D.R. BELAIR - RTMKB

Q

       

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

Q .s.m.
• Lettre consonne, la dix-septième de l'alphabet. On la nomme Qu (ku), suivant l'appellation ancienne et usuelle, et Que (ke), suivant la méthode moderne. Un grand Q. Un petit q.
• Q, ne s'écrit jamais sans être suivi d'un U, si ce n'est dans quelques mots où il est final, tels que Coq, cinq. Les deux lettres QU se prononcent comme s'il n'y avait qu'un simple K, excepté dans les mots qui seront indiqués ci-après.

QUADRAGÉNAIRE . adj. des deux genres
• (On prononce Coua.) Qui contient quarante unités. Le nombre quadragénaire.
• Il signifie aussi, Qui est âgé de quarante ans. Un homme, une femme quadragénaire. En ce sens, il est aussi substantif. Un quadragénaire. Il est peu usité.

QUADRAGÉSIMAL
, ALE. adj.
• (On prononce Coua.) Appartenant au carême. Il n'est usité que dans ces locutions: Jeûne quadragésimal. Abstinence quadragésimale. Féries quadragésimales.

QUADRAGÉSIME . s. f.
• (On prononce Coua.) Il n'est usité que dans cette phrase, Le dimanche de la Quadragésime, Le premier dimanche de carême.

QUADRANGULAIRE . adj. des deux genres
• (On prononce Coua.) .Géom. Qui a quatre angles. Figure quadrangulaire. Pyramide quadrangulaire. Prisme quadrangulaire.

QUADRAT . adj. m.
• (On prononce Coua.) T. d'Astrologie. Il n'est usité que dans cette locution, Quadrat aspect, La position de deux planètes, éloignées l'une de l'autre de quatre-vingt-dix degrés ou d'un quart de cercle. Il est vieux: Voyez QUADRATURE.

QUADRAT .s.m.
• T. d'Impr. Voyez CADRAT.

QUADRATIN .s.m.
• T. d'Impr. Voyez CADRATIN.

QUADRATRICE . s. f.
• (On prononce Coua.) .Géom. Courbe inventée par les anciens pour parvenir à la quadrature approchée du cercle. La quadratrice de Dinostrate.

QUADRATURE . s. f.
• (On prononce Coua.) Réduction géométrique de quelque figure curviligne à un carré équivalent en surface. La quadrature des courbes. La quadrature du cercle est un problème insoluble.
• QUADRATURE, en termes d'Astronomie, Aspect de deux astres, quand ils sont éloignés l'un de l'autre d'un quart de cercle. Au premier et au troisième quartier, la lune est en quadrature avec le soleil.

QUADRATURE . s. f.
• T. d'Horlogerie. (On prononce Kadrature.) Assemblage des pièces qui servent à faire marcher les aiguilles du cadran, et à faire aller la répétition, quand la montre ou l'horloge est à répétition.

QUADRIENNAL . adj.
• Voyez QUATRIENNAL.

QUADRIFIDE . adj. des deux genres
• (On prononce Coua.) .Bot. Qui a quatre divisions. Calice quadrifide. --- Plusieurs autres termes de Botanique, auxquels il serait inutile de consacrer ici des articles particuliers, sont formés de la même manière: Quadriflore (à quatre fleurs). Quadrilobé (à quatre lobes). Quadrivalve (à quatre valves). Etc.

QUADRIGE .s.m.
• (On prononce Coua.) T. d'Antiq. Char monté sur deux roues, et attelé de quatre chevaux de front, dont l'usage passa des jeux Olympiques aux autres jeux solennels de la Grèce et de l'Italie. Vainqueur au quadrige. La course du quadrige. Ce bas-relief représente un quadrige. Beaucoup de médailles portent des quadriges.

QUADRILATÈRE .s.m.
• (On prononce Coua.) .Géom. Figure qui a quatre côtés. Les côtés d'un quadrilatère.

QUADRILLE . s. f.
• Troupe de chevaliers d'un même parti dans un carrousel. Une belle quadrille. La première quadrille était magnifiquement vêtue. Un tel était chef de la seconde quadrille. Au grand carrousel, il y avait cinq différentes quadrilles, qui représentaient cinq nations différentes.
• Se dit aussi de Chaque groupe de quatre danseurs et de quatre danseuses, qui figurent dans les ballets, dans les grands bals, et qui se distingue des autres groupes par un costume particulier. Dans cette acception, on le fait ordinairement masculin.

QUADRILLE .s.m.
• Espèce de jeu d'hombre qui se joue à quatre. Faire un quadrille. Jouer une partie de quadrille.

QUADRINÔME .s.m.
• (On prononce Coua.) T. d'Algèbre. Expression algébrique composée de quatre termes.

QUADRUMANE . adj. des deux genres
• (On prononce Coua.) T. d'Hist. nat. Se dit Des animaux qui ont des mains comme l'homme, et des pieds conformés comme des mains. Les animaux quadrumanes. Le singe est un animal quadrumane. On dit aussi substantivement: Les quadrumanes. Un quadrumane.

QUADRUPÈDE . adj. des deux genres
• (On prononce Coua.) Qui a quatre pieds. Il ne se dit que Des animaux. Parmi les animaux quadrupèdes, il y en a de féroces et de domestiques.
• Il est plus ordinairement substantif; et alors on le fait toujours masculin. Un grand, un petit quadrupède. Les quadrupèdes, les volatiles et les reptiles. Les quadrupèdes vivipares. Les quadrupèdes ovipares.

QUADRUPLE .s.m.
• (On prononce Coua.) Quatre fois autant. Mon jardin est le quadruple du vôtre. Il m'a vendu cela le quadruple de sa valeur; il me l'a vendu au quadruple. On l'a condamné à payer le quadruple de la somme qui manquait dans sa recette, ou simplement, On l'a condamné au quadruple.
• Il est aussi adjectif des deux genres. Vingt est quadruple de cinq. Payer une amende quadruple de la somme retenue indûment.
• En termes de Musique, Quadruple croche, Note qui ne vaut que le quart d'une croche, ou la moitié d'une double croche.
• QUADRUPLE, subst. se dit aussi d'Une double pistole d'Espagne. Un quadruple faux. Un quadruple qui n'est pas de poids.
• Se dit également d'Une pièce de quatre louis, qui n'a jamais eu cours forcé.

QUADRUPLER . v. a.
• (On prononce Coua.) Prendre quatre fois le même nombre. Quadrupler une somme. Il n'avait que mille francs de rente, il en a quatre mille; il a quadruplé son revenu.
• QUADRUPLER, est quelquefois neutre, et signifie, Être augmenté au quadruple. Son bien a quadruplé depuis qu'il s'est mis dans le commerce.
• QUADRUPLÉ, ÉE. participe

QUAI .s.m.
• Levée ordinairement revêtue de pierres de taille, et faite le long d'une rivière, entre la rivière même et les maisons, pour rendre le chemin plus commode, et pour empêcher le débordement de l'eau. Un quai revêtu de pierres de taille. Il y a de magnifiques quais à Paris. Le quai de la Mégisserie. Le quai des Orfévres. Le quai des Augustins; etc. Sa maison est bâtie sur le quai, donne sur le quai. Se promener sur les quais.
• Se dit aussi Du rivage d'un port de mer, qui sert pour la charge et la décharge des marchandises. Il y a dans les ports de commerce un officier appelé Maître de quai, qui est chargé de la police du port.

QUAIAGE .s.m.
• Voyez QUAYAGE.

QUAICHE . s. f.
• .Marine. Petite embarcation des mers du Nord. La quaiche est mâtée en fourche comme le yacht.

QUAKER
ou QUACRE.s.m.
• (On prononce Couacre.) Nom anglais qui signifie Trembleur, et qu'on donne à une secte religieuse établie principalement en Angleterre et dans les États-Unis d'Amérique. On dit au féminin, Quakeresse.

QUALIFICATEUR .s.m.
• Nom qu'on donne, en Espagne et en Italie, aux théologiens chargés de déterminer par leur avis la nature, la qualité, le genre et le degré d'un crime quelconque déféré à un tribunal ecclésiastique, et d'examiner les livres mis à l'index, et les propositions dénoncées. Qualificateur du saint-office.

QUALIFICATIF
, IVE. adj.
• .Gram. Qui qualifie. L'adjectif est un nom qualificatif. Il est peu usité.

QUALIFICATION . s. f.
• Attribution d'une qualité, d'un titre. Qualification de faussaire. La qualification des délits, des crimes. Cette proposition a été qualifiée de téméraire, de scandaleuse: il faut voir si cette qualification est juste. Qualification de marquis.

QUALIFIER . v. a.
• Marquer de quelle qualité est une chose, une proposition, une action. La Sorbonne condamna cette proposition, et la qualifia d'erronée, d'impie. L'ouvrage fut qualifié d'hérétique. On a qualifié de duel cette rencontre.
• S'emploie aussi en parlant Des personnes. Qualifier quelqu'un de fourbe, d'imposteur, etc., Le traiter de fourbe, d'imposteur, etc.
• Il signifie encore, Attribuer un titre, une qualité à une personne; et dans cette acception, il se construit ordinairement sans de. Les lettres du roi, l'arrêt, le qualifient chevalier, prince, duc, etc. Cependant on dit dans la conversation, Qualifier de. On le qualifie de duc, de baron.
• S'emploie quelquefois, en ce sens, avec le pronom personnel. Il se qualifie écuyer. Il se qualifie de marquis. Il se qualifie docteur.
• QUALIFIÉ, ÉE. participe, Une personne qualifiée, Une personne de qualité. Il est qualifié, fort qualifié, Il est de qualité, de grande qualité. Les personnes les plus qualifiées d'une ville, Les personnes les plus considérables. Ces expressions ont vieilli.

QUALITÉ . s. f.
• Ce qui fait qu'une chose est telle ou telle, bonne ou mauvaise, grande ou petite, chaude ou froide, blanche ou noire, etc. Bonté, petitesse, blancheur, noirceur, beauté, laideur, sont des qualités. La qualité de l'eau, du vin. La qualité d'une viande. La qualité d'une étoffe. La qualité d'une terre, d'un terroir. Cette étoffe est de bonne qualité. La transparence et la dureté sont les qualités essentielles du diamant. Les qualités de son style sont la précision et la clarté. Chacune de ces choses a des qualités propres et particulières qui la distinguent. Cela n'est pas de la qualité requise. La bonne qualité des aliments est essentielle à la santé. Ce vin est de mauvaise qualité, de qualité médiocre, de qualité inférieure.
• Ce vin a de la qualité, Il a une séve qui le distingue des vins communs.
• Dans l'ancienne Philosophie, Qualité occulte, Propriété des corps dont la cause est inconnue.
• QUALITÉ, signifie aussi, Inclination, habitude, talent, disposition bonne ou mauvaise. Qualités naturelles. Qualités acquises. Les qualités du corps et de l'esprit. C'est un homme qui a beaucoup de bonnes qualités, de belles qualités, de rares qualités, d'excellentes qualités. Des qualités louables, extraordinaires, héroïques. Il a de grandes qualités. Parmi quelques bonnes qualités, il en a beaucoup de mauvaises. Il a une mauvaise qualité, c'est qu'il ne saurait garder un secret.
• Se dit quelquefois Des bonnes qualités seulement. Il a beaucoup de qualités. C'est être injuste envers cet homme, que de ne vouloir lui reconnaître aucune qualité.
• QUALITÉ, signifie encore, Noblesse distinguée. C'est un homme, c'est une femme de qualité, de grande qualité. Il est de qualité. Il y avait des gens de la première qualité dans cette assemblée. Il fait l'homme de qualité, mais il ne l'est pas.
• QUALITÉ, se dit aussi Des titres que prend, que reçoit une personne à cause de sa naissance, de sa charge, de sa dignité, de sa profession, etc. Il prend la qualité de noble, de prince, de duc, etc. La qualité de préfet, de maire, de magistrat, d'administrateur. La qualité de citoyen, de juré, d'électeur, d'étranger, etc. La qualité d'avoué, d'huissier, etc.
• Se dit particulièrement, en Jurisprudence, Du titre qui rend habile à exercer quelque droit. La qualité de légataire, de donataire, de créancier, de tuteur, etc. Avoir, n'avoir pas qualité pour faire quelque chose. Je ne pense pas que vous ayez qualité pour intervenir dans ce procès. S'il veut être reçu en cause, il faut qu'il prenne qualité. Il a pris qualité d'héritier par bénéfice d'inventaire. Il me dispute ma qualité. Les qualités des parties. Sans que les qualités puissent nuire ni préjudicier. Il faut d'abord, dans un procès, poser, régler, établir les qualités, convenir des qualités.
• Fig. et fam., Avoir qualité pour faire une chose, Avoir titre pour la faire, être autorisé à la faire. Vous n'avez point qualité pour nous donner des avis si sévères.
• En termes de Procédure, Les qualités d'un arrêt, d'un jugement, La partie d'un arrêt, d'un jugement qui contient les noms, professions, demeures, etc., des parties, ainsi que leurs différentes demandes et conclusions. Signifier les qualités. Rédiger des qualités.
• EN QUALITÉ DE. loc. prépositive, Comme, à titre de. Il avait ce privilége en qualité de secrétaire du roi. Il procède en qualité de tuteur. Il agit en qualité de parent. On dit de même: En ma qualité de père, en sa qualité de chef, etc. En cette qualité, j'ai droit de... En quelle qualité procède-t-il?

QUAND . adv. de temps
• Lorsque, dans le temps que. Quand je pense à la fragilité des choses humaines. Quand Dieu créa le monde. Quand les armées furent en présence. J'irai vous voir quand je pourrai. Je ne sais quand j'y pourrai aller. J'irai vous trouver, mais je ne puis dire quand, je ne sais ni quand ni comment.
• S'emploie aussi par interrogation; et alors il signifie, Dans quel temps? ou Quel temps? Vous me promettez de venir, mais quand? Quand viendra l'accomplissement de vos promesses? Depuis quand est-il venu? De quand êtes-vous ici? À quand la partie est-elle remise? Jusques à quand me persécuterez-vous? Pour quand me donnez-vous parole?
• QUAND sert aussi de conjonction, et alors il signifie, Encore que, quoique, alors même que. Je serai ou je serais votre ami, quand même ou quand bien même vous ne le voudriez pas. Quand je le voudrais, je ne le pourrais pas. Quand cela serait ainsi, que vous en reviendrait-il? Je ne serais pas venu à bout d'achever, quand j'aurais travaillé toute la journée. Quand vous auriez réussi, que vous en serait-il revenu? Quand on découvrirait votre démarche, on ne pourrait la blâmer. Quand vous auriez consulté quelqu'un sur votre ouvrage, vous n'auriez pas mieux réussi.
• QUAND ET QUAND, (On prononce Quan-t et quand.) loc. prépositive. Avec, en même temps que. Il est parti quand et quand nous. Venez quand et quand moi. Il est vieux et populaire.

QUANQUAM .s.m.
• (On prononce Couancouame.) .Collége, emprunté du latin. Harangue latine que prononçait d'ordinaire un jeune écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie. Cet écolier doit faire le quanquam de telle thèse. Il prononça fort bien son quanquam. Il est vieux.

QUANQUAN .s.m.
• T. corrompu du latin Quanquam. Voyez CANCAN.

QUANT . adv.
• Il est toujours suivi de la préposition à, et signifie, Pour, employé dans le sens de, Pour ce qui est de. Quant à lui, il en usera comme il lui plaira. Quant à moi. Quant à ce qui est de moi. Je suis prêt quant à ce point-là. Quant aux événements de la guerre. Quant à tel article. Quant à cette affaire.
• Fam., Tenir son quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, Prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec circonspection. On dit également, Se mettre sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, Faire le suffisant, le hautain.

QUANTES . adj. f. pl.
• Il n'est usité que dans ces locutions familières, Toutes et quantes fois que, ou Toutes fois et quantes que, Toutes les fois que, autant de fois que. Je vous prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez. Je vous accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira. Il a vieilli.
• Absol., Toutes fois et quantes, Autant de fois qu'on l'exigera, ou que l'occasion s'en présentera. Je ferai cela toutes fois et quantes. Il a vieilli.

QUANTIÈME . adj. des deux genres
• Terme par lequel on désigne ou l'on demande le rang, l'ordre numérique d'une personne, d'une chose, dans un certain nombre de personnes ou de choses. Je sais bien qu'il est un des premiers capitaines de tel régiment, mais je ne sais pas précisément le quantième il est. Le quantième êtes-vous dans votre compagnie? Il est vieux.
• S'emploie aussi comme substantif masculin, et alors il signifie, Le quantième jour. Quel quantième de la lune, quel quantième du mois avons-nous? De quel quantième vous a-t-il écrit? Il a reçu des nouvelles très-fraîches, mais je ne sais pas de quel quantième elles sont. Il est familier.
• Montre à quantièmes, Montre qui marque le quantième du mois.

