D.R. BELAIR - RTMKB

FRENCH SPEAKING AUTHORS - AUTEURS DE LANGUE FRANÇAISE


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Balzac Honoré de... écrivain et romancier français, né à Tours le 20 mai 1799 (1er prairial an 7), décédé le 18 août 1850 à Paris.
Publication en mode texte de la première édition de La Comédie humaine (dite édition Furne, 1842-1855).

Corneille Pierre Né à Rouen le 6 juin1606, mort le premier octobre 1684. Fils d'un avocat-général au parlement de Rouen il fut d'abord destiné au barreau. Après de brillantes études chez les jésuites il prête serment comme avocat stagiaire au parlement de Rouen en 1624. En 1628 il achète deux offices : celui d'avocat du roi au siège des Eaux et Forêts, et celui de premier avocat du roi en l'amirauté de France à la Table de marbre de Rouen ; mais il préféra le théâtre. Il débuta par des comédies qui, bien qu'oubliées aujourd'hui, eurent alors beaucoup de succès (Mélite, 1629 ; Clitandre, 1632). En 1635 il donna sa première tragédie, Médée, qui annonça ce qu'il devait être. L'année suivante parut Le Cid, imitée de Guillén de Castro. Cette pièce excita un enthousiasme universel, mais aussi elle provoqua l'envie ; le ministre Richelieu, jaloux des succès du poète, voulut faire condamner la pièce par l'Académie. Corneille ne se vengea qu'en produisant de nouveaux chefs-d'œuvre : Horace et Cinna (1639), Polyeucte (1640), Pompée (1641), Rodogune (1646). Le succès de ces tragédies fit taire la critique ; Richelieu, renonçant à une rivalité ridicule, fit obtenir au poète une pension, et l'Académie, qui l'avait critiqué, l'admit dans son sein (1647). Après Rodogune , Corneille commença à décliner ; affligé de la chute de Pertharite (1653), il s'éloigna pendant quelques années du théâtre. Il employa ce temps de retraite à traduire en vers l'Imitation de Jésus Christ (1656). Cependant les instances de ses amis le déterminèrent à rentrer dans la carrière dramatique ; il produisit alors Œdipe (1659), Sertorius (1662), Othon (1664), où l'on retrouve de belles scènes ; mais son génie s'éclipsa entièrement dans Agésilas (1666), Attila (1667), et dans quelques autres pièces dont la dernière Suréna fut jouée en 1674. Outre ses tragédies, Corneille avait donné en 1642 Le Menteur, que l'on regarde comme la meilleure comédie qui eût paru jusque-là. On a en outre de lui des Mélanges poètiques (1632) où il publie ses premiers vers écrits en 1625, des Discours sur l'Art dramatique, des Examens de ses pièces faits par lui-même et quelques poèsies pieuses. Ce poète, que l'on a nommé à juste titre le Grand Corneille, est le vrai créateur de l'art dramatique en France ; on admire surtout en lui l'énergie, le sublime ; mais on lui reproche de l'enflure, de la subtilité et des disparates choquantes. Ce grand homme était extrêmement simple dans ses mœurs et dans ses manières, et brillait peu dans la conversation. Il resta toujours uni avec son frère, Thomas Corneille (1625 - 1709), et vécut avec lui. La première édition estimée des œuvres de Corneille est celle de Joly, 10 vol. in-12, 1738. Voltaire les publia de nouveau en 1764, 12 vol. in-8, avec des Commentaires où il montre quelquefois une grande sévérité. Palissot fit paraître en 1802 une édition complète avec des observations sur ces commentaires, 12 vol. in-12. M. J. Taschereau a donné L'Histoire de la Vie et des ouvrages de P. Corneille, 1829 et 1855.

Flaubert Gustave, écrivain français né 12 décembre 1821 à Rouen (hôpital de l'Hôtel Dieu), décédé le 08 mai 1880 à Croisset (Canteleu, Seine-Maritime).
Dictionnaire des idées reçues (1880).

Hayard Napoléon, né en 1850, mort en 1903, dit l'Empereur des Camelots. Dictionnaire Argot - Français (1907).

