|
DICTIONNAIRE
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
VI ème
ÉDITION
1835
.
Q
.s.m.
Lettre consonne, la dix-septième de l'alphabet. On la nomme Qu
(ku), suivant l'appellation ancienne et usuelle, et Que (ke),
suivant la méthode moderne. Un grand Q. Un petit q.
Q, ne s'écrit jamais sans être suivi d'un U, si ce n'est dans quelques
mots où il est final, tels que Coq, cinq. Les deux lettres QU se
prononcent comme s'il n'y avait qu'un simple K, excepté dans les mots qui
seront indiqués ci-après.
QUADRAGÉNAIRE . adj. des deux genres
(On prononce Coua.) Qui contient quarante unités. Le nombre
quadragénaire.
Il signifie aussi, Qui est âgé de quarante ans. Un homme, une
femme quadragénaire. En ce sens, il est aussi substantif. Un quadragénaire.
Il est peu usité.
QUADRAGÉSIMAL , ALE. adj.
(On prononce Coua.) Appartenant au carême. Il n'est usité
que dans ces locutions: Jeûne quadragésimal. Abstinence quadragésimale.
Féries quadragésimales.
QUADRAGÉSIME . s. f.
(On prononce Coua.) Il n'est usité que dans cette phrase, Le
dimanche de la Quadragésime, Le premier dimanche de carême.
QUADRANGULAIRE . adj. des deux genres
(On prononce Coua.) .Géom. Qui a quatre angles. Figure quadrangulaire.
Pyramide quadrangulaire. Prisme quadrangulaire.
QUADRAT . adj. m.
(On prononce Coua.) T. d'Astrologie. Il n'est usité que dans cette
locution, Quadrat aspect, La position de deux planètes, éloignées
l'une de l'autre de quatre-vingt-dix degrés ou d'un quart de cercle. Il
est vieux: Voyez QUADRATURE.
QUADRAT .s.m.
T. d'Impr. Voyez CADRAT.
QUADRATIN .s.m.
T. d'Impr. Voyez CADRATIN.
QUADRATRICE . s. f.
(On prononce Coua.) .Géom. Courbe inventée par les anciens
pour parvenir à la quadrature approchée du cercle. La quadratrice
de Dinostrate.
QUADRATURE . s. f.
(On prononce Coua.) Réduction géométrique de quelque
figure curviligne à un carré équivalent en surface. La
quadrature des courbes. La quadrature du cercle est un problème insoluble.
QUADRATURE, en termes d'Astronomie, Aspect de deux astres, quand ils
sont éloignés l'un de l'autre d'un quart de cercle. Au premier
et au troisième quartier, la lune est en quadrature avec le soleil.
QUADRATURE . s. f.
T. d'Horlogerie. (On prononce Kadrature.) Assemblage des pièces
qui servent à faire marcher les aiguilles du cadran, et à faire
aller la répétition, quand la montre ou l'horloge est à répétition.
QUADRIENNAL . adj.
Voyez QUATRIENNAL.
QUADRIFIDE . adj. des deux genres
(On prononce Coua.) .Bot. Qui a quatre divisions. Calice quadrifide.
--- Plusieurs autres termes de Botanique, auxquels il serait inutile de consacrer
ici des articles particuliers, sont formés de la même manière:
Quadriflore (à quatre fleurs). Quadrilobé (à
quatre lobes). Quadrivalve (à quatre valves). Etc.
QUADRIGE .s.m.
(On prononce Coua.) T. d'Antiq. Char monté sur deux roues, et
attelé de quatre chevaux de front, dont l'usage passa des jeux Olympiques
aux autres jeux solennels de la Grèce et de l'Italie. Vainqueur au quadrige.
La course du quadrige. Ce bas-relief représente un quadrige. Beaucoup de
médailles portent des quadriges.
QUADRILATÈRE .s.m.
(On prononce Coua.) .Géom. Figure qui a quatre côtés.
Les côtés d'un quadrilatère.
QUADRILLE . s. f.
Troupe de chevaliers d'un même parti dans un carrousel. Une belle quadrille.
La première quadrille était magnifiquement vêtue. Un tel était
chef de la seconde quadrille. Au grand carrousel, il y avait cinq différentes
quadrilles, qui représentaient cinq nations différentes.
Se dit aussi de Chaque groupe de quatre danseurs et de quatre danseuses, qui
figurent dans les ballets, dans les grands bals, et qui se distingue des autres
groupes par un costume particulier. Dans cette acception, on le fait ordinairement
masculin.
QUADRILLE .s.m.
Espèce de jeu d'hombre qui se joue à quatre. Faire un quadrille.
Jouer une partie de quadrille.
QUADRINÔME .s.m.
(On prononce Coua.) T. d'Algèbre. Expression algébrique
composée de quatre termes.
QUADRUMANE . adj. des deux genres
(On prononce Coua.) T. d'Hist. nat. Se dit Des animaux qui ont des mains
comme l'homme, et des pieds conformés comme des mains. Les animaux quadrumanes.
Le singe est un animal quadrumane. On dit aussi substantivement: Les quadrumanes.
Un quadrumane.
QUADRUPÈDE . adj. des deux genres
(On prononce Coua.) Qui a quatre pieds. Il ne se dit que Des animaux.
Parmi les animaux quadrupèdes, il y en a de féroces et de domestiques.
Il est plus ordinairement substantif; et alors on le fait toujours masculin.
Un grand, un petit quadrupède. Les quadrupèdes, les volatiles
et les reptiles. Les quadrupèdes vivipares. Les quadrupèdes ovipares.
QUADRUPLE .s.m.
(On prononce Coua.) Quatre fois autant. Mon jardin est le quadruple
du vôtre. Il m'a vendu cela le quadruple de sa valeur; il me l'a vendu au
quadruple. On l'a condamné à payer le quadruple de la somme qui
manquait dans sa recette, ou simplement, On l'a condamné au quadruple.
Il est aussi adjectif des deux genres. Vingt est quadruple de cinq. Payer
une amende quadruple de la somme retenue indûment.
En termes de Musique, Quadruple croche, Note qui ne vaut que le quart
d'une croche, ou la moitié d'une double croche.
QUADRUPLE, subst. se dit aussi d'Une double pistole d'Espagne. Un
quadruple faux. Un quadruple qui n'est pas de poids.
Se dit également d'Une pièce de quatre louis, qui n'a jamais eu
cours forcé.
QUADRUPLER . v. a.
(On prononce Coua.) Prendre quatre fois le même nombre. Quadrupler
une somme. Il n'avait que mille francs de rente, il en a quatre mille; il a quadruplé
son revenu.
QUADRUPLER, est quelquefois neutre, et signifie, Être augmenté
au quadruple. Son bien a quadruplé depuis qu'il s'est mis dans le commerce.
QUADRUPLÉ, ÉE. participe
QUAI .s.m.
Levée ordinairement revêtue de pierres de taille, et faite le long
d'une rivière, entre la rivière même et les maisons, pour
rendre le chemin plus commode, et pour empêcher le débordement de
l'eau. Un quai revêtu de pierres de taille. Il y a de magnifiques quais
à Paris. Le quai de la Mégisserie. Le quai des Orfévres.
Le quai des Augustins; etc. Sa maison est bâtie sur le quai, donne sur le
quai. Se promener sur les quais.
Se dit aussi Du rivage d'un port de mer, qui sert pour la charge et la décharge
des marchandises. Il y a dans les ports de commerce un officier appelé
Maître de quai, qui est chargé de la police du port.
QUAIAGE .s.m.
Voyez QUAYAGE.
QUAICHE . s. f.
.Marine. Petite embarcation des mers du Nord. La quaiche est mâtée
en fourche comme le yacht.
QUAKER
ou QUACRE.s.m.
(On prononce Couacre.) Nom anglais qui signifie Trembleur, et qu'on donne
à une secte religieuse établie principalement en Angleterre et dans
les États-Unis d'Amérique. On dit au féminin, Quakeresse.
QUALIFICATEUR .s.m.
Nom qu'on donne, en Espagne et en Italie, aux théologiens chargés
de déterminer par leur avis la nature, la qualité, le genre et le
degré d'un crime quelconque déféré à un tribunal
ecclésiastique, et d'examiner les livres mis à l'index, et les propositions
dénoncées. Qualificateur du saint-office.
QUALIFICATIF , IVE. adj.
.Gram. Qui qualifie. L'adjectif est un nom qualificatif. Il est peu usité.
QUALIFICATION . s. f.
Attribution d'une qualité, d'un titre. Qualification de faussaire.
La qualification des délits, des crimes. Cette proposition a été
qualifiée de téméraire, de scandaleuse: il faut voir si cette
qualification est juste. Qualification de marquis.
QUALIFIER . v. a.
Marquer de quelle qualité est une chose, une proposition, une action.
La Sorbonne condamna cette proposition, et la qualifia d'erronée, d'impie.
L'ouvrage fut qualifié d'hérétique. On a qualifié
de duel cette rencontre.
S'emploie aussi en parlant Des personnes. Qualifier quelqu'un de fourbe,
d'imposteur, etc., Le traiter de fourbe, d'imposteur, etc.
Il signifie encore, Attribuer un titre, une qualité à une personne;
et dans cette acception, il se construit ordinairement sans de. Les lettres
du roi, l'arrêt, le qualifient chevalier, prince, duc, etc. Cependant
on dit dans la conversation, Qualifier de. On le qualifie de duc, de baron.
S'emploie quelquefois, en ce sens, avec le pronom personnel. Il se qualifie
écuyer. Il se qualifie de marquis. Il se qualifie docteur.
QUALIFIÉ, ÉE. participe, Une personne qualifiée,
Une personne de qualité. Il est qualifié, fort qualifié,
Il est de qualité, de grande qualité. Les personnes les plus
qualifiées d'une ville, Les personnes les plus considérables.
Ces expressions ont vieilli.
QUALITÉ . s. f.
Ce qui fait qu'une chose est telle ou telle, bonne ou mauvaise, grande ou petite,
chaude ou froide, blanche ou noire, etc. Bonté, petitesse, blancheur,
noirceur, beauté, laideur, sont des qualités. La qualité
de l'eau, du vin. La qualité d'une viande. La qualité d'une étoffe.
La qualité d'une terre, d'un terroir. Cette étoffe est de bonne
qualité. La transparence et la dureté sont les qualités essentielles
du diamant. Les qualités de son style sont la précision et la clarté.
Chacune de ces choses a des qualités propres et particulières qui
la distinguent. Cela n'est pas de la qualité requise. La bonne qualité
des aliments est essentielle à la santé. Ce vin est de mauvaise
qualité, de qualité médiocre, de qualité inférieure.
Ce vin a de la qualité, Il a une séve qui le distingue
des vins communs.
Dans l'ancienne Philosophie, Qualité occulte, Propriété
des corps dont la cause est inconnue.
QUALITÉ, signifie aussi, Inclination, habitude, talent, disposition
bonne ou mauvaise. Qualités naturelles. Qualités acquises. Les
qualités du corps et de l'esprit. C'est un homme qui a beaucoup de bonnes
qualités, de belles qualités, de rares qualités, d'excellentes
qualités. Des qualités louables, extraordinaires, héroïques.
Il a de grandes qualités. Parmi quelques bonnes qualités, il en
a beaucoup de mauvaises. Il a une mauvaise qualité, c'est qu'il ne saurait
garder un secret.
Se dit quelquefois Des bonnes qualités seulement. Il a beaucoup de
qualités. C'est être injuste envers cet homme, que de ne vouloir
lui reconnaître aucune qualité.
QUALITÉ, signifie encore, Noblesse distinguée. C'est
un homme, c'est une femme de qualité, de grande qualité. Il est
de qualité. Il y avait des gens de la première qualité dans
cette assemblée. Il fait l'homme de qualité, mais il ne l'est pas.
QUALITÉ, se dit aussi Des titres que prend, que reçoit
une personne à cause de sa naissance, de sa charge, de sa dignité,
de sa profession, etc. Il prend la qualité de noble, de prince, de duc,
etc. La qualité de préfet, de maire, de magistrat, d'administrateur.
La qualité de citoyen, de juré, d'électeur, d'étranger,
etc. La qualité d'avoué, d'huissier, etc.
Se dit particulièrement, en Jurisprudence, Du titre qui rend habile à
exercer quelque droit. La qualité de légataire, de donataire,
de créancier, de tuteur, etc. Avoir, n'avoir pas qualité pour faire
quelque chose. Je ne pense pas que vous ayez qualité pour intervenir dans
ce procès. S'il veut être reçu en cause, il faut qu'il prenne
qualité. Il a pris qualité d'héritier par bénéfice
d'inventaire. Il me dispute ma qualité. Les qualités des parties.
Sans que les qualités puissent nuire ni préjudicier. Il faut d'abord,
dans un procès, poser, régler, établir les qualités,
convenir des qualités.
Fig. et fam., Avoir qualité pour faire une chose, Avoir titre
pour la faire, être autorisé à la faire. Vous n'avez point
qualité pour nous donner des avis si sévères.
En termes de Procédure, Les qualités d'un arrêt, d'un
jugement, La partie d'un arrêt, d'un jugement qui contient les noms,
professions, demeures, etc., des parties, ainsi que leurs différentes demandes
et conclusions. Signifier les qualités. Rédiger des qualités.
EN QUALITÉ DE. loc. prépositive, Comme, à titre
de. Il avait ce privilége en qualité de secrétaire du
roi. Il procède en qualité de tuteur. Il agit en qualité
de parent. On dit de même: En ma qualité de père, en
sa qualité de chef, etc. En cette qualité, j'ai droit de... En quelle
qualité procède-t-il?
QUAND . adv. de temps
Lorsque, dans le temps que. Quand je pense à la fragilité des
choses humaines. Quand Dieu créa le monde. Quand les armées furent
en présence. J'irai vous voir quand je pourrai. Je ne sais quand j'y pourrai
aller. J'irai vous trouver, mais je ne puis dire quand, je ne sais ni quand ni
comment.
S'emploie aussi par interrogation; et alors il signifie, Dans quel temps? ou
Quel temps? Vous me promettez de venir, mais quand? Quand viendra l'accomplissement
de vos promesses? Depuis quand est-il venu? De quand êtes-vous ici? À
quand la partie est-elle remise? Jusques à quand me persécuterez-vous?
Pour quand me donnez-vous parole?
QUAND sert aussi de conjonction, et alors il signifie, Encore que, quoique,
alors même que. Je serai ou je serais votre ami, quand même
ou quand bien même vous ne le voudriez pas. Quand je le voudrais, je
ne le pourrais pas. Quand cela serait ainsi, que vous en reviendrait-il? Je ne
serais pas venu à bout d'achever, quand j'aurais travaillé toute
la journée. Quand vous auriez réussi, que vous en serait-il revenu?
Quand on découvrirait votre démarche, on ne pourrait la blâmer.
Quand vous auriez consulté quelqu'un sur votre ouvrage, vous n'auriez pas
mieux réussi.
QUAND ET QUAND, (On prononce Quan-t et quand.) loc. prépositive.
Avec, en même temps que. Il est parti quand et quand nous. Venez quand
et quand moi. Il est vieux et populaire.
QUANQUAM .s.m.
(On prononce Couancouame.) .Collége, emprunté du latin.
Harangue latine que prononçait d'ordinaire un jeune écolier à
l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie.
Cet écolier doit faire le quanquam de telle thèse. Il prononça
fort bien son quanquam. Il est vieux.
QUANQUAN .s.m.
T. corrompu du latin Quanquam. Voyez CANCAN.
QUANT . adv.
Il est toujours suivi de la préposition à, et signifie, Pour,
employé dans le sens de, Pour ce qui est de. Quant à lui, il
en usera comme il lui plaira. Quant à moi. Quant à ce qui est de
moi. Je suis prêt quant à ce point-là. Quant aux événements
de la guerre. Quant à tel article. Quant à cette affaire.
Fam., Tenir son quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur
son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, Prendre un air réservé
et fier, ne répondre qu'avec circonspection. On dit également, Se
mettre sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, Faire le suffisant,
le hautain.
QUANTES . adj. f. pl.
Il n'est usité que dans ces locutions familières, Toutes et
quantes fois que, ou Toutes fois et quantes que, Toutes les fois que,
autant de fois que. Je vous prêterai des livres toutes et quantes fois
que vous voudrez. Je vous accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il
vous plaira. Il a vieilli.
Absol., Toutes fois et quantes, Autant de fois qu'on l'exigera, ou que
l'occasion s'en présentera. Je ferai cela toutes fois et quantes.
Il a vieilli.
QUANTIÈME . adj. des deux genres
Terme par lequel on désigne ou l'on demande le rang, l'ordre numérique
d'une personne, d'une chose, dans un certain nombre de personnes ou de choses.
Je sais bien qu'il est un des premiers capitaines de tel régiment, mais
je ne sais pas précisément le quantième il est. Le quantième
êtes-vous dans votre compagnie? Il est vieux.
S'emploie aussi comme substantif masculin, et alors il signifie, Le quantième
jour. Quel quantième de la lune, quel quantième du mois avons-nous?
De quel quantième vous a-t-il écrit? Il a reçu des nouvelles
très-fraîches, mais je ne sais pas de quel quantième elles
sont. Il est familier.
Montre à quantièmes, Montre qui marque le quantième
du mois.
QUANTITÉ . s. f.
Se dit de Tout ce qui peut être mesuré ou nombré, de tout
ce qui est susceptible d'accroissement ou de diminution. Mesurer une quantité.