QUANTITÉ . s. f.
• Se dit de Tout ce qui peut être mesuré ou nombré, de tout ce qui est susceptible d'accroissement ou de diminution. Mesurer une quantité. Deux quantités égales. Comparer des quantités.
• En Mathématique, Quantité continue, L'étendue d'un corps en longueur, largeur et profondeur; et, Quantité discrète, L'assemblage de plusieurs choses distinctes les unes des autres, comme les nombres, les grains d'un tas de blé. L'arithmétique a pour objet la quantité discrète. La géométrie a pour objet la quantité continue.
• QUANTITÉ, est aussi un nom collectif, qui signifie, Multitude, abondance. Il a recueilli cette année une grande quantité de blé. Il y avait quantité de monde à la promenade; il y en avait en quantité, en grande quantité, en petite quantité. La qualité des choses est souvent préférable à la quantité.
• Quantité de gens, de personnes, Un grand nombre de personnes. Quantité de gens ont dit cela, ont fait cela. Quantité de gens sont persuadés de cette nouvelle. Quantité de personnes sont persuadées de son mérite.
• QUANTITÉ, en termes de Grammaire et de Prosodie, signifie, La mesure des syllabes longues et des syllabes brèves, qu'il faut observer dans la prononciation. La versification latine et la versification grecque sont fondées sur la quantité. Les règles de la quantité. Cet écolier ne sait pas la quantité. Il y a une faute de quantité dans ce vers.
• Se dit également, en termes de Musique, de La durée relative que les notes ou les syllabes doivent avoir. La quantité produit le rhythme.

QUARANTAINE . s. f. coll.
• Nombre de quarante ou environ. Une quarantaine d'écus, de francs, de maisons, de jours, d'années, etc.
• Absol., Jeûner la quarantaine, Jeûner quarante jours; et, Jeûner la sainte quarantaine, Jeûner pendant tout le carême.
• QUARANTAINE, pris absolument, se dit aussi de L'âge de quarante ans. Approcher de la quarantaine. Atteindre, avoir la quarantaine. Elle a passé la quarantaine. Dans cette acception, il est familier.
• QUARANTAINE, se dit aussi Du séjour que les personnes, les effets et les marchandises qui viennent d'un pays infecté ou soupçonné de contagion, sont obligés de faire dans un lieu séparé de la ville où ils arrivent. La quarantaine rigoureuse est de quarante jours. Il n'a fait que dix jours de quarantaine. Abréger la quarantaine. Observer la quarantaine. Il est encore en quarantaine. Il a fait une quarantaine de quinze jours. Ces navires ont fait quarantaine avant que d'entrer dans le port. On l'a obligé de faire la quarantaine, de faire quarantaine. La peste est dans ce pays-là, on fait faire la quarantaine à ceux qui en viennent, avant que de les laisser entrer dans le royaume, dans telle ville, etc. On a fait faire la quarantaine à ces marchandises.

QUARANTE . adj. numéral des deux genres
• Quatre fois dix. Quarante hommes. Quarante francs. Quarante et un. Quarante-deux; etc. Âgé de quarante ans. Dans quarante jours.
• Dans la Liturgie cathol., Les prières de quarante heures, des quarante heures, ou, elliptiquement, Les quarante heures, Certaines prières extraordinaires que l'on fait devant le saint sacrement dans les calamités publiques, et pendant le jubilé. On fit les prières de quarante heures pour la maladie du roi.
• Absol., Les quarante de l'Académie française, ou simplement, Les Quarante, Les membres de l'Académie française. Un des Quarante.
• Le tribunal des Quarante. Voyez QUARANTIE.
• Le trente et quarante, Jeu de hasard, qui se joue avec des cartes. Jouer au trente et quarante.
• Au Jeu de la paume, Avoir quarante-cinq, Avoir les trois quarts d'un jeu; le jeu étant de soixante points.
• Fig. et fam., Avoir quarante-cinq sur la partie, Avoir de grands avantages dans une affaire, et être presque assuré d'y réussir.
• QUARANTE se prend quelquefois substantivement, Le quotient de quarante divisé par huit est cinq. On dit de même: Le nombre quarante. Numéro quarante.

QUARANTIE . s. f.
• Nom qu'on donnait, dans la république de Venise, à un tribunal composé de quarante membres. Ordonnance de la Quarantie.

QUARANTIÈME . adj. des deux genres
• Nombre ordinal de quarante. Le quarantième jour. Il est dans sa quarantième année, dans sa quarante et unième, dans sa quarante-deuxième année. Il n'est que le quarantième.
• La quarantième partie d'un tout, Chaque partie d'un tout qui en a quarante. On dit de même substantivement, Le quarantième, un quarantième. Il a un quarantième dans cette affaire. Trois quarantièmes.

QUARDERONNER . v. a.
• T. d'Architect. Faire un quart de rond sur l'angle d'une pierre, d'une pièce de bois, d'un battant de porte, etc. Quarderonner les marches d'un perron.
• QUARDERONNÉ, ÉE. participe

QUARRE . s. f.
• Voyez CARRE.

QUARRÉ . adj. et s.
• Voyez CARRÉ.

QUARRÉMENT . adv.
• Voyez CARRÉMENT.

QUARRER
(SE). v. pron.
• Voyez CARRER.

QUARRURE . s. f.
• Voyez CARRURE.

QUART .s.m.
• La quatrième partie d'un tout. Il en faut rabattre le quart, un bon quart. Réduire au quart. Du tiers au quart. Un quart d'heure. Deux heures et un quart. Deux heures un quart. Deux heures trois quarts. Trois heures moins un quart. Le quart vient de sonner. Une pendule qui sonne les quarts. Un quart de lieue. Un quart de cercle. Un quart de muid. Un quart de boisseau, ou absolument, Un quart. Une aune et un quart. Une aune un quart. Une aune trois quarts. Cette étoffe a cinq quarts de largeur, a cinq quarts. Il n'a pas le quart tant de peine que vous. Il ne jouit pas de la succession en entier, son neveu en a eu le quart. Il a son quart dans cette affaire. Il y entre pour un quart, pour son quart.
• Fam., Le tiers et le quart, Toutes sortes de personnes indifféremment et sans choix. Conter ses affaires au tiers et au quart. Médire du tiers et du quart. Donner son bien au tiers et au quart.
• Portrait de trois quarts, Portrait où un des côtés de la figure est vu de face, et l'autre côté en raccourci. On dit de même Il s'est fait peindre de trois quarts.
• Levraut de trois quarts, ou Levraut trois quarts, Un levraut qui est presque parvenu à la grandeur d'un lièvre.
• Fam., Passer un mauvais quart d'heure, Éprouver quelque chose de fâcheux. Il passera, il a passé un mauvais quart d'heure. On lui a fait passer un mauvais quart d'heure.
• Prov. et fig., Le quart d'heure de Rabelais, Le moment où il faut payer son écot; et, par extension, Tout moment fâcheux, désagréable.
• Demi-quart, La moitié d'un quart. Lever douze aunes demi-quart d'étoffe, douze aunes d'étoffe et demi-quart.
• Quart d'écu, Ancienne monnaie qui valait d'abord quinze ou seize sous, et qui, plus tard, en a valu souvent davantage.
• Prov., Cet homme n'a pas un quart d'écu, Il est fort pauvre, il n'a point d'argent.
• Quart de cercle, Instrument de mathématique, qui est la quatrième partie d'un cercle divisé par degrés, minutes et secondes. On se sert du quart de cercle pour prendre les hauteurs, les distances, et pour faire plusieurs autres opérations.
• Quart de cercle mural, Instrument d'astronomie, qui consiste en un grand quart de cercle de cuivre, fixé contre un mur dans le plan du méridien, et portant une lunette mobile autour de son centre, pour observer le passage des astres à diverses hauteurs.
• En termes de Marine, Quart de vent, quart de rumb, La quatrième partie de la distance qui est entre deux des huit vents principaux.
• Dans les Exercices militaires, Quart de conversion, Mouvement par lequel une des ailes d'une troupe parcourt un quart de cercle, tandis que l'autre aile pivote en raccourcissant le pas; de manière que le front devient perpendiculaire à la ligne qu'il occupait.
• En Archit., Quart de rond, Moulure tracée au compas, et qui est la quatrième partie de la circonférence d'un cercle. Cette corniche est terminée par un quart de rond. Ce quart de rond est orné d'oves.
• En Musique, Quart de soupir, Valeur de silence qui est la quatrième partie d'un soupir et l'équivalent d'une double croche.
• En termes de Manége, Quart en quart, Sorte de volte. Travailler un cheval de quart en quart, Le conduire trois fois sur chaque ligne du carré.
• QUART, en termes de Marine, Le temps qu'une partie de l'équipage est à faire une certaine fonction que tous doivent faire tour à tour. Se dit surtout en parlant De la garde du bâtiment. Le quart est de différente durée selon les différentes nations. Ce matelot a fait son quart. Relever un officier qui a fait son quart. Être de quart. Banc de quart. Les gens de quart. L'officier de quart.

QUART
, ARTE. adj.
• Quatrième. Il n'est guère usité que dans les locutions suivantes:
• En termes de Finances, Le quart denier, Droit qui se payait aux parties casuelles, pour la résignation des offices.
• En termes de Chasse, Le quart an, ou en un seul mot, Le quartan d'un sanglier, Sa quatrième année. Ce sanglier est à son quart an, dans son quartan.
• En Médecine, Fièvre quarte, Sorte de fièvre intermittente qui laisse au malade deux jours d'intervalle. Avoir la fièvre quarte. Un remède spécifique pour la fièvre quarte.
• Fièvre double-quarte, Celle qui vient deux jours consécutifs, qui cesse le troisième, et qui revient le quatrième.

QUARTAINE . adj. f.
• Il n'est plus usité que dans cette locution populaire, Fièvre quartaine, qu'on dit quelquefois par imprécation. Que la fièvre quartaine te serre!

QUARTAN .s.m.
• Voyez QUART, ARTE.

QUARTANIER .s.m.
• .Chasse. Sanglier de quatre ans. On dit aussi, Un sanglier à son quart an, dans son quartan.

QUARTATION . s. f.
• Opération de métallurgie, par laquelle on joint avec de l'or assez d'argent pour que dans la masse totale il n'y ait qu'un quart d'or contre trois quarts d'argent, parce que, sans cela, l'eau-forte n'agirait pas sur l'alliage. Cette opération se nomme aussi Inquart.

QUARTAUT .s.m.
• Vaisseau tenant la quatrième partie d'un muid. Un quartaut de vin. Faire mettre son vin dans des quartauts.

QUARTE . s. f.
• Ancienne mesure contenant deux pintes. Une quarte de bière.
• QUARTE, signifie aussi, La soixantième partie de la tierce, qui est elle-même la soixantième partie de la seconde.
• QUARTE, en termes de Musique, L'intervalle de deux tons et demi, en montant ou en descendant. On dit aussi, L'intervalle d'une quarte, de quarte.
• QUARTE, en termes d'Escrime, La manière de porter un coup d'épée ou de fleuret en tournant le poignet en dehors. Porter une botte en quarte. On dit absolument, Porter de quarte, pousser de quarte. On dit encore, Parer à la quarte.
• QUARTE, au Jeu de piquet, signifiait autrefois, Quatre cartes de même couleur qui se suivent. As, roi, dame et valet font une quarte major. Avoir quarte de roi. Avoir une quarte basse. On dit aujourd'hui, Quatrième.
• En termes de Droit romain, QuarteFalcidie ou Falcidienne, Le quart des biens que peut retenir l'héritier surchargé de legs; et, Quarte Trébellienne ou Trébellianique, Le quart qui doit demeurer à un héritier chargé de rendre l'hérédité à un autre.
• QUARTE, en termes d'Art vétérinaire. Voy. SEIME.

QUARTENIER .s.m.
• Voyez QUARTINIER.

QUARTERON .s.m.
• Poids qui est la quatrième partie d'une livre. Mettez encore le quarteron dans la balance.
• Il signifie aussi, La quatrième partie d'une livre dans les choses qui se vendent au poids: Un quarteron de beurre, un quarteron de fromage; et de même, La quatrième partie d'un cent dans les choses qui se vendent par compte: Un quarteron de pommes, de marrons.
• Demi-quarteron, La moitié du poids d'un quarteron. Il signifie aussi, La moitié d'un quarteron dans les choses qui se vendent au poids ou par compte.

QUARTERON
, ONNE. s.
• Celui, celle qui provient d'un blanc et d'une mulâtre, ou d'un mulâtre et d'une blanche.

QUARTIDI .s.m.
• (On prononce Couar.) Le quatrième jour de la décade, dans le calendrier républicain.

