D.R. BELAIR - RTMKB

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

TOAST .s.m.
• (On prononce et quelques-uns écrivent, Toste.) Mot emprunté de l'anglais. Proposition de boire à la santé de quelqu'un, à l'accomplissement d'un voeu, au souvenir d'un événement. Porter un toast. Il y eut vingt toasts portés. Les toasts sont parfois bruyants.

TOASTER . v. a. et n.- Voyez TOSTER.

TOCANE . s. f.
• Vin nouveau fait de la mère goutte. Bonne, excellente tocane. Tocane de Champagne.

TOCSIN .s.m.
• Bruit d'une cloche qu'on tinte à coups pressés et redoublés pour donner l'alarme, pour avertir du feu, etc. Dès que l'ennemi parut, on sonna le tocsin. Sitôt qu'on sonna le tocsin, les habitants accoururent de toutes parts pour éteindre le feu. On sonna le tocsin sur eux. Les factieux sonnèrent le tocsin pour ameuter le peuple.
• Dans quelques villes, La cloche du tocsin, ou simplement, Le tocsin, La cloche destinée à sonner le tocsin. Le tocsin est bien placé dans cette tour.
• Fig., Sonner le tocsin sur quelqu'un, Exciter contre lui le public.
• Fig., Il a sonné le tocsin, se dit D'un orateur, d'un écrivain dont les paroles sont propres à soulever, à enflammer la multitude.

TOGE . s. f.
• T. d'Antiq. Robe de laine fort ample et longue, qui était le vêtement particulier des Romains, et qu'ils mettaient par-dessus la tunique. Les Romains se couvraient la tête d'un pan de leur toge, lorsqu'ils étaient incommodés du soleil ou de la pluie.

TOI . pronom personnel - Voyez TU.

TOILE . s. f.
• Tissu de fils de lin, de chanvre ou de coton. Toile fine, déliée. Toile claire. Grosse toile. Toile ronde. Toile de ménage. Toile bien unie. Toile lâche, serrée. Toile forte. Toile crue, écrue, qui n'a point encore été à la lessive. Toile jaune. Toile blanche. Toile demi-blanche. Blanchir de la toile. Toile de chanvre. Toile de lin. Toile de coton. Toile des Indes. Toile de linon. Toile de batiste. Toile de Hollande ou d'Hollande, de Normandie, de Bretagne, etc. Toile d'emballage. Faire le commerce des toiles. Tisser de la toile. Faire de la toile. Il a tant de pièces de toile sur le métier. Une aune de toile. Coupon de toile. Chemise de toile. Coller sur toile. Peindre sur toile.
• Se dit aussi de Quelques autres tissus Toile de crin. Toile d'amiante. Toile métallique.
• Toile de mai, Toile qu'on enduit d'un emplâtre agglutinatif dans lequel il entre un peu de beurre, et une certaine quantité d'alcool affaibli, en place de térébenthine.
• Toile cirée, Toile enduite d'une composition qui fait que l'eau ne la traverse pas.
• Prov. et fig., C'est la toile de Pénélope, se dit D'une affaire qui recommence toujours, et ne finit point.
• Toile peinte, Toile de coton qui est peinte de diverses couleurs. Se dit d'Une toile peinte aux Indes, ou à la manière des Indes, avec des couleurs solides et durables. On imite aujourd'hui en France les toiles peintes des Indes, et on y peint des toiles de chanvre et de lin comme celles de coton.
• Toile imprimée, Toile peinte par impression. Se dit aussi d'Une toile préparée pour recevoir les couleurs du peintre.
• Les toiles d'un moulin à vent, Les toiles tendues sur les ailes d'un moulin pour le faire aller.
• Toile d'or, toile d'argent, Certains tissus légers dont la trame est d'or ou d'argent, et la chaîne de soie.
• Toile d'araignée, Sorte de tissu que font les araignées avec des fils qu'elles tirent de leur ventre, et qu'elles tendent pour prendre des mouches.
• TOILE, signifie particulièrement, Le rideau qui cache la scène, dans un théâtre. Quand la toile fut levée, on aperçut dans le fond du théâtre... Baisser la toile.
• TOILE, signifie aussi, Tente. Il y a tant d'hommes sous la toile. L'armée est sous la toile, Elle est campée. Cette acception a vieilli.
• TOILES, au pluriel, se dit, en termes de Chasse, Des pièces de toile avec lesquelles on fait une enceinte en forme de pare, pour prendre des sangliers. Il a tué le sanglier dans les toiles. Tendre les toiles.
• Se dit aussi de Grands filets que l'on tend pour prendre des cerfs, des biches, des chevreuils, etc. Quand on veut prendre des cerfs en vie, on les prend dans les toiles.
• Fam., Il va se mettre dans les toiles, Il va se coucher.
• TOILES, au pluriel, se dit encore de Certains rideaux qui descendent depuis le toit jusque sur la muraille d'un jeu de paume, et que l'on tire pour se mettre à l'abri du soleil. Tirer les toiles. Aller aux toiles. La balle a donne dans les toiles.

TOILERIE . s. f.
• Marchandise de toile. Le commerce de toilerie.

TOILETTE . s. f.
• Toile qu'on étend sur une table, pour y mettre ce qui sert à l'ornement et à l'ajustement des hommes et des femmes. Toilette unie. Toilette à dentelle.
• Toilette de point, Point préparé pour servir de toilette. Elle acheta une belle toilette de point, de point d'Angleterre.
• TOILETTE, se dit plus particulièrement Des flambeaux, des boîtes, des flacons, des carrés, etc., qui servent à une femme lorsqu'elle se pare. Toilette d'argent. Toilette de bois de Sainte-Lucie.
• Dessus de toilette, Pièce de velours, de damas, etc., bordée de dentelle ou de frange, avec laquelle on couvre tout ce qui est sur la toilette. Dessus de toilette de velours. Dessus de toilette de damas.
• TOILETTE, se dit également de Tout ce qui couvre et qui garnit le meuble devant lequel une femme se place, lorsqu'elle veut se parer. Belle toilette. Riche toilette. Sa toilette était magnifique. La toilette de ses noces. Mettre la toilette.
• Se dit aussi, et le plus souvent, Du meuble même qui est garni de ce qui sert à la parure d'une femme. La toilette n'est pas bien là. Approchez la toilette de la cheminée. Le miroir d'une toilette.
• Voir une dame à sa toilette, l'entretenir à sa toilette, La voir, l'entretenir pendant qu'elle se coiffe.
• Fig. et fam., Pilier de toilette, se dit d'Un homme qui assiste assidûment à la toilette d'une ou de plusieurs femmes. Cette phrase a vieilli.
• Revendeuse à la toilette, marchande à la toilette, se dit de Certaines femmes qui vont porter dans les maisons des hardes, des étoffes, des bijoux à vendre. On dit dans la même acception, Vendre à la toilette, revendre à la toilette.
• Prov., Plier la toilette, Enlever, emporter les hardes d'une personne. Il plia un beau matin la toilette, et s'en alla. Se dit principalement D'un valet qui vole les hardes de son maître. Ce valet plia la toilette de son maître, et prit la fuite. Il a vieilli.
• TOILETTE, se dit encore Des détails de l'ajustement, de l'action de se parer, de s'habiller, pour paraître en public, en société. Une toilette soignée, recherchée. Elle est en grande toilette. Faire sa toilette. Être longtemps à sa toilette. N'être occupé que de sa toilette. Un peu de toilette fait valoir la figure. La toilette de cet homme n'est pas longue. Son mari lui donne tant pour sa toilette. Elle aime la toilette. Elle dépense beaucoup pour sa toilette.
• Cabinet de toilette, Petite chambre où l'on s'habille, où l'on se pare. Cette femme passe une bonne partie de ses matinées dans son cabinet de toilette.
• TOILETTE, se dit aussi d'Un morceau de toile dont les marchands d'étoffes enveloppent leurs marchandises, et les tailleurs les habits qu'ils vont rendre.

TOILIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui vend de la toile. La boutique d'un toilier. Marchand toilier.
• TOILIER, se dit également d'Un ouvrier qui fabrique de la toile.

TOISE . s. f.
• Mesure longue de six pieds. Toise marquée par pieds. Mesurer avec une toise, avec la toise, à la toise, la toise à la main.
• Prov., On ne mesure pas les hommes à la toise, C'est par leur degré de mérite qu'il faut les apprécier.
• Prov. et fig., Mesurer les autres à sa toise, Les juger d'après soi, les comparer à soi.
• TOISE, signifie aussi, La longueur de six pieds. Il y a tant de toises de muraille. Faire marché à la toise. Travailler à la toise, à tant la toise.
• Toise courante, La mesure en longueur de quelque chose que ce soit, dont la hauteur ou la largeur est supposée partout la même. Il a fait marché à la toise courante.
• Toise carrée, Surface carrée dont le côté est une toise.
• Toise cube, Cube dont chaque face a une toise carrée. Se dit, par extension, d'Une quantité de matière équivalente à celle qui est renfermée dans un corps cubique de six pieds.

TOISÉ .s.m.
• Mesurage à la toise. Le juge a nommé des experts pour faire le toisé de cette maison. Ce toisé n'est pas juste, n'est pas exact.
• Il signifie, en Mathématiques, La science ou l'art de mesurer les surfaces et les solides, et d'exprimer leur étendue ou leur volume en parties de certaines unités convenues: par exemple, en toises ou en mètres carrés, s'il s'agit de surfaces; cubes, s'il s'agit de volumes.

TOISER . v. a.
• Mesurer à la toise. Toiser un bâtiment, une muraille.
• Toiser un soldat, Mesurer sa taille.
• Fig. et fam., Toiser quelqu'un, toiser un homme, son homme, L'examiner avec attention pour apprécier son mérite, ou pour lui témoigner du dédain. Il l'a toisé de la tête aux pieds. Ils se sont toisés sans se dire un seul mot.
• TOISÉ, ÉE. participe, Fig. et pop., Cette affaire est toisée, se dit D'une affaire terminée. Se dit, le plus souvent, en mauvaise part, D'une affaire terminée désavantageusement. C'est une affaire toisée, il n'en faut plus parler. Cela est toisé.
• Fig. et pop., C'est un homme toisé, C'est un homme dont la valeur est appréciée. Il ne se prend qu'en mauvaise part.

TOISEUR .s.m.
• Celui qui toise, dont la profession est de toiser. Il était toiseur des bâtiments du roi. Un habile toiseur. Toiseur en bâtiments.

TOISON . s. f.
• La laine d'une brebis, d'un mouton. Ce mouton a une belle toison. Abattre la toison. Laver, éplucher les toisons. Il a vendu tant de toisons de ses bêtes à laine. Toison pesant tant.
• La toison d'or, La toison du bélier sur lequel les anciens poëtes feignent que Phrixus et Hellé passèrent la mer. Jason alla avec les Argonautes à la conquête de la toison d'or, qui était gardée dans la Colchide par deux taureaux vomissant des flammes.
• La Toison d'or, ou absolument, La Toison, est aussi Le nom d'un ordre de chevalerie institué par Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Chevalier de l'ordre de la Toison, de la Toison d'or.

TOIT .s.m.
• Partie supérieure des bâtiments, des maisons, qui sert à les couvrir et à les abriter. Toit plat. Toit en pointe. Les toits en pointe sont en usage dans le Nord; les toits plats, dans le Midi. Toit en dos d'âne. Toit en terrasse. Toit à l'italienne. Le couvreur travaille sur le toit de la maison. La couverture du toit est d'ardoise, de tuile, de plomb. Ce toit a un comble de bois, de fer, avec une couverture de cuivre. Monter sur le toit. Aller d'un toit à l'autre.
• Habiter sous le même toit, Loger dans la même maison. Ils habitaient tous les deux sous le même toit.
• Le toit paternel, se dit quelquefois en parlant De la maison paternelle. Sous le toit paternel. Loin du toit paternel.
• Fig., Un toit hospitalier, un toit protecteur, Une maison où l'on reçoit l'hospitalité, où l'on trouve un refuge. Un humble toit, Une petite maison de peu d'apparence, une chaumière qu'habitent de pauvres gens.
• Fig., d'après l'Évangile, Publier, prêcher une chose sur les toits, En parler publiquement, l'annoncer hautement. On dit aussi, familièrement, Dire une chose sur les toits, La répandre, la divulguer partout.
• TOIT, dans un Jeu de paume, Les ais en forme de toit qui couvrent la galerie, le côté du dedans, et l'autre bout du jeu où est la grille. Dans les jeux de paume qui ont ce qu'on appelle un dedans, il y a trois toits. Quand on joue partie à la paume, il faut servir la ballé sur le toit de la galerie. La balle a porté sur les deux toits. Il y avait aussi une manière de petit toit au jeu de longue paume, pour servir la balle.
• Prov. et fig., Servir quelqu'un sur les deux toits, Lui faciliter les moyens de réussir dans ce qu'il souhaite, ou Lui donner occasion de paraître, de se faire valoir.
• Toit à cochons, à porcs, La petite loge où l'on enferme ces animaux.
• Fig. et fam., C'est un toit à cochons, se dit D'une chambre malpropre.
• TOIT, dans les Mines, La partie de la roche qui couvre la mine ou le filon.

TOITURE . s. f.
• Ce qui compose le toit d'une maison, d'un bâtiment. Les couvreurs et les charpentiers travaillent à la toiture. Il faut beaucoup de tuile, d'ardoise, de plomb et de bois pour la toiture. Faire des réparations à la toiture.

TÔLE . s. f.
• Fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont on fait des poêles et d'autres ouvrages. Son poêle n'est pas de fonte, il est de tôle. Tuyaux de tôle. Cheminée garnie de tôle. Vase et plateau de tôle vernie.

TOLÉRABLE .adj. des deux genres
• Qu'on peut tolérer, qu'on peut supporter. Pensez-vous que cela soit tolérable? Si c'est un défaut, il est bien tolérable. Cette douleur n'est pas tolérable.

TOLÉRANCE . s. f.
• Condescendance, indulgence pour ce qu'on ne peut empêcher, ou qu'on croit ne devoir pas empêcher. Longue tolérance. Ce n'est pas un droit, c'est une tolérance. Il ne jouit de cela que par tolérance. Il n'en jouit que par la tolérance de ceux qui le pourraient empêcher.
• Se dit particulièrement en Matière de religion; et l'on distingue la Tolérance théologique et la Tolérance civile.
• Tolérance théologique ou ecclésiastique ou religieuse, La condescendance qu'on a les uns pour les autres, touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L'Église latine a toujours usé de tolérance pour l'Église grecque sur le mariage des prêtres. La tolérance est prescrite aux théologiens touchant les opinions des diverses écoles. Une douce tolérance.
• Tolérance civile, La permission qu'un gouvernement accorde, de pratiquer, dans l'État, d'autres religions que celles qui y sont établies, reconnues par les lois, pratiquées par le plus grand nombre des citoyens. La tolérance civile est quelquefois restreinte à certains cultes, à certaines croyances. Tolérance générale, universelle. L'esprit de tolérance qui règne dans tel pays.
• TOLÉRANCE, dans l'Art du monnayage, se dit de Ce qu'on appelait autrefois Remède. Voyez REMÈDE.

TOLÉRANT, ANTE .adj.
• Qui tolère. Se dit principalement en Matière de religion. Un prince tolérant.
• Se dit quelquefois D'un homme indulgent dans le commerce de la vie. Il est fort tolérant de son naturel.

TOLÉRANTISME .s.m.
• Se dit, en Théologie, de L'opinion de ceux qui étendent trop loin la tolérance théologique. Sa tolérance dégénère en tolérantisme.
• Il s'est dit quelquefois, par dénigrement, Du système très-raisonnable de ceux qui croient qu'on doit tolérer dans un État toutes sortes de religions. Il flétrissait du nom de tolérantisme cette indulgence du prince pour toutes les religions:

TOLÉRER . v. a.
• Supporter, avoir de l'indulgence pour des abus; supporter des choses qui d'elles-mêmes ne sont pas bien, ou que l'on croit n'être pas bien. On tolère toutes sortes de religions dans ce pays-là. Il y a des lieux où l'on autorise l'exercice du judaïsme, et d'autres où l'on ne fait que le tolérer. Il tolérait leurs injustices. Je ne puis tolérer que cet homme s'arroge un tel droit. Il y a des abus qu'on ne doit jamais tolérer. Il faut tolérer les défauts de son prochain. On dit quelquefois dans un sens analogue, Tolérer quelqu'un.
• TOLÉRÉ, ÉE. participe

TOLLÉ
• (On prononce les L.) Mot latin pris de l'Évangile, et qui n'est usité que dans cette phrase familière, Crier tollé sur quelqu'un, contre quelqu'un, Crier afin d'exciter de l'indignation contre quelqu'un Il faut crier tollé sur lui, contre lui.

TOMAISON . s. f.
• T. d'Impr. et de Librairie. Indication du tome auquel appartient chaque feuille d'impression, dans les ouvrages qui ont plusieurs tomes. Vérifier la tomaison.

TOMAN .s.m.
• Somme de compte en usage dans la Perse, et qui vaut environ cinquante francs de notre monnaie.

TOMATE . s. f.
• Plante, espèce de morelle, autrement nommée Pomme d'amour, qui porte des fruits d'un rouge vif, auxquels on donne le même nom, et dont le suc légèrement acide sert à faire une certaine sauce. Sauce aux tomates.

TOMBAC .s.m.
• (On prononce le C.) Sorte de métal factice, composé de cuivre et de zinc. Le tombac est blanc quand c'est le zinc qui domine, et jaune quand c'est le cuivre.

TOMBANT, ANTE .adj.
• Qui tombe. Les tiges de cette plante sont grêles et tombantes. Des cheveux tombants, Des cheveux longs qui ne sont pas rattachés.

TOMBE . s. f.
• Grande table de pierre, de marbre, de cuivre, etc., dont on couvre une sépulture. Tombe de marbre. Tombe de pierre. Tombe de cuivre. Ci-gît sous cette tombe... Lever une tombe. Mettre une épitaphe sur une tombe.
• TOMBE, se dit aussi pour Sépulcre. Être dans la tombe. Descendre dans la tombe, Mourir.

TOMBEAU .s.m.
• Sépulcre, monument élevé à la mémoire d'un mort dans l'endroit où il est enterré. Tombeau magnifique. Superbe tombeau. Les tombeaux des rois. Dresser, élever un tombeau. Violer un tombeau. Profaner un tombeau.
• Cette famille a son tombeau en tel endroit, On enterre ordinairement en tel endroit les morts de cette famille.
• Les tombeaux sont sacrés, Il faut respecter le lieu où les morts sont enterrés.
• TOMBEAU, signifie figurément, La mort. Chaque instant de notre vie nous approche du tombeau. Je vous serai fidèle jusqu'au tombeau. On dit poétiquement, dans un sens analogue, L'horreur du tombeau, la nuit du tombeau, etc.
• Mettre, conduire, mener quelqu'un au tombeau, Causer sa mort. Cette maladie le mènera au tombeau. Le chagrin l'a conduit au tombeau.
• Descendre au tombeau, Mourir. Tirer quelqu'un du tombeau, Lui sauver la vie, le rendre à la vie. Son médecin l'a tiré du tombeau.
• Suivre quelqu'un au tombeau, Mourir peu de temps après lui. Sa femme n'a pas tardé à le suivre au tombeau.
• TOMBEAU, en parlant Des choses, signifie quelquefois figurément, Fin, destruction. On a dit que le mariage était le tombeau de l'amour. L'anarchie est le tombeau de la liberté.

TOMBÉE . s. f.
• Il ne s'emploie guère que dans cette locution, À la tombée de la nuit, Au moment où le jour tombe, où la nuit approche.

TOMBELIER .s.m.
• Charretier qui conduit un tombereau.

TOMBER . v. n.
• Être emporté, entraîné de haut en bas par son propre poids. Se dit Des personnes et des choses. Tomber lourdement. Tomber à plomb. Tomber à la renverse. Tomber de son haut, de toute sa hauteur. Tomber sur les genoux. Tomber à terre. Tomber par terre. Tomber dans l'eau. Tomber à plate terre. Tomber tout à plat. Tomber d'une fenêtre. Tomber de cheval. Tomber dans un fossé. Tomber dans un précipice. Il tomba percé de coups. Il a failli tomber. Il a voulu courir, et il est tombé. Les poëtes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour entier. Elle releva son enfant, qui était tombé. La maladie lui a fait tomber les cheveux. Toutes les dents lui sont tombées. Il lui est tombé une fluxion, un rhume sur la poitrine. Les larmes tombent de ses yeux. La pluie tombe. Le brouillard tombe. Le serein tombe. La neige tombe. La grêle tombe. Le tonnerre est tombé. On dit plus ordinairement à l'impersonnel: Il tombe de la pluie. Il est tombé ce matin beaucoup de pluie. Il est tombé de la neige pendant quatre jours de suite. Il tombe de la grêle. Il tombe de l'eau.
• Ce bâtiment, cet édifice tombe de vétusté, tombe en ruine, Il est dans un tel état de vétusté, de délabrement, qu'il en tombe de temps en temps quelque partie.
• Tomber roide mort, tomber mort, Mourir tout d'un coup en tombant.
• Tomber aux pieds, aux genoux de quelqu'un, S'y jeter, ou s'abaisser devant lui aux plus humbles supplications.
• Fig. et fam., Tomber sur ses pieds, Se tirer heureusement d'une circonstance critique, se trouver dans la même situation qu'auparavant. Il tombe toujours sur ses pieds. Il ne peut tomber que sur ses pieds. On dit de même, Il ne peut tomber que debout.
• Prov. et fig., Tomber de son haut, Être extrêmement surpris de quelque chose. Quand je vois cela, je tombe de mon haut. On dit de même, Les bras me tombèrent, Ma surprise fut si grande, que je demeurai sans action.
• Fig. et fam., Cet homme est tombé les quatre fers en l'air, Il est tombé à la renverse; et, dans une acception plus figurée encore, Il a été frappé d'étonnement.
• Prov. et fig., Tomber des nues, Être extrêmement surpris, étonné. Quand je vois, quand j'entends de pareilles choses, je tombe des nues, il me semble que je tombe des nues. On dit dans un autre sens, Cet homme semble tomber des nues, Il est embarrassé de sa contenance, il ne sait à qui s'adresser dans la compagnie où il se trouve. Cet homme est tombé des nues, signifie aussi quelquefois, Il n'est connu ni avoué de personne, ou Il est arrivé sans être attendu.
• En parlant D'un ouvrage d'imagination, Ce personnage, cet incident, ce dénoûment tombe des nues, Il est mal amené, mal préparé.
• Prov. et fig., Quand la poire est mûre, il faut qu'elle tombe, Quand les affaires sont venues à un certain point, il faut nécessairement qu'elles éclatent.
• Fig. et fam., Ce mot, ce propos n'est pas tombé à terre, On l'a remarqué; on l'a relevé.
• Fig., Laisser tomber ses paroles, Parler nonchalamment.
• Fig., Laisser tomber sur quelqu'un un regard de pitié, de dédain, etc., Le regarder avec pitié, etc.
• Tomber sur quelqu'un, Se jeter, se précipiter, fondre sur lui, le charger, l'attaquer vigoureusement. Il tomba sur lui avec fureur et le frappa. Ils sont tombés l'un sur l'autre avec impétuosité, à bras raccourci. La cavalerie de l'aile droite tomba sur la gauche de l'ennemi, et la tailla en pièces. Les ennemis, ayant fait une sortie, tombèrent sur les travailleurs. On dit de même: Six vaisseaux de guerre tombèrent tout à coup sur une flotte de navires marchands. Après le gain de la bataille, l'armée tomba sur telle place. Etc.
• En termes de Fauconnerie, L'oiseau a tombé sur la perdrix, Il a fondu tout d'un coup sur elle.
• Fig. et fam., Tomber sur quelqu'un, lui tomber rudement sur le corps, tomber sur sa friperie, Dire de quelqu'un des choses dures et désobligeantes, soit en sa présence, soit en son absence.
• Fig. et fam., Tomber sur un mets, sur un plat, En manger avec avidité.
• Fig., Tomber sur un passage, sur un vers, sur un mot, etc., Le rencontrer par hasard dans un livre. En ouvrant le livre, je suis tombé sur le passage que je cherchais.
• Fig., Il est bien tombé, Il a bien rencontré, le hasard l'a bien servi.
• Fig. et fam., Tomber sur les bras de quelqu'un, Se trouver inopinément a sa charge. Tomber sous la main de quelqu'un, Se trouver sous sa dépendance, ou à portée de sa colère, de son ressentiment. S'il tombe jamais sous ma main, il se repentira de m'avoir offensé.
• Fig. et fam., Tomber sous la main, se dit quelquefois Des choses qui se trouvent fortuitement, sans qu'on les cherche. Si, en arrangeant votre bibliothèque, ce volume vous tombe sous la main, je vous prie de le mettre à part.
• Fig., Faire tomber les armes des mains, Fléchir quelqu'un, l'apaiser. Les soumissions de ses ennemis lui firent tomber les armes des mains. On dit de même, Faire tomber la plume des mains, Décourager quelqu'un, le dégoûter d'écrire, faire qu'il s'interrompe tandis qu'il écrit. Cet ouvrage est si beau, qu'il a fait tomber la plume des mains à ceux qui voulaient traiter le même sujet. Le mauvais goût du siècle fait tomber la plume des mains à la plupart des auteurs sensés. Cette nouvelle funeste m'a fait tomber la plume des mains, de la main.
• TOMBER, s'applique, par extension, À différentes maladies ou affections maladives dont on est saisi, surpris. Tomber en défaillance. Tomber en démence. Tomber en syncope. Tomber en pâmoison. Tomber en langueur. Tomber en enfance. Tomber en léthargie. Tomber en apoplexie.
• Tomber malade, Devenir malade. Tomber d'épilepsie, du haut mal, Avoir le mal caduc. Tomber de faiblesse, tomber d'inanition, Être dans une extrême faiblesse, être près de se trouver mal, faute de nourriture. Tomber de sommeil, Avoir un besoin extrême de dormir.
• Fig., Tomber dans la pauvreté, dans la misère, dans le malheur, Devenir pauvre, malheureux. Tomber dans le mépris, Devenir un objet de mépris. Tomber en disgrâce, tomber dans la disgrâce, N'être plus dans les bonnes grâces de quelqu'un, n'avoir plus de part à sa bienveillance, à sa faveur. Faire tomber quelqu'un en confusion, Lui faire éprouver, lui causer une grande confusion.
• Fig. et fam., Tomber dans la dévotion, Devenir dévot.
• Fig., Tomber en faute, tomber dans le crime, tomber dans le péché, Commettre une faute, un crime, un péché. Absolument, dans le langage de l'Écriture, Tomber, Pécher. Le juste tombe sept fois le jour. Sitôt que l'on est tombé, il faut songer à se relever. On dit aussi figurément, dans le style de l'Écriture, Tomber dans l'aveuglement, dans l'endurcissement, Devenir insensible aux vérités de la religion.
• Tomber en désuétude, Cesser d'être en usage. Cela est tombé dans l'oubli, On ne s'en souvient plus.
• Fig., Sa voix tombe, Sa voix faiblit. On dit aussi, Laisser tomber sa voix. Il ne faut pas laisser tomber sa voix à la fin des phrases.
• TOMBER, signifie aussi, figurément, Dégénérer, descendre, se laisser aller à quelque chose de blâmable. Cela tombe dans le burlesque. Cet auteur prétend au sublime, et tombe souvent dans le galimatias. Tomber dans l'affectation, dans le précieux. Ce peintre tombe quelquefois dans la manière.
• Tomber dans le ridicule, tomber dans quelque inconvénient, Faire quelque action ridicule, faire quelque démarche qui a des suites fâcheuses. Tomber dans l'erreur, dans la contradiction, en contradiction, Se tromper, se contredire.
• Tomber à rien, Se réduire à très-peu de chose. Tout ce grand étalage tombe à rien.
• Cette dépense tombe en pure perte, Elle ne produit rien.
• Cette maison est tombée en quenouille, Il n'en reste que des filles. Cette couronne, cette souveraineté tombe en quenouille, Les filles en peuvent hériter au défaut des mâles.
• Tomber en putréfaction, en pourriture, Se pourrir. Tomber en poussière, Se réduire en poussière. Les Chimistes disent dans un sens analogue, Tomber en déliquescence, en déliquium.
• TOMBER, signifie également, au figuré, Déchoir de réputation, de crédit, perdre de sa vogue. Ce livre a eu d'abord quelque succès, mais il est tombé. Cet homme-là n'a pas été longtemps en crédit, il est bientôt tombé. Ces fabriques, ces manufactures sont tombées. Cette mode commence à tomber.
• Il signifie également, Succomber, périr, s'anéantir. Ilion tomba sous les efforts des Grecs. On vit ces empires tomber les uns après les autres. Avec lui tomba la puissance de son favori. Cette théorie, ce système, cette argumentation tombe devant les faits.
• TOMBER, signifie pareillement, Cesser, discontinuer. Le vent est tombé. Le jour tombe, La nuit approche. La conversation tombe. On a laissé tomber la conversation. Ce grand courage a tombé tout à coup. Laissez tomber tous ces bruits, tous ces mauvais propos. Cette calomnie tombera d'elle-même.
• Il faut laisser tomber cela, Il faut, pour empêcher qu'on n'y fasse attention, paraître n'y pas faire attention soi-même.
• Ces bruits commencent à tomber, On parle moins de ce qui faisait le sujet de ces bruits.
• TOMBER, signifie quelquefois, surtout en parlant D'ouvrages dramatiques, Ne pas réussir. Cette pièce est tombée à la première représentation; elle est tombée à plat, tout à plat.
• Cette pièce de théâtre est absolument tombée, On ne la joue plus, on n'en fait plus aucun cas. Ces études sont tombées, On les néglige beaucoup aujourd'hui. Son goût pour les tableaux, pour la musique, etc., est bien tombé, S'est bien affaibli. Etc.
• C'est un homme qui tombe, un homme qui est tombé, se dit D'un homme affaibli de corps et d'esprit.
• TOMBER, se dit aussi, figurément, en parlant De toute position fâcheuse ou périlleuse dans laquelle on se trouve jeté, engagé fortuitement ou malgré soi. Tomber entre les mains de ses ennemis. Tomber au pouvoir de l'ennemi. Tomber dans les fers, dans l'esclavage. Tomber dans une embuscade, dans un piége. Ces navires marchands tombèrent dans une flotte de vaisseaux ennemis. On dit à peu près dans le même sens, Il tomba au milieu de gens qui lui étaient inconnus.
• Prov. et fig., Tomber de Charybde en Scylla, En voulant éviter un mal, tomber dans un autre.
• Prov. et fig., Tomber de fièvre en chaud mal, Tomber d'un état fâcheux dans un pire.
• TOMBER, signifie encore figurément, Échoir. Cette terre est tombée en partage au cadet. Cela est tombé dans son lot. Cette charge est tombée entre les mains d'un habile homme. Cela est tombé en de bonnes mains, en bonnes mains.
• Ce document, cet écrit, etc., est tombé entre mes mains, le hasard l'a fait tomber entre mes mains, C'est à une circonstance fortuite que je dois la possession, la connaissance de ce document, de cet écrit, etc. Il m'est tombé entre les mains une pièce fort curieuse.
• Faire tomber la conversation sur quelque sujet, L'y amener. On dit de même: L'entretien tomba sur un tel. Le discours vint à tomber sur les affaires présentes. Etc.
• Le soupçon tomba sur lui, Se porta sur lui. Il cherchait à faire tomber le soupçon, les soupçons sur un tel.
• Cela m'est tombé dans l'esprit, Cela m'est venu tout d'un coup dans l'esprit. Cela ne me serait jamais tombé dans l'esprit, Je ne me serais jamais avisé de cela, je n'aurais jamais conçu un tel soupçon, fait une telle conjecture. Cela ne peut tomber que dans l'esprit, que dans la tête d'un fou, Il n'y a qu'un fou qui puisse imaginer pareille chose. Etc.
• Les biens de cette maison sont tombés dans telle autre par un mariage, Ils y sont passés.
• Le sort tomba sur lui, Ce fut lui que le sort désigna.
• TOMBER, sert aussi, dans quelques phrases, à marquer Jonction, coïncidence, rapport, tant au sens physique qu'au sens moral. Ainsi on dit:
• Ce chemin tombe dans tel autre, cette rivière tombe dans telle autre, Ce chemin aboutit à tel autre, cette rivière se décharge dans telle autre.
• Cette fête tombe au jeudi, Elle arrive, on la chôme un jeudi.
• Faire tomber les pages les unes sur les autres en imprimant, Faire que les pages imprimées sur l'un des côtés d'une feuille, répondent exactement à celles qui sont imprimées sur l'autre côté.
• Tomber d'accord avec quelqu'un, Convenir avec lui; et simplement, Tomber d'accord, Avouer, convenir que. Je tombe d'accord que cela est ainsi. Je ne conteste point ce que vous dites, j'en tombe d'accord.
• Tomber dans le sens, tomber dans le sentiment de quelqu'un, Être de même avis que lui, se rendre à son avis. Ils l'ont fait à la fin tomber dans leur sens, Ils lui ont enfin persuadé de se ranger de leur avis.
• Cela ne tombe pas sous le sens, se dit D'une chose qui paraît absurde, qui blesse le sens commun. Cela tombe sous le sens, sous les sens, se dit D'une chose claire, évidente.
• TOMBER, signifie aussi, Être pendant. Ses cheveux lui tombent sur les épaules. Son manteau lui tombe toujours sur les talons. Son habit tombe en loques.
• TOMBÉ, ÉE. participe, Un auteur tombé, Un auteur dramatique dont la pièce a été sifflée.

TOMBEREAU .s.m.
• Sorte de charrette entourée d'ais, servant à porter de la boue, du sable, des pierres, etc. Les tombereaux des boueurs de Paris. Tombereau plein d'ordures.
• Se dit aussi de Tout ce qui est contenu dans un tombereau. Un tombereau de gravois. Un tombereau de sable.

TOME .s.m.
• Volume qui fait partie d'un ouvrage imprimé ou manuscrit. Tome in-folio, in-quarto. Il y a tant de tomes à ce livre, à cet ouvrage. Une histoire imprimée en deux tomes, en trois petits tomes. J'ai fait relier deux tomes en un volume. Le premier, le second tome, etc.
• Il signifie quelquefois simplement, Volume. Il a fait imprimer tous ses ouvrages en un tome.
• Fig. et fam., Faire le second tome de quelqu'un, Lui ressembler en quelque chose. Vous faites son second tome. Il ne se prend guère qu'en mauvaise part.

TOMENTEUX, EUSE .adj.
• .Bot. Qui est couvert de poils courts et serrés de manière à offrir l'apparence du drap ou du velours. Feuilles tomenteuses.

TON .adj. possessif masculin
• qui répond au pronom personnel Tu, toi, te. Ton Dieu, ton roi, ton ami. Il se joint aussi, par euphonie, avec les substantifs et les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou par une H sans aspiration. Ton épée. Ton âme. Ton aventure. Ton habileté.
• Il fait au féminin Ta. Ta femme. Ta mère. Ta maison. Ta haine.
• Il fait Tes au pluriel du masculin et du féminin. Tes parents. Tes amis. Tes affaires.

TON .s.m.
• Certain degré d'élévation ou d'abaissement de la voix ou de quelque autre son. Ton de voix. Un ton aigre. Un ton doux. Il a plusieurs tons dans la voix. Un ton plus haut. Un ton plus bas. Il a haussé, il a baissé le ton. Il a haussé, baissé d'un ton. Donner le ton. Prendre le ton. Il a de beaux tons dans la voix. Ton de conversation. Ton de déclamateur. Ton lamentable. Ton plaintif. Ton pleureur. Ton suppliant. Il me dit cela d'un ton qui marquait un peu de dépit. Le ton du sentiment, de la colère, de l'indignation. Le ton de la pitié, de l'amour.
• Se dit par extension, dans plusieurs phrases, de La manière de parler, non seulement par rapport au son de la voix, mais relativement à la nature des discours. Parler d'un ton de maître, d'un ton ferme, impérieux, hautain, fier, d'un ton moqueur, railleur. Ton amical. Ton décidé. Ton tranchant. Ton absolu. Ton dogmatique. Ton patelin. Ton doctoral. Être sur un ton badin, sur un ton sérieux. Être toujours sur un ton doucereux, avoir toujours un ton mielleux avec les femmes. Il est toujours sur le ton plaintif, sur un ton familier, sur un ton de réserve, sur le ton de la réserve. Un ton de supériorité. Le ton de la supériorité. Un ton leste, grivois. Un ton noble. Il rebat sans cesse les mêmes choses, il est toujours sur le même ton.
• Fig. et fam., Parler à quelqu'un du bon ton, d'un bon ton, Lui parler d'une manière propre à le persuader, à lui imposer.
• Fig. et fam., Le prendre sur un ton, sur un certain ton, Prendre de certaines manières, avoir une certaine conduite, un certain procédé, un certain langage. Si vous le prenez avec moi sur un ton de fierté, vous ne réussirez pas. Le prenez-vous sur ce ton? Sur quel ton le prenez-vous? Il l'a pris sur un ton fort haut, sur le haut ton.
• Fig. et fam., Faire baisser le ton à quelqu'un, L'obliger à rabattre des airs de supériorité qu'il se donne, à parler d'un ton moins impérieux ou moins emporté.
• Fig. et fam., Changer de ton, Changer de conduite, de manières, de langage. Il traitait tout le monde avec hauteur, mais on lui a bien fait changer de ton.
• Fig. et fam., Prendre un ton, Prendre des airs, affecter une sorte de supériorité. Vous prenez avec moi un ton qui ne vous convient point.
• Le bon ton, Le caractère propre au langage et aux manières du monde poli, élégant. Le bon ton s'acquiert par la fréquentation des personnes bien élevées. Un homme, une femme du bon ton, de bon ton. Ce jeune homme n'a pas bon ton. Cette façon de parler, ce geste n'est pas de bon ton. On dit dans le sens contraire: Un homme de mauvais ton. Un propos, une familiarité de mauvais ton. On dit aussi dans des sens analogues: Le ton de la ville, de la cour. Le ton du collége. Le ton des halles. Le ton du corps de garde. Le ton d'un homme du monde. Etc.
• TON, signifie aussi, en parlant Des ouvrages d'esprit, Le caractère, le genre de style. Le ton de cet ouvrage est soutenu. Il a commencé son ouvrage sur un ton qu'il n'a pu soutenir. Il a pris dès le commencement de son livre le ton oratoire, le ton pathétique. Le ton plaintif de l'élégie. Le ton galant du madrigal.
• TON, se dit, en Musique, de L'intervalle entre deux notes consécutives de la gamme, excepté l'intervalle du mi au fa, et celui du si à l'ut.
• Demi-ton, ou Semi-ton, La moitié d'un ton, ou à peu près. Il faut chanter cet air d'un demi-ton plus haut. Il faut hausser ce piano d'un semi-ton. Cette basse est d'un demi-ton plus bas que l'autre. Il y a dans la gamme un demi-ton du mi au fa, et un autre du si à l'ut.
• TON, se dit aussi de La gamme que l'on adopte pour un air, pour un morceau de musique, et qui prend son nom de la note où elle commence. Ton d'ut, de ré, de mi, etc., Le ton dont la note principale, appelée Tonique, est l'ut, le ré, etc. Il y a un dièse dans le ton de sol, deux dans le ton de ré, trois dans le ton de la, etc. Le ton d'ut, mode majeur. Le ton de la, mode mineur. Jouer plusieurs morceaux sur un même ton. Chanter dans tel ton. Ce musicien sort du ton. Ce morceau de musique est dans tel ton. Changer de ton. Passer du ton d'ut au ton de sol.
• Ton majeur, Celui dans lequel la tierce est composée de deux tons. Ton mineur, Celui dans lequel la tierce est composée d'un ton et d'un demi-ton.
• TON, se dit dans un sens analogue en parlant De la musique d'église. Les huit tons de l'église. Les tons du plain-chant se divisent en tons authentiques et tons plagaux. Tel psaume se chante sur le troisième, sur le quatrième ton. Le ton de l'épître, de l'évangile, de la préface.
• Donner le ton, Marquer en chantant, ou en touchant un instrument, le ton sur lequel un morceau doit être chanté ou joué.
• Fig., Donner le ton, Exercer sur les autres une influence qui les oblige, qui les amène à dire ou à faire les mêmes choses que soi, et de la même manière. C'est lui qui donne le ton aux jeunes gens pour la manière de s'habiller. C'est lui qui dans cette maison-là donne le ton à la conversation.
• Fig. et fam., Je le ferai bien chanter sur un autre ton, Je l'obligerai à parler, à se conduire autrement qu'il ne fait.
• Prov. et fig., C'est le ton qui fait la musique, C'est le ton, c'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit.
• TON, désigne aussi, Le degré d'élévation du son des instruments. Ces instruments sont sur le ton de l'Opéra, au ton de la chapelle. Il faut baisser le ton de cette harpe. Son violon était monté sur ce ton-là.
• Fig., Sa maison est montée sur ce ton-là, Telle est la manière dont on y vit, dont les dépenses y sont réglées, etc.
• Fig., Se mettre au ton de quelqu'un, Se conformer à lui pour les idées, le langage, les goûts. Je n'ai jamais pu me mettre à son ton.
• TON, en termes de Peinture, se dit Des teintes, suivant leur différente nature et leur différent degré de force ou d'éclat. Tons obscurs. Tons clairs. Tons chauds. Tons vigoureux. Tons fins. Tons rougeâtres, verdâtres, etc. Tons faux, blafards. Voilà une assez bonne copie de Rubens; mais quelle différence, dans le ton de couleur, entre l'original et la copie! Ce paysage est d'un beau ton de couleur, d'un mauvais ton de couleur. Le ton de couleur de ce tableau tire sur le rouge, sur le jaune, etc.
• TON, en termes de Médecine, signifie, L'état de tension, d'élasticité ou de fermeté naturel aux différents organes du corps. Les cordiaux donnent du ton à l'estomac.

TONARION .s.m.
• T. d'Antiq. Flûte avec laquelle on donnait le ton aux orateurs.

TONDAISON . s. f. - Voyez TONTE.

TONDEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui tond. Prendre des tondeurs à la journée pour tondre des troupeaux. Tondeuse de chiens. Tondeur de draps. Porter des draps au tondeur. Tondeur de buis. Tondeur de palissades.

TONDRE . v. a.
• (Je tonds, tu tonds, il tond; nous tondons, etc. Je tondais. J'ai tondu. Je tondis. Je tondrai. Tonds, tondez, etc.) Couper la laine ou le poil aux bêtes. Tondre les brebis, les troupeaux. Tondre un barbet.
• Fig. et fam., Tondre la brebis de trop près, Mettre des impôts trop lourds sur le peuple.
• Fig. et fam., Se laisser tondre la laine sur le dos, Supporter patiemment des injustices, des vexations, des exactions.
• Tondre les draps, les feutres, etc., En couper les poils de manière à les rendre plus unis et plus ras.
• Tondre une palissade, La rendre unie en coupant les feuilles et les branches qui débordent. Vous ferez épaissir cette palissade en la tondant. On dit à peu près dans le même sens, Tondre les buis, le gazon, etc.
• Les brebis ont tondu entièrement ce pré, Elles en ont brouté toute l'herbe.
• TONDRE, se dit quelquefois, familièrement, en parlant Des personnes, et signifie, Couper les cheveux de près avec des ciseaux. Il est nouvellement tondu. Il est tondu de frais.
• Tondre un homme, Le faire moine. Il est vieux.
• Pop. et par forme de serment, Je veux être tondu, je veux qu'on me tonde, si je fais telle chose, Je ne la ferai pas.
• Fig. et pop., Il a été tondu sur le peigne, et plus ordinairement, Il a été tondu, Son avis n'a pas été suivi, ou Il a pleinement échoué dans ses prétentions et dans ses démarches. Cette phrase a vieilli.
• Prov. et fig., Il tondrait sur un oeuf, se dit D'un avare qui veut épargner sur les plus petites choses.
• TONDU, UE. participe, Prov. et fig., Il n'y avait que trois tondus et un pelé, se dit en parlant D'une réunion peu nombreuse, où il n'y avait que des gens de peu de considération. Dans cette phrase, Tondu est employé substantivement.
• Prov. et fig., À brebis tondue Dieu mesure le vent, Dieu ne nous envoie pas plus d'afflictions que nous n'en pouvons supporter.

TONIQUE .adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Du mouvement de contraction insensible des fibres du corps vivant, qui leur donne successivement différents degrés de tension.
• Se dit également Des remèdes qui augmentent graduellement l'activité de nos organes, de nos tissus.
• S'emploie aussi, dans le même sens, comme substantif masculin. On a ordonné à ce malade les toniques, l'usage des toniques.
• TONIQUE, est aussi un terme de Musique, et se dit De la note principale ou fondamentale d'un ton, d'un mode. Ut est la note tonique dans le ton d'ut.
• S'emploie plus ordinairement, dans ce sens, comme substantif féminin. La tonique et la dominante.

TONLIEU .s.m.
• Droit qui se payait pour les places où l'on étalait dans un marché.

TONNAGE .s.m.
• Capacité d'un navire, d'un bateau. Des navires d'un fort tonnage.
• Droit de tonnage, Droit que paye un navire de commerce en raison de sa capacité.

TONNANT, ANTE .adj.
• Qui tonne. Jupiter tonnant.
• Fig., Une voix tonnante, Une voix forte et éclatante.
• Poétiq., L'airain tonnant, Le canon.

TONNE . s. f.
• Vaisseau de bois à deux fonds, en forme de muid, qui est plus grand et plus renflé par le milieu que le tonneau. Tonne de vin. Tonne reliée de fer. Tonne de vinaigrier. Une tonne de bois de sapin. Une tonne à mettre des marchandises. Tonne de pruneaux.
• Tonne d'or, suivant la manière de compter de Hollande et de quelques autres pays, se dit d'Une certaine somme d'argent. Elle est de cent mille florins en Hollande, et de cent mille thalers en Allemagne. Il donna une tonne d'or en mariage à sa fille.
• Fig., Cette affaire a coûté des tonnes d'or, Elle a coûté beaucoup. Il a épousé des tonnes d'or, Il a fait un riche mariage.

TONNEAU .s.m.
• Grand vaisseau de bois de forme à peu près cylindrique, mais renflé dans son milieu, à deux bases planes, rondes et égales, construit de planches ou douves arquées et contenues dans des cerceaux, et fait pour mettre des liquides ou pour enfermer des marchandises. Tonneau de vin. Tonneau de cidre. Du merrain pour faire des tonneaux. Tonneau vide. Vider les tonneaux. Boire sur le cul d'un tonneau. Enfoncer un tonneau. Défoncer un tonneau. Mettre un tonneau en perce.
• Se dit aussi de La liqueur contenue dans le tonneau. Ils ont bu, depuis un mois, deux tonneaux de vin.
• Fig. et fam., C'est un tonneau, se dit quelquefois D'un ivrogne, d'un homme habitué à boire excessivement.
• TONNEAU, signifie aussi, Une certaine mesure qui tient deux, trois, ou quatre muids de vin, de cidre, etc., plus ou moins, selon la différence des lieux.
• TONNEAU, en termes de Marine, signifie, Le poids de deux mille livres, ou L'espace de quarante pieds cubes. Un bâtiment de cent, de deux cents, de trois cents tonneaux, du port de tant de tonneaux. On a vu des vaisseaux de plus de deux mille tonneaux.
• TONNEAU, se dit encore d'Un certain jeu, d'une machine de bois, ronde ou carrée, à peu près de la hauteur d'un tonneau et percée au-dessus de plusieurs ouvertures, dans lesquelles on cherche à jeter de loin des petits palets de cuivre, pour gagner un certain nombre de points. Le jeu du tonneau. On ne joue guère au tonneau que chez les marchands de vin et dans les guinguettes.

TONNELER . v. a.
• .Chasse. Prendre à la tonnelle. Tonneler des perdrix.
• TONNELÉ, ÉE. participe

TONNELET .s.m.
• Diminutif. Sorte de petit baril destiné à contenir du vin, de l'eau-de-vie, ou quelque autre boisson. Le tonnelet d'un fantassin, d'une vivandière.
• Il signifiait autrefois, La partie inférieure d'un habit à la romaine, relevée en rond au moyen d'une espèce de petit panier. Les tonnelets ont disparu du théâtre depuis qu'on y a introduit l'exactitude du costume antique.

TONNELEUR .s.m.
• Chasseur qui prend des perdrix à la tonnelle.

TONNELIER .s.m.
• Artisan qui fait et qui raccommode des tonneaux. Bon tonnelier.

TONNELLE . s. f.
• Sorte de berceau de treillage couvert de verdure. Il s'endormit sous la tonnelle de son jardin. Manger sous une tonnelle.
• Se dit quelquefois, en Architecture, pour désigner Une construction, une voûte en plein cintre.

TONNELLE . s. f.
• .Chasse. Espèce de filet à prendre des perdrix. Prendre des perdrix à la tonnelle. La tonnelle dépeuple un pays de gibier.

TONNELLERIE . s. f.
• Profession du tonnelier.
• Se dit aussi d'Un lieu où l'on fabrique des tonneaux.

TONNER . v. n.
• Se dit Du bruit causé par le tonnerre. Il n'a fait qu'éclairer et tonner toute la nuit. Il tonne souvent dans ce pays.
• Prov., C'est un bruit si grand, qu'on n'entendrait pas Dieu tonner, se dit en parlant D'un très-grand bruit, d'un bruit qui assourdit.
• TONNER, se dit, par extension et poétiquement, D'un grand bruit qui imite celui du tonnerre. L'artillerie commençait à tonner. L'airain tonne.
• TONNER, signifie aussi figurément, Parler contre quelqu'un ou contre quelque chose, avec beaucoup de force et de véhémence. Ce prédicateur a tonné contre l'ambition, l'avarice, le luxe, etc. Il a tonné contre vous. Tonner contre les vices. Tonner du haut de la chaire, du haut de la tribune.

TONNERRE .s.m.
• Bruit éclatant causé par l'explosion des nuées électriques. Le tonnerre commençait à gronder. Un grand coup de tonnerre. Un grand éclat de tonnerre.
• Il se prend aussi pour La foudre. Le tonnerre tombe d'ordinaire sur les lieux les plus élevés. Le tonnerre est tombé sur cette tour. Les bizarres effets du tonnerre. Il fut frappé du tonnerre. Le feu du tonnerre.
• Prov. et fig., Toutes les fois qu'il tonne, le tonnerre ne tombe pas, Des menaces ne sont pas toujours suivies d'effet.
• Fig., C'est un tonnerre, c'est une voix de tonnerre, se dit D'un homme dont la voix est très-forte et très-éclatante.
• Fig., Ce fut un coup de tonnerre pour lui, se dit D'un événement imprévu et fatal, qui a frappé quelqu'un tout à coup.
• Poétiq., Le séjour, la région du tonnerre, Le ciel, la région supérieure de l'atmosphère. Le maître du tonnerre, Jupiter. L'oiseau qui porte le tonnerre, L'aigle, qui était l'oiseau de Jupiter.
• TONNERRE, signifie aussi, L'endroit du canon d'un fusil, d'un pistolet, où se met la charge. Les armes dont le tonnerre n'est pas renforcé, sont sujettes à crever.

TONNES . s. f. pl.
• T. d'Hist. nat. Genre de coquilles univalves de forme arrondie.

TONSURE . s. f.
• Cérémonie de l'Église catholique, par laquelle l'évêque introduit un homme dans l'état ecclésiastique, et lui donne le premier degré de la cléricature, en lui coupant une partie des cheveux. Tonsure cléricale. Donner la tonsure. Recevoir la tonsure. Des lettres de tonsure.
• Prendre la tonsure, Entrer dans l'état ecclésiastique.
• Bénéfice à simple tonsure, Bénéfice que l'on peut posséder n'ayant que la tonsure, et sans être obligé de prendre les ordres sacrés, ni de résider sur les lieux.
• Prov. et fig., Un docteur à simple tonsure, Un docteur qui n'est pas fort habile.
• TONSURE, se dit aussi de La couronne que l'on fait sur la tête aux clercs, sous-diacres, diacres, prêtres, etc., en leur rasant des cheveux. Il a fait faire sa tonsure. Tonsure de clerc, de sous-diacre, de diacre, de prêtre.

TONSURER . v. a.
• Donner la tonsure. C'est tel évêque qui l'a tonsuré. Se faire tonsurer.
• TONSURÉ, ÉE. participe, S'emploie quelquefois substantivement. Un tonsuré. Un simple tonsuré.

TONTE . s. f.
• L'action de tondre, et La laine qu'on retire en tondant un troupeau. Faire la tonte. La tonte de son troupeau lui a rapporté beaucoup.
• Il signifie aussi, Le temps où l'on a coutume de tondre les troupeaux. Pendant la tonte.

TONTINE . s. f.
• Sorte de rentes viagères avec droit d'accroissement pour les survivants. Les tontines sont divisées en plusieurs classes de rentiers suivant les différents âges. Tout le revenu de chaque classe d'une tontine accroît aux derniers vivants de la même classe. Mettre à la tontine. Avoir des actions à la tontine. Payeur de la tontine. Je n'ai pas encore touché ma tontine.

TONTINIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui a des rentes de tontine.

TONTISSE .adj. f.
• Se dit De l'espèce de bourre qui tombe des draps lorsqu'on les tond. Bourre tontisse, ou Tonture.
• Il est aussi substantif, et signifie, Une sorte de tenture faite de toile, sur laquelle on a appliqué des tontures de drap pour figurer différents dessins. Une belle tontisse. Tapisserie de tontisse.
• Papier-tontisse, Papier de tenture fait de la même manière.

TONTURE . s. f.
• Se dit tant Du poil que l'on tond sur les draps, que Des branches et des feuilles que l'on coupe, que l'on taille aux palissades, aux bordures de buis, etc. La tonture des draps. La tonture d'une palissade.

TOPAZE . s. f.
• Pierre précieuse, transparente, brillante, de couleur jaune, Belle topaze. Topaze orientale. Topaze d'Inde. Topaze de Bohême. Topaze du Brésil.

TÔPER . v. n.
• .Jeu de dés. Consentir à aller d'autant que met au jeu celui contre qui on joue. J'ai mâssé vingt pistoles, il n'y a pas voulu tôper.
• Elliptiq., Tôpe, Je tôpe, ou j'accepte votre offre. L'un des joueurs ayant dit, Mâsse dix pistoles, l'autre a dit, Tôpe. On dit aussi, Tôpe et tingue, Je tôpe et je tiens.
• Tôpe et tingue, est encore Le nom d'une sorte de jeu de dés.
• TÔPER, signifie, figurément et familièrement, Consentir à une offre, adhérer à une proposition. On m'a proposé une partie de promenade, j'y ai tôpé. Je tôpe à cela, ou absolument, Tôpe.

TOPINAMBOUR .s.m.
• Plante à fleurs radiées, haute de quatre ou cinq pieds, qui pousse des racines garnies d'une multitude de tubercules dont la peau est brune et la chair blanche. On donne le même nom à ces tubercules, qui sont bons à manger.