Deux quantités égales. Comparer des quantités.
En Mathématique, Quantité continue, L'étendue d'un
corps en longueur, largeur et profondeur; et, Quantité discrète,
L'assemblage de plusieurs choses distinctes les unes des autres, comme les nombres,
les grains d'un tas de blé. L'arithmétique a pour objet la quantité
discrète. La géométrie a pour objet la quantité continue.
QUANTITÉ, est aussi un nom collectif, qui signifie, Multitude,
abondance. Il a recueilli cette année une grande quantité de
blé. Il y avait quantité de monde à la promenade; il y en
avait en quantité, en grande quantité, en petite quantité.
La qualité des choses est souvent préférable à la
quantité.
Quantité de gens, de personnes, Un grand nombre de personnes.
Quantité de gens ont dit cela, ont fait cela. Quantité de gens
sont persuadés de cette nouvelle. Quantité de personnes sont persuadées
de son mérite.
QUANTITÉ, en termes de Grammaire et de Prosodie, signifie, La
mesure des syllabes longues et des syllabes brèves, qu'il faut observer
dans la prononciation. La versification latine et la versification grecque
sont fondées sur la quantité. Les règles de la quantité.
Cet écolier ne sait pas la quantité. Il y a une faute de quantité
dans ce vers.
Se dit également, en termes de Musique, de La durée relative que
les notes ou les syllabes doivent avoir. La quantité produit le rhythme.
QUARANTAINE . s. f. coll.
Nombre de quarante ou environ. Une quarantaine d'écus, de francs,
de maisons, de jours, d'années, etc.
Absol., Jeûner la quarantaine, Jeûner quarante jours; et,
Jeûner la sainte quarantaine, Jeûner pendant tout le carême.
QUARANTAINE, pris absolument, se dit aussi de L'âge de quarante
ans. Approcher de la quarantaine. Atteindre, avoir la quarantaine. Elle a passé
la quarantaine. Dans cette acception, il est familier.
QUARANTAINE, se dit aussi Du séjour que les personnes, les effets
et les marchandises qui viennent d'un pays infecté ou soupçonné
de contagion, sont obligés de faire dans un lieu séparé de
la ville où ils arrivent. La quarantaine rigoureuse est de quarante
jours. Il n'a fait que dix jours de quarantaine. Abréger la quarantaine.
Observer la quarantaine. Il est encore en quarantaine. Il a fait une quarantaine
de quinze jours. Ces navires ont fait quarantaine avant que d'entrer dans le port.
On l'a obligé de faire la quarantaine, de faire quarantaine. La peste est
dans ce pays-là, on fait faire la quarantaine à ceux qui en viennent,
avant que de les laisser entrer dans le royaume, dans telle ville, etc. On a fait
faire la quarantaine à ces marchandises.
QUARANTE . adj. numéral des deux genres
Quatre fois dix. Quarante hommes. Quarante francs. Quarante et un. Quarante-deux;
etc. Âgé de quarante ans. Dans quarante jours.
Dans la Liturgie cathol., Les prières de quarante heures, des quarante
heures, ou, elliptiquement, Les quarante heures, Certaines prières
extraordinaires que l'on fait devant le saint sacrement dans les calamités
publiques, et pendant le jubilé. On fit les prières de quarante
heures pour la maladie du roi.
Absol., Les quarante de l'Académie française, ou simplement,
Les Quarante, Les membres de l'Académie française. Un
des Quarante.
Le tribunal des Quarante. Voyez QUARANTIE.
Le trente et quarante, Jeu de hasard, qui se joue avec des cartes. Jouer
au trente et quarante.
Au Jeu de la paume, Avoir quarante-cinq, Avoir les trois quarts d'un
jeu; le jeu étant de soixante points.
Fig. et fam., Avoir quarante-cinq sur la partie, Avoir de grands avantages
dans une affaire, et être presque assuré d'y réussir.
QUARANTE se prend quelquefois substantivement, Le quotient de quarante
divisé par huit est cinq. On dit de même: Le nombre quarante.
Numéro quarante.
QUARANTIE . s. f.
Nom qu'on donnait, dans la république de Venise, à un tribunal
composé de quarante membres. Ordonnance de la Quarantie.
QUARANTIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de quarante. Le quarantième jour. Il est dans sa quarantième
année, dans sa quarante et unième, dans sa quarante-deuxième
année. Il n'est que le quarantième.
La quarantième partie d'un tout, Chaque partie d'un tout qui en
a quarante. On dit de même substantivement, Le quarantième, un
quarantième. Il a un quarantième dans cette affaire. Trois quarantièmes.
QUARDERONNER . v. a.
T. d'Architect. Faire un quart de rond sur l'angle d'une pierre, d'une pièce
de bois, d'un battant de porte, etc. Quarderonner les marches d'un perron.
QUARDERONNÉ, ÉE. participe
QUARRE . s. f.
Voyez CARRE.
QUARRÉ . adj. et s.
Voyez CARRÉ.
QUARRÉMENT . adv.
Voyez CARRÉMENT.
QUARRER
(SE). v. pron.
Voyez CARRER.
QUARRURE . s. f.
Voyez CARRURE.
QUART .s.m.
La quatrième partie d'un tout. Il en faut rabattre le quart, un bon
quart. Réduire au quart. Du tiers au quart. Un quart d'heure. Deux heures
et un quart. Deux heures un quart. Deux heures trois quarts. Trois heures moins
un quart. Le quart vient de sonner. Une pendule qui sonne les quarts. Un quart
de lieue. Un quart de cercle. Un quart de muid. Un quart de boisseau, ou absolument,
Un quart. Une aune et un quart. Une aune un quart. Une aune trois quarts. Cette
étoffe a cinq quarts de largeur, a cinq quarts. Il n'a pas le quart tant
de peine que vous. Il ne jouit pas de la succession en entier, son neveu en a
eu le quart. Il a son quart dans cette affaire. Il y entre pour un quart, pour
son quart.
Fam., Le tiers et le quart, Toutes sortes de personnes indifféremment
et sans choix. Conter ses affaires au tiers et au quart. Médire du tiers
et du quart. Donner son bien au tiers et au quart.
Portrait de trois quarts, Portrait où un des côtés
de la figure est vu de face, et l'autre côté en raccourci. On dit
de même Il s'est fait peindre de trois quarts.
Levraut de trois quarts, ou Levraut trois quarts, Un levraut qui
est presque parvenu à la grandeur d'un lièvre.
Fam., Passer un mauvais quart d'heure, Éprouver quelque chose
de fâcheux. Il passera, il a passé un mauvais quart d'heure. On
lui a fait passer un mauvais quart d'heure.
Prov. et fig., Le quart d'heure de Rabelais, Le moment où il faut
payer son écot; et, par extension, Tout moment fâcheux, désagréable.
Demi-quart, La moitié d'un quart. Lever douze aunes demi-quart
d'étoffe, douze aunes d'étoffe et demi-quart.
Quart d'écu, Ancienne monnaie qui valait d'abord quinze ou seize
sous, et qui, plus tard, en a valu souvent davantage.
Prov., Cet homme n'a pas un quart d'écu, Il est fort pauvre, il
n'a point d'argent.
Quart de cercle, Instrument de mathématique, qui est la quatrième
partie d'un cercle divisé par degrés, minutes et secondes. On
se sert du quart de cercle pour prendre les hauteurs, les distances, et pour faire
plusieurs autres opérations.
Quart de cercle mural, Instrument d'astronomie, qui consiste en un grand
quart de cercle de cuivre, fixé contre un mur dans le plan du méridien,
et portant une lunette mobile autour de son centre, pour observer le passage des
astres à diverses hauteurs.
En termes de Marine, Quart de vent, quart de rumb, La quatrième
partie de la distance qui est entre deux des huit vents principaux.
Dans les Exercices militaires, Quart de conversion, Mouvement par lequel
une des ailes d'une troupe parcourt un quart de cercle, tandis que l'autre aile
pivote en raccourcissant le pas; de manière que le front devient perpendiculaire
à la ligne qu'il occupait.
En Archit., Quart de rond, Moulure tracée au compas, et qui est
la quatrième partie de la circonférence d'un cercle. Cette corniche
est terminée par un quart de rond. Ce quart de rond est orné d'oves.
En Musique, Quart de soupir, Valeur de silence qui est la quatrième
partie d'un soupir et l'équivalent d'une double croche.
En termes de Manége, Quart en quart, Sorte de volte. Travailler
un cheval de quart en quart, Le conduire trois fois sur chaque ligne du carré.
QUART, en termes de Marine, Le temps qu'une partie de l'équipage
est à faire une certaine fonction que tous doivent faire tour à
tour. Se dit surtout en parlant De la garde du bâtiment. Le quart est
de différente durée selon les différentes nations. Ce matelot
a fait son quart. Relever un officier qui a fait son quart. Être de quart.
Banc de quart. Les gens de quart. L'officier de quart.
QUART , ARTE. adj.
Quatrième. Il n'est guère usité que dans les locutions
suivantes:
En termes de Finances, Le quart denier, Droit qui se payait aux parties
casuelles, pour la résignation des offices.
En termes de Chasse, Le quart an, ou en un seul mot, Le quartan d'un
sanglier, Sa quatrième année. Ce sanglier est à son
quart an, dans son quartan.
En Médecine, Fièvre quarte, Sorte de fièvre intermittente
qui laisse au malade deux jours d'intervalle. Avoir la fièvre quarte.
Un remède spécifique pour la fièvre quarte.
Fièvre double-quarte, Celle qui vient deux jours consécutifs,
qui cesse le troisième, et qui revient le quatrième.
QUARTAINE . adj. f.
Il n'est plus usité que dans cette locution populaire, Fièvre
quartaine, qu'on dit quelquefois par imprécation. Que la fièvre
quartaine te serre!
QUARTAN .s.m.
Voyez QUART, ARTE.
QUARTANIER .s.m.
.Chasse. Sanglier de quatre ans. On dit aussi, Un sanglier à son quart
an, dans son quartan.
QUARTATION . s. f.
Opération de métallurgie, par laquelle on joint avec de l'or assez
d'argent pour que dans la masse totale il n'y ait qu'un quart d'or contre trois
quarts d'argent, parce que, sans cela, l'eau-forte n'agirait pas sur l'alliage.
Cette opération se nomme aussi Inquart.
QUARTAUT .s.m.
Vaisseau tenant la quatrième partie d'un muid. Un quartaut de vin.
Faire mettre son vin dans des quartauts.
QUARTE . s. f.
Ancienne mesure contenant deux pintes. Une quarte de bière.
QUARTE, signifie aussi, La soixantième partie de la tierce, qui
est elle-même la soixantième partie de la seconde.
QUARTE, en termes de Musique, L'intervalle de deux tons et demi, en montant
ou en descendant. On dit aussi, L'intervalle d'une quarte, de quarte.
QUARTE, en termes d'Escrime, La manière de porter un coup d'épée
ou de fleuret en tournant le poignet en dehors. Porter une botte en quarte.
On dit absolument, Porter de quarte, pousser de quarte. On dit encore,
Parer à la quarte.
QUARTE, au Jeu de piquet, signifiait autrefois, Quatre cartes de même
couleur qui se suivent. As, roi, dame et valet font une quarte major. Avoir
quarte de roi. Avoir une quarte basse. On dit aujourd'hui, Quatrième.
En termes de Droit romain, QuarteFalcidie ou Falcidienne, Le quart
des biens que peut retenir l'héritier surchargé de legs; et, Quarte
Trébellienne ou Trébellianique, Le quart qui doit demeurer
à un héritier chargé de rendre l'hérédité
à un autre.
QUARTE, en termes d'Art vétérinaire. Voy. SEIME.
QUARTENIER .s.m.
Voyez QUARTINIER.
QUARTERON .s.m.
Poids qui est la quatrième partie d'une livre. Mettez encore le quarteron
dans la balance.
Il signifie aussi, La quatrième partie d'une livre dans les choses qui
se vendent au poids: Un quarteron de beurre, un quarteron de fromage; et
de même, La quatrième partie d'un cent dans les choses qui se vendent
par compte: Un quarteron de pommes, de marrons.
Demi-quarteron, La moitié du poids d'un quarteron. Il signifie
aussi, La moitié d'un quarteron dans les choses qui se vendent au poids
ou par compte.
QUARTERON , ONNE. s.
Celui, celle qui provient d'un blanc et d'une mulâtre, ou d'un mulâtre
et d'une blanche.
QUARTIDI .s.m.
(On prononce Couar.) Le quatrième jour de la décade, dans
le calendrier républicain.
QUARTIER .s.m.
La quatrième partie de certains objets. Un quartier de veau. Un quartier
d'agneau. Un quartier de mouton. Le quartier de devant, de derrière d'un
mouton. Un quartier de pomme. Un quartier de poire. Couper une pomme en quatre
quartiers.
Son corps a été mis en quartiers, en quatre quartiers,
se dit en parlant D'un homme condamné à mort, dont on expose les
membres en différents endroits après son supplice.
Prov. et fig., Je me mettrais en quatre quartiers pour lui, pour son service,
Il n'y a rien que je ne voulusse faire pour le servir. Plus ordinairement, on
dit par ellipse, Je me mettrais en quatre pour...
Quartier de réduction, Instrument qui sert à résoudre
plusieurs problèmes de pilotage, par les triangles semblables.
Quartier sphérique, Instrument nautique à l'aide duquel,
connaissant la latitude du lieu et la déclinaison du soleil, on trouve
l'heure de son lever, de son coucher, son amplitude, etc.
QUARTIER, se dit particulièrement de La quatrième partie
d'une aune. Un quartier d'étoffe. Un quartier de ruban. Un demi-quartier
d'étoffe. Dans cette acception, il est vieux.
Se dit, par extension, Des portions d'un tout qui n'est pas divisé exactement
en quatre parties. Un quartier de pain, de gâteau, d'orange, etc. Un
quartier de vigne, de terre. Un petit quartier de terre.
Bois de quartier, Bois à brûler fendu en quatre.
Quartier de lard, Grande pièce de lard tirée de dessus
un cochon.
Quartiers de pierre, Gros morceaux de pierre. Se dit, particulièrement,
Des grosses pierres dont une ou deux font la charge d'une charrette attelée
de quatre chevaux.
En Archit., Quartier tournant, Les marches qui sont dans l'angle d'un
escalier, et qui tournent autour du noyau.
Quartier de soulier, La pièce ou les deux pièces de cuir
qui environnent le talon.
En termes de Sellier, Les quartiers d'une selle, Les parties sur lesquelles
les cuisses du cavalier portent et reposent.
QUARTIER, en termes d'Art vétérinaire, Chacune des parois
latérales du sabot du cheval. Le quartier de dedans. Le quartier de
dehors. Les quartiers doivent être égaux en hauteur, autrement le
pied serait de travers.
Ce cheval fait quartier neuf, se dit D'un cheval dont un des quartiers
tombe par quelque cause que ce soit, et se trouve chassé par un autre quartier
qui croît.
QUARTIER, se dit aussi d'Une des parties dans lesquelles une ville est
divisée. La ville de Paris était, à une certaine époque,
divisée en vingt quartiers. On distingue à Paris le quartier de
la Cité, le quartier du Marais, le quartier Saint-Honoré, etc. Nous
sommes du même quartier. Il y eut des feux de joie dans tous les quartiers
de la ville. Commissaire du quartier, de quartier.
Se dit encore d'Une certaine étendue de voisinage. Il y a bonne compagnie
dans mon quartier. J'habite un quartier fort tranquille. Nous demeurons dans le
même quartier.
Se dit aussi de Tous ceux qui demeurent dans un quartier. Tout le quartier
était en rumeur. Cette nouvelle fit mettre tout le quartier sous les armes.
Nouvelles de quartier, Certaines nouvelles qui n'ont guère de
cours que dans le quartier où on les débite. Faire les visites
du quartier, faire des visites de quartier, Aller faire visite à toutes
les personnes un peu considérables qui demeurent dans le quartier où
l'on vient de s'établir.
Fam., C'est le plaisant de son quartier, le plaisant du quartier, se
dit De celui qui est regardé dans son quartier comme un homme réjouissant
et de belle humeur.
Fam., Cette personne est la gazette du quartier, Elle rapporte toutes
les petites nouvelles, toutes les médisances qu'elle entend dire.
QUARTIERS, au pluriel, se dit quelquefois, familièrement, en parlant
Des provinces et de la campagne; et alors il signifie, Environs, voisinage. Mandez-nous
ce qui se passe dans vos quartiers. Cet homme est de nos quartiers. Il vient souvent
dans nos quartiers.
QUARTIER, en termes de Guerre, a plusieurs acceptions.
Il signifie, L'endroit, le bâtiment d'une ville ou d'une place forte dans
lequel une troupe est casernée. Quartier de cavalerie. Quartier d'infanterie.
Il y a de beaux quartiers dans cette ville. Aller au quartier. Loger au quartier.
Se dit quelquefois d'Une ville non fermée où il y a de la troupe
en garnison; par opposition à Ville de guerre, à ville forte. Nous
tenons garnison en tel endroit, ce n'est pas une place de guerre, ce n'est qu'un
quartier. Être en quartier.
Il signifie aussi, Le campement ou le cantonnement d'un corps de troupes, et
Le corps de troupes lui-même. Quartier de cavalerie. Quartier d'infanterie.
Les troupes sont rentrées au quartier. Ce quartier est bien retranché.
Ce quartier a été enlevé. Le général rassembla
les quartiers, ses quartiers.