QUARTIER .s.m.
• La quatrième partie de certains objets. Un quartier de veau. Un quartier d'agneau. Un quartier de mouton. Le quartier de devant, de derrière d'un mouton. Un quartier de pomme. Un quartier de poire. Couper une pomme en quatre quartiers.
• Son corps a été mis en quartiers, en quatre quartiers, se dit en parlant D'un homme condamné à mort, dont on expose les membres en différents endroits après son supplice.
• Prov. et fig., Je me mettrais en quatre quartiers pour lui, pour son service, Il n'y a rien que je ne voulusse faire pour le servir. Plus ordinairement, on dit par ellipse, Je me mettrais en quatre pour...
• Quartier de réduction, Instrument qui sert à résoudre plusieurs problèmes de pilotage, par les triangles semblables.
• Quartier sphérique, Instrument nautique à l'aide duquel, connaissant la latitude du lieu et la déclinaison du soleil, on trouve l'heure de son lever, de son coucher, son amplitude, etc.
• QUARTIER, se dit particulièrement de La quatrième partie d'une aune. Un quartier d'étoffe. Un quartier de ruban. Un demi-quartier d'étoffe. Dans cette acception, il est vieux.
• Se dit, par extension, Des portions d'un tout qui n'est pas divisé exactement en quatre parties. Un quartier de pain, de gâteau, d'orange, etc. Un quartier de vigne, de terre. Un petit quartier de terre.
• Bois de quartier, Bois à brûler fendu en quatre.
• Quartier de lard, Grande pièce de lard tirée de dessus un cochon.
• Quartiers de pierre, Gros morceaux de pierre. Se dit, particulièrement, Des grosses pierres dont une ou deux font la charge d'une charrette attelée de quatre chevaux.
• En Archit., Quartier tournant, Les marches qui sont dans l'angle d'un escalier, et qui tournent autour du noyau.
• Quartier de soulier, La pièce ou les deux pièces de cuir qui environnent le talon.
• En termes de Sellier, Les quartiers d'une selle, Les parties sur lesquelles les cuisses du cavalier portent et reposent.
• QUARTIER, en termes d'Art vétérinaire, Chacune des parois latérales du sabot du cheval. Le quartier de dedans. Le quartier de dehors. Les quartiers doivent être égaux en hauteur, autrement le pied serait de travers.
• Ce cheval fait quartier neuf, se dit D'un cheval dont un des quartiers tombe par quelque cause que ce soit, et se trouve chassé par un autre quartier qui croît.
• QUARTIER, se dit aussi d'Une des parties dans lesquelles une ville est divisée. La ville de Paris était, à une certaine époque, divisée en vingt quartiers. On distingue à Paris le quartier de la Cité, le quartier du Marais, le quartier Saint-Honoré, etc. Nous sommes du même quartier. Il y eut des feux de joie dans tous les quartiers de la ville. Commissaire du quartier, de quartier.
• Se dit encore d'Une certaine étendue de voisinage. Il y a bonne compagnie dans mon quartier. J'habite un quartier fort tranquille. Nous demeurons dans le même quartier.
• Se dit aussi de Tous ceux qui demeurent dans un quartier. Tout le quartier était en rumeur. Cette nouvelle fit mettre tout le quartier sous les armes.
• Nouvelles de quartier, Certaines nouvelles qui n'ont guère de cours que dans le quartier où on les débite. Faire les visites du quartier, faire des visites de quartier, Aller faire visite à toutes les personnes un peu considérables qui demeurent dans le quartier où l'on vient de s'établir.
• Fam., C'est le plaisant de son quartier, le plaisant du quartier, se dit De celui qui est regardé dans son quartier comme un homme réjouissant et de belle humeur.
• Fam., Cette personne est la gazette du quartier, Elle rapporte toutes les petites nouvelles, toutes les médisances qu'elle entend dire.
• QUARTIERS, au pluriel, se dit quelquefois, familièrement, en parlant Des provinces et de la campagne; et alors il signifie, Environs, voisinage. Mandez-nous ce qui se passe dans vos quartiers. Cet homme est de nos quartiers. Il vient souvent dans nos quartiers.
• QUARTIER, en termes de Guerre, a plusieurs acceptions.
• Il signifie, L'endroit, le bâtiment d'une ville ou d'une place forte dans lequel une troupe est casernée. Quartier de cavalerie. Quartier d'infanterie. Il y a de beaux quartiers dans cette ville. Aller au quartier. Loger au quartier.
• Se dit quelquefois d'Une ville non fermée où il y a de la troupe en garnison; par opposition à Ville de guerre, à ville forte. Nous tenons garnison en tel endroit, ce n'est pas une place de guerre, ce n'est qu'un quartier. Être en quartier.
• Il signifie aussi, Le campement ou le cantonnement d'un corps de troupes, et Le corps de troupes lui-même. Quartier de cavalerie. Quartier d'infanterie. Les troupes sont rentrées au quartier. Ce quartier est bien retranché. Ce quartier a été enlevé. Le général rassembla les quartiers, ses quartiers.
• Se dit, dans les siéges, d'Un campement fait sur quelqu'une des principales avenues d'une place, pour empêcher les convois et les secours. Le quartier de la droite, de la gauche, du centre, etc. Disposer les quartiers du siége. Affaiblir les quartiers.
• Quartier des vivres, Le lieu où est logé l'équipage des munitions de bouche, et où l'on cuit le pain qui se distribue journellement aux troupes.
• Quartier d'hiver, L'intervalle de temps compris entre deux campagnes. Le quartier d'hiver sera long. Il signifie aussi, Le lieu où on loge les troupes pendant l'hiver. L'armée va prendre ses quartiers d'hiver.
• Quartier de rafraîchissement, Le lieu où des troupes fatiguées vont se remettre et se rétablir pendant que la campagne dure encore.
• Quartier du roi, du général, et plus communément, Quartier général, Lieu choisi ordinairement au centre du camp, de la position, des quartiers d'une armée ou d'un corps d'armée, et où est établi le logement du roi, ou du général qui commande en chef. Dans un siége, le quartier du roi doit toujours être hors de la portée du canon de la place. L'état-major loge au quartier général. On nomme aussi Quartier général, La réunion des officiers qui composent l'état-major général. Le quartier général arrive ici demain. Il fait partie du quartier général.
• Quartier d'assemblée, Lieu où les différents corps d'une armée se réunissent, pour de là marcher ensemble à l'ennemi. Se dit aussi d'Une ville où les soldats d'un corps se rendent pour y passer la revue. Se dit encore, dans une ville ou dans un camp, Du lieu où les différents corps doivent se rendre en cas d'alarme, et se réunir toutes les fois qu'il faut prendre les armes.
• Mettre l'alarme au quartier, donner l'alarme au quartier, Avertir les troupes qui composent le quartier que l'ennemi approche, et qu'elles aient à se tenir sur leurs gardes.
• Fig. et fam., Mettre l'alarme au quartier, donner l'alarme au quartier, Débiter quelque nouvelle qui donne de l'inquiétude à ceux qu'elle intéresse. On dit de même, L'alarme est au quartier, On est fort inquiet dans cette maison, dans cette famille, dans cette société.
• QUARTIER, se dit encore de La vie que l'on accorde ou du traitement favorable que l'on fait à des troupes vaincues dans un assaut ou dans une bataille. Demander quartier. Donner quartier. Ne point faire de quartier. Point de quartier. Sans quartier.
• Fig. et fam., Demander quartier, Demander grâce, demander de n'être pas traité à la rigueur. Ne point faire de quartier, ne point donner de quartier, Traiter à la rigueur. Ne disputons plus, je vous demande quartier. Ce créancier ne fait point de quartier à ses débiteurs. Cette femme est si médisante, qu'elle ne fait de quartier à personne.
• QUARTIER, se dit, dans les Colléges, Des différentes salles où les écoliers étudient et font leurs devoirs. Le quartier de rhétorique, de seconde, de troisième, etc.
• Maître de quartier, Maître chargé de surveiller et de répéter les écoliers dans leur quartier.
• QUARTIER, se dit aussi de L'espace de trois mois, qui fait la quatrième partie de l'année. On ne l'emploie guère qu'en parlant De certaines personnes qui s'acquittent tour à tour de fonctions qui leur sont communes. L'année est divisée en quatre quartiers. Les quartiers de janvier, d'avril, de juillet, d'octobre. Il a servi son quartier. Les officiers du roi servent par quartier.
• Cet officier est de quartier ou en quartier, Il sert actuellement les trois mois pendant lesquels il est obligé de servir. On dit dans le même sens, Entrer en quartier, sortir de quartier.
• Officiers de quartier, Ceux qui servent par quartier, à la distinction de Ceux qui sont ordinaires, et qui servent toute l'année.
• Quartier de la lune, La quatrième partie du cours de la lune, à partir de la nouvelle lune. Nous sommes au premier quartier, au dernier quartier de la lune.
• QUARTIER, se dit aussi de Ce qui se paye de trois mois en trois mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc. Il doit deux quartiers de sa maison, de son loyer. Il a payé le quartier de Noël, et il doit celui de Pâques. On lui doit deux quartiers de sa pension. Il a mangé d'avance un quartier de sa pension. Retrancher un quartier. On lui a payé son quartier.
• Se dit quelquefois de La demi-année, lorsqu'il s'agit de payements. On n'a pas encore payé le premier quartier des rentes sur l'État.
• QUARTIER, signifie, en termes de Blason, La quatrième portion d'un écusson écartelé. Il porte au premier quartier de.... au second quartier de.... au troisième quartier de... au quatrième quartier de....
• Se dit aussi Des parties d'un grand écusson qui contient des armoiries différentes, quoiqu'il y en ait plus de quatre. Ce prince porte dans ses quartiers les armes de plusieurs royaumes et de plusieurs souverainetés.
• Franc-quartier, Le premier quartier de l'écu qui est à la droite du côté du chef, et qui est moins grand qu'un vrai quartier d'écartelure. D'azur à deux mains d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur.
• QUARTIER, en termes de Généalogie, se dit de Chaque degré de descendance dans une ligne soit paternelle, soit maternelle. On ne pouvait être reçu dans ce chapitre sans prouver seize quartiers.
• À QUARTIER. loc. adv. À part, à l'écart. Tirer quelqu'un à quartier. Se tirer, se mettre à quartier. Mettre de l'argent à quartier. Il est vieux.

QUARTIER-MAÎTRE .s.m.
• Officier qui est chargé de la comptabilité d'un corps de troupes, et qui fait partie de l'état-major. Quartier-maître d'un régiment de dragons, d'un régiment d'infanterie, etc. Quartier-maître trésorier.
• QUARTIER-MAÎTRE, se dit aussi d'Un sous-officier de marine qui est l'aide du maître d'équipage et du contre-maître.

QUARTIER-MESTRE .s.m.
• Nom que l'on donnait autrefois au maréchal des logis d'un régiment de cavalerie étrangère.

QUARTILE . adj.
• (On prononce Coua.) T. d'Astrologie. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Quartile aspect, L'aspect de deux planètes éloignées l'une de l'autre de la quatrième partie du zodiaque, ou de quatre-vingt-dix degrés. En Astronomie, on dit Quadrature: voyez ce mot.

QUARTINIER .s.m.
• Officier de ville, qui était préposé pour avoir soin d'un certain quartier. Les quartiniers de Paris. Quelques-uns disent, Quartenier.

QUARTO
(IN)
• Voyez IN-QUARTO.

QUARTZ .s.m.
• (On prononce Couartz.) .Minéralogie. Mot emprunté de l'allemand. Substance minérale de la classe des pierres, assez dure pour rayer le verre, auquel elle ressemble beaucoup. Le quartz, réduit en poudre, est la base du verre.

QUARTZEUX
, EUSE. adj.
• De la nature du quartz. Terre quartzeuse.

QUASI .s.m.
• .Boucherie et de Cuisine. Un quasi de veau, Un morceau de la cuisse d'un veau.

QUASI . adv.
• Presque, peu s'en faut, il ne s'en faut guère. Il n'arrive quasi jamais que je m'y trompe. On se trompe quasi toujours là-dessus. Il est familier et peu usité.

QUASI-CONTRAT .s.m.
• .Jurispr. Fait purement volontaire dont il résulte un engagement quelconque envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque des deux parties, sans qu'il y ait eu convention ni consentement. La gestion des affaires d'une personne absente est un quasi-contrat.

QUASI-DÉLIT .s.m.
• .Jurispr. Dommage que l'on cause involontairement à quelqu'un par imprudence ou par négligence. Le quasi-délit oblige son auteur à réparer le mal qui en résulte. Celui qui jette quelque chose par une fenêtre sur un passant, commet un quasi-délit.

QUASIMODO . s. f.
• Terme latin qui se trouve en tête de l'introït de la messe du dimanche d'après Pâques, et par lequel ce jour est désigné dans la liturgie. Le dimanche de la Quasimodo, de Quasimodo. Jusqu'à la Quasimodo. Après Quasimodo. Après la Quasimodo.

QUATERNAIRE . adj. des deux genres
• (On prononce Coua.) Qui vaut quatre, ou Qui est divisible par quatre. Le nombre quaternaire était regardé par les pythagoriciens comme un nombre sacré.

QUATERNE .s.m.
• Combinaison de quatre numéros pris ensemble à la loterie, et sortis ensemble de la roue de fortune. Avoir un quaterne. Gagner un quaterne. Il est sorti un quaterne.
• Se dit aussi, au Loto, de Quatre numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de la même couleur.

QUATORZAINE . s. f.
• .Pratique ancienne. L'espace de quatorze jours qui s'observait de l'une à l'autre des quatre criées des biens saisis réellement. Les criées se faisaient par quatre dimanches, de quatorzaine en quatorzaine.

QUATORZE . adj. numéral des deux genres
• Dix et quatre, quatre avec dix. Quatorze hommes. Quatorze jours. Quatorze lieues. Quatorze francs. Deux fois sept font quatorze. Les rois de France étaient majeurs à quatorze ans commencés. Quatorze cents francs. Quatorze mille francs.
• Prov. et fig., Chercher midi à quatorze heures, Chercher des difficultés où il n'y en a point.
• Prov. et par exagérat., Faire en quatorze jours quinze lieues, Marcher, voyager fort lentement. Se dit, figurément et familièrement, D'une personne qui est fort lente à ce qu'elle fait.
• QUATORZE, se prend quelquefois pour Quatorzième. Chapitre quatorze. Page quatorze. Louis quatorze. Clément quatorze. On écrit ordinairement, Louis XIV, Clément XIV.
• QUATORZE s'emploie aussi comme substantif masculin, Quatorze multiplié par deux donne vingt-huit. On dit de même: Le nombre quatorze. Numéro quatorze.
• Il signifie quelquefois, Le quatorzième jour d'une période. Nous sommes au quatorze du mois, au quatorze de la lune. Il est au quatorze de sa maladie, il entre dans le quatorze.
• Il signifie, au Jeu de piquet, Les quatre as, ou les quatre rois, ou les quatre dames, ou les quatre valets, ou les quatre dix; parce que ces quatre cartes ensemble valent quatorze points. Il avait quatorze de dix, et moi quatorze de dames. Il portait un quatorze en main avant que d'écarter. Il avait quinte, quatorze et le point.
• Fig. et fam., Avoir quinte et quatorze, Avoir dans une affaire une grande avance, une grande probabilité de succès.

QUATORZIÈME . adj. des deux genres
• Nombre ordinal de quatorze. Louis, quatorzième du nom. Le quatorzième jour. Dans sa quatorzième année. Vous êtes le quatorzième sur la liste.
• La quatorzième partie, Chaque partie d'un tout qui en a quatorze.
• QUATORZIÈME s'emploie quelquefois substantivement au masculin, et signifie, Le quatorzième jour. Le quatorzième de la lune. Le quatorzième est critique dans certaines fièvres. On ne sait pas si le malade ira jusqu'au quatorzième.
• Il signifie aussi, Une quatorzième part ou partie. Il est dans cette affaire pour un quatorzième. Les treize quatorzièmes.

QUATORZIÈMEMENT . adv.
• En quatorzième lieu.

QUATRAIN .s.m.
• Petite pièce de poésie qui contient quatre vers, dont les rimes sont ordinairement croisées. Les quatrains de Pibrac.
• Il signifie quelquefois, Quatre vers qui font partie d'un sonnet, d'une stance, etc. Le sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets. Cette stance est composée d'un quatrain et de deux tercets. Cette ode est composée de quatrains.

QUATRE . adj. numéral des deux genres
• Nombre composé de deux fois deux. Deux et deux font quatre. Quatre hommes. Quatre cents chevaux. Ils marchaient quatre de front. Ils défilaient quatre à quatre. Les quatre vents. Les quatre points cardinaux. Les quatre saisons. Les quatre semences froides.
• Fam., Cela est clair comme deux et deux font quatre.
• Fig. et fam., Se mettre en quatre, S'employer de tout son pouvoir pour rendre service. C'est un homme qui se met en quatre pour ses amis.
• Prov. et fig., Faire le diable à quatre, Faire beaucoup de bruit, causer beaucoup de désordre, s'emporter à l'excès.
• Fig. et pop., Il y a fait le diable à quatre, se dit D'un homme qui s'est beaucoup tourmenté pour faire réussir une affaire, ou pour la traverser.
• Il faut le tenir à quatre, se dit en parlant D'un fou, d'un furieux qui ne peut être contenu que par les efforts réunis de plusieurs personnes.
• Fig. et fam., Il faut le tenir à quatre, se dit en parlant D'un homme emporté et difficile, qu'on a de la peine à contenir, à empêcher de faire des violences.
• Fig. et fam., Se tenir à quatre, Faire un grand effort sur soi-même pour ne pas éclater, pour ne pas se mettre en colère. Je me suis tenu à quatre pour ne pas lui dire des vérités fort dures.
• Tirer un criminel à quatre chevaux, Écarteler un criminel, en attachant chacun de ses membres à un cheval, et faisant tirer les quatre chevaux chacun de son côté en même temps.
• Fam., Être tiré à quatre épingles, Être ajusté avec un extrême soin, et de manière à paraître craindre de déranger sa parure.
• Fam., Courir les quatre coins et le milieu de la ville, Faire bien du chemin pour quelque affaire.
• Fam., Marcher à quatre pattes, Marcher avec les mains et les pieds.
• Fam., Entre quatre yeux, Tête à tête. (On prononce ordinairement, par euphonie, Entre quatre-z-yeux.) Je lui dirai cela entre quatre yeux.
• Fig. et fam., Comme quatre, Beaucoup, excessivement. Il crie, il fait du bruit comme quatre. Il mange, il boit comme quatre. Un oeuf gros comme quatre. Il a de l'esprit comme quatre.
• QUATRE, s'emploie quelquefois pour Quatrième. Page quatre. Chapitre quatre. Henri quatre: on écrit ordinairement, Henri IV.
• QUATRE, est quelquefois substantif masculin. Quatre multiplié par huit donne trente-deux. On dit de même, Le nombre quatre ou de quatre.
• Le quatre du mois, Le quatrième jour du mois. Sa lettre est datée du quatre.
• QUATRE, se dit aussi Du caractère qui marque en chiffre le nombre de quatre. Le chiffre quatre. Un quatre de chiffre, en chiffre, ou simplement, Un quatre. Quarante-quatre s'écrit par deux quatre. On dit de même, Numéro quatre.
• Fig., Quatre de chiffre, Sorte de piége dont on se sert pour prendre des rats, des souris, des oiseaux, etc.: il consiste en une planche soutenue par trois petits morceaux de bois assemblés en forme de quatre, et qui tombent au moindre choc. Tendre un quatre de chiffre.
• QUATRE, substantif, signifie, aux Jeux de cartes, La carte qui est marquée de quatre coeurs, de quatre trèfles, etc.: Un quatre de coeur, un quatre de trèfle, etc.; et, au Jeu de dés, La face du dé qui est marquée de quatre points: Il lui fallait un quatre, il l'a amené.

QUATRE-TEMPS .s.m. pl.
• Les trois jours où l'Église ordonne de jeûner en chacune des quatre saisons de l'année, et où les évêques ont coutume de faire les ordinations. Jeûner les Quatre-Temps. On croit que le pape fera aux Quatre-Temps prochains une promotion de cardinaux.

QUATRE-VINGTIÈME . adj. des deux genres
• Nombre ordinal de quatre-vingts. Vous êtes le quatre-vingtième sur la liste, le quatre-vingt-unième, le quatre-vingt-deuxième, le quatre-vingt-dixième, etc.
• La quatre-vingtième partie d'un tout, Chaque partie d'un tout qui en a quatre-vingts. On dit substantivement, dans le même sens, Un quatre-vingtième, un quatre-vingt-dixième, etc.

QUATRE-VINGTS . adj. numéral des deux genres
• Quatre fois vingt. Il s'écrit toujours avec une s quand il n'est pas suivi d'un autre nombre. Quatre-vingts hommes. Quatre-vingts chevaux. Quatre-vingts francs. Quatre-vingts millions. Il ne prend point d's quand il précède un autre nombre auquel il est joint. Quatre-vingt-un. Quatre-vingt-deux. Quatre-vingt-trois. Quatre-vingt mille. On disait autrefois, Octante.
• Quatre-vingt-dix, quatre-vingt-onze, quatre-vingt-douze, etc., Quatre fois vingt et dix, et onze, et douze de plus. On disait autrefois, Nonante, nonante et un, nonante-deux, etc.