La Bruyère Jean de ... Écrivain français né à Paris le 16 août 1645 ( Baptisé le 17 août 1645 à l'église Saint-Christophe, dans la Cité.), mort à Versailles le 10 mai 1696. Il fut trésorier de France à Caen, enseigna l'histoire au petit-fils du grand Condé sur la recommandation de Bossuet, et passa le reste de ses jours auprès de ce prince en qualité d'homme de lettres avec une pension de mille écus. Il fut reçu à l'Académie en 1693. Moraliste et observateur, La Bruyère s'attacha, parmi les livres des anciens, aux Caractères de Théophraste ( Biographie de théophraste ) : il les traduisit du grec ; mais bientôt il voulut s'exercer aussi dans le même genre, et il publia en 1688, avec la traduction de l'auteur grec, les Caractères de notre siècle, ouvrage dans lequel il s'élève bien au-dessus de son modèle, soit pour l'exactitude et la variété des portraits, soit pour la perfection du style. Ce livre fut lu avec avidité non seulement à cause de son mérite propre, mais parce que la malignité y chercha des allusions auxquelles l'auteur n'avait nullement pensé, et parce que l'on voulut mettre des noms au-dessous de chaque portrait. Les Caractères ont été souvent réimprimés, notamment en 1740 (2 vol. in-12) avec les notes de Coste ; en 1790 (2 vol. in-8) par Belin de Ballu ; en 1845 par Walckenaer ; en 1855 par M. Hémardinquer, et par M. A. Destailleur. On a de lui des Dialogues posthumes sur le quiétisme, Paris, 1699 : il y prend parti pour Bossuet contre Mme Guyon. V. Fabre a fait l'Éloge de La Bruyère, couronné par l'Académie en 1810.

Lafargue Paul, socialiste français né le 15 janvier 1842 à Santiago de Cuba.
Les principaux textes de Paul Lafargue sont :
Pie IX au Paradis (± 1871), Le droit a la paresse (1880), Le parti socialiste allemand (1881), La politique de la bourgeoisie (1881), Que veulent donc les seigneurs de l'industrie du fer ? (1881), Au nom de l'autonomie (1881), L'autonomie (1881), Le sentimentalisme bourgeois (1881), M. Paul Leroy-Beaulieu (1881), La propriété paysanne et l'évolution économique (1882), L'ultimatum de Rothschild (1882), Les luttes de classes en Flandre de 1336-1348 et de 1379-1385 (1882), La journée légale de travail réduite à huit heures (1882), Un moyen de groupement (1882), La base philosophique du Parti ouvrier (1882), Le communisme et les services publics (1882), Essai critique sur la révolution française du XVIIIº siècle (1883), Le matérialisme économique de Karl Marx – cours d'économie sociale – (1884), La légende de Victor Hugo (1885), Visite à Louise Michel (1885), Les chansons et les cérémonies populaires du mariage (1886), Sapho (1886), La religion du Capital (1886), Le matriarcat (1886), La circoncision, sa signification sociale et religieuse (1887), La question Boulanger (1887), Le Parti Ouvrier Français (1888), Souvenirs personnels sur Karl Marx (1890), Le darwinisme sur la scène française (1890), "L'Argent" de Zola (1891), La boucherie de Fourmies (1er mai 1891), Le 1er Mai et le mouvement socialiste en France (1891), Avant-propos à "La Femme et le Socialisme" d'August Bebel (1891), Appel aux électeurs de la première circonscription de Lille (1891), Un appétit vendu (1893), Socialisme et patriotisme (1893), La langue française avant et après la Révolution (1894), Origine de la propriété en Grèce (1895), L'idéalisme et le matérialisme dans la conception de l'histoire (1895), Campanella, Etude sur sa vie et sur la Cité du Soleil (1895), Le mythe de l'immaculée conception (1896), Les origines du Romantisme (1896), Le socialisme et la science sociale (1896), La fonction économique de la Bourse (1897), Le socialisme et la conquête des pouvoirs publics (1899), Notre but (1899), Le socialisme et les intellectuels (1900), Les trusts américains (1903), Souvenirs personnels sur F. Engels (1904), La question de la femme (1904), Socialisme et internationalisme (1905), Le patriotisme de la bourgeoisie (1906), La crise de l'Or aux États-Unis (1907), De l'antiparlementarisme et des réformes (1908), Le déterminisme économique de K. Marx (1909), La croyance en Dieu (1909), Origine des idées abstraites (1909), Intervention contre la loi des retraites (1910), Le problème de la connaissance (1910).
Ces textes sont consultables librement sur l'Archive Internet des Marxistes, Section française.