Se dit, dans les siéges, d'Un campement fait sur quelqu'une des principales
avenues d'une place, pour empêcher les convois et les secours. Le quartier
de la droite, de la gauche, du centre, etc. Disposer les quartiers du siége.
Affaiblir les quartiers.
Quartier des vivres, Le lieu où est logé l'équipage
des munitions de bouche, et où l'on cuit le pain qui se distribue journellement
aux troupes.
Quartier d'hiver, L'intervalle de temps compris entre deux campagnes.
Le quartier d'hiver sera long. Il signifie aussi, Le lieu où on
loge les troupes pendant l'hiver. L'armée va prendre ses quartiers d'hiver.
Quartier de rafraîchissement, Le lieu où des troupes fatiguées
vont se remettre et se rétablir pendant que la campagne dure encore.
Quartier du roi, du général, et plus communément,
Quartier général, Lieu choisi ordinairement au centre du
camp, de la position, des quartiers d'une armée ou d'un corps d'armée,
et où est établi le logement du roi, ou du général
qui commande en chef. Dans un siége, le quartier du roi doit toujours
être hors de la portée du canon de la place. L'état-major
loge au quartier général. On nomme aussi Quartier général,
La réunion des officiers qui composent l'état-major général.
Le quartier général arrive ici demain. Il fait partie du quartier
général.
Quartier d'assemblée, Lieu où les différents corps
d'une armée se réunissent, pour de là marcher ensemble à
l'ennemi. Se dit aussi d'Une ville où les soldats d'un corps se rendent
pour y passer la revue. Se dit encore, dans une ville ou dans un camp, Du lieu
où les différents corps doivent se rendre en cas d'alarme, et se
réunir toutes les fois qu'il faut prendre les armes.
Mettre l'alarme au quartier, donner l'alarme au quartier, Avertir les
troupes qui composent le quartier que l'ennemi approche, et qu'elles aient à
se tenir sur leurs gardes.
Fig. et fam., Mettre l'alarme au quartier, donner l'alarme au quartier,
Débiter quelque nouvelle qui donne de l'inquiétude à ceux
qu'elle intéresse. On dit de même, L'alarme est au quartier,
On est fort inquiet dans cette maison, dans cette famille, dans cette société.
QUARTIER, se dit encore de La vie que l'on accorde ou du traitement favorable
que l'on fait à des troupes vaincues dans un assaut ou dans une bataille.
Demander quartier. Donner quartier. Ne point faire de quartier. Point de quartier.
Sans quartier.
Fig. et fam., Demander quartier, Demander grâce, demander de n'être
pas traité à la rigueur. Ne point faire de quartier, ne point
donner de quartier, Traiter à la rigueur. Ne disputons plus, je
vous demande quartier. Ce créancier ne fait point de quartier à
ses débiteurs. Cette femme est si médisante, qu'elle ne fait de
quartier à personne.
QUARTIER, se dit, dans les Colléges, Des différentes salles
où les écoliers étudient et font leurs devoirs. Le quartier
de rhétorique, de seconde, de troisième, etc.
Maître de quartier, Maître chargé de surveiller et
de répéter les écoliers dans leur quartier.
QUARTIER, se dit aussi de L'espace de trois mois, qui fait la quatrième
partie de l'année. On ne l'emploie guère qu'en parlant De certaines
personnes qui s'acquittent tour à tour de fonctions qui leur sont communes.
L'année est divisée en quatre quartiers. Les quartiers de janvier,
d'avril, de juillet, d'octobre. Il a servi son quartier. Les officiers du roi
servent par quartier.
Cet officier est de quartier ou en quartier, Il sert actuellement
les trois mois pendant lesquels il est obligé de servir. On dit dans le
même sens, Entrer en quartier, sortir de quartier.
Officiers de quartier, Ceux qui servent par quartier, à la distinction
de Ceux qui sont ordinaires, et qui servent toute l'année.
Quartier de la lune, La quatrième partie du cours de la lune,
à partir de la nouvelle lune. Nous sommes au premier quartier, au dernier
quartier de la lune.
QUARTIER, se dit aussi de Ce qui se paye de trois mois en trois mois
pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc. Il doit deux quartiers de sa
maison, de son loyer. Il a payé le quartier de Noël, et il doit celui
de Pâques. On lui doit deux quartiers de sa pension. Il a mangé d'avance
un quartier de sa pension. Retrancher un quartier. On lui a payé son quartier.
Se dit quelquefois de La demi-année, lorsqu'il s'agit de payements. On
n'a pas encore payé le premier quartier des rentes sur l'État.
QUARTIER, signifie, en termes de Blason, La quatrième portion
d'un écusson écartelé. Il porte au premier quartier de....
au second quartier de.... au troisième quartier de... au quatrième
quartier de....
Se dit aussi Des parties d'un grand écusson qui contient des armoiries
différentes, quoiqu'il y en ait plus de quatre. Ce prince porte dans
ses quartiers les armes de plusieurs royaumes et de plusieurs souverainetés.
Franc-quartier, Le premier quartier de l'écu qui est à
la droite du côté du chef, et qui est moins grand qu'un vrai quartier
d'écartelure. D'azur à deux mains d'or, au franc-quartier échiqueté
d'argent et d'azur.
QUARTIER, en termes de Généalogie, se dit de Chaque degré
de descendance dans une ligne soit paternelle, soit maternelle. On ne pouvait
être reçu dans ce chapitre sans prouver seize quartiers.
À QUARTIER. loc. adv. À part, à l'écart.
Tirer quelqu'un à quartier. Se tirer, se mettre à quartier. Mettre
de l'argent à quartier. Il est vieux.
QUARTIER-MAÎTRE .s.m.
Officier qui est chargé de la comptabilité d'un corps de troupes,
et qui fait partie de l'état-major. Quartier-maître d'un régiment
de dragons, d'un régiment d'infanterie, etc. Quartier-maître trésorier.
QUARTIER-MAÎTRE, se dit aussi d'Un sous-officier de marine qui
est l'aide du maître d'équipage et du contre-maître.
QUARTIER-MESTRE .s.m.
Nom que l'on donnait autrefois au maréchal des logis d'un régiment
de cavalerie étrangère.
QUARTILE . adj.
(On prononce Coua.) T. d'Astrologie. Il ne s'emploie guère que
dans cette locution, Quartile aspect, L'aspect de deux planètes
éloignées l'une de l'autre de la quatrième partie du zodiaque,
ou de quatre-vingt-dix degrés. En Astronomie, on dit Quadrature:
voyez ce mot.
QUARTINIER .s.m.
Officier de ville, qui était préposé pour avoir soin d'un
certain quartier. Les quartiniers de Paris. Quelques-uns disent, Quartenier.
QUARTO
(IN)
Voyez IN-QUARTO.
QUARTZ .s.m.
(On prononce Couartz.) .Minéralogie. Mot emprunté de l'allemand.
Substance minérale de la classe des pierres, assez dure pour rayer le verre,
auquel elle ressemble beaucoup. Le quartz, réduit en poudre, est la
base du verre.
QUARTZEUX , EUSE. adj.
De la nature du quartz. Terre quartzeuse.
QUASI .s.m.
.Boucherie et de Cuisine. Un quasi de veau, Un morceau de la cuisse d'un
veau.
QUASI . adv.
Presque, peu s'en faut, il ne s'en faut guère. Il n'arrive quasi jamais
que je m'y trompe. On se trompe quasi toujours là-dessus. Il est familier
et peu usité.
QUASI-CONTRAT .s.m.
.Jurispr. Fait purement volontaire dont il résulte un engagement quelconque
envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque des deux parties,
sans qu'il y ait eu convention ni consentement. La gestion des affaires d'une
personne absente est un quasi-contrat.
QUASI-DÉLIT .s.m.
.Jurispr. Dommage que l'on cause involontairement à quelqu'un par imprudence
ou par négligence. Le quasi-délit oblige son auteur à
réparer le mal qui en résulte. Celui qui jette quelque chose par
une fenêtre sur un passant, commet un quasi-délit.
QUASIMODO . s. f.
Terme latin qui se trouve en tête de l'introït de la messe du dimanche
d'après Pâques, et par lequel ce jour est désigné dans
la liturgie. Le dimanche de la Quasimodo, de Quasimodo. Jusqu'à la Quasimodo.
Après Quasimodo. Après la Quasimodo.
QUATERNAIRE . adj. des deux genres
(On prononce Coua.) Qui vaut quatre, ou Qui est divisible par quatre.
Le nombre quaternaire était regardé par les pythagoriciens comme
un nombre sacré.
QUATERNE .s.m.
Combinaison de quatre numéros pris ensemble à la loterie, et sortis
ensemble de la roue de fortune. Avoir un quaterne. Gagner un quaterne. Il est
sorti un quaterne.
Se dit aussi, au Loto, de Quatre numéros gagnant ensemble sur la même
ligne horizontale ou de la même couleur.
QUATORZAINE . s. f.
.Pratique ancienne. L'espace de quatorze jours qui s'observait de l'une à
l'autre des quatre criées des biens saisis réellement. Les criées
se faisaient par quatre dimanches, de quatorzaine en quatorzaine.
QUATORZE . adj. numéral des deux genres
Dix et quatre, quatre avec dix. Quatorze hommes. Quatorze jours. Quatorze
lieues. Quatorze francs. Deux fois sept font quatorze. Les rois de France étaient
majeurs à quatorze ans commencés. Quatorze cents francs. Quatorze
mille francs.
Prov. et fig., Chercher midi à quatorze heures, Chercher des difficultés
où il n'y en a point.
Prov. et par exagérat., Faire en quatorze jours quinze lieues,
Marcher, voyager fort lentement. Se dit, figurément et familièrement,
D'une personne qui est fort lente à ce qu'elle fait.
QUATORZE, se prend quelquefois pour Quatorzième. Chapitre quatorze.
Page quatorze. Louis quatorze. Clément quatorze. On écrit ordinairement,
Louis XIV, Clément XIV.
QUATORZE s'emploie aussi comme substantif masculin, Quatorze multiplié
par deux donne vingt-huit. On dit de même: Le nombre quatorze. Numéro
quatorze.
Il signifie quelquefois, Le quatorzième jour d'une période. Nous
sommes au quatorze du mois, au quatorze de la lune. Il est au quatorze de sa maladie,
il entre dans le quatorze.
Il signifie, au Jeu de piquet, Les quatre as, ou les quatre rois, ou les quatre
dames, ou les quatre valets, ou les quatre dix; parce que ces quatre cartes ensemble
valent quatorze points. Il avait quatorze de dix, et moi quatorze de dames.
Il portait un quatorze en main avant que d'écarter. Il avait quinte, quatorze
et le point.
Fig. et fam., Avoir quinte et quatorze, Avoir dans une affaire une grande
avance, une grande probabilité de succès.
QUATORZIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de quatorze. Louis, quatorzième du nom. Le quatorzième
jour. Dans sa quatorzième année. Vous êtes le quatorzième
sur la liste.
La quatorzième partie, Chaque partie d'un tout qui en a quatorze.
QUATORZIÈME s'emploie quelquefois substantivement au masculin,
et signifie, Le quatorzième jour. Le quatorzième de la lune.
Le quatorzième est critique dans certaines fièvres. On ne sait pas
si le malade ira jusqu'au quatorzième.
Il signifie aussi, Une quatorzième part ou partie. Il est dans cette
affaire pour un quatorzième. Les treize quatorzièmes.
QUATORZIÈMEMENT . adv.
En quatorzième lieu.
QUATRAIN .s.m.
Petite pièce de poésie qui contient quatre vers, dont les rimes
sont ordinairement croisées. Les quatrains de Pibrac.
Il signifie quelquefois, Quatre vers qui font partie d'un sonnet, d'une stance,
etc. Le sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets. Cette
stance est composée d'un quatrain et de deux tercets. Cette ode est composée
de quatrains.
QUATRE . adj. numéral des deux genres
Nombre composé de deux fois deux. Deux et deux font quatre. Quatre
hommes. Quatre cents chevaux. Ils marchaient quatre de front. Ils défilaient
quatre à quatre. Les quatre vents. Les quatre points cardinaux. Les quatre
saisons. Les quatre semences froides.
Fam., Cela est clair comme deux et deux font quatre.
Fig. et fam., Se mettre en quatre, S'employer de tout son pouvoir pour
rendre service. C'est un homme qui se met en quatre pour ses amis.
Prov. et fig., Faire le diable à quatre, Faire beaucoup de bruit,
causer beaucoup de désordre, s'emporter à l'excès.
Fig. et pop., Il y a fait le diable à quatre, se dit D'un homme
qui s'est beaucoup tourmenté pour faire réussir une affaire, ou
pour la traverser.
Il faut le tenir à quatre, se dit en parlant D'un fou, d'un furieux
qui ne peut être contenu que par les efforts réunis de plusieurs
personnes.
Fig. et fam., Il faut le tenir à quatre, se dit en parlant D'un
homme emporté et difficile, qu'on a de la peine à contenir, à
empêcher de faire des violences.
Fig. et fam., Se tenir à quatre, Faire un grand effort sur soi-même
pour ne pas éclater, pour ne pas se mettre en colère. Je me suis
tenu à quatre pour ne pas lui dire des vérités fort dures.
Tirer un criminel à quatre chevaux, Écarteler un criminel,
en attachant chacun de ses membres à un cheval, et faisant tirer les quatre
chevaux chacun de son côté en même temps.
Fam., Être tiré à quatre épingles, Être
ajusté avec un extrême soin, et de manière à paraître
craindre de déranger sa parure.
Fam., Courir les quatre coins et le milieu de la ville, Faire bien du
chemin pour quelque affaire.
Fam., Marcher à quatre pattes, Marcher avec les mains et les pieds.
Fam., Entre quatre yeux, Tête à tête. (On prononce
ordinairement, par euphonie, Entre quatre-z-yeux.) Je lui dirai cela entre
quatre yeux.
Fig. et fam., Comme quatre, Beaucoup, excessivement. Il crie, il fait
du bruit comme quatre. Il mange, il boit comme quatre. Un oeuf gros comme quatre.
Il a de l'esprit comme quatre.
QUATRE, s'emploie quelquefois pour Quatrième. Page quatre.
Chapitre quatre. Henri quatre: on écrit ordinairement, Henri IV.
QUATRE, est quelquefois substantif masculin. Quatre multiplié
par huit donne trente-deux. On dit de même, Le nombre quatre
ou de quatre.
Le quatre du mois, Le quatrième jour du mois. Sa lettre est
datée du quatre.
QUATRE, se dit aussi Du caractère qui marque en chiffre le nombre
de quatre. Le chiffre quatre. Un quatre de chiffre, en chiffre, ou simplement,
Un quatre. Quarante-quatre s'écrit par deux quatre. On dit de même,
Numéro quatre.
Fig., Quatre de chiffre, Sorte de piége dont on se sert pour prendre
des rats, des souris, des oiseaux, etc.: il consiste en une planche soutenue par
trois petits morceaux de bois assemblés en forme de quatre, et qui tombent
au moindre choc. Tendre un quatre de chiffre.
QUATRE, substantif, signifie, aux Jeux de cartes, La carte qui est marquée
de quatre coeurs, de quatre trèfles, etc.: Un quatre de coeur, un quatre
de trèfle, etc.; et, au Jeu de dés, La face du dé qui
est marquée de quatre points: Il lui fallait un quatre, il l'a amené.
QUATRE-TEMPS .s.m. pl.
Les trois jours où l'Église ordonne de jeûner en chacune
des quatre saisons de l'année, et où les évêques ont
coutume de faire les ordinations. Jeûner les Quatre-Temps. On croit que
le pape fera aux Quatre-Temps prochains une promotion de cardinaux.
QUATRE-VINGTIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de quatre-vingts. Vous êtes le quatre-vingtième
sur la liste, le quatre-vingt-unième, le quatre-vingt-deuxième,
le quatre-vingt-dixième, etc.
La quatre-vingtième partie d'un tout, Chaque partie d'un tout
qui en a quatre-vingts. On dit substantivement, dans le même sens, Un
quatre-vingtième, un quatre-vingt-dixième, etc.
QUATRE-VINGTS . adj. numéral des deux genres
Quatre fois vingt. Il s'écrit toujours avec une s quand il n'est
pas suivi d'un autre nombre. Quatre-vingts hommes. Quatre-vingts chevaux. Quatre-vingts
francs. Quatre-vingts millions. Il ne prend point d's quand il précède
un autre nombre auquel il est joint. Quatre-vingt-un. Quatre-vingt-deux. Quatre-vingt-trois.
Quatre-vingt mille. On disait autrefois, Octante.
Quatre-vingt-dix, quatre-vingt-onze, quatre-vingt-douze, etc., Quatre
fois vingt et dix, et onze, et douze de plus. On disait autrefois, Nonante,
nonante et un, nonante-deux, etc.
QUATRIÈME . adj. des deux genres
Nombre ordinal de quatre. Premier, second, troisième et quatrième.
Il était le quatrième en rang. Il était assis le quatrième.
Il est le quatrième enfant. Il est logé au quatrième étage,
à la quatrième chambre. Parent au quatrième degré.
La quatrième partie d'un tout, Chaque partie d'un tout qui en
a quatre.
QUATRIÈME, s'emploie aussi comme substantif dans plusieurs acceptions,
Ainsi on dit:
Nous sommes au quatrième du mois, au quatrième de la lune,
Au quatrième jour du mois, de la lune. On dit, plus ordinairement, Au
quatre du mois.
En parlant Du jeu, Vous venez à propos, nous attendions un quatrième,
Un quatrième joueur.