TOPIQUE .adj. des deux genres
• .Médec. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Remède topique, Médicament qu'on applique à l'extérieur, comme les cataplasmes, les emplâtres, etc.
• S'emploie aussi comme substantif masculin. C'est un excellent topique pour ce mal-là.

TOPIQUES .s.m. pl.
• Traité sur les lieux communs d'où l'on tire des arguments. Il ne se dit guère qu'en parlant Des rhéteurs de l'antiquité. Les Topiques d'Aristote. Les Topiques de Cicéron.

TOPOGRAPHIE . s. f.
• Description détaillée d'un lieu, d'un canton particulier; à la différence de Géographie, qui est la description générale de la terre, d'un royaume, ou d'une province. Il sait bien la topographie des environs de Paris. Les principaux lieux de cette carte sont bien placés, mais la topographie en est défectueuse.

TOPOGRAPHIQUE .adj. des deux genres
• Qui appartient à la topographie. Description topographique. Carte topographique.

TOQUE . s. f.
• Sorte de chapeau à petits bords, couvert de velours, de satin, etc., plat par dessus, et plissé tout autour. Toque de velours. Toque de camelot. Les avocats, les avoués, les juges portent la toque lorsqu'ils sont en fonctions. Cette femme avait une très-belle toque.

TOQUER . v. a.
• Vieux mot qui signifiait autrefois, Toucher, frapper. Il ne se dit plus guère que dans cette phrase proverbiale, Qui toque l'un, toque l'autre, Qui offense l'un, offense l'autre.
• TOQUÉ, ÉE. participe

TOQUET .s.m.
• Sorte de coiffure, de bonnet qui, dans certains pays, est à l'usage des femmes du menu peuple et des paysannes.
• Il s'est dit aussi d'Une sorte de bonnet que portaient les enfants.

TORCHE . s. f.
• Flambeau grossier fait de résine ou de cire, et consistant quelquefois en un bâton de sapin ou de quelque autre bois résineux entouré de cire et de mèche. Allumer les torches. Torches funéraires. Entrer dans une ville la torche à la main, pour y mettre le feu. Ce criminel fut condamné à faire amende honorable la torche au poing. Fig., Les torches de la Discorde.

TORCHE-CUL .s.m.
• Linge, papier, ou autre chose, dont on s'essuie le derrière après qu'on a été à la garde-robe. Il est bas.
• Se dit, figurément et très-familièrement, d'Un écrit fort méprisable. Cet écrit n'est qu'un torche-cul, un vrai torche-cul.

TORCHE-NEZ .s.m.
• .Manége. Corde ou ficelle dans laquelle on passe et on engage la lèvre antérieure du cheval, et que l'on serre ensuite avec un morceau de bois. Mettez le torche-nez à ce cheval, il sera tranquille. On dit plus ordinairement, Serre-nez.

TORCHER . v. a.
• Essuyer, frotter pour ôter l'ordure. Les nourrices torchent leurs enfants.
• Prov., fig. et pop., Il n'a qu'à s'en torcher le bec, se dit Pour exprimer qu'un homme n'aura pas ce qu'il désire.
• Fig. et pop., Cela est mal torché, est torché à la diable, se dit De tout ouvrage fait grossièrement.
• Fig. et pop., Torcher quelqu'un, Le battre. Il se fera torcher.
• TORCHÉ, ÉE. participe

TORCHÈRE . s. f.
• Espèce de flambeau grossier, vase de fer et à jour, qui est placé à l'extrémité d'un long manche, et dans lequel on met des matières combustibles destinées à donner de la lumière. Les torchères servent à éclairer les places, les cours, etc.
• Se dit aussi de Certains candélabres qui portent des flambeaux, des girandoles, des bougies, et qui servent à éclairer les vestibules, les escaliers, les salles des palais et des grandes maisons. Belle, magnifique torchère. Torchères de bronze, de marbre. Il y a plusieurs torchères dans cette salle.

TORCHIS .s.m.
• Mortier composé de terre grasse et de paille ou de foin coupé, qu'on emploie pour certaines constructions. Dans ce pays, il n'y a point de pierres; toutes les maisons des paysans et les murs de clôture sont de torchis.

TORCHON .s.m.
• Espèce de serviette de grosse toile, dont on se sert pour torcher, pour essuyer la vaisselle, la batterie de cuisine, les meubles, etc. Torchon blanc. Torchon sale. Paquet de torchons.

TORDAGE .s.m.
• Action de tordre, façon qu'on donne à la soie, en doublant les fils sur les moulinets.

TORDRE . v. a.
• (Je tords, tu tords, il tord; nous tordons, etc. Je tordais. J'ai tordu. Je tordis. Je tordrai. Tords, tordez, etc.)Tourner un corps long et flexible par ses deux extrémités en sens contraire, ou par l'une des deux, l'autre étant fixe. Tordre du fil. Tordre un lien, des cordes. Je tords du linge. Je tordrai une branche. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Un ver qui se tord. Cette branche s'est toute tordue.
• Tordre le cou, Faire mourir en tournant le cou et en disloquant les vertèbres. Tordre le cou à une perdrix, à un poulet. Je lui tordrai le cou.
• Tordre les bras à quelqu'un, Les lui tourner violemment et de manière à lui faire mal. On dit de même, Dans sa douleur elle se tordait les mains.
• Tordre le cou, la bouche, Tourner le cou, la bouche de travers. Il a la mauvaise habitude de tordre le cou, de tordre la bouche.
• Prov. et pop., Ne faire que tordre et avaler, Manger trop avidement, et avaler presque sans mâcher.
• Fig., Tordre une loi, un passage, etc., Détourner une loi, un passage, etc., de son sens naturel, pour lui en donner un différent plus convenable aux vues de celui qui l'emploie. Tordre le sens d'un auteur, d'un passage, Lui donner une interprétation fausse et forcée.
• TORDU, UE. participe

TORE .s.m.
• T. d'Archit. Moulure ronde, faisant ordinairement partie de la base des colonnes, ou placée à l'extrémité du fût d'une colonne ou d'un piédestal circulaire.

TORÉADOR .s.m.
• T. emprunté de l'espagnol. Cavalier qui combat les taureaux, dans les courses publiques.

TORMENTILLE . s. f.
• .Bot. Plante de la famille des Rosacées, qui croît dans les bois et dans les lieux ombragés, et dont la racine est astringente.

TORON .s.m.
• Assemblage de plusieurs fils de caret tournés ensemble, qui font partie d'une corde, d'un câble.
• TORON, en termes d'Architecture, Gros tore à l'extrémité d'une surface droite.

TORPEUR . s. f.
• Engourdissement, pesanteur insolite qui rend presque incapable de sentir et de se mouvoir. Ce malade est dans la torpeur.
• Se dit au figuré d'Un état de l'âme qui cause son inaction. Il n'y a pas moyen de tirer cet homme de sa torpeur. Tous les esprits étaient dans la torpeur.

TORPILLE . s. f.
• T. d'Hist. nat. Poisson du genre des Raies, qui a la propriété de donner une commotion électrique d'où résulte l'engourdissement de la main de celui qui le touche, soit immédiatement, soit avec un bâton.

TORQUET .s.m.
• Il n'est usité que dans ces locutions populaires: Donner un torquet, donner le torquet, Tromper quelqu'un, lui dire une chose contraire à ce qu'on pense, pour lui donner le change. Donner dans le torquet, Donner dans le panneau, se laisser duper. Il est vieux.

TORQUETTE . s. f.
• Certaine quantité de marée arrangée dans de la paille, pour l'envoyer à une distance plus ou moins éloignée des ports de mer. Une torquette de poisson.

TORRÉFACTION . s. f.
• T. didactique. Action de torréfier.

TORRÉFIER . v. a.
• T. didactique. Griller, rôtir des substances végétales ou animales. Torréfier des grains de café.
• TORRÉFIÉ, ÉE. participe

TORRENT .s.m.
• Courant d'eau rapide, qui ordinairement est produit par des orages ou des fontes de neige, et qui ne dure que peu de temps. Torrent rapide, impétueux. Il vint un torrent qui ravagea tout le pays. Il se forme de grands torrents dans ces montagnes. Passer un torrent. Ce n'est pas une rivière, ce n'est qu'un torrent. Ces ravins ont été creusés par des torrents.
• TORRENT, se dit figurément de Certaines choses par rapport à leur abondance, ou à leur impétuosité, ou à l'une et l'autre ensemble. Un torrent de paroles. Un torrent d'injures. Verser un torrent de larmes. Un torrent d'éloquence. Il est difficile de résister au torrent des passions, au torrent du monde, au torrent de la coutume. Céder au torrent. S'opposer au torrent. Suivre le torrent. C'est un torrent qui entraîne tout. On dit dans un sens analogue, Cette multitude de barbares se précipita comme un torrent vers les contrées méridionales.

TORRIDE .adj. f.
• Brûlant, excessivement chaud. Il n'est usité que dans cette locution, Zone torride, La portion de la terre ou du ciel qui est entre les deux tropiques. Les habitants de la zone torride ont le soleil à plomb sur leurs têtes deux fois l'année.

TORS, ORSE .adj.
• Qui est tordu, ou qui paraît l'être. De la soie torse. Du fil tors. Du sucre tors. Des jambes torses. Cou tors. Colonnes torses. On dit populairement Torte, au féminin, en parlant De ce qui est contourné, difforme. Jambes tortes. Bouche torte.
• Fig. et fam., Un cou tors, Un hypocrite.

TORSADE . s. f.
• .Passementier. Frange tordue en spirale, qu'on emploie pour orner les tentures, les rideaux et les draperies.
• Se dit aussi de Certains ornements d'or ou d'argent tordus en forme de petits rouleaux, qui servent de marque distinctive pour les épaulettes des grades supérieurs. Les épaulettes de capitaine sont à petites torsades, celles de colonel sont à grosses torsades.

TORSE .s.m.
• .Sculpt. Figure tronquée, qui n'a qu'un corps sans tète, ou sans bras, ou sans jambes. Le torse du Vatican.
• Il désigne aussi quelquefois, Le tronc, le buste d'une statue entière, ou même d'une personne vivante. Le torse de la Vénus de Milo est admirable. Cet homme a le torse trop court pour la hauteur de ses cuisses et de ses jambes.

TORSION . s. f.
• Action de tordre, et L'état de ce qui est tordu. S'emploie surtout dans le langage didactique.

TORT .s.m.
• Ce qui est opposé à la justice et à la raison. Lequel des deux a tort? Ils ont tort tous deux. Je ne sais qui a tort. Le tort est de votre côté. Il a tous les torts du monde. Tout le monde lui donne tort, lui donne le tort. Vous avez tort, vous avez grand tort de parler comme vous faites. C'est un tort que je ne vous pardonnerai jamais. Vous aggravez vos torts. Il a confessé, avoué noblement son tort. Reconnaître ses torts. Réparer, effacer tous ses torts.
• Mettre quelqu'un dans son tort, Lui faire une offre, une proposition qu'il ne puisse refuser sans faire voir qu'il est déraisonnable ou injuste; avoir pour lui un procédé auquel il ait tort de ne pas répondre. Faites -lui encore cette offre pour le mettre dans son tort. Parlez-lui honnêtement pour le mettre encore plus dans son tort.
• Prov., Le mort a toujours tort, Un homme mort ne pouvant plus se défendre, on rejette la faute de beaucoup de choses sur lui. On dit de même, Les absents ont tort.
• TORT, signifie aussi, Lésion, dommage qu'on souffre ou qu'on fait souffrir. Réparer le tort qu'on a fait. Il ne faut pas faire tort à son prochain. Cela m'a fait grand tort. La grêle a fait bien du tort en ce pays-là. Quel tort cela vous fait-il? Il ne lui a pas fait tort d'un écu. Il ne fait tort qu'à lui-même. Les gens que vous fréquentez vous font tort, font tort à votre réputation. Les chevaliers errants réparaient, redressaient les torts. Réparateur, redresseur des torts.
• À TORT. loc. adv. Sans raison, injustement. On l'accuse à tort et sans cause. C'est à tort que vous lui imputez cela.
• À TORT ET À TRAVERS. loc. adv. Sans considération, sans discernement. Il frappe à tort et à travers. Il parle à tort et à travers, sans savoir ce qu'il dit.
• À TORT ET À DROIT. loc. adv. Sans examiner si la chose est juste ou injuste. Il veut ce qu'il veut, à tort et à droit.
• À TORT OU À DROIT, À TORT OU À RAISON. loc. adverbiales, Avec droit ou sans droit, avec ou sans raison valable. À tort ou à droit, il se prétend lésé. À tort ou à raison, il est convaincu qu on a voulu le tromper.

TORTE .adj. f. - Voyez TORS.

TORTELLE . s. f.
• Plante. - Voyez VÉLAR.

TORTICOLIS .s.m.
• Sorte de rhumatisme, ordinairement passager, qui fait qu'on ne peut tourner le cou sans douleur. Torticolis fort douloureux. Il a un torticolis.
• Il signifie aussi, Qui porte le cou de travers. Cette attaque d'apoplexie l'a rendu torticolis. En ce sens, il est adjectif.
• Se dit, figurément et familièrement, Des faux dévots. Ne vous fiez pas à ces torticolis. Dans cette phrase, il est substantif.

TORTILLAGE .s.m.
• Façon de s'exprimer confuse et embarrassée. Que veut-il dire avec ce tortillage? Il est très-familier.

TORTILLE . s. f.
• Se dit de Petites allées, étroites et tortueuses, qu'on pratique dans un bois, dans les taillis d'un jardin ou d'un parc, pour s'y promener à l'ombre. Il y a dans ce parc de jolies tortilles. Cette tortille est sombre et fraîche. Quelques-uns disent aussi, Tortillère.

TORTILLEMENT .s.m.
• Action de tortiller, ou L'état d'une chose tortillée. Le tortillement des câbles est une opération pénible. Le tortillement de cette corde est trop lâche.
• TORTILLEMENT, se dit, figurément et familièrement, Des petits détours, des petites finesses qu'on cherche dans les affaires. Il ne faut point tant de tortillements. Je ne m'accommode pas de ses tortillements.

TORTILLER . v. a.
• Tordre à plusieurs tours. Il ne se dit qu'en parlant Des choses faciles à plier, comme le papier, la filasse, le ruban, etc. Tortiller du ruban, une corde, un cordon, du papier. Tortiller des cheveux.
• Se dit, avec le pronom personnel, Des serpents et des vers qui se tordent, qui se replient sur eux-mêmes en plusieurs façons. Voyez comme ce serpent, comme ce ver se tortille. Cet homme se tortille comme un serpent.
• Il signifie, figurément et familièrement, Chercher des détours, des subterfuges. Cet homme ne fait que tortiller dans les affaires. Il ne faut point tant tortiller, il n'y a pas à tortiller, il faut aller droit. En ce sens, il est neutre.
• Fam. et par plaisanterie, Tortiller des hanches, Marcher avec un mouvement, un balancement trop marqué des hanches.
• TORTILLÉ, ÉE. participe

TORTILLÈRE . s. f.- Voyez TORTILLE.

TORTILLON .s.m.
• Coiffure d'une fille du bas peuple. Se dit, par extension, d'Une petite servante prise au village. Les deux sens ont vieilli.

TORTIONNAIRE .adj. des deux genres
• .Jurispr. Inique et violent. Il n'est guère usité que dans ces locutions: Un emprisonnement injurieux et tortionnaire; une exécution, une saisie, etc., injuste et tortionnaire.

TORTIS .s.m.
• Assemblage de plusieurs fils de chanvre, de laine, de soie, etc., tordus ensemble.
• TORTIS, se dit aussi d'Une espèce de couronne ou de guirlande de fleurs. Un tortis de fleurs. Un tortis de myrte. Ce sens est vieux.
• Se dit, en termes de Blason, Du fil de perles qui entoure la couronne des barons.

TORTU, UE .adj.
• Qui n'est pas droit, qui est de travers. Cet homme est tout tortu, bossu, etc. Il a les jambes tortues, les pieds tortus, le nez tortu. Un arbre tortu. Cette pièce de bois est tortue. Un chemin, un sentier tortu. Les ceps de vigne sont toujours tortus.
• Fam., Le bois tortu, La vigne.
• Fig. et fam., Avoir l'esprit tortu, Manquer de justesse dans l'esprit, voir les choses autrement qu'elles ne sont. On dit dans le même sens, Faire des raisonnements tortus.

TORTUE . s. f.
• Animal amphibie à quatre pieds, qui marche fort lentement, et dont tout le corps, à la réserve de la tête, des pieds et de la queue, est couvert d'une grande enveloppe dure et le plus souvent garnie d'écailles. Tortue de mer. Tortue de rivière. Tortue de terre. Il y a dans ce pays des tortues de mer d'une prodigieuse grandeur. Écaille de tortue. OEufs de tortue. La chair de tortue est délicate. Bouillon de tortue. Potage aux tortues. Soupe à la tortue. Peigne, boîte d'écaille de tortue, ou simplement, d'écaille.
• Fam., À pas de tortue, Lentement. Il va, il marche à pas de tortue.
• TORTUE, était, chez les Romains, L'espèce d'abri ou de toit que les soldats formaient en tenant leurs boucliers au-dessus de leur tète, et en les serrant les uns contre les autres, pour être à couvert des traits de l'ennemi en approchant du pied des murailles d'une ville assiégée. Les pierres et les traits lancés par les assiégés tombaient et glissaient sur la tortue formée par les assiégeants.
• Il se disait également d'Une machine de guerre montée sur des roues et couverte, à l'abri de laquelle on pouvait s'avancer de même jusqu'au pied des murailles d'une ville assiégée. Les travailleurs, couverts par la tortue, percèrent le mur.

TORTUER . v. a.
• Rendre tortu. Tortuer une aiguille.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Cet arbre commence à se tortuer.
• TORTUÉ, ÉE. participe

TORTUEUSEMENT . adv.
• D'une manière tortueuse.

TORTUEUX, EUSE .adj.
• Qui fait plusieurs tours et retours. Il ne se dit guère que Des rivières, des chemins et des serpents. Le cours tortueux d'un fleuve. Un chemin, un sentier tortueux. Les replis tortueux d'un serpent.
• Fig., Une marche, une conduite tortueuse, Une manière d'agir sans franchise, pleine de détours. On dit aussi, Des voies tortueuses.

TORTUOSITÉ . s. f.
• État de ce qui est tortueux. Il est peu usité.

TORTURE . s. f.
• Gêne, tourment qu'on fait souffrir. Les tyrans ont inventé d'horribles tortures.
• Il signifie aussi, Le tourment qu'on fait souffrir à quelqu'un par ordre de justice, pour l'obliger à confesser la vérité. Mettre à la torture. Appliquer à la torture. Donner la torture. Souffrir la torture. Être condamné à la torture. Être à la torture. La torture est depuis longtemps abolie en France. Dans cette acception, l'on se sert plus ordinairement du mot de Question.
• Fig., Mettre son esprit à la torture, donner la torture à son esprit, se donner la torture, être à la torture, Travailler avec une grande contention d'esprit à la recherche, à l'examen, à la discussion de quelque chose. Ne donnez point la torture à votre esprit pour résoudre une pareille question.
• Fig., Mettre quelqu'un à la torture, Lui causer un trouble, un embarras pénible, ou une vive impatience. On dit également dans ce sens, Être à la torture.

TORTURER . v. a.
• Faire éprouver la torture. Les brigands l'ont inutilement torture pour lui faire dire où était son or. Il fut cruellement torturé avant d'avouer son crime.
• Fig., Torturer un texte le sens d'un texte, le sens d'un mot, Lui faire signifier, comme par violence, ce qu'il ne dit pas.
• TORTURÉ, ÉE. participe

TORY .s.m.
• Nom qu'on a donné en Angleterre aux partisans de Charles II, et qui depuis est resté le nom générique du parti qui prétend soutenir la prérogative royale, et qui cherche même à l'étendre. Il est opposé à Whig. Les torys ont plus fréquemment dominé en Angleterre que les whigs.
• S'emploie aussi adjectivement. Un ministère tory. Un journal tory.

TOSCAN, ANE .adj.
• T. d'Archit. Se dit Du plus simple et du plus solide des cinq ordres d'architecture, et De ce qui appartient à cet ordre. L'ordre toscan. Colonne toscane. Soubassement toscan. On appelle Architecture toscane, Celle qui est essentiellement composée d'arcades et de bossages.

TOSTE .s.m. - Voyez TOAST.

TOSTER . v. a.
• Porter un toast, des toasts; boire en annonçant un voeu, un sentiment pour quelque personne, ou quelque événement heureux. Il faut toster le général qui a remporté cette victoire. On a tosté la paix, la liberté de l'Amérique.
• Il est aussi neutre. Nous passâmes toute la soirée à toster.
• TOSTÉ, ÉE. participe

TÔT . adv. de temps.
• Promptement, vite, dans peu de temps. Allez tôt. Revenez tôt. Vite et tôt. Ces trois premières phrases sont du style populaire. Tôt ou tard. Il faut mourir tôt ou tard. Tôt ou tard les méchants sont punis. Cela n'a pas été fait assez tôt. Il est arrivé assez tôt pour... Il s'est déclaré trop tôt. Vous ne sauriez venir trop tôt. Il était venu plus tôt que moi. Son procès sera plus tôt jugé que le mien. Il faut finir plus tôt que plus tard. Voyez PLUS, à la fin.
• Quand on le joint aux adverbes Bien, si, aussi, il forme avec eux un seul mot. Vous avez eu bientôt fait. Il n'arrivera pas sitôt, de sitôt. Votre affaire ne sera pas sitôt finie que la mienne. Je n'arriverai pas sitôt que vous, aussitôt que vous. Il n'est pas arrivé aussitôt qu'il l'avait promis. Voyez BIENTÔT.
• Sitôt que, aussitôt que, signifient aussi, Dès que, du moment que. Sitôt qu'il en reçut la nouvelle, il partit. Aussitôt qu'il le vit paraître, il alla au-devant de lui.

TOTAL, ALE .adj.
• Complet, entier. Sa ruine totale. Somme totale. Le nombre total. Renversement, abandonnement total.
• TOTAL, s'emploie aussi comme substantif masculin, et signifie, Le tout, l'assemblage de plusieurs choses considérées comme faisant un tout. Prenez le total. Je vous donnerai tant pour le total. Le total de sa succession. Le total de la somme se monte à... Il y a tant du total. Il a reçu cette somme en total. La somme des totaux.
• AU TOTAL, EN TOTAL. loc. adverbiales, Tout compensé. Au total, c'est une bonne affaire. En total, c'est un bon ouvrage.
• SOMME TOTALE. loc. adv. En comptant tout. Cela coûte, somme totale, vingt-six mille francs.

TOTALEMENT . adv.
• Entièrement, tout à fait. Il est totalement ruiné. Il s'est totalement dévoué à cet homme-là.

TOTALITÉ . s. f.
• Le total, le tout. La totalité du bien. La totalité de la succession. Il prit tant sur la totalité. Soit en totalité, soit en partie.

TOTON .s.m.
• Espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes lettres sur ses quatre faces latérales. Quand, après avoir tourné, le dé tombe en présentant la face marquée d'un T, celui qui a joué gagne tout ce qui est au jeu. Jouer au toton. Les totons sont ordinairement d'os ou d'ivoire. Cette danseuse tourne comme un toton.

TOUAGE .s.m.
• .Marine. Action de touer, ou Le résultat de cette action. - Voyez TOUÉE.

TOUAILLE . s. f.
• Linge pendu sur un rouleau auprès d'un lieu où l'on se lave les mains, et qui sert à les essuyer.

TOUC .s.m. - Voyez TOUG.

TOUCAN .s.m.
• Oiseau d'Amérique, dont le bec est très-gros et très-long. Il y a des toucans dont le bec est plus long que le corps entier.
• TOUCAN, est aussi le nom d'Une constellation de l'hémisphère austral.

TOUCHANT, ANTE .adj.
• Qui touche le coeur, qui émeut. On le dit surtout en parlant D'émotions douces et attendrissantes. Un discours touchant. Un sermon bien touchant. Cela est fort touchant. Il nous dit des choses si touchantes, que... Des paroles touchantes. Une musique touchante. Un spectacle touchant. Une scène touchante. Une beauté touchante.
• En Géom., Point touchant, Le point où une courbe est touchée par une ligne droite, ou Le point dans lequel deux lignes courbes se touchent. Il a vieilli: on dit maintenant, Point de tangence, de contact.

TOUCHANT . préposition.
• Concernant, sur le sujet de. Il m'a entretenu touchant vos affaires, touchant vos intérêts.

TOUCHE . s. f.
• Chacune des petites pièces d'ébène, d'ivoire, etc., qui composent le clavier d'un orgue, d'un piano, d'un clavecin, etc. Touches blanches. Touches noires. Cet homme a la main excellente, on ne lui voit pas poser les doigts sur les touches. Il y a deux touches de rompues au clavier de cet orgue.
• TOUCHE, en parlant De la guitare et de quelques autres instruments à long manche, se dit Des petits filets saillants qui sont appliqués sur le manche de distance en distance, et qui servent à faire les demi-tons. Il faut mettre des touches au manche de cette guitare.
• TOUCHE, signifie aussi, L'épreuve qu'on fait de l'or par le moyen de la pierre de touche. On connut à la touche que cette pièce était fausse.
• Pierre de touche, Sorte de pierre noirâtre très-dure dont on se sert pour éprouver l'or. On a reconnu sur la pierre de touche que cette pièce était fausse. Se dit quelquefois, figurément, au sens moral. L'adversité est la pierre de touche de l'amitié.
• TOUCHE, se dit figurément et familièrement Des pertes de biens, des disgrâces, des maladies, des mortifications, et des autres accidents fâcheux. On l'a obligé à payer une grosse somme, c'est une rude touche. Il est bien changé par sa maladie, il a eu une terrible touche. Les critiques ont donné à ce poëte une petite touche. La touche est forte. Ce sens vieillit.
• TOUCHE, signifie aussi, Un petit brin de bois ou de quelque autre chose, dont les enfants qui apprennent à lire touchent les lettres qu'ils veulent épeler.
• TOUCHE, se dit encore d'Une petite baguette d'os ou d'ivoire, courbée par un bout, dont on se sert aux jonchets pour lever chaque pièce, après qu'on les a toutes laissées tomber pêle-mêle. Lever des jonchets avec la touche.
• TOUCHE, en termes de Peinture, La manière dont le peintre indique et fait sentir le caractère des objets. Suivant les objets qu'on imite, la touche doit être hardie, fière, mâle, vigoureuse, large, spirituelle, moelleuse, fine, légère. Dans les ouvrages des artistes médiocres, la touche est souvent molle, incertaine, timide, faible, maigre, mesquine, sans esprit, dure ou pesante. On reconnaît facilement la touche de tel maître.
• Il s'applique quelquefois, figurément, Au style, dans un sens analogue. On reconnaît facilement la touche de cet habile écrivain.
• TOUCHE, en termes d'Imprimerie, signifie, L'action d'appliquer l'encre sur la forme avec les balles ou le rouleau. La touche exige beaucoup de soin.

TOUCHER . v. a.
• Mettre la main sur quelque chose, à quelque chose. Toucher les vases sacrés. Toucher doucement, légèrement. Il ne lui a pas touché le bout du doigt. Ne touchez pas cela. Toucher de la main, du doigt.
• Il signifie également, Se mettre en contact avec un objet de quelque autre manière que ce soit. Toucher du pied. Toucher du bras. Il le toucha du coude. Il l'a touché avec son gant, avec son chapeau. Il l'a touché de sa baguette.
• S'emploie aussi comme neutre. Toucher aux vases sacrés. Ne touchez pas à cela. Regardez cela, mais n'y touchez pas.
• Fig., Faire toucher une chose au doigt et à l'oeil, La démontrer clairement, en convaincre par des preuves indubitables, telles que sont ordinairement celles qu'on acquiert par la vue et par le toucher.
• En termes de Manége, Toucher de la gaule, Aider de la gaule, en frapper légèrement sur l'épaule du cheval. Venez à courbettes par le milieu de la place; touchez de la gaule.
• Toucher dans la main, Mettre sa main dans celle d'un autre, en signe de réconciliation, d'amitié, ou de conclusion de marché, etc. Le marché est conclu, il m'a touché dans la main. Nous nous sommes touchés dans la main. On les a réconciliés, ils se sont touchés dans la main. Il me tendit la main, et me dit: Touchez là, l'affaire est faite.
• Par exagérat., Il ne touche pas des pieds à terre, se dit D'un homme qui danse ou court légèrement.
• Fig. et fam., Cet homme ne laisse pas toucher du pied à terre, Il ne donne pas le temps de se reconnaître, de respirer.
• Fig. et fam., Il n'a pas l'air d'y toucher, on ne dirait pas qu'il y touche, se dit D'un homme fin et dissimulé.
• En Vénerie, Toucher au bois, se dit Des cerfs lorsqu'ils se frottent contre les arbres, pour dépouiller leur nouvelle tête de la peau qui l'enveloppe.
• Toucher à quelque chose, signifie souvent, Atteindre à quelque chose. Il est si grand, qu'il touche au plancher. Il y touche de la tête. Il y touche de la main.
• Fig., Toucher à un certain temps, En être proche. Nous touchons au printemps, à l'hiver. Il touche à cet âge où les passions se développent. Il n'y a pas quinze jours d'ici à Pâques, nous y touchons. Nous touchons au dernier moment. Toucher à sa fin. Le terme n'est pas éloigné, nous y touchons.
• Toucher à quelque chose, signifie aussi, En prendre, en ôter. On ne doit jamais toucher à un dépôt. On ne touchait au trésor de la république que dans les grandes nécessités. Je garde cet argent pour une affaire importante, je n'y veux pas toucher. Les assiégés n'ont pas encore touché à leurs magasins. Voilà des mets, des plats auxquels on n'a pas touché.
• Fig., Toucher à une chose, à une affaire, Y apporter quelque changement. Plusieurs autres lois ont été modifiées, mais on n'a pas touché à celle-là. On a retranché quelques compagnies dans tels régiments, mais on n'a pas touché à celui-là. Il n'osait toucher à l'ouvrage d'un si grand maître. Assurément on n'y touchera pas. Ce prince changea presque tout dans le royaume, mais il n'osa toucher à la religion, aux lois fondamentales. On n'a pas voulu toucher à cet article du règlement.
• Il y a touché, se dit D'un homme qui a eu part à un ouvrage d'esprit.
• Toucher une pièce d'or, un lingot d'or, L'éprouver avec la pierre de touche. Cette pièce d'or est douteuse, elle a été touchée deux ou trois fois.
• TOUCHER, en termes d'Imprimerie, Étendre, appliquer l'encre sur la forme avec les balles ou avec le rouleau. Toucher la forme également et légèrement. Toucher avec le rouleau, avec les balles. Toucher en noir, en rouge.
• TOUCHER, signifie encore, Frapper pour faire aller, chasser devant soi; et il se dit en parlant Des bêtes, comme vaches, boeufs, chevaux, etc. Il touchait un troupeau devant lui. Il touchait des boeufs devant lui. Absolument: Touchez, cocher, allons plus vite. Touche, cocher. Touchez fort.
• Il se construit quelquefois, dans ce sens, avec la préposition Sur. Toucher sur les uns et sur les autres.
• TOUCHER, se dit aussi en parlant Du contact qui a lieu entre toutes sortes de corps, lorsqu'ils se joignent tellement, qu'il n'y a rien entre deux. Ma maison touche la sienne. Dans ce sens, il est souvent employé comme verbe réciproque. Ces deux pierres se touchent. Le lambris et la muraille ne se touchent pas. Ces deux maisons se touchent.
• Ils ne laissent pas toucher la balle à terre, se dit De bons joueurs de paume.
• Fig. et fam., Cette affaire ne touchera pas à terre, Elle passera sans difficulté.
• En Géom., Cette ligne droite touche cette courbe, Elle la rase en un seul point, sans la couper. On dit aussi dans le même sens, Ces deux courbes se touchent.
• En termes de Marine, Ce navire touche, se dit Quand, faute d'eau, la quille touche le fond, ou que, par quelque accident, il vient à toucher une roche, un banc de sable, etc. Toucher à une île, à un port, c'est, lorsqu'on fait route, Y aborder, y mouiller pour très-peu de temps.
• TOUCHER, en parlant D'une somme d'argent, signifie, Recevoir. Il a touché ses appointements. Je lui ai fait toucher telle somme. Toucher de l'argent.
• TOUCHER, en parlant De certains instruments de musique, signifie, En jouer. Toucher la lyre. Toucher l'orgue, le clavecin, le piano. Il touche le piano agréablement, délicatement. On dit aussi, abusivement, Toucher du piano, de l'orgue, etc.
• Fig. et fam., Toucher la grosse corde, Parler de ce qu'il y a de principal et de plus essentiel dans une affaire. C'est une corde qu'il ne faut pas toucher, il ne faut pas toucher cette corde-là, se dit Pour faire entendre qu'une affaire ou qu'une circonstance est délicate, et qu'il n'en faut pas parler.
• TOUCHER, signifie figurément, Traiter, exprimer. Ce poëte, cet orateur touche bien les passions. Il y a dans cette tragédie des endroits bien touchés.
• Toucher une chose, une matière, En parler incidemment dans un discours. Il a touché ce point-là fort adroitement. Il ne l'a voulu toucher qu'en passant, que légèrement. Touchez-en quelque chose dans votre préface.
• En Peinture, Ce tableau est bien touché, Les coups de pinceau y sont donnés avec beaucoup d'entente, de force, de hardiesse, etc.
• TOUCHER, signifie aussi figurément, Émouvoir. Dieu lui a touché le coeur. Dieu l'a touché, il s'est converti. Cette nouvelle, cette mort l'a fort touché. Il en est sensiblement, vivement, extrêmement touché, touché jusqu'aux larmes. Il en est touché jusqu'au fond du coeur. Laissez-vous toucher à nos larmes, par nos larmes. Il fut touché, fort touché de mon malheur. Il ne fut pas touché de leurs prières. Il en fut touché de pitié, de douleur. Son repentir m'a touché. Ses larmes me touchèrent le coeur, me touchèrent. On l'emploie quelquefois absolument. Ce qui est affecté ne peut toucher.
• TOUCHER, signifie encore figurément, Concerner, regarder, intéresser. Cela ne me touche point. En quoi cela vous touche-t-il? Je prends beaucoup de part, je prends un véritable intérêt à tout ce qui vous touche, à tout ce qui touche votre famille. Cela ne me touche en rien. Cet événement ne me touche ni de près ni de loin. On l'emploie quelquefois neutralement en ce sens. Cette question touche aux plus graves intérêts de l'État. Les choses qui touchent à l'honneur.
• Il signifie aussi, Appartenir par le sang. Il me touche de près, il est mon cousin. Il ne me touche ni de près ni de loin.
• TOUCHÉ, ÉE. participe, Aux Jeux de dames et de trictrac, Dame touchée, dame jouée; et au Jeu d'échecs, Pièce touchée, pièce jouée, signifient que, Quand on a touché une pièce, il faut la jouer.
• Jouer au gage touché. Voyez GAGE.

TOUCHER .s.m.
• Le tact, celui des cinq sens par lequel on connaît les qualités palpables, comme le mou et le dur, le froid et le chaud, l'humide et le sec. Cela se connaît au toucher. Le sens du toucher.
• Ce pianiste, ce joueur de guitare, etc., a un beau toucher, un toucher délicat, un toucher brillant, Il joue délicatement, agréablement, d'une manière brillante du piano, de la guitare, etc.

TOU-COI
• .Chasse. Mot qu'on emploie pour faire taire un limier lorsqu'il crie. Tou-coi, chien, tou-coi.

TOUE . s. f.
• Espèce de bateau qui sert de bac sur certaines rivières.

TOUÉE . s. f.
• .Marine. Action de touer, de se touer. Entrer à la touée dans un port. Sortir d'un port à la touée. Ancre de touée.
• Se dit aussi d'Une longueur de câble de cent vingt brasses.

TOUER . v. a.
• .Marine. Faire avancer un navire en tirant d'un point fixe un câble à force de bras ou au moyen du cabestan; à la différence de Remorquer, Faire avancer un navire, le tirer par le moyen d'un ou de plusieurs bâtiments à voiles ou à rames. Touer un navire.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Se touer pour sortir d'un port, d'une rivière.
• TOUÉ, ÉE. participe

TOUFFE . s. f.
• Assemblage de certaines choses, comme arbres, herbes, fleurs, cheveux, rubans, plumes, etc., lorsqu'elles sont en quantité et près à près. Touffe d'arbres. Touffe de cheveux. Touffe de poil ou de poils. Touffe de plumes. Etc.

TOUFFEUR . s. f.
• Exhalaison chaude qui saisit en entrant dans un lieu où la chaleur est extrême. Touffeur incommode. J'ai senti en entrant une touffeur insupportable. Il est familier.

TOUFFU, UE .adj.
• Qui est en touffe, qui est épais, bien garni. Un bois touffu. Un arbre bien touffu. Une fleur bien touffue. Une barbe touffue.

TOUG
ou TOUC.s.m.
• Demi-pique au bout de laquelle est attachée une queue de cheval avec un bouton d'or, et qu'on porte en manière d'étendard devant les vizirs, les pachas, et les sangiacs ou gouverneurs.

TOUJOURS . adv. de temps.
• Continuellement, sans interruption, sans cesse, sans relâche, sans fin. C'est une source qui coule toujours. Les bienheureux jouiront toujours de la vue de Dieu. La lune tourne toujours autour de la terre.
• Ils se sont dit adieu pour toujours, Ils se sont quittés pour ne plus se revoir.
• Prov., Toujours va qui danse, Pour s'amuser, il n'est pas besoin de bien danser, il suffit qu'on danse. Cette phrase se dit figurément, en parlant D'un homme qui fait le mieux qu'il peut, qui fait tant bien que mal ce qu'il a à faire.
• TOUJOURS, signifie aussi, Sans exception, en toute rencontre, en toute occasion. Les plus grands esprits ne sont pas toujours les plus agréables. Les beautés les plus régulières ne sont pas toujours les plus piquantes. Cet ouvrage plaira toujours.
• Il signifie encore, Le plus souvent, ordinairement. Il est toujours en bonne compagnie. Elle est toujours en prières. On le trouve toujours occupé. Il est toujours en colère. Il est toujours gai, toujours de bonne humeur. Il ment toujours.
• TOUJOURS, signifie aussi, En attendant, cependant, néanmoins. Je vais sortir, travaillez toujours. Je vous suivrai de près, allez toujours. Prenez toujours cela en attendant. Prenez toujours cela à compte. En dépit de ses conseils, j'irai toujours mon chemin, je ne laisserai pas d'aller mon chemin. Quand ce que je vous dis pourrait être contesté, il est toujours vrai que... toujours est-il que...
• Il se prend aussi pour Au moins. Si je n'ai pas réussi, toujours ai-je fait mon devoir.

TOUPET .s.m.
• Petite touffe de poil, de cheveux, de crin, de laine. Les Tartares se rasent la tête, mais ils gardent un toupet de cheveux. Il n'a qu'un toupet de cheveux sur le front. Au milieu de ses cheveux noirs, il y a un petit toupet blanc. Un toupet de barbe. On dit plus ordinairement, Un bouquet de barbe.
• Se dit absolument de La touffe de cheveux qui est au haut du front. Son toupet est bien haut. Son toupet est dérangé. Porter le toupet élevé, bas. Cet homme craint de déranger son toupet. Il porte un faux toupet.
• Fam., Se prendre au toupet, Se prendre aux cheveux. Peu s'en est fallu que ces deux femmes ne se soient prises au toupet.
• Fig. et fam., Son toupet lui prend, se dit D'une personne qui a un mouvement de caprice, d'impatience.
• Fig. et fam., Avoir du toupet, Avoir du feu, de la verve, de la hardiesse.
• TOUPET, se dit également de Cette partie de la crinière qui passe entre les deux oreilles du cheval, et qui lui tombe sur le front.

TOUPIE . s. f.
• Sorte de jouet de bois qui est fait en forme de poire, et qu'on enveloppe d'une corde tournée en spirale, par le moyen de laquelle, lorsqu'on l'en dégage en le jetant, il tourne sur une pointe de fer dont il est armé au bout. Une petite toupie. Une grosse toupie. Des enfants qui jouent à la toupie.
• Toupie d'Allemagne, Espèce de toupie creuse et percée d'un côté, qui fait du bruit en tournant.

TOUPILLER . v. n.
• Tournoyer comme une toupie. Il n'est usité qu'en parlant Des personnes, et signifie, Ne faire qu'aller et venir dans une maison sans savoir pourquoi. Elle ne fait que toupiller. Il est familier.

TOUPILLON .s.m.
• Petit toupet. Toupillon de cheveux.
• Se dit aussi Des branches inutiles et confuses d'un oranger.

TOUR . s. f.
• Sorte de bâtiment élevé, rond ou carré, ou à plusieurs côtés, dont on fortifiait jadis l'enceinte des villes, des châteaux, etc., ou qui sert de prison, de phare, de clocher, etc. Haute tour. Petite tour. Grosse tour Tour ronde. Tour carrée. Tour octogone. Tour à plusieurs étages. Tour isolée. Monter dans une tour, sur une tour, à une tour. Du haut de la tour. Au pied de la tour. Ville enceinte de murailles et de tours. Muraille flanquée de tours. Les créneaux d'une tour. La tour de Babel. La tour du donjon. Le château des Sept-Tours. La tour de Londres. La tour de Cordouan, qui sert de phare à l'embouchure de la Gironde. Les tours de Notre-Dame. La tour de l'horloge. On dit de même, Tour de dôme, tour de moulin à vent.
• Se dit aussi de Certaines machines en forme de tours que les anciens attachaient sur le dos des éléphants destinés à combattre, et dans lesquelles ils plaçaient ordinairement des archers.
• Fig. et fam., Tour de Babel, Lieu où tout le monde parle à la fois et sans s'entendre. Cette maison est une vraie tour de Babel.
• TOUR, au Jeu des échecs, se dit d'Une certaine pièce de ce jeu, qu'on appelait autrefois Roc. Donner échec et mat avec la tour.

TOUR .s.m.
• Mouvement en rond. Le tour du soleil, des planètes. Jupiter fait son tour en douze ans. Tour de boule. Tour de roue. Tour de meule.
• Fam., D'ici là il n'y a qu'un tour de roue, Il y a peu de distance.
• Fam., À tour de bras, De toute la force du bras. Il lui donna un soufflet à tour de bras.
• Fam. et par exagérat., En un tour de main, En aussi peu de temps qu'il en faut pour tourner la main. Il change d'avis en un tour de main. Cela a été fait en un tour de main.
• Tour de reins, Rupture ou foulure de reins causée par quelque effort. Avoir un tour de reins. Il s'est donné un tour de reins.
• Tour de broche, Révolution que fait la broche en tournant sur elle-même, et en présentant successivement à l'ardeur du feu toutes les parties de la pièce de viande qui y est attachée pour rôtir. Ce chapon aurait eu besoin d'un tour de broche de plus.
• TOUR, se dit, par extension, de Plusieurs autres sortes de mouvements, quoiqu'ils ne soient pas en rond. Faire un tour, Aller et venir. Il fit deux tours par la chambre. Faire un tour dans le jardin, un tour de jardin, deux tours d'allée. Faites un tour jusque-là. Vous faites bien des tours. Avez-vous fait tous vos tours?
• Il est allé faire un tour de promenade, Il est allé se promener; et, Il est allé faire un tour, Il est sorti pour revenir bientôt. On dit dans le même sens, Il est allé faire un tour en ville, un tour dans son pays.
• Prov. et fig., Il ne fera point telle chose, il n'ira point en tel lieu, qu'il n'ait fait ses quinze tours, Avant d'y aller, il fera, selon sa coutume, mille choses inutiles.
• TOUR, se dit aussi en parlant De certaines choses qui vont en serpentant, et qui reviennent sur elles-mêmes. Cette rivière fait plusieurs tours et retours. Le sang fait plusieurs tours et retours dans les artères et dans les veines. Les tours et les retours d'un labyrinthe. On dit aussi, Les tours et détours.
• Un tour de trictrac, Les douze trous. Il a fait deux tours, deux fois le tour du trictrac en bredouille.
• À certains Jeux de cartes, Jouer un tour, faire un tour, Jouer un certain nombre de coups, en sorte que tous les joueurs successivement aient une fois la main. Au Brelan, Jouer cinq tours aux écus, cinq tours aux deux écus, et un tour au louis d'or, Jouer onze tours en tout, à condition que, pendant les cinq premiers, chaque joueur mettra à chaque coup un écu devant lui, etc.
• TOUR, veut dire encore, Circuit, circonférence d'un lieu ou d'un corps. Le tour de la ville, du parc, du village. Le tour du jardin. Cette ville a une lieue de tour. Cet arbre, cette colonne a tant de tour.
• Faire le tour de, Parcourir toute la circonférence de, ou S'étendre autour de. Ce voyageur a fait le tour du monde. Faire le tour de la ville, d'une ville, d'un jardin, d'un bois, etc. Ce bracelet fait plusieurs tours autour du bras.
• Fam., Faire son tour de France, d'Europe, Parcourir la France, l'Europe. Se dit surtout Des artisans qui voyagent pour travailler de leur état dans différentes villes.
• Le tour du visage, La circonférence du visage. Elle a le tour du visage agréable. Un beau tour de visage.
• Tour de lit, L'étoffe qui environne le lit, et qui est attachée au bois d'en haut. Tour de lit de serge, de damas, de velours, d'indienne, etc.
• Cette tenture de tapisserie, cette garniture, cette robe a tant d'aunes de tour, Elle a tant d'aunes de cours.
• En termes de Jurispr., Tour de l'échelle, Servitude qui donne au propriétaire du bâtiment auquel elle est due, le droit de placer une échelle sur l'héritage du voisin, pour réparer son mur. Tour du chat, Intervalle d'un demi-pied dont les fours et les forges doivent être éloignés des murs qui sont dans leur voisinage, suivant les usages de Paris. Tour de la souris, Intervalle de deux à trois pouces qui doit rester vide entre une chausse d'aisances et un mur mitoyen contre lequel elle est posée.
• Fig. et fam., Tour du bâton, Profit secret, illicite ou abusif, qu'un homme tire de l'emploi, du poste qu'il occupe. Son emploi lui vaut tant par an, sans le tour du bâton.
• TOUR, se dit également de Différentes choses dont on se sert, soit pour l'habillement, soit pour la parure, et qui sont mises en rond. Un tour de cou. Un tour de gorge. Un tour de bonnet. Un tour de cheveux.
• TOUR, signifie aussi, Toute action qui exige la promptitude, la subtilité et l'adresse de la main, ou la souplesse, l'agilité, la force du corps. Tour de bateleur. Tour de gibecière, de gobelets. Tour de passe-passe. Tour d'adresse, de souplesse. Il sait faire des tours de cartes, des tours de main. Ce sauteur fait des tours de force extraordinaires.
• Fig., Tour de force, Action qui exige beaucoup de force. En portant ce fardeau jusque-là, vous avez fait un tour de force. On le dit également au sens moral. Si vous terminez ces deux affaires aujourd'hui, vous ferez un tour de force. Une si longue improvisation est un tour de force. C'est un tour de force.
• TOUR, se prend aussi, figurément et familièrement, pour Trait d'habileté, ruse, finesse, manière d'agir où il entre ordinairement de l'adresse et quelquefois de la mauvaise intention. Il lui a joué un tour, d'un tour. Il lui jouera un mauvais tour. Faire un tour, des tours à quelqu'un. Je lui revaudrai ce tour-là. C'est un tour d'escroc, de filou. Voilà de ses tours. Voilà un bon tour.
• Fig., Cela vous jouera un mauvais tour, se dit À quelqu'un pour l'avertir qu'une chose lui sera dangereuse ou préjudiciable.
• Prov. et fig., Un tour de maître Gonin, Un tour d'homme rusé.
• TOUR, en parlant D'une affaire, se dit de La manière dont on la fait voir, dont elle se présente, dont elle marche. Il donne le tour qu'il lui plaît aux affaires. Il donne un certain tour aux choses. Il a donné un bon tour à cela. Le succès dépend du tour que le rapporteur donnera à votre affaire. Cette affaire prend un bon, un mauvais tour.
• TOUR, en parlant D'éloquence, de poésie, de style, ou d'une phrase, d'une période, signifie, La manière dont on exprime ses pensées, et dont on arrange ses termes, soit en parlant, soit en écrivant. Il y a un tour noble, oratoire dans tout ce qu'il écrit. Il donne un tour agréable à tout ce qu'il dit. Ces vers ont un tour, sont d'un tour noble, naturel, agréable. Tour figuré. Tour hardi. Ce qu'il écrit est d'assez bon sens, mais le tour en est mauvais. La pensée n'est pas nouvelle, mais le tour en est nouveau. Il y a du tour à cela. Ce tour de phrase est obscur, singulier, heureux. Le tour d'une période.
• Cet homme a un tour d'esprit agréable, il a un tour agréable dans l'esprit, Il présente les choses sous une forme agréable. On dit aussi, Un tour d'esprit original.
• TOUR, signifie encore, Rang successif, alternatif. Ce n'est pas votre tour. Je parlerai à mon tour. Son tour viendra. C'est mon tour à vous aller voir. C'est mon tour de monter la garde. C'est à mon tour de monter la garde. Son tour est passé. Céder son tour. Vous n'en êtes pas quitte, vous aurez votre tour. Vous serez recherché à votre tour. Chacun à son tour. À tour de rôle. Voyez RÔLE.
• Au Théâtre, Tour de faveur, Décision du comité des comédiens qui fait passer la représentation d'une pièce avant celle d'autres ouvrages qui la précèdent dans l'ordre du tableau de réception. Sa pièce eut un tour de faveur. Il a obtenu un tour de faveur.
• TOUR, se dit en outre d'Une machine dont on se sert pour façonner en rond le bois, l'ivoire, les métaux. Tour en l'air. Tour ovale. Tour figuré. Tour à graver. Tour à portrait. Cela est fait au tour. Manche de couteau fait au tour.
• Cette femme a le bras, la main, la gorge faits au tour, Elle les a parfaitement bien faits. On dit dans le même sens, Cet homme, cette femme sont faits au tour.
• TOUR, signifie aussi, Une espèce d'armoire ronde et tournant sur un pivot, qui est posée dans l'épaisseur du mur, et qui sert aux religieuses pour faire passer ce qu'elles reçoivent du dehors, ou ce qu'elles y envoient. Faire passer quelque chose par le tour. On se sert également d'une pareille machine au conclave, dans certains hospices et dans les prisons.
• TOUR À TOUR. loc. adv. L'un après l'autre, alternativement, à diverses reprises. Ces deux généraux commanderont tour à tour. Parler tour à tour.

TOURBE . s. f.
• Substance combustible spongieuse, légère, brune ou noirâtre, qui est formée par l'accumulation des débris de végétaux. Tourbe de marais. Tourbe profonde ou bitumineuse. Se servir de tourbe pour se chauffer. Brûler de la tourbe. Charbon de tourbe. Cette tourbe est excellente; elle ne donne en brûlant que douze pour cent de résidu terreux.

TOURBE . s. f.
• Multitude confuse composée de menu peuple.

TOURBEUX, EUSE .adj.
• Qui contient de la tourbe. Terrain tourbeux.

TOURBIÈRE . s. f.
• Endroit d'où l'on tire de la tourbe.

TOURBILLON .s.m.
• Vent impétueux qui va en tournoyant. Ce tourbillon a fait bien du dégât. Violent, furieux tourbillon.
• Se dit quelquefois De l'eau qui tournoie avec violence. Il y a dans cette rivière plusieurs tourbillons fort dangereux.
• Il signifie, en termes de Philosophie cartésienne, Une quantité de matière qu'on suppose tourner autour d'un astre. Descartes a imaginé les tourbillons pour expliquer le système du monde.
• Se dit, figurément, de Tout ce qui entraîne les hommes. C'est un homme emporté par le tourbillon du monde, des plaisirs, des affaires. Vivre dans le tourbillon du monde. On dit absolument, Être dans le tourbillon.

TOURBILLONNER . v. n.
• Aller en tournoyant. L'eau tourbillonne dans cet endroit de la rivière.

TOURD .s.m.
• T. d'Hist. nat. Poisson de mer.

TOURD .s.m., ou TOURDELLE. s. f.
• Nom donné à une espèce de grive.

TOURDILLE .adj.
• Il ne s'emploie que dans cette locution, Gris tourdille, La couleur du poil d'un cheval qui est d'un gris sale approchant de la couleur d'une grive.

TOURELLE . s. f.
• Diminutif. Petite tour. Il y a quatre tourelles à son château. Dans les fortifications et les châteaux, il y a des tourelles en encorbellement qui servent de guérites ou de cabinets.

TOURET .s.m.
• Petite roue qui, dans les machines à tourner, reçoit son mouvement d'une plus grande.
• Se dit aussi d'Une pièce mécanique de fer, de cuivre, etc., ayant deux branches parallèles unies en haut et en bas par une partie pleine qui reçoit un tourillon et une vis, dont l'effet est de tendre ou de détendre une corde, etc.
• Se dit également d'Une sorte de dévidoir ou de rouet à l'usage des cordiers.
• Se dit quelquefois Du rouet à filer.
• Se dit encore d'Un petit tour à l'usage des graveurs en pierres fines.

TOURIÈRE . s. f.
• On appelle ainsi, dans les Monastères de filles, Une domestique de dehors, qui a soin de faire passer au tour toutes les choses qu'on y apporte. La tourière du couvent. La soeur tourière. La tourière de dehors.
• Mère tourière, La religieuse préposée pour avoir soin du tour en dedans.

TOURILLON .s.m.
• .plusieurs Arts. Se dit Des axes de fer sur lesquels se meuvent les treuils, les bascules, etc.; et, particulièrement, Du gros pivot sur lequel tourne une porte cochère, une grille, un pont-levis.
• Se dit aussi Des deux parties rondes et saillantes qui sont vers le milieu d'un canon, et qui servent à l'assujettir sur son affût.
• Se dit encore de La partie mobile d'un touret qui sert à tendre et à détendre une corde, etc.

TOURMALINE . s. f.
• Sorte de pierre cristallisée, qui, étant échauffée, devient électrique, et attire la poussière de charbon, les cendres, et autres corps légers.

TOURMENT .s.m.
• Grande, violente douleur corporelle. La goutte, la pierre, la néphrétique, sont de cruels tourments. Le chirurgien qui l'a opéré lui a fait souffrir d'horribles tourments, des tourments insupportables.
• Se dit particulièrement Des supplices, des tortures qu'on fait souffrir à quelqu'un. Les tourments des martyrs. On l'a condamne à d'horribles tourments. La force des tourments lui arracha l'aveu de son crime.
• Il signifie figurément, Une grande peine d'esprit. Cette affaire m'a bien donné du tourment, de la peine et du tourment. Les enfants donnent quelquefois bien du tourment à leurs pères. Les tourments de la jalousie, de l'ambition, etc. Il s'est donné bien du tourment, et n'a pu réussir.

TOURMENTANT, ANTE .adj.
• Qui tourmente. C'est un homme bien tourmentant.