QUATRIÈME . adj. des deux genres
• Nombre ordinal de quatre. Premier, second, troisième et quatrième. Il était le quatrième en rang. Il était assis le quatrième. Il est le quatrième enfant. Il est logé au quatrième étage, à la quatrième chambre. Parent au quatrième degré.
• La quatrième partie d'un tout, Chaque partie d'un tout qui en a quatre.
• QUATRIÈME, s'emploie aussi comme substantif dans plusieurs acceptions, Ainsi on dit:
• Nous sommes au quatrième du mois, au quatrième de la lune, Au quatrième jour du mois, de la lune. On dit, plus ordinairement, Au quatre du mois.
• En parlant Du jeu, Vous venez à propos, nous attendions un quatrième, Un quatrième joueur.
• Être d'un quatrième dans une affaire, y être pour un quatrième, Y être intéressé pour une quatrième partie, pour un quart.
• Loger au quatrième, Au quatrième étage. On dit de même: Loger à un quatrième. Monter à un quatrième. Tomber d'un quatrième. Etc.
• Cet écolier étudie en quatrième, est en quatrième, Il étudie dans la quatrième classe. On dit dans un sens analogue: Ce professeur fait la quatrième, est chargé de la quatrième. Professeur de quatrième. On dit aussi, C'est un quatrième, pour désigner Un écolier qui étudie en quatrième.
• La quatrième des enquêtes, La quatrième chambre des enquêtes au parlement de Paris.
• QUATRIÈME, substantif, se dit encore, au Jeu de piquet, d'Une suite de quatre cartes de même couleur: il est féminin. Avoir une quatrième majeure de pique, une quatrième de roi en coeur, une quatrième de dame, une quatrième basse, etc.

QUATRIÈMEMENT . adv.
• En quatrième lieu.

QUATRIENNAL
, ALE. adj.
• Se dit D'un office, d'une charge qui s'exerce de quatre années l'une. Office quatriennal. Charge quatriennale.
• Se dit aussi De l'officier qui exerce cette fonction. Trésorier quatriennal.
• S'emploie quelquefois substantivement, au masculin; et alors il se dit de La charge et de l'officier. On a supprimé les quatriennaux.

QUATUOR .s.m.
• (On prononce Coua.) .Musique: Morceau de musique vocale ou instrumentale, qui est à quatre parties récitantes. Exécuter un quatuor. Les quatuor de ce compositeur sont fort estimés.

QUAYAGE .s.m.
• .Commerce maritime. Droit que payent les marchands pour avoir la liberté de se servir du quai d'un port, et d'y placer leurs marchandises.

QUE . Pronom relatif des deux genres et des deux nombres
• servant de régime au verbe qui le suit. Il s'élide devant une voyelle. Celui que vous avez vu. Les gens que vous avez obligés. La personne que vous connaissez. Les espérances que vous lui avez données. Les livres qu'il a lus. Les choses qu'elle a dites. Il n'a rien fait de tout ce que je lui avais dit. Pour le peu qu'il m'en coûte. Quelques efforts qu'il ait faits.
• Il remplace quelquefois De qui, à qui, pour qui, etc. C'est de vous que je parle. C'est à vous que je m'intéresse. C'est pour lui qu'on fait cela. C'est sur vous que j'ai les yeux.
• Il remplace aussi, en parlant Des choses, Pendant lequel, dans lequel, etc. L'hiver qu'il fit si froid. Le jour que cela est arrivé. Au moment que je le reverrai. C'est dans cette maison qu il demeure. C'est là qu'il habite. C'est dans cette boutique qu'on vend telle marchandise. Où est-ce qu'on trouvera ce livre?
• Se dit aussi pour Quelle chose. Que faites-vous là? Que vous en semble? Que vous en reviendra-t-il? Qu'attendez-vous? Qu'est-ce que c'est? Voilà ce que c'est. Que pensez-vous faire? Je ne sais qu'en penser. Il ne sait plus que faire ni que dire. Que faire? Que devenir? Qu'importe? Fam.: Que diable dites-vous là? Que diable faire?
• Fam., Je n'ai que faire, Je n'ai aucune affaire. Je n'ai que faire de lui, Je n'ai aucun besoin de lui. Je n'ai que faire de vous dire.... Il n'est pas nécessaire de vous dire... Je n'ai que faire à cela, Je n'ai aucun intérêt à cela. Je n'ai que faire là, Je ne suis pas nécessaire là. Je ne puis que faire à cela, je n'y puis, je n'y sais que faire, Il ne dépend pas de moi d'y rien faire, d'y remédier.
• QUE, s'emploie souvent, comme conjonction, entre deux membres de phrase qui ont chacun leur verbe exprimé ou sous-entendu, pour marquer que le dernier est régi par le premier, ou lui est subordonné. Il faut que je le paye. Il est juste que vous le dédommagiez. Il se peut que je me trompe. J'exige qu'il parte. Je trouve que vous avez raison. J'avoue que cela est surprenant. Je crains qu'il ne s'en trouve mal. Vous dites qu'il a de l'esprit; moi, je soutiens que non. Que cela soit, j'y consens. Dans cette dernière phrase, il y a ellipse d'un verbe avant Que.
• Fam., Être toujours sur le que si, que non, Être toujours prêt à contrarier.
• Elliptiq., Qu'il fasse le moindre excès, il est malade, S'il arrive qu'il fasse le moindre excès, il en est malade. Qu'il parle, tout se tait, Quand il se met à parler, tout le monde se tait. Etc.
• QUE, conjonction, s'emploie quelquefois avec ellipse du premier membre de phrase, dans le titre des chapitres et des sections d'un livre, pour indiquer De quelle matière on y traite. Que la vertu est le plus grand de tous les biens.
• Il est aussi particule de souhait, d'imprécation, de commandement, de consentement, de répugnance, de blâme, etc.; et s'emploie avec ellipse des verbes dont on se sert pour souhaiter, pour commander, pour consentir, etc. Que je meure, si cela n'est pas vrai! Qu'il parte tout à l'heure! Qu'il fasse ce qu'il lui plaira! Que je trahisse mon ami! je mourrais plutôt. Qu'il se soit oublié à ce point! Qu'on n'ait pas eu plus de respect pour un si grand personnage!
• Il est également particule d'admiration, d'ironie, d'indignation; et alors il signifie, Combien. Que Dieu est puissant! Que de fois je suis venu ici! Que de services il m'a rendus! Qu'il fait beau! Que je vous trouve plaisant! Que vous êtes importun!
• Il se met aussi, dans certaines phrases exclamatives, entre un adjectif et le verbe Être. Insensé que j'étais, de croire à leur bonne foi! Ne voyez-vous point, aveugle que vous êtes, le piége qui vous est tendu? On dit à peu près de même: Le fripon qu'il était, m'emporte dix mille francs. La cruelle qu'elle est, reste sourde à nos gémissements. Etc.
• QUE, signifie encore, Pourquoi? au commencement de certaines phrases interrogatives. Que ne se corrige-t-il? Que ne demeurez-vous? Que n'attendez-vous? Que n'est-il plus soigneux? Que n'avez-vous soin de vos affaires? En ce sens, il s'emploie rarement sans négation, excepté dans ces phrases: Que tardez-vous? Que différez-vous? et quelques autres semblables.
• Que sert de se flatter, de dissimuler, etc.? À quoi sert de se flatter, de dissimuler, etc.?
• QUE, est aussi corrélatif des mots Tel, quel, même, autre, meilleur, pire, et se met toujours après. Un homme tel que vous. Il est tel que je le voulais. Telle est sa puissance, que rien ne lui résiste. Sa mémoire est telle, qu'il n'oublie jamais rien. Quel que soit son espoir. Quelles que soient ses vues. Quelle faute que cette démarche! C'est bien un autre homme que vous ne disiez. Il a bien d'autres vues que vous ne croyez. C'est autre chose que ce que j'avais en vue. Mon habit est du même drap que le vôtre. Votre vin est meilleur que le mien. Ce vin-là est encore pire que le premier.
• Il est également corrélatif des adverbes de comparaison, et de quelques autres. Il est aussi modeste qu'habile. Il est plus heureux que sage. Elle est moins jolie que sa soeur. J'en ai moins que vous n'en avez. Rien ne l'a tant affligé que cette nouvelle. Tant plein que vide. Tant tués que blessés. J'en ai tant, que je n'en sais que faire. Il agit autrement que vous. Il est tellement en colère, il est si fort en colère, qu'on aura bien de la peine à l'apaiser. Si peu que rien. Quelque grand seigneur qu'il soit. Tout grand seigneur qu'il est. Quelque puissants qu'ils soient. Tout riches qu'ils sont.
• Fam., Que bien que mal, En partie bien, en partie mal. Il s'acquitte de son emploi que bien que mal. Cette locution vieillit; on dit plus ordinairement, Tant bien que mal.
• QUE, signifie quelquefois, Si ce n'est. À qui puis-je confier ce secret qu'à vous seul? Il ne peut rien résulter de vos projets, que des fautes et des malheurs.
• S'emploie dans certaines phrases avec ellipse des mots Autre chose ou Autrement; et alors il est toujours précédé de la négation. Ainsi on dit: Il ne cherche que la vérité, Il ne cherche autre chose que la vérité. Il ne dit que des sottises, Il ne dit rien autre chose que des sottises. Il ne parle que par sentences, Il ne parle point autrement que par sentences. Il ne fait que boire et manger, Il ne fait autre chose que boire et manger. --- Ne... que peut, dans certains cas, être considéré comme entièrement synonyme de l'adverbe Seulement. Je ne veux que le voir, Je veux seulement le voir.
• QUE, forme en outre certaines locutions avec diverses prépositions, conjonctions et adverbes; comme Afin que, avant que, après que, bien que, dès que, depuis que, encore que, loin que, puisque, parce que, sans que, à moins que, attendu que, vu que, en sorte que, d'autant que, outre que, pourvu que, soit que, et quelques autres. Voyez AFIN, AVANT, APRÈS, ETC.
• S'emploie quelquefois avec ellipse de certaines prépositions et de certains adverbes auxquels on a coutume de le joindre. Ainsi on dit: Approchez, que je vous parle, Afin que je vous parle. Il ne fait point de voyage qu'il ne lui arrive quelque accident, Sans qu'il lui arrive quelque accident. Je lui parlai qu'il était encore au lit, Lorsqu'il était encore au lit. Il était à peine sorti ou À peine était-il sorti, que la maison s'écroula, Lorsque la maison s'écroula. Il y a dix ans qu'il est parti, que je ne l'ai vu, Il s'est écoulé dix ans depuis qu'il est parti, depuis que je ne l'ai vu. Retirez-vous, qu'il ne vous maltraite, De peur qu'il ne vous maltraite. Je n'irai point là que tout ne soit prêt, Avant que tout soit prêt. On le régala que rien n'y manquait, Si bien, de telle sorte, que rien n'y manquait. Qu'il perde son procès ou qu'il le gagne, il partira, Soit qu'il le perde, soit qu'il le gagne. Etc. Plusieurs de ces phrases sont du langage familier.
• Fam., Si j'étais que de vous, Si j'étais à votre place. Si j'étais que de vous, je m'y prendrais de cette manière. On dit plus ordinairement, Si j'étais de vous.
• Cela ne laisse pas que d'être inquiétant. Voyez LAISSER.
• QUE, se dit encore pour Comme, Quand et Si, lorsque, à des propositions qui commencent par ces mots, on en joint d'autres de même nature. Comme il était tard, et qu'on craignait la chute du jour... Comme c'est une chose décidée, et que tout est prêt pour l'exécution... Quand on est jeune, et qu'on se porte bien... Si vous le rencontrez, et qu'il vous demande où je suis...
• QUE, s'emploie quelquefois par rédondance. Que s'il m'allègue... Que si vous m'objectez. ... S'il m'allègue, si vous m'objectez...
• S'emploie souvent pour donner plus de force à ce qu'on dit. C'est une belle chose que de garder le secret. C'est se tromper que de croire... Dans ces exemples, on peut supprimer le que. C'est une belle chose de garder le secret. C'est se tromper de croire... En ce sens, il s'emploie aussi devant les substantifs, mais on ne saurait le supprimer qu'en changeant toute la construction. Ce sont des qualités nécessaires pour régner que la douceur et la fermeté.

QUEL
, QUELLE. Adjectif
• dont on se sert pour demander ce que c'est qu'une personne, qu'une chose, son nom, ses qualités, ou pour marquer de l'incertitude, du doute. Quel homme est-ce qu'un tel? Quel temps fait-il? En quelle monnaie vous a-t-il payé? Quelle heure est-il? Quels arbres croissent en ce pays-là? Quel capitaine commandait ce jour-là? Quel cheval voulez-vous? Quel profit vous en revient-il? À quel homme pensez-vous avoir affaire? En quel état sont les choses? Je ne sais quel homme c'est. Je ne sais quel auteur a dit... Il ne sait quel parti prendre, de quel côté tourner. Quel est l'homme assez hardi pour....
• S'emploie aussi, quelquefois, dans une phrase affirmative. Je vous ai dit quel homme c'est. Je vous ai fait connaître quelles sont mes raisons.
• Se dit aussi par exclamation. Quelle pitié! Quel malheur! Quelle disgrâce! Quelle impudence! Quelle hardiesse! Quelle méchanceté! Quelle bonté! Quelle taille! Quel air! Quelle douceur! Quelle folie d'agir ainsi, que d'agir ainsi!
• Quel que soit, De quelque sorte, de quelque espèce que soit ou la personne ou la chose dont il s'agit. Quel que soit l'engagement que vous avez. Quel qu'il soit. Quel qu'il puisse être. Quelle que soit votre intention. Quels que soient vos desseins. Quelles que soient vos vues.
• QUEL, se met quelquefois après Tel: Tel quel; et c'est une façon de parler familière dont on se sert pour marquer qu'une chose est médiocre dans son espèce, qu'elle est plutôt mauvaise que bonne. C'est un avocat, un prédicateur tel quel. On leur donne du vin tel quel. Des étoffes telles quelles.

QUELCONQUE . adj. des deux genres
• Quel que ce soit, quel qu'il soit, quelle qu'elle soit. S'emploie, en général, avec la négation, et il se place toujours après le substantif. Il ne lui est demeuré chose quelconque. Il n'a mal quelconque. Il n'y a homme quelconque qui ne sache cela. Il n'y a raison quelconque qui puisse l'y obliger. Il n'y a pouvoir quelconque qui m'obligeât à cela. En termes de Palais, Nonobstant opposition ou appellation quelconque.
• Se dit sans négation dans le style didactique, pour signifier, Quel qu'il soit, quelle qu'elle soit; et alors il a un pluriel. Une ligne quelconque étant donnée. Deux points quelconques étant donnés. Donnez-moi un point quelconque, une ligne quelconque.
• S'emploie quelquefois de même dans la conversation. D'une manière quelconque. Donnez-en une raison quelconque. Prendre un prétexte quelconque.

QUELLEMENT . adv.
• Il ne s'emploie que dans cette locution familière, Tellement quellement, Ni fort bien ni fort mal, mais plutôt mal que bien. Il fait son devoir, il s'acquitte de ses fonctions tellement quellement. Je me porte tellement quellement.

QUELQUE . adj. des deux genres
• Un ou plusieurs, entre un plus grand nombre. Si cela était, quelque historien en aurait parlé. Connaissez-vous quelque personne qui soit de cet avis? Savez-vous quelque chose qu'on puisse lui reprocher? Cela serait bon à quelque dupe, à quelque sot. Adressez-vous à quelque autre personne, à quelque autre. Quelques écrivains ont traité ce sujet. Il possède quelques arpents de terre dans ce pays.
• Fam. et par ellipse, Quelque sot, Je ne suis pas assez sot pour faire, pour dire cela.
• Quelque chose. Voyez CHOSE.
• QUELQUE, sert aussi à indiquer un petit nombre, une quantité peu considérable. Cette affaire souffre quelque difficulté. Il a quelque sujet, quelque petit sujet de se plaindre. Il y a quelque apparence à cela. Il vous en coûtera quelques écus. Cela me fait quelque peine. Il y a quelque temps. Il y a quelques années.
• Il se joint aussi avec Peu. Quelque peu d'argent, quelque peu d'amitié, Un peu d'argent, un peu d'amitié.
• QUELQUE, signifie encore, Quel que soit le, quelle que soit la. Quelque raison qu'on ait à faire valoir, il ne veut rien écouter. Quelques efforts que vous fassiez. De quelque sorte, de quelque manière qu'on prenne la chose. Quelque remède qu'on lui donne. Quelque part qu'il soit. Quelque soin qu'on prenne. De quelque religion, de quelque pays qu'il soit. Quelque chose qui arrive. De quelque péril que vous soyez menacé. Quelque peu d'argent qu'il ait. Quelques grands biens que vous ayez.
• QUELQUE, s'emploie aussi comme adverbe, alors il se joint toujours avec un adjectif ou un adverbe, et il signifie, A quelque point que, à quelque degré que. Quelque sage, quelque riche, quelque préoccupé qu'il soit. Quelque belle qu'elle puisse être. Quelque puissants qu'ils soient, je ne les crains point. Quelque bien qu'il se conduise. Quelque adroitement qu'il s'y prenne.
• Il signifie encore, Environ, à peu près. Il y a quelque soixante ans.

QUELQUEFOIS . adv.
• De fois à autre, parfois. Cela est arrivé quelquefois. Il va quelquefois à pied, quelquefois en voiture.

QUELQU'UN
, UNE. s.
• Un, une entre plusieurs. Nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un. Plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons quelqu'une.
• QUELQU'UN pris absolument, s'emploie pour les deux genres, et signifie, Une personne. Quelqu'un m'a dit. Il viendra quelqu'un. J'attends ici quelqu'un.
• QUELQUES-UNS, au pluriel, Plusieurs dans un plus grand nombre. Entre les nouvelles qu'il a débitées, il y en a quelques-unes de vraies. Quelques-uns assurent le contraire.