Être d'un quatrième dans une affaire, y être pour un quatrième,
Y être intéressé pour une quatrième partie, pour un
quart.
Loger au quatrième, Au quatrième étage. On dit de
même: Loger à un quatrième. Monter à un quatrième.
Tomber d'un quatrième. Etc.
Cet écolier étudie en quatrième, est en quatrième,
Il étudie dans la quatrième classe. On dit dans un sens analogue:
Ce professeur fait la quatrième, est chargé de la quatrième.
Professeur de quatrième. On dit aussi, C'est un quatrième,
pour désigner Un écolier qui étudie en quatrième.
La quatrième des enquêtes, La quatrième chambre des
enquêtes au parlement de Paris.
QUATRIÈME, substantif, se dit encore, au Jeu de piquet, d'Une
suite de quatre cartes de même couleur: il est féminin. Avoir
une quatrième majeure de pique, une quatrième de roi en coeur, une
quatrième de dame, une quatrième basse, etc.
QUATRIÈMEMENT . adv.
En quatrième lieu.
QUATRIENNAL , ALE. adj.
Se dit D'un office, d'une charge qui s'exerce de quatre années l'une.
Office quatriennal. Charge quatriennale.
Se dit aussi De l'officier qui exerce cette fonction. Trésorier quatriennal.
S'emploie quelquefois substantivement, au masculin; et alors il se dit de La
charge et de l'officier. On a supprimé les quatriennaux.
QUATUOR .s.m.
(On prononce Coua.) .Musique: Morceau de musique vocale ou instrumentale,
qui est à quatre parties récitantes. Exécuter un quatuor.
Les quatuor de ce compositeur sont fort estimés.
QUAYAGE .s.m.
.Commerce maritime. Droit que payent les marchands pour avoir la liberté
de se servir du quai d'un port, et d'y placer leurs marchandises.
QUE . Pronom relatif des deux genres et des deux nombres
servant de régime au verbe qui le suit. Il s'élide devant une
voyelle. Celui que vous avez vu. Les gens que vous avez obligés. La
personne que vous connaissez. Les espérances que vous lui avez données.
Les livres qu'il a lus. Les choses qu'elle a dites. Il n'a rien fait de tout ce
que je lui avais dit. Pour le peu qu'il m'en coûte. Quelques efforts qu'il
ait faits.
Il remplace quelquefois De qui, à qui, pour qui, etc. C'est de vous
que je parle. C'est à vous que je m'intéresse. C'est pour lui qu'on
fait cela. C'est sur vous que j'ai les yeux.
Il remplace aussi, en parlant Des choses, Pendant lequel, dans lequel, etc.
L'hiver qu'il fit si froid. Le jour que cela est arrivé. Au moment que
je le reverrai. C'est dans cette maison qu il demeure. C'est là qu'il habite.
C'est dans cette boutique qu'on vend telle marchandise. Où est-ce qu'on
trouvera ce livre?
Se dit aussi pour Quelle chose. Que faites-vous là? Que vous en semble?
Que vous en reviendra-t-il? Qu'attendez-vous? Qu'est-ce que c'est? Voilà
ce que c'est. Que pensez-vous faire? Je ne sais qu'en penser. Il ne sait plus
que faire ni que dire. Que faire? Que devenir? Qu'importe? Fam.: Que diable
dites-vous là? Que diable faire?
Fam., Je n'ai que faire, Je n'ai aucune affaire. Je n'ai que faire
de lui, Je n'ai aucun besoin de lui. Je n'ai que faire de vous dire....
Il n'est pas nécessaire de vous dire... Je n'ai que faire à cela,
Je n'ai aucun intérêt à cela. Je n'ai que faire là,
Je ne suis pas nécessaire là. Je ne puis que faire à cela,
je n'y puis, je n'y sais que faire, Il ne dépend pas de moi d'y rien
faire, d'y remédier.
QUE, s'emploie souvent, comme conjonction, entre deux membres de phrase
qui ont chacun leur verbe exprimé ou sous-entendu, pour marquer que le
dernier est régi par le premier, ou lui est subordonné. Il faut
que je le paye. Il est juste que vous le dédommagiez. Il se peut que je
me trompe. J'exige qu'il parte. Je trouve que vous avez raison. J'avoue que cela
est surprenant. Je crains qu'il ne s'en trouve mal. Vous dites qu'il a de l'esprit;
moi, je soutiens que non. Que cela soit, j'y consens. Dans cette dernière
phrase, il y a ellipse d'un verbe avant Que.
Fam., Être toujours sur le que si, que non, Être toujours
prêt à contrarier.
Elliptiq., Qu'il fasse le moindre excès, il est malade, S'il arrive
qu'il fasse le moindre excès, il en est malade. Qu'il parle, tout se
tait, Quand il se met à parler, tout le monde se tait. Etc.
QUE, conjonction, s'emploie quelquefois avec ellipse du premier membre
de phrase, dans le titre des chapitres et des sections d'un livre, pour indiquer
De quelle matière on y traite. Que la vertu est le plus grand de tous
les biens.
Il est aussi particule de souhait, d'imprécation, de commandement, de
consentement, de répugnance, de blâme, etc.; et s'emploie avec ellipse
des verbes dont on se sert pour souhaiter, pour commander, pour consentir, etc.
Que je meure, si cela n'est pas vrai! Qu'il parte tout à l'heure! Qu'il
fasse ce qu'il lui plaira! Que je trahisse mon ami! je mourrais plutôt.
Qu'il se soit oublié à ce point! Qu'on n'ait pas eu plus de respect
pour un si grand personnage!
Il est également particule d'admiration, d'ironie, d'indignation; et
alors il signifie, Combien. Que Dieu est puissant! Que de fois je suis venu
ici! Que de services il m'a rendus! Qu'il fait beau! Que je vous trouve plaisant!
Que vous êtes importun!
Il se met aussi, dans certaines phrases exclamatives, entre un adjectif et le
verbe Être. Insensé que j'étais, de croire à leur
bonne foi! Ne voyez-vous point, aveugle que vous êtes, le piége qui
vous est tendu? On dit à peu près de même: Le fripon
qu'il était, m'emporte dix mille francs. La cruelle qu'elle est, reste
sourde à nos gémissements. Etc.
QUE, signifie encore, Pourquoi? au commencement de certaines phrases
interrogatives. Que ne se corrige-t-il? Que ne demeurez-vous? Que n'attendez-vous?
Que n'est-il plus soigneux? Que n'avez-vous soin de vos affaires? En ce sens,
il s'emploie rarement sans négation, excepté dans ces phrases: Que
tardez-vous? Que différez-vous? et quelques autres semblables.
Que sert de se flatter, de dissimuler, etc.? À quoi sert de se
flatter, de dissimuler, etc.?
QUE, est aussi corrélatif des mots Tel, quel, même, autre,
meilleur, pire, et se met toujours après. Un homme tel que vous.
Il est tel que je le voulais. Telle est sa puissance, que rien ne lui résiste.
Sa mémoire est telle, qu'il n'oublie jamais rien. Quel que soit son espoir.
Quelles que soient ses vues. Quelle faute que cette démarche! C'est bien
un autre homme que vous ne disiez. Il a bien d'autres vues que vous ne croyez.
C'est autre chose que ce que j'avais en vue. Mon habit est du même drap
que le vôtre. Votre vin est meilleur que le mien. Ce vin-là est encore
pire que le premier.
Il est également corrélatif des adverbes de comparaison, et de
quelques autres. Il est aussi modeste qu'habile. Il est plus heureux que sage.
Elle est moins jolie que sa soeur. J'en ai moins que vous n'en avez. Rien ne l'a
tant affligé que cette nouvelle. Tant plein que vide. Tant tués
que blessés. J'en ai tant, que je n'en sais que faire. Il agit autrement
que vous. Il est tellement en colère, il est si fort en colère,
qu'on aura bien de la peine à l'apaiser. Si peu que rien. Quelque grand
seigneur qu'il soit. Tout grand seigneur qu'il est. Quelque puissants qu'ils soient.
Tout riches qu'ils sont.
Fam., Que bien que mal, En partie bien, en partie mal. Il s'acquitte
de son emploi que bien que mal. Cette locution vieillit; on dit plus ordinairement,
Tant bien que mal.
QUE, signifie quelquefois, Si ce n'est. À qui puis-je confier
ce secret qu'à vous seul? Il ne peut rien résulter de vos projets,
que des fautes et des malheurs.
S'emploie dans certaines phrases avec ellipse des mots Autre chose ou
Autrement; et alors il est toujours précédé de la
négation. Ainsi on dit: Il ne cherche que la vérité,
Il ne cherche autre chose que la vérité. Il ne dit que des sottises,
Il ne dit rien autre chose que des sottises. Il ne parle que par sentences,
Il ne parle point autrement que par sentences. Il ne fait que boire et manger,
Il ne fait autre chose que boire et manger. --- Ne... que peut, dans certains
cas, être considéré comme entièrement synonyme de l'adverbe
Seulement. Je ne veux que le voir, Je veux seulement le voir.
QUE, forme en outre certaines locutions avec diverses prépositions,
conjonctions et adverbes; comme Afin que, avant que, après que, bien
que, dès que, depuis que, encore que, loin que, puisque, parce que, sans
que, à moins que, attendu que, vu que, en sorte que, d'autant que, outre
que, pourvu que, soit que, et quelques autres. Voyez AFIN, AVANT,
APRÈS, ETC.
S'emploie quelquefois avec ellipse de certaines prépositions et de certains
adverbes auxquels on a coutume de le joindre. Ainsi on dit: Approchez, que
je vous parle, Afin que je vous parle. Il ne fait point de voyage qu'il
ne lui arrive quelque accident, Sans qu'il lui arrive quelque accident. Je
lui parlai qu'il était encore au lit, Lorsqu'il était encore
au lit. Il était à peine sorti ou À peine était-il
sorti, que la maison s'écroula, Lorsque la maison s'écroula.
Il y a dix ans qu'il est parti, que je ne l'ai vu, Il s'est écoulé
dix ans depuis qu'il est parti, depuis que je ne l'ai vu. Retirez-vous, qu'il
ne vous maltraite, De peur qu'il ne vous maltraite. Je n'irai point là
que tout ne soit prêt, Avant que tout soit prêt. On le régala
que rien n'y manquait, Si bien, de telle sorte, que rien n'y manquait. Qu'il
perde son procès ou qu'il le gagne, il partira, Soit qu'il le perde,
soit qu'il le gagne. Etc. Plusieurs de ces phrases sont du langage familier.
Fam., Si j'étais que de vous, Si j'étais à votre
place. Si j'étais que de vous, je m'y prendrais de cette manière.
On dit plus ordinairement, Si j'étais de vous.
Cela ne laisse pas que d'être inquiétant. Voyez LAISSER.
QUE, se dit encore pour Comme, Quand et Si, lorsque, à des propositions
qui commencent par ces mots, on en joint d'autres de même nature. Comme
il était tard, et qu'on craignait la chute du jour... Comme c'est une chose
décidée, et que tout est prêt pour l'exécution... Quand
on est jeune, et qu'on se porte bien... Si vous le rencontrez, et qu'il vous demande
où je suis...
QUE, s'emploie quelquefois par rédondance. Que s'il m'allègue...
Que si vous m'objectez. ... S'il m'allègue, si vous m'objectez...
S'emploie souvent pour donner plus de force à ce qu'on dit. C'est
une belle chose que de garder le secret. C'est se tromper que de croire...
Dans ces exemples, on peut supprimer le que. C'est une belle chose de garder
le secret. C'est se tromper de croire... En ce sens, il s'emploie aussi devant
les substantifs, mais on ne saurait le supprimer qu'en changeant toute la construction.
Ce sont des qualités nécessaires pour régner que la douceur
et la fermeté.
QUEL , QUELLE. Adjectif
dont on se sert pour demander ce que c'est qu'une personne, qu'une chose, son
nom, ses qualités, ou pour marquer de l'incertitude, du doute. Quel
homme est-ce qu'un tel? Quel temps fait-il? En quelle monnaie vous a-t-il payé?
Quelle heure est-il? Quels arbres croissent en ce pays-là? Quel capitaine
commandait ce jour-là? Quel cheval voulez-vous? Quel profit vous en revient-il?
À quel homme pensez-vous avoir affaire? En quel état sont les choses?
Je ne sais quel homme c'est. Je ne sais quel auteur a dit... Il ne sait quel parti
prendre, de quel côté tourner. Quel est l'homme assez hardi pour....
S'emploie aussi, quelquefois, dans une phrase affirmative. Je vous ai dit
quel homme c'est. Je vous ai fait connaître quelles sont mes raisons.
Se dit aussi par exclamation. Quelle pitié! Quel malheur! Quelle disgrâce!
Quelle impudence! Quelle hardiesse! Quelle méchanceté! Quelle bonté!
Quelle taille! Quel air! Quelle douceur! Quelle folie d'agir ainsi, que d'agir
ainsi!
Quel que soit, De quelque sorte, de quelque espèce que soit ou
la personne ou la chose dont il s'agit. Quel que soit l'engagement que vous
avez. Quel qu'il soit. Quel qu'il puisse être. Quelle que soit votre intention.
Quels que soient vos desseins. Quelles que soient vos vues.
QUEL, se met quelquefois après Tel: Tel quel; et c'est
une façon de parler familière dont on se sert pour marquer qu'une
chose est médiocre dans son espèce, qu'elle est plutôt mauvaise
que bonne. C'est un avocat, un prédicateur tel quel. On leur donne du
vin tel quel. Des étoffes telles quelles.
QUELCONQUE . adj. des deux genres
Quel que ce soit, quel qu'il soit, quelle qu'elle soit. S'emploie, en général,
avec la négation, et il se place toujours après le substantif. Il
ne lui est demeuré chose quelconque. Il n'a mal quelconque. Il n'y a homme
quelconque qui ne sache cela. Il n'y a raison quelconque qui puisse l'y obliger.
Il n'y a pouvoir quelconque qui m'obligeât à cela. En termes
de Palais, Nonobstant opposition ou appellation quelconque.
Se dit sans négation dans le style didactique, pour signifier, Quel qu'il
soit, quelle qu'elle soit; et alors il a un pluriel. Une ligne quelconque étant
donnée. Deux points quelconques étant donnés. Donnez-moi
un point quelconque, une ligne quelconque.
S'emploie quelquefois de même dans la conversation. D'une manière
quelconque. Donnez-en une raison quelconque. Prendre un prétexte quelconque.
QUELLEMENT . adv.
Il ne s'emploie que dans cette locution familière, Tellement quellement,
Ni fort bien ni fort mal, mais plutôt mal que bien. Il fait son devoir,
il s'acquitte de ses fonctions tellement quellement. Je me porte tellement quellement.
QUELQUE . adj. des deux genres
Un ou plusieurs, entre un plus grand nombre. Si cela était, quelque
historien en aurait parlé. Connaissez-vous quelque personne qui soit de
cet avis? Savez-vous quelque chose qu'on puisse lui reprocher? Cela serait bon
à quelque dupe, à quelque sot. Adressez-vous à quelque autre
personne, à quelque autre. Quelques écrivains ont traité
ce sujet. Il possède quelques arpents de terre dans ce pays.
Fam. et par ellipse, Quelque sot, Je ne suis pas assez sot pour faire,
pour dire cela.
Quelque chose. Voyez CHOSE.
QUELQUE, sert aussi à indiquer un petit nombre, une quantité
peu considérable. Cette affaire souffre quelque difficulté. Il
a quelque sujet, quelque petit sujet de se plaindre. Il y a quelque apparence
à cela. Il vous en coûtera quelques écus. Cela me fait quelque
peine. Il y a quelque temps. Il y a quelques années.
Il se joint aussi avec Peu. Quelque peu d'argent, quelque peu d'amitié,
Un peu d'argent, un peu d'amitié.
QUELQUE, signifie encore, Quel que soit le, quelle que soit la. Quelque
raison qu'on ait à faire valoir, il ne veut rien écouter. Quelques
efforts que vous fassiez. De quelque sorte, de quelque manière qu'on prenne
la chose. Quelque remède qu'on lui donne. Quelque part qu'il soit. Quelque
soin qu'on prenne. De quelque religion, de quelque pays qu'il soit. Quelque chose
qui arrive. De quelque péril que vous soyez menacé. Quelque peu
d'argent qu'il ait. Quelques grands biens que vous ayez.
QUELQUE, s'emploie aussi comme adverbe, alors il se joint toujours avec
un adjectif ou un adverbe, et il signifie, A quelque point que, à quelque
degré que. Quelque sage, quelque riche, quelque préoccupé
qu'il soit. Quelque belle qu'elle puisse être. Quelque puissants qu'ils
soient, je ne les crains point. Quelque bien qu'il se conduise. Quelque adroitement
qu'il s'y prenne.
Il signifie encore, Environ, à peu près. Il y a quelque soixante
ans.
QUELQUEFOIS . adv.
De fois à autre, parfois. Cela est arrivé quelquefois. Il va
quelquefois à pied, quelquefois en voiture.
QUELQU'UN , UNE. s.
Un, une entre plusieurs. Nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un.
Plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons quelqu'une.
QUELQU'UN pris absolument, s'emploie pour les deux genres, et signifie,
Une personne. Quelqu'un m'a dit. Il viendra quelqu'un. J'attends ici quelqu'un.
QUELQUES-UNS, au pluriel, Plusieurs dans un plus grand nombre. Entre
les nouvelles qu'il a débitées, il y en a quelques-unes de vraies.
