D.R. BELAIR - RTMKB

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DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

VI ème ÉDITION

1835

 .

 

U .s.m.
• La vingt et unième lettre de l'alphabet, et la cinquième des voyelles. Un grand U. Un petit u. On met un tréma sur l'ü, lorsqu'on veut indiquer qu'il ne se lie point avec la voyelle précédente. Dans le mot Saül et dans le mot Ésaü, il faut mettre un tréma sur l'u.
• Il se place toujours après la consonne Q (Que, qui, querelle, etc.), excepté dans les mots où cette consonne est finale, comme Cinq, coq.
• Il se met également après le G, quand on veut donner le son dur à cette consonne, devant les voyelles e et i, comme dans les mots Guenon, guéable, guide, guitare.
• On distinguait autrefois deux sortes d'U: l'un voyelle (U), et l'autre consonne (V); ce dernier, dans l'usage actuel, se nomme ou Ve.

UBIQUISTE .s.m.
• (On prononce Ubikuiste.) Terme qui n'était guère en usage que dans l'université de Paris: on le disait d'Un docteur en théologie qui n'était attaché à aucune maison particulière, telles que les maisons de Sorbonne, de Navarre, etc.
• Fam., Il est ubiquiste, se dit D'un homme à qui les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout.

UBIQUITAIRE . s. des deux genres
• Nom d'une des sectes du protestantisme, qui se sont divisées d'opinion relativement à l'eucharistie.

UBIQUITÉ .s.f.
• T. dogmatique. État de ce qui est partout.

UHLAN .s.m.
• (L'U est aspiré.) Cavalier dans l'armée autrichienne, espèce de lancier d'origine tartare. Un corps de uhlans. Un uhlan. On écrit aussi Hulan et Houlan.

UKASE .s.m.
• Terme de la langue russe, adopté dans la nôtre, pour désigner Un édit de l'empereur de Russie. L'empereur de Russie donna, publia un ukase. Un ukase impérial.

ULCÉRATION .s.f.
• .Médec. et de Chirur. Formation d'un ulcère; ulcère superficiel. Il y a ulcération à la vessie.

ULCÈRE .s.m.
• Plaie, solution de continuité dans quelque partie du corps, ordinairement déterminée, et, plus souvent encore, entretenue par une cause interne ou un vice local. Ulcère malin. Ulcère chancreux. Petit ulcère. Il a un ulcère à la jambe, au poumon, à la vessie, au fondement. Elle a un ulcère à la matrice. Les bords, les lèvres d'un ulcère. Cet homme est plein d'ulcères. Un ulcère qui ronge. Cette plaie a dégénéré en ulcère.

ULCÉRER . v. a.
• Produire, causer un ulcère. Il lui est tombé sur les jambes des humeurs malignes, qui les ont ulcérées. Cette humeur âcre lui a ulcéré la gorge, les gencives, le poumon. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Sa plaie s est ulcérée.
• Se dit figurément, et signifie, Faire naître dans le coeur de quelqu'un un ressentiment profond et durable. Je ne sais qui l'a ulcéré contre vous. Ce discours, ce faux rapport l'a fort ulcéré.
• ULCÉRÉ, ÉE. participe, Fig., Une conscience ulcérée, Une conscience chargée de crimes, et pressée de remords depuis longtemps.
• Fig., Un coeur ulcéré, Un coeur qui garde un profond ressentiment.

ULCÉREUX, EUSE adj.
• .Médec. et de Chirur. Qui est couvert ou plein d'ulcères; Qui est tout ulcéré.

ULÉMA .s.m.
• Nom donné, chez les Turcs, aux docteurs de la loi. Le corps des ulémas. L'autorité religieuse et judiciaire est exercée par les ulémas.

ULMAIRE .s.f.
• .Bot. Espèce de spirée à fleurs odorantes, qu'on nomme autrement Reine-des-prés, et qui est assez commune dans nos campagnes.

ULTÉRIEUR, EURE adj.
• .Géographie. Qui est au delà, par opposition à Citérieur. La Calabre ultérieure est plus près de la Sicile que la Calabre citérieure.
• S'emploie figurément, et signifie, Qui se fait après, qui arrive après. Dans les négociations, on se réserve la liberté d'ajouter des demandes ultérieures aux demandes préliminaires. Prétentions ultérieures. Nouvelles ultérieures. Renseignements ultérieurs.

ULTÉRIEUREMENT .adv.
• Par delà, outre ce qui a été dit ou fait.
• Il signifie aussi, Postérieurement, ensuite. Ce sens est le plus ordinaire.

ULTIMATUM .s.m.
• (On prononce Ultimatome.) .Diplomatie. Les dernières conditions que l'on met à un traité, et auxquelles on tient irrévocablement. La France a envoyé son ultimatum.

ULTRAMONTAIN, AINE adj.
• Qui est situé, qui habite au delà des Alpes, par rapport à celui qui parle. Pays ultramontain. Auteur ultramontain.
• S'emploie aussi substantivement. Les ultramontains.
• Se dit encore, adjectivement et substantivement, en parlant Des maximes, des prétentions de la cour de Rome, en ce qui touche la puissance ecclésiastique. Maximes ultramontaines. Principes ultramontains. Les ultramontains prétendent que le pape est supérieur au concile général.

UMBLE .s.m.
• (On prononce Omble.) T. d'Hist. nat. Poisson qui tient beaucoup de la truite, mais qui n'en a pas les grandes dents. Il y en a une espèce qu'on appelle Umble-chevalier. On dit et on écrit communément, Ombre, ombre-chevalier.

UN .s. numéral.
• Le premier de tous les nombres. Un, deux, trois, quatre. Un et un font deux. Un pour cent. Un entre mille. Il est un de ceux qui ont le mieux réussi. Il n'en est resté qu'un. Donnez-m'en un. N'en prenez qu'un à la fois.
• UN, signifie quelquefois, Le chiffre qui marque Un. Il faut ajouter là un un. Trois un de suite (111) font cent onze.
• UN, est aussi adjectif; et alors il fait au féminin, Une. Un homme. Une femme. L'un et l'autre climat. L'une et l'autre saison.
• UN, signifie aussi, Seul, qui n'admet point de pluralité. Dieu est un. La religion est une. La foi est une.
• La vérité est toujours une, Elle n'est jamais contraire à elle-même.
• UN, signifie quelquefois, Simple. Il faut que dans un poëme l'action soit une.
• Fam., C'est tout un, Il n'importe, cela est égal. Que cela arrive ou n'arrive pas, c'est tout un, ce m'est tout un. Qu'il vienne ou ne vienne pas, c'est tout un.
• UN, s'oppose quelquefois à Autre; alors on y joint l'article, et il tient lieu d'un substantif. J'ai vu l'un et l'autre. Il ne veut ni l'un ni l'autre. L'un vaut l'autre. L'une et l'autre est bonne, sont bonnes. Vis-à-vis l'un de l'autre. On a pris l'un pour l'autre. Mettez-les l'un dans l'autre, l'un sur l'autre, l'un derrière l'autre. Vous passerez l'un après l'autre. Ils se sont battus l'un contre l'autre. Ils se gâtent l'un l'autre. L'un est riche, et l'autre est pauvre. Les uns et les autres sont partis. Les uns sont de cet avis, les autres n'en sont pas.
• Fam., Les uns et les autres, Tout le monde sans distinction. Il n'est guère secret; il dit tout ce qu'il sait aux uns et aux autres. Cet ouvrier travaille pour les uns et pour les autres.
• Fam., Sur les une heure, Vers une heure, à une heure environ. Dans cette phrase, on prononce les comme si la première syllabe d'une était aspirée.
• Fig. et pop., Il m'en a donné d'une, Il m'a attrapé; il m'a dit un mensonge, il m'a fait une fourberie.
• UN, se prend quelquefois indéfiniment, pour indiquer Quelqu'un d'une manière indéterminée. J'ai vu un homme qui disait... Un philosophe a dit que...
• C'est un César, c'est un Cicéron, etc., C'est un homme aussi intrépide que César, aussi éloquent que Cicéron, etc.
• UN, se met quelquefois pour Tout et pour Quiconque. Un chrétien doit faire cela, Tout chrétien, quiconque est chrétien. Un homme peut-il raisonner de cette manière? Quiconque est homme peut-il, etc.? Un jardin bien cultivé, une terre bien cultivée doit produire, etc., Tout jardin, toute terre, etc.
• UN À UN. loc. adv. L'un après l'autre et un seul à la fois. Ils ne sauraient passer là qu'un à un. Je les ai comptés un à un.
• L'UN PORTANT L'AUTRE, L'UNE PORTANT L'AUTRE. loc. adverbiales. Faisant compensation de ce qui est moindre dans l'un avec ce qui est plus considérable dans l'autre. Ces volumes m'ont coûté deux francs, l'un portant l'autre. On dit quelquefois dans le même sens, L'un dans l'autre.

UNANIME .adj. des deux genres
• Qui réunit tous les suffrages, qui est d'un commun accord. Consentement unanime. Résolution unanime. D'une voix unanime. Un avis unanime. Les opinions furent unanimes.
• Se dit aussi Des personnes. Nous avons été unanimes sur cette question.

UNANIMEMENT .adv.
• D'une commune voix, d'un commun sentiment. Ils résolurent, ils conclurent tous unanimement... Ils conclurent unanimement à...

UNANIMITÉ .s.f.
• Conformité de sentiments, accord de suffrages entre plusieurs personnes. Il y avait une grande unanimité dans cette société. On a décidé à l'unanimité que... Il a obtenu l'unanimité des suffrages.

UNAU .s.m.
• T. d'Hist. nat. Quadrupède qui se meut avec une extrême lenteur, et qui diffère de l'aï en ce qu'il est dépourvu de queue. Voyez PARESSEUX.

UNCIALE .adj. f.
• Voyez ONCIALE.

UNGUIS .s.m.
• (On prononce Onguice.) T. d'Anat., emprunté du latin. Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Os unguis, Le plus petit des os de la face, ainsi appelé à cause de sa transparence et de sa forme, qui ressemble assez à celle d'un ongle. On le nomme aussi Os lacrymal.

UNIÈME .adj. des deux genres
• Nombre d'ordre qui répond à Un. Il ne s'emploie qu'avec les nombres Vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, quatre-vingts, cent, et mille. Le vingt et unième du mois.

UNIÈMEMENT .adv.
• S'emploie, comme le mot Unième, avec les nombres Vingt, trente, etc. Vingt et unièmement.

UNIFLORE .adj. des deux genres
• .Bot. Qui ne porte qu'une fleur. Pédoncule uniflore. Tige uniflore. --- Quelques autres termes de Botanique sont formés de la même manière: Unilatéral (qui est situé d'un seul côté). Uniloculaire (qui n'a qu'une seule loge). Etc.

UNIFORME .adj. des deux genres
• Semblable, égal, qui a la même forme, où l'on n'aperçoit aucune variété. Se dit D'une chose dont les différentes parties ont de la ressemblance entre elles. Une plaine uniforme. Une architecture uniforme. Une vie uniforme. Une conduite uniforme. Une doctrine uniforme.
• Style uniforme, Style dont les détails n'ont point de variété, dont le ton, le mouvement, la couleur sont partout les mêmes.
• Mouvement uniforme, Le mouvement d'un corps qui parcourt des espaces égaux en temps égaux.
• UNIFORME, se dit aussi De deux ou de plusieurs choses qui se ressemblent entre elles. Des bâtiments uniformes. Des allées uniformes. Des habits uniformes. Des sentiments uniformes.
• Habit uniforme, Habit fait suivant le modèle prescrit à un corps militaire. Il'ne quitte jamais son habit uniforme. Substantiv.: Un bel uniforme. L'uniforme de tel régiment. Les officiers sont obligés de porter leur uniforme, dans les garnisons. Les différents uniformes de l'armée. On dit quelquefois absolument, L'uniforme, pour L'habit militaire en général. Il porte bien l'uniforme. Endosser l'uniforme.
• Fig., Quitter l'uniforme, Se retirer du service militaire.

UNIFORMÉMENT .adv.
• D'une manière uniforme. Ils ont tous opiné uniformément. Tous les Pères ont écrit uniformément sur ce sujet.

UNIFORMITÉ .s.f.
• Ressemblance des parties d'une chose ou de plusieurs choses entre elles. L'uniformité d'un jardin. L'uniformité d'une vie tranquille. Uniformité de doctrine, de langage, de style. L'uniformité du style est bien près de la monotonie. L'uniformité des édifices d'une place publique. L'uniformité des opinions, des avis, etc. Cet auteur se contredit sans cesse, il n'y a point d'uniformité dans ses sentiments.

UNIMENT .adv.
• Également et toujours de même sorte. Ce fil est filé uniment. Cette toile est travaillée uniment.
• Il signifie aussi, Simplement, sans façon. Il vit uniment. Il est habillé fort uniment. Il m'a dit cela tout uniment. Parler uniment.

UNION .s.f.
• Jonction de deux ou de plusieurs choses ensemble. L'union de l'âme avec le corps. L'union des parties d'un même tout. L'union bizarre de certains mots.
• En termes de Théol., Union hypostatique, L'union du Verbe divin avec la nature humaine dans une même personne.
• Trait d'union. Voyez TRAIT et TIRET.
• UNION, signifie figurément, Concorde, liaison étroite, bonne intelligence. L'union conjugale. L'union fraternelle. L'union des coeurs. Leur mariage a fait l'union de ces deux familles. Cet accident a rompu l'union qui était, qui régnait entre eux. L'union des princes chrétiens. Ils ont toujours vécu dans une grande union. Il n'y a point d'union dans cette compagnie.
• S'emploie quelquefois absolument, pour signifier, Le mariage. Le ciel a béni leur union. Union bien assortie, mal assortie. Union illégale.
• Esprit d'union, Esprit de paix et de concorde.
• En termes de Procéd., Contrat d'union, Contrat par lequel des créanciers s'unissent pour agir de concert, et renoncent à faire des poursuites séparées contre le débiteur commun.
• En termes de Peinture, Union de couleurs, L'accord des couleurs qui conviennent bien ensemble, et qui sont bien assorties par rapport à la lumière du tableau.
• UNION, se dit quelquefois de La jonction de deux ou de plusieurs choses qui de leur nature étaient séparées. L'union de deux terres, de deux fiefs. L'union de deux charges. L'union de deux évêchés.
• Lettres d'union, Lettres du roi qui unissaient une charge à une autre, une terre à une autre, etc. Bulles d'union, Les bulles du pape qui unissent un bénéfice à un autre, ou à une communauté.
• UNION, se dit quelquefois, absolument, de La confédération des États-Unis de l'Amérique. Les provinces de l'Union. Président de l'Union.
• UNION, en termes de Manége, L'ensemble d'un cheval.

UNIQUE .adj. des deux genres
• Seul. Fils unique. C'est son frère unique. Unique héritier. Seul et unique héritier. Selon la Fable, le phénix est unique en son espèce. On ne trouve plus ce livre, j'en ai l'unique exemplaire qui reste. Mon unique soin. Mon unique intérêt. Son unique occupation. En ce genre-là, c'est l'unique.
• UNIQUE, signifie figurément et par exagération, Qui est infiniment au-dessus des autres, et auquel les autres ne peuvent être comparés. C'était l'unique capitaine, l'unique orateur qu'il y eût en ce temps-là. Ce peintre, ce musicien est unique dans son genre. C'est un homme unique en vertu, en mérite, etc. C'est un homme unique. C'est une femme unique. Vous êtes unique. Se dit aussi par dérision D'un homme ridicule, d'un extravagant, pour dire qu'Il n'a pas son semblable.
• Fam., Voilà qui est unique, c'est unique, se dit D'une chose à laquelle on ne s'attendait pas: il se prend souvent en mauvaise part.
• En termes de l'Écriture sainte, L'unique nécessaire, L'affaire du salut.

UNIQUEMENT .adv.
• Exclusivement à toute autre chose. Il s'applique uniquement à l'astronomie, à la poésie, etc. Il est uniquement occupé de cela.
• Il signifie aussi, Au-dessus de tout, préférablement à tout. Il l'aime uniquement.

UNIR .v. a.
• Joindre deux ou plusieurs choses ensemble. Unir deux tuyaux par leurs extrémités. Unir deux pièces de métal par une soudure. Unir un mot à un autre, avec un autre. Unir deux mots par un tiret, pour n'en former qu'un seul. Unir l'Océan à la Méditerranée par un canal. Unir deux terres ensemble. Ils ont uni leurs forces, leurs armées. On avait uni ces deux charges, ces deux fiefs, ces deux bénéfices. Cela a été uni au domaine.
• En termes de Manége, Unir un cheval, Le mettre ensemble.
• UNIR, se dit figurément en parlant Des personnes qui ont des liens entre elles. C'est un intérêt commun, c'est l'amitié qui les unit. Unir deux maisons, deux familles par un mariage. Unir deux personnes par le mariage. Unir les époux.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Ils se sont unis pour repousser l'ennemi commun, contre l'ennemi commun. S'unir par le mariage. S'unir étroitement l'un à l'autre. S'unir d'intérêts. Unissez-vous à lui.
• UNIR, signifie aussi, Rendre égal, ôter les inégalités, aplanir une superficie raboteuse. Il faut unir cette pierre, cette planche, ce chemin, cette allée, l'aire de la grange.
• UNI, IE. participe, Ce sont des gens bien unis. C'est un ménage bien uni. Surface unie.
• En termes de Manége, Galop uni, Celui dans lequel la jambe de derrière suit exactement celle de devant qui entame. Ce cheval est uni, Il galope régulièrement.
• Provinces-Unies, Les provinces qui composaient la république de Hollande. États-Unis, États qui forment une grande république dans l'Amérique septentrionale.
• UNI, est aussi adjectif. Toile unie, Toile où il n'y a point de noeuds, d'aspérités, et qui est également serrée partout. Fil uni, Fil qui est filé également.
• Il signifie particulièrement, Qui n'a aucun ornement, comme galon, dentelle, frange, broderie, dessin, dorure, etc. Étoffe unie, toute unie. Velours uni. Il porte toujours du linge uni. Il avait un habit uni, tout uni.
• Fig., Un style uni, un chant uni, Simple et sans ornements.
• Fig., Une vie unie, une conduite unie, Une vie, une conduite égale, uniforme.
• Fig., Un homme tout uni, Un homme simple et sans façon, ou qui a un extérieur modeste.
• UNI, s'emploie aussi adverbialement, et signifie, Uniment, également. Cela est filé bien uni.
• À L'UNI loc. adv. De niveau. Il y avait du haut et du bas dans ce jardin, on a mis tout à l'uni. Il vieillit.

UNISEXUEL, ELLE adj.
• (L'S doit se prononcer fortement, comme dans Sexe.) .Bot. Se dit Des fleurs qui ne réunissent point les deux sexes, qui n'ont que des étamines ou des pistils. Fleurs unisexuelles.

UNISSON .s.m.
• .Musiq. Accord de plusieurs voix, de plusieurs cordes, de plusieurs instruments, qui ne font entendre qu'un même ton. L'unisson est la plus simple de toutes les consonnances. Chanter à l'unisson. Monter deux cordes, deux instruments à l'unisson. Ces voix sont à l'unisson.
• S'emploie quelquefois figurément, au sens moral. Il se met à l'unisson de tout le monde. Leurs esprits sont à l'unisson.

UNITAIRE .s. et adj. des deux genres
• Nom d'une secte qui, en admettant la révélation, ne reconnaît qu'une seule personne en Dieu.

UNITÉ .s.f.
• Principe du nombre. Plusieurs unités font un nombre. Le nombre est composé d'unités.
• Il signifie aussi, Qualité de ce qui est un, par opposition à Pluralité. L'unité de Dieu. Presque toutes les sectes chrétiennes reconnaissent en Dieu unité de substance et trinité de personnes. L'unité de l'Église. L'unité de la foi dans tous les temps, entre toutes les sectes. Unité de sentiments.
• En parlant De poëmes dramatiques, Les trois unités, l'unité d'action, l'unité de lieu, et l'unité de temps, Les règles qui veulent qu'il n'y ait qu'une action dans une pièce, que cette action se passe dans le même lieu, et qu'elle ne dure pas plus de vingt-quatre heures.

UNITIF, IVE adj.
• .Dévotion mystique. Il n'est guère usité que dans cette locution, Vie unitive, État de l'âme dans l'exercice du pur amour.

UNIVALVE .adj. des deux genres
• T. d'Hist. nat. Se dit Des mollusques dont la coquille n'est composée que d'une pièce. Coquillages univalves.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Les univalves et les bivalves.
• UNIVALVE adjectif, se dit, en Botanique, D'un péricarpe qui ne s'ouvre que d'un seul côté.

UNIVERS .s.m.
• Le monde entier. Les parties de ce grand univers. Dieu a créé, conserve et gouverne l'univers.
• Se dit, dans un sens particulier, de La terre, et quelquefois même d'Une grande partie de la terre. Au bout de l'univers. Son nom vole par tout l'univers. Il n'y a rien de pareil dans l'univers.
• Se dit aussi Des habitants de la terre. Tout l'univers était à ses genoux. Les apôtres ont annoncé l'Évangile à tout l'univers.

UNIVERSALITÉ .s.f.
• Généralité, ce qui renferme les différentes espèces. L'universalité des êtres, des sciences, des arts.
• Se dit aussi en Jurisprudence, et signifie, Totalité. L'universalité des biens.
• Se dit également en termes de Logique, et signifie, La qualité d'une proposition universelle. L'universalité de cette proposition.

UNIVERSAUX .s.m. pl. - Voyez UNIVERSEL, substantif.

UNIVERSEL, ELLE adj.
• Général, qui s'étend à tout, qui s'étend partout. Un bien universel. Un mal universel. Déluge universel. Famine, peste, désolation universelle. Remède universel, qui s'applique à tous les maux. Méthode universelle, qui s'applique à tous les cas de même espèce. Avoir, obtenir l'approbation universelle, le suffrage universel. Jouir de l'estime universelle.
• Il signifie aussi, Qui embrasse, qui renferme, qui comprend tout. Science universelle. Esprit universel.
• Cet homme est universel, Il a une grande étendue de connaissances.
• UNIVERSEL, est substantif en termes de Logique, et se dit De ce qu'il y a de commun dans les individus d'un même genre, d'une même espèce. En ce sens, son pluriel est Universaux. L'universel à parte rei, et l'universel à parte mentis. On distinguait cinq universaux: le genre, la différence, l'espèce, le propre et l'accident.

UNIVERSELLEMENT .adv.
• Généralement. Cela est universellement reçu, universellement approuvé, condamné.

UNIVERSITAIRE .adj. des deux genres
• Qui appartient à l'université. Régime universitaire. Rétribution universitaire. Corps universitaire.

UNIVERSITÉ .s.f.
• Corps de professeurs établi par autorité publique, pour enseigner les langues, les belles-lettres, la philosophie et les sciences. L'université de Paris, de Toulouse, de Poitiers, de Caen, de Louvain, d'Oxford, de Bologne, etc. Université célèbre. Recteur, chancelier, suppôts de l'université. Régent de l'université. Les quatre facultés de l'université étaient les arts, la médecine, le droit et la théologie. Le quartier de l'université. En France, il n'y a plus qu'une seule université, divisée en autant d'académies qu'il y a de cours royales. Grand maître de l'université. Écolier, élève de l'université. Il a fait ses études, pris ses degrés dans l'université de Paris.

UNIVOCATION .s.f.
• .Scolastique. Caractère de ce qui est univoque. La question de l'univocation de l'être était autrefois agitée dans les écoles.

UNIVOQUE .adj. des deux genres
• .Scolastique. Se dit Des noms qui s'appliquent dans le même sens à plusieurs choses, soit de même espèce, soit d'espèces différentes. Animal est un terme univoque à l'aigle et au lion. Homme est univoque, soit qu'il s'applique à Pierre, soit qu'il s'applique à Paul.

UPAS .s.m.
• .Bot. Grand arbre de l'île de Java, qui appartient à la famille des Urticées, et d'où il découle un suc très-vénéneux.

URANE ou URANIUM s. m.
• .Chimie. Métal nouvellement découvert.

URANOGRAPHIE .s.f.
• T. didactique. Description du ciel.

URANOGRAPHIQUE .adj. des deux genres
• Qui appartient à l'uranographie.

URANOSCOPE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Poisson de mer, ainsi nommé parce qu'il a les yeux placés au-dessus de la tête, et tournés vers le ciel.

URANUS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Astron. Planète découverte par Herschel, dont elle a porté le nom pendant quelque temps.

URATE .s.m.
• .Chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide urique avec différentes bases.

URBAIN, AINE adj.
• De ville, de la ville; par opposition à Rural. Il ne s'emploie guère qu'en termes d'Administration et de Jurisprudence. La vente des maisons urbaines. Servitudes urbaines.

URBANITÉ .s.f.
• Politesse que donne l'usage du monde. J'aime son ton, ses manières, il est plein d'urbanité. Les habitants de ce lieu reculé ont fort peu d'urbanité.
• Se dit, particulièrement, de La politesse des anciens Romains. L'urbanité romaine.

URCÉOLÉ, ÉE.. adj.
• .Bot. Renflé comme une petite outre, et rétréci vers l'orifice. La corolle de beaucoup de bruyères est urcéolée.

URE .s.m.
• Espèce de taureau sauvage, qu'on appelle autrement Aurochs.

URÉE .s.f.
• .Chimie. Substance qui colore l'urine, et qui est le radical de l'acide urique.

URETÈRE .s.m.
• T. d'Anat. On appelle ainsi Les deux canaux qui portent l'urine des reins à la vessie. Il avait de petites pierres dans l'uretère. L'uretère droit. L'uretère gauche.

URÈTRE .s.m.
• T. d'Anat. Le canal par où sort l'urine. Il a un ulcère dans l'urètre. Le canal de l'urètre. Quelques-uns écrivent, Urèthre.

URGENCE .s.f.
• Qualité de ce qui est urgent. Attendu l'urgence du cas. L'urgence du besoin. On a déclaré l'urgence. Il y a urgence. En cas d'urgence. Vu l'urgence.

URGENT, ENTE adj.
• Pressant, qui ne souffre point de retardement. Il l'a assisté dans son urgente nécessité. Affaires urgentes. Les urgentes nécessités de l'État. Maladie urgente. Besoin urgent. Le cas était urgent.

URINAIRE .adj. des deux genres
• T. d'Anat. et de Médec. Qui a rapport à l'urine. Conduit urinaire. Voies urinaires. Canal urinaire.

URINAL .s.m.
• Vase à col incliné, où les malades urinent commodément. Ce malade demande l'urinal.
• Se dit également d'Une espèce de réservoir qu'on adapte à la verge, dans quelques cas d'incontinence d'urine, et qui reçoit ce liquide à mesure qu'il s'écoule.

URINE .s.f.
• Liquide excrémentitiel, ordinairement d'une couleur citrine, sécrété par les reins, conduit par les uretères dans la vessie, et de là poussé dehors à des intervalles plus ou moins longs. Urine épaisse, chargée, trouble, claire, âcre, mordicante, purulente, sanguinolente. Le sédiment de l'urine. Suppression d'urine. Rétention d'urine. Retenir son urine. Urine de cheval. Se dit plus ordinairement De l'homme, et ce terme est plus honnête que celui de Pissat.
• Médecin des urines, Celui qui prétend connaître toutes les maladies par l'inspection des urines.

URINER .v. n.
• Évacuer l'urine. Il urine bien. Il urine abondamment. Il ne saurait uriner. Il a une difficulté d'uriner. On ne le dit guère que Des malades.

URINEUX, EUSE adj.
• Qui est de la nature de l'urine, qui a l'odeur de l'urine fermentée.

URIQUE .adj. des deux genres
• .Chimie. Se dit D'un acide produit par la combinaison de l'urée avec l'oxygène, et qui forme la plupart des calculs de la vessie. Acide urique.

URNE .s.f.
• Vase qui, chez les anciens, servait à divers usages, comme à renfermer les cendres des morts, et qui sert maintenant à recevoir les billets pour tirer au sort, etc. Urne sépulcrale. Urne cinéraire. Dans cette urne sont les cendres du grand Pompée. Chacun mit son billet dans l'urne. L'urne du scrutin.
• Se dit aussi Des vases sur lesquels sont appuyées les figures des dieux et des déesses, des fleuves et des fontaines.
• Se dit encore de Certains vases de porcelaine, de faïence ou d'autre matière, qui ont la forme des urnes antiques.
• Se dit par analogie, en Botanique, de L'espèce de capsule qui forme la fructification des mousses, et qui ressemble ordinairement à une petite urne.

URSULINES .s.f. pl.
• Ordre de religieuses qui suivent la règle de Sainte-Ursule. Un couvent d'ursulines.

URTICAIRE .s.f.
• .Médec. Éruption assez semblable à celle que produirait l'application des feuilles d'orties sur la peau.

URTICATION .s.f.
• .Chirur. Sorte de flagellation qu'on pratique avec des orties, pour exciter une vive irritation à la peau.

URTICÉES .s.f. pl.
• .Bot. Famille de plantes dont les caractères principaux sont ceux qui appartiennent à l'ortie.

US .s.m. pl. (On prononce l'S.)
• Usages. .Droit qui se joint presque toujours avec Coutumes, et qui signifie, Les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en quelque pays, en quelque lieu, touchant certaines matières. Les us et coutumes de la mer. Le bail porte qu'il entretiendra la maison selon les us et coutumes du lieu. Garder les us et coutumes.

USAGE .s.m.
• Coutume, pratique reçue. Long, constant, ancien, perpétuel usage. C'était l'usage du pays, du temps. Cela est reçu par l'usage. C'est l'usage. L'usage le veut ainsi. C'est son usage d'agir ainsi. Cela est conforme, est contraire à l'usage. Cela est hors d'usage. Suivre l'usage. Braver l'usage. Les usages reçus. Les moeurs, les coutumes, les usages d'un peuple.
• USAGE, signifie aussi, Emploi d'une chose. Faire usage d'un aliment, d'un remède. On fait usage de cette plante en médecine. Faire usage du temps, de son temps, de son crédit, de ses moyens. Le bon, le mauvais usage des richesses. Mettre une chose en usage. Il a tout mis en usage pour réussir. Cela n'est point à mon usage, ne m'est plus d'aucun usage. Des lunettes à l'usage des myopes. Des livres à l'usage des colléges. Bréviaire à l'usage de Paris, de Rome. A quel usage destinez-vous cela? L'usage de la parole. Les langues ne s'apprennent bien que par l'usage.
• Se dit particulièrement de L'emploi qu'on fait des mots de la langue, et il offre deux sens bien distincts. En général, il se dit de L'emploi des mots, tel que la coutume l'a réglé. L'usage est l'arbitre souverain des langues, est le tyran des langues. L'usage a introduit, a consacré cette expression, cette tournure. Ce mot est d'usage. Ce mot n'est plus d'usage, n'est plus en usage, est maintenant hors d'usage. Ce terme n'a. d'usage, n'est en usage que dans le style familier. Cette expression n'est pas, du bon usage. Le plus grand usage de ce mot est dans le style soutenu. Quelquefois, il se dit de L'emploi particulier qu'on fait des mots, soit que, servi par son talent et consultant l'analogie, on trouve des moyens neufs de s'exprimer, soit qu'on tombe dans des fautes qu'entraîne le défaut de goût et de raison. L'usage qu'il a fait de cette expression est heureux. Habile écrivain, il a fait de ce mot un usage heureux, inattendu, tout nouveau. Vous faites des mots un usage vicieux, barbare. L'usage que ces deux auteurs font des mots prouve que l'un a de l'originalité et l'autre de la bizarrerie. L'Académie ne prétend pas régler l'usage de chaque mot, elle indique l'usage qu'on en a fait.
• USAGE, signifie en outre, Le droit de se servir personnellement d'une chose dont la propriété est à un autre. En vendant sa bibliothèque, il s'en est réservé l'usage sa vie durant.
• Se dit aussi, en Jurisprudence, Du droit qu'ont les voisins d'une forêt ou d'un pacage, d'y couper le bois qui leur est nécessaire, ou d'y mener paître leur bétail. On a ôté, on a confirmé les usages aux riverains de ces forêts, de ces marais. J'ai droit d'usage, j'ai mon usage dans tel bois.
• USAGE, signifie encore, Habitude, pratique d'une chose. Il a l'usage de ces matières, de ces termes. Il a l'usage de dîner de bonne heure. Il est dans l'usage de rentrer tard. Il veille beaucoup, c'est son usage.
• Il signifie particulièrement, Expérience de la société, habitude d'en pratiquer les devoirs, d'en observer les usages. L'usage du monde, de la vie, ou simplement, L'usage. C'est un homme qui a beaucoup d'usage, qui a peu d'usage. Manquer d'usage.
• USAGES, au pluriel, se dit, en Librairie, Des livres dont on se sert pour le service divin, comme bréviaires, rituels, diurnaux, heures, processionnels, missels, etc. Ce sens est vieux.

USAGER .s.m.
• .Jurispr. Celui qui a droit d'usage dans certains bois, ou dans certains pacages. On a taxé les usagers.

USANCE .s.f.
• Usage reçu. L'usance du. pays, des lieux. Ce sens est vieux.
• Il signifie aussi, en parlant Des lettres de change, Terme de trente jours. Il a une lettre sur un tel à usance. Elle est payable à deux usances, à trois usances.

USANTE .adj. f.
• .Jurispr. Il n'est usité que dans cette phrase, Fille majeure usante et jouissante de ses droits, Fille majeure qui n'a ni père ni mère, et qui n'est sous l'autorité de personne.

USER .v. n.
• Faire usage de quelque chose, s'en servir. User de remèdes. Il ne faut user que de viandes légères, à cause de votre mal. Il use de tel régime. Usez-en sobrement. User d'un mot, d'un terme. Il ne se met qu'avec la préposition de, ou avec en, qui en est l'équivalent. On l'emploie cependant d'une manière absolue dans ces phrases: Usez, n'abusez pas, Usez modérément de telle chose. Ce n'est pas user, c'est abuser.
• Se dit aussi en parlant Des choses morales. User de menaces. User de prières. User de violence. User de voies de fait. User de finesse. User d'artifice. User de circonspection. User de précaution.
• User bien de quelque chose, En faire un bon usage; et, User mal de quelque chose, En faire un mauvais usage, en abuser. Il use bien de son crédit. Il use bien de sa faveur, du pouvoir qu'il a. C'est mal user des grâces que Dieu vous a faites.
• En user bien, en user mal avec quelqu'un, Agir bien ou mal avec lui. Il en use fort bien avec moi. C'est un ingrat, il en use très-mal avec son bienfaiteur.
• En user librement, familièrement avec quelqu'un, Avoir avec quelqu'un un procédé libre, une manière d'agir familière. Je vous demande pardon, si j'en use si familièrement, si librement avec vous.
• Absol., En user, Agir de telle et telle manière. Il faut savoir comme on en use dans ce pays. On en use ainsi entre gens d'honneur.
• USER, est aussi actif, et signifie alors, Consommer les choses dont on se sert. On use bien du bois dans cette maison. Il use tant de livres de bougie dans un hiver.
• Il signifie aussi, Détériorer imperceptiblement les choses, en les diminuant à force de s'en servir. Les enfants usent beaucoup d'habits et de souliers.
• Fig., User ses ressources, Les prodiguer et les affaiblir.
• Fig., User sa jeunesse auprès de quelqu'un, Passer sa jeunesse à servir quelqu'un. User ses yeux à force de lire, S'affaiblir la vue à force de lire. On dit dans la même acception, Il n'y a rien qui use tant un homme que la débauche, qui use tant le corps que les longues veilles, etc.
• USER, signifie quelquefois, Diminuer par le frottement. Il faut user sur la pierre la pointe de ces ciseaux. Les miroitiers usent les glaces. Le pavé use le fer des chevaux.
• Il signifie de même, au sens moral, Amoindrir, affaiblir. La jouissance use l'amour.
• Il signifie, en termes de Chirurgie, Consumer. Poudre pour user les chairs.
• USER, s'emploie aussi avec le pronom personnel. Les marbres, les pierres s'usent. Les habits s'usent à force de servir. Tout s'use à la longue.
• USER, s'emploie quelquefois comme substantif, et se dit en parlant Des choses qui durent longtemps. Cette étoffe, ce drap est d'un bon user. Il y a des étoffes qui deviennent plus belles à l'user.
• Fig. et fam., Cet homme est bon à l'user, Plus on le fréquente, plus on le trouve officieux, honnête, d'un commerce agréable et sûr. On dit aussi, On ne connaît bien les gens qu'à l'user.
• USÉ, ÉE. participe, Un habit usé. Des meubles usés.
• Ce cheval est usé, a les jambes usées, Ses jambes ne valent plus rien.
• Fam., C'est un homme usé, Il est très-affaibli par le travail, par les maladies, ou par les débauches.
• Fig., Une pensée usée, Une pensée qui a été employée souvent, et à laquelle on ne fait plus attention. On dit de même, Ce sujet est usé; ces moyens-là sont usés.
• Une passion usée, Un amour refroidi, diminué par le temps.
• Fig., Avoir le goût usé, Avoir le goût émoussé par le trop fréquent usage des ragoûts forts et piquants, ou des liqueurs violentes.

USINE .s.f.
• Établissement tel que forge, verrerie, moulin, etc. Il a établi des usines dans sa terre. Tout son bien consiste en usines. Il a construit des usines. Une belle usine.

USITÉ, ÉE .adj.
• Qui est en usage, qui est pratiqué communément. Cela est fort usité dans ce pays. C'est une chose fort usitée. Cela était fort usité en ce temps-là.
• Se dit principalement Des mots et des phrases qui sont en usage dans une langue. Ce mot n'est guère usité, n'est point usité. Une façon de parler fort usitée, peu usitée.

USQUEBAC .s.m.
• Liqueur. Voy. SCUBAC.

USTENSILE .s.m.
• Se dit de Toutes sortes de petits meubles servant au ménage, et principalement de Ceux qui servent à l'usage de la cuisine. Tout l'inventaire ne consistait qu'en quelques ustensiles de cuisine.
• Se dit aussi Des divers instruments propres à certains arts. Les ustensiles aratoires. Les ustensiles du jardinage.

USTION .s.f.
• Action de brûler. Se dit, en termes de Chirurgie, de L'effet du cautère actuel.
• Il signifie, en termes de Chimie, Une espèce de calcination par laquelle on réduit en cendres une substance.

USUCAPION .s.f.
• .Droit romain. Manière d'acquérir par la possession, par l'usage.

USUEL, ELLE adj.
• Dont on se sert ordinairement. Meubles usuels. Plantes usuelles. Langage usuel. Termes usuels. Maximes usuelles.

USUELLEMENT . adv.
• Communément, à l'ordinaire. Cela se dit usuellement.

USUFRUCTUAIRE .adj. des deux genres
• .Droit. Qui ne donne que la faculté de jouir des fruits. Le douaire des femmes est un droit usufructuaire.

USUFRUIT .s.m.
• .Droit. Jouissance des fruits, du revenu d'un héritage, des intérêts d'un capital, dont la propriété appartient à un autre. Il n'a point cette terre en propre, il n'en a que l'usufruit. Un oncle lui a laissé par testament l'usufruit de ce bien.

USUFRUITIER, IÈRE. s.
• .Droit. Celui, celle qui a l'usufruit. Le propriétaire et l'usufruitier. Les droits et les obligations de l'usufruitier. Elle n'est point propriétaire de ce domaine, elle n'en est qu'usufruitière.
• Réparations usufruitières, Celles qui sont à la charge de l'usufruitier. Dans cette locution, usufruitières est adjectif.

USURAIRE .adj. des deux genres
• Où il y a de l'usure. Contrat usuraire. Pacte usuraire. Intérêt usuraire. Dettes usuraires. Prêt usuraire. Emprunts usuraires.

USURAIREMENT .adv.
• D'une manière usuraire.

USURE .s. f.
• Intérêt, profit qu'on exige d'un argent ou d'une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l'usage en matière de commerce. Grosse usure. Double, triple usure. Prêter à usure. Emprunter à usure. Exercer l'usure. Se livrer habituellement à l'usure. Tirer usure de ce qu'on prête.
• Fig., Rendre avec usure, payer avec usure, Rendre, en bien ou en mal, au delà de ce qu'on a reçu. Dieu rend avec usure ce que l'on a fait pour lui. Il m'a fait un plaisir, je le lui rendrai avec usure. Il vous a fait du mal, mais vous l'en avez payé avec usure.
• USURE, se dit aussi Du dépérissement qui arrive aux habits, aux meubles, etc., par le long usage qu'on en fait. Son habit est percé; ce n'est pas accident, c'est usure. Dans ce sens, il est familier.

USURIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui prête à usure. Infâme usurier. Vieil usurier. C'est une usurière qui prête sur gages. Il fut condamné comme usurier.
• Se dit, par extension, de Ceux qui profitent des malheurs ou des nécessités d'autrui pour accroître leur fortune.

USURPATEUR, TRICE. s.
• Celui, celle qui par violence ou par ruse s'empare d'un bien, d'un pouvoir, d'une dignité, d'un titre, etc., qui ne lui appartient pas. Il ne se dit guère qu'en parlant De choses importantes. Les usurpateurs sont rarement tranquilles. L'usurpatrice du trône en fut chassée par l'héritier légitime.
• Se dit absolument de Celui qui a usurpé une souveraineté. L'usurpateur fut renversé du trône. Les usurpateurs ont souvent plus de peine à se soutenir qu'à s'élever.

USURPATION .s. f.
• Action d'usurper, ou Le résultat de cette action. L'usurpation de l'autorité souveraine. Son usurpation ne fut pas de longue durée. L'usurpation d'un titre, d'un droit. Usurpation de terrain.
• Se dit quelquefois de La chose même qui est usurpée. La plupart des terres de cette seigneurie n'étaient que des usurpations.

USURPER .v. a.
• S'emparer, par violence ou par ruse, d'un bien, d'une dignité, d'un titre qui appartient à un autre. Il n'était pas héritier de la couronne, il l'avait usurpée. Usurper un titre, un droit.
• Fig., Usurper la réputation, la gloire, l'estime, L'obtenir par fraude, sans droit légitime.
• USURPER, s'emploie aussi neutralement. Vous usurpez sur mes droits, sur mes possessions. Ce laboureur tâche toujours d'usurper sur ses voisins, c'est-à-dire, D'accroître son terrain en poussant sa culture sur le leur.
• USURPÉ, ÉE. participe, Un trône usurpé. Un titre usurpé.
• Fig., Réputation usurpée, Qui n'est fondée sur rien, ou qui surpasse de beaucoup le mérite de celui qui l'obtient.

UT .s.m.
• (On fait sentir le T.) .Musiq. La première des notes de la gamme. C'est aussi le nom du signe qui représente cette note. Le ton d'ut. Entonner un ut. Il y a un dièse à côté de cet ut.

UTÉRIN, INE adj.
• Se dit Des frères et des soeurs nés de même mère, mais non pas de même père. C'est son frère utérin. Elle n'est que sa soeur utérine.
• S'emploie quelquefois substantivement, au pluriel, surtout en Jurisprudence. Les utérins et les consanguins.
• En Médec., Fureur utérine, ou Nymphomanie, Maladie du sexe féminin, qui consiste en un penchant irrésistible et insatiable à l'acte vénérien.

UTÉRUS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Anat., emprunté du latin, et synonyme de Matrice.

UTILE .adj. des deux genres
• Profitable, avantageux, qui sert à quelque chose. C'est un homme qui vous sera utile dans vos affaires. Si je puis vous être utile en quelque chose, à quelque chose, vous n'avez qu'à parler. C'est une chose qui vous sera utile quelque jour. C'est un emploi, un travail fort utile. Cela est plus honorable qu'utile. La lecture est fort utile. Il lui a rendu des services qui lui ont été très-utiles.
• En termes de Procédure, Jours utiles, Les jours qui sont comptés dans les délais accordés par les lois, et dans lesquels les parties peuvent réciproquement agir en justice. Les dimanches ne sont point au nombre des jours utiles.
• Ordre utile, Le rang des créanciers qui, d'après la date de leur hypothèque, seront payés sur les biens du débiteur.
• En temps utile, Dans le temps prescrit, déterminé. On l'emploie surtout en termes d'Administration. Faire sa réclamation en temps utile.
• UTILE, est quelquefois substantif masculin, et signifie, Ce qui est utile. Préférer l'honnête à l'utile. Joindre l'agréable à l'utile.

UTILEMENT .adv.
• D'une manière utile. Il a travaillé utilement pour lui et pour les siens. Employer le temps utilement. Se servir utilement de l'occasion. Il a travaillé utilement dans cette affaire. Il a très-utilement servi l'État.
• En termes de Procédure, Être utilement colloqué, Être colloqué en ordre utile, de telle manière qu'on sera payé de sa créance. Il est un des plus anciens créanciers, il ne peut manquer d'être colloqué utilement. Les créanciers utilement colloqués.

UTILISER .v.a.
• Tirer de l'utilité, tirer parti d'une chose. Vous venez de bâtir, il faut utiliser les matériaux qui vous restent.
• UTILISÉ, ÉE. participe

UTILITÉ .s.f.
• Profit, avantage. Cela n'est pas de grande utilité, d'une grande utilité. Utilité publique. Utilité particulière. Quelle utilité vous en revient-il? Je n'en vois pas l'utilité.
• Cela n'est d'aucune utilité, Cela n'est d'aucun usage, ou Cela ne sert de rien.
• UTILITÉS, au pluriel, signifie, au Théâtre, L'emploi des acteurs qui jouent toutes sortes de rôles de peu d'importance. Elle joue les utilités.

UTOPIE .s.f.
• Il signifie, Ce qui n'est en aucun lieu, nulle part; et se dit en général d'Un plan de gouvernement imaginaire, où tout est parfaitement réglé pour le bonheur de chacun, comme au pays fabuleux d'Utopie, décrit par Thomas Morus, dans un livre qui porte ce titre. Chaque rêveur imagine son utopie. De vaines utopies.

UVÉE .s.f.
• T. d'Anat. Une des tuniques de l'oeil. On lui a percé l'uvée.

V .s.m.
• La vingt-deuxième lettre de l'alphabet, qu'on appelait abusivement U consonne, et que, suivant l'usage moderne, on nomme ou Ve.

VA
• Impératif du verbe Aller, employé adverbialement et familièrement pour dire, Soit, j'y consens. Voyez ALLER.
• Aux Jeux de la bassette, du pharaon, etc., Sept et le va, quinze et le va, etc., Sept fois, quinze fois la vade. J'ai gagné deux sept et le va dans cette taille. Je fais quinze et le va au dix.

VACANCE . s. f.
• Le temps pendant lequel une place, une dignité n'est pas remplie. En ce sens, il n'est d'usage qu'au singulier. Durant la vacance du saint-siége. La vacance d'une abbaye, d'un bénéfice, etc.
• VACANCES, au pluriel, signifie, Le temps auquel les études cessent dans les écoles, dans les colléges. Avoir vacances. Ils ont six semaines de vacances. Voilà le temps des vacances. Je ferai cela durant les vacances. Où irez-vous passer les vacances? Prolonger les vacances, Ne pas reprendre le travail aussitôt après que les vacances sont finies.
• S'emploie dans les mêmes phrases en parlant Du temps où les tribunaux interrompent leurs fonctions, et qu'on appelle autrement Vacations.
• Se dit quelquefois au singulier. Un jour de vacance.

VACANT, ANTE. adj.
• Qui n'est pas occupé, qui est à remplir. Se dit proprement Des maisons, lieux et places qui ne sont pas occupés. Maison vacante. Lit vacant dans un hôpital. Il y a un appartement vacant dans cette maison.
• Se dit figurément Des emplois, des places, des dignités, etc. Le saint-siége était vacant. Cette place est vacante. Il y avait plusieurs abbayes vacantes. Bénéfice vacant par mort. Cela fut fait le siége vacant. Il y a une place vacante dans tel tribunal, dans telle compagnie. Il y a plusieurs emplois vacants dans cette administration.
• Cette compagnie est vacante, ce régiment est vacant, Le grade de capitaine, de colonel n'est pas rempli. Ce sens a vieilli.
• En Jurispr., Succession vacante, Succession que personne n'a réclamée lorsqu'elle a été ouverte, ou à laquelle on a renoncé. Curateur aux biens vacants, Curateur établi pour la régie et conservation des biens qui n'ont point de propriétaire certain.

VACARME .s.m.
• Tumulte, grand bruit, bruit de gens qui se querellent ou qui se battent. Il y a du vacarme dans cette maison. Faire vacarme. Faire un grand vacarme, un vacarme épouvantable. Apaiser le vacarme. Faire cesser le vacarme. Voilà bien du vacarme pour peu de chose.
• Fam., Il est allé faire du vacarme dans cette maison, Il y est allé quereller quelqu'un, faire du bruit.

VACATION . s. f.
• Métier, profession. De quelle vacation est-il? Ce sens est vieux.
• VACATION, se dit aussi de Chacun des espaces de temps que des personnes publiques emploient à travailler a quelque affaire. On paye tant aux experts pour chaque vacation. Le rapport de ce procès a duré tant de vacations. Il y a eu ce jour-là deux vacations. Première, seconde vacation.
• Se dit de même, au pluriel, Des salaires, des honoraires qu'on paye aux gens d'affaires, aux gens de loi. Ce notaire s'est fait payer tant de vacations pour cet inventaire. Il lui faut tant pour ses salaires et vacations. On lui a taxé ses vacations. On a réglé ses vacations.
• VACATIONS, au pluriel, signifie encore, La cessation des séances des gens de justice. Le temps des vacations. J'ai fait cet ouvrage durant les vacations. Durant les vacations de la cour royale.
• Chambre des vacations, Chambre composée d'un président et de plusieurs conseillers ou juges, tirés des différentes chambres, dans laquelle on administre la justice pendant les vacations. Un tel préside à la chambre des vacations, tient la chambre des vacations. Tel conseiller est cette année de la chambre des vacations.
• VACATION, signifie, quelquefois, Vacance, en parlant De choses non occupées. Ce bénéfice, vacation avenante, sera réuni à tel évêché.

VACCIN .s.m.
• .Médec. Matière tirée de certaines pustules qui se forment au pis des vaches, ou de celles qui sont produites par la vaccination, et qu'on inocule pour préserver de la petite vérole. De bon vaccin. On dit quelquefois adjectivement, Le virus vaccin.

VACCINATION . s. f.
• Action de vacciner.

VACCINE . s. f.
• Maladie propre à la vache, et qu'on transmet à l'homme au moyen de l'inoculation, pour le préserver de la petite vérole. La vaccine a été découverte par Jenner.
• Se dit aussi Du procédé employé pour opérer cette sorte d'inoculation. Pratiquer, propager la vaccine. Comité de vaccine.

VACCINER . v. a.
• Inoculer le vaccin. Il vient de faire vacciner son enfant.
• VACCINÉ, ÉE. participe

VACHE . s. f.
• La femelle du taureau. Vache blanche. Vache noire. Vache grasse. Vache maigre. Traire les vaches. Tirer une vache. Mener les vaches aux champs. Garder les vaches. Étable à vaches. Vivre de lait de vache. De la bouse de vache. Une queue de vache. Le pis d'une vache.
• Fam., Roux comme une vache, Extrêmement roux. Fig., Poil de vache, Poil roux.
• Ranz des vaches. Voyez RANZ.
• Prov. et fig., Manger de la vache enragée, Éprouver beaucoup de privations et de fatigues.
• En termes de Manége, Ce cheval rue en vache, Il rue du pied de derrière en le jetant en avant, comme s'il voulait se frapper le ventre.
• Prov. et fig., Quand chacun se mêle de son métier, fait son métier, les vaches sont bien gardées, en sont mieux gardées, Toutes choses vont bien lorsque chacun ne se mêle que de ce qu'il doit faire.
• Prov. et fig., Bonhomme, garde ta vache, se dit Pour avertir quelqu'un de prendre garde qu'on ne le trompe.
• Prov., Il n'est rien tel, rien de tel, que le plancher des vaches, Il y a plus de sûreté à aller par terre que par eau, à rester sur terre qu'à s'embarquer.
• Prov., fig. et pop., Il a eu, il a pris la vache et le veau, se dit D'un homme qui a épousé une fille grosse d'un enfant dont il n'est pas le père.
• Prov., fig. et pop., Parler français comme une vache espagnole, Parler fort mal le français.
• Prov. et fig., S'il ne tient qu'à cela, la vache est à nous, Nous sommes sûrs de réussir.
• Prov. et fig., Le diable est aux vaches, le diable est bien aux vaches, Il y a du vacarme, du désordre, de la brouillerie, etc.
• Fig. et fam., Vache à lait, se dit d'Une personne ou d'une chose dont on tire un profit continuel. Ce plaideur, ce procès est une vache à lait pour ce procureur.
• Prov., bassem. et par moquerie, C'est une vache, une vraie vache, une grosse vache, se dit D'une femme qui a trop d'embonpoint. Elle devient vache, Elle prend trop d'embonpoint.
• VACHE, se dit aussi de La peau de vache corroyée, et propre à faire des souliers, des bottes, des harnais de chevaux, etc. Acheter une vache, deux vaches. La vache est bien chère. Vache d'Angleterre. Vache de Russie. Vache de pays. Vache bien passée. Vache parée. Souliers de vache retournée.
• Se dit encore d'Un panier revêtu de cuir, qu'on place sur l'impériale des voitures de voyage, et qui en a les dimensions. Mettez ces habits dans la vache.

VACHER, ÈRE. s.
• Celui, celle qui mène paître les vaches et qui les garde. Un vacher. Un petit vacher. Une petite vachère. Le vacher du village. Un cornet de vacher. Le vacher corne.

VACHERIE . s. f.
• Lieu destiné à retirer les vaches. Faire rentrer les vaches dans la vacherie.

VACILLANT, ANTE. adj.
• (On fait sentir les deux L dans ce mot et dans les deux suivants.) Qui vacille. Démarche vacillante. Pied vacillant. Avoir la main vacillante. Lueur vacillante.
• Il signifie figurément, Incertain, irrésolu, chancelant. Esprit vacillant. Ces témoins sont vacillants dans leurs dépositions.

VACILLATION . s. f.
• Mouvement de ce qui vacille. La vacillation d'une barque. La vacillation de la lumière.
• Il signifie figurément, Incertitude, irrésolution, variation. Vacillation dans les sentiments. Vacillation dans les opinions, dans les projets. La vacillation des témoins rendit leur déposition suspecte.

VACILLER . v. n.
• Branler, chanceler, n'être pas bien ferme. La main lui a vacillé. Il faut mettre cette pendule sur quelque chose qui soit ferme, et qui ne puisse vaciller. On dit dans un sens analogue qu'Une lumière, une lueur, une clarté vacille.
• Se dit aussi De la langue, lorsqu'on emploie involontairement un mot pour un autre, ou que l'on prononce autrement qu'il ne faut. Sa langue vacille lorsqu'on l'intimide. Ce sens a vieilli.
• Fig., Vaciller dans ses réponses, Répondre tantôt d'une façon, tantôt d'une autre.
• Fig., Cet homme vacille toujours, ne fait que vaciller, Il est incertain, irrésolu, il n'est point ferme dans ce qu'il veut.

VACUITÉ . s. f.
• T. didactique. L'état d'une chose vide. La vacuité de l'estomac cause des tiraillements. Il est peu usité.

VADE . s. f.
• T. du Jeu de brelan et de certains autres jeux. La somme, quelle qu'elle soit, dont un des joueurs ouvre le jeu. La vade est de cent francs. La vade n'est que du fonds du jeu.
• Fig. et fam., Dans cette affaire chacun est pour sa vade, Chacun y est pour son intérêt, pour son compte. Cette phrase est peu usitée.

VADEMANQUE . s. f.
• .Banque. Diminution du fonds d'une caisse. Il est vieux.

VADE-MECUM .s.m.
• (On prononce Vadé-mécome.) Terme composé de deux mots latins. Se dit d'Une chose qu'on porte ordinairement et commodément sur soi. Ce petit livre est mon vade-mecum. On dit dans le même sens, Veni-mecum.

VA-ET-VIENT .s.m.
• .Mécan. (Beaucoup de personnes prononcent Vatévien.) Se dit d'Une partie de machine qui va et vient d'un point à un autre, lorsque la machine est en mouvement. On dit de même, Mouvement de va-et-vient.
• Se dit aussi d'Un petit bac qui sert à traverser une petite rivière, un ruisseau.

VAGABOND, ONDE. adj.
• Qui erre çà et là. Homme vagabond. Femme vagabonde.
• S'emploie figurément, et signifie, Désordonné, déréglé. Esprit vagabond. Tête vagabonde. Imagination vagabonde. Poétiq., Course vagabonde.
• Il est aussi substantif; et alors il se prend toujours en mauvaise part, pour signifier, Un homme sans aveu, sans état, sans domicile. C'est un vagabond. Les fainéants et les vagabonds.

VAGABONDAGE .s.m.
• L'habitude de vagabonder. Ordonnance contre le vagabondage.

VAGABONDER ou VAGABONNER. v. n.
• Être vagabond, faire le vagabond. Il est familier.

VAGIN .s.m.
• T. d'Anat. Canal qui conduit à la matrice.

VAGINAL, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui a rapport au vagin. Membrane vaginale. Ligaments vaginaux.

VAGISSEMENT .s.m.
• Cri des enfants nouveau-nés.

VAGUE . s. f.
• L'eau, soit de la mer, soit d'une rivière, soit d'un lac, lorsqu'elle est agitée et élevée au-dessus de la superficie par les vents, par la tempête, ou par quelque autre cause. De grandes vagues. Les vagues ont pensé l'abîmer. Il fut englouti par les vagues. Rompre la vague. Aller au-devant de la vague.

VAGUE . adj. des deux genres
• Indéfini, qui n'a point de bornes fixes et déterminées. Lieux vagues. Espaces vagues. Douleurs vagues.
• Terres vaines et vagues, Terres incultes, qui ne rapportent rien.
• VAGUE, s'emploie souvent au figuré, et signifie, Incertain, qui manque de fixité, de solidité. Esprit vague. Pensées vagues. Désir vague. Discours vagues. Propositions vagues. Promesses vagues. Raisonnements vagues. Répondre d'une manière vague.
• Se dit aussi De certaines causes et de certains effets, dont on ne peut nettement se rendre compte, et qui plaisent par ce qu'ils ont d'incertain et d'indéfini. Une vague et douce mélancolie. J'éprouvais un sentiment vague et plein de charme. Une vague rêverie. De vagues rêveries.
• Se dit également, en termes de Peinture, De ce qui manque de précision, de netteté; et souvent, par éloge, Des formes indécises, des teintes aériennes ou vaporeuses qui donnent à la composition une sorte de charme mystérieux. Couleur vague. Lumière vague.
• S'emploie substantivement au masculin, dans l'une et l'autre acception. Il y a du vague dans ce qu'il m'a dit. Il y a du vague dans ses pensées. Le vague de la couleur et des détails ajoute à l'effet de ce tableau.
• VAGUE, signifie encore, substantivement, Un grand espace vide, ou qu'on se figure comme tel. Le vague de l'air. Dans le vague des airs. On ne l'emploie guère que dans ces phrases.
• Fig., Se perdre dans le vague, Faire de longs raisonnements sans solidité, sans conclusion.

VAGUEMENT . adv.
• D'une manière vague. Il n'est d'usage qu'au figuré. Ne parler, ne répondre que vaguement.

VAGUEMESTRE .s.m.
• Officier chargé de la conduite des équipages d'une armée. Vaguemestre général. Le vaguemestre d'un régiment. C'est le vaguemestre qui est chargé de retirer des bureaux de poste les lettres adressées aux officiers et aux soldats de son régiment.
• Se dit aussi d'Un officier de la maison du roi et de celle des princes.

VAGUER . v. n.
• Errer çà et là, aller de côté et d'autre à l'aventure. Vaguer par les champs.

VAILLAMMENT . adv.
• Avec valeur. Il a vaillamment combattu.

VAILLANCE . s. f.
• Valeur, courage. Grande vaillance. Héroïque vaillance. Cette victoire est due à sa vaillance. S'emploie principalement dans la poésie et dans le style oratoire.

VAILLANT, ANTE. adj.
• Valeureux, courageux. Un vaillant capitaine. C'est un peuple vaillant. C'est une nation fort vaillante.

VAILLANT .s.m.
• Le fonds du bien d'une personne, son capital. Il a mis tout son vaillant à cette charge, à cette terre. Il est familier.
• S'emploie aussi adverbialement. Il n'a plus rien vaillant. Il a dix mille écus vaillant.
• Il n'a pas un sou vaillant, Il est sans bien, sans argent.

VAILLANTISE . s. f.
• Action de valeur. Il est vieux, et ne s'emploie que dans le style familier. Voilà une belle vaillantise. Il raconte ses prouesses, ses vaillantises.

VAIN, AINE. adj.
• Inutile, qui ne produit rien. Faire de vains efforts. Toutes ses sollicitations ont été vaines.
• Terres vaines et vagues, Terres incultes, qui ne rapportent rien.
• Vaine pâture, se dit Des terres dont la pâture est libre, où tous les habitants d'une commune peuvent conduire leurs bestiaux; et généralement de Toutes celles où il n'y a ni semences ni fruits.
• Temps vain, Temps bas et couvert accompagné d'une chaleur étouffante. Il fait un temps vain, un temps bien vain. Cette locution a vieilli.
• VAIN, signifie aussi, Frivole, chimérique, qui n'a aucun fondement solide et raisonnable. Espérance vaine. Prétention vaine. Pensée vaine. Une vaine crainte. De vaines alarmes. Des promesses, des paroles vaines. De vains scrupules. La gloire du monde est une chose bien vaine.
• Il signifie encore, Orgueilleux, superbe; et alors il ne se dit guère que Des personnes. Il est vain, extrêmement vain. C'est un homme fort vain. C'est une âme vaine. Il est vain dans ses discours. Il est tout vain de l'honneur qu'il a reçu.
• Vaine gloire, Orgueil, sotte gloire. Il est rempli de vaine gloire, tout plein de vaine gloire.
• EN VAIN. loc. adv. Inutilement. Il travaille en vain. Je cherche en vain à le calmer. C'est en vain qu'il s'efforce de réussir.
• Prendre le nom de Dieu en vain, L'employer dans un serment sans nécessité.

VAINCRE . v. a.
• (Je vaincs, tu vaincs, il vainc; nous vainquons, vous vainquez, ils vainquent. Je vainquais. Je vainquis. Je vaincrai. Je vaincrais. Que je vainque. Que je vainquisse, etc. Le présent et l'imparfait de ce verbe sont peu usités.) Remporter quelque grand avantage sur ses ennemis, dans la guerre. Les Romains ont vaincu les plus belliqueuses nations de la terre. Vaincre en bataille rangée. Vaincre par ruse, par finesse. Il faut vaincre ou mourir.
• Se dit également Des avantages qu'on remporte sur ses concurrents, sur ses compétiteurs. Vaincre quelqu'un à la course, à la lutte. Vaincre ses rivaux. Vaincre dans la dispute.
• Il signifie encore, Surpasser, lorsqu'il y a une sorte d'émulation entre les personnes. Vaincre les autres en générosité, en politesse.
• Se dit aussi en parlant Des obstacles qu'on surmonte. Il a vaincu sa mauvaise fortune. Il a vaincu tous les obstacles qui lui étaient opposés. J'ai vaincu sa résistance, son obstination.
• Se dit de même en parlant Des passions qu'on surmonte. Vaincre sa colère, son dépit, son amour, son ambition.
• Avec le pron. pers., Se vaincre soi-même, Dompter sa passion, ses passions.
• Se laisser vaincre à la pitié, à des raisons, ou absolument, Se laisser vaincre, Se laisser toucher, se laisser persuader.
• VAINCU, UE. participe, Un ennemi vaincu. Vaincu par les prières, par les instances de quelqu'un, par l'évidence des preuves.
• Il est quelquefois substantif. Le vaincu est contraint d'obéir. Le vainqueur et le vaincu. Épargner les vaincus. Malheur aux vaincus!

VAINEMENT . adv.
• En vain, inutilement. Il a parlé vainement. Il a travaillé vainement et sans fruit. J'espérais vainement vous servir.

VAINQUEUR .s.m.
• Celui qui a vaincu. Alexandre fut vainqueur des Perses. Vainqueur généreux, inhumain, farouche, cruel. Entrer en vainqueur dans une ville.
• Le vainqueur de Pharsale, de Coutras, de Rocroy, d'Austerlitz, etc., Celui qui a vaincu à Pharsale, à Coutras, à Rocroy, à Austerlitz, etc.
• VAINQUEUR, se dit également de Celui qui a remporté quelque avantage sur son concurrent. Être vainqueur à la course, à la lutte. Vainqueur aux jeux Olympiques. Il sortit vainqueur de la discussion, du débat.
• Se dit aussi en parlant Des obstacles qu'on surmonte, des passions que l'on dompte. Vainqueur de tous les obstacles qu'on lui avait opposés. Le sage est vainqueur de ses passions.
• Ironiq. et adjectiv., Un air vainqueur, des airs vainqueurs, Un air de hardiesse, de suffisance, de confiance extrême. Prendre un air vainqueur, des airs vainqueurs.

VAIR .s.m.
• Terme dont on se servait anciennement pour désigner Une fourrure blanche et grise. Il ne s'emploie aujourd'hui qu'en parlant. D'armoiries, et signifie, Un des métaux du blason, composé de plusieurs petites pièces égales, qui sont ordinairement d'argent et d'azur, rangées alternativement, et disposées de telle sorte, que la pointe des pièces d'azur est opposée à la pointe des pièces d'argent, et la base à la base. Tel porte de vair. Gros vair. Menu vair.

VAIRON . adj. m.
• Se dit proprement De l'oeil d'un cheval quand la prunelle est entourée d'un cercle blanchâtre, ou quand le cheval a un oeil d'une façon et un d'une autre. Ce cheval a l'oeil vairon. Se dit quelquefois en parlant Des hommes.

VAIRON .s.m.
• T. d'Hist. nat. Petit poisson ainsi appelé à cause de la variété de ses couleurs.

VAISSEAU .s.m.
• Vase, ustensile de quelque matière que ce soit, destiné à contenir des liquides. Vaisseau de terre. Vaisseau de bois. Vaisseau de cuivre. Vaisseau d'argent. Un vaisseau fragile. Un vaisseau de métal. Les chimistes ont besoin de différents vaisseaux pour leurs opérations.
• VAISSEAU, se dit aussi d'Un bâtiment de bois, construit d'une manière propre à transporter des hommes et des marchandises par mer et sur les grands fleuves. Dans les ports de mer, on ne donne ordinairement le nom de Vaisseau qu'aux bâtiments de l'État. Vaisseau de guerre. Vaisseau de première grandeur. Vaisseau de ligne. Vaisseau à deux ponts. Vaisseau à trois ponts. La poupe d'un vaisseau. La proue d'un vaisseau. L'avant d'un vaisseau. L'arrière d'un vaisseau. Le gouvernail, les mâts, les voiles, les cordages d'un vaisseau. Les ancres d'un vaisseau. Petit vaisseau. Vaisseau léger. Vaisseau pesant. Vaisseau bon voilier, fin voilier. Vaisseau du port de tant de tonneaux. Vaisseau du premier rang, du second rang, du dernier rang. Vaisseau rond. Vaisseau plat. Vaisseau de bas bord, de haut bord. Vaisseau marchand. Vaisseau qui va à voiles et à rames. Vaisseau français. Vaisseau anglais. Vaisseau de Barbarie. Vaisseau armé en guerre. Équiper un vaisseau. Armer, désarmer un vaisseau. Monter un vaisseau. Calfater un vaisseau. Radouber un vaisseau. Lester un vaisseau. Fréter un vaisseau. Lancer un vaisseau à l'eau. Faire venir quelqu'un à bord du vaisseau. Accrocher un vaisseau. Remorquer un vaisseau. Le vaisseau a mouillé à la rade de... Le vaisseau s'est entr'ouvert. Le vaisseau a touché. Ce vaisseau fait eau. Ce vaisseau prend, tire tant d'eau. Le vaisseau est à flot. Vaisseau garde-côte. Vaisseau de conserve. Le vaisseau est à l'ancre. Une flotte de tant de vaisseaux.
• Un vaisseau de tant de canons, Un vaisseau portant tel nombre de canons. On dit quelquefois, Un vaisseau de 74, de 80, etc., en sous-entendant canons.
• VAISSEAU, s'emploie figurément en plusieurs occasions. Le vaisseau de l'État, L'État, considéré par rapport à la manière dont il est ou doit être gouverné. Conduire, diriger le vaisseau de l'État, le vaisseau.
• VAISSEAU, se dit encore d'Une église, ou d'une galerie, d'un salon, d'une bibliothèque, et autres grandes pièces d'un bâtiment, considérées en dedans. Cette église est un beau vaisseau, un grand vaisseau, un vaisseau magnifique.
• VAISSEAU, se dit en outre Des veines, des artères, et de tous les petits canaux, de tous les petits conduits qui contiennent quelque humeur dans le corps de l'homme et des animaux. Vaisseaux petits, profonds, apparents. Vaisseaux trop pleins. Vaisseaux sanguins. Vaisseaux lymphatiques. Vaisseaux capillaires. Vaisseaux variqueux.
• Se dit quelquefois, dans le même sens, Des tuyaux, des tubes de l'intérieur des plantes.

VAISSELLE . s. f.
• Tout ce qui sert à l'usage ordinaire de la table, comme plats, assiettes, etc. Vaisselle d'or, d'argent, de vermeil, d'étain. Vaisselle de terre, de cristal, de faïence, de porcelaine. Vaisselle unie. Vaisselle ciselée. Buffet de vaisselle d'argent, de vaisselle de vermeil. De vieille vaisselle. Vaisselle au poinçon de Paris. Nettoyer la vaisselle. Sablonner, écurer la vaisselle. Laver la vaisselle. De la vaisselle qui n'est pas marquée, qui n'est pas armoriée.
• Vaisselle montée, Celle qui est composée de plusieurs pièces jointes ensemble avec de la soudure; et, Vaisselle plate, Celle où il n'y a point de soudure. Cela ne se dit que De la vaisselle d'argent ou d'or.
• Vaisselle plate, se dit aujourd'hui, plus particulièrement, Des plats et des assiettes d'argent, à la différence de la Vaisselle de porcelaine, de faïence, etc. On sert chez lui en vaisselle plate.

VAL .s.m.
• Vallée, espace de terre contenu entre deux coteaux. Il n'est plus en usage que dans les noms propres. L'abbaye du Val. Le château du Val. L'église du Val-de-Grâce.
• Il a un pluriel qui n'est en usage que dans cette phrase, Par monts et par vaux, et dans quelques noms de lieux, comme, Les vaux de Cernai.

VALABLE . adj. des deux genres
• Qui doit être reçu en justice. Cet acte n'est pas valable. Quittance valable. Caution bonne et valable.
• Cette excuse, cette raison n'est pas valable, Elle n'est pas recevable, elle n'est pas bonne.

VALABLEMENT . adv.
• D'une manière valable. Un mineur ne peut pas contracter s'il n'est valablement autorisé. Il en est bien et valablement déchargé.
• Ce mineur n'a pas été valablement défendu, Il n'a pas été défendu comme il pouvait et devait l'être en sa qualité de mineur.

VALÉRIANE . s. f.
• .Bot. Genre de plantes dont une espèce sert en médecine. Valériane officinale. Grande valériane.