Il se suicide le 26 novembre 1911 à Draveil, Seine-et-Oise avec sa femme, Laura Marx (1845-1911), à qui l'on doit la traduction en français du Manifeste communiste écrit par son père, Karl Marx.
Il commente sa décision dans une courte lettre : « Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres ». Ils sont enterrés au cimetière du Pére Lachaise, division 77, face au Mur des Fédérés.

La Fontaine Jean de ... né en 1621 à Château-Thierry, mort en 1695. Fils d'un maître des Eaux et Forêts, ce n'est qu'à l'âge de 22 ans qu'il sentit naître en lui le goût de la poésie en entendant lire une ode de Malherbe. Son père, voulant lui donner un état, se démit de sa charge en sa faveur ; il le maria en même temps ; mais La Fontaine, d'un caractère insouciant, négligeait sa place et son ménage afin de se livrer à son goût pour le plaisir et pour la poésie.

Quelques uns de ses premiers essais ayant attiré l'attention de la duchesse de Bouillon, qui se trouvait à Château-Thierry, cette dame l'admit près d'elle, l'emmena à Paris et se déclara sa protectrice : elle l'appelait son Fablier. Il eut aussi pour protecteurs le surintendant Fouquet, auquel il resta fidèle dans sa disgrace, Henriette d'Angleterre, le prince de Condé et le duc de Bourgogne ; cependant il n'obtint jamais les faveurs de Louis XIV. Il eut pout amis Racine, Molière, Bernier, la duchesse de Bouillon, Mme de La Fayette, Mme de la Sablière, chez laquelle il vécut 20 ans, Monsieur et Madame d'Hervart qui le recueillirent après la mort de madame de la Sablière. Dans ses dernières années il fut ramené à la religion, qu'il avait fort négligée toute sa vie, et se décida sur les instances de son confesseur, à supprimer quelques uns de ses ouvrages. Il avait été reçu à l'Académie Française en 1684.

La Fontaine débuta par des Contes (1664) ; ces petits poèmes, dans lesquels la morale et la décence sont trop souvent offensées, étaient pour la plupart imités de l'Arioste, de Boccace et de Machiavel. Il ne commença à publier ses fables qu'en 1668, ces fables se font remarquer par un ton de naïveté, de bonhomie et en même temps de finesse qu'on ne trouve nulle part, et qui l'ont fait avec raison surnommer l'Inimitable. On a aussi de lui des Élégies, dont une admirable sur la disgrâce de Fouquet ; quelques comédies, deux opéras, un poème de Psyché, des ballades et des rondeaux, des épitaphes, des odes ( Ode pour la paix ).

La plus estimée des éditions des Oeuvres complètes de La Fontaine est celle de Walckenaër avec commentaires, 6 vol. in-8 1822 et 1827. L'éditeur a publié à part une Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, 1820 et 1824. Champfort a donné un Éloge de La Fontaine.

Lamarck Jean-Baptiste Chevalier De Monet. Œuvres de Lamarck en texte intégral - Vie de Lamarck.

Né en 1744 à Bazentin (Picardie, Somme), mort à Paris en 1829.
Servit quelque temps sous le maréchal de Broglie puis abandonna la carrière des armes pour celle des sciences.Il s'occupa d'abord de botanique et se fit connaître avantageusement de Buffon qui le protégea. Il fut admis en 1779 à l'Académie des Sciences, voyagea pour le Muséum, devint en 1794 professeur de zoologie à cet établissement et conserva cette chaire jusqu'à sa mort.
Ses principaux ouvrages sont :

- Sur les principaux phénomènes de l'atmosphère (1776),
- La flore française (1778),
- Dictionnaire botanique de l'Encyclopédie méthodique (1783-1817),
- Encyclopédie botanique et l'Illustration des genres (1785),
- Mémoires de physique et d'histoire naturelle (1797),
- Philosophie zoologique (1809),
- Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822),
Il rédigea les articles de botanique dans l'Encyclopédie méthodique. Fondateur des théories de la génération spontanée et du transformisme.

Lavoisier Antoine Laurent (1743-1794) Les Œuvres de Lavoisier.

