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CORNEILLE
Pierre Corneille Fils d'un avocat-général
au parlement de Rouen il fut d'abord destiné au barreau. Après de
brillantes études chez les jésuites il prête serment comme
avocat stagiaire au parlement de Rouen en 1624. En 1628 il achète deux
offices : celui d'avocat du roi au siège des Eaux et Forêts, et celui
de premier avocat du roi en l'amirauté de France à la Table de marbre
de Rouen ; mais il préféra le théâtre. L'Académie, qui l'avait critiqué, l'admit dans son sein le 22 janvier 1647 au fauteuil 14 à la suite de François Maynard ; son successeur fut Thomas Corneille. Après Rodogune , Corneille commença à décliner ; affligé de la chute de Pertharite (1653), il s'éloigna pendant quelques années du théâtre. Il employa ce temps de retraite à traduire en vers l'Imitation de Jésus Christ (1656). Cependant les instances de ses amis le déterminèrent à rentrer dans la carrière dramatique ; il produisit alors dipe (1659), Sertorius (1662), Othon (1664), où l'on retrouve de belles scènes ; mais son génie s'éclipsa entièrement dans Agésilas (1666), Attila (1667), et dans quelques autres pièces dont la dernière Suréna fut jouée en 1674. Outre ses tragédies, Corneille avait donné en 1642 Le Menteur, que l'on regarde comme la meilleure comédie qui eût paru jusque-là. On a en outre de lui des Mélanges poètiques (1632) où il publie ses premiers vers écrits en 1625, des Discours sur l'Art dramatique, des Examens de ses pièces faits par lui-même et quelques poèsies pieuses. Ce poète, que l'on a nommé à juste titre le Grand Corneille, est le vrai créateur de l'art dramatique en France ; on admire surtout en lui l'énergie, le sublime ; mais on lui reproche de l'enflure, de la subtilité et des disparates choquantes. Ce grand homme était extrêmement
simple dans ses murs et dans ses manières, et brillait peu dans la
conversation. La première édition estimée des uvres de Corneille est celle de Joly, 10 vol. in-12, 1738. Voltaire les publia de nouveau en 1764, 12 vol. in-8, avec des Commentaires où il montre quelquefois une grande sévérité. Palissot fit paraître en 1802 une édition complète avec des observations sur ces commentaires, 12 vol. in-12. M. J. Taschereau a donné L'Histoire de la Vie et des ouvrages de P. Corneille, 1829 et 1855.
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D.R. BELAIR
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