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LA FONTAINE - BIOGRAPHIE


 

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LA FONTAINE

 

 

Jean de La Fontaine

Né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry, mort le 13 avril 1695 à Paris.
Fils d'un maître des Eaux et Forêts, ce n'est qu'à l'âge de 22 ans qu'il sentit naître en lui le goût de la poésie en entendant lire une ode de Malherbe. Son père, voulant lui donner un état, se démit de sa charge en sa faveur ; il le maria en même temps ; mais La Fontaine, d'un caractère insouciant, négligeait sa place et son ménage afin de se livrer à son goût pour le plaisir et pour la poésie.

Quelques uns de ses premiers essais ayant attiré l'attention de la duchesse de Bouillon, qui se trouvait à Château-Thierry, cette dame l'admit près d'elle, l'emmena à Paris et se déclara sa protectrice : elle l'appelait son Fablier. Il eut aussi pour protecteurs le surintendant Fouquet, auquel il resta fidèle dans sa disgrâce, Henriette d'Angleterre, le prince de Condé et le duc de Bourgogne ; cependant il n'obtint jamais les faveurs de Louis XIV. Il eut pout amis Racine, Molière, Bernier, la duchesse de Bouillon, Mme de La Fayette, Mme de la Sablière, chez laquelle il vécut 20 ans, Monsieur et Madame d'Hervart qui le recueillirent après la mort de madame de la Sablière. Dans ses dernières années il fut ramené à la religion, qu'il avait fort négligée toute sa vie, et se décida sur les instances de son confesseur, à supprimer quelques uns de ses ouvrages. Il avait été reçu à l'Académie Française en 1684.

La Fontaine débuta par des Contes (1664) ; ces petits poèmes, dans lesquels la morale et la décence sont trop souvent offensées, étaient pour la plupart imités de l'Arioste, de Boccace et de Machiavel. Il ne commença à publier ses fables qu'en 1668, ces fables se font remarquer par un ton de naïveté, de bonhomie et en même temps de finesse qu'on ne trouve nulle part, et qui l'ont fait avec raison surnommer l'Inimitable. On a aussi de lui des Élégies, dont une admirable sur la disgrâce de Fouquet ; quelques comédies, deux opéras, un poème de Psyché, des ballades et des rondeaux, des épitaphes, des odes ( Ode pour la paix ).

La plus estimée des éditions des Oeuvres complètes de La Fontaine est celle de Walckenaër avec commentaires, 6 vol. in-8 1822 et 1827. L'éditeur a publié à part une Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, 1820 et 1824. Champfort a donné un Éloge de La Fontaine.

 

LA FONTAINE PAR VAUVENARGUES

 

« Lorsqu'on a entendu parler de La Fontaine, et qu’on vient à lire ses ouvrages, on est étonné d’y trouver, je ne dis pas plus de génie, mais plus même de ce qu’on appelle de l’esprit, qu’on n’en trouve dans le monde le plus cultivé. On remarque avec la même surprise la profonde intelligence qu’il fait paraître de son art, et on admire qu’un esprit si fin ait été en même-temps si naturel.

Il serait superflu de s’arrêter à louer l’harmonie variée et légère de ses vers ; la grâce, le tour, l’élégance, les charmes naïfs de son style et de son badinage. Je remarquerai seulement que le bon sens et la simplicité sont les caractères dominans de ses écrits. Il est bon d’opposer un tel exemple à ceux qui cherchent la grâce et le brillant hors de la raison et de la nature. La simplicité de La Fontaine donne de la grâce à son bon sens, et son bon sens rend la simplicité piquante : de sorte que le brillant de ses ouvrages naît peut-être essentiellement de ces deux sources réunies. Rien n’empêche au moins de le croire ; car pourquoi le bon sens, qui est un don de la nature, n’en aurait-il pas l’agrément ? La raison ne déplaît dans la plupart des hommes que parce qu’elle y est étrangère. Un bon sens naturel est presque inséparable d’une grande simplicité ; et une simplicité éclairée est un charme que rien n'égale.

Je ne donne pas ces louanges aux grâces d’un homme si sage pour dissimuler ses défauts. Je crois qu’on peut trouver dans ses écrits plus de style que d’invention, et plus de négligence que d’exactitude. Le nœud et le fond de ses contes ont peu d’intérêt, et les sujets en sont bas. On y remarque quelquefois bien des longueurs, et un air de crapule qui ne saurait plaire. Ni cet auteur n’est parfait dans ce genre, ni ce genre n’est assez noble. »

Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues (1715-1747), moraliste français, Introduction à la connaissance de l'esprit humain suivie de Réflexions et maximes (1746), Réflexions critiques sur quelques poètes.

 


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