Quelques-uns assurent le contraire.
QUÉMANDER . v. n.
Mendier par pure fainéantise, mendier clandestinement. Se dit particulièrement
De ceux qui font métier d'aller demander l'aumône dans les maisons.
Il a vieilli.
QUÉMANDEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui quémande. Il a vieilli.
QU'EN-DIRA-T-ON .s.m.
Les propos que pourra tenir le public. Il est toujours précédé
de l'article Le. Se moquer du qu'en-dira-t-on. Se mettre au-dessus du qu'en-dira-t-on.
Mépriser le qu'en-dira-t-on. Il est familier.
QUENOTTE . s. f.
Dent de petit enfant. Cet enfant a mal à ses quenottes. De belles,
de jolies quenottes. Il est très-familier.
QUENOUILLE . s. f.
Sorte de petite canne ou de bâton, que l'on entoure, vers le haut, de
soie, de chanvre, de lin, de laine, etc., pour filer. Charger une quenouille.
Coiffer une quenouille. Monter une quenouille. Une quenouille et un fuseau.
Se dit aussi de La soie, du chanvre, du lin, de la laine dont une quenouille
est chargée. Filer une quenouille. Elle a achevé sa quenouille.
Elle ne se mêle que de filer sa quenouille.
Prov., Allez filer votre quenouille, se dit À une femme qui veut
se mêler de choses qui passent sa capacité.
Fig., Cette maison est tombée en quenouille, Une fille en est
devenue héritière. On dit dans le même sens, Le royaume
de France ne tombe point en quenouille, Les filles ne sont point appelées
à succéder au trône de France.
Fig. et fam., L'esprit est tombé en quenouille dans cette famille,
Les filles y ont plus d'esprit que les garçons.
Quenouilles de lit, Les colonnes, les piliers qui sont aux quatre coins
de certains lits. Attacher quelqu'un à la quenouille d'un lit. Quenouilles
dorées. On ne voit plus guère de lits à quenouilles que chez
les gens de la campagne.
QUENOUILLE, se dit, en Agriculture, Des arbres fruitiers qui sont taillés
de manière que le branchage se rapproche de la forme d'une quenouille.
J'ai fait planter des quenouilles qui n'ont pas réussi.
QUENOUILLÉE . s. f.
La quantité de laine, de chanvre, etc., nécessaire pour garnir
une quenouille.
QUÉRABLE . adj.
.Jurispr. Rente ou Redevance quérable, Celle que le créancier
doit aller chercher, par opposition à Rente ou Redevance portable,
Celle que le débiteur doit acquitter dans un lieu désigné
par le titre. On dit aussi, Requérable.
QUERCITRON .s.m.
.Bot. Espèce de chêne vert de l'Amérique septentrionale,
dont l'écorce sert à teindre en jaune.
QUERELLE . s. f.
Contestation, démêlé, dispute mêlée d'aigreur
et d'animosité. Grande querelle. Grosse querelle. Petite, légère,
violente, sanglante querelle. Vieille querelle. Querelle de famille. Querelle
héréditaire. Querelle de ménage. Querelle de dix ans, de
vingt ans. Avoir querelle avec quelqu'un. Être en querelle avec quelqu'un.
Faire querelle, chercher querelle à quelqu'un. Susciter une querelle à
quelqu'un. Exciter une querelle. Prendre querelle. Ils prirent querelle au jeu,
sur le jeu. Accorder une querelle, des querelles. Terminer, apaiser, assoupir
une querelle. Semer des querelles. Renouveler, réveiller une querelle.
Mettre des gens en querelle. Voilà le sujet de leur querelle. C'est ce
qui a fait leur querelle. Le commencement, l'origine de la querelle. Sur la fin
de leur querelle. Il a une grande querelle sur les bras. La querelle se renouvela,
se ralluma. Vider une querelle par le combat. Il s'est fait des querelles, qu'il
les démêle tout seul. Il engage ses amis dans ses querelles. Je ne
veux point de querelle. Il y a querelle entre eux. Ils sont en querelle.
Entrer dans une querelle, S'intéresser dans une querelle, y prendre
parti.
Embrasser, épouser, prendre la querelle de quelqu'un, Prendre
le parti de quelqu'un contre ceux avec qui il a querelle. Prendre querelle
pour quelqu'un, Déclarer qu'on entreprend de le venger de ceux qui
l'ont offensé, prendre son parti avec chaleur, malmener ceux qui sont contre
lui.
Prov., Querelle d'Allemand, Querelle faite légèrement,
sans sujet. Il cherchait à lui faire une querelle d'Allemand. Il m'a
fait une querelle d'Allemand.
En termes de Droit romain, Querelle d'inofficiosité. Voyez INOFFICIOSITÉ.
QUERELLER . v. a.
Faire querelle à quelqu'un. Il est venu nous quereller mal à
propos. Ne querellez personne.
S'emploie aussi avec le pronom réciproque, et signifie, Disputer l'un
contre l'autre avec des paroles aigres. Ces gens se sont querellés.
Ils se querellent toujours.
QUERELLER, signifie encore, Gronder, réprimander. Son père
l'a querellé. C'est un homme qui querelle toujours ses domestiques.
S'emploie aussi absolument. Cet homme aime fort à quereller. Ne querellons
point.
QUERELLÉ, ÉE. participe
QUERELLEUR , EUSE. adj.
Qui fait, qui cherche souvent querelle aux gens. C'est un homme fort querelleur.
Il est faible et querelleur. Cette femme est méchante et querelleuse.
Il est quelquefois substantif. C'est un grand querelleur. C'est une querelleuse
perpétuelle.
QUÉRIMONIE . s. f.
(On prononce Cué.) T. d'Officialité. Requête présentée
au juge d'Église, pour obtenir la permission de faire publier un monitoire.
QUERIR . v. a.
Chercher avec charge d'amener la personne, ou d'apporter la chose dont il est
question. Il ne s'emploie qu'à l'infinitif, et avec les verbes Aller,
venir, envoyer. Allez me querir un tel. Il est allé querir du vin. Je l'ai
envoyé querir. Envoyez-nous querir telle chose. Il m'est venu querir de
la part d'un tel. Il a vieilli.
Prov. et pop., Il serait bon à aller querir la mort, se dit De
quelqu'un qui tarde long-temps à revenir, à faire une commission
dont on l'a chargé; et, en général, D'une personne lente.
QUESTEUR .s.m.
(On prononce Cués.) T. d'Antiq. romaine. C'était le nom
de Certains magistrats chargés, à Rome, dans les armées ou
dans les provinces, de l'administration des finances, et de diverses autres fonctions,
comme de recevoir les ambassadeurs, etc. Les questeurs donnaient au peuple
les combats de gladiateurs, et en faisaient les frais. La tente du questeur, dans
les camps, était toujours voisine de celle du général. Un
proconsul et son questeur. Sylla porta jusqu'à vingt le nombre des questeurs
provinciaux. Cécilius fut questeur de Verrès. Cicéron fut
questeur de Sicile.
QUESTEUR, se dit, dans certains corps, Des membres qui sont chargés
de diriger et de surveiller l'emploi des fonds. Il est un des questeurs de
la chambre des députés.
QUESTION . s. f.
Interrogation, demande que l'on fait pour s'éclaircir de quelque chose.
Il m'a fait cent questions. Il m'a fait question sur question. Accabler, presser,
pousser quelqu'un de questions. Qu'avez-vous répondu à cette question?
C'est une question captieuse. Ce n'est pas là une question à faire.
Vous éludez ma question. Je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris votre
question. Ma question est restée sans réponse.
Ironiq., Belle question! se dit À une personne qui fait une question
inutile ou ridicule. On dit dans le même sens, Quelle question!
QUESTION, se dit aussi d'Une proposition qu'il y a lieu d'examiner, de
discuter. Question de logique, de physique, de théologie, de morale,
d'histoire, de jurisprudence, etc. Grande question. Question difficile, importante,
épineuse. Question intéressante, curieuse. Question problématique.
Question insoluble. Question simple. Question composée ou complexe.
Examiner, traiter, agiter une question. Diviser une question. Proposer une question.
Résoudre une question. Vider la question. Soulever une question. Détourner,
déplacer une question. Vous embrouillez la question, au lieu de l'éclaircir.
La question roule sur ce que... De cette question, il en naît plusieurs
autres. Vous donnez pour réponse ce qui est en question. Cela est hors
de doute, il ne faut pas le mettre en question. Question de droit. Question de
fait. Question d'état. Toute la question se réduit à ce point.
Voilà le noeud, le point de la question. Vous n'entendez pas la question.
Ce n'est pas là la question. Vous n'êtes pas dans la question. Vous
êtes hors de la question. Entrer dans la question. Sortir de la question.
Revenir à la question. Rentrer dans la question. Je vous rappelle à
la question. Aborder la question. Poser l'état de la question. Changer
l'état de la question. Mettre une question sur le tapis. La question a
été jugée, décidée. Ce n'est pas, ce n'est
plus une question. Le ferai-je ou ne le ferai-je pas? c'est la question, voilà
la question, toute la question.
Il est question, il n'est pas question de, Il s'agit, ou il ne s'agit
pas de. Il n'est pas question de ce que vous avez dit, mais de ce que vous
avez fait. Il est question de savoir s'il le voudra. De quoi est-il question?
On dit de même: Voici la chose, la personne dont il est question, dont
est question; et fam., Voici la personne en question.
Dans le langage des délibérations publiques, Demander la question
préalable, Demander qu'on décide s'il y a ou s'il n'y a pas
lieu de délibérer sur une proposition qui vient d'être faite;
et, dans l'usage ordinaire, Demander qu'on ne délibère pas sur cette
proposition. On dit de même, Cette proposition fut écartée
par la question préalable.
QUESTION, signifie aussi, La torture, la gêne donnée aux
accusés et aux condamnés, en matière criminelle, pour leur
arracher des aveux. Question ordinaire, extraordinaire. Question préparatoire.
Question préalable. Présenter un criminel à la question.
On l'a mis, on l'a appliqué à la question pour lui faire déclarer
ses complices. Donner la question avec l'eau. Donner la question avec les brodequins.
Il a eu la question si rudement, qu'il en est tout disloqué, tout rompu.
Souffrir la question. Il a tout avoué à la question. Louis XVI abolit
la question préparatoire.
Pop., Il ne faut pas lui donner la question pour lui faire dire tout ce qu'il
sait, se dit D'un homme qui parle trop, et qui dit tous ses secrets.
QUESTIONNAIRE .s.m.
Celui qui donnait la question aux accusés et aux condamnés.
QUESTIONNER . v. a.
Interroger quelqu'un, lui faire des questions. Je l'ai questionné
sur plusieurs choses. Il m'est venu questionner. Avec le pronom réciproque,
Se questionner l'un l'autre.
Il se prend souvent en mauvaise part, et se dit De ceux qui ont coutume de faire
des questions importunes. Cet homme-là ne fait que questionner.
QUESTIONNÉ, ÉE. participe
QUESTIONNEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui fait sans cesse des questions. C'est un des plus grands
questionneurs qu'on ait jamais vus. C'est un rude questionneur, un importun questionneur
C'est une questionneuse insupportable. On l'emploie quelquefois adjectivement.
Cette femme est bien questionneuse.
QUESTURE . s. f.
(On prononce Cués.) Dignité, charge de questeur. Exercer
la questure. César brigua la questure. Il est un des candidats pour la
questure de la chambre des députés.
Se dit aussi de La durée des fonctions de questeur. Telle chose s'est
faite sous sa questure.
Se dit encore Du bureau des questeurs d'une assemblée. Aller à
la questure de la chambre des députés.
QUÊTE . s. f.
Action par laquelle on cherche. Il y a longtemps que je suis en quête
d'un tel, en quête de telle chose. Se mettre en quête. Après
une si pénible et si longue quête.
Se dit, en termes de Chasse, de L'action d'un valet de limier qui va détourner
une bête pour la lancer, et de L'action du chien qui démêle
la voie d'un cerf, d'un sanglier, etc., qu'on veut détourner. Aller
en quête. Un limier bon pour la quête.
Se dit de même en parlant De la chasse des perdrix. Un épagneul
bon pour la quête. Ce chien est trop vif, trop ardent, il n'est pas bon
pour la quête. Ce chien a la quête brillante, a une fort belle quête.
QUÊTE, signifie aussi, L'action de demander et de recueillir des
aumônes pour les pauvres, ou pour des oeuvres pieuses. Faire la quête
dans l'église, dans les maisons, pour les réparations de l'église,
pour les pauvres. Elle n'a trouvé, elle n'a fait que tant dans sa quête.
Les religieux des ordres mendiants vont à la quête.
QUÊTE . s. f.
.Marine. Saillie que font l'étrave et l'étambot hors de la quille.
QUÊTER . v. a.
.Chasse. Chercher. Quêter un cerf, un sanglier, un lièvre. Quêter
des perdrix.
S'emploie quelquefois absolument. Nous avons quêté tout le matin
sans rien trouver. Un épagneul qui quête bien.
Fig., Quêter des louanges, des suffrages, etc., Chercher à
se faire donner des louanges, des suffrages, etc. On dit de même, Quêter
des voix, des suffrages pour quelqu'un.
QUÊTER, signifie aussi, Demander et recueillir des aumônes.
On a prié cette dame de quêter. Les religieux mendiants obtinrent
la permission de quêter dans la ville. Quêter de porte en porte.
QUÊTÉ, ÉE. participe
QUÊTEUR , EUSE. s.
Celui, celle qui quête pour quelqu'un. Il y avait plusieurs quêteurs
à la suite les uns des autres. Une quêteuse. Cette quêteuse
a fait beaucoup d'argent. Dans les ordres mendiants, il y a des frères
quêteurs qui quêtent pour leur couvent.
QUEUE . s. f.
La partie qui termine le corps de la plupart des animaux, par derrière.
Il signifie, en parlant Des quadrupèdes, Cette partie qui est un prolongement
de l'épine du dos. Le bout de la queue. Le tronc de la queue. Le noeud
de la queue. La queue d'un cheval, d'un taureau, d'un mouton, d'un renard. Grosse
queue. Courte queue. Queue épaisse. Chevaux à longue queue, à
courte queue. Les chevaux s'émouchent avec leur queue, de leur queue. Ce
chien remue la queue, flatte de la queue. Couper la queue à un cheval,
à un chien. Un lion qui se bat les flancs de sa queue, avec sa queue. Couper
un noeud de la queue à un cheval.
Queue prenante, La queue de certains animaux qui peut s'enrouler avec
force autour des objets, et dont ils se servent pour s'attacher, pour se suspendre.
Singe à queue prenante.
En parlant Des chevaux, Queue à l'anglaise, Celle qui a été
coupée selon la méthode anglaise. Queue en catogan, Celle
qui a été coupée très-court, près de la racine.
Queue en balai, Celle dont les crins sont plus abondants à la partie
inférieure qu'à la partie supérieure. Queue de rat,
Celle qui est dégarnie de crins. Queue en trompe, Celle qui est
relevée dans l'exercice. Les chevaux arabes portent la queue en trompe.
Chez les Turcs, Pacha à une queue, à deux queues, à
trois queues, Pacha qui a droit de faire porter devant lui une queue, deux
queues, trois queues de cheval, comme marques de sa dignité. Voyez
TOUG.
Queue de mouton, Pièce de viande qui est prise du quartier de
derrière d'un mouton, et où ordinairement la queue tient. Servir
une queue de mouton. Quand on dit, Un ragoût de queues de mouton,
on ne veut parler que des queues seules.
Queue de martre, La peau et le poil de la queue d'une martre, passée
et accommodée, pour servir de fourrure. Une robe garnie de queues de
martre.
Prov. et fig., Brider son cheval, son âne par la queue, S'y prendre
maladroitement et à contre-sens dans une affaire.
Prov., fig. et pop., Il s'en est retourné honteusement la queue entre
les jambes, se dit D'un homme qui a paru confus de ce qu'une affaire ne lui
avait pas réussi.
Prov. et fig., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit Lorsqu'un
homme arrive dans une société, au moment où l'on parle de
lui.
Prov. et fig., Tirer le diable par la queue, Avoir beaucoup de peine
à se procurer de quoi vivre.
Queue-de-cheval, Plante. Voyez PRÊLE.
Queue-de-cochon, Tarière terminée en vrille, qui sert dans
différents métiers.
Queue-de-lion, ou Léonurus, Plante labiée qui croît
principalement en Afrique, et dont les fleurs, d'un beau rouge de feu, naissent
en verticilles à l'extrémité des rameaux.
Queue-de-pourceau, Plante ombellifère dont la racine est grosse,
longue, et pleine d'un suc jaune fétide.
Queue-de-rat, Lime ronde, terminée en pointe, qui sert à
agrandir et à limer des trous. --- En termes d'Art vétérinaire,
Espèce de dartre allongée qui survient aux jambes des chevaux, et
qui forme une ligne dégarnie de poil. --- En termes de Marine, Forme que
l'on donne au bout d'une manoeuvre, en la travaillant en pointe, pour faciliter
son entrée dans certaines poulies ou conduits. Faire une queue-de-rat.
Cordage en queue-de-rat, terminé en queue-de-rat.
Queue-du-chat, Figure de contredanse. Allez en avant à quatre,
et faites la queue-du-chat.
Queue-de-renard, Petite plante à laquelle on trouve quelque ressemblance
avec la queue du renard, et qui vient ordinairement dans les lieux humides.