VALET .s.m.
• Domestique, serviteur. Bon valet. Mauvais valet. Valet à tout faire. Il récompense mal ses valets. Il se laisse gouverner par ses valets. Être à la merci de ses valets. Valet d'écurie. Valet d'étable. Valet de louage. Valet de bourreau. Etc. Les défauts attribués aux valets ont rendu ce nom fâcheux à donner: on dit ordinairement, Domestique. Il y a néanmoins quelques dénominations où ce terme n'emporte point une idée de mépris; telles sont, Valet de ferme, valet de charrue, et les deux suivantes:
• Valet de chambre, Le domestique attaché plus particulièrement au service de la personne de son maître. Valet de chambre du roi. Il vient de renvoyer son valet de chambre.
• Maître valet, Celui qui, dans une terre ou dans une ferme, a autorité sur les autres valets.
• Prov., Tel maître, tel valet, Les valets prennent les habitudes de leurs maîtres.
• Prov., Les bons maîtres font les bons valets, En traitant bien ses domestiques, on s'en fait bien servir.
• Fam., Cet homme fait le bon valet, Il fait le complaisant, l'empressé.
• Fam., Je suis votre valet; je suis son valet, se dit Quand on refuse de faire ou de croire quelque chose.
• Prov., Il est comme le valet du diable, il fait plus qu'on ne lui commande, se dit D'un homme qui, par zèle ou par tout autre motif, fait plus qu'on ne lui dit.
• Faire le bas valet, le plat valet, se conduire en valet, Avoir des habitudes, des moeurs serviles. Âme de valet, Âme basse.
• Valet à louer, Domestique qui n'a plus de maître. Se dit, figurément et familièrement, d'Un homme, de quelque qualité qu'il soit, qui a perdu son emploi, et qui en cherche un autre. Cette locution a vieilli.
• Valet de place, Celui qui, dans les villes, se met temporairement au service des voyageurs, des étrangers.
• Valet de comédie, Valet adroit et propre à l'intrigue, qu'on voit figurer dans beaucoup de comédies. Cet acteur joue les valets, remplit l'emploi des valets, fait les rôles de valets. Il a débuté dans les valets.
• VALET, est aussi La dénomination attribuée à certains offices inférieurs dans la maison du roi et dans celle des princes. Valet de garde-robe. Valet de pied. Valet de chiens. Valet de limiers, de lévriers.
• VALET, se dit encore d'Une carte sur laquelle est peinte la figure d'un varlet, et qui existe dans chacune des quatre couleurs d'un jeu. Valet de coeur. Valet de carreau. Valet de pique. Valet de trèfle.
• Fig. et fam., Valet de carreau, se dit d'Un homme qui ne mérite point de considération. On le reçut comme le valet de carreau, comme un valet de carreau.
• VALET, se dit, par analogie, d'Un poids qui pend avec une corde derrière la porte, pour faire qu'elle se ferme sans qu'on y touche.
• Se dit aussi d'Un instrument de fer qui sert à un menuisier pour fixer le bois qu'il travaille.
• Valet de miroir, Petite pièce de bois attachée derrière un miroir de toilette, pour le soutenir.

VALETAGE .s.m.
• Service de valet. Il est vieux.

VALETAILLE . s. f.
• Multitude de valets. Que faites-vous de toute cette valetaille? Se dit toujours par mépris.

VALET-À-PATIN .s.m.
• Instrument de chirurgie: sorte de pince qui sert à saisir les vaisseaux ouverts, dont on doit faire la ligature.

VALETER . v. n.
• Avoir une assiduité basse et servile auprès de quelqu'un par intérêt. C'est une âme basse, il n'a fait que valeter toute sa vie.
• Il signifie aussi, Faire beaucoup de courses, de démarches qui donnent de la peine, et demandent de la patience. Il m'a fallu valeter trois ans pour obtenir un emploi. Il est familier dans les deux sens.

VALÉTUDINAIRE . adj. des deux genres
• Maladif, qui est souvent malade. Cet homme, cette femme est fort valétudinaire.
• Se dit quelquefois substantivement. Les convalescents et les valétudinaires.

VALEUR . s. f.
• Ce que vaut une chose, suivant la juste estimation qu'on en peut faire. Il faut que vous me rendiez mon cheval, ou la valeur. Je lui en ai payé la valeur. Ce bien n'a pas été vendu sa juste valeur, à sa juste valeur. Il a augmenté, doublé, triplé la valeur de ce bien par une meilleure culture. Ce qui donne le plus de valeur à cette terre, ce sont les bois qu'elle contient. Cet objet a beaucoup perdu de sa valeur. La valeur de cette marchandise est fondée sur sa rareté. Il a dans ses greniers la valeur de dix mille écus en blé. Il en a pour la valeur de telle somme. Il a des meubles de quelque valeur, de peu de valeur, d'une médiocre valeur, de beaucoup de valeur, d'une grande valeur. Cela est d'une mince valeur. Cela doit avoir une énorme valeur.
• En parlant De monnaies, Valeur nominale, La valeur arbitraire donnée aux pièces par la loi; à la différence de Valeur réelle ou intrinsèque, La valeur du métal dont la pièce est formée.
• Pièce de nulle valeur, papiers de nulle valeur, Pièces, papiers inutiles et qui ne servent à rien.
• Cette denrée, cette marchandise est en valeur, Elle se vend bien, avantageusement. Les blés sont en valeur. Les vins ne sont point en valeur cette année. Les diamants ne sont pas maintenant en valeur.
• Cette terre, cette ferme est en valeur, Elle est bien cultivée, et en état de rapporter ce qu'elle doit produire.
• Mettre, remettre une terre, une ferme, des bois, des vignes en valeur, Y donner des soins, y faire des dépenses de manière à en tirer un bon produit.
• Attacher de la valeur à quelque chose, En faire grand cas, l'estimer beaucoup. Vous attachez trop de valeur à ces bagatelles.
• VALEUR, en termes de Banque et d'Économie politique, se dit de Toute sorte de biens disponibles. Déposer des valeurs. Fournit des valeurs. Valeurs mortes. Valeurs fictives. Créer des valeurs. Mettre des valeurs en circulation.
• VALEUR, en Musique, signifie, La durée que doit avoir chaque note, et qu'indique sa figure. La valeur d'une blanche est le double de la valeur d'une noire.
• VALEUR, se dit aussi de La juste signification des termes, suivant l'usage reçu. Cet homme ne connaît pas, ne sait pas la valeur des termes dont il se sert.
• Fig., Donner de la valeur à ce qu'on dit, Ajouter de la force ou de la grâce à un discours par la manière de le débiter.
• LA VALEUR DE. Locution, familière dont on se sert en quelques occasions pour exprimer L'estimation approximative qu'on fait de quelque espace de lieu ou de temps, et de quelque autre chose que ce soit. Nous avons fait en nous promenant la valeur de deux lieues. Il n'a pas été à l'église la valeur d'une heure. Il n'a pas bu la valeur d'un verre de vin. Il n'a pas mangé la valeur d'une once de pain.
• VALEUR REÇUE Locution, dont on se sert dans les promesses et dans les lettres de change, Pour marquer qu'on a reçu autant que la somme qui y est spécifiée. Vous payerez à monsieur... dix mille francs, valeur reçue en marchandises, valeur reçue comptant, pour valeur reçue, valeur reçue.
• VALEUR EN COMPTE, Autre locution dont on se sert dans les lettres de change, Pour indiquer qu'on est en compte courant avec la personne ou la société au profit de laquelle la lettre est faite.

VALEUR . s. f.
• Bravoure, vaillance, vertu qui consiste à s'exposer courageusement à tous les périls de la guerre. Valeur héroïque. Valeur brillante. Valeur éprouvée, reconnue, à toute épreuve. Avoir de la valeur. Être rempli de valeur. Il faut que tout cède à sa valeur. Il a conquis plusieurs provinces par sa valeur. La paix vint enchaîner sa valeur. La fortune ne seconde pas toujours la valeur.

VALEUREUSEMENT . adv.
• Avec valeur. Il a combattu valeureusement. Les assiégés se défendirent valeureusement. Il n'est plus guère usité que dans le style soutenu.

VALEUREUX, EUSE. adj.
• Brave, vaillant, qui a beaucoup de valeur, beaucoup de courage. C'est un valeureux soldat, un homme valeureux.

VALIDATION . s. f.
• Action de valider. Il ne se dit qu'en termes de Procédure et de Comptabilité. Cette formalité est nécessaire pour la validation de l'acte. Ce comptable obtint un arrêt de validation.

VALIDE . adj. des deux genres
• Valable, qui a les conditions requises par les lois pour produire son effet. Il ne se dit guère que Des contrats ou autres actes, et Des sacrements. Cet acte n'est pas valide. Il faut faire homologuer ce contrat au tribunal, pour le rendre plus valide. Le baptême des luthériens, des calvinistes est valide.
• VALIDE, signifie aussi, Sain, vigoureux, par opposition à Malade ou infirme. On l'emploie surtout dans cette locution, Mendiants valides.
• Il se prend quelquefois substantivement, dans ce même sens. Il y a dans cet hospice tant d'infirmes et tant de valides.

VALIDÉ . s. f.
• Titre que les Turcs donnent à la mère du sultan régnant. La sultane Validé.

VALIDEMENT . adv.
• Valablement, avec assurance que la chose dont il s'agit aura son effet. On ne peut contracter validement avec un mineur.

VALIDER . v. a.
• Rendre valide. Valider, faire valider un acte, un contrat, une dépense. Le consentement subséquent du père et de la mère a validé le mariage.
• VALIDÉ, ÉE. participe

VALIDITÉ . s. f.
• La force et la vertu que certaines choses reçoivent de l'accomplissement des formalités et des conditions qui leur sont nécessaires. On lui conteste la validité de son titre. La validité d'un acte. La validité des sacrements dépend de... La validité des preuves.

VALISE . s. f.
• Espèce de long sac de cuir qui s'ouvre dans sa longueur, propre à être porté sur la croupe d'un cheval, et dans lequel on met des hardes pour sa commodité. Grande valise. Mettre des hardes dans une valise. Ouvrir une valise. Fermer une valise.

VALISNÈRE ou VALISNÉRIE. s. f.
• .Bot. Plante aquatique et monoïque, dont les fleurs femelles sont portées par des pédoncules en spirale qui s'allongent ou se raccourcissent selon que les eaux montent ou s'abaissent, et dont les fleurs mâles, qui naissent au fond de l'eau, se détachent de la tige au moment de la fécondation, et viennent s'épanouir à la surface pour verser le pollen sur les fleurs femelles. La valisnère croît dans l'Europe méridionale et dans toute l'Asie.

VALKYRIES . s. f. pl.
• Nom que les anciens Scandinaves donnaient à certaines nymphes qui habitaient le palais d'Odin, et dont la fonction était de verser la bière et l'hydromel aux héros tués dans les combats.

VALLAIRE . adj. f.
• (On fait sentir les deux L.) T. d'Antiq. On ne l'emploie que dans cette dénomination, Couronne vallaire, La couronne que, chez les Romains, on donnait à celui qui avait le premier franchi les retranchements de l'ennemi.

VALLÉE . s. f.
• Espace entre deux ou plusieurs montagnes. Descendre dans la vallée. Un torrent qui tombe dans une vallée. C'est une belle vallée. Une vallée abondante, fertile. Sa maison est située dans la vallée de Montmorency. Cette vallée est entrecoupée de ruisseaux. La vallée de Tempé.
• Prov., Nous ne nous reverrons qu'à la vallée de Josaphat, se dit Quand on se sépare les uns des autres, dans l'idée qu'on ne se reverra plus.
• En termes de Dévotion, on appelle Ce bas monde La vallée de larmes, une vallée de misère, par opposition au Bonheur de la vie future.
• À Paris, La Vallée, se dit d'Un lieu, près du Pont-Neuf, où l'on vend de la volaille et du gibier. La Vallée a été bien fournie de volaille et, de gibier. Aller à la Vallée. Acheter de la volaille à la Vallée.

VALLON .s.m.
• Petite vallée, espace de terre entre deux coteaux. Nous nous sommes bien promenés dans ce vallon. Son jardin s'étend en partie sur la côte, en partie dans le vallon.
• Poétiq., Le sacré vallon, Le vallon qui est entre les deux croupes du Parnasse, et qui, selon la Fable, était le séjour des muses. On l'emploie aussi figurément pour exprimer Plusieurs choses qui ont rapport à la poésie. Il a été nourri dans le sacré vallon. La gloire du sacré vallon.

VALOIR . v. n.
• (Je vaux, tu vaux, il vaut; nous valons, etc. Je valais. J'ai valu. Je valus. Je vaudrai. Je vaudrais. Vaux, valez. Que je vaille; que nous valions, que vous valiez, qu'ils vaillent. Que je valusse. Valant.) Être d'un certain prix, avoir un prix, un certain mérite. Cette étoffe vaudrait tant. Elle valait dix francs l'aune. Vous ne la payez pas ce qu'elle vaut. La pistole, le louis d'or a valu tant. De ces deux objets, l'un vaut bien l'autre.
• Fam., Cette chose vaut de l'argent, Elle est d'un prix considérable.
• Prov., Cette chose vaut son pesant d'or, Elle est extrêmement bonne dans son genre, et on ne la peut trop payer, trop acheter. Familièrement, C'est un homme qui vaut son pesant d'or, se dit D'un homme dont on veut vanter les bonnes qualités.
• Prov., Chaque chose vaut son prix, chacun vaut son prix, Il ne faut rien déprécier, ni donner à personne des louanges qui vont à rabaisser les autres. Votre prévention pour cet ouvrier fait que vous n'estimez pas assez les autres; chacun vaut son prix.
• Prov., Cet homme en vaut bien un autre, Cet homme mérite autant d'estime qu'aucun autre.
• Prov., Monsieur vaut bien madame, ou Madame vaut bien monsieur, Le mari et la femme sont dignes l'un de l'autre, sont aussi riches, aussi beaux, aussi spirituels l'un que l'autre. S'emploie le plus souvent dans un sens ironique.
• Prov., Cette chose-là vaut mieux pistole qu'elle ne valait écu, se dit D'une chose qui a augmenté de prix par les soins qu'on s'est donnés, par les peines qu'on a prises.
• Prov. et fig., Le jeu ne vaut pas la chandelle, La chose dont il s'agit ne mérite pas les soins qu'on prend, les peines qu'on se donne, la dépense qu'on fait.
• Prov. et fig., Savoir ce qu'en vaut l'aune, se dit en parlant Des choses que par expérience on sait être difficiles, fâcheuses, pénibles, de grande dépense, etc. Il a eu des procès, il sait ce qu'en vaut l'aune. Il a bâti, il sait bien ce qu'en vaut l'aune. J'ai passé par là, je sais ce qu'en vaut l'aune.
• Il ne vaut pas la peine qu'on lui réponde, se dit, par mépris, D'un homme avec qui on ne veut point entrer en contestation.
• Cette chose, cette affaire ne vaut pas la peine d'y penser, se dit D'une chose, d'une affaire de peu de conséquence. On dit dans le sens contraire, Cette chose, cette affaire vaut bien la peine d'y penser, la peine qu'on y pense, Elle est importante, et elle mérite qu'on prenne du temps pour en délibérer. On dit absolument, dans l'un et l'autre sens, Cela ne vaut pas la peine, n'en vaut pas la peine.
• Fig. et fam., Cela ne vaut pas un sou, ne vaut pas un clou à soufflet, ne vaut pas le ramasser, ne vaut pas le diable, Cela ne vaut quoi que ce soit, cela n'est bon à rien, ne mérite pas qu'on le ramasse, ne vaut rien.
• Cette chose ne vaut rien, signifie communément, Cette chose n'a presque aucun mérite, n'est presque d'aucune valeur, d'aucune utilité, elle n'a pas les qualités requises pour être bonne; et cela se dit tant Des choses qui se vendent que des autres, même Des ouvrages d'esprit. L'étoffe qu'il a achetée ne vaut rien. Il a vendu un cheval qui ne valait rien. Cela ne vaut rien, ne vaut quoi que ce soit. Ce potage ne vaut rien. Il fit un grand discours qui ne valait rien. Cet ouvrage ne peut rien valoir.
• Cette chose ne vaut rien, se dit aussi D'une chose qui est entièrement usée et hors d'état de servir. Cet habit ne vaut rien, ne vaut plus rien. On dit également, Cet homme ne vaut rien, C'est un méchant homme, un homme dangereux. Ne vous fiez point à lui, c'est un homme qui ne vaut rien. Voyez VAURIEN.
• Cela ne vaut rien, Cela est mauvais, relativement à telle ou telle circonstance. Il fait un temps froid et humide; cela ne vaut rien pour moi, ne me vaut rien. Il relève de maladie, les ragoûts, la salade ne lui valent rien.
• Cela ne vaut rien, signifie encore, Cela ne signifie rien de bon, cela est de mauvais augure. Il s'endort dès qu'il a mangé, cela ne vaut rien Ce vieillard maigrit tous les jours, cela ne vaut rien à son âge.
• Fam., N'avoir rien qui vaille, N'avoir rien de bon. Ce libraire n'a jamais rien qui vaille. On dit de même, Ne faire rien qui vaille, Faire de mauvaise besogne. Je lui ai donné de l'ouvrage, il n'a rien fait qui vaille.
• Valoir mieux, Être meilleur, préférable. Ma montre vaut mieux que la vôtre. Vous valez mieux que lui. Les effets valent mieux que les paroles. L'estime vaut mieux que la célébrité.
• Prov., Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, La possession d'un bien modique est préférable à l'espérance d'un plus grand bien.
• Impersonnell., Il vaut mieux, Il est plus expédient, plus utile, plus convenable. Il y a beaucoup d'occasions où il vaut mieux se taire que de parler. Il vaut mieux que cela soit ainsi.
• VALOIR, signifie aussi, Rapporter, donner du profit. Cette terre, cet emploi vaut tant.
• Prov., Tant vaut l'homme, tant vaut la terre. Voyez TANT.
• Faire valoir une chose, Tirer d'une chose le profit, l'avantage qu'elle peut rapporter. Faire valoir un domaine. Faire valoir une terre, une ferme par ses mains. Faire valoir son argent. Faire valoir son droit, ses droits. Faire valoir ses talents. On dit quelquefois absolument, Faire valoir, Exploiter soi-même sa terre.
• Faire valoir une chose, signifie aussi, Lui donner du prix, la faire paraître meilleure, plus belle. C'est la pureté de ce diamant, plutôt que sa grosseur, qui le fait tant valoir. Cet acteur a l'art de faire valoir ses rôles. Il a fait valoir les plus faibles endroits de son discours, par la manière dont il l'a débité.
• Faire valoir une chose, signifie encore, En relever, en vanter le mérite, l'importance. Il fait trop valoir ses services. Je ne fais pas valoir un si faible sacrifice. S'il a fait quelque chose pour moi, il me le fait bien valoir.
• Faire valoir sa marchandise, se dit au propre Des marchands qui par leurs discours et par leur adresse savent donner une grande idée de ce qu'ils veulent vendre. Se dit au figuré De ceux qui louent beaucoup tout ce qu'ils ont, et jusqu'aux moindres choses qu'ils font ou qu'ils disent.
• Se faire valoir, Soutenir sa dignité, ses droits, ses prérogatives. Il est bon quelquefois de se faire un peu valoir. Vous négligez les droits de votre place, vous ne vous faites point valoir. Il laisse prendre trop d'autorité à ses subalternes, il ne se fait pas assez valoir. Se dit aussi en mauvaise part, et signifie, S'attribuer de bonnes qualités qu'on n'a pas. C'est un fanfaron qui veut se faire valoir. Il se fait valoir aux dépens des autres.
• Prov., Un homme ne vaut que ce qu'il se fait valoir, Un homme n'obtient du crédit, de la réputation dans le monde, qu'autant qu'il saisit les occasions et les moyens de faire ressortir son mérite, ses talents.
• VALOIR, signifie aussi, Tenir lieu, avoir la force, la signification de. L'M en chiffre romain vaut mille, le D vaut cinq cents, le C vaut cent, etc. En chiffre arabe, un 1 devant un 0 vaut dix. Les jetons valent au jeu ce que l'on convient de les faire valoir. L'as au piquet vaut onze. Cette note de musique vaut une mesure, une demi-mesure. Une blanche vaut deux noires.
• Prov., Un bon averti en vaut deux, Lorsqu'on a été prévenu de ce qu'on doit craindre ou de ce qu'on doit faire, on est, pour ainsi dire, doublement en état de prendre ses précautions ou ses mesures. Se dit aussi par forme de menace, et signifie: Prenez-y garde; si vous ne tenez compte de l'avertissement que je vous donne, vous vous en repentirez.
• Prov., Cela vaut fait, Regardez la chose comme faite, soyez sûr qu'elle se fera. Dans le même sens, on dit, La chose n'est pas encore faite, mais autant vaut.
• Prov. et fig.: Autant vaut traîné que porté. Autant vaut être mordu du chien que de la chienne. Etc. Voyez PORTER, ETC. --- Quelquefois Vaut est sous-entendu, comme dans cette phrase, Autant faire cela sur-le-champ que de différer.
• Faire un acte, remplir une formalité pour valoir ce que de raison, c'est-à-dire, Par pure précaution, pour servir dans l'occasion autant qu'il sera juste et raisonnable.
• VALOIR, signifie encore, Procurer, faire obtenir, produire; et, dans ce sens, il est actif. Cette bataille lui a valu le bâton de maréchal de France. Cette terre lui vaut dix mille francs de rente. Que lui a valu son ambition, sinon de le rendre odieux? Ses exploits lui ont valu une gloire immortelle. Cette action ne lui a valu que de la honte.
• À VALOIR, Terme de Commerce et de Finance, qui signifie, Ce qu'on fournit, soit en billets, soit en marchandises, à compte d'une plus forte somme qu'on doit fournir. Je vous envoie vingt balles de draps, dont vous retirerez le prix à valoir sur ce que je dois fournir pour ma part dans la société. Le receveur général a envoyé trois lettres de change à valoir sur ce qu'il doit pour les six premiers mois de la recette. On dit aussi, J'ai reçu telle chose ou telle somme à valoir sur.... Je l'ai reçue en déduction de....
• VAILLE QUE VAILLE, TOUT COUP VAILLE. loc. adverbiales et familières. À tout hasard. Donnez votre pétition vaille que vaille. Prenez sa promesse vaille que vaille. Je tenterai cela tout coup vaille.
• TOUT COUP VAILLE, à de certains Jeux, signifie qu'En attendant la décision de ce qui est en contestation, on ne laissera pas de jouer. Je prétends que la balle a doublé, mais je ne laisse pas de jouer tout coup vaille. On ne sait laquelle des deux boules est la plus proche du but; je m'en vais jouer tout coup vaille.
• VALANT. participe présent, du verbe Valoir. Valant cent mille écus. Un diamant valant mille écus. Deux maisons valant cinquante mille francs.

VALSE . s. f.
• Espèce de danse dans laquelle un homme et une femme tournent ensemble, et parcourent ainsi la salle, en variant leurs attitudes. Danser une valse. Il aime beaucoup la valse. La valse russe.
• Se dit aussi de L'air sur lequel on exécute cette danse. Jouer une valse.

VALSER . v. n.
• Danser la valse, une valse. Il ne sait pas valser. Nous avons valsé plusieurs fois ensemble.

VALSEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui valse. Un bon valseur. Une bonne valseuse. Un valseur infatigable.

VALUE . s. f.
• Il ne s'emploie que dans cette locution, Plus value, La somme que vaut une chose au delà de ce qu'on l'a prisée ou achetée. Il faut encore payer tant pour la plus value.

VALVE . s. f.
• .Conchyliologie, qui se dit pour Coquille, et qui sert à former les mots Univalve, en parlant Des coquillages qui n'ont qu'une seule coquille; Bivalve et Multivalve, en parlant De ceux qui en ont deux ou plusieurs.
• S'emploie aussi comme terme de Botanique, et sert à désigner Les pièces qui forment un péricarpe sec. Les péricarpes des crucifères et des papilionacées ont deux valves, ou sont bivalves; celui des violettes a trois valves, ou est trivalve; etc.

VALVULE . s. f.
• T. d'Anat. Membrane qui, dans les vaisseaux ou autres conduits du corps de l'homme et de l'animal, dirige les liqueurs dans un certain sens, et les empêche de refluer. Petite valvule. Grande valvule. Les valvules du coeur. Il y a plusieurs valvules dans cette veine.

VAMPIRE .s.m.
• Nom qu'on donne en Allemagne à des êtres chimériques, à des cadavres qui, suivant la superstition populaire, sortent de leurs tombeaux pour sucer le sang des personnes qu'on voit tomber en phthisie.
• S'emploie, figurément, pour désigner Ceux que l'on accuse de s'enrichir par des gains illicites, et aux dépens du peuple, qu'ils dévorent.
• VAMPIRE, est aussi Le nom que les naturalistes donnent à une très-grosse chauve-souris.

VAN .s.m.
• Instrument d'osier, qui est fait en coquille, qui a deux anses, et dont on se sert pour remuer le grain, en le jetant en l'air, afin de séparer la paille et l'ordure d'avec le bon grain. Nettoyer du grain avec le van. Ce van est trop lourd, on ne saurait s'en servir. Séparer du grain la poussière et les ordures par le moyen d'un van.

VANDALE .s.m.
• Nom d'un ancien peuple de la Germanie: on l'applique, figurément, à Ceux qui détruisent les monuments des arts, qui voudraient ramener les temps de barbarie. C'est un Vandale, un grand Vandale.

VANDALISME .s.m.
• Conduite, opinion de ceux qui sont ennemis des lumières et des arts.

VANDOISE . s. f.
• T. d'Hist. nat. Poisson d'eau douce du genre des Carpes, et de forme allongée. On lui a aussi donné le nom de Dard, parce qu'il s'élance avec beaucoup de vitesse.

VANILLE . s. f.
• (On mouille les L.) Plante sarmenteuse et grimpante qui croît en Amérique. Son fruit, qu'on nomme aussi Vanille, a la forme d'un cornichon long de quatre à cinq pouces, et gros comme le petit doigt: il est d'une saveur aromatique, d'une odeur très-agréable, et contient une multitude de petites semences noires. Les fruits de la vanille ou du vanillier sont excitants et stimulants. La vanille fortifie l'estomac. Un paquet de vanilles. Mettre deux ou trois vanilles dans une livre de chocolat. Chocolat à la vanille. Crème à la vanille. Liqueur de vanille, ou simplement, Vanille.
• Se dit quelquefois d'Une plante qu'on nomme plus ordinairement Héliotrope, et dont les fleurs ont une odeur agréable, très-ressemblante à celle du fruit de la vanille américaine.

VANILLIER .s.m.
• Nom de la plante qu'on appelle aussi Vanille. Voyez ce mot.

VANITÉ . s. f.
• Inutilité, peu de solidité. Tout n'est que vanité dans le monde. L'Écriture dit: Vanité des vanités, et tout est vanité. Mépriser les vanités du monde. Il est revenu des vanités du monde.
• Il signifie aussi, Amour-propre qui a pour objet des choses frivoles ou étrangères à la personne qui s'en prévaut. Il a beaucoup de vanité. Il est plein de vanité. Il est d'une vanité insupportable. Flatter, blesser la vanité de quelqu'un. La vanité est une marque de petitesse d'esprit. La vanité l'a perdu. Il tire vanité de sa naissance, de tout ce qu'il a. Des vanités rivales ne se pardonnent rien.
• Faire vanité d'une chose, S'en glorifier, en faire gloire. Il danse bien, et en fait vanité. Ordinairement il se dit en mauvaise part.
• SANS VANITÉ. loc. adv. dont on se sert quelquefois dans le langage familier, Quand on dit de soi quelque chose d'avantageux, et pour le faire passer. Sans vanité, j'en sais plus que lui sur ce sujet. Sans vanité, je ne crains pas mes concurrents.

VANITEUX, EUSE. adj.
• Qui a une vanité puérile et ridicule, soit en actions, soit en paroles. C'est l'homme le plus sot et le plus vaniteux. Propos vaniteux. Il est familier.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un vaniteux, une vaniteuse insupportable.

VANNE . s. f.
• Espèce de porte de bois dont on se sert aux moulins, aux pertuis des rivières, etc., et qui se hausse ou se baisse pour laisser aller l'eau ou la retenir, quand on veut. Il faut lever la vanne pour faire aller le moulin. Abaisser la vanne. Réparer les vannes.

VANNEAU .s.m.
• Oiseau de l'ordre des Échassiers, qui est de la grosseur d'un pluvier, et qui a une huppe noire sur la tête. Le vanneau n'est pas aussi bon à manger que le pluvier.
• Vanneau armé, Espèce de vanneau dont les ailes sont garnies d'éperons.

VANNER . v. a.
• Nettoyer les grains par le moyen d'un van. Vanner du blé, de l'avoine, de l'orge.
• VANNÉ, ÉE. participe

VANNERIE . s. f.
• Le métier de vannier; La marchandise du vannier.

VANNETTE . s. f.
• Grand panier rond, plat, et à petit bord, dont on se sert ordinairement pour vanner l'avoine, avant de la donner aux chevaux.

VANNEUR .s.m.
• Celui qui vanne les grains.

VANNIER .s.m.
• Ouvrier qui travaille en osier, et qui fait des vans, des corbeilles, des hottes, des claies, etc. Ce vannier travaille bien.

VANTAIL .s.m.
• Battant d'une porte, d'une fenêtre qui s'ouvre des deux côtés. Les vantaux d'une porte, d'une fenêtre.

VANTARD, ARDE. adj.
• Qui a l'habitude de se vanter. Un homme vantard. Une femme vantarde. Il est familier et peu usité.
• S'emploie plus ordinairement comme substantif. Il fait le vantard. Ce n'est qu'un vantard, une vantarde.

VANTER . v. a.
• Louer, priser extrêmement. Vous vantez bien cet homme-là. On ne saurait trop vanter son mérite. On le vante beaucoup pour peu de chose.
• S'emploie aussi avec le pronom personnel. Vous vous vantez beaucoup. Il se vante trop. On se donne un ridicule en se vantant soi-même.
• Quand il est suivi de la préposition de, ou précédé de la particule relative en, il signifie, Se glorifier, se faire honneur de. Il m'a rendu service, mais il s'en vante trop. Il se vante d'avoir fait réussir cette affaire. Il se vante de lui avoir rendu de grands services.
• Il signifie aussi, Se faire fort de. Il s'était van té de le faire consentir. Il se vante d'en venir à bout.
• Prov., Il n'y a pas de quoi se vanter, se dit De quelqu'un ou à quelqu'un qui a fait une chose blâmable, honteuse.
• Prov., Il fait bon battre glorieux, il ne s'en vante pas, On n'a pas à craindre d'être puni, parce qu'il garde le silence sur son aventure.
• VANTÉ, ÉE. participe, Les auteurs les plus vantés.

VANTERIE . s. f.
• Vaine louange qu'on se donne à soi-même, et qui marque de la présomption. Il y a bien de la vanterie dans ce qu'il dit. Il est insupportable avec ses vanteries continuelles. Il est familier.

VA-NU-PIEDS .s.m.
• Terme familier, qui se dit d'Un vagabond ou d'un homme très-misérable.

VAPEUR . s. f.
• En Physique, on entend par ce mot, Toute substance liquide ou solide réduite en gaz. La vapeur d'eau est transparente comme l'air; il en est de même de la vapeur d'éther, d'alcool, de camphre. L'air le plus transparent contient toujours de la vapeur aqueuse. La vapeur qui se dégage du soufre, du charbon, quand on les brûle. La vapeur du charbon asphyxie. La vapeur de l'iode est violette.
• VAPEUR, dans l'acception vulgaire, se dit d'Une espèce de fumée qui s'élève des choses humides par l'effet de la chaleur. Vapeur grossière, subtile, légère. Vapeur insensible. Vapeur épaisse. Les vapeurs qui forment les pluies et les orages. Les vapeurs qui s'élèvent de la mer et des rivières. Le soleil par sa chaleur résout, dissipe les vapeurs. Le froid condense les vapeurs. Vapeurs malignes. Vapeur méphitique. Vapeurs empestées.
• Machine à vapeur, Machine mise en jeu par la vapeur de l'eau bouillante. C'est une machine à vapeur qui met tout en mouvement dans cette manufacture. Une machine à vapeur de la force de douze chevaux. On dit de même, Un bateau à vapeur, un paquebot à vapeur, Un bateau, un paquebot qui marche au moyen de roues mues par une machine à vapeur.
• Bain de vapeurs, Celui qu'on prend en demeurant exposé, dans un lieu clos, à des vapeurs chaudes qui s'exhalent d'un liquide, ou des parois mêmes du mur, dans les lieux où se trouvent des eaux thermales.
• En termes de Chimie, Bain de vapeur, Distillation dans laquelle le vaisseau où sont renfermées les matières à distiller, est échauffé par la vapeur de l'eau bouillante.
• Les vapeurs du vin, Les fumées du vin, l'effet que le vin, bu en trop grande quantité, produit sur le cerveau. Les vapeurs du vin ont troublé sa raison.
• VAPEURS, au pluriel, se dit vulgairement Des affections hypocondriaques et hystériques, parce qu'autrefois on les croyait dues à des vapeurs élevées de l'estomac ou du bas-ventre vers le cerveau. Il est sujet aux vapeurs. Elle a des vapeurs.
• VAPEUR, en Peinture, se dit, au singulier, d'Une manière douce et affaiblie, qui montre et cache des objets comme à travers un voile transparent, à l'imitation de la vapeur du ciel. Il y a de la vapeur dans ce tableau. Ce peintre a de la vapeur.

VAPOREUX, EUSE. adj.
• Qui a de la vapeur. Se dit De l'état du ciel, lorsque les vapeurs y sont répandues de manière à éclairer doucement les objets. Un ciel vaporeux. Lumière vaporeuse.
• Se dit aussi, en Peinture, De la manière d'imiter cette vapeur. Tableau vaporeux. Manière vaporeuse de peindre.
• VAPOREUX, signifie encore, Qui est sujet aux vapeurs. Un homme vaporeux. Une femme vaporeuse. Dans ce sens, on l'emploie aussi comme substantif. C'est un vaporeux. On dit dans une acception analogue, Affection vaporeuse.
• VAPOREUX, se dit De certaines choses qui, prises intérieurement, causent des vapeurs. La casse est vaporeuse. Ce sens est peu usité.

VAPORISATION . s. f.
• Passage d'une substance de l'état liquide à celui de vapeur.

VAPORISER . v. a.
• Faire passer une substance de l'état de liquide à celui de vapeur. On dit aussi, avec le pronom personnel, Se vaporiser.
• VAPORISÉ, ÉE. participe

VAQUER . v. n.
• Être vacant, n'être point occupé, n'être point rempli. Se dit proprement Des emplois, des charges, des dignités, des bénéfices, etc. Le pape étant mort, le saint-siége vaqua pendant plus de trois ans. Voilà un bel emploi qui vaquera bientôt. Cette charge vaque par la mort de celui qui en était pourvu. Cette abbaye, cet évêché vaquait. Il y a une chaire de droit qui vaque.
• Se dit quelquefois Des logements. Il y a, près de chez moi, une maison qui vaque. Il doit avoir le premier appartement qui vaquera. On dit à peu près dans le même sens, Il y a un lit qui vaque dans cet hôpital.
• VAQUER, se dit aussi Des tribunaux de justice, lorsque les fonctions ordinaires y cessent pendant quelque temps. La cour royale vaque pendant tel temps, Pendant ce temps elle ne tient point ses audiences.
• VAQUER, s'emploie souvent avec la préposition à, et signifie alors, S'occuper de quelque chose, s'y appliquer. Vaquer à ses affaires. On ne peut vaquer à tant de choses à la fois. Vaquer à l'oraison. Vaquer à l'étude.

VARAIGNE . s. f.
• L'ouverture par laquelle l'eau de la mer entre dans le premier réservoir d'un marais salant. Ouvrir, fermer la varaigne.

VARANGUE . s. f.
• .Marine. Membre d'un navire, qui porte sur la quille.

VARE . s. f.
• Mesure espagnole qui vaut un peu moins d'un mètre.

VARECH .s.m.
• (On prononce Varek.) Plante marine, autrement nommée Fucus, et qui croît sur les roches que la mer tantôt couvre et tantôt laisse à sec.
• Se dit, par extension, de Tous les débris que la mer rejette sur ses côtes. Droit de varech, Droit de s'emparer de tout ce qui est rejeté par la mer sur ses côtes. Le droit de varech existait autrefois sur les côtes de la Manche.
• Se dit aussi d'Un navire submergé, coulé à fond.

VARENNE . s. f.
• Terrains incultes, où les bestiaux trouvent quelque pâture, et que le gibier fréquente.
• La varenne du Louvre, Certaine étendue de pays que le roi se réservait pour la chasse. Capitaine de la varenne du Louvre. Il s'est dit aussi de La juridiction qui connaissait des délits commis dans la varenne du Louvre.

VARIABILITÉ . s. f.
• Disposition habituelle à varier. La variabilité du temps, des goûts, de l'humeur. La variabilité de la température.

VARIABLE . adj. des deux genres
• Sujet à varier, qui change souvent. Dans ces contrées, les saisons sont fort variables. Temps variable. Vent variable. La fortune est variable. L'esprit de l'homme est variable. C'est un homme variable dans ses opinions, dans ses résolutions.
• En Math., Quantités variables, Celles qui varient de grandeur; par opposition à Quantités constantes, Celles qui ne varient point. Dans un cercle, le diamètre est une quantité constante, et l'abscisse est une quantité variable.
• En Médec., Pouls variable, Celui qui est tantôt régulier, tantôt irrégulier, fort ou faible.
• VARIABLE, se dit substantivement, au masculin, Du degré du baromètre qui indique un temps incertain, sujet à varier. Le baromètre est au variable.

VARIANT, ANTE. adj.
• Qui change souvent. Esprit variant. Humeur variante. C'est un homme très-variant dans ses résolutions. Hors de ces phrases, il est peu usité.

VARIANTE . s. f.
• Se dit Des diverses leçons d'un même texte. Son plus grand usage est au pluriel. Les variantes de la Bible. Les variantes d'un auteur. On a recueilli toutes les variantes. Imprimer le texte avec les variantes.

VARIATION . s. f.
• Changement. La variation du temps. La variation du baromètre. La variation des vents. La variation des témoins. Il y a beaucoup de variation dans ses dépositions. Il tombe dans des variations continuelles. On remarque beaucoup de variation dans sa conduite, dans ses sentiments. Les variations qu'une doctrine a subies. Bossuet a écrit l'Histoire des Variations des Églises protestantes, ou absolument, l'Histoire des Variations.
• En termes de Marine, La variation de l'aiguille aimantée, la variation de la boussole, la variation du compas, La dérivation de l'aiguille de la boussole qui, au lieu de regarder droit vers le nord, décline plus ou moins vers l'est ou vers l'ouest. En tel lieu, nous commençâmes à nous apercevoir de la variation de la boussole. La variation de l'aimant n'est pas toujours la même. La variation n'est pas sensible en tel lieu. C'est ce qu'on nomme autrement Déclinaison.
• VARIATIONS, au pluriel, se dit, en Musique, Des changements faits à un air, en y ajoutant des ornements qui laissent subsister le fond de la mélodie et le mouvement. Composer, exécuter, improviser des variations. Il a fait de charmantes variations sur cet air.

VARICE . s. f.
• .Chirur. Tumeur formée par la dilatation des veines.

VARICELLE . s. f.
• Nom que les médecins donnent à la petite vérole volante.

VARICOCÈLE . s. f.
• .Chirur. Tumeur formée par la dilatation variqueuse des veines du scrotum et du cordon spermatique.

VARIER . v. a.
• Diversifier. Dans la peinture, il faut varier les airs de tête et l'attitude des figures. Varier les mets, les ornements. Varier ses expressions. Varier son style. Varier ses plaisirs, ses occupations.
• Fam., Varier la phrase, Dire la même chose en d'autres termes.
• En Musiq., Varier un air, Le changer en y ajoutant des notes et des ornements qui en laissent subsister le motif, la mélodie et le mouvement. Il.a varié les airs les plus à la mode.
• VARIER, est aussi neutre, et signifie, Changer. Le temps varie continuellement. Depuis hier le vent a varié plusieurs fois. Son caractère, son humeur varie à chaque instant. Vous m'aviez porté cette parole, vous m'en portez maintenant une autre; vous variez sans cesse. Pourquoi variez-vous? L'accusé varie dans ses réponses. Les témoins ont varié dans leurs dépositions.
• Se dit aussi De plusieurs personnes qui sont d'un avis différent, qui rapportent diversement le même fait. Les historiens varient sur ce fait. On varie sur le lieu de la naissance d'Homère.
• Se dit encore D'une chose qui diffère d'elle-même, ou De plusieurs choses qui ont des formes, des qualités différentes, suivant les diverses circonstances. Les moeurs varient selon les pays, les époques. Les vertus de cette plante varient selon le climat.
• VARIER, se dit également De l'aiguille aimantée, lorsqu'elle s'écarte du nord, soit du côté de l'est, soit du côté de l'ouest. À telle hauteur, l'aiguille varie de tant de degrés.
• VARIÉ, ÉE. participe, Ouvrage varié. Descriptions variées. Style varié. Parterre varié d'un grand nombre de fleurs. Spectacle varié. Air varié pour la flûte, pour le violon, etc.

VARIÉTÉ . s. f.
• Diversité. La variété d'un paysage. La variété d'un parterre. Il y a bien de la variété dans cette musique. La variété des objets. La variété des opinions. Il y a dans ces vers une grande variété d'idées et d'images. Livre plein de variété. Spectacle magnifique et plein de variété. Il n'y a pas assez de variété dans ce tableau, dans ces airs de tête. Cet ouvrage manque de variété.
• VARIÉTÉS, au pluriel, est aussi Le titre de certains recueils qui contiennent des morceaux sur différents sujets. Variétés morales. Variétés littéraires. Variétés philosophiques.
• VARIÉTÉ, en Histoire naturelle, se dit Des différences qui, dans une même espèce d'animaux on de plantes, distinguent les individus les uns des autres. Les tulipes ont beaucoup de variétés. Le hasard fait naître des variétés, et les soins de la culture en procurent, en produisent quelquefois. C'est une variété de telle espèce de plantes.

VARIETUR (NE)
• On prononce Né variétur. Expression empruntée du latin, et qui se dit, au Palais, Des précautions que la justice prend pour constater l'état actuel d'une pièce, et prévenir les changements qu'on pourrait y faire. On a ordonné que la pièce serait signée et paraphée, ne varietur.

VARIOLE . s. f.
• Nom que les médecins donnent à la petite vérole.

VARIOLIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui appartient à la variole ou petite vérole. Pustules varioliques.

VARIQUEUX, EUSE. adj.
• .Chirur. Qui est affecté de varices, qui appartient à la varice. Vaisseau variqueux. Tumeur variqueuse.
• En termes de Conchyliologie, Coquille variqueuse, Coquille qui a extérieurement des renflements assez semblables aux varices.

VARLET .s.m.
• T. d'Histoire. Nom synonyme de celui de Page, dans les temps de l'ancienne chevalerie.

VARLOPE . s. f.
• Grand rabot qui sert aux menuisiers.

VASCULAIRE ou VASCULEUX, EUSE. adj.
• Le premier mot est des deux genres. T. d'Anat. Qui appartient, qui a rapport aux vaisseaux, ou Qui est rempli, formé de vaisseaux. Ramifications vasculaires. Le système vasculaire. Membrane vasculaire. Tissu, réseau vasculaire.

VASE . s. f.
• Bourbe qui est au fond de la mer, des fleuves, des étangs, des marais, etc. Il y a dans cet endroit beaucoup de vase. Ce navire, ce bateau s'est enfoncé dans la vase.

VASE .s.m.
• Sorte d'ustensile qui est fait pour contenir des liqueurs, des fruits, des fleurs, des parfums. On le dit également de Certains vaisseaux de forme élégante et à bords évasés qui servent d'ornement dans les jardins, dans les palais, etc. Vase d'or, d'argent, de cristal, de porcelaine, d'argile, etc. Vase pour mettre des fleurs, des plantes d'agrément. Vase antique, à l'antique. Vase ciselé. Vase précieux. Vase de bronze, de marbre. Des vases de porphyre montés sur des piédouches. Des vases surmontent les acrotères de cette balustrade. Le galbe d'un vase.
• Vases sacrés, Le calice, le ciboire, et quelques autres vases dont on se sert dans l'administration des sacrements.
• Vases sacrés, se dit aussi Des vases qui servaient au temple de Jérusalem; et de Ceux qui servaient d'ordinaire aux usages de la religion païenne.
• Fig., et en style mystique, Vase de miséricorde, vase de pureté, etc., Qui est rempli de miséricorde, de pureté, etc.
• En Archit., Vase de chapiteau, La masse du chapiteau corinthien, qu'on orne de feuillages, de caulicoles et de volutes.

VASEUX, EUSE. adj.
• Qui appartient à la vase, qui a de la vase. Un fond vaseux. Des terres vaseuses.

VASISTAS .s.m.
• (On prononce Vazistâsse.) Petite partie d'une porte ou d'une fenêtre, laquelle s'ouvre et se ferme à volonté.

VASSAL, ALE. s.
• Celui, celle qui relève d'un seigneur à cause d'un fief. Il était vassal, elle était vassale de tel seigneur. Les vassaux de tel fief. Les vassaux d'une terre.

VASSELAGE .s.m.
• État, condition de vassal. Le vasselage engageait à différents devoirs, selon les différentes coutumes.
• Droit de vasselage, Ce que le seigneur avait droit d'exiger de son vassal.

VASTE . adj. des deux genres
• Qui est d'une fort grande étendue. Vaste campagne. Vastes déserts. Vaste mer. Un lieu vaste.
• Se dit figurément Des choses morales, des conceptions de l'esprit, etc. C'est un homme d'une vaste ambition. Il a de vastes desseins, des idées vastes. Il a formé de vastes projets, le plan le plus vaste.
• Cet homme a l'esprit vaste, c'est un esprit vaste, un vaste génie, C'est un esprit d'une étendue extraordinaire, qui embrasse plusieurs sortes de sciences, de connaissances, ou qui est capable de grandes affaires, de grandes entreprises. On dit de même, C'est un homme d'une vaste érudition.
• En termes d'Anat., Vaste interne, vaste externe, désignent Deux faisceaux musculaires qui concourent avec le muscle crural à former le triceps crural.

VATICAN .s.m.
• Palais de Rome qui est la demeure habituelle du pape. On ne met ici ce nom que parce qu'il signifie quelquefois, La cour de Rome. Les foudres du Vatican, Les bulles d'excommunication, les interdits, etc., lancés par le pape.

VA-TOUT .s.m.
• .Brelan et autres jeux de renvi La vade ou le renvi de tout l'argent qu'on a devant soi. Faire va-tout. Faire un va-tout. Faire son va-tout. Tenir un va-tout. Tenir le va-tout. Perdre son va-tout.

VAU-DE-ROUTE (À)
• Voyez ROUTE.

VAUDEVILLE .s.m.
• Chanson qui court par la ville, dont l'air est facile à chanter, et dont les paroles sont faites ordinairement sur quelque aventure, sur quelque événement du jour. Chanter un vaudeville. Un gai vaudeville.
• Fig. et fam., C'est un vaudeville, se dit D'une pièce de théâtre ou d'une brochure qui a pour sujet un événement présent. Cette acception vieillit.
• VAUDEVILLE, se dit plus ordinairement d'Une pièce de théâtre où le dialogue est entremêlé de couplets faits sur des airs de vaudeville ou empruntés à des opéras comiques. Faire un vaudeville. Jouer un vaudeville. On a mis ce sujet en vaudeville. Le théâtre du Vaudeville, ou elliptiquement, Le Vaudeville.
• Vaudeville final, La chanson en plusieurs couplets qui termine les pièces de ce genre, et dont chaque personnage chante un couplet.

VAU-L'EAU (À) - Voyez AVAL.

VAURIEN .s.m.
• Fainéant, fripon, vicieux, libertin, qui ne veut rien valoir. C'est un vaurien. C'est un franc vaurien, un grand vaurien.
• Se dit, quelquefois, dans un sens moins sévère. Cet écolier est un petit vaurien. Un aimable vaurien. Il est familier dans les deux acceptions.

VAUTOUR .s.m.
• Gros oiseau de proie, à tête et à col nus. Les vautours suivent les armées.
• Peau de vautour, La peau du ventre du vautour préparée et garnie de son duvet.

VAUTRAIT .s.m.
• .Vénerie. Équipage de chasse pour le sanglier. Capitaine du vautrait. Toiles du vautrait. Il ne se dit qu'en parlant De l'équipage du roi.

VAUTRER (SE). v. pron.
• S'enfoncer, s'étendre, se rouler dans la boue. Le sanglier, le cochon se vautre dans la fange.
• Par extension, Se vautrer sur un lit, sur l'herbe, S'y étendre.
• Fig., Se vautrer dans le vice, dans la débauche, dans les voluptés, S'y abandonner entièrement.
• VAUTRÉ, ÉE. participe

VAYVODE .s.m.
• Titre qu'on donne aux souverains et aux gouverneurs de la Valachie, de la Moldavie, de la Transylvanie, et de plusieurs autres endroits.

VEAU .s.m.
• Le petit de la vache. Veau gras. Un veau qui est encore sous sa mère. Acheter un veau. Veau mort-né.
• Veau de lait, Veau qui tette encore sa mère.
• Veaux de rivière, Veaux qu'on engraisse d'une façon particulière, aux environs de Rouen.
• Veau marin, Espèce de phoque, quadrupède carnassier, qui a les pieds courts et palmés, et qui vit dans la mer.
• VEAU, se dit particulièrement d'Un veau qu'on a mis en quartiers à la boucherie, et qu'on y débite. Longe de veau. Rouelle de veau. Poitrine de veau. Jarret de veau. Ris de veau. Fraise de veau. Pied de veau. Tête de veau. Tendrons de veau. Côtelette de veau.
• Se dit aussi de La chair du veau. Veau rôti. Manger du veau. Ce veau est bien tendre. Bouillon de veau.
• Eau de veau, Eau dans laquelle on a fait bouillir, sans sel, un morceau de veau. On lui a ordonné de prendre de l'eau de veau pour se rafraîchir.
• Prov. et fig., Tuer le veau gras, Faire quelque régal, quelque fête extraordinaire, pour marquer la joie qu'on a du retour de quelqu'un.
• Fig. et fam., Faire le pied de veau, Témoigner à quelqu'un une complaisance basse, ou Faire auprès de lui une démarche servile.
• Prov., fig. et pop., Il a eu, il a pris la vache et le veau, se dit D'un homme qui a épousé une fille grosse d'un enfant dont il n'est pas le père.
• Fam., Il s'étend comme un veau, il fait le veau, se dit D'un homme qui s'étend nonchalamment.
• Fam., Pleurer comme un veau, Pleurer immodérément.
• Fig., Adorer le veau d'or, Faire la cour à ceux qui n'ont d'autre mérite que leur pouvoir, leur crédit, leurs richesses.
• Fig. et fam., Brides à veaux, se dit Des raisons ridicules et impertinentes dont un homme se sert pour tâcher de persuader quelque chose, et qui ne peuvent en imposer qu'aux sots. On appelle de même Certaines nouvelles fausses qui sont débitées exprès pour tromper les gens simples.
• VEAU, se dit encore Du cuir de veau. Du veau d'Angleterre. Des souliers de veau. Des livres reliés en veau. Reliure de veau fauve, de veau noir, de veau marbré.

VECTEUR . adj. m.
• T. d'Astron. Il n'est usité que dans cette locution, Rayon vecteur, Le rayon tiré du soleil à une planète ou à une comète, et à l'extrémité duquel la planète ou la comète se trouve. On nomme aussi Rayon vecteur, Le rayon tiré du centre d'une planète à un satellite, et à l'extrémité duquel le satellite se trouve.

VÉDA .s.m.
• Livre sacré des Indiens. Les Védas sont les plus anciens monuments de la langue sanscrite.

VEDETTE . s. f.
• Sentinelle de cavalerie. Poser des vedettes. Une vedette avancée. La vedette s'endormit.
• Mettre en vedette, Mettre un cavalier en fonction de vedette; et, Être en vedette, Être en fonction de vedette.
• VEDETTE, se dit aussi de Ces petites guérites ou tourelles qui sont placées sur un rempart, et dans lesquelles les sentinelles peuvent se retirer.
• VEDETTE, dans une lettre, est La place du titre de la personne à qui l'on écrit, détaché et mis seul au-dessus de la première ligne de la lettre. Écrivez Monsieur en vedette, et non pas à la ligne.

VÉGÉTABLE . adj. des deux genres
• Qui végète, qui peut végéter. Les corps végétables. Cet arbre est sec, il n'y a plus rien de végétable, ni dans le tronc, ni dans la racine.

VÉGÉTAL .s.m.
• Ce qui végète. Se dit Des arbres et des plantes. Traité des végétaux. Remède tiré des végétaux. Tout arbre, toute plante est un végétal.

VÉGÉTAL, ALE. adj.
• Qui appartient, qui a rapport aux végétaux, ou Qui en provient, qui en est tiré. Le règne végétal. La vertu, la faculté végétale. Physiologie végétale. Matières, substances végétales. Sel végétal. Rouge végétal.
• Terre végétale, Celle qui est la plus propre à la végétation, et qu'on nomme autrement Terre franche ou Terreau.

VÉGÉTANT, ANTE. adj.
• Qui prend nourriture ou accroissement du suc de la terre, et des fluides atmosphériques.

VÉGÉTATIF, IVE. adj.
• Qui fait végéter. Principe végétatif. Âme végétative.
• Se dit aussi De ce qui est dans l'état de végétation. Être végétatif. Vie végétative. Les plantes n'ont qu'une vie végétative.

VÉGÉTATION . s. f.
• Action de végéter. La végétation des plantes. Végétation faible, forte, abondante, rapide.
• Se dit quelquefois, collectivement, Des arbres et des plantes. La végétation est magnifique dans cette vallée.

VÉGÉTER . v. n.
• Se dit Des arbres et des plantes, et il exprime L'action de se nourrir et de croître. Pour les plantes, végéter c'est vivre.
• Il signifie figurément, Vivre dans l'inaction, ou dans une situation gênée ou obscure. Un petit emploi le fait végéter lui et sa nombreuse famille. Il aurait pu se distinguer, il a mieux aimé végéter dans son village.
• Ne faire plus que végéter, N'avoir presque plus l'usage de ses facultés intellectuelles. Il est d'un grand âge, il ne fait plus que végéter.

VÉHÉMENCE . s. f.
• Impétuosité, mouvement fort et rapide. La véhémence de cet homme-là fait qu'on ne peut traiter d'affaires avec lui. Il veut avec véhémence tout ce qu'il veut. Parler, agir avec trop de véhémence. Parlons sans véhémence. La véhémence de ses passions, de sa colère, de son amour. La véhémence de ses désirs. Il a de la véhémence dans la prononciation, dans la voix, dans les gestes.
• Cet orateur a de la véhémence, Il a une éloquence mâle, vigoureuse, accompagnée d'une action vive.
• VÉHÉMENCE, se dit aussi de L'impétuosité du vent. Le vent souffle avec véhémence.

VÉHÉMENT, ENTE. adj.
• Impétueux, qui se porte avec ardeur, avec impétuosité à tout ce qu'il fait. Esprit véhément. Naturel véhément. Passion véhémente. Désirs véhéments. Action, prononciation véhémente. Ton véhément. Colère véhémente.
• Orateur véhément, Orateur qui a une éloquence forte, entraînante. Discours véhément, Discours plein de chaleur, de force et de rapidité. On dit de même, Éloquence véhémente.

VÉHÉMENTEMENT . adv.
• .Procédure criminelle. Très-fort. L'arrêt le déclara véhémentement suspect d'avoir... On ne se sert plus de cette formule.

VÉHICULE .s.m.
• T. didactique. Ce qui sert à conduire, à transmettre, à faire passer plus facilement. L'air est le véhicule du son. Le vin est un bon véhicule pour ce remède.
• Se dit, figurément, de Ce qui prépare l'esprit à quelque chose. Cette offre, cette espérance servira de véhicule à la proposition que vous devez lui faire.

VEILLE . s. f.
• Privation, absence du sommeil dans le temps destiné à dormir. Courte veille. Longue veille. Une veille prolongée bien avant dans la nuit. On s'en sert plus ordinairement au pluriel. Les longues veilles, les veilles continuelles l'ont abattu. Les grandes veilles, les fréquentes veilles altèrent la santé.
• État de veille, État du corps de l'homme ou de l'animal, dans lequel les sens sont en action; par opposition à État de sommeil, Celui dans lequel l'action des sens est suspendue.
• Être entre la veille et le sommeil, N'être ni tout à fait éveillé, ni tout à fait endormi.
• Lit de veille, Lit portatif qu'on établit le soir dans la chambre d'une personne qui veut avoir quelqu'un auprès d'elle pendant la nuit.
• Chandelle de veille, Chandelle assez longue pour durer toute la nuit. Bougie de veille, Très-petite bougie, qui néanmoins dure toute la nuit, au moyen d'une mèche extrêmement fine. Mortier de veille, Gros morceau de cire avec une mèche allumée au milieu, pour éclairer une chambre pendant toute la nuit. Ces dénominations ont vieilli.
• La veille des armes, Ancienne cérémonie qui consistait en ce que celui qui devait être armé chevalier, passait la nuit à veiller dans une chapelle où étaient les armes dont il devait être revêtu le jour suivant. Faire la veille des armes.
• VEILLES, au pluriel, se dit figurément de La grande et longue application qu'on donne à l'étude, aux productions de l'esprit, ou aux grandes affaires. Doctes veilles. Savantes veilles. Consacrer ses veilles à un ouvrage. C'est le fruit de ses veilles. Glorieuses veilles. Pénibles veilles. Le bonheur de sa famille est le fruit de ses veilles.
• VEILLE, signifie aussi, Une certaine partie de la nuit, dans la division qu'en faisaient les anciens. Les Romains distribuaient la nuit en quatre veilles. La première veille. La seconde veille.
• VEILLE, signifie encore, Le jour précédent. La veille de Pâques, de Noël, des Rois. J'arrivai la veille de son départ. Le jour étant pris, on commença dès la veille à se préparer.
• Fig., Être à la veille de, Être sur le point de. Nous sommes à la veille d'un grand événement. Nous sommes à la veille de voir de grandes choses. Les armées sont tous les jours à la veille d'en venir aux mains. Il est à la veille de sa ruine. Il commence de grands travaux, et il est à la veille de sa mort.

VEILLÉE . s. f.
• Veille que plusieurs personnes font ensemble. Il ne se dit guère que Des assemblées que les gens de village ou les artisans font le soir pour travailler ensemble, en causant. Aller tous les soirs à la veillée. Pendant toute la veillée. Les veillées sont longues en hiver. Les contes de la veillée.
• VEILLÉE, signifie aussi, L'action de garder un malade pendant la nuit. Il est dû à cette garde tant de veillées.

VEILLER . v. n.
• S'abstenir de dormir pendant le temps destiné au sommeil. J'ai veillé toute la nuit. Ils ont veillé une partie de la nuit. Veiller jusqu'au jour. Veiller auprès d'un malade. Veiller pour achever un travail. Il ne faut pas veiller si tard.
• S'emploie aussi absolument, et signifie, Ne point dormir. Soit que je dorme, soit que je veille. Je doute si je veille.
• Il signifie encore figurément, Prendre garde, appliquer ses soins, son attention à quelque chose. Veiller au salut, au bien, au repos de l'État. La providence de Dieu veille sur tous les hommes. Il faut veiller soigneusement à cela. On ne peut pas veiller à tout. Il faut veiller sur la conduite de cet homme. Veiller sur soi-même.
• VEILLER, est aussi actif, et signifie, Veiller auprès de quelqu'un la nuit. Veiller un malade. Il est plus mal, il faut que quelqu'un le veille.
• Des prêtres, des religieux veillent le mort, Ils passent la nuit en prières auprès du corps.
• En Fauconnerie, Veiller un oiseau, Empêcher un oiseau de dormir, afin de le dresser ensuite plus aisément.
• Fig., Veiller quelqu'un, Prendre garde à sa conduite. C'est un homme qu'il faut veiller. Il a de mauvais desseins, il faut le veiller de près.
• VEILLÉ, ÉE. participe

VEILLEUR .s.m.
• Celui qui veille. Se dit ordinairement Des ecclésiastiques, des religieux qui veillent un mort.

VEILLEUSE . s. f.
• Petite lampe qu'on laisse brûler pendant la nuit dans une chambre à coucher. Allumez la veilleuse. Ma veilleuse s'est éteinte.
• Se dit aussi de La petite mèche enduite de cire, qui brûle dans une veilleuse, et qui est portée sur l'huile par une petite rondelle de carte doublée de liége. Acheter une boîte de veilleuses.

VEINE . s. f.
• Vaisseau, espèce de petit canal par lequel le sang, venant des artères, retourne au coeur. Se dit quelquefois, au pluriel, de Tout le système des vaisseaux sanguins. Veine cave. Veine jugulaire. Veine médiane, céphalique, basilique. La veine porte. Grosse veine. Petite veine. Les veines lui enflent, lui grossissent. Barrer la veine à un cheval. Refermer la veine. Couper les veines. Sénèque se fit ouvrir les veines. Il s'est rompu une veine. Le sang coule dans les veines, passe des veines dans le coeur.
• Ouvrir la veine, Saigner. On lui a ouvert la veine.
• Fig., L'âge où le sang bouillonne dans les veines, où le sang est glacé dans les veines, La jeunesse, la vieillesse.
• Fig., Le sang lui bout dans les veines, se dit D'un jeune homme ardent, fougueux, dans la première vigueur de l'âge.
• Par exagérat., Il n'a pas une goutte de sang dans les veines, se dit D'un homme qui est saisi d'effroi, d'épouvante, d'horreur.
• Fig., Cet homme n'a point de sang dans les veines, Il n'a aucun courage, aucun sentiment de fierté.
• Tant que le sang, tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, Aussi longtemps que je vivrai.
• Prov. et fig., Il n'a nulle veine qui y tende, se dit D'un homme qui n'a nulle disposition, nulle inclination pour quelque chose. On veut le faire de robe, mais il n'a nulle veine, il n'a veine qui y tende. Cette phrase a vieilli.
• Fig., Veine poétique, et absolument, Veine, Le génie poétique, le talent pour la poésie. Il a une veine noble et féconde. La douceur de sa veine. Sa veine est tarie.
• Il est en veine, Il est dans une disposition d'esprit favorable au travail de la poésie, de l'éloquence, des arts.
• VEINE, se dit, en Géologie, de Certaines parties longues et étroites où la roche, la terre est d'une autre qualité ou d'une autre couleur que celle qui est auprès. Veine de sable. Veine de glaise. Veine de craie. Veine de terre franche. Etc.
• Se dit aussi Des endroits d'une mine où se trouve le métal ou le minéral. Veine d'or. Veine d'argent. Veine de soufre. Veine de houille, de sel gemme, etc. Veine riche, abondante. De là ces façons de parler figurées: Cet homme est tombé sur une bonne veine, Il a rencontré heureusement. Il est en veine de bonheur. Il est dans une bonne veine. Il sut profiter de la veine. Etc.
• Veine d'eau, Petite source qui court sous terre. Il y avait autrefois une veine d'eau en cet endroit, mais elle est tarie.
• VEINE, se dit encore Des marques longues et étroites qui vont en serpentant dans le bois, et dans les pierres dures. C'est un bois qui est plein de veines. Le bois de noyer a de très-belles veines. Le lapis a des veines d'or.

VEINÉ, ÉE. adj.
• Qui a des veines. Il ne se dit guère que Du bois, du marbre, et de quelques pierres. Bois veiné. Marbre veiné. Marbre veiné de blanc et de noir.

VEINER . v. a.
• Imiter par des couleurs les veines du marbre ou du bois.
• VEINÉ, ÉE. participe

VEINEUX, EUSE. adj.
• Plein de veines. Les blessures sont à craindre dans les parties veineuses. Le bois de noyer, d'olivier est très-veineux. La racine de l'olivier est plus veineuse que le tronc.
• Les vaisseaux veineux, le sang veineux, se dit par opposition Au sang artériel et aux vaisseaux artériels ou lymphatiques.

VEINULE . s. f.
• T. d'Anat. Se dit Des petites veines, des vaisseaux capillaires.

VÉLAR .s.m.
• .Bot. Plante de la famille des Crucifères, qui est très-commune, et qui sert à la préparation d'un sirop assez usité comme pectoral et légèrement tonique. On la nomme vulgairement Herbe aux chantres.

VELAUT . T
• de Chasse. Cri dont on se sert pour annoncer qu'on voit le sanglier, le loup, le renard, ou le lièvre. On crie, Taïaut, lorsqu'on voit le cerf, le daim, ou le chevreuil.

VELCHE .s.m.
• Nom d'un ancien peuple barbare, que l'on ne place ici que parce qu'il est employé quelquefois familièrement, pour désigner Des hommes ignorants, sans goût, ennemis de la raison et des lumières. Ce sont de véritables Velches. Il est bien malheureux pour un écrivain d'être jugé par des Velches.

VÊLER . v. n.
• Se dit D'une vache qui met bas. La vache vient de vêler. C'est une vache qui n'a pas encore vêlé.

VÉLIN .s.m.
• Peau de veau préparée, qui est plus mince et plus unie que le parchemin. Beau vélin. Vélin blanc. Vélin bien préparé. Écrire sur du vélin. Peindre en miniature sur du vélin. Relier des livres en vélin. Reliure de vélin, en vélin. Images de vélin. Imprimer sur vélin. Exemplaire sur vélin. On dit aussi, Peau de vélin.
• Papier vélin, Papier imitant la blancheur et l'uni du vélin, et où il ne paraît aucune des marques appelées Pontuseaux et Vergeures.

VÉLITES .s.m. pl.
• Soldats légèrement armés. Ils étaient, dans la milice romaine, ce que sont aujourd'hui dans nos armées les troupes légères.
• Se dit aussi d'Un corps de chasseurs qui avait été créé, en France, par Napoléon.

VELLÉITÉ . s. f.
• (On prononce les deux L.) Volonté faible et imparfaite, qui n'a point d'effet. Vos résolutions ne sont que des velléités, que de simples velléités. Il eut un instant la velléité de me suivre. Il lui prit une velléité de s'enrôler.

VÉLOCE . adj. des deux genres
• Se dit, en Astronomie, pour exprimer La vitesse du mouvement d'une planète. Il est vieux.

VÉLOCITÉ . s. f.
• Vitesse, rapidité. Une vélocité sans pareille. La vélocité de son cours, de sa course. La vélocité de la prononciation. La vélocité de la pensée. Il n'est guère que du style soutenu.

VELOURS .s.m.
• Étoffe de soie à poil court et serré. On dit, Velours à deux poils, à trois poils, à quatre poils, selon que le poil en est plus ou moins serré. Velours plain ou uni. Velours figuré, ciselé. Velours à fleurs, à ramages, à fond d'argent, à fond de satin. Velours de Gênes, de Venise. Velours cramoisi. Lit de velours. Robe de velours. Habit, gilet de velours. Bande de velours. Lé de velours. Manteau doublé de velours.
• Velours ras, Espèce de velours qui n'a point de poil.
• Velours d'Utrecht, Espèce de velours de laine à longs poils et ordinairement façonné, dont on se sert pour faire des meubles. Velours de coton, Velours fait avec du coton, au lieu de soie.
• Prov. et fig., Habit de velours, ventre de son, se dit D'une personne qui épargne sur sa nourriture, et qui fait des dépenses d'ostentation.
• Fig., Marcher sur le velours, Marcher sur une pelouse fine et douce.
• Fig. et fam., Jouer sur le velours, Jouer sur son gain.
• Prov., Faire patte de velours, se dit D'un chat, lorsqu'il retire ses griffes en donnant la patte. Se dit aussi, figurément, De ceux qui cachent sous des dehors caressants le dessein qu'ils ont de nuire.

VELOUTÉ
, ÉE. adj.
• Se dit Des étoffes dont le fond n'est point de velours, et qui ont des fleurs, des ramages faits de velours. Satin velouté. Passement velouté. Étoffe veloutée.
• Se dit aussi De certains papiers qui servent pour tenture, et dont les dessins, les ornements imitent le velours. Un rouleau de papier velouté.
• Il signifie, par extension, Qui est doux au toucher comme du velours, ou Qui a l'apparence du velours. On le dit particulièrement De certaines fleurs. Les pensées, les oeillets d'Inde, les amarantes sont des fleurs veloutées.
• Vin velouté, Bon vin qui est d'un beau rouge un peu foncé, et qui n'a nulle âcreté.
• Crème veloutée, Sorte de crème cuite qui se sert à l'entremets.
• Membrane veloutée. Voyez VELOUTÉ substantif.
• VELOUTÉ, en termes de Joaillier, se dit Des pierres qui sont d'une couleur riche, foncée. Un saphir velouté.

VELOUTÉ .s.m.
• Galon fabriqué comme du velours, ou plain, ou figuré. Il faut mettre un velouté entre ces deux galons d'or ou d'argent.
• Le velouté de l'estomac, des intestins, etc., La surface intérieure de ces parties, qui est comme hérissée d'un nombre infini de petits filets enduits d'une substance glaireuse ou mucilagineuse, servant à défendre ces mêmes parties de l'impression trop vive des corps qui les touchent. Ce remède était trop fort, il lui a emporté le velouté de l'estomac. On dit aussi, La membrane veloutée de l'estomac, etc. Ce mot n'est plus guère usité dans le langage médical.

VELTAGE .s.m.
• Mesurage fait avec la velte.

VELTE . s. f.
• Mesure de liquide qui contient six pintes. Une velte d'eau-de-vie. Ce muid contient tant de veltes.
• Il signifie aussi, Un instrument qui sert à jauger les tonneaux.

VELTER . v. a.
• Mesurer à la velte.
• VELTÉ, ÉE. participe

VELTEUR .s.m.
• Celui qui jauge, qui mesure à la velte.

VELU, UE. adj.
• Couvert de poil. Il ne se dit ni par rapport aux cheveux, ni par rapport à la barbe. Homme velu. Estomac velu. Mains velues. Jambes velues. Il est velu comme un ours.
• Se dit, en Botanique, Des parties qui sont couvertes de poils longs, mous et rapprochés ou serrés. Feuilles velues. Tige velue.

VELVOTE . s. f.
• .Bot. Espèce de linaire, à tiges couchées et velues, qui croît dans les terres labourées et parmi les blés.

VENAISON . s. f.
• Chair de bête fauve ou rousse, comme cerf, daim, chevreuil, sanglier, etc. Je lui ai envoyé de la venaison. Un pâté de venaison. Cette viande a un goût de venaison.
• Les cerfs, les sangliers sont en venaison, Ils sont en graisse.

VÉNAL, ALE. adj.
• Qui se vend, qui se peut vendre. Il ne se dit au propre que Des charges et des emplois qui s'achètent à prix d'argent. Choses vénales. Offices vénaux. Charge vénale. C'est un pays où les plus grandes dignités de l'État sont vénales.
• Valeur vénale, La valeur actuelle d'une chose dans le commerce, son prix marchand.
• VÉNAL, se dit figurément De celui qui vend sa conscience, qui ne fait rien que par un intérêt sordide, que pour de l'argent. Son égoïsme l'a rendu vénal. C'est un homme vénal. Un orateur vénal. C'est une âme vénale. On dit aussi, Une éloquence vénale.
• C'est une plume vénale, C'est un auteur qui écrit pour de l'argent, ou pour quelque autre intérêt, suivant la passion de ceux qui le payent.

VÉNALEMENT . adv.
• D'une manière vénale. Il exerce vénalement sa charge.

VÉNALITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est vénal. La vénalité des offices, des charges. Cet administrateur est d'une vénalité honteuse.

VENANT . adj. m.
• Qui vient. On l'emploie surtout dans la locution, Allant et venant, où il est pris substantivement. Les rues sont pleines d'allants et venants. Cette maison est ouverte aux allants et venants. Les allants et les venants.
• À tout venant, Au premier venu. Répondre à tout venant. Offrir ses services à tout venant.
• Prov., À tout venant beau jeu, se dit Pour exprimer qu'un homme est prêt à tenir tête à tous ceux qui se présenteront.
• Il a dix mille francs de rente bien venant, Son revenu consiste en dix mille francs de rente, dont il est payé régulièrement.

VENDABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être vendu. Une terre substituée n'est pas vendable. Cette étoffe est piquée des vers, elle n'est pas vendable.