TOURMENTE . s. f.
• Orage, bourrasque, tempête sur la mer. Grande, furieuse, horrible tourmente. Durant la tourmente. Il s'éleva une tourmente. Les bons matelots prévoient la tourmente. La tourmente a dispersé leurs vaisseaux. Ce bâtiment résista long-temps à la tourmente.
• Se dit aussi Des ouragans qui s'élèvent dans les hautes montagnes. En passant le mont Cenis, il a été assailli par la tourmente.
• S'emploie quelquefois figurément, en parlant Des troubles qui agitent un pays. Pendant la tourmente politique.

TOURMENTER . v. a.
• Faire souffrir quelque tourment de corps. On l'a si horriblement tourmenté, qu'il en est mort.
• Se dit également Des douleurs causées par quelque maladie, ou par une opération de chirurgie, ou par la piqûre de quelque insecte, etc. Il est tourmenté de la goutte, de la néphrétique. Il a depuis quelque temps une colique qui le tourmente jour et nuit. Les chirurgiens l'ont cruellement tourmenté. Les mouches tourmentaient ce cheval. Nous étions tourmentés des cousins.
• TOURMENTER, signifie figurément, Donner de la peine, faire souffrir quelque peine d'esprit. Ces enfants tourmentent fort leur père. Son procès le tourmente. Que cela ne vous tourmente point. Être tourmenté des remords de sa conscience, de remords, par les remords.
• Il signifie aussi, Importuner beaucoup, harceler. Cet homme me tourmente avec ses visites, ses lettres, ses demandes continuelles. Il ne fait que me tourmenter. Ses créanciers le tourmentent tous les jours.
• TOURMENTER, signifie encore, Agiter violemment. Le vent tourmenta longtemps notre vaisseau. La mer était haute, et le vaisseau fut rudement tourmenté, fut longtemps tourmenté de la tempête, par la tempête. C'est un cheval inquiet, et qui tourmente fort son cavalier.
• Tourmenter un ouvrage, Le retravailler avec un effort qui se fait sentir. Cet ouvrage, ce tableau a été tourmenté. On dit de même, Tourmenter son style.
• TOURMENTER, avec le pronom personnel, signifie, S'agiter, se remuer. Tenez-vous en repos, ne vous tourmentez pas tant. Il n'a fait que se tourmenter toute la nuit. Il se tourmentait fort. Ce cheval se tourmente.
• Fig., Ce bois se tourmente, Il se déjette.
• Il signifie aussi, S'inquiéter, se donner bien de la peine de corps et d'esprit. À quoi sert de vous tourmenter si fort? Il ne faut pas se tourmenter pour si peu de chose. Ne vous tourmentez point de cela, pour cela. On dit quelquefois, dans le même sens, Tourmenter sa vie; mais cette phrase vieillit.
• TOURMENTÉ, ÉE. participe

TOURMENTEUX, EUSE .adj.
• .Marine. Se dit De certains parages fort sujets aux tempêtes. Il est peu usité.

TOURMENTIN .s.m.
• .Marine. Petit foc qu'on nomme ainsi, parce que, dans les grands bâtiments, on ne s'en sert que durant les tourmentes. Voyez TRINQUETTE.

TOURNAILLER . v. n.
• Faire beaucoup de tours et de détours sans s'éloigner du même lieu, du même point. Le cerf n'a fait que tournailler. Cessez de tournailler autour de moi.
• Il signifie aussi, Rôder autour. Il est familier dans les deux acceptions.

TOURNANT .s.m.
• Le coin des rues, le coin des chemins, et L'endroit où le cours d'une rivière fait un coude. Il fut attaqué au tournant de telle rue, au tournant du chemin. Au tournant d'une rivière.
• Se dit aussi de L'espace où l'on fait tourner un carrosse, une charrette, etc. Il n'y a pas assez de tournant. Ce cocher n'a pas bien pris son tournant, a mal pris son tournant, Il n'a pas bien pris ses mesures pour tourner.
• TOURNANT, se dit encore d'Un endroit dans la mer, dans une rivière, où l'eau tournoie continuellement, et qui est dangereux pour les bâtiments. Il y a là un tournant qu'il faut éviter.
• Moulin à deux tournants, Moulin à deux roues qui font tourner deux meules.
• TOURNANT, signifie quelquefois figurément, Moyen détourné employé pour réussir. Je prendrai un tournant pour arriver jusqu'à lui. En ce sens, il est très-familier.

TOURNANT, ANTE .adj.
• Qui tourne. Un pont tournant. Des rames tournantes.

TOURNEBRIDE .s.m.
• Espèce de cabaret établi auprès d'un château ou d'une maison de campagne, pour recevoir les domestiques et les chevaux des étrangers qui y viennent.

TOURNEBROCHE .s.m.
• Machine servant à faire tourner la broche. Tournebroche à ressort. Tournebroche à poids.
• Se dit également Des petits garçons qui tournent la broche.
• Se dit aussi Du chien qu'on met dans une roue pour faire tourner la broche.

TOURNÉE . s. f.
• Voyage qu'on fait en divers endroits. Il ne se dit proprement que Des courses que certains fonctionnaires publics font avec autorité dans leur ressort, dans leur département. Le préfet, le général de la division a fait sa tournée. Tournée administrative. Frais de tournée. Inspecteur général de tournée.
• Se dit aussi de Certains voyages annuels ou périodiques qu'un particulier fait pour ses affaires ou pour celles d'une compagnie. Ce marchand est allé faire sa tournée en Hollande. Il est en tournée.
• Se dit, familièrement, Des petites courses qu'on fait dans différents endroits. Il fait tous les matins plusieurs tournées.

TOURNELLE . s. f.
• Petite tour. Ce mot est vieux dans ce sens: on l'emploie en parlant de Quelques anciens bâtiments, comme, Le palais des Tournelles. De là on dit encore, La rue des Tournelles, le pont, le quai de la Tournelle, à Paris.

TOURNELLE . s. f.
• Chambre du parlement, qui était composée d'un certain nombre de juges, pris tour à tour moitié dans la grand'chambre et moitié dans les chambres des enquêtes, pour juger les affaires criminelles. La chambre de la Tournelle. Président à la Tournelle. Un conseiller de service à la Tournelle.

TOURNEMAIN .s.m.
• Il n'est usité que dans cette locution, En un tournemain, En aussi peu de temps qu'il en faut pour tourner la main. Il a vieilli: on dit, En un tour de main.

TOURNER . v. a.
• Mouvoir en rond. Tourner une roue. Tourner une broche.
• Se dit aussi De plusieurs autres mouvements, pour peu qu'ils tiennent du mouvement en rond. Tourner la tête. Tourner les yeux. Tourner les regards.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Se tourner dans son lit. Se tourner vers quelqu'un, vers quelque endroit. Tournez-vous, que je voie si cet habit vous va bien par derrière.
• Tourner les pieds en dedans, tourner les pieds en dehors, Porter la pointe des pieds en dedans ou en dehors. Tourner ses souliers, Les déformer en marchant de telle manière que le pied ne puisse plus y être à sa juste place.
• Fam., Tournez-moi les talons, Partez, éloignez-vous de moi.
• Tourner le dos à quelqu'un, Tourner le dos du côté où il a le visage, lui présenter le dos. Se dit, figurément et familièrement, Lorsqu'on quitte quelqu'un et qu'on le laisse là par mépris, par indignation, ou Lorsqu'on abandonne ses intérêts. Fig., La fortune lui a tourné le dos, La fortune lui est devenue contraire. Tourner le dos aux ennemis, ou simplement, Tourner le dos, Fuir. Fam., Il tourne le dos où il veut aller, se dit D'un homme qui, au lieu d'aller où il veut, prend un chemin tout opposé.
• Prov., fig. et pop., Tourner le dos à la mangeoire, Se mettre dans une situation contraire à celle que demande la chose qu'on veut faire.
• Tourner tête, Se tourner pour faire tête, pour faire face aux ennemis. Les ennemis le poursuivaient, il tourna tête, et les obligea de reculer à leur tour.
• Fig. et fam., Ne savoir de quel côté se tourner, Être dans un grand embarras.
• Tourner ses pas vers un endroit, Marcher, se diriger vers un endroit.
• Ce prince tourna ses armes, ses forces contre tel État, Il fit marcher ses troupes de ce côté-là, pour y porter la guerre.
• Fig., Tourner toutes ses pensées à quelque chose, vers quelque chose, Y appliquer toutes ses pensées, s'y adonner entièrement. Dans le même sens, on dit, Tourner son coeur à Dieu; se tourner vers Dieu.
• Fig., Tourner une personne à son gré, Manier son esprit en sorte qu'on lui fasse faire tout ce qu'on veut. Il tourne cet homme-là, cet esprit-là comme il lui plaît.
• Fig., Tourner quelqu'un de tous les sens, de tous les côtés, Lui faire diverses questions et diverses propositions, afin de tirer de lui ce qu'il sait, ou pour découvrir quel est son sentiment, son dessein.
• Absol., Tourner quelqu'un, L'interroger avec adresse. On a eu beau le tourner, il n'a rien dit. On l'a tourné et retourné de mille façons, on n'en a pu rien tirer. Il signifie aussi, Le circonvenir. Ils l'ont tant tourné, qu'ils l'ont amené à leurs fins.
• Fig., Tourner bien, tourner mal une affaire, une chose, Lui donner un bon, un mauvais aspect.
• En termes de Chasse, Tourner un lièvre, tourner des perdrix, Tourner autour du lièvre, autour des perdrix.
• En termes de Guerre, Tourner un poste, une montagne, tourner l'ennemi, etc., Les prendre à revers.
• TOURNER, se dit également en parlant De certaines choses qu'on change de sens. Tourner les feuillets d'un livre. Tourner une carte. Tourner une étoffe d'un autre sens.
• Prov. et fig., Tournez la médaille, Voyez cette personne, cette affaire du côté opposé à celui dont vous venez de la considérer.
• Fig. et fam., Tourner casaque, Changer de parti.
• Tourner bride, se dit D'un cavalier qui retourne sur ses pas. Il reçut cette nouvelle en chemin, et aussitôt il tourna bride.
• Tourner tout en bien, tourner tout en mal, Interpréter tout en bonne part, en mauvaise part. Tourner les choses à son avantage, Les interpréter avantageusement pour soi, ou Savoir en tirer de l'avantage.
• Tourner quelqu'un en ridicule, Le rendre ridicule par des traits de plaisanterie.
• Tourner une chose en raillerie, La prendre comme dite en raillant et sans dessein de fâcher. Il ne prit point sérieusement les choses désagréables qu'on lui disait, il les tourna en raillerie. Il signifie aussi, Se moquer de quel que chose, en faire des railleries. Il tourne en raillerie les meilleurs conseils et les plus sages remontrances.
• TOURNER, signifie aussi, Traduire. Tourner du latin en français. Ce sens est vieux.
• TOURNER, signifie encore, Façonner au tour des ouvrages de bois, d'ivoire, de pierre, de métal. Tourner des colonnes. Tourner des chaises. Tourner l'or, l'argent, le cuivre, le fer, etc. On l'emploie aussi absolument. Il sait fort bien tourner. Il s'amuse à tourner. Un ouvrier qui tourne bien.
• TOURNER, signifie quelquefois, Arranger d'une certaine manière les paroles, les pensées dans un ouvrage de prose ou de vers, leur donner un certain tour. Il tourne bien les vers. Il tourne bien un vers. Je voudrais tourner cette période autrement. Tourner une lettre, un compliment, une pensée.
• TOURNER, est aussi verbe neutre, et signifie, Se mouvoir en rond. La terre tourne autour du soleil, et la lune tourne autour de la terre. Une planète qui tourne autour de son axe. Une machine qui tourne sur son pivot. La roue, le moulin tourne. Quand on a trop bu, il semble que tout tourne. Pendant que la broche tournait. Un cheval qui tourne autour du pilier.
• Faire tourner le sas, s'est dit D'une espèce de sortilége qui consistait à faire tourner un sas, et par le moyen duquel on prétendait découvrir l'auteur d'un crime. On dit activement, dans le même sens, Tourner le sas. On a dit aussi neutralement, Faire tourner la baguette divinatoire.
• TOURNER, signifie aussi, Se mouvoir à droite ou à gauche, quoique le mouvement ne se fasse pas tout à fait en rond. Tourner de côté et d'autre. Tourner à droite, à gauche. Tourner tout court. Le cocher a tourné trop court. Ce cheval tourne bien, tourne à toutes mains. Tournez, cocher. Dites-lui qu'il tourne par telle rue. Au bout de la rue, on tourne à droite. Après la bataille, une partie de l'armée tourna du côté de l'Allemagne. Le vent a tourné.
• En termes de Chasse, Tourner au change, se dit Des chiens, lorsqu'ils attaquent un autre animal que celui de meute.
• Fig., Tourner court, Abréger. L'orateur a tourné court après cette réflexion, et s'est hâté de finir. Se dit aussi Des choses. Cette maladie a tourné court, Elle s'est terminée par une mort prompte et inattendue. Ce dénoûment tourne trop court, Il arrive d'une manière trop brusque, trop peu préparée.
• Le vent tourne au nord, tourne au sud, etc., Il passe au nord, au sud, etc.
• Fig. et fam., Tourner à tout vent, tourner comme une girouette, Avoir l'esprit variable et inconstant, changer souvent de sentiment, d'opinion.
• La tête lui tourne, se dit en parlant D'une personne qui se trouve étourdie pour avoir regardé en bas d'un lieu fort élevé. Ne regardez pas en bas, de peur que la tête ne vous tourne. Se dit aussi De ceux à qui il survient des étourdissements et des vertiges.
• La tête lui a tourné, se dit de même D'un homme qui est devenu fou. Se dit aussi figurément D'un homme qui se méconnaît dans la bonne fortune, ou à qui quelque malheur imprévu a troublé l'esprit, ou qui, par crainte, par vanité, ou par quelque autre passion, fait des choses extravagantes.
• Il est si embarrassé, que la tête lui tourne, que la tête lui en tourne, se dit encore D'un homme qui a tant d'affaires, ou qui se trouve dans une situation si pénible, si difficile, qu'il ne sait quel parti prendre.
• Activement, Tourner la tête à quelqu'un, L'étourdir, l'importuner, l'excéder; ou Lui faire changer de résolution de bien en mal, l'égarer. On dit aussi, Cette femme lui a tourné la tête, Elle lui a inspiré un amour violent.
• Fig. et fam., Tourner autour du pot, ne faire que tourner autour du pot, Ne point aller au fait, à la conclusion d'une affaire. Parlez franchement, ne tournez point tant autour du pot. Il ne vient point au fait, il ne fait que tourner autour du pot.
• Fig., Tourner du côté de quelqu'un, Se ranger de son parti. Aussitôt qu'il se fut déclaré, tout le monde tourna de son côté.
• Fig., Ne savoir plus de quel côté tourner, Ne savoir plus que faire, que devenir, n'avoir plus de ressource.
• Fig., Cette maladie, cette affaire tourne mal, Il y a lieu de craindre qu'elle n'ait une issue fâcheuse. On dit de même, L'affaire a bien tourné, a mal tourné, a tourné autrement qu'il ne pensait.
• Fig., Ce jeune homme tourne mal, Il ne soutient pas les bonnes espérances qu'on avait conçues de lui. On dit dans le sens contraire, Il tourne bien.
• Fig., La chance a tourné, Les choses ont changé de face. Il avait tout le monde pour lui, contre lui, mais la chance a tourné.
• Fig., Cette chose tournera à sa honte, à sa gloire, à son honneur, à son déshonneur, lui tournera à bien, à mal, à profit, etc., Elle produira pour lui de la honte, de la gloire, de l'honneur, du déshonneur, du bien, du mal, du profit, etc.
• Fig., Il a tourné tout d'un coup à la mort, se dit D'un malade qui tout d'un coup, et lorsqu'on s'y attendait le moins, est tombé dans un état qui a fait juger qu'il allait mourir. On dit dans le même sens, La maladie tourne à la mort.
• TOURNER, signifie encore, S'altérer, changer en mal. Ce vin ne sera pas de garde, il tournera, il commence à tourner. Ce vin tourne à l'aigre. Quand le lait est vieux, il tourne sur le feu. Il ne faut pas trop faire chauffer cette sauce, de peur qu'elle ne tourne. Cette crème a tourné.
• Par exagérat., Cela fait tourner le sang, se dit en parlant D'un saisissement, d'une émotion violente et pénible. Les chutes de son enfant lui font tourner le sang.
• Le raisin, les cerises, les groseilles tournent, commencent à tourner, Ils commencent à mûrir, à se colorer.
• À quelques Jeux de cartes, Il tourne coeur, il tourne carreau, etc., La carte qu'on découvre, qu'on montre, est de la couleur nommée coeur, carreau, etc. De quoi tourne-t-il?
• TOURNER, signifie de même, avec le pronom personnel, Se changer, passer d'un état à un autre. La verdeur de ce vin se tournera en force.
• Sa fièvre tierce s'est tournée en quarte, en continue, Elle est devenue quarte, continue. On dit aussi, Tout ce qu'il mange se tourne en bile, etc., Devient bile, etc.
• TOURNÉ, ÉE. participe, Fig. et fam., Un homme bien tourné, Qui est bien fait, qui a bon air.
• Fig., C'est un esprit mal tourné, se dit D'un homme qui prend ordinairement les choses de travers.
• Cette maison est bien, est mal tournée, Elle est dans une bonne, dans une mauvaise exposition. On dit de même, Cet appartement, cette chambre est bien tournée, est mal tournée.

TOURNESOL .s.m.
• (L'S doit se prononcer fortement.) Plante à grande fleur radiée, ainsi nommée parce qu'on a prétendu qu'elle se tournait du côté du soleil. On la nomme vulgairement Soleil.
• TOURNESOL, se dit aussi, dans les Arts, d'Une espèce de teinture bleue dont la graine du tournesol est la base.

TOURNEUR .s.m.
• Artisan qui fait des ouvrages au tour. Excellent tourneur. Tourneur en bois, en ivoire, etc.
• Il signifie quelquefois, Celui qui tourne longtemps et rapidement sur lui-même. Il y a des derviches qu'on appelle Derviches tourneurs. Dans cette phrase, il est adjectif.

TOURNEVIS .s.m.
• (On prononce la finale S.) T. d'Arts. Instrument de fer ou d'acier avec lequel on serre et l'on desserre des vis.

TOURNIQUET .s.m.
• Croix de bois ou de fer mobile, et posée horizontalement sur un pivot, dans une rue, dans un chemin, pour ne laisser passer que des gens de pied. On a mis des tourniquets à ces barrières.
• Se dit également, en Menuiserie, d'Un morceau de bois tournant qui sert à soutenir un châssis à coulisse lorsqu'il est levé.
• Se dit aussi d'Un instrument de chirurgie qui sert à comprimer les vaisseaux dans certaines opérations.

TOURNIS .s.m.
• T. d'Art vétérinaire. Maladie des moutons qui est produite par le ver-coquin, et dans laquelle ils tournent et exécutent des mouvements convulsifs. On dit aussi, Tournoiement.

TOURNOI .s.m.
• Fête publique et militaire, où il y avait ordinairement un grand concours de princes, de seigneurs, de chevaliers, etc., et où l'on s'exerçait à plusieurs sortes de combats, soit à cheval, soit à pied. Le prince fit publier le tournoi. Il y eut, il s'y fit un grand tournoi. Les aventuriers cherchaient les tournois.

TOURNOIEMENT ou TOURNOÎMENT.s.m.
• Action de ce qui tournoie. Le tournoiement de l'eau. - Voyez TOURNIS.
• Tournoiement de tête, Certaine indisposition de cerveau, durant laquelle il semble à celui qui en est atteint, que tous les objets tournent.

TOURNOIS .adj. des deux genres
• Nom que l'on donnait à la monnaie qui se frappait autrefois à Tours, et qui était plus faible d'un cinquième que celle de Paris. Il s'est dit ensuite Des livres valant vingt sous, à la différence des livres parisis, qui en valaient vingt-cinq. Il s'est dit également Des sous valant douze deniers, à la différence des sous parisis, qui en valaient quinze. Payer en livres tournois. Sous tournois. Double tournois.

TOURNOYER . v. n.
• (Il se conjugue comme Employer.) Tourner en faisant plusieurs tours. Cet homme ne fait que tournoyer. Ce fleuve, après avoir tournoyé dans une plaine de longue étendue, se jette dans la mer. Dans l'endroit où vous voyez tournoyer l'eau, il y a un gouffre. Après avoir longtemps tournoyé, il retrouva son chemin. Ils n'ont fait que tournoyer.
• Il signifie, figurément et familièrement, N'aller pas droit à la conclusion d'une affaire, biaiser, chercher des détours. À quoi sert de tournoyer? il faut aller au but. Vous avez beau tournoyer, il en faut venir là.

TOURNURE . s. f.
• Tour. Il ne se dit qu'au figuré. Le succès de votre affaire dépend de la tournure qu'on y donnera. Il a une tournure d'esprit agréable. Tournure de phrase. La tournure d'un vers.
• Se dit familièrement de La taille, de l'habitude du corps. Ce jeune homme est d'une jolie tournure, a une jolie tournure. Cette femme a une mauvaise tournure, n'a pas de tournure.

TOURTEAU .s.m.
• Sorte de gâteau. Il est vieux.
• Il signifie aussi, Une masse formée du résidu de certaines graines, de certains fruits, dont on a exprimé de l'huile.

TOURTEREAU .s.m.
• Jeune tourterelle. Élever des tourtereaux. Manger des tourtereaux.

TOURTERELLE . s. f.
• Espèce d'oiseau qui ressemble beaucoup au pigeon, mais qui est plus petit. Les tourterelles volent ordinairement deux à deux, le mâle et la femelle. La fidélité des tourterelles. - Voyez TOURTRE.
• Fig., Ce sont des tourtereaux, ils s'aiment comme deux tourterelles, se dit De deux jeunes époux qui ont beaucoup d'amour l'un pour l'autre.

TOURTIÈRE . s. f.
• Ustensile de cuisine qui sert à faire cuire des tourtes. Tourtière d'argent. Tourtière de cuivre.

TOURTRE . s. f.
• Nom qu'on donne à la tourterelle, quand on parle de cet oiseau comme bon à manger. Manger des tourtres. On servit un plat de tourtres. Il a vieilli. Voyez TOURTERELLE.

TOUSELLE . s. f.
• Sorte de froment dont l'épi est sans barbe.

TOUSSAINT . s. f.
• La fête de tous les saints, qui est toujours le premier novembre. On l'attend à la Toussaint. Le jour de la Toussaint.

TOUSSER . v. n.
• Faire l'effort et le bruit que cause la toux. Il tousse toute la nuit. Ce vieillard ne fait que tousser et cracher. Ce malade tousse beaucoup.
• Il signifie aussi, Faire ce même bruit à dessein. Il tousse pour avertir un de ses amis.

TOUSSEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui tousse souvent. Voilà un importun, un fatigant tousseur. Il est familier.

TOUT, TOUTE .adj.
• Qui comprend l'intégrité d'une chose considérée par rapport au nombre, à l'étendue, ou à l'intensité d'action. Tout l'univers. Tout le monde. Toute la terre. Tout le jour. Tous les hommes. Tous les animaux. Toutes les plantes. Tous les êtres créés. Tout le peuple y accourut. Tous les gens que voici. Toute sa famille est en bonne santé. Tous les parents y donnent les mains. Toutes les nations de la terre. Tous les habitants de la ville. Tous vinrent au-devant de lui. Il mit toutes les troupes en bataille. Il les a tous réunis. Tous tant que nous sommes. Tous ceux que j'ai vus. Se dévouer pour le salut de tous. Toute la somme est de tant. Cette somme est toute où vous l'avez laissée, on n'en a rien ôté. Toute la dépense monte à tant. Il y a mis tout son bien, tout son argent. Travailler de toutes ses forces. Employer tout son pouvoir, toute son industrie, tout son savoir, toute sa capacité à quelque chose. Il l'a servi de tout son crédit. Aimer Dieu de tout son coeur. Donner tout pouvoir à quelqu'un. Voilà tout ce que je sais. Tout cela est fort inquiétant. Il fut obligé de solliciter, d'avancer de l'argent, et de répondre pour eux, toutes choses fort désagréables. Je vous le dis une fois pour toutes.
• Ils sont tous étonnés, ils sont tous vivants, tous entiers, etc., Il n'y en a aucun parmi eux qui ne soit étonné, qui ne soit vivant, entier, etc. Voyez TOUT, adverbe.
• TOUT, s'emploie aussi dans la signification de Chaque; et alors il n'est point suivi de l'article. Tout bien est désirable. Tout arbre qui ne porte point de fruit... Toute peine mérite salaire. Toute action qui n'a pas Dieu pour objet... Tout homme est sujet à la mort. Toute autre personne, toute autre chose lui conviendrait mieux. À tout propos. De tout point. En tout point. En toute occasion. À toute heure. À tout moment. De toute part. De toute sorte. Etc. On dit aussi, À tous moments, de toutes parts, de toutes sortes, etc.
• Tous deux, ou Tous les deux, L'un et l'autre. La première de ces locutions marque ordinairement simultanéité. Ils partirent tous deux, tous deux ensemble pour la ville. Tous les deux sont morts depuis long-temps. On dit de même, Tous trois, tous quatre, et Tous les trois, tous les quatre. Au delà de ce dernier nombre jusqu'a dix, on supprime rarement l'article; et au delà de dix on l'emploie toujours. Tous les cinq, tous les six, etc.; tous les seize, tous les vingt, etc.
• Tous les jours, tous les mois, tous les ans, Chaque jour, chaque mois, etc.; Tous les deux jours, tous les trois jours, etc., tous les deux mois, tous les trois mois, etc., tous les deux ans, tous les trois ans, etc., De deux jours en deux jours, de trois jours en trois jours, de deux mois en deux mois, etc. Toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, etc., De deux heures en deux heures, de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures, etc.
• Par tout pays, par toute terre, En quelque lieu que ce soit.
• Somme toute, Somme totale, toutes les sommes jointes ensemble; et figurément, À tout prendre. Il est riche, il est jeune et assez bien fait; mais, somme toute, c'est un pauvre homme.
• Aller, courir à toutes jambes, à toute bride, Aller, courir fort vite.
• Être à toutes mains, Se prêter à tout, être propre à tout. On dit de même, Un homme à toutes mains.
• Prendre de toutes mains, Prendre de tous côtés, acquérir par toutes sortes de voies, justes ou injustes.
• Se faire tout à tous, S'accommoder à toutes les opinions, à tous les caractères.
• Fam., Ce sont toutes fables que ce que vous contez là, ce sont tous contes à dormir, ce sont toutes visions, etc., Ce ne sont que des fables, que des contes, que des visions, etc.
• À tout hasard. Locution dont on se sert Pour marquer qu'on veut courir le risque de tout ce qui peut arriver.
• À toute force, Par toutes sortes de moyens. Il veut à toute force venir à bout de son entreprise. Il signifie aussi, À la rigueur, absolument parlant. On pourrait à toute force lui accorder ce qu'il demande.

TOUT .s.m.
• Une chose qui a des parties, considérée en son entier. Le tout est plus grand qu'une de ses parties. Diviser un tout en plusieurs parties. Je ne veux point diviser cela par pièces, prenez le tout si vous voulez. Il vous cédera le tout. Au pluriel, il conserve le t. Plusieurs touts distincts les uns des autres.
• S'emploie souvent sans être précédé de l'article. Tout est bon dans cet ouvrage. Il veut tout avoir. Tout ou rien. Il joue à tout perdre. Est-ce là tout? Avez-vous tout dit? Non, ce n'est pas tout. Il y a tout à parier que...
• Il y a de la différence, une différence du tout au tout, se dit De deux choses que quelqu'un compare ensemble, et qui diffèrent extrêmement l'une de l'autre.
• Mettre, risquer, jouer le tout pour le tout, Hasarder de tout perdre pour tout gagner.
• Au Jeu de brelan, Va-tout, faire va-tout, faire un va-tout, se dit Lorsqu'on hasarde en un seul coup tout l'argent qu'on a devant soi.
• Fam., C'est un bon homme, et puis c'est tout, Il n'a que de la bonté, ce n'est qu'un bon homme.
• Ce n'est pas tout, ce n'est pas le tout, Ce n'est pas assez, il ne suffit pas. Ce n'est pas tout que d'avoir la foi, il faut faire de bonnes oeuvres. Ce n'est pas le tout d'être assidu, il faut de plus... Ce n'est pas tout, ce n'est pas encore tout, il faut que vous alliez là.
• TOUT, sans l'article, signifie particulièrement, Toutes choses, toutes sortes de choses. C'est un homme qui se met à tout. C'est un homme à tout faire, un homme capable de tout. Il peut tout auprès du prince. Tout bien considéré... Tout n'est pas désespéré. Il veut parler sur tout, se mêler de tout. Il dit que tout va bien. C'est à vous que je dois tout.
• Il se prend quelquefois pour Tout le monde, tout ce qu'il y a de gens, de personnes. Femmes, enfants, vieillards, tout fut massacré. Le peuple et l'armée, tout était consterné. Tout fuyait, lui seul osa résister. Tout s'arma pour le défendre.
• Fam., Se faire à tout, se prêter à tout, S'habituer, se prêter aux usages, aux convenances, etc., suivant les temps, les lieux et les personnes.
• Fam., Tout compté, tout rabattu, ou Tout bien compté et rabattu, Tout étant bien examiné, toutes compensations faites. Tout compté, tout rabattu, il me doit encore mille francs. Tout compté, tout rabattu, l'un vaut bien l'autre.
• LE TOUT, est aussi Une façon de parler dont on se sert après l'énumération de plusieurs choses, pour les joindre toutes ensemble. Il a fait telle et telle chose, le tout pour parvenir à son but. Le tout monte à tant.
• Le tout ensemble, Ce qui résulte de l'assemblage de plusieurs parties formant un tout. Il y a une ou deux scènes, quelques beaux vers dans cette pièce, mais le tout ensemble n'en vaut rien. Il y a des défauts dans ce tableau, mais le tout ensemble en est agréable.
• LE TOUT, signifie encore, Tout ce qu'il y a de principal, de plus important dans une chose. C'est quelque chose de bien commencer, mais le tout est de bien finir.
• Il en fait son tout, Il l'aime uniquement. Cela ne se dit qu'en parlant Des personnes. Il n'a d'yeux que pour cet enfant, il en fait son tout. On dit quelquefois de même, C'est son Dieu, c'est son tout.
• En termes de Blason, Sur le tout, se dit en parlant D'un écusson mis sur les quartiers. Il porte écartelé de... et de... et sur le tout de... On dit aussi, Sur le tout du tout, en parlant D'un écusson posé sur les quartiers de l'écu qu'on dit être sur le tout. Brochant sur le tout, se dit en parlant D'une pièce qui paraît tout entière sur les autres pièces de l'écu. Il portait semé de France au bâton de gueules brochant sur le tout.
• TOUT, au Jeu, signifie, La troisième partie qui se joue après qu'un des deux joueurs a perdu partie et revanche, et ou l'on joue autant d'argent que l'on en a joué dans les deux premières parties ensemble. Jouer le tout. Jouer partie, revanche et le tout. Perdre le tout. Gagner le tout. Donner le tout. Prendre le tout. Prendre son tout.
• Le tout du tout, La partie qui se joue après que la même personne a perdu partie, revanche et le tout, et dans laquelle on joue autant d'argent que l'on en a joué dans les trois parties précédentes. Donner, prendre, perdre, gagner le tout du tout. Il se piqua, et voulut prendre le tout du tout. Ils en sont au tout du tout.
• À TOUT. loc. adv. propre à certains Jeux de cartes, et qui se dit en parlant De la couleur qui emporte toutes les autres. Il faut faire à tout. Jouer à tout. Jouer deux fois à tout.
• On en fait aussi un seul mot, Atout; et alors il s'emploie comme substantif masculin. Jouer un atout. J'ai deux atouts.
• À TOUT PRENDRE. loc. adv. À considérer tout l'ensemble des qualités d'une personne ou d'une chose, tout ce qu'elle a de bien et de mal. Cette maison a ses défauts; mais, à tout prendre, elle est belle et commode. À tout prendre, Louis XI était un roi.
• APRÈS TOUT. loc. adv. Dans le fond, tout bien considéré. Vos raisons sont spécieuses; mais, après tout, le parti que vous proposez pourrait avoir de fâcheux résultats.
• SUR-TOUT. loc. adv. Voyez SURTOUT.
• DU TOUT. loc. adv. qui se joint avec Rien, point, pas, pour rendre la négative plus forte, et signifie, En aucune façon, nullement, absolument rien, non. Il n'aura rien du tout. Je n'en veux point du tout. Vous me donnerez cela? Point du tout. Vous croyez peut-être qu'il fit des excuses? pas du tout. Quand ces locutions servent de réponse, on dit quelquefois Du tout, elliptiquement. Ferez-vous cela? Du tout.
• EN TOUT. loc. adv. On s'en sert pour supputer, pour compter; et il signifie, Sans rien omettre, tout étant compris. Cela lui revient en tout à mille francs. Cela fait cent écus en tout.
• Fam., En tout et par tout, Entièrement. Je suis de votre avis en tout et par tout. Voyez PARTOUT.

TOUT . adv.
• Entièrement, complétement, sans exception, sans réserve. Je suis tout à vous. Il est tout dévoué à votre service. Il est tout en Dieu. Ils furent tout étonnés. Il est tout autre que vous ne l'avez vu. C'est maintenant tout un autre homme, ou mieux un tout autre homme. Il est tout malade. Ces fruits sont tout autres que les premiers. Les chevaux de ce poil-là sont ordinairement tout bons ou tout mauvais. Du vin tout pur. Ces vins-là veulent être bus tout purs. C'est un enfant tout plein d'esprit. Ce sont des enfants tout pleins d'esprit. Ce sont des gens tout pleins de coeur. C'est tout le même homme que vous avez connu. Il est difficile de prendre ces animaux tout vivants. Bien des gens s'y tromperaient, et vous tout le premier.
• TOUT adverbe, étant mis immédiatement devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou une H aspirée, reçoit le genre et le nombre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte. Elle est toute malade. Elles furent toutes surprises de le voir. Des femmes toutes pénétrées de douleur. De l'eau-de-vie toute pure. C'est une femme toute pleine de coeur. Elle en est toute honteuse. C'est toute la même chose. Mais devant les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou une H non aspirée, Tout redevient invariable. Sa maison est tout autre qu'elle n'était. Un chien qui a les oreilles tout écorchées. Avoir les mains tout emportées. Des femmes tout éplorées. Elle est tout absorbée dans ses réflexions.
• Il y a néanmoins certains cas où Tout, placé devant un adjectif féminin singulier, commençant par une voyelle ou une H non aspirée, reçoit également le genre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte, et redevient lui-même un véritable adjectif: c'est lorsqu'il sert moins a exprimer une sorte d'excès ou d'intensité, qu'à désigner l'ensemble, la totalité des différentes parties d'une chose. La forêt lui parut toute enflammée. Au langage près, la comédie, chez les Romains, fut toute athénienne. Souvent l'adjectif féminin est remplacé par une expression équivalente; on observe alors la même distinction. Ainsi dans les phrases qui suivent, on emploie tout adverbe, parce qu'il s'agit d'exprimer l'excès, l'intensité: Elle était tout en larmes, Elle pleurait beaucoup, excessivement; Elle est tout à son devoir, Elle est entièrement occupée de son devoir. Au contraire, dans les deux suivantes, on emploie l'adjectif toute, parce qu'on veut exprimer la totalité. La maison était toute en feu, Toute la maison brûlait. Cette maison est toute à lui, Il n'y a aucune partie de cette maison qui ne lui appartienne.
• Il faut aussi distinguer entre ces deux locutions: C'est tout autre chose, et Demandez-moi toute autre chose. Dans la première, tout est adverbe et signifie Entièrement, tout à fait; il doit s'écrire, tout. Dans la seconde, toute est adjectif: Demandez-moi toute chose autre que celle que vous me demandez; et il faut écrire, toute.
• Si une femme écrit, Je suis tout à vous, c'est une expression de politesse, qui signifie: Je suis entièrement à vous; je suis toute disposée à vous rendre service. Mais si elle écrit, Je suis toute à vous, c'est une expression de tendresse qui veut dire, Je vous consacre ma vie, mon existence entière.
• On écrivait et l'on imprimait autrefois Toute devant les adjectifs féminins, commençant par une voyelle ou par une H non aspirée. Elle était toute inquiète, toute alarmée. Ce succès l'a rendue toute heureuse. C'est Vénus toute entière à sa proie attachée. Quelques personnes suivent encore cette ancienne orthographe.
• Dans Tout entier, employé comme une seule expression, Tout reste invariable, soit qu'on veuille indiquer la totalité ou l'intensité de quelque chose. Ce pâté, ce pain est encore tout entier. Les grands hommes ne meurent pas tout entiers. Une heure tout entière s'écoula. Des masses tout entières de rochers se sont détachées de la montagne. Cette femme est tout entière à ce qu'elle fait. Voyez TOUT adjectif.
• TOUT, reste également invariable dans les locutions, Tout coeur, tout esprit, tout zèle, etc., Plein de coeur, plein d'esprit, plein de zèle, etc. C'est une femme qui est tout coeur. Ce sont des gens qui sont tout coeur, tout esprit. Elle est, pour ses amis, tout zèle, tout dévouement. On dit de même, Être tout oeil et tout oreille, tout yeux et tout oreilles, Regarder et écouter attentivement. Elles étaient tout yeux et tout oreilles.
• Fam., Cet enfant est tout le portrait de son père, Il lui ressemble parfaitement.
• TOUT, se joint avec plusieurs prépositions ou adverbes, et avec plusieurs locutions, pour leur donner plus d'énergie. Il le lui dit tout froidement. Tout doucement. Parler tout haut, tout bas. Je vous le dis tout franc, tout net. Tout au moins. Tout du moins. Tout autant. Tout aussi bien que lui. Tout ainsi que. Tout comme vous voudrez. C'est tout au plus. Tout de son long. Tout le long. Tout au long. Tout de suite. Tout droit. Tout de travers. Tout court. Tout en haut. Tout en bas. Tout à côté. Tout contre. Tout auprès. Tout au travers du corps. Tout autour. Etc.
• Il sert même à former certaines locutions dont on ne peut le retrancher sans détruire ou altérer le sens. Tout à coup. Tout d'un coup. Tout à fait. Tout de go. Tout du long. Tout à l'heure. Tout de bon. Tout beau. Tout doux. Voyez COUP, FAIT, ETC.
• Fam., Ce que vous dites là sont tout autant de fables, sont tout autant de visions, Les choses que vous nous dites ne sont que des fables, des visions.
• Fam., C'est tout un, Cela revient au même, cela est égal. On dit proverbialement, C'est tout un, mais ce n'est pas de même, Cela revient au même, quoique ce ne soit pas la même chose.
• TOUT adverbe, s'emploie aussi avec toutes sortes d'adjectifs, et même avec certains substantifs, dans la signification de Quoique, encore que, ou de Quelque. En ce sens, il prend l'accord devant les adjectifs féminins qui commencent par une consonne ou une H aspirée. Tout sage qu'il est. Tout votre ami qu'il est. Tout blessé qu'il était. Tout habiles et tout artificieux qu'ils sont. Ces hardes sont usées; mais, tout usées qu'elles sont, elles peuvent encore servir. Tout ingrate qu'elle est. Toute femme qu'elle est. Toutes raisonnables qu'elles sont... On dit à peu près de même, Tout en riant, tout en plaisantant, tout en murmurant, etc., Bien que ce soit, que ce fût en riant, en plaisantant, etc. Il lui dit ses vérités tout en riant. Il sortit tout en grondant.

TOUTE-BONNE . s. f.
• Nom vulgaire d'une espèce de sauge, qu'on appelle autrement Orvale.

TOUTE-ÉPICE . s. f.
• Nom vulgaire d'une espèce de nielle, qui est légèrement âcre et odorante, et qui sert, dans quelques pays, à l'assaisonnement des viandes. On la nomme aussi Herbe aux épices ou de toutes épices.

TOUTEFOIS . adv.
• Néanmoins, cependant, mais, pourtant. Tous les hommes recherchent les richesses, et toutefois on voit peu d'hommes riches qui soient heureux. Si toutefois il est permis de le dire. Et toutefois je vous dirai... Toutefois on peut objecter que...

TOUTENAGUE . s. f.
• Alliage métallique blanc fait avec de l'étain et du bismuth. On le nomme aussi Tintenague.

TOUTE-PUISSANCE . s. f.- Voyez PUISSANCE.

TOUTE-SAINE . s. f.
• Arbrisseau ainsi nommé parce qu'il est fort utile en médecine, surtout comme vulnéraire.

TOU-TOU .s.m.
• Nom que les enfants donnent aux chiens.

TOUT-OU-RIEN .s.m.
• Partie de la répétition d'une montre, d'une pendule, qui fait qu'elle répète entièrement l'heure indiquée par les aiguilles, ou qu'elle ne répète rien; ce qui arrive quand on n'a pas assez poussé le bouton. Cette répétition est à tout-ou-rien. Il faut ajouter un tout-ou-rien à ma répétition.

TOUT-PUISSANT .adj. et s.- Voyez PUISSANT.

TOUX . s. f.
• Expiration bruyante de l'air, plus ou moins violente et plus ou moins répétée, accompagnée d'un petit mouvement convulsif du larynx et de la trachée artère. La toux est un des principaux symptômes du rhume de poitrine ou catarrhe pulmonaire. Toux violente. Toux continuelle. Il a une toux qui le tourmente nuit et jour. Une quinte de toux.
• Toux sèche, Toux qui n'est point accompagnée de crachats. On dit par opposition, Toux humide.

TOXICODENDRON .s.m.
• .Bot. Espèce de sumac qui est fort vénéneux, et qui produit des boutons à la peau, lorsqu'on en touche les feuilles.

TOXICOLOGIE . s. f.
• Science qui traite des poisons, des toxiques; Traité sur les poisons.

TOXIQUE .s.m.
• Nom générique qui se donne à toutes sortes de poisons. Les animaux, les végétaux et les minéraux fournissent des toxiques.

TRABAN .s.m.
• Mot qui, en allemand, signifie Garde, et qu'on a quelquefois employé pour désigner Des militaires armés de hallebardes, et chargés d'un service particulier. Il y a des trabans dans les compagnies suisses qui veillent particulièrement à la personne du capitaine.

TRABÉE . s. f.
• Nom qu'on donnait, chez les Romains, à une robe de cérémonie qui était différente selon les personnes. Les triomphateurs portaient une trabée de pourpre brodée d'or. La trabée des prêtres, des chevaliers. Les archéologues emploient de préférence le mot latin Trabea.

TRAC .s.m.
• Se dit de L'allure du cheval, du mulet, etc. Le trac des chevaux.
• Se dit aussi de La trace et de la piste des bêtes. Suivre une bête au trac. Il est vieux dans les deux sens.

TRAÇANT, ANTE .adj.
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Racine traçante, Racine d'arbre ou de plante qui s'étend entre deux terres; à la différence de Racine pivotante, Celle qui s'enfonce perpendiculairement dans le terrain.

TRACAS .s.m.
• Mouvement accompagné d'embarras, le plus souvent pour des choses de peu d'importance. Il y a bien du tracas dans cette maison. Il est dans le tracas du déménagement.
• S'emploie aussi figurément, au sens moral. Le tracas des affaires. Le tracas du ménage, du commerce. Il s'est retiré du tracas, du tracas du monde. Il est familier dans les deux sens.

TRACASSER . v. n.
• Aller et venir, s'agiter, se tourmenter pour peu de chose. Il ne peut se tenir en repos, il tracasse sans cesse. Il ne fait que tracasser. Il aime à tracasser.
• Se dit en parlant Des manières d'agir d'un esprit inquiet, indiscret, brouillon et malin, qui fait des tracasseries. Ne recevez point cet homme dans votre société, il ne fait que tracasser.
• Il est aussi verbe actif, et signifie, Inquiéter, tourmenter quelqu'un. Cet homme m'a tant tracassé que j'ai abandonné l'affaire. Nous ne saurions vivre avec lui, il nous tracasse perpétuellement. Il est familier dans les trois sens.
• TRACASSÉ, ÉE. participe

TRACASSERIE . s. f.
• Chicane, mauvais incident, mauvaise difficulté. Nous étions près de conclure notre marché, mais il nous a fait une tracasserie.
• Il signifie aussi, Propos, rapport qui tend à brouiller des gens les uns avec les autres. Il passe sa vie à faire des tracasseries. Il fait toujours quelque tracasserie.
• Se dit également de L'effet des mauvais propos. Il y a une tracasserie entre eux, dans le ménage. Il m'a fait une tracasserie avec un tel. Il est familier dans les trois sens.

TRACASSIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui tracasse, qui ne sait ce qu'il veut, qui est sujet à faire de mauvaises difficultés dans les affaires dont il se mêle. C'est un tracassier, une tracassière. Adjectivement, Une administration, une police tracassière.
• Il signifie aussi, Un brouillon, un indiscret qui, par de mauvais rapports, commet des personnes les unes avec les autres. Ne recevez pas cet homme-là dans votre société, c'est un tracassier.

TRACE . s. f.
• Vestige qu'un homme ou quelque animal laisse à l'endroit où il a passé. Voilà la trace de ses pas. Suivre des voleurs à la trace. La bête a passé par ici, en voilà les traces. Trace légère, imperceptible. La trace en est encore toute fraîche. Suivre la trace des chevaux.
• Fig., Marcher sur les traces, suivre les traces de quelqu'un, L'imiter, suivre son exemple. Cela peut se dire en bien ou en mal, mais on le dit plus ordinairement en bien. Suivre les traces de son père, de ses pères. Je serais heureux de marcher sur vos traces.
• TRACE, se dit encore de La marque et de l'impression que laisse un chariot, un carrosse, ou autre voiture, et de Toute autre marque et impression qui reste de quelque chose. Suivre la trace d'un chariot. Le tonnerre est tombé dans cet endroit, on en voit encore des traces, la trace. Les navires ne laissent point de trace dans l'eau, ni les oiseaux dans l'air. La petite vérole n'a laissé sur son visage que des traces imperceptibles.
• Se dit, figurément, de L'impression que les objets font dans l'esprit, dans la mémoire. Cette aventure a laissé des traces profondes dans mon esprit, dans ma mémoire. Je n'en retrouve pas la moindre trace dans ma mémoire. Le temps a effacé de mon esprit jusqu'aux moindres traces de cet événement.
• Se dit aussi figurément de Toute autre sorte de marque ou d'impression que laisse une chose quelle qu'elle soit. On n'aperçoit en lui aucune trace de la bonne éducation qu'il a reçue. Les arts ont fleuri dans cette contrée, il y en reste encore des traces. On ne trouve aucune trace de cet événement dans l'histoire.
• TRACE, se dit encore Des lignes que l'on fait sur le terrain, pour marquer le dessin d'un jardin, l'alignement d'un mur, le plan d'un édifice. Faire la trace d'un parterre.
• Se dit également Des premiers points d'aiguille, des premiers traits que l'on fait sur du canevas, pour marquer les contours des figures d'un ouvrage de tapisserie. J'ai donné à cette ouvrière tant pour le dessin, tant pour la trace.

TRACEMENT .s.m.
• Action de tracer. Le tracement d'un fort sur le terrain. Le tracement d'une plate-bande.

TRACER . v. a.
• Tirer, disposer les lignes d'un dessin, d'un plan, sur le papier, sur la toile, sur le terrain, sur un mur, etc. Tracer un plan. Tracer une épure. Tracer en grand. Tracer un dessin. Tracer une légère esquisse de quelque chose. Tracer une allée, un parterre, un fort, un bastion, une route, etc. Tracer sur le terrain. Tracer un cadran.
• Il signifie quelquefois simplement, Indiquer, marquer par une ou plusieurs lignes le contour de quelque chose. Tracer une circonférence. Tracer les profils d'un membre d'architecture. Tracer des contours. Tracer les dimensions d'une chose qui doit être coupée ou taillée. On dit de même, Tracer une ligne droite, tracer un sillon, etc., Faire une ligne droite, un sillon, etc.
• Il signifie de même, Faire sur le canevas les premiers points, pour marquer le contour des objets dans un ouvrage de broderie, de tapisserie. Tracer de la tapisserie. Tracer des fleurs sur du canevas.
• Fig., Tracer le chemin à quelqu'un, Lui donner exemple. Ses ancêtres lui avaient tracé un chemin qu'il devait suivre. Il suit le chemin que ses pères lui ont tracé. On dit dans le même sens: Tracer à quelqu'un la conduite qu'il doit tenir. Tracer à quelqu'un des règles de conduite. Sa conduite est toute tracée.
• Tracer des caractères, Écrire. Je reconnais les caractères que sa main a tracés. Il n'est guère usité que dans le style soutenu.
• Fig., Tracer l'image, le tableau de quelque chose, Représenter quelque chose par le discours, le décrire. Il nous a tracé le tableau de ses malheurs.
• TRACER, se dit aussi Des arbres dont les racines s'étendent en rampant sur la terre, et ne s'enfoncent presque pas. L'orme, le noyer, tracent beaucoup. En ce sens, il est neutre, et opposé à Pivoter.
• TRACÉ, ÉE. participe, S'emploie aussi substantivement. Le tracé d'un ouvrage de fortification. Le tracé d'une broderie.

TRACHÉE-ARTÈRE . s. f.
• T. d'Anat. Canal communiquant du larynx aux bronches, et servant au passage de l'air pendant l'aspiration et l'expiration. La trachée-artère est placée devant l'oesophage.
• TRACHÉE, seul, se dit, en Histoire naturelle, de Certains petits vaisseaux des insectes et des plantes qui sont formés d'un fil élastique contourné en spirale. Les insectes respirent par les trachées. Il n'est pas certain que les trachées servent à la respiration des plantes.

TRACHÉOTOMIE . s. f.
• .Chirur. Opération qui consiste à ouvrir la trachée-artère.

TRADITEUR .s.m.
• T. d'Hist. ecclésiastique. On appelait ainsi Ceux qui, dans la persécution, avaient livré les livres sacrés aux païens. Saint Cyprien a écrit un livre sur les traditeurs.

TRADITION . s. f.
• .Jurispr. et de Liturgie. Action par laquelle on livre une chose à quelqu'un. La vente se consomme par la tradition de la chose vendue. La vente d'une terre se faisait anciennement par la tradition d'une glèbe. L'ordre de portier, dans l'Église, se confère par la tradition des clefs.
• TRADITION, signifie aussi, dans l'Église catholique, La voie par laquelle la connaissance des choses qui concernent la religion, et qui ne sont point dans l'Écriture sainte, se transmet de siècle en siècle. La religion catholique est fondée sur l'Écriture sainte et sur la tradition. Il y a une tradition écrite, et une tradition non écrite ou orale. Tradition authentique. Tradition apocryphe. Fausse tradition.
• Se dit, par extension, Des choses mêmes que l'on sait par la voie de la tradition. Ce point de discipline ne se trouve pas dans l'Écriture sainte, ce n'est qu'une tradition. On dit dans un sens analogue: Les traditions religieuses de l'Inde, de la Chine, etc. Les traditions mythologiques. Des traditions superstitieuses.
• Traditions judaïques, Les interprétations que les docteurs juifs avaient données à la loi de Moïse, et les additions qu'ils y avaient faites, lesquelles ont été depuis recueillies par les rabbins.
• TRADITION, se dit également en parlant Des faits purement historiques qui nous ont été transmis d'âge en âge, et qui, sans aucune preuve authentique, se sont conservés en passant de bouche en bouche. Ce sont des faits que la tradition seule nous a appris.
• Se dit aussi de Ces faits mêmes. Beaucoup de traits d'histoire ne sont que de fausses traditions.
• TRADITION, se dit généralement de Toutes les opinions, de tous les procédés, de tous les usages, etc., qui se transmettent de génération en génération par le moyen de l'exemple ou de la parole. Ceci est une tradition de nos maîtres. Cet acteur connaît parfaitement toutes les traditions du théâtre. Ce jeu de théâtre est une tradition, est de tradition.

TRADITIONNAIRE .s.m.
• Se dit Des Juifs qui expliquent l'Écriture par les traditions du Talmud. Le traditionnaire est opposé au caraïte.

TRADITIONNEL, ELLE .adj.
• Fondé sur la tradition. Des lois, des opinions traditionnelles.

TRADITIONNELLEMENT . adv.
• Suivant la tradition, d'après la tradition. On ne sait cela que traditionnellement.

TRADUCTEUR .s.m.
• Celui qui traduit d'une langue en une autre. Bon, fidèle traducteur. Traducteur exact, élégant. Mauvais, servile, froid traducteur. J'ai lu tous les traducteurs de Platon, de Tacite.

TRADUCTION . s. f.
• Action de traduire. La traduction est un travail difficile. La traduction demande une grande intelligence des deux langues, et de la matière dont il s'agit.
• Il signifie aussi, La version d'un ouvrage dans une langue différente de celle où il a été écrit. Traduction nouvelle, fidèle, exacte. Excellente traduction. Vieille traduction. Mauvaise traduction. Traduction servile. Traduction libre. Traduction littérale. Traduction interlinéaire. Traduction de la Bible. Traduction de l'Énéide. Traduction de Tacite. Traduction en prose. Traduction en vers. On dit de même, La traduction d'un passage, d'une citation, d'un vers, etc.

TRADUIRE . v. a.
• .Palais. Transférer d'un lieu à un autre. Il ne se dit qu'en parlant Des personnes. Il fut traduit des prisons du Châtelet à la Conciergerie.
• Traduire devant un juge, devant un tribunal, Citer ou renvoyer quelqu'un devant un juge, un tribunal. C'est un chicaneur qui m'a traduit devant tous les juges, devant tous les tribunaux. Il fut traduit devant la cour d'assises. On dit de même, Traduire en justice.
• TRADUIRE, signifie aussi, Faire passer un ouvrage d'une langue dans une autre. Traduire du latin en français. Il a traduit tel livre en français, en italien. Il le traduit en vers, en prose. Cela est traduit du grec. Cela est bien traduit, fidèlement traduit, traduit mot à mot, traduit à la lettre, littéralement. On traduit quelquefois les mots, sans que pour cela le sens soit rendu. On dit de même, Traduire un passage, une citation, un vers, etc.
• Traduire un auteur, Traduire ses ouvrages. Il a traduit Homère, Platon, Virgile.
• Fig., Traduire quelqu'un en ridicule, Le tourner en ridicule. Cette manière de parler a vieilli; on dit, Tourner quelqu'un en ridicule.
• TRADUIRE, signifie quelquefois, par extension, Expliquer, interpréter, éclaircir. Traduisez-moi votre pensée en termes un peu plus clairs.
• TRADUIT, ITE. participe, Un roman traduit de l'anglais.

TRADUISIBLE .adj. des deux genres
• Qui peut se traduire. Croyez-vous cet ouvrage traduisible? Cette phrase n'est pas traduisible.