Queue-de-souris, Plante qui croît dans les champs, les prés
et les jardins, et qui porte des fleurs dont le réceptacle s'allonge après
la floraison, de manière à prendre la forme d'une queue de souris.
QUEUE, en parlant Des oiseaux, se dit Des grandes plumes qui leur sortent
du croupion, et qui leur servent ordinairement comme de gouvernail pour se conduire
dans l'air. La queue des hirondelles est fourchée. Cela est fait en
queue d'hirondelle. Une queue de paon. Un coq qui a une belle queue.
Queue-d'aronde, Espèce de tenon, en queue d'hirondelle, fait à
une pièce de bois ou de fer, et qui doit entrer dans une entaille de même
forme. Assemblage à queue-d'aronde.
QUEUE, en parlant Des poissons, des serpents, et de quelques insectes,
désigne La partie qui s'étend du ventre jusqu'à l'extrémité
opposée à la tête. Queue de morue. Queue de saumon. Le
scorpion pique de la queue. Une baleine peut renverser une barque d'un coup de
queue. Un serpent qui se mord la queue était, chez les Égyptiens,
le symbole de l'année.
Prov. et fig., À la queue gît le venin, ou Le venin est
à la queue, se dit par allusion à la croyance populaire que
certains serpents ont le venin dans la queue, et signifie que, Dans certaines
affaires, dans certaines maladies, etc., c'est la fin qui recèle un danger
dont il faut se défier.
Prov. et fig., Écorcher l'anguille par la queue, Commencer par
l'endroit le plus difficile, et par où l'on devrait finir. Il n'y a
rien de plus difficile à écorcher que la queue, Souvent, dans
les affaires, c'est au moment de les terminer que se présentent les plus
grandes difficultés. On dit dans un sens analogue, La queue en sera
difficile à écorcher.
QUEUE, se dit aussi en parlant Des fleurs, des feuilles, des fruits,
et signifie, Cette partie par laquelle ils tiennent aux arbres, aux plantes. La
queue des violettes, des roses, etc. La queue des melons, des poires, etc. Il
ne faut pas couper la queue des fruits qu'on veut garder. Cerises à courte
queue. En parlant De certaines fleurs, comme les tulipes, les lis, les narcisses,
on appelle Queue, lorsqu'elles sont cueillies, ce qu'on nomme Tige
dans ces mêmes fleurs, lorsqu'elles sont encore sur pied.
Prov. et pop., Il n'en reste, il n'en est pas resté la queue d'un,
d'une, Il n'en reste, il n'en est resté aucun, aucune. Tous les
lapins de cette garenne ont été détruits, il n'en reste pas
la queue d'un. Ils ont dérobé toutes mes pêches, toutes mes
poires, il n'en est pas resté la queue d'une.
QUEUE, en parlant Des hommes, se dit Des cheveux de derrière,
lorsqu'ils sont attachés avec un cordon et couverts d'un ruban roulé
tout autour. Se faire faire la queue. Il a quitté la queue pour les
cheveux courts. On a porte autrefois les deux queues. Une perruque à queue.
Ruban de queue.
QUEUE, se dit encore de Plusieurs autres choses qui ressemblent en quelque
façon à une queue.
En termes de Chancellerie, Lettres scellées sur simple queue,
Celles dont le sceau est sur cette partie du parchemin qu'on coupe en forme de
queue pour y attacher le sceau; et, Lettres scellées sur double queue,
Celles dont le sceau est sur une bande de parchemin qui passe au travers des lettres.
La queue d'un g, d'un p, d'un q, etc., Ce qui excède par en bas
le corps de ces différentes lettres.
La queue d'une note, Le trait qui tient au corps de la note, et qui monte
ou descend perpendiculairement à travers la portée.
La queue d'une comète, La longue traînée de lumière
qui suit le corps de la comète. Une comète à longue queue.
Cette comète avait la queue tournée vers l'orient.
La queue d'une poêle, La longue pièce de fer qui sert à
tenir une poêle. On dit de même, La queue d'un gril, d'une casserole,
d'une lèchefrite, etc.
Prov. et fig., Il n'y en a point de si empêché que celui qui
tient la queue de la poêle, Celui qui est le principal agent d'une affaire,
est le plus embarrassé.
La queue d'un moulin, Cette grande pièce de bois qui sert à
faire tourner un moulin à vent sur son pivot.
Piano à queue, Piano dont la forme se rapproche beaucoup de celle
des anciens clavecins, et dont les cordes se prolongent horizontalement sur une
surface plus étendue que dans les pianos ordinaires.
La queue d'un manteau, d'une robe, etc., L'extrémité d'un
manteau, d'une robe, etc., lorsqu'elle traîne par derrière. Robe
à queue, à queue traînante. Les prélats, les princesses,
etc., se font porter la queue. La queue d'une chape de cardinal.
QUEUE, en Architecture, L'extrémité d'une pierre longue
qui entre dans la construction d'un mur ou d'une voûte. Cette pierre,
ce claveau n'a pas assez de queue.
QUEUE, au Jeu de billard, Instrument dont on se sert le plus communément
à ce jeu pour pousser les billes. Une bonne queue. Le gros, le petit
bout d'une queue. Il joue mieux de masse que de queue. Se servir de la grande
queue. On appelait autrefois Queue du billard, Le petit bout de l'instrument
de ce nom qui servait au même usage.
Queue à procédé, Celle dont le petit bout est garni
d'un morceau de cuir, et avec laquelle on exécute des coups qui seraient
impossibles avec la queue ordinaire, tels que celui d'imprimer à la bille
un mouvement composé et rétrograde.
Faire fausse queue, Toucher la bille à faux avec la queue.
QUEUE, s'emploie figurément pour signifier, Le bout, la fin de
quelque chose. La queue d'un étang. À la queue du bois, de la
forêt. La queue de l'hiver a été rude. Le proverbe dit: Mi-mai,
queue d'hiver.
Fam., La queue d'une affaire, Les derniers soins qu'elle exige quelquefois,
après qu'elle semble terminée. Cette affaire aura une longue
queue.
Fam., Ne point laisser, ne point faire de queue dans un payement, Effectuer
ce payement en entier.
Fam., On a pris cette affaire par la tête et par la queue, On l'a
tournée et examinée de toutes les manières.
Prov. et fig., Prendre le roman par la queue, Avant le mariage, vivre
maritalement.
QUEUE, à certains Jeux, se dit d'Une somme indépendante
de l'enjeu principal. Au Piquet à écrire, par exemple, on appelle
Queue des jetons, La totalité des jetons qu'on a mis aux paris;
et Queue des paris, Ce qui revient au joueur qui a gagné le plus
de paris. Mettre à la queue. Voyez PARI.
QUEUE, signifie aussi, La dernière partie, les derniers rangs
de quelque corps, de quelque compagnie. La queue d'une procession, d'un cortége.
La queue d'un régiment, d'une armée. C'est le dernier reçu,
il est à la queue, tout à la queue. Se mettre à la queue.
Mettre un soldat à la queue de la compagnie pour fait d'indiscipline. Prendre
la queue. Charger une armée, un régiment, etc., en queue. Donner
en queue. Donner sur la queue d'une armée. Prendre en flanc et en queue.
La queue d'une flotte.
À la queue, en queue, signifie quelquefois, À la suite,
immédiatement après. Il était à la queue de la
tranchée, à la queue des travailleurs. Le bagage suivait en queue,
était à la queue. Ce régiment était à la queue
des chariots. Il suit en queue. C'est un bon chasseur, il est toujours à
la queue des chiens.
À la queue, en queue, signifie encore, À la poursuite de
quelqu'un, aux trousses de quelqu'un. Avoir les ennemis en queue. Il a fait
un mauvais coup, les gendarmes sont à sa queue. Il a les gendarmes en queue.
Laissez-moi faire, je lui mettrai en queue un homme qui le fera bien aller.
Les trois dernières phrases sont du style familier et vieillissent.
Fam., Faire queue, Se ranger par ordre, les uns derrière les autres,
afin de passer chacun à son tour à une audience, à une distribution,
etc. On faisait queue à la porte des boulangers. Il est fort ennuyeux
de faire queue à la porte d'un spectacle. On dit de même: La
queue s'étendait jusqu'à tel endroit. Se mettre à la queue.
Aller à la queue. Etc.
Queue à queue, À la file, immédiatement l'un après
l'autre. Ces loups se suivaient queue à queue. Attacher des chevaux
queue à queue. Ces bateaux étaient queue à queue.
Fig., À la queue leu leu. Jeu d'enfants, ainsi appelé parce
qu'à ce jeu on marche à la suite les uns des autres, comme marchent
les loups, qu'on appelait autrefois Leux.
Fam., Ils sont venus à la queue leu leu, Ils sont venus à
la suite les uns des autres.
QUEUE . s. f.
Sorte de futaille contenant environ un muid et demi. Mettre du vin dans des
queues. C'est un vin qui se vend cent écus la queue. Défoncer une
queue de vin. Les maraudeurs lui burent deux ou trois queues de vin en un jour.
Demi-queue, Futaille contenant la moitié de ce que contient une
queue. Il a mis son vin dans des demi-queues.
QUEUE . s. f.
Sorte de pierre à aiguiser. Il faut repasser ce rasoir sur la queue.
Queue à faux. Queue à l'huile. On écrit aussi, Queux.
QUEUSSI-QUEUMI . loc. adv. et fam.
Absolument de même. Ce remède ne lui fera pas plus de bien que
les autres; ce sera queussi-queumi. Vous avez entendu ce qu'il vient de dire;
eh bien, moi, je dis queussi-queumi.
QUEUTER . v. n.
.Billard. Pousser d'un seul coup les deux billes avec sa queue. Quand on
queute, on perd un point, et si l'on fait la bille, elle ne compte pas.
QUEUX .s.m.
Vieux mot qui signifiait autrefois, Cuisinier. Les traiteurs de Paris se
qualifiaient de maîtres queux. Il y avait des maîtres queux dans la
maison du roi.
QUEUX, signifie aussi, Pierre à aiguiser. On écrit plus
ordinairement, Queue.
QUI . Pronom relatif des deux genres et des deux nombres
Lequel, laquelle. L'homme qui raisonne. La femme qui a soin de son ménage.
Le livre qui traite de cette matière. Le meuble qui renferme ces objets.
Précédé d'une préposition, il ne s'emploie ordinairement
qu'en parlant Des personnes. Celui, celle de qui je parle, à qui j'ai
donné cela. Les gens à qui j'ai appris cette nouvelle, à
qui j'ai dit votre affaire. Celui pour qui, contre qui je plaide. C'est vous à
qui je parle. On dit plus ordinairement, C'est à vous que je parle.
S'emploie aussi d'une manière absolue. Je croirai qui vous voudrez.
Je m'en rapporte à qui vous voudrez. Vous trouverez à qui parler.
Aimez qui vous aime. Jouera qui voudra. Je nommerai à cette place qui je
voudrai. On ne sait qui meurt ni qui vit. Qui observera les commandements de Dieu,
sera sauvé. Qui prend, s'engage. Voilà qui vous en dira des nouvelles.
C'est à qui l'aura. C'est à qui mieux mieux. On est entré
secrètement; devinez qui. Cherchez qui. Dites-moi qui. J'ignore qui a fait
cela. Je ne me souviens plus qui c'est. Je ne sais qui m'a dit cela. Je ne sais
qui. Il tient cela de je ne sais plus qui.
S'emploie quelquefois de cette même manière en parlant Des choses.
Voilà qui est beau. Voici qui me plaît. Voici qui va bien. Qui
plus est. Qui pis est.
Subst. et fam., Un je ne sais qui, Un homme de nulle considération.
Il est toujours avec des je ne sais qui.
Qui que ce soit, qui que ce puisse être, etc., Quiconque, quelque
personne que ce soit, etc. Qui que ce soit, qui que ce puisse être qui
ait fait cela, c'est un habile homme. Qui que ce soit qui vous l'ait dit, il s'est
trompé. Quand il est employé avec la négative, il signifie,
Nul, aucune personne. Il n'y a qui que ce soit. Je n'y ai trouvé qui
que ce soit.
QUI, s'emploie encore absolument, et par interrogation, pour dire, Quel
homme, quelle personne? Qui d'entre vous oserait? À qui pensez-vous
parler? Avare, pour qui amassez-vous tant d'argent? Je connais un homme capable
d'en prendre soin; et qui? me dit-il. Qui l'aurait cru? Qui vous l'a dit? Qui
est là? Qui va là? Qui vive? Qui sont ceux qui prétendent
à cette place? Qui demandez-vous? Qui a fait cela?
QUI, répété, est quelquefois distributif, et signifie,
Ceux-ci, ceux-là, les uns, les autres. Ils étaient dispersés
qui çà, qui là. Qui d'un côté, qui de l'autre.
Ils coururent aux armes, et se saisirent, qui d'une épée, qui d'une
pique, qui d'une hallebarde. Il vieillit dans cette acception; cependant on
en fait encore usage quelquefois dans la poésie familière.
QUIA
(On prononce Cuia.) T. emprunté du latin. Il n'est usité
que dans ces phrases proverbiales, Être à quia, mettre à
quia, Être réduit ou réduire quelqu'un à ne pouvoir
répondre. Il l'a mis à quia. Il est à quia.
QUIBUS .s.m.
(On prononce Cuibusse.) Terme populaire qui n'est guère usité
que dans cette phrase, Avoir du quibus, Être riche.
QUICONQUE . Pronom masculin indéfini
qui n'a point de pluriel. Toute personne qui, quelque personne que ce soit qui.
Quiconque n'observera pas cette loi, sera puni. La loi porte que quiconque
fera, dira... Quiconque passe par là, doit payer tant. J'ai promis de le
protéger contre quiconque l'attaquerait.
Il est quelquefois féminin, et peut être suivi d'un adjectif de
ce genre, lorsqu'il a déterminément rapport à une femme.
Mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je
l'en ferai repentir.
QUIDAM, QUIDANE. s.
(On prononce Kidan.) T. de Palais et d'Officialité, emprunté
du latin. S'emploie dans les monitoires, procès-verbaux, informations,
etc., pour désigner Les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime point
le nom. Sur la plainte qu'on nous a faite qu'un certain quidam, que certain
quidam, vêtu de telle manière. .. Il aurait appris de certains quidams,
d'une certaine quidane, que... Lesdits deux quidams. Lesdites deux quidanes.
QUIDAM, se dit quelquefois encore par mépris, dans la conversation.
Je fus accosté par un certain quidam, par un quidam de mauvaise mine.
On n'emploie jamais de cette manière le féminin Quidane.
QUIDDITÉ . s. f.
(On prononce Cui, et on fait sentir les deux D.) .Philosophie scolastique.
Ce qu'une chose est en elle-même.
QUIESCENT, ENTE. adj.
(On prononce Cui.) .Gram. hébraïque. Se dit Des lettres qui
ne se prononcent point. Lettres quiescentes.
QUIET, ÈTE. adj.
(On prononce Cui dans ce mot et dans les deux suivants.) adj. Tranquille,
calme, point agité. Une âme quiète. Il est vieux.
QUIÉTISME .s.m.
Erreur de certains mystiques, qui, par une fausse spiritualité, font
consister toute la perfection chrétienne dans le repos ou l'inaction complète
de l'âme, et négligent entièrement les oeuvres extérieures.
QUIÉTISTE . adj. des deux genres
Qui suit les erreurs du quiétisme. Ce directeur est quiétiste.
Il est aussi substantif. C'est un quiétiste.
QUIÉTUDE . s. f.
T. du langage mystique. Tranquillité, repos. La grâce, l'amour
de Dieu met l'esprit dans une entière quiétude, dans une parfaite
quiétude, donne une entière quiétude d'esprit. Oraison de
quiétude.
S'emploie aussi quelquefois dans le langage ordinaire. Vivre à la
campagne dans une douce quiétude. Être dans une grande quiétude.
QUIGNON .s.m.
Gros morceau de pain. Il mange un quignon de pain, un gros quignon de pain
à son déjeuner. Il est familier.
QUILLAGE .s.m.
(On mouille les L dans ce mot et les suivants.) Il n'est usité que dans
cette locution, Droit de quillage, Droit que les navires marchands payent
dans les ports de France la première fois qu'ils y entrent.
QUILLE . s. f.
.Marine. Longue pièce de bois qui va de la poupe à la proue d'un
navire, et qui lui sert comme de fondement. La quille d'un vaisseau. Ce vaisseau
a cent pieds de quille.
QUILLE . s. f.
Morceau de bois long et rond, plus mince par le haut que par le bas, servant
à un jeu où il y a neuf de ces morceaux de bois, qu'on range ordinairement
trois à trois en carré, pour les abattre avec une boule. Grosses
quilles. Petites quilles. La boule et les quilles. Un jeu de quilles. Jouer aux
quilles. Un joueur de quilles. Faire tant de quilles de venue, tant de quilles
de rabat. Faire les neuf quilles. Abattre des quilles. Un homme qui se tient droit
comme une quille. Il est planté là comme une quille.
Prov., fig. et pop., Recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles,
Lui faire un très-mauvais accueil.
Prov., fig. et pop., Prendre, trousser son sac et ses quilles, Plier
bagage, se sauver, se retirer promptement. Donner à quelqu'un son sac
et ses quilles, Le chasser. Ne laisser aux autres que le sac et les quilles,
Prendre pour soi ce qu'il y a de meilleur, et n'abandonner aux autres que ce qui
a peu de prix.
QUILLER . v. n.