VENDANGE . s. f.
• Récolte de raisins pour faire du vin. Belle vendange. Bonne, mauvaise vendange. Pleine vendange. Porter la vendange au pressoir. Fouler la vendange. Faire vendange. Aller en vendange. Il est occupé à ses vendanges. La vendange n'a pas rendu cette année. Les vendanges ont été belles en Bourgogne.
• Se dit par extension, au pluriel, Du temps où se fait la récolte des raisins. Aller passer les vendanges à la campagne. Les vendanges sont belles cette année. Cela arriva pendant les vendanges. Je vous payerai après les vendanges.
• Prov. et fig., Il prêche sur la vendange, il ne fait que prêcher sur la vendange, se dit D'un homme qui a le verre en main, et qui s'amuse à parler au lieu de boire.
• Prov., Adieu paniers, vendanges sont faites, se dit Lorsque les vendanges sont passées, ou qu'il est arrivé malheur aux vignes. Se dit figurément De toutes les affaires manquées sans ressource, et quelquefois De celles qui sont entièrement terminées.
• Fig. et fam., Faire vendange, Faire un gain considérable. Il comptait faire vendange dans cette place, on l'a chassé.

VENDANGER . v. a.
• Faire la récolte des raisins. On a tout vendangé. Il n'y a plus rien à vendanger. Vendanger un clos de vigne.
• S'emploie aussi absolument. On vendange déjà partout. On a vendangé de bonne heure cette année. Il faut aller vendanger.
• Prov. et fig., Il vendange tout à l'aise, tout à son aise, se dit De quelqu'un qui fait des profits illicites dans une place, sans craindre la surveillance.
• Fig., La pluie, la grêle, l'orage, ont tout vendangé, les soldats ont tout vendangé, Ils ont fait de grands dégâts, ils ont tout dévasté. On dit quelquefois par extension, en parlant Des blés et des autres fruits de la terre, La grêle a tout vendangé; tout est vendangé.
• VENDANGÉ, ÉE. participe

VENDANGEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui cueille les raisins, qui sert à faire les vendanges. Il a besoin de tant de vendangeurs, de beaucoup de vendangeuses. Il donne tant à ses vendangeurs. La soupe des vendangeurs. On a de la peine cette année à trouver des vendangeurs.

VENDÉMIAIRE .s.m.
• Le premier mois du calendrier républicain: il commençait le 22 ou le 23 septembre.

VENDEUR, DERESSE. s.
• Celui, celle qui vend, qui a vendu. Le vendeur et l'acquéreur. Vendeur de bonne foi. Le vendeur et l'acheteur. Il est plus de fous acquéreurs que de fous vendeurs. La venderesse est garante. .. --- Venderesse n'est que du style de Pratique.

VENDEUR, EUSE. s.
• Celui, celle dont la profession est de vendre. Vendeur d'eau-de-vie. Vendeuse de fruits. Vendeuse d'herbes.
• Vendeurs de marée, et Vendeurs de volaille, Certains officiers préposés pour faire vendre la marée et la volaille. Les commissaires-priseurs sont aussi Vendeurs de meubles.
• Vendeur d'orviétan, de mithridate, Celui qui dans les places publiques débite quelque drogue médicinale.
• C'est un vendeur d'orviétan, se dit aussi D'un médecin qui se vante d'avoir des remèdes pour toutes sortes de maux. On le dit encore, par extension, D'un hâbleur, d'un trompeur.
• Fig. et fam., C'est un vendeur de fumée, se dit D'un homme qui fait parade d'un crédit qu'il n'a point, et qui cherche à en tirer quelque avantage.
• Faux vendeur, Celui qui vend ce qui n'est pas à lui, ou qui use de quelque fraude dans le contrat de vente; celui qui vend à faux poids, à fausse mesure.

VENDICATION . s. f. - Voyez REVENDICATION.

VENDIQUER . v. a. - Voyez REVENDIQUER.

VENDITION . s. f.
• .Droit. Vente. Il est vieux.

VENDRE . v. a.
• (Je vends, tu vends, il vend; nous vendons, vous vendez, ils vendent. Je vendais. Je vendis. Je vendrai. Vends, vendez. Que je vende. Que je vendisse. Etc.) Aliéner une chose, transporter, céder à quelqu'un la propriété d'une chose, pour un certain prix. Il m'a vendu ce cheval cinq cents francs. Je lui ai vendu tant de balles de coton. Il m'a vendu pour mille francs de marchandises. Vendre une maison, un héritage, une charge. Vendre un héritage franc et quitte. Vendre à faculté de rachat, à faculté de réméré. Vendre à réméré. Vendre avec garantie. Vendre sans garantie. Vendre à l'encan, aux enchères. Vendre au plus offrant et dernier enchérisseur. Vendre à l'amiable. Vendre en conscience.
• Se dit, particulièrement, De ceux qui vendent habituellement au public certaines marchandises, certaines denrées, etc. Il vend toutes sortes d'étoffes, de bijoux, etc. Il vend des comestibles, du vin et de l'eau-de-vie, etc. Elle vend des légumes et des fruits. Je n'ai rien vendu de la journée. Faire profession d'acheter et de vendre. Vendre cher, à bon marché, à vil prix, à juste prix, à prix fixe, à prix raisonnable, à prix ou au prix coûtant, à perte, à crédit, argent comptant. Vendre en gros et en détail. Vendre à la livre, à l'aune, au boisseau, au cent, au poids, à faux poids et à fausse mesure. Vendre à pot et à pinte.
• Cette marchandise, cette denrée se vend bien, Elle est d'un prix élevé, ou L'on en a un prompt débit; et, Elle se vend au poids de l'or, Elle se vend fort cher. On dit dans le sens contraire, Cette marchandise, cette denrée ne se vend pas.
• Fig., Vendre bien cher sa vie, vendre chèrement sa vie, Défendre bien sa vie, et faire périr beaucoup d'ennemis avant de succomber. On dit populairement, dans le même sens, Vendre bien cher sa peau.
• Ce n'est pas vendre, c'est donner, se dit en parlant Des choses qu'on vend à vil prix.
• Prov. et fig., C'est un homme qui est à moi, à vendre et à dépendre, C'est un homme dont je puis entièrement disposer. Dans cette phrase, Dépendre signifie, Dépenser. Voyez DÉPENDRE.
• Cet homme les vendrait tous, il les vendrait à beaux deniers comptants, Cet homme est plus fin qu'eux. En ce sens, cette phrase a vieilli; elle signifie ordinairement, Cet homme est capable de les sacrifier au moindre intérêt.
• Prov. et fig., Ce n'est pas tout que de vendre, il faut livrer, Il ne suffit pas de promettre, il faut tenir ce que l'on promet; ou Il ne suffit pas de former un projet, il faut encore avoir les moyens de l'exécuter.
• Prov. et fig., Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir mis par terre, Il ne faut pas disposer d'une chose avant de la posséder, il ne faut pas se flatter trop tôt d'un succès incertain.
• Prov. et fig., À qui vendez-vous vos coquilles? à ceux qui reviennent de Saint-Michel? ou simplement, À qui vendez-vous vos coquilles? À qui pensez-vous avoir affaire? Cela se dit Pour donner à entendre qu'on n'est pas dupe de la finesse de celui à qui l'on parle.
• Prov. et fig., Cet homme vend bien ses coquilles, Il fait bien valoir sa marchandise, son travail.
• Fig., Vendre son suffrage, sa protection, etc., Se faire payer pour donner son suffrage, pour accorder sa protection, etc.
• Fig., Cet homme vend son honneur, Il reçoit de l'argent pour faire une action honteuse. Cette femme vend son honneur, Elle s'abandonne par intérêt. On dit proverbialement dans ce dernier sens, avec le pronom personnel, Femme qui prend, se vend.
• Fig., Se vendre à un parti, à une cabale, Se livrer à un parti, à une cabale par des vues intéressées.
• VENDRE, signifie quelquefois, Trahir, révéler un secret par quelque raison d'intérêt. Vendre sa patrie, son roi. Ne nous vendez pas. Il vendrait son meilleur ami, son père à beaux deniers comptants. C'est lui qui nous a vendus.
• VENDU, UE. participe, C'est un homme vendu, se dit D'un homme livré à quelqu'un ou à un parti par intérêt. Dans le même sens, on dit, Cet homme est vendu à la faveur, au pouvoir, etc.

VENDREDI .s.m.
• Le sixième jour de la semaine. Il partira vendredi.
• Vendredi saint, Le vendredi de la semaine sainte, consacré à célébrer la mémoire de la passion et de la mort de Notre-Seigneur.
• Prov. et fig., Tel qui rit le vendredi, pleure le dimanche, Bien souvent la tristesse succède à la joie en très-peu de temps.

VÉNÉFICE .s.m.
• Empoisonnement, crime d'empoisonnement, dans lequel on prétend qu'il y a eu du sortilége. Accuser de vénéfice. Coupable de vénéfice. Il n'était guère usité que dans les anciennes procédures criminelles.

VENELLE . s. f.
• Petite rue. Il est vieux, et n'est plus guère usité que dans cette phrase figurée, proverbiale et populaire, Enfiler la venelle, Prendre la fuite.

VÉNÉNEUX, EUSE. adj.
• Qui a du venin. Il signifie la même chose que Venimeux, avec cette différence qu'il ne se dit que Des végétaux. Plante vénéneuse. Arbre vénéneux. Fruit vénéneux. Le suc de la ciguë est vénéneux.

VENER . v. a.
• Chasser, courre une bête pour en attendrir la chair. Il ne se dit guère qu'en parlant Des animaux domestiques. À Rome, en Angleterre, on a coutume de vener les boeufs.
• Faire vener de la viande, La faire mortifier.
• Ce verbe n'est guère en usage; on ne s'en sert qu'à l'infinitif, et aux temps formés du participe.
• VENÉ, ÉE. participe, Voilà de la viande qui est un peu venée, se dit De la viande qui commence à se gâter et à sentir.

VÉNÉRABLE . adj. des deux genres
• Digne de vénération, de respect. Vieillard vénérable. Une assemblée vénérable. C'est un homme vénérable par son âge et par son mérite. Avoir l'air vénérable. Sa figure vénérable. Une barbe vénérable. Les habits pontificaux ont quelque chose de vénérable. Lieu, monument vénérable, Qui est consacré par la religion, ou qui réveille de grands souvenirs.
• VÉNÉRABLE, est aussi Un titre d'honneur qu'on donne aux prêtres et aux docteurs en théologie, dans les actes publics. Fut présent discrète et vénérable personne, N. prêtre, docteur en théologie, etc.

VÉNÉRATION . s. f.
• Respect qu'on a pour les choses saintes; honneur qu'on rend aux choses saintes. Grande vénération. Extrême vénération. Profonde vénération. On ne saurait avoir trop de vénération pour les choses saintes. Exposer des reliques à la vénération des fidèles.
• Se dit aussi de L'estime respectueuse qu'on a pour certaines personnes. C'est un homme qui mérite la vénération, qui s'attire la vénération de tout le monde. J'ai beaucoup de vénération pour sa vertu. Ma vénération pour mon père, pour vous. Sa mémoire est en vénération.

VÉNÉRER . v. a.
• Porter honneur, révérer. Se dit proprement en parlant Des choses saintes. Vénérer les saints. Vénérer les reliques.
• Se dit, quelquefois, en parlant Des personnes pour qui l'on a une estime respectueuse. Je vous vénère comme un bienfaiteur, comme un second père.
• VÉNÉRÉ, ÉE. participe, Un prince vénéré.

VÉNERIE . s. f.
• L'art de chasser avec des chiens courants à toutes sortes de bêtes, et principalement aux bêtes fauves. Entendre bien la vénerie. Tel auteur a écrit sur la vénerie. Terme de vénerie.
• Se dit aussi de Tout ce qui concerne l'art de la vénerie, et Du corps des officiers qui sont attachés à ce service chez le roi. La vénerie est logée en tel endroit. Les chiens de la vénerie. L'équipage de la vénerie. Officier de la vénerie. Avoir une charge dans la vénerie. Gentilhomme de la vénerie. Lieutenant de la vénerie. Les pages de la vénerie. La vénerie eut ordre de suivre le roi dans ce voyage.
• Se dit aussi Du lieu destiné à loger les officiers et tout l'équipage de la vénerie du roi. Il est logé à la vénerie.

VÉNÉRIEN, IENNE. adj.
• Qui a rapport à Vénus. Il n'est guère usité qu'en parlant Du commerce charnel entre les hommes et les femmes. Acte vénérien. Plaisir vénérien. On évite d'employer ce mot.
• Se dit aussi De la maladie, des maux qui sont le résultat d'un commerce impur. Maladie vénérienne. Mal vénérien. Maux vénériens.
• Se dit substantivement Des personnes atteintes de la maladie vénérienne. L'hôpital des vénériens.

VENETTE . s. f.
• Peur, inquiétude, alarme. Il n'est usité que dans ces phrases populaires, Avoir la venette, donner la venette, Avoir peur, inspirer de la peur.

VENEUR .s.m.
• Celui qui est chargé de faire chasser les chiens courants. Il a un très-bon veneur. Le droit du veneur.
• Grand veneur, Celui qui commande à toute la vénerie du roi.

VENGEANCE . s. f.
• Action par laquelle on se venge, ou par laquelle on punit. Vengeance mémorable, éclatante, pleine et entière. Cruelle vengeance. Vengeance particulière. Vengeance publique. Vengeance céleste. Il ne respire que vengeance. Courir à la vengeance. J'en aurai vengeance. Exercer une cruelle vengeance sur quelqu'un. Différer sa vengeance. Pour toute vengeance, je l'abandonne à ses remords. Goûter le plaisir de la vengeance. Servir son ennemi quand on pourrait lui nuire, c'est une noble vengeance. La plus noble vengeance, c'est le pardon. C'est porter, c'est pousser la vengeance trop loin. Le sang des innocents demande vengeance, crie vengeance. Ils crièrent tous, Vengeance! Il en faut laisser la vengeance à Dieu. Le Dieu des vengeances.
• Tirer vengeance, prendre vengeance, Se venger.
• VENGEANCE, signifie aussi, Le désir de se venger. Il a toujours la vengeance dans le coeur. Mouvement de vengeance. Sentiment de vengeance. Esprit de vengeance. Il a brûlé tout le pays en vengeance de... C'est par vengeance qu'il a fait telle chose. Cette dernière phrase n'est que du langage familier.

VENGER . v. a.
• Tirer raison, tirer satisfaction de quelque injure, de quelque outrage, de quelque acte coupable. Se dit également en parlant Des choses dont on veut tirer satisfaction, et Des personnes qu'on regarde comme offensées. Venger une injure. Venger une offense reçue. Venger un affront. Venger un crime. Venger un meurtre. Venger un outrage; etc. Venger le mépris des autels. Venger la mort de son père. Venger l'innocence opprimée. Venger l'honneur de quelqu'un. Venger quelqu'un d'un affront. Dieu venge tôt ou tard les bons de l'injustice des méchants. Venger son ami. Venger sa patrie.
• S'emploie souvent avec le pronom personnel. Se venger avec éclat. Se venger de ses ennemis, d'un outrage, d'une injure. Se venger sur quelqu'un d'une injure qu'on a reçue. Il m'a joué un mauvais tour, je m'en vengerai. Elle s'est bien vengée.
• VENGÉ, ÉE. participe

VENGEUR, GERESSE. s.
• Celui, celle qui venge, qui punit. Cet outrage, ce crime n'aura-t-il point de vengeur? Dieu est un juste vengeur. Il est le vengeur des crimes. Il est le vengeur des innocents, des opprimés. Jeanne d'Arc fut la vengeresse de la France. Le féminin n'est que du style soutenu.
• Il est aussi adjectif; et il ne se dit de même au féminin que dans le style soutenu. Un Dieu vengeur. Le foudre vengeur. La foudre vengeresse. Main vengeresse. Divinité vengeresse. Les remords vengeurs.

VENIAT .s.m.
• (On prononce Véniate.) .Chancellerie et de Palais, emprunté du latin. Ordre donné par le juge supérieur à un juge inférieur, de venir se présenter en personne, pour rendre compte de sa conduite. Il a reçu un veniat.

VÉNIEL, ELLE. adj.
• Qui peut être pardonné. Il ne se dit que Des péchés légers, et qui, dans le langage des théologiens, ne font point perdre la grâce; par opposition Aux péchés mortels. Commettre, faire un péché véniel, une offense vénielle. Faute vénielle. La fréquente rechute dans les péchés véniels est dangereuse.
• Fam., Ce ne sont que des fautes vénielles, que des péchés véniels, se dit Des légers manquements dans ce qui regarde certains petits devoirs, certaines petites bienséances.

VÉNIELLEMENT . adv.
• Il n'est usité que dans cette phrase, Pécher véniellement, qui signifie, Faire une faute légère, et qui se dit par opposition à Pécher mortellement.

VENI-MECUM .s.m. - Voyez VADE-MECUM.

VENIMEUX, EUSE. adj.
• Qui a du venin. Il signifie la même chose que Vénéneux, avec cette différence que Venimeux ne se dit proprement que Des animaux. Le scorpion est venimeux. La vipère est venimeuse.
• Se dit aussi Des choses que l'on croit infectées du venin de quelque animal. On dit que les herbes sur lesquelles le crapaud et la chenille ont passé, sont venimeuses.
• Fig., C'est une langue venimeuse, se dit D'une personne médisante et maligne, dont les propos font du mal.

VENIN .s.m.
• Sorte de poison. Il ne se dit guère que de Certaines liqueurs qui sortent du corps de quelques animaux. Venin dangereux, mortel. Venin prompt, subtil. Le venin de la vipère. Le venin du scorpion, du serpent. Cet animal a jeté son venin.
• Prov. et fig., À la queue le venin, C'est souvent à la fin des affaires que l'on trouve le plus de difficulté. Morte la bête, mort le venin, On n'a plus rien à craindre d'un ennemi mort.
• VENIN, se dit aussi, par extension, Du principe et de l'action des maladies contagieuses. C'est un venin qui se communique. Le venin de la peste, de la petite vérole. Ce sens n'est guère usité dans le langage médical. Voyez VIRUS.
• VENIN, signifie figurément, Rancune, haine cachée, malignité. Vous avez bien du venin contre lui. Il y a bien du venin à ce que vous dites, dans ce que vous dites. Il y a bien du venin dans ce pamphlet. C'est une langue dangereuse, qui répand son venin partout. Le venin de la calomnie.
• Il a jeté tout son venin, Dans l'emportement de sa colère, il a dit tout ce qu'il avait sur le coeur contre un tel.
• C'est un homme sans venin, qui n'a point de venin, Il n'a point de rancune, point de malignité.
• VENIN, se dit aussi figurément, en langage de dévotion, de Ce qui est contraire à la doctrine de l'Église. Il y a du venin dans cette proposition. Le venin de l'hérésie.

VENIR . v. n.
• (Je viens, tu viens, il vient; nous venons, vous venez, ils viennent. Je venais. Je vins. Je suis venu. Je viendrai. Je viendrais. Viens, venez. Que je vienne. Que je vinsse. Venant.) Se transporter d'un lieu à un autre dans lequel est, était, ou sera celui qui parle, ou à qui l'on parle, ou dans lequel se suppose celui qui parle. Il est venu ici, ou simplement, Il est venu. Il est venu à pied, à cheval, en voiture. Il viendra demain. Il va venir. Il vint à nous tout effrayé. Le voilà qui vient. Il vint à ma rencontre. Il vint au-devant de moi. Il vint à grandes journées. Il vint en poste. Venez çà, Venez que je vous parle. Il viendra ce soir pour vous parler. Je viens pour vous dire que... Quand nous viendrez-vous voir? Il vient d'Italie. Je le rencontrai qui venait de Rome. Je viens de la promenade. Je serai ce soir à tel endroit, venez m'y rejoindre. Si j'allais à la campagne, il viendrait m'y relancer. En combien de jours le courrier de Bordeaux vient-il à Paris? On l'emploie quelquefois impersonnellement. Il venait dans cette maison toutes sortes de gens.
• Se dit aussi Du mouvement qui se fait d'un lieu éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle: Il est venu de Rome à Lyon; et Du mouvement qui se fait d'un lieu éloigné au lieu où est celui qu'on fait parler: César ordonna à Labiénus de le venir joindre. César fit venir des Gaules telle légion.
• VENIR, signifie également, Arriver au lieu où est celui qui parle. Quel jour vient le courrier? Quel jour viennent les lettres? Il viendra ce matin. Quand viendra-t-il? Vous venez fort à propos.
• Se dit, quelquefois, Du mouvement qui se fait d'un lieu proche à un lieu éloigné; mais seulement lorsque celui qui parle invite un autre à l'accompagner. Je m'en vais à Rome, voulez-vous venir avec moi? Nous allons à la promenade, venez avec nous.
• Il se construit, quelquefois, avec les pronoms personnels et la particule En, sans que cela change rien au sens. Dites-lui qu'il s'en vienne. Nous nous en vînmes ensemble.
• Prov., Ne faire qu'aller et venir, Être toujours en mouvement.
• Fam. et ironiq., C'est un beau venez-y voir, voilà un beau venez-y voir, C'est peu de chose, c'est une chose qui ne mérite pas d'être remarquée. Cela se dit pour rabaisser ce qu'un autre voudrait faire valoir.
• Mouvement de va-et-vient. Voyez VA-ETVIENT.
• Prov., Il semble qu'il vienne de l'autre monde, se dit en parlant D'un homme qui paraît ignorer ce qui se passe publiquement, et les choses que tout le monde sait. On dit aussi proverbialement, dans le même sens: D'où venez-vous? De quel pays venez-vous?
• Fig., Je le verrai venir, il faut le voir venir, Je verrai, il faut voir ce qu'il fera, quel est son dessein. On dit aussi, Je vous vois venir, Je devine ce que vous pensez, ce que vous allez faire ou dire.
• Fig., Laisser venir, voir venir, Attendre, ne se pas presser. Dans cette affaire, nous n'avons qu'à voir venir, qu'à laisser venir. Laissons-le venir, et nous verrons quel parti nous devons prendre.
• Faire venir quelqu'un, Le mander, lui donner ordre ou avis pour qu'il vienne. Il a fait venir le médecin. Faites venir votre domestique.
• Venir de faire une chose, Avoir fait une chose depuis très-peu d'instants. Il vient de sortir. Je viens de lui parler. Il vient de mourir. On dit de même, familièrement, Il vient de venir.
• VENIR, se dit aussi Des choses inanimées. Dans ce sens, on l'emploie souvent comme verbe impersonnel. Ces eaux viennent des montagnes. Le vent vient du nord. Il vient du vent de ce côté-là. Ouvrez la fenêtre, il viendra de l'air. Il venait des bouffées de chaleur.
• Ses revenus viennent bien, Ils sont payés sûrement et régulièrement. Il a peu de revenu, mais le peu qu'il en a vient bien. Cette manière de parler vieillit.
• Prov., Après la pluie vient le beau temps, Le beau temps succède à la pluie. Il signifie aussi, figurément et familièrement, Après un temps fâcheux, il en viendra un favorable.
• Prov., Cela fait venir l'eau à la bouche, se dit D'une chose agréable au goût, et dont l'idée excite l'appétit quand on en parle ou qu'on en entend parler. On le dit aussi, figurément, De tout ce qui peut exciter les désirs. Ce que vous avez raconté des avantages de cette entreprise, lui a fait venir l'eau à la bouche.
• Faire venir quelque chose, Donner ordre ou commission pour qu'une chose soit envoyée d'un lieu quelconque au lieu où l'on est. Faire venir des truffes du Périgord. Faire venir des provisions de la campagne. Faire venir une voiture. Faites venir un fiacre.
• Cette denrée, cette marchandise vient, nous vient de tel pays, de telle ville, Elle nous est apportée de tel pays, de telle ville. On dit dans un sens analogue: Les arts sont venus de telle contrée. Cette maladie, cette contagion est venue, nous est venue de l'Orient. Etc.
• Prov. et fig., Faire venir l'eau au moulin, Procurer à soi ou aux siens des avantages, de l'utilité, de l'argent, etc., par son industrie, par son adresse.
• Au Jeu de la paume, un joueur dit à son compagnon, Laissez-moi venir ce coup-là, Laissez-le-moi jouer.
• Prov. et fig., La balle vient au joueur, au bon joueur, L'occasion semble chercher ceux qui sont les plus capables d'en profiter.
• À différents Jeux de cartes, Laissez-moi venir cette main, Laissez-moi faire cette levée.
• VENIR, se dit encore Des choses qui arrivent fortuitement, par accident, inopinément. Dans ce sens, on l'emploie souvent aussi comme impersonnel. Il lui vint une grosse fièvre. Il lui vint une ébullition. Il lui vient toujours beau jeu. Il vint une bourrasque, une tempête. S'il vient quelque changement. Tout lui vient à souhait. Cela lui vient bien à point. Un malheur ne vient jamais seul.
• Elliptiq., Vienne une maladie, un revers, etc., Qu'il arrive une maladie, un revers, etc. Des flatteurs l'entourent; vienne une disgrâce, il sera seul.
• VENIR, se dit particulièrement, dans un sens analogue au précédent, De ce que l'esprit conçoit, imagine, ou se rappelle. Il me vient une idée, un souvenir. Il me vint à l'esprit de lui faire cette proposition. Il me vint en pensée, il me vint en tête, il me vint à l'esprit, dans l'esprit que... Je voulais écrire sur cette matière, il ne me vint rien dont je fusse satisfait. Les idées lui venaient en foule. Il me vint en tête un soupçon. Il me vient un scrupule, un doute. Ce goût lui est venu naturellement.
• Prov., Tout vient à point qui peut attendre, Dans les affaires de ce monde, on vient à bout de tout avec du temps et de la patience.
• Fam., S'il allait venir faute de lui, s'il en venait faute, S'il venait à mourir. Ces phrases ont vieilli.
• Prov. et pop., Cela lui vient de Dieu grâce, se dit en parlant D'une personne à qui il arrive quelque chose d'avantageux, sans qu'elle se soit donné aucune peine.
• Prov., Le bien lui vient en dormant, se dit D'une personne qui devient riche sans rien faire.
• Fig., Cela vint à ma connaissance, cette nouvelle est venue jusqu'à moi, le bruit en est venu jusqu'ici, J'ai appris cela, j'ai su cette nouvelle, le bruit en est parvenu jusqu'ici.
• VENIR, signifie aussi, Arriver par succession, par quelque hasard, échoir. Après la mort du père et de la mère, les biens viennent aux enfants. Les biens qui viennent du côté du père, de la mère. Le sot met à la loterie, croyant que le bon billet doit lui venir. Il ne me vient que des billets blancs.
• Il signifie en outre, Succéder, arriver suivant l'ordre des choses. Le printemps vient après l'hiver. Ceux qui viendront après nous verront cela. Il viendra un temps. Un temps viendra. Il faut prendre le temps comme il vient. Quand le temps en sera venu. L'année, le mois, la semaine qui vient, L'année prochaine, le mois prochain, la semaine prochaine.
• Vienne la Saint-Martin, viennent les Rois, etc., Quand la Saint-Martin arrivera, quand les Rois arriveront, etc. Populairement, Elle aura quinze ans viennent les prunes, L'été prochain.
• VENIR, signifie encore, Être issu, être sorti. Il vient de cette maison par les femmes. C'est un homme qui vient de bon lieu. Il vient de bas lieu.
• Ce mot vient de tel autre, Il en est dérivé. On dit de même, Ce mot, cette expression vient du grec, vient de l'espagnol, etc.
• VENIR, signifie aussi, Naître, croître, être produit. Les oliviers ne viennent pas dans cette province. Il ne vient point de blé dans ce pays-là. On ne saurait faire venir cet arbre dans nos forêts. Les melons, les orangers, la canne à sucre, viennent là en pleine terre. Il viendra de belles tulipes de ces oignons. Cette plante vient de bouture. Ce semis commence à venir. Les dents commencent à venir à cet enfant. On dit figurément en ce sens, La raison lui viendra avec l'âge.
• Venir bien, Profiter, croître comme il faut, réussir; et, dans un sens contraire, Venir mal. Cet arbre vient bien, vient mal. Cet enfant ne vient pas bien: on dit aussi, Il a de la peine à venir.
• VENIR, se dit quelquefois Des choses liquides qu'on tire d'un vaisseau où elles étaient contenues; et alors il signifie, Sortir. Cela ne vient que goutte à goutte. Le vin est au bas, il vient trouble. On voulut le saigner, mais le sang ne vint pas.
• Il signifie aussi, Procéder, émaner. De là vient qu'il y a si peu de bonne foi dans le monde. Tous ces malheurs viennent de ce que... Cela vient de bonne main. Cela vient d'une personne que j'estime fort. D'où vient cet usage, cette façon de parler? D'où vient cette animosité? D'où vient qu'il est si triste, si joyeux?
• VENIR, signifie en outre, Monter, s'élever. Ces bottines ne me viennent pas à mi-jambes. Les eaux viennent jusqu'au premier étage. Votre fils me vient à l'épaule.
• VENIR, s'emploie, surtout avec la préposition à, dans un grand nombre d'autres phrases, la plupart figurées.
• En venir aux mains, Commencer à se battre. On en vint aux mains avec les ennemis. Les deux armées étaient prêtes à en venir aux mains.
• En venir aux reproches, aux menaces, aux grosses paroles, aux injures, aux coups, aux prises, etc., Pousser l'aigreur de la conversation, porter la dispute jusqu'aux reproches, aux menaces, aux injures, aux coups, etc.
• En venir aux extrémités, à la violence, à la force, Employer la violence, la force. Il en fallut venir à un procès, Il fallut plaider.
• Il faut en venir là, se dit De la mort et de tout ce qu'on regarde comme nécessaire, comme inévitable. On le dit aussi De ce qu'on regarde comme plus expédient. Après avoir bien réfléchi, bien discuté, vous verrez qu'il faut en venir là.
• C'est là que j'en voulais venir, c'est où j'en voulais venir, C'est à ce but que tendaient mes actions, mes discours. On dit de même, Où veut-il en venir?
• Ils en vinrent au point de faire telle chose, Ils furent réduits à faire telle chose; ou bien, Ils se portèrent à de telles extrémités, qu'ils firent telle chose.
• Les choses vinrent à un point, que... à un tel point, que... si avant, que... Elles furent portées à un tel excès, si loin, que... Il vint à un tel point d'insolence, que... Il fut, il devint si insolent, que...
• Venir au fait, à la question, à la discussion d'une affaire, à la conclusion, Parler de la chose dont il s'agit, agiter la question, discuter une affaire, conclure.
• Faire venir à la raison, Réduire à la raison, mettre à la raison, soit par la persuasion, soit par la force. On dit figurément et familièrement, dans le même sens, Faire venir à jubé; venir à jubé. Voyez JUBÉ.
• Ce roi vint jeune à la couronne, Y parvint jeune.
• Venir à une succession, Hériter. Venir à une succession par tête, par souche, par représentation, etc.
• Venir au sou la livre, Partager au sou la livre. Cette phrase a vieilli.
• Venir à compte, à partage, à composition, Compter, partager, composer.
• Venir à maturité, en maturité, Mûrir.
• Cet enfant est venu au monde tel jour, Il est né tel jour; Il est venu à terme, Il est né à l'époque ordinaire de la naissance; et, Il est venu avant terme, Il est né avant le terme ordinaire de la gestation.
• Absol., Cet enfant nouveau-né est bien venu, La mère en est accouchée heureusement: et au moment où elle accouche, on dit que L'enfant vient bien, lorsqu'il se présente de la manière la plus naturelle.
• On craint que son fruit, que son enfant ne vienne pas à bien, se dit Lorsqu'une femme grosse est maladive, ou a fait une chute, un effort, dont on craint les suites.
• Ses enfants ne viennent pas à bien, se dit aussi D'une femme dont les enfants meurent très-jeunes.
• Venir bien à, Être approprié à la chose, à la personne, lui convenir. Cette robe, cet habit, cette perruque, cette coiffure vient bien à la taille, à l'air du visage.
• Ce que je vais dire vient à mon sujet, Convient au sujet de mon discours.
• Ces couleurs, ces nuances viennent bien ensemble, Elles s'assortissent bien ensemble. Il vieillit.
• En termes d'Impr., Cette feuille, cette estampe est bien venue, est mal venue, Elle est sortie bien tirée, mal tirée de dessous la presse.
• Venir à rien, Diminuer beaucoup, se réduire presque à rien. À force de bouillir, cette sauce est venue à rien. À force de maigrir, cet homme vient à rien. Figurément, Tous ses grands projets viendront à rien, Tous ses grands projets n'auront aucune suite, aucun succès.
• Venir à bout de ses desseins, de ses entreprises, Y réussir. Venir à bout de faire une chose, venir à bout d'une chose, Parvenir à faire une chose, parvenir à la fin d'une chose, en trouver la fin. Venir à bout de ses ennemis, Les surmonter. En venir à son honneur, Réussir dans ce qu'on avait entrepris.
• Venir à son but, à ses fins, Arriver à son but, à ses fins, réussir.
• Venir à la traverse, Traverser, troubler un dessein, une affaire.
• Par menace, Qu'il y vienne, Qu'il s'en avise, qu'il ait cette hardiesse.
• VENIR, suivi de la préposition à, se construit avec toutes sortes de verbes à l'infinitif, comme Venir à faire, venir à dire, etc., pour marquer ce qu'une action a d'inattendu, de fortuit, ou pour exprimer le dernier terme d'une gradation, etc. S'il venait à mourir, S'il arrivait qu'il mourût. Si le secret venait à être découvert, Si, par hasard, le secret était découvert. Je vins tout à coup à me le rappeler, Tout à coup je me le rappelai. Nous vînmes à parler de telle chose, Nous parlâmes de telle chose, la conversation tomba sur tel sujet. Il vint jusqu'à me déclarer... Il poussa l'entêtement, l'audace, etc., jusqu'à me déclarer... On dit de même, Il en vint jusqu'à le menacer, jusqu'à l'insulter, etc.
• VENIR, s'emploie quelquefois substantivement, comme dans cette phrase, L'aller et le venir.
• À VENIR Locution qui tient lieu d'adjectif, et dont on se sert pour dire, Qui doit venir, qui doit arriver. Le temps à venir. Les temps à venir. Les siècles à venir. Voyez AVENIR.
• VENU, UE. participe, Soyez le bien venu, soyez la bien venue. Formule de bienveillance ou de civilité dont on se sert à l'égard d'une personne qui arrive. On écrit aussi, Bienvenu, bienvenue, en un seul mot.
• Être bien venu partout, Être bien reçu partout.
• Cet homme est nouveau venu, Il est nouvellement arrivé. Substantivement, Un nouveau venu, Un homme qui vient d'arriver ou d'être admis dans une société. On dit de même au féminin, Une nouvelle venue; et au pluriel, Les nouveaux venus, les nouvelles venues.
• Le premier venu, Celui qui arrive le premier. Figurément, Confier son secret au premier venu, Le confier sans discernement.
• Le dernier venu, Celui qui arrive le dernier; le dernier admis.
• Au féminin, La première venue, la dernière venue; et au pluriel, Les premiers venus, les derniers venus; les premières venues, les dernières venues.

VENT .s.m.
• Mouvement plus ou moins rapide de l'air, suivant une direction déterminée. Les quatre vents principaux ou cardinaux sont: le vent du nord, le vent du sud, le vent d'est, le vent d'ouest. Vents périodiques ou réglés. Vents irréguliers, variables, accidentels. Grand vent. Vent impétueux, froid, chaud, humide, mou, pluvieux, doux, agréable, frais. Vent haut. Vent bas. Il fait grand vent. Le vent souffle. Le vent se lève. Le vent change. Le vent tourne. Le vent cesse, est apaisé, est tombé, s'est abattu tout d'un coup. Être exposé au vent, à tous les vents, à tout vent. Être à l'abri du vent. La force, la vitesse, la violence, l'impétuosité du vent. Il vient bien du vent par cette porte, par cette fenêtre. Cet arbre a été abattu d'un coup de vent.
• Vents souterrains, Vents qui se forment dans les concavités de la terre.
• Vent coulis, Vent qui passe par de petites ouvertures.
• En termes de Jardinage, Arbres en plein vent ou de plein vent, Les arbres fruitiers de haute tige, qui ne sont point plantés en espalier, et qui sont exposés au vent de tous côtés. On dit en un sens analogue, dans le langage ordinaire, Une boutique, un étalage en plein vent; un théâtre en plein vent; etc.
• Fam., Être logé aux quatre vents, Être logé dans une maison exposée aux vents et ouverte de tous côtés.
• Par exagérat., Il va comme le vent, il va plus vite que le vent, se dit D'un homme, d'un cheval, etc., qui est fort léger à la course. Il fend le vent, se dit D'un oiseau qui vole avec une grande rapidité.
• Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, Il n'est point gouverné. Ses cheveux flottent au gré du vent, Ils flottent en l'air, agités par le souffle du vent.
• Prov. et fig., Regarder de quel côté vient le vent, S'amuser à regarder dehors sans aucun dessein, et comme un homme oisif. Il signifie aussi, Observer le cours des affaires et les diverses conjonctures, pour régler sa conduite suivant ce que l'on découvre. Il ne se prend qu'en mauvaise part.
• Prov. et fig., Jeter la plume au vent, Prendre sa résolution au hasard.
• Fam. et par plaisanterie, Mettre flamberge au vent, Tirer l'épée.
• Prov., Petite pluie abat grand vent, Une petite pluie fait ordinairement cesser un grand vent; et, figurément, Un peu de douceur apaise souvent un grand emportement; ou Une cause légère, un petit incident fait cesser quelquefois de grands troubles, de grandes querelles.
• Prov., Autant en emporte le vent, se dit en parlant De promesses auxquelles on n'ajoute point de foi, ou De menaces dont on ne craint point les effets.
• Fig. et fam., C'est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent; il tourne à tout vent, se dit D'un homme dont l'esprit est léger, inconstant.
• Prov. et fig., À brebis tondue, Dieu mesure le vent, La Providence proportionne nos maux à nos forces.
• Moulin à vent, Moulin que le vent fait mouvoir.
• Dans les contrées maritimes, Vent de terre, ou Brise de terre, Vent qui vient de la terre, et qui souffle la nuit. Vent de mer, ou Brise de mer, Vent qui vient de la mer, et qui souffle pendant le jour.
• En termes de Marine, Avoir vent arrière, avoir bon vent, Avoir un vent qui porte directement le navire vers le point où l'on veut aller; et, dans un sens opposé, Avoir vent debout, vent contraire, Avoir un vent directement opposé à la route que l'on veut faire. Être vent devant, se dit D'un navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant.
• Avoir le vent en poupe, ne se dit plus guère au propre dans la marine; mais il se dit figurément pour signifier, Être secondé, favorisé par les circonstances.
• Fig., dans le style soutenu, Le vent des prospérités, de l'adversité, La fortune favorable ou défavorable. On dit de même, Le vent de la faveur, L'avantage du crédit, de la faveur du prince. On dit aussi, Le vent tourne, Le cours des choses change, devient favorable, ou cesse de l'être.
• En termes de Marine, Pincer le vent, serrer le vent, rallier le vent ou au vent, tenir le vent; et, Aller au plus près du vent, ou elliptiquement, Aller au plus près, Disposer ses voiles de telle sorte, que le navire aille le plus près qu'il est possible de la ligne sur laquelle le vent souffle, en remontant vers le côté d'où il souffle.
• Avoir le vent sur un navire, être au vent d'un navire, avoir le dessus du vent, gagner le vent, le dessus du vent à un navire, Se trouver ou se mettre entre le lieu d'où le vent souffle, et le navire dont il s'agit; ce qui se dit aussi en parlant D'une île. On dit de même, Cette île était au vent à nous, Elle était entre nous et l'endroit d'où soufflait le vent; et, Cette île nous restait sous le vent, Nous étions entre cette île et l'endroit d'où le vent soufflait.
• Fig. et fam., Avoir le dessus du vent, Avoir l'avantage sur quelqu'un. Être au-dessus du vent, Être en état de ne rien craindre. Cette dernière façon de parler n'est point usitée au propre dans la marine.
• En termes de Marine, Vent fait, Vent qui ne varie plus, et qui paraît devoir durer.
• Vents alizés, Vents faits et réglés, que l'on trouve presque toujours en certains parages entre les deux tropiques, et qui sont d'un très-grand secours pour les voyages de l'Amérique ou des Indes orientales. Nous jugeâmes à propos de changer notre route, pour aller chercher les vents alizés.
• Vent frais, Vent médiocrement fort, et bon pour faire route. On dit dans le même sens, Un bon frais, un bon petit frais, sans ajouter Vent. Dans un sens contraire, Vent forcé, Vent violent et plus fort qu'il ne faut.
• Avoir vent et marée, se dit D'un bâtiment qui se trouve avoir en même temps le vent et la marée favorables pour la route qu'il fait. Dans un sens contraire, Aller contre vent et marée, se dit Lorsque la marée et le vent se trouvent contraires à la route qu'un bâtiment veut tenir.
• Fig. et fam., Cet homme a vent et marée, Tout favorise ses desseins. Il va contre vent et marée, Il poursuit obstinément ses projets, malgré toutes les difficultés qui s'y opposent.
• Prov., Selon le vent, la voile, Il faut déployer plus ou moins de voiles, selon que le vent est plus fort ou plus faible, selon qu'il est plus ou moins favorable; et, figurément, Il faut proportionner ses entreprises à ses moyens, ou ses démarches aux circonstances; il faut se conduire avec assez d'adresse, pour avancer, malgré les difficultés, vers le but qu'on se propose.
• Aller selon le vent, Régler sa navigation sur le vent. Aller tout d'un vent, d'un même vent, Faire sa route avec un seul vent; ce qui a lieu lorsque le trajet est direct, et qu'on n'a besoin que d'un seul vent pour le faire. Prov.: On va d'un même vent à deux endroits opposés. On va de tout vent à un même endroit.
• Fig. et fam., Aller selon le vent, S'accommoder au temps.
• En termes de Chasse, Chasser au vent, aller dans le vent, Aller contre le vent.
• Porter au vent, porter le nez au vent, se dit Des animaux, surtout des chevaux, lorsqu'ils portent la tête haute. Ordinairement les chevaux tartares portent le nez au vent, portent au vent.
• Fig. et fam., Cet homme porte le nez au vent, Il tient la tête haute, il a l'air fier, dédaigneux.
• Fig. et fam., Quel bon vent vous amène? se dit À une personne qui arrive, pour lui témoigner qu'on est surpris et bien aise de la voir.
• VENT, se dit aussi de L'air agité par quelque moyen particulier. Faire du vent avec un chapeau, avec un soufflet, avec un éventail. Dans ce sens, on dit, Le vent d'un boulet de canon, L'air agité par le passage d'un boulet de canon. Le vent du boulet le jeta par terre. En Artillerie, Vent se dit aussi pour Évent.
• Instruments à vent, Les instruments de musique dont le son est formé par l'air qu'on y introduit; ce qui se dit par opposition aux Instruments à cordes, où le son est formé par les vibrations des cordes. La trompette, le hautbois, la flûte, la clarinette, l'orgue, etc., sont des instruments à vent.
• Fusil à vent, Espèce de fusil où l'air, comprimé dans la crosse, fait le même effet que la poudre dans les autres fusils.
• VENT, se dit encore de L'air ou plutôt des gaz retenus dans le corps de l'homme ou des animaux. Être plein de vents. Avoir des vents. Cela cause des vents, donne, engendre des vents. Lâcher un vent. Lâcher des vents.
• Donner vent à un tonneau, à une pièce de vin, Y faire quelque petite ouverture pour en laisser sortir l'air, pendant que le vin travaille. Si vous ne donnez vent à ce muid, il jettera ses fonds. On dit aussi, Donner vent au vin, Faire une ouverture au tonneau pour y faire entrer l'air. Ce vin ne viendra point, si on ne lui donne vent par en haut.
• VENT, signifie populairement, Respiration, souffle, haleine. Prendre son vent. Reprendre son vent. Retenir son vent. Retirer son vent. On lui donna un coup dans l'estomac qui lui fit perdre vent.
• VENT, en termes de Vénerie, signifie, L'odeur qu'une bête laisse dans les lieux où elle a été, où elle a passé. Le cerf est de plus grand vent que le lièvre.
• Il signifie aussi, L'odeur qui vient des émanations d'un corps. Le sanglier prend le vent de tous côtés avant que de sortir de sa bauge, Il flaire de tous côtés. Le sanglier a eu le vent du gland, les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte, L'odeur en est parvenue jusqu'à eux.
• Fig. et fam., Avoir vent de quelque chose, avoir vent que quelque chose se passe, En recevoir quelque avis. On a eu vent de leur projet. On dit proverbialement, dans un sens analogue, N'avoir ni vent ni nouvelle, ni vent ni voie de quelque chose ou de quelqu'un.
• Fig. et fam., Le vent du bureau, Ce qu'on connaît ou ce qu'on présume des dispositions où sont ceux de qui dépend la décision d'une affaire. Il a le vent du bureau pour lui, contre lui. Le vent du bureau lui est favorable, ne lui est pas favorable. Prendre le vent du bureau.
• VENT, signifie quelquefois figurément, Vanité. Il y a bien du vent, il n'y a que du vent dans cette tête. Toute cette apparence n'est que du vent, n'est que vent.

VENTAIL .s.m.
• .Blason. Partie inférieure de l'ouverture d'un casque, d'un heaume.

VENTE . s. f.
• Contrat par lequel une chose est aliénée moyennant un prix. Vente volontaire. Vente forcée. Vente simulée, frauduleuse. La vente d'une terre. Contrat de vente. Vente de biens, de meubles. Vente par licitation. Procéder à la vente et adjudication. S'opposer à une vente. Presser une vente. Poursuivre la vente d'une terre. Faire la vente de quelque chose. Faire une vente. Une vente publique. Aller aux ventes publiques.
• Mettre une chose en vente, Déclarer, faire savoir qu'on veut la vendre. Exposer une chose en vente, L'étaler, la mettre sous les yeux du public, afin qu'elle trouve des acheteurs.
• Ce livre est en vente, On le vend actuellement à ceux qui veulent l'acheter, il vient d'être publié.
• Cette marchandise est de vente, de bonne vente, Elle est de nature à être bien vendue, ou Le temps est favorable pour la vendre avantageusement; et, Elle est dure à la vente, Le débit n'en est pas aisé. Cette dernière phrase est peu usitée.
• Cette marchandise est hors de vente, Elle n'est plus de débit; et, La vente de cette marchandise se passe, Le temps de la bien vendre se passe. Ces deux phrases sont peu usitées.
• Les marchands disent, La vente va, ne va pas, lorsqu'ils ont ou qu'ils n'ont pas du débit, des acheteurs.
• VENTE, signifie aussi, La place publique où l'on vend des marchandises. Acheter du vin sur la vente. Autrefois les marchands de vin etaient tenus de faire porter le tiers de leur vin sur la vente. Ce sens a vieilli.
• VENTE, se dit, en termes d'Eaux et Forêts, Des différentes coupes, qui se font dans un bois, dans une forêt, en des temps réglés. Il y a plusieurs ventes dans cette forêt, et chaque vente est de vingt arpents. Les ventes de la forêt de Compiègne, de Saint-Germain, d'Orléans.
• Asseoir les ventes, Marquer le bois qui doit être coupé.
• VENTE, se dit aussi de La partie d'une forêt ou d'un bois qui vient d'être coupée. Tout le bois que j'ai coupé est encore dans la vente. Acheter du bois dans la vente.
• Vider, nettoyer les ventes, Enlever le bois qui est coupé.
• Jeunes ventes, Les ventes où le bois coupé commence à revenir, à repousser. Il est défendu de laisser aller les bestiaux dans les jeunes ventes.
• VENTES, au pluriel, signifie, en termes de Jurisprudence féodale, La redevance qui était due au seigneur de fief pour la vente d'un héritage compris dans sa censive; et, en ce sens, il n'était guère usité qu'avec le mot de Lods. Il lui devait les lods et ventes de son acquisition. Il paya sur-le-champ les lods et ventes.

VENTER . v. n.
• Faire vent. On l'emploie surtout impersonnellement. Il a venté toute la nuit. Qu'il pleuve, qu'il grêle, ou qu'il vente.
• Il se construit quelquefois avec le mot de Vent, et signifie proprement, Souffler, comme dans ces manières de parler proverbiales: On ne peut pas empêcher le vent de venter. Quelque vent qu'il vente.

VENTEUX, EUSE. adj.
• Qui est sujet aux vents. Cette plage est très-venteuse. L'automne est une saison venteuse.
• VENTEUX, signifie aussi, Qui cause des vents dans le corps. Légume venteux. Les pois sont venteux. Les pommes sont venteuses.
• Colique venteuse, Colique causée par des vents.

VENTILATEUR .s.m.
• Machine qui sert à renouveler l'air dans un lieu fermé, tel qu'une salle de spectacle, d'hôpital, une prison, un vaisseau, une mine, une fosse d'aisance, etc. Le ventilateur a sauvé la vie à bien des prisonniers et des malades, en les garantissant du mauvais air.
• Se dit aussi de Certaines machines de rotation destinées à produire un courant d'air continu, pour alimenter le feu d'un fourneau sans le secours d'une cheminée. Cette machine à vapeur est à ventilateur.

VENTILATION . s. f.
• Action de renouveler l'air au moyen de ventilateurs.

VENTILATION . s. f.
• .Jurispr. Action de ventiler. Ventilation de biens. On a fait la ventilation du domaine.

VENTILER . v. a.
• .Jurispr. Estimer, évaluer une ou plusieurs portions d'un tout vendu, non pas quant à la valeur réelle, mais relativement au prix total. On ventile une maison, quand le prix en est à distribuer entre des créanciers privilégiés sur la superficie, et des créanciers hypothécaires ou privilégiés sur le fond.
• Il signifie aussi, Discuter une affaire, agiter, débattre une question avant que d'en délibérer en forme. Il faut ventiler premièrement cette affaire. Après avoir ventilé quelque temps la chose, on en délibéra en forme. Ce sens est vieux.
• VENTILÉ, ÉE. participe

VENTOLIER .s.m.
• .Fauconnerie. Il n'est usité que dans cette locution, Oiseau bon ventolier, Celui qui résiste au vent.

VENTÔSE .s.m.
• Le sixième mois du calendrier républicain.

VENTOSITÉ . s. f.
• Amas de vents dans le corps de l'homme ou des animaux. Les fruits et les légumes donnent des ventosités. Ce n'est qu'une ventosité. S'emploie plus ordinairement au pluriel, et il est peu usité.

VENTOUSE . s. f.
• Instrument de chirurgie: vaisseau de verre, de cuivre, d'argent, etc., arrondi, dont l'entrée est plus étroite que le fond, qu'on applique sur la peau, et dans la capacité duquel on fait le vide par le moyen du feu, ou d'une pompe aspirante, afin de soulever la peau et de produire une irritation locale. Appliquer des ventouses.
• Ventouses sèches, Les ventouses qu'on applique sans faire ensuite de scarification; par opposition à Ventouses humides ou scarifiées, Celles qu'on applique, en scarifiant ensuite.
• VENTOUSE, se dit par analogie, en Histoire naturelle, de Certains organes dont quelques animaux aquatiques sont pourvus, et à l'aide desquels ils s'attachent aux différents corps, ou sucent, en faisant le vide. La sangsue a des ventouses.
• VENTOUSE, signifie aussi, Une ouverture pratiquée dans un conduit, pour donner passage à l'air par le moyen d'un tuyau. Les tuyaux de cette fontaine crèveront, si on n'y fait une ventouse, si on n'y met des ventouses. Il faut mettre des ventouses à cette cheminée, pour l'empêcher de fumer. La ventouse d'une fosse d'aisance.

VENTOUSER . v. a.
• .Chirur. Appliquer des ventouses à un malade. Il était extrêmement malade, il a fallu le ventouser. On l'a ventousé.
• VENTOUSÉ, ÉE. participe

VENTRAL, ALE. adj.
• T. d'Hist. nat. Qui appartient au ventre, qui s'y trouve placé. Il ne se dit guère que Des nageoires des poissons. Nageoires ventrales.

VENTRE .s.m.
• La capacité du corps de l'homme et des animaux, où sont les intestins. Avoir mal au ventre. Avoir le ventre enflé, gonflé, tendu. Avoir le ventre libre, le ventre lâche, le ventre dur, le ventre paresseux. Cet aliment lâche le ventre. Avoir le flux, le cours de ventre. Décharger son ventre. Gros ventre. Ventre plat. Il reçut un coup d'épée dans le ventre. Il lui passa son épée dans le ventre, au travers du ventre. Le ventre d'un chien, d'un oiseau, d'un poisson, d'un reptile.
• Le bas-ventre, La partie inférieure du ventre, à laquelle tiennent les parties sexuelles. Une inflammation, un coup au bas-ventre.
• Le petit ventre, L'estomac. Henri III fut blessé au petit ventre. Il est vieux.
• Se coucher sur le ventre, à plat ventre, Se coucher sur le devant du corps. Il était couché sur le ventre, à plat ventre. Le capitaine ordonna à ses soldats de se coucher sur le ventre. On dit dans la même acception: Il les fit mettre ventre à terre. Il leur cria, Ventre à terre.
• Prov. et fig., Demander pardon ventre à terre, Demander pardon avec toute sorte de soumissions.
• Ce cheval va ventre à terre, Il court avec une grande vitesse. On dit aussi, Ce cavalier, ce courrier va ventre à terre, Il fait aller son cheval ventre à terre. On dit encore, Ce cocher nous a menés ventre à terre.
• Fig., Marcher sur le ventre, passer sur le ventre à quelqu'un, Le terrasser; Parvenir malgré lui à ce qu'on veut. Si les ennemis se présentent, nous leur passerons sur le ventre. On lui a suscité mille obstacles, mais il a marché sur le ventre à tous ses ennemis.
• Fig. et fam., On l'a battu dos et ventre, on lui en a donné dos et ventre, sur le ventre et partout; et pop., On lui a dansé les deux pieds sur le ventre, se disent en parlant D'un homme qui a été excessivement maltraité.
• Prov. et fig., Tout fait ventre, Les aliments les plus communs rassasient, nourrissent comme les plus délicats.
• Prov. et fig., Habit de velours, ventre de son, se dit en parlant D'une personne qui épargne sur sa nourriture, et qui fait des dépenses d'ostentation.
• Prov. et fig., Être sujet à son ventre, Se laisser aller à la gourmandise. Se faire un Dieu de son ventre, Préférer à tout les plaisirs de la table. Boire et manger à ventre déboutonné, Boire et manger excessivement.
• Fam., Être le dos au feu, le ventre à table, Prendre toutes ses commodités en mangeant.
• Prov. et fig., Ventre affamé n'a point d'oreilles, L'homme pressé par la faim n'écoute rien.
• Fam., Il se dépite, il boude contre son ventre, se dit D'un enfant qui se mutine, et qui ne veut pas manger. Se dit figurément D'un homme qui, par dépit, refuse ce qu'on sait qu'il désire et qui lui convient.
• VENTRE, se dit quelquefois, par extension, de La partie intérieure du corps qui est sous les côtes. Il lui arracha le coeur du ventre.
• Prov., Tant que le coeur me battra dans le ventre, Tant que je vivrai.
• Fig. et fam., Je saurai ce qu'il a dans le ventre, Je ferai épreuve de sa valeur; ou Je découvrirai ce qu'il a dans la pensée; ou bien encore, J'examinerai, je saurai quelle est sa capacité.
• Fig. et fam., Mettre, remettre le coeur au ventre à quelqu'un, Lui donner, lui redonner du courage. Mettre le feu sous le ventre à quelqu'un, L'irriter, l'aigrir, le mettre en colère.
• Prov. et fig., Faire rentrer les paroles dans le ventre à quelqu'un, Le faire repentir de ce qu'il a dit, ou l'empêcher de continuer.
• Prov., Cet homme n'a pas six mois, n'a pas un an dans le ventre, Il ne saurait vivre encore six mois, un an; ou, figurément, Il ne sera pas encore six mois, un an dans le poste, dans la situation avantageuse où il se trouve.
• Prov. et fig., Il n'avait que cet ouvrage dans le ventre, se dit D'un auteur qui n'a produit qu'un seul ouvrage, ou qui, après en avoir fait un bon, n'en a plus donné que de mauvais.
• VENTRE, en parlant Des femmes et des femelles des animaux, se dit particulièrement de La partie où se forment et se nourrissent les enfants, les petits de l'animal. L'enfant se retourne dans le ventre de la mère.
• En Jurispr., Curateur au ventre, Curateur que l'on nomme à l'enfant dont une femme est enceinte au moment du décès de son mari. Créer un curateur au ventre.
• Le ventre anoblit, se dit en parlant De certains pays où les femmes transmettent la noblesse à leurs enfants.
• Prov. et fig., C'est le ventre de ma mère, je n'y retournerai jamais, ou simplement, C'est le ventre de ma mère, Je ne m'engagerai plus jamais dans une pareille affaire.
• VENTRE, en termes d'Anatomie, se dit Des trois grandes capacités qui contiennent les viscères. Le ventre supérieur, ou Le cerveau. Le ventre moyen, ou La poitrine. Le ventre inférieur, ou Le bas-ventre, l'abdomen.
• VENTRE, s'emploie encore dans quelques autres phrases, où il a différentes significations. Ainsi on dit: Ce cheval n'a point de ventre, Il est serré des flancs. Cette muraille fait le ventre, Elle bombe, elle menace ruine. Le ventre d'une bouteille, d'un flacon, d'un broc, etc., La partie la plus grosse et la plus large d'une bouteille, d'un flacon, etc. Ce flacon, cette bouteille á un large ventre.

VENTRÉE . s. f.
• Portée, tous les petits que les femelles d'animaux font en une fois. La truie fait quelquefois douze petits d'une ventrée. Cette brebis a fait deux agneaux d'une ventrée.

VENTRICULE .s.m.
• T. d'Anat. Se dit de Certaines capacités qui sont dans le corps, et principalement de Celles du cerveau et du coeur. Les ventricules du cerveau. Les ventricules du coeur. Le ventricule droit. Le ventricule gauche.
• VENTRICULE, absolument, se dit de L'estomac de certains animaux. Les animaux ruminants ont plusieurs ventricules.

VENTRIÈRE . s. f.
• Longe de cuir, grande sangle qu'on passe sous le ventre d'un cheval de carrosse, pour empêcher que le harnais ne tourne, et pour tenir les traits en tel état, qu'ils ne puissent ni monter trop haut, ni incommoder le ventre du cheval. On dit plus ordinairement, Sous-ventrière.
• Se dit aussi de La sangle dont on se sert pour soulever des chevaux quand on veut les embarquer, ou les tenir suspendus.

VENTRILOQUE . adj. des deux genres
• Se dit D'une personne qui, ayant la voix sourde et caverneuse, semble parler du ventre.
• Se dit plus ordinairement De certaines personnes qui ont la faculté de parler et de se faire entendre sans remuer les lèvres, et de modifier tellement leur voix, qu'elle semble ne pas venir d'eux.
• S'emploie aussi substantivement. C'est un ventriloque. Une scène de ventriloque.

VENTROUILLER (SE). v. pron.
• Se vautrer dans la boue. Les cochons aiment à se ventrouiller. Il est peu usité.

VENTRU, UE.. adj.
• Qui a un gros ventre, une grosse panse. Il devient furieusement ventru. Il est bien ventru. Une femme extrêmement ventrue. Il est familier.
• S'emploie aussi substantivement. Un gros ventru. Une grosse ventrue.

VENUE . s. f.
• Arrivée. Dès que j'appris sa venue. Votre venue dans ce pays m'a donné de la joie.
• La venue du Messie, Son premier avénement.
• Allées et venues, se dit de L'action d'aller et de venir plusieurs fois, et particulièrement Des pas et des démarches qu'on fait pour une affaire. Enfin, après plusieurs allées et venues, on a conclu cette affaire. On dit de même, Le temps se passa en allées et venues, On employa bien du temps à faire des pas et des démarches sans rien conclure.
• Il est d'une belle venue, se dit D'un jeune arbre grand et droit, ou D'un jeune homme grand et bien fait.
• Prov., Être tout d'une venue, se dit D'un homme grand, mal fait; et D'une taille longue, droite, qui n'est marquée ni aux épaules, ni aux hanches.
• Prov. et pop., Il a la jambe tout d'une venue comme la jambe d'un chien; ou simplement, Il a la jambe tout d'une venue, se dit D'un homme qui n'a pas le gras des jambes marqué.
• Prov. et pop., On lui en a donné d'une venue, se dit en parlant D'un homme qu'on a maltraité; et D'un homme à qui on a gagné beaucoup d'argent.
• VENUE, au jeu de Quilles, se dit par opposition à Rabat, et signifie, Le coup qui se joue en poussant, en jetant la boule de l'endroit dont on est convenu.

VÉNUS . s. f.
• (On prononce l'S.) Nom d'une divinité des païens, qu'on supposait être la mère de l'Amour et la déesse de la beauté.
• Fig., C'est une Vénus, se dit D'une femme d'une grande beauté.
• Poétiq., Les plaisirs de Vénus, Les plaisirs de l'amour.

VÉNUS . s. f.
• Une des sept planètes, la plus proche du soleil après Mercure. Vénus directe. Vénus rétrograde. La planète de Vénus. Vénus a son croissant et son décours comme la lune. Le peuple donne à Vénus le nom d'Étoile du berger.
• VÉNUS, dans l'ancienne nomenclature chimique, signifiait, Le cuivre. Vitriol de Vénus, Vitriol bleu ou de cuivre (sulfate de cuivre). L'acétate de cuivre porte souvent encore le nom de Cristaux de Vénus.

VÊPRE .s.m.
• Le soir, la fin du jour. Sur le vêpre. Je vous donne, je vous souhaite le bon vêpre. Il est vieux et ne se dit qu'en plaisantant.

VÊPRES . s. f. pl.
• .Liturgie cathol. Cette partie des heures de l'office divin, qu'on disait autrefois sur le soir, et qu'on dit maintenant pour l'ordinaire à deux ou trois heures après midi. Dire vêpres. Chanter vêpres en musique. Aller à vêpres. Entendre vêpres. Il est à vêpres. Sonner les vêpres. Les vêpres des morts, du saint sacrement, de la Vierge, etc. Les premières vêpres se disent la veille de la fête. En carême, on dit vêpres avant midi tous les jours de la semaine, hors le dimanche.

VER .s.m.
• Animal à sang blanc, qui est long, rampant, et qui n'a ni enveloppe cornée, ni membres articulés. Les vers naissent dans la terre, dans les eaux, dans le corps de l'homme, dans le corps des animaux, dans les fruits, dans le bois, etc. Un gros ver. Un petit ver. Ver de terre. Ver aquatique. Ver intestinal. Les vers qui se mettent à la viande. Des vers qui rongent le bois. Le bois de noyer est sujet aux vers. Il y a des vers qui se mettent aux hardes et aux habits. Les enfants sont sujets aux vers. On lui a fait prendre de la poudre pour les vers. Il a rendu un grand ver.
• Ver luisant, Genre d'insecte qui jette une lueur dans l'obscurité. C'est principalement en été qu'on voit des vers luisants.
• Ver à soie, Espèce de chenille qui fait la soie. C'est la chenille d'un papillon que les entomologistes appellent Bombyx.
• Ver solitaire, Ver intestinal, plat comme un ruban, fort long, et annelé. On le nomme aussi Ténia.
• Prov., Être nu comme un ver, Être entièrement nu.
• Fig., C'est un ver de terre, se dit D'un homme qui est dans un état fort abject.
• Je l'écraserai comme un ver, se dit par menace en parlant D'un homme qu'on croit pouvoir battre, confondre, punir aisément.
• Prov. et fig., Un ver se recoquille bien ou se recroqueville bien quand on marche dessus, Il n'est point d'homme si faible et si chétif qui n'éprouve quelque ressentiment quand on l'offense.
• Prov. et fig., Tirer les vers du nez à quelqu'un, L'amener à dire ce qu'on veut savoir, en le questionnant adroitement.
• Fig., Ver rongeur, Le remords qui tourmente continuellement le coupable, ou Un chagrin dont la cause est cachée.

VÉRACITÉ . s. f.
• Attachement constant à la vérité. La véracité de cet historien est un bon garant des faits qu'il rapporte.
• VÉRACITÉ, est aussi un terme dogmatique, qui se dit d'Un attribut de la Divinité, et qui signifie que Dieu ne peut jamais tromper. La véracité de Dieu.

VERBAL, ALE. adj.
• .Gram. Qui vient du verbe. Rongeur est un adjectif verbal. Action est un substantif verbal.
• Adjectif verbal, se dit plus communément d'Un participe présent devenu adjectif, et soumis aux règles de l'accord, tel que Amusants, changeants, perçants, dans ces phrases, Des livres amusants, une couleur changeante, des cris perçants. On confond quelquefois les adjectifs verbaux avec les participes présents.
• VERBAL, signifie aussi, Qui n'est que de vive voix, et non par écrit. Promesse verbale. Ordre verbal.
• Procès-verbal, Rapport par écrit que fait un officier public, de ce qu'il a vu, ou de ce qui a été dit et fait devant lui. Procès-verbal de descente sur les lieux. Procès-verbal de perquisition, d'apposition ou de levée de scellés, etc. Dresser un procès-verbal, des procès-verbaux. Dresser procès-verbal. On dit quelquefois simplement, Verbal. Son verbal, le verbal en fait foi.
• Procès-verbal, se dit également Du narré par écrit de ce qui s'est passé dans une séance, dans une cérémonie, etc. Le procès-verbal de la dernière séance a été lu et approuvé. Il en sera fait mention au procès-verbal. Le procès-verbal de la cérémonie. Recueil de procès-verbaux. On le dit aussi d'Un résumé des actes et des délibérations d'un corps. Le procès-verbal des séances de la chambre des pairs.

VERBALEMENT . adv.
• De vive voix, et non par écrit. Il ne le promit que verbalement.

VERBALISER . v. n.
• Dire des raisons ou des faits pour les faire mettre dans un procès-verbal. Les deux parties se sont trouvées à la levée des scellés, et ont verbalisé fort longtemps. À quoi bon tant verbaliser?
• Il signifie plus ordinairement, Dresser un procès-verbal. Le juge de paix est occupé à verbaliser.
• Il signifie quelquefois, familièrement, Faire de grands discours inutiles et qui n'aboutissent à rien. Il y a longtemps qu'il ne fait que verbaliser. Ce sens, moins injurieux que celui de Verbiager, a vieilli.

VERBE .s.m.
• .Gram. Partie d'oraison qui exprime, soit une action faite ou reçue par le sujet, soit simplement l'état ou la qualité du sujet, et qui se conjugue par personnes, par nombres, par temps et par modes. Verbe substantif, actif ou transitif, neutre ou intransitif, passif, impersonnel, pronominal, réfléchi, réciproque, auxiliaire, régulier, anomal ou irrégulier. Verbe simple. Verbe composé. Ce verbe a toujours un régime.

VERBE .s.m.
• Parole, ton de voix. Il n'est usité que dans cette phrase familière, Avoir le verbe haut, Avoir une voix fort élevée; et figurément, Décider avec hauteur, parler avec présomption.

VERBE .s.m.
• .Théologie. La seconde personne de la sainte Trinité. Le Verbe éternel. Le Verbe incarné.

VERBÉRATION . s. f.
• .Physiq. Se dit en parlant De l'air frappé qui produit le son. La verbération de l'air. Il est vieux.

VERBEUX, EUSE. adj.
• Qui abonde en paroles, diffus. Une éloquence verbeuse. Un avocat verbeux.

VERBIAGE .s.m.
• Abondance de paroles qui ne disent presque rien, qui contiennent peu de sens. Il n'y a que du verbiage dans ce livre, dans ce discours. C'est un verbiage continuel. Il est familier.

VERBIAGER . v. n.
• Employer beaucoup de paroles pour dire peu de chose. Il ne fait que verbiager. Il est familier.

VERBIAGEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui emploie beaucoup de paroles pour dire peu de chose. Il est familier.

VERBOSITÉ . s. f.
• Caractère, défaut de ce qui est verbeux. La verbosité de cet avocat, de ce mémoire.

VER-COQUIN .s.m.
• Sorte de ver, de chenille de vigne. Le ver-coquin ronge tous ces ceps de vigne.
• Se dit aussi d'Une sorte de frénésie ou de vertige qui atteint certains animaux, et qui est attribuée à la présence, dans le cerveau, d'un ver auquel on donne le même nom. Ce mouton a le ver-coquin.
• Se dit, figurément et familièrement, pour Fantaisie, caprice. C'est son ver-coquin qui le prend, la tête lui tourne.

VERD . adj. - Voyez VERT.

VERDÂTRE . adj. des deux genres
• Qui tire sur le vert. Couleur verdâtre. De l'eau verdâtre. Des tons verdâtres.

VERDÉE . s. f.
• Sorte de petit vin blanc de Toscane, dont la couleur tire sur le vert. Boire de la verdée.

VERDELET, ETTE. adj.
• Diminutif de Vert. Il n'est guère usité que dans cette locution, Du vin verdelet, Du vin qui est un peu vert, qui a une petite pointe d'acide.
• Fig. et fam., Cet homme est encore un peu verdelet, se dit D'un vieillard qui a encore de la vigueur.

VERDERIE . s. f.
• Étendue de bois qui était soumise à la juridiction d'un verdier.
• Il se disait aussi de La juridiction même.

VERDET .s.m.
• Sel de cuivre impur et de couleur verdâtre, dont la préparation en grand forme une branche importante de commerce. Une once de verdet. Le verdet est un poison. Verdet de Montpellier. Des cristaux de verdet. On le nomme aussi Vert-de-gris. Voyez ce mot.

VERDEUR . s. f.
• L'humeur, la séve qui est dans le bois lorsqu'il n'est pas mort, ou qu'il n'est pas encore sec. Ce bois a encore de la verdeur.
• VERDEUR, se dit aussi de L'acidité du vin. Ce vin a encore de la verdeur, il faut l'attendre.
• Se dit, figurément, de La jeunesse et de la vigueur des hommes. Dans la verdeur de l'âge, de son âge. Il était alors dans sa verdeur.
• Se dit aussi figurément pour Âcreté des paroles. La verdeur de sa réponse fit taire les critiques.

VERDIER .s.m.
• T. d'Eaux et Forêts. Officier qui était établi pour commander aux gardes d'une forêt éloignée des maîtrises. Les verdiers connaissaient des délits dont l'objet n'excédait pas cinquante sous.

VERDIER .s.m.
• Oiseau du genre des Moineaux, dont le plumage est vert.

VERDIR . v. a.
• Donner une couleur verte, peindre en vert. Il faut verdir ces balustres, cette porte.
• Il est aussi neutre, et signifie, Devenir vert. En ce sens, il se dit proprement Des arbres et des herbes. Au printemps, lorsque tout commence à verdir.
• Se dit également Du cuivre, quand il se couvre de vert-de-gris. Si on n'a pas soin de nettoyer souvent le cuivre, il verdit.
• VERDI, IE. participe

VERDOYANT, ANTE. adj.
• Qui verdoie. Les arbres verdoyants. Les plaines verdoyantes. Il est plus de la poésie que de la prose.
• Couleur verdoyante, Tirant sur le vert.

VERDOYER . v. n.
• Devenir vert. Les bois commencent à verdoyer.

VERDURE . s. f.
• Se dit de La couleur verte que présentent les herbes, les plantes, les feuilles des arbres, surtout au printemps. La verdure des prés, des champs, des bois. La campagne est belle au mois de mai, à cause de la verdure. Ces prés, ces bois ont repris, ont perdu leur verdure. La verdure plaît aux yeux.
• Se dit aussi Des herbes, des plantes, et des feuilles mêmes. Se coucher sur la verdure. Joncher les rues de verdure, Cabinet de verdure. Lit de verdure. On dit de même, Un tapis de verdure, Un tapis de gazon.
• Se dit particulièrement Des plantes potagères dont on mange les feuilles, comme persil, cerfeuil, oseille, etc.
• Tapisserie de verdure, ou simplement, Verdure, Tenture de tapisserie qui représente principalement des arbres. Une verdure d'un beau dessin. Il a une belle verdure dans sa chambre.

