. L'obélisque est une pyramide très-allongée. Pyramide triangulaire, ou quadrangulaire. Pyramide tronquée.
• Une pyramide de fruits, Une certaine quantité de fruits rangés et élevés les uns sur les autres en forme de pyramide.
• En pyramide, En forme de pyramide ou à peu près. Cela s'élève en pyramide. Cette plante a ses fleurs en pyramide.

PYRAMIDER . v. n.
• T. d'Art. Être disposé en pyramide, former la pyramide. S'emploie surtout en Peinture. Ce groupe pyramide bien. Cet artiste fait bien pyramider ses compositions.

PYRÈTHRE .s.m.
• .Bot. Plante, espèce de camomille dont on mâche la racine pour exciter la salivation et soulager le mal de dents.

PYRIQUE . adj. des deux genres
• Qui concerne le feu. Se dit De certains feux d'artifice qu'on fait jouer dans un lieu clos et couvert. Spectacle pyrique. Amusement pyrique. Science pyrique. Expériences pyriques. Jeux pyriques.

PYRITE . s. f.
• .Chimie. Combinaison de soufre avec le fer ou le cuivre. Pyrite de fer. Pyrite de cuivre. Veine de pyrite.

PYRITEUX
, EUSE. adj.
• .Minéralogie. Qui est de la nature de la pyrite, qui contient de la pyrite.

PYROLIGNEUX . adj.
• .Chimie. Il n'est usité que dans cette expression, Acide pyroligneux, Acide acétique qui tient en dissolution de l'huile empyreumatique, et qui est un des produits de la distillation du bois. Les chimistes sont parvenus à purifier l'acide pyroligneux au point d'en faire un vinaigre que l'on sert sur les meilleures tables.

PYROMÈTRE .s.m.
• .Physiq. Instrument qui sert à mesurer les dilatations produites par l'action du feu dans les corps solides.

PYROPHORE .s.m.
• Préparation chimique qui a la propriété de s'enflammer à l'air. Le pyrophore s'obtient en calcinant l'alun avec l'amidon.

PYROTECHNIE . s. f.
• L'art de se servir du feu. La pyrotechnie chirurgicale.
• Se dit plus communément en parlant Des feux d'artifice. Il entend bien la pyrotechnie. Traité de pyrotechnie.

PYROTECHNIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient à la pyrotechnie.

PYRRHIQUE . adj. f.
• Il n'est usité que dans cette expression, La danse pyrrhique, ou substantivement, La pyrrhique, Danse militaire, inventée, dit-on, par Pyrrhus, fils d'Achille.

PYRRHONIEN, IENNE. adj.
• Qui appartient à une école de philosophes, dont Pyrrhon était le chef, et où l'on faisait profession de douter des choses les plus certaines. La secte pyrrhonienne. Les philosophes pyrrhoniens.
• Se dit, par extension, De quiconque doute ou affecte de douter des choses que les autres regardent comme les plus certaines. Cet homme est pyrrhonien.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif. C'est un franc pyrrhonien.

PYRRHONISME .s.m.
• Doctrine de Pyrrhon et de ses disciples; Habitude ou affectation de douter de tout. Pyrrhonisme historique. Pyrrhonisme en matière de religion.

PYTHAGORICIEN, ENNE. adj.
• Qui appartient à une école de philosophes, dont Pythagore était le chef, et dont il avait formé une sorte de corporation monastique vouée à des pratiques austères. La secte pythagoricienne. Les philosophes pythagoriciens. On dit quelquefois: La doctrine pythagoricienne. Les dogmes pythagoriciens.
• S'emploie aussi comme substantif. Les pythagoriciens croyaient à la métempsycose.

PYTHIE . s. f.
• T. d'Antiq. Nom que les Grecs donnaient à la prêtresse de l'oracle d'Apollon à Delphes. La pythie sur son trépied.

PYTHIEN . adj. - Voyez PYTHIQUES.

PYTHIQUES . adj. pl. des deux genres
• T. d'Antiq. Nom des jeux qui se célébraient tous les quatre ans à Delphes en l'honneur d'Apollon, surnommé Pythien. On dit aussi, Les jeux Pythiens.

PYTHONISSE . s. f.
• T. d'Antiq. La pythie de Delphes; et, par extension, Toute femme qui se mêlait de prédire l'avenir. La pythonisse d'Endor. Saül consulta la pythonisse.

 


              [ Home ]                [ Last update: See " What's New " page ]               [ up ]
Copyright 2010   All rights reserved - Tous droits réservés - Todos derechos reservados - Tutti i diritti riservati

 BELAIR DICTIONARIES - DICTIONNAIRES BELAIR - DICCIONARIOS BELAIR - DIZIONARIOS BELAIR

D.R. BELAIR

Scientific & Technical writer           url :    http://www.dr-belair.com           e-mail  :   webmaster@dr-belair.com