QUÉMANDER . v. n.
• Mendier par pure fainéantise, mendier clandestinement. Se dit particulièrement De ceux qui font métier d'aller demander l'aumône dans les maisons. Il a vieilli.

QUÉMANDEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui quémande. Il a vieilli.

QU'EN-DIRA-T-ON .s.m.
• Les propos que pourra tenir le public. Il est toujours précédé de l'article Le. Se moquer du qu'en-dira-t-on. Se mettre au-dessus du qu'en-dira-t-on. Mépriser le qu'en-dira-t-on. Il est familier.

QUENOTTE . s. f.
• Dent de petit enfant. Cet enfant a mal à ses quenottes. De belles, de jolies quenottes. Il est très-familier.

QUENOUILLE . s. f.
• Sorte de petite canne ou de bâton, que l'on entoure, vers le haut, de soie, de chanvre, de lin, de laine, etc., pour filer. Charger une quenouille. Coiffer une quenouille. Monter une quenouille. Une quenouille et un fuseau.
• Se dit aussi de La soie, du chanvre, du lin, de la laine dont une quenouille est chargée. Filer une quenouille. Elle a achevé sa quenouille. Elle ne se mêle que de filer sa quenouille.
• Prov., Allez filer votre quenouille, se dit À une femme qui veut se mêler de choses qui passent sa capacité.
• Fig., Cette maison est tombée en quenouille, Une fille en est devenue héritière. On dit dans le même sens, Le royaume de France ne tombe point en quenouille, Les filles ne sont point appelées à succéder au trône de France.
• Fig. et fam., L'esprit est tombé en quenouille dans cette famille, Les filles y ont plus d'esprit que les garçons.
• Quenouilles de lit, Les colonnes, les piliers qui sont aux quatre coins de certains lits. Attacher quelqu'un à la quenouille d'un lit. Quenouilles dorées. On ne voit plus guère de lits à quenouilles que chez les gens de la campagne.
• QUENOUILLE, se dit, en Agriculture, Des arbres fruitiers qui sont taillés de manière que le branchage se rapproche de la forme d'une quenouille. J'ai fait planter des quenouilles qui n'ont pas réussi.

QUENOUILLÉE . s. f.
• La quantité de laine, de chanvre, etc., nécessaire pour garnir une quenouille.

QUÉRABLE . adj.
• .Jurispr. Rente ou Redevance quérable, Celle que le créancier doit aller chercher, par opposition à Rente ou Redevance portable, Celle que le débiteur doit acquitter dans un lieu désigné par le titre. On dit aussi, Requérable.

QUERCITRON .s.m.
• .Bot. Espèce de chêne vert de l'Amérique septentrionale, dont l'écorce sert à teindre en jaune.

QUERELLE . s. f.
• Contestation, démêlé, dispute mêlée d'aigreur et d'animosité. Grande querelle. Grosse querelle. Petite, légère, violente, sanglante querelle. Vieille querelle. Querelle de famille. Querelle héréditaire. Querelle de ménage. Querelle de dix ans, de vingt ans. Avoir querelle avec quelqu'un. Être en querelle avec quelqu'un. Faire querelle, chercher querelle à quelqu'un. Susciter une querelle à quelqu'un. Exciter une querelle. Prendre querelle. Ils prirent querelle au jeu, sur le jeu. Accorder une querelle, des querelles. Terminer, apaiser, assoupir une querelle. Semer des querelles. Renouveler, réveiller une querelle. Mettre des gens en querelle. Voilà le sujet de leur querelle. C'est ce qui a fait leur querelle. Le commencement, l'origine de la querelle. Sur la fin de leur querelle. Il a une grande querelle sur les bras. La querelle se renouvela, se ralluma. Vider une querelle par le combat. Il s'est fait des querelles, qu'il les démêle tout seul. Il engage ses amis dans ses querelles. Je ne veux point de querelle. Il y a querelle entre eux. Ils sont en querelle.
• Entrer dans une querelle, S'intéresser dans une querelle, y prendre parti.
• Embrasser, épouser, prendre la querelle de quelqu'un, Prendre le parti de quelqu'un contre ceux avec qui il a querelle. Prendre querelle pour quelqu'un, Déclarer qu'on entreprend de le venger de ceux qui l'ont offensé, prendre son parti avec chaleur, malmener ceux qui sont contre lui.
• Prov., Querelle d'Allemand, Querelle faite légèrement, sans sujet. Il cherchait à lui faire une querelle d'Allemand. Il m'a fait une querelle d'Allemand.
• En termes de Droit romain, Querelle d'inofficiosité. Voyez INOFFICIOSITÉ.

QUERELLER . v. a.
• Faire querelle à quelqu'un. Il est venu nous quereller mal à propos. Ne querellez personne.
• S'emploie aussi avec le pronom réciproque, et signifie, Disputer l'un contre l'autre avec des paroles aigres. Ces gens se sont querellés. Ils se querellent toujours.
• QUERELLER, signifie encore, Gronder, réprimander. Son père l'a querellé. C'est un homme qui querelle toujours ses domestiques.
• S'emploie aussi absolument. Cet homme aime fort à quereller. Ne querellons point.
• QUERELLÉ, ÉE. participe

QUERELLEUR
, EUSE. adj.
• Qui fait, qui cherche souvent querelle aux gens. C'est un homme fort querelleur. Il est faible et querelleur. Cette femme est méchante et querelleuse.
• Il est quelquefois substantif. C'est un grand querelleur. C'est une querelleuse perpétuelle.

QUÉRIMONIE . s. f.
• (On prononce Cué.) T. d'Officialité. Requête présentée au juge d'Église, pour obtenir la permission de faire publier un monitoire.

QUERIR . v. a.
• Chercher avec charge d'amener la personne, ou d'apporter la chose dont il est question. Il ne s'emploie qu'à l'infinitif, et avec les verbes Aller, venir, envoyer. Allez me querir un tel. Il est allé querir du vin. Je l'ai envoyé querir. Envoyez-nous querir telle chose. Il m'est venu querir de la part d'un tel. Il a vieilli.
• Prov. et pop., Il serait bon à aller querir la mort, se dit De quelqu'un qui tarde long-temps à revenir, à faire une commission dont on l'a chargé; et, en général, D'une personne lente.

QUESTEUR .s.m.
• (On prononce Cués.) T. d'Antiq. romaine. C'était le nom de Certains magistrats chargés, à Rome, dans les armées ou dans les provinces, de l'administration des finances, et de diverses autres fonctions, comme de recevoir les ambassadeurs, etc. Les questeurs donnaient au peuple les combats de gladiateurs, et en faisaient les frais. La tente du questeur, dans les camps, était toujours voisine de celle du général. Un proconsul et son questeur. Sylla porta jusqu'à vingt le nombre des questeurs provinciaux. Cécilius fut questeur de Verrès. Cicéron fut questeur de Sicile.
• QUESTEUR, se dit, dans certains corps, Des membres qui sont chargés de diriger et de surveiller l'emploi des fonds. Il est un des questeurs de la chambre des députés.

QUESTION . s. f.
• Interrogation, demande que l'on fait pour s'éclaircir de quelque chose. Il m'a fait cent questions. Il m'a fait question sur question. Accabler, presser, pousser quelqu'un de questions. Qu'avez-vous répondu à cette question? C'est une question captieuse. Ce n'est pas là une question à faire. Vous éludez ma question. Je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris votre question. Ma question est restée sans réponse.
• Ironiq., Belle question! se dit À une personne qui fait une question inutile ou ridicule. On dit dans le même sens, Quelle question!
• QUESTION, se dit aussi d'Une proposition qu'il y a lieu d'examiner, de discuter. Question de logique, de physique, de théologie, de morale, d'histoire, de jurisprudence, etc. Grande question. Question difficile, importante, épineuse. Question intéressante, curieuse. Question problématique. Question insoluble. Question simple. Question composée ou complexe. Examiner, traiter, agiter une question. Diviser une question. Proposer une question. Résoudre une question. Vider la question. Soulever une question. Détourner, déplacer une question. Vous embrouillez la question, au lieu de l'éclaircir. La question roule sur ce que... De cette question, il en naît plusieurs autres. Vous donnez pour réponse ce qui est en question. Cela est hors de doute, il ne faut pas le mettre en question. Question de droit. Question de fait. Question d'état. Toute la question se réduit à ce point. Voilà le noeud, le point de la question. Vous n'entendez pas la question. Ce n'est pas là la question. Vous n'êtes pas dans la question. Vous êtes hors de la question. Entrer dans la question. Sortir de la question. Revenir à la question. Rentrer dans la question. Je vous rappelle à la question. Aborder la question. Poser l'état de la question. Changer l'état de la question. Mettre une question sur le tapis. La question a été jugée, décidée. Ce n'est pas, ce n'est plus une question. Le ferai-je ou ne le ferai-je pas? c'est la question, voilà la question, toute la question.
• Il est question, il n'est pas question de, Il s'agit, ou il ne s'agit pas de. Il n'est pas question de ce que vous avez dit, mais de ce que vous avez fait. Il est question de savoir s'il le voudra. De quoi est-il question? On dit de même: Voici la chose, la personne dont il est question, dont est question; et fam., Voici la personne en question.
• Dans le langage des délibérations publiques, Demander la question préalable, Demander qu'on décide s'il y a ou s'il n'y a pas lieu de délibérer sur une proposition qui vient d'être faite; et, dans l'usage ordinaire, Demander qu'on ne délibère pas sur cette proposition. On dit de même, Cette proposition fut écartée par la question préalable.
• QUESTION, signifie aussi, La torture, la gêne donnée aux accusés et aux condamnés, en matière criminelle, pour leur arracher des aveux. Question ordinaire, extraordinaire. Question préparatoire. Question préalable. Présenter un criminel à la question. On l'a mis, on l'a appliqué à la question pour lui faire déclarer ses complices. Donner la question avec l'eau. Donner la question avec les brodequins. Il a eu la question si rudement, qu'il en est tout disloqué, tout rompu. Souffrir la question. Il a tout avoué à la question. Louis XVI abolit la question préparatoire.
• Pop., Il ne faut pas lui donner la question pour lui faire dire tout ce qu'il sait, se dit D'un homme qui parle trop, et qui dit tous ses secrets.

QUESTIONNAIRE .s.m.
• Celui qui donnait la question aux accusés et aux condamnés.

QUESTIONNER . v. a.
• Interroger quelqu'un, lui faire des questions. Je l'ai questionné sur plusieurs choses. Il m'est venu questionner. Avec le pronom réciproque, Se questionner l'un l'autre.
• Il se prend souvent en mauvaise part, et se dit De ceux qui ont coutume de faire des questions importunes. Cet homme-là ne fait que questionner.
• QUESTIONNÉ, ÉE. participe

QUESTIONNEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui fait sans cesse des questions. C'est un des plus grands questionneurs qu'on ait jamais vus. C'est un rude questionneur, un importun questionneur C'est une questionneuse insupportable. On l'emploie quelquefois adjectivement. Cette femme est bien questionneuse.

QUESTURE . s. f.
• (On prononce Cués.) Dignité, charge de questeur. Exercer la questure. César brigua la questure. Il est un des candidats pour la questure de la chambre des députés.
• Se dit aussi de La durée des fonctions de questeur. Telle chose s'est faite sous sa questure.
• Se dit encore Du bureau des questeurs d'une assemblée. Aller à la questure de la chambre des députés.

QUÊTE . s. f.
• Action par laquelle on cherche. Il y a longtemps que je suis en quête d'un tel, en quête de telle chose. Se mettre en quête. Après une si pénible et si longue quête.
• Se dit, en termes de Chasse, de L'action d'un valet de limier qui va détourner une bête pour la lancer, et de L'action du chien qui démêle la voie d'un cerf, d'un sanglier, etc., qu'on veut détourner. Aller en quête. Un limier bon pour la quête.
• Se dit de même en parlant De la chasse des perdrix. Un épagneul bon pour la quête. Ce chien est trop vif, trop ardent, il n'est pas bon pour la quête. Ce chien a la quête brillante, a une fort belle quête.
• QUÊTE, signifie aussi, L'action de demander et de recueillir des aumônes pour les pauvres, ou pour des oeuvres pieuses. Faire la quête dans l'église, dans les maisons, pour les réparations de l'église, pour les pauvres. Elle n'a trouvé, elle n'a fait que tant dans sa quête. Les religieux des ordres mendiants vont à la quête.

QUÊTE . s. f.
• .Marine. Saillie que font l'étrave et l'étambot hors de la quille.

QUÊTER . v. a.
• .Chasse. Chercher. Quêter un cerf, un sanglier, un lièvre. Quêter des perdrix.
• S'emploie quelquefois absolument. Nous avons quêté tout le matin sans rien trouver. Un épagneul qui quête bien.
• Fig., Quêter des louanges, des suffrages, etc., Chercher à se faire donner des louanges, des suffrages, etc. On dit de même, Quêter des voix, des suffrages pour quelqu'un.
• QUÊTER, signifie aussi, Demander et recueillir des aumônes. On a prié cette dame de quêter. Les religieux mendiants obtinrent la permission de quêter dans la ville. Quêter de porte en porte.
• QUÊTÉ, ÉE. participe

QUÊTEUR
, EUSE. s.
• Celui, celle qui quête pour quelqu'un. Il y avait plusieurs quêteurs à la suite les uns des autres. Une quêteuse. Cette quêteuse a fait beaucoup d'argent. Dans les ordres mendiants, il y a des frères quêteurs qui quêtent pour leur couvent.