TRAFIC .s.m.
• Négoce, commerce de marchandises. Bon, grand, riche trafic. Le trafic des cuirs, des porcelaines, des grains, des vins, du blé, etc. Il fait un grand trafic en Espagne, en Angleterre, etc. Il s'est mis dans le trafic. Il fait trafic de toutes sortes de marchandises.
• Se dit figurément, et en mauvaise part, Du profit qu'on tire de certaines choses. Trafic infâme. Trafic illicite. Les trafics honteux qu'il a faits. Il fait trafic de son crédit. Il fait trafic des choses saintes. Il fait trafic de la louange.

TRAFIQUANT .s.m.
• Commerçant, négociant. C'est un gros trafiquant.

TRAFIQUER . v. n.
• Faire trafic. Trafiquer par mer en tel et tel pays. Trafiquer en gros, en détail. Trafiquer en laines, en soieries, en épiceries, etc.
• Il est quelquefois actif. Trafiquer une lettre de change. Trafiquer des billets sur la place. Ce sens a vieilli: on dit maintenant, Négocier.
• Il signifie figurément, Tirer de certaines choses un profit illicite, malhonnête, honteux. Trafiquer de son honneur. Trafiquer de la protection de quelqu'un. Trafiquer des choses saintes. Cette indigne mère a l'infamie de trafiquer des charmes de sa fille.
• TRAFIQUÉ, ÉE. participe

TRAGACANTHE . s. f.
• Nom donné à plusieurs arbrisseaux du genre Astragale, qui donnent la gomme adragant. Le mont Ida, dans l'île de Crète, produit beaucoup de tragacanthe. - Voyez ADRAGANT.

TRAGÉDIE . s. f.
• Pièce de théâtre qui offre une action importante, des personnages illustres, qui est propre à exciter la terreur ou la pitié, et qui se termine ordinairement par un événement funeste. Composer, représenter une tragédie. Cet acteur est admirable dans la tragédie.
• Les tragédies de Sophocle, d'Euripide, de Corneille, de Racine, etc., Les tragédies composées par ces auteurs. La tragédie d'OEdipe, de Cinna, de Brutus, etc., La tragédie dont OEdipe, Cinna, Brutus, etc., est le sujet, et à laquelle il a donné son nom.
• TRAGÉDIE, se dit figurément d'Un événement funeste. Il s'est passé d'horribles tragédies dans cette cour. Il s'est joué, il s'est représenté une sanglante tragédie à cette époque. Il est à craindre que cette affaire ne finisse par quelque tragédie.

TRAGÉDIEN, ENNE. s.
• Acteur, actrice tragique. C'est un grand tragédien, une grande tragédienne.

TRAGI-COMÉDIE . s. f.
• Pièce de théâtre, dans laquelle on représente une action sérieuse entre des personnes considérables, mêlée d'incidents et de personnages qui peuvent appartenir à la comédie, et dont le dénoûment n'est point tragique. Plaute a appelé son Amphitryon une tragi-comédie.
• Il s'est dit aussi d'Une pièce de théâtre, du même genre, où il n'y a ni incidents ni personnages comiques. Le Cid a été donné sous le nom de tragi-comédie.

TRAGI-COMIQUE .adj. des deux genres
• Se dit De quelque accident fâcheux qui tient du comique. Cette aventure a quelque chose de tragi-comique. Ce que vous nous racontez est tragi-comique. Il est familier.

TRAGIQUE .adj. des deux genres
• Qui appartient à la tragédie. Poëme tragique. Un poëte tragique. Un acteur tragique. Il excelle dans le genre tragique. Situation tragique. Incident, dénoûment tragique. Style tragique. Les pièces de cet auteur ne sont pas assez tragiques.
• S'emploie substantivement au masculin, et signifie, Le genre tragique. Ce poëte s'est voué au tragique. Il a du talent pour le tragique. Cet acteur est excellent dans le tragique. Le tragique est-il plus difficile que le comique?
• Se dit aussi substantivement d'Un auteur de tragédies. Les tragiques grecs. Corneille, Racine et Voltaire sont nos trois premiers tragiques, nos trois grands tragiques.
• TRAGIQUE, signifie figurément, Funeste. Événement tragique. Mort tragique. Histoire tragique. La fin des tyrans est souvent tragique. Il a fait une fin tragique. Cet homme n'a que des desseins tragiques.
• Fig., Cette affaire a tourné au tragique, tourne au tragique, Elle a eu, elle menace d'avoir une issue funeste.
• Fig., Prendre les choses au tragique, Les considérer d'une manière trop sérieuse, trop grave, d'une manière triste, alarmante.

TRAGIQUEMENT . adv.
• D'une manière tragique. Il est mort tragiquement. Il a fini tragiquement.

TRAHIR . v. a.
• Faire une perfidie à quelqu'un, lui manquer de foi. Judas trahit Notre-Seigneur. Trahir son roi. Trahir sa patrie. Trahir ses amis. Quand il aperçut les soldats, il vit bien qu'il était trahi. C'est un homme incapable de trahir. On dit à peu près de même: Trahir les intérêts de quelqu'un. Trahir la confiance de quelqu'un.
• Fig., Trahir la vérité, Parler contre la vérité.
• Fig., Trahir ses sentiments, sa conscience, son devoir, sa promesse, sa foi, ses serments, etc., Parler, agir contre ses sentiments, son devoir, sa promesse, sa foi, ses serments.
• Avec le pron. personnel, Se trahir soi-même, Agir contre ses propres intérêts. Se trahir soi-même, signifie aussi, Découvrir par hasard ou imprudemment ce qu'on voulait tenir caché. Il s'est trahi par un mot qui lui est échappé. On dit dans le même sens: Il voulait être inconnu, sa voix l'a trahi. Sa surprise, sa rougeur l'a trahi. Ses pleurs la trahirent. Etc.
• Trahir le secret de quelqu'un, Révéler le secret de quelqu'un.
• TRAHIR, se dit aussi Des choses, et signifie, Ne pas seconder, rendre vain, décevoir. La fortune a trahi nos efforts. Les événements trahirent ses espérances.
• TRAHI, IE. participe

TRAHISON . s. f.
• Action de celui qui trahit, acte d'une méchanceté perfide. Trahison lâche, insigne, signalée, noire, détestable, horrible, énorme, manifeste. J'ai reconnu sa trahison. La trahison est découverte. Il n'a osé l'attaquer en brave, il l'a tué en trahison, par trahison. Il a fait une trahison à son ami. Punir la trahison.
• Haute trahison, se dit Des crimes qui intéressent au premier chef la sûreté de l'État. Il fut accusé de haute trahison, de crime de haute trahison. On a souvent abusé du mot haute trahison. Les crimes de haute trahison doivent être définis par la loi.

TRAILLE . s. f.
• Bateau qui sert à passer les grandes rivières; espèce de bac qu'on nomme aussi Pont volant.

TRAIN .s.m.
• Allure. Se dit principalement Des chevaux et des autres bêtes de voiture. Le train de ce cheval est doux, est incommode, est rude. Ce cheval va grand train, bon train. Il a un grand train.
• Ce cheval n'a point de train, Il n'a point d'allure réglée. Train rompu, Celui qui est composé de deux allures.
• Aller bon train, se dit aussi D'une personne qui va fort vite, soit à pied, soit à cheval, soit en voiture. Il se fait tard, allons bon train. Il y a loin d'ici au gîte, il faut aller meilleur train pour arriver de jour. On dit dans le même sens, Ce cocher mène bon train.
• Au train dont nous allons, nous ne tarderons pas à les dépasser, Nous allons si vite, que nous ne tarderons pas à les dépasser; et, dans un sens contraire, Au train dont nous allons, nous n'arriverons jamais, Nous allons si lentement, que nous n'arriverons jamais.
• Fig., Au train dont il va, il aura bientôt fini son travail, ou Au train dont il y va, il aura bientôt fini, Il va si vite en besogne, qu'il aura bientôt fini son travail; et, dans un sens contraire, Au train dont il va, dont il y va, son travail ne sera pas fini avant un mois, Il va si lentement, que, etc. Aller un train de poste, Aller très-vite.
• Fig. et fam., Mener quelqu'un bon train, le faire aller bon train, beau train, grand train, Ne le point ménager dans une affaire, l'obliger à faire ce qu'on veut, remporter sur lui l'avantage en peu de temps.
• TRAIN, en parlant Des chevaux, des mulets, des boeufs et des autres bêtes de service, signifie aussi, La partie de devant et de derrière d'où partent leurs mouvements. Ce cheval a le train de devant faible. Il est estropié du train de derrière.
• TRAIN, en parlant D'un carrosse, d'un chariot, signifie, Tout le charronnage qui porte le corps du carrosse ou du chariot. Faire mettre un train neuf à une voiture.
• En termes d'Impr., Train de la presse, La partie de la presse sur laquelle on pose la forme, et qui avance sous la platine et s'en retire par le moyen de la manivelle.
• TRAIN, se dit aussi d'Une suite de valets, de chevaux, de mulets, etc. Grand train, train leste, magnifique, superbe. Il marche avec un grand train. Il a vingt valets de livrée dans son train. Augmenter son train. Réformer, retrancher, diminuer son train, le train de sa maison.
• Se dit également d'Une suite de bêtes destinées soit à la subsistance, soit au transport. Un grand train de boeufs, de chevaux, etc.
• Train d'artillerie, ou absolument, Train, Tout l'attirail qui compose l'artillerie destinée pour un siége, pour une campagne. Se dit aussi de La troupe qui conduit les engins d'artillerie. Soldat du train. Les chevaux du train. On dit dans un sens analogue, Train des équipages.
• TRAIN, se dit familièrement Des gens de mauvaise vie. Cet homme a du train, a du mauvais train chez lui. Le commissaire a fait sauter tout le train, tout le mauvais train qui était dans son quartier. Ce sens vieillit.
• Il signifie, par extension, Bruit, tapage, vacarme, comme en font d'ordinaire les gens ivres, les gens mal élevés, grossiers. Faire du train, beaucoup de train. Ce train a duré toute la nuit. Quel train!
• Faire le train, Se réjouir avec bruit.
• TRAIN, se dit encore d'Un long assemblage de bois, soit de charpente ou de menuiserie, soit de chauffage, qui est assujetti avec des perches et des liens en forme de radeau, et qu'on met à flot sur un canal ou sur une rivière. Train de bois flotté. On voit descendre le long de la rivière de grands trains de bois carré. Conduire un train.
• TRAIN, se dit figurément Du courant, de la marche des affaires. L'affaire va son train. Il faut savoir le train des affaires, le train du monde. Cette affaire prend le train de réussir.
• L'affaire va bon train, va grand train, On y travaille avec beaucoup d'activité, et elle avance.
• TRAIN, signifie aussi, Genre de vie. Cet homme mène un train de vie réglé. Il s'est mis dans ce train de vie. Il va toujours son même train.
• Fig. et fam., Aller son train, Continuer. Il va son train. Allez votre train.
• Être en train, mettre en train, Être en action, en mouvement. Quand il est en train, rien ne lui coûte. On a de la peine à le mettre en train.
• Être en train de jouer, de courir, etc., Être en humeur de jouer, de courir; jouer, courir actuellement. Il n'est pas en train de rire, Il n'est pas disposé à rire. Il est en train de se ruiner, Il mène une vie propre à le ruiner.
• Fam., Mettre les autres en train, Les exciter à la joie, au plaisir. Dans les sociétés où il est, il met tout le monde en train. On dit aussi, Mettre en train de, Exciter à. Il nous a mis en train de boire, de travailler. On dit encore, Mettre une affaire en train, La commencer, la faire commencer. La mettre en bon train, En avancer le succès; et, dans le même sens, L'affaire est en bon train.
• En termes d'Impr., Mise en train, Action de tout disposer pour le tirage d'une forme.
• Pop., Boute-en-train, se dit d'Un homme qui excite les autres à la joie, qui met toute la compagnie en train.

TRAÎNAGE .s.m.
• Action de traîner. Se dit principalement en parlant Des voitures appelées traîneaux. La saison, le temps du traînage.

TRAÎNANT, ANTE .adj.
• Qui traîne à terre. Robe traînante. Queue traînante.
• Drapeaux traînants, Les drapeaux qu'on portait renversés, et qu'on laissait traîner, à la pompe funèbre d'un général d'armée. Piques traînantes, Les piques qu'on y portait renversées, le fer traînant à terre.
• Fig., Discours traînant, style traînant, Discours, style languissant, qui renferme peu de choses en beaucoup de paroles. Voix traînante, Voix monotone et lente.

TRAÎNARD .s.m.
• Soldat qui reste en arrière de la troupe avec laquelle il doit marcher. Les traînards de l'armée. Voyez TRAÎNEUR.
• Se dit, par extension, d'Un homme lent, négligent. Quel insupportable traînard! Il est familier.

TRAÎNASSE . s. f.
• Nom que l'on donne quelquefois à la renouée commune, parce que ses tiges sont couchées.

TRAÎNE . s. f.
• Il n'est usité que dans ces phrases: Des perdreaux qui sont en traîne, Des perdreaux qui ne peuvent pas encore voler, ni se séparer de leur mère; et, Un bateau qui est à la traîne, Un bateau qui est traîné par un autre.

TRAÎNEAU .s.m.
• Sorte de voiture sans roues, dont on se sert pour aller sur la neige ou sur la glace, soit par nécessité, soit par plaisir. Aller en traîneau. Se promener en traîneau. Dans certains pays du Nord, on voyage en traîneau pendant l'hiver.
• Se dit aussi de Certaines voitures sans roues, dont on se sert en toutes saisons pour transporter des marchandises dans les rues.
• TRAîNEAU, se dit encore d'Un grand filet qu'on traîne dans les champs pour prendre des alouettes, des cailles, des perdrix, etc., ou dans les rivières pour prendre du poisson. On ne chasse au traîneau que pendant la nuit. Prendre du poisson au traîneau.

TRAÎNÉE . s. f.
• Petite quantité de certaines choses répandues en longueur, comme blé, farine, cendres, plâtre, etc. Le sac de plâtre s'est troué, et a fait une longue traînée sur le chemin.
• Se dit aussi d'Une longue suite de poudre à canon dont on se sert pour porter le feu à l'amorce. On fit une traînée de poudre pour faire jouer les boîtes. Mettre le feu à la traînée.
• Se dit encore de La trace qu'on fait avec des morceaux de charogne, pour attirer un loup dans le piége par l'odeur. Les vieux loups ne se prennent pas à la traînée.

TRAÎNER . v. a.
• Tirer après soi. Les chevaux qui traînent un carrosse, une charrette, un bateau. Les chevaux qui traînaient le canon. Traîner un coffre, une table. Traîner un homme en prison. On l'a traîné dans la boue. Traîner à la voirie.
• La rivière traîne bien des immondices, bien du sable, Elle emporte avec elle bien du sable, bien des immondices.
• Traîner toujours après soi une longue suite de valets, Les mener partout avec soi. Traîner quelqu'un partout, Le mener partout où on va. Cela ne se dit guère qu'en mauvaise part.
• Fig., Cette action a traîne après elle une longue suite de malheurs, Elle a été suivie de beaucoup de malheurs, dont elle a été la source.
• Cet homme traîne la jambe, Il ne marche pas ferme de cette jambe-là, et il ne la porte que lentement après l'autre. On dit dans le même sens, Ce cheval traîne la jambe. On dit encore de même qu'Un oiseau traîne l'aile, quand ses ailes pendent; ce qui marque qu'il est blessé ou malade.
• Fig., Traîner une vie languissante et malheureuse, Être accablé de chagrins ou d'infirmités.
• Fig., Traîner ses paroles, Parler lentement.
• Fig., Cet homme traîne son lien; et prov., N'est pas sauvé qui traîne son lien, se dit en parlant D'un homme qui n'est pas tout à fait échappé d'un danger, affranchi d'une passion, délivré d'une mauvaise affaire.
• Prov. et fig., C'est un traîne-potence, C'est un mauvais garnement, un homme qui finira mal. Cette phrase peu usitée signifie quelquefois, C'est un homme qui porte malheur à ceux qu'il approche.
• Il traîne sa partie dans tous les tribunaux, se dit D'un plaideur qui traduit sa partie adverse de tribunal en tribunal.
• Fig., Traîner quelqu'un dans la boue, Proférer ou écrire contre lui des injures graves, des imputations diffamantes.
• En termes de Maçonnerie, Traîner une corniche, une moulure, La façonner, l'exécuter au moyen d'un calibre qu'on traîne sur le plâtre frais.
• TRAÎNER, se dit dans le sens d'Allonger, de différer, en parlant De celui qui ne veut pas finir, qui ne veut pas terminer une affaire dont il est le maître. Il y a six mois que ce rapporteur me traîne pour le jugement de mon procès. Vous êtes entre les mains d'un arbitre qui vous traînera longtemps. L'homme à qui vous avez affaire vous traînera et ne finira point. Il m'a traîné longtemps avant de me payer.
• TRAÎNER, s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Se glisser en rampant. Ce chasseur se traîna pour approcher le gibier. Ce voleur se traîna à travers les broussailles pour surprendre un passant. Cet enfant est sans cesse à se traîner par terre.
• Il signifie quelquefois, Marcher avec grande peine. Je me traînerai là comme je pourrai. Il a eu bien de la peine à s'y traîner.
• S'emploie figurément dans ce dernier sens. Dans les trois premiers actes de ce drame, l'action ne fait que se traîner, se traîne.
• TRAÎNER, est aussi neutre, et signifie, Pendre jusqu'à terre. Un manteau, une robe qui traîne.
• Se dit, par extension, en parlant De certaines choses qu'on laisse exposées où elles ne devraient pas être, au lieu de les mettre à leur place. Vous laissez traîner vos clefs, votre argent sur une table. Ces papiers ont traîné longtemps dans mon cabinet. Ce domestique laisse tout traîner, ne laisse rien traîner.
• Fig., Cela traîne dans tous les livres, cela traîne partout, se dit par mépris D'une pensée, d'une expression, d'un fait, d'une situation, etc., qu'on rencontre dans un livre, et qu'on a déjà trouvée dans beaucoup d'autres.
• TRAÎNER, se dit encore D'une personne qui est en langueur sans pouvoir se rétablir. Il y a longtemps qu'il traîne. Il ne fait que traîner. Il traînera encore quelque temps.
• Cette affaire traîne, Elle n'avance point. Ce discours traîne, Il est froid, languissant, etc.
• TRAÎNER, se dit en outre Des soldats qui, dans les marches, allant trop lentement, se trouvent derrière la troupe, à quelque distance; et Des bâtiments d'une flotte, d'un convoi qui, marchant ou manoeuvrant mal, restent toujours en arrière.
• Se dit également Des chiens de meute qui ne suivent pas le gros de la meute dans la chasse. Dans toute sa meute, il n'y a pas un chien qui traîne.
• TRAÎNER, en termes de Billard, signifie, Conduire quelque temps sa bille sans qu'elle quitte le bout de la queue.
• TRAÎNÉ, ÉE. participe, Prov. et fig., Autant vaut traîné que porté, se dit en parlant De certaines choses qu'il vaut presque autant faire d'une façon que d'une autre.

TRAÎNEUR .s.m.
• Celui qui traîne quelque chose. En ce sens, on ne l'emploie guère que dans cette locution familière, aujourd'hui peu usitée, Traîneur d'épée, Vagabond, fainéant qui porte l'épée, et qui n'est engagé dans aucun service, qui n'a aucune charge.
• Se dit aussi Des chasseurs au traîneau. Les gardes-chasse ont pris des traîneurs dans la plaine.
• TRAÎNEUR, se dit encore Des soldats qui ne marchent pas avec leur troupe, et qui demeurent derrière, par manque de force, ou de bonne volonté. Dans les marches d'armée, il y a souvent beaucoup de traîneurs. L'arrière-garde a ramassé les traîneurs. Dans ce sens, on dit aussi, Traînard.
• Se dit aussi Des bâtiments d'une flotte, d'un convoi qui restent toujours en arrière.
• Se dit également, en termes de Chasse, Des chiens qui ne suivent pas le gros de la meute.

TRAIRE . v. a.
• (Je trais, tu trais, il trait; nous trayons, vous trayez, ils traient. Je trayais. J'ai trait. Je trairai. Je trairais. Trais, trayez. Que je traie. Que j'eusse trait. Trayant.) Tirer. Il n'est guère usité qu'en parlant De certaines femelles d'animaux dont on tire le lait. Traire les vaches. Traire une brebis. Traire une chèvre. Traire une ânesse. On dit de même, Traire du lait.
• TRAIT, AITE. participe, La vache est-elle traite?
• Se dit aussi Des métaux passés par la filière, et qui ne sont point encore mis sur la soie. De l'or trait. De l'argent trait. S'emploie quelquefois substantivement. Des boutons de trait.

TRAIT .s.m.
• Terme générique, qui signifie également, Les flèches qu'on tire avec l'arc ou avec l'arbalète, et Les dards, les javelots qui se lancent avec la main. Décocher, lâcher un trait. Lancer un trait. On distinguait anciennement les armes de trait et les armes d'hast.
• Gens de trait, Ceux qui tiraient de l'arc, de l'arbalète, ou qui lançaient le javelot.
• Fam., Comme un trait d'arbalète, ou absolument, Comme un trait, Fort vite. Il partit comme un trait, comme un trait d'arbalète.
• Ce lieu est à un trait d'arbalète de tel autre, Il y a entre deux un espace à peu près égal à la portée d'un trait. Ces deux maisons sont à un trait d'arbalète l'une de l'autre.
• Fig., Les traits de l'Amour, Les atteintes de l'amour.
• TRAIT, se dit figurément Des attaques de la raillerie, de la médisance, de la calomnie, etc. Un trait de satire, de médisance, de raillerie. Les traits de l'envie, de la haine. Un trait satirique. Des traits malins. Des traits mordants. Repousser les traits de la calomnie. Être sensible aux traits de la satire. Vous êtes à l'abri de leurs traits.
• TRAIT, signifie aussi, Une certaine longe de corde ou de cuir avec laquelle les chevaux tirent. Une paire de traits. Des traits de volée. Ce cheval tire bien, il bande sur les traits. Couper les traits. Ces chevaux tirent à plein trait.
• Cheval de trait, Celui qui sert au tirage, et particulièrement au tirage des voitures; par opposition à Cheval de monture ou de selle.
• TRAIT, en termes de Chasse, La longe à laquelle est attaché le limier qu'on mène au bois. Laisser aller un limier de la longueur du trait. On dit qu'Un limier bande sur le trait, Lorsque, étant près de la reposée du cerf, il fait effort pour s'avancer de ce côté-la.
• Trait de bateaux, Plusieurs bateaux qu'on attache les uns aux autres pour remonter une rivière.
• TRAIT, signifie aussi, Ce qui emporte l'équilibre de la balance, et la fait trébucher. Aux marchandises qui sont en grand volume et d'un grand poids, le trait doit être plus fort.
• TRAIT, signifie encore, Ce qu'on avale de liqueur, ou l'action d'avaler quelque liqueur tout d'une haleine. Il a vidé son verre d'un seul trait.
• Boire à longs traits, Boire lentement en savourant ce qu'on boit. On dit aussi, figurément, Goûter, savourer un plaisir à longs traits.
• TRAIT, signifie en outre, Une ligne qu'on trace avec la plume. Trait de plume. Ce maître à écrire fait de beaux traits. Cette lettre est formée de deux traits. Il écrit son nom tout d'un trait. Passez un trait sur cette ligne pour l'effacer. Trait d'union: voyez TIRET.
• Enrichir, ruiner quelqu'un d'un trait de plume, Faire ou détruire la fortune de quelqu'un, en écrivant ou en rayant quelques mots.
• TRAIT, en Peinture, signifie, Une ligne au moyen de laquelle on imite la forme d'un objet. Dans les contours que trace un habile artiste, le trait doit être léger ou interrompu dans les lumières, et ressenti dans les ombres.
• Copier trait pour trait, Copier exactement, fidèlement.
• Fig., Peindre à grands traits, Raconter, décrire d'une manière animée et rapide. Il peint à grands traits, dans son histoire, les événements de tel siècle.
• TRAIT, se dit particulièrement, dans un sens collectif, Des lignes d'un dessin qui n'est pas ombré. Dessin au trait, au simple trait. Il s'est contenté d'en faire le trait.
• Il signifie de même, Le tracé des opérations nécessaires pour tailler et pour appareiller les matériaux d'une construction. L'art du trait. Le maçon, le charpentier, le menuisier, doivent connaître, apprendre le trait.
• Pièce de trait, Modèle ou partie de construction faite selon l'art du trait. Le modèle de cette voûte est une belle pièce de trait. On dit dans un sens analogue, Le trait de cet escalier, de cette voûte est beau, hardi, etc.
• TRAIT, se dit également, surtout dans les Arts, de Certaines lignes qu'on trace pour servir de marque. Trait de niveau. Trait de repère.
• Le trait de la scie, La marque que l'on fait sur l'endroit du bois ou de la pierre qu'on veut scier. Se dit aussi de Ce que la scie emporte du bois ou de la pierre qu'on scie.
• Trait de scie, Chaque coupe qui est faite avec la scie dans un morceau de bois, dans un bloc de pierre. Cette voie de bois a été coupée à trois traits de scie, c'est-à-dire que Chaque bûche a été partagée en quatre morceaux avec la scie.
• TRAIT, se dit aussi Des linéaments du visage; et alors il s'emploie surtout au pluriel. Ce jeune homme a tous les traits de son père. Elle a de beaux traits, de grands traits, de petits traits. Des traits mignons, des traits fins, délicats, agréables. La frayeur était peinte sur ses traits. L'altération des traits. Ses traits ne me sont pas inconnus.
• TRAIT, se dit figurément d'Une action qui marque une intention favorable ou nuisible à quelqu'un. Ce trait a bien prouvé votre affection pour nous. Un ami devait-il s'attendre à un pareil trait? Le trait est noir. Ce n'est point là un trait d'ami.
• Se dit, en général, Des actions qui ont quelque chose de remarquable. Un beau trait. Un trait infâme. Un vilain trait. Voilà un trait d'habile homme. Un trait de courage, de clémence, de générosité. Un trait généreux. Un trait de perfidie, de cruauté. Un trait de fripon. Un trait d'esprit. Voilà de vos traits. Ce sont de vos traits.
• Il signifie, en parlant D'histoire, Un fait, un événement remarquable. Il y a un trait dans l'histoire qui a rapport à ceci. Tite-Live rapporte un trait semblable. On lui racontait les beaux traits de notre histoire.
• Se dit, quelquefois, de Ce qui distingue ou caractérise une personne, une chose. Les traits de ressemblance que ce grand homme eut avec les héros de l'antiquité. C'est là le trait caractéristique de cette époque.
• Un trait de caractère, Une action ou une parole bien conforme au caractère de celui qui la fait, qui la dit.
• TRAIT, se dit aussi, figurément, Des beaux passages d'un discours, de ce qu'il y a de plus saillant, de plus brillant dans un discours. Il y a de beaux traits dans ce discours. Trait d'éloquence.
• Se dit quelquefois en Musique, dans un sens analogue au précédent. Il y a dans ce morceau des traits hardis, brillants, etc.
• TRAIT, se dit encore d'Une pensée vive, brillante, imprévue. Cet ouvrage est plein de traits, petille de traits. On dit de même, Trait de sentiment, Pensée qui exprime un mouvement du coeur.
• TRAIT, dans la Liturgie catholique, se dit de Certains versets que l'on chante à la messe entre le graduel et l'évangile.
• TRAIT, au Jeu d'échecs et au Jeu de dames, L'avantage de jouer le premier. Donner le trait. Donner deux traits. Avoir le trait.
• TRAIT, se dit encore Du rapport d'une chose à une autre. Cette affaire n'a point de trait, n'a pas de trait, n'a aucun trait à l'autre. Cela a trait à ce que je vous disais.

TRAITABLE .adj. des deux genres
• Doux, maniable, avec qui on peut facilement traiter. Il est fort traitable. C'est un esprit traitable. Je ne veux point d'affaire avec cet homme-là, il n'est pas traitable.

TRAITANT .s.m.
• Celui qui se chargeait du recouvrement des impositions ou deniers publics, à certaines conditions réglées par un traité. Gros traitant. Petit traitant. Les traitants s'enrichirent beaucoup sous ce règne.

TRAITE . s. f.
• Étendue de chemin qu'un voyageur fait d'un lieu à un autre sans s'arrêter, sans se reposer. Aller tout d'une traite d'un lieu à un autre. Si vous faites vos traites trop grandes, vous tuerez vos chevaux. Il y a une bonne traite, une longue traite d'ici là.
• TRAITE, se dit aussi Du transport de certaines marchandises, telles que blés, vins, etc., d'une province à une autre, ou d'un État à un autre. Il s'est fait de grandes traites de blés, de grandes traites de vins. On a permis la traite des blés.
• Se dit particulièrement, et plus ordinairement, Du trafic que font des bâtiments de commerce sur les côtes d'Afrique, en échangeant leurs marchandises contre des dents d'éléphants, de la gomme, de la poudre d'or, etc., ou même contre des esclaves. Ce bâtiment fait la traite; il va en traite, il est en traite. La traite des nègres, ou absolument, La traite est abolie.
• TRAITE, se dit également Du commerce des banquiers. Ce qui caractérise une lettre de change, c'est la traite de place en place.
• Se dit, quelquefois, Des lettres de change mêmes. Donnez-moi une traite sur Hambourg. Il a plusieurs traites sur Bordeaux. Faire accepter des traites.
• TRAITE, s'est dit aussi de Certains droits qu'on levait sur les marchandises qui sortaient du royaume, ou qui y entraient, ou même qui passaient d'une province dans une autre. Les traites foraines. Les traites domaniales. On payait la traite des marchandises en Bretagne, en Dauphiné. Un commis à la recette des traites.
• TRAITE, en termes de Monnaie, se disait autrefois de Tout ce qui fait la diminution de la valeur intrinsèque des espèces monnayées. La traite comprenait le seigneuriage, le brassage, et les remèdes de poids et de loi. Ce terme est hors d'usage maintenant en France, où l'on ne retient que les frais de fabrication et les tolérances supérieures aux termes moyens.

TRAITÉ .s.m.
• Ouvrage où l'on traite de quelque art, de quelque science, de quelque matière particulière. Traité de mathématiques. Traité de minéralogie. Traité de physique. Traité de la sphère. Traité de morale, de législation. C'est un traité fort savant, fort méthodique, etc. Une collection de traités.
• TRAITÉ, signifie aussi, Convention faite entre des souverains, entre des États. Traité de paix. Traité de confédération. Traité de commerce. Traité d'alliance. Traité conditionnel. Traité éventuel. Traité de Westphalie. Traite d'Utrecht. Traité d'Amiens. Négocier un traité. Conclure, signer, ratifier, rompre un traité. Contrevenir à un traité. Ce prince se reposait sur la foi des traités, lorsque ses frontières furent attaquées à l'improviste.
• TRAITÉ, signifie encore, Convention des particuliers entre eux, ou avec le souverain, avec le gouvernement, avec l'administration. Le traité que les entrepreneurs ont fait avec le gouvernement. Cela n'est pas dans son traité, dans le traité qu'il a fait. Il a fait un traité avantageux, un traité ruineux. Un traité frauduleux. Les articles du traité. Une des conditions, une des clauses de notre traité.

TRAITEMENT .s.m.
• Accueil, réception, manière d'agir avec quelqu'un. Bon traitement. Traitement favorable. Mauvais traitement. On lui a fait, il a reçu toutes sortes de bons traitements, de mauvais traitements. Le traitement que vous lui ferez, on vous le fera.
• Mauvais traitements, au pluriel, Violences, coups, voies de fait.
• TRAITEMENT, se dit aussi Des appointements attachés à une place, à un emploi. On a augmenté, diminué son traitement. Il ne touche que la moitié de son traitement. On a ordonné une retenue sur les traitements. On a supprimé son traitement.
• TRAITEMENT, se dit encore de Certains honneurs qu'on rend, dans les cours, à des personnes de distinction. Il y a de certains traitements attachés au caractère d'ambassadeur. Le traitement de prince. La république de Venise avait le traitement des têtes couronnées.
• Se dit également Des repas que le roi fait donner en certaines occasions aux ambassadeurs ordinaires et extraordinaires, et même aux envoyés. Tel maître d'hôtel du roi fut chargé du traitement de tel ambassadeur, de tel prince.
• TRAITEMENT, se dit en outre de La manière de conduire une maladie. Ce médecin n'a pas été heureux dans le traitement de cette maladie. Le traitement que prescrivent les plus habiles médecins pour telle maladie. Méthode de traitement. Le traitement de cette maladie est facile. Quel est le traitement à suivre?

TRAITER . v. a.
• Discuter, agiter, discourir sur, raisonner sur. Traiter un sujet. Traiter une matière. Tel auteur a traité cette question. Il a traité la matière à fond; il ne l'a traitée que superficiellement. Il a bien traité ce point-là. Ce prédicateur a fort bien traité son sujet. Ce n'est pas là traiter un sujet, c'est l'effleurer.
• Il est aussi neutre en ce sens. Traiter d'une matière. Ce livre traite des métaux, des plantes, etc. Cette science traite de telle chose.
• En Peinture, Traiter un sujet, Faire une composition, exécuter un tableau sur un sujet. On dit de même, Cette composition, cette figure est bien traitée, Elle est bien et soigneusement exécutée. On dit aussi, dans quelques Arts manuels, qu'Un ouvrier traite bien son ouvrage.
• TRAITER, signifie aussi, Négocier, travailler à l'accommodement d'une affaire, chercher les moyens d'en convenir, en régler les clauses, les conditions, etc. Traiter la paix. Traiter une réconciliation. Traiter un mariage. Traiter un accommodement entre des parents. Il s'entend à traiter les affaires.
• Il est également neutre en ce sens. Il est parti pour aller traiter de la paix. Il traite d'un mariage pour un de ses amis.
• S'emploie dans le même sens d'une manière absolue. Ces princes traitèrent ensemble. Il est accusé d'avoir traité avec les ennemis.
• Il signifie encore neutralement, Entrer en négociation pour vendre, pour acheter, ou pour donner à ferme; passer les actes nécessaires pour la conclusion d'un traité. Traiter d'une charge, d'une terre. Il y a déjà longtemps qu'ils ont traité ensemble de cette charge. Il traite de telle quantité de marchandises. Il a traité à tel prix, à telles conditions.
• Traiter d'une dette, d'une prétention, Prendre sur cette dette, sur cette prétention un arrangement quelconque.
• TRAITER actif, signifie aussi, Agir avec quelqu'un, en user avec lui de telle ou de telle manière. Vous l'avez bien traité, il en doit être content. On ne l'a pas fort bien traité, il s'en plaint. Vous le traitez trop rudement. Un prince qui traite bien ses sujets. Un maître qui traite mal ses domestiques. Traiter honorablement, civilement, humainement. Traiter avec hauteur, avec insolence. Traiter en frère. Traiter à la rigueur, à toute rigueur. Il fut traité en voisin et en ami. Traitez-moi sans façon. On l'a traité bien favorablement dans cette affaire. Traiter quelqu'un selon ses mérites.
• Fam., Traiter quelqu'un en enfant de bonne maison, Le réprimander, le châtier sans aucun ménagement, sans aucun égard. On dit de même, Traiter quelqu'un de haut en bas, le traiter cavalièrement.
• Prov. et fig., Traiter quelqu'un de Turc à More, Le traiter avec toute la rigueur possible.
• TRAITER, signifie particulièrement, Qualifier, donner à quelqu'un tel ou tel titre, en lui parlant, en lui écrivant, etc. Traiter quelqu'un de prince, d'excellence, etc. Traiter un prince de majesté, d'altesse royale, etc.
• Traiter quelqu'un de fat, de fou, d'impertinent, etc., L'appeler fat, fou, impertinent, etc.
• TRAITER, signifie encore, Régaler, faire bonne chère, donner à manger. Traiter quelqu'un magnifiquement, splendidement, à tant de services. On a traité cet ambassadeur aux dépens du roi. Cet homme nous a fort bien traités. Avec le pronom personnel, Cet homme se traite bien, Il fait un bon ordinaire.
• S'emploie quelquefois absolument, dans cette acception. C'est à son tour à traiter. Traiter en viande et en poisson. Traiter en chair et en poisson.
• Se dit également De ceux qui donnent à manger pour de l'argent. Il nous a bien traités pour le prix. Il traite proprement. Traiter à table d'hôte. Il traite à tant par tête.
• TRAITER, signifie en outre, Panser, médicamenter. Ce chirurgien l'a traité de deux grandes blessures. Ce chirurgien le traite mal, il ne guérit point.
• Se dit aussi Du médecin qui prend soin d'un malade. C'est tel médecin qui le traite. Il l'a traité d'une fièvre, d'une pleurésie. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Ce médecin se traite lui-même. On dit dans un sens analogue, Traiter une maladie.
• TRAITER, en termes de Chimie, Soumettre une substance à l'action de quelque agent, pour y opérer une décomposition, un changement quelconque. On obtient la soude pure en traitant la soude du commerce par la chaux vive, puis par l'alcool. La gélatine, traitée par l'eau bouillante, se transforme en gelée.
• TRAITÉ, ÉE. participe

TRAITEUR .s.m.
• Celui qui apprête, qui donne habituellement à manger pour de l'argent, ou qui entreprend de grands repas, tels que des repas de noces.
• TRAITEUR, est aussi Le nom que l'on donne à ceux qui font la traite avec les sauvages de la Louisiane.

TRAÎTRE, ESSE .adj.
• Qui trahit. Cet homme-là est bien traître. Un esprit traître. Le coeur du monde le plus traître. Une âme traîtresse.
• Prov. et pop., Traître comme Judas.
• Pop., Cet homme n'est pas traître à son corps, Il ne s'épargne rien, il ne se refuse point les commodités de la vie.
• TRAÎTRE, se dit également De quelques animaux, comme des chiens, des chats, des chevaux, qui mordent, qui égratignent, qui ruent lorsqu'on y pense le moins. Ce chien est traître. Les chats sont ordinairement traîtres. Prenez garde à ce cheval, il est traître.
• TRAÎTRE, se dit aussi Des actions de trahison, de perfidie. C'est un procédé bien traître. Il lui a joué un tour bien traître. Des faveurs traîtresses.
• Se dit encore De certaines choses, pour marquer qu'Elles sont plus dangereuses qu'elles ne le paraissent. Ces sortes de maux sont traîtres. Ce vin-là est traître, il enivre plus aisément, plus promptement que l'on ne croit. Une liqueur traîtresse.
• Fam., Il ne m'en a pas dit le traître mot, Il ne m'en a pas dit un seul mot.
• TRAÎTRE, s'emploie aussi substantivement, et signifie, Celui, celle qui fait une trahison. C'est un traître. On profite quelquefois de la trahison, mais on hait et l'on méprise toujours les traîtres. C'est une traîtresse.
• EN TRAÎTRE. loc. adv. En trahison, traîtreusement. Il l'a pris en traître. Il l'a tué en traître.

TRAÎTREUSEMENT . adv.
• En trahison. Il lui donna un coup de poignard traîtreusement. Il n'est plus guère usité que dans le langage familier.

TRAJECTOIRE . s. f.
• .Géom. Se dit de La route droite ou courbe que parcourt actuellement un corps soumis à des forces motrices quelconques. La trajectoire que décrivent les corps pesants jetés obliquement, est à peu près une parabole. Les trajectoires des planètes sont à peu près des ellipses.

TRAJET .s.m.
• Espace à traverser d'un lieu à un autre par eau. Le trajet de Calais à Douvres est de sept lieues. Le trajet d'un bord de cette rivière à l'autre est d'un grand quart de lieue. Un long trajet. Un petit trajet.
• Se dit, par extension, de L'espace traversé ou à traverser par terre, pour arriver d'un lieu à un autre. Le trajet de Paris à Lyon. Le trajet de la barrière du Trône aux Invalides est long.
• Se dit aussi de L'action de traverser l'espace d'un lieu à un autre, soit par eau, soit par terre. On fait le trajet de Calais à Douvres en peu de temps. Faire le trajet de Marseille à Naples. Faire le trajet d'un bord de la rivière à l'autre. Faire le trajet de la porte Saint-Martin à l'Observatoire.
• En Chirurgie, Le trajet d'une plaie, d'une fistule, etc., L'espèce de canal ou de conduit que forme sa cavité.

TRAMAIL .s.m.
• .Pêche. Espèce de filet qu'on tend dans les rivières pour prendre du poisson. Pêcher avec le tramail. Pêcher au tramail.

TRAME . s. f.
• Fil passé, conduit par la navette entre les fils qu'on nomme Chaîne, et qui sont tendus sur le métier, pour faire de la toile, de la serge, du drap, etc. Il y a des étoffes dont la chaîne est de fil et la trame de soie.
• Fig. et poétiq., La trame de sa vie, la trame de ses jours, Le cours de sa vie, la durée de sa vie.
• TRAME, signifie aussi, figurément, Complot. Il est auteur ou l'auteur de cette trame. Il a ourdi cette trame odieuse.

TRAMER . v. a.
• Passer la trame entre les fils qui sont tendus sur le métier. Tramer une étoffe; la tramer de soie; la tramer de fil.
• Il signifie figurément, Machiner, faire un complot. Tramer une conspiration. Tramer la perte de quelqu'un. Tramer la ruine de l'État. Tramer une entreprise. Il trame quelque chose contre vous. Impersonnellement, Il se trame quelque chose.
• TRAMÉ, ÉE. participe

TRAMONTANE . s. f.
• On appelle ainsi, dans la Méditerranée, ce qu'on nomme Le vent du nord dans l'Océan. Le vent de tramontane. La tramontane.
• Il signifie aussi, Le côté du nord. Une maison exposée à la tramontane. Aller vers la tramontane.
• Il signifie encore, L'étoile du nord.
• Fig. et fam., Perdre la tramontane, Se troubler, ne savoir plus où l'on en est, ne savoir plus ce qu'on fait ni ce qu'on dit.

TRANCHANT, ANTE .adj.
• Qui tranche. Couteau tranchant. Épée tranchante.
• Écuyer tranchant, Officier qui coupe les viandes à la table des rois et des princes.
• En Vénerie, Côtés tranchants, Les côtés du pied de l'animal, lorsqu'ils ne sont pas usés.
• Fig., Couleurs tranchantes, se dit de Couleurs mises à côté l'une de l'autre, lorsqu'elles sont fort vives, et qu'il n'y a aucun adoucissement, aucune nuance entre elles.
• TRANCHANT, signifie figurément, Décisif, péremptoire. Des raisons tranchantes. Un argument tranchant.
• Se dit aussi Des personnes, et signifie. Qui décide hardiment. Cet homme est bien tranchant. C'est un esprit tranchant. Il a le ton tranchant.

TRANCHANT .s.m.
• Le fil, le côté tranchant d'une épée, d'un couteau, d'un rasoir, etc. Aiguiser le tranchant d'un sabre, d'un couteau, etc. Émousser le tranchant. Une épée à deux tranchants.
• Fig., Ce mot, ce raisonnement, cette raillerie est une épée à deux tranchants, Ce mot, ce raisonnement décide deux questions à la fois; cette raillerie attaque à la fois deux personnes, ou deux ridicules dans une même personne. On dit quelquefois simplement, Un argument à deux tranchants. On dit aussi, d'après saint Paul, La parole de Dieu est une épée à deux tranchants, Elle frappe et atteint vivement jusqu'au fond de l'âme.

TRANCHE . s. f.
• Morceau coupé un peu mince. Il ne se dit guère que Des choses qu'on mange. Tranche de pain, d'aloyau, de jambon, de pâté. Une tranche de melon. Coupez-en une tranche. Couper par tranches.
• En termes de Cuisine, Un morceau de tranche, Un morceau de cuisse de boeuf.
• TRANCHE, signifie aussi, La surface unie que présente l'épaisseur de tous les feuillets d'un livre du côté où on les a rognés. Un livre doré sur tranche, marbré sur tranche. Brunir la tranche d'un livre.

TRANCHÉE . s. f.
• Ouverture, excavation longue et plus ou moins profonde, pratiquée dans la terre, afin d'asseoir les fondations d'un mur, de placer des conduites pour les eaux, de planter des arbres, etc. On n'a pas encore bâti, mais la tranchée pour les fondations est faite. Faire une tranchée pour planter de la charmille. Il fit de grandes tranchées au travers du marais pour le dessécher, pour que les eaux pussent s'écouler.
• En Maçonnerie, Tranchée de mur, Entaille en longueur faite dans un mur pour y recevoir une solive, ou pour retenir les tuyaux des cheminées.
• TRANCHÉE, en termes de Guerre, Fossé qu'on creuse pour se mettre à couvert du feu en approchant d'une place qu'on assiége, et dont les terres, jetées du côté de la place, forment un parapet. Une tranchée large. Une tranchée enfilée. Ouvrir la tranchée. Cette place a tenu tant de jours de tranchée ouverte. À l'ouverture de la tranchée. À la tête de la tranchée. À la queue de la tranchée. Monter sur le revers de la tranchée. Monter la garde à la tranchée. Monter la tranchée. Être de tranchée. Descendre la tranchée. Conduire la tranchée jusqu'au bord du fossé. Les assiégés firent une sortie, et comblèrent la tranchée, nettoyèrent la tranchée, Chassèrent ou tuèrent tous ceux qui étaient dans la tranchée.
• Se dit également de L'espèce de double rempart qu'on forme avec des fascines, des gabions, des sacs remplis de laine ou de terre, quand le terrain est de roche ou difficile à creuser.
• TRANCHÉES, au pluriel, se dit de Certaines douleurs très-aiguës qu'on ressent dans le ventre, dans les entrailles. Cette médecine lui a causé de grandes tranchées. Cette médecine l'a purgé sans tranchées. Quand les tranchées de l'accouchement prirent à cette femme. Les chevaux ont assez souvent des tranchées.
• En parlant Des chevaux, Tranchées rouges, Tranchées fort violentes.

TRANCHEFILE . s. f.
• .Relieur. Petit rouleau de papier ou de parchemin, qui est recouvert de soie ou de fil, et qui se met aux deux extrémités du dos d'un livre, pour tenir les cahiers assemblés, et résister à l'effort de la main qui tire le livre, quelquefois pressé dans les rayons d'une bibliothèque. Tranchefile double. Tranchefile ronde.

TRANCHELARD .s.m.
• Couteau à lame fort mince, dont les cuisiniers et les rôtisseurs se servent pour couper des tranches de lard.

TRANCHE-MONTAGNE .s.m.
• Fanfaron qui fait grand bruit de son courage et de ses prétendus exploits. Il est familier.

TRANCHER . v. a.
• Couper, séparer en coupant. L'acier de Damas tranche le fer. Trancher la tête à quelqu'un. Ce couteau tranche comme un rasoir.
• Fig. et poétiq., La Parque a tranché ses jours, le fil de ses jours, Il est mort.
• TRANCHER, s'emploie figurément dans plusieurs phrases. Trancher la difficulté, le noeud de la difficulté, Résoudre tout d'un coup une question difficile; lever tout d'un coup un obstacle, une difficulté.
• Trancher le mot, Donner une réponse nette et décisive. Il signifie aussi, Dire sa pensée sans ménagement. C'est un homme peu délicat; tranchons le mot, c'est un fripon.
• Trancher dans le vif, Rompre tout à coup des relations nuisibles, ou prendre des mesures énergiques dans une affaire.
• TRANCHER, au figuré, est aussi neutre, et signifie quelquefois, Décider hardiment. Il fait le docteur, il décide, il tranche sur tout. C'est trancher bien légèrement sur une question importante.
• Fam., Trancher court, Terminer en peu de mots une conversation, un discours. Trancher net, S'expliquer avec quelqu'un en peu de mots et sans ménagement.
• Trancher du grand seigneur, du bel esprit, etc., Faire le grand seigneur, le bel esprit, etc.
• Ces couleurs tranchent, Elles sont fort vives, et fort différentes les unes des autres. Le cramoisi tranche fort auprès du vert, sur le vert. Cela tranche trop.
• Cette pensée, cette phrase tranche dans son discours, dans son écrit, Elle est d'un caractère trop différent de ce qui précède et de ce qui suit.
• TRANCHÉ, ÉE. participe, Se dit, en termes de Blason, quand l'écu est coupé en ligne diagonale de droite à gauche. Écu tranché.

TRANCHET .s.m.
• Outil à l'usage des cordonniers, des bourreliers, etc., servant à couper le cuir.

TRANCHOIR .s.m.
• Tailloir, espèce de plateau de bois sur lequel on tranche la viande.

TRANQUILLE .adj. des deux genres
• (Dans ce mot et ses dérivés, les L ne se mouillent point, et on n'en fait sonner qu'une.) Paisible, calme, sans aucune agitation. Cet enfant était fort tranquille, mais il devient turbulent. La mer était tranquille. Le médecin lui a trouvé le pouls fort tranquille. Dormir d'un sommeil tranquille. Un séjour tranquille.
• S'emploie souvent au sens moral. Mener une vie tranquille. Avoir l'esprit tranquille. Avoir l'âme tranquille. Sa conscience est tranquille. Tout est tranquille dans l'État. Quand vous serez plus tranquille, on vous parlera. Êtes-vous bien tranquille sur l'événement de votre procès? Tenez-vous tranquille là-dessus. Tenez-vous tranquille.
• Il signifie aussi, Qui ne trouble le repos de personne. C'est un homme tranquille et rangé. Ce sont des gens bien tranquilles, des voisins fort tranquilles.

TRANQUILLEMENT . adv.
• D'une manière tranquille. Il dormait tranquillement. Il passait tranquillement ses jours, sa vie, loin du monde. Vivre tranquillement. Il a reçu cette mauvaise nouvelle bien tranquillement.

TRANQUILLISANT, ANTE .adj.
• Qui tranquillise. Cette nouvelle est fort tranquillisante. Cela n'est pas tranquillisant.

TRANQUILLISER . v. a.
• Calmer, rendre tranquille. Tranquilliser les sens. Tranquilliser l'esprit. Tranquilliser les esprits. J'étais inquiet, ce que vous dites me tranquillise.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se reposer, se tenir tranquille, n'être pas inquiet. Vous vous donnez trop de mouvement, tranquillisez-vous. Tranquillisez -vous sur ce point, sur ce sujet, là-dessus.
• TRANQUILLISÉ, ÉE. participe

TRANQUILLITÉ . s. f.
• État de ce qui est tranquille. La tranquillité de l'air, de la mer. Il dort avec tranquillité. Rien ne trouble la tranquillité de son sommeil.
• S'emploie aussi au sens moral. Passer la vie dans une grande tranquillité. La tranquillité de l'esprit. Une vie honnête et bien réglée entretient la tranquillité de l'âme. Tranquillité d'esprit. Tranquillité d'âme. Les gens raisonnables souhaitent la tranquillité de l'État.

TRANS . Préposition
• qui est empruntée du latin, et qui entre dans la composition de plusieurs mots français, pour ajouter à leur signification naturelle celle de Au delà, à travers, entre, comme Transcendant, transparent, etc. Plusieurs dénominations géographiques sont formées avec cette préposition. Voyez TRANSALPIN, TRANSRHÉNANE.

TRANSACTION . s. f.
• (On prononce Tranzaction.) Acte par lequel on transige sur un différend, sur un procès, etc. Passer une transaction. Faire homologuer une transaction. Le troisième article de la transaction porte que... Transaction sous seing privé. Transaction par-devant notaire. Transaction sur procès.
• Se dit, dans un sens plus étendu, Des actes, des conventions, des accords, des relations d'intérêt entre les hommes, soit dans le commerce, soit dans la vie ordinaire. Les transactions commerciales. Les transactions de la vie civile.
• Quelques académies étrangères ont donné le nom de Transactions au Recueil de leurs mémoires, de leurs travaux. Les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres.

TRANSALPIN, INE .adj.
• (On prononce Tranzalpin.) Qui est au delà des Alpes. Peuples transalpins. Plantes transalpines.

TRANSBORDEMENT .s.m.
• .Marine. Action de transborder.

TRANSBORDER . v. a.
• .Marine. Transporter tout ou partie de la cargaison d'un bâtiment dans un autre. Transborder des munitions de guerre ou de bouche, des marchandises, etc.
• TRANSBORDÉ, ÉE. participe

TRANSCENDANCE . s. f.
• Supériorité marquée, éminente, d'une personne ou d'une chose sur une autre. La transcendance de son talent, de son génie. Il est peu usité.

TRANSCENDANT, ANTE .adj.
• Élevé, sublime, qui excelle en son genre. Se dit particulièrement De l'esprit, et de certaines choses qui y ont rapport. Esprit transcendant. Génie transcendant. Mérite transcendant. Cet homme a une vertu transcendante, des qualités transcendantes.
• Géométrie transcendante, Celle qui emploie l'infini dans ses calculs.
• TRANSCENDANT, se dit aussi, en termes de Philosophie scolastique, Des attributs ou des qualités qui sont susceptibles d'une très-grande généralité, comme Un, vrai, bon.

TRANSCRIPTION . s. f.
• Action de transcrire, et Le résultat de cette action. Je vous donnerai tant pour la transcription de ce manuscrit. Transcription d'un contrat, d'une obligation, d'un jugement sur le registre de la conservation des hypothèques.

TRANSCRIRE . v. a.
• Copier un écrit. Transcrivez-moi ce cahier. J'ai fait transcrire toutes ses lettres. Il ne fait que transcrire ce qu'il a lu dans les livres. Transcrire un contrat sur le registre des hypothèques.
• TRANSCRIT, ITE. participe

TRANSE . s. f.
• Frayeur, grande appréhension d'un mal qu'on croit prochain. Il est toujours en transe. Il est dans de grandes transes, dans des transes mortelles, dans les transes de la mort.

TRANSFÉRER . v. a.
• Transporter, porter d'un lieu à un autre, faire passer d'un lieu à un autre. S'emploie principalement dans les phrases suivantes: Transférer un prisonnier d'une prison dans une autre. Transférer un corps mort. Transférer un corps saint. Transférer des reliques.
• Se dit aussi en parlant De la juridiction, de l'autorité, de la puissance, lorsque d'un tribunal, d'une ville, d'une nation, etc., elle vient à passer à un autre. On transféra la juridiction de ce tribunal dans un autre. On a transféré la cour royale de telle ville dans la ville voisine. La préfecture a été transférée de telle ville dans telle autre. Le saint-siége fut transféré de Rome à Avignon. Constantin transféra le siége de l'empire de Rome à Constantinople.
• Par extension, Transférer une fête, La remettre d'un jour à un autre.
• TRANSFÉRER, signifie encore, figurément, Céder, transporter une chose à quelqu'un en observant les formalités requises. Transférer une obligation, une inscription de rente, la propriété d'une chose, un droit à quelqu'un.
• TRANSFÉRÉ, ÉE. participe

TRANSFERT .s.m.
• .Finance et de Commerce. Acte par lequel on déclare transporter à un autre la propriété d'une rente sur l'État, d'une action de la Banque, etc., ou d'une marchandise en entrepôt. Le transfert des rentes se fait sur les registres du Trésor. Les formalités du transfert ont été remplies. Opérer un transfert. J ai signé le transfert de mon inscription, elle ne m'appartient plus. Lorsqu'on vend une marchandise en entrepôt, on en fait le transfert à la douane ou à la régie.