Se dit Lorsque, avant de faire une partie de quilles, chaque joueur en jette
une, et vise à la placer le plus près de la boule, pour savoir ceux
qui seront ensemble, ou celui qui jouera le premier. Il faut quiller, les plus
près seront ensemble.
QUILLETTE . s. f.
T. d'Agricult. Se dit Des brins d'osier gros comme le petit doigt, et longs
d'un pied, qu'on enfonce en terre d'un demi-pied, pour qu'ils prennent racine.
Planter des osiers en quillettes.
QUILLIER .s.m.
L'espace carré dans lequel on range les neuf quilles. Pousser une
boule auprès du quillier. Faire poser un quillier de pierre.
Se dit aussi de L'assemblage de toutes les quilles prises ensemble. Abattre
tout le quillier. Faire tout le quillier.
QUINA .s.m. - Voyez QUINQUINA.
QUINAIRE . adj.
(On prononce Cui.) .Math. Se dit D'un nombre divisible par cinq. Nombre
quinaire.
QUINAIRE .s.m.
T. d'Antiq. Nom par lequel les monétaires anciens et les antiquaires
désignent les pièces de monnaie de la troisième grandeur,
fabriquées soit en or, soit en argent. Quinaire d'or. Quinaire d'argent.
Les trois mots, Médaillon, Médaille et Quinaire, désignent
les trois modules différents des monnaies frappées à Rome
et dans l'Empire, en or et en argent.
QUINAUD, AUDE. adj.
Confus, honteux d'avoir eu le dessous dans quelque contestation. Il est fort
quinaud. Je l'ai rendu bien quinaud. Il est vieux.
QUINCAILLE . s. f.
Toute sorte d'ustensiles, d'instruments de fer ou de cuivre, comme chandeliers,
mouchettes, lames d'épée, couteaux, ciseaux, etc. Faire marchandise
de quincaille.
Se dit figurément, et par mépris, de La monnaie de cuivre. Voilà
bien de la quincaille. Se charger de quincaille. Il est peu usité.
QUINCAILLERIE . s. f.
Marchandise de toute sorte de quincaille. Faire commerce de quincaillerie.
Un ballot de quincaillerie. Porter de la quincaillerie en Amérique. Magasin
de quincaillerie.
QUINCAILLIER .s.m.
Marchand, vendeur de quincaille. Une boutique de quincaillier. Riche quincaillier.
Marchand quincaillier.
QUINCONCE .s.m.
Disposition de plant qui est faite à distances égales en ligne
droite, et qui présente plusieurs allées d'arbres en différents
sens. Un bois planté en quinconce.
Se dit aussi d'Un lieu planté de cette manière. Le quinconce
des Invalides à Paris.
QUINDÉCAGONE .s.m.
(On prononce Cuin.) .Géom. Figure qui a quinze angles ou quinze
côtés. Quindécagone régulier.
QUINDÉCEMVIRS .s.m. pl.
(On prononce Cuin.) T. d'Antiq. rom. Officiers préposés
à la garde des livres sibyllins, et chargés de la célébration
des jeux séculaires, ainsi que de quelques cérémonies religieuses,
dans certaines conjonctures où la république se croyait menacée:
ces officiers furent ainsi appelés parce que leur nombre avait été
porté à quinze par Sylla.
QUINE .s.m.
T. du Jeu de trictrac. Coup de dés qui amène deux cinq. Il
a amené quine. Voilà un fâcheux quine.
QUINE, se dit aussi de Cinq numéros pris ensemble à la
loterie, et sortis ensemble de la roue de fortune. Avoir un quine. Gagner un
quine. Il est sorti un quine. On ne peut plus jouer le quine.
Fig. et fam., C'est un quine à la loterie, se dit D'un avantage
qu'il est très-difficile d'obtenir, qu'on ne peut guère espérer.
QUINE, se dit également, au Loto, de Cinq numéros gagnant
ensemble sur la même ligne horizontale, ou de la même couleur.
QUININE . s. f.
.Chimie. Substance alcaline et amère qu'on extrait de diverses espèces
de quinquina. La vertu du quinquina réside dans deux bases salifiables
végétales, la quinine et la cinchonine. La quinine ne s'administre
que combinée avec l'acide sulfurique. Le médecin a ordonné
cinq grains de sulfate de quinine.
QUINOLA .s.m.
Nom du valet de coeur, au jeu de reversi. Forcer le quinola. Porter le quinola
troisième, quatrième.
QUINQUAGÉNAIRE . adj. des deux genres
(On prononce Cuincouagénaire.) Qui est âgé de cinquante
ans. Un homme, une femme quinquagénaire. Il est aussi substantif.
Un quinquagénaire.
QUINQUAGÉSIME . s. f.
(On prononce Cuincouagésime.) Se dit Du dimanche qui précède
le premier dimanche de carême. Le dimanche de la Quinquagésime.
La Quinquagésime.
QUINQUE .s.m.
(On prononce Cuincué.) .Musique, emprunté de l'italien.
Morceau de musique à cinq parties.
QUINQUENNAL, ALE. adj.
(On prononce Cuincuennal.) Qui dure cinq ans, ou Qui se fait de cinq
en cinq ans. Magistrat quinquennal. Jeux quinquennaux. Le renouvellement quinquennal
d'une assemblée.
Fêtes quinquennales, et substantivement, Quinquennales,
Fêtes qui se célébraient du temps des empereurs, à
Rome et dans les provinces, au bout des cinq premières années de
leur règne, et ensuite de cinq en cinq ans.
QUINQUENNIUM .s.m.
(On prononce Cuincuenniome.) Mot emprunté du latin. Cours d'étude
de cinq ans, dont deux en philosophie, et trois en théologie. Faire
son quinquennium. Il a vieilli.
QUINQUENOVE .s.m.
Jeu qui se jouait avec deux dés, et qui a pris son nom du nombre de cinq
et de neuf. Jouer au quinquenove.
QUINQUERCE .s.m.
(On prononce Cuincuerce.) T. d'Antiq. romaine. La réunion des
cinq espèces de combats où un même athlète devait être
vainqueur dans le même jour, pour obtenir le prix. Le quinquerce des
Romains répondait au pentathle des Grecs. Être vainqueur au quinquerce.
QUINQUÉRÈME . s. f.
(On prononce Cuincuérème.) T. d'Hist. et d'Antiq. Galère
à cinq rangs de rames. Les quinquérèmes étaient
les vaisseaux du premier rang dans les flottes anciennes.
QUINQUET .s.m.
Sorte de lampe à un ou à plusieurs becs, et à double courant
d'air; ainsi appelée du nom de Quinquet, son inventeur. Allumer un quinquet,
des quinquets.
QUINQUINA .s.m.
Écorce amère et fébrifuge qui est fournie par un arbre
du Pérou. Une prise de quinquina. On lui a fait prendre du quinquina.
Prendre du quinquina en substance. Sel essentiel de quinquina. Vin de quinquina.
Sirop de quinquina. Quinquina rouge. Quinquina jaune. Quinquina gris. Voyez
QUININE.
Se dit, en Botanique, de L'arbre même qui fournit cette écorce.
Le fruit, les feuilles du quinquina.
QUINT .s.m.
La cinquième partie dans quelque somme, dans quelque marché, dans
quelque succession. Dans la coutume de Paris, on ne pouvait disposer par testament
que du quint de ses propres. J'y ai le quint. C'est pour mon quint. Il y est entré
pour un quint. Dans ces trois dernières phrases, on dit plus ordinairement,
Un cinquième.
QUINT, en termes de Jurisprudence féodale, Droit qu'on payait
en quelques lieux, pour l'acquisition d'un fief, au seigneur dont le fief était
mouvant: ce droit était la cinquième partie du prix de la vente.
S'il vend cette terre, il en appartient tant au seigneur pour le quint.
Droit de quint et requint, Le droit de la cinquième partie du
prix d'un fief, et de la cinquième partie de cette cinquième partie.
QUINT, est aussi adjectif, mais on ne l'emploie guère que dans
ces dénominations, Charles-Quint, empereur; Sixte-Quint, pape.
QUINTAINE . s. f.
.Manége. Poteau fiché en terre, contre lequel on s'exerce à
courir avec la lance ou à jeter des dards. Planter une quintaine. Courir
la quintaine.
Se dit encore de L'action de courir le quintan.
QUINTAL .s.m.
Poids de cent livres. Quintal de foin, de poudre, etc. Cela pèse tant
de quintaux.
Fam. et par exagérat., Cela pèse un quintal, se dit D'une
chose fort lourde.
Quintal métrique, Le poids de cent kilogrammes.
QUINTAN .s.m.
.Manége. Mannequin qui est monté sur un pivot, et qui a la main
armée d'un fouet ou d'un bâton, de manière que, lorsqu'on
le frappe maladroitement avec la lance et qu'on le fait tourner, il en donne un
coup sur le dos du cavalier. Courir le quintan. On dit autrement, Faquin.
QUINTANE . adj. f. .Médec. - Voyez QUINTE, adjectif.
QUINTE . s. f.
.Musiq. Intervalle de cinq notes consécutives, y compris les deux extrêmes.
Intervalle de quinte. Monter de quinte. Descendre de quinte. Monter de la quinte
à la tonique. Descendre de la quinte à la médiante. En harmonie,
faire entre les deux parties deux quintes de suite est une faute grave. La réponse
du sujet de cette fugue est à la quinte. Un canon à la quinte.
Quinte naturelle, ou simplement Quinte, Celle dont la valeur est
de trois tons et demi; Quinte diminuée, Celle qui ne comprend que
trois tons; et Quinte augmentée, Celle qui est formée de
quatre tons. Autrefois la quinte diminuée s'appelait abusivement
Fausse quinte. La quinte proprement dite est une consonnance parfaite. La quinte
diminuée et la quinte augmentée sont regardées comme des
dissonances.
QUINTE, se dit aussi d'Une espèce de violon un peu plus grand
que le violon ordinaire, et monté comme celui-ci de quatre cordes, mais
à une quinte au-dessous: on le nomme ordinairement Alto, et quelquefois
Viole ou Viola.
QUINTE, au Jeu de piquet, se dit d'Une suite non interrompue de cinq
cartes de la même couleur. Quinte majeure. Quinte basse. Quinte de roi,
de dame, de valet. Porter une quinte. Avoir quinte et quatorze.
QUINTE, en termes d'Escrime, signifie, La cinquième garde. Commencer
de prime, et achever de quinte.
QUINTE, se dit en outre d'Un accès de toux violent et prolongé.
Il lui prend de temps en temps des quintes fâcheuses. Quinte de toux.
QUINTE, signifie aussi, figurément et familièrement, Caprice,
bizarrerie, mauvaise humeur qui prend tout d'un coup. Quelle quinte vous a
pris? Cet homme est sujet à des quintes. Quand sa quinte le tient. Quand
sa quinte le prend.
QUINTE, en termes de Manége, Mouvement désordonné
que fait le cheval sous le cavalier, et dans lequel il s'arrête tout court.
Ce cheval fait une quinte.
QUINTE, est aussi adjectif, et se dit, en Médecine, D'une fièvre
qui revient tous les cinq jours. La fièvre quinte est assez rare.
On dit aussi, et même plus ordinairement, Fièvre quintane.
QUINTEFEUILLE . s. f.
Plante rosacée, ainsi nommée parce qu'elle a cinq feuilles sur
un même pétiole, rangées en forme de main ouverte.
QUINTESSENCE . s. f.
.Philosophie ancienne. La substance éthérée.
Se dit aujourd'hui de La partie la plus subtile extraite de quelques corps.
Quintessence d'absinthe.
Il signifie figurément, Ce qu'il y a de principal, de plus fin, de plus
caché dans une affaire, dans un discours, dans un livre. J'ai tiré
la quintessence de cet ouvrage.
Se dit encore de Tout le profit qu'on peut tirer d'une affaire d'intérêt,
d'une charge, d'une entreprise, d'une terre à ferme. Il a tiré
toute la quintessence de cette ferme.
QUINTESSENCIER . v. a.
Raffiner, subtiliser. Il ne faut pas tant quintessencier les choses.
QUINTESSENCIÉ, ÉE. participe, Raisonnement quintessencié.
QUINTETTO .s.m.
(On prononce Cuin.) .Musique, emprunté de l'italien: il fait au
pluriel Quintetti. Morceau de musique à cinq parties, moins étendu
que le quinque.
QUINTEUX , EUSE. adj.
Fantasque, qui est sujet à des quintes, à des fantaisies, à
des caprices. C'est un homme extrêmement quinteux. Sa femme était
quinteuse. C'est un esprit quinteux, une humeur quinteuse. Il est quinteux comme
une mule.
QUINTEUX, en termes de Manége, se dit D'un cheval sujet à
faire des quintes. Une jument quinteuse.
QUINTIDI .s.m.
(On prononce Cuin.) Le cinquième jour de la décade, dans
le calendrier républicain.
QUINTIL, ILE. adj.
(On prononce Cuin.) T. d'Astrol. Il n'est guère usité que
dans cette locution, Quintil aspect, La position de deux planètes
éloignées l'une de l'autre de la cinquième partie du zodiaque,
ou de soixante-douze degrés.
QUINTUPLE . adj. des deux genres
(On prononce Cuin.) Qui vaut cinq fois autant. Vingt est quintuple
de quatre.
Il est aussi substantif masculin. Rendre le quintuple.
QUINTUPLER . v. a.
Rendre cinq fois plus grand, multiplier un nombre par cinq.
QUINTUPLÉ, ÉE. participe
QUINZAIN
Terme indéclinable dont on se sert au jeu de paume, pour indiquer que
les joueurs ont chacun quinze. Ils sont quinzain. Nous sommes quinzain. Quand
les joueurs sont quinze à quinze, le marqueur dit: Quinzain.
QUINZAINE . s. f. collectif
Nombre de quinze ou environ. Une quinzaine de francs suffira, suffiront pour
sa dépense. Une quinzaine de jours. Une quinzaine d'années.
Se dit, absolument, d'Une quinzaine de jours. Faire assigner quelqu'un à
la quinzaine. On lui a donné terme de quinzaine. Les parties lui ont accordé
quinzaine. La cause a été remise à quinzaine. Je passerai
une quinzaine à la campagne. Revenez dans la quinzaine.
La quinzaine de Pâques, Les quinze jours depuis le dimanche des
Rameaux jusqu'à celui de Quasimodo inclusivement.
QUINZE . adj. numéral des deux genres
Trois fois cinq, ou dix et cinq. Quinze hommes. Quinze jours. Quinze francs.
Quinze cents francs. Quinze mille hommes.
Prov. et par plaisanterie, Celui-là en vaut quinze, Cela est remarquable,
cela est plaisant.
À Paris, Les Quinze-Vingts, L'hôpital fondé par saint
Louis pour trois cents aveugles. L'hôpital des Quinze-Vingts. L'administration
des Quinze-Vingts. On dit familièrement, Un Quinze-Vingt, Un
des aveugles reçus dans cet hôpital.
QUINZE, se prend quelquefois pour Quinzième. Chapitre quinze.
Page quinze. Ligne quinze. Grégoire quinze, pape. Le roi Louis quinze.
On écrit ordinairement, Grégoire XV, Louis XV.
QUINZE, s'emploie aussi comme substantif masculin, Quinze, multiplié
par trois, donne quarante-cinq. On dit de même: Le nombre quinze.
Numéro quinze.
Il signifie quelquefois, Le quinzième jour d'une période. Nous
sommes au quinze du mois. Je partirai le quinze. Il est au quinze de sa maladie.
Se dit aussi d'Un jeu de cartes où gagne celui des joueurs qui compte
quinze par les points de ses cartes, ou qui approche le plus de ce nombre. Il
a perdu cent louis au quinze.
QUINZE, signifie encore, au Jeu de paume, Un des quatre coups dont un
jeu est composé. Il a gagné le premier quinze. Quinze et bisque.
J'ai quinze à trente, J'ai quinze contre trente.
Donner quinze, Donner l'avantage de quinze, à chaque jeu de la
partie.
Demi-quinze, L'avantage de quinze qu'on donne à prendre, de deux
jeux l'un, dans tout le cours de la partie.
Fig. et fam., Avoir quinze sur la partie, Avoir déjà quelque
avantage dans l'affaire dont il s'agit.
Fig. et fam., Cet homme pourrait donner quinze et bisque à tel autre
en telle chose, Il lui est fort supérieur en telle chose.
QUINZIÈME . adj. des deux genres
Nombre d'ordre qui suit immédiatement le quatorzième. Au quinzième
jour. Au quinzième mois. Le quinzième siècle. Le quinzième
jour de la lune. Il n'est que le quinzième sur la liste.
La quinzième partie, Chaque partie d'un tout qui en a quinze.
QUINZIÈME, s'emploie quelquefois substantivement, et signifie,
Le quinzième jour. Le quinzième de la lune. Le quinzième
du mois. Le quinzième de sa maladie.
Il signifie aussi, Une quinzième partie ou portion. Il est dans cette
affaire pour un quinzième. Les sept quinzièmes.
QUINZIÈMEMENT . adv.
En quinzième lieu.
QUIPOS .s.m. pl.
Cordons noués qui servaient d'écriture aux anciens Péruviens.
QUIPROQUO .s.m.
Expression empruntée du latin, pour signifier, Une méprise. Il
a fait un quiproquo, un étrange quiproquo. Cet homme fait sans cesse des
quiproquo. Il est familier.
Un quiproquo d'apothicaire, Un médicament donné par méprise
en place d'un autre. Les quiproquo d'apothicaire sont très-dangereux.