Le Bon Charles Marie Gustave Né à Nogent-le-Rotrou (Eure et Loir) le 07 mai 1841, mort à Marnes-la-Coquette le 13 décembre 1931.
Auteur de " La psychologie des foules ".

Littré Émile (1801 - 1881) PATHOLOGIE VERBALE OU LÉSIONS DE CERTAINS MOTS DANS LE COURS DE L'USAGE

Molard Étienne (1760 - 1825) Instituteur. Dictionnaire grammatical du mauvais langage ou Recueil des expressions et des phrases vicieuses usitées en France, et notamment à Lyon, 1803.

Molière Jean-Baptiste Poquelin dit ... né à Paris en 1622, fils de J. Poquelin, tapissier-valet de chambre du roi, était destiné à la profession de son père ; mais ayant de bonne heure conçu du goût pour les lettres , et surtout pour le théâtre, il obtint de sa famille qu'on le fit étudier. Il suivit le collège de Clermont, où il eut pour condisciples le prince de Conti, Chapelle et Bernier qui restèrent ses amis, et reçut les leçons de Gassendi, qui lui inculqua les doctrines d'Épicure. Après avoir terminé ses études, il exerça quelque temps avec son père les fonctions de tapissier du roi ; mais entraîné par son goût pour l'art dramatique, il joua d'abord sur des théâtres particuliers, et finit par se faire comédien ; il prit alors le nom de Molière. De 1646 à 1658, il parcourut la province avec une troupe qu'il avait formée, jouant de petites pièces qu'il composait lui-même pour la plupart, et dont les plus remarquables sont : L'étourdi représenté à Lyon en 1653 et le Dépit amoureux, à Montpellier en 1657. Ce n'est qu'en 1658 qu'il vint se fixer à Paris ; il y ouvrit d'abord à la salle du Petit-Bourbon, puis au Palais-Royal, un théâtre qui attira bientôt la foule ; il y représenta successivement une trentaine d'ouvrages de sa composition, dans lesquels il jouait lui-même le principal rôle : presque toutes ces pièces sont des chefs-d'œuvre.
Les principales œuvres de Molière sont :

- La Jalousie du Barbouillé (1646),
- Le Médecin volant (1647),
- L'Étourdi (1654),
- Le Dépit amoureux (1656)
- Les Précieuses Ridicules (1659),
- Sganarelle ou Le Cocu imaginaire (1660),
- Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux (1661),
- L'École des maris (1661), imitée des Adelphes de Térence,
- Les Fâcheux (1661),
- L'École des femmes (1662),
- La Critique de L'École des femmes (1663),
- L'Impromptu de Versailles (1663)
- Le Mariage forcé (1664), tiré de Rabelais
- La Princesse d'Élide (1664),
- Dom Juan ou Le Festin de Pierre (1665),
- L'Amour médecin (1665),
- Le Misanthrope ou l'Atrabilaire amoureux (1666),
- Le Médecin malgré lui (1666),
- Mélicerte (1666),
- La Pastorale comique (1667),
- Le Sicilien ou l'Amour peintre (1667),
- Le Tartuffe (1667), satire sanglante de l'hypocrisie et contre laquelle s'éleva une vive opposition
- Amphitryon et L'Avare (1668), toutes deux imitées de Plaute,
- George Dandin ou le Mari confondu (1668),
- Monsieur de Pourceaugnac (1669),
- Les Amants magnifiques (1670),
- Le Bourgeois gentilhomme (1670),
- Psyché (1671),
- Les Fourberies de Scapin (1671),
- La Comtesse d'Escarbagnas (1671),
- Les Femmes savantes (1672),
- Le Malade imaginaire (1673),
A la quatrième représentation de cette dernière pièce, Molière, dont la santé était depuis longtemps altérée, fut pris, à la fin de la pièce, au moment où il prononçait le mot " juro ", d'une convulsion et on l'emporta mourant. Il expira le 17 février 1673, à peine âgé de 51 ans. Molière fut admiré du public, apprécié par Louis XIV et sa cour et eut pour amis La Fontaine et Boileau.