QUEUE . s. f.
• La partie qui termine le corps de la plupart des animaux, par derrière.
• Il signifie, en parlant Des quadrupèdes, Cette partie qui est un prolongement de l'épine du dos. Le bout de la queue. Le tronc de la queue. Le noeud de la queue. La queue d'un cheval, d'un taureau, d'un mouton, d'un renard. Grosse queue. Courte queue. Queue épaisse. Chevaux à longue queue, à courte queue. Les chevaux s'émouchent avec leur queue, de leur queue. Ce chien remue la queue, flatte de la queue. Couper la queue à un cheval, à un chien. Un lion qui se bat les flancs de sa queue, avec sa queue. Couper un noeud de la queue à un cheval.
• Queue prenante, La queue de certains animaux qui peut s'enrouler avec force autour des objets, et dont ils se servent pour s'attacher, pour se suspendre. Singe à queue prenante.
• En parlant Des chevaux, Queue à l'anglaise, Celle qui a été coupée selon la méthode anglaise. Queue en catogan, Celle qui a été coupée très-court, près de la racine. Queue en balai, Celle dont les crins sont plus abondants à la partie inférieure qu'à la partie supérieure. Queue de rat, Celle qui est dégarnie de crins. Queue en trompe, Celle qui est relevée dans l'exercice. Les chevaux arabes portent la queue en trompe.
• Chez les Turcs, Pacha à une queue, à deux queues, à trois queues, Pacha qui a droit de faire porter devant lui une queue, deux queues, trois queues de cheval, comme marques de sa dignité. Voyez TOUG.
• Queue de mouton, Pièce de viande qui est prise du quartier de derrière d'un mouton, et où ordinairement la queue tient. Servir une queue de mouton. Quand on dit, Un ragoût de queues de mouton, on ne veut parler que des queues seules.
• Queue de martre, La peau et le poil de la queue d'une martre, passée et accommodée, pour servir de fourrure. Une robe garnie de queues de martre.
• Prov. et fig., Brider son cheval, son âne par la queue, S'y prendre maladroitement et à contre-sens dans une affaire.
• Prov., fig. et pop., Il s'en est retourné honteusement la queue entre les jambes, se dit D'un homme qui a paru confus de ce qu'une affaire ne lui avait pas réussi.
• Prov. et fig., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit Lorsqu'un homme arrive dans une société, au moment où l'on parle de lui.
• Prov. et fig., Tirer le diable par la queue, Avoir beaucoup de peine à se procurer de quoi vivre.
• Queue-de-cheval, Plante. Voyez PRÊLE.
• Queue-de-cochon, Tarière terminée en vrille, qui sert dans différents métiers.
• Queue-de-lion, ou Léonurus, Plante labiée qui croît principalement en Afrique, et dont les fleurs, d'un beau rouge de feu, naissent en verticilles à l'extrémité des rameaux.
• Queue-de-pourceau, Plante ombellifère dont la racine est grosse, longue, et pleine d'un suc jaune fétide.
• Queue-de-rat, Lime ronde, terminée en pointe, qui sert à agrandir et à limer des trous. --- En termes d'Art vétérinaire, Espèce de dartre allongée qui survient aux jambes des chevaux, et qui forme une ligne dégarnie de poil. --- En termes de Marine, Forme que l'on donne au bout d'une manoeuvre, en la travaillant en pointe, pour faciliter son entrée dans certaines poulies ou conduits. Faire une queue-de-rat. Cordage en queue-de-rat, terminé en queue-de-rat.
• Queue-du-chat, Figure de contredanse. Allez en avant à quatre, et faites la queue-du-chat.
• Queue-de-renard, Petite plante à laquelle on trouve quelque ressemblance avec la queue du renard, et qui vient ordinairement dans les lieux humides.
• Queue-de-souris, Plante qui croît dans les champs, les prés et les jardins, et qui porte des fleurs dont le réceptacle s'allonge après la floraison, de manière à prendre la forme d'une queue de souris.
• QUEUE, en parlant Des oiseaux, se dit Des grandes plumes qui leur sortent du croupion, et qui leur servent ordinairement comme de gouvernail pour se conduire dans l'air. La queue des hirondelles est fourchée. Cela est fait en queue d'hirondelle. Une queue de paon. Un coq qui a une belle queue.
• Queue-d'aronde, Espèce de tenon, en queue d'hirondelle, fait à une pièce de bois ou de fer, et qui doit entrer dans une entaille de même forme. Assemblage à queue-d'aronde.
• QUEUE, en parlant Des poissons, des serpents, et de quelques insectes, désigne La partie qui s'étend du ventre jusqu'à l'extrémité opposée à la tête. Queue de morue. Queue de saumon. Le scorpion pique de la queue. Une baleine peut renverser une barque d'un coup de queue. Un serpent qui se mord la queue était, chez les Égyptiens, le symbole de l'année.
• Prov. et fig., À la queue gît le venin, ou Le venin est à la queue, se dit par allusion à la croyance populaire que certains serpents ont le venin dans la queue, et signifie que, Dans certaines affaires, dans certaines maladies, etc., c'est la fin qui recèle un danger dont il faut se défier.
• Prov. et fig., Écorcher l'anguille par la queue, Commencer par l'endroit le plus difficile, et par où l'on devrait finir. Il n'y a rien de plus difficile à écorcher que la queue, Souvent, dans les affaires, c'est au moment de les terminer que se présentent les plus grandes difficultés. On dit dans un sens analogue, La queue en sera difficile à écorcher.
• QUEUE, se dit aussi en parlant Des fleurs, des feuilles, des fruits, et signifie, Cette partie par laquelle ils tiennent aux arbres, aux plantes. La queue des violettes, des roses, etc. La queue des melons, des poires, etc. Il ne faut pas couper la queue des fruits qu'on veut garder. Cerises à courte queue. En parlant De certaines fleurs, comme les tulipes, les lis, les narcisses, on appelle Queue, lorsqu'elles sont cueillies, ce qu'on nomme Tige dans ces mêmes fleurs, lorsqu'elles sont encore sur pied.
• Prov. et pop., Il n'en reste, il n'en est pas resté la queue d'un, d'une, Il n'en reste, il n'en est resté aucun, aucune. Tous les lapins de cette garenne ont été détruits, il n'en reste pas la queue d'un. Ils ont dérobé toutes mes pêches, toutes mes poires, il n'en est pas resté la queue d'une.
• QUEUE, en parlant Des hommes, se dit Des cheveux de derrière, lorsqu'ils sont attachés avec un cordon et couverts d'un ruban roulé tout autour. Se faire faire la queue. Il a quitté la queue pour les cheveux courts. On a porte autrefois les deux queues. Une perruque à queue. Ruban de queue.
• QUEUE, se dit encore de Plusieurs autres choses qui ressemblent en quelque façon à une queue.
• En termes de Chancellerie, Lettres scellées sur simple queue, Celles dont le sceau est sur cette partie du parchemin qu'on coupe en forme de queue pour y attacher le sceau; et, Lettres scellées sur double queue, Celles dont le sceau est sur une bande de parchemin qui passe au travers des lettres.
• La queue d'un g, d'un p, d'un q, etc., Ce qui excède par en bas le corps de ces différentes lettres.
• La queue d'une note, Le trait qui tient au corps de la note, et qui monte ou descend perpendiculairement à travers la portée.
• La queue d'une comète, La longue traînée de lumière qui suit le corps de la comète. Une comète à longue queue. Cette comète avait la queue tournée vers l'orient.
• La queue d'une poêle, La longue pièce de fer qui sert à tenir une poêle. On dit de même, La queue d'un gril, d'une casserole, d'une lèchefrite, etc.
• Prov. et fig., Il n'y en a point de si empêché que celui qui tient la queue de la poêle, Celui qui est le principal agent d'une affaire, est le plus embarrassé.
• La queue d'un moulin, Cette grande pièce de bois qui sert à faire tourner un moulin à vent sur son pivot.
• Piano à queue, Piano dont la forme se rapproche beaucoup de celle des anciens clavecins, et dont les cordes se prolongent horizontalement sur une surface plus étendue que dans les pianos ordinaires.
• La queue d'un manteau, d'une robe, etc., L'extrémité d'un manteau, d'une robe, etc., lorsqu'elle traîne par derrière. Robe à queue, à queue traînante. Les prélats, les princesses, etc., se font porter la queue. La queue d'une chape de cardinal.
• QUEUE, en Architecture, L'extrémité d'une pierre longue qui entre dans la construction d'un mur ou d'une voûte. Cette pierre, ce claveau n'a pas assez de queue.
• QUEUE, au Jeu de billard, Instrument dont on se sert le plus communément à ce jeu pour pousser les billes. Une bonne queue. Le gros, le petit bout d'une queue. Il joue mieux de masse que de queue. Se servir de la grande queue. On appelait autrefois Queue du billard, Le petit bout de l'instrument de ce nom qui servait au même usage.
• Queue à procédé, Celle dont le petit bout est garni d'un morceau de cuir, et avec laquelle on exécute des coups qui seraient impossibles avec la queue ordinaire, tels que celui d'imprimer à la bille un mouvement composé et rétrograde.
• Faire fausse queue, Toucher la bille à faux avec la queue.
• QUEUE, s'emploie figurément pour signifier, Le bout, la fin de quelque chose. La queue d'un étang. À la queue du bois, de la forêt. La queue de l'hiver a été rude. Le proverbe dit: Mi-mai, queue d'hiver.
• Fam., La queue d'une affaire, Les derniers soins qu'elle exige quelquefois, après qu'elle semble terminée. Cette affaire aura une longue queue.
• Fam., Ne point laisser, ne point faire de queue dans un payement, Effectuer ce payement en entier.
• Fam., On a pris cette affaire par la tête et par la queue, On l'a tournée et examinée de toutes les manières.
• Prov. et fig., Prendre le roman par la queue, Avant le mariage, vivre maritalement.
• QUEUE, à certains Jeux, se dit d'Une somme indépendante de l'enjeu principal. Au Piquet à écrire, par exemple, on appelle Queue des jetons, La totalité des jetons qu'on a mis aux paris; et Queue des paris, Ce qui revient au joueur qui a gagné le plus de paris. Mettre à la queue. Voyez PARI.
• QUEUE, signifie aussi, La dernière partie, les derniers rangs de quelque corps, de quelque compagnie. La queue d'une procession, d'un cortége. La queue d'un régiment, d'une armée. C'est le dernier reçu, il est à la queue, tout à la queue. Se mettre à la queue. Mettre un soldat à la queue de la compagnie pour fait d'indiscipline. Prendre la queue. Charger une armée, un régiment, etc., en queue. Donner en queue. Donner sur la queue d'une armée. Prendre en flanc et en queue. La queue d'une flotte.
• À la queue, en queue, signifie quelquefois, À la suite, immédiatement après. Il était à la queue de la tranchée, à la queue des travailleurs. Le bagage suivait en queue, était à la queue. Ce régiment était à la queue des chariots. Il suit en queue. C'est un bon chasseur, il est toujours à la queue des chiens.
• À la queue, en queue, signifie encore, À la poursuite de quelqu'un, aux trousses de quelqu'un. Avoir les ennemis en queue. Il a fait un mauvais coup, les gendarmes sont à sa queue. Il a les gendarmes en queue. Laissez-moi faire, je lui mettrai en queue un homme qui le fera bien aller. Les trois dernières phrases sont du style familier et vieillissent.
• Fam., Faire queue, Se ranger par ordre, les uns derrière les autres, afin de passer chacun à son tour à une audience, à une distribution, etc. On faisait queue à la porte des boulangers. Il est fort ennuyeux de faire queue à la porte d'un spectacle. On dit de même: La queue s'étendait jusqu'à tel endroit. Se mettre à la queue. Aller à la queue. Etc.
• Queue à queue, À la file, immédiatement l'un après l'autre. Ces loups se suivaient queue à queue. Attacher des chevaux queue à queue. Ces bateaux étaient queue à queue.
• Fig., À la queue leu leu. Jeu d'enfants, ainsi appelé parce qu'à ce jeu on marche à la suite les uns des autres, comme marchent les loups, qu'on appelait autrefois Leux.
• Fam., Ils sont venus à la queue leu leu, Ils sont venus à la suite les uns des autres.

QUEUE . s. f.
• Sorte de futaille contenant environ un muid et demi. Mettre du vin dans des queues. C'est un vin qui se vend cent écus la queue. Défoncer une queue de vin. Les maraudeurs lui burent deux ou trois queues de vin en un jour.
• Demi-queue, Futaille contenant la moitié de ce que contient une queue. Il a mis son vin dans des demi-queues.

QUEUE . s. f.
• Sorte de pierre à aiguiser. Il faut repasser ce rasoir sur la queue. Queue à faux. Queue à l'huile. On écrit aussi, Queux.

QUEUSSI-QUEUMI . loc. adv. et fam.
• Absolument de même. Ce remède ne lui fera pas plus de bien que les autres; ce sera queussi-queumi. Vous avez entendu ce qu'il vient de dire; eh bien, moi, je dis queussi-queumi.

QUEUTER . v. n.
• .Billard. Pousser d'un seul coup les deux billes avec sa queue. Quand on queute, on perd un point, et si l'on fait la bille, elle ne compte pas.

QUEUX .s.m.
• Vieux mot qui signifiait autrefois, Cuisinier. Les traiteurs de Paris se qualifiaient de maîtres queux. Il y avait des maîtres queux dans la maison du roi.
• QUEUX, signifie aussi, Pierre à aiguiser. On écrit plus ordinairement, Queue.

QUI . Pronom relatif des deux genres et des deux nombres
• Lequel, laquelle. L'homme qui raisonne. La femme qui a soin de son ménage. Le livre qui traite de cette matière. Le meuble qui renferme ces objets. Précédé d'une préposition, il ne s'emploie ordinairement qu'en parlant Des personnes. Celui, celle de qui je parle, à qui j'ai donné cela. Les gens à qui j'ai appris cette nouvelle, à qui j'ai dit votre affaire. Celui pour qui, contre qui je plaide. C'est vous à qui je parle. On dit plus ordinairement, C'est à vous que je parle.
• S'emploie aussi d'une manière absolue. Je croirai qui vous voudrez. Je m'en rapporte à qui vous voudrez. Vous trouverez à qui parler. Aimez qui vous aime. Jouera qui voudra. Je nommerai à cette place qui je voudrai. On ne sait qui meurt ni qui vit. Qui observera les commandements de Dieu, sera sauvé. Qui prend, s'engage. Voilà qui vous en dira des nouvelles. C'est à qui l'aura. C'est à qui mieux mieux. On est entré secrètement; devinez qui. Cherchez qui. Dites-moi qui. J'ignore qui a fait cela. Je ne me souviens plus qui c'est. Je ne sais qui m'a dit cela. Je ne sais qui. Il tient cela de je ne sais plus qui.
• S'emploie quelquefois de cette même manière en parlant Des choses. Voilà qui est beau. Voici qui me plaît. Voici qui va bien. Qui plus est. Qui pis est.
• Subst. et fam., Un je ne sais qui, Un homme de nulle considération. Il est toujours avec des je ne sais qui.
• Qui que ce soit, qui que ce puisse être, etc., Quiconque, quelque personne que ce soit, etc. Qui que ce soit, qui que ce puisse être qui ait fait cela, c'est un habile homme. Qui que ce soit qui vous l'ait dit, il s'est trompé. Quand il est employé avec la négative, il signifie, Nul, aucune personne. Il n'y a qui que ce soit. Je n'y ai trouvé qui que ce soit.
• QUI, s'emploie encore absolument, et par interrogation, pour dire, Quel homme, quelle personne? Qui d'entre vous oserait? À qui pensez-vous parler? Avare, pour qui amassez-vous tant d'argent? Je connais un homme capable d'en prendre soin; et qui? me dit-il. Qui l'aurait cru? Qui vous l'a dit? Qui est là? Qui va là? Qui vive? Qui sont ceux qui prétendent à cette place? Qui demandez-vous? Qui a fait cela?
• QUI, répété, est quelquefois distributif, et signifie, Ceux-ci, ceux-là, les uns, les autres. Ils étaient dispersés qui çà, qui là. Qui d'un côté, qui de l'autre. Ils coururent aux armes, et se saisirent, qui d'une épée, qui d'une pique, qui d'une hallebarde. Il vieillit dans cette acception; cependant on en fait encore usage quelquefois dans la poésie familière.

QUIA
• (On prononce Cuia.) T. emprunté du latin. Il n'est usité que dans ces phrases proverbiales, Être à quia, mettre à quia, Être réduit ou réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre. Il l'a mis à quia. Il est à quia.

QUIBUS .s.m.
• (On prononce Cuibusse.) Terme populaire qui n'est guère usité que dans cette phrase, Avoir du quibus, Être riche.

QUICONQUE . Pronom masculin indéfini
• qui n'a point de pluriel. Toute personne qui, quelque personne que ce soit qui. Quiconque n'observera pas cette loi, sera puni. La loi porte que quiconque fera, dira... Quiconque passe par là, doit payer tant. J'ai promis de le protéger contre quiconque l'attaquerait.
• Il est quelquefois féminin, et peut être suivi d'un adjectif de ce genre, lorsqu'il a déterminément rapport à une femme. Mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je l'en ferai repentir.

QUIDAM, QUIDANE. s.
• (On prononce Kidan.) T. de Palais et d'Officialité, emprunté du latin. S'emploie dans les monitoires, procès-verbaux, informations, etc., pour désigner Les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime point le nom. Sur la plainte qu'on nous a faite qu'un certain quidam, que certain quidam, vêtu de telle manière. .. Il aurait appris de certains quidams, d'une certaine quidane, que... Lesdits deux quidams. Lesdites deux quidanes.
• QUIDAM, se dit quelquefois encore par mépris, dans la conversation. Je fus accosté par un certain quidam, par un quidam de mauvaise mine. On n'emploie jamais de cette manière le féminin Quidane.

QUIDDITÉ . s. f.
• (On prononce Cui, et on fait sentir les deux D.) .Philosophie scolastique. Ce qu'une chose est en elle-même.

QUIESCENT, ENTE. adj.
• (On prononce Cui.) .Gram. hébraïque. Se dit Des lettres qui ne se prononcent point. Lettres quiescentes.

QUIET, ÈTE. adj.
• (On prononce Cui dans ce mot et dans les deux suivants.) adj. Tranquille, calme, point agité. Une âme quiète. Il est vieux.

QUIÉTISME .s.m.
• Erreur de certains mystiques, qui, par une fausse spiritualité, font consister toute la perfection chrétienne dans le repos ou l'inaction complète de l'âme, et négligent entièrement les oeuvres extérieures.

QUIÉTISTE . adj. des deux genres
• Qui suit les erreurs du quiétisme. Ce directeur est quiétiste. Il est aussi substantif. C'est un quiétiste.

QUIÉTUDE . s. f.
• T. du langage mystique. Tranquillité, repos. La grâce, l'amour de Dieu met l'esprit dans une entière quiétude, dans une parfaite quiétude, donne une entière quiétude d'esprit. Oraison de quiétude.
• S'emploie aussi quelquefois dans le langage ordinaire. Vivre à la campagne dans une douce quiétude. Être dans une grande quiétude.

QUIGNON .s.m.
• Gros morceau de pain. Il mange un quignon de pain, un gros quignon de pain à son déjeuner. Il est familier.

QUILLAGE .s.m.
• (On mouille les L dans ce mot et les suivants.) Il n'est usité que dans cette locution, Droit de quillage, Droit que les navires marchands payent dans les ports de France la première fois qu'ils y entrent.

QUILLE . s. f.
• .Marine. Longue pièce de bois qui va de la poupe à la proue d'un navire, et qui lui sert comme de fondement. La quille d'un vaisseau. Ce vaisseau a cent pieds de quille.

QUILLE . s. f.
• Morceau de bois long et rond, plus mince par le haut que par le bas, servant à un jeu où il y a neuf de ces morceaux de bois, qu'on range ordinairement trois à trois en carré, pour les abattre avec une boule. Grosses quilles. Petites quilles. La boule et les quilles. Un jeu de quilles. Jouer aux quilles. Un joueur de quilles. Faire tant de quilles de venue, tant de quilles de rabat. Faire les neuf quilles. Abattre des quilles. Un homme qui se tient droit comme une quille. Il est planté là comme une quille.
• Prov., fig. et pop., Recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles, Lui faire un très-mauvais accueil.
• Prov., fig. et pop., Prendre, trousser son sac et ses quilles, Plier bagage, se sauver, se retirer promptement. Donner à quelqu'un son sac et ses quilles, Le chasser. Ne laisser aux autres que le sac et les quilles, Prendre pour soi ce qu'il y a de meilleur, et n'abandonner aux autres que ce qui a peu de prix.

QUILLER . v. n.
• Se dit Lorsque, avant de faire une partie de quilles, chaque joueur en jette une, et vise à la placer le plus près de la boule, pour savoir ceux qui seront ensemble, ou celui qui jouera le premier. Il faut quiller, les plus près seront ensemble.

