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MOLIÈRE
Jean-Baptiste Poquelin dit
Molière Après avoir terminé
ses études, il exerça quelque temps avec son père les
fonctions de tapissier du roi ; mais entraîné par son goût
pour l'art dramatique, il joua d'abord sur des théâtres particuliers,
et finit par se faire comédien ; il prit alors le nom de Molière.
Ce n'est qu'en 1658 qu'il vint se fixer à Paris ; il y ouvrit d'abord à la salle du Petit-Bourbon, puis au Palais-Royal, un théâtre qui attira bientôt la foule ; il y représenta successivement une trentaine d'ouvrages de sa composition, dans lesquels il jouait lui-même le principal rôle : presque toutes ces pièces sont des chefs-d'uvre. Les principales uvres de Molière sont : - La Jalousie du Barbouillé
(1646), A la quatrième représentation de cette dernière pièce, Molière, dont la santé était depuis longtemps altérée, fut pris, à la fin de la pièce, au moment où il prononçait le mot " juro ", d'une convulsion et on l'emporta mourant. Il expira le 17 février 1673, à peine âgé de 51 ans. Molière fut admiré du public, apprécié par Louis XIV et sa cour et eut pour amis La Fontaine et Boileau.
MOLIÈRE PAR VAUVENARGUES
« Molière me parait un peu répréhensible d'avoir pris des sujets trop bas. La Bruyère, animé a peu prés du même génie, a peint avec la même vérité et la même véhémence que Molière les travers des hommes ; mais je crois que l'on peut trouver plus d'éloquence et plus d'élévation dans ses peintures. On peut mettre encore ce poète en parallèle avec Racine. L'un et l'autre ont parfaitement connu le coeur de l'homme, l'un et l'autre se sont attachés à peindre la nature. Racine la saisit dans les passions des grandes âmes ; Molière dans l'humeur et les bizarreries des gens du commun. L'un a joué avec un agrément inexplicable les petits sujets ; l'autre a traité les grands avec une sagesse et une majesté touchantes. Molière a ce bel avantage que ses dialogues jamais ne languissent : une forte et continuelle imitation des moeurs passionne ses moindres discours. Cependant, à considérer simplement ces deux auteurs comme poètes, je crois qu'il ne serait pas juste d'en faire comparaison. Sans parler de la supériorité du genre sublime donné à Racine, on trouve dans Molière tant de négligences et d'expressions bizarres et impropres, qu'il y a peu de poètes, si j'ose le dire, moins corrects et moins purs que lui. On peut se convaincre de ce que je dis en lisant le poème du Val-de-Grâce, où Moilère n'est que poète : On n'est pas toujours satisfait. En pensant bien, il parle souvent mal, dit l'illustre archevêque de Cambrai (*); il se sert des phrases les plus forcées et les moins naturelles. Térence dit en quatre mots, avec la plus élégante simplicité, ce que celui-ci ne dit qu'avec une multitude de métaphores qui approchent du galimatias. J'aime bien mieux sa prose que ses vers, etc. Cependant l'opinion commune est qu'aucun des auteurs de notre théâtre n'a porté aussi loin son genre que Molière a poussé le sien ; et la raison en est, je crois, qu'il est plus naturel que tous les autres. C'est une leçon importante pour tous ceux qui veulent écrire. » (*) François de Salignac de la Mothe Fénelon.
Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues (1715-1747), moraliste français, Introduction à la connaissance de l'esprit humain suivie de Réflexions et maximes (1746), Fragments, Réflexions critiques sur quelques poètes.
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D.R. BELAIR
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