Racine Jean... né le 22 décembre 1639 à la Ferté-Milon, mort le 21 avril 1699 à Paris. Il avait pour père un contrôleur du grenier à sel de cette ville. Élevé à Port-Royal, il y puisa le goût de la littérature classique. Il se fit connaître dès l'âge de vingt ans, et s'attira les bonnes grâces de la cour par une ode qu'il composa pour le mariage de Louis XIV ( La Nymphe de la Seine ). Il eut le bonheur de se lier dès sa jeunesse avec Molière et Boileau, qui le conseillèrent utilement. Se vouant à la carrière dramatique, il débuta par une tragédie de Théagène et Chariclée, essai fort imparfait encore, que Molière lui fit supprimer ; fit jouer en 1664 la Thébaïde, en 1665 Alexandre, et révéla tout son talent dans Andromaque (1667), qui eut un grand succès, mais qui éveilla l'envie. Racine se délassa du genre tragique par la spirituelle comédie des Plaideurs (1668), imitée des Guêpes d'Aristophane ; depuis, il se consacra tout entier à la tragédie, et donna successivement : Britannicus (1669), Bérénice (1670) ; il y mettait en scène, sous des noms antiques, la séparation de Louis XIV et de Henriette d'Angleterre, qui s'aimaient ; Bajazet (1672), Mithridate (1673), Iphigénie (1674), et enfin Phèdre (1677). Il eut la douleur de voir siffler cette admirable pièce par une cabale à la tête de laquelle étaient le duc de Nevers et la duchesse de Bouillon, et dont Madame Deshoulières eut le tort de faire partie ; On lui opposa le Phèdre de Pradon qui triompha un moment. Froissé par ce traitement inique, Racine renonça au théâtre, quoiqu'il n'eût encore que 38 ans, et que son génie fût dans toute sa force ; il était d'ailleurs confirmé dans cette résolution par des motifs religieux. Il se maria en 1677 avec Catherine de Romanet, fut nommé la même année historiographe du roi, et ne voulut plus s'occuper que du soin de sa famille et des devoirs de sa charge. Cependant il consentit, à la prière de Madame de Maintenon, et après un silence de douze ans, à traiter des sujets sacrés, et composa Esther (1689) et Athalie (1691), qui furent jouées à Saint-Cyr par les demoiselles de la maison royale. La première de ces tragédies eut du succès, mais la seconde, livrée au public par l'impression, fut entièrement méconnue, et Racine découragé par cette nouvelle injustice, cessa définitivement de travailler pour la scène. Louis XIV ne s'en plut pas moins à le combler de faveurs ; il lui assura une pension, le fit trésorier de la généralité de Moulins et gentilhomme ordinaire ; il l'admettait même dans sa familiarité. Mais un Mémoire sur la misère du peuple, que Racine avait rédigé à la sollicitation de Madame de Maintenon (1697), étant tombé entre les mains du roi, ce prince s'en offensa, et s'exprima en termes durs, qui rapportés au poëte, lui portèrent un coup fatal : une maladie dont il souffrait ( un abcès au foie ) s'aggrava ; il ne fit plus que languir et mourut deux ans après. Il avait été reçu à l'Académie Française dès 1673. Outre ses tragédies, on a de lui quelques odes, quelques épigrammes, des cantiques spirituels, composés pour Saint-Cyr (1694). Par un rare privilège, Racine écrivait en prose presque aussi bien qu'en vers ; il avait, en sa qualité d'historiographe, écrit une Histoire du règne de Louis XIV qui était fort avancée au moment de sa mort ; elle a péri dans un incendie (1726) ; on n'en a conservé qu'un fragment important, Campagne de 1672 à 1678. On a encore de lui : l'Abrégé de l'histoire de Port-Royal (1693), des Discours académiques ( dont l'un renferme l'Éloge de Pierre Corneille ) et des Lettres pleines de naturel. Les éditions de ses œuvres sont innombrables : une des plus complètes et des plus estimées est celle de M. Aimé Martin, avec les notes des commentateurs, 1820, 6 vol. in-8 et 1825, 7 vol. in-8. Parmi les éditions de luxe, on admire celles de Didot, 1801 - 1805, 3 vol.in-fol., et de Bodoni, Parme, 1813, 3 vol. in-fol. Le théâtre de Racine a été commenté par Luneau de Bois-Jermain, Laharpe, Geoffroy ; on doit à M. Fontanier des Études sur Racine.

Vidocq Eugène François ( 1775 - 1857 ) Dictionnaire Argot - Français ( 1829 )

 


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