QUILLETTE . s. f.
• T. d'Agricult. Se dit Des brins d'osier gros comme le petit doigt, et longs d'un pied, qu'on enfonce en terre d'un demi-pied, pour qu'ils prennent racine. Planter des osiers en quillettes.

QUILLIER .s.m.
• L'espace carré dans lequel on range les neuf quilles. Pousser une boule auprès du quillier. Faire poser un quillier de pierre.
• Se dit aussi de L'assemblage de toutes les quilles prises ensemble. Abattre tout le quillier. Faire tout le quillier.

QUINA .s.m. - Voyez QUINQUINA.

QUINAIRE . adj.
• (On prononce Cui.) .Math. Se dit D'un nombre divisible par cinq. Nombre quinaire.

QUINAIRE .s.m.
• T. d'Antiq. Nom par lequel les monétaires anciens et les antiquaires désignent les pièces de monnaie de la troisième grandeur, fabriquées soit en or, soit en argent. Quinaire d'or. Quinaire d'argent. Les trois mots, Médaillon, Médaille et Quinaire, désignent les trois modules différents des monnaies frappées à Rome et dans l'Empire, en or et en argent.

QUINAUD, AUDE. adj.
• Confus, honteux d'avoir eu le dessous dans quelque contestation. Il est fort quinaud. Je l'ai rendu bien quinaud. Il est vieux.

QUINCAILLE . s. f.
• Toute sorte d'ustensiles, d'instruments de fer ou de cuivre, comme chandeliers, mouchettes, lames d'épée, couteaux, ciseaux, etc. Faire marchandise de quincaille.
• Se dit figurément, et par mépris, de La monnaie de cuivre. Voilà bien de la quincaille. Se charger de quincaille. Il est peu usité.

QUINCAILLERIE . s. f.
• Marchandise de toute sorte de quincaille. Faire commerce de quincaillerie. Un ballot de quincaillerie. Porter de la quincaillerie en Amérique. Magasin de quincaillerie.

QUINCAILLIER .s.m.
• Marchand, vendeur de quincaille. Une boutique de quincaillier. Riche quincaillier. Marchand quincaillier.

QUINCONCE .s.m.
• Disposition de plant qui est faite à distances égales en ligne droite, et qui présente plusieurs allées d'arbres en différents sens. Un bois planté en quinconce.
• Se dit aussi d'Un lieu planté de cette manière. Le quinconce des Invalides à Paris.

QUINDÉCAGONE .s.m.
• (On prononce Cuin.) .Géom. Figure qui a quinze angles ou quinze côtés. Quindécagone régulier.

QUINDÉCEMVIRS .s.m. pl.
• (On prononce Cuin.) T. d'Antiq. rom. Officiers préposés à la garde des livres sibyllins, et chargés de la célébration des jeux séculaires, ainsi que de quelques cérémonies religieuses, dans certaines conjonctures où la république se croyait menacée: ces officiers furent ainsi appelés parce que leur nombre avait été porté à quinze par Sylla.

QUINE .s.m.
• T. du Jeu de trictrac. Coup de dés qui amène deux cinq. Il a amené quine. Voilà un fâcheux quine.
• QUINE, se dit aussi de Cinq numéros pris ensemble à la loterie, et sortis ensemble de la roue de fortune. Avoir un quine. Gagner un quine. Il est sorti un quine. On ne peut plus jouer le quine.
• Fig. et fam., C'est un quine à la loterie, se dit D'un avantage qu'il est très-difficile d'obtenir, qu'on ne peut guère espérer.
• QUINE, se dit également, au Loto, de Cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale, ou de la même couleur.

QUININE . s. f.
• .Chimie. Substance alcaline et amère qu'on extrait de diverses espèces de quinquina. La vertu du quinquina réside dans deux bases salifiables végétales, la quinine et la cinchonine. La quinine ne s'administre que combinée avec l'acide sulfurique. Le médecin a ordonné cinq grains de sulfate de quinine.

QUINOLA .s.m.
• Nom du valet de coeur, au jeu de reversi. Forcer le quinola. Porter le quinola troisième, quatrième.

QUINQUAGÉNAIRE . adj. des deux genres
• (On prononce Cuincouagénaire.) Qui est âgé de cinquante ans. Un homme, une femme quinquagénaire. Il est aussi substantif. Un quinquagénaire.

QUINQUAGÉSIME . s. f.
• (On prononce Cuincouagésime.) Se dit Du dimanche qui précède le premier dimanche de carême. Le dimanche de la Quinquagésime. La Quinquagésime.

QUINQUE .s.m.
• (On prononce Cuincué.) .Musique, emprunté de l'italien. Morceau de musique à cinq parties.

QUINQUENNAL, ALE. adj.
• (On prononce Cuincuennal.) Qui dure cinq ans, ou Qui se fait de cinq en cinq ans. Magistrat quinquennal. Jeux quinquennaux. Le renouvellement quinquennal d'une assemblée.
• Fêtes quinquennales, et substantivement, Quinquennales, Fêtes qui se célébraient du temps des empereurs, à Rome et dans les provinces, au bout des cinq premières années de leur règne, et ensuite de cinq en cinq ans.

QUINQUENNIUM .s.m.
• (On prononce Cuincuenniome.) Mot emprunté du latin. Cours d'étude de cinq ans, dont deux en philosophie, et trois en théologie. Faire son quinquennium. Il a vieilli.

QUINQUENOVE .s.m.
• Jeu qui se jouait avec deux dés, et qui a pris son nom du nombre de cinq et de neuf. Jouer au quinquenove.

QUINQUERCE .s.m.
• (On prononce Cuincuerce.) T. d'Antiq. romaine. La réunion des cinq espèces de combats où un même athlète devait être vainqueur dans le même jour, pour obtenir le prix. Le quinquerce des Romains répondait au pentathle des Grecs. Être vainqueur au quinquerce.

QUINQUÉRÈME . s. f.
• (On prononce Cuincuérème.) T. d'Hist. et d'Antiq. Galère à cinq rangs de rames. Les quinquérèmes étaient les vaisseaux du premier rang dans les flottes anciennes.

QUINQUET .s.m.
• Sorte de lampe à un ou à plusieurs becs, et à double courant d'air; ainsi appelée du nom de Quinquet, son inventeur. Allumer un quinquet, des quinquets.

QUINQUINA .s.m.
• Écorce amère et fébrifuge qui est fournie par un arbre du Pérou. Une prise de quinquina. On lui a fait prendre du quinquina. Prendre du quinquina en substance. Sel essentiel de quinquina. Vin de quinquina. Sirop de quinquina. Quinquina rouge. Quinquina jaune. Quinquina gris. Voyez QUININE.
• Se dit, en Botanique, de L'arbre même qui fournit cette écorce. Le fruit, les feuilles du quinquina.

QUINT .s.m.
• La cinquième partie dans quelque somme, dans quelque marché, dans quelque succession. Dans la coutume de Paris, on ne pouvait disposer par testament que du quint de ses propres. J'y ai le quint. C'est pour mon quint. Il y est entré pour un quint. Dans ces trois dernières phrases, on dit plus ordinairement, Un cinquième.
• QUINT, en termes de Jurisprudence féodale, Droit qu'on payait en quelques lieux, pour l'acquisition d'un fief, au seigneur dont le fief était mouvant: ce droit était la cinquième partie du prix de la vente. S'il vend cette terre, il en appartient tant au seigneur pour le quint.
• Droit de quint et requint, Le droit de la cinquième partie du prix d'un fief, et de la cinquième partie de cette cinquième partie.
• QUINT, est aussi adjectif, mais on ne l'emploie guère que dans ces dénominations, Charles-Quint, empereur; Sixte-Quint, pape.

QUINTAINE . s. f.
• .Manége. Poteau fiché en terre, contre lequel on s'exerce à courir avec la lance ou à jeter des dards. Planter une quintaine. Courir la quintaine.
• Se dit encore de L'action de courir le quintan.

QUINTAL .s.m.
• Poids de cent livres. Quintal de foin, de poudre, etc. Cela pèse tant de quintaux.
• Fam. et par exagérat., Cela pèse un quintal, se dit D'une chose fort lourde.
• Quintal métrique, Le poids de cent kilogrammes.

QUINTAN .s.m.
• .Manége. Mannequin qui est monté sur un pivot, et qui a la main armée d'un fouet ou d'un bâton, de manière que, lorsqu'on le frappe maladroitement avec la lance et qu'on le fait tourner, il en donne un coup sur le dos du cavalier. Courir le quintan. On dit autrement, Faquin.

QUINTANE . adj. f. .Médec. - Voyez QUINTE, adjectif.

QUINTE . s. f.
• .Musiq. Intervalle de cinq notes consécutives, y compris les deux extrêmes. Intervalle de quinte. Monter de quinte. Descendre de quinte. Monter de la quinte à la tonique. Descendre de la quinte à la médiante. En harmonie, faire entre les deux parties deux quintes de suite est une faute grave. La réponse du sujet de cette fugue est à la quinte. Un canon à la quinte.
• Quinte naturelle, ou simplement Quinte, Celle dont la valeur est de trois tons et demi; Quinte diminuée, Celle qui ne comprend que trois tons; et Quinte augmentée, Celle qui est formée de quatre tons. Autrefois la quinte diminuée s'appelait abusivement Fausse quinte. La quinte proprement dite est une consonnance parfaite. La quinte diminuée et la quinte augmentée sont regardées comme des dissonances.
• QUINTE, se dit aussi d'Une espèce de violon un peu plus grand que le violon ordinaire, et monté comme celui-ci de quatre cordes, mais à une quinte au-dessous: on le nomme ordinairement Alto, et quelquefois Viole ou Viola.
• QUINTE, au Jeu de piquet, se dit d'Une suite non interrompue de cinq cartes de la même couleur. Quinte majeure. Quinte basse. Quinte de roi, de dame, de valet. Porter une quinte. Avoir quinte et quatorze.
• QUINTE, en termes d'Escrime, signifie, La cinquième garde. Commencer de prime, et achever de quinte.
• QUINTE, se dit en outre d'Un accès de toux violent et prolongé. Il lui prend de temps en temps des quintes fâcheuses. Quinte de toux.
• QUINTE, signifie aussi, figurément et familièrement, Caprice, bizarrerie, mauvaise humeur qui prend tout d'un coup. Quelle quinte vous a pris? Cet homme est sujet à des quintes. Quand sa quinte le tient. Quand sa quinte le prend.
• QUINTE, en termes de Manége, Mouvement désordonné que fait le cheval sous le cavalier, et dans lequel il s'arrête tout court. Ce cheval fait une quinte.
• QUINTE, est aussi adjectif, et se dit, en Médecine, D'une fièvre qui revient tous les cinq jours. La fièvre quinte est assez rare. On dit aussi, et même plus ordinairement, Fièvre quintane.

QUINTEFEUILLE . s. f.
• Plante rosacée, ainsi nommée parce qu'elle a cinq feuilles sur un même pétiole, rangées en forme de main ouverte.

QUINTESSENCE . s. f.
• .Philosophie ancienne. La substance éthérée.
• Se dit aujourd'hui de La partie la plus subtile extraite de quelques corps. Quintessence d'absinthe.
• Il signifie figurément, Ce qu'il y a de principal, de plus fin, de plus caché dans une affaire, dans un discours, dans un livre. J'ai tiré la quintessence de cet ouvrage.
• Se dit encore de Tout le profit qu'on peut tirer d'une affaire d'intérêt, d'une charge, d'une entreprise, d'une terre à ferme. Il a tiré toute la quintessence de cette ferme.

QUINTESSENCIER . v. a.
• Raffiner, subtiliser. Il ne faut pas tant quintessencier les choses.
• QUINTESSENCIÉ, ÉE. participe, Raisonnement quintessencié.

QUINTETTO .s.m.
• (On prononce Cuin.) .Musique, emprunté de l'italien: il fait au pluriel Quintetti. Morceau de musique à cinq parties, moins étendu que le quinque.

QUINTEUX
, EUSE. adj.
• Fantasque, qui est sujet à des quintes, à des fantaisies, à des caprices. C'est un homme extrêmement quinteux. Sa femme était quinteuse. C'est un esprit quinteux, une humeur quinteuse. Il est quinteux comme une mule.
• QUINTEUX, en termes de Manége, se dit D'un cheval sujet à faire des quintes. Une jument quinteuse.

QUINTIDI .s.m.
• (On prononce Cuin.) Le cinquième jour de la décade, dans le calendrier républicain.

QUINTIL, ILE. adj.
• (On prononce Cuin.) T. d'Astrol. Il n'est guère usité que dans cette locution, Quintil aspect, La position de deux planètes éloignées l'une de l'autre de la cinquième partie du zodiaque, ou de soixante-douze degrés.

QUINTUPLE . adj. des deux genres
• (On prononce Cuin.) Qui vaut cinq fois autant. Vingt est quintuple de quatre.
• Il est aussi substantif masculin. Rendre le quintuple.

QUINTUPLER . v. a.
• Rendre cinq fois plus grand, multiplier un nombre par cinq.
• QUINTUPLÉ, ÉE. participe

QUINZAIN
• Terme indéclinable dont on se sert au jeu de paume, pour indiquer que les joueurs ont chacun quinze. Ils sont quinzain. Nous sommes quinzain. Quand les joueurs sont quinze à quinze, le marqueur dit: Quinzain.

QUINZAINE . s. f. collectif
• Nombre de quinze ou environ. Une quinzaine de francs suffira, suffiront pour sa dépense. Une quinzaine de jours. Une quinzaine d'années.
• Se dit, absolument, d'Une quinzaine de jours. Faire assigner quelqu'un à la quinzaine. On lui a donné terme de quinzaine. Les parties lui ont accordé quinzaine. La cause a été remise à quinzaine. Je passerai une quinzaine à la campagne. Revenez dans la quinzaine.
• La quinzaine de Pâques, Les quinze jours depuis le dimanche des Rameaux jusqu'à celui de Quasimodo inclusivement.

QUINZE . adj. numéral des deux genres
• Trois fois cinq, ou dix et cinq. Quinze hommes. Quinze jours. Quinze francs. Quinze cents francs. Quinze mille hommes.
• Prov. et par plaisanterie, Celui-là en vaut quinze, Cela est remarquable, cela est plaisant.
• À Paris, Les Quinze-Vingts, L'hôpital fondé par saint Louis pour trois cents aveugles. L'hôpital des Quinze-Vingts. L'administration des Quinze-Vingts. On dit familièrement, Un Quinze-Vingt, Un des aveugles reçus dans cet hôpital.
• QUINZE, se prend quelquefois pour Quinzième. Chapitre quinze. Page quinze. Ligne quinze. Grégoire quinze, pape. Le roi Louis quinze. On écrit ordinairement, Grégoire XV, Louis XV.
• QUINZE, s'emploie aussi comme substantif masculin, Quinze, multiplié par trois, donne quarante-cinq. On dit de même: Le nombre quinze. Numéro quinze.
• Il signifie quelquefois, Le quinzième jour d'une période. Nous sommes au quinze du mois. Je partirai le quinze. Il est au quinze de sa maladie.
• Se dit aussi d'Un jeu de cartes où gagne celui des joueurs qui compte quinze par les points de ses cartes, ou qui approche le plus de ce nombre. Il a perdu cent louis au quinze.
• QUINZE, signifie encore, au Jeu de paume, Un des quatre coups dont un jeu est composé. Il a gagné le premier quinze. Quinze et bisque.
• J'ai quinze à trente, J'ai quinze contre trente.
• Donner quinze, Donner l'avantage de quinze, à chaque jeu de la partie.
• Demi-quinze, L'avantage de quinze qu'on donne à prendre, de deux jeux l'un, dans tout le cours de la partie.
• Fig. et fam., Avoir quinze sur la partie, Avoir déjà quelque avantage dans l'affaire dont il s'agit.
• Fig. et fam., Cet homme pourrait donner quinze et bisque à tel autre en telle chose, Il lui est fort supérieur en telle chose.

QUINZIÈME . adj. des deux genres
• Nombre d'ordre qui suit immédiatement le quatorzième. Au quinzième jour. Au quinzième mois. Le quinzième siècle. Le quinzième jour de la lune. Il n'est que le quinzième sur la liste.
• La quinzième partie, Chaque partie d'un tout qui en a quinze.
• QUINZIÈME, s'emploie quelquefois substantivement, et signifie, Le quinzième jour. Le quinzième de la lune. Le quinzième du mois. Le quinzième de sa maladie.
• Il signifie aussi, Une quinzième partie ou portion. Il est dans cette affaire pour un quinzième. Les sept quinzièmes.

QUINZIÈMEMENT . adv.
• En quinzième lieu.

QUIPOS .s.m. pl.
• Cordons noués qui servaient d'écriture aux anciens Péruviens.

QUIPROQUO .s.m.
• Expression empruntée du latin, pour signifier, Une méprise. Il a fait un quiproquo, un étrange quiproquo. Cet homme fait sans cesse des quiproquo. Il est familier.
• Un quiproquo d'apothicaire, Un médicament donné par méprise en place d'un autre. Les quiproquo d'apothicaire sont très-dangereux.