TRANSFIGURATION . s. f.
• Changement d'une figure en une autre. Il n'est usité que dans cette phrase, La transfiguration de Notre-Seigneur, L'état glorieux où JÉSUS-CHRIST parut sur le mont Thabor, en présence de trois de ses disciples, Pierre, Jacques et Jean. Le tableau de la Transfiguration par Raphaël. On dit quelquefois elliptiquement, La Transfiguration de Raphaël.

TRANSFIGURER
(SE). v. pron.
• Changer d'une figure en une autre. Il n'est usité qu'en parlant De JÉSUS-CHRIST. Notre-Seigneur se transfigura sur le mont Thabor.
• TRANSFIGURÉ, ÉE. participe

TRANSFORMATION . s. f.
• Métamorphose, changement d'une forme en une autre. Les transformations fabuleuses. La transformation des insectes. La transformation d'une chenille en papillon.

TRANSFORMER . v. a.
• Métamorphoser, donner à une personne ou à une chose une autre forme que celle qui lui est propre ou qu'elle avait précédemment. La femme de Lot fut transformée en une statue de sel. Homère dit que Circé transforma les compagnons d'Ulysse en pourceaux.
• Se dit quelquefois au sens moral. Tous les efforts de son éloquence ne sauraient transformer cette action criminelle en un acte de vertu.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Protée se transformait de mille manières. La chenille se transforme en papillon.
• Se dit particulièrement, au figuré, D'un homme qui se déguise, qui prend plusieurs caractères, selon ses vues et ses intérêts. C'est un homme qui se transforme en mille façons, de mille façons, de mille manières.
• En termes d'Algèbre, Transformer une équation, La changer en une autre équation dont la forme soit différente.
• TRANSFORMÉ, ÉE. participe

TRANSFUGE .s.m.
• Celui qui, à la guerre, abandonne le parti dont il est, pour passer dans celui des ennemis. On eut cet avis par un transfuge. Les transfuges rapportaient...
• Se dit aussi, figurément, de Quiconque abandonne son parti pour passer dans le parti contraire. Il est transfuge de son parti. On dit dans un sens analogue et figuré, Transfuge de la vertu, des bons principes.

TRANSFUSER . v. a.
• T. didactique. Il signifie proprement, Faire passer un liquide d'un récipient dans un autre; et ordinairement, Faire la transfusion du sang. Il est peu usité.
• TRANSFUSÉ, ÉE. participe

TRANSFUSION . s. f.
• T. didactique. Action de transfuser. Il ne se dit guère que de L'opération par laquelle on fait passer le sang du corps d'un animal dans celui d'un autre. La transfusion paraît avoir eu quelque succès dans ces derniers temps.

TRANSGRESSER . v. a.
• Contrevenir à quelque ordre, à quelque loi. Cet ambassadeur a transgressé les ordres qu'il avait.
• Se dit particulièrement De la violation des préceptes divins. Transgresser les commandements de Dieu. Transgresser la loi divine.
• TRANSGRESSÉ, ÉE. participe

TRANSGRESSEUR .s.m.
• Celui qui transgresse. Il est dit dans la loi de Moïse: Le transgresseur de la loi sera puni de mort.

TRANSGRESSION . s. f.
• Action de transgresser. La transgression des commandements de Dieu. C'est une transgression manifeste de la loi.

TRANSIGER . v. n.
• (On prononce Tranziger.) Passer un acte pour accommoder un différend, un procès. Las de plaider, ils transigèrent. Après qu'ils eurent transigé. Transiger sur tel et tel point. Ils ont transigé de telle chose. Transiger sous seing privé. Transiger par-devant notaire.
• Fig., Transiger avec son devoir, avec sa conscience, S'autoriser de quelques raisons peu solides, pour faire une chose contraire au devoir, à la délicatesse.

TRANSIR . v. a.
• Pénétrer et engourdir de froid. Il fait un vent qui me transit. Le froid m'a transi. Je suis transi de froid.
• Se dit aussi en parlant De l'effet que produit la peur ou l'affliction. Cette nouvelle lui transit le coeur. La peur le transit. Être transi de peur.
• Il est quelquefois neutre. Transir de froid, de peur.
• TRANSI, IE. participe, Par plaisanterie, Un amoureux transi, Un amant que l'excès de sa passion rend tremblant et interdit auprès de sa maîtresse.

TRANSISSEMENT .s.m.
• L'état où est un homme transi. Transissement de froid, de peur. À cette nouvelle, il lui prit un transissement universel. Il est peu usité.

TRANSIT .s.m.
• (On prononce Tranzite.) .Douanes et de Contributions indirectes. Faculté de faire passer des marchandises, des denrées, à travers un État, une ville, sans payer les droits d'entrée. Marchandises en transit.

TRANSITIF .adj. m.
• (On prononce Tranzitif.) .Gram. Se dit Des verbes qui marquent l'action du sujet de la proposition sur la chose ou la personne que désigne le régime ou complément direct du verbe. Tous les verbes actifs sont transitifs.
• Se dit aussi De certaines conjonctions qui marquent un passage ou une transition d'une chose à une autre. Or, au reste, cependant, sont des conjonctions transitives.

TRANSITION . s. f.
• (On prononce Tranzicion.) Manière de passer d'un raisonnement à un autre, de lier ensemble les parties d'un discours, d'un ouvrage. Bonne transition. Belle transition. Transition heureuse, ingénieuse. Il a passé à une nouvelle matière sans aucune transition. Les transitions doivent être ménagées. Préparer la transition d'un ton, d'un mode à l'autre, dans un morceau de musique. L'art des transitions.
• Se dit quelquefois, figurément, Du passage d'un régime politique, d'un état de choses à un autre. De l'anarchie au despotisme, la transition est quelquefois très-prompte. Il a changé tout à coup sa manière de vivre par une brusque transition. Il s'est fait dans l'atmosphère une prompte transition du chaud au froid.

TRANSITOIRE .adj. des deux genres
• (On prononce Tranzitoire.) T. didactique. Passager. Toutes les choses de ce monde sont transitoires.
• Se dit aussi De ce qui remplit l'intervalle d'un état de choses à un autre. Lois transitoires. Régime transitoire.

TRANSLATER . v. a.
• Traduire d'une langue en une autre. Il est vieux.
• TRANSLATÉ, ÉE. participe

TRANSLATEUR .s.m.
• Traducteur. Il est vieux.

TRANSLATIF, IVE .adj.
• .Droit. Par lequel on transporte, on cède une chose à quelqu'un. Acte translatif de propriété.

TRANSLATION . s. f.
• Transport, action par laquelle on fait passer quelque chose d'un lieu à un autre. S'emploie principalement dans les phrases suivantes: La translation d'un corps saint. La translation des reliques. La translation du siége de l'empire. La translation du saint-siége de Rome à Avignon. La translation du parlement de Paris à Tours. La translation d'une préfecture. La translation d'un évêque d'un siége à un autre siége.
• Par extension, La translation d'une fête, L'action de remettre une fête d'un jour à un autre.
• Célébrer la translation d'un saint, Célébrer le jour auquel les reliques d'un saint ont été transférées d'un lieu à un autre.

TRANSMETTRE . v. a.
• (Il se conjugue comme Mettre.) Céder, mettre ce qu'on possède en la possession d'un autre. Le donateur transmet au donataire la propriété des choses données. Transmettre un droit.
• Il signifie aussi simplement, Faire passer. Transmettre des ordres, une nouvelle. J'ai transmis à un tel la lettre que vous m'aviez envoyée pour lui. Ces pièces ont été transmises au préfet.
• S'emploie figurément dans ce dernier sens. Les pères transmettent souvent à leurs enfants leurs vices ou leurs vertus. Les antiquités égyptiennes nous ont été transmises par les Grecs.
• Transmettre son nom, sa gloire à la postérité, Faire passer son nom, sa gloire jusqu'à la postérité.
• TRANSMIS, ISE. participe

TRANSMIGRATION . s. f.
• Action d'un peuple, d'une nation, d'une troupe d'hommes qui abandonnent leur pays pour en aller habiter un autre. La transmigration des peuples amène des changements dans les langues.
• En termes de l'Écriture sainte, La transmigration de Babylone, Le transport du peuple juif à Babylone, et le séjour qu'il y fit.
• La transmigration des âmes, Le passage des âmes d'un corps dans un autre, selon l'opinion des pythagoriciens. Voyez MÉTEMPSYCOSE.

TRANSMISSIBLE .adj. des deux genres
• Qui peut être transmis. Il y a de certains droits qui ne sont point transmissibles.

TRANSMISSION . s. f.
• Action de transmettre, ou Le résultat de cette action. La transmission d'un droit.

TRANSMUABLE .adj. des deux genres
• T. didactique. Qui peut être transmué. Les alchimistes croyaient que les métaux étaient transmuables.

TRANSMUER . v. a.
• T. didactique. Changer, transformer. Il ne se dit guère qu'en parlant Des métaux. Les alchimistes cherchaient le secret de transmuer les métaux en or, de transmuer l'étain en argent.
• TRANSMUÉ, ÉE. participe

TRANSMUTABILITÉ . s. f.
• T. didactique. Propriété de ce qui est transmuable.

TRANSMUTATION . s. f.
• T. didactique. Changement d'une chose en une autre. La prétendue transmutation des métaux en or. La transmutation métallique. Dans l'ancienne philosophie, on établissait la transmutation réciproque des éléments.

TRANSPARENCE . s. f.
• Qualité de ce qui est transparent. La transparence de l'eau, du verre.

TRANSPARENT, ENTE .adj.
• Diaphane, au travers de quoi l'on peut voir les objets. Le verre est transparent. Les corps transparents. L'eau est transparente. Un voile transparent. Elle a la peau fine et transparente.
• Fig., Cette allégorie est transparente, On découvre facilement le sens qu'elle cache.

TRANSPARENT .s.m.
• Se dit d'Un papier où sont tracées plusieurs lignes noires, et dont on se sert pour s'accoutumer a écrire droit, en le mettant sous le papier lorsqu'on écrit. Cet enfant ne saurait écrire sans transparent. Écrire avec un transparent.
• Se dit aussi Du papier huilé derrière lequel on place des lumières dans les décorations. Une illumination en transparents.
• Se dit plus particulièrement d'Une sorte de tableau sur toile, sur gaze, sur papier huilé ou verni, etc., qu'on expose la nuit, dans certaines occasions de réjouissance, et derrière lequel on met des lumières pour faire paraître ce qu'il représente. Il y avait au fond du jardin un magnifique transparent.

TRANSPERCER . v. a.
• Percer de part en part. Le coup qu'il reçut le transperça. Il eut le bras transpercé d'un coup d'épée. Avec le pronom personnel, Se transpercer.
• Fig., Transpercer le coeur de quelqu'un, Le pénétrer de douleur. Cela me transperce le coeur. On dit aussi, Transpercer de douleur. À cette nouvelle il fut transpercé de douleur. Dans le sens figuré, il vieillit.
• TRANSPERCÉ, ÉE. participe

TRANSPIRABLE .adj. des deux genres
• T. didactique. Qui peut sortir par la transpiration. Il est très-peu usité.

TRANSPIRATION . s. f.
• Exhalation qui s'opère habituellement à la surface de la peau. Il faut faire de l'exercice pour faciliter la transpiration. Exciter la transpiration. Il y a des maladies qui semblent se guérir par la seule transpiration. Il est dangereux d'arrêter, de suspendre la transpiration. Transpiration insensible. Quand la transpiration est considérable, elle prend le nom de Sueur.
• Se dit, en Botanique, d'Une exhalation à peu près semblable qui a lieu à la surface des végétaux.

TRANSPIRER . v. n.
• S'exhaler, sortir du corps par les pores, d'une manière imperceptible aux yeux. Les humeurs transpirèrent au travers de la peau.
• Se dit aussi Du corps même. Il y a des corps qui transpirent plus facilement les uns que les autres. Cet homme, cet animal transpire peu, transpire beaucoup. Mettre un malade dans une étuve, pour le faire transpirer.
• Se dit figurément De ce qu'on s'efforce de tenir secret, mais dont quelque chose commence à être connu, divulgué, révélé. Il transpire quelque chose de cette affaire, de cette négociation secrète. Ce secret commence à transpirer.

TRANSPLANTATION . s. f.
• Action de transplanter. La transplantation des arbres.

TRANSPLANTER . v. a.
• Ôter une plante, un arbre de l'endroit où il est, et le replanter dans un autre. Transplanter des arbres. Transplanter des laitues, de la chicorée. Transplanter des oeillets, un rosier, etc.
• Se dit quelquefois figurément, et signifie, Faire passer, transporter des personnes, ou certaines choses, d'un pays dans un autre, pour les y établir. Les populations qui furent transplantées dans ces climats. Ce fut lui qui transplanta les arts dans ce pays.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel, et se dit surtout D'une famille, d'une personne qui passe d'une province ou d'une ville dans une autre, pour s'y établir. C'est une famille d'Italie qui s'est transplantée en France. Je ne le vois plus depuis qu'il s'est transplanté dans un faubourg. Il quitta Paris pour aller se transplanter en province.
• TRANSPLANTÉ, ÉE. participe

TRANSPORT .s.m.
• Action par laquelle on transporte quelque chose d'un lieu à un autre. Le transport de l'or et de l'argent hors du royaume a été défendu. Le transport de ses meubles lui a coûté beaucoup. Le transport de ces marchandises se fait par bateau. Moyens de transport. Bâtiment de transport. Pour la facilité du transport, des transports. Payer les frais de transport. Le transport des terres est d'une grande dépense. Ce malade n'est pas en état de souffrir le transport.
• Se dit quelquefois, par extension, Des voitures servant au transport des choses nécessaires à une armée. La route était couverte de transports.
• Se dit également d'Un bâtiment de transport.
• TRANSPORT, se dit, en termes de Procédure, de L'action d'une personne qui, par autorité de justice, se rend, se transporte sur les lieux où sont les choses sujettes à un examen, à une vérification, à une visite. Transport d'un juge, d'un commissaire, d'un expert sur les lieux.
• TRANSPORT, se dit figurément de La cession d'un droit qu'on a sur quelque chose. Il m'a fait transport de ce qui lui est dû par un tel. Faire le transport d'un billet, d'une rente. Accepter un transport. Je n'ai point consenti au transport qu'il me voulait faire.
• TRANSPORT, se dit encore figurément Des passions violentes qui nous mettent en quelque sorte hors de nous-mêmes. Éprouver un transport de joie. Se livrer a un transport de colère, à des transports de colère. Transport d'amour. Transport amoureux. Transport de jalousie. Transport jaloux.
• S'emploie quelquefois absolument pour exprimer Tout mouvement passionné. Je l'ai trouvé dans un transport extraordinaire. Il avait peine à contenir, à modérer ses transports. Il fut accueilli, écouté, applaudi avec transport.
• Il signifie quelquefois, Enthousiasme. Transport poétique. Transport prophétique. Dans ses divins transports.
• Transport au cerveau, ou absolument, Transport, Délire, égarement d'esprit causé par la maladie. Il a une grosse fièvre, et on craint le transport au cerveau. Le transport est à craindre. Il a le transport.

TRANSPORTABLE .adj. des deux genres
• Qui peut être transporté.

TRANSPORTER . v. a.
• Porter d'un lieu dans un autre. Transporter des marchandises d'un pays dans un autre, d'une province à l'autre, d'une ville à une autre. Transporter par terre, par eau. On transporta le malade à l'hôpital sur un brancard. Les barques destinées à transporter l'armée au delà du fleuve.
• S'emploie aussi figurément. Constantin transporta le siége de l'empire romain à Constantinople. L'empire fut transporté de la nation vaincue à la nation conquérante. Transporter un mot du propre au figuré. Transporter un événement, une action sur la scène.
• En termes de Droit, Transporter un droit à quelqu'un, Céder, transférer à quelqu'un le droit qu'on a sur quelque chose. Il m'a transporté tous les droits qu'il avait sur cette terre, sur cet héritage. Transporter une rente, une dette, une créance.
• Fig., La colère, la joie, etc., transporte cet homme, Elle le met hors de lui-même. La fureur le transporte à un tel point, qu'il ne se connaît plus. La joie l'a tout transporté.
• TRANSPORTER, s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se rendre en un lieu. Dans ce sens, on le dit principalement De ceux qui vont en quelque lieu par autorité de justice. Il fut ordonné que deux conseillers se transporteraient sur les lieux. Le magistrat se transporta sur les lieux. Les juges, les experts se sont transportés en tel endroit pour informer, pour faire leur procès-verbal de l'état des choses, etc. Se transporter chez quelqu'un.
• S'emploie quelquefois au sens moral, avec le pronom personnel. Transportons-nous en imagination dans l'avenir. Transportez-vous dans le passé. Pour bien juger certains faits éloignés, il faut se transporter chez le peuple, à l'époque, au milieu des circonstances où ils sont arrivés, Il faut considérer les lieux, les circonstances, les temps. Transportez-vous par la pensée au milieu de ces peuples sauvages, Supposez, figurez-vous que vous y êtes réellement.
• TRANSPORTÉ, ÉE. participe, Au figuré, Transporté d'amour, de fureur, de joie, etc. On dit de même, simplement, Transporté, pour Transporté de joie ou de plaisir. En recevant cette bonne nouvelle, il fut transporté. Tous les spectateurs étaient transportés.

TRANSPOSER . v. a.
• Mettre une chose à une autre place que celle où elle était, soit que ce changement se fasse à dessein, pour produire une amélioration, un avantage, soit qu'il ait lieu par inadvertance, et entraîne des inconvénients. Transposer des mots, transposer des phrases, pour rendre le style plus élégant, plus pittoresque. Transposer les termes d'une proportion, d'une équation. Transposer des chiffres. Transposer des mots, des lignes en imprimant ou en copiant. Transposer des feuilles d'impression, des cahiers d'écriture en les reliant.
• TRANSPOSER, en termes de Musique, se dit Lorsque la personne qui chante ou qui joue d'un instrument, chante ou joue sur un ton différent de celui sur lequel l'air est noté. Cette pièce, cette basse sont notées en sol, et il les transpose en ut.
• TRANSPOSER, signifie, à certains Jeux, comme la bassette, le pharaon, Transporter son argent d'une carte sur une autre. Je transpose le paroli du valet à la dame.
• TRANSPOSÉ, ÉE. participe

TRANSPOSITEUR .adj. m.
• Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Piano transpositeur, Piano qui opère la transposition d'un ton dans un autre, d'une manière toute mécanique. On dit aussi, Instrument transpositeur.

TRANSPOSITIF, IVE .adj.
• Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n'est pas obligé de les placer suivant l'ordre analytique de la pensée. Le grec, le latin, sont des langues transpositives. Les langues transpositives admettent des inversions fréquentes.

TRANSPOSITION . s. f.
• Action de transposer, ou Le résultat de cette action. Faire, par mégarde, une transposition de mots. La transposition des termes d'une proportion, d'une équation.
• Il désigne, dans une acception particulière, Le renversement de l'ordre dans lequel les mots ont accoutumé d'être rangés. Transposition vicieuse. Transposition élégante. La poésie souffre plus les transpositions que la prose. Il y a des transpositions qui ont de la grâce dans les vers. La langue latine use fréquemment de transpositions.
• Se dit pareillement en parlant Des feuilles d'impression, des cahiers d'écriture transposés. Ce livre est plein de transpositions.
• Se dit également en Musique. Transposition d'un ton à un autre, dans un autre. S'exercer à la transposition.

TRANSRHÉNANE .adj. f.
• Qui est au delà du Rhin. Contrées, provinces transrhénanes, etc.

TRANSSUBSTANTIATION . s. f.
• Changement d'une substance en une autre. Il ne se dit que Du changement miraculeux de la substance du pain et du vin, en la substance du corps et du sang de JÉSUS-CHRIST dans l'eucharistie. La transsubstantiation est un des articles de la foi catholique.

TRANSSUBSTANTIER . v. a.
• Changer une substance en une autre. S'emploie dans le langage théologique, en parlant De l'eucharistie. Les paroles sacramentelles transsubstantient le pain et le vin au corps et au sang de JÉSUS-CHRIST, dans le sacrifice de la messe.
• TRANSSUBSTANTIÉ, ÉE. participe

TRANSSUDATION . s. f.
• T. didactique. Action de transsuder. La transsudation de l'eau à travers les pores de certains vases.

TRANSSUDER . v. n.
• T. didactique. Passer au travers des pores d'un corps par une espèce de sueur. L'eau transsude à travers certains corps que l'air ne peut pénétrer.

TRANSVASER . v. a.
• Verser une liqueur d'un vase dans un autre. Il faut transvaser ce vin, cette eau-de-vie.
• TRANSVASÉ, ÉE. participe

TRANSVERSAL, ALE .adj.
• T. didactique. Il ne s'emploie guère que dans ces locutions, Ligne transversale, section transversale, Ligne, section qui coupe en travers; et en termes d'Anatomie, pour désigner Certaines parties qui sont placées, qui se dirigent obliquement. Muscle transversal du nez. Artère transversale de la face. Etc.

TRANSVERSALEMENT . adv.
• D'une manière transversale. Cette ligne coupe ce carré transversalement.

TRANSVERSE .adj. des deux genres
• Oblique. S'emploie surtout en termes d'Anatomie, comme synonyme de Transversal.

TRANTRAN .s.m.
• Mot dont on se sert familièrement pour signifier, Le cours de certaines affaires, la manière la plus ordinaire de les conduire, la routine qu'on y suit. Il entend le trantran. Il sait le trantran. Il a son trantran accoutumé dont il ne peut sortir. Il sait le trantran du palais, le trantran des affaires.

TRAPÈZE .s.m.
• .Géom. Quadrilatère plan dont deux côtés sont inégaux et parallèles.
• Se dit aussi, en termes d'Anatomie, d'un os et d'un muscle qui ont à peu près la forme d'un trapèze. Dans ce sens, il peut être pris adjectivement. L'os trapèze est le premier os de la seconde rangée du carpe. Le muscle trapèze est placé à la partie postérieure du cou et de l'épaule.

TRAPÉZOÏDE .s.m.
• .Géom. Quadrilatère plan dont tous les côtés sont obliques entre eux.
• Se dit, en termes d'Anatomie, d'Un os et d'un ligament qui ressemblent à un trapézoïde. Dans ce sens, il peut être pris adjectivement. L'os trapézoïde est plus petit que le trapèze, en dedans duquel il se trouve placé. Le ligament trapézoïde affermit l'articulation de la clavicule avec l'omoplate.

TRAPPE . s. f.
• Espèce de porte posée horizontalement sur une ouverture à rez-de-chaussée, ou au niveau d'un plancher. Se dit également de L'ouverture même. Lever, ouvrir la trappe. La trappe était ouverte, il tomba dans la cave. Monter dans un grenier par la trappe. Il y a un grand nombre de trappes sur le théâtre de l'Opéra.
• TRAPPE, se dit encore d'Une espèce de porte, de fenêtre qui se hausse et qui se baisse dans une coulisse. Fermer la trappe du colombier. Aux loges des bêtes féroces, il y a ordinairement des trappes.
• TRAPPE, se dit aussi d'Une sorte de piége pour prendre des bêtes dans un trou que l'on fait en terre, et que l'on couvre d'une bascule ou de branchages et de feuillages, afin que la bête, venant à passer sur la bascule ou sur les branchages, tombe dans le trou. Tendre une trappe. Dresser une trappe. Le renard s'est pris dans la trappe.

TRAPPISTE .s.m.
• Religieux d'un ordre très-sévère, dont le chef-lieu était à la Trappe, près de Mortagne.

TRAPU, UE .adj.
• Gros et court. Il ne se dit que Des hommes et des animaux. Un petit homme trapu. Une femme trapue. Un cheval trapu.

TRAQUE . s. f.
• .Chasse. Action de traquer.

TRAQUENARD .s.m.
• Espèce d'amble ou d'entre-pas. Ce cheval va le traquenard.
• TRAQUENARD, se dit aussi d'Une sorte de danse gaie, qui était autrefois en usage. Danser le traquenard.
• TRAQUENARD, se dit encore d'Une sorte de piége dont on se sert pour prendre des animaux nuisibles.

TRAQUER . v. a.
• .Chasse. Fouler un bois pour en faire sortir le gibier; et plus particulièrement, Faire une enceinte dans un bois, de manière qu'en la resserrant toujours, on oblige les bêtes que l'on chasse d'entrer dans les toiles, ou de passer sous le coup des chasseurs. On dit, Traquer un bois pour prendre un loup, ou Traquer un loup dans un bois.
• Se dit, par extension, en parlant Des personnes que l'on resserre dans une enceinte pour les prendre. Traquer des voleurs, des contrebandiers. Ils sont traqués par les gendarmes.
• TRAQUÉ, ÉE. participe

TRAQUET .s.m.
• Piége qu'on tend aux bêtes puantes. Il trouva dans le bois un renard pris au traquet.
• Prov. et fig., Donner dans le traquet, Se laisser tromper par quelque artifice. Il donna dans le traquet comme un sot.

TRAQUET .s.m.
• Claquet, morceau de bois attaché à une corde, lequel passe au travers de la trémie, et dont le mouvement fait tomber le blé sous la meule du moulin. Le traquet du moulin.
• Fig. et fam., C'est un traquet de moulin, sa langue va comme un traquet de moulin, se dit D'une personne qui parle beaucoup.

TRAQUET .s.m.
• T. d'Hist. nat. Petit oiseau à bec fin, qui fait son nid sous les pierres ou dans les terriers.

TRAQUEUR .s.m.
• .Chasse. Un de ceux qu'on emploie pour traquer.

TRAUMATIQUE .adj. des deux genres
• .Chirur. Qui a rapport, qui appartient aux plaies, aux blessures. Fièvre traumatique. Tétanos traumatique. Hémorragie traumatique. Maladies traumatiques.

TRAVAIL .s.m.
• Labeur, fatigue, peine qu'on prend pour faire quelque chose. Se dit De l'esprit comme du corps. Grand travail. Travail long. Travail pénible. S'endurcir au travail. S'accoutumer au travail. Se faire au travail. Se mettre au travail. Quitter le travail. Aimer le travail. Se plaire au travail. Fuir le travail. Vous voilà au travail. Je ne veux pas vous détourner de votre travail. Faire cesser le travail. Deux heures de travail. Les heures du travail et celles du repos. Dieu bénisse votre travail. Dieu bénira vos travaux. Attendez du ciel la récompense de vos travaux. Les travaux apostoliques. Les travaux de l'épiscopat.
• Homme de travail, Celui qui gagne sa vie par un métier pénible; et, Homme de grand travail, Celui qui est fort laborieux.
• Maison de travail, Maison de détention où l'on fait travailler les détenus.
• Travail d'enfant, ou simplement, Travail, se dit Des opérations de la nature pour procurer l'accouchement. Elle était en travail d'enfant, ou en travail. Elle eut un travail long et périlleux. Le travail dure depuis telle heure.
• TRAVAIL, se dit aussi de L'ouvrage même, de quelque nature qu'il soit, et de La manière dont il est fait. Un beau travail. Un grand travail. Un travail de longue haleine. Travail exquis, délicat. Ce bijou est d'un beau travail, Le travail en est délicat. Je lui ai fait voir mon travail. Exposer son travail à la censure du public.
• Il signifie aussi, La manière dont on travaille habituellement. Il a le travail facile, difficile, lent, etc.
• Il signifie encore, L'ouvrage qui est à faire, ou que l'on fait actuellement. Distribuer le travail aux ouvriers. Je ne puis faire cela à ce prix, il y a trop de travail. Le travail en souffrira. Les travaux à faire pour la construction d'un édifice. On a commencé, suspendu, interrompu, abandonné, repris, continué les travaux. Entreprendre des travaux.
• TRAVAIL, se dit particulièrement Des remuements de terre que font des troupes, soit pour attaquer, soit pour se défendre, et principalement de La tranchée que font les assiégeants pour attaquer une place. Cet officier était à la tête du travail. Cet ingénieur conduisait le travail. Le travail de cette nuit a été poussé jusqu'à tel endroit.
• Se dit plus ordinairement au pluriel, en parlant Des ouvrages que l'on fait pour l'attaque ou pour la défense des places, pour la fortification d'un camp, d'un poste. Beaux travaux. Grands travaux. Des travaux avancés. Quand les travaux de cette place furent achevés. Visiter les travaux. Combler les travaux des assiégeants. Ruiner les travaux des assiégés.
• Se dit également Des ouvrages que l'on fait pour l'embellissement ou l'assainissement des villes, pour l'utilité générale. Les travaux publics de Paris. Directeur des travaux publics.
• Travaux forcés, Une des peines afflictives et infamantes prononcées par le code pénal, et qui remplace les galères. Il fut condamné à vingt ans de travaux forcés. Les travaux forcés à temps. Les travaux forcés à perpétuité. Dans la Législation militaire, Travaux publics, se dit d'Une peine analogue, mais moins grave, infligée aux militaires qui ont déserté à l'intérieur.
• TRAVAUX, au pluriel, s'emploie aussi pour signifier, Certaines entreprises remarquables. Il est au terme de ses travaux. Il poursuit ses travaux. La mort l'a interrompu au milieu de ses travaux.
• Les travaux d'Hercule, Les douze entreprises que la Fable lui attribue.
• TRAVAIL, se dit en outre Du compte que chaque ministre rend au roi des affaires de son département, et Du rapport que les commis font au ministre de celles qui leur ont été renvoyées. Dans ce sens, le pluriel est Travails. Le roi, à son travail, a décidé, etc. C'est aujourd'hui jour de travail de tel ministre avec le roi. C'est l'heure de son travail avec ses commis. Ce ministre a eu plusieurs travails cette semaine avec le roi. On a dit De certaines places dont les titulaires rendaient compte immédiatement au roi, Ces places ont le travail, donnent le travail.
• TRAVAIL, se dit aussi d'Une espèce de machine de bois à quatre piliers, entre lesquels les maréchaux attachent les chevaux vicieux pour les ferrer ou pour les panser. Mettre un cheval au travail pour le ferrer. Dans cette acception, Travail fait également Travails au pluriel.

TRAVAILLER . v. n.
• Faire un ouvrage, faire de l'ouvrage; se donner de la peine pour faire, pour exécuter quelque chose. Travailler sans relâche. Travailler assidûment. Travailler nuit et jour. Travailler à la journée. Travailler pour soi. Travailler pour autrui. Chercher à travailler. Il se tue à travailler. Il s'est épuisé à travailler. Travailler utilement. Travailler en vain. Il est en âge de bien travailler. Il faut travailler pour faire sa fortune. Travailler à un ouvrage. Travailler à la vigne, à la terre, au jardinage, à un bâtiment. Travailler à un ouvrage d'esprit. On travaille à relever les fortifications, à niveler le terrain. Travailler en or, en cuivre, en bronze, en marbre. Travailler en broderie. Travailler en linge, en couture, en gants. Travailler de l'aiguille, à l'aiguille. Travailler du marteau. Il travaille lien de son métier. Travailler en boutique. Travailler en chambre. Travailler de corps. Travailler d'esprit.
• Il signifie quelquefois, dans une acception particulière, Avoir de l'occupation, de l'ouvrage, et se dit De ceux qui exercent quelque profession mécanique ou industrielle. Ce cordonnier travaille beaucoup, il doit être dans l'aisance. Ces pauvres gens sont bien malheureux, ils n'ont pas travaillé de tout cet hiver.
• Ce bois travaille, Il se déjette. Cette poutre travaille, Elle se déjette, parce qu'elle est trop chargée. Ce mur travaille, Il déverse, il s'entr'ouvre.
• Son estomac travaille, Il a de la peine à digérer.
• TRAVAILLER, se dit aussi Du vin, de la bière et des autres liqueurs qui fermentent. Du vin qui travaille. Quand la vigne est en fleur, le vin travaille.
• Fig., Son esprit travaille, sa tête travaille, Son esprit, sa tête fermente, est dans une sorte d'agitation causée par quelque projet, par quelque ouvrage.
• Faire travailler son argent, Le placer, lui faire produire intérêt. Son argent travaille sans cesse, Il est continuellement replacé, il produit toujours un nouvel intérêt.
• Travailler en grand, Travailler sur un vaste plan, d'après une vue générale et complète. Cet homme ne sait point travailler en grand, il ne s'entend qu'aux détails.
• TRAVAILLER, avec la préposition à, signifie souvent, S'occuper, s'efforcer de. Travailler à son salut, à sa fortune. Travailler au bonheur des hommes. Travailler à la ruine de quelqu'un. Travailler à faire sa fortune. Il travaille à les réconcilier. Je travaille à me débarrasser de lui.
• TRAVAILLER, est aussi verbe actif, et signifie, Soigner, exécuter avec soin. Vous n'avez pas assez travaillé ce mémoire. Travailler consciencieusement une affaire. Travailler son champ, sa terre. Il faudrait un peu plus travailler votre style. Travailler ses vers.
• TRAVAILLER, signifie encore, Tourmenter, causer de la peine. Cette fièvre le travaille cruellement. J'ai eu un songe qui m'a travaillé toute la nuit. L'inquiétude, la jalousie qui le travaille.
• Travailler un cheval, L'exercer, le manier; ou Le fatiguer. Ce cheval a été trop travaillé.
• TRAVAILLER, signifie en outre, Façonner, et se dit en parlant De certaines choses, comme le fer, le marbre, etc. Ces gens-là travaillent bien le fer. On ne peut pas mieux travailler le marbre. Les boulangers disent dans un sens analogue, Travailler la pâte.
• TRAVAILLER, avec le pronom personnel, signifie, Se tourmenter, s'inquiéter, s'efforcer. C'est un homme qui se travaille pour rien. Vous vous travaillez mal à propos. Il se travaille inutilement à chercher la pierre philosophale. On dit dans la même acception, avec le pronom personnel régime indirect, Se travailler l'esprit, l'imagination.
• TRAVAILLÉ, ÉE. participe, Ouvrage bien travaillé. Style travaillé. Un homme travaillé de la fièvre, de la goutte, de la pierre. Un cheval trop travaillé.
• Ce cheval a les jambes travaillées, Il a les jambes fatiguées, ruinées par le travail.

TRAVAILLEUR .s.m.
• Homme adonné au travail. Ce n'est pas un fort habile ouvrier, mais il est grand travailleur. C'est un homme de quelque esprit, mais surtout un grand travailleur. Employez cet homme-là pour les ouvrages que vous avez à faire, c'est un bon travailleur. Un travailleur infatigable. On dit aussi au féminin, Une travailleuse, une bonne travailleuse.
• Se dit, toujours absolument et au pluriel, Des soldats qu'on emploie à remuer la terre, soit pour l'attaque d'une place, soit pour le retranchement d'un poste, etc. On employa dix mille travailleurs pour faire la circonvallation du camp. Les travailleurs employés aux lignes. Les assiégés firent une sortie, et tombèrent sur les travailleurs.

TRAVÉE . s. f.
• .Charpenterie et d'Archit. Espace qui est entre deux poutres, et qui est rempli par un certain nombre de solives. Il y a tant de travées à ce plancher.
• Se dit aussi Des galeries supérieures d'une église, qui règnent au-dessus des arcades de la nef; parce que, dans les anciennes constructions, ces galeries étaient de bois. Se placer dans une travée. La première, la seconde travée. Les travées d'une chapelle.
• Les travées d'un pont de bois, Les parties de la charpente qui sont entre les files de pieux et qui forment les arches.
• Travée de comble, Distance d'une ferme à l'autre. Travée de balustres, Rang de balustres entre deux colonnes ou piédestaux. Travée de grille, Rang de barreaux entre deux pilastres.

TRAVERS .s.m.
• L'étendue d'un corps considéré dans sa largeur. Il s'en faut deux travers de doigt que ces planches ne se joignent.
• TRAVERS, signifie aussi, Le biais, l'irrégularité d'un lieu, d'une place, d'un jardin, d'un bâtiment, d'une chambre, etc. Il y a bien du travers dans ce bâtiment. Il faut planter des arbres pour cacher les travers qui sont dans votre jardin.
• TRAVERS, signifie figurément, Bizarrerie, caprice, irrégularité d'esprit et d'humeur. Il a du travers dans l'esprit. Il a un singulier travers d'esprit. Un jeune homme plein de travers. Il a bien du travers dans l'humeur. Se donner des travers. Il a pris un travers dans cette affaire-ci.
• Fam., Donner dans le travers, Tomber dans l'inconduite, prendre des habitudes déréglées.
• EN TRAVERS. loc. adv. D'un côté à l'autre, suivant la largeur. Cette table n'est pas solide, il faut y mettre des barres en travers pour qu'elle puisse servir.
• En termes de Marine, Se mettre en travers, Se mettre en panne. On dit de même, Être, se tenir en travers.
• DE TRAVERS. loc. adv. Obliquement. Si vous mettez cela de travers, vous ne le ferez pas passer. Il est louche, il est bigle, il regarde de travers.
• Fig., Regarder quelqu'un de travers, Le regarder d'une manière qui marque du mécontentement, ou de la colère, ou de l'aversion. Je ne sais ce qu'il a contre moi, mais il me regarde de travers.
• Prov. et fig., Mettre son bonnet de travers, Entrer en mauvaise humeur. Ne lui parlez pas aujourd'hui, il a mis son bonnet de travers.
• DE TRAVERS, signifie aussi, De mauvais sens, à contre-sens, tout autrement qu'il ne faudrait; et alors il est souvent précédé de l'adverbe Tout. Cela est mis tout de travers, est fait tout de travers. Il écrit tout de travers. Il va tout de travers. Il a les jambes de travers.
• S'emploie figurément dans la même acception. Cet homme prend tout de travers, entend tout de travers. Il rapporte de travers tout ce qu'on lui dit. Juger tout de travers. Parler, répondre tout de travers.
• Cet homme a l'esprit de travers, Il a l'esprit mal fait, mal tourné.
• À TRAVERS, AU TRAVERS. loc. prépositives, dont la première est toujours suivie d'un régime simple, et l'autre de la préposition de, et qui signifient, Au milieu, par le milieu. À travers, se dit principalement pour désigner Un passage vide, libre. Au travers, se dit, au contraire, pour désigner Un passage qu'on se procure entre des obstacles, ou en traversant, en pénétrant un obstacle. Mais cette distinction n'est pas toujours rigoureusement observée. Passer sa main à travers les barreaux. Aller à travers les bois, à travers les champs, à travers champs. Ils passèrent à travers les vaisseaux ennemis. Il se fit jour au travers des ennemis. Il perça au travers d'un bataillon. Il ne craint point les périls, il se jette au travers, tout au travers. On voit le jour au travers des vitres, des châssis. On ne voyait le soleil qu'à travers les nuages, qu'au travers du brouillard.
• Fig. et fam., Tout au travers des choux, et plus simplement, À travers choux, Inconsidérément, sans jugement, sans aucun égard.
• À TRAVERS, AU TRAVERS, signifient aussi, De part en part. Un coup d'épée au travers du corps, à travers le poumon.
• Ils s'emploient figurément avec les verbes Voir, découvrir, remarquer, et autres semblables. Je vois clair au travers de toutes ces finesses. À travers ces artifices, je découvre que... Au travers de toutes ces suppositions, il est aisé de remarquer... Au travers de tout ce qu'il dit, on voit bien qu'il n'est pas content.
• À TORT ET À TRAVERS. loc. adv. et figurée, Sans discernement, inconsidérément. Il frappe à tort et à travers. Il parle à tort et à travers, sans savoir ce qu'il dit.
• PAR LE TRAVERS. loc. prépositive, qui s'emploie en termes de Marine. À la hauteur, vis-à-vis, à l'opposite. La flotte était par le travers de tel cap.

TRAVERSE . s. f.
• Pièce de bois qu'on met en travers à certains ouvrages de menuiserie et de charpente, pour les assembler ou pour les affermir. Les traverses d'une porte, d'une fenêtre. Il faudrait mettre là une traverse, des traverses.
• En Serrurerie, Les traverses d'une grille, Les barres transversales qui servent à maintenir et à fortifier les barreaux.
• TRAVERSE, en termes de Fortification, se dit d'Une tranchée qui se fait dans un fossé sec d'une place assiégée, ou pour le passer, ou pour empêcher qu'on ne le passe.
• Se dit aussi Des retranchements que l'on fait pour se défendre plus longtemps, et pour n'être pas enfilé.
• TRAVERSE, se dit encore d'Une route particulière qui conduit à un lieu où ne mène pas le grand chemin, ou qui est plus courte. Vous trouverez un chemin de traverse qui va de tel lieu à tel autre. Il a pris la traverse au-dessous d'Orléans pour aller à... On dit dans un sens analogue, Rue de traverse, Petite rue qui va d'une grande rue à une autre.
• Au Jeu, Des paris de traverse, Des paris qui ne sont pas du courant du jeu.
• TRAVERSE, signifie figurément, Obstacle, empêchement, opposition, affliction, revers. Il a eu bien des traverses. Il a essuyé bien des traverses. Malgré toutes les traverses qu'il a eues. Après tant de traverses.
• À LA TRAVERSE. loc. adv. qui se dit De ce qui survient inopinément et apporte quelque obstacle. Notre marché eût été conclu, si un tel ne fût venu à la traverse, ne se fût pas jeté à la traverse.

TRAVERSÉE . s. f.
• Se dit, en termes de Marine, Du trajet qui se fait par mer, d'une terre à une autre terre opposée. La traversée de Bordeaux à Saint-Domingue. Faire une heureuse traversée. Une longue traversée. Une traversée de tant de jours. Nous eûmes beaucoup à souffrir dans la traversée, pendant la traversée.
• Se dit aussi de Toute sorte de voyages par mer, excepté des voyages de long cours, et de ceux où l'on ne fait que suivre une côte. La traversée de Bordeaux à Lisbonne.

TRAVERSER . v. a.
• Passer à travers, d'un côté à l'autre. Traverser une province. Traverser une campagne, une forêt, une rivière, un marais. Vous n'avez que la rue à traverser. Traverser une rivière à la nage. En termes de Marine, Traverser la lame.
• Il signifie aussi, Être au travers de quelque chose. L'allée qui traverse le-jardin. La Seine traverse Paris. La grande route traverse son domaine. Une pièce d'assemblage qui traverse. Dans cette dernière phrase, il est employé neutralement.
• Il signifie encore, Percer de part en part. La pluie a traversé son manteau, ses habits. Une balle lui a traversé le bras. Une pièce de bois qui traverse d'un côté à l'autre.
• TRAVERSER, signifie figurément, Susciter des obstacles pour empêcher le succès de quelque entreprise. Traverser quelqu'un dans ses desseins. Traverser un dessein. Traverser une entreprise.
• En termes de Manége, Ce cheval se traverse, Ses hanches et ses épaules ne sont point exactement sur la même ligne qu'il doit décrire. Ce cheval se traverse des hanches; cet autre se traverse des épaules.
• TRAVERSÉ, ÉE. participe, Un homme tout traversé de la pluie, Tout trempé, tout mouillé par la pluie.
• Un cheval bien traversé, Un cheval fort du dessous, et large du poitrail.

TRAVERSIER, IÈRE .adj.
• Qui traverse. Il n'est guère usité que dans les dénominations suivantes:
• En termes de Marine, Vent traversier, Vent qui permet aux bâtiments de se rendre alternativement d'un lieu à un autre, dans les deux sens opposés.
• Barque traversière, Barque qui sert habituellement à traverser d'un endroit à un autre peu éloigné.
• En termes de Musiq., Flûte traversière, Flûte dont on joue en la mettant presque horizontalement sur les lèvres. On l'appelle aussi Flûte allemande, et simplement Flûte.

TRAVERSIN .s.m.
• Chevet, oreiller long qui s'étend de toute la largeur du lit, et sur lequel on repose la tête. Ce traversin n'est pas assez haut.
• Faux traversin, Oreiller long que l'on met au pied du lit, pour faire symétrie avec celui qui est placé à la tête.
• TRAVERSIN, en termes de Marine, se dit Des pièces de bois posées en travers d'une charpente de bâtiment. Traversin d'écoutille. Traversin de hune. Etc.

TRAVERTIN .s.m.
• Pierre calcaire des environs de Tivoli, en Italie. Les édifices de Rome sont construits en travertin.

TRAVESTIR . v. a.
• Déguiser en faisant prendre l'habit d'un autre sexe ou d'une autre condition. On le travestit en femme pour le sauver de prison. On a travesti des soldats en paysans pour surprendre la place.
• S'emploie ordinairement avec le pronom personnel. Il se travestit souvent. Se travestir pour passer à travers le camp des ennemis. Il se travestit en moine.
• S'emploie figurément, et signifie, Changer sa manière ordinaire, déguiser son caractère. C'est un scélérat qui fait le dévot, il se travestit. C'est un esprit souple, facile, il se travestit aisément. Il a le don de se travestir comme il lui plaît.
• Fig., Travestir un auteur, travestir un ouvrage, Faire une sorte de traduction libre d'un ouvrage sérieux, pour le rendre comique, burlesque; le parodier. Scarron a travesti Virgile. On a travesti la Henriade et Télémaque.
• Travestir la pensée de quelqu'un, L'interpréter mal, la rendre d'une manière inexacte, infidèle.
• TRAVESTI, IE. participe, L'Énéide travestie. La Henriade travestie.

TRAVESTISSEMENT .s.m.
• Déguisement. Son travestissement ne lui a pas réussi. L'acteur, dans ce rôle, prend plusieurs travestissements.

TRAYON .s.m.
• Bout du pis d'une vache, d'une chèvre, etc., que l'on prend dans les doigts pour traire le lait.

TRÉBELLIANIQUE ou TRÉBELLIENNE .adj. f.
• .Droit romain. Il ne s'emploie que dans cette locution, Quarte trébellianique ou trébellienne, Le quart que l'héritier institué a droit de retenir sur la succession grevée de fidéicommis, en remettant l'hérédité.

TRÉBUCHANT, ANTE .adj.
• Qui trébuche. Il ne se dit guère qu'en parlant De monnaies d'or et d'argent, et signifie, Qui est de poids. Ces pièces de monnaie sont trébuchantes.

TRÉBUCHEMENT .s.m.
• Action de trébucher. Il est peu usité.

TRÉBUCHER . v. n.
• Faire un faux pas. Il ne peut faire un pas sans trébucher. Une pierre le fit trébucher.
• Prov., Qui trébuche et ne tombe point, avance son chemin.
• Fig., Trébucher dans une affaire, Broncher, faire un faux pas dans une affaire.
• TRÉBUCHER, signifie quelquefois, Tomber. Le pont fondit sous leurs pieds, et ils trébuchèrent dans la rivière. Ce sens est vieux. On a dit de même, figurément, Trébucher du faîte des grandeurs.
• TRÉBUCHER, en Matière de poids, se dit D'une chose qui emporte par sa pesanteur celle contre laquelle elle est pesée. Ce n'est pas assez qu'une pièce de monnaie d'or soit entre deux fers, il faut qu'elle trébuche.

TRÉBUCHET .s.m.
• Piége en forme de cage, dont on se sert pour attraper des oiseaux. Cet oiseau a donné dans le trébuchet, a été pris au trébuchet.
• Prov. et fig., Prendre quelqu'un au trébuchet, L'amener par adresse à faire une chose qui lui est désavantageuse, ou qui est contraire à ce qu'il avait résolu.
• TRÉBUCHET, signifie aussi, Une petite balance pour peser des monnaies, ou autres objets d'un poids léger. Peser des espèces au trébuchet. Ce trébuchet est juste, n'est pas juste.

TRÉFILER . v. a.
• Passer du fer ou du laiton par la filière.
• TRÉFILÉ, ÉE. participe

TRÉFILERIE . s. f.
• Fabrique où l'on tréfile.

TRÉFILEUR .s.m.
• Ouvrier qui tréfile.

TRÈFLE .s.m.
• Plante herbacée de la famille des Légumineuses, qui vient naturellement dans les prés, ou qu'on sème dans les prairies artificielles, et dont les feuilles, de forme ronde, sont attachées trois à trois à une même queue. Il y a bien du trèfle dans ce pré. C'est une bonne herbe pour les chevaux, que le trèfle.
• Trèfle d'eau, Plante aquatique, qui ressemble au trèfle, en ce que ses feuilles sont trois à trois sur une même queue.
• TRÈFLE, désigne aussi, Une des quatre couleurs des cartes, parce que les cartes qui sont de cette couleur sont marquées d'une figure de feuille de trèfle. Roi, dame, valet, dix, etc., de trèfle. Il joue trèfle. Il a tous les trèfles. Il tournait trèfle.
• TRÈFLE, se dit encore d'Un ornement d'architecture imité de la feuille de trèfle.

TRÉFONCIER .s.m.
• .Coutume. Propriétaire du fonds et du tréfonds.

TRÉFONDS .s.m.
• .Coutume. Le fonds qui est sous le sol, et qu'on possède comme le sol même. Vendre le fonds et le tréfonds. On écrit aussi, Très-fonds.
• Fig. et fam., Savoir le fonds et le tréfonds d'une affaire, La posséder parfaitement.

TREILLAGE .s.m.
• Assemblage de perches, de lattes ou d'échalas posés horizontalement et verticalement, et liés l'un à l'autre par petits carrés, pour former des berceaux, des palissades ou des espaliers dans les jardins. Il y en a aussi qui ne servent qu'à la décoration. Il a fait faire un treillage. Un grand treillage. Un mur garni de treillage. Berceau de treillage. Pavillon de treillage. Cette allée est terminée par un grand berceau de treillage, par un pavillon de treillage. Arcade, colonne de treillage.

TREILLAGEUR .s.m.
• Ouvrier qui fait des treillages ou des treillis.

TREILLE . s. f.
• Berceau ou couvert fait de ceps de vigne entrelacés et soutenus par un treillage, par des perches, ou par des barreaux de fer. À l'ombre d'une treille. Sous la treille. Les grappes qui pendent à la treille. Vin de treille.
• Se dit également Des ceps de vigne qui montent contre une muraille ou contre un arbre.
• Une treille de verjus, de muscat, Une treille qui produit du verjus, du muscat.
• Fig., Le jus de la treille, Le vin.

TREILLIS .s.m.
• Ouvrage de métal ou de bois, qui imite les mailles en losange d'un filet, et qui sert de clôture, sans intercepter l'air ni la vue. Treillis de fer pour un parloir. Treillis de bois. Il y a un treillis de bois à cette fenêtre. Il y a sur les fenêtres de cette église des treillis de fil d'archal pour conserver les vitraux. Des jours de souffrance garnis de treillis. Cage de treillis. Garde-manger de treillis.
• TREILLIS, signifie aussi, Une sorte de toile gommée, lissée et luisante. Treillis noir. Veste de treillis.
• Il signifie encore, Une espèce de grosse toile dont on fait des sacs, et dont s'habillent des paysans, des manoeuvres, etc.

TREILLISSER . v. a.
• Garnir de treillis de bois ou de métal. Treillisser une fenêtre.
• TREILLISSÉ, ÉE. participe, Fenêtre treillissée.

TREIZE .adj. numéral des deux genres
• Dix et trois. Treize personnes. Cette étoffe coûte treize francs l'aune. Ceux qui ont l'esprit faible et superstitieux, évitent d'être treize à table. Treize cents francs. Treize mille francs.
• S'emploie quelquefois pour Treizième. Chapitre treize. Grégoire treize. Louis treize. On écrit ordinairement, Grégoire XIII, Louis XIII.
• S'emploie aussi comme substantif masculin. Le produit de treize multiplié par deux. On dit de même, Le nombre treize, le numéro treize.
• Le treize du mois, Le treizième jour du mois.

TREIZIÈME .adj. des deux genres
• Qui suit immédiatement le douzième. Il est le treizième sur la liste. Ce passage est dans le treizième chapitre de tel livre. Le treizième siècle. Le treizième jour du mois, ou elliptiq., Le treizième du mois.
• La treizième partie, ou substantivement, Le treizième, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en treize parties égales. Payer le treizième. Quand on vend quelque chose à la douzaine, on donne ordinairement le treizième.

TREIZIÈMEMENT . adv.
• En treizième lieu.

TRÉMA .adj. des deux genres et des deux nombres
• Se dit D'une voyelle accentuée de deux points qui avertissent qu'elle se détache de la voyelle précédente ou suivante. Ces deux points ne se mettent que sur trois voyelles, ë, ï, ü. (Poëte, naïf, ïambe, Saül.) Un ë tréma. Un ï tréma. Un ü tréma.
• Il est quelquefois substantif masculin; et alors il se dit de Ces deux points. Mettez un tréma sur cet i.

TREMBLAIE . s. f.
• Lieu planté de trembles.

TREMBLANT, ANTE .adj.
• Qui tremble. Pâle et tremblant. Il était tout tremblant de peur, de froid. Avoir la tête tremblante. Écrire d'une main tremblante. Voix tremblante. Pont tremblant.
• Pièce de boeuf tremblante, Pièce de boeuf si grosse et si entrelardée de graisse, qu'elle tremble au moindre mouvement.

TREMBLE .s.m.
• Espèce particulière de peuplier, dont les feuilles tremblent au moindre vent.

TREMBLÉ, ÉE .adj.
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Écriture tremblée, Écriture tracée par une main tremblante. On le dit aussi d'Une écriture particulière dont les traits, au lieu d'être droits, sont sinueux. On dit également, Des lignes tremblées.
• TREMBLÉ, se dit substantivement, en termes d'Imprimerie, d'Un filet serpentant, et alternativement gras et maigre. Un tremblé.

TREMBLEMENT .s.m.
• Agitation de ce qui tremble. Il lui prit un grand tremblement. D'où vient ce tremblement de main? Il a un tremblement dans le bras droit. Tremblement de nerfs. L'émotion qu'il ressentit, lui causa, lui donna un tremblement. Il eut un tremblement par tout le corps.
• Tremblement de terre, Secousse qui ébranle violemment la terre. La Sicile est sujette à de grands tremblements de terre. Cette ville a été renversée par un tremblement de terre.
• TREMBLEMENT, en termes de Musique, Sorte de cadence précipitée, qui se fait, soit en chantant, soit en jouant de quelque instrument. Il faut faire un tremblement sur cette note.
• TREMBLEMENT, signifie quelquefois figurément, Une grande crainte, Il ne faut point de tremblement dans cette affaire. Le tremblement qu'il a eu des suites de l'entreprise, l'a empêché de s'y hasarder.

TREMBLER . v. n.
• Être agité, être mû par de fréquentes secousses. Les feuilles des arbres tremblent au moindre vent. La fièvre le fait trembler. La tête, la main, les jambes lui tremblent. Tout le corps lui tremble. Trembler de froid. Trembler de peur. Trembler depuis les pieds jusqu'à la tête. Trembler de tous ses membres. Trembler au moindre bruit. Il tremblait comme la feuille. La voix lui tremble. La terre trembla par deux fois. Au bruit de l'artillerie, toute la maison trembla. Sa voix fait trembler les vitres.
• Se dit aussi Des choses qui ne sont pas fermes, et qui s'ébranlent facilement. On ne peut avec sûreté passer sur ce plancher, sur ce pont, il tremble.
• Activ. et pop., Trembler la fièvre, Être dans le frisson de la fièvre.
• TREMBLER, signifie figurément, Craindre, appréhender, avoir grand'peur. Ce prince est redoutable, il fait trembler toute l'Europe. Toute la terre tremblait devant lui. Son aspect les fit trembler. Je n'y vais qu'en tremblant. Je tremble de peur que cela n'arrive. Je tremble que cela n'arrive. Je tremble d'avouer, etc. Je tremble pour vous. Il est d'une imprudence à faire trembler pour lui. Par exagérat., Il mange à faire trembler.

TREMBLEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui tremble. Il n'est guère usité au propre; il se dit au figuré d'Une personne trop circonspecte, trop craintive. Vous ne l'engagerez jamais dans cette affaire, c'est un trembleur.
• TREMBLEUR, est aussi Le nom que l'on donne à certains enthousiastes religieux appelés Quakers par les Anglais. Voyez QUAKER.

TREMBLOTANT, ANTE .adj.
• Qui tremblote. Je le trouvai tout tremblotant de froid. Une voix tremblotante.

TREMBLOTER . v. n.
• Diminutif de Trembler. Le froid le faisait trembloter. Il a eu peu de frisson, il a seulement trembloté. Il est familier.

TRÉMIE . s. f.
• Sorte de grande auge carrée, fort large par le haut, et fort étroite par le bas, dans laquelle on met le blé, qui tombe de là entre les meules pour être réduit en farine. La trémie est pleine. Il n'y a plus de blé dans la trémie.
• TRÉMIE, se dit aussi d'Une mesure dont on se sert pour le sel.
• Se dit encore d'Une sorte de boîte dans laquelle on donne à manger aux faisans parqués.

TRÉMIÈRE .adj. f.
• Il n'est usité que dans cette dénomination, Rose trémière, Espèce de grande mauve dont la fleur a quelque ressemblance avec la rose.

TRÉMOUSSEMENT .s.m.
• Action de se trémousser. Trémoussement des ailes, du corps. Trémoussement des membres.

TRÉMOUSSER
(SE). v. pron.
• Remuer, se remuer, s'agiter d'un mouvement vif et irrégulier. Ce n'est pas là danser, ce n'est que se trémousser. Un chien qui se trémousse.
• Il signifie figurément et familièrement, Faire des démarches, prendre des soins, se donner beaucoup de mouvement pour faire réussir une affaire. Donnez ordre à tout, trémoussez-vous un peu. Il se trémousse fort. L'affaire était importante, il s'est bien trémoussé.
• S'emploie aussi comme neutre; mais on ne le dit guère alors qu'en parlant De quelques mouvements d'oiseaux. Ces oiseaux trémoussent de l'aile.

TRÉMOUSSOIR .s.m.
• Machine propre à se donner du mouvement et de l'exercice, sans sortir de la chambre.

TREMPE . s. f.
• Action, manière de tremper le fer. Cet homme entend bien la trempe du fer. Donner la trempe.
• Il signifie aussi, La qualité que le fer contracte quand on le trempe. Cette épée est d'une bonne trempe. La trempe de ce coutelas est fort bonne. La trempe de cet acier est excellente.
• Se dit figurément de La constitution du corps de l'homme, et de La qualité de son âme, de son caractère. Rien ne peut altérer sa santé, c'est un corps d'une bonne trempe, d'une trempe excellente. Un esprit de bonne trempe, d'une bonne trempe. La trempe de son âme. Les âmes d'une certaine trempe. Peu d'hommes ont un caractère de cette trempe. Ce sont des gens de la même trempe. Je connais un homme de sa trempe.
• TREMPE, en termes d'Imprimerie, Action de tremper, d'humecter le papier sur lequel on veut imprimer. La trempe varie suivant les diverses qualités du papier.

TREMPER . v. a.
• Mouiller une chose en la mettant dans quelque liqueur. Tremper un linge dans de l'eau. Tremper du pain, du biscuit dans du vin.
• Tremper la soupe, Verser le bouillon sur les tranches de pain.
• Tremper du fer, de l'acier, Le plonger tout rouge dans de l'eau préparée pour le durcir.
• La pluie a trempé la terre, Il a plu abondamment, et la terre est pénétrée d'eau.
• Tremper son vin, Y mettre de l'eau en assez grande quantité.
• Fig., Tremper ses mains dans le sang, Commettre un meurtre, ou seulement l'ordonner, le conseiller, y consentir.
• En termes d'Impr., Tremper le papier, ou absolument, Tremper, Imbiber d'eau, humecter le papier destiné à l'impression, pour lui donner de la moiteur et de la souplesse. Tremper à la main. Tremper au balai. Le papier se trempe ordinairement une fois par main.
• TREMPER, est aussi neutre, et signifie, Demeurer quelque temps dans l'eau ou dans une autre liqueur. Il y a déjà deux jours que ce linge trempe. Laissez tremper ce cuir dans l'eau. Faire tremper de la morue pour la dessaler. Il faut mettre tremper ces pois, ces pruneaux, pour les amollir. La viande qui trempe trop longtemps, perd tout son suc.
• Fig., Tremper dans un crime, dans une conspiration, etc., En être complice. Il n'a point trempé dans ce crime, dans ce complot.
• TREMPÉ, ÉE. participe, Ne boire que du vin trempé.
• Cet homme est tout trempé, il a son habit tout trempé, Il a été extrêmement mouillé.
• Il est tout trempé de sueur, se dit D'un homme qui a beaucoup sué, qui est couvert de sueur.

TREMPERIE . s. f.
• L'endroit d'une imprimerie où l'on trempe le papier. Aller à la tremperie.

TREMPLIN .s.m.
• Planche inclinée et très-élastique, sur laquelle les sauteurs courent pour s'élancer et faire des sauts périlleux. Le grand saut du tremplin.

TRENTAIN
• Terme dont on se sert à la Paume, pour marquer que les joueurs ont chacun trente. Nous sommes trentain. Quand les joueurs ont trente de part et d'autre, le marqueur crie, Trentain.

TRENTAINE . s. f. coll.
• Nombre de trente ou environ. Une trentaine de francs. Une trentaine d'années. Nous étions une trentaine à ce dîner.
• Se dit, absolument, de L'âge de trente ans. Elle a passé la trentaine. Ce sens est familier.

TRENTE .adj. numéral des deux genres
• Trois fois dix. Trente hommes. Trente francs. Trente lieues. Trente et un, trente-deux, etc. Être âgé de trente ans. Avoir trente ans.
• S'emploie quelquefois pour Trentième. Page trente. Chapitre trente.
• TRENTE, au Jeu de la paume, signifie, La moitié d'un jeu, qui est de quatre points, dont chacun vaut quinze.
• Trente et quarante, Jeu de hasard qui se joue avec des cartes. Jouer au trente et quarante.
• TRENTE, se prend quelquefois substantivement. Le produit de trente multiplié par six. On dit de même, Le nombre trente, le numéro trente.
• Le trente du mois, Le trentième jour du mois.

TRENTIÈME .adj. des deux genres
• Nombre ordinal de trente. Vous n'êtes que le trentième. Dans sa trentième année. Le trentième jour du mois, ou elliptiquement, Le trentième du mois.
• La trentième partie d'un tout, ou substantivement, Le trentième, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en trente parties égales. Les neuf trentièmes. Il est intéressé dans cette affaire pour un trentième.

TRÉPAN .s.m.
• Instrument de chirurgie en forme de vilebrequin, avec lequel on perce les os, et spécialement ceux du crâne. Le chirurgien apporta son trépan, et fit l'opération.
• Il signifie aussi, L'opération qui se fait avec cet instrument. Ce blessé est trop faible, il ne pourra jamais souffrir, supporter le trépan.

TRÉPANER . v. a.
• Faire l'opération du trépan à quelqu'un. On l'a trépané. Trépaner un homme.
• TRÉPANÉ, ÉE. participe

TRÉPAS .s.m.
• Décès, mort de l'homme, passage de la vie à la mort. Il n'est guère usité dans le discours ordinaire, mais on l'emploie souvent dans la poésie et dans le style soutenu. À l'heure de son trépas. Les horreurs du trépas. Affronter le trépas. Mépriser le trépas. Un glorieux trépas.
• Fam., Aller de vie à trépas, Mourir, trépasser. Il est vieux.

TRÉPASSEMENT .s.m.
• Trépas. Il est vieux.

TRÉPASSER . v. n.
• Mourir, décéder, rendre l'âme. Il ne se dit que Des personnes qui meurent de leur mort naturelle, et n'est guère usité. Il trépassa sur le minuit. Il y a deux heures qu'il est trépassé. Il a trépassé à telle heure.
• TRÉPASSÉ, ÉE. participe, Il est aussi substantif. Être pâle comme un trépassé. Prier Dieu pour les trépassés. Le jour des trépassés: on dit plus ordinairement, Le jour des morts.

TRÉPIDATION . s. f.
• Il s'est dit en Médecine pour exprimer Le tremblement des membres, des nerfs, des fibres, etc.
• Il est aussi terme d'Astronomie, et signifie, Le balancement que d'anciens astronomes attribuaient au firmament, du septentrion au midi, et du midi au septentrion.

TRÉPIED .s.m.
• Ustensile de cuisine, qui a trois pieds, et qui sert à divers usages, comme à soutenir sur le feu un poêlon, un chaudron, etc.
• Le trépied de Delphes, le trépied d'Apollon, Espèce de siége à trois pieds, sur lequel la prêtresse de Delphes s'asseyait pour rendre des oracles.
• Fig., Il est sur le trépied, se dit D'un homme qui parle avec enthousiasme.

TRÉPIGNEMENT .s.m.
• Action de trépigner. Le trépignement des pieds.

TRÉPIGNER . v. n.
• Frapper des pieds contre terre, en les remuant d'un mouvement prompt et fréquent. Il trépigne de colère, d'impatience, de dépit. Voyez-vous comme il trépigne des pieds? Il ne fait que trépigner en dansant. Ce cheval ne fait que trépigner.

TRÉPOINTE . s. f.
• Bande de cuir mince que les cordonniers, les coffretiers, les bourreliers, etc., mettent entre deux cuirs plus épais qu'ils veulent coudre ensemble, afin de soutenir la couture.

TRÈS
• Particule qui marque le superlatif absolu, et qui se joint à un adjectif, à un participe ou à un adverbe. Bon, très-bon. Mauvais, très-mauvais. Très-connu. Très-estimé. Vaillant, très-vaillant. Très-bien. Très-fort. Très-peu. Très-sagement. Cet homme est très-savant, mais celui-là est plus savant encore. Vous avez fait très-sagement.

TRÉ-SEPT .s.m.
• Sorte de jeu de cartes, ainsi nommé à cause de l'importance qu'on y donne aux nombres trois et sept. Jouer au tré-sept. Partie de tré-sept.

TRÉSOR .s.m.
• Amas d'or, d'argent, ou d'autres choses précieuses mises en réserve. Riche trésor. Trésor inestimable. Trésor inépuisable. Enfouir des trésors. Trouver un trésor caché, enfoui.
• Se dit aussi Du lieu où le trésor est renfermé. Il a toujours sur lui la clef de son trésor.
• Se dit particulièrement, dans certaines églises, Du lieu où l'on garde les reliques et les ornements. Se dit aussi de Ces reliques et de ces ornements.
• Trésor public, trésor de l'État, Les revenus de l'État, les sommes destinées au service public. Cette guerre a épuisé le trésor de l'État, le trésor public. Se dit aussi Du lieu où les revenus de l'État sont déposés et administrés; et, en ce sens, il s'emploie presque toujours absolument. Aller au Trésor royal, au Trésor. Employé au Trésor.
• Chambre du trésor, Juridiction qui était établie à Paris pour juger des affaires du domaine du roi. La chambre du trésor était tenue par les trésoriers de France.
• TRÉSOR, au pluriel, s'emploie souvent pour exprimer de Grandes richesses. Les trésors de Crésus ont passé en proverbe. Cet homme a de grands trésors. Il y a des trésors à gagner dans ce commerce. Les trésors que ces mines recèlent. Il a amassé des trésors.
• TRÉSOR, se dit figurément de Tout ce qui est d'une excellence, d'une utilité singulière. Un véritable ami est un grand trésor. Cette femme est un trésor. Un bon domestique est un trésor dans une maison. Cet homme est plus habile qu'il ne paraît, c'est un trésor caché. L'économie est un trésor. Les trésors de la science. Les trésors d'érudition que cet ouvrage renferme.
• Ce livre est un trésor de doctrine, un trésor de recherches, Il renferme beaucoup de science, d'érudition, de recherches précieuses. C'est par allusion à ce sens que l'on a donné le titre de Trésor à Certains livres, et particulièrement à de grands ouvrages d'érudition. Le Trésor de la Langue grecque, de Henri Estienne. Le Trésor des Origines de la langue française.
• Poétiq., Les trésors de la terre, Les productions de la terre. Les trésors de Cérès, Les moissons, le blé. Les trésors de Bacchus, Les raisins, le vin. Les trésors du printemps, Les fleurs. Etc.
• TRÉSOR, dans le langage de l'Écriture et en style de piété, se dit, soit au singulier, soit au pluriel, et tant au sens physique qu'au sens moral, d'Un amas, d'une réunion, d'un assemblage de diverses choses bonnes ou mauvaises. Il est dit dans l'Évangile: Amassez-vous des trésors que les vers et la rouille ne puissent point gâter, et que les voleurs ne puissent point dérober. Suivant saint Paul, le riche amasse sur sa tête des trésors de colère. Dieu tire de ses trésors les vents, la pluie. Le trésor des miséricordes divines. Le trésor des vengeances célestes. Le trésor des mérites de JÉSUS-CHRIST, des mérites des saints.
• L'Église ouvre ses trésors, se dit en parlant Des indulgences que l'Église accorde.
• TRÉSOR, se dit aussi figurément de Toutes les choses pour lesquelles on a un grand attachement. L'Évangile dit: Là où est votre trésor, là est votre coeur. Cet enfant est son trésor.
• TRÉSOR, se disait autrefois Du lieu où l'on gardait les archives, les titres, les papiers d'une seigneurie, d'une communauté. Le trésor des chartres de telle abbaye. Le trésor des chartres du roi. Le trésor des chartres d'une seigneurie.

TRÉSORERIE . s. f.
• Lieu où l'on garde et où l'on administre le trésor public. Aller à la trésorerie. Employé à la trésorerie.
• Se dit, en Angleterre, de Ce qu'on appelle en France le département des finances. Le premier lord de la trésorerie. Les lords de la trésorerie.
• Il se disait autrefois Du bénéfice dont était pourvu celui qu'on appelait Trésorier dans un chapitre. La trésorerie de la sainte Chapelle de Paris.
• Il se disait aussi de La maison affectée pour le logement du trésorier d'une église.

TRÉSORIER .s.m.
• Officier établi pour recevoir et pour distribuer les deniers d'un roi, d'un prince, d'une communauté, etc. Trésorier de la maison du roi. Trésorier des bâtiments du roi. Trésorier de la ville de Paris. Trésorier des invalides de la marine. Trésorier de la garde municipale. Nommer un trésorier.
• Trésoriers de France, Officiers qui étaient préposés pour travailler à la répartition des tailles, et pour connaître de plusieurs autres affaires de finances, du domaine, des ponts et chaussées, et des chemins publics. Trésorier de France en la généralité de Paris, de Rouen, d'Alençon. Le bureau des trésoriers de France. Président des trésoriers de France.
• TRÉSORIER, s'est dit aussi de Celui qui était pourvu d'une dignité ecclésiastique qu'on appelait Trésorerie, et qui était la première dignité dans quelques chapitres. Trésorier de la sainte Chapelle.

TRÉSORIÈRE . s. f.
• Celle qui, dans une communauté, dans une association, reçoit les revenus, le montant des souscriptions, etc. La supérieure de cette communauté en est aussi la trésorière. Madame la trésorière de la Société de la maternité.

TRESSAILLEMENT .s.m.
• Agitation, émotion subite d'une personne qui tressaille. Il est sujet à des tressaillements. La peur et la joie donnent des tressaillements. À cette vue, il éprouva un doux tressaillement.
• Vulgairement, Tressaillement de nerfs, Mouvement soudain et convulsif dans les nerfs. Tressaillement d'un nerf, Déplacement d'un nerf. Ces locutions ne sont point usitées dans le langage médical.

TRESSAILLIR . v. n.
• (Je tressaille, tu tressailles, il tressaille; quelques prosateurs célèbres ont écrit, par euphonie, Il tressaillit, au présent de ce verbe; nous tressaillons, vous tressaillez, ils tressaillent. Je tressaillais. Je tressaillis. Je tressaillirai. Je tressaillirais. Que je tressaille. Que je tressaillisse. Tressaillant.) Être subitement ému, éprouver une agitation vive et passagère. Il tressaille de joie. Il tressaillit de peur, etc. À chaque mot qu'on lui disait de son fils, ce bonhomme tressaillait de joie, de crainte, etc.
• TRESSAILLI, IE. participe, Vulgairement, Nerf tressailli, Nerf déplacé, nerf sorti de sa place par un effort violent. Cette locution n'est point usitée dans le langage médical.

TRESSE . s. f.
• Tissu plat fait de petits cordons, ou de fils, de cheveux, etc., entrelacés. Tresse de cheveux. Tresse de soie. Tresse d'argent. Faire une tresse. Ses cheveux tombaient en tresses sur ses épaules.
• Se dit aussi Des cheveux assujettis sur trois brins de soie, dont les perruquiers font les perruques.

TRESSER . v. a.
• Mettre, arranger en tresses. Tresser des cheveux. Tresser du fil, de la soie. Tresser de la paille, du jonc, etc.
• TRESSÉ, ÉE. participe, De la paille tressée.

TRESSEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui tresse des cheveux pour en faire une perruque.

TRÉTEAU .s.m.
• Pièce de bois longue et étroite, portée ordinairement sur quatre pieds, et qui sert à soutenir des tables, des échafauds, des théâtres, etc. Il faut deux tréteaux pour soutenir le dessus d'une table. Il renversa table et tréteaux. Il n'a point d'autre lit que deux ais posés sur des tréteaux.
• Se dit souvent, au pluriel, d'Un théâtre d'opérateur, de saltimbanque, de farceur; et, par extension, d'Un théâtre où l'on représente des pièces bouffonnes et populaires. C'est un comédien qui n'est bon qu'à monter sur des tréteaux. Cette pièce est ignoble et digne des derniers tréteaux de nos boulevarts. Il faut renvoyer cette pièce aux tréteaux de la foire.
• Fig., Monter sur les tréteaux, Monter sur le théâtre, se faire comédien.

TREUIL .s.m.
• Cylindre de bois qu'on fait tourner au moyen de leviers, et autour duquel se roule une corde qui sert à élever ou à tirer des fardeaux.

TRÊVE . s. f.
• Suspension d'armes, cessation de tout acte d'hostilité pour un certain temps, par convention faite entre deux États, entre deux partis qui sont en guerre. Trêve de tant de jours, de mois, d'années. Trêve pour tant de jours, pour longues années. Longue trêve. Faire, demander, accorder une trêve. La trêve va expirer. Prolonger la trêve. Trêve générale. Trêve particulière. Rompre, enfreindre la trêve.
• Trêve marchande, Trêve durant laquelle le commerce est permis entre deux États qui sont en guerre.
• Trêve de Dieu, ou Trêve du Seigneur, Convention faite au XIe siècle, entre les seigneurs, d'une cessation d'hostilités, depuis le mercredi au soir jusqu'au lundi matin, par respect pour les jours où se sont accomplis les derniers mystères de la vie de JÉSUS-CHRIST.
• TRÊVE, signifie figurément, Relâche. Son mal ne lui donne point de trêve, ne lui donne ni paix ni trêve. Donnez quelque trêve à votre esprit.
• Fig. et fam., Trêve de cérémonie, trêve de compliments, Ne faisons plus de cérémonie, plus de compliments. Trêve de raillerie, faisons trêve à nos railleries, Cessons de railler. Faites trêve à vos plaintes, Suspendez vos plaintes.

TRI .s.m.
• Sorte de jeu d'hombre qu'on joue à trois, et où l'on ne conserve de la couleur de carreau que le roi. Une partie de tri.

TRIAGE .s.m.
• Choix. Se dit tant de L'action par laquelle on choisit, que Des choses choisies. Faire le triage. Voilà un beau triage.
• TRIAGE, en termes d'Eaux et Forêts, se dit de Certains cantons de bois, eu égard aux coupes qu'on en fait. On coupe cette année tant d'arpents dans tel triage.

TRIAIRES .s.m. pl.
• T. d'Antiq. Soldats du troisième corps de la légion romaine.

TRIANDRIE . s. f.
• .Bot. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à trois étamines. Les graminées appartiennent à la triandrie.

TRIANGLE .s.m.
• .Géom. Figure qui a trois côtés et trois angles. Triangle équilatéral. Triangle rectangle. Triangle isocèle. Mesurer un triangle.
• Triangle sphérique, Celui dont les côtés sont des arcs de grands cercles de la sphère.
• TRIANGLE, est aussi Le nom que les astronomes donnent à une constellation de l'hémisphère boréal. Ils appellent de même Triangle austral, Une constellation de l'hémisphère austral, qui n'est point visible dans nos climats.
• TRIANGLE, en Musique, se dit d'Un instrument d'acier fait en forme de triangle, et qu'on frappe intérieurement avec une tringle de même métal, pour accompagner certains airs de musique.

TRIANGULAIRE .adj. des deux genres
• Qui a trois angles. Figure triangulaire.

TRIANGULATION . s. f.
• Action de faire les opérations trigonométriques nécessaires pour lever le plan d'un terrain; ou Le résultat de cette action.

TRIBADE . s. f.
• Femme qui abuse de son sexe avec une autre femme. On évite d'employer ce mot.

TRIBORD .s.m.
• .Marine. Le côté droit du navire, en partant de la poupe. Avoir les amures à tribord. Faire feu de tribord et de bâbord.
• Fig. et fam., Faire feu de tribord et de bâbord, Faire usage de tous ses moyens, de toutes ses ressources.

TRIBU . s. f.
• On donnait ce nom, chez quelques nations anciennes, à Certaines divisions qui formaient ensemble la totalité du peuple. Le peuple de la ville d'Athènes, de Rome, était divisé en tribus. Il a eu les suffrages de toutes les tribus. Une tribu tout entière.
• TRIBU, chez les Juifs, comprenait Tous ceux qui étaient sortis d'un des douze patriarches. Les douze tribus d'Israël. La tribu de Juda.
• Dans le style de la Chaire, La tribu sacrée, la tribu sainte, se dit quelquefois de L'ordre ecclésiastique, par allusion à la tribu de Lévi, qui était vouée au culte.
• TRIBU, se dit quelquefois d'Une peuplade ou d'un petit peuple, relativement à une grande nation dont il fait partie. Une tribu de Tartares. Une tribu de Germains. Une tribu de sauvages.

TRIBULATION . s. f.
• Affliction, adversité. Il a passé par bien des tribulations, par toutes sortes de tribulations, par les tribulations. De longues tribulations.
• S'emploie particulièrement, en parlant Des adversités considérées dans des vues religieuses. Dieu exerce, éprouve ses élus par des tribulations.

TRIBUN .s.m.
• T. d'Hist. et d'Antiq. Nom que portaient, à Rome, certains magistrats chargés de défendre les droits et les intérêts du peuple. Les tribuns du peuple étaient des personnes sacrées.
• Il s'est fait tribun du peuple, il se croit un tribun, se dit D'un factieux, d'un démagogue qui cherche à entraîner le peuple, en feignant le zèle du bien public.
• Tribuns militaires, Magistrats qui, durant un temps, eurent dans Rome toute l'autorité des consuls, mais qui étaient en plus grand nombre.
• Tribuns de légion ou des soldats, Officiers supérieurs qui commandaient tour à tour un corps de gens de guerre, une légion. Il y avait six tribuns dans chaque légion.
• TRIBUN, est aussi Le nom que portaient, en France, les membres du tribunat, corps politique qui avait été créé par la constitution de l'an VIII.

TRIBUNAL .s.m.
• Siége du juge, du magistrat. Quand le juge est dans son tribunal, est assis sur son tribunal, est sur son tribunal.
• Il signifie aussi, La juridiction d'un magistrat, ou de plusieurs qui jugent ensemble; et Ces magistrats mêmes. Tribunal civil. Tribunal criminel. Tribunal de première instance. Tribunal d'appel. Tribunal de paix. Tribunal de police correctionnelle. Tribunal de simple police. Tribunal militaire. Comparaître devant un tribunal. Cette affaire sera portée devant les tribunaux. Instituer, établir des tribunaux. Le tribunal l'a condamné à payer telle somme. Le tribunal a prononcé. Les tribunaux en décideront. À la rentrée des tribunaux. Les juges qui composent un tribunal.
• Prendre la voie des tribunaux, Avoir recours à la justice, pour faire décider une affaire.
• Le tribunal des maréchaux de France, L'assemblée des maréchaux de France, devant laquelle se portaient certaines affaires relatives au point d'honneur.
• Tribunal de famille, Assemblée de parents, qui jugent les contestations élevées entre mari et femme, père et mère, frère et soeur, etc.
• Parmi les Catholiques, Le tribunal de la pénitence, Le lieu où l'on administre le sacrement de pénitence.
• Fig., Le tribunal de la conscience, La conscience même. Il n'y a point de tribunal plus redoutable, plus rigoureux que celui de la conscience. On dit dans le même sens, Cet homme est condamné à son propre tribunal.
• Fig., Le tribunal de Dieu, La justice de Dieu. Il le cita en mourant au tribunal de Dieu. On dit dans un sens analogue, Le tribunal de l'opinion publique, de la postérité.
• TRIBUNAL, en Architecture, désigne La partie postérieure des basiliques, qui a souvent la forme d'un hémicycle.

TRIBUNAT .s.m.
• Charge de tribun. La puissance du tribunat était fort grande. Demander, briguer le tribunat.
• Il signifie aussi, Le temps de l'exercice de cette charge. Durant son tribunat.
• Il s'est dit, en France, à une certaine époque, d'Une assemblée qui concourait à la formation de la loi. Membre du tribunat. Le palais du tribunat. Voyez TRIBUN.

TRIBUNE . s. f.
• Lieu élevé d'où les orateurs grecs et les orateurs romains haranguaient le peuple. La tribune aux harangues. Monter à la tribune. Il monta dans la tribune, et parla au peuple.
• Se dit aujourd'hui, dans les Assemblées délibérantes, d'Un lieu élevé d'où parlent les orateurs. La tribune de la chambre des députés, de la chambre des pairs. Les discours prononcés à la tribune.
• L'éloquence de la tribune, Le genre d'éloquence propre aux débats des assemblées politiques.
• La tribune sacrée, La chaire où montent les ecclésiastiques pour parler au peuple. Il n'est que du style soutenu.
• TRIBUNE, se dit aussi d'Un lieu plus ou moins élevé, où se mettent certaines personnes qui doivent occuper une place séparée, dans les églises, dans les grandes salles d'assemblée publique. La tribune des musiciens est mal placée. La tribune des autorités. La tribune destinée à la famille royale. Il entendit la messe dans la tribune. Les tribunes publiques, les tribunes réservées de la chambre des députés. La tribune du corps diplomatique. La tribune des journalistes.
• Tribune d'orgues, Grande tribune où est placé le buffet d'orgues, dans une église.

TRIBUNITIEN, IENNE .adj.
• T. d'Antiq. rom. Qui appartient au tribunat. Les empereurs romains s'attribuèrent expressément la puissance tribunitienne. Il ne s'emploie guère qu'au féminin.

TRIBUT .s.m.
• Ce qu'un État paye à un autre de temps en temps, pour marque de dépendance. Les Valaques, les Moldaves payent tribut aux Turcs.
• Enfants de tribut, Les enfants que le Turc lève en certains pays par forme de tribut, sur les chrétiens qui sont ses sujets.
• TRIBUT, se dit aussi Des impôts que les princes lèvent dans leurs États. Ce prince tire de grands tributs de ses sujets. Lever un tribut. Imposer un tribut. Payer le tribut.
• Se dit figurément, au sens moral, de Ce qu'on est obligé d'accorder, de souffrir, de faire. L'estime, le respect est un tribut qu'on doit à la vertu, au mérite. Les louanges sont un tribut qu'on paye au mérite. Cet écrivain a payé le tribut au goût de son siècle. Je vous paye avec plaisir le tribut d'éloges que je vous dois. Un tribut d'estime et de reconnaissance. Offrir en tribut ses premiers ouvrages.
• Il a payé le tribut à la mer, se dit D'un homme qui s'est embarqué sur mer pour la première fois, et qui s'en est trouvé incommodé.
• Payer le tribut à la nature, Mourir.
• Fig. et poétiq., Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, Ils s'y jettent, ils s'y déchargent.

TRIBUTAIRE .adj. des deux genres
• Qui paye tribut à un prince. Se dit principalement D'un État qui paye tribut à un autre État, à un prince, sous la domination ou sous la protection duquel il se trouve. La Moldavie est tributaire du Grand Seigneur. Les peuples, les nations tributaires.
• S'emploie aussi comme substantif. Il est son tributaire. Les tributaires de la Turquie.
• Se dit quelquefois figurément. Nous sommes tous tributaires de la mort. La France n'est plus aujourd'hui tributaire de tel pays pour ces sortes de marchandises, de denrées.

TRICEPS .adj. et s. m.
• (On prononce Tricèpce.) T. d'Anat., emprunté du latin. Se dit De certains muscles qui ont trois faisceaux charnus à l'une de leurs extrémités. Muscle triceps brachial. Muscle triceps crural. Triceps brachial. Triceps crural.

TRICHER . v. a.
• Tromper au jeu. Prenez garde, il vous triche.
• S'emploie aussi absolument, Ne trichons point. Il aime à tricher. Il ne joue pas franchement, il triche.
• Il signifie figurément, Tromper en quelque chose que ce soit, mais principalement en de petites choses, et par des voies petites et basses. Cet homme-là triche, cherche à tricher.
• Il signifie quelquefois, en termes d'Arts et de Métiers, Rendre moins sensible un défaut de symétrie, de régularité, en le partageant.
• Ce verbe est familier dans toutes ses acceptions.
• TRICHÉ, ÉE. participe

TRICHERIE . s. f.
• Tromperie au jeu. Il a gagné par tricherie. Il y a de la tricherie.
• Se dit aussi figurément. Il m'a fait une tricherie. Dans l'un et l'autre sens, il est familier.
• Prov., Tricherie revient à son maître, se dit en parlant D'un trompeur qui a été dupe de ses propres inventions.

TRICHEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui triche, qui trompe au jeu. Ne vous fiez pas à cet homme, c'est un tricheur. Il est familier.

TRICLINIUM .s.m.
• (On prononce Tricliniome.) T. d'Antiq. rom. Salle à manger où il y avait trois lits, sur chacun desquels se plaçaient trois convives.

TRICOISES . s. f. pl.
• Tenailles dont se servent les maréchaux, pour ferrer et déferrer les chevaux.

TRICOLOR .s.m.
• Plante, espèce d'amarante à grandes feuilles, qui d'abord ne sont que vertes, et qui ensuite deviennent mêlées de jaune, de vert et de rouge. Mettre des tricolors dans des vases.

TRICOLORE .adj. des deux genres
• De trois couleurs. Fleur tricolore. Damas tricolore.
• Il s'applique particulièrement Aux couleurs adoptées par les Français, et qui sont le bleu, le blanc, et le rouge. Drapeau, pavillon tricolore. Cocarde tricolore. Écharpe tricolore. Ruban tricolore.

TRICOT .s.m.
• Sorte de tissu fait en mailles, soit à la main, avec de longues aiguilles émoussées, soit au métier. Un habit de tricot. Faire du tricot.

TRICOT .s.m.
• Bâton gros et court. Il n'est usité que dans le langage familier, et lorsqu'on parle de battre quelqu'un. Si je prends un tricot. Il le menaça de coups de tricot. Il lui donna du tricot.

TRICOTAGE .s.m.
• Se dit Du travail d'une personne qui tricote, et de L'ouvrage qu'elle fait. Apprendre le tricotage. Se mettre au tricotage. Ce tricotage est lâche et mal fait.

TRICOTER . v. a.
• Former des mailles avec un fil, à l'aide de certaines aiguilles longues et émoussées, pour faire des bas, des camisoles et autres ouvrages. Tricoter des bas. Apprendre à tricoter. Elle tricote bien. Aiguilles à tricoter.
• Se dit aussi Des dentelles de fil ou de soie qui se font sur un oreiller avec des épingles et des fuseaux. Tricoter de la dentelle.
• TRICOTÉ, ÉE. participe, Des bas tricotés. Habit tricoté. Couverture tricotée.

TRICOTETS .s.m. pl.
• Espèce particulière de danse. Danser les tricotets. Le mot et la chose ont vieilli.

TRICOTEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui tricote.

TRICTRAC .s.m.
• Espèce de jeu où l'on joue avec deux dés et trente dames, quinze d'une couleur, et quinze d'une autre, dans un tablier qui consiste en deux compartiments, chacun marqué par de petites flèches d'ivoire, qui sont alternativement de deux couleurs différentes, et sur lesquelles on place les dames conformément aux règles du jeu. Le jeu de trictrac, du trictrac. Jouer au trictrac. Il gagne souvent au trictrac. Une partie de trictrac à écrire. Une partie de trictrac en douze trous.
• Se dit aussi Du tablier même, du meuble dans lequel on joue. Grand trictrac. Trictrac d'ébène et d'ivoire.

TRIDE .adj. des deux genres
• .Manége. Vif, prompt, serré. Ce cheval a des mouvements trides. Son action est tride, vive et prompte.

TRIDENT .s.m.
• Fourche à trois dents ou pointes, que les poëtes et les peintres donnent pour sceptre à Neptune. Neptune avec son trident, armé de son trident, du trident.

TRIDI .s.m.
• Le troisième jour de la décade, dans le calendrier républicain.

TRIENNAL, ALE .adj.
• Qui dure trois ans. Jusqu'en 1717, le parlement d'Angleterre fut triennal.
• Il signifie particulièrement, Qui est conféré pour trois ans, ou Qui est élu, nommé pour trois ans. Emplois triennaux. Dignité triennale. La plupart des réguliers avaient des supérieurs triennaux.
• Il se disait plus ordinairement autrefois Des charges qui ne s'exerçaient que de trois années l'une, et Des titulaires qui en étaient pourvus. Office triennal. Charge triennale. L'exercice de telle charge, de tel office était triennal. Officier triennal. Il y avait pour cette administration trois trésoriers triennaux.

TRIENNALITÉ . s. f.
• Il ne se dit guère qu'en parlant D'un emploi, d'une dignité, d'une administration dont l'exercice dure trois ans.

TRIENNAT .s.m.
• L'espace de trois ans, l'exercice d'un emploi pendant trois ans.

TRIER . v. a.
• Choisir, tirer d'un plus grand nombre avec choix, avec préférence. Trier des raisins. Trier des pois, des lentilles. Trier du café. Les libraires ont trié les meilleurs livres de cette bibliothèque. Il a trié les médailles les plus curieuses, les plus rares. Ces trois hommes ont été triés entre les plus habiles de leur compagnie. On a trié ces soldats parmi les meilleures troupes. Dans ces deux dernières phrases, on dit plus ordinairement, Choisi.
• Prov. et fig., Trier sur le volet. Voyez VOLET.
• TRIÉ, ÉE. participe

TRIÉRARQUE .s.m.
• T. d'Antiq. Il signifie proprement, Capitaine de galère. À Athènes, on étendait cette dénomination aux citoyens obligés par la loi d'armer une galère et de l'équiper, du moins en grande partie. Les triérarques fournissaient les galères, et ne les commandaient pas toujours.

TRIFIDE .adj. des deux genres
• .Bot. Qui a trois divisions. Calice trifide. --- Quelques autres termes de Botanique sont formés de la même manière: Trilobé (à trois lobes). Triloculaire (à trois loges). Triphylle (à trois folioles). Trivalve (à trois valves). Etc.

TRIGAUD, AUDE .adj.
• Qui n'agit pas franchement, qui se sert de détours, de mauvaises finesses. Il est trigaud. Il a la mine trigaude. Il est familier.
• Il est aussi substantif. C'est un trigaud, un vrai trigaud, un franc trigaud. Cette femme est une grande trigaude.

TRIGAUDER . v. n.
• N'agir pas franchement, se servir de mauvais détours, de mauvaises finesses. Il ne fait que trigauder. Il est familier.

TRIGAUDERIE . s. f.
• Action de trigaud. Ne voyez-vous pas que c'est une trigauderie? Je connais ses trigauderies.

TRIGLYPHE .s.m.
• T. d'Archit. Partie, ornement de la frise dorique, qui représente l'extrémité des solives posée sur l'architrave, et qui a ordinairement des rainures profondes et verticales. Les triglyphes sont séparés par les métopes.

TRIGONOMÉTRIE . s. f.
• La partie de la géométrie qui enseigne à calculer tous les éléments d'un triangle, quand un certain nombre de ces éléments sont donnés. Trigonométrie rectiligne, Celle qui enseigne à calculer les triangles rectilignes; et, Trigonométrie sphérique, Celle qui enseigne à calculer les triangles sphériques. Entendre bien la trigonométrie. La connaissance de la trigonométrie sphérique est absolument nécessaire aux astronomes.

TRIGONOMÉTRIQUE .adj. des deux genres
• Qui appartient à la trigonométrie. Calcul trigonométrique. Opération trigonométrique.

TRIGONOMÉTRIQUEMENT . adv.
• Suivant les règles de la trigonométrie. Cette carte a été levée trigonométriquement.

TRIL .s.m.
• .Musiq. Voyez TRILLE.

TRILATÉRAL, ALE .adj.
• Qui a trois côtés.

TRILATÈRE .s.m.
• Il est synonyme de Triangle, mais il est peu usité.

TRILLE .s.m.
• .Musiq., qui est une altération de l'italien Trillo, tremblement. Battement de gosier qui se fait ordinairement sur l'avant-dernière note d'une phrase de chant, et qu'on appelait autrefois Cadence.

TRILLION .s.m.
• T. d'Arithm. Mille billions, ou mille fois mille millions.

TRILOGIE . s. f.
• T. d'Antiq. grecque. Nom donné à l'ensemble des trois tragédies que présentaient les poëtes dramatiques lorsqu'ils concouraient pour obtenir la couronne, et qui formaient la partie la plus importante de la Tétralogie. Voyez TÉTRALOGIE.

TRIMBALER . v. a.
• Traîner, mener, porter partout. Elle a trimbalé cet enfant dans tout le voisinage. Il est populaire.
• TRIMBALÉ, ÉE. participe

TRIMER . v. n.
• Marcher vite et avec fatigue. J'ai trimé toute la journée. Il est populaire.

TRIMESTRE .s.m.
• Espace de trois mois. Il sert par trimestre. Il a fini son trimestre. Des intérêts payés par trimestre. Rendre ses comptes par trimestre. Le premier, le second trimestre de l'année.
• Se dit aussi de Ce que l'on paye à quelqu'un au commencement ou à la fin de chaque trimestre. Il a touché le premier trimestre. Payer le trimestre échu. Recevoir son trimestre.

TRIMESTRIEL, ELLE .adj.
• Qui dure trois mois, qui paraît ou qui revient tous les trois mois. Un recueil trimestriel. Les loyers s'acquittent par payements trimestriels. États trimestriels de dépenses.

TRIMÈTRE .s.m.
• .Prosodie latine. Vers ïambique de six pieds qui était particulièrement employé dans la tragédie, et qui se déclamait en le séparant en trois mesures de deux pieds chacune. On dit quelquefois adjectivement, Un vers trimètre.

TRIN ou plus communément TRINE .adj. m.
• T. d'Astrol. Il n'est usité que dans cette locution, Trin ou trine aspect, qui se dit en parlant De deux planètes éloignées l'une de l'autre du tiers du zodiaque.

TRINGA .s.m.
• T. d'Hist. nat. Genre d'oiseaux de l'ordre des Échassiers.

TRINGLE . s. f.
• Verge de fer, menue, ronde et longue, servant à soutenir un rideau, une draperie. Ces tringles sont trop courtes pour mes fenêtres.
• TRINGLE, signifie aussi, Une baguette équarrie, longue et étroite, qui sert principalement à former des moulures ou à remplir un vide entre deux planches.

TRINGLER . v. a.
• Tracer, sur une pièce de bois, qu'on veut façonner, une ligne droite, avec un cordeau frotté de pierre blanche ou rouge.
• TRINGLÉ, ÉE. participe

TRINITAIRE .s.m.
• Religieux d'un certain ordre fondé pour la rédemption des captifs.

TRINITÉ . s. f.
• Un seul Dieu en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit. La sainte Trinité. Le mystère ineffable de la Trinité.
• Se dit aussi Du premier dimanche qui suit la Pentecôte. Le dimanche de la Trinité. La fête, le jour de la Trinité. Il partait tous les ans à la Trinité, à l'époque de la Trinité.

TRINÔME .s.m.
• T. d'Algèbre. Quantité composée de trois termes.

TRINQUER . v. n.
• Boire en choquant les verres et en se provoquant l'un l'autre. Trinquons. Ils sont là trois ou quatre qui trinquent. Il aime à trinquer. Il est familier.

TRINQUET .s.m.
• .Marine employé sur la Méditerranée. Le mât de misaine des bâtiments gréés en voiles triangulaires ou latines.

TRINQUETTE . s. f.
• .Marine. Voile triangulaire, espèce de voile latine qu'on hisse le long de l'étai du mât des petits bâtiments. C'est ce qu'on nomme Tourmentin sur les grands navires.
• Se dit aussi de La voile de misaine d'un bâtiment à voiles latines.

TRIO .s.m.
• Composition de musique à trois parties. Chanter, jouer, exécuter un trio. Ce compositeur a fait de charmants trios.
• Fig. et par raillerie, C'est un beau trio, se dit De trois personnes réunies, ou qui sont liées ensemble de parenté, d'intérêts, d'opinions.

TRIOLET .s.m.
• Petite pièce de poésie de huit vers, dont le premier se répète après le troisième; et ce premier et le second se répètent encore après le sixième. Faire un triolet.

TRIOMPHAL, ALE .adj.
• Appartenant au triomphe. Char triomphal. Arc triomphal. Pont triomphal. Couronne triomphale. Toge triomphale. Pompe triomphale. Marche triomphale. Ornements triomphaux.
• Porte Triomphale, se dit d'Une porte de l'ancienne Rome par laquelle les triomphateurs entraient dans la voie Sacrée, pour se rendre au Capitole, le jour du triomphe.

TRIOMPHALEMENT . adv.
• En triomphe.

TRIOMPHANT, ANTE .adj.
• Qui triomphe. Il a vaincu ses ennemis, il est triomphant, il est glorieux et triomphant.
• Il signifie aussi, Victorieux, qui a vaincu. Le parti triomphant. La lutte était terrible, il en est sorti triomphant. Armes triomphantes. Bras triomphant. Mains triomphantes.
• Fam., Air triomphant, L'air de confiance et de contentement que donne un succès obtenu ou espéré.
• L'Église triomphante, Les bienheureux qui sont dans le ciel, par opposition à L'Église militante.
• TRIOMPHANT, signifie aussi, Pompeux, superbe. On ne vit jamais d'entrée si triomphante. Ce sens est vieux.

TRIOMPHATEUR .s.m.
• Le général d'armée qui entrait en triomphe dans Rome, après une grande victoire. Quand le triomphateur était entré dans la ville.
• Se dit, par extension, de Celui qui a remporté une victoire.

TRIOMPHE .s.m.
• Honneur accordé chez les Romains à des généraux d'armée après de grandes victoires, et qui consistait à faire un entrée pompeuse et solennelle dans Rome. Le sénat lui décerna le triomphe, les honneurs du triomphe. Char de triomphe. La pompe d'un triomphe. Arc de triomphe.
• Mener des captifs en triomphe, Les mener chargés de chaînes, après le char du triomphateur. Cléopâtre se donna la mort pour éviter d'être menée en triomphe.
• Porter quelqu'un en triomphe, Le soulever de terre, le porter sur les bras pour lui faire honneur, pour lui témoigner la joie qu'on a de le voir. Le prince, à son retour de l'armée, fut porté en triomphe jusque dans son palais.
• Son entrée fut un triomphe, un véritable triomphe, On l'accueillit, à son entrée dans la ville, avec de grandes démonstrations de joie, de respect, etc.
• TRIOMPHE, se dit aussi Des victoires, des grands succès militaires. Les triomphes de ce prince. Les triomphes d'Alexandre.
• Se dit encore Des succès éclatants qu'on obtient dans les lettres, dans les arts; et, en général, de Tout avantage signalé qu'on obtient sur quelqu'un. J'ai assisté à votre triomphe. J'ai été témoin de votre triomphe. J'ai bien joui de votre triomphe. Son triomphe est d'autant plus glorieux, que ses rivaux étaient fort redoutables. C'est un beau triomphe.
• C'est son triomphe, se dit D'une chose où quelqu'un excelle, où il réussit particulièrement. Ce rôle est le triomphe de tel acteur.
• Fig., Le triomphe de la vertu, le triomphe de la vérité, etc., Les victoires que la vertu, que la vérité remportent sur le vice, sur l'erreur, etc.
• Poét., Le triomphe de l'amour, le triomphe de la beauté, Les grands effets de l'amour, de la beauté. On dit quelquefois, dans un sens analogue, Le triomphe de l'éloquence.
• Jour de triomphe, Jour marqué par quelque événement glorieux, par quelque grand avantage qu'on a remporté sur ses ennemis ou sur ses rivaux. Ce fut pour lui un jour de triomphe.

TRIOMPHE . s. f.
• Jeu de cartes qui a beaucoup de rapports avec l'écarté. Jouer à la triomphe. La triomphe d'Auvergne.
• TRIOMPHE, à certains Jeux de cartes, signifie aussi, La couleur de la carte qu'on retourne après qu'on a donné aux joueurs le nombre de cartes qu'il faut, ou La couleur que celui qui fait jouer a nommée, et qui emporte toutes les autres cartes. De quoi est la triomphe? Quelle est la triomphe? La triomphe est de coeur. La triomphe est de pique. Combien avez-vous de triomphes?
• Prov. et fig., Voilà de quoi est la triomphe, Voilà de quoi il s'agit présentement. Il est vieux.

TRIOMPHER . v. n.
• En parlant Des anciens Romains, il signifie, Faire une entrée pompeuse et solennelle dans. Rome après quelque insigne victoire. Pompée triompha trois fois. Scipion triompha de l'Afrique, Scipion obtint les honneurs du triomphe pour avoir soumis l'Afrique.
• TRIOMPHER, signifie aussi, Vaincre par la voie des armes. Ce prince triompha de tous ses ennemis.
• Il signifie figurément, Remporter quelque avantage que ce soit sur quelqu'un. Triompher de ses adversaires, de ses envieux, de ses rivaux. Triompher de quelqu'un dans une importante discussion. J'ai craint un moment que, dans cette cause, le crime ne l'emportât; mais l'innocence a triomphé. Cet avocat, par son talent, a fait triompher le bon droit.
• Il signifie encore figurément, au sens moral, Vaincre, subjuguer, surmonter. Triompher de ses passions. Sa beauté triomphait de tous les coeurs. Sa sagesse a triomphé de tous les dangers. À la longue, la vérité triomphe de l'erreur.
• TRIOMPHER, signifie aussi, Exceller en traitant quelque sujet. Quand il est sur cette matière, il triomphe. Quand il parle sur la générosité, sur la délicatesse des sentiments, il triomphe.
• Il signifie également, Exceller en quelque chose préférablement à d'autres. Quand cet artiste a des têtes à graver, il triomphe. Ce peintre triomphe quand il peint des fleurs, des animaux.
• TRIOMPHER, signifie en outre, Être ravi de joie. Quand on lui parle de ses enfants, elle triomphe.
• Il signifie aussi, Faire vanité de quelque chose. Il triomphe de son crime. Il triomphe de sa perfidie. Il a fait une noirceur; au lieu d'en avoir du remords, il en triomphe. Il triomphe du gain de son procès. Il a obtenu ce qu'il prétendait, il en triomphe.

TRIPAILLE . s. f. coll.
• Amas de tripes. Il n'est usité qu'en parlant Des intestins, des entrailles d'animaux, considérées comme une chose sans valeur, ou comme un objet de dégoût. Ce n'est que de la tripaille. Jeter des tripailles à la voirie. Un tombereau de tripailles. Des tripailles de morue.

TRIPARTITE .adj. f.
• Qui est divisée en trois. Il ne se dit guère que De l'histoire qui est l'abrégé de celles d'Eusèbe, de Socrate et de Sozomène. L'Histoire tripartite.

TRIPE . s. f.
• Se dit Des boyaux des animaux, et de Certaines parties de leurs intestins, lorsqu'on les a retirés du ventre, ou lorsqu'ils en sortent par quelque accident. Cela sent la tripe. Manger de la tripe. Vivre de tripe. Mou comme tripe. Son plus grand usage est au pluriel. Jeter les tripes des animaux à la voirie. Le sanglier donna un si furieux coup de défense à ce chien, qu'il lui fit sortir les tripes. Vendre des tripes. Tripes de morues.
• Prov. et pop., Il a failli rendre tripes et boyaux, Il a vomi avec de grands efforts.
• En termes de Cuisine, OEufs à la tripe, OEufs durs coupés par tranches et fricassés.

TRIPE . s. f.
• Étoffe de laine ou de fil, qui est travaillée comme le velours. On dit ordinairement, Tripe de velours, afin de prévenir toute équivoque. Des siéges de tripe de velours.

TRIPE-MADAME . s. f. - Voyez TRIQUEMADAME.

TRIPERIE . s. f.
• Lieu où l'on vend les tripes. La triperie de Paris.

TRIPETTE . s. f.
• Petite tripe. On ne l'emploie guère que dans cette phrase populaire, Cela ne vaut pas tripette, Cela ne vaut rien.

TRIPHTHONGUE . s. f.
• .Gram. Triple son, syllabe composée de trois sons qu'on fait entendre en une seule émission de voix. Il n'y a pas de triphthongues proprement dites, dans notre langue.
• Se dit, improprement, Du concours de trois voyelles formant un seul son. Eau, oie, etc., sont appelés triphthongues par quelques grammairiens.

TRIPIER .adj. m.
• .Fauconnerie. Se dit Des oiseaux de proie qui ne peuvent être dressés. Le milan est un oiseau tripier, parce qu'on ne peut l'empêcher de donner sur les poules.

TRIPIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui achète des bouchers, et qui revend en détail ce qu'on nomme les issues des animaux tués à la boucherie. La boutique d'un tripier, d'une tripière. Le couteau de tripière tranche des deux côtés.

TRIPLE .adj. des deux genres
• Qui contient trois fois une chose, une grandeur, un nombre. Des souliers à triple semelle. Un bâtiment à triple étage. Neuf est le triple de trois.
• Triple croche, Note de musique marquée d'un triple crochet, et qui vaut le huitième d'une noire.
• Fig. et fam., Un menton à triple étage, Un menton qui descend fort bas, et qui fait plusieurs plis.
• TRIPLE, est aussi substantif masculin, et signifie, Trois fois autant. Je payerai le triple si... Je gagerais le double, le triple contre le simple. Rendre au triple. Être condamné au triple. Augmenter du triple.

TRIPLEMENT .s.m.
• Augmentation jusqu'au triple. Il n'était usité qu'en termes de Finance. Lever des droits par doublement et par triplement.

TRIPLEMENT . adv.
• En trois façons. Il est triplement coupable. Il a triplement raison.

TRIPLER . v. a.
• Rendre triple, ajouter à une quantité deux fois son équivalent. Triplez deux, vous aurez six. Triplez ce nombre. Triplez la somme. Triplez la récompense, si vous triplez le travail.
• Il est aussi neutre, et signifie, Devenir triple. La somme a triplé depuis ce temps-là.
• TRIPLÉ, ÉE. participe, En Math., Raison triplée, Le rapport qui est entre des cubes.

TRIPLICATA .s.m.
• Troisième copie, troisième expédition d'un acte. Délivrer un triplicata. Faire expédier un acte en triplicata.

TRIPLICITÉ . s. f.
• Nombre ou quantité triplée; qualité de ce qui est triple. Les notaires ont fait cet acte triple; à quoi bon cette triplicité? Dans cette pièce de théâtre, il y a non-seulement duplicité, mais triplicité d'action. Il est peu usité.
• Se dit particulièrement, dans le langage théologique, en parlant De la Trinité. Dans la Trinité, il y a triplicité de personnes, mais il n'y a pas triplicité de substances.

TRIPOLI .s.m.
• Pierre tendre, d'un jaune rougeâtre et d'un grain très-fin, dont on se sert pour polir les glaces, les métaux. Nettoyer, frotter des chandeliers avec du tripoli.

TRIPOT .s.m.
• Jeu de paume; lieu pavé de pierre ou de carreau, et entouré de murailles, dans lequel on joue à la courte paume. Tripot couvert, découvert. Balle de tripot. Le maître du tripot. Il est vieux: on dit maintenant, Jeu de paume.
• Fam. et par une sorte de dénigrement, Cet homme est dans son tripot, Il est dans un lieu où il a de l'avantage. On dit à peu près dans le même sens, Battre un homme dans son tripot, le tirer de son tripot. Ces phrases ont également vieilli.
• TRIPOT, se dit aussi d'Une maison de Jeu, et, par extension, d'Une maison où s'assemble mauvaise compagnie. Il perdit tout son argent dans un tripot. Un infâme tripot.
• Fam., Le tripot comique, se dit quelquefois, par dénigrement, d'Une assemblée de comédiens.

TRIPOTAGE .s.m.
• Mélange qui produit quelque chose de malpropre ou de mauvais goût. Ces femmes, en essayant de faire des confitures, ont fait un étrange tripotage. Ces enfants ont fait là-bas un grand tripotage.
• Se dit, au figuré, pour Un assemblage confus de choses qui ne s'accordent point ensemble. Dans cette affaire, ils ont fait un étrange tripotage. Je n'entends rien à ce tripotage.
• Se dit aussi Des intrigues, des calomnies, des médisances qui tendent à brouiller une affaire, à semer la discorde entre des personnes. Il y a du tripotage dans cette conduite. Je le crois incapable de faire un pareil tripotage. Ce mot est familier dans les trois acceptions.

TRIPOTER . v. n.
• Brouiller, mélanger différentes choses ensemble, et en faire quelque chose de mauvais ou de malpropre. Ces femmes ne font que tripoter. Ces enfants ont tripoté tout le jour avec de la terre et de l'eau. Il est familier.
• Se dit figurément en parlant D'affaires. Il est entré dans cette affaire pour l'accommoder; mais il a tripoté de telle sorte, qu'il a tout gâté.
• Il signifie particulièrement, Intriguer, calomnier, médire dans la vue de brouiller une affaire, de semer la discorde entre des personnes. C'est un homme qui aime à tripoter.
• TRIPOTER, est quelquefois actif. Je ne sais ce qu'ils tripotent ensemble. Ils ont tripoté cette affaire. C'est un tel qui a tripoté tout cela.
• Ce verbe est familier dans toutes ses acceptions.
• TRIPOTÉ, ÉE. participe

TRIPOTIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui fait des tripotages, de petites et basses intrigues. Il est familier.