QUITTANCE . s. f.
Écrit que l'on donne à quelqu'un, et par lequel on déclare
qu'il a payé, acquitté quelque somme d'argent, quelque redevance,
quelque droit, etc. Quittance générale. Quittance d'à-compte.
Quittance finale. Quittance sous seing privé. Quittance par-devant notaire.
Quittance sur papier timbré, sur papier libre. Quittance comptable. Donner
quittance. Payer en deniers ou en quittance valable. Fournir une quittance. Compter
sur quittance. Cela vaut quittance. Cela sert de quittance. J'ai reçu telle
somme de M. , dont quittance.
Quittances de finance, Les quittances des sommes qui étaient versées
dans les coffres du roi, pour prix d'un office, d'une charge, d'une augmentation
de gages, d'un domaine aliéné, etc.
QUITTANCER . v. a.
Décharger une obligation, un contrat, etc., en écrivant au dos,
au bas ou à la marge, que le débiteur a payé tout ou partie
de la somme qu'il devait. Quittancer un contrat, une obligation. Quittancer
un mémoire d'ouvrages faits, de marchandises fournies.
QUITTANCÉ, ÉE. participe
QUITTE . adj. des deux genres
Qui est libéré de ce qu'il devait, qui ne doit plus rien. Quand
vous aurez payé, vous serez quitte. Quitte en payant. Reçu tant,
payé tant, et partant quitte. Je suis quitte envers vous. Je vous tiens
quitte de ce que vous pouvez me devoir. Il m'a vendu ce bien franc et quitte de
toutes dettes et hypothèques. Après avoir joué deux heures,
nous sommes sortis quittes.
Par extension, Être quitte envers quelqu'un, S'être acquitté
envers lui de ce qu'exigeait la reconnaissance. Il m'avait rendu de grands
services, mais je lui ai sauvé la vie; ne suis-je pas quitte envers lui?
Ironiq., Je l'en tiens quitte, se dit en parlant De quelqu'un dont les
services sont à charge ou suspects, et signifie, Je l'en dispense.
QUITTE, s'emploie adverbialement dans les phrases suivantes: Jouer
à quitte ou à double, à quitte ou double; et plus ordinairement,
Jouer quitte ou double, Jouer une dernière partie qui doit acquitter
celui qui a déjà perdu, ou doubler le gain de celui qui a déjà
gagné. On dit absolument, dans le même sens, Quitte ou double.
Fig. et fam., Jouer à quitte ou à double, à quitte ou
double, et plus ordinairement, quitte ou double, Risquer, hasarder
tout, pour se tirer d'une mauvaise affaire.
Être quitte à quitte, au jeu, dans les affaires, dans les
comptes que l'on se rend les uns aux autres, Ne se devoir plus rien de part ni
d'autre. Nous voilà quitte à quitte. Nous sommes quitte à
quitte. On dit familièrement, dans le même sens, Faisons quitte
à quitte; ou absolument, Quitte à quitte; et quelquefois,
proverbialement, Quitte à quitte et bons amis.
Fig. et fam., Nous voilà quitte à quitte, se dit Lorsqu'on
a reçu quelque déplaisir de quelqu'un, et qu'on lui a rendu la pareille.
QUITTE, signifie aussi, Qui est délivré, débarrassé
de quelque chose. Me voilà quitte de la corvée, du compliment,
de la visite que j'avais à faire. Cette affaire me donnait beaucoup de
peine, m'en voilà quitte, j'en suis quitte. Il a un procès, une
affaire fâcheuse, il voudrait en être quitte pour mille écus.
Vous n'avez eu que trois accès de fièvre, vous en êtes quitte
à bon marché. On croyait qu'il perdrait sa place, mais il en a été
quitte pour une réprimande. Il a couru un grand danger, mais il en a été
quitte pour la peur. Il est quitte de sa fièvre. Croyez-vous en être
quitte pour dire que vous vous êtes trompé?
S'emploie quelquefois absolument, dans le style familier. Quitte pour être
grondé. Quitte à être grondé. Eh bien, vous dites que
j'aurai la fièvre, quitte pour l'avoir.
QUITTEMENT . adv.
.Palais. S'emploie seulement Pour exprimer que la chose qu'on vend, qu'on achète,
dont on hérite, dont on compose, etc., est franche de toutes dettes; et
il se joint toujours avec le mot Franchement. On lui a vendu tel bien franchement
et quittement. Il a vieilli.
QUITTER . v. a.
Laisser quelqu'un en quelque endroit, se séparer de lui. Je viens
de le quitter à deux pas d'ici. Je vous quitte pour un moment. Où
avez-vous quitté vos gens? Il a quitté la compagnie en tel endroit.
Il est fâcheux de quitter ses amis, de quitter ce qu'on aime. Quitter père
et mère. Quitter sa femme et ses enfants. Il ne le quitte ni jour ni nuit.
Il ne le quitte non plus que l'ombre fait le corps. On l'emploie souvent avec
le pronom réciproque. Ils ne se pouvaient quitter. Ils se promirent
en se quittant. .. Ils se sont quittés bons amis.
Cet homme a quitté sa femme, Il l'a abandonnée.
Son portrait ne me quitte pas, Je le porte toujours sur moi. Au sens
moral: Son image ne me quitte pas, Son image est sans cesse présente
à mon esprit. Ce souvenir ne me quittera jamais, Je me souviendrai
toujours de cela. La fortune l'a quitté, Il a cessé d'être
heureux. Il vient un âge où nos facultés nous quittent
l'une après l'autre, S'affaiblissent, s'anéantissent successivement.
Quand l'âme quitte le corps, Lorsque l'âme abandonne le corps,
s'en sépare.
QUITTER, signifie aussi, Se retirer de quelque lieu. Il a quitté
la maison où il logeait pour en prendre une autre. Il a quitté la
maison pour quelques jours. Il quitta Paris pour aller vivre en province. Il quitta
la cour pour vivre dans la retraite. Il a quitté son pays. Il a été
contraint de quitter le pays pour quelque temps. Les ennemis ne purent jamais
lui faire quitter son poste.
Quitter la chambre, Sortir. Ce malade n'est pas encore assez bien
pour quitter la chambre. Il ne quitte pas la chambre.
Quitter le lit, Se lever. Il quitte le lit au point du jour. Depuis
un mois, il n'a pas quitté le lit.
Quitter le grand chemin, S'écarter, se détourner du grand
chemin.
Fig., Quitter le droit chemin, S'écarter de son devoir.
Fig., Quitter le barreau, le théâtre, Renoncer à
la profession d'avocat, de comédien. Quitter le trône, Abdiquer
le pouvoir royal.
Prov. et pop., Qui quitte sa place la perd, Quand on a abandonné
sa place, on n'y a plus de droit.
QUITTER, signifie aussi, Abandonner une chose, y renoncer, s'en désister,
cesser de s'y appliquer, de s'y adonner. Il a quitte ce parti. Il y a déjà
quelque temps que cet officier a quitté le service. Un domestique qui quitte
le service de son maître. Quitter tout pour se donner à Dieu. Il
faut tout quitter pour Dieu. Il a quitté la religion de ses pères.
Quitter une charge, un emploi, une profession, un métier. Quitter le commerce.
Quitter une entreprise, un dessein, un ouvrage. Quitter ses études. Quitter
la chasse. Quitter le jeu. Quitter le vin.
Quitter la partie, Convenir que celui contre qui l'on joue, a gagné;
et, figurément, Se désister de quelque chose, y renoncer.
Prov., Qui quitte la partie la perd, Celui qui quitte le jeu avant que
la partie soit achevée, perd.
Prov. et fig., Qui quitte la partie la perd, Quand on cesse de suivre
une affaire ou un projet, on ne peut réussir.
Quitter ses mauvaises habitudes, Y renoncer, s'en défaire.
Quitter le commerce du monde, Se priver du commerce du monde. Quitter
le monde, Embrasser la vie religieuse; Aller vivre dans a retraite.
Fig., Quitter la vie, Mourir. Au moment de quitter la vie, il se repentit
de ses fautes.
QUITTER, signifie aussi, Ôter quelque chose de dessus soi, s'en
dépouiller, s'en débarrasser. Quitter ses vêtements. Quitter
sa robe. Quitter son épée. Quitter sa soutane. Quittez votre habit
pour être plus à votre aise.
Il a quitté sa peau, se dit D'un serpent qui a fait nouvelle peau;
et, figurément et familièrement, De quelqu'un qui a renoncé
à ses vieilles habitudes, à son ancien caractère.
Fig., Quitter la robe, quitter l'épée, quitter la soutane,
quitter le froc, Renoncer à la profession de la robe, de l'épée,
de l'état ecclésiastique, de la vie religieuse.
Cet arbre quitte ses feuilles, Il se dépouille de ses feuilles.
Ces fruits quittent le noyau, Le noyau s'en détache facilement.
QUITTER, signifie aussi, Lâcher, laisser aller. Il se tint attaché
à un arbre, qu'il ne quitta point jusqu'à ce qu'on le vînt
secourir. Il l'avait pris aux cheveux, et il ne le voulait point quitter. On ne
put jamais lui faire quitter prise.
Fig., Quitter prise, Abandonner un dessein, s'en désister. Le
moindre obstacle, la moindre résistance lui fait quitter prise.
Elliptiquement, C'est un homme qui ne quitte pas aisément, qui ne
quitte jamais, C'est un homme qui suit obstinément ce qu'il a commencé,
qui n'y renonce jamais.
QUITTER, signifie aussi, Céder, délaisser. Quitter tous
ses droits, toutes ses prétentions à quelqu'un. Il lui vend, quitte
et délaisse tous ses droits à ce domaine. Il lui a quitté
tous les effets de cette succession. Quitter sa place à quelqu'un. J'aime
mieux quitter que de disputer. Il n'en quitterait pas sa part à un autre;
et absolument, Il n'en quitterait pas sa part.
Fam., Je vous quitte la place, Je vous laisse, je me retire; et figurément,
Je ne veux point contester, je vous cède mes prétentions.
Il ne quitte rien du sien, se dit De celui qui renonce à une chose
où il n'avait point de droit.
QUITTER, signifie encore, Exempter, affranchir, décharger, tenir
quitte. Je vous quitte de tout ce que vous me devez. Je vous quitte des intérêts
et du principal. Je vous en quitte.
Fam., Je vous quitte de tous vos compliments, de tous vos remercîments,
etc., Je ne veux point de vos compliments, je n'ai que faire de vos remercîments,
je vous en dispense.
QUITTER, à certains Jeux de renvi, comme le brelan, signifie,
Abandonner la vade qu'on a faite, plutôt que de vouloir tenir une nouvelle
somme, dont un des joueurs a renvié. J'ai renvié de dix louis,
je l'ai fait quitter. Il m'a fait va-tout, et j'ai quitté. En ce sens,
il est neutre.
QUITTÉ, ÉE. participe
QUITUS .s.m.
(On prononce Cui, et on fait sentir l'S.) .Finance. Arrêté
ou jugement définitif d'un compte, par lequel, après la correction,
le comptable est déclaré quitte. Avoir le quitus d'un compte.
Il a obtenu son quitus.
QUI-VA-LÀ
Cri d'une personne qui entend du bruit, et qui craint quelque surprise. (On
écrit plus ordinairement, Qui va là? sans tirets et avec
un point d'interrogation. )
Prov. et fig., C'est un homme qui a toujours réponse à qui-va-là,
C'est un homme qui a réponse à tout, qu'aucune difficulté
n'arrête.
Prov. et fig., Avoir réponse à tout, hormis à qui-va-là,
Être hors d'état de répondre à une objection à
laquelle on devait s'attendre.
QUI-VIVE
.Guerre. Cri d'une sentinelle, d'une patrouille, etc., qui entend du bruit,
qui aperçoit une personne ou une troupe. La sentinelle a crié,
Qui-vive. (On écrit plus ordinairement, Qui vive? sans tiret
et avec un point d'interrogation.)
Fig. et fam., Être sur le qui-vive, Être très-attentif
à ce qui se passe. Se dit aussi D'un homme inquiet et craintif, et D'un
homme ombrageux et pointilleux. Il est toujours sur le qui-vive. Dans cette
phrase, Qui-vive est substantif masculin.
QUOAILLER . v. n.
.Manége. Se dit D'un cheval qui remue perpétuellement la queue
quand on le monte ou quand on le panse. Ce cheval a pris l'habitude de quoailler.
QUOI . Pronom
qui tient lieu quelquefois du pronom relatif Lequel, laquelle, tant au
singulier qu'au pluriel, lorsqu'il est précédé d'une préposition.
Il ne se dit que Des choses. Ce sont choses à quoi vous ne prenez pas
garde. Il n'y a rien sur quoi l'on ait tant disputé.
S'emploie aussi absolument, et signifie, Quelle chose. Quoi de plus heureux
que ce qui vous arrive? Sur quoi en étiez-vous là? De quoi est-il
question? Voilà de quoi je voulais vous parler. À quoi pensez-vous?
À quoi vous occupez-vous? Il y a dans cette affaire je ne sais quoi que
je n'entends pas. Dites-moi en quoi je puis vous servir.
Il a manqué à son ami, à son bienfaiteur; en quoi il
est doublement coupable, En cela il est doublement coupable. C'est en quoi
vous vous trompez, C'est en cela que vous vous trompez. Il n'y a pas de
quoi me remercier, Il n'y a pas un sujet suffisant de me faire des remercîments.
Donnez-moi de quoi écrire, Ce qu'il faut pour écrire. Nous
avons de quoi vivre, de quoi nous amuser, Ce qu'il faut pour vivre, pour nous
amuser. Etc.
Pop., Avoir de quoi, Avoir de l'argent, être dans l'aisance. C'est
un homme qui a de quoi.
En termes de Palais, Quoi faisant, en quoi faisant, En faisant laquelle
chose, L'arrêt l'a condamné à payer et à vider ses
mains; quoi faisant, il en sera valablement déchargé.
Je ne sais quoi, ou substantivement, Un je ne sais quoi, se dit
d'Une qualité, d'un sentiment indéfinissable. Un je ne sais quoi,
ce je ne sais quoi qui charme, qui séduit. Je ne sais quoi m'avertissait
que je devais me défier de lui.
Fam., Comme quoi, Comment. Prouvez-lui comme quoi il se trompe.
Quoi que, Quelque chose que. Quoi qu'il en arrive. Quoi qu'il en soit.
Quoi que vous fassiez. Quoi que vous en disiez.
QUOI, est aussi particule admirative, et sert à marquer l'étonnement,
l'indignation, etc. Quoi! vous avez fait cette imprudence! Quoi donc! vous
m'osez braver en face! On y ajoute quelquefois l'interjection Eh. Eh quoi!
vous n'êtes pas encore parti!
QUOIQUE . conjonction
qui régit toujours le subjonctif. Encore que, bien que. Quoiqu'il
soit pauvre, il est honnête homme. Il revint, quoiqu'on l'eût maltraité.
Quoiqu'il relève de maladie, et qu'il soit encore très-faible, il
a voulu se mettre en route. On sous-entend quelquefois le verbe Être.
Quoique peu riche, il est généreux.
QUOLIBET .s.m.
Façon de parler basse et triviale, qui renferme ordinairement une mauvaise
plaisanterie. Méchant quolibet. Quolibet des halles. Cet homme ne parle
que par quolibets. Il croit dire des bons mots, mais il ne dit que des quolibets.
C'est un diseur, un faiseur de quolibets.
QUOTE . adj. f.
Il n'est usité que dans cette locution, Quote-part, La part que
chacun doit payer ou recevoir, dans la répartition d'une somme totale.
Il doit payer tant pour sa quote-part. Il lui revient tant pour sa quote-part.
Voyez COTE.
QUOTIDIEN, ENNE .adj.
De chaque jour. Il ne s'emploie guère que dans les expressions suivantes:
Journal quotidien, feuille quotidienne, Journal, gazette qui paraît
tous les jours.
Fièvre quotidienne, Fièvre qui revient tous les jours.
Dans l'Oraison dominicale, Notre pain quotidien, Notre nourriture de
chaque jour, ou Ce qui suffit à nos besoins journaliers.
Fig. et fam., C'est son pain quotidien, se dit D'une chose qui est ordinaire
à quelqu'un, dont il use tous les jours, qu'il fait tous les jours ou très-souvent.
Il est méchant, la médisance est son pain quotidien.
QUOTIENT .s.m.
T. d'Arithm. Nombre qui résulte de la division d'un nombre par un autre.
Le quotient du nombre douze divisé par trois, est quatre; et celui du
même nombre divisé par quatre, est trois. Le dividende, le diviseur,
et le quotient.
QUOTITÉ . s. f.
La somme fixe à laquelle monte chaque quote-part. J'ai payé
ma quotité.
Impôt de quotité, Celui par lequel on détermine immédiatement
ce que chaque personne doit payer; par opposition a Impôt de répartition,
Celui par lequel on détermine d'abord ce que chaque commune doit payer,
pour que la répartition se fasse ensuite entre les habitants.
En Matière féodale, La quotité du cens, La somme
à laquelle montait le cens dû par un vassal à son seigneur.
Se dit maintenant en Matière électorale. La quotité du
cens nécessaire pour être électeur, pour être éligible.
En termes de Droit, Légataire d'une quotité, Celui auquel
un défunt a légué un tiers, un quart, un dixième,
en un mot, une partie aliquote de sa succession. Quotité disponible,
ou Portion disponible, La portion de biens dont la loi permet de disposer
par donation ou testament.
|
|