QUITTANCE . s. f.
• Écrit que l'on donne à quelqu'un, et par lequel on déclare qu'il a payé, acquitté quelque somme d'argent, quelque redevance, quelque droit, etc. Quittance générale. Quittance d'à-compte. Quittance finale. Quittance sous seing privé. Quittance par-devant notaire. Quittance sur papier timbré, sur papier libre. Quittance comptable. Donner quittance. Payer en deniers ou en quittance valable. Fournir une quittance. Compter sur quittance. Cela vaut quittance. Cela sert de quittance. J'ai reçu telle somme de M. •••, dont quittance.
• Quittances de finance, Les quittances des sommes qui étaient versées dans les coffres du roi, pour prix d'un office, d'une charge, d'une augmentation de gages, d'un domaine aliéné, etc.

QUITTANCER . v. a.
• Décharger une obligation, un contrat, etc., en écrivant au dos, au bas ou à la marge, que le débiteur a payé tout ou partie de la somme qu'il devait. Quittancer un contrat, une obligation. Quittancer un mémoire d'ouvrages faits, de marchandises fournies.
• QUITTANCÉ, ÉE. participe

QUITTE . adj. des deux genres
• Qui est libéré de ce qu'il devait, qui ne doit plus rien. Quand vous aurez payé, vous serez quitte. Quitte en payant. Reçu tant, payé tant, et partant quitte. Je suis quitte envers vous. Je vous tiens quitte de ce que vous pouvez me devoir. Il m'a vendu ce bien franc et quitte de toutes dettes et hypothèques. Après avoir joué deux heures, nous sommes sortis quittes.
• Par extension, Être quitte envers quelqu'un, S'être acquitté envers lui de ce qu'exigeait la reconnaissance. Il m'avait rendu de grands services, mais je lui ai sauvé la vie; ne suis-je pas quitte envers lui?
• Ironiq., Je l'en tiens quitte, se dit en parlant De quelqu'un dont les services sont à charge ou suspects, et signifie, Je l'en dispense.
• QUITTE, s'emploie adverbialement dans les phrases suivantes: Jouer à quitte ou à double, à quitte ou double; et plus ordinairement, Jouer quitte ou double, Jouer une dernière partie qui doit acquitter celui qui a déjà perdu, ou doubler le gain de celui qui a déjà gagné. On dit absolument, dans le même sens, Quitte ou double.
• Fig. et fam., Jouer à quitte ou à double, à quitte ou double, et plus ordinairement, quitte ou double, Risquer, hasarder tout, pour se tirer d'une mauvaise affaire.
• Être quitte à quitte, au jeu, dans les affaires, dans les comptes que l'on se rend les uns aux autres, Ne se devoir plus rien de part ni d'autre. Nous voilà quitte à quitte. Nous sommes quitte à quitte. On dit familièrement, dans le même sens, Faisons quitte à quitte; ou absolument, Quitte à quitte; et quelquefois, proverbialement, Quitte à quitte et bons amis.
• Fig. et fam., Nous voilà quitte à quitte, se dit Lorsqu'on a reçu quelque déplaisir de quelqu'un, et qu'on lui a rendu la pareille.
• QUITTE, signifie aussi, Qui est délivré, débarrassé de quelque chose. Me voilà quitte de la corvée, du compliment, de la visite que j'avais à faire. Cette affaire me donnait beaucoup de peine, m'en voilà quitte, j'en suis quitte. Il a un procès, une affaire fâcheuse, il voudrait en être quitte pour mille écus. Vous n'avez eu que trois accès de fièvre, vous en êtes quitte à bon marché. On croyait qu'il perdrait sa place, mais il en a été quitte pour une réprimande. Il a couru un grand danger, mais il en a été quitte pour la peur. Il est quitte de sa fièvre. Croyez-vous en être quitte pour dire que vous vous êtes trompé?
• S'emploie quelquefois absolument, dans le style familier. Quitte pour être grondé. Quitte à être grondé. Eh bien, vous dites que j'aurai la fièvre, quitte pour l'avoir.

QUITTEMENT . adv.
• .Palais. S'emploie seulement Pour exprimer que la chose qu'on vend, qu'on achète, dont on hérite, dont on compose, etc., est franche de toutes dettes; et il se joint toujours avec le mot Franchement. On lui a vendu tel bien franchement et quittement. Il a vieilli.

QUITTER . v. a.
• Laisser quelqu'un en quelque endroit, se séparer de lui. Je viens de le quitter à deux pas d'ici. Je vous quitte pour un moment. Où avez-vous quitté vos gens? Il a quitté la compagnie en tel endroit. Il est fâcheux de quitter ses amis, de quitter ce qu'on aime. Quitter père et mère. Quitter sa femme et ses enfants. Il ne le quitte ni jour ni nuit. Il ne le quitte non plus que l'ombre fait le corps. On l'emploie souvent avec le pronom réciproque. Ils ne se pouvaient quitter. Ils se promirent en se quittant. .. Ils se sont quittés bons amis.
• Cet homme a quitté sa femme, Il l'a abandonnée.
• Son portrait ne me quitte pas, Je le porte toujours sur moi. Au sens moral: Son image ne me quitte pas, Son image est sans cesse présente à mon esprit. Ce souvenir ne me quittera jamais, Je me souviendrai toujours de cela. La fortune l'a quitté, Il a cessé d'être heureux. Il vient un âge où nos facultés nous quittent l'une après l'autre, S'affaiblissent, s'anéantissent successivement. Quand l'âme quitte le corps, Lorsque l'âme abandonne le corps, s'en sépare.
• QUITTER, signifie aussi, Se retirer de quelque lieu. Il a quitté la maison où il logeait pour en prendre une autre. Il a quitté la maison pour quelques jours. Il quitta Paris pour aller vivre en province. Il quitta la cour pour vivre dans la retraite. Il a quitté son pays. Il a été contraint de quitter le pays pour quelque temps. Les ennemis ne purent jamais lui faire quitter son poste.
• Quitter la chambre, Sortir. Ce malade n'est pas encore assez bien pour quitter la chambre. Il ne quitte pas la chambre.
• Quitter le lit, Se lever. Il quitte le lit au point du jour. Depuis un mois, il n'a pas quitté le lit.
• Quitter le grand chemin, S'écarter, se détourner du grand chemin.
• Fig., Quitter le droit chemin, S'écarter de son devoir.
• Fig., Quitter le barreau, le théâtre, Renoncer à la profession d'avocat, de comédien. Quitter le trône, Abdiquer le pouvoir royal.
• Prov. et pop., Qui quitte sa place la perd, Quand on a abandonné sa place, on n'y a plus de droit.
• QUITTER, signifie aussi, Abandonner une chose, y renoncer, s'en désister, cesser de s'y appliquer, de s'y adonner. Il a quitte ce parti. Il y a déjà quelque temps que cet officier a quitté le service. Un domestique qui quitte le service de son maître. Quitter tout pour se donner à Dieu. Il faut tout quitter pour Dieu. Il a quitté la religion de ses pères. Quitter une charge, un emploi, une profession, un métier. Quitter le commerce. Quitter une entreprise, un dessein, un ouvrage. Quitter ses études. Quitter la chasse. Quitter le jeu. Quitter le vin.
• Quitter la partie, Convenir que celui contre qui l'on joue, a gagné; et, figurément, Se désister de quelque chose, y renoncer.
• Prov., Qui quitte la partie la perd, Celui qui quitte le jeu avant que la partie soit achevée, perd.
• Prov. et fig., Qui quitte la partie la perd, Quand on cesse de suivre une affaire ou un projet, on ne peut réussir.
• Quitter ses mauvaises habitudes, Y renoncer, s'en défaire.
• Quitter le commerce du monde, Se priver du commerce du monde. Quitter le monde, Embrasser la vie religieuse; Aller vivre dans a retraite.
• Fig., Quitter la vie, Mourir. Au moment de quitter la vie, il se repentit de ses fautes.
• QUITTER, signifie aussi, Ôter quelque chose de dessus soi, s'en dépouiller, s'en débarrasser. Quitter ses vêtements. Quitter sa robe. Quitter son épée. Quitter sa soutane. Quittez votre habit pour être plus à votre aise.
• Il a quitté sa peau, se dit D'un serpent qui a fait nouvelle peau; et, figurément et familièrement, De quelqu'un qui a renoncé à ses vieilles habitudes, à son ancien caractère.
• Fig., Quitter la robe, quitter l'épée, quitter la soutane, quitter le froc, Renoncer à la profession de la robe, de l'épée, de l'état ecclésiastique, de la vie religieuse.
• Cet arbre quitte ses feuilles, Il se dépouille de ses feuilles.
• Ces fruits quittent le noyau, Le noyau s'en détache facilement.
• QUITTER, signifie aussi, Lâcher, laisser aller. Il se tint attaché à un arbre, qu'il ne quitta point jusqu'à ce qu'on le vînt secourir. Il l'avait pris aux cheveux, et il ne le voulait point quitter. On ne put jamais lui faire quitter prise.
• Fig., Quitter prise, Abandonner un dessein, s'en désister. Le moindre obstacle, la moindre résistance lui fait quitter prise.
• Elliptiquement, C'est un homme qui ne quitte pas aisément, qui ne quitte jamais, C'est un homme qui suit obstinément ce qu'il a commencé, qui n'y renonce jamais.
• QUITTER, signifie aussi, Céder, délaisser. Quitter tous ses droits, toutes ses prétentions à quelqu'un. Il lui vend, quitte et délaisse tous ses droits à ce domaine. Il lui a quitté tous les effets de cette succession. Quitter sa place à quelqu'un. J'aime mieux quitter que de disputer. Il n'en quitterait pas sa part à un autre; et absolument, Il n'en quitterait pas sa part.
• Fam., Je vous quitte la place, Je vous laisse, je me retire; et figurément, Je ne veux point contester, je vous cède mes prétentions.
• Il ne quitte rien du sien, se dit De celui qui renonce à une chose où il n'avait point de droit.
• QUITTER, signifie encore, Exempter, affranchir, décharger, tenir quitte. Je vous quitte de tout ce que vous me devez. Je vous quitte des intérêts et du principal. Je vous en quitte.
• Fam., Je vous quitte de tous vos compliments, de tous vos remercîments, etc., Je ne veux point de vos compliments, je n'ai que faire de vos remercîments, je vous en dispense.
• QUITTER, à certains Jeux de renvi, comme le brelan, signifie, Abandonner la vade qu'on a faite, plutôt que de vouloir tenir une nouvelle somme, dont un des joueurs a renvié. J'ai renvié de dix louis, je l'ai fait quitter. Il m'a fait va-tout, et j'ai quitté. En ce sens, il est neutre.
• QUITTÉ, ÉE. participe

QUITUS .s.m.
• (On prononce Cui, et on fait sentir l'S.) .Finance. Arrêté ou jugement définitif d'un compte, par lequel, après la correction, le comptable est déclaré quitte. Avoir le quitus d'un compte. Il a obtenu son quitus.

QUI-VA-LÀ
• Cri d'une personne qui entend du bruit, et qui craint quelque surprise. (On écrit plus ordinairement, Qui va là? sans tirets et avec un point d'interrogation. )
• Prov. et fig., C'est un homme qui a toujours réponse à qui-va-là, C'est un homme qui a réponse à tout, qu'aucune difficulté n'arrête.
• Prov. et fig., Avoir réponse à tout, hormis à qui-va-là, Être hors d'état de répondre à une objection à laquelle on devait s'attendre.

QUI-VIVE
• .Guerre. Cri d'une sentinelle, d'une patrouille, etc., qui entend du bruit, qui aperçoit une personne ou une troupe. La sentinelle a crié, Qui-vive. (On écrit plus ordinairement, Qui vive? sans tiret et avec un point d'interrogation.)
• Fig. et fam., Être sur le qui-vive, Être très-attentif à ce qui se passe. Se dit aussi D'un homme inquiet et craintif, et D'un homme ombrageux et pointilleux. Il est toujours sur le qui-vive. Dans cette phrase, Qui-vive est substantif masculin.

QUOAILLER . v. n.
• .Manége. Se dit D'un cheval qui remue perpétuellement la queue quand on le monte ou quand on le panse. Ce cheval a pris l'habitude de quoailler.

QUOI . Pronom
• qui tient lieu quelquefois du pronom relatif Lequel, laquelle, tant au singulier qu'au pluriel, lorsqu'il est précédé d'une préposition. Il ne se dit que Des choses. Ce sont choses à quoi vous ne prenez pas garde. Il n'y a rien sur quoi l'on ait tant disputé.
• S'emploie aussi absolument, et signifie, Quelle chose. Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive? Sur quoi en étiez-vous là? De quoi est-il question? Voilà de quoi je voulais vous parler. À quoi pensez-vous? À quoi vous occupez-vous? Il y a dans cette affaire je ne sais quoi que je n'entends pas. Dites-moi en quoi je puis vous servir.
• Il a manqué à son ami, à son bienfaiteur; en quoi il est doublement coupable, En cela il est doublement coupable. C'est en quoi vous vous trompez, C'est en cela que vous vous trompez. Il n'y a pas de quoi me remercier, Il n'y a pas un sujet suffisant de me faire des remercîments. Donnez-moi de quoi écrire, Ce qu'il faut pour écrire. Nous avons de quoi vivre, de quoi nous amuser, Ce qu'il faut pour vivre, pour nous amuser. Etc.
• Pop., Avoir de quoi, Avoir de l'argent, être dans l'aisance. C'est un homme qui a de quoi.
• En termes de Palais, Quoi faisant, en quoi faisant, En faisant laquelle chose, L'arrêt l'a condamné à payer et à vider ses mains; quoi faisant, il en sera valablement déchargé.
• Je ne sais quoi, ou substantivement, Un je ne sais quoi, se dit d'Une qualité, d'un sentiment indéfinissable. Un je ne sais quoi, ce je ne sais quoi qui charme, qui séduit. Je ne sais quoi m'avertissait que je devais me défier de lui.
• Fam., Comme quoi, Comment. Prouvez-lui comme quoi il se trompe.
• Quoi que, Quelque chose que. Quoi qu'il en arrive. Quoi qu'il en soit. Quoi que vous fassiez. Quoi que vous en disiez.
• QUOI, est aussi particule admirative, et sert à marquer l'étonnement, l'indignation, etc. Quoi! vous avez fait cette imprudence! Quoi donc! vous m'osez braver en face! On y ajoute quelquefois l'interjection Eh. Eh quoi! vous n'êtes pas encore parti!

QUOIQUE . conjonction
• qui régit toujours le subjonctif. Encore que, bien que. Quoiqu'il soit pauvre, il est honnête homme. Il revint, quoiqu'on l'eût maltraité. Quoiqu'il relève de maladie, et qu'il soit encore très-faible, il a voulu se mettre en route. On sous-entend quelquefois le verbe Être. Quoique peu riche, il est généreux.

QUOLIBET .s.m.
• Façon de parler basse et triviale, qui renferme ordinairement une mauvaise plaisanterie. Méchant quolibet. Quolibet des halles. Cet homme ne parle que par quolibets. Il croit dire des bons mots, mais il ne dit que des quolibets. C'est un diseur, un faiseur de quolibets.

QUOTE . adj. f.
• Il n'est usité que dans cette locution, Quote-part, La part que chacun doit payer ou recevoir, dans la répartition d'une somme totale. Il doit payer tant pour sa quote-part. Il lui revient tant pour sa quote-part. Voyez COTE.

QUOTIDIEN, ENNE .adj.
• De chaque jour. Il ne s'emploie guère que dans les expressions suivantes:
• Journal quotidien, feuille quotidienne, Journal, gazette qui paraît tous les jours.
• Fièvre quotidienne, Fièvre qui revient tous les jours.
• Dans l'Oraison dominicale, Notre pain quotidien, Notre nourriture de chaque jour, ou Ce qui suffit à nos besoins journaliers.
• Fig. et fam., C'est son pain quotidien, se dit D'une chose qui est ordinaire à quelqu'un, dont il use tous les jours, qu'il fait tous les jours ou très-souvent. Il est méchant, la médisance est son pain quotidien.

QUOTIENT .s.m.
• T. d'Arithm. Nombre qui résulte de la division d'un nombre par un autre. Le quotient du nombre douze divisé par trois, est quatre; et celui du même nombre divisé par quatre, est trois. Le dividende, le diviseur, et le quotient.

QUOTITÉ . s. f.
• La somme fixe à laquelle monte chaque quote-part. J'ai payé ma quotité.
• Impôt de quotité, Celui par lequel on détermine immédiatement ce que chaque personne doit payer; par opposition a Impôt de répartition, Celui par lequel on détermine d'abord ce que chaque commune doit payer, pour que la répartition se fasse ensuite entre les habitants.
• En Matière féodale, La quotité du cens, La somme à laquelle montait le cens dû par un vassal à son seigneur. Se dit maintenant en Matière électorale. La quotité du cens nécessaire pour être électeur, pour être éligible.
• En termes de Droit, Légataire d'une quotité, Celui auquel un défunt a légué un tiers, un quart, un dixième, en un mot, une partie aliquote de sa succession. Quotité disponible, ou Portion disponible, La portion de biens dont la loi permet de disposer par donation ou testament.

 


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D.R. BELAIR

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