VERDURIER .s.m.
• Celui qui a soin de fournir les salades dans les maisons royales.

VÉREUX, EUSE. adj.
• Se dit proprement Des fruits dans lesquels se trouvent des vers, comme les bigarreaux, les prunes, les pommes, etc. Pommes véreuses. Prune véreuse. Fruit véreux.
• Se dit, figurément, D'une personne ou d'une chose fortement suspecte d'un vice essentiel et caché. Une caution véreuse. Une créance véreuse. Un titre véreux. Un effet véreux. Il y a quelque chose de véreux dans cette affaire. Il ne s'emploie guère que dans le langage familier.
• Prov. et fam., Son cas est véreux, Il a une mauvaise affaire, son affaire est mauvaise. Il sent son cas véreux, Il connaît lui-même que son affaire est mauvaise, il n'a pas la conscience nette, il a quelque chose à se reprocher.

VERGE . s. f.
• Petite baguette longue et flexible. Il n'avait qu'une verge à la main. La verge d'un fouet de charretier. Le cocher a rompu la verge de son fouet. La verge de Moïse. La verge d'Aaron. La verge des magiciens de Pharaon. En parlant d'autres magiciens, on dit, Baguette.
• Prov., N'avoir ni verge ni bâton, N'avoir aucune arme, aucun moyen d'attaquer, ni même de se défendre.
• VERGE, se dit aussi d'Un grand morceau de baleine, qui est garni d'argent par les bouts, et que le bedeau porte à la main dans l'église, quand il est en fonctions. La verge d'un bedeau.
• Se dit aussi de La baguette, ordinairement garnie d'ivoire, que portaient les huissiers appelés Huissiers à verge.
• Verge de fer, verge de cuivre, Longue tringle de fer, de cuivre.
• Fig., Ce prince gouverne ses peuples avec une verge de fer, Il les traite durement.
• En termes d'Horlogerie, La verge du balancier, Le long pivot sur lequel se meut le balancier, et qui a deux petites saillies plate où engrène la roue de rencontre. La verge de cette montre est cassée.
• En Botan., Verge-d'or, Plante radiée qui porte un long épi de fleurs jaunes.
• VERGE, en certains pays, désignait autre fois, Une mesure dont on se servait pour mesurer les terres. On appelait aussi du même nom Une certaine mesure pour le étoffes.
• VERGES, au pluriel, se dit de Plusieurs menus brins de bouleau, de genêt, d'osier, etc., avec lesquels on fouette, on fustige. Poignée de verges. On l'a battu à coups de verges. On le fit battre de verges. On dit quelquefois, en ce sens, Verge au singulier. Cet enfant craint la verge.
• Fig., Il n'est plus sous la verge d'un tel, Il n'est plus sous sa direction, il ne craint plus ses réprimandes.
• Fig. et fam., Faire baiser les verges à quelqu'un, Le contraindre à demander pardon après qu'on l'a châtié, ou L'obliger à reconnaître la justice du châtiment.
• Prov. et fig., Donner des verges pour se fouetter, Fournir des armes contre soi-même.
• Dans la Discipline militaire, Faire passer quelqu'un par les verges, par les baguettes, Le faire passer entre deux rangs de soldats qui sont armés de verges ou baguettes d'osier, dont ils frappent sur les épaules nues de celui qui passe. Ce genre de châtiment n'est plus en usage dans les troupes françaises.
• VERGES, se dit figurément Des peines et des afflictions dont Dieu se sert pour punir les hommes. Il faut bénir les verges dont Dieu nous frappe.
• Fig., Quand Dieu a châtié ceux qu'il veut corriger, il jette souvent les verges au feu, Souvent il extermine ceux dont il s'est servi pour châtier les autres.
• VERGE, se dit aussi d'Un anneau sans chaton. Une verge d'or. Une verge d'argent. Ce sens est vieux.
• VERGE, signifie encore, Le membre génital. Le canal de la verge.

VERGÉ, ÉE.. adj.
• Se dit D'une étoffe où se trouvent quelques fils d'une soie plus grossière que le reste, ou d'une teinture soit plus forte soit plus faible.

VERGÉE . s. f.
• Il se disait autrefois de L'étendue d'une verge carrée.

VERGER .s.m.
• Lieu planté d'arbres fruitiers. Un verger bien planté. Se promener dans un verger.

VERGER . v. a.
• Mesurer une étoffe, une toile avec la verge; jauger avec la verge. Voyez VERGE.
• VERGÉ, ÉE. participe

VERGETER . v. a.
• Nettoyer avec une vergette. Vergeter un habit, un chapeau.
• VERGETÉ, ÉE. participe, Teint vergeté, peau vergetée, Teint, peau où il paraît de petites raies de différentes couleurs, et plus ordinairement rouges. Elle a la peau toute vergetée.

VERGETIER .s.m.
• Artisan qui fait et qui vend des vergettes, des décrottoires, etc.

VERGETTES . s. f. pl.
• Époussette, brosse composée de soies de cochon, de sanglier, ou de menus brins de bruyère attachés ensemble, et servant à nettoyer des habits, des étoffes, etc. Il faut donner deux ou trois coups de vergettes à cet habit, à ce chapeau. On dit aussi dans le même sens, Une vergette.

VERGEURE . s. f.
• (On prononce Verjure.) .Papetier. Se dit Des fils de laiton attachés en long sur la forme où l'on coule le papier.
• Il signifie aussi, Les raies que font ces fils, et qui sont marquées sur la feuille de papier. Le papier vélin est sans vergeures et sans pontuseaux.

VERGLAS .s.m.
• Glace mince étendue sur la terre, sur le pavé, et formée par une petite pluie qui se gèle au moment où elle tombe. Le pavé est couvert de verglas. Il tombe du verglas. Il fait du verglas. Il y a du verglas.

VERGNE .s.m.
• Arbre. - Voyez AUNE.

VERGOGNE . s. f.
• Honte. C'est un homme sans vergogne. Il n'a ni honte ni vergogne. Quelle vergogne! Il est familier.

VERGUE . s. f.
• .Marine. Pièce de bois longue et ronde, qui est attachée en travers des mâts d'un navire pour en soutenir les voiles. La grande vergue, ou La vergue du grand mât. La vergue de misaine. La vergue de perroquet. La vergue d'artimon; etc. Les marins nomment Antennes les vergues très-longues et flexibles qui portent les voiles latines.
• Ces deux bâtiments sont vergue à vergue, Ils sont l'un à côté de l'autre, de manière que les extrémités des vergues de l'un et de l'autre se correspondent et sont très-près.

VÉRICLE . s. f.
• .Joaillier. Se dit Des pierres fausses, contrefaites avec du verre ou du cristal. Des diamants de véricle.

VÉRIDICITÉ . s. f.
• Caractère de vérité dans un discours, dans un témoignage. On conteste la véridicité de ce récit, de ce témoignage.
• Se dit aussi Du narrateur, du témoin même. La véridicité de cet historien est admirable. La véridicité de ce témoin n'est pas contestée. Dans ce sens, on dit plus ordinairement, Véracité.

VÉRIDIQUE . adj. des deux genres
• Qui aime à dire la vérité, qui a l'habitude de la dire. C'est un homme véridique. Un historien, un narrateur véridique.

VÉRIFICATEUR .s.m.
• Celui qui est commis pour vérifier des ouvrages, des devis, des comptes, des écritures, etc., pour examiner s'ils sont tels qu'ils doivent être, ou tels qu'on les a déclarés. Vérificateur de l'enregistrement, des douanes, des poids et mesures.

VÉRIFICATION . s. f.
• Action de vérifier. Il a été admis à la vérification de tel fait. Les experts commis pour la vérification des écritures. La vérification des passages cités. Vérification faite, on trouva tout ce qui était énoncé.
• Dans l'ancienne Législation, La vérification d'un édit, L'enregistrement d'un édit par le parlement.

VÉRIFIER . v. a.
• Examiner, rechercher si une chose est vraie, si elle est telle qu'elle doit être ou qu'on l'a déclarée. Vérifier un fait. Vérifier un calcul, un compte. Vérifier l'exactitude d'un mémoire, l'exactitude d'une citation. Vérifier des signatures, des écritures.
• Dans l'ancienne Législation, Vérifier un édit en parlement, L'enregistrer.
• VÉRIFIER, signifie aussi, Faire voir la vérité, l'exactitude d'une chose, d'une proposition, d'une assertion. Vérifier une allégation par témoins, par des pièces, par des monuments, etc. L'événement a vérifié votre prédiction. On l'emploie quelquefois, dans un sens analogue, avec le pronom personnel. Votre prédiction s'est vérifiée.
• VÉRIFIÉ, ÉE. participe

VÉRIN .s.m.
• Machine composée d'une vis et d'un écrou, par le moyen de laquelle on élève de très-grands fardeaux.

VÉRINE . s. f.
• Nom de la meilleure espèce de tabac que l'on cultive en Amérique.

VÉRINE . s. f.
• .Marine. Lampe de verre à cul rond, qu'on suspend au-dessus du compas de route dans l'habitacle, pour éclairer le timonier pendant la nuit.

VÉRITABLE . adj. des deux genres
• Vrai, en tant que Vrai est opposé à Falsifié, à Contrefait. De véritable or. De véritable vin de Canarie.
• Un véritable ami, Un ami effectif, un ami solide.
• VÉRITABLE, signifie aussi, Qui contient vérité, qui est conforme à la vérité. Ce discours est véritable. Relation véritable. Histoire véritable. Je vous garantis cela véritable.
• Être véritable dans ses paroles, dans ses promesses, Dire toujours la vérité, tenir tout ce qu'on promet.
• VÉRITABLE, signifie encore, Réel. Il connaît le véritable prix des choses. Voilà la véritable cause de sa disgrâce. Vous m'avez rendu un véritable service. Je vous en ai une véritable obligation. Vous m'avez fait une véritable peine.
• Il signifie quelquefois, Bon, excellent dans son genre. C'est un véritable capitaine. Un véritable orateur.

VÉRITABLEMENT . adv.
• Conformément à la vérité. Parlez-moi véritablement.
• Il signifie aussi, Réellement, de fait. JÉSUS-CHRIST est ressuscité véritablement. Je suis véritablement très-affligé de ce qui vous arrive.
• S'emploie aussi comme adverbe d'acquiescement, de consentement, et signifie, À la vérité. Véritablement je vous dois cette somme, mais vous m'avez donné du temps pour vous la payer. Véritablement il m'a dit cela, mais à condition que je ne le dirais à personne.

VÉRITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est vrai; conformité de l'idée avec son objet, d'un récit, d'une relation avec un fait, de ce que l'on dit avec ce que l'on pense. Une proposition d'éternelle vérité. Son système ne s'éloigne pas de la vérité. Chercher la vérité. Déguiser, cacher la vérité. Dissimuler, altérer, farder la vérité. Taire la vérité. Trahir la vérité. Rendre hommage à la vérité. Il ne dit pas un mot de vérité. Tirer la vérité de la bouche de quelqu'un. Découvrir la vérité de quelque chose. Dire la vérité. Éclaircir, démêler la vérité. Cela est contraire à la vérité. Les témoins, avant de déposer en justice, jurent de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Sa déposition, son récit contient vérité. C'est la vérité toute pure, toute nue. C'est la pure vérité. C'est l'exacte vérité. Cela est de toute vérité. Il n'y a pas, dans ce qu'il dit, un mot de vérité. Il ne dit jamais parole de vérité. La vérité est que je n'en savais rien. Le Dieu de vérité. Dieu est la vérité même, le principe de toute vérité. JÉSUS-CHRIST a dit de lui, dans l'Évangile, Je suis la voie, la vérité et la vie.
• Prov., Le temps découvre la vérité. On dit aussi figurément, La vérité est cachée au fond d'un puits; et, Il faut tirer la vérité du fond du puits.
• Fig. et par personnification, Le flambeau de la Vérité; le miroir de la Vérité; etc.
• Prov., Il n'y a que la vérité qui offense, Les reproches mérités sont ceux qui offensent le plus.
• Fam., Dire à quelqu'un ses vérités, Dire librement à quelqu'un ses défauts, ses vices, ses fautes. Il a affaire à un homme qui lui dira ses vérités.
• Prov., Toutes vérités ne sont pas bonnes à dire.
• VÉRITÉ, se dit encore par opposition à Fausse opinion, à Erreur. La vérité de la religion chrétienne. Les défenseurs de la vérité. Les martyrs ont répandu leur sang pour rendre hommage à la vérité. Confesser la vérité.
• Il signifie aussi, Axiome, principe certain, maxime constante. C'est une vérité importante, sensible, palpable, reconnue de tout le monde. Les vérités de la religion. De cette vérité il suit que... Une vérité physique. Une vérité métaphysique. Une vérité morale. Les vérités mathématiques.
• Se dit aussi de La sincérité, de la bonne foi. C'est un homme plein de vérité. Il m'a parlé avec un air de vérité qui m'a persuadé. Il y a dans tout ce qu'il dit un accent de vérité qui me touche.
• VÉRITÉ, signifie, en termes de Peinture, L'imitation, l'expression fidèle de la nature. Il y a bien de la vérité dans cette tête, dans ce paysage. Ce portrait est d'une grande vérité.
• Se dit de même dans les autres arts d'imitation. Il y a bien de la vérité dans le style de ce poëte, dans le jeu de cet acteur.
• EN VÉRITÉ. loc. adv. Certainement, assurément, de bonne foi. Je vous le dis en vérité. En vérité, monsieur, vous ne devriez pas... Cela est, en vérité, fort étrange. En vérité, seriez-vous capable d'une telle action? En vérité, croyez-vous.... ou simplement, par interrogation, En vérité?
• À LA VÉRITÉ. loc. adv. Elle se dit Lorsqu'on avoue quelque chose, qu'on explique ou qu'on restreint aussitôt. À la vérité nous avons été battus, mais nous étions inférieurs en nombre. À la vérité je l'ai frappé, mais il m'avait offensé. À la vérité je vous ai dit cela, mais j'ai voulu vous dire que...

VERJUS .s.m.
• Le suc acide qu'on tire des raisins qui ne sont pas mûrs. Une pinte de verjus. Sauce au verjus. OEufs au verjus.
• Se dit aussi Du raisin qu'on cueille encore vert. Ne mangez pas cette grappe de raisin, ce n'est que du verjus.
• Se dit encore d'Une certaine espèce de raisin qui n'est pas bon à faire du vin, et dont les grains longs et gros, ont la peau fort dure. Du verjus confit.
• Ce n'est que du verjus, se dit D'un vin qui est trop vert.
• Prov. et fig., C'est jus vert ou verjus, se dit De deux choses entre lesquelles on ne remarque aucune différence, et dont le choix est indifférent.
• Fam., Avoir un caractère aigre comme verjus, Être fort acariâtre.

VERJUTÉ, ÉE.. adj.
• Où l'on a mis du verjus. Une sauce verjutée.
• Il signifie également, Qui a une pointe d'acide comme le verjus. Du vin verjuté. Il est peu usité.

VERMEIL, EILLE. adj.
• Qui est d'un rouge un peu plus foncé que l'incarnat. Se dit principalement Des fleurs et du teint. Rose vermeille. Bouton vermeil. Teint vermeil. Frais et vermeil. Blanc et vermeil. Bouche vermeille. Lèvres vermeilles. Vermeille comme la rose.
• Une plaie vermeille, Celle dont les chairs sont d'un rouge vif, ne sont point livides.

VERMEIL .s.m.
• Argent doré. Un service de vermeil. Un vase de vermeil. Etc.

VERMICELLE ou •VERMICEL.s.m.
• Mot emprunté de l'italien. Espèce de pâte en forme de vers longs et menus, dont on fait des potages. Potage au vermicelle.
• Se dit aussi Du potage fait avec cette pâte. Une assiette de vermicelle. Donnez-moi de ce vermicelle. Apportez-moi du vermicelle. Vermicelle au gras, au maigre, au lait. Un bon vermicelle.

VERMICELLIER .s.m.
• Celui qui fabrique, qui vend du vermicelle, des macaronis, et autres pâtes semblables.

VERMICULAIRE . adj. des deux genres
• Qui a quelque rapport aux vers, qui leur ressemble à quelque égard. Le mouvement vermiculaire ou péristaltique des intestins. Pouls vermiculaire.

VERMICULÉ, ÉE.. adj.
• T. d'Archit. Se dit Des ouvrages travaillés de manière qu'ils représentent des traces de vers. Bossages vermiculés.

VERMICULURES . s. f. pl.
• T. d'Archit. Travail qui représente des traces de vers.

VERMIFORME . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Se dit De certains muscles qui ont la forme d'un ver. Les muscles qui amènent les doigts vers le pouce sont vermiformes.

VERMIFUGE . adj. des deux genres
• .médec. Se dit Des remèdes propres à faire mourir les vers engendrés dans le corps humain, ou à les en chasser. Poudre vermifuge. La rhubarbe, le camphre, l'oignon, sont vermifuges.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. C'est un excellent vermifuge.

VERMILLER . v. n.
• .Vénerie. Se dit Des sangliers qui fouillent la terre avec leur boutoir, pour y chercher des vers, des oignons ou des racines. Les sangliers vont vermiller dans les pacages, dans les prés. Voyez VERMILLONNER, neutre.

VERMILLON .s.m.
• Minéral d'une couleur rouge fort vive, qui est une combinaison naturelle de soufre et de mercure, et qu'on nomme autrement Cinabre. Une livre de vermillon. On fabrique aussi du Vermillon artificiel.
• VERMILLON, signifie également, Cette couleur vive et éclatante qui se tire, soit du vermillon de mine, soit du vermillon artificiel. Mettre du vermillon. Appliquer du vermillon. Vermillon d'Espagne. Le vermillon de France est aussi beau que celui de Chine. La draperie de ce tableau est faite avec de la laque et du vermillon.
• VERMILLON, signifie encore, La couleur vermeille des joues et des lèvres. Ses joues ont un beau vermillon. Le vermillon de ses lèvres.

VERMILLONNER . v. a.
• Enduire, peindre de vermillon.
• VERMILLONNÉ, ÉE. participe

VERMILLONNER . v. n.
• .Vénerie, employé pour le blaireau dans la même acception que Vermiller pour le sanglier. Voyez VERMILLER.

VERMINE . s. f. coll.
• Se dit de Toute sorte d'insectes malpropres, nuisibles et incommodes, comme sont les poux, les puces, les punaises, etc. Cet enfant est plein de vermine. Il se laisse manger à la vermine, par la vermine. Il est mangé, rongé de vermine. La vermine s'est mise sur cet arbre, et en a gâté les fruits. Il y a bien eu cette année de cette vermine-là sur les arbres.
• Se dit figurément de Toute sorte de gens de mauvaise vie, de garnements dangereux ou incommodes pour la société. Ce quartier n'est habité que par de la vermine. Toute la vermine du quartier.

VERMINEUX, EUSE. adj.
• .Médec. Se dit Des maladies causées ou entretenues par des vers intestinaux. Maladies vermineuses. Fièvres vermineuses.

VERMISSEAU .s.m.
• Petit ver de terre. Ces oiseaux vivent de moucherons et de vermisseaux.

VERMOULER (SE). v. pron.
• Être piqué des vers. Du bois qui commence à se vermouler.
• VERMOULU, UE. participe, Se dit Du bois, du papier, etc., quand il est percé en plusieurs endroits par les vers. Ce coffre, ce buffet est tout vermoulu. Cette poutre est vermoulue. Ce livre est vermoulu.

VERMOULURE . s. f.
• La trace que les vers laissent dans ce qu'ils ont rongé. Il y a de la vermoulure dans ce bois.
• Il signifie aussi, La poudre qui sort des trous faits par les vers.

VERMOUT .s.m.
• Vin dans lequel on a mêlé de l'absinthe.

VERNAL, ALE. adj.
• T. didactique. Qui appartient au printemps. L'équinoxe vernal. Il est peu usité.

VERNE .s.m.
• Arbre. Voyez AUNE.

VERNIR . v. a.
• Enduire de vernis. Vernir une image, un tableau, une table, un pot.
• VERNI, IE. participe

VERNIS .s.m.
• Espèce d'enduit liquide dont on couvre la surface des corps pour la rendre lisse et luisante, ou pour les préserver de l'action de l'air et de l'humidité. Beau vernis. Vernis à l'essence. Vernis à l'esprit-de-vin. Vernis gras. Vernis de la Chine, du Japon. Vilain vernis. Mettre du vernis sur du bois, sur du fer. Mettre une couche de vernis. Passer un vernis sur un tableau.
• En Botan., Sumac au vernis, ou Vernis du Japon, Arbrisseau commun en Asie et en Amérique, et qui fournit un suc laiteux dont les Japonais font leur vernis.
• VERNIS, se dit figurément de Ce qui donne une apparence, une couleur favorable ou défavorable. Ce procédé a donné un vilain vernis à cette personne. Il couvre ses vices d'un vernis d'élégance. La modestie est une sorte de vernis qui donne du lustre aux talents.
• VERNIS, se dit aussi d'Un enduit composé de substances vitrifiables, dont on couvre des vases de terre, et la porcelaine.

VERNISSER . v. a.
• Vernir. Il ne se dit guère qu'en parlant De la poterie. Vernisser une terrine, un pot de terre.
• VERNISSÉ, ÉE. participe

VERNISSEUR .s.m.
• Artisan qui fait des vernis, ou qui les emploie.

VERNISSURE . s. f.
• Application du vernis.

VÉROLE . s. f.
• Maladie vénérienne qui se communique le plus souvent par le commerce charnel avec une personne infectée du même mal. On la nommait autrefois Grosse vérole, et maintenant on dit absolument, La vérole. Cet homme a la vérole dans les os. Il a pris, il a gagné la vérole avec une telle. Il lui a donné la vérole. Les premiers symptômes de la vérole. Guérir de la vérole. La vérole avec le temps carie les os. On évite par bienséance de se servir de ce mot. Les médecins disent ordinairement, La syphilis.
• Suer la vérole, Suer pour guérir de la vérole. Il a sué plusieurs fois la vérole.
• Petite vérole, Maladie qui se manifeste par une éruption de boutons pustuleux, la plupart déprimés à leur centre, et qui laissent ordinairement de petits creux dans la peau après la guérison. Cet enfant, cette femme a la petite vérole. La petite vérole sort bien. La petite vérole est rentrée. Un grain de petite vérole lui a fait perdre un oeil. Il a le visage tout gâté de petite vérole. Il est marqué de petite vérole. Ce village est plein de petite vérole. La vaccine préserve de la petite vérole. Les médecins nomment plus ordinairement cette maladie Variole.
• Petite vérole confluente, Petite vérole dont les boutons, et particulièrement ceux du visage, se touchent en beaucoup de points. Petite vérole discrète, Celle dont les boutons ne se touchent point.
• Petite vérole volante, Espèce de maladie éruptive, dans laquelle les boutons ont quelque analogie avec ceux de la variole, mais qui n'a rien de dangereux.

VÉROLÉ, ÉE.. adj.
• Qui a la vérole. Cet homme est vérolé. Cette femme est vérolée.
• Il est aussi substantif. Un vérolé. Une vérolée. On évite par bienséance d'employer ce mot.

VÉROLIQUE . adj. des deux genres
• .Médec. Appartenant à la vérole. Pustule vérolique.

VÉRON .s.m.
• Petit poisson de rivière. Voyez VAIRON.

VÉRONIQUE . s. f.
• .Bot. Genre de plantes qui comprend un grand nombre d'espèces, la plupart à fleurs bleues. La véronique mâle, appelée aussi Thé d'Europe, est employée comme stomachique et cordiale. On cultive pour l'ornement la véronique de Virginie et la véronique à feuilles ternées. Véronique aquatique. Le bécabunga est une espèce de véronique.

VERRAT .s.m.
• Pourceau qui n'est point châtré. Jeune verrat. Vieux verrat.
• Pop., Il écume comme un verrat, se dit D'un homme qui écume de colère.

VERRE .s.m.
• Corps transparent et fragile, produit par la fusion d'un mélange de sable et d'alcali ou de chaux, ou d'oxyde de plomb. Verre de fougère. Verre à base de potasse et de plomb, ou Flint-glass. Verre de cristal. Verre blanc. Verre de Lorraine. Verre de Bohême. Verre épais. Verre double. Verre mince. Verre clair. Verre net. Verre obscur. Tasse, cloche, coupe de verre. Fiole de verre. Bouteille de verre. Verre de lunette. Verre concave. Verre convexe. Verre lenticulaire. Verre objectif. Verre oculaire. Verre à facettes. Verre blanc. Verre de couleur. Verre fondu. Lunettes à quatre verres. Il a un oeil de verre. Souffler le verre. Fondre le verre. Polir le verre. Des carreaux de verre. Mettre à une fenêtre des carreaux de verre de Bohême, des verres de Bohême. Mettre un verre (un carreau de verre) devant une estampe, devant une miniature. Mettre une estampe sous verre.
• Fig. et fam., Cela est à mettre sous verre, se dit D'une chose précieuse, curieuse, délicate, qui mérite d'être conservée. On dit, à peu près dans le même sens, D'une femme mignonne et bien parée, qu'Elle est à mettre sous verre.
• Châssis de verre, c'est-à-dire, Garni de carreaux de verre.
• Verre dormant, châssis à verre dormant, Verre, châssis qui ne s'ouvre jamais. On dit aussi simplement, Un dormant. Voyez DORMANT.
• Verre ardent, Verre convexe au moyen duquel on rassemble les rayons du soleil, pour brûler les matières qu'on lui oppose à une certaine distance.
• Verre de plomb, verre d'antimoine, Verre produit par la fusion de la silice avec les oxydes de ces métaux.
• Illumination en verres de couleur, Illumination formée avec de petits vases de verre coloré, dans chacun desquels est placée une lumière.
• VERRE, signifie plus particulièrement, Une sorte de vase à boire, fait de verre. Verre de cristal. Grand verre. Petit verre. La patte d'un verre. Le cul d'un verre. Verre fait en coupe, en cloche. Verre à patte. Verre bien net. Laver, rincer un verre. Boire un plein verre, à plein verre. Avoir le verre à la main. Cela se casse comme un verre. Verre à boire. Verre à liqueur. Verre à vin de Champagne. Grand verre à bière. Verre à ratafia. Etc.
• Fam., Choquer le verre, Faire toucher son verre plein de vin contre celui d'une personne avec qui l'on boit, en signe de bonne amitié. Entre les verres et les pots, À table, en buvant.
• Prov. et fig., Qui casse les verres les paye, Celui qui fait quelque dommage doit le réparer.
• En termes d'Art vétérin., L'oeil de ce cheval est cul de verre, Le cristallin de son oeil a une opacité qui annonce une cataracte.
• VERRE, se dit aussi de La liqueur que contient ou peut contenir un verre ordinaire. Verre d'eau. Verre de vin. Il en a bu six grands verres. Boire un verre d'eau, un verre de vin, un verre de limonade. Il avait quelques verres de vin dans la tête. Il n'avait bu que deux verres de vin, et il était ivre.

VERRÉE . s. f.
• Plein un verre. Prendre une tisane par verrées. Il est peu usité.

VERRERIE . s. f.
• Lieu où l'on fait le verre, les ouvrages de verre. Établir une verrerie. Fourneau, magasin de la verrerie.
• Il signifie également, L'art de faire du verre. Il entend bien la verrerie.
• Il est aussi collectif, et signifie, Toute sorte d'ouvrages de verre. Une charretée de verrerie.

VERRIER .s.m.
• Ouvrier qui fait du verre et des ouvrages de verre. Le métier de verrier ne dérogeait point à noblesse. Adjectiv., Gentilhomme verrier, Gentilhomme qui travaillait en verrerie.
• Se dit aussi de Celui qui vend des ouvrages de verre, soit en boutique, soit dans les rues. Acheter des ouvrages de verre chez un verrier. Dans ce sens, il a vieilli: on dit maintenant, Faïencier.
• Prov., Il court, il va comme un verrier déchargé, se dit D'un homme qui marche vite et légèrement.
• VERRIER, se dit encore d'Un certain ustensile de ménage, ordinairement fait d'osier, dans lequel on range les verres à boire, les carafes, etc.

VERRIÈRE . s. f.
• Ustensile de table, espèce de cuvette remplie d'eau, dans laquelle on place les verres.

VERRIÈRE ou •VERRINE. s. f.
• Morceau de verre qu'on met au devant des châsses, des reliquaires, ou devant des tableaux, pour les conserver. L'un et l'autre sont vieux.

VERROTERIE . s. f.
• .Commerce. Menue marchandise de verre, comme grains, bagues, patenôtres, etc. On porte beaucoup de verroterie aux sauvages pour trafiquer avec eux.

VERROU .s.m.
• Pièce de fer plate ou cylindrique, qu'on applique à une porte, afin de pouvoir la fermer, et qui va et vient entre deux crampons. Gros verrou. Petit verrou. Fermer une porte au verrou, à deux verrous. Verrou à ressort. Verrou de sûreté. Mettre le verrou. Tirer le verrou.
• Tenir quelqu'un sous le verrou, Le tenir enfermé. Être sous les verrous, Être en prison. On dit dans un sens analogue, L'or ouvre tous les verrous, force les verrous, etc.

VERROUILLER . v. a.
• Fermer au verrou. Verrouiller une porte. Avec le pronom personnel, Se verrouiller, S'enfermer au verrou.
• VERROUILLÉ, ÉE. participe

VERRUE . s. f.
• Poireau, sorte de petite tumeur qui se forme à la surface du corps, surtout au visage et aux mains, et qui paraît due à l'épaississement de l'épiderme. Remède contre les verrues.

VERS .s.m.
• Assemblage de mots mesurés et cadencés selon certaines règles fixes et déterminées. Vers latins. Vers grecs. Vers français. Vers italiens; etc. Vers héroïques. Vers lyriques. Vers burlesques; etc. Grands vers. Petits vers. De beaux vers. Vers harmonieux. Vers naturels, coulants, faciles, doux, élégants, tendres, passionnés. Vers durs, faibles, ampoulés. Vers bien tournés, mal tournés. Méchants vers. Un vers heureux. Un vers incorrect. Les Grecs et les Latins se servent des mêmes mesures de vers. Les vers grecs et les vers latins sont composés de syllabes longues et de syllabes brèves. Vers hexamètres. Vers pentamètres. Vers ïambes. Vers masculins. Vers féminins. Vers alexandrins. Vers de douze syllabes. Vers de dix syllabes. Vers à rimes plates, à rimes croisées, à rimes redoublées. Vers irréguliers. Vers acrostiches. La plupart des nations modernes riment leurs vers. Les Italiens, les Espagnols et les Anglais font aussi des vers sans rime. Dans la langue française, tous les vers sont rimés. Comédie en vers. Discours, épître en vers. Conte en vers. Recueil de vers. Mélanges de vers et de prose. De la prose mêlée de vers. Le style, le langage des vers diffère beaucoup de celui de la prose. Ce poëte fait bien les vers. Faire des vers. Composer des vers. Dire, réciter des vers. Faire des vers à la louange de quelqu'un. Il nous a lu ses vers.
• S'emploie quelquefois au singulier, dans un sens collectif. Le vers de ce poëte, son vers est concis, énergique. Il tourne bien le vers, un vers.
• Vers libres, Vers de différentes mesures, qui ne sont pas soumis au retour d'un rhythme régulier, comme le sont les stances, les strophes d'une ode.
• Vers blancs, Vers non rimés, dans les langues où la rime est en usage. La langue anglaise a des vers rimés, et admet aussi les vers blancs.
• Prov. et par antiphrase, Faire des vers à la louange de quelqu'un, Médire de quelqu'un.

VERS
• Préposition de lieu servant à désigner à peu près Un certain côté, un certain endroit, une certaine situation. Vers l'orient. Vers le nord. Je ne sais vers où. Vers la Tartarie. Tournez-vous vers moi, vers lui. Lever les yeux vers le ciel. Le but vers lequel se tournent tous ses efforts.
• VERS, se met quelquefois au lieu d'une autre préposition. Ainsi on dit, Envoyé vers tel prince d'Allemagne, Ministre auprès de tel prince d'Allemagne.
• Il est aussi préposition de temps, et signifie, Environ. Vers les quatre heures. Vers le printemps. Cela arriva vers l'année 1500. Vers le commencement, vers la fin, vers le milieu de cette campagne. Vers le milieu de tel siècle, de tel règne.

VERSANT, ANTE. adj.
• Qui verse facilement, qui est sujet à verser. Il n'est usité qu'en parlant Des carrosses et autres voitures semblables. Les carrosses haut suspendus sont fort versants. Les berlines sont moins versantes que les autres voitures.

VERSANT .s.m.
• La pente d'un des côtés d'une chaîne de montagnes. Le versant septentrional des Pyrénées.

VERSATILE . adj. des deux genres
• Qui est sujet à tourner, à changer. Il ne se dit guère qu'au moral. Un esprit versatile. Un caractère, une volonté versatile.

VERSATILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est versatile. Une grande versatilité d'esprit, de caractère, de sentiments. Il a beaucoup de versatilité dans le caractère, dans ses opinions.

VERSE (À). loc. adv.
• qui n'est employée que dans cette phrase, Il pleut à verse, Il pleut abondamment. Voyez AVERSE.

VERSE . adj. m.
• .Géom. Il n'est usité que dans cette locution, Le sinus verse d'un angle, La partie du rayon du cercle qui est comprise entre l'arc et le pied du sinus.

VERSEAU .s.m.
• T. d'Astron. L'un des douze signes du zodiaque, qui répond au mois de janvier. Le signe du Verseau.

VERSEMENT .s.m.
• .Finance. Action de verser de l'argent dans une caisse. Faire un versement. Un versement de fonds.

VERSER . v. a.
• Épancher, répandre, transvaser. Verser de l'eau dans une aiguière, dans une cruche. Verser de l'eau sur les mains, la verser à terre. Verser du vin dans un verre, dans un tonneau. Verser d'un vase dans un autre. Verser du plomb fondu. Voyez RÉPANDRE.
• Se dit en parlant Des grains, dans le même sens qu'en parlant Des substances liquides. Verser du blé dans un sac. Verser de l'avoine dans un coffre.
• S'emploie aussi absolument; et alors il signifie, Mettre du vin ou quelque autre boisson dans un verre. Verser à boire. Versez-moi tout plein.
• Verser des larmes, Pleurer. Verser des larmes sur quelqu'un. Il verse des larmes amères sur sa faute.
• Verser son sang pour la foi, pour la patrie, pour le service du roi, de l'État, Répandre son sang, donner sa vie pour la foi, etc. Verser le sang humain, le sang des hommes, Faire mourir des hommes, ordonner leur mort. On dit de même, Verser le sang innocent.
• Fig., Verser l'or à pleines mains, Le prodiguer, en dépenser beaucoup.
• Fig., Verser ses chagrins dans le coeur d'un ami, Les lui confier. Verser des consolations dans un coeur triste, ulcéré, Adoucir ses peines. Dans un sens analogue, Vos discours sages et consolants versent du baume sur mes blessures, Ils suspendent mes maux, mes souffrances.
• Fig., Verser le mépris, verser le ridicule sur quelqu'un, En parler de manière à le rendre méprisable ou ridicule.
• VERSER, se dit aussi en parlant Des espèces d'or et d'argent, des sommes, des fonds qu'on apporte à une caisse, qu'on y vient déposer. Verser des fonds dans une caisse. Verser de l'argent d'une caisse dans une autre. Les impôts sont versés dans la caisse du receveur, avant de parvenir au trésor public.
• Verser des fonds dans une affaire, Y mettre, y employer des fonds. Cette entreprise ne pourra réussir, si l'on n'y verse pas de nouveaux fonds.
• VERSER, se dit encore D'un carrosse, d'une charrette, et de toute autre voiture, lorsque par accident elle tombe sur le côté. En ce sens, il est neutre. On le dit pareillement Des personnes qui sont dans la voiture. Les cabriolets qui sont suspendus trop haut sont sujets à verser. Nous avons versé à tel endroit. Verser en beau chemin. Prenez garde, vous allez verser.
• Il est quelquefois actif dans le même sens. Ce cocher est maladroit, il nous a versés deux fois. Ce charretier a versé sa voiture.
• VERSER, se dit encore neutralement en parlant Des blés sur pied, lorsque la pluie ou le vent les couche. S'il pleut longtemps, les blés verseront. Le grand vent fait verser les seigles. En ce sens, il est quelquefois actif. L'orage a versé les blés.
• VERSÉ, ÉE. participe, Il est quelquefois adjectif, et signifie, Exercé, expérimenté. C'est un homme versé dans les affaires de finance, dans les négociations. Il est versé dans la lecture des poëtes. Il était versé dans la philosophie, dans la politique.

VERSET .s.m.
• Petite section composée ordinairement de deux ou trois lignes, et contenant le plus souvent un sens complet. Il ne se dit guère qu'en parlant Des livres de l'Écriture. Les chapitres de l'Écriture sainte sont divisés par versets. Le dixième verset de tel chapitre, de tel psaume.
• VERSET, se dit aussi de Quelques paroles tirées ordinairement de l'Écriture, et suivies quelquefois d'un répons, qu'on dit, qu'on chante dans l'office de l'Église. Chanter un verset et un répons.
• Se dit, par extension, Du signe d'imprimerie qui sert à marquer les versets, et qui a la forme d'un V barré (v).

VERSICULES ou VERSICULETS.s.m. pl.
• Diminutif de Vers. Trouvez-vous ces versiculets passables? Un faiseur de versicules. Ces deux mots sont familiers.

VERSIFICATEUR .s.m.
• Celui qui fait des vers. Se dit particulièrement de Celui qui a plus de facilité pour la construction du vers, qu'il n'a de génie et d'invention. Bon versificateur. On voit assez de versificateurs passables, mais les grands poëtes sont rares.

VERSIFICATION . s. f.
• Art de faire les vers; manière de tourner les vers. Les règles de la versification. Versification savante, belle, noble, facile, aisée, douce. Versification lâche, dure, pénible. La versification de Racine et celle de Corneille ont des beautés différentes.

VERSIFIER . v. n.
• Faire des vers. Il versifie bien. Il ne fait que versifier.
• VERSIFIÉ, ÉE. participe, Il ne se dit guère que dans ces locutions, Une pièce bien versifiée, mal versifiée, Une pièce dont les vers sont bien tournés, mal tournés. Voilà une pièce bien versifiée, mais les idées en sont communes.

VERSION . s. f.
• Interprétation, traduction d'une langue en une autre. Version littérale. La version de la Bible. La version des Septante. La version qu'on nomme la Vulgate. L'ancienne version italique. La version chaldaïque, arabe, syriaque. Version hérétique. Une version latine, grecque, anglaise, italienne, etc. Version fidèle, exacte. Faire une version. Lorsqu'il s'agit de La traduction d'un livre, le plus grand usage de ce mot est en parlant Des anciennes traductions de l'Écriture.
• Se dit, particulièrement, Des traductions que les écoliers font dans les colléges d'une langue ancienne en leur propre langue. Son fils a remporté le prix de version latine, de version grecque.
• VERSION, dans le langage familier, se dit de La manière de raconter un fait. Cette version n'est pas fidèle. Votre version n'est pas la mienne. Il y a sur ce fait différentes versions.

VERSO .s.m.
• T. emprunté du latin, et qui signifie, La seconde page, le revers d'un feuillet. On le dit par opposition à Recto, qui signifie, La première page du feuillet. Vous trouverez ce passage folio 42 verso.

VERSTE . s. f.
• Mesure itinéraire de Russie, qui vaut cinq cents toises. Mille verstes. Cette ville est à tant de verstes de telle autre.

VERT, ERTE. adj.
• Qui est de la couleur des herbes et des feuilles des arbres. Drap vert. Satin vert. Lunettes vertes. Sur l'herbe verte. Sous la verte feuillée. Vert comme pré. Tout est vert au printemps. Des arbres toujours verts. Sauce verte. Autrefois on faisait porter le bonnet vert aux banqueroutiers.
• VERT, se dit aussi Des arbres, des plantes qui ont encore quelque séve. Cet arbre n'est pas mort comme vous le dites, il est encore vert. Du gazon encore vert.
• Fig. et fam., Il est encore vert, se dit D'un homme âgé qui a encore de la vigueur.
• VERT, se dit également Du bois qui n'a pas encore perdu son humidité naturelle depuis qu'il est coupé. Ce bois ne brûlera pas, il est bien vert.
• Pierres vertes, Pierres fraîchement tirées de la carrière. Cuir vert, Cuir qui n'a pas été corroyé.
• Morue verte, Morue qui n'a pas été séchée.
• VERT, signifie aussi, Qui n'est pas encore dans la maturité requise. Ces fruits sont trop verts pour les cueillir. Des raisins encore tout verts.
• Vin vert, Vin qui n'est pas encore assez mûr, assez fait.
• Pois verts, Pois nouveaux, par opposition aux pois qui se gardent secs.
• Fig. et fam., La verte jeunesse, Les premiers temps de la jeunesse, de la grande jeunesse. On dit aussi, Une verte vieillesse, Une vieillesse saine et robuste; et, dans un sens analogue, Ce vieillard est encore vert, c'est un homme encore vert.
• Fig. et fam., C'est un vert galant, se dit D'un homme vif, alerte et vigoureux. Cet homme a la tête verte, c'est une tête verte, Il est vif, ardent, manquant de réflexion et d'expérience, il est étourdi, évaporé.
• Prov. et fig., Il trouve les raisins trop verts, Il dénigre et fait semblant de dédaigner ce qu'il ne peut obtenir.
• Prov. et fig., Entre deux vertes, une mûre, se dit Lorsque, entre deux ou plusieurs choses qui ne sont guère bonnes, il y en a une meilleure que les autres. Il allègue plusieurs excuses, entre deux vertes, une mûre.
• VERT, se prend encore figurément pour Ferme, résolu. C'est un homme vert, qui ne passe rien, il faut être exact avec lui. On dit dans le même sens, Faire une réponse bien verte, une verte réprimande.

VERT .s.m.
• La couleur verte, la couleur des herbes et des feuilles des arbres. Vert brun. Vert foncé. Gros vert. Vert-dragon. Vert de mer. Vert d'eau. Vert-pré. Vert gai. Vert tendre. Vert naissant. Vert d'émeraude. Vert-pomme. Voilà un beau vert. Être habillé de vert. Aimer le vert. Cela tire sur le vert. Le vert réjouit la vue.
• Vert de montagne, Terre verte, colorée par le cuivre.
• VERT, se dit aussi Des herbes qu'on fait manger vertes aux chevaux dans le printemps. Mettre des chevaux au vert. Faire prendre le vert à des chevaux. Leur faire quitter le vert. Les retirer du vert.
• Fig. et fam., Manger son blé en vert, Manger son revenu d'avance.
• Prov. et fig., Employer le vert et le sec dans une affaire, Recourir à tous les moyens, employer toutes ses ressources pour la faire réussir.
• Jouer au vert, Jouer, dans le mois de mai, à une sorte de jeu où l'on est obligé, sous de certaines peines, d'avoir toujours sur soi quelques feuilles de vert cueillies le jour même, et où chacun tâche de surprendre son compagnon dans un temps où il n'a point de vert. Figurément et par allusion à ce jeu, Prendre quelqu'un sans vert, Le prendre au dépourvu.
• VERT, se dit encore de L'acidité du vin qui n'est pas encore bien mûr. Ce vin-là a da vert, mais ce vert se changera, tournera en séve.

VERT-DE-GRIS .s.m.
• Sorte de rouille verte produite par un sel qui se forme à la surface des objets de cuivre, lorsqu'on néglige de les nettoyer, et surtout lorsqu'ils demeurent quelque temps exposés à l'action réunie de l'air et des acides. Le vert-de-gris est un poison.
• Se dit également d'Un composé d'oxyde de cuivre et d'acide acétique produit par l'action du cuivre sur le marc de raisin. C'est ce qu'on nomme autrement Verdet.

VERTÉBRAL, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui a rapport aux vertèbres. Colonne vertébrale. Canal vertébral. Moelle vertébrale. Nerfs vertébraux.

VERTÈBRE . s. f.
• T. d'Anat. Un des os qui, s'articulant les uns avec les autres, composent l'épine du dos, chez l'homme et chez un grand nombre d'animaux. La première, la seconde vertèbre. Les vertèbres du cou, des lombes, etc.

VERTÉBRÉ, ÉE.. adj.
• T. d'Hist. nat. Se dit Des animaux qui ont des vertèbres, par opposition à ceux qui n'en ont pas, tels que les mollusques, les vers, etc. Les animaux vertébrés.

VERTEMENT . adv.
• Avec fermeté, avec vigueur. Il lui parla, il lui répondit, il le réprimanda vertement. Cette place fut vertement attaquée.

VERTICAL, ALE. adj.
• .Math. Perpendiculaire au plan de l'horizon. Ligne verticale. Les cercles verticaux. Cadran vertical. Plan vertical.

VERTICALEMENT . adv.
• Perpendiculairement au plan de l'horizon. Plan posé verticalement.

VERTICILLE .s.m.
• .Bot. Assemblage de fleurs et de feuilles disposées circulairement autour d'un même point de la tige.

VERTICILLÉ, ÉE.. adj.
• .Bot. Qui forme des anneaux. Se dit Des fleurs et des feuilles des plantes, lorsqu'elles naissent en verticilles autour de la tige. Feuilles verticillées.

VERTIGE .s.m.
• Tournoiement de tête, indisposition dans laquelle il semble à ceux qui en sont atteints, que toutes choses tournent autour d'eux, ou qu'ils tournent eux-mêmes. Quand on regarde du haut de cette tour en bas, on éprouve des vertiges. Il a des vertiges, le vertige. Il est sujet à des vertiges.
• VERTIGE, signifie aussi figurément, Égarement de sens, folie momentanée. On ne passe point tout à coup d'une condition si humble à un rang si élevé, sans éprouver quelque vertige. Une sorte de vertige s'empara de tous les esprits.
• Esprit de vertige, Esprit d'erreur, de folie, d'égarement. Il régnait alors un esprit de vertige.

VERTIGINEUX, EUSE
• adj. .Médec. Qui a des vertiges, qui est sujet aux vertiges. Il est peu usité.

VERTIGO .s.m.
• Caprice, fantaisie. Quand son vertigo lui prend. Elle a de singuliers vertigos. Il est familier.
• VERTIGO, se dit aussi d'Une maladie des chevaux. Ce cheval a le vertigo. Son cheval est mort du vertigo.

VERTU . s. f.
• Disposition ferme, constante de l'âme, qui porte à faire le bien et à fuir le mal. Vertu sublime, rare, éminente, héroïque, solide, éprouvée. Vertus naturelles, acquises, surnaturelles ou infuses. Les vertus des païens. C'est un homme de grande vertu, de haute vertu. Instruire, former à la vertu. S'avancer dans le chemin de la vertu. L'amour de la vertu. Embrasser la vertu. Pratiquer la vertu. Faire profession d'honneur et de vertu. Exemple de vertu. Des semences de vertu. Des actes de vertu. On a mis sa vertu à l'épreuve. Exercer sa vertu.
• Se dit aussi Des dispositions particulières propres à telle ou telle espèce de devoirs ou de bonnes actions. Vertu chrétienne. Vertu morale. Les quatre vertus cardinales. Les trois vertus théologales. La vertu de chasteté, d'humilité, de continence. Les vertus royales. Vertus guerrières. Vertus civiles. Vertus privées, publiques, domestiques. Vertu stoïque.
• Se dit quelquefois Des personnes vertueuses. Persécuter la vertu. Honorer la vertu. Récompenser la vertu.
• Prov., Faire de nécessité vertu, Se résoudre à faire avec courage et de bonne grâce, une chose qui est désagréable, pénible, mais qu'on ne peut pas se dispenser de faire.
• Fam., Vous avez bien de la vertu, se dit À quelqu'un qui vient de faire une chose pour laquelle on se sent de la répugnance.
• VERTU, se prend quelquefois dans le sens particulier de Chasteté, pudicité; et il ne se dit guère qu'en parlant Des femmes. Au milieu d'un monde corrupteur, cette femme a su conserver sa vertu. Cette femme ne parle que de sa vertu. Sa laideur est le garant de sa vertu.
• VERTU, signifie aussi, Une qualité qui rend propre à produire un certain effet, qui donne la force de produire quelque effet. Vertu occulte, secrète. Vertu spécifique. Les vertus des plantes, des minéraux. Cette plante a une grande vertu, a la vertu de guérir tel mal. La vertu magnétique. Ce remède n'a point de vertu.
• Il n'a ni force ni vertu, se dit D'un homme sans courage et sans caractère.
• Prov., Face d'homme porte vertu, La présence d'un homme sert bien à ses affaires.
• VERTUS, au pluriel, en termes de Théologie, est Le nom d'un des ordres de la hiérarchie céleste. Les Dominations, les Vertus, les Puissances, etc.
• EN VERTU. loc. prépositive, En conséquence, à cause du droit, du pouvoir. Il a saisi en vertu d'un jugement. Il exerce en vertu de son droit, en vertu des pouvoirs qu'il a reçus. En vertu de telle loi, de telle ordonnance. En vertu de quoi prétendez-vous cela?

VERTUEUSEMENT . adv.
• D'une manière vertueuse. Elle a toujours vécu vertueusement. Il s'est conduit vertueusement dans cette occasion.

VERTUEUX, EUSE. adj.
• Qui a de la vertu. Il est fort vertueux. Les hommes vertueux. Une femme vertueuse. Une âme vertueuse. Un coeur vertueux.
• Se dit quelquefois De ce qui est inspiré par la vertu. Une résolution, une action vertueuse.
• Cette femme est vertueuse, Elle est chaste.

VERTUGADIN .s.m.
• Espèce de bourrelet que les dames portaient jadis au-dessous de leur corps de robe. On ne porte plus de vertugadins. Cela était bon du temps qu'on portait des vertugadins.

VERVE . s. f.
• Chaleur d'imagination qui anime le poëte, l'orateur, l'artiste dans la composition de leurs ouvrages. Verve poétique. Quand il est dans sa verve. Quand sa verve le tient. Être en verve. Entrer en verve. Parler, écrire de verve. Ce poëte a de la verve. Sa verve est refroidie. Sa verve s'éteint. Ce musicien, ce peintre manque de verve. Il y a de la verve dans cet ouvrage, mais une verve déréglée. Ce morceau a été fait de verve.
• Il signifie aussi, familièrement, Caprice, bizarrerie, fantaisie. Quand sa verve le prend, lui prend. Quand il est dans sa verve. Ce sens est peu usité.

VERVEINE . s. f.
• Plante odorante, de la famille des Labiées, que les anciens employaient dans les cérémonies religieuses et dans les conjurations magiques.

VERVELLE . s. f.
• Espèce d'anneau qu'on met au pied d'un oiseau de fauconnerie, et sur lequel on grave le nom ou les armes de celui à qui l'oiseau appartient.

VERVEUX .s.m.
• .Pêche. Sorte de filet à prendre du poisson. Le verveux est une espèce de nasse de réseau soutenue sur des cerceaux.

VÉSANIE . s. f.
• .Médec. Nom générique sous lequel plusieurs médecins comprennent les différentes espèces d'aliénations mentales.

VESCE . s. f.
• .Bot. Plante à fourrage, de la famille des Légumineuses, dont le grain est rond. Un fagot, une botte de vesce.
• Se dit aussi Du grain même. Un boisseau de vesce. Semer de la vesce. Donner de la vesce à la volaille.

VÉSICAL, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui a rapport à la vessie. Veines, artères vésicales.

VÉSICATOIRE . adj. des deux genres
• .Médec. Qui fait venir des ampoules, qui détermine le soulèvement de l'épiderme. Onguent vésicatoire. Les emplâtres vésicatoires. Taffetas vésicatoire.
• Il est aussi substantif masculin. Il faut lui appliquer, lui mettre un vésicatoire, des vésicatoires. Le vésicatoire n'a pas pris.
• Se dit, par extension, de La plaie causée par l'application du vésicatoire. Il a un vésicatoire au bras. Panser, supprimer un vésicatoire. Son vésicatoire ne rend plus.

VÉSICULE . s. f.
• T. d'Anat. Sac membraneux semblable à une petite vessie. La vésicule du fiel. Le poumon est composé d'une infinité de petites vésicules. Les vésicules séminales.
• En Ichthyologie, Vésicule aérienne, Sac membraneux rempli d'air, qu'on trouve dans la plupart des poissons, et qui est destiné à les rendre plus ou moins légers, selon qu'ils veulent monter ou descendre dans l'eau. On la nomme autrement Vessie natatoire.

VESOU .s.m.
• Le suc liquide qui sort de la canne à sucre écrasée par le moulin.

VESPÉRIE . s. f.
• Le dernier acte de théologie ou de médecine, que soutenait autrefois un licencié avant de prendre le bonnet de docteur, et où celui qui présidait donnait quelques avis, quelques instructions au répondant. Soutenir une vespérie.
• Il signifie quelquefois, figurément et familièrement, Réprimande. Son père lui a fait une rude vespérie. Ce sens est peu usité depuis la suppression des vespéries.

VESPÉRISER . v. a.
• Réprimander quelqu'un. Il l'a terriblement vespérisé. S'il y retourne, il sera vespérisé. Il a vieilli.
• VESPÉRISÉ, ÉE. participe

VESPÉTRO .s.m.
• Sorte de ratafia, auquel on attribue un grand nombre de propriétés, et qui est surtout employé comme stomachique et carminatif. Une bouteille de vespétro.

VESSE . s. f.
• Vent d'une odeur désagréable, qui sort sans bruit par le derrière. Faire une vesse. Lâcher une vesse.
• En Botan., Vesse-de-loup, ou Vesse-loup, Sorte de champignon qui n'est plein que de vent et de poussière. La poussière qui sort de la vesse-de-loup est regardée comme astringente.

VESSER . v. n.
• Lâcher une vesse. Il vesse. Il vesse comme un daim.

VESSEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui vesse, qui a l'habitude de vesser.

VESSIE . s. f.
• Sac ou réservoir membraneux, servant à recevoir et à contenir l'urine. La vessie est située dans le bassin entre le rectum et l'os pubis. L'urine descend des reins dans la vessie par les uretères, et sort de la vessie par l'urètre. Le col de la vessie. Un ulcère à la vessie. Une pierre dans la vessie. Le catarrhe de la vessie.
• Se dit aussi de Cette partie tirée du corps de l'animal et desséchée. Vessie de cochon. Enfler une vessie. Les peintres mettent leurs couleurs dans des morceaux de vessie. Nager avec des vessies remplies d'air.
• Prov., fig. et pop., Il veut faire croire que vessies sont lanternes, que des vessies sont des lanternes, se dit D'un homme qui veut faire croire des choses absurdes et bizarres. J'aimerais autant qu'on me donnât d'une vessie par le nez, se dit Pour marquer qu'on méprise des louanges fades et des complaisances basses.
• VESSIE, signifie encore, vulgairement, Une petite ampoule sur la peau. La poudre de cantharides fait élever des vessies.
• Vessie natatoire. Voyez VÉSICULE.

VESSIGON .s.m.
• T. d'Art vétérinaire. Tumeur molle qui survient au jarret du cheval.

VESTA . s. f.
• T. d'Astron. Nom d'une planète fort petite qui fut découverte en 1807, par Olbers.

VESTALE . s. f.
• Nom que les Romains donnaient à des vierges consacrées à la déesse Vesta. Une vestale qui manquait à la chasteté, était punie de mort.
• Se dit figurément, parmi nous, d'Une femme, d'une fille qui est d'une chasteté exemplaire. C'est une vestale. Elle fait la vestale. Elle se donne pour vestale.

VESTE . s. f.
• Vêtement qui se porte sous l'habit, et qui est à quatre pans, dont les deux de devant ont des poches. Veste de satin. Veste brodée. Le gilet a remplacé la veste.
• Se dit aussi d'Un habillement long que les Orientaux portent sous leur robe. Longue veste. Veste à la turque. Veste de drap d'or.
• Se dit encore d'Une sorte de vêtement qui tient lieu de l'habit, et dont les basques sont beaucoup plus courtes. Une veste d'ouvrier. Une veste de drap, de toile. Une veste de chasse. Être en veste.

VESTIAIRE .s.m.
• Le lieu où l'on serre les habits destinés aux religieux et aux religieuses, ou les costumes des membres d'un tribunal, d'une assemblée politique, etc. Le vestiaire d'un couvent. Le vestiaire de la chambre des pairs, de la chambre des députés.
• VESTIAIRE, se dit aussi de La dépense que l'on fait pour les habits des religieux et des religieuses, ou de L'argent qu'on leur donne pour s'habiller.

VESTIBULE .s.m.
• La pièce d'un édifice qui s'offre la première à ceux qui entrent, et qui sert de passage pour aller aux autres pièces. Un grand vestibule. Un beau vestibule. Il n'entra pas dans la salle, il demeura dans le vestibule.
• VESTIBULE, en termes d'Anatomie, Cavité de forme irrégulière qui fait partie du labyrinthe ou de l'oreille interne.

VESTIGE .s.m.
• Empreinte du pied d'un homme ou d'un animal, marquée dans l'endroit où il a marché. Il n'y paraît aucun vestige. Il est plus usité au pluriel. Je vois des vestiges d'homme. On l'emploie surtout dans le style soutenu.
• Fig., Suivre les vestiges de quelqu'un, L'imiter. Il a suivi les vestiges de ses aïeux.
• VESTIGE, se dit, par extension, de Certaines marques qui restent sur la terre, et qui montrent qu'il y a eu dans le lieu où elles se trouvent des maisons, des fortifications, des remparts, des retranchements, etc. Il y avait là autrefois un château, une ville, on en voit encore les vestiges. J'ai remarqué dans ce pays des vestiges de plusieurs camps des Romains, de vieux vestiges, d'anciens vestiges. Vous dites qu'il y a eu là une église; il n'en paraît, il n'en reste aucun vestige, pas le moindre vestige. Il n'en reste pas vestige. En reste-t-il quelque vestige? Il n'y en a pas vestige.
• S'emploie figurément, au sens moral. On ne trouve aucun vestige de ce fait dans l'histoire. On trouve dans leur pays des vestiges de cette religion, de cette coutume, de cette opinion. Il ne restait pas chez ce peuple un seul vestige de civilisation, un seul vestige de sa grandeur passée. Les derniers vestiges de cette révolution ont disparu, sont effacés.

VÊTEMENT .s.m.
• Habillement, ce qui sert à couvrir le corps. Un vêtement léger, chaud, commode. Un vêtement bien singulier. Changer de vêtement. Le grand prêtre déchira ses vêtements. Les vêtements sacerdotaux.

VÉTÉRAN .s.m.
• Il se disait, chez les Romains, Des soldats qui, après avoir servi un certain temps, obtenaient leur congé et les récompenses dues à leurs services. La république, dans un si pressant besoin, fit reprendre les armes aux vétérans.
• Se dit, parmi nous, Des soldats qui, en considération de leurs années de service ou pour quelque autre cause, ont été admis dans de certaines compagnies chargées d'un service tranquille et sédentaire. Un vétéran. Une compagnie de vétérans. Entrer dans les vétérans. Capitaine de vétérans.
• VÉTÉRAN, se disait autrefois Des anciens officiers de magistrature qui, après avoir servi un certain temps, jouissaient encore, en vertu des lettres du prince, d'une partie des prérogatives de leurs charges, quoiqu'ils ne les possédassent plus. Il était vétéran. Il jouissait des droits de vétéran. Lettres de vétéran.
• Il se disait aussi, dans quelques Académies, de Certains membres qui renonçaient à leur place d'académiciens, et en conservaient les honneurs.
• Dans les Colléges, Un vétéran de rhétorique, de seconde, etc., Un élève qui étudie une seconde année en rhétorique, en seconde, etc.

VÉTÉRANCE . s. f.
• Qualité de vétéran. La vétérance s'acquiert par un certain nombre d'années de service. Lettres de vétérance.

VÉTÉRINAIRE . adj. des deux genres
• Il ne se dit qu'en parlant De la médecine des chevaux, des bestiaux, et généralement des animaux domestiques. Médecine vétérinaire. Art vétérinaire. École vétérinaire. Artiste, médecin vétérinaire.
• Se dit substantivement d'Un artiste vétérinaire, de celui qui connaît et qui traite les maladies des chevaux et des bestiaux. Il faut mener ce cheval, ce boeuf chez le vétérinaire.

VÉTILLARD, ARDE. s. - Voyez VÉTILLEUR.

VÉTILLE . s. f.
• Bagatelle, chose de peu de conséquence, de nulle conséquence. Il ne s'amuse qu'à des vétilles. La moindre vétille l'arrête. Il est familier.

VÉTILLER . v. n.
• S'amuser à des vétilles. Il ne fuit que vétiller. Il vétille toujours.
• Il signifie aussi, Faire des difficultés sur de petites choses. On ne peut rien faire avec lui, parce qu'il ne cesse de vétiller.

VÉTILLEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui s'amuse à des vétilles ou à de petites difficultés. C'est un grand vétilleur. Ce n'est qu'un vétilleur. C'est une petite vétilleuse.

VÉTILLEUX, EUSE. adj.
• Qui demande qu'on prenne des soins minutieux, qu'on fasse attention aux plus petits détails. Ouvrage vétilleux. Occupation vétilleuse.
• Se dit aussi Des personnes qui s'amusent, qui s'arrêtent à des vétilles. Cet homme-là est bien vétilleux, est trop vétilleux. C'est un esprit vétilleux.

VÊTIR . v. a.
• (Je vêts, tu vêts, il vêt; nous vêtons, vous vêtez, ils vêtent. Je vêtais. Je vêtis. J'ai vêtu. Je vêtirai. Vêts; vêtons, vêtez. Que je vête. Que je vêtisse. Vêtant. Le singulier du présent de l'indicatif et l'impératif ne sont guère usités.) Habiller, donner des habits à quelqu'un. C'est une des oeuvres de miséricorde de vêtir les pauvres, de vêtir les nus. À son enterrement, on a vêtu douze pauvres. Il est obligé de nourrir et de vêtir ses enfants.
• Vêtir un enfant, Lui donner sa première robe. Cet enfant devient fort, il est temps de le vêtir. Cette manière de parler est peu usitée.
• Vêtir une robe, une soutane, une camisole, etc., Mettre sur soi une robe, une soutane, une camisole, etc.
• VÊTIR, s'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel, et signifie, Mettre son habillement sur soi, s'habiller. Il est longtemps à se vêtir. Vêtez-vous promptement. Vous vous êtes vêtu trop légèrement pour la saison. Que ne vous vêtez-vous mieux? Il faut se vêtir selon son état.
• Se vêtir à la française, à la turque, etc., Suivre la mode des Français, des Turcs, etc., dans ses habillements.
• VÊTU, UE. participe, Vous voilà bien vêtu pour votre hiver. Vous voilà bien vêtu, mal vêtu. Vous êtes richement vêtue, vêtue chaudement.
• Se dit particulièrement en parlant Des habits de dignité. Le roi était vêtu de ses habits royaux.
• L'oignon est fort vêtu cette année, Ses enveloppes sont plus épaisses et plus nombreuses qu'à l'ordinaire. Les jardiniers disent proverbialement, Quand l'oignon est fort vêtu, c'est signe de grand hiver.
• Prov., Être vêtu comme un oignon, Avoir plusieurs vêtements l'un sur l'autre.

VETO
• (On prononce Véto.) Mot emprunté du latin, qui signifie, Je m'oppose, j'empêche. C'était la formule qu'employait à Rome tout tribun du peuple, lorsqu'il s'opposait aux décrets du sénat, ou aux actes des magistrats. Cette formule s'était conservée dans les diètes de Pologne, où chaque nonce pouvait, en la prononçant, arrêter toute délibération législative. On l'emploie aujourd'hui, en parlant De certains gouvernements, pour exprimer Le refus que fait le roi ou chef de l'État, de sanctionner une loi proposée ou adoptée par le parlement, par les chambres. En Angleterre, le roi a le veto, le droit de veto. Le roi a mis le veto, son veto à cette loi. Il a usé de son veto en cette occasion.
• Veto absolu, veto suspensif, La faculté de refuser à un acte législatif le caractère de loi, ou pour toujours, ou pour un temps limité.
• Par extension, Chaque chambre a le veto sur l'autre, A le droit de refuser un projet proposé ou approuvé par l'autre chambre.
• Fig. et fam., J'y mets mon veto, Je m'oppose à cela.

VÊTURE . s. f.
• Cérémonie qui se fait dans les couvents, lorsqu'on donne l'habit à un religieux, à une religieuse, et qui précède communément d'une année la profession solennelle. Assister à une vêture. Prêcher une vêture. On dit plus ordinairement, Prise d'habit.

VÉTUSTÉ . s. f.
• Ancienneté. Se dit principalement en parlant Des choses que le laps de temps a fait dépérir, a détériorées. Cette chapelle, cet arbre tombe de vétusté. Ses titres périssent de vétusté.

VÉTYVER .s.m.
• .Bot. Nom d'une plante graminée, dont les racines très-odorantes servent à préserver le linge et les vêtements de l'atteinte des insectes.

VEUF, EUVE. adj.
• (F se prononce, même au pluriel.) Celui dont la femme est morte, et qui n'est point remarié; Celle dont le mari est mort, et qui n'est point remariée. Un homme veuf. Une femme veuve. Il est veuf. Elle est veuve pour la seconde fois. Elle est veuve d'un tel.
• Il est souvent employé substantivement. Elle va épouser un veuf. Une pauvre veuve désolée. Riche veuve. Dieu est le protecteur des veuves et des orphelins. Protéger, dépouiller la veuve et l'orphelin.
• Prov. et fig., Le denier de la veuve, Ce qu'on donne en prenant sur son nécessaire. Je vous donne peu, mais c'est le denier de la veuve.
• VEUF, s'emploie quelquefois figurément, et signifie, Privé de. Cette église est veuve de son évêque.
• Dans un sens particulier, Église veuve, Église collégiale qui a été cathédrale, et dans laquelle il y avait anciennement un évêque. L'église de Saint-Quentin était une église veuve.
• VEUVE, parmi les Fleuristes, est le nom d'Une tulipe panachée de blanc et de violet, et celui d'Une espèce de scabieuse à fleurs d'un noir pourpré.

VEULE . adj. des deux genres
• Mou, faible. Je me sens tout veule. Ce sens a vieilli.
• Se dit aussi, en termes de Jardinage, D'une terre trop légère, et Des branches longues et faibles. Terre veule. Branches veules.

VEUVAGE .s.m.
• État de l'homme dont la femme est morte, et qui n'est point remarié; ou de la femme dont le mari est mort, et qui n'est point remariée. Triste veuvage. Long veuvage. Perpétuel veuvage. Durant son veuvage.

VEXATION . s. f.
• Action de vexer. Le procès qu'on lui fait est une vexation manifeste, une pure vexation. Il a été puni de ses vexations. Exercer, commettre des vexations. Éprouver, essuyer des vexations.

VEXATOIRE . adj. des deux genres
• Qui a le caractère de la vexation. Impôt vexatoire. Administration vexatoire.

VEXER . v. a.
• Tourmenter, faire de la peine injustement à quelqu'un. Ce seigneur vexait ses vassaux. Cet homme se plaît à vexer tous ceux qui lui sont subordonnés.
• Pop., Cela me vexe, je suis vexé de cela, Cela me fait de la peine, me contrarie.
• VEXÉ, ÉE. participe

VIABILITÉ . s. f.
• .Médec. légale. État, qualité de l'enfant viable.

VIABLE . adj. des deux genres
• .Médec. légale. Qui est assez fort, dont les organes sont assez bien conformés pour faire espérer qu'il vivra. Un enfant né avant le septième mois n'est pas viable.

VIAGER, ERE. adj.
• Qui est à vie, dont on ne doit jouir que durant sa vie. Rente viagère. Pension viagère. Il a mis tout son bien à fonds perdu, il n'a qu'un revenu viager.
• S'emploie substantivement, au masculin. Il n'a que du viager. Il a mis tout son bien en viager.

VIANDE . s. f.
• La chair des animaux terrestres et des oiseaux dont on se nourrit. Le mouton est une bonne viande. Le cerf est une viande grossière, de mauvais suc. Viande délicieuse, délicate, exquise, fort nourrissante. De bonne viande. De belle viande. Viande mortifiée. Viande fraîche, fraîche tuée. Viande trop faite. Viande gâtée. Viande bouillie, rôtie, grillée, chaude, froide. Viande bien apprêtée. Viande de bon goût, de mauvais goût, savoureuse, indigeste, de dure digestion. La fumée des viandes. Table couverte, chargée de viandes. Un plat de viande. Laisser sécher, laisser brûler de la viande. Animer le feu pour donner couleur à la viande. Ce pourvoyeur a fait marché pour fournir la grosse et la menue viande. Abstinence de viande. On ne mange point de viande en carême. On servit beaucoup de viandes à ce repas. Viande piquée, lardée, bardée, etc. Distribuer la viande aux troupes. Ces soldats ont pris la viande pour deux jours. Acheter de la viande à la livre, à la main.
• Viande neuve, Viande qui est servie pour la première fois. Ce hachis est de viande neuve.
• Viande blanche, La viande de volaille, de lapin, de veau, etc. Viande noire, La viande de lièvre, de bécasse, de sanglier, etc. Grosse viande, ou Viande de boucherie, Le boeuf, le veau, le mouton. Menue viande, La volaille, le gibier, etc.
• Viande faisandée, hasardée, Viande de gibier qui est près de se gâter.
• VIANDE, se dit quelquefois, en général, de Toutes les chairs, soit des animaux terrestres et des oiseaux, soit des poissons, qui servent à la nourriture. Le saumon n'est pas une viande de malade.
• Viandes de carême, Le poisson salé, la morue, le hareng, le saumon, etc. Faire provision de viandes de carême.
• Chez le Roi, La viande est servie, se disait les jours maigres comme les jours gras. On y disait aussi, Aller à la viande, Aller chercher les plats qu'on devait servir sur table.
• Fig. et fam., Viande creuse, Mets qui ne nourrit point, qui n'est point solide. La crème fouettée est une viande creuse pour un homme de bon appétit. Se dit aussi Des divertissements qu'on propose à une personne qui a besoin de manger. La musique est une viande bien creuse pour un homme qui a faim. On dit de même, Se repaître de viandes creuses, Se remplir d'imaginations chimériques et d'espérances mal fondées.
• Prov. et fig., Ce n'est pas viande prête, se dit D'une chose qu'on attend, qu'on espère, et que cependant on ne peut pas avoir sitôt. C'est un mangeur de viandes apprêtées, se dit D'un fainéant qui aimerait à bien vivre sans se donner la peine de gagner sa vie. Ce n'est pas viande pour ses oiseaux, se dit D'une chose à laquelle un homme ne peut pas prétendre.

VIANDER . v. n.
• .Vénerie. Pâturer. Il ne se dit que Des cerfs et autres bêtes fauves. Le cerf va viander la nuit. Le cerf a viandé cette nuit dans cette prairie.

VIANDIS .s.m.
• .Vénerie. Pâture du cerf et d'autres bêtes fauves; brout de la superficie du jeune taillis. Quand le cerf est au viandis. On reconnaît les cerfs à leur viandis.

VIATIQUE .s.m.
• Provisions ou argent qu'on donne à quelqu'un pour un voyage. On lui a donné cent écus pour son viatique. Il est vieux, et n'était guère usité que chez les religieux.
• Il signifie, figurément et absolument, Le sacrement de la sainte eucharistie, quand on l'administre aux malades qui sont en péril de mort. On lui a donné le viatique. Porter le viatique à un malade. Ce malade a reçu le saint viatique. Il a reçu Notre-Seigneur en viatique. Il a communié en viatique, Sans avoir été obligé d'être à jeun.

VIBORD .s.m.
• .Marine. Grosse planche posée de champ, qui borde et embrasse le pont supérieur d'un vaisseau, le tillac, et qui lui sert de parapet.

VIBRANT, ANTE. adj.
• Qui vibre, qui est mis en vibration. Corde vibrante.
• En Médec., Pouls vibrant, Pouls qui est grand, dur, et qui frappe les doigts comme le ferait une colonne de mercure qui remplirait l'artère.