TRIQUE . s. f.
• Gros bâton, tricot. On lui donna des coups de trique. Il est populaire.

TRIQUE-BALE . s. f.
• T. d'Artillerie. Machine propre à transporter des pièces de canon.

TRIQUE-MADAME . s. f.
• .Bot. Espèce de petite joubarbe à fleurs jaunes, qui croît naturellement sur les vieux murs, mais que la culture a perfectionnée, et qu'on emploie quelquefois dans les salades avec les autres fournitures.

TRIQUET .s.m.
• Espèce de battoir fort étroit, dont on se sert pour jouer à la paume. Il est plus faible que moi, je le jouerais du triquet.

TRIRÈGNE .s.m.
• Nom qu'on donne quelquefois à la tiare du pape.

TRIRÈME . s. f.
• Galère des anciens à trois rangs de rames.

TRISAÏEUL, EULE. s.
• Le père, la mère du bisaïeul ou de la bisaïeule. Louis XIII était trisaïeul de Louis XV.

TRISECTION . s. f.
• (On prononce l'S fortement. ) .Géom. Division d'une chose en trois parties égales. Se dit principalement de La division d'un angle en trois angles égaux. La trisection de l'angle.

TRISMÉGISTE .adj. m.
• Surnom que les Grecs donnaient au Mercure égyptien ou Hermès, et qui signifie littéralement, Trois fois très-grand.
• TRISMÉGISTE, en termes d'Imprimerie, se dit substantivement d'Un caractère qui est entre le gros et le petit canon, et dont le corps a trente points ou cinq lignes.

TRISSYLLABE .adj. des deux genres
• Qui est de trois syllabes. C'est un mot trissyllabe.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Le mot amitié est un trissyllabe.

TRISTE .adj. des deux genres
• Affligé, abattu de chagrin, de déplaisir. Il est triste de la mort de son ami. Il est si triste, qu'il ne saurait parler. Triste à mourir.
• Il signifie aussi, Mélancolique, qui n'a point de gaieté. Il est triste de son naturel. Avoir le visage triste, l'air triste. Avoir la figure triste, une figure triste. Avoir l'oeil, le regard triste. Se dit également Des animaux. Parmi les chiens, les lévriers sont tristes.
• Prov. et fig., Cet homme est triste comme un bonnet de nuit, Il est chagrin et mélancolique.
• Fam., Avoir une triste figure, une triste mine, Avoir mauvaise mine.
• Faire une triste figure quelque part, Y avoir l'air gêné, s'y trouver déplacé, mal à l'aise. Je ne connaissais personne dans ce bal, j'y faisais une triste figure. Au milieu de gens qu'il avait tous trompés, le malheureux faisait une triste figure.
• Faire triste mine, Avoir la mine chagrine. Il venait de perdre son argent, il faisait triste mine.
• Faire triste mine à quelqu'un, Lui faire un mauvais accueil, le recevoir froidement.
• Cet homme a le vin triste, Lorsqu'il a bu, il est triste et chagrin.
• TRISTE, se dit quelquefois De ce qui est inspiré par le chagrin, par la mélancolie. Dire un triste adieu. Se livrer à de tristes réflexions. Tomber dans une triste et profonde rêverie. Les affections tristes prédisposent à telle maladie.
• Substantiv., Les Tristes d'Ovide, Recueil de pièces élégiaques, la plupart en forme d'épîtres, qu'Ovide écrivit de son exil à ses amis de Rome, et à l'empereur Auguste.
• TRISTE, signifie encore, Affligeant, chagrinant, ennuyeux, qui inspire de la mélancolie, du chagrin, de l'ennui. Un triste souvenir. Un triste événement. Un triste spectacle. Un chant triste. Il mène une triste vie. Une triste nouvelle. Ces lieux sont tristes. Tout le monde s'en va, c'est une chose triste de demeurer ici. Je n'ai que de tristes détails à vous donner. Il faut chasser ces idées tristes. Ce sont là de tristes vérités, qu'on ne peut s'empêcher de reconnaître. Cela sera bien triste. Voilà le côté triste de cette affaire. Ce concert est triste. C'est un homme bien triste.
• Faire un triste repas, Faire un repas où l'on ne se réjouit point. Cette phrase signifie aussi, Faire mauvaise chère.
• TRISTE, signifie également, Pénible, fâcheux, difficile a supporter. Dans cette acception, il ne s'emploie guère qu'avec le verbe Être, pris impersonnellement. Il est triste de se voir traiter de la sorte après avoir bien servi. Il est triste d'attendre cet homme-là trois heures pour lui dire un mot.
• Il signifie quelquefois, Malheureux, funeste, déplorable. Cet homme a fait une triste fin. Est-il une destinée plus triste que la sienne?
• TRISTE, signifie encore, Obscur, sombre. Cette chambre, cet appartement, cette maison est triste. Ce jardin est triste. Cette étoffe est d'une couleur triste.
• Cette maison a des vues tristes; ou simplement, Cette maison est triste, Elle n'a que des vues peu agréables.
• Le temps est triste, Il est obscur, bas, couvert, etc.
• TRISTE, signifie en outre, Qui offre peu de ressources, qui est très-insuffisant, qui est fort au-dessous de ce qu'on avait espéré, de ce qu'on pouvait attendre; et alors il précède toujours le substantif. Cet auteur a choisi un triste sujet de poëme. Triste consolation. Triste divertissement. Triste ressource. C'est un triste écrivain. C'est un triste bouffon. Je n'espère rien de ce jeune homme, c'est un triste sujet.

TRISTEMENT . adv.
• D'une manière triste. Il me regarda tristement. Il s'en est allé bien tristement. Il est pauvre, il vit bien tristement.

TRISTESSE . s. f.
• Affliction, déplaisir, abattement de l'âme, causé par quelque accident fâcheux. Grande, profonde, extrême tristesse. Être accablé de tristesse. Il est tombé dans une grande tristesse. Il est d'une tristesse mortelle. La tristesse ruine la santé. Quelle est la cause de votre tristesse? Se plonger dans la tristesse. Se livrer, s'abandonner à la tristesse. La tristesse se répandit sur son visage. Un voile de tristesse couvrit son visage. Chasser, dissiper la tristesse.
• Il signifie aussi, Mélancolie de tempérament. C'est un homme qui est né avec un fonds de tristesse. La tristesse est naturellement répandue sur son visage.
• Se dit quelquefois Des choses qui manquent d'agrément, qui ne procurent pas le plaisir qu'on doit en attendre. Les appartements de cette maison sont d'une grande tristesse. Le dîner, le bal, le carnaval a été d'une grande tristesse. Ce sens est familier.

TRITON .s.m.
• On appelle ainsi, dans la Mythologie, Les dieux marins qui sont de figure humaine depuis la tête jusqu'à la ceinture, et qui se terminent en poisson.

TRITON .s.m.
• .Musiq. Intervalle dissonant, composé de trois tons entiers.

TRITOXYDE .s.m.
• .Chimie. Le troisième oxyde d'un métal. L'oxyde rouge de fer au maximum est un tritoxyde.

TRITURABLE .adj. des deux genres
• T. didactique. Qui peut être trituré. Corps, matière triturable.

TRITURATION . s. f.
• T. didactique. Broiement, réduction d'un corps solide en parties très-menues, ou même en poudre. On fait la trituration des bois, des écorces et des minéraux, en les pilant dans des mortiers.
• Se dit aussi en parlant De la digestion. Quelques médecins ont prétendu que la digestion se fait, dans tous les animaux, par voie de trituration.

TRITURER . v. a.
• T. didactique. Broyer, réduire en parties très-menues, ou même en poudré. Triturer du quinquina. Triturer les aliments dans sa bouche.
• TRITURÉ, ÉE. participe

TRIUMVIR .s.m.
• (Dans ce mot et dans les deux suivants, Trium se prononce Triome.) T. d'Hist. Titre par lequel on désignait originairement, à Rome, Tout magistrat ou officier public chargé, conjointement avec deux collègues, d'une partie de l'administration. Triumvirs nommés pour la fabrication des monnaies, pour le partage des terres.
• Se dit particulièrement, et plus ordinairement, de Pompée, de César et de Crassus, qui s'associèrent sous ce titre pour gouverner la république, ainsi que d'Octave, d'Antoine et de Lépide, qui plus tard s'emparèrent sous le même nom de l'autorité suprême.

TRIUMVIRAL, ALE .adj.
• T. d'Hist. rom. Qui appartient aux triumvirs. L'établissement de la puissance triumvirale porta un coup mortel à la liberté des Romains. Le despotisme triumviral se signala par des proscriptions.

TRIUMVIRAT .s.m.
• On désigne par ce mot, dans l'Histoire romaine, L'association illégitime de trois citoyens puissants, qui s'unissaient pour envahir toute l'autorité. Le triumvirat de Pompée, de César et de Crassus. Sous le triumvirat d'Octave, d'Antoine et de Lépide.
• Se dit quelquefois, par extension, de Trois personnages qui exercent en commun une grande influence.

TRIVELIN .s.m.
• Nom d'un comédien de l'ancienne troupe italienne, qu'on applique à un farceur, à un baladin, à un bouffon. Cet acteur est un vrai trivelin. Il est peu usité.

TRIVELINADE . s. f.
• Bouffonnerie dans le goût de celles que faisait Trivelin. C'est une trivelinade. Il est peu usité.

TRIVIAIRE .adj.
• Il n'est employé que dans cette locution peu usitée, Carrefour triviaire, Carrefour où aboutissent trois chemins, trois rues.

TRIVIAL, ALE .adj.
• Il ne se dit guère que Des pensées et des expressions; et il signifie, Qui est extrêmement commun, usé, rebattu. C'est une pensée fort triviale. Cela est trivial. Cet auteur ne dit que des choses triviales. Une façon de parler triviale. Phrases triviales. Expressions triviales. Pointe triviale. Détails triviaux. Le pluriel masculin est peu usité.

TRIVIALEMENT . adv.
• D'une manière triviale. Il parle, il écrit trivialement.

TRIVIALITÉ . s. f.
• Caractère, qualité de ce qui est trivial. Cela est d'une trivialité choquante.
• Se dit aussi Des choses triviales, Ce discours est plein de trivialités.

TROC .s.m.
• Échange de nippes, de meubles, de bijoux, de chevaux et autres choses semblables. Faire un troc avec quelqu'un. Donner un cheval en troc pour une montre.
• Troc pour troc, se dit pour marquer L'échange d'une chose contre une autre, sans donner de supplément, sans donner de retour.

TROCART ou TROIS-QUARTS.s.m.
• Instrument dont les chirurgiens se servent pour faire des ponctions, et donner issue à quelque liquide.

TROCHAÏQUE .adj.
• (On prononce Trokaïque.) Composé de trochées, ou principalement de trochées. Vers trochaïque.
• S'emploie aussi comme substantif. Un trochaïque.

TROCHANTER .s.m.
• (On prononce Trokantèr.) T. d'Anat., qui se dit de Deux apophyses du fémur, où s'attachent les muscles qui font tourner la cuisse. Le grand trochanter. Le petit trochanter.

TROCHÉE .s.m.
• (On prononce Trokée.) .Versification grecque et de Versification latine. Pied de deux syllabes, une longue et une brève.

TROCHÉE .s.m.
• T. d'Agricult. L'ensemble des rameaux que pousse un arbre venu de graine, quand on l'a coupé à quelques pouces de terre. Les bois exploités en taillis ne sont que des trochées.

TROCHES . s. f. pl.
• .Chasse. Fumées à demi formées des bêtes fauves, fumées d'hiver.

TROCHET .s.m.
• .Jardinage. Se dit en parlant Des fleurs et des fruits qui viennent et qui croissent ensemble comme par bouquets. Un trochet de fleurs. Un trochet de poires. Les noisettes viennent ordinairement par trochets. Il est peu usité.

TROCHISQUES .s.m. pl.
• Médicaments solides, d'une forme allongée, composés d'une ou de plusieurs poudres séchées, réunies par un mucilage ou des sucs de plantes, etc.

TROCHURE . s. f.
• .Vénerie. Quatrième andouiller de la tête du cerf.

TROËNE .s.m.
• Arbrisseau très-rameux et à fleurs blanches, qui porte en automne de petites grappes de baies noires, et qui sert à former des haies, des palissades, des massifs, à retenir les terres en pente, etc. Le bois du troëne est jaunâtre, souple et solide. La maturité des grappes du troëne suit exactement celle du raisin.

TROGLODYTES .s.m. pl.
• Nom d'un ancien peuple d'Afrique qui vivait dans des cavernes. On l'appliquait autrefois, par extension, Aux ouvriers qui travaillent, qui habitent sous terre, tels que les mineurs de Suède, de Pologne, etc.

TROGNE . s. f.
• Se dit, familièrement et par plaisanterie, d'Un visage plein qui a quelque chose de facétieux, et qui annonce l'amour de la bonne chère et du vin. Il a une plaisante trogne, une bonne grosse trogne.
• Rouge trogne, trogne enluminée, Le visage d'un ivrogne.

TROGNON .s.m.
• Le coeur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce qu'il y avait de meilleur à manger. Se dit principalement Des poires et des pommes.
• Le trognon d'un chou, un trognon de chou, La tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.
• Fig. et pop., Voilà un joli petit trognon, se dit D'une jeune fille.

TROIS .adj. numéral des deux genres
• Nombre impair contenant deux et un. Trois hommes. Trois louis. Trois ans. Ils marchaient trois à trois, de trois en trois. Ils y étaient tous trois. Les trois Grâces. Les trois Parques. Les trois vertus théologales. Les trois mages. Les trois personnes de la Trinité. Partager en trois. Nous avons déjà fait les trois quarts du chemin.
• Fam., Les trois quarts du temps, La plus grande partie du temps, le plus ordinairement. Les trois quarts du temps il est sans occupation.
• En Arithm., Règle de trois, Règle par laquelle, ayant trois termes connus, on parvient à trouver un quatrième terme inconnu, qui doit être en proportion géométrique avec les trois premiers.
• TROIS, se dit quelquefois pour Troisième. Folio trois. Page trois. Henri trois. Georges trois. On écrit plus ordinairement, Henri III, Georges III.
• TROIS, est aussi substantif masculin, dans le premier sens. Le produit de trois multiplié par deux. On dit de même, Le nombre trois.
• Le trois du mois, Le troisième jour du mois.
• TROIS, s'emploie également comme substantif pour désigner Le chiffre qui marque trois. Le chiffre trois (3). Ce ballot est marqué d'un trois. Trente-trois s'écrit par deux trois (33). On dit de même, Le numéro trois.
• Au Jeu de cartes, Un trois de pique, de coeur, etc., Une carte marquée de trois piques, de trois coeurs, etc. Un trois, au Jeu de dés, La face du dé marquée de trois points.

TROISIÈME .adj. des deux genres
• Nombre d'ordre. Qui est après le deuxième. Le troisième jour. La troisième place. Il arriva le troisième. C'est son troisième enfant. Loger au troisième étage.
• Il est arrivé, il est venu lui troisième, Il est arrivé, venu accompagné de deux autres.
• TROISIÈME, s'emploie aussi substantivement, en divers sens. Nous n'étions que deux, il nous arriva un troisième, Une troisième personne. Loger, monter au troisième, à un troisième, Au troisième étage d'une maison.
• Cet écolier étudie en troisième, est en troisième, Il étudie dans la troisième classe. On dit dans un sens analogue: Ce professeur fait la troisième, est chargé de la troisième. Professeur de troisième. Un élève de troisième, ou elliptiquement, Un troisième. Etc.
• La troisième des enquêtes, La troisième chambre des enquêtes au parlement de Paris.

TROISIÈMEMENT . adv.
• En troisième lieu.

TROIS-MÂTS .s.m.
• .Marine. Navire de commerce à trois mâts. Un beau trois-mâts.

TROIS-QUARTS .s.m.
• .Chirur. - Voyez TROCART.

TRÔLER . v. a.
• T. populaire. Mener, promener de tous côtés, indiscrètement et hors de propos. C'est un homme qui trôle continuellement sa femme partout. Il trôle son fils dans toutes les maisons.
• Il est aussi neutre, et signifie, Courir çà et là. C'est un homme qui ne fait que trôler tout le long du jour.
• TRÔLÉ, ÉE. participe

TROLLE . s. f.
• .Vénerie. Action de découpler des chiens dans un grand pays de bois, pour quêter et lancer un cerf, parce que l'on n'a pas eu la précaution de le détourner avec le limier. Aller à la trolle.

TROMBE . s. f.
• Amas de vapeurs semblable à un nuage fort épais, mû en tourbillon par le vent, s'allongeant de bas en haut ou de haut en bas en forme de cylindre ou de cône renversé, et capable d'engloutir des vaisseaux, de renverser des maisons, de déraciner des arbres, etc. Trombe marine ou de mer. Trombe terrestre ou de terre. Trombe ascendante. Trombe descendante. On a cru que la trombe pompait l'eau de la mer. Les marins craignent fort les trombes. On tire quelquefois un coup de canon à boulet dans une trombe, pour la crever. On l'appelle autrement Siphon ou Typhon.

TROMBLON .s.m.
• Grosse espingole montée sur chandelier, qu'on emploie sur les bâtiments de guerre, et qui porte une balle d'une livre, ou plusieurs balles à mousquet.

TROMBONE .s.m.
• .Musiq. Espèce de grande trompette composée de quatre branches emboîtées les unes dans les autres, et qu'on allonge ou qu'on raccourcit à volonté pour produire les différents tons.

TROMPE . s. f.
• Tuyau d'airain recourbé, dont on se sert à la chasse pour sonner. Emboucher la trompe. Sonner de la trompe.
• TROMPE, se dit pour Trompette, dans ces phrases, Publier à son de trompe, crier à son de trompe, Publier quelque chose au son de la trompette.
• Fig. et fam., Publier une chose à son de trompe, L'annoncer, la raconter à beaucoup de gens, afin qu'elle se divulgue.
• TROMPE, signifie aussi, Cette partie du museau de l'éléphant qui s'allonge et se recourbe pour divers usages. L'éléphant se sert de sa trompe comme d'une main, et avec beaucoup de dextérité. La trompe d'un éléphant. L'éléphant le prit avec sa trompe, et le jeta en l'air.
• Se dit également de La bouche de certains insectes, avec laquelle ils sucent et tirent ce qui est propre pour leur nourriture.
• TROMPE, se dit encore de Certaines coquilles de mer qui sont en forme spirale.
• En termes d'Anat., Trompe d'Eustache, Canal de communication pour l'air extérieur entre la bouche et le tympan de l'oreille. Trompes de la matrice ou de Fallope, Les deux conduits qui partent du fond de la matrice, l'un d'un côté, l'autre de l'autre, et qui aboutissent aux ovaires.
• TROMPE, en termes d'Architecture, Portion de voûte en saillie, servant à porter l'encoignure d'un bâtiment, ou toute autre construction qui semble se soutenir en l'air. Trompe dans l'angle. Trompe en niche. Trompe en tour ronde. Trompe rampante.
• TROMPE, se dit aussi d'Un petit instrument de fer, qui a une languette au milieu, et dont on tire du son en le mettant entre les dents, et en touchant la languette avec le bout du doigt. On l'appelle plus ordinairement Guimbarde.

TROMPE-L'OEIL .s.m.
• .Peinture. Se dit d'Une sorte de tableaux où des objets de nature morte sont représentés avec une vérité qui fait illusion. Un trompe-l'oeil. Des trompe-l'oeil.

TROMPER . v. a.
• Décevoir, user d'artifice pour induire en erreur. Tromper adroitement, finement. Tromper hardiment, effrontément. Tromper son ami. Tromper au jeu. Ce marchand nous a trompés. On est bien trompé en achetant ces sortes de marchandises. Les plus fins y sont trompés. Je ne veux tromper personne. Ne vous fiez pas à lui, il vous trompera. Il tromperait son père.
• Cette femme trompe son mari, Elle lui est infidèle.
• Tromper la vigilance de quelqu'un, Tromper quelqu'un malgré sa vigilance, échapper à sa surveillance. Le prisonnier parvint à tromper la vigilance de ses gardes, à tromper ses gardes.
• Tromper la loi, L'éluder.
• TROMPER, se dit figurément Des choses qui donnent lieu à quelque erreur, à quelque méprise. L'horloge nous a trompés. Sa maladie a trompé tous les médecins. L'apparence du beau temps m'a trompé. Cet homme a une mine qui trompe. Nos sens nous trompent souvent. Mes yeux ne m'ont point trompé.
• Fam., C'est ce qui vous trompe, À cet égard vous êtes dans l'erreur.
• TROMPER, signifie aussi figurément, Faire ou dire quelque chose de contraire à l'attente de quelqu'un, soit en bien, soit en mal. S'il m'accorde cette grâce, il me trompera. Il a trompé nos espérances, trompé notre attente. Il a trompé ma confiance. On attendait beaucoup moins de lui, il a trompé tout le monde. Je n'attendais rien de bon de cette affaire, j'ai été agréablement trompé. Il fut trompé dans son espoir.
• Se dit quelquefois Des choses, dans un sens analogue. L'événement a trompé leurs calculs, leurs conjectures.
• Fig., Tromper son ennui, ses ennuis, ses peines, Se distraire de ses ennuis, du sujet de son ennui, de ses peines. Tromper le temps, S'amuser, s'occuper à quelque chose, afin de ne pas trouver le temps long.
• TROMPER, s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Errer, s'abuser. Vous vous trompez, cela n'est pas ainsi. Il se trompe dans son calcul. Cette femme s'est trompée sur le temps de sa grossesse. Cet auteur s'est trompé. Je puis me tromper. Plus fin que moi s'y tromperait. Ne vous y trompez pas. Il se trompe lourdement. Il s'est trompé de chemin, de date. Il s'est trompé à son désavantage, à son détriment. Vous vous trompez du tout au tout. Cela ressemble, à se tromper, à s'y tromper, Au point qu'on y peut être trompé.
• Se tromper de route, se tromper d'heure, etc., Prendre une route, prendre une heure pour une autre, etc.
• Fig. et par ironie., C'est un homme qui ne se trompe qu'à son profit, C'est un homme qui ne s'abuse que dans les choses où l'erreur peut tourner à son avantage.
• Si je ne me trompe. Locution employée en forme de correctif, quand on n'est pas parfaitement certain d'un fait, ou quand on veut éviter le ton d'assurance et de présomption en donnant son avis. On dit passivement, Je suis bien trompé, fort trompé si telle chose n'est pas ainsi, Ou je me trompe fort, ou telle chose est ainsi.
• TROMPÉ, ÉE. participe

TROMPERIE . s. f.
• Fraude, artifice employé pour tromper. Tromperie insigne, manifeste, visible, Je reconnus la tromperie. Il y a de la tromperie, prenez-y garde. Vous aurez de la peine à vous garantir de ses tromperies.

TROMPETER . v. a.
• Publier, crier à son de trompe. Il ne se dit guère qu'en parlant Des personnes que l'on assignait autrefois de cette manière à comparaître au ban de trois jours, ou, en termes de Pratique, à trois briefs jours. Trompeter un homme. On lui fait son procès, il a été trompeté par les carrefours.
• S'emploie figurément, et signifie, Divulguer une chose qu'on devait tenir cachée. On lui avait recommandé le secret sur cette affaire, il a été la trompeter partout. Ce sens est familier.
• TROMPETÉ, ÉE. participe

TROMPETER . v. n.
• Se dit Du cri de l'aigle. Le corbeau croasse, l'aigle trompète.

TROMPETEUR .s.m.
• T. d'Anat. Muscle de la bouche. - Voyez BUCCINATEUR.

TROMPETTE . s. f.
• Instrument à vent, tuyau d'airain ou d'autre métal, qui a un son très-éclatant, et dont on sonne principalement à la guerre, et dans les réjouissances publiques. Sonner de la trompette pour assembler la cavalerie, pour la faire marcher, pour l'animer au combat. Les fanfares des trompettes. Grand bruit de trompettes. Au son de la trompette. La trompette sonnait la marche, la charge, la retraite, etc. Emboucher la trompette. Il y a avait un concert de timbales, de tambours et de trompettes. Les peintres et les poëtes représentent ordinairement la Renommée embouchant la trompette. Il y a dans l'orgue un jeu qu'on appelle Le jeu de trompettes.
• Fig., Emboucher la trompette, Prendre le ton élevé, sublime. Cela ne se dit guère que Des poëtes.
• Prov. et fig., Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette, Déloger, se retirer secrètement, sans faire de bruit. Cela se dit surtout D'un homme qui part ainsi pour ne pas payer ce qu'il doit ou pour fuir un danger.
• Prov. et fig., À gens de village, trompette de bois, Il ne faut aux ignorants, aux gens grossiers, que des choses proportionnées à leur état, à leur goût, à leur intelligence.
• TROMPETTE, se dit figurément et familièrement d'Une personne qui a coutume de publier tout ce qu'elle sait. Cet homme est une vraie trompette. C'est la trompette de la ville, du quartier, etc.
• Trompette parlante, Espèce de grande trompette, ordinairement de fer-blanc, dont on se sert pour faire entendre la voix de fort loin. Les trompettes parlantes sont d'usage sur mer, pour se faire entendre d'un vaisseau à un autre. On dit plus communément, Porte-voix.
• Trompette marine, Instrument de musique qui n'a qu'une corde. Jouer de la trompette marine.
• TROMPETTE, en termes de Conchyliologie, se dit d'Un genre de mollusques à coquille univalve tournée en spirale, qu'on nomme autrement Buccin.

TROMPETTE .s.m.
• Celui dont la fonction est de sonner de la trompette. Bon trompette. Le trompette de telle compagnie. Il est trompette dans les hussards. Le cheval d'un trompette. Brigadier-trompette. Trompette-major. On envoya un trompette sommer la place.
• Prov., fig. et pop., Il est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit, se dit D'un homme qui ne s'effraye pas des menaces, qui ne s'émeut pas de ce qu'on lui dit, soit pour l'intimider, soit pour l'embarrasser.

TROMPEUR, EUSE .adj.
• Qui trompe. Homme trompeur. Femme trompeuse. Valet trompeur. Guide trompeur. Visage trompeur. Il a la mine trompeuse. Dehors trompeurs. Discours trompeurs. Promesses trompeuses. Marchandises trompeuses. Apparence trompeuse.
• Il est aussi substantif. C'est un trompeur. C'est une trompeuse. Il est reconnu pour un trompeur, pour un trompeur public. Souvent les trompeurs sont trompés.
• Prov., À trompeur, trompeur et demi, Un trompeur mérite de trouver, ou trouve un trompeur plus fin que lui.

TROMPILLON .s.m.
• Diminutif. T. d'Archit. Petite trompe.
• Trompe de voûte, Pierre ronde faisant partie des voussoirs d'une niche.

TRONC .s.m.
• (Le C ne se prononce pas.) Le gros d'un arbre, la tige considérée sans les branches. Un tronc d'arbre. On a coupé toutes les branches, il ne reste plus que le tronc. Le tronc de cet arbre est creux. Le tronc est pourri.
• En termes d'Anat., Le tronc d'une artère, d'une veine, Leur partie la plus considérable qui n'a pas encore formé de branche.
• TRONC, se dit aussi, surtout en termes d'Anatomie, de La partie principale du corps, à laquelle les membres sont attachés, et qui comprend la tête, le thorax et le bassin.
• Se dit également Du buste du corps humain, dont on a séparé la tête, les bras et les cuisses. Un cadavre dont il ne reste que le tronc.
• En Archit., Tronc de colonne, Fragment d'un fût de colonne.
• TRONC, se dit figurément, en Généalogie, de La ligne directe des ascendants et des descendants, d'où partent les branches ou lignes collatérales. Ces deux familles sont de deux branches qui sortent du même tronc.
• TRONC, signifie encore, Une boîte, un coffre de bois ou de fer posé ordinairement dans les églises, et qui a une fente pour recevoir l'argent des aumônes. Tronc pour les prisonniers, pour la fabrique de l'église, pour les enfants trouvés. Le tronc des pauvres. Mettre un tronc dans une église. Mettre dans le tronc. Vider le tronc.
• Prov. et fig., Voler le tronc des pauvres, Faire des profits illégitimes aux dépens de ceux qui sont dans la nécessité.

TRONCHET .s.m.
• Gros billot de bois qui porte sur trois pieds.

TRONÇON .s.m.
• Morceau coupé ou rompu, de quelque objet plus long que large. Tronçon de pique, de lance, d'épée. Des tronçons de colonnes. Des tronçons de câble.
• Se dit particulièrement Des morceaux que l'on coupe de certains poissons, de certains reptiles qui ont plus de longueur que de largeur. Tronçons d'anguille, de brochet, etc. Couper par tronçons. Les tronçons de ce serpent remuent encore.

TRONÇONNER . v. a.
• Couper quelque chose par tronçons. Tronçonner une anguille, un brochet, etc.
• TRONÇONNÉ, ÉE. participe

TRÔNE .s.m.
• Siége élevé où les rois, les empereurs, etc., sont assis dans les fonctions solennelles de la souveraineté. Trône magnifique. Trône superbe. Trône éclatant de pierreries. Le trône de Salomon. Le trône d'Assuérus. Le trône du roi était placé au bout de la galerie. Le roi, l'empereur se plaça sur son trône pour recevoir les ambassadeurs. Le roi étant sur son trône. La salle du trône.
• TRÔNE, s'emploie dans plusieurs phrases figurées, pour signifier, La puissance souveraine des rois, des empereurs, etc. Monter sur le trône, monter au trône, Prendre possession de la royauté. Prendre possession du trône. Chasser un prince du trône. Alexandre renversa le trône des Perses, s'empara du trône des Perses. Les bons ministres sont les appuis du trône, les soutiens du trône. Soutenir un trône chancelant. Relever un trône abattu. Le prince légitime fut chassé du trône par l'usurpateur. Cette victoire servit à affermir le nouveau prince sur le trône, à affermir le trône du nouveau prince. Tomber du trône. Descendre du trône. Aspirer au trône. L'héritier du trône. La majesté du trône. Trône héréditaire. Trône électif. Il avait des droits au trône.
• Le discours du trône, Le discours que le roi prononce à l'ouverture de chaque session des chambres législatives.
• TRÔNE, se dit également Du siége élevé où le pape se met dans certaines cérémonies publiques. Le pape étant dans son trône.
• Trône épiscopal, Le siége qui est au haut du choeur, dans les églises cathédrales, et où l'évêque se met quand il officie pontificalement. L'évêque étant dans son trône.
• TRÔNES, au pluriel, en termes de Théologie, est le nom d'Un des neuf choeurs des anges. Anges, Archanges, Trônes, Dominations, etc.

TRONQUER . v. a.
• Retrancher, couper une partie de quelque chose. Au propre, il ne se dit guère qu'en parlant Des statues. Les Goths ont tronqué la plupart des statues de Rome.
• Se dit figurément en parlant Des ouvrages d'esprit. Il a tronqué ce livre, il en a ôté deux chapitres. Il a tronqué ce passage. On ne l'emploie guère qu'en mauvaise part.
• TRONQUÉ, ÉE. participe, Statue tronquée.
• Fig., Cet ouvrage est tronqué, Quelque partie essentielle de cet ouvrage a été évidemment omise ou retranchée.
• TRONQUÉ, se dit, particulièrement, De certaines choses dont l'extrémité ou la partie supérieure manque, soit qu'on l'ait retranchée, ou qu'elles ne l'aient jamais eue. Colonne tronquée. Placer des bustes sur des colonnes tronquées. Cône tronqué. Pyramide tronquée.
• Se dit, en Botanique, De ce qui est terminé brusquement à son extrémité, comme si on l'avait coupé transversalement. Les feuilles du tulipier sont tronquées.

TROP . adv. de quantité
• Plus qu'il ne faut, avec excès. Trop vite. Trop avant. Trop loin. Trop tôt. Trop tard. Trop riche. Trop puissant. Trop fin. Trop bien. Un vase trop plein. Vous l'avez trop poussé. Cette viande est trop cuite. Il a trop travaillé. Il a bu trop de vin. Il a trop bu de vin. Il boit trop. Je n'en veux pas tant, en voilà trop. Il en a trop, beaucoup trop, un peu trop. Je ne puis plus souffrir ses insolences, c'en est trop. Vous avez acheté cela tant, ce n'est pas trop. Il n'y a pas dans son discours un mot de trop. Il a trop de bon sens pour agir ainsi. Vous le traitez avec trop de rigueur. Il écrit trop négligemment. Cela n'est que trop vrai.
• Prov., Chacun le sien, ce n'est pas trop.
• Prov., Trop est trop, rien de trop, Tout excès est condamnable.
• Prov. et fig., Qui trop embrasse mal étreint, Qui entreprend trop de choses à la fois ne réussit à rien.
• Fam., Vous n'êtes pas de trop, se dit À une personne pour lui témoigner qu'elle peut rester, qu'on n'a rien à lui cacher de ce qu'on veut dire. On dit dans un sens analogue, Suis-je de trop?
• Fam., Par trop, Excessivement, d'une manière fatigante, importune, révoltante. Cet homme est aussi par trop ennuyeux, par trop complimenteur, par trop insolent.
• TROP, précédé de la négative Pas, signifie, Guère. Je ne voudrais pas trop m'y fier. Cela n'est pas trop bien. Suivi de l'adverbe Peu, il signifie, Pas assez. Il en a trop peu. Il n'en faut ni trop, ni trop peu.
• TROP, est aussi substantif. Ôtez le trop. Je me plains du trop. Il a été victime de son trop de confiance.

TROPE .s.m.
• .Rhétorique. Figure, emploi d'une expression dans un sens figuré. Cent voiles, pour dire, Cent vaisseaux, est un trope. La métonymie, la métaphore, la synecdoche, etc., sont des tropes. Un trope hardi. Le Traité des tropes, ou simplement, Les Tropes de Dumarsais.

TROPHÉE .s.m.
• La dépouille d'un ennemi vaincu, que l'on mettait ordinairement sur un tronc d'arbre dont on avait coupé les branches.
• Se dit aussi d'Un assemblage d'armes élevées et disposées avec art, pour conserver le souvenir d'une victoire, d'une conquête. Dresser, élever, ériger un trophée, des trophées. Peindre, graver des trophées d'armes. Sculpter des trophées sur le frontispice d'un bâtiment, sur un arc de triomphe.
• Il signifie encore, figurément et dans le style soutenu, Victoire. Tout fier de ses trophées. Fier de tant de trophées. De glorieux trophées.
• Fig. et en mauvaise part, Faire trophée d'une chose, En tirer vanité, en faire gloire. Faire trophée du vice. Bien loin d'avoir honte d'une action si lâche, il en fait trophée.
• TROPHÉE, en termes de Peinture et de Sculpture, se dit, par extension, d'Une espèce d'ornement représentant un assemblage de divers objets employés dans une science ou dans un art, et qui en sont comme les attributs. Il avait fait sculpter sur les lambris de son salon des trophées de musique, d'astronomie, de chasse, de labourage, etc.

TROPIQUE .s.m.
• .Géogr. astronomique. Chacun des deux petits cercles de la sphère, parallèles à l'équateur, qui passent par les points solsticiaux, c'est-à-dire, par des points éloignés de l'équateur de vingt-trois degrés et demi environ, et entre lesquels s'opère le mouvement annuel du soleil. Le tropique du Cancer. Le tropique du Capricorne. Région située entre les deux tropiques. Passer le tropique. Passer sous le tropique.
• TROPIQUE, est quelquefois adjectif. Ainsi on appelle Année tropique, L'espace de temps qui s'écoule entre le moment d'un équinoxe, et celui où le soleil revient au même équinoxe. L'année tropique est celle dont on fait usage dans la vie civile.
• En Botan., Plantes tropiques, Celles dont les fleurs s'ouvrent le matin et se ferment le soir. Cette locution est peu usitée.

TROPOLOGIQUE .adj. des deux genres
• .Rhétorique, qui signifie, Figuré. Le sens tropologique d'un emblème. Il est peu usité.

TROP-PLEIN .s.m.
• Ce qui excède la capacité d'un vase, ce qui en déborde. Le trop-plein du tonneau s'est répandu de tous côtés. On dit de même, Le trop-plein d'un étang, d'un canal, etc.

TROQUER . v. a.
• Échanger, donner en troc. Il a troqué son cheval contre un tableau. Il ne fait autre chose que troquer. Je ne veux pas troquer avec vous. Je n'ai rien à troquer.
• Prov. et fig., Troquer son cheval borgne contre un aveugle, Faire par erreur l'échange d'une mauvaise chose contre une pire.
• TROQUÉ, ÉE. participe

TROQUEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui aime à troquer. Les amateurs de choses curieuses sont grands troqueurs.

TROT .s.m.
• Allure des bêtes de voiture, de somme ou de charge, entre le pas et le galop: elle consiste en un mouvement en diagonale des quatre extrémités, qui se lèvent et se baissent simultanément. Grand trot. Petit trot. Bon trot. Aller au trot. Il faut mettre ce cheval au trot. Ce cheval a le trot bien dur.
• Fig. et fam., Mener une affaire au trot, au grand trot, La conduire d'une manière expéditive. On dit plus ordinairement, Grand train.

TROTTE . s. f.
• Espace de chemin. Il y a une bonne trotte d'ici là. Il est populaire.

TROTTER . v. n.
• Aller le trot. Ce cheval trotte mal. Un cheval qui trotte menu. Faites trotter ce cheval.
• Se dit, familièrement et par extension, D'une personne qui marche beaucoup à pied. Nous avons bien à trotter pour nous rendre à tel endroit. Il a trotté tout le jour.
• Il signifie aussi, figurément et familièrement, Faire bien des courses, bien des démarches pour quelque affaire. Il y a long-temps que je trotte pour cette affaire-là. Il est allé trotter pour des emplettes.
• Prov., On entendrait une souris trotter, se dit Pour exprimer qu'on n'entend pas le plus léger bruit.
• Fig. et fam., Cette idée lui trotte dans la tête, par la tête, Cette idée l'occupe, il y pense souvent.

TROTTEUR .s.m.
• .Équitation. Cheval qu'on a dressé à n'aller que le trot dans le manége. Il ne monte encore que le trotteur.
• Ce cheval est bon trotteur, mauvais trotteur, Il trotte bien ou mal.

TROTTIN .s.m.
• Terme populaire et bas, qui se dit par mépris d'Un petit laquais. Elle n'a qu'un trottin, qu'un petit trottin. Il est vieux.

TROTTINER . v. n.
• .Équitation. Trotter en raccourci; ce qui est une mauvaise allure. Ce cheval trottine, ne fait que trottiner.

TROTTOIR .s.m.
• Chemin élevé, que l'on pratique le long des ponts, des quais et des rues, pour la commodité des gens qui vont à pied. Les trottoirs du Pont-Neuf. La plupart des rues de Paris sont garnies de trottoirs.
• Fig. et fam., Être sur le trottoir, Être dans le chemin de la considération, de la fortune.

TROU .s.m.
• Ouverture faite dans un corps, et dont la largeur et la longueur sont à peu près égales; ce qui distingue le Trou de la Fente, qui est une ouverture étroite et longue. Grand trou. Petit trou. Faire un trou à la muraille, à un ais, à un plancher, en terre. Il y a un trou à vos bas, à votre manteau. Regarder par le trou de la serrure. Les trous d'une flûte. Il est blessé, il a un trou à la tête, un trou à la jambe. Trou dans lequel les bêtes se retirent. Trou de taupe. Trou de renard. Trou de lapin. Trou de souris. Trou de vers. Il s'est sauvé dans un trou. Ces oiseaux font leur nid dans un trou. Boucher un trou, des trous. Tomber dans un trou. Agrandir, remplir un trou. Voilà un trou qui n'est qu'à la surface, et en voilà un autre qui perce de part en part.
• Fig. et fam., Cet homme boit comme un trou, ces gens ont bu comme des trous, Cet homme boit, ces gens ont bu beaucoup.
• Fig. et fam., Il le ferait mettre dans un trou, dans un trou de souris, se dit D'un homme qui en fait trembler un autre par sa présence.
• Fig. et fam., N'avoir rien vu que par le trou d'une bouteille, N'avoir aucune connaissance des choses du monde.
• Fig. et fam., Boucher un trou, Payer une dette. Si je recevais cet argent-là, il me servirait à boucher un trou.
• Prov. et fig., Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise, Celui qui n'a qu'un expédient, qu'une ruse, qu'une finesse, a souvent bien de la peine à se tirer d'affaire, à réussir.
• Prov. et fig., Faire un trou à la lune, S'enfuir sans payer ses créanciers.
• Prov., fig. et pop., Autant de trous, autant de chevilles; autant de chevilles que de trous, se dit en parlant D'une personne qui trouve à tout des réponses, des excuses, des défaites, des expédients.
• Prov. et fig., Mettre la pièce à côté du trou, Employer, pour remédier à quelque chose, un autre moyen que celui qu'il faudrait.
• TROU, au Jeu du trictrac, L'avantage de douze points, que celui qui les gagne marque par un fichet qu'il met dans un trou. Il faut douze trous pour gagner la partie. Je n'ai pris que deux trous dans toute la partie. Je marque un trou.
• TROU, dans les Jeux de paume carrés, Ouverture qui est au pied de la muraille, dans le coin opposé à la grille. Il donna de volée dans le trou.
• TROU, se dit, figurément et familièrement, de Tous les lieux habitables dont on veut indiquer la petitesse, d'une manière exagérée. Ce n'est pas une ville, ce n'est pas une maison, ce n'est qu'un trou. On m'a logé dans un trou. Le moindre trou me suffira.

TROUBADOUR .s.m.
• Nom donné aux anciens poëtes provençaux. Les troubadours et les trouvères ou trouveurs couraient de châteaux en châteaux pour y chanter leurs poëmes.

TROUBLE .adj. des deux genres
• Qui est brouillé, qui n'est pas clair. Se dit ordinairement De l'eau, du vin et autres liqueurs. Vin trouble. Eau trouble. La rivière est trouble.
• L'air est trouble, le temps est trouble, Il y a beaucoup de nuages, de brouillard, le temps n'est pas serein. Ce verre est trouble, Il n'est pas bien net, bien clair. On dit de même, Ces lunettes sont troubles.
• Avoir la vue trouble, et adverbialement, Voir trouble, Ne voir pas nettement, distinctement, par quelque vice dans l'organe de la vue.
• Fig. et fam., Pêcher en eau trouble, Tirer du profit, de l'avantage des désordres publics ou particuliers.

TROUBLE .s.m.
• Confusion, désordre, agitation désordonnée. Le trouble des éléments. Son arrivée subite produisit quelque trouble dans l'assemblée.
• Il signifie aussi, Brouillerie, mésintelligence. C'est lui qui met, qui apporte le trouble, du trouble, dans cette société si long-temps unie. Le trouble se met dans cette famille. Il y eut un peu de trouble dans leur ménage. Un trouble passager.
• Se dit plus ordinairement, surtout au pluriel, Des soulèvements, des émotions populaires, des guerres civiles. Exciter des troubles dans un État, dans une province. Fomenter, calmer les troubles. Durant les troubles de la Ligue. Pendant les derniers troubles. L'histoire des troubles de ce temps. Troubles civils. Troubles religieux. De nouveaux troubles ont éclaté dans ce royaume. Faire cesser, apaiser les troubles.
• Il signifie aussi, Inquiétude, agitation de l'âme, de l'esprit. Le trouble de son âme, de son esprit, de son coeur, se manifestait, se remarquait sur son visage. Sentir, éprouver du trouble. Il était dans un trouble inexprimable. Il a porté le trouble dans mon âme. Son coeur est exempt de trouble.
• Le trouble des sens, le trouble de la voix, L'altération causée dans les sens, dans la voix par l'agitation de l'esprit.
• TROUBLE, signifie, en termes de Jurisprudence, L'action par laquelle on inquiète un possesseur dans la jouissance de sa propriété. Les contrats de vente se font ordinairement à charge de garantir de tout trouble et éviction.

TROUBLE
ou TRUBLE. s. f.
• .Pêche. Filet en forme de poche, monté sur un cercle ou un ovale, et traversé par un bâton qui sert de manche. On prend avec la trouble du poisson dans les réservoirs.

TROUBLE-FÊTE .s.m.
• Se dit d'Un importun, d'un indiscret qui vient interrompre la joie, les plaisirs d'une réunion publique ou particulière. C'est un trouble-fête.
• Se dit quelquefois d'Une chose, d'un événement qui produit le même effet. Dans les deux sens, il est familier.

TROUBLER . v. a.
• Rendre trouble. Les pluies ont troublé la rivière. Si vous remuez ce vin, vous le troublerez. Une frayeur a troublé le lait de cette nourrice. Le tonnerre trouble quelquefois le vin en tonneau.
• Fig. et fam., On dirait qu'elle ne sait pas troubler l'eau, se dit D'une personne qui paraît simple, mais qui ne l'est pas.
• TROUBLER, signifie aussi, Causer une agitation désordonnée. La tempête trouble les airs. Les rêves affreux qui troublent son sommeil.
• Il signifie plus ordinairement, Apporter du trouble, du désordre; Causer de la brouillerie, de la mésintelligence. Troubler l'ordre. Troubler le repos public, la paix publique. Troubler un royaume. Ce malheureux a troublé notre famille, a troublé mon repos. Nous étions en paix, il nous est venu troubler.
• Se dit dans un sens analogue, en parlant Des sens, et des facultés de l'âme. Troubler les sens. Troubler la raison, le jugement, l'entendement, l'esprit, la mémoire. La peur lui trouble la raison. Le vin lui avait troublé la tête, la cervelle.
• Troubler quelqu'un, Troubler son attention, sa mémoire, son jugement, etc.; lui ôter la présence d'esprit nécessaire. Ne faites pas tant de bruit, vous me troublez. Trop de sévérité de la part du juge peut troubler un prévenu, un accusé. Il signifie encore, Inquiéter une personne dans la possession, dans la jouissance de quelque bien. Il a été troublé dans la possession de cette terre, dans la jouissance de sa propriété.
• TROUBLER, signifie aussi, Interrompre d'une manière désagréable. Troubler un entretien. Troubler la conversation. Il troubla leur tête-à-tête. On est venu troubler mon sommeil. J'écrivais, il est venu me troubler. Un accident troubla la fête.
• Cela trouble la digestion, les fonctions digestives, Cela empêche que la digestion ne se fasse bien.
• TROUBLER, s'emploie aussi avec le pronom personnel. Le vin se trouble, Il devient trouble. Le temps commence à se troubler, Il commence à se charger de nuages. Ma vue se trouble, mes yeux se troublent, Ma vue s'obscurcit. Son esprit se trouble, Ses idées se confondent, et il éprouve une sorte d'égarement. Etc.
• Il signifie particulièrement, Éprouver une émotion, un trouble qui fait qu'on s'embarrasse, qu'on ne sait plus que dire, que répondre. L'orateur s'est troublé au milieu de son discours, et n'a pu continuer. L'accusé s'est troublé dans son interrogatoire. Il s'est troublé et n'a pu répondre. Il se trouble aisément. On dit dans un sens analogue, Sa mémoire se trouble.
• TROUBLÉ, ÉE. participe

TROUÉE . s. f.
• Espace vide, ou abatis fait à dessein, qui perce tout au travers d'un bois. Les troupes défilèrent par une trouée. Il est facile de faire une trouée dans ce bois.
• Se dit également d'Une ouverture faite dans toute l'épaisseur d'une haie. Dans cette haie, il y a une trouée par où nous pourrons aisément passer.
• Se dit aussi en parlant De l'effet du canon qui éclaircit les rangs ennemis, ou d'une charge de cavalerie qui les renverse. La cavalerie, venant à charger, fit une trouée épouvantable.
• Se dit encore de L'ouverture que se fait une troupe dans une ligne ennemie, en l'enfonçant et en pénétrant à travers.

TROUER . v. a.
• Percer, faire un trou. Trouer une planche avec le vilebrequin. Les voleurs ont troué la muraille. Les vers ont troué cet habit. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Votre habit commence à se trouer.
• TROUÉ, ÉE. participe, Bas troué. Robe trouée.

TROU-MADAME .s.m.
• Espèce de jeu auquel on joue avec de petites boules ordinairement d'ivoire, qu'on tâche de pousser dans des ouvertures en forme d'arcades, marquées de différents chiffres. Jouer au trou-madame.
• Se dit aussi de L'espèce de machine ouverte en forme d'arcades, dans lesquelles on pousse les boules. Placer un trou-madame sur un billard.

TROUPE . s. f.
• Nombre plus ou moins considérable de gens assemblés. Une troupe de paysans. Une troupe d'archers. Une troupe de voleurs. Il était le chef de la troupe. Leur troupe grossissait. Une petite troupe. Une troupe nombreuse. On le dit quelquefois Des animaux, dans un sens analogue. Une troupe d'oies sauvages.
• Troupe de comédiens, se dit d'Un nombre d'acteurs, associés, ou réunis par un directeur, pour jouer la comédie en public. La troupe était passable.
• Aller en troupe, marcher en troupe, se dit Des gens qui vont ensemble en grand nombre. Les pèlerins allaient autrefois en troupe. Se dit aussi Des animaux. Les oies sauvages vont en troupe.
• Aller par troupes, marcher par troupes, En formant plusieurs bandes ou troupes distinctes. Ils ne vont pas tous ensemble, ils marchent par troupes de dix, de vingt.
• TROUPE, en parlant Des gens de guerre, se dit d'Un corps de cavalerie ou d'infanterie. Cet officier conduit bien sa troupe, mène bien sa troupe. Il marchait en tête de sa troupe, à la tête de sa troupe. Voilà une belle troupe.
• Se dit collectivement, au pluriel, Des divers corps de gens de guerre qui composent une armée. Ce prince a de belles troupes. Troupes d'élite. L'élite des troupes. Troupes réglées. Troupes de ligne. Troupes légères. Troupes à pied. Troupes à cheval. Lever des troupes. Solder des troupes. Troupes nationales. Troupes étrangères. Rassembler, faire avancer des troupes. Retirer ses troupes. Un corps de troupes. Passer les troupes en revue. On dit souvent au singulier, La troupe de ligne. On dit de même, surtout parmi le peuple: Voici de la troupe qui passe. Il y a bien de la troupe dans cette ville. Etc.
• TROUPE, se dit quelquefois collectivement, au singulier, Des sous-officiers et soldats, par opposition Aux officiers. Pourvoir au logement des officiers, et au casernement de la troupe. Chevaux d'officiers, et chevaux de troupe. Enfant de troupe.

TROUPEAU .s.m.
• Troupe d'animaux domestiques de même espèce, qui sont élevés et nourris dans un même lieu. Troupeau de moutons, de brebis. Troupeau de vaches. Troupeau de cochons. Troupeau de tant de têtes. Le berger du troupeau. Il avait un beau troupeau. Les troupeaux parquent. De riches troupeaux. De nombreux troupeaux. Garder les troupeaux. Faire paître les troupeaux. La maladie se mit dans son troupeau.
• Par extension, Troupeau de dindons, troupeau d'oies, Troupe de dindons ou d'oies que l'on mène paître aux champs.
• TROUPEAU, employé absolument, se dit presque toujours d'Un troupeau de moutons ou de brebis. Le loup est venu faire du ravage dans son troupeau.
• Fig., Le troupeau de JÉSUS-CHRIST, L'Église.
• Fig., Le troupeau de l'évêque, du curé, Le peuple de son diocèse, de sa paroisse. Le bon pasteur donne sa vie pour son troupeau.
• TROUPEAU, se dit quelquefois, figurément et par mépris, d'Une troupe, d'une multitude d'hommes. Un troupeau d'imbéciles, d'ignorants. Le servile troupeau des imitateurs.

TROUSSE . s. f.
• Faisceau de plusieurs choses liées ensemble. Trousse de linge mouillé qu'on rapporte de l'eau. Trousse d'herbes. Trousse de fourrage vert. Trousse de chaume. Trousse de cordages. Il portait une grosse trousse sur la croupe de son cheval.
• TROUSSE, se dit aussi d'Un carquois. Tirer des flèches d'une trousse. Une trousse d'ivoire. Vider une trousse. Épuiser une trousse. Ce sens est vieux.
• TROUSSE, se dit encore d'Une sorte d'étui où les barbiers mettent tout ce qui est nécessaire pour faire la barbe et les cheveux; et d'Une sorte de portefeuille dans lequel les chirurgiens mettent les instruments dont ils se servent pour les opérations ordinaires.
• TROUSSES, au pluriel, signifie, Les chausses que portaient autrefois les pages. Il venait de quitter les trousses. Les chevaliers de l'Ordre portaient des trousses quand ils avaient leurs habits de novices.
• AUX TROUSSES. loc. prépositive et familière, À la poursuite. Il est aux trousses des ennemis, il les poursuit de près. Je mettrai un huissier à ses trousses.
• Être aux trousses de quelqu'un, Être toujours à sa suite, ne pas le quitter. Qu'attend de vous cet homme-là, qui est toujours à vos trousses? Quand finira-t-il d'être à mes trousses?
• EN TROUSSE. loc. adv. On le dit en parlant D'une personne qui est sur la croupe d'un cheval, derrière un cavalier qui est en selle. Mettre une femme en trousse derrière soi. On dit plus ordinairement, En croupe.
• Se dit aussi en parlant Des valises, des paquets qu'un cavalier porte derrière lui sur son cheval.

TROUSSEAU .s.m.
• Petite trousse. Il n'est guère usité, en ce sens, que dans ces locutions, dont la seconde a vieilli, Un trousseau de clefs, un trousseau de flèches.
• Se dit aussi Des hardes, des habits, du linge, et de tout ce qu'on donne à une fille lorsqu'on la marie ou qu'elle se fait religieuse. Cette mère songe de bonne heure à faire le trousseau de sa fille. Son trousseau est tout prêt. Elle a un beau trousseau.
• Se dit également, dans les colléges, dans les maisons d'éducation, etc., Des hardes, habits, linge et autres effets que doit apporter un élève, ou qu'on lui fournit, lorsqu'il entre. Le trousseau se compose de tels et tels objets. Son trousseau n'est pas complet.

TROUSSE-ÉTRIERS .s.m.- Voyez PORTE-ÉTRIERS.

TROUSSE-GALANT .s.m.
• Sorte de maladie violente qui amène fréquemment une mort prompte, et qu'on appelle plus ordinairement aujourd'hui Choléra-morbus. Il est familier.

TROUSSE-PÈTE . s. f.
• Terme populaire de mépris, qui se dit en parlant d'Une petite fille. Taisez-vous, trousse-pète.

TROUSSE-QUEUE .s.m.
• Morceau de cuir, de toile, etc., garni de boucles, dans lequel on fait passer le haut de la queue d'un cheval, en retroussant le reste. Mettre un trousse-queue à un cheval.

TROUSSEQUIN .s.m.
• Pièce de bois cintrée qui s'élève sur le derrière d'une selle, comme les arçons sur le devant. Une selle à troussequin est plus commode qu'une selle rase.

TROUSSER . v. a.
• Replier, relever. Se dit ordinairement en parlant Des vêtements qu'on a sur soi. Trousser sa robe, son manteau, ses jupes.
• Se dit aussi en parlant Des personnes, et signifie, Trousser leur vêtement. Troussez cet enfant, afin qu'il marche mieux. On l'emploie dans ce sens avec le pronom personnel. Troussez-vous de peur de vous crotter.
• Fam., Trousser une femme, Lui lever les jupes. S'emploie figurément dans un sens obscène.
• Fig. et fam., Trousser bagage, Partir brusquement, déloger brusquement. Comme il apprit qu'on le cherchait, il troussa bien vite bagage.
• En termes de Cuisine, Trousser une volaille, Rapprocher du corps les ailes et les cuisses, la préparer pour la mettre à la broche.
• Fig. et pop., Trousser quelqu'un en malle, L'enlever. Le lieutenant de gendarmerie l'a troussé en malle. Si une fois on le trouve, il sera troussé en malle. Il est vieux.
• Fig. et fam., Trousser une affaire, L'expédier précipitamment.
• Fig. et fam., Une maladie violente a troussé cet homme en deux jours, Elle l'a fait mourir en deux jours.
• TROUSSÉ, ÉE. participe, Fig. et fam., C'est un petit homme bien troussé, se dit D'un petit homme bien fait, bien proportionné. C'est un cheval bien troussé, C'est un cheval bien fait, bien pris, et un peu ramassé.
• Fig. et fam., Une petite maison bien troussée, Une jolie petite maison. Un compliment bien troussé, Un compliment bien tourné. On dit de même, Un petit dîner bien troussé.
• Fig. et fam., Cela est troussé à la diable, Cela est fort mal arrangé.

TROUSSIS .s.m.
• Pli qu'on fait à une robe, à une jupe, etc., pour la raccourcir et pour l'empêcher de traîner. Faire un troussis à une jupe.

TROUVAILLE . s. f.
• Chose trouvée heureusement. C'est une bonne trouvaille. Il est familier.
• Faire une trouvaille, Rencontrer heureusement quelque chose par hasard.

TROUVER . v. a.
• Rencontrer quelqu'un ou quelque chose, soit qu'on le cherche, soit qu'on ne le cherche pas. Il le trouva dans-le chemin. Je l'ai trouvé à table. Je vous trouve à propos. J'ai passé vingt fois chez vous sans vous trouver. Il a trouvé un trésor en faisant creuser un fossé. Il a tant cherché ce papier, qu'il l'a trouvé. Il le trouva sous sa main.
• Aller trouver, venir trouver quelqu'un, L'aller voir, venir lui parler.
• Prov. et fig., Il a trouvé à qui parler, Il a trouvé de l'opposition, de la résistance à ce qu'il prétendait.
• Prov. et fig., Il a trouvé son maître, Il a eu affaire à quelqu'un de plus fort, de plus habile, de plus fin que lui.
• Prov. et fig., Trouver quelqu'un en son chemin, sur son chemin, Être traversé par lui dans ses desseins.
• Prov. et fig., Il croit avoir trouvé la pie au nid, se dit par plaisanterie D'un homme qui croit mal à propos avoir fait quelque découverte importante, quelque rencontre très-heureuse pour lui.
• Prov., Cela ne se trouve pas sous le pas d'un cheval, Cela ne se trouve pas facilement. Il lui faut encore vingt mille francs pour payer ses dettes; cela ne se trouve pas sous le pas d'un cheval.
• TROUVER, signifie quelquefois, Surprendre. On le trouva prêt à s'évader. On le trouva limant les barreaux de sa prison, escaladant les murs du jardin. On les trouva en tête-à-tête. J'ai trouvé un voleur caché dans ma chambre. On le trouve toujours en faute.
• TROUVER, se dit aussi Par rapport à l'état où est une personne ou une chose au moment où on la voit, où on l'examine, où on s'en occupe, etc. Je l'ai trouvé malade et dénué de tout. Nous avons trouvé la maison toute délabrée. Vous trouverez ses affaires bien embrouillées. Je l'ai laissé tel que je l'avais trouvé.
• TROUVER, se dit figurément en parlant De certaines choses qui arrivent, qui se présentent, qui se montrent, qu'on rencontre. Il a trouvé la mort dans les combats. Il trouve de la douceur, des consolations dans votre amitié. Il trouve du plaisir à contrarier les autres. Il doit s'attendre à trouver bien des obstacles, bien des difficultés dans cette entreprise. Il a trouvé un beau coup à faire. On le dit dans un sens analogue en parlant Des personnes. On trouve des hommes de toutes les opinions, de tous les caractères. Sa conduite a trouvé des censeurs, des approbateurs. Vous trouverez en lui un juge sévère, un ami tendre et dévoué. Trouver des protecteurs, un appui.
• Trouver grâce aux yeux de quelqu'un, devant les yeux de quelqu'un, devant quelqu'un, Lui plaire, gagner sa bienveillance. Ces phrases, qui supposent une grande infériorité d'une personne à l'égard d'une autre, ne sont employées que dans le style soutenu.
• Trouver son compte à quelque chose, Y trouver son avantage. Cette marchande est accommodante, affable; elle y trouve son compte.
• TROUVER, se dit aussi en parlant De ce qu'on découvre ou de ce qu'on invente par le moyen de l'étude ou de la méditation. Ce médecin a trouvé un bon remède. Il a trouvé le secret d'un enduit imperméable. Trouver un moyen, un expédient. Trouver la solution d'un problème. Trouver le mot d'une énigme. Trouver une rime, un mot qu'on cherchait. Il a trouvé un beau sujet de poëme. Il a trouvé l'art de concilier les esprits.
• Fam. et par manière de reproche, Où avez-vous trouvé cela? Qu'est-ce qui vous fait imaginer une chose pareille?
• TROUVER, signifie aussi, Estimer, juger par l'esprit ou par les sens. Je trouve ces vers fort beaux, fort mauvais. Je trouve cet homme fort laid, cette femme fort belle. Je trouve que cet homme est aimable, est ennuyeux. Je le trouve heureux de s'en être si bien tiré. Je vous trouve plaisant de m'oser dire une pareille chose. Son avocat n'a pas trouvé sa cause bonne. Je trouve cette odeur trop forte, cette couleur trop vive. Je trouve cela bon. Je trouve que cela est bon. Je trouve cette soupe bonne, ce ragoût détestable. Ce malade ne trouve rien de bon.
• Fig. et fam., Trouver le temps long, S'ennuyer.
• Trouver bon, trouver mauvais que quelqu'un fasse une chose, Approuver, désapprouver, consentir, ne pas consentir qu'il la fasse. Je trouve bon que vous alliez le voir. Je trouve mauvais que vous ayez fait cette démarche. Je ne trouve pas bon qu'il vous voie si souvent. Je ne trouve pas mauvais qu'il vous fréquente. Trouvez bon que je revienne vous voir. Je reviendrai, si vous le trouvez bon.
• Trouver à, Trouver le moyen, l'occasion de. Cet avoué trouve enfin à se défaire de son étude. Cette jeune personne doit trouver à s'établir avantageusement. Il est difficile aujourd'hui de trouver à faire un emprunt. J'ai trouvé, par hasard, à compléter cet ouvrage.
• Trouver à redire, Trouver quelque défaut, quelque sujet de blâme. Il trouve à redire à tout ce qu'on dit, à tout ce qu'on fait. Je n'y trouve rien à redire.
• Trouver à dire, s'emploie quelquefois dans la même acception. Que trouvez-vous à dire au parti qu'il a pris? Cette locution signifiait souvent autrefois, S'apercevoir de l'absence d'une personne, du manque de quelque chose. On vous a trouvé à dire dans cette réunion. J'avais mis cent louis dans cette bourse, j'en trouve cinq à dire.
• TROUVER, signifie également, Remarquer, reconnaître en quelqu'un ou en quelque chose une modification, une qualité bonne ou mauvaise; et alors on l'emploie toujours avec un complément indirect. Je vous trouve bon visage. Je lui ai trouvé un peu de fièvre. Je lui trouve de l'esprit, de la douceur. Je ne trouve qu'un défaut à cette personne, à cet ouvrage. Je lui trouve un peu trop d'amour-propre. Je trouve en lui de la bonté, de la franchise. Il se trouve du talent, du mérite.
• TROUVER, avec le pronom personnel, se dit Des personnes et des choses, et signifie, Se rencontrer quelque part, ou Se rendre en un lieu, y être. Nous nous sommes trouvés nez à nez à la promenade. Je me suis trouvé hier avec lui chez un tel. Je me trouverai chez vous à telle heure. Nous croyions passer la soirée en famille chez lui, et il s'y trouva quantité de monde. Il s'est trouvé à cette bataille. On le dit également Des choses, en parlant Du lieu où elles sont, de l'endroit où l'on peut se les procurer. Son livre se trouve chez tel libraire. Cet ouvrage ne se trouve plus nulle part, ne se trouve plus.
• Impersonnell., Il se trouva un homme assez hardi pour lui dire la vérité, Il y eut un homme, etc. Il se trouva que, Il arriva que, on reconnut que. Lorsque nous croyions finir cette affaire, il se trouva qu'on y mit de nouveaux obstacles. Tout bien calculé, il se trouva qu'il était redevable de mille écus.
• TROUVER, avec le pronom personnel, se dit encore figurément Par rapport à l'état, à la situation d'une personne ou d'une chose. Se trouver en danger, dans l'embarras, dans le besoin. Se trouver embarrassé. Se trouver sans défense. Il se trouve dans la situation la plus heureuse. Il se trouve dans une alternative fâcheuse. Il se trouve être le dernier. La maison se trouvait vide. La nouvelle se trouva fausse. Son départ se trouva retardé.
• Il signifie aussi, Estimer, juger, sentir qu'on est dans telle situation, qu'on jouit de tel avantage, qu'on éprouve tel inconvénient. Après avoir usé de ce remède, il se trouva tout autre. Il se trouve heureux. Il se trouve malheureux. Il se trouve aimable. Elle se trouve belle.
• Se trouver bien, Éprouver du bien-être. Le malade se trouve bien; il se trouve mieux. Il signifie aussi, Être satisfait de sa position. Cet homme se trouve bien partout. On dit dans un sens contraire, Se trouver mal.
• Se trouver mal, signifie, dans une acception moins étendue, Tomber en faiblesse, en défaillance. Il se trouve mal toutes les fois qu'on le saigne.
• Se trouver bien de quelqu'un, de quelque chose, Avoir sujet d'être content de quelqu'un, de quelque chose. Je me trouve bien de tel régime, de cet appartement, de ce domestique. Suivez ce conseil, vous vous en trouverez bien.
• TROUVÉ, ÉE. participe, Un enfant trouvé, Un enfant qui a été exposé. C'est un enfant trouvé. L'hospice des enfants trouvés, ou Les Enfants trouvés.
• Un mot, une expression trouvée, Une expression neuve et heureuse.

TROUVÈRE ou TROUVEUR.s.m.
• Nom qu'on donnait aux anciens poëtes français des provinces du Nord, et particulièrement de la Picardie. Trouvère est plus usité que Trouveur.

TRUAND, ANDE. s.
• Vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise. Cet homme est un truand, un vrai truand. C'est une grosse truande. Il est populaire et peu usité.

TRUANDAILLE . s. f. coll.
• Ceux qui truandent. Ce n'est que de la truandaille. Il est populaire et peu usité.

TRUANDER . v. n.
• Gueuser, mendier. Il est populaire et peu usité.

TRUANDERIE . s. f.
• La profession de truand, de mendiant vagabond. Il est populaire et peu usité.

TRUBLE . s. f.- Voyez TROUBLE, substantif féminin.

TRUCHEMAN ou TRUCHEMENT.s.m.
• Interprète, celui qui explique à deux personnes qui parlent deux langues différentes, ce qu'elles se disent l'une à l'autre. Habile trucheman. C'est le trucheman des ambassadeurs français qui vont en ce pays-là. S'expliquer par un truchement, par truchement. Il n'a pas besoin de truchement, il sait la langue du pays. Ce sont ses truchements.
• Se dit figurément d'Une personne qui parle à la place d'une autre, qui explique les intentions d'une autre. Cet homme bégaye si fort, qu'il aurait besoin de truchement. Il parle d'une manière assez intelligible, il ne lui faut point de trucheman. Cela s'entend bien sans truchement.

TRUCHER . v. n.
• Mendier par fainéantise. Il est populaire et vieux.

TRUCHEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui truche, qui mendie. Il est populaire et vieux.

TRUELLE . s. f.
• Outil, instrument dont les maçons se servent pour employer le plâtre ou le mortier: il est formé d'une lame triangulaire de fer ou de cuivre poli, dont le manche recourbé est garni d'une poignée de bois. Apportez l'auge et la truelle. Se servir de la truelle. Enduire avec la truelle.
• Fam., Aimer la truelle, Aimer à faire bâtir.
• TRUELLE, se dit aussi d'Un instrument d'argent, à peu près de la même forme, avec lequel on découpe et on sert le poisson à table.

TRUELLÉE . s. f.
• La quantité de plâtre ou de mortier qui peut tenir sur une truelle.

TRUFFE . s. f.
• Corps végétal, de la famille des Champignons, très-savoureux et très-odoriférant, qui se trouve dans la terre en petites masses charnues, et qui n'a ni tiges, ni feuilles, ni fleurs, ni racines apparentes. Truffe marbrée. Truffe blanche. Grosse truffe. Truffes sèches. Ces truffes ne sont pas encore mûres. Les truffes de Piémont sentent l'ail. Les truffes de Périgord sont les plus estimées. Une dinde aux truffes, farcie de truffes. Sauce aux truffes. Saucisse aux truffes.

TRUFFER . v. a.
• Garnir de truffes. Truffer une dinde.
• TRUFFÉ, ÉE. participe, Chapon truffé. Dinde truffée. Saucisses truffées.

TRUFFIÈRE . s. f.
• Terrain dans lequel on trouve des truffes.

TRUIE . s. f.
• La femelle du porc. Grande truie. Truie grasse. Une truie pleine.

TRUITE . s. f.
• Poisson caractérisé par des dents crochues et par une petite nageoire sans rayons sur l'arrière du dos: il se trouve ordinairement dans les eaux vives et dans les lacs. La truite est un poisson fort délicat. Grande truite. Truite grasse. Truite saumonée, Qui tient du goût et de la couleur du saumon.

TRUITÉ, ÉE .adj.
• Marqueté de petites taches rougeâtres comme une truite. Il n'est guère usité qu'en parlant De certains chevaux, de certains chiens dont le poil est marqueté de la sorte. Cheval alezan truité, bai truité Chien truité.
• Se dit aussi D'une certaine porcelaine du Japon.

TRULLISATION . s. f.
• T. d'Archit. Travail de diverses sortes d'enduits ou de crépis, qu'on fait avec la truelle.

TRUMEAU .s.m.
• T. d'Archit. Se dit de L'espace d'un mur entre deux fenêtres. Les trumeaux de ce bâtiment sont trop étroits.
• Se dit aussi d'Un parquet de glace qui occupe l'espace du mur entre deux fenêtres, dans l'intérieur d'un appartement, ou qui est placé au-dessus d'une cheminée.

TRUMEAU .s.m.
• .Boucher. Le jarret d'un boeuf, la partie d'au-dessus de la jointure du genou d'un boeuf, lorsqu'elle est coupée pour être mangée.

TSAR .s.m.
• Nom qu'on donnait autrefois au souverain de la Russie. - Voyez CZAR.

TU, TOI, TE. pronoms
• de la seconde personne. Ils sont des deux genres, mais seulement du nombre singulier; et ils ne diffèrent entre eux que par la place qui leur est assignée dans le discours.
• TU, ne peut jamais être que le sujet de la proposition; et il ne peut être séparé du verbe que par un autre pronom personnel, ou par une de ces particules, Ne, en, y. Tu es heureux. Tu me parleras. Tu t'en repentiras. Tu en apprendras des nouvelles. Tu y étais. Iras-tu? Ne feras-tu rien?
• TOI, employé seul comme réponse, peut être sujet ou régime direct, et tenir lieu d'une phrase entière. Qui sera chargé de le lui annoncer? Toi, c'est-à-dire, Tu seras chargé de, etc.: dans cet exemple, il est sujet. Qui a-t-on voulu désigner? Toi, c'est-à-dire, On a voulu te désigner: dans cet exemple, il est régime direct.
• S'emploie quelquefois par apposition et réduplication, soit comme sujet, soit comme régime. Toi, tu oserais le défier! Que répondras-tu à cela, toi qui... Toi, tu soutiens telle opinion, et lui telle autre. Voudrais-je t'affliger, toi que j'aime tant!
• Elliptiq., Toi, me trahir! faire une bassesse, toi! etc., Serais-tu capable de me trahir, de faire une bassesse, etc.? ou bien, As-tu pu me trahir, faire une bassesse, etc.?
• TOI, s'emploie de même par apposition avec un nom ou un autre pronom. Toi et moi nous avons fait ce que nous devions. J'ai appris que toi et lui, que toi et ton frère vous partiez bientôt. Il veut vous voir toi et ta soeur.
• TOI, se construit encore avec les pronoms Ce et Il, dans les phrases suivantes et autres semblables. C'est toi qui l'as fait. Ce ne peut être que toi. Si c'était toi qui eusses fait cela. C'est de toi qu'il s'agit. C'est à toi qu'il veut parler. Il n'y a que toi qui puisses le faire.
• Après une préposition, il n'y a que le pronom Toi qui puisse exprimer la seconde personne du singulier. On a parlé de toi. Je pensais à toi. Je viens de chez toi. Je partirai avec toi, sans toi, avant toi, après toi. Je compte sur toi. Il est fort irrité contre toi. Cela est pour toi.
• Il en est de même après une conjonction. Ta soeur et toi. Ta soeur ou toi. Ton frère aussi bien que toi. Je n'aime que toi. Personne que toi. Nul autre que toi. Ni ton frère ni toi.
• On emploie également ce même pronom, comme régime direct ou indirect, après la seconde personne de l'impératif, en l'y joignant par un tiret. Tais-toi. Retire-toi. Garde-toi d'y toucher. Fais-toi soldat. Fais-toi justice. Fais-toi instruire. Laisse-toi conduire. Fais-toi rendre ton argent.
• Lorsqu'il se trouve ainsi après la seconde personne de l'impératif, et qu'il est suivi de l'une des particules en ou y, on élide toujours la diphthongue oi. Va-t'en. Garde-t'en bien. Fais-t'en donner la moitié. Mets-t'y. Jette-t'y. Il ne serait pas incorrect de dire, Mets-y-toi, jettes-y-toi; mais on évite ordinairement ces façons de parler bizarres. La première construction n'est elle-même usitée qu'avec un très-petit nombre de verbes: on ne dirait pas, Accroche-t'y, réfugie-t'y, etc.; il faut prendre un autre tour.
• TE, ne peut jamais être que le régime direct ou indirect du verbe, et il s'élide devant une voyelle. Je te donne cela. Je te le promets. Je te l'avais bien dit. Je t'en remercie. Va vite, et ne t'amuse point.
• On ne se sert ordinairement de ces pronoms, ainsi que de l'adjectif possessif Ton, et du relatif Le tien, que quand on parle à des personnes fort inférieures, ou avec qui on est en très-grande familiarité. Quelquefois, au contraire, on les emploie, dans le style oratoire ou poétique, en s'adressant aux personnes qu'on respecte le plus, aux rois, aux princes, à Dieu même. On s'en sert encore en faisant parler certaines nations, et principalement les Orientaux, lorsqu'on veut leur conserver un caractère étranger; et quelquefois aussi dans la poésie. Hors de là, on emploie le pronom pluriel Vous, l'adjectif possessif Votre, et le relatif Le vôtre.
• Fam., Être à tu et à toi avec quelqu'un, Être tellement lié avec lui, qu'on le tutoie, et qu'on est tutoyé par lui.

TUABLE .adj. des deux genres
• Se dit Des animaux domestiques bons à tuer. Ces poulets sont tuables. Ce cochon est tuable, Il est temps de le tuer, il est assez gras. Ce mot est familier.

TUANT, ANTE .adj.
• Fatigant, qui cause beaucoup de peine. Ce travail est tuant. Que cela est tuant!
• Il signifie aussi, Ennuyeux, importun. Conversation tuante. C'est un homme tuant. On dit plus ordinairement, Assommant. Il est familier dans les deux sens.

TU-AUTEM .s.m.
• Expression familière empruntée du latin, et dont on se sert pour dire, Le point essentiel, le noeud, la difficulté d'une affaire. Il en sait le tu-autem. C'est là le tu-autem. Il a enfin trouvé le tu-autem.

TUBE .s.m.
• Tuyau de plomb, de verre, de fer, etc., par où l'air et les autres fluides peuvent passer et avoir une issue libre, peuvent circuler. Le tube d'une lunette de longue vue. Il faut un tube de plomb pour faire cette expérience. Les baromètres se font avec des tubes de verre. Sceller hermétiquement le tube d'un thermomètre. Tube capillaire. Tube acoustique. Tube électrique. Il ne se dit guère que Des instruments et des tuyaux dont on se sert pour faire des observations et des expériences.
• En Botan., Le tube d'une corolle, La partie inférieure d'une corolle monopétale, lorsqu'elle forme une sorte de tuyau. On dit de même, Le tube d'un calice. On appelle aussi Tubes, Les petits tuyaux parallèles qui garnissent la surface inférieure du chapeau de certains champignons.

TUBERCULE .s.m.
• .Jardinage. Excroissance en forme de bosse qui survient à une feuille, à une racine, à une plante.
• Se dit plus particulièrement de Celles qui se forment à la racine de certaines plantes alimentaires. Les pommes de terre, les topinambours sont des tubercules. Ce tubercule est une précieuse ressource pour les pauvres gens.
• TUBERCULE, se dit, en Médecine, Des élevures qui surviennent à la peau.
• Se dit plus exactement aujourd'hui d'Une production morbide ordinairement arrondie, d'un blanc jaunâtre, ferme à son origine, se ramollissant ensuite, et plus ou moins promptement remplacée par une cavité ulcéreuse. Le tubercule se montre surtout aux poumons. Les tubercules pulmonaires.

TUBERCULEUX, EUSE .adj.
• Qui est de la nature du tubercule. La racine de cette solanée est tuberculeuse. En Médecine, La matière tuberculeuse.

TUBÉREUSE .adj. f.
• .Jardinage. Il ne s'emploie que dans cette locution, Racine tubéreuse, Racine tuberculeuse, c'est-à-dire, charnue et renflée.

TUBÉREUSE . s. f.
• Plante venant d'un oignon, dont la tige est fort haute, et dont la fleur, qui porte le même nom, est blanche et très-odoriférante. Une belle tubéreuse. Un oignon de tubéreuse. Un bouquet de tubéreuses. Un pot de tubéreuses. De l'essence de tubéreuse.

TUBÉROSITÉ . s. f.
• T. d'Anat. Éminence plus ou moins volumineuse, à surface inégale, qui se trouve sur un os, et où s'attachent des muscles ou des ligaments. La tubérosité du tibia.
• Se dit dans un sens analogue, en termes de Botanique, de Certaines excroissances charnues. Les tubérosités d'une racine.

TUBULÉ, ÉE .adj.
• Qui a une ou plusieurs tubulures. Flacon tubulé. Cornue tubulée.
• Se dit, en Botanique, De ce qui est en forme de tube. Corolle tubulée. Calice tubulé.
• En termes d'Archéologie, Draperie tubulée, Draperie qui, dans les statues anciennes, tombe par plis arrondis en forme de tubes ou tuyaux.

TUBULEUX, EUSE .adj.
• T. d'Hist. nat. Qui est long et creux intérieurement comme un tube. Il y a des chrysalides dont les stigmates ressemblent à des filets tubuleux.

TUBULURE . s. f.
• Ouverture particulière de certains vaisseaux de chimie, qui est ordinairement destinée à recevoir un tube. Flacon à deux, à trois tubulures.
• Se dit aussi Des petits tubes ou tuyaux dont certaines productions naturelles sont traversées. La tige du rotin est percée d'une infinité de petites tubulures longitudinales.

TUDESQUE .adj. des deux genres
• Ce mot est synonyme de celui de Germanique; mais il ne s'emploie guère qu'en parlant De la langue des Germains. La langue tudesque. La grammaire tudesque.
• S'emploie substantivement, au masculin. Le tudesque est un idiome très-ancien.
• Se dit aussi, par dénigrement, Des expressions, du style, des manières, etc., qui manquent de régularité, d'élégance, de grâce, qui ont quelque chose de rude et de grossier. Il a des manières tudesques, un langage tudesque. Leur style, leur jargon tudesque.

TUE-CHIEN .s.m. Plante. - Voyez COLCHIQUE.

TUER . v. a.
• Ôter la vie d'une manière violente. Tuer d'un coup d'épée, à coups d'épée, d'un coup de pistolet, à coups de pistolet. Tuer à coups de bâton. Tuer un homme de sang-froid; le tuer en traître. Tuer quelqu'un à son corps défendant. Tuer son homme. Tuer son ennemi de bonne guerre; le tuer roide. Il a été tué à la guerre. Il a été tué d'un coup de canon. Il fut tué beaucoup de gens dans la dernière bataille. Avec le pronom personnel: Il s'est tué d'un coup de pistolet. Les deux adversaires ont tiré en même temps, et se sont tués l'un l'autre. On ne se sert point du verbe Tuer en parlant Des morts violentes par exécution de justice, ni en parlant De ceux qui ont été noyés, étouffés ou empoisonnés.
• Se dit aussi De toutes les morts violentes qui arrivent par accident, et de toutes les morts naturelles causées par des maladies. Une tuile lui tomba sur la tête et le tua. Il a été tué d'un coup de tonnerre. C'est un coup de fusil qui l'a tué. Une médecine prise à contre-temps l'a tué. Un coup de sang l'a tué. L'apoplexie l'a tué. Avec le pronom personnel, Un couvreur tomba du haut du toit, et se tua.
• Se dit pareillement De tout ce qui cause la mort. Ne vous fiez pas à ce charlatan, il vous tuera. La tristesse l'a tué. Ses débauches le tueront, s'il n'y prend garde. L'excès du travail tue un homme tôt ou tard.
• Se dit quelquefois, par exagération, Des choses qui fatiguent excessivement le corps, ou qui peuvent altérer la santé. Il porte de trop grands fardeaux, cela le tue. Le chagrin le tue. Vous tuez votre cheval de le mener toujours au grand galop. Avec le pronom personnel: Vous vous tuez à mener une pareille vie. Il se tue à force de boire. Il se tue à force de travailler, à force de travail. Elliptiq., Il se tue de travail.
• Se dit encore, par exagération, De tout ce qui incommode, de tout ce qui importune extrêmement. Il me tue avec ses compliments, avec ses discours ennuyeux. Ce récit est d'une longueur qui tue. Le grand bruit me tue.
• Fam. et par exagérat., Se tuer le corps et l'âme, et absolument, Se tuer, Se donner beaucoup de peine. Il s'est tué le corps et l'âme pour amasser de l'argent. On se tue de lui remontrer son devoir. Il se tue à étudier les langues. Il se tue à rimer.
• Fam., Se tuer à plaisir, Faire sans nécessité des choses évidemment nuisibles à sa santé.
• Fam. et par exagérat., On s'y tue, se dit en parlant D'une grande affluence de monde en quelque endroit. La pièce nouvelle a un succès fou, on s'y tue.
• Fig., Tuer un auteur; tuer son original, son modèle, Le surpasser au point de le faire oublier.
• Fig., en termes de l'Écriture, Le péché tue l'âme, Il la dégrade, la souille, et lui fait perdre le bonheur éternel.
• Fig., La lettre tue, et l'esprit vivifie, Pour bien comprendre une loi, un précepte, etc., souvent, au lieu de s'attacher servilement au sens de telle expression, il faut chercher à saisir la pensée, l'intention de l'auteur. Cela se dit aussi en parlant Des traducteurs serviles.
• TUER, se dit aussi en parlant Des animaux que les bouchers égorgent ou assomment. Tuer des boeufs. Tuer des moutons. On dit, dans le langage familier: Ce boucher tue de meilleure viande que tel autre. En été, les bouchers tuent leur viande pendant la nuit. Dans le même sens, Tuer se dit quelquefois absolument. Ce boucher ne tue qu'une fois la semaine.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant D'autres animaux. Tuer des poulets, des pigeons. Tuer des lapins, des perdrix, etc. Nous avons chassé toute la journée, et nous n'avons rien tué.
• Il signifie également, Faire périr, détruire, en parlant Des arbres, des plantes, des insectes, etc. Le grand froid a tué la plupart des oliviers, a tué les vers à soie.
• Fig. et fam., Cela tue l'effet du spectacle; cela tue tout le plaisir de la partie, Cela le contrarie, le détruit, le réduit à rien.
• Fig. et fam., Tuer le temps, S'amuser à des riens, afin de passer le temps sans ennui.
• À TUE-TÊTE. loc. adv. On ne l'emploie guère que dans ces phrases familières, Crier à tue-tête, disputer à tue-tête, Crier, disputer de toute sa force.
• TUÉ, ÉE. participe, Fam. et en parlant De dispute, Être tué, Être réfuté complétement, n'avoir plus rien à répliquer. Si vous dites cela, vous êtes tué. Êtes-vous assez tué? Je ne me tiens pas pour tué encore. Dans ce sens, on emploie plus ordinairement le mot Battu.

TUERIE . s. f.
• Carnage, massacre. Horrible tuerie. La tuerie fut grande dans la déroute.
• Fam. et par exagérat., N'allez pas là, c'est une tuerie, se dit Pour détourner quelqu'un d'aller dans un lieu où il y a une foule d'où il est difficile de se tirer sain et sauf.
• TUERIE, se dit aussi d'Un lieu où l'on tue des animaux pour en vendre la chair à la boucherie. Il y a une tuerie dans ce quartier.

TUEUR .s.m.
• Celui qui tue. Il n'est guère usité que dans cette phrase familière, C'est un tueur de gens, qui se dit par plaisanterie D'un homme qui fait le brave. On dit aussi quelquefois, C'est un tueur, en parlant De celui qui a tué plusieurs hommes dans des affaires particulières.

TUF .s.m.
• Substance blanchâtre et sèche, qui tient plus de la nature de la pierre que de celle de la terre, et qu'on trouve assez ordinairement au-dessous de la terre franche, de la bonne terre. Ce terroir est mauvais, ce n'est presque que du tuf. En fouillant un demi-pied dans cette terre, on trouve le tuf. Plusieurs arbres meurent quand ils rencontrent le tuf. Creuser jusqu'au tuf.
• Fig., Pour peu qu'on l'approfondisse, on rencontre le tuf, se dit en parlant D'un homme qui n'a qu'une légère connaissance des choses, et qui ne sait rien à fond.
• TUF, se dit aussi d'Une certaine pierre blanche et fort tendre, qui devient plus dure et plus blanche lorsqu'elle est employée. La plupart des maisons de cette province sont bâties de pierre de tuf, ou absolument, sont bâties de tuf. On dit quelquefois Tuffeau dans ce dernier sens. Dans ce pays, on ne bâtit que de tuffeau.

TUFFEAU .s.m. - Voyez TUF.

TUFIER, IÈRE .adj.
• Qui est de la nature du tuf.

TUILE . s. f.
• Carreau de peu d'épaisseur, fait de terre grasse pétrie, séchée et cuite au four, tantôt plat, tantôt courbé en demi-cylindre, et dont on se sert pour couvrir les maisons, les bâtiments. Tuile plate. Tuile creuse. Tuile vernie. Tuile faîtière. Tuile au petit moule, au grand moule. Un cent, un millier de tuiles. Ces tuiles ne sont pas assez cuites. Une maison couverte de tuiles.
• Se dit également de Morceaux de marbre, de pierre ou de bronze, qui ont la même forme et servent aux mêmes usages que les tuiles de terre cuite. Ce temple est couvert de tuiles de marbre.
• Fam., Être logé près des tuiles, sous les tuiles, sous la tuile, Être logé au plus haut étage de la maison.
• Prov. et fig., Cet homme ne trouverait pas du feu, de feu sur une tuile, On ne voudrait pas lui donner, lui prêter la moindre chose, lui accorder le moindre secours.
• Fig. et fam., C'est une tuile qui lui est tombée, qui m'est tombée sur la tête, se dit D'un accident imprévu, et que l'on n'a pu éviter.

TUILEAU .s.m.
• Morceau, fragment de tuile cassée. Faire un âtre avec des tuileaux. Sceller des gonds avec des tuileaux. Battre des tuileaux pour en faire du ciment.

TUILERIE . s. f.
• Lieu où l'on fait de la tuile. Il y a une tuilerie en tel endroit. Ce lieu est propre pour une tuilerie.
• Absol., Les Tuileries, Le palais que le roi habite à Paris, et Le jardin qui en dépend. Le jardin des Tuileries. Le palais des Tuileries. La cour des Tuileries. Aller aux Tuileries pour faire sa cour. Aller se promener aux Tuileries.
• Le cabinet des Tuileries, Le gouvernement français, considéré dans ses relations avec les puissances étrangères.

TUILIER .s.m.
• Ouvrier qui fait des tuiles.

TULIPE . s. f.
• Plante printanière de la famille des Liliacées, à tige haute, qui vient d'oignon, et qui porte une belle fleur, appelée aussi Tulipe, dont il existe un très-grand nombre de variétés. Planter, lever des tulipes. Un oignon de tulipe. Un caïeu de tulipe. Une planche de tulipes. Tulipe blanche, jaune, rouge, violette. Tulipe panachée, bordée, rayée, etc. C'est un grand amateur de tulipes.

TULIPIER .s.m.
• .Bot. Grand et bel arbre de l'Amérique septentrionale, qu'on a transplanté en Europe, où il sert pour la décoration des jardins, et dont la fleur ressemble à celle de la tulipe.

TULLE .s.m.
• Sorte de tissu en réseau, très-mince et très-léger, auquel on donne une certaine consistance par le moyen d'un apprêt, et qui s'emploie surtout pour les ajustements de femme. Une robe de tulle. Un bonnet de tulle. Une collerette de tulle. Tulle uni. Tulle brodé.

TUMÉFACTION . s. f.
• .Médec. et de Chirur. Enflure, augmentation de volume dans quelque partie du corps. La tuméfaction est à craindre. Il y a un peu de tuméfaction à ce bras.

TUMÉFIER . v. a.
• .Médec. et de Chirur. Causer de la tuméfaction dans quelque partie du corps. Cette fluxion a considérablement tuméfié la partie qui en est le siége. On dit de même, avec le pronom personnel, qu'Une partie se tuméfie, s'est tuméfiée. Il est peu usité.
• TUMÉFIÉ, ÉE. participe

TUMEUR . s. f.
• .Médec. et de Chirur. Éminence ou saillie plus ou moins considérable, développée dans quelque partie du corps, soit par une maladie, soit par une autre cause. Tumeur dure, molle. Grosse tumeur. Petite tumeur. Il lui est venu une tumeur au genou. Je me suis blessé à la jambe, et il s'y est fait une tumeur, il s'y est formé une tumeur. Résoudre une tumeur.

TUMULAIRE .adj. des deux genres
• Qui appartient, qui a rapport aux tombeaux. Une pierre tumulaire. Une inscription tumulaire.

TUMULTE .s.m.
• Grand mouvement accompagné de bruit et de désordre. On entendit un grand tumulte. Il s'éleva du tumulte. Il s'excita un grand tumulte. Tumulte populaire. On eut beaucoup de peine à apaiser le tumulte. Cette affaire peut causer du tumulte.
• Le tumulte du monde, des affaires, L'agitation qui règne dans le monde, celle que causent les affaires. Quitter le tumulte du monde. Ce n'est pas exister que de passer sa vie dans le tumulte des affaires.
• Fig., Le tumulte des passions, Le trouble que les passions excitent dans l'âme.
• EN TUMULTE. loc. adv. En confusion, en désordre. Ils allèrent en tumulte. Ils s'assemblèrent en tumulte.

TUMULTUAIRE .adj. des deux genres
• Qui se fait en tumulte, avec précipitation, contre les formes et les lois. Il se fit une assemblée tumultuaire. Résolution tumultuaire. Délibération tumultuaire.

TUMULTUAIREMENT . adv.
• D'une manière tumultuaire. Cela fut résolu tumultuairement. On procéda tumultuairement à cette élection.

TUMULTUEUSEMENT . adv.
• En tumulte. Il s'assemblèrent tumultueusement. Ils allèrent tumultueusement à la maison du magistrat.

TUMULTUEUX, EUSE .adj.
• Qui se fait avec tumulte, avec bruit et confusion. Assemblée tumultueuse. Un bruit, des cris tumultueux.

TUMULUS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Antiq., emprunté du latin. Grand amas de terre, ou construction de pierre, en forme de cône, que les anciens élevaient au-dessus des sépultures, pour servir de tombeau. Le tombeau de ces rois n'était qu'un simple tumulus.

TUNIQUE . s. f.
• Vêtement de dessous que portaient les anciens. Il avait un magnifique manteau par-dessus sa tunique.
• Se dit aujourd'hui, par analogie, d'Un certain vêtement de femme.
• TUNIQUE, est aussi le nom d'Un habillement que les évêques portent sous leur chasuble, quand ils officient pontificalement.
• Se dit de même de L'habillement des diacres et des sous-diacres, qu'on nomme aussi Dalmatique.
• Se dit encore d'Une sorte de veste dont les rois de France étaient revêtus, à leur sacre, sous le manteau royal.
• TUNIQUE, se dit, en termes d'Anatomie, Des membranes qui enveloppent certaines parties du corps de l'animal. Les tuniques du coeur. Les tuniques de l'oeil.
• Se dit de même en termes de Botanique. L'oignon est formé de plusieurs tuniques superposées.

TUORBE .s.m. - Voyez TÉORBE.

TURBAN .s.m.
• Coiffure des Turcs et de plusieurs autres peuples orientaux, faite d'une longue pièce d'étoffe, qui est roulée et entrelacée autour d'un bonnet. Il n'est permis qu'à ceux qui sont issus de la race de Mahomet, de porter le turban vert. Les chrétiens n'oseraient porter le turban blanc dans les États du Grand Seigneur.
• Prendre le turban, Se faire mahométan.

TURBE . s. f.
• .Procéd. ancienne. Il ne s'employait que dans cette locution, Enquête par turbes, Enquête faite en prenant le témoignage de plusieurs habitants pour constater les usages, les coutumes des lieux. Les témoins entendus dans les enquêtes par turbes, se nommaient turbiers, et dix turbiers ne faisaient qu'un seul témoin.

TURBINÉ, ÉE .adj.
• .Conchyliologie. Se dit Des coquillages univalves qui ont la forme d'un cône contourné en spirale.
• Il est aussi terme de Botanique, et se dit De ce qui a la forme d'un cône renversé, d'une toupie. Les racines de certains navets sont turbinées.

TURBINITE . s. f.
• T. d'Hist. nat. Coquille en spirale. Il se trouve des turbinites dans le sein de la terre.

TURBITH .s.m.
• Espèce de liseron qui croît dans l'île de Ceylan, et dont la racine était employée autrefois comme purgative.
• Turbith bâtard, Autre plante dont les propriétés sont à peu près les mêmes, mais qui purge plus violemment.
• Turbith minéral, Sulfate jaune de mercure.

TURBOT .s.m.
• Poisson de mer du genre des poissons plats. Le turbot est excellent à manger. Turbot à la sauce blanche. Turbot à l'huile.

TURBOTIÈRE . s. f.
• .Cuisine. Vaisseau de cuivre destiné à faire cuire des turbots, et qui est à peu près de la forme de ce poisson.

TURBOTIN .s.m.
• Petit turbot. Les turbotins sont plus délicats que les grands turbots.

TURBULEMMENT . adv.
• D'une manière turbulente. Agir turbulemment. Il est peu usité.

TURBULENCE . s. f.
• Caractère, défaut de celui qui est turbulent. Cet enfant est d'une grande turbulence. La turbulence de son caractère le rend insupportable.

TURBULENT, ENTE .adj.
• Impétueux, qui est porté à faire du bruit, ou à exciter du trouble, du désordre. Enfant turbulent. Esprit turbulent. Il est d'un caractère turbulent. Cet homme est fort turbulent.

TURC .s.m.
• Nom de nation, qui ne se met ici que parce qu'on l'emploie dans quelques phrases familières ou proverbiales. Cet homme est fort comme un Turc, Il est extrêmement robuste. Fig., Cet homme est un vrai Turc, Il est rude, inexorable, il n'a aucune pitié.
• Prov. et fig., Traiter quelqu'un de Turc à More, Sans quartier, avec toute sorte de rigueur.
• Se faire Turc, Se faire mahométan.
• Adjectiv., Chien turc, Espèce de chien sans poil.
• À LA TURQUE. loc. adv. À la façon des Turcs. Être habillé, coiffé à la turque. On dit populairement, Traiter quelqu'un à la turque, Le traiter sans ménagement.

TURC .s.m.
• T. d'Hist. nat. Petit ver qui s'engendre entre l'écorce et le bois des arbres, et qui en suce la séve.

TURCIE . s. f.
• Levée au bord d'une rivière, pour en contenir les eaux et empêcher le débordement. Intendant des turcies et levées.

TURELURE . s. f.
• Refrain de chanson, dont on a fait un substantif féminin, qui ne s'emploie que dans cette phrase familière, C'est toujours la même turelure, C'est toujours la même chose, la même façon.

TURGESCENCE . s. f.
• T. didactique. Gonflement.

TURGESCENT, ENTE .adj.
• T. didactique. Qui se gonfle.

TURLUPIN .s.m.
• Nom d'un acteur de nos anciennes farces: on le donne par mépris à Un homme qui fait des allusions froides et basses, de mauvais jeux de mots. C'est un turlupin. Un vrai turlupin.

TURLUPINADE . s. f.
• Mauvaise plaisanterie, fondée ordinairement sur quelque allusion basse, sur quelque froid jeu de mots. Faire des turlupinades.

TURLUPINER . v. n.
• Faire des turlupinades. Cet homme ne fait que turlupiner.
• Il est plus souvent actif, et signifie, Se moquer de quelqu'un, le tourner en ridicule par des turlupinades. Il a turlupiné un tel. Il turlupine tout le monde. Il est familier dans les deux sens.
• TURLUPINÉ, ÉE. participe

TURNEPS .s.m.
• Mot emprunté de l'anglais. Espèce de gros navet qui est une excellente nourriture pour le bétail, et surtout pour les vaches. Semer des turneps. La culture du turneps est peu dispendieuse.

TURPITUDE . s. f.
• Ignominie qui résulte de quelque action honteuse. Il y a une grande turpitude dans l'action dont vous parlez. Cela fait voir sa turpitude.
• Découvrir, révéler la turpitude de quelqu'un, d'une famille, Découvrir quelque chose qui doit faire honte à quelqu'un, à une famille. Il passe pour homme de bien, mais le temps découvrira la turpitude de sa vie. Dans le même sens, on dit, Cacher, couvrir la turpitude de quelqu'un.
• TURPITUDE, se dit aussi Des actions honteuses. Révéler les turpitudes de quelqu'un.

TURQUETTE . s. f.
• .Bot. Petite plante à fleurs verdâtres, qui croît dans les lieux arides et sablonneux, et qu'on emploie quelquefois en médecine comme diurétique, astringente, etc.

TURQUIN .adj. m.
• Il ne s'emploie qu'avec Bleu, et signifie, Foncé, couvert. Taffetas bleu turquin. Drap bleu turquin.

TURQUOISE . s. f.
• Pierre précieuse qui est de couleur bleue, et qui n'est point transparente. Turquoise de la vieille roche, Turquoise tirée d'une mine ancienne.

TUSSILAGE .s.m.
• Plante. Voyez PAS-D'ÂNE.

TUTÉLAIRE .adj. des deux genres
• Qui tient sous sa garde, sous sa protection. Un Dieu tutélaire. Le génie tutélaire, les dieux tutélaires d'un empire. On dit dans le même sens, Bonté tutélaire, puissance tutélaire. Figurément, Vous êtes mon ange tutélaire.

TUTELLE . s. f.
• Autorité donnée conformément à la loi, pour avoir soin de la personne et des biens d'un mineur, ou d'un interdit Leur oncle est chargé de leur tutelle. Il a pris la tutelle. Il a accepté la tutelle. Rendre compte d'une tutelle. Compte de tutelle. Se faire décharger d'une tutelle. Tutelle légale. Tutelle dative. Tutelle testamentaire. Tutelle provisoire.
• Être dispensé de la tutelle, se dit De ceux que la loi dispense d'être tuteurs ou curateurs. On dit de même, Être exempt de tutelle et de curatelle, etc.
• Tutelle officieuse, Protection légale accordée à un enfant mineur par une personne qui se propose de l'adopter, lorsqu'il sera devenu majeur.
• Ces enfants sont en tutelle, sont hors de tutelle, Ils sont encore, ils ne sont plus sous l'autorité d'un tuteur.
• Fig., Il est en tutelle, comme en tutelle; on le tient en tutelle, se dit D'un homme qui est gêné et contraint par quelque personne qui a pris une grande autorité sur lui, en sorte qu'il ne peut pas faire librement ce qu'il veut.
• TUTELLE, signifie quelquefois figurément, Protection. Les citoyens sont sous la tutelle des lois. Je me mets sous votre tutelle.

TUTEUR, TUTRICE. s.
• Celui, celle à qui la tutelle est confiée, déférée. Tuteur honoraire. Tuteur onéraire. Tuteur légal. Tuteur testamentaire. Subrogé tuteur. Il faut créer, nommer un tuteur à ces mineurs. On l'a nommé, on l'a fait tuteur. La mère est tutrice naturelle de ses enfants. Le mari est de droit tuteur de sa femme interdite. Tuteur officieux.
• Il n'a pas besoin de tuteur, se dit D'un homme entendu, qui sait conduire ses affaires.
• Tuteur ad hoc, Celui qui est nommé à un mineur pour un objet déterminé. À défaut de parents, l'enfant naturel mineur ne peut se marier avant vingt et un ans qu'avec le consentement d'un tuteur ad hoc.
• TUTEUR, en termes de Jardinage, se dit d'Une forte perche qu'on met en terre à côté d'un jeune arbre, et à laquelle on l'attache pour le soutenir, ou pour le redresser.

TUTIE . s. f.
• .Chimie. Oxyde de zinc qui s'attache aux cheminées des fourneaux où l'on fait fondre les mines de ce métal. La tutie sert à préparer certains collyres résolutifs.

TUTOIEMENT ou TUTOÎMENT.s.m.
• Action de tutoyer. Le tutoiement entre égaux est un signe de familiarité.

TUTOYER . v. a.
• (Il se conjugue comme Employer.) User des mots de Tu et de Toi en parlant à quelqu'un. Il est familier, il tutoie tout le monde. On ne lui fait pas plaisir en le tutoyant.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel, comme verbe réciproque. Ces deux personnes se tutoient.
• TUTOYÉ, ÉE. participe

TUYAU .s.m.
• Tube ou canal de fer, de plomb, de fer-blanc, de cuivre, de bois, de terre cuite, etc. Tuyau de fontaine. Tuyau de conduite. Tuyau de descente. Poser des tuyaux. Tuyau d'orgue. Tuyau de lunette à longue vue. Tuyau capillaire. Le tuyau de ce poêle est engorgé par la suie.
• Se dit aussi de L'ouverture de la cheminée depuis le manteau jusqu'en haut. Le tuyau de la cheminée est trop étroit.
• Se dit également de L'ouverture et du canal d'un privé.
• Tuyau dévoyé, Tuyau de cheminée qui est détourné de la direction verticale.
• TUYAU, signifie encore, Le bout creux de la plume des oiseaux, de la tige de leur plume. Les plumes à écrire sont ordinairement des tuyaux de plumes d'oie.
• Se dit pareillement de La tige du blé et de celle des autres plantes, lorsqu'elle est creuse.
• Fam., Parler dans le tuyau de l'oreille, dire quelque chose dans le tuyau de l'oreille, Parler bas à quelqu'un, lui dire quelque chose en secret.

TUYÈRE . s. f.
• Ouverture pratiquée à la partie inférieure et latérale d'un fourneau, et destinée à recevoir le tuyau ou bec des soufflets.

TYMPAN .s.m.
• T. d'Anat. Membrane lisse, mince et transparente qui sépare l'oreille externe de l'oreille interne, et que vient frapper l'air porté par le canal auditif.
• Par exagérat., Un bruit à briser le tympan, le tympan de l'oreille, Un bruit très-éclatant et très-fort.
• TYMPAN, en termes d'Imprimerie, Espèce de châssis composé de quatre barres de bois ou de fer, sur lesquelles est tendu un morceau d'étoffe ou un parchemin. On étend sur le grand tympan les feuilles à imprimer, et le petit tympan reçoit l'action de la platine.
• TYMPAN, en termes d'Architecture, L'espace uni qui se trouve encadré par les trois corniches du fronton: on y place quelquefois des statues, des bas-reliefs ou des ornements. On avait sculpté dans le tympan du fronton du temple de Minerve, à Athènes, la naissance de cette divinité.
• Se dit également de L'espace triangulaire qui résulte d'une arcade circonscrite par des lignes droites. Les tympans des arcs de triomphe sont ordinairement ornés de Renommées.
• TYMPAN, se dit aussi d'Un panneau de menuiserie renfermé entre des moulures.
• TYMPAN, en Mécanique et en Horlogerie, se dit d'Un pignon enté sur son arbre, et qui engrène dans les dents d'une roue.

TYMPANISER . v. a.
• Décrier hautement et publiquement quelqu'un, déclamer contre lui. Il l'a tympanisé partout. Il a eu peur que l'avocat de sa partie ne le tympanisât. Quel plaisir prenez-vous à vous faire tympaniser en plein palais, à l'audience? Il est familier.
• TYMPANISÉ, ÉE. participe

TYMPANITE . s. f.
• .Médec. Enflure du ventre, causée par l'accumulation des gaz dans le conduit digestif, ou dans le péritoine.

TYMPANON .s.m.
• Sorte d'instrument de musique, monté avec des cordes de fil de fer ou de laiton, et qu'on touche avec deux petites baguettes de bois. Jouer du tympanon.

TYPE .s.m.
• Modèle, figure originale. Dans ce sens, il est du style didactique. Selon les platoniciens, les idées de Dieu sont les types de toutes les choses créées. Le type du beau.
• TYPE, en parlant De l'Ancien Testament par rapport au Nouveau, se dit de Ce qui est regardé comme la figure, le symbole des mystères de la loi nouvelle. L'agneau pascal est le type de JÉSUS-CHRIST. La manne est le type de la sainte eucharistie.
• TYPE, se dit aussi de La figure symbolique empreinte sur une médaille. Le type de cette médaille est une Piété, une Libéralité, une Victoire, etc.
• Se dit quelquefois Des caractères d'imprimerie. Des types mobiles. De beaux types.
• Se dit en outre, surtout en termes d'Astronomie, pour signifier, Description graphique. Le type des éclipses est d'un grand secours.
• TYPE, en termes de Médecine, Ordre dans lequel se développent et se succèdent les symptômes d'une maladie. Le type est continu, rémittent ou intermittent.

TYPHON .s.m. - Voyez TROMBE.

TYPHUS .s.m.
• (On prononce l'S.) .Médec. Nom donné par quelques auteurs à la peste (Typhus d'Orient), à la fièvre jaune (Typhus d'Amérique), et plus spécialement à cette maladie contagieuse (Typhus d'Europe) désignée jusque dans ces derniers temps sous le nom de Fièvre des hôpitaux, des camps, des prisons, et qui est due primitivement à l'entassement d'un grand nombre d'hommes dans un espace étroit.

TYPIQUE .adj. des deux genres
• T. didactique. Symbolique, allégorique. Le sens typique.

TYPOGRAPHE .s.m.
• Celui qui sait, qui exerce l'art de la typographie. Manuel du typographe.

TYPOGRAPHIE . s. f.
• L'art de l'imprimerie; et, plus spécialement, La réunion de tous les arts qui concourent à l'imprimerie.
• Se dit, quelquefois, d'Un grand établissement typographique.

TYPOGRAPHIQUE .adj. des deux genres
• Qui a rapport à la typographie. Caractères typographiques. Presses typographiques. Procédés typographiques. Point typographique. Voyez POINT.

TYRAN .s.m.
• Celui qui a usurpé, envahi la puissance souveraine dans un État. Denys le Tyran. Ce sens a vieilli.
• Se dit surtout Des princes qui gouvernent avec cruauté, avec injustice, et sans aucun respect des lois divines et humaines. Cruel tyran. Ce n'est pas un roi, c'est un tyran. Il est devenu tyran. Les tyrans qui persécutaient les chrétiens.
• Se dit encore de Tous ceux qui abusent de leur autorité contre le droit et la raison. Les seigneurs féodaux du moyen âge étaient autant de petits tyrans. Ce gouverneur, ce magistrat s'est rendu le tyran de la province.
• Il est le tyran de sa compagnie, se dit D'un homme qui a pris, dans sa compagnie, une trop grande autorité, une influence dont il abuse.
• Il est le tyran de sa famille, de son domestique, de sa femme; il est tyran dans sa maison, se dit D'un homme qui exerce durement son autorité dans sa famille. On dit de même, Ce chef est un tyran pour ses subordonnés.
• Fig., L'usage est le tyran des langues, L'usage prévaut sur les règles de la grammaire.

TYRANNEAU .s.m.
• Tyran subalterne. Il est familier.

TYRANNIE . s. f.
• Domination usurpée et illégale. Il veut opprimer la république, il aspire à la tyrannie. Le joug de la tyrannie.
• Se dit aussi D'un gouvernement légitime, mais injuste et cruel. User de tyrannie. Le pouvoir qui se met au-dessus des lois dégénère en tyrannie. Gémir sous la tyrannie. Sortir de la tyrannie. S'affranchir de la tyrannie. Horrible, cruelle tyrannie. Des actes de tyrannie.
• Se dit encore de Toute sorte d'oppressions et de violences. La province se plaignit des tyrannies de son gouverneur, et on le destitua. Ces officiers exigent tout ce qui leur plaît; n'est-ce pas une tyrannie? Il y a de la tyrannie à cela. C'est une véritable tyrannie, une insupportable tyrannie.
• TYRANNIE, se dit figurément Du pouvoir que certaines choses ont ordinairement sur les hommes. L'éloquence exerce une espèce de tyrannie, une douce tyrannie. La tyrannie de la beauté. La tyrannie de la coutume, de l'usage, de la mode. La tyrannie des passions.

TYRANNIQUE .adj. des deux genres
• Qui tient de la tyrannie, qui est injuste, violent, contre droit et raison. Gouvernement tyrannique. Pouvoir tyrannique. Loi tyrannique. Amitié tyrannique.

TYRANNIQUEMENT . adv.
• D'une manière tyrannique. Gouverner, régner tyranniquement.

TYRANNISER . v. a.
• Traiter tyranniquement. Ce prince, ce gouverneur, ce magistrat tyrannise les peuples. Tyranniser les consciences. Il tyrannise sa femme, toute sa famille. Vous me tyrannisez.
• Se dit aussi Des choses morales. Les passions tyrannisent l'âme. L'envie et l'ambition le tyrannisent.
• TYRANNISÉ, ÉE. participe

TZAR .s.m. - Voyez CZAR.

 


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D.R. BELAIR

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