VIBRATION . s. f.
• .Physiq. Mouvement alternatif qui fait décrire à un point ou à un corps des excursions rapides et successivement réitérées, autour d'un certain état de repos. On l'emploie surtout au pluriel. Les vibrations d'une corde sonore, d'un diapason, de la membrane de l'ouïe. On dit aussi, mais rarement, Les vibrations d'un pendule: cette sorte de mouvement étant en général peu rapide, le terme d'Oscillation lui convient mieux.

VIBRER . v. n.
• .Physiq. Exécuter des vibrations. Cette corde a longtemps vibré.

VICAIRE .s.m.
• Celui qui est établi sous un supérieur pour tenir sa place en certaines fonctions. Il y avait des princes qui se disaient vicaires de l'empire d'Allemagne.
• Se dit plus ordinairement de Celui qui fait des fonctions ecclésiatiques sous un supérieur. Vicaire perpétuel d'une paroisse. Vicaire amovible. Le curé et son vicaire. Grand vicaire, vicaire général d'un archevêque, d'un évêque, d'un abbé.
• Vicaire apostolique. Titre que le pape confère à un ecclésiastique, dans des pays hérétiques ou infidèles, pour veiller sur la religion.
• Dans certaines Communautés, Le père vicaire, Le religieux qui en l'absence du supérieur en fait les fonctions.
• Dans l'Église catholique, Le vicaire de JÉSUS-CHRIST, Le pape.
• À Rome, Cardinal-vicaire, Le cardinal à qui le pape a confié particulièrement l'administration ecclésiastique de la ville de Rome.

VICAIRIE . s. f.
• La fonction du vicaire d'une paroisse. Il signifie la même chose que Vicariat, mais il est moins usité. Il y avait aussi, dans certaines églises cathédrales, des bénéfices appelés Vicairies.

VICARIAL, ALE. adj.
• Qui a rapport au vicariat. Fonctions vicariales.

VICARIAT .s.m.
• Fonction, emploi du vicaire. Le vicariat de l'Empire en telle province. Le vicariat de telle paroisse est bon. L'évêque l'a élevé au grand vicariat du diocèse.
• Il signifie quelquefois, Le territoire sur lequel s'étend le pouvoir du vicaire, soit séculier, soit ecclésiastique. Tel prince était vicaire de l'Empire en tels et tels pays, et, dans tout son vicariat, il avait tels et tels droits. Les cures du grand vicariat de Pontoise. Le grand vicariat de Moulins.

VICARIER . v. n.
• Faire les fonctions de vicaire dans une paroisse. Il a vicarié pendant dix ans.
• Il signifie, figurément et familièrement, Être réduit à une place subalterne. Je suis las de vicarier.

VICE .s.m.
• Défaut, imperfection. Vice de nature. Vice de conformation. Vice de construction. Cette maladie vient d'un vice du sang. Ce cheval n'a point de vices. Vice rédhibitoire. Il y a un vice considérable dans cet acte. Vice de forme. Vice de style. Vice de raisonnement. Vice de prononciation. Vice de caractère. Vice de coeur.
• Il signifie aussi, Faute, comme dans cette phrase, C'est un vice de clerc. Cette acception a vieilli: on dit, Un pas de clerc.
• VICE, s'emploie absolument pour signifier, dans l'homme, Une disposition habituelle au mal; et, en ce sens, il est opposé à Vertu. Se plonger dans le vice. Haïr, quitter le vice. C'est le vice de la nation. L'ivrognerie est un vilain vice. Ce n'est pas son vice. Il s'est abandonné, livré à toutes sortes de vices. Il a tous les vices. Cacher, déguiser ses vices.
• Prov., Nul sans vice. On dit aussi, Pauvreté n'est pas vice.
• VICE, signifie, dans un sens plus étroit, La débauche, le libertinage. Croupir dans le vice. Veut-il donc mourir dans le vice et dans le désordre?
• Prov., Le vice l'a quitté, mais il n'a pas quitté le vice, se dit D'un homme qui conserve ses inclinations vicieuses, quoiqu'il ne puisse les satisfaire.
• VICE, se dit quelquefois Des personnes vicieuses. Gourmander, punir, châtier le vice. Protéger, autoriser le vice. Honorer le vice.

VICE-AMIRAL .s.m.
• Officier de marine dont le grade est au-dessous de celui d'amiral, et répond au grade de lieutenant général dans les armées de terre. Le grade de vice-amiral. Il fut nommé vice-amiral. Il y avait autrefois, dans la marine française, un vice-amiral du Ponant, et un vice-amiral du Levant.
• Se dit aussi Du second vaisseau de la même flotte. Il servait sur le vice-amiral.

VICE-AMIRAUTÉ . s. f.
• Charge, grade de vice-amiral. Il obtint la vice-amirauté du Levant.

VICE-BAILLI .s.m.
• Officier de robe courte, qui faisait la fonction de prévôt des maréchaux, et qui jugeait les cas prévôtaux. Charge de vice-bailli.

VICE-CHANCELLER .s.m.
• Celui qui fait la fonction de chancelier en l'absence de cet officier ou dignitaire. Vice-chancelier de Lithuanie, de Pologne. Le cardinal qui gouverne la chancellerie de Rome est appelé Vice-chancelier.

VICE-CONSUL .s.m.
• Celui qui supplée le consul en son absence, ou qui fait les fonctions de consul dans les lieux où il n'y a point de consul. Le consul et le vice-consul de France à Cadix, à Lima. La France n'est représentée que par des vice-consuls dans les villes de Pesaro, d'Ancône, de Rimini, de Ravenne, etc. Vice-consul d'Espagne à Bayonne.

VICE-CONSULAT .s.m.
• Emploi de vice-consul. Il a exercé dix ans le vice-consulat de tel endroit.

VICE-GÉRANT .s.m.
• Celui qui supplée le gérant en son absence, ou qui le seconde lorsqu'il est présent.

VICE-GÉRENT .s.m.
• Celui qui tient la place de l'official en son absence. La sentence fut prononcée par le vice-gérent de l'officialité de Paris.

VICE-LÉGAT .s.m.
• Prélat établi par le pape pour exercer les fonctions du légat en l'absence de celui-ci. Vice-légat de Bologne. Vice-légat d'Urbin.

VICE-LÉGATION . s. f.
• Emploi de vice-légat. Le pape a donné la vice-légation de la Romagne à...

VICENNAL, ALE. adj.
• Qui est de vingt ans, qui se fait après vingt ans. Il est peu usité.

VICE-PRÉSIDENCE . s. f.
• Les fonctions, la dignité de vice-président. Il fut nommé à la vice-présidence.

VICE-PRÉSIDENT .s.m.
• Celui qui, dans certaines compagnies ou assemblées, exerce la fonction du président en son absence. Vice-président du conseil aulique. Vice-président d'une académie, d'un tribunal. À l'ouverture de chaque session, la chambre des députés nomme un président et quatre vice-présidents.

VICE-REINE . s. f.
• La femme du vice-roi. Vice-reine du Pérou.
• Se dit aussi d'Une princesse qui gouverne avec l'autorité d'un vice-roi. Il y avait en Portugal une vice-reine, lors de la révolution de 1640.

VICE-ROI .s.m.
• Gouverneur d'un État qui a ou qui a eu le titre de royaume. L'Espagne avait un vice-roi au Pérou, au Mexique. Vice-roi de Valence. Vice-roi de Sicile.
• Se dit aussi Du gouverneur de quelques provinces, quoiqu'elles n'aient pas eu le titre de royaume. Vice-roi de Catalogne.

VICE-ROYAUTÉ . s. f.
• Dignité de vice-roi. Le roi d'Espagne lui avait donné la vice-royauté du Mexique.
• Se dit aussi Du pays gouverné par un vice-roi. La vice-royauté du Pérou. La vice-royauté de la Catalogne.

VICE-SÉNÉCHAL .s.m.
• Officier de robe courte, qui faisait la fonction de prévôt des maréchaux, et qui jugeait les cas prévôtaux. C'était en quelques provinces la même fonction que celle de vice-bailli en d'autres.

VICE VERSÂ
• (On prononce Vicé.) Mots latins dont on se sert adverbialement pour signifier, Réciproquement. Il y a des personnes dont la figure attire et le caractère repousse, et vice versâ.

VICIER . v. a.
• Gâter, corrompre. Il ne se dit guère que dans certaines phrases de Jurisprudence, où il signifie, Rendre nul, rendre défectueux. Cette omission ne vicie pas l'acte. C'est une règle de droit, que ce qui abonde ne vicie pas.
• VICIÉ, ÉE. participe, Il signifie, en termes de Médecine, Gâté, altéré. Il a dans le corps quelque partie viciée. Cette maladie vient de ce que le sang est vicié.

VICIEUSEMENT . adv.
• D'une manière vicieuse.

VICIEUX, EUSE. adj.
• Qui a quelque vice, quelque défaut, quelque imperfection. Conformation vicieuse. Contrat vicieux. Clause vicieuse. Une méthode vicieuse. Une façon de parler vicieuse.
• Cercle vicieux, Manière défectueuse de raisonner, qui consiste à supposer d'abord ce qu'on doit prouver, et ensuite à donner pour preuve ce qu'on a supposé.
• VICIEUX, se dit aussi Des chevaux, mulets, et autres bêtes de voiture, qui mordent et ruent, qui sont ombrageux ou rétifs. Ce cheval est vicieux. Il deviendra vicieux.
• VICIEUX, signifie encore, Qui a une disposition habituelle au mal, et particulièrement à la débauche et au libertinage. Cet homme est fort vicieux. Un caractère vicieux.
• S'emploie quelquefois substantivement. Le vicieux se plaît dans son vice.
• VICIEUX, se dit également Des choses qui tiennent du vice, qui ont rapport au vice. Penchants vicieux. Inclinations vicieuses. Goûts vicieux.

VICINAL, ALE. adj.
• Il n'est guère usité que dans cette locution, Chemin vicinal, Chemin qui sert de moyen de communication entre plusieurs villages. L'entretien des chemins vicinaux.

VICISSITUDE . s. f.
• Révolution, changement de choses qui se succèdent les unes aux autres. La vicissitude des saisons. Sa vie est une vicissitude continuelle de repos et de travail, de plaisirs et de peines, de sagesse et de folie, etc.
• Il signifie aussi, L'instabilité, la mutabilité des choses humaines, la disposition qu'elles ont à changer très-promptement de mal en bien, de bien en mal. De roi il devint esclave, voilà un étrange effet de la vicissitude des choses humaines.
• Se dit aussi de Ces changements mêmes. Voilà une terrible vicissitude. Dans ce sens, il s'emploie plus ordinairement au pluriel; et alors il se dit plutôt pour Un changement de bien en mal, que pour Un changement de mal en bien. Éprouver, subir des vicissitudes. Passer par beaucoup de vicissitudes. Être exposé à toutes sortes de vicissitudes. Il a connu toutes les vicissitudes de la fortune. Chez toutes les nations la langue suit les vicissitudes des moeurs.
• Il y a beaucoup de vicissitudes dans son humeur, se dit D'une personne très-changeante.

VICOMTE .s.m.
• Il se disait Du seigneur d'une terre qui avait le titre de vicomté. Le vicomte de tel lieu.
• Il signifiait aussi dans quelques pays, comme en Normandie, La même chose que Prévôt royal dans les autres provinces. Vicomte de Caen. Vicomte de Gisors. Etc.
• VICOMTE, est aujourd'hui Un simple titre de noblesse au-dessous de comte et au-dessus de baron.

VICOMTÉ . s. f.
• Titre de noblesse attaché à une terre. Terre érigée en vicomté.
• Il signifiait aussi, Le ressort et l'étendue de la juridiction des juges qu'on nommait Vicomtes. La vicomté de Paris.

VICOMTESSE . s. f.
• La femme d'un vicomte, ou Celle qui de son chef possédait une vicomté. Madame la vicomtesse de...

VICTIMAIRE .s.m.
• T. d'Antiq. Celui qui faisait les apprêts du sacrifice, et qui frappait les victimes d'après l'ordre du sacrificateur.

VICTIME . s. f.
• On appelait ainsi, dans l'ancienne Loi, Les animaux qu'on immolait et que l'on offrait en sacrifice. Victime propitiatoire. Victime d'expiation. Le sang des victimes. Le lieu où l'on égorgeait les victimes.
• Se dit aussi Des animaux et des hommes que les païens offraient en sacrifice à leurs dieux. Le consul immola plusieurs victimes. Gélon, ayant vaincu les Carthaginois, exigea qu'ils ne sacrifieraient plus de victimes humaines.
• La victime offerte pour le salut des hommes, Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.
• VICTIME, se dit figurément de Celui qui est sacrifié aux intérêts, aux passions d'autrui, ou à qui ses propres passions sont funestes, ou même à qui sa vertu devient fatale. Ses partisans l'ayant abandonné, il a été la victime de l'accommodement. Il fut la victime du ressentiment de cet homme puissant. Il est devenu, il est la victime de la calomnie. Cet enfant est une victime que son père a immolée à son ambition. Il a péri victime de ses excès, de son imprudence. Il a été la victime de sa bonne foi, de sa générosité.

VICTOIRE . s. f.
• Avantage qu'on remporte à la guerre sur les ennemis, dans une bataille, un combat. Victoire sanglante. Victoire douteuse. Pleine victoire. Victoire complète. La victoire a coûté cher. Remporter la victoire. Chant de victoire. La victoire est à nous. Courir de victoire en victoire. La victoire fut longtemps disputée et resta indécise. Il n'a pu goûter les fruits de sa victoire. Cette campagne fut une suite de victoires.
• Se dit aussi de Tout avantage qu'on remporte sur un rival, sur un concurrent, etc. Après une longue discussion, il a remporté la victoire.
• Fig., Remporter la victoire sur ses passions, sur soi-même, Surmonter ses passions, les assujettir à la raison.
• Fam., Chanter victoire, Se glorifier du succès. Il s'est trop hâté de chanter victoire. Il ne faut pas chanter victoire avant le temps.
• VICTOIRE, est aussi Le nom d'une divinité des anciens païens, qui la représentaient sous la figure d'une femme ayant des ailes, et tenant une couronne d'une main, une palme de l'autre. Le temple de la Victoire. Une statue de la Victoire. Les Romains sacrifiaient à la Victoire. Derrière la statue du prince il y a une Victoire qui lui met sur la tête une couronne de laurier.
• VICTOIRE, s'emploie, par personnification, dans plusieurs phrases figurées. La victoire s'est déclarée pour lui. La victoire le suit partout. Enchaîner la victoire. Les palmes, les trophées de la victoire.

VICTORIEUSEMENT . adv.
• D'une manière victorieuse. On ne l'emploie guère qu'au figuré. Il l'a réfuté victorieusement. Il est sorti victorieusement de cette méchante affaire.

VICTORIEUX, EUSE. adj.
• Qui a remporté la victoire. Il revint victorieux. Il est sorti victorieux de cette entreprise. Armée victorieuse. Troupes victorieuses. Le parti victorieux.
• S'emploie aussi figurément. La raison n'est pas toujours victorieuse des passions. Moyens victorieux. Preuves victorieuses. Il avait l'air victorieux.

VICTUAILLE . s. f. coll.
• Provisions servant à la nourriture des hommes. Voilà bien de la victuaille. Il est familier et peu usité.
• Il se disait autrefois, au pluriel, en parlant Des vivres qu'on charge sur un navire. Faire provision de victuailles. Avoir soin des victuailles. Nous mouillâmes à tel endroit pour faire des victuailles. Voyez VIVRES.

VIDAME .s.m.
• Celui qui anciennement tenait des terres d'un évêché, à condition de défendre le temporel de l'évêque, et de commander ses troupes. Le vidame d'Amiens. Le vidame de Chartres. Plusieurs évêques avaient des vidames.
• Il a continué longtemps à se dire de Celui qui possédait quelqu'une de ces terres, demeurée érigée en fief héréditaire. Avant la révolution, il n'y avait plus que cinq ou six vidames en France.

VIDAMÉ .s.m. ou VIDAMIE. s. f.
• Dignité de vidame. Le vidamé d'Amiens. La vidamie de Chartres.

VIDANGE . s. f.
• Action de vider. Ceux qui ont acheté une coupe de bois, n'ont qu'un certain temps pour la vidange. Faire marché pour la vidange d'une fosse. La vidange des terres.
• Il signifie aussi, L'état d'un vase qui n'est pas plein. Un tonneau en vidange. Vous avez laissé cette bouteille en vidange. On le dit également De la liqueur. Ce vin est en vidange.
• VIDANGES, au pluriel, signifie, Les immondices, les ordures retirées d'un lieu qu'on vide ou qu'on nettoie. Les vidanges d'une fosse.
• VIDANGES, en termes de Médecine, se dit Des évacuations que les femmes ont après l'accouchement.

VIDANGEUR .s.m.
• Celui qui vide les fosses des privés. Il faut faire venir les vidangeurs pour nettoyer les lieux.

VIDE . adj. des deux genres
• Qui n'est pas rempli, qui n'est rempli que d'air. Place, espace vide. Muid, tonneau vide. La bouteille est à moitié vide, est presque vide. Il a le ventre vide, l'estomac vide. Il n'y a plus personne dans la maison, dans la chambre, elle est vide. Sa bourse est vide, est entièrement vide.
• Avoir la tête vide, Avoir peu d'idées, peu de sens. Avoir le cerveau vide, Éprouver la faiblesse de tête que produit le manque de nourriture.
• Fig., Le coeur vide, se dit Pour exprimer le manque d'affection et de sentiments. Ces discours amusent l'oreille, et laissent le coeur vide.
• Fam., Un temps vide, Un temps libre d'occupation. Il y a des moments vides dans la journée, qu'on ferait bien de remplir par quelque occupation.
• Fig., Les mains vides, Les mains dégarnies, ne contenant rien. Se dit quelquefois, en parlant Des présents qu'on fait, ou qu'il faudrait faire. Il nous apporte toujours quelque chose; il ne vient jamais les mains vides. Il y a des gens qu'il ne faut pas aborder les mains vides. Se dit aussi en parlant De profits, le plus souvent illicites, qu'on fait ou qu'on ne fait pas. Il croyait s'enrichir dans cette affaire; mais à la fin il est resté les mains vides. C'est un honnête homme qui est sorti de hautes fonctions les mains vides. Il ne s'est pas oublié pendant qu'il était en place, il ne s'en est pas retiré les mains vides.
• Un habit brodé tant plein que vide, des meubles chamarrés tant plein que vide, Un habit, des meubles où ce qui est brodé, chamarré, occupe autant de place que ce qui ne l'est pas. On dit dans un sens analogue, en Architecture, Espacer tant plein que vide.
• Fig., Un discours, un ouvrage vide de sens, de raison, Où il n'y a ni sens ni raison, où il n'y a rien de solide.
• En parlant Des pièces dramatiques, Le théâtre, la scène est vide, reste vide, se dit Lorsque, dans le courant d'un acte, les acteurs qui étaient en scène étant sortis, ceux qui leur succèdent commencent une autre scène qui n'a aucune liaison avec celle qui vient de finir. Une scène vide, un acte vide, se dit d'Une scène, d'un acte sans événement, sans action, sans incident.
• VIDE, est aussi substantif masculin, et signifie, Espace vide. Il est mort dans cette allée beaucoup d'arbres qui y font un grand vide. De quoi remplira-t-on ce grand vide qui est dans votre jardin? Il est défendu aux notaires de laisser du vide dans la minute de leurs actes.
• Se dit, figurément et au sens moral, par rapport Aux personnes ou aux occupations dont on vient d'être privé. La mort de ce prince fait un grand vide à la cour. Il s'est démis de son emploi, cela fait un grand vide dans sa vie.
• Se dit quelquefois, au figuré, pour Vanité, néant. Il connut le vide des grandeurs humaines.
• VIDE, se dit également, en Architecture, de Toute ouverture ou baie dans un mur, de tout espace entre les poteaux d'une cloison ou les solives d'un plancher. Il faut proportionner les vides aux pleins.
• Ce mur pousse au vide, Il perd son aplomb, il déverse ou fait ventre.
• VIDE, en termes de Physique, se dit d'Un espace qui ne contient point d'air. Faire le vide au moyen de la machine pneumatique.
• Vide absolu, se dit d'Un espace absolument vide de toute matière. C'est une question parmi les philosophes, si le vide absolu existe quelque part dans la nature.
• À VIDE. loc. adv. qui signifie que ce dont on parle ne contient rien. La diligence de Lyon est partie à vide.
• Fig. et fam., Mâcher à vide, Se repaître de fausses espérances.
• En termes de Musiq., Corde à vide, Celle dont on tire du son avec l'archet sans y porter aucun doigt.

VIDE-BOUTEILLE .s.m.
• Petite maison avec un jardin, près de la ville. Cette maison n'est proprement qu'un vide-bouteille. Construire, arranger un vide-bouteille. Joli vide-bouteille. Il est familier.

VIDER . v. a.
• Rendre vide, ôter d'un sac, d'un vaisseau, ou de quelque lieu que ce soit, ce qui le remplissait, ce qui y était contenu. Vider un tonneau. Vider des cruches. Vider un vase, une aiguière, un verre. Vider un pot de chambre. Vider un vivier, un étang. Vider un sac de blé, un sac d'argent. Vider sa bourse. Vider un tiroir. Vider un appartement. Vider une fosse d'aisances. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Le réservoir s'est vidé en moins de rien, L'eau qu'il contenait s'est écoulée très-promptement. La salle se vida lentement, Les personnes qui étaient dans la salle se retirèrent lentement les unes après les autres. Etc.
• Fig. et fam., Vider une bouteille, un verre, Boire la liqueur qu'ils contiennent; et, Vider les bouteilles, les pots, les verres, Boire beaucoup, faire la débauche.
• Fig. et fam., Vider son coffre-fort, Débourser beaucoup d'argent. Il a vidé son coffre-fort pour marier sa fille.
• Vider une volaille, du gibier, du poisson, En tirer ce qui n'est pas bon à manger.
• En termes de Maréchalerie, Vider un cheval, Passer la main dans son fondement pour en retirer les crottins. Videz ce cheval avant que de lui donner ce lavement.
• En termes de Fauconnerie, Vider un oiseau, Le purger.
• Cette médecine lui a fait vider de la bile, de la pituite, Elle lui a fait rendre de la bile, de la pituite par les voies ordinaires. Cette phrase a vieilli.
• Ce chien se vide, Il rend ses excréments.
• Vider une clef, La creuser par le bout. Dans le même sens, on dit, Vider un canon de pistolet, de fusil.
• Vider les lieux, vider la province, vider le royaume, etc., Sortir des lieux, de la province, du royaume, etc., par crainte, par force, ou par autorité de justice.
• En termes de Palais, Vider ses mains, Se dessaisir de l'argent qu'on avait entre les mains, et le payer à qui il est ordonné par la justice. Cet homme a été condamné à vider ses mains.
• VIDER, se dit figurément en parlant Des affaires, et signifie, Les terminer, les finir par jugement, par accommodement, ou d'une autre manière. Ce rapporteur vide bien des procès. Nous avons vidé bien des affaires. On dit dans la même acception, Vider une querelle, vider une affaire, vider un différend. Il veut vider ses différends l'épée à la main.
• Vider ses comptes, Les terminer.
• VIDÉ, ÉE. participe, En parlant D'un cheval, Des jarrets bien vidés, Des jarrets qui ne sont pas pleins, qui ne sont pas gras.

VIDIMER . v. a.
• .Pratique. Collationner la copie d'un acte sur l'original, et certifier qu'elle y est conforme. Il faut faire vidimer cet acte. Cette expédition a été vidimée. Il est maintenant fort peu usité.
• VIDIMÉ, ÉE. participe

VIDIMUS .s.m.
• (On prononce l'S.) Terme pris du latin, et dont on se servait autrefois en style de Chancellerie ou de Pratique, Pour dire qu'un acte avait été collationné sur l'original. Le juge a mis le vidimus à cet acte.

VIDRECOME .s.m.
• Mot emprunté de l'allemand, qui signifie, Un grand verre à boire. Il est peu usité.

VIDUITÉ . s. f.
• Veuvage. L'état du mari dont la femme est morte, et qui n'est pas remarié; et L'état de la femme dont le mari est mort, et qui n'est pas remariée. Se dit plus ordinairement en parlant Des femmes que des hommes. L'état de viduité. Demeurer en viduité.

VIE . s. f.
• L'état des êtres animés tant qu'ils ont en eux le principe des sensations et du mouvement. Les principes de la vie. Ceux dont nous tenons la vie, qui nous ont donné la vie. Dieu est le maître de nos vies. Quand Dieu créa l'homme, il souffla en lui un esprit de vie. Il est encore tout plein de vie. Il ne donnait plus aucun signe de vie. On l'a laissé sans vie. Aimer la vie. Tenir à la vie. Mépriser la vie. Renoncer à la vie. Le passage de la vie à la mort. Sortir de la vie. Ce breuvage lui a rendu, lui a redonné la vie. Les débauches lui ont abrégé la vie. Cette imprudence pensa lui coûter la vie. Sauver, conserver la vie à quelqu'un. Attenter à la vie, entreprendre sur la vie de quelqu'un, en vouloir à sa vie, lui arracher la vie, lui ravir, lui ôter la vie. Perdre la vie. Donner sa vie pour quelqu'un. Exposer, hasarder sa vie. Prodiguer sa vie. Mettre sa vie en péril. Défendre sa vie. Disputer sa vie. Vendre bien cher sa vie. Que ne fait-on point pour la vie? Il y va de la vie. Votre vie en dépend. Sur peine, sous peine de perdre la vie. À peine, sur peine de la vie, ou mieux, Sous peine de la vie. Si vous faites telle chose, je ne réponds point de votre vie. Le droit de vie et de mort. Il ne fait nul cas de la vie d'un homme. Il compte sa vie pour rien. Il ne compte pour rien la vie. Je mettrais ma vie, je gagerais ma vie que cela est vrai. Je le soutiendrai au péril de ma vie. Cette vie est passagère, fragile, périssable. Notre vie mortelle. Vie animale. Vie sensitive. La vie de l'éléphant est fort longue. La vie de cet insecte est éphémère.
• Être en vie, Être vivant; et, Mourir tout en vie, Mourir dans un état où l'on est encore plein de force.
• Recommander quelque chose à quelqu'un sur la vie, Le lui recommander avec la dernière instance.
• Être entre la vie et la mort, Être dans un extrême péril, soit par maladie, soit par quelque autre accident. Cette maladie l'a mis entre la vie et la mort. Dans cette tempête, nous fûmes deux jours entre la vie et la mort.
• Fam., Revenir de mort à vie, Revenir, contre toute espérance, d'une maladie très-périlleuse; et, Aller de vie à trépas, Mourir. Ces phrases vieillissent.
• Fig., Sa vie ne tient plus qu'à un fil, se dit en parlant D'un homme moribond. Il n'a qu'un filet de vie, qu'un souffle de vie, se dit D'un homme infirme, qui n'a point de vigueur. On dit au contraire, Cet homme, cet animal a la vie dure, Il est difficile de le tuer, de le faire mourir. Cet homme, tout percé de coups, a vécu encore fort longtemps; il avait la vie dure, bien dure.
• Donner la vie à son ennemi, Ne pas le tuer, quoiqu'on le puisse. Le prince a donné la vie, a accordé la vie, a fait grâce de la vie à ce criminel, Il a empêché, en vertu de son autorité, que l'arrêt qui condamnait le criminel à mort ne fût exécuté.
• Demander la vie, se dit D'un homme qui prie son ennemi de ne pas le tuer. Il lui demanda la vie. Il cria, La vie! la vie!
• Il doit la vie à cet homme, il lui est obligé de la vie, se dit De celui à qui un homme a sauvé ou conservé la vie. On dit de même, Après Dieu, il ne tient sa vie que d'un tel.
• Fig., Cela lui a redonné la vie, lui a rendu la vie, se dit D'une bonne nouvelle ou de quelque autre chose d'agréable, arrivé à une personne qui était dans de grandes alarmes, dans une vive inquiétude.
• Fig., Il y a bien de la vie dans cet homme, se dit en parlant D'un vieillard ou d'un malade qui conserve encore de la force.
• Fig., Il y a bien de la vie dans ce tableau, L'action y est vive, et les figures en sont fort animées. Ce portrait est plein de vie, Il a beaucoup d'expression et de vérité.
• Fig., Ce style, ce discours est sans vie, Il est sans force, sans énergie. Le style de cet ouvrage est sans chaleur et sans vie. On dit, dans le sens contraire, qu'Un discours, que le style d'un auteur, d'un ouvrage a de la vie, est plein de-vie, etc.
• En termes de Dévotion, La grâce est la vie de l'âme.
• VIE, se dit aussi de Tout l'espace de temps qui s'écoule depuis la naissance jusqu'a la mort. La vie la plus longue, la plus courte. Le cours de la vie. La durée de la vie. La fin de la vie. Cette vie n'est qu'un songe.
• Se dit également d'Une partie considérable de cet espace. Il a passé sa vie à la cour, à voyager. Il emploie toute sa vie à des bagatelles. Il est estropié pour toute sa vie. Il en a pour sa vie. Durant ma vie, ma vie durant. La vie de l'homme passe insensiblement, s'écoule insensiblement. Voyez les locutions adverbiales.
• Élixir de longue vie. Nom donné à une sorte d'élixir.
• Eau-de-vie, Liqueur spiritueuse tirée par distillation du vin, ou du cidre, du blé, du riz, des pommes de terre, etc. Il s'est gâté l'estomac à force de boire de l'eau-de-vie. Les eaux-de-vie de Cognac sont fort estimées.
• VIE, se dit aussi de L'existence de l'âme après la mort; et on l'appelle La vie future, l'autre vie, par opposition à La vie présente. Les biens de la vie future. L'espérance d'une autre vie fait toute la consolation d'un chrétien. Il ne sera heureux ni dans cette vie ni dans l'autre.
• La vie éternelle, L'état des bienheureux dans le ciel. Dieu nous donne sa paix en cette vie, et, après la mort, la vie éternelle!
• VIE, se prend encore pour Ce qui regarde la nourriture et la subsistance. Il a très-peu de bien, il n'a que la vie et le vêtement. Mendier sa vie. Demander sa vie, Demander l'aumône. Chercher sa vie. Gagner sa vie. Il a bien de la peine à gagner sa vie.
• Fam., La vie est chère dans ce pays, Les aliments, les denrées y sont à un prix élevé.
• Prov., Être de grande vie, Manger beaucoup; et, Être de petite vie, Manger peu. Ces manières de parler vieillissent.
• VIE, se prend aussi pour La manière dont on se nourrit, dont on se traite, dont on se divertit. Faire bonne vie. Mener joyeuse vie. Il est familier.
• Absol. et fam., Faire la vie, Faire bonne chère, se réjouir, se livrer à la débauche.
• Prov., Il faut faire vie qui dure, Il faut ménager son bien, ne pas le dépenser tout d'un coup, soit en bonne chère, soit autrement. On le dit, dans un sens analogue, en parlant De la santé.
• VIE, se dit pareillement de Ce qui regarde l'usage, les commodités ou incommodités de la vie. Mener une vie douce, aisée. Mener une vie heureuse, tranquille. Mener une vie triste, misérable. Vie agitée. Vie tumultueuse. Traîner une vie languissante, douloureuse. Les plaisirs, les aises, les douceurs, les commodités de la vie. Les besoins de la vie. Il coule doucement sa vie; et fam., Il roule doucement sa vie.
• Tourmenter sa vie, Se donner beaucoup de mouvement, s'agiter.
• Rendre la vie dure à quelqu'un, Lui faire de la peine, le chagriner à tout propos.
• VIE, se dit aussi de Ce qui regarde la conduite et les moeurs. Mener une vie sans reproche, irréprochable, une vie réglée. Mener la vie d'un saint. Un homme de sainte vie. Une vie sage, angélique, pure, chaste. C'est un homme qui mène une vie obscure, une vie fort retirée, une vie cachée. Mener une vie de philosophe. Mener une vie commune, une vie fort ordinaire. Il mène une vie plus réglée que de coutume. Il a changé de vie. Se repentir de sa vie passée. Voilà son train de vie. Il s'est fait un plan de vie tout différent. Vie oisive. Vie fainéante. Vie déréglée. Vie dissipée.
• Fam., Faire vie de garçon, Mener une vie libre et peu régulière.
• Femme de mauvaise vie, Prostituée.
• Fam., Mener une vie de bohème, Vivre comme un bandit, comme un homme qui n'a ni feu ni lieu.
• Pop., Mener une vie de cochon, Vivre dans la crapule, dans la débauche. On dit de même, proverbialement et figurément, Vie de cochon, courte et bonne, Vie passée dans la crapule, et qui s'abrége par les excès.
• Prov., Telle vie, telle fin, ou Telle vie, telle mort, On meurt ordinairement de la même manière qu'on a vécu. Il a toujours vécu en bon chrétien, et il est mort de même; telle vie, telle fin. Il ne vivait qu'avec des scélérats, il a été tué misérablement; telle vie, telle mort.
• VIE, se dit encore par rapport Aux occupations et aux professions différentes de la vie. Choisir un genre de vie. S'attacher à un genre de vie. Embrasser la vie religieuse, la vie monastique. Vie active. Vie contemplative. Vie laborieuse, fatigante, etc. La vie civile. La vie champêtre. La vie des champs. La vie des camps.
• Fam., C'est sa vie, se dit D'une chose où un homme se plait extrêmement, et dont il fait sa principale occupation. Il aime la chasse, c'est sa vie. Il aime l'étude plus que toutes choses, c'est sa vie.
• VIE, signifie, par extension, L'histoire, le récit des choses remarquables de la vie d'un homme. Les vies des saints. Les vies des hommes illustres écrites par Plutarque, ou par ellipse, Les Vies de Plutarque. Il a écrit la vie de tel prince. Il a écrit lui-même sa vie. Il nous a raconté toute sa vie. On dit dans le même sens, Mémoires de sa vie.
• VIE, se dit aussi en parlant Des plantes, des arbres, pendant qu'ils ont un principe de végétation. Cet arbre est encore en vie. Vie végétative. Les plantes vivent d'une vie végétative.
• VIE, signifie populairement, mais toujours avec quelque épithète, Crierie qui se fait en querellant quelqu'un, en lui reprochant quelque chose, en le réprimandant. Quand votre femme sera venue, elle vous fera une belle vie, une terrible vie. Ils se querellent toujours dans cette maison, ce sont des vies continuelles.
• POUR LA VIE, À LA VIE ET À LA MORT. loc. adverbiales, Pour toujours. Je suis son ami pour la vie. Ils sont unis à la vie et à la mort. Entre nous, c'est à la vie et à la mort.
• POUR LA VIE, signifie aussi, Pour long-temps. Cette étoffe est excellente, on en a pour la vie.
• À VIE. loc. adv. Pendant tout le temps qu'on a à vivre. Une pension à vie. Bail à vie. Contrat à vie. Acheter une maison à vie. On dit quelquefois, dans le même sens, Ma vie durant, sa vie durant. Il a fait un bail qui lui assure la jouissance de cette maison, sa vie durant.
• DE LA VIE, DE MA VIE, DE SA VIE, ETC. loc. adverbiales, Jamais. Je ne lui pardonnerai de la vie. Je n'y consentirai de ma vie. Il ne sera de sa vie aussi habile que son père. Je n'ai vu de ma vie un tel homme. De ma vie je n'ai vu pareille chose. De la vie on n'a rien vu de semblable.

VIÉDASE .s.m.
• Terme injurieux, qui dans son origine signifiait, Visage d'âne. C'est un viédase. Il est grossier.

VIEIL ou VIEUX, VIEILLE. adj.
• Qui est fort avancé en âge. Quand cet adjectif, employé au masculin, est placé après le substantif, on dit toujours Vieux. Quand il précède le substantif, et que ce substantif commence par une voyelle ou par une H non aspirée, on dit plus ordinairement Vieil. Il est fort vieux. Elle est bien vieille. Vieux cheval. Vieille chienne. Vieux renard. Vieux singe. Vieil oiseau. Un vieil homme. Un vieux homme. Une vieille femme. De vieilles gens.
• Dans le langage mystique, Le vieil homme, se dit en parlant Des inclinations vicieuses, mais anciennes, qui tiennent à notre nature. La religion nous ordonne de dépouiller le vieil homme pour revêtir l'homme nouveau, De substituer les vertus d'une nature plus parfaite, aux vieilles imperfections de notre nature.
• Prov., Vieux comme les rues, Fort vieux. Se dit Des personnes et des choses. Cet homme est vieux comme les rues. Cette anecdote est vieille comme les rues. On dit aussi, Cet homme est vieux comme les chemins, est vieux comme Hérode.
• Fam., Cet homme ne fera pas de vieux os, ne fera pas vieux os, Il ne vivra pas jusqu'à la vieillesse.
• Se faire vieux, Vieillir, avoir acquis de l'âge. Cet acteur se fait vieux.
• Être vieux avant l'âge, Avoir toutes les apparences de la vieillesse avant l'âge ordinaire.
• Il se fait plus vieux qu'il n'est, Se dit plus avancé en âge qu'il ne l'est réellement.
• VIEUX, signifie aussi, L'apparence de la vétusté, les dehors de la vieillesse. Il a un air vieux. Je le trouve vieux quand il a cet habit.
• VIEUX, s'emploie souvent avec les adverbes Plus et Moins, et autres semblables, pour marquer La différence d'âge entre deux personnes. Il n'a que vingt ans, et vous en avez vingt-cinq, vous êtes plus vieux que lui. Il n'est pas si vieux que vous. Il est plus vieux que lui de six ans, etc.
• VIEUX, se dit encore D'une personne qui exerce une profession, un métier, qui mène un certain genre de vie depuis long-temps. Vieux magistrat. Vieux capitaine. Vieux soldat. Il sert aussi à marquer Les anciennes habitudes, et surtout les habitudes vicieuses. Vieux ivrogne. Vieux débauché. Vieux pécheur.
• S'emploie quelquefois dans des phrases de dénigrement. Vieux drille. Vieux routier. Vieux coquin. Vieux sorcier. Vieux fou. Vieux radoteur. Vieux rêveur. Vieux reître. Vieille folle. Vieille sorcière.
• Une vieille fille, Une fille qui a passé sa jeunesse sans se marier. On dit dans un sens analogue, Un vieux garçon.
• Un vieil ami, Un ami qui l'est depuis longtemps. Nous sommes de vieux amis.
• Prov., Les vieux amis et les vieux écus sont les meilleurs, ou plus brièvement, Vieux amis, vieux écus.
• VIEUX, s'emploie pour exprimer la vénération qu'inspire le nom d'un homme célèbre mort depuis longtemps, en laissant une grande renommée. Le vieux Corneille. Le vieil Homère.
• VIEUX, se dit aussi Des choses, et signifie, Ancien, antique, qui existe depuis long-temps. Le monde est bien vieux. Le vieux temps. Le bon vieux temps. Vieux château. De vieux contes. De vieilles rapsodies. Les vieilles coutumes. Vieux titres. Vieilles pancartes. Vieux parchemins. Un vieux dicton. Un vieux proverbe. Un vieil arbre. Un vieux tableau.
• Ce mot, ce terme est vieux, est tout à fait vieux, Il a cessé, il a tout à fait cessé d'être en usage. On dit dans le même sens, Une vieille locution, le vieux langage, etc.
• Fam., La vieille physique, la vieille chimie, etc., se dit, par une sorte de dénigrement, de L'état imparfait des connaissances physiques, chimiques, etc., dans les temps qui ont précédé le nôtre. On dit de même, La vieille science, la vieille méthode.
• Turquoise de la vieille roche, Turquoise tirée d'une ancienne mine qui est épuisée.
• Fig., Un homme de la vieille roche, Un homme d'une probité antique et rare. Un ami de la vieille roche, Un ami sûr, éprouvé. Noblesse de la vieille roche, de vieille roche, Noblesse ancienne.
• Fig. et fam., Raconter ses vieilles guerres, Parler ennuyeusement de ses actions passées.
• VIEUX, se dit en outre De certaines choses par comparaison et par opposition à Nouveau. La vieille ville. Le vieux château. La vieille cour. De vieux livres. Du vin vieux. Vieille dette. Lettre de vieille date. La vieille mode.
• Vieux Testament, L'Ancien Testament, par opposition au Nouveau Testament: l'usage préfère Ancien.
• Vieux style, La manière dont on comptait dans le calendrier avant sa réformation par Grégoire XIII, et qui est encore suivie en Grèce et en Russie. Il s'est dit aussi de L'ère chrétienne, par opposition à L'ère républicaine des Français, commencée le 22 septembre 1792.
• VIEUX, se dit encore Des choses qui sont usées, principalement Des habits, hardes et meubles, par opposition à Neuf. Vieil habit. Vieux chapeau. Vieilles bottes. Vieux linge Vieux coffre. Vieille tapisserie.
• VIEUX et VIEILLE, sont aussi substantifs. Elle a épousé un vieux. Une bonne vieille. Une pauvre vieille. Une petite vieille. Il ne hante que des vieux. Les jeunes et les vieux.
• Faire le vieux, Prendre le ton, les habitudes de la vieillesse. Il fait le vieux pour n'être pas obligé à se gêner.
• Fam., Contes de vieille, se dit Des fables ridicules, absurdes, comme en débitent les vieilles femmes ignorantes et crédules.
• VIEUX. substantif, se dit quelquefois absolument de Ce qui est vieux, usé. Coudre du vieux avec du neuf. C'est du vieux qui vaut du neuf.

VIEILLARD .s.m.
• Homme qui est dans le dernier âge de la vie. Bon vieillard. Grave, sage, honorable, vénérable vieillard. Un malin vieillard. Un vieillard morose.
• Se dit quelquefois, au pluriel, Des hommes et des femmes, en parlant d'une manière générale. On doit respecter les vieillards.

VIEILLERIE . s. f.
• Vieilles hardes, vieux meubles. On ne vend là que de la vieillerie. Il se plaît à acheter des vieilleries. Il ne se meuble que de vieilleries.
• Se dit, figurément et familièrement, Des idées rebattues et des phrases usées. Il ne dit que des vieilleries.

VIEILLESSE . s. f.
• Le dernier âge de la vie. Grande vieillesse. Verte vieillesse. Belle vieillesse. Heureuse, honorable vieillesse. Vieillesse décrépite. Extrême vieillesse. Parvenir à la vieillesse, à la dernière vieillesse. Dans la vieillesse. Je respecte votre vieillesse. Il est mort de vieillesse, cassé de vieillesse. La vieillesse d'un cerf, d'un corbeau, d'un aigle.
• Fig., Bâton de vieillesse, Celui ou celle qui sert de soutien à son père, à un vieillard. Tu seras mon bâton de vieillesse.
• VIEILLESSE, se dit aussi quelquefois pou Vétusté, ancienneté, en parlant Des choses. Cette maison, ce bâtiment tombe de vieillesse. La vieillesse de ces chênes.
• Il signifie quelquefois, Les vieilles gens en général. La vieillesse est chagrine, est avare, est soupçonneuse, etc.
• Prov., Si jeunesse savait et vieillesse pouvait, Si les jeunes gens avaient plus d'expérience, et les vieillards plus de forces.

VIEILLIR . v. n.
• Devenir vieux. Cet homme commence à vieillir. Cette femme est désespérée de vieillir. Il a vieilli dans le service, dans les affaires. Il a vieilli sous le harnais. Cet homme n'amende point pour vieillir.
• VIEILLIR, se dit aussi De certaines choses qui avec le temps perdent de leur force, de leur vigueur. L'esprit vieillit comme le corps. Son talent commence à vieillir.
• Se dit encore De ce qui commence à n'être plus d'usage, à passer, à perdre de sa vogue, de son importance, de son utilité. Ce mot, ce terme a beaucoup vieilli. Cette locution, cette expression vieillit. Le style de cet ouvrage a un peu vieilli. Cette mode vieillit. Cette opinion vieillit. Ce traité de physique, de chimie a bien vieilli.
• Cette affaire vieillit, On commence à l'oublier, à n'y plus prendre intérêt.
• Certaines affaires, surtout les affaires criminelles, amendent en vieillissant, Le temps y apporte des adoucissements, on s'en tire plus aisément.
• Laisser vieillir du vin, Le garder pour qu'avec le temps il acquière certaines qualités. On dit de même, Ce vin a besoin de vieillir, etc.
• VIEILLIR, signifie aussi, Paraître vieux. Il a bien vieilli depuis deux ans. Je le trouve bien vieilli. Il est frais et gaillard, il ne vieillit point.
• Il signifie encore, Rendre vieux, faire paraître vieux avant le temps; et, dans cette acception, il est actif. Les chagrins l'ont bien vieilli. Six mois de captivité l'ont vieilli de dix ans. Cette coiffure me vieillit. On l'emploie quelquefois, dans un sens analogue, avec le pronom personnel. Il se mit une perruque et des lunettes pour se vieillir, Pour paraître plus âgé qu'il n'était.
• VIEILLI, IE. participe

VIEILLISSANT, ANTE. adj.
• Qui devient vieux. On ne l'emploie guère que dans le style poétique.

VIEILLISSEMENT .s.m.
• État de ce qui vieillit, acheminement à la vieillesse. Il est dans l'âge où le vieillissement se fait sentir. Le vieillissement d'un mot, d'un usage. Il est peu usité.

VIEILLOT, OTTE. adj. et s.
• Qui commence à avoir l'air vieux. Il a l'air vieillot. Il commence à être un peu vieillot. C'est une petite vieillotte. Se dit par plaisanterie, et ordinairement Des gens de petite taille.

VIELLE . s. f.
• Instrument de musique à cordes de boyau, dont on joue par le moyen de quelques touches et d'une petite roue qu'on tourne avec une manivelle. Vielle commune. Vielle organisée. Jouer de la vielle. Un joueur de vielle. Danser au son de la vielle.
• Prov. et fig., Il est long comme une vielle, se dit D'un homme qui est long dans tout ce qu'il fait.
• Prov., fig. et pop., Il est du bois dont on fait les vielles, se dit D'un homme dont l'humeur est aisée, accommodante.

VIELLER . v. n.
• Jouer de la vielle. Il va vieller de porte en porte.
• Il signifie, figurément et populairement, User de longueurs inutiles dans une affaire, dans un ouvrage. Vous n'avancez rien, vous ne faites que vieller. Pourquoi tant vieller? Il a vieilli.

VIELLEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui joue de la vielle. Faites venir ce vielleur, cette vielleuse.

VIERGE . s. f.
• Fille qui a vécu dans une continence parfaite. C'est une vierge. L'Évangile parle de vierges sages et de vierges folles. Vierges consacrées à Dieu. La couronne des vierges. Une jeune vierge.
• Fig. et fam., C'est l'amoureux des onze mille vierges, se dit D'un homme qui devient souvent et facilement amoureux.
• VIERGE, se dit par excellence de Marie, mère de Dieu. La Vierge. La sainte Vierge. La Vierge Marie. Être dévot à la Vierge. L'office de la Vierge. Les fêtes de la Vierge. Dédier une chapelle à la Vierge.
• VIERGE, signifie aussi, Un des douze signes du zodiaque, le sixième à commencer par le Bélier. Il est né sous le signe de la Vierge.
• VIERGE, est quelquefois adjectif des deux genres, et se dit Des personnes, filles ou garçons, qui ont vécu dans une continence parfaite. Ce garçon est encore vierge. Saint Jean a vécu vierge.
• Terre vierge, Terre qui n'a jamais été soumise à la culture. On dit de même, Un sol vierge, une nature vierge.
• Métaux vierges, Ceux qui se trouvent purs et sans mélange dans le sein de la terre. De l'argent vierge, de l'or vierge, du mercure vierge, etc., De l'argent, de l'or, du mercure qui n'ont point passé par le feu.
• Fig., Une réputation vierge, Une réputation intacte.
• Cire vierge, La cire préparée, ordinairement mise en pain, et qui n'a encore été employée à aucun ouvrage. Huile vierge, La première huile qui sort des olives, sans qu'on les ait encore pressées. Parchemin vierge, Le parchemin qui est fait de la peau des petits agneaux ou chevreaux mort-nés.
• En Botan., Vigne vierge, Arbrisseau sarmenteux et grimpant, qui a des feuilles semblables à celles de la vigne, et qui porte des fleurs d'un blanc sale, auxquelles succèdent des baies d'un vert noirâtre. On cultive la vigne vierge pour garnir les murs ou pour faire des berceaux dans les jardins.

VIEUX . adj. - Voyez VIEIL.

VIF, IVE. adj.
• Qui est en vie. L'ordre porte qu'il sera pris mort ou vif. Il fut rompu vif, brûlé vif, tout vif. Enterrer vif. Il est plus mort que vif. Cette carpe était encore toute vive quand on l'a mise dans la poêle.
• Chair vive, en parlant D'un corps vivant, se dit par opposition à Chair morte. Le chirurgien doit couper jusqu'à la chair vive.
• Substantiv., en Jurispr., Le mort saisit le vif, Dès qu'un homme est mort, ses biens passent à son héritier légitime, sans qu'il soit besoin d'aucune formalité de justice.
• VIF, signifie aussi, Qui a beaucoup de vigueur et d'activité. C'est un enfant fort vif. Cet animal est fort vif. Un cheval vif.
• Avoir les yeux vifs, Avoir les yeux brillants et pleins de feu. On dit dans le même sens, Avoir l'oeil vif, le regard vif.
• Avoir le sentiment vif, les sens vifs, Être fort sensible à l'impression des objets extérieurs. On dit de même, Avoir les passions vives, les sentiments vifs, Avoir l'âme extrêmement sensible, avoir les passions violentes. On dit en ce sens, Être vif, être fort vif, Sentir vivement.
• Être vif, se dit aussi D'une personne qui s'impatiente, qui s'emporte facilement; et, dans ce sens-là, on dit aussi, Vif comme la poudre, comme le salpêtre.
• Avoir l'esprit vif, l'imagination vive, Avoir un esprit, une imagination qui conçoit et qui produit promptement et facilement.
• VIF, se dit encore De certaines choses, soit physiques, soit morales, Pour marquer la force, la violence de l'impression qu'elles font sur nous. Un froid vif. Quand il gèle, le feu est plus vif. Chaleur vive. Une vive douleur. Un accès de goutte très-vif. Sentiment vif. Reconnaissance vive. Un vif plaisir. Désir vif. Vive curiosité. Amour vif et ardent. De vifs regrets. De vives craintes. De vives alarmes. Une vive émotion.
• Air vif, Air pur et frais, tel que celui des hautes montagnes, et qui fait impression sur la poitrine. L'air est très-vif sur ces montagnes. Il a quitté ce lieu pour respirer un air moins vif. Retirons-nous, l'air est trop vif pour moi.
• Les objets font sur lui une impression vive, une sensation vive, Ils produisent sur lui une impression, une sensation forte et prompte. Cela fit sur l'assemblée une très-vive sensation, Une sensation marquée.
• Couleur vive, Couleur fort éclatante. Cette femme a des couleurs bien vives. Un rouge vif. Couleur de rose vif. On dit, dans le même sens, Le vif éclat des couleurs, des pierreries, etc.; une vive clarté, une vive lumière. On dit encore de même, Un teint vif, Un teint fort coloré.
• Une vive canonnade, une vive fusillade, Une canonnade, une fusillade rapide et continue. On dit de même, Les ennemis firent un feu très-vif.
• Une attaque vive, Une attaque forte et prompte.
• Foi vive, La foi qui est accompagnée des oeuvres; et quelquefois aussi, Une foi ardente et que rien n'ébranle.
• VIF, se dit également De ce qui est exprimé avec force, avec chaleur, de ce qui est énergique, animé. Des représentations vives. De vifs reproches. De vives plaintes. De vives instances. Une vive prière. Le débat fut très-vif. Après une vive discussion. Ils eurent une querelle, une altercation très-vive.
• Expressions vives, Expressions où se fait sentir le feu de l'imagination; et, Traits vifs, Traits piquants. Il y a dans cet ouvrage des expressions vives, des traits fort vifs.
• Des propos vifs, Des propos qui approchent de l'insulte. Ils s'adressèrent mutuellement quelques propos assez vifs, des paroles un peu vives, etc.
• VIF, s'emploie dans quelques autres acceptions qui ont plus ou moins d'analogie avec les sens précédents.
• Cet atelier est fort vif, Il y règne une grande activité. Cette phrase a vieilli.
• Haie vive, Haie formée d'arbustes, ordinairement épineux, qui ont pris racine et qui sont en pleine végétation; par opposition à Haie morte ou sèche, Celle qui est formée d'épines ou d'autres bois morts entrelacés.
• Bois vif, en termes d'Administration forestière, se dit Des arbres qui donnent des branches et des feuilles; par opposition à Bois mort. Voyez MORT, participe.
• Chaux vive, La chaux qui n'a point été imprégnée d'eau.
• Dartre vive, Dartre qui paraît extrêmement enflammée.
• Eau vive, se dit de L'eau qui coule de source, et quelquefois d'Une eau qui est trop crue. Les eaux trop vives sont malsaines.
• Roche vive, Roche dont la surface n'a pas été altérée.
• Le roc vif, se dit quelquefois de Ce qui forme le roc même, par opposition à La terre ou au sable dont il est recouvert. On a fouillé jusqu'au roc vif.
• Vive arête, Le tranchant des angles du bois, de la pierre, etc., lorsqu'ils ne sont ni écornés, ni émoussés. Une poutre à vive arête.
• En Mécanique, Force vive, Le produit de la masse par le carré de la vitesse.
• VIF, est aussi substantif masculin, et signifie, Chair vive. Il a fallu couper beaucoup de chairs mortes avant que de trouver le vif. Il faut couper toutes ces chairs jusqu'au vif. Piquer un cheval jusqu'au vif. Le maréchal, en ferrant ce cheval, l'a piqué au vif. Il faut couper dans le vif.
• Fig., Trancher, couper dans le vif, Se priver tout d'un coup et absolument d'une chose qui fait beaucoup de plaisir, et à laquelle on est très-sensible. Dans ces occasions-là, il faut couper dans le vif.
• Trancher, couper dans le vif, signifie aussi, Rompre tout à coup des relations nuisibles, ou Prendre des mesures énergiques dans une affaire.
• Fig., Piquer au vif, Faire une offense très-sensible. Être touché au vif, Être sensiblement touché de quelque chose.
• Dans les ports de mer, Le vif de l'eau, se dit Des plus fortes marées, et Du temps où elles ont lieu; par opposition à Morte eau. Voyez MORT, participe.
• DE VIVE VOIX. loc. adv. En parlant, en employant la parole. Dans ma lettre, je ne puis que vous annoncer cette nouvelle, je vous donnerai les détails de vive voix. Les leçons publiques, faites de vive voix, ont plus de charme que celles qui sont écrites et lues par le professeur.
• DE VIVE FORCE. loc. adv. Avec violence, en surmontant tous les obstacles. Il enleva ce poste de vive force.

VIF-ARGENT .s.m.
• Métal liquide, que l'on nomme autrement Mercure. Une once de vif-argent. Il faut mettre du vif-argent dans le tube de ce baromètre. On se sert d'un mélange d'étain et de vif-argent pour donner le tain aux glaces. On dit aussi quelquefois, Argent vif.
• Fig. et fam., Cet homme a du vif-argent dans les veines, dans la tête; c'est du vif-argent, Il est d'une telle vivacité, d'une telle mobilité d'esprit, qu'il dit, qu'il fait souvent des étourderies.

VIGIE . s. f.
• On dit en termes de Marine, Être en vigie, Être en sentinelle, pour découvrir et annoncer les objets qui peuvent se présenter à l'horizon.
• VIGIE, se dit aussi Du matelot même qui est en vigie. La vigie a signalé un vaisseau.
• Se dit en outre de Pointes de rochers isolés au milieu des mers et à fleur d'eau. Cette vigie n'est pas marquée sur les cartes.

VIGILAMMENT . adv.
• Avec vigilance. Il est peu usité.

VIGILANCE . s. f.
• Attention que l'on porte avec diligence, avec activité, sur quelque chose ou sur quelqu'un. Grande vigilance. Extrême vigilance. Vigilance continuelle. Vigilance pastorale. Il a beaucoup de vigilance. La vigilance est une qualité essentielle à un général. Il a eu dans cette affaire toute la vigilance possible. Manquer de vigilance. Se reposer sur la vigilance d'autrui. Tromper la vigilance de quelqu'un.

VIGILANT, ANTE. adj.
• Attentif, soigneux, appliqué, qui veille avec beaucoup de soin à ce qu'il doit faire. C'est un homme très-vigilant, une femme très-vigilante. Il est vigilant et soigneux dans ses affaires. Des soins vigilants. L'oeil vigilant d'un père. Une amitié vigilante. Une administration vigilante.

VIGILE . s. f.
• Veille de certaines fêtes de l'Église catholique. La vigile de Noël. La vigile de la Toussaint. L'Église a ordonné de jeûner certaines vigiles. Il est aujourd'hui vigile. La vigile est remise. La vigile est avancée à cause du dimanche. La plupart des vigiles sont accompagnées de jeûnes. Vigile et jeûne.
• Vigiles des morts, Les matines et les laudes de l'office que l'on dit ordinairement la veille d'un service pour un mort, pour les morts.

VIGNE . s. f.
• La plante qui porte le raisin: elle a une tige ligneuse et ordinairement tortue, qui pousse des jets grimpants, longs et flexibles, appelés Sarments. Cep de vigne. Feuilles de vigne. Pampre de vigne. Bourgeon de vigne. Les pleurs de la vigne. Vigne sauvage. Vigne franche. Planter de la vigne. Il y a diverses sortes de plants de vigne. La vigne est fort sujette à geler. Les pluies froides font couler la vigne. La vigne est en fleur. Tailler la vigne.
• Vigne vierge. Voyez VIERGE.
• VIGNE, signifie aussi, Une étendue de terre plantée de ceps de vigne. Clos de vigne. Un arpent de vigne. Une bonne vigne. Une vigne bien peuplée, bien venue, bien entretenue. Jeune vigne. Vieille vigne. Planter une vigne; l'arracher, la vendanger. Travailler aux vignes. Labourer les vignes. On donne ordinairement trois façons aux vignes, à la vigne. Fumer une vigne.
• Raisin de vigne, Raisin propre à faire du vin; par opposition à Raisin de treille, ou Chasselas, Raisin qu'on sert sur les tables.
• Pêche de vigne, Fruit du pêcher venu en plein vent, par opposition à Pêche d'espalier.
• Fig., Travailler à la vigne du Seigneur, S'employer à l'instruction et à la conversion des âmes.
• Prov., Un mariage de Jean des Vignes, tant tenu, tant payé, ou simplement, Le mariage de Jean des Vignes, Un concubinage couvert de l'apparence d'un mariage.
• Prov., fig. et pop., Être dans les vignes, Être ivre.
• Prov. et fig., Quand nous serons morts, fera les vignes qui pourra, se dit Pour faire entendre qu'on ne s'embarrasse point de ce qui arrivera quand on sera mort.
• VIGNE, se disait, par extension, Des maisons de plaisance aux environs de Rome et de quelques autres villes d'Italie. Vigne Pamphile. Vigne Aldobrandine. Vigne Borghèse. On dit aujourd'hui, Villa.

VIGNERON, ONNE. s.
• Celui, celle qui cultive la vigne. Pauvre vigneron. Habile vigneron.

VIGNETTE . s. f.
• Petite estampe ou dessin dont on orne le commencement ou la fin des chapitres d'un livre, et qui ne représentait autrefois pour l'ordinaire que des pampres et des raisins, mais où l'on grave maintenant toutes sortes de figures. Il y a de belles vignettes dans ce livre. Un livre orné de vignettes. Vignettes en taille-douce. Il y a aussi Des vignettes qui servent d'encadrement pour les tableaux, les couvertures de livres, etc.
• Papier à vignettes, Papier à lettres dont les bords sont ornés de petites guirlandes coloriées. Il n'écrit que sur du papier à vignettes.

VIGNOBLE .s.m.
• Étendue de pays plantée de vignes. Le vignoble de Chambertin, de Pomard, d'Aï, etc. La Champagne, la Bourgogne, sont des pays de vignoble, de vignobles. Un beau vignoble. Un grand vignoble.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Un pays vignoble. Les pays vignobles ont souffert des gelées du mois de mai.

VIGOGNE . s. f.
• Animal de la taille d'un mouton, qui tient du chameau, mais qui n'a point de bosse, et dont la laine est très-fine. On ne trouve des vigognes qu'au Pérou.
• Il signifie aussi, La laine de cet animal mise en oeuvre. Un chapeau de vigogne. Habit de vigogne. Vigognes des montagnes du Pérou. Absolument, Vigogne, Chapeau fait de laine de vigogne; dans ce sens, il est masculin. Un bon vigogne.

VIGOUREUSEMENT . adv.
• Avec vigueur. Il attaque, il se défend vigoureusement. Il agit vigoureusement. Il a soutenu vigoureusement son opinion, son parti.
• Se dit aussi en termes de Peinture. Un tableau vigoureusement colorié. Il y a dans ce tableau des parties vigoureusement peintes.

VIGOUREUX, EUSE. adj.
• Qui a de la vigueur. Cet homme est vigoureux, est d'une santé vigoureuse. Ce vieillard est encore vigoureux. Une vigoureuse jeunesse. Cheval vigoureux. Cet homme ne mollit point, il est ferme et vigoureux.
• Se dit aussi Des choses qui se font avec vigueur, où il y a de la vigueur. Attaque, résistance vigoureuse. Discours vigoureux. Action vigoureuse.
• Se dit, particulièrement, en termes de Peinture. Une touche vigoureuse. Un pinceau vigoureux. Un dessin vigoureux. Un coloris ferme et vigoureux. Des tons vigoureux.

VIGUERIE . s. f.
• Charge, fonctions de viguier.
• Il se disait aussi Du territoire soumis à la juridiction du viguier.

VIGUEUR . s. f.
• Force pour agir, énergie. Grande vigueur. Dans la vigueur de la jeunesse. Dans la vigueur de l'âge. La vigueur du corps. La vigueur du tempérament, de la complexion. Cheval qui a de la vigueur.
• Se dit aussi Des végétaux. Cet arbre a repris vigueur, de la vigueur depuis qu'on l'a taillé. Cette plante a encore de la vigueur.
• VIGUEUR, s'emploie figurément, au sens moral. Ce vieillard conserve la même vigueur d'esprit qu'il avait à vingt-cinq ans. Il a une vigueur d'esprit qui le rend capable des plus grands travaux, des entreprises les plus hardies et les plus difficiles. La vigueur de l'âme, du caractère. Vigueur de pensée. Vigueur de style. Écrire avec vigueur. Il poussa cette affaire avec vigueur. Il faut en certaines occasions savoir témoigner, savoir montrer de la vigueur. Agir, répondre avec vigueur. Cet homme est mou, il n a point de vigueur. Repousser avec vigueur. Action, acte de vigueur.
• Se dit en termes de Peinture, dans un sens analogue. La vigueur du dessin, du coloris. Son pinceau a de la vigueur.
• Être en vigueur, se dit Des lois, des coutumes, des maximes qui conservent toute leur autorité, qui sont exécutées, suivies. Cette loi est toujours en vigueur, n'est plus en vigueur, a cessé d'être en vigueur.

VIGUIER .s.m.
• Juge qui, en Languedoc et en Provence, faisait les mêmes fonctions que les prévôts royaux dans les autres provinces de France.

VIL, ILE. adj.
• Bas, abject, méprisable. C'est un homme vil, un homme vil et abject. Un homme de vile condition. Un vil séducteur. Une âme vile et basse. Vil et mercenaire. C'est un trafic trop vil. Des choses viles.
• Une chose de vil prix, Qui est de peu de valeur. C'est une étoffe de vil prix.
• Cette marchandise est à vil prix, Elle est à beaucoup meilleur marché qu'à l'ordinaire. Le blé est à vil prix cette année.
• Vendre à vil prix, Vendre quelque chose fort au-dessous de sa juste valeur. Ces livres ont été vendus à vil prix.

VILAIN .s.m.
• Il signifiait autrefois, Paysan, roturier, homme de néant. Les nobles et les vilains.
• Prov. et fig., Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra, Caressez un malhonnête homme, il vous fera du mal; faites-lui du mal, il vous caressera.
• Prov., Jeux de main, jeux de vilain, ou, au singulier, Jeu de main, jeu de vilain, Il n'y a que les gens mal élevés qui se divertissent à s'entre-frapper, à se donner des coups.

VILAIN, AINE. adj.
• Qui déplaît à la vue. Vilaine maison. Vilain jardin. Vilain pays. Vilaine étoffe. Vilaine perruque. Vilain habit. Vilain nez. Vilaine jambe.
• Il signifie encore, Incommode, désagréable. Vilain chemin. Vilaine rue. Vilain temps. Vilaine voiture. Vilain gîte. Vilain jeu.
• Fam. et adv., Il fait vilain, Le temps est désagréable. On dit de même, Il fait vilain marcher.
• VILAIN, se dit aussi Des personnes, des paroles et des actions, et signifie, Sale, déshonnête, fâcheux, méchant, infâme. C'est un vilain homme. Un vilain caractère. Une vilaine âme. Vilaine action. Vilain discours. Vilain métier. Des paroles sales et vilaines. Cela est vilain. Il est bien vilain à vous d'en user de la sorte avec votre ami, avec votre bienfaiteur. Il m'a joué un vilain tour. Il est dans un vilain cas, dans une vilaine posture, dans une vilaine position.
• Prov., Tous vilains cas sont reniables.
• Fam., C'est un vilain; fi le vilain! se disent D'un homme sale et déshonnête en paroles, en actions; et populairement, C'est une vilaine, se dit D'une prostituée. Dans ces phrases, dont la dernière a vieilli, Vilain et Vilaine sont pris substantivement.
• VILAIN, signifie quelquefois, Dangereux. Voilà un vilain rhume, une vilaine fièvre. Un vilain verglas.
• VILAIN, signifie aussi quelquefois, Avare, qui vit mesquinement; et l'on dit proverbialement et populairement, Il est vilain comme lard jaune.
• S'emploie également comme substantif dans cette acception. C'est un vilain.
• Prov., Il n'est chère que de vilain, Lorsqu'un avare se résout à donner un repas à quelqu'un, il y met plus de profusion qu'un autre.
• Prov. et fig., Graissez les bottes d'un vilain, il dira qu'on les lui brûle, Un avare, pour se dispenser de la reconnaissance, se plaint même des services qu'on lui rend.
• Prov. et fig., C'est la fille au vilain, se dit Pour exprimer que la chose dont il s'agit, charge, emploi, grâce, etc., se donne à celui qui en offre le plus. Cette phrase a vieilli.

VILAINEMENT . adv.
• D'une vilaine manière. S'emploie dans plusieurs acceptions analogues à celles de l'adjectif Vilain. On l'a reçu vilainement, Grossièrement. Il s'enfuit vilainement, Honteusement et lâchement. Il m'a vilainement trahi, vilainement trompé; il nous a vilainement abandonnés, D'une manière infâme. Il fait toutes choses vilainement, Sordidement. Il s'est logé vilainement, Désagréablement. Il mange vilainement, Malproprement.

VILEBREQUIN .s.m.
• Outil d'artisan, qui sert à trouer, à percer du bois, de la pierre, du métal, par le moyen d'une mèche de fer qui a un taillant en spirale, et qu'on fait entrer en la tournant. Trou de vilebrequin.

VILEMENT . adv.
• D'une manière vile.

VILENIE . s. f.
• Ordure, saleté. Cette maison est pleine de vilenie.
• Il signifie aussi, Parole injurieuse. Il lui a dit mille vilenies.
• Il signifie encore, Obscénité. Ce livre est plein de vilenies.
• Il signifie en outre, Avarice sordide. Sa vilenie le fait mépriser de tout le monde.
• Il signifie également, Action basse et vile. Il a fait cent vilenies en sa vie.
• Il signifie encore, Mauvaise nourriture, nourriture malsaine. Cet enfant est malade pour avoir mangé toutes sortes de vilenies.

VILETÉ . s. f.
• Bas prix d'une chose. La vileté des denrées. On dit de même, La vileté du prix.
• Il signifie aussi, Le peu d'importance d'une chose. La vileté de la matière.

VILIPENDER . v. a.
• Traiter de vil, déprimer, traiter avec beaucoup de mépris. Se dit en parlant Des personnes et des choses. Il ne faut pas tant le vilipender. Ne le vilipendez pas, il vaut son prix. Vilipender une marchandise. Il est familier.
• VILIPENDÉ, ÉE. participe

VILITÉ . s. f. - Voyez VILETÉ.

VILLA . s. f.
• Mot emprunté de l'italien. - Voyez VIGNE, dernier alinéa.

VILLACE . s. f.
• Grande ville mal peuplée et mal bâtie. Il est très-familier.

VILLAGE .s.m.
• Lieu non fermé de murailles, composé principalement de maisons de paysans. Gros village. Petit village. Demeurer au village. Un homme, une femme, des gens de village. Curé de village. Noce de village. Fête de village. Le maire du village. Un maire de village.
• Fig. et fam., Le coq du village, Celui qui a le plus de crédit dans le village.
• Prov. et fig., À gens de village, trompette de bois, Il ne faut aux ignorants, aux gens grossiers, que des choses proportionnées à leur état, à leur goût, à leur intelligence.
• Prov. et fig., Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, Il faut se mettre à l'abri du danger avant de s'en moquer.
• Prov., Cet homme est bien de son village, Il est bien mal instruit de ce qui se passe dans le monde.

VILLAGEOIS, EOISE. s.
• Habitant de village. Un pauvre villageois. Une jolie villageoise.
• S'emploie aussi adjectivement, et signifie, Qui appartient au village, qui est propre aux gens de village. Un air villageois. Des manières villageoises.

VILLANELLE . s. f.
• Sorte de poésie pastorale, dont les couplets finissent par le même refrain. Chanter une villanelle. Depuis long-temps on ne fait plus de villanelles.
• Se dit aussi d'Un certain air fait pour danser.

VILLE . s. f.
• Assemblage d'un grand nombre de maisons disposées par rues, et souvent entourées d'une clôture commune, qui est ordinairement de murs et de fossés. Grande ville. Bonne ville. Petite ville. Ville murée, close de murailles. Ville fermée. Ville ouverte. Ville démantelée. Ville capitale, épiscopale. Ville maritime. Ville frontière. Ville forte. Ville de guerre. Ville de commerce. Ville marchande. Ville de grand passage. Ville riche. Ville fort peuplée. Ville déserte. Fortifier, assiéger, défendre, prendre, bâtir, détruire, raser une ville. Le gouverneur porta les clefs de la ville au roi. Les soldats entrèrent par escalade dans la place, et crièrent, Ville gagnée! Maison de ville. La ville et les faubourgs de Paris. La haute et la basse ville. La ville neuve. La vieille ville. Aller par la ville. On lui a donné la ville pour prison. Il est allé faire un tour de ville, un tour en ville. J'ai fait les quatre coins et le milieu de la ville pour vous chercher. J'ai parcouru tous les quartiers de la ville. Il demeure au centre, au coeur de la ville, à l'autre bout de la ville. Il court un bruit par la ville, dans la ville. Bruit de ville. C'est un enfant de la ville.
• Le corps de ville, ou simplement, La ville, Le corps des officiers municipaux. Le corps de ville fut présenté au roi. La ville est venue haranguer.
• L'hôtel de ville, la maison de ville, L'hôtel, la maison où se réunit habituellement le conseil municipal.
• Il avait une partie de son bien sur la ville, Il avait une partie de son bien en rentes sur l'hôtel de ville de Paris.
• Sergent de ville. Voyez SERGENT.
• Bonne ville. Qualification honorable accordée par nos rois à certaines villes plus ou moins considérables.
• Communément, La ville est bonne, On y trouve aisément tout ce dont on a besoin.
• Fam., Être à la ville, N'être point à la campagne; et, Être en ville, N'être pas actuellement chez soi. On dit aussi, Dîner, souper en ville, Dans une maison où l'on est invité.
• Prov. et fig., Ville qui parlemente est à moitié rendue, Une personne qui écoute les propositions qu'on lui fait, n'est pas éloignée d'accorder ce qu'on lui demande.
• Fig. et fam., Avoir ville gagnée, se dit en parlant De toute difficulté vaincue, surmontée.
• VILLE, se dit aussi Des habitants d'une ville. Toute la ville est allée au-devant de lui. Toute la ville parle de cette nouvelle. Il avait chez lui la ville et la cour, la ville et les faubourgs. Il reçoit, il traite toute la ville.
• VILLE, se dit encore, absolument, Du séjour des villes, de la vie qu'on y mène, et des moeurs qui y règnent; par opposition Au séjour, à la vie et aux moeurs de la campagne. J'aime mieux la ville que les champs. Il préfère la campagne à la ville.

VILLETTE . s. f.
• Diminutif. Très-petite ville. Il est familier.

VIMAIRE . s. f.
• T. d'Eaux et Forêts. Se dit Du dégât causé dans les forêts par les ouragans.

VIN .s.m.
• Liqueur destinée à être bue, que l'on tire du raisin. Vin rouge. Vin blanc. Vin paillet. Vin gris. Vin couleur d'oeil de perdrix. Vin clairet. Vin rosé. Vin mousseux. Vin de paille. Vin qui n'a point cuvé. Vin excellent. Vin exquis. Vin doux et piquant. Vin qui a de la séve, qui a vert et séve. Vin qui a du corps, qui n'a point de corps, qui a du montant. Vin fait. Vin mûr. Vin net. Vin nouveau. Vin vieux. Vin coulant et aisé à boire. Vin de bon cru. Vin généreux. Vin loyal et marchand. Vin de primeur. Vin prompt à boire. Vin qui est en boite. Vin qui se maintient, qui se soutient, qui a de la force. Vin de l'arrière-saison. Vin de la première cuvée, de la seconde cuvée. Vin de garde, ou Vin bon à garder. Vin qui porte l'eau. Vin clair. Vin rassis. Vin reposé. Vin tiré au clair. Gros vin. Petit vin. Vin faible. Vin vert. Vin âpre. Vin dur. Vin léger. Vin fumeux. Vin violent. Vin malfaisant. Vin traître. Vin capiteux. Vin qui porte à la tête. Vin qui donne dans la tête. Vin de pressurage. Vin de quête. Vin doucereux. Vin qui a de la liqueur. Vin mince. Vin plat. Vin trouble. Vin louche. Vin qui pèche en couleur. Vin qui file. Vin qui jaunit. Vin qui graisse, qui s'engraisse, qui tourne à la graisse. Vin gras. Vin gâté. Vin passé. Vin poussé. Vin besaigre. Vin qui sent l'évent. Vin éventé. Vin qui sent le fût. Vin battu. Vin mixtionné. Vin sophistiqué. Vin frelaté. Vin cuit. Vin brûlé. Vin soufré. Vin fin. Vin de cabaret. La lie du vin. Vin français. Vin de France. Vin de Lignage. Vin de Champagne. Vin de Bourgogne. Vin de Bordeaux. Vin muscat. Vin du Rhin. Vin d'Espagne. Vin grec. Vin de Chypre; etc. Des vins de toutes les qualités. Quai, marché aux vins. L'entrepôt des vins. Droits sur les vins. Négociant en vins. Le commerce des vins. Les vins sont très-chers cette année. Un tonneau de vin. Un muid de vin. Une pièce de vin. Un quartaut de vin; etc. Une bouteille de vin. Une pinte de vin; etc. Un verre de vin. Faire du vin. Entonner du vin. Encaver du vin. Avoir du vin en cave. Percer du vin. Avoir du vin en perce. Vendre du vin en gros et en détail. Marchand de vin. Coller du vin. Éclaircir du vin. Tirer, mettre du vin en bouteilles. Boire du vin. Prendre un doigt de vin, une goutte de vin. Boire son vin pur, son vin sec. Tremper son vin. Goûter bien le vin. Aimer le vin. Être sujet au vin.
• Vin de deux feuilles, de trois feuilles, de quatre feuilles, Vin qui a deux ans, trois ans, quatre ans.
• Vin du cru, Vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme. On dit proverbialement, Il faut se défier du vin du cru, parce que beaucoup de crus sont mauvais.
• Vin de copeau, Vin que l'on a fait passer sur les copeaux, c'est-à-dire, dans lequel on a fait tremper des copeaux pour l'éclaircir et le rendre plus prompt à boire.
• Vin doux, Vin qui n'a point encore cuvé. Vin bourru, Vin nouveau qui n'a guère cuvé, et qui se conserve doux. Vin coupé, Vin mêlé avec d'autre vin. Vin de cerneaux, Vin rosé qui est bon à boire dans la saison des cerneaux.
• Vin en cercles, Le vin qui est dans des tonneaux.
• Vin de prunelles, Boisson que font les paysans avec des prunelles ou prunes sauvages. On appelle aussi, figurément et familièrement, Vin de prunelles, Un mauvais vin, un vin qui est aigre et faible.
• Vin de veille, Vin qu'on met dans la chambre du roi et des princes, en cas qu'ils en aient besoin durant la nuit.
• Vins d'honneur, Vins que les officiers municipaux offrent à de hauts personnages, lorsque ceux-ci font leur entrée dans certaines villes. On lui offrit les vins d'honneur. On dit aussi, Vin de ville.
• Vin de l'étrier, Vin que l'on boit au moment du départ, lorsqu'on est près de monter à cheval.
• Fig. et fam., Vin d'une oreille, se dit d'Un vin excellent, parce que celui qui en boit penche une oreille, en signe d'approbation; et, Vin de deux oreilles, se dit d'Un mauvais vin, parce que le buveur secoue la tête en signe de mécontentement. Ces manières de parler ne s'emploient plus.
• Prov. et fig., Du vin à faire danser les chèvres, Du vin très-aigre. Du vin bon à laver les pieds des chevaux, Du vin si mauvais, qu'il est impossible de le boire.
• Prov. et fig., À bon vin point d'enseigne, Ce qui est bon n'a pas besoin d'être vanté, prôné.
• Vin de liqueur, Vin qu'on boit, en petite quantité, à l'entremets et au dessert.
• Esprit-de-vin, ou Alcool, La partie la plus spiritueuse du vin, qui fait sa principale force, et qu'on en retire par la distillation.
• Cet homme est en pointe de vin, Le vin commence à le mettre en gaieté. Il est chaud de vin, Il commence à être ivre. Il est pris de vin, Il est déjà ivre.
• Porter bien le vin, porter bien son vin, Boire beaucoup sans qu'il y paraisse.
• Fig. et fam., Être entre deux vins, Approcher de l'ivresse.
• Fig. et fam., Cuver son vin, Dormir afin de laisser passer son ivresse; et, dans un sens plus figuré, Se donner le temps de s'apaiser, de revenir à la raison.
• Fig. et pop., C'est un sac à vin, se dit D'un grand ivrogne. Le vin lui sort par les yeux, se dit en parlant D'un homme qui est extrêmement ivre.
• Fig., Cet homme a le vin mauvais, gai, triste, etc., Il est querelleur, gai, triste, etc., quand il a bu.
• Fig. et fam., S'enivrer de son vin, S'entêter de ses propres idées.
• Prov., Après bon vin, bon cheval, On est plus hardi quand on a bien bu. Faire jambes de vin, Bien boire, pour être en état de marcher plus délibérément.
• Prov. et fig., Le vin est tiré, il faut le boire, se dit Pour marquer qu'on est trop engagé dans une affaire pour reculer.
• Fig. et fam., Mettre de l'eau dans son vin, Se modérer sur quelque affaire, sur quelque prétention, montrer moins de chaleur, d'animosité, etc.
• Fig. et fam., Pot de vin, Ce qui se donne par manière de présent au delà du prix qui a été arrêté entre deux personnes pour un marché, tel qu'une vente, un bail a ferme, etc. Il veut vendre sa terre tant, et veut tant pour le pot de vin. Il a stipulé qu'outre le prix du bail, il aurait mille francs de pot de vin. Un gros pot de vin. Le pot de vin est fort. Voyez POT.
• Fam., Boire le vin du marché, se dit De ceux qui vont boire ensemble, après avoir conclu quelque affaire. Ils sont allés boire le vin du marché.
• Tache de vin, Tache rouge que quelques personnes apportent en naissant sur le visage, ou sur quelque autre partie du corps. Il a une tache de vin sur la joue.
• VIN, se dit particulièrement de Plusieurs préparations médicinales faites avec du vin auquel on a mêlé d'autres substances. Vin d'absinthe. Vin de quinquina. Vin scillitique. Vin rosat. Vin de grenade. Vin émétisé. Vin émétique. Vin antiscorbutique. Etc.
• VIN, signifie quelquefois, La force même du vin. Ainsi on dit D'un vin qui a peu de force ou beaucoup de force, Il a peu de vin, il a beaucoup de vin.

VINAIGRE .s.m.
• Vin rendu aigre par artifice, et qui sert à une foule d'usages dans l'économie domestique. Faire du vinaigre. Vinaigre rouge, blanc. Vinaigre fort. Vinaigre simple. Vinaigre distillé. Du pourpier, des concombres confits au vinaigre. Il faut mettre dans cette sauce un filet de vinaigre. Assaisonner une salade avec du sel, du poivre, de l'huile et du vinaigre.
• Vinaigre rosat, vinaigre surard, à la framboise, à l'ail, à l'estragon, etc., Vinaigre dans lequel on a fait infuser des roses, de la fleur de sureau, de l'ail, de l'estragon, etc.
• Vinaigre de cidre, de bière, etc., Sorte de vinaigre qu'on obtient avec du cidre, avec de la bière, etc.
• Vinaigre de bois, ou Acide pyroligneux, Acide tiré du bois par distillation.
• Vinaigre des quatre voleurs, Espèce de vinaigre compose qu'on porte sur soi pour se préserver de l'infection.
• Sel de vinaigre, Sel qui est extrait du vinaigre, et qu'on respire pour se garantir de l'évanouissement.
• Prov. et fig., On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, On réussit mieux dans les affaires, on subjugue plus de personnes par la douceur que par la dureté et la rigueur.
• Fig. et pop., Habit de vinaigre, Habit trop mince, trop léger pour la saison.

VINAIGRER . v. a.
• Assaisonner avec du vinaigre.
• VINAIGRÉ, ÉE. participe, Cela est trop vinaigré. Sauce vinaigrée.

VINAIGRETTE . s. f.
• Sorte de sauce froide, faite avec du vinaigre, de l'huile, du persil et de la ciboule. Du boeuf à la vinaigrette, en vinaigrette.
• Se dit aussi de La viande apprêtée avec cette sauce. Nous mangeâmes à déjeuner une vinaigrette.
• VINAIGRETTE, se disait autrefois d'Une brouette ou petite chaise à deux roues, traînée par un homme. Aller dans une vinaigrette. Je le rencontrai dans une vinaigrette sur le Pont-Neuf.

VINAIGRIER .s.m.
• Artisan qui fait et vend du vinaigre et de la moutarde. Marchand vinaigrier.
• Se dit aussi d'Un petit vase à mettre du vinaigre. Vinaigrier de cristal, de porcelaine.

VINAIRE . adj. m.
• Il ne s'emploie que dans cette locution, Vaisseaux vinaires, Les vaisseaux destinés à contenir du vin, tels que tonneaux, cuves, etc.

VINDAS .s.m.
• (On fait sentir l'S.) Machine composée d'un treuil vertical, sur lequel se roule un câble, et qu'on fait tourner avec deux leviers. Le vindas sert à faire remonter des bateaux, à tirer des pierres et autres gros fardeaux. On l'appelle aussi Cabestan, surtout en termes de Marine.

VINDICATIF, IVE. adj.
• Qui aime à se venger, qui est porté à la vengeance. Homme vindicatif. Femme vindicative. C'est un esprit emporté, vindicatif. Il a un caractère vindicatif. Il se prend toujours en mauvaise part.

VINDICTE . s. f.
• .Jurispr. Il ne s'emploie que dans cette locution, La vindicte publique, La poursuite d'un crime au nom de la société. En France, la vindicte publique n'appartient qu'aux gens du roi.

VINÉE . s. f.
• Récolte de vin. Nous aurons grande vinée, pleine vinée, demi-vinée.

VINEUX, EUSE. adj.
• Se dit proprement Du vin qui a beaucoup de force. Ce vin-là est bien vineux.
• Il signifie aussi, Qui a un goût, une odeur de vin. Pêche vineuse. Melon vineux. Les fraises sont vineuses.
• Il signifie encore, Qui est de couleur rouge, comme le vin rosé. Couleur vineuse. Rouge vineux.
• Rouan vineux, se dit D'un cheval rouan, lorsque le bai domine.

VINGT . adj. numéral des deux genres
• Deux fois dix. Vingt hommes. Vingt chevaux. Vingt et un chevaux. Vingt ans. Vingt et un ans. Vingt-deux ans. Vingt-trois ans; etc. Cent vingt ans. Vingt mille francs.
• Quatre-vingts, Quatre fois vingt, ou Octante. Autrefois on disait pareillement, Six vingts, et même quelquefois, Sept vingts, huit vingts; mais l'usage n'a jamais admis les locutions, Deux vingts, trois vingts, cinq vingts, ni Dix vingts.
• Quinze-Vingts, ne se dit que de L'hôpital fondé par saint Louis pour trois cents aveugles appelés Les Quinze-Vingts. On dit familièrement, Un Quinze-Vingt, Un des aveugles placés aux Quinze-Vingts.
• VINGT, prend toujours une S, lorsque, multiplié par un autre nombre, il précède immédiatement un substantif. Ainsi on dit, Cent quatre-vingts francs, cent quatre-vingts chevaux, six vingts hommes, quatre-vingts ans. Mais on n'ajoute point l'S quand Vingt précède un autre nombre auquel il est joint. Ainsi on dit, Quatre-vingt-deux, quatre-vingt-trois, quatre-vingt-quatre, quatre-vingt-dix, etc.
• VINGT, se prend quelquefois pour un nombre indéterminé, et signifie, Beaucoup, maintes fois. Je vous l'ai dit, je vous l'ai répété vingt fois. Dans cet entretien d'un quart d'heure, il a dit vingt sottises.
• VINGT, se dit quelquefois pour Vingtième. Chapitre vingt. Page vingt. Ligne vingt.
• Le vingt du mois, le vingt de sa maladie, Le vingtième jour du mois, de sa maladie.
• VINGT, est aussi substantif masculin. Vingt multiplié par deux. On dit de même, Le nombre vingt, le numéro vingt.
• Vingt et un, Sorte de jeu de hasard, qui se joue avec des cartes, et où le nombre de vingt et un points est le plus avantageux. Jouer au vingt et un.

VINGTAINE . s. f. collectif
• Nombre de vingt ou environ. Une vingtaine de personnes, de soldats. Donnez-lui une vingtaine de francs. Une vingtaine d'arbres.

VINGTIÈME . adj. des deux genres
• Nombre ordinal de Vingt. Dans sa vingtième année. Il n'est que le vingtième. Le vingt et unième, le vingt-deuxième, le vingt-troisième, etc. Le vingtième jour, le vingt et unième jour du mois, ou elliptiquement, Le vingtième, le vingt et unième du mois.
• La vingtième partie, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en vingt parties égales. On a dit dans un sens analogue, Le vingtième denier.
• VINGTIÈME, est quelquefois substantif, et signifie, La vingtième partie. Il est pour un vingtième dans cette affaire. Il est héritier pour un vingtième.
• Il se disait particulièrement autrefois d'Un impôt établi sur les biens-fonds, et qui était la vingtième partie de leur revenu. Payer le vingtième.

VINIFICATION . s. f.
• Art de faire le vin.

VIOL .s.m.
• Violence qu'on fait à une fille, à une femme que l'on prend de force. Le rapt et le viol sont punis des travaux forcés par la loi.

VIOLACÉ, ÉE.. adj.
• D'une couleur tirant sur le violet. Il ne se dit guère qu'en Botanique et en Médecine.

VIOLAT . adj. m.
• Il n'est usité que dans ces dénominations: Sirop violat, Sirop fait avec des violettes; et, Miel violat, Miel où l'on a mis infuser des violettes.

VIOLATEUR, TRICE. s.
• Celui, celle qui viole les droits, les lois, les traités, etc. Les violateurs des lois. On le regardait comme le violateur des droits les plus sacrés.

VIOLATION . s. f.
• Action de violer un engagement, de porter atteinte à un droit, de profaner une chose sacrée, d'enfreindre des règles. La violation du serment. La violation d'un traité. La violation des propriétés. La violation d'un asile, d'un domicile. La violation des sépultures. La violation d'une loi, d'un temple. La violation des règles du langage.

VIOLÂTRE . adj. des deux genres
• D'une couleur tirant sur le violet.

VIOLE . s. f.
• Instrument de musique à sept cordes de boyau, dont on joue avec un archet. Joueur de viole. Jouer de la viole. Faire des accords sur la viole. Accompagner la voix avec la viole. Accompagner de la viole. Airs, pièces de viole. Cet instrument n'est presque plus en usage, et souvent on donne son nom à La partie d'alto ou quinte.

VIOLEMENT .s.m.
• Infraction, contravention à ce qu'on doit observer. Le violement des traités, des promesses, des lois, etc. Violement des commandements de Dieu. Il est peu usité.
• Il signifie aussi, La violence qu'on fait à une fille, à une femme que l'on prend de force. Les lois punissaient de mort le rapt et le violement. En ce sens, on dit plus ordinairement, Viol.

VIOLEMMENT . adv.
• Avec violence, avec force, avec impétuosité, avec ardeur. Le vent souffle violemment. Ce remède agit violemment. Haïr violemment. Aimer violemment. Ce qu'il veut, il le veut violemment.

VIOLENCE . s. f.
• Qualité de ce qui est violent. La violence des vents, de la tempête, du mal, de la douleur, d'un rem de, etc. La violence de son humeur, de son caractère. La violence des passions. La violence de ses paroles, de son discours.
• VIOLENCE, signifie aussi, La force dent on use contre le droit commun, contre les lois, contre la liberté publique. User de violence. Agir avec violence. Il a pris mes meubles, mes papiers, et les a emportés par violence. Faire des violences. Quelle violence! Faire violence à quelqu'un.
• Fig., Faire violence à la loi, Y donner un sens forcé et contraire à son véritable esprit.

VIOLENT, ENTE. adj.
• Impétueux, qui agit avec impétuosité, avec force. Vent violent. Tempête violente. Choc violent. Mouvement violent. Remède violent.
• Se dit aussi D'une douleur grande et aiguë. Fièvre violente. Mal violent. Douleur violente.
• Se dit également Des personnes, des sentiments et des actions. Un homme violent. Une humeur violente. Une action violente. Un discours violent. Une passion violente. Un caractère violent. Gouvernement violent et tyrannique. Violente persécution. On a pris contre lui une mesure violente. On a de violents soupçons contre lui.
• Mort violente, Mort causée par force ou par quelque accident, et non par une cause naturelle et ordinaire. Il est mort de mort violente.
• Fam., Cela est violent, est trop violent, se dit Lorsqu'il s'agit de quelque chose d'oppressif, d'injuste, de trop rude, de trop difficile, etc. Il demande mille francs, cela est violent, trop violent. On dit de même, La proposition est violente.

VIOLENTER . v. a.
• Contraindre, faire faire par force. On ne veut point le violenter. Les pères et les mères ne doivent point violenter leurs enfants dans le choix d'un état, d'une profession. Violenter les inclinations de quelqu'un.
• VIOLENTÉ, ÉE. participe

VIOLER . v. a.
• Enfreindre, agir contre. Violer les lois. Violer le respect qu'on doit à son souverain. Violer sa foi, son serment, ses engagements, sa promesse, les droits de l'amitié. Violer l'hospitalité. Violer un traité. Violer le droit des gens. Violer un voeu, ses voeux. Violer les priviléges, les immunités. Violer les droits les plus sacrés. Violer la capitulation. Violer les règles, les principes. Violer la propriété. Violer un dépôt.
• Violer un asile, Violer les droits et les priviléges d'un asile. Violer une sépulture, La dégrader ou y fouiller dans des intentions coupables.
• VIOLER, signifie aussi, Faire violence à une fille, à une femme, la prendre de force. Violer une fille, une femme. Il la viola le poignard sur la gorge.
• S'emploie aussi absolument. Les soldats entrèrent dans la ville, pillèrent et violèrent.
• VIOLÉ, ÉE. participe

VIOLET, ETTE. adj.
• De couleur de la fleur qu'on nomme Violette. Drap, taffetas, satin, ruban violet. Couleur violette. Le grand froid rend quelquefois le visage tout violet, les mains violettes. La vapeur de l'iode est violette. Prunes de damas violet. Pêches violettes.
• Fig. et fam., Faire du feu violet, faire feu violet, Faire quelque chose qui éclate d'abord, où il paraît de la vivacité, mais qui se dément bientôt. Voir des anges violets, Avoir des visions creuses. Ces deux phrases ont vieilli.
• VIOLET, est aussi substantif masculin, et signifie, Couleur violette, Le violet est une couleur modeste. Être vêtu de violet. Les rois de France portent le deuil en violet.

VIOLETTE . s. f.
• Petite fleur printanière, d'une odeur agréable, d'une couleur mêlée de rouge et de bleu foncé. Violette simple. Violette double. Violette de mars. Bouquet de violettes. Poudre de violettes. Conserve de violettes. Sachet de violettes. Les fleurs de violettes sont de quelque usage en médecine, comme pectorales et adoucissantes. Infusion, sirop de violette. Il y a des violettes blanches. La violette croît ordinairement dans les lieux solitaires et ombragés. La violette est l'emblème de la modestie.
• Fam. et collectivement, De la violette, Des violettes. Tant qu'il y a de la violette, il en porte sur lui.
• Bois de violette, Sorte de bois, ainsi appelé parce que sa couleur a du rapport avec celle de la violette.

VIOLIER .s.m.
• Plante qui vient sur les murs sans être cultivée, et qui porte des fleurs jaunes d'une odeur douce et agréable. Il y a différentes sortes de violiers. On l'appelle aussi Giroflée.

VIOLON .s.m.
• Instrument de musique à quatre cordes, et dont on joue avec un archet. Jouer du violon. Joueur de violon. Danser au violon, au son du violon. Un bon violon. L'âme d'un violon.
• Il signifie aussi, Celui qui joue du violon. Une troupe de violons. Les violons de l'Opéra. Il est violon à l'Opéra. C'est un excellent violon. Il y a tant de violons dans cet orchestre. Premier, second violon.
• Une symphonie, un concerto de violon, Une symphonie, un concerto où le violon exécute la principale partie. Un solo, un accompagnement de violon, Un solo, un accompagnement exécuté par le violon.
• Fam., Donner les violons, Payer les violons d'un bal, donner une sérénade, etc.
• Fig. et fam., Se donner les violons, Être content de soi, s'applaudir, se vanter; et, Se donner les violons de quelque chose, En tirer vanité.
• Fig. et fam., Les autres ont dansé, et il a payé les violons, Il a payé les frais d'une chose dont les autres ont eu tout l'honneur, ou tout le profit, ou tout le plaisir. On dit aussi simplement, Il a payé les violons.
• VIOLON, se dit encore d'Une espèce de prison contiguë à un corps de garde. Il faisait du train dans la rue, on l'a arrêté et mis au violon.

VIOLONCELLE .s.m.
• Instrument de musique, à quatre cordes, de même forme que le violon, mais d'une bien plus grande dimension, dont on joue aussi avec un archet, et qui se place entre les jambes. On le nomme autrement Basse.

VIOLONISTE . s. des deux genres
• Celui, celle qui joue du violon. Il ne se dit guère que Des artistes d'un talent remarquable. C'est un des premiers violonistes de la capitale. Cette dame est forte violoniste.

VIORNE . s. f.
• .Bot. Arbrisseau à fleurs blanches et à feuilles velues, dont les rameaux sont très-flexibles, et qui porte des baies noirâtres réunies par bouquets. Un panier fait de viorne. Il y a une espèce de Clématite qu'on nomme Clématite-viorne.

VIPÈRE . s. f.
• Espèce de serpent venimeux, et vivipare, à la différence de la plupart des autres, qui sont ovipares. Vipère grise. Vipère noire. Fiel de vipère. Dent de vipère. Chair, poudre de vipère. Bouillon de vipère. Il a été mordu d'une vipère.
• Fig., Langue de vipère, ou simplement, Vipère, se dit d'Une personne fort médisante.

VIPEREAU .s.m.
• Le petit d'une vipère.

VIPÉRINE . s. f.
• .Bot. Plante commune, à tige hérissée de petits tubercules noirs terminés par des poils rudes, et à fleurs bleues et purpurines, disposées en épis latéraux.

VIRAGO . s. f.
• Fille ou femme de grande taille, qui a l'air d'un homme. C'est une virago, une grande virago. Il est familier, et ne se dit que par dérision.

VIRELAI .s.m.
• Sorte d'ancienne petite pièce de poésie française, qui est toute sur deux rimes, et composée de vers courts, avec des refrains.

VIREMENT .s.m.
• Il ne s'emploie que dans les locutions suivantes:
• En termes de Marine, Virement de bord, Action de virer de bord. Virement d'eau, Retour de marée, ou renvoi d'eau.
• En termes de Banque et de Commerce, Virement de parties, ou simplement, Virement, Le transport d'une dette active fait à un créancier à qui l'on doit une somme de pareille valeur. Presque tous les payements des foires de Lyon se font par virement de parties. Il se fit dans cette matinée un nombre prodigieux de virements.

VIRER . v. n.
• Aller en tournant. Il se joint ordinairement avec Tourner, et il est familier. Tournez et virez tant qu'il vous plaira. Vous avez beau tourner et virer.
• VIRER, est actif dans cette phrase figurée et populaire, Tourner et virer quelqu'un, Lui tenir divers discours, lui faire diverses questions pour le faire parler, pour savoir de lui quelque chose.
• Il est actif aussi bien que neutre en termes de Marine, et signifie, Tourner d'un côté sur l'autre. Virer le cap au nord. Virer de bord. Virer à la côte. Virer au large. Virer sur l'ancre. Etc.
• Fig. et fam., Virer de bord, Changer la direction de sa conduite, s'attacher à un autre parti. Cet homme est inconstant, il a viré de bord dans vingt affaires.
• Virer le cabestan, ou Virer au cabestan, Le faire tourner sur son axe pour lever l'ancre, ou tout autre fardeau considérable.
• VIRÉ, ÉE. participe

VIREUX, EUSE. adj.
• Qui tient du poison. Cette plante a une odeur vireuse. Un goût vireux.

VIREVOLTE . s. f.
• .Manége. Tour et retour fait avec vitesse. Il a fait faire cent virevoltes à son cheval.

VIREVOUSSE ou VIREVOUSTE. s. f.
• Se dit, figurément et familièrement, par corruption de Virevolte. Cet homme fait bien des virevousses. Il a vieilli.

VIRGINAL, ALE. adj.
• Appartenant aux vierges, annonçant la virginité. Pudeur, modestie virginale. Le voile, le bandeau virginal.
• Lait virginal, Cosmétique liquide dont les femmes se servent pour se blanchir le teint.

VIRGINITÉ . s. f.
• État d'une personne vierge. La fleur de la virginité. Garder sa virginité. Perdre sa virginité. Il a encore sa virginité. Faire voeu de virginité.

VIRGOULEUSE . s. f.
• Sorte de poire fondante, qui se mange en hiver. Poirier de virgouleuse. Poire de virgouleuse. Une bonne virgouleuse.

VIRGULE . s. f.
• Petit signe fait à peu près en forme de c renversé, et dont on se sert dans la ponctuation, pour séparer les membres de phrases, et indiquer qu'il faut s'arrêter un peu en lisant. Il faut mettre là une virgule. Un point et une virgule.
• En Horlogerie, Montre à virgule, Celle dont la verge ne porte qu'une seule saillie, en forme de crochet ou de virgule.

VIRIL, ILE. adj.
• Qui appartient à l'homme, en tant que mâle. Sexe viril. Membre viril.
• Âge viril, L'âge d'un homme fait.
• Robe ou toge virile, Toge que les enfants des sénateurs romains prenaient après avoir quitté la prétexte.
• Fig., Âme virile, courage viril, action virile, etc., Âme ferme, courage digne d'un homme, action vigoureuse, etc.
• En Jurispr., Portion virile, Celle qui revient à chaque cohéritier dans une succession également partagée. La succession a été partagée par portions viriles, Par portions égales.

VIRILEMENT . adv.
• D'une manière virile, avec vigueur. Agir virilement.

VIRILITÉ . s. f.
• Âge viril. Il est parvenu à la virilité.
• Se dit aussi pour signifier, dans l'homme, La puissance, la capacité d'engendrer. Donner des signes de virilité.

VIROLE . s. f.
• Petit cercle de fer, de cuivre ou d'autre métal, qu'on met au bout du manche d'un couteau, au bout d'une canne, etc., pour tenir le bois en état, ou pour quelque autre usage. Mettre une virole à une canne, des viroles à la masse d'un mail. On met des viroles aux fusils, aux pistolets, pour tenir la baguette.

VIROLÉ, ÉE.. adj.
• .Blason. Se dit Des cornes, trompes, etc., qui portent des boucles ou anneaux d'un autre émail.

VIRTUALITÉ . s. f.
• T. didactique. Caractère, qualité de ce qui est virtuel.

VIRTUEL, ELLE. adj.
• T. didactique. Qui est seulement en puissance et sans effet actuel. Chaleur virtuelle. Intention virtuelle.

VIRTUELLEMENT . adv.
• D'une manière virtuelle. Il est opposé à Formellement et Actuellement. Le chêne est virtuellement renfermé dans le gland.

VIRTUOSE . s. des deux genres
• Mot emprunté de l'italien, qui signifie, Un homme ou une femme qui a des talents pour les beaux-arts, et particulièrement pour la musique. C'est un virtuose. C'est une virtuose.

VIRULENCE . s. f.
• Qualité de ce qui est virulent, La virulence de cette humeur. La virulence de ses discours.

VIRULENT, ENTE. adj.
• .Médec. Se dit Des maladies produites par un virus.
• S'emploie aussi figurément, et se dit surtout Des discours, des écrits où l'on attaque avec violence. Écrit, discours virulent. Satire virulente. Style virulent.

VIRUS .s.m.
• (On fait sentir l'S.) .Médec. et de Chirur. emprunté du latin. Se dit Du principe, inconnu dans sa nature, qui est l'agent de la contagion, et qui paraît être le produit d'une sécrétion morbide. Virus syphilitique. Virus variolique. Le virus de la rage. Etc.

VIS . s. f.
• (On prononce Visse.) Pièce ronde de bois, de métal, etc., cannelée en ligne spirale, et qui entre en tournant dans un trou cannelé de même. Se dit également d'Une sorte de clou terminé en vis qu'on fait entrer dans le bois en tournant, et qui tient plus fortement qu'un simple clou. Une vis de bois, de fer, de cuivre. Une vis de pressoir. Vis de pression. La vis est rompue dans l'écrou. Vis à tête perdue. Vis à tête plate, à tête ronde. Vis de fusil, de pistolet. Les vis d'une serrure. Les vis d'un lit.
• Pas de vis, L'espace compris entre deux filets d'une vis.
• Vis sans fin, Vis dont les pas engrènent dans une roue, et qui est tellement fixée entre deux points, qu'elle tourne sur son axe, sans pouvoir avancer ni reculer comme les vis ordinaires; ce qui oblige la roue à tourner quand on fait tourner la vis.
• Vis d'Archimède, ou Limace, Machine propre à élever les eaux, consistant en un cylindre incliné qui tourne sur deux pivots, et autour duquel est roulé en spirale un cylindre creux.
• Escalier à vis, Escalier tournant en spirale autour d'un noyau de pierre ou de bois, qui soutient toutes les marches.

VISA .s.m.
• T. pris du latin. Formule qui se met sur un acte, et qui doit être signée par celui-là même dont la signature rend l'acte authentique ou valable, en sorte qu'il ne serait pas en forme, si ce visa n'y était pas. Le garde des sceaux met son visa sur les lettres patentes, lettres de grâce, etc. Les archevêques et les évêques mettent leur visa sur les expéditions de la daterie. Il faut que l'ambassadeur mette son visa sur votre passeport.
• Se dit aussi, en matière bénéficiale, de L'acte par lequel un évêque conférait un bénéfice à charge d'âmes à celui qui lui était présenté par le patron du bénéfice. L'évêque ne pouvait refuser son visa, sans donner par écrit les raisons de son refus. Il avait la nomination du patron de la cure, mais le visa lui fut refusé par l'évêque.
• Il signifie particulièrement, en termes de Pratique, La formule par laquelle un magistrat ou un officier de justice certifie qu'un acte judiciaire lui a été remis ou présenté. Les personnes publiques préposées pour recevoir certaines significations, doivent mettre leur visa sur l'original de l'acte qui leur est signifié. L'original de certains procès-verbaux de saisie doit porter le visa du maire. Donner son visa.

VISAGE .s.m.
• La face de l'homme, la partie antérieure de la tête, qui comprend le front, les yeux, le nez, les joues, la bouche, le menton et les oreilles. Visage large. Visage long, ovale, rond, plein, étroit, plat, maigre, bouffi. Visage blême, pâle, rouge, enflammé, enluminé, couperosé, boursouflé. Un beau visage. Un visage agréable. Un visage choquant. Un visage efféminé. Il se porte bien, il a bon visage. Il a un visage de santé, un visage de prospérité. Son visage ne m'est pas connu, ne m'est pas inconnu. Je ne le connais que de visage. Cela sied bien au visage. Avoir des boutons, des taches au visage. Le feu lui monte au visage. Cela lui a défiguré le visage. L'indignation était peinte sur son visage. Son visage exprimait la joie et le bonheur. Le visage est le miroir de l'âme.
• Fam., Il n'a rien d'humain que le visage, se dit D'un homme cruel, barbare.
• Fam., Son visage lui fait honneur, se dit D'une personne qui a le corps maigre et le visage plein.
• Fig. et fam., Il a un visage de pleine lune, se dit D'un homme qui a une face large.
• Prov., Cela paraît comme le nez au milieu du visage; et par ironie, Cela ne paraît pas plus que le nez au milieu du visage, se dit D'une chose qui paraît beaucoup, et qu'on s'efforcerait en vain de cacher.
• Tourner visage aux ennemis, Se tourner vers les ennemis pour les combattre. Se dit proprement De ceux qui fuient, et qui tout d'un coup se retournent pour faire face à ceux par lesquels ils sont poursuivis.
• Fig. et pop., Trouver visage de bois, se dit Lorsque, venant chez quelqu'un, on y trouve la porte fermée. S'emploie, par extension, Pour dire qu'on ne trouve personne, quoique la porte ne soit pas fermée.
• VISAGE, se prend aussi pour L'air du visage. Avoir un visage-riant, gai, ouvert, serein, content. Avoir un visage triste, refrogné, rude, morne, mélancolique, chagrin.
• Fam., Avoir un visage d'excommunié, un visage de déterré, un visage de l'autre monde, Être hâve, pâle et défait.
• Faire bon visage, mauvais visage à quelqu'un, Lui faire bonne ou mauvaise mine. Se composer le visage, Prendre un air sérieux. Changer de visage, Changer de couleur, rougir, pâlir, etc.; et encore, Changer de visage, se démonter le visage, prendre tel visage qu'on veut, Prendre un air sérieux ou enjoué, triste ou gai, selon les diverses occasions.
• VISAGE, se prend quelquefois pour La personne même, en tant qu'on la connaît par le visage. Voilà bien des visages que je ne connais point. Des visages nouveaux. Il n'aime pas les nouveaux visages. On dit par mépris, Voilà un plaisant visage. Ce sens est familier.
• À VISAGE DÉCOUVERT. loc. adv. Sans masque, sans voile. Les danseurs de l'Opéra, qui paraissaient autrefois masqués sur le théâtre, se montrent aujourd'hui à visage découvert. On l'emploie quelquefois au figuré. C'est un homme franc, qui se montre à visage découvert.

VIS-À-VIS DE.. loc. prépositive
• En face, à l'opposite de. Il est logé tout vis-à-vis, vis-à-vis de mes fenêtres. Je me plaçai vis-à-vis de lui. On supprime quelquefois le de, dans le style familier. Vis-à-vis l'église. Vis-à-vis l'hôtel de...
• VIS-À-VIS, s'emploie aussi adverbialement, dans un sens analogue. Il était vis-à-vis.
• Fig. et fam., Se trouver vis-à-vis de rien, Se trouver sans aucun bien et sans aucune ressource, après avoir bien pris de la peine, après avoir eu de grandes espérances.
• VIS-À-VIS, s'emploie quelquefois substantivement, et se dit d'Une personne qui est en face d'une autre à la danse ou à table. Il était mon vis-à-vis. J'avais pour vis-à-vis un homme fort jovial, une fort jolie demoiselle. Il est familier.

VIS-À-VIS .s.m.
• Sorte de voiture en forme de berline, mais où il n'y a qu'une seule place dans chaque fond.

VISCÉRAL, ALE. adj.
• T. d'Anat. Qui appartient, qui a rapport aux viscères.

VISCÈRE .s.m.
• T. d'Anat. Nom donné aux divers organes renfermés dans les grandes cavités du corps, et dont l'action est plus ou moins essentielle à l'entretien de la vie. Le cerveau, les poumons, le coeur, etc., sont des viscères.

VISCOSITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité de ce qui est visqueux.

VISÉE . s. f.
• Direction de la vue à un but pour y atteindre. Prendre sa visée. Prenez votre visée plus haut, plus bas.
• Fig. et fam., Changer de visée, Changer de dessein.

VISER . v. n.
• Mirer, regarder un but pour y adresser un coup de pierre, d'arme à feu, une flèche, etc. Il visait à ce but-là. Il ne vise nulle part. S'il a blessé un tel, c'est par hasard; il n'y visait point.
• S'emploie aussi activement. Viser un homme au coeur. Viser un animal à la tête.
• Prov. et fig., Ce n'était pas mal visé pour un borgne, se dit en parlant D'un homme qui a mieux réussi qu'on ne croyait dans quelque chose qu'il avait entrepris. Voilà bien visé pour un borgne, se dit, dans le sens contraire, Lorsqu'on veut se moquer de ce qu'un homme n'a point réussi.
• VISER, signifie figurément, Avoir en vue une certaine fin, un certain résultat. Il ne vise pas à cet emploi. Il vise plus haut. Je ne sais où il vise, à quoi il vise. Cet acteur vise trop à l'effet. En visant trop à l'effet dans les arts, on tombe dans l'exagération.

VISER . v. a.
• Voir, examiner une expédition, ou prendre connaissance d'un acte, d'une pièce, etc., et mettre dessus, Vu, Visa, ou quelque mot semblable. Le garde des sceaux n'a pas encore visé ces lettres de grâce. Le ministre n'a pas encore visé l'ordonnance. Il a fait viser son passe-port. Le maire a visé l'original de l'exploit qu'on vous a signifié. Viser et parapher des livres de commerce.
• VISÉ, ÉE. participe

VISIBILITÉ . s. f.
• T. didactique. Qualité qui rend une chose visible. La visibilité est l'un des caractères distinctifs de l'Église catholique.

VISIBLE . adj. des deux genres
• Qui peut être vu, qui est l'objet de la vue. Il n'y a rien de visible que par la lumière. Les objets, les choses visibles. L'éclipse sera visible. Les sacrements sont des signes visibles d'une chose invisible. Dieu s'est rendu visible aux hommes par l'incarnation.
• Être visible, n'être pas visible, Vouloir ou ne vouloir pas recevoir une visite, être ou n'être pas en état de la recevoir. Il n'est pas visible aujourd'hui. Il ne sera visible que dans une heure.
• VISIBLE, signifie aussi, Évident, manifeste. Fausseté visible. Imposture visible. Cela est trop visible. Il est visible que...

VISIBLEMENT . adv.
• D'une manière visible. Notre-Seigneur monta au ciel visiblement. La rivière baisse visiblement. La mer monte visiblement. La liqueur du thermomètre monte visiblement, quand on le porte dans un lieu chaud.
• Il signifie aussi, Manifestement, évidemment. Cela est visiblement faux. Il vous trompe visiblement.

VISIÈRE . s. f.
• La pièce du casque qui se haussait et qui se baissait, et au travers de laquelle l'homme d'armes voyait et respirait. Baisser la visière. Lever la visière. Il reçut un coup de lance dans la visière.
• Rompre en visière, se disait autrefois, au propre, Quand un homme d'armes rompait sa lance dans la visière de celui contre qui il courait. Il signifie, figurément et familièrement, Attaquer, contredire quelqu'un en face, brusquement et violemment. Il lui rompit en visière.
• La visière d'un shako, d'une casquette, etc., La partie d'un shako, d'une casquette, etc., qui abrite le front et les yeux.
• VISIÈRE, dans le langage familier, se dit quelquefois de La vue. Il a la visière nette, la visière trouble.
• Fig., Avoir la visière courte, Avoir peu de sagacité, peu de pénétration.
• Fig. et fam., Donner dans la visière à quelqu'un, Lui inspirer de l'amour. Cette femme lui a donné dans la visière.
• VISIÈRE, se dit encore d'Une rainure ou d'un petit bouton de métal qui est au bout du canon d'un fusil pour conduire l'oeil, lorsqu'on vise.

VISION . s. f.
• .Physiq. Action de voir. Les philosophes ont beaucoup disputé pour savoir de quelle manière et en quelle partie de l'oeil se fait la vision. Le phénomène de la vision. Le mécanisme, la théorie de la vision. Vision directe, réfléchie, réfractée.
• En Théol., Vision béatifique, vision intuitive, Celle par laquelle les bienheureux voient Dieu.
• VISION, se dit aussi Des choses que Dieu, ou quelque autre intelligence, par la permission de Dieu, fait voir en esprit, ou par les yeux du corps. Les visions des prophètes. Ce saint eut telle vision en dormant. Les visions de saint Antoine.
• Il signifie encore, Chimère, image vaine que la peur, la folie, ou quelque autre cause particulière, produit dans l'esprit. Cette femme a des visions; seule dans sa chambre, elle croit apercevoir quelqu'un à ses côtés.
• Il signifie figurément, Idée folle, extravagante. C'est une vision d'un tel. Une pure vision. Il a des visions cornues. C'est un homme à visions.

VISIONNAIRE . adj. des deux genres
• Qui croit faussement avoir des visions, des révélations.
• Se dit figurément De celui ou de celle qui a des idées folles, des imaginations extravagantes, des desseins chimériques. Cet homme est visionnaire.
• Il est aussi substantif. C'est un visionnaire. Cette femme est une visionnaire. Ce sont des visionnaires.

VISIR .s.m. - Voyez VIZIR.

VISITANDINE . s. f.
• Religieuse de l'ordre de la Visitation. Un couvent de visitandines.

VISITATION . s. f.
• Il n'est usité que dans ces phrases, La Visitation de la Vierge, la fête de la Visitation, La fête instituée en mémoire de ce que la sainte Vierge alla visiter sainte Élisabeth, sa cousine. Il y a aussi Un ordre de religieuses, qu'on appelle L'ordre de la Visitation. Le monastère de la Visitation. Les filles de la Visitation.

VISITE . s. f.
• Action d'aller voir quelqu'un par civilité ou par devoir. Visite ordinaire. Visite de cérémonie. Visite du jour de l'an. Faire des visites. Visites fréquentes. Visites réglées. Visite courte, longue, ennuyeuse. Recevoir la visite de quelqu'un. Recevoir visite. Faire visite. Être en cours de visite. Être en visite. Recevoir des visites. Aller en visite. Faire une visite. Je lui dois une visite.
• Fig. et fam., Visite en robe détroussée, Visite de cérémonie.
• Rendre visite à quelqu'un, L'aller visiter; et, Rendre à quelqu'un sa visite, Faire à quelqu'un une visite après en avoir reçu une de lui.
• Cartes de visite, Cartes sur lesquelles on a écrit ou fait graver son nom, et qu'on laisse à la porte des personnes qu'on est venu visiter, quand on ne les a pas trouvées chez elles.
• VISITE, se dit quelquefois Des personnes. Devinez quelle visite je viens d'avoir. J'ai en des visites, plusieurs visites. Attendons que les visites s'en aillent.
• VISITE, se dit en parlant D'un médecin, d'un chirurgien, qui va voir un malade. On paye tant par visite à ce médecin, à ce chirurgien. Ce médecin fait payer fort cher ses visites.
• Se dit également en parlant Des médecins et des chirurgiens d'un hôpital, lorsqu'ils parcourent les salles, accompagnés de leurs élèves, pour voir les malades, et prescrire le traitement. La visite du matin, du soir. L'heure de la visite.
• VISITE, signifie aussi, La recherche, la perquisition qu'on fait dans certains lieux, soit pour y trouver quelque chose, quelque personne, soit pour voir si tout y est bien en ordre. Le commissaire de police, la gendarmerie a fait la visite dans cette maison, par tout le quartier, pour trouver... On a ordonné une visite domiciliaire. Visite des lieux. Les experts ont fait leur visite. Procès-verbal de visite. Il a tant pour son droit de visite.
• Visite de matrones, L'examen que des sages-femmes font, par ordre de justice, de l'état d'une femme ou d'une fille.
• Visite de cadavre, L'examen que les chirurgiens, nommés par la justice, font d'un corps mort.
• La visite des bois, la visite d'un bâtiment, L'examen des bois, d'un bâtiment, fait ordinairement par des experts nommés par la justice.
• VISITE, se dit également Des tournées que les évêques font dans leur diocèse, les généraux d'ordres dans les monastères de leur ordre, pour examiner l'état des lieux, et voir si tout y est dans l'ordre. Visite pastorale.

VISITER . v. a.
• Aller voir quelqu'un chez lui. Visiter son ami.
• Il signifie plus ordinairement, Faire une visite, des visites. Visiter ses chefs. Visiter ses juges. Visiter les cardinaux. Visiter le sacré collége.
• VISITER, signifie aussi, Aller voir par charité ou par dévotion. Visiter les pauvres, les malades, les prisonniers. Visiter les hôpitaux. Visiter les églises. Visiter les saints lieux.
• VISITER, signifie encore, Aller voir si les choses sont dans l'ordre où elles doivent être. Visiter les côtes, les frontières, les arsenaux. Un bon évêque doit visiter son diocèse. L'archidiacre visite les églises, visite les curés. Les commis des douanes, les inspecteurs de l'octroi visitent les boutiques, les magasins, les marchandises.
• Il signifie aussi, Examiner quelque chose avec soin, pour en tirer quelque connaissance ou quelque conjecture. Le chirurgien a visité sa plaie. On a visité ce corps. Les matrones l'ont visitée. Cet architecte a visité toute la maison. Il n'y a ni coin ni recoin que le commissaire n'ait visité. Les commis ont visité sa malle. On a visité ses papiers.
• S'emploie quelquefois neutralement. Il a visité partout. Il a visité par toute la maison. On n'a pas visité chez lui.
• Fam., Cet avare visite souvent son coffre-fort, Il va souvent à son coffre-fort pour voir s'il n'est pas volé, ou pour jouir du plaisir de regarder son argent.
• En termes de l'Écriture, Dieu visite ses élus, Il les éprouve par des tribulations, par des afflictions.
• VISITÉ, ÉE. participe

VISITEUR .s.m.
• Celui qui est commis pour visiter. Visiteur des douanes.
• VISITEUR, dans les Ordres religieux, Celui qui est chargé d'aller visiter les maisons du même ordre, dans un certain district. Le père visiteur.
• Fam., C'est un grand visiteur, se dit D'un homme qui passe son temps à faire des visites.

VISON-VISU . Locution adverbiale et familière, qui est une altération du latin Visum visu,
et qui signifie, Vis-à-vis l'un de l'autre. Nous étions vison-visu.

VISORIUM .s.m.
• (On prononce Visoriome.) T. d'Impr. Instrument qui sert à tenir la copie sous les yeux du compositeur, et qui se fixe à la casse par une pointe: il est formé d'une petite planchette longue sur laquelle on applique les feuillets, en les arrêtant au moyen d'une pince mobile de bois.

VISQUEUX, EUSE. adj.
• Gluant. Liqueur épaisse et visqueuse. Humeur visqueuse. Plante visqueuse.

VISSER . v. a.
• Attacher, fixer avec des vis. Il ne faut pas clouer cette ferrure, vous feriez éclater le bois; il vaut mieux la visser.
• Se dit aussi en parlant De ce qui est terminé en vis, ou creusé en manière d'écrou, et qu'on tourne comme une vis pour le fixer à quelque chose. Dans ce sens, on l'emploie souvent avec le pronom personnel. Le tire-bourre se visse à l'extrémité de la baguette du fusil.
• VISSÉ, ÉE. participe

VISUEL, ELLE. adj.
• .Physiq. Qui appartient à la vue. Il ne se dit guère que dans ces locutions, Rayon visuel, point visuel.

VITAL, ALE. adj.
• Qui appartient à la vie, qui sert à la conservation de la vie, et sans quoi l'homme ou l'animal ne saurait vivre. Principe vital. Propriétés vitales. Force vitale. Le coeur, le poumon, le cerveau, sont des parties vitales. La circulation du sang, la respiration, etc., sont des fonctions, des actions vitales. On a dit de même autrefois, Les esprits vitaux.

VITALITÉ . s. f.
• Disposition des corps organisés à opérer les mouvements, les actions qui constituent la vie. Il est peu usité.

VITCHOURA .s.m.
• Vêtement garni de fourrure, que l'on met par-dessus ses habits pour se garantir du froid extérieur, et que l'on quitte dans l'appartement. Il est muni d'un bon vitchoura.

VITE . adj. des deux genres
• Qui se meut, qui court avec célérité, avec grande promptitude. Il ne se dit que Des animaux et de certaines choses dont le mouvement est rapide. Cheval vite, fort vite, vite comme le vent. Mouvement trop vite. Il a le pouls fort vite. Un copiste qui a la main fort vite.

VITE . adv.
• Avec vitesse. Courez vite. Allez vite. Cette horloge va trop vite. Il parle trop vite.
• Aller bien vite dans une affaire, Agir inconsidérément et avec précipitation, ne pas agir avec la circonspection et avec les précautions nécessaires.
• Fam., Aller vite en besogne, Être prompt, expéditif. Se dit quelquefois, figurément, D'un dissipateur, qui mange son patrimoine.

VITEMENT . adv.
• Vite. Allez vitement. Courez vitement. Il est familier.

VITESSE . s. f.
• Célérité, grande promptitude. La vitesse d'un mouvement. La vitesse d'un cerf, d'un cheval, d'un oiseau. La vitesse d'un trait d'arbalète, d'une balle de fusil. La vitesse du son, de la lumière. Il accourut avec vitesse. La vitesse de la main. Écrire, lire, prononcer avec vitesse.
• Gagner quelqu'un de vitesse, Arriver avant lui, parce qu'on est allé plus vite. Il signifie aussi, figurément, Gagner sur quelqu'un l'avantage du temps et de la célérité pour réussir dans le même projet. Vous vous êtes laissé gagner de vitesse.

VITRAGE .s.m. coll.
• Toutes les vitres d'un bâtiment, d'un édifice. Le vitrage de cette maison coûte beaucoup. Le vitrage de cette église est d'un grand entretien.
• Se dit aussi de Certains châssis de verre qui servent de cloison, de séparation dans une chambre. Le cabinet n'est séparé de la chambre que par un vitrage.

VITRAUX .s.m. pl.
• Les grands panneaux de vitres des églises. Des vitraux peints.

VITRE . s. f.
• Pièce de verre qui se met à une fenêtre. Panneau de vitres. Carreau de vitre. Il manque là une vitre. Il a cassé une vitre. Vitres bien claires. Vitres troubles. Laver, nettoyer des vitres. Mettre, attacher des vitres à une fenêtre. Il y a deux vitres cassées. Ce bruit a fait trembler les vitres.
• Fig. et fam., Casser les vitres, Ne rien ménager dans ses propos.
• VITRE, se dit quelquefois, populairement, de L'assemblage de plusieurs pièces de verre, qui se met à une ouverture faite pour donner du jour à un bâtiment. Ouvrir la vitre. Fermer la vitre.

VITRER . v. a.
• Garnir de vitres, de glaces. Vitrer une fenêtre, une porte.
• VITRÉ, ÉE. participe, Cabinet vitré. Porte vitrée.
• En termes d'Anat., Humeur vitrée, Une des trois humeurs de l'oeil, celle qui remplit le fond du globe.
• En Physiq., Fluide électrique vitré, ou Électricité vitrée. Voyez RÉSINEUX.

VITRERIE . s. f.
• Art et commerce du vitrier; La marchandise qui est l'objet de ce commerce.

VITRESCIBLE . adj. des deux genres. - Voyez VITRIFIABLE.

VITREUX, EUSE. adj.
• .Minéralogie. Qui a de la ressemblance avec le verre. Mine d'argent vitreuse.
• OEil vitreux, OEil qui a l'aspect du verre.

VITRIER .s.m.
• Artisan qui travaille en vitres, qui met des vitres aux fenêtres, aux châssis, etc. Il faut faire venir le vitrier. La boutique d'un vitrier. Vitrier ambulant. On appelle Vitrière, La femme d'un vitrier, ou Celle qui fait le commerce de vitrerie.

VITRIFIABLE . adj. des deux genres
• Susceptible d'être changé en verre. Terre vitrifiable. On dit aussi, Vitrescible.

VITRIFICATION . s. f.
• .Physiq. Action de vitrifier, ou de se vitrifier; État de ce qui est vitrifié. Feu de vitrification. La vitrification du sable et de l'oxyde de plomb est facile à opérer.
• Se dit, par extension, de La fusion des matières qui, après le refroidissement, offrent l'éclat, la transparence et la dureté du verre.

VITRIFIER . v. a.
• .Physiq. Fondre une substance de manière qu'elle se transforme en verre. Le feu vitrifie le sable mêlé à l'alcali. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Cette matière se vitrifie promptement.
• VITRIFIÉ, ÉE. participe, Matières vitrifiées, Matières transformées en verre, ou auxquelles la fusion a donné l'apparence du verre. Voyez VITRIFICATION.

VITRIOL .s.m.
• Nom donné, dans l'ancienne Chimie, aux sulfates, ou sels composés d'oxydes métalliques et d'acide sulfurique ou vitriolique. On appelait Vitriol blanc, Celui qui est fait avec du zinc (sulfate de zinc); Vitriol bleu, Celui qui est fait avec du cuivre (sulfate de cuivre); Vitriol vert, vitriol martial, Celui où il entre du fer, et qu'on nomme aussi Couperose (sulfate de fer); Etc.
• Huile de vitriol, Acide sulfurique concentré.

VITRIOLÉ, ÉE.. adj.
• Où il y a du vitriol. Eau vitriolée.

VITRIOLIQUE . adj. des deux genres
• Qui tient de la nature du vitriol. Acide vitriolique. On dit aujourd'hui, Acide sulfurique.

VITUPÈRE .s.m.
• Blâme. Sa vie est exempte de vitupère. Cette action est digne de vitupère. Il est vieux.

VITUPÉRER . v. a.
• Blâmer. Il est vieux.
• VITUPÉRÉ, ÉE. participe

VIVACE . adj. des deux genres
• Qui a en soi des principes d'une longue vie. Se dit Des espèces et des individus. En tels pays, les hommes sont vivaces. Le corbeau, le cerf, sont des animaux vivaces. Voilà un homme qui a l'air vivace.
• Se dit quelquefois, par extension, De ce qui est de longue durée ou difficile à détruire. Les préjugés sont vivaces.
• Se dit, en Botanique, Des plantes qui durent plus de deux ans, quoique leurs tiges se renouvellent chaque année. La garance, l'aristoloche, la violette, sont des plantes vivaces.

VIVACITÉ . s. f.
• Activité, promptitude à agir, à se mouvoir. Cet enfant a bien de la vivacité. Ce jeune homme a beaucoup de vivacité. Il met de la vivacité dans tout ce qu'il fait.
• La vivacité des passions, L'ardeur et l'activité des passions. Dans le tumulte et la vivacité des passions.
• Avoir de la vivacité dans les yeux, Avoir les yeux brillants et pleins de feu. Avoir une physionomie pleine de vivacité, Avoir un visage mobile, expressif.
• Fig., La vivacité de l'esprit, la vivacité de l'imagination, La prompte pénétration de l'esprit, la promptitude à concevoir, à imaginer. On dit à peu près dans le même sens, La vivacité des sentiments, des sensations.
• La vivacité des couleurs, la vivacité du teint, L'éclat des couleurs, l'éclat du teint.
• VIVACITÉ, signifie aussi, L'ardeur, la promptitude avec laquelle une chose est faite. La vivacité du combat, de la dispute, de la conversation. Cela lui est échappé dans la vivacité du discours. Rien n'interrompt la vivacité de ses recherches. La vivacité de son application est très-grande. La vivacité du dialogue. La vivacité de ses mouvements.
• S'emploie absolument, au pluriel, pour signifier, Des emportements légers et passagers. Il faut tâcher de réprimer ses vivacités.

VIVANDIER, IÈRE. s.
• Celui, celle qui suit l'armée ou un corps de troupes, et qui vend des vivres. Vivandier à la suite de l'armée. Charrette de vivandier, de vivandière.

VIVANT, ANTE. adj.
• Qui vit. Il est encore vivant. Elle est vivante. Les créatures vivantes. Il a dix enfants tous vivants. Au dernier vivant, au plus vivant les biens. Les êtres vivants.
• Le Dieu vivant, se dit, par excellence, Pour marquer qu'il n'y a que Dieu qui vive, qui existe par lui-même.
• En Jurispr. féodale, Homme vivant et mourant, Homme que les gens de mainmorte étaient obligés de désigner au seigneur du fief, et à la mort duquel ils devaient certains droits seigneuriaux.
• Fam., Il n'y a homme vivant qui puisse assurer.... Il n'y a personne qui puisse assurer. .. J'ai été en tel lieu, je n'y ai trouvé âme vivante, Je n'y ai trouvé personne.
• Fam., De la vie vivante, de votre vie vivante, de ma vie vivante, Jamais.
• Fig., C'est une bibliothèque vivante, se dit D'un homme très-savant.
• Fig., Ce jeune homme est le portrait vivant, est l'image vivante de son père, Il a tous ses traits, toute sa physionomie.
• Langue vivante, Langue que tout un peuple parle actuellement; par opposition à Langue morte, Langue que tout un peuple a parlée, mais qui ne se trouve plus que dans les livres.
• Quartier vivant, Quartier de ville où il y a beaucoup de monde et de mouvement. On dit de même, Rue vivante.
• VIVANT, s'emploie aussi comme substantif. Dieu viendra juger les vivants et les morts. On est jaloux des vivants, on ne rend justice qu'aux morts.
• Fam., Un bon vivant, Un homme d'une humeur facile et gaie, et qui aime à se réjouir sans faire tort à personne.
• Pop. et absol., Un vivant, Un homme d'un caractère décidé: ce qu'on ajoute à cette locution détermine le sens qu'on veut lui donner. C'est un vivant, ne vous y fiez pas. C'est un vivant qu'on ne déconcerte point. C'est un vivant qui n'a point de scrupules.
• En termes d'anciennes Ordonnances, Un mal vivant, Un homme de mauvaise vie. C'est un mal vivant. Les vagabonds et mal vivants.
• VIVANT. substantif, signifie quelquefois, La vie. Du vivant d'un tel. Vous ne verrez pas cela de votre vivant. Cela se faisait de son vivant. Dans le même sens on dit, En son vivant; mais cela ne se trouve plus que dans quelques anciennes épitaphes. Ci-gît un tel, en son vivant bourgeois, conseiller, etc.

VIVAT
• (On fait sentir le T.) Mot emprunté du latin, et dont on se sert pour applaudir une personne. Tout le monde cria Vivat.
• S'emploie quelquefois comme substantif masculin, et se dit d'Une acclamation quelconque par laquelle on souhaite longue vie et prospérité à quelqu'un. Des vivat répétés. Il est familier.

VIVE . s. f.
• Espèce de poisson de mer, de la grosseur du maquereau. Une belle vive. La chair de la vive est ferme et de bon goût.

VIVEMENT . adv.
• Avec vivacité, avec ardeur, avec vigueur, sans relâche. Attaquer, presser vivement. Réprimander quelqu'un vivement. S'intéresser vivement à quelqu'un. Prendre vivement le parti de quelqu'un.
• Il signifie aussi, Sensiblement, profondément. Sentir vivement la douleur, le froid. Sentir vivement une affliction, un bienfait, une injure. Il en a été vivement touché, vivement piqué.

VIVIER .s.m.
• Pièce d'eau courante ou dormante, dans laquelle on nourrit, on conserve du poisson. Grand vivier. Petit vivier. Vivier d'eau vive. Il y a beaucoup de poisson dans ce vivier.

VIVIFIANT, ANTE. adv.
• Qui vivifie, qui ranime, qui est propre à redonner du mouvement. Principe vivifiant. Chaleur vivifiante.
• S'emploie particulièrement en termes de Théologie. Esprit vivifiant. Grâce vivifiante. Le Saint-Esprit est l'esprit vivifiant.

VIVIFICATION . s. f.
• Action par laquelle on ranime, on vivifie. La vivification d'un membre paralysé. Il n'est point usité dans le langage médical.

VIVIFIER . v. a.
• Donner la vie et la conserver. C'est Dieu seul qui vivifie toutes choses.
• Se dit, figurément, Du soleil et de quelques autres agents naturels; et alors il signifie, Donner de la vigueur, de la force. Le soleil vivifie les plantes par sa chaleur.
• Se dit aussi figurément, en Théologie, Des effets que Dieu produit dans l'âme par la grâce. La grâce vivifie.
• Prov., La lettre tue et l'esprit vivifie, Pour bien comprendre une loi, un précepte, etc., souvent, au lieu de s'attacher servilement au sens littéral des mots, il faut chercher à saisir la pensée, l'intention de l'auteur. Cela se dit aussi en parlant Des traductions trop serviles, et pour les blâmer.
• VIVIFIER, signifie aussi, Rendre un pays, un lieu bien vivant, faire qu'il y ait du mouvement, de l'activité, de l'industrie. L'établissement de ces nouvelles familles, de ces nouvelles manufactures a vivifié cette province.
• VIVIFIÉ, ÉE. participe

VIVIFIQUE . adj. des deux genres.
• Qui a la propriété de vivifier. Des sucs vivifiques. On dit plus ordinairement, Vivifiant.

VIVIPARE . adj. des deux genres.
• .Zoologie. Se dit Des animaux qui mettent au monde leurs petits tout vivants. Il y a des serpents vivipares, et d'autres qui sont ovipares.
• S'emploie aussi substantivement, au masculin. Les vivipares.

VIVOTER . v. n.
• Vivre petitement, subsister avec peine. Il n'a pas grand bien, mais il vivote tout doucement. Il ne fait que vivoter. Il est familier.

VIVRE . v. n.
• (Je vis, tu vis, il vit; nous vivons, vous vivez, ils vivent. Je vivais. Je vécus. J'ai vécu. Je vivrai. Je vivrais. Vis, vivez. Que je vive. Que je vécusse. Vivant.)
• Être en vie. Tous les hommes et tous les animaux qui vivent sur la terre. Les oiseaux vivent dans l'air, et les poissons dans l'eau. Si nous vivons dans ce temps-là. Il a vécu cent ans. Saint Louis vivait au treizième siècle. S'il vit âge d'homme. Cesser de vivre. Être las de vivre. Ils vécurent ensemble.
• Prov., On ne sait qui meurt, ni qui vit, se dit Pour exprimer l'incertitude où l'on est sur la durée de la vie et sur le moment de la mort. Il faut lui donner une reconnaissance de l'argent qu'il nous a prêté, car on ne sait qui meurt, ni qui vit.
• Fig.: Il est toujours malade, il est dans des frayeurs continuelles, ce n'est pas vivre. Il ne vit pas, il ne fait que languir. On dit aussi, Ne vivre que pour soi, Ne songer qu'a soi, ne s'occuper que de ses intérêts; et, dans des sens analogues: Ne vivre que pour servir Dieu, que pour étudier, que pour le bonheur des autres, que pour les autres. Je ne vis que pour toi.
• Dieu vit de toute éternité, vit dans les siècles des siècles, vit par lui-même, se dit Pour exprimer que l'existence de Dieu est éternelle et indépendante. Les bienheureux vivront éternellement avec Dieu dans la gloire, Ils jouiront de la vue de Dieu pendant l'éternité.
• VIVRE, signifie figurément, Durer, subsister. Ainsi on dit, dans le style soutenu: Un si grand prince vivra éternellement dans l'histoire. La mémoire de ce conquérant, son nom, sa gloire vivra jusque dans la postérité la plus reculée. On dit aussi, Cet ouvrage vivra, Il passera à la postérité. Les mauvais ouvrages ne vivent que peu de temps.
• Se dit, en termes de Dévotion, par rapport à la disposition de l'âme qui est en état de grâce. Un pécheur converti vit de la vie de la grâce, vit d'une vie nouvelle. Dans l'Écriture sainte, il est dit, Le juste vit de la foi.
• VIVRE, signifie aussi, Se nourrir, soutenir sa vie par le moyen des aliments. Donner à quelqu'un pour vivre, de quoi vivre; le faire vivre. Il n'a pas de quoi vivre. Il ne vit que de racines, que de légumes. Les oiseaux qui vivent de grains, de proie, de carnage. Cet homme-là vit de peu, vit sobrement. Il vit aux dépens d'autrui, sur le commun, aux dépens du commun. Il fait cher vivre dans cette ville.
• Vivre de régime, Vivre avec beaucoup de règle, pour rétablir ou pour conserver sa santé.
• Vivre à table d'hôte, Manger habituellement à une table commune où chacun paye tant par repas. Ils vivent en commun, se dit De plusieurs personnes qui n'ont qu'une table à frais communs.
• Prov., Il faut que tout le monde vive, Il faut laisser ou fournir à chacun les moyens de pourvoir à son existence.
• VIVRE, se dit également en parlant De tout ce qui fournit les moyens de subsister, de se soutenir. Vivre de son bien, de ses rentes. Vivre de son travail, de son métier, etc. Vivre d'emprunt. Vivre d'aumônes. Vivre de rapine.
• Fam., Vivre de ménage, Vivre avec économie; et figurément, par plaisanterie, Vendre ses meubles pour subsister.
• Vivre d'industrie, Trouver moyen de subsister par son adresse et par son savoir-faire. Il ne se dit qu'en mauvaise part.
• Fig., Vivre d'espérance, Vivre dans l'attente de quelque bien, et se soutenir par cette attente.
• Fig. et fam., Il vit de la grâce de Dieu, se dit D'un homme à qui on ne connaît aucun bien, ni aucune ressource pour subsister. Se dit aussi D'un homme qui mange très-peu, et à peine autant qu'il faut pour se soutenir.
• Vivre au jour la journée, au jour le jour, N'avoir pour subsister que ce qu'on gagne chaque jour par son travail.
• Prov. et fig., Vivre au jour le jour, S'inquiéter peu du lendemain, être sans prévoyance.
• Prov., Item il faut vivre, La nécessité de pourvoir à sa subsistance doit excuser beaucoup de choses que l'on fait, et que l'on ne ferait pas sans cela.
• Vivre à discrétion, se dit Des soldats qui ont été envoyés dans un village, dans une ville, pour se faire traiter à leur gré par les habitants.
• VIVRE, se dit souvent Par rapport à la dépense qu'on fait pour sa table, pour ses habits, pour son train, et par rapport aux commodités ou incommodités de la vie. Vivre splendidement, magnifiquement, honorablement, noblement, grandement, largement. Vivre en grand seigneur. Vivre en prince. Vivre en gueux. Vivre avec économie. Vivre mesquinement, sordidement, pauvrement, étroitement, petitement, misérablement. Il ne vit pas selon sa condition.
• Vivre noblement, Mener un genre de vie dans lequel il n'y a rien qui puisse déroger à la noblesse. Cette locution a vieilli.
• VIVRE, se dit aussi Par rapport à la manière de passer sa vie dans les divers états que l'on embrasse, dans les différents lieux que l'on habite, dans une situation heureuse ou malheureuse, etc. Vivre dans le célibat, dans le mariage. Vivre dans le grand monde, dans l'obscurité. Vivre à la ville, à la campagne, à la cour. Vivre chez soi, chez ses amis. Vivre dans la solitude, dans la retraite, dans le cloître, dans les camps. Vivre dans la joie, dans la tristesse, dans les plaisirs. Vivre heureux, content, tranquille. Vivre malheureux.
• Prov., Vivre paix et aise, Passer sa vie tranquillement et dans l'abondance. Cette manière de parler a vieilli.
• Prov., Il faut laisser chacun vivre à sa mode, Il faut que chacun en use, agisse comme il lui plaît, en ce qui le regarde. On dit de même, Chacun vit à sa mode.
• VIVRE, signifie encore, Se conduire, se comporter bien ou mal, eu égard aux moeurs, à la religion. Vivre en homme de bien. Vivre saintement, sagement. Il a toujours vécu sans reproche. Vivre régulièrement, religieusement. Vivre en bon chrétien. Vivre en libertin. Vivre licencieusement. Vivre dans la crapule, dans la débauche. Vivre mal. Il faut bien vivre pour bien mourir. On meurt d'ordinaire comme on a vécu. Vivre au hasard, sans prévoyance, sans réflexion.
• Vivre bien avec quelqu'un, Vivre avec lui de bon accord, en bonne intelligence. Ils vivent bien ensemble. Et, Vivre mal avec quelqu'un, N'être point avec lui en bonne intelligence. Cette femme vit mal avec son mari. Cet homme vit mal avec ses voisins.
• Vivre bien avec quelqu'un, signifie aussi, Se comporter avec lui convenablement, décemment, ne point manquer aux égards que prescrit le savoir-vivre. Quoique nous soyons en procès, nous vivons bien ensemble. Et, dans le sens contraire, Vivre mal avec quelqu'un. Il vit mal avec des parents auxquels il a de grandes obligations.
• Fam., Vivre avec quelqu'un, signifie quelquefois, Être avec quelqu'un dans un état de concubinage. Il vit avec cette femme depuis longtemps. Elle vit avec un jeune homme.
• On ne saurait vivre avec cet homme-là, Il est d'une humeur à laquelle on ne saurait s'accoutumer. Cet homme est aisé à vivre, est commode à vivre, Cet homme est d'un commerce doux et facile, il est aisé de vivre avec lui. Dans le sens contraire, on dit, C'est un homme difficile à vivre.
• Savoir vivre, Avoir les manières du monde, savoir se conduire suivant les usages reçus parmi les gens bien élevés. Il a de l'esprit, il a fréquenté la bonne compagnie, il sait vivre. Cet homme est fort incivil, il ne sait pas vivre.
• Substantiv., Le savoir-vivre, La connaissance et la pratique des bienséances et des usages reçus parmi les gens du monde. C'est un homme qui a bien du savoir-vivre. Il manque de savoir-vivre. On dit dans un sens analogue, Apprendre à vivre, Acquérir cette connaissance, s'instruire de ces usages.
• Fam., Je lui apprendrai à vivre, Je le corrigerai, je le punirai de sa faute, de ses torts.
• Donner tant aux soldats pour le bien vivre, se disait D'une certaine somme qu'on donnait aux soldats, dans les quartiers, dans les garnisons, pour les obliger à ne rien exiger de leurs hôtes au delà de ce que prescrivaient les ordonnances.
• VIVRE, se dit encore Par rapport au gouvernement politique, aux lois, aux usages du pays dans lequel on demeure. Vivre sous les lois d'un prince. Les lois, les coutumes suivant lesquelles nous vivons. Nous vivons sous un prince généreux. C'est ainsi qu'on vit dans ce pays sauvage.
• En termes de galanterie, Vivre sous les lois d'une femme.
• Vive Dieu! Sorte d'affirmation tirée de l'Écriture sainte. Elle a vieilli.
• VIVE LE ROI,! Acclamation pour témoigner qu'on souhaite longue vie et prospérité au roi. Le peuple cria, Vive le roi! On dit de même: Vive la liberté! Vive la charte! Vivent les braves! Vivent nos libérateurs! Etc.
• VIVE, est aussi un terme familier dont on se sert Pour marquer qu'on estime quelqu'un, qu'on fait grand cas de quelque chose. Vive un tel, c'est un galant homme. Vivent les arts. Vivent la Champagne et la Bourgogne pour les bons vins. Vive Paris pour la bonne compagnie et la bonne chère Vive le vin. Vive l'amour. Vive la joie.
• Substantiv., C'est un vive-la-joie, qui n'engendre pas de mélancolie, C'est un homme joyeux, sans souci.
• QUI VIVE,? Terme dont les sentinelles et les patrouilles se servent, Pour demander à toute personne qui approche ou qu'elles rencontrent, de quelle nation, de quelle armée, de quel parti elle est. On lui cria, Qui vive? il répondit, France. On l'emploie quelquefois comme substantif masculin: alors il s'écrit, Qui-vive. Les deux troupes en vinrent au qui-vive.
• Fig. et fam., Être sur le qui-vive, Être très-attentif à ce qui se passe. Il signifie plus particulièrement, Être dans un état d'alarme et de défiance. Il faut toujours être sur le qui-vive avec lui, se dit en parlant D'un homme susceptible et difficile à vivre.

VIVRE .s.m.
• Nourriture. Il lui donne tant pour le vivre et le vêtement.
• Il est plus usité au pluriel; et alors il signifie, Toutes les choses dont une personne peut se nourrir. Les vivres sont fort chers dans cette ville. Les assiégés manquaient de vivres. Fournir de vivres. Fournisseur des vivres. Munir une place de vivres. Grand convoi de vivres. De bons vivres. Des vivres frais. Magasin des vivres. Embarquer des vivres, ou Faire les vivres.
• Il signifie aussi, L'entreprise de la fourniture du pain et de la viande pour les armées. L'administration des vivres. Il a fait promptement fortune dans les vivres. Les vivres-pain. Les vivres-viande.

VIZIR .s.m.
• Nom des principaux officiers du conseil du Grand Seigneur. On appelle Grand vizir, Le premier ministre de l'empire ottoman.
• Fig. et fam., C'est un vizir, se dit D'un homme en place qui a le caractère absolu, le commandement hautain. On dit de même, Il parle en vizir.

VIZIRAT ou VIZIRIAT.s.m.
• Dignité, fonction de vizir. Se dit aussi Du temps qu'un vizir est en place. Pendant son vizirat.

VOCABULAIRE .s.m.
• Liste de mots, communément dans l'ordre alphabétique, et accompagnés d'une explication succincte. Il y a à la fin de ce Voyage un vocabulaire de telle langue. Excellent vocabulaire. Mauvais vocabulaire.
• Se dit aussi Des mots qui appartiennent particulièrement à une science, à un art. Le vocabulaire de la chimie, des mathématiques, des sciences, des arts, de la philosophie, etc. On dit à peu près dans ce sens, Le vocabulaire de ce peuple est peu étendu, se compose de peu de mots.

VOCABULISTE .s.m.
• Auteur d'un vocabulaire. Il est peu usité.

VOCAL, ALE. adj.
• Qui s'énonce, qui s'exprime par la voix. Il n'est guère usité que dans ces locutions: Prière, oraison vocale, par opposition à Oraison mentale; Musique vocale, par opposition à Musique instrumentale; et, L'organe vocal, L'organe de la parole.
• VOCAUX, au pluriel, se dit substantivement, dans les Communautés ecclésiastiques, séculières ou régulières, de Ceux qui ont droit de donner leur voix dans quelque élection. Il n'y avait que douze vocaux à cette élection.

VOCALISATION . s. f.
• Action de vocaliser.

VOCALISER . v. n.
• .Musiq. Parcourir en chantant une échelle de sons pour se former la voix, faire les premiers exercices du chant, sans nommer les notes.

VOCATIF .s.m.
• .Gram. Cas dont on se sert quand on adresse la parole à quelqu'un. Dans notre langue, où il n'y a point de cas, on y supplée par l'interjection Ô, que l'on sous-entend communément. Ô mon Dieu! ô mon Sauveur! Mon Dieu, mon Sauveur! Ô malheureux! que fais-tu? Que fais-tu, malheureux! Ô toi que j'implore. Toi que j'implore.

VOCATION . s. f.
• Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à quelque genre de vie. Répondre, résister à sa vocation. Suivre sa vocation. Il s'est fait prêtre sans vocation. Ce n'est pas sa vocation d'être d'Église.
• Il signifie aussi, L'inclination que l'on se sent pour un état. Il se sent de la vocation pour le commerce, pour le barreau, pour le mariage. Je ne m'oppose point à sa vocation. Je ne veux pas contrarier sa vocation. Avant que de choisir un état, il faut examiner sa vocation.
• Il signifie encore, Disposition, talent. Il a une vocation pour ces sortes d'affaires. Il a une vocation décidée pour la peinture, la musique, la poésie, etc.
• Il signifie également, Un certain ordre de la Providence que l'on doit suivre. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables. La vocation des rois est de rendre leurs sujets heureux. Il remplit sa vocation en soulageant les infortunés.
• VOCATION, signifie aussi, L'ordre extérieur de l'Église, par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes. Vocation extérieure.
• La vocation des gentils, La grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile.
• La vocation d'Abraham, Le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants. La vocation d'Abraham fait époque dans la chronologie.

VOCIFÉRATIONS . s. f. pl.
• Paroles accompagnées de clameurs. Les vociférations de l'assemblée ne l'intimidèrent point.

VOCIFÉRER . v. n.
• Parler avec l'accent de la colère, pousser des clameurs. Vociférer contre quelqu'un.

VOEU .s.m.
• Promesse faite à Dieu par laquelle on s'engage à quelque oeuvre que l'on croit lui être agréable, et qui n'est point de précepte. Voeu solennel. Voeu sacré. Voeu de virginité. Les trois voeux, de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Faire un voeu. Faire voeu de jeûner, d'aller en pèlerinage, de fonder un monastère, une église. Accomplir un voeu. S'acquitter de son voeu. Rompre, violer son voeu. Se faire délier, relever de son voeu.
• Voeu de stabilité, Engagement de quelques religieux à demeurer toujours dans un certain monastère.
• Voeu simple, Voeu qui n'est pas fait en face de l'Église avec les formalités prescrites par les canons. On l'oppose à Voeu solennel.
• Fig. et fam., Je n'ai pas fait voeu de faire telle chose, J'ai la liberté de la faire ou de ne pas la faire, je ne me suis engagé à rien.
• VOEU, signifie quelquefois, Promesse qu'on s'est faite à soi-même, résolution ferme qu'on a prise de faire ou de ne pas faire une chose. J'ai fait voeu de ne jamais fréquenter cet homme-là. J'ai fait voeu de vous être attaché pour la vie.
• VOEU, signifie aussi, L'offrande promise par un voeu. Appendre des voeux aux piliers d'une chapelle. Ce tableau est un voeu. On appelle aussi ces sortes d'offrandes Des ex-voto, d'une expression latine que l'usage a fait passer dans la langue. Ce tableau est un ex-voto.
• VOEU, se prend quelquefois pour Suffrage; et, dans cette acception, il ne se dit qu'en quelques lieux, dans certaines élections et délibérations. Donner son voeu. Refuser son voeu. Écrire son voeu. Il a le voeu de la nation.
• VOEU, signifie souvent, Souhait, désir. C'est mon voeu le plus cher. Le voeu général. C'est le voeu de tous les gens de bien. Mon voeu fut exaucé.
• S'emploie plus ordinairement au pluriel, dans le même sens. Exaucer, remplir, combler les voeux de quelqu'un. Faire, former des voeux pour quelqu'un. Borner ses voeux. Il a les voeux du public. C'est l'objet de ses voeux. Il s'est rendu à nos voeux. Il a rempli mes voeux. Tout favorisait l'accomplissement de ses voeux. Des voeux indiscrets.
• Le voeu de la loi, Ce qu'a prescrit la loi. Pour satisfaire au voeu de la loi.
• VOEUX, au pluriel, signifie aussi, La cérémonie de la profession solennelle de l'état religieux. Prononcer ses voeux. Ce novice ne sera point admis à faire ses voeux.
• Renouvellement des voeux, La commémoration annuelle de la profession.

VOGUE . s. f.
• .Marine. L'impulsion, le mouvement d'une galère ou autre bâtiment, causé par la force des rames. Vogue lente et faible. Vogue pressée et forte. En ce sens, il est vieux.
• Il signifie figurément, Le crédit, la réputation dont jouit une personne et qui attire les autres à elle. Ce prédicateur avait la vogue, était en vogue. Ce marchand, cet ouvrier a la vogue. Cela l'a mis en vogue.
• Se dit aussi Des choses qui ont un grand cours, qui sont fort à la mode. À cette époque, les romans étaient fort en vogue. Cette dame a mis cet ajustement en vogue. Ce jeu est présentement en vogue. Ce livre n'aura qu'une vogue passagère. Cette pièce a la vogue.

VOGUER . v. n.
• Être poussé sur l'eau à force de rames. Les galères commençaient à voguer.
• Se dit quelquefois dans une acception moins restreinte, et signifie, Naviguer de quelque manière que ce soit. Nous voguions à pleines voiles. Notre vaisseau voguait en pleine mer. Les marins disent aujourd'hui, Siller, marcher, aller de l'avant.
• Il signifie aussi, Ramer, mouvoir, faire aller avec la rame. Il y avait, sur cette galère, des forçats qui voguaient à merveille. Ce sens est maintenant peu usité.
• Prov. et fig., Vogue la galère, Arrive ce qui pourra.

VOGUEUR .s.m.
• Rameur. Il avait de bons vogueurs avec lui. Il a vieilli: on dit, Rameur.

VOICI . préposition
• Ce mot sert à montrer, à désigner Une personne ou une chose qui est proche de celui qui parle. Voici le livre dont on a parlé. Voici la maison en question. Nous voici quatre. L'homme que voici. L'ordre que voici. Me voici; que voulez-vous? Le voici qui arrive.
• S'emploie aussi Lorsqu'on va immédiatement énoncer, dire, expliquer ou détailler quelque chose. Voici la preuve de ce que je viens de vous dire. Voici la cause de cet événement. Voici de quoi se composait son petit bagage. S'il me parlait de la sorte, voici ce que je lui répondrais.
• Fam., En voici d'une autre, en voici bien d'une autre, se dit en parlant D'une chose qui paraît singulière.
• VOICI, s'emploie également pour exprimer Un état actuel, ou une action qui a lieu dans le moment même. Nous voici donc arrivés. Nous voici à la fin de l'hiver. Voici qu'il vient.
• Fam., Nous y voici, se dit en parlant D'une chose qui arrive comme on l'avait prévu. Se dit aussi Pour exprimer qu'on arrive à la question.
• Autrefois, on mettait Voici avant l'infinitif, surtout pour le verbe Venir: cette forme s'est conservée dans quelques phrases. Comme il parlait à la femme, voici venir le mari, Le mari survint. Voici venir le printemps, Le printemps approche.

VOIE . s. f.
• Chemin, route par où l'on va d'un lieu à un autre. Il désigne plus spécialement, Les grands chemins des anciens Romains, ces routes conduites de Rome aux extrémités de l'Europe et par delà, dont il reste encore des vestiges. Les voies romaines prenaient leur nom de celui qui les avait fait construire ou réparer. La voie Appienne. La voie Flaminienne.
• Prov., Il est toujours par voie et par chemin.
• Absol., La voie publique, se dit en général Des rues, des places publiques, des chemins, etc. N'embarrassez pas, n'obstruez pas la voie publique.
• VOIE, s'emploie figurément en termes de Religion, de Dévotion. La voie du paradis, du ciel. La voie du salut. La droite voie. JÉSUS-CHRIST a dit de lui, dans l'Évangile: je suis la voie, la vérité et la vie. Être dans la bonne voie. Si vous suivez cette voie, vous serez sauve. Être en voie de perdition, dans la voie de perdition.
• En termes de l'Écriture, La voie étroite, La voie du salut; et par opposition, La voie large, Le chemin de perdition.
• VOIE, en termes de l'Écriture, signifie aussi, Les commandements de Dieu, ses lois. Seigneur, enseignez-nous vos voies. Se dit, dans un autre sens, Des moyens dont Dieu se sert pour conduire les choses humaines. Les voies du Seigneur, les voies de la Providence sont incompréhensibles, sont impénétrables. Dans ces deux acceptions, il ne s'emploie guère qu'au pluriel. --- On dit encore, dans le style de l'Écriture, L'impie s'est égaré dans ses voies. On dit aussi, Toute chair avait corrompu sa voie, Les hommes s'étaient abandonnés à toute sorte de crimes.
• Fig., en Astron., Voie lactée, Grande trace de lumière blanche et diffuse qui traverse presque toute la sphère céleste, à peu près du nord au sud, et qui, vue au télescope, se résout en une multitude innombrable d'étoiles distinctes. La voie lactée s'appelle populairement le Chemin de Saint-Jacques.
• VOIE, signifie aussi, L'espace qui est entre les deux roues d'une voiture. La voie d'une charrette, d'un cabriolet. La voie des voitures d'Allemagne est plus étroite que celle des voitures de France. La voie n'est pas la même dans ce canton que dans l'autre. Ces voitures n'ont pas la même voie.
• Cette voiture a la voie, n'a pas la voie, Ses roues ont ou n'ont pas entre elles la distance convenable, réglée par les ordonnances ou par les usages du pays.
• VOIE, se dit encore de La trace que la voiture fait ou a faite en marchant. On a suivi la voie du carrosse. Ôtez-vous de la voie de la charrette.
• Prov. et fig., Laisser une chose en voie, La laisser sans la serrer. Il ne faut rien laisser en voie dans cette maison. On dit plus ordinairement, Laisser en vue.
• VOIE, en termes de Chasse, Le chemin par où la bête a passé. Les chiens sont sur la voie, sur les voies, à bout de voie. Mettre les chiens sur les voies. Les chiens ont empaumé la voie.
• Fig., Mettre quelqu'un sur les voies, sur la voie, Lui donner des renseignements, des indications propres à le faire parvenir au but qu'il se propose.
• Fig. et fam., Être à bout de voie, Avoir épuisé toutes ses ressources et n'avoir plus aucun moyen de réussir dans son entreprise.
• Fig. et fam., N'avoir ni vent ni voie d'une chose ou d'une personne, N'en rien savoir, n'être point informé de ce qu'elle est devenue.
• VOIE, signifie aussi, La voiture par laquelle les personnes, les marchandises sont transportées d'un lieu à un autre. Quelle voie prendrez-vous pour envoyer cela à Nantes? Je prendrai la voie de la Loire. Aller par la voie de terre, par la voie de mer. Prendre la voie de terre, la voie de mer, la voie de l'eau. Je ferai tenir ces hardes par la voie des rouliers. Je m'en irai par la voie du messager, du coche. La voie de la poste est la plus prompte pour faire tenir des lettres. Envoyez-moi cela par la voie de monsieur un tel. C'est une voie sûre.
• En termes d'Anat., Les voies digestives ou premières voies, Les organes qui reçoivent immédiatement les aliments, tels que l'oesophage, l'estomac, les intestins. Les voies urinaires, les voies biliaires, les voies spermatiques, etc., Les conduits de l'urine, de la bile, etc.
• VOIE, signifie figurément, Moyen dont on se sert. Je ne sais quelle voie je dois tenir, suivre, choisir pour cela. Vous ne prenez pas la bonne voie pour réussir. Un tel a du crédit auprès du ministre; adressez-vous à lui, servez-vous de cette voie. C'est la voie la plus courte, la plus sûre, la meilleure. Il ne faut pas se servir de mauvaises voies pour arriver à une bonne fin. Je vous ai préparé les voies, vous n'avez plus qu'à suivre votre affaire. Je lui ai ouvert les voies, la voie, une voie sûre, une bonne voie. Il a fait sa fortune par la voie des armes. La voie de la faveur. Des voies obliques. Des voies indirectes. Les voies de conciliation. Les voies de rigueur. Tenter la voie des négociations. On a eu recours à la voie des emprunts. Des voies souterraines. Des voies canoniques.
• Se dit particulièrement, en Chimie, de La manière d'opérer. La voie sèche, Celle qui emploie le feu, sans intermède de liquide. La voie humide, Celle qui emploie les dissolvants. On retire cette substance de telle autre par voie de distillation.
• En Jurispr., Voies de droit, Le recours à la justice, suivant les formes légales. La voie de l'appel. Attaquer un jugement en dernier ressort par voie de requête civile. Dans le même langage, on appelle Voies de fait, Les actes de violence, les mauvais traitements, les coups donnés à quelqu'un. Voie de fait, au singulier, se dit aussi de Tout acte par lequel on s'empare violemment d'une chose sur laquelle on n'a point de droit reconnu.
• Être en voie d'accommodement, de s'accommoder, en voie de faire quelque chose, Y travailler, s'y disposer; être en train de.... être prêt à....
• En termes de Législation et de Finances, Voies et moyens, Les revenus de tout genre que l'État applique à ses dépenses. Discuter le budget des voies et moyens.
• VOIE, signifie aussi, Charretée, mesure qui contient environ une charretée. Voie de bois. Il y avait deux voies de bois dans la corde. Voie de pierre. Voie de sable. Voie de plâtre.
• Voie de charbon, Sachée de charbon, telle qu'un homme la peut porter.
• Voie d'eau, Les deux seaux d'eau que porte un homme.
• En termes de Marine, Voie d'eau, Ouverture faite accidentellement à un navire, et par laquelle l'eau entre. Il y avait une voie d'eau à l'avant du vaisseau.

VOILÀ . préposition
• Ce mot a une signification analogue à celle de Voici, mais il sert à marquer Une chose un peu éloignée de celui qui parle. Voilà l'homme que vous demandez. L'homme que voilà s'avance vers nous. Le voilà qui arrive. Voilà l'ennemi.
• Se dit aussi Des choses qui sont seulement exprimées par le discours. Alors il se rapporte toujours à ce qui vient d'être dit, expliqué, détaillé; au lieu que Voici se rapporte à ce qu'on va dire, etc. Voilà ce qui en est résulté. Voilà ce qu'il faut considérer. Voilà sa raison. Voilà sa preuve. Voilà tout ce que je possède. Du pain et du fromage, voilà son déjeuner de tous les jours. Vous lui remettrez cette lettre et ce paquet; voilà tout, c'est-à-dire, Voilà tout ce que je vous prescris de faire. Fam., Voilà ce que c'est que de faire l'impertinent, Tels sont les désagréments, les traitements fâcheux auxquels on s'expose, quand on fait l'impertinent. Voilà les services que je lui ai rendus, et voici quelle a été ma récompense.
• S'emploie également pour marquer Un état prochain, ou même actuel, et Une action qui a lieu présentement. Ainsi on dit: Voilà qui est fait tout à l'heure, Cela ne tardera pas à être fait. Voilà qui est bien, C'est assez. Voilà qui va bien, qui marche bien, Cela est bien, et promet pour la suite.
• Il est quelquefois suivi de que, comme dans ces phrases: Voilà qu'on sonne. Voilà qu'il arrive.
• Il marque souvent, dans le langage familier, Ce qu'une chose a d'inopiné, de subit. Comme nous étions à la promenade, voilà qu'une ondée vint à tomber.
• Ne voilà-t-il pas! Sorte d'exclamation de surprise. Ne voilà-t-il pas qu'il se fâche sans sujet!

VOILE .s.m.
• Pièce de toile ou d'étoffe destinée à cacher quelque chose. Voile épais. Voile clair. Les femmes, et particulièrement les veuves, se servent de voiles pour se couvrir la tête, pour se cacher le visage. Lever, écarter son voile. Elle est veuve, elle porte le grand voile. Les femmes, en Orient, ne sortent point qu'elles ne soient couvertes d'un voile. Voile de mousseline, de gaze, de tulle, de dentelle.
• Fig., Avoir un voile devant les yeux, se dit Lorsque les préjugés, les préventions, l'amour, la haine, ou quelque autre passion nous empêche de voir les choses comme elles sont.
• Fig. et poétiq., Les voiles de la nuit, Les ténèbres de la nuit.
• VOILE, signifie aussi, La couverture de tête que portent les religieuses; et l'on dit, Cette fille a pris le voile, Elle est entrée au noviciat, elle a pris le voile que portent les novices. Assister à une prise de voile. Tel évêque lui a donné le voile. Bénir le voile. La bénédiction du voile. Elle est encore novice, et n'a que le voile blanc. Les professes portent le voile noir.
• Se dit, par extension, de L'étoffe dont se font les voiles des religieuses, à quelque usage qu'on l'emploie. Un habit de voile, Un manteau de voile. Une doublure de voile.
• VOILE, signifie quelquefois, Un grand rideau. À la mort de JÉSUS-CHRIST, le voile du temple se déchira en deux parts de haut en bas. On met quelquefois dans les cathédrales un grand voile pour séparer le sanctuaire du reste du choeur.
• Il signifie figurément, Apparence, couleur spécieuse, prétexte, moyen dont on se sert pour tenir une chose cachée. Un scélérat qui se couvre du voile de la piété, de la dévotion. Il faut lui arracher le voile dont il se couvre, et faire connaître sa méchanceté. Il faut jeter un voile sur cette affaire.
• Se dit aussi figurément de Ce qui nous dérobe la connaissance de quelque chose. Comment soulever le voile qui nous cache l'avenir? Soulever un coin du voile qui nous cache les secrets de la nature.
• En termes d'Anat., Voile du palais, Expansion charnue fixée supérieurement au bord de la voûte palatine, libre et flottante intérieurement, et dont les bords latéraux se continuent avec la langue et le pharynx par des replis que l'on appelle Piliers du voile du palais.

VOILE . s. f.
• Pièce de toile forte, ordinairement composée de plusieurs lés, et que l'on attache aux vergues ou antennes des mâts, pour prendre, pour recevoir le vent. La grande voile, ou La voile du grand mât. Voile d'artimon, de misaine, de trinquet, de perroquet. Voile de l'avant, de l'arrière. Voile latine ou triangulaire. Voile carrée; etc. Déployer les voiles. Amener, baisser, carguer les voiles. Plier, serrer, caler la voile. Ferler, déferler une voile. Aller à la voile. Aller à voiles et à rames. Ils cinglaient à pleines voiles, à voiles déployées. Il avait tendu toutes ses voiles. Diminuer de voiles. Le vent avait enflé les voiles.
• Voiles d'étai, Voiles attachées sans vergue aux étais.
• Mettre les voiles au vent, mettre un navire à la voile, et absolument, Mettre à la voile, Partir du port, de la rade, commencer la navigation.
• Faire voile, Naviguer; et, Faire force de voiles, forcer de voiles, mettre toutes voiles dehors, Déployer toutes les voiles pour faire une plus grande diligence.
• Fig. et fam., Mettre toutes les voiles au vent, aller à voiles et à rames, Faire tous ses efforts, mettre tout en oeuvre pour réussir. Il y va à voiles et à rames.
• Fig. et fam., On lui a proposé cette affaire, cette entreprise, il y a donné à pleines voiles, De tout son coeur.
• Fig. et fam., Caler la voile dans quelque affaire, Se relâcher de ses prétentions, se radoucir, parler avec moins de hauteur.
• VOILE, signifie quelquefois, Un navire, un vaisseau. Ils aperçurent une voile à l'horizon. Une flotte de tant de voiles. Il parut cent voiles à l'embouchure du fleuve.

VOILÉ, ÉE.. adj.
• .Marine. Se dit D'un bâtiment par rapport à sa voilure et à la forme de ses voiles. Ce bâtiment est bien voilé, mal voilé. Un bâtiment voilé en brick, en goëlette, à antenne, etc.

VOILER . v. a.
• Couvrir d'un voile. On voile les images dans les églises pendant le carême. Voiler sa figure, son visage. Se voiler le visage; ou absolument, avec le pronom personnel régime direct, Se voiler. Dans ce pays-là, toutes les femmes se voilent pour paraître en public, ne sortent que voilées.
• Il signifie quelquefois, par extension, Dérober la vue de quelque chose, en le couvrant comme d'un voile. Le brouillard du matin voilait encore les collines environnantes. Des nuages voilaient le soleil, le disque de la lune.
• S'emploie aussi figurément. Ils avaient voilé leur révolte du prétexte de la religion. Voiler son amour des apparences de l'amitié.
• VOILÉ, ÉE. participe, Fig., Une voix voilée, un peu voilée, Une voix qui, par quelque disposition de l'organe, n'a qu'une partie de son timbre et de son éclat. On dit de même, Un organe voilé.

VOILERIE . s. f.
• Lieu où l'on fait, où l'on raccommode les voiles des bâtiments.

VOILIER .s.m.
• .Marine. Celui qui fait et raccommode les voiles des bâtiments. Maître voilier.
• VOILIER, se dit aussi d'Un bâtiment par rapport à la propriété qu'il a d'aller plus ou moins vite. Dans cette acception, il ne se met jamais seul, et se joint toujours soit avec les épithètes Bon ou mauvais, soit avec des termes équivalents. Votre navire est bon voilier, fin voilier. C'est le meilleur voilier de la flotte. Il est mauvais voilier, il demeure toujours derrière.

VOILURE . s. f. coll.
• L'assortiment, l'ensemble des voiles d'un bâtiment. Voilure incomplète.
• Se dit aussi pour exprimer La quantité de voiles que porte un bâtiment, par rapport au vent qu'il a, et à la route qu'il veut faire. Nous fûmes obligés de changer de voilure quatre fois en un jour.

VOIR . v. a.
• (Je vois, tu vois, il voit; nous voyons, vous voyez, ils voient. Je voyais; nous voyions, vous voyiez. Je vis. J'ai vu. Je verrai. Je verrais. Voi ou vois, voyez. Que je voie; que vous voyiez. Que je visse. Que j'eusse vu. Voyant.) Recevoir l'image des objets par l'organe de la vue. Voir un objet. Je vois un homme. Il craint d'être vu. Cela se voit de loin. Il ne voit pas les objets à deux pas de lui Voir le jour. Voir la lumière. On voit le jour au travers. Je l'ai vu de mes propres yeux, de mes deux yeux. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Se voir dans une glace, dans un miroir.
• Se dit souvent Par rapport à l'action ou à l'état d'une personne, d'une chose. Les gens que vous avez vus arriver, que vous avez vu mener en prison. La maison que j'ai vue s'écrouler, que j'ai vu démolir. Je le vois qui vient, qui marche. C'est un homme que j'ai vu autrefois bien pauvre, bien malheureux. Il n'aime pas à voir souffrir, à voir les gens tristes.
• Se dit quelquefois en parlant Des faits, des événements contemporains, soit qu'on en ait été témoin, soit qu'on en ait seulement entendu parler. Ce que nous voyons de nos jours était depuis longtemps annoncé. Les événements extraordinaires que nous avons vus s'accomplir. Cette réforme aura lieu, mais nous ne la verrons pas, Nous serons morts avant qu'elle ait lieu.
• S'emploie aussi absolument, surtout dans la première acception. Voir clair. Voir trouble. Voir double. Voir confusément. Voir bien. Voir mal. Voir distinctement. Voir de près. Voir de loin. Il ne voit pas à se conduire. Il ne voit goutte. Il n'y voit goutte. Il ne voit pas devant lui. Il n'y voit pas. Les témoins qui ont vu.
• Fig., Voir de loin, voir bien loin, Avoir beaucoup de pénétration, de prévoyance.
• Prov. et fig., Il ne voit pas plus loin que son nez, que le bout de son nez, se dit D'un homme qui a peu de lumières, peu de prévoyance.
• Fig., Cet homme a vu la mort de près, Il a été sur le point de périr.
• Fig., Voir quelqu'un de bon oeil, de mauvais oeil, Avoir à l'égard de quelqu'un des dispositions favorables ou défavorables, être bien aise ou fâché de le voir. On dit de même, Voir quelque chose de bon oeil, de mauvais oeil.
• Cette maison voit sur un jardin, sur une rue, De cette maison l'on a des vues sur un jardin, sur une rue.
• Cette hauteur voit la place, voit le rempart de la place, De là on découvre la place, le rempart de la place, en sorte qu'on est à portée de la battre avec du canon. On dit dans un sens pareil, Cette hauteur voit tel ouvrage à revers, De cette hauteur on voit l'ouvrage, et on peut le battre par derrière.
• Cette mer a vu bien des naufrages, cette plaine a vu bien des combats, etc., Il y a eu de fréquents naufrages sur cette mer, cette plaine a été le théâtre de beaucoup de combats, etc.
• Fam., Qui ne l'a pas vu, n'a rien vu, se dit par exagération, et pour louer extrêmement quelque chose.
• Cela se voit tous les jours, Cela arrive journellement, fréquemment. Dans le sens contraire, Cela ne s'est jamais vu, ne s'est point encore vu, ne s'était point encore vu, Cela n'est jamais arrivé, n'a jamais été. On dit également: On n'a jamais vu pareille chose, une chose pareille. On n'a jamais rien vu de pareil.
• Vit-on jamais rien d'égal? se dit par indignation, par étonnement, par admiration. On dit de même: Qui vit jamais rien de si extraordinaire. Voyez quelle insolence! Voyez l'insolence! Etc.
• J'ai vu l'heure que, j'ai vu le moment que, Peu s'en est fallu que, il ne s'en est rien fallu que. J'ai vu le temps que l'on faisait.... Dans un temps, dont j'ai été témoin, on faisait....
• Aller voir quelqu'un, Aller chez lui pour lui rendre visite, pour lui rendre ses devoirs, pour l'entretenir, etc. Je suis allé le voir deux fois. Je l'irai voir le plus tôt que je pourrai. Dans ce sens, un aveugle même dit, J'irai vous voir
• Il n'a point encore vu le roi depuis son retour, Il n'a point encore salué le roi, il ne s'est point présenté devant le roi depuis son retour. Il a vu le roi dans son cabinet, Il a eu une audience particulière du roi.
• Voir ses juges, Aller les solliciter chez eux.
• C'est ce médecin qui voit un tel, C'est ce médecin qui prend soin d'un tel pendant sa maladie, qui le traite. On dit la même chose D'un directeur ou d'un confesseur qui, pour le spirituel, donne des soins à un malade.
• Fig., Voir venir quelqu'un, Démêler, découvrir, connaître par les démarches de quelqu'un, quel est son dessein. Il y a long-temps que je le vois venir. Cette manière de parler signifie aussi, Attendre qu'une personne fasse les premières démarches, pour régler sur cela les siennes, et voir quelle conduite on doit tenir. Ne nous pressons pas de prendre un parti; voyons-les venir. On emploie quelquefois Voir venir sans régime. Toutes les mesures de précaution sont prises, il faut attendre et voir venir.
• Fam., comme par défi: Je voudrais bien voir cela. Faites cela, et vous verrez. Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Faites cela pour voir. C'est ce qu'il faudra voir. Nous verrons bien. Voyons s'il osera. On dit à peu près de même, Je voudrais bien vous voir à ma place; je voudrais bien vous y voir.
• Ironiquement: Il fait beau vous voir, à votre âge, vous amuser à ces bagatelles-là. Il fait beau voir que... Il ferait beau voir que...
• Poétiq., Voir le jour, Être né, vivre. Depuis que je vois le jour. Il n'avait pas encore vu le jour.
• Il n'est pas digne de voir le jour, se dit D'un homme qui a fait une action infâme, pour signifier qu'Il n'est pas digne de vivre.
• Ce livre, cet ouvrage n'a pas encore vu le jour, Il n'est pas encore imprimé, publié.
• Voir en songe, Imaginer en dormant, croire voir en dormant.
• VOIR, se dit particulièrement Des observations et des remarques qu'on fait en lisant. J'ai vu dans Tite-Live, dans Tacite. Où avez-vous vu cette particularité? Dans quel livre avez-vous vu ce passage? On emploie souvent, dans une acception qui peut être rapportée à celle-ci, l'infinitif Voir, et plus ordinairement l'impératif Voyez, lorsqu'on veut indiquer un renvoi. Voyez ci-dessous. Voyez la note qui est à la fin du volume. Voir (consulter), sur cette matière, l'ouvrage de tel auteur.
• VOIR, signifie encore, Regarder, considérer avec attention. Voyez ce tableau, c'est une chose à voir. Il mérite d'être vu. Venez voir. Voir un objet au microscope. Laissez-moi voir cela. Voyons, que tenez-vous là? Voyons un peu ce qu'il va faire. L'impératif Voyons ne se rapporte souvent qu'à la personne qui parle ou à qui l'on parle, et n'est, dans beaucoup de phrases, qu'une expression d'encouragement, d'exhortation, etc. Voyons, parlez-moi franchement: que pensez-vous de cette conduite?
• Voyez-vous, vois-tu, se disent quelquefois dans le langage familier, sans ajouter au sens de la phrase, et seulement pour attirer l'attention. C'est que, voyez-vous, il faut prendre garde à ce qu'on fait.
• À voir, Lorsque l'on considère. À voir les folles dépenses de certaines gens riches, on croirait qu'il n'y a point de pauvres qui manquent du nécessaire. À voir la manière dont il est vêtu, on le croirait dans la misère.
• Fam., Si vous ne le croyez pas, allez-y voir, se dit À une personne qui doute de ce qu'on lui dit. J'aime mieux le croire que d'y aller voir, se dit en parlant D'une chose dont on doute, mais qu'on ne veut pas se donner la peine de vérifier, d'examiner.
• Pop., Voilà un beau venez-y voir, se dit par mépris, et pour rabaisser une chose qu'on nous fait trop valoir.
• VOIR, signifie particulièrement, Inspecter avec autorité. Allez voir aux ouvriers. Voyez à ce qui se passera. Voyez à la dépense. Cet homme n'a rien à voir à ma conduite, et je n'ai pas droit de voir à la sienne. Qu'avez-vous à voir dans ma maison?
• Se dit également De l'application qu'on apporte à examiner quelque chose. Cette affaire a été vue par d'habiles gens, et de tous les côtés; elle a été vue et revue. Le rapporteur n'a pas encore vu mon procès. Il faudra voir ce qu'il y aura à faire là-dessus. Voyez si cela vous accommoderait. Voyez; la chose vous convient-elle? Si cela arrive, nous verrons ce qu'il faudra faire. Voir une affaire à fond. Ceci est à voir, À examiner, à vérifier.
• Je verrai, nous verrons; Il faut voir, se disent en parlant D'une affaire sur laquelle on se réserve de prendre un parti, et signifient, J'examinerai, nous examinerons; Il faut examiner.
• C'est à vous à voir qu'il ne lui manque rien, Vous devez veiller à ce qu'il ne lui manque rien, faites en sorte qu'il ne lui manque rien; et, Voyez à nous faire souper, à nous loger, etc., Ayez soin de nous faire souper au plus vite, de nous procurer un logement. Ces dernières phrases sont du langage de la conversation.
• VOIR, signifie quelquefois, S'informer. Voyez s'il est chez lui. Voyez s'il est venu.
• Il signifie aussi, Éprouver, essayer. Voyez si vous pouvez résoudre ce problème. Voyons si la chose nous réussira mieux ainsi. Je veux voir jusqu'où ira sa patience. Voyez si cet habit vous va bien.
• Se dit, dans un sens analogue, en parlant Des choses que l'on connaît, dont on juge par le sens du goût, de l'odorat, du toucher, de l'ouïe. Voyez si le vin est bon. Voyez un peu si cela est chaud. Voyez si cet instrument est d'accord. Voyez si c'est la même odeur.
• VOIR, se dit en outre De la connaissance qu'on acquiert des choses du monde, dans les voyages ou dans la fréquentation et le commerce des hommes. C'est un homme qui a beaucoup vu. Il a vu beaucoup de pays. Il a vu les pays étrangers. Il veut voir l'Italie. Il a vu toutes les cours de l'Europe. C'est un jeune homme qui n'a pas encore vu le monde. Il est tout neuf, il n'a encore rien vu. Il faut voir le grand monde pour se façonner.
• Prov. et fig., C'est un homme qui n'a jamais rien vu que par le trou d'une bouteille, se dit De quelqu'un qui n'a jamais fréquenté le monde.
• Prov. et fig., Faire voir du pays à quelqu'un, Lui donner bien de l'occupation, bien de la peine, lui susciter beaucoup d'embarras.
• Prov. et fig., Cet homme a vu le loup, Il a vu le monde, il est aguerri et expérimenté. Elle a vu le loup, se dit D'une fille à qui on attribue des aventures galantes.
• Ce soldat n'a pas encore vu le feu, Il n'a pas encore assisté à des combats contre l'ennemi.
• Prov., Nous en avons bien vu d'autres, se dit Pour faire entendre qu'on n'a pas peur des menaces de quelqu'un, qu'on n'est pas troublé par les événements dont on est témoin ou qui sont près d'arriver.
• VOIR, signifie aussi, Fréquenter. Qui voyez-vous à la cour? Qui voit-il dans son quartier? Voir bonne compagnie. Voir mauvaise compagnie.
• Ce n'est pas un homme à voir, ce n'est pas une femme à voir, se dit D'un homme ou d'une femme de mauvaise réputation, qu'il n'est pas convenable de fréquenter.
• Il ne voit personne, se dit D'un homme qui vit dans la retraite. Il ne voit personne, se dit aussi D'un homme qui ne reçoit pas, qui a défendu sa porte. On dit dans ce même sens: J'ai été à sa porte aujourd'hui, mais on ne le voyait point. Il ne verra cette semaine que ses plus intimes amis. Personne ne peut le voir. Cette dernière phrase peut s'appliquer À un prisonnier.
• Ces deux personnes ne se voient point, Elles sont mal ensemble, ou Elles ne veulent point avoir de commerce l'une avec l'autre. Il y a longtemps qu'ils ne se voient point. On dit dans le sens contraire: Je les ai réconciliés, et ils se sont toujours vus depuis. Nous nous voyons souvent. Etc.
• Voir une femme, signifie quelquefois, Avoir un commerce intime avec elle. Il y a long-temps que son mari ne la voit plus.
• VOIR, signifie figurément, S'apercevoir, comprendre. Il y a longtemps que l'on voit qu'il se ruine. Je vis bien qu'il me manquerait de parole. Ne voyez-vous pas qu'il vous trompe, qu'il se moque de vous? Je vois son dessein, je le vois clairement. Vous voyez comme vous vous en êtes trouvé. Il faut être bien peu pénétrant pour ne pas voir quelle est son intention. Voir clair dans une affaire. Vous ne voyez pas toutes les conséquences de cette démarche. Vous allez voir nettement quelle était leur intention.
• En termes de Pratique, Assigner pour voir dire et ordonner... Pour être présent quand on dira, quand on ordonnera...
• VOIR, signifie généralement, Connaître par l'intelligence. Dans ce sens, on dit, Dieu voit, les anges voient, Dieu connaît, les anges connaissent. Dieu voit le fond des coeurs, voit toutes choses. La béatitude consiste à voir Dieu. Les bienheureux voient Dieu face à face, voient Dieu dans toute la majesté de sa gloire.
• VOIR, s'emploie souvent précédé du verbe Faire, dans le sens de Montrer, ou de Faire connaître. Il fit voir sa blessure au chirurgien. Je vous ferai voir toutes les curiosités de la ville. Elle sortit pour faire voir sa nouvelle parure, pour se faire voir. Ils se sont fait voir à tout le monde. Il cherche toujours à faire voir son esprit. Il a fait voir qu'il avait du coeur. Cela vous fait voir que...
• S'emploie aussi, dans des sens analogues, avec le verbe Laisser. Laissez-moi voir ce tableau, ce bijou. Ils se sont laissé voir. Il n'a pas laissé voir sa mauvaise humeur. Il ne laisse rien voir de ce qu'il a dans le coeur. Il m'a laissé voir (Il m'a donné à connaître) qu'il ne serait pas éloigné de...
• Prov. et par menace, Je lui ferai bien voir à qui il se joue, à qui il s'adresse, à qui il a affaire, Je lui ferai bien connaître, je lui apprendrai bien...
• VOIR, signifie encore, Juger. Je vois cela différemment de vous, autrement que vous. Chacun a sa manière de voir. C'est ainsi que je vois. Il voit bien, il voit mal, il voit juste dans cette affaire. C'est un homme qui voit tout de travers. Voir tout en beau. On voit souvent ce qu'on imagine et ce qu'on désire, au lieu de ce qui est. Je vois comme vous. À voir la chose de sang-froid. Je ne vois rien d'impossible à cela. Je vois ce qui me reste à faire. On l'emploie, dans ce sens, avec le pronom personnel. Dès lors ils se virent perdus. Je me vois à la veille d'une catastrophe.
• VOIR, avec le pronom personnel, s'emploie quelquefois dans une acception particulière, où il équivaut à peu près au verbe Être. Se voir dans la misère a près avoir été dans l'opulence. Se voir abandonné, méprisé de tous. Je me vois sans ressource. Elle est fière de se voir admirée.
• VU, UE. participe, En termes de Banque, Cette lettre de change est payable à lettre vue, Celui sur qui elle est tirée doit la payer dès qu'elle lui sera présentée. On dit plus ordinairement, Payable à vue. Voyez VUE, substantif.
• Prov. et fig., Juger, faire quelque chose à la boule vue, à boule vue, Inconsidérément, sans trop examiner, sans prendre garde à ce que l'on fait.
• VU, s'emploie d'une manière invariable et absolue dans certaines formules de Pratique, de Chancellerie et d'Administration. Vu par la cour les pièces mentionnées, Les pièces mentionnées ayant été vues. Vu les arrêts énoncés. Vu les raisons et allégations de part et d'autre. Vu l'arrêté de monsieur le préfet, en date du...
• S'emploie de la même façon dans le langage ordinaire, pour signifier, Attendu, eu égard à. Vu la difficulté de réussir. On l'autorisa provisoirement, vu l'urgence, à faire telle chose. La récompense devait être plus grande, vu ses services, vu son mérite.
• Vu que, Attendu que, puisque. Je m'étonne qu'il ait entrepris cela, vu qu'il n'est pas très-hardi. Comment avez-vous entrepris cette affaire, vu que vous savez bien...
• VU, est quelquefois substantif. Ainsi on dit, en style de Pratique: Le vu d'un arrêt, le vu d'une sentence, Ce qui est exposé dans un arrêt, dans une sentence rendue sur les productions respectives, les pièces, les raisons qui y sont énoncées avant le dispositif; et en termes d'Administration, Sur le vu des pièces, Après avoir examiné les pièces.
• S'emploie aussi substantivement dans quelques phrases du langage ordinaire. Cette chose s'est faite au vu de tout le monde, et plus ordinairement, au vu et au su de tout le monde, Tout le monde l'a vue, l'a sue, tout le monde en a été témoin, en a été instruit.

VOIRE . adv.
• Vraiment. Il est vieux en ce sens.
• Il signifie aussi, Même. Tout le monde était de cet avis, voire monsieur un tel, qui n'est jamais de l'avis de personne. On le joint souvent au mot Même. Ce remède est inutile, voire même pernicieux. Il est familier.

VOIRIE . s. f.
• La partie de l'administration publique qui a pour objet la police des rues et des chemins publics, l'alignement et la solidité des édifices. La grande voirie. La petite voirie.
• VOIRIE, se dit aussi Du lieu où l'on porte les boues, charognes, et autres immondices. On jeta le corps de ce malheureux à la voirie. Traîner un cheval mort à la voirie.

VOISIN, INE. adj.
• Qui est proche, qui est auprès, qui demeure auprès. Nous ne saurions être plus voisins. Dans les lieux voisins. La maison voisine. Les terres voisines de la forêt, de la rivière. Ce jardin-là est trop voisin du grand chemin. Les États voisins. Les princes voisins.
• S'emploie figurément, et signifie alors, Qui approche, qui est sur le point de. Il est voisin de sa ruine, de sa perte. Ce discours emphatique est voisin du galimatias.
• Il est aussi substantif; et alors il ne se dit guère que Des personnes, pour signifier, Celui, celle qui est, qui demeure auprès d'un autre. Mon voisin. Ma voisine. Bon voisin. Mauvais voisin. Proche voisin. Ils sont mes voisins et mes amis. Il a pour voisin monsieur un tel. Parlez-en à votre voisin.
• Prov., Qui a bon voisin, a bon matin, Qui a un bon voisin, vit en repos et sans inquiétude, parce qu'il peut compter sur le secours et l'assistance de son voisin.

VOISINAGE .s.m.
• Il signifie collectivement, Les voisins, ou Les lieux voisins. Bon, mauvais voisinage. Il est bien avec tout son voisinage. Tout son voisinage l'aime. Il s'en prit au voisinage. Tout le voisinage accourut au bruit. La grêle a désolé tout mon voisinage.
• Il signifie aussi, La proximité d'un lieu à l'égard d'un autre. Le voisinage de la forêt, des montagnes. Les maisons du voisinage.

VOISINER . v. n.
• Visiter familièrement ses voisins. Il ne voisine point. Il se plaît à voisiner. Il est familier.
• Prov., Il n'est voisin qui ne voisine, Ce n'est pas être bon voisin, que de ne pas voir ses voisins; ou bien, On fréquente ordinairement ses voisins.

VOITURE . s. f.
• Ce qui sert au transport des personnes, des marchandises, etc. Voiture douce, rude. Voiture suspendue. Le carrosse, la litière, le bateau est une voiture fort commode. Je ne saurais m'accoutumer à cette sorte de voiture. Quelle voiture prendrez-vous pour vous en retourner? La voiture des rouliers est la moins chère des voitures par terre. Voiture publique. Voiture particulière. Voiture d'occasion. Voiture par eau. Voiture par terre.
• S'emploie, particulièrement, pour Carrosse. Monter en voiture. Descendre de voiture. Faites avancer ma voiture. Monsieur un tel a pris voiture. Il a mis bas sa voiture. Il a mis voiture bas, à bas. Ces deux dernières phrases sont familières.
• Voiture de place, Une de ces voitures que l'on trouve dans les grandes villes sur des places qui leur sont affectées, et qu'on prend à la course ou à l'heure. Voiture de remise, Voiture qu'on loue ordinairement au mois ou à la journée.
• VOITURE, signifie aussi, Les choses ou les personnes que l'on transporte. Le roulier, le voiturier s'en est retourné à vide, il n'a pu trouver voiture. Il a voiture. Il a sa voiture. Il n'a que demi-voiture. Il a voiture complète.
• Voiture de vin, de sucre, etc., Voiture chargée de ces marchandises.
• VOITURE, signifie encore, Le port, le transport des marchandises, des hardes, des personnes. On a payé tant pour la voiture de ces marchandises. La voiture s'en fait par mulets, par charroi, par bateau, etc. Il a tant pour chaque voiture. Voiture et port de deniers.
• Lettre de voiture, Lettre qui contient l'indication des choses dont un voiturier est charge, et d'après laquelle il doit en rendre compte pour recevoir son salaire.
• Prov. et fig., par plaisanterie, Adieu la voiture, se dit Lorsqu'on voit quelque chose qui va tomber.
• En plaisantant, Cet homme est venu par la voiture des cordeliers, Il est venu à pied. Cette manière de parler a vieilli, ainsi que la précédente.

VOITURER . v. a.
• Transporter par voiture. On le dit principalement en parlant Des denrées, des marchandises. Voiturer par mulets, par charroi. Voiturer par eau, par terre. Voiturer de l'argent.
• VOITURER, signifie aussi, familièrement, Mener quelqu'un dans sa voiture. Voulez-vous me voiturer jusque-là?
• VOITURÉ, ÉE. participe

VOITURIER .s.m.
• Celui qui fait le métier de voiturer. Voiturier par eau. Voiturier par terre. Les voituriers de tel endroit. Faire venir des meubles par des voituriers.

VOITURIN .s.m.
• Celui qui loue à des voyageurs des voitures attelées, et qui les conduit. Notre voiturin pensa nous égarer. Le voiturin de Lyon à Turin.
• Se dit aussi de La voiture même que conduisent les voiturins. Prendre le voiturin. Aller en Italie par le voiturin.

VOIX . s. f.
• Le son qui sort de la bouche de l'homme. Voix forte. Voix faible, grêle, aigre, aiguë. Voix haute, basse. Voix plaintive. Voix mourante. Voix cassée, usée, éteinte, enrouée. Voix harmonieuse, sonore. Bonne, belle voix. Voix douce. Voix rude. Voix discordante. Voix flûtée. Voix perçante. Étouffer la voix. La voix lui manque. Extinction de voix. Sa voix mue. J'entends une voix qui m'appelle. Les brebis entendent la voix du berger. De vive voix ou par écrit. À voix basse. À haute voix.
• Fig., Élever la voix pour quelqu'un, en faveur de quelqu'un, contre quelqu'un, Parler hautement, ouvertement en faveur de quelqu'un, ou à son désavantage. Élever la voix, signifie aussi, Parler avec plus de hauteur, plus d'assurance qu'on n'en a le droit. Il ne vous convient pas d'élever ici la voix.
• VOIX, se dit aussi en parlant De certains animaux. La voix du perroquet. La voix des oiseaux. La voix du chat-huant a du rapport avec la voix de l'homme.
• En termes de Chasse, La voix des chiens, L'aboiement des chiens après leur gibier.
• Fig., en style de l'Écriture, La voix du sang de l'innocent s'élève jusqu'au ciel, crie vengeance, etc.
• Poétiq., La déesse aux cent voix, La Renommée.
• Fig., Apprendre quelque chose par la voix de la renommée, L'apprendre par le bruit public.
• VOIX, se dit particulièrement de La voix modifiée pour le chant. Une belle voix. De beaux sons de voix. Un beau port de voix. Une grande étendue, un grand volume de voix. Une voix fort étendue. Ménager, conduire sa voix. Ces voix-là ne s'accordent pas. Une voix de basse-taille, de haute-contre, etc. Voix expressive, flexible, légère. Voix juste. Voix fausse. Voix de tête. Voix de poitrine. Marier la voix avec les instruments. Cela fortifie la voix, gâte la voix. Il n'a plus de voix. Il n'a qu'un filet de voix.
• La voix humaine, se dit d'Un des jeux de l'orgue qui imite la voix de l'homme quand il chante.
• VOIX, s'emploie aussi pour désigner Un chanteur ou une chanteuse. Il y avait six voix et huit instruments à ce concert. Un concert de voix et d'instruments.
• Un canon à trois voix, un nocturne à deux voix, Un canon qui doit être chanté par trois personnes, un nocturne qui doit l'être par deux.
• VOIX, en termes de Grammaire, Le son représenté par la voyelle. Voix articulée. Voix inarticulée. Voix grave. Voix aiguë. Voix nasale.
• Se dit aussi de Différentes formes que prennent les verbes, selon qu'ils sont employés dans des propositions dont le sujet fait l'action ou la reçoit, est actif ou passif. La voix active. La voix passive. Dans la langue grecque, les verbes ont une voix moyenne. Voyez, plus loin, un autre sens des locutions Voix active et Voix passive.
• VOIX, se dit figurément d'Un mouvement intérieur qui nous porte à faire quelque chose ou qui nous en détourne. La voix de la nature, de l'humanité. La voix du sang. Écouter la voix de l'honneur. Obéir à la voix de sa conscience. Résister à la voix des passions. Étouffer la voix de la raison, du sentiment.
• Il signifie aussi, Conseil, avertissement donné avec instance, vive supplication. Écoutez la voix de votre ami. Ne soyez pas insensible à la voix d'une mère. Ne soyez pas sourd à la voix de ces infortunés. Prêtez l'oreille à ma voix.
• VOIX, signifie encore, Suffrage, opinion. Donner sa voix. Aller aux voix. Recueillir les voix. Compter les voix. Peser les voix. Mettre une proposition aux voix. Sa brigue était forte, il l'a emporté de tant de voix. À la pluralité des voix. Tout d'une voix, d'une voix unanime. Il a eu toutes les voix. Toutes les voix seront pour lui. Je lui donnerai ma voix. Vous a-t-il demandé votre voix? Il a brigué, gagné, acheté les voix. L'affaire a passé d'une voix seulement.
• Il signifie également, Droit de suffrage. Voix délibérative. Il n'a point encore de voix dans l'assemblée. Il a sa voix comme un autre. Il a deux voix dans le conseil. Il a voix consultative, On entend son opinion, mais on ne la compte pas.
• Voix active, Le pouvoir d'élire; et, Voix passive, La capacité d'être élu. Il n'a que voix active. Il a voix active et passive.
• Fig. et fam., Avoir voix au chapitre, en chapitre, Avoir du crédit dans une compagnie, dans une famille, auprès de quelque personne considérable.
• VOIX, signifie aussi, Sentiment, jugement, opinion. La voix publique est pour lui, est contre lui. Il a la voix publique pour lui, contre lui. Il n'y a qu'une voix sur son compte. Quand on dit absolument, La voix publique, cela se prend pour Approbation. Il a la voix publique.
• Prov., La voix du peuple est la voix de Dieu, Le sentiment général est ordinairement bien fondé.

VOL .s.m.
• Mouvement des oiseaux et de quelques insectes, qui se soutiennent et avancent dans l'air par le moyen de leurs ailes. Vol élevé, fort, roide, vite lent, rapide. Le vol de l'hirondelle est fort vif. Le vol du pigeon est fort roide. L'aigle a le vol fort haut. Le vol d'une mouche, d'un papillon, etc. Cet oiseau a pris son vol. Les anciens observaient curieusement le vol des oiseaux, pour en tirer des présages. On dit de même, Le vol de la chauve-souris, d'un poisson volant, etc.
• Tirer, tuer un oiseau au vol, Le tirer, le tuer pendant qu'il vole.
• VOL, se dit aussi de L'étendue et de la longueur du vol qu'un oiseau fait ordinairement en une fois. Le vol de la perdrix n'est pas long. À son premier vol, à son second vol.
• Dans quelques Coutumes, Le vol du chapon, se disait d'Une certaine étendue de terre qui était autour du château, ou principal manoir. Le vol du chapon entrait, avec le principal manoir, dans le préciput de l'aîné.
• Fig., Prendre un vol trop haut, S'élever plus qu'on ne doit, prendre des manières plus hautes que celles qui conviennent à la qualité dont on est, faire plus de dépense qu'on ne doit ou qu'on ne peut. Il a pris un vol trop haut. On dit dans le même sens: Il a pris un trop grand vol, un vol bien hardi. Il ne pourra pas soutenir le vol qu'il a pris. On dit aussi, Il faut mesurer son vol à ses forces; et quelquefois, en bonne part, Prendre un vol hardi: cette phrase s'emploie surtout en parlant Des poëtes.
• Fig. et fam., Il y est parvenu de plein vol, se dit D'un homme qui a été élevé à une dignité supérieure sans passer par les degrés ordinaires.
• Fig. et fam., Avoir le vol pour telle ou telle chose, Être propre à telle ou telle chose, avoir des talents particuliers pour réussir en telle ou telle chose. C'est un homme qui a été employé dans plusieurs affaires importantes, il a le vol pour les négociations. Cette manière de parler vieillit.
• VOL, au Théâtre, signifie, L'action de la machine au moyen de laquelle un ou plusieurs personnages montent ou descendent, ou traversent le théâtre soutenus en l'air, comme s'ils volaient. Il y a dans cet opéra des vols bien hardis, bien exécutés.
• VOL, se dit collectivement, en Fauconnerie, d'Un nombre d'oiseaux de proie qu'on entretient pour prendre diverses sortes de gibier. Le vol pour le héron. Le vol pour la corneille. Le vol pour le milan, pour la pie. Un tel était chef de tel vol. Ce prince entretenait des vols pour toutes sortes d'oiseaux.
• Il signifie aussi, La chasse qu'on fait avec des oiseaux de proie. Se plaire au vol de la corneille, au vol de la pie.
• Se dit encore de La distance qu'il y a entre les deux bouts des ailes d'un oiseau, lorsqu'elles sont étendues autant qu'elles peuvent l'être. Cet oiseau a tant de pieds de vol. C'est ce qu'en Histoire naturelle on nomme Envergure.
• À VOL D'OISEAU. loc. adv. En ligne droite. De Paris à Rouen, il n'y a que vingt lieues à vol d'oiseau.

VOL .s.m.
• Action de celui qui prend furtivement ou par force la chose d'autrui, pour se l'approprier. Un vol de grand chemin. Vol avec effraction. Vol domestique. Vol de nuit. Vol à main armée. Il a commis plusieurs vols. Être complice d'un vol.
• Il signifie aussi, La chose volée. On l'a trouvé saisi du vol. Il avait caché son vol. J'ai recouvré mon vol. Recéleur d'un vol.

VOLABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être volé. Ce n'est pas un homme volable, il ne possède rien. Ce n'est pas une chose volable. Des effets volables.

VOLAGE . adj. des deux genres
• Qui est changeant et léger. Amant volage. Coeur volage. Esprit, humeur volage. La jeunesse est volage. On l'emploie quelquefois substantivement dans le langage familier. Vous êtes un volage.
• Feu volage, Sorte d'éruption qui vient au visage, et particulièrement aux lèvres, surtout chez les enfants.

VOLAILLE . s. f.
• Se dit collectivement Des oiseaux qu'on nourrit ordinairement dans une basse-cour, et surtout Des poules, poulets et chapons. Une belle pièce de volaille. Quand on dit, Mettre une volaille au pot, on parle D'une poule ou d'un chapon.

VOLANT, ANTE. adj.
• Qui a la faculté de voler. Dragon volant. Poissons volants.
• Fig., Petite vérole volante, Sorte de maladie éruptive, dans laquelle les boutons ont quelque analogie avec ceux de la petite vérole, mais qui n'a rien de dangereux. Les médecins la nomment Varicelle.
• Fusée volante, Fusée qui est attachée à une baguette, et qui s'élève d'elle-même en l'air quand on y a mis le feu. On tira à cette fête un grand nombre de fusées volantes.
• En termes de Peinture, Draperie volante, Draperie légère, qui paraît agitée par le vent.
• Prov. et fig., Pistole volante, Pistole qu'on suppose revenir toujours à celui qui la dépense. Cet homme est d'une étonnante prodigalité, il faut qu'il ait la pistole volante.
• VOLANT, se dit figurément De certaines choses qu'on place et qu'on déplace à volonté. En termes de Marine: Cabestan volant. Manoeuvre volante. Etc.
• Feuille volante, se dit d'Une simple feuille d'écriture ou d'impression, qui n'est attachée à aucune autre. Cela était écrit sur une feuille volante. Cet écrit n'est qu'une feuille volante qu'on vend dans les rues.
• Assiettes volantes, Assiettes qui ne font point partie du service, et sur lesquelles on apporte quelques mets légers.
• Table volante, Petite table légère qui n'a point de place fixe dans un appartement. C'est ce qu'on nomme plus ordinairement, aujourd'hui, Table à ouvrage.
• En termes de Guerre, Camp volant, Petite armée composée surtout de cavalerie, qui tient la campagne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer. Il commande un camp volant.
• Artillerie volante, Sorte d'artillerie dont les canonniers sont à cheval, et qui se transporte avec une grande rapidité. On l'appelle plus ordinairement, aujourd'hui, Artillerie légère et Artillerie à cheval.
• Cachet volant, cerf-volant, pont volant. - Voyez CACHET, CERF, PONT.

VOLANT .s.m.
• Petit morceau de bois, d'os, d'ivoire, de liége, garni de cuir, etc., percé de plusieurs trous où l'on fait entrer des plumes par le moyen desquelles il se soutient quelque temps en l'air après qu'on l'a poussé ou lancé avec des raquettes, des palettes, etc. Jouer au volant. Ce volant ne va pas bien. Un volant mal emplumé.
• VOLANT, se dit aussi d'Une aile de moulin à vent. Raccommoder un volant de moulin. Un des quatre volants a été rompu par le vent. Remettre un volant à un moulin.
• VOLANT, en Mécanique, se dit d'Un arbre garni de quatre ailes, qui sert à modérer la rapidité d'un mouvement à roues, comme dans une pendule, dans un tournebroche.
• VOLANT, est aussi le nom d'Une garniture qu'on attache au bas des robes de femme, et qu'on peut mettre ou ôter à volonté.

VOLATIL, ILE. adj.
• .Chimie. Qui s'élève et se résout en vapeur ou en gaz par l'action du feu. Il est opposé à Fixe. Sel volatil. Alcali volatil. L'arsenic est très-volatil. Substance volatile.

VOLATILE .s.m.
• Animal qui vole. Son plus grand usage est au pluriel. Cet animal est du genre des volatiles. Parmi les volatiles. ..
• Il est quelquefois adjectif des deux genres. L'espèce volatile. Les insectes volatiles.

VOLATILISATION . s. f.
• Opération chimique par laquelle on rend volatil un corps qui était fixe. La volatilisation du mercure, du soufre, du camphre.
• Il signifie aussi, L'action de se volatiliser.

VOLATILISER . v. a.
• Rendre volatil. S'emploie aussi avec le pronom personnel, comme dans cette phrase, L'arsenic se volatilise aisément, La chaleur fait aisément dissiper l'arsenic.
• VOLATILISÉ, ÉE. participe

VOLATILITÉ . s. f.
• Qualité de ce qui est volatil. La volatilité de l'alcool.

VOLATILLE . s. f.
• Se dit, dans un sens générique, de Petites espèces d'oiseaux qui sont bons à manger. Il ne leur donna à dîner que de la volatille. Il est familier.

VOLCAN .s.m.
• Ouverture, gouffre qui s'ouvre dans la terre, et plus ordinairement dans les montagnes, et d'où il sort de temps en temps des tourbillons de feu et des matières embrasées. Il y a beaucoup de volcans dans l'Amérique. Le cratère, la bouche d'un volcan. Les éruptions d'un volcan. Un volcan éteint. Les laves d'un volcan. Le volcan mugit, est en travail. Le volcan s'est ouvert une nouvelle issue par le flanc de la montagne. Il y a des volcans sous-marins.
• Se dit figurément d'Une imagination vive, ardente, impétueuse. Son imagination est comme un volcan, est un volcan. La tête de ce jeune homme est un volcan.
• Se dit aussi figurément en parlant Des intrigues sourdes, des conspirations, des dangers imminents, mais cachés. Nous étions, nous sommes sur le volcan. Vous marchez sur un volcan. C'est se placer, c'est dormir sur un volcan.

VOLCANIQUE . adj. des deux genres
• Qui appartient au volcan, qui est de la nature du volcan. Une terre volcanique. Des scories volcaniques. Des produits volcaniques.
• Fig., Une tête volcanique, une imagination volcanique, Une tête, une imagination ardente, qui est toujours en fermentation.

VOLCANISÉ, ÉE.. adj.
• Se dit Des lieux où il y a des volcans, où il reste des traces d'anciens volcans. Un terrain volcanisé. Une terre volcanisée.

VOLE . s. f.
• Se dit, à quelques Jeux de cartes, Quand l'un des joueurs fait toutes les mains. Il a entrepris la vole. Il a fait la vole. Cette vole lui a valu cinquante jetons.

VOLÉE . s. f.
• Le vol d'un oiseau. Il a pris sa volée. On dit que les hirondelles traversent quelquefois la Méditerranée tout d'une volée. De la première volée.
• Fig. et fam., Il a pris la volée, se dit D'un jeune homme qui, de bonne heure, s'affranchit de tutelle, de surveillance. On le dit aussi De personnes qui sont parties inopinément, sans qu'on s'y attendît.
• VOLÉE, se dit aussi, collectivement, d'Une bande d'oiseaux qui volent tous ensemble. Une volée de pigeons. Une volée d'étourneaux. Une volée de moineaux.
• En parlant Des pigeons, La volée de mars, la volée d'août, Les pigeons éclos en mars, en août.
• VOLÉE, se dit figurément et familièrement en parlant De gens qui sont de même âge, de même profession, de même condition, et surtout des jeunes gens. Il y avait alors une volée de jeunes gens à la cour. Il sortit du collége une volée de jeunes écoliers. Dans ce temps-là il y avait une volée de beaux esprits, d'excellents poëtes. Il n'était pas de cette volée-là.
• VOLÉE, signifie aussi, figurément et familièrement, Rang, qualité, élévation, mérite. C'est une personne de qualité de la haute volée, de la première volée. Il ne doit pas traiter d'égal à égal avec lui, il n'est pas de sa volée.
• Fig., Une volée de canons, La décharge de plusieurs canons faite en même temps. La muraille fut abattue d'une volée de canons.
• Une volée de canon, se dit aussi quelquefois d'Un seul coup de canon. Il eut la tête emportée d'une volée de canon.
• La volée d'une pièce de canon, La partie de la pièce comprise entre la bouche et le second renfort.
• En termes d'Artillerie, Tirer à toute volée, Tirer en pointant la pièce sous le plus grand angle qu'elle puisse faire avec le plan horizontal. Un canon tiré à toute volée peut aller jusque-là.
• Sonner à toute volée, Mettre les cloches tout à fait en branle; et, Sonner une, deux, trois volées, Mettre les cloches en branle une, deux, trois fois.
• Fig. et fam., Une volée de coups de bâton, Un grand nombre de coups de bâton donnés de suite.
• Au Jeu de paume et de ballon, Jouer de volée, prendre de volée, à la volée, Pousser la balle, renvoyer la balle avant qu'elle ait touché a terre. Il faut jouer ces coups-là de volée, les prendre de volée, à la volée. Il joue bien de volée. On dit aussi, dans ce dernier sens, Cet homme a la volée bonne, la volée sûre, Il est fort adroit à prendre la balle de volée et à la placer.
• Au Jeu de paume seulement, Donner de volée dans la grille, dans l'ais, Donner dans la grille, dans l'ais, sans que la balle touche ni à terre, ni au tambour. Prendre une balle, prendre un coup entre bond et volée, Prendre la balle dans le moment qu'elle est près de s'élever après avoir touché à terre.
• Fig. et fam., Obtenir une grâce, une faveur tant de bond que de volée, l'attraper entre bond et volée, L'obtenir en saisissant une conjoncture heureuse. On dit aussi, proverbialement et figurément, Faire une chose tant de bond que de volée, La faire comme on peut, de façon ou d'autre. Ces manières de parler sont peu usitées.
• VOLÉE, se dit aussi d'Une pièce de bois de traverse, qui s'attache au timon d'une voiture, d'un fourgon, d'un chariot, et à laquelle les chevaux du second rang sont attelés. Il faut mettre ces chevaux à la volée. On dit dans ce sens, Un cheval de volée.
• À LA VOLÉE. loc. adv. et fam. En l'air, au passage. Je lui jetai ma bourse, il la saisit à la volée.
• Il signifie aussi, Très-promptement, en profitant du moment favorable. Il parle si vite, qu'il faut saisir ses paroles à la volée. Il est toujours en course, il faut le prendre à la volée.
• Il signifie encore, Inconsidérément. Il fait toutes choses à la volée. Il ne fait ce qu'il dit, il parle à la volée.
• En termes d'Agricult., Semer à la volée, Semer en jetant les graines, les semences par poignées sur la terre préparée pour les recevoir.

VOLER . v. n.
• Se soutenir, se mouvoir en l'air par le moyen des ailes. C'est le propre des oiseaux de voler. Un oiseau qui vole bas, qui vole haut, qui vole sur l'eau. Un oiseau qui vole à tire-d'aile, qui vole roide, qui vole rapidement. Tirer un oiseau en volant. Il y a des insectes, des poissons, des serpents qui volent. Il s'est trouvé des hommes qui ont cherché l'art de voler, le secret de voler.
• Fig., Vouloir voler avant d'avoir des ailes, Faire de la dépense avant d'avoir de quoi la soutenir; entreprendre quelque chose sans avoir les fonds et les moyens nécessaires pour y réussir.
• Fig., Voler de ses propres ailes, Agir par soi-même, sans le secours d'autrui.
• VOLER, signifie, par extension, Courir avec une grande vitesse. Ce cheval vole. Il ne court pas, il vole. Voler au secours de son ami.
• S'emploie figurément, dans le même sens. Tous les coeurs volaient au-devant de lui. Le temps vole.
• Se dit, particulièrement, Des bruits et de la renommée. Le bruit de ses hauts faits vole par toute la terre. Sa renommée volait partout.
• VOLER, se dit également Des choses qui sont poussées dans l'air avec une grande vitesse, comme les traits, les pierres, etc. Les flèches volaient. Le vent faisait voler les tuiles. Le vent faisait voler la poussière.
• Fig., Faire voler la tête de quelqu'un, La lui abattre d'un seul coup.
• VOLER, est aussi actif, et signifie, Chasser. Dans ce sens, il se dit De certains oiseaux de proie qui sont dressés à chasser, à poursuivre d'autres oiseaux ou quelque autre sorte de gibier. Le faucon, l'autour, le lanier, apprennent facilement à voler d'autres oiseaux. Cet oiseau vole la pie, vole le héron, vole la perdrix.
• Se dit également Des personnes qui emploient ces oiseaux à la chasse. Il se plaît à voler la corneille, à voler le héron. J'irai voler aujourd'hui. Je volerai la pie cette après-dînée.

VOLER . v. a.
• Prendre furtivement ou par force la chose d'autrui, pour se l'approprier. Voler la bourse de quelqu'un. Voler de l'argent. Voler des hardes. Voler les deniers de l'État. On dit de même, Voler un nom, un titre, etc., S'attribuer un nom, un titre qui appartient à un autre, qu'on n'a pas droit de porter.
• Voler quelqu'un, Lui prendre quelque chose qui lui appartient. Ce valet a volé son maître. J'ai été volé cette nuit.
• Fig. et fam., Il ne l'a pas volé, se dit De quelqu'un à qui il est arrivé quelque chose de fâcheux ou d'heureux, et qui l'a bien mérité.
• VOLER, s'emploie quelquefois absolument. Voler sur les grands chemins. Voler avec effraction. On vole dans ce quartier, depuis quelques jours. C'est un homme qui volerait jusque sur l'autel.
• VOLER, se dit figurément De ceux qui s'approprient les pensées et les expressions des autres, et qui s'en servent sans indiquer la source où ils ont puisé. Il a volé cela de tel livre, dans tel livre. Non-seulement il a volé les pensées de cet auteur, il a même volé jusqu'à ses expressions. Voler des phrases, des pensées à un auteur.
• VOLÉ, ÉE. participe, Prov., Bien volé ne profite pas, ne profite jamais, On le dissipe, ou bien il est repris.

VOLEREAU .s.m.
• Diminutif de Voleur. Il est familier.

VOLERIE . s. f.
• .Fauconnerie. La chasse pour laquelle l'oiseau est dressé à voler d'autres oiseaux, ou quelque autre sorte de gibier. Haute volerie, La volerie du faucon sur le héron, sur les canards et sur les grues; celle du gerfaut sur le sacre et sur le milan, etc. Basse volerie, Celle du laneret et du tiercelet de faucon, qui volent la perdrix, la pie, etc. Il avait haute et basse volerie.

VOLERIE . s. f.
• Larcin, pillerie. C'est une vraie volerie, une grande volerie. Il s'est enrichi par ses voleries. Il est familier.

VOLET .s.m.
• Panneau de menuiserie qui sert à garantir en dedans de la chambre les châssis d'une fenêtre, et qui s'ouvre et se ferme suivant le besoin. Le volet d'une fenêtre. Un volet cassé, brisé. Fermer les volets. Ouvrir les volets.
• Volet brisé, Volet qui peut se plier dans le sens de sa hauteur.
• VOLET, signifie aussi, Pigeonnier; lieu où l'on retire des pigeons, et dont l'ouverture se ferme par un petit ais. Il avait autrefois un colombier à pied, mais il n'a plus qu'un petit volet.
• Se dit aussi de L'ais qui sert à fermer l'entrée du volet ou pigeonnier. Abaisser le volet.
• Se dit également de L'ais qui est fixé horizontalement à l'entrée du pigeonnier. Les pigeons se mettent au soleil sur le volet.
• VOLET, se dit encore d'Une tablette, d'un petit ais rond, sur lequel on trie des choses menues, comme sont des graines, des pois, des lentilles, etc.
• Prov. et fig., Trié sur le volet, se dit Des choses et même des personnes qu'on a choisies avec soin. Il n'a que des livres triés sur le volet. Il ne fréquente que des personnes triées sur le volet. Cette manière de parler a vieilli.

VOLETER . v. n.
• Voler à plusieurs reprises, comme font les petits oiseaux qui n'ont pas la force de voler longtemps, ou comme les papillons. Il prend plaisir à voir voleter les abeilles sur les fleurs. La mère criait et voletait autour de son nid, lorsqu'on emportait ses petits. Le papillon ne cesse de voleter autour de la chandelle.

VOLEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui a volé, ou qui vole habituellement. Les voleurs de grands chemins. Voleur domestique. Voleur de nuit. Crier au voleur. Nous entendîmes les cris, Au voleur! au voleur! C'est une voleuse. C'est elle qui est la voleuse. C'est une vraie voleuse. Il est connu pour un grand voleur. Une bande de voleurs.
• Fam., Il est fait comme un voleur, se dit De quelqu'un dont l'habillement est en désordre, est en mauvais état.
• VOLEUR, se dit, par exagération, de Celui qui exige plus qu'il ne devrait demander. Ce marchand est un voleur, un franc voleur, un vrai voleur.

VOLIÈRE . s. f.
• Lieu qui est ordinairement fermé de fil d'archal, et où l'on nourrit des oiseaux pour son plaisir. Il a une belle volière. Une volière à l'air, découverte. Il a fait faire une volière dans son jardin. Il a une volière dans sa chambre.
• Se dit aussi d'Une grande cage qui a plusieurs séparations, pour mettre différentes sortes d'oiseaux.
• Se dit encore d'Un réduit ou l'on nourrit des pigeons. Les pigeons de volière sont les plus délicats.

VOLIGE . s. f.
• Planche mince de bois de sapin, ou d'autre bois blanc.

VOLITION . s. f.
• .l'École. Acte par lequel la volonté se détermine à quelque chose.

VOLONTAIRE . adj. des deux genres
• Qui se fait sans contrainte, de pure volonté. Action volontaire. Mouvement volontaire. Accord, traité volontaire. On ne vous y forcera pas, cela est volontaire. Une contribution volontaire. Enrôlement volontaire.
• VOLONTAIRE, se dit aussi Des personnes, et signifie, Qui ne veut s'assujettir à aucune règle, ni dépendre de personne, qui ne veut faire que sa volonté. Il est trop volontaire, il n'apprendra rien.
• S'emploie quelquefois substantivement, dans le même sens. Vous ne ferez jamais rien de cet enfant, c'est un petit volontaire.
• Se dit encore, substantivement, de Celui qui sert dans une armée sans y être obligé. Un jeune volontaire. Un corps de volontaires. Un bataillon de volontaires. Les volontaires firent merveille ce jour-là. Il servait en qualité de volontaire. On dit à peu près de même, Cet officier n'était pas commandé, il alla à cette action comme volontaire, il y alla volontaire.

VOLONTAIREMENT . adv.
• De bonne et franche volonté, sans contrainte. Il a fait cela volontairement et de son bon gré. Il s'y est obligé volontairement. Il se démit volontairement de son emploi.

VOLONTÉ . s. f.
• Faculté, puissance de l'âme, par laquelle on veut. L'entendement éclaire la volonté. La volonté est souvent déterminée par la passion.
• Prov., Les volontés sont libres, se dit en parlant Des choses qu'on laisse à la liberté de quelqu'un de faire ou de ne pas faire, ou dont on se réserve à soi-même la liberté.
• VOLONTÉ, se dit particulièrement de Cette faculté en tant qu'elle est agissante; et, par extension, Des actes mêmes de la volonté, de ce qu'une personne veut, prescrit ou désire. Volonté efficace. Volonté absolue. Ferme volonté. Je n'ai point d'autre volonté que la vôtre. La volonté d'autrui. La volonté générale. L'accord de toutes les volontés. Tout plie sous sa volonté. Changer de volonté. C'est contre ma volonté. Telle est ma volonté. Exécuter les volontés de quelqu'un, se conformer à ses volontés, respecter ses volontés. Ses volontés sont des ordres pour moi. Dicter ses volontés. Je vous ferai connaître mes volontés. Faire sa volonté. Est-ce là votre volonté? Faites-en à votre volonté.
• La volonté de Dieu, Ses ordres, ses décrets. Rien ne se fait dans le monde que par la volonté de Dieu. Il faut obéir à la volonté de Dieu. Que la volonté de Dieu soit faite.
• Par exagérat., Cet homme n'a point de volonté, Il est toujours de l'avis des autres.
• Avoir une grande volonté, une volonté forte, bien de la volonté, Avoir beaucoup d'ardeur pour les choses qu'on entreprend, ou Être d'un caractère ferme et savoir se faire obéir.
• Fam., Il n'en fait jamais qu'à sa volonté, Il est entêté, opiniâtre.
• Bonne ou mauvaise volonté, La bonne ou mauvaise disposition où l'on est pour quelqu'un, pour quelque chose. Il a beaucoup de bonne volonté pour vous. J'ai reconnu sa mauvaise volonté envers moi. Il ne manque pas de bonne volonté pour nous. Je lui suis obligé de sa bonne volonté. Il y a mis de la mauvaise volonté. Ce jeune homme est plein de bonne volonté, Il est plein du désir de bien faire.
• Cet officier, ce soldat, etc., est de bonne volonté, Il est prêt à exécuter tous les ordres qu'on lui donne, et même à s'offrir dans les occasions périlleuses. Il nous faut pour cette expédition des hommes de bonne volonté.
• Les dernières volontés d'une personne, Ce qu'une personne veut qui soit fait après sa mort. On appelle de même Acte de dernière volonté, Un testament.
• VOLONTÉS, au pluriel, se dit souvent en mauvaise part, dans la signification de Fantaisies, caprices. Cet enfant a bien des volontés. Il aime à faire ses volontés. Soumettre tout le monde à ses volontés. Il semble que ses volontés soient des lois.
• À VOLONTÉ. loc. adv. Quand on veut. Un ressort qui joue à volonté.
• Billet payable à volonté, Billet payable quand celui à qui il est dû voudra être payé.

VOLONTIERS . adv.
• De bonne volonté, de bon gré, de bon coeur. Il écoutera volontiers cette proposition. Ferez-vous cela? Je le ferai volontiers, bien volontiers, très-volontiers.
• Il signifie quelquefois, Facilement, aisément, ordinairement. On croit volontiers ce qu'on désire. En pareil cas, on se sert plus volontiers de cette expression que de telle autre.
• Se dit quelquefois, dans ce sens, en parlant Des êtres inanimés. Les petites rivières débordent volontiers dans cette saison. Cette plante vient volontiers de bouture.

VOLTE . s. f.
• .Manége. Certain mouvement que le cavalier fait exécuter au cheval en le menant en rond; et Le cercle tracé par le cheval dans ce mouvement. Mettre un cheval sur les voltes. Faire aller un cheval sur les voltes.
• Demi-volte, La moitié de la volte, le demi-rond que fait le cheval. Serrer la demi-volte.
• VOLTE, en termes d'Escrime, Mouvement pour éviter les coups de l'adversaire.

VOLTE-FACE . s. f.
• Il est principalement usité dans cette phrase, Faire volte-face, Se retourner pour résister à l'ennemi qui poursuit. Les ennemis s'enfuirent jusqu à un certain endroit où ils firent volte-face.

VOLTER . v. n.
• T. d'Escrime. Changer de place pour éviter les coups de son adversaire.

VOLTIGE . s. f.
• Corde lâche sur laquelle certains bateleurs font des tours. La voltige cassa, il se rompit une jambe.
• Il signifie aussi, Danse, exercice sur la corde lâche. Il excelle dans la voltige. Spectacle de voltige.
• Se dit, en termes d'Équitation, de L'art de monter à cheval légèrement et sans étriers. Maître de voltige. Enseigner la voltige.

VOLTIGEMENT .s.m.
• Mouvement de ce qui voltige. Le voltigement d'un papillon, d'un pavillon, d'un rideau, etc.

VOLTIGER . v. n.
• Voler à petites et fréquentes reprises, sans aucune direction déterminée. Les abeilles, les papillons voltigent de fleur en fleur. Un papillon qui voltige autour d'une chandelle. Cet oiseau voltigeait autour du nid.
• Se dit, figurément, De certaines choses légères que le vent soulève et fait aller çà et là. Des cheveux, un étendard, un voile qui voltigent au gré du vent.
• Fig., Il ne fait que voltiger, se dit D'un homme inconstant et léger, qui va de maison en maison sans aucun attachement, ou qui change souvent d'occupation, de conversation, d'étude, etc. On dit de même, Voltiger d'objet en objet; voltiger de belle en belle.
• VOLTIGER, signifie aussi, Faire des tours de souplesse et de force sur une corde élevée et attachée par les deux bouts, mais qui est fort lâche. Après avoir dansé sur la corde roide, il voltigea, il vint voltiger.
• VOLTIGER, signifie encore, Faire différentes sortes d'exercices sur le cheval de bois, pour s'accoutumer à monter à cheval sans étriers. Il apprend à voltiger. Il voltige bien. Un maître à voltiger.
• VOLTIGER, signifie aussi, Courir à cheval çà et là. Un parti de cavalerie des ennemis vint voltiger autour du camp, autour de la place, sur les avenues du camp.

VOLTIGEUR .s.m.
• Celui qui voltige sur un cheval. C'est un bon voltigeur.
• Se dit aussi de Celui qui voltige sur une corde lâche attachée par les deux bouts. Ce voltigeur fit des tours étonnants.
• Se dit, dans l'armée, de Soldats de petite taille qui forment une compagnie d'élite placée à la gauche du bataillon, et qui sont principalement destinés à tirailler, à se porter rapidement de côté et d'autre. Une compagnie de voltigeurs. Les voltigeurs se distinguèrent dans cette affaire.

VOLUBILITÉ . s. f.
• Facilité de se mouvoir, ou d'être mû en rond. La volubilité des roues d'une machine. Cela tourne avec une grande volubilité.
• Se dit quelquefois, figurément, d'Une articulation nette et rapide. Ces vers demandaient à être récités avec plus de volubilité. Parler avec volubilité.
• Volubilité de langue, Grande habitude de parler trop et trop vite. C'est un homme qui a une grande volubilité de langue. On dit quelquefois simplement Volubilité, dans le même sens. Cet homme a une volubilité qui étourdit.

VOLUME .s.m.
• L'étendue, la grosseur d'une masse, d'un corps, d'un paquet. Des corps de même matière et de même volume. Cela est d'un gros volume et d'un petit poids. Un corps est plus dense qu'un autre, si, sous le même volume, sous un égal volume, il contient plus de matière. Des marchandises d'un grand volume. Serrer un paquet, afin qu'il ait moins de volume, qu'il fasse moins de volume.
• VOLUME, se dit aussi d'Un livre relié ou broché. Cet ouvrage pourra faire un volume assez gros, un volume raisonnable. Un gros volume. Un beau volume. Un grand volume. Un petit volume. Cet ouvrage est en trois volumes. Chaque volume coûte tant. Volume broché, relié. Il a fait relier les deux tomes en un seul volume. Il a plus de dix mille volumes dans sa bibliothèque.
• Volume in-folio, Livre où la feuille de papier fait deux feuillets; Volume in-quarto, Celui où la feuille pliée fait quatre feuillets; et, Volume in-octavo, in-douze, in-seize, etc., Celui où la feuille pliée fait huit, douze, seize feuillets, etc.
• En Musiq., Le volume de la voix, La force ou l'étendue de la voix. Ce chanteur a un grand volume de voix.

VOLUMINEUX, EUSE. adj.
• Qui est fort étendu en tous sens, qui occupe beaucoup de place. Ce paquet est volumineux.
• Se dit aussi D'un ouvrage d'esprit, d'une collection qui contient un grand nombre de volumes. Un ouvrage volumineux. Une compilation volumineuse.

VOLUPTÉ . s. f.
• Plaisir corporel, plaisir des sens. Il y a de la volupté à boire quand on a soif.
• S'emploie, quelquefois, pour désigner Les plaisirs de l'âme. L'âme a ses voluptés comme le corps. Les savants trouvent de la volupté dans la découverte des vérités. L'Écriture dit que les justes seront abreuves dans un torrent de voluptés.
• VOLUPTÉ, employé absolument, soit au singulier, soit au pluriel, s'entend presque toujours Des plaisirs des sens. Il faut résister à la volupté. Les épicuriens font consister le souverain bien dans la volupté. Se plonger dans la volupté. Languir dans les voluptés, dans le sein des voluptés. Les raffinements de la volupté. La volupté est contraire à la vertu. La volupté affaiblit l'esprit et corrompt le coeur.

VOLUPTUAIRE . adj. des deux genres
• .Droit. Se dit Des dépenses consacrées aux constructions, aux embellissements de luxe ou de fantaisie. Le vendeur de mauvaise foi est obligé de rembourser les dépenses voluptuaires à l'acquéreur évincé.

VOLUPTUEUSEMENT . adv.
• Avec volupté. Boire, vivre voluptueusement.

VOLUPTUEUX, EUSE. adj.
• Qui aime et qui cherche la volupté. Il est voluptueux. Voluptueux dans ses repas. Cette femme est voluptueuse.
• Il signifie aussi, Qui inspire la volupté, qui fait éprouver un sentiment de volupté. Ce séjour est voluptueux. Un repas voluptueux. Mener une vie voluptueuse. Une pose, une attitude voluptueuse.
• Il signifie également, Qui exprime la volupté. Une langueur voluptueuse. Des images voluptueuses. Une description voluptueuse. Une danse voluptueuse.
• S'emploie quelquefois substantivement. C'est un voluptueux. Il se prend toujours en mauvaise part.

VOLUTE . s. f.
• T. d'Archit. Certain ornement du chapiteau de la colonne ionique et de la colonne composite, fait en forme de spirale.
• VOLUTE, se dit, en Histoire naturelle, Des coquilles univalves tournées en cône pyramidal.

VOLVA .s.m.
• .Bot., emprunté du latin. Enveloppe des champignons. - Voyez BOURSE.

VOMIQUE . adj. f.
• Il n'est usité que dans cette locution, Noix vomique, Espèce de noix qui est un poison pour quelques animaux, comme les chiens, etc. On lui a donné une noix vomique. Il se défit de ce chien avec de la noix vomique.

VOMIQUE . s. f.
• .Médec. Amas de pus qui est quelquefois évacué par une sorte de vomissement. Il a rendu une vomique.

VOMIR . v. a.
• Rejeter par la bouche, et ordinairement avec effort, des matières contenues dans l'estomac. Se dit Des animaux ainsi que Des hommes. Cette drogue provoque à vomir, fait vomir. Il a mal au coeur, il vomit à toute heure. Il a vomi de la bile. Il a fait de grands efforts pour vomir. Vomir le sang. Ce chien vient de vomir. Ce malade vomit facilement. Se faire vomir.
• Envies de vomir, Nausées, soulèvements de coeur.
• Fig. et pop., Vomir tripes et boyaux. Voyez TRIPE.
• Fig., Cela fait vomir, cela est à faire vomir, Cela est fort dégoûtant.
• Fig., Vomir des injures, vomir des blasphèmes, vomir son venin contre quelqu'un, Proférer des injures, des blasphèmes, dire tout le mal possible d'une personne.
• Ce volcan vomit des flammes, des cendres, de la lave, Il jette des flammes, des cendres. Le mont Etna, le mont Vésuve vomissent quelquefois des torrents de feu, des tourbillons de flamme. On dit également, La mer vomit des débris de naufrage, etc.
• VOMI, IE. participe

VOMISSEMENT .s.m.
• Action de vomir. Il est sujet à de grands vomissements. L'eau tiède provoque le vomissement. Il faut arrêter ce vomissement. Vomissement de sang.

VOMITIF, IVE. adj.
• .Médec. Qui fait vomir. Remède vomitif. Drogue vomitive.
• Il est plus ordinairement substantif, au masculin. Puissant vomitif. Il a l'estomac chargé, il faut lui faire prendre un vomitif.

VOMITOIRE .s.m.
• Il signifiait la même chose que Vomitif ; mais il est vieux.
• VOMITOIRE, en parlant Des théâtres des anciens Romains, se dit des larges issues par où le peuple sortait à la fin du spectacle.

VORACE . adj. des deux genres
• Qui dévore, qui mange avec avidité. L'aigle est un oiseau vorace. Le loup est un animal vorace. Le brochet est un poisson vorace.
• Cet homme est vorace, Il mange goulûment, il mange avec avidité.
• Son estomac est vorace, Il a besoin de beaucoup de nourriture.

VORACITÉ . s. f.
• Avidité à manger. La voracité des loups, des oiseaux de proie. Il mange avec voracité.

VOTANT .s.m.
• Celui qui vote. Il y avait trente votants. Le nombre des votants était de quinze. Les membres votants. Dans ce dernier exemple, il est employé adjectivement.

VOTATION . s. f.
• Action de voter. La votation n'a pas été libre. Il est peu usité.

VOTE .s.m.
• Voeu énoncé, suffrage donné. Donner son vote. Compter les votes.

VOTER . v. n.
• Donner sa voix, son suffrage dans une élection, dans une délibération. Il n'a pas voulu voter. Je vote comme vous. Voter par assis et levé.
• Activem., Voter une loi, un impôt, Exprimer, au moyen des votes, son consentement à une loi, à un impôt proposé. On vote à chaque session le budget de l'année. On dit de même: Voter une adresse au roi. Voter des remercîments à quelqu'un. Etc.
• VOTÉ, ÉE. participe, Une loi votée par les deux chambres.

VOTIF, IVE. adj.
• Qui appartient au voeu. Tableau votif, Tableau qui a été offert pour acquitter un voeu.
• En parlant Des anciens, Boucliers votifs, Boucliers que l'on appendait quelquefois dans les temples ou dans d'autres lieux, soit pour se rendre les dieux favorables, soit en action de grâces.
• Messe votive, Messe qui est dite dans quelque intention particulière, comme pour les malades, pour les voyageurs, pour les défunts, et qui n'est point de l'office du jour.

VOTRE . adjectif possessif des deux genres
• qui répond au pronom personnel Vous. Il se met toujours devant le substantif, et il fait Vos au pluriel. On le dit en parlant à une personne ou à plusieurs. Votre père. Votre patrie. Votre religion. Votre bien. Votre vie. Votre intérêt, monsieur; votre intérêt, messieurs, est que.... Vos dieux. Un de vos ancêtres. Vos femmes. Vos biens.

VÔTRE . adjectif possessif et relatif des deux genres
• Il ne se dit que par rapport à une chose dont on a déjà parlé, et d'une manière elliptique, le substantif auquel il se rapporte étant sous-entendu. Quand vous aurez entendu nos raisons, nous écouterons les vôtres. Il a pris ses livres et les vôtres. Renvoyez-moi mon cheval, et je vous renverrai le vôtre. Ma maison et la vôtre. On supprime quelquefois l'article dans le langage familier. Ces effets sont vôtres.
• VÔTRE, est quelquefois substantif masculin, et signifie, Ce qui est à vous, ce qui vous appartient. Le vôtre et le nôtre, chacun le sien. Vous en serez du vôtre.
• Il signifie aussi, Ce qui vient de vous. Vous y avez mis un peu du vôtre.
• VÔTRES, au pluriel, s'emploie de même substantivement, et signifie, Vos parents, ou vos compatriotes, vos amis, vos adhérents, etc. Vous et les vôtres. Voilà un des vôtres. Les vôtres se sont bien battus, ont résisté courageusement.
• Cette personne est des vôtres, Elle est de votre parti, ou de votre compagnie. Tous les mécontents seront des vôtres. Je ne puis me rendre à son invitation, je ne serai pas aujourd'hui des vôtres.
• Fam., Je suis bien le vôtre, je suis tout vôtre, je n'en suis pas moins le vôtre, s'emploie par forme de salutation, et se dit par rapport au mot Serviteur, qui a précédé ou qui est sous-entendu.
• Fam., Vous faites des vôtres, se dit À quelqu'un qui fait des folies, de bons tours, ou même des actions répréhensibles.

VOUER . v. a.
• Consacrer. Se dit proprement par rapport à Dieu. Vouer un enfant à Dieu. Ses parents l'avaient voué à Dieu dès l'instant de sa naissance. Une fille qui a voué sa virginité à Dieu. On dit par extension, mais toujours par rapport à Dieu: Vouer sa fille à la Vierge. Vouer un enfant à saint François.
• Il se joint quelquefois avec le pronom personnel. Se vouer, se consacrer à Dieu, au service de Dieu.
• Vouer un enfant au blanc, Le vouer à être toujours vêtu de blanc, jusqu'à tel âge.
• Prov. et fig., Ne savoir à quel saint se vouer, Ne savoir à qui recourir, quel moyen employer pour sortir d'embarras. On dit à peu près dans le même sens, Se vouer à tous les saints.
• VOUER, signifie aussi, Promettre par voeu. Vouer un temple à Dieu. Vouer une lampe à la Vierge.
• Il signifie figurément, Promettre d'une manière particulière. Vouer obéissance au pape. Vouer ses services à un prince. Vouer à quelqu'un le plus fidèle attachement. L'amitié que je lui ai vouée.
• Il signifie aussi, Employer particulièrement avec zèle, avec suite. Il a voué sa plume à la vérité, à la religion.
• VOUÉ, ÉE. participe

VOULOIR . v. a.
• (Je veux, tu veux, il veut; nous voulons, vous voulez, ils veulent. Je voulais. Je voulus. J'ai voulu. Je voudrai. Je voudrais. Que je veuille, que tu veuilles, qu'il veuille; que nous voulions, que vous vouliez, qu'ils veuillent. Que je voulusse. Voulant. L'impératif Veux, voulons, voulez. n'est usité que dans certaines occasions très-rares où l'on engage à s'armer d'une ferme volonté. Voir plus bas Veuillez.) Avoir intention de faire quelque chose, s'y déterminer. Il veut partir demain. Il veut faire ce voyage. Il n'en veut rien faire. Il le fera quand il voudra. Il veut être payé.
• Il signifie aussi, Commander, exiger avec autorité. Dieu veut. Le roi veut que vous obéissiez. Votre père veut que vous alliez là. Faites ce que je veux. Il le veut.
• Se dit, en ce sens, Des choses qui ont autorité sur l'homme. La loi veut qu'on s'abstienne de telle chose. La raison veut qu'on prenne ce parti. La religion, la morale, l'humanité veut qu'on aide son semblable.
• Le malheur a voulu que... Il est arrivé par malheur que...
• VOULOIR, signifie encore, Désirer, souhaiter. On vous donnera tout ce que vous voudrez. Il aime l'argent, il en veut avoir à quelque prix que ce soit.
• Il ne sait ce qu'il veut, se dit D'un homme irrésolu, qui ne sait pas prendre un parti.
• Je voudrais, se dit quelquefois au lieu de Je veux, pour exprimer modestement Le désir d'obtenir une chose. Je voudrais vous entretenir en particulier. S'emploie, dans les phrases suivantes, pour exprimer Une sorte de défi: Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Je voudrais bien voir cela.
• Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout ce qu'on veut, Avoir un grand empire sur ses sentiments, sur ses actions.
• Cet homme veut ce qu'il veut, Il l'exige, il le veut fortement.
• Prov., Ce que femme veut, Dieu le veut, Les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et elles viennent ordinairement à bout de l'obtenir.
• Par forme de souhait, Dieu le veuille. Se dit aussi Pour marquer qu'on doute d'une chose, quoiqu'on la souhaite.
• Prov., Il veut que cela soit, veuille Dieu, veuille diable, se dit D'un homme qui veut venir à bout de quelque chose à quelque prix que ce soit, et par toutes sortes de moyens, justes on injustes.
• Je veux bien que vous sachiez, se dit au lieu de Sachez, apprenez, pour marquer une espèce d'autorité, comme de supérieur à inférieur.
• Vouloir du bien, vouloir du mal à quelqu'un, Avoir de l'affection ou de la haine pour lui. Il vous veut du bien, beaucoup de bien. Il ne vous veut point de bien. Il lui veut du mal, grand mal. On dit, Que le mal que je lui veux m'arrive, me puisse arriver, pour annoncer qu'on est loin de souhaiter du mal à quelqu'un.
• Se faire bien vouloir, mal vouloir de quelqu'un, Gagner son affection, s'attirer son inimitié.
• En vouloir à quelqu'un, Avoir contre lui un sentiment de malveillance. Je sais bien qu'il vous en veut. Les envieux, les jaloux de sa fortune lui en veulent. Il en veut à tout le monde.
• En vouloir à la vie de quelqu'un, Avoir formé le projet de le tuer.
• Je m'en veux d'avoir fait cela, J'en ai du regret, du repentir.
• En vouloir à une personne, à une chose, signifie aussi, familièrement, Avoir quelque prétention sur cette personne, sur cette chose, en avoir quelque désir. Il en veut à cette fille. Il en veut à cette charge.
• À qui en voulez-vous? Qui demandez-vous? qui cherchez-vous? Il signifie aussi, Qui prétendez-vous attaquer, offenser? À qui en voulez-vous par ce discours-là? C'est à vous que j'en veux.
• À qui en veut-il? De qui se plaint-il? de qui lui vient son chagrin? Il ne fait que gronder, à qui en veut-il?
• Que veut dire cet homme? Que prétend cet homme? que demande-t-il? que prétend-il me faire entendre?
• Que veut dire ce mot? que veut dire ce procédé? Que signifie ce mot? que signifie ce procédé? Que veut dire cette clause? Cette clause ne signifie rien. Que veulent dire ces vers? On ne comprend pas le sens de ces vers.
• Que veut dire cela? que veut dire ceci? s'emploie quelquefois pour marquer Un simple étonnement; et, Qu'est-ce que cela veut dire? pour exprimer Un sentiment mêlé d'improbation.
• VOULOIR, signifie quelquefois simplement, Consentir. Oui, je le veux bien. Si vous le voulez, il le voudra aussi. Il faut vouloir tout ce que vous voulez.
• S'emploie souvent, par civilité, à la seconde personne du pluriel de l'impératif, qui fait alors Veuillez, et qui signifie, Ayez la bonté, la complaisance de. Veuillez permettre que je me retire. Veuillez me faire le plaisir de... Veuillez n'en rien dire à personne.
• Fam., Je veux bien que cela soit, je veux que cela soit, Je suppose que cela soit, quoique je n'en convienne pas; ou Quand cela serait vrai...
• Voulez-vous bien, est quelquefois une formule impérative. Voulez-vous bien vous taire, voulez-vous bien finir? Taisez-vous, finissez.
• VOULOIR, signifie aussi, Demander un prix d'une chose qu'on veut vendre. Il veut avoir cent mille francs, il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulez-vous, que voulez-vous de ce cheval?
• VOULOIR, signifie encore, Être d'un caractère ou d'une nature à demander, à exiger telle chose ou telle autre. Il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte. Cette affaire veut être conduite avec ménagement. Ce tableau veut être vu dans son jour. Cette plante veut un terrain humide. Cela veut du temps.
• VOULOIR, en parlant Des choses inanimées, se dit quelquefois dans le sens de Pouvoir. Cette machine ne veut pas aller. Ce jet d'eau ne veut pas jouer. Ce bois ne veut pas brûler.
• VOULU, UE. participe, Les formalités voulues par la loi.
• S'emploie comme adjectif dans ces phrases, qui vieillissent: Elle est bien voulue dans cette maison. Il est mal voulu partout.

VOULOIR .s.m.
• Acte de la volonté, action de vouloir. Il en a le pouvoir et le vouloir. Je n'ai point d'autre vouloir que le vôtre. L'apôtre dit que c'est Dieu qui nous donne le vouloir et le faire.
• Fam., Malin vouloir, Intention maligne, intention de nuire. Il a témoigné son malin vouloir. Il y a longtemps qu'il a un malin vouloir contre moi.

VOUS . pronom personnel
• pluriel de Tu. On s'en sert aussi au singulier par une civilité d'usage. Vous êtes le maître. Voyez TU.

VOUSSOIR ou VOUSSEAU.s.m.
• T. d'Archit. Chacune des pierres qui forment le cintre d'une voûte. Les voussoirs d'une arcade. Le mot de Voussoir est plus usité que celui de Vousseau.

VOUSSURE . s. f.
• T. d'Archit. Courbure, élévation d'une voûte, ce qui en forme le cintre. On le dit aussi en parlant Des portes et des fenêtres en arc.

VOÛTE . s. f.
• Ouvrage de maçonnerie fait en arc, et dont les pièces se soutiennent les unes les autres. Voûte en plein cintre. Voûte en anse de panier, en demi-globe. Voûte surbaissée. Voûte en ogive. Le cintre de la voûte. Une voûte bien hardie. Une lampe était suspendue à la voûte.
• La clef de la voûte, La pierre du milieu de la voûte: elle sert à fermer la voûte, et à soutenir tous les autres voussoirs.
• Fig., C'est la clef de la voûte, se dit Du point capital d'une affaire.
• Par analogie, La voûte d'une caverne, d'un antre, etc., La partie supérieure d'une caverne, etc., parce qu'elle est ordinairement cintrée comme une voûte de maçonnerie.
• Fig., Une voûte de feuillage, de verdure, Un berceau formé par des branches d'arbres, par des plantes grimpantes.
• Fig. et poétiq., La voûte du ciel, la voûte des cieux, et La voûte azurée, la voûte étoilée, la voûte céleste, Le ciel.
• En termes de Maréchalerie, La voûte du fer d'un cheval, La partie intérieure de l'arc de ce même fer, laquelle est opposée à la pince.
• En termes d'Anat., La voûte palatine ou du palais, La cloison horizontale qui sépare la bouche et les fosses nasales. La voûte du crâne, La partie supérieure du crâne.

VOÛTER . v. a.
• Faire une voûte qui termine le haut d'un édifice, ou d'une pièce dans un édifice. Voûter une église, une salle, une cave. Dans cette maison, toutes les offices sont voûtées.
• S'emploie avec le pronom personnel, et se dit Des personnes dont la taille commence à se courber. Les personnes de grande taille se voûtent plus promptement que les autres. Il commence à se voûter.
• VOÛTÉ, ÉE. participe

VOYAGE .s.m.
• Le chemin qu'on fait pour aller d'un lieu à un autre lieu qui est éloigné. Grand voyage. Petit voyage. Long voyage. Faire voyage. Faire un voyage en Italie, en Perse, aux Indes. Revenir de voyage, d'un voyage. Être en voyage. Avez-vous achevé vos voyages? C'est un beau voyage. Les fatigues du voyage, des voyages. Comment vous trouvez-vous de vos voyages? Voyage au Levant, dans le Levant, à Naples, en Italie, en Afrique. Voyage à Jérusalem. Voyage par mer. Voyage par terre. Faire voyage en voiture. Faire voyage à cheval. Faire voyage en poste. Voyage en aérostat. Voyage aérien. Voyage autour du monde. Le but, le terme d'un voyage. Les voyages forment la jeunesse. Adieu, je vous souhaite bon voyage, un bon voyage. Adieu, bon voyage.
• Voyages d'outre-mer, Les voyages que les chrétiens entreprenaient autrefois pour faire la guerre aux musulmans.
• Voyages de long cours, Les grands voyages sur mer.
• Fig. et fam., Faire le voyage de l'autre monde, le grand voyage, Mourir.
• Fig., La vie est un voyage, Nous ne faisons que passer sur la terre.
• Relation d'un voyage, ou simplement, Voyage, Relation des événements d'un voyage, et de ce qu'on a vu, découvert, ou appris en voyageant. J'ai lu un Voyage d'Égypte. Recueil de Voyages.
• Voyage pittoresque, Relation d'un voyage, avec des vues, des tableaux, des gravures.
• VOYAGE, se dit aussi de Toute allée et venue d'un lieu à un autre. J'ai fait deux voyages à Versailles. J'ai fait vingt voyages chez lui sans le trouver. Il m'a fait faire plusieurs voyages inutilement.
• Il signifie de même, L'allée ou venue qu'on fait faire à un homme de peine, à un commissionnaire, soit pour porter quelque chose, soit pour remplir quelque message. Ce crocheteur, ce charretier a fait tant de voyages pour moi. Il faut payer ses voyages.
• Il signifie quelquefois, Séjour dans un lieu où l'on ne fait point sa demeure ordinaire. Le voyage de la cour à Fontainebleau sera de trente jours. Il est du voyage de Compiègne. Mon voyage à ma terre sera de six semaines.

VOYAGER . v. n.
• Faire voyage, aller en pays éloigné. Il a bien voyagé, il a bien vu du pays. Voyager par toute l'Europe. Voyager en Italie, en Grèce, en Asie, etc. Les étrangers qui viennent voyager en France. Il a passé sa vie à voyager. On apprend bien des choses en voyageant. Voyager par terre, par mer. Voyager sur mer. Voyager à son aise. Voyager en poste. Voyager à cheval. Voyager à pied. Voyager à petites journées. On le dit quelquefois De certains oiseaux. Les grues, les hirondelles voyagent.
• Prov. et fig., Qui veut voyager loin ménage sa monture, Il ne faut point faire d'excès, il faut user avec ménagement de ses forces, de ses facultés, pour les conserver longtemps. On dit plus souvent, Qui veut aller, etc.

VOYAGEUR, EUSE. s.
• Celui, celle qui est actuellement en voyage. J'attends des nouvelles de nos voyageurs. Cette auberge est fort commode pour les voyageurs. Cette voiture peut contenir tant de voyageurs. C'est une grande voyageuse.
• Se dit aussi de Ceux qui ont fait ou qui font de grands voyages. C'est un voyageur, un grand voyageur. Les voyageurs sont sujets à mentir. Les récits des voyageurs.
• S'emploie quelquefois adjectivement. Des oiseaux voyageurs. L'hirondelle voyageuse.
• Commis voyageur, Commis qui voyage pour les affaires d'une maison de commerce.

VOYANT, ANTE. adj.
• Qu'on voit. Il ne se dit que Des couleurs qui sont extrêmement éclatantes. Voilà une couleur très-voyante. Cette étoffe est trop voyante pour une personne de votre âge. Cela est trop voyant pour lui. Il est familier.

VOYANT, ANTE. adj.
• Qui voit. Dans l'hospice des Quinze-Vingts, on appelle Frères voyants, Ceux de cet hospice qui voient clair, et qui sont mariés à une femme aveugle; et Soeurs voyantes, Les femmes qui voient clair, et qui sont mariées à des aveugles.
• VOYANT, est aussi substantif masculin, en termes de l'Écriture, pour signifier, Celui qui voit. Il a le même sens que Prophète, et c'est dans cette acception que Samuel est appelé Le voyant.

VOYELLE . s. f.
• .Gram. Lettre qui a un son par elle-même, et sans être jointe à une autre. Les principales voyelles de notre alphabet sont a, e, i, o, u. Voyelle brève, longue. Voyelle accentuée. Voyelle muette. Voyelle finale.
• Se dit quelquefois Des voix, des sons mêmes que les voyelles sont destinées à représenter. La diphthongue se forme de deux voyelles prononcées ensemble, comme dans Ciel, Dieu, oui.
• Points-voyelles, Points ou petits signes destinés à représenter les voyelles, dans l'écriture hébraïque, où toutes les lettres sont consonnes.

VOYER .s.m. et adj.
• Officier préposé à la police des chemins à la campagne, et à celle des rues dans les villes. Les voyers, les commissaires voyers de tel lieu, de telle ville. On ne saurait bâtir sur la rue sans la permission du voyer, du commissaire voyer. Architecte voyer.

VRAI, AIE. adj.
• Véritable, qui est conforme à la vérité. Cette proposition est vraie, sera toujours vraie. Le bruit qui court est-il vrai? Cela n'est pas vrai. Dites-nous des choses vraies, si vous voulez qu'on vous croie. Cette nouvelle n'est pas vraie. Le fait est vrai. S'il est vrai que vous ayez fait telle chose. Il n'est pas vrai qu'on l'ait maltraité. Il n'en reste pas moins vrai que...
• Cet homme est vrai, Il parle et il agit sans déguisement.
• Fam., Aussi vrai qu'il fait jour, vrai comme il faut mourir, aussi vrai que nous sommes ici, etc., se disent Pour affirmer quelque chose.
• Il est vrai de dire, ou simplement, Il est vrai, s'emploie Lorsqu'on veut expliquer, modifier ou restreindre ce qu'on vient de dire. Il n'a mis que deux heures à faire ces six lieues; il est vrai de dire que les chemins sont beaux. Je me sens un peu fatigué; il est vrai que j'ai travaillé plus que de coutume.
• Toujours est-il vrai de dire, ou simplement, Toujours est-il vrai, signifie, Néanmoins. Il a quelques moments d'humeur; toujours est-il vrai de dire qu'il est aimable. Vous avez beau contester, toujours est-il vrai que...
• VRAI, en parlant Des ouvrages d'esprit ou des ouvrages d'art, signifie, Qui rend, qui exprime avec vérité les pensées, les objets. Un style vrai. Un coloris vrai. Des tons vrais. Des chairs vraies.
• VRAI, signifie encore, Qui est réellement ce qu'on le dit être ou qu'il doit être, qui a toutes les qualités essentielles à sa nature. En ce sens, il se met le plus souvent avant le substantif. Le vrai Dieu. La vraie religion. Du vrai marbre. Un vrai diamant. Un vrai talent. Un vrai mérite. Un vrai bonheur. Un vrai repentir. Vrais amis. Vrai poëte. Vrai capitaine. Vrai philosophe. Vrai savant. On dit de même, en mauvaise part, C'est un vrai fripon, un vrai libertin, une vraie bohémienne, etc.
• Par exagérat., C'est homme est un vrai cheval, un vrai singe, un vrai lion, etc., Cet homme a quelque chose de la nature du cheval, du singe, du lion, etc. On dit de même, C'est un vrai supplice, un vrai martyre, etc.
• En Astron., Temps vrai. Voyez TEMPS.
• VRAI, signifie quelquefois, au sens moral, Unique, ou Principal, essentiel. La vraie cause, le vrai motif, le vrai sujet de sa détermination, de son action, etc., est la crainte de vous désobliger, est le désir de vous être utile.
• Il signifie aussi quelquefois, Convenable. Voilà la vraie place de ce tableau. Voilà des rubans de la vraie couleur qu'il fallait à sa robe. C'est la vraie manière de s'y prendre.
• VRAI, est quelquefois substantif, et signifie, Vérité. Cet homme ne dit pas toujours vrai. Il n'y a pas un mot de vrai dans ce qu'il dit. Voilà le vrai. Discerner le vrai d'avec le faux. Avouez le vrai. Dites le vrai. À vous dire vrai. À dire vrai. À vrai dire. Il dit vrai. Parler vrai. Vous êtes dans le vrai. Vous vous écartez du vrai. Cela sort du vrai.
• VRAI, s'emploie quelquefois adverbialement, et signifie, Vraiment. Vous avez dit cela, vrai? Cela est conclu, vrai? Cela m'oblige, vrai. Il est familier.
• AU VRAI. loc. adv. Selon le vrai, conformément à la vérité. Contez-nous la chose au vrai. Voilà au vrai comme la chose s'est passée. Un état au vrai.

VRAIMENT . adv.
• Véritablement, effectivement. Il est vraiment sage. Il est vraiment orateur. C'est vraiment un grand fripon.
• Se dit quelquefois Pour affirmer plus fortement: Oui vraiment; et quelquefois aussi on s'en sert ironiquement: Ah! vraiment oui. Vraiment je vous en croirai. Vraiment vous êtes un joli garçon.

VRAISEMBLABLE . adj. des deux genres
• (On prononce l'S comme dans Semblable.) Qui paraît vrai, qui a l'apparence de la vérité. La chose est assez vraisemblable. Cela n'est pas vraisemblable. Ce que vous nous dites peut être vrai, mais n'est pas vraisemblable. Opinion vraisemblable.
• Il est quelquefois substantif masculin. Préférer le vraisemblable au vrai.

VRAISEMBLABLEMENT . adv.
• (On prononce l'S fortement.) Apparemment, selon la vraisemblance. Vraisemblablement il arrivera aujourd'hui.

VRAISEMBLANCE . s. f.
• (On prononce l'S fortement.) Apparence de vérité. Il n'y a pas de vraisemblance à ce que vous dites. Cela choque la vraisemblance. Sans vraisemblance. Hors de la vraisemblance. Contre la vraisemblance. Garder, observer la vraisemblance. Cela n'est pas dans la vraisemblance. Cela pèche contre la vraisemblance.

VRILLE . s. f.
• Outil de fer terminé par une espèce de vis, qui sert à faire des trous dans le bois.
• Se dit aussi Des pousses en spirale avec lesquelles la vigne et d'autres plantes s'attachent aux corps qui sont près d'elles.

VUE . s. f.
• La faculté par laquelle on voit; celui des cinq sens par lequel on perçoit la lumière et on distingue les couleurs, souvent même la forme, la distance et les mouvements. Le sens de la vue. Avoir la vue bonne, perçante, subtile. La vue faible, mauvaise. Avoir bonne vue, mauvaise vue. Vue tendre. Vue courte. Vue basse. Vue trouble. Vue égarée. Cela gâte, choque, blesse, éblouit, affaiblit, fortifie, réjouit la vue, est nuisible à la vue. Il perd la vue. Il a perdu la vue. Il est privé de la vue. Il a recouvré la vue.
• Il se prend aussi pour L'organe même de la vue, pour les yeux, pour les regards. Jetez la vue là-dessus. Tournez la vue de ce côté-là. Baisser la vue. Détourner la vue. Le soleil me donne dans la vue.
• Fig., Donner dans la vue, Frapper, surprendre par un éclat agréable. Cette étoffe donne dans la vue plus que l'autre. Se dit de même, figurément, De ce qui excite le désir, l'ambition. Cette fille lui a donné dans la vue. Cette charge lui a donné dans la vue.
• Tant que la vue se peut étendre, Jusqu'où les yeux peuvent apercevoir. Dans le même sens, on dit: Jusqu'où la vue peut porter. Ma vue ne porte pas jusque-là.
• À perte de vue, se dit en parlant D'une vue si étendue, si prolongée, qu'il est impossible de distinguer les objets qui la terminent.
• Fig. et fam., Faire des raisonnements, raisonner, discourir à perte de vue, Faire des discours très-longs, fort éloignés du sujet, et qui ne concluent rien. On dit de même, Des compliments à perte de vue.
• Perdre de vue une personne, une chose, Cesser de la voir. Il courait si fort, que je l'eus bientôt perdu de vue. Le vaisseau s'éloigna en peu de temps, et nous le perdîmes de vue. L'oiseau prit l'essor, et on le perdit bientôt de vue.
• Fig., Cette mère ne perd point sa fille de vue, Elle la surveille attentivement.
• Fig., J'ai perdu cet homme de vue, J'ai cessé de le fréquenter, de le rencontrer dans le monde. J'ai perdu de vue cette affaire, J'ai cessé de m'en occuper, et je ne sais où elle en est, ni ce qu'elle est devenue.
• Fig., On ne peut le suivre, on le perd de vue, se dit D'un homme qui tient des discours difficiles à suivre, à comprendre.
• Connaître une personne de vue, La connaître de visage, mais sans jamais avoir eu des relations avec elle.
• Garder un prisonnier à vue, Le garder de telle sorte, qu'on le voie toujours. On dit à peu près dans le même sens: Chasser un cerf à vue. Les lévriers ne courent qu à vue.
• À vue d'oeil, Autant qu'on en peut juger par la vue seule. À vue d'oeil, ce morceau de viande pèse tant. Il signifie aussi, Visiblement, et se dit, par exagération, en parlant Des choses dans lesquelles il arrive quelque changement imperceptible aux yeux pendant qu'il s'opère, mais qui ne laisse pas d'être sensible au bout de quelque temps. Cet enfant croit à vue d'oeil. Cette femme embellit à vue d'oeil. Ce malade dépérit à vue d'oeil.
• Fig., Avoir la vue sur quelqu'un, Veiller actuellement sur sa conduite.
• Lunette de longue vue, ou plus ordinairement, Longue-rue, Lunette d'approche qui sert à voir distinctement les objets éloignés. Il a une lunette de longue vue avec laquelle il aperçoit les satellites de Jupiter. Cette longue-vue est excellente.
• Seconde vue, Faculté dont quelques habitants du Nord prétendent être doués, et qui consiste à voir par l'imagination des choses réelles, qui existent ou arrivent dans des lieux éloignés.
• VUE, se prend aussi pour L'inspection des choses qu'on voit. Regardez ces étoffes, la vue ne vous en coûtera rien, la vue n'en coûte rien.
• En termes de Banque et de Commerce, Une lettre de change payable à vue, Au moment de sa présentation; et, Payable à tant de jours de vue, Tant de jours après sa présentation.
• Juger d'une chose à la première vue, La première fois qu'on la voit, à la première inspection
• Marcher à vue de pays, se conduire à vue de pays, Marcher sans savoir précisément la route de l'endroit où l'on va, et en se dirigeant d'après l'aspect des lieux.
• Fig. et fam., Juger à vue de pays, Juger des choses en gros et sans entrer dans le détail, juger sur le premier aperçu et avant que d'avoir approfondi.
• Être en vue, être exposé à la vue, Être en un lieu où l'on est vu, où l'on est exposé aux regards; et dans le même sens à peu près: Mettre une chose en vue. Faire une chose à la vue de tout le monde. Les deux armées étaient en vue l'une de l'autre, étaient en vue. Tel bâtiment est en vue. Il campa à la vue de l'ennemi. Nous étions alors à vue du cap de Bonne-Espérance. Nous mouillâmes à vue de terre.
• VUE, signifie aussi, La manière dont les objets se présentent à la vue. Une vue de côté. Une vue de haut en bas. Une vue de bas en haut. Dans ce sens, on dit, Plan à vue d'oiseau, Un plan de bâtiment, de jardin, etc., vu de haut en bas.
• VUE, signifie encore, Toute l'étendue de ce qu'on peut voir du lieu où l'on est. Cette maison a une belle vue, n'a point de vue. La vue de ce château est très-variée. Cette terrasse n'a qu'une vue bornée. Son appartement a vue sur la rue, sur la rivière. Vue qui plonge. Vue rasante. Échappée de vue. Grande étendue de vue.
• Point de vue, L'objet sur lequel la vue se dirige et s'arrête dans un certain éloignement. Ce clocher sert de point de vue. Se dit également d'Un objet ou d'un assemblage d'objets qui frappe, qui in vite à le regarder. Un beau point de vue. Dans cette campagne, les points de vue sont très-variés. Se dit aussi, en termes de Perspective, Du point vers lequel le peintre dirige tous les rayons qui sont censés partir de l'oeil du spectateur. Déterminer, choisir le point de vue. Se dit encore de L'endroit précis où il faut se placer pour bien voir un objet, et de Celui où l'objet doit être place pour être bien vu. Vous ne pouvez juger ce portrait, vous n'êtes pas dans le point de vue. Ce tableau n'est pas dans son point de vue. Se dit aussi, figurément, Des différentes manières dont une affaire, une question peut être considérée. Voir une affaire sous son vrai point de vue, sous un double point de vue.
• Fig. et fam., C'est là son point de vue, se dit D'une chose à laquelle un homme aspire, de ce qu'il tente d'obtenir, de posséder.
• VUE, signifie également, Un tableau, un dessin, une estampe qui représente un lieu, un palais, une ville, etc., regardés de loin. Vue de Rome. Vue de Paris. Vue perspective. Prendre, dessiner une vue, des vues. Il a acheté un recueil des vues de Grèce, d'Italie, de Suisse. La vue d'un pont, d'une ruine, etc.
• VUE, signifie aussi, Fenêtre, ouverture d'une maison par laquelle on voit sur les lieux voisins. Faire boucher, faire condamner des vues. Pourquoi avez-vous ouvert une vue sur mon jardin? Ordinairement on n'a point droit de vue sur son voisin. Réduire les vues d'une maison. Vue de servitude, de souffrance.
• VUE, signifie figurément, Le dessein qu'on a, le but, la fin que l'on se propose dans une affaire. C'est un homme qui a de grandes vues. Il n'a d'autre vue en cela que celle de vous obliger, que de vous obliger. Cet homme a des vues cachées, secrètes, des vues intéressées. Ses vues sont droites, pures, honnêtes. Contrarier, seconder les vues de quelqu'un. Pourquoi a-t-il fait cela, quelles sont ses vues? Dans quelle vue a-t-il fait cela? Il a fait cette démarche en vue de telle chose. Agir en vue, dans la vue de la récompense. Faire toutes choses dans la vue de Dieu, dans la vue de son salut. Entrer dans les vues de quelqu'un.
• En vue de, signifie quelquefois, En considération de. C'est en vue des services qu'il a rendus, et de ceux qu'il peut rendre, qu'on lui a fait cette grâce.
• Avoir une chose en vue, Se la proposer pour objet. Il n'a que. son intérêt en vue. On dit aussi, Borner ses vues à telle chose, N'avoir pour objet que telle chose.
• Avoir des vues pour quelqu'un, Avoir dessein de lui procurer quelque avantage; Avoir des vues sur quelqu'un, Avoir dessein de l'employer à quelque chose; et, Avoir des vues sur quelque chose, Former le dessein, se proposer de l'acquérir, de l'obtenir.
• VUE, se dit aussi, généralement, de L'action par laquelle l'esprit connaît, découvre. C'est un homme d'une grande pénétration, rien n'échappe à sa vue. Il porte sa vue bien loin dans l'avenir. Grandes vues. Vues bornées. Bonnes vues. Vues saines. Vues éloignées. Vues profondes. On dit, à peu près dans le même sens, que Rien n'est caché à la vue de Dieu.

VULGAIRE . adj. des deux genres
• Qui est commun, qui est reçu communément. Préjugé vulgaire. Croyance vulgaire. Opinion vulgaire. Expression vulgaire.
• Langues vulgaires, par opposition à Langues savantes, Les différentes langues que les peuples parlent aujourd'hui. Les traductions de la Bible en langues vulgaires. Dans le grec vulgaire, on reconnaît l'ancien grec, qu'on appelle Grec littéral. On dit de même, L'idiome vulgaire.
• VULGAIRE, signifie quelquefois, Trivial. Ainsi on dit, Des pensées vulgaires, des sentiments vulgaires, Des pensées triviales, des sentiments tels que le commun du peuple est accoutumé d'en avoir.
• Par mépris, Homme vulgaire, âme vulgaire, esprit vulgaire, se dit d'Un homme qui ne se distingue en rien du commun.
• VULGAIRE, est aussi substantif masculin, et signifie, Le peuple, le commun des hommes. Il suit en cela l'opinion du vulgaire. Combattre les erreurs du vulgaire. Les gens éclairés ne pensent pas ordinairement comme le vulgaire. Le vulgaire ignorant.
• Le vulgaire des auteurs, des artistes, des grands, etc., Ceux des auteurs, des artistes, des grands, etc., qui ne se distinguent point, qui forment cette classe nombreuse qu'on ne remarque pas.

VULGAIREMENT . adv.
• Communément. Vulgairement parlant. On dit vulgairement que...

VULGATE . s. f.
• Version latine de l'Écriture sainte, qui est en usage dans l'Église catholique. Ce passage est traduit selon la Vulgate. La Vulgate a été déclarée authentique par le concile de Trente.

VULNÉRABLE . adj. des deux genres
• Qui peut être blessé. Il est peu usité.

VULNÉRAIRE . adj. des deux genres
• .Médec. Se dit Des médicaments regardés comme plus particulièrement propres à guérir les plaies. Le mille-pertuis est une des principales herbes vulnéraires. On prise fort les herbes vulnéraires des montagnes de Suisse. Plante vulnéraire.
• Eaux vulnéraires, Celles qu'on emploie dans le traitement des blessures, celles qu'on tire des herbes vulnéraires.
• VULNÉRAIRE, est aussi substantif masculin. Un bon vulnéraire. Il se sert de vulnéraires. On lui a donné des vulnéraires. On se sert des vulnéraires pour les maux d'estomac, pour les coups à la tête, etc. Vulnéraires suisses.

VULNÉRAIRE . s. f.
• .Bot. Plante légumineuse, a fleurs jaunes, qui est recommandée pour les plaies et les blessures récentes.

VULVE . s. f.
• T. d'Anat. L'orifice extérieur du vagin.

WHIG .s.m.
• (On prononce Ouigue.) Nom d'un parti célèbre en Angleterre, qui fait profession de défendre la liberté. Les whigs sont opposés aux torys.
• S'emploie aussi comme adjectif. Le parti whig. Un ministère whig.

WHIST .s.m.
• (On prononce Ouiste.) Sorte de jeu de cartes qui nous vient des Anglais, et qui se joue entre quatre personnes deux contre deux. Jouer au whist. Quelques-uns disent, Wisk (prononcez Ouiske).

WISK .s.m. - Voyez WHIST.

WISKEY .s.m.
• (On prononce Ouiski.) Sorte d'eau-de-vie de grains, dont on fait grand usage dans le Nord.

WISKI .s.m.
• (On prononce Ouiski.) Sorte de cabriolet léger et très-élevé, dont la mode nous est venue d'Angleterre.

X .s.m.
• Lettre consonne, qui est la vingt troisième lettre de l'alphabet. Suivant l'appellation ancienne et usuelle, on la nomme Ics; et, suivant la méthode moderne, on l'appelle Xe, en prononçant comme dans la dernière syllabe des mots Axe, fixe, luxe.
• X, tantôt a le son de CS joints ensemble, comme dans Xiphoïde, extrême; tantôt de GZ, aussi joints ensemble, comme dans Xercès, exercice, Xavier; tantôt le son d'un C dur, comme dans Excepter; tantôt celui de l'S forte, comme dans Auxerre, Bruxelles; tantôt enfin celui du Z ou de l'S adoucie, comme dans Deuxième, sixième, etc.
• À la fin des mots, tantôt il a le son de CS joints ensemble, comme dans ceux-ci, qui ont passé de la langue grecque dans la nôtre, Styx, sphinx, lynx, etc., et dans ce mot pris du latin, Préfix; tantôt il a la valeur de l'S à la fin d'un mot, c'est-à-dire que, devant une voyelle, il a le son du Z, comme Baux à longues années, et que devant une consonne ou à la fin d'un sens, il ne sert qu'a rendre plus longue la dernière syllabe du mot, comme Paix, choix, généreux.
• Dans certains mots, l'X sert à marquer le pluriel, au lieu de l'S, comme dans Choux, oiseaux, etc.
• Dans quelques autres, tels que Dix et Six, il ne se prononce point devant le substantif dont il marque le nombre, lorsque ce substantif commence par une consonne: il a le son du Z devant une voyelle; et, quand il est final, ou qu'il est suivi d'un repos, il se prononce fortement comme S.

XÉRASIE . s. f.
• .Médec. Maladie des cheveux qui deviennent secs, cessent de croître, et ressemblent à un duvet couvert de poussière.

XÉROPHAGIE . s. f.
• Nom qu'on donnait, dans la primitive Église, à l'abstinence des premiers chrétiens, qui pendant le carême ne mangeaient que du pain et des fruits secs.

XÉROPHTHALMIE . s. f.
• .Médec. Ophthalmie sèche, qui consiste en une cuisson, une démangeaison et une rougeur dans les yeux, sans enflure ni écoulement de larmes.

XIPHIAS .s.m.
• (On prononce l'S.) T. d'Hist. nat. Genre de poissons qui ont la mâchoire supérieure prolongée en forme de lame ou d'épée.
• XIPHIAS, est aussi Le nom donné par les astronomes à une constellation de l'hémisphère austral, qui n'est point visible dans nos climats.

XIPHOÏDE . adj. m.
• T. d'Anat. Se dit D'un prolongement qui termine la partie inférieure du sternum. Appendice ou cartilage xiphoïde.

XYLOPHAGE .s.m.
• T. d'Entomologie. Se dit d'Une famille d'insectes coléoptères qui, à l'état de larve, vivent presque tous dans les vieux bois: elle comprend les plus grands insectes connus.

XYSTE .s.m.
• T. d'Antiq. Lieu couvert destiné chez les anciens a divers genres d'exercices.

Y .s.m.
• On l'appelle ordinairement I grec; mais, selon la méthode moderne, on dit simplement I. C'est la vingt-quatrième lettre de l'alphabet français, tantôt caractère simple, tantôt caractère double.
• Caractère simple, il n'a pas d'autre valeur que celle de l'I voyelle, et il n'est plus admis dans notre orthographe, pour les mots purement français, que dans le très-petit nombre de ceux qui seront rapportés ci-dessous; mais nous continuons à l'employer pour marquer l'origine de plusieurs mots dérivés du grec, Hymen, hymne, étymologie, physique, hypocrisie, etc. On le conserve aussi dans les noms propres, et dans quelques mots empruntés des langues étrangères, York, yacht, etc.
• Caractère double, il vaut deux I accouplés, dont le premier fait partie d'une syllabe, et le second en commence une autre, comme dans Citoyen, employer, royal, appuyer, pays, etc., qui se prononcent comme s'il y avait Citoi-ien, emploi-ter, roi-ial, appui-ier, pai-is, etc. C'est mal à propos que quelques auteurs ou imprimeurs écrivent Citoïen, moïen, etc., avec un ï tréma.
• Y. adv. relatif. En cet endroit-là. Voulez-vous y aller? Rendez-vous-y. Y est-il? J'y passerai. N'allez pas là, il y fait trop chaud.
• Y, dans cette acception, n'est quelquefois qu'Une espèce de particule explétive, comme dans ces phrases: Il y a des gens. Y a-t-il quelque chose pour votre service?
• Il signifie aussi, À cela, à cette personne-là. Quant à la raison que vous m'alléguez, Je m'y rends. J'y répondrai dans la suite. C'est un homme équivoque, ne vous y fiez pas. Fiez-vous-y. Cette dernière locution s'emploie souvent par antiphrase, et signifie, Ne vous y fiez pas.
• Il faut observer que quand Y est placé immédiatement après la seconde personne du singulier de l'impératif, on ajoute à cette seconde personne une S euphonique, comme dans: Vas-y. Donnes-y tes soins. Cueilles-y des fruits.

YACHT .s.m.
• (On prononce Iaque, et l'Y est aspiré.) Sorte de bâtiment qui va à voiles et à rames, et qui sert ordinairement pour la promenade. Les yachts sont fort communs en Angleterre et en Hollande.

YATAGAN .s.m.
• (L'Y est aspiré.) Sorte de poignard turc, de coutelas dont la lame est oblique, et dont le tranchant forme, vers la pointe, une courbe rentrante. Il portait un yatagan à sa ceinture. Il l'étendit à ses pieds d'un coup de yatagan.

YÉBLE .s.m. Plante. - Voyez HIÈBLE.

YEUSE . s. f.
• Sorte de chêne qui conserve ses feuilles vertes en toute saison, et qu'on nomme aussi Chêne vert.

YEUX .s.m.
• Pluriel d'Oeil. Voyez OEIL.

YOLE . s. f.
• (L'Y est aspiré.) Sorte de petit canot léger qui va à la voile et à l'aviron. Sa yole fut submergée.

YPRÉAU .s.m.
• Espèce d'orme à larges feuilles, qui nous est venu des environs de la ville d'Ypres. Une allée d'ypréaux. Une avenue d'ypréaux.

YUCCA .s.m.
• (L'Y est aspiré.) .Bot. Plante exotique de la famille des Liliacées, qui a l'aspect de l'aloès et qui porte une touffe de belles fleurs blanches. Au Mexique, le yucca acquiert ordinairement des proportions gigantesques.

Z .s.m.
• Lettre consonne, la vingt-cinquième et dernière de l'alphabet. Suivant l'appellation ancienne et usuelle, on la nomme Zède, et suivant la nouvelle, on la nomme Ze, en prononçant comme dans la dernière syllabe des mots Onze, douze.
• Fam., Il est fait comme un Z, se dit D'un homme tortu. Dans cette phrase, on conserve toujours la dénomination ancienne.

ZAGAIE . s. f.
• Sorte de javelot dont se servent les habitants du Sénégal et la plupart des peuples sauvages. Lancer la zagaie.

ZAÏM .s.m.
• Soldat turc, dont le bénéfice militaire est un peu au-dessus de celui du timariot.

ZAIN . adj. m.
• Se dit D'un cheval dont la robe ou le poil, simple et uniforme, n'a aucune marque de blanc. On dit que les chevaux zains sont tout bons ou tout mauvais. Il est rare de trouver un cheval zain.

ZANI .s.m.
• Personnage bouffon dans les comédies italiennes. Des monuments prouvent que les zani étaient usités dans les atellanes.

ZÈBRE .s.m.
• Quadrupède d'Afrique, qui est de la grandeur et à peu près de la forme d'un mulet, et qui a la peau blanche ou jaunâtre, avec des raies noires parallèles sur le dos, la croupe et les jambes.

ZÉBRÉ, ÉE.. adj.
• Marqué de raies semblables à celles du zèbre.

ZÉBU .s.m.
• T. d'Hist. nat. Sorte de boeuf domestique qui a, sur le garrot, une ou deux bosses charnues. Les zébus sont très-communs dans l'Inde et dans certaines parties de l'Afrique.

ZÉLATEUR, TRICE. s.
• Celui, celle qui agit avec zèle pour la patrie, pour la religion. Grand zélateur de la gloire de Dieu, de la religion. Zélateur du salut des âmes, du bien public. Il ne s'emploie jamais sans complément.

ZÈLE .s.m.
• Affection vive, ardente pour le maintien ou le succès de quelque chose, pour les intérêts de quelqu'un. Se dit, particulièrement, en matière de religion. Zèle pour la gloire de Dieu, pour la foi, pour les choses saintes. Le zèle du salut des âmes. Le zèle de la religion. Le zèle des autels. Le zèle de la maison de Dieu. Le zèle du bien public. Zèle pour la patrie, pour le bien public. Avoir beaucoup de zèle pour son prince, pour le service de son prince. Témoigner du zèle pour l'honneur de sa compagnie, pour le service, pour les intérêts de ses amis. Exciter, modérer le zèle de quelqu'un. Affecter du zèle, un grand zèle pour quelqu'un. Il est rempli de zèle. Je connais l'ardeur de son zèle.
• En termes de l'Écriture, Le zèle de la maison de Dieu le dévore, Il a un zèle extrême pour le service de Dieu.
• Zèle indiscret, zèle inconsidéré, Zèle qui n'est pas réglé par la prudence; et, Faux zèle, zèle aveugle, Zèle mal conduit, mal entendu; et, par opposition, Zèle prudent, zèle éclairé.

ZÉLÉ, ÉE.. adj.
• Qui a du zèle. C'est un homme de bien et fort zélé. Un prédicateur fort zélé. Un zélé serviteur de Dieu. Un serviteur zélé. Il est zélé pour la foi, pour le service de son prince, pour le service de sa patrie. Je ne vis jamais d'homme plus zélé pour ses amis. Cet employé, ce commis est fort zélé.
• S'emploie quelquefois substantivement, dans le langage familier. C'est un zélé. C'est une zélée.

ZEND-AVESTA ou ZEND.s.m.
• (On prononce Zainde.) Livre sacré des Persans, disciples de Zoroastre.

ZÉNITH .s.m.
• (On prononce le T.) T. d'Astron. Le point du ciel qui, pour chaque lieu, est situé au-dessus de la surface terrestre, sur le prolongement de la ligne verticale. Il est opposé à Nadir. Le zénith et le nadir.

ZÉNONIQUE . adj. des deux genres
• Conforme à la doctrine de Zénon.
• Points zénoniques, Les points indivisibles que Zénon admettait dans sa philosophie.

ZÉNONISME .s.m.
• Philosophie de Zénon.

ZÉOLITHE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Se dit de Certaines substances pierreuses qui, dissoutes dans les acides, prennent une consistance gélatineuse.

ZÉPHIRE .s.m.
• Nom que les anciens donnaient au vent d'occident. Le souffle du Zéphire.
• Se dit aussi Du vent d'occident personnifié et qualité de dieu par la Fable. Dans ce sens, il ne prend jamais l'article. Les amours de Flore et de Zéphire.

ZÉPHYR .s.m.
• On appelle ainsi Toute sorte de vents doux et agréables. Les doux zéphyrs. Un agréable zéphyr. Un zéphyr rafraîchissant.

ZÉRO .s.m.
• On appelle ainsi, en Arithmétique, Un signe ou chiffre en forme d'O qui de lui-même ne marque aucun nombre, mais qui, étant mis après les autres chiffres, sert à multiplier par dix, à rendre dix fois plus grands les nombres qu'ils expriment. 1 et zéro font dix. 2 et zéro font vingt. Trois zéros après un quatre font quatre mille.
• Prov. et fig., C'est un zéro, un vrai zéro, un zéro en chiffre, se dit D'un homme qui n'est d'aucune considération. Sa fortune est réduite à zéro, Elle est réduite à rien, elle est entièrement dissipée.
• ZÉRO, sert aussi à marquer, au Thermomètre de Réaumur, La température de la glace fondante. Le thermomètre est descendu à zéro, est à tant de degrés au-dessus, au-dessous de zéro.

ZEST .s.m.
• (On prononce Zeste.) Il n'est usité que dans cette locution proverbiale et familière, Être entre le zist et le zest, qui se dit D'une personne fort incertaine sur le parti qu'elle doit prendre, ou D'une chose qui n'est ni bonne ni mauvaise.
• ZEST, est aussi Une espèce d'interjection dont on se sert dans le langage familier, quand on veut rejeter ce qu'une personne dit, qu'on s'en veut moquer. Il se vante de faire telle chose, zest!
• Il indique aussi la promptitude, la légèreté. À ces mots, zest il s'échappa.

ZESTE .s.m.
• Espèce de cloison, de séparation membraneuse qui divise en quatre l'intérieur d'une noix. Le zeste d'une noix.
• Se dit aussi d'Une partie mince qu'on coupe sur le dessus de l'écorce d'une orange, d'un citron, d'un cédrat, etc. Couper un zeste. Des zestes de citron. Des zestes confits.
• Fam., Cela ne vaut pas un zeste, je n'en donnerais pas un zeste, se dit Pour marquer le peu de cas qu'on fait d'une chose, ou son peu de valeur.

ZÉTÉTIQUE . adj. des deux genres
• T. didactique. Se dit De la méthode de recherches qu'on emploie pour découvrir et pénétrer la raison et la nature des choses. La méthode zététique. On dit aussi substantivement, La zététique. Il est peu usité.

ZIBELINE . s. f.
• Sorte de martre de Sibérie à poil très-fin. On le dit aussi de La peau de cet animal employée comme fourrure. Une robe de chambre de zibeline. Un manchon de zibeline. Les zibelines les plus noires sont les plus belles. On dit aussi, adjectivement, Martre ou Marte zibeline.

ZIGZAG .s.m.
• Suite de lignes formant entre elles des angles alternativement saillants et rentrants. Tracer un zigzag, des zigzags. On dit dans un sens analogue: Un chemin en zigzag. Aller, marcher en zigzag. Etc.
• Cet ivrogne fait des zigzags, En marchant, il va tantôt d'un côté, tantôt d'un autre.
• ZIGZAG, se dit aussi d'Une sorte de machine qui est composée de plusieurs pièces de bois ou de fer, attachées de manière qu'elles se plient les unes sur les autres, et que l'on allonge ou que l'on raccourcit à volonté. Donner une lettre par le moyen d'un zigzag.
• ZIGZAGS, en termes de Guerre, Tranchées de peu de largeur formant une suite d'angles aigus, et tracées de manière que leurs prolongements ne rencontrent pas perpendiculairement la face de l'ouvrage contre lequel on dirige une attaque.

ZINC .s.m.
• Métal d'un blanc bleuâtre, qui brûle et se sublime aisément, et qui, uni à trois fois son poids de cuivre rouge, fait le cuivre jaune. Le zinc mêlé avec l'étain le rend plus dur et plus sonnant. Plaque, feuille de zinc. Sulfate de zinc.
• Fleurs de zinc, Zinc sublimé par le feu.

ZINZOLIN .s.m.
• Sorte de couleur qui est un violet rougeâtre. C'est du zinzolin.
• S'emploie aussi adjectivement. Du taffetas zinzolin.

ZIST .s.m. - Voyez ZEST.

ZIZANIE . s. f.
• Ivraie, mauvaise graine qui vient parmi le bon grain. Il n'est plus en usage au propre.
• S'emploie figurément, et signifie, Désunion, mésintelligence. Ils étaient bien unis, quelqu'un a semé la zizanie parmi eux, entre eux.

ZODIACAL, ALE. adj.
• T. d'Astron. Qui appartient au zodiaque. La lumière zodiacale. Étoiles zodiacales.

ZODIAQUE .s.m.
• T. d'Astron. C'est, dans le ciel, Une bande ou zone circulaire idéale, parallèle à l'écliptique, et comprenant les douze constellations principales qui se partagent la route annuelle apparente du soleil. Par analogie, on l'emploie aussi pour désigner, L'ensemble de ces constellations ou des signes mobiles qui y correspondent. Le soleil parcourt tous les ans les douze signes du zodiaque. Le zodiaque fixe et le zodiaque mobile s'écartent continuellement l'un de l'autre par l'effet de la précession.
• Se dit aussi de La représentation du zodiaque. On trouve des zodiaques sculptés dans les anciens temples de l'Égypte. Le zodiaque de Dendérah.

ZOÏLE .s.m.
• Nom propre d'un ancien critique d'Homère. Il n'est rapporté ici que parce qu'on l'applique souvent, par antonomase, Aux envieux et aux mauvais critiques. Il s'est fait le Zoïle de ce poëte. C'est un Zoïle.

ZONE . s. f.
• .Géogr. astronomique. Chacune des cinq grandes divisions du globe terrestre, que l'on conçoit séparées par des cercles parallèles à l'équateur. On appelle Zone torride, Celle du milieu, qui est comprise entre les deux tropiques; Zones tempérées, Celles qui la touchent immédiatement de chaque côté; et Zones glaciales, Celles que renferment les cercles polaires.
• Se dit aussi Des parties du ciel qui répondent aux divisions du globe terrestre appelées Zones.
• Prov. et fig., Passer la zone torride, Traverser un endroit où le soleil est brûlant, où il n'y a aucune ombre.
• ZONE, se dit quelquefois, dans les Sciences naturelles, de Bandes ou marques circulaires. Il désigne plus spécialement. La partie visible des couches superposées dont certains terrains, certaines pierres sont formées. Dans l'onyx on voit plusieurs zones. Des zones concentriques.
• Se dit aussi, en Géométrie, Des divisions d'une sphère, d'un corps, faites par des sections parallèles.

ZOOGRAPHIE . s. f.
• Description des animaux. Il est peu usité.

ZOOLÂTRIE . s. f.
• Adoration des animaux.

ZOOLITHE .s.m.
• Partie des animaux qui s'est changée en pierre.

ZOOLOGIE . s. f.
• Partie de l'histoire naturelle qui a pour objet les animaux.

ZOOLOGIQUE . adj. des deux genres
• Qui concerne la zoologie.

ZOOLOGISTE .s.m.
• Celui qui possède la zoologie, qui en traite. On dit aussi, mais plus rarement, Zoologue.

ZOOPHORE .s.m.
• T. d'Archit. ancienne. Nom que quelques auteurs ont donné à la frise de l'entablement.

ZOOPHYTE .s.m.
• T. d'Hist. nat. Se dit de Certains animaux qui ont quelque chose de la forme et de l'organisation des plantes. On met les éponges au nombre des zoophytes.

ZYGOMA .s.m.
• Nom donné par quelques anatomistes à L'os de la pommette.

ZYGOMATIQUE . adj. des deux genres
• T. d'Anat. Qui appartient au zygoma. Arcade zygomatique, Arcade osseuse formée, au bas de la tempe, par l'os de la pommette et le temporal. Muscles zygomatiques, Les deux muscles qui tirent les coins de la bouche vers les oreilles, et qui agissent principalement dans l'action du rire.

ZYMOLOGIE ou ZYMOTECHNIE. s. f.
• Partie de la chimie qui traite de la fermentation. Ces deux mots sont peu